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Egyptologie

Portrait : Mamadou Dango, le «


génie » incompris de la science
burkinabè
Par

 JK. Sidwaya

 -

28 mai 2020

Depuis 1993, Mamadou Dango peine à se faire accepter des scientifiques.


Né le 15 mars 1964 à Réo, chef -lieu de la province du Sanguié au Centre-Ouest
de Burkina, Mamadou Dango fit ses études primaires et secondaires à
Ouagadougou où il obtiendra son Baccalauréat série C à l’âge de 19 ans. Recruté
en 1984 comme instituteur au Yatenga, il découvre le plan cosmique et celui des
pyramides d’Egypte dissimilés dans les livres saints à la suite d’une maladie.
Une découverte qui l’a conduit dans plusieurs pays du monde à la poursuite de
ses études et recherches. Il décroche son doctorat en mathématiques/physique
en Israël en 1992. Spécialiste dans plusieurs domaines, Mamadou Dango, une
fois rentré au pays, est à la risée de ses collègues chercheurs et certains hauts
cadres de l’administration qui n’hésitaient pas à le taxer de fou. Mais les
travaux de ce ‘’fou’’ sont reconnus dans plusieurs pays du monde dont l’Israël,
le Kenya, les Etats-Unis, l’Angola, le Gabon, le Soudan, l’Egypte, le Yémen, la
Turquie, le Cambodge, le Vietnam, le Laos, la Birmanie, la Syrie et le Liban où il
y a séjourné pour des prestations. Auteur de trois ouvrages à savoir La 7ème
pyramide, L’Enigme levée, L’Unique loi sur l’origine physique et biologique de
l’univers ou la théorie des champs unifiés, publiés entre 2014 et 2019, le
chercheur de 56 ans vit dans sa cour familiale à Gounghin. Il partage son temps
entre sa mère, son épouse, cinq de ses six filles et ses deux petits-enfants.
Rencontre avec un érudit méprisé du Burkina.

Mamadou Dango est né le 15 mars 1964 dans la cour de l’Eglise catholique de Réo
(Centre-Ouest du Burkina, province du Sanguié), alors que sa mère, Aïcha Kanzié, avait
quitté clandestinement le village de Pouni-Nord pour se rendre à Zoula, au chevet de son
époux malade, Boukary Dango. Nous apprend-il le 10 avril à son domicile à Gounghin,
secteur7 de Ouagadougou. « J’ai emprunté des ruelles pour ne pas me faire repérer.

C’est lorsque je suis arrivée sur les collines de Réo où se trouve l’Eglise catholique, que
j’ai senti les premières contractions. Les sœurs religieuses m’ont alors porté assistance et
j’ai accouché de mon garçon. Les sœurs l’ont prénommé Dominique parce qu’il est né un
dimanche», relate, plus tard, le samedi 25 avril 2020 sa mère, Aïcha Kanzié, la première
des quatre épouses, du père du petit Dango. Mais issu d’une famille musulmane, il est
baptisé Mamadou, par un Peulh, nommé Djato, qui s’était installé (à Zoula) curieusement
le jour même de sa venue au monde, selon dame Aïcha.

A 5 ans, le gamin découvre Ouagadougou. A côté de son père, un sous-officier militaire,


Il fit son entrée à l’école primaire du camp, puis à celle de «Gounghin-Nord», actuelle,
«Gounghin Nord A». Après son Certificat d’études primaires (CEP), il est inscrit au lycée
Dimdolobsom. Elève très brillant, ses professeurs de mathématiques et de français
plaident pour qu’il « saute » la classe de 5e. En classe de 4e, il tient la tête jusqu’à
l’obtention de son Brevet d’études du premier cycle (BEPC).

L’injustice révolutionnaire
Déjà en 3e, le jeune lycéen résolvait les problèmes de mathématiques de la classe de
terminale. A la suite de difficultés financières, Mamadou Dango est contraint de s’inscrire
en cours du soir au Centre « Entraide culturelle burkinabè », près du lycée Phillipe Zinda
Kaboré. Il met à profit ses journées pour s’adonner à l’électronique. «Je me suis mis à
réparer des postes téléviseurs et des radios», confie-il tout fier.
D’où sa passion pour ce domaine. Encouragé par son enseignant de mathématiques et de
physique par ailleurs agent de l’ONATEL, Casimir Tapsoba, Mamadou Dango se présente
dès sa 2de à l’examen du Baccalauréat série «C», en candidat libre, décroche son
premier diplôme universitaire en 1983. La remise en question des normes et l’envie de
sortir des sentiers battus qui décrivent au mieux M. Dango, allaient transparaître dès son
entrée dans la vie active comme enseignant à l’école primaire de Namissiguima (1984-
1987), avec la ferveur de la Révolution.

Dès ses premiers mois de service, le jeune instituteur se met à la rédaction d’un essai
sur «L’enseignement du primaire au Burkina Faso de 1960 à nos jours». Ses supérieurs
hiérarchiques lui rappellent vertement qu’il n’est qu’un agent d’exécution et non de
conception. Un jour de 1987, il boucle à vélo les 25 km qui séparent son domicile au
chantier de construction des 25 villas de la cité du 4-Août, lancé par le président Thomas
Sankara. Le superviseur du chantier de l’époque, un lieutenant dont nous taisons
l’identité, obtient son licenciement de la Fonction publique pour son retard de 20
minutes, interprété alors, comme une attitude contre-révolutionnaire.

