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EUSEBIU VLAD GORDUZA

Notions de base
de la
génétique
humaine

EDITURA UNIVERSITĂŢII DE MEDICINĂ ŞI FARMACIE


« GR. T. POPA » IAŞI
IAŞI 2011
Descrierea CIP a Bibliotecii Naţionale a României
GORDUZA, EUSEBIU VLAD
Notions de base de la génétique humaine / Eusebiu Vlad Gorduza - Iaşi:
Editura Gr. T. Popa, 2011.
Bibliogr.
ISBN 978-606-544-045-6

575

Referenţi ştiinţifici:

Prof. dr. Mircea Covic,


Universitatea de Medicină şi Farmacie « Gr. T. Popa » Iaşi
Prof. dr. Maria Puiu,
Universitatea de Medicină şi Farmacie « Victor Babeş » Timişoara

Editura „Gr. T. Popa”


Universitatea de Medicină şi Farmacie Iaşi
Str. Universităţii nr. 16

Toate drepturile asupra acestei lucrări aparţin autorului şi Editurii „Gr.T. Popa" Iaşi.
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str. Universităţii nr. 16, cod. 700115, Tel. 0232 267798 int. 231, Fax 0232 211820
Preface 3

PRÉFACE

Les progresses de la génétique humaine, couronnés par nombreux prix Nobel, ont
révolutionnés la médecine et ont attestés le rôle des facteurs héréditaires dans le déterminisme des
maladies humaines, ce qu’explique le rythme alerte du développement de la génétique médicale.
L’introduction de la génomique et les impératives de l’époque postgénomique ont generés
des changements majeurs en médicine en termes de : transcriptomique, protéomique,
métabolomique, nutrigénomique et pharmacogénomique.
Le développement de la génétique humaine n’a pas resté limité au niveau théorique, étant
de plus en plus appliqué en tous les domaines de la médecine.
Dans les conditions que toutes les maladies humaines ont une composante héréditaire,
moins ou plus importante, les découvertes de la génétique moderne pourront changer le diagnostic,
la prophylaxie et, en perspective, la thérapie des certaines maladies graves.
Ainsi, la médecine de l’avenir sera, indubitable, la médecine moléculaire, chaque maladie
sera abordée individuellement et chaque patient sera traité, en rapport avec son hérédité.
En ce contexte, l’école médicale est obligée d’offrir continuellement, en manière claire,
concise et actualisée, un quantum des notions et informations, raccordé aux problèmes quotidiens
de la pratique clinique.
Ce livre, „ Notions de base de la génétique humaine ” est un instrument utile pour les
étudiantes et les médecines, assurant la compréhension des fondamentaux de la génétique
humaine.
Ce livre essaye de présenter d’une manière logique, claire, synthétique et accessible la
complexité de la génétique humaine et l’auteur espère avoir la joie que cette approche sera utilisée
des plusieurs lecteurs.
Je consacre cette oeuvre pour ceux qui ont contribués a ma formation professionnelle et
m’ont encouragé pendant la découverte des secrets de ce fascinant domaine, qui est la génétique
médicale.

Conf. dr. Eusebiu Vlad Gorduza

Iaşi, février 2011


4 Notions de base de la génétique humaine
Introduction 5

I. INTRODUCTION
La génétique est la science de l’hérédité et de la variabilité.
L’hérédité est la propriété d’une personne de transmettre aux descendants, parmi les
chromosomes des gamètes, les caractères d’espèce et une partie des caractères personnels.
L’hérédité est un processus informationnel de stockage, transmission et expression de
l’information génétique, qu’assure la formation des caractères morphofonctionnels spécifique à
chaque individu.
Les sobstrat matériel de l’hérédité est la molécule d’acide désoxyribonucléique - ADN.
C’assure : le stockage, l’expression et la transmission de l’information génétique (figure I.1.).

HÉRÉDITÉ VARIABILITÉ
GÉNÉTIQUE

RÉCOMBINAISON MUTATIONS
ADN GÉNÉTIQUE

Récombinaison génique
STOCKAGE intrachromosomique
EXPRESSION Méiose
chromosomique
Récombinaison
interchromosomique s
Transcription
Codon (noyau) ARNm Fécondation Récombinaison génomiques
génomique

mitochondriales
Traduction
(ribosomes) Peptides TRANSMISSION
MIGRATIONS

RÉPLICATION DE L’ADN

Mitose La transmission de l’information dans la


(cellules somatiques) succession des générations cellulaires

DIVISION Ovaires Ovules Fécondation


CELLULAIRE La transmission de l’information dans
Méiose Zygote
la succession des générations des
(cellules
organismes
Testicules Spermatozoïdes

Figure I.1. Les composantes de la génétique et les fonctions de l'ADN

Le stockage de l’information génétique est réalisé en forme codifié. L’unité de code


génétique est le codon ou le triplet. Cela est formé par une succession de trois nucléotides
voisines de la structure d’ADN. Le nucléotide représente l’unité structurel d’ADN. Chaque
nucléotide contient trois éléments : une molécule de désoxyribose, une base azotée et une
molécule d’acide ortophosphorique.
Les bases azotées de l’ADN sont de deux types: puriques, représentées par adénine (A) et
guanine (G) et pyrimidiques, représentées par cytosine (C) et tymine (T).
Par la combinaison de ces quatres bases azotées, en formation de trois, résulte 64 codons
différents : 61 ont une fonction codante (contiennent l’information génétique correspondant aux 20
6 Notions de base de la génétique humaine
acides aminés des protéines) et trois n’ont pas fonction codante et représentent les signaux d’arrêt
pour la lecture de l’information génétique.
L’expression de l’information génétique est fait par deux processus corrélés
fonctionellement: la transcription et la traduction.
La transcription assure le copiage de l’information génétique présentée dans un segment
d’un brin de la molécule d’ADN. Par ce processus, dans le noyau de la cellule est formé une
molécule d’acide ribonucléique messager – ARNm. L’ARNm quitte le noyau, passe en cytoplasme
et arrive au niveau des ribosomes.
La traduction se produit aux niveaux des ribosomes et assure le décodage de l’information
génétique de l’ARNm. Par ce processus résulte une molécule peptique, qui a une séquence des
acides aminés correspondant à la succession des nucléotides de la molécule d’ARNm.
La transmission de l’information génétique se fait par deux processus intimement liés: la
réplication de l’ADN et la division cellulaire ± la fécondation des gamètes.
La réplication de l’ADN est le processus d’auto-reproduction des informations génétiques
des deux brins de la molécule d’ADN. Chacun des deux brins servent de moule pour un nouveau
brin de l’ADN et se retrouvent dans la nouvelle molécule d’ADN. Ainsi, la réplication de l’ADN
est un processus démiconservative et chaque nouvelle molécule de l’ADN contient un brin vieux
et un brin nouveaux.
La division cellulaire fournit un partage totale et égale de matériel génétique d’une cellule
pour former deux nouvelles cellules - les cellules filles. Il existe deux types de division: la mitose
et la méiose.
La mitose est caractéristique pour les cellules somatiques et fournit la transmission de
l’information génétique dans la succession des générations des cellules du même corps. Les
cellules filles, résultant de la mitose, sont des cellules qui ont la même information génétique.
La méiose est caractéristique pour gonades (testicules et ovaires), et fournit des cellules
sexuelles matures (spermatozoïdes et ovules). Les cellules résultant de la méiose ne sont pas
identiques en raison de la récombinaison génétique, processus qui se déroulent au cours de cette
division.
La fécondation est l’union de l’information génétique d’un spermatozoïde avec celle d’un
ovule. Par fécondation résulte le zygote (la cellule œuf) qui est la première cellule d’une nouvelle
personne.
La méiose et la fécondation assurent la transmission de l’information génétique dans la
succession des générations des organismes.
La variabilité génétique est représenté par les phénomènes qui donnent les différences
génétiques entre individus de la même population et entre populations différentes. La variabilité
génétique est assurée par trois phénomènes : la récombinaison génétique, la mutation et la
migration.
La récombinaison génétique est un processus génétique normal, qui a lieu lors de la méiose
et la fécondation. Deux types de récombinaison génétique : intra- et interchromosomique se
produit durant la méiose. Ces récombinaisons assurent les différences entre les gamètes. La
récombinaison génomique se produit lors de la fécondation par l’union de matériel génétique des
deux cellules : l’ovule et le sperme.
La fécondation assurer la formation d’une nouvelle organisme, qui a une structure
génétique unique et qui combine les caractères héréditaires materne et paterne.
Les mutations sont des phénomènes génétiques anormaux, héréditaires, permanentes et
accidentelles qu’ils changent une structure génétique normale. Les mutations peuvent être:
Introduction 7
gèniques, chromosomiques ou génomiques. Ils peuvent avoir un effet négatif, neutre (le plus
courant) ou positif (extrêmement rare).
La migration est le processus qui combine les génomes des individus de différentes
populations, à la suite de déplacements d’une population dans une autre zone géographique. En
faisant les mariages entre individus de deux populations issues une progéniture avec de nouvelles
caractéristiques, généralement biologiquement avantageux.
La génétique humaine est la branche de la génétique qui étudie les processus gènetiques
normales et anormales de l’espèce Homo sapiens. C’est une science fondamentale et appliquée,
qui joue un rôle majeur dans la théorie et la pratique. La génétique médicale est une sous-branche
de la génétique humaine qui étudie les maladies provoquées par des mutations génétiques (figure
I.2.).

génétique

génétique humaine

génétique médicale

Figure I.2. Composants de la génétique humaine

Les maladies génétiques sont des problèmes de santé publique parce que:
- elles ont un taux global élevé - 5-8 % chez les nourrissons
- sont nombreuses-plus de 10.000 •,
- sont souvent graves et n’ont pas de traitement spécifique;
- ne sont pas corrigées spontanément et génèrent des handicaps;
- peuvent être prévenus par le dépistage et le diagnostic prénatal, le dépistage néonatal ou
le dépistage presimptomatic, qui seraient regroupées dans les programmes nationaux de
santé;
- affecte l’individu, la famille du malade et aussi la société, qui exige une série de
mesures spécifiques au conseil génétique

Les maladies génétiques sont divisés en: des maladies monogéniques, polygéniques
multifactorielles, chromosomiques, mitochondriales et des maladies affectant le génome des
cellules somatiques.
Le déterminisme génétique des caractères phénotypiques 9

II. LE DETERMINISME GENETIQUE DES


CARACTERES PHENOTYPIQUES
II.1. L'INDIVIDUALITE GÉNÉTIQUE ET BIOLOGIQUE
II.1.1. L'INDIVIDUALITÉ GÉNÉTIQUE
Chaque personne a une structure génétique unique, représentée par le génotype qui est
constant et irremplaçable. Le génotype représente toutes les informations génétiques existantes
dans le noyau d’une cellule somatique. Le génotype est formé lors de la fécondation par l’union de
l’information génétique de l’ovule et du sperme.
Le matériel génétique est représenté par les molécules d’acide désoxyribonucléique (ADN) qui
est associé à certaines protéines et forme les chromosomes. Les hommes, comme d’autres organismes
supérieurs, présents dans le noyau un ensemble diploïde de chromosomes, noté 2n. Le nombre normal
de chromosomes dans l’espèce humaine est de 46, qui sont regroupées en 23 paires. Parmi les 23
paires, 22 sont identiques dans les deux sexes, étant les autosomes et une est différent, représentant les
gonosomes: XX aux femmes et XY aux hommes.
Chaque individu hérite de ses parents un ensemble de 23 chromosomes, parce que les
gamètes ont la moitié des chromosomes d’une cellule somatique (ensemble haploïde, noté n). Lors
de la fécondation les chromosomes homologues (chromosomes identiques dans la forme, la taille
et le contenu des gènes, mais différentes par leur origine, l’une étant hérité de la mère et l’autre du
père) forment des paires. De plus, lors de la fécondation se forme le sexe génétique de l’enfant par
l’association du chromosome X de la mère et le chromosome X ou Y du père.
L’unité de structure, de fonction et de mutation du matériel génétique est le gène. Il contient
l’information génétique nécessaire pour former un caractère particulier phénotypique. Les gènes
des chromosomes homologues, qui se trouvent dans la même position - appelée locus, déterminent
des variants phénotypiques du même caractère. Elles sont appelés gènes allèles. Chaque personne
hérite un allèle de la mère et l’autre du père.
Étant donné que lors de la formation des gamètes et la fécondation se produisent des
processus de recombinaison génétique, le matériel génétique est toujours soumis au risque de
mutation, il est clair que chaque zygote est unique et inimitable, ayant un génotype particulier.
De plus de l’information génétique du noyau, la cellule contient également du matériel génétique
dans la mitochondrie, qui est le plasmotype. Cette information génétique est héritée monoparentale
exclusivement à partir de la mère, car pendant la fécondation dans l’ovule ne pénètre que la tête du
spermatozoïde, une région qui ne contient pas de cytoplasme et donc pas de mitochondries.
II.1.2. L'INDIVIDUALITÉ BIOLOGIQUE
Des études génétiques ont montré que chaque personne est unique, en raison des
particularités génétiques et parce que le phénotype est influencé par l’environnement. Les facteurs
environnementaux sont des éléments naturels (écologiques) et des éléments socials et
économiques qui agissant sur les êtres humains pendant la vie. Les facteurs environnementaux
déterminent certains caractères du corps et sont impliqués dans la formation des caractères
multifactoriels. Ainsi, chaque personne a une individualité bio-psycho-sociale. L’ensemble unique
de caractères spécifique (morphologiques, physiologiques, biochimiques) produit par l’interaction
10 Notions de base de la génétique humaine
dans des proportions différentes, de l’hérédité (génotype) et de l’environnement définit le
phénotype.
II.1.3. L’IMPORTANCE DE LA NOTION DE L’INDIVIDUALITÉ
GÉNÉTIQUE ET BIOLOGIQUE.
Le concept de l’individualité génétique et biologique assure l’explication cohérente de
certaines caractéristiques vu dans la médecine classique, tels que :
- la vulnérabilité différente des hommes à une telle maladie est le résultat de différences dans
la réponse du corps à l’action nocive des facteurs environnementaux - un exemple sont les
maladies multifactorielles, ce qui entraînent une prédisposition génétique à la maladie, mais la
maladie se manifeste en présence de facteurs environnementaux défavorables ;
- l’expressivité variable de la maladie chez patients différents, même de la même famille ;
- réponse différentielle de différents patients à l’action de la même drogue en doses
équivalentes.
Ainsi, il devient clair que l’avenir de la médecine imposera le concept de personnalisation de
diagnostic et de traitement de toutes les maladies humaines.
II.2. LE DETERMINISME DES CARACTERES PHENOTYPIQUES.
Le phénotype est déterminée par une interaction continue entre le génotype et les facteurs
environnementaux. Ainsi, en rapport avec l’intervention des facteurs génétiques et
environnementaux peuvent être identifiés trois types de caractères: des caractères purement
héréditaires (génétiques) des caractères multifactoriels définis par l’interaction de l’hérédité et
l’environnement et des caractères écologiques (nongenetiques) (figure II.1).
PHENOTYPE

GENOTYPE
CARACTERES ENVIRONNEMENT
MULTIFACTORIELS

CARACTERES CARACTERES
HEREDITAIRES ECOLOGIQUES

Figure II.1 Le déterminisme des caractères phénotypiques


II.2.1. LES CARACTERES PHENOTYPIQUES HEREDITAIRES.
Les caractères héréditaires sont déterminés uniquement par le génotype. Les caractères
héréditaires sont de deux types : des caractères normaux (d’espèce et monogéniques) et des
caractères anormaux génétiques. Les caractères des espèces sont exclusivement génétique. Ainsi,
chaque espèce possède un nombre fixe, caractéristique des chromosomes et une disposition
spécifique des gènes sur les chromosomes, traduit par une configuration distincte des bandes
chromosomiques 1. Ces caractéristiques expliquent l’impossibilité d’obtenir à une façon naturelle
des hybrides entre les hommes et autres mammifères.
1
Voir le chapitre Stockage de l’information génétique
Le déterminisme génétique des caractères phénotypiques 11
Les caractères monogéniques héréditaires sont déterminés par une seule paire de gènes et
sont transmis après un modèle qui respecte les lois de Mendel. Ils sont représentés par les systèmes
de groupe : les groupes sanguins (ABO, Rh, MN, XG, etc.) sériques (haptoglobine, transferrine,
etc), enzymatiques (phosphatase acide, etc.) et tissulaires (antigènes HLA).
La plupart de ces systèmes sont polymorphes et dans la population existe plusieurs variantes
du même caractère (par exemple le système de groupe sanguin AB0 a six variantes phénotypiques
- les groupes A1, A2, B, A1B, A2B et 0), mais chaque personne a un seul de ces variants. En
raison du grand nombre de systèmes polymorphes >30 et des variantes au sein de chaque système,
chaque personne présente une structure biologique unique 2.
L’étude des caractères héréditaires normaux est utilisé pour la cartographie des gènes,
l’identification personnelle, l’expertise de paternité et de parentalité et la détermination des
candidats pour les transfusions et les transplantations.
Les caractères héréditaires anormaux sont determinés par des mutations, qui causent des
maladies chromosomiques, monogéniques ou mitochondriels.
Les maladies chromosomiques sont causées par des mutations génomiques ou
chromosomiques, générant des anomalies chromosomiques. Ces anomalies sont responsables de
l’apparition d’environ 600 maladies chromosomiques 3. Exemples de ces maladies sont des
syndromes : Down (associé à la trisomie 21) Turner (associé à la monosomie X) ou de Klinefelter
(associée à la trisomie gonosomale XXY).
Les maladies monogéniques sont causées par une mutation d’un gène ou une paire de gènes
situés dans le noyau, responsable de la synthèse d’une protéine ayant une fonction anormale. Ces
mutations sont transmises conformes à l’un des modèles de transmission mendélienne: autosomique
dominant (par exemple, l’ostéogenèse imparfaite,), autosomique récessif (par exemple, la
phénylcétonurie) dominante liés au chromosome X (par exemple le rachitisme hypophosphatémique)
ou récessive liés au chromosome X (par exemple la dystrophie musculaire Duchenne)4. Ces
conditions sont 100% génétiques, mais les manifestations phénotypiques dans certains cas, peut
être influencées positivement (thérapie) ou négativement (aggravation) par les facteurs
environnementaux. Par exemple, le déficit de glucose-6-phosphate déshydrogenase (maladie
transmise récessive liée au chromosome X) se manifeste que dans conditions d’hypoxie ou après la
consommation de médicaments anti-oxydants 5.
Les maladies mitochondriales sont causées par des mutations dans les gènes de l’ADN
mitochondrial. Étant donné que ces gènes sont impliqués dans la production d’énergie, les
mutations mitochondriales affectent principalement les organes qui ont une consommation élevée
d’énergie (le cerveau, les nerfs, les muscles).
Les maladies mitochondriales ont une transmission maternelle. Ainsi, la femme malade a tous
les descendants atteints, tandis que les hommes affectés ont tous les enfants en bonne santé.
II.2.2. LES CARACTÈRES PRODUITES PAR L’INTERACTION DES
FACTEURS GÉNÉTIQUES ET ENVIRONNEMENTAUX
Dans de nombreux cas, les caractères phénotypiques sont produites par l’interaction de
facteurs génétiques et environnementaux. Ces caractères sont appelés caractères multifactoriels.
Ils peuvent être regroupés en deux catégories : normaux et anormaux.

2
Voir le chapitre La variabilité génétique
3
Voir le chapitre Maladies chromosomiques
4
Voir le chapitre Transmission des maladies monogéniques
5
Voir le chapitre La variabilité génétique
12 Notions de base de la génétique humaine
Parmi les caractères multifactoriels normales peuvent être énumérés : couleur de la peau,
taille, poids, pression artérielle, l’intelligence, etc. L’hérédité détermine une partie de ces
caractères (appelée héritabilité) et la limite supérieure de développement du caractère.
L’environnement produit le reste du caractère et permet l’atteindre de la limite supérieure de
développement (figure II.2).
Limite maximale

ENVIRONNEMENT

GENOTYPE

Héritabilité

Figure II.2. Le determinisme des caractères phénotypiques multifactoriels


Un exemple de caractère multifactoriel est la hauteur normale. En ce cas les facteurs
génétiques déterminent 2/3 de caractère. Les facteurs environnementaux (alimentation, exercice,
etc.) produisent un taux d’un tiers de caractère et assurent le niveau maximum de développement
de la taille. Dans ces conditions, l’estimation de la taille finale d’un enfant est approchée en
utilisant une formule qui tiennent compte de la taille maternelle et paternelle. L’intervention des
deux catégories de facteurs dans le déterminisme de la hauteur est justifié par les aspects suivants :
les jumeaux monozygotes (qui ont une hérédité identique) grandis dans des environnements
différents ont des hauteurs différentes et des populations différentes vivant dans le même
environnement auront des tailles différentes.
Dans le cas du caractère multifactoriel, l’hérédité ne détermine pas un phénotype unique,
mais un continuum de phénotypes allant du minimum au maximum appelé le norme de réaction à
l’environnement.
Les caractères multifactoriels anormaux sont représentés par une série des maladies
multifactorielles 6, où les facteurs héréditaires (généralement polygéniques) et les facteurs
environnementaux interagissent d’une manière complexe. Ces troubles ont une distribution
familiale, mais sans une transmission mendélienne. Dans ces cas, le génotype détermine une
prédisposition génétique à la maladie (une vulnérabilité particulière à l’action nocive des facteurs
environnementaux). Ainsi, la maladie est déterminée par les effets d’agrégation de facteurs
génétiques et environnementaux (figure II.3.).
Les maladies multifactorielles peuvent être regroupées en anomalies congénitales isolées,
habituellement diagnostiqué chez les enfants (par exemple, la luxation congénitale de la hanche, la
jambe tordue congénitale fentes labio-maxillo-palatine, etc) et les maladies communes des adultes
(asthme bronchique, l’hypertension artérielle essentielle, la maladie coronarienne, le diabète, la
schizophrénie, etc).
Pour la prophylaxie des maladies multifactorielles est importante la connaissance et la
détection précoce des facteurs de risque environnementaux. Ainsi, par éviter ces facteurs aux

6
Voir le chapitre l’hérédité et les maladies multifactorielles
Le déterminisme génétique des caractères phénotypiques 13
personnes présentant une prédisposition génétique à maladie nous pouvons prévenir ou au moins
retarder l’ apparition de la maladie.

facteurs nocif
environnementaux
PERSONNES EN
BONNE SANTÉ

Prédisposition
génétique MALADES

Figure II.3. L’action combinée des facteurs environnementaux et génétiques dans le


déterminisme des maladies multifactorielles
II.2.3. LES CARACTÈRES ENVIRONNEMENTAUX
Les facteurs environnementaux physiques, chimiques ou biologiques peuvent causer des
lésions sur les organismes vivants, provoquant des maladies, telles que des brûlures, des
traumatismes, des intoxications ou des infections. Ces troubles sont des maladies nongénétiques.
Bien que ces caractères sont déterminés apparemment seulement par des facteurs écologiques, les
manifestations cliniques de ces maladies sont soumises à l’influence de la structure génétique.
Ainsi, le génotype est impliqué dans le déterminisme de la défense et le processus métaboliques,
qui module la réponse spécifique à une agression
Les variations individuelles a l'action des facteurs environnementaux font l’objet
d’écogénétique, tandis que la réponse individuelle a l’action des médicaments est étudiée par
pharmacogénétique. Des exemples de ces variations individuelles sont des gens avec intolérance à
l’alcool par déficit de l’alcool-déshydrogénase ou la survenue des épisodes d’anémie hémolytique
après l’administration de médicaments antioxydants chez personnes avec un déficit de la glucose-
6-phosphate-déshydrogénase 7.
II.3. LA RELATION GENOTYPE-PHENOTYPE-ENVIRONNEMENT
L’interaction de l’hérédité et de l’environnement peut être exprimée par la formule :
GÉNOTYPE PHÉNOTYPE

ENVIRONNEMENT

II.3.1. LA RÉLATION GÉNOTYPE - PHÉNOTYPE


La relation génotype → phénotype est un lien de causalité, parce que le génotype détermine
les caractères phénotypiques. Cette relation est partielle, car il y a des gènes qui ne déterminent pas

7
Voir le chapitre La variabilité génétique
14 Notions de base de la génétique humaine
de phénotype (les gènes récessifs) et certains caractères phénotypiques sont produits par
l’environnement. Les caractères phénotypiques déterminés exclusivement par des facteurs
génétiques sont des caractères héréditaires.
La ralation génotype → phénotype est une ralation complexe, car il est modulée par plusieurs
mécanismes ou phénomènes. Des exemples de tels phénomènes sont : l’hétérogénéité génétique et
la norme de réaction.
L’hétérogénéité génétique se produit dans des situations où des mutations différentes des
gènes différents entraînent des phénotypes identiques (l’hétérogénéité de locus), respectivement
lors des mutations différentes du même gène induisent des phénotypes différents (l’hétérogénéité
allélique) 8.
Un exemple d’hétérogénéité de locus a été identifié dans l’hémophilie A et B. Les deux
maladies se manifestent cliniquement par un saignement prolongé après des traumatismes mineurs,
secondaire à des déficits de facteurs de coagulation. Ainsi, l’hémophilie A est causée par l’absence
de facteur de coagulation VIII, tandis que l’hémophilie B est associée à un déficit en facteur de
coagulation IX.
Dans l’hémophilie la connaissance du phénomène de l’hétérogénéité génétique est
importante pour établir un traitement approprié par facteur de coagulation VIII dans l’hémophilie
A et facteur de coagulation IX dans l’hémophilie B.
Un exemple d’hétérogénéité allélique a été détectée dans les hémoglobinopathies. Ainsi, la
drépanocitose 9 et la β-thalassémie 10 sont provoqués par des mutations différentes du gène β-
globine. Dans ce cas, la connaissance de l’hétérogénéité génétique est importante pour le calcul du
risque de récidive et la prévention de ces deux maladies.
D’autre part, l’action de facteurs génétiques sur le phénotype est influencée par des facteurs
environnementaux. Ceci peut être expliqué la norme de réaction, caractérisée par le fait que le
même génotype détermine différents phénotypes, quand il est influencé des différents facteurs
environnementaux (figure II.4.).

Environnement 1 PHÉNOTYPE 1

GÉNOTYPE

Environnement 2 PHÉNOTYPE 2

NORME DE RÉACTION
Figure II.4. La norme de réaction à l’environnement
II.3.2. LA RELATION ENVIRONNEMENT → PHÉNOTYPE
La relation environnement →phénotype est également un lien de causalité, étant donné que
certains facteurs environnementaux causent des caractères phénotypiques, appelés modifications

8
Voir le chapitre Gène - unité de structure, de fonction et de mutation
9
Voir le chapitre Gène - unité de structure, de fonction et de mutation
10
Voir le chapitre La transmission et les maladies monogéniques
Le déterminisme génétique des caractères phénotypiques 15
qui sont non-héréditaires. L’intervention des facteurs environnementaux sur les caractères
phénotypiques anormales causes des maladies non-génétiques.
Dans certaines situations, des caractères phénotypiques environnementaux présentent des
caractéristiques du phénotype produit par le génotype. Un tel caractère s’appelle phénocopie. Un
exemple a été identifié en cas de la microcéphalie, caractérisé par un périmètre crânien réduit de
plus de 2 SD 11. Cette anomalie congénitale isolée, souvent accompagnée par un retard mental peut
être causée par plusieurs infections ou des différentes mutations géniques foetals. Pour la
microcéphalie, la reconnaissance de l’agent causal est importante, car le risque de récidive pour les
ultérieures grossesses est presque nule si le facteur causal est un agent infectieux (bien sûr si vous
supprimez l’infection). Au contraire, le risque peut atteindre jusqu’à 50 % pour certaines
mutations génétiques.
II.3.3. LA RELATION ENVIRONNEMENT → GÉNOTYPE
Les facteurs environnementaux peuvent modifier directement le génotype, provoquant des
mutations 12. Les mutations peuvent avoir des effets différents sur le génotype, affectant un seul
gène, un ou plusieurs chromosomes ou le génome entier. En outre, les conséquences
phénotypiques de mutations peuvent être bénéfiques (fournir l’évolution des espèces ou le
développement de nouvelles espèces) sans effet (responsable de l’apparition de variantes
polymorphes de la population) ou négatives (les maladies génétiques).
II.3.4. LA RELATION GÉNOTYPE-PHÉNOTYPE-ENVIRONNEMENT
AU NIVEAU MOLECULAIRE.
La relation génotype - phénotype - environnement est valable aussi au niveau moléculaire.
Ainsi, le génotype est remplacé par les molécules de l’ADN et le phénotype se reflète dans les
différentes protéines. Dans ces conditions, la relation génotype → phénotype devient ADN →
protéines. Cette relation est complexe parce que :
− l’expression de l’information héréditaire implique deux processus la transcription (synthèse de
l’ARNm) et la traduction (synthèse des protéines), qui a lieu dans des différents compartiments
cellulaires et peuvent souffrir l’influence des divers facteurs cellulaires ou extracellulaires ;
− l’information génétique est transmise dans la succession des générations par la réplication des
molécules d’ADN, en résultant deux molécules identiques d’ADN ;
− chaque élément et stade de la relation peut être influencée par l’environnement.
Ainsi, la relation génotype - phénotype - environnement peut être reformulée :
ADN ARNm PROTEINES
Transcription Traduction

ENVIRONNEMENT

11
SD - écart-type
12
Voir le chapitre La variabilité génétique
Le stockage de l’information génétique 17

III. LE STOCKAGE DE L’INFORMATION GÉNÉTIQUE


III.1. LA STRUCTURE D’ACIDE DESOXYRIBONUCLEIQUE
III.1.1. LA STRUCTURE PRIMAIRE DE L’ADN
La structure primaire de l’ADN est la séquence de nucléotides du brin d’ADN (information
génétique codifiée). Chaque nucléotide est composé de trois éléments : une base azotées (N), un
résidu de désoxyribose (DR) et un résidu d’acide orthophosphorique (P). Chaque brin de structure
de l’ADN peut être écrite sous la forme abrégée suivante :
(P-dR-N)n
La désoxyribose est un pentose, un glucide à cinq carbones. Dans la molécule d’ADN la
désoxyribose est présente sous forme furanosique.
Les bases azotées sont des hétérocycles avec des atomes d’azote. Dans la structure de l’ADN
peut être identifiée deux types de bases azotées : puriques et pyrimidiques. Les bases puriques
contenant deux hétérocycles azotés et sont représentés par l’adénine (A) et la guanine (G). Les
bases pyrimidiques contiennent un seul hétérocycle azoté et sont représentées par la thymine (T) et
la cytosine (C).
En formant les liens phosphodiesteriques entre les nucléotides voisins, la désoxyribose et
l’acide orthophosphorique forment l’axe longitudinale de la molécule d’ADN. Au niveau du
groupe hydroxyle d’atome C5 de la désoxyribose, est formée une liaison entre l’acide
orthophosphorique et la désoxyribose du même nucléotide. La connexion des nucléotides voisins
est réalisé en formant un lien entre l’acide orthophosphorique d’un nucléotide et le groupe
hydroxyle d’atome C3 du nucléotide voisin.
Les bases azotées sont fixées perpendiculaires à l’axe phospho-glucidique, en faisant une
liaison covalente (liaisons chimiques fortes) entre les atomes de carbone C1 de la désoxyribose et
un atome d’azote de la base azotée. Les bases azotées de la même chaîne ne présente aucune
connexion entre eux. Une autre caractéristique très importante est que la présence des bases
azotées des nucléotides n’exclut pas la présence de l’une des quatre bases azotées dans les deux
nucléotides voisins. Ainsi, les bases azotées d’une chaîne ont une liberté totale d’association qui
est cruciale pour le stockage de l’information génétique.
Chaque brin de l’ADN est polarisée électrique parce que les deux extrémités de la chaîne ont
des groupes chimiques chargées différents : à l’extrémité 5’ un résidu d’acide orthophosphorique,
et à l’extrémité opposée un groupe hydroxyle libre. Ainsi, la polarisation de l’ADN est de 5’→ 3’.
En conclusion, chaque brin d’ADN est linéaire, ramifié, polarisé électrique et constitué
d’une séquence continue de nucléotides (figure III.1.).
III.1.2. LA STRUCTURE SECONDAIRE DE L’ADN
La structure secondaire de la molécule d’ADN est représentée par le mode d’appairage des
deux brins.
Pour l’ADN de différentes espèces, l’analyse chimique a révélé que le rapport A + T/G + C
est différent d’une espèce à l’autre, mais typique pour chaque espèce. Chez l’homme ce ratio est
de 1,7. Toutefois, le montant des bases puriques (A + G) est toujours égale à la somme des bases
pyrimidiques (T + C) et les rapports des A/T et G/C sont identiques, peu importe l’espèce.
18 Notions de base de la génétique humaine

