Vous êtes sur la page 1sur 66

1

UNIVERSITE DU MALI
FACULTE DES SCIENCES ECONOMIQUES
ET DE GESTION

Bamako- Mali

AUDIT INTERNE & PROCEDURES


DIPLOME D’ETUDE SUPERIEUR SPECIALISEE (DESS)
EN AUDIT COMPTABLE & FINANCIER

Chargé de Cours :

- Monsieur Adama Moulaye SIDIBE


(Auditeur Comptable & Financier)

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


2

SOMMAIRE

PREMIERE PARTIE : CONCEPTS FONDAMENTAUX DE L’AUDIT INTERNE 7

I. GENERALITES SUR L’AUDIT 7

1.1. NOTION DE CONTROLE 7

1.2. AUDIT 9

1.3. AUDIT DES FONCTIONS DE L’ENTREPRISE 10

1.4. AUDIT FINANCIER 11

1.5. AUDIT OPERATIONNEL 12

1.6. AUDIT INSTITUTIONNEL 12

1.7. AUDIT ET NOTIONS VOISINES 13

1.8. AUDIT INTERNE ET GOUVERNEMENT D’ENTREPRISE 14

II. CONTROLE INTERNE 16

2.1. DEFINITIONS 16

2.2. OBJECTIFS DU CONTROLE INTERNE 17

2.3. MOYENS DU CONTROLE INTERNE 17

2.4. PRINCIPES DU CONTROLE INTERNE 18

2.5. REGAIN D’INTERET DU CONTROLE INTERNE 22

2.6. RELATIONS DE L’AUDIT INTERNE AVEC L’AUDIT EXTERNE 23

III. LES NORMES DE COMPORTEMENT DE L’AUDITEUR 24

3.1. L’INDEPENDANCE 24

3.2. LA COMPETENCE OU LE PROFESSIONNALISME 24

3.3. QUALITE DU TRAVAIL 24

3.4. SECRET PROFESSIONNEL 24


FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015
3

DEUXIEME PARTIE: ANALYSE DES CYCLES OPERATIONNELS DE L’ENTREPRISE 25

I. ORGANISATION GENERALE DE L’ENTREPRISE 25

1.1. ORGANIGRAMME GENERAL 25

1.2. ORGANIGRAMMES DIVISIONNAIRES 25

1.3. FICHES DE FONCTION 25

1.4. MANUEL DES PROCEDURES 25

1.5. REGISTRE DE SPECIMEN DES SIGNATURES 25

1.6. SEPARATION DES FONCTIONS INCOMPATIBLES 25

II. CYCLE SECURITE DES BIENS ET DES PERSONNES 26

2.1. ACCES A L’ENTREPRISE 26

2.2. SECURITE CONTRE LES INCENDIES, INONDATIONS ET AUTRES CALAMITES 26

2.3. SECURITE CONTRE LES SOUSTRACTIONS DE BIENS 26

III. CYCLE SECRETARIAT ET COURRIER 26

3.1. RECEPTION DES COURRIERS DE L’EXTERIEUR 26

3.2. ENVOI DES COURRIERS A L’EXTERIEUR 27

3.3. COURRIERS ENTRE DIRECTIONS 27

3.4. COURRIERS PAR FAX ET COURRIERS ELECTRONIQUES 27

3.5. COURRIERS CONFIDENTIELS 27

3.6. ARCHIVAGE ET CONSERVATION DES COURRIERS 27

IV. CYCLE DES ACHATS-DEPENSES 27

4.1. OPERATIONS DU CYCLE 27

4.2. COMPTES RETRAÇANT LES OPERATIONS 28

4.3. PROCEDURES OPERATIONNELLES 28

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


4

4.4. DESCRIPTION DES OBJECTIFS DU CONTROLE INTERNE 29

V. CYCLE DES IMMOBILISATIONS 30

5.1. OPERATIONS DU CYCLE 30

5.2. COMPTES RETRAÇANT LES OPERATIONS 30

5.3. PROCEDURES OPERATIONNELLES 31

5.4. DESCRIPTION DES OBJECTIFS DU CONTROLE INTERNE 32

VI. CYCLES DES STOCKS 33

6.1. OPERATIONS DU CYCLE 33

6.2. COMPTES RETRAÇANT LES OPERATIONS 33

6.2.1. COMPTES DE BILAN 33

6.2.2. COMPTES DE CHARGES ET DE PRODUITS 33

6.3. PROCEDURES OPERATIONNELLES 33

6.4. DESCRIPTION DES OBJECTIFS DU CONTROLE INTERNE 34

VII. CYCLE DES REVENUS 35

7.1. OPERATIONS DU CYCLE 35

7.2. COMPTES RETRAÇANT LES OPERATIONS 35

7.2.1. COMPTES DE BILAN 35

7.2.2. COMPTES DE CHARGES ET DE PRODUITS 35

7.3. PROCEDURES OPERATIONNELLES 36

7.4. SYNTHESES DES TRAVAUX DE CONTROLE A EFFECTUER 36

VIII. CYCLE PERSONNEL-PAIE 39

8.1. OPERATIONS DU CYCLE 39

8.2. COMPTES RETRAÇANT LES OPERATIONS 39

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


5

8.2.1. COMPTES DE BILAN 39

8.2.2. COMPTES DE CHARGES ET DE PRODUITS 40

8.3. PROCEDURES OPERATIONNELLES 40

8.4. SYNTHESES DES TRAVAUX DE CONTROLE A EFFECTUER 40

IX. CYCLE DE LA TRESORERIE 42

9.1. OPERATIONS DU CYCLE 42

9.2. COMPTES RETRAÇANT LES OPERATIONS 42

9.2.1. COMPTES DE BILAN 42

9.2.2. COMPTES DE CHARGES ET DE PRODUITS 42

9.3. PROCEDURES OPERATIONNELLES 42

9.4. SYNTHESES DES TRAVAUX DE CONTROLE A EFFECTUER 43

X. CYCLE DES OPERATIONS FINANCIERES 44

10.1. OPERATIONS DU CYCLE 44

10.2. COMPTES RETRAÇANT LES OPERATIONS 44

10.2.1.COMPTES DE BILAN 44

10.2.2.COMPTES DE CHARGES ET DE PRODUITS 45

10.3. SYNTHESES DES TRAVAUX DE CONTROLE A EFFECTUER 45

TROISIEME PARTIE : APERÇU SUR LA CARTOGRAPHIE DES RISQUES 46

2.1. LE RISQUE PROFESSIONNEL 47

2.2. LES RISQUES D’AUDIT 47

2.3. LE RISQUE DE NON SATISFACTION DU CLIENT 48

I. LA DEMARCHE DE L’AUDITEUR 59

2.1. OBJECTIFS GENERAUX DE L’AUDIT 59

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


6

2.2. ETAPES DE REALISATION 60

II. LA VALIDATION OU CONTROLE DES COMPTES 62

3.1. OBJECTIFS DES PROCEDURES DE VALIDATION DES COMPTES 62

3.2. L’ETENDUE DES TRAVAUX DE VALIDATION DES COMPTES 62

3.3. TIMING DES PROCEDURES DE VALIDATION 63

3.4. LA NATURE DES PROCEDURES D’AUDIT OU DE VALIDATION DES COMPTES 64

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


7

PREMIERE PARTIE : CONCEPTS FONDAMENTAUX DE L’AUDIT INTERNE

I. GENERALITES SUR L’AUDIT

1.1. NOTION DE CONTRÔLE


L’Audit fait partie des activités de contrôle. Comme métier, les Auditeurs font partie de la famille regroupant « les
corps de contrôle » ou « fonction de contrôle » dans l’entreprise.
Avant de commencer l’étude du thème proprement dit de l’audit, il nous semble important de répondre à des
questions comme :
a.) Qu’est-ce que le contrôle ?
b.) De quoi le contrôle se préoccupe ?
c.) Quand se fait le contrôle ?
d.) Qui fait le contrôle ?
Ainsi nous serons en mesure de positionner l’audit dans les activités de contrôle.

1. Qu’est-ce que le contrôle ?


Il faut souligner que les activités du contrôle trouvent leur origine depuis l’époque où l’Homme a décidé de « se
rendre compte » tant pour savoir ce que devenait son patrimoine que pour l’utiliser de la manière la plus
rationnelle possible.
Elles se sont développées au fur et mesure du développement économique des nations.
Tirant les leçons de la grande crise Boursière de 1929, l’Economiste Américain John K GALBRAITH, dans son
livre « l’Economie en perspective, une histoire critique » situe les causes de la crise à la défaillance des systèmes
de contrôle et ajoute que l’Amérique doit contrôler davantage ses entreprises.
En 2002, lors des affaires d’ENRON et de WORLD COM, le Président Georges W. BUSH, disait le 26 juin : « les
entreprises Américaines ont besoin d’être contrôlées de plus près ».
Un éminent Universitaire Français, Edouard BALLADUR, ancien premier ministre disait « L’Amérique doit sa
prospérité au contrôle ».
En fin, un adage répandu chez nous ne dit – il pas que « la confiance n’exclut pas le contrôle ?
Selon le Dictionnaire Larousse, contrôler c’est :
 Soumettre à une vérification, à un examen en vue de s’assurer de (la régularité, la réalité, la conformité
etc.)
 Avoir la maîtrise de quelque chose (d’une situation, d’un engin, d’une gestion etc.)
 Exercer une autorité, un pouvoir (politique, militaire, financier etc.)
 Etre maître de ses sentiments, de ses réactions (se contrôler, avoir la maîtrise de soi).
Les trois premières définitions font le propos de ce cours. La quatrième est les qualités du vérificateur. En fait dans
la vie des entreprises nous rencontrons deux types de contrôle :

Le contrôle « Sanction » : Ce contrôle a pour finalité de sanctionner une faute, une irrégularité. Il correspond à la
première définition. C’est un contrôle moralisateur qui vise au respect du cadre légal et réglementaire dans lequel

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


8

s’exercent les affaires : Contrôle général d’Etat, Inspection du travail, Contrôle INPS, Contrôle des Impôts,
Inspections de l’enseignement, Contrôle des Douanes etc.
Le Contrôle « maîtrise » : Ce contrôle est une sorte de « système d’alarme » permettant de prévenir l’existence ou
la survenance d’un danger imminent.
A l’image du tableau de bord d’un véhicule, ce contrôle est un clignotant qui s’allume au vert quand tout va bien ou
au rouge lorsque les indicateurs vont mal. Il permet à l’équipage (Direction Générale) de piloter l’entreprise.
Sans ce contrôle appelé « Contrôle de gestion » la Direction générale ne saurait pas la direction prise par
l’entreprise.

2. Les Préoccupations du Contrôle


Après avoir passé en revue les définitions du contrôle et d’identifier celles qui font les propos de notre cours, il
nous est possible de lister les préoccupations des contrôles qui nous intéressent.
a. Fiabilités des informations
Financières annuelles (bilan, compte de résultats, annexes)
Financières intermédiaires
Non financières annuelles
Non financières intermédiaires
Prévisionnelles annuelles
Prévisionnelles intermédiaires
Contenues dans les tableaux de bord
Servant la gestion.

b. Détection
des fraudes et erreurs
des fautes de gestion.

c. Contrôle
de la sauvegarde du patrimoine
de la conformité des actes de gestion aux lois et règlements
de la conformité des actes de gestion aux décisions des autorités de tutelles et des organes de gestion.
de l’effectivité du contrôle interne (audit interne, inspection, comité d’audit, etc).
Préalable des dépenses
de la pertinence des organisations et des méthodes
de l’adéquation de l’organisation aux fins et objectifs définis
de la rigueur de la gestion et de la qualité du management.

3. Quand se fait le contrôle ?


S’agissant maintenant du timing on note que le contrôle est :
- Préalable
- Concomitant
- Ou à posteriori

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


9

4. Qui fait le contrôle ?


Les contrôles exercés sur une entité peuvent être classés en deux types : le contrôle exercé à l’intérieur de l’entité
et le contrôle exercé par des personnes extérieurs à l’entité.
a. Le Contrôle exercé à l’intérieur
Il s’agit du contrôle exercé par des personnes travaillant en qualité d’employé dans l’entité. Ce corps de contrôle
comprend :
- Les Auditeurs internes
- Les inspecteurs
- Les contrôleurs de gestion
b. Le contrôle exercé par des personnes extérieures à l’entité
Le corps de ces contrôleurs est formé :
- Des Auditeurs externes ou Commissaires aux comptes
- Les Inspecteurs du travail, des impôts, des douanes, de l’INPS
- Les Contrôleurs d’Etat
- Les Contrôleurs de l’autorité de la tutelle.
Ces deux corps de contrôleurs font tous du contrôle – sanction et du contrôle aidant les responsables de l’entité à
maîtriser la direction de celle – ci.

5. Les qualités d’un Contrôleur


Le Contrôleur doit avoir :
La compétence
L’indépendance
L’honnêteté.

En résumé de cette introduction, on note qu’il y a deux types de contrôle dans l’entreprise : le « contrôle-
sanction » et le « contrôle – maîtrise ».
Il est regrettable que le contrôle - sanction soit plus connu du public en général que du contrôle - maîtrise.
En tout état de cause les deux contrôles sont nécessaires à la bonne gestion de l’entreprise. Le « contrôle
sanction » est moralisateur tandis que le « contrôle maîtrise » est régulateur.
Le contrôle doit être considéré comme un outil de gestion au même titre que la comptabilité, la gestion
financière, la gestion commerciale, la gestion des ressources humaines, etc.
Autant une entreprise ne peut pas fonctionner sans ces outils, autant elle ne peut fonctionner sans
structure de contrôle (moralisatrice et régulatrice), que cette structure soit interne ou externe à
l’entreprise.

1.2. AUDIT

De façon générale, la définition suivante est retenue :


« L’Audit est l’examen d’une information fait par un Professionnel Compétent et Indépendant en vue d’exprimer
une Opinion par référence à des normes généralement acceptées, cette opinion devant accroître l’utilité de
l’information. »
FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015
10

Il se dégage que l’audit :


 Est un examen, c’est-à-dire disséquer l’information en ses différents éléments, la contrôler, la vérifier, faire
des fouilles en vue d’obtenir les preuves des faits.
 Est un examen professionnel, c’est-à-dire qu’il est fait par quelqu’un qui est professionnel dans le domaine
de l’information faisant objet d’audit. Le mot professionnel s’entend non seulement qu’il a les connaissances
théoriques suffisantes, mais aussi qu’il en a la pratique, c’est son métier.
 est l’expression d’une opinion compétente et indépendante, cela veut dire que le professionnel qui se
prononce sur l’information au terme de son examen a, non seulement la compétence, mais aussi, il est
suffisamment indépendant de la structure contrôlée.
 se réfère à des normes professionnelles. L’examen se fait par comparaison à des critères, des repères
qu’on appelle normes professionnelles. Celles – ci rendent encore plus indépendante, plus crédible l’opinion
de l’auditeur
 doit accroître l’utilité de l’information, c’est-à-dire que les destinataires sont avisés sur la qualité de
l’information dont ils disposent. Ce qui rend encore l’information plus utile.
 porte sur une information, toute information peut faire l’objet d’audit en vue d’aviser ses destinataires sur sa
vraie qualité.

1.3. AUDIT DES FONCTIONS DE L’ENTREPRISE


Puisque l’audit de façon générale porte sur une information. Toutes les fonctions de l’entreprise peuvent faire
l’objet d’audit. On parlera :
d’audit marketing pour la fonction commerciale, lorsque l’examen porte sur la politique de promotion, de
distribution, des prix en vue de se prononcer sur leur cohérence, leur adéquation, leur efficacité au moindre
coût.
d’audit des ressources humaines pour la fonction personnel, lorsque l’examen porte sur la gestion du
personnel de l’entreprise : le choix d’un personnel de qualité, les politiques de rémunération et de carrière, le
coût par rapport au rendement, en un mot la gestion du personnel telle que pratiquée par l’entreprise.
d’audit des finances pour la fonction financière, lorsque l’examen porte sur l’adéquation des politiques
d’investissement et de financement, en un mot l’allocation des ressources aux emplois, en vue de vérifier que
les objectifs assignés à la direction générale sont atteints de manière efficiente.
d’audit juridique, lorsque l’examen porte les engagements contractuels pris par l’entreprise: travail (CDI,
CDD ou prestations extérieurs) location, emprunts, fournitures de matières, transports, assurance, etc., en
vue de faire ressortir les situations de risques latents pour l’entreprise.
d’audit des budgets et des plans pour les systèmes budgétaires et de planification, en vue de se prononcer
sur la cohérence et la vraisemblance des plans et des budgets.
d’audit des approvisionnements pour la fonction achats, en vue de s’assurer que l’entreprise
s’approvisionne dans des meilleures conditions de qualité, de prix et de délai de livraison par rapport à la
concurrence, les produits de substitution possibles.
d’audit informatique, lorsqu’il s’agit de porter un jugement sur le système informatique de l’entreprise : la
validité des outputs par rapport aux inputs, la protection et la sauvegarde des données, l’entretien des
FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015
11

machines et du réseau, le journal des pannes, l’accès à certaines données, la création et la modification de
certaines données.
d’audit de la production, lorsqu’un spécialiste se prononce sur les procédés et les processus de production
de l’entreprise, l’adaptation des équipements à la qualité de produit recherchée.

1.4. AUDIT FINANCIER

L’audit porte de façon générale sur une information. Lorsque l’information examinée est financière, c’est à dire
les états financiers, l’audit est qualifié de financier. Il fait l’objet de ce cours.

