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ASIE ET MONDE INSULINDIEN

16

Étienne TIFFOU
Jurgen PESOT

CONTES DU YASIN
Introduction au bourouchaski du Yasin
avec grammaire et dictionnaire analytique

SELAF no 303

PEETERSISELAF
PARIS
1989
ISSN: 0224-2680
ISBN : 2-87723-005-8
O PEETERSISELAF 1989
Dépôt légal: juin 1989

Tous droits de reproduction, de traduction


et d'adaptation réservés pour tous pays
Étienne TIFFOU & Jurgen PESOT Contes du Yasin. Introduction au bourou-
chaski du Yasin avec grammaire et dictionnaire analytique. 1989, Paris,
PEETERSISELAF (Asie et Monde Insulindien 16).
Cet ouvrage propose dix-huit contes annotés et traduits. Certains d'entre eux
sont inédits, d'autres offrent une version différente de contes publiés par M.
Berger. Les spécialistes des littératures orales devraient être intéressés par les
variations présentées par des contes relevés à plusieurs années d'intervalle. Mais
surtout, on trouvera dans le présent livre une grammaire où l'on découvrira
certains points jusque-là mal vus ou ignorés du bourouchaski. Tel est le cas,
entre autres, de la valeur aspectuelle du verbe, de ses niveaux, de la construc-
tion ergative, du passif, des tournures bénéfactives et causatives, de la syntaxe
des phrases complexes. L'ouvrage présente, en outre, une systématisation
phonologique, qui permet notamment de mieux comprendre les règles d'accen-
tuation auxquelles le bourouchaski obéit. Les derniers développements de la
grammaire sont consacrés à la formation des mots et à la composition. Le
dictionnaire qui clôt ce travail, ne contient que les mots attestés dans les contes.
La forme de chacun d'eux fait l'objet d'une entrée particulière et renvoie à une
entrée principale, où, lorsqu'il s'agit d'un verbe, elle est analysée morphologi-
quement. Cela permet d'alléger considérablement les commentaires proposés en
bas de page pour les contes et assure à qui veut apprendre le bourouchaski, une
initiation plus aisée.
Étieiiiic Tirf o~ & Juryeii Pi sor Stories froni I'nsin: An introduction to Yasin
Burushaski with a Grammar and Analytic Ilictionary. 1989. Paris. PEETERS
S E L A F (Asic ct Mondc insulindicn 16)
This work provides cightecn annotated stories with accompanying translations.
Some of them appear in print for the tirs1 timc, others arc variants of stories
already published by H. Berger. Specialists in the oral literary tradition will bc
interested by the variation in stories gathered over an interval of several years.
Of particular interest is the grammar, which touches on aspects of Burushaski
previously glossed over or totally ignored. This is the case for example with the
verb level and aspect, ergative constructions, passives, benefactives and causatives,
and the syntax of ernbedded clauses. The work also presents a systematic
phonology which notably provides a better account of accentuation in the
contemporary language. Furthcr additions to the grammar includc word forina-
tion processes and compounding. The dictionary completing thc work is
restricted to words actually occuring in thc stories. Each of the word forms has
corresponding lexical entry relating to a principal mother entry which, if it is a
verb, has an accompanying morphological analysis. This presentation format
considerably reduces footnotes to the stories and facilitates the task for anyone
attempting to familiarize himsclf with the grammar of Burushaski.

Étienne TIFFOU81 Jurgen PI:SOT - - Yasin Erzahlungen. Einführung zum Yasin


Burushaski mit einer Grammatik und einem analytischen Worterbuch. 1989,
Paris, PEETERSISELAF (Asie et Monde Insulindien 16).
Diese Einführung enthalt achtzehn mit Anmerkungen und einer franzosischen
Übersetzung versehene Erzahlungen, von denen einige unveroffentlicht sind
und andere eine Fassung bieten, welche von jener abweicht, die H. Berger in
seiner Ausgabe von Erzahlungen veroffentlicht hat. Für die Erforschung münd-
licher Literatur dürften die Abweichungen in jenen Erzahlungen von Interesse
sein, welche in einem Abstand von mehreren Jahren erneut aufgezeichnet
worden sind. Vor allem aber bietet das Buch eine Grammatik, in der einige
bisher wenig oder gar ni.cht behandelte Probleme des Burushaski dargestellt
werden, z. B. die Aspektbedeutung des Verbs und seine verschiedenen "Ebenen",
die ergative Konstruktion, das Passiv, benefaktive und kausative Wendungen
sowie die Syntax des Satzgefüges. Eine phonologische Systematisierung erlaubt
unter anderem, die Akzentregeln des Burushaski besser zu verstehen. Der
SchluB der Grammatik ist der Wortbildung und Zusammensetzung gewidmet.
Das Worterbuch enthalt nur die Worter, die in den Erzahlungen belegt sind,
wobei jede Form als geson-rter Eintrag mit Verweis auf einen Haupteintrag
behandelt wird, Verbformen sind morphologisch bestimmt. Dadurch konnen
die FuBnoten bei den Erzahlungen kurz gehalten werden, und die Erlernung des
Burushaski wird sehr erleichtert.
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criosapë\l. 1989. Raprrx. PEETEKS SELA F (Asie et Monde Insulindieil
16).
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Mots-clé: Bourouchaski, linguistique, littérature orale, ethnologie.


Key-words: Burushaski, linguistics, oral literature, ethnology.
AFGHANISTAN

INDE

Carte générale du Pakistan


AVANT-PROPOS

Le bourouchaski du Yasin appelé également par les autres peuples


voisins Werchikwiir est parlé dans l'extrême nord du Pakistan dans
une vallée située au nord-ouest de Gilgit, le centre le plus important
de la région. 83 milles, soit 125 km, séparent cette bourgade du village
de Yasin. L'entrée de la vallée est pratiquement en face du village de
Gupis et se termine à Darkot 60 km plus au nord. Trois vallées
secondaires y débouchent (Nazbar, Qorkolti et Thuy), on y parle
également bourouchaski. On trouve au début de la vallée, c'est-à-dire
jusqu'à Yasin ou Taus, environ 2000 sujets parlant khowar; quant
aux Bédecs installés non loin de Noh, leur langue maternelle est le
shina. Dans cette partie de Yasin, nombreux sont les sujets
plurilingues. La scolarisation tend, d'autre part, à généraliser de plus
en plus la connaissance de l'ourdou. Mais au nord de Taus on
n'utilise encore pratiquement que le bourouchaski. L'unité de la
langue est remarquable, les variations entre les parlers de Thuy, de
Darkot et de Yasin ou de Taus sont inexistantes. Ce dialecte présente
donc la même homogénéité que l'autre dialecte bourouchaski parlé à
Hounza et à Nagar.
Une tradition remontant à Mc Pherson a donné une certaine
renommée aux hounzoukouts, qui n'échoit pas en partage aux
habitants du Yasin. En fait, ces deux peuples sont très proches l'un de
l'autre; ils célèbrent les mêmes fêtes parfois sous des noms différents,
pratiquent la même religion. A la différence des habitants de Nagar,
qui sont schiites, les Yasinais et les Hounzas sont, en grande majorité,
ismaéliens. En dépit des différences dialectales, ils se comprennent
parfaitement, et leur mode de vie n'est pas fondamentalement
différent. Ils vivent de façon très frugale d'agriculture; mais les
Yasinais sont moins ouverts au monde, car leur vallée n'a jamais été
un lieu de passage important comme le Hounza, que traversait une
des routes de la soie; celle-ci permet actuellement de communiquer
entre la Chine et le Pakistan. D'autre part, tant que le Yasin a été
une principauté indépendante, il a été dirigé par des monarques de
Chitral ou de Nagar, alors que Hounza était régi par une dynastie
indigène. A l'heure actuelle Yasin est partie intégrante du territoire
pakistanais. Le Pakistan a fait et fait encore beaucoup pour cette
région; il a installé des écoles, et notamment une école secondaire à
Taus, des dispensaires, entretient des routes etc. Mais, malgré cela,
Yasin ne connaît pas encore l'expansion que Hounza doit à sa
situation géographique.
Le bourouchaski du Yasin a fait l'objet d'études moins nombreuses
que le bourouchaski du Hounza. Si l'essentiel de son étude est
consacré à ce dernier dialecte, Lorimer ne néglige pas pour autant
dans son ouvrage le yasinais et devait lui consacrer par la suite une
étude lexicographique assez substantielle. Mais surtout le livre de H.
Berger publié en 1974 offre une excellente description de ce dialecte.
Le livre que nous proposons après lui ne saurait prétendre se substituer
à ce travail. Il tente d'apporter certains compléments et aborder des
domaines dont l'étude est encore à faire. Ce travail s'appuie sur deux
expéditions Tiffou-Morin, la première menée en 1975 (juin-août), la
seconde en 1978 (mars-août). Certains points développés dans le livre
ont été vérifiés lors d'une troisième expédition faite par Tiffou au
courant de l'été 1979. J. Pesot, professeur à l'Université du Québec à
Rimouski, s'est initié, au retour de l'expédition de 1975, au yasinais, il
a révisé toutes les notes de Tiffou et retranscrit toutes les bandes
enregistrées. C'est ainsi qu'il a été décidé de faire ce livre en
collaboration et il n'y a guère de passage dont seul un des deux
auteurs soit responsable.
Lors des séjours sur le terrain, Tiffou et Morin ont recouru, entre
autres, aux mêmes informateurs que H. Berger. Mais en 1975 Baba
Khan était devenu wakhil et avait laissé son poste de chawkidar à son
frère Dada Khan. C'est lui qui, avec une patience à toute épreuve, a
appris le bourouchaski aux membres de l'équipe. Le bourouchaski a
pratiquement été le seul moyen de communication sur le terrain. Dans
les cas difficiles, le docteur Akhbar Khan a servi d'interprète; et lors
de son séjour en 1978, Y. Morin a pu recourir à la collaboration d'un
étudiant originaire de Darkot, qui parlait un bon anglais et qui,
momentanément, enseignait à l'école secondaire de Taus. Bien des
vérifications ont pu être ainsi faites, bien des hypothèses ont pu être
ainsi élaborées, et le présent livre en a grandement bénéficié.
L'étude proposée s'appuie sur les informations de H. Berger, sur
les notes prises sur le terrain et sur un corpus enregistré constitué par
18 contes d'inégale longueur. Certains de ceux-ci n'offrent que des
variantes de contes relevés par Berger. Ils ont été retenus, car pris à
quelques années d'intervalle, ils peuvent donner à ceux qui s'y
intéressent des informations pertinentes sur la technique du conteur et
sa façon d'organiser le récit. Il est aisé de reconnaître les origines
de la plupart de ces histoires: deux d'entre elles d'un goût contestable
(6 et 12) n'ont d'autre prétention que celle de faire rire; Qorban et
~ ~ ~ l a d (u2 s) trelate une anecdote vraie, l'un des protagonistes est
dTailleurs toujours en vie. L'histoire du saint homme (1) est une
narration édifiante qui doit, comme le conte 15, reposer sur un fond
de réalité. Les contes 4,7,8,13,16,18 reprennent les vieux contes
moraux indiens dans la tradition de Pilpaye (cf. notamment 18). Le
conte 8 est bien connu en France grâce à Voltaire, quant au conte 7
on en trouvera une version bien plus savoureuse dans les contes
Oubykhs publiés et traduits par G. Dumézil. Les histoires féériques
(3,5,9,17) appartiennent très vraisemblablement au folklore chi trali,
car ce n'est pas par hasard que l'on situe Qunjiqaf (v. conte 17) non
loin du Trich Mir. Les autres récits (10,11,14) représentent le folklore
yasinais proprement dit, et le conte 14 est censé rapporter des faits
qui se sont réellement passés (cf. B. p.92, n. 1).
Les narrateurs sont au nombre de trois: Dada Khan, notre
informateur principal; Dada Jan un jeune homme fréquentant l'école
secondaire de Taus et Bulio un jeune garçon de 13 ans qui, à
l'époque, était monolingue. Les contes donnés par ce dernier ont une
trame simple et la forme est relativement peu élaborée. On ne peut se
fier sans réserves à ses récits pour étudier les temps du verbe, car
Bulio emploie systématiquement le parfait en le vidant très souvent de
sa valeur aspectuelle. D'autre part, les enregistrements ont permis de
faire dans un premier temps une transcription relativement fine des
contes. Il n'était pas question de la conserver telle quelle, mais des
variantes significatives comme aétum pour ayétum, aic'urn pour ayéc'urn
ont été conservées. Les longues en bourouchaski ne semblent pas être
de la même nature que celles de nos longues (v. 1.1.2); toutefois,
lorsqu'une voyelle était d'une durée particulièrement sensible, elle a
été notée longue bien que phonologiquement elle passât pour brève.
Ainsi les formes des nominaux IV d'«aller» et de «venir» sont tantôt
notées brèves (ni, nu, dim etc.), tantôt longues (ni, n i , dïm, etc.), mais
ce parti pris a été le plus possible restreint.
Comme on pourra le constater l'organisation générale du livre
n'est pas fondamentalement différente de celle de l'ouvrage de Berger.
Peut-on toutefois en attendre quelque originalité? Le lexique analy-
tique proposé est loin de présenter autant d'entrées que le lexique de
Berger, car il ne renvoie exclusivement qu'aux mots attestés dans les
contes. Cependant chaque forme fait l'objet d'un renvoi spécifique à
une entrée principale; dans celle-ci toutes les occurrences particulières
sont citées. et chacune des formes verbales est analysée grammaticale-
ment. Cela devrait aider la compréhension des textes, car l'effort de
systématisation remarquable de Berger dans son lexique n'en rend pas
toujours la consultation aisée.
Berger reconnaît (5 12) qu'une ((grammaire parfaite du yasinais))
n'existe toujours pas. On ne la trouvera pas dans ce livre. Là où les
résultats donnés par Berger sont satisfaisants, on s'est contenté de les
reprendre rapidement en renvoyant aux passages concernés. Mais le
présent ouvrage apporte des informations nouvelles sur le vocalisme,
la flexion nominale, la valeur aspectuelle des temps etc. D'autre part,
la syntaxe dans l'ouvrage de Berger est à peine ébauchée (5 226-236).
Il est évident qu'une étude syntaxique exige de celui qui la mène une
parfaite connaissance de la langue qu'il étudie. Ce n'est pas le cas,
hélas, des auteurs, mais l'étude minutieuse du corpus, la connaissance
acquise jusqu'à présent du bourouchaski et la connaissance des
problèmes syntaxiques fondamentaux ont permis de compléter, au
moins partiellement, le travail de Berger. On ose espérer que les
considérations sur l'ergatif, les niveaux verbaux etc. apporteront
quelque chose à la connaissance du bourouchaski.
Cet avant-propos ne saurait se clore sans dire la reconnaissance
des auteurs à tous ceux qui les ont aidés. Elle va tout d'abord aux
informateurs yasinais, si patients et si disponibles, et tout particulière-
ment à Dada Khan et à sa famille. Elle va également à leur collègue
Yves Morin qui fait partager si généreusement ses découvertes. Ce
livre lui doit, entre autres, les développements sur les voyelles longues
et les postpositions. C'est sur ses notes que se fondent les meilleures
remarques sur les constructions verbales. Il n'a pas, d'autre part,
hésité à revoir de longs passages de la grammaire, qui lui doit ainsi de
précieuses corrections. Les remerciements des auteurs vont également
à Paul Bratley, professeur titulaire du département d'informatique de
l'université de Montréal, à son adjoint B. Derval, à S. Lusignan,
professeur titulaire à l'Institut d'Études Médiévales et à O. Bou-
tchatzky. Ce livre leur doit sa composition. Ce travail n'aurait,
surtout, pas été possible sans l'appui et les subventions du CAFIR de
l'université de Montréal (1975 et 1978-1979), du Conseil des Arts du
Canada (1976-78)' du Conseil de Recherches en Humanités et
Sciences Sociales du Canada (1979) et de 1'Université du Québec à
Rimouski (1978-1979). Les auteurs tiennent à redire ici à ces
toute leur gratitude.
LISTE DES ABREVIATIONS

a. aoriste kh. khowar


abl. ablatif lat. latin
adess. adessif litt. littéral
adj. adjectif n. note
all. allemand nég. négation
angl. anglais niv. nlveau
ar. arabe nom. nominal
B. Berger (1974) OU. ourdou
bour. bourouchaski per. persan
C. cible passé réd. passé rédupliqué
c.a. cas absolu pers. personne
cf. confer p. ex. par exemple
c.m. cible marquée pf. parfait
c.n.m. cible non marquée PI. pluriel
cpr. comparer pl.-que-pf. plus-que-parfait
dat. datif postpos. postposition
démonstr. démonstratif préf. préfixe
désact. désactualisant Pr. présent
dur. duratif pron. pronom
erg. ergatif qc. quelque chose
ex. exemple qn. quelqu'un
fr. français rad. radical
fut. futur sd. sourd
gén . génitif sg. singulier
h humain sh. shina
hf féminin sn . sonore
hm masculin sq. suivant
id. idem suff. suffixe
P. page th. thème
imp./impér. impératif tib. tibétain
impf. imparfait v. voir
iness. inessif vol. volitif
instr. instrumental X classe x
interj. interjection Y classe y
interr. interrogation z classe z

N.B. Les références commençant par u n chiffre romain renvoient à la


grammaire, celles commençant par un chiffre arabe renvoient aux
contes.
1 PHONOLOGIE

1. Le Vocalisme : Généralités
Le bourouchaski du Yasin dispose de cinq voyelles brèves, dont les trois
cardinales (i, u, a), deux moyennes (e, O) et, en principe, des cinq
voyelles longues correspondantes (notées a, etc.).
1.1 Les Brèves
Certaines oppositions marquées par les voyelles brèves tendent actuelle-
ment à se confondre en yasinais. B. note assez précisément les
confusions auxquelles sont soumises O et u, ainsi que e et i. La langue
apparemment tendrait à réduire à trois son système vocalique; l'opposi-
tion entre e et i, d'une part, et entre u et O, d'autre part, a tendance à se
neutraliser.
En principe, l'accentuation permet de maintenir une opposition entre
les voyelles moyennes et leurs homologues fermées. Toutefois,
l'opposition entre é et i est dans bien des mots moins nettement
marquée que celle entre 8 et u (B. note cependant tapds, tapus ((sorte
d'aigle))). L'opposition est particulièrement claire dans'des cas d'opposi-
tions lexicales; ex: uskilig «leurs visages)) et bstig «leurs hanches)), où le
préfixe 3ème pl. de type 1 (u-) s'oppose à son homologue de type II (6-).
En position non accentuée, l'opposition entre voyelles moyennes et
voyelles fermées se neutralise, mais les sujets parlants gardent
conscience de cette opposition; c'est ce qui apparaît, lorsqu'on les fait
parler lentement.
N.B.: Sur les confusions entre o et u, voir B. 8 21-23; sur les
confusions entre e et i, voir B. 8 25-26.
1.2 Les Longues
Le bourouchaski connaît également des voyelles longues, mais celles-ci
tendent à être neutralisées quand elles ne sont pas sous l'accent. Si l'on
admet qu'un thème à finale vocalique accentuée allonge la voyelle finale
à l'ergatif (c.a. huri «les hommes)), erg. huri), on sera amené, dans
certains cas, à postuler une longue en position atone @.a. guiiga «les
femmes)), erg. gufigâ). Mais une voyelle longue doit être, en principe,
accentuée pour être identifiable sans ambiguïté. Il est, d'ailleurs,
possible que l'opposition traditionnelle de longueur ne se manifeste pas
phonétiquement toujours par la longueur, mais aussi par le timbre et
par des variations de ton (fréquence fondamentale). Très souvent, on a
l'impression d'entendre deux voyelles brèves, dont l'une est accentuée.
Ces remarques invitent, d'une part, à considérer un type de voyelle
double accentuée sur la première partie (aa, ée, ii, 60,uu), et un type de
voyelle double accentuée sur la deuxième (aa, eé, ii, oo, uu). D'autre
part, dans le cas d'une diction rapide, il est bien souvent impossible
d'entendre deux éléments, et l'on ne peut distinguer ces deux sortes de
voyelles l'une de l'autre ou de la voyelle brève correspondante, que par
la qualité de l'accent. Le type de voyelle au, etc. semble moins fréquent
que le premier et est le plus souvent issu de la composition de deux
éléments dont le second est accentué (ex.: guuru «ton ongle» - guuru
i
9
«le miroir))). Etant donné le faible nombre de paires minimales de ce i

genre, il n'a pas paru utile de déroger à la notation traditionnelle des 9

voyelles longues. 4
I
Quoi qu'il en soit, l'opposition de longueur des voyelles accentuées t

est neutralisée devant h, v. à ce sujet ci-après 3, règle 12. j

2. Consonantisme
2.1 Description
Le système consonantique du bourouchaski comprend 32 consonnes:

occlusives non asp. sd. P t t k q


occlusives asp. sd. ph th th kh
occlusives non asp. Sn. b d d g
occlusives nasales
affriquées sd.
affriquées asp. sd.
fricatives sd.
affr./fric. sn.
liquides et w r Y
semi-consonnes 1
2.2 Commentaires
Pour les occlusives, il faudrait distinguer entre fortes (=sourdes) et
douces (=sonores), tel que cela a été démontré dans Marchal, Tiffou
& Warren (1977). Mais comme cette étude ne traite pas des non-
occlusives, nous conservons la terminologie consacrée par B.
La nasale g peut être suivie d'un élément oral homorganique [g] ou
[k]: buriag, [burjagg]/[burjagk], etc.
r et 1 sont normalement bien distincts mais l'opposition peut être
neutralisée dans bien des cas sans qu'on puisse déceler une règle
contextuelle stricte; r est prononcé avec plusieurs battements apicaux.
Dans un cas clair (mal ((bétail))), le 1 est palatalisé sans raison
apparente; on peut faire l'hypothèse que ce mot anciennement, se
teminait par une palatale qui, conformément a la règle 7, aurait
palatalisé le 1avant sa chute.
Hormis les fricatives x, y et h, le sous-système des affriquées1

-
constrictives tel qu'il apparaît au tableau possède la particularité
suivante: seules les sourdes présentent l'opposition affriquées constrict-
ives. En effet, 2 , j et j peuvent avoir ou pas un élément occlusif, sans
qu'on soit en mesure de dire si la répartition est contextuelle ou pas.
D'autre part, en cas d'assourdissement, p. ex. en finale ou après le
préfixe négatif, ces consonnes semblent se ranger d'un côté plutôt que
. . > acQ go, et non *as6 JO), mais la variation reste
de l'autre (cf. ajo-jo
tout de même assez libre: sayurj admet en finale toutes les quatre
variantes possibles ([di, i, tg, SI). En position forte, h se confond
souvent phonétiquement avec x. Par ailleurs, y, dans certains cas, peut
prendre la place d'un q tendant à se sonoriser. Les consonnes c' et c
s'opposent comme en hounza, aux aspirées correspondantes t h et ch
-
(ex. Cam ' t - ((insérer, introduire)) cham «faim»). En revanche, nous
n'avons pas pu noter d'aspirée correspondante à c.

3. Changements Conditionnés
Les caractéristiques phonétiques du bourouchaski peuvent se résumer
dans une série de règles dont nous rappelons ici les principales.

RÈGLE 1 : u -, [y] au contact de i ou de y; ex.:. Thui [thyi], nyu [njy].

RÈGLE 2: e -+ [ce] / - 1 [-syll] (e se labialise, lorsqu'il est suivi de 1,


lui-même suivi d'une consonne: élteri [klteri]).
RÈGLE 3: a + [a] en syllabe finale atone (cette règle ne s'applique
qu'à la diction normale; hayora [hayora]).
REGLE 4: palatalisations
a) D'une façon générale, une affriquée ou une fricative palatale a
tendance à dégager une voyelle palatale épenthétique ou, au contraire,
à s'amalgamer avec une voyelle palatale déjà présente; cf. la confusion
notée par B. entre waiam et waiiam, cf. aussi ayuiam ban pour ayuiSam
ban «nous ne les voyons pas)). Par ailleurs, a -, e au contact d'une
affriquée, d'une constrictive palatale ou de i/y: gazda [Sezda], bai [béi],
hurutayen [huruSejen]. La consonne O peut également être palatalisée:
dosoki [d~saki],mais dosok [dosok].
b) Entre affriquée ou fricative palatale et consonne, il y a souvent
épenthèse: ayai-gan > ayaiigiïn «à travers le ciel)).
c) Au contact avec un élément palatal, 1 se palatalise (cf. tézaila >
tézailya «de plus belle))).
RÈGLE 5: Entre une consonne et rn se glisse un u épenthétique. Ainsi
s'expliquent les paradigmes verbaux suffixés en -m: ne-m > nem, mais
ét-m > étum. Au cas où la consonne en question serait une palatale,
cette règle l'emporte sur la règle (4a): éc'um, et non *éëim.
RÈGLE 6: épenthèse et suppression de y et de W .
a) 0 + [y] / [il - V et également 0 -+ [w] [u] -V. Une glissante y
et une glissante w apparaissent respectivement après un i et un u. Cette
règle est facultative; ex.: bial biyb «vache», huélhuwé «cours»
(impératif). V . à ce sujet B. $ 37 et Morin (1975).
b) La formation d'un y entre deux morphèmes est morphologique;
ex. : tau-a > tauia [tiw-ya] ($ai léché)),néam > néyam «je suis parti)).
c) Le y des suffixes -yaje, -ya.ta, etc. disparaît surtout lorsque
l'élocution est rapide; ex.: teléyaja > teléaja «sur le noyer)). Cette
suppression est systématique en hounza.
RÈGLE 7: 1 + [-son] / - [-son]: la liquide 1 perd sa sonorité devant
une consonne sourde, mais 1 -, [+ vél] lorsqu'il est suivi d'une
consonne ou lorsqu'il est en finale de mot. Ainsi, dans élteri, alto, etc.,
1 est sourd; dans balda et nidel, 1 est vélarisé. Nous admettons
cependant que la répartition risque d'être plus complexe, cf. la
remarque en 2.2 ci-haut et la règle 4c.
RÈGEE 8 : assimilations
a) [-syll] -, [+ son]/ - [+ son]: une consonne se sonorise devant
une consonne sonore, même au-delà d'une frontière de mots: rnos diya
OZ.. .].
..
b) La liquide r se prononce facultativement [s] devant q : garc-/gasc-
et [SI dans le voisinage de E ou devant une consonne sourde palatale:
- ~ a r & -[yaSk, yaSEa].
C) ~ssirnilationsvocaliques: lors d'une assimilation vocalique le
timbre de la voyelle accentuée se maintient. Si les deux voyelles sont
le timbre de la première se maintient; ex. sarupa oten >
sompiten, hamald éti > hamalüti, jiima bti > jhmoti. Sur l'assimilation
interne bhi > béi, V.règle (4a).
d) a 4 0 / # [ + lab] - [ +lab] #: dans les monosyllabes, un contexte
labial fait passer la voyelle a à O ; ex.: barn [bom]; hap [bop] mais bhpe
[bêpa]; wau [WOU] ou même [wo].
R&LE 9: L'alternance g/y semble restreinte à quelques cas où une
position intervocalique a pu anciennement affaiblir le g; cf. garc et
yarc «prix», ga~amuret =ya.tamur (aussi :kalamur) «masser».
RÈGLE 10: Lorsqu'un verbe à initiale consonantique est préfixé du -s-
causatif, ces consonnes changent comme suit:
b, w p (bapa- ((chauffer)), Lspapa- ((faire chauffer)); -war-
-+

«se fatiguer)), +par- ((fatiguer))).


d + t (dayh- «se cacher)), Lstaya ((cacher)))
g, y -+ k (ghrc- «courir», iskarc- ((chasser))) (dzyara- «se
réchauffer)), d2skar-a ((réchauffer)))
y -, q (ybl- «brûler» (intr.), 'sqol- «brûler» (tr.).
En somme, il s'agit là d'assimilations progressives qui aboutissent
toutes à une occlusive homorganique sourde non aspirée.
RÈGLE 11 : L'aspirée ph perd en finale de sa netteté: ex. saph, saf, sah.
Elle se prononce alors souvent [q] ou [wh]. Le souffle s'accompagne
fréquemment d'une projection des lèvres. La situation est semblable
même à l'intérieur des mots d'emprunt. En tout cas, ce h est à
distinguer du h (traité ci-après) qui tombe en finale avec des effets
secondaires. A l'initiale, le ph se maintient bien, mais peut, lorsqu'il est
suivi de u, se changer en pf ou f: ex. phut, pfut, mais cf. aussi jîroza
( < ourdou).
RÈGLE 12: La glottale h présente la particularité suivante: lorsque II
suit une voyelle accentuée, un coup de glotte épenthétique vient les
séparer. En finale absolue, le h s'efface derrière le coup de glotte; cf.
6-huruti [o?huruti] (mais dohb~ii[dohoni]), deh [deyhl > [de?].
RÈGLE 13: Les occlusives orales s'assourdissent après le a- négatif, le
préfixe du nominal IV (n + voyelle) ainsi qu'après le préfixe d +
voyelle (cf. II. 10.3, II. 1 1.8.3, II. 12); ce phénomène est morpho-
phonologique. Les effets de cette règle sont analogues à ceux de la
règle 10.
RÈGLE 14: [-syll] -t [-son] / - #: les consonnes s'assourdissent en
finale. Cette règle représente en fait une contrainte de structure qui
s'applique aussi à des mots d'emprunt: ourdou yarïb > bour. yarb
«pauvre», mais yaribi «pauvreté» emprunté directement (cpr. yaripis'u
((pauvres)))
RÈGLE 15: Il existe des contraintes de structure, qui proscrivent
certains groupes de consonnes. Ainsi, les groupes gl, sk, lb, rf, etc., ne
sont pas tolérés dans certaines positions. On pourrait énumérer une
série de règles à la manière de (5)' mais comme elles ne provoquent
jamais d'alternances morpho-phonologiques et qu'en pratique elles ne
s'appliquent qu'à des mots empruntés, nous nous contentons de
renvoyer à Morin et Dagenais (1977), dont nous reprenons cette règle
approximative pour les épenthèses en finale de mot: 0 -+ [+ syll], /
[ + syll], [-syll] - [-syll] #. Cette règle indique que la voyelle épenthétique
est en général la même que la voyelle précédente. Pour d'autres
contraintes de stucture, v. B. § 33-37.
RÈGLE 16: 1 -+ 0 / # - t: dans le groupe -1t-, le 1tombe lorsqu'il n'est
pas appuyé par un préfixe (-ltalen- «traverser», talen-) (1).

4. Accentuation
4.1 L'Accent Lexical
Les morphèmes du bourouchaski se répartissent en deux catégories
selon qu'ils ont (1), ou qu'ils n'ont pas (II) un accent propre. Seuls les
monosyllabes peuvent appartenir à la seconde catégorie. Par «accent»,
il faut entendre la mise en relief mi-tonique mi-musicale d'une syllabe.
L'accent peut donc frapper soit une des syllabes de l'élément lexical,
soit un des affixes. En l'absence d'affixes, la place de l'accent est
déterminée lexicalement (ex. amutuk, béseke, balhbs); l'accent final
trahit souvent l'origine étrangère du mot (ex. boiCexanb). Dans les
mots chaque partie peut conserver son accent propre (ex.
taiyun-sa-~
urj).

4.2 Variation Morphologique de l'Accentuation


Un thème verbal monosyllabique peut être de la catégorie II. Dans ce
cas, l'accent porte sur le suffixe et permet ainsi de distinguer le verbe
d'un verbe par ailleurs homophone (ex. gul-i «il alla)), gbl-i «il se
brisa»). La présence d'un préfixe non accentué provoque une remontée
de l'accent sur la syllabe précédente; ex. a-man-a «je devins)) (2).
L'accent d'un préfixe accentué, qu'il s'agisse de verbes ou de noms,
efface tout autre accent (ex. é-man-i «il était capable))). Un mot
accentué sur le préfixe personnel 1 est donc a distinguer d'un mot
accentué sur le préfixe personnel II, en ce que, dans le premier cas,
c'est la position qui détermine l'accent et que, dans le second, le préfixe
a un accent propre (catégorie 1). Ainsi, dans i-ski1 «son visage)),
l'accent frappe le préfixe pour la seule raison que le thème -ski1 fait
partie de la catégorie accentuelle II (sans accent propre) (v. plus bas);
dans é-gig «sa taille)), l'accent est propre au préfixe personnel II.
Par ailleurs, le préfixe négatif ai-, dont le pouvoir d'effacer tout
autre accent n'est pas aussi net, semble s'unir au rriot de façon plus
relâchée. La frontière morphologique est la même que celle des mots
composés: ai-man-i «il ne devint pas)). Il est, de plus, difficile de
distinguer cet accent plus ou moins effaçable de l'accent phonétique
secondaire qui apparaît normalement dans les mots polysyllabiques.
Le comportement de l'accent dans le cas des noms peut être
schématisé comme suit (1 = lexicalement accentué, II = lexicalement
atone) :
1 + II -+ accentué + atone (ex. giri + mu -+ girimu)
II + 1 -+atone + accentué (ex. huk + a -+ huka)
1 + 1 -, accentué + atone (ex. hayor + a -, hayora)
II + II+ accentué + atone (ex. ce1 + e -, céle).
Cette schématisation rend compte des déplacements apparents de
l'accent: huka (datif: huk + a), huka (pl. huk + a), etc. L'accentuation
des formes verbales se résume le mieux par les règles suivantes:
1. Lorsque la racine verbale est de la catégorie 1, la place de l'accent ne
change jamais. Les racines -ybrc-lyurc:, -mhn-/man-=, etc., doivent
donc être réinterprétées comme étant de la catégorie II.
2. Lorsque la racine verbale monosyllabique est de la catégorie II,
l'accent est mobile. En l'absence de tout préfixe, l'accent porte
obligatoirement sur la première syllabe du morphème qui suit. Ainsi,
muni, manimi, mayum hi, maimi, de man: «devenir». Cela a pour
conséquence d'augmenter d'une voyelle épenthétique les morphèmes
non syllabiques: une désinence zéro accentuée devient ainsi -é (ex.
yas: ((rire)), impér. yasé), la marque du duratif -E- devient -ië- (ex.
yul-' -ië- «brûler», mais ybl- -ë-).
3. La présence d'un préfixe de la catégorie II (personnel type 1; préfixe
du nominal IV; do-/du-; négatif a-/ay-) fait remonter l'accent sur la
syllabe qui suit le premier de ces préfixes. Ainsi, yarés- «être
d'accord)), nuqares, aqaresi; do-ybn- «mûrir», do-ybni, diyoni; cf. aussi
yari «il sonne)), nuyar. Dans le cas des verbes monosyllabiques de la
catégorie II, le préfixe n-/nu-/ni- fait remonter l'accent soit sur le
préfixe personnel, s'il y en a un (donc nama de -man-), soit, s'il n'y en a
pas, sur la syllabe qui suit (donc nima ou numa) (cf. aussi II, 11.8.3).
(1) Il semble cependant qu'il faille, dans certains cas, postuler une règle à
l'opposé de celle-ci. Certains thérnes préfixés commençant par un t pourraient
admettre un 1 épenthétique entre le préfixe et leur initiale (ex.: ne hire mucéc'i
tai ((l'homme la suit»; ne hire mo gus cé& mb~tai((l'homme se fait suivre par la
femme))). Il y a.urait toutefois de nombreuses exceptions (ex. : -t- ((faire))).
(2) Dans les textes et dans le lexique, nous avons cependant conservé la
notation selon B. : -man-, manL.
II MORPHOLOGIE

1. Les Classes
1.1 Généralités
L~ nom, en bourouchaski, se caractérise par la classe, le nombre et le
cas. Le bourouchaski, comme bien d'autres langues du monde,
distingue les noms d'après la classe, et non d'après le genre qui n'est
qu'une catégorie de l'organisation selon la classe. Cette distinction
semble diachroniquement plus ancienne. Il est admis, par exemple, que
l'indo-européen a connu une distinction de classe entre animé et
inanimé, avant de lui préférer celle du masculin, féminin et neutre. Les
classes, en bourouchaski, sont au nombre de quatre. En effet, pour
garder la notation de Lorimer, on compte une classe hm (humains
masculins), une classe hf (humains féminins), une classe x et une classe
y. L'opposition hm et hf peut-elle être considérée comme une sous-
classe? 11 est tentant de répondre par l'affirmative, mais, en fait, rien
ne permet objectivement de le faire. 11 est des verbes, qui varient suivant
la cible. (1) Or cette distribution obéit soit au nombre, soit à la
distinction hm, hf, x - y. Ainsi, «manger» se dira -si-, si la cible est hx
sg., -su-, si la cible est hx pl. et -ié-, si elle est y. Il faudrait alors
considérer hm, hf et x comme faisant partie d'une même classe. On
remarquera également que l'opposition hm et hf ne saurait constituer
une opposition de genre proprement dite. Ce serait peut-être le cas, si la
distinction x et y était neutralisée. On pourrait alors considérer qu'il y a
genre, mais le pôle de référence devrait être l'opposition hm - hf, x se
définissant comme ce qui n'est ni hm, ni hf. Or, en bourouchaski, ainsi
que nous le notions, la distinction entre x et y est profonde, puisque x
fait groupe avec hm et hf lorsqu'il y a distinction lexicale du verbe.
1.2 Valeur Lexicale des Classes
Lexicalement, les classes hm et hf se laissent aisément cerner. hm
représente exclusivement les humains masculins et hf exclusivement les
humains féminins. En revanche, s'il est aisé de comprendre globa-
lement l'opposition x -y, il est délicat de la préciser. A la classe x
appartiennent les noms désignant les animaux, des entités
dénombrables; a la classe y appartiennent les entités non dénombra-
bles, les éléments fluides, les grains, les éléments immatériels etc. On
remarquera que la plupart des armes qui comportent du fer, relèvent
également de cette dernière classe (ex: yaténc «épée>),gaggi c{hâche»).
Apparemment cette catégorie semble s'opposer à la valeur lexicale d'y;
en fait, il n'en est rien. Pour les Bourouchos, le pouvoir de tuer
constitue une force magique, qui l'emporte sur la réalité de l'objet.
D'ailleurs, c'est pour cette raison que le travail du fer était abandonné
aux Bédecs, ce genre de tâche étant lourdement marqué de traditions
magiques.
Certains noms, enfin, peuvent appartenir à deux classes, mais cette
appartenance s'appuie sur des raisons lexicales. Le cas le plus clair est
celui des noms de fruits; quand ils sont de la classe x, ils désignent les
fruits proprement dit, lorsqu'ils appartiennent a la classe y, ils dési-
gnent l'arbre fruitier correspondant; ex: j u <<abricot/abricotier»(pl.
juig), branc «mûre/mûrier» (pl. brancoglbrahag). Pour les autres cas, v.
B. 5 46.
1.3 Indices Morphologiques des Classes
Morphologiquement, il n'est pas aisé de distinguer la classe dans un
nom isolé. Les marques les plus évidentes sont les suffixes de pluriel
-mu- et -Su/-iiu utilisés pour les classes hx, et le suffixe de pluriel
-ig/-og/-g caractéristique de la classe y. Mais c'est certaines formes
verbales à la troisième personne du singulier qui permettent de
distinguer le plus clairement la classe: hir bai (hm) ((l'homme est)), gus
bu (hf) «la femme est», huk bi «le chien est)), can dua ((c'est vrai)). A
cela on pourra ajouter trois autres indices: 1) la variation allomor-
phique de verbes obéissant à une distribution lexicale; 2) l'absence ou
la présence dans certains cas du pronom préfixé; 3) la forme des trois
premiers nombres, lorsqu'ils se rapportent à un nom.
Tous ces éléments témoignent de la vitalité des classes en bourou-
chaski. En dépit de leur nombre relativement restreint et des
influences des langues indo-européennes environnantes, le système des
classes n'est pas menacé et reste une catégorie grammaticale très
importante de cette langue.
2 Le Nombre
2.3 ~énéralités
bourouchaski ne connaît que deux nombres: le singulier et le pluriel
(2). Pour les mots anciens, l'usage du pluriel est obligatoire, ex: hir SuB
bbi ((j9homrne est bon», huri Sua ban «les hommes sont bons)). En
=vanChe, la plupart des mots d'emprunt sont soumis à une règle moins
,uicte. Les sujets parlants recourent généralement à deux suffixes de
pluriel (-Su/-&, -mu) pour intégrer ces mots dans le système morpho-
logique de leur langue, mais ils ne sont pas tenus de les employer,
d,quand ils le font, les hésitations dont ils font preuve dans l'emploi
des formes, témoignent de la résistance des mots d'emprunt à la
normalisation morphologique. Le nombre marqué dans le verbe
permet de faire la distinction. Aussi la difficulté de marquer le
s les mots d'emprunt ne met-elle pas en cause l'existence de cette
gorie grammaticale.
2.2 Le Double Pluriel
Certains mots se présentent toujours comme des pluriels (ex: isqa
((herbe))).Ils peuvent, de surcroît, s'adjoindre un suffixe de pluriel, qui
implique une valeur particularisante (ex: isqaig «les herbes)) ou, selon
B., ((différentesquantités d'herbes))).
2.3 Le Singulatif
Le bourouchaski dispose également d'une marque de singulatif -en (h),
-an (x, y). Cette marque peut jouer un rôle analogue à celui de l'article
indéfini du français pour isoler un élément d'un groupe ou pour faire
une première mention. Le nom ainsi marqué peut être précédé du
numéral hen (h), han (x, y); ex: han girkisan bim «il y avait un rat» (18,
1). Le singulatif sert aussi à mettre en relief une unité; ex: (han)
bérum-kzicana «un groupe de jours)). Sur les sandhis de ce suffixe, v. B.
5 50.
2.4 Les Marques Morphologiques de Pluriel
2.4.1 Les sufixes h
Les marques morphologiques de pluriel sont nombreuses en
bourouchaski, et il est difficile d'établir une règle. Certains morphèmes
ne s'appliquent qu'à un seul nom; aussi l'étude de la marque de pluriel
tend-elle a devenir lexicale. On se reportera donc pour une étude plus
détaillée à B. 54 sq. On trouvera ici une brève étude systématisée des
principaux suffixes. 11 est aisé d'opposer la classe y aux autres classes.
Celles-ci partagent une grande variété de suffixes. Toutefois, les classes
h présentent trois suffixes qui leur sont propres: -rio. -daru. -staru/
-Staru, les deux derniers étant presqu'exclusivement réservés
aux noms de parenté; ex: -ziSindaru ((les épouses)), tbtistarulnanistaru
«les parents)). Quant au premier, on le trouve généralement après des
mots marquant des qualités intrinsèques ou désignant des corps de
métier (3); ex: kaneénitig «femmes volages)),dobitig «blanchisseurs».

2.4.2 Les suffixes hx en -u et -6


Les classes hx se partagent trois suffixes principaux: -u, -a, - a m . Le
premier se retrouve dans quelques mots (thamu «les rois)), hérqu
((saillies))); mais ce suffixe entre en combinaison avec différents
élargissements, la plupart du temps. Les deux suffixes ainsi combinés
les plus courants sont -mu et -iSu (pililimu «les fourmis)), cigiriiu ((les
chèvres))). Le premier se trouve, en principe, apres un thème à finale
vocalique, le second après un thème à finale consonantique. On trouve
également le suffixe -u apres samdhi de n sous la forme -yu (daman,
damayu «les propriétaires))); on a pu ainsi dégager un suffixe -yu
(tumuyu «les poissons))). Des combinaisons plus complexes, mais
moins fréquentes, de ce suffixe sont également à noter: -aiku ( d a a i k u
«trous») et -ju (talju «colombes»).
On trouve parallèlement à -u un suffixe -6 et à -ju un suffixe -jb
auxquels il convient d'ajouter un suffixe -do (bun «rocher», pl. bundo)
et un suffixe -ko' (tar ((montagne)),pl. tarko') qui n'ont pas d'équivalent
-du et -ku. Quant à la longueur du O elle reste obscure. En principe,
cette marque de pluriel est longue, sauf lorsqu7elle est combinée avec
un élément -d- (bundb) ou -j- (danjb «les pierres))).