C G
5’ P 3’
dR dR

T A
P P

dR dR

C P
P G
dR dR

G
C P
P
dR dR

3’ 5’
P

Figure III.1. La structure primaire et les liaisons d’hydrogène entre les brins d’une molécule d’ADN
A - adénine, G - guanine, C - cytosine, T - thymine; P - acide orthophosphorique; dR - désoxyribose;
liaisons d’hydrogène ---, liaisons covalentes –––
Sur la base de ces données, Watson et Crick ont déterminés que les deux brins sont reliés
entre eux par des ponts d’hydrogène (liens électrostatiques faibles) formés entre les bases azotées
des deux brins. Toujours l’adénine est fixée à thymine par deux liaisons d’hydrogène et la guanine
à la cytosine par trois ponts d’hydrogène - la loi de la complémentarité des bases azotées.
A=T
C≡G
En raison de ces particularités d’association, les deux brins sont complémentaires et co-
déterminés, ce qui signifie que la présence d’une base azotée sur un brin impose la présence de la
base azotée complémentaire sur l’autre brin.
Bien que les liaisons d’hydrogène sont des maillons faibles, leur grand nombre (environ 3 x
9
10 liens par molécule) fournit la stabilité de la molécule dans des conditions physiologiques.
Toutefois, les liaisons d’hydrogène peuvent être séparés, à la fois dans des conditions
physiologiques et sous l’action de facteurs extra-cellulaires. Dans des conditions normales, la
dissolution enzymatique des ponts d’hydrogène permet la transcription et la traduction. Les
liaisons d’hydrogène peuvent se briser expérimentalement par chauffage ou sous l’action des
alcalis ou d’acides, un processus appelé dénaturation. Par la restauration lente des conditions
Le stockage de l’information génétique 19
physiologiques, les ponts d’hydrogène sont reformés, un processus appelé rénaturation. Si les
conditions physiologiques ne sont pas refaites, les deux brins restent séparés, particularité utilisée
dans les technologies de l’ADN recombinant pour le développement de molécules hybrides
d’acides nucléiques (ADN-ADN ou ADN-ARN).
Des raisons stériques, les deux brins sont antiparallèles. Par conséquent, ils ont une polarité
inverse, l’un étant polarisé 5’→ 3’, tandis que l’autre est polarisé 3’→ 5’.
Les deux brins forment une double hélice (hélice de la vie). Chaque brin fait une torsion
autour de l’autre et tous les deux s’enroulent autour d’un axe central. Dans les cellules humaines,
l’hélice de l’ADN est enroulée d’une manière dextrogyre (de droite à gauche).
Les données de microscopie électronique montrent que l’hélice de la molécule d’ADN a un
diamètre de 20 Å (20 x 10-10 m) et un pas de 34 Å. Lors d’un pas sont enfilées 10 nucléotides.
Chaque nucléotide est d’environ 3,4 Å et est mis en rotation de 360 par rapport à nucléotides
adjacents.
L’organisation de la molécule d’ADN est telle que les deux axes phospho-glucidiques sont
à l’extérieur, tandis que les bases azotées sont situées au milieu, attachées par des ponts
d’hydrogène. Au niveau de la double hélice sont présentes deux sillons, avec des tailles
différentes. Sur le grand sillon (22 Å) s’attachent les facteurs protéiques, qui réglent la
transcription et la traduction. Sur le petit sillon (12 Å) sont fixées les histones, protéines basiques
impliquées dans la stabilisation de la molécule d’ADN.
III.1.3. LES CARACTERISTIQUES DE LA STRUCTURE DE L’ADN
CHEZ LES EUCARYOTES
Les eucaryotes sont des organismes supérieurs, qui ont une organisation cellulaire complexe,
caractérisée par la présence du noyau et des organites cytoplasmiques (mitochondries, réticulum
endoplasmique, appareil de Golgi, centrioles).
Chez les eucaryotes la structure de l’ADN possède les caractéristiques suivantes : une grande
quantité, l’hétérogénéité de séquences nucléotidiques, l’association avec des protéines et
l’organisation supramoléculaire en fibres de chromatine et chromosomes.
III.1.3.1. La quantité d’ADN
Dans la cellule eucaryote la quantité d’ADN est très élevée. Par exemple, le génome humain
diploïde contient environ 6 milliards pb (pb - paires de bases) de plus de 10 fois que nécessaire pour
codifier toutes les protéines.
L’ADN nucléaire est fragmenté en plusieurs molécules qui sont associées à différents types de
protéines et par l’organisation supramoléculaire, forment les chromatides des chromosomes. Chaque
chromosome présente une chromatide ou deux chromatides identiques (des chromatides –sœurs). Le
nombre de chromosomes est une caractéristique d’espèce. Chez les hommes les cellules somatiques
contiennent 46 chromosomes et ce nombre reste constant quel que soit le stade du cycle cellulaire.
III.1.3.2. L’hétérogénéité des séquences nucléotidiques de l’ADN
L’hétérogénéité des séquences nucléotidiques de l’ADN se traduit par la présence dans le
génome humain des plusieurs “classes” d’ADN, qui différentient par la taille et le nombre de
répétitions de séquences nucléotidiques : l’ADN non-répétitif et l’ADN répétitif.
L’ADN non-répétitif représente 40 % du génome et est composé de séquences uniques par
génome et répétées dans le très petit nombre de copies (des familles multigéniques). L’ADN non-
répétitif est le plus souvent situé dans des régions chromosomiques actives, moins condensées,
formant l’euchromatine (identifié par les études de microscopie optique). Toutefois, seule une petite
20 Notions de base de la génétique humaine
proportion (5-10 %) de l’ADN répétitif constitue des régions codantes des gènes (des exons). Ces
séquences ont été de plus de 25 kb et sont transcrites par l’ARN polymérase II. Le reste de l’ADN
répétitif, situé à l’intérieur des gènes (les introns) ou dans les régions d’entre les gènes, est non-
codant et a encore une fonction inconnue.
Les séquences répétitives représentent le reste du génome et sont riches en paires de bases AT.
Ils sont divisés en cinq classes :
ƒ séquences répétitives provenant des transposons ;
ƒ pseudogènes ;
ƒ séquences répétitives simples ;
ƒ duplications segmentaires ;
ƒ blocs de séquences répétitives en tandem (centromériques ou télomèriques).
Les séquences répétitives provenant des transposons représentent environ 45 % de séquences
répétitives et sont composées de courtes sequences (300-1000 pb), répétées des dizaines ou des
centaines de milliers de fois et dispersées dans le génome. La plupart de ces séquences sont
transcrites en ARNm, mais ne se traduisent pas.
Ce type d’ADN forment fréquemment des « familles » de séquences apparentées, certains
avec la fonction connue (codante pour l’ARNr et ARNt), d’autres de fonction inconnue - séquences
SINES, LINES etc.
Les séquences SINES et LINES interviennent probablement dans l’appariement correct des
chromosomes homologues lors de la méiose, une condition préalable pour le partage égal de
segments chromosomiques. L’appariement incorrect entre les séquences identiques, mais différentes
localisées, détermine une recombinaison aberrante, entraînant des mutations et des maladies
génétiques.
Les pseudogènes sont des copies de gènes non fonctionnels, des fragments de gènes ou de
gènes tronqués, qui ont un potentiel de réactivation. Par exemple, dans des situations pathologiques
(l’hémoglobinopathies) les pseudogènes α et β de la famille de gènes de la globines sont reactivés13.
Les séquences répétitives simples représentent 3 % du génome et sont composées de
séquences très courtes (200-500 pb) répétées en tandem, des millions de fois. Elles ne sont pas
transcrites et forment quelques fractions de l’ADN satellite (tableau III.1.).
Certaines de ces séquences d’ADN sont groupées dans des régions chromosomiques riches en
heterochromatine constitutive (centromères, télomères, contractions secondaires) et ont un rôle
structural.
D’autres séquences d’une longueur de 14 à 500 pb, sont répétées en tandem, étant dispersées
dans toutes les régions télomeriques et péritélomeriques, sauf les chromosomes X et Y. Ces
séquences sont de minisatellites hypervariables (VNTR - variable number of tandem repeats). Les
minisatellites sont composées d’une région centrale avec une séquence identique et des régions
périphériques variables. Ils sont de marques génétiques individuelles, parce que le nombre de
répétitions de la séquence de minisatellite varie de personne à personne. Puisque le nombre de
minisatellites et de variantes de chaque minisatellite sont grands, il est improbable l’existence de
deux individus non-apparentés identiques 14.
Les minisatellites représentent l’empreinte génétique de chaque personne et pour ça ils sont
utilisées aujourd’hui dans : la médecine légale, la cartographie du génome humain, le diagnostic
moléculaire des maladies génétiques et l’analyse chromosomique.

13
Voir le chapitre Le gène – l’unité de structure, de fonction et de mutation
14
la probabilité d’un tel événement est inférieur à 10-20
Le stockage de l’information génétique 21
Tableau III.1. Types de séquences répétitives simples d’ADN

Type Nombre de localisation chromosomique


répétitions
ADN satellite Très probablement, tous les chromosomes
(blocs de 100 kb - 1 Mb)
• Satellites 2 et 3 5 L’heterochromatine centromérique des chromosomes et
d’autres régions d’heterochromatine
• Satellite 1 (pb A-T)
• Α (ADN alfa) 171 L’heterochromatine centromérique des chromosomes
• β (famille 68 L’heterochromatine centromérique des chromosomes 1, 9, 13,
Sau3A) 14, 15, 21, 22, Y
ADN minisatellite
(blocs de 0,1-20 kb)
Famille télomerique 6 Tous les télomeres
Famille hypervariable 9-24 Tous les chromosomes, habituellement peritélomerique
ADN microsatellite 1-4 Tous les chromosomes
(blocs < 150 pb)
Les plus courtes séquences répétitives ont 2-13 pb et sont le résultat de la répétition d’un
dinucléotide (CA ou GT). Ils ont une structure polymorphe, mais ils ont une distribution uniforme dans
le génome. Ces séquences sont appelées microsatellites (VNDR - variable number of dinucleotids
repeats). Les duplications segmentaires résultent par la duplication et le transfert des séquences de
gènes sur le même chromosome ou un autre chromosome. Elles forment des blocs de 100-200 kb dans
les différentes régions du génome. Les séquences répétitives en tandem sont situées centromériques,
paracentromériques, télomèriques et sur les bras courts des chromosomes acrocentriques.
III.1.3.3. Association ADN - protéines.
Dans le noyau, l’ADN des eucaryotes est associé avec protéines (histoniques ou non-
histoniques) et de petites quantités de l’ARN, formant les fibres de chromatine. Les interactions entre
l’ADN et les histones assurent l’organisation supramoléculaire de l’ADN. De plus, l’association entre
l’ADN et des protéines complexes non-histoniques permet le fonctionnement de mécanismes qui
réglent l’expression des gènes et la réplication.
Les histones sont des protéines avec caractère de base et sont présentes dans tous les
organismes eucaryotes. Ils ont une forte affinité pour l’ADN et se fixent spécifiques au niveau du
petit sillon de la molecule d’ADN.
La nature alcaline des histones permet la neutralisation des charges acides d’ADN. Il y a
cinq types de histones, qui sont présentées chez tous les eucaryotes : H1, H2A, H2B, H3 et H4. À
l’exception de l’histone H1, les autres types ont une structure stable, bien conservée dans
l’évolution, ce qui indique un rôle structurel important.
Les histones participent à l’organisation supramoléculaire de l’ADN, en veillant au
compactage du matériel génétique dans le noyau. Elles sont des éléments essentiels des
nucléosomes, le premier niveau de l’organisation supramoléculaire de la molécule d’ADN. Elles
sont impliquées aussi dans la régulation d’expression des gènes. Par l’acétylation des histones
certains gènes sont activés, alors que la méthylation détermine la répression génique. La
phosphorylation d’histone H1 provoque la condensation des fibres de chromatine en
chromosomes, déclenchant la mitose.
Les protéines non-histoniques sont acides ou neutres. Ils sont nombreux, hétérogènes, mais
22 Notions de base de la génétique humaine
dans le noyau il y a une petite quantité. Certaines protéines non-histoniques ont un rôle structurel,
formant la matrice des chromosomes, mais la plupart ont des rôles fonctionnels, étant impliquées dans la
régulation ou la modulation de l’activité des gènes spécifiques. Ils se fixent sur le grand sillon latéral de
l’ADN.
III.2. L’ORGANISATION SUPRAMOLECULAIRE DE L’ADN
L’organisation supramoléculaire de l’ADN est complexe, dans le noyau existant un système
hiérarchique des fibres de chromatine, qui résulte par des enroulements hélicoïdaux successifs. Ces
enroulements permettent les compactages de longues molécules d’ADN dans l’espace nucléaire, qui
ne dépasse pas quelques microns de diamètre. Ce compactage est ordonnée, en maintenant
l’accessibilité de l’ADN aux protéines impliquées dans l’expression des gènes de contrôle et de la
réplication de la molécule d’ADN. En début de la prophase les fibres de chromatine s’enroulent en
hélice pour former les chromosomes, la manière d’organiser le matériel génétique lors de la division.
III.2.1. L’APPAREIL GÉNÉTIQUE DE LA CELLULE
L’appareil génétique cellulaire est composée de structures cellulaires contenant de l’ADN
et ceux qui sont impliqués dans ses fonctions. Les organites cellulaires qui contiennent d’ADN
sont: le noyau, les mitochondries et les centrioles. Par contre, les organites cellulaires impliquées
dans l’exercice des fonctions d’ADN sont : les ribosomes et les centrioles.
III.2.1.1. Le noyau
Le noyau est l’élément principal de l’appareil génétique, le centre de commandement et de
contrôle des activités cellulaires. Il contient environ 99,5 % de l’ADN cellulaire. La morphologie
du noyau diffère pendant les deux grandes phases du cycle cellulaire : l’interphase et la division.
Dans l’interphase le noyau est délimité à l’extérieur par une membrane poreuse bilaminaire.
Les pores de la membrane permettent les échanges entre le noyau et le cytoplasme. La membrane
nucléaire est l’élément de la séparation de la transcription (qui s’est tenue dans le noyau) et de la
traduction (faite dans le cytoplasme) en offrant des amples possibilités pour utiliser l’information
génétique.
Le noyau contient : une nucléosquelette, de chromatine, de nucléoplasme et des nucléoles.
Pendant l’interphase sur nucléosquelette se fixent les molécules d’ADN. Les interactions entre
l’ADN, la nucléosquelette et la membrane nucléaire ont un rôle important dans la régulation de
l’expression des gènes et de la division cellulaire. Les nucléoles jouent un rôle dans la production
et l’assemblage des ribosomes.
Dans le noyau, chaque molécule d’ADN s’associe avec des protéines histoniques et de
petites quantités d’ARN et de protéines non-histoniques. Ces complexes subissent des
enroulements successifs en résultant les fibres de chromatine, évidentes seulement au microscope
électronique.
L’examen au microscope optique relève la présence dans le noyau interphasique des
granules de chromatine, qui sont les zones plus condensées des fibres.
Au début de la division, la membrane nucléaire et les nucléoles disparaissent et les fibres de
chromatine montrent une condensation marquée, en devenant les chromosomes. À la fin de la
division, les chromosomes se déroulent et reviennent à la forme des filaments de chromatine
(Figure III.2.).
Entre la chromatine et les chromosomes n’existe pas de différences structurelles. Les
différences sont seulement au niveau de la configuration et la chromatine et les chromosomes
Le stockage de l’information génétique 23
représentent la façon d’organisation du matériel génétique dans l’interphase, respectif la division.
Le nombre des chromosomes (fibres de chromatine) du noyau est identique dans toutes les
cellules, formant une caractéristique d’espèce. Les cellules somatiques humaines contiennent 46
chromosomes, groupés en 23 des paires, ce qui représente un ensemble diploïde des chromosomes
(2n). L’information génétique, contenue dans le noyau des cellules somatiques, est le génotype.
L’interphase

Des fibres de chromatine

Telophase
Prophase
ADN + histones

Des chromosomes

La division

Figure III.2. Relation fibres de chromatine - chromosomes


Les cellules sexuelles mûrs, les gamètes (l’ovule et le sperme) ont dans le noyau un nombre
de chromosomes diminué de moitié par rapport à des cellules somatiques. Les gamètes ont 23
chromosomes, un de chaque paire, qui est un ensemble haploïde de chromosomes (n).
L’information génétique du noyau des gamètes est le génome 15.
III.2.1.2. Les mitochondries
Les mitochondries sont des organites cytoplasmiques qui fournissent l’énergie pour la
fonctionnement de la cellule.
Chaque mitochondrie contient 2-10 petites molécules identiques d’ADN, qui contiennent
deux brins, organisée sous la forme de chromosomes circulaires. L’ADN des mitochondries est
partiellement autonomes. L’ADN des mitochondries d’une cellule (environ 500) constitue le
plasmotype et représente environ 0,5 % de l’ADN cellulaire.
III.2.1.3. Les centrioles
Les centrioles sont des organites périnucléaires impliqués dans la division cellulaire. Ils
contiennent des traces d’ADN.
Au début de la division le centriol se divise, aboutissant à deux organites qui migrent dans
des directions opposées, vers les deux pôles de la cellule. La séparation de deux nouveaux
centrioles n’est pas complète, car ils forment un réseau des microfilaments de tubuline, qui forme
le fuseau de division pendant la division. Ce dirige le mouvement des chromosomes pendant la
division.
III.2.1.4. Les ribosomes
Les ribosomes sont des organites cytoplasmiques impliquées dans la synthèse des protéines.
Ils sont constitués de deux sous-unités, une grande de 60 S et une petite de 40 S, qui sont unis dans

15
Les cellules haploïdes - les cellules qui ont un seul chromosome de chaque paire (du gr. Haploos -. simple) ; Les cellules
diploïdes - les cellules qui ont deux chromosomes du même type, des cellules qui ont un nombre chromosomique similaire à
celle de l'ovule fécondé
24 Notions de base de la génétique humaine
la présence de molécules d’ARNm pour former le ribosome active (80S). Il contient des sites, où il
sera fixé les molécules d’ARNt et les enzymes impliquées dans la synthèse des protéines.
III.2.2. LA CHROMATINE
La chromatine est la manière d’organiser du matériel génétique en interphase. Il se compose
d’un ensemble qui contient une molécule d’ADN associé à des histones, de petites quantités
d’ARN et de protéines non-histoniques. L’aspect de la chromatine varie en fonction de la modalité
d’examen : au microscope optique ou électronique.
III.2.2.1. L’aspect de la chromatine dans la microscopie optique
En examinant au microscope optique, dans le noyau peut être identifié deux types de
granules de chromatine, qui diffèrent dans le degré de condensation. Les petits granules, qui ont
une coloration faible, représentent l’euchromatine, tandis que les corpuscules plus condensée (des
chromocentres) qui sont intensément colorés, constituent l’hétérochromatine. Les différences
entre l’euchromatine et l’hétérochromatine sont non seulement morphologiques, mais aussi
biochimiques et fonctionnels.
L’euchromatine est légèrement condensée et teinté, a une replication au début de la phase
S de l’interphase, est riche en paires de bases GC, contient une quantité relativement importante de
l’ADN non-répétitif, des protéines non-histoniques et représente la part active de la chromatine.
L’hétérochromatine est intensément condensée et teinté, a une replication à la fin de la phase
S de l’interphase, est riche en paires de bases AT, contient une quantité relativement importante de
l’ADN répétitif et des protéines histoniques et représente la part inactive de la chromatine (le tableau
III.2.).
La corrélation entre la structure et la fonction de la chromatine est complexe, parce que
dans cellules différents la même part chromosomique (gènes) peut être active ou inactivée sous la
forme d’heterochromatine.
Le tableau III.2. Les caractéristiques de l’hétérochromatine et de l’euchromatine
Caractéristiques Euchromatine Hétérochromatine
Condensation finement dispersés très condensé
Coloration faible intense
Replication en phase S précoce tardive
Activité génétique active inactive
Composition chimique - p.b. CG - p.b. AT
- ADN non-repetitif - ADN repetitif
- proteines non-histoniques - proteines histoniques

L’hétérochromatine peuvent être différenciés en deux catégories :


• L’hétérochromatine constitutive – est présente dans tous les individus des espèces et dans
toutes les cellules, il forme les centromères et les télomères des tous chromosomes, les
satellites et les constrictions secondaires des certains chromosomes ;
• L’hétérochromatine facultative – est présente aux certaines personnes, dans certaines
cellules et/ou à certaines périodes de la vie; elle constitue la chromatine sexuelle.
III.2.2.2. La chromatine sexuelle
La chromatine sexuelle est représentée par des chromocentres présents dans le noyau des
cellules en interphase, qui ont des caractéristiques morphologiques différentes dans les cellules
féminines ou masculines. En raison de ces différences est possible d’identifier le nombre des
Le stockage de l’information génétique 25
chromosomes sexuels et de déterminer le sexe génétique. Le sexe génétique est formée lors de la
fécondation par l’association des gonosomes d’œufs (X) et du sperme (X ou Y). Normalement, le
sexe génétique est XX aux femmes ou XY aux hommes.
La chromatine sexuelle des hommes et des femmes ne diffèrent pas seulement par la
morphologie, mais aussi par les mécanismes d’apparition. Chez les femmes, la chromatine X
reflète l’inactivation d’un chromosome X, tandis que la chromatine masculine Y représente un
segment du bras long du chromosome Y, qui est toujours présente sous la forme
d’hétérocromatine.
LA CHROMATINE X
Normalement, la chromatine X peut être observée dans le noyau des toutes les cellules
féminines. En 1961, Mary Lyon a expliqué l’origine de la chromatine X, en formulant plusieurs
hypothèses :
• Chez femmes, l’un des deux chromosomes X est inactivé par l’hétérocromatinisation ;
• L’inactivation est précoce (à partir de la 3e journée et se termine dans le 16e jour de vie
embryonnaire) ;
• L’inactivation est définitive et a une propagation clonale (si dans une cellule un chromosome X
- materne ou paterne - a eté inactivé, il restera inactif dans les cellules dérivées de cette cellule);
• L’inactivation est aléatoire (dans certaines cellules le chromosome X maternelle est inactivé,
tandis que dans d’autres cellules le chromosome X paternelle est inactivé) de sorte que les
femmes contiennent une mosaïque cellulaire, ayant des cellules qui diffèrent par l’origine du
chromosome X actif (Figure III.3.) 16.
Ces postulats ne sont pas tout à fait valable, car :
• Certains gènes ne sont pas inactivés;
• L’inactivation n’est pas aléatoire, aspect prouvé dans les anomalies structurales du
chromosome X ; en présence des anomalies chromosomiques non-équilibrées (délétion,
chromosome en anneau, isochromosome) le chromosome anormal est inactivé de manière
préférentielle, tandis que dans le cas de translocation réciproque équilibrée entre le chromosome X
et un autosome, le chromosome X normal est inactivé 17;
• L’inactivation est définitive seulement dans les cellules somatiques, dans les cellules
germinales le chromosome X inactif est réactivé et tous les deux chromosomes X étant active.
L’explication de l’apparition de la chromatine X est basé sur les différences de contenu
gènique entre les chromosomes X et Y. Le chromosome Y est un petit chromosome, a une quantité
réduite d’euchromatine et contient moins de gènes impliqués en particulier dans la sexualisation
des hommes. En revanche, le chromosome X est un milieu chromosome qui contient de nombreux
gènes impliqués dans la sexualisation (féminine et masculine) et aussi dans le déterminisme des
caractères phénotypiques somatiques. Ainsi, l’inactivation d’un chromosome X assure un équilibre
de dosage génique entre les hommes et les femmes. Toutefois, les organismes féminins ont un
léger avantage en raison du fait qu’un certain nombre de gènes (plus de 16 gènes) échapper à
l’inactivation et sont présents aussi actif sur les deux chromosomes X.
Le mécanisme de l’inactivation n’est pas entièrement élucidé, mais on sait qu’il est commandé
par un centre d’inactivation (XIC - X inactivation center) situé Xq13.2, qui fonctionne seulement sur le
chromosome X inactif. Dans la région centrale du centre a été identifié le gène XIST (X Inactive
16
Mosaïque cellulaire - la présence dans le même organisme des deux ou plusieurs populations de cellules qui diffèrent par
certaines caractéristiques (par exemple le nombre de chromosomes)
17
voir le chapitre La variabilité génétique
26 Notions de base de la génétique humaine
Specific Transcript) qui assure la synthèse des molécules d’ARN. Ces molécules ne sont pas traduites
en protéines, mais ont un rôle fonctionnel. Elles se mettent en place autour des parties du chromosome
X contenant le gène à inactiver, bloquant ainsi l’accès des protéines impliquées dans le réglage des
fonctions d’ADN.
M P
ZYGOTE

M P P M

M P M P P M P M

Figure III.3. Le modèle de l’inactivation aléatoire du chromosome X M - materne


(chromosome blanc), P – patern (chromosome gris)
le chromosome souligné – le chromosome inactif
La détection de la chromatine X peut être fait dans tous les noyaux des cellules féminines.
Pour des raisons techniques, l’analyse de la chromatine X est faite dans les cellules muqueuses
buccales ou dans les cellules polymorphonucléares neutrophiles du sang. La chromatine X est
identifiée dans les cellules de la muqueuse buccale comme une particule intranucléaire
intensément condensée, située près de la membrane nucléaire ou collée à la membrane. Cette
formation s’appelle corpuscule de Barr. Les corpuscules de Barr sont colorées en rouge-violet
(basophile) par traitement avec de la teinture de Carr. La taille des corpuscules de Barr est de
1±0,3 µm et sa forme est régulière (triangulaire, plan convexe, semi-lunaire, rond-ovale).
Théoriquement, les corpuscules de Barr doivent être présents dans toutes les cellules
muqueuses buccales d’une femme. Pratiquement, il peut être détectée seulement dans 20-40 % des
cellules. Cette particularité peut être expliquée par l’existence de cellules dans lesquelles tous les
deux chromosomes X sont actifs, par la présence des cellules qui n’ont pas qu’une seul
chromosome X (monosomie X) par la présence de cellules qui ont des défauts de coloration. De
plus, il faut éliminer du calcul les cellules qui ont des corpuscules de Barr centrale, en raison de la
confusion possible avec le nucléole ou d’autres chromocentres non spécifiques.
Le nombre des corpuscules de Barr d’une cellule dépend du nombre des chromosomes X
d’organisme. Dans des circonstances normales, les femmes ont un seul corpuscule de Barr, tandis
que les hommes n’en ont pas. La formule de calcul utilisée pour déterminer le nombre des
corpuscules corpuscules de Barr est suivante :
Le nombre des corpuscules de Barr = le nombre des chromosomes X – 1
Le stockage de l’information génétique 27
Dans des conditions pathologiques, le corpuscule de Barr peut être absent aux femmes ou
présent aux hommes. La corrélation entre le nombre de globules Barr et la formule
chromosomique est présenté dans le tableau III.3.
Le tableau III.3. La corrélation entre le nombre des corpuscules de Barr et la formule
chromosomique
Formule chromosomique masculine Le nombre des Formule chromosomique
corpuscules de Barr feminine
46,XY – l’homme normal 0 45,X – monosomie X → le
syndrome de Turner
47,XXY – trisomie XXY → le 1 46,XX – femme normale
syndrome de Klinefelter
48,XXXY 2 47, XXX – trisomie X → le
syndrome de triplo X
49,XXXXY 3 48,XXXX
- 4 49,XXXXX
En présence des anomalies chromosomiques structurelles du chromosome X, la taille du
corpuscule de Barr peut être changée. Ainsi, dans le cas des déletions, des chromosomes X en
anneau ou des isochromosomes de bras court, le corpuscule de Barr a une taille d’environ 0,7-0,8
µm. En revanche, en présence d’un isochromosome X de bras long, la taille de corpuscule de Barr
est d’environ 1,2-1,3 µm 18
Les avantages du test de Barr sont: la rapidité, le coût faible et la nécessité d’équipement
technique minimal.

Le test de la chromatine X est utilisé dans la pratique clinique pour détecter le sexe
génétique ou le diagnostic des aneuploïdies des chromosomes X. Les indications pratiques du
test de Barr sont insérés ci-dessous.
La détection prénatale du sexe génétique de l’embryon est réalisée en analysant la
chromatine X dans les cellules du liquide amniotique.
Dans le cas d’un couple où l’homme est en bonne santé et la femme est hétérozygote,
porteuse d’une mutation récessive d’un gène localisé sur le chromosome X, la détermination
prénatale du sexe génétique de l’enfant est importante parce que permet l’évaluation du risque de
l’embryon d’avoir la maladie.
Si le test de la chromatine X est positive, l’embryon est une femme et son risque d’être
affecté est 0, parce que toutes les filles héritent le chromosome X normal de leur père. Toutefois, si
le test de la chromatine X est négatif, l’embryon est de sexe masculin et le risque d’être affecté est
de 50 %, puisque la moitié des garçons hérite le chromosome X anormal de leur mère.
La détermination du sexe génétique des nouveau-nés avec des organes génitaux
ambivalents. Dans une série de conditions, appelées conditions intersexuées, les patients ont des
caractères sexuels masculins et féminins. Dans ce cas, l’aspect des organes génitaux est ambigu,
étant un état intermédiaire entre le pénis et le clitoris, respectivement entre les lèvres et le scrotum.
Dans ces circonstances, il devient impossible d’établir le sexe civil, basée sur l’analyse des
organes génitaux.

