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Annales Mathématiques Africaines

Série 1, Volume 2 (2011) pp. 66-92

Système d'Equations d'un Modèle du Mouvement


de L'Air Impliquant la Transition de Phase
de l'Eau dans L'Atmosphère

Hisao FUJITA YASHIMA 1, Valentina CAMPANA 2


et Mohamed Zine AISSAOUI 3
Abstract
In this paper we propose an equation system describing the motion of the
atmospheric air, taking into account the possible phase transition of water
vapour. The unknown functions of this equation system are the velocity of
the air, the velocity of water drops, the temperature, the density of dried
air, the density of water vapour and the density of liquid water ; here the
velocity and the density of water are considered as function of position, time
and masse of a drop. We prove the existence and the uniqueness of the local
solution of a slightly modied equation system.

Résumé. Dans le présent travail on propose un système d'équations décri-


vant le mouvement de l'air atmosphérique, en tenant compte de l'éventuelle
transition de phase de la vapeur d'eau. Les fonctions inconnues de ce système
d'équations sont la vitesse de l'air, la vitesse de gouttelettes d'eau, la tem-
pérature, la densité d'air sec, la densité de vapeur d'eau et la densité d'eau
liquide ; ici la vitesse et la densité d'eau sont considérées comme fonction de la
position, du temps et de la masse d'une gouttelette. On démontre l'existence
et l'unicité de la solution d'un système d'équations légèrement modié.

Keywords : Equation of motion of the air, phase transition of water vapour,


local solution.

Mots-clés : Equation du mouvement de l'air, transition de phase de la vapeur


d'eau, solution locale.

Classication (MSC2000) : 35Q35, 76N15.

1. - Introduction.
Comme on le connaît bien, la transition de phase de l'eau dans l'atmosphère,
en faisant naître des nuages et en provoquant de la pluie et de la neige, joue un
rôle très important dans la physique de l'atmosphère et les phénomènes météorolo-
giques. L'étude mathématique d'un système d'équations qui décrit d'une manière
susamment complète les phénomènes atmosphériques impliquant la transition de

1. Département de Mathématiques, Université 08 mai 1945, 24000 Guelma, Algérie et Dipar-


timento di Matematica, Università di Torino, via Carlo Alberto, 10, 10123 Torino, Italie ; e-mail :
hisao.fujitayashima@unito.it, hisao.fujitayashima@univ-guelma.dz ; tél : 0039.011.670.2862 ; fax :
0039.011.670.2878.
2. Dipartimento di Matematica, Politecnico di Torino, Corso Duca degli Abruzzi, 24, 10129
Torino et Agenzia Regionale per la Protezione Ambientale Piemonte, via Pio VII, 9, 10135 Torino,
Italie ; e-mail : v.campana@arpa.piemonte.it ; tél : 0039.011.1968.0274 ; fax : 0039.011.1968.1341.
3. Département de Mathématiques, Université 08 mai 1945, 24000 Guelma, Algérie ; e-mail :
aissaouizine@yahoo.fr ; tél : 00213.66.27.28.546 ; fax : 00213.37.20.71.53.
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EQUATIONS DU MOUVEMENT DE L'AIR ET TRANSITION DE PHASE DE L'EAU 67

phase de l'eau est donc fort souhaitable. Il y a eu plusieurs tentatives de modé-


lisation mathématique des ces phénomènes (voir [ 12], [22], [7], [15] pour en citer
quelques-uns). Mais il nous semble que l'étude approfondie est loin d'être accomplie.
Le but de la présente note est de proposer, sur la base de la description physique
des phénomènes (voir [ 13], [14], [1], [2], [16], [11] etc.), un système d'équations qui
modèlise le mouvement de l'air y compris la condensation et l'évaporation de l'eau
et le mouvement des goutelettes et de montrer que ce système d'équations est bien
posé de sorte qu'il admet au moins localement une solution et une seule.
Il est souhaitable que l'on propose un système d'équations qui décrive la tran-
sition de phase entre tous les trois états  gazeux, liquide et solide  de l'eau dans
l'atmosphère. Mais la pression de vapeur saturée pour le solide est diérente de
celle pour le liquide. En outre la formation de glace dans l'air exige la présence
de noyaux de cristalisation, qui n'est souvent pas susante dans l'atmosphère. Ces
circonstances rendent assez compliquée la description de la transition de phase
concernant l'état solide (voir [ 13], [16]). Pour cette raison, en renvoyant aux études
futures la modélisation du cas général, dans le présent travail nous nous limitons
au cas où la température est partout supérieure à celle de fusion de sorte que l'état
solide de l'eau ne se présente pas.
Les quantités physiques que nous devons considérer sont la densité de l'air sec
%, la densité π de H2 O σ(m) de H2 O en l'état liquide
en l'état gazeux, la densité
contenue dans des gouttelettes de masse m,~v = (v1 , v2 , v3 ) de l'air, la
la vitesse
vitesse ~u(m) = (u1 (m), u2 (m), u3 (m)) des gouttelettes de masse m (dans la suite
nous écriverons simplement v et u(m) au lieu de ~ v et ~u(m)), la température T de
l'air et la pression p. Ici par l'air sec on entend la partie de l'air constituée par des
molécules diérentes de H2 O . Comme σ(m) est le rappoprt entre la masse d'eau
liquide contenue dans des goutelettes de masse m et le volume d'espace, le rapport
σ(m)
peut être interprété comme nombre (au sens statistique) de gouttelettes de
m
masse m se trouvant dans l'unité de volume.
On rappelle que dans les conditions usuelles de l'atmosphère le comportement
de l'air n'est pas beaucoup diérent de celui du gaz idéal, ce qui nous permet de
considérer la pression déterminée par l'équation

% π
(1.1) p = R0 ( + )T,
µa µh
où R0 , µa et µh sont respectivement la constante universelle des gaz, la masse
molaire moyenne de l'air et la masse molaire de l'eau.
Dans la dynamique de l'air impliquant la transition de phase de l'eau, la pression
de vapeur saturée et la chaleur latente de H2 O jouent le rôle essentiel. Leurs valeurs
dans les conditions normales de l'atmosphère sont expérimentalement bien établies
comme fonction de température (voir par exemple [ 13]) : la pression de vapeur
saturée relative à l'état liquide a approximativement les valeurs

7,63(T −273,15)
(1.2) p̄vs (T ) ≈ E0 · 10 T −31,25 , E0 = 6, 107 (mbar),
tandis que les valeurs approximatives de la chaleur latente de la transition de l'état
gazeux à l'état liquide sont données par

(1.3) Lgl (T ) ≈ (3244 − 2, 72 T )103 (J/kg).


68 HISAO FUJITA YASHIMA,VALENTINA CAMPANA ET MOHAMED ZINE AISSAOUI

2. - Equations de quantité de mouvement et du bilan d'énergie.


Désignons par Φ le géopotentiel, somme du potentiel gravitationnel et du po-
tentiel de la force centrifuge, et par η et ζ les coecients de viscosité d'écoulement et
volumique ; pour simplier l'exposition, nous supposons que η et ζ sont constants.
Pour la quantité de mouvement, suivant les principes donnés dans [ 10], et tenant
compte de (1.1), nous considérons l'équation

∂v  η
(2.1) + (v · ∇)v = η∆v + ζ + ∇(∇ · v)+
(% + π)
∂t 3
Z ∞
% π
−R0 ∇(( + )T ) − αl (m)σ(m)(v − u(m))dm − (% + π)∇Φ − 2(% + π)ω × v,
µa µh 0
où αl (m) représente l'eet de frottement avec les gouttelettes de masse m, tandis
que ω est la vitesse angulaire de la rotation de la Terre. Si on néglige la force de
Coriolis, (2.1) se réduit à

∂v  η
(2.1)bis (% + π)+ (v · ∇)v = η∆v + ζ + ∇(∇ · v)+
∂t 3
Z ∞
% π
−R0 ∇(( + )T ) − αl (m)σ(m)(v − u(m))dm − (% + π)∇Φ.
µa µh 0
Pour la quantité de mouvement des gouttelettes d'eau de masse m nous consi-
dérons l'équation

∂u(m) 
(2.2) σ(m) + (u(m) · ∇)u(m) =
∂t
∂2
= αl (m)σ(m)(v − u(m)) − σ(m)∇Φ − 2σ(m)ω × u + η̄0 ∆ui (m) + η̄1 u(m),
∂m2
ou

∂u(m) 
(2.2)bis σ(m) + (u(m) · ∇)u(m) =
∂t
∂2
= αl (m)σ(m)(v − u(m)) − σ(m)∇Φ + η̄0 ∆u(m) + η̄1 u(m),
∂m2
∂2
si on néglige la force de Coriolis. Les termes de diusion η̄0 ∆u(m) et η̄1 ∂m 2 u(m)

avec deux constantes positives η̄0 et η̄1 sont introduits avant tout pour des raisons
mathématiques, c'est-à-dire, pour que la solution u(·) juisse une régularité néces-
saire. Du point de vue physique ils devraient correspondre à l'hypothèse que les
goutelettes se mélangent par rapport à luer position à cause du mouvement micro-
scopique et par rapport à leur masse à cause du caractère aléatoire de la variation
de masse, ce qui devra faire l'objet d'une étude future.
En ce qui concerne l'équation du bilan d'énergie, en adjoignant à l'équation
du bilan d'énergie du gaz (voir par exemple [ 10] ; pour simplier l'exposition nous
supposons que le coecient de conductibilité κ est constant) la chaleur latente due
à la transition de phase de l'eau et de la contribution de la radiation, on a

 ∂T 3
X ∂T  % π
(2.3) (% + π)cv + vj = κ∆T − R0 ( + )T ∇ · ~v +
∂t j=1
∂xj µa µh
3  ∂v
X i ∂vj 2  ∂v
i
+η + − δij ∇ · v + ζ(∇ · v)2 + Erad + Lgl (T )Hgl .
i,j=1
∂xj ∂xi 3 ∂xj
EQUATIONS DU MOUVEMENT DE L'AIR ET TRANSITION DE PHASE DE L'EAU 69

où cv Hgl = Hgl (T, π, σ(·)) désigne la quantité


est la chaleur spécique de l'air,
totale (dans l'unité de volume et de temps) de H2 O qui se transforment du gaz
au liquide (son éventuelle valeur négative signie la quantité de H2 O qui se trans-
forment du liquide au gaz), tandis que Erad représente la contribution de la radiation
sur l'atmosphère y compris H2 O . Notons que l'absorption des radiations solaire et
terrestre et l'émission radiative sont déterminées par le type des molécules et la lon-
gueur d'onde de la radiation. En particulier, dans la troposphère la grande partie de
l'échange radiative est supportée par les molécules de H2 O et de CO2 , tandis que
les molécules de N2 et de O2 sont presque transparentes par rapport à la radiation.

