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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique


‫اﻟﻣــــدرﺳـــﺔ اﻟوطﻧﯾــــﺔ اﻟﻌﻠﯾـــــﺎ ﻟﻸﺷﻐـﺎل اﻟﻌﻣوﻣﯾـﺔ‬
Ecole Nationale Supérieure des Travaux Publics
National School of Built and Ground Works Engineering

Mémoire
Pour l'obtention du diplôme de MASTER

Filière : Travaux Publics

Spécialité : Matériaux & Structures

Etude de l'influence des additions minérales et les


adjuvants rhéofluidifiant sur le comportement
rhéologique des matériaux cimentaires.

Présenté par : Encadré par :


 ALLOUACHE Abdelaziz Mme H-SAOUDI.
 ALLAOUI Abdelmalek

Promotion 2015 /2016

© ENSTP – Garidi – Vieux Kouba


Remerciements

Nous tenons tout d’abord à remercier ALLAH le tout

puissant et miséricordieux qui nous a donné la force et la


patience d’accomplir ce travail. En second lieu, il nous est

agréable d’exprimer nos grands remerciements et notre

grande reconnaissance à nos parents et toute nos familles

(ALLAOUI et ALLOUACHE),troisième lieu un remerciement

profond à notre encadreur Mme.SAOUDI pour son suivi

et conseils durant la période du travail. Nous

tenons également à exprimer notre gratitude envers tous

les enseignants surtout ceux du module matériau

M.GUETTACHE et Mme.BADAOUI et le personnel

administratif de l’ESNTP qui ont contribué à notre

formation et à l’élaboration de ce présent travail. Nous

remercions aussi nos camarades surtout M . Blafdel

Elhani ,Chettouh Nabil……


Résumé :
L’objectif de ce travail est d’apporter une contribution à la compréhension des
principaux mécanismes d’action des additions minérales incorporées dans les matériaux
cimentaires.
L’utilisation de ces matériaux, couplés aux superplastifiants, a permis d’améliorer de
façon significative les propriétés rhéologiques de ces derniers.
Premièrement une synthèse est faite sur les différents matériaux cimentaires existants
ainsi que leurs propriétés physiques et mécaniques tout en citant les phénomènes qui
influencent prochainement sur leur comportement surtout à l’état frais.
Ensuite la recherche porte sur la rhéologie générale en mettant l’accent sur les
principaux paramètres rhéologiques d’une manière générale tout en citant les différents
comportements des fluides passant par la suite à la rhéologie des matériaux cimentaires
ainsi qu’une série d’essai empirique et d’appareils de mesure caractérisant la rhéologie
ont été définis.
Toutefois, afin d’en tirer le meilleur parti, les caractéristiques des additions minérales
et leur action sur les propriétés de ces matériaux ont été exposées en citant les adjuvants
fluidifiants avec explication de leur action sur la rhéologie puis soutenu par une analyse
critique des résultats d’un article de recherche sur l’utilisation conjuguée des additions
minérales avec les adjuvants.
Les mots clés : les additions minérales, les matériaux cimentaires, les superplastifiants, la
rhéologie.

Abstract :
The objective of this work is to contribute to the understanding of the main
mechanisms of action of mineral additives incorporated into cementitious materials.
The use of such materials, coupled with superplasticizers has improved significantly
the rheological properties thereof.
First a summary is made of the various existing cementitious materials and their
physical and mechanical properties while citing phenomena that soon influence their
behavior especially fresh.
Then the search is for the general rheology focusing on key rheological parameters
generally while citing the different behaviors of fluids through the following rheology of
cementitious materials and a series of empirical test and measurement devices
characterizing the rheology were defined.
However, in order to maximize the characteristics of mineral admixtures and their
effect on the properties of these materials were exposed by citing the liquefying
admextures with explanation of their action on the rheology and supported by a critical
analysis of results of research article about a combined use of mineral additions with
admixtures.
‫ﻣﻠﺨﺺ‬
‫اﻟﮭﺪف ﻣﻦ ھﺬا اﻟﻌﻤﻞ ھﻮ اﻟﻤﺴﺎھﻤﺔ ﻓﻲ ﻓﮭﻢ اﻵﻟﯿﺎت اﻷﺳﺎﺳﯿﺔ ﻟﻠﻌﻤﻞ ﻣﻦ اﻟﻤﻀﺎﻓﺎت اﻟﻤﻌﺪﻧﯿﺔ اﻟﺘﻲ ﺗﻢ اﻟﻤﻮاد اﻻﺳﻤﻨﺘﯿﺔ‬
‫و ﯾﺤﺴﻦ اﺳﺘﺨﺪام ھﺬه اﻟﻤﻮاد ﻣﻊ اﻟﻤﻮاد اﻟﻤﺴﺎﻋﺪة ‪ ،‬ﻓﻲ ﺧﺼﺎﺋﺺ اﻻﻧﺴﯿﺎﺑﯿﺔ ﻣﻨﮫ دﻣﺠﮭﺎ ﻓﻲ اﻟﻤﻮاد اﻷﺳﻤﻨﺘﯿﺔ‪.‬‬
‫أوﻻ ﻗﻤﻨﺎ ﺑﻤﻠﺨﺺ ﻟﻤﺨﺘﻠﻒ اﻟﻤﻮاد اﻷﺳﻤﻨﺘﯿﺔ اﻟﻤﻮﺟﻮدة واﻟﺨﺼﺎﺋﺺ اﻟﻔﯿﺰﯾﺎﺋﯿﺔ واﻟﻤﯿﻜﺎﻧﯿﻜﯿﺔ ﻓﻲ ﺣﯿﻦ ﻧﻘﻠﻨﺎ ﻋﻦ‬
‫اﻟﻈﻮاھﺮ اﻟﺘﻲ ﺗﺆﺛﺮﻓﻲ ﺳﻠﻮﻛﮭﻢ ﻣﺴﺘﻘﺒﻼ‪.‬‬
‫ﺛﻢ ﯾﺘﻢ اﻟﺒﺤﺚ ﻋﻦ اﻟﺮﯾﻮﻟﻮﺟﯿﺎ اﻟﻌﺎﻣﺔ ﺑﺤﯿﺚ رﻛﺰﻧﺎ ﻋﻠﻰ اﻟﻤﺼﻄﻠﺤﺎت اﻟﺮﯾﻮﻟﻮﺟﯿﺔ اﻟﺮﺋﯿﺴﯿﺔ ﻋﻤﻮﻣﺎ ﻓﻲ ﺣﯿﻦ ﻧﻘﻠﻨﺎ ﻋﻦ‬
‫ﺳﻠﻮﻛﯿﺎت ﻣﺨﺘﻠﻔﺔ ﻣﻦ اﻟﺴﻮاﺋﻞ ‪.‬ﺛﻢ اﻧﺘﻘﻠﻨﺎ اﻟﻰ اﻟﺮﯾﻮﻟﻮﺟﯿﺎ اﻟﺨﺎﺻﺔ ﺑﺎﻟﻤﻮاد اﻷﺳﻤﻨﺘﯿﺔ وﺳﻠﺴﻠﺔ ﻣﻦ اﻟﺘﺠﺎرب و ذﻛﺮﻧﺎ‬
‫أﺟﮭﺰة ﻗﯿﺎس رﯾﻮﻟﻮﺟﯿﺔ‪.‬‬
‫وﻣﻊ ذﻟﻚ‪ ،‬ﻣﻦ أﺟﻞ ﺗﺤﻘﯿﻖ أﻗﺼﻰ ﻗﺪر‪ ،‬ﺧﺼﺎﺋﺺ اﻟﺨﻠﻄﺎت اﻟﻤﻌﺪﻧﯿﺔ وﺗﺄﺛﯿﺮھﺎ ﻋﻠﻰ ﺧﺼﺎﺋﺺ ھﺬه اﻟﻤﻮاد ﻣﻊ‬
‫اﻹﺿﺎﻓﺎت اﻟﻤﺴﯿﻠﺔ ﻣﻊ ﺷﺮح ﻋﻤﻠﮭﺎ ﻋﻠﻰ اﻟﺮﯾﻮﻟﻮﺟﯿﺎ وﯾﺪﻋﻤﮭﺎ اﻟﺘﺤﻠﯿﻞ اﻟﻨﻘﺪي ﻟﻨﺘﺎﺋﺞ اﻻﺳﺘﺨﺪام اﻟﻤﺸﺘﺮك ﻟﻺﺿﺎﻓﺎت‬
‫اﻟﻤﻌﺪﻧﯿﺔ ﻣﻊ اﻟﻤﻮاد اﻟﻤﺴﺎﻋﺪة‪.‬‬
‫اﻟﻜﻠﻤﺎت اﻟﻤﻔﺘﺎﺣﯿﺔ ‪ .‬اﻟﻤﻀﺎﻓﺎت اﻟﻤﻌﺪﻧﯿﺔ اﻟﻤﻮاد ﻻﺳﻤﻨﺘﯿﺔ اﻟﻤﻮاد اﻟﻤﺴﺎﻋﺪة رﯾﻮﻟﻮﺟﯿﺎ‪.‬‬
Sommaire

Résumé
Remerciements
Sommaire
Liste des figures
Liste des tableaux
Introduction générale …………………………………….……..1

Chapitre I :
Notions de base sur les matériaux cimentaires.
I. Introduction……………………………………………….…………………3
II. Les ciments……………………………………………………………... 3
II.1. Définition: ……………………………………..……………………3
II.2. Composition du ciment……...………………………………………3
II.3. PROPRIETES DES CIMENTS…………………….………………3
II.3.1. caractéristique physique……………………...…………………4
II.3.1.1 Comportement physico-chimique de la pate……..…………4
II.3.1.2. Indice d’hydraulicité ………………………………………5
II.3.1.3. Prise …………………………………………….…………5
II.3.1.5. Fausse prise………………………………………...……...6
II.3.1.5. Chaleur d’hydratation ……………………….....…………6
II.3.1.6. Finesse de mouture ………….………………………...….6
II.3.1.7. Retrait …………………………..…………………………6
II.3.1.8. Expansion …………………………………………………7
II.3.1.9. Gonflement ……………………………………..…………7
II.3.2. Caractéristique mécanique des ciments courants ………………7
III. Le béton ……………………………………………………..…………….9
III.1. Définition …………………………………………...…………9
III.2. Mise au point sur les ´définitions des maniabilité,
ouvrabilité, ”workability”, consistance, plasticité´e et cohésion ………...…10

Chapitre II:
Initiation à la Rhéologie.
I. La rhéologie générale ………………………………………………………13
I.1. Introduction ………………………………………………….…………13
I.2. Paramètres Rhéologiques ………………………………………………13
I.2.1. Contrainte de cisaillement τ [Pa] ……………………….…………..13

I.2.2. Vitesse de cisaillement γ̇ ouε̇ [s-1] ……………………………..……13


I.2.3. Seuil de cisaillement τ0 [Pa]…………………………………………13
I.2.4. Viscosité [Pa.s] …………………………...…………………………14
I.2.5. Concentration volumique ……………...……………………………15
I.3.Types d’écoulement …………………………..…………………………16
I.3.1. Ecoulement de cisaillement permanent ………..……………………16
I.3.2. Comportement Newtonie ……………………………...……………17
I.3.3. Comportement non Newtonien ……………………..………………17
I.3.3.1 Comportements rhéofluidifiant ………………………………… 17
I.3.3.2 Comportements rhéoépaississant …………………..……………18
I.3.3.3 Comportement à seuil de contrainte ………………..……………18
I.4. Thixotropie et modèles ………………………….……….……………19
I.4.1. Définition ……………………………………………..….…….…19
I.4.2. Modèles …………………………………...………………………19
I.5. Viscoélasticité …………………………………………………………20
II. Rhéologie des matériaux cimentaires ………………………………..……20
II.1. Comportement rhéologique ……………………………………………21
II.1.2. Comportement indépendant du temps ………………………..……21
II.1.2.1. Régimes d’écoulement…………………………………………21
II.1.2.2. Lois de comportement ………………………………...………22
II.1.3. Comportement dépendant du temps ……………………..……..…23
II.1.3.1 Thixotropie ……………………………………………………23
II.1.3.2 Réactions d’hydratation ………………………………………24
II.1.3.3 Dilatance. ……………………………………..………………24

Chapitre III:
La Rhéologie au laboratoire.
I. Introduction ………………………………………………………………...27
II. Quelques essais rhéologiques existants ……………………………………27
II.1. Essais empiriques pour béton ………………………………………….27
II.2. Appareils de mesures rhéologiques ……………………………………32
II.2.1. Rhéomètres agitateurs-malaxeurs …………………………………32
II.2.2. Rhéomètres à cylindres coaxiaux………………………………….34
II.2.1. Rhéomètre plan-plan………………………………………………34
II.2.3. Comparaison des rhéomètres. …………………………………….35

Chapitre IV: L'influence des additions minérales et les adjuvants


rhéofluidifiant sur le comportement rhéologique.
I. Introduction ………………………………………………………………...37
II. Les addition minérales ……………………………………………….……37
II.1. Définition ……………………………………………………………...37
II.2. Les différents types d’additions ……………………...……………….37
II.3.Action des additions minérales sur les matériaux cimentaires…………38
II.4. Effet des additions minérales sur la rhéologie ……………………......42
II.4.1 Effet du type de l’addition ……………………………………..…42
II.4.2 Effet du taux de verre…………………………………………......44
III. Les adjuvants fluidifiants: ……………………………………...………..45
III.1. Adjuvants plastifiants réducteurs d'eau ………………………...… 45
III.1.1. Définition [norme EN 934-2] …………………...…………… 45
III.1.2. Mécanisme d'action……………………………………………45
III.1.1.3. Influence de dosage en plastifiant………………………...…46
III.2. Adjuvants superplastifiants hauts réducteurs d'eau …………….. 47
III.2.1. Définition [Norme EN 934-2]…………………...……………47
III.2.2. Mécanisme d'action ……………………………………..……47
III.2.3. Influence des superplastifiants ……………………………….50
III.3. Effet du superplastifiant/plastifiant sur la rhéologie: …………..…50
III.3.1. Effet du mode d’introduction: ……………………………..…50
III.3.2. Effet du dosage en superplastifiant/plastifiant………………..52
III.3.3. Effet du type de superplastifiants……………………………..……53

Chapitre V :
Expérimental et analyse critique
I. Introduction……………………………………………………….55
II..Le Résumé : ……………………………………………………...55
III. Détermination des propriétés rhéologiques: ……………………...…55
III.1. Matériaux utilises: ………………………………………...…….55
III.2.Matériels utilisés: ……………………………………………..…56
III.3. Compositions des mortiers de ciment : …………………………57
III.4. Résultats et Interprétations : ………………………………...…57
III. 5. Discussion: ……………………….………………………...…59
IV. Critique et limite de l’étude: …………………………………………59
V. Conclusion: ………………………………………………………...…60

Conclusion et perspectives…………………………….....61
Annexe.
Les références.
Liste des figures
Figure 1. 1 : Courbe typique de calorimetrie isotherme d'un ciment (Garcia, 1999)………..5

Figure 2.1 :Schéma de l'écoulement de cisaillement simple………………………………..16

Figure 2.2 : Rhéograname des différents comportements………………………………….18

Figure 2.3 : Evolution de la viscosité apparente d’un matériau cimentaire en fonction


du cisaillement qui lui est applique…………………………………………………………21

Figure 2.4 : Modèle de Bingham utilisé dans la littérature pour représenter la courbe
d’écoulement d’un fluide `a seuil…………………………………………………………….23

Figure 3.1 : Le cône d'Abrams…………………………………………………………….29

Figure 3.2 : L'appareil V.B………………………………………………………………...29

Figure 3.3 : Le maniabilimètre L.C.L……………………………………………………...31

Figure 3.4 : Rhéomètre Two-point-test……………………………………………………33

Figure 3.5 : Rhéomètre à béton IBB………………………………………………….…...33

Figure 3.6 : Rhéomètre BML…………………………………………………………..…34

Figure 3.8 : Rhéomètre à béton BT Rhéom…………………………………………...…..35

Figure 3.9 : Valeurs de viscosités plastiques et seuils de cisaillement identifiés sur


des bétons et mortiers étudiés avec different appareils……………………………………...35

Figure 4.2 :Evolution de la résistance en compression pour les mortiers avec additions
de finesse équivalente, en fonction du taux de substitution du ciment, selon
lawrence……………………………………………………………………………………..41

Figure 4.2 : Variation de l’ouvrabilité d’un béton en fonction du pourcentage de fumée


de silice pour différents rapports eau/liant…………………………………..………...……43

Figure 4.3 : Effet du taux de substitution sur l’ouvrabilité du béton au laitier


pour deux taux de verre………………………………………………………………….…44

Figure 4.4 : Floc de ciment en l’absence de réducteur d’eau selon Rixom……………45

Figure4.5 : Mode d’action des molécules des réducteurs d’eau suivant leur
nature ionique selon keijger………………………………………………………………..46

Figure 4.6 : Représentation schématique de l’adsorption d’un polymèr


e à la surface d’une particule selon Jolicoeur & al………………………………………...48

Figure4.7: Illustration schématique de la répulsion électrostatique entre deux particules


selon Jolicoeur. …………………………………………………..………...…………...…48

Figure4.8 : Représentation schématique du phénomène de répulsion entropique ou


stérique selon Jolicoeur………………………………………………………………...…49

Figure 4.9 : Réduction du besoin en eau des mortiers à base de CEM II/A- additions à
maniabilité constante par teneur relative en additions, selon Kara Ali l’adjuvant
fluidifiant à base de poly-mélamine en fonction de la…………….…………..…………..51

Figure 4.10 :Variation de la fluidité d’un coulis pour plusieurs modes


d’introduction……………………………………………………………….…………….52
Figure 4.11 : Influence de la quantité de superplastifiant sur l’étalement et la viscosité
d’un béton. ………………………………………………………….…………..…………..53

Figure 4.12 : Effet du dosage en superplastifiant sur les paramètres rhéologiques…..…53

Figure 5.1 : Rhéomètre à mortier…………………………………………………….…57

Figure 5.2 : Variation de la contrainte de cisaillement en fonction du taux de


cisaillement pour les mortiers contenant la fume de silice et adjuvantes en
superplastifiants……………………………………………………………………………...58

Figure 5.3 : Variation de la contrainte de cisaillement en fonction du taux de


cisaillement pour les mortiers contenant la fume de silice et adjuvantes en
superplastifiants……………………………………………………………………………...58
Liste des Tableau.
Tableau 1.1 : Les ciments courants en fonction de Leurs résistances mécaniques à la
en MPa à 28 jours……………………………………………………………………………8

Tableau 1.2 : Résistance à j jours des différentes classes de ciment………..…………...…8

Tableau 2.1 : Définitions des viscosités………………………………………...................14

Ttableau 5.1: Caractéristique de ciment CEM I 52.5 N CP2…………..……………….…56

Ttableau 5.2: Caractéristique de superplastifiants…………………….………………...…56


Introduction Générale
Introduction générale

Introduction générale:
Les développements récents dans le domaine du béton montrent que l’incorporation
conjuguée d’adjuvants fluidifiants et d’additions minérales fines (diamètre moyen inférieur
à 100 µm) et ultrafines (diamètre moyen inférieur à 5 µm) conduit, généralement, à la
réduction de la quantité d’eau nécessaire au gâchage et à l’augmentation conséquente de la
compacité du matériau. Ainsi, des améliorations très significatives des propriétés
rhéologiques et des performances mécaniques, physiques et de durabilité des bétons
peuvent être obtenues .
Outre la réponse aux besoins technologiques évidents, l’utilisation des additions
minérales et des adjuvants fluidifiants dans les mélanges cimentaires constitue aussi un
enjeu économique et un défit scientifique pertinent. En effet, l’incorporation des additions
minérales dans le squelette d’un mélange granulaire ne peut pas s’appuyer sur les méthodes
classiques d’optimisation de l’empilement granulaire (Valette, Faury, Dreux-Gorisse, ...)
utilisées pour la détermination des quantités des granulats nécessaires pour la formulation
des bétons courants. La petite dimension des particules des additions les rend beaucoup plus
sensibles aux forces inter-particulaires et aux tensions superficielles de la phase liquide. Des
phénomènes de floculation des particules peuvent apparaître ainsi que des interactions fortes
avec les grains de ciment anhydres et les premiers produits hydratés. L’efficacité de la
dispersion des particules par les adjuvants fluidifiants n’est que partielle, elle dépend de la
nature et de la quantité relative ciment - addition minérale employée dans la formulation.
Le comportement rhéologique des mélanges avec additions minérales et adjuvants
fluidifiants s’écarte sensiblement des modèles rhéologiques considérés pour les bétons
courants. Par ailleurs, les particules minérales peuvent réagir chimiquement avec la matrice
cimentaire pour former des produits similaires à ceux résultant de l’hydratation du ciment .
L’enjeu économique de cette recherche est également très important. L’utilisation des
additions minérales dans le béton permettra de valoriser en grande quantité une catégorie de
matériaux naturels ou co-produits industriels qui en raison de leur nature pulvérulente ne le
sont pas assez actuellement. De plus, la maîtrise de l’utilisation des additions minérales et
des adjuvants fluidifiants permettra à l’industrie du béton de proposer une gamme de
formulations mieux adaptées aux besoins de l’utilisateur assurant ainsi des meilleures
performances aussi bien pour l’exécution que pour l’exploitation des ouvrages en béton du
génie civil tout en évitant les problèmes de pompage et d'injection de ce matériau.
Pour mener cette recherche la démarche suivie a consisté dans le chapitre 1 à faire une
synthèse sur les différents matériaux cimentaires existants ainsi leur propriétés physiques et
mécaniques tout en citant les phénomènes qui influencent prochainement sur leur
comportement surtout à l’état frais
Ensuite la recherche sur la rhéologie est introduite et fait l’objet deux chapitres :
 Dans le chapitre 02 , la première partie traite la rhéologie générale en mettant
l’accent sur les principaux paramètres rhéologiques d’une manière générale tout
en citant les différents comportements des fluides . La deuxième partie traite la
rhéologie particulière autremendit celle des matériaux cimentaires en citant les
lois de comportement correspondantes ainsi que le régime d’écoulement de ces
matériaux.
 Dans le chapitre 03 , une série d’essai empirique caractérisant la rhéologie a été
définie ensuite plusieurs types d’appareils de mesure rhéologique ont été présentés
avec une comparaison entre eux .

