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FILTRES

I. FONCTION DE TRANSFERT POUR UN QUADRIPÔLE LINÉAIRE

I.1 Quadripôle, linéarité, filtre, équation différentielle


On appelle quadripôle un réseau électrique dont on distingue deux entrées et deux sorties.

vE Quadripôle vS

• On suppose ce quadripôle linéaire : si on applique vE ( t ) = α1vE1 ( t ) + α 2 vE 2 ( t ) avec α1 et α 2 réels, alors à la


sortie, on a vS ( t ) = α1vS 1 ( t ) + α 2 vS 2 ( t ) en appelant vS 1 ( t ) la sortie du quadripôle excité par l’entrée vE1 ( t ) et
vS 2 ( t ) la sortie du quadripôle excité par l’entrée vE 2 ( t ) . On peut montrer que vE ( t ) et vS ( t ) sont alors reliés par
une équation différentielle linéaire :
dn v d n-1v dv dmv d m-1v dv
an nS + an−1 n−1S + ... + a1 S + a0 vS = bm mE + bm−1 m−1E + ... + b1 E + b0 vE
dt dt dt dt dt dt
L’ordre du circuit linéaire, appelé également filtre linéaire est max(m, n).

• On suppose le circuit invariant temporellement. Si la réponse du circuit à un signal vE ( t ) est vS ( t ) , la réponse


du même signal retardé vE ( t − td ) est vS ( t − td ) quelque soit le retard. On peut montrer que les coefficients de
l’équation différentielle sont constants.

Un quadripôle linéaire est régi par une équation différentielle à coefficients constants.
I.2 Définition d’un filtre
Un filtre est un opérateur linéaire pour lequel il existe, entre le signal d’entrée e(t) et le signal de sortie s(t), une
relation de la forme :
dn s d n-1 s ds dme d m-1e de
an n + an−1 n−1 + ... + a1 + a0 s = bm m + bm−1 m−1 + ... + b1 + b0 e
dt dt dt dt dt dt
e et s peuvent désigner des tensions ou des courants.
Par la suite, on étudiera des tensions que l’on notera vE et vS.
I.3 Résolution de l’équation différentielle
La résolution se fait en deux étapes :
• solution générale de l’équation différentielle homogène (régime libre)
• solution particulière de l’équation différentielle (régime permanent).

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I.4 Théorème de superposition
Si le second membre vE ( t ) est la somme de plusieurs termes : vE ( t ) = vE ,1 ( t ) + vE ,2 ( t ) + ... + vE ,q ( t ) , la solution
particulière de l’équation différentielle
dn v d n-1v dv d m vE d m-1vE dv
an nS + an−1 n−1S + ... + a1 S + a0 vS = bm m
+ bm −1 m −1
+ ... + b1 E + b0 vE
dt dt dt dt dt dt
s’écrit alors : vS ( t ) = vS ,1 ( t ) + vS ,2 ( t ) + ... + vS ,q ( t )
avec vS ,i ( t ) solution particulière de l’équation différentielle avec une tension d’entrée (excitation) vE ,i ( t ) (i varie de 1 à
q).

La réponse à une somme d’excitations est donc la somme des réponses à chacune des excitations appliquées
séparément.

Remarque : Le théorème de superposition découle directement de la définition de la linéarité.


I.5 Fonction de transfert
Sous réserve que le régime libre soit amorti (la condition de stabilité pour un système linéaire du premier ou deuxième
ordre est d’avoir les coefficients de l’équation différentielle homogène de même signe), il ne reste que le régime
permanent que l’on appelle régime forcé.
On cherche une solution particulière de la même forme que le second membre. Si le second membre est sinusoïdal
vE ( t ) = VEm cos (ωt + θ E ) , cela revient à chercher une sinusoïde de même pulsation avec une amplitude et une phase à
calculer que l’on peut écrire vS ( t ) = VSm cos (ωt + θ S ) : on parle de régime sinusoïdal forcé.
d
On utilise la méthode des complexes : Il suffit de remplacer formellement dans l’équation différentielle par jω, vE
dt
et vS par leur amplitude complexe.

vE = VEm exp ( j (ωt + θ E ) ) VE = VEm exp ( jθ E )


vE = VEm cos (ωt + θ E ) 
 ⇒  ⇒ 
vS = VSm cos (ωt + θ S ) vS = VSm exp ( j (ωt + θ S ) ) VS = VSm exp ( jθ S )
L’équation différentielle devient :
VS  an ( jω ) + an−1 ( jω ) + ... + a1 ( jω ) + a0  = VE bm ( jω ) + bm−1 ( jω ) + ... + b1 ( jω ) + b0 
n n−1 m m−1

   
On en déduit :
bm ( jω ) + bm−1 ( jω ) + ... + b1 ( jω ) + b0
m m −1
VS
=
an ( jω ) + an−1 ( jω ) + ... + a1 ( jω ) + a0
n n−1
VE
On définit la fonction de transfert d’un quadripôle par la relation :
VS
H ( jω ) =
VE
Interprétation physique :
VS VSm
• H ( jω ) = = = G est appelé gain du quadripôle (noté G).
VE VSm

• arg H ( jω ) = arg VS − arg VE = θ S − θ E = θ est le déphasage de la sortie par rapport à l’entrée.

On s’arrangera à avoir θ compris entre −π et π .

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• Si θ > 0 , alors θ S > θ E : vS est en avance de phase1 sur vE.
f(t)
T
voie 1 voie 2
La durée T correspond à 2π . t1
La durée t1 correspond à θ , donc
t
ϕ = 2π 1 .
T
t

La voie 1 est en avance de phase sur la voie 2


car elle passe par un maximum en premier

• Si θ < 0 , alors θ S < θ E : vS est en retard de phase sur ve.