3. - Equations de continuité.
Pour l'air sec, qui n'est pas assujetti à la transition de phase, la loi de conser-
vation de la masse est exprimée par l'équation habituelle (voir par exemple [ 10])
∂%
(3.1) + ∇ · (%v) = 0.
∂t
Pour la densité π de vapeur d'eau, puisque Hgl (T, π, σ(·)) est par dénition la
quantité totale de condensation (ou d'évaporation), la même considération qui nous
conduit à (3.1) nous amène à

∂π
(3.2) + ∇ · (πv) = −Hgl (T, π, σ(·)).
∂t
D'autre part, pour l'eau liquide contenue dans les gouttelettes de masse m, la
considération sur la partie hgl (m) de condensation (ou d'évaporation) produite sur
les gouttelettes de masse m nous amenera à l'équation
∂σ(m) ∂(mhgl (m)σ(m))
(3.3) + ∇ · (σ(m)u(m)) + = hgl (m)σ(m)+
∂t ∂m
Z m Z ∞
m
+ β(m − m0 , m0 )σ(m0 )σ(m − m0 )dm0 − m β(m, m0 )σ(m)σ(m0 )dm0 ,
2 0 0
0
où β(m, m ) est la probabilité de rencontre entre une gouttelette de masse m et une
0
de masse m .
Pour préciser la dénition des fonctions Hgl (T, π, σ(·)) et hgl (m) et pour éclarcir
les raisons qui nous amènent à l'équation (3.3), nous rappelons d'abord que les
aérosols jouent un rôle essentiel dans la formation des nuages (voir par exemple
16], [1], [2], [14]).
[ Pour formuler cette relation, désignons par σa (m) la densité
d'aérosols de masse m, et supposons que, si
Z m Z m
σ(m0 )dm0 ≤ σa (m0 )dm0 ,
0 0
alors de la surface des gouttelettes de masse m il n'y a pas d'évaporation. Cette
hypothèse exprime en eet la relation selon laquelle, lorsque l'eau des gouttelettes
évapore, à la n les gouttelettes se réduisent essentiellement aux noyaux secs qui
sont distribués par la densité σa (m). Il est utile de rappeler que dans la nature les
gouttelettes de rayon plus petit qu'une certaine valeur critique peuvent dicilement
suscister (voir par exemple [ 16], [8]), de sorte que dans la formulation mathématique
on peut supposer que

(3.4) σa (m) = 0 pour 0 ≤ m ≤ m̄a


avec un certain m̄a > 0.
70 HISAO FUJITA YASHIMA,VALENTINA CAMPANA ET MOHAMED ZINE AISSAOUI

Désignons d'autre part par π̄s (T ) la densité de vapeur saturée, qui doit être
µh p̄vs (T )
égale à ; donc, conformément à (1.2), on peut supposer que π̄s (T ) est une
R0 T
fonction croissante de T .
La densité d'aérosols σa (m) et la densité de vapeur saturée π̄s (T ) étant intro-
duites, nous dénissons l'ensemble d'états où l'évaporation est interdite (même si
la densité réelle de vapeur est inférieure à celle de saturation)
Z m Z m
σ(m0 )dm0 ≤ σa (m0 )dm0

(3.5) Ξ(T, π, σ(·)) = m > 0 π̄s (T ) ≥ π,
0 0
et la surface eective totale des gouttelettes
Z ∞
(3.6) Sl (T, π, σ(·)) = (1 − χΞ(T,π,σ(·)) (m))m−1/3 σ(m)dm.
0

Cela étant, nous supposons que la quantité totale (dans l'unité de volume et de
temps) de H2 O qui se transforment du gaz au liquide est donnée par

(3.7) Hgl (T, π, σ(·)) = K1 Sl (T, π, σ(·)) π − π̄s (T ) ,
où K1 est le coecient positif de la vitesse de condensation ou d'évaporation. Par
les valeurs négatives de Hgl (T, π, σ(·)) on entend la quantité totale d'évaporation.
Le coecient K1 peut dépendre de T et de %, mais dans le présent travail nous le
considérons constant.
Nous admettons en outre que la quantité Hgl (T, π, σ(·)) soit distribuée propor-
tionnellement à la surface, ce qui signie que la quantité, par l'unité de masse de
gouttelette, de H2 O qui se transforment du gaz au liquide sur les gouttelettes de
masse m est donnée par

m−1/3 (1 − χΞ(T,π,σ(·)) (m))


(3.8) hgl (m) = hgl (T, π, σ(·); m) = Hgl (T, π, σ(·)) =
Sl (T, π, σ(·))
= K1 (π − π̄s (T ))m−1/3 (1 − χΞ(T,π,σ(·)) (m)).
Naturellement la quantité de H2 O condensée (ou évaporée) sur une gouttelette de
masse m sera mhgl (T, π, σ(·); m).
Si nous suivons dans son déplacement et dans son processus de condensation
ou d'évaporation une gouttelette qui a la masse (individuelle) m0 à l'instant t = t0
et désignons par m(m0 ; t) sa masse (individuelle) à l'instant t ≥ t0 , en vertu de
(3.8) la fonction m(m0 ; t), jusqu'à l'éventuelle collision avec une autre gouttelette,
doit satisfaire à l'équation

d
(3.9) m(m0 ; t) = m(m0 ; t)hgl (T, π, σ(·); m(m0 ; t)),
dt
où T , π , σ(·) dans l'expression hgl (T, π, σ(·); m(m0 ; t)) devront avoir les valeurs
correspondantes à l'instant t.
Si nous considérons la masse de gouttelettes m comme une variable spatiale et
(m, x) comme un point de l'espace R+ ×R3 , la relation (3.9) nous permet de traiter
l'ensemble des gouttelettes comme ensemble de points matériels qui se déplacent
dans R+ × R3 avec la vitesse

(3.10) Ũ4 (u, T, π, σ) = (mhgl (T, π, σ(·); m), u1 (m), u2 (m), u3 (m))T .
Comme σ(m; x, t) est une densité non seulement par rapport à dx, mais aussi par
rapport à dm, de manière analogue au cas de % et de π, la loi de conservation de la
EQUATIONS DU MOUVEMENT DE L'AIR ET TRANSITION DE PHASE DE L'EAU 71

masse de l'eau σ(m; x, t) doit s'exprimer par

∂σ
+ ∇(m,x) · (σ Ũ4 (u, T, π)) = variation de masse,
∂t

∂ ∂ ∂ ∂ T
(3.11) ∇(m,x) = , , , .
∂m ∂x1 ∂x2 ∂x3
Quant à la variation de masse des gouttelettes de masse m, elle consiste en deux
parties : celle qui résulte de la condensation ou évaporation et celle qui résulte du
processus de coagulation de gouttelettes. La première est donnée par le deuxième
σ(m)
membre de (3.9) multiplié par
m (de sorte que la variation soit relative à σ(m)).
D'autre part, la variation de σ(m) due au processus de coagulation est, de
manière analogue à la formulation de l'équation de Smoluchowski (voir [ 21]), donnée
par
σ(m)B1 (m, σ(·)) + B2 (m, σ(·)),

Z ∞
(3.12) B1 (m, σ(·)) = −m β(m, m0 )σ(m0 )dm0 ,
0
Z m
m
(3.13) B2 (m, σ(·)) = β(m0 , m − m0 )σ(m0 )σ(m − m0 )dm0 .
2 0
On en déduit que

∂σ
(3.14) +∇(m,x) ·(σ Ũ4 (u, T, π)) = hgl (m)σ(m)+σ(m)B1 (m, σ(·))+B2 (m, σ(·)).
∂t
En substituant (3.10)(3.13) dans (3.14), on obtient (3.3).
Les équations (3.1), (3.2), (3.3), avec les équations (2.1), (2.2) (ou (2.1)bis,
(2.2)bis si on néglige la force de Coriolis), (2.3), constituent un système qui de-
vrait décrire le mouvement et le processus de condensation/évaporation de H2 O de
l'atmosphère dans le cas où la température est supérieure à celle de fusion de H2 O.

4. - Formulation réduite correspondante au cas simple de formation de


nuages.
Le système d'équations (2.1), (2.2) (ou (2.1)bis, (2.2)bis), (2.3), (3.1), (3.2),
(3.3) a non seulement un nombre relativement élevé de fonctions inconnues et des
termes non-linéaires, ce qui rend complexe son traitement, mais aussi des aspects
particuliers qui rendent dicile son analyse. Un de ces aspects est la discontinuité
∂(mhgl (m)σ(m))
de la fonction (1 − χΞ(T,π,σ(·)) (m)), à cause de laquelle le terme ∂m dans
(3.3) serait en général une distribution qui correspond à la dérivée d'une fonction
discontinue (voir (3.8)). Mais il y a des situations où au moins la discontinuité de la
fonction mhgl (m)σ(m) due à celle de (1 − χΞ(T,π,σ(·)) (m)) disparaît ; ces situations
correspondent à la phase de formation simple de nuages.
En eet, au lieu de Hgl (T, π, σ(·)) et hgl (T, π, σ(·); m) dénies dans (3.5)(3.8),
nous posons
Z ∞
(4.1) Sl0 (σ(·)) = m−1/3 σ(m)dm.
0

0
(4.2) Hgl (T, π, σ(·)) = K1 Sl0 (σ(·))[π − π̄s (T )]+ ,
72 HISAO FUJITA YASHIMA,VALENTINA CAMPANA ET MOHAMED ZINE AISSAOUI

m−1/3
(4.3) h0gl (m) = h0gl (T, π; m) = Hgl
0
(T, π, σ(·)) = K1 m−1/3 [π − π̄s (T )]+ ,
Sl0 (σ(·))
où [·]+ désigne la partie positive de l'expression dans [ ]. On va voir que dans le cas
simple de formation de nuages, que nous allons préciser, on a
0
Hgl (T, π, σ(·)) = Hgl (T, π, σ(·)), hgl (T, π, σ(·); m) = h0gl (T, π; m).
Précisons maintenant le cas simple de formation de nuages que nous voulons
considérer. Soit Ω une région de R3 et soit [0, t1 ] un intervalle de temps. Comme
dans (3.9) nous suivons les gouttelettes dans leur déplacement et leur processus
de condensation, c'est-à-dire dans sa trajectoire (m(t), x(t)) déterminée par la vi-
tesse Ũ4 . Plus précisément, si on désigne par m(m0 , x0 , t0 ; t) et x(m0 , x0 , t0 ; t)
la masse et la position à l'instant t ∈ [t0 , t1 ] d'une gouttelette qui se trouve
dans Ω pendant l'intervalle de temps [t0 , t̃1 ] ⊂ [0, t1 ] et, à l'instant t0 , a la po-
sition x0 et la masse m0 , alors le point matériel suit la trajectoire (m(t), x(t)) =
(m(m0 , x0 , t0 ; t), x(m0 , x0 , t0 ; t)), où m(m0 , x0 , t0 ; t) et x(m0 , x0 , t0 ; t) sont implici-
tement déterminées par le système d'équations diérentielles

d
m(m0 , x0 , t0 ; t) = m(m0 , x0 , t0 ; t)hgl (T, π, σ(·); m(m0 , x0 , t0 ; t), x(m0 , x0 , t0 ; t), t),
dt
d
x(m0 , x0 , t0 ; t) = u(m(m0 , x0 , t0 ; t); x(m0 , x0 , t0 ; t), t).
dt
Avec cette trajectoire (m(m0 , x0 , t0 ; t), x(m0 , x0 , t0 ; t)) nous formulons la condi-
tion

(4.4) sup{ t ∈ [t0 , t̃1 ] | π̄s (T (x(m0 , x0 , t0 ; t), t)) > π(x(m0 , x0 , t0 ; t), t) } ≤
≤ inf{ t ∈ [t0 , t̃1 ] | π̄s (T (x(m0 , x0 , t0 ; t), t)) < π(x(m0 , x0 , t0 ; t), t) }.
Nous supposons en outre que

(4.5) si (x, t) ∈ Ω × [0, t1 ] et si π̄s (T (x, t)) > π(x, t), alors σ(m; x, t) = σa (m).
La condition (4.5) signie que, dans la région où π̄s (T ) > π , les gouttelettes doivent
être réduites précisément aux aérosols. La condition (4.4) signie que suivant la tra-
jectoire d'une gouttelette dans Ω il est possible de passer de la région {π̄s (T ) > π}
à la région {π̄s (T ) < π} seulement une fois et, une fois passé à cette dernière région,
il n'est pas possible de retourner à la région {π̄s (T ) > π}. On voit aisément que,
selon les dénitions (3.5)(3.8) de Hgl (T, π, σ(·)) et hgl (T, π, σ(·); m) et l'équation
(3.3), dans la région {π̄s (T ) < π} se forment des gouttelettes d'eau.
D'autre part, du point de vue formel on a la relation suivante.

Remarque 4.1. Si les relations (4.4)(4.5) sont vériées, alors on a


0
(4.6) Hgl (T, π, σ(·)) = Hgl (T, π, σ(·)), hgl (T, π, σ(·); m) = h0gl (T, π; m).

