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Cour de Cassation, Chambre commerciale, du 8 juin

1999, 96-10.684, Inédit

Chronologie de l'affaire

CA Paris
3 novembre 1995 > CASS
Rejet
8 juin 1999

Sur la décision
Référence : Cass. com., 8 juin 1999, n° 96-10.684
Juridiction : Cour de cassation
Numéro(s) de pourvoi : 96-10684
Importance : Inédit
Décision précédente : Cour d'appel de Paris, 3 novembre 1995
Dispositif : Rejet
Identifiant Légifrance : JURITEXT000007402459

Sur les personnes


Président : Président : M. BEZARD
Avocat(s) : Didier BOUTHORS
Parties : société Brouard Daudet, société civile professionnelle

Texte intégral

M.  Grimaldi, conseiller, M.  Jobard, avocat général,


AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
Mme Moratille, greffier de chambre ;
LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE
Sur le rapport de M. Tricot, conseiller, les observations
COMMERCIALE, FINANCIERE ET ECONOMIQUE, a
rendu l’arrêt suivant : de Me  Bouthors, avocat de M.  X… et de M.  Y…, de
Me  Blanc, avocat de la société Brouard Daudet, ès
Sur le pourvoi formé par : qualités, les conclusions de M. Jobard, avocat général,
1 / M. Serge X…, demeurant … et actuellement …, et après en avoir délibéré conformément à la loi ;

2 / M. Claude Y…, demeurant …, Donne acte à M. X… qu’il s’est désisté de son pourvoi ;

en cassation d’un arrêt rendu le 3 novembre 1995 par Sur le moyen unique, pris en ses trois branches :

la cour d’appel de Paris (3e chambre, section B), au Attendu que M.  Y…, dirigeant de la société Essor
profit de la société Brouard Daudet, société civile international (la société) depuis le 18  juillet  1989,
professionnelle, dont le siège est … (suivant les reproche à l’arrêt déféré (Paris, 3 novembre 1995) de
déclarations d’appel du 22 février 1994) et … (suivant l’avoir condamné à supporter les dettes de la société
les constitutions de son avoué), prise en qualité de mise en redressement judiciaire le 4  septembre  1989,
liquidateur à la liquidation judiciaire de la société à concurrence de 500 000  francs, alors, selon le
Essor international, pourvoi, d’une part, que selon l’article 180 de la loi du
25 janvier 1985, les dirigeants d’une personne morale
défenderesse à la cassation ; peuvent être déclarés responsables de tout ou partie
de l’insuffisance d’actif résultant d’une faute de
Les demandeurs invoquent, à l’appui de leur pourvoi,
gestion de leur part ; qu’en énonçant que les activités
le moyen unique de cassation annexé au présent arrêt ;
de la société demeuraient en marge de ses statuts
LA COUR, composée selon l’article L. 131-6, alinéa 2, quand elle poursuivait en réalité des études et des
du Code de l’organisation judiciaire, en l’audience marchés de travaux conformément à l’objet social, la
publique du 13  avril  1999, où étaient présents  : cour d’appel a procédé par voie d’affirmation et n’a
M. Bézard, président, M. Tricot, conseiller rapporteur, pas donné de base légale à sa décision au regard du
texte susvisé ; alors, d’autre part, que selon l’article
180  de la loi du 25  janvier  1985, les dirigeants d’une situation démontrait l’existence d’une faute de gestion
personne morale peuvent être déclarés responsables des dirigeants ayant contribué à l’insuffisance d’actif,
de tout ou partie de l’insuffisance d’actif résultant n’était pas tenue d’examiner les autres causes de cette
d’une faute de gestion de leur part ; qu’en se bornant à insuffisance ;
relever que la société souffrait d’une insuffisance de
capitaux propres tout en se refusant à examiner la Attendu, enfin, qu’après avoir constaté que l’actif
portée et la gravité des deux défaillances s’élevait à 170 954  francs, la cour d’appel a confirmé
contractuelles subies par la société, lesquelles se le jugement qui a condamné les dirigeants à payer les
trouvaient à l’origine directe et exclusive de ses dettes de la société à hauteur d’une somme totale de
difficultés financières, la cour d’appel a encore privé 3 500 000  francs ; que le moyen qui soutient que le
sa décision de base légale au regard du texte précité ; passif aurait été d’environ 4 000 000 francs est dénué
et alors, enfin, que suivant l’article 180  de la loi du d’intérêt, dès lors que, même dans cette hypothèse, le
25  janvier  1985, la condamnation des dirigeants ne total des condamnations prononcées n’est pas
peut, en principe, dépasser le montant de supérieur à l’insuffisance d’actif ;
l’insuffisance d’actif ; qu’en se refusant dès lors à
rechercher les raisons pour lesquelles l’insuffisance D’où il suit que le moyen, irrecevable en sa troisième
d’actif de 14 000 000  francs, tardivement annoncée branche et qui manque en fait en sa première branche,
par le liquidateur sur la foi d’éléments expressément n’est pas fondé pour le surplus ;
contestés par M.  Y…, pouvait être supérieure au PAR CES MOTIFS :
montant cumulé des créances vérifiées, lequel
s’établissait à environ 4 000 000  francs au REJETTE le pourvoi ;
31  mars  1990, la cour d’appel a encore privé sa
décision de base légale au regard du texte précité ; Condamne M. Y… aux dépens ;

Mais attendu, d’une part, que la cour d’appel n’a pas Vu l’article 700 du nouveau Code de procédure civile,
énoncé que les activités de la société demeuraient en rejette la demande de la société civile professionnelle
marge de ses statuts ; Brouard et Daude, ès qualités ;

Attendu, d’autre part, qu’ayant constaté que Ainsi fait et jugé par la Cour de Cassation, Chambre
l’orientation des activités de la société dans la commerciale, financière et économique, et prononcé
construction et la promotion immobilières imposait par le président en son audience publique du huit juin
d’effectuer des investissements importants, la cour mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf.
d’appel, qui a relevé que les moyens de financement
étaient demeurés inadaptés, et qui a retenu que cette