Quelques cas particuliers :
Si θ = 0 , vS et vE sont en phase.
π
Si θ = , on dit que vS est en quadrature avance sur vE.
2
Si θ = ±π , vS et vE sont en opposition de phase.
On définit le gain en décibels : GdB = 20 log G (log désigne le logarithme décimal). On a un facteur 20 pour G
alors qu’on a un facteur 10 pour la puissance moyenne en dB.
On appelle l’ordre du quadripôle le maximum de m et de n.
Un tel quadripôle pourra donc être utilisé pour affaiblir ou amplifier l’amplitude d’un signal (filtre d’amplitude).
On pourra l’utiliser pour introduire des variations sur la phase de certaines composantes spectrales d’un signal (filtre de
phase).
On pose souvent la variable de Laplace : p = jω .
Un filtre est passif s’il ne contient que des éléments linéaires passifs (résistances, condensateurs, auto et mutuelle
inductances).
Un filtre est actif s’il contient des éléments tels qu’amplificateurs opérationnels, transistors…

Attention, en fait, les circuits réels présentent des limitations :


• Fréquence de coupure propre du circuit intégré.
• Saturation
• Défauts de non linéarité (slew rate par exemple pour un AO).

I.6 Condition de stabilité


• La condition de stabilité pour un système linéaire du premier ou deuxième ordre est d’avoir les coefficients de
l’équation différentielle homogène de même signe.
• On admet que la fonction de transfert doit rester finie pour toute valeur de ω, en particulier pour ω → ∞ . On doit
donc avoir n ≥ m . Le circuit est donc d’ordre n.

1
Attention, beaucoup d’erreurs pour savoir quel signal est en avance sur l’autre…

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I.7 Cas de signaux quelconques
Tout signal périodique vE(t) de période T peut s’écrire en utilisant la décomposition en série de Fourier :
∞ ∞

vE (t ) = a0 + ∑(a
n=1
n
cos nωt + bn sin nω t ) = c0 + ∑c
n=1
n
cos ( nω t + ϕ n ) , avec n entier

• a1 cos ωt + b1 sin ωt : terme fondamental (de même pulsation que le signal)


• an cos nωt + bn sin nωt : terme harmonique de rang n (de pulsation nω ).

avec ω = la pulsation du signal.
T
Pour calculer la réponse à une excitation, il suffit de faire la somme des réponses à chacun des harmoniques.
L’étude de signaux sinusoïdaux de pulsation ω ne restreint pas l’étude puisqu’on peut s’y ramener pour des signaux
périodiques1. On ne s’intéressa donc par la suite qu’à des signaux sinusoïdaux de pulsation ω.

II. DIAGRAMME DE BODE

II.1 Définition
Pour représenter graphiquement le gain et la phase sur un large domaine de fréquences, on utilise une échelle
ω
logarithmique. On représente donc en abscisse log ω. On représente parfois log f, ou log u = log
ω0
Le diagramme de Bode est constitué des deux courbes :
GdB θ

log ω log ω

On peut avoir
log ω < 0 !

1 1,3 1,7 2 3 x = log ω


ω
10 20 50 100 1000
Pour la pulsation ω1 , on définit x1 = log ω1 . Pour la pulsation ω2 , on définit x2 = log ω2
ω2
L’écart entre x1 et x2 est : ∆x = x2 − x1 = log ω2 − log ω1 = log
ω1
• Si ω2 = 2ω1 , on a ∆x = log 2 = 0,3 . On dit qu’on a une octave.
• Si ω2 = 10 ω1 , on a ∆x = log10 = 1 . On dit qu’on a une décade.

1
Le cas de signaux quelconques se traite par la transformée de Fourier qui est hors programme. On se ramène in fine à des signaux sinusoïdaux.

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II.2 Pulsation de coupure à –3 dB
Gmax
C’est la pulsation ωc pour laquelle G (ωc ) = . En prenant le logarithme de cette expression, on a :
2
G 
20 log G (ωc ) = 20 log  max  = 20 log Gmax − 20 log 2 .
 2 
On a donc aussi : dB (ωc ) = GdB max − 3 .
G

¾ La première relation est à utiliser pour calculer la pulsation de coupure à –3 dB en utilisant la fonction de transfert.
¾ La deuxième relation est très pratique pour une détermination graphique à partir du diagramme de Bode.

II.3 Produit de fonction de transfert


G = G1 ⋅ G2 GdB = GdB1 + GdB 2
H ( jω ) = H1 ( jω ) ⋅ H 2 ( jω ) , donc  et 
θ = θ1 + θ 2 θ = θ1 + θ 2

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III. ÉTUDE DES FILTRES D’ORDRE 1 ET D’ORDRE 2
R
III.1 Filtre passe-bas d’ordre 1
On considère le quadripôle suivant. La tension est sinusoïdale de
pulsation ω et peut s’écrire sous la forme : ve = Vem cos (ω t + θ e ) . On ve C vS
s’intéresse au régime sinusoïdal forcé. On utilise donc la notion