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Introduction générale

Dans le chapitre 04 , les différents types d’additions minérales ont été exposées ainsi que
leur principaux effets qui se superposent pour influencer les propriétés du matériau à l’état
frais puis les adjuvants fluidifiants ont été introduits tout en expliquant leur effets sur la
rhéologie.
Dans le chapitre 05, une analyse critique des résultats d’un articles de recherche a été
menée mettant en évidence le rôle de l’utilisation conjuguée des additions minérales et des
adjuvants fluidifiants dans l’amélioration du comportement rhéologique des matériaux
cimentaires.
La conclusion générale synthétise les principaux résultats obtenus dans cette étude pour
les mortiers avec additions à l’état frais citant ainsi quelques recommandations et
perspectives pour la continuité de la recherche.

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Chapitre I:
Notions de base sur les matériaux cimentaires.
Chapitre 01: Notions de base sur les matériaux cimentaires.

I. Introduction:
Le terme de « matériaux cimentaires » désigne les matériaux obtenus à partir du mélange
a minima d’eau et de ciment constituant la pâte de ciment. Ces matériaux prennent le nom
de mortiers quand du sable (diamètre maximum des grains de 4 mm) est ajouté à l’eau et au
ciment, et le nom de bétons si des gravillons (diamètre des grains supérieur à 4 mm)
complètent ce mélange [1].

II. Les ciments:

II.1. Définition:

Le ciment est un liant hydraulique, c’est-à-dire capable de faire prise dans l’eau. Il se
présente sous l’aspect d’une poudre très fine qui, mélangée avec de l’eau, forme une pâte
faisant prise et durcissant progressivement dans le temps. Ce durcissement est dû à
l’hydratations de certains composés minéraux, notamment des silicates et des aluminates de
calcium, la proportion de chaux et de silice réactive devant être au moins de 50% de la
masse du ciment [2].

II.2. Composition du ciment:

Les ciments Portlands sont des liants hydrauliques composés principalement de silicates
de calcium hydrauliques. Ils sont constitués par mélange et broyage à partir de clinker (une
roche de synthéase a haute température dans le four), de gypse (sulfate de calcium CaS04)
et d'autres additifs éventuels (laitiers, cendres volantes, filler calcaire, etc.). Le clinker
contient un certain nombre de constituants, dont quatre constituants représentent de 90 %ou
plus de la masse du ciment: le silicate tricalcique (alite C3S), le silicate bicalcique (be lite
C2S), l'aluminate tricalcique (C3A) et l'aluminoferrite tetracalcique (C4AF) (Kosmatka et
KerkhofF, 2004) [3]

Dans le but de modifier certaines de leurs propriété et de proposer une gamme de


produits capables de résoudre les différents problèmes qui se posent lors de la réalisation de
certains ouvrages, soit en raison des conditions d’environnement, soit pour des raisons de
performances mécaniques [2]

II.3. PROPRIETES DES CIMENTS:

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Chapitre 01: Notions de base sur les matériaux cimentaires.

II.3.1. caractéristique physique:


II.3.1.1 Comportement physico-chimique de la pate:
a- Réaction principale:

La pâte de ciment hydraté est le résultat de réactions chimiques entre l’eau et les
composes du ciment. II s'agit d'un processus complexe dans lequel les principaux composes
du ciment, le C3S, C2S, C3A et C4AF réagissent pour former de nouveaux composes
insolubles qui entament la prise et le durcissement progressif du matériau.

Apres I ‘hydratation des silicates (C3S et C2S), il y a formation de silicates de calcium


hydrates (C-S-H) et de pentlandite (Ca(OH)2). Les C-S-H sont des composes non cristallins.
Lis ont les caractéristiques d'un gel et possèdent une composition variable.

L'hydratation des aluminates (C3A et C4AF) se produit en présence d'eau et de gypse. Lis
forment rapidement de l'étrangéité (AFt). Comme ce dernier devient instable, il se dissout
pour former du monosulfite de calcium hydrate (AFm) dans le temps [3]

b-Cinétique de l'hydratation :

L’hydratation du ciment Portland implique la réaction des quatre phases minérales.


La figure1.1 présente la courbe caractéristique de calorimétrie isotherme d'un ciment qui
peut se découper en quatre périodes. Ces périodes peuvent être décrites de la manière
suivante :

-Période 1 (réactions initiales):Cette période débute dès le contact eau-ciment et


dure quelques minutes. Le C3S et le C3A des grains de ciment réagissent
immédiatement avec l'eau, formant de l'étrangéité et des C-S-H.
-période 2 (période dormante):Le dégagement de chaleur est faible. Les réactions
chimiques ont pourtant commence : des ions passent en solution dans l'eau durant
cette phase.
quand l'eau de gâchage est saturée en ions, le début de la prise se produit. Le pH de
la solution augmente, ce qui ralentit la dissolution des constituants.
-Période 3 (période d'accélération):Cette période débute lorsque la concentration
en ionsCa2+et OH" de la solution déviant critique, la conductivité électrique de la
solution étant alors à son maximum. Les hydrates formes commencent à
s'enchevêtrer et création donc un solide.
-Période 4 (période de ralentissement):Les grains anhydres se trouvent recouverts
d'une couche d'hydrates qui s'épaissit de plus en plus [3]

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Chapitre 01: Notions de base sur les matériaux cimentaires.

Figure 1. 1: Courbe typique de calorimetrie isotherme d'un ciment (Garcia, 1999).

II.3.1.2. Indice d’hydraulicité:

L'indice d’hydraulicité ou indice de Vicat est le rapport de la fraction acide du ciment a


la fraction basique :

I= =

La résistance chimique des ciments est d‘autant meilleure que leur indice d‘hydraulicité
est plus élevé [2]

II.3.1.3. Prise:

Le phénomène de prise. qui s‘accompagne d‘un dégagement de chaleur plus ou moins


important. est lié a de nombreux paramètres :

 le type du ciment.
 la finesse de mouture, le début de prise étant d’autant plus rapide que la finesse de
mouture est grande.
 la température ambiante.
 la présence de matières organiques dans l'eau.
 L’excès d’eau de gâchage qui agit alors comme retardateur. [2]

II.3.1.4. Durcissement:

Une fois la prise amorcée. Le phénomène d'hydratation se poursuit. C'est la période de


durcissement qui se poursuit pendant des mois voire des années au cours desquelles les
résistances mécaniques continuent de croitre.

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Chapitre 01: Notions de base sur les matériaux cimentaires.

II.3.1.5. Fausse prise:

Dans la composition des ciments rentre en général un peu de gypse (sulfate de calcium
hydraté à deux molécules d'eau : (SO4Ca, 2H2O). Si les clinkers sont trop chauds ou
s'échauffent trop au cours du broyage, il se forme alors un peu de plâtre (SO4Ca, 1/2H2O)
dont la prise très rapide donne l’impression d’un début de prise, c’est la « fausse prise ». [2]

II.3.1.6. Chaleur d’hydratation:

La dissolution des différents constituants est exothermique et, selon leurs pourcentages
relatifs, le dégagement de chaleur est donc plus ou moins important, c‘est le cas par exemple
des ciments riches en C3A que l'on cherchera à utiliser par temps froid ou en préfabrication.
alors qu'on aura intérêt à les éviter par temps chaud. La finesse de mouture a également une
action sur l’exotherme. [2]

II.3.1.7. Finesse de mouture:

La finesse de mouture également appelée finesse Blaine, exprimée en m3/kg. représente


la surface spécifique ou surface développée d‘une masse de 1 kg de ciment. Elle est d’une
façon générale comprise entre 300 et 350 (pour mémoire rappelons que la finesse
s‘exprimait auparavant en cm2/g et que de nombreux utilisateurs continuent à l’exprimer
ainsi: il ressort qu’une finesse de 300 cm2/g correspond à 300 cm2/g).

Plus la finesse est grande, plus les résistances sont précoces et élevées, mais par Contre
plus les risques de retrait et par conséquent de fissuration ainsi que d'éventement du ciment
sont accrus. [2]

II.3.1.8. Retrait:

C‘est la diminution du volume apparent de la matière. On le mesure sur des éprouvettes


se prismatiques de mortier de 16 cm de longueur et d‘une section droite de 4 x 4 cm.
conservées dans l'air à une température de 20 °C et une hygrométrie de 50%.

Remarque: Sous le terme général de retrait, on peut distinguer :

 le retrait plastique avant prise, qui est du essentiellement a la perte prématurée. par
évaporation, d’une partie de l'eau de gâchage er don! I ‘amplitude es: d’environ dix
fois celle du retrait hydraulique classique. Ce retrait peut provoquer dans le béton
frais non protégé de l’ensoleillement ou du vent et dont la résistance à la traction
est pratiquement nulle. des contraintes susceptibles d’entrainer l'apparition de

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Chapitre 01: Notions de base sur les matériaux cimentaires.

crevasses peu profondes mais d’une ouverture supérieure au millimètre qu’il est
d’ailleurs possible de refermer avant la fin de prise par un talochage serré :
 le retrait thermique, du à la contraction du béton ou du mortier lors de son
refroidissement qui est prépondérant pour les pièces massives.
 le retrait hydraulique qui découle de la contraction du béton ou du mortier en
séchant. [2]

II.3.1.9. Expansion:

Les causes possibles de l'expansion proviennent de l’hydratation des oxydes de calcium


ou de magnésium que peuvent contenir certains ciments sous forme de chaux ou de
magnésie libre. Les ciments doivent être stables, car les risques d’expansion dans le temps
peuvent provoquer des désordres importants par dislocation des maçonneries.

Les ciments doivent être stables, car les risques d’expansion dans le temps peuvent
provoquer des désordres importants par dislocation des maçonneries. La stabilité se
détermine par l’essai Le Chatelier, qui consiste à mesurer l’écartement de deux aiguilles
solidaires d’un moule rempli de la pate de ciment à tester. Et conservé dans de l’eau
bouillante. La valeur de l'expansion mesurée doit être inférieure à 10 mm pour tous les types
de ciments courants. [2]

II.3.1.10. Gonflement:

Bien que non normalisé, il est utile de rappeler qu'alors qu’il se rétracte dans l'air, le
ciment augmente de volume lorsqu'il est immergé dans l’eau, ses variations dimensionnelles
étant environ le l/ 10 de celles constatées dans l’air. [2]

II.3.2. Caractéristique mécanique des ciments courants:

Les ciments courants sont classés en fonction de leurs résistances mécaniques à la


compression exprimées en MPa à 28 jours, la norme spécifiant une limite inférieure et une
limite supérieure dont les valeurs sont les suivantes :

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Chapitre 01: Notions de base sur les matériaux cimentaires.

Tableau 1.1 : Les ciments courants en fonction de Leurs résistances mécaniques à la en


MPa à 28 jours.

Classe des Résistance à 2 Résistance Résistance


ciments jours minimale à 28 jours maximale à 28 jours

32.5 ≥32.5 ≤52.5

32.5 R ≥13.5 ≥32.5 ≤52.5

42.5 ≥12.5 ≥42.5 ≤62.5

42.5 R ≥20 ≥42.5 ≤62.5

52.5 ≥20 ≥52.5 -

52.5 R ≥30 ≥52.5 -

Les classes « R », rapides, présentent aux jeunes âges des caractéristiques mécaniques
plus élevées et trouvent leur intérêt particulièrement dans certaines circonstances telles que
bétonnage par temps froid, décoffrage rapide, préfabrication.. Il y a lieu de distinguer les
valeurs spécifiées pour chaque classe de ciment par la norme(tableau précédent) la
probabilité étant statistiquement de 95 % pour les résistances minimales et de 90 % pour les
résistances maximales, et les valeurs garanties que le fabricant doit respecter à 100 % et qui
sont indiquées dans le tableau ci-dessous :

Tableau 1.2 : Résistance à j jours des différentes classes de ciment.

Classe des Résistance Résistance Résistance


ciments garanties à 2 jours garanties à 7 jours garanties à 28 jours

32.5 17.5 30

32.5 R 12 30

42.5 10 40

42.5 R 18 40

52.5 18 50

52.5 R 28 50

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Chapitre 01: Notions de base sur les matériaux cimentaires.

 Résistance à la compression :

Les résistances mécaniques des ciments sont déterminées par les essais sur mortier dit
"normal", .à 28 jours d'âges en traction et en compression des éprouvettes 4 x 4 x 16 Cm.
La résistance du mortier est alors considérée comme significative de la résistance du ciment.
Elle dépend de la classe de ciment et est exprimée en Mpa.

Pour chaque type de ciment, i1 existe effectivement plusieurs classes de résistances pour
lesquelles les fabricants garantissent des valeurs minimales et maximales [2].

III. Le béton:

III.1. Définition:

Le béton est un matériau hétérogène de part ses éléments constitutifs. C’est une
suspension de particules de tailles diverses dans un fluide suspendant. Le béton est un
matériau hétérogène de part ses éléments constitutifs. C’est une suspension de particules de
tailles diverses dans un fluide suspendant.

Les bétons traditionnels dit bétons vibrés sont constitués d’un mélange de ciment (le
liant hydraulique), de sable, de gravillons et d’eau. Les granulats sont classés en fonction de
leur taille : fins (sable) et gros (gravillons). Ils constituent le squelette granulaire du béton et
participent à sa résistance. Ces types de bétons sont maintenant bien maîtrisés en termes de
formulations et de performances par les opérateurs. Cependant, ces bétons,
traditionnellement fermes, nécessitent d'être vibrés pour être coulés dans les coffrages à
géométries complexes. Ils posent donc des difficultés de mise en place pour les ouvriers, en
particulier dans les zones de fort encombrement par des armatures. Ceci a motivé le
développement de nouveaux bétons en cherchant à mieux maîtriser le lien entre la
formulation et les propriétés rhéologiques à l'état frais [4]

III.2. Mise au point sur les définitions des maniabilité, ouvrabilité, ”workability”,
consistance, plasticité et cohésion :
Dans la sphère de l’étude des matériaux cimentaires à l’état frais, différents termes

peuvent être utilisés pour décrire, de manière qualitative et quantitative, le comportement


rhéologique du matériau : maniabilité, ouvrabilité, consistance, cohésion, écoulement et
même la pompabilité [6]

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Chapitre 01: Notions de base sur les matériaux cimentaires.

L’importance de cette mise au point sur les définitions de ces propriétés


subjectives est tout d’abord de montrer au lecteur comment ces termes sont
compris dans cette thèse. Par ailleurs, nous pensons qu’un effort doit être fait vis-a-
vis de l’uniformisation de ces concepts, tout en essayant d’éliminer la confusion
existante dans la littérature, qui a été remarquée d'ailleurs par Tattersall depuis
1976, et qui malheureusement persiste encore dans nos jours. a présenté trois
définitions pour le terme ''workability'' données par quelques sociétés scientifiques :

 American Concrete Institute : c’est la propriété du béton ou mortier


frais mélangé qui détermine la facilité et l’homogénéité avec laquelle il
peut être malaxé, placé, compacté et fini.
 British Standards Institution : c’est la propriété du béton ou
mortier frais ou un autre mélange similaire, qui détermine la facilité
avec laquelle il peut ê̂tre manipulé et complètement compacté.
 Association of Concrete Engineers, Japan : c’est la propriété du
béton ou mortier frais qui détermine la facilité avec laquelle il peut être
malaxé, placé et compacté en fonction de sa consistance, l’homogénéité
avec laquelle il peut résister à la séparation des matériaux.
Nous observons que ces définitions sont tout à fait subjectives, surtout parce
qu’en fonction de l’application du béton ou du mortier, ces capacités de placement,
malaxage et finition sont variables.
La définition donnée par les japonais cite aussi que la maniabilité dépend de
la consistance, ce qui est tout à fait vrai, car la consistance définit la teneur en eau
optimum du béton ou mortier pour une certaine application. Aucun problème
n’existerait-il pas si le résultat donné par l’essai au cone d’Abrams était compris de
la même manière par tous les chercheurs. Or, pour les anglo-saxons,
l’affaissement du cone d’Abrams définit la consistance du mélange, alors que pour
les francais c’est plutot l’ouvrabilité qui est mesurée. Dans ce rapport, il estime
partiellement la maniabilité du mortier. En plus, les francais diffèrent les termes
ouvrabilité et maniabilité. Pour eux, la maniabilité est déterminée par le
maniabilimètre.
Pour les francais, la consistance peut être déterminée par le plongeur et par la
table d’écoulement. D’après la RILEM, à son tour, l’essai de la table d’écoulement
peut être utilisé pour déterminer la plasticité du mortier [BOW 96] [5]

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Chapitre 01: Notions de base sur les matériaux cimentaires.