2.4.3 Le sufixe -a
Le suffixe -a porte en principe l'accent, lorsque le singulier correspon-
dant est un monosyllabe (huk. huka «les chiens))), mais ces cas sont
peu nombreux; la plupart du temps, l'accent est sur le thème (haybr,
haybra «les chevaux))) (pour une explication morpho-phonologique, v.
1.4). En règle générale, ce suffixe ne se combine pas avec d'autres
élargissements, mais on note de rares exceptions (kiifar. kb~arkia
«moitiés»). Les pluriels de dasén ((jeune fille)) pl. guiéggia, de gus
«femme» pl. guiiga et de Li ((fille )) pl. -yzigu$iga sont anormaux. Pour
un, explication de la combinaison dans ces mots du suffixe -b avec
l'élément -ig,voir 11. 2.4.1, n. 2.
2.4.4 ~ 4 s -6nc et -ianc
L~ -anc de pluriel ne présente pas non plus de combinaisons
des élargissements, à l'exception de la forme -ibnc, qui résulte
peut-être d'une extension à la suite d'une mauvaise coupure dans
,,tains mots, tel khan, khayanc, coupé en kha-ianc (4).
N.B. Pour les problèmes de samdhi intéressant ces suffixes v. B.
p 66-68 et 74.
2.4.5 Les sufixes Y
L~~suffixesde pluriel de la classe y présentent en commun un élément
-Y. Celui-ci apparaît seul derrière certains noms se terminant par une
voyelle (nayé «excrément» pl. nayég). Mais le suffixe le plus fréquent,
ou non avec des élargissements, est -ig. D'ailleurs, un pluriel
est également attesté. Ce suffixe prend l'accent, lorsqu'il forme
le de certains monosyllabes (gan «chemin» pl. ganig). Il peut se
combiner avec certains éléments: -m-, -5-, -iC- (uséni «mouchoir» pl.
d n i r n i g ; na1 «ombre» pl. naléig; Map «viande» pl. ëhapiéig).
Le suffixe -g peut également être élargi par les voyelles a et o. Le
suffixe -hg peut recevoir l'accent lorsqu'il est suffixé à certains
monosyllabes (tesk «couteau» pl. teskag). Mais, généralement, le thème
des noms qu'il suffixe est modifié (cares ((chambranle))pl. carag). Il en
va de même pour le suffixe combiné -hag (yaténc «épée» pl. yatéhag).
Quant au suffixe -iag, il n'altère pas, en principe, le thème auquel il
s'adjoint (bur «cheveu» pl. buriag). Le suffixe -bg ne caractérise que des
monosyllabes et est toujours sous l'accent (bat «la peau» pl. ba~bg).On
peut se demander si les noms ainsi suffixés n'ont pas changé de classe;
sur un pluriel en -O, on aurait ajouté la marque de pluriel y en -g.
Certains pluriels en -jbg (phal «blé» pl. phaljog) pourraient étayer cette
hypothèse, car il n'est pas invraisemblable que ce type de nom ait
connu un pluriel en -jb (cf. tenjb (cos))).
N.B. Sur les samdhis des pluriels y, v. B. $ 7 9 et 82 sq. Sur
l'accentuation des pluriels, v. 1.4.2.
3. La Flexion
3.1 Les Cas Fondamentaux
Le bourouchaski est une langue a cas. Il a développé une flexion
régulière, mais relativement complexe. On retiendra, dans un premier
temps, cinq cas simples: le cas absolu, !'ergatif, le génitif, le datif et
l'ablatif. La flexion est la même pour hm, x et y ; hf s'en distingue
partiellement .

hmxy hf

Cas absolu hir gus


Ergatif hire guse
Génitif hire gusmo
Datif hiru gusmoya
Ablatif Sikarurn

Il est probable qu'au moment où la flexion nominale s'est développée


en bourouchaski, cette langue a dû opposer un cas non marqué (c.a.) à
un cas marqué en -e susceptible d'exprimer les valeurs qu'on prête aux
cas obliques. De fait, l'expression han sane «un jour» illustre bien que e
pouvait comporter une valeur locative. Quant a l'ergatif, il semble bien
qu'il était saisi, et peut-être est encore saisi, comme un cas oblique
(hire cigir ésquium bai «il y a action de tuer intéressant la chèvre à
partir de l'homme))). Cette opposition simple entre cas marqué et non
marqué a été remise en cause par le développement de la flexion de la
classe f. Le suffixe -mo doit être pris comme une marque de la classe f,
surtout si l'on remarque la ressemblance formelle avec le pronom hf de
la troisième personne du singulier mo. Il est d'ailleurs significatif que ce
suffixe n'apparaît jamais dans la flexion du pluriel. La distinction guse
- gusmo rend légitime celle qu'on pose entre hire (erg.) et hire (gén.).
Les trois autres cas simples ont dû rapidement se développer afin de
spécifier les valeurs de l'ancien cas oblique. Le parallèle entre gzismo et
gzismoya est fort éclairant à cet égard.
Les désinences du datif et de l'ablatif sont simples (dat. -a, abl. -um
< -Om). Toutefois, elles peuvent se combiner avec d'autres éléments:
-y- pour le datif, -c- pour l'ablatif. Il est difficile de déceler une valeur
spéciale pour le premier. On peut même se demander si le morphème
originel de datif n'était pas: -ya, réduit à -a- derrière consonne. Quant
pablaùf en -curn. c'est une forme, à l'origine, surdéclinée qui a perdu
toute particulière (v. toutefois B. 8 103). En effet, les mots à
finde vocalique forment leur ablatif en combinaison avec -ce: ne'cum
«de lui»,jicum ((des abricots)). Lorsque cette marque, qui, en fait, est
mede la préfixée -ce + urn (v. 11.6.4.)' est dépourvue du
personnel, elle se comporte comme un suffixe et perd son
( ~ f 1.4).
. Cette variante a fini, quelques cas mis à part, par se
raliser aux autres mots (sur l'allongement par ce suffixe de la
tsinentielle des thèmes vocaliques, v. le développement suivant).

Cas Secondaires
Mais la flexion du bourouchaski s'est notablement développée en
,%ourant à des éléments complexes qu'elle a intégrés au point qu'on
peut les considérer comme de véritables désinences.
L'inessif (-Ci) peut s'analyser assez aisément; on y reconnaît un
ancien morphème -i qui comporte une valeur de locatif et a dû être
plus répandu à date ancienne (ce qui tendrait à prouver que le locatif
faisait partie des cas fondamentaux) et que l'on retrouve dans un petit
groupe de mots (khuii «dans le derrière))). Quant au -& il est issu d'une
réanalyse. En bourouchaski, t + i + fi, ex. galt «fois, occasion)), iness.
galci ( <galt + i). xat «bouche», iness. xaëi ( < xat + i). Il est
probable que la syllabe finale a été généralisée comme désinence
d'inessif à partir de mots de ce type.
On reconnaît dans la marque -ce d'adessif une postposition dérivée
peut-être du mot -cé ((trace)). Une telle explication trouve une confir-
mation intéressante avec la postposition -céc'i, dans laquelle on
retrouve le mot -cé et la marque d7inessif. Formant couple avec -Ei la
postposition -cé s'est intégrée plus étroitement à la flexion, c'est
pourquoi il est légitime de la considérer plutôt comme une désinence
mplexe. Toutefois elle continue de se comporter morphologiquement
comme une postposition: le thème postposé n'est pas modifié lorsqu'il
à finale consonantique (hirce); lorsqu'il est à finale vocalique
lle-ci est allongée (biicce «sur la vache))). Quant aux thèmes féminins,
présentent une formation différente, soit le thème pur et la
postposition avec le préfixe personnel de la classe f (v. 11.6.1): gus mucé
«sur la femme)), bibi mucé «sur la princesse)), guiiga ucé «sur les
femmes)), bibitig ucé «sur les princesses)). Lorsque le pluriel est à finale
vocalique on peut, par contraction, avoir une forme analogue à celle
des autres classes : gu$igiïce.
Les autres désinences pada auxquelles recourt le bourouchaski sont
au nombre de quatre: -ule (marque de locatif); -yate (marque d'instru-
mental et d'inessif); -iga (marque de comitatif); -gan (marque de
péressif). Trois de ces éléments s'analysent clairement -ule et -yu.
dérivent respectivement de mots signifiant «dedans» et ((dessus)).Il est
aisé de reconnaître dans -gGn le nom du chemin. Quant à la marque de
comitatif, elle est moins transparente et son comportement est partiel-
lement analogue à celui de -ce. Derrière un thème à finale
consonantique elle se présente sous la forme -iga sans modification du
thème (hiriga ((avec l'homme»). Quand le thème est à finale vocalique,

-
celle-ci peut être allongée, et la postposition se présente sous la forme
-ga (ayëga «avec mon fils» avéiga).
3.3 La Surdéclinaison
En outre, le bourouchaski, comme le basque par exemple, peut
surdécliner, c'est-à-dire ajouter une désinence à un thème qui en
présente déjà une. Les désinences qui assurent la surdéclinaison sont
les désinences de datif (-a) et d'ablatif (-um) (5). Elles peuvent spécifier
les cas portant une valeur de localisation, soit -de, -Ci, -ce, -yate. On
peut illustrer le procédé de la surdéclinaison dans le tableau suivant:

-ta
-Ci -Cum
-ca
-ce -cum
*-da
-ule -ulum
-yaja
-yaje -yajum

3.4 Les Postpositions


Le bourouchaski dispose d'autres postpositions qui sont restées plus
indépendantes de la flexion. On peut les répartir en deux groupes: les
'
postpositions préfixées et les postpositions non préfixées. Pour les
premières on se reportera à 11.6.4. Les secondes sont au nombre de 9:
gandic'i «à cause de», makuc'i «au milieu de, parmi)), harag «entre»,
iljuware ((autour de», itliti «ici, auprès de» et sa série ita, itum,
khitlkhiti ((là, auprès de» et sa série khita, khitum, asur «près de»,
mathan «loin de» et xas «jusqu'à».
23

six postpositions se construisent indifféremment avec


cas absolu ou le génitif, Sans qu'il y ait lieu d'établir une contrainte
rendre mison de cette alternance. asur et mathan se construisent,
nncipe, avec le génitif et xa; avec le cas absolu. Les informateurs
~ t t e n tles deux premières postpositions avec le cas absolu et la
&mière avec le génitif, mais en faisant remarquer que cet emploi n'est
d'usage courant et qu'il leur semble seulement acceptable.

leaux de la Flexion des Noms


n des noms hmxy au singulier. Paradigmes de hir (<homme»et de

Thèmes hmxy Thèmes hmxy


consonantiques vocaliques
Cas absolu hir bid
Ergatif hire bih
Génitif hire bih
Datif hira bihya
Ablatif hircum bihcum
Locatif hirule bidule
Adessif hirce bihce
Instrumental-Adess. hiryate bidyaje
Inessif rénCi boxariCi
Comita tif hiriga bihga (bibiga)
Péressif hirgin biagin

N.B. hir et bia n'ayant pas de forme à l'inessif, on a donné pour ce cas
la forme de rén «sa main» et celle de boxari ((cheminée)).
Flexion des noms hf au singulier. Paradigmes de gus «femme»
et de bibi ((princesse)).

Thèmes hf Thèmes hf
consonantiques vocaliques
Cas absolu gus bibi
Ergatif gzise bibl'
Génitif gUsmo bibimo
Datif gzismoy a bibimoya
Ablatif gus muczim bibi muczim
Locatif gusnloule bibinzoule
Adessif gus rnucél bibi mucél
gusr.t~orîtucé bibimo ntucé
Instrumental-Adess. gusmoj~ate hibitnoyate
Inessif
Comitatif gusrn6 (i) ga bibimo(i)ga
Péressif gusm ogün bibimogu'n

Flexion des noms hmxy au pluriel. Paradigme de paritig ((enchanteurs))


et de haybra ((chevaux)).
Thèmes hmxy Thèmes hmxy
consonantiques vocaliques
Cas absolu paritig hay bra
Ergatif parit ige hay or&
Génitif paritige haybrü
Datif paritiga hayoraya
Ablatif parit igcurn hay oriicurn
Locatif paritigule hay oraule
Adessif parit igcel hay oriicel
paritig ucé hayora ucé
Instrumental-Adess paritigya~e hay oriiyate
Inessif réigCi boxar imuc'i
Comitatif parit igiga hayora(i) ga
Péressif parit iggQn hay oragiin

N.B. paritig et hayora n'ayant pas de forme pour l'inessif, on a donné


pour ce cas la forme de réig «ses mains» et de boxarimu ((cheminées)).
Flexion des noms hf au pluriel. Paradigmes de bibitig ((princesses))et
de gus'iga «femmes».
Thèmes hf Thèmes hf
consonantiques vocaliques
Cas absolu bibitig gusirJa
Ergatif bibitige guiigii
2
Génitif bibitige gus'igii
Datif bibitiga guiigay a i
Ablatif bibitig ucurn g u m a uctirnl
gus'igiicurn 5
~ocatif hihitigulu gzrSigaule
~dessif hihitig ucé gus'iga uce
Instrumental-Adess. hihitigyu,te guiig(~~*a.tt.
Inessi f
Cornitatif hihitigiga guSiga ( i/ ga
~éressi f hih it iggan gc/,rYigagZ~l

4. Adjectifs, Numéraux et Pronoms


4.1 L ~ SAdjectifs Qualificatifs
~ v ~ ~ p ~ e s du
s i onombre
n permet de distinguer formellement l'adjectif
du nom. Ce dernier ne peut, en principe, appartenir qu'à une seule
classe, et le changement d'appartenance implique un changement de
-
s n s (ju x ((abricot)) ju y ((abricotier))).L'adjectif, en revanche, prend
la classe du nom qu'il modifie. Morphologiquement cette variation de
classe ne se marque qu'au pluriel. L'adjectif dispose d'un suffixe de
nombre pour hx et d'un second pour y (heré~urni.fu,herésumig
«aiguisés»). Cependant, on note quelques exceptions morphologiques;
ainsi, nous n'avons pu, contrairement à B., relever à côté de nbyu une
forme y nbg. D'autres exceptions s'expliquent par des contraintes
lexicales (rnaybn «vieux en parlant des choses», ja! «vieux en parlant
d'animaux)), akabir ((vieux en parlant d'êtres humains))).
D'une manière générale, la formation des pluriels d'adjectifs est
comparable à celle des noms. On remarquera, cependant, que le pluriel
de certains adjectifs en -um présente la perte de ce suffixe et une
modification du thème (thhnum «grand» pl. thhyu hx, thanurnig y ;
birdum «rouge» pl. barjo hx et bardig y). Quant au pluriel -noyu, il
présente fort probablement un élément pronominal infixé (-n-O-yu)qui
a été lexicalisé.
N.B. Sur les suffixes d'adjectifs, v. V.2.
4.2 Les Numéraux
Lorsqu'il s'agit d'exprimer l'heure, des montants d'argent, les sujets
parlant bourouchaski n'utilisent pratiquement plus les numéraux de
leur langue, auxquels ils substituent ceux de l'ourdou; mais ils
continuent, dans les autres cas, d'utiliser les mots bourouchaskis.
Le nombre connaît une cinquième classe, la classe z. C'est à cette
classe qu'appartient le nombre, lorsqu'il est utilisé pour la computation.
Dans le système numéral, hm et hf sont toujours confondus. Seuls les
trois premiers nombres distinguent morphologiquement plus de deux
classes. La classe z est caractérisée jusqu'à neuf, à l'exception de deux,
où elle est confondue avec y.

1 hek hen han han


alto altan alta/ alto
altac
iski iské iskb iskb
walte waltu
cendilcindi cendblcindo
biSinde biiindo
thalé thalb
altambé altambo
huti huco
torum
turma-hénlhanlhék
altar
altar torumlaltar ka tbrurn
alto-altar
alto-altar tbrurn
iski-altar
iski-altar tbrum
walte-altar
walte-altar torum
tha
hazar

On remarquera que la computation en bourouchaski est décimale avec


de très fortes traces d'un système vicésimal. Les noms de nombre
suivent le même ordre qu'en français (883: altambé tha walte altar
iski). Contrairement à B., nous avons noté que les noms de nombre
terminés par tbrwn lui substituent turma lorsqu'il y a lieu d'ajouter un
autre chiffre. Ainsi 31 se dira altar turma-hék, et non *bltar tbrum hek.
D'autre part, le bourouchaski pour décompter peut recourir à la
composition, le premier terme du composé étant le nom de nombre à
z: i~ki-kuc,thalé-kuc ((troisjours)), ((septjours». Dans certains
la
forme composée s'abrège: altul, walkuc «deux jours)), ((quatre
cas la
suffixe -um p e n e t en bourouchaski de dériver l'ordinal du
al. La dérivation se fait sur la forme z (altbum ((deuxième)),
((troisième))etc.). Le mot pour «premier» a une forme spéciale
. Les composés numéraux admettent une dérivation ordinale
ucum mani «c'est le troisième jour», «il y a deux jours))).
pronoms-Adjectifs
pronoms personnels, pronoms et adjectifs démonstratifs
bourouchaski ne distingue pas les pronoms personnels des pronoms
dbmonstratifs à la troisième personne. Il connaît pour cette personne
une forme normale et une forme insistante, qui implique la présence du
ent au moment de l'énoncé.
m e normale.
ja moi mi nous
un toi ma vous
ne lui (hm) we/u eux (h)
mo elle (hf) welu elles (h)
se lui (x) ce eux (x)
te lui (y) ke eux (y)
Forme insistante (3' p.) :
khené (hm) khuélkhu (h)
khomo (hf) khuélkhu (h)
gusé (x) gucé (x)
guté (Y) guké (Y)
s les pronoms de la troisième personne sont aussi employés comme
rminants (khené hir «cet homme)), se cigir «la chèvre)), ((cette

.2 Indé$nis et interrogatifs
bourouchaski dispose d'un système de pronoms et d'adjectifs
' terrogatifs indéfinis. Il oppose une forme h (men «qui?», ((quel-
n») à une forme bo (pron. x; adj. x, y), bbtan, pl. bbtek.
lssant à la même répartition, men ka et béskelbéska signifient avec
négation: ((personne, rien, aucun)). La répartition pour bmenjhmin
28

est plus systématique. soit amen (h), ames (x), hmec (y); pl. urnes, amet,
bmek. B. tend à opposer men et amen comme un pronom à un adjectif.
En fait, certains passages des contes infirment cette hypothèse: 2.7 où
amén a une valeur pronominale (arnrnr ybre telé dapsi dé1 del bam ({qui
donnait des coups sur le noyer»); 18.4 où men a une valeur d'adjectif
(tbla akhurum xa? men in&n ainern bai «là, aucune créature humaine
n'est venue))). L'opposition la plus probable entre men et amen (comme
entre bo et urnes, amec) est parallèle à celle qu'on pose en latin entre
aliquis et quidam. Dans le premier cas, le locuteur est en mesure
d'identifier le référent, ce dont il est incapable dans le second cas.
4.3.3Flexion
Les pronoms se fléchissent comme le nom. On remarque cependant
quelques particularités. Comme pour les thèmes nominaux à finale

-
vocalique, la longueur de la voyelle pemet d'opposer le génitif et
- -
l'ergatif au cas absolu (në ne; së se; jiï ja, etc.). Le pronom de
la deuxième personne oppose au un du cas absolu et de l'ergatif un
thème go aux autres cas. Le datif du pronom féminin mbmoya est
régulier. Sur les cas de pseudo-redoublement du pronom, v. 11.6.4.
4.3.4 Pronoms-adjectifs particuliers
La série des pronoms adjectifs qui vient d'être étudiée, n'est pas
exhaustive. Le bourouchaski possède un certain nombre de pronoms-
adjectifs de type interrogatif-indéfini: bérum, hérumes, pl. bércuku
((combien? quelque)); bbltum / béltum, pl. bélCu: ((cornment ? quel?)),
har ((chaque, chacun)), khul ((tout, tous)), saf «tous »; de type numéral
khiran «un peu, un petit nombre)), khiruman «un certain nombre)), tanc
«tant», akhurum, akhurumes, pl. akhurcu («tant», taurum, taurumes, pl.
taurc'u «tant»; de type déictique akhilakhilc, pl. akhilEu «tel», tailtailc,
pl. tailEu «tel». L'opposition proposée par B. pour ces quatre derniers
pronoms-adjectifs, selon laquelle akhurum et akhi renvoient à un
référent proche et taurum, tai à un référent éloigné ne semble pas
fondée (ex. 17.1 : akhi khaf han jayan dua «bien loin, il y a un pays)). Il
est évident que, dans ce contexte, le référent de akhi est éloigné). On
notera, enfin, que pour certains de ces mots, la classification est
arbitraire, car on peut les trouver avec une valeur qualificative.
29

se à son caractère invariable (bu! ((beaucoup,


L~ plupart des adjectifs qualificatifs peut aussi s'employer
(9.5 siéli éyaren «ils jouèrent joliment))). Parfois, seule
on semble conférer au mot une valeur adverbiale (5.29 rnarnzi
bj ((il a beaucoup donné de lait)) ou «il a donné du lait en
antité>), contrairement à 4.13 but den ((pendant de longues
où bu! est davantage adjectival). Lorsque l'adverbe modifie
péiphrastique, la frontière entre adverbe et adjectif s'efface
US, étant donné que beaucoup de verbes de ce type peuvent
me une suite formée d'un élément nominal et d' une
4.3 but ad@ étum barn «il l'avait traitée avec grand
être plus un adjectif qu'un adverbe. On peut, en effet,
r qu'il modifie ici Gdap. En revanche, en 4.2 bqt néya xesmat
i «il lui avait rendu de grands services)), la dislocation de but et
à penser que but modifie le groupe verbal xesmat étum
s son ensemble et que, par conséquent, il joue un rôle adverbial.
uvent également modifier d'autres adverbes (but
um dziya «ils s'en vinrent très rapidement))) ainsi que des adjectifs

Pronoms- Adverbes
comme il y a des pronoms-adjectifs (B. 5 12. 3), il y a en
chaski des pronoms-adverbes de valeur tantôt interrogative,
indéfinie (kho, akho, akhole ((ici)); to, tole «là»; khule, taule
ns»; an, ane «où»; bais ((quand? n'importe quand)); akhi, tai
)). an et les pronoms-adverbes suffixés en -le peuvent être
oyés avec des désinences de cas concrets (akhbla «vers ici)),
na ((vers où)), anurn «d'où» etc.). Sur l'opposition
par B. pour rendre compte respectivement des
-
khi tai et khule taule, voir 11.4.3.4.et B. 5 12.3.
6. Préfixation
6.1 Le Préfixe Personnel
Le bourouchaski connaît deux types de préfixes personnels:

Type 1 Type II
a- mi- a- mé-
g u- ma- go- ma-
l- U- é- O-
mu- U- mo- O-
z- U- é- O-
z- z- é- é-

Par ailleurs, chaque type se scinde en deux sous-types: le type 1 se


présente sous forme inaccentuée (arén «ma main))) ou sous forme
accentuée (iskil «son visage))); le type II, toujours accentué, oppose une
forme brève (és~ig «sa hanche))) à une forme longue (&kir «mon
beau-père))) (7). Comme B., nous noterons abstraitement ces préfixes
de la façon suivante: - (type 1 non accentué); (type 1 accentué);
- (type II bref); (type II long). Le préfixe de type 1 non accentué 3
sg hmxy tombe en règle générale, sauf quand il est devant un groupe
consonantique. Le préfixe pl. correspondant (u-) se comporte avec les
verbes de façon peu claire: en principe il se maintient lorsqu'il renvoie
à un nom de la classe hf, (une exception manén), autrement son emploi
est facultatif (cf. B. 8 142). Quant au préfixe personnel de type 1 et de

-
type II de la deuxième personne du singulier, sa consonne s'assourdit
derrière certains préfixes (ghmana «toi étant devenu)) akumana «toi
n'étant pas devenu))), conformément à une règle phonologique plus
générale (v. 1.3, règle 13).
6.2 Noms et Adjectifs Préfixés
Certains noms impliquent toujours sémantiquement un possesseur.
L'expression de la possession de l'objet inaliénable est caractérisée par
l'adjonction du préfixe personnel. D'autre part, certains adjectifs,
parce que la qualité qu'ils expriment est considérée comme une qualité
intrinsèque du déterminé, prennent un préfixe personnel renvoyant à la
classe et au nombre du déterminé (aëoyon ba «je suis petit)), éëoyon bai
«il est petit)), munyh «ma grande soeur))). Le préfixe personnel est
généralement de type 1 (arén «ma main)), gurén «ta main». munyzi
«grande» etc.); dans ce cas, il est omis à la troisième personne hmxy du
31

,,,main»). Toutefois dans les noms commençant par


sonne1 est accentué (sauf dans les noms à
le 1 n'est peut-être pas originel) et se maintient à la
kil ((son visage)), ilCimu ((ses yeux))). Les
gant en -1t- perdent le 1 à la troisième personne hm x y
oreille», mais tumal «son oreille))) (cf. 1.3, règle 16).
t indifféremment des formes préfixées ou
a ybyag ((sescheveux))).
ms et adjectifs présentent la forme II du préfixe
elle-ci est généralement de forme brève (és~ig «ses
«son frère)), éëoyon «petit»); quelques noms sont attestés
gue (eskir «son beau-père))). 11 est impossible de rendre
opposition entre 1 et II et de celle entre II bref et II long.

préfixé de type 1 devant -khar marque le réfléchi (akhar,


h&r etc.). On notera que le préfixe personnel i- de troisième
généralement caduc (v. $ 15), se maintient devant la marque
rsque le réfléchi est employé avec un
é, le préfixe personnel verbal est figé sous la forme -é,
réfléchi (akhar éhurus'am ba ((je
mo rnukhar éhurpiurn bu ((elle s'installe))). A l'origine, -khar
valeur intensive, qui, maintenant encore est attestée.

personnel pluriel de type 1 marque devant -han la réciprocité


mahan, uhan); -hance d-1 cifrapper l'un contre l'autre,
La règle de préfixation du verbe est la même que pour le
uhdn ésqanen «ils s'entre-tuèrent)).

préfixé accentué de type 1 marque devant lys soit


it le possessif (1.23 iya se dan makuta gi «il se jeta
»; 4.36 gziya damdna cu «emmène-le à ton
3 Dauladzist iya hbla gali ((Dauladust s'en alla à sa

postpositions intégrées dans la flexion (v. 1.3.9), le


bourouchaski possède 9 postpositions préfixées: -céEi «après», -Ybre
«avec», Loi «après. derrière)). g i ((devant, en face de», ~ p a j / . .
~ p a E i «près de)). -phatki «vers», -yakal «vers», -yhre «sous»,
«sur, avec)). Ces postpositions prennent toujours le préfixe personnel
(sauf quand il est de type 1 non accentué 3ème pers. sg. hmxy).
thème qui précède la postposition reste, en général, non marqué s'il est
à finale consonantique, mais si sa finale est vocalique, celle-ci est
allongée. Quant aux thèmes féminins, ils portent, en principe, au
singulier le marqueur -mo. Ex.: bia' iggi ((devant la vache)), bbsô yaré
«avec le veau », gusmo mucéc'i ((derrière la femme))etc.
Cette analyse permet de comprendre les prétendues formes à
redoublement des pronoms. Le paradigme proposé par Y. Morin des
pronoms postposés en -cé est éclairant:
j E acé mimicé
go gucé ma macé
në cé w ë ucé
m6 mucé wëucé
së cé cë cé
të cé k ë cé
La forme apparemment complexe relevée dans les contes mamhya-
macum ((de vous-même)), s'analysera de la façon suivante miï maya
miïczim (cf. wë uya ücum).

7. Le Verbe: Personnes, Voix, Modes


7.1 Les Personnes
Comme en français, le verbe en bourouchaski connaît trois personnes
au singulier et trois au pluriel. Il ne distingue pas les classes aux
premières et deuxièmes personnes du singulier et du pluriel. En
revanche, il le fait clairement à la troisième personne, tout particu-
lièrement à la troisième personne du singulier du verbe «être» et des
formes périphrastiques qui l'utilisent comme auxiliaire.
7.2 Les Voix
Le bourouchaski connaît la distinction des voix. Cette langue exprime
l'opposition sémantique entre le passif et l'actif dans les verbes

1 -
périphrastiques en utilisant les auxiliaires -man/man~«devenir» et
' - «faire» (ex.: bal -man- «être suspendu)) bal -1- ((suspendre))).
Les verbes non périphrastiques peuvent parfois exprimer une
sitjon de ce type en recourant à divers procédés (v. notamment
et 111.5.4).

modes ~ersonnelsen bourouchaski sont pratiquement inexistants.


ndamental, qui pourrait correspondre à notre indicatif,
s90pposent qu'un impératif, une série de formes en -i$ à valeur
série de formes suffixées en ceq a valeur conditionnelle.
anche, le verbe bourouchaski connaît un nombre important de
es nominales (voir II. 1 1 .8).

Variations du Thème Verbal


onditionnée par le Nombre
varient suivant le nombre de la cible verbale (phan- sg.
dnja- pl. ((gonfler en parlant du bois, de légumes)); sg.
((retirer un vêtement/ des vêtements))). Ces variations
re sont résiduelles en bourouchaski. Elles représentent
pobablement un état plus ancien, mais actuellement, elles sont plus
lexicales que morphologiques.
8.2 Variation Conditionnée par la Classe
Un certain nombre de verbes varient suivant la classe de la cible. Tel
est le cas de «se perdre)); avec une cible y, le bourouchaski utilise un
thème balh-, mais un thème -wbl- avec une cible hx.
8.3 Variation Mixte
Certains verbes enfin présentent une intéressante contamination du
nombre et de la cible. Tel est le cas du verbe ((manger)): -si- (cible hx
sg.); - ~ z i - (cible hx pl.); -ié- (cible y sg. et pl.). Cet exemple offre
ut-être le témoignage d'un système ancien plus complexe.

Temps et Aspect

bourouchaski, le verbe connaît six temps: le présent, le futur,


riste (((prétérit))chez Lorimer et Berger), le parfait et le
lus-que-parfait. En plus, il faut ajouter deux temps du passé: un
doublé, l'autre en -&Y-. 11 faut insister sur la valeur aspectuelle de ces
mps, étant donné que ni Lorimer, ni Berger ne l'ont remarquée. A
le système du bourouchaski semble comparable à celui
du grec ancien: deux aspects, scindés l'un en trois temps, l'autre en
deux, et un troisième aspect sans valeur temporelle particulière (8).
aspect 1 aspect 2 aspect 3
(duratif) (perfectif) (aoriste)
futur futur (aoriste)
présent présent parfait aoriste
passé imparfait plus-que-parfait aoriste

9.2 Le Duratif
La durée se marque par le thème de présent. L'imparfait exprime cette
même durée dans le passé. Quant au «futur», il est fort probable qu'il
marquait anciennement la durée sans référence précise à l'avenir, la
durée envisagée dans le présent impliquant nécessairement un avenir
où le procès s'étend. C'est en restreignant la durée au présent par une
forme périphrastique (&am ba ((je suis en train de faire))) que la forme
non périphrastique (&am) a dû finir par prendre une valeur exclusi-
vement future.
9.3 Le Perfectif
Le parfait (étam ba) et son passé le plus-que-parfait (étam barn) sont
également exprimés de façon périphrastique. Ils expriment le procès
comme révolu, ou plus exactement l'état qui résulte de cet achèvement.
ménarn ba signifie moins ((j'ai bu » que «je suis désaltéré)) (puisque j'ai
fini de boire). Cette valeur du parfait apparaît nettement en 7.12
jayaca dukucam ba ((j'ai fini de t'amener à l'endroit/nous sommes
arrivés à l'endroit)).
9.4 L'Aoriste
L'aoriste présente deux formes (a.1 éta, a.11 étam). La première forme
est de loin la plus fréquente. Ainsi pour la troisième personne du
singulier hmxy de l'aoriste de ét- «faire», notre corpus présente 73
occurrences de éti (a.1) et une seule occurrence de étimi (a.11). En dépit
des efforts de Berger (8 183) pour distinguer deux valeurs différentes
pour chacun de ces aoristes, il nous a été impossible, au cours de notre
enquête, de voir entre ces deux formes autre chose qu'une variante
libre. En tant qu'aspect du non aspect, l'aoriste évacue du procès toute
valeur aspectuelle. Il porte généralement une valeur passée; toutefois, il
ne se limite pas uniquement à l'expression de ce temps. On peut, en
effet, envisager théoriquement le procès verbal pour lui-même à
35

,quel moment. C'est pourquoi les valeurs de présent de


sont fréquentes (Sua mani «c'est bien)); a i ~ i a«tu ne manges
fiste te peut même exprimer un fait futur (ana crenl ba? dbya
-tu ?» ; «je reviensije vais revenir))).

inais utilise des formes rédupliquées à valeur passée. Cette forme


une valeur itérative (cf. B. 190)' mais celle-ci n'apparaît
sentielle. En effet, la forme d'imparfait traditionnelle dérivée sur
m ba) n'est pratiquement plus employée, même
est toujours connue des sujets parlants (et d'ailleurs, notre
ne présente qu'une seule occurrence de cette forme). Le passé
liqué se substitue à elle purement et simplement, et nombreux
s cas où il est vain de chercher une valeur itérative à cette forme
e ydre telé dapsig dé1 del bam, në yek Dauladust dulum «celui qui
noyer se nommait Dauladust))).
Le Passé en -3s~-
e passé semble venir du khowar (cf. B. 5 189). Dans nos textes le -a-
apparaît long, et non bref comme le note Berger. Ce temps se situe mal
dans le système aspectuel du bourouchaski. Berger remarque qu'il
exprime un procès vague, un fait que le narrateur ne peut garantir.
Nous avons pu confirmer le bien fondé de cette analyse. Cette valeur
passé en -iïsc- rend ainsi compte que, dans les propositions
enchâssées, cette forme puisse impliquer une plus grande dépendance
de la pensée du sujet parlant.

10. Structure du Verbe


10.1 Les Trois Niveaux Verbaux
omme dans la plupart des langues à construction ergative, le verbe en
bourouchaski peut comporter des suffixes et des préfixes renvoyant à
certains éléments de la phrase. Le verbe, recourant au préfixe
personnel, se trouve, de ce fait marqué du point de vue de la classe aux
troisièmes personnes (v. Tiffou 1977, p.25-26); il en va de même pour
le suffixe. Cependant la préfixation verbale est liée à des contraintes
qui relèvent davantage d'une étude syntaxique. Celle-ci nécessite la
distinction dans le verbe de niveaux différents. En bourouchaski, tout
verbe est en principe susceptible de se situer à trois niveaux (on note
toutefois des exceptions, ex. c(e)ré- ((aller))).Le premier est celui où le
verbe n'admet qu'un argument et exclut l'ergatif (kursimu canum bien
«les chaises se comptent))). Au deuxième niveau, le verbe admet
l'ergatif et au moins un argument (ne hire mi micani ((l'homme nous
compte))). Au troisième niveau, le verbe admet l'ergatif et prend une
valeur causative ou bénéfactive (ne hirc~ mo gus dombwaqaI kursimu
rnBcani ({l'homme fait compter les chaises à la femme));jii gurén
«je t'ai cassé la main))). Dans certains cas, le bourouchaski recourt au
supplétisme (niv. 1 wal-' «tomber»; niv. II -wa& ((laissertomber))).'

10.2 La Préfixation Verbale


Le système verbal en bourouchaski n'étant plus productif (voir V.4)' il
est difficile de déceler, dans l'ensemble des verbes qui se sont
maintenus, les règles de distribution des préfixes. On peut, toutefois,
dégager des tendances générales et entrevoir ce qui a dû se passer au
moment où le système verbal n'était pas figé. Le niveau III offre une
formation régulière: le préfixe est en principe de type long (on observe,
cependant, des neutralisations entre II bref et II long devant -h-; ex.
-
domohori «il a fait moudre (la femme))) mihhunjai «il a fait tresser (la
femme)))).
Les rapports entre le niveau 1 et le niveau II sont plus délicats à
cerner. Assez souvent, le niveau 1 est marqué par le préfixe d-. A
l'origine, il devait être facultatif (cf. c'ayur- et duc'ayur- ((devenir froid,
refroidir))). Quand cette opposition se maintient, d- marque un état
résultant d'une action volontaire. Autrement, l'emploi de d- au niveau
1 est morphologique (niv. I dukiyalt- ((être battu, être cardé», niv. II
Cayblt- ((battre, carder))). Le d- du niveau 1 s'est dans certains cas,
peut-être pour des raisons sémantiques, généralisé à tous les niveaux.
Ex.: niv. 1 duxar- «s'ouvrir»; niv. II d h a r - «fendre»; niv. III
dzxar- «faire fendre)). Ce type de verbe donne à penser qu'à l'origine,
le niveau II devait se distinguer du niveau 1, quand celui-ci n'était pas

-
préfixé par le préfixe de type 1 (cf. yark-' «il y a de quoi prendre»
-ybrk- «prendre»).
Le préfixe de type II a dû tendre ensuite à s'imposer au niveau II. Ce
préfixe est de règle devant le préfixe -s- qui permet de former des
verbes à deux arguments (cf. 11.10.4; yas- «pourrir»; isqas- «faire
pourrirfi; qqas- «faire faire pourrir))). Le préfixe II est également
obligatoire devant les thèmes verbaux à initiale en h-; dans ce cas la
voyelle qui précède est nettement suivie d'un coup de glotte (voir 1.3,
règle 12). Une généralisation analogue s'opère de façon moins stricte,
37

les verbes a initiale en ;'- et en r- (éyoieli ((il a émoussé (le


1", Enfin, lorsque le niveau 1 se trouve préfixé, le préfixe II est
,pour le niveau 11. Tout cela explique comment ce suffixe a
à généraliser (EutL «dégoutter», +ut- «faire couler goutte

ns verbes n'opposent pas le niveau 1 et le niveau II par la


tien (niv. 1 gi.fh- ((être tissé)); niv. II giSa- «tisser»). Cela
t-être l'état le plus ancien. On observe parfois pour ce
, verbe une variation d'accent intéressante ( y u l ~«brûler>)
$1- «brûler» (tr.). Mais la forme à deux arguments de ce

de la 3e personne hmxy (yol- = *iyol-; cf. y a r k ~ -


peut s'expliquer par la généralisation, à toutes les personnes, du

xy), mais guyark-). D'ailleurs le verbe ybl- connaît un


lus clair. Cela confirme le rôle qu'a dû jouer le préfixe
pe 1 pour caractériser le niveau II, lorsque le niveau 1 n'était pas

$ 6
:W i

fb.3 La Préfixation en d-
Dans certains verbes qui s'adjoignent un préfixe d-, celui-ci peut être
g son tour suivi du préfixe personnel. Lorsque ce n'est pas le cas, le
prkfixe d- est généralement suivi d'un -u- de transition (duyaresi «il
demanda))), ou d'un -i- devant -a- (diarc- «pleuvoir»). On peut se
ander, d'ailleurs, si ces éléments ne sont pas des formes figées du
préfixe personnel de type 1. Lorsque la syllabe suivante comporte un
-eou un -O-, il y a harmonie vocalique (demé- «être répandu)); dohon-
mettre la main sur))). Un phénomène analogue se produit lorsque le
préfixe personnel est à initiale consonantique; le bourouchaski inter-
lle alors entre d- et le préfixe personnel une voyelle de même timbre
kbya < *d-O-go-ya «tu es venu»; dukuca < *d-u-gu-ca «je t'ai
mené»; dombya < d-O-mo-ya < elle est venue)), deméya < d-e-mé-ya
nous sommes venus)); damaya < d-a-mbya «vous êtes venus)). Sur
I'assourdissement de -g- dans dokbya et dukuca, voir 1.3, règle 13.
On notera enfin que les règles morphologiques de préfixation de
ndice personnel sont très souples avec d-: do moyaresi, mbdomoyaresi,
mbduyaresi «il lui demanda)).

10.4 La Préfixation en -s-


Le bourouchaski dispose d'un préfixe -s-, dont la répartition dans la
population des verbes n'est pas claire. Néanmoins, la valeur de ce
préfixe n'est pas douteuse: elle permet d'ajouter un argument au ver
(Silon gbrci «la queue s'est coupée» - jiî 31an éskarca «j7aicoupé
queue))). Les contraintes morpho-phonologiques de ce préfixe sond
intéressantes: -s- est toujours précédé du préfixe personne1 de type I ~ . /
lorsque le thème verbal admettant ce préfixe est à initiale consdl
nantique non nasal, l'adjonction de -s- provoque l'assourdissement de
cette consonne en entraînant, dans certains cas, une modification de
celle-ci (v. 1.3, règle 10).

11. Flexion Verbale


1 1.1 Les Thèmes
Le bourouchaski dispose pour la flexion verbale de deux thèmes:, l'un
de duratif, l'autre de non-duratif. Le premier thème est dérivé sur le
second. Le suffixe de dérivation le plus fréquent est en -t-.Cela
apparaît nettement dans les thèmes à finale vocalique (guta- ((dormir)),
th. duratif guCaC-). Certains thèmes à finale consonantique admettent
un -i- de transition (dosbk- ((descendre)),th. duratif dosokit-); d'autres
ne retiennent de ce suffixe que l'aspect palatal (hurzit- «s'installer», th.
duratif hurus). Quant aux thèmes à finale en -n-, ils poussent si loin la
palatalisation qu'ils substituent un -y- au -n- final du thème (-man-
«devenir», th. duratif -mby-). On note, cependant, quelques exceptions
(heryéin- «hennir», th. duratif heryéinE-). Dans les thèmes en -en-, -en-
> -i- (sén- «dire», th. duratif si-).
Sur le thème de duratif sont formés le futur, le présent, l'imparfait et
le désactualisant en ceq ainsi que le nominal 1 (ééum)et le nominal II
(écu). Sur le thème de non-duratif sont formés les aoristes 1 et II, le
parfait, le plus-que-parfait, le passé rédupliqué, le passé en -isc-, l'ile
nominal III (étum le nominal III (étum), le nominal IV (net) et le
nominal V (étas) (9). Lorsque le thème de non-duratif se termine par
une voyelle, un -y- s'insère devant la désinence (guG-y-a- «je dormis))).
11.2 Formes Périphrastiques et non Périphrastiques
La flexion verbale présente des formes périphrastiques avec la copule
b- et des formes non périphrastiques (cf. 11.9, 2 et 3). Relévent de
celles-ci toutes les formes nominales du verbe, le futur, les aoristes 1 et
II, le passé en -Est- et l'impératif volitif. Quant aux formes périphra-
stiques, le présent et l'imparfait se conjuguent avec les formes du
nominal 1; le parfait et le plus-que-parfait avec les formes du nominal
III. Le nominal 1 et le nominala première personne la première
39

ne l'insertion d'un -a-, ex: éëam bu «je fais)), éëum ba ((tu fais»
ttedernière forme, le -u- s'explique à partir de la sonante Om).
es du désactualisant se composent du nominal 1 et d'un ceq

L~~Desinences Verbales
sinences verbales sont les suivantes:
Singulier Pluriel

1 -a -n
(peut être infixée
devant -m)
2 -a -n
3 hm -i -n
3 hf -U -n
3x -1 -n
3Y -1 -1
système semble reposer sur un système sous-jacent où les premières
.- rsonnes infixent un -a- devant le suffixe -rn, et où, derrière consonne,

*'
>/ V. I
'" % /A

u ~ x -m . et -n dégagent chacun une voyelle épenthétique. Cependant, dans le


,;gy@+;&
de la séquence a-m-n, le n assimile le m. Le système des formes
-*,
suffixées en -m peut être résumé dans le tableau suivant (où V =
"&"

Singulier Pluriel
1 -a-m -a-rn-n
2 -V-rn-a (-Om-a) -V-m-V-n (-Om-On)
3 hm -V-m-i (-Om-i) -V-m-V-n (-Om-On)
etc. etc.
hema phonologique ne souffre pas d'exception, sauf à la première
rie1 du désactualisé, mais cette exception n'est
parente (on peut, en effet, supposer pour éëan ceq une forme
acente *éCamn ceq). Les autres exceptions sont morphologiques,
rsonne pluriel du passé en -âsc-, flexion d'innovation
te, et la première personne pluriel de l'aoriste II, où l'insertion
hologique du -a- ne se produit pas. On aurait peut-être là un
relativement récent de cette flexion par rapport à
40

Cette reconstruction permet de saisir clairement les formes du futur et de


l'aoriste II, si l'on considère que le timbre des voyelles fermées
formées à partir de la sonante -m,obéit aux lois de l'harmonie
vocalique. On remarquera, enfin, que le e de la désinence de pluriel -en
s'est rapidement lexicalisé; c'est ce dont témoigne une forme comme
guëayen «ils dormirent».
11.4 Flexion de la Copule b- «être»
Singulier Pluriel
Présent
ba ban
ha ban
bai han
bu ban
bi bién
dua bica
Passé
barn barn
barn barn
barn barn
bum bam
bim biém, him
dulhrn bichrn
Passé en - 5 s ~ -
bbscarn biscemen
bkscurna bkscernen
bascimi bbscemen
buiscumu bbscemen
biascimi biénfiscimi
duiïscurnu bickscirni
On remarquera que cette flexion offre une particularité: le suffixe est
ajouté à la forme conjugée du verbe, ce qui n'est pas le cas des autres
verbes (ex.: néascimi «il est allé))). B. recense enfin pour la troisième
personne de ce verbe une flexion complète du volitif en -$-
hm bas basen
hf bus bhen
x bis bisen
Y dulus/ bicis
du.
-3- 11.5 Flexion d'un Verbe non Préfixé: et- «faire»
Futur
",. éëanz éCan
éc'urna éEurnenléCernun
éc'imi éternen
éc'umu éternen
éëim i éc'imi
éëirni étimi
Présent
éCam ba étam ban
éc'um ba éëum ban
éCurn hhi éc'urn han
éturn bu éCurn han
éCum hi étum bién
éCum dua éëurn bica
Imparfait
étam bam éëam barn
éCum bam éc'um barn
éc'urn barn éëurn barn
éCum hum étum barn
étum bim éCum biémlbim
éëum dulum éc'um bicum
Aoriste I
éta éten
éta éten
éti éten
étu éten
éti éten
éti éti
Aoriste II
étam étumenlétemen
étuma étemen
étimi étemen
étumu étemen
étimi étimi
étimi étimi
Parfait
étam ba étam ban
étum ba étum ban
étum bhi étum ban
étum bu étum ban
étum bi étum bién
étum duh étum bichn
42

Plus-que-parfait
étam barn étamlétum barn
étum barn etum bam
étum barn étum bam
étum bim étum barn
étum bim étum biém
étum dulum étum bicum
Passé en -àsc-
étüscam étiïscemen/étdscumen
étiiscuma étdscumen
étiiscimi étiïscurnen
étcscumu étzscumen
étcscimi ét ascimien
étdscimi étCscimi
Passé rédupliqué
ét et barn ét et barn
ét et barn ét et barn
ét et bam ét et barn
ét et bum ét et barn
ét et bim ét et biém
ét et dulum ét et bicum
Imp. - Vol.
et étig
étis étisen
Forme en ceq
éEam ceq &an ceq
éëum ceq éCum ceq
éCum ceq éëurn ceq
étum ceq éëum ceq
é?um ceq étum ceq
éeum ceq éCum ceq

11.6 Exemples de la Flexion des Verbes Préfixés


11.6.1 -wdr- «être fatigué))
La flexion des verbes préfixés est conforme à celle des verbe
précédents. Pour illustrer cette flexion, nous donnerons d'abord 1
paradigme du présent d'un verbe n'exigeant qu'un argument et prenant
un préfixe de type 1 (-wdr- ((être fatigué))).
ja a-warEam ba mi mi-warEam ban
un gu-wareum ba ma ma-warëum ban
ne wbr?um bai we u-wartum ban
dv
9: mo mu-warcum ou we u-warc'urn ban
se waréum bi ce ( u - )warc'um bién
te warc'um dua ke warc'urn bica

3
E6.2 Verbes semblables aux 1 aécédents, mais préjîx

mi di-mi-talc'arn ban
ma da-ma-talc'um ban
ne d-i-talëum bai we d-u-talc'um ban
mo du-mu-talc'um bu we d-u-talc'um ban
se d-i-talc'um bi ce d-u-taltum bién
te d-i-talëum duh ke d-i-talëurn bich

j Exemple d'un verbe exigeant deux arguments et prenant un


e du type II ( ~ s k a r c ((chasser;
- couper)))
jâ un gbskarcam ba je te chasse
jâ ne éskarëam ba je le chasse
ji mo mbskarëam ba je la chasse
ji se éskartam ba je le chasse
jü te éskartam ba je le chasse
ji ma maskarc'am ba je vous chasse
ja we bskartam ba je les chasse
jiï we oskartam ba je les chasse
jii ce bskarc'am ba je les chasse
jâ k e é s k a r k m ba je les chasse
un ja askarc'um ba tu me chasses
un ne askartum ba tu le chasses
un mo mbskarëum ba tu la chasses
un se éskarëum ba tu le chasses
un te éskarëum ba tu le chasses
un mi méskartum ba tu nous chasses
un we bskarëum ba tu les chasses
un we bskarCum ba tu les chasses
un ce bskartum ba tu les chasses
un ke éskarëum ba tu les chasses
në ja hskarëum bai il me chasse
né go gbskarëum bai il te chasse
në ne éskarëum bai il le chasse
në mo mbskareum bai il la chasse
në se éskarëum bai il le chasse
në te éskarëum bai il le chasse
nê mi méskarc'um bai il nous chasse
nt? ma maskarc'um bai il vous chasse
në we bskarCum bai il les chasse
në we oskarc'um bai il les chasse
në ce oskarc'um bai il .les chasse
në ke éskarc'um bai il les chasse
etc.