Démonstration. Si π̄s (T ) < π , alors on a Ξ(T, π, σ(·)) = ∅ (voir (3.5))


0
et donc Hgl (T, π, σ(·)) = Hgl (T, π, σ(·)).
Si π̄s (T ) = π , alors de (3.7) il résulte que
0
Hgl (T, π, σ(·)) = 0 et donc Hgl (T, π, σ(·)) = Hgl (T, π, σ(·)).
Si π̄s (T ) > π , alors en vertu de (4.5) on a σ(m) = σa (m) et donc
Z m Z m
0 0
σ(m )dm = σa (m0 )dm0 ∀m > 0,
0 0
EQUATIONS DU MOUVEMENT DE L'AIR ET TRANSITION DE PHASE DE L'EAU 73

ce qui implique que


m ∈ Ξ(T, π, σ(·)) ∀m > 0.
Par conséquent, de (3.6) il résulte que
0
Sl (T, π, σ(·)) = 0 Hgl (T, π, σ(·)) = 0 = Hgl
et donc on a (T, π, σ(·)).
0
Nous avons montré que dans tous les cas on a Hgl (T, π, σ(·)) = Hgl (T, π, σ(·)).
0
De manière analogue on démontre que hgl (T, π, σ(·); m) = hgl (T, π; m). 

La remarque 4.1 nous permet de nous convaincre que dans la phase de formation
simple de nuages on peut substituer
0
Hgl (T, π, σ(·)) et h0gl (T, π; m) au lieu de Hgl (T, π, σ(·)) et hgl (T, π, σ(·); m) dans
les équations (2.3), (3.2) et (3.3).
Or, pour examiner l'existence et l'unicité de la solution locale du système d'équa-
0
tions, nous allons considérer une approximation de Hgl (T, π, σ(·)) et h0gl (T, π; m),
en y substituant π par sa moyenne locale πϑ . Plus précisément, en posant
R

π(y, t)ϑ(x − y)dy
(4.7) πϑ (t, x) = R (x ∈ Ω)

ϑ(x − y)dy
avec une fonction ϑ ∈ C 1 (R3 ) telle que

dϑ(r)
ϑ(x) = ϑ(|x|), ≤ 0, ϑ(0) > 0, ϑ(r) ≥ 0 ∀r ≥ 0,
dr
on va considérer, dans les équations de continuité pour π et σ et l'équation du bilan
de l'énergie, les fonctions
0
(4.8) Hgl (T, πϑ , σ(·)) = K1 Sl0 (σ(·))[πϑ − π̄s (T )]+ ,

(4.9) h0gl (m) = h0gl (T, πϑ ; m) = K1 m−1/3 [πϑ − π̄s (T )]+ .

5. - Position du problème simplié et résultat.


Comme la discontinuité de hgl (T, π; m) ainsi que l'éventualité de σ(m) = 0
dans (2.2) ou (2.2)bis constituent des obstacles qu'on ne peut pas surmonter faci-
lement dans la résolution du système d'équations, dans cette première étude de ce
modèle, nous allons étudier un système d'équations légèrement modié, dont une
partie de motivation a été exposée dans le paragraphe précédent. Nous allons donc
considérer un système d'équations obtenu du système (2.1)bis, (2.2)bis, (2.3), (3.1),
0
(3.2), (3.3) par la substitution de Hgl (T, πϑ , σ(·)), h0gl (T, πϑ ; m) et gx3 à la place
de Hgl (T, π, σ(·)), hgl (T, π, σ(·); m) et Φ(x) et par une approximation de l'équation
(2.2)bis et nous nous proposons de démontrer l'existence et l'unicité de la solution
locale de ce système d'équations dans un domaine borné.
Plus précisément, nous proposons de considérer le système d'équations

∂v  η % π
(5.1) (% + π) + (v · ∇)v = η∆v + ζ + ∇(∇ · v) − R0 ∇(( + )T )+
∂t 3 µa µh
Z ∞
− αl (m)σ(m)(v − u(m))dm − (% + π)e3 g, e3 = (0, 0, 1)T ,
0

∂u(m) 
(5.2) (σ(m) + ε) + (u(m) · ∇)u(m) = αl (m)(σ(m) + ε)(v − u(m))+
∂t
∂2
−(σ(m) + ε)e3 g + η̄0 ∆u(m) + η̄1 u(m), ε = C te > 0,
∂m2
74 HISAO FUJITA YASHIMA,VALENTINA CAMPANA ET MOHAMED ZINE AISSAOUI

 ∂T 3
X ∂T  % π
(5.3) (% + π)cv + vj = κ∆T − R0 ( + )T ∇ · ~v +
∂t j=1
∂xj µa µh
3  ∂v
X i ∂vj 2  ∂v
i
+η + − δij ∇ · v + ζ(∇ · v)2 + Erad + Lgl (T )Hgl
0
(T, πϑ , σ(·)),
i,j=1
∂xj ∂xi 3 ∂xj

∂%
(5.4) + ∇ · (%v) = 0,
∂t
∂π 0
(5.5) + ∇ · (πv) = −Hgl (T, πϑ , σ(·)),
∂t
∂σ(m) ∂(mh0gl (T, πϑ ; m)σ(m))
(5.6) + ∇ · (σ(m)u(m)) + = h0gl (T, πϑ ; m)σ(m)+
∂t ∂m
Z ∞
m m
Z
0 0 0 0 0
+ β(m − m , m )σ(m )σ(m − m )dm − m β(m, m0 )σ(m)σ(m0 )dm0 .
2 0 0
Les équations (5.1), (5.3), (5.4), (5.5) sont à considérer dans un domaine borné
Ω ⊂ R3 , dont la frontière est susamment régulière, et dans un intervalle de temps
[0, t1 ] avec un t1 > 0 ou son sous-intervalle. D'autre part, comme pour les équations
(5.2) et (5.6) m ∈ R+ est une variable spatiale, nous introduisons un domaine

borné DΩ ⊂ R+ × Ω muni de la frontière régulière et nous considérons les équations

(5.2) et (5.6) dans ce domaine DΩ et dans le même intervalle de temps que les autres

équations. Le choix du domaine DΩ sera précisé dans la suite (voir (5.21)).
En ce qui concerne les conditions aux limites, nous supposons que

(5.7) v=0 sur ∂Ω,



(5.8) u(m) = 0 sur ∂DΩ ,
2− 1 , 1− 2q
1
T ∂Ω = T̄ ∗ ∈ Wq q T̄ ∗ (x, t) > 0.

(5.9) (∂Ω× ]0, t1 [ ), inf
(x,t)∈∂Ω× ]0,t1 [

Nous considérons également les conditions initiales


2
2− p
(5.10) v(·, 0) = v0 (·) ∈ Wp (Ω), v0 ∂Ω = 0,
2
2− p ∗

(5.11) u(·; ·, 0) = u0 (·; ·) ∈ Wp (DΩ ), u0 ∂D∗ = 0,

2− q2
T0 ∂Ω = T̄ ∗ t=0 ,

(5.12) T (·, 0) = T0 (·) ∈ Wq (Ω), inf T0 (x) > 0,
x∈Ω

(5.13) %(·, 0) = %0 (·) ∈ Wp1 (Ω), inf %0 (x) > 0,


x∈Ω

(5.14) π(·, 0) = π0 (·) ∈ Wp1 (Ω), inf π0 (x) > 0.


x∈Ω


(5.15) σ(·; ·, 0) = σ0 (·; ·) ∈ Wp1 (DΩ ), σ0 (·; ·) ≥ 0,
(5.16)
σ0 (m; x) = 0 pour (m, x) ∈ (]0, m̄a ] ∪ [M̄σ0 , ∞[) × Ω, 0 < m̄a < M̄σ0 < ∞.
Comme on voit aisément, la condition (5.16) est compatible avec les conditions
(3.4) et (5.15).
EQUATIONS DU MOUVEMENT DE L'AIR ET TRANSITION DE PHASE DE L'EAU 75

En ce qui concerne la fonction β(m0 , m00 ) qui gure dans (5.6), nous supposons
qu'elle est une fonction susament régulière et qu'il existe une constante M̄β < ∞
telle que

(5.17) β(m0 , m00 ) = 0 si m0 + m00 ≥ M̄β .


La condition (5.17) est motivée non seulement pour des raisons techniques, mais
aussi par le phénomène d'éclatement des grosses gouttes par la friction avec l'air.
Pour la contribution calorique de la radiation Erad , la densité de vapeur saturé
π̄s (T ) et la chaleur latente L(T ), ici nous supposons simplement que

(5.18) Erad ∈ Lq (Ω× ]0, t1 [ ),

(5.19) π̄s (·) ∈ C 2 (R+ ), π̄s (T ) > 0 ∀T > 0,

(5.20) Lgl (·) ∈ C 2 (R+ ), Lgl (T ) > 0 ∀T > 0.


µh p̄vs (T )
Du point de vue physique, π̄s (T ) = R0 T et Lgl (T ) devraient être caractérisées
par le comportement

d d
π̄s (T ) > 0, Lgl (T ) ≤ 0
dT dT
(voir (1.2), (1.3)). Mais dans la démonstration du théorème 5.1 ce type de propriété
n'intervient pas. La contribution calorique de la radiation est, en réalité, assez
complexe et son comportement exprimé par la loi de Stefan-Boltzmann garantirait
que cette contribution ne peut pas ramener la température sous 0o K ; mais dans le
présent travail nous nous limitons à démontrer sous l'hypothèse (5.18) l'existence
et l'unicité de T, qui demeura positive jusqu'à certain instant.

On précise maintenant les conditions du domaine DΩ ⊂ R + × Ω. Outre la
régularité de sa frontière, on suppose que

(5.21) [m̄∗ , M̄ ∗ ] × Ω ⊂ DΩ

⊂ [0, M̄ ∗ + 1] × Ω,
où m̄∗ et M̄ ∗ sont deux nombres tels que

0 < m̄∗ < m̄a , max(M̄σ0 , M̄β ) < M̄ ∗ < ∞.


Avant d'énoncer le théorème que nous allons démontrer, introduisons la nota-
tion

(5.22) Qt = Ω× ]0, t[, Q∗t = DΩ



× ]0, t[,
2− r2
et rappelons la dénition des espaces fonctionnels, Wr2,1 (Qt ) et Wr (Ω), que nous
allons utiliser : ils sont dénis par les normes

kϕkWr2,1 (Qτ ) = kϕkLr (0,τ ;Wr2 (Ω)) + k∂t ϕkLr (Qτ ) ,


 Z Z |∇ϕ(x) − ∇ϕ(y)|r 1/r
kϕk 2− 2 = kϕkLr (Ω) + k∇ϕkLr (Ω) + dxdy .
Wr r (Ω) Ω Ω |x − y|1+r
1
2− r1 , 1− 2r
Nous allons utiliser également l'espace Wr (∂Ω× ]0, t[ ), dont nous renvoyons
9
la dénition à [ ] (nous utilisons ce dernier seulement dans l'application des résultats
9
classiques cités dans [ ]). Les propriétés principales de ces espaces sont citées par
9
exemple dans [ ] ; pour leur présentation systématique, voir par exemple [ ] . 4
Sous les conditions que nous venons d'introduir nous pouvons démontrer l'exis-
tence et l'unicité de la solution locale du système d'équations proposé.
76 HISAO FUJITA YASHIMA,VALENTINA CAMPANA ET MOHAMED ZINE AISSAOUI

Théorème 5.1. Soient p > 4, 2q > p > q > 3. Nous supposons les conditions
(5.17)(5.20). Alors, il existe un nombre t̄ > 0 tel que le système d'équations (5.1)
(5.6) avec les conditions aux limites (5.7)(5.9) et les conditions initiales (5.10)
(5.16) admette, dans l'intervalle de temps [0, t̄], une solution (v, u, T, %, π, σ) et une
seule dans la classe
(5.23) v ∈ Wp2,1 (Qt̄ ), u ∈ Wp2,1 (Q∗t̄ ), T ∈ Wq2,1 (Qt̄ ), T > 0,

% ∈ C 0 ([0, t̄]; Wp1 (Ω)), inf %(x, t) > 0,


(x,t)∈Qt̄


π ∈ C 0 ([0, t̄]; Wp1 (Ω)), π ≥ 0, σ ∈ C 0 ([0, t̄]; Wp1 (DΩ )), σ ≥ 0.

Nous allons démontrer le théorème 5.1, en nous appuyant en particulier sur des
idées du travail [ 20], qui a démontré l'existence et l'unicité de la solution locale dans
l'espace de Sobolev pour le système d'équations du mouvement d'un gaz visqueux.
0
En eet, grâce à la substitution des termes Hgl (T, πϑ , σ(·)) et h0gl (T, πϑ ; m) au lieu
de Hgl et hgl dans les équations (3.2), (3.3), on peut traiter le système d'équations
avec des méthodes développées pour le système d'équations du mouvement d'un
gaz visqueux. Nous allons utiliser partiellement des techniques développées dans
3
[ ].