Une bonne maniabilité est dépendante du projet à effectuer. Par exemple, un béton
dont la consistance est considérée comme satisfaisante pour effectuer une coulée dans
un coffrage par gravité peut être perçu comme un béton possédant une consistance
inadéquate lorsque la mise en place du mélange est effectuée par pompage [6]

 Définitions de plasticité , consistance e t l a s t a b i l i t é :


a- Plasticité:

c’est la propriété du mortier de maintenir sa déformation après la


réduction de la contrainte de déformation associée à l’écoulement. En plus, la
plasticité offre au mortier la capacité de se tenir collé (''hang on'') à la truelle
comme une masse cohésive, s’écouler librement par la truelle et développer
relativement vite une structure rigide quand placé dans la maconnerie. (d’après la
RILEM) [5]
b- Consistance :
c'est la propriété qui permet au mortier de résister à la déformation. Pour nous,
ces définitions de plasticité et de consistance sont plutot appropriées aux termes
maniabilité et cohésion, respectivement. La RILEM dit aussi que la maniabilité est
définie par la plasticité et consistance. D’après [BOM 67], la maniabilité est plutôt
définie par la cohésion, la viscosité et le frottement interne [6].
c- La stabilité :
 Ségrégation :
La ségrégation dans un mélange de béton frais est une problématique à considérer et
à éliminer lors de la conception et de la mise en place d’un mélange de béton. La
ségrégation se manifeste par la séparation d’une proportion de la phase solide
(principalement les gros granulats) du reste du mortier. Lors du malaxage, la ségrégation
s’observe sur les zones cisaillées [6].
 Ressuage :
Le ressuage est un cas particulier de ségrégation où les particules solides ont un
mouvement inverse à celui du liquide. En fait, pendant la période dormante du béton,
l’eau, étant moins dense que l’ensemble des composantes du mélange, percole vers la
surface (Josserand, 2002). Le ressuage est dû à un déséquilibre entre l’eau et les
particules fines (en quantité trop faible), ainsi qu’un tassement du squelette granulaire.

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Chapitre 01: Notions de base sur les matériaux cimentaires.

Un faible ressuage est acceptable et même parfois souhaitable, puisque l’eau de ressuage
en surface prévient l’évaporation excessive.

De façon générale, une bonne ouvrabilité signifie qu’un mélange est en mesure de se
mettre en place de manière efficace. Par contre, il est peu fréquent de décrire l’évolution de
celle- ci dans le temps. L’aspect de la stabilité est souvent négligé, ou mal compris, ce qui
peut se traduire par des problèmes de ségrégation et/ou de ressuage excessif [6].

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Chapitre II:
Initiation à la Rhéologie.
Chapitre 02: Initiation à la Rhéologie.

I. La rhéologie générale:

I.1. Introduction:

La rhéologie est la science des déformations et écoulements de la matière, des contraintes


qui en résultent et des efforts qu'il faut appliquer pour les obtenir .L'objet de la rhéologie est
de déterminer les contraintes et les déformations en chaque point d’un milieu.

En d'autres termes, elle permet de déterminer une relation entre déformation y et la


contrainte x qui est appliquée en tenant compte de l'histoire d'application de la contrainte
[7].

Elle fait appel à la chimie, à la physique, à la mécanique, aux mathématiques et à la


biologie, qui lui fournissent des instruments de base, et se montre utile à chacune de ces
disciplines [8].

I.2. Parametres Rhéologiques:

I.2.1. Contrainte de cisaillement τ [Pa]:

Au cours d’un mouvement laminaire de cisaillement, les couches sont animées de


mouvement relatif les unes par rapport aux autres : deux couches successives, au contact
l’une de l’autre, se déplacent relativement l’une par rapport à l’autre. Il en résulte
l’apparition de contraintes qui s’exercent tangentiellement à la surface de la couche
[Couarraze et Grossiord (1983)].

Autrement dit c’est la force que l’on exerce par unité de surface du fluide (Unite Pa) [3].

I.2.2. Vitesse de cisaillement ̇ ou ̇ [s-1]:

Souvent appelée gradient de vitesse, il s’agit de la vitesse de déformation de deux


couches successives de matériau cisaillé, qui représente donc la dérivée par rapport au
temps de la déformation de cisaillement [Couarraze et Grossiord (1983)][4]. C’est
l’évolution de la vitesse au sein du fluide (Unité s-1) [3].
I.2.3. Seuil de cisaillement τ0 [Pa]:

C’est la contrainte de cisaillement minimum à atteindre pour que le fluide s’écoule. Pour
des contraintes plus faibles, le corps ne présente pas de déformation permanente et il se

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Chapitre 02: Initiation à la Rhéologie.

comporte comme un solide. Les fluides ne possédant pas de seuil de cisaillement sont dits
exclusivement visqueux ; ceux qui en possèdent un sont dits viscoplastiques [9].

Le seuil de cisaillement τ c’est une manifestation soit des interactions particulaires


électrostatiques du type Van der Waals entre grains colloïdaux de tailles de l’ordre du
micromètre, soit du frottement solide entre grains de tailles de l’ordre du millimètre [10].

I.2.4. Viscosité [Pa.s]:

Pour déplacer une suspension granulaire cela exige d’effectuer un effort, ce qui signifie
qu’une déformation macroscopique d’un fluide nécessite lors du déplacement de ses
éléments de vaincre des résistances internes locales. Ces résistances internes, appelées aussi
dissipations visqueuses, sont engendrées par le mouvement du liquide interstitiel dans la
porosité d’un système granulaire, par frottement [10].

La viscosité sert à caractériser le comportement rhéologique des matériaux.


On en distingue plusieurs types, dont le principal est la viscosité dynamique ou
apparente (µ), comme définie dans le tableau 2.1 :

Tableau 2.1 : Définitions des viscosités [10].

Type de Définition Expression Dépendance


viscosité
viscosité Résistance au mouvement due Pour un fluide idéal, la Essentiellement
dynamique aux frottements moléculaires loi de Newton donne : de la cohésion et
η internes, résistance que les τ =ηγ̇ (en Poiseuille ou du taux de
molécules de ce fluide opposent Pa.s). Pour les fluides transfert de
aux forces de dissociation et dits non-Newtoniens la quantité de
au mouvement. grandeur est la viscosité mouvement entre
apparente. les molécules.
viscosité Doit son origine à l’utilisation des Temps d’écoulement De la densité du
cinématique viscosimètres capillaires utilisant proportionnel à ν = η/ρ liquide et de sa
ν le temps d’écoulement sous avec ρ la densité du viscosité.
l’effet de la pesanteur, qui intègre liquide et η sa viscosité
la masse spécifique de la (en Stokes ou m2/s).
substance.

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Chapitre 02: Initiation à la Rhéologie.

viscosité Correspond au rapport de la ηR= η/ηS


relative viscosité dynamique de cette
ηR solution sur la viscosité
dynamique du solvant.
viscosité Correspond à la viscosité d’une ηSP= ηR− 1
spécifique dispersion colloïdale diluée de
ηSP particules sphériques
 Viscosité de cisaillement :
La viscosité est la grandeur la plus couramment utilisée pour décrire le comportement
d’un fluide. C’est une propriété intrinsèque du matériau . Le fluide est placé entre deux
plans parallèles d'aire S. Une force F⃗ est exercée sur le plan supérieur. La contrainte

tangentielle de cisaillement est : τ = .

Le gradient de vitesse γ̇ est donné par : γ̇ = .

τ et γ̇ sont reliés par : τ =ηγ̇ avec.

η(Pa.s) est la viscosité de cisaillement (loi de Newton) [10]

I.2.5. Concentration volumique:

Il est courant en rhéologie d’exprimer les concentrations en volume plutôt qu’en masse.
On définit ainsi une concentration volumique solide Γ(relation (1)), qui peut être reliée aux
rapports massiques E/C ou E/L, dans le cas d’une pâte de ciment additionnée de fines
minérales, grâce aux relations (2) et (3):

Γ= (1)

Vs et Ve sont respectivement les volumes de solide et d’eau

En fonction de E/C Γ= /
avec X = +( )
(2)

(Eau/Ciment)

En fonction de E/L Γ= /
avec Y= + (3)

(Eau/Liant)

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Chapitre 02: Initiation à la Rhéologie.

Où p est le taux de substitution massique et dc et da sont respectivement les densités du


ciment et de l’addition. [9]

I.3.Types d’écoulement:

I.3.1. Ecoulement de cisaillement permanent:


Dans un écoulement de cisaillement simple, le fluide est placé entre deux plans
parallèles distants de "e", dont l’un est en translation par rapport à l’autre (figure 2.1).

Figure 2.1 : Schéma de l'écoulement de cisaillement simple [9].

Pour schématiser l’écoulement, on pose les hypothèses suivantes: L’écoulement est


laminaire ; les couches de fluide glissent les unes sur les autres. Le matériau est assimilé à
une superposition de couches adjacentes, d’une très faible épaisseur.

Considérons un élément de volume infinitésimal situé à l’instant t = 0 à une distance x du


plan fixe. A un instant t, cet élément de volume aura parcouru la distance u(x,t). On définit
V la vitesse (m/s) [11]

∂u
V=
∂t

La vitesse de cisaillement γ̇ (s-1 )est définie par la relation suivante:

∂V
γ̇ =
∂x

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Chapitre 02: Initiation à la Rhéologie.

Elle dépend de la vitesse de déplacement du plan mobile et de l’épaisseur "e " cisaillée.
Si e est faible, il est possible d’atteindre des vitesses de cisaillement élevées, même avec V
faible.

D’autre part, la couche de matériau immédiatement en contact avec le plan fixe a une
vitesse nulle, et la couche en contact avec le plan mobile a une vitesse V : c’est l’hypothèse
de non-glissement à la paroi [9]

I.3.2. Comportement Newtonien:

Le comportement rhéologique des solutions et suspensions dépend largement de leur


concentration et de la nature de la matière qui les constitue. Il peut varier d'un
comportement Newtonien à un comportement plus complexe. Une solution ou une
suspension est dite diluée si les particules sont suffisamment éloignées les unes des autres
pour qu’on puisse négliger les interactions entre elles. Ces particules suivent un mouvement
indépendant décrit expérimentalement par Perrin et théoriquement par Einstein [9]

Un fluide est dit Newtonien si sa viscosité dynamique « η » est indépendante de la


contrainte appliquée et de la durée de cisaillement.

I.3.3. Comportement non Newtonien:

Quand le fluide est non-Newtonien, la viscosité n’est plus indépendante du taux de


cisaillement(Le gradient de vitesse, dv/dx, est une mesure de la variation de la vitesse à
laquelle les couchent intermédiaires se déplacent l'une par rapport à l'autre. Il décrit le
cisaillement que subit le liquide et est donc appelé taux). Il existe un grand nombre de
fluides très couramment utilisés qui ont un comportement sous écoulement plus complexe.
Dans le cas des suspensions d’argile, lorsque la concentration en particules augmente,
l’interaction particule – particule augmente. Les particules s’organisent en agrégats,
susceptibles de se déformer ou de s’orienter sous l’effet des forces hydrodynamiques. La
rhéologie permet de caractériser ces fluides et d’en déduire des hypothèses de structuration
on distinguera principalement :

I.3.3.1 Comportements rhéofluidifiant:

Très souvent, dans les solutions de polymère ou les suspensions, la viscosité diminue
quand le cisaillement auquel est soumis le fluide croît. Ce comportement est dit
rhéofluidifiant. Ce phénomène peut être dû, dans le cas des suspensions à l’orientation des

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Chapitre 02: Initiation à la Rhéologie.

entités en suspension dans le sens de l’écoulement ou leur réorganisation sous l’effet du


cisaillement. Dans le cas des solutions, cela peut être dû à un alignement de molécules
anisotropes dans le sens de l’écoulement ou à une destruction de structures moléculaires

I.3.3.2 Comportements rhéoépaississant:

Le rhéoépaississement est le comportement opposé à la rhéofluidification et correspond


à une augmentation de la viscosité lorsque la contrainte de cisaillement augmente. Dans la
plupart des cas connus, le comportement rhéoépaississant n’est observé que sur une gamme
limitée de taux de cisaillement. Le fluide possède également un comportement
rhéofluidifiant à des taux de cisaillement plus faibles [11].

I.3.3.3 Comportement à seuil de contrainte:

Encore appelé plastique, qui est défini par un rhéogramme présentant une contrainte
critique appelée seuil d’écoulement : le matériau ne s’écoule qu’au-delà de cette contrainte
critique [8]:

Figure 2.2 : Rhéograname des différents comportements [8].

De nombreux modèles rhéologiques ou lois de comportement ont été développés afin de


décrire mathématiquement le comportement rhéologique des matériaux. On peut citer parmi
les plus simples :

Le modèle Newtonien : τ =ηγ̇ où η est la viscosité

Le modèle d'Ostwald : T = γ̇ kn

γ̇ = 0 sı ̇ τ ≤ τ0
Le modèle de Bingham :
τ = τ0 + ηγ̇ si τ > τ0

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Le modèle de Bingham est le modèle le plus utilisé pour les bétons à cause de sa
simplicité (deux paramètres) et de sa capacité à représenter l'écoulement du béton pour la
majorité des cas. Contrairement au fluide newtonien qui s'écoule sous l'action d'une force de
cisaillement infiniment faible, un fluide binghamien exige une force minimale pour
provoquer son écoulement viscoplastique. Pour des forces inférieures, il se comporte
comme un solide. On appelle limite d'écoulement, ou résistance au cisaillement ou seuil de
rigidité, la tension de cisaillement à partir de laquelle le fluide commence à s'écouler (τ0).

γ̇ = 0 sı ̇ τ ≤ τ0
Le modèle d'Herschel Bulkey :
τ = τ0 + Kγ n ̇ si τ > τ0

peut retenir que les deux paramètres essentiels qui interviennent dans la rhéologie du
béton sont le seuil de rigidité τ0 et la viscosité plastique [7]

I.4. Thixotropie et modèles:

I.4.1. Définition:

La thixotropie est la propriété d’un matériau qui, après application d’une contrainte
ou d’une vitesse de cisaillement, constante, voit sa viscosité décroître en fonction du
temps ou de la durée de l’écoulement. Puis, après un temps de récupération assez long, le
système retrouve son état initial (phénomène réversible). Finalement, le comportement
thixotrope concerne les corps plastiques et pseudo-plastiques rhéofluidifiants (fluides non
Newtoniens) et le caractère thixotrope est un comportement dépendant du temps car les
modifications de structures microscopiques ne sont pas instantanées. Les manifestations de
ces divers phénomènes sont visibles dans les tracés de rhéogrammes, tels les hystérésis. Si
on applique des vitesses de cisaillement assez fortes pendant assez longtemps, la structure
est modifiée durablement lors de la charge et le comportement du matériau est affecté
donnant un rhéogramme de décharge différent. Lorsque le matériau ne retrouve
pas l’intégralité de l’état initial, on parle de thixotropie partielle [10]

I.4.2. Modèles:

De nombreux modèles existent pour décrire le comportement rhéologique d’un matériau


thixotrope. La plupart de ces modèles (Cheng et Evans, 1965) sont fondés à partir de deux
équations constitutives :

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Chapitre 02: Initiation à la Rhéologie.

– une équation d’état pour la contrainte de cisaillement τ en fonction de la vitesse de


cisaillement γ˙ : τ = η (λ, γ̇ ) où la viscosité η est une fonction de γ˙ et d’un paramètre
de structure λ,
– une équation de vitesse de déstructuration du matériau dλ/dt = g(λ, γ̇ ) où cette vitesse est
aussi une fonction de λ et γ̇ .
Le taux de changement λ est égal à la différence entre le taux de restructuration et le taux de
déstructuration du matériau dû à l’écoulement, ce qui est proportionnel au gradient de
cisaillement. De façon générale, (Coussot et al., 2002) expriment la cinétique d’évolution du
paramètre de structure λ dans le régime permanent par les équations suivantes pour les
écoulements homogènes et hétérogènes :

τ = η (λ,γ̇ ) γ̇

η = η0 (1 + λn)

0 si γ̇ < γ̇ c0
= − εαγ̇ λ avec ε =
1 sinon

Où η 0 est la viscosité de la phase fluide, n est l’indice de fluidité (pseudo-plastique), α un


paramètre du matériau et γ̇ c0 la vitesse de cisaillement critique. Le premier terme (1/θ)
correspond à l’inverse d’un temps caractéristique de restructuration du matériau et le second
(εαγ̇ λ) à la déstructuration sous cisaillement [12]

I.5. Viscoélasticité:

Le caractère viscoélastique est un comportement non-Newtonien très important et très


fréquent dans les solutions de polymères. La réponse du fluide à une déformation
présente à la fois un aspect élastique (contrainte proportionnelle à la déformation) et un
aspect visqueux (contrainte proportionnelle à la vitesse de déformation).
Dans le premier cas, le temps caractéristique de la sollicitation est inférieur à un temps
caractéristique du matériau ; les composants élémentaires n’ont pas le temps de se déformer
de manière importante et on observe une réponse élastique. Lorsque le temps de sollicitation
est plus grand que le temps caractéristique du matériau, la réponse est de type visqueux [11]

II. Rhéologie des matériaux cimentaires:

Le comportement rhéologique des matériaux cimentaires est très complexe. Leur


sensibilité `a de nombreux paramètres, comme la température, la composition de la matrice

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Chapitre 02: Initiation à la Rhéologie.

cimentaire, les inclusions, le mode et le temps de malaxage, les rend difficiles à analyser et
comprendre. Sur chantier, il est fréquent d’observer des comportements différents d’une
gâchée à l’autre, pour des formulations de matériaux variant pourtant peu. Une part
importante de cette complexité découle du nombre de constituants entrant dans la
formulation.

De nature et de taille très variées, ces constituants ne sont pas régis par les mêmes
phénomènes physiques et mécaniques dominants. Chacun influence le comportement
macroscopique du mélange d’une manière qui lui est propre [12]

II.1. Comportement rhéologique:

Au court du temps, et dès l’arrêt du malaxage, le comportement de la matrice cimentaire


évolue d’une part à court terme par des interactions réversibles entre particules, d’autre part
à plus long terme par des réactions chimiques irréversibles entrainant la prise.

II.1.2. Comportement indépendant du temps:

II.1.2.1. Régimes d’écoulement:

Le comportement macroscopique d’un composite cimentaire résulte de la compétition


entre toutes les interactions auxquelles ses particules sont soumises. Différents régimes
d’écoulement macroscopique en résultent en fonction des vitesses de cisaillement, au cours
desquels les mécanismes de dissipation d’énergie dominants varient .Ces régimes
macroscopiques sont décrits sur la Figure 2.3 à travers la viscosité apparente (rapport entre
la contrainte et le taux de déformation à chaque instant).

Figure 2.3: Evolution de la viscosité apparente d’un matériau cimentaire en fonction du


cisaillement qui lui est applique [12].

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Chapitre 02: Initiation à la Rhéologie.

Pour des taux de cisaillement de l’ordre de quelques s − 1, le premier régime, observe à


gauche sur la Figure3, est rhéofluidifiant. Il est du à la rupture du réseau d’interactions
entre les particules. Au cours de ce régime, le comportement macroscopique est dominé par
la compétition entre dissipations hydrodynamiques et interactions de type colloïdal, de type
frictionnel entre les grains de ciment et de type frictionnel entre les inclusions. Dans un
deuxième régime pseudo Newtonien, la viscosité apparente n’évolue pas avec la vitesse de
cisaillement et d´écrit un plateau Newtonien . Le comportement est dominé par les
interactions hydrodynamiques et les contacts frictionnels entre grains. Ovarlez. parle alors
de régime ''macro-visqueux''. Enfin, il existe un régime rhéoépaississant pour lequel l’inertie
des granulats n’est pas négligeable et contribue a une forte dissipation d’énergie via des
contacts entre inclusions. Ce régime est atteint pour des taux de cisaillement de quelques
dizaines de s − 1. On peut cependant noter que pour les viscosités des matériaux cimentaires
standards de l’industrie (de l’ordre de 100Pa.s), les taux de cisaillement correspondants
(entre 0 et 10s − 1) ne permettent pas d’atteindre ce régime inertiel.

