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banque

nom féminin

(italien banca, comptoir de changeur)
Cet article fait partie du DOSSIER consacré à la consommation.

 Établissement financier qui, recevant des fonds du public, les emploie pour effectuer
des opérations de crédit et des opérations financières, et est chargé de l'offre et de la
gestion des moyens de paiement.
Informatique
 Banque de données, collection ordonnée d'informations apparentées et traitées par
ordinateur, mémorisées, qui peuvent être interrogées à distance en ligne.
Médecine
 Établissement de collecte, de stockage, de conservation et de distribution de certains
produits d'origine humaine (sang et dérivés sanguins, sperme) ou de certains tissus et
organes en vue de greffes (os, cornée).
ÉCONOMIE
Histoire de la banque
Les dépôts et prêts de marchandises, notamment de céréales, puis des avances sur
celles-ci, paraissent avoir été pratiqués d'abord dans les temples : à Babylone 2000 ans
avant J.-C., en Égypte, en Grèce puis à Rome, vers le IIe s. avant J.-C.
La banque des changeurs
En Europe, au Moyen Âge, la banque se développe à partir du XIe s. avec la
renaissance de l'activité commerciale. À l'entrée des foires, comme à celle des villes
commerçantes, les changeurs pèsent et vérifient les pièces de monnaie sur un banc :
telle est l'origine du mot « banque ». À l'époque, les transports de fonds, par des routes
peu sûres, sont risqués. Aussi les changeurs – les Italiens sont les plus actifs –
inventent-ils un moyen de transférer de l'argent sans déplacer matériellement de la
monnaie : la lettre de paiement, par laquelle un banquier demande à son correspondant
dans une autre place de payer une somme déterminée au porteur de la lettre, son client
(il s'agit en fait d'une forme de virement).
La banque moderne
Les banquiers – généralement de gros commerçants enrichis – se mettent à prêter
largement, d'abord sur leurs propres excédents de ressources, puis sur les dépôts de
leurs clients fortunés. Perfectionnant la lettre de paiement, ils inventent, au XVIIe s., la
lettre de change (ou traite) par laquelle un créancier – le tireur – ordonne à son
débiteur – le tiré – de s'acquitter, à une échéance déterminée, d'une somme précise
envers une personne désignée : le bénéficiaire. AuXVIIe s. encore, les banquiers – les
riches orfèvres de la Cité de Londres notamment – inventent le billet à ordre, simple
engagement écrit de payer à échéance une somme déterminée à un bénéficiaire
désigné. Constatant qu'il est possible sans danger d'utiliser en permanence une partie
de leurs dépôts pour octroyer des prêts, quelles que soient les échéances de ces dépôts,
les banquiers acceptent bientôt de recevoir des dépôts à vue (sans échéance), et le billet
à ordre est transformé peu à peu en billet de banque, payable à vue et au porteur (sans
bénéficiaire désigné). Certaines banques, ayant émis trop de billets, font faillite car
elles ne sont pas en mesure de rembourser en « argent sonnant et trébuchant » les
billets que le public devenu défiant leur présente en foule. Quand les pouvoirs
politiques s'aviseront – au XIXe s. en France – de réserver le droit d'émettre des
billets à un seul banquier de leur choix, la confiance du public sera pleinement
restaurée, et les billets de banque deviendront une véritable monnaie : le papier-
monnaie. Avec l'encouragement de Bonaparte, la Banque de France est fondée en 1800
par des banquiers privés ; elle recevra le privilège d'émission en 1848.
La banque comme intermédiaire monétaire et financier
Une banque, ou établissement de crédit selon la loi bancaire de 1984, est une personne
morale qui effectue, à titre de profession habituelle, des opérations de banque. Celles-
ci comprennent la réception de fonds du public, les opérations de crédit ainsi que la
mise à la disposition de la clientèle de moyens de paiement. Les banques servent
d'intermédiaires entre deux catégories d'agents économiques : les agents ayant des
capacités de financement, c'est-à-dire des ressources inutilisées sous forme d'épargne,
et les agents à besoin de financement, qui sont à la recherche de liquidités afin de
financer leurs activités. Aussi les banques sont-elles qualifiées d'intermédiaires
monétaires ou financiers (IMF).
