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Chapitre 20

Intégration

20.1 Continuité uniforme


I Solution 20.1.1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
 √
xn = nπ π
Posons . On a yn − xn = √ p , donc lim (yn − xn ) = 0.
nπ + (n + 1)π n→∞
p
y = (n + 1)π
n
Pourtant f (yn ) − f (xn ) ne tend pas vers 0 quand n → ∞.
En effet |f (yn ) − f (xn )| = |cos((n + 1)π) − cos(nπ)| = 2.
Cela suffit à prouver que f n’est pas uniformément continue sur R.

I Solution 20.1.2 ............................................................................................................

– Première méthode :

On se donne ε > 0. L’application x 7→ x est continue sur le segment [0, 2].
En vertu du théorème de Heine, elle y est uniformément continue.
√ √
Il existe donc α > 0 tel que : ∀(x, y) ∈ [ 0, 2 ], |x − y| 6 α ⇒ x − y 6 ε.
√ √ |x − y|
Pour tous x, y de [1, +∞[, on a x − y = √ √ 6 2 |x − y|.
x+ y
ε √ √
On peut donc écrire ∀(x, y) ∈ [ 1, +∞ [, |x − y| 6 ⇒ x − y 6 ε.
2
ε
Posons maintenant η = min(α, , 1) > 0, et soient x, y dans R+ tels que |x − y| 6 η.
2
Puisque η 6 1, les réels x et y sont tous deux dans [0, 2] ou tous deux dans [1, +∞[.
√ √
Dans les deux cas, le choix de η montre que x − y 6 ε.
√ √
On a donc trouvé η > 0 tel que ∀ (x, y) ∈ (R+ )2 , |x − y| 6 η ⇒ x − y 6 ε.

Conclusion : l’application x 7→ x est uniformément continue sur R+ .
– Deuxième méthode :
On se donne un réel ε strictement positif quelconque.
√ √
On doit trouver α > 0 tel que ∀ (x, y) ∈ (R+ )2 , |x − y| 6 α ⇒ x − y 6 ε.
Sans perdre de généralité, on peut bien supposer x > y.
√ √ √
Montrons que dans ces conditions, on a 0 6 x − y 6 x − y.
√ √ √ √ √ √
En effet x − y − ( x − y)2 = x − y − (x + y − 2 xy) = 2 y( x − y) > 0.
√ √ √
Il en découle que si 0 6 x − y 6 ε2 , alors 0 6 x − y 6 x − y 6 ε.
√ √
L’implication ∀ (x, y) ∈ (R+ )2 , |x − y| 6 η ⇒ x − y 6 ε est donc vraie avec η = ε2 .

Conclusion : l’application x 7→ x est uniformément continue sur R+ .
20.1 Continuité uniforme Chapitre 20 : Intégration

I Solution 20.1.3 ............................................................................................................

– On suppose que les applications f et g sont définies sur un même intervelle I.


Il existe un réel M tel que, ∀ x ∈ I, |f (x)| 6 M et |g(x)| 6 M . 
|f (x) − f (y)| 6 ε
On se donne ε > 0. Il existe η > 0 tel que : ∀ (x, y) ∈ I, |x − y| 6 η ⇒
|g(x) − g(y)| 6 ε
On se donne deux réels x, y quelconques, tels que |x − y| 6 η.
 
On a alors : |(f g)(x) − (f g)(y)| = f (x) g(x) − g(y) + g(y) f (x) − f (y)
6 |f (x)| |g(x) − g(y)| + |g(y)| |f (x) − f (y)| 6 2M ε
Ce résultat prouve que l’application f g est uniformément continue.
– Les applications f : x 7→ x et g : x 7→ x sont uniformément continues sur R.
Mais il n’en est pas de même de l’application f g : x 7→ x2 .
1
Pour s’en rendre compte, on peut poser xn = n et yn = n + .
n
2 2
 1
On a bien lim (yn − xn ) = 0, mais lim (yn − xn ) = lim 2 + 2 = 2 6= 0.
n→∞ n→∞ n→∞ n

I Solution 20.1.4 ............................................................................................................

Posons ` = lim f (x) et `0 = lim f (x).


x→−∞ x→+∞
On se donne un réel strictement positif quelconque ε.
ε ε
Il existe A > 0 tel que x 6 −A ⇒ |f (x) − `| 6 , et tel que x > A ⇒ |f (x) − `0 | 6 .
2 2
On en déduit que si x, y sont tous deux 6 −A ou tous deux > A, alors |f (x) − f (y)| 6 ε.
L’application f est continue sur le segment I = [−A − 1, A + 1]
Elle est donc uniformément continue sur ce segment (théorème de Heine.)
Il existe donc α > 0 tel que ∀ (x, y) ∈ I 2 , |x − y| 6 α ⇒ |f (x) − f (y)| 6 ε.
Posons alors η = min(α, 1), et donnons-nous x, y dans R tels que |x − y| 6 η.
  
x 6 −A −A − 1 6 x 6 A + 1 A 6 x
Puisque η 6 1, on est dans l’un des cas : ou ou
y 6 −A −A − 1 6 y 6 A + 1 A 6 y

Dans les trois cas, compte tenu des définitions précédentes, on a |f (x) − f (y)| 6 ε.
Ainsi, pour tout ε > 0, il existe η > 0 tel que : ∀ (x, y) ∈ R2 , |x − y| 6 η ⇒ |f (x) − f (y)| 6 ε.
Conclusion : l’application f est uniformément continue sur R.

I Solution 20.1.5 ............................................................................................................

1. Pour tous x, y de [a, b], on a y 3 − x3 = |y − x| y 2 + xy + x2 6 3b2 |y − x|.


Pour tous x, y de [a, b], on a donc |f (y) − f (x)| 6 3kb2 |y − x|.