II.1.2.2. Lois de comportement:

Plusieurs lois de comportement sont disponibles dans la littérature pour mo d´enliser le


comportement macroscopique d’un matériau cimentaire. Elles sont à jusées sur les courbes
d’écoulement du matériau étudié (contrainte en fonction du taux de cisaillement). La
Figure2.4 présente le modèle de Bingham, le modèle le plus simple utilisé dans la littérature
pour représenter le comportement d’un fluide à seuil. Il est défini par son seuil d’écoulement
τc (contrainte à l’origine) et sa viscosité plastique µp (pente de la droite). C’est le modelé
que nous considérons dans ce travail pour d´écrire le comportement d’un matériau
cimentaire.

Selon l’échelle adoptée, le modelé de Bingham peut modéliser le comportement


macroscopique de la pâte de ciment, du mortier ou du béton. La séparation d’échelle choisie
dans ce travail séparant matrice cimentaire et inclusions , la pâte de ciment est considérée
comme un fluide de Bingham homogène auquel des inclusions sont ajoutées. A l’´échelle
des in-` causions, le comportement du béton est lui-même modélise de manière
macroscopique par un modelé de Bingham dont les paramètres rhéologiques dépendent de
ceux du fluide suspendant et des inclusions. L’industrie du génie civil distingue un Béton
Ordinaire (BO) dont le seuil est de l’ordre de quelques milliers de Pa pour une viscosité
d’environ 100Pa.s, un Mortier Ordinaire (MO) de seuil de l’ordre de quelques centaines de

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2015/2016
Chapitre 02: Initiation à la Rhéologie.

Pa pour une viscosité d’environ 10Pa.s, un Béton Auto Plaçant (BAP) de seuil de l’ordre de
quelques dizaines de Pa pour une viscosité d’environ 100Pa.s, une pâte de ciment de seuil
de l’ordre de quelques Pa et 1Pa.s de viscosité, et enfin un coulis dont le seuil est de l’ordre
de quelques dixièmes de Pa [12].

Figure 2.4 : Modèle de Bingham utilisé dans la littérature pour représenter la courbe
d’écoulement d’un fluide à seuil [12].

II.1.3. Comportement dépendant du temps :

II.1.3.1 Thixotropie :

Certains matériaux présentent un seuil évoluant dans le temps au cours des premières
dizaines de minutes suivant l’étape de malaxage. Au repos, la construction d’une structure
interne renforce le réseau entre particules formant le seuil du matériau (structuration). Si un
taux de cisaillement (ou une contrainte de cisaillement) constant et suffisamment fort pour
casser ce nouveau réseau est applique au matériau après une période de repos, la viscosité
apparente diminue en fonction du temps d’écoulement (destructuration) [12].

La rupture des liaisons ne s'est pas faite d'un coup, mais progressivement. Certains
auteurs ont trouvé qu'elle nécessite une centaine de secondes pour des pâtes de ciment. En
fait, ce temps dépend du cisaillement appliqué. D'ailleurs, LEGRAND pense que les
cisaillements faibles n'ont pas autant d'effets que les cisaillements forts, même au bout d'un

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Chapitre 02: Initiation à la Rhéologie.

temps très long. Après un certain temps de repos, les liaisons rompues de la structure du
béton s'établissent à nouveau. PAPO a trouvé que pour certaines pâtes de ciment, la courbe
de contrainte en fonction du temps à gradient de vitesse constant remonte après avoir atteint
le minimum, en raison des nouvelles liaisons qui s'établissent au cours du temps et
construisent ainsi une nouvelle structure [13]

Pendant longtemps, cette structuration a été expliquée par la création de nouvelles


interactions colloïdales entre les particules. Les dernières recherches attribuent ce
phénomène à la formation des premiers ponts de CSH dans le ciment dus aux réactions
d’hydratation reliant les particules les unes aux autres. Quelle que soit l’origine de cette
structuration, la thixotropie implique la réversibilité du comportement. Cette réversibilité
n’en diminue pas pour autant son importance. La thixotropie apparait en effet comme un
phénomène complexe dépendant de nombreux paramètres d’une part issus de la formulation
du matériau et d’autre part de son histoire depuis le malaxage jusqu’à la prise. Son impact
est souvent non négligeable et peut même avoir de nombreuses conséquences sur certaines
applications, comme la reprise de pression sur les coffrages des éléments verticaux, ou les
problèmes de coulages multi couches [13]

II.1.3.2 Réactions d’hydratation :

elles regroupent les réactions à l’origine de la prise des matériaux cimentaires. A long
terme, elles sont responsables de l’´évolution de la viscosité apparente du matériau. Des
ponts d’´éléments de CSH (silicate de calcium hydrate) se créent entre les particules de
ciment et forment un réseau capable de supporter des efforts. Le faible nombre de ces ponts
rend le phénomène d’hydratation négligeable par rapport à la rhéologie du matériau sur une
échelle de temps de l’ordre d’une heure suivant son malaxage. Après ce delai, la
multiplication des réactions chimiques irréversibles entraine une évolution forte des
propriétés rhéologiques du matériau , le rendant plus visqueux[9].

II.1.3.3. Dilatance:

Lorsqu'on cherche la caractérisation rhéologique d'un matériau granulaire, il est


important de savoir si l'on est capable de conserver un échantillon homogène pendant la
durée de l'essai.

Ceci renvoie à la question difficile de la sédimentation des suspensions. La concentration


volumique en phase granulaire dans un mélange est limitée par la compacité à sec de cette

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Chapitre 02: Initiation à la Rhéologie.

même phase. Cependant, en phase de cisaillement, la concentration maximale est plus


faible, pour permettre à des plans de gravillons de glisser les uns sur les autres. Dans
certaines formulations de béton, cette teneur critique peut être dépassée, il s'ensuit que toute
tentative de cisaillement du matériau se solde par une expansion spontanée de la phase
granulaire, c'est-à- dire, une dilatance. Il s'agit bien ici d'un phénomène intrinsèque au
matériau, et non imputable au moyen d'essai. Ce dernier ne peut alors que caractériser le
comportement d'un béton modifié par le cisaillement, de teneur en gravillons plus faible. On
constate ainsi souvent sur les chantiers l'existence d'une phase "caillouteuse" surnageant à la
surface du béton frais en cours d'écoulement. Ce phénomène est encore plus manifeste dans
les cas des laves torrentielles.

UKRAINCIK a constaté que la dilatance de bétons est liée à la contrainte de


cisaillement. L'auteur a observé que le phénomène de dilatance est moins manifesté pour les
mortiers, et qu'il est quasiment absent pour les pâtes de ciment [13]

Modèle rhéologique :

 A l’échelle du béton:
(Tatersall et Banfill, 1983) ont montré que l’on ne peut plus caractériser l’écoulement du
béton frais par le seul paramètre de la consistance (maniabilité), mais que deux paramètres
sont nécessaires. Le béton est considéré comme un corps Binghamien. Or, d’autres modèles
peuvent mieux représenter le comportement rhéologique d’un béton, en particulier les
bétons modernes. Il s’agit notamment du modèle d’Herschel-Bulkley. Ferraris et de Larrard
(1998) ont montré que le modèle décrivant le mieux le comportement d’un béton est celui
d’Herschel-Bulkley caractérisé par trois paramètres physiques (τ0 : contrainte seuil, m :
consistance, n : indice de fluidité) :

τ = τ0 + mγ̇ n avec τ, la contrainte de cisaillement appliquée à l’échantillon et, γ ̇ le


gradient de vitesse. Le modèle de Bingham, diffusé dans les milieux scientifiques du béton
est en fait un modèle d’Herschel-Bulkley dont l’exposant est n=1 et m devient la viscosité
plastique ou apparente η. Toutefois, le modèle de Bingham constitue le plus souvent une
approximation acceptable, ce qui réduit à deux le nombre de paramètres (seuil de
cisaillement τ0 et viscosité plastique η). En pratique, n diffère sensiblement de 1. Ferraris et
de Larrard (1998) ont trouvé suite à diverses expériences que pour les bétons sans
superplastifiant, n vaut 1,53 et pour des bétons avec superplastifiant n vaut 1,36. La
contrainte seuil τ0 apparaît comme la contribution de la phase solide. Lorsqu’une contrainte

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Chapitre 02: Initiation à la Rhéologie.

de cisaillement est appliquée au système, une déformation se produit, à condition qu’elle


soit suffisante pour vaincre les forces de friction entre particules. Le seuil de cisaillement est
contrôlé par le nombre et la nature des contacts inter-grains, et non par la phase liquide dont
le seul rôle est d’influer sur la distance moyenne entre grains. Par contre, le terme ηγ˙
apparaît comme la contribution de la phase liquide.

 A l’échelle de la pâte de ciment :


Flatt tient compte de la structure floculée de la pâte. Le seuil d’écoulement devient non-
nul à partir du moment où il y a présence d’un floc percolant (Flatt et Bowen, 2006) :

m1 (φ − φ0) 2
τ0 =
φM(φM − φ)

avec φ0, le seuil de percolation, m1 , une fonction de distribution granulaire, φ, la


concentration volumique solide et φM, la concentration d’empilement maximum.
La généralisation du modèle de Flatt aux cas des bétons, nécessite la prise en compte
de la présence d’inclusions de tailles millimétriques et centimétriques, présentant des
modes d’interactions très différents des suspensions cimentaires. Les dissipations
visqueuses, au sein du fluide suspendant, sont d’autant plus importantes que les particules
sont proches, et que la concentration volumique solide φ tend vers la concentration
d’empilement maximum φM. Ces différents termes influencent les cinétiques et le s
mécanismes de structuration de telles suspensions. Il est donc important d’en tenir compte
dans l’interprétation des réponses macroscopiques obtenues par l’utilisation des outils de
rhéomètrie traditionnelle (Couette, plan-plan). Dans le cas de suspensions concentrées
(fraction volumique solide proche de la fraction d’empilement), l’organisation des
différentes phases, la viscosité du fluide suspendant, la forme et la taille des grains solides,
gouvernent le comportement global de la suspension [10].

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Chapitre III:
La Rhéologie au laboratoire.
Chapitre 03: La rhéologie au laboratoire

I. Introduction:
Généralement les propriétés rhéologiques d’un fluide se reflètent de maniére directe sur
son utilisation industrielle : son malaxage, son déversement, son flux dans des tuyaux, les
forces qu’il exerce sur les parois d’un moule, et ainsi de suite. Il est facile d’anticiper
l’impact de ces aspects dans les conditions de production et mise en œuvre du béton.

Pour évaluer de façon empirique ces aspects, des essais technologiques ont été introduits
dans la caractérisation des bétons : le cône d’Abrams, l'appareil V.B, la table à secousses
allemande et le maniabilimètre L.C.L.

Tous visent à simuler un aspect des conditions de mise en œuvre du béton ou, de manière
plus générale de son écoulement.

Ces essais sont très simples, utiles, légers et irremplaçables dans la pratique quotidienne.

Néanmoins, ils donnent des résultats (temps, longueurs, ratios) qui ne correspondent pas
directement à des grandeurs physiques intrinsèques à un béton donné et que, souvent,
dépendent de plusieurs d’entre elles.

C'est justement l’accès aux propriétés physiques intrinsèques des bétons qui permet de
caractériser de façon univoque et indépendante leur comportement rhéologique. [13].

II. Quelques essais rhéologiques existants:


L'essai rhéologique est toujours indispensable pour réaliser un ouvrage. Lors de la
formulation du béton en laboratoire, il permet de prédire l'ouvrabilité du béton sur chantier.

Au moment de la confection de l'ouvrage, il sert au contrôle-qualité, ce qui permet de


prendre des mesures nécessaires avant la mise en place du béton, au cas où un accident
aurait eu lieu en cours de fabrication. L'essai permet donc d'éviter ou de limiter au minimum
la perte économique. On a inventé depuis longtemps de nombreux essais, essentiellement
empiriques, pour évaluer l'ouvrabilité des bétons [13].

II.1. Essais empiriques pour béton:

En développant un système de métrologie rhéologique adapté à différentes sortes de


bétons, plus de cent types d'appareils ont été inventés dans le monde, dont seulement

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Chapitre 03: La rhéologie au laboratoire

quelques-uns, les plus utilisés, seront présentés ci-après. Parmi les appareils d'essai
rhéologique empirique, les plus connus au niveau international sont le cône d'Abrams et
l'appareil V.B... En France, on utilise surtout, outre le cône, le maniabilimètre L.C.L... En
Allemagne, c'est la table à secousses qui est l'essai le plus courant [13].

a. Le cône d'Abrams:

L'essai au cône d'Abrams est un essai normalisé (ASTM C 143 ou NFP 18-451). On remplit
un moule tronconique de 300 mm de hauteur en trois couches successives de béton (6 Litres
environ au total), piquée chacune 25 fois; puis on démoule le cône et on mesure
l'affaissement au centre original de la surface supérieure de l'échantillon (Figure 3.1). Ce
lui-ci varie de quelques millimètres, voire même zéro pour les bétons très secs (tel un béton
routier) à une vingtaine de centimètres pour les bétons très fluides. En raison d'une
sensibilité et d'une répétabilité mauvaise pour des bétons très secs et très fluides, cet essai ne
convient a priori qu'aux bétons fermes à fluides. Sa superbe simplicité fournissant une
certaine qualité est toujours très appréciée jusqu'à aujourd'hui sur chantier comme dans les
laboratoires.

Cependant, le grand défaut de cet essai est que des bétons ayant les mêmes affaissements
peuvent présenter des comportements rhéologiques très différents. Autrement dit, la relation
entre l'affaissement au cône et l'ouvrabilité n'est pas toujours univoque. Ceci crée des
problèmes plus ou moins graves sur chantier. Actuellement, cet essai est beaucoup utilisé
pour contrôler la qualité du béton, d'une gâchée à l'autre et avec une formulation fixée. Une
variation anormale de l'affaissement peut être causée par un changement inattendu de
formulation ou de matériaux. Néanmoins, pour les travaux de techniques très avancés, il
apparaît que la mesure de l'affaissement n'est pas suffisamment sensible. Quant à l'analyse
des causes de variation, cet essai montre encore une fois ses limites.[13]

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Chapitre 03: La rhéologie au laboratoire

Figure 3.1 : Le cône d'Abrams. [13].

b. L'appareil V.B:

Sous le nom "Vebe test", l'essai avec cet appareil est normalisé dans l'ACI Standard
211.3-75. Le schéma de l'appareil est présenté en figure 3.2. Un cône d'Abrams standard est
placé dans un cylindre. Le cône est rempli de béton comme évoqué plus haut, puis le béton
est démoulé. Un couvercle en verre de surface légèrement inférieure à celle du cylindre est
ensuite placé au-dessus du béton. On applique une vibration de fréquence 50 Hz,
d'accélération maximale égale à 3 à 4 fois celle de la pesanteur. Le temps pour que le béton
soit remoulé de sa forme tronconique affaissée à la forme du cylindre est mesuré. Ce temps
est considéré comme l'indication de la consistance du béton. Dans le cas où le volume du
béton est changé de V, à V2, le temps doit être corrigé en le multipliant par un facteur V¡ /
V2. Par rapport aux autres appareils, cet appareil de laboratoire convient particulièrement
aux bétons secs.[13]

Figure 3.2 : L'appareil V.B. [13].

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Chapitre 03: La rhéologie au laboratoire

c. La table à secousses allemande :

L'essai de la table à secousses est normalisé dans la norme allemande DIN 1048 : TOME
I. Une table de 700 mm de côté, composée d'une plaque en bois recouverte par une autre
plaque en acier, dont la masse totale est de 16 kg, est articulée le long d'un côté avec une
autre table de même dimension, servant de socle. Tout en basculant autour du côté articulé,
la table supérieure peut être soulevée d'au maximum 40 mm, mise en butée par un système:
elle tombe et frappe le socle quand elle est lâchée. Un cône de 200 mm de hauteur, 200 mm
de diamètre en bas et 130 mm de diamètre en haut (volume 4,3 litres), est mis au milieu de
la table, rempli de béton et puis retiré. Après 15 secondes d'attente, la table est soulevée,
puis lâchée. Elle tombe alors librement. Cette procédure est effectuée 15 fois en 15
secondes. Les étalements maximaux parallèles aux deux côtés de la table sont ensuite
mesurés. La valeur moyenne de ces deux mesures est considérée comme représentative de
l'ouvrabilité du béton. La simplicité de cet essai lui permet d'être utilisé sur chantier. Parmi
les appareils de chantier, l'avantage de celui-ci est son aspect dynamique, ce qui convient
particulièrement aux bétons relativement visqueux, comme le sont souvent les BHP. Notons
que cet essai a été utilisé dans le cadre du contrôle qualité pendant la construction du Pont
de Normandie.[13]
d. Le maniabilimètre L.C.L. :

L'essai au maniabilimètre est normalisé dans la norme NFP 18-452. Une caisse
métallique parallélipédique à l'extrémité de laquelle est fixé un vibrateur, est séparée en
deux compartiments par une trappe mobile. 30 litres du béton sont versés dans le
compartiment le plus éloigné du vibrateur (notons qu'il existe encore une "version mortier"
ayant un volume de 1 litre pour les mortiers et bétons dont les dimensions des granulats sont
inférieures à 15 mm). L'enlèvement de la trappe met automatiquement en route le vibrateur.
Le béton s'écoule sous l'effet de la vibration, et le temps nécessaire pour que le béton
atteigne un repère tracé sur la paroi, côté vibrateur, est considéré comme l'indication de la
maniabilité (Figure 3.3).

Il varie de quelques secondes à une minute. Cet appareil convient surtout aux bétons
relativement secs du fait qu'il s'agit d'un essai dynamique. La taille considérable de
l'appareil (version béton) garantit une excellente répétabilité. Le mode d'emploi est simple.
Apprécié pour ses avantages, le maniabilimètre L.C.L. est souvent utilisé dans les
laboratoires en France.

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Chapitre 03: La rhéologie au laboratoire

Cependant, pour les bétons fluides, les temps d'écoulement ne sont pas très significatifs. Par
ailleurs, son encombrement l'empêche d'être largement utilisé sur chantiers.[13]

Figure 3.3 : Le maniabilimètre L.C.L. [13].

e. Le wattmètre :

Le wattmètre est plutôt un moyen d'apprécier l'ouvrabilité des bétons qu'un essai
rhéologique. Dans certaines centrales à béton, on ajuste parfois le dosage en eau pendant la
fabrication pour que la puissance dissipée par le moteur, mesurée par le wattmètre, soit la
même que celle fixée comme objectif, correspondant à un béton ayant une ouvrabilité
demandée. En admettant que le malaxeur fonctionne à vitesse imposée, pour des bétons
ayant un comportement linéaire, comme celui des fluides newtoniens, la puissance est une
indication directe du comportement des matériaux. Plus le béton est fluide, plus le malaxage
est facile. Par contre, pour des bétons ayant des comportements différents de celui des
fluides newtoniens, la même puissance exigée par différents bétons n'implique pas
forcément que ces derniers aient des caractéristiques rhéologiques identiques.[13]
f. L'Orimet test :

C'est un essai conçu spécialement pour des bétons qui doivent rester stables sous l'eau.

Ces bétons sont un peu particuliers: ils ont d'une part des valeurs de slump très élevées;
d'autre part, ils ont une cohésion beaucoup plus élevée que des bétons ordinaires ayant
également des valeurs de slump élevées. Ce dernier caractère provient de l'utilisation
d'adjuvants chimiques spécifiques, afin d'éviter le délavage du béton.