Le lexique bancaire
Le rôle des banques dans l'économie nationale
Les banques reçoivent et gèrent les ressources des agents économiques.
Les banques reçoivent les fonds de leur clientèle et ouvrent, à leur nom ou à celui
d'une raison sociale (pour les entreprises), différents types de comptes. On distingue
les comptes à vue et les comptes de dépôts.
Les comptes à vue, ou comptes courants, désignent des dépôts parfaitement liquides. Les
détenteurs de dépôts à vue peuvent à tout moment disposer de leurs ressources ; c'est pourquoi
cette catégorie de compte est dite « à vue ». C'est au vu de l'ordre du client que le banquier réalise
l'ordre du titulaire du compte : honorer une créance du client ou lui remettre des espèces liquides
(billets de banque).
Les comptes de dépôts constituent un vaste ensemble qui regroupe des fonds que la
clientèle des banques destine à l'épargne. Ces dépôts sont assortis d'un intérêt plus ou
moins rémunérateur en fonction de leur montant, de la durée d'immobilisation de
l'épargne et des réglementations gouvernementales en vigueur. On peut citer, à titre
d'exemples, les comptes à terme (CAT), les plans d'épargne logement (PEL) ou les
plans d'épargne en actions (PEA).
Les banques consentent des crédits aux agents économiques.
Les établissements de crédit, comme leur nom l'indique, octroient des crédits à leur
clientèle, qui se compose principalement des ménages et des entreprises.
Les ménages peuvent demander l'ouverture d'un crédit pour financer leurs dépenses de
consommation ou leur investissement (achat de logement). Il peut s'agir d'un crédit
remboursable à court terme afin de financer l'achat d'un bien de consommation durable
(automobile, récepteur de télévision) ou d'un crédit à plus long terme pour accéder à la
propriété.
Les entreprises bénéficient également du crédit bancaire de trois façons différentes.
Elles peuvent faire escompter leurs effets de commerce par leur établissement
bancaire. Elles peuvent bénéficier d'un découvert sur leur compte courant pour faire
face aux difficultés qui affectent leur trésorerie à court terme. Dans les deux cas, les
banques font payer leurs services sous la forme d'intérêts, qui rémunèrent le banquier.
Enfin, les entreprises peuvent obtenir des crédits à moyen et à long terme pour financer
leur stratégie de développement, et notamment pour procéder à des investissements.
Les banques mettent à la disposition de leur clientèle des moyens de paiement.
En premier lieu, les banques sont à l'origine de la création et de la gestion de
la monnaiescripturale, ou monnaie de banque. Cette monnaie est une monnaie
d'écriture (du latin scriptura,« écriture »). La monnaie scripturale étant une monnaie
immatérielle, les banques remettent à leur clientèle des instruments qui en assurent la
circulation : il s'agit des carnets de chèques ou des diverses cartes de paiement ou de
crédit. Les banques diffusent également la monnaie fiduciaire émise par la Banque de
France, c'est-à-dire les billets de banque et la monnaie divisionnaire (pièces de
monnaie). La création et le développement des distributeurs automatiques de billets
facilitent l'approvisionnement du public en liquidités.
Parallèlement, les banques effectuent des opérations connexes au service de leur
clientèle. On peut citer les opérations de change, qui permettent de transformer des
avoirs libellés eneuros en une ou plusieurs autres devises (monnaies étrangères), les
opérations qui portent sur l'or (achat et vente), la souscription, la garde et la vente de
valeurs mobilières et de tout autre produit financier. Les banques exercent en outre des
missions de conseil et d'assistance en matière de gestion de patrimoine à l'endroit des
particuliers et des entreprises.
