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8/12/2020 Al-Ahram Hebdo, Dossier |

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Président Morsi Attalla


Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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Semaine du 12 au 19 Septembre 2007, numéro 679


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Dossier
Presse francophone d’Egypte . Elle reste dans la course, en dépit des difficultés, avec l’idée
d’exprimer la diversité politique, culturelle et sociale de l’Egypte. Focus à l’occasion du 14e
anniversaire d’Al-Ahram Hebdo et de la numérisation de 200 ans de journaux et revues rédigés en
français.

Un étendard qui flotte toujours


« Enfant du miracle », telle serait la presse arabe francophone du
Une moins selon l’écrivain libanais Salah Stétié. C’était il y a un peu
plus de 10 ans. A l’époque, un certain mouvement était
Evénement perceptible. Des journaux et magazines rédigés en français, mais
Dossier authentiquement nationaux. « 50 % au moins des titres
francophones qu’on achète aujourd’hui n’existaient pas en 1989 »,
Nulle part ailleurs écrit Gilles Kraemer dans son ouvrage La presse francophone en
Invité Méditerranée. Pour le cas précis de l’Egypte, en dépit de la
persistance d’un ancien titre, Le Progrès Egyptien, fondé par un
Egypte
Grec désigné par le haut commissaire britannique, le lord Cromer
Economie en 1893, cette presse n’était guère l’héritière de l’ancienne
tradition francophone. Le contexte d’apparition est tout à fait
Monde Arabe
différent. Des titres comme Le Courrier d’Egypte, L’Egyptienne et
Afrique Le Phare égyptien faisaient déjà partie de l’histoire. Tous et bien d’autres (Lire page 5) étaient nés dans la
Monde foulée de l’Expédition de Bonaparte (1798-1801). Le Courrier d’Egypte n’était qu’un hebdomadaire de l’armée
française. Mais dans ses pages ont figuré « les premiers reportages de guerre, des récits de voyage, de
Opinion nombreux correspondants qui déambulent partout dans Le Caire à l’affût d’une scène pittoresque », raconte
Société Kraemer dans un autre livre, Trois siècles de presse francophone. Par la suite et sous Mohamad Ali, la
renaissance culturelle fut largement tributaire d’une sorte d’admiration du modèle français. Le premier journal
Arts égyptien Al-Waqaïe Al-Masriya (le journal officiel) était en arabe et en turc avec une « version séparée en
Livres français ». Au fil des années, la langue de Molière est devenue celle des salons littéraires et des débats
politiques et aussi des cercles juridiques, le droit égyptien étant largement inspiré du droit français. Ceci en
Littérature plus de l’existence d’une importante communauté française et francophone, notamment à Alexandrie, ville
Visages cosmopolite, dont les intérêts et le mode de vie justifiaient la présence de ces publications.
Environnement Evidemment, aujourd’hui les choses ont changé. S’il y a 40 000 élèves dans les établissements de langue
française, le français n’est que la deuxième langue étrangère d’Egypte après l’anglais. La population n’est
Voyages
même pas partiellement francophone. L’élite politique n’est plus francophone, comme c’est le cas par
Sports exemple au Liban. Comment expliquer le maintien et surtout le renouveau d’une pièce francophone ? Ainsi,
Al-Ahram Hebdo entame-t-il cette semaine sa 14e année de publication. Il est publié par la plus grande
Vie mondaine
institution de presse d’Egypte, ce qui est un fait à ne pas négliger. Il prend la relève plus ou moins d’un
Echangez, écrivez ancêtre, Les Pyramides, publié par Al-Ahram, il y a plus de cent ans. C’est-à-dire qu’il témoigne d’une
certaine volonté politique. Non seulement Le Caire veut maintenir sa place dans l’organisation de la
francophonie, mais comme le relèvent certains observateurs, il tient à ne pas asseoir le monopole de
l’anglais. Curieuse équation qui date du temps du colonialisme britannique où le français était la langue
libertaire. Aujourd’hui encore, il fait face à un anglais, langue de la superpuissance américaine dont on veut
limiter l’influence. D’une certaine manière, une publication comme Al-Ahram Hebdo fait quand même partie
d’un ensemble. Indépendamment du lectorat à l’étranger et de celui traditionnel au niveau local, cet
AGENDA
hebdomadaire a un important public scolaire motivé par une présence française souvent de qualité dans les
universités, à l’exemple des filières francophones.
Publicité La francophonie scolaire ne peut à elle seule justifier la publication de journaux en français. Les motivations
Abonnement politiques, voire diplomatiques, restent essentielles ; c’était aussi le cas auparavant lorsque le dirigeant
nationaliste Moustapha Kamel a fait publier au début du XXe siècle, L’Etendard, en français aux côtés de The
standard, en anglais. On dit que ce qui permet au Progrès Egyptien et encore à l’Hebdo de se maintenir, c’est
cette relation privilégiée entre l’Egypte et la France. Les deux publications, en dépit de leurs lignes éditoriales
fort différentes, appartiennent à des groupes plus ou moins publics.
Cela dit, des difficultés de budget sont le point commun. Ces publications n’ont certes pas les mêmes
moyens que ceux en langue anglaise. Ce qui explique l’inexistence de titres privés francophones,
contrairement aux publications en anglais. L’une des dernières, La Revue d’Egypte, a été contrainte à fermer
ses portes juste deux ans après son lancement en 2003. Elle appartenait à un groupe privé américain. « Mais
le manque de recettes publicitaires a provoqué sa fermeture. Le français n’est pas rapporteur en matière de
publicité », explique Stéphanie Wenger, ancienne rédactrice en chef de la revue. Actuellement, elle dirige Le

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Petit Journal du Caire, qui est sur le Net (Lire page 4). Le groupe maintient en revanche ses revues en
anglais.
L’avantage des publications francophones se situe au niveau de la ligne éditoriale avec beaucoup plus de
liberté que la presse même en anglais. Le fait de ne pas être accessible à la majorité de la population élargit
la marge de liberté et de critique. A Al-Ahram Hebdo, on se permet de s’attaquer à la politique de l’Etat et à
certains agissements du régime qu’on ne peut certainement retrouver dans le quotidien en arabe.
L’idée fondamentale est d’exprimer l’Egypte dans sa diversité sur les plans politiques culturels et sociaux et
d’exprimer aussi les vues égyptiennes sur les dossiers politiques qui la concernent, celui du Proche-Orient
notamment. Parfois parler d’Israël en français paraît détonner sur ce qui est écrit ailleurs, même en France.
En fait, on oublie qu’il s’agit de défendre les droits des Palestiniens reconnus par l’Onu et les différents
résolutions et accords internationaux. Un message qui reste prioritaire.
Samar Al-Gamal
Ahmed Loutfi

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