Salimata Doumbia, l’étoile de Dango

Frustré, l’ancien instituteur décide de poser ses valises en 1987 à Abidjan en Côte
d’Ivoire où il devient un agent d’entretien chez la doyenne de la Faculté de
Mathématiques à l’Université de Cocody, Salimata Doumbia. Il n’a pas toutefois renoncé
à sa volonté de poursuivre ses recherches sur les pyramides d’Egypte et les monuments
anciens. «Un jour, très fatigué, je me suis endormi dans son garage, avec un livre de
mathématiques de la 2e année d’université. Etonnée de voir un agent de nettoyage avec
un tel document, Salimata Doumbia m’interroge.

Et lorsque je lui ai raconté mon histoire, elle s’est portée volontiers pour me soutenir que
je puisse poursuivre mes études. Madame Doumbia m’a non seulement facilité mon
inscription dans son département mais elle m’a aussi offert un toit jusqu’à l’obtention de
ma licence en Maths-physique», retrace M. Dango. Avec ce diplôme, il décolle pour
Israël, et ce, grâce à la première conseillère de l’ambassadeur d’Israël à Abidjan en Côte
d’Ivoire qu’il a connu lors de ses multiples recherches en bibliothèque.

Ayant remarqué l’intérêt de l’étudiant burkinabè pour les mathématiques et l’architecture


des monuments anciens, la diplomate juive, aidée par son richissime oncle, lui ouvre le
sésame de son pays. «C’est là-bas que j’ai soutenu (en juillet 1993) en tant qu’architecte
des monuments anciens et en mathématiques appliquées», conte-t-il. Auparavant,
Mamadou Dango a fait un tour au Burkina Faso en 1992 pour s’inscrire à l’Institut des
peuples noirs (IPN), dirigé à l’époque par l’homme de théâtre Prosper Kompaoré.

L’émission télé à problèmes

Mamadou Dango a découvert le plan des pyramides


d’Egypte sans y mettre les pieds.
En décembre 1993, les Burkinabè découvrent le jeune chercheur sur les antennes de la
Télévision nationale du Burkina. «Il va bien Dango ? Je l’avais oublié, car cela fait plus de
20 ans», s’est empressé de demander le journaliste qui l’avait reçu, Yacouba Traoré, le
14 avril 2020. Très enthousiaste, d’avoir eu les nouvelles de Dango, ce nom, qui l’a fait
voir de toute les couleurs, après son passage à l’émission, l’ancien présentateur du midi-
magazine, raconte. «Un jour, Dango est venu me voir, parce qu’il souhaiterait passer au
midi-magazine pour présenter une découverte très importante qui explique le plan du
monde.

Il s’agissait du plan cosmique dissimilé dans les livres saints. Lorsque j’en ai parlé à mon
rédacteur en chef, il m’a déconseillé de recevoir ce fou. Mais j’ai fini par convaincre mon
patron et c’est ainsi qu’une émission spéciale a été réalisée pour la circonstance. Et ces
propos ont intéressé plus d’un Burkinabè», se souvient-il, même si la suite a été difficile
à gérer pour lui et son média. «Il avait fait des affirmations qui posaient des problèmes
de sécurité. Le lendemain, le chef de programme a failli fuir son bureau à cause des
appels qui pleuvaient de partout.

Le bureau militaire du Premier ministre, l’actuel Président du Faso, Roch Kaboré, a même
appelé et demandé une copie de l’émission», se rappelle-t-il toujours. Du côté des
chercheurs, le journaliste a été taxé d’avoir reçu un fou qui a dérouté les gens et non un
chercheur. «Je ne regrette pas de l’avoir reçu. J’aimais son obstination. Il était déterminé
à expliquer quelque chose et en tant que journaliste, je me devais de le recevoir, même
si je devais m’entourer de garde-fous», explique Yacouba Traoré, qui le prenait plutôt
pour un illuminé.

Avec l’audience de Dango, le journaliste prévoyait de mettre en place une émission


scientifique consacrée à la vulgarisation des résultats des chercheurs africains. Une
émission qui ne verra pas le jour, puisque Yacouba Traoré a été affecté à Paris. Un
départ qui lui avait été prédit par son illuminé. «Il me bousculait pour que l’émission
puisse se tenir le plus rapidement possible car selon lui, dans quelque temps, j’irai
travailler hors du pays. C’est à la suite de cela que j’ai été détaché à l’ambassade du
Burkina à Paris», explique Yacouba Traoré.

Le scanneur, l’arme et le forage de Dango


Pour sa part, Dango assume le fait que l’on continue de le considérer comme un fou.
Seulement, il se dit convaincu que ce fou peut faire évoluer la science au Burkina. En
plus des chercheurs de l’IPN et des étudiants de la génération Cheik Anta Diop, c’est le
Premier ministre de l’époque, Roch Marc Christian Kaboré, qui a cru au jeune chercheur.
«Il m’a offert un bureau au Premier ministère où j’effectuais mes recherches», confie-t-il.
Mais, au moment de prendre son envol, M. Kaboré quitte la primature.