d’impédances complexes et d’amplitudes complexes pour l’étude R


de ce filtre.
Schéma équivalent
a) Comportement du filtre sans calcul ve du condensateur à vS
basse fréquence
• À basse fréquence, le condensateur est équivalent à un
interrupteur ouvert. On a donc le schéma équivalent.
La tension de sortie est égale à la tension d’entrée : vs = ve .
• À haute fréquence, le condensateur est équivalent à un R
interrupteur fermé. La tension de sortie est donc nulle :
vS = 0 .
Schéma équivalent
• Ce filtre laisse passer les basses fréquences et coupe les ve du condensateur à vS
haute fréquence
hautes fréquences. C’est donc un filtre passe-bas.
b) Fonction de transfert
1
VS
jCω 1
On reconnaît un diviseur de tension, donc : H ( jω ) = = =
Ve 1
+R 1 + jRCω
jCω
Pour avoir des expressions simples à interpréter, il faut faire apparaître dès que possible des termes sans dimension
tels que RCω.
1
Pour mettre cette fonction de transfert sous forme canonique, on pose : ω0 = et H0 = 1.
RC
1
Forme canonique d’un filtre passe-bas du premier ordre : H ( jω ) = H 0
ω
1+ j
ω0
On retrouve le comportement limite prévu précédemment sans calcul. Le degré du dénominateur est égal à 1 et celui
du numérateur vaut 0. Le filtre est donc un passe-bas du premier ordre.
c) Comment en déduire l’équation différentielle ?
On peut en déduire directement l’équation différentielle reliant vS ( t ) et ve ( t ) à partir de la fonction de transfert.
1 VS d
= . Il suffit de faire le produit en croix et de remplacer les termes en jω par .
ω Ve dt
1+ j
ω0
1 1 dvS
VS + jωVS = Ve . On en déduit immédiatement : vS + = ve ( t )
ω0 ω0 dt
ATTENTION : Utiliser cette méthode pour trouver l’équation différentielle
uniquement si l’énoncé le demande.
d) Diagramme de Bode
d1) Diagramme de Bode pour le gain
La méthode est de chercher les asymptotes. Il est plus simple de raisonner directement sur la fonction de transfert
que sur le module de la fonction de transfert. On en déduit aussi la phase dans les cas limites.
G → 0
• Si ω → 0 H ( jω ) ~ 1 ⇒  dB
θ → 0

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 ω0
G ~ ω G ~ 20 log ω0 − 20 log ω
1  dB
• Si ω → ∞ H ( jω ) ~ ⇒  ⇒ π
ω θ ~ − π θ ~ − 2
j
ω0  2
Si on pose y = 20 log G et x = log ω. On a y = 20 x0 – 20 x. C’est l’équation d’une droite de coefficient directeur
–20.
- Quand on passe d’une fréquence au double de la fréquence, l’intervalle s’appelle une octave 1.
Si x1 = log ω1 , x2 = log 2ω1 , ∆x = x2 − x1 = log 2 = 0,3 et ∆y = −20 × 0,3 = −6

On a une droite de pente –6 dB par octave.


- Quand on passe d’une fréquence à 10 fois la fréquence, l’intervalle s’appelle une décade .
Si x1 = log ω1 , x2 = log 2ω1 , ∆x = x2 − x1 = log10 = 1 et ∆y = −20 × 1 = −20

On a une droite de pente –20 dB par décade.


• Intersection des asymptotes : 20logω0 − 20 log ω = 0 ⇒ ω = ω0 .

Le point d’intersection a pour abscisse ω0 et pour ordonnée 0 dB.


1
• La courbe réelle vaut pour ω = ω0 : G (ω0 ) = ⇒ GdB = −3dB .
2

• Diagramme de Bode asymptotique pour le gain (f0 = 1000 Hz)


GdB

0 dB

asymptote à -20 dB
par décade

-20 dB
Octave

Décade

100 500 1000 2000 10000 f

1
L’origine du mot octave vient de la gamme de Pythagore en musique : c’est l’intervalle entre le 1er et 8ème degré de la gamme.

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GdB

0 dB

asymptote à -20 dB par


coupure à G dB max − 3 = −3 dB décade

-20 dB

100 1000 10000


f
Bande passante à –3 dB

Gmax
• Pulsation de coupure à –3 dB : c’est la pulsation ωc pour laquelle G (ωc ) =
2
1 1
Calcul de ωc : G (ωc ) = = ⇒ ωc = ω0 .
2 ω 
2

1+  c 
 ω0 
d2) Diagramme de Bode pour la phase
π π
On se contente des 3 points trouvés précédemment : ω = 0 : θ = 0 ; ω = ω0 : θ = − ; ω →∞ : θ →− .
4 2
θ
0

π

4

Octave

Décade

π

2 100 500 1000 10000 f

Remarque : Si on veut faire une étude plus détaillée, il faut calculer tan θ et le signe de cos θ ou sin θ .
ω π
θ = arg H ( jω ) ⇒ tan θ = − et sin θ < 0 . pour ω = ω0 : θ = − . θ est donc une fonction décroissante de
ω0 4
ω.

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On peut se contenter du diagramme de Bode asymptotique pour la phase :
θ
0

π

4

π

2 1000 f
On a un saut de phase de π / 2 quand on passe des basses fréquences aux hautes fréquences.

e) Comportement du filtre en dehors de la bande passante


1
On a vu que la fonction de transfert est : H ( jω ) = .
ω
1+ j
ω0
1 1 1
Pour ω >> ω0 , H ~ ~ω0 . On a donc : VS ~ω0 Ve .
ω jω jω
j
ω0
À haute fréquence, le montage se comporte donc comme un intégrateur.
t

En effet, une intégration revient à diviser par jω. On en déduit1 que : vS ( t ) − vS ( 0 ) = ω0 ∫ v ( t ') dt ' . On accepte en
e
t =0

physique l’écriture suivante :


t

Ne pas oublier les bornes d’intégration : vS ( t ) − vS ( 0 ) = ω0 ∫ v ( t ') dt '


e
t =0

III.2 Filtre passe-haut du premier ordre C


On considère le quadripôle suivant. La tension est sinusoïdale de
pulsation ω et peut s’écrire sous la forme : ve = Vem cos (ω t + θ e ) . On
s’intéresse au régime sinusoïdal forcé. ve R vS
a) Comportement du filtre sans calcul
• À basse fréquence, le condensateur est équivalent à un
interrupteur ouvert. La tension de sortie est donc nulle : vS = 0 .
• À haute fréquence, le condensateur est équivalent à un interrupteur fermé. La tension de sortie est égale à la
tension d’entrée : vs = ve .
• Ce filtre laisse passer les hautes fréquences et coupe les basses fréquences. C’est donc un passe-haut.
b) Fonction de transfert

1
Il ne faut pas oublier les conditions initiales pour l’intégration. Une écriture rigoureuse impose de mettre t’ comme variable d’intégration puisque t figure
déjà dans une borne d’intégration. Souvent, on ne fait pas la différence entre t’ et t.