BARTOS [H] a mis au point cet essai, utilisable sur chantier, en vue de distinguer les
bétons stables sous l'eau des bétons fluides ordinaires. L'équipement comprend un tube

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Chapitre 03: La rhéologie au laboratoire

vertical de 7,5 litres environ de volume, dans lequel on met du béton sans aucun
compactage. Il y a un ajutage, interchangeable, en bas du tube. Une plaque mobile servant
de porte est bloquée avant l'essai afin de boucher l'ajutage.

Le tube est supporté par un tripode, lequel est installé sous le corps du tube, et abattable
pendant le transport. Un récipient du 10 litres environ de volume est mis au-dessous de
l'ajutage pour récupérer le béton écoulé. L'essai commence par l'ouverture rapide de la
porte, en même temps que l'on déclenche un chronomètre de précision 0,2 seconde. On
mesure le temps jusqu'auquel on voit la lumière à travers le tube. Ce temps d'écoulement est
un indice rhéologique de l'essai. Il peut varier de 5 secondes à l'infini (écoulement partiel).
Dans la pratique, on considère comme écoulement partiel ceux donnant des temps
d'écoulement au-dessus de 60 secondes. On répète en général 2 à 3 fois l'essai, avec des
échantillons différents, pour caractériser chaque béton. Les résultats de l'auteur montrent
que cet essai est sensible et pratique pour identifier les bétons stables sous l'eau.[13]

II.2. Appareils de mesures rhéologiques:

Différentes techniques sont employées et préconisées par les normes pour évaluer le
comportement rhéologique des coulis et des bétons. Certaines sont implicites et faciles à
utiliser sur chantier et d’autres nécessitent des appareils de pointe pour évaluer les
constantes rhéologiques avec précision. Il existe actuellement plusieurs types d’appareils,
appelés rhéomètres, qui permettent de mesurer les paramètres rhéologiques du béton.[17]

II.2.1. Rhéomètres agitateurs-malaxeurs:

Le premier rhéomètre à bétons fut créé en 1987, il s’agit du Two-point-test Cet appareil
est en fait un malaxeur instrumenté qui permet de déterminer la relation entre le couple de
malaxage et la vitesse de rotation de la pale. Le principe de l’appareil a été modifié en
changeant la géométrie de l’agitateur où deux versions ont été développées ; le MK2 et le
MK3.

Le MK2, plus connu sous le nom de "two-point test" ou appareil de Tattersall, il est
conçu pour les bétons de grandes maniabilités (affaissements supérieurs à 75 mm au cône
d’Abrams).

Le MK3 est utilisé pour les bétons de faibles maniabilités (affaissements inférieurs à 50
mm). L’agitateur en forme de H (figure 3.4) effectue lors des essais un mouvement
planétaire. Ce mouvement permet de conserver l’échantillon homogène lors des essais.

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Chapitre 03: La rhéologie au laboratoire

Beaupré a repris la configuration de MK3 pour construire ‘’UBC rheometer’’. Cet


appareil est complètement automatisé et commercialisé sous le nom de IBB figure 3.5. [17]

Figure 3.4: Rhéomètre Two-point-test[17].

Figure 3.5 : Rhéomètre à béton IBB[17].

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Chapitre 03: La rhéologie au laboratoire

II.2.2. Rhéomètres à cylindres coaxiaux:

Le principe de l’appareil de Tattersall a été modifié par Wallevik et Gjorv en


développant le rhéomètre BML (building material learning) (figure 3.6) [14].C’est un

rhéomètre à cylindres coaxiaux. Le cylindre intérieur est fixe tandis que le cylindre

extérieur tourne autour de l’axe à une vitesse angulaire fixe. Les cylindres sont munis de
redans parallèles à leur axe. Cette configuration permet une meilleure adhérence du

matériau aux outils et limite le glissement à la surface des cylindres.

La géométrie de ce rhéomètre permet de développer facilement les équations et de

déterminer les paramètres rhéologiques en unités fondamentales. Le pilotage (vitesse de


rotation, protocole opératoire), l’acquisition des résultats de mesures (couple et vitesse de
rotation) et le calcul des résultats bruts sont entièrement automatisés et réalisés en temps
réel à l’aide d’un logiciel spécifique La consommation de béton est relativement importante
au cours d’un essai (17 litres). [17]

Figure 3.6: Rhéomètre BML. [17]

II.2.1. Rhéomètre plan-plan:

Le BT Rhéométre est un rhéomètre développé par le LCPC au début des années 1990.
Un outil plan-plan est inséré dans ce rhéomètre sachant que le plan supérieur est en rotation
alors que le plan inférieur est fixe (figure 3.7). Il peut contenir 7 litres de béton environ.
L’avantage de ce rhéomètre est que les paramètres rhéologiques sont calculés et obtenus
directement en unité fondamentale. Il n’est pas nécessaire de calibrer l’appareil. Il est donc
le seul rhéomètre susceptible de mesurer la viscosité plastique d’un béton. Les

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Chapitre 03: La rhéologie au laboratoire

inconvénients sont liés à la géométrie de mesure qui entraine une usure du joint d’étanchéité
(à changer lors de chaque essai), de la mise en place et de la difficulté d’utilisation de ce
rhéomètre. [17]

Figure 3.8 : Rhéomètre à béton BT Rhéom. [17]

II.2.3. Comparaison des rhéomètres:

Le tableau.3.1 présente une comparaison des principaux rhéomètres à bétons

existants. Récemment, plusieurs compagnes d'essais ont été effectuées pour comparer les
différents rhéomètres (BML, BTrhéom, IBB, Cemagref-IMG et le Two Point Test).

L’étude consiste à réaliser 17 bétons dont la majorité des bétons autoplaçants et 5


mortiers autoplaçants. Les résultats de cette investigation sont présentés sur la figure 3.9.
[17].

Figure 3.9 : Valeurs de viscosités plastiques et seuils de cisaillement identifiés sur des
bétons et mortiers étudiés avec différents appareils.

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Chapitre 03: La rhéologie au laboratoire

Ces études ont conclu que les viscosités plastiques et les seuils de cisaillement varient
fortement selon le rhéomètre utilisé. Néanmoins, les résultats suivent globalement la même
variation et tous les rhéomètres ont donné le même classement des bétons vis-à-vis de leur
viscosité plastique. Toutefois, les valeurs absolues des paramètres rhéologiques peuvent
varier d'un facteur supérieur à 2. [17].

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Chapitre IV: L'influence des additions
minérales et les adjuvants rhéofluidifiant sur le
comportement rhéologique.
Chapitre 04: L'influence des additions minérales et les adjuvants
rhéofluidifiant sur le comportement rhéologique.

I. Introduction:

On peut fabriquer des bétons en utilisant seulement du ciment Portland. Cependant la


substitution partielle d’une certaine quantité de ciment par un ou plusieurs ajouts minéraux
lorsqu’ils sont disponibles à des prix compétitifs peut être avantageuse, non seulement du
point de vue économique, mais aussi du point de vue rhéologique et parfois du point de vue
résistance et durabilité. Les ajouts minéraux cimentaires typiques sont les cendres volantes
(C.V), le laitier granulé de haut fourneau (L.G.H.F) et les fumées de silice (F.S).
L’utilisation d’ajouts cimentaires dans les industries du ciment et du béton présente des
avantages techniques, économiques et écologiques.[14] Les développements récents
montrent que l’incorporation.

Conjuguée d’adjuvants fluidifiants et d’additions minérales fines (diamètre moyen


inférieur à 100 µm) et ultrafines (diamètre moyen inférieur à 5 µm) conduit, généralement, à
la réduction de la quantité d’eau nécessaire au gâchage et à l’augmentation conséquente de
la compacité du matériau. Ainsi, des améliorations très significatives des performances
mécaniques, physiques et de durabilité des bétons peuvent être obtenues caractérisant une
catégorie spécifique de matériaux que l’on appelle les bétons à hautes et à très hautes
performances. [14]

II. Les addition minérales:

II.1. Définition:

Les ajouts sont des matériaux minéraux présentant une granulométrie très fine que l’on
incorpore le plus souvent au ciment, quelques fois également au béton afin d’améliorer les
propriétés du mortier ou du béton grâce à une activité hydraulique et / ou pouzzolanique.. .
[17].

Une addition minérale est définie par la norme européenne EN 206-1 comme étant : Un
Matériau minéral finement divisé utilisé dans le béton afin d’améliorer certaines propriétés
ou pour lui conférer des propriétés particulières [14].

II.2. Les différents types d’additions:

a. ADDITIONS CALCAIRES:

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Chapitre 04: L'influence des additions minérales et les adjuvants
rhéofluidifiant sur le comportement rhéologique.

Les additions calcaires sont des produits secs finement divisés, obtenus par broyage et/ou
sélection, provenant de gisements de roches calcaires pouvant être dolomitiques, massives
ou meubles. [14].

b. ADDITIONS SILICEUSES:

Les additions siliceuses sont des produits finement divisés, constitués à plus de 96%
(valeur spécifiée inférieure) et à plus de 93.5 % (valeur limite absolue inférieure), par de la
silice exprimé en SiO2 mesurée sur produit sec et obtenus par broyage et/ou sélection de
quartzeuses ou de cristobalites synthétiques [14].

c. FUMEE DE SILICE:

La fumée de silice est une poudre amorphe finement divisée résultant de la production
d’alliages de silicium ou contenant du silicium. Elle est entraînée depuis la zone de
combustion des fours par les gaz, vers le système de captage.

Toute fois, compte tenu de la très grande finesse de ces additions et de leur très grande
réactivité avec la portlandite libérée par l’hydratation du ciment, leur proportion est limitée
à 10 % et leur emploi réservé aux bétons contenant un superplastifiant [14].

d. CENDRES VOLANTES POUR BETON:

Les cendres volantes sont une poudre fine constituée principalement de particules
vitreuses de forme sphérique, issues de la combustion du charbon pulvérisé en présence ou
non de co-combustibles, ayant des propriétés pouzzolaniques et composées essentiellement
de SiO2 et de Al2O3 ; la proportion de SiO2 réactive constituant au moins 25 % de la
masse.

e. LAITIER VITRIFIE MOULU DE HAUT FOURNEAU:

Le laitier vitrifié moulu provient du broyage du laitier vitrifié granulé ou bouleté,

coproduit de la fabrication de la fonte et obtenu par trempe du laitier de haut fourneau en


fusion. [14].

II.3.ACTION DES ADDITIONS MINERALES SUR LES MATERIAUX

CIMENTAIRES :

Par leur finesse et par leur réactivité plus ou moins importante en présence du

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Chapitre 04: L'influence des additions minérales et les adjuvants
rhéofluidifiant sur le comportement rhéologique.

ciment, les additions minérales engendrent des modifications significatives sur les propriétés
des matériaux cimentaires à l’état frais et durci. A l’état frais, la présence des additions
minérales modifie la structure du squelette granulaire et les frictions entre les composants
solides dans la phase liquide. Au cours de la prise et du durcissement, les particules des
additions interagissent dans le processus d’hydratation du ciment en modifiant la structure
des produits hydratés et pour certaines peuvent réagir chimiquement en milieu cimentaires
pour former de nouveaux produits hydratés qui présentent un caractère liant supplémentaire.

Les mécanismes à l’origine de ces modifications paraissent particulièrement complexes,


cependant plusieurs études récentes , s’accordent pour distinguer trois principaux effets des
addition dans un matériau cimentaire.

- Un effet granulaire résultant des modifications apportées par l’addition sur la structure
granulaire du matériau en présence d’eau et éventuellement d’adjuvant et qui agit sur les
propriétés rhéologiques et la compacité des matériaux cimentaires à l’état frais.

- Un effet physico-chimique et microstructural engendré par les multiples interactions entre


les particules de l’addition et le processus d’hydratation du ciment et qui agit sur l’évolution
de l’hydratation du ciment au cours de la prise et du durcissement.

- un effet purement chimique propre à certaines additions en milieu cimentaire qui agit au
cours de l’hydratation du ciment et qui interagit fortement avec l’effet physicochimique et
microstructural. [14].

II.3.1. Effet granulaire:

il n’est donc plus à démontrer que les additions minérales jouent un rôle de sites de
nucléation préférentiels au cours des réactions de ciment, permettant une meilleure
répartition des produits hydratés et conduisant ainsi à une structuration plus efficace de la
matrice cimentaire. Pour les additions calcaires, il semble que la présence du carbonate de
calcium (CaCO3 ) favoriserait l’hydratation du CS dès les premiers instants d’autant plus
que les particules sont fines et la quantité de CaCO est importante (jusqu’à 15 à 20 % en
masse) . Pour les additions siliceuses, les particules de quartz peuvent constituer des sites
préférentiels de nucléation en particulier pour la cristallisation des cristaux de portlandite .
Ainsi, la présence des additions minérales provoque une accélération des réactions
d’hydratation du ciment et favorise les propriétés du matériau durci aux jeunes âges,

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Chapitre 04: L'influence des additions minérales et les adjuvants
rhéofluidifiant sur le comportement rhéologique.

d’autant plus que les particules sont fines, cependant cet effet favorable semble s’estomper
avec le temps. En effet, Husson a montré en étudiant l’analyse physico-chimique et
mécanique des interactions ciment – fillers dans les mortiers, qu’à long terme, les additions
minérales utilisées dans certaines proportions pouvaient avoir un effet retardateur plus
important que l’effet accélérateur aux jeunes âges.

D’une manière générale, on peut conclure que l’effet physico-chimique et


microstructural des additions minérales agit essentiellement sur l’évolution des résistances
mécaniques aux jeunes âges ainsi que sur les propriétés physiques et microstructurales des
matériaux cimentaires durcis. [14]

II.3.2. Effet physico- chimique:

Alors que l’effet physico-chimique et microstructural concerne d’une façon générale


toutes les additions minérales indépendamment de leur nature minéralogique, l’effet
chimique est intiment lié à leur composition minéralogique et concerne la capacité des
additions caractérisées par des propriétés pouzzolaniques et/ou hydrauliques, à réagir avec
l’eau et les constituants anhydres ou hydratés du ciment pour former de nouvelles phases
minérales qui peuvent contribuer à l’évolution des résistances mécaniques au même titre
que les produits hydratés du ciment.

Appa Rao. a montré en étudiant le développement des résistances avec l’âge des

mortiers contenant de la fumée de silice, que pour un rapport eau/liant constant égal à 0.5,
l’incorporation d’une fumée de silice dans un mortier dans la limite de 30 % de substitution
du ciment par l’addition, conduit à une augmentation des résistances en compression
indépendamment de l’âge du mortier.

Benzet et Benhassine ont également montré en étudiant l’influence de la taille des


particules de quartz dans la réaction pouzzolanique, que le quartz cristallisé finement broyé,
peut sous certaines conditions réagir avec la portlandite. Toute fois, la quantification d’une
faible activité chimique séparément de l’effet physico-chimique et microstructural est
difficile et incertaine.

D’autre part, Lawrence & al ont également montré en étudiant l’effet de la nature,

la quantité et la finesse des additions minérales fines (quartz, calcaire, et cendres volantes),
sur les résistances en compression des mortiers, que pour des finesses proches du ciment, et
à 07 jours, les mortiers contenant des additions calcaires présentaient des résistances en

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Chapitre 04: L'influence des additions minérales et les adjuvants
rhéofluidifiant sur le comportement rhéologique.

compression supérieures à celles des mortiers avec additions de quartz. Cette différence
devenait négligeable à 28 jours pour un taux de substitution du ciment donné (figure 4.1).
[16]

Figure 4.1: Evolution de la résistance en compression pour les mortiers avec additions de
finesse équivalente, en fonction du taux de substitution du ciment, selon Lawrence [16].

II.3.3 Effet chimique:

L’effet chimique, est dû à l’activité pouzzolanique de certaines additions D’une manière


générale, la réaction pouzzolanique concerne principalement :

Les fumées de silice, les cendres volantes siliceuses ,les pouzzolanes naturelles et les
schistes calcinés. La silice amorphe présente dans ces différentes additions réagit en
présence de l’eau avec la portlandite Ca(OH), formée durant l’hydratation du ciment pour
former des silicates de calcium hydratés C-S-H suivant la réaction suivante :

S + x CH + y H CxSHx+y

L’activité hydraulique concerne plus particulièrement les laitiers de hauts fourneaux et


les cendres volantes calciques, qui en raison du caractère basique du milieu cimentaire,
peuvent produire des C-S-H dont le rapport C/S est différent de celui issu des réactions
pouzzolaniques.

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Chapitre 04: L'influence des additions minérales et les adjuvants
rhéofluidifiant sur le comportement rhéologique.

Par ailleurs, les additions calcaires présentent aussi une réactivité en présence des
produits hydratés du ciment . Dans ce cas, la calcite (CaCO ) réagit avec les aluminates du
ciment (C 3A, C3H) en présence de l’eau pour former un mono-carbo-aluminate de calcium
hydraté du type C3A.CaCO3.11H2O, cristallisant en fines plaquettes hexagonales.

Toute fois, l’activité chimique des additions calcaires est significativement plus faible
que celle des additions siliceuses à caractère pouzzolanique. Il en résulte que l’effet
chimique lorsqu’il est favorable, est complémentaire à l’effet physico-chimique et
microstructural. Son action sur les propriétés du matériau durci peut être quantifiée par la
mesure du volume et de la nature des produits hydratés formés.

Néanmoins, leur forte synergie rend difficile toute distinction claire entre ces deux effets
et fait qu’ils peuvent être associés dans une notion unique plus large qui est la contribution
des additions minérales à l’activité liante du ciment . [14]

II.4. Effet des additions minérales sur la rhéologie:

II.4.1 Effet du type de l’addition:

L'incorporation de fumée de silice rend parfois le béton collant, bien que les avis soient
partagés sur cet aspect. Pour certains auteurs, elle augmente le seuil de cisaillement et la
viscosité tout en améliorant la compacité des mélanges. En revanche, Carlsward et al.,
constatent que la fumée de silice ne modifie pas la viscosité par rapport à la rhéologie d'un
mélange de référence. Dans le même sens, Ferraris et al., montrent que l'utilisation de la
fumée de silice augmente la demande en eau et en superplastifiant que ce soit pour des pâtes
de ciment ou bien pour des bétons. Selon les résultats d’Aitcin et al, la viscosité augmente
rapidement en fonction du dosage en fumée de silice sans l’utilisation de superplastifiant.
Park et al. ont montré, en étudiant les propriétés rhéologiques des matériaux cimentaires
contenant des additions minérales en utilisant le rhéomètre, que dans les mélanges ciment-
additions de fumée de silice, le seuil de cisaillement et la viscosité plastique augmentent en
fonction de l’augmentation du taux de substitution du ciment par l’addition.

Le filler calcaire semble avoir une faible influence sur la demande en eau, et peut
conduire à une légère diminution de la viscosité du mélange cimentaire. Ceci peut justifier
l’utilisation de cette addition à des dosages élevés dans la formulation des bétons (BAP et
BHP). Cependant, plusieurs auteurs ont remarqué que, pour un dosage constant en ciment
(ou un rapport E/C constant), l’ajout du filler calcaire contribue à diminuer la viscosité

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Chapitre 04: L'influence des additions minérales et les adjuvants
rhéofluidifiant sur le comportement rhéologique.

d’une pâte de ciment (malgré l’augmentation de la concentration volumique en solides),


avant de provoquer une augmentation de la viscosité lorsque son dosage dépasse une
certaine valeur critique, qui dépend du rapport E/C. [17].

Sur une étude de l’effet des additions ultrafines sur les propriétés rhéologiques des pâtes
de ciment, Zhang et Han ont conclu que le seuil de cisaillement augmentait avec la quantité
d’addition ultrafine incorporée, mais la viscosité de la pâte variait avec la nature et la
quantité d’addition.