Cela prouve que f est lipschitzienne sur [a, b].
L’application f est donc uniformément continue sur [a, b].
2. On se donne x, y dans [a, b], avec x < y.
On sait que |f (y) − f (x)| < k|y 3 − x3 | donc : f (y) − f (x) < k(y 3 − x3 ).
Cette inégalité s’écrit ϕ(y) < ϕ(x).
Il en découle que ϕ est strictement décroissante sur [a, b].
3. L’hypothèse implique ka3 6 f (a) et f (b) 6 kb3 donc ϕ(a) > 0 et ϕ(b) 6 0.
L’application ϕ est continue sur [a, b] et strictement monotone.
Elle réalise donc une bijection de [a, b] sur un intervalle J.
On vient de voir que J contient ϕ(a) > 0 et ϕ(b) 6 0, donc qu’il contient 0.
Conclusion : il existe un unique α de [a, b] tel que ϕ(α) = 0.

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20.1 Continuité uniforme Chapitre 20 : Intégration

I Solution 20.1.6 ............................................................................................................

Pour tout réel α, l’application hα : x 7→ f (x) + αg(x) est continue sur [a, b].
Elle atteint donc son maximum sur ce segment, ce qui prouve l’existence de M (α).
Donnons-nous deux réels α0 et α1 .
Il existe x0 dans [a, b] tel que M (α0 ) = max hα0 (x) = hα0 (x0 ).
x∈[a,b]

De même, il existe x1 dans [a, b] tel que M (α1 ) = max hα1 (x) = hα1 (x1 ).
x∈[a,b]

Par définition de x0 et x1 on a hα0 (x1 ) 6 hα0 (x0 ) et hα1 (x0 ) 6 hα1 (x1 ).
On en déduit un encadrement de M (α0 ) − M (α1 ).

– D’une part M (α0 ) − M (α1 ) = hα0 (x0 ) − hα1 (x1 ) 6 hα0 (x0 ) − hα1 (x0 ).
Autrement dit M (α0 ) − M (α1 ) 6 (α0 − α1 )g(x0 ).
– D’autre part M (α0 ) − M (α1 ) = hα0 (x0 ) − hα1 (x1 ) > hα0 (x1 ) − hα1 (x1 ).
Autrement dit M (α0 ) − M (α1 ) > (α0 − α1 )g(x1 ).

Ces deux inégalités donnent |M (α0 ) − M (α1 )| 6 |α0 − α1 | max(|g(x0 )| , |g(x1 )|).
Notons K = max |g(x)| (rappelons que l’application g est continue sur le segment [a, b].)
x∈[a,b]

On obtient |M (α0 ) − M (α1 )| 6 K |α0 − α1 |, pour tous α0 , α1 de [a, b].


Conclusion : l’application M est lipschitzienne sur le segment [a, b].

I Solution 20.1.7 ............................................................................................................

On va prouver : 0 6 x 6 y ⇒ 0 6 y α − xα 6 (y − x)α .
Pour cela, on fixe y > 0 et on pose ϕy (x) = (y − x)α + xα − y α pour x ∈ [0, y].
L’application ϕy est continue sur [0, y]. Il faut montrer qu’elle reste > 0.
1
On remarque que ∀ x ∈ [0, y], ϕy (x) = ϕy (y − x) : il y a une symétrie par rapport à x = y.
2
1
Il reste donc à prouver que ϕy (x) > 0 sur [0, y].
2
Pour tout x de ]0, y[ on a ϕ0y (x) = α(xα−1 − (y − x)α−1 ).
L’application t 7→ tα−1 est décroissante sur R+∗ car α < 1.
1
Il en résulte que 0 < x 6 y ⇒ 0 < x 6 y − x ⇒ xα−1 > (y − x)α−1 ⇒ ϕ0y (x) > 0.
2
1
Ainsi l’application ϕy est croissante sur [0, y], donc positive ou nulle sur cet intervalle.
2
On en déduit que ϕy (x) > 0 sur [0, y], ce qu’il fallait démontrer.
On peut donc affirmer que ∀ (x, y) ∈ R+ , |y α − xα | 6 |y − x|α .
On se donne maintenant un réel ε strictement positif quelconque.
Posons η = ε1/α . Le résultat précédent permet d’écrire :
∀ (x, y) ∈ R2 , |y − x| 6 η ⇒ |y α − xα | 6 |y − x|α ⇒ |y α − xα | 6 η α = ε
On a ainsi prouvé que l’application x 7→ xα est uniformément continue sur R+ .

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20.2 Sommes de Riemann Chapitre 20 : Intégration

I Solution 20.1.8 ............................................................................................................

Il existe α > 0 tel que : ∀ (x, y) ∈ R2 , |x − y| 6 α ⇒ |f (x) − f (y)| 6 1.


|x| |x|
On se donne un réel x 6= 0. Soit n le plus petit entier tel que 6 α. On a n > > n − 1.
n α
kx |x|
Les xk = , pour k ∈ {0, . . . , n}, forment une subdivision du segment [0, x], de pas 6 α.
n n
n−1  n−1
X X
On peut alors écrire |f (x) − f (0)| = f (xk+1 ) − f (xk ) 6 |f (xk+1 ) − f (xk )| 6 n.
k=0 k=0
|x|
On en déduit |f (x)| 6 |f (0)| + n 6 |f (0)| + + 1 (c’est encore vrai si x = 0.)
α
1
On a donc obtenu : ∀ x ∈ R, |f (x)| 6 a |x| + b, avec a = et b = |f (0)| + 1.
α

20.2 Sommes de Riemann


I Solution 20.2.1 ............................................................................................................

Soit f : [a, b] → R une application continue par morceaux.


