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AMBASSADE DE FRANCE EN AFRIQUE DU SUD

SERVICE ECONOMIQUE REGIONAL POUR L’AFRIQUE AUSTRALE

Brèves économiques d’Afrique Australe


Faits saillants – Semaines du 27 mai au 2 juin 2017
 Afrique du Sud : maintien de la notation de la dette souveraine par Fitch
 Afrique du Sud : hausse du taux de chômage à 27,7 % au T1 2017, au plus haut depuis 2003 (Autorités)
 Angola : maintien du taux directeur à 16 %, baisse du taux sur les dépôts et baisse du niveau des réserves de
change en avril à un point historiquement bas (Banque centrale)
 Mozambique : l'économie croît de 2,9 % au 1er trimestre de 2017

Région
Evolution nominale des taux de change contre l’USD :

Taux de change Evolution des taux de change contre l’USD (%)


Pour 1 USD
Depuis
le 2 juin Sur 1 semaine Sur 1 mois Sur 1 an
le 1er janvier
Afrique du Sud 12,9 ZAR -0,3 +3,1 +20,4 +6,2

Angola 165,9 AOA +0,0 -0,0 -0,0 -0,0

Botswana 10,2 BWP -0,0 +2,1 +9,4 +4,9

Mozambique 60,3 MZN -1,4 +17,7 -2,5 +19,0

Zambie 9,3 ZMW -0,4 +0,1 +12,5 +6,8


(+) : appréciation Source : Banques centrales nationales

Afrique du Sud
Maintien de la notation de la dette souveraine par Fitch
Le 1er juin, l’agence de notation Fitch a confirmé son évaluation du risque souverain sud-africain, à la fois pour la
dette en devises et en rand (BB+ pour les notes de long terme et B pour celles de court terme, soit un cran en-deçà
de la catégorie spéculative). La perspective stable associée aux notes de long terme est également maintenue.
L’agence continue de pointer du doigt la faiblesse de la croissance (1 % attendu cette année et 1,8 % en 2018 contre
0,3 % l’an passé), l’importance des garanties souveraines accordées aux entreprises publiques (10,1 % du PIB) et la
détérioration de la gouvernance. Fitch a toutefois indiqué s’attendre à ce que le nouveau Ministre des finances Malusi
Gigaba continue de respecter les plafonds de dépenses du Budget et de poursuivre les efforts de consolidation
budgétaire. En parallèle, l’agence souligne la profondeur des marchés financiers sud-africains, la structure favorable
de la dette publique (en hausse de 20 points depuis 2009 à 52,6 % du PIB mais peu exposée aux risques de change
ou de refinancement à court terme - maturité longue à 14,7 ans en moyenne et 11,5 % seulement de la dette libellé
en devises) et l’historique de bonne gestion des politiques budgétaires et monétaires.
Hausse du taux de chômage à 27,7 % au T1 2017, au plus haut depuis 2003 (Autorités)
Au T1 2017, le taux de chômage s’est établi à 27,7 % de la population active (26,5 % au T4 2016), un point haut
depuis 2003, soit 6,2 millions de personnes sans emploi. En tenant compte des travailleurs découragés, estimés à 2,3
millions de personnes par l’Office national des statistiques, le chômage au sens large atteindrait 37,9 % (36,9 % au
T4 2016). De façon préoccupante, le chômage continue d’affecter fortement les 15-24 ans (54,3 % au T1 contre
50,9 % le trimestre précèdent) et reste très marqué sur les plans ethniques et géographiques.
Augmentation du crédit au secteur privé en avril (Autorités)
En avril, la progression du crédit au secteur privé a augmenté à +5,9 % en g.a (hausse la plus importante depuis
octobre 2016 grâce à un effet de base important) contre +5 % en mars, portant la hausse moyenne du crédit à +5,3 %

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sur les 4 premiers mois de l’année (+6,9 % en 2016). Les prêts aux ménages ont augmenté de +2,9 % en g.a en avril
(+0,7 % en mars) tandis que ceux aux entreprises ont ralenti à +8,2 % en avril (+8,9 % en mars). La demande de
crédit va continuer de se heurter au manque de confiance des opérateurs (investisseurs, consommateurs et institutions
financières).