II.4.1 Effet du taux de verre:

Shi et al. ont étudié l’ouvra bilité du béton au laitier des hauts fourneaux en modifiant sa
teneur en verre par un procédé de traitement et observent que l’ouvrabilité augmente avec le
taux de substitution et d’autant plus avec celui ayant une plus grande phase vitreuse comme
le montre la figure 4.3. Bien que les particules fines d’une addition minérale soient moins
réactives que les grains de ciment, elles génèrent une multitude de sites de nucléation pour
la précipitation des hydrates. La pâte devient plus homogène et plus dense avec des pores
plus fins. [17].

Figure 4.3 : Effet du taux de substitution sur l’ouvrabilité du béton au laitier pour deux taux
de verre. [17].

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Chapitre 04: L'influence des additions minérales et les adjuvants
rhéofluidifiant sur le comportement rhéologique.

III. Les adjuvants fluidifiants:

III.1. ADJUVANTS PLASTIFIANTS REDUCTEURS D’EAU :

III.1.1. DEFINITION [norme EN 934-2]:

Les adjuvants sont des produits incorporés au moment du malaxage du béton à des doses
inférieures ou égales à 5 % en masse de la teneur en ciment du béton pour modifier les
propriétés du mélange à l’état frais et/ou durci.

Un adjuvant plastifiant réducteur d’eau est un adjuvant qui, sans modifier la consistance,
permet de réduire la teneur en eau d’un béton donné, ou qui, sans modifier la teneur en eau,
en augmente considérablement l’affaissement/l’étalement, ou qui produit les deux à la fois.
[17].

III.1.2. MECANISMES D’ACTION:

Les grains de ciment en contact avec l’eau ont tendance à s’agglomérer sous forme
d’amas ayant une structure en château de carte, c’est la floculation. Ce phénomène est lié à
la présence de charges électriques sur la surface des grains qui tend à piéger un certain
volume d’eau à l’intérieur des flocs et empêcher l’eau d’hydrater certaines parties des
surfaces des grains de ciment qui se trouvent en quelques sortes soudés les unes aux autres
(figure 4.4). [17].

Figure 4.4 : Floc de ciment en l’absence de réducteur d’eau selon Rixom.


[17].

Les principaux constituants actifs de ces adjuvants sont des agents tensioactifs qui sont
des substances se concentrant à l’interface de deux phases non miscibles et modifiant les

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Chapitre 04: L'influence des additions minérales et les adjuvants
rhéofluidifiant sur le comportement rhéologique.

forces physico-chimiques qui agissent sur cette interface. Ces substances sont adsorbées sur
les grains fins de ciment ou d’additions en suspension dans l’eau leur conférant une charge
négative qui conduit à une répulsion entre les grains qui sont ainsi défloculés et leur
suspension se trouve stabilisé (figure 4.5).

Figure4.5: Mode d’action des molécules des réducteurs


d’eau suivant leur nature ionique selon keijger.

Dans ce cas, les adjuvants réducteurs d’eau augmentent la surface des grains de ciment
qui engendre l’hydratation initiale, ainsi que la quantité d’eau disponible pour l’hydratation.
De plus, les charges électrostatiques sont à l’origine du développement autour de chaque
grain, d’une gaine formée de molécules d’eau orientées qui empêchent le rapprochement des
grains les uns vers les autres et qui ont alors une plus grande mobilité et l’eau libérée du
système floculé devient disponible pour lubrifier le béton et fait croître sa maniabilité.

III.1.1.3. INFLUENCE DU DOSAGE EN PLASTIFIANT:

La réduction d’eau augmente en général avec le dosage en plastifiant mais dépend aussi
de la teneur en C3A du ciment de la teneur en alcalins du ciment du dosage en ciment ainsi
que de la surface spécifique du ciment et de la nature du sulfate de calcium utilisé lors du
gypsage du ciment.

Le pourcentage de réduction d’eau diminue avec l’augmentation du dosage en ciment.


Ceci peut être expliqué par le fait que le sulfate de calcium se dissout de plus en plus
difficilement dans une eau de gâchage de plus en plus chargé en ions de toutes sortes.

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Chapitre 04: L'influence des additions minérales et les adjuvants
rhéofluidifiant sur le comportement rhéologique.

Comme le principal effet des adjuvants réducteur d’eau est la dispersion des grains de
ciment entraînant l’augmentation de la surface disponible des grains pour l’hydratation ;
cette dernière progresse à une plus grande vitesse les premiers instants, d’où une
augmentation de la résistance du béton adjuvanté. Une répartition plus uniforme du ciment
pourrait elle aussi contribuer à l’augmentation de la résistance, car le processus
d’hydratation est amélioré . Ceci est particulièrement perceptible dans les bétons à jeunes
âges, mais peut se prolonger sous certaines conditions .

Bien que les adjuvants réducteurs d’eau influencent la vitesse d’hydratation du ciment, la
nature des produits hydratés reste inchangée, de même que la structure de la pâte de ciment
hydratée.

Emoto et Bier ont montré en étudiant l’influence des plastifiants sur le comportement
rhéologique et l’hydratation cinétique, que la fluidité des matériaux cimentaires était
fortement influencée par le type de plastifiants qui retardent l’hydratation du ciment [14]

III.2. ADJUVANTS SUPERPLASTIFIANTS HAUTS REDUCTEURS


D’EAU :

III.2.1. DEFINITION [Norme EN 934-2]:

Un adjuvant superplastifiant haut réducteur d’eau est un adjuvant qui, sans modifier

la consistance, permet de réduire fortement la teneur en eau d’un béton donné, ou qui, sans
modifier la teneur en eau, en augmente considérablement l’affaissement/l’étalement, ou qui
produit les deux à la fois. [14]

III.2.2. MECANISMES D’ACTION:

Lorsque les molécules organiques des superplastifiants sont introduites dans une
suspension d’un matériau cimentaire, une grande partie d’entre elles viennent se fixer à la
surface des particules de ciment (adsorption). Ces dernières réduisent les forces attractives
d’interactions inter-particulaires de Van der Waals qui existent entre les atomes des
différentes particules (figure 4.6). [14]

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Chapitre 04: L'influence des additions minérales et les adjuvants
rhéofluidifiant sur le comportement rhéologique.

Figure 4.6: Représentation schématique de l’adsorption d’un polymère à la


surface d’une particule selon Jolicoeur & al. [14]

Si les molécules sont ionisées dans le liquide, elles modifient également les forces
d’interactions de double couche qui apparaissent suite à la réaction acide - base entre les
atomes de surface et le liquide, en augmentant les forces de répulsions entre les particules. et
engendrent donc des effets importants de fluidification ou d’épaississement des suspensions
(figure 4.7).

Figure4.7: Illustration schématique de la répulsion électrostatique entre deux


particules selon Jolicoeur. [14]

L’adsorption de polymères chargés négativement se fait par l’intermédiaire d’ions


bivalents Ca2+ . La quantité de polymères adsorbés est d’autant plus grande que la masse
moléculaire du polymère est élevée et qu’il y’a plus d’ions Ca2+ dans la solution
interstitielle.

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Chapitre 04: L'influence des additions minérales et les adjuvants
rhéofluidifiant sur le comportement rhéologique.

Elle crée une charge négative à la surface des particules qui se repoussent .Cet effet ne
dépend pas de la masse moléculaire du polymère, sauf dans le cas des très faibles masses
moléculaires.

Un autre mode d’action appelé effet entropique, nécessite des molécules qu’une partie
puisse se placer ou se fixer à la surface des particules et que l’autre partie puisse se déployer
dans le liquide en raison de son affinité avec ce dernier. Dans ce cas, lorsque deux particules
"chevelues" se rapprochent au point que les chaînes puissent s’interpénétrer, cela provoque
une augmentation de l’énergie du système associée à une force de répulsion entre les deux
particules (figure 4.8).

Figure4.8 : Représentation schématique du phénomène de répulsion


entropique ou stérique selon Jolicoeur. [14]
Les différentes molécules de superplastifiants à longue chaîne agissent conformément
aux différents mécanismes de base développés ci-dessus, en s’enroulant autour des grains de
ciment et en leur conférant une charge hautement négative de sorte qu’ils se repoussent les
uns des autres, conduisant à une dispersion des grains de ciment.

Les superplastifiants à base de polynaphtaléne et polymélamine sulfonés agissent surtout


au niveau des forces de Van der Waals et de la force d’interaction de double couche. Les
superplastifiants à base de polyacrylates agissent principalement grâce à leur effet
entropique.

Certains adjuvants superplastifiants, par delà leur effet physique modifiant les forces
inter-particulaires, peuvent intervenir dans les processus chimiques de l’hydratation et
notamment de la nucléation et la croissance cristalline. En effet, les superplastifiants
constitués de molécules poly-chargées négatives, outre leur effet dispersant et leur effet
secondaire retardateur, en général bénéfique, peuvent favoriser les réactions du type prise
rapide.

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Chapitre 04: L'influence des additions minérales et les adjuvants
rhéofluidifiant sur le comportement rhéologique.

Ce comportement a pour origine l’effet inhibiteur des poly-électrolytes sur la nucléation


de l’ettringite et leur aptitude à se combiner aux structures désordonnées des aluminates
hydratés, dont ils favorisent la formation. Cette incompatibilité ciment–adjuvant dépend de
la formulation complète du béton et notamment, le dosage en adjuvant, le rapport
eau/ciment, de la compacité et de la température ambiante et peut se maîtriser
complètement. [14]

III.2.3. Influence des superplastifiants:

Pour augmenter la maniabilité d’un béton, le dosage normal des superplastifiants est
compris entre 1 et 3 litres par mètre cube de béton, pour des superplastifiants sous forme
liquide contenant 40 % de matériaux actifs. Lorsque les superplastifiants sont utilisés pour
réduire la teneur en eau du béton, leur dosage est beaucoup plus élevé et se situe entre 5 et
20 litres par mètre cube de béton.

L’introduction des superplastifiants dans les mélanges cimentaires a tout intérêt à se


faire le plus tard possible lors du malaxage du béton. Dans ce cas, on laisse le temps au
sulfate de calcium pour former une coquille d’ettringite qui bloquera temporairement
l’hydratation du ciment avant que le superplastifiant soit introduit et de ce fait ses molécules
n’entrent pas en compétition avec le sulfate de calcium pour réagir avec le C A et demeurent
disponibles pour jouer leur rôle de dispersant.

Uchikawa & al ont montré en étudiant l’influence des superplastifiants et de certaines


additions minérales sur le comportement des mélanges cimentaires, que l’ajout de
superplastifiant à base de naphtalène produit une très grande dispersion de toutes les
particules de ciment dans la solution aqueuse et que les additions minérales se dispersent
bien sans trop floculer au sein de la pâte de ciment.

Kara Ali a montré en étudiant l’action de l’adjuvant fluidifiant sur la réduction du besoin
en eau des mortiers avec additions, que la réduction du besoin en eau des mortiers croît avec
l’augmentation du dosage en adjuvant fluidifiant indépendamment de la nature de l’addition
(figure 4.9). [14]

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Chapitre 04: L'influence des additions minérales et les adjuvants
rhéofluidifiant sur le comportement rhéologique.

Figure 4.09: Réduction du besoin en eau des mortiers à base de CEM II/A-
additions à maniabilité constante par teneur relative en additions, selon Kara Ali
l’adjuvant fluidifiant à base de poly-mélamine en fonction de la [14]

III.3. Effet du superplastifiant/plastifiant sur la rhéologie:

III.3.1. Effet du mode d’introduction:

Le moment d’introduction d’un superplastifiant/plastifiant a occupé l’esprit de plusieurs


chercheurs afin d’optimiser l’effet de dispersion. Chiocchio et al. ont montré que le meilleur
moment pour ajouter un superplastifiant/plastifiant est au début de la période d'induction où
toute introduction avant la première période d'hydratation de C3A. La figure 4.10 montre
des résultats d’essai d’affaissement où l'introduction de superplastifiant/plastifiant a été
divisée en deux parties; une moitié lors du contact avec de l’eau de gâchage et l’autre moitie
quelques minutes après le malaxage. Les résultats obtenus montrent que la fluidité initiale a
été considérablement augmentée, et que la perte de fluidité a été beaucoup réduite lorsque la
deuxième moitié du superplastifiant/plastifiant a été ajoutée 3 minutes après le début du
malaxage. L’étude de l’influence du temps d’introduction des superplastifiants sur les
propriétés rhéologique des pâtes de ciment montre que les superplastifiants à base de
naphtalène et de mélamine augmentent les propriétés rhéologique des pâtes de ciment

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Chapitre 04: L'influence des additions minérales et les adjuvants
rhéofluidifiant sur le comportement rhéologique.

montre que les superplastifiants à base de naphtalène et de mélamine augmentent les


propriétés rhéologiques des pâtes de ciment à court et à long termes. La réduction du seuil
de cisaillement et de la viscosité plastique dépend de la composition du ciment et du temps
d’introduction du superplastifiant/plastifiant dont le temps optimal était de 10 à 15 min
après le début du malaxage. [17]

Figure 4.10 : Variation de la fluidité d’un coulis pour plusieurs modes d’introduction.[17]

III.3.2. Effet du dosage en superplastifiant/plastifiant:

Plusieurs chercheurs envisagent que plus le dosage en superplastifian/plastifiant t et le


rapport E/C sont élevés, plus le comportement rhéologique se maintient dans le temps. De
même, Sugamata et al. ont étudié l’influence de différents superplastifiants et de leurs
dosages sur le maintien du comportement rhéologique d’un mortier. Leurs résultats
montrent que l’augmentation du dosage d’un superplastifiant n’a plus d’influence sur la
fluidité du mortier à partir d’une certaine valeur. De même Shindoh and Matsuoka a aussi
montré que l'ajout d'un superplastifiant aide à diminuer la viscosité figure 4.11 à partir d'un
certain dosage. Cette caractéristique est maintenant bien connue, il s’agit du dosage de
saturation, c’est-à-dire le dosage au-delà duquel l’adjuvant ne permet plus de modifier de
façon significative la rhéologie du mélange. Actuellement, les superplastifiants sont utilisés
à des dosages proches des dosages de saturation afin de limiter le phénomène de perte de
rhéologie dans le temps. [17]

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Chapitre 04: L'influence des additions minérales et les adjuvants
rhéofluidifiant sur le comportement rhéologique.

Figure 4.11 : Influence de la quantité de superplastifiant sur l’étalement et la viscosité d’un


béton [17].

Hu a étudié l'effet du dosage en superplastifiant sur les paramètres rhéologiques d'un


béton à dosage en eau constant. Les résultats représentés sur la figure 4.12 montrent que le
superplastifiant diminue le seuil de cisaillement et la viscosité plastique, par contre son effet
sur la viscosité reste modeste après un certain dosage. [17]

Figure 4.12 : Effet du dosage en superplastifiant sur les paramètres rhéologiques. [17]

III.3.3. Effet du type de superplastifiants:

La nature chimique du superlastifiant/plastifiant joue un rôle capital de son adsorption


sur les grains de ciment. Malhotra et al. ont constaté que dans le but d’augmenter
l’affaissement de 50 à 260 mm, il a été nécessaire d'ajouter 0,6% de PMS ou de MLS, alors
que ceci pourrait être accompli avec seulement 0.4% de PNS. Des résultats similaires ont
confirmé que le superlastifiant de type PNS est plus performant que le PMS .Une autre

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Chapitre 04: L'influence des additions minérales et les adjuvants
rhéofluidifiant sur le comportement rhéologique.

étude comparative, de l'effet du PNS et du lignosulfonate (LS) sur les propriétés des pâtes
confectionnées avec huit différents ciments, a montré que les pâtes de ciment contenant du
PNS sont plus fluides que celles contenant du LS en raison de la forte affinité du PNS aux
grains de ciment. En étudiant les performances des superplastifiants à base de
polycarboxylates, Falikman et al. ont montré que ces superplastifiants assuraient les mêmes
performances rhéologiques et mécaniques avec des dosages de 2.7 à 3.3 fois plus inférieurs
que les superplastifiants conventionnels à base de poly-naphtalène. [17]

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Chapitre V:
Exemple expérimental et analyse critique
Chapitre 05:Exemple expérimental et analyse critique.

I. Introduction:
L'utilisation conjuguée des additions minérales et des adjuvants fluidifiant dans les
mortiers qui sont d’ailleurs les cas les plus susceptibles de se présenter dans la réalité des
bétons modernes, se font donc avec apparition d’interactions significatives. Alors pour faire
manifester l’effet de ce couplage nous allons interpréter les résultats d’un article traitant ce
thème ensuite on passe à la discussion de ces résultats tout en les commentant et citant les
limites de cette étude proposant par suite une continuité pour la recherche.

II.Le Résumé:
L’article intitulé effet de fumée de silice sur la rhéologie des mortiers en présence d’un
superplastiant, réalisé par M.Adjoudj , K.Ezziane et El.Kadri , avait pour objectif l’étude
de l’influence de l’utilisation conjuguée d’addition minérale (fumée de silice ) avec un
superplastifiant sur les propriétés rhéologiques des mortiers de ciment en effectuant les
essais au rhéomètre à l’université de Cergy-Pontoise (France)
Alors pour déterminer expérimentalement ces propriétés les auteurs ont d’abords étudié la
variation de la contrainte de cisaillement pour les mortiers en fonction de taux de
cisaillement pour les mortiers contenant que la fumée de silice ensuite ils sont passés au
mesures rhéologiques en fonction du dosage en superplastifiant et après avoir dessiné les
rhéogrammes traduisant traduisant les résultats obtenus , ils se sont parvenus à corréler entre
les paramètres rhéologiques (τ et µ) concluant que la fumée de silice agit favorablemen
favorablementt sur
la rhéologie et sur la perte d'affaissement du
mortier au cours du temps, lorsqu'elle est ajoutée en teneur voisine de 10%. La viscosité et
le seuil de cisaillement des mortiers diminuent avec l’augmentation du dosage en
superplastifiant.

III. Détermination des propriétés rhéologiques:

III.1. Matériaux utilises:


Le ciment utilisé pour la confection des mortiers est de type CEM I 52.5 N CP2
distribué par la société ciments Calcia. Il est essentiellement constitué de 98% de Clinker et
2% de fines de cru.
Deux types de superplastifiants ont été utilisés, Conforme à la norme EN 206 1. Ils sont
fournis par l’entreprise BASF(France) et commercialisés sous les noms : GLYNUM SKY
456 à base de polycarboxylate noté SP1, et le POZZOLITH 390 N à base de Lignosulfonate
noté SP2.
La fume de silice (CSF) utilisée est la fumée (CONDENSIL S95 DM) qui contient 89%
de silice pure ; sa densité et de 2,1 ; sa Masse volumique apparent de 600 Kg/m3 et sa
surface spécifique BET est de 1820 cm2/g.
Le sable utilisé est un sable normalisé conforme à la norme NF P 15-403 qui est un
sable naturel, siliceux notamment dans ses fractions les plus fines. Il est propre, les grains
sont de forme généralement isométrique et arrondie. Il est séché, criblé offrant toutes
garanties de qualité et de régularité, contrôlé par le laboratoire d’essais des matériaux de la

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Chapitre 05:Exemple expérimental et analyse critique.

ville de paris (L.E.M.V.P), confectionné dans des sacs en plastique de poids net égal à 1350
± 5gr.

Ttableau 5.1:
Caractéristique de ciment CEM I 52.5 N CP2.

Ttableau 5.2:
Caractéristique de superplastifiants.