Z b n
b−a X  k(b − a) 
On rappelle que f (x) dx = lim f a+ .
a n→+∞ n n
k=1

– On applique ce qui précède à l’application x 7→ x2 sur [0, 1].


k2
Z 1 n n
1X 1 X (n + 1)(2n + 1) 1
On obtient x2 dx = lim 2
= lim 3
k 2 = lim 2
= .
0 n→+∞ n n n→+∞ n n→+∞ 6n 3
k=1 k=1

k3 (n + 1)2
Z 1 n n
1X 1 X 1
– De même x3 dx = lim 3
= lim 4
k 3
= lim 2
= .
0 n→+∞ n n n→+∞ n k=1 n→+∞ 4n 4
k=1

I Solution 20.2.2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
1 k
Posons f (x) = , et ck = 1 + , avec k ∈ {0, n(p − 1)}.
x n
1
Les coefficients ck forment une subdivision régulière de [1, p], de pas .
n
np n(p−1) n(p−1)
X 1 1 X 1 1 X
Avec ces notations, Sn = = = f (ck ).
k n k=0 k n k=0
k=n +1
n
On reconnait une somme de Riemann de f sur le segment [1, p].
Z p
1
Sa limite, quand le pas h = tend vers 0, est f (x) dx = [ln x]p1 = ln p.
n 1
np
X 1
Conclusion : lim = ln p.
n→+∞
k=n
k

I Solution 20.2.3 ............................................................................................................


s
n
1X k √
On constate que Sn = est une somme de Riemann de x 7→ x sur [0, 1].
n k=1 n
Z 1 h 2 √ i1
√ 2
On en déduit lim Sn = x dx = x x =
n→+∞ 0 3 0 3

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20.2 Sommes de Riemann Chapitre 20 : Intégration

I Solution 20.2.4 ............................................................................................................

n−1
X 1 1 n−1
X k 1
On constate que Sn = √ = f , avec f (x) = √ .
k=0 n2 − k 2 n k=0 n 1 − x2
L’application f n’est pas continue par morceaux sur [0, 1] car lim = +∞.
x→1−
Pour cette raison, on ne peut pas utiliser les sommes de Riemann.
En revanche, f est croissante ce qui nous permet de procéder par encadrements.
k k+1
1 k
Z Z
n n
La croissance de f donne f (x) dx 6 f 6 f (x) dx.
k−1
n
n n k
n

(On rappelle que f est intégrable au voisinage de 1, ce qui permet de considérer k = n − 1.)
Z n−1 Z 1
n
En sommant de k = 1 à k = n − 1, il vient f (x) dx 6 Sn 6 f (x) dx.
0 1
n
 1 π 1 π
Autrement dit : arcsin 1 − 6 Sn 6 − arcsin , donc lim Sn = .
n 2 n n→+∞ 2

I Solution 20.2.5 ............................................................................................................

n n
1 n! 1 Y k 1X k
On constate que ln Sn = ln n = ln = ln .
n n n k=1 n n k=1 n
La fonction x 7→ ln x n’est pas continue par morceaux sur [0, 1] mais elle y est croissante.
Comme dans l’exercice précédent, on procède par encadrements.
k k+1
1 k
Z Z
n n
Pour tout entier k de {1, . . . , n − 1}, on ln x dx 6 ln 6 ln x dx.
k−1
n
n n k
n

(Rappel : x 7→ ln x est intégrable au voisinage de 0, ce qui permet de considérer k = 1.)


Z n−1 Z 1
n
On en déduit par sommation ln x dx 6 ln Sn 6 ln x dx.
0 1
n Z 1
Quand n → ∞, les deux termes de l’encadrement tendent vers ln x dx = [x ln x − x]10 = −1.
0
1
Ainsi ln Sn tend vers −1 et donc Sn vers quand n tend vers ∞.
e

I Solution 20.2.6 ............................................................................................................

n n  n
1 (2n)! 1  1 Y  1 Y k 1 X  k
On a : ln Sn = ln = ln (n + k) = ln 1 + = ln 1 + .
n n! nn n nn k=1 n k=1 n n k=1 n
Ainsi ln Sn est une somme de Riemann de x 7→ ln x sur [1, 2].
Z 2
4
On en déduit lim ln Sn = ln x dx = [x ln x − x]21 = 2 ln 2 − 1 = ln .
n→+∞ 1 e
4
Conclusion : lorsque n tend vers +∞, Sn tend vers .
e

I Solution 20.2.7 ............................................................................................................

1 1
– Si x < −1 : pour tout x, on a Sn (x) > . Mais lim = +∞ si x < −1.
nx+1 n→∞ nx+1
On en déduit que si x < −1 alors lim Sn (x) = +∞.
n→+∞
n
X 1
– Si x = −1 : on a Sn (−1) = et on sait que cette somme tend vers +∞ avec n.
k=1
k
n  x n
1X k 1X k
– Si −1 < x : on écrit Sn (x) = = f avec f (t) = tx .
n k=1 n n k=1 n

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20.2 Sommes de Riemann Chapitre 20 : Intégration

L’application f est monotone sur [0, 1], et intégrable



car x > −1.
décroissante si − 1 < x 6 0
Plus précisément, f 0 (t) = xtx−1 : f est donc
croissante si x > 0
k+1
1 k
Z
n
Posons Ik = f (x) dx : yk = f est donc compris entre Ik−1 et Ik .
k
n
n n

Ik−1 6 yk 6 Ik si f est croissante, c-à-d x > 0
Plus précisément, .
I
k−1 > yk > Ik si f est décroissante, c-à-d x 6 0
Z 1 Z n+1
n
On somme pour 1 6 k 6 n : Sn (x) est compris entre I = f (x) dx et Jn = f (x) dx.
0 1
n
" #t=1
tx+1 1 1
Mais lim Jn = I = = . Cocnlusion : si x > −1, lim Sn (x) = .
n→+∞ x+1 t=0
x+1 n→+∞ x+1

I Solution 20.2.8 ............................................................................................................

k
Soit n > 1 un entier, et la subdivision de [0, 1] définie par xk = .
n
n Z 1
1X
On sait que la somme de Riemann Sn = ln f (xk ) vérifie lim Sn = ln f (x) dx.
n k=1 0
n Z 1
1X
x 7→ ln x est concave donc Sn 6 ln Sn0 , avec Sn0 = f (xk ). Or lim Sn0 = f (x) dx.
n k=1 n→∞ 0
Z 1 Z 1
Quand n → +∞, l’inégalité Sn 6 ln Sn0 donne donc ln f (x) dx 6 ln f (x) dx.
0 0