Il est bon de rappeler que la constante ε gurant dans (5.2) et le domaine DΩ
n'étaient pas présents dans le système d'équations (2.1)bis, (2.2)bis, (2.3), (3.1),
(3.2), (3.3), d'où nous sommes partis, et que toutefois la solution obtenue dans le

théorème 5.1 ne peut que dépendre de ε et de DΩ . Donc le problème suivant se

pose : comment la solution obtenue dépend de ε et de DΩ et dans quel sens on
peut dire que la solution obtenue est une approximation de la solution du système
originel d'équations.
En outre, les conditions aux limites que nous avons posées ne sont pas néces-
sairement naturelles du point de vue physique, mais seulement celles qui nous per-
mettent d'obtenir le premier résultat mathématique sur ce système. On peut donc
se demander s'il est possible de résoudre le système d'équations avec des conditions
aux limites plus naturelles. Ces problèmes devront être envisagés dans des études
futures.

6. - Equations linéarisées pour les densités.


Pour démontrer le thórème 5.1, on procède en trois étapes. La preminère étape,
qui correspond aux paragraphes 6 et 7, consiste à résoudre les équations (5.4)(5.6)
en %, π , σ avec v = v̄ , u = ū T = T̄ données. Dans la deuxième étape, qui
et
correspond au paragraphe 8, avec %, π et σ obtenues dans la première étape on
va résoudre les équations (5.1)(5.3) en v , u, T . Cela nous permettra de dénir
un opérateur qui, à (v̄, ū, T̄ ), associe la solution (v, u, T ) obtenue dans la deuxième
étape et on va trouver un point xe de cet opérateur, comme on le verra dans la
dernière étape, correspondant au paragraphe 9.
Même si à la n on démontre la positivité de T, il nous convient de ne pas
poser cette condition dans le raisonnement de la démonstration du théorème 5.1.
Pour cela, nous convenons de prolonger les fonctions π̄s (·) et Lgl (·) sur R de telle
sorte que

π̄s (·), Lgl (·) ∈ C 2 (R), π̄s (T ) ≥ 0, Lgl (T ) ≥ 0 pour T ≤ 0.


EQUATIONS DU MOUVEMENT DE L'AIR ET TRANSITION DE PHASE DE L'EAU 77

Dans ce qui suit, les constantes gurant dans les inégalités seront désignées par
un symbol indiquant leur dépendance seulement si leur dépendance d'autres quan-
tités est utilisée dans le raisonnement successif. Autrement elles seront désignées
simplement par c. Donc les constantes c dans de diérentes inégalités, en général,
seront diérentes.
Pour commencer, introduisons les classes

(v)
(6.1) Θt = {v ∈ Wp2,1 (Qt ) | v satisfait à (5.7), (5.10) },

(u)
(6.2) Θt = {u ∈ Wp2,1 (Q∗t ) | u satisfait à (5.8), (5.11) },

(T )
(6.3) Θt = {T ∈ Wq2,1 (Qt ), | T satisfait à (5.9), (5.12) }.

(v) (u) (T )
Soient v̄ ∈ Θt1 , ū ∈ Θt1 , T̄ ∈ Θt1 . On considère les équations

∂%
(6.4) + ∇ · (%v̄) = 0,
∂t
∂π 0
(6.5) + ∇ · (πv̄) = −Hgl (T̄ , πϑ , σ(·)),
∂t
∂σ(m) ∂
(6.6) + ∇ · (σ(m)ū) + (mh0gl (T̄ , πϑ ; m)σ(m)) =
∂t ∂m
= h0gl (T̄ , πϑ ; m)σ(m) + σ(m)B1 (m, σ(·)) + B2 (m, σ(·)),
équations obtenues en substituant v = v̄ , u = ū et T = T̄ dans (5.4)(5.6) ; B1 (·, ·)
et B2 (·, ·) sont les notations introduites dans (3.12) et (3.13).
On remarque que, si v̄ est donnée, l'équation (6.4) est linéaire, tandis que,
même si ū et T̄ sont données, les équations (6.5) et (6.6) ne sont pas linéaires. Dans
le présent paragraphe nous envisageons l'équation (6.4) et les équations linéarisées
de (6.5) et de (6.6), en renvoyant l'étude complète de (6.5) et (6.6) au paragraphe
suivant.
En ce qui concerne l'équation (6.4), comme il est bien connu, si v̄ est susa-
ment régulière, on peut résoudre (6.4) par la méthode des caractéristiques avec les
données initiales (5.13). En outre, on peut passer dans l'espace qui nous intéresse,
en conservant l'inégalité des normes, ce qui nous donne le lemme suivant.

(v)
Lemme 6.1. Soit v̄ ∈ Θt1 . Alors l'équation (6.4) avec la condition (5.13) admet
une solution % et une seule dans la classe
% ∈ C 0 ([0, t1 ]; Wp1 (Ω)).
En outre on a
(6.7) k%(·, t)kpW 1 ≤ q% (t), 0 < α% (t) ≤ %(x, t) ≤ β% (t) < ∞ dans Qt1 ,
p


(6.8)
p−1 p−1
α% (t) = inf %0 (x) exp(−cR(v̄,t) t p ), β% (t) = sup %0 (x) exp(cR(v̄,t) t p ),
x∈Ω x∈Ω
p−1
q% (t) = k%0 kpW 1 exp(cR(v̄,t) t p ), R(v̄,t) = kv̄kWp2,1 (Qt ) .
p
78 HISAO FUJITA YASHIMA,VALENTINA CAMPANA ET MOHAMED ZINE AISSAOUI

Démonstration. Comme il est bien connu, si v̄ ∈ C 0 (0, t1 ; C 1 (Ω)) et %0 ∈


1
C (Ω), alors le problème est résolu par la méthode des caractéristiques. On a alors
Z t
%(x, t) = %0 (x0 ) exp(− ∇ · v̄(y(t0 ), t0 )dt0 ),
0

Z t0
0
y(t ) = x0 + v̄(y(t00 ), t00 )dt00 , x = y(t), 0 ≤ t ≤ t1 .
0
On a donc
Z t Z t
0
0 < inf %0 (x) exp(− k∇ · v̄kL∞ dt ) ≤ %(x, t) ≤ sup %0 (x) exp( k∇ · v̄kL∞ dt0 ).
x∈Ω 0 x∈Ω 0
Comme on a
Z t p−1 p−1
k∇ · v̄kL∞ dt0 ≤ ct p kv̄kLp (0,t;Wp2 ) ≤ cR(v̄,t) t p ,
0
on obtient
p−1 p−1
0 < α(t) = α% (0) exp(−cR(v̄,t) t p ) ≤ %(x, t) ≤ β% (0) exp(cR(v̄,t) t p ) = β(t).
Puisque cette inégalité dépend seulement de la norme kv̄kWp2,1 (Qt ) , par une approxi-
mation convenable on obtient la deuxième relation de (6.7).
Maintenant on multiplie (6.4) par %p−1 et on l'intègre sur Ω. En utilisant la
(∇%·v̄)%p−1 dx = − p1 p
R R
relation
Ω Ω
(∇·v̄)% dx et les inégalités de Sobolev, on obtient
d
k%kpLp (Ω) ≤ ckv̄kWp2 (Ω) k%kpLp (Ω) .
dt
p−2
D'autre part, on applique l'opérateur ∇ à (6.4), multiplie par |∇%| ∇% l'équa-
tion obtenue et l'intègre sur Ω. Alors, en utilisant les inégalités de Sobolev et la
relation
Z 3 Z
X 1
|∇%|p−2 (∂xj %)(∂xj ∂xi %)v̄i dx = − (∇ · v̄)|∇%|p dx,
Ω i,j=1
p Ω

on obtient
d
k∇%kpLp (Ω) ≤ ckv̄kWp2 (Ω) k%kpW 1 (Ω) .
dt p

En adjoignant les inégalités obtenues, on obtient la première relation de (6.7)


avec (6.8). 
Lemme 6.2. Si T ∈ Wq2 (Ω), π ∈ Wp1 (Ω), Sl0 (σ(·)) ∈ Wp1 (Ω), alors on a
0
Hgl (T, πϑ , σ(·)) ∈ Wp1 (Ω)
et Hgl
0
(T, πϑ , σ(·)) satisfait à l'inégalité
0
(6.9) kHgl (T, πϑ , σ(·))kWp1 (Ω) ≤ ckSl0 (σ(·))kWp1 (Ω) (kT kWq2 (Ω) + kπkWp1 (Ω) ).

Démonstration. Grâce à la dénition (4.7) de πϑ , on a


kπϑ kWp1 (Ω) ≤ ckπϑ kWp1 (Ω) avec une constante c.
ϕ, ψ ∈ Wp1 (Ω), alors on a k[ϕ]+ kWp1 (Ω) ≤ kϕkWp1 (Ω)
On rappelle en outre que, si
et kϕψkW 1 (Ω) ≤ ckϕkW 1 (Ω) kψkW 1 (Ω) avec une constante c. D'autre part, à l'aide
p p p
2
de l'hypothèse π̄s (·) ∈ C (R) et de l'inégalité kT kW 1 (Ω) ≤ ckT kW 2 (Ω) (c étant une
p q
0
constante), de la déntion de Hgl (T, πϑ , σ(·)) (voir (4.8)) on déduit le lemme. 
EQUATIONS DU MOUVEMENT DE L'AIR ET TRANSITION DE PHASE DE L'EAU 79

(v) (T )
Lemme 6.3. Soient données v̄ ∈ Θt1 , T̄ ∈ Θt1 , π̄ ∈ C 0 ([0, t1 ];
Wp1 (Ω)), ∈ C 0 ([0, t1 ]; Wp1 (Ω)). Alors l'équation
Sl0 (σ̄)
∂π 0
(6.10) + ∇ · (πv̄) = −Hgl (T̄ , π̄ϑ , σ̄(·))
∂t
avec la condition initiale (5.14) admet une solution et une seule dans la classe
(6.11) π ∈ C 0 ([0, t1 ]; Wp1 (Ω)).
En outre on a
(6.12) kπ(·, t)kpW 1 ≤ qπ (t),
p


q−1
qπ (t) = kπ0 kpW 1 (Ω) + cR(S(σ̄),t) (R(T̄ ,t) t q + R(π̄,t) t) ×
 
(6.13)
p

p−1 q−1
× exp(c(R(v̄,t) t p + R(S(σ̄),t) (R(T̄ ,t) t q + R(π̄,t) t))),
R(S(σ̄),t) = kSl0 (σ̄)kC 0 ([0,t];Wp1 (Ω)) , R(T̄ ,t) = kT̄ kWq2,1 (Qt )) , R(π̄,t) = kπ̄kC 0 ([0,t];Wp1 (Ω)) .