III.2.Matériels utilisés:
Pour déterminer expérimentalement le comportement rhéologique des mortiers, on a
utilisé un rhéomètre rotatif à cylindres coaxiaux Heidolph- RZR 2102 Control Z, présenté
sur la Figure5.1.

P56
2015/2016
Chapitre 05:Exemple expérimental et analyse critique.

Agitateur de marque Heidolph- RZR 2102 Control Z (Figure 2.a), Croisillon de dimension
dxh = 5x10 cm, (Figure 2.b), Récipient de dimension DxH = 10x13 cm.

Figure 5.1 : Rhéomètre à mortier.


III.3. Compositions des mortiers de ciment:
Les coulis sont réalisés à partir des mélanges comportant des teneurs variables en fumée
de silice (10, 20 et 30%) et deux types de superplastifiants (SP1, SP2) utilisés avec des
dosages variant de 0, 0.2, et 0.4% du poids de ciment. La fumée de silice est ajoutée en
substitution du ciment avec un rapport E/C=0.55. La température adoptée pour cette étude
est de 20C°.
III.4. Résultats et Interprétations:
Les mesures rhéologiques obtenues des contraintes de cisaillement en fixant différents
taux de cisaillement à l’aide du rhéomètre Heidolph sont représentées pour quatre mortier
de différentes compositions à figure 5.2 et figure 5.3. Elles illustrent l’effet de la fumée de
silice introduite en remplacement de 10, 20 et 30% du ciment dans des pâtes adjuvantés à 0,
0.2 et 0.4 du SP1 et SP2 , sur la valeur du seuil de cisaillement.

On observe que les additions minérales agissent suivant un mécanisme différent de celui
des superplastifiants tel que les additions engendrent l’augmentation du seuil de cisaillement
et de la viscosité tandis que les superplastifiants les réduisent d’une manière considérable
surtout avec l’utilisation d’une dose modérée en fumée de silice.

P57
2015/2016
Chapitre 05:Exemple expérimental et analyse critique.

c) SP1=0.4% c) SP2=0.4%
Figure 5.2: Variation de la Figure 5.3: Variation de la
contrainte de cisaillement en contrainte de cisaillement en
fonction du taux de cisaillement fonction du taux de cisaillement
pour les mortiers contenant la pour les mortiers contenant la
fume de silice et adjuvantes en fume de silice et adjuvantes en
superplastifiants. superplastifiant

P58
2015/2016
Chapitre 05:Exemple expérimental et analyse critique.

III.4. Discussion:
L’analyse des courbes expérimentales montre que l’allure des courbes sont des droites
de fonction f(x)= ax+b pour les différents pourcentages en fumée de silice
Donc le comportement rhéologique de ces mortiers peut être décrit de manière satisfaisante
par le modèle de Bingham (τ = τ0 + µγ̇ ).
Ce comportement pourrait s’expliquer par la structure même de ce type de matériaux. En
effet, les particules de silice de très petite taille et de forme arrondie viennent se loger dans
les interstices existant entre les grains de ciment. Cette structure très stable au repos est
encore renforcée par les forces interactives entre les particules solides qui entraînent la
formation d’agrégats. La structure ainsi constituée résiste à l’écoulement aux faibles
gradients de cisaillement, ce qui explique la présence d’une contrainte seuil (première valeur
de la contrainte associée à l’existence d’une vitesse de cisaillement non nulle).
Dans le cas des mélanges non adjuvantés (SP1=0%et SP2=0%) , le seuil de cisaillement
ainsi que la viscosité augmentent avec la croissance du % en fumée de silice et cela dépend
fortement des propriétés physico-chimiques des fines utilisées (surface spécifique,
granularité, composition), particulièrement celles modifiant la compacité et les interactions
entre les particules solides.
Dans le cas des mélanges adjuvantés, on constate que le seuil de cisaillement ainsi que la
viscosité diminuent avec l’augmentation du % de superplastifiants ce qui signifie que ces
derniers agissent favorablement sur la maniabilité de ces mortiers comme Temkhajornkit et
Nawa l’ont avancé .
On constate aussi que la baisse du seuil de cisaillement lors de l’ajout du SP1 est plus
importante que de l’ajout de SP2, ceci est par le comportement stérique de SP1 qui est
différent du comportement électrostatique de SP2.
On constate aussi que l’utilisation d’une dose modérée de la fumée de silice (environ 10
%) agit favorablement sur la diminution du seuil de cisaillement et de la viscosité
(maniabilité améliorée) comme ils l’ont montré De Lerard & al ainsi que Kwan ; cela est du
à la très grande finesse de ces additions et de leur très grande réactivité avec la portlandite
libérée par l’hydratation du ciment ce qui limite leur proportion dans le mélange de mortier
et réserve leur emploi avec proportion élevée à des mortiers contenant un superplastifiant.
IV. Critique et limite de l’étude:
L’article se place bien dans la littérature existante avec un apport considérable pour la
recherche dans le domaine de la rhéologie des matériaux cimentaires toutefois certaines
remarques sont à faire.
Les auteurs ont gardé un seul type de ciment pour tous les mélanges pourtant l’efficacité
du superplastifiant dépend de la nature de ciment.
Les auteurs n’ont pas étudié le cas de l’ajout de superplastifiant sans additions.
Cependant l’implication de ce cas permet de bien ressentir l’efficacité réduite des
superplastifiants par l’incorporation des additions minérales.
Les auteurs ont utilisé deux adjuvants l’un à comportement stérique et l’autre à
comportement électrostatique mais l’utilisation conjuguée de ces derniers pour montrer
l’effet combinée de leur comportement n’est pas faite.

P59
2015/2016
Chapitre 05:Exemple expérimental et analyse critique.

Les auteurs ont limité leur étude à de faibles gradients de cisaillement et pourtant la
représentation du comportement rhéologique par un modèle ou un autre dépend de la
concentration en fumée de silice et de la gamme de cisaillement appliquée.

V. Conclusion:
Dans cette étude, il a été présenté qualitativement l'influence de deux paramètres
(superplastifiant et fumée de silice) La comparaison avec le modèle rhéologique classique a
montré que, d'une façon générale, que le modèle de Bingham reproduit le mieux les
résultats expérimentaux à de faible gradient de cisaillement.

P60
2015/2016
Conclusion et perspectives
Conclusion et perspectives

I. Conclusion
Par leur finesse et par leur réactivité plus ou moins importante en présence du ciment,
les additions minérales engendrent des modifications significatives sur les propriétés des
matériaux cimentaires à l’état frais et durci. Les mécanismes à l’origine de ces
modifications paraissent particulièrement complexes, cependant plusieurs études récentes,
s’accordent pour distinguer trois principaux effets des addition dans un matériau cimentaire
:Un effet granulaire un effet physico-chimique et microstructural et un effet chimique
propre à certaines additions.
En général, l’augmentation du besoin en eau ou la diminution de la fluidité engendrés
par l’introduction des additions minérales dans les mélanges cimentaires est maîtrisée par
l’utilisation des adjuvants fluidifiants. Certains adjuvants superplastifiants, par delà leur
effet physique modifiant les forces interparticulaires, peuvent intervenir dans les processus
chimiques de l’hydratation et notamment de la nucléation et la croissance cristalline. Ces
actions dépendent de la nature du ciment, de la nature, de la quantité et de la finesse de
l’addition, ainsi que de la nature du superplastifiant.

Nous nous sommes donc proposé dans cette étude de déterminer le rôle des additions
minérales et des adjuvants fluidifiants sur la structure et les propriétés des matériaux
cimentaires dans le but de bien maitriser le comportement rhéologique de ces derniers afin
de l’améliorer et de l’adapter selon les besoins en chantier et parvenir à franchir tout
obstacle perturbant le meilleur écoulement de ces matériaux et obtenir ainsi de bon coulage
quelque soit les conditions de réalisation.
L’utilisation des additions minérales dans le béton a aussi pour objectif de valoriser une
catégorie de matériaux naturels ou co-produits industriels disponibles en Algérie.
Afin de répondre aux objectifs visés par cette thèse, et évaluer d’une manière plus
précise les effets que peuvent engendrer les additions minérales sur les propriétés des
mortiers à l’état frais , toute une recherche bibliographique a été menée sur les différents
type d’addition ainsi que leur actions et leur effets sur la rhéologie des mortiers et soutenue
par une analyse critique des résultats tirés d’un article de recherche sur l’influence de
l’utilisation conjuguée d’une addition minérale ’fumée de silice’ et un adjuvant
superplastifiant se basant sur les principaux paramètres rhéologiques : la viscosité et le seuil
de cisaillement.
Les principaux résultats obtenus dans cette étude pour les mortiers avec additions à
l’état frais peuvent se résumer comme suit :
 Le comportement rhéologique dépend de la nature , quantité et la finesse des
additions minérales.
 Le comportement rhéologique des mortiers peut étre décrit d’une manière
satisfaisante par le modèle de Bingham.
 Les superplastifiants agissent favorablement sur la maniabilité des mortiers.
 L’éfficacité du superplastifiant dépend de la nature de ciment.
 La présence des additions minérales dans les mortiers réduit l’efficacité des
adjuvants superplastifiants.

P 61
2015/2016
Conclusion et perspectives

II. Perspectives:
Les travaux effectués dans cette recherche ont considéré plusieurs paramètres qui
influencent sur les propriétés rhéologiques des mortiers.
Ce domaine peut être approfondi et enrichi en procédant :

 A l’étude de la contribution des additions à la résistance chimique des mortiers .


 A l’étude de la contribution des additions au comportement mécanique des mortiers.
 Cette étude a été effectuée sur les mortiers mais le but demeure toutefois l’étude de
ces produits dans les bétons.
 Par ailleurs, il serait intéressant de comparer la rhéologie du béton avec une
substitution fumée de silice - ciment à celle d’un béton formulé avec un agent de
viscosité. L’intérêt serait de voir si la fumée de silice pourrait jouer le même rôle
qu’un agent viscosité, notamment sur l’aspect de la demande en eau.
 Pour approfondir la compréhension des phénomènes observés, des essais au
porosimètre à mercure permettraient de mieux illustrer l’évolution de la structure
poreuse pour des bétons de substitutions fillers-ciment et de voir l’impact du
superplastifiant sur la porosité.
 En perspectives de ce travail de recherche, il pourrait être intéressant de compléter
l’étude du béton en traitant plusieurs cas de substitution addition-ciment et de
superplastifiants pour leur impact sur la rhéologie, les résistances mécaniques et le
retrait sans échange avec l’extérieur et en condition de séchage.

P62
2015/2016
Annexes
CIM D D’2 0 1 3
0 6 a u 0 9 M a i, 2 0 1 3
Un iv e rsité M ’Ha me d Bo u g a ra Bo u me rd e s

Article :

Effet de la fume de silice sur la rhéologie des mortiers en présence d’un


superplastifiant
1, 2 2 3
M. Adjoudj , K. Ezziane , El. Kadri

Affiliations:
1.
Centre universitaire de Tissemsilt, 38000 Tissemsilt (Algérie)
2.
Laboratoire Géomatériaux, Université Hassiba Benbouali Chlef, Algérie
3.
Laboratoire L2MGC, Université de Cergy Pontoise , France

RÉSUMÉ
L’étude des propriétés rhéologiques des pâtes de ciment et des bétons est largement documentée dans
la littérature depuis les années 90 [1]. Relativement, peux d’études fondamentales traitant l’effet des
additions minérales et organiques sur la rhéologie des matrices cimentaires ont toutefois été menées. La
majorité de ces travaux concernent surtout la comparaison des maniabilités des pâtes ou bétons
contenant des additions. Pourtant, il reste encore beaucoup de points à élucider et à comprendre.
Aujourd’hui, il est encore difficile de connaître, à partir des seules propriétés d’un nouveau matériau,
son effet sur le comportement du béton frais lorsqu’il est ou non couplé à un superplastifiant. Les
résultats montrent que l'ouvrabilité du béton est très sensible à la nature du couple superplastifiant/liant
et que la fumée de silice agit favorablement sur la rhéologie et sur la perte d'affaissement du mortier au
cours du temps, lorsqu'elle est ajoutée en teneur voisine de 10%. Ceci permettra de sélectionner les
dosages optimaux pour les ciments les plus performants, aussi bien du point de vue ouvrabilité que du
point de vue durabilité.

Mots-clés : Rhéologie, Ciment, Seuil de cisaillement, Viscosité, Additions minérales,


Superplastifiant
employé. Selon les résultats d’Aitcin et al. [4], la
viscosité augmente rapidement en fonction du
I. Introduction dosage en fumée de silice sans l’utilisation de
superplastifiant. Cependant, lorsque le
Il semble que le comportement rhéologique superplastifiant étant dosé à saturation,
des pâtes et des bétons de ciment contenant de la l'introduction de fumée de silice n'augmente que
fumée de silice dépend largement de l’état légèrement la viscosité. Par ailleurs, les
physique du produit utilisé, c’est-à-dire du fait viscosités des coulis contenant de la fumée de
que l’addition ait été préalablement densifiée ou silice augmentent beaucoup plus rapidement
non. Ainsi, plusieurs études montrent qu’il avec le temps que celles des coulis sans fumée
existe un taux optimum de remplacement du de silice. La granulométrie de la fumée de silice
ciment par la fumée de silice non densifiée; semble avoir également une influence
généralement compris entre 10 et 25% . Zhang et considérable sur la rhéologique. B uil et al. [5]
Han [2] ont étudié l'effet d'un certain nombre ont trouvé que les fumées de silice de
d'additions minérales fines sur la rhéologie des granulométrie plus étendue sont plus favorables
pâtes de ciment en utilisant l'équation de Casson. au maintien de la maniabilité des bétons. Selon
Avec 10% de fume de silice et 5% de ACI 238.1R -08. [6], il existe une valeur seuil du
superplastifiant, ils ont constaté que la viscosité taux de substitution du CSF au dessous de
et la limite élastique diminuent par rapport à la laquelle l'addition de CSF produit peu de
pâte d’un ciment pur. Park et al. [3] ont constaté changement dans la limite d'élasticité, mais
que la limite d'élasticité et la viscosité plastique réduit la viscosité plastique et au -dessus de
du modèle Bingham ont fortement augmenté laquelle l'addition de CSF augmente à la fois la
avec l’augmentation du pourcentage de la fumée limite d'élasticité et la viscosité plastique.
silice dans les ciments ayant un rapport E/L Faroug et al. [7] ont observé que l'addition de
constant lorsqu’un superplastifiant PNS est
M. Adjoudj, K. Ezziane, El. Kadri

CSF en remplacement du ciment pourrait avoir Ainsi la contrainte correspondante à la vitesse


des effets bénéfiques ou néfastes sur la rhéologie ? i peut donc être calculée comme l’équation (4)
du béton et du mortier, selon le niveau de
remplacement. 1 Mj (4)
ti (t j 1
t j 1
) avec t j (M )
2 2phRb2
II. Détermination des propriétés Les équations [3] et [4] permettent de passer
des points de mesure (Mi - ? i) à des points
rhéologiques
(t i g i )
Les mesures brutes obtenues sont
représentées sous la forme des courbes : couple
de cisaillement moyen M(Nm) – Vitesse de
rotation imposée N(tour/s). Pour exprimer en
fonction de ? à partir des mesures brutes (M en
fonction de N), la relation contrainte-vitesse de
cisaillement dans une géométrie couette est
établie en considérant localement le fluide en Fig. 1 . Re pré se ntatio n graphique du mo dè le bingham ie n.
écoulement comme étant un fluide de Bingham
[8]. Pour un tel fluide, l’expression de la vitesse
de cisaillement dépend du régime d’écoulement La courbe de tendance obtenue à partir des
dans l’entrefer. Ainsi, la vitesse de cisaillement (t i gi ) permet d’estimer la viscosité (la
s’exprime par les équations (1 ) et (2), lorsque points
respectivement le fluide est partiellement pente) et le seuil de cisaillement du mortier.
cisaillé, complètement cisaillé dans l’entrefer. II.1. Matériaux utilises
.
d (1)
g 2M Des essais sur la rhéologie du mortier ont été
dM
effectués à l’Université de Cergy pontoise
d d (France). Le ciment utilisé pour la confection
. M M (2)
g 2 dM dM des mortiers est de type CEM I 52.5 N CP2
Rb Rb distribué par la société ciments Calcia. Il est
1 In
RC2 Rc essentiellement constitué de 98% de Clinker et
2% de fines de cru Les principales
Où Rb(m) et h(m) désignent le rayon et la caractéristiques physiques, mécanique et la
hauteur du croisillon, et Rc(m) est le rayon du composition minéralogique de ce ciment sont
récipient. W(rad/s) et M(N.m) représentent données dans le tableau I.
respectivement la vitesse de rotation du Deux types de superplastifiants ont été
croisillon et son couple. Le principe de utilisés, Conforme à la norme EN 206 1. Ils
maximisation de la dissipation d’énergie au sein sont fournis par l’entreprise BASF(France) et
de l’écoulement permet de distinguer la vitesse commercialisés sous les noms : GLYNUM SKY
de cisaillement caractéristique entre les
456 à base de polycarboxylate noté SP1, et le
équations (1) et (2), sans une évaluation POZZOLITH 390 N à base de Lignosulfonate
préalable du seuil d’écoulement du matériau noté SP 2, le tableau II présente quelques
lorsque celui-ci en possède un. Le taux de caractéristiques de ces produits.
cisaillement à vitesse i
peut donc être calculé
La fume de silice (CSF) utilisée est la fumée
comme l’équation (3) : (CONDENSIL S95 DM) qui contient 89% de
. . . silice pure ; sa densité et de 2,1 ; sa Masse
(3)
gi max(g i 1 ;g i 2 ) 3
volumique apparent de 600 Kg/m et sa surface
2
spécifique BET est de 1820 cm /g, sa
d j 1 j 1 composition chimique est présentée au tableau I.
avec ;i j et j 1, n
M j 1 M j 1 Le sable utilisé est un sable normalisé
conforme à la norme NF P 15 -403 qui est un
M. Adjoudj, K. Ezziane, El. Kadri

sable naturel, siliceux notamment dans ses préparation du coulis. Il est caractérisé par deux
fractions les plus fines. Il est propre, les grains vitesses de rotation selon le coulis désiré. Une
sont de forme généralement isométrique et balance électronique avec une précision de 0.1g
arrondie. Il est séché, criblé offrant toutes a été utilisée pour mesurer les ingrédients et la
garanties de qualité et de régularité, contrôlé par préparation des différents mortiers et un mini
le laboratoire d’essais des matériaux de la ville cône est employé pour évaluer l’ouvrabilité des
de paris (L.E.M.V.P), confectionné dans des sacs mortiers à la fin du malaxage.
en plastique de poids net égal à 1350 ± 5gr.
Pour déterminer expérimentalement le
comportement rhéologique des mortiers, on a
TAB LE AU I utilisé un rhéomètre rotatif à cylindres coaxiaux
C ARACTERISTIQUES DU CIMENT CEM I 5 2 .5 N CP 2 Heidolph- RZR 2102 Control Z, présenté sur la
Carac té ristique s C ime nt FS figure 1.
SiO 2 2 0 .3 89
Agitateur de marque Heidolph- RZR 2102
Al2 O3 5 .2 0 0 ,3 Control Z (Figure 2.a), Croisillon de dimension
Composition chimiq ue

Fe 2 O3 3 .1 0 ,9 dxh = 5x10 cm, (Figure 2.b), Récipient de


CaO 6 4 .0 0 ,3
dimension DxH = 10x13 cm, (Figure 2.c) .
SO3 3 ,1 0 ,3

M gO 0 ,9 1 ,5

K2 O 0 .8 1 ,7

Na2 O 0 ,2 1 0 ,6

C3 S 4 1 .8
Minéralogique

C2 S 3 3 .3

C3 A 5 .1

C4 AF 1 0 .7
3
M asse vo lum ique 3 .1 1 g/c m (a) (b)
3
Surfac e spé c ifique 4 3 0 0 g/c m