Toutefois avant de partir, il a, à travers une note officielle, reversé le chercheur au


ministère en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique,
précisément au CNRST (Centre national de la recherche scientifique et technologique).
Dans ces locaux, un comité scientifique a été mis en place pour étudier les trois projets
de recherches de Mamadou Dango. Le premier portant sur l’eau, consistait à réaliser un
forage capable d’alimenter une ville de 140 000 habitants pendant plus de 147 ans.
L’idée en question aurait été mise en œuvre en 2002 par un de ses amis, un officiel
tchadien au Nord de son pays.

Le 2e projet est relatif à la réalisation d’un scanner. «Ils ont dépensé près de 700
millions FCFA pour le scanner de Yalgado, pourtant, je n’avais besoin que de 11 millions
FCFA pour mon prototype de scanner. Souvent je me dis que l’Etat a tellement de
moyens qu’il n’a pas besoin de recherche scientifique», lance-t-il, tout désespéré.
Le 3e projet consistait à utiliser le système inverse du scanner pour fabriquer une arme
électromagnétique capable de détruire une cible «à plus de 22 mille mètres et 44 000 m2
de surface».

«Si en 1999, on avait commencé la réalisation d’une telle arme, on allait être capable de
nos jours de déminer toute mine à plus de 56 m en dessous du sol, sauter un char et
détruire une cible en hauteur avec une capacité de balayage au sol et sans bruit»,
avance Dango. Seul le projet du forage avait été retenu mais non réalisé. Aujourd’hui,
encore, le chercheur soutient pouvoir toujours réaliser ses projets, si on lui donne les
moyens nécessaires.

Le périple de Dango
Les portes du succès se sont ouvertes en 1998 au Kenya au chercheur qui se tournait les
pouces au CNSRT et à l’Université de Ouagadougou. «A Nairobi, j’ai travaillé avec une
équipe de recherche scientifique de plusieurs pays. Mon premier salaire valait 9 mois de
salaires cumulés dans mon propre pays », a-t-il soutenu. Du Kenya, il explore le monde à
la recherche de documents pour valider ses résultats, sur les pyramides, les monuments
anciens et le plan cosmique. D’Israël aux Etats-Unis en passant par l’Angola, le Gabon, le
Soudan, et l’Egypte qu’il découvre pour la première fois en 2002, alors qu’en 1986, il
avait découvert la première partie du plan des pyramides sans y mettre pieds.

Il séjourne également en Turquie, au Cambodge, au Vietnam, au Laos, en Birmanie, en


Syrie et au Liban pour des missions de recherches. C’est en Israël, qu’il découvre la
deuxième partie «du code du plan de l’univers». Informés de cette grande découverte,
des chercheurs de la NASA l’invitent aux Etats-Unis. Il devrait même s’y installer
définitivement. Mais le rêve américain fut vite brisé avec le décès du chef de
département de physique et la réorganisation de la NASA ordonnée par le Président
Barack Obama.

Alors, Mamadou Dango se consacre de nouveau à ses travaux et parvient à publier trois
ouvrages. Ce sont La 7ème pyramide, L’Enigme levée et L’Unique loi sur l’origine
physique et biologique de l’univers ou la théorie des champs unifiés, publiés
respectivement en 2014, 2016 et 2019, mais méconnus des Burkinabè. Mais comment
l’enfant du Sanguié est-il devenu chercheur ou fou ?

Le Coran, l’élément déclencheur du ‘’génie’’ de Dango

Dango peut néanmoins compter sur son épouse, ses six


filles
et ses deux petits-enfants.
Né un dimanche dans le domaine de l’Eglise catholique, et qui avait pour premier
prénom, Dominique, ce futur potentiel catéchumène, n’a pourtant pas découvert
premièrement son amour pour la recherche et les pyramides dans la Bible, mais dans le
Coran. En 1986, l’enseignant en poste à Namissiguima, 25km de Ouahigouya dans le
Nord, tombe gravement malade et plonge dans le coma pendant trois jours. A son réveil,
le Coran qu’il a obtenu auprès du guide spirituel, le Cheick de Ramatoulaye, sera son
livre de chevet pendant sa convalescence.

«C’est en lisant la version française, que fortuitement des versets ont attiré mon
attention. J’ai relevé des indices à connotations géométriques et commencé mes
tracées», nous raconte-t-il. Pendant cinq ans, de tracées en tracées, M. Dango est
parvenu à un plan très complexe. «Comme je ne savais pas à quoi cela renvoyait, j’ai
donc pris ce plan que j’ai affiché sur un tableau dans mon salon que j’observais chaque
matin en prenant mon café. Et un jour, l’intuition m’est venue qu’il s’agit d’une forme
pyramidale.

Du coup, j’ai vu deux pyramides. C’est ainsi que j’ai commencé mes recherches sur les
pyramides», explique le savant. «J’ai repris le plan et en voyant sa géométrisation, sa
modélisation, j’ai vu qu’il y avait le plan de six pyramides disposées de la même manière
du nord au sud, exactement comme les six mêmes pyramides du plateau de Guizeh en
Egypte. Du Nord au Sud, on avait Kheops, Kephren, Mykérinos et trois petites pyramides
dites des reines. C’était le plan de Kheops disséminé, éparpillé sous forme de versets et
d’indices dans les livres saints, anciens et même dans la tradition orale africaine sous
forme de devinettes et de contes qu’on avait jamais retrouvés», retrace encore le
scientifique.