Exemple d'un verbe semblable au précéden mais

jd un dokbc'am ba (1 1 ) je te frappe
jtï ne défam ha je le frappe
jd mo dombc'om ba je la frappe
jcï se déc'am.ba je le frappe
jiï te détam ba je le frappe
ja ma damatam ba je vous frappe
jiï we doëam ba je les frappe
jiï we d b h ba je les frappe
jG ce dbc'am ba je les frappe
jâ ke défam ba je les frappe
un ja dbëum ba tu me frappes
un ne déc'um ba tu le frappes
un mo dombëum ba tu la frappes
un se détum ba tu le frappes
un te déc'um ba tu le frappes
un mi demétum ba tu nous frappes
un we dbëum ba tu les frappes
un we dbc'um ba tu les frappes
un ce dbfum ba tu les frappes
un ke d é h m ba tu les frappes
nëja daEum bai il me frappe
në go dokbhm bai il te frappe
në ne dé2um bai il les frappe
në mo dombtum bai il la frappe
né se déëum bai il le frappe
në te déZum bai il le frappe
né mi demézum bai il nous frappe
në ma dambfum bai il vous frappe
ne' we d b h m bai il les frappe
né we dbtum bai il les frappe
né ce dbtum bai il les frappe
né ke déCum bai il les frappe
etc.
ières

/ né- «aller»

ja cram mi cran
.un créma ma crémen
ne crémi we crémen
mo crému we crémen
se crémi ce crémi
te crémi ke crémi

ju cram bu mi cram bun


(craman)
un crem ba ma crem ban
(créman)
ne crem bai. etc.
mo crem bu
etc.

ja gala mi galén
un gala ma galén
ne gali etc.
etc.

ja néyam mi némen
un néma ma némen
ne némi we némen
mo nému we némen
se némi ce némi
te némi ke némi
Parfait
ja néyam ba mi néyam ban (?)
un nem ba ma nem banlnéman
etc. etc.
Plus-que zrfait
ja néyam ba mi néyam barn
néyamam
un nem barn ma nem bam
némam
etc. etc.
Passé rédupliqué
ja né ne hdm
etc.
Passé en -üsc-
ja né iscarn (?)
un nédscurna (?)
ne néüscimi
etc.
Irnp.- Vol.
ne

11.7.2 cur- / dzya, diya / jo- ((venir))


Futur
ja curam mi curan
un curuma ma curemen
etc. etc.
Présent
ja curam bu mi curam ban
un czirum ba ma curum ban
etc. etc.
Aoriste 1
ja dbya mi deméya
un dokbya ma damaya
ne diya we dtiya
mo domoya we dtiya
se diya ce dtiya
te diya ke diya
Parfait
ja dbyam ba mi demém ban
un dokbm ba ma dambm ban
ne dïm bai we düm ban
mo dombm ban we diïm ban
se dïm bi ce düm bién
te dïm dub ke dïm bich
Plus-que-parfait
dbyam barn
etc.
Passé rédupliqué
. . barn
jb-jo
etc.
Zmp.- Vol.
JO
Fomes Nominales du Verbe
rouchaski a développé un système assez riche de formes
du verbe. Leur thème de base a été étudié en 1 1 . 1 , il importe
onner maintenant une brève description.
1 0 s nominaux I et III
ominaux 1 et III apparaissent dans les formes périphrastiques de
exion verbale. Les paradigmes proposés précédemment rendent
te de leur formation, soit le suffixe -m devant lequel s'insère un
la ~remièrepersonne (nom. 1 étam, nom. III étam); aux autres
5
nnes, le suffixe développe une voyelle de timbre u (nom. 1 étum,
nom 111 étum). On remarquera que les formes nominales *
admettent
comme les formes finies, le pronom préfixé (nom. 1 gosime, nom. III
dyamule). En tant que formes nominales, elles peuvent également se

gén. créme
dat. créma
loc. crémule
La copule présente une forme nominale en bam (go bamule ((lorsque tu
es/étais/seras là»).
11.8.2 Le nominal II
Il est possible d'adjoindre directement au thème du duratif la désinence
de datif. Ce procédé rend compte de la formation du nominal II (éÊa,
sia); certaines formes présentent une désinence redoublée en -yu de la
forme de datif (siaya), d'autres ne se présentent que sous la forme
redoublée (mayaya, craya).
11.8.3Le nominal I V
Le nominal IV se présente sur le thème du non-duratif; il peut se
suaxer facultativement en -e, -en, -ene (net, néte, néten, nétene).
Lorsque le thème n'est pas suffixé et qu'il se termine par une nasale,
celle-ci tend à tomber (nima nom. IV de -nuin-). Le nominal IV se
préfixe toujours en n-, sauf lorsque le thème verbal est préfixé en d-. Si
le thème verbal est à initiale vocalique, le timbre de cette voyelle ne
change pas. Si le thème est à initiale consonantique, une voyelle,
généralement de timbre u, et plus rarement de timbre i, s'insère entre le
préfixe et le thème. Si ce thème commence par une occlusive orale,
48

l'insertion de la voyelle -u- ou -i- entraîne son assourdissemem


(nukirmin nom. IV de girmin- «écrire», nipiraq nom. IV de biraq
«creuser»). Mais cette règle n'est pas systématique, on note de
nombreux exemples contraires (nigal à côté de nukule nom IV de gaz-
«briser» etc.). Comme toutes les autres formes nominales, le nominal
IV peut être préfixé; dans ce cas, les règles qui s'appliquent sont les
mêmes que celles données pour le préfixe d- (11.10.3). A cette forme
nominale, l'accent remonte sur la première syllabe du thème verbal, si
celui-ci n'admet pas le préfixe personnel, autrement celui-ci porte
l'accent (cpr. nima de man- et nima de -man-).

11.8.4 Formes particulières du nominal IV


Nominal IV de dLya/diya:
da demé
dokb dama
dildt duldü
domo duldü
dildt duldü
dildi di/&

Nominal IV de né-
na nemé
nokb nama
nilni nulnü
nomb nulnü
nilni nu/nü
nilni nilni

On a également relevé pour di et ni les formes suivantes: dinene et


ninene.
Le nominal IV peut admettre la négation, mais on lui préfère la
forme niée du nominal III.

11.8.5 Le nominal V
Le bourouchaski connaît une forme nominale du verbe formée sur le
thème de non-duratif et suffixée en -as (étas nom. V de ét-). Bien
souvent cette forme a la valeur d'un nom d'agent (étas «le faiseur)), pl.
étaiu), mais elle est également employée avec des valeurs comparables
à celles du nominal 1 et du nominal III.
49

6 valeur aspectuelle des formes nominales


fornies nominales du verbe portent également une valeur d'aspect.
I et II ont une valeur durative; les autres une valeur
nedurative recouvrant les valeurs de l'aoriste. Ils n'ont pas, en
anche, de valeur temporelle propre; celle-ci est impliquée par le
w t e . C'est pourquoi on trouve de nombreuses occurrences du
rninal II avec une valeur marquée d'antériorité (sia «après qu'il eut
1, Le nominal IV porte, le plus souvent, cette valeur d'antériorité,
, celle-ci ne lui ,est pas essentielle. 18.21 en offre un bon exemple:
~amiijermani far déyal gufam bam ne peut se comprendre si l'on
à déyal cette valeur: *«après avoir entendu le bruit de la
ite, le cuisinier dormait)). Le sens est bien: «le cuisinier dormait
orsqu'il entendit le bruit de la marmite)). L'emploi du nominal IV
&al est dicté ici par la valeur ponctuelle du procès.

12. Morphologie de la Négation


~e préfixe négatif a:, ai- occupe toujours première place parmi tous
les préfixes possibles. Il se présente sous la forme a i surtout devant
des verbes préfixés en d- et également devant les pronoms préfixés à
initiale consonantique (gu- / go-, mu- / mb, mi- / mé-, ma- / ma-), mais
la forme ai- est aussi possible. Seule la préfixation en a' entraîne
l'assourdissement des occlusives orales: *a-diya > atiya «il ne vint
pas», *a-gu-mana > akumana «tu ne devins pas» (cf. 5 15), *éski a-bali
> éski apali «il ne comprit pas», mais aussi éski aibali. Le préfixe ai-
tend, comme le montre le dernier exemple, à se généraliser au dépens
de a:. Entre celui-ci et une voyelle initiale (de thème ou de préfixe)
s'insère un y de transition: *a-osqanen > ayosqanen «ils ne les tuèrent
pas», *a-éti > ayéti «il ne fit pas». La présence du y pourrait
également s'expliquer formellement par une modification de ai-. On
remarquera que dans les formes périphrastiques du verbe c'est le thème
verbal qui porte le préfixe négatif et non la copule: aisim ba «tu ne dis
pas)) et non *sim apa. Le passé rédupliqué nié pas az présente un
assourdissement des deux consonnes initiales: *a-jd . barn > aga go
. jo
barn «je ne venais pas». Dans les verbes périphrastiques (v. V.4), c'est
l'élément verbal qui reçoit le préfixe négatif: le1 ayéEam ba «je ne le
comprends pas)). La flexion du verbe n'est pas modifiée par la
préfixation négative, sauf à la 3e p. y sg. et pl. de la copule:
Présent / Passé Présent / Passé
Singulier Pluriel

un apa / apam mi apan / apam


ja apa / apam ma apan / apam
ne apai / apam we apan / apam
rno apb / apbm we apan / apam
se api J' apim ce apién / apiem
te api / apim ke api / apim

Quant à la position de l'accent, il suffira de dire que ai-, possédant un


accent propre, entraîne l'affaiblissement de l'accent du verbe et que,
dans le cas de a-i. et de ay:, l'accent porte toujours sur la syllabe
subséquente (cf. 1.4).

(1) Sur la définition de ce terme, v. 111.2.7


(2) On peut se demander si les pluriels de la classe y ne sont pas en fait
d'anciens collectifs. On a, en effet, d'une part, remarqué que les suffixes de
plunel de cette classe sont nettement différenciés de ceux des autres classes.
D'autre part, la troisième personne du pluriel y des formes verbales non
périphrastiques est identique à celles du singulier (éti, éCimi). Enfin, l'accord de
l'adjectif épithète avec les noms y tend à confirmer cette hypothèse (cf. III. 1.2).
Toutefois, la création des formes du verbe «être» bica et bichrn ( 3 p1.y) ont
tendu à évincer, à un point de vue synchronique, l'existence de cette catégorie.
(3) Il y a de bonnes raisons pour considérer qu'il est légitime de rapprocher ce
suffixe du suffixe y en -iq. Si l'on admet notre hypothèse sur la valeur de
collectif de ce suffixe (11.2.1, n. l), ce rapprochement s'éclaire. En effet, les
mots h suffixés en -tig apparaissent marqués au pluriel comme une catégorie.
Les langues indo-européennes présentent un procédé parallèle. Le suffixe de
masculin et de féminin en -2 remonte fort probablement à un ancien suffixe de
collectif. On remarquera que les masculins en -5désignent également des corps
de métier, des qualités ou des défauts; ex: lat. nauta «le marin», nasica «qui a
un gros nez».
(4) Telle est notre interprétation pour ce suffixe. On peut toutefois considérer
que la forme historique de -anc est plutôt -ianc ce qui expliquerait une
opposition du type gas «fil de laine», gaianc < *gas-ianc. En fait les deux
interprétations ne se contredisent pas, la généralisation d'une forme -2nc i la
suite d'une réanalyse a pu entraîner des palatalisations du type gafhnc.
51

int justifie le statut de cas fondamental que nous attribuons au datif

Nous n'avons pas recensé les doublets notés par B., soit pour la forme
: in/ne; inlmo; oslse; otlte; oclce; oklke; soit pour la forme insistante:
né; khosl gusé; khotlguté.
tion du préfixe de type 1 accentué et non accentué n'a pas
lexicale (sur les raisons de cette opposition, v. 1.4.2). Il n'en va
même pour celle du préfixe de type 11 long et court. Sur la valeur de
opposition v. 11.10.2 et 111.5.
ms une langue aspectuelle, temps et aspect sont toujours liés. Cela crée
ambiguïté métalinguistique, car on utilise toujours les mêmes
es langues aspectuelles et les langues non aspectuelles. Le tableau
xte montre clairement la signification que recouvrent pour une langue
es termes (<imparfait», «parfait» et ((plus-que-parfait)). On
uera aisément que la valeur qu'on leur prête pour le latin et le français

'0)Chez Berger, les nominaux 1 et III sont appelés participes, le nominal II


fuialis, le nominal IV absolutif et le nominal V nomen agentis. Comme ces
fomes ont aussi d'autres valeurs que celle que Berger leur attribue, nous
''
P*!*
préférons employer une terminologie plus neutre.
u .,< , (10) Également adaltatam ba etc.
. (1 1) BgaIement gbdokoCam bu etc.
111 SYNTAXE

, syntaxe de l'Accord

verbe en bourouchaski s'accorde en nombre et en classe avec


nt à l'ergatif; si le verbe exclut l'ergatif, il s'accorde alors en genre
n classe avec la cible (ne hire sénilwe hurf sénen ((l'homme dit/les
mmes dirent)); ne hir galilwe huri galén ((l'homme s'en allaIles
hommes s'en allèrent))). Lorsque l'accord est gouverné par plusieurs
mots coordonnés, la règle est très floue. On dégagera, en dépit de
reux exemples contraires, car les sujets parlants ont beaucoup de
ultés à mettre sur le même plan des mots de classes différentes, la
tendance suivante: l'accord peut toujours se faire avec le mot le plus
rapproché (hen hiren ka han cigiran bim «il y avait un homme et une
chèvre))). Autrement, lorsque les mots sont de la même classe, le verbe
peut se mettre au pluriel (MOUSUKhan ka Dada Khan bazhra galén
((Moussa Khan et Dada Khan sont allés au bazar))), sauf si les mots
sont de la classe x et réfèrent les uns à des animés, les autres à des
inanimés. D'autre part, si les mots relèvent des classes hm et hf, le
'. >
verbe peut également se mettre au pluriel. Ce cas mis à part, lorsque
-
les mots sont de classe différente, on répétera le verbe (hen hiren barn
ka han cigiran bim «il y avait un homme et une chèvre))). L'accord du
verbe est toutefois possible, lorsque les mots sont de la classe y et
inanimés de la classe x, à condition que ce soit le mot x qui ferme
l'énumération (hile ben pténc ka ben buxari bién «il y a dans la
son une épée et une cheminée», mais *hile hen buxari ka hen
nc biccllbién n'est pas admissible). On remarquera que, dans cette
ndance de l'accord du verbe, la classe x est soumise à une distinction
mantique entre animé et inanimé (1).
Le Syntagne Nominal, l'Épithète et I'Attribut
e démonstratif ou l'adjectif épithète ne s'accordent jamais en cas avec
le déterminé (ne éëoyon a u l a sini ((le petit enfant dit», et non *né
ecoyone aulade séni. Cependant, le déterminant, qu'il soit démonstratif
U qualificatif épithète, s'accorde en nombre et en classe avec le nom
auquel il se rapporte (ke yatéhag ((ces épées)), ce thayu ~ a r k 6((ces
54

hautes montagnes))). On notera une exception à la règle pour l'adj


épithète déterminant un nom de la classe y. Lorsque le nom
décompté, il y a accord; si tel n'est pas le cas. l'adjectif est invan
(isk6 éserumig yatéhag «trois épées aiguisées)), mais bu! éserum yaté
«des épées très aiguisées»).
L'adjectif attribut peut s'accorder ou pas avec le nom auquel il
rapporte (we guiiga kanëéni/kanCénitig ban «ces femmes sont valages
La règle vaut également pour l'attribut objet (Yasine guiiga salé/sa&
uhéyam ba «je sais que les femmes de Yasin sont sérieuses»).

2. Syntaxe des Cas


2.1 Le Cas Absolu et 19Ergatif
Le bourouchaski est une langue à construction ergative. On entend
par là que c'est une langue dans laquelle le nom marqué au cas erg
ne joue pas le rôle d'un complément circonstanciel, ce qui semble ê
le cas de certaines langues, comme par exemple l'avar. On s'interro
actuellement sur la notion de sujet. Il ne saurait être question dans
présent ouvrage, de prendre position sur ce débat; on évitera de parler
de sujet ou d'objet étant donné que ces notions métalinguistiques so
trop marquées par la conception née de l'étude des langues dites
nominatives.
Comment, dans ces conditions, distinguer les compléments non
circonstanciels? et parmi ceux-ci n'y en a-t-il pas qui sont plus
intimement liés au verbe que d'autres? L'accord verbal permet de
trouver une réponse à ces questions. Dans les langues, où, comme le
bourouchaski, le verbe connaît l'accord, on considérera comme plus lié
à celui-ci le nom qui détermine cet accord. Mais, en bourouchaski, le
verbe peut s'accorder avec plusieurs noms à la fois; ex.: ne hire mo gus
muyéci ((l'homme a vu la femme)). Dans muyéci, -i renvoie à hire et mu-
à gus. Ces deux noms ne sont donc pas des compléments circon-
stanciels, mais quel est celui qui est le plus intimement lié au verbe?
Pour répondre P cette question, il faut se demander s'il n'y a pas une
hiérarchie à établir dans les morphèmes marquant l'accord verbal. En
bourouchaski, le morphème suffixé est le plus important. En effet,
quelques cas mis à part (v. la flexion de dLya/dAya et la deuxième
personne du singulier de l'impératif), le verbe comporte toujours un
suffixe, alors que, dans certains verbes, le préfixe verbal est exclu OU
facultatif (ex. : crém-, sén- etc.).
gy considérera donc que le nom decienchant l'accord du suffixe
est intimement lié au verbe que tout autre. Or, en
ouchaski, lorsqu'une phrase comporte un nom marqué à l'ergatif,
=lui-ci entraîne l'accord du suffixe; ex. ne hire minas séni
m e a raconté une histoire)). Cette propriété de la langue permet
considérer comme une langue à constrution ergative. Lorsque le
également le préfixe personnel, celui-ci renvoie, la
du temps au cas absolu. En revanche, lorsque la phrase ne
~omporterl'ergatif, le suffixe verbal renvoie au cas absolu ainsi
préfixe personnel s'il est exprimé. Ex.: mo guse cigir ésqanu «la
a tué la chèvre)) et cigir ditali «la chèvre s'est réveillée)). Dans le
icr exemple, le -u d'ésqanu renvoie à guse marqué à I'ergatif et le
cigir au cas absolu. Dans le second exemple, le suffixe -i et le
e -j- de ditdli renvoient tout deux à cigir. Ces deux phrases
b d e n t compte de la valeur ambiguë du nom au cas absolu. Dans ces
phrases, a-t-il la même fonction ou deux différentes qui
bnespondent respectivement à celles d'objet et de sujet? On ne
pas ici la question. Pour rendre compte de cette ambiguïté et
;fwr commodité, on emploiera le terme de cible verbale pour désigner le
-*q~
. ,;@$ absolu, qu'il déclenche ou non l'accord du suffixe verbal.

&:-Dans une langue à construction ergative, toutes les phrases ne


,mmportent pas un nom à I'ergatif. Celui-ci marque l'agent; il est donc
'
p m a l e m e n t exclu quand le verbe ne requiert pas que soit exprimé
t'auteur du procès; ex.: ne hir waZi ((l'homme est tombé)). Toutefois,
q t t e raison n'est pas suffisante. Dans des phrases comme ne hir gali
. d'homme est parti», ne hir dimi ((l'homme est venu», on pourrait
considérer que hir accomplit une action; pourtant hir est au cas absolu.
,,k+$eJ3n fait, l'ergatif est requis lorsque le verbe comporte deux arguments
'
<*!
y@
: (l'un d'eux correspondant à l'objet des langues nominatives); ex.: ne
& p2"i.i .
hir yéci ((l'homme voit)) (c'est-à-dire «il a la faculté de voir)), «il n'est
-- b

N*
'8

*
, pas aveugle))) - ne hire mo gus muyéci ((l'homme a vu la femme)).

2.2 Le Datif et le Génitif


utre l'ergatif et le cas absolu, la phrase peut comporter d'autres
éments qui seront alors à un cas oblique. On trouve, par exemple, le
.,* +
datif dans hir Yasina crem bai ((l'homme va à Yasin)), hire jaya ketbp
i ((l'homme me donna un livre)), littéralement «l'homme (erg.) à moi
at.) un livre (c.a.) donna)). Dans les phrases à ergatif, le datif peut
être considéré comme une ((cible marquée)), par opposition au cas
56

absolu, étant donné que 'le préfixe personnel du verbe peut parfois
renvoyer. Le datif sert aussi à l'expression du but: paquga galh «el
partit faire le pain». Comme le génitif, il peut avoir une valeu
circonstancielle: Sbma ({lesoir venu)).
Le génitif, issu, comme l'ergatif, du cas oblique de l'ancien système
deux cas, recoupe la plupart des valeurs qu'on lui reconnaît dans le
autres langues. II implique le plus souvent la dépendance d'un nom p
rapport à un autre: khené hire han haybran «cet homme (a) un cheval
et ((un cheval de cet homme)), sawe teté «la corde de sable)). Dans
plupart des tournures bénéfactives (v. III.5.3), le préfixe personnel
verbe renvoie au possesseur en général marqué par le génitif: jiï ne h
ëaimému ;gala (j'ai cassé les lunettes de cet homme)). II existe de plu
une survivance de l'état ancien, où le génitif, plus indépendant d
verbe, prend une valeur circonstancielle: han shne «un jour» (cf. al!.:
eines Tages).

2.3 L'Ablatif
L'ablatif exprime normalement la provenance: anum «d'où», Yasinu
diya «il revint du Yasin)), ainsi que la distance (spatiale ou temporelle
parcourue: ésfigum khafu yorci ((il s'enfonça à partir des hanche
jusqu'en bas)); iski-kucum ((trois jours après)). Ce dernier mot étant
aussi attesté en fonction de cible (cas absolu) et signifiant «le 3e jour)),
cela suggère que, du moins historiquement, l'ablatif a dû servir à la
formation des ordinaux en général: iskium «le troisième)).
Quoi qu'il en soit, toutes les valeurs de l'ablatif peuvent se ramener
plus ou moins nettement à l'idée d'origine exprimée fondamentalement
par ce cas. Ex.: ja xesmbtcurn gala $ai quitté le service)), Thuicum bai
«il est originaire de Thui)), gurcurn mal doxbtali «le champ est couvert
de blé)), j6cum jâ as garci «les abricots me dégoûtent)), littéralement
«mon coeur s'en est allé des abricots)), go' guchm emali «il avait peur de
toi)). L'idée de distanciation se retrouve dans d'autres emplois auxquels
correspondent le comparatif et le superlatif du français (2): un jâ aczim
cor dokbya «tu es arrivé plus tôt que moi)), littéralement «tu es arrivé
tôt par rapport à moi», 18.28 halwb féécumcum goya isqhya i u b bién
((plutôt que de manger du halwa, il vaut mieux pour toi manger
l'herbe)), littéralement «par rapport au fait de manger du halwa, cette
herbe est bonne pour toi)). La comparaison avec «tous» prend une
valeur superlative: khhlcum Sua «le meilleur)).
Certaines propositions nominalisées exprimant l'antériorité (avec
57

la postériorité (avec ilji) reposent sur une construction

sont au nombre de six, soit le locatif, l'inessif, I'adessif, le


1 et le péressif. Le locatif marque la localisation
dans l'espace et, par extension, dans le temps: han
aison», guîzcanule <<unjour)). L'inessif (en -Ci
ieur de quoi se situe ou se déroule le procès:
rbyoan bim «un bâton était dans sa main)). Ce cas ne s'emploie
des inanimés: ayétesc'i pharcen éta «$ai mis mon chapeau sur
,,
mais *ji hirEi mani «il y a une âme dans l'homme)) est
ptable. L'adessif exprime sur quoi se situe ou à quoi aboutit le
((il saisit une branche)), draxtce phu bali «le feu
à l'arbre)). L'idée d'adessivité peut également être marquée par le
e -ya!e, qui se trouve être le même que celui de l'instrumental, cas
nc'yute nidel ((frappant avec son épée)). Celui-ci
omi tatif qui indique l'accompagnement : hen
m « il avait passé un accord avec un vieillard)).
arque l'endroit traversé: ayaiigiin nyu thasen
raversa le ciel)).
d "-,
"
;<*gr
Le locatif peut alterner avec le datif après les verbes de mouvement.
,Dans ce cas, il insiste sur le résultat du procès (9.2 han jaybnule crémi

@
: .
-
(i-:

*t
-*

"ka 1 1.9 hanjaybna crémi ka «il alla dans un endroit)};5.6 hhle dicurn bbi «il
9

m;
%?qL,h
'
l'emmena à la maison))
la maison))).
11.42 h6ln dic d'ayant amené à

Les désinences des formes surdéclinées prennent approximativement


@ :
: - des valeurs que l'on peut induire d'après les valeurs propres des cas;
&:?usage des doubles propositions en français peut en donner une idée:
' .PcAe

lève ton pied de dessus la table)). Tel est le cas de la combinaison


e + datif: teléya~adUsi ail monta sur lenoyer)).

La Possession
possession s'exprime par le préfixe personnel auquel s'adjoint la
arque d'intensif Lys (cf. 11.6.3.3). Comme en anglais où le possessif
s'accorde en genre avec le possesseur, le possessif en bourouchaski
s'accorde en classe avec le possesseur. Ex.: mziya tesk «son couteau à
le)), iya te* «son couteau à lui)). Le possessif en -ya est réfléchi.
utrement, on emploie le génitif du pronom correspondant. Ex.: j6
58

uya tati yéSam ba ((je vois mon père» nt? jZ tati yeium bai «il voit
père)) (cf. en latin l'opposition entre suus et ejus).
Le datif se prête également à exprimer la possession, mais il ne
le faire sans la copule (se te. jaya hi «ce couteau est à moi)))
génitif peut commuter avec le datif dans cet emploi (hen hire
haybran bim ou hen hira han haybralz bim «un homme avait
cheval»). Sur l'expression de la possession de l'objet inaliénable,
11.6.2.

4. Syntaxe de la Coordination
4.1 La Coordination des Mots
Le bourouchaski dispose d'un élément ka de coordination. Il
juxtaposer différents mots de même fonction syntaxique ou les lie
ka. Lorsque des mots de même fonction syntaxique ne sont
déterminés, l'emploi de ka est obligatoire (*hire gdse minas sénen,
hire ka guse minas sénen ((l'homme et la femme racontèrent
histoire»). D'autre part, dans une suite de noms coordonnés l'em
du cas est facultatif sauf pour le dernier mot de la suite (hir ka
minas sénen). Cette règle est différente de celle du syntagme du type
jat hale «le vieux renard», où seul le dernier mot porte le cas
111.1.2). La raison en est que dans les syntagmes à éléme
coordonnés, on peut voir plusieurs noeuds syntaxiques, tandis
dans les autres, il n'y a qu'un seul noeud dont dépendent les aut
éléments.
4.2 La Coordination des Propositions
Ce problème est ambigu. Formellement, les propositions peuvent
juxtaposer ou être liées par ka. Les verbes (et l'on peut admettre
leur liaison est analogue à la liaison des propositions) peuvent n
seulement se lier par ka mais, comme le note Berger, se mettre
nominal II ou au nominal IV sauf le dernier qui reste à la forme fin
Cela incite à s'interroger sur la coordination proprement dite.
doit-on pas considérer une telle suite comme des propositi
enchâssées? Il en va de même pour les propositions en ka.
bourouchaski ayant développé l'hypotaxe, il est impossible de savoir
l'on a affaire à des propositions coordonnées ou enchâssées et le
propositions en ka sont a analyser toujours en fonction du contex
C'est pourquoi, l'étude de la coordination des phrases en bourouchas
renvoie à celle de la syntaxe de la complémentation.
+'
is

M&Lr
/

!rcqTF"

h,

'
-
%
taxe des Trois Niveaux Verbaux

stématisation
en bourouchaski peut se situer a trois niveaux. Cette
tien est préférable à celle qu'on propose traditioiinellement
intransitif, transitif et causatif (cf. 111.2.1). Si l'on prend, par
verbe du-hanjai ((galoper)) (hayor duhanjai «le cheval
ce verbe sera qualifié d'intransitif. Si l'on adjoint le préfixe
11, on le qualifiera de causatif (ne hire hayor déhanjai
galoper le cheval))). En revanche, le verbe du-fbyur, dit
i ducayuri «le thé refroidit))), sera dit transitif, lorsqu'on
a même dérivation que le verbe précédent (ne hire. ëai
«l'homme refroidit le thé))). Or formellement, en quoi une
se comme ne hire hayor déhanjai serait-elle plus causative qu'une
se du type ne hire Cai décayuri? Ces deux phrases sont parallèles,
n'y a pas lieu de les opposer de quelque façon que ce soit.
ette constatation invite à proposer une définition stricte du causatif
bourouchaski. On considérera comme causative une phrase
entant au moins un enchâssement de deux agents: ne hire mo gus
ni mbltani ((l'homme a fait broyer les noyaux à la
niveau plus profond, cette phrase inclut mo guse huni
e broie les noyaux)), où mo guse apparaît sans aucune
mme un ergatif. Au causatif, le verbe est dit au niveau III.
:finsi le verbe -/tan-/tan- ((broyer)) donne une claire illustration des
.i

$rois niveaux du verbe en bourouchaski: niveau 1 huni dultanen «les


noyaux sont broyés)); niveau II mo guse huni tanu «la femme broie les
noyaux)); niveau III ne hire mo gus domowaqal huni m6ltani «l'homme
.a fait broyer les noyaux à la femme)). Mais le niveau III ne se limite
pas au causatif. Le bourouchaski connaît une tournure bénéfactive, qui

î Y 'i p $

S '
I
distingue sémantiquement et syntaxiquement du causatif. Dans une
umure bénéfactive, le nom marqué à l'ergatif fait directement
ction, à la différence du nom à l'ergatif dans une tournure causative.
Le préfixe personnel verbal renvoie dans cette dernière tournure à
I-

p i p a g e n t réel; dans une tournure bénéfactive, elle réfère au bénéficiaire


'de l'action, le plus souvent le déterminant de la cible. Dans la phrase ne hire
'**-- mo gus, dombwaqal huni miltani, ne hire n'accomplit pas l'action
t*

verbale et m6- renvoie à gus à qui il incombe de broyer les noyaux.


. la phrase bénéfactive ne hire mo ghmo fasntému rnggaljai
bans
((l'homme a cassé les lunettes de la femme)), le nom marqué à l'ergatif
60

est bien l'auteur de l'action; quant au préfixe verbal, il renvoie


déterminant de la cible qui a pour référent celui qui tire bénéfice
l'action.
Est-il légitime de situer au niveau III le bénéfactif? En fait pour
raisons relativement claires, il apparaît que c'est le bénéfactif qui e
la base du niveau III. Le causatif se situe au même niveau, car on
considérer qu'il comporte presque toujours sémantiquement une
bénéfactive pour celui qui est appelé à faire l'action. D'autre part, a
certains verbes on peut avoir une structure complexe qui peut être s
un bénéfactif, soit un double causatif. Avec d'autres verbes la mê
structure ne peut avoir qu'une valeur bénéfactive. Le préfixe perso
long de type II est donc, avant tout, une marque de bénéfactif qu
fini par caractériser très fréquemment le causaiif lorsque le pré
verbal renvoie à celui qui accomplit réellement l'action.

5.2 Remarques sur la Tournure Causative


Dans la tournure causative, on peut distinguer un agent principal
détermine le suffixe verbal, et un agent dépendant, qui déte
parfois le préfixe verbal. On pourra poser la règle suivante: dans
même phrase, seul un nom peut porter la marque de l'ergatif. L'ag
principal porte cette marque morphologique, alors que l'ag
dépendant ne peut la comporter. Le bourouchaski recourt al
fréquemment à une tournure périphrastique formée avec le nominal
du verbe d-lwaqal- ((occuper)),qui prend pour cible l'agent dépenda
Cette forme tend à se lexicaliser; c'est ce que prouve une phra
comme ne hire mo gus dombwaqal téskce dombwaqali ((l'homme a fai
s'occuper la femme au tesk ». L'emploi de la périphrase en dLwaq
est obligatoire, dès qu'il y a ambiguïté. Si dLwaqal a été lexicalisé,
n'en demeure pas moins que lorsque le procès verbal est nié,
tournure en d-waqal peut apparaître curieuse. C'est pourquoi on ten
dans ce cas à lui substituer une forme d ~ ï (((empêcher,
n interdire))
ne hire m o gus domoJin gattinc himocapani ((l'homme n'a pas lais
raccommoder ses pantalons à la femme)).
Dans la tournure causative, le préfixe verbal renvoie tantôt à
cible, tantôt à l'agent dépendant. Cette variation est déterminée par 1
nature de la cible. Si celle-ci représente un animé, c'est à elle
renvoie le préfixe personnel; si elle représente, en revanche un inani
le préfixe renvoie à l'agent dépendant. Ex. ne hire mo gus dombwa
huni m61tani ((l'homme a fait broyer les noyaux à la femme)), mais
61

déwaqa/ éi yéya musa/k.irzi ((l'homme a fait fiancer au


fils à sa propre fille)) (c'est-à-dire: l'homme a demandé au
ance ton fils à ma fille))). Dans le premier cas, la cible huni
et le préfixe verbal mb- renvoie bien à l'agent dépendant
ible éi ((fille))est animée, et c'est à celle que
e préfixe personnel mu-. Ainsi qu'il ressort de ce dernier
le préfixe qui renvoie à la cible est bref; il peut être, d'ailleurs,
ou 11 selon le verbe. Cette règle de la préfixation des causatifs
si l'on veut marquer le bénéficiaire de
. ne hire mo gus dombwaqal y2 gajunc êcapani ((l'homme a
ser ]es habits de son fils à la femme». Ici, le préfixe renvoie à

re Bénéfactive
tournure bénéfactive précédemment notée, le bourouchaski en
une autre, probablement plus ancienne, fort bien attestée.
ernière se distingue sémantiquement de la première en ce que la
iée plus intimement au bénéficiaire. Et de
ce type de tournure intéresse exclusivement des sensations
e douleur. Cette tournure est curieuse, car
présente un verbe à deux arguments, tout en excluant l'ergatif: tas
«l'épine m'a piqué)); arén daya~umdua «la main me démange));
damaini ((j'ai des fourmis dans la main)) etc. Le verbe -yark- offre
paire minimale intéressante: kapale ayarki ((j'ai mal à la tête))
1 6yarki ((la tête me fait mal)). On remarquera que dans cette
nde tournure, le préfixe II long est de rigueur. L'absence d'ergatif
xplique parce que le nom auquel renvoie le préfixe verbal est à un
oblique uamais le datif, auquel peut renvoyer dans une tournure
ative le préfixe verbal): Eas hli équivaut à Ea; j&ce/jli hli; à côté de
n dbyacum dua, on note aussi mDmu domDyai «ça lui démange».

w'
a7.,
-a,

e h
a

,
Certains verbes du bourouchaski connaissent le passif. D'autres
l'excluent pour des raisons sémantiques. Quand il est possible, la
ke? c >- Y?
nature de la cible et de l'ergatif détermine deux types de tournures
assives complémentaires; soit un type où l'agent est marqué en -e, et
un type où il est marqué en -um/-cum. Lorsque l'agent est x inanimé ou
y et que la cible n'est pas h, l'agent est marqué par -e, mais le verbe
s'accorde avec la cible. Ex.: cile ~hhrcemudbskhuruti ((l'eau a fait
L

rétrécir les chapeaux)); cile phhrcemu dbskhuruten «les chapeaux ont


62

rétréci sous l'effet de l'eau)). En revanche, une phrase comme *h


pharcemu doskhuruten ((l'homme a fait rétrécir les chapeaux)) ,
inacceptable. Lorsque l'agent est h et que la cible est x ou y, l'agent e
marqué en -urn/-cum. Ex. ne hire us garnii ((l'homme a payé la dette))
hircum us gamii (( la dette a été payée par l'homme)). Comme
prouvent ces exemples, le passif en bourouchaski n'a pas de morphèm
spécial permettant de le marquer. D'autre part, la langue ne peu
recourir à cette tournure quand la cible est h. Il y a dans le système u
trou que le bourouchaski n'est pas parvenu à combler.

6. Syntaxe de la Complémentation
6.1 Hypotaxe et Parataxe
Le bourouchaski, ne dispose que de quelques subordonnants. Encore
ceux-ci sont-ils empruntés à l'ourdou (bbia, agbr, etc.) et sont l'effet
d'une innovation récente. Cela signifie-t-il que le bourouchaski est un
langue paratactique? En fait, il importe de distinguer parataxe
d'hypotaxe. Si le bourouchaski ne dispose pas d'outils grammaticaux
comparables à ceux du français, il établit des relations strictes entre les
différents membres d'une phrase complexe. En ce sens dans cette
langue, là où 1'011 est tenté de voir une simple juxtaposition, il y a en
fait, très fréquemment, hypotaxe.
Si l'on admet qu'une phrase complexe est construite à partir de deux
(ou de plusieurs) propositions sous-jacentes, le bourouchaski n'ignore
pas ce type de structure. Il est pratique pour l'exposé de conserver les
notions de proposition circonstancielle et de proposition complétive,
même si les procédés de hiérarchisation sont délicats à discerner. On
étudiera dans les deux cas, la formation de phrases complexes en
distinguant la formation par proposition nominalisée des autres
procédés.

6.2 Les Circonstancielles


6.2.1 Par proposition nominalisée
Le nominal IV (3) et fréquemment le nominal II équivalent à des
propositions circonstancielles. tai sia gali ((après avoir ainsi parlé il s'en
alla)); di séni «après être venu il dit)). Les nominaux II et IV peuvent
marquer aussi bien l'antériorité que la simultanéité (v. II. 11.8.6); cpr.
di séni et Car déyal guearn barn «il était endormi. quand il entendit le
bruit». Les valeurs de ces formes nominales peuvent être multiples.
63

IV peut prendre une valeur hypothétique: un doko ja


Gens, je m'en irai)). En outre, le nominal IV de certains
par se lexicaliser. Tel est le cas, par exemple, de celui de
arque souvent à quel moment une action a commencé: iski
dorb ét'arn bu ( = iski den céEi jd doro éFam ba) «je travaille
,is ans)); litt.: «j7ai laissé s'écouler trois ans depuis que je
sur d~waqal-,V. 111.5-2; sur noxa, v. 111.6.2.3).
es déclinées du nominal 1 combinées ou non avec d'autres
prêtent a l'expression de valeurs variées: la simultanéité
Yves diya ka «si Yves vient tandis que tu es là)),l'antériorité
m yar amir amayam «avant de mourir, je deviendrai riche));
&fionté: buruSuski hakiumcum ilji cram «après avoir appris le
iichaski, je partirai)); l'intention: un buruiaski Sua h s h e gandin
ha «tu m'enseignes dans l'intention de me faire bien parler

r propositions à tempsfini
bourouchaski devait, a date ancienne, coordonner des proposi-
à temps fini (gali ka yéci «il alla et il vit))), ou les juxtaposer (séni
yuSan ba «il dit qu'il était heureux))). Par la suite, cette langue a
nté à l'ourdou des outils grammaticaux lui permettant de
rchiser les différentes propositions les unes par rapport aux autres
e conférer à une proposition qu'ils enchâssent une valeur
nstancielle explicite. Ainsi les mots baSa et agar confèrent
tivement une valeur temporelle et hypothétique aux propositions
s introduisent et qui peuvent facultativement être délimitées par

es trois propositions suivantes diya ka yuSn amayam, agar diya ka


amayam et agar diya yuian amayam présentent le même sens:
ient, je serai content)). L'ordre dans lequel elles sont énumérées
e l'état le plus ancien à l'état le plus récent; la première phrase
sente une hypotaxe dont la valeur est ambiguë: «il vient et je me
irai)). Cela signifie-t-il «s'il vient je me réjouirai)); «quand il
ra, je me réjouirai)); ((parce qu'il vient, je me réjouirai)) etc.?
es ces valeurs peuvent être déduites de la même tournure. C'est
quoi l'emploi de mots comme aghr, bhia, béseke etc. permet de
r l'ambiguïté. Ces mots explicatifs ont fini par paraître essentiels et
été sentis comme les mots permettant d'assurer l'enchâssement, ce
end compte du caractére facultatif de ka en fin de proposition.
Toutefois, en dépit de cette évolution, on peut considérer ka CO-, 1
le marqueur le plus ancien de I'hypotaxe. Une proposition circon, 9
stancielle à temDs fini en bourouchaski se caractérisera. la ~ l u n a r t~ . . d
temps, 1) par sa place dans la phrase: elle doit précéder la pïopositi
dont elle dépend; 2) par sa délimitation en ka; soit le schéma suivant:
Proposition dépendante Proposition principale
1 ka/, 1 1
Le ka pourra être facultativement effacé lorsque la proposition
introduite par un mot-outil du type baia, agar, etc. (sur les moyens
distinguer les circonstancielles des complétives en ka et sur la lécritirni
de cette rdistinction, v. 117.6.3.2).
L'enchâssement d'une circonstancielle devait être également caracté- d
risée par la préséance accordée à l'aspect sur le temps. C'est ainsi
qu'on peut rendre compte de certaines tournures lexicalisées avec les.
verbes né- et y&: 3.5 han jayiina crérnen ka Eaqiir gan bi «ils allèrent'
jusqu'à un endroit où le chemin bifurquait)). 17.8 caranule yaimi ka
hen gusen ...huru~umbu (( il regarda dans un jardin: une femme s'y
trouvait)). La première proposition dans chacune de ces deux phrases a
une valeur circonstancielle. Le temps des verbes peut surprendre. ' :
Pourquoi le futur? On peut en rendre compte par la valeur aspectuelle 1
de ce temps. Il diffère de l'imparfait qui, dans le contexte, impliquerait 3
que l'action de la principale est sans cesse concomitante à celle de la
circonstancielle. Le futur porte ici une valeur durative, qui prime sur '
celle d'antériorité imposée par le contexte; l'emploi de ce temps doit 1
déterminer celui du présent ou du parfait dans la seconde proposition. 4
d
Il est plausible que ce jeu des valeurs aspectuelles a dû contribuer à
I
mettre en évidence certains t v ~ e d'enchâssement
s de ~hrase.mais. si tel
a été le cas, ce procédé est devenu figé et limité à certains verbes. J
Quant à l'emploi de l'aoriste, sa Mleur temporellement peu marquée
rend apte à tous les contextes.
6.2.3 Par noxb et sia
Le bourouchaski a non seulement développé une série de propositions
circonstancielles en empruntant à l'ourdou des morphèmes. mais il a
l
en créer à partir de son propre lexique. En effet noxb et sia peuvent
marquer l'enchâssement d'une proposition à temps fini. Le sens qu'i
comportent tend, dans ce cas, à se perdre, et la valeur sémantique
l'enchâssement se tire du contexte et du temps du verbe fini. 2.2 siga
ba sia phtiken dal éti ((tandis qu'il mangeait, il s'éleva légèrement));
65

]7.gg hurusoi?l bu sicl ni? ii7eu.fui?ie ~ o k 6 ndu1.u ((tandis qu'il s'asseyait,


frères adoptifs arrivèrent)). 18.32 Saharuna hul~,t:bfétuin noi;b
-lm éskurcu «pour avoir mangé en ville du halwa, je me suis fait couper
ueue)). De telles tournures sont claires à l'origine; elles reposent sur
valeur de ces formes nominales, qui comportent par elles-mêmes une
d'enchâssement (cf. 111 6.3.1). La valeur sémantique de siu et
, n'est d'ailleurs pas toujours effacée et l'on en a des exemples
irs: 3.61 ne 1Coyon guyé déus sia bad.fi urkurn bai «elle lui dit de
e sortir son plus jeune fils, mais le roi se déroba)), 17.35 ja khené
ka khuCam noxa to diya ((après avoir dit qu'il l'aplatirait d'un seul
p, il s'en vint)). Sur la faille sémiotique dans ce type de tournure, v.