1.4.1. Définition
Selon l’Ordre des Experts Comptables et des Comptables Agréés de France : « la révision comptable (ou audit)
est l’examen auquel procède un professionnel compétent et indépendant en vue d’exprimer une opinion motivée
sur la régularité et la sincérité du bilan et des comptes de résultat d’une entreprise déterminée »
Selon Jean RAFFEGEAU, dans son ouvrage intitulé « audit principes et méthodes », « l’audit est l’examen critique
des informations comptables effectué par un expert indépendant en vue d’exprimer une opinion motivée sur les
états financiers d’une entreprise »
Pour le SYSCOA, « l’audit est l’analyse critique des opérations réalisées par une entreprise menée par référence à
des normes, techniques et procédures reconnues
L’audit comptable consiste à étudier la régularité, la sincérité et l’exhaustivité des comptes et états financiers de
l’entreprise, afin de formuler et garantir une opinion auprès des destinataires du rapport d’audit. L’audit peut être
contractuel ou légal (commissariat aux comptes) »

1.4.2. De toutes ces définitions, il ressort que


 l’audit financier porte sur les comptes ou états financiers d’une entreprise. Il est différent de l’audit des
finances d’une entreprise qui s’attache à l’efficacité de la gestion financière de l’entreprise, s’assure de
l’utilisation efficiente des ressources mises à la disposition des dirigeants pendant la période concernée par
l’audit.
 l’audit financier est effectué par un Professionnel Comptable indépendant et compétent.
Il est exercé par un professionnel externe à l’entreprise. Ce qui le différencie d’autres contrôles exercés à
l’intérieur comme l’audit interne, l’inspection, le contrôle de gestion
Lorsque le professionnel intervient dans le cadre de la loi, il détient un mandat légal. Il est appelé Commissaire
aux comptes
Lorsqu’il intervient dans le cadre d’une convention, il détient un contrat. C’est l’audit contractuel.
Techniquement, l’audit légal et l’audit contractuel utilisent les mêmes techniques de vérification. Ils emploient les
mêmes méthodes d’investigation.
Juridiquement, le Commissaire aux comptes (auditeur légal) a une responsabilité plus grande. En plus de la
vérification en vue de la certification, il a pour mission de veiller au respect du droit dans la société, notamment le
respect du principe de l’égalité entre les actionnaires.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


12

1.4.3. Objectifs de l’audit financier.


Contractuel ou légal, l’objectif final de l’audit financier est celui de donner une opinion qui permet de savoir si les
états financiers :
 traduisent sincèrement et fidèlement la situation financière et les résultats de l’entreprise
 sont établis conformément à la loi et les règlements en vigueur.

Sincérité : application de bonne foi des règles et méthodes compte tenu du degré de connaissance qu’ont les
dirigeants à la date d’établissement des comptes.
Régularité : conformité aux textes, lois et règlements en vigueur à la date d’établissement des comptes.
Image fidèle : présentation des comptes de la façon la plus proche de la réalité.

1.5. AUDIT OPÉRATIONNEL


Lorsque l’audit porte sur l’organisation générale de l’entreprise, l’efficacité de ses structures et procédures, l’audit
est dit opérationnel
Il existe beaucoup de définitions.
Le Federal Financial Institute of Canada définit l’audit opérationnel comme suit : « l’objectif d’ensemble de
l’audit opérationnel est d’aider tous les centres de l’entreprise et de les soulager en leur fournissant des
analyses objectives, des appréciations, des recommandations utiles au sujet des activités menées ».
La définition la plus claire nous semble donner par HARICKIOPULO : « L’audit opérationnel est l’évaluation des
systèmes et procédures de gestion interne. Il consiste d’une part à s’assurer que ces dernières sont
respectées et d’autre part à proposer des améliorations, ne serait – ce que pour tenir compte de l’évolution
de la société ».

1.6. AUDIT INSTITUTIONNEL


De plus en plus cet audit est pratiqué. Il s’agit d’examiner la structure juridique de l’entreprise et son mode de
fonctionnement. L’examen portera essentiellement sur :
 La forme juridique de l’entreprise. Celle-ci est-elle adaptée ? la forme individuelle ou sociétaire ? la SARL ou
la SA ? le GIE ou même la forme coopérative ? les inconvénients et les avantages liés à chaque forme.
 Le gouvernement d’entreprise, c’est-à-dire le fonctionnement des organes d’administration et de gestion.
Dans le cas de la SARL, la gérance associée ou non associée ? Statutaire ou non ? La cogérance ou la gérance
individuelle ? La gérance produit – elle à bonnes dates les états financiers, les rapports annuels de gestion ? Les
organes légaux de contrôle sont – ils en place ? La gérance atteint – elle les objectifs qui lui sont fixés ?
Dans le cas d’une SA : la forme Administrateur général, PCA ou PDG ? Les avantages et inconvénients de chaque
forme.
Les assemblées générales légales et statutaires se tiennent-elles régulièrement à bonnes dates ? Le conseil
d’administration se réunit-il régulièrement ? Le conseil remplit-il correctement les fonctions qui lui assignées par la
loi et par les statuts ? Arrête-t-il les comptes ? Etablit-il un rapport annuel de gestion ? Les organes de contrôle
internes et externes sont – ils en place ? Le conseil maîtrise-t-il la marche de l’entreprise ?
De façon générale, le droit des sociétés est-il respecté par la société ?

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


13

1.7. AUDIT ET NOTIONS VOISINES

1.7.1. Audit externe – Audit interne


 Audit externe = Contrôle exercé par une compétence extérieure à l’entreprise.
 Audit interne = Fonction à l’intérieur d’une entreprise qui consiste à évaluer d’une manière objective
l’ensemble des activités de celle - ci. Elle se fait de manière ponctuelle et indépendante. Elle consiste à
évaluer l’efficacité des autres contrôles dans le but d’assister la Direction Générale en lui fournissant des
analyses et commentaires sur les différents services audités.
Trois niveaux d’audit interne :
1) l’audit de conformité et de régularité : qui consiste à s’assurer que les opérationnels appliquent les
procédures conformément à la réglementation, à la législation.
2) l’audit d’efficacité : qui consiste à évaluer l’efficacité des services, leurs performances (l’objectif est atteint
à + ou – 5%).
3) l’audit de management : qui consiste à évaluer la politique générale même de l’entreprise, sa stratégie :
telle politique comporte tel risque.

 Comparaison Audit externe – Audit interne

OBJECTIFS DE : En vue de la certification En vue de l’application des En vue de l’appréciation des


des documents de procédures et de la conformité performances
l’entreprise avec les règles établies

Auditeur externe Principalement Occasionnellement (contrôle Non


interne) mais non en tant que
partie de l’audit financier

Auditeur interne A la demande A la demande de la direction C’est l’audit opérationnel


A titre d’éléments de contrôle Fonction principale
interne

1.7.2. Audit externe - Inspection


Inspecter = Examiner attentivement, contrôler, vérifier, enquêter en vue :
 De découvrir des anomalies et de sanctionner l’inspecté : c’est le cas des inspecteurs des
douanes, des impôts, du travail, et même de police.
 C’est l’inspection « de répression »
 De prévenir les dangers : c’est le cas des inspecteurs chargés de la réception des commandes dans une
entreprise ou de l’enseignement.
C’est l’inspection « constructive »
Cette inspection se rapproche plus de l’audit interne que la première qui surtout développée dans les services
publics.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


14

Dans tous les cas, l’inspection est menée dans le but de découvrir des anomalies ou des fraudes tandis que pour
l’audit la découverte de l’anomalie est l’exception

1.7.3. Audit interne – Contrôle de gestion


 Contrôle de gestion.
Il peut être défini comme une fonction interne qui a pour mission de conseiller la Direction générale sur la bonne
marche de l’entreprise
Son travail quotidien fait que le Contrôleur de gestion ressemble à un opérationnel, mais il ne l’est pas parce qu’il
ne décide pas. Il conçoit le SIG
Il arrête le budget, suit son exécution, dégage les écarts pour les analyser et proposer des mesures correctives.
Il privilégie les performances alors que l’audit interne privilégie la sécurité des opérations des biens et des
services.
Ainsi donc, l’Auditeur interne peut vérifier l’application des procédures (budgétaires par exemple) par le Contrôleur
de gestion
De son côté le Contrôleur de gestion peut s’intéresser aux performances de l’Auditeur interne (par exemple son
efficacité par rapport à son budget)
Le Contrôleur de gestion a une action systématique et permanente tandis que l’Auditeur interne a une action
ponctuelle et périodique.
Ainsi le cumul des fonctions d’audit interne et de contrôle de gestion est une incompatibilité

1.8. AUDIT INTERNE ET GOUVERNEMENT D’ENTREPRISE

1.8.1. Les relations de l’audit interne avec la Direction Générale

L’audit interne est un outil de management de la direction générale au service de l’entreprise. A ce titre, de façon

indépendante et objective, il :

vérifie la mise en œuvre, dans la société et les entités qu’elle contrôle, de la politique définie par ses

instances dirigeantes ;

s’assure de la conformité des opérations vis-à-vis des obligations externes (lois, règlements,

recommandations de place) et des instructions internes ;

évalue, dans le cadre de son plan d’audit, le dispositif de gestion des risques et de contrôle interne.

1.8.2. Les relations de l’audit interne avec le conseil et le comité d’audit

L’audit interne apporte sa compétence au conseil, via le comité d’audit, dans sa mission régalienne de surveillance

de la gestion de l’entreprise. Il entretient avec le comité d’audit des relations transparentes et suivies, dans le strict

respect de l’autorité et des responsabilités de la direction générale.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


15

Les relations entre l’audit interne et le comité d’audit se matérialisent par la participation, permanente ou

périodique, du responsable de l’audit interne aux réunions du comité d’audit, selon des modalités retenues par

l’entreprise.

Les administrateurs ont besoin d’une information synthétique, organisée, hiérarchisée leur permettant d’utiliser

efficacement les constats et recommandations de l’audit interne, et initier, le cas échéant, les mesures qu’ils

estimeraient appropriées. Il ne peut y avoir d’informations significatives « réservées » au management, c’est-à-dire

volontairement soustraites aux administrateurs.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


16

II. CONTROLE INTERNE

2.1. DÉFINITIONS
Qu’est-ce que le système de contrôle interne ? A cette question, de nombreuses définitions sont proposées au fur

et à mesure que la notion connaît une certaine évolution.

Définition 1 : Ordre des Experts Comptables et des Comptables Agréés (OECCA) de France Le Contrôle interne

est défini comme « l’ensemble des sécurités contribuant à la maîtrise de l’entreprise. Il a pour but d’un côté

d’assurer la sauvegarde, la protection du patrimoine et la qualité de l’information, d’un autre côté, l’application des

instructions de la Direction Générale et de favoriser l’amélioration des performances.

Il se manifeste par l’organisation, les méthodes et procédures de chacune des activités de l’entreprise pour

maintenir la pérennité de celle- ci »

Définition 2 : La norme ISA 400 de l’Ordre des Experts Comptables de France « le système de contrôle interne

est l’ensemble des politiques et procédures (contrôles internes) mises en œuvre par la direction d’une entité en

vue d’assurer dans la mesure du possible, la gestion rigoureuse et efficace de ses activités. Les procédures

impliquent :

 Le respect des politiques de gestion

 La sauvegarde des actifs

 La prévention et la détection des fraudes et des erreurs

 L’exactitude et l’exhaustivité des enregistrements comptables, et

 L’établissement en temps voulu d’informations financières et comptables fiables »

Définition 3 : La norme 2.301 de la CNCC de France : Evaluation du risque et du contrôle interne (identique à

l’ISA 400)

Note d’information : « Appréciation du contrôle interne ». « le contrôle interne est constitué par l’ensemble des

mesures de contrôle comptable et autres, que la direction :définit, applique et surveille, sous sa responsabilité, afin

d’assurer la protection du patrimoine de l’entreprise et la fiabilité des enregistrements comptables et des comptes

annules qui en découlent ».

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


17

Definition 4: Le COSO (1992 Committee of Sponsoring Organizations of the Treadway Commission)

La définition du contrôle interne du COSO: « le contrôle interne est un processus mis en œuvre par le conseil

d’administration, les dirigeants et le personnel d’une organisation, destiné à fournir une assurance raisonnable

quant à la réalisation d’objectifs entrant dans les catégories suivantes :

 Réalisation et optimisation des opérations

 Fiabilité des informations financières

 Conformités aux lois et réglementations en vigueur

Les cinq (05) composantes du contrôle interne du COSO sont :

 L’environnement de contrôle

 L’évaluation des risques

 Les activités de contrôle

 L’information et la communication

 Le pilotage

De toutes ces définitions, il ressort que la mise en place du contrôle interne est de la responsabilité des

dirigeants de l’entreprise. L’attitude des dirigeants par rapport au contrôle est une des conditions de la

bonne application des procédures et donc du fonctionnement des procédures de contrôle interne.

2.2. OBJECTIFS DU CONTRÔLÉ INTERNE


Des définitions, il se dégage que les objectifs du contrôle interne sont :
 La protection et la sauvegarde du patrimoine
 La bonne qualité de l’information
 L’application des instructions de la Direction Générale
 L’amélioration des performances.

2.3. MOYENS DU CONTRÔLE INTERNE


Pour atteindre les objectifs du contrôle interne, l’entreprise se doit :
d’être organisée :
Organigramme général et divisionnaire fiches de fonction définissant les missions, les tâches et les responsabilités
des principaux postes et garantissant la séparation convenable des fonctions incompatibles
d’avoir des procédures écrites, consultables et vérifiables

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


18

2.4. PRINCIPES DU CONTRÔLE INTERNE


A l’instar des principes comptables dont le respect permet d’obtenir l’image fidèle des états financiers, un bon
système de contrôle interne repose sur huit (8) principes.

2.4.1. Principe d’organisation


« On ne contrôle que ce qui est organisé a écrit H. Fayol (…..) Il n y a pas de vie sans un minimum
d’organisation ».
« L’organisation c’est l’instrument qui permet à l’entreprise de fonctionner, organiser c’est se soumettre à une
méthode à une façon déterminée de vivre ou de penser » (Dictionnaire Robert)
Le Conseil Supérieur de l’OECCA de France estime que l’organisation doit être préalable, adaptée et adaptable,
vérifiable, formalisée et comporter une séparation convenable des fonctions.

a. Organisation Préalable
L’organisation de l’entreprise doit être conçue à l’avance et ne pas être issue uniquement de l’inspiration ou des
contraintes du moment. C’est un principe de bon sens. L’organisation doit au moins comprendre la liste des
personnes disposant de la signature et celle des personnes ayant le pouvoir d’approuver une décision
(approbation d’un bon de commande par exemple)

b. Organisation adaptée et adaptable


L’organisation doit être adaptée aux objectifs, à la taille et à l’activité de l’entreprise, et doit pouvoir être
régulièrement adaptée aux modifications de l’environnement. Ce principe signifie qu’il n’existe pas d’organisation
type transférable d’une entreprise à une autre ou d’un lieu à un autre même si des règles fondamentales doivent
être respectées. Ce principe est proche du principe général d’harmonie qui a pour objet d’adapter les procédures
aux réalités de l’entreprise.

c. Organisation vérifiable.
On doit pouvoir s’assurer à tout moment que l’organisation prévue est respectée en permanence (voir principe de
permanence). Cette vérification ne peut être réalisée que si l’organisation de l’entreprise figure dans des
documents écrits et en particulier un organigramme et un manuel de procédures. La vérification peut permettre la
découverte de circuit parallèle dont le but est la fraude, mais dont peut tout aussi bien être une réponse à une
procédure très rigide.

d. Formalisation et conservation du schéma d’organisation


L’organisation de l’entreprise pourrait être tacite et reposée sur la mémoire collective, mais l’absence de traces
écrites conservées et consultables (organigramme, manuel de procédure) est fort peu efficace : les individus
passent alors que les fonctions restent. Rien n’est plus dangereux pour une entreprise que de confier une tâche à
Mr X, parce qu’il est Mr X employé expérimenté de toute confiance. Que se passera-t-il le jour où Mr X va à la
retraite qu’il devra être remplacé par une autre personne à laquelle on ne saura pas trop expliquer quelles étaient
les tâches de Mr X ?
En outre, l’inexistence de preuves écrites conservées et consultables, fait courir le risque de fonctions exercées
plus d’une fois.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


19

e. Séparation des fonctions incompatibles


Pour une petite entreprise, pas de problèmes, on peut cumuler des fonctions, mais la grande entreprise fonctionne
sur délégation de pouvoir. Dès lors il est nécessaire de séparer les quatre fonctions fondamentales suivantes et
les attribuer à quatre personnes ou hiérarchies différentes :
1. Fonction de décision (ou « fonction opérationnelle »)
2. Fonction de détention des valeurs monétaires ou de biens physiques (ou « fonction de
protection et de sauvegarde »)
3. Fonction de comptabilisation et d’enregistrement
4. Fonction de contrôle et d’approbation comprenant un système d’autorisation.
 La Fonction de décision, est celle qui conduit à engager l’entreprise vis à vis des tiers : acheter, vendre,
investir, embaucher…
 La fonction de détention des biens physiques, est principalement exercée par des magasiniers. La
fonction de détention des valeurs monétaires est exercée par toute personne qui manipule de l’argent liquide,
des chèques, des traites, ou qui de manière générale a sa signature autorisée auprès d’une banque pour
payer les salaires, acheter des titres en bourses ou signer tout titre de paiement.
 La Fonction de comptabilisation, est comme son nom l’indique, exercée par des comptables. Par
extension, la fonction de comptabilisation est également exercée par toute personne qui fait entrer des
informations liées au circuit comptable : magasiniers qui indiquent les entrées / sorties de l’entreprise, sur un
fichier informatisé d’inventaire comptable permanent.
Cette fonction comprend : vérification des additions et multiplications : contrôle des opérations, par
rapprochement Bon de Commande / Bon de Réception / Facture avant comptabilisation. Tous ces documents
doivent être visés par les hiérarchies compétentes.
 La Fonction de contrôle, a pour objet, comme son nom l’indique de vérifier les opérations de décision, de
détention et de comptabilisation effectuées par d’autres personnes ou hiérarchies. Dans tous les cas elle
englobe l’approbation d’une décision, Bon de Commande par exemple correct.
Concernant le contrôle des opérations comptables, il est d’usage de vérifier :
 L’exhaustivité : Tous les opérations concernant l’entreprise doivent être enregistrées (aucune opération
ne doit être omise)
 La réalité : (a) seules les opérations réelles doivent être enregistrées (par exemple : pour une facture
d’achat de marchandise, une marchandise doit réellement avoir été reçue (b) seules les opérations
concernant l’entreprise doivent être enregistrées (ne pas enregistrées les factures concernant une autre
entreprise).
 La bonne imputation comptable : les factures et documents doivent être enregistrées dans les comptes
appropriés (par exemple ne pas confondre une immobilisation à une charge)
 La coupure (rattachement des charges aux produits) : les factures et documents doivent être
enregistrées sur l’exercice concerné,
 L’évaluation : les opérations doivent être correctement évaluées lorsqu’elles sont enregistrées (problème
de facture libellée en devises ou de valeur d’origine des immobilisations achetées ou produites par
l’entreprise).
FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015
20

 L’exactitude : Les montants doivent être correctement additionnés et reportés.