Mamadou Dango, le successeur désigné du Dozoba, Kacouli Dango


Rien ou pas grand-chose ne prédestinait Mamadou Dango à la recherche, raconte sa
mère Aïcha Kanzié, toujours, le 25 avril 2020. Son petit étant né le jour de la grande
cérémonie des forgerons et des Dozos de son village, il devait commencer son initiation à
l’âge de 7 ans en tant que successeur du redoutable Dozoba, Kacouli Dango, le grand
frère de son papa.

« Cet évènement se déroule la nuit et de façon secrète au cours de laquelle le bébé né ce


jour-là, quel que soit son sexe est désigné d’office pour succéder au chef dozo », raconte
Mamadou Dango. Mais, avant, poursuit sa mère, le nouveau-né devrait être détaché de
la famille à 7 ans, et initié auprès de celui-ci. En 1969, son époux Boukary Dango, alors
sous-officier militaire au camp Guillaume-Ouédraogo de Ouagadougou, décide de
soustraire son fils de cinq ans de la destinée de chef Dozo qui l’attendait.

Fière de parler de son fils, Maman Dango avoue qu’il a eu une enfance calme. Très peu
maladif, son Mamadou était toujours près à l’assister dans ses tâches et à porter secours
à ses frères.

En admirant son fils marcher sur la terrasse, en boitillant du pied gauche, Aïcha Kanzié
confie qu’il n’est pas né avec ce handicap. Tout petit, il est tombé malade de la rougeole.
Hospitalisé pendant un mois, son nerf sciatique a été touché lors des soins. Une douleur
que le fils dit ressentir toujours, surtout lors de ses séjours à l’extérieur, dans les zones
où il fait extrêmement froid.

Comment Bibata est tombée folle amoureuse du ‘’fou’’ ?


Pour la quiétude de sa famille, il lui a fallu trouver une femme qui comprenne et supporte
ses longues absences. Et cette dame n’est autre que BibataTapsoba, la mère de ses 6
filles dont deux jumelles. «Je l’ai vu pour la première à la télévision nationale lorsqu’il
parlait de ses pyramides en décembre 1993», confie son épouse. Ce jour, elle a passé
tout son temps à l’insulter.

« Regardez- moi ce type avec sa grosse tête en train de dire du n’importe quoi à la télé
», se souvient-elle en souriant. Pourtant son frère chez qui elle vivait, le trouvait bien
intéressant. «Il m’a dit de ne pas l’insulter parce qu’il a l’intention de nouer une amitié
avec lui. Et pour être plus proche de lui, il nous a fait déménager dans le même quartier
que Dango à Gounghin », poursuit-elle dans ses explications.

En ce moment, mademoiselle Bibata était loin d’imaginer que l’homme qu’elle qualifiait
de vilain et de fou, allait être son mari. A l’époque, la commerçante de Bazin livre à crédit
un complet de pagnes à Dango pour sa maman. Le chercheur l’invite à passer chez lui
pour récupérer son argent et profite de l’occasion pour courtiser la belle Bibata. Peu de
temps après, le chercheur fait part de ses intentions au frère et tuteur de Bibata. Son
accord marquera le début de leur histoire d’amour qui a abouti à un mariage religieux, en
1994. A l’époque, dans son quartier, beaucoup de femmes reprochent à Bibata, son choix
de vivre avec un fou.

«Je ne regrette pas d’avoir reçu Dango. J’aimais son


obstination », Yacouba Traoré (gauche).

Certaines même l’ont conseillée de partir pour sa sécurité afin d’éviter d’être tuée un
jour. Des avertissements qui n’ont pas dissuadé Madame Dango d’abandonner son
époux.
Stabilisé au pays depuis 2009, l’égyptologue a créé en 2018, Beydary International
Agency, un bureau de recherche scientifique, expertise industrielle, énergie, mine, et
carrière, technologie, hydrologie, architecture et archéologie. Aujourd’hui, c’est un
homme très déçu de l’administration et des chercheurs burkinabè.

Même s’il dit ne pas avoir de problème particulier avec les chercheurs, il leur reproche
leur manque d’initiative et d’objectivité. Il condamne particulièrement l’exclusion
scientifique des confrères et leur autosuffisance, c’est-à-dire, «le sans-moi, personne ne
peut rien trouver». Il trouve cette attitude suicidaire. Loin de l’arène politique, Mamadou
Dango dit s’attacher à des valeurs telles que la modestie, l’humilité, la vérité et la foi.