Be so in e n e au 29%

Stabilité 0 .5 m m

TAB LE AU II
CARACTERISTIQUES DU SUPERPLASTIFIANT
Carac té ristique
SP 1 SP 2 (c)
s Fig. 2 . Rhé o mè tre à mo rtie r
M o lé c ule po lyc arbo xylate Ligno s ulfo nate
II.3. Protocole d’essai de rhéomètre
Extrait se c 20 % 39 %

Do s age Le rhéomètre Heidolph- RZR 2102 Control


0 ,2 % à 3 ,0 % 0 ,3 % à 1 ,2 %
re c o m mandé
Z, peut fonctionner en imposant des taux de
e ffe t cisaillement appliqués sur le mortier où on
M o de d’ac tio n e ffe t sté rique
é le c tro statique
obtient les contraintes de cisaillement. À partir
de la courbe qui représente les contraintes de
II.2. Matériels utilisés
cisaillement en fonction des taux de
cisaillement, on peut déterminer le
Parmi les appareils utilisés à l’université de
comportement rhéologique de chaque mortier.
Cergy pontoise pour le malaxage des coulis de
ciment, on cite le malaxeur de type Hobart, avec Le Heidolph- RZR 2102 Control Z est piloté
une capacité de 5 litres. Cet appareil normalisé avec un logiciel à l’aide d’un ordinateur. Ensuite
(EN 196 -1) et ASTM c305, sur lequel se basent il faut régler la température manuellement et la
pratiquement toutes les normes pour la garder constante pour tous les essais. On verse le
M. Adjoudj, K. Ezziane, El. Kadri

mortier préparé dans le récipient et on le fixe % %


dans l’ascenseur du rhéomètre. Une fois le 63
M t0 0
récipient et le croisillon sont fixés, on remonte 0
l’ascenseur pour que le croisillon pénètre dans le 56
10
mortier, il faut s’assurer que l’extrémité 7
0
supérieure des ailes du croisillon se situe à 50
M FS0 20
l’arasé du coulis. Démarrer le croisillon à l’aide 4
du logiciel et l’essai rhéométrique est réalisé en 44
30
suivant le profil de vitesse représenté sur la 1
figure 3. 63
M t0 ,2 0
0
56
10
0 ,5 7
0 ,2 350 1890
5 50
M FS0 ,2 20
4
44
30
1
63
M t0 ,4 0
0
56
10
7
0 ,4
50
M FS0 ,4 20
4
Fig. 3 . P ro fil de vite sse 44
30
1

II.4. Compositions des mortiers de ciment


III. Résultats et Interprétations
Les coulis sont réalisés à partir des mélanges
comportant des teneurs variables en fumée de III.1. Effet du couplage fumé de silice–
silice (10, 20 et 30%) et deux types de superplastifiants
superplastifiants (SP1, SP2) utilisés avec des
dosages variant de 0, 0.2, et 0.4% du poids de Les couplages ciment-fine-adjuvant, qui sont
ciment. La fumée de silice est ajoutée en d’ailleurs les cas les plus susceptibles de se
substitution du ciment avec un rapport présenter dans la réalité des bétons modernes, se
E/C=0.55. La température adoptée pour cette font donc avec apparition d’interactions
étude est de 20C°. En supposition que les significatives. Les figure 4 et 5 illustres l’effet
mesures rhéologiques sont effectuées avant tout de la fume de silice introduite en remplacement
dégagement de chaleur d’hydratation des de 10 ,20 et 30% du ciment dans des pâtes
différentes phases du ciment. Le tableau III adjuvantées à 0, 0,2 et 0,4% de SP1et SP2 sur
donne les compositions des différents mortiers la valeur du seuil de cisaillement. On observe
sur lesquels des mesures ont été effectuée. que les additions minérales agissent suivant un
mécanisme différent de celui du superplastifiant.
La pente des droites demeure constante. Par
contre, ces droites subissent des translations
traduisant par un accroissement de la demande
en eau (fumée de silice (FS)). Le cas particulier
de la fumée de silice dosée à 30% représente
l’exception pour laquelle la pâte mixte se
TAB LE AU III
COMPOSITIONS DES DIFFERENTS MORTIERS
comporte comme une pâte de ciment seul très
peu adjuvanté. En outre, On constate que la
Co mpo s itio n
pente de ces droites croît avec le dosage en
SP E/C C FS Eau Sable superplastifiant, ce qui est probablement la
conséquence de la défloculation des grains de
M. Adjoudj, K. Ezziane, El. Kadri

ciment et le cheminement vers la saturation en


adjuvant.
1 2 00 1 2 00

S P 1=0, FS 0% y = 46,012x + 25,506 S P 2 =0, FS0 % y = 46,012x + 25,506


S P 1= 0, FS 10 % S P 2 =0, FS1 0 %
1 0 00 1 0 00 S P 2 =0, FS2 0 %
S P 1= 0, FS 20 %
S P 1=0, FS 30 % S P 2 =0, FS3 0 %

8 00 8 00
y = 39,91x + 18,955 y = 39,91x + 18,955
Pa

Pa
6 00 6 00
y = 28,904x + 14,955 y = 28,904x + 14,955

4 00 y = 24,127x + 12,064
4 00 y = 24,127x + 12,064

2 00
2 00

0
0
0 5 10 15 20 25
0 5 10 15 20 25
T a ux de ci s ai ll e m e nt (1/ s)
Taux de cisai ll e me nt(1/s )

a) SP 1 = 0 %
80 0
a) SP 2 = 0 %
S P 1 =0 , 2, FS 0 % 800
y = 28,589x + 18,295 SP 2 = 0 ,2 ,F S0 %
70 0 S P 1 =0 , 2, FS 1 0 % y = 33 , 33 3 x + 1 9, 66 6
SP 2 = 0 ,2 ,F S1 0 %
S P 1 =0 , 2, FS 2 0 % 700 SP 2 = 0 ,2 ,F S2 0 %
S P 1 =0 , 2, FS 3 0 % SP 2 = 0 ,2 ,F S3 0 %
60 0
600
y = 2 1, 09 3 x + 1 2, 54 7
50 0
500
(Pa)

40 0 y = 1 1, 96 5 x + 8 ,9 82 3
Pa

400 y = 2 7, 66 1 x + 1 5, 8 31
30 0
y = 8 ,2 63 8 x + 6 ,4 07
300
20 0
y = 1 9 ,4 7 3x + 1 2 ,0 3 3
200
10 0
100
y = 12,55x + 9,3
0
0 5 10 15 20 25 0
0 5 10 15 20 25
Taux de cis aillement (1/s)
Taux de cis ail leme nt(1 / s)

b) SP 1 = 0 .2 % b) SP 2 = 0 ,2 %
450
80 0
S P 1 =0, 4 ,FS 0 % y = 1 8 ,6 6 5 x + 11 , 3 3 3 SP 2 = 0 ,4 , FS0 % y = 28 ,4 5 4 x + 15 ,7 2 7
400 S P 1 =0, 4 ,FS 1 0 % SP 2 = 0 ,4 , FS1 0%
S P 1 =0, 4 ,FS 2 0 % 70 0 SP 2 = 0 ,4 , FS2 0%
SP 2 = 0 ,4 , FS3 0%
350 S P 1 =0, 4 ,FS 3 0 %
60 0
300 y = 1 0 ,1 8 9 x + 18 , 8 1 8
50 0
(Pa)

250
y = 2 4, 5 92 x + 1 2 ,2 96
Pa

y = 6, 6 9 4 x + 5 , 15 7 40 0
200
y = 4 ,6 3 x + 2 ,3 1 5 30 0 y = 15 ,9 3 3 x + 10 ,1 7 9
150

100 20 0
y = 10,1x + 7,3
50 10 0

0 0
0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25 30

Taux de cis ai ll e me nt (1 /s ) Taux de ci s ai ll em ent(1 /s )

c ) SP 1 = 0 .4 % c ) SP 2 = 0 .4 %
Fig. 4 . Variatio n de la c o ntrainte de c isaille me nt e n Fig. 5 . Variatio n de la c o ntrainte de c isaille me nt e n
fo nc tio n du taux de c isaille me nt po ur le s mo rtie rs fo nc tio n du taux de c isaille me nt po ur le s mo rtie rs
c o nte nant la fume de silic e e t adjuvante s e n supe rplas tifiant c o nte nant la fume de silic e e t adjuvante s e n supe rplas tifiant
(SP 1 ) (SP 2 )
M. Adjoudj, K. Ezziane, El. Kadri

Fig. 6 . M e s ure s rhé o lo gîque s e n fo nc tio n du do sage e n


s upe rplastifiant (SP 1 )

III.2. Effet des Mesures rhéologiques


III.3. Corrélation
Les résultats obtenus dans les figures 6 et 7
montrent que, une dose modérée en fumée de L'essai au mini cône d'Abrams est en effet un
silice diminue la viscosité et le seuil de essai essentiellement statique, ce qui suppose
cisaillement du mortier. On observe que cette intuitivement que l'affaissement est fortement lié
diminution est considérable, en particulier pour au seuil de cisaillement de l’échantillon, mais
des mortiers fortement adjuvantes. Par ailleurs, qu'il ne dépend guère de sa viscosité plastique
les résultats montrent que le seuil est très [9]. Selon les résultats des figures 8 et 9 , on
sensible à la nature du couple remarque que les diagrammes reliant slump,
superplastifiant/liant et que la fumée de silice seuil et viscosité pour des mortiers fortement
agit favorablement sur la rhéologie, lorsqu'elle adjuvanté présentent une nette corrélation. Les
est ajoutée en teneur voisine de 10%. plages des grandeurs dans les diagrammes sont
les suivantes: de 1 à 15 cm pour la valeur du
slump; de 2 à 25 Pa pour celle du seuil; et de 40
à 50 Pa pour celle de la viscosité.

FS=0% FS=0%
FS=10% FS=10%
25 FS=20% 25 FS=20%
FS=30% FS=30%
20 20
(Pa)
(Pa)

15 15

10 10

5 5

0 0
0 0 ,1 0 ,2 0,3 0,4 0 ,5 0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5
S P1 (% ) S P2 (% )
50 50
FS=0% FS=0%
FS=10% FS=10%
40
FS=20%
FS=30% 40 FS=20%
FS=30%

30 30
µ (Pa)

µ (Pa)

20 20

10
10

0 0
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5
SP1 (% ) S P2 (% )
M. Adjoudj, K. Ezziane, El. Kadri

Fig. 7 . M e s ure s rhé o lo gîque s e n fo nc tio n du do sage e n


s upe rplastifiant (SP 2 )
IV. Discussions

En outre, Selon les résultats expérimentaux Les résultats sont toutefois différents lors de
obtenus dans la figure 10 il existe de bonnes l’ajout de l’adjuvant SP1 (figure 3et 4), la pente
de la droite étant pratiquement égale à celle des
corrélations aussi entre la viscosité et le seuil de
cisaillement où le coefficient de corrélation est mélanges non adjuvantés : l’effet stérique (SP1),
à court terme, est donc différent de l’effet
de 0 ,92 .
électrostatique (SP2). Il s’apparente, dans les
35
suspensions concentrées, à celui d’une simple
augmentation de teneur en eau dans une
30
Seuil de cisallement t (Pa

y = -7,2194Ln(x) + 25,81 suspension faiblement concentrée. Ce


25 R2 = 0,9158 SP(456) phénomène pourrait par contre évoluer avec le
SP(537) temps car les mélanges contenant l’adjuvant SP1
20
SP(390) ont tendance à présenter une meilleure
15
maniabilité. L’effet du superplastifiant est très
10
important sur la baisse du seuil de cisaillement,
5 comme spécifié dans la littérature [10 ]. En
0 outre, la fumée de silice, pour des taux
0,0 5,0 10,0 15,0 20,0 supérieurs à 10%, reste quand même un cas
Affaissement (cm)
particulier. Les figures 3 et 4 qui illustrent la
variation du seuil de cisaillement pour quatre
Fig. 8 . c o rré latio n e ntre le se uil de c isaille me nt e t types de mélanges, passant de 0 à 30% de fumée
l’affaisse me nt de silice et qui montrent que l’allure des courbes
70 ressemble à celle d’une pâte de ciment sans
60 y = -14,238Ln(x) + 48,927 fluidifiant. Les pâtes contenant plus de 10% de
50
2
R = 0,9044 fumée de silice semblent donc se comporter
Viscosoté µ (Pa

SP (456)
SP (537)
comme des suspensions floculées. Il pourrait
40
SP (390)
donc s’agir d’une non saturation en
30 superplastifiant (structure floculante retenant un
20 volume d’eau), ou encore de la présence
importante de très fines particules ayant des
10
interactions colloïdales non négligeables, plus
0
importantes que pour les autres additions et
0,0 5,0 10,0 15,0 20,0 compensant en partie l’effet dispersant du
Affa issement (c m) superplastifiant. La diminution de la viscosité et
du seuil de cisaillement du mortier dans les
Fig. 9 . c o rré latio n e ntre la visc o s ité e t l’affaisse me nt
figures 5 et 6 traduit le fait que les particules de
60 la fumée de silice, étant très petites devant celle
du ciment, remplissent en partie les interstices
50 y = 1,8363x
2
entre les particules de ciment et lubrifient ainsi
R = 0,9192
Viscosoté µ (Pa)

40 ces dernières pendant l'écoulement. Concernant


Les résultats de corrélation entre slump, seuil et
30 viscosité obtenus dans les figures 7, 8 et 9
SP(456)
20 SP(537) montrent le coefficient de corrélation est égal à
SP(390) 0,92, alors que l'erreur relative est inférieure à
10 20%. Ce résultat est donc très encourageant
0
pour sélectionner des dosages optimaux pour les
0 5 10 15 20 25 30 ciments les plus performants, aussi bien du point
de vue ouvrabilité que du point de vue
Affaissement (cm)
durabilité.
1 0 . c o rré latio n e ntre la visc o s ité e t le se uil de
c isaille me nt
M. Adjoudj, K. Ezziane, El. Kadri

Pr o ce e d in g s of th e S e co n d In te rn a tio n a l
V. Conclusion Co n fe re n ce o n "Fly a sh ,
L'étude de l'influence rhéologique des
paramètres de composition du béton est [6 ] S ilica fu me , S la g a n d Na tu ra l Po zzo la n s in
Co n cr e te ", Ma d rid , ACI, S P 9 1 -4 6 , 2 (1 9 8 6 ) 9 5 9 -
certainement très utile pour mieux maîtriser la
971.
formulation du béton. Dans cette recherche,
nous avons présenté qualitativement l'influence [7 ] Ame ric an Co nc re te Institute ACI 2 3 8 .1 R - 0 8 , "Re po rt
de deux paramètres (superplastifiant et fumée de o n M e as ure me nts o f W o rkability and R he o lo gy o f
silice). Nos résultats expérimentaux indiquent Fre sh Co nc re te ", ACI Co m m itte e 2 3 8 , Am e rica n
Co n cr e te In stitu te , Fa rm in g to n Hills, Fe b . 2 0 0 8 , 7 0
que les mortiers testés respectent le modèle de
p , IS BN - 9 7 8 -0 -8 7 0 3 1 -2 6 8 -7 .
Bingham, ce qui vérifie l'assertion de Tatersall
[11] et d'autres auteurs [12,13], tout au moins [8 ] Fa ro u g .F, S z wa b o wsk i .J , Wild . S , In flu e n ce o f
dans une certaine plage de gradient de vitesse. su p e rp las tic ize rs o n wo rkability o f Co nc re te , J
Cette conclusion est valable à condition que les M a te r Civ En g 1 1 (1 9 9 9 1 5 1 – 1 5 7 .

bétons restent dans la gamme de consistance de


[9 ] Es te llé .P , Lano s .C, P e rro t .A,P ro c e ss ing the
très plastique à fluide, et que ces matériaux Co ue tte vis c o m e try data us ing a Bingham
restent homogènes pendant l'essai. appro xim atio n in s he ar rate c alc ulatio n. J o u r n a l o f
No n -Ne wto n ia n Flu id M e ch ., 1 5 4 , (2 0 0 8 a )3 1 -3 8
La fumée de silice agit favorablement sur la
[1 0 ] Yo ung J .F, Effe c ts o f c he m ic al adm ixture s o n the
rhéologie et sur la perte d'affaissement du
rhe o lo gic al pro pe rtie s o f fre s h c o nc re te ,C o n cr e te
mortier au cours du temps, lorsqu'elle est Rh e o lo g y , M a te r ia ls Re s e a rch S o c. Symp,
ajoutée en teneur voisine de 10%. (1 9 8 2 )1 2 0 -1 5 1 .

La viscosité et le seuil de cisaillement des [1 1 ] B o m ble d J.P , R hé o lo gie du bé to n frais, R e vue de s


M até riaux de C o ns truc tio n ,C im e n ts e t Bé to n s,
mortiers diminuent avec l’augmentation du
Dé ce mb re , (1 9 6 4 )N° 5 9 1
dosage en superplastifiant.
[1 2 ] Tatte rs all G .H, Effe c t o f vibratio n o n the The o lo gic al
Il existe une nette corrélation entre les pro pe rtie s o f fre s h c e m e nt pas te s and c o nc re te s ,
paramètres rhéologique ( et µ ) et l’affaissement P ro c e e dings o f the Inte rnatio nal Co nfe re nc e o n ,
Rh e o lo g y o f Fr e sh Ce m e n t a n d C o n cr e te , Liv e r p o o l ,
ce qui encourage à mieux prédire ces paramètres UK, M a rch , (1 9 9 0 ) 3 2 3 -3 3 8 .
par un simple essai statique.
[1 3 ] K ikukawa. H, R he o lo gic al s tudie s o n fre s h c o nc re te
Référence us ing adm ixtur e s , P r o c e e dings o f the inte rnatio nal
c o nfe re nc e on Adm ixture s fo r c o nc re te :
Im pro ve m e nt of pro pe rtie s ,RILEM . Ba r ce lo n a ,
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be havio r o f fre s h c e me nt pas te s, Ce m e n t & Co n cr e te
Re se a rch , 1 8 (1 9 8 8 ) 3 2 7 -3 4 1 . [1 4 ] Sm e plas s S, Applic ability o f the bingham m o de l to
high s tre nghth c o nc re te ,RILEM W o r k s h o p S p e cia l
[2 ] Zhang, X. and H an. J, The e ffe c t o f ultra - fine
C o n cr e te s : W o r k a b ility a nd M ix in g , Pa is le y ,
adm ixture o n the rhe o lo gic al pro pe rty o f c e m e nt M a r ch , (1 9 9 3 )1 4 5 -1 5 0 .
paste , Ce me n t & Co n cre te Re se a r ch , 3 0 (2 0 0 0 ) 8 2 7 -
830.

[3 ] P ark. C.K,N o h. M .H, P ark, T.H, R he o lo gic al


pro pe rtie s o f c e m e ntitio us m ate rials c o ntaining
m ine ral adm ixture s Ce me n t & Co n cre te Re se a rch ,
.3 5 (2 0 0 5 ) 8 4 2 -8 4 9 .

[4 ] Aïtc ïn P .C, Ballrvy .G. and P ARIZEAU.R, The use o f


c o nde nse d silic a fume ingro uts, In te rn a tio n a l
S y mp o siu m o n In n o v a tiv e Ce me n t Gro u tin g , ACI,
S P 8 3 , (1 9 9 2 )1 -1 8 .

[5 ] B uil .M , W itie r .P , P hys ic o c he m ic al m e c hanis m o f


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