On remarque que l’informatique supprime seulement, par rapport à une comptabilisation manuelle, le risque
d’inexactitude : erreurs d’additions, de reports dans la mesure, bien entendu, où l’ordinateur a été correctement
programmé.
L’absence de séparation des fonctions entraîne un danger bien connu : la possibilité de frauder sans que la fraude
puisse être détectée par des contrôles routiniers. En matière de fraude, dans le domaine du contrôle des
décisions, on trouve couramment le cas de l’ingénieur qui a le pouvoir de commander des investissements et de
les payer au fournisseur en dehors d’une approbation donnée par une autre hiérarchie ou en dehors d’un
recoupement avec le budget annuel des investissements.

2.4.2. Principe d’intégration d’autocontrôle


Les procédures de Contrôle Interne doivent comprendre des procédures d’autocontrôle qui permettre de déceler
des anomalies par des processus routinières. « Toute vérification qui a lieu au cours du déroulement des
procédures et prévue par elles, illustre le principe d’auto contrôle ». L’auto –contrôle est mise en œuvre par des
« recoupements, des contrôles réciproques avec des moyens techniques appropriés »
Le recoupement consiste à comparer des informations qui doivent être semblables alors qu’elles figurent dans
des documents différents. Ex.Le bénéfice qui figure au compte de résultat doit figurer pour un même montant
au bilan et une facture doit figurer pour un même montant au journal et au grand livre.
Le contrôle réciproque est dans son acceptation la plus simple, le travail qui en prolonge un autre tout en
permettant de contrôler ce dernier. L’état de rapprochement bancaire est établi par une autre personne que
celle qui tient le journal banque, le solde des comptes clients est établi par une personne autre que celle qui
tient le journal des encaissements clients et celui des ventes.
Le contrôle réciproque est également la comparaison d’une même information à partir de son enregistrement
par deux personnes différentes. Par exemple une facture d’immobilisation est enregistrée à la fois par le
service comptable au journal et par les services techniques sur un fichier des immobilisations Le contrôle
réciproque consiste à vérifier la similitude des montants au journal et au fichier.

L’utilisation des moyens techniques appropriés a pour objet de réduire les risques d’erreurs nées de
l’intervention humaine.
Les recoupements et les contrôles réciproques sont indissociables d’une bonne séparation des tâches et
des fonctions.

2.4.3. Principe de permanence


On connaît le principe comptable de permanence comptable des méthodes. Les méthodes d‘évaluation et de
présentation des comptes des entreprises ne doivent pas être modifiées d’un exercice à un autre pour permettre
des comparaisons dans le temps. Toute dérogation à ce principe, ayant une incidence significative doit être
justifiée et commentée dans l’annexe, le rapport annuel de gestion et le rapport du Commissaire Aux Comptes.
Le principe de permanence est, en matière de Contrôle Interne, fort semblable : les procédures utilisées par
l’entreprise doivent être pérennes. La procédure doit, non seulement être appliquée lorsqu’elle est créée, mais elle
doit en outre être respectée en permanence.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


21

Le principe de permanence consiste à distinguer :


a. Les faiblesses de conception du Contrôle Interne : la procédure conçue est peu fiable ou peu
efficiente.
b. Le non-respect des procédures du Contrôle Interne : la procédure est bonne mais n’est pas bien
appliquée.

2.4.4. Principe d’universalité


« Ce principe signifie que le Contrôle Interne concerne toutes les personnes dans l’entreprise, en tout temps et en
tout lieu. C’est dire qu’il ne doit pas y avoir de personnes exclues du Contrôle Interne par privilège, ni de domaines
réservés ou d’établissements mis en dehors du Contrôle Interne ».
Le principe d’universalité est probablement le principe le plus souvent bafoué, soit au nom de la confidentialité, soit
au nom du manque de temps (les procédures ne sont pas respectées souvent pendant les congés du personnel
par exemple) soit par crainte des pouvoirs d’une baronnie propre à l’entreprise.

2.4.5. Principe d’indépendance


Ce principe du Contrôle Interne n’est pas lié, malgré la similitude des noms, au principe d’indépendance des
exercices.
« Le principe d’indépendance implique que les objectifs du Contrôle Interne sont à atteindre indépendamment des
méthodes, procédés et moyens de l’entreprise »
Quels que soient les moyens employés par l’entreprise pour conclure des contrats : actes notariés ou simples
appels téléphoniques etc, tenir la comptabilité : manuelle ou informatique autonome, sous-traitante ou archiver les
informations : papiers microfilms, disques « compacts »), les objectifs de sauvegarde du patrimoine, d’efficience
des procédures doivent être atteints.

2.4.6. Principe d’information


L’information qui chemine dans les circuits du Contrôle Interne doit, selon le Conseil Supérieur de l’OECCA de
France être pertinente, utile, objective, communicable, et vérifiable.
 La pertinente : « Une information pertinente est une information adaptée à son objet et à son utilisation. Elle
doit être disponible dans les temps et les lieux voulus ».
 L’objectivité : « Appliquée à l’information, l’objectivité signifie l’impartialité. L’information ne doit pas avoir été
déformée volontairement, dans un but particulier. »
 La Communicabilité : « Dans le fond et la forme, l’information communicable est celle dont le destinataire
peut tirer, clairement sans ambiguïté, les renseignements dont il a besoin suffisamment explicite, détaillée,
elle révèle les faits significatifs en fonction des besoins des utilisateurs ».
 La Vérifiabilité : « Une information vérifiable est une fonction dont il est possible de retrouver les sources
c’est - à - dire qu’elles comportent les références appropriées permettant de la justifier et de l’authentifier ».
Les documents, factures les lettres et l’ensemble des documents à l’origine des enregistrements comptables
doivent être numérotés, ou doit pouvoir aisément déterminer si un franc a été réglé ou non en cas de
réclamation.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


22

 L’Utilité : L’utilité est, en gestion, relativement proche de la pertinente : La pertinence est « ce qui convient
exactement à l’objet dont il s’agit » (Dictionnaire Robert) et l’utilité, l’information dont « l’usage satisfait un
besoin » (Dictionnaire Robert) L’utilité dépend des critères déjà évoques : objectivité communicabilité et
vérifiabilité. L’information utile est l’information directe (saisie la plus près possible à sa source), non
redondante, et économique (son est en rapport avec ce qu’elle apporte) Ce critère d’économie de l’information
est à rapprocher du principe général d’harmonie

2.4.7. Principe d’harmonie


Le principe d’harmonie est « l’adéquation du Contrôle Interne aux caractéristiques de l’entreprise et de son
environnement. Sinon le Contrôle Interne formerait un ensemble rigide et contraignant qui n’est pas l’objectif
recherché. C’est un simple principe de bon sens qui exige que le Contrôle Interne soit adapté au fonctionnement
de l’entreprise, aux sécurités recherchées et aux coût des contrôles »
C’est probablement le principe le plus méconnu ou le moins bien compris du Contrôle Interne : Le Contrôle Interne
n’implique en aucun cas une multiplication aussi inutile que coûteuse de procédures lourdes ou redondantes
On retrouve ici la notion d’efficience et sa différence avec celle d’efficacité, ici on cherche l’efficience. Le respect
du principe d’harmonie conduit à toujours prendre en considération le coût de la procédure par rapport au coût
entraîné par la surveillance de la faiblesse

2.4.8. Principe de qualité du personnel


Un personnel qualifié est, pour la Compagnie Nationale des Commissaires aux Comptes, un élément nécessaire à
un bon contrôle interne.
Tout Système de Contrôle Interne est, sans un personnel compétent, voué à l’échec. La compétence du personnel
peut être améliorée par une politique de recrutement, par la formation permanente, par la formation sur le terrain
dispensée par les supérieurs hiérarchiques, et par la motivation (rémunération, fixation d’objectifs).
La formation est depuis longtemps reconnue comme un élément important du principe de la compétence.
Néanmoins qu’elle que soit la compétence du personnel, il convient de mettre en place :
 Des recoupements et des contrôles réciproques facilités par une bonne séparation des fonctions.
 Un contrôle des opérations, aussi bien par une supervision permanente exercée par les responsables
hiérarchiques, que par des contrôles occasionnels menés par le département d’audit interne ou un
réviseur indépendant.

2.5. REGAIN D’INTÉRÊT DU CONTRÔLE INTERNE


Depuis 2001- 2002, l’environnement des affaires a connu des scandales financiers les plus retentissants : ENRO,
WORLDCOM aux Etats-Unis, PALMARAC en Italie, le contrôle interne est redevenu subitement à la mode. En
effet, à la base de toutes ces faillites dus à des pertes de dizaines de milliards de dollars et qui ont fait des millions
de chômeurs, se trouve la non communication d’informations capitales aux Auditeurs, ou la communication
d’informations biaisées, incomplètes, truquées ou erronées.
Les Dirigeants, Analystes financiers, Auditeurs sont frappés de suspicion Accusés à tort ou à raison, les Auditeurs
et les Autorités publiques aux Etats-Unis et en Europe ont entrepris de vastes réformes dans les domaines de :

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


23

 la comptabilité et de l’audit tant au niveau de l’élaboration des normes qu’au niveau de leur application
par les professionnels,
 la gouvernance des entreprises, en effet, nul ne doute que la transparence des états financiers est de la
responsabilité des dirigeants qui doivent mettre en place des procédures permettant de fournir des
informations fiables.
 Les procédures claires constituant les circuits de circulation de l’information mises en place doivent être
appliquées en permanence. La loi « SARBANES – OXLEY » issue d’une commission de même nom aux
Etats-Unis et la « Loi de Sécurité Financière » en France, vont jusqu’à proposer l’établissement d’un
Rapport sur le Contrôle interne par les Dirigeants, rapport dans lequel ils affirmeront que les procédures
en place sont respectées et qui sera vérifié et certifié par les Auditeurs. Ce qui risque de poser d’autres
problèmes, les procédures relèvent du qualitatif et non du quantitatif comme les comptes.

2.6. RELATIONS DE L’AUDIT INTERNE AVEC L’AUDIT EXTERNE


L’audit externe a pour principale mission de certifier la régularité, la sincérité et l’image fidèle des comptes et
s’appuie, pour ce faire, sur les procédures qui concourent à la production de l’information comptable et financière.
L’audit interne est un outil du gouvernement d’entreprise et d’aide au management de l’entreprise. Il fournit à cette
dernière une assurance sur le degré de maîtrise de ses activités et, pour ce faire, s’appuie sur une analyse des
risques opérationnels, de conformité et financiers, et sur une évaluation du dispositif de contrôle interne y afférent.
Malgré cette importante différence, les travaux des commissaires aux comptes relatifs au contrôle interne sont,
dans certains domaines, proches de ceux des auditeurs internes, ce qui peut conduire à des redondances inutiles.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


24

III. LES NORMES DE COMPORTEMENT DE L’AUDITEUR

3.1. L’INDÉPENDANCE

L’indépendance repose principalement sur trois f acteurs : le positionnement de l’audit interne, le périmètre étendu

de son champ d’intervention, la disposition de moyens adéquats pour remplir la mission qui lui est dévolue.

L’auditeur doit être et paraître indépendant pour effectuer sa mission avec intégrité et objectivité.

Il doit être libre de tous liens avec l’entité pouvant constituer une entrave à sa mission.

L’indépendance de l’auditeur est un absolu préalable à l’efficacité de sa mission.

3.2. LA COMPÉTENCE OU LE PROFESSIONNALISME

La bonne application des normes professionnelles internationales de l’audit interne garantit la référence aux
meilleures pratiques. Ces normes démontrent leur efficacité lorsqu’elles sont mises en œuvre par des auditeurs
internes ayant des compétences suffisantes et une connaissance des métiers de l’organisation.
L’auditeur doit acquérir la compétence et les connaissances spécialisées pour l’exercice de sa mission.

Il doit se tenir continuellement au courant de l’évolution de son domaine d’activité par le suivi d’une formation

permanente adaptée.

Dans le cas contraire, il doit décliner ou se faire assister de façon appropriée.

3.3. QUALITÉ DU TRAVAIL

La qualité de l’audit interne est fonction de la capacité de son responsable à maintenir, au meilleur niveau,

l’ensemble de son dispositif : ressources humaines, budget, formation, référentiels, outils, méthodologies,

planification, reporting, risk assessment.

Compte tenu de l’engagement potentiel de la responsabilité, l’auditeur doit veiller à la qualité de son travail.
Le travail de l’auditeur doit atteindre un degré de qualité suffisant compatible avec son éthique et sa
responsabilité.
Une procédure de contrôle qualité doit être mise en place.
L’auditeur doit faire preuve de conscience professionnelle sans faille lorsqu’il assure sa mission.

3.4. SECRET PROFESSIONNEL

L’audit est astreint au secret professionnel pour les faits, actes et renseignements dont il a pu avoir

connaissance à raison de ses fonctions.

Cette obligation incombe à l’auditeur et au personnel qu’il emploi.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


25

DEUXIEME PARTIE: ANALYSE DES CYCLES OPERATIONNELS DE L’ENTREPRISE

I. ORGANISATION GENERALE DE L’ENTREPRISE


L’organisation générale de l’Entreprise est le point de départ pour la réalisation des objectifs qu’elle s’est fixée.
L’organisation doit permettre d’atteindre les objectifs de sécurité et de performance. L’organisation c’est :

1.1. ORGANIGRAMME GÉNÉRAL


L’organisation commence par la mise en place d’un schéma où tout le personnel reconnaît sa place, c’est-à-
dire : sa direction, son service et les missions de ceux – ci, ses supérieurs hiérarchiques, ses subordonnés et
les liaisons fonctionnelles de son service avec les autres.
L’organigramme général doit clairement mettre en évidence, les « décideurs » et les « conseils ».

1.2. ORGANIGRAMMES DIVISIONNAIRES


Compte tenu de la taille de l’entreprise et de sa dispersion géographique, des organigrammes sont établis par
direction, détaillant les services, les sections qui lui sont rattachés.

1.3. FICHES DE FONCTION


L’organigramme général et les organigrammes divisionnaires sont complétés par l’inventaire des tâches des
principaux postes. Une telle description des postes permet d’éviter les omissions de tâches ou de tâches
exécutées par plusieurs personnes.

1.4. MANUEL DES PROCÉDURES


Une fois connues les tâches que chacun doit exécuter inventoriées, il convient de décrire les procédures
d’exécution de ces tâches dans un autre document appelé « manuel des procédures ».
Avec la « fiche de fonction », ce document est un outil de travail facilitant les remplacements, la supervision et la
prise de fonction des recrutés.

1.5. REGISTRE DE SPÉCIMEN DES SIGNATURES


L’organisation doit prévoir la liste des personnes habilitées à engager une dépense, un contrat, ou encaisser une
recette au nom de l’Entreprise. Chacune de ces personnes appose sa signature modèle que tout vérificateur peut
consulter et s’assurer de la validité des actes posés dans l’Entreprise.

1.6. SÉPARATION DES FONCTIONS INCOMPATIBLES


Conformément au premier principe du contrôle interne, l’organisation doit comporter au tant que possible le
maximum de séparation des tâches ou fonctions incompatibles dans chacune des directions, chacun des services.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


26

II. CYCLE SECURITE DES BIENS ET DES PERSONNES


Le contrôle interne doit assurer, dans l’entreprise la sécurité des personnes, des biens et des transactions. Pour
cela les procédures en place doivent permettre :

2.1. ACCÈS À L’ENTREPRISE


Mettre en place les voies d’accès appropriés : entrée pour véhicule, entrée pour piéton, entrée pour véhicule
de livraison, etc.
Filtrer l’accès à l’entreprise : toute personne qui y entre doit être identifiée et son destinataire connu :
réclamation d’une pièce à l’entrée, inscription sur un registre, téléphone interne pour annoncer le visiteur à la
personne destinataire ;
Clôture et portes adaptées ;
Badges pour personnel et badges pour visiteur.