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VS R jRCω
On reconnaît un diviseur de tension, donc : H ( jω ) = = = .
+ R 1 + jRCω
Ve 1
jCω
On a multiplié au numérateur et dénominateur par jCω pour faire apparaître dès que possible des termes sans
1
dimension en RCω. Pour mettre cette fonction de transfert sous forme canonique, on pose : ω0 = et H0 = 1.
RC
ω
j
ω0
Forme canonique d’un filtre passe-haut du premier ordre : H ( jω ) = H 0
ω
1+ j
ω0
On retrouve le comportement limite prévu précédemment sans calcul. Le degré du dénominateur est égal à 1 et celui
du numérateur vaut 1. Le filtre est donc un passe-haut du premier ordre.
c) Diagramme de Bode
c1)Diagramme de Bode pour le gain
1ère méthode
 ω
 G~ G ~ 20 log ω − 20 log ω0
ω  ω0  dB
• Si ω → 0 H ( jω ) ~ j ⇒  ⇒ π .
ω0 θ ~ π θ ~ 2
 2
On a une droite de pente +20 dB par décade.

G → 0
• Si ω → ∞ H ( jω ) ~ 1 ⇒  dB
θ → 0
• Intersection des asymptotes : 20logω0 − 20 log ω = 0 ⇒ ω = ω0 .

Le point d’intersection a pour abscisse ω0 et pour ordonnée 0 dB.


1
• La courbe réelle vaut pour ω = ω0 : G (ω0 ) = ⇒ GdB = −3dB .
2
Gmax
• Pulsation de coupure à –3 dB : c’est la pulsation ωc pour laquelle G (ωc ) = .
2
ωc
1 ω0
Calcul de ωc : G (ωc ) = = ⇒ ωc = ω0
2 ω 
2

1+  c 
 ω0 
2ème méthode
On peut se ramener au filtre passe-bas du premier ordre en remarquant que
 ω  ω
ω  H ph = ω H pb GdBph = 20 log ω + GdBpb
H ph = j H pb ⇒  0
⇒ 0

ω0 π
arg H = + arg H π
θ = + θ
 ph
2
pb
 ph 2 pb

ω
20 log = 20 log ω − 20 log ω0 est l’équation d’une droite de pente +20 dB par décade et qui passe par le point
ω0
d’abscisse ω0 et d’ordonnée 0. On en déduit le diagramme de Bode asymptotique et la courbe réelle :

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GdB

GdB max = 0 dB

Passe bas du 1er ordre

-20 dB

Droite de pente + 20 dB par décade


ω
et d' équation 20 log
ω0

100 1000 10000 f

GdB

GdB max = 0 dB

Coupure à –3 dB

-20 dB
Octave

asymptote à +20 dB
par décade

100 500 1000 10000 f

Bande passante à –3 dB

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c2) Diagramme de Bode pour la phase
π π
On se contente des 3 points trouvés précédemment : ω = 0 : θ = ; ω = ω0 : θ = ; ω →∞ : θ →0.
2 4
θ
π
2

π
4

0 100 500 1000 10000 f

π
On a un saut de phase de quand on passe des basses fréquences aux hautes fréquences.
2
d) Comportement du filtre en dehors de la bande passante
ω
j
ω0 ω 1
On a vu que la fonction de transfert est : H ( jω ) = . Pour ω << ω0 , H ~j ~ jω . On a donc :
ω ω ω
1+ j 0 0

ω0
1
VS ~ jωVe .
ω0
À basse fréquence, le montage se comporte donc comme un dérivateur.
1 dve
En effet une dérivation revient à multiplier par jω. On en déduit que : vS ( t ) = .
ω0 dt

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III.3 Filtre passe-bande du deuxième ordre L C
On considère le quadripôle suivant. La tension est sinusoïdale de
pulsation ω et peut s’écrire sous la forme : ve = Vem cos (ω t + θ e ) . On
s’intéresse au régime sinusoïdal forcé. ve R vS
a) Comportement du filtre sans calcul
• À basse fréquence, le condensateur est équivalent à un interrupteur
ouvert et la bobine à un interrupteur fermé. La tension de sortie est donc nulle : vS = 0 .
• À haute fréquence, la bobine est équivalente à un interrupteur ouvert et le condensateur à un interrupteur fermé.
La tension de sortie est donc nulle : vS = 0 .
• Ce filtre coupe les basses et les hautes fréquences. C’est donc un filtre passe-bande.
b) Fonction de transfert
On reconnaît un diviseur de tension, donc :
VS R 1
H ( jω ) = = =
Ve 1 Lω 1
jLω + + R 1+ j +
jCω R jRCω
Cherchons Q , ω0 et H0 pour identifier la fonction de transfert à la forme canonique :

Forme canonique d’un filtre passe-bande du deuxième ordre :


j ω
H0 Q ω0
H ( jω ) = ou H ( jω ) = H 0
 ω ω0  ω2 j ω
1 + jQ  −  1− 2 +
 ω0 ω  ω0 Q ω0

Deux méthodes pour identifier les coefficients :