I Solution 20.2.9 ............................................................................................................

ka
1. Soit n un entier positif. On pose xk = et yk = f (xk ), pour tout k de {0, . . . , n}.
n
Les xk forment une subdivision régulière σ de [0, a]. La fonction f étant croissante, les yk forment une
subdivision (à priori non régulière) de [0, b] (on rappelle que f (0) = 0).
n n−1
aX X
On considère les sommes de Riemann Sn = f (xk ) et Sn0 = (yk+1 − yk )g(yk ).
n k=1 k=0
Z a
Lorsque n → ∞, la somme Sn tend vers f (x) dx.
0
f étant continue sur le segment [0, 1], elle y est uniformément continue (Th de Heine.)
Il en découle que le “pas” de la subdivision σ 0 tend vers 0 lorsque n → +∞.
Z b
On en déduit que Sn0 tend vers g(x) dx quand n → +∞. D’autre part :
0

n n−1 n n−1 n−1


aX X aX X X
Sn + Sn0 = yk + (yk+1 − yk )xk = yk + xk yk+1 − x k yk
n k=1 k=0
n k=1 k=0 k=0
n n n−1
aX X X
= yk + xk−1 yk − x k yk
n k=1 k=1 k=0
n−1
X a  a 
= − xk + xk−1 yk + + xn−1 b = ab
k=1 |n {z } n
=0
Z a Z b
Quand n → ∞, l’égalité Sn + Sn0 = ab donne donc f (x) dx + g(x) dx = ab.
0 0

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20.2 Sommes de Riemann Chapitre 20 : Intégration

2. On se donne u ∈ [0, a] et v ∈ [0, b].


Z u Z f (u)
D’après la question précédente, on a f (x) dx + g(x) dx = uf (u). Ainsi :
0 0
Z u Z v Z u Z f (u) Z v
f (x) dx + g(x) dx − uv = f (x) dx + g(x) dx + g(x) dx − uv
0 0 0 0 f (u)
Z v Z v

= u(f (u) − v) + g(x) dx = g(x) − u dx
f (u) f (u)

Rappelons que l’application g, tout comme f , est croissante.


– Si f (u) 6 v, alors u 6 g(x) 6 g(v) sur [f (u), v].

– Si v 6 f (u), alors g(v) 6 g(x) 6 u sur [v, f (u)].


Z v

Dans tous les cas, on a donc g(x) − u dx > 0.
f (u) Z u Z v
Compte tenu du calcul précédent, on en déduit f (x) dx + g(x) dx > uv.
0 0
3. Le schéma ci-dessous illustre l’idée de la démonstration de la première question.
On y voit la subdivision (xk ) de [0, a], ainsi que la subdivision (yk ) de [0, b].
La somme de Riemann S6 de f est représenté par des hachures obliques.
La somme de Riemann S60 de g est représentée par un nuage de points.
On voit bien comment les sommes S6 et S60 s’emboîtent de telle sorte que S6 + S60 = ab.

Quand n → ∞ on devine que Sn et Sn0 tendent respectivement vers l’intégrale de f sur [0, a] (aire du
domaine situé sous la courbe y = f (x) et dans le rectangle [0, a] × [0, b]) et vers l’intégrale de g = f −1
sur [0, b] (aire du domaine situé au-dessus de la courbe y = f (x) et dans le rectangle [0, a] × [0, b]). Le
fait que la somme des deux aires soit égale à ab est aussi particulièrement évident sur ce graphique.
Le dessin ci-dessous illustre la question 2. On s’est placé ici dans le cas v > f (u). L’intégrale de f sur
[0, v] est hachurée horizontalement. Celle de g sur [0, v] est hachurée verticalement. On voit que la somme
de ces deux aires dépasse uv (le rectangle grisé.)

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20.2 Sommes de Riemann Chapitre 20 : Intégration

I Solution 20.2.10 ..........................................................................................................

n
1X k
On sépare Sn = (−1)k f en deux sommes, en fonction de la parité de l’indice k.
n k=1 n
n/2 (n−1)/2
1 2 X 2k  2 X 2k + 1 
Ainsi Sn = (Sn0 − Sn00 ), avec Sn0 = f et Sn00 = f .
2 n k=1 n n k=1
n
Or Sn0 et Sn00 sont deux sommes de Riemann de f sur [0, 1].
Z 1
On a donc lim S 0 = lim S 00 = f (x) dx. Il en découle lim Sn = 0.
n→∞ n n→∞ n 0 n→∞

I Solution 20.2.11 ..........................................................................................................

1 n−1
X k  k + 1 1 n−1
X k k
Posons Sn = f g et Tn = f g .
n k=0 n n n k=0 n n
Z 1
On sait que lim Tn = f (x)g(x) dx. Il reste donc à montrer que lim (Sn − Tn ) = 0.
n→∞ 0 n→+∞
n−1 k   k + 1  k 
1 X
On constate que Sn − Tn = f g −g .
n k=0 n n n
Donnons-nous ε > 0. L’application g étant continue sur le segment [0, 1], elle y est uniformément continue
(théorème de Heine.)
Ainsi il existe un réel α > 0 tel que : ∀ (x, y) ∈ [0, 1]2 , |x − y| 6 α ⇒ |g(x) − g(y)| 6 ε.
1 k + 1  k 
On en déduit que si n > , alors on a : ∀ k ∈ {0, . . . , n − 1}, g −g 6 ε.