2.2. SÉCURITÉ CONTRE LES INCENDIES, INONDATIONS ET AUTRES CALAMITÉS


Mise en place d’une ceinture de sécurité : les bouches – incendies ;
Raccordement de l’entreprise à la protection civile, à la police ;
Mise en place des extincteurs à l’intérieur de l’entreprise ;
Isoler les produits inflammables ;
Mettre en place des portes – coupe – feu, d’issus de secours, d’évacuation ;
Mise en place des armoires non inflammables ;
Mise en place de paratonnerre ;
Formation du personnel à l’utilisation des extincteurs ;
Souscription de police d’assurance

2.3. SÉCURITÉ CONTRE LES SOUSTRACTIONS DE BIENS


Mise en place des coffres d’armoires dotées de clés ;
Mise en place de caméras de surveillance ;
Limiter l’accès pendant les jours fériés et / ou non ouvrables en responsabilisant les personnes habilitées :
contrôleurs, inspecteurs, etc.
Mise en place de détecteur de faux billets.

III. CYCLE SECRETARIAT ET COURRIER


Les archives en général et les courriers en particulier échangés avec l’extérieur ou en interne entre directions,
constituent la mémoire de l’entreprise. D’ailleurs, le droit commercial exige la conservation pendant dix (10) ans,
de toute documentation pouvant constituer des preuves.

3.1. RÉCEPTION DES COURRIERS DE L’EXTÉRIEUR


Les procédures doivent garantir l’exhaustivité et une conservation permettant de les retrouver à tout instant. Elles
doivent donc permettre de connaître le nombre de courriers reçus pendant l’année, la provenance, le destinataire
dans l’entreprise, la date de réception et la preuve de sa réception par l’entreprise.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


27

Les procédures de courrier peuvent être un moyen pour vérifier de l’exhaustivité des pièces comptables reçues et
leur enregistrement.

3.2. ENVOI DES COURRIERS À L’EXTÉRIEUR


Les courriers sortant de l’entreprise doivent être référenciés datés et revêtir la signature d’une personne habilitée.
Les procédures en place doivent permettre de connaître le nombre, le destinataire, la date d’expédition, et la
preuve de sa communication.

3.3. COURRIERS ENTRE DIRECTIONS


Dans la grande entreprise ou dans une entreprise géographiquement dispersée, des courriers sont en
permanence, échangés entre les directions. Les mêmes procédures de réception et d’expédition des courriers
avec l’extérieur sont mises en place, pour situer les responsabilités au besoin au sein de l’Entreprise.

3.4. COURRIERS PAR FAX ET COURRIERS ÉLECTRONIQUES


Ces courriers reçus dans l’Entreprise peuvent poser des problèmes de signatures. De plus, ils sont assimilables à
des photocopies, d’où des problèmes d’authenticité. Les procédures doivent permettre d’en conserver et de
réclamer l’original.

3.5. COURRIERS CONFIDENTIELS


Le caractère confidentiel ne signifie pas transgression des règles de gestion normales (principes d’universalité et
de permanence du contrôle interne). Les procédures sont respectées en opérant les traitements sur le dos de
l’enveloppe sans l’ouvrir.

3.6. ARCHIVAGE ET CONSERVATION DES COURRIERS


Le secrétariat conserve dans tous les cas une copie des courriers reçus et envoyés.

IV. CYCLE DES ACHATS-DEPENSES

4.1. OPÉRATIONS DU CYCLE


Les opérations regroupées au niveau de ce cycle d’activités sont celle relatives à l’acquisition des ressources
nécessaires au fonctionnement de l’entreprise :
- achat de bien destinés à être consommés dans un processus de production (matières premières et matières
consommables), à être utilisés pour les besoins courants de l’exploitation (fournitures diverses), ou à être
revendus en l’état (marchandises) ;
- achat de services divers (frais d’entretien, loyers, honoraires, etc…) fournis par les prestataires extérieurs.
Les opérations concernées par ce cycle sont les suivantes :
 Prévisions des dépenses (budget des achats) ;
 Expression des besoins, choix des fournisseurs et placement des commandes ;
 Réception des biens et des factures, contrôle, comptabilisation ;
 Suivi et règlement des dettes envers les fournisseurs.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


28

4.2. COMPTES RETRAÇANT LES OPÉRATIONS


Les comptes concernés par ce module sont les suivants :

4.2.1. Comptes de bilan

N° de comptes Intitulés
401 Fournisseurs, dettes en compte
402 Fournisseurs, effets à payer
408 Fournisseurs, factures non parvenues
409 Fournisseurs débiteurs
444 Etat, TVA due ou crédit de TVA
445 Etat, TVA récupérable
4486 Etat, charges à payer
449 Etat, créances et dette diverses
4712 Créditeurs divers
4746 Répartition périodique des charges
478 Charges constatées d’avances
490 Dépréciation des comptes fournisseurs

4.2.2. Comptes de charges et de produits

N° de comptes Intitulés
61 Transports
62 Services extérieurs A
63 Services extérieurs B
64 Impôts et taxes
65 Autres charges

Le cycle des achats fait intervenir :


- au niveau du Compte de Résultat, les comptes de charges (classe 6 du plan comptable) y compris les comptes
de taxes non déductibles (Taxes sur la Valeur Ajoutée) mouvementés à l’occasion des opérations d’achat, mais
à l’exclusion des charges de personnel, des charges financières et des charges d’amortissements.
- au niveau du Bilan, les comptes de dettes envers les fournisseurs et les créditeurs divers, dettes nées à
l’occasion des opérations d’achat de biens d’exploitation ou de services.
a) Les comptes de charges servent à la détermination des résultats intermédiaires (Marge Brute, Valeur
Ajoutée) et du Résultat Net de la période.
b) Les comptes de dettes figurent au passif du bilan dans la rubrique du « Passif circulant ». Ces dettes sont
classées, conformément à la présentation du Plan Comptable Général, par ordre d’exigibilité croissante.

4.3. PROCÉDURES OPÉRATIONNELLES

4.3.1. Description des fonctions


Les principales fonctions opérationnelles du cycle des Achat sont les suivantes :
1) Fonction « Budgétisation-Suivi des engagements de dépenses »
Cette fonction regroupe toutes les opérations d’établissement des prévisions de dépenses et de leur
approbation par les organes compétents de la société, de même que les opérations de suivi des engagements
par rapport aux montants ainsi autorisés.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


29

Elle est traditionnellement exercée par le Service du Contrôle Budgétaire (ou par le service du Contrôle de
Gestion) ou à défaut par la Direction Financière de la société.
2) Fonction « Expression interne des besoins »
Elle est relative aux demandes formulées par les différents services pour la satisfaction de leurs besoins en
biens divers (matières, fournitures, etc.). Ces expressions sont matérialisées généralement par des demandes
d’achat (ou des Demandes d’Approvisionnements).
3) Fonction « Sélection des fournisseurs »
Elle couvre toutes les procédures de mise en concurrence (appel d’offre, en général) des fournisseurs. Cette
fonction est généralement exercée de manière conjointe le Service des Achats (ou service des
approvisionnements) et la Direction Générale de la société. Elle implique même, dans le cas des entreprises
publiques, des organes de contrôle externes associés à la procédure d’appel d’offre et de sélection des
fournisseurs.
4) Fonction « Commande-Relance des fournisseurs »
Elle regroupe les opérations d’émissions de bons ou lettres de commandes et celles de suivi de ces
commandes (par procédures de relance du fournisseur). Elle est exercée en principe par le service des Achats
de la société.
5) Fonction « Réception des articles livrés »
Elle est relative aux procédures de contrôle des quantités et de la qualité des articles livrés par le fournisseur.
Ce contrôle peut être exercé par une personne seule ou, comme c’est le cas dans les entreprises du secteur
public, par une commission de réception composée de représentants de plusieurs services de l’entreprise.

4.4. DESCRIPTION DES OBJECTIFS DU CONTRÔLE INTERNE


Le tableau ci-après présente pour chacune des fonctions opérationnelles du cycle des achats les principaux
objectifs de contrôle interne.

Fonctions Objectifs
1.Budgétisation-Suivi des engagements Les procédures mises en place doivent donner l’assurance que les dépenses
de dépenses sont effectuées dans le cadre des limites préfixées et qu’aucun dépassement
n’est possible sans autorisation.
2.Expression interne des besoins Les procédures mises en place doivent donner l’assurance que les demandes
d’achat établies par les responsables de services expriment des besoins
(nature et montant) initialement prévus ou expressément acceptés par la
Direction.
3.Sélection des fournisseurs Les procédures de la société doivent donner l’assurance que le choix du
fournisseur est effectué conformément aux critères (qualité, prix, délai de
livraison,…) définis par la Direction de la société (ou par l’Etat).
4.Passation de la commande/ Relance Les procédures doivent garantir que :
des fournisseurs a.les commandes sont passées sur la base stricte des besoins de l’entreprise
et par un ou des responsables autorisés par la Direction ;
b. les commandes non honorées par les fournisseurs font l’objet d’un suivi
strict et donnent lieu à des relances périodiques.
5.Réception des articles Les procédures doivent donner l’assurance que
a.les articles livrés ont fait l’objet d’une commande ;
b. la livraison correspond en tous points (délai, référence des articles,
quantités) aux stipulations de la commande.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


30

V. CYCLE DES IMMOBILISATIONS

5.1. OPÉRATIONS DU CYCLE


Les immobilisations peuvent être définies comme « les biens ou valeurs qui sont la propriété de l’entreprise et qu’y
restent durablement sous la même forme ».
Le critère de durée généralement admis est l’année. En règle générale, tout bien ou valeur dont l’entreprise est
propriétaire et qu’y demeure sous la forme pour une période supérieure à un an est une immobilisation.
Les moyens de production de l’entreprise comprennent les bâtiments, terrains, machines et outillage, matériel,
mobilier, matériel de transport.
Les procédures opérationnelles et comptables à mettre en place, relativement à ces immobilisations concerneront
essentiellement :
les modalités de leur acquisition ou de leur création ;
les modalités de leur conservation (protection contre les vols et les détournements) ;
les modalités de leur dépréciation (amortissements et provisions exceptionnelles) ;
les modalités de leur cession, destruction ou mise au rebut.

5.2. COMPTES RETRAÇANT LES OPÉRATIONS

5.2.1. Comptes de bilan-emplois

N° de comptes Intitulés
20 Charges immobilisées
21 Immobilisations incorporelles
22 Terrains
23 Bâtiments, installation techniques et agencements
24 Matériel
25 Avances et acomptes versés sur immobilisations
414 Créances sur cessions courantes d’immobilisations
485 Créances sur cession d’immobilisation hors activités ordinaires

5.2.2. Comptes de bilan-ressources

N° de comptes Intitulés
14 Subventions d’investissement
151 Amortissements dérogatoires
152 Plus-values de cession à réinvestir
154 Provision spéciale de réévaluation
155 Provisions règlementées relatives aux immobilisations
157 Provisions pour investissement
28 Amortissements des comptes d’immobilisations
29 Provisions pour dépréciation des comptes d’immobilisations
481 Fournisseurs d’investissements
482 Fournisseurs d’investissements, effets à payer

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


31

5.2.3. Comptes de bilan-ressources

N° de comptes Intitulés
654 Valeurs comptables des cessions courantes d’immobilisations
68 Dotations aux amortissements
691 Dotations aux provisions pour dépréciation des immobilisations
72 Production immobilisée
754 Produits des cessions courantes d’immobilisation
791 Reprises de provision pour dépréciation des immobilisations
798 Reprises d’amortissement
81 Valeurs comptables des cessions d’immobilisations
82 Produits des cessions d’immobilisations
852 Dotations aux amortissements hors activités ordinaires
865 Reprises des subventions d’investissement

5.3. PROCÉDURES OPÉRATIONNELLES


Les aspects opérationnels du cycle des immobilisations recouvrent les fonctions :
 d’évaluation et d’identification des besoins en équipement (budget des investissements) ;
 d’acquisition et de mise en service des immobilisations ;
 d’utilisation et déplacement des immobilisations ;
 de conservation physique et de protection des immobilisations ;
 de cession, destruction et mises au rebut des immobilisations.
Au niveau de chacune de ces fonctions, des procédures précises devront être formalisées et mises en application
afin de permettre de couvrir les objectifs de contrôle interne.

Le contrôle interne doit garantir :


 Une expression des besoins sur support vérifiable et chronologique, signé par son auteur et approuvé par le
supérieur hiérarchique ;
 Une étude garantissant la rentabilité de l’investissement que l’entreprise projette de réaliser ;
 La programmation des investissements à travers un budget approuvé par le Conseil d’administration,
constituant ainsi « l’acte d’autorisation » des dépenses d’investissement ;
 Un fichier de « fournisseurs d’immobilisations » contenant les catalogues, les conditions du fournisseur ;
 Un bon de commande pré- numéroté auquel les factures fournisseurs se réfèrent, signé par la personne
habilitée à engager l’entreprise dans la limite des seuils fixés ;
 Une copie du bon de commande, base des réceptions est communiquée au magasin ;
 Un bon de réception pré- numéroté se référant au numéro du bon de commande,
 La connaissance de la valeur d’origine avec exactitude, en ouvrant un « dossier d’immobilisation en cours »
jusqu’à l’obtention de tous les éléments entrant dans la valeur d’origine ;
 La codification de chaque immobilisation ;
 L’identification de chaque immobilisation à travers une « Fiche d’immobilisation » ou un « registre des
immobilisations » indiquant la nature, la valeur d’origine, la code, la localisation, grosses réparations ;
 La comptabilisation exhaustive des factures d’acquisition des immobilisations par la communication
systématique des copies du bon de commande et du bon de réception à la comptabilité ;

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


32

 La réception et le contrôle des factures des fournisseurs d’immobilisations ;


 L’annulation des doubles copies des factures par des mentions « original » et « copie » ;
 Les factures d’avoir subséquentes aux réclamations suites aux réceptions non- conformes ;
 La connaissance en permanence des « effets à payer » aux fournisseurs, acceptés avalisés en portefeuille ;
 La connaissance en permanence des sommes dues à chaque fournisseur ;
 Les immobilisations cédées, mises en ferraille avec les stocks récupérés, reformées ;
 L’entretien et la maintenance des immobilisations, de même que la souscription de police d’assurance
appropriée ;
 Un rapport d’activité permettant de renseigner périodiquement les dirigeants sur la bonne marche de l’outil de
production de l’entreprise ;
 Une séparation convenable des tâches de décision, d’exécution, de gardiennage, d’enregistrement et de
contrôle.

5.4. DESCRIPTION DES OBJECTIFS DU CONTRÔLE INTERNE


Pour chacune des fonctions opérationnelles décrites ci-dessus, les objectifs de contrôle interne suivants doivent
être atteints.

Fonctions Objectifs

1.Etablissement des prévisions Les procédures mises en place doivent donner l’assurance :
d’investissements-suivi des - que les budgets d’investissement sont établis de manière à permettre un suivi
engagements ultérieur efficace des engagements ;
- que les cas de dépassements ne peuvent être possibles sans autorisation préalable.
2. Expression interne des Les procédures appliquées par la société doivent donner l’assurance que les
besoins demandes d’achats émises par les services :
- sont effectuées par des responsables habilités ;
- expriment des besoins préalablement budgétisés ou expressément autorisés ;
- sont établies de manière opportune (et non à contretemps)
3. Sélection des fournisseurs Les procédures de sélection des fournisseurs mises en application doivent donner
l’assurance d’un choix effectué conformément aux critères de qualité, prix et
conditions diverses, définis par la Direction (ou par la règlementation publique pour les
sociétés d’Etat).
4.Commande des biens Les procédures mises en place doivent garantir que :
d’équipement/ Relance des - la passation des commandes dans les délais raisonnables, sur la base des besoins
fournisseurs préalablement identifiés et par des responsables autorisés ;
- le suivi adéquat des commandes non honorées et la relance systématique des
fournisseurs.
5.Réception et mise en service Les procédures de réception de biens d’équipement doivent donner l’assurance :
des immobilisations - d’une réception rapide et correcte des immobilisations commandées et uniquement
de celles-ci ;
- d’une affectation rapide de ces immobilisations aux services concernés ;
- d’une identification systématique de ces derniers services.
6.Cessions, destructions et Les procédures appliquées par la société doivent donner l’assurance :
mises au rebut des - que les retraits d’immobilisations du patrimoine de la société ne peuvent être
immobilisations effectués sans l’accord d’un responsable autorisé par la Direction ;
- que les données relatives à ces retraits (produits des cessions, identification précise
des immobilisations retirées et de leur valeur d’origine) sont rapidement et
correctement transmises aux services concernés pour leur traitement comptable.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


33

VI. CYCLES DES STOCKS

6.1. OPÉRATIONS DU CYCLE


Les stocks (ou valeurs d’exploitation) se composent de marchandises, de matière premières et de matières
consommables, de fournitures, de produits ayant atteint un stade déterminé d’élaboration (produits en cours,
produits semi-ouvrés, produits finis) et d’emballages commerciaux.
Les opérations étudiées au niveau de cycle au point de vue opérationnelle vont se rapporter :
au déclenchement et au suivi des commandes de réapprovisionnement ;
au suivi physique et comptable des mouvements (entrées et sorties) de stocks ;
au suivi physique des existants et au traitement comptable des données de l’inventaire physique (écarts
d’inventaire et dépréciations éventuelles des stocks).