6.3 Les Complétives


6.3.1 Par proposition nominaiisée
Une complétive peut se définir, pour les langues ergatives, comme une
proposition ayant fonction de cible (proposition-cible). Cette dépen-
dance de la proposition-cible s'obtient, entre autres façons, par le
truchement de la nominalisation de son verbe. Exemples: né Thuya
crem b a ~dua «qu'il aille à Thui est nécessaire)); guyéium rai éEam ba
«je désire te voir)); go crem jâ dunéi éta ((jepensais que tu viendrais)).
L'enchâssement de la proposition-cible se fait par le nominal 1 (cf.les
exemples précédents), le nominal I I , le nominal I I I ou par le nominal
V, le nominal IV étant réservé à un emploi circonstanciel (v. 111.6.2.1).
A l'exception du nominal I I , le rapport de la complétive nominalisée
avec la principale est variable. On peut avoir indifféremment le
nominal au cas absolu ou au génitif; ex: un crern héiarn ba
héiam ba ( j e sais que tu viens)); un nem héiam ba - -
un crérne
un nérne héiam ba
«je sais que tu vienslque tu es venu)).
La proposition nominalisée admet deux structures: l'ergatif ou le cas

-
héiam ba - go crem héiarn ba; un craya h. -
absolu suivant le niveau du verbe alternent avec le génitif; ex: un crern
go craya h. ; un néas h.
go néas h. etc. Certains informateurs hésitent cependant sur
l'admissibilité de la tournure avec le génitif et le nominal I I au même
cas (?mbmu créme héiam ba). Ils élèvent les mêmes doutes pour le
nominal I I avec le génitif (?rnbmu crhya héiam ba). Aux nominaux I I I
et V, la tournure avec le cas absolu du pronom 3ème personne est
ambiguë; ne néas héiam bu peut, en effet, signifier «je connais l'homme
qui s'en va» et «je sais qu'il s'en va)).
position du nominal 1 et du nominal III peut être d'ordre
temporel. Berger note que le nominal III implique une valeur
d'antériorité: un Sakar éyanum.. .ho le1 éta ((comment as-tu compris
qu'il avait chargé du sucre)). Mais l'opposition entre ces deux formes
est avant tout aspectuelle (duratif - aoriste). Les valeurs du nominal
III sont également portées par le nominal V. L'emploi de ces deux
formes tend à se confondre, tout comme celui du nominal 1 et du
nominal II, et il est vain de vouloir les opposer au prix d'une subtilité
excessive.
6.3.2 Par propositions à temps fini
D'une manière générale, les propositions à temps fini de type
complétif se distinguent des propositions de type circonstanciel par
leur place respective et les marqueurs. En principe, une proposition de
type complétif est située après celle qui la commande; à l'origine, le
marqueur était et est encore zéro, mais sous l'influence de l'ourdou le
bourouchaski recourt également au marqueur ki; soit le schéma
suivant :
Proposition principale Proposition complétive
1 /(kO 1 1
En fait, la distinction entre complétives et circonstancielles n'est pas
toujours aussi claire. Le bourouchaski, en effet, atteste fréquemment
les tournures suivantes: 8.28 le1 éta ka gusé qi Son bi: «j7aicompris que
ce chameau était aveugle)); 11.27 mo sénum bu ka ja amé axolum bi:
((elledit que sa denthii faisait mal». Le schéma de ces deux phrases est
identique à celui donné pour les circonstancielles en 111.6.2.2. De tels
exemples remettent non seulement en cause la pertinence des
distinctions proposées, mais incitent à se demander s'il est possible de
faire une syntaxe des phrases enchâssées en bourouchaski. diya ka
YuGn amayam «s'il vient je serai heureux», séni ka yufan a m ~ y a m«il
dit qu'il serait heureux)); rien dans ces deux phrases ne permet
forniellement de déceler pourquoi dans le premier exemple c'est la
première phrase qui est enchâssée, alors qu'il en va exactement à
l'inverse dans le second exemple. On pourrait trancher la question en
avançant que dans la seconde phrase ka peut commuter avec ki, alors
que cela est impossible dans la première. Mais cette solution est peu
satisfaisante; c'est parce qu'à l'origine il y a une distinction implicite
entre une proposition du type diya ka et une proposition du type séni
67

la commutation avec ki n'est possible que dans ce dernier cas.


En fait, il est un critère syntaxique formel permettant de fonder
tivement l'opposition entre ces deux types de phrase. Dans le
er cas, le verbe de Pl n'est pas répétable après P2 (*diya k a
rnhyarn diya), dans le second cas, cette reprise est tout à fait
, (,éni ka yuSan amayam séni; le1 éta ka u,i Son hi le1 éta c<j'ai
ris que ce chameau était aveugle))). Il suffit que le verbe de Pl
répéétable pour considérer, même si la reprise du verbe n'est
vernent pas faite, la proposition comme complétive.
n tel critère lève une hypothèque considérable qui risquait de peser
a syntaxe des phrases enchâssées en bourouchaski. Par ailleurs,
me dans le cas des propositions circonstancielles, les propositions
mplétives peuvent être caractérisées par des marques secondaires:
placement du référent au niveau du discours, déplacement des
ps, etc. Ces derniers éléments marquent une faille sémiotique que
langues pratiquent notamment après les verbes performatifs (voir

Il importe de remarquer que chez certains sujets parlants, il y a


tendance à lever la confusion inhérente à la construction en ka. DKh
évite une tournure comme séni ka. Lorsque trois ans plus tard nous
avons vérifié les contes avec lui, il a systématiquement corrigé les ka en
ki, lorsqu'ils étaient complétifs. Mais le fait qu'il employait lui-même
cette tournure en ka et que d'autres la pratiquent systématiquement
prouve bien que cette tendance à la clarification et à la systématisation
n'a pas encore abouti.

6.3.3 Par noxa


Le bourouchaski dispose d'un type de complétive en noxa dont la
structure intéressante confirme clairement l'opposition qu'il convient
de poser entre complétives et circonstancielles. 1.14 guté le1 aitu khené
bo buzurgen bai noxa le1 aitu «elle ne comprit pas que c'était un saint
homme)); 16.34 da së te le1 ayéti jiï sürat dua noxa le1 ayéti «il ne
comprit pas que c'était son reflet)). Dans ces exemples l'emploi de noxa
est exactement comparable à celui de ki. Mais avec nomi la reprise de
Pl est obligatoire, car un absolutif ne peut en principe terminer une
phrase. Dans chacun des exemples l'emploi de noxb est spécifié à l'aide
d'un déictique placé devant le premier Pl. L'emploi de ce déictique
est-il nécessaire? Le corpus dont nous disposons ne permet pas de
répondre à la question. En dernière analyse, on se gardera de conclure
que l'encadrement de la proposition en noxh marque une topicali-
sation. Il ne convient pas de donner à la reprise de PI une valeur autre
que syntaxique. C'est en fait le moyen, comme nous l'avons vu, pour
distinguer les valeurs complétives des valeurs circonstancielles. Quant à
sia nous n'avons pas relevé jusqu'à présent d'exemple où il est encadré.

6.4 Les Consécutives et les Finales


Le bourouchaski a emprunté à l'ourdou le marqueur ki, servant
essentiellement à caractériser les complétives. Mais cet élément permet
également d'introduire des consécutives. Comment peut-on rendre
compte de cette valeur? D'un point de vue général, les consécutives,
ainsi que les finales qu'au demeurant le bourouchaski ne traite jamais
par ki, indiquent sur quoi porte le procès quelle que soit la valeur
lexicale du verbe. Dans nos langues, seuls les verbes transitifs
admettent des complétives (ordonner, dire, craindre, etc.), les intransi-
tifs les excluent (aller, se trouver, etc.), mais ces derniers verbes
peuvent également admettre des propositions indiquant sur quoi porte
le procès; ces propositions sont différentes des circonstancielles, et ne
sont pas déplaçables). C'est le cas des consécutives et des finales. Il
n'est pas étonnant qu'en latin, par exemple, la consécutive et la finale
puissent s'exprimer comme certaines complétives (ut + subj.). On
conçoit ainsi que le bourouchaski ait fini par recourir au mot
d'emprunt ourdou ki pour marquer la conséquence: 1.16 ja akhi
dorben ...ki jiï hésaum dorb ne balhase hek ganfa makuc'i éti «un travail
tel que mon travail d'un mois il l'a fait en une heure)).
Quant à la finalité, elle ne s'exprime que par tournure nominalisée
(cf. 111.2.2; ex. : 1-7 pbquya galzi «elle partit faire le pain»; 1 1.38 huna
nem bbi «il alla faire du bois))). Le nominal II se prête particulièrement
à l'expression du but: guyéia crarn ((j'irai te voir)); mais le
bourouchaski peut également recourir à d'autres formes nominales du
verbe à un cas secondaire avec ou sans postposition: jiï burziiaski Sua
gosime gandiCi gbhakiam ba «je t'enseigne le bourouchaski pour que tu
le parles bien»; 17.6 ne hen ghsenmo talgiule nem barn «il était parti
pour chercher femme)) (sur l'opposition entre les formes en -a et en -ule
voir 111.2.3).

6.5 Complémentation par Mots Q


Nous entendons par «mot Q» un morphème qui a pour fonction
sémantique d'indiquer une «case vide». Toutes les langues ont des
69

d'interrogatifs (fr. qui?), d'indéfinis ou


, lequel). ~ ' ~ f f i n i entre
té ces types de mots est bien
par un chevauchement des fonctions grammati-
quel est aussi interrogatif, etc.
Q du bourouchaski se prêtent au même jeu des fonctions
es et sémantiques. En effet, ho «quel, quoi)), men «qui,
h e ((où)), busa «quand», bbltum «comment» s'emploient
mme indéfinis: 1.14 ho buzurgen bai «il est
saint homme)), que comme interrogatif: une hi? «où

nt également servir dans la complémentation et la


on de relatives. La complémentation par mot Q se fait en
sition principale de niveau d'énonciation 1
e proposition de niveau d'énonciation 2 introduite par un
IV.3). Exemple: à côté de une bi? ((oùest-ce?)), on a une hi
re-moi où c'est)); à côté de ana daca? «où m'emmènes-tu?)),
thri duyaresi ka ana daca «le père demanda où il

, ka aurait pu être remplacé par ki ou par


ui illustre de nouveau le fait que le bourouchaski hésite entre
dés hypotactiques et les procédés paratactiques (où le mot Q
la faille sémiotique entre les niveaux d'énonciation). Sur les
tions relatives partiellement concernées par ce développement,

te en bourouchaski des procédés syntaxiques qui correspondent


latives du français. On entend par «relative» une proposition (à
fini ou pas) dépendant d'un nom. Ces procédés sont les
: 1) par anaphore, 2) par nominalisation, 3) par mot Q.
r le premier cas, nous n'avons que deux exemples clairs: 3.1 hen
ne cendb yü (comprendre: hen badSaen barn né cendo yü bam)
une fois] un roi qui avait cinq fils)) (cf. III. 3). La phrase
est plus complexe : 10.11 tai se khola gali ka we phutd to jhma
e la sorte il alla à la grotte où les phuts étaient réunis)). La
n relative est ici portée par to rattachant la relative au syntagme

second cas est illustré par la phrase 10.7 t6 han phUte bah6 noxh
n bi «il y a là une grotte [qui est] nommée Trou des Phuts)). Les
70

nominaux III et V sont également utilisés, sans que nous puissions


déterminer la différence de valeur. Ex.: ha dbium hir Sua bai .v
doias hir Sua bai (<l'hommequi construit la maison est bon)).
Quant aux mots Q, nous n'avons trouvé que amen et men avec u
fonction relative: amen hire (ou amene) ha dbium bai Sua bai (mêm
sens). La phrase suivante emploie ce même amen, mais en combinaiso
avec l'anaphorique në: 2.7 amene ydre telé dapisig dé1 del barn në ye
Dauladust dulum «qui donnait des coups de pieds sur le noyer, c'était 1
dénommé Dauladust)).
En dernier lieu, on remarquera que, par un jeu de la flexion de me
et de amen, le bourouchaski est en mesure de rendre toutes les
tournures relatives pour lesquelles le français dispose de auquel, dont,
où, etc.: aména ketap fiam barn ji ne yéca ($ai vu celui à qui j'ai
donné le livre)); améne kethp séna ji ne yéca ($ai vu celui dont j'ai lu le
livre)). Ces possibilités syntaxiques et leurs limites restent cependant à
systématiser.

7. L'Ordre des Mots


Bien que le nom en bourouchaski se fléchisse, l'ordre des mots dans
cette langue est assez strict. Le bourouchaski est une langue SOV et les
éléments dépendants se placent devant le nom qu'ils déterminent:
11.16 se nyu ka~ar«la grosse moitié)). On voit d'après cet exemple que
le modificateur (adjectif ou nom au génitif) est, en principe enclavé
entre le déterminant et le nom. Mais on trouve de nombreux exemples
contraires: han Sahare girkisan «un rat des villes)), mais Sbyone han ten
«un os de la hanche)). Il est difficile de voir la nuance qu'il y a entre ces
deux cas; cf. également hawélum se kiiiya «vers la première ligne)),
mbkufi se dairdya «vers le cercle du milieu)), iskium se kiSiya «vers le
troisième cercle)) etc.
L'ordre dans une phrase simple est (E)CV, soit (ergatif -) cible -
verbe. Lorsque la phrase comporte l'ergatif en plus de deux cibles, la
cible marquée (dat.) précède la cible non marquée: 11.20 jiï gbya
nhnien dumzicam ba «je t'ai amené une mère)). Les compléments
circonstanciels ont un ordre plus libre; on les rencontre même
fréquemment en tête: 17.101 tbule mo gus gbya gilter~am«à ce
moment-là, je te montrerai la femme)).
L'ordre des mots est parfois enfreint pour mettre en relief un
élément de la phrase; rejet de l'agent en fin de phrase: xhtum méEimi
glCFé j é r ~({il nous exterminera. cc lion»; rejet en fin de phrase du
lément circonstanciel: 2.2 Duuluduste dapsig déli telé ciDauladust
donna un COUP de pied sur le noyer)), rejet de la cible devant I'ergatif:
56 guté meléh~gmi dueuyen «ce remède, nous l'apportons)), rejet de
dverbe: 9.20 tauruma btië éyaren té-ailia «puis ils jouèrent de plus
belle)), à comparer avec 9.22 wë tézailia éyaren.
des syntagmes joue dans la phrase un rôle capital: cpr. 13.6
I

biara xaEa bo atim tai nima bim «la malheureuse se trouvait sans
à manger, tel était son état)) avec xaëa bo atfm toi nima se bis
«sans rien à se mettre sous la dent, réduite à cette extrémité, elle
it malheureuse)). Plus révélateur encore est l'exemple suivant: 18.28
i nokbma halwa Séëumcum gbyu te jaggalule isqaya Sua hién {(étant
devenu ainsi, mieux vaut pour toi l'herbe de la forêt que -de manger du
halwa)), mais halwa Séëumcum akhi nokbma ... «tu es devenu ainsi pour
air mangé du halwa.. .»
Sur les phrases complexes dont les propositions ont des verbes à
temps fini, on se reportera à 111.6. On remarquera la possibilité
d'enclaver des propositions enchâssées: 13.2 ce basa mamu tien ka but
ddap ét et bam ((tant qu'elles donnaient du lait, il en prenait grand
soin». On notera enfin la place très libre de séni; il est non seulement
répétable, ainsi que nous l'avons noté pour les verbes régissant une
((complétive)),mais il peut être également utilisé en incise dans la même
proposition qu'il introduit et qu'il conclut: 4.17 hale séni, yaran, séni,
hayora Ser yaitum bo muikil, jiï g6yaSëam, séni «le renard dit: ainsi,
dit-il, il est difficile pour un cheval d'attraper un lion, moi je te
l'attraperai, dit-il».

1) Cette distinction sémantique supplémentaire est confirmée par les règles de


ontrainte du passif; v. 111.5.4.
2) Il se touve que dans bien des langues le terme avec lequel se fait la
omparaison est mis à l'ablatif.
(3) Nous utilisons par commodité les expressions du type ((nominal IV» à la
place de ((proposition nominalisée au moyen du nominal IV».
(4) Seul b6ta («pourquoi?» semble n'être qu'interrogatif. Cela peut s'expliquer
si on le fait dériver d'un ancien bot (devenu bo par la suite) par ajout du
suffixe interrogatif -a' (cf. IV. 2 sur l'interrogation); cf..aussi botan «quel, quoi»
qui d o ; remonter de la même façon à b6t + an singulatif.
IV TYPES DE PHRASE

rase négative, de la phrase interrogative et des


énonciation. Les phrases impératives sont comparables aux
pérative~du français. Les procédés de mise en relief ont été
temps que l'ordre des mots.

&aski, la phrase négative peut se construire de deux façons.


nsiste à préfixer au verbe la particule négative al, ai-. Sur les
s et conséquences phonologiques de cette préfixation, v. II. 12.
un deuxième type de négation be. Celui-ci peut être souvent
la place du préfixe négatif. On ajoute alors be immédiate-
ris le verbe. La négation semble ici quelque peu emphatique.
cependant de mise dans les phrases sans verbe, c'est-à-dire
les phrases prédicatives: 15.23 go gamhuri he «ce n'est pas ta
(cpr. gamburi api «il n'y a pas de fleur))).
négation d'un impératif-volitif exprime la défense: un gbmal be
aigomal «n'aie pas peur)).

ogation factuelle («qui?», ((quand?)) etc.) se construit en


chaski en ajoutant devant le syntagme sur lequel porte
souvent devant la locution verbale) un mot
cf. 11.4.3.2, 1 1 . 2 ) : un badi bbta éEum ha?
al?)); bo qesa dua? «quel problème y a-t-il?)); un
m nat dhweiuma?; ((comment m'en sortiras-tu?)), littéralement
faisant comment avec moi, tu m'en sortiras)). Comme montre
er exemple, il n'y a pas de différence formelle entre un usage
ct des interrogatifs.
rrogative dite polaire (oui - non) est formellement et sémanti-
proche de l'expression du doute. En effet, la présence d'un -a
au verbe a une valeur aussi bien interrogative que dubitative.
s, la proximité avec le procédé syntaxique de la disjonction
e normalement par la particule ya se trouve illustrée par une
comme 13.29 jiï bar can-a phaig?, où -a fait figure a la fois de
interrogatif et de particule disjonctive : «ai-je dit la vérité?)),
littéralement «mes paroles sont (-elles) vraies ou des mensonges?)).cf.
aussi 13.25 waphadar bai-a bewapha bai-a? «est-il (il est) loyal ou
déloyal?)). Seule l'intonation permet d'identifier les interrogatives de
façon sûre. (Lorsque la forme verbale qui doit prendre le suffixe -a se
termine par une voyelle, un -n- de transition est intercalé: can d ~ h - n - ~ ?
((est-ce vrai?)) On peut se demander si ce -n- n'est pas analogue au n
qui caractérise les désinences de pluriel (ex. mi cran).

3. Niveaux d'Énonciation
La notion d'énonciation fait référence au processus de production
d'une phrase; elle relève de la pragmatique de I'éiioncé. Nous pensons
que dans toutes les langues, il existe des procédés qui permettent de
confronter, à l'intérieur d'une même phrase, différentes énonciations.
Le procédé le plus simple a recours à ce qu'on appelle le «discours
direct)). Par exemple, dans la phrase «il nous a dit: j'arriverai une
semaine après vous», on décèle un premier niveau d'énonciation ((il
nous a dit quelque chose))) et un second (((j'arriverai une semaine après
vous))), la faille entre les deux étant marquée graphiquement par les
deux points.
Le bourouchaski connaît lui aussi les niveaux d'énonciation. Avec
une certaine catégorie de verbes dont font partie sén- «dire», le1 ét-
«remarquer», waydh ét- {(promettre)),hokum c'i- ((donner l'ordre)), etc.
(les verbes dits performatifs), le changement de niveau d'énonciation
est possible. Dans ce cas, on notera certaines implications sur le choix
des personnes (pronoms, préfixes personnels, désinences verbales) ainsi
que sur celui des formes verbales (tantôt du point de vue du temps,
tantôt du point de vue de l'aspect). On notera l'ambiguïté entraînée
par un tel procédé: séni jü néya imdüt éEam signifie aussi bien: «il dit
qu'il l'aiderait)) que «il dit que je l'aiderai)).
Le changement de niveau peut, de manière redondante, être
accompagné du marqueur ki (qui, dans la langue d'origine, l'ourdou, a
une fonction nettement enchâssante), dans certains cas de ka. La
distinction entre cet usage de ka et celui où ka est un marqueur
circonstanciel repose, comme on l'a vu en 111.6.3.2, sur la reprise
possible du premier syntagme verbal. Ex.: ne hire séni (kitka) jbya
paqu a-u (séni) ((l'homme dit de lui donner du pain)), littéralement
((l'homme dit donne-moi du pain)); 8.23 j5 le2 éta ka gusé ut ion bi ($ai
75

mpris que ce chameau était borgne)), littéralement «j7ai compris


i:] ce chameau est borgne)); 1 1.27 rno sénurn bu ka jà amé axblurn bi
ent lui faisait mal», littéralement «elle dit [ceci;] ma

Le changement de niveau d'énonciation peut se manifester égale-


ment lorsque les nominaux sis O U nodx6 sont utilisés comme marqueurs
lexicalisés correspondant aux complémentateurs et conjonctions cir-
nstancielle~du français. Exemples: 9.43 sicam ba sia phuken da/ éti
«tandis qu'il mangeait il s'éleva un peu)), littéralement «ayant dit: je
mange, il s'éleva un peu»; 17.88 huruiam ba sia në we hiam étokcn
du_va «tandis qu'il s'asseyait, ses frères adoptifs arrivèrent», littérale-
ment «ayant dit je m'assois, ses frères...»; 1.14 guté le/ aitu bo
buzzirgen bai noxb le1 aittr «elle ne comprit pas que c'était une sorte de
saint homme)), littéralement «ceci, elle ne comprit pas, en disant:
~elui-ci est une sorte de saint homme, elle ne comprit pas».
y,? FORMATION DES MOTS

bf
position Nominale
$

ition n'implique jamais plus de deux éléments. Dans le cas


ier élément se termine par une voyelle, le composé ne se
toujours d'un syntagme nominal dont le premier nom est
au second au moyen du génitif (par exemple: pari gus, part

~ D
L
O S ~véritables
S se laissent classer en deux types qui se
avec bien des réserves, aux procédés (
yuga)) du sanskrit.
brepremiertype comprend les composés qui juxtaposent deux noms
plesens correspond à peu près à la somme des sens des deux
;ex.: nani-tati «parents» de nani «mère» et tati «père»; har-bid

1)) de har «boeuf» et hih «vache»; cf. aussi taiyzin-sayzirj ((faucon


,, mais qui peut être du deuxième type. On remarquera que le
Er élément abandonne généralement son accent (mais cf. 1.4.1).
second type s'apparente au «tatpuruSa» et est de loin le plus
!nt. Dans ces composés, l'élément déterminant précède l'élément
iiné; p. ex. : Caqhr-kuna «manivelle» de Caqhr «fourche, fourchu))
a& «levier»; bia-cén «sorte d'oiseau)) de bid «vache» et cen
u», bar-ta1 (pl. bar-taou) «sorte de perdrix)) de bar ((montagne))
«pigeon», huk-phen «sorte d'insecte)) de huk «chien» et phen
!hm.
irtains adjectifs se composent d'un adjectif déterminé et d'un
~t obscur qui le précède: xal-matum «tout noir)) de matzim
b, fi-bbrdum «tout rouge)) de bhrdram «rouge», tap-hék ((plein à

brd» de hek «plein» (cpr. all. knallrot «tout rouge)) de rot


:»). On trouve également des expressions métaphoriques qui
jent plutôt à ranger parmi les dérivés sémantiques; p. ex.
Mpon «têtard» de tu1 ((serpent)) et de khapon ((cuiller)), qui finit
re considéré comme un composé (cpr. fr. chemin de fer).
@

*LaDérivation Dénominale
t
murouchaski, les possibilités de formation de nouveaux mots sont
78

limitées. Les procédés de dérivation proprement dite recourent à d


ou trois suffixes et a la réduplication. S'ajoute le procédé
composition que nous venons d'étudier.
Le suffixe -um termine quelquefois des adjectifs dont le thème es
thème verbal; tayurum ((froid)) en face de 'tayur- ((refroidir)).
fréquemment, il termine des adjectifs, désignant, entre autres,
couleurs sans qu'on puisse attribuer un statut indépendant au thé
Dans ce cas, le suffixe porte parfois l'accent: matum «noir», bu
«blanc» (cf. buri «argent»), mais bhdum «rouge», thanum «haut»
-ig ou thayu). Enfin, on trouve aussi xatum «mort, fini)), mais qui
présente plutôt comme partie intégrante d'un verbe périphrastique
infra 4). Quant aux ordinaux en -um, v. 11.4.2.
Le suffixe -kus permet de former des dérivés dénominaux ayan
rapport au temps: Sinikus «mois d'été)) (s'ini «été»), garukus ((mois d
printemps)) (guru ((printemps))), baikus ((mois de l'hiver)) (bai «hiver))
Ce suffixe est peut-être apparenté avec le suffixe -khc qui perme
dériver, selon B., dén-kuc «de tel âge» sur den ((an)).
Ce dernier suffixe, selon nous, sert surtout à dériver un collectif
numérique; ex.: iski-kuc «(un groupe de) trois jours)); à ce sujet v,
11.4.2, où cette dérivation est présentée comme une composition.
D'ailleurs, il existe une autre forme impliquant un nom de nombre, où
il s'agit de composition plutôt que de dérivation proprement dite:
iski-bar «(un groupe de) trois mots)), en face d'un isko barig ((trois
jours)) tout aussi légitime.
Par le suffixe -kij, on dérive mesqéigkij (pl. -kia) ((baveux)) de la
forme plurielle de mesqé ((bave)),phoigkij (pl. -kia) ((personne couverte
de croûtes)) du pluriel de pho ((croûte)),etc.
Le suffixe -i permet de dériver aggrezi «anglais» de uggréz
«Anglais», mais aussi bayroti ((habitant de B.» ainsi que des noms
abstraits à partir d'adjectifs qualificatifs: yaribi «pauvreté» de yurip
«pauvre», Lijizi «résignation» de fijiz «résigné». On remarquera pour
ces dérivations le déplacement de l'accent.
D'autres adjectifs dérivent de noms au moyen du suffixe -iki: gtinciki
((quotidien)) de gunc «jour». Ce suffixe est à distinguer du suffixe -ski
qui marque l'appartenance ou la provenance. (Lorsque l'adjonction du
suffixe produirait un groupe consonantique complexe, un -a- épenthé-
tique s'interpose). Cf. sénaski ((relatif au shina; la langue shina)),
melguShski «la langue melgushas, i.e. le khowar)), huriski «viril». De la
même manière, on doit comparer burUSaski avec buruii «le Yasin)). On
79

ridant, que la forme buruLiaskia dû subir une réanalyse, car


rniiaski ((notrelangue)).
de ces procédés réguliers, on trouve également la
par préfixation personnelle; cf. marnu «lait» et -mamu «sein,
tendu, peuvent être considérés comme des procédés
tien tous les cas OU un verbe peut prendre ou ne pas prendre
es personnels (cf. II. 10.1, 111.5) ou le préfixe d- (cf. II. 10.3).

passé rédupliqué (v. 1 . 9 5 ) le lexique du


un grand nombre de formes redoublées (1 11
. et Morin, Pesot & Tiffou 1979). Par forme
Iée, nous entendons tout groupe de phonèmes entièrement ou
ns qu'on puisse dire que la réduplication soit,
ourouchaski contemporain, un procédé productif de dérivation
ale, il l'a certainement été à un stade antérieur. Cette hypothèse est
ée par plusieurs facteurs. D'une part, tandis que le lexique
rouchaski dans son ensemble est constitué aux deux tiers
emprunts aux langues voisines, cette proportion est considérablement
duite pour les formes redoublées, ce qui prouve que la réduplication
tait un procédé originel. D'autre part, l'emprunt de formes simples et
es formes redoublées correspondantes attestent que ce procédé
connaît une vitalité relative.
Une part importante de ces formes se caractérise sémantiquement
par le renvoi à des bruits ou à des faits ou objets relatifs aux bruits (au
moins 29 sur 11 l), p.ex. taxtax ét- «frapper»; à des mouvements
alternatifs, rotatifs ou distributifs (au moins 32), p. ex. janjan . . ét-
((écarteler)),gargar ét- ((remuer en tournant)).
Sur le nombre restant, 17 formes renvoient à des parties du corps
(-nini«pupille»), à des animaux (hupupu «huppe») ou à des plantes. On
peut donc dire que les formes redoublées du bourouchaski sont
majoritairement iconiques.
On note enfin, comme dans d'autres dialectes environnants, la
formation de mots écho. Ce procédé consiste à redoubler un mot en
remplaçant la consonne initiale par un rn; ex. iapik-mbpik ((nourriture));
4-me1 «eau»; ketap-métap «livre» etc. Si ce mot commence par un m,
l'initiale du second terme est en w ; ex. marc'-warc' «piment». Ce procédé,
contrairement aux autres, reste toujours très vivant.
80

4. Les Verbes Périphrastiques


Le bourouchaski ne produit plus de verbes. Tous ceux qui sont soumis
à la flexion, sont l'héritage d'un état ancien. Leur nombre est assez
considérable pour qu'ils constituent une catégorie essentielle de la
langue. Une telle contrainte a amené le bourouchaski à innover en
recourant des verbes périphrastiq ues rrnés d'un
ambigu, car il est difficile de l'analyser, la plupart du temps, comme un
nom ou un adjectif, et principalement d'un des deux verbes auxiliaires ,

é t - / ~ tet man^/-man-. L'auxiliaire man^/-man- permet de former des


verbes à un argument (niveau 1), l'auxiliaire -t- à deux arguments 1

(niveau II). Cette propriété est mise clairement en lumière par des '4
paires du type Cam -man- «pénétrer» et Cam ~ t ((faire - entrer)). Quant
aux formes périphrastiques en ét-, elles sont très ambiguës; prises
globalement, elles apparaissent comme des formes verbales à un
argument: Cihau ét- «éternuer», zran ét- «sursauter» etc. Mais,
contrairement à la tournure avec '-t-, le premier élément de la
periphrase ne Ionne pas, à proprement pa rler, locuti verba
l'auxiliaire. En fait, il constitue la cible de ét-. C'est ce que confime
l'emploi de l'ergatif avec de telles formes.
TEXTES ET TRADUCTION
saint-homme
n hiren hen gusen ju dugum bum. (2) to diya, cor dié m6
hum, (3) momoya séni: un jii bo hasi et. (4) éCa mo sénu: ja
um doroyate ba. (5) në séni: ki go doro jii éCam. (6) sia mo
un gucé ju yau. (7) éCa mo gusmoya séni: un jaya piqo
dora jâ éEam, seni. (8) mo gus paqoya galu. (9) ne [sarce] ju
5 ce xari, han-yakda batorig éti, han-yakala huni bti. ( 1 0) bêSa
domoya, hairan manii. (1 1) kamaskam altar-kuce dorb ne hire
kuCi étum bai. (12) rno gus pereSAn manu, dii m6malu.
muya jiule sénu: khené insên bo balhasen bai, sénu[m]. (14)
hené bo buzurgen bai noxa le1 aitu. (15) mo badbhxte
e nom0 ses xabêr btu. (16) dà sénu: jii akhi dor6an yéca ki jii
um doro ne balhase hek ganta makuCi éti. (17) we ses doyalen.
wé dà uya yearum niya ya tuéq bim ya gyarjgi dulum. (19) niya dii
yhr wbSen. (20) whSi-a ne bam but nyu buziirk. (21) baga we sése
qalEa éten né rénEi daroyoan bim. (22) séyate danana situ éti, se
an) duphhci. (23) or iya se dan mikuEa gi, iljum se dan sit mani. (24)
anén, da Semanda numa uya hala galén. (25) se dan
harar)tal buruan isqam mani. (26) amutuk ka te buru duit. (27) i y a
~ a q i néEam ba, ne buzfirgen bam. (28) amiituk ka bo niyét éten ka

8 2

1:'
r

..Locuteur: DKh
1.1 Il faut sous-entendre un barn de pluriel après hen gusen. En effet, hen gusen
ne peut dépendre de dugum bum, car on devrait alors avoir l'ergatif.
iv1.9 $Srce ([&xce]): «sur la branche)) fait difficulté à cause du contexte.
xbri selon B., ce verbe signifie «fendre» en parlant de noyaux; la suite de la
phrase indique cependant que le sens doit être plus général.
1.14 aitu = ayétu.
Sur la construction avec noxh, v. 111.6.3.3.
1.20 L'ordre marqué des mots indique la mise en relief de la phrase. Etant
donné le rapport sémantique avec la phrase précédente, on peut supposer que
cet ordre est lié à une valeur adversative. La traduction de ~ S i par h «mais»
en rend compte.
1.28 L'enchaînement entre les deux dernières phrases est elliptique. L'ajout de
«en effet)) dans la traduction permet de saisir l'argumentation du narrateur.
( 1 ) 11 était une fois un homme et une femme qui venait de récolter des
abricots. (2) Quand l'homme vint (c'était tôt dans la journée), 1,
femme avait secoué les abricotiers. (3) 11 lui demanda de lui préparer
de la nourriture. (4) Mais elle lui répondit qu'elle avait une quantité de
travail à faire. (5) Il lui répliqua qu'il ferait son travail. (6) «C'est
bien)), dit-elle, ((toi, ramasse ces abricots)). (7) Il lui répondit: «Toi, va
me faire du pain, et moi je ferai ton travail)). (8) La femme partit faire
le pain. (9) Lui, il.ramassa les abricots et les ouvrit; d'un côté, il mit la
chair des fruits, de l'autre, il mit les noyaux. (10) Quand la femme
revint, elle fut stupéfiée. (1 1) De fait, l'homme avait fait en une heure
le travail de vingt jours. (12) La femme fut angoissée et prit peur. (13)
Elle se dit que cet homme était un sorcier, (14) mais elle ne comprit pas
que c'était un saint homme. (15) La malheureuse alla au village et
apprit aux gens la nouvelle, (16) (j'ai vu faire, dit-elle, un travail
incroyable: un travail qui me prendrait un mois, ce sorcier l'a fait en
une heure)). (17) Les gens l'écoutèrent. (18) Ils prirent leurs armes, qui
un fusil, qui une hache. (19) Ils s'en vinrent ainsi et le poursuivirent;
(20) mais il était un très grand saint homme. (21) Au moment où ils
allaient le rejoindre, il tenait dans sa main un bâton. (22) Il en frappa
une roche et celle-ci s'ouvrit. (23) Il se précipita dans la roche et celle-ci
se referma sur lui. (24) Les gens furent - stupéfiés. Honteux, ils
rentrèrent chez eux. (25) Au milieu de la roche poussa un buisson
épineux vert. (26) Ce buisson existe encore maintenant. (27) Nous
pensons que cet homme était un saint. (28) En effet encore maintenant
si l'on fait un voeu, il se réalise.
85

altan huri uya harar) bas éten. (2) dii ne héne ne hen beaqu éti. (3) në
. j, guté telëyata men dusen ka jii dimule dap(i)sir) nidel k h a ~
am ba séni. (4) tai noxa uya haraq bas éten. (5) bas net dà Serti
(6) ~ e r t ihar har Ser!i éten. (7) në séni: amen amen telëyata dus
barn né yek ~ o r b i ndulum; amene yare telé dap(i)siq dé1 del barn
~ a u l a d u s tdulum (8) ~ o r b i nyata dusi. (9) yata dus sarance
bni da Uya harar) tai wayda étum barn ki jà iski-dap(i)sir) net khat
Szarn. (10) orb ban telé yata dhsi sârce dohoni. ( I l ) da
uladUsta qau éti. (12) Dauladuste dip(i)sit) déli telé. (13) téyate
ladiist iya hila gali. (14) orbi ne yitum q i u éti: un ana crem ba?
(15) në séni: jà extear jà hek sau étam ba alto-sau ja ayate dua. (16)
rnumkin dua, ya j2 hésaya sau éCam ya déna s i u étam. (17) tai noxa
~ a u l a d u s t gali. (18) ~ o r b à n téyate diwasi. (19) Sam xas $ni
~ ~ u l a d uatia.
s t (20) ~ o r b à n eiya hila qau éti. (21) qhu éiia éco diya.
gg (22) ciira néya séni: un noko Dauladust dic. (23) ne ni Dauladust dici.
(24) Dauladusta séni: un ja teié yata daus. (25) to amutuk hek dip(i)sir)
"tum ba alto duwhsun dua. (26) alto dap(i)sir) et. (27) Dauladuste séni:
be, j i extear dua. (28) ya khat dosok har au ya hésa xas yate hurut.
(29) ~ o r b à n eséni: j5 hésa xas barda5 éCa aulam. (30) d or ban khat
dosoki. (31) Dauladusta har ui. (32) Dauladust har niya gali.

Locuteur: DKh
2.2 beaqu éti: glosé en masqat4 éti: [masqarëti].
2.6 La première occurrence de Ser.ti n'est peut-être pas pertinente. On peut
cependant supposer que le redoublement de Seui contribue au même titre que
celui de hau à l'expression de la réciprocité. Dans ce cas, on remarquera la
disposition en chiasme.
2.7 Phrase très complexe; plusieurs problèmes reliés entre eux se posent: a) nZ:
((l'un ou l'autre)), b) amen amen: redoublemeot, c) les imparfaits (dUs dus barn,
dé1 del bam, dulzim) qui semblent avoir une valeur subjectivante. Ces
particularités peuvent sans doute être attribuées au statut performatif de Serti
éten «ils parièrent en disant...)). Par ailleurs, à la place du second amen, on
attendrait arnene, mais le sens ne fait pas difficulté.
2.12 telé sans doute rejet expressif.
2.1 5 extehr glosé en c'it et en rai.
alto-sbu cf. 7.28, v. 11.4.2.
2.24 telëya.ta: on s'explique mal le datif.
2.25 dua sing. à cause de alto (z), v. 11.4.2.
2.28 dosbk: absolutif ou impératif; quelle que soit l'analyse, la traduction n'en
est pas affectée.
(1) Deux hommes se disputaient entre eux. (2) L'un défia moqueuse.
ment l'autre, (3) en disant: «Moi. si quelqu'un monte sur ce noyer, je
I'eri ferai tomber en donnant des coups de pied sur le tronc)). (4) A ces
mots, ils recommencèrent à se quereller (5) et décidèrent de faire un
pari. (6) Ils parièrent chacun un taureau. (7) Il fut convenu ceci: qui
montait sur le noyer, c'était le dénommé Qorban; qui donnait des
coups de pied sur le noyer, c'était le dénommé Dauladust. (8) Qorban
monta sur l'arbre, (9) il s'agrippa à une branche. Il avait été
auparavant convenu que son comparse devait le faire tomber en trois
coups de pied. (10) Qorban monta donc sur le noyer et s'agrippa a une
branche, (1 1) puis il appela Dauladust. (12) Dauladust donna un coup
de pied sur le noyer (13) et là-dessus s'en alla chez lui. (14) Qorban cria
d'en haut: «Où t'en vas-tu?» (1 5) Celui-ci répondit: ((J'ai l'initiative,
j'ai donné un coup, il m'en reste deux à donner; (16) il se peut que je
les donne dans un mois ou dans un an». (17) A ces mots, Dauladust
s'en alla. (18) Après son départ, Qorban demeura seul. (19) Jusqu'au
soir il guetta, mais Dauladust ne vint pas. (20) Alors Qorban appela
chez lui; (21) son frère arriva. (22) 11 lui dit alors: «Va chercher
Dauladust)). (23) Le frère s'en alla et ramena Dauladust. (24) Qorban
dit à celui-ci: «Sors-moi du noyer. (25) Jusqu'a présent tu as donné un
coup; il t'en reste deux, (26) ces deux coups donne-les)). (27) Dauladust
répondit: «Non ! J'ai l'initiative. (28) Ou bien tu descends et tu me
donnes un taureau, ou bien tu restes un mois en haut!)) (29) Qorban
s'exclama: «Je ne pourrai pas rester là pendant un mois». (30) il
descendit alors (31) et donna un taureau à Dauladust. (32) Dauladust
prit le taureau et s'en alla.
87

cendo yu. (2) we tati lahaz manimi. (3) néya taiyun


se nayé ne lahaza meléheg. (4) në we cendo yü néman. ( 5 ) han
Caqar gan bi. (6) ne éCoyon nem bai. (7) nl han
a ka hen gusen bu. (8) to ni sénum bai: j5 tatiya taiyun
heg. (9) rno yaljoyate badSi bu5scumu. (10) mo ne
ikal munyu aco. ( 1 1) to ni sénum bai: go goco
U: to ne. se taiyun sayurje nayé guEiCumu. (12) mo Eumuya.
bb5scumu. (13) m6 siu étum bu. (14) éEa ce Cumu düm bién.
an Eaqgii atfm bi. (16) ni ble~rëndirn bi. (17) séya sénum bu: un
&marn? (18) SE sénum bi: ja pari-gus m 6 mopaya néyamam. (19)
a sénum bu: khené hir guyate néhulja to CU. (20) cun bi, han
cun bi. (21) ne hire sénum bai: un ja boltum nat
sénum bi: un jice dag dohon. (23) ja te daryaya
am. (24) it dousum bi. (25) cun bi cun bi. (26) mo pari-gus mo
paya cun bi. (27) to phat étum bi. (28) iya dim bi. (29) ne hir ula
émi ka moyanum bu. (30) mo alto hésaya dumutalàscumu. (31) ne
hire borondo muSirum bii. (32) niya hiqca nem bai. (33) hiqca ni da ilja
dim bai. (34) yaimi ka moyanum bu. (35) uséni yanum bai. (36) mo
dumutalum bu: un bo banda hen ba? (37) në sénum bai: jà tati lahaz.
(38) jaya sénen: taiyun sayurje se nayé meléheg. (39) m6 tolum Cim bu.
(40) niEi sénum bu: sau garc. (41) garcum bai. (42) darbhtana yatekum
balhaiu dosokyaman. (43) mo gusmoya sénuman: akho hen hiren
dimam. (44) mi ne sican. (45) mo gus we bute badSa buàscumu. (46)
mo guse we yar nugu ta1 étum bu. (47) ne hir dirn bai. (48) di han
jayana curimi ka në we walto ocokone ména ka muzduri ékuman. (49)
wë delk gicuman. (50) we nuya dirn bai. (51) han katana nem bai. (52)
wë ne ce1 miyumyate waSiman. (53) ne taula walum bai. (54) te nayé
musce osum bai. (55) wë sénuman: khené yuri. (56) tatiya nemé sien:
té meléher) mi ducuyen. (57) tatiya yen aituman. (58) tatiya sénuman:
ne étoyon ane walui. (59) mi guté gucar gucar ducuman. (60) ni
zamanana rno gus domom bu. (61) guya guyu duyeSa hole, ne éEoyon
yé déus sia b a d ~ hurkum bai. (62) mo guse sénum bu: jii un gusicam
oyon guyé déus hole. (64) nyu ye dicum bai. (65)
khené be sénum bu. (66) mêCukus ye dicum bai. (67) khené ka be
sénum bu. (68) ni bérum-kbcana ne éCoyon ye dirn bai. (69) pari-gus te
hale bu. (70) le ayé, un ana némam? (71) ne sénum bai: ja khitum
meléhei) goya niya dayamam. (72) në sénum bai: jà khué uyana ka delk
giniman. (73) tblum duca. (74) duc han jayanule datan épai huruta.
(1) Il était un roi qui avait cinq fils. (2) Leur père tomba malade. (3)
Pour lui la fiente d'un faucon royal était le remède de sa maladie. (4)
Les cinq fils partirent; (5) ils allèrent jusqu'à un endroit où le chemin
bifurquait. (6) Le benjamin prit une direction; (7) il arriva à un endroit
où se trouvait une femme. (8) 11 s'approcha et lui dit: «Mon père a
besoin de la fiente d'un faucon royal pour remède)). (9) C'était la reine
des insectes. (10) Celle-ci dit au garçon: ((Là-bas, loin de moi, vit ma
soeur aînée)). (1 1) 11 se rendit auprès d'elle et parla ainsi: «Ta soeur
m'a dit de me rendre ici et que tu me donnerais de la fiente de faucon
royal)). (12) C'était la reine des poissons. (13) Elle siffla (14) et alors les
poissons vinrent, (15) sauf un a qui manquait une nageoire. (16)
Celui-ci arriva quelque temps après. (17) La reine lui demanda: «Toi,
où étais-tu allé?)) (18) Il répondit: (d'étais allé auprès de la reine des
fées)). (19) Elle lui dit: ((Prends cet homme sur ton dos et emmène-le
là-bas)). (20) Il l'emmena et parvint à un endroit ou il y avait des
rapides. (2 1) Alors, l'homme s'écria : ((Comment feras-tu pour m'en
sortir?)) (22) Le poisson lui répondit: ((Tiens-moi solidement; (23) je
vais me précipiter dans le rapide)). (24) Il l'en sortit (25) et continua de
l'emmener. (26) Il le conduisit chez la reine des fées. (27) Il le laissa là
(28) et lui-même s'en fut. (29) L'homme entra; elle était endormie. (30)
Tous les deux mois, elle se réveillait. (31) L'homme lui prit son anneau
(32) et sur ce, il se rendit à la porte. (33) Arrivé au seuil, il revint sur
ses pas. (34) Il vit qu'elle était toujours endormie, (35) il lui prit son
mouchoir; (36) elle se réveilla: «Quel homme es-tu?» (37) Il répondit:
«Mon père est malade. (38) On m'a dit que le remède était de la fiente
de faucon royal)). (39) Alors, elle lui en donna. (40) Là-dessus, elle lui
dit: ((Sauve-toi vite)). (41) Et il se sauva. (42) Peu après, les sorcières
descendirent des hauteurs. (43) Elles dirent à la fée: «Ici un homme est
venu, (44) nous voulons le manger)). (45) La fée était leur reine à elles
toutes. (46) Après les avoir repoussées, elle les enferma. (47) L'homme,
à force de marcher, (48) arriva dans un endroit où ses quatre frères
travaillaient pour quelqu'un d'autre: (49) ils épandaient aux champs
du fumier. (50) Il les prit avec lui (51) et se rendit auprès d'une mare;
(52) tandis qu'il buvait, ses frères le poussèrent (53) et il tomba dedans.
(54) Il avait posé la fiente sur le bord. (55) Les frères dirent: il est mort.
(56) Nous irons auprès de notre père et nous lui dirons: ((Voilà le
remède, nous te l'avons apporté)). (57) Toutefois, ils ne dirent pas tout
à leur père. (58) Ils lui rapportèrent: «Ton plus jeune fils s'est égaré
89

ina. (76) khuë thaq nat cila awagien. (77) uya duya.
2 éroyon ayé ana gali? (79) khuë urken: ane wilui.
téyate ne b a d 6 we walto yii osqanum bai. (81) néya behél étum
2) jaya han hayoran awiëa khat rezaya gasc éta.

se I I U Y ~(aussi en 3.8), ainsi que 3.38 taiyhn sayurje s~ nuyé,


nt refusés par DKh qui accepte 3.1 1 se taiyun sayurje nayé.
tivement, ces tournures, surtout la première, sont surprenantes.
teme de tairun suyurj est difficile à traduire; il s'agit de toute évidence
animal exceptionnel. L'expression ((faucon royal» tente de rendre de
approximative cette idée.
initiaux des bun et barn sont effacés chez Bulio, cf. 3.17, 3.18,

bi: apparemment une' faute du narrateur, DKh propose dua.


e de verbes (sén-, bu).
lement ((vers le bas)). Les directions sont fondées sur un relief
cn haut)); khut, etc., «en bas)); les autres directions sont
t khiti. Au Yasin, du1 et khcr! réfèrent respectivement au nord
nné l'orientation et la déclivité de la vallée. II est intéressant
les Yasinais l'ouverture au monde, aussi bien économique
ue social et merveilleux, se fait toujours par le sud.
,11 sénumu pour sénum bu? Cf. l'explication de néman en 3.4, mais cf. aussi

3.14 düm, 3.15 atfm, 3.16 di,:ici, les longues sont très nettement articulées, ce
i rapproche ces formes des participes en hounza tels que notés par Lorimer
5 287), cf. aussi 13.6.
gé à valeur de liaison (((cela étant)), cf. nïdoybi manij.
bleirën : cf. B. bilairén .
.19 to: a,llatif, cf. 13.1 1.
.20 (passim)cun: dissimilation ou hypercorrection?
.21 On remarquera que la valeur interrogative de toute la phrase est due à
bblturn qui, de fait, n'appartient qu'à la proposition absolutive se terminant

eiuma: DKh le corrige en dauiuma, de dzus- -i-(((faire) sortir)); cf. 3.24


ue naturellement par la palatale S; cf. 1.3, règle 4a.
samdhi pour déusum, ou bien réfléchi partiel: «il les en
t», ou «les» inclut le sujet.

dtm: on attendrait nem.


um], glosé en yanum bai.
ème. On remarquera son rejet derrière banda, probablement
bo. En outre, le sens de ce mot dans la phrase n'est pas
re comprendre celle-ci de la façon suivante: ((Quel genre
quelque part; (59) après avoir beaucoup marché nous t'apportons
cela)). (60) Quelque temps après, la reine des fées arriva: (61) «Fais
sortir tes fils; fais sortir le plus jeune)), dit-elle; mais le roi se
déroba. (62) La fée lui dit: «Je vais te manger. (63) Ton plus jeune fils,
fais-le sortir!)) (64) Il fit venir l'aîné. (65) Ce n'est pas lui dit-elle. (66) 11
fit venir le cadet. (67) ((Ce n'est pas lui non plus)), dit-elle. (68) Plusieurs
jours passèrent, le benjamin arriva. (69) La reine des fées était toujours
chez eux. (70) «Eh mon fils)), dit le roi, ((où étais-tu allé?)) (71) Celui-ci
répondit: «Après m'être procuré ton remède, je reviens des pays d'en
bas)). (72) Il ajouta: «J'ai aperçu ceux-ci en train d'épandre du fumier
(73) et je les ai ramenés de là-bas. (74) Sur ces entrefaites, dans un
endroit auprès d'une citerne naturelle, j'ai fait une pause (75) pour
boire de l'eau. (76) Ceux-là m'ont poussé, ils m'ont jeté à l'eau (77) et
sont partis. (78) Tu leur a demandé: Mon plus jeune fils ou est-il allé?
(79) Ils ont déguisé la vérité en disant que je m'étais égaré quelque
part.)) (80) Le roi, alors, tua ses quatre premiers fils. (81) Au dernier, il
rendit honneur. (82) A moi, il m'a donné un cheval, et moi je l'ai
vendu là-bas pour 1000 roupies à ma satisfaction.