α n n
1 1 n−1
X  k 
Ainsi n > ⇒ |Sn − Tn | 6 εUn , avec Un = f .
α n k=0 n
Z 1
Mais la suite (Un ) converge vers |f (x)| dx : cette suite est donc bornée.
0
Il existe donc M > 0 et un entier n > n0 tels que : n > n0 ⇒ |Sn − Tn | 6 M ε.
1 n−1
X k  k + 1 Z 1
Ainsi lim (Sn − Tn ) = 0, et finalement lim f g = f (x)g(x) dx.
n→+∞ n→+∞ n n n 0
k=0

I Solution 20.2.12 ..........................................................................................................

n n
1X 1X 1
On constate que Sn = =√ .
n2 + kn
r
k=1
n k=1 k
1+
n
Z 1 h √ i1 √
dx
On en déduit lim Sn = √ = 2 1 + x = 2( 2 − 1)
n→+∞ 0 1+x 0

I Solution 20.2.13 ..........................................................................................................

b−a
1. Pour simplifier les notations posons xk = a + k , avec k ∈ {0, . . . , n − 1}.
n
b − a n−1 n−1
Z b X X Z xk+1

On peut écrire Rn (f ) = f (x) dx − f (xk ) = f (x) − f (xk ) dx
a n k=0 k=0 xk
On applique Taylor-Lagrange entre xk et x, avec x ∈ [xk , xk+1 ] :
(x − xk )2 00 (x − xk )3
f (x) − f (xk ) − (x − xk )f 0 (xk ) − f (xk ) 6 M3

2 6
On procède ensuite à une intégration sur [xk , xk+1 ]. On trouve
Z xk+1  (x − xk )2 00 M3 xk+1
 Z
f (x) − f (xk ) − (x − xk )f 0 (xk ) − f (xk ) dx 6 (x − xk )3 dx


xk 2 6 xk

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20.3 Propriétés de l’intégrale Chapitre 20 : Intégration

b−a
Autrement dit, compte tenu de ce que xk+1 − xk = :
n
Z xk+1  (b − a)2 0 (b − a)3 00 (b − a)4
f (x) − f (xk ) dx − f (x ) − f (x ) 6 M3

2 k 3 k 4
xk 2n 6n 24n

On en déduit, par sommation de k = 0 à k = n − 1 :


n−1
X
Z xk+1  (b − a)2 0 (b − a)3 00  (b − a)4
f (x) − f (xk ) dx − f (x ) − f (x ) 6 M3

2 k 3 k 3
k=0 xk 2n 6n 24n

b − a n−1 b − a n−1 b − a n−1


f 0 (xk ) et Sn (f 00 ) = f 00 (xk ).
X X X
Posons Sn (f ) = f (xk ), Sn (f 0 ) =
n k=0 n k=0 n k=0

L’inégalité précédente devient :


Z b b−a (b − a)2 (b − a)4
f (x) dx − Sn (f ) − Sn (f 0 ) − S (f 00
) 6 M3

2 n 3
a 2n 6n 24n

(b − a)2
Z b
b−a  1 
2. Ainsi f (x) dx = Sn (f ) + Sn (f 0 ) + Sn (f 00
) + O .
a 2n 6n2 n3
En agissant sur f 0 (à un rang moindre) et sur f 00 (à un rang moindre encore), on trouve :
Z b Z b
0 b−a0
 1  1
f (x) dx = Sn (f ) + Sn (f 00 ) + O 2 et f 00 (x) dx = Sn (f 00 ) + O
a 2n n a n
Z b Z b Z b
00
1
0 b−a  1 
Ainsi Sn (f 00 ) = f (x) dx + O et Sn (f 0 ) = f (x) dx − f 00 (x) dx + O
a n a 2n a n2
On en déduit :
(b − a)2
Z b Z b Z b
b−a  1 
f (x) dx = Sn (f ) + f 0 (x) dx − f 00 (x) dx + O
a 2n a 12n2 a n3
 (b − a)2 0
Z b
b−a 0   1 
Finalement : f (x) dx = Sn (f ) + f (b) − f (a) − f (b) − f (a) + O
a 2n 12n2 n3

20.3 Propriétés de l’intégrale


I Solution 20.3.1 ............................................................................................................

1
L’application x 7→ √ est décroissante sur R+∗ .
x
Z k+1 Z k
dx 1 dx
Pour tout entier k > 2, on en déduit les inégalités : √ 6√ 6 √ .
k x k k−1 x
Z n+1 Z n
dx dx
Il en découle √ 6 Sn − 1 6 √ par sommation de k = 2 à k = n.
x
2 1 x
√ √ √
Autrement dit, pour tout n > 2 : 2 n + 1 − 2 2 + 1 6 Sn 6 2 n − 1.
Sn √
On en déduit lim √ = 1, c’est-à-dire Sn ∼ 2 n.
n→+∞ 2 n

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20.3 Propriétés de l’intégrale Chapitre 20 : Intégration

I Solution 20.3.2 ............................................................................................................

Z b 2 Z b Z b
2
1. On connait l’inégalité de Cauchy-Schwarz g(x)h(x) dx 6 g (x) dx h2 (x) dx.
a a a
Cette inégalité est valable pour toutes applications g et h continues par morceaux.
On sait aussi que si g et h sont continues, il y a égalité ⇔ g et h sont proportionnelles.
√ 1
Soit f un élément de E. Appliquons cette inégalité à g = f et h = √ .
f
Z b Z b
1 Z b 2
On en déduit I(f ) = f (x) dx dx > dx = (b − a)2 .
a a f (x) a
√ λ
Enfin il y a égalité ⇔ gh sont proportionnelles ⇔ ∃ λ, f = √ ⇔ ∃ λ, f = λ2 .
f
Autrement dit, il y a égalité ⇔ f est constante.
2. Il faut montrer que tout élément de ](b − a)2 , +∞[ s’écrit I(f ) pour un certain f de E.
Pour cela, on considère les applications fλ : x 7→ eλx , avec λ > 0.
1
Ces applications sont dans E, et fλ et sont facilement intégrables.