6.2. COMPTES RETRAÇANT LES OPÉRATIONS


Les mouvements de stocks sont enregistrés :
 à l’entrée en magasin dans des comptes patrimoniaux de stocks (comptes de la classe 3 du plan comptable) ;
 à la sortie de magasin, dans des comptes de consommation (comptes de charges de la classe 6).

6.2.1. Comptes de bilan

N° de comptes Intitulés
31 Marchandises
32 Matières premières et fournitures liées
33 Autres approvisionnements
34 Produits en cours
35 Services en cours
36 Produits finis
37 Produits intermédiaires et résiduels
38 Stocks en cours de route, en consignation ou en dépôt
39 Dépréciation des stocks

6.2.2. Comptes de charges et de produits

N° de comptes Intitulés
60 Achats et variations de stocks
6593 Charges provisionnées d’exploitation sur stocks
73 Variation des stocks de biens et de services produits
7593 Reprises des charges provisionnées d’exploitation sur stocks
839 Charges provisionnées HAO
849 Reprises de charges provisionnées HAO

6.3. PROCÉDURES OPÉRATIONNELLES


Les aspects opérationnels du cycle des stocks recouvrent les fonctions suivantes :
 déclenchement des commandes de réapprovisionnement ;
 traitement des entrées en stock ;
 traitement des sorties de stock
 protection des stocks ;

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


34

 inventaire des stocks ;


 valorisation et dépréciation des stocks.
Au niveau de chacune de ces fonctions, des procédures formalisées devront être mises en place pour permettre
un correct suivi des stocks.

6.4. DESCRIPTION DES OBJECTIFS DU CONTRÔLE INTERNE


En vue d’assurer un correct suivi des opérations relatives aux stocks, le contrôle interne doit permettre d’atteindre
les objectifs décrits ci-après pour chacune des fonctions du cycle.

Fonctions Objectifs

Identification des besoins Les procédures en place doivent donner permettre une définition précise préalable des
besoins et des délais optimum de réception des articles, pour éviter les ruptures de
stocks ou le sur-stockage.
Passation des commandes de Les procédures mises en place doivent garantir :
réapprovisionnements - le déclenchement des commandes aux dates prévues au niveau du planning afin de
permettre la réception des articles dans les délais précédemment fixés ;
- la passation des commandes auprès des meilleurs fournisseurs ;
- le suivi systématique des commandes non satisfaites.
Traitement des entrées en Les procédures mises en place doivent donner l’assurance :
stock - d’une réception correcte et rapide des livraisons effectuées par les fournisseurs ;
- d’un traitement correct et rapide des entrées en stocks ;
- d’un enregistrement comptable correct et aux bonnes périodes des entrées de
stocks.
Traitement des sorties de Les procédures mises en place doivent donner l’assurance :
stocks - que les sorties de stock ne sont effectuées que sur la base des demandes
exprimées par les responsables habilitées par la Direction Générales ;
- que les sorties de stock font l’objet d’un retraitement rapide et correct par les
services responsables (magasins) ;
- que les enregistrements comptables des sorties de stock sont effectué correctement
et aux procédures concernées.
Protection des stocks Les procédures appliquées par la société doivent donner l’assurance d’une protection
suffisante des stocks contre les risques de vol, de gaspillage et/ou de prélèvements
non autorisés.
Prise d’inventaire des stocks Les procédures de prise d’inventaire des stocks mises en place doivent garantir :
- un recensement fiable et exhaustif des quantités en magasin ou détenues par les
unités de production ;
- une identification correcte des articles obsolètes ou détériorés ;
- une détermination correcte des écarts entre les stocks théoriques sur fiches et les
existants physiques et un traitement correct et rapide de ces écarts.
Valorisation et dépréciation Les procédures mises en place doivent donner l’assurance :
- d’une valorisation des stocks inventoriés, conformément aux méthodes
généralement admises ;
- d’une dépréciation correcte et systématique des stocks, le cas échéant.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


35

VII. CYCLE DES REVENUS

7.1. OPÉRATIONS DU CYCLE


Les opérations concernées par ce cycle d’activité sont celles :
 de ventes de marchandises et/ou de produits fabriqués ou transformés par l’entreprise ;
 de prestations de services fournies à des tiers.
Ces opérations sont donc celles que l’entreprise effectue à titre principal pour l’obtention d’un revenu. Elles vont
couvrir aussi bien les fonctions situées en amont de la vente (approbation préalable des crédits, réception des
commandes et préparation des livraisons) que les fonctions d’aval (suivi des comptes de clients, recouvrement et
encaissement des créances).

7.2. COMPTES RETRAÇANT LES OPÉRATIONS

7.2.1. Comptes de bilan

N° de comptes Intitulés
411 Clients
412 Clients, effets à recevoir en portefeuille
415 Clients, effets escomptés non échus
416 Créances clients litigieuses ou douteuses
418 Clients, produire à recevoir
419 Clients créditeurs
443 Etat TVA, facturée
47 Débiteurs Divers
488 Autres créances HAO
491 Dépréciation des comptes clients
497 Dépréciation des comptes débiteurs divers

7.2.2. Comptes de charges et de produits

N° de comptes Intitulés
6322 Commissions et courtages sur ventes
651 Pertes sur créances clients et autres débiteurs
6594 Charges provisionnées d’exploitation sur créances
673 Escomptes accordés
70 Ventes
71 Subventions d’exploitation
752 Quote-part de résultant sur opérations faites en commun
753 Quote-part de résultant sur exécution partielle de contrats pluri-exercices
7594 Reprises de charges provisionnées d’exploitation sur créances
834 Pertes sur créances HAO
836 Abandons de créances consentis
839 Charges provisionnées HAO.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


36

7.3. PROCÉDURES OPÉRATIONNELLES

Le contrôle interne doit garantir :


La connaissance de chaque client : adresse, habitude d’achats et conditions applicables ;
La vérifiabilité des commandes passées par les clients que celles – ci soient passées par écrit ou verbales
(support vérifiable et chronologique comme par exemple un « carnet de commande – clients ») ;
La vérification rapide de l’existence du stock (quantité commandée) avant l’acceptation de la commande. Le
système d’information de gestion doit pouvoir renseigner en permanence sur le niveau des stocks ;
L’établissement d’un « ordre de livraison » pré- numéroté autorisant le magasinier des produits finis à procéder
aux livraisons ;
L’établissement de « feuilles de route » pré- numéroté en vue de l’expédition des marchandises aux clients ;
L’établissement de « bon de livraison » pré- numéroté se référant au numéro du bon de commande du client et
à l’ordre de livraison ;
La communication des copies du « Bon de Commande » de « l’Ordre de livraison » et du « Bon de livraison » à
la comptabilité ;
L’émission et le contrôle des factures envoyées aux clients, se référant aux numéros du « Bon de livraison » et
de leur « Bon de commande » ;
Le respect des tarifs de facturation en vigueur ;
La communication systématique des copies de factures à la comptabilité ;
L’annulation des doubles copies des factures par des mentions « original » et « copie » ;
Les factures d’avoir suite aux réclamations des clients pour non-exécution non conforme de leur commande ;
Les rabais, rabais et ristournes à accorder aux clients suivant les conditions commerciales arrêtées ;
La connaissance en permanence des « effets à recevoir » acceptés avalisés en portefeuille ;
La connaissance en permanence des sommes dues par chaque client ;
Un rapport d’activité permettant de renseigner périodiquement les dirigeants sur la bonne marche de la
direction commerciale.

7.4. SYNTHÈSES DES TRAVAUX DE CONTRÔLE À EFFECTUER

Elle regroupe les opérations de surveillance des échéances de règlement, de relance des clients en cas de retard
dans le paiement et de déclenchement des actions judiciaires à l’encontre des clients particulièrement défaillants.

Fonctions Contrôle Risques encourus si le contrôle


interne est insuffisant

Etablissement des - Les prévisions de vente sont-elles établies de Risque d’établissement de prévisions de
prévisions d’activité et de manière réaliste, compte tenu de l’environnement du chiffres d’affaires irréalistes, dans le seul
chiffre d’affaires marché potentiel de production et des ressources souci d’assurer l’équilibre budgétaire de
dont dispose l’entreprise ? l’établissement.
- Le budget des ventes est-il éclaté par mois ou
période et par centre de responsabilité ?

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


37

Fonctions Contrôle Risques encourus si le contrôle


interne est insuffisant

Acceptation des clients, Les clients sont-ils acceptés sur la base de critères Risque de dégradation de la qualité du
acceptation des précis définis par la Direction (solvabilité, honorabilité, portefeuille-clients susceptible de
commandes, fixation des respect de leurs engagements vis-à-vis des perturber gravement le fonctionnement
limites d’engagement vis-à- concurrents ou des banques) ? de l’entreprise.
vis de chaque client
Etablissement des - L’acceptation des bons de commandes est-elle
prévisions d’activité et de systématiquement précédée par une analyse de la
chiffre d’affaires situation des engagements du client au moment de Risque d’octroi de crédits à des clients
la commande ? non solvables.
- Ces bons de commandes sont-ils acceptés par des
Responsables de haut de niveau désignés à
l’avance ?
- Les lignes de crédit accordées importantes sont-
elles portées à l’approbation des organes
dirigeants ?
- Les autres lignes de crédit accordées par la
Direction sont-elles revues périodiquement par ces
organes ?
- Les dossiers des clients sont-ils périodiquement
revus et mis à jour ?
Livraisons de commandes, - Les livraisons ou les mises en place de crédit sont- - Risque de retard dans les livraisons ou
facturation, mise à jour de elles rapidement effectuées dès après l’acceptation les mises en place de crédit.
la situation des clients de la commande ou de la ligne de crédit ?
- Les Services comptables sont-ils informés de ces - Impossibilité de réclamer les factures
livraisons ou de ces mises en place de crédits ? aux Services Commerciaux en cas de
- Les factures sont-elles rapidement établies (dès retard dans leur transmission ;
livraison aux clients) et affectées d’un numéro Impossibilité de provisionner par des
d’ordre séquentiel ? écritures comptables les produits à
recevoir pour les livraisons effectuées
sans facture correspondante.
- Des contrôles rigoureux sont-ils effectués sur ces - Risque d’omission de facturation
factures avant leur envoi ? difficilement détectable.
Risque d’établissement des factures
sur des bases erronées.
- Ces factures sont-elles rapidement transmises aux - Risque d’omission de comptabilisation
Services Comptables et aux clients ? ou de comptabilisation tardive des
factures de ventes.
- Donnent-elles lieu à une mise à jour rapide de la - Risque d’altération de la situation
situation des clients ? comptable des clients
Suivi des clients, - Assure-t-on un suivi extracomptable (distinct du suivi - Impossibilité de procéder aux
Encaissement des comptable) des clients ? rapprochements des éléments
règlements, recouvrement extracomptable ave les montants
des créances enregistrés dans les comptes de
clients
- A-t-on assuré une séparation stricte des tâches de - risque de détournement des
tenue (comptable ou extracomptable) des comptes règlements des clients
de clients et des tâches d’encaissement des
règlements des clients ?
- Les moyens nécessaires ont-ils été mis à la - Risque de gel des comptes de clients
disposition du service chargé du recouvrement ? A-t- et grande propension des clients à
on mis en place une politique de recouvrement ? régler de manière tardive leurs
créances

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


38

Fonctions Contrôle Risques encourus si le contrôle


interne est insuffisant

Octroi d’avoirs aux clients - Les modalités d’octroi d’avoirs aux clients ont-elles - Risque d’octroi d’avoirs sur des bases
été nettement précisées : critères d’octroi de ces subjectives ou fantaisistes ;
avoirs, responsables habilités, documents d’avoir à
utiliser ?

- A-t-on assuré une séparation stricte entre les - Risque de détournement des avoirs
fonctions d’octroi de ces avoirs, celles de tenue des accordé aux clients et de falsification
comptes de clients et celles d’encaissement des des comptes de clients concernés.
règlements ?
Comptabilisation des - Les factures de ventes et les notes d’avoir sont-elles - Risque de comptabilisation tardive, aux
factures de ventes et des comptabilisées dans les délais raisonnables par mauvaises périodes, des factures de
notes d’avoir, suivi des rapport à leur date d’établissement ? Assure-t-on un vente
comptes individuels de contrôle de cohérence de la liasse « Facture-Bon de Risque de comptabilisation de factures
clients livraison-Bon de commande » préalablement à la de ventes non appuyées par des
comptabilisation ? livraisons de biens ou des prestations
de services
- Les justifications et analyse des comptes individuels - Risque de pertes de maîtrise des
de clients sont-elles périodiquement effectuées en comptes de clients
cours d’année ? Risque d’apparition d’écarts
S’assure-t-on de la concordance entre le total des inexpliqués entre le solde total de la
comptes individuels de clients et le solde du compte balance individuelle des clients et le
collectif « Clients » ? solde du compte collectif des clients,
faisant peser une incertitude sur la
fiabilité de ces comptes
- Vérifie-t-on la concordance entre les soldes - Risque d’apparition d’écarts
comptables des clients et les montants des états inexpliqués entre les montants
extracomptables tenus par les Services comptables et les supports
commerciaux ou de recouvrement ? extracomptables
- Envoie-t-on périodiquement des relevés de comptes - Non détection des omissions ou
aux clients ? détournements éventuels
d’encaissements de créances
Enregistrement des - Les services Comptables enregistrent-ils dans les - Inexactitude de la situation financière
opérations de fin d’année comptes de produits à recevoir de l’exercice les et des résultats présentés, infraction au
relatives aux ventes : livraisons de biens ou les prestations de services principe comptable de spécialisation
livraisons non constatées non appuyées par des factures de ventes ? des exercices.
par des factures et - Les clients douteux sont-ils rigoureusement identifiés - Inexactitude de la situation financière
provisions pour et font-ils l’objet de provisions pour dépréciation et des résultats présentés
dépréciation des créances adéquates ? Existence de soldes comptables non
douteuses Ces provisions pour dépréciation sont-elles conformes à la réalité économique du
déterminées sur des bases fiables ? moment.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


39

VIII. CYCLE PERSONNEL-PAIE

8.1. OPÉRATIONS DU CYCLE


Le cycle « Personnel-paie » se caractérise par une étroite imbrication de règles comptables, fiscales et de
dispositions légales.
Outre le strict respect des principes comptables, les procédures mises en place au niveau de la société doivent
assurer le respect :
des dispositions légales : livres et documents légaux, durée des horaires de travail, cotisations sociales,
congés, etc… ;
de la réglementation fiscale : impôts et taxes divers attachés aux salaires, retenues à la source sur les salaires,
etc… ;
A ces dispositions peuvent s’ajouter également celles tirant leur origine des conventions collectives, des
règlements d’établissement et de la réglementation publique (notamment, les dispositions régissant les niveaux de
rémunération des dirigeants et cadres des entreprises du secteur public).

Il convient donc de veiller, par des procédures efficaces et des contrôles périodiques au respect de ces
dispositions par l’entreprise de manière à éviter les pénalités et/ou les conflits de travail.

Les opérations étudiées au niveau de ce module vont se rapporter :


 au plan opérationnel, aux modalités de prévision des besoins en effectif, d’embauche et de tenue du fichier du
personnel, de gestion du personnel ;
 au plan comptable, aux modalités de préparation de la paie, de règlement et de comptabilisation des salaires et
des charges fiscales sociales.

8.2. COMPTES RETRAÇANT LES OPÉRATIONS

8.2.1. Comptes de bilan

N° de comptes Intitulés
272 Prêts au personnel
421 Personnel, avances et acomptes
422 Personnel, rémunération dues
423 Personnel, oppositions, saisies arrêts
424 Personnel, œuvres sociales internes
425 Représentants du Personnel
426 Personnel, participation aux bénéfices
427 Personnel-dépôts
428 Personnel, charges à payer et produits à recevoir
43 Organismes sociaux
447 Etat, impôts retenus à la source
492 Dépréciation des comptes du personnel

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


40

8.2.2. Comptes de charges et de produits

N° de comptes Intitulés
633 Frais de formation du personnel
637 Rémunération du personnel extérieur à l’entreprise
6381 Frais de recrutement du personnel
66 Charges de personnel

8.3. PROCÉDURES OPÉRATIONNELLES


C’est l’un des principes du contrôle interne. Un personnel compétent et de bonne moralité met l’entreprise à l’abri

des gaspillages, des soustractions d’actifs et favorise l’amélioration des performances.

Pour doter l’entreprise de personnel de qualité, les étapes suivantes sont à prendre en considération :

1. Sélection et Recrutement du personnel

2. Informations disponibles en permanence sur le personnel.

3. Présence du personnel : procédures de permission de congés

4. Ordonnancement de la paie.

5. Avances et acomptes au personnel.

6. Calcul et paiement des salaires.

7. Promotion avancement et départ du personnel.

8. Affiliation du personnel à la sécurité sociale,

9. Respect de la législation du travail : hygiène et sécurité, médecine

10. Séparation des fonctions incompatibles.

11. Rapport périodique d’activité.

8.4. SYNTHÈSES DES TRAVAUX DE CONTRÔLE À EFFECTUER

Fonctions Contrôle Risques encourus si le contrôle


interne est insuffisant

Prévisions d’embauche, - Les prévisions d’embauches sont-elles établies en - Embauches excessives ou insuffisance
budget des charges de fonction des niveaux prévus d’activité ? de personnel
personnel Les créations de postes respectent-elles Répartition non équitable du personnel
l’organigramme prévisionnel approuvé par les entre les services susceptibles de
organes dirigeants ? perturber gravement le fonctionnement
Les charges de personnel sont-elles prévues dans le de l’entreprise.
cadre d’un budget éclaté par mois, par période et par
centre de responsabilité ?

