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1.

3 Les projections de la course solaire

La course apparente du Soleil est repérée de manière univoque par les deux angles
hauteur (h) et azimut (a). Il est possible de représenter ces deux variables selon différents
systèmes de projection.

Projection pseudo-cylindrique

Dans ce système de projection, l'observateur placé au point 0 observe le


mouvement du Soleil à travers un cylindre de rayon unité centré sur l'observateur. Les
hauteurs et azimuts sont reportés sur le cylindre que l'on déroule ensuite (Fig. 1.3.1). Pour
plus de commodité l'échelle des hauteurs est linéarisée.

Cette représentation qui est très utilisée aux latitudes comprises entre 40 et 60° ne
conserve pas les angles (elle n'est pas conforme). De plus une rotation en azimut se traduit
par un déplacement gauche-droite (Fig. 1.3.2).

Projection orthogonale

Dans cette projection, la voûte céleste (au lieu considéré) est projetée sur une
hémisphère de rayon unité centrée sur l'observateur. Le mouvement (apparent) du Soleil
est à son tour projeté sur le plan horizontal du lieu. Par convention la hauteur angulaire h
est représentée par le segment de longueur 1 - cos h (Fig. 1.3.3)
Cette représentation (conforme) a le défaut de faire correspondre aux faibles
hauteur h de très petits segments 1-cos h ce qui rend ces angles peu lisibles.

Fig. 1.3.3 Projection orthogonale.


La voûte céleste est projetée sur une sphère unité. Le segment 1 - cos h
représente la hauteur h.

Projection stéréographique

Afin d'obtenir une représentation lisible et conforme de la course solaire on a


recours à la projection stéréographique. Dans cette représentation, la position du Soleil
(projetée sur l'hémisphère de rayon unité) est reliée au Nadir qui est le point opposé au
zénith du lieu. L'intersection de cette droite avec le plan horizontal définit le segment de
longueur 1-tg (90° - h) / 2 (Fig. 1.3.4).

Fig. 1.3.4 Projection stéréographique.


Le segment 1 - tg (90° - h)/2 représente la hauteur h.

Les diagrammes ainsi obtenus sont conformes et bien lisibles et ceci quelle que soit
la latitude du lieu.

Construction de la course solaire à la latitude Φ

Quelques propriétés simples permettent d'esquisser la course solaire à la latitude Φ


sans avoir recours à une calculette ou à des tables numériques.

Equinoxes

Aux équinoxes la déclinaison géocentrique est nulle. De ce fait nuit et jour tout
d'égale durée : le Soleil se lège à l'est à 06.00 et se couche à l'ouest à 18.00 (heures solaires
vraies). A midi sa hauteur est de 90-Φ. Par les trois points ainsi obtenus passe un arc de
cercle (propriété remarquable de la projection stéréographique) qui représente la course
solaire aux équinoxes.

Solstices

Aux solstices, la hauteur du Soleil à midi vrai diffère de la hauteur aux équinoxes
de + 23°27'.

L'azimut de lever (ou de coucher) du Soleil peut s'obtenir analytiquement (ou


graphiquement !) à partir des relations suivantes (déduites des relations générales pour le
cas particulier h = 0) :

cos 15 Hvraie = + tg Φ . tg δ

sin a = cos δ . sin 15 Hvraie

La résolution de ces équations montre qu'à l'équateur le lever (coucher) du Soleil


s'écarte de l'est (de l'ouest) d'un angle exactement égal à + δ. Cet écart augmente d'abord
très lentement avec la latitude (jusqu'à Φ ≅ 45°) puis de plus en plus vite pour atteindre
90° à la latitude des cercles polaires (Fig. 1.3.5).
Fig. 1.3.5 Lever et coucher du Soleil aux solstices
Au delà de 45° de latitude nord, l'azimut de lever (ou de coucher) du Soleil
se déplace très rapidement vers le nord. Au cercle polaire (φ = 66° 33') on
peut observer le Soleil de minuit.

Les azimuts de lever et de coucher du Soleil à une date donnée jouissent de


propriétés de symétrie par rapport aux axes nord-sud et est-ouest.

Par les points relatifs aux solstices passent deux nouveaux arcs de cercle qui
forment un ensemble de courbes divergentes. Les courbes horaires forment un second
ensemble de courbes qui coupent les premières à angle droit (Fig 1.3.6).

Fig. 1.3.6 Construction de la course solaire à la latitude φ


Cette construction s'appuie sur les propriétés de la course solaire aux
équinoxes et aux solstices.
Fig. 1.3.7 Projection stéréographique de la course solaire à la latitude de 47°N.

1.4 Utilisation de la projection stéréographique

La projection stéréographique se révèle particulièrement utile dans les applications


suivantes :

Ensoleillement d'une façade

En reportant sur la projection stéréographique l'orientation de la façade (repérée par


la normale sortant de la façade) puis en traçant la façade elle-même on sépare la course
solaire en deux zones : celle située devant le mur et celle située derrière. On peut en
déduire les heures d'ensoleillement de la façade en fonction de la date choisie (Fig. 1.4.1).
Fig. 1.4.1 Ensoleillement d'une façade.
L'orientation du mur est repérée par l'azimut de la normale au mur.

Masques dus au paysage

Les masques provenant d'obstacles proches (construction, arbres) ou lointains


(collines, montagnes) peuvent être reportés sur la projection afin d'en déduire les heures
effectives d'ensoleillement (par ciel clair).