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CHAPITRE II-LA CLASSIFICATION DE L’IMPÔT

Il n’existe pas d’impôt unique, mais une pluralité d’impôts. Ces différents impôts
peuvent faire l’objet d’une triple classification : classification administrative (section I),
économique (section II) et technique (section III).
SECTION I -LA CLASSIFICATION ADMINISTRATIVE
La classification administrative est utilisée par la comptabilité nationale. Elle conduit à
distinguer les impôts intérieurs des impôts extérieurs, les impôts d’Etat des impôts locaux.
PARAGRAPHE I-LES IMPOTS INTERIEURS ET LES IMPOTS EXTERIEURS
A-LES IMPÔTS INTERIEURS
Les impôts intérieurs sont répartis en quatre catégories. A savoir : les impôts directs,
les impôts indirects, les droits d’enregistrement et de timbre, et les impôts synthétiques.
1-Les impôts directs sont ceux effectivement supportés par les contribuables en référence au
fait générateur ou au rôle de l’impôt. Ce sont : l’impôt sur le bénéfice, l’impôt sur les salaires,
l’impôt général sur le revenu, la patente, la vignette, l’impôt sur les revenus des capitaux
mobiliers, l’impôt sur le revenu de créances.
2-Les impôts indirects sont ceux qui peuvent être reportés par le contribuable sur les tiers,
véritables redevables. Ils portent essentiellement sur des évènements (transactions, mutations
de propriétés) dont le caractère occasionnel rend impossible toute tentative d’enrôlement.
C’est l’exemple de la taxe sur la valeur ajoutée, de la taxe sur les opérations bancaires, de la
taxe spécifique sur le pétrole, l’alcool, le tabac.
3-Les droits d’enregistrement sont dus à l’occasion de certains transferts de propriété de bien,
que ces transferts de propriété soient ou non constatés par un acte. C’est l’exemple des droits
dus à la création de la société, des droits sur les apports faits par les associés lors de la
constitution de la société, des droits dus en raison des transformations de la société, qui
peuvent être de diverses natures : augmentation du capital, fusion, scission, dissolution.
4-Les droits de timbre sont perçus à l’occasion de l’utilisation de certains documents ou de
l’accomplissement de certaines formalités.
5-Les impôts synthétiques sont payés par les commerçants et exploitants individuels dont le
chiffre d’affaires annuel est inférieur à cinquante millions.
B-LES IMPÔTS EXTERIEURS
Les impôts extérieurs désignent les droits de douane, encore appelés fiscalité de porte.
Ce sont les prélèvements fiscaux effectués sur les marchandises et biens qui franchissent la
frontière pour entrer en Côte d’Ivoire (droits d’entrée), et ceux qui sortent du territoire
ivoirien (droits de sortie).
PARAGRAPHE II-LES IMPOTS D’ETAT ET LES IMPOTS LOCAUX
A-LES IMPÔTS D’ETAT

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Les impôts relevant de l’Etat sont ceux des prélèvements fiscaux qui, intervenant au
niveau central rapportent le produit annuel le plus important dans le financement du budget de
l’Etat. En Côte d’Ivoire, l’impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux et la taxe sur la
valeur ajoutée sont des impôts leaders.
B-LES IMPÔTS LOCAUX
Les impôts locaux, dans le cadre d’un Etat unitaire découlent de la reconnaissance
d’un pouvoir fiscal dérivé aux collectivités territoriales. Ce sont les impôts qui financent le
budget des collectivités territoriales, c’est-à-dire des régions et des communes. Il s’agit entre
autres de l’impôt sur le patrimoine foncier, de la vignette, de l’impôt synthétique…
SECTION II-LA CLASSIFICATION ECONOMIQUE
La classification économique est celle qui tient compte de la nature économique de la
matière imposable liée au moment d’imposition. Suivant cette classification, on distingue
l’impôt sur le revenu, l’impôt sur le capital et l’impôt sur la dépense.
PARAGRAPHE I-L’IMPOT SUR LE REVENU
L’impôt sur le revenu est une charge fiscale qui pèse sur le contribuable au moment de
l’entrée d’un bien dans son patrimoine. Il frappe donc la richesse en voie d’acquisition. Il est
perçu sur les revenus du contribuable ou du capital, c’est-à-dire sur les valeurs mobilières et
les loyers des immeubles. Il est perçu également sur les revenus du travail, sur les bénéfices
industriels et commerciaux et agricoles, sur les bénéfices non commerciaux.
PARAGRAPHE II-L’IMPOT SUR LE CAPITAL
L’impôt sur le capital est celui qui pèse sur un bien consolidé dans le patrimoine de la
personne du contribuable. Les impôts sur le capital portent sur le patrimoine mobilier
(actions…), soit lors de ses mutations soit du simple fait de sa détention. Il frappe également
les biens immobiliers (terre, plantations, maisons).
PARAGRAPHE III-L’IMPOT SUR LA DEPENSE
L’impôt sur la dépense est celui qui frappe un bien au moment de sa sortie du
patrimoine. Les impôts sur la dépense grèvent une gamme variée de dépenses. En réalité, il
s’agit d’un impôt payé chaque fois qu’il y a une dépense (dépenses de consommation ou
dépenses d’investissement). C’est l’exemple de la taxe sur la valeur ajoutée.
SECTION III-LA CLASSIFICATION TECHNIQUE
La classification technique repose sur la prise en compte des mécanismes et modalités
administratives de taxation. Il s’agit aussi des classifications les plus classiques et les plus
connues.
PARAGRAPHE I-IMPOTS DIRECTS ET IMPOTS INDIRECTS
La distinction impôts directs et impôts indirects est fondée sur deux critères : celui de
l’incidence et celui du fait générateur et du rôle.