Le système bancaire français
La Banque de France, banque de premier rang
Créée le 18 janvier 1800, la Banque de France, banque centrale de la République, est
l'institut d'émission de la monnaie fiduciaire. Elle a pour mission de mettre à la
disposition du public des billets de banque ayant pouvoir libératoire illimité, c'est-à-
dire que personne ne peut refuser en paiement. Le montant de l'émission est déterminé
en fonction des besoins des agents économiques en matière de transaction. Cette
fonction est d'abord technique : il s'agit de créer de nouveaux billets, de les imprimer
et de les livrer aux autres banques pour alimenter les distributeurs automatiques.
Parallèlement, la Banque de France met en circulation la monnaie divisionnaire (les
pièces de monnaie). Fabriquées par la Direction des monnaies et médailles, les pièces
de monnaie sont émises par la Banque de France, qui les livre aux banques
commerciales.
La mission fondamentale de la Banque de France est la mise en œuvre de la politique
monétaire unique dans le cadre de l'Eurosystème, ou Système européen des
banques centrales (SEBC), auquel elle appartient elle-même et qui réunit la Banque
centrale européenne(BCE) et les banques centrales nationales. L'objectif du SEBC est
de préserver la stabilité des prix, afin de permettre l'émergence d'une croissance
économique saine au sein de l'Union européenne ; cet objectif est atteint grâce à une
politique monétaire unique adaptée, qui est celle que pratiquent, dans un cadre
décentralisé, les banques centrales nationales. Par une politique des taux d'intérêt, la
Banque de France définit la progression de la création monétaire en France de façon
qu'elle puisse coïncider avec la stabilité des prix.
La Banque de France est aussi la banque des banques, dans la mesure où elle offre un
grand nombre de services aux autres banques. Elle gère le service central des risques,
afin d'informer les banques des dangers liés au surendettement des ménages. Elle
recense un maximum de données comptables et financières sur les entreprises dans le
cadre du FIBEN (Fichier bancaire des entreprises), lequel incorpore également le
fichier des incidents de paiements relatifs aux effets de commerce.
Les banques commerciales, banques de second rang
L'organisation du système bancaire français découle de la loi du 24 janvier 1984, dite
« loi bancaire », qui a créé un cadre juridique commun pour l'ensemble des
établissements de crédit (principe d'universalité). Ce texte a subi un certain nombre de
modifications, induites notamment par la nécessaire harmonisation dans le cadre du
marché unique européen. Les établissements de crédit se subdivisent aujourd'hui en
trois grandes catégories.
Les établissements de crédit à vocation générale
Ils effectuent pour leur clientèle toutes les opérations de banque. En 2008, ils
regroupent 400 établissements, y compris les succursales d'établissements relevant de
l'Espace économique européen. On y trouve des banques comme la Société
générale et BNP Paribas ; des établissements qui orientent leurs concours
principalement vers les grandes entreprises et les activités internationales ; des banques
mutualistes comme les Banques populaires ou le Crédit mutuel.
Les établissements de crédit spécialisés
Ils n'effectuent pas toutes les opérations de banque. C'est leur agrément qui définit
leurs missions auprès du public. On y rencontre trois grandes structures.
– Les caisses de crédit municipal. Nées en 1918, elles ont pris le relais des anciens
monts-de-piété créés sous Louis XVI, en 1777, pour pratiquer le prêt sur gages. Les 18
caisses de crédit municipal ont conservé le monopole de cette activité traditionnelle, à
laquelle s'ajoutent, dans un cadre décentralisé, de nombreux services annexes aux
particuliers. Ainsi, le Crédit municipal de Paris propose des crédits aux fonctionnaires
et aux retraités ainsi que différents produits d'épargne.
– Les sociétés financières. Elles sont spécialisées dans le crédit à moyen et à long
terme. Parmi les sociétés financières, on trouve principalement les établissements de
crédit à la consommation, qui accordent des prêts aux particuliers ; les établissements
de crédit immobilier, qui financent l'accession à la propriété ; les établissements de
crédit-bail, qui louent des locaux et des matériels à l'usage des professionnels. La
plupart de ces sociétés financières sont des filiales de grandes banques.