3.44 Remarquer la valeur désidérative du futur. La forme sican, donnée par


DKh, remplace ici un sicaman de toute évidence fautif.
3.48 ména ka: ka a une valeur généralisante, lorsqu'il suit un indéfini, cf. B.
$ 236.
3.54 musce: samdhi pour mhice?
te: nayé appartient à la classe y et doit à ce titre être déterminé par te, et
non par se comme dans 3.3 (passim). La présence de se semble être
conditionnée par celle d'un déterminant, ici tairun-saytirj(e).
3.59 guctir guctir: la réduplication de cette forme non finie a une valeur
expressive. Cf. avec nom. IV 9.2: ntni; 17.86: nidel, nidel.
3.61 A noter la structure complexe de cette phrase: guya guyü diyeia hhle est
coordonné avec ne éi;oyon guyé déus; ces deux propositions dépendent à leur
tour de sia, lequel est subordonné à bad& tirkurn bai. La position de hble
semble due à l'impératif qui le précède, cf. aussi 3.63.
3.69 Le présent bu a ici clairement une valeur de duratif.
3.79 La proposition bne &lui («il s'était égaré quelque part») dépend de k h d
urken; le rapport entre les deux propositions implique que les frères ont caché
la vérité. Cf. 10.5.
91

4. Le le renard et le lion
ben hirene han hayoran bim. (2) or se hayore but (néya) xesmat
bim. (3) d i né séya ka but i d a p étum barn. (4) baga se jat rnani,
, seni: un amutuk baga Sër niyark dica ka jii un penSén guEam. (5)
noxa se nucu jaggalule phat éti. (6) to se biEàra bérum-waxtan to
, (7) han sane han halan peS mani. (8) or dà se hayora sénii yaran,

i, un akho bo éCum ba, séni. (9) së séni: j2 be ( = bo) atum ba, seni.
) dà se hale séni: bo arum ba b6ta sim ba, goya bo taklif dus,
, (11) mumkin duh, go taklifi jà taklifi dua, séni. (12) sia hayore

éti. (13) qesh net séni: ja i y a damâna but den xesmat étam
. (14) or akhuin guncule ja xesmhtcum bhSa galh, or dà jà damine
i &i: (15) jâ gusé haybre biSa E r niyark dica ka penién giifarn,
'ni, (16) éCa hayore hila séni: yaran, séni, jâ ane or dâ Sesan yaS.Eum
ne. (17) hale séni: yarin, séni, hayora Sër yaEum bo muikil, (18) jâ
asCam, séni: (19) tai noxa se hayora séni: un guté jaggaluleya sit
iima guEa, séni. (20) baSa ja Sër niya dhya ka go gultumalEi barir)
, séni. (21) tai noxa ha1 gali. (22) ha1 ni han Serane roice yai. (23)
se Br but châm manhm bimi (24) se Stre se ha1 sicume koSiS éti. (25) se
hale séni (Sera): jaqgale b a d 6 séni, ja akhuin goya han gyu Sikhiran
niyec dayam ba, séni. (26) tauruma Sër xoSan mani. (27) gon, yarhn,
séni, hne bi jhya ilter. (28) ha1 yar mani, Sër céei thi. (29) baga se
hayorce dis mani, Sër but xoSan mani. (30) xoSan nima se sicume koSi5
kti. (31) hale séni: badSa, séni, akho gusé aisican, séni. (32) gusé miya
hale nucu arame ka sican, séni. (33) é h Sere séni: gusé boltum net
&an, séni. (34) éCa hale séni: un yara phZr guman, jâ gusé go gostigce
phii9am. (35) un gusé yara task, séni, or jà iljum thag &am, séni. (36) or
tai noxa se hayore tumalCi ni se hale séni: amutuk dié, gusé niya garc,
mana CU, séni. (37) hayor diéi, iya ha yhkala garci
= hiii). (38) béwaxtule iya damane hiqca gali, da heryêni. (39) her$n~a
an déyali. (40) hola dusi, yani ka ne hayore Sër niyark dicum bi.
or dcum b- xosan mani. (42) dâ iICumuyate bah éti. (43) téyate

drait goya ou go (v. 43). Il faut admettre ici une légère rupture
3
(1) Un homme avait un cheval. (2) Ce cheval lui rendait de gran@.i
services, (3) et lui, le traitait avec grand soin. (4) Quand l'animal!
devint vieux, son maître lui dit: ((Maintenant, si tu attrapes un lion
me l'amènes, je te verserai une pension)). (5) Sur ces mots, il l'emmenaA
dans la forêt et l'y abandonna. (6) La pauvre bête y demeura quelqw
temps. (7) Un jour, survint un renard. (8) Celui-ci dit au cheval, ;
«Ami», dit-il, «que fais-tu ici?)) (9) «Que me demandes-tu 14)) -3 ¶

répondit l'autre. (10) Alors le renard répliqua: ((Pourquoi dis-tu cela?


Quel est ton problème? (1 1) Je peux t'aider; ton problème est leb
mien)). (12) A ces paroles, le cheval raconta son histoire: (13) il avait 9 A:

bien des années durant rendu service à son maître; (14) aujourd'hui, *a
quand il avait eu fini son service, (15) son maître lui avait dit que, s'il 4
attrapait un lion et le lui amenait, il lui verserait une pension. (16) Et @i
'8
là-dessus, le cheval dit au renard: ((Mais, ami, où donc attraper un 3
lion, où?» (17) Le renard répliqua: ((Ami, dit-il, pour un chev
attraper un lion est chose difficile. (18) Mais moi je te l'attraperai)),
(19) Là-dessus, il invita le cheval à s'étendre sans bouger là-même
dans la forêt; (20) ((quand il viendrait avec le lion, alors il lui
glisserait un mot à l'oreille)). (21) Sur ces paroles, le renard s'en alla.
(22) En route, il rencontra un lion. (23) Ce lion était affame. (24) 11
s'apprêtait à manger le renard, (25) quand celui-ci lai dit: «Roi de la
forêt, je suis venu aujourd'hui après avoir vu une belle proie pour
toi)). (26) Alors le lion fut content. (27) ((Allons, ami, dit-il, montre-
moi où elle se trouve». (28) Le renard partit en avant et le lion suivit.
(29) Quand il arriva à l'endroit où se trouvait le cheval, le lion fut
très content. (30) Aussitôt il s'apprêta à le manger, (31) mais le renard
a
lui dit: ((Sire, ne le mange pas ici; (32) emmenons-le chez nous pour le "4
manger tranquillement)). (33) Sur ces paroles, le lion demanda
comment faire pour l'emmener. (34) Le renard lui répondit: ((Tourne-
toi vers l'avant, je vais l'attacher à ta taille. (35) Toi tu .tireras en
avant, et moi je le pousserai en arrière)). (36) Là-dessus, le renard alla 8
qd
14
auprès du cheval et lui glissa à l'oreille: ((Lève-toi maintenant,
entraîne-le en courant et emmène-le à ton maître)). (37) Le cheval se a
leva, il courut vers sa maison. (38) Dès qu'il arriva à la porte de son 1
maître, il hennit. (39) Le maître entendit son hennissement; (40) il "wi
93

,ut et vit que le cheval avait attrapé un lion et le lui avait amené.
lui, (42) il l'embrassa sur les yeux (43) et lui

.5 nucu: ia cible du verbe étant hayor, la forme attendue serait nicu ou nucu.
nhcu est la forme utilisée avec une cible 3 pl., et a été lexicalisée avec une cible

a : «Que me demandes-tu la», sous-entendu ((je suis bien en


ine pour te répondre)); glosé en jhcum bo xabar yayum bu ((qu'apprendras-tu
. bo xabar: ((qu'est-ce que j'en sais?»
5 hwbre ... dica ka: changement de personne admissible: on peut également
que, que gusé haybre est apposé a un un impliqué

séni: deux analyses sont possibles. 1) le narrateur


premier séni, postpose &ru. 2) disjonction: &$a
is en incise, dont il est séparé par le début du

(v. n. 14.25). La présente forme


94

5. Le fils adoptif
(1) hen zemindar hiren bfiscimi. (2) né usen buascurnu. (3) ye apàscimi,
(4) ne hir daruya néascimi. (5) ghna curimi ka dulasen dëya5um bai
(6) hâle dicum bii. ( 7 ) doh wau, sénurn bai, ja ayén diyaium bai. (8)
un ne ésqan be, néya mamu Ci. (9) ne ipholok miyé bai. (10) ne nyu
manhm bai. (1 1) ne huis yiras manum bai. (12) ne 4 paritig > nanistarù
uyé bfiscimi. (1 3) mal yfir~anicu ce mal 6guEascimi. (14) iya gir&
néascimi. (15) shtika hàla dfmi, në mo nani mal cürkascum~.(16)
mamu amuEimi. (17) jimele cumi. (18) to nbguea iya giraia nem bai,
(19) mo ghse muyuharasénum bu: un ne, ne halése ce mal aiyàrCum
bai. (20) bap némi. (21) to crémi ka mal guEam bién. (22) bap duagh
b6scimi. (23) ce mal d6yum bai. (24) ce ~ h r u mbai. (25) nuy5r dôsulja,
dg 6guEam bai. (26) balda niya hila dim bai. (27) hile di ne halése ce
mal 6guEam bai. (28) sàtika ne halés dim bai. (29) c6rEa mamu but Cim
bi.

Locuteur: Bulio
Histoire vraie, dit-on, elle s'est passée il y a longtemps.
5.6 hhle: v. 111.2.3.
5.1 1 huislhuyés, glosé en cigir.
5.12 ne nanistarü: Dada Khan propose d'insérer paritig, ce qui permet de
comprendre la suite, puisque le fils adoptif est capable d'endormir son
troupeau.
5.13 passim: mal est toujours prononcé avec un [l] fortement palatalisé.
5.27 oguëam bai: il ressort du contexte que le causatif prend ici une valeur plus
faible. Cela suggère un rapport sémantique étroit entre ((faire faire» et ((laisser
faire)); cf. l'ambiguïté lexicale de I'all. lassen.
95

11 était une fois un paysan; (2) 11 avait une femme, (3) mais pas de
(4) ~'hornmepartit à la chasse. (5) 11 prit un chemin et trouva un
t petit enfant. (6) 11 l'amena à la maison. (7) «Hé! la vieille)), dit-il,
trouvé un fils; (8) ne va pas le tuer, mais donne-lui du lait. (9) Ce
sera notre fils)). (10) L'enfant grandit. (1 1) Il fut chargé de faire
tre les chèvres. ( 1 2) Or il était né de parents < enchanteurs > . (13) Il
le bétail pour le faire paître, mais il le fit dormir (14) et partit
même jouer. (15) Le soir, il rentra à la maison et sa mère se mit à
re le troupeau, (16) mais celui-ci ne donna pas de lait. (17) Le
,,dernain il emmena encore le bétail; (18) puis, après l'avoir endormi,
il partit lui-même jouer. (19) La femme dit à son mari: «Va voir, car
notre garçon ne fait pas paître le troupeau)). (20) Le vieux partit; (21)
quand il arriva, le troupeau était endormi. (22) Le vieillard était un
saint homme; (23) il fit lever le bétail (24) il le fit paître. (25) Il le laissa
se rassasier, puis il le rendormit. (26) Il reprit ses affaires et rentra chez
lui. (27) Pendant ce temps, le garçon laissa le troupeau dormir. (28) Au
soir, il rentra (29) et le bétail donna beaucoup de lait.
96

6. Un pari héroïque
( 1 ) hen zemindar hir ka us altan barn. (2) wë han har han boson bini,
(3) se har satika khififurne gandifi uya harag mon k t et barn. (4) dg
han sane uya harar] sula éten ki miya harar) Srip Srap éfan. (5) dà méne
barir] éti në gusé har ka boso khafitimi. (6) Sua Sénen, Srip Srap kten,
gutayen. (7) guncat dién da uya harag barir] aéten, da paqo éten len net
paqo sien. (8) ni doyoi mani, da uya harag. bariq aéten. (9) ne hire
haritum bas dulum. (10) ne hari6 niya harita gali. (1 1) t6 ni ikh&ra
boki, dâ ikhara len net hari. (12) da Ear aitum bai. (1 3) taurum makGi
hen hiren diya. (14) në selam éti, né len éti. (1 5) da në duyaresi, në len
éti. (1 6) bo éEum ba, séni, në len éti. (1 7) asura gali, ce dohoni, në len
éti. (18) use yan yan bum. (19) ce dohoni, dâ bah éti, né len éti. (20)
dâ gatunc ëgi, né len éti. (21) da khuSi déli, në len étum barn. (22) use
hau étu. (23) ne hir harpât diéi. (24) haha séni, satika har ka boso un
khaEiCuma. (25) un jacum cor barir) éta, séni.

Locuteur : DKh
6.1 Littéralement: «un paysan et sa femme étaient deux». B. (III. 1.) se trompe,
lorsqu'il note ne ka us altan barn et traduit par «il avait deux femmes)) (en
revanche la notation et l'interprétation de iné altan ziiindaru barn, 11.1, est
correcte). La forme né doit certainement être remplacée par ne (sur ce
problème cf. également B. 4 229).
6.4 Srip-irap.: ce mot est intraduisible; 5 en donne l'explication.
6.5 Cette phrase est peut-être la suite de 4); dü aurait alors la même valeur que
ki.
6.8 ni: absolutif figé a cible indéterminée «les choses étant ainsi)), ((là-dessus)).
6.17-19 ce équivalent de nëce.
, (1) Un paysan avait une femme. (2) Ils possédaient un taureau et un
au. (3) Pour savoir qui enfermerait le taureau le soir, ils se
disputaient. (4) Un jour, ils s'entendirent pour jouer l'affaire à chrip
chrap: ( 5 ) qui dirait un mot, enfermerait le taureau et le veau. ( 6 ) Ils se
mirent d'accord. 11s commencèrent à faire chrip chrap et se couchèrent.
(7) Le lendemain matin, ils se levèrent et ne se dirent pas un mot. Ils
firent du pain et le mangèrent en silence. (8) Là-dessus, midi vint et ils
ne se dirent pas un mot. (9) L'homme devait travailler aux champs.
- (10) Il prit ses bêtes et alla labourer. (11) Alors, il sema tout seul et
laboura tout seul en silence; (12) il ne proféra pas un son. (1 3) Sur ces
entrefaites, un homme vint. (14) Il salua le paysan, mais celui-ci ne dit
0 rien. (15) 11 le questionna, mais il ne dit mot. (16) «Que fais-tu?»,
demanda-t-il. L'autre ne dit mot. (17) Il s'approcha de lui et le saisit
sans qu'il ne dise mot. (18) La femme regardait attentivement la scène;
(19) il le saisit, l'embrassa sans qu'il ne dise mot. (20) Il ôta ses
pantalons sans qu'il dise mot. (21) Il lui força les reins, et l'autre
n'avait toujours pas dit mot. (22) «Oh!», fit la femme. (23) Son mari se
-9'

% redressa soudainement. (24) ((Ah! Ah!)). s'écria-t-il, «tous les soirs, tu


# iras enfermer le taureau et le veau, (25) car tu as dit un mot avant
9. moi)).
$9

"

&
8..
il$:
fi%,
98

7 . La corde de sable
(1) akhi khat han alaq6n dulum. (2) te alaqi dastur guté dulum ki m
akabir manén ka han nyu Caran bim. (3) se Eare khata han nyu surJa
bim. (4) tai khata nyu yochiran bim. (5) méne nani-titi akabir man
ka tuniEi balda not to se yochare khita khat gu gu barn. (6) ha
waxtan hen hirene tatien akabir mani. (7) mayaya néya hokum Cien ki
guya tati khat waS. (8) ho ne hire iya tati tunizi balda net cui. (9) titi
duyaresi le ayé, ana daca? (10) yë séni: akhi jayara tai jayaEa dukbca.
(1 1) ni da tati duyaresi ki ana daca? (12) yë séni àxeri jayaEa dukYca
ba. (13) téyate tati han nyu hésan éti. (14) yë duyiresi; le titi, b6ta hes
éta? (15) thtï séni: hhi ayé, jaya thti ka guté jayAEi dic khat wASam
bam. (16) téyate yë duné; éti ki iya jiule séni ki akho thap net jaya thti
ilji nicu ane dulumule Sua dat net taule néya paqo %am. (17) téyate bo
aten ka aCiemen. (18) ne yë nicu Sima han yurpusanule dat net iya thti
taule éhuru.. (19) téyate har thape néya paqo u u bam. (20) or titi
nëcum duyares duyares bam ki mulke haldt bo dua? (21) yë sén sen
bam ki akhi dua. (22) han guncanule tati duyaresi ki mulke halit bo
du&?(23) yë séni ki Gilit ~ a n i k i badSa
l dim bai. (24) or sim bai ki ma
sawe teté étiq. (25) munaya jii ma phat amaEam. (26) saf qatel maCam.
(27) tati séni ki jimel un akhi sen ki badgi Salamat un gat et ka jà
hunjaEam. (28) jimele te waxt diya bad& iski-bar séni: shwe teté étena?
(29) méne ka bo axatenen. (30) téyate ne juan it dusi or séni: badii
Salamht, un gat et, jii hunjaeam. (31) téyate b a d ~ iSalamht ne hir
yarki or we sésa hokum iiCi ki ma nir). (32) khené hir jà a m d ~ adiya.
(33) we ses galén, b a d ~ net hir yarki. (34) nëcum duyhresi: guté bar
méne gohakinum ban? (35) sia ne hire séni ki badih Salamat, j5 tatien
bam. (36) në guté ahakinum bai. (37) bad& saf ses uhani or séni ki
yanig ki ainda ma akabir ésqaimena, (38) ki akhuin në whjayate ma saf
baSa mamanen. (39) agar ne aimayum ceq ka ma saf qatel mamayum
ceq.

Locuteur: DJ
7.1 akhi kha!: v. n. 3.10.
7.2 ki: introduit la proposition développant dastUr guté. La place de guté le
marque comme attribut.
7.3-4 littéralement: «Au bas du rocher, il y avait une grande gorge. Là-bas, il y
avait une grosse chute)).
7.10 ye: correction de tati employé par lapsus.
7.16 ki: la valeur du premier ki se rapproche de la valeur consécutive: «le fils
se mit à réfléchir de telle sorte qu'il se mit à penser.))
7.20 halkt: prononcé avec un [Il palatal, également 22.
99

) 11 était une fois un pays lointain. (2) Ce pays avait la coutume


ante: quand quelqu'un était devenu vieux, il y avait un grand
,, (3) dominant une gorge profonde (4) coupée par une grosse
te, (5) ~ u a n dquelqu'un avait ses parents qui étaient devenus vieux,
ès les avoir chargés dans une hotte, il les jetait en bas de la chute.
u n jour, un homme dont le père était devenu vieux, (7) se vit ordonner
jeter son père en bas. (8) Alors l'homme emmena son père, après
air chargé dans une hotte. (9) Le père lui demanda: ((Eh ! mon fils,
m'emmènes-tu?» (10) Le fils lui répondit qu'il l'emmenait à tel ou
endroit. (1 1) 11 continua d'aller et son père lui demanda encore:
ù m'emmènes-tu donc?)) (12) Le fils répondit: ((Nous sommes enfin
à l'endroit où je t'emmène)). (13) Là-dessus, le père poussa un
grand soupir. (14) Son fils lui demanda: «Hé! père, pourquoi
soupires-tu ainsi?)) (15) Le père répondit: «Ah mon fils, moi aussi, j'ai
amené mon père à cet endroit, où je l'ai jeté en bas)). (16) Alors le fils
réfléchit; il se dit en lui-même: dès qu'il fera nuit ici, je ramènerai mon
père. Je creuserai quelque part, dans une pièce, un trou et je lui
donnerai du pain. (17) Les gens feront de moi ce qu'ils voudront. (18)
Le fils emmena son père et, le soir venu, il creusa un trou dans une
grange où il l'installa; (19) et chaque nuit, il lui apportait du pain. (20)
Le père lui demandait quelles étaient les nouvelles du pays (21) et le fils
lui disait que telle ou telle chose était arrivée. (22) Un jour, le père
demanda quelles étaient les nouvelles du pays. (23) Le fils lui apprit
que le roi Gilit Manikal était venu (24) et avait dit à ses sujets: ((Faites
une corde de sable. (25) Autrement, je ne vous tiendrai pas quittes,
(26) mais je vous ferai tous égorger)). (27) Le père dit à son fils de
parler ainsi le lendemain: ((Roi Salamat fais le noeud, et moi je
tresserai)). (28) Le lendemain, le moment vint ou le roi prononça ces
trois mots: «sawe teté étena?)) (avez-vous fait la corde de sable?). (29)
Personne ne dit mot. (30) Alors, le jeune homme se leva et dit: ((Roi
Salamat, fais le noeud et moi je tresserai)). (31) La-dessus, le roi
Salamat saisit l'homme et donna à tout le monde l'ordre suivant:
((Vouspartez; (32) cet homme reste à ma disposition)). (33) Tout le monde
partit. Le roi saisit l'homme (34) et lui demanda: «Qui t'a appris ces
paroles?)) (35) A ces mots l'homme dit au roi Salamat que c'était son
père (36) qui les lui avait apprises. (37) Le roi rappela tous ses sujets et
leur dit: ((Regardez, allez-vous désormais tuer vos vieillards? (38)
1O0

Aujourd'hui vous êtes tous saufs grâce à cet homme. (39) Sans 1
vous auriez tous été exécutés.))

7.23 Gilit Manikal ou Gilgit Malikal ou Sumalik et plus bas Salamat


(27,30,31): roi célèbre de la région; cf. B. p.61, n.3.
7.26 saf [sah] ou [sax] avec en finale une fricative arrondie. En 37-38, la
fricative est bilabiale sans être arrondie. En 39, le locuteur offre trois
prononciations: 1) avec fricative bilabiale, 2) avec O ouvert et légère aspiration,
3) [sau].
7.27 budi4 Sulamat: titre de politesse (cf. fr. «Votre Majesté))).
7.28 iski-bar: on attendrait iskb barig. La forme z du numéral donne à penser
que nous avons un mot composé du type iski-kuc; iski-bar: «un groupe de
trois mots».
7.30 it: équivalent ici de yar; it dUsi = yar dusi: «il s'avança)).
7.32 am6ia ddiya, glosé en arénta diya expression idiomatique. sigaré! arénta
diya: (je tiens une cigarette dans ma main)).
7.37-38 Les trois ki sont sur le même plan et développent séni.
1O1

ben hiren ane sapharana eti. (2) utan yani, da utyate balda éyani.
ikala maci éyani. (4) rnakuia us mohuljai. ( 5 )
) ginule ce1 maini. ( 7 ) ne iya céla gali. (8) ilji
i, atëyali. (9) altulum rnani, iski-kucum mani,
Si. (10) ne ni badsaya rapot éti. (1 1) rapot éCa b a d ~ iya
i ses jama
(12) dg we doyaresi; mii ane utan aicena séni. (13) da to hen hirene
ba, ut Son bim, dii se htyate han-yakala Sakar
maci éyanum bai. (14) yate gusen bum, m o
ald6i)a yaré bum. (1 5) iqgi ute altac mému apiem. (16) sia ne hire
&ni. (17) da ne hen hire séni: ja aica. (18) éCa ne hen hire séni:
d ~ a sini,
, agar khenë jii ut aicum bai ka khenë b6 le1 éti. (19) da se
e hanikala Sakar, dii han-yakala maci, dii élëimi Son di5 iqgi mému
a yaré mayum, khenéya bo malum mani. (20)
hire séni: ja aya halum jo jo bam. (21) ganule ja yana sadike
(22) d i iti khiti éskarcum bi, makuEi ke jar
um bi. (23) éCa j3 le1 éta ka guse ut Son bi, da iggi altac mému apien.
(24) da Sakar éyeyum, da maci éyeyum, (25) jâ tai le1 éta ki ganCi ane
maci ëutun dulum, to phiu biém; (26) dâ ane Shkar Cutun dulum, to
piliiirnu biém. (27) dg i n e gus dosokum burn, da hurutum burn. (28)
baga diéyu mo guse bltik muriqyate dohbn diém bum. (29) j3 te le1 éta,
: khenë can sim bai. (3 1) go ut te ane nem bi.
(32) gbya ut gbya y i u . (33) ne hir gali. (34) ut dëya:i ya atëyaki.

ikala = han-yakala.
interprété comme imparfait rédupliqué; cf. 8.20.

8.9 altulurn iski-kucum: probablement formation d'un genre d'ordinal sur nltul,
iski-kuc, dans le sens «le deuxième/troisième jour»; v. II 4.2.
.13 L'enchâssement des propositions à partir de ut Son bim dans jü xial étam
a est assuré par le temps de bim.
.19 éltimi: on attendrait iltirnu; le i final peut s'expliquer par'l'entourage
alatal. Par ailleurs, la phrase du début jusqu'à mayum doit être découpée en
lusieurs propositions nominalisées qui jouent le rôle de cible pour malhm
mani. La fornie mayum invite en effet à considérer apim 'non pas comme une
forme finie mais comme une forme nominale (cf. B. 4 203).
8.21 han-yakalca = han-yakalcum.
8.22 ke: déictique déterminant de jar.
8.23 ka: corrigé par la suite en ki par le narrateur.
8-24 Les propositions nominalisées de 8.24 sont la cible de le1 éta; les
ki développent tai.
IO2

(1) U n homme partit en voyage. (2) II prit un chameau et le chargea


(3) 11 mit d'un côté du sucre et du miel de l'autre. (4) Il fit monter sa
femme au milieu. (5) Cela fait, il chemina longtemps. (6) En chemin, 1,
soif le prit. (7) Il alla tout seul près de l'eau. (8) Lorsqu'il revint, le
chameau avait disparu. (9) II demeura deux OU trois jours sans le
trouver. (10) Il alla auprès du roi pour lui rendre compte de l'incident,
(1 1) Alors, le roi rassembla ses sujets. (12) Il leur demanda s'ils
n'avaient pas vu quelque part le chameau. (13) Un homme se leva et
dit: «Moi, je crois que le chameau est borgne; et sur ce chameau, dYun
côté on a mis du sucre, et de l'autre, on a mis du miel. (14) Dessus, il y
avait une femme; cette femme était enceinte. (15) Au chameau, il
manquait deux dents a l'avant)). (16) Quand il eut parlé, le propriétaire
dit que c'était vrai. (17) Alors l'homme dit: «moi, je n'ai pas vu le
chameau.)) (18) L'autre homme rétorqua: «roi, dit-il, si celui-ci n'a pas
vu mon chameau, comment a-t-il compris cela ! (19) Que d'un côté du
chameau, il y a du sucre et de l'autre du miel, que l'animal est borgne
et qu'il lui manque deux dents à l'avant, comment a-t-il pu le savoir!))
(20) L'homme expliqua: ((Moi, je venais de chez moi; (21) sur le
chemin, j'ai vu que l'herbe avait été mangée d'un seul côté de la route
(22) et que là où elle avait été broutée, ça et là subsistaient des touffes.
(23) Ce faisant, j'ai ainsi compris que ce chameau était borgne et qu'il
lui manquait deux dents à l'avant. (24) Cet homme l'avait chargé de
sucre et l'avait chargé de miel. (25) J'ai pu le remarquer parce que du
miel avait dégoutté d'un côté sur le chemin; et là, il y avait des
mouches. (26) De l'autre côté, du sucre s'était écoulé, et là il y avait
des fourmis. (27) A un endroit, la femme était descendue et s'était
assise. (28) Lorsqu'elle s'est levée, la femme l'a fait en s'appuyant sur
ses deux mains. (29) J'ai compris cela sans voir le chameau)). (30) Le
roi dit: ((Celui-là dit la vérité. (31) Ton chameau est allé quelque part
par là. (32) Ton chameau, cherche-le toi-même.)) (33) L'homme s'en
alla. (34) Il trouva son chameau ou ne le trouva pas.
103

9. Les chasseurs mystérieux


1) ben hiren Sikara némi. (2) ni ni han jaghnule crémi ka altanan hurj
kara crérnan. (3) wëcum duyaresi: nia ana créman? (4) wë sénen: mi
a gi,ikêra craman. ( 5 ) we hur; nëcum duyaresen: un ana crem ba? (6)
é, ,éni: ja ka Sikara cram ba. (7) tai sia we ka but xoS manén. (8)
téyate p r é galén. (9) nu n i han bayabinule huriitayen. (10) néya
&*en: un gômal be, mi amutuk Sikar éi-am ban. (1 1) sis ne Sua séni.
2) ne hir makui-i éhuruten. (13) isko dairamu oten. (14) ho we oltike
phi éyaren. (15) but siéli éyaren. (16) yaya hawélum se kisiya
rnbardast tulanc duya. (17) téyate zabardast éyaren. (18) tauruma han
nyu tulan éyani aidiren diya. (19) yire ce saf tulinc phüja manéna (20)
tafiruma wë éyaren tézailia. (21) se nyu tu1 dïnene makuci se dairaya
diya. (22) wë tézailia éyaren. (23) tai nima iskium se kisiya diya. (24)
tahrurna ne héne ne héna séni ki un éyar, j3 gusé besmél étam. (25) ne
4

se besmél éti. (26) besmél net we oltike but xoSi éten. (27) tauruma hun
ducuyen, se qatar qatar eten, phu eten. (28) ne hire yan yan bam. (29)
se désteren o r masala gien. (30) ne hira sénen: gusé mi mikat Se. (31) ne
hir aqaresi. (32) iski dafa sénen: le hir, gusé Se. (33) ne hir aqaresi. (34)
téyate sénen ki un aisia. (35) noxi uya sien. (36) nisi xudayar éten. (37)
nétene rahi manén. (38) nbma kharéna galén. (39) kharéna craya ne
hire yani. (40) yaya phiikan thanum nbma galén. (41) khatikala nü,
yiiya, duwalja galén. (42) téyate ne hire salyatum phiikan Ehiipe ésan si
ki gusé bo xal dua. (43) sicam ba sia phiikan da1 éti. (44) tabruma
khata rawana mani. (45) yiya kimkam da1 éti. (46) tai net hale dis éti.
(47) hile wéya séni: akhi mimila mani. (48) sia hale wë sénen: le
kambaxt, we jadogar bam. (49) agar un se sicum ceq ka we uya ukat
un ka guciizum ceq.

Locuteur: DJ
9.2 (passim) créman: forme contractée de crem ban. DKh considère ce présent
comme fautif, on pourrait peut-être l'expliquer par des raisons stylistiques.
9.16 y a ~ a «après
: qu'il eut regardé)), non rendu dans la traduction.
9.18 a~dhrencorrigé en afdaharen. éyani, correction d'une première version
yani.
9.27 q&ar: cf. 11.14 ka.tar.
9.38 kharéna: sens incertain, cf. 11.41.
9.41 khdtikala = khat + ylakal + a. Pour l'expression de la direction, v. n.
3.10.
9.47-48 hhle wéyalwë: h61e dépend de wéya et de wë.
104

(1) Un homme partit à la chasse. (2) Il marcha longtemps et arri


un endroit où deux hommes se préparaient à aller à la chasse. (3
leur demanda où ils allaient. (4) Ils répondirent qu'ils allaient
chasse. (5) Les hommes lui demandèrent ou il allait (6) et il répo
qu'il allait lui aussi à la chasse. (7) A ces mots, ils se réjoui
grandement, (8) et là-dessus, ils partirent ensemble chasser. (9)
avoir marché longtemps, ils s'installèrent dans un endroit déserti
(10) Les deux hommes dirent au premier: «N'aie pas peur, nous al
maintenant chasser)). (1 1) «Bien», répondit-il. (12) Ils installè
l'homme au milieu d'eux. (13) Ils firent trois cercles (14) et se mire
jouer de la flûte. (15) Ils jouèrent très joliment (16) et d ' h o r
serpents se dirigèrent vers le premier cercle. (17) Là-dessus, ils se mire
à jouer fortement, (18) et à ce moment, ils charmèrent un gros serpent;
alors un dragon arriva. (19) Devant, tous les serpents se dissipèrent. (2
Les hommes jouèrent, alors, de plus belle. (21) Le serpent énorme
dirigea vers le cercle du milieu, (22) et ils jouèrent de plus belle. (23) 11
rendit ensuite au troisième cercle. (24) Alors, un des deux hommes dit à
l'autre de continuer à jouer et qu'il irait égorger la bête. (25) 11
l'égorgea, (26) et la-dessus, tous deux menèrent grande joie. (27) Ils
apportèrent, alors, du bois, coupèrent le serpent en petits morceaux et
firent du feu. (28) L'homme ne cessait de regarder. (29) Ils firent cuire la
bête et y mirent des épices. (30) Ils invitèrent l'homme à en manger avec
eux. (31) L'homme refusa. (32) Ils lui dirent trois fois: «Eh ! l'homme,
mange de cela». (33) L'homme refusa. (34) Alors, ils lui dirent: «Eh
bien, ne mange pas». (35) Et là-dessus, eux, se mirent à manger, (36)
puis ils firent leurs adieux (37) et partirent. (38) Ils s'éloignèrent, (39)
tandis que l'homme les regardait. (40) Sous ses yeux, ils s'en allèrent en
s'élevant dans les airs petit à petit. (41) Ils se dirigèrent vers le sud et,
sous ses regards, s'en furent en volant. (42) Sur ce, l'homme mangea un
tout petit morceau de viande posé sur une pierre plate, pour voir quel
en était le goût. (43) Tandis qu'il mangeait il s'éleva un peu; (44) alors,
il partit vers le sud. (45) Voyant ce qu'il en était, il s'éleva encore un peu
(46) et regagna ainsi sa maison. (47) Il raconta aux siens quelle affaire
lui était arrivée. (48) Ces derniers lui dirent: «Eh, malheureux, c'étaient
des magiciens. (49) Si tu avais vraiment mangé du serpent, ils t'auraient
emmené avec eux.» %:
105

O. L~ taureau reconstitué
,iilke tai dastur dua. (2) datu mani ka mi'baye xaSEa jima net
ilji han guncan moqarar net han mireni-i Cas han miréni-i gacé
phutb ohuyei-am ban. (3) da mi we ayoiam ban, wë mi amiyeium
(4) dg wéya tai siam ban: wa auSu siam ban, amutuk akho bai
-mani, khhta Sini mani. ( 5 ) da mi han jayan wéya 61ter~amban to
basaya niq. (6) béwaxtule thui phuto ohuyam ban. (7) da t6 han phute
noxa kholan bi. (8) wë ThuiEu baSa phuto ohuyen ka se khol
$terEum ban. (9) baga Thui ohuyam barn we nü to jarna bam. (10) da
&i wg han hhran urbice yafa se sim barn. (1 1) éEa ne se hare damane
23 * *iyau tai se khola gali ka we phut8 to jirna ban. (12) da we uyéci,
1*

,F
wë ne aicen. (1 3) opai huruti; baga se désteren ka në iya yasap net han
Sbpnan rénEi niya Séi. (14) wë ka baga Séyen, ce tenjo da jama oten.
*
fi
(15) ce ten har iya iya bandule j6d éten. (16) j6d net yanen ka Soyone
han ten api. (17) dà koSiS éten, at6yaSi. (18) te jayafi han hhnan phit
éten. (19) da se har da1 déyen. (20) d i se uyar net ane bim ka toya phat
éten. (21) toya phat net ilja duya. (22) we cura ne hir gali. (23) ne hir ni
te makuEi bérum-dénana se har si. (24) nisi yhirni ka së goyon hune
dua.

Locuteur : DKh
10.3 Cette formule revient souvent pour caractériser des êtres surnaturels.
10.4 wu: doublet de ma.
10.5 to basaya nïg : dépend de b1teri;arn ban, cf. 3.79.
10.8 Le changement de personne montre que la coutume dont il est question
dans le texte, n'est pas seulement celle d'une génération.
10.10 sim barn glosé en ésqanum barn.
10.15 Phrase difficile, mais le sens ne pose pas de problème.
106

(1) La coutume de notre pays est la suivante: (2) lorsque l'automne


vient, nous ramassons les provisions pour l'hiver; après cela nous,
convenons d'un jour et avec, dans une main, une branche épineuse e
une baguette dans l'autre, nous mettons en fuite les phuts, (3) mai
nous n e les voyons pas et ils ne nous voient pas non plus. (4) No
leur adressons alors ces mots: «Vous êtes nos hôtes, mais maintenant
ici, c'est l'hiver, et plus bas c'est l'été)). (5) Nous leur indiquons ensuite
un endroit en leur enjoignant d'y passer l a nuit ( 6 ) et c'est ainsi que
nous chassons les phuts de Thuy. (7) Il y a là une grotte nommée
«Trou des Phuts)). (8) Les habitants de Thuy, pour chasser les phuts,
leur montrent cette grotte. (9) Une fois que nous les avions chassés de
Thuy, ils étaient allés là s'y rassembler. (10) Un taureau était survenu;
ils l'avaient vu et l'avaient abattu. (1 1) Sur ces entrefaites, le proprié-
taire du taureau, en le cherchant, arriva ainsi à la grotte où les phuts
étaient rassemblés. (12) Lui, pouvait les voir, mais, eux ne le voyaient
pas. (13) Il s'installa auprès d'eux; quand ils eurent fait rôtir le
taureau, il plongea la main et prit un morceau de la hanche qu'il
mangea. (14) Après qu'ils eurent, eux aussi, mangé, ils ramassèrent les
os (15) et les rassemblèrent en les emboitant les uns dans les autres.
(16) Quand ce fut chose faite, ils virent qu'il manquait un os de la
hanche. (17) En dépit de leurs efforts, ils ne le trouvèrent pas. (18) A
cette place, ils ajustèrent un morceau de bois (19) et remirent le
taureau sur pied. (20) Après l'avoir fait avancer ils le laissèrent là où il
était, (21) et repartirent, dans l'autre sens. (22) A son tour, l'homme
s'en alla. (23) Par la suite, plusieurs années après, il abattit le taureau
(24) et alors, il vit qu'il avait une hanche en bois.
11. La sorcière
cor cor hen badiaen bascimi. (2) në hen yën biscimi. (3) ben éyen
bhgscumu. (4) hen usen buascumu. (5) hek-dénan nérni ya alto-dénan
Démi mo us muyurumu. (6) ne badil yéya sénimi: ma nini muyuru.
(7)ja goya nanien dumugam. (8) ne badia nem bai. (9) han jayana
ka hen wawen në roice yam bu. (10) né domoyaresi: un ana
crem ba? (1 1) m6 sénu: j5 hiren cuEam ba. (12) në séni: ja ka gusen
,cuCam ba. (13) nëce bréten biiiscimi. (14) në se bret katar étimi. (15)
kafar momoya numu ézoyon iya sica dohonimi. (1 6) m6 se nyu
tar khul étumu. (17) b a d ~ téki
i khul étumu. (18) në mo gus numUya
hla dim bai. (19) yéya sénimi ka un Cai éspapa. (20) jii goya nanien
durnucam ba. (21) ane bu? higce bu. (22) ne badSà yéya sim bai: gUya
W: nanimoya han ! (23) mo aqaresurn bu. (24) ne iya nem bai. (25)
mumEce dohonum bu. (26) un bo goana? (27) m6 sénum bu ka jii amé
axolum bi. (28) goya bo meléheg? (29) qarqiimuSe Ehap meléheg mania?
@ (30) aimani. (31) da bo meléheg? (32) bii Ehap meléhei) mania? (33)
P aimani. (34) gbya can bar et: bo Chap meléheg? (35) m6 sénum bu:
&
xi
&:.h
ikshne Chap meléheg. (36) mo bu balhas. (37) ne hire momuya sénum
bai: jii akhurum ayü maimen ka hen ayén sicam. (38) ne ye niya huna
nern bai. (39) dalum balda niya dim bai. (40) ne yë: tati ce1 miyama.
2%
r;7
kharén ni miya gyaggiyate délum bai. (41) nésqan hala dicum bai. (42)
hala dic jermanifa waiim bai. (43) mo gUse éspapaeum bu. (44) néspapa
f; da1 déusu. (45) muyuhare ka mUya Ehap Sem bam. (46) han ténan
5
!A>

mbimoya osum bu. (47) moimoya sénum bu: hile yan ka goya Ehap osam
ba.
k.2
k
p Locuteur: Bulio
11.9 yam bu: la forme attendue serait muyam bu, car ce verbe admet un préfixe
qui, ainsi que le suffixe, renvoie à la cible (cf. 13.47: un mirhice guybm ba).
1 1.14 katar : cf. 9.27 qatar.
11.15 éEoyon est la cible de sica.
11.25 Littéralement: ((elle se prit une dent».
11.26 goana: forme obscure; DKh propose de comprendre gumana.
11.30, 11.33 Les aimani peuvent ne pas faire partie du ((discours direct)). Dans
ce cas, on traduira: «Ce n'était pas cela)).
11.36 Le rejet de balhas après bu semble servir de mise en relief.
11.40 ne yë tbti ce1 miyama: proposition elliptique = ne yë séni: tbti ce1
miyama. Dans l'ensemble, la structure de la phrase reste cependant difficile.
D'ailleurs, elle a été reconstituée a partir de plusieurs versions elles-mêmes peu
claires. L'une d'entre elles: kharén meni téte ne akhi miya ésqanum bai justifie le
nésqan de 11-41. Pour kharén, cf. 9.38.
11.41 nésqan: v. la note précédente.
..
1 1.46
.- moimoya:
. il s'agit de la fille du roi mentionnée en 1 1.3.
..
108

( 1 ) Il était une fois un roi (2) qui avait un fils. (3) une fille (4) et
femme. (5) Au bout d'un ou deux ans. sa femme mourut. (6) Le roi
à son fils: ((Votre mère est morte. (7) Moi, je te ramènerai une a
mère)). (8) Le roi s'en alla, (9) il arriva dans un endroit ou il rencontra
vieille femme. (10) Il lui demanda où elle allait. ( 1 1) Elle lui répo
qu'elle cherchait un mari. (12) «Et moi, je cherche femme)), répligu
t-il. (13) 11 avait sur lui un pain (14) qu'il coupa en deux. (15)
grosse moitié, il la lui donna, et la petite, il la prit pour la man
lui-même. (16) Elle avala la grosse moitié (17) et avala aussi la part
roi. (18) Celui-ci prit la femme avec lui et rentra. (1 9) 11 dit a son
«Fais chauffer le thé; (20) moi je t'ai ramené une mère)). (21) ((
est-eller?»«A la porte)). (22) Le roi invita son fils à faire venir sa rnere,
(23) Elle refusa de venir. (24) Il y alla lui-même. (25) Elle s'était pris
une dent. (26) «Que t'est-il arrivé'?)) (27) Elle répondit que la dent lui
faisait mal. (28) ((Quel remède y a-t-il à ton mal? (29) Est-ce de la
viande de poulet?)) (30) «Non.» (31) ((Quel remède est-ce alors? (32)
Serait-ce de la viande de vache?)) (33) ((Non.))(34) ((Dans ton intérêt
dis la vérité: quelle viande peut te guérir?)) (35) Elle répondit: «De la
chair humaine)). (36) C'était une sorcière. (37) Le roi lui répliqua:
((J'aurai encore beaucoup de fils, je peux bien en abattre un». (38) Il
prit son fils et alla faire du bois. (39) Il redescendit avec sa charge. (40)
Son fils lui demanda: ((père, pourrais-je boire?)) Le père marcha un
peu avec son fils; tandis que celui-ci buvait de l'eau, il le tua avec sa
hache. (41) Il le ramena ensuite à la maison. (42) Là, il le jeta dans une
marmite (43) et la femme le fit cuire. (44) Ensuite, elle l'en retira. (45)
Son mari et elle-même en mangèrent la chair. (46) Elle mit un os de
côté pour sa fille (47) et lui dit: ((Regarde à la maison. j'ai mis de la
viande de côté pour toi)).
109

2. une mauvaise plaisanterie


cendb huri ane sapharana galén. (2) nii han jayanule han cigiran
yate yanen. (3) dà se sien, i-hap éspapayen, da thipa iihap gien. (4)
guéayen. ( 5 ) guncat dién, we wilto duthalen, ne hen aidithali. ( 6 )
,a Chap diyeSa iéyen. (7) han ténan uya ne khuSa Cuq éten.
hya galén. (9) basa ne dithali EidinCa yani, Chap ka spi, yar ka
., (10) akhi càp éti, khuSi ténan bi. ( 1 1) da le1 aiti, yasi. (12) noqas
i: méne akhuii nidel uSipena til81um ban.