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L’incidence de l’impôt est le fait d’atteindre une personne ou une série de personnes
déterminées. L’incidence vise exclusivement la personne qui paie. Si l’on retient le caractère
de l’incidence, la distinction s’établirait entre les impôts qui restent à charge des contribuables
(impôts directs) et ceux dont le fardeau peut être reporté par les contribuables sur les tiers qui
deviennent ainsi les véritables redevables (impôts indirects).
Le fait générateur est l’acte, l’évènement, l’opération, la situation dont la survenance
donne naissance à l’obligation fiscale à la charge du contribuable. Le rôle est la liste sur
laquelle figure les bases d’imposition et le recensement de l’ensemble des contribuables et les
montants dus par chaque contribuable. Collectif dans son établissement initial, le rôle peut
être individuel, notamment en cas de redressement. Si l’on retient le critère du fait générateur
et du rôle lié à la mise en œuvre administrative de l’impôt, la classification paraît plus solide.
L’impôt direct est celui qui atteint de façon périodique des situations ayant un certain
caractère de permanence. L’établissement de cet impôt se fait par une liste des contribuables
appelée le rôle. L’impôt indirect au contraire vise des évènements (transactions, mutations de
propriétés) dont le caractère occasionnel et imprévisible rend impossible toute tentation
d’enrôlement.
PARAGRAPHE II-IMPOTS REELS ET IMPOTS PERSONNELS
Ancienne, la distinction impôt réel impôt personnel rend compte de la diversité du
phénomène fiscal et de la pluralité des points de vue permettant de le cerner et l’apprécier.
L’impôt réel est celui qui porte sur un élément lié à la situation objective sans
considération de la situation personnelle de son détenteur. Les impôts fonciers et les droits
d’enregistrement des immeubles sont en principe des impôts réels.
L’impôt personnel est celui qui atteint la personne et notamment l’ensemble de la
capacité contributive du redevable en tenant compte de sa situation et de ses charges de
famille. L’impôt sur le revenu, les droits de succession sont des impôts personnels.
PARAGRAPHE III-IMPOTS PROPORTIONNELS ET IMPOTS PROGRESSIFS
L’impôt proportionnel soumet la matière imposable à un taux constant tandis que
l’impôt progressif applique un taux croissant en fonction de la matière imposable.
L’impôt progressif frappe plus lourdement la richesse que l’impôt proportionnel, et
réalise plus de justice fiscale. L’impôt progressif qui tient compte des facultés contributives
est un impôt personnel : il implique la personnalisation.
PARAGRAPHE IV-IMPOTS SPECIFIQUES ET IMPOTS AD VALOREM
Les impôts dits spécifiques sont perçus sur l’unité matérielle du produit taxé. Cette
unité peut être le poids, le volume, la surface, ou le nombre. Pour cet impôt, la définition de la
matière imposable entraine en même temps le choix des bases d’imposition et la connaissance
de ces bases. Exemple X francs par hectolitre, par mètre carré…
Les impôts ad valorem sont fonction de la valeur, de la richesse imposée. Ils sont
calculés par application d’un tarif à la base imposable.