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


41

Fonctions Contrôle Risques encourus si le contrôle


interne est insuffisant

Embauche, fixation des - Les embauches sont-elles effectuées en fonction de - Embauche d’un personnel au niveau
rémunérations, mise en critères de sélection (test, interviews,…) fixés à de qualification bas, non adapté au
place du personnel, tenue l’avance ? poste à pourvoir.
et mise à jour du fichier du Les responsables des services concernés sont-ils
personnel, suivi des associés à la procédure de sélection ? - Suivi des effectifs et des niveaux
mouvements du personnel - Le fichier du personnel est-il régulièrement tenu à mensuels de charges du personnel
jour, en fonction des embauches, départs en congés, difficile à assurer ?
démissions licenciements et des admissions à la
retraite ?
- Les éléments de rémunération sont-ils fixés en - Risque de versement de
conformité avec les dispositions légales, rémunérations indues au personnel
réglementaires et contractuelles ?
- Les éléments de la paie sont-ils établis sur la base - Risque de fraudes par l’établissement
de documents de paie approuvés par les de rémunérations pour des employés
responsables concernés ? fictifs ou par « gonflement » des
salaires des agents en activité.
- Le contrôle de la paie est-il assuré par des - Risque de règlement de montants
responsables distincts de ceux qui ont préparé les indus aux employés.
éléments de la paie ?
Ce contrôle est-il exercé par rapprochement avec les
éléments contenus dans le fichier du personnel ?
- S’assure-t-on que toutes les retenues légales et les - Risque de non récupération d’avance
retenues au titre de remboursement des avances et ou de prêts accordés aux agents.
prêts au personnel sont systématiquement Risque d’amendes et de pénalités pour
déduites ? défaut de retenues et de reversement
à l’Etat des impôts sur les salaires.
Préparation des éléments - Les règlements de salaires sont-ils effectués par des - Risque de détournement
de la paie, approbation et personnes distinctes de celles qui ont établis et
contrôle de la paie, approuvé les éléments de la paie ?
règlement des salaires S’assure-t-on du règlement des salaires aux seuls - Risque de règlements de salaires à
membres effectivement employés par l’entreprise ? des tiers non employés par la société.
Comptabilisation de la paie - La paie est-elle comptabilisée, des approbations des - Risque, en cas de non comptabilisation
et des charges sociales, éléments de salaire et uniquement sur la base de immédiate, d’omission et/ou d’erreur
suivi des montants ces éléments de salaires ? ou bien de comptabilisation à une
mensuels de charges de période non idoine.
personnel - Les montants mensuels de charges du personnel - Risque de fraudes non détectées
sont-ils comparés aux montants des périodes dissimulées dans les charges de
précédentes et appréciés par rapport aux effectifs personnel (règlements de salaires
employés ? indus, dissimulation de détournements
Les variations significatives décelées sont-elles de fonds dans les comptes de charges
régulièrement investiguées et expliquées ? de personnel,…).
Estimation et - Les congés payés, les droits à la retraite acquis par Inexactitude de la situation financière
comptabilisation des le personnel et les gratifications et primes diverses et des résultats présentés à la fin de
provisions de fin d’année dues au personnel sont-ils estimés et comptabilisés l’exercice (non-respect des principes
liées au personnel à la fin de l’exercice au cours duquel ils sont nés ? comptables de prudence et de
spécialisation des exercices).

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


42

IX. CYCLE DE LA TRESORERIE

9.1. OPÉRATIONS DU CYCLE


Les opérations concernées par ce cycle d’activités sont celle relatives aux mouvements (flux) de trésorerie :
encaissements en espèces par chèques et virements bancaires ou postaux ;
paiements en espèces, par chèques et virements bancaires ou postaux ;
produits et frais financiers attachés à ces opérations.

9.2. COMPTES RETRAÇANT LES OPÉRATIONS

9.2.1. Comptes de bilan

N° de comptes Intitulés
51 Valeurs à encaisser
52 Banque
53 Etablissements financiers et assimilés
54 Instruments de trésorerie
56 Banques, crédit de trésorerie et d’escompte
57 Caisse
58 Régies d’avances, accréditif et virements internes
59 Dépréciation et risques provisionnés (trésorerie)

9.2.2. Comptes de charges et de produits

N° de comptes Intitulés
6741 Intérêts avances reçues et dépôts créditeurs
6742 Intérêts comptes courants bloqués
6745 Intérêts bancaires et sur opérations de trésorerie et d’escompte
675 Escomptes des effets de commerce
676 Pertes de change
6784 Pertes sur risques financiers sur instruments de trésorerie
679 Charges provisionnées financières
772 Revenus de participations
776 Gains de change
779 Reprises de charges provisionnées financières

9.3. PROCÉDURES OPÉRATIONNELLES


En matière de trésorerie, les procédures de contrôle interne en place doivent permettre une maîtrise des finances
de l’entreprise pour une utilisation optimale des ressources disponibles. Pour cela, les procédures en place
doivent permettre de :
En matière de trésorerie encaissement :
 Identifier les encaissements clients : chèque et /ou espèces ;
 Identifier les factures payées pour pouvoir les acquitter correctement ;
 Prévenir et anticiper les malversations en instituant des chèques barrés « au nom de l’entreprise, non
endossable » ;
 Mettre en place des supports fiables permettant aux agents de recouvrement de faire un compte rendu fidèle
des recouvrements en espèces de la journée ;
FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015
43

 Prévenir et éviter les doubles règlements aux fournisseurs ;


 Séparation des fonctions incompatibles.
 Particularités des régies d’avance et d’accréditifs.

9.4. SYNTHÈSES DES TRAVAUX DE CONTRÔLE À EFFECTUER

Fonctions Contrôle Risques encourus si le contrôle


interne est insuffisant

Etablissement des - Le budget de trésorerie est-il établi sur la base des - Mauvaise maîtrise de la trésorerie,
prévisions de trésorerie données prévisionnelles des autres budgets : appréhension tardive des « impasses »
achats, ventes, investissements, productions,… ? de trésorerie
Est-il établi préalablement au démarrage de
l’exercice concerné ?
Est-il périodiquement revu et réajusté en fonction
des réalisations ?
Encaissements, - Les encaissements et les décaissements sont-ils - Risque de détournements
décaissements autorisés par des responsables désignés à d’encaissements ou de détournements
l’avance ? par création de dépenses fictives.
A-t-on assuré une spécialisation des caisses en : Difficulté d’assurer un contrôle correct
caisses-recettes et en caisses-dépenses ? des caisses.
- Les encaissements et les décaissements sont-ils - Difficulté d’exercer un contrôle des
constatés par des pièces de caisse pré numérotées pièces de caisse.
en séquence ?
- A-t-on fixé des montants minimaux et maximaux - Risque de détournement des
d’encaisses à détenir par les caissiers ? encaisses significatives détenues par
le caissier.
- Existe-il des recommandations précises interdisant - Existence d bons de caisse non
ou réglementant la procédure des bons de caisse ? régularisés, correspondant à des prêts
déguisés.

- A-t-on assuré une séparation stricte entre les - Risque de détournement des
fonctions de caissier et celles de tenue des comptes encaissements clients et de
des clients et débiteurs ? falsification des comptes des clients
concernés.
Contrôle des avoirs en - Des contrôles de caisse sont-ils systématiquement - Risque de détournements de caisse
caisse et en banque effectués en cours d’année ? non détectés.
Les contrôleurs sont-ils indépendants des Risque de collusion entre les
responsables des caisses ? responsables des caisses et les
Ce contrôle est-il effectué à l’aide des documents contrôleurs.
comptables (et non des documents du caissier) ?
- Les états de rapprochement bancaires sont-ils - Risque de détournements d’avoirs en
périodiquement établis ? Sont-ils dressés par des banque et de falsification des états de
personnes distinctes de celles qui tiennent rapprochement bancaires.
habituellement les journaux de banque et qui
conservent les chéquiers ?
- Ces états de rapprochement sont-ils revus - Risque de maintien dans les états de
systématiquement par un responsable comptable et rapprochement bancaires de montants
financier ou financier ? Les montants en suspens significatifs en suspens, au détriment
sont-ils régulièrement investigués et régularisés ? de la trésorerie de l’entreprise.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


44

Fonctions Contrôle Risques encourus si le contrôle


interne est insuffisant

Comptabilisation des - Les opérations relatives aux caisses et aux banques - Inexactitude, à un moment donné, des
opérations de caisse de sont-elles enregistrées dans des délais soldes comptables des comptes des
caisse et de banque raisonnables ? caisses et de banques, empêchant de
analyse et justification des ce fait, l’exercice d’un contrôle correct.
comptes de virements de - Les comptes constatant les transferts de fonds entre - Risque de détournement de montants
fonds 2 ou plusieurs comptes de trésorerie (comptes de retirés de la caisse ou de la banque
virements de fonds) sont-ils régulièrement analysés pour alimenter théoriquement d’autres
et justifiés ? Le sont-ils par des personnes distinctes comptes de trésorerie.
de celle qui autorisent les paiements et/ou retrait de Risque de falsification des justifications
fonds ? des comptes de virements de fonds
- par les auteurs du détournement ?

X. CYCLE DES OPERATIONS FINANCIERES

10.1. OPÉRATIONS DU CYCLE


Le cycle d’activités regroupe les opérations suivantes :

opérations de prêts et d’emprunts ;

opérations sur les valeurs mobilières (titres de participation et de placement).

10.2. COMPTES RETRAÇANT LES OPÉRATIONS

10.2.1. Comptes de bilan

N° de comptes Intitulés
16 Emprunts et dettes assimilés
17 Dettes de crédit-bail et contrat assimilés
18 Dettes liées à des participations et compte de liaison des établissements et société
en participation
19 Provisions financières pour risques et charges
26 Titre de participation
271 Prêts et créances non commerciales
273 Créances sur l’Etat
274 Titres immobilisés
275 Dépôts et cautionnements versés
277 Créances rattachées à des participations
278 Immobilisations financières diverses
296 Provision pour dépréciation des titres de participation
297 Provision pour dépréciation des autres immobilisations
50 Titre de placement
590 Dépréciation des titres de placement

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


45

10.2.2. Comptes de charges et de produits

N° de comptes Intitulés
6316 Frais d’émission d’emprunts
671 Intérêts des emprunts
672 Intérêts dans les loyers de crédit-bail et contrats assimilés
677 Pertes sur cessions de titres de placement
679 Charges provisionnées financières
6972 Dotation aux provisions pour dépréciation des immobilisations financières
771 Intérêts des prêts
772 Revenus de participations
774 Revenus de titres de placement
777 Gains sur cessions de titres de placement

10.3. SYNTHÈSES DES TRAVAUX DE CONTRÔLE À EFFECTUER

Fonctions Contrôle

Comptabilisation des déblocages de Les procédures comptables mises en place doivent donner l’assurance :
prêts - que seuls les prêts autorisés sont comptabilisés ;
- que tous les prêts autorisés sont comptabilisés ;
- que l’enregistrement comptable des déblocages est effectué rapidement et
dans les comptes appropriés de débiteurs.

Suivi comptable des comptes de prêts Les procédures appliquées par la société doivent donner l’assurance d’un
suivi régulier des comptes individuels de prêts, par des analyses, des
justifications de soldes et des recoupements avec des données
extracomptables.
Détermination et enregistrement des Les procédures comptables doivent permettre de garantir :
produits de prêts - une correcte détermination des produits attachés aux prêts ;
- un enregistrement rapide, exhaustif et à bonne date de ces produits.
Evaluation des prêts Les procédures appliquées par la société doivent donner l’assurance ;
- d’une évaluation correcte en fin d’année des prêts ;
- le cas échéant, de la détermination et de la constatation systématique des
pertes probables ou des incertitudes de récupération attachées aux prêts.
Comptabilisation des déblocages et des Les procédures mises en place par la société doivent donner l’assurance
remboursements d’emprunts que :
- les déblocages d’emprunts reçus sont comptabilisés rapidement et
correctement dans les comptes appropriés ;
- les remboursements d’emprunts sont systématique enregistrés et qu’il ne
saurait y avoir de remboursements non comptabilisés.
Suivi des comptes d’emprunts Les procédures appliquées par la société doivent garantir un suivi efficace
des emprunts permettant de connaître à tout moment :
- l’encours global et par bailleur de fonds, de l’endettement ;
- les échéances à moins d’un an des emprunts ;
- la décomposition précise du solde de chaque emprunt (déblocage-
remboursement).
Calcul et comptabilisation des charges Les procédures mises en place doivent donner l’assurance d’un calcul
d’emprunt correct et d’une prise en compte exhaustive des charges (intérêts et
commissions) emprunts, même non échus.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


46

TROISIEME PARTIE : APERÇU SUR LA CARTOGRAPHIE DES RISQUES

I. NOTION DE RISQUES

Les risques sont inhérents à la vie de toute entreprise. Pour se prémunir ou parer aux situations dangereuses, il est
nécessaire de les identifier, les évaluer, les hiérarchiser, les surveiller et les maîtriser.
Il est donc nécessaire de caractériser les risques pour en donner une mesure, quelle soit directe ou indirecte.
Cette caractérisation, souvent appelée “cartographie”, se fait à travers :
Un processus porteur de ce risque ;
Un évènement déclencheur ;
Un impact mesurable, financièrement ou en terme d’image ;
Une fréquence de survenance ;
Un dispositif de maîtrise.

Ainsi, la a cartographie des risques est un outil très efficace de prévention et de maîtrise des risques.

1.1. DEFINITIONS

1.1.1. Premières définitions

Incertitude sur la valeur future d’une donnée actuelle.

Exemple :

Risque de change = Incertitude sur la valeur future du cours d’une devise sur l’avenir.

1.1.2. Définition de l’IIA et de l’IFACI

Risque = Possibilité que se produise un évènement susceptible d’avoir un impact sur la réalisation des
objectifs ;
Conséquence : Il n’y a de risque que par rapport à l’atteinte d’un objectif.

Le risque est une notion difficile à cerner mais de façon générale, on peut dire que c'est une contingence
indésirable, appréhendée, relativement anodine et peu probable.
Par appréhendée, on entend par là que le risque est connu au préalable. L'exposition au risque résulte donc
souvent d'une démarche consciente, appelée prise de risque. En ce sens le risque se distingue par exemple de
l'aléa ou de l'incident, qui surviennent en général de façon imprévue ;
Le risque est généralement anodin, mais tout de même suffisamment nuisible pour être indésirable. En ce sens il
se distingue notamment du danger, qui suppose la possibilité d'un dommage grave (notamment la mort). On dira
par exemple de quelqu'un qui sort tête nue par temps froid qu'il court le risque d'attraper un rhume, tandis qu'on
dira qu'il se met en danger s'il traverse une rue sans regarder.
Un risque est une contingence peu probable, ce qui constitue une autre différence par rapport au danger. On
parle en effet de danger lorsque la probabilité d'occurrence et les conséquences sont importantes, tandis que le
risque existe dès lors que sa probabilité d'occurrence n'est pas nulle. On dira à minima que le risque est faible.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


47

II. NOTION DE RISQUE D’AUDIT

Trois types de risques existent :


Le risque professionnel ;
Les risques d’audit ;
Le risque de non satisfaction du client.

2.1. LE RISQUE PROFESSIONNEL

Il est défini comme le simple fait d’associer son nom à celui d’un client. Ce risque existe même en l’absence de
faute de la part de l’Auditeur. Les facteurs aggravant ce risque sont :
 L’activité exercée
 La structure du capital
 La situation financière
 Les dirigeants notamment la direction générale.

2.2. LES RISQUES D’AUDIT

Les risques inhérents


Comme leur nom indique, ce sont des risques liés à l’activité exercée par l’entreprise. Exemples de risques
inhérents.
 Les impayés ;
 Le nombre élevé de transactions ;
 Le risque de vol, de soustraction d’espèces ;
 Les pratiques comptables et financières.

Les risques liés au système de contrôle interne


C’est le risque que les procédures de contrôle interne en place ne permettent pas de détecter.
 Systèmes nouveaux ;
 Volume excessif des transactions ;
 Réduction d’effectif (congé, maladies : organisation des tâches, cumul des fonctions incompatibles etc.) ;
 Supervision insuffisante.
Les risques liés au système automatisé
Les risques sont de plus en plus informatiques.
Ils sont liés au département informatique et aux applications
Risques liés au département informatique :
 Organisations et procédures informatiques non adéquates : réseaux surtout ;
 Possibilité de modification non autorisée des programmes : exemple, modification de textes, création de
nouveaux comptes ;
 Accès non autorisé aux fichiers et programmes.
Risques liés aux applications informatiques :
 Accès non autorisé aux traitements des programmes : mots de passe, partage de fichiers ;

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


48

 Données entrées / sorties inexactes, incomplètes ou reprises plusieurs fois ;


 Saisie de données incorrectes ou incomplètes traitées et éditées.

Le risque de non détection.