Méthode 1 systématique : Deux fonctions polynômes sont égales si et seulement si tous les coefficients sont
égaux.
L Q 1 1
On doit donc avoir : = ; = Qω0 et H0 = 1. En faisant le rapport des deux équations, on a : LC = 2 . On
R ω0 RC ω0
Lω0
en déduit ensuite Q avec la première ou la deuxième équation : Q = par exemple.
R
Méthode 2 plus astucieuse ici. H0 = 1. On cherche d’abord ω0.
Lω 1 1
• Calcul de ω0 : Pour ω = ω0, on doit avoir : = ⇒ ω0 2 =
R RCω LC
Qω Lω Lω0
• Calcul de Q : = ⇒ Q= . En multipliant au numérateur et dénominateur par ω0, on a aussi :
ω0 R R
Lω0 2 1 Lω0
Q= , soit Q = = . On retrouve le comportement limite prévu précédemment sans calcul. Le
Rω0 RCω0 R
degré du dénominateur est égal à 2 et celui du numérateur vaut 0. Le filtre est donc un passe-bande du second
ω0
ordre. On a déjà étudié ce filtre. La bande passante à –3 dB est centrée sur ω0 et ∆ω = .
Q

c) Diagramme de Bode
c1) Diagramme de Bode pour le gain
 ω
G ~ Qω G ~ 20 log ω − 20 log ( Qω0 )
j ω  dB
• Si ω → 0 H ~ ⇒  0
⇒ π
Q ω0 θ ~ π θ ~
  2
2

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On a une droite de pente +20 dB par décade.
 ω   ω0 
G~ 0 GdB ~ −20 log ω + 20 log  
j ω0  Qω  Q
• Si ω → ∞ H ~ − ⇒  ⇒
Q ω θ ~ − π  π
 2 θ ~ − 2

On a une droite de pente –20 dB par décade.


• Intersection des asymptotes :
ω 
-20logω + 20 log  0  = 20logω − 20 log ( Qω0 ) ⇒ 40 log ω = 40 log ω0 ⇒ ω = ω0 .
Q
Le point d’intersection a pour abscisse ω0 et pour ordonnée −20 log Q .
• Il faut savoir que pour un passe-bande du deuxième ordre, on a toujours une résonance pour ω = ω0 .
La courbe réelle vaut pour ω = ω0 : G (ω0 ) = 1 ⇒ GdB = 0 dB
Gmax
• Pulsations de coupure à –3 dB : ce sont les pulsations ω1 et ω2 pour lesquelles G (ω1 ) = G (ω2 ) = . On
2
 1 1   1 1 
trouve deux pulsations ω1 et ω2. ω1 = ω0  − + 1+  et ω2 = ω0  + 1+  .
 2Q 4Q 2
2Q 4Q 2
   
ω0
La bande passante à –3 dB vaut ∆ω = ω2 − ω1 =
Q
1 ω
Détail des calculs : H ( jω ) = en posant x = . x est appelé la pulsation réduite.
 1
2 ω0
1 + Q2  x − 
 x
Deux méthodes pour montrer que G ( x ) est maximum pour x = 1.
 1  1
Q 2 2 1 + 2  x − 
dG −1  x  x  dG
Méthode 1 systématique : Calculer = 2
. = 0 pour x = 1.
dx 2  2 1  dx
1 + Q  x −  
  x 
2
 1
Méthode 2 plus astucieuse ici : G est maximum quand le dénominateur est minimum.  x −  = 0 pour x = 1,
 x
c’est à dire ω = ω0 . On a alors H ( jω ) max = G max = 1 .
La bande passante est définie par : ∆ω = ω2 − ω1 avec ω1 et ω2 les pulsations de coupure à –3 dB définies par
2 2
Gmax 1 1  1  1 1
G (ω1 ) = G (ω2 ) = . D’où : = ⇒ Q2  x −  = 1 ⇒  x −  − 2 = 0 . Il faut
2  1
2
2  x  x Q
1+ Q  x − 
2

 x
 1 1  1 1
résoudre l’équation :  x − −  x − +  = 0 .
 x Q  x Q
 1 1 x
¾ Étude de  x − −  = 0 ⇒ x 2 − − 1 = 0 .
 x Q Q
1  1 
Le discriminant vaut ∆ = + 4 = 4 1 + 2 
>0
Q2  4Q 
1 1
x= ± 1+ . Une seule solution est physiquement acceptable (x > 0).
2Q 4Q 2
1 1
D’où x2 = + 1+
2Q 4Q 2
 1 1 x
¾ Étude de  x − +  = 0 ⇒ x 2 + − 1 = 0 .
 x Q Q
1  1 
Le discriminant vaut ∆ = + 4 = 4 1 + 2 
>0
Q2  4Q 

Q Filtres (32-102) Page 15 sur 25 JN Beury


1 1
x=− ± 1+ . Une seule solution est physiquement acceptable (x > 0).
2Q 4Q 2
1 1 1 ∆ω
D’où x1 = − + 1+ . On en déduit que : ∆x = x2 − x1 = = .
2Q 4Q 2 Q ω0

Pour un filtre passe-bande du deuxième ordre, on a toujours une résonance pour :


ω = ω0
La largeur de la bande passante est :
ω0
∆ω =
Q

∆ω = 100
GdB

0
– 3dB

-20.log Q = -20 asymptote à –20dB par


décade

asymptote à +20dB par


décade

100 1000 10000 ω


Q = 10 ω0 = 1000 rad.s-1
∆ω = 10000
GdB

– 20.log (Q)=20 asymptote à –20dB par


décade

0
– 3dB

asymptote à +20dB par


décade

100 1000 10000 ω

Q = 0,1 ω0 = 1000 rad.s-1

Q Filtres (32-102) Page 16 sur 25 JN Beury


Si Q > 1, la courbe réelle se situe au dessus des asymptotes. Par contre, si Q ≤ 1, la courbe réelle se situe au
dessous des asymptotes.
Plus le facteur qualité est grand1, plus la bande passante est petite et plus le filtre est sélectif.
Un filtre sélectif sert à sélectionner une bande de fréquences étroite2.

c2) Diagramme de Bode pour la phase


π π
On se contente des 3 points trouvés précédemment : ω = 0 : θ = ; ω = ω0 : θ = 0 ; ω → ∞ : θ → − .
2 2
π θ
2
Q = 10