De plus on a la possibilité de faire varier le paramètre λ . . .. On trouve :
Z b Z b
1 h λx ib h −λx ib
I(fλ ) = eλx dx e−λx dx = −
e e
a a λ2 a a
1 λb 1
= − 2 (e − eλa )(e−λb − e−λa ) = 2 (e(b−a)λ + e(b−a)λ − 2)
λ λ
2 4 (b − a)λ 2 2 (b − a)λ
= 2 ch (b − a)λ − 1 = 2 sh2 sh2
 
= (b − a)2

λ λ 2 (b − a)λ 2
 (b − a)λ 
sh x
On constate que I(fλ ) = (b − a)2 ϕ2 , avec ϕ(x) = .
2 x
(b − a)λ
Quand λ décrit R+∗ , le réel x = décrit R+∗ .
2
Or quand x décrit R+∗ , ϕ(x) décrit ]1, +∞[ : en effet, la convexité de x 7→ sh x fait que l’application ϕ
est croissante, et on note que lim ϕ(x) = 1 et lim ϕ(x) = +∞.
x→0+ x→+∞
Ainsi, quand λ décrit R+∗ ,
le réel I(fλ ) décrit ](b − a)2 , +∞[.
On en déduit que l’ensemble {I(f ), f ∈ E} contient ](b − a)2 , +∞[.
Compte tenu du résultat de la question 1, on trouve : {I(f ), f ∈ E} = [(b − a)2 , +∞[.

I Solution 20.3.3 ............................................................................................................

Z b Z b Z b
Soit ε = ±1 le signe de f (x) dx. L’hypothèse exprime que |f (x)| dx = ε f (x) dx.
Z b a a a

On en déduit |f (x)| − εf (x) dx = 0. Or x 7→ |f (x)| − εf (x) est continue et > 0 sur [a, b].
a
Pour cela et puisque son intégrale sur [a, b] est nulle, elle est identiquement nulle sur [a, b].
On a ainsi f (x) = ε |f (x)| pour tout x de [a, b] : f garde un signe constant.

I Solution 20.3.4 ............................................................................................................


Z x
Pour tout x de [a, b], on peut écrire f (x) = f 0 (t) dt car f (a) = 0.
a Z x Z x
En utilisant Cauchy-Schwarz, on en déduit, pour tout x de [a, c], f 2 (x) 6 dt f 02 (t) dt.
Z x Z c a a
On a donc f 2 (x) 6 (x − a) f 02 (t) dt 6 (x − a) f 02 (t) dt pour tout x de [a, c].
a a
(c − a)2
Z c Z c Z c Z c Z c
2 02 2
Ainsi f (x) dx 6 (x − a) dx f (t) dt c’est-à-dire f (x) dx 6 f 02 (t) dt.
a a a a 2 a

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20.3 Propriétés de l’intégrale Chapitre 20 : Intégration

On effectue maintenant le même travail, mais à partir de l’extrémité b.


Z x Z x Z x Z b
Sur [b, c], on a f (x) = f 0 (t) dt donc f 2 (x) 6 dt f 02 (t) dt 6 (b − x) f 02 (t) dt.
b b b c
c)2
Z b Z b Z b b Z b
(b −
Z
On en déduit f 2 (x) dx 6 (b − x) dx f 02 (t) dt = f 2 (x) dx 6
f 02 (t) dt.
c c c c 2 c
(b − a)2 c 02 (b − a)2 b 02
Z c Z Z b Z
On a donc obtenu f 2 (x) dx 6 f (t) dt et f 2 (x) dx 6 f (t) dt.
a 8 a c 8 c
(b − a)2 b 02
Z b Z
En ajoutant ces deux inégalités, on trouve bien : f 2 (x) dx 6 f (t) dt.
a 8 a

I Solution 20.3.5 ............................................................................................................


Z π π
sin x sin t
Z
2
Avec le changement de variable t = π − x, dx = dt.
π
2
x 0 π−t
π Z π π π π
sin x sin x sin x
sin x π − 2x
Z Z Z Z
2 2 2 2
Ainsi dx − dx = dx −
dx = sin x dx.
0 x π
2
x 0 0 π−x x 0 x(π − x)
π − 2x h πi
L’application x 7→ ϕ(x) = sin x est continue sur 0, , et à valeurs > 0.
x(π − x) 2
Z π Z π Z π
2 2 sin x sin x
Mais ϕ n’est pas la fonction nulle. Donc ϕ(x) dx > 0 puis dx > dx.
0 0 x π
2
x

I Solution 20.3.6 ............................................................................................................

√ √
Posons M = max f (x). On a In 6 (b − a)M n donc n In 6 M n b − a.
x∈[a,b]
√n √
Soit ε > 0. Puisque lim b − a = 1, il existe n0 tel que n > n0 ⇒ n In 6 M + ε.
n→∞
ε
f étant continue, il existe un segment J ⊂ [a, b], de longueur δ > 0, sur lequel f (x) > M − .
2
Z
n ε n √
n
√n ε
On a alors In > f (x) dx > δ(M − ) , donc In > δ(M − ).
J 2 2
ε √n ε √
Puisque lim (M − ) δ = M − , il existe n1 tel que n > n1 ⇒ n In > M − ε.
n→∞ 2√ 2
On a donc M − ε 6 n In 6 M + ε dès que n > max(n0 , n1 ).
p
Il en découle lim n In = M .
n→+∞

I Solution 20.3.7 ............................................................................................................