«Dango mérite un prix Nobel»


«Dango n’est pas fou, ce sont plutôt ceux qui le traitent de fou qui sont fous», lance le
jeune écrivain burkinabè Remetou Maryimana, un fervent admirateur du chercheur
controversé. En 2013, après une émission RTB matin sur Dango, comme mu par une
attraction, Remetou arrive à se procurer l’ouvrage la 7e pyramide auprès d’un membre
de l’équipe de réalisation. «Avec ce que j’ai vu à la télévision, il me fallait lire son
ouvrage pour comprendre la grandeur de ce monsieur.
Tout de suite, j’ai eu un pincement au cœur de savoir que le Burkina Faso dispose d’une
telle sommité, et que nulle part, elle n’est connue et ou enseignée dans le programme
scolaire», clame-t-il. Ses rencontres et son amitié avec le chercheur lui ont permis de
comprendre que l’on ne peut se développer que par le progrès scientifique. Dans son
ouvrage empreint de science,

«1 descendant d’Abraham en 3 dimensions», Remetou Maryimana fait les éloges de


Nelson Mandela et de Mamadou Dango, estimant que ce dernier mérite également un
prix Nobel. Son chef d’œuvre s’inspire en effet de La 7è pyramide de Mamadou Dango et
de «Un long chemin vers la liberté» de Nelson Mandela. «Sa personne (Mamadou Dango)
m’a inspiré en ce sens que quand j’ai lu son ouvrage, j’ai vu que c’était une production
de qualité.Cette qualité est venue conforter en moi le désire d’écrire. Dans la vie, il n’est
jamais tard pour bien faire. Alors, s’il y a une interpellation à l’autorité, aux décideurs
politiques, il faut mettre les bouchées doubles pour redonner à ce monsieur la place qui
lui revient dans le monde de la recherche burkinabè», plaide-t-il.

Mariam OUEDRAOGO
mesmira14@gmail.com
Rabiatou SIMPORE
rabysimpore@yahoo.fr

« Je suis à mesure d’empêcher quelqu’un de tomber malade du Coronavirus »