Q=1 Q = 0,1

π

2
100 1000 10000 ω
ω0 = 1000 rad.s -1

On a un saut de phase de π quand on passe des basses fréquences aux hautes fréquences.
Plus le facteur de qualité augmente, plus la courbe se rapproche du diagramme de Bode asymptotique.

d) Diagramme de Bode avec H0 négatif


Exemple de courbe avec
H0 = –20 ; f0 = 1 kHz ; Q = 10

1
Comparer les deux filtres : Q = 10 et Q = 0,1.
2
Voir l’application dans le chapitre : « Réponse d’un filtre à un signal périodique »

Q Filtres (32-102) Page 17 sur 25 JN Beury


III.4 Filtre passe-bas du deuxième ordre
On considère le quadripôle suivant. La tension est sinusoïdale de pulsation ω et peut s’écrire sous la forme :
ve = Vem cos (ω t + θ e ) . On s’intéresse au régime sinusoïdal forcé.
L R

ve C vS

a) Comportement du filtre sans calcul


• À basse fréquence, le condensateur est équivalent à un interrupteur ouvert et la bobine à un interrupteur fermé.
La tension de sortie est égale à la tension d’entrée : vs = ve .
• À haute fréquence, le condensateur est équivalent à un interrupteur fermé et la bobine à un interrupteur ouvert.
La tension de sortie est donc nulle : vS = 0 .
• Ce filtre laisse passer les basses fréquences et coupe les hautes fréquences. C’est donc un filtre passe-bas.

b) Fonction de transfert
On reconnaît un diviseur de tension, donc :
1
VS jCω 1
H ( jω ) = = =
Ve jLω +
1
+R 1 − LCω 2
+ jRCω
jCω
H0
Forme canonique d’un filtre passe-bas du deuxième ordre : H ( jω ) =
ω2 j ω
1− 2 +
ω0 Q ω0

Cherchons Q ; H0 et ω0 pour identifier la fonction de transfert à la forme canonique :


• H0 = 1
1
• Calcul de ω0 : LCω02 = 1 ⇒ ω0 2 =
.
LC
1 1 ω0 Lω0
• Calcul de Q : RC = ⇒Q= = = .
Qω0 RCω0 RCω0 2
R
Attention : cette étape d’identification des coefficients pose souvent des difficultés dans les exercices…
On retrouve le comportement limite prévu précédemment sans calcul. Le degré du dénominateur est égal à 2 et celui
du numérateur vaut 0. Le filtre est donc un passe-bas du second ordre.

c) Diagramme de Bode
c1) Diagramme de Bode pour le gain
G → 0
• Si ω → 0 H ~ 1 ⇒  dB
θ → 0
 ω0 2
ω0 2 G ~ 2 G ~ − 40logω + 40 log ω0
• Si ω → ∞ H ~ − 2 ⇒  ω ⇒  dB .
ω θ ~ −π + θ ~ −π

 ω2 j ω  π   ω2 j ω 
Si ω > ω0 : arg  1 − 2 +  ∈  ; π  , Comme θ = − arg 1 − 2 + ,
 ω 0
Q ω0   2   ω0
Q ω0 
 −π 
θ ∈  −π ; . Finalement, si ω → ∞ θ ~ −π .
 2 

Q Filtres (32-102) Page 18 sur 25 JN Beury


On a une droite de pente –40 dB par décade.
• Intersection des asymptotes : 0 = −40logω + 40 log ω0 ⇒ ω = ω0

Le point d’intersection a pour abscisse ω0 et pour ordonnée 0.


Q −π
• La courbe réelle vaut pour ω = ω0 : H = ⇒ G (ω0 ) = Q ⇒ GdB = 20 log Q et θ = .
j 2
1
Il faut savoir que pour un passe-bas du deuxième ordre, il y a résonance si Q > .
2
1
Si Q < , le gain n’a pas de maximum.
2
1
Si Q > , on a une résonance en tension. La pulsation de résonance ωR est inférieure à ω0. Si Q est très
2
Gmax
grand (en pratique Q > 5), alors ωR ≈ ω0 et ≈ Q . Q s’appelle aussi le facteur de surtension. Il faut
G (ω = 0 )

prendre des précautions en TP puisqu’on peut avoir une tension supérieure à la tension de claquage du
condensateur !
H max
On a deux pulsations ω1 et ω2 pour lesquelles H ( jω1 ) = H ( jω2 ) = .
2
ω0
La bande passante à –3 dB est : ∆ω = ω2 − ω1 . On peut montrer que si Q >> 1, ∆ω .
Q
Le circuit est d’autant plus sélectif (bande passante étroite) que le facteur de qualité est grand (résistance
petite).

GdB

1
Q = 10 >
0 2

asymptote à –40dB par


décade
Q = 0,1
-20
Q = 0,714

100 1000 10000


ω
ω0 = 1000 rad.s -1

Le passe-bas du second ordre a une coupure plus rapide que le passe-bas du premier ordre.
ω
Détail des calculs : On pose x = la pulsation réduite.
ω0
1 Q
G ( x) = =
( )
2 2
x
(1 − x ) x + Q2 1 − x2
2 2
2
+
Q2
Pour étudier G en fonction de u, il faut étudier le signe de la dérivée.
3

dG Q
( )
= −  x 2 + Q 2 1 − x 2   2 x − 2Q 2 2 x 1 − x 2  ( )
2 2

dx 2    

Q Filtres (32-102) Page 19 sur 25 JN Beury


3

dG Q
( ) ( )
= −  x 2 + Q 2 1 − x 2   2Q 2 1 − x 2 − 1
2 2

dx 2    
dG
= 0 ⇔ x = 0 ou 1 − 2Q 2 + 2Q 2 x 2 = 0
dx
dG 1 1
= 0 ⇔ x = 0 ou x = xR = 1 − . Ceci n’est possible que si Q >
dx 2Q 2 2
On a donc deux cas :
1 dG
• Si Q ≤ : < 0 . G est toujours décroissante.
2 dx
G(0) = 1, G(Q) = Q et si x → ∞, G → 0 .
1 dG 1
• Si Q > : s’annule pour x = 0 et x = xR = 1 − 2
.
2 d x 2Q
G passe par un maximum pour x = xR.
Q Q
Gmax = =
1  1  1
1− + Q2  1−
2 2  4Q 2
2Q  2Q 
c2) Diagramme de Bode pour la phase
π
On a étudié précédemment 3 points : ω = 0 : θ = 0 ; ω = ω0 : θ = − ; ω → ∞ : θ → −π .
2
θ
0
Q = 10