18
voir le chapitre La variabilité génétique
28 Notions de base de la génétique humaine
En faisant le test de Barr chez nouveau-nés avec intersexualité, il est possible d’obtenir une
corrélation entre le sexe génétique et le sexe civil, qui assurera un bon développement
psychologique de l’enfant.
L’identification des anomalies du chromosome X. La réalisation du test de Barr est
nécessaire pour les personnes qui montrent des signes de dysgénésie des gonades 19, induite par une
aneuploïdie du chromosome X.
• Chez une femme avec une petite taille, une aménorrhée primaire (l’absence de menstruations)
et caractères sexuels secondaires féminins peu développés (pilosité sexuelle moins développée,
développement anormal des glandes mammaires, aspect infantil des organes génitaux externes)
le test de la chromatine X peut être négatif, conformément à la présence d’une monosomie X
(la présence d’un seul gonosome) ; ainsi, le test de la chromatine X est util dans le diagnostic
du syndrome de Turner;
• Chez un homme à taille haute, avec des petits testicules, des caractères sexuels secondaires
masculins peu développé (pilosité sexuelle moins développée, musculature sous-développés,
haute voix) et la gynécomastie (la présence des glandes mammaires développées chez un
homme) le test de Barr peut être positif, aspect compatible avec la présence d’une trisomie
XXY (la présence des trois gonosomes) ; ainsi, le test de la chromatine X est utile dans le
diagnostic du syndrome de Klinefelter 20
L’application du test de Barr en médecine légale est pour détecter le sexe génétique des
fragments de tissus (fils des cheveux, cellules squameuses, tâches de sang, etc.).
LA CHROMATINE Y
La chromatine Y est l’aspect interphasique de la 2/3 distal du bras long du chromosome Y.
À ce niveau, il est présent un segment de l’hétérochromatine fortement fluorescent.
La chromatine Y peut être identifiée dans les cellules d’une personne de sexe masculin, par
coloration avec des fluorochromes différents et l’examen microscopique en lumière ultraviolette. En
raison que la partie distale du bras long du chromosome Y est teinté intensément fluorescente, la
chromatine Y s’appelle corpuscule F. Ce corpuscule est situé intranucléaire et a une taille moyenne de
0,25 µm.
Le nombre des corpuscules F est égal au nombre des chromosomes Y. Chez les femmes, il
n’y a pas de corpuscules F. Chez les hommes normaux (46, XY) il y a un seul corpuscle F,
situation qui est présente aussi chez les individus ayant un seul chromosome Y et ont une formule
chromosomique: 47, XXY. 48,XXXY ou 49,XXXXY. Chez les personnes avec deux
chromosomes Y (formule chromosomique 47,XYY ou 48,XXYY), il y a deux corpuscules de la
chromatine Y.
III.2.2.3. La structure supramoléculaire de la chromatine
L’analyse de la chromatine au microscope électronique a révélé qu’il est organisé dans un
système hiérarchique complexe des fibres. Ainsi, il y a possible le “compactage” des longue
molécules d’ADN dans l’espace nucléaire, qui a un diamètre de 10 µm. Ce compactage est réalisé
de telle sorte que la molécule d’ADN reste accessible à des protéines impliquées dans la
transcription et la réplication. L’organisation de la chromatine est similaire chez tous les

19
Dysgénésie des gonades - un développement anormal des gonades
20
En cas des dysgénésies des gonades et d’intersexualité le test de Barr doit être suivi obligatoirement par l’application de
l’analyse chromosomique
Le stockage de l’information génétique 29
eucaryotes, ce qui est corroboré par le fait que la structure des gènes des histones est l’un des
meilleurs éléments conservés au cours de l’évolution des espèces.
L’unité structurale de la chromatine est le nucléosome. Le nucléosome est un complexe
d’ADN et des histones (figure III.4.). Chacun nucléosome contient un noyau protéique composé de
huit molécules d’histones, deux molécules de classes H2A, H2B, H3 et H4. Autour de ce noyau,
une séquence d’ADN, constituée de 146 pb est enroulée, en faisant un tour et trois quarts. Deux
nucléosomes voisins sont reliés par un segment d’ADN linéaire d’environ 50-60 pb. Les fibres des
nucléosomes ont un diamètre de 11 nm. Ce enroulement assure un compactage d’ADN de 10 fois.
Chromatides soeurs 80 Mb 80 Mb
d’ADN d’ADN

Hélice
Centromère double
2 nm

600 nm

600 nm 600 nm
Nucléosomes
10 nm
Fibres des
chromatine Zone inter-
avec des nucléoso-
boucles male
laterales (≈75 300 nm 30 nm 10 nm
kb) Solenoïde Fil avec nucléosomes

Figure III.4. L’organisation supramoléculaire de l’ADN


Le mécanisme de formation des nucléosomes n’est pas complètement connue. Un aspect
certainement est que les nucléosomes ne sont pas des structures rigides, parce que les fonctions
d’ADN exigent l’accès des protéines régulatrices aux séquences d’ADN.
Le prochain niveau de l’organisation du matériel génétique se fait par l’enroulement des
filaments des nucléosomes, résultant un solénoïde hélicoïdal. Chaque pas du solénoïde contient
six nucléosomes. Le maintien de l’ensemble du solénoïde est fourni par les histones H1 des
nucléosomes. Le diamètre du solénoïde est d’environ 30 nm. Avec ce nouvel enroulement est
assuré un compactage de 5 fois de la molécule d’ADN.
Le troisième niveau d’organisation est résultat de plissements de fibre de chromatine dans
boucles laterales, qui constituent des domaines chromosomiques avec indépendance fonctionnelle.
Les boucles ont une longueur variable de 10-90 kb.
La stabilisation de la structure est assurée par un squelette composé par des protéines acides
(nonhistoniques) sur quelles sont fixées les bases des boucles de chromatine. Ces points de
fixation sont spécifiques et constitue la base de l’alternance d’euchromatine et hétérochromatine.
La morphologie du squelette protéique est identique à celle du chromosome.
Le nombre de points d’attache des boucles varie de une région chromosomique à l’autre.
Ainsi, les régions riches en pb AT (régions d’hétérochromatine, génétiquement inactive) se fixent
30 Notions de base de la génétique humaine
par un nombre élevé des points, tandis que les régions riches en pb GC (régions d’euchromatine,
génétiquement active) présentent une attache plus laxe.
Le diamètre de fibre de chromatine plié en boucles laterales est d’environ 300 nm et le
degré de compactage est de 10 fois.
En début de la prophase, par l’enroulement et la condensation de la chromatine résultent les
chromatides des chromosomes. La condensation du matériel génétique continue durant les
premiers stades de la division, ainsi que les chromosomes atteignent une épaisseur de 700 nm en
métaphase, compatible avec le degré maximal de compactage des fibres de chromatine.
Grâce à ces enroulements et condensations successives, la molécule d’ADN est compactée
d’environ 10.000 fois, ce qui permet un contrôle optimal de l’expression génique et de promouvoir
une distribution équitable du matériel génétique dans la division.
III.2.3. LES CHROMOSOMES HUMAINES
Les chromosomes assurent la transmission de l’information héréditaire dans la succession
des générations de cellules et d’organismes. Leur comportement lors de la méiose est la base de
lois de Mendel et leur organisation permet le fonctionnement de l’ADN (la transcription et la
réplication). L’identification de nombre caractéristique de chromosomes pour l’espèce humaine a
été faite par Tjio et Levan (1956) qui ont établi que les cellules somatiques ont 46 chromosomes.
Les explorations cytogénétiques sont un moyen important de diagnostic en médecine
clinique pour évaluer l’étiologie chromosomique des syndromes plurimalformatives, du retard
mental, du cancer, des troubles de la sexualisation et de la reproduction.
Les cellules somatiques humaines contiennent 46 chromosomes, groupés en 23 paires, qui
représentent un ensemble diploïde (2n) des chromosomes. Parmi les 23 paires, 22 sont identiques
dans les deux sexes, représentant les autosomes, tandis qu’une paire est différente, ce qui
représente les gonosomes ou les chromosomes sexuels, qui prévoit le déterminisme sexuel. Chez
femmes les deux gonosomes sont identiques : XX, tandis que chez hommes sont deux gonosomes
different : XY.
Chaque gamète (l’ovule et le sperme) ne contiennent que la moitié des chromosomes d’une
cellule somatique, c’est-à-dire un ensemble haploïde de 23 chromosomes différents. L’ovule a 22
autosomes et un chromosome X, tandis que le spermatozoïde contient 22 autosomes et un
gonosome qui peut être X ou Y. La fécondation de l’ovule par le sperme détermine la formation du
zygote, la première cellule d’un nouvel organisme et également reconstruit l’ensemble diploïde
des chromosomes.
Les chromosomes c’est la façon d’organiser du matériel génétique lors de la division. Ils
sont formés au début de la prophase, par l’enroulement et la condensation de la fibre de
chromatine. Cette condensation assure un compactage de 20 fois du matériel génétique.
III.2.3.1. La morphologie des chromosomes humaines.
La morphologie des chromosomes est le plus facile à analyser en métaphase 21, quand est
attirée la condensation chromosomique maximale. Dans cette phase les chromosomes sont bien
individualisés et sont placés dans le même plan, formant la plaque équatoriale. Le chromosome
métaphasique (figure III.5.) contient deux éléments longitudinaux, appelés chromatides (identiques
en taille et en forme - les chromatides sœurs) qui sont réunies par une région moins colorées
appelée centromère.

21
Métaphase - la deuxième étape de la division cellulaire
Le stockage de l’information génétique 31
Chaque chromosome comporte trois éléments caractéristiques : le centromère, les
télomères et les séquences de réplication autonome sans laquelle le chromosome ne peut pas
fonctionner normalement.
Les chromatides
Le télomère

Satellite

Centromère

Métacentrique Submétacentrique Acrocentrique


Figure III.5. La morphologie des différents types des chromosomes
Dans la zone centromèrique est présent un rétrécissement appelé constriction primaire. Le
centromère divise les chromatides en deux branches, égales ou inégales, conventionnel désignées
par „p” - le bras court et „q” – le bras long22. La position du centromère peut être :
• médian aux chromosomiques métacentriques (M) ;
• excentrique aux chromosomes acrocentriques (A) ;
• intermédiaires aux chromosomes submétacentriques (SM).
La présence du centromère est indispensable pour les mouvements des chromosomes
pendant la division cellulaire. En absence du centromère – chromosomes acentriques – les
chromosomes ne peuvent pas s’attacher aux fibres du fuseau de division et ne parviennent pas
dans le noyau des cellules filles 23.
À la fin de la prophase, dans la région centromérique de chaque chromatide est synthétisée
une structure protéique spécialisée appelée kinétochore. De chaque kinétochore émergent un
certain nombre de microtubules kinétochoriques - protéines contractiles - à travers lequel le
chromosome est attaché aux microtubules polaires qui font partie du fuseau de division. Au cours
de l’anaphase, la contraction des microtubules kinetocoriques assurent la traction des
chromosomes vers les pôles du fuseau de division 24. Le complex ADN centromerique-kinétochore
(composé par l’hétérochromatine centromérique, kinétochore et les protéines associées au
kinétochore) est le moteur mécano-chimique des chromosomes pendant la division. Des mutations
dans les gènes responsables de la formation du centromère et des protéines kinétochoriques
déterminent des erreurs de division (non-disjonctions ou retard anaphasique).
Les extrémités des chromatides sont appelées télomères. Ils contiennent d’ADN et des
protéines et ont les trois fonctions principales :

22
p - abréviation de "petit"; q - - abréviation de "queue"
23
Les chromosomes acentriques résultent par un crossing-over inégal dans le cas des inversions (voir le chapitre la variabilité
génétique)
24
anaphase - la troisième étape de la division
32 Notions de base de la génétique humaine
• ils maintiennent l’intégrité des chromosomes - en absence des protéines qui entourent les
séquences télomériques, les extrémités chromosomiques sont très „collantes” et ont la tendance
de s’attacher à d’autres séquences chromosomiques, conduisant à des réarrangements
chromosomiques (des translocations complexes) ;
• ils interviennent dans la réplication des séquences d’ADN terminal – en absence des télomères
la réplication de l’ADN manque et le cycle cellulaire est bloqué 25 ;
• ils contribuent à l’attachement des chromosomes à la membrane nucléaire pendant
l’interphase.
L’ADN des télomères de chaque chromosome contient 10000-20000 des répétitions en
tandem d’une séquence hexanuclèotidique 5’- TTAGGG-3’. La réplication des télomères diffère
en rapport avec la réplication des autres régions des chromosomes, étant assurée par une
ribonuclèoprotèase appelée télomérase. L’enzyme est active dans les cellules embryonnaires, dans
le compartiment de prolifération des cellules du corps (moelle osseuse, la couche basale de
l’épithélium) et dans les cellules cancéreuses 26, mais elle est inactive dans la plupart des cellules
somatiques. En son absence, la réplication de l’ADN des télomères est réalisée sur un seul brin,
tandis que l’autre chaîne s’est raccourcie avec quelques répétitions hexanuclèotidiques à chaque
division. L’existence de ce mécanisme de réplication peut expliquer en partie la durée limitée de la
vie de la majorité des cellules somatiques.
Chez les eucaryotes, la réplication de l’ADN d’un chromosome commence en plusieurs
points simultanément. La réplication commence à partir de régions chromosomiques spécifiques
qui ont des séquences identiques d’ADN, appelées séquences de réplication autonome (ARS
autonomously replicating sequence). Ces séquences sont riches en paires de bases AT et ont une
petite longueur d’environ 50 pb. Toutes ces séquences ont un noyau actif, conservés au cours de
l’évolution, entouré de certains copies imparfaites, qui sont inactives.
Certains chromosomes ont des caractéristiques morphologiques, telles que les contractions
secondaires, les satellites ou les sites fragiles. Les constrictions secondaires sont des régions
chromosomiques relativement faibles condensés et, par conséquent, plus faible colorés. Ce type de
constrictions sont situées péricentromériques sur le bras long des chromosomes 1, 9 et 16. Un
autre type peut être identifiée sur les chromosomes acrocentriques, en séparant le satellite du bras
court du chromosome. Les satellites sont de petites masses d’hétérochromatine situées au bras court
des chromosomes acrocentriques, exceptant le chromosome Y. Les satellites contiennent plusieurs
copies de gènes codant pour l’ARN ribosomique, appelés régions organisatrices nucléolaires (NOR).
Les sites fragiles sont des régions chromosomiques où sont identifiées des cassures
chromosomiques plus fréquent. Ces sites sont mis en évidence par des traitements spéciaux et
peuvent parfois être associés à des maladies spécifiques (par exemple le site FRAXA du
chromosome X est associée une forme de retard mental, caractéristique du syndrome du X fragile).
III.2.3.2. Méthodes d’étude des chromosomes humains
L’étude des chromosomes humains est basée sur les principes fondamentaux suivants :
obtenir des cellules en division, le blocage de la mitose en métaphase ou prométaphase, obtenir
des préparations chromosomiques et leur analyse au microscope.
Les cellules en division peuvent être obtenues par: biopsie des tissus avec des divisions
actives (moelle osseuse, gonades, tumeurs) ou par la culture de tissus à court terme (lymphocytes

25
voir le chapitre de transmission de l’information génétique
26
dans les cellules cancéreuses la détermination de l’activité de la télomérase est un marqueur pronostique, une activité accrue
étant associée à l’agressivité de la néoplasie
Le stockage de l’information génétique 33
T du sang périphérique) ou long terme (fibroblastes, cellules du liquide amniotique etc.). Pour
l’étude de routine on utilise des cultures des lymphocytes humains, parce que le sang est
facilement recueillié, les cultures ne prennent que trois jours, les cellules peuvent être stimulées
pour atteindre un indice mitotique accrue et ne nécessitent pas des installations spéciales. La
stimulation de la division cellulaire est fait par des substances mitogènes (en cas des lymphocytes
T est préférée la phytohémagglutinine).
Le blocage des divisions dans un stade quand les chromosomes ont deux chromatides
(prophase, métaphase ou prométaphase) est obtenue par l’utilisation des substances comme la
colchicine et ses dérivés, qui inhibent le fonctionnement du fuseau de division. Par le blocage en
prophase ou prométaphase nous pouvons obtenir des chromosomes moins condensés et de suivre
les détails de la structure.
Pour obtenir des préparations en qui les chromosomes sont situés dans le même plan, séparés
par une courte distance et ont une bonne morphologie, doit respecter les principes suivants :
• L’hypotonisation – l’expansion des cellules et la dispersion des chromosomes, en utilisant
diverses solutions hypotoniques (KCl, sérum de veau fœtal, citrate de sodium) ;
• La fixation des cellules détermine l’interruption de l’activité vitale en gardant la morphologie
cellulaire; est faite avec un mélange de méthanol: acide acétique glacial v/v 3:1 et impose deux
ou trois répétions ;
• L’étalement de la suspension cellulaire sur une lame de microscope arrangent les
chromosomes dans le même plan et font accroire la dispersion générée par l’hypotonisation ;
• La coloration - après que les cellules sont étalées, elles sont colorées avec des teintures
alcalines (solution Giemsa) avant ou après l’application d’un marquage chromosomique ;
• L’analyse au microscope – on choisit les métaphases avec des chromosomes bien dispersés et
qui présentent un contour net.
Par l’examen directe au microscope optique se fait une analyse quantitative (numérique) et
qualitative (morphologique) des chromosomes, étant possible la détection des anomalies du
nombre ou de la structure des chromosomes.
Le nombre de métaphases analysé est variable. En présence de préparation des
chromosomes normaux ou d’une anomalie numérique homogène le nombre suffisant de cellules
analysées est de 16-20. L’existence de plusieurs clones de cellules (une mosaïque
chromosomique) nécessite une analyse d’un grand nombre de cellules (minimum 30) pour une
évaluation précise du pourcentage de chaque ligne.
Pour une analyse détaillée des chromosomes, la méthode la plus couramment utilisée est la
photographie des métaphases, la coupe des chromosomes de chaque cellule et l’accomplissement
du caryotype. Le caryotype est la disposition systématique des chromosomes photographiés et
coupés d’une seule cellule en paires des homologues, basée sur la longueur, la position du
centromère, ou des autres critères morphologiques, précise codifiée par des normes internationales.
A ce moment il y a des systèmes, assistée par ordinateur, qui permettent le caryotypage
direct, réduisant ainsi le temps de travail et en agrandissant l’efficacité de l’analyse.
III.2.3.3. La classification et l’identification des chromosomes humains
Par l’application d’une coloration uniforme des chromosomes (technique de génération I)
l’identification des chromosomes humains est basée sur des critères morphologiques quantitatifs
(la longueur des chromosomes et la position du centromère) ou qualitatives (les constrictions
secondaires, les satellites). Les critères d’identification ont été codifiées aux conférences de
normalisation dans un système international d’identification et de nomenclature (ISCN).
34 Notions de base de la génétique humaine
Les critères quantitatifs sont les suivants : la longueur des chromosomes et la position du
centromère. Basé sur la longueur, les chromosomes humains sont divisés en grands, moyens et
petits. La position du centromère est déterminée en utilisant l’indice centromérique (CI –
centromeric index) qui est le rapport de la longueur du bras court et la longueur totale du
chromosome. Ainsi, les chromosomes sont classées en : métacentriques (CI = 46-49)
submétacentriques (CI = 26-45) et acrocentriques (CI = 17-30).
Les critères qualitatifs sont représentés par les satellites et les constrictions secondaires.
Les satellites sont localisés en prolongement des bras court du chromosomes acrocentriques du
groupe D (13, 14, 15) et G (21 et 22), moins le chromosome Y. Le nombre de satellites et leur
taille varie d’une personne à l’autre, formant un polymorphisme chromosomique humaine.
Les constrictions secondaires sont des segments chromosomiques moins condensés et colorés,
présents particulièrement dans la région centromerique du bras long du chromosome 1, 9 et 16.
L’utilisation des critères quantitatifs permet l’identification des paires des chromosomes
homologues (les chromosomes identiques dans la forme et la taille, mais avec une origine
différente: une materne et l’autre paterne) et la classification en sept groupes désignés par des
lettres majuscules de A à G (tableau III.4.).
Tableau III.4. La classification des chromosomes en rapport de la longueur et de la position du
centromère

La longuer du chromosome
La position du centromère grands moyens petits
métacentriques A 1-3 E 16 F 19-20
submétacentriques B 4-5 C 6-12, X E 17-18
acrocentriques - D 13-15 G 21-22, Y

L’identification chromosomique sur des critères quantitatifs est difficile, à l’exception des
chromosomes des groupes A et E.
Le système international de normalisation et de la nomenclature - ISCN - ensembles les
symboles utilisés pour décrire les chromosomes normaux et les anomalies chromosomiques et
établit de façon pratique la représentation du caryotype.
L’information du caryotype est donnée comme suit : le nombre total des chromosomes
(autosomes + gonosomes) suivi, après une virgule, par les chromosomes sexuels. Par exemple:
ƒ 46,XX - caryotype normal, sex génétique féminin (figure III.6.) ;
ƒ 46,XY - caryotype normal, sex génétique masculin (figure III.7.).
III.2.3.4.Des techniques d’analyse chromosomique
Les techniques d’analyse chromosomique peut être divisé en quatre générations.
III.2.3.4.1. Les techniques de Ier génération
Ces techniques assurent une coloration uniforme des chromosomes, en permettant
l’identification des anomalies chromosomiques numériques. Toutefois, cette analyse présent
certains inconvénients comme l’impossibilité de l’identification précise des chromosomes ou des
anomalies chromosomiques structurelles.
III.2.3.4.2. Les techniques de IInd génération
L’identification précise de chaque chromosome exige l’application des techniques de marquage
des chromosomes en métaphase, ce qui met en lumière au long de chaque chromosome d’une
alternance des zones claires (pas colorées) et des zones sombres (colorées) situées à travers des
Le stockage de l’information génétique 35
chromatides et appelées bandes. La bande est un segment chromosomique distinct, qui est différente
de bandes adjacentes par l’intensité de la couleur. La séquence de ces bandes est une caractéristique
d’espèce, en étant la même dans toutes les cellules du corps et tous les individus normaux de l’espèce.

Figure III.6. Caryotype 46,XX avec marquage G

Figure III.7. Caryotype 46,XY avec marquage G


Certaines bandes sont clairement définies et représentent des éléments importants pour
l’identification d’un chromosome. Ils sont des repères chromosomiques et délimitent plusieurs
régions au long du chromosome.
Le marquage en bandes permet l’identification précise de chaque chromosome, parce que les
bandes reflètent la structure interne de chromosomes (l’alternance des régions d’hétérochromatine
et euchromatine). Par ailleurs, en utilisant le marquage est possible le regroupement des
chromosomes homologues en paires et l’identification des anomalies chromosomiques numériques
ou structurelles. Les techniques de marquage chromosomique sont classés comme suit: des
marquages généralisés (Q, G et R) (figure III.8) et des marquages localisés (C, T, NOR, etc).
Le marquage Q montre des bandes visibles après une coloration avec quinacrine (ou des
autres fluorochromes) et l’examen au microscope à UV. Les bandes positives Q sont fluorescentes
(étincelantes) et les bandes négatives sont sombres. Le marquage G - est obtenu par dénaturation
chimique (avec acides, lessives, enzymes protéolytiques, etc.) suivi par la coloration avec une
solution de Giemsa. Les marquage Q et G ont la même disposition et les bandes positives
36 Notions de base de la génétique humaine
contiennent d’hétérochromatine. Le marquage R est obtenu par dénaturation thermique de l’ADN et
coloration à l’acridine orange ou solution de Giemsa. Les bandes R ont une disposition inverse
(reverse) des bandes Q et G. Ainsi, les bandes R positives sont équivalentes à bandes moins colorées
obtenues par le marquage Q/G et représentent des régions d’euchromatine (figure III.8.).
Bras court

Bandes G ou Q Bandes R

Centromère

Bras long

Figure III.8. Comparaison entre les marquages G/Q et R


Le marquage C montre la région centromérique, alors que le marquage T révèle les bandes
situées dans les régions des télomères. Le marquage NOR montrent les satellites des chromosomes
acrocentriques, qui contiennent des multiples copies d’ARN ribosomal, associés aux régions
d’organisation nucléolare en interphase.
La conférence de normalisation et de nomenclature des chromosomes humains, tenue à
Paris en 1971, a établi une représentation des chromosomes en métaphase sur la base des
marquages Q, R, G et C, qui comprend 322 bandes par un set haploïde (figure III.9.). Le nombre
de bandes observées en métaphase, lorsque les chromosomes sont fortement condensée, est plus de
400-500 bandes/ génome (22 autosomes et les chromosomes X et Y).
III.2.3.4.3. Les techniques de IIIème génération
Les techniques de troisième génération - à haute résolution - fournissent un marquage
chromosomique des cellules prométaphasiques ou prophasiques. Le principal avantage est
d’obtenir des préparations avec des chromosomes moins condensés, ce qui permet l’observation
d’une augmentation du nombre des bandes. Ainsi, une bande de métaphases est séparée en
plusieurs sous-bandes, dont l’analyse est plus facile avec l’élongation des chromosomes. En ce qui
concerne la période pendant laquelle la division est bloquée, la résolution du marquage est
différente. Le nombre des bandes observées en prométaphase augmente à 800-900, tandis que
l’analyse des chromosomes prophasiques peut révéler 1500 bandes/génome.
Les méthodes à haute résolution sont utiles pour identifier les petites anomalies structurelles
(translocations, délétions mineures, duplications, sites fragiles). Ils sont importants pour
déterminer la position des gènes sur les chromosomes et permettent une corrélation précise entre
les modifications chromosomiques mineures et les aspects cliniques présents chez certains
patients. Dans la pratique, ce marquage est appliqué aux cas ou l’examen de routine cytogénétique et
normal et l’aspect clinique du patient suggèrent une petite anomalie structurelle.
III.2.3.4.4. Les techniques de IVème génération
Les techniques de la quatrième génération sont techniques de cytogénétique moléculaire. Ils
permettent l’identification des anomalies plus petites que celles d’une bande chromosomique (3
Mb). Le principe de la méthode est la formation d’un hybride entre une sonde moléculaire
Le stockage de l’information génétique 37
marquée (fluorescent ou immunologique) et la séquence d’intérêt présente dans un ou plusieurs
chromosomes. Dans la catégorie des techniques de cytogénétique moléculaire sont : FISH
(Fluorescence In Situ Hybridization – l’hybridation fluorescente in situ) CGH (Comparative
Genomic Hybridization – l’hybridation génomique comparative) array-CGH (l’hybridation
génomique comparative en réseau) MLPA (Multiplex Ligation-dependent Probe Amplification –
l’amplification multiplex de l’échantillon par collage).

Figure III.9. Représentation diagrammique des bandes chromosomiques (marquage G)


La méthode la plus utilisée de la cytogénétique moléculaire est la technique FISH basée sur
l’hybridation entre une sonde marquée avec un fluorochrome (vu au microscope à émission UV) et
l’ADN natif présente sur un chromosome particulier. La détection de l’hybridation peut être
indirecte, lorsque les sondes contiennent des nucléotides chimiquement modifiées (biotine,
digoxigénine) auquel est joint un ligand fluorescent, telles que l’avidine ou directement, lorsque
sont utilisées des sondes nucléotidiques marquées avec des fluorochromes (figure III.10.). La
méthode est efficace, permettant la visualisation des segments chromosomiques de quelques kb à 3
Mb, avec une sensibilité et une spécificité ~ 100 %, mais l’application est souvent difficile et les
coûts d’exploitation sont élevés.
Les sondes moléculaires ont des spécificités différentes (figure III.11.):
ƒ pour le chromosome entier ou d’un bras du chromosome, ce qui semble différent des autres
chromosomes colorés (la technique de «peinture» des chromosomes - chromosome painting) ;
ƒ pour les séquences d’ADN centromérique - met en évidence le chromosome en noyaux
38 Notions de base de la génétique humaine
interphasique (par exemple, en trisomies sera mis en évidence trois signaux fluorescents) ;
ƒ sondes spécifiques pour un locus de la structure d’un chromosome – montrent la délétion (un
seul signal d’hybridation spécifique sur le locus d’intérêt) ;
ƒ sondes multi-locus - met en évidence plusieurs locus d’un chromosome.