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PARAGRAPHE V-IMPOTS ANALYTIQUES ET IMPOTS SYNTHETIQUES
L’impôt analytique est celui qui frappe un seul élément de la matière imposable. C’est
l’exemple de la contribution nationale dans le cadre du calcul de l’impôt sur le salaire, et de
l’impôt sur le revenu qui n’atteint qu’une catégorie de revenu. L’impôt analytique est le plus
souvent proportionnel.
L’impôt synthétique est celui qui frappe l’ensemble de la matière imposable. Ainsi,
l’impôt général sur le revenu porte sur le revenu global d’un contribuable, toutes sources de
revenus confondues. Global ou général, l’impôt synthétique se prête à la progressivité. Au
demeurant, l’impôt synthétique est à la fois plus neutre et plus rentable que l’impôt
analytique.
PARAGRAPHE VI-IMPOTS DE REPARTITION ET IMPOTS DE QUOTITE
Dans l’impôt de répartition, la loi fixe le rendement total de l’impôt, à charge pour
l’administration d’en déterminer le taux. Les répartiteurs partagent l’imposition entre les
contribuables au prorata des éléments d’imposition. Ce procédé de répartition présente divers
avantages : certitude de l’impôt, indépendance de l’impôt des fluctuations économiques,
connaissance à l’avance du rendement de l’impôt. A ces avantages correspondent des
inconvénients. D’abord cet impôt ne comporte pas de plus-value puis que son taux est fixe.
Ensuite, il établit une égalité relative entre les contribuables. En fait, l’inégalité apparaît
clairement au fur et à mesure qu’on avance dans la répartition. C’est cette violation de
l’égalité devant les charges publiques qui a fait adopter l’impôt de quotité.
Dans l’impôt de quotité, le taux égal pour tous les contribuables est fixé par le
législateur à l’avance sans que le rendement de l’impôt en soit connu. Ce type d’impôt est
celui qui prévaut largement aujourd’hui : tous les impôts sont de quotité, car la détermination
du taux d’impôt est un élément essentiel et décisif de l’imposition. Le taux de l’impôt est fixé
à l’avance et bien avant la connaissance exacte de l’ampleur ou la mesure de la pression
fiscale globale. La connaissance du produit de l’impôt (contingent) procède d’une
détermination approximative.
Le système de l’impôt de quotité permet d’introduire, au besoin, un aménagement
favorisant la progressivité du taux d’imposition. Dans le système de l’impôt de répartition, où
le montant global de l’impôt (contingent) est connu à l’avance, puis réparti entre les
contribuables, le taux de l’impôt est secondaire puisqu’il résulte du rapport entre la masse
d’impôt à répartir et la valeur totale des taxes d’imposition. Dans le système de l’impôt de
quotité, le taux de l’impôt, primordial est fixé d’avance.
POINTS IMPORTANTS A RETENIR
Il n’existe pas un seul impôt, mais une pluralité d’impôts. Ces différents impôts
peuvent faire l’objet de plusieurs classifications : la classification administrative qui est celle
retenue par la comptabilité nationale et qui repose sur le critère de l’organisation
administrative de l’impôt, la classification économique est celle qui tient compte de la nature
économique de la matière imposable liée au moment d’imposition, et la classification

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technique qui, elle, repose sur la prise en compte des mécanismes et modalités administratives
de taxation.
Toutes ces classifications ne sont pas exclusives, étant donné qu’un impôt peut
appartenir à plusieurs rubriques. La classification retenue par le Code Général des Impôts est
la classification technique qui conduit à distinguer les impôts directs des impôts indirects.
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ACKA SOHUILY FELIX, Droit fiscal général, Les éditions ABC, 2012.
-ANDRE NEURISSE, Histoire de la fiscalité en France, Paris, Economica, 1996.
-GAUDEMET (Paul Marie) et MOLINIER (Joël), Finances publiques, fiscalité, Paris,
Montchrestien, tome 2, 6ème édition, 1997.
-JACQUES GROSCLAUDE, PHILIPPE MARCHESSOU, Droit fiscal général, Paris, Dalloz,
2001.
-MICHEL BOUVIER, Introduction au droit fiscal général et à la théorie de l’impôt, Paris,
LGDJ, 2004.

EXERCICES D’APPLICATION
CONTRÔLE DE CONNAISSANCES
1) Qu’est-ce qu’un impôt intérieur ? citez-en deux exemples.
2) Les impôts de répartition sont-ils d’actualité ?
3) Quel est le type de classification retenu par le Code Général des Impôts ?
4) Les différentes classifications de l’impôt sont-elles exclusives ?

DISSERTATION
Sujet : La distinction impôt direct impôt indirect.