Locuteur : DKh
12.2 gascyale corrige en yascyale.
12.5 diën: forme finie ou absolutif?
12.6 di&: dérivé de dx us- -S-, pl. d-c yeSa (((faire) sortir, retirer)); la structure
morphologique du verbe invite à considérer Chap comme un pluriel.
12.9 EidinEa: v. II 3.3.
12.10 akhi: accompagné d'un geste descriptif.
12.12 Le sens peut être également: «C'est quelqu'un qui a oublié son pénis...))
110

( 1 ) Cinq hommes partirent en voyage. (2) Au cours de


achetèrent une chèvre. (3) Alors ils l'abattirent; ils en firent cuire
viande et la rangèrent pour la nuit. (4) Ils se couchèrent. (5)
lendemain matin, quatre de ces hommes se réveillèrent, mais un ne
réveilla pas. (6) Alors les premiers prirent la viande et la mangèrent.
11s fourrèrent un os dans le derrière de leur ami (8) et s'en allèrent.
Quand celui-ci se réveilla, il regarda dans la marmite; il n'y avait
plus de viande que d'amis. (10) Il porta la main à son derrière; 1'0s s9
trouvait, (1 1) mais il ne comprit pas ce que c'était; il éclata de rire (1
et dit: «Qui a pu oublier son pénis après l'avoir mis là?»
111

heo zemjndar hirene altac bii bién. (2) ce baSa mamu Cien ka but
ét et barn. (3) basa cë bia bulas mani ka jaqgalule nbcu phat ét et
(4) han sane se han bia bulas mani. ( 5 ) mayaya garu gyë diyce
éti. (6) se bitara xaEa bo atlm tai nimi bim. ( 7 ) han
e halan peS mani. (8) séya duyhresi: yaran, séni, kho bo éfum ba?
bi6 séni: jii damane akhb phat htum bai. (10) han sane ben hiren
gala da1 dusi ka han draxtanyate siu-Ear ciirum dui. (1 1) ne hir
yate thlan bi. (12) yfire te drhxtce phu baliCun dua.
but peresan bi. (14) ne hire se tu1 niyec but es yoli.
i klteri. (16) klter~ane hire ]aman daré: éti. (17)
dareg éCa yitum tu1 ka Cirkini. (18) nufirkan éstiga dultili. (19)
dulthli~ane hire séni: jii go haqule nëki étam bam, un badi b8ta éi-um
ba? (20) éëa se tule séni: guté nëki éta, badi ma maya mficum dusun
dus (21) be be sim ba ka jii goya go& sibut éEam. (22) éEa ne hire
séni: goa sibut éta ka go bar can duh. (23) gon, séni, cran. (24) galén
jar)gila se bii épaya. (25) se bi6 déyaresen: hya i y a âdém waphadhr
biia bewapha baia? (26) bifi séni: bélkul bewaphh bai. (27) j5 mamu
dulumule jaya 5dap ht at bam. (28) bhSa ja bulas gala ka akho dac
phat atum bai. (29) tule séni: boltum, séni, or da jii bar cana phair), séni.
(30) éCa ne hire séni: can. (31) dii thle hen go& sabut éti. (32) tolum dà
galén. (33) han draxtan épaya galén. (34) da draxt déyaresen. (35) éEa
draxte séni: Sdém bewaphh bai. (36) dalum di jii niilce huriihm bai.
(37) da crem khéna saran nigal rénri net crem bai. (38) ne hire séni ki
go goa altan sabut manén. (39) amutuk hen goh diwasi. (40) ne hen
goh cézi jagghla galén. (41) jaggala craya han hhlan urbice yai. (42) hale
séni: ma harar) bo qesa du&? (43) éEa ne hire séni: jii gusé tu1 p h h u m
xalhs étam bam, nëki étam bam. (44) gusé tule nëkiyata badi éti. (45)
dii goh sabut dumari. (46) dà altan go& ka sdbut manén. (47) iskium
go&un miroice guyiim ba. (48) da un bo sim ba? (49) éCa hale séni: han
kharétian yk-e 6se. (50) da se tula séni: un gusé kharé.Ea dosbk. (51)
éCa tu1 dosoki. (52) dosbkiCa ne hira séni: amutuk nëkiyata badi dua.
(53) amutuk dananya- sark, séni. (54) ne hire dan sarEi, tu1 ésqani.
(55) nésqan ne hire jiule da te gi: (56) ja gusé ha1 ésqayam ka gusé bat
gasc écam, séni. (57) noxa se ha1 yar waii. (58) se ha1 bahana gali. (59)
da Cam éti, da thas éti. (60) but taklif éti, ésqani. (61) nésqan déusi.
(62) déus bat éti. (63) bat nucu gasc éti.
112

( 1 ) Un paysan avait deux vaches. (2) Tant qu'elles lui donnaient du lait
il les traitait fort bien, (3) mais. si leur lait venait à se tarir, il les
emmenait dans la forêt pour les y abandonner. (4) Un jour, une de ces
vaches n'eut plus de lait. (5) Alors, il l'abandonna dans la forêt à Un
endroit que ne recouvrait plus la neige de printemps. (6) La
malheureuse n'avait rien à se mettre sous la dent; voilà où elle en était
arrivée. (7) Un jour, survint un renard. (8) 11 lui demanda: «Amie, que
fais-tu ici?)) (9) La vache répondit que son maître l'avait abandonnée
ici. (10) Un jour, un homme monta à la forêt; soudain, il entendit un
sifflement qui venait d'un arbre. (1 1) L'homme s'y dirigea et vit qu'il y
avait un serpent sur l'arbre. (12) Le feu y avait pris au-dessous (13) et le
malheureux serpent était pris de panique. (14) L'homme, en voyant le
serpent, en eut grand pitié. (1 5) Comme le serpent paraissait résigné à
son sort, (16) l'homme tendit en bas son pan de chemise. (17) Alors, le
serpent sauta d'en haut (18) et enlaça l'homme à la taille. (19) Celui-ci
dit: «Alors que je t'ai fait du bien, pourquoi me fais-tu du mal?)) (20) Le
serpent répondit: <<Tuas fait cette bonne action, mais le mal vient de
vous les hommes. (21) Si tu le nies, je t'en donnerai la preuve par
témoin)). (22) L'homme s'écria: «Si tu m'en donnes la preuve par
témoin, alors ce que tu dis est vrai)). (23) «Allons», dit-il, ((en route)).
(24) Ils allèrent dans la forêt auprès de la vache. (25) Ils l'interrogèrent
pour savoir si l'homme était loyal ou déloyal. (26) La vache répondit:
«Il est tout à fait déloyal. (27) Tant que j'avais du lait, mon maître me
traitait fort bien, (28) mais quand je n'en ai plus eu, il m'a amenée ici et
m'a abandonnée.)) (29) Le serpent demanda comment étaient ces
paroles: vraies ou fausses? (30) «Vraies», dit l'homme. (31) Ce fut la
première preuve que donna le serpent par témoin. (32) Ils s'en allèrent
de cet endroit (33) et se rendirent ensuite auprès d'un arbre. (34) Ils
l'interrogèrent (35) et l'arbre répondit: ((L'homme est déloyal. (36) Il
vient pour s'asseoir sous mon ombre. (37) Puis, au moment de partir, il
casse une de mes branches la prend dans sa main et s'en va». (38)
L'homme dit au serpent: ((Cela te fait deux preuves par témoin, (39)
maintenant, il en reste une à trouver.)) (40) Ils allèrent dans la forêt à la
recherche de ce témoin. (41) Là, ils rencontrèrent un renard, (42) qui
leur demanda quelle affaire ils avaient entre eux. (43) L'homme
répondit: «Moi j'ai sauvé ce serpent du feu, faisant ainsi une bonne
action. (44) Mais ce serpent m'a rendu le mal pour le bien. (45) Il m'a
113

gert7 se justifier. de donner la preuve par témoin. (46) La preuve


été faite par deux témoins. (47) Tu es la ~roisième que nous
controns. (48) @'as-tu donc à dire?» (49) Le renard répliqua: «Mets
un pnier». (50) Puis il invita le serpent à s'introduire dans le panier.
1) Le serpent s'y introduisit. (52) Alors. le renard dit à l'homme:
ajntenant, une mauvaise action succède à une bonne. (53) Ecrase-le
,intenant avec une pierre)). (54) L'homme jeta la pierre et tua le
rpent. (55) Alors, l'homme conçut l'idée (56) de tuer le renard et de
ndre sa peau. (57) 11 le poursuivit, (58) mais celui-ci se réfugia dans un
OU. (59) Il farfouilla dedans et l'enfuma. (60) 11 lui fit très mal. (61) Il
le tua, puis le sortit. (62) Alors, il l'écorcha, (63) il prit sa peau et la
p- vendit.

Locuteur: DKh
13.2 Gdap et et barn: dans cette expression, é t - n'est pas préfixé contrairement à
13.27.
13.3 nucu pour nicu, cf. B. $ 198. cé: a interpréter comme un génitif pluriel:
((parmi elles)).
13.6 Phrase difficile; v. III, 7.
13.11 to: allatif, cf. 3.19.
13.15 ajezi élteri, proposé par le locuteur comme correction d'un bu! zran éti
sans doute erroné.
13.17 ka: corrigé en kha! lors d'une vérification.
13.21 gob: ce mot détermine skbbut avec lequel il forme un mot composé. Cf.
13.31, 38, 45.
13.29 cana phaig : des équivalences can yu phaig et cana phaiga ont été proposées.
Ces exemples prouvent l'affinité formelle et sémantique entre ya ((ou» et le -a
dit interrogatif. Une telle affinité est d'ailleurs clairement attestée pour
beaucoup de langues du monde.
13.36 dalum di: v. 3.10.
13.43 phu glosé en uthi.
13.45 Littéralement: «Alors il me demanda [de pouvoir donner] la preuve par
témoin)).
13.51 dosoki: [d~s0ki];également en 13.5 2; v. 1.3, règle 4a.
13.60 taklifest glosé en mus'aqat.
114

14. Le chasseur de bouquetins


(1) hen hiren but daruskin barn. (2) ne basa darupa né ne bam, dà
. CO
iIja xali ac6 . barn. (3) né altac 4ikhari huka biém. (4) han sane ne
h u k i ka nuya daruya gali. (5) në da daru éti. (6) net giri-haldé
waryan ka niya han khblana basaya diya. (7) da Sam mani, ph
ikhara éti. (8) da hanekala i-ai éspapai, da fhap phuk eti, dg Chap
sixana nidel randiju yhni. (9) randiju yinum barn, se khole hir)çe qau
mani. (10) ne hbla dusi, në us domom bu. (1 1) nè hsmoya d
un thape bôta dokoya séni. (12) use sénu: le hir, sénu, un no
iski-kucum mani, khat thamü ja taklif htum ban. (13) da në sé
thamü bo taklif goten? (14) da mô sénu: un thaméne ka malyh ai
blscurna, (15) dà akhfiEi ka aium ba. (16) tE ganditi barigàt d&-h
barn. (17) d i jhya sénen: un nokb guté thipea dic, sénen. (18) ja të
dhyam ba. (19) ne séni: amutuk jo ka jà daru ka étam ba ;hi ka
éspapayam ba. (20) Cai numé Ehap niya cran séni. (21) hir yar mani.
(22) da mo guse sénu: hukh phugam ba, sénu. (23) éëa ne hire séni:
guya huka b6ta gusicum bién. (24) mo guse sénu: Sikhari hiike bo
etibâr dua, sénu. (25) ne hire séni: ja phGayam ba. (26) ne hir yar
mani, mo gus céCi tayu. (27) basa khola gali, mo gus muyhni, ne us
apum, balhasen bum. (28) khat muhutiq yani. (29) muyayu yara biém.
(30) mutotomir) ilja bicum. (31) eCa ne momoya séni: un y6re hurut
séni. (32) mo yare hurutu. (33) da ne han rényate huka dugini, han
rényate te randiju Sua phüce nidel tàp éti. (34) da te randijyate sau éti.
(35) hek jiriy maki huka ka yarén, mo gus muwiluyu. (36) teyate hukhya
doh éti. ilja duci. (37) ce phuiai ikhara Cai meni, da guSai. (38) guncat dié
Ehap balda éti. (39) baga hàla gali, us muyurumu.

Locuteur : Bulio
14.2 ac6 CO:v. 11.12.
14.4 ka: DKh propose de corriger en ka!; kat nUya: ((ayant pris avec)).
14.6 giri-haldéne: exactement ibex, grand bouquetin de la région. lère version
ser : «lapin».
14.8 six: broche ou brochette; randiju désigne la broche avec la viande. 1
14.12 iski-kucum: cf. 7.28; sur la finale cf. 8.9. Le suffixe -um n'est probable-
ment pas ici un suffixe d'ablatif, mais un suffixe d'ordinal.
14.18 të = ticum.
14.20 Structure ambiguë: faut-il faire dépendre nume et niya de cran ou de
séni? DKh reconnaît l'amphibologie et agrée avec le sens retenu. Selon lui, les
nominaux dépendent bien de cran. 1
14.25 phuiuyam bu: lère personne sg. pl. < phuiay-am; la 2ème personne est 1a
phhiam ba < phdia-m bu.
un homme était grand amateur de chasse. (2) Quand il allait à la
il ne rentrait jamais bredouille. (3) 11 avait deux chiens de
asse. (4) Un jour, il prit ses chiens et partit à la chasse; ( 5 ) il se mit
alOrs à chasser. (6) Ce faisant, il prit le corps d'un bouquetin et s'en
vint dans une grotte pour y passer la nuit. (7) La nuit tomba; il se fit
du feu. (8) D'un côté, il fit chauffer du thé, tandis qu'il débitait de la
-viande. Ayant enfile la viande sur une brochette, il s'en empara. (9) Il
vmait de la prendre, quand soudain un cri se fit entendre à l'entrée de
ir 1, grotte. (10) Il sortit; sa femme était arrivée. (1 1) Il demanda à sa
femme pourquoi elle était venue de nuit. (12) La femme expliqua: «Hé,
homme)), dit-elle, ((depuis ton départ, trois jours se sont écoulés; là-bas
le roi m'a fait des ennuis)). (13) 11 dit alors: ((Quels ennuis le roi t'a-t-il
faits?» (14) Elle répondit: «Toi déjà l'an dernier tu ne lui as pas payé
tes redevances, (15) et cette année, tu ne les as pas payées non plus.
(16) Aussi m'a-t-il envoyé ses hommes (17) pour me dire d'aller te
chercher cette nuit même. (18) Voilà pourquoi je suis venue)) (19) Il lui
dit: «Viens maintenant; j'ai justement fini ma chasse et j'ai fait
chauffer du thé. (20) Après que nous aurons bu du thé et pris de la
viande, nous nous en irons)), dit-il. (21) L'homme alla devant; (22)
alors la femme lui demanda s'il avait attaché les chiens. (23) L'homme
lui répondit: «Les chiens, pourquoi iraient-ils te manger?)) (24) La
femme répliqua: ((Quelle confiance peut-on avoir en un chien de
chasse?)) (25) L'homme dit qu'il allait les attacher. (26) La femme
suivit. (27) Quand il arriva à la grotte, il regarda en direction de la
femme. Ce n'était pas sa femme, c'était une sorcière. (28) Sur le sol, il
vit ses pieds: (29) ses talons étaient à l'avant, (30) ses orteils à l'arrière.
(31) 11 lui dit alors de s'asseoir en face de lui. (32) Elle s'assit; (33)
alors, d'une main, il détacha les chiens, de l'autre en tapant le rôti sur
le feu vif, il le rendit brûlant, (34) et en frappa la femme. (35) Elle
poussa un cri strident; les chiens aboyèrent et la femme disparut. (36)
Alors, il appela ses chiens pour les faire revenir. (37) Il les attacha, but
lui-même du thé et se coucha. (38) Le lendemain matin, il mit le gibier
sur ses épaules. (39) Quand il arriva a la maison sa femme était morte.

14.28 sq. L'importance des pieds pour détecter les êtres malfaisants est bien
établie dans de nombreuses mythologies et dans de nombreuses religions.
14.35 muw61uyu [muw61duyu]. La réalisation phonétique est surprenante.
14.36 doh: cf. I.3., règle 12a.
116

15. Le roi, sa femme et son écuyer


( 1 ) Noh yoro han khanan bim. (2) se khane sim ban Nasire Khan. (3)
Nasir badSa ka us altan bam. (4) han hayoran bim, han gasanjan b h
( 5 ) naukar hen meraxor barn, hen meSi-ikar barn. (6) ne gasanje Sikh&
but SGq duliim. (7) d i ne baia Sikhara gali ka to ne han gamb&ri bus
niya j6 jo bam. (8) baSa hiqa diya use hiq dohon dohon barn. (9) ne
bad& se gamburi(y)ate momoya sau ét et bam. (10) te né 5dat d u l b .
(1 1) han sêne gamburi niya Sikharum diya hiqa diya qau éti, us higa
domoya isqâ étu. (12) né se gambiiri(y)ate sau éti. (13) da mi3 «oh»
sénu, mulëice dohonu. (14) badSa hairan mani. (15) mulei da1 éti ka
multhn curun duh. (16) éta duyhresi: gulfi bo étum ba? (17) m6 $nu:
un gamburi(y)ate adéla, alëice yai, alti phini. (18) badSa hairan mani.
(19) baBa ne badSa Bikhara nem bam, mo guse ne meraxoriga giratum
bum. (20) ne meraxore iya phbphosyate mulëiniqa mudélum bam. (21)
éEa m6 urkum bum. (22) ne ni hayorcum xabar yani. (23) hayore séni
ki go gamburi be, phbphose zaxum dua. (24) badBh koSiS éti, dà sabut
éti, us phiinsi mudéli.

Locuteur: DKh
15.1 Noh: endroit à l'entrée de Yasin en venant de Gupis; sur le h, v. I.3., règle
12a.
15.2 se khane: anacoluthe. Le narrateur a dû commencer sa phrase avec
l'intention de dire: se khbne badSa Nasir bam. Nasir: le roi auquel est prêtée la
même aventure dans B. est nommé Sandar Jan.
15.3 Cf. n. 6. 1.
15.5 naukar est attribut de meraxbr et de meEikar.
15.8 hig dohbn: dohbn régit en général l'adessif, mais dans le sens d'«ouvrir», le
cas absolu est de rigueur.
15.15 cururn dua: le présent met clairement en relief la valeur durative du
procès.
15.19 rneraxbriga giratum bu: équivalent plus élégant de meraxbre mumiri.
1 5.20 mzilCiniga [mulCeniga], (rnulc'i-n-iga).
15.23 Lorsque le verbe n'est pas exprimé, la négation ne peut être exprimée
que par be; v. IV. 1 .
15.24 rnudéli glosé en mosqani.
2f? (1)
NO, au milieu des pierres, il y avait un fort. (2) Ce fort, on
l?aapPelait le fort de Nasir. (3) Le roi Nasir avait une femme. (4) 11 avait
3.
un &val et un faucon. ( 5 ) Pour serviteurs. il avait un écuyer et un
i'; fauconnier. (6) 11 adorait la chasse au faucon. (7) Quand il allait à la
chasse, il cueillait un bouquet avant de s'en revenir. (8) Arrivé au seuil,
Le roi ouvrait la porte de sa femme '(9) et la frappait avec les fleurs. (10)
.~elleétait son habitude. (1 1) Un jour, après avoir cueilli des fleurs, il
%
:r revint de la chasse, et, arrivé au seuil, il poussa un cri; sa femme
"

1 f
vint et ouvrit la porte. (12) 11 la frappa avec les fleurs. (13) «Oh>,,
s9exclama-t-elle,en portant la main à son oeil. (14) Le roi fut stupéfait.
(15) 11 découvrit l'oeil de sa femme et du sang se mit a couler. (16) Il
lui demanda ce qu'elle s'était fait à l'oeil. (17) Elle répondit: «Tu m'as
frappée avec les fleurs, celles-ci m'ont touché à l'oeil et il a éclaté)). (18)
Le roi fut stupéfait. (19) Or, quand le roi était allé à la chasse, la
femme avait fauté avec l'écuyer. (20) L'écuyer l'avait frappé à l'oeil
avec son balai (21) et elle l'avait caché au roi. (22) Quand celui
repartit, son cheval lui apprit l'affaire, (23) en lui disant que ce
n'étaient pas les fleurs, mais le balai qui avait causé la blessure. (24) Le
roi se mit en peine, trouva la preuve et pendit sa femme.
118

1 6. Le lion malfaisant
(1) han but nyu jaggalan dulum. (2) taule jandara-pandara janwar bién.
(3) table han ~ ë r a npaida mani. (4) dii ce sucum Suruy eti. (5) bo
guncule altar ka sui. (6) dii bo guncule torum ka sui. (7) da ce jlma
r "L
manén, uya makuti etiphaq éten. (8) da cë sénen: agar gute sere x&yet
éti ka kam waxtule xatum métimi. (9) gutë gandiEi mi tai Z a n , or wàri
wàriule sê épaya cran. (10) tai noxa cë te etiphaq éten. (1 1) or tëcum
ilji wàriyate né ne biém. (12) han guncane ja! halane nabat diya. (13)
o r cë b8taya se hila hokurn éten: un guncat iëra hasi gandin ne. (14)
te thipe gonlar hale dunéj: éti. (15) dunéj: net da han hikmitan kski
diya. (1 6) b&Sa gon duwari waxt kiman lai) éti, gali. (1 7) baia iërce dis
mani, but mijs diya. (18) hale Sakala yani, but m6s diya. (19) d i sè
hala séni: un akhurum xas ane bam? (20) ha1 bedawi mani. (21) jaqgêle
badSA, séni, akhuin jâ nabat apim, séni. (22) ja goya but dayanum
SikhAran niya dhyam barn. (23) da gênule han Gran aroice yai. (24) dà
goya ka bo, séni. (25) or se SikhHr ka aSiri. (26) tauruma ~ k r ebut rnos
diya, hhrpiit diéi. (27) gon, séni, jaya Biter. (28) ha1 yar mani, Sër céEi
tai. (29) se hale Saharule han yorqosan yécum bim. (30) jarjar t6la cui.
(31) to nucu fila ilteri. (32) d i J r a séni: akhble bi, séni: (33) biSa SEr
se yorqose hilca gali, ula yêni, ide S E sürit yaini. (34) dâ SE te le1 ayéti
jii sürat dua noxa le1 ayéti. (35) b i i a fila niyan te sürit yéci, da i6re
but m6s diya. (36) ule te surate ka m6s diya. (37) tauruma Cirkani, céle
gamunca gali. (38) baSa yata dusi, hale thu éti. (39) da xabar niya iya
ykre épaya gali. (40) da y&-a musqali Ei. (41) dà hila s a r u p h e n . (42)
hala ruysat éten.

Locuteur : DKh
16.9 wari wariule = nabat nabbtule.
16.15 éski diya: ((vint à son esprit)). L;s «le coeur)), peut représenter en
bourouchaski les qualités mentales: éski dua: ((il se rappelle)); éski bali: «il
comprend)); éski ébiSa: ((je lui ai fait comprendre)). Le hounza, comme parfois
le yasinais, emploie -s au cas voulu par l'expression: asulo balKila (je
comprends)).
16.24 Le sens de cette phrase est ambigu: séni peut admettre comme agent le
premier lion; dans ce cas, le sens est le suivant: «Eh bien, que t'est-il arrivé))?
16.41 éten: sujet non exprimé; il s'agit ici évidemment des animaux.
16.42 ruysbt: il est coutume au Yasin, comme dans le Pakistan, de prier celui à
qui l'on rend visite de donner la permission de se retirer. En accordant cette
permission, les animaux du conte font un geste de courtoisie.
11 y avait une fois une très grande forêt, (2) où se trouvaient des
animaux extraordinaires. (3) Un lion survint (4) et se mit à les manger.
( 5 ) Un jour, il en mangeait vingt, (6) un jour, il en mangeait dix. (7)
Alors les animaux se réunirent et tinrent ensemble conseil. (8) «Si ce
lion en prend l'habitude)), dirent-ils. «c'en sera fait bientôt de nous. (9)
Aussi procéderons-nous de la füçon suivante: à tour de rôle nous irons
de lui)). (10) C'est en ces termes qu'ils tinrent conseil (1 1) et,
c'est pourquoi, ils se rendirent auprès de lui à tour de rôle. (12) Un
jour, vint le tour d'un vieux renard. (13) Ce soir là, les animaux
donnèrent l'ordre au renard d'aller le lendemain matin pour servir de
petjt déjeuner au lion. (14) Tout au long de la nuit, le renard réfléchit.
(15) Au cours de ses réflexions, une bonne ruse lui vint à l'esprit. (16)
Quand l'aube se mit à poindre, il s'attarda un peu de temps, puis s'en
alla. (17) Quand il arriva auprès du lion, celui-ci se mit en grande
colère. (18) Dès qu'il vit la silhouette du renard, il se mit en grande
(19) Il lui demanda: «Où étais-tu jusqu'à présent?)) (20) Le
renard parut surpris: (21) «Roi de la forêt)), dit-il, ((aujourd'hui ce
n'était pas mon tour. (22) J'étais venu avec une belle proie pour toi,
(23) mais, en chemin, j'ai rencontré un lion. (24) Il m'a demandé ce
que j'avais avec moi, (25) et il m'a enlevé ma proie)). (26) Alors, le lion
se mit en grande colère; il se leva subitement. (27) ((Eh bien)), dit-il,
((montre-le moi)). (28) Le renard partit en avant et le lion suivit. (29)
Le renard avait vu dans un bourg une citerne. (30) D'une traite, il y
emmena le lion. (31) Il lui montra l'intérieur (32) et lui dit: «C'est ici)).
(33) Lorsque le lion monta sur le bord de la citerne, il regarda dedans et
son reflet apparut, (34) mais il ne comprit pas de quoi il s'agissait; il ne
comprit pas que c'était son reflet. (35) En regardant dedans, le lion vit son
image et se mit alors en grande colère. (36) Dedans le reflet aussi se mit en
colère. (37) Alors, il sauta et tomba a u fond de l'eau. (38) Quand il refit
surface, le renard lui cracha dessus. (39) Alors il alla avec la nouvelle de
son aventure auprès d'un de ses amis (40) et le mit au courant de cette
heureuse issue. (41) Les animaux donnèrent une robe d'honneur au
renard (42) et lui donnèrent congé.
120

1 7 . Voyage au pays des sorciers,


(1) akhi khat han jayan dua. (2) te jala yek Qunjiqaf dua. (3) to insin
apan, xali paritig ban. (4) t6la akhurum xas men insin ainem bai. ( 5 )
hen buzurgen Bahram Sazda noxi barn. (6) ne han gusenmo talaiule
nem bam. (7) nekat hayor ka bim. (8) ni ni han cayanule yaimi ka ben
gusen baqgalanule hurutum bu. (9) në iya ha;6r to phusi. (10) iya to
nalance huruti. (1 1) hurula mo guse naukiren dëriu. (12) ne naukar di
&ni: le hir un ane banda hen ba? (13) un amutuk ne, mo guse tai si
bu. (14) sia ne hir aigali. (15) aicraya ne naukar ilji gali. (16) ilji
séni: ne hir aicrem bai. (17) sia mo guse dubara 6hakinu (18) ki ja is
ahulestaru ban. (19) we Halipurule bulaya nem ban. (20) we duya
un gusicemen; tëcum ne. (21) tai sia aigali. (22) tauruma we iské
muhulestaru han Carane khata hayoryate duya. (23) dunene hila
galén. (24) hale nü ne éCuyun écoya ne nyu éco séni: to noko ne éhu.
(25) sia ne éco gali. (26) to ni, ne, séni. (27) siaya aigali. (28) aimaya
ne déEa tayar mani. (29) tayar mayaya Bahram Sazdt ne crap yarki.
(30) niyark to juance phusi. (31) tauruma ne mii.ukus écoya m6s diya.
(32) nuhu, ni, jii amutuk ne sicam noxa néya hamala éti. (33) hamala
éCa ne ka crap niyark to te juce phusi. (34) tauruma ne nyu éco behiil
nima diya. (35) jii khené héke kautam noxa to diya. (36) curum ba sia
crap ne niyark numus y i r a déli. (37) nidel yaténc diusi. (38) diuia mo
uyaste yan yan bum. (39) tauruma sénu: (40) jii dunya axrate ahules,
jii ahulestaru ayosqan. (41) tai sia baq phat oti. (42) téyate ne hala
cuyen, néya iidap izat éten. (43) ni altulan wë ukat huruti. (44) han
sane néya sénen: di Halipurule bulaya cran. (45) sia gali. (46) ninene
to paritige bula ét et bam. (47) wë yaré buli éti. (48) we jukce dis ay6ti.
(49) tolum bula yah net duya. (50) dunene to han jayanule huruEayen.
(51) nuhuruEa yani ka han hgnum thas duSun dua. (52) Sazdà
duyaresi: te halum bo thas duSun dui? (53) wë sénen ki to hen déwen
bai. (54) në mi miyast zabardastiyate mucum bai. (55) sia në séni: jii ne
ésqayam. (56) sia wë sénen: be le méco akho n6yu noyu diwance se
ésqaya ayomanen. (57) un auluma. (58) tai sia z6r net gali. (59) n-ë
wéya séni: ma yanig, agar te thas but mani ka në ja asqani, agar te thas
bilui ka j5 ne ésqana. (60) téyate ma jbii). (61) tai noxa gali ka to hiqice
gusen hurbtum bu. (62) m6moya séni: akhble ne déu diuse. (63) [étal,
tai sia mo guse sénu: khené ajb nyu déu bai. (64) në un gbsqaimi. (65)
ja né épaya craya aulam. (66) sia ne iya gali. (67) ni yaimi ka éyanum
bai. (68) në xêtum thas duSun duê. (69) né në yatisce dohbn lai) éti. (70)
éCa diéi. (71) diéne séni: un 6num band6 hen ba? (72) jii un héke qiliC
h
(1) Bien loin. il y a un endroit. (2) Cet endroit a pour nom Qunjiqaf.
(3) Là il n'y a pas d'homme, mais seulement des enchanteurs. (4) Là,
Buone créature humaine n'était allée jusqu'au jour où ( 5 ) un saint
homme du nom de Bahram Shazda (6) partit pour prendre femme. (7)
11 avait avec lui un cheval. (8) Après avoir cheminé longtemps, il
dans un jardin; une femme se trouvait dans une maison. (9) 11
son cheval (10) et s'installa lui-même à l'ombre. (1 1) C'est
que la femme envoya un serviteur. (12) Le serviteur vint et dit:
«Hé,l'homme ! D'où es-tu? (13) Maintenant va-t'en. Telles sont les
de ma maîtresse)). (14) En dépit de ces paroles, l'homme ne
s'en alla pas. (15) Alors le serviteur s'en retourna; (16) 11 rapporta que
l'homme ne s'en allait pas. (17) A ces mots, la femme donna cette fois
les instructions suivantes: (1 8) ((J'ai trois frères; (19) Ils sont allés jouer
au polo à Halipur. (20) Quand ils viendront, ils te mangeront; tu dois
donc partir)). (21) Malgré ces paroles, il ne partit pas. (22) Là-dessus,
les trois frères de la femme dévalèrent d'une montagne. (23) Ils allèrent
à la maison. (24) Là, l'aîné des frères dit au plus jeune: «Va et
chasse-le». (25) Sur ces paroles, le frère s'en alla. (26) Arrivé auprès de
Baram Shazda, il lui enjoignit de s'en aller. (27) Mais celui-ci ne partit
pas. (28) L'autre s'apprêta à le frapper. (29) A ce moment Bahram
Shazda le saisit en un clin d'oeil (30) et le lia à un abricotier. (31) Alors
le cadet se mit en colère. (32) Il partit en courant et se jeta sur lui en
disant qu'il allait le manger. (33) A ce moment, celui-ci le saisit en un
clin d'oeil et l'attacha à l'abricotier. (34) L'aîné, hors de lui, s'en vint.
(35) Se disant qu'il ne ferait qu'une bouchée de lui, il s'en vint. (36)
Aussitôt Bahram Shazda le saisit et le frappa au-dessous du genou.
(37) Sur ce, il sortit son épée, (38) tandis que leur soeur regardait. (39)
Elle dit alors: (40) ((Tu seras pour moi à jamais, en ce monde et dans
l'autre, mon frère, mais ne tue pas ceux-là)). (41) A ces paroles, il les
relâcha. (42) Alors, ils l'emmenèrent chez eux et lui firent grand
honneur. (43) 11 resta avec eux pendant deux jours. (44) Un beau
matin, ils lui dirent: ((Lève-toi, allons jouer au polo à Halipur~.(45) A
ces mots, il partit. (46) Arrivés à l'endroit, les enchanteurs se mirent à
jouer au polo. (47) Il se mit à jouer au polo avec eux, (48) mais il ne
leur laissa pas toucher la balle. (49) Ensuite, après en avoir eu assez de
jouer au polo, ils s'en retournèrent. (50) En chemin, ils s'arrêtèrent à
un endroit. (51) Là, Bahram Shazda vit de la fumée sortir d'une
maison. (52) II Ieur demanda quelle était cette fumée qui sortait de
goCam. (73) sia ne buzurge séni: ja gbiga moqabili?a dayam ba. (74) sia
gon hiqiica dus, séni. (75) oltik hiqiica diaiayen. (76) diaia buzurge néya
séni: hawél un ja adél. (77) sia ne déu ajo taqatwar barn. (78) da1 net
ne tika déli. (79) déi-am ba sia zemina éstii) xas yorci. (80) tauruma dusi;
dusene séni: amutuk jii wari bésa. (81) sia Hua séni. (82) tauruma
yaténc dius sau éti. (83) sau net yaténc suq éti ka xer cbrum dua. (84)
tauruma gukhar la9 et, séni. (85) ikhar lag éCa alto katar mani. (86)
mayaya yaténcyate nidel nidel Cuk i-uk éti. (87) néte to huruti. (88)
hurugam ba sia né we uSam écokon duya. (89) mo gusmo muhulestarn
duya; d6ne xoS xoSi éten. (90) ne behél éten. (91) behél net te hilum
ruysat manén. (92) ruysat mayaya mo uyaste muya yoyaqe isk6 buriar)
ne hen uSam muhulesa yonu. (93) niyon da sénu: baga gbya taklif
mani ka taule jii guté yoyage burance ec, sénu. (94) noxa ruysat manén.
(95) ruysat numa uya hila duya. (96) uya hsla dü altulan iski-kucan
huru5ayen. (97) ne Bahram Sazda ruysat éten. (98) ruysat éta ne diya.
(99) di ganule khata crémule hen bapeniga wayda étum bam: (100) ja
basa ilja daya ka gusen numuya curam. (101) toule mo gus goya
g61terEam, sénum bam. (102) baga ilja diya, ne bap yéci, ne bape
duyaresi: (103) mo gus ane bu, séni. (104) sia në yen ayéti, urki. (105)
éCa ne bape Bahram Sazda phusi. (106) niphus altul mani, phat ayéti.
(107) ayéCa ne Bahrame éski diya. (108) di séni: Eup éta, ja te buran
ésqolCam. (109) noxa han buran ésqoli. (1 10) ésqolëa mo gus domoya.
(1 11) cura han nyu thasan dusi. (1 12) domo diaunu, diiin nëce dohon
lip étu. (1 13) ne ni Qunjiqafa wali. (1 14) Qunjiqafa walea to yani han
paritige khanan bi. (1 15) to ne yarken. (1 16) niyarken uya hâla cuyen.
(1 17) hale yani han nyu sawe toqan dua. (1 18) te toq makuEi kursi
nidel hen paritige badsaen hurutum bai. (1 19) Bahram Sazda ni selam
éti. (120) paritige bad& selam dumari. (121) da néya séni: amutuk ja ka
go harag moqabila du&. (122) Bahram Sazda séni: jo, séni. (123) ne
paritige badSa kursi yatum diéi, Bahrarn Sazdice dohoni. (124) Bahram
Sazdh ésriqum khata yorci. (125) dii bo gunjais aimani. (126) yagap éti,
buran déusi, éci. (127) éciEa ayiiiigân nyu thasan diya. (128) mo %am
yast dosbku. (129) dos6k Bahriim Sazda te t6qum déusu. (130) déuga
Bahrkm Sazda iya yaténc déusi. (131) ne paritige bad56ya sau éti, da
alto tay éti. (132) tay net xatum éti. (133) net mo gus numhya to te
badgaiyate huruti.

Locuteur: DJ - DKh
17.1 akhi khat: cf. 7.3.10.
123

s t t e maison. (53) Ils répondirent: «Là vit un démon, (54) qui a


emmené de force notre soeur)). (55) Il répliqua alors: ({Moi je le
(56) «Non, frère, jusqu'ici personne n'a été capable de tuer
qui compte parmi les plus grands démons. (57) Toi, tu ne le
purras pas». (58) En dépit de leurs dires et de leurs efforts pour le
retenir, il partit (59) en leur disant: ((Regardez bien; si la fumée devient
plus abondante, c'est lui qui m'aura tué, mais, si la fumée disparaît,
c'est moi qui l'aurai tué, (60) et alors rejoignez-moi». (61) Là-dessus il
partit; à la porte de la maison se tenait une femme. (62) Il lui dit:
((Fais sortir le démon ici)). (63) Elle répondit: ((Mais c'est un démon
~uissantet mauvais; (64) il te tuera; (65) quant à moi, je ne puis
m'approcher de lui». (66) Alors il alla lui-même (67) et vit qu'il était
endormi. (68) De sa bouche sortait de la fumée. (69) Il le prit à la tête
et la remua. (70) Aussitôt celui-ci se leva (71) et dit: ((D'où es-tu? (72)
& Moi je vais t'avaler d'un seul coup!)) (73) Le saint homme lui répondit
qu'il était venu le combattre. (74) «Eh bien, va dehors devant la
porte)), dit-il. (75) Ils sortirent tous deux devant la porte. (76) Alors le
saint homme lui dit: ((Frappe-moi le premier)). (77) Aussitôt, le démon,
qui était mauvais et fort, (78) le souleva et le jeta à terre. (79) Il ne
l'avait pas plutôt jeté que le saint homme s'enfonça jusqu'aux hanches
dans la terre. (80) Il se dégagea et dit à l'autre: ((Maintenant c'est mon
tour!)) (81) ((Bien)),dit l'autre. (82) Là-dessus il sortit son épée et l'en
frappa. (83) Il sentit son épée et une odeur s'en dégagea. (84) Alors, le
saint homme dit: «Remue!» (85) Le démon remua et tomba en deux
parties. (86) Aussitôt, le saint homme en le frappant et en le frappant
avec son épée le coupa en tout petits morceaux. (87) Puis il s'assit. (88)
Tandis qu'il s'asseyait, ses frères adoptifs arrivèrent. (89) Les frères de
la femme vinrent, ils se réjouirent (90) et le félicitèrent. (91) Ensuite, ils
quittèrent la maison. (92) Au moment de partir la soeur donna trois
cheveux de sa chevelure à son frère adoptif. (93) Elle lui dit de brûler,
lorsqu'il serait en difficulté, un cheveu de sa chevelure. (94) Là-dessus,
ils partirent (95) et rentrèrent chez eux. (96) Ils demeurèrent là deux ou
trois jours (97) avant de donner à Bahram Shazda son congé. (98)
Celui-ci partit. (99) Au cours de son voyage d'aller, il avait fait accord
avec un vieillard: (100) à son retour il reviendrait après avoir pris
femme, (101) et cette femme, il la lui montrerait, avait-il promis. (102)
Lorsqu'il revint, le vieil homme le vit et lui demanda (103) où était la
femme. (104) Mais l'autre se déroba, il ne put la montrer. (105) Alors,
le vieillard attacha Bahram Shazda; (106) il resta deux jours, sans le
124

17.2 Qunjiyaf endroit merveilleux situé d'après certains au pied du Trich Mir,
la plus haute montagne dans les environs de Chitral.
17.10 nulance: litt. ((sur l'ombre)).
17.12 ane: la forme attendue serait iinun~;cf. ibid., 71 : un anurn bunda hen ba.
hen: cf. n. 3.36.
17.27 siaya: forme redondante de datif (cf. m&luyu).
17.36 siu: v. 111.6.2.3.
17.51 hbnurn (h8-un-um).
17.53 ki glosé en'd;.
17.56 diwance: génitif partitif dépend de se.
17.58-59 L'enchaînement des deux phrases semble apparemment illogique. La
contradiction se résout, si l'on admet que la parataxe n'exclut pas que gali et
séni soient simultanés. La reprise de gali en 61 confirme cette analyse.
17.63 ajh déu bai: la forme attendue du verbe être est bi; confusion de classe.
17.69 në në: le premier né (erg.) réfère à Bahram Sazda, le second né (gén.) au
démon.
17.73 gbiga: dépend de moqubilbyu, et non de dbyam ba.
17.74 higiïca: cas intéressant de surdéclinaison; la forme présente deux
,morphèmes de datif: hig + + +a c a ; sur 1'allongement.d~a, v. 11.3.2.
17.79 zeminu [dzimina], cf. 1.2.1.
17.80 bésa: expression de renforcement expressif: mo gus sénumu bésa etc.
17.89 La seconde partie du conte ayant été mieux racontée par DKh, nous
reproduisons ici sa version. Pour la compréhension .des événements remar-
quons que dans la version de DJ, il est dit uyu muyBst numuya duya «ils
reprirent leur soeur et rentrèrent)), ce qui implique que la femme enlevée par le
démon est la même que celle qui se trouve dans 'une villa au début du conte.
17.91 ruysht cf. n. 16.42; ruysat -man-lét-: «obtenir/donner la permission de
partir)). Le contexte montre clairement que ces expressions ont fini par prendre
un sens plus général: ccpartir/laisser partir)).
17.92 mziya yoyage: cf. 11.6.2.
17.94 Reprise de la narration interrompue en 92. Conformément à la note sur
ruysat, ils partent tous, y compris la soeur.
17.99 k h a a crémule: litt. ((lors de son aller vers le bas)). Pour kh&a cf. n. 3.10.
17.107 éski diya: v. n. 16.15.
17.113-114 Qunjiqafa [qunjiqapo]; cf. 1.3, règle 8d.
17.118 hen paritige badSaen: hen marque ici qu'il est fait mention pour la
première fois du roi en question.
17.124 égigum khhta: cf. 111.2.4.
17.127 ayaiigân: v. I.3., règle 4b.
17.133 hurzifi: correction de hur$u, qui fait difficulté.
125

laisser aller. (107) SUTces entrefaites, Bahram Shazda se souvint. (108)


11 se dit: «Je n'ai pas bronché, mais maintenant je vais brûler ce
(109) 11 brûla le cheveu, (1 10) et aussitôt la femme vint; (1 1 1)
tandis qu'elle venait, une fumée épaisse se leva. (1 12) Elle défit ses
liens, elle se saisit de lui et le lança. (1 13) Il tomba à Qunjiqaf (1 14) et
vit un fort appartenant à des enchanteurs. (1 15) Ils s'emparèrent de lui
(116) et l'emmenèrent chez eux. (1 17) Là il aperçut une grande
fondrière. (1 18) Sur une chaise posée au milieu de la fondrière était
assis le roi des enchanteurs. (1 19) Celui-ci salua Bahram Shazda à son
arrivée (120) et attendit son salut en retour, (121) puis il lui dit:
((Maintenant nous avons tous les deux un différend à régler)). (122)
@ ({Vjens)),lui répondit Bahram Shazda. (1 23) Le roi des enchanteurs se
leva de sa chaise et se saisit de Bahram Shazda. (124) Celui-ci
s'enfonça jusqu'aux hanches (125) et ne pouvait s'en sortir. (126) D'un

- geste hâtif il sortit un cheveu et l'alluma. (127) Aussitôt une grande


fumée traversa le ciel. (128) La soeur adoptive en descendit (1 29) et
tira Bahram Shazda de la fondrière. (1 30) Celui-ci tira son épée, (1 31)
il en frappa le roi des enchanteurs et le fendit en deux parties. (132)
C'est ainsi qu'il le tua. (133) Alors, Bahram Shazda prit la femme pour
&:- épouse et régna sur le royaume.
k
835
P#
126

18. Le rat des villes et le rat des champs


(1) han Sahare girkisan bim. (2) han sane se jaggala gali. (3) jaggalule ni
han jaggale girkisan yéci. (4) da së épai altul aiien mani. ( 5 ) da séya sica
béska atiyali. (6) ane isqi i n e waten Séi. (7) da së séni: yaran, séni, un
Sahara atokum akho bo étum ba, séni. (8) ya akho huruSa garfim
. . bo manis. (9) së séni: biSa ja Siharule AhuruSum ba ka
manis, ya sica
ja ka curam. (10) së séni: but Sua, yaran. séni. (1 1) ukit diiya. (12) dü
Saharule han sane iyakat boitexaniiya cui. (13) dà séya ane h a l w ~
Sseri, da grinE kseri. (14) da séya but mazidiya. (15) tai net SE adat éti.
(16) da se but yuSan mani. (17) téyate se ikhara Sikhira gali. (18) han
thipane boii-exaniya gali. (19) jermanian da1 éti. (20) da iilekala gis
(21) gica ne xansama jermani Ear déyal g u t i m barn. diéi d a lantén
niya, dà tesk ka niya boitexanaga gali. (22) da jermani yiwarkis da1
éti. (23) taule girkis bim. (24) da ne téskyate sau éti. (25) jiilan éskarci.
(26) girkis gkrci. (27) girkis ni dunéS éti: (28) akhi nokoma halwi
Sétumcum goya te jaggalule isqaya Sua bién, séni. (29) ilja jaqgala gali.
(30) da to girkisane roice yki. (31) së déyaresi: guSilan boltum éta, séni.
(32) SE séni: Sdharana halwa SéCam ba noxa aSilan éskarca. (33) tai
noxa, guté jaggalule isqa ka Case yono yalimat bién, séni.