C’est le risque que l’Auditeur ne relève pas certaines anomalies importantes.
C’est le seul type de risque sur lequel l’Auditeur peut agir directement pour le réduire. Mais il est inévitable
puisque :
 L’examen se fait par sondage
 La technique de contrôle mise en œuvre peut être inappropriée
 Le degré de certitude absolue n’existe pas.
 On n’examine que ce qu’on nous donne.
 Etc.

2.3. LE RISQUE DE NON SATISFACTION DU CLIENT

C’est le risque que le client ne soit pas satisfait par le rapport ou plus précisément par les résultats de l'audit.
Pour le réduire, il faut bien comprendre les termes de référence, éclaircir les zones d’ombre.
« Neuf dixièmes des malentendus proviennent de l’ignorance de qui est important pour l’autre ».

En résumé, l’approche par les risques consiste à concentrer l’effort au moment de la planification de la
mission sur l’appréciation des risques d’audit en vue de bien choisir la procédure de contrôle adéquate.
Elle permet donc de sélectionner les procédures les mieux appropriées : procédures de test fonctionnel ou
test de validation. Dans quel cas appliquer une procédure fonctionnelle ou une procédure de validation ?

2.4. OBJECTIF DE LA CARTOGRAPHIE

La cartographie met en évidence les processus à risques élevés et c’est sur cette base que peut être établi le

planning des futures missions d’audit, planning proposé au Comité d’audit.

Au-delà, la cartographie des risques doit être vue comme un outil de gestion pour les responsables puisqu’elle met

en évidence les zones à risques. Par ailleurs c’est un outil qui s’inscrit dans une démarche qualité pour l’ensemble

des entreprises.

Une cartographie des risques permet au comité d’audit d’apprécier les risques identifiés par la direction.

La cartographie est un exercice plutôt complexe visant à relier à chaque niveau opérationnel et décisionnel, pour

chaque entité et chaque processus clé :

- Une série de risques identifiés


- Leurs causes
- Leurs impacts
- Les leviers d’actions possibles
- Les retours d’expérience sur les sinistres antérieurs.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


49

2.5. NOMENCLATURE DES RISQUES

Plusieurs classifications possibles :

• Selon leur cause (hommes, organisation, économie, environnement, …)

• Selon leur origine (interne, externe)

• Selon leur impact (financier, juridique, image, …).

Nous pouvons citer entre autre :

 Risques sociaux,
 Risques financiers,
 Risques informatiques,
 Risques technologiques,
 Risques de transports,
 Risques commerciaux,
 Risques juridiques,
 Risques politiques,
 Détournement de fonds,
 Gestion de trésorerie déficiente,
 Paiement non sécurisés.

2.6. GESTION DES RISQUES

Le management des risques est un processus mis en œuvre par le Conseil d’Administration, la direction générale,

le management et l’ensemble des collaborateurs de l’organisation.

Il est pris en compte dans l’élaboration de la stratégie ainsi que dans toutes les activités de l’organisation.

Il est conçu pour identifier les événements potentiels susceptibles d’affecter l’organisation et pour gérer les risques

dans les limites de son appétence pour le risque. Il vise à fournir une assurance raisonnable quant à l’atteinte des

objectifs de l’organisation.

2.6.1. Définitions

Processus : continu et transversal à l’organisation. Ce qui implique : un propriétaire, des responsables, un cycle

Elaboration de la stratégie : anticiper plutôt que réagir.

Toutes les activités de l’entreprise : implique des changements dans l’organisation et le comportement

des gens.

Appétence pour le risque : définir ce qui acceptable et ce qui ne l’est pas, préalable à l’élaboration de la

stratégie.

Atteinte des objectifs de l’organisation : comprendre les objectifs permet de comprendre les risques que

l’entreprise choisit de prendre et ceux qu’elle décide d’éviter.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


50

2.6.2. Les étapes de la démarche : le cercle vertueux

2.6.3. L’organisation de la gestion des risques

Les risques doivent faire l’objet d’une appréciation de l’impact (gravité) et de la vulnérabilité estimée (fréquence).

Le risque intrinsèque est le risque maximum possible.

Les risques doivent être classés selon une échelle à 3 positions : Risque faible ; Risque moyen ; Risque

élevé.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


51

2.6.4. Une approche de mise en œuvre

Développer un Identifier et prioriser


Définir l’approche projet
Phase I langage commun les risques

Adopter un Evaluer l’état actuel


Phase II Développer
cadre commun et la cible
un plan projet détaillé
Phase III Mettre en place une Améliorer et intégrer
Construire l’infrastructure
structure de supervision les capacités

III. NOTION DE PROCESSUS

3.1. ETAPES DE LA DEMARCHE

Il faut :

Comprendre ce que l’entreprise doit faire ("la prise de connaissance") ;

Comprendre comment elle le fait ("l’analyse des traitements").

3.2. ANALYSE DU SYSTEME DE TRAITEMENT

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


52

3.1.1. Etape 1 : Savoir ce que l’entreprise doit faire (et non savoir comment elle le fait)

Cette étape consiste à répondre aux questions :

• Quelles sont les opérations que l’entreprise (l’entité) doit traiter et les informations qu'elle doit produire ?

• Quelles sont les règles à respecter pour traiter ces opérations ?

• Quels sont les risques induits par ces opérations ?

• Quelles sont les contraintes de production et de présentation des informations ?

Les différentes phases de la prise de connaissance :

 Connaître l'activité du domaine


 Les éléments d'influence de l'activité
 Identifier les risques généraux
 Apprécier l'environnement du contrôle interne
 Comprendre les principes du système de traitement de l'information
 Identifier les domaines significatifs
 Les types de données à analyser et comment ?
 Conclusion sur la phase de prise de connaissance.

3.2. METHODOLOGIE D’IDENTIFICATION DES RISQUES

Un risque peut s’analyser en fonction de ses causes ou de ses conséquences.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


53

3.2.1. Les risques, les facteurs de risques et les impacts

Les formes de risque opérationnel

Fraude interne

Pertes dues à des fraudes ayant eu pour objet de détourner des biens ou de contourner des règlements, la loi ou

le règlement intérieur (sauf cas de non respect des principes de discrimination), qui impliquent au moins une

personne de l’entreprise.

Fraude externe

Pertes dues à des fraudes ayant eu pour objet de détourner des biens ou de contourner la loi, qui impliquent une
personne externe à l’entreprise.
Pratiques salariales et sécurité du lieu de travail

Pertes résultant d’actes contraires au droit du travail, à l’hygiène, à la santé, à la sécurité des salariés,
d’indemnités versées pour accident du travail, ou d’actes de discrimination.
Clients, produits, et pratiques commerciales

Pertes résultant de l’incapacité à remplir ses obligations professionnelles à l’encontre de certains clients, ou pertes
résultant de la nature d’un produit ou de sa conception inadaptée

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


54

Dommages aux actifs corporels

Pertes nées de dommages causés aux actifs corporels par des catastrophes naturelles ou d’autres évènements.

Interruptions d’activité et pannes du système

Pertes nées d’interruption d’activité ou de pannes du système.

Exécution, livraison et procédures

Pertes résultant de la défaillance dans l’exécution des transactions, dans la gestion des process, dans les relations

avec les partenaires commerciaux

3.3. ELABORATION DE LA CARTOGRAPHIE DES ACTIVITES ET PROCESSUS

 Comprendre comment fonctionne le système de traitement de l’information.

 Recherche des informations :

 Vérifier l’exhaustivité de la procédure décrite ;

 Composer et illustrer le dossier ;

 Confirmation ;

 Description du processus.

3.3.1. Démarche à suivre

 Définir les objectifs spécifiques à atteindre pour chaque activité

 Rechercher les contrôles mis en place par la banque

 Confirmer l’existence des contrôles

 Réaliser une grille de séparation de tâches

 Analyser l’efficacité des contrôles

 Evaluer le risque lié aux contrôles inefficaces

 Rechercher des solutions palliatives.

3.3.2. Les mécanismes généraux de contrôle

Eléments de l’organisation générale de l’entreprise qui contribuent à assurer un bon fonctionnement des contrôles

au niveau des opérations quotidiennes. Ils s’analysent au travers:

- Des organigrammes,
- Des définitions de fonctions,
- De la séparation des fonctions,
- Des règles de délégations,

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


55

- Des dispositifs de limites,


- Des manuels de procédures comptables, administratives et leur mises à jour régulières,
- Du plan comptable,
- Du contrôle budgétaire,
- Du service d’audit interne,
- De la sélection du personnel,
- Des règles de déontologie professionnelle…

3.4. L’OUTIL DE CARTOGRAPHIE DES RISQUES

• Quelle cartographie pour quels objectifs ?


• L’approche générale d’élaboration de la cartographie
• Comment mener une cartographie des risques ?
• Composantes de la cartographie des risques
• Modélisation par processus d’entreprise
• Contribution à l’atteinte des objectifs stratégiques
• Identification et évaluation : meilleures pratiques et pièges à éviter
• Construire un plan d’audit à partir de la cartographie des risques
• Rôles et responsabilités en matière de management de la maîtrise des risques.

3.4.1. Quelle cartographie pour quels objectifs ?

La cartographie (ou « mapping ») est une composante essentielle du processus de gestion des risques.

Elle permet :

- De recenser et classer les risques de la manière la plus exhaustive possible

- D’identifier les risques critiques (impact moyen ou fort et niveau de maîtrise faible) pour la mise en place

de plans d’action de maîtrise et de suivi

- De décrire le plus précisément possible les risques majeurs auxquels la banque est confrontée

- D’intégrer l’analyse approfondie des processus et de capitaliser l’expertise opérationnelle

- D’adapter les actions de réduction des risques les plus efficaces (prévention et protection)

- D’initier une démarche de quantification des besoins de financement après actions de réduction des

risques

- D’utiliser un dispositif participatif d’échanges sur les risques, à des niveaux décisionnels différents

- D’accompagner chaque décideur (au niveau groupe, par métier, par entité, par établissement, …) dans

l’évaluation et la réduction de ses vulnérabilités majeures

L’analyse porte avant tout sur les risques qui pourraient empêcher l’entreprise d’atteindre ses objectifs

fondamentaux.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


56

Les enjeux :

- Identifier les zones de risque par une approche globale puis détaillée des activités de la banque et des

types de risques susceptibles de la toucher

- Constituer la base de données des pertes, avec des collectes manuelles puis automatisées de données

internes complétée ensuite de données externes

3.4.2. Comment mener une cartographie des risques ?

Quatre actions clé :

a. Fixer le périmètre et la méthode

Identification, évaluation, modélisation, réduction, etc.

b. « Vendre » le projet et la méthode

Associer la Direction, une structure de projet dédiée, les principaux directeurs d’activité, les fonctions support

incontournables (informatique, logistique, …).

c. Coordonner, hiérarchiser et consolider l’ensemble des cartographies réalisées, pour dégager le profil

global de risque de la banque

d. S’appuyer sur les retours d’expérience les plus larges possibles pour enrichir l’approche et valider les

évaluations réalisées

3.4.3. L’approche générale

Une démarche générale articulée en 3 phases

Objectif : sensibiliser et faire partager l’appréciation des risques par les opérationnels

Phase 1 : Bâtir le cadre de référence

Phase 2 : Construire la cartographie

Phase 3 : Renforcer la culture risque et les saines pratiques.

Phase 1 : Bâtir le cadre de référence

- Analyser la documentation disponible en interne

- Réaliser une conférence de lancement présentant la gestion des risques, la méthode retenue pour

élaborer la cartographie des risques, les référentiels et les jalons de la démarche (« remue-méninges »)

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


57

- Organiser des entretiens et des panels (panel : groupe de personnes interrogées régulièrement sur leurs

opinions ou leurs attitudes). Les personnes peuvent participer aux enquêtes par courrier, téléphone ou,

de plus en plus souvent, via un site web conçu à cet effet destinés :

- à recenser auprès des sachants, des experts internes, les risques tels qu’ils sont perçus sur le

terrain

- et à apprécier le niveau des procédures existantes.

Penser à tous les paramètres :

- S’informer

- Inventer

Etablir un socle / S’appuyer sur des fondations :

- Evaluer

- Décider

Organiser la discussion autour de principes structurants :

- Douter

- Analyser

- Synthétiser

- Démultiplier.

Phase 2 : Construire la cartographie des risques

• Coter les quelques dizaines de risques sélectionnés (approche globale du haut vers le bas)

• Valider en parallèle le diagnostic opérationnel réalisé au cours des entretiens et portant sur le respect des

procédures existantes, mais aussi sur l’adéquation des moyens (humains, techniques, …)

• Démultiplier la cartographie détaillée, par métier et par type de risque, sur la base des process de la

banque (approche détaillée du bas vers le haut).

Phase 3 : Renforcer la culture risque et les saines pratiques

• Tirer les leçons du diagnostic organisationnel (procédures, moyens, processus, …) et envisager les

solutions les plus efficaces d’amélioration

• Formaliser les dispositifs décidés, les suivre et les ajuster de manière itérative

• Former et communiquer sur la gestion des risques de l’entreprise.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


58

a) Bien cerner l’ensemble des facteurs de risques de la banque

• Risques particuliers liés à l’activité (dépendance à l’égard des tiers, des concurrents, …)

• Risques financiers

• Risques juridiques

• Risques liés à l’environnement.

b) Apprécier l’adéquation des démarches de réduction des risques

• Dispositifs de protection et de prévention

• Contrats de prestation de service (entreprises de gardiennage, d’équipement de sécurité, courtiers,

apporteurs d’affaires, notaires, huissiers, avocats, …)

• Plans de continuité d’activité et de gestion de crise.

c) Adapter les dispositifs de financement des risques

• Programmes d’assurances des biens et personnes, responsabilité civile, tout risques informatiques, …

• Clauses contractuelles de limitation de responsabilité, de renonciation à recours, …

• Mettre les bons moyens au bon endroit.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


59

I. LA DEMARCHE DE L’AUDITEUR
Il n’est pas de vent favorable pour le marin qui ne sait où il va.»
« Le camp le mieux organisé l’emporte généralement »

Il faut d’abord fixer ou connaître les objectifs généraux de l’Audit avant de se pencher sur les étapes de
réalisation d’une mission d’audit

2.1. OBJECTIFS GÉNÉRAUX DE L’AUDIT

 EXHAUSTIVITE
Les états financiers contiennent-t-ils tout ce qu’ils devraient contenir ? Sont-ils complets par rapport au système
de présentation des états financiers adopté ?
Sont-ils complets par rapport au contenu des comptes ? Autrement dit toutes les factures sont – elles
comptabilisées sans omission ? N’y a-t-il d’omissions d’opérations importantes, par exemple des stocks en
dépôts chez des tiers ou des immobilisations louées à des tiers ?
L’exhaustivité peut être atteint par :
Pour les ventes, la numérotation ininterrompue des factures, des bordereaux de livraison ;
Pour les achats, la mise en place d’un Bureau d’Ordre dans l’entreprise et l’obligation que toutes les
factures passent par ce Bureau qui procédera à la numérotation continue des factures fournisseurs
reçues.
La numérotation continue des Bons de commande est également un moyen d’assurer l’exhaustivité des
factures des fournisseurs.

 EXISTENCE
Est-ce que tous les chiffres inscrits dans les états financiers correspondent à des biens et des dettes réels ? A
des opérations réelles de charges et de produits. N’y a-t-il pas des immobilisations fictives, c’est-à-dire mises
en ferrailles mais dont la sortie n’est pas encore constatée dans les livres comptables?
Des stocks périmés non provisionnés ?
Des créances ou des dettes déjà payées, donc éteintes? N’y a-t-il pas des charges fictives ou des produits non
encore acquis au compte de résultat ?

 DROITS ET OBLIGATIONS
Tous les éléments d’actif appartiennent-ils à la société ? Sont-ils sa propriété incontestée ? N’y a-t-il pas des
biens appartenant à des tiers mais utilisés par l’entreprise ?
Toutes les dettes sont vraiment ses obligations, de sa responsabilité à les rembourser ?
 EVALUATION ET PRESENTATION
Les éléments d’actif et de passif (droits et obligations) sont-ils correctement évalués ? Par exemple la valeur
d’origine des immobilisations est-elle correcte ? Les immobilisations sont-elles correctement amorties de
manière à ce que la VCN soit correcte ? Les stocks sont-ils correctement évalués et provisionnés au besoin ?
Les créances et dettes surtout celles en monnaies étrangères sont – elles correctement actualisées ?
Les éléments d’actif et de passif, de charges et de produits sont – ils correctement présentés dans les états
financiers ? Le système de présentation choisi est – il conforme à la loi, c’est – à – dire le droit comptable ?
FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015
60

2.2. ÉTAPES DE RÉALISATION


Trois étapes sont à distinguer : Planification de la mission, Exécution de la mission, Finalisation et rapport de
mission.

2.2.1. Planification de la mission


 La Documentation : générale et spécifique.
 Le plan stratégique : Grandes lignes de l’intervention (phase intérimaire, assistance aux inventaires, contrôle
des comptes)
 Le plan détaillé : Programmes de travail

Cette phase qui ouvre la mission d’audit, exige des auditeurs une capacité importante de lecture, d’attention et
d’apprentissage. En dehors de toute routine, elle sollicite l’aptitude à apprendre et à comprendre, elle exige
également une bonne connaissance de l’entreprise car il faut savoir où trouver la bonne information et à qui la
demander. C’est au cours de cette phase que l’auditeur doit faire preuve de qualités de synthèse et d’imagination.
Elle peut se définir comme la période au cours de laquelle vont être réalisés tous les travaux préparatoires avant
de passer à l’action. C’est tout à la fois le défrichage, les labours et les semailles de la mission d’audit.