–  Les institutions financières spécialisées. Au nombre de sept, ces établissements
assurent une mission d'intérêt public. Ils pallient les insuffisances du marché des
capitaux dans des secteurs stratégiques pour l'économie et la croissance. On peut citer
le Crédit national, qui accorde des crédits à moyen et à long terme aux entreprises,
le Crédit foncier de France, qui participe aux opérations de financement relatives à
l'immobilier, ou le Crédit local de France, qui contribue au financement des activités
des collectivités locales.
Les prestataires de services d'investissement
Ce sont des entreprises d'investissement, qui exercent à la fois des activités bancaires
et des activités financières (gestion de portefeuilles, conseils financiers, négociations et
transactions pour leur propre compte).
L'encadrement des banques
Le système bancaire français est encadré par des autorités d'agrément et de contrôle.
Le Comité des établissements de crédit et des entreprises d'investissement (CECEI)
Présidé par le gouverneur de la Banque de France, il a pour fonction de statuer sur
l'agrément des établissements de crédit et des entreprises d'investissement.
La Commission bancaire
Également présidée par le gouverneur de la Banque de France, elle contrôle les
pratiques des établissements bancaires et financiers quant au respect des lois et des
réglementations en vigueur. Elle peut sanctionner certaines infractions.
L'Autorité des marchés financiers (AMF)
Créée par la loi dite « de sécurité financière » de 2003, elle réglemente et contrôle
l'ensemble des opérations financières attachées aux sociétés cotées. Elle veille à la
protection de l'épargne publique investie en instruments financiers. Elle assure la
sécurité, la transparence et le bon fonctionnement des marchés.
Le ministre de l'Économie et des Finances
Il exerce les prérogatives de l'État en matière bancaire et financière après avis du
Comité consultatif de la législation et de la réglementation financière (CCLRF).
Les banques face à la « désintermédiation »
L'essor de la finance directe, ou économie de marché de capitaux, s'est traduit par une
diminution du rôle des banques en tant qu'intermédiaires financiers. C'est ce
phénomène que l'on désigne par l'expression de « désintermédiation » bancaire. Avant
les années 1990, les épargnants confiaient majoritairement leurs ressources aux
banques. Les entreprises qui avaient des besoins de financement s'adressaient aux
établissements bancaires pour obtenir les crédits nécessaires à leur développement. Les
ressources des banques provenaient surtout de la « marge d'intermédiation », désignant
la différence entre les intérêts versés aux épargnants et les intérêts prélevés auprès des
emprunteurs. Aujourd'hui, le recours à la finance directesuppose que les détenteurs
de liquidités placent leurs avoirs directement sur le marché financier soit à titre
individuel, soit en se procurant des parts de fonds communs de placement. Ces
changements incitent les banques à orienter leurs activités vers l'intermédiation de
marché grâce aux organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM),
qui, dans le cas de la France, sont essentiellement contrôlés par les banques.
(→ Bourse.) Les banques se sont aussi récemment tournées vers les produits de
l'assurance dommage (assurance automobile, assurance logement) et de l'assurance-
vie. Aussi parle-t-on de « bancassureurs » quand il s'agit d'établissements qui, à leur
métier historique, ont ajouté des activités d'assureur.
INFORMATIQUE ET DOCUMENTATION
Une banque de données comporte une base de données et un logiciel, assurant la
création de nouvelles données, la mise à jour des informations déjà existantes et la
possibilité d'interrogation. Ce logiciel, appelé système de gestion d'une base de
données, définit la structure et les objets utilisables dans la banque, le langage de
description et celui de manipulation des données et comporte des dispositions facilitant
la protection de la banque contre des pannes ou des accès non autorisés. Il existe des
banques de données scientifiques, administratives (textes de lois, état civil, cadastre) et
d'usage général (données économiques, système de réservation de place pour chemin
de fer ou pour avion, etc.). La concentration d'information que constituent les banques
de données représente une valeur économique et stratégique importante.

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