Locuteur: DKh
N.B. : Ce conte n'a pas été enregistré.
18.19 Littéralement : «il souleva la marmite)) (synecdoque), cf. 15.15 rnulc'i da1
éti «il découvrit son oeil)), mais cf. aussi 18.22 yawarkis da1 éti.
18.21 déyal montre que le nominal IV n'exprime pas nécessairement
l'antériorité; cf. II. 11.8.5.
18.25 éskarci, 18.32 éskarca: comme il s'agit d'un causatif (dérivé de garc- «se
rompre))), on ne peut exprimer différemment les sens «couperr>et «faire couper»;
éskarca veut donc dire à la fois ((je me suis coupé (la queue))) et «je
me suis fait couper (la queue))), ambiguïté d'ailleurs que la tournure pro-
nominale de la traduction s'efforce de rendre.
18.32 noxb termine une proposition (cf. 111.6.2.3) qui équivaut ici à une
causale. éskarca : v. 18.25.
127

(1) 11 était une fois un rat des villes. (2) 11 alla un jour dans la forêt. (3)
il vit un rat des champs. (4) Il fut son hôte durant deux jours; ( 5 )
il ne trouva rien à manger. (6) La, il mangea de l'herbe, là de
l'écorce. (7) Alors, il dit: ((Ami, toi qui n'es pas venu à la ville,
rnmment peux-ru faire. (8) Pour vivre ici, il devrait faire chaud ou il
devrait Y avoir quelque chose à manger!» (9) L'autre répondit: «Si tu
en ville, alors je viendrai)). (10) ((C'est entendu, ami)),
répondit-il. (1 1) Ils s'en vinrent ensemble. (12) Rendus en ville, un jour
le rat des villes emmena avec lui son hôte à la cuisine. (13) Il lui fit
manger du halwa, et puis du riz. (14) Le rat des champs y prit grand
p û t . (15) Ainsi, il s'en fit une habitude (16) et fut très heureux. (17)
Sur ces entrefaites, il partit seul en chasse. (18) Une nuit, il alla à la
cuisine; (19) il souleva le couvercle d'une marmite (20) et entra dedans.
" (21) Le cuisinier dormait quand il entendit le bruit de la marmite. Il se
leva, prit une lampe, prit aussi un couteau et s'en alla à la cuisine. (22)
11 souleva alors le couvercle de la marmite: (23) le rat s'y trouvait. (24)
Il donna un coup avec le couteau (25) et lui coupa la queue. (26) Le rat
s'enfuit. (27) Le rat, après s'être sauvé, se mit à penser: (28) «Etant
donné ce que tu es devenu, plutôt que de manger du halwa, il vaut
mieux pour toi manger l'herbe de la forêt.)) (29) Il s'en retourna chez
lui dans la forêt. (30) Il y rencontra un rat, (31) qui lui demanda:
«Qu'as-tu fait de ta queue))? (32) Il lui répondit: ((Pour avoir mangé du
halwa à la ville, je me suis fait couper la queue. (33) Désormais, je me
contente de l'herbe de cette forêt et des graines de ses buissons
épineux)).
LEXIQUE ANALYTIQUE

Dans ce lexique sont répertoriées toutes les formes, telles qu'elles


apparaissent dans les textes. Grâce à un système de renvois, le lecteur
peut se reporter à l'entrée principale, où il trouvera les informations
nécessaires sur le mot consulté ainsi que la liste de toutes ses occurences
dans le corpus. Les formes regroupées figurent après la traduction entre
barres obliques; chacune des formes verbales est toujours suivie d'une
analyse grammaticale proposée entre parenthèses. Lorsqu'une forme se
prête à plusieurs analyses, seules ont été proposées celles qu'impose le
texte des contes. Sauf dans les renvois, on tiendra pour négligeable
alphabétiquement le préfixe verbal d- et les éléments qui en dépendent
(ainsi l'entrée principale de d g - se situe à la lettre 1).
akhuSi : v. khud.
axaten-: ne pas dire. La forme
préf. personnel 1 sg. positive n'est attestée que dans le
: *égation (cf. ai-/--), v. II. 12. nom. IV no..ca. /axatenen ( 3 pl.
particule interrogative ; après a.), nosa (nom. IV)/.
iixeri : enfin (ou.).
2-a : désinence de datif; après voyelle axolum : v. -sol-.
axrat : jardin d'Allah ; axrhte ahules :
un frère dans l'autre vie (cf. ou.
Cxirat : la vie future).
alaqilalaqàt : région. /alaqbn/ (ou.).
alCi, alCice : v. ~1Ci.
gdht y : coutume, habitude (ou.). altac, altan, altanan : v. alto.
adéla : V. d'-1-. altar : vingt.
adém h sg. et pl. : homme (ou.). hltar-kuce : vingt jours ; v. -kuc.
aéten : v. alter : v. ~ I t a r - .
agtir/agar : si (agar...ka) (ou.). alto yz: altan h, alta, altac x : deux.
" ghakinum : v. ~ h a k i n - . /altanan/.
ahiles - taru : v. -hUles. alto-dén : deux ans. /alto-dénanl.
hhurugum : v. -huru.t-. altiil : deux jours ; altzilan : un groupe
aica, aicen, aicena : v. -yéc-. de deux jours ; altulurn : v. n. 8.9.
aicraya, aicrem : v. cré-. ama2Sam : v. ~ t - .
aicum : v. -yéc-. amé : v. -mé.
aitum : v. -t-. amenlamin h sg. et pl., ames x sg.,
aidithali : v. d ~ t a l - l d ~ t h a l - . amec x pl., hmet y sg., hmek y
aigali : v. g a l ~ . pl. : qui, que, quoi; quiconque,
aimani, aimayum : v. -man-. quoi que ce soit; avec nég : per-
ainda : désormais (ou.). sonne, rien. lamenel.
ainem : v. né-. amiyeHum : v. -yéc-.
aikn pl. ahSu : hôte. amfixa : v. -müs.
aisia, aiqiçan : v. -si-. amuEimi : v. -Ci-.
aiti, aitu, aituman : v. -t-. amutuk : maintenant.
aium : v. 4-. -an : suffixe de singulatif, v. 11.2.3.
aiysrtum : v. ana : où (vers où).
ajezi y : résignation. hne : où (là où), où ?, quelque part ;
aj6 : méchant. bne. ..brie : ici ...là, d'un côté.. .de
akabir : vieux, vieil homme (ou.). l'autre.
akumanum : v. -man-. anum : d'où.
akhi: tel, ainsi ; akhi k h a ~ :au loin, apan, apkscimi, api, apiem, apien,
là-bas. apim, aptm, apum : v. ba.
akhb : ici ;akhole : ici. aqhresi, aqaresum : v. yarés-.
akhiiEi : cette année (en ce moment). arhm : paix, calme; arhme ka: en
akhuin : aujourd'hui. paix (ou.).
akhurum : beaucoup, tant ; akhurum aroice : v. -roice.
x q : jusqu'à nos jours, jusqu'à asqani : v. -sqan-.
maintenant. asur : auprès. lasural.
aSi1an : v. -.fi1[111. x passé). hiPii (3 pl. x prés.), bim
agiri : v. -.iir-. ( 3 sg. x passe). bir (3 sg. hf prés.),
ataS y sg. et pl. : feu (ou.). hri<i\-cirmrr (3 sg. hf passé). duo (3
at at : v. -1-. sg. y prés.), dulurn (3 sg. y passé),
atëya~i: v. d=yclS-. dulun~ule (nom. loc. : dans cet
aten, atum : v. ' r - . état)/.
atia, atim, atokum : v. clyu. baEii/baEiit -man-: se sauver, ré,
at8ya~i: v. diyu$-. chapper (ou.).
au : v. -u-. badi : mal (ou.).
aul-: ne pas pouvoir. /uulum ( 1 sg. badSa -tig: roi, reine. /hadSa', bad.
fut.), aulumu (2 sg. fut.)/. faen, badSaya/ (OU.).
auSu : v. aiien. badSai y : royaume. lbadiaiyatel.
awa : oui. bah : baiser.
awaSien : v. bis'n-. baha -ig : trou. /bnhanu/.
awiCa : v. -u-. Rahram: prénom d'homme. /Bah-
'aya : v. v a . rame/.
'aya : hé ! (interj. marquant I'apost- 'bai y : hiver. /baye/.
rophe, synonyme de le). 2b6i, baia : v. ba-/h-.
ayaS xy : ciel, firmament. /ayas'igÜn/. bal-^ -iE- (c.y), -wal- - - (c-hx):
ayate : v. u- et yute. tomber, prendre (feu). lbaliëun
ayé, ayén ; ayü : v. -yé. dua (3 sg. y prés.), wulta (nom.
ayéEa, ayéti, ayoti : v. I-t-. II), wali (3 sg. x a.), walum bai (3
L
ayomanen : v. -man-. sg. hm pf.)/.
ayosqan : v. -.sqan-. balda -ig: charge, fardeau; baldu
ayoSam : v. -yéc-. -1- : se charger. ,4
aZd5r -iSu (B. aiz'dahar): dragon, baldâqa yare: enceinte, grosse. (cf.
serpent. /aidüren/ (ou.). balda).
balhas -s'u : sorcière (qui se nourrit de
chair humaine). /balhase, bal-
hasen, balhaiul.
baliEun : v. bal-.
b a - / b : être. lapan (1,2,3 pl. h prés. bah- -E- @.y), -w&-/-W$U- -c-( c . ~ x:)
nég.), apdscimi (3 sg. passé nég.), se perdre, se dissiper. /bal& (3 sg.
api (3 sg. x, 3 sg. pl. y passé a.), muw~luyu(3 sg. hf a., c. 3 sg.
nég.), apiem (3 pl. x prés. nég.), hf), whlui, whlumi (3 sg. hmx a.)/.
apien (3 pl. x prés. nég.), apim (3 barn, ban : v. bh-lb-.
sg. x, 3 sg. pl. y passé nég.), a p h band -og : jointure, articulation ; $el

(nom.), apum (3 sg. hf passé nég.), band ~ t: lier.


- /bandule/.
ba (1,2 sg. prés.), bai 3 sg. hm banda : créature humaine (ou.).
prés.), bhia (3 sg. hm prés. baqgali : maison. /baggalbnule/ (ou.).
interr.), bam (1,2,3 pl. h passé), baplbapi -iitaru : grand-père, vieil-
ban (1,2,3 pl. h prés.), büscimi (3 lard. lbape, bapenigal.
sg. hm passé), bhscuma (2 sg. baq: dans l'expr. baq phat ~ t - : dl&
passé), b q (vol. hm), bi (3 sg. x relâcher brusquement. 8
prés.), bibcimi (3 sg. x passé) bar -ig : mot, parole. /barig/.
bicum (3 pl. y passé), biém (3 pl. barda5 y : patience; bardas'
ptienter, Supporter (ou.). bitara : malheureux (ou.).
buigâ8 h pl.: gardes du corps biém, bién, bim : v . ba-/b-.
-
biga- -E- (c.y), -waS-/-waSi- -je-
(ang1.1.
hq : V . bar. ( c .hx) : je ter, lancer, tirer (avec
[ :
5'
! bis ét- : se disputer (ou.). une arme) ; y r t u - : lancer
: b d i : voyage d'une journée. devant; yar -MY& (erg. préf. dans
/basaya/ (kh.,5h.). -yur- -1%-.) poursuivre. lawaSien (3
b&imi, bbscuma : V . bb-/b--. pl. h a., c. 1 sg.) guwus'tarn (1 sg.
b&$a: quand. fut., c.2 sg.), waS (2 sg. impér.),
b q : v. ba-/b- ; bas dua : il faut. waic'a (nom. II), waitam (1 sg.
bat -08 : peau, cuir. fut.), waien (3 pl. h a.) waii (3 sg.
bathi -ig: abricot séché, chair de a.), was'iman (pour wus'im ban, 3
l'abricot. lba~origl. pl. h pf.), ~GSirn bai (3 sg. hm
bnyabbn : endroit désertique. lbajla- ~f.11.
bhnulel (ou.). blegrën (B. biluirén) : quelque temps
biye : v. 'bai. après.
'be : non, négation (v. 11.12, IV. 1 .). bo/bo : quoi ? que? comment? pour-
2be: v. bo. quoi ? quelque chose ; adj. : quel ?
beaqu 't-: se moquer, défier moqu- quelque.
eusement. boiEexana (B. bahurc'ixana) : cuisine.
bedawb -man- : être surpris (ou.). /boitexanara/ (ou.).
bebél ét- : rendre honneur (ou.). bok- - 6 , nopbk: semer. lboki (3 sg.
behuii: hors de soi, très en colère hm a.)/.
(OU.). boltum : comment ?
belkul : tout-à-fait (ou.). borbndo - : bague, anneau (de
bérum : combien. doigt).
bérum-dén : quelques années. lbérurn- boso pl. bbiu -Sa : veau. /boson/.
dénanal. bot y : le souper, par ext. le soir
berum-kuc : quelques jours ; bérum- /bôtaya/.
kucana: un groupe de quelques b6ta : pourquoi ?
jours (v. -kuc). bret : pain. lbréienl (angl.).
bérum-waxt : quelque temps. lbérum- bu, bii5scumu : v. bd-lb-.
waxtan/. bula: polo; bula ét-: jouer au polo.
bésa : particule pour renforcer I'asser- /buZayal (sh., tib.).
tion ; amutuk ji wiri bésa : main- bulas pl. bulaha : stérile, tari.
tenant, attention, c'est mon tour. bum : v. bh-/b-.
+
béska ( nég.) : rien. bur a - a : brin de cheveu.
besmél ét-: égorger (selon les rites) lburan, burance, buriagl.
(OU.). bhru -g/-mig : buisson épineux. /bu-
béwaxtule : au moment où (béwax- ruan/.
tule ...ka) (ou.). bus pl. buS6lbUSu : bouquet. /busan/.
bewaphii : déloyal (ou.). but : beaucoup, très. we bute: elles
bi : v. bd/b-. toutes.
biii sg. et pl., mais aussi pl. -nc: buzurk -iiu/-giiu saint homme. /bu-
vache. /bis/. zurge, buzurgenl (ou.).
biiscimi, bicum : v . ba-16-.
(nom. IV, c. 3 pl.)/.
-CU- -i.- /SU- -E- ( c . ~ ) ,dic-,
caya -mig : jardin. /cayanzrle/ (sh.). (c. h x ) : apporter, amener. Idac
can -013, - -i.fu: vrai. icuna (nom. IV, c. 1 sg.), daca (2 sg, a
(interr.)i. c. 1 sg.), dic (nom IV, c. 3. sg.1,
cap ét- : toucher (qn., qc. -ce). dica (2 sg. a., c. 1 sg.), dici (3 sg,
ce x pl. démonstratif: ceux-ci. /CF/. a., c. 3 sg.) dicum bai (3 sg. hm
-cé : postpos. sur ; désinence d'adessif pf., c. 3 sg.). dicum bi (3 sg. x pf,,
(v. 11.3.2.). c. 3 sg.), duc (nom. IV, c. 3 pl.),
-céEi : après ; -céc'i ta- : suivre. duci (3 sg. a., c. 3 pl.), ducuman
ce1 -ig, -mir) : eau. lcéla, célel. (pour ducum ban, 1 pl. pf,),
cendi z, cendo hxy : cinq. ducuyen (3 pl. a.), dukuca (1 sg,
ceq: particule verbale postposée à a.. c.2 sg.), dukucam ba (1 sg. pf.,
valeur désactualisante. laimayum c. 2 sg.), dumucam (1 sg. a., c. 3
ceq, gucuëum ceq, sicum cegl. sg. ho, dumuSam (1 sg. fut., c. 3
c(e)ré-: base de présent conjuguée sg- ho/-
supplétivement avec né- et gal- --: base de duratif conjugué supplé-
aller. laicraya (nom. II nég.), tivement avec jo- et d~ya/d--ya-
hicrem bai (3 sg. h, prés. nég.), venir. /cura (nom. II), cziram (1
cerémen (3 pl. hm fut.), cerémi (3 sg. fut.), curimi (3 sg. fut.), curum
sg. hm fut.), craya (nom. II), ba (2 sg. prés.), curum dualczirun
craman (pour cram ban, 1 pl. dua (3 sg. y prés.)/.
prés.), cram ba (1 sg. prés.), cran
(1 pl. fut.), crem (nom. 1), créman
(pour crem ban, 2 pl., 3 pl. h
prés.), crem ba (2 sg. prés.), crem
bai (3 sg. h prés.), crémi (3 sg. Cai y : thé (ou.).
fut.), crémule (nom. 1 loc. : pen- EaqgU -tig : boiteux.
dant qu'il allait)/. Eaqkr -iSu : fourchu.
cigir -iiu : chèvre. Icigiranl. Ear -k8/-anc : rocher, montagne.
cor : de bonne heure. / t h a n , tarane, &ire/.
craya, cram, craman, cran: v. -Car -ig : voix.
c (e) ré-. Cas/ças, pl. ëahag : épine. /Case/.
crap : soudainement. Eat : citerne. /ëbtana/.
crem, créman, crémi, crémule: v. 4 i - -E- : donner (avec c. y sg., mais le
c ( e )ré-. préfixe renvoie à la c.m.)
-CU- -6, nLcu: emporter, enlever, lamutirni (3 sg. a., c.m. 3 hf.,
emmener, prendre (femme). /CU (2 nég.), 'ëi (2 sg. impér.), 2ti (3 sg.
sg. impér.), cuëam ba (1 sg. prés.), a.), c'ien (3 pl. a.), c'im bi (3 sg. x
cuEan (1 pl. fut.), chi (3 sg. a.), pf.), Eim bu (3 sg. hf pf.),
cumi (3 sg. a.), cun bi (3 sg. x gufi&mu (3 sg. hf fut., c. 2 sg.),
pf.), cuyen (3 pl. a.), gucutum ceq niCi (nom. IV), uCi (3 sg. a., c. 3
(3 pl. désact., c. 2 sg.), mucuëam pl.)/-
ba (1 sg. prés., c. 3 sg. hf), 4i : désinence d'inessif (v. 11.3.2.).
mucum bai (3 sg. hf pf., c. 3 sg. Eien, Eim : v. -Ci-.
hf), nicu (nom. IV, c. 3 sg.), nucu Eidin -diu : gros chaudron (kh., sh.).
, -.
tjrkan- -kai- : sauter. jcrrkani (3 sg. dhyasum : v. ci"yctS-.
a.), nutirkan (nom IV)/. daira -mu : cercle. Idairaya, dairamu/.
*oyon/"fu~un, pl. Y ~ J U: petit . da1 : en haut; clal dié- : se lever; du1
/étoyon, éCuyun/. d i - / - : dresser, mettre sur
~ u kCuk é t - : couper en petits mor- pied; da1 ~ t - :soulever, écarter,
ceaux. éloigner; dülurn : d'en haut; da1
fumu -rz~u/-).~u : poisson. /Cumuyate/. d-us- : monter.
b p : silencieux; Eup ét-: rester silen- daman -mayu : propriétaire, maître.
cieux, ne pas broncher (ou.). Idamana, damanel (sh.).
hiq Ar- : fixer, enfoncer. dan -jo : pierre. Idanana, dananyatel.
tut- -it- : couler finement, dégoutter. dap(i)si -ig (B. dapeskildapiski):
/tutun dulum (3 sg. y plus- coup de pied. /dap(i)sig/.
que-pf.)/. darbit : court instant ; darbhtana :
pendant peu de temps.
daré3 .-t- : étendre.
daroyo -mu/-sU : bâton. /daroyoan/.
daru y : chasse. ldarkyal (sh.).
Ehap -ig/-ic'ig : viande, chair. /Chape/. daruskin -kiu : chasseur.
daryi y : rapide (dans une rivière).
ldaryaya, daryân/.
dastur -ig : coutume, habitude (ou.).
datuldatuki y : automne.
çarn ~ t : - enfoncer, farfouiller (avec Dauladust :prénom d'homme. /Dada-
une tige). dusta. Dauladustel.
yo/'çu pl. .-cokon : frère (d'un daus : v. dius-.
homme), soeur (d'une femme). daweguma : v. dzwes-.
lago, éco, écoya, écokon, goco, daya, dayam, dayamam: v. diya/
méco, ocok6nel. d--yu.
$rk- (B. ~Urk-) -rc-: traire. lcürCa d S a , dSam : v. d~l-.
(nom. II), ~ürküscumu (3 sg. hf déy aresen, déy aresi : v. d-ares-.
passé)/. dey agi, dgya~urn: v. d-yas-.
deh : village. /déhule/ (ou.).
'del -irJ : huile.
2del, déli : v. d.-1-.,
delk -ig : fumier.
çham y : faim ; affamé. délum : v. clT-1-.
den -ig: année. ldénan, dénana/.
deriu : v. d ~ r i - .
désteren : v. d~ster-.
déqqalza : v. d ~ g a l t - .
dà : puis, aussi, encore, en outre. déuldiu -hnc: sorte de démon.
dac, daca : v. du-CU-Id-+. ldéwen, diwance/.
dafa y : fois (ou.). déus, déusi, déuga : v. d-2-us-.
day -ig : endroit sans.neige. ldaycel. déwen : v. déuldiu.
dayinum -yhyu: épais, fort, impor- déyal, déyali : v. d~yal-.
tant. déyen : d ~ y e - .
di, di : V. d ~ ~ ~ i d ~ ? ~ ~ . dultali, dultalita : v. du-ltal-.
diaga, diagayen : v. d-us-. ' d u l ~ mdulumule
, : v. ba-/b-.
dic, dica, dici, dicum : v. du-czi-/&r-. 'dulum: pièce d'une maison. /dulu-
dié, diéi, diém, dién, diéne, diéyu : v. mule/ (cf. mot précédent).
di-yé- . düm : v. d~.~vu/d-ya.
dim, dim, d m a m , dimi, &nene: v. dumari : v. d-ti-mur-.
d~yald~ya. dumucam, dumuSam : v. -CG-.
digin, diSunu : v. d-Sin-/dGun- dumutal5scumu, dumutalum : v. d&tal-
dithali : v. d ~ t a l - / d ~ t t l a l - . /&thal-.
dius, diuse, diusi, diuga : v. d ~ u s - . dhne, dunene : v. d~ya/d-yu.
diwance : v. déu. dunéS ét- : réfléchir, songer.
diwasi : v. d ~ w a s - . dunya y : monde. /dunyii/ (ou. et sh.).
diya : v. d ~ y n / d ~ , v a . duphici : v. du-ph&.
diyega : v. d ~ u s - . dus, dus dus, dusen, dusene, diisi,
doyaresa, doyaresi : v. d-ynres-. dusun : v. d-Us-.
doyoi : au milieu de la journée. duSini : v. d~Sin-.
doh: eh ! oh ! (interj. s'adressant à duthalen : v. d ~ t a l - / d ~ t h a l - .
une femme) ; doh ét- : appeler. duwalja : v. du-wbl-.
dohon, dohoni, dohonimi, dohonu, duwari : v. du-wur-.
dohonum : v. do-hbn-. duwhsum/duwasun : v. du-whs-.
dokoya : v. d ~ y a l d ~ y a . duya : v. d~yald-yu.
domoyaresi : v. d-yares-. duyeSa : v. d~us-/d-us-.
domom, domoya : v. d ~ - v a / d ~ y a .
dhrim : v. dzri-.
doro -ig : travail. /dorban, dorbyate/.
dosok, dosoki, dosokiEa, dosoku, dos&
kum, dosokyaman : v. do-sok-. daq : fortement.
dhsulja : v. dzsuija-. da! -asku/-anc : citerne. /&.tan/ (kh.).
dousum : v. d ~ u s - . -dim - a : corps, tronc de l'arbre.
doyalen : v. d ~ y a l - . /&mule/ (sh., kh.).
d6yum : v. d-ye-. dis -man-/ét-: atteindre un endroit,
draxt -ig: arbre. ldraxtan, drhxtan- arriver.
yaJe, draxtce, draxtya~el(ou.).
duldi : v. d i y a l d ~ y a .
dua : V.bb-/b-.
duagu : saint homme (ou.).
dubarii : une deuxième fois (ou.). é-: préf. personnel 3 sg. hmxy et 3
. duc, dhca, duci, ducuman, ducuyen : v. pl. y, type II.
du-CU-ld~c-. -e : désinence d'ergatif et de génitif.
dugu -c-: secouer les arbres pour en éc- -iC-: mettre le feu à (-ce). /ec (2
récolter les fruits. ldzigurn bum (3 sg. impér.), éci (3 sg. a.), . éciea
sg. h f plus-que-pf.)/. (nom. I I ) / .
duyares, duyaresen, duyaresi : v. éEa, éEam, éEan : v. -t-.
d-yares-. éEoyonléEuyun : v. -Coyon/li;uyun.
dukuca, dukucam : v. du-CU-/die-. éCum, éEuman : v. -t-.
dulis -Su : tout petit enfant. /dulusen/. éço, éçoya, éçokon : v. ~ c o / - C U .
kj : v. =gi-. (nom. IV. c. 3 sg./ (niv. II de
éyar, éyaren : v . ' y n r - . gbl- : se briser).
éhu : v. =h24-. gamburi -nirt : Aeur. ,'guntburi(j.)rr~e,'
éhuruten, éhuruti : v. -htlru,t-. (kh.).
*kafa : V. - j h k t r / . gamun -mUj,u : fond. lgcrmzincal (sh.).
extebr/extiar : autorité, force, pou- gan -ig: chemin. route. lgana, ganCi,
voir (ou.). ~ u ~ I u ~ P ~ .
éieimi : v. ~ l t z - . gandizi : en raison de, i cause de ( +
ilterea, tlteri : v. =llur-. gén.).
-en : suffixe de singulatif h. ganfh : heure ; hek guntan makuc'i: en
épai, épaya : v. ~ p a i . une heure (ou.).
'es -mu : petit morceau. lésan/. ganule : v. gun.
L
es : v. -:-S. garc- -r&, nzlkhrc: courir. /gnrc (2 sg.
&ri : v. -ser-/-sir-. impér.), garci (3 sg. a.), ghrcum
éskarca, éskarci, éskarcum : v. -.skurc'-. hui (3 sg. hm pf.), gur'Eam (1 sg.
fut.)/.
éski : v. +Y-. garu y : printemps.
éspapa, éspapai, éspapayam, éspa- garum : chaud.
payen : v. =spnpa-. gasanc, pl. gasaha: faucon. /gusan-
ésqaimena, ésqan, ésqana, ésqani, jan, gash~jel.
ésqaya, ésqayam : v. -sqan-. gasç: prix, paiement; gasg -I-t-:
ésqolEa, ésqolEam, ésqoli : v. =sqol-. vendre. /gasyu!e/.
ésfiq, éstiqa, éstiqum : v. -stig. gat -O : noeud (sh.).
ét, éta, étam, éten, étena, ét et, éti: v. gatu x sg. : étoffe ; pl. -nc/g: panta-
-1-. lons. lgurzincl.
etibhr y : confiance (ou.). Igi- -c-, riuki, pl. gia-: entrer, tomber
étimi, étiq : v. =t-. (neige etc.). /gi (3 sg. a.), gic'a
etiphiq -kt-: en venir à un accord (nom. II)/.
(ou.). 2gi- -c-, nLgi / gu- -c-, nLgu (avec c.
étu, étumu : v. -I-t-. hx pl.): jeter, ôter (des vête-
éyani, éyanum : v. an- et 2lyon-. ments), épandrelmettre en tas (du
éyen : v. l i . fumier dans un champ). lgicuman
éyeyum : v. llyan-. (pour gicum ban, 3 pl. prés.), gien
(3 pl. a.), gu g u barn (3 pl. passé
réd.), nugu (nom IV, c. 3 pl.)/.
.~gi- -c-. -. ôter, enlever (le préf.
renvoie à la c. marquée). /igi (3
gabi -mu : flûte. sg. a., c. 3 sg.)].
gaçé -g: baguette, verge (sh). Gilit : nom propre, v. n. 7.23.
galz: base de passé conjugué supplé- girat- rai-, pl. giraea- -C-: danser,
tivement avec c(e)ré- et né- : s'amuser. /gira,fa (nom. II), girh-
aller. laigali (3 sg. hm a., nég.), tum burn (3 sg. hf plus-que-pf.)/.
galb (1 sg. a.), galén (3 pl. a.), giri -mu : bouquetin ; giri-haldén : id.
gali (3 sg. hmxy a.), galzi (3 sg. hf lgiri-haldénel.
a.)/. girkis -Su : rat, souris. lgirkisanl.
1
-gal- -C-, pl. galja- -ë-: briser. lnigal go, go : v. un.
'go : allons. gus pl. guiiga : femme. lguse,
go- : préf. personnel 2 sg., type II. gusenmo, gusmo, gusmoyal.
goa : témoin. /go;/ (ou.). gusé: démonstr. sg. x. igusë/.
goana : pour gumana. gusen, gusenmo, gusmo, gusmoya: V.
goEam : v. -Y-. gus.
goço : v. =col-CU. gusilan : v. -Silun .
goya : v. un. gusiçam, gusiçemen, gusiçurn : v. -si-.
g 6 y a ~ a m: v. -7ark-. guté: démonstr. sg. y. /gutk/.
gohakinum : v. ~hakin-. guwaaam : v. biSa-.
goiqa : v . un. guya : v. l-ya.
g61ter~am: v. =lfur-. guyam : v. -ya-.
g8mal : v. =mal-. guyate : v. gu- et -yute.
,
Igon : allons. guyé, guyù : v. -yé.
2
gon y : aurore. gyaqgi -?ig : hache. /gyaggi(y) a.te/.
gongar (B. gbnSere) : toute la nuit. gye y pl. : neige. /gyë/
gosqaimi : v. -sqan-.
goqoqce : v. ~ t i g .
gbten : v. Lt-.
grinE y : riz. -ya : final de datif, cf. '-a.
gu-/gw: préfixe personnel, type 1, 2 yaimi : v. -yun-.
sg- yain- -E-, nuqain, nég. aqain: appa-
gucar- -Ê-, nukucar: se mouvoir en raître. lyaini (3 sg. a.)/.
avant, marcher ; gucar gucar v. n. yalyo -mu : insecte. /yalyoya.îe/.
3.59. yalimat : suffisant (ou.).
gucé : démonstr. x pl. -ykn pl. y6yu : talon.
gucuEum : v. -CU-. -yhn- -Y&, n"yan/niqb : regarder.
guEa- -c'-, nukuc'a: se coucher. /gus /raimi (3 sg. fut.), yan (2 sg.
(2 sg. impér.), guc'ai (3 sg. a.), impér.), yana (1 sg. a.), yanen (3
guGm barn (3 sg. plus-que-pf.), pl. a.), yan yan bam (3 sg. hm
guCam bién (3 pl. x pf.), guEdyen passé réd.), yan hum (3 sg. hf
(3 pl. a.)/. passé réd.), yani (3 sg. a.), yhnig
-guEa- : endormir. lnbguCa (nom. (2 pl. impér.), ybya (nom. II),
IV, c. 3 pl.), oguc'am bai (3 sg. hm muyani (3 sg. a., c. 3 sg. hf),
pf., c. 3 pl.), OgucQscimi (3 sg. niyan (nom. IV, c. 3 sg.), uyana
passé, c. 3 pl.)/. (1 sg. a., c. 3 pl.)/.
,"
giiEam : v. -12. yarL -zc-, nuyar : faire du bruit,
guEiEumu : v. -Ci-. aboyer. lyarén (3 pl. a.)/.
gu gu : v. 2gi-. -ryar- -C-: jouer d'un instrument.
gukhar : v. gu- et -khar. / b a r (2 sg. impér. c. 3 y), éyaren
gulEi : v. 43-. (3 pl. a., c. 3 y)/.
gultiimalZi : v. -1tumal. yaré: ensemble; -yaré postp.: avec
guman, gumana : v. -man-. (v. 11.6.4.).
gunc -ig: jour. lguncan, guncane, yarén : v. yarL.
guncanule, gunculel. yarés- -5,nuqares; nég. aqares- : être
gunçat : de bonne heure. d'accord. lagaresi (3 sg. a. nég.),
gunjaig : issue, solution (ou.). aqaresum bu (3 sg. hf pf.)/.
du-yhres- -S- : demander, interroger. ~oyaql-yoyaq y pl.: cheveux.
ldrtyares duyhres . ban1 (3 sg. lyoyagel.
p s s é réd.). (luyurrsen (3 pl. a.). yurpus -purag : grange. lrurpti$a-
duraresi (3 sg. a.)/.
Gyares- -5:demander, interroger. yuSan : heureux. /.uosan, soian/.
Idéyureserz (3 pl. a., c. 3 sg.),
déy~resi (3 sg. a., c. 3 sg.),
dhyaresa (2 sg. a., c. 3 pl.),
doyaresi (3 sg. a., c. 3 pl.),
dornoyaresi (3 sg. a., c. 3 sg. hf)/. ha pl. hakic'ag: maison. /ha, hüla,
y r - pl. -yarEa- : attraper. hhle, hblum, hbnum. hbyakala/.
lgbyaitam (1 sg. fut., c. 2 sg.), hayor - a : cheval. lhaybra, haybran,
yarken (3 pl. a.), ydrki (3 sg. a.), harorce, hayhrctim, haybre, haybr-
ybSCum (nom. 1), niyark et Y ate/.
niyarken (nom. IV)/. haha s6n- : pousser un cri de joie.
ya* ic'-, nuqas : rire. Irasi (3 sg. a.), hai : ah ! (interj.).
noqas (nom. IV)/. hairan : étonné (ou.).
dzya& -?-: trouver (la c.m., à zhakin-l~hekin- -ki-: enseigner, ap-
laquelle renvoie le préf., corre- prendre (le préf. renvoie à la
spond au sujet du français, la c.m.). lahakinum bai (3 sg. hm pf.,
c.n.m., qui détermine le suffixe, a c. 1 sg.), gohakinum ban (3 pi. pf.,
l'objet). lutëyaii (3 sg. a., c. 3 c m . 2 sg.), ohakinu (3 sg. hf a., c.
sg., nég.), atbyaii (3 sg. a., c. 3 3 pl.)/.
pl., nég.), dbyaium bai (3 sg. hm 'ha1 -j6: renard. /hala, halan, halane,
pf., c. 3 sg.), dëyafi (3 sg. a., c. 3 hale/.
sg.), d h a i u m bai (3 sg. hm pf., c. 'hal/halht y : état, situation (ou.).
3 sg.11. hala : v. 'hal.
yaSEum : v. -yark-. hila : v. ha.
yasap ét- : s'emparer, saisir. halan, halane : v. 'hal.
yaténç -téhag : épée. lyaténcyatel. halit : v. 2hal.
yearum : arme. haldén -diu : bouquetin, v. giri.
yen : visible, manifeste. halle : v. 'hal.
yoçhar -iSu : chute (d'eau). lyocharan, hile : v. ha.
yogharel (kh.). halés/helés -Su et dulaSu : garçon.
~ 6 1 --c'- : brûler, s'enflammer. lybli (3 /halésa, halésel.
sg. a.)/. Halipur : nom de lieu. /Halipurule/.
-yen- ybi-: donner (avec c. y pl. ; le halum : v. ha.
préf. renvoie à la c.m.). lyonu (3 halwalhaliwa y : sorte de dessert fait
sg. hf a.), niyon (nom. IV)/. avec de la farine, du beurre et du
yono x pl. : grains. sucre (kh., ou.).
y6nu : v. y&-. hamala '-t- : se précipiter.
-~Orc-/yurc~, noqbrc : enfoncer, s'en- han : v. hek.
foncer. lybrci (3 sg. a.)/. -han- -hhi-: faire venir, convoquer,
yoro x pl. : pierres ; endroit où les rassembler (la cm. à laquelle
pierres abondent. renvoie le préf., correspond à
y6rqos : citerne. /ybrqosun, ybrqosel l'objet du français). /hiin (2 sg.
impér.), uliüni (3 sg. a.. c. 3 pl.);. s'appuyer sur (-ce). :1 duhon (2 sg.
8

hanekala, hanikala : Y. ht.k et -yakul. impér.). 'dob(j?l (nom. IV), dohon


h6num : v. ha. 0ol16,1 bon1 (3 sg. passé réd.),
han-yakala, han-yakalca, han- dohhrri (3 sg. a.), dohonimi (3 sg.
yakalcum : v . hek et -yakal. a.), dohtjrzu (3 sg. hf a.), dohonum
haq y : droit (ou.); go hciyulr : dans bu (3 sg. hf pf.)/.
ton intérêt. hu-/hué- - - : courir. lhui (3 sg. a.),
'har - 6 , -ibmu: boeuf, taureau. nuhli (nom. IV)/.
lhuran, hare, huribl. L~U- / ~ h u y e - -?- chasser,
7
-har : chaque, chacun (ou.). rejeter. /éhu (2 sg. impér., c. 3
h a r ~-it-: labourer. /hari (3 sg., a.), sg.), khuyam barn (1 pl. plus-
haric'u (nom. II), haric'um (nom. que-pf., c. 3 pl.), bhuyam ban (1
1)l. pl. pf., c. 3 pl.), bhz~eEamban (1
haran : v. 'har. pl. prés., c. 3 pl.), bhuyen (3 pl. a.,
haraq : entre, parmi. c. 3 pl.)/.
haraqtal : au milieu. huislhuyés -Su : chèvre.
hare : Y. 'har. huk -u : chien. lhuka, hukel.
hari, hariEa, harihm : v. h a r ~ . -hules -startc : frère d'une femme ; par
hari6 : v. 'har. ext. beau-frère. lahules, ahule-
harpiit : soudain. staru, muhulesa, muhulestaru/.
hasi x : petit déjeuner. /hasi/. ~hulja n-hulja : faire chevaucher,
hau : oh ! (interj.). installer sur un animal. Imbhuljai
hawél : en premier (ou.). (3 sg. a., c. 3 sg. hf), néhulja
hawélum : le premier, la première. (nom. IV, c. 3 sg.), nomdhulja
hiyakala : v. ha et -yakal. (nom. IV, c. 3 sg. hf)/ (niv. II de
hek z, hen h, han xy: un. /héna, hulja- chevaucher).
héné/. hun -ig : bois. lhuna, hunan, hune/.
héke: d'un seul coup (cf. mot précé- huni x pl. : noyaux.
dent). hunja- -c'-, nuhzinja: tresser. lhzin-
heryhlheryéin -F- : hennir. lheryën~a jac'am ( 1 sg. fut.)/.
(nom. II), heryëni (3 sg. a.)/. huri, hurf : v. hir.
hésa y : mois. lhésaya, hésauml (hek hurut- -ru;-, nuhzirut, pl. huriiEa-:
un + sa mois). s'asseoir, prendre place, être in-
hes: soupir; hes ét-: pousser un stallé. lhurutayen (3 pl. a.), hurziia
soupir. lhésanl. (nom. II), hurziiarn ba (1 sg. prés.
hikmkt y : ruse. /hikmhtan/ (ou.). pf.), huruSum bai (3 sg. hm. prés.
-hi1 -ig : bord, rebord. /hiIca/. pf.), hurut (2 sg. impér.), huru.
hiq -iCag: porte. lhiga, higica, (1 sg. a.), huruti (3 sg. a.), hurutu
higüce, higca, higcel. (3 sg. hf a.), hurzi.turn bai (3 sg.
hir pl. huri, hurikia: homme. lhira, hm pf.), hurzitum bu (3 sg. hf pf.),
hire, hiren, hirene, huri, hurf/. hurutum bum (3 sg. hf plus-
ho : puis, et puis, alors (or?). que-pf.), nuhuruta (nom. IV pl.),
hokum -ig : ordre (ou.). nuhuru~(nom. IV)/.
h6la : vers le dehors. zhurut- -ru&, pl. IhuruEa-: faire
hole : dehors. asseoir, installer. /ahuruium ba (2
do-hbn- -hdi-: saisir, s'agripper à, sg. prés., c. 1 sg.), éhuruten (3 pl.
a.. c . 3 sg.). bhztrzrti ( 3 sg. a., c . 3 ' t - '-kt- : assembler (ou.).
sg.)/. jandara : dans l'expression jaiz~l~lrci
-hiitis -tig : pied. ~nlollitig!.. plinclura : créatures merveilleuses,
extraordinaires (ou.).
janwar x sg. et pl.: animal, être
vivant (ou.).
jaqgal: forêt. j a jaggulnn,
i-/i-: préf. personnel 3 sg. hmxy et 3 jaggale, jaggalulr, jaggaluleyal.
pl. Y, type 1. ja! -6: vieux (en parlant d'un
i pl. yuguSigu : fille. léyen, animal).
moimoyal. jaya : v. ja et Lys.
iksiin : v. insan. jermani : marmite. ljermanian, jer-
ikhir, ikhara : v. i- et -khar. manifal (angl. german).
i1Eimuyafe : v. '1Pi. ji -mig : vie, âme, coeur. ljiulel (sh.).
ilja, ilji, iljum : v. ' l j i . jimel/jimele : demain, le lendemain.
insan/inshn/ikshn : créature humaine. jiriy y : cri strident (ou.).
jiksânel (ou.). jiule : v. ji.
-iqa : désinence de cornitatif; peut jôd '-t- : lier, attacher.
avoir une valeur adessive: ju x sg. et pl.: abricot; y pl. juig:
mulc'iniga. abricotier. ljuance,jücel.
iqgi : v. Lggi. juin :jeune ;jeune homme (ou.).
ipholok : enfant unique (kh.). juance, j6ce : v. ju.
iski z, iské h7isko xy : trois. juk y : contact. Ijzikcel.
iski-kuc : trois jours ; liski-kucan
groupe de trois jours; iski-
kucum: v. n. 8.91.
iskium : troisième.
isqh ét- : ouvrir (une porte). jar -t- : laisser, laisser échapper.
isqa : herbe. lijqbyal. . . : d'un trait, sans s'arrêter.
jarjar
isqarn : bleu, vert. jo-: base verbale conjuguée supplé-
isqhya : v. isqa et Lys. tivement avec cur- et d ~ y a /
it : là-bas. d-ya :venir. lago go barn (3 sg. passé
iti : de ce côté-là ; iti khiti : ça et là. rid., nég.), jbig (2 pl. impér.), jb
iya : v i-/i- et -'ya. /iyaka,t avec lui/. jo bam (1 sg. passé réd.)/.
izat y : respect; izht ' t - . rendre
hommage (ou.)