2.2.2. Exécution de la mission


L’IFACI prévoit quatre (4) temps dans l’exécution d’une mission d’audit : Prise de Connaissance générale,
Evaluation du contrôle interne, Contrôle des comptes, Contrôle de la réglementation.
Cette phase fait beaucoup plus appel aux capacités d’observation, de dialogue et de communication. Se faire
accepter est le premier impératif de l’auditeur, se faire désirer est le critère d’une intégration réussie. C’est à ce
stade que l’on fait le plus appel aux capacités d’analyse et au sens de la déduction. C’est, en effet, à ce moment
que l’auditeur va procéder aux observations et constats qui vont lui permettre d’élaborer la thérapeutique.
Poursuivant notre image bucolique, nous pouvons dire que se réalise alors la moisson de la mission d’audit.

A. Prise de Connaissance générale


En premier lieu, l’auditeur prend contact avec la structure auditée. A cette occasion il collecte certaines
informations qu’il consigne dans un dossier appelé « le Dossier Permanent ».
Ces informations sont :
1. Informations générales sur l’entreprise
2. Informations juridiques et fiscales
3. Informations juridiques contractuelles
4. Organisation de l’entreprise : organigrammes général et divisionnaire, fiches de fonction, manuel de
procédures
5. Informations comptables et financières
6. Informations sur le système comptable
7. Informations sur le système budgétaire et les outils de gestion.
8. Paramètres d’appréciation de la gestion.
Le dossier permanent est continuellement mis à jour surtout dans le cadre des mandats de commissariat
aux comptes.
FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015
61

B. Evaluation du Système de contrôle interne


En deuxième lieu, il procède à l’évaluation du système de contrôle interne. Deux situations sont à distinguer : les
entreprises dotées de manuel de procédures et celles ne disposant pas de manuel.
 L’entreprise a un manuel des procédures
Les procédures de gestion des approvisionnements, des immobilisations, des ventes, du personnel, etc. sont
consignées dans un manuel. Ce manuel doit être le plus actuel possible et en application. L’évaluation du
contrôle interne suit les étapes ci – après :
1) Réclamer le manuel des procédures, l’exploiter c’est à dire le lire attentivement et identifier les points de
contrôle prévus.
2) Identifier les points de contrôle que le manuel n’a pas prévu : faiblesses de conception.
3) Tester sur un échantillon représentatif d’opérations, l’application effective des points forts : recenser les
cas d’inobservation.
4) Faire la synthèse de l’évaluation du contrôle interne dans un tableau faisant ressortir :
 Anomalie : désignation (ex : vente sans facture) ;
 Description de l’anomalie ;
 Effet chiffré si possible des anomalies ;
 Effet sur la gestion si possible ;
 Effet sur la régularité et la fiabilité des comptes ;
 Recommandations tendant à les supprimer.

Au terme de cette évaluation, l’Auditeur peut réviser ses programmes de travail établis lors de la
planification.

C. L’entreprise n’a pas de manuel


Bien que l’article 16 des droits comptables SYSCOA et OHADA a rendu obligatoire le manuel des procédures,
certaines entreprises peuvent ne pas en avoir. C’est dire dans ce cas que les procédures ne sont pas écrites et
reposent sur la mémoire collective.
L’auditeur doit dans ce cas décrire les procédures usitées par entretien avec les responsables des principales
fonctions de l’entreprise. Les techniques de description utilisées sont :
 La narration à l’aide d’un flow – chart
 L’utilisation d’un questionnaire de contrôle interne
 Le mixage des deux techniques
Quelle que soit la technique utilisée, l’Auditeur doit s’assurer qu’il a bien compris les procédures ainsi
recueillies. Il pourrait faire des tests de compréhension, des tests de permanence. C’est après qu’il
identifiera :
 Des points de contrôle non prévus par les procédures décrites : faiblesses de conception
 Des points de contrôle prévus, tester leur application en permanence et faire ressortir les cas
d’inobservation. Ce sont les faiblesses d’application.

D. Contrôle des comptes et de la réglementation


C’est la dernière phase. Il s’agit de valider les chiffres inscrits dans les états financiers. Voir chapitre 3.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


62

II. LA VALIDATION OU CONTROLE DES COMPTES


C’est l’étape finale qui aboutit à l’expression de l’opinion de l’Auditeur sur les états financiers de l’entreprise
contrôlée. Il s’agit de s’assurer que les informations, c’est-à-dire les chiffres inscrits dans les états financiers sont
fiables.

3.1. OBJECTIFS DES PROCÉDURES DE VALIDATION DES COMPTES


Lorsqu’elles portent sur le bilan les procédures d’audit visent à s’assurer :
 L’existence des actifs et des dettes
 La propriété des actifs et la responsabilité ou l’obligation de payer les dettes
 La validité des valeurs attribuées aux actifs et aux dettes
Lorsqu’elles portent sur les comptes de résultat, les procédures de validation visent à s’assurer :
 Les charges et les produits sont justifiés par des opérations économiques (réalité)
 Toute dépense et revenu engagé a été enregistré et bien classifié
 Les enregistrements des charges et des produits sont effectivement rattachés à la période comptable

3.2. L’ÉTENDUE DES TRAVAUX DE VALIDATION DES COMPTES


Certains facteurs jouent sur la détermination de l’étendue du contrôle des comptes. Il s’agit de :
 Le degré de confiance dans les procédures de contrôle interne
 L’importance de l’information (comptes) auditée par rapport à l’ensemble des états financiers
 La nature et la taille des articles composant le compte
 La possibilité de corréler les informations présentées dans le compte avec d’autres comptes déjà audités.

3.2.1. La confiance de l’auditeur dans le système de contrôle interne


Avant de décider de la nature, l’étendue et du timing des procédures de validation, l’Auditeur doit déterminer le
degré de confiance qu’il accorde au système de contrôle interne.
Ce degré doit être dégagé d’une étude approfondie des procédures et des tests suffisants leur actualité et
applicabilité.
Balance : Diligences à mettre en œuvre et fiabilité degré de confiance dans le contrôle interne :
Plus le contrôle interne est fiable, moins l’Auditeur a tendance à s’appesantir sur le contrôle des comptes
Plus le contrôle interne est défaillant, plus l’auditeur doit mettre en œuvre des procédures de validation adéquates
pour forger son opinion sur les états financiers
Cette balance ressort du tableau de correspondance entre faiblesses décelées et impacts sur les comptes

3.2.2. L’importance relative


L’étendue et parfois même la nature des procédures de validation est affectée par l’importance des montants à
examiner. Ainsi l’auditeur applique les techniques approfondies aux montants significatifs tandis qu’il suffit d’une
revue sommaire pour les montants jugés moins significatifs.
En dépit des efforts de normalisation, l’importance relative demeure un jugement professionnel de l’Auditeur.
Rappelons qu’un article ou un groupe d’articles doit être jugé significatif si la connaissance de son effet sur les
états financiers peut influencer les décisions des utilisateurs.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


63

Pour juger de ce caractère significatif, il faut prendre en compte :


1) La nature de l’article :
 L’élément intéresse ou non la situation nette comptable ou le résultat ? par exemple les impayés des
clients ou des montants non réclamés par les fournisseurs sont virés en perte ou profit, donc influence les
capitaux propres ou la situation nette
 Le caractère subjectif de l’élément : la détermination de l’article est une affaire de jugement ou
d’appréciation : amortissements, provisions,
 L’élément fait l’objet d’une législation ou d’une réglementation ou d’une disposition spéciale des statuts :
aspect fiscal à respecter quel que soit le montant, distribution de dividendes
2) La taille de l’article
 Par rapport à l’ensemble des états financiers : par exemple les stocks par rapport au total du bilan
 Par rapport au total du poste dont le compte fait partie : le montant dû par un seul client par rapport au
total du poste client au bilan, une facture de Fcfa 1 500 000 dans un solde de compte de 3 000 000 formé
de dix (10) factures

3.2.3. La nature et la taille des articles composant le compte


En déterminant l’étendue des procédures de validation, l’Auditeur doit considérer le risque qu’un compte soit mal
établi ou affecté par une irrégularité. Trois éléments sont à prendre en considération :
 La liquidité : les articles les plus liquides sont généralement les plus risqués : espèces, effets à recevoir,
chèque, titres de placement, etc.
 Le jugement : lorsque les informations relatées dans le compte ressortent d’un jugement d’appréciation,
l’étendue du contrôle doit être revue en conséquence. Cas de la valorisation des stocks et estimation de
la provision pour dépréciation.
 La taille des articles composant le compte : un compte peut être formé d’un grand nombre de factures de
faibles valeur, dans ces conditions la procédure d’audit la plus appropriée est la confiance dans le
contrôle interne. Par contre lorsqu’un compte est composé de peu d’articles de grande valeur, la
confiance dans le contrôle interne n’est pas la bonne procédure, c’est l’analyse et la justification du
compte ou la confirmation de solde paraît la technique la mieux appropriée

3.2.4. Corrélation avec d’autres comptes et informations


En déterminant l’étendue des contrôles à effectuer sur un compte quelconque, l’Auditeur doit prendre en
considération :
Les informations recueillies lors du contrôle d’autres comptes. Par exemple le compte d’emprunt et celui de
charges financières ;
Les autres informations recueillies lors du déroulement de l’audit.

3.3. TIMING DES PROCÉDURES DE VALIDATION


L’auditeur peut commencer le contrôle des états financiers avant même la date de clôture des comptes. Une telle
option permet de joindre les tests de permanence aux procédures de validation. Mais elle dépend de l’organisation
comptable de l’entreprise

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


64

3.4. LA NATURE DES PROCÉDURES D’AUDIT OU DE VALIDATION DES COMPTES


Pour vérifier que le solde d’un compte est réel, c’est – dire – fiable, l’Auditeur utilise diverses techniques ou
procédures d’audit.
On cite :
3.4.1. L’observation physique
Encore appelé « test de visu » ou inspection physique, cette procédure englobe l’examen des éléments physiques
représentés dans les états financiers.
Obligation légale à la charge de l’entreprise, elle est réalisée par celle – ci avec la participation de l’Auditeur qui
met ainsi en œuvre une diligence prévue par les normes internationales d’audit.
L’observation physique s’applique aux éléments corporels du patrimoine : caisse, Immobilisations, effets à payer,
effets à recevoir, titres de participation, titres de placement, chèques, garanties, etc.
L’Auditeur participe pour s’assurer que les équipes de comptage font sérieusement leur travail confirmant ainsi
l’existence des immobilisations

3.4.2. La demande de confirmation ou circularisation


Cette procédure consiste à vérifier une information ou un fait auprès d’une tierce personne. Elle est généralement
appliquée aux comptes du bilan. Pour la fiabilité de cette procédure, l’indépendance de la personne sollicitée est
capitale. Par exemple, est ce que les informations communiquées par une société apparentée à une autre société
du groupe sont-elles fiables ?
La norme IFACI N°8 « Preuves en audit » estime que même si l’indépendance de la personne sollicitée n’est pas
assurée, la confirmation demeure qu’à même une procédure utile que l’Auditeur doit être mise en œuvre.
Pour être valable la confirmation doit être :
 Etre claire et précise pour rendre la réponse facile,
 Comporter des informations correspondant globalement aux enregistrements comptables
 Les noms et adresses doivent être contrôlés par l’Auditeur
 Les demandes de confirmation doivent faire l’objet de suivi pour identifier celles qui n’arrivent pas à
destination et chercher les raisons
 Prévoir des relances au moins une fois si les réponses tardent à parvenir à l’Auditeur
 Toutes les réponses doivent être exploitées par l’Auditeur dans le cadre du contrôle des comptes.
La confirmation de solde s’applique généralement aux tiers suivants : clients, fournisseurs, avocats, notaires
(hypothèques et autre garanties), banques, assurances, dépositaires d’actifs telles que les consignations, les
administrateurs dans le cadre des conventions réglementées, etc.
La norme N°8 de l’IFACI prévoit deux types de confirmation : la confirmation peut être positive (fermée) ou
négative (ouverte).
Elle est positive ou fermée lorsqu’on transmet au tiers le solde de son compte dans l’entreprise et lui demander de
confirmer ce solde.
La confirmation est dite négative ou ouverte lorsqu’on demande au tiers de nous informer sur la position de son
compte dans les livres de l’entreprise sans lui donner le solde comptable.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


65

La confirmation positive est appliquée aux soldes débiteurs alors que la confirmation négative est appliquée aux
soldes créditeurs.

3.4.3. La réexécution
Plusieurs postes des états financiers sont le résultat de calculs ou d’estimations. Leur validation inclue la
vérification des calculs tant au niveau du détail qu’au niveau de la compilation.
Lorsque le jugement (l’estimation) est à la base des calculs, la validation doit porter d’abord sur l’appréciation de la
cohérence du raisonnement adopté (par exemple les statistiques antérieures sur les taux des périmés, des stocks
rossignols, etc) puis les calculs.
La réexécution s’applique aux éléments suivants: les dotations aux amortissements, les intérêts courus non
échus, les provisions, les charges à payer, la valeur des stocks, etc.

3.4.4. L’examen des preuves et des justificatifs


Les opérations formant le solde d’un compte doivent être justifiées par des pièces probantes. Dans la hiérarchie
des preuves, les pièces comptables sont :
 soit d’origine externe : factures fournisseurs, contrat d’emprunt bancaire, avis de débit, avis de crédits,
chèques reçus des clients, contrat de location, reçus de paiement des impôts, des charges sociales, etc.
 soit d’origine interne : factures clients, chèques émis au profit de fournisseur, reçus d’encaissement ou de
paiement, bulletins de paie, etc.
Les preuves externes sont supposées être plus probantes que les preuves internes. La priorité est donnée aux
preuves externes.

3.4.5. La réconciliation ou le rapprochement


Cette procédure consiste à rapprocher deux informations de sources différentes, ou à rapprocher une information
comptable à une information extra – comptable.
La validation va donc porter sur le rapprochement pour déterminer les ajustements nécessaires.
C’est le cas :
 Des rapprochements bancaires
 Des soldes des clients individuels au montant figurant sur leur « fiche client » tenue en suivi extra -
comptable
 Des acquisitions d’immobilisations à l’exécution du budget de l’exercice.

3.4.6. L’analyse des comptes


Cette technique se base sur une étude comparative et l’étude de l’ensemble des mouvements ayant affecté le
compte pour arriver au solde en fin d’exercice.
Elle est applicable à tous les comptes et se trouve à la base de la détermination et de la nature et de l’étendue des
tests de validation.
Pour un compte d’actif ou de charges : solde d’ouverture + mouvements au débit – mouvements du crédit = solde
en fin d’exercice.
Pour un compte de passif ou de produit : solde d’ouverture + mouvements au crédit = solde en fin d’exercice.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015


66

C’est une technique qui doit être mise en œuvre par l’Auditeur à tous les comptes. Elle lui permet de mesurer
l’ampleur des travaux sur le compte et de choisir d’autres procédures de validation appropriées.

3.4.7. L’examen analytique


C’est une technique qui permet à l’Auditeur de mieux choisir d’autres procédures adéquates. Elle consiste à :
 Suivre l’évolution du solde du compte dans le temps : par exemple le compte loyer a doublé par rapport
au solde de l’année précédente. Que s’est-il passé ?
 La comparaison des trois derniers bilans et l’évolution des principaux ratios est un indicateur sur la
vraisemblance des chiffres.
 Faire des contrôles indiciaires sur les stocks par exemple : stock initial + entrées – consommations
(sorties) = stock final. Ce recoupement effectué en quantité ou en valeur permet à l’Auditeur de valider la
vraisemblance du solde des comptes stocks.
 La comparaison de l’exécution budgétaire des charges et des produits au compte de résultat peut
renseigner sur la vraisemblance des charges et des produits.
 Le rapprochement des ventes comptabilisées aux statistiques commerciales tenues par le service
commercial.
 Le rapprochement des comptes d’emprunt et les charges financières liées, aux montants des
financements décidés par le conseil d’administration.

3.4.8. Les affirmations reçues de la Direction générale


Les informations utilisées par les administrateurs pour arrêter les comptes incluent forcément des faits ou
jugements qui ne seront pas eux-mêmes enregistrés dans les comptes et pour lesquels il n’est pas possible
d’obtenir une confirmation indépendante.
La norme N°8 IFACI exige des Auditeurs d’obtenir de la Direction Générale la confirmation qu’elle a joué
pleinement la transparence en ne faisant pas de retenue d’informations.
La confirmation de cette affirmation est faite par écrit dans une lettre que toutes les informations importantes et
pertinentes ont bien été portées à la connaissance de l’Auditeur.

3.4.9. Contrôle du respect de la réglementation


La réglementation est générale et spécifique par rapport au secteur.
 Vérifier la fréquence des réunions des organes de gestion ;
 Vérifier la tenue des assemblées de l’organe de délibération ;
 Vérifier le respect des dispositions statutaires ;
 Vérifier le respect des conditions de l’Agrément, le respect de la réglementation touchant le secteur ;
 Vérifier le respect de la Convention d’établissement ;
 Vérifier la tenue des livres comptables légaux : journal général coté et paraphé, livre d’inventaire coté et
paraphé ;
 Vérifier la tenue du registre de l’employeur.

FSEG/ Audit Interne & Procédures Janvier 2015