(Egyptologue)
D 27 AVRIL 2020     H 14:53     A ALAIN YAMEOGO     C 0 MESSAGES
Ouagadougou, 27 avril 2020 (AIB)-« Je suis à mesure d’empêcher
quelqu’un de tomber malade du Coronavirus de même que le Sida, car rien
n’est impossible à l’esprit humain », a affirmé l’égyptologue burkinabè
Mamadou Dango qui annonçait il y a 27 ans, l’apparition d’un virus plus
virulent que le VIH. « Les hommes normaux ne transforment pas
l’humanité… » Entretien…
Agence d’information du Burkina (AIB) : Lors de votre passage à la
Télévision nationale du Burkina (TNB) en décembre 1993 pour présenter
votre découverte le « Plan cosmique et les pyramides d’Egypte », vous
avez annoncé la survenue d’un virus plus virulent que le VIH/Sida.
Aujourd’hui l’humanité est confrontée à la pandémie du Coronavirus
(Covid-19). S’agit-il de ce virus ?
Mamadou Dango (M.D) : Je reconnais et j’affirme encore une fois, que
j’ai eu à le dire. De mes recherches scientifiques, je suis parvenu au
principe que l’expansion de l’univers a nécessairement une incidence
directe sur le cerveau humain. Le centre du cerveau est indiqué par le
chiffre 22 et ce chiffre équivaut à 22 ans au stade humain, 22 000 ans au
stade du système solaire et 22 000 000 d’années au système galaxique.
Et tout dépend du stade dans lequel l’on se trouve. Dans ma démarche,
lorsque j’ai étudié et calculé l’expansion physique ralentie et accélérée
de l’univers, j’en suis parvenu à la conclusion que le virus du VIH/Sida
qui fait de tels ravages est arrivé à un moment où le cerveau humain
était en expansion ralentie.
Pourtant l’expansion rapide que j’ai entrevue il y a des années,
entrainerait un autre type de virus qui sera plus mortel que le Sida. En
son temps, j’en ai parlé au journaliste Yacouba Traoré, bien avant le
début de l’émission.
Mais il m’a fait savoir que ce n’est pas une émission scientifique. De ce
fait, il a souhaité que j’explique mes découvertes dans un langage simple
aux téléspectateurs.
AIB –Pourtant, lors de l’émission en question, le virus dont vous parliez
était annoncé pour avant les années 2000. Qu’en dites-vous ?
M.D : Avant l’an 2000 ? C’était une erreur de ma part car avant l’an
2000, un virus ne pouvait pas survenir puisqu’il faut nécessairement un
tour complet du plan de Khéops qui va de 1 à 20. Le milieu étant 21 et
pour un nouveau cycle, le chiffre 1 s’additionnant au chiffre 21 et font 22.
Donc il faut 22 ans pour une expansion accélérée de l’univers.
AIB : Ce que vous avez annoncé en 1993 serait finalement arrivé en
décembre 2019 et sévit toujours en 2020. Quelles solutions préconisez-
vous pour enrayer cette pandémie ?
M.D : Seul un vaccin aussi bien curatif que préventif peut guérir ce mal.
Et je préconise deux solutions : il faut en premier lieu aller dans la voie
de la recherche d’un vaccin le plus rapidement possible. Là aussi, il
faudrait deux types de traitements, car le Covid-19 fait partie des virus à
enveloppe.
D’abord trouver un mécanisme pour ramollir ou détruire l’enveloppe et un
autre pour freiner la progression du virus dans l’organisme.
En second lieu, j’exhorte les scientifiques à lever un peu les yeux vers le
ciel, l’espace afin de comprendre l’expansion physique de l’univers avant
de redescendre sur terre pour comprendre la vie elle-même.
Les humains sont des éléments de la nature, et par conséquent ils sont
soumis aux mêmes lois au même titre que les autres espèces animales
et végétales.
Notre échappatoire serait de savoir pourquoi l’expansion physique à une
incidence sur le cerveau, et quel moyen pour le prévenir à temps. Pour
information, notre univers renferme près de 1550 virus.
Ces virus sont classés en 233 genres et en 56 familles. Et un virus est
mortel quand il arrive à déformer l’information génétique.
AIB : Au niveau du Burkina, comment la lutte doit-elle se mener ?
M.D : Le Covid-19 ravage. Le comble est que face à cette situation, nous
n’avons même pas un laboratoire de recherche scientifique capable de
produire un vaccin en 21 jours pour le combattre. Pourtant nous nous
disons hommes intègres. Il faut se dire la vérité, l’intégrité ce n’est pas
seulement de vivre mais de se défendre également et ce, quel qu’en soit
la situation.
AIB : Vous prétendez avoir soigné le Sida, est ce que vous pouvez guérir
un malade du Covid-19 ?
M.D : Si, je le peux ! Je peux d’ores et déjà commencer par le système
de protection cognitif qui consiste à cerner les failles qui existent dans
les cerveaux des humains et favorisent la pénétration des virus.
Cette méthode est aussi bien préventive que curative. Et c’est d’ailleurs
part cette méthode que Louis Pasteur est venu à bout de la rage.
Mais, moi je propose tout simplement une forme cognitive qui permet de
nous protéger contre les virus et contre (les conséquences de)
l’expansion de l’univers.
Ainsi je suis à mesure d’empêcher quelqu’un de tomber malade du
Coronavirus de même que le Sida. Rien n’est impossible à l’esprit
humain.
Mais il y a une forme qui permet de préparer le cerveau à ne pas se
laisser pénétrer par les virus. Génétiquement, le cerveau humain a une
petite faille invisible à l’œil nu.
Cette faille est répercutée suivant l’information génétique au niveau de
chaque cellule de notre corps sauf celui du bébé de 0 à 7 mois.
Et c’est par là que pénètrent les bactéries, les microbes, et s’en suivent
les maladies. Et malgré les formes d’immunisation avec les vaccins, les
problèmes surviennent.
Et c’est cette faille que je referme non seulement pour soigner, mais pour
immuniser dans mes techniques de soins. J’ai reçu tellement de menace
de mort au point que jusqu’à présent je me cache dans certains milieux.
J’ai même reçu une lettre anonyme me menaçant de me traduire en
justice si toutefois je n’arrête pas de prodiguer des soins à qui que ce
soit. Je ne suis pas tradi-praticien et quand je veux concevoir quelque
chose, je le fais dans les normes de la pharmacie.
Recherches sur les pyramides d’Egypte
AIB : Y aurait-il un impact de cette pandémie sur l’univers ?
M.D : Encore une fois, les chercheurs ne voient que le virus. C’est bien