Barclays finalise la réduction de sa participation au capital de Barclays Africa


Le groupe bancaire britannique Barclays a procédé à la vente d’une partie de sa participation au capital de Barclays
Africa. Face à une demande importante du marché, le groupe s’est séparé de 22 % des parts de Barclays Africa
(contre 15 % environ annoncé), pour un montant de 2,8 Mds USD, portant la participation de Barclays à 16 %
environ. A l’image de la cession de capital réalisée l’an passé (12,2 % du capital), cette vente s’inscrirait dans une
logique de restructuration du groupe, ce dernier étant dans une situation financière difficile qui nécessite un
recentrage des activités sur les marchés historiques pour répondre aux exigences des régulateurs. Néanmoins, cela
montre également que l’établissement souhaite réduire son exposition au risque réputationel et cela en dépit des
bonnes performances enregistrées sur le marché sud-africain. L’établissement a aussi indiqué qu'il envisageait de
contribuer à hauteur de 141 M USD pour la constitution d'un actionnariat noir au capital de Barclays Africa et a
confirmé qu’il verserait 958 M USD à Barclays Africa pour lui permettre de faire face aux frais relatifs à son
désengagement.

Retour de l’indice PMI au-dessous des 50 points à 51,5 points en mai (ABSA)
Après avoir fortement diminué en avril (de 52,2 points en mars à 44,7 points), l’indice PMI mesurant l’activité au
sein du secteur manufacturier est retourné au-dessus 50 points à 51,5 points en mai.

Angola
Maintien du taux directeur à 16 %, baisse du taux sur les dépôts et baisse du niveau des réserves de change en avril
à un point historiquement bas (Banque centrale)
Le 1er juin, le comité de politique monétaire a décidé réduire de 200 pdb le taux sur les dépôts à 5,25 % tout en
conservant le taux directeur à 16 % (celui-ci ayant été relevé de +500 pdb en trois hausses successives en 2016) et le
taux de facilité permanente de crédit à 20 %. Si la Banque centrale a souligné la tendance baissière suivie par
l’inflation depuis janvier 2017, elle reste toujours élevée et le taux réel reste donc toujours fortement négatif. Du côté
des réserves, les réserves nettes de change ont reculé à 18,4 Mds USD en avril, soit une baisse de -4 % sur le mois et
de -25,6 % en glissement annuel. Il s’agit d’un point bas historique depuis que le niveau des réserves a été rendu
public en 2011. Cet indicateur se situe donc désormais en-deçà du seuil minimal recommandé par la Banque centrale
(20 Mds) pour le 2ème mois consécutif, conséquence notamment de la baisse des recettes d’exportations en dollars
US (faiblesse des cours du pétrole).

Lesotho
Hausse de la cible minimale de réserves de change et maintien du taux directeur (Banque centrale)
Le 30 mai, le comité de politique monétaire a relevé de +30 M EUR la cible minimale de réserves de change, principal
outil de pilotage de la politique monétaire, à 630 M USD (après -45 M en février et -35 M en avril), tout en maintenant
le taux directeur à 7 % (en ligne avec le taux sud-africain). La Banque centrale indique que l’économie reste exposée
à différents risques internes et externes qui appellent à la prudence. Fin mars, les réserves de change représentaient
4,9 mois d’importations (contre 5,3 fin décembre 2016), un niveau inférieur au seuil recommandé par le FMI (5 mois
de couverture) pour maintenir la parité du loti au rand sud-africain et fournir une marge de manœuvre suffisante aux
autorités en cas de choc éventuel.