Marquage et
sonde
dénaturation
dénaturation

+ ADN hybridation

Détection directe

Détection indirecte Examination microscopique


molécule
biotine fluorescente avidine

Figure III.10. Le principe de l’hybridation fluorescente in situ (FISH)

A B C D E
Figure III.11. Types de sondes utilisées dans la technique FISH
A - sonde chromosomique; B - sonde spécifiques pour un bras, C - sonde centromérique, D -
sonde spécifique de locus, E - sonde multilocus
Le choix des sondes moléculaires et de la „cible” (chromosome métaphasique, le noyau en
interphase, fibres de chromatine) et des cellules utilisées (fœtales, somatiques gamètes tumeurs)
dépend du but de l’analyse, déterminé par une situation clinique donnée. La multitude des sondes,
des cibles et des cellules étudiées assure aux techniques de cytogénétique moléculaire une large
applications pratiques dans le diagnostic et la recherche.
Le stockage de l’information génétique 39
Les avantages de la technique FISH sont déterminées par le court temps nécessaire pour
effectuer l’analyse, la possibilité de la détection des chromosomes en interphase et la précision de la
méthode. En raison du court temps et la possibilité de faire une analyse chromosomique interphasique,
la technique FISH a des applications notamment dans la cytogénétique prénatale, permettant d’obtenir
des résultats définitifs en 2-3 jours, comparativement à environ trois semaines nécessaires à la
réalisation d’un caryotype prénatal classique.
Les inconvénients de la technique FISH sont déterminées par la haute technologie et le haut coût
de l’équipement et des sondes.
Le caryotype spectral (SKY - Spectral Karyotyping) est obtenu par l’utilisation des cinq
sondes différentes, d’une caméra vidéo pour l’acquisition de l’image et des programmes
d’ordinateur qu’intègrent les images reçues. Ainsi, chaque chromosome est coloré spécifique,
permettant une reconnaissance rapide des remaniements chromosomiques complexes. La
technique a des applications dans la cytogénétique tumorale, car les cellules cancéreuses souvent
présentent des translocations complexes, impliquant plusieurs chromosomes.
L’hybridation génomique comparative (CGH – Comparate Genomic Hybridization) est
une technique de cytogénétique moléculaire qui permet l’analyse quantitative des variations dans
le nombre de copies des segments d’ADN chez un patient atteint d’une maladie génétique ou de
l’ADN constitutionnel des cellules tumorales.
La méthode est basée sur l’hybridation comparative entre les chromosomes du patient et
l’ADN normale (de référence ou de contrôle) - tous deux marqués avec des fluorochromes
différents. En utilisant la microscopie à épifluorescence et l’analyse quantitatives des images
peuvent être détecter les différences de fluorescence, reflétant les changements dans le nombre des
copies dans certaines régions chromosomiques.
Si le nombre de copies est augmentée (duplications) la sonde l’ADN du patient (ou d’une
tumeur), marquée en vert à la fluorescéine, hybridera préférentiellement avec le segment
chromosomique complémentaire et ainsi la couleur sera verte. Si le nombre de copies est réduite
(délétions) les sondes d’ADN normal, marquées par la rhodamine en rouge, hybridera
préférentiellement et ainsi la couleur sera rouge. Enfin, si le nombre de copies est normal les deux
sondes hybrideront en quantités équivalentes et le segment chromosomique apparaît en orange.
CGH identifie seulement les anomalies chromosomiques déséquilibrées et n’a donc pas
d’application pour détecter les translocations réciproques équilibrées ou les inversions. Le niveau
de la résolution de 5-10 Mb est similaire à celle obtenue en appliquant la technique FISH pour les
duplications et de 1 Mb pour les délétions.
L’hybridation génomique comparative en réseau (array-CGH - Array comparative
genomic hybridization ou aCGH), appelée caryotype moléculaire est une technique quantitative
microcytogénétique, qui a été développée pour le dépistage des variations du nombre de copies
segmentaires (CNVs - copy number variations).
Dans la technique aCGH, des quantités égales d’ADN génomique du patient (marqués avec
cyanine 3 - Cy3) et d’ADN de contrôle (marqué avec cyanine 5 - Cy5) cohybrident sur un réseau
ou une puce (contenant l’ADN cible) fixé sur une lame de silice. La lame est balayée par un
scanner spécial, résultant un fichier image. L’intensité des tâches fluorescentes disponibles sur
l’image capturée est mesurée en utilisant un logiciel spécialisé, qui permet l’analyse quantitative
de la CNV. Si l’analyse de la fluorescence indique un rapport anormal Cy3 : Cy5, elle révèle soit
un surplus, soit un déficit de matériel génétique dans l’ADN du patient à une des régions
particulières du génome. La présence de ce déséquilibre génomique, cependant, ont besoin d’être
40 Notions de base de la génétique humaine
validé en utilisant des autres méthodes cytogénétiques ou moléculaires, tels que la technique FISH,
la méthode de PCR quantitative, la technique MLPA ou même aCGH à plus haute résolution.
La résolution génomique des différentes plates-formes d’aCGH (allant de 1 Mb à 100 kb)
est déterminée par la distance entre les échantillons d’ADN et leur longueur. La plupart des plates-
formes commerciales sont conçus pour la détection des aneuploïdies, des microdélétions et
microduplications chromosomiques, respectivement les réarrangements chromosomiques
déséquilibrés subtélomériques.
Les avantages de la méthode aCGH par rapport aux autres méthodes cytogénétiques sont :
la haute résolution, les possibilités d’automatisation, la simplicité, la reproducibilité augmentée et
la possibilité de localisation précise des anomalies. En outre, la culture cellulaire n’est pas
nécessaire, ce qui raccourcit le temps de parvenir à des résultats et la quantité d’ADN génomique
ne devrait pas dépasser quelques microgrammes. Par rapport à la technique FISH la méthode
aCGH vérifie l’ensemble du génome et permet l’identification de petites duplications
chromosomiques ou de mosaïques chromosomiques cryptiques.
Les principaux inconvénients de la technique aCGH sont déterminés par l’impossibilité
d’identifier des anomalies chromosomiques structurelles, telles que les translocations et inversions
équilibrée (dans ces cas la quantité de matériel génétique est normale) l’impossibilité de la
détection des polyploïdies et la détection possible des CNVs sans signification pathologique.
Les principaux domaines d’application de la méthode aCGH sont les anomalies
structurelles déséquilibrés et les aneuploïdies chromosomiques (délétions, duplications,
isocromosomes, chromosomes en anneau, chromosomes marqueurs) qui représentent les
principales causes des anomalies congénitales, d’une dysmorphie, des retards de développement
global, d’autisme, des avortements spontanés et syndromes plurimalformatives.
La technique MLPA (Multiplex Ligation-dependent Probe Amplification – l’amplification
multiplexe de la probe par collage) est une méthode semi-quantitative, basée sur l’utilisation
concomitante de 45 séquences différentes d’ADN dans une seule réaction. La technique MLPA a
l’avantage de coût, la simplicité et la sensibilité.
Chaque probe MLPA se compose de deux hémiprobes oligonucléotidiques : une
synthétique et l’autre créé à partir du bactériophage M13. Ces oligonucléotides s’hybrident dans
les régions adjacents aux sites des séquences cibles. Elles disposent à une extrémité d’une amorce
universelle, marquée fluorescente et à l’autre extrémité d’une séquence d’ADN avec longer
spéciphique, de sorte que, après hybridation de l’ADN les fragments résultant ont des différentes
longueurs. Après hybridation, les deux hémiprobes sont reliés par l’action de la ligase et la probe
résultant est amplifié par PCR en utilisant une amorce universelle. Ainsi, résultent des fragments
de 130-480 pb qui sont séparées par électrophorèse capillaire. Le dosage des séquences amplifiées
est proportionnelle au nombre de copies de la séquence cible. En conditions idéales le résultat a
une valeur de 1 (si sont présentes les deux allèles d’un locus) 0,5 (si manque un allèle) ou 1,5 (s’il
y a trois exemplaires de la cible). Dans la pratique, les délétions sont confirmées par un rapport
inférieure avec 35-55 % à la normale, tandis que les duplications sont supposées lorsque le ratio
est supérieur à 30-55 % de la normale.
Les principaux domaines d’application de la méthode MLPA sont la détection des délétions
infra-microscopiques subtélomériques, ce qui provoque un retard mental idiopathique, diverses
anomalies congénitales ou un avortement spontané. Par rapport à la technique FISH, la technique
MLPA est beaucoup plus facile à appliquer et a un coût bien moindre. Un autre domaine
d’application est le diagnostic prénatal, la technique MLPA en pouvant utilisée aussi bien pour les
amniocites ou les cellules des villosités choriales. Des autres applications concernent : la détection
Le stockage de l’information génétique 41
ciblée de mutations ou des polymorphismes d’une seul nucléotide, l’analyse de la méthylation de
l’ADN, l’analyse quantitative des ARNm, la caractérisation chromosomique des lignées de
cellules ou de tissus, l’identification des duplications / délétions de gènes impliqués dans les
cancers humains, tels que BRCA1, BRCA2, hMLH1 ou hMSH2.
Comparé à des autres méthodes cytogénétiques, les avantages sont la simplicité de la
MLPA et la sensibilité élevée, le coût faible, la possibilité d’automatisation et le court temps
d’atteindre des résultats.
Les principales limites de la technique MLPA sont : l’impossibilité de la détection des
anomalies chromosomiques équilibrées et l’impossibilité de la localisation de la séquence
supplémentaire dans le cas des trisomies partielles. Les autres inconvénients sont : la défaillance
de la détection de la contamination par des cellules maternelles dans les échantillons de tissus
foetaux utilisés dans le diagnostic prénatal, l’impossibilité de la détection de la polyploïdie. Enfin
il faut mentionner que les résultats de la technique MLPA doivent confirmer, en utilisant un autre
méthode : FISH, QF-PCR ou PCR quantitative en temps réel.

En utilisant les techniques de cytogénétique moléculaire, les limites de la génétique


moléculaire et de la cytogénétique ont été partiellement recouvert, certaines anomalies
chromosomiques, par exemple les syndromes produits par microdélétions ou microduplications,
peut être diagnostiqué à la fois par la technique cytogénétique ou par la méthode génétique
moléculaire.
Le gene – l’unite de structure, fonction et mutation 43

IV. LE GENE – L’UNITE DE STRUCTURE, FONCTION


ET MUTATION
La notion de gène, définie comme l’unité de la structure et la fonction du matériel génétique
a été introduit en biologie par Gregor Mendel en 1865. Ce, en analysant les différentes formes de
pois, a fait l’hypothèse que “une paire de facteurs héréditaires déterminent un caractère et est
transmise à la descendance indépendamment des autres facteurs”. Dans le début du XXe siècle, a
été établi l’implication des chromosomes dans l’hérédité et le gène a été défini comme un segment
du chromosome qui détermine la réalisation d’un caractère particulier.
Les études de génétique moléculaire ont montré que le gène est un segment d’ADN qui
contient les informations nécessaires à la synthèse sous forme codifiée d’un produit fonctionnel
qui peut être un polypeptide ou une molécule d’ARN.
IV.1. LE CONCEPT CLASSIQUE SUR LA STRUCTURE DES GENES
IV.1.1. LE GENE – L’UNITE DE STRUCTURE DU MATÉRIEL
GÉNÉTIQUE
Selon la conception classique, le gène est un segment du chromosome, précisément définie,
continue, indivisible, qui contient l’information génétique nécessaire pour produire un caractère
phénotypique.
Le gène occupe sur le chromosome une position fixe, identique chez tous les individus de
l’espèce, appelé locus (pl. locus ). Il peut être situé sur un autosome ou sur un chromosome sexuel.
Parce que les chromosomes homologues sont en paires, chaque autosome contient une paire
des locus homologues27. Les gènes qui peuvent occuper le même locus et déterminent des variantes
du même caractère phénotypique sont appelés gènes allèles. Pour chaque locus, il est un variant
allélique normale (standard ou sauvage). Les mutations génétiques provoquent des allèles normales
ou anormales. Pour la plupart des locus de l’homme il y a un gène standard et une variante mutante,
qui caractérise le phénomène de bialèlie. Il y a aussi des situations où le gène standard a subi
plusieurs mutations, ce qui entraîne différents variants alléliques, phénomène appellé polialelie. Un
exemple est le locus des gènes du système du groupe du sang AB0, pour lequel il y a quatre allèles
A1, A2, B, 0.
La paire d’allèles qui occupent des locus homologues représente le génotype. Si les locus
homologues sont occupés par la même variante allélique, l’individu est homozygote pour ce locus.
Lorsque les locus sont occupés par différents variants alléliques, l’individu est hétérozygote pour ce
locus. Les hétérozygotes peuvent présenter des variantes normales du même gène (par exemple en
système AB0 : A1A2, A10, A1B, A20, A2B ou B0) ou avoir une variante normale et un allèle
anormal, mutante (Na ou An28). Rarement, les hétérozygotes ont deux différents allèles mutants,
auquel cas ils sont considérés comme des hétérozygotes composés. Une situation particulière est
présente chez les hommes, parce que les gènes des chromosomes X et Y sont dans un seul
exemplaire. Ainsi, la personne est considérée hémizygote.

27
À l’exception des loci situés sur les chromosomes sexuels chez les hommes
28
Selon le rapport de force entre les gènes normaux et anormaux les maladies monogéniques sont divisés en dominantes et
récessives. Dans les maladies dominantes, le gène anormale, noté A, est dominante et le gène normale est récessif et est notée n.
Dans les maladies récessives le gène normal est dominant, noté N et le gène anormale est récessif, notée a.
44 Notions de base de la génétique humaine
Lors de la méiose, les chromosomes homologues se séparent 29 et chaque gamète ne contient
qu’un seul chromosome de chaque paire. Les homozygotes produisent un seul type de gamètes, étant
homogamètiques. Chez hétérozygotes sont formés deux types de gamètes ayant l’un des deux
allèles et ainsi les hétérozygotes sont hétérogamètiques30.
IV.1.2. LA LIAISON GÉNIQUE
Chaque chromosome contient une séquence des locus, qui sont occupés par des gènes
différents. Ces gènes sont disposés de façon linéaire sur les chromosomes comme des perles dans
un collier, un phénomène appelé synténie. Au cours de la méiose, les gènes d’un chromosome ont
la tendance à être transmis ensemble (« en bloc ») des parents aux enfants. Ce phénomène, par
lequel les gènes non-allèles, situés avoisinant sur même chromosome ne se séparent pas lors de la
méiose et se transmettre plus fréquemment ensemble, s’appelle liaison génique (engl. - linkage).
Les gènes liés d’une région chromosomique forment un groupe de liaison ou un haplotype.
Le phénomène de liaison génique concerne les locus (non les allèles) et n’est pas un
phénomène absolu, parce que les gènes situés très proches sont toujours transmis ensemble,
enchaînés. Par exemple, les gènes des locus C, D, E, qui détermine le groupe sanguin Rh, situés
sur le chromosome 1, sont toujours transmis ensemble et la liaison est complète.
Pour les gènes situés à long écart sur le même chromosome, la liaison génique est
incomplète. Cette caractéristique est due à la possibilité d’une recombinaison génétique dans la
prophase de la méiose primaire. Au cours de pachytène (la troisième phase de la prophase I) aux
points de croisement (chiasmas) entre les chromatides des chromosomes homologues se produit
des cassures chromosomiques, suivi des changements égals entre les fragments chromosomiques,
phénomène appelé crossing-over (CO) 31. Ainsi, certains gènes passent sur le chromosome
homologue, en résultant une recombinaison de gènes parentaux. Le nombre de recombinaisons
dépend de la longueur de chromosomes homologues, étant plus élevé dans les grands
chromosomes.
Les phénomènes de liaison et de recombinaison génétique ont des applications pratiques dans
la cartographie des gènes sur les chromosomes et le diagnostic génotypique des maladies.
Les recombinaisons génétiques intrachromosomiques sont des phénomènes aléatoires. La
probabilité d’occurrence d’un crossing-over entre deux locus est directement proportionnelle à la
distance physique entre eux. Ainsi, la probabilité de recombinaison est minimale, quand les gènes
sont avoisinés.
Les recombinaisons génétiques entre les deux locus, situés sur le même chromosome peuvent
être identifiés par des études de la famille. La démonstration de la présence de la liaison ou de la
recombinaison génétique implique l’analyse de la distribution chromosomique lors de la méiose et la
fécondation. En comparant la structure des gènes des chromosomes des descendants avec les
chromosomes parentaux on peut apprécier la fréquence de la production de recombinaisons entre
deux gènes (locus) et la distance physique entre eux.
Parfois, la recombinaison intrachromosomique est aberrante, résultant un crossing-over
inégal, ce qui détermine des mutations du gène ou des anomalies de la structure des chromosomes.
Ces anomalies sont favorisées par l’imparfait appariement de séquences similaires sur les
chromosomes homologues. La conséquence de cette recombinaison inégale est l’apparition des
délétions ou des duplications gèniques ou chromosomiques (Figure IV.1.).

29
Voir la division cellulaire
30
Voir les lois de Mendel
31
Voir la méiose
Le gene – l’unite de structure, fonction et mutation 45

1 2 3

1 2 3
1 2 3

1 2 3

2 3

1 2 3
1 2 3

1 1 2 3
Figure IV.1. Le mécanisme d’un crossing-over inégal

Dans la plupart des cas, les crossing-over inégal a des conséquences phénotypiques
négatives, conduisant à diverses maladies génétiques.
En pratique clinique, le phénomène de liaison gènique est utilisé pour étudier la transmission
d’un gène mutant dans une famille où il y a des cas de maladies monogéniques, en permettant le
diagnostic presymptomatique ou prénatal de la maladie. Le diagnostic est établi indirectement, en
analysant aux descendants la répartition de gène marqueur normal qui est lié avec le gène mutant.
IV.2. LE CONCEPT ACTUEL DE LA STRUCTURE DU GENE
Le concept actuel de la structure et la fonction des gènes est basé sur les techniques de
l’analyse moléculaire de l’ADN, ce qui a permis l’isolement, le clonage et le séquençage des gènes.
Ces méthodes, qui sont des techniques d’ADN recombinant ont révolutionné la génétique et la
médecine des dernières trois décennies.
Le gène est un segment d’ADN qui contient des séquences pour la synthèse d’un produit
fonctionnel (polypeptide ou molécule d’ARN) et aussi les séquences nécessaires pour le contrôle
de l’expression des gènes.
La définition structurelle et fonctionnelle du gène est difficile parce que :
• les limites du gène sont vagues, difficile à définir ;
• le gène d’eucaryote est discontinue, composé des régions transcrites et traduites (exon) régions
transcrites et non traduites (introns) et régions netranscrites (avec ou sans rôle régulatrice) ;
• un gène peut codifier une ou plusieurs protéines ;
• la longueur des gènes est variable et il n’y a pas un modèle structural unique, valable sur tous
les gènes.
Les gènes codant pour des protéines ont une région centrale transcrite (copiée en ARN
messager précurseur) qui contient le message codifié pour la synthèse des protéines, flanquée de
deux régions latéralles, non-transcrites, avec rôle régulateur, appelés 5’ ou 3’ par rapport à la polarité
de la molécule d’ADN (Figure IV.2.).
IV.2.1. RÉGION CENTRALE DU GENE
La région centrale du gène est le cadre de lecture, parce que représente la région gènique
qui est copiée en ARNm. Il contient plusieurs types de séquences d’ADN avec des fonctions
46 Notions de base de la génétique humaine
différentes. La région centrale des tous gènes débute à l’extrémité 5’ par le site d’initiation de la
transcription. Les nucléotides correspondant à ce site est le plus souvent une base purique, que
détermine l’ajout, à la fin de la transcription, de 7-méthylguanosine à l’extrémité 5’du ARNm. En
aval du site d’initiation de la transcription est une séquence nucléotidique non-codante de longueur
variable et le codon initiateur ATG 32, qui marque le début de la traduction du site. Le codon ATG
signifie la méthionine, mais pas toutes les protéines ont méthionine comme premier amino-acide.
Site d’initiation de
transcription RÉGION CENTRALE

Site de spécificité EXONS


TATA
tissulaire Site spécifique de
contrôle

AAAAAA

Activateur Site de
GT AG GT AG GT AG polyadénylation
/Modérateur CAAT

ATG Le codon TAG


d’initiation de la INTRONS Codon stop
RÉGION DU traduction RÉGION DU
CONTRÔLE 5’ CONTRÔLE 3’

Figure IV.2. La structure d’un gène qui codifie une protéine


La région comprise entre le site de la transcription et le codon d’initiation ATG est
transcrite, mais non traduite. Après le codon d’initiation à la partie centrale du gène peut être
identifiée une alternance des séquences traduites appelées exons et des séquences nontraduites
appelées introns.
Les exons sont les séquences d’ADN transcrites en ARN messager précurseur et conservées
en ARNm mature. Ils sont les régions fonctionnelles du gène et codifient des segments protéiques,
appelées domaines. Certains gènes contiennent des exons identiques, ce qui explique la présence
de domaines similaires dans différentes protéines. Le dernier exon de tous les gènes se terminent
par un codon stop (TAA, TAG, TGA), qui est le signal d’arrêt de transcription et de traduction.
Les introns sont des séquences gèniques non-codantes, qui sont transcrites (présentes dans le
précurseur de l’ARNm), mais qui sont ensuite retirées de l’ARNm par épissage33. Les introns des
tous les gènes commencent par la séquence dinucléotidique GT et ont à la fin la séquence AG. Ces
séquences nucléotidiques fonctionnent comme des balises pour les enzymes impliquées dans
l’épissage des introns. Le rôle des introns n’est pas encore connue. Ils manquent dans certains gènes,
tels que ceux pour les histones, l’angiotensine, les récepteurs β-adrénergiques. Dans certains cas,
cela s’explique par l’origine procaryote de ces gènes, dont la séquence a été conservée au cours de
l’évolution des espèces.
Dans tous les gènes, la différence entre le nombre des exons et d’introns est 1, parce qu’aux
extrémités du cadre de lecture se trouvent toujours des exons.
32
le codon ATG se trouve sur le brin non-transcrit de l’ADN qui a la même séquence nuclèotidique que la molécule de
l`ARNm,
33
l’épissage de l’ARNm est le processus de maturation par lequel les introns sont supprimés et les exons sont assemblés ce qui
détermine la formation d’ARNm mature
Le gene – l’unite de structure, fonction et mutation 47
Après le dernier exon, vers l’extrémité 3’ du gène est un hexanuclèotide (AATAAA) qui
est un signal de reconnaissance pour les enzymes impliquées dans la coupe de l’ARN messager
précurseur.
La dernière séquence transcrite du gène est située à 18-20 pb en aval du AATAAA et
représent le site de polyadénylation. En copiant le site de polyadénylation, au précurseur de
l’ARNm est ajouté un segment de 200 nucléotides contenant adénosine. Ils interviennent dans la
stabilisation de la molécule d’ARNm au cours du transport du noyau vers le cytoplasme.
IV.2.2. LES REGIONS LATERALES DU GÉNE
IV.2.2.1. La région 5’
Tous les gènes présents en amont du cadre de lecture une séquence netranscrite (Figure
IV.2.) vaguement définie, qui modifie quantitativement et qualitativement la transcription de la
région centrale de gènes. À ce niveau, la plupart des gènes eucaryotes ont une structure similaire,
conservée tout au long de l’évolution, qui atteste l’importance fonctionnelle de cette région. Dans
cette région ont été identifié trois séquences d’ADN ayant une fonction bien définie.
Le plus proche de la région centrale se trouve la séquence promotrice du gène. Il a environ
300 pb et a une structure similaire dans tous les gènes qui codifient des protéines. Lors de la
transcription, dans la région du promoteur s’est fixe l’ARN polymérase II et les facteurs protéiques
impliqués dans transcription.
Le promoteur est composé de deux séquences individuelles. La première séquence, située à
environ 30 pb en amont du site d’initiation de la transcription, est le site de fixation de l’ARN
polymérase II. Ce site est différent dans des gènes différents. Ainsi, dans les gènes qui ont une
activité spécifique des tissus (actif uniquement dans certains tissus) la séquence est
tétranucléotidique TATA, tandis que les gènes actifs dans tous les tissus (gènes domestiques) ont
une séquence heptanucléotidique GGGCGGG.
En amont du site de fixation de l’ARN polymérase, se trouve la séquence CAAT, qui est le
lieu de fixation des facteurs protéiques de transcription impliqués dans l’activation de l’ARN
polymérase II et la formation de complexe transcriptionel actif.
Vers l’extrémité 5’ du gène sont des séquences qui assurent l’expression tissulaire de
certains gènes. L’activation de ces séquences est initiée par la fixation de facteurs spécifiques de
tissus (extracellulaires). Ces séquences permettent la transcription des gènes que dans certaines
cellules. Par exemple, le gène qui d’hormones thyroïdiennes est active seulement dans les
thyrocytes, bien que le gène est présent dans toutes les cellules.
Plus périphérique dans la région 5’ sont situées des séquences d’activation (enhancers) ou
modérateur (silencers) de la transcription. Ces séquences assurent une modulation qualitative des
gènes, dépendant de l’activité de facteurs extracellulaires.
IV.2.2.2. La région 3'
Chaque gène présent dans la région 3’ une séquence non-transcrite, qui est imprécisement
délimitée, mais a un rôle fonctionnel. Dans cette région il y a des séquences qui modifient la stabilité
et la durée de vie de l’ARNm. Certains gènes ont dans la région 3’ des séquences régulatrices de
type enhancer.
IV.2.3 TYPES DE GENES
Les gènes humains sont divisés en deux grandes catégories : les gènes qui codifient des
protéines et des gènes qui codifient des produits fonctionnels.
48 Notions de base de la génétique humaine
La plupart des gènes codifient des protéines humaines qui ont de nombreuses fonctions :
des protéines structurales (protéines membraneuses, de la cytosquelette, etc.) des protéines de
transport, des hormones, des récepteurs, des enzymes, des protéines régulatrices, des molécules de
signalisation, etc. Les gènes qui codifient des protéines peuvent être regroupés en deux catégories :
les gènes ubiquitaires et les gènes tissulaires
Les gènes ubiquitaires codifient des protéines impliquées dans les processus cellulaires
normaux (production d’énergie cellulaire, de stockage d’énergie, etc). Ces gènes sont exprimés
dans toutes les cellules et leur transcription est permanente, mais très lente. Ces gènes contiennent
dans la région promoteur un ou plusieurs séquences heptanuclèotidiques GGGCGGG, mais pas
de séquences TATA et CAAT.
Les gènes tissulaires, bien que présents dans toutes les cellules ne sont actives que dans
certains tissus et/ou à certaines périodes de la vie. Leur transcription est dépendante de
l’intervention des facteurs régulateurs locales, qui sont attachés sur le site de la spécificité
tissulaire de la région 5’ du gène. En ce qui concerne le nombre de répétitions du gène dans le
génome, les gènes tissulaires peuvent être classés en : gènes uniques, familles des gènes et
superfamilles génique.
Les gènes uniques (cvasiuniques) ont une structure similaire à celle décrite ci-dessus. La
duplication des certains de ces gènes a déterminée l’apparition des copies presque identiques
(généralement aléatoire transcrites) ou des gènes qui varient légèrement, sans altération de la
fonction (l’expression des gènes est réalisée à différentes périodes ontogénétiques ou dans
différents organes).
Les familles de gènes sont constituées par gènes de structure similaire, qui codifient des
protéines similaires, tels que les gènes de α et β globine, du collagène, de l’actine et la myosine,
des pigments de la vision des couleurs, etc.
Habituellement, les gènes de la même famille se trouvent dans la même région
chromosomique, qui est un argument en faveur de la théorie de l’origine par des duplications
multiples d’un gène ancestral. Certains gènes de la famille sont actifs, tandis que des autres sont
des pseudogènes non fonctionnels.
Un exemple est la famille du gène de α-globine et de β-globine (figure IV.3.). Ces gènes ont une
structure similaire, étant composé de trois exons et deux introns. Ils ont résultés par des duplications
successives d’un gène ancestral.

CCR ξ2 ψξ1 ψα2 ψα1 α2 α1 θ

Domaine du gène de α-globine

CCR ε Gγ Aγ ψβ δ β

Domaine du gène de β-globine


Figure IV.3. Les familles des gènes de α-globine et de β-globine
CCR – Centre de contrôle régional
Le gene – l’unite de structure, fonction et mutation 49
La famille de gènes de α-globine est situé à l’extrémité distale du bras court du chromosome 16
(16p13). Il contient quatre gènes fonctionnels : ξ2, α2, α1 et θ. L’expression de ces gènes conduit à la
synthèse des polypeptides de 141 acides aminés. Entre les gènes ξ2 et α2 sont entrecoupées 3
pseudogènes : ψξ1, ψα2 et ψα1.
La famille de gènes de β-globine est située à l’extrémité distale du bras court du
chromosome 11 (11p15). Elle contient cinq gènes fonctionnels (ε, Gγ, Aγ, δ et β) et un pseudogène
(ψβ). Chacun des gènes fonctionnels assure la synthèse d’un polypeptide avec 147 acides aminés.
Pour les deux familles de gènes sont des centres de contrôle régional (une pour la famille de
gènes de α-globine et trois pour la famille du gène de β-globine) qui sont conçus pour contrôler
l’activation de certains gènes, conformément à l’étape du développement ontogénique.
Les gènes qui déterminent la synthèse d’un produit fonctionnel permet la synthèse d’ARNr
et Arnt.
IV.2.4. LES ELEMENTS GENETIQUES MOBILES
Les données de génétique moléculaire ont montrées que certaines séquences de gènes n’ont
pas une position fixe dans le génome, étant capable de changer leur localisation. Ces séquences
n’existent pas sous forme libre dans la cellule et sont appelées éléments génétiques mobiles ou
transposons. Les transposons ont origine bactérienne et contiennent des gènes qui codifient pour
des protéines nécessaires à leur insertion dans le génome de la cellule hôte (transpoase, résolvase)
et 1-2 gènes différents (par exemple des gènes de résistance aux antibiotiques). Les extrémités des
transposons contiennent des séquences terminales inversées. Certains transposons peuvent
s’insérer de façon aléatoire dans le génome, tandis que des autres ont une structure plus complexe,
qui implique leurs insertion dans un site précis du génome.
Le rôle des transposons n’est pas complètement élucidé, mais il semble qu’ils sont
impliqués dans le transfert de gènes de résistance aux antibiotiques d’une bactérie à une autre, la
reprogrammation génétique par l’inactivation des gènes, l’apparition des sites chromosomiques
fragiles au niveau du point d’insertion.
Les retrotransposons représentent une autre classe des éléments génétiques mobiles. Ils
sont identifiés chez les mammifères, y compris les humains, au niveau des pseudogènes qui sont
dépourvues des introns. Le mécanisme de leur formation a impliqué probablement la transcription
du gène dans ARN (inclusiv la maturation d’ARNm), suivie d’une retranscription par la
transcriptase inverse. Ainsi, a résultée une séquence d’ADN complémentaire à l’ARNm, qui
s’intègre ensuite dans le génome d’une manière similaire aux rétrovirus.
IV.3. LE CONCEPT CLASSIQUE SUR LA FONCTION GÉNIQUE
En génétique classique la relation « un gène → un caractère » est considérée comme
l’axiome fondamental. La démonstration de cette relation a été rendue possible grâce à l’étude des
mutations, en raison que le changement de la structure du gène provoque un changement
héréditaire du caractère phénotypique produit par gène. L’existence des nombreux gènes a été
identifiée par l’analyse des effets phénotypiques de mutations.
Habituellement, les gènes normaux sont appelés abrégés par rapport à l’effet du gène mutant.
Par exemple, CF dans la mucoviscidose de cystic fibrosis, FH en hypercholestérolémie familiale de
familial hypercolesterolemia, PKU en phénylcétonurie de phenylketonuria etc. Les gènes dominants
sont écrits en lettres majuscules, tandis que les gènes récessifs sont notés avec minuscules.
En génétique classique, le gène est considéré comme l’unité de fonction et mutation. Le
concept classique peut être résumé par les relations suivantes :
50 Notions de base de la génétique humaine
UN GÈNE UN CARACTÈRE PHÉNOTIPIQUE

MALADIE FONCTION GÈNIQUE

La relation “ un gène → un caractère ” est complexe parce que:


♦ certains caractères phénotypiques sont déterminés polygéniques ou multifactorielles - ainsi, le
phénotype est déterminé par l’action cumulée des plusieurs paires de gènes non-allèles, qui est
liée à l’intervention des facteurs environnementaux ;
♦ certains gènes ont plusieurs effets phénotypiques, phénomène appelé pléiotropie ;
♦ l’action d’un gène peut être influencée par des autres gènes ou des facteurs environnementaux ;
ainsi, ils peuvent influencer l’effet du gène, le temps ou le type de l’expression des gènes ;
♦ des mutations dans des gènes différents peuvent se manifester par un phénotype identique ou
similaire - phénomène connu sous le nom d’hétérogénéité génétique.
IV.3.1. LA POLYGENIE
La polygénie est caractérisée par le fait que certains caractères phénotypiques sont
déterminés par l’action conjointe de plusieurs paires de gènes allèles qui occupent des locus
différents. Chaque paire de gènes a des petits effets quantitatifs et additifs (cumulatifs) présentés
schématiquement comme suit :
PLUSIEURS UN CARACTÈRE
GÈNES PHÉNOTIPIQUE

L’exception à la règle “un gène → un caractère” est apparent, car chaque gène détermine
une partie du caractère.
Le nombre des gènes impliqués dans le déterminisme polygénique des différents caractères
est inconnue. Puisque chaque locus présente plusieurs variantes, avec des effets phénotypiques
différentes, la distribution du caractère dans la population correspond à une courbe gaussienne
(distribution continue). Par exemple, pour la pression artérielle, les valeurs normale de la
pression artérielle systolique moyenne varient entre 80 et 130 mm Hg et dans une population non
sélectionnée la répartition de la tension est continue (figure IV.4.).
Nombre des personnes

70 80 90 100 110 120 130 140 150 160 mm Hg


Figure IV.4. La distribution de la pression artérielle systolique normale dans une population
non-sélectionné
Le gene – l’unite de structure, fonction et mutation 51
Les gènes, qui déterminent un caractère phénotypique, agissent indépendamment. Ainsi,
l’expression phénotypique de ces gènes est influencée par des facteurs environnementaux et la
plupart des caractères polygéniques sont produites par l’action combinée des facteurs génétiques et
environnementaux – des caractères multifactoriels. Parmi les caractères polygéniques
(multifactorielles) normales peuvent être énumérés : la taille, la pression artérielle, la couleur de
peau, l’intelligence, etc. Dans la catégorie des caractères multifactoriels anormaux entre les
maladies communes des adultes (les ulcères gastriques et duodénaux, l’asthme, la schizophrénie,
le diabète sucré) les anomalies congénitales isolés et certaines formes du cancer.
Certains caractères polygéniques sont oligogéniques parce que dans leur déterminisme sont
impliqués deux groupes de gènes : une ayant un effet phénotypique majeur et les autres ayant des
effets mineurs.
IV.3.2. LA PLÉIOTROPIE
La pléiotropie est le phénomène génétique caractérisé par plusieurs effets phénotypiques
provoquées par un seul gène mutant (dominante) ou une paire de gènes (récessifs). La pléiotropie a
été identifiée dans de nombreux syndromes. Il existe deux types de pléiotropie : pléiotropie
relationnelle et pléiotropie non- relationnelle.
La pléiotropie est considérée relationnelle, quand il y a une corrélation pathogénique entre
la mutation génétique et les effets phénotypiques. Des exemples de pléiotropie relationnelle sont:
le syndrome de Marfan, l’ostéogenèse imparfaite 34, la mucoviscidose 35 ou l’albinisme 36.
Le syndrome de Marfan (encadré III.1.) est une maladie autosomique dominante avec
expressivité variable, due à une mutation du gène de la fibrilline. La maladie a trois grandes
catégories de signes cliniques : oculaires, squelettiques et cardio-vasculaires.
L’encadré III.1.
Le syndrome de Marfan
Incidence - 1/10.000 naissances
Type de transmission - transmission autosomique dominante
Génétique - mutation du gène de la fibrilline
Pathogènie - la présence de la fibrilline anormale provoque des changements dans le système ostéo-articulaire, le tissu
conjonctif de la paroi vasculaire et le ligament suspenseur de la lentille.
Le diagnostic clinique - fondée sur des preuves de trois catégories de signes et de symptômes :
- oculaires –myopie, ectopie cristallinienne;
37- squelettique – des longs et minces membres (dolicostenomelie) des déformations sternales (pectus excavatum ou
carinatum) de scoliose, des longs et minces doigts (arahnodactilie) et d’hypermobilité articulaire (dislocations
fréquentes);
- cardio-vasculaire – le régurgitation du sang du ventricule gauche à l’atrium gauche, causé par le prolapsus de la valve
mitrale37 et des dilatations aortique (des anévrismes) qui induisent une sévère insuffisance du ventricule gauche.
Diagnostic de laboratoire – la radiographie du squelette, l’échocardiographie, l’aortografie, les examens de la vue.
Pronostic - un risque accru de mort subite par rupture de l’aorte et risque de décès par l’insuffisance cardiaque.
Traitement – la correction des problèmes visuels, éviter les efforts physiques, des médicaments β-bloquants pour réduire la force de la
contraction cardiaque.