de le stopper avec d’autres traitements pour qu’il ne fasse pas trop de
ravages.
Mais ce serait encore mieux qu’ils sachent que cette expansion physique
de l’univers ne concerne pas seulement l’être humain, mais aussi les
espèces animales et végétales.
Je le dis et le répète, dans les 12 ou 22 années à venir, des espèces
animales vont complètement disparaitre et ne vont plus revenir.
Contrairement à l’homme qui s’adapte, les espèces animales et
végétales ne peuvent pas s’adapter à leur environnement.
Et nous aurons des assèchements, avec une baisse de la nappe
phréatique, etc. C’est tout une chaine (qui va disparaître) et c’est là toute
l’inquiétude.
Je suis désolé de le dire, mais cette expansion physique aura également
des conséquences géologiques catastrophiques, telles les tremblements
de terre et autres.
AIB : Est-ce qu’on peut s’attendre à des tremblements de terre par
exemple au Burkina Faso ?
M.D : Si ! Il y a une ligne magnétique qui part du centre de Kheops
(pyramide), en Egypte, traverse les parties Nord et Est du Burkina.
Notamment les zones de Sebba, Djibo, Kantchari, Fada N’Gourma
jusqu’à Mopti au Mali, à la ville de Kindia en Guinée Conakry.
En réalité, la grande pyramide a été construite sur l’équateur céleste et
non sur l’équateur terrestre. Quand on prend l’espace universel, il y’a
l’équateur qui le divise en deux. La répercussion de cet équateur céleste
sur terre correspond justement au 31e degré qui est l’emplacement de la
grande pyramide.
Or, on nous a toujours enseigné au lycée et à l’université que le noyau
de la terre est rond. Ce qui est faux. Le noyau terrestre qui est une vraie
larve en combustion, qui dégage une énergie inimaginable, a la forme
d’un œuf, forme ovoïde, dont les 2/3 se trouvent du côté nord et le 1/3
restant en latitude sud.
Ce qui explique pourquoi l’antarctique est plus froid que l’arctique et
qu’au pôle sud (arctique) il n’y a pas d’aurores boréales contrairement au
pôle nord.
Le noyau avec sa forme ovoïde a dépassé le milieu de la terre, donc
toute l’énergie magnétique qui englobe la terre dépasse légèrement le
pôle nord. Autrement dit le Burkina n’est pas à l’abri de tremblements de
terre.
AIB : Pouvez-vous nous parler de vos recherches sur les pyramides
d’Egypte ?
M.D : La grande pyramide de Khéops n’a pas été construite par des
Egyptiens. Pourquoi ? Dans nos investigations scientifiques, l’ancêtre
des Hébreux qu’on appelle Abraham, et qui est à la fois l’ancêtre des
Chrétiens et des Musulmans, prétend avoir vu les pyramides toutes
blanches.
Or, entre Abraham et Moïse, il y a environ 2000 ans. Pourtant dans nos
livres d’histoire, ce sont les Hébreux qui ont construit les pyramides.
Comment au temps de Moïse, les Hébreux qui n’ont vécu que 400 ans
(d’esclavage en Egypte), prétendent-ils avoir construit des pyramides
qu’Abraham a vues 2000 ans plus tôt ?
Ensuite, la datation sur la construction des pyramides sur les 5000 ou 10
000 ans, est tout à fait erronée. Elles ont été plutôt construites il y a
environ 20 millions d’années, à une époque où l’on se demande, si les
êtres qui étaient sur ce continent n’étaient pas au stade primitif. On
n’était même pas à l’âge de bronze.
AIB : Sur quelle base donnez-vous ces datations ?
M.D : C’est sur la base des recherches scientifiques. Les pyramides ont
été construites, non pas par plaisir mais par obligation, parce qu’à
l’emplacement des six pyramides, il y’avait une fosse. Et du fait de la
rotation et des convulsons du noyau terrestre, il y a une énergie qui se
dégageait. Et il s’agit d’une énergie nucléaire parce que le noyau
terrestre est une lave tellement incandescente qu’avant que cela n’arrive
à la surface du sol, la luminosité et le magnétisme sont tels que, cela
irradie tout l’espace environnant et aucun être ne pouvait survivre. En un
mot, les pyramides ont été construites pour combler la fosse, avec du
granite, la seule roche capable de résister à un degré de chaleur. Cette
fosse se trouve dans l’endroit le plus proche du noyau terrestre.
AIB : Pouvez-vous nous parler de vos différentes découvertes ?
M.D : La découverte du code de Khéops s’est faite de façon fortuite.
Dans mes recherches, j’avais trouvé la moitié du code quand j’étais à
l’Institut des peuples noirs. Et un jour par hasard en Israël, mon logeur a
constaté que je m’intéressais aux pyramides et aux livres anciens.
Il m’a donc donné un livre d’Abraham dans lequel est inscrit un petit
tableau que je possédais numériquement. J’ai demandé à voir le
document qui était écrit en ancien hébreu. Quand j’ai plié la feuille et j’ai
collé à ce qu’il venait de me donner, j’avais le code complet.
Ce que je venais de recevoir et ce que j’avais trouvé au Burkina, donnait
la double hélice d’ADN à l’origine de code en génétique humaine.
Par la suite, mon logeur m’a aidé à transcrire ce code. Ce qui m’a permis
de découvrir les 46 chromosomes. Cela m’a conforté car je savais que
j’étais sur la bonne voie. Je venais donc de basculer dans la science
pure.
Au départ, mon objet de recherche n’était pas la biologie, mais ayant vu
le cerveau de profil et dans les autres positions, je vois qu’il a la même
configuration et la même structuration que l’espace universelle.
Comme conséquence, il y a 22 localisations cérébrales contrairement
aux 12 annoncées. Jusque-là, la science ignore les 10 autres
localisations cérébrales.
A l’heure où je vous parle, des zones cérébrales non encore découvertes
existent. Ensuite, le cerveau étant une matière, il est soumis aux lois de
la physique universelle, de l’espace. Or le cerveau ainsi que l’espace va
en expansion. Ou encore l’expansion physique de l’univers a une
incidence directe sur le cerveau parce qu’ils ont la même configuration.
En plus de cela, il y a ma découverte sur l’expansion physique de
l’Univers.
Et pour finir il y a la 3e chambre. Dans mes tracés, j’ai pris la grande
pyramide ainsi que son système de couloirs et ses fameuses chambres,
j’ai fait la comparaison en prenant le sol comme plancher, la ligne