Démonstration. En procédant de manière analogue à la démonstration du


lemme 6.1, on construit la solution π et obtient

d
kπkpLp (Ω) ≤ (ckv̄kWp2 (Ω) +kHgl
0
(T̄ , π̄ϑ , σ̄(·))kLp (Ω) )kπkpLp (Ω) +kHgl 0
(T̄ , π̄ϑ , σ̄(·))kLp (Ω) ,
dt
d
k∇πkpLp (Ω) ≤ (ckv̄kWp2 (Ω) + kHgl 0
(T̄ , π̄ϑ , σ̄(·))kWp1 (Ω) )kπkpW 1 (Ω) +
dt p
0
+kHgl (T̄ , π̄ϑ , σ̄(·))kWp1 (Ω) .
A l'aide de (6.9) on en déduit (6.11)(6.12) avec (6.13). 
Lemme 6.4. Soit M̄1 un nombre tel que max(M̄σ0 , M̄β ) < M̄1 < M̄ ∗ . Si ū ∈
(u) (T )
Θt1 , T̄ ∈ π̄ ∈ C 0 ([0, t1 ]; Wp1 (Ω)) et σ̄ ∈ C 0 ([0, t1 ]; Wp1 (DΩ
Θt1 , ∗
)) sont données,
alors il existe un nombre t2 ∈ ]0, t1 ] tel que l'équation
∂σ(m) ∂
(6.14) + ∇ · (σ(m)ū(m)) + (mh0gl (T̄ , π̄ϑ ; m)σ(m)) =
∂t ∂m
= σ(m)[h0gl (T̄ , π̄ϑ ; m) + B1 (m, σ̄(·))] + B2 (m, σ̄(·))
avec la condition initiale (5.15)(5.16) admette une solution et une seule dans la
classe

(6.15) σ ∈ C 0 ([0, t2 ]; Wp1 (DΩ ))
avec la propriété
(6.16) σ(m; x, t) = 0 si m 6∈ ]m̄a , M̄1 [ ;
si t2 < t1 , alors le nombre t2 est minoré par une fonction décroissante de
kπ̄kC 0 ([0,t1 ];Wp1 (Ω)) . En outre on a
p
(6.17) kσ(·; ·, t)kW 1 (D ∗ ) ≤ qσ (t),
p Ω


(6.18) qσ (t) =
p−1 q−1
2 2
= [kσ(·; ·, 0)kWp1 (DΩ∗ ) +cR(σ̄,t) t] exp[c(R(ū,t) t p +R(T̄ ,t) t q +R(π̄,t) t+R(σ̄,t) t+R(σ̄,t) t)],
80 HISAO FUJITA YASHIMA,VALENTINA CAMPANA ET MOHAMED ZINE AISSAOUI

R(ū,t) = kūkWp2,1 (Q∗ ) , R(σ̄,t) = kσ̄kC 0 ([0,t];Wp1 (DΩ∗ )) .


t

Démonstration. Pour la commodité de l'exposition nous prolongeons ū et σ̄


sur R+ × Ω × [0, t1 ] de manière convenable (ce prolongement n'aura aucun eet sur
la solution que nous allons obtenir et donc on peut le choisir de manière arbitraire)

et σ0 sur R+ ×Ω par σ0 = 0 dans (R+ ×Ω)\DΩ . Désignons par les mêmes symboles
ū et σ̄ les fonctions prolongées. En considérant donc (6.14) dans le domaine R+ × Ω
et en supposant dans la première étape que ū(m) soit susament régulière, nous
résolvons l'équation (6.14) le long les caractéristiques (m(t), x(t))t∈[0,t1 ] dénies
comme solution du problème de Cauchy

dm(t) dx(t)
(6.19) = m(t)h0gl (T̄ , π̄ϑ ; m(t), t, x(t)), = ū(m(t); t, x(t)),
dt dt
m(0) = m0 ∈ R+ , x(0) = x0 ∈ Ω.
0
Comme hgl (T̄ , π̄ϑ ; m) ≥ 0, dans l'intervalle de temps [0, t1 ] la fonction m(t) est
0 0
non-décroissante. En outre, si σ(m ) = 0 pour m ≤ m, alors on a

B2 (m, σ̄(·)) = 0
(voir (3.13)). Donc, de l'équation de σ(m(t); x(t), t) le long les caractéristiques
(m(t), x(t))t∈[0,t1 ] et de la condition initiale σ0 (m) = 0 pour m ≤ m̄a il résulte
que σ(m(t); x(t), t) = 0 si m(t) ≤ m̄a , c'est-à-dire

(6.20) σ(m; x, t) = 0 ∀t ∈ [0, t1 ], ∀(m, x) ∈ ]0, m̄a ] × Ω.


D'autre part, comme π̄s (·) ≥ 0, de (4.7)(4.9) on déduit que

m(t)h0gl (T̄ , π̄ϑ ; m(t), t, x(t)) ≤ K10 m(t)2/3 kπ̄kL∞ (Ω)


avec une constante K10 . Donc, compte tenu de (5.16) et de (5.17), on voit qu'il existe
un nombre strictement positif t2 ≤ t1 tel que

(6.21) σ(m; x, t) = 0 ∀t ∈ [0, t2 ] ∀(m, x) ∈ [M̄1 , ∞[ ×Ω


et que, si t2 < t1 , le nombre t2 est minoré par une fonction décroissante de
kπ̄kC 0 ([0,t1 ];Wp1 (Ω)) . La relation (6.16) est démontrée.
Les relations (6.20) et (6.21) nous permettent de retourner à l'équation (6.14)

dans DΩ . En eet, compte tenu des relations σ(m; x, t) = 0 pour m < m̄a et pour
m > M̄1 (voir aussi (5.21)), on a
Z Z
1
σ(m; x, t)p−1 U 4 · ∇(m,x) σ(m; x, t)dxdm = − σ(m; x, t)p ∇(m,x) · U 4 dxdm,
DΩ∗ p DΩ∗

Z
|∇(m,x) σ(m; x, t)|p−2 ∇(m,x) σ(m; x, t) · (U 4 · ∇(m,x) )∇(m,x) σ(m; x, t)dxdm =

DΩ
Z
1
=− |∇(m,x) σ(m; x, t)|p ∇(m,x) · U 4 dxdm,
p ∗
DΩ
où ∇(m,x) est comme dans (3.11), tandis que

U 4 = (mh0gl (T̄ , π̄ϑ ; m), ū1 (m), ū2 (m), ū3 (m))T
(U 4 n'est autre que Ũ4 (ū, T̄ , π̄, σ̄) avec h0gl au lieu de hgl , voir (3.10)).
En outre, même si dans les expressions

∂ 2
(mh0gl (T̄ , π̄ϑ ; m)) = K1 m−1/3 [π̄ϑ − π̄s (T )]+ ,
∂m 3
EQUATIONS DU MOUVEMENT DE L'AIR ET TRANSITION DE PHASE DE L'EAU 81

∂2 −2
(mh0gl (T̄ , π̄ϑ ; m)) = K1 m−4/3 [π̄ϑ − π̄s (T )]+ ,
∂m2 9
∂ 0 −1
h (T̄ , π̄ϑ ; m) = K1 m−4/3 [π̄ϑ − π̄s (T )]+
∂m gl 3
−1/3 −4/3
(voir (4.9)) on trouve les facteurs m et m , grâce au fait que σ(m; x, t) = 0
pour m < m̄a et pour m > M̄1 , on a
σ(m) − ∂ (mh0gl (T̄ , π̄ϑ ; m)) + h0gl (T̄ , π̄ϑ ; m) 1 ∗ ≤

∂m Wp (DΩ )

≤ ckσ(·; ·, t)kWp1 (DΩ∗ ) (kT̄ kWq2 (Ω) + kπ̄kWp1 (Ω) ).


D'autre part, on a

− ∇ · ū(m) + B1 (m, σ̄(·)) ∗) ≤ c(kūkWp2 (DΩ∗ ) + kσ̄kWp1 (DΩ∗ ) ),
Wp1 (DΩ

kB2 (m, σ̄(·))kWp1 (DΩ∗ ) ≤ ckσ̄k2Wp1 (D∗ ) .


Cela étant, on peut procéder d'une manière analogue à la démonstration des


lemmes 6.1 et 6.3, en multipliant (6.14) par σ(m)p−1 et en multipliant par
p−2
|∇(m,x) σ| ∇(m,x) σ
l'équation (6.14) à laquelle on applique l'opérateur diérentiel ∇(m,x) , on obtient

d
kσ(·; ·, t)kpLp (D∗ ) + k∇(m,x) σ(·; ·, t)kpLp (D∗ ) ≤

dt Ω Ω

p p 
≤ c kσ(·; ·, t)kLp (D∗ ) + k∇(m,x) σ(·; ·, t)kLp (D∗ ) ×
Ω Ω

×(kūkWp2 (DΩ∗ ) + kT̄ kWq2 (Ω) + kπ̄kWp1 (Ω) + kσ̄kWp1 (DΩ∗ ) + kσ̄k2Wp1 (D∗ ) )+

+ckσ̄k2Wp1 (D∗ ) .

En adjoignant ces inégalités, on obtient (6.15) et (6.17) avec (6.18). 

7. - Equations pour les densités de l'eau avec la température et la


vitesse données.
Retournons maintenant au système d'équations non-linéaires (6.5)(6.6). Pour
démontrer l'existence et l'unicité de la solution et établir son estimation, commen-
çons par le lemme suivant.

(v) (u) (T )
Lemme 7.1. Soient v̄ ∈ Θt2 , ū ∈ Θt2 , T̄ ∈ Θt2 et R0 > 0. Soit M̄1 comme
dans le lemme 6.4. On suppose que
(7.1) kv̄kWp2,1 (Qt + kūkWp2,1 (Q∗ ) + kT̄ kWq2,1 (Qt ≤ R0 .
2) t2 2)

Alors il existe un t3 = t3 (R0 ), 0 < t3 ≤ t2 , tel que, quelques soient π̄ ∈ C 0 ([0, t3 ];


Wp1 (Ω)) et σ̄ ∈ C 0 ([0, t3 ]; Wp1 (DΩ

)) avec
(7.2) kπ̄kC 0 ([0,t3 ];Wp1 (Ω)) ≤ kπ0 kWp1 (Ω) + 1, kσ̄kC 0 ([0,t3 ];Wp1 (DΩ∗ )) ≤ kσ0 kWp1 (DΩ∗ ) + 1,
la solution (π, σ) des équations (6.10) et (6.14) avec les conditions initiales (5.14)
(5.16) satisfasse aux conditions
(7.3) kπkC 0 ([0,t3 ];Wp1 (Ω)) ≤ kπ0 kWp1 (Ω) + 1, kσkC 0 ([0,t3 ];Wp1 (DΩ∗ )) ≤ kσ0 kWp1 (DΩ∗ ) + 1,

σ(m; x, t) = 0 si (m, x, t) ∈ Q∗t3 , m 6∈ ]m̄a , M̄1 [.


82 HISAO FUJITA YASHIMA,VALENTINA CAMPANA ET MOHAMED ZINE AISSAOUI

Démonstration. Le lemme résulte immédiatement des inégalités (6.12) et


(6.17), de la relation (6.16) et de l'expression de qπ (t) et de qσ (t) (voir (6.13),
(6.18)). 
Lemme 7.2. Soient v̄ , ū(m), T̄ , M̄1 , R0 , t3 = t3 (R0 ) comme dans le lemme
7.1. Alors il existe un t4 ∈ ]0, t3 ] tel que le système d'équations (6.5)(6.6) avec les
conditions initiales (5.14)(5.16) admette une solution (π, σ) et une seule dans la
classe

(7.4) π(·, ·) ∈ C 0 ([0, t4 ]; Wp1 (Ω)), σ(·; ·, ·) ∈ C 0 ([0, t4 ]; Wp1 (DΩ ))).
et on a
(7.5)
kπkC 0 ([0,t4 ];Wp1 (Ω)) ≤ kπ0 kWp1 (Ω) + 1, kσkC 0 ([0,t4 ];Wp1 (DΩ∗ )) ≤ kσ0 kWp1 (DΩ∗ ) + 1,
σ(m; x, t) = 0 si (m, x, t) ∈ Q∗t3 , m 6∈ ]m̄a , M̄1 [.
Démonstration. Pour 0 < t ≤ t3 , posons
0 ∗
A[t] = { (π, σ) ∈ C ([0, t]; Wp1 (Ω)) × C ([0, t]; Wp1 (DΩ
0
)) | (π, σ) satisfait à (C.1) },
où (C.1) est la condition suivante :
(C.1)
π(·, 0) = π0 (·), σ(·; ·, 0) = σ0 (·; ·), σ(m; x, t0 ) = 0 si m 6∈ ]m̄a , M̄1 [ et 0 ≤ t0 ≤ t,
kπkC 0 ([0,t];Wp1 (Ω)) ≤ kπ0 kWp1 (Ω) + 1, kσkC 0 ([0,t];Wp1 (DΩ∗ )) ≤ kσ0 kWp1 (DΩ∗ ) + 1.

Soit G1,t l'application qui à (π̄, σ̄) ∈ C 0 ([0, t]; Wp1 (Ω)) × C 0 ([0, t]; Wp1 (DΩ )) associe
la solution (π, σ) des équations (6.10) et (6.14) avec π̄ et σ̄ indiqués ci-dessus. En
vertu du lemme 7.1 on a

G1,t (A[t] ) ⊂ A[t] ∀t ∈ ]0, t3 ].