π

2

Q = 0,1

Q=0,714

−π
100 1000 10000 ω
ω0 = 1000 rad.s -1

On a un saut de phase de π quand on passe des basses fréquences aux hautes fréquences.
Plus le facteur de qualité augmente, plus la courbe se rapproche du diagramme de Bode asymptotique.

III.5 Filtre passe-haut du second ordre C R


On considère le quadripôle suivant. La tension est sinusoïdale de
pulsation ω et peut s’écrire sous la forme : ve = Vem cos (ω t ) . On
s’intéresse au régime sinusoïdal forcé. ve L vS

a) Comportement du filtre sans calcul


• À basse fréquence, le condensateur est équivalent à un interrupteur ouvert et la bobine à un interrupteur fermé.
La tension de sortie est donc nulle : vS = 0 .
• À haute fréquence, le condensateur est équivalent à un interrupteur fermé et la bobine à un interrupteur ouvert.

Q Filtres (32-102) Page 20 sur 25 JN Beury


• La tension de sortie est égale à la tension d’entrée : vs = ve .
• Ce filtre laisse passer les basses fréquences et coupe les hautes fréquences. C’est donc un filtre passe-haut.

b) Fonction de transfert
VS jLω − LCω 2
On reconnaît un diviseur de tension, donc : H ( jω ) = = =
+ R 1 − LCω + jRCω
Ve 1 2
jLω +
jCω
ω2

ω02
Cherchons Q, H0 et ω0 pour identifier la fonction de transfert à la forme canonique : H ( jω ) = H 0
ω2 j ω
1− +
ω02 Q ω0
ω2

ω02
Forme canonique d’un filtre passe-haut du deuxième ordre : H ( jω ) = H 0
ω2 j ω
1− +
ω02 Q ω0

• H0 = 1
1
• Calcul de ω0 : LCω02 = 1 ⇒ ω0 2 =
LC
1 1 ω0 Lω0
• Calcul de Q : RC = ⇒Q= = = .
Qω0 RCω0 RCω0 2
R
On retrouve le comportement limite prévu précédemment sans calcul. Le degré du dénominateur est égal à 2 et celui
du numérateur vaut 2. Le filtre est donc un passe-haut du second ordre.
c) Diagramme de Bode
c1) Diagramme de Bode pour le gain
 ω2
ω2 G ~ 2 G ~ 40 log ω − 40 log ω0
• Si ω → 0 H ~ − 2 ⇒  ω0 ⇒  dB
ω0 θ ~ π − 0+ θ ~ π

 ω2 j ω 
arg  1 − 2 +  = 0 , donc θ = π − 0 . On a bien un angle compris entre [ −π ; π ] .
+ +

 ω0 Q ω0 
On a une droite de pente +40 dB par décade.
G → 0
• Si ω → ∞ H ~ 1 ⇒  dB
θ → 0
• Intersection des asymptotes : 0 = 40logω − 40 log ω0 ⇒ ω = ω0

Le point d’intersection a pour abscisse ω0 et pour ordonnée 0.


π
• La courbe réelle vaut pour ω = ω0 : H = jQ ⇒ G (ω0 ) = Q ⇒ GdB = 20 log Q et θ = .
2
1
Il faut savoir que pour un passe-haut du deuxième ordre, il y a résonance si Q > .
2
1
¾ Si Q < , le gain n’a pas de maximum.
2
1
¾ Si Q > , on a une résonance en tension.
2
H
La bande passante à –3 dB est : ∆ω = ω2 − ω1 avec H ( jω1 ) = H ( jω2 ) = max
.
2
ω0
On peut montrer que si Q >> 1, ∆ω ≈ .
Q

Q Filtres (32-102) Page 21 sur 25 JN Beury


ω2

ω02 1 ω0
Détail des calculs : H ( jω ) = = . On pose u = . Attention : u n’est pas une
ω j ω 2
ω j ω0
2
ω
1− + 1− − 0

ω02 Q ω0 ω Q ω
2

1 Q
pulsation réduite. G ( u ) = = .
u2 ( )
2

(1 − u ) u + Q2 1 − u 2
2 2
2
+ 2
Q
On retrouve exactement le même calcul que dans le paragraphe III.4c).
3

dG Q
( )
= − u 2 + Q 2 1 − u 2   2u − 2Q 2 2u 1 − u 2  ( )
2 2

du 2  
 
3

dG Q
( )
= − u 2 + Q 2 1 − u 2   2Q 2 1 − u 2 − 1( )
2 2

du 
2  
 
dG
= 0 ⇔ u = 0 ou 1 − 2Q 2 + 2Q 2u 2 = 0
du
dG 1 1
= 0 ⇔ u = 0 ou u = u R = 1 − . Ceci n’est possible que si Q >
du 2Q 2 2
On a donc deux cas :
1 dG
• Si Q ≤ : > 0 . G est toujours croissante.
2 du
G(0) = 1, G(Q) = Q et si u → ∞, G → 0 .
1 dG 1
• Si Q > : s’annule pour u = 0 et u = u R = 1 − .
2 du 2Q 2
G passe par un maximum pour u = uR.
Q Q
Gmax = =
1  1  1
1− + Q2  1−
2  4Q 2
2Q 2  2Q 

GdB

1
Q = 10 >
2

Q = 0,714

-20 asymptote à +40 dB par Q = 0,1


décade

100 1000 10000 ω

ω0 = 1000 rad.s-1

Le circuit est d’autant plus sélectif (bande passante étroite) que le facteur de qualité est grand (résistance
petite).