horizontale et j’ai constaté un décalage.
De ce décalage, j’ai tracé des traits du plan optique vers le plan réel
qu’est le monument. C’est là que j’ai découvert qu’il y avait d’autres
chambres cachées. C’est ainsi que j’ai découvert la 3e chambre.
A l’époque j’étais revenu à l’Institut des peuples noirs et j’en ai parlé
mais personne ne m’a cru. La raison avancée était qu’on ne peut pas
s’asseoir au Burkina Faso et trouver un plan sur la base des
mathématiques et de la géométrie sans se déplacer sur le terrain ?
Et un jour, le directeur général de l’IPN lors d’un colloque en Jamaïque,
apprend sur Radio France Internationale (RFI), qu’une équipe de
chercheurs allemands venait de découvrir une 3e chambre grâce à un
appareil à ultra son.
En ce moment il était 2 heures du matin, heure locale du Burkina. Il a
réveillé son adjoint lui dire de prendre attache avec moi le lendemain.
Une fois au service, il m’a fait savoir que j’avais raison à propos de la 3e
chambre. Mais il était trop tard car la paternité revenait à l’équipe
allemande. Et c’est à partir de là que l’émission sur la RTB a été
réalisée. Dans tous les cas, au début, je cherchais forcement à être
compris.
J’ai aussi élaboré trois protocoles de recherche sur l’eau, le scanner et
une arme électromagnétique, mais aucun n’a été mis en application.
Il s’agit précisément de la conception, de la réalisation et de la
fabrication d’armements.
Le projet du scanner allait nous permettre de scanner des parties du
corps et des débris alimentaires pour voir s’ils ne contiennent pas des
virus.
Le projet d’eau est capable d’alimenter un village d’environ 42 000
habitants pendant 148 ans sans cesse ni baisse de débit. C’était dans
les années 1995 à 1999. Tous ces projets sont toujours réalisables,
pourvu que l’on me donne les moyens.
La cohabitation avec les autres chercheurs
AIB : Vous travailler actuellement sur quels projets ?
M.D : Actuellement je suis sur mes travaux concernant la loi unique sur
l’origine physique et biologique de l’univers. Les scientifiques pensent
qu’il y a eu un stade dans la création où toutes les lois scientifiques
étaient unifiées.
C’est à partir de cette unification qu’il y a eu quatre séparations par une
force nucléaire forte et une faible, la force électro magnétique et celle
gravitationnelle.
Ce sont ces forces qui ont éparpillé les différentes constantes. Sinon au
début tout était unifié. Voilà ce à quoi je suis parvenu. Et je suis sur la
bonne voie.
Souvent quand je travaille, j’ai peur de ce qu’en fera autrui s’il n’a pas la
sagesse. Finalement je comprends pourquoi dans nos sociétés
traditionnelles, certains vieux ont peur de transférer certaines
connaissances même à leur propre fils. Ils ont peur de ce qu’ils vont en
faire.
En Europe tout comme aux USA, on travaille en équipe et le fruit de la
recherche n’est pas pour un seul individu. Aux USA, les fruits des
recherches, c’est au nom de l’institution même. Et avec des photos
affichées, ils mentionnent le nom de celui qui a fait la découverte. Mais
sur le plan national on ne dit pas que c’est lui l’auteur. C’est toujours
l’institution qui porte la paternité.
AIB : Il se trouve qu’en son temps, vous avez été l’objet d’une
incompréhension de la part de vos collègues scientifiques dont certains
n’hésitaient pas à vous taxer de fou. Est-ce toujours le cas ?
M.D : J’assume le fait qu’on continue de me considérer comme un fou.
Mais ce fou peut faire évoluer le rayonnement scientifique du Burkina.
A priori, dans mon domaine de compétence, je n’ai pas droit à l’erreur
car la moindre erreur peut se révéler fatale avec des conséquences
catastrophiques.
Un spécialiste russe dans l’énergie atomique qui est un ami, m’a dit un
jour, que les hommes normaux ne transforment pas l’humanité. Il a dit en
substance qu’il faut être fou pour transformer ce monde.
Pour lui, un homme normal se contente de vivre et de mourir
tranquillement.
Certains curieux ont même fait le déplacement chez moi pour voir si je
n’étais pas fou. Malheureusement pour eux, ils sont arrivés trouver que
je suis un homme normal, marié, rangé, vivant avec ma famille, ma
femme et mes enfants.
AIB : Quel est votre avis sur les relations conflictuelles qui surgissent
souvent entre chercheurs au Burkina Faso ?
M.D : Cette situation est beaucoup plus visible malheureusement dans
nos universités et ne fait que nuire à la recherche et régresser notre pays
surtout scientifiquement.
Cela n’honore pas le pays. Quand tout un président d’un comité
scientifique vous dit en face que vous n’avez pas l’âge de son fils et que
par conséquent, vous ne pouvez pas lui apprendre les mathématiques,
je crois qu’on a du pain sur la planche.
Je me rappelle qu’en son temps, c’est seul le Pr François Zougmoré qui
m’a défendu.
Mais je dirais à nos chercheurs qu’en matière de science, ce n’est pas
une question d’âge mais de compétence. Il y avait une sorte de guerre
de générations qui malheureusement perdure toujours.
Des vieux qui sont là et qui refusent de céder la place aux jeunes. C’est
pour éviter cette guéguerre que j’ai créé ma propre structure où je reçois
de temps à autre des étudiants pour les former en maths surtout à partir
de la Maîtrise.
AIB : Quel appel à l’endroit des autorités burkinabè ?
M.D : C’est tout simplement un appel à promouvoir le rayonnement
scientifique de notre pays, à compter sur les résultats de nos propres
recherches, à concrétiser mes recherches faites sur papier et enfin à
mettre fin au clientélisme avec l’étranger.
Nous sommes des éternels consommateurs. Même la bougie d’une
moto, on est obligé d’importer à plus forte raison le moteur complet d’une
moto.
Alors que nous sommes l’un des trois pays au monde à avoir plus
d’engins à deux roues. Je perçois cela comme une honte. C’est faute de
financements, faute de politique de rayonnement scientifique pouvant
rassembler tous ceux qui peuvent apporter quelque chose au pays qui
m’a amené à créer ma propre structure.
Agence d’information du Burkina
Entretien réalisé par Rabiatou SIMPORE et Mariam OUEDRAOGO.