Donc, pour démontrer le lemme 7.2, il sut de démontrer qu'il existe un t4 ∈ ]0, t3 ]
tel que l'opérateur G1,t4 restreint à A[t4 ] soit une contraction dans une topologie
convenable.
Soient (π̄i , σ̄i ) ∈ A[t3 ] , et (πi , σi ) = G1,t3 (π̄i , σ̄i ), i = 1, 2. Alors les diérences
Π = π1 − π2 et Σ = σ1 − σ2 satisfont aux équations
∂Π 0 0
(7.6) + ∇ · (Πv̄) = −(Hgl (T̄ , π̄1,ϑ , σ̄1 (·)) − Hgl (T̄ , π̄2,ϑ , σ̄2 (·))),
∂t
∂Σ(m) ∂
(7.7) + ∇ · (ū(m)Σ(m)) + (mh0gl (T̄ , π̄1,ϑ ; m)Σ(m)) =
∂t ∂m
∂  
=− m(h0gl (T̄ , π̄1,ϑ ; m) − h0gl (T̄ , π̄2,ϑ ; m))σ2 (m) +
∂m
+Σ(m)[h0gl (T̄ , π̄1,ϑ ; m) + B1 (m, σ̄1 (·))] + σ2 (m) h0gl (T̄ , π̄1,ϑ ; m) − h0gl (T̄ , π̄2,ϑ ; m)+


+B1 (m, σ̄1 (·)) − B1 (m, σ̄2 (·)) + B2 (m, σ̄1 (·)) − B2 (m, σ̄2 (·)).
On multiplie les équations (7.6) et (7.7) par Π et Σ respectivement ; on remarque
en particulier que grâce à la dénition de π̄i,ϑ , i = 1, 2 (voir (4.7)) on a

m(h0gl (T̄ , π̄1,ϑ ; m) − h0gl (T̄ , π̄2,ϑ ; m)) ∂ σ2 (m) 2 ∗ ≤



∂m L (DΩ )


≤ ckh0gl (T̄ , π̄1,ϑ ; m) − h0gl (T̄ , π̄2,ϑ ; m)k 2p

σ2 (m) Lp (D∗ ) ≤
∂m
L p−2 (Ω) Ω

≤ c0 kπ̄1 − π̄2 kL2 (Ω) kσ2 (m) 1 ∗ Wp (DΩ )


EQUATIONS DU MOUVEMENT DE L'AIR ET TRANSITION DE PHASE DE L'EAU 83

avec des constantes c > 0, c0 > 0. Pour les autres termes des seconds membres de
(7.6) et (7.7), grâce au fait que (π̄i , σ̄i ) ∈ A[t3 ] et (πi , σi ) ∈ A[t3 ] , i = 1, 2, on obtient
sans diculté
0 0
kHgl (T̄ , π̄1,ϑ , σ̄1 (·))−Hgl (T̄ , π̄2,ϑ , σ̄2 (·))kL2 (Ω) ≤ c(kπ̄1 −π̄2 kL2 (Ω) +kσ̄1 −σ̄2 kL2 (DΩ∗ ) ),
etc... . Donc en utilisant les relations
Z Z Z Z
1 2 1
(∇Π · v̄)Πdx = − (∇ · v̄)Π dx, (∇Σ · ū)Σdx = − (∇ · ū)Σ2 dx,
Ω 2 Ω Ω 2 Ω
Z  ∂  Z 
0 1 ∂ 
mhgl (T̄ , π̄1,ϑ ; m) Σ Σdxdm = − (mh0gl (T̄ , π̄1,ϑ ; m)) Σ2 dxdm,

DΩ ∂m 2 DΩ∗ ∂m
de manière habituelle on obtient
p−1
0 p
kΠ(t)kL2 (Ω) ≤ CteC t
[kπ̄1 − π̄2 kC 0 ([0,t];L2 (Ω)) + kσ̄1 − σ̄2 kC 0 ([0,t];L2 (DΩ∗ )) ],
p−1
C0t p
kΣ(t)kL2 (DΩ∗ ) ≤ Cte [kπ̄1 − π̄2 kC 0 ([0,t];L2 (Ω)) + kσ̄1 − σ̄2 kC 0 ([0,t];L2 (DΩ∗ )) ]
0
avec deux constantes positives C et C . Si on choisit t4 ∈ ]0, t3 ] de telle sorte que
p−1
p
C 0 t4
Ct4 e < 12 , l'opérateur G1,t4 restreint à A[t4 ] sera une contraction dans l'espace

C ([0, t]; L (Ω)) × C 0 ([0, t]; L2 (DΩ
0 2
)), ce qui prouve le lemme. 
Lemme 7.3. Soit (π, σ) la solution du système d'équations (6.5)(6.6) obte-
nue dans le lemme 7.2. Alors il existe un t5 ∈ ]0, t4 ] tel que π(x, t) et σ(m; x, t)
satisfassent, avec une constante c, à
p−1
(7.8) 0 ≤ π(x, t) ≤ sup π0 (x) exp(cR(v̄,t) t p ) ∀(x, t) ∈ Qt5 ,
x∈Ω

(7.9) 0 ≤ σ(m; x, t) ≤ βσ (t) < ∞ ∀(m, x, t) ∈ Q∗t5 ,



  p−1
(7.10) βσ (t) = sup σ(m; x, 0) + ct exp[c(R(ū,t) t p + t)].

(m,x)∈DΩ

Démonstration. En écrivant les équations (6.5)(6.6) dans la forme relative


à la dérivée totale le long les caractéristiques x(t) et (m(t), x(t)), on a

d 0
(7.11) π = −π∇ · v̄ − Hgl (T̄ , πϑ , σ(·)),
dt
d
(7.12) σ(m) =
dt

(mh0gl (T̄ , πϑ ; m))+h0gl (T̄ , πϑ ; m)+B1 (m, σ(·)) +B2 (m, σ(·)).
 
= σ(m) −∇·ū(m)−
∂m
En résolvant formellement le long les caractéristiques x(t) l'équation (7.11) avec
la condition initiale (5.15), on a
Z t Z t Z t
0 0
∇ · v̄dt00 dt0 .
 
π(x(t)) = π(x(0)) exp − ∇ · v̄dt − Hgl (T̄ , π, σ(·)) exp −
0 0 t0
2,1 0 1 0 1 ∗
Comme T̄ ∈ Wq (Qt4 ), π ∈ C ([0, t4 ]; Wp (Ω)), σ ∈ C ([0, t4 ]; Wp (DΩ )), grâce à
(4.7)(4.9) on voit qu'il existe une constante c telle que
0
0 ≤ Hgl (T̄ , πϑ , σ(·)) ≤ c.
Comme v̄ ∈ Wp2,1 (Qt4 ), il s'ensuit (7.8) avec un t5 ∈ ]0, t4 ].
84 HISAO FUJITA YASHIMA,VALENTINA CAMPANA ET MOHAMED ZINE AISSAOUI

D'autre part, en résolvant formellement le long les caractéristiques (m(t), x(t))


l'équations (7.12) avec la condition initiale (5.16), on a
Z t Z t Z t
B3 dt0 + B3 dt00 dt0 ,
 
σ(m(t), x(t)) = σ(m(0), x(0)) exp B2 (m, σ(·)) exp
0 0 t0


B3 = −∇ · ū(m) − (mh0gl (T̄ , πϑ ; m)) + h0gl (T̄ , πϑ ; m) + B1 (m, σ(·)).
∂m
Compte tenu de (7.5) et des relations


− (mh0gl (T̄ , πϑ ; m)) ≤ 0, h0gl (T̄ , πϑ ; m) ≤ K1 m−1/3 πϑ , B2 (m, σ(·)) ≥ 0
∂m
(voir (4.3) et (3.13)), on en déduit (7.9) avec (7.10). 
Lemme 7.4. Soient %, π et σ la solution des équations (6.4)(6.6) avec les
conditions initiales (5.13)(5.16). Dans les mêmes conditions des lemmes 6.1 et
7.2, il existe un t6 ∈ ]0, t5 ] tel que, outre (7.5), on ait pour 0 ≤ t ≤ t6 , x ∈ Ω,
m̄∗ < m < M̄ ∗
1
(7.13) k%(·, t)kpW 1 ≤ 2k%0 (·)kpW 1 , inf %0 (x0 ) ≤ %(x, t) ≤ 2 sup %0 (x0 ),
p p 2 x0 ∈Ω x0 ∈Ω

(7.14) 0 ≤ π(x, t) ≤ sup π0 (x0 ) + 1, 0 ≤ σ(m; x, t) ≤ sup σ0 (m0 ; x0 ) + 1.


x0 ∈Ω ∗
(m0 ,x0 )∈DΩ

Démonstration. Il résulte immédiatement des lemmes 6.1 et 7.3. 

8. - Equations linéarisées pour les vitesses et la température.


Dans ce paragraphe nous allons étudier les équations linéarisées pour v, u et T
20], estimer la solution (v, u, T ) dans le cadre des espaces
et, en suivant les idées de [
de Sobolev et de Slobodetskii-Besov (voir [18], [19], [5]).
(T ) (u) (T )
En eet, si v̄ ∈ Θt1 , ū ∈ Θt1 , T̄ ∈ Θt1 sont données, en vertu des lemmes
6.1 et 7.2 nous avons dans un certain sous-intervalle de temps de [0, t1 ] la solution
%, π , σ des équations (6.4)(6.6) avec les conditions initiales (5.13)(5.16). Nous
considérons alors les équations linéaires en v , u, T
∂v η 
(8.1) (% + π) − η∆v − ζ + ∇(∇ · v) = −(% + π)(v̄ · ∇)v̄+
∂t 3
Z ∞
% π
−R∇(( + )T̄ ) − αl (m)σ(m)(v̄ − ū(m))dm − (% + π)e3 g,
µa µh 0

∂u(m) ∂2
(8.2) (σ(m) + ε) − η̄0 ∆u(m) − η̄1 u(m) =
∂t ∂m2
= −(σ(m) + ε)(ū(m) · ∇)ū(m) + αl (m)(σ(m) + ε)(v̄ − ū(m)) − (σ(m) + ε)e3 g,
3
∂T X ∂ T̄ % π
(8.3) (% + π)cv − κ∆T = −(% + π)cv v̄j − R( + )T̄ ∇ · v̄+
∂t j=1
∂x j µa µh

3 
X ∂v̄i ∂v̄j 2  ∂v̄
i
+η + − δij ∇ · v̄ + ζ(∇ · v̄)2 + Erad + Lgl (T̄ )Hgl
0
(T̄ , πϑ , σ).
i,j=1
∂x j ∂x i 3 ∂x j
EQUATIONS DU MOUVEMENT DE L'AIR ET TRANSITION DE PHASE DE L'EAU 85

On dénit maintenant, comme dans [ 20], les fonctions


(8.4) V(p,v) (t) = kvkpW 2,1 (Q ) + sup kv(t0 , ·)kp 2− 2
,
p t p
0≤t0 ≤t Wp (Ω)

(8.5) V(p,u) (t) = kukpW 2,1 (Q∗ ) + sup ku(t0 , ·)kp 2− 2


,
p p
t 0≤t0 ≤t Wp ∗)
(DΩ

(8.6) V(q,T ) (t) = kT kqW 2,1 (Q ) + sup kT (t, ·)kq 2− 2


q t q
0≤t0 ≤t Wq (Ω)

et analoguement V(p,v̄) (t), V(p,ū) (t) et V(q,T̄ ) (t).