Mozambique
L'économie du Mozambique croît de 2,9 % au 1er trimestre de 2017
Ce rebond par rapport au bas historique enregistré fin 2016 (1,1 % au T4 2016) masque toutefois de fortes disparités
puisque cette hausse de la croissance est quasi-uniquement liée à la hausse de l’activité des industries extractives

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(+41,6 %), dominée par la production de charbon de VALE. La société brésilienne a en effet annoncé une nette hausse
de sa production minière et de ses exportations qui augmentent en valeur (cours plus élevé) et en volume. Toutefois,
à l’exception des secteurs des transports et des télécommunications, les autres secteurs de l’économie affichent quant
à eux une croissance négative. Le Gouvernement mozambicain tablait originellement sur une croissance de 5,5 %
cette année (Loi de Finances) alors que le FMI l’attend aux alentours de 4,5 %. Le rebond de la croissance cette année
serait dû à la fin des tensions militaires, aux bonnes perspectives dans le secteur agricole, aux bonnes performances
de l’industrie charbonnière et l’annonce de la décision finale d’investissement du projet Coral FLNG d’ENI. En
revanche, l’augmentation de la dette interne et la crise de confiance avec les bailleurs internationaux sont susceptibles
de peser sur les performances économiques du pays. Pour l’année 2016, l’institut national des statistiques a revu ses
estimations à la hausse à 3,8 %.

Moza Banco en passe d’être recapitalisée par la société gestionnaire du fonds de pension de la Banque centrale
Kuhanha, la société gestionnaire du fonds de pension de la Banque centrale, a remporté l’appel d’offre qui l’opposait
à Atlas Mara, Barclays et Société Générale pour la recapitalisation de Moza Banco, la 4ème banque du pays (7 % des
parts de marché). Le fonds de pension devra ainsi injecter 8 170 M MZN (136 M USD). C’est opération est
l’aboutissement d’un processus de sauvetage de Moza Banco lancée en septembre 2016 quand la Banque centrale
l’avait placée sous administration provisoire et annoncée sa liquidation. La structure actionnariale de Moza Banco
est désormais la suivante : 80 % des parts détenues par Kuhanha ; Mozambique Capitais, 10 % et la banque
portugaise Novo Banco, 10 %. Ces deux derniers actionnaires détenaient précédemment 51 % et 49 % des parts
respectivement.

Namibie
Vers la mise en place d’une taxe à l’exportation sur certains produits non transformés
Selon une déclaration d’un employé du Ministère des finances, les autorités vont prochainement mettre en place une
taxe à l’exportation sur certains produits non transformés (produits de base, poissons, produits issus de la foresterie)
de façon à encourager les entreprises à créer localement de la valeur-ajouté et ainsi favoriser la diversification de
l’économie. Effective à partir de juillet, la taxe serait plafonnée à 2 % et devrait apporter un surcroît de recettes
budgétaires d’environ 100 M NAD (environ 7,6 M USD et 0,2 % des recettes totales).

Swaziland
Maintien du taux directeur et inquiétudes autour du niveau des réserves de change (Banque centrale)
Le 26 mai, la Banque centrale a maintenu son taux directeur à 7,25 % en raison du niveau élevé d’inflation (+7 % en
g.a en avril – attendu en moyenne à +7,3 % cette année) et de la dynamique du crédit qui demeure favorable. Par
ailleurs, les autorités monétaires ont partagé leurs inquiétudes s’agissant du niveau des réserves de change brutes.
Entre fin avril et le 19 mai, elles se sont repliées d’environ -12 % à 7,2 Mds Lilangeni (552 M USD), soit 3,4 mois
de couverture des importations.

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expresse du Service Economique pour l’Afrique Australe.
Auteur : Service Economique Régional de Pretoria
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Rédigées par : Paul Raso
Toutefois, il ne peut en aucun cas être tenu responsable de
l’utilisation et de l’interprétation de l’information contenue
Revues par : Jean-Baptise Dabezies
dans cette publication. Ce document a été élaboré sous la
responsabilité de la direction générale du Trésor et ne reflète
pas nécessairement la position du ministère de l’Économie et
des Finances.

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