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Quel est le bon sens de la Vie?

L’ego est fort et tout le monde ne comprendra pas ce que je dis. Cette conception
altercentrique – centrée sur autrui – plutôt qu’égocentrique – centrée sur moi – a
lentement mais sûrement modifié mes comportements quotidiens. J’ai fini par
comprendre que mon sens de la vie consistait à courir après une ligne d’horizon
imaginaire qui, au fur et à mesure que je m’en approchai, s’éloignait de moi. J’avais
développé un style de vie d’insatisfait perpétuel, constamment projeté dans le futur,
dans les possibilités imaginaires à venir.
Beaucoup d’aspects de ma vie étaient planifiés, organisés, millimétrés. Le “sens de
la vie” et mon bien-être dépendaient de mes réalisations, de mes accomplissements
et il était important que j’utilise tout ce qui était à ma disposition pour faire des
choses et, quelque part, pour prouver ma valeur. Comme si cela était possible…
Illusion. Car un nouveau-né a une valeur inestimable aux yeux de ses parents sans
pourtant avoir jamais rien fait, rien accompli, rien prouvé. La “vraie” valeur d’un
être ne se trouve donc pas dans ce qu’il fait mais dans ce qu’il génère chez les
autres, dans la part d’amour qu’il illumine en eux. Indéniablement, mes réalisations
furent très utile dans biens des domaines de l’ordre du faire et de l’avoir mais,
quelque part, mon être restait assoiffé de quelque chose de plus simple, de plus pur,
de plus essentiel. Quelque chose que je puisse savourer sans avoir rien à prouver ni à
moi, ni à personne.
Et puis un jour que je méditais en marchant sur un chemin de randonnée, j’ai croisé
quelqu’un. Rien que de très commun mais une question toute simple a surgi dans
mon esprit: je me suis demandé lequel de nous deux était dans le “bon sens”?… Et
là, ça a été comme un éclair, une illumination. J’ai réalisé que le bon sens de la vie,
s’il y en avait un, c’était celui que chacun de nous avait choisi de suivre pour se
rendre là où il avait décidé d’aller. Cela signifiait qu’il n’y avait pas de sens unique,
ni de contresens sur le chemin. Le marcheur que je croisais était autant dans le “bon
sens” que je l’étais et bien que nous soyons orientés dans des directions
différentes, c’est le chemin lui-même qui nous reliait. En le gratifiant d’un immense
sourire et d’un bonjour enjoué, je m’imaginais à quel point bien des conflits
humains, des oppositions, paraitraient ridicules si – avec bienveillance, coopération
et partage – nous laissions chacun libre et responsable de sa propre direction.
Ainsi celui qui avait décidé de construire sa vie autour d’un but et d’une mission
était autant dans le vrai et le juste que celui qui avait décidé de vivre son existence
au jour le jour. Aucun mode de vie ne devait prétendre être le meilleur, au mieux
pouvait-ils se compléter pour s’équilibrer et s’harmoniser, comme le Yin et le Yang.
Question de culture, d’éducation, de personnalité et de vécu. Qui étais-je pour juger
du bien ou du mal fondé de l’une ou l’autre de ces manières de vivre? Qui étais-je
pour juger qu’une vie avait plus de sens qu’une autre? Qui étais-je pour statuer sur le
bon sens de la vie?