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Communication et langages

Le manipulateur manipulé : Patrick Charaudeau Le discours


d'information médiatique. la construction du miroir social
Dominique Picard

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Picard Dominique. Le manipulateur manipulé : Patrick Charaudeau Le discours d'information médiatique. la construction du
miroir social . In: Communication et langages, n°115, 1er trimestre 1998. pp. 117-118.

http://www.persee.fr/doc/colan_0336-1500_1998_num_115_1_2838_t1_0117_0000_4

Document généré le 23/09/2015


un
LU

contraintes auxquelles ils sont soumis et


LE MANIPULATEUR MANIPULE en tenir compte dans leur évaluation.
Dans une première partie, l'auteur
Patrick Charaudeau s'attache donc à montrer que
LE DISCOURS D'INFORMATION l'information est bien un «discours», au sens où
MÉDIATIQUE. LA CONSTRUCTION on l'entend en science du langage, c'est-
DU MIROIR SOCIAL à-dire une production « qui témoigne de
Nathan, 1997, 286 pages. la façon dont s'organise la circulation de
la parole dans une communauté sociale
Depuis plusieurs années, Patrick en produisant du sens». Cette
Charaudeau, professeur de sciences du production n'existe pas dans une extériorité à
langage à l'université Paris-XIII, poursuit l'homme (comme la pluie ou un arbre),
des recherches sur le « discours c'est une production humaine qui
médiatique», dans une approche originale et construit du savoir en discours et au
pluridisciplinaire où se croisent la sujet de laquelle il convient de se poser
sociologie, la psychologie sociale et la la question de sa source, de sa validité
sémiologie discursive. Après un essai fort (ou valeur de vérité), de sa sélection et
remarqué sur le talk show (La Parole de son effet (visé et produit).
confisquée, un genre télévisuel : le talk Les deux parties suivantes sont
show, Dunod, 1997), il s'intéresse cette consacrées aux contraintes discursives et
fois au discours d'information médiatique. situationnelles. Ce que P. Charaudeau
Pour cela, P. Charaudeau part d'un appelle la « machine médiatique »
constat assez simple et évident dont, présente en fait une double finalité dont
malheureusement, on ne tient pas chaque pôle correspond à une logique
toujours compte : ce qu'on appelle symbolique particulière : «faire savoir»
('«information » est avant tout une forme (qui est un acte civique d'information du
particulière de discours ; et en tant que citoyen), mais aussi «faire sentir», qui
telle, elle dépend étroitement de sa mise répond à une logique de séduction à la
en forme et de sa mise en spectacle. On fois « éthique » (séduire pour éduquer) et
ne peut donc se contenter, comme on le « commerciale » (capter plus de gens
fait souvent, de déprécier tel type que les concurrents).
d'information (télévisuelle, par exemple) au Or, ces deux types de visée sont
profit de tel autre (presse écrite, contradictoires puisque le premier suppose
notamment) ; si l'on veut réellement évaluer et une absence de mise en spectacle alors
comparer les différents types de que l'autre rend la mise en spectacle
supports médiatiques, il faut connaître les indispensable. La première contrainte de
118 Les livres

UN LUXUEUX ALBUM

Louis Guéry
VISAGES DE LA PRESSE
CFPJ Éditions, 1997.

Un luxueux album, fruit de trente-cinq


années de recherches et portant sur
presque quatre siècles de publications
d'organes de presse. Depuis La gazzette
francoise de Marcelin Allard jusqu'à
Libération et aux magazines de
télévision.
Le premier chapitre de l'ouvrage nous
conduit jusqu'en 1800, avec la célèbre
Gazette de Théophraste Renaudot;
mais aussi des publications scientifiques
littéraires, politiques, de mode
féminine... jusqu'à l'explosion des multiples
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journaux révolutionnaires.
Dans le second chapitre, nous passons
jusqu'en 1870, des journaux de l'élite à
ceux de la presse populaire. C'est la
publication de La Presse d'Emile de
Girardin, vendue en dessous de son prix
de revient grâce aux recettes apportées
par la « réclame ». Et avec l'attrait des
informations sportives, et l'innovation du
feuilleton, dont le premier titre sera La
Vieille Fille, d'un certain Honoré de
Balzac.
Le chapitre suivant nous conduit jusqu'en
1 920. C'est l'avènement des grands
quotidiens d'information, du Petit Parisien au
Matin et au Figaro, imprimés sur des
rotatives à grand débit. Et des
suppléments illustrés en couleur, avec du sang
qui dégouline à la une... Mais aussi des
magazines de grande classe, imprimés
sur papier glacé ; tel L'Illustration.
I L'entre-deux-guerres est notamment
§ marquée par la révolution apportée par
Paris-soir. Puis nous en arrivons à 1945
I et à nos jours : avec l'hécatombe de la