ka : et, aussi ; valeur subordonnante :


quand, si, que ... (v. 111.6.2.2 et
ja : moi. IjZ, jhce, jkcurn, j h a , jayal. 111.6.3.2).
jadogar -iSu : magicien (ou.). kâ : avec (postpos. + gén.).
jaya -g: place, endroit. /jayh, -kal: forme abrégée suffixée de -
jwata, jayati, jayan, jayana, yakal: en direction de, vers.
jayhnulel . /&lekala/.
jhma -man-: s'assembler, jama kam : peu. /kaman, kamkaml.
kamaskarn : au moins (khm-as-k4n1
ou.). khul : tout ; khulit- : finir, terminer.
kambaxt : malheureux (ou.). -khus - . A : derrière : -khuSi dé/- :
karnkam : v. kam. sodomiser. /okhuii. khuSu, khlijj/. $
.."qj
-kat: avec (postp.); en commun
(adv.). /iyakat, mi mikat, neka!,
ukhtl.
kafarlqafar -kia : demi, moitié.
kau- -E-: avaler, engloutir. /kautam xabar -ig : nouvelle ; .uahar -t- (1,
(1 sg. fut.)/. préf. renvoie a la c.m.): ap
k e : démonstr. pl. y. prendre une nouvelle, faire con-
k i : que, de telle sorte que (v. naître une nouvelle (ou.).
111.6.3.2 et 111.6.4).
kisi -mu : ligne. lkisiyal (kh., sh.). xal -ig : goût.
ko6iS ét-: s'efforcer à, s'employer à, xalas : libre (ou.).
se donner de la peine. xali : vide ; (adv.) seulement, simple-
-kuc: jour (dans des expressions ment; xali paritig ban «il y avait
comme iski-kuce). lhltar-kuce, seulement des enchanteurs)).
bérum-kucana, iski-kucan, iski- xansama -tig : cuisinier (ou.).
kucuml. -xar- -t-, nuxar/n~xar: fendre, ou-
kursi -mu : chaise. /kursf/.(ou.). vrir. lxari (3 sg. a.)/.
xaSC x : dépenses, emplettes, pro-
visions. /xbSi;a/ (ou.).
xas: jusqu'à (postp. + c.a. ; v.
11.3.4).
-khaEi- -6-, nlkhac'i: enfermer (des -xat-/lxat i : bouche. Ixac'a,
bêtes). lkhac'itimi (3 sg. fut.), xac'uml.
khac'ic'uma (2 sg. fut.), khailc'ume xaturn : terminé ; xatum -=t-: en finir
(nom. 1, gén.)/. avec, tuer (ou.).
khan -hSku : fort, forteresse. lkhanan, xer y : odeur.
khanel. xesmiit y : service. lxesmatcuml (ou.).
-khar : marque du réfléchi. lgukhar, xial y : signification, sens (ou.).
ikharal (v. 11.6.3.1). - x l - x n - - 1 : faire mal, avoir
kharén : loin ( ?).lkharénal. mal. /ax6lurn bi (3 sg. hx pf., c. 1
kharéo -mu : panier. lkharétian, kha- ss.>l-
rétiëal. xbsyet -ig : habitude.
khat: dessous, en bas. lkhata, khati- xoSlxoSi : agréable ; xosi' -man-1x0s'
kal, khafikala, kha.îum/. xoii ét- : se réjouir, être heureux.
khen y : temps. lkhénal. xogan : v. y uSan.
khené: démonstr. hm sg. lkhent, xogi : v. xoS.
khenéyal (v. 11.4.3.1). xudh (gén. -ye) : Dieu; xudhyar ét- :
khiti : v. iti. prier.
kho : ici cf. (akho).
khol -anc : grotte. lkhola, khblan,
khblana, khblel.
khué : démonstr. h pl. (v. 11.4.3.1).
-1task- -it- : task- -SC- : tirer. haler.
fumer. irask (2 sg. impér.), ( v .
H- (1-i.- (seule~iientc. hmxy sg. hx 1.3.. règle 16 : le n d u radical peut
i
ta 1 . ) : -dél-. -rléE-. n ~ d e l :frapper, ètre également long).
tuer. /atl&l( 2 sg. impér. c. 1 sg.), -1tumal -ig : oreille. !,qult~inl~rl, ,qultii-
u(i;l(i (2 sg. a.. c. 1 sg.), déc'u mliiti, rlimaiCil (v. 1.3.',règle 16).
(nom. II). diionl bu ( 1 sg. prés.),
dé1 del han? (3 sg. passé réd.), déli
(3 sg. a.), délum bai (3 sg. pf.),
mudéli (3 sg. a., c. 3 sg. ho,
mudélum bam (3 sg. plus-que-pf., ma : vous. /ma, mücum, maya/.
c. 3 sg. hf), nidel (nom. IV, c. 3 ma-/ma- : préf. personnel 2 pl.
sg.),!. maPam : v. '1-.
1 - - - piquer (cf. [il) /blum hun (3 maPukus: cadet (frère, oncle, etc.)
pl. pf., c. 3 pl.)/. (sh.).
lahaz : malade. /lahaza/ (kh., ou.). maci -g : miel.
laman -mhig/-mani0 : pan de chemise maimen : v. -man-.
(sh.). -main- -6, nlmain, dans ce! -mhin-:
lantén -!&yu : lanterne (angl.). avoir soif (le préf. renvoie a la
'la? -man-: bouger, se mettre sur le cm.) lmaini (3 sg. a.)/.
côté; lag I-t- pousser sur le côté,. makuEi : au milieu (postp. + gén.).
remuer (kh., sh.). lmakuc'al.
'laq -m~tn-: s'attarder (sh.). mal sg. et pl. : bétail (ou.).
-1Ci -mu: oeil. /alti, altice, élc'imi, -mal- -?-, n-mal: avoir peur, crain-
dre (le préf. renvoie a la c.).
lg6mal (2 sg. impér., c. 2 sg.),
le : eh ! oh ! (interj. s'adressant à un mômalu (3 sg. hf a., c. 3 sg. hf.)/.
homme). miilum/maylum : connu. (ou.)
le1 t - : reconnaître, saisir, com- malya : redevances, impôt (ou.).
prendre. maminen, mamayum : v. -man-.
len é t - : rester tranquille, ne pas miimila : affaire, histoire (ou.).
broncher. mamu -Cig : lait.
lip ~ t :jeter,
- lancer (kh., sh.). -man- -mai-, n'ma / m a w mayL
~ l j i :derrière, plus tard. Dat. 'lja: (mais v. 1.4.2) : devenir ; auxiliaire
en arrière, chez soi; postpos. : dans les formes périphrastiques
après (-cum). Abl. -Oum: de du type lag -man-. laimani (3 sg.
derrière, après coup, après. a., nég.), aimayum ceq (3 sg.
du-ltili- -t-: enlacer, enserrer. ldulta'li désact., nég.), akumanum (nom.
(3 sg. a.), dulthlita (nom. II)/. III, c. 2 sg., nég.), guman (2 sg.
zltar-l~lter- -C-: montrer (le préf. impér., c. 2 sg.), gumana (2 sg. a.,
renvoie à la c.m.). lhlter (2 sg. c. 2 sg.), mbimen (3 pl. fut.),
impér., c. 1 sg.), a t e r ~ a(nom. II, mamanen (2 pl. a., c. 2 pl.),
c. 3 sg.), ëlteri (3 sg. a., c. 3 sg.), mamayum ceq (2 pl. désact., c. 2
bltertam bam (1 pl. impf., c. 3 pl.), manén (3 pl. a.), mani (3 sg.
pl.), bltertum ban 3 pl. prés., c. 3 a.), mania (3 sg. a., interr.),
pl.>. manimi (3 sg. a.), mani? (3 sg.
vol.), 1?1anri ( 3 sg. hf a.), i?~uizunî miyumyate : v. i?leilL.
hui ( 3 sg. hm pf.). munziin him (3 mo : pron. 3 sg. hf. ,'nz6, inhinoya/.
sg. x plus-que-pf.),n~crj*ayci (nom. mo- : préf. personnel 3 sg. hf, type 11.
II), mcrjtutn (nom. 1). nluj,un duci mohuljai : v. 2-iluljui-.
(3 sg. y prés.), nimu (nom. IV, c. 3 moimoya : v. -i.
sg.), nima (nom. IV), nukumu m8maiu : v . =mu/-.
(nom. IV, c. 2 sg.), nur?lcr (nom. momoya : v. mo.
IV, c. 3 pl.)/. mon 41-: s'arrêter de travailler sous
-man- -mai-, n2rnan : pouvoir, prétexte que l'autre n'aide pas.
être capable. /uy6rnanen (3 pl. a., mopaya : v. mo- et =psi.
c. 3 pl. nég.)/. moqabila -IJ : différend, confronta-
~ a n i k i lnom
: propre (v. Gi1i.t). tion ; ja gbiga moqabilaya dayam
d-u-mar- -C-: demander. ldumari (3 ha : je suis venu te combattre (ou.).
sg. a.)/. moqarar : assemblée, réunion (ou.).
masala : épice (ou.). -môs: colere; am&a diya : il est
maya : v. mu et -yu. soumis à mon bon vouloir.
mayaya, mayiim, mayun : v. -man-. moyanum : v. 2-yan-.
.

maza : goût. mii-/muz: préf. personnel 3 sg. hf,


mé- : préf. personnel 1 pl., type II. type 1.
-mé, pl. -mému: dent. lamé, mému, mucutam, mucum : v. -CU-.
mumëcel. mudéli. mudélum : v. d ~ l - .
méEimi : v. -t-. muyani : v. -yan-.
méço : v. -col'-CU. muyayu : v. -ybn.
melélmili -heg : remède. lmeléhegl. muhulesa, muhiilestaru : v. -hules.
mému : v. -mé. muhutiq : v. -hutis.
men h sg. et pl. : qui ?, quiconque ; ( + multi, miili5ce, mulEiniqa : v. ~lc'i.
nég.) : personne. lména, ménel. mulk : terre, pays. lmulkel (ou.).
m e w mi-, numé: boire. lmeni (3 sg. multan -ig-: sang.
L
a.), mina (1 sg. a.), miya (nom. II), mumece : v. -mé.
miyama (1 sg. fut., interr.), mumkin : possible (ou.).
miyumyaje (nom. 1, adess.- munaya : gratuit ; gratuitement (ou.).
instr.)/. munyu : v. -nyu.
meraxor -a, -iSu: écuyer. lmeraxbre, muriqyafe : v. -rén.
meraxhriga/. mus -mu : bord. /mz.isce/.
mel5Eikiir -iSu : fauconnier (kh.). mugirum : v. -Sir-.
mi : nous /ml,mikat/. mutbtomiq : v. -tbto.
mi-/mg : préf. personnel 1 pl. muSkil : v. miikil.
mikit : v. mi et -ka!. musqali -g (B. m u ~ k a:l ~heureuse
mina, miyumyate : v. menL. nouvelle.
mirénEi : v. -rén. muwhluyu : v. balti-.
miroice : v. -roice. miiya : v. mu- et Lys.
rni!$kil/mu!$kil:difficile (ou.). muyuhara, muyuhare : v. -yuhar.
'miya : v. mi et -ya. muyuru, muyurumu : v. -yzir-.
*miya, miyama : v. meni. muzduri -g-: salaire; muzduri é t - :
miyist : V. -yhst. travailler pour un salaire (ou.).
miyé : v. -yé.
nidel : \ . tlll.
nigal : v . yhl-.
nabat y : tour: ilclbit rzuhclrzile : A tour niyan : v . -yait-.
de rôle (ou.). niyark, tifyarken : v. -y~irk-.
nayé -g/-ig : fiente, excréments. niyon : v. - y h - .
rial -tir] : ombre. ,'nhlcrnce,nalce;. nirna, nima : v . -r?lLin-.
nani -stnru : mère, tante maternelle ; ni?, nit7 : v . né-.
ncini-tufi: parents. i n h i , nunien, niphus : v. -phris-.
nunimoya, nunistarü/. nisi : v. -si-.
Nasir : nom propre. / Nasircl. niya : v. -)ph-.
nat : v. '-1-. niyau : v. -jluu-.
naukir sg. et pl.: serviteur. inaukb- niyec : v. -yéc-.
ren/ (ou.). niyét -ig : voeu, souhait (ou.).
ne: pron. 3 sg. hm. in?, ~ ; L * P ,nëcum, noguEa : v. .-guèa-.
néy u / . Noh: nom de lieu (village au sud de
né-: base verbale conjuguée supplé- Yasin).
tivement avec c(e)ré- et g u k : noko : v. nc;-.
aller. lainem bai (3 sg. hm pf., noxa: v. axaten; après un nom
nég.), ne (2 sg. impér.), nétiscinzi (3 propre: du nom de, appelé (v.
sg. passé), tzénzunz (pour nenî barn, 111.6.2.3, 111.6.3.3).
2 sg. plus-que-pf.), némun (pour nom0 : v. ne-.
nern ban, 3 pl. pf.), nern bai (3 sg. nomohulja : v. -hufju-.
hm pf.), rzem bum (3 sg. plus- noqas : v. yasL.
que-pf.), nern han (3 pl. pf.), nem not : v. -t-.
bi (3 sg. x pf.), néme ban, 2 sg. nbyu : v. -nyu.
plus-que-pf.), néman (pour nem nuInfi : v. né-.
ban, 3 pl. pf.), nemé (nom. IV, c. 1 nucu : v. -CU-.
pl.), némi (3 sg. a.), né ne bam (3 nutirkan : v. c'irkan-.
sg. passé réd.), né ne biém (3 pl. x nugu : v. 2gi-.
passé réd.), néyamam (pour néyam nuhu : v. hu-.
ham 1 sg. plus-que-pf.), ni/nT nuhuruta, nuhurut : v. hurut-.
(nom. IV, c. 3 sg.), niglnig (2 pl. nukuma, numa : v. -man-.
impér.), nokb (nom. IV, c. 2 sg.), numé : v. menL.
nom6 (nom. IV, c. 3 sg. hf), nulnü numu : v. -U-.
(nom. IV, c. 3 pl.)/. -numus/-nuqus -Su : genou.
néhulja : v. ~hulja-. numuya, nuya : v. -y&-.
nekaf : v. ne et - k a . nuyàr : v. -yâr-.
nëki -g: bien, bonne action lnëki- -nyu, pl. -noyu: grand, aîné. /rnunyu,
ya.ta/. (ou.). noyu/.
nem, némam, néman, nemé, némi, né
ne : v. né-.
nésqan : v. .-sqan-.
net, néte, nétene : v. -1-.
néyamam, ni, ni: v. né-. 9 g i : devant. /iggi/.
nicu : v. -CU-.
niEi : v. -Ci-.
-r- : laisserl abandonner.
phen pl. phiu : mouche.
O- : préf. personnel 3 pl.. type II. phit k t - : ajuster (ou.).
oqokone : v. -:-CO. phiu : v. phen.
ogutam, oguE5scirni : v. -guc'a-. phophos -Sig : balai. /phophose,
oh : oh ! (interj.). phosyatel .
ohakinu : v. ~lzakin-. phu -ig : feu. lphüre, phücum. phiienl.
ohuyarn, ohuyeram, ohuyen : v. .-hu-. phüja -man- : décamper (ou.).
hltertam, hitertum : v. '~tur-. phuk : petit morceau. lphzikan un petit
oltik : deux. loltikel. morceau, un peu/.
hlum : v. 4. -phus- -i-, pl. phuga-, n ~ p h u s :atta-
opai : v. b- et -:psi. cher (-ce à qc.). /niphus (nom. IV,
or : puis, alors. c. 3 sg.). phfisi (3 sg. a.). phdiai (3
os- -.f-, nos : poser. losam ha (1 sg. SE. a.. c. pl.), phfiJam (1 sg. fut.),
pf.), bse (2 sg. impér.), bsum bai (3 phuiam ha (2 sg. pf., c. pl.),
sg. hm pf.), bsum bu (3 sg. hf pf.)/. phuiayam ba (1 sg. pf., c. pl.)/.
osqanum : v. -sqan-. phutlpfut -6 : djinn, génie. lphutô/.
6sum : v. os-.
&en, 6ti, 6tu : v. &t-.

qaxqamus/qarqamu5 -rnuiu : volaille,


poulet. lqarqamuiel (sh.).
~ p a:i auprès de, chez. Iépai, épaya, qatel -t- : égorger.
mbpaya, opai/. qatar : v. khtar; qbtar qbtar -.t- :
paida -mail- : apparaître, survenir. couper en petits morceaux.
pandara:v.jandara. . qau ét- : crier.
paqo -mu : pain. /pugoya/. qesalqisa y : problème, affaire, his-
pari -tig: fée, enchanteur. lpuritig, toire (ou.)
paritige/. qilit -t- : avaler.
pengén : pension. ~ o r b h :nnom propre. / ~ o r b 6 n e / .
peregan : angoissé (ou.). Qunjiqaf : nom de lieu. /Qunjiqbfa/.
peS -man- : apparaître, survenir.
pilili -mu : fourmi (kh.).

rahi -man-/ét- : partir (ou.).


randiju -mig : rôti. /rand@ya,te/(kh.).
du-phac- - - s'ouvrir, se fendre. rapojy : rapport (ou., a&.).
lduphhci (3 sg. a.)/. rawana -man- : partir, prendre congé
phiiiq y pl : mensonge. (OU.).
phan-, phhi-, pl. phiinja-: crever, être -rén pl. r é - r i - r i : main.
aveuglé, gonfler. lphhni (3 sg. a-)/. lmirénc'i, murigya~e, rénc'i,
phânsi d=l- : tuer, étrangler (ou.) rénya,te/.
phâr -man- : tourner, se tourner. rezi y : satisfaction, contentement.
phat -man- : être abandonné; phat lrezaya : avec satisfaction1 (ou.).
d-ri- -6-: envoyer (du point de vue hm pf.). sénuiîl baril ( 3 sg. hf
du destinataire). /d$riu (3 sg. hf a., pliis-que-pf.), sstzztm hi (3 sg. x
c. 3 sg.). (/brin7 haï?? (3 pl. pf.), s é ~ l u n ~bu (3 sg. hf pf.).
plus-que-pf., c. 3 pl.)/ (cf. =ri- sénuma~i(pour sérîum ban, 3 pl. 11
-& : envoyer). pf.), sénumu (3 sg. hf a.), sin
-roice -?)a-: survenir, apparaître (a (nom. II), siaya (nom. II). sium
q n : préf. personnel). luroice, bui?z (1 pl. impf.j, sicl? ( 1 pl. fut.),
nîirbic,e, roice/. sin? ha (2 sg. prés.), si)??bNi (3 sg.
ruysat -r-t-: donner congé; ruysat hm prés.), sim ban (3 pl. prés.), sin7
-man- : recevoir son congé (ou.). bu (3 sg. hf prés.)/.
-ser-/-sir- -i;-: donner à manger (le
préf. personnel renvoie tantôt à la
c. n. m., tantôt à la c. m.). /&eri (3
sg. a., c. 3 sg.)/.
-s -n?u: coeur, esprit (v. 14. 15) /es, ses sg. et pl. ; mais aussi pl. skssk : les
éski/. gens, les sujets. Isésu, sésel.
sa x : soleil, jour; han sane : un jour. séyate : v. se.
sibut -ig : preuve, jugement (ou.). sia, siaya, siam. sien : v. sén-.
saoaklsadaq : route. /sa&ike/ (ou.). six: pointe de flèche, brochette.
saf (B. suuj) : tout, tous (kh. ?). /sfxana/ (ou .).
sa1 -anc : pierre plate ou l'on pose les sim : v. sén-.
aliments. lsalya~uml. si! -man- : rester immobile.
Salamat : titre de respect (déforma- =skarc- -rE-: faire courir, couper.
tion de Salomon; cf. en latin Iéskarca (1 sg. a., c. 3 sg.), éskarci
Caesar, titre réservé aux empe- (3 sg. hm a., c. 3 sg.), éskarcum bi
reurs). (3 sg. x pf., c. 3 sg.)/ (niv. II de
sane : v. sa. garc-).
saphar : voyage. /sapharana/ (ou.). do-&k- -iC-, pl. dosokia-: descendre.
-sark- -rC-: frapper avec, écraser. ldosok (2 sg. impér.), dosoki (3 sg.
lsark (2 sg. impér.), shrki (3 sg. hm a.), dosbkic'a (nom. II), dosbku
a.)/. (3 sg. hf a.), dosbkum bum (3 sg. hf
saruph (B. sarapa) : robe d'honneur plus-que-pf.), dosbkyaman (pour
(kh.?per.?). . dosbkyam ban, 3 pl. pf. h. pl.)/.
s h ~ k :hier. Dat. sülika: le soir, au Lspapa -C- (B. -c-) nLspapa : faire
soir. cuire. léspapa (2 sg. impér., c. 3
shu -mi0 : sable. /sawe/. sg.), éspapai (3 sg. hm a., c. 3 sg.),
sayiirj -iSu: grand faucon (au ventre éspapayam ba (1 sg. pf., c. 3 sg.),
blanc); taiyun S. : faucon royal. éspapayen (3 pl. a., c. 3 sg.)/ (niv.
/sayurje/ (kh.). . II de bapa- : cuire).
se: pron. 3 sg. x /se, sëcum, séya, isqan-, dur. ~ s q a i - , n-sqan : tuer.
séya.te/. lusqani (3 sg. hm a., c. 1 sg.),
selhm : salut (ar., ou.). aybsqan (2 sg. impér., c. 3 pl.
sén- si-, nlisen : dire, parler. /sen (2 sg. nég.), ésqaimena (2 pl. fut., c. 3 sg.
impér.), sénen (3 pl. hf a.), séni (3 interr.), ésqan (2 sg. impér., c. 3
sg. hm a.), sénimi (3 sg. hm a.), sg.), ésqana (1 sg. a., c. 3 sg.),
sénu (3 sg. hf a.), sénum bai (3 sg. ésqani (3 sg. hm a., c. 3 sg.),
&syrrj-cr(nom II. c. 3 sg.). é.~ycr? ~rt?z ~lziiirzi(3 sg. hm a., C . 3 pl.):.
( 1 sg. fut., c. 3 sg.), gosquimi (3 sg. Sini y : été.
fut., c. 2 sg.), ~~c;squn (nom. IV. c. 3 -Sipen (-ponlr. B. p i : pénis.
sg.), osqanurn hui (3 sg. hm pf., c . 3 ic.i;ipc'nci;.
pl.)/ (cf. d ~ y a nêtre
- exténué). -Sir- -i.-: enlever. Ôter (le préf.
9 0 1 - -t-:enflammer, faire brûler. personnel renvoie à la c.m.). /a$iri
lésqolc'a (nom. II, c. 3 sg.), ( 3 sg. hm a., c. 1 sg.), muiirum bai
ésqolc'am (1 sg. fut., c. 3 sg.), (3 sg. hm pf., c. 3 sg. hf)/.
ésqoli (3 sg. a., c. 3 sg.)/ (niv. II de -goyon -ig : hanche. /s'oronan, .Sbyone/
701- : brûler). (sh.).
d-ster-ld-~stir- -t-: faire cuire. /dés- Son -dliru : borgne.
teren (3 pl. a., c. 3 sg.)/ (niv. II de S6q y : envie, goût, plaisir (ou.).
d i - r ~1 cuire). Srip SraplSirip Sirap kt- : ne pas parler
sula y : paix, entente ; sula ét- : vivre le premier sous peine de perdre et
en paix, se mettre d'accord (ou.). de devoir aller travailler.
d-sulja- -c- : rassasier. /dbsuija (nom. Sua : bon, beau, bien (sh.).
II, c. 3 pl.)/ (niv. 11 de d-ulja- être Suruy -tnbn-1st- : commencer (ou.).
rassasié).
siirat -ig : image. /surate/.

var -anc: branche. /jaran, sarance,


sbrc'v/.
Sahar -ig: ville. /Sahara, Saharana, 'sau : vite, tout de suite (kh.).
iahare, Saharule/ (ou.). *sau: coup ; j;au 't- : frapper.
Sakal y : forme, silhouette. /Sakala/ -si- -<:-,n'si (c. hx sg.) / -su- -c- (c. hx
(ou.). pl.) / -Sé- -t-, nuié (c. y) : manger,
Sakar y sg. et pl. : sucre (ou.). abattre une bête pour la manger.
Sam y : soir ;Sbma : au soir (ou.). laisia (2 sg. a., nég.), aisican (1 pl.
Sazda: nom propre. /Sazdh, Saz- fut., nég.), gusicam ba (1 sg. prés.
dhce/. c. 2 sg.), gusicemen (2 pl. fut., c. 2
Se, SéCam, SéCumcum, Séi, Sem : v. -si-. sg.), gusicum bién (3 pl. prés. c. 2
G r : lion. /$gr, &a, Sëran, iërane, sg.), nisi (nom. IV, c. 3 sg.), Se (2
Sirce, &re/ (ou.). sg impér.), SéCam ba (1 sg. prés.),
krmandh/Sarmandh : honteux (ou.). Séc'umcum (nom. 1, abl.), Séi (3 sg.
k r t i y : pari. a.), iem ban (3 pl. pf.), Sem bi (3
%yen : v. si-. sg. x pf.), Séyen (3 pl. a.), si (3 sg.
SikarlSikhar y : chasse; x : proie. a.), sica (nom. II), sicam (1 sg.
/Sikara, Sikhara, Sikhbran, ii- fut.), sicam ba (1 sg. prés.),
khare, Sikharum/ (ou.). sicaman (pour sicam ban, 1 pl.
9ikhari : chasseur ; adj. : de chasse. prés.), sican (1 pl. fut.), sicum ceq
Sikharum : v. iikarliikhar. (2 sg. désact.), sicume (nom. 1,
Silan -1ayu : queue. laiilan, guiilan/. gén.), sien (3 pl. a.), sim bam (3 pl.
d%in-/d%un- (B. d-Sun-/d--Sun-) : plus-que-pf.), supm (nom. 1), sui
détacher. ldiiin (nom. IV, c. 3 (3 sg. a.)/.
sg.), diiunu (3 sg. hf a., c. 3 sg.), siéli -mu : joli, plaisant, agréable ; adv.
joliment (kh.). pl.-que-pf., c. 3 sg.), iten (3 pl. a.,
sien, sim : v. -si-./ c. 3 sg.), étena (2 pl. interr., c. 3
sit (B. jit) : sir ~ t : -fermer une porte ; sg., ét et barn (3 sg. et 3 pl. passé
sit -man- : se fermer. réd., c. 3 sg.), éti (3 sg. a. c. 3 sg.),
d.qalt- -1E-: arriver auprès de. étimi (3 sg. a., c. 3 sg.), étig (2 pl.
/désqalCa (nom. II)/. impér., c. 3 sg.), étu (3 sg. hf a., c.
siu ét- : siffler. 3 sg.), étum ha (2 sg. pf., c. 3 sg.),
y pl. : taille, reins. léstig, éstiga, étum bai (3 sg. hm pf., c. 3 sg.),
éstigum, gbgigcel. étum bam (3 sg. et pl. plus-que-pf.,
suçum, qui : v. -si-. c. 3 sg.), étum bi (3 sg. x pf., c. 3
'surl -aSku/-anc : fente, entaille, gorge. sg.), étum bim (3 sg. x plus-
/&an/. que-pf., c. 3 sg.), étum bu (3 sg. hf
ét- : sentir, dégager une odeur. pf., c. 3 sg.), étumu (3 sg. hf a., c. 3
sg.), gcir'am (Isg. fut., c. 2 sg.),
ghten (3 pl. a., c.m. 2 sg.), matam
(1 sg. fut., c. 2 pl.), méc'imi (3 sg. x
fut., c. 1 pl.), nat (nom. IV, c. 1 sg.),
-t- AC-, n2t : faire ; auxiliaire dans netlnételnétene (nom. IV, c. 3 sg.),
les formes périphrastiques du not (nom. IV, c. 3 pl.), bten (3 pl. a.,
type j5d 't- etc... (Généralement, c. 3 pl.), bti (3 sg. a., c. 3 pl.), btu (3
le préfixe verbal renvoie à la cible sg. hf a., c.m. 3 pl.)/.
non marquée; mais lorsque le ta- -t-: dans -céCi ta- : suivre. /thi (3
phrase comporte une cible verbale sg. a.), tayu (3 sg. hf a.)/.
marquée, le préfixe peut y ren- tay -hsku : partie, branche (kh.).
voyer). lacemen (3 pl. fut., c.m. 1 tai : voir ta-.
sg.), ac'um ba (2 sg. prés., cem. 1 tai : ainsi.
sg.), aéten (3 pl. a., nég.), aiëum taiyun: sorte de faucon (cf. sayurj)
bai (3 sg. hm prés., nég.), aiti (3 (per.).
sg. a., nég.), aitu (3 sg. hf a., nég.), taklifltaklifi : trouble, désagrément.
aituman (pour aitum ban, 3 pl. pf., ta1 -anc : clé ; ta1 ét- : fermer (kh.).
nég.), amaEam (1 sg. fut., c. 2 pl., d~tal-ld~thal-- - : s'éveiller. laidi-
nég.), at a t bam (3 sg. passé réd., thali (3 sg. a., c. 3 sg., nég.),
c.m. 1 sg.), aten (3 pl. a., c.m. 1 dithali (3 sg. a., c. 3 sg.),
sg.), atum bai (3 sg. hm pf., c. 1 dumutaliiscumu (3 sg. hf passé, c.
sg.), atum ban (3 pl. pf., c.m. 1 3 sg. hf), dumutalum bu (3 sg. hf
sg.), ayéta (nom. II, c. 3 sg., nég.), pf., c. 3 sg. hf), duthalen (3 pl. a., c.
ayéti (3 sg. a., c. 3 sg., nég.), aybti 3 pl.)/-
(3 sg. a., c. 3 pl., nég.), éëa (nom. talh y : recherche. /talüiule/ (ou.).
II), étam (1 sg. fut., c. 3 sg.), éCam tiip : brûlant.
bu (1 sg. prés., c. 3 sg.), étam ban taqatwar : fort (ou.).
(1 pl. prés., c. 3 sg.), éEan (1 pl. task : V. -1tbsk-.
fut., c. 3 sg.), éëuman (pour éEum tati -Staru : père (v. nani). /tari, tatien,
ban, 3 pl. h prés.), éCum ba (2 sg. tatiral.
prés., c. 3 sg.), et (2 sg. impér., c. 3 taula : dedans (avec mouvement).
sg.), éta (1 sg. a., c. 3 sg.), étam ba taule : dedans (sans mouvement).
(1 sg. pf., c. 3 sg.), étam bam (1 sg. taurum : tant ; tazirum mhkuEi : dans
une telle situation, sur ces entre- ThuiCu : habitants de Thui.
faites.
taururna : alors, et puis.
tayar : prêt; tayar -man- : être prêt 6
( + dat.).
tayu : v. ta-. léki/fiki -mu:pain, sorte de miche
t e : pron. 3 sg. y ; t?/t&um: c'est (kh., sh.).
pourquoi. / té,va.?~./. teté -Sku : corde.
telé x : noix ; y, pl. -g: noyer. /telë/.
ten -jo : os. Iténan, tenjol.
teqk -ag, -aig : couteau. ltéskya~el.
téyafe : alors, là-dessus (cf. te).
tézailia : avec force, de plus belle.
tik y pl. : terre. Itikal.
til -1- : oublier (le préf. personnel
renvoie à l'erg.) (v. -1-).
to/t6: là, alors. Dat. tbla: là (avec
mouvement). Loc. t6le: là (sans ii-/u1-: préf. personnel 3 pl. hmx,
mouvement). A bl. tblum : de là. type 1.
toq y : fondrière. ltoqan, toqurnl. -u- -c'- (avec c. hx, le rad. disparaît
torum zhxy : dix. derrière mi-) : donner (le préf.
-toto -rnig: patte, plante des pieds. personnel renvoie a la c.m., quand
/mutbtomig/. la c.n.m. est inanimée). laium ba (2
toule: là, alors, à ce moment (cf. sg. pf., nég.), aium bhscumu (2 sg.
taule ?). plus-que-pf., nég.), au (2 sg.
toya : là-même (v. to et -yu). impér., c. 1 sg.), awic'a (nom. II, c.
tuéqltuk -a : arme, fusil (kh.). 1 sg.), guc'am (1 sg. fut., c. 2 sg.),
tu1 -anc : serpent. ltula, tulan, tulanc, numu (nom. IV, c. 3 sg. hf), ueam
tule/. (1 sg. fut.), ui (3 sg. a.), u bam (3
tumalEi : v. -1tzimal-. sg. passé réd.)/.
tiini -mu : petite hotte. ltunic'il. uEi : v. -Ci-.
uyana : v. -yan-.
uhfini : v. -hün-.
ukaf : avec eux (v. u- et -kat).
ula : dedans (avec mouvement).
tham -u : roi. /thamü/. ule : dedans (sans mouvement). /de-
thaméne : l'an dernier. kala/.
thamü : v. tham. -ule : désinence de locatif.
thanum pl. thayu, -ig : haut, grand. iilekala : v. ule et -ka[.
thap -ig : nuit, obscurité; thbpe: de un : pron. 2 sg. : toi. /go, go, goya,
nuit. lthiipa, thiipane, thïipe, gbiga/.
thapea (= thhpeya < thape + urk- -ic'-/urC-: cacher. lurken (3 pl.
ya)l. a.), urki (3 sg. a.), urkurn bai (3 sg.
thas -59: fumée. /thasan, thasen/. hm pf.), urkum bum (3 sg. hf
thu : crachat ; thu ét- : cracher. plus-que-pf.)/.
Thui : nom de lieu. urbice : v. -roice.
-us, pl. uiindaru: épouse. /use, usen, waliia, wali : v. bal-.
us?710ylli . walte r , walto hxy : quatre.
d-us- -S-, pl. di-aga-/di-&a-: sortir, wiiui : V. halü-.
monter, se dresser. ldiaia (nom. walum : v. bali.
II, c. hm. pl.), dias'ayen (3 pl. a.. c. wilumi : v. balü-.
hm. pl .), dus/dusen/dusene (nom. waphadar : loyal (ou.).
IV), ciris dus barn (3 sg. passé du-war- -ë-: verbe utilisé dans l'ex-
réd.), dusi (3 sg. a.j, dusun dua (3 pression gon duwbri: l'aurore se
sg. y pf.)/. mit à poindre.
d-us-/d~us- -S-, pl. d~yega-,d~yeSc'-: waryan -yayu : cadavre (kh.).
retirer, Ôter. /daus (2 sg. impér., w5ri y : tour. /wûriule. wûriyafel (ou.).
c. 1 sg.), 'déus (2 sg. impér., c. 3 du-wh- -5 pl. du-wâ~a- (c.y) /
sg.), 2dbu.s (nom. IV, c. 3 sg.), d-was-, pl. d~waga- (c. hx) :
déusi (3 sg. a., c. 3 sg.), déuia rester, demeurer. ldiw~~si (3 sg. a.,
(nom. Il, c. 3 sg.), dius (nom. IV, c. 3 sg.), duuiasun dua (3 sg. y pf.)/.
c. 3 sg.), diuse (2 sg. impér., c. 3 waS, waSarn, waSCa, waSEarn, waSen,
sg.), diusi (3 sg. a., c. 3 sg.), diuia waSi, waSim, waSiman : v. biia-.
(nom. II, c. 3 sg.), diyeia (nom. II, waf -ig/-ig : écorce. lwajanl.
c. 3 sg., hm. pl.), dousu (pour wau -iStaru: grand-mère, vieille
déusu 3 sg. hf a., c. 3 sg.), dousum femme. lwawenl (kh.).
bi (3 sg. x pf., c. 3 sg. ( ?) ou 3 pl.), we: pron. 3 pl. h ; ils, elles. lwë,
duyeia (2 sg. impér., c. 3 pl. hm. wëcum, wéyal.
pl.>/. d~wes--.f-: sauver qn. /dawe,fuma (2
usen: v. -us. sg. fut., c. 1 sg. interr.1 (niv. II de
uséni -g/-mi9 : mouchoir (kh.). du-wés- se sauver, en réchapper).
usrnoya : v. -Us.
ugam -iiu : adoptif.
uSipena : v. -iipen.
ut -une : chameau. lutan, ute, utyajel.
uya : eux-mêmes, leur (v. r i - et -ya). ya : ou.
uyar : devant eux. (v. u- et -yar). Lys: même. Iguya, isqbya, jaggblu-
uyaste : v. -yast. leya, jaya, maya, miya, tbya,
uyé : v. -yé. thape(y)a, uya/ (le préf. personnel
uyéci : v. -yéc-. de type 1 appuyé par prend
également valeur de possessif;
aya : mon, ma, mes, gMya : ton, ta,
tes, iya, mziya: son, sa, ses, miya:
notre, nos, maya: votre, vos;
wa : v. ma. uya : leur, leurs ;v. 111.3).
wayda -ig: stipulation ; wayda ét- : -ya- -2-, niya: rencontrer, heurter
convenir (ou.). (qn. -ce). Iguyam bu (2 sg. prés., c.
waja y : cause. lwhjayatel (ou.). 2 sg.), yaëa (nom. II), ybi (3 sg. a.),
waxt -ig: temps, fois. lwaxtan, wax- yam bu (3 sg. hf pf., v. n. 11.9)/.
tule/ (ou.). d ~ y a l d t y a: thème verbal conjugué
du-wal- -C-, pl. du-walEa-/du-waija-: supplétivement avec cur- et jo-:
voler. JduwaZja (nom. II, hm. pl.)/. venir. Iatia (3 sg. a., nég.), atim
(nom. III, nég.). u r h bi ( 3 sg. x pf. yiir sg. et pl. yaran: ami. /llâra,

nég.). atokunz (nom. IV, 2 sg., ~lurdn,)6re, .


nég.). &la (1 sg. a.). flhj~crnzam -i.- : faire paître. /aijdrCurn bai
(pour dajlam barn. 1 sg. plus- (3 sg. hm pf., nég), nuyar (nom.
que-pf.), u'uj.arn bu ( 1 sg. pf.), IV. c. 3 pl.). .vürtu (nom. II),
dildi (nom. IV, c. 3 sg.), dimmnm yirurn bai (3 sg. hm pf.)/.
(pour dinz bam, 3 sg. plus-que-pf.), yara : v. -)jar.
dim/ dïm bai (3 sg. hm pf.), dïm bi yâra : v. pire.
(3 sg. x pf.), dimi ( 3 sg. a.), dinene yaran : v. yür.
(nom. IV, c. 3 sg.), diya (3 sg. hm yhras: pasteur (nom d'agent dérivé
a.), dokoyu (2 sg. a.), domom bu (3 de
sg. hf pf.), dombya (3 sg. hf a.), y à r ~ :av.
du/dü (nom. IV, c. 3 pl.), düm bién yare : v. -ybr.
(3 pl. x pf.), düne/d~nene(nom. y6re: en dessous, plus loin; postp.:
IV, c. 3 pl.), du-vu (3'pl. a.)/. sous. /yür(1/.
yaEa : v. -ya-. yârum : v. -.var-.
yah : assez ; yah ét- : en avoir assez. -yast -aru: soeur (par rapport à un
yai : v. -y&. homme). lmiybst, uybstel.
-yakal y : côté, direction. /-kalu, yata : v. yate.
-ekala, -ikal, -ikala, yukala, - -yata : v. --vate.
yakala, yakalra, -yakalca, - yate: dessus (sans mouvement). Dat.
yukulcuml. yutu: vers le haut, dessus (avec
d-yal- -i.- : entendre. /déyu1 (nom. mouvement). Ab]. ybtum : d'en
IV, c. 3 sg.), déyali (3 sg. a., c. 3 haut
sg.), dbyalen (3 pl. a., c. 3 pl.)/. -yate : 1) désinence d'adessif et d'ins-
yam : v. -ya-. trumental, 2) postpos. : avec, sur,
-yan-, -yai, riva: prendre, recevoir, après (temporel). Dat. -ya.?a:
acheter. lniya (nom. IV, c. 3 sg.), dessus (avec mouvement).
numuya (nom. IV, c. 3 sg. ho, yatekum : du dessus, d'en haut.
nziya (nom IV, c. 3 pl.), yhnen (3 -yates/-yhtis -.iu : tête. lyatiscel.
pl. a.), yani (3 sg. a.), yanum bai (3 yitum : v. yate.
sg. hm pf.), yanum bam (3 sg. -yau- -c'-/-iC-, nLyau: chercher, ra-
plus-que-pf.)/. masser (des fruits). lniyuu (nom.
1-yan-
. lyai- : faire prendre, char- TV, c. 3 sg.), yau (2 sg. impér.),
ger. Iéyani (3 sg. a., c. 3 sg.), ybui ou yawi (3 sg. a.)/.
éyanum bai (3 sg. hm pf., c. 3 sg.), yawarkis -kia : couvercle.
éyeyum (pour éyayum, nom. 1)/ -yé, pl. -yü: fils. /ayé, ayén, ayü, guyé,
(niv. II de -yan-). guyu, miyé. yë, yéya, yen, yu/.
2.
-yan- ~ y a i - :dormir. léyani (3 sg. di-yé- -c'- : se lever, se dresser. /dié
a., c. 3 sg. x), éyanum bai (3 sg. hm (nom. IV), diéi (3 sg. hm a.), diém
pf., c. 3 sg.), mbyanum bu (3 sg. hf bum (3 sg. hf pf.), dién (3 pl. a.),
pf., c. 3 sg. hf)/. diéne (nom. IV), diéyu (3 sg. hf
yaqin : opinion, conjecture. (ou.) a.>/.
-yar: devant; -yar -man-: aller en diye- -C-1d-l-i- - - lever, placer.
tête, précéder (qn: préf. person- /déyen (3 pl. a., c. 3 sg.), dbyum
nel). /uyar, yhra, ybrel. bbi (3 sg. pf., c. 3 pl.)/.
-yéc- -i-, nég. t r i c s - : yoc- -,f-. ri-?oc,.
( c . 3 pl.) : voir. ;airu ( 1 sg. a..
nég.), ~~ic.eri( 3 pl. a.. nég.), uicctzu
(3 pl. a., nég., interr.), aicum bai (3
sg. hm pf.. nég.), un1i~gcs'~cm hun (3
pl. prés. c. 1 pl.. née.). uyoiarn bar1
( 1 pl. prés. C. 3 pl., nég.), rzi~~ec,
(nom. IV, c. 3 sg.), uyéci (3 sg. a..
c. 3 pl.), j+cii ( 1 sg. a.), yeti (3 sg.
a.), yecum him (3 sg. x plus-
que-pf.)/.
yéya : v. -yé.
-yék -ig/-itig : nom.
yen, y6 : v. -)lé.

-yuhar -rig : époux. /nztq~Uhar,nlrr,lii-


haral.
-yur- -t-: mourir. /muyuru, muyurumu
(3 sg. hf a., c. 3 sg. hf), yuri (3 sg.
a.)/.

zabardast : fort, puissant ; adv. : avec


force (ou.).
zabardasti y : force. /zabardastiya.&/
(OU.).
zaxum y : blessure (ou.).
zamana y : temps. /zumununa peu de
temps après/.
zemin y : terre. /zemina/ (ou).
zemindhr -iiu : paysan (ou.).
zor ét-: faire pression sur, contrain-
dre (ou.).
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TABLE DES MATIÈRES

A 11unt-propos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Listr des abréviations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6

GRAMMAIRE

1. Phonologie
1 Vocalisme
1 . 1 Les brèves . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2 Les longues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2 Consonantisme
2.1 Description . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.2 Commentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
3 Changements conditionnés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
4 Accentuation
4.1 L'accent lexical . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . : . . . . . . . 12
4.2 Variation morphologique de l'accentuation . . . . . . . . . . 13
Notes sur la phonologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

II . Morphologie
1 Les classes
1.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.2 Valeur lexicale des classes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.3 Indices morphologiques des classes . . . . . . . . . . . . . . 16
2 Le nombre
2.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.2 Le double pluriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.3 Le singulatif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.4 Les marques morphologiques de pluriel
2.4.1 Les suffixes h . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.4.2 Les suffixes hx en -u et -6 . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.4.3 Le suffixe -a . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.4.4 Les suffixes -hnc et -ianc . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.4.5 Les suffixes y . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
160

3 La flexion
3.1 Les cas fondamentaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
3.2 Les cas secondaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
3.3 La surdéclinaison . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.4 Les postpositions . . . : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.5 Tableau de la flexion des noms . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
4 Adjectifs, numéraux et pronoms
4.1 Les adjectifs qualificatifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
4.2 Les numéraux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
4.3 Les pronoms-adjectifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
4.3.1 Pronoms personnels, pronoms et
adjectifs démonstratifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
4.3.2 Indéfinis et interrogatifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
4.3.3 Flexion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
4.3.4 Pronoms-adjectifs particuliers . . . . . . . . . . . . . . 28
5 Eléments adverbiaux
5.1 Les adverbes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29 .
5.2 Les pronoms-adverbes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
6 Préfixation
6.1 Le préfixe personnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
6.2 Noms et adjectifs préfixés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
6.3 Les pronoms-adjectifs préfixés . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
6.3.1 Le réfléchi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
6.3.2 Le réciproque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
6.3.3 L'intensif et le possessif . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
6.4 Les postpositions préfixées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
7 Le verbe: personnes, voix, modes
7.1 Les personnes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
7.2 Les voix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
7.3 Lesmodes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
8 Variations du thème verbal
8.1 Variation conditionnée par le nombre . . . . . . . . . . . . . 33
8.2 Variation conditionnée par la classe . . . . . . . . . . . . . . 33
8.3 Variation mixte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
9 Le verbe: temps et aspects
9.1 Le système . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
9.2 Le duratif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
9.3 Le perfectif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
9.4 L'aoriste . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
9.5 Le passé rédupliqué . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
9.6 Le passé en -5sc- . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
10 Structure du verbe
10.1 Les trois niveaux verbaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
10.2 La préfixation verbale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
10.3 La préfixation en (1- . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
10.4 La préfixation en -s- . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
1 1 Flexion verbale
11.1 Les thèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
11.2 Formes périphrastiques et non périphrastiques . . . . . . 38
1 1.3 Les désinences verbales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
1 1.4 Flexion de la copule b- ((être)). . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
1 1.5 Flexion d'un verbe non préfixé ét- (<faire» . . . . . . . . . . 41
1 1.6 Exemples de la flexion des verbes préfixés . . . . . . . . . . 42
11.6.1 -war- «être fatigué)) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
1 1.6.2 d-tal- «se réveiller)) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
1 1.6.3 ~ s k a r c -((chasser, couper)) . . . . . . . . . . . . . . . . 43
1 1.6.4 d ~ «frapper»
l . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
1 1.7 Flexions irrégulières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
1 1.7.1 cré- / gal-/ né- ((aller)) . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
1 1.7.2 cur- / d ~ y ad, ~ y /ajo- «venir» . . . . . . . . . . . . . . 46
1 1.8 Les formes nominales du verbe . . . . . . . . . . . . . . . . 47
11.8.1 Les nominaux 1 et III . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
11.8.2 Le nominal II . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
11.8.3 Le nominal IV . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
11.8.4 Formes particulières du nominal IV . . . . . . . . . . 48
11.8.5 Le nominal V . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
11.8.6 Valeur aspectuelle des formes nominales . . . . . . . . 49
12 Morphologie de la négation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
Notes sur la morphologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50

.
III Syntaxe
1 Syntaxe de l'accord
1.1 Le verbe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
1.2 Le syntagme nominal. l'épithète et l'attribut . . . . . . . . 53
2 Syntaxe des cas
2.1 Le cas absolu et l'ergatif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
2.2 Le datif et le génitif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
2.3 L'ablatif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
. . r-
3 La possession . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4 Syntaxe de la coordination
4.1 La coordination des mots . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
4.2 La coordination des phrases . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
5 Syntaxe des trois niveaux verbaux
5.1 Essai de systématisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
5.2 Remarques sur la tournure causative . . . . . . . . . . . . . . 60'
5.3 Remarques sur la tournure bénéfactive . . . . . . . . . . . . 61
5.4 Le passif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
6 Syntaxe de la complémentation
6.1 Hypotaxe et parataxe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
6.2 Les circonstancielles
6.2.1 Par proposition nominalisée . . . . . . . . . . . . . . . . 62
6.2.2 Par propositions à temps fini . . . . . . . . . . . . . . . . 63
6.2.3 Par noxh et sia . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
6.3 Les complétives
6.3.1 Par proposition nominalisée . . . . . . . . . . . . . . . . 65
6.3.2 Par propositions à temps fini . . . . . . . . . . . . . . . . 66
6.3.3 Par noxa . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
6.4 Les finales et les consécutives . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
6.5 Complémentation par mots Q (ane, bo, etc.) . . . . . . . . 68
6.6 Les relatives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
7 L'ordre des mots . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
Notes sur la syntaxe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71 r

.
IV Types de Phrase
1 La négation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
2 L'interrogation . . . . . : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
3 Niveaux d'énonciation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
.
V Formation des Mots
1 La composition nominale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
2 La dérivation dénominale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
3 La réduplication . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
4 Les verbes périphrastiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80

TEXTES
1 Histoire du saint-homme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
2 Qorban et Dauladust . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
3 Le roi malade . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
5 Le fils adoptif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
6 Un pari héroïque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
7 La corde de sable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
8 Le chameau perdu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101
9 Les chasseurs mystérieux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
10 Le taureau reconstitué . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105
1 1 La sorcière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
12 Une mauvaise plaisanterie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
13 Les témoins . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . III
14 Le chasseur de bouquetins . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
15 Le roi. sa femme et son écuyer . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
16 Le lion malfaisant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118
17 Voyage au pays des sorciers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120
18 Le rat des villes et le rat des champs . . . . . . . . . . . . . . 126

LEXIQUE ANALYTIQUE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 129

BIBLIOGRAPHIE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 155

TABLE DES MATIÈRES ...................... 159