34
L’ostéogenèse imparfaite - une maladie dominante due à une mutation du gène du collagène de type I, caractérisée par des
multiples fractures (situées à différents niveaux et produites par des traumatismes minimes) déformation osseuse, petite taille,
surdité et sclérotique bleue
35
La mucoviscidose – maladie récessive due à une mutation du gène codant pour un canal transmembranaire de chlore,
caractérisée par une sécrétion visqueuse des glandes exocrines qui induit un déficit d’éliminer les sécrétions bronchiques
(infections respiratoires répétitifs) les sécrétions pancréatiques (malabsorption intestinale et maldigestie) la bile (calculs
biliaires) les sécrétions génitales masculines (stérilité masculine) et une élimination accrue de chlorure de sodium par la
transpiration.
36
L’albinisme - une affection récessive due à une mutation du gène de la tyrosinase, l’enzyme qui assure la synthèse de
mélanine. La maladie est caractérisée par l’absence de pigmentation de la peau, des cheveux et des pupilles et un risque accru de
cancer de la peau et des maladies dégénératives rétiniennes.
37
Prolapsus de la valve mitrale - la valve mitrale entre dans l’oreillette gauche pendant la systole du ventricule
52 Notions de base de la génétique humaine
En raison de l’expressivité variable 38 un certain nombre de patients présente des signes de
tous les trois catégories énumérées ci-dessus, tandis que des autres ont seulement des changements
phénotypiques mineurs (formes frustes).
La pléiotropie est considérée non-relationnelle, quand il n’y a pas une corrélation entre les
différents signes pathologiques de la maladie et la mutation génique. Un exemple est le syndrome de
Moon - Bardet - Biedl caractérisé par: polydactylie (la présence de doigts ou des orteils
supplémentaires) obésité, surdité, hypogonadisme, rétinite pigmentaire et retard mental. La maladie est
caractérisée aussi par l’hétérogénéité de locus et peut être causée par la mutation récessive d’un des 11
paires de gènes allèles qui agissent de manière indépendante (voir chapitre IV.3.4.).
IV.3.3. LES INTERACTIONS GENIQUES
L’expression phénotypique d’un gène peut être influencée par : interactions avec des gènes
allèles, interactions avec des gènes non-allèles ou interactions avec des facteurs environnementaux.
IV.3.3.1. Les interactions allèliques
Entre les gènes allèles, qui occupent des locus homologues, s’établissent des relations de
force qui influncent l’expression phénotypique des gènes chez les individus hétérozygotes. Il existe
deux catégories de relations : la dominance/recessivité et la codominance.
En cas de dominance/recessivité, l’un des gènes est plus forte, étant considéré comme
dominant, tandis que l’autre se manifeste moins fort et est considéré récessif.
Le gène dominant se manifeste aussi bien aux homozygotes et aux hétérozygotes, ces
derniers ayant un phénotype identique à celui présent aux homozygotes pour le gène dominant. Le
gène récessif se manifeste que chez homozygotes. Aux hétérozygotes les manifestations
phénotypiques du gène récessif sont masqués par l’action du gène dominant.
Un exemple de dominance/recessivité est la relation entre les gènes A1 et 0 dans le système de
groupe sanguin AB0, où le gène A1 est dominant et le gène 0 récessif. Aux homozygotes A1A1 et aux
hétérozygotes A10 se manifeste seulement le gène A1 et ces individus ont le groupe sanguin A1. Aux
homozygotes 00 se manifeste le gène 0 et ces individus ont le groupe sanguin 0 (tableau IV.1.).
Toutefois, pour certains gènes, entre qui est une relation de dominance/recessivité, le
phénotype des hétérozygotes est seulement semblable au phénotype des homozygotes pour le gène
dominant, la relation étant considerée de sémidominance. Un exemple de sémidominance apparaît
en cas du caractère goûteur, determiné par une paire des gènes alleles: G (dominant) et g (récessif).
Les gens qui ont le gène G sont considérés goûteurs et ils perçoivent le goût amer de la
phenylthiocarbamide. En contraste, les individus gg sont considérés non-goûteurs et ils perçoivent la
phenylthiocarbamide comme une substance insipide. Toutefois, les goûteurs peuvent être
différenciés en deux catégories: ceux qui perçoivent le goût amer de la phenylthiocarbamide à des
concentrations infimes (super-goûteurs, homozygotes GG) et des autres qui sentent le goût amer de
la substance seulement à des concentrations élevées (hétérozygotes Gg) (tableau IV.2.). La
sémidominance a été identifiée dans de nombreuses maladies à transmission dominante. Dans ces
conditions, les homozygotes AA sont plus sévèrement touchés que les hétérozygotes An et font des
formes graves de la maladie, qui induisent la perte du produit de conception ou un début précoce.
En cas de codominance, les deux gènes se manifestent aussi forte. Dans ce cas, chez
hétérozygotes les deux gènes sont manifestes et le phénotype est différent de celui de deux types
d’homozygotes.

38
L’expressivité variable - différentes manifestations phénotypiques de la même mutation génétique chez les différents
membres affectés de la même famille
Le gene – l’unite de structure, fonction et mutation 53
Tableau IV.1. Les relations entre les gènes A1 et 0 dans le système de groupe sanguin AB0
A1 > 0
Genotype Phenotype
Antigène Anticorps Groupe sanguin
A1A1 A1 β et anti-H A1
A10
00 H α şi β 0

Tableau IV.2. Relation génotype - phénotype pour le caractère goûteurs


G>g
Génotype Phénotype
GG Super-goûteurs ils perçoivent le goût amer de la phenylthiocarbamide à des concentrations infimes
Gg Goûteurs ils perçoivent le goût amer de la phenylthiocarbamide à des concentrations élevées
gg Non- goûteurs ils perçoivent la phenylthiocarbamide comme une substance insipide

Un exemple de codominance est la relation entre les gènes A1 et B dans le système de


groupe sanguin AB0. Aux homozygotes A1A1 se manifeste uniquement le gène A1, tandis qu’aux
homozygotes BB. se manifeste le gène B. Au lieu de cela, chez les hétérozygotes A1B se
manifestent les deux gènes (tableau IV.3.).
Tableau IV.3. Les rélations entre les gènes A1 et B dans le système de groupe sanguin AB0
A1 = B
Génotype Phénotype
Antigène Anticorps Groupe sanguin
A1A1 A1 β et anti-H A1
A1B A1 et B anti-H A1B
BB B α et anti-H B

Les concepts de dominance/recessivité et codominance ne sont pas valables qu’au niveau de


phénotype, tandis qu’au niveau moléculaire (biochimique) tous les gènes se manifestent.
Toutefois, les gènes sont en outre classés sur la base de la théorie classique : dominants, récessifs
et codominants.
IV.3.3.2. Les interactions non-allèliques
L’expression phénotypique d’une paire de gènes allèles est parfois influencée par l’action
des autres paires des gènes allèles, qui occupent des locus différents sur le même chromosome ou
sur des chromosomes différents. Ce phénomène génétique s’appelle épistasie et a été identifiée
dans de nombreux chaînes métaboliques, dans laquelle deux ou plusieurs paires de gènes (qui
codifient des enzymes) interagissent pour générer un caractère phénotypique. Si un de ces gènes
subissent une mutation, l’effet d’autre gène est supprimée, car en absence de première enzyme
produite par le gène mutant, toute la chaîne métabolique est bloquée.
Un exemple d’épistasie est le caractère sécréteur, définie par la capacité des individus,
considérés comme sécréteurs, pour éliminer (sécréter) les antigènes du groupe sanguin AB0 dans
les sécrétions aqueux du corps (salive, sueur, larmes, lait, sperme, etc). Le caractère sécréteur est
déterminé par une paire des gènes allèles : Se (dominant) et se (récessif). Les gens sécrétant ont au
moins un gène Se, gène qui codifie une enzyme qui assure le changement de la solubilité des
antigènes AB0. Ainsi, ces antigènes deviennent hydrosolubles et peuvent passer dans les
sécrétions aqueux. Les personnes non- sécréteurs, qui sont des homozygotes sese, n’ont aucun
54 Notions de base de la génétique humaine
antigène AB0 dans les sécrétions, mais ces antigènes sont présents sur hématies et l’action des
gènes AB0 est normal.
Une autre situation influencée par l’épistasie a été identifiée pour les organes dont le
développement dépend de la survenance de plusieurs gènes. Par exemple, le développement
normal auditif dépend de l’action des gènes qui contrôlent la formation de la cochlée et du nerf
auditif. La mutation récessive de ces gènes cause surdité génétique, même si l’autre paire de gènes
est normale, parce que pour la réception normale du son sont nécessaires à la fois une cochlée
normale et un nerf auditif normal.
Les études génétiques classiques ont révélées l’existence de gènes modificateurs qui
influent quantitative l’intensité de l’expression des autres gènes et determinent divers degrés
d’expressivité. La présence de gènes modificateurs a été établie dans certaines maladies
autosomiques avec manifestation fréquente ou exclusive à un sexe donné. Par exemple, la calvitie
frontale, la goutte et la kératose des paumes et des plantes sont plus fréquemment chez les hommes
et l’aplasie de l’émail dentaire et la perte précoce des dents sont plus fréquemment chez les
femmes.
IV.3.3.3. Les interactions des gènes avec l’environnement
L’expression phénotypique des gènes peut dépendre de l’action des facteurs
environnementaux. L’intervention environnementale a été identifiée dans les maladies dominantes
avec une expression phénotypique variable, comme la pénétrance incomplète et l’expressivité
variable.
La pénétrance est un concept quantitatif, mis en évidence dans les maladies dominantes,
qui est définiée par le rapport, multiplié par 100, entre le nombre de personnes qui développent la
maladie et le nombre de porteurs du gène mutant A (équation IV.1).
B IV.1.
p= × 100
AA + An
ou:
p – penetrance:
B – nombre des malades;
AA – nombre des homozygotes pour le gène dominant anormal;
An – nombre des hétérozygotes
La pénétrance est évaluée par l’étude des plusieurs familles, qui permet de calculer la
fréquence du gène mutant en rapport de nombre total de porteurs. La pénétrance peut être complète
ou forte lorsque la maladie se manifeste dans tous les hétérozygotes et la valeur de p est 1.
Il y a un certain nombre de maladies dans lesquelles les gènes mutant dominant ont un taux
de pénétrance incomplète ou réduite. Dans ces cas, certains individus hétérozygotes An, même si
ont le gène anormal, ne montrent aucun signe de maladie. Dans les maladies avec pénétrance
incomplète, les individus hétérozygotes An, apparemment saines, peuvent transmettre le gène
anormal à une partie des enfants, qui peuvent être malades. Ainsi, dans une maladie dominante le
critère de la transmission continue dans la succession des générations n’est plus satisfait et la
maladie mime une transmission recessive.
Des exemples de maladies dominante avec pénétrance incomplète sont l’exostose multiple39,
ce qui a une pénétrance de 60%, l’otosclerose40, avec une pénétrance de 50%, le rétinoblastome41,
avec une pénétrance de 80% ou l’ostéogenèse imparfaite, avec une pénétrance de 90%.

39
les excroissances sur divers os, qui peut causer des troubles de la mobilité articulaire
40
on produit surdité due aux détériorations des composants d’oreille moyenne
Le gene – l’unite de structure, fonction et mutation 55
L’expressivité est une notion quantitative représentée par le degré ou l’intensité de
l’expression phénotypique d’un gène mutant. L’expressivité variable, se caractérise par une
expression variable de la maladie chez les individus atteints de la même famille ou des familles
différentes. L’expressivité variable a été identifiée principalement dans les maladies causées par
mutations des gènes dominants, avec effet pléiotrope. Ainsi, l’expressivité variable peut impliquer:
la gamme des signes présentés, la gravité de la maladie, l’âge d’apparition de la maladie. Par
exemple, dans le syndrome de Marfan sont des patients avec tous les trois catégories de signes
(cardio-vasculaires, squelettiques, oculaires,) et des personnes qui ont un ou deux signes. Toutefois,
chez les patients atteints par le syndrome de Marfan la gravité clinique peut être différente.
La pénétrance et l’expressivité sont le résultat de l’interaction entre différents gènes et
d’autres ou divers facteurs environnementaux.
Les interactions entre gènes et facteurs environnementaux sont beaucoup plus complexes.
Par exemple, la phénylcétonurie peut être compensée par l’élimination de la phénylalanine de
l’alimentation, empêchant ainsi le retard mental, la principale complication de la maladie. Par
ailleurs, la carence en glucose-6-phosphate déshydrogènase est révélée en présence des agents
oxydants (antipaludéens de synthèse, antibiotiques de type sulfonamides, les substances des fèves -
un type de haricot - Vicia faba). Dans des conditions normales de vie, les patients atteints de
glucose-6-phosphate déshydrogénase n’ont aucun signe de maladie. En revanche, les agents
oxydants induisent des épisodes transitoires de l’anémie hémolytique.
Les manifestations variables d’une maladie sont importantes, car elles peuvent affecter la
qualité du diagnostic et du conseil génétique, permettant une évaluation correcte du risque de
récurrence
IV.3.4. L’HETEROGENEITE GÉNÉTIQUE
L’hétérogénéité génétique est un phénomène génétique, caractérisé par la présence de
phénotypes identiques ou comparables causés par des mutations de gènes différents.
L’hétérogénéité peut être de trois types: de locus (non-allèlique), allélique et clinique.
L’hétérogénéité de locus apparaît dans de situation lequel des mutations dans des gènes
différents produisent un phénotype identique. Une telle hétérogénéité est mise en évidence par
l’analyse des arbres généalogiques de familles différentes, qui attestent des différentes manières de
transmission de la même maladie, ce qui prouve l’existence des mutations dans différents locus.
Il y a beaucoup de maladies avec l’hétérogénéité des locus et la plupart de ces troubles sont
caractérisés par des modifications anatomiques ou fonctionnels complexes ou par des changements
des différentes étapes d’une chaîne métabolique influencées de plusieurs enzymes.
L’exemple le plus complexe de l’hétérogénéité de locus a été identifié dans le retard mental
de cause génétique. Certains des troubles caractérisés par une hétérogénéité de locus sont présentés
dans le tableau IV.4.
Un exemple de l’hétérogénéité génétique du locus est la rétinite pigmentaire (l’encadré
IV.2.) La rétinite pigmentaire est la principale cause génétique de perte de vision et se caractérise
par une dégénérescence progressive des cellules photoréceptrices et des vaisseaux rétiniens
associés à des dépôts de pigment sur la rétine. Les études génétiques ont identifiées sept formes de
rétinite pigmentaire transmis récessif lié au chromosome X, 32 formes transmis autosomique
récessive et 20 formes de transmission autosomique dominante.

41
tumeur de type embryonnaire, particulièrement agressif, mis au point des cellules rétiniennes, à transmission autosomique
dominante, due à une mutation du gène Rb (situé 13q14) qui causent la cécité précoce en raison de dommages bilatéraux
56 Notions de base de la génétique humaine
Tableau IV.4. Les maladies génétiques caractérisées par une hétérogénéité de locus
Maladie Caractéristiques cliniques Locus connus
(chrs)
La rétinite pigmentaire Rétinopathie progressive avec une perte de 53 locus
vision
L’ostéogenèse imparfaite De nombreux fractures après traumatismes 7, 17
mineurs, surdité, sclérotiques bleues
La maladie Charcot-Marie-Tooth La neuropathie périphérique 1, 5, 8 , 11, 17,
X
La maladie Alzheimer Démence sénile progressive 1, 14, 19, 21
Mélanome familial Les tumeurs malignes provenant des 1, 9
mélanocytes
Hémophilie Troubles de la coagulation, les saignements X
internes et intra-articulaires
Le cancer colorectal non-poliposique Cancer colorectal avec transmission dominant 2p, 2q, 3, 7
héréditaire autosomique
Cancer du sein début précoce du cancer du sein et de l’ovaire 13, 17
Sclérose tubéreuse de Bourneville L’épilepsie, angiofibromes du visage, des taches 9, 16
cutanées hypopigmentées, retard mental
La polykystose rénale le développement de nombreux kystes dans les 4, 16
reins → l’insuffisance rénale chronique

L’encadré IV.2.
La rétinite pigmentaire
Incidence – 1/3.000 – 1/5.000 des nouveau-nés
Type de transmission – dominant autosomique (20 formes) recessif autosomique (28 formes) recessif lié au chromosome
X (5 formes)
Génétique – des mutations ont été identifiées dans 51 gènes différents; dans 19 gènes ont été détectés des mutations
autosomique dominante, dans 28 gènes ont été identifiés mutations autosomique récessive et dans deux gènes ont été
trouvés des mutations avec transmission récessive liée à chromosome X; en outre, pour les gènes ORP1 (le gène de
protéine photorécepteur dépendant de l’oxygène - Oxygen-Regulated Photoreceptor protein 1) et RHO (le gène de la
rhodopsine) ont été découvertes des mutations à la fois dominante et récessive.
Pathogénèse – la dégénérescence progressive des cellules photoréceptrices, commençant par les cellules avec des
bâtonnets et terminant par ceux avec des cônes; en plus apparaît une dégénérescence des vaisseaux rétiniens et un dépôt
pigmentaire sur la rétine.
Diagnostic clinique – est basée sur: la cécité nocturne, perte de la vision diurne et la survenue de la vision en tunnel.
Diagnostic paraclinique – examen du fond d’œil - dépôt de pigment sur la rétine.
Prognostic – risque accru de cécité.
Traitement – aucun traitement pathogèniques, supplémentation alimentaire en vitamine A.

En raison de l’hétérogénéité du locus dans certaines maladies monogéniques autosomiques


récessives, comme la surdité, deux parents malades, homozygotes pour une différente mutation
récessive (a1a1 et a2a2) ont tous les enfants en bonne santé, doubles hétérozygotes (N1a1 et N2a2).
Ce phénomène s’appelle complémentation interallèlique.
L’hétérogénéité allélique est caractérisé par le fait que des mutations différentes d’un gène
causent des phénotypes similaires. Un exemple d’hétérogénéité allélique est la dystrophie musculaire:
de Duchenne et de Becker (encadré IV.3.).
Une autre maladie caractérisée par d’hétérogénéité allélique est la fibrose kystique. Ainsi, il y
a des formes complètes, des formes sans insuffisance pancréatique et des formes qui présentent
seulement de stérilité masculine en raison de l’absence congénitale bilatérale des canaux déférents.
Dans certaines maladies génétiques, sont à la fois l’hétérogénéité allélique et du locus. Un
exemple est le syndrome d’Ehlers-Danlos. La maladie est une maladie du tissu conjonctif causé par
un défaut de collagène et se caractérise cliniquement par l’hyperélasticité de la peau, fragilité
cutanée accrue et l’hyperlaxité articulaire. Sur la base de signes cliniques la maladie a été subdivisée
Le gene – l’unite de structure, fonction et mutation 57
en plusieurs sous-types. Dans le syndrome d’Ehlers Danlos sont à la fois l’hétérogénéité génétique
du locus (ont été identifiés formes autosomiques dominantes et formes récessives autosomique ou
liée à l’X) et l’hétérogénéité génétique allélique (différentes mutations dans le gène de collagène
produisent des manifestations cliniques différentes).

L’encadré IV.3.
La dystrophie musculaire
LA DYSTROPHIE DE DUCHENNE LA DYSTROPHIE DE BECKER
Incidence – 22/100.000 garçons; Incidence –3,8/100.000 garçons;
Type de transmission – récessive liée au chromosome X; Type de transmission – récessive liée au chromosome X;
Génétique – la délétion du gène de la dystrophine (située Génétique – la mutation du gène de la dystrophine
Xp21) détermine l’absence de la synthèse de la provoque la synthèse d’une protéine anormale;
dystrophine
Pathogénèse – l’absence de la dystrophine cause: des Pathogénèse – la présence de la dystrophine anormale a
lésions de la membrane des fibres musculaires et des des effets inférieurs sur la fibre musculaire que l’absence
anomalies de la jonction synaptique, les fibres musculaires totale de la protéine;
sont remplacées par du tissu conjonctif;
Le diagnostic clinique Le diagnostic clinique:
- L’apparition de la faiblesse musculaire des membres - Le début tardif (après 20-25 ans) par faiblesse
inférieurs, associée aux problèmes à la marche (la musculaire dans les jambes;
montée des escaliers) et des difficultés à soulever le - La paralysie des membres inférieurs peut être
fauteuil – les symptômes commencent dès l’âge de 3 absente ou apparaît tardivement;
ans; - La mort survient rarement par une insuffisance
- La paralysie des membres inférieurs depuis l’âge de respiratoire ou cardiaque;
10 -12 ans;
- Le décès a l’âge de 20-25 ans par l’insuffisance
respiratoire ou cardiaque;
Diagnostic paraclinique – des niveaux accrus de 50-100 Diagnostic paraclinique – des niveaux accrus de la
fois de la créatinine sérique, l’absence de la dystrophine créatinine sérique, la présence de petites quantités de la
dans les muscles, l’identification de la mutation par dystrophine dans les muscles, l’identification de la
l’analyse d’ADN; mutation par l’analyse d’ADN;
Prognostic – décès a l’âge de 20-25 de ans; Prognostic – décès a l’âge de 50-60 de ani;
Tratament – aucun traitement. Tratament – aucun traitement.

Cependant, l’hétérogénéité allélique ne produit pas toujours des phénotypes similaires. Dans
certains cas, la même mutation génétique provoque des phénotypes complètement différents –
l’hétérogénéité clinique. Un exemple a été identifié dans le syndrome de Hurler et de Scheie. Les
deux maladies sont des mucopolysaccharidoses (maladies caractérisées par un stockage des
mucopolysaccharides dans les lysosomes) étant causées par des mutations du gène de α-L-iduronidase
et ayant une transmission autosomique récessive. L’activité enzymatique est concordante avec le
phénotype. Ainsi, dans le syndrome de Hurler, la déficience enzymatique est complète, avec un début
précoce (6-18 mois) et des symptômes sévères : des disostoses multiples, des blocages articulaires,
d’hépatosplénomégalie, un faciès grossier, d’hydrocéphalie, d’opacité de la cornée, d’arriération
mentale et de mort avant l’âge de 10 ans. Au lieu de cela, dans le syndrome de Scheie, l’enzyme a
seulement une faible activité, la maladie débute après l’âge de cinq ans et les symptômes sont moins
graves, étant caractérisés par des blocages articulaires, de cardiopathie valvulaire, d’opacité de la
cornée, des déficits visuels, mais sans retard mental et sans risque de décès prématuré.
La connaissance de l’existence du phénomène de l’hétérogénéité génétique est importante
pour le diagnostic clinique et étiologique, pour l’initiation du traitement correct et pour un conseil
génétique approprié.
Un exemple est l’hémophilie. Dans cette maladie ont été identifiées deux formes avec de
transmission récessive liée au chromosome X (l’hémophilie A et l’hémophilie B). Les deux
maladies sont caractérisées cliniquement par des hémorragies massives et de longues durées
survenant dans les tissus mous ou intrarticulaire, suite à un traumatisme mineur ou postchirurgie.
58 Notions de base de la génétique humaine
L’hémophilie A est causée par une mutation du gène du facteur de coagulation VIII et se
caractérise par l’absence ou la présence d’une quantité insuffisante des protéines dans sérum (‹30
% de la normale). L’hémophilie B est causée par une mutation du gène du facteur de coagulation
IX et se caractérise par une quantité insuffisante de protéines (‹30 % de la normale). Les deux
maladies ont des traitements substitutifs, mais est important d’identifier le type de maladie, car,
par exemple, le traitement avec le facteur IX de coagulation dans l’hémophilie A est inefficace,
nécessitant l’administration du facteur de coagulation VIII.
Dans les maladies avec d’hétérogénéité génétique du locus est important d’identifier le type
de transmission, car elle permet le calcul des risques de récurrence. Ainsi, dans formes de rétinite
pigmentaire autosomique dominante, le risque d’un patient d’avoir un enfant atteint est de 50 %,
tandis que dans les formes récessives les malades peuvent avoir des enfants malades s’ils épousent
des personnes hétérozygotes.
IV.4. LE CONCEPT ACTUEL SUR LA FONCTION DU GÈNE
IV.4.1. GENES COMMANDENT LA SYNTHESE DE PROTEINES
La génétique classique postulait la relation “un gène → un caractère” sans expliquer
comment le gène produit le caractère. Au cours du XXe siècle une série de découvertes a révélée
que la relation “un gène → un caractère”est plus complexe, les séquences d’ADN assurant aussi la
synthèse des divers types d’ARN, de sorte qu’à l’heure actuelle, la relation est devenue “un gène
→ un produit fonctionnel”.
Le premier qui a établi une corrélation entre un gène et la protéine a été le médecin anglais
Garrod, qui en 1902 a décrit la première erreur innée du métabolisme : l’alcaptonurie. Étudier les
patients souffrant d’arthrite, Garrod a noté que l’urine des certains malades devient noire
lorsqu’elle est exposée à l’air et que les cartilages sont tachés de brun-noir. Les études
biochimiques ont montrées que ces patients présentaient des niveaux élevés d’acide
homogentisique, due à un blocage enzymatique dans la voie métabolique de la phénylalanine.
Ainsi, Garrod a établi une relation évidente entre les gènes et les enzymes, introduisant le concept
médical de “erreurs innées du métabolisme”.
Par la suite, de nombreuses autres études, réalisées sur les micro-organismes, plantes,
animaux et les humains, ont montrées que les gènes contrôlent le phénotype par des protéines.
Cela est possible parce que les protéines possèdent une certaine complexité structurelle et d’autre
part ont un important rôle structurel, catalytique ou de réglementation.
La relation “un gène → une protéine” est devenu plus tard “un gène → un polypeptide”,
parce que les études moléculaires ont confirmées que certaines protéines sont composées de deux
ou plusieurs chaînes peptiques, dont chacune est codifiée par des gènes distincts.
Enfin, la relation “un gène → une polypeptide” a été remplacée par la relation “un gène →
un produit fonctionnel”, car il a été montré que pour certains gènes la séquence nucléotidique
n’est pas traduite en protéines, mais assurent la synthèse des molécules d’ARN.
Ainsi, en vertu de la conception actuelle le gène est le segment de l’ADN qui contient
l’information génétique nécessaire pour la synthèse d’un produit fonctionnel. Les gènes qui
codifient des protéines sont considérés des gènes structurales.
IV.4.2. LA RELATION UN GENE → UNE PROTEINE
Le message codifié, requis pour l’assemblage dans un ordre spécifique des acides aminés
dans la protéine, est contenue des gènes de structure. L’existence de la relation „un gène → une
Le gene – l’unite de structure, fonction et mutation 59
protéine” peut être démontrée par l’étude des mutations dans un gène et les effets de ces mutations
au niveau phénotypique.
Un exemple est la drépanocytose (ou l’anémie avec des globules rouges en forme de
faucille). En 1956, Ingram a établi que dans drépanocytose il y a une corrélation entre une
mutation génétique (dans le gène de la chaîne β de l’hémoglobine) et la présence d’une protéine
anormale (l’hémoglobine S). La drépanocytose a été la première maladie monogénique, en qui a
été détecté le mécanisme pathogène.
La drépanocytose est une maladie génétique autosomique récessive. L’incidence est
d’environ 1/400-1/600 nouveau-nés dans les populations originaires d’Afrique, Méditerranée,
Moyen Orient et l’Inde. L’augmentation de l’incidence de la maladie dans ces régions est le
résultat de l’avantage sélectif des hétérozygotes sains (Na), qui dispose d’une protection naturelle
contre le paludisme, une parasitose endémique dans ces régions.
La drépanocytose se manifeste aux homozygotes aa et se caractérise par une anémie
hémolytique sévère. Dans les formes aiguës, les patients souffrent de douleurs à différents niveaux
(mains, pieds, abdomen - rate, intestin, foie, pancréas), résultant des microinfarctus induits par
l’obstruction capillaire. L’hémolyse chronique entraîne une splénomégalie, qui en temps conduit à
la perte de la fonction immunitaire de la rate. L’hypofonctionnement splénique explique la
susceptibilité accrue aux infections bactériennes, notamment du poumon, qui est la principale
cause de décès.
Les hétérozygotes - Na - sont en bonne santé et ne montre que les soi-disant “sicklemic
traits” caractérisé par l’apparition des crises de l’hémolyse dans des conditions d’hypoxie
(escalade, vol dans un avion non pressurisé).
Le décryptage de mécanisme de la maladie a commencé en 1949, quand Pauling a
démontré chez des patients présentant drépanocytose des anomalies de la migration
électrophorétique de l’hémoglobine. Chez les patients ayant drépanocytose la bande
d’hémoglobine (HbS) est situé différemment appropriées des individus normaux (HbA). Chez les
hétérozygotes, l’électrophorèse révèle deux bandes correspondant à l’HbS et HbA, ce qui suggère
un mélange des deux types d’hémoglobine.
En 1956, Ingram a révélé que l’HbS a en position 6 de la chaîne de globine β, la valine au
lieu de l’acide glutamique. Cette modification mineure de la molécule d’hémoglobine est
responsable des érythrocytes anormaux - globules rouges en forme de faucille - et des
caractéristiques cliniques.
L’hémoglobine S a une affinité normale pour l’oxygène, en présence d’une concentration
gazeuse normale. En revanche, en conditions hypoxiques, caractéristiques pour la microcirculation
capillaire, l’affinité de liaison de l’oxygène à HbS est réduite de moitié. En même temps il y a un
changement dans la solubilité de l’hémoglobine, ce qui induit la précipitation des protéines sous
forme de bâtonnets.
La présence de précipités d’HbS provoque un changement dans la forme des érythrocytes,
qui devient en forme de faucille au lieu du disque biconcave. Le changement de la forme des
globules rouges provoque deux effets : des lésions de la membrane d’érythrocytes et des blocages
pendant le passage dans la microcirculation capillaire par des micro thrombus. Les lésions de la
membrane favorisent la destruction rapide des globules rouges avec l’apparition de l’anémie
hémolytique, alors que les microtromboses sont responsables de douleurs localisées dans différents
organes (figure IV.5.).
En 1975, il a été identifié, localisé et séquencé le gène de la β-globine. L’analyse du gène chez les
personnes atteintes de la drépanocytose a montré que la mutation est ponctuel et est représenté par la
60 Notions de base de la génétique humaine
substitution de l’adénine par la thymine au niveau du codon 6 de la chaîne de β globine. Ainsi, le codon
6 GAG devient GTG, entraînant le remplacement dans le peptide de l’acide glutamique par la valine.
Ainsi, il est devenu clair qu’une modification mineure du gène (une substitution de nucléotide)
peut provoquer des changements phénotypiques, ce qui provoque une maladie grave.
Le décryptage du défaut moléculaire dans la drépanocytose permet certaines conclusions
concernant la conception actuelle de la fonction des gènes. Ainsi, les gènes qui codifient des
protéines contenant dans les séquences nucléotidiques l’information génétique pour l’assemblage
des acides aminés dans des protéines. Les mutations du gène modifient la séquence du codon qui a
l’effet d’une synthèse d’une protéine anormale, ce qui peut générer une maladie moléculaire.
NORMAL DRÉPANOCYTOSE