1. – Supposons que f soit la fonction caractéristique d’un sous-segment [α, β] de [a, b].
Autrement dit f vaut 1 sur [α, β] et 0 sur le complémentaire de [α, β] dans [a, b].
Z b Z β
cos λα − cos λβ
On a alors, pour tout λ > 0, f (x) sin λx dx = sin λx dx = .
a α λ
Z b 2
Z b
Ainsi f (x) sin λx dx 6 donc lim f (x) sin λx dx = 0.

a λ λ→+∞ a

– Supposons maintenant que f soit une fonction en escaliers sur [a, b].
n
X
Alors il existe des sous-segments I0 , I1 , · · · , In et des scalaires α0 , α1 , . . . , αn tels que f = αk fk , où
k=0
f0 , f1 , . . . , fn sont les fonctions caractéristiques de I0 , I1 , . . . , In .
Z b n
X Z b
On en déduit f (x) sin λx dx = αk fk (x) sin λx dx.
a k=0 a
Z b
Mais pour chaque entier k, on sait que lim fk (x) sin λx dx = 0.
λ→+∞ a
Z b
Il en résulte lim f (x) sin λx dx = 0.
λ→+∞ a

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20.3 Propriétés de l’intégrale Chapitre 20 : Intégration

– On suppose enfin que f est continue par morceaux sur [a, b]. On se donne ε > 0.
ε
il existe ϕ en escaliers sur [a, b] telle que sup |f (x) − ϕ(x)| 6 .
[a,b] 2(b − a)
On en déduit les majorations :
Z b Z b  Z b
f (x) sin λx dx 6 f (x) − ϕ(x) sin λx dx + ϕ(x) sin λx dx

a a a
ε b
Z
6 + ϕ(x) sin λx dx

2 a
Z b ε
Puisque ϕ est en escaliers, il existe λ0 tel que λ > λ0 ⇒ ϕ(x) sin λx dx 6 .

a 2
Z b
On en déduit que f (x) sin λx dx 6 ε pour tout λ > λ0 .

a Z b
Conclusion : pour toute fonction en escaliers f sur [a, b], lim f (x) sin λx dx = 0.
λ→+∞ a

2. Si on suppose que f est de classe C1 , on peut intégrer par parties :


Z b ib Z b
1h 1
f (x) sin λx dx = − f (x) cos λx + f 0 (x) cos λx dx
a λ a λ a

Soit M le maximum de f 0 sur [a, b].


Z b |f (a)| + |f (b)| (b − a)M
On obtient la majoration : f (x) sin λx dx 6 + .

a λ λ
Z b
Il en découle lim f (x) sin λx dx = 0.
λ→+∞ a

I Solution 20.3.8 ............................................................................................................

– On suppose que f est la fonction caractéristique de [α, β] ⊂ [a, b].


Soit p l’entier minimum tel que λα 6 pπ et q l’entier maximum tel que qπ 6 λβ.
Z b Z β
1 λβ
Z
f (x) |sin λx| dx = |sin λx| dx = |sin t| dt
a α λ λα
1 pπ 1 qπ 1 λβ
Z Z Z
= |sin t| dt + |sin t| dt + |sin t| dt
λ λα λ pπ λ qπ

|pπ − λα| 6 π 1
Z pπ
π 1
Z λβ
π
On a donc 0 6 |sin t| dt 6 et 0 6 |sin t| dt 6 .
|λβ − qπ| 6 π λ λα λ λ qπ λ
Z pπ Z λβ
On en déduit lim |sin t| dt = 0 et lim |sin t| dt = 0.
λ→+∞ λα λ→+∞ qπ
Z qπ
1 2 b 2
Z
Il reste donc à montrer que lim |sin t| dt =
|f (x)| dx = (β − α).
λ→+∞ λ
pπ π a π
Z (k+1)π Z qπ
1 q−p
Or pour k ∈ Z, |sin t| dt = 2. On en déduit |sin t| dt = 2 .
kπ λ pπ λ
Par définition de p et q, on a : (p − 1)π < λα 6 pπ 6 qπ 6 λβ < (q + 1)π.
β−α 2 q−p β−α q−p β−α
Il en résulte : − < 6 donc lim = .
π λ λ π
Z qπ λ→+∞ λ π
1 2
Finalement, on trouve bien lim |sin t| dt = (β − α).
λ→+∞ λ pπ π
Z qπ
1 2
– Par linéarité, l’égalité lim |sin t| dt = (β − α) se généralise aux combinaisons linéaires de
λ→+∞ λ pπ π
fonctions caractéristiques, c’est-à-dire aux fonctions en escaliers.

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20.3 Propriétés de l’intégrale Chapitre 20 : Intégration

– On suppose enfin que f est continue par morceaux sur [a, b]. On se donne ε > 0.
Il existe ϕ en escaliers sur [a, b] telle que sup |f (x) − ϕ(x)| 6 ε.
[a,b]
Z b Z b
2
Posons : Iλ (f ) = f (x) |sin λx| dx, J(f ) = |f (x)| dx (et de même Iλ (ϕ) et J(ϕ).)
a π a
  
On écrit Iλ (f ) − J(f ) = Iλ (f ) − Iλ (ϕ) + Iλ (ϕ) − J(ϕ) + J(ϕ) − J(f ) .
Z b
On a tout d’abord |Iλ (f ) − Iλ (ϕ| 6 |f (x) − ϕ(x)| dx 6 (b − a)ε.
a
Z b
2 2 b 2
Z
Puis |J(f ) − J(ϕ)| 6 |f (x)| − |ϕ(x)| dx 6 |f (x) − ϕ(x)| dx 6 (b − a)ε

π a π a π
2 
On en déduit |Iλ (f ) − J(f )| 6 |Iλ (ϕ) − J(ϕ)| + Kε, avec K = (b − a) 1 + .
π
Puisque ϕ est en escaliers, il existe λ0 tel que λ > λ0 ⇒ |Iλ (ϕ) − J(ϕ)| 6 ε.
On en déduit que pour tout λ > λ0 , on a |Iλ (f ) − J(f )| 6 (K + 1)ε.
Cela signifie que lim Iλ (f ) = J(f ), ce qu’il fallait démontrer.
λ→+∞

I Solution 20.3.9 ............................................................................................................

Z 1
Il revient au même de montrer que lim un = 0, avec un = (n + 1) xn f (x) dx − f (1).
n→+∞ 0
Z 1
xn f (x) − f (1) dx. Fixons a dans [0, 1].