Le passe-haut du second ordre a une coupure plus rapide que le passe-haut du premier ordre.

Q Filtres (32-102) Page 22 sur 25 JN Beury


c2) Diagramme de Bode pour la phase
θ ph 2
π
Q = 10

π
2

Q = 0,1
Q=0,714

0
100 1000 10000 ω
ω0 = 1000 rad.s-1

On a un saut de phase de π quand on passe des basses fréquences aux hautes fréquences.
Plus le facteur de qualité augmente, plus la courbe se rapproche du diagramme de Bode asymptotique.

III.6 Filtre réjecteur de bande


ω2
1−
ω02
La forme canonique est H ( jω ) =
ω2 j ω
1− +
ω02 Q ω0
G ~ 1 G → 0
• Si ω → 0 H ~ 1 ⇒  ⇒  dB
θ → 0 θ → 0
G ~ 1 G → 0
• Si ω → 0 H ~ 1 ⇒  ⇒  dB
θ → 0 θ → 0
• La courbe réelle vaut pour ω = ω0 : H ( jω0 ) = 0 .
ε −π
Si ω ω0 et ω < ω0 , H ( jω ) ∼ ∼
j 2
Q
−ε π
Si ω ω0 et ω > ω0 , H ( jω ) ∼ ∼
j 2
Q
On a donc une discontinuité de phase de π .

Exemple de courbe avec H0 = 1 ;


f0 = 1 kHz ; Q = 10

Q Filtres (32-102) Page 23 sur 25 JN Beury


Gmax 1
On cherche les pulsations de coupure à –3 dB : ω1 et ω2 telles que : G (ω1 ) = G (ω2 ) = = .
2 2
ω 1 − x2 1 x2
( ) = (1 − x )
2 2
On pose x = la pulsation réduite. On a : = ⇒ 2 1 − x2 2
+
ω0 x2 2 Q2
(1 − x )
2
2
+
Q2
x2 x2  x  x
( ) ( )
2 2
Soit 1 − x 2 = ⇔ 1 − x2 − = 0 ⇔ 1 − x 2 − 1 − x 2 +  = 0
Q2 Q2  Q  Q 
x x
⇔ 1 − x2 − = 0 ou 1 − x 2 + = 0
Q Q
x x
⇔ x2 + − 1 = 0 ou x 2 − − 1 = 0
Q Q
x 1  1 
¾ Étude de x2 − − 1 = 0 . Le discriminant vaut ∆ = 2 + 4 = 4 1 + 2 
>0
Q Q  4Q 
1 1 1 1
x= ± 1+ . Une seule solution est physiquement acceptable (x > 0). D’où x2 = + 1+
2Q 4Q 2 2Q 4Q 2
x 1  1  1 1
¾ Étude de x 2 + − 1 = 0 . Le discriminant vaut ∆ = 2 + 4 = 4 1 + 2 
> 0. x = − ± 1+ 2
. Une
Q Q  4Q  2Q 4Q
1 1
seule solution est physiquement acceptable (x > 0). D’où x1 = − + 1+ .
2Q 4Q 2
1 ∆ω
¾ On en déduit que : ∆x = x2 − x1 = = .
Q ω0
Le réjecteur de bande rejette les pulsations autour de ω0 . La largeur de la bande de fréquences rejetées est :
ω
∆ω = 0
Q

IV. EXEMPLE : MISE EN CASCADE DE FILTRES D’ORDRE 1


Il faut utiliser un montage suiveur (voir chapitre amplificateur opérationnel) : il a une impédance d’entrée infinie et une
impédance de sortie nulle.
Si on relie directement le deuxième filtre au premier filtre, la première fonction de transfert H 1 ( jω ) est modifiée par le
deuxième filtre.

C2

R1 R2 VS
Ve C1

1
jC1ω 1
H1 ( jω ) = = . C’est un passe-bas du premier ordre de pulsation de coupure ω1 .
R1 +
1 1 + jR1C1ω
jC1ω
R2 jR2 C2ω
H 2 ( jω ) = = . C’est un passe-haut du premier ordre de pulsation de coupure ω2 .
R2 +
1 1 + jR2 C2ω
jC2ω

Q Filtres (32-102) Page 24 sur 25 JN Beury


G = G1 ⋅ G2 GdB = GdB1 + GdB 2
H ( jω ) = H1 ( jω ) ⋅ H 2 ( jω ) , donc  et 
θ = θ1 + θ 2 θ = θ1 + θ 2
θ
GdB π
2
ω2 ω1 ω1
0
log ω ω2 log ω
−π
+20 dB/décade 2

−20 dB/décade

jR2 C2ω
En développant, on a : H ( jω ) = .
1 − R1 R2 C1C2ω 2 + jω ( R1C1 + R2 C2 )
j ω
Q ω0
On identifie à la forme canonique d’un passe-bande : H ( jω ) = H 0
ω2 j ω
1− +
ω02 Q ω0
 2 1  1
ω0 = ω0 =
 R1 R2 C1C2  R1 R2 C1C2
 1  1
On a donc :  = R1C1 + R2 C2 ⇒ Q =
 Qω0  ω0 ( R1C1 + R2 C2 )
 H0  R2 C2
 = R2 C2 H0 =

 0  R1C1 + R2 C2

Q Filtres (32-102) Page 25 sur 25 JN Beury