(T ) (u) (T )
Lemme 8.1. Soient v̄ ∈ Θt1 , ū ∈ Θt1 , T̄ ∈ Θt1 . Soient en outre %, π , σ la
solutions des équations (6.4)(6.6) avec les conditions initiales (5.13)(5.16) dans
l'intervalle de temps [0, t6 ] déni dans le lemme 7.4. Alors les équations (8.1)(8.3)
avec les conditions aux limites (5.7)(5.9) et aux conditions initiales (5.10)(5.12)
admettent une solution et une seule dans la classe
(8.7) v ∈ Wp2,1 (Qt6 ), u ∈ Wp2,1 (Q∗t6 ), T ∈ Wq2,1 (Qt6 ),
et cette solution satisfait aux inégalités
(8.8)
 Z t 2q−p p

V(p,v) (t) ≤ c kv0 kp 2− 2
+ (1 + V(p,v̄) (t0 )2 + V(p,ū) (t0 ))dt0 + t q V(q,T̄ ) (t) q ,
Wp p (Ω) 0

h Z t i
(8.9) V(p,u) (t) ≤ c ku0 kp 2− 2
+ (1 + V(p,ū) (t0 )2 + V(p,v̄) (t0 ))dt0 ,
Wp p (Ω) 0

h 2(p−q) 2q
(8.10) V(q,T ) (t) ≤ c kT0 kq 2− 2
+ kT ∗ kq 2− 1 , 1− 1
+t p V(p,v̄) (t) p +
Wq q (Ω) Wq q 2q
(St )
Z t i
+ (1 + V(q,T̄ ) (t0 )V(p,v̄) (t0 )q/p + kErad kqLq (Ω) )dt0
0
pour 0 < t ≤ t6 .
Démonstration. En vertu du théorème 9.1 du chap. IV de [ ], l'équation 9
(8.1) admet une solution v et une seule dans la classe Wp2,1 (Qt6 ) et, compte tenu du
lemme 7.4, on a (voir [ 20] et aussi le lemme 3.4 du chap. II de [9] ; pour les détails
de la démonstration, voir [ 18], [19])
(8.11) V(p,v) (t) ≤ c(kv0 kp 2− 2
+ kFv kpLp (Qt ) ) pour 0 < t ≤ t6 ,
p
Wp (Ω)

où Fv est le deuxième membre de (8.1) ; dans cette démonstration on désigne de


manière générale par c une constante.
On remarque que

k(v̄ · ∇)v̄kpLp (Ω) ≤ ckv̄k2p 2p


W 1 (Ω) ≤ ckv̄k 2− 2 ≤ cV(p,v̄) (t)2 .
p p
Wp (Ω)

D'autre part, compte tenu du lemme 7.4, il est facile de voir que
Z ∞ p
% π
− R∇(( + )T̄ ) − αl (m)σ(m)(v̄ − ū(m))dm − (% + π)e3 g ≤

µa µh 0 Lp (Ω)
p−q
≤ c(1 + V(p,v̄) (t) + V(p,ū) (t) + V(q,T̄ ) (t)kT̄ kW 2 (Ω) ).
q
86 HISAO FUJITA YASHIMA,VALENTINA CAMPANA ET MOHAMED ZINE AISSAOUI

Par conséquent, on a
p−q
kFv kpLp (Qt ) ≤ c(1 + V(p,v̄) (t)2 + V(p,ū) (t) + V(q,T̄ ) (t)kT̄ kW 2 (Ω) ),
q

ce qui, joint à (8.11), nous donne (8.8).


L'inégalité (8.9) se démontre de manière analogue.
Pour ce qui concerne (8.10), on remarque qu'on a
Z t 3 
X ∂v̄i ∂v̄j 2  ∂v̄
i q
η + − δij ∇ · v̄ + ζ(∇ · v̄)2 Lq (Ω) dt0 ≤
0 i,j=1
∂xj ∂xi 3 ∂xj
Z t Z t
≤ k∇v̄k2q−p

L (Ω) kv̄kp
1
W (Ω) dt0
≤ c 2q−p
kv̄kW 0
2 (Ω) dt V(p,v̄) (t).
p p
0 0
Donc, compte tenu que Lgl (·) est borné, en appliquant le théorème 9.1 du chap. IV
9
de [ ] et en procédant de manière analogue à l'obtention de (8.8), on obtient (8.10).


9. - Existence et unicité de la solution locale.


Maintenant nous sommes en mesure de démontrer le théorème 5.1. Commen-
çons par le lemme suivant.

Lemme 9.1. Il existe un t̄, 0 < t̄ ≤ t6 , tel qu'il existe des constantes R̄v , R̄u ,
(v) (u) (T )
R̄T telles que, si v̄ ∈ Θt̄ , ū ∈ Θt̄ , T̄ ∈ Θt̄ et si
V(p,v̄) (t̄) ≤ R̄v , V(p,ū) (t̄) ≤ R̄u , V(q,T̄ ) (t̄) ≤ R̄T ,
alors la solutions (v, u, T ) des équations (8.1)(8.3) avec les conditions initiales
(5.10)(5.12) et celles aux limites (5.7)(5.9) satisfaisse aux inégalités

V(p,v) (t̄) ≤ R̄v , V(p,u) (t̄) ≤ R̄u , V(q,T ) (t̄) ≤ R̄T .

Démonstration. Il résulte immédiatement des expressions du deuxième membre


des inégalités (8.8)(8.10). 
Posons
(9.1)
(v) (u) (T )
Bt̄ = { (v, u, T ) ∈ Θt̄ ×Θt̄ ×Θt̄ | V(p,v) (t̄) ≤ R̄v , V(p,u) (t̄) ≤ R̄u , V(q,T ) (t̄) ≤ R̄T }
et désignons par G l'application qui, à chaque (v̄, ū, T̄ ) ∈ Bt̄ , associe la solution
(v, u, T ) des équations (8.1)(8.3) avec (5.10)(5.12), (5.7)(5.9) et avec %, π , σ
obtenues dans les lemmes 6.1 et 7.2. Il résulte immédiatement du lemme 9.1 que

(9.2) G(Bt̄ ) ⊆ Bt̄ .

Maintenant on va démontrer que l'application G restreinte à Bt̄ est continue


dans une topologie plus faible.

Lemme 9.2. Soit


(9.3) Y = Yv × Yu × YT ,

Yv = L2 (0, t̄; H01 (Ω)) ∩ L∞ (0, t̄; L2 (Ω)),

Yu = L2 (0, t̄; H01 (DΩ )) ∩ L∞ (0, t̄; L2 (DΩ

)),
2 1 ∞ 2
YT = L (0, t̄; H0 (Ω)) ∩ L (0, t̄; L (Ω)).
Alors l'application G(·) restreinte à Bt̄ est continue dans la topologie de Y .
EQUATIONS DU MOUVEMENT DE L'AIR ET TRANSITION DE PHASE DE L'EAU 87

Démonstration. {(v̄n , ūn , T̄n )}∞


Soit n=1 une suite d'éléments de Bt̄ conver-
gente vers un élément (v̄, ū, T̄ ) dans la topologie de Y . Grâce à la dénition de
Bt̄ (voir (9.1)) et de l'unicité de la limite, (v̄n , ūn , T̄n ) converge faiblement ou

faiblement- vers (v̄, ū, T̄ ) dans les espaces avec la norme desquels on a déni l'en-
semble Bt̄ . Cette relation implique que (v̄, ū, T̄ ) ∈ Bt̄ .
Cela étant, on considère la solution (%n , πn , σn ) et la solution (%, π, σ) des équa-
tions (6.4)(6.6) (avec les conditions initiales (5.13)(5.16)) avec v̄ = v̄n , ū = ūn ,
T̄ = T̄n et avec v̄ = v̄ , ū = ū, T̄ = T̄ respectivement. On pose
En[%] = %n − %, En[π] = πn − π, En[σ] = σn − σ,
et
[v] [u] [T ]
Dn = v̄n − v̄, Dn = ūn − ū, Dn = T̄n − T̄ .
On a
[v] [v]
∂t En[%] + v̄n · ∇En[%] + Dn · ∇% + En[%] ∇ · v̄n + %∇ · Dn = 0.
[%]
Maintenant, on multiplie l'équation par En et l'intègre sur Ω. En utilisant l'égalité
Z Z
1
(v̄n · ∇En[%] )En[%] dx = − (∇ · v̄n )(En[%] )2 dx
Ω 2 Ω
et compte tenu de la première inégalité de (7.13), on a

1 d 1 1 [v] 1 [v]
kEn[%] k2L2 ≤ 1+ k∇·v̄n kL∞ kEn[%] k2L2 + kDn ·∇%k2L2 + k%∇·Dn k2L2 ≤

(9.4)
2 dt 2 2 2
[v]
≤ (1 + c̄kv̄kWp2 (Ω) )kEn[%] k2L2 + c̄kDn k2H 1 (Ω) ,
où c̄ est une constante qui ne dépend pas de n. Dans la suite on désigne par c̄ des
constantes indépendantes de n (qui peuvent être diérentes l'une de l'autre). De
[%]
(9.4) et de la relation En = 0 on déduit à l'aide du lemme de Gronwall que
t=0
Z t
[v] p−1
(9.5) kEn[%] (t, ·)k2L2 ≤ c̄ kDn k2H 1 (Ω) exp(2(t − t0 ) + c̄(t − t0 ) p R̄v1/p )dt0 .
0
[v̄]
Comme D n →0 dans L2 (0, t̄; H 1 (Ω)), de (9.5) on déduit la convergence

(9.6) En[%] = %n − % → 0 dans L∞ (0, t̄; L2 (Ω)).


Quant au système d'équations (6.5)(6.6), on remarque que, compte tenu des
lemmes 7.2 et 7.4, on a
[v] [u]
k∇ · (πDn )kL2 (Ω) + k∇ · (σDn )kL2 (DΩ∗ ) +

+ (m(h0gl (T̄n , πn,ϑ ; m) − h0gl (T̄ , πϑ ; m))σ(m))kL2 (DΩ∗ ) +
∂m
0 0
+kHgl (T̄n , πn,ϑ , σn (·))−Hgl (T̄ , πϑ , σ(·))kL2 (Ω) +kD2 (T̄n , πn , σn )−D2 (T̄ , π, σ)kL2 (DΩ∗ ) ≤
[v] [u] [T ]
≤ c̄(kDn kH 1 (Ω) + kDn kH 1 (DΩ∗ ) + kDn kH 1 (Ω) + kEn[π] kL2 (Ω) + kEn[σ] kL2 (DΩ∗ ) ),

D2 (T, π, σ) = h0gl (T, πϑ ; m)σ(m) + σ(m)B1 (m, σ(·)) + B2 (m, σ(·)).
Donc, grâce aux relations
Z Z
1
(v̄n · ∇En[π] )En[π] dx = − (∇ · v̄n )(En[π] )2 dx,
Ω 2 Ω
Z
∂ [σ]  [σ]
(ūn · ∇En[σ] ) + mh0gl (T̄n , πn,ϑ ; m)

E En dx =

DΩ ∂m n
88 HISAO FUJITA YASHIMA,VALENTINA CAMPANA ET MOHAMED ZINE AISSAOUI

Z
1 ∂
=− (∇ · ūn + (mh0gl (T̄n , πn,ϑ ; m)))(En[σ] )2 dx,
2 Ω ∂m
[π] [σ]
de manière analogue à (9.4), la fonction y(t) = kEn k2L2 (Ω) + kEn k2L2 (D∗ ) vérie

l'inégalité

[v] [u] [T ]
y 0 (t) ≤ c̄(1+kv̄kWp2 (Ω) +kūkWp2 (DΩ∗ ) )y(t)+c̄(kDn k2H 1 (Ω) +kDn k2H 1 (D∗ ) +kDn k2L2 )

et donc analoguement à (9.5) on a

(9.7) kEn[π] (t, ·)k2L2 + kEn[σ] (t, ·)k2L2 ≤


Z t
[v] [u] [T ]
≤ c̄ (kDn k2H 1 (Ω) + kDn k2H 1 (D∗ ) + kDn k2H 1 (Ω) )×

0
p−1
× exp(c̄((t − t0 ) + (t − t0 ) p (R̄v1/p + R̄u1/p )))dt0 .
[v] [u] [T ]
De la convergence de Dn , Dn , Dn vers 0 et de (9.7) on obtient

(9.8) En[π] = πn − π → 0 dans L∞ (0, t̄; L2 (Ω)),

(9.9) En[σ] = σn − σ → 0 dans L∞ (0, t̄; L2 (DΩ



)),
On considère maintenant la solution (vn , un , Tn ) des équations (8.1)(8.3) avec
v̄ = v̄n , ū = ūn , T̄ = T̄n , % = %n , π = πn , σ = σn , et la solution (v, u, T ) des
équations (8.1)(8.3) avec v̄ = v̄ , ū = ū, T̄ = T̄ , % = %, π = π , σ = σ avec les
mêmes conditions aux limites et les mêmes conditions initiales. Posons

Dn[v] = vn − v, Dn[u] = un − u, Dn[T ] = Tn − T.