On constate que un = (n + 1)
0
Z a Z 1
n
xn f (x) − f (1) dx
 
On écrit : un = (n + 1) x f (x) − f (1) dx + (n + 1)
0 a
On se donne ε > 0. On choIsit a tel que a 6 x 6 1 ⇒ |f (x) − f (1)| 6 ε.
Soi M = max |f (x)|. Sur [0, a], on majore |f (x) − f (1)| par 2M .
[0,1]
Z a Z 1
|un | 6 2(n + 1)M xn dx + (n + 1)ε xn dx 6 2M an+1 + ε(1 − an+1 ) 6 2M an+1 + ε
0 a

Puisque 0 < a < 1, il existe n0 tel que n > n0 ⇒ 2M an+1 6 ε.


On en déduit |un | 6 2ε pour tout n > n0 . Finalement lim un = 0.
n→+∞

I Solution 20.3.10 ..........................................................................................................

Z 1
Il revient au même de montrer lim vn = f 0 (1), avec vn = (n + 2)(n + 1) xn f (x) dx.
n→+∞ 0
On intègre par parties, en utilisant le fait que f (1) = 0 :
h i1 Z 1 Z 1
n+1 0
vn = (n + 2) x n+1
f (x) − (n + 2) x f (x) dx = (n + 2) xn+1 f 0 (x) dx
0 0 0
Z 1
Mais l’exercice précédent nous donne lim (n + 2) xn+1 f 0 (x) dx = f 0 (1).
n→+∞ 0
Z 1
On a donc obtenu : lim n2 xn f (x) dx = f 0 (1).
n→+∞ 0

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20.4 Intégrales fonctions de leurs bornes Chapitre 20 : Intégration

20.4 Intégrales fonctions de leurs bornes


I Solution 20.4.1 ............................................................................................................
Z x
2x dt
On définit l’application x 7→ f (x) = − .
ln x a ln t
ln x − 1 1 ln x − 2
L’application f est dérivable sur [a, +∞[, avec f 0 (x) = 2 2 − = .
ln x ln x ln2 x
Par hypothèse, on sait que a > e2 . On en déduit que que f 0 (x) > 0 sur [a, +∞[.
Ainsi l’application f est strictement croissante sur cet intervalle.
Z x
2a 2x dt
Or f (a) = > 0. On en déduit que f (x) > 0, donc > pour tout x > a.
ln a ln x a ln t

I Solution 20.4.2 ............................................................................................................

On intègre par parties :


Z x ix Z x Z x
h dt dt
ln ln t dt = t ln ln t − = x ln ln x −
e e e ln t e ln t
Z x
dt
Pour tout x > e, on ln x > 1. On en déduit 0 6 6 x − e 6 x.
Z x e ln t
dt
En particulier, est négligeable devant x ln ln x quand x → +∞.
e ln t
Z x
Autrement dit, ln ln t dt est équivalent à x ln ln x quand x → +∞.
e

I Solution 20.4.3 ............................................................................................................


Z x
Soit f : R → R, continue. On suppose que ∀ x ∈ R, f (x) + (x − t)f (t) dt = 1.
0
Une première conséquence, en considérant la cas x = 0, est que f (0) = 0.
Z x Z x
La considition sur f peut s’écrire : ∀ x ∈ R, f (x) = 1 − x f (t) dt + tf (t) dt.
0 0
Z x Z x
f étant continue, les applications x 7→ f (t) dt et x 7→ tf (t) dt sont dérivables sur R.
0 0
Il en découle que f est nécessairement dérivable sur R et que :
Z x Z x
0
∀ x ∈ R, f (x) = − f (t) dt − xf (x) + xf (x) = − f (t) dt
0 0

On en déduit tout d’abord que f 0 (0) = 0, puis que f 0 est elle-même dérivable sur R.
Plus précisément : ∀ x ∈ R, f 00 (x) = −f (x).

y(0) = 1
f est donc la solution de l’équation différentielle y 00 + y = 0 telle que
y 0 (0) = 0

On en déduit que f est nécessairement l’application x 7→ cos x.


Réciproquement, pour tout x de R :
Z x h it=x Z x h ix
(x − t) cos t dt = (x − t) sin t + sin t dt = − cos t = 1 − cos x
0 t=0 0 0

Conclusion : l’unique solution du problème est l’application x 7→ cos x.

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20.4 Intégrales fonctions de leurs bornes Chapitre 20 : Intégration

I Solution 20.4.4 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Z bx
b h ibx dt
On a ln = ln t = .
a ax ax t
Z bx Z bx
sin t b sin t − t
On peut donc écrire 2
dt − ln = dt.
ax t a ax t2
On applique l’inégalité de Taylor-Lagrange à t 7→ sin t entre t = 0 et t = 0.
|t|3
On trouve alors |sin t − t| 6 .
3!
bx sin t − t 1 bx (b2 − a2 )x2
Z Z
On en déduit : dt 6 t dt = .

t2

ax 6 ax 12
Z bx
sin t − t
Il en découle lim dt = 0
x→0 ax t2

I Solution 20.4.5 ............................................................................................................

arctan x
– L’application x 7→ est continue sur R (en lui donnant la valeur 1 en 0.)
x Z x
arctan t arctan cx
Pour tout x 6= 0, il existe donc cx dans ]0, x[ tel que dt = x .
0 t cx
arctan cx
On en déduit I(x) = . Mais quand x tend vers 0, cx tend vers 0.
cx
arctan x
Il en découle que lim I(x) = lim = 1.
x→0 x→0 x
Z 1 Z x
1 arctan t 1 arctan t
– Pour tout x > 1, on a I(x) = dt + dt.
x 0 t x 1 t
π
Dans la deuxième intégrale on majore arctan t par .
2
1 1 arctan t
Z x
π 1
Z
On en déduit : ∀ x > 1, 0 6 I(x) 6 dt + dt.
x 0 t 2x 1 t
1 1 arctan t π ln x
Z
Autrement dit 0 6 I(x) 6 dt + .
x 0 t 2x
On en déduit lim I(x) = 0.
x→+∞

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