Le gène de la β- GAG GTG


globine, codon 6

Effec primaire L’acide glutamique Valine

HbA soluble dans des HbS insoluble en conditions d’hipoxie


conditions d’hypoxie

Effec secondaire Disque biconcave Forme en faucille

Effet tertiaire Microcirculation normale • Microtromboses → microinfarctus → douleurs aux différents niveaux
• Lésions de la membrane des hématies aux passages par capillaires →
réduire de la durée de vie + hémolyse → anemie
Figure IV.5. Le mécanisme pathogène dans la drépanocytose
Dans l’action du gène peut être identifié trois catégories des effets (figure IV.5.):
• effet primaire au niveau moléculaire - en sicklemie la substitution d’acide glutamique par
valine en position 6 du gène de la β-globine → l’apparition de l’HbS;
• effet secondaire au niveau cellulaire – en drépanocytose le changement de la forme des
globules rouges (disque biconcave → faucille);
• effet tertiaire au niveau d’organe ou d’organisme (signes et symptômes) - dans
drépanocytose: une anémie hémolytique chronique, des douleurs cardiaques de type
infarctus, des infections récurrentes 42 (figure IV.5.).
Au niveau moléculaire se manifeste tous les gènes et le concept de dominance/recessivité
est valable seulement au niveau phénotypique. Par exemple, en drépanocytose les hétérozygotes
(Na) produisent d’HbA et d’HbS.
L’expression biallèliques aux hétérozygotes permet leur identification en étudiant les effets
primaires ou secondaires. L’identification des individus sains, porteurs du gène mutant (Na) a une
importance pratique parce qu’aux couples hétérozygotes on peut appliquer une méthode de
diagnostic prénatal pour éviter la naissance des enfants homozygotes malades (un couple des
hétérozygotes a un risque de 25 % d’avoir un enfant malade).
L’identification des changements nucléotidiques du gène mutant permet, par l’analyse de
l’ADN, le diagnostic génotypique précoce, soit prénatale, soit postnatale, à un stade
asymptomatique.
42
Les effets tertiaires et secondaires de la plupart des maladies génétiques sont connus, mais l’effet primaire reste inconnue. Les
maladies en qui sont connus tous les trois catégories des effets sont appelées maladies moléculaires.
Le gene – l’unite de structure, fonction et mutation 61
IV.4.3. LA COMPLEXITÉ DE LA RELATION UN GENE → UNE
PROTEINE
Les analyses moléculaires gèniques ont révélées des situations dans lesquelles la relation
“un gène → un polypeptide” n’est pas valide. Il y a deux exceptions : un gène produit plusieurs
polypeptides et des différents gènes coopèrent pour la synthèse d’un seul polypeptide.
IV.4.3.1. La relation „un gène → plusieures polypeptides”
La relation “un gène → plusieurs polypeptides” est possible grâce à la structure discontinue
du gène, composé des exons et des introns. Les deux types de segments de gènes sont transcrits en
preARNm, les introns sont éliminés et les exons sont connectés pendant la maturation d’ARNm
par l’épissage. Dans certaines cellules, pendant l’épissage peut être produit une élimination
contrôlée des exons. Ainsi, en utilisant la même information génétique peuvent être synthétisés des
polypeptides similaires ou différents.
Un exemple est l’épissage différentiel de preARNm résultée par la transcription du gène de
la calcitonine. Dans la thyroïde, ce gène assure la synthèse de la calcitonine, hormone sérique
impliquée dans l’homéostasie du calcium. Au lieu de cela, dans l’hypothalamus le même gène
permet la synthèse du CGRP (calcitonin gene-related peptide) un peptide ayant une activité
trophique et neuromodulatrice.
Le gène de la calcitonine contient cinq exons. L’exon 1 et l’extremité 3’de l’exon 5 ne
sont pas traduite. Dans les cellules C de la thyroïde, par la transcription du gène de la
calcitonine résulte un ARNm mature, qui contient l’information génétique des exons 2, 3 et 4.
Dans les neurones hypothalamiques, la transcription du même gène provoque la formation d’un
ARNm contenant les exons 2, 3 et l’extrémité 5’ de l’exon 5. Par la suite, dans les deux tissus,
la traduction suit un polypeptide précurseur, qui devient active par la suppression des segments
peptidiques. Dans les deux tissues est enlevée la séquence correspondant aux acides aminés des
exons 2 et 3. Ainsi, la calcitonine, produite par thyroïde, correspond seulement à la séquence
nucléotidique de l’exon 4, tandis que le CGRP ne contient que l’information appropriée à
l’extrémité 5’ de l’exon 5 (figure IV.6.). Le phénomène d’épissage alternatif joue un rôle
important dans l’évolution en réorganisant des exons, car un gène peut conduire à des protéines
avec de nouvelles fonctions.
IV.4.3.2. Relations „plusieurs gène → un polypeptide”
La relation „plusieurs gène → un polypeptide” a été identifié pour les protéines
polypeptidiques, chaque chaîne étant synthétisée sur la base de l’information génétique des gènes
différents, qui occupent des différents locus sur le même chromosome ou sur des chromosomes
différents.
Un exemple est la synthèse des immunoglobulines. Chaque molécule d’anticorps est
constitué de deux chaînes légères (L) et deux chaînes lourdes (H) reliés par des ponts entre les
atomes de soufre. Chaque chaîne possède deux régions : une variable (V), qui constitue le site de
reconnaissance et d’attachement de l’antigène et une autre constante (C).
La synthèse des immunoglobulines comportait deux mécanismes d’exclusion qui
expliquent en partie la diversité des anticorps :
• allélique - dans les lymphocytes B un seul allèle est actif, soit maternelle, soit paternelle ;
• isotypique - chacun immunoglobuline contient cinq formes de chaînes H : α, γ, ε, δ ou μ, ce qui
correspond aux immunoglobulines A, G, E, D et M, respectivement l’un des deux types de
chaîne L : κ ou λ.
62 Notions de base de la génétique humaine
1 2 3 4 5a 5b

Le gène de la calcitonine

TIROÏDE SYSTEME NERVEUX

Polyadénylation différentiel
Pre-ARNm Cap Poli A Cap Poli A

D’épissage différentiel
ARNm matur Cap Poli A Cap Poli A

Traduction

Précurseur polypeptidique

Changements posttraduction
Polypeptide

Calcitonine CGRP

Figure IV.6. L’épissage différentiel des exons du gène de la calcitonine


La synthèse des anticorps est assurée par trois gènes actifs uniquement dans les
lymphocytes B ou cellules plasmatiques (cellules dérivées de lymphocytes B après leur migration
dans les tissus). Le gène de la chaîne H est situé 14q32, celui de la chaîne légère κ est localisé
2p13 et celui de la chaîne légère λ est localisé 22q11 (figure IV.7.).
5’ L1 VH1 Ln VHn1 D Hn 2 J Hn 3 Cμ Cδ C γ 3 C γ 1 C ε2 Cα1 Cγ Cγ2 Cγ4 Cε1 Cα2 3’

Le gène de la chaîne H

5’ L1 Vκ1 Ln Vκn4 J κn 5 Cκ 3’

Le gène de la chaîne légère Lκ

5’ L1 Vλ1 Ln Vλn6 Jλ1 Cλ1 Jλ2 Cλ2 Jλ3 Cλ3 Jλ4 Cλ4 Jλ5 Cλ5 Jλ6 Cλ6 3’

Le gène de la chaîne légère Lλ

Figure IV.7. La structure des gènes de l’immunoglobuline


n1 = 200, n2 = 20, n3 = 6 43, n4 = 100, n5 = 5, n6 = 100
Le gène de la chaîne lourde H contient un domaine pour la région variable et un qui codifie le
part constant de la chaîne lourde. Dans le domaine variable il y a trois sous-domaines : V (variable)
qui comprend 200 gènes, D (diversité), qui contient 20 gènes et J (jonction), qui contient six gènes. La
région C du gène de la chaîne H contient 11 gènes.
Le gène de la chaîne légère Lκ a dans le domaine variable deux sous-domaines : V qui contient
100 gènes et J qui contient cinq gènes. Le domaine C de cette chaîne contient un seul gène. Le gène de
la chaîne légère Lλ contient dans le domaine variable (V) 100 gènes et dans le domaine C sont six
gènes J et C disposés en alternance.
43
La région de jonction du gène de la chaîne H contient six gènes et trois pseudogènes
Le gene – l’unite de structure, fonction et mutation 63
Au cours de la synthèse des immunoglobulines, dans les lymphocytes B se produisent des
réarrangements de gènes sous l’action des recombinases. Ainsi, dans les lymphocytes est activé un seul
des deux gènes des chaînes légères L et le gène H. Pendnat la transcription, est choisi un seul gène de
chaque domaine ou sous-domaine, provoquant un ARN messager spécifique.
Étant donné le grand nombre des gènes différents et l’association des différentes chaînes
lourdes et légères, le nombre des différents anticorps est d’environ 1011, ce qui permet la synthèse
des anticorps spécifiques pour chaque antigène qui entre en contact avec le corps.
IV.4.4. LES INTERACTIONS ENTRE LES GENES DANS LE CONCEPT
ACTUEL
Les interactions entre les gènes peuvent être facilement identifiés au niveau moléculaire.
IV.4.4.1. Les interactions alléliques
La relation de dominance/ recessivité entre les gènes allèles est valable seulement au niveau
phénotypique. Les deux allèles du gène se manifestent au niveau moléculaire, conduisant à la
synthèse des protéines normales ou anormales. Au niveau moléculaire, certains gènes sont
apparemment sans effet parce que la synthèse protéique est non-fonctionnelle. Ces gènes sont
considérés amorphes.
Des exemples des gènes amorphes sont le gène 0 du système de groupe sanguin AB0 et
certains gènes récessifs, tels que ceux qui produisent d’agammaglobulinémie ou
d’afibrinogenemie. Si les gènes sont amorphes, chez les hétérozygotes Na la quantité de protéine
(enzyme) est réduite de moitié, mais est encore suffisante pour assurer les fonctions normales et
l’individu est en bonne santé.
Dans des autres cas, le gène mutant produit une protéine ayant une fonction réduite et le
gène est considéré hypomorphe. Les gènes hypomorphes et amorphes correspondent aux gènes
récessifs dans la génétique classique.
Il y a aussi des situations dans lesquelles le gène mutant provoque la synthèse d’une
protéine normale, mais différent du gène ancestral (sauvage). Ces gènes sont appelés isomorphes
et ces gènes correspondent aux gènes dominants ou codominants de la génétique classique (figure
IV.8.).

Figure IV.8. Les interactions alléliques en génétique classique et moderne


64 Notions de base de la génétique humaine
IV.4.4.2. Les interactions non-alléliques
Le phénomène d’épistasie est facile à démontrer dans le cas de la génétique moléculaire, à
la suite d’une action combinée de plusieurs gènes impliqués dans la synthèse d’un composé final.
Un exemple est la synthèse des antigènes de groupe sanguin AB0. Les antigènes du système de
groupe sanguin AB0 (A, B et H) sont des macromolécules complexes présents dans tous les
individus sur la surface des globules rouges et dans les sécrétions aqueuses que chez les personnes
sécréteures. Les antigènes AB0 sont des glycosphingolipides complexes, qui ont une partie
centrale fixée avec une extrémité à la membrane d’érythrocytes. Sur cette partie centrale sont fixés
plusieurs chaînes glucidiques, localisés extramembranaire.
La spécificité antigènique est déterminée par les sucres terminales. Les antigènes fixés sur
la membrane des érythrocytes sont liposolubles. Chez les personnes sécréteures les antigènes de
AB0 souffrent un changement de solubilité deviennent hydrosolubles et ainsi passent dans les
sécrétions aqueuses.
La synthèse des antigènes AB0 commence à partir d’une substance précurseur (S) sans
propriétés antigèniques.
Dans une première phase acte la fucosyltransferase (la transferase H ou Se), codifiée par le
gène H, qui prévoit l’attachement à la molécule précurseur S d’un résidu de fucose, ce qui détermine
la synthèse de l’antigène H. Le gène mutante h détermine la synthèse d’une fucosyltransferase sans
activité enzymatique. Ainsi, les individus homozygotes hh ne montre aucun antigène sur les
globules rouges, même si les gènes A, B ou 0 sont normales, parce que manque le substrat
moléculaire – l’antigène H - pour les enzymes codifiées de ces. Les personnes ayant le génotype hh
ont soi-disant phénotype Bombay, caractérisé par l’absence de tous antigènes sur les globules rouges
et la présence dans le sérum de tous anticorps AB0 : α, β et anti-H.
Sur l’antigène H agissent les enzymes produites par les gènes A, B et 0. Le gène A assure la
synthèse de N-acetylgalactosamintransferase (la transferase A) qui attache à l’antigène H un résidu
de N-acetylgalactoasamine, résultant l’antigène A. Le gène B assure la synthèse de D-
galactosetransferase (la transferase B), qui prévoit la fixation à l’antigène H d’un rest de D-
galactose, résultant l’antigène B. Le gène 0 provoque la synthèse d’une enzyme non-fonctionnelle,
de telle sorte qu’aux homozygotes 00, l’antigène H reste inchangé (figure IV.9.).
ANTIGÈNE H
H ou Se transfèrase
R GlcNAc Gal
R GlcNAc Gal
GDP GDP-Fuc Fuc
c

UDP - Gal UDP - GalNAc

B transfèrase A transfèrase

UDP UDP

R GlcNAc Gal Gal R GlcNAc Gal GalNAc


Fuc Fuc

ANTIGÈNE B ANTIGÈNE A
Figure IV.9. La synthèse des antigènes de groupe sanguin AB0
GlcNAc – N-acetylglucosamine; GalNAc- N-acetylgalactosamine;
Fuc – Fucose; Gal- Galactose
Le gene – l’unite de structure, fonction et mutation 65
Les gènes AB0 sont situés sur un locus du chromosome 9. Entre les allèles A et B est une
différence minimale de seulement quatre nucléotides. L’allèle 0 est le résultat d’une délétion d’un
seul nucléotide, mutation qui modifie le “cadre de lecture” du gène44. Cette mutation se traduit par
une protéine différente, dépourvu d’activité transférasique.
Aux personnes sécréteurs, en dehors de l’action des gènes H et AB0, actes aussi un gène
dominant Se, ce qui modifie la solubilité des antigènes AB0 présentes sur les globules rouges.
En présence du gène récessif se (génotype sese) la solubilité des antigènes A, B et H reste
inchangée et le passage de ces antigènes dans les sécrétions aqueuses est impossible.

44
Voir le chapitre Les mutations du gène
Expression génique 67

V. L’EXPRESSION GÈNIQUE
L’expression de l’information génétique est porté par deux processus liés: la transcription
et la traduction, en raison de:
• un système de transfert d’information génétique du noyau de la cellule (où l’information est
stockée dans l’ADN) dans le cytoplasme, en ribosomes (où les protéines sont synthétisées) ;
• un code génétique qui représente une corrélation entre la séquence nucléotidique de l’ADN et
les acides aminés qui composent les protéines.
Au cours de l’expression gènique est assuré un transfert intracellulaire des informations, qui
constituent avec la réplication les deux éléments fondamentaux du dogme central de la biologie
moléculaire (figure V.1.).
Transcription Traduction
Replication

ADN ARNm PROTEINES

Figure V.1. Le dogme central de la biologie moléculaire


Dans les cellules humaines, il y a deux catégories de transfert de l’information:
• Le transfert général est exprimé dans toutes les cellules, étant:
• le transfert des informations de l’ADN à l’ADN lors de la réplication 45;
• le transfert de l’ADN à l’ARNm lors de la transcription
• le transfert des ARNm en protéine, qui est caractéristique pour la traduction ;
• Le transfert spécial ne se produit que dans certaines cellules, dans des conditions spécifiques,
représentées par :
• le transfert ARN → ARN pendant la réplication du virus qui ont l’information génétique
stockée sous forme d’ARN;
• le transfert à partir d’ARN à l’ADN (la transcription inverse) se produit dans les cellules
infectées par les rétrovirus.
Le transfert de l’information génétique de l’ADN aux protéines comporte plusieurs étapes:
• la transcription - la copie de la séquence nucléotidique du gène, en résultant une molécule
complémentaire d’ARN messagère précurseur (pré-ARNm);
• la formation de l’ARNm mature;
• le transport de l’ARNm du noyau vers ribosomes;
• la traduction – le décodage de l’information génétique des molécules d’ARNm par la synthèse
des protéines avec une séquence spécifique des acides amines;
• le traitement post-traductionnelles et l’assemblage des protéines dans une structure
caractéristique spatiale, nécessaire à l’activité biologique normale.
Le processus de transfert de l’information est contrôlée par plusieurs gènes, qui actent dans
certaines cellules, à certains stades du cycle cellulaire et qui fournissent un rythme optimal. Au
cours de chaque phase peuvent survenir des erreurs, ce qui perturbe la synthèse des protéines,
conduisant à des maladies génétiques. L’identification du mécanisme normal et des erreurs
possibles permet le déchiffrage de la pathogénie de la maladie et l’amélioration des possibilités de
diagnostic et de traitement.

45
Vezi capitolul Transmiterea informaţiei genetice
68 Notions de base de la génétique humaine
V.1. LA TRANSCRIPTION
La transcription est la synthèse de molécules d’un simple brin d’ARN messager basée sur
l’information génétique contenue dans un segment limité de la molécule d’ADN. Ainsi, le gène,
outre la qualité de l’unité de structure, fonction et mutation peut être considérée comme l’unité de
transcription.
V.1.1. TYPES DE L’ARN
L’expression de l’information génétique implique plusieurs types d’acides ribonucléiques
- ARN. L’ARN est une structure chimique semblable à l’ADN, étant un polynucléotide, qui a trois
différences principales :
• le composante glucidique - le pentose - est le ribose au lieu de desoxyribose ;
• dans l’ARN, la thymine de l’ADN est remplacée par l’uracile, donc les quatre bases azotées
d’une molécule d’ARN sont : l’adénine, la guanine, la cytosine et l’uracile ;
• les molécules d’ARN sont simple-brin.
Les trois grands types d’ARN: l’ARN messager (ARNm) l’ARN ribosomal (ARNr) et
l’ARN de transfert (Arnt) sont tous impliqués dans la synthèse de peptides.
L’ARN messager - ARNm - est le produit de la transcription des gènes codants pour des
protéines structurales. La synthèse de l’ARNm se fait en présence de l’ARN polymérase de classe
II. Le rôle de l’ARNm est de transporter l’information génétique du noyau vers le cytoplasme, aux
ribosomes, ou sert de moule pour la synthèse de polypeptides spécifiques.
L’ARN ribosomal - ARNr - participe à la formation du ribosome active, nécessaires pour
le décodage de l’information génétique de l’ARNm. Sur la base de différences dans la
sédimentation ont été identifiés quatre types d’ARNr : 28 S, 18 S, 5,8 S et 5 S. Les trois premiers
types de l’ARNr sont codifiés par plusieurs copies du même gène, situé sur le bras court des
chromosomes acrocentriques et sont formés par le clivage d’un preARNr, sur l’action de l’ARN
polymérase de classe I. L’ARNr 5S est codifié par un autre gène, situé sur le bras long du
chromosome 1 et résulte par l’action catalytique de l’ARN polymérase de classe III.
L’ARN de transfert - ARNt - se compose de petites molécules (contenant seulement environ
80 nucléotides) de structure similaire, qui adopte une configuration de “trèfle”. L’ARNt acte comme
« traducteur » dans la synthèse des peptides, parce qu’il possède deux sites fonctionnels :
• celui qui fixe spécifique un acide aminé de cytoplasme;
• une autre qui permet la fixation spécifique à l’ARNm, au niveau du codon qui signifie le même
acide aminé.
Dans le cytoplasme ont été identifiées 40 différentes molécules d’ARNt, ainsi que pour
chaque acide aminé il y a au moins une Arnt spécifique. Certaines molécules d’ARNt
reconnaissent spécifiquement plus d’un codon de la molécule d’ARNm, puisqu’il y a 40 types de
ARNt et 61 codons sens 46.
V.1.2. LE MECANISME DE LA TRANSCRIPTION
La transcription consiste à copier un segment limité de la molécule d’ADN. Pour empêcher
la synthèse des différents protéines, en partant de l’information génétique d’un seul gène, la
transcription implique un seul brin de la molécule d’ADN. Toutefois, le brin transcrit n’est pas la
même pour tous les gènes d’un chromosome. En outre, pour certains gènes peuvent être transcrits
les deux brins, résultant des protéines différentes en cellules différentes.
46
voir Le code génétique
Expression génique 69
Depuis l’ARN polymérase de classe II acte que dans le sens 5’→ 3’ le brin transcrit a
toujours la polarité 3’→ 5’. Ce brin sert de moule pour la mise en ordre des ribonucléotides dans la
molécule d’ARNm (T→A, G→C, C→G, A→U).
La molécule d’ARNm a la même polarité et séquence nucléotidique que le brin d’ADN
non-transcrit (sauf en remplaçant T par U). Par conséquent, le brin non-transcrit est considéré
comme chaîne sens et le brin transcrit est considéré comme chaîne antisens.
La formation de l’ARNm par transcription des gènes qui codifient des protéines se déroule
en deux étapes : la formation de preARNm et la maturation d’ARNm (figure V.2.).
UNITÉ TRANSCRIPTIONNELLE

Exon 1 Intron 1 Exon 2 Intron 2 Exon 3

GENE
GT--- ------AG GT-------AG
Promoteur
TRANSCRIPTION

Exon 1 Exon 2 Exon 3


TRANSCRIPT PRIMAIR
GU-----------AG GU-------AG

LE CLIVAGE AU NIVEAU

Élimination Élimination

GU-----------AG GU ------AG

ÉPISSAGE

ARN MATUR
Figure V.2. Les étapes de la transcription
V.1.2.1. La formation du preARNm
L’initiation de la transcription débute à la région promotrice du gène par la fixation des
facteurs protéiques de la transcription.
Pour les gènes avec d’expression tissulaire spécifique, le principal facteur transcriptionnel
est TBP (TATA-binding protein) ainsi nommée parce qu’il se fixe dans la région TATA du
promoteur. Après la fixation, le TBP attire des autres facteurs protéiques, résultant un complexe
ADN-protéines qui permet l’accolement de l’ARN polymérase II à environ 25 pb en aval du site
de TATA (figure V.3.). En revanche, pour les gènes avec expression omniprésente, facteurs de
transcription sont autres, parce que dans ces gènes la séquence TATA manque et est remplacée par
la séquence GGGCGGG.
Après que l’ARN polymérase II est fixée à l’ADN, la transcription commence. Le début
d’action est facilitée par une ADN hélicase, qui divise les liaisons d’hydrogène d’entre les deux
brins d’ADN. Ainsi, l’action de l’ARN polymérase devient possible.
70 Notions de base de la génétique humaine
L’action de l’ARN polymérase commence au site d’initiation de la transcription et son rôle
est d’assurer la croissance du brin de preARNm dans le sens 5’→ 3’, en établissant des liens entre
la ribose d’une ribonucléotide et l’acide phosphorique de la ribonucléotide prochaine. Lors de la
transcription sont copies les exons et les introns, résultant le transcrit primaire ou le preARNm.

TBP ARN-polymerase II

TATA
ATAT

Figure V.3. Le complexe ADN - ARN polymérase II - facteurs de transcription


Après que l’ARN polymérase II a dépassé le site d’initiation de la transcription, celui
devient libre et une nouvelle molécule d’ARN polymérase peut être fixée à ce niveau. Par la
fixation des plusieurs molécules d’ARN polymérase II, sur la base d’information d’un seul gène
peut être synthétisées plusieurs molécules identiques de preARNm.
Le signal pour la fin de la transcription est représenté par une séquence héxanuclèotidique
AATAAA, située en aval du dernier exon du gène. La transcription s’arrête après avoir lu encore
18 à 20 nucléotides dans une région riche en paires de bases GC, appellée site de polyadénylation.
V.1.2.2. La maturation de l’ARNm
Chez les eucaryotes, le transcrit primaire n’est pas la forme active de l’ARNm. Pour
devenir actif, le preARNm souffre une série de changements, qui représente la maturation du
ARNm. Par la maturation, l’ARNm est stabilisé, ce qui permet le transport de la molécule de
noyau vers le cytoplasme et son utilisation comme matrice pour la synthèse peptidique.
Dans un premier temps, à la région 5’ de la molécule de preARNm est ajoutée une molécule
de 7-méthylguanosine. Cela forme la coiffe, une structure qui est résistante à l’action des
ribonuclèases du cytoplasme et ainsi stabilise l’ARNm. Dans la deuxième phase de la maturation,
une ribonucléase reconnaît le site AAUAAA situé à l’extrémité 3’ du transcrit primaire et coupe la
molécule de preARNm à 11-30 nucléotides en aval de ce site.
Par la suite, au site de AAUAAA est fixé la poly A-polymérase, une enzyme qui fournit
l’attachement des plusieurs nucléotides à l’adénine (50-250) qui forme une queue polyadénilique.
Cette queue est impliquée dans le transport d’ARNm du noyau vers le cytoplasme.
Dans la dernière étape de la maturation se produit l’épissage47. Par l’épissage les extrémités
des introns sont coupées précisément, les introns sont enlevés et les exons sont reliés. L’épissage est
fait au niveau des spliceosomes, de petits organites cytoplasmiques qui contiennent de petites
ribonucléoprotéines, tels que le snARN (Small Nuclear RiboNucleic Acid). Ces molécules d’ARNsn
sont fixés sur les balises de « signalisation » situées à l’extrémité 5’ (GU) ou 3’ (AG) des introns.
Sous l’action des enzymes spécifiques, la molécule de preARNm est coupée au niveau des
balises des introns, les introns sont éliminés et les exons sont reliées l’un après l’autre.
Le transport de l’ARNm mature du noyau vers le cytoplasme est un processus consommant
de l’énergie. L’énergie nécessaire à ce processus est assuré par l’hydrolyse de l’ATP.
La stabilisation de l’ARNm est nécessaire pour le transport intracellulaire, parce que c’est
une molécule avec un seul brin, qui ne présente pas de liens entre nucléotides, comme les autres
types d’ARN et ainsi est très sensible à l’action des ribonucléases cytoplasmiques.