[v]
Pour Dn on a

(9.10) (%n + πn )∂t Dn[v] − µ∆Dn[v] − (ζ + µ/3)∇(∇ · Dn[v] ) =


[v]
= −(En[%] + En[π] )∂t v − (%n + πn )(v̄n · ∇)Dn − (En[%] + En[π] )(v̄n · ∇)v̄+
[v] −1 [π]
−(% + π)(Dn · ∇)v̄ − R∇(µ−1 [%]
a En + µh En )T̄n +
Z ∞
−1 [T ]
−R∇(µ−1
a % + µh π)D n − αl (m)En[σ] (m)(v̄n − ūn (m))dm+
0
Z ∞
[v] [u]
− αl (m)σ(m)(Dn − Dn (m))dm − (En[%] + En[π] )e3 g.
0
[v]
Pour obtenir de (9.10) une estimation de Dn , on fait le produit scalaire de
[v]
Dn
(9.10) avec
%n +πn et on intègre par parties les termes
[v] [v] [v]
[v] Dn [v] Dn [%] −1 [π] Dn
dx et Ω ∇(µ−1
R R R

∆Dn · %n +πn dx, Ω ∇(∇·Dn )· %n +π n a En +µh En )T̄n · %n +πn dx.
3 3
[v] [v] 1− p [v]
On remarque que, comme kDn k 2p ≤ kDn kL2 (Ω) kDn kLp 6 (Ω) , on a
L p−2 (Ω)
[v] [v]
P3 ∂(%n +πn ) ∂Dn i [v] P3 ∂(%n +πn ) ∂Dn j [v]
∂xj Dn i ∂xj Dn i
Z µ
Z
i,j ∂xj i,j ∂xi
µ dx + (ζ + ) dx ≤

(%n + πn )2 3 (%n + πn )2

Ω Ω
1+ 3 1− 3
≤ c̄(k%n kWp1 (Ω) + kπn kWp1 (Ω) )kDn[v] kH 1 (Ω)
p
kDn[v] kL2 (Ω)
p

2p 2p

≤ δkDn[v] k2H 1 (Ω) + Cδ (k%n kW


p−3 p−3 [v] 2
1 (Ω) + kπn kW 1 (Ω) )kDn kL2 (Ω)
p p
EQUATIONS DU MOUVEMENT DE L'AIR ET TRANSITION DE PHASE DE L'EAU 89

(avec une constante Cδ déterminée par une constante arbitraire δ > 0). En outre,
comme (v̄, ū, T̄ ) ∈ Bt̄ , compte tenu des estimations déjà établies des fonctions qui
interviennent, on déduit de (8.1) que

k∂t vkLp (Ω) ≤ c̄kvkWp2 (Ω) + c̄.


Les autres termes peuvent être estimés, en utilisant les estimations déjà établies
des fonctions qui interviennent. Donc, en adjoignant ces estimations, on obtient

d
(9.11) kD[v] k2 2 + c̄0 kDn[v] k2H 1 (Ω) ≤
dt n L (Ω)
≤ c̄kDn[v] k2L2 (Ω) + c̄(kEn[%] k2L2 (Ω) + kEn[π] k2L2 (Ω) )kvk2Wp2 (Ω) +
 [v] [u] [T ]
+c̄ kDn k2H 1 (Ω) + kDn k2L2 (D∗ ) + kDn k2H 1 (Ω) +

+kEn[%] k2L2 (Ω) + kEn[π] k2L2 (Ω) + kEn[σ] k2L2 (D∗ ) ,




où c̄0 est une autre constante indépendante de n.


[v] [u] [T ]
Comme (Dn , Dn , Dn ) → 0 dans la topologie de Y (voir (9.3)), compte tenu
[v]
de (9.6), (9.8)(9.9) et de la condition initiale Dn = 0, on en déduit du lemme
t=0
de Gronwall appliqué à (9.11) que

(9.12) Dn[v] = vn − v → 0 dans Yv .


De manière analogue la diérence entre les équations (8.2) et (8.3) pour un et
[u] [T ]
Tn et celles pour u et T nous donne les équations pour Dn et Dn ; en en faisant le
[u] [T ]
Dn Dn [T ]
σ(m)+ε et %+π et en tenant compte des relations Dn ∂Ω = 0,
produit scalaire avec
[v]
p > 4, q > 3, de manière analogue au cas de Dn on peut obtenir les estimations
[u] [T ] [v] [u] [T ]
pour Dn et Dn , qui, grâce à 1a convergence (D n , D n , D n ) → 0 dans Y et aux
relations (9.6), (9.8)(9.9), impliquent

(9.13) Dn[u] = un − u → 0 dans Yu ,

(9.14) Dn[T ] = Tn − T → 0 dans YT .


Les relations (9.12)(9.14) signient que l'application G est continue dans Bt̄ par
rapport à la topologie de Y. 
Démonstration du théorème 5.1. Comme l'opérateur G vérie (9.2) et
est continu dans Bt̄ dans la topologie de Y et que Bt̄ est un ensemble convexe et
compact dans Y, d'après le principe du point xe de Schauder-Tikhonov (voir par
6
exemple [ ], Chap. XVI) il existe un élément (v, u, T ) ∈ Bt̄ tel que

(9.15) (v, u, T ) = G((v, u, T )),


qui est évidemment une solution du système d'équations (5.1)(5.6) avec les condi-
tions aux limites (5.7)(5.9) et les conditions initiales (5.10)(5.16) dans l'intervalle
[0, t̄].
On rappelle que, appartenant à la classe Wq2,1 (Qt̄ ), la fonction T (x, t) est conti-

nue et que d'autre part T0 (x) et T (x, t) sont minorées par une constante positive
(voir (5.9) et (5.12)). Donc, s'il y a des points (x, t) ∈ Qt̄ où T (x, t) ≤ 0, alors on
peut remplacer Qt̄ par Qt̄0 avec t̄0 ∈ ]0, t̄[ de sorte que T soit strictement positive
dans Qt̄0 .
90 HISAO FUJITA YASHIMA,VALENTINA CAMPANA ET MOHAMED ZINE AISSAOUI

Pour démontrer l'unicité de la solution, on considère deux éléments (v1 , u1 , T1 ),


(v2 , u2 , T2 ) ∈ Bt̄ vériant (9.15). On désigne par (%1 , π1 , σ1 ) et (%2 , π2 , σ2 ) la solu-
tion des équations (5.4)(5.6) avec (v1 , u1 , T1 ) et (v2 , u2 , T2 ) respectivement, ce qui
revient au même que la solution des équations (6.4)(6.6) avec
(v̄, ū, T̄ ) = (v1 , u1 , T1 ) et (v̄, ū, T̄ ) = (v2 , u2 , T2 ) respectivement, et on pose

[%] [π]
E = %1 − %2 , E = π1 − π2 , E [σ] = σ1 − σ2 ,
D[v] = v1 − v2 , D[u] = u1 − u2 , D[T ] = T1 − T2 .
Soit t0 ∈ [0, t̄] tel que v1 (·, t0 ) = v2 (·, t0 ), u1 (·; ·, t0 ) = u2 (·; ·, t0 ), T1 (·, t0 ) = T2 (·, t0 ),
%1 (·, t0 ) = %2 (·, t0 ), π1 (·, t0 ) = π2 (·, t0 ), σ1 (·; ·, t0 ) = σ2 (·; ·, t0 ).
Si nous considérons la diérence des équations (6.4)(6.6) avec
(v̄, ū, T̄ ) = (v1 , u1 , T1 ) et (v̄, ū, T̄ ) = (v2 , u2 , T2 ), de manière tout analogue à
l'obtention de (9.5) et (9.7) on obtient
(9.16)
Z t p−1
kE [%,π,σ]
(t)k20 ≤c (kD[v,u,T ] (t0 )k21 exp(c((t − t0 ) + (t − t0 ) p (R̄v1/p + R̄u1/p )))dt0 ,
t0

kE [%,π,σ] (t)k20 = kE [%] (·, t)k2L2 (Ω) + kE [π] (·, t)k2L2 (Ω) + kE [σ] (·; ·, t)k2L2 (D∗ ) ,

[v,u,T ]
kD (t)k21 = kD [v]
(·, t)k2H 1 (Ω) + kD [u]
(·; ·, t)k2H 1 (D∗ ) + kD [T ]
(·, t)k2H 1 (Ω) ).

Maintenant on va considérer, de manière analogue à (9.10), la diérence des


équations (8.1)(8.3) avec (v̄, ū, T̄ ) = (v1 , u1 , T1 ) et celles avec (v̄, ū, T̄ ) = (v2 , u2 , T2 )
D [v] D [u] D [T ]
et en faire le produit scalaire avec
%1 +π1 , σ1 +ε , %1 +π1 respectivement. On remarque
que, quelque soit δ> 0, il existe une constante Cδ telle que
Z 3  ∂v [v]
X 1,i ∂v1,j 2  ∂D
+ − δij ∇ · v1 i
D[T ] dx ≤ δkD[v] k2H 1 (Ω) +
Ω i,j=1 ∂xj ∂xi 3 ∂xj
2p
p−3 [T ] 2
+Cδ kv1 kW 1 (Ω) kD kL2 (Ω) .
p

Donc, compte tenu des normes de vi , ui , Ti , %i , πi , σi (i = 1, 2) précédemment


établies, on peut obtenir

d
(9.17) kD[v,u,T ] (t)k20 + κ0 kD[v,u,T ] (t)k21 ≤ ckD[v,u,T ] (t)k20 +
dt
+c 1 + kv2 k2Wp2 (Ω) + ku2 k2Wp2 (D∗ ) + kT2 k2Wq2 (Ω) kE [%,π,σ] (t)k20


avec une constante strictement positive κ0 , où

[v,u,T ]
kD (t)k20 = kD [v]
(·, t)k2L2 (Ω) + kD [u]
(·; ·, t)k2L2 (D∗ ) + kD[T ] (·, t)k2L2 (Ω) .

Donc, grâce au lemme de Gronwall on a


Z t q−2
(9.18) kD[v,u,T ] (t)k20 + κ0 kD[v,u,T ] (t0 )k21 dt0 ≤ c(t + t q ) sup kE [%,π,σ] (t0 )k20 .
t0 t0 ≤t0 ≤t

En substituant (9.16) dans le deuxième membre de (9.18), on voit aisément qu'il


existe un t > t0 tel que
Z t
sup kD[v,u,T ] (t)k20 + κ0 kD[v,u,T ] (t0 )k21 dt0 ≤
t0 ≤t0 ≤t t0
EQUATIONS DU MOUVEMENT DE L'AIR ET TRANSITION DE PHASE DE L'EAU 91

h Z t i
≤ K1 sup kD[v,u,T ] (t)k20 + κ0 kD[v,u,T ] (t0 )k21 dt0
t0 ≤t0 ≤t t0
avec 0 < K1 < 1, ce qui prouve que
Z t
sup kD[v,u,T ] (t)k20 + κ0 kD[v,u,T ] (t0 )k21 dt0 = 0,
t0 ≤t0 ≤t t0

ou, en d'autres termes,v1 = v2 , u1 = u2 , T1 = T2 dans l'intervalle [t0 , t]. Donc en


vertu de (9.16) on a également %1 = %2 , π1 = π2 , σ1 = σ2 dans l'intervalle [t0 , t].
Comme le choix de t0 est arbitraire, on en déduit l'unicité de la solution. 

Remerciements. Nous tenons à remercier de l'hospitalité le Vytchislitel'nii


Tsentr de l'Académie des Sciences à Moscou, où un des auteurs (H.F.Y.) a passé
plusieurs mois et a prépararé une partie importante de l'article.
Nous remercions également Dr. S. Selvaduray (Turin) de ses remarques très
utiles, qui nous ont permis d'améliorer le présent travail.

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