47
Epissage– assemblage de deux câbles en entrelaçant les fils qui les composent; engl. – splicing
Expression génique 71
La stabilité de la molécule d’ARNm dépend de la quantité de protéine synthétisée. Ainsi, si la
cellule nécessite une grande quantité de protéines, la molécule d’ARNm correspondant est plus
stable que les conditions dans lesquelles le montant de la synthèse protéique est réduite.
V.2. LA TRADUCTION
La traduction est le processus de décodage de l’information génétique contenue dans une
molécule d’ARNm mature. La traduction se déroule dans le cytoplasme au niveau des ribosomes,
nécessitant la réalisation de deux conditions :
• la cellule doit avoir un appareil de traduction ;
• entre la séquence nucléotidique d’ARNm mature et la séquence des acides aminés de la
protéine doit être une corrélation, représentée par le code génétique.
V.2.1. L’APPAREIL DE TRADUCTION
L’appareil translationnel se compose de tous les composants cellulaires impliqués dans la
synthèse des protéines : ARNm, ribosomes, ARNt, protéines et sourses d’énergie.
L’ARNm mature est le porteur des informations génétiques codifiés. Il est composé de deux
types de séquences : traduites et non traduites (figure V.4).
5’UTR La séquence traduite 3’UTR

7-CH3-G―――――― AUG――――――――———―UAA―——―――AAAAA

Figure V.4. La séquence nucléotidique de la molécule d’ARNm mature


7-CH3-G - 7-méthylguanosine, 5’UTR – la séquence non traduite 5’; 3’UTR - la séquence non
traduite 3’, AAAAA – le queue polyadénilique.
La séquence traduite est au milieu de la molécule et résulte par l’assemblage des exons au
cours d’épissage. La séquence traduite commence par le codon initiateur AUG, qui est la même
pour toutes les molécules d’ARNm et correspond à l’acide aminé méthionine 48. À l’extrémité 3’
de cette séquence se trouve un des trois codons stop: UAG, UGA ou UAA, qui sont des signals de
terminaison de la traduction lors de la lecture de l’information génétique.
Les séquences non traduites sont localisées périphériques aux extrémités 3’ et 5’. À
l’extrémité 5’ de la molécule d’ARNm mature est localisée la 7-méthylguanosine (la coiffe), suivie
de la séquence non traduite 5’ (5’UTR – 5’ untranslated region). À l’extrémité 3’ de la molécule
d’ARNm mature, après le codon stop, suit la séquence non traduite 3’ (3’UTR – 3’ untranslated
region) et la queue polyadénilique.
Les ribosomes sont des organites cytoplasmiques composés de complexes
macromoléculaires qui rassemblent dans une structure spécifique au moment de la traduction. En
dehors de la période de la synthèse d’une protéine, il y a deux sous-unités du ribosome : un grand
de 60 S et un petit de 40 S. Pendant la traduction, les deux sous-unités se rassemblent, s’associent
avec l’ARNm et les complexes d’acides aminés-ARNt et forment le ribosome active de 80S.
L’ARNt est représenté par 40 types des molécules, composées d’environ 80 nucléotides,
qui ont deux fonctions essentielles : de fixer un acide aminé spécifique et de reconnaître le codon
correspondant à l’acide aminé dans la séquence nucléotidique de l’ARNm (figure V.5.). Chaque
molécule d’ARNt possède deux sites fonctionnels: aminés et anticodon, situés aux extrémités de
deux boucles, situé en position opposée. Le site aminés est localisé sur une boucle ouverte, qui a à
48
Bien que toutes les molécules d’ARNm commencent avec le codone AUG, pas toutes les protéines ont la méthionine comme
le premier acide aminé en raison de la transformation posttranslationnelle
72 Notions de base de la génétique humaine
l’extrémité 3’ le trinucléotide ACC. Le site anticodon est situé sur une boucle fermée et a une
séquence trinucléotidique complémentaire au codon de l’ARNm correspondant aux acides aminés.
3’
Pour chaque triplet codant il y a une molécule d’ARNt portant
A
des acides aminés. En revanche, les codons stop : UAA, UAG et
5’ C
C
UGA n’ont pas un ARNt correspondant, ce qui marque la fin de
la traduction.
Les protéines de l’appareil translationnel sont : régulatrices et
enzymatiques. Les protéines de régulation sont de trois types : les
facteurs d’initiation (IF – initiation factor), les facteurs
d’élongation (EF – elongation factor) et les facteurs de
libération (RF – release factor). Les enzymes de l’appareil de
translation sont : l’aminoacyl-tRNA-sinthétase, la peptidyl
transférase et la translocase. Les aminoacyl-tRNA-sinthétases
assurent la formation du complexe l’acide aminé-ARNt. Ces
Anticodon enzymes ont une affinité spécifique pour un acide aminé
Figure V.5. La configuration particulier et ne permet pas de fixer un autre sur ARNt.
de la molécule d’ARNt Les sources d’énergie sont l’acide adénosine triphosphorique
(ATP) et l’acide guanosine triphosphorique (GTP) qui par
l’hydrolyse à l’AMP et GMP fournissent l’énergie nécessaire aux différentes étapes de la
traduction.
V.2.2. LE CODE GENETIQUE
Le code génétique est une corrélation entre une séquence spécifique de nucléotides dans la
structure d’une molécule d’ARNm et un acide aminé de la structure de la peptide synthétisée sur la
base d’information génétique de l’ARNm.
Le code génétique a quelques caractéristiques, inséré ci-dessous.
Le code génétique est triplet - chaque unité de code dans la structure de l’ARNm est
composée de trois nucléotides adjacents. L’existence d’un code génétique triplet est dictée par la
nécessité d’avoir au moins un codon différent pour chacun des 20 acides aminés des protéines.
Étant donné que la molécule d’ARNm a quatre bases azotées - adénine (A), guanine (G), cytosine
(C) et uracile (U) - qui peut être librement associés, résulte l’association obligatoire de trois
nucléotides pour la formation d’au moins un codon pour chaque acide aminé 49. Ainsi, par
l’association de type triplet résulte 43 = 64 codons différents (tableau V.1.).
Le code génétique est sans équivoque, car un codon codifie un seul acide aminé.
Le code génétique est dégénéré - en tenant compte de l’existence de 64 codons, qui doit
codifier les 20 acides aminés de la protéine. Ainsi, il y a clair que certains acides aminés sont
codifiés par plusieurs codons, qui d’habitude diffèrent par la dernière base azotée. Par exemple, la
leucine est codifiée par quatre codons: CUU, CUC, CUA et CUG.
Le code génétique a certains codons particuliers : AUG, qui codifie la méthionine et
représente le codon initiateur, respective les codons UAA, UAG et UGA, ceux qui sont des
signaux pour arrêter la lecture d’information génétique et sont considérés codons stop.
Le code génétique n’a pas des “signes de ponctuation” – les codons voisins ne sont pas
séparés par des nucléotides ou des codons sans fonction codant.

49
Un code génétique doublet génère 42 = 16 codons, un nombre insuffisant, tandis qu’un code génétique quart fournit 44 = 256
codons, ce qui serait une dissipation du matériel génétique.
Expression génique 73
Tableau V.1. Le code génétique
Le premier Le deuxième nucléotide Le dernier
nucléotide nucléotide
U C A G
U Phe Ser Tyr Cys U
U Phe Ser Tyr Cys C
U Leu Ser STOP STOP A
U Leu Ser STOP Trp G
C Leu Pro His Arg U
C Leu Pro His Arg C
C Leu Pro Gln Arg A
C Leu Pro Gln Arg G
A Ile Thr Asn Ser U
A Ile Thr Asn Ser C
A Ile Thr Lys Arg A
A Met Thr Lys Arg G
G Val Ala Asp Gly U
G Val Ala Asp Gly C
G Val Ala Glu Gly A
G Val Ala Glu Gly G
D’acide aminé codifié
Les bases azotées de l’ARN messager: A - adénine, C - cytosine, U - uracile, G - guanine, les acides aminés dans la structure
des protéines: Ala - Alanine, Arg - arginine, Asp - acide aspartique; ASN - asparagine, Cys - cystéine ; GLN - Glycine, Glu -
Glutamine, Gly – l’acide glutamique, His - Histidine, Ile - Isoleucine, Leu - Leucine, Lys - Lysine, Met - Méthionine, Phe -
phénylalanine, Pro - proline, Ser - Serine, Thr - thréonine; Trp - tryptophane, Tyr - Tyrosine, Val – valine

Le code génétique est non-superposable parce que deux codons voisins n’ont aucun
nucléotide en commun.
Le code génétique est universel - dans tous les organismes un certain codon signifie le
même acide aminé 50.
V.2.3. LES ÉTAPES DE LA TRADUCTION
La traduction se déroule en trois phases : initiation, élongation et terminaison.
V.2.3.1. L’initiation de la traduction
La traduction commence avec l’activation du complexe acides aminés - ARNt. Ce processus
est effectué en présence des aminoacyl-ARNt-sinthétases et ATP, comme source d’énergie. L’enzyme
possède trois sites fonctionnels dans lesquels sont attachés : les acides aminés, l’ARNt et l’AMP. Par
la suite, est formé le complexe polyribosomique par la fixation du complexe méthionyl-ARNt
(correspondant au codon initiateur de la traduction) à la sous-unité petite du ribosome (40S) au niveau
de l’extrémité 5’ de l’ARNm. Après cette fixation, le complexe se déplace vers l’extrémité 3’ de la
molécule d’ARNm, jusqu’à ce qu’il rencontre le codon initiateur AUG. À ce stade, s’attache la sous-
unité grande du ribosome (60S) et le ribosome est entièrement mis en application, ayant trois sites
fonctionnels : aminé, peptidyl et enzymatique. Le site aminés est occupé par le complexe méthionyl-
ARNt, le site peptidyl est libre et dans le site enzymatique est fixée la peptidyl transférase.
V.2.3.2. L’élongation
L’élongation commence par la fixation, dans le site peptidyl, du complexe acide aminé2-
ARNt (figure V.6.). Dans la présence de la peptidyl transférase, le groupe amine de l’acide aminé2

50
La seule exception est dans les mitochondries où UGA code le tryptophane, AUA code la méthionine et AUC code la
thréonine
74 Notions de base de la génétique humaine
et le groupe carboxyle de la méthionine sont connectés par une liaison peptidique et le complexe
méthionyl – acide aminé2-ARNt s’attache au site peptidyl.
Met Met Ser

GTP/EF
5’ AUG UCU 3’ 5’ AUG UCU 3’
Ser-ARNt

transférase
peptidyl -
EF, GDP, Pi

Met Met

Ser Ser

Translocase
5’ AUG UCU CGU 3’ 5’ AUG UCU 3’

GTP/EF,
Arg-ARNt ARNt
Met

Met Ser

Ser Arg Arg

peptidyltransférase
5’ AUG UCU CGU 3’ 5’ AUG UCU CGU 3’

EF, GDP, Pi

Met—Ser—Arg—………………….—Ile—Thr aan-2——Arg—Ser—Met

ARNm Ile
Fin de la traduction
Ribosome
Thr
Sous-unité 60S
RF/GTP

Ribosome 5’ CUC ACU UGA 3’


40S

Figure V.6. Les étapes de la traduction


Met - méthionine, Ser - serine, Arg - arginine, Ile - isoleucine, Thr - thréonine; EF - facteur d’élongation,
RF - facteur de libération, GTP - acide guanosinetriphosphorique; GDP - acide guanosinediphosphorique
Dans la présence de la translocase le ribosome active se déplace au long de l’ARNm, avec
trois nucléotides dans le sens 5’→3’. Ainsi, le complexe méthionyl – acide aminé2- ARNt arrive
au site aminé, le site peptidyl reste libre et le méthionyl-ARNt se détache de l’ARNm, reste libre et
passe dans le cytoplasme. En outre, sur le site peptidyl se fixe le complexe acide aminé3-Arnt et le
cycle d’élongation se reprend. Ce cycle est répété jusqu’à ce que la chaîne peptidique est
entièrement synthétisée et au niveau du site peptidyl arrive un codon stop : UAA, UAG ou UGA,
ce qui déclenche la terminaison de la traduction.
V.2.3.3. La terminaison de la traduction
Lorsque dans le site peptidyl arrive un codon stop, à ce niveau est fixé le facteur de
libération (RF – Releasing Factor) qui, basée sur l’énergie fournie par le GTP, conduit au
détachement du complexe peptidyl-ARNt et son passage dans le cytoplasme. Dans le cytoplasme,
Expression génique 75
le complexe se désagrège, libérant le peptide et l’ARNt correspondant au dernier acide aminé. Une
fois que dans le site amine ne se trouve plus aucun complexe peptidyl-Arnt, le ribosome active se
divise en deux composantes : la sous-unité 40 S et celle de 60 S, qui sont réutilisés dans la
synthèse des autres peptides.
Un aspect important de la traduction, ce qui permet un gain de temps et d’énergie, est liée à la
possibilité de la synthèse des plusieurs peptides identiques, tout en utilisant une seule molécule
d’ARNm. Ceci est possible car après que le codon initiateur et celui qui correspond à l’acide aminé2
sont libres, ils peuvent participer à la formation d’un autre ribosome actif. Ainsi, résulte un
polyribosome, ce qui amplifie la synthèse des protéines.
V.3. LE RÉGLAGE DE L’EXPRESSION DES GENES
Le réglage de l’expression des gènes est un processus complexe impliquant des nombreux
facteurs qu’ils interviennent dans plusieurs étapes. Ainsi, la régulation de l’expression des gènes
peut être divisée en le réglage : global (pretranscriptionnel) transcriptionnel, traductionnel et
posttraductionnel.
V.3.1. LE RÉGLAGE GLOBAL DE L’EXPRESSION DES GENES
Les mécanismes d’ajustement global de la fonction des gènes ne sont pas bien comprises.
Toutefois, il a été possible d’identifier plusieurs facteurs qui influent les gènes du même domaine
chromosomique. Parmi ces mécanismes peuvent être énumérés : la signalisation dépendant de la
position des cellules, l’empreinte génétique, les recombinaisons somatiques et la concurrence pour
l’activateur / l’inhibiteur.
V.3.1.1. La signalisation dépendant de la position des cellules
Lors de l’embryogenèse et l’organogenèse se produit une signalisation dépendant de la
position des cellules, lorsque certaines cellules ont un développement particulier parce que sont
activées spécifiquement certains gènes. L’activation de ces gènes semble être dépendante de
l’interaction des cellules avec des facteurs extracellulaires, dont l’action est liée à la position de la
cellule dans le corps. De cette manière, il est possible de passer du développement symétrique
caractéristique aux premiers stades de l’ embryogenèse au développement asymétrique, permettant
l’organogenèse.
V.3.1.2. L’empreinte génétique
L’empreinte génétique, aussi appelé gamétique ou parentale, est un mécanisme qui ne
fonctionne que dans certains locus du corps. L’empreinte génétique est caractérisée par un
marquage spécifique allèlique lors de la spermatogenèse ou ovogenèse. Par ce marquage un seul
gène d’une paire des allèles reste actif. Au cours de la transmission de l’information génétique
mitotique l’empreinte génétique est conservée. En revanche, au cours de la gamétogenèse,
l’empreinte d’un locus est premièrement supprimée et enfin les allèles sont marqués avec une
spécificité sexuelle : masculine ou féminine (figure V.7.).
Le mécanisme de l’empreinte génétique n’est pas entièrement élucidée, mais certainement
dans la plupart des cas, il provoque une hyperméthylation de la cytosine et de la guanine sur
l’allèle inactif. Il semble que l’empreinte génétique a joué un rôle important au cours du
développement, ce qui est suggéré par le fait que la plupart des gènes soumis à empreinte sont
actifs durant l’embryogenèse et que la perte d’empreinte génétique, causée par une disomie
monoparentale ou par une microdélétion chromosomique, détermine des maladies très graves. Des
exemples des locus soumis à empreinte sont donnés dans le tableau V.2.
76 Notions de base de la génétique humaine
Spermatozoïde Spermatozoïde
A A
B Y B Y

Fertilisation A A
XY Spermatogènese
B B
A A
X B X
*
ORGANISME
MASCULIN
Ovule Spermatozoïde

Spermatozoïde Ovule

A A
Y X
B *
A A
XX Ovogènese
B B
Fertilisation
ORGANISME A
A X
X FEMININ *
*

Ovule Ovule
Figure V.7. L’empreinte génétique

Tableau V.2. La relation entre les locus soumis à l’empreinte gametique et la pathologie de
l’homme
Locus Gène Allèle active Anomalie chromosomique Syndrome
15q11-13 SNRPN Materne Microdélétion paterne Prader Willi
DUP materne
15q11-13 UBE3A Paterne Microdélétion materne Angelman
DUP paterne
11p15.5 IGF2 Paterne DUP paterne Beckwith Wiedeman
11p15.5 H19 Materne Microdélétion materne Beckwith Wiedeman
DUP – disomie uniparentale

V.3.1.3. L’inactivation du chromosome X


L’inactivation du chromosome X est la conséquence d’un mécanisme de compensation de
dosage génique. Ce mécanisme est nécessaire afin d’éviter un déséquilibre génique entre les
femmes (qui ont deux chromosomes X) et les hommes (qui ont un seul chromosome X). Le
mécanisme est basé sur l’inactivation presque complète de la transcription sur l’un des deux
chromosomes X de la femme. Cette inactivation est contrôlée par le gène XIST, qu’il est activ
seulement sur le chromosome X inactivé. Le gène XIST détermine la synthèse d’un ARN qui se fixe
spécifiquement sur l’ADN du chromosome inactivé 51.
V.3.1.4. Les recombinaisons somatiques
Les recombinaisons somatiques génétiques ont été identifiées que dans quelques gènes
actifs dans les lymphocytes B et les cellules plasmatiques. Par la recombinaison des gènes des
immunoglobulines et des récepteurs des cellules T est fourni le polymorphisme des protéines
synthétisées par ces gènes et est possible la défense de l’organisme contre les agents exogènes ou
endogènes changés 52.

51
voir la Chromatine sexuelle
52
voir le chapitre Gène unité de structure, fonction et mutation
Expression génique 77
V.3.1.5. La concurrence pour activateur / inhibiteur
Dans le cas des domaines chromosomiques contenant des gènes différents ou des gènes de
la même famille, a été identifiée une compétition entre les gènes en utilisant le même facteur
activateur/inhibiteur.
Par exemple, dans la région 11p15.5 les gènes IGF2 et H19 concurrencent pour le même
activateur. Dans des conditions normales, sur le chromosome paternel est actif le gène IGF2
(codant pour un facteur de croissance cellulaire), tandis que sur le chromosome maternel est actif
le gène H19 (qui est un gène suppresseur de tumeurs).
Un autre exemple est représenté par les familles des gènes α et β globines qui dépendent
des centres de contrôle régional, qui agit comme un stimulateur sélectif d’un seul gène dans une
période ontogénétique donnée 53.
V.3.2. LE REGLAGE TRANSCRIPTIONEL
La mise en œuvre du réglage transcriptionnel est assurée par l’ARN polymerase II, qui
détermine la synthèse d’une molécule d’ARNm précurseur. L’action isolée de cette enzyme n’est
pas suffisante pour la transcription, nécessitant la présence des facteurs de transcription, tels que des
protéines avec une configuration particulière, des récepteurs nucléaires hormonales ou des
protéines régulatrices spécifiques d’organe.
Les facteurs de transcription ont des sites spécifiques de fixation au niveau de :
• région promotrice - située en amont du cadre de lecture du gène (les séquences CAAT, TATA,
CG etc.) ;
• éléments spécifiques de tissu - situés en amont de la région promotrice et dépendent de
l’intervention de facteurs externes tels que hormones, facteurs de croissance, AMPc ;
• les séquences d’activation / inhibition de l’activité des gènes - peuvent être situées en amont
des éléments spécifiques du tissu, en aval du cadre de la lecture ou même dans certains introns.
La fixation de ces protéines est facilitée par la complémentarité configurationnelle entre
ADN et protéine. La plupart des facteurs de transcription sont des protéines formées par plusieurs
sous-unités et qui disposent des deux sites spécifiques : pour l’attachement à l’ADN et pour la
liaison des autres molécules avec rôle régulateur.
Ils ont identifiés quatre types de protéines impliquées dans la régulation de la transcription
(Figure V.8.): des protéines avec configuration “hélice-tournant-hélice”, des protéines avec
configuration “hélice-boucle-hélice”, des protéines avec configuration “en doigts de zinc”et des
protéines avec configuration “en fermoir à leucine”.
Protéines à la configuration “hélice-tournant-hélice” (figure V.8.a) sont composées de
deux brins protéiques α-type, rejoint par une courte séquence des acides aminés ou s’est réalisée
une torsion de la molécule.
Les protéines qui adoptent une configuration “hélice - boucle – hélice” (figure V.8.b) sont
composées des deux spirales α-type, liées par une longue boucle flexible. Les dimères formés par
deux protéines identiques se fixent fermement à la molécule d’ADN, tandis que les hétérodimères
font des liens faibles avec l’ADN. Dans cette façon, la formation de dimères fournit le mécanisme
de contrôle de la fonction des gènes, permettant l’inactivation des protéines régulatrices.
Les protéines qui adoptent une configuration en « doigts de zinc » (figure V.8.c) se fixent à
l’ADN par une configuration latérale (comme un « doigt ») qui contient chacun 23 acides aminés
et qui coordonne un atome de zinc et quatre résidus de cystéine ou deux restes de cystéine et deux

53
voir le chapitre Gène unité de structure, fonction et mutation
78 Notions de base de la génétique humaine
d’histidine. Tels facteurs régulateurs sont : les récepteurs nucléaires stéroïdiens (corticosteron,
l’aldostérone, l’œstrogène, progestérone, androgènes) ou les récepteurs pour LDL (low density
lypoprotein).
α-helix
tournant

α-helix

α-helix

boucle

NH2

α-helix
a b
COOH

HOOC COOH

4 L
C H

Zn L
7 L L
C H
5 L L

3 L L
2

6 L L

“doigt” de zinc
“fermoir” de léucine
NH2 NH2
c d

Figure V.8. La configuration des facteurs proteiques de transcription


a – configuration “hélice-tournant-hélice”; b – configuration “hélice-boucle-hélice”; c – configuration en doigts de zinc; d –
configuration en fermoir à leucine
Les protéines qui adoptent une configuration “en fermoir de leucine” (figure V.8.d) sont
composées des deux spirales α-type, unis par les liens formés entre les résidus de leucine situés
dans une région particulière de ces deux molécules (liaisons de type “fermoir”).
V.3.3. LE REGLAGE POSTTRANSCRIPTIONEL
Le réglage posttranscriptionel de l’expression des gènes est assuré par les mécanismes qui
maturent la molécule d’ARNm.
V.3.3.1. Les unités de transcription multigenique
L’unité de transcription multigenique permet la synthèse de plusieurs produits fonctionnels,
mais ce mécanisme est rarement utilisé dans les génomes des organismes supérieurs. L’exemple le
plus connu est la synthèse des sous-unités d’ARNr et la synthèse des protéines mitochondrielles.
Expression génique 79
Pour l’ARNr, les trois sous-unités de 18S, 5,8S et 28S sont synthétisés à partir d’un transcrit
primaire commun de 45S. Au cours de la maturation de preARNr, sous l’action des exonucléases, se
produisent plusieurs clivages du transcrit primaire, ce qui entraîne la synthèse de trois types d’ARNr.
V.3.3.2. L’épissage et le polyadénylation alternatifs
L’épissage alternatif des exons et la polyadénylation alternative de preARNm sont des
mécanismes fréquemment utilisés aux organismes supérieurs. Ainsi, dans cellules différentes, en
fonction de l’information génétique du même gène peuvent être synthétisés des peptides
semblables ou différents.
Un exemple est l’épissage alternatif des exons du gène de la calcitonine. Dans la thyroïde,
sur la base de cette information génétique, se synthétise la calcitonine, tandis que le CGRP est
synthétisé dans les neurones. De plus, pour le gène de la calcitonine fonctionne aussi une
polyadénylation sélective.
V.3.4. LE REGLAGE TRADUCTIONNEL
Le réglage tranductionnel de l’expression des gènes est un mécanisme moins utilisé.
Un exemple est la modification de la synthèse de la transferrine et du récepteur pour cette
protéine. La transferrine est la protéine qui transporte le fer de l’intestin grêle, où il est absorbé,
vers la moelle osseuse, où il est incorporé dans l’hémoglobine. En présence des niveaux élevés des
ions ferriques, la synthèse de la transferrine est amplifiée au niveau de la traduction, sans aucun
changement dans la transcription. En revanche, s’il y a un faible niveau de fer la production des
récepteurs pour ferritine est augmentée par changements de la traduction. Cela est possible en
raison que l’ARNm de la transferrine présente dans la région 5’ (non traduite) une série des
éléments sensibles au fer (IRE - iron response element) au niveau des qui se fixent un certain
nombre de protéines spécifiques, activées par la carence en fer.
Une modulation similaire se produit dans le cas du récepteur de la transferrine, dont
l’ARNm présente des éléments sensibles au fer dans la region 3’ (non traduite).
V.3.5. LE REGLAGE POSTTRADUCTIONNEL
Après la traduction, de nombreux peptides subissent de modifications, qui confèrent des
fonctions spécifiques. En général, ces changements peuvent être de deux types : l’addition des
groupes fonctionnels et le clivage de la molécule peptidique à des sites spécifiques.
V.3.5.1. Modifications chimiques
Les modifications chimiques peuvent être simples ou complexes. Les modifications
chimiques simples sont :
• la phosphorylation - au niveau des radicaux de la tyrosine, sérine ou thréonine, en présence de
kinases spécifiques ;
• la méthylation - au niveau des radicaux de lysine dans la présence de méthylases, la réaction
inverse est catalysée par déméthylases ;
• l’hydroxylation de la proline et de la lysine conduit à la formation de l’hydroxyproline et
l’hydroxylysine, en particulier des acides aminés présents dans la structure du collagène ;
• l’acétylation - au niveau des résidus de lysine dans la présence des acétylases - le processus est
réversible dans la présence des désacétylases ;
• la carboxylation de la glutamine dans la présence de γ-carboxylase.
Les modifications chimiques complexes consistent en ajout à la chaîne peptidique des
groupements prosthétiques : glucides, lipides, métal, etc. Par exemple, la glycosylation fixe la N-
80 Notions de base de la génétique humaine
acétylglucosamine au sérine ou thréonine, résultant un protéoglycane. Plus souvent sont ajoutés
des blocs des oligosaccharides par N-glycosylation ou O-glycosylation. En règle générale, le
processus de glycosylation se produire dans le réticulum endoplasmique ou l’appareil de Golgi,
impliquant les protéines sécrétées par la cellule.
V.3.5.2. Le clivage des peptides
Le clivage du peptide est un mécanisme commun, en particulier pour la synthèse des
hormones, facteurs de croissance, protéines plasmatiques, neurohormonaux ou des autres substances
qui ont une activation à distance de cellule où sont sécrétées. Un tel le clivage posttranslationnel se
produit aussi dans la formation du β-globine, quand est supprimé le premier acide aminés du
chaîne : la méthionine.
Les protéines qui sont sécrétées ou qui doit traverser des membranes intracellulaires sont
synthétisées sous forme des précurseurs, qui présente une séquence signal amine-terminale
(séquence leader). Cette courte séquence des acides aminés est reconnue par des protéines de
transport, qui sont fixés à ce niveau, facilitant le passage des membranes inter- et intracellulaires.
Une fois que la protéine a atteint sa destination, la séquence leader est enlevée et est formée la
protéine active.
Par exemple, sur la base de l’ARNm du gène de l’insuline est initialement synthétisée la
preproinsuline, qui a une séquence leader comprenant les acides aminés de 1 à 24. En supprimant
cette séquence résulte la proinsuline qui contenant seulement 86 acides aminés (la séquence 25-
110 du preproinsuline). Enfin, la maturation de l’insuline est produite par deux nouveaux clivages
: entre les acides aminés 30 et 31, respectivement 65 et 66, en résultant :
• le chaîne A (acides aminés 66-86);
• le chaîne B (acides amines 1-30)
• le peptide de connexion C (acides aminés 31-65).
Transmission de l’information génétique 81

VI. LA TRANSMISSION DE L’INFORMATION


GENETIQUE
Depuis anciens les temps, on a observé une similitude entre les parents et les enfants. En
outre, en cas des jumeaux, les similitudes frappantes font impossibles l’identification des
individus. Ces similitudes ont été expliquées au milieu du XIXe siècle, quand Gregor Mendel,
étudiant la transmission d’une génération à l’autre des caractéristiques de pois, a établi les lois de
base de transmission de l’information héréditaire.
A suite, par le développement de la génétique et des techniques d’analyse génétique, ont été
établies les stades par lequel l’information génétique, stockée sous forme de chromosomes, est
transmise d’une génération cellulaire à la suivante dans le même corps et d’une génération des
organismes à l’autre.
La transmission de l’information génétique implique deux processus liés: la réplication de
l’ADN (le doublement de la quantité de matériau génétique de la cellule) et la division cellulaire
(le partage total et égal du matériau génétique répliqué, avec la formation de deux cellules filles
identiques avec les cellules souches ou non).
VI.1. LES LOIS MENDEL
Les lois de la transmission des caractères héréditaires monogéniques ont été établies par
Gregor Mendel, étudiant de petits pois (Pisum sativatum). Les études du botaniste tchèque ont
établies les principes de la ségrégation et de l’assortiment indépendante des facteurs héréditaires
(appellés plus tard gènes) et ont défini, au niveau phénotypique, les notions de dominance et de
recessivité.
Mendel a observe qu’aux petits pois peuvent exister quatre types de grains, qui diffèrent en
apparence (lisse et ridée) et couleur (vert et jaune). S’il y a fait une fertilisation croisée des plantes
avec des caractéristiques différentes (la génération P - parent), par exemple, de petits pois lisse et
de petits pois à graine ridée, toutes les plantes obtenues présentent des grains lisses (la génération
F1 - filiale). En outre, par l’autofécondation des plantes de la génération F1, dans la génération F2
est réapparu le caractère absent en F1 et le rapport entre le grain lisse et pois ridés était de 3 : 1.
Dans une seconde expérience, Mendel a fait une double hybridation entre les pois lisses
jaunes et les pois ridés verts (génération P). Par ce double croix, dans la première génération filiale
(F1) tous les pois étaient lisses et jaunes. Par l’autofécondation des plantes de la génération F1,
dans la génération F2 est réapparu les pois ridés verts, mais ont émergés aussi deux nouveaux
hybrides : les pois lisses verts et les pois ridés jaunes. Proportion de quatre types de pois a été :
pois lisse jaune : pois lisse vert : pois ridées jaunes : pois ridées verts = 9 : 3 : 3 : 1.
Sur la base de ces expériences, Mendel a établi deux lois qui portent son nom :
• La loi de la pureté des gamètes - lors de la méiose, les deux membres d’une paire de gènes se
séparent et les gamètes n’ont qu’un seul de ces gènes, étant « pures » en termes de génétique ;
• La loi de l’assortiment indépendant des gènes - lors de la méiose, les allèles des parents, qui
occupent des locus différents, ont la tendance à se fondre indépendamment les uns des autres
dans des gamètes, donc la transmission d’un certain allèle n’est pas influencée par la
transmission d’une autre locus.

Les lois sont universellement valables à toutes les espèces du règne animal ou végétal qui
ont une reproduction sexuelle, y compris les hommes.
82 Notions de base de la génétique humaine
La démonstration de la validité de ces lois à l’espèce humaine peut être faite en tenant compte
des caractères héréditaires monogéniques, déterminés des gènes entre qui est une relation de
dominance/recessivité.
VI.1.1. LA PREMIÈRE LOIS DU MENDEL
Pour la démonstration de la première loi du Mendel nous considérons une paire des allèles :
l’un dominant et l’autre récessif - par exemple les gènes du système de groupe sanguin AB0 : A1
(dominant) et 0 (récessif). Pour un couple où un individu a le génotype A1A1 (groupe sanguin A1)
et l’autre a le génotype 00 (groupe sanguin 0) tous les enfants de ce couple auront le groupe
sanguin A1, en héritant un gène A1 d’un parent et un gène 0 provenant d’autre parent (la
génération F1). Si un tel enfant épousera un individu aussi hétérozygote (A10) dans la génération
filiale F2 les enfants peuvent avoir le groupe sanguin 0, avec les gènes 0 hérités des deux parents.
La proportion théorique des phénotypes de la génération F2 est A1 : 0 = 3 : 1, tandis que la
proportion des trois génotypes est A1A1 : A10 : 00 = 1 : 2 : 1 (figure VI.1.).

Phénotype A1 x 0

La génération P
Génotype A1A1 x 00

Gametes A1 + 0

La génération F1
Génotype A10

Phénotype A1

Phénotype A1 x A1

La génération F1 Génotype A10 x A10

Gametes (A1+0) + (A1+0)

La génération F2 Génotype A1A1 A10 A10 00


A1A1 : A10 : 00 = 1:2:1

Phénotype A1 : 0
3 : 1

Figure VI.1. La démonstration de la première loi de Mendel


Transmission de l’information génétique 83
VI.1.2. LA DEUXIÈME LOIS DU MENDEL
Chez l’homme, la démonstration de la deuxième loi de Mendel peut être faite en utilisant
deux différents caractères monogéniques. À titre d’exemple, nous considérons un couple des deux
individus double homozygotes, l’un des partenaires est sécréteur et a le groupe sanguin A1, tandis
que l’autre partenaire est non-sécréteur et a le groupe sanguin 0. Ce couple a tous les enfants avec
le groupe sanguin A1 sécréteurs (la generation F1) (Figure VI.2.).

Phénotype A1, Se x 0, se

La génération P
Génotype A1A1, SeSe x 00, sese

Gametes A1, Se + 0, se

La génération F1
Génotype A10, Sese

Phénotype A1, Se

Phénotype A1, Se x A1, Se

La génération F1 Génotype A10, Sese x A10, sese

Gametes (Se+se) + (Se+se) (A1+0) + (A1+0)

Génotype SeSe Sese Sese sese A1A1 A10 A10 00


SeSe : Sese : sese = 1:2:1 A1A1 : A10 : 00 = 1:2:1
A1A1 SeSe (1) A10, SeSe (2) A1A1, Sese (2) A10, Sese (4) A10, sese
La génération F2
(2) A1A1, sese (1), 00, SeSe (1) 00, Sese (2) 00, sese (1)

A1,Se : A1,se : 0,Se : 0se = 9:3:3:1


Phénotype
A1: 0=12:4 Se: se=12:4

Figure VI.2. La démonstration de la deuxième loi de Mendel


Se – sécréteur; se - non-sécréteur
Dans le cas du mariage d’un de ces enfants avec un individu aussi double hétérozygote dans
la génération F2 peut apparaître des enfants sécréteurs A1, des enfants non-sécréteurs A1, des
enfants sécréteurs 0 et des enfants non-sécréteurs 0. Le rapport de ces quatre phénotypes est :
sécréteurs A1 : sécréteurs 0 : non-sécréteurs A1 : non-sécréteurs 0 = 9 : 3 : 3 : 1. Les rapports des
phénotypes A1 et 0, respectivement des phénotypes sécréteurs et non-sécréteurs sont 12 : 4 = 3 : 1,
ce qui prouve que la première loi de Mendel est valide en vertu de ces conditions.
84 Notions de base de la génétique humaine
VI.2. LE CYCLE CELLULAIRE
La transition du stade zygote, qui signifie le début de la vie, à un organisme complexe
d’environ 100 billions (1014) des cellules nécessite un processus intensif de créer de nouvelles
cellules diploïdes. Ce processus est réalisé par mitose (division nucléaire) et cytokinèse (division
cytoplasmique) événements précédés de la duplication des composants cellulaires, y compris l’ADN
durant l’interphase.
L’ensemble des processus, précisément coordonnés et programmés, qui assure la duplication
cellulaire s’appelle cycle cellulaire et prévoit l’alternance des deux étapes essentielles: l’interphase
et la division (figure VI.3.). Le cycle cellulaire est en moyenne de 24 heures, avec des variations de
quelques heures à un an. Cette alternance est assurée par différents facteurs intrinsèques et
extrinsèques. Les facteurs intrinsèques déterminent les phénomènes caractéristiques d’une phase
et la transition à l’étape suivante. Les facteurs extrinsèques vérifient l’achèvement des processus
spécifiques, agissant sur les points de contrôle (check-points) par l’analyse de la précision des
phénomènes. Étant donné qu’il y a des erreurs, ces sont soit corrigés soit la cellule sera détruite en
déclenchant l’apoptose (la mort cellulaire autoprogrammée).
4 brin d’ADN 2 brin d’ADN per
per chromosome
chromosome
46 92 chromosomes divisés
chromosomes aux deux cellules filles
condensés

4 brin d’ADN 46 chromosomes


per déroulés
chromosome

La synthèse
d’ADN

2 brin d’ADN 46 chromosomes


per chromosome déroulés

2C
Figure VI.3. Le cycle cellulaire mitotique
VI.2.1. LES PHASES DU CYCLE CELLULAIRE MITOTIQUE
VI.2.1.1. L’interphase
L’interphase est la période d’entre deux divisions successives, pendant qui se déroulent toutes les
processus cellulaires. L’interphase peut être divisée en trois phases successives : la phase G1 (de pre-
synthèse), la phase S (de synthèse) et la phase G2 (de post-synthèse) (figure VI.3.).
Transmission de l’information génétique 85
La phase G1 est l’intervalle entre la fin de la mitose et la réplication de l’ADN. Au cours de la
phase G1 se produisent des synthèses intenses d’ARN et des protéines nonhistoniques. Les
chromosomes sont monochromatidiens, étant composé d’une seule molécule d’ADN. La quantité de
matériel génétique est de 2C molécules d’ADN pour former 2n (46) chromosomes déroulés (figure
VI.3.). La limitation des éléments nutritifs, la présence des substances inhibitrices ou l’absence des
facteurs de croissance cellulaire provoquent l’arrêt du cycle cellulaire au point de restriction R et
déterminent le passage de la cellule dans une phase distincte, appelée phase G0 et considérée
comme un stade de repos cellulaire (phase de « survie » cellulaire).
La phase S se caractérise par la synthèse d’ADN (obtenu par la réplication
semiconservatoire) et la synthèse des histones. Ainsi, se produit un doublement de la quantité de
matériel génétique (4C), la condition obligatoire pour la réalisation de la division cellulaire. Le
nombre des chromosomes reste 46, mais chaque chromosome est bichromatidien, se compose de
deux chromatides identiques (soeurs) et contient deux molécules d’ADN.
La réplication de l’ADN en phase S est asynchrone : certains segments de l’ADN (riche en
paires de bases GC - euchromatine) ont une réplication précoce, au début de la phase S, tandis que
des autres segments (riche en paires de bases AT - hétérochromatine) ont une réplication tardive, à
la fin de la phase S.
La phase G2 est caractérisée par la synthèse des protéines spécifiques et de petites quantités
d’ADN. Chaque chromosome est bichromatidien, mais déroulé. La transition de la phase G2 à la
phase M se fait par l’activation du facteur de déclenchement de la mitose (MPF – Mitosis
Promoting Factor), ce qui provoque la condensation des filaments de chromatine en chromosomes
et la formation du fuseau de division. En absence du ce facteur les cellules s’arrêtent dans la phase
G2 et peut abandonner le cycle cellulaire, formant des cellules tétraploïdes (4n chromosomes).
VI.2.1.2. La division cellulaire
La division cellulaire ou la phase M (mitose) consiste en une série de processus séquentiels
par lesquels le matériel génétique est distribué également et totalement, formant deux noyaux
distincts et la cellule se divise en deux cellules filles identiques avec la cellule d’origine
(cytokinèse). À ce stade, le matériel génétique doublé en interphase (4C molécules d’ADN - 46
chromosomes bichromatidiens) se sépare et se distribue également aux cellules filles (2C
molécules d’ADN - 46 chromosomes monochromatidiens).
VI.2.1.3. Le contrôle du cycle cellulaire
Le passage d’une phase du cycle cellulaire à l’autre est contrôlé par des mécanismes
spécifiques extrinsèques, agissant en points de contrôle du cycle cellulaire. Ces mécanismes
vérifient les processus spécifiques d’étape et détectent les possibles modifications dans les
composants cellulaires impliqués dans la réplication et la ségrégation des chromatides. En cas de
l’identification de défauts, la progression du cycle cellulaire est bloquée et ils induisent la
correction des erreurs. Si cela est impossible, se produit l’apoptose.
Ils ont décrit trois points de contrôle :
ƒ le point de contrôle G1 / S conditionne la transition à la phase S, vérifiant l’intégrité de l’ADN ;
le contrôle est fait par le gène p53 (le gardien du génome) ;
ƒ dans le point de contrôle G2 / M, est vérifiée la réplication d’ADN en phase S, étant permis le
passage vers mitose ;
ƒ le point de contrôle de mitose contrôle l’assemblage du fuseau de division et l’alignement des
chromosomes en plaque métaphasique.
La transition entre les différentes phases du cycle cellulaire conditionne la prolifération
cellulaire. Les principaux facteurs de contrôle positif sont les gènes de prolifération qui favorisent
86 Notions de base de la génétique humaine
la croissance cellulaire, la transition du point de restriction de phase G1 et le déploiement complet
du cycle cellulaire. Les mutations activatrices de ces gènes sont impliquées dans le cancer et ainsi
ces gènes sont appelés proto-oncogènes. L’équilibre du processus de prolifération cellulaire est
fourni par l’intervention de facteurs inhibiteurs, représentés par les gènes suppresseurs des
tumeurs. Le principal gène du tel type est le gène p53.
Dans le cancer il y a une perturbation du cours normal du cycle cellulaire. Les cellules
cancéreuses (portant des mutations qui échappent aux mécanismes de contrôle qui règlent la
prolifération normale) et passent rapidement par le cycle cellulaire et de façon répétée, en se
multipliant sans cesse et anarchique. De nombreux médicaments anticancéreux (les cytostatiques)
causes le blocage de la prolifération cellulaire, par l’arrêt de leur développement dans les
différentes phases du cycle cellulaire.
VI.2.2. L’ÉVOLUTION DES CELLULES APRÈS DIVISION
Les cellules résultant d’une division peut se déplacer dans trois directions : la prolifération,
la différenciation ou la transition vers la phase de repos.
Certaines des cellules passent par un nouveau cycle de division, se divisent à plusieurs
reprises et forment le compartiment prolifératif de l’organisme. Ces cellules se trouvent dans les
tissus embryonnaires, la moelle osseuse et la couche basale de l’épiderme.
Les cellules différenciées quittent le cycle cellulaire et se transforment en cellules
spécialisées qui ont des structures et des fonctions particulières, ne se divisent plus et meurent
après la consommation du potentiel biologique.
En différents conditions (l’absence des facteurs de croissance ou des acides aminés, la
présence des inhibiteurs de la synthèse des protéines, etc.) les cellules résultées par mitoses entrent
dans une phase de faible activité métabolique, appelée phase G0, ou ils restent viables et peuvent
survivre longtemps. Si les conditions limitatives disparaissent les cellules G0 peuvent revenir en
phase G1 et puis progressent vers la phase S, parce qu’elles conservent la capacité de division.
VI.3. LA REPLICATION DE LA MOLECULE D’ADN
La réplication de l’ADN est génétiquement simple – le doublement de la quantité de
matériel génétique par l’autocopiage des informations contenues par les deux brins d’ADN - mais
biochimiquement est très complexe, impliquant l’intervention des plusieurs enzymes, qui
dépendent des plusieurs facteurs régulateurs.
La réplication d’ensemble du génome humain, qui contient environ six milliards de paires
de bases, est un processus complexe, car elle nécessite la mise en œuvre de toutes les étapes avec
une efficacité maximale, dans un temps limité et avec une extrême précision.
La fidélité d’autocopiage est particulièrement importante, aspect prouvé par l’existence des
mécanismes de contrôle, qui vérifient l’exactitude et qui bloquent la transition de phase S vers la
phase G2 du cycle cellulaire si les erreurs ne sont pas corrigées.
Chez les eucaryotes la réplication de l’ADN possède les caractéristiques suivantes :
• est semi-continue - une chaîne (la chaîne directe – 5’→ 3’) est synthétisée en permanence,
tandis que la réplication du deuxième brin (la chaîne retardée – 3’→ 5’) se produit de façon
discontinue ;
• est multicentriques – la réplication des molécules d’ADN commence simultanément en
plusieurs points - origine de réplication - et progresse dans les deux directions, entraînant
plusieurs boucles de replication ;
• est semiconservatrice - chaque nouvelle molécule d’ADN a un brin vieux et un brin neuf ;
Transmission de l’information génétique 87
• est asynchrone – les régions d’euchromatine se répliquent au début de la phase S, alors que les
régions d’hétérochromatine se répliquent à la fin de la phase S.
L’initiation de la réplication de l’ADN est contrôlée par une série de protéines - les
protéines d’initiation - qui sont attachées aux sites chromosomiques spécifiques et permettent
l’intervention des enzymes de la réplication.
L’initiation de la réplication des molécules d’ADN débutent simultanément en plusieurs
points, localisés au long du chromosome et appelés origines de réplication (ori). Les différentes
ori sont séparées par des séquences d’ADN d’environ 150-200 kb. Ainsi, à l’ensemble du génome
peut être identifiées environ 30.000 ori. Le grand nombre d’ori explique pourquoi la réplication du
génome humain a seulement huit heures. De chaque ori la réplication se propage bidirectionnelle
au long de chaque brin d’ADN, formant des boucles de réplication. Chaque boucle a un seul ori et
est une unité de réplication, appelée réplicon. La réplication initiée au niveau d’un ori se poursuit
jusqu’à cette boucle vient en contact avec les boucles de réplication adjacentes.
La réplication implique l’autocopiage des deux brins d’ADN, qui servent de moules pour la
synthèse de nouveaux brins complémentaires d’ADN. La réplication dépend de la dissolution des
liaisons d’hydrogène par l’action d’ADN hélicase (qui rompt les ponts d’hydrogène) et de
topoisomérase (qui réduit les tensions de torsion générées par ADN hélicase). La protéine de
réplication A empêche la réformation des liaisons d’hydrogène, par la fixation sur les deux brins
d’ADN. En présence d’ADN hélicase et de la protéine de réplication A, au niveau de chaque ori sont
formées deux fourchettes de réplication, qui se déplacent dans des directions opposées (Figure VI.4.).

liasons d’hydrogène

brin vieu

brin nouveau

boucle de réplication
fourchettes de réplication

Figure VI.4. Le mécanisme de la réplication


L’action d’ADN polymérase est facilitée par l’intervention d’un ADN-primase, qui assure
la synthèse des petites molécules d’ARN (avec rôle d’amorce) qui sont fixées à chaque ori. À
partir de chaque ori, l’ADN polymérase fixe des nucléotides activés seulement dans le sens 5’→
3’. Lorsque la réplication du segment d’entre deux réplicons est complète, l’amorce d’ARN est
retirée et l’ADN ligase attache les deux brins d’ADN provenant des replicones adjacentes.
88 Notions de base de la génétique humaine
La réplication des deux brins de l’ADN se fait différemment en raison que l’ADN
polymérase assure la fixation continue des nucléotides seulement dans la direction 5’→ 3’, ainsi
que le brin copié a une polarité 3’→5’. Le nouveau brin d’ADN qui a une polarité 5’→ 3’ est
appelé la chaîne directe. La réplication du brin direct est assurée par l’ADN polymérase δ 54, dont
l’activité est correlée avec une protéine PCNA (Proliferating cell nuclear activity) qui stimule
l’activité nucléaire.
En revanche, l’enzyme ne permettent pas la polymérisation des nucléotides en direction
3’→ 5’ et ainsi sur la chaîne retardée la réplication doit être faite sur des portions limitées
d’environ 200 nucléotides, appelés fragments d’Okazaki, mais aussi dans le sens 5’→ 3’. La
réplication des fragments d’Okazaki est facilitée par l’ADN - primase, qui assure d’une part la
synthèse des amorces d’ARN et d’autre part fixe l’ADN polymérase α, qui initie la réplication de
la chaîne retardée. Par la suite, le complexe ADN-primase/ADN-polimérase α est éliminé et la
réplication est poursuivie par l’ADN polymérase δ. Après sa réplication totale, le fragment
d’Okazaki est relié aux fragments d’ADN adjacentes par l’ADN-ligase (figure VI.5.).
5’ 3’ 5’ 3’ 5’ 3’
La direction du mouvement de la
fourche de réplication

5’ 5’
3’ 3’

3’ Fragments
Okazaki
5’
3’ 5’

3’ 5’ 3’ 5’ 3’ 5’ 3’ 5’ 3’ 5’ 3’ 5’

A B C
Figure VI.5. La réplication des chaînes d’ADN
le brin 5’→ 3’ a une réplication continue, le brin 3’→ 5’ a une réplication discontinue
A – la formation du premier fragment d’Okazaki, en présence de l’ADN polymérases α et δ, de l’ADN
primase et des petites molécules d’ARN avec rôle d’amorce;
B – la formation du second fragment d’Okazaki,
C – la réunion des fragments d’Okazaki, en présence de l’ADN ligase
À chaque ori débute deux fourches de réplication et pour ça la réplication d’ADN est faite
continuellement sur le brin 5’→ 3’ et discontinuellement sur le brin 3’→ 5’ (figure VI.6.).
Un élément clé est la fidélité de la réplication. À l’assemblage des nucléotides, lors de la
réplication, survient parfois des erreurs d’accouplement. Par exemple, le changement de la
thymine avec la cytosine détermine un accouplement anormal A-C. Si l’erreur n’est pas corrigée, à
la réplication prochaine apparaîtra une paire C-G, parce que la cytosine est complémentaire à la
guanine. Ainsi, il y a une substitution ponctuée qui peut provoquer une synthèse d’une protéine
anormale.
54
Chez hommes ont été identifiés cinq types d’ADN polymérase, notée α, β, γ, δ et ε. En exceptant l’isoforme γ qui se trouve
dans les mitochondries, le reste sont des enzymes nucléaires. La plus importante est l’isoforme δ, ce qui permet la réplication
des deux brins. En revanche, les isoformes β et ε sont impliquées dans la correction des erreurs de réplication, ayant une activité
exonucléasique. L’ADN polymérase α est impliquée dans la réplication de la chaîne retardée.
Transmission de l’information génétique 89
5’ 3’ 5’ 3’

5’
3’
3’
chaine directe Fragments
3’ 5’
Okazaki
5’ 5’ 3’
5’ 3’ 5’
5’
3’ chaine indirecte
3’
ori
5’ 3’

3’ 5’ 3’ 5’

Figure VI.6. La progression bidirectionnelle de la réplication


La chaîne directe – la réplication continue en direction 5’→3’;
La chaîne indirecte – la réplication discontinue aussi en direction 5’→3’
La fréquence des erreurs n’est pas très élevée, parce que par l’accouplement incorrect la
structure secondaire de l’ADN est déformée, aspect reconnu par l’ADN polymérases β ou ε, qui
actent comme exonucléases et suppriment le nucléotide malpositionné. De cette façon, la
probabilité d’occurrence des mutations ponctuelles lors de la réplication est réduite d’environ 1000
fois. Cependant, même dans ces conditions un grand nombre de mutations se produisent pendant la
réplication, nécessitant l’intervention d’un autre mécanisme de contrôle et de correction, appelé
système de réparation de l’ADN.
VI.4. LA DIVISION CELLULAIRE
La division cellulaire est un ensemble des événements qui produit la prolifération
cellulaire et assure la transmission de l’information héréditaire dans la succession des générations
des cellules ou des organismes. Par division, le matériel génétique est transmis :
• par mitose d’une cellule somatique dans les cellules filles, résultant des cellules identiques avec
la cellule souche ;
• d'un organisme adulte à la descendants par les gamètes haploïdes résultant de la méiose.
VI.4.1. LA MITOSE
La mitose est la division spécifique aux cellules somatiques du corps. Elle assure le
renouvellement cellulaire du corps et la réparation des lésions tissulaires. En mitose, le matériel
génétique, doublé en interphase, est distribué également à toutes les cellules filles. Par la mitose
résultent deux cellules filles qui ont le même nombre de chromosomes que la cellule d’origine.
Comme dans la plupart des cas l’information héréditaire est transmise fidèlement dans la
succession des générations des cellules, la mitose assure la stabilité du processus héréditaires. La
mitose se déroule en cinq étapes successives : la prophase, la prométaphase, la métaphase,
l’anaphase et la télophase (Figure VI.7.).
VI.4.1.1. La prophase
En début de la prophase, dans le noyau les fins filaments des fibres de chromatine se condensent,
par le raccourcissement et épaississement et deviennent chromosomes. Ces sont bichromatidiens en
raison de la réplication de l’ADN en phase S. À la fin de la prophase, dans la région du centromère se
90 Notions de base de la génétique humaine
forment des complexes de protéines avec rôle fonctionnel, appelés kinétochores (Figure VI.8.A), Ces
fixent les chromosome au fuseau de division. Dans le cytoplasme, le centrosome (un organite
cytoplasmique périnucléaire) est divisé et les deux organites résultés se déplacent en directions
opposées, formant les pôles du fuseau de division. Le deux pôles sont unis par des filaments composés
des microtubules (Figure VI.8.B). Enfin, les nucléoles se rétrécissent et se désintègrent.
3 4

5
1

Figure VI.7. Les phases de la mitose


Le représentation diagrammatric pour une cellule avec deux paires de chromosomes
1 – interphase; 2 - prophase; 3 - prométaphase; 4 - métaphase; 5 - anaphase; 6 - télophase
Kinétochore Des microtubules
kinétochoriques
Centromère
Centrosome

Des microtubules
kinétochoriques

Kinétochore
Des microtubules Des microtubules
astrales polaires
A B
Figure VI.8. Les microtubules kinétochoriques
A. La fixation des microtubules sur le chromosome métaphasique.
B. Classes de microtubules. Le fuseau mitotique
VI.4.1.2. La prométaphase
La prométaphase, étape intermédiaire entre la prophase et la métaphase, est caractérisée par la
fragmentation de la membrane nucléaire, l’attachement des chromosomes (par kinétochores) aux
filaments du fuseau de division et la condensation des chromosomes.
VI.4.1.3. La métaphase
En métaphase, les chromosomes bichromatidiens continuent l’enroulement et le processus de
Transmission de l’information génétique 91
condensation. Ils migrent au long des fibres du fuseau de division vers l’équateur du fuseau, où
s’alignent sur le même plan, formant la plaque métaphasique. La métaphase est le stade optimal
de l’étude des chromosomes parce qu’ils ont le plus haut degré de condensation et sont situés dans
un seul plan.
VI.4.1.4. L’anaphase
En début de l’anaphase se produit le clivage longitudinal des centromères, qui assure la
séparation des chromatides – la disjonction (séparation) chromatidienne. Ainsi, à partir de
chaque chromosome bichromatidien sont formés deux chromosomes monochromatidiens (figure
VI.7.). L’anaphase est le principal stade de la mitose, car au cours de l’anaphase se produit le
partage total et égal de matériel génétique. Après la séparation, les chromosomes
monochromatidiens sont tirés vers les pôles du fuseau de division par la contraction des fibres
kinétochoriques 55. Le déplacement des chromosomes vers les pôles est effectué simultanément et
avec la même vitesse.
VI.4.1.5. La télophase
La télophase est caractérisée par le contraire des événements de prophase. Les chromosomes
se déroulent et perdent leur structure visible au microscope optique, étant visibles uniquement au
microscope électronique. Le fuseau de division se désintègre et la membrane nucléaire et les
nucléoles réapparaissent. Ensuite, se divise le cytoplasme (le cytokinese) et se sépare enfin les deux
cellules filles, chacune contenant 2n chromosomes monochromatidiens.
VI.4.2. LA MEIOSE
La méiose est un processus complexe qui se déroule dans les gonades (testicules et ovaires) et
qui se compose de deux divisions successives, non-séparée par l’interphase : la méiose I (division
réductionnelle) et la méiose II (division équationnelle). La principale caractéristique de la méiose
est de réduire de moitié le nombre de chromosomes, résultant des gamètes haploïdes, contenant un
seul chromosome de chaque paire (chez l’homme n = 23). Ainsi, la méiose suivie de fécondation,
contribue à la maintenance d’un nombre constant de chromosomes caractéristique à l’espèce. La
méiose est une source de variabilité génétique due aux recombinaisons intra- et interchromosomiques.
VI.4.2.1. La Méiose I
La méiose I comporte quatre étapes : la prophase I, la métaphase I, l’anaphase I et la
télophase I, chacun avec certaines caractéristiques (Figure VI.9.a).
VI.4.2.1.1. La prophase I
La prophase I est très longue et comprend cinq étapes : leptotène, zygotène, pachytène,
diplotène et diacinèse.
En leptotène, les fibres de chromatine se condensent et se transforment en chromosomes. En
raison de leur grande longueur et petite épaisseur, les chromosomes apparaissent
monochromatidiens à l’examen au microscope optique, même s’ils sont bichromatidiens.
En zygotène, les chromosomes homologues (maternelle et paternelle) s’apparient, côte à côte
(pratiquement « gène à gène ») en se disposant ensemble selon un alignement parfait - synapse ou
bivalent. Cela est possible parce que les deux chromosomes ont des séquences nucléotidiques
similaires, les gènes homologues s’accompagnent et assurent l’accouplement approprié. Les
chromosomes homologues sont unis dans certaines régions par une structure spéciale appelée
complexe sinaptonemal, visible au microscope électronique.
55
la fonction des microtubules peut être démontré par le traitement avec colchicine, qui inhibe leur formation et empêche
l’arrangement des chromosomes dans le plan equatorial.
92 Notions de base de la génétique humaine

Figure VI.9.a. Les phases de la méiose I


La représentation diagrammatric de deux paires de chromosomes et un crossing-over 1-4 la prophase;
5a, 5b les possibilités d’arrangement des deux paires de chromosomes en métaphase; 6a, 6b l’anaphase;
7a, 7b la télophase; 8a1, 8a2, 8b1,8b2 les combinaisons de chromosomes parentaux.
Une exception à ce schéma de synapse, se produit chez les organismes masculines, parce que
les chromosomes X et Y ne sont pas homologues et forment une synapse particulière – la vésicule
sexuelle - par l’appariement des bras courts, dans les régions homologues (la région
pseudoautosomique).
En pahitène, les chromosomiques se raccourcissent et s’épaississent. Au cours de pahitène
les chromatides des chromosomes homologues s’entrecroisent en résultant les chiasmas. À ce
niveau se produisent des cassures chromosomiques, suivis d’un échange égal des fragments
chromosomiques - crossing over. Ainsi, un fragment chromatidien d’un chromosome maternel est
transféré à son homologue paternel et vice versa, en résultant une nouvelle combinaison gènique
(figure VI.10.). Le phénomène ne concerne que deux des quatre chromatides et assure la
recombinaison génétique intrachromosomique, qui est une source de variabilité génétique. Cettes
nouvelles combinaisons de gènes seront transmises aux descendants. Le nombre des
recombinaisons intrachromosomiques dépend du type de chromosome et de sexe. Chaque paire de
chromosomes homologues présents au moins une recombinaison, mais aux grands chromosomes
le nombre des recombinaisons peut être de 3-4. Dans spermatogenèse se produit environ 50
recombinaisons, tandis que dans l’ovogenèse se produit environ 70 recombinaisons.
En diplotène, les chromosomes homologues commencent à se séparer longitudinalement les
uns des autres, mais ils restent en contact au niveau des chiasmas.
Transmission de l’information génétique 93

Figure VI.9.b. Les phases de la méiose II


9a1, 9a2, 9b1,9b2 la métaphase II; 10a1, 10a2, 10b1,10b2 l’anaphase II; 11a1, 11a2, 11b1, 11b2 les 8
combinaisons chromosomiques possibles en gamètes.

Figure VI.10. Le phénomène de crossing-over (recombinaison intrachromosomique)


En diacinèse, les chromosomes deviennent plus court et épais. Les chromosomes
homologues sont presque complètement distincts. Ainsi, à ce stade, chaque bivalent contient
quatre éléments et les chromatides sœurs sont reliées entre eux par les centromères, tandis que les
chromatides non-sœurs sont liées par chiasmas.
VI.4.2.1.2. La métaphase I
Dans la métaphase I, la membrane nucléaire disparaît et se forme le fuseau de division. Les
bivalents, formés par des chromosomes bichromatidiens, se fixent par leurs centromères au fuseau
de division et se déplacent vers l’équateur de la cellule, résultant la plaque métaphasique.
VI.4.2.1.3. L’anaphase I
En anaphase I se produit un phénomène génétique important : la disjonction des chromosomes.
Les deux chromosomes bichromatidiens d’un bivalent se séparent et arriveront dans des cellules
différentes. Les chromosomes restent bichromatidiens parce qu’aucun chromatide sœur ne se sépare
pas. Après la séparation, les chromosomes de la même paire migrent simultanément et avec une
94 Notions de base de la génétique humaine
vitesse égale vers les pôles opposés de la cellule. À la fin de l’anaphase I, au chaque pôle du fuseau de
division il y a un groupe de n chromosomes bichromatidiens et chaque cellule aura une seule copie
d’une paire des homologues. Cela sous-tend la première loi de de Mendel, la loi de la ségrégation.
Grâce à la disposition aléatoire des chromosomes homologues de chaque paire des deux
côtés de l’équateur du fuseau de division, la séparation des chromosomes détermine une
assortiment indépendant des homologues, qui fournit la recombinaison interchromosomique.
La séparation indépendante de chaque paire de chromosomes entraîne un grand nombre des
combinaisons chromosomiques dans les gamètes, en proportion directe avec le nombre de paires
de chromosomes des espèces. Chez l’homme, étant 23 paires de chromosomes, résulte 223 (plus de
8,3 millions) de différents types de gamètes, à chacun des deux sexes. L’assortiment indépendant
des chromosomes homologues par le phénomène de recombinaison chromosomique explique la
grande variabilité des gamètes. Il confirme la deuxième loi de Mendel qui soutient l’association
libre de « facteurs héréditaires » (gènes), de telle sorte que chaque gamète résultant de la méiose a
un ensemble unique de gènes.
VI.4.2.1.4. La télophase I
En télophase I réapparaît le noyaux, mais le cytokynese est sans séparation complète des
cellules filles qui restent attachées par un pont cytoplasmique, formant un diade. Après la méiose I
suit une brève interphase, dans lequel il n’y a pas de réplication de l’ADN et les chromosomes ne
se déroulent pas.
VI.4.2.2. La meiose II
La méiose II ressemble à la mitose, étant une division équationnelle, mais a lieu dans les
cellules avec un nombre haploïde de chromosomes. La méiose II se compose de quatre étapes :
prophase II, métaphase II, anaphase II et télophase II (figure VI.9.b.). Au cours de l’anaphase II,
par le clivage longitudinal du centromère, chaque chromosome est séparé en deux chromatides –
la disjonction des chromatides – qui se déplacent dans des directions opposées, simultanément et
avec une vitesse égale. Lors de la méiose II, à partir des deux cellules filles formées en méiose I,
se forment quatre cellules haploïdes, qui par maturation produisent des gamètes fécondables. Les
gamètes ne sont pas identiques, chacun a une combinaison de gènes différents en raison des
événements de recombinaison intra- et interchromosomique.
VI.4.2.3. Les particularités de la méiose aux mâles et femelles
La méiose masculine et féminine a quelques particularités, liées au calendrier, le progrès et
sa finalité. En méiose masculine sont formés quatre cellules fonctionionnelles, tandis que chez les
femmes, en éliminant les polaires globulaires, résulte un seul œuf (figure VI.11.).
La méiose masculine a les caractéristiques suivantes:
ƒ commence à la puberté et se poursuit tout au long de la vie;
ƒ une spermatogonie, par divisions méiotiques, génère quatre spermatozoïdes fonctionnels;
ƒ moitié des spermatozoïdes a un chromosome X et l’autre moitié a un chromosomes Y;
ƒ est un processus rapide, sa durée est de 75 jours;
ƒ est un processus intense, 1 ml de sperme contenant environ 20 millions de spermatozoïdes;
ƒ est un processus auto-ajustable, qui une fois lancé se poursuit sans influences extérieures;
ƒ la méiose masculine est sensible aux facteurs environnementaux (par exemple la chaleur);
ƒ dans la méiose masculine il y a un faible risque d’apparition des erreurs de la distribution de
matériel génétique, parce que le processus est court ; cependant, avec l’âge, les hommes ont un
risque accru d’avoir des enfants avec des maladies monogéniques, car une mutation génique est
copié ininterrompue.
Transmission de l’information génétique 95
Des cellules germinales primordiales
Ovaires Testicules

Spermatogonie
Ovogonie

mitoses répétées des


spermatogonies et
ovogonies

La croissance et la
différenciation
Ovocytes Spermatocytes
d'ordre I (2n) d'ordre I (2n)
Méiose I
Ovocytes Spermatocytes
d'ordre II (n) d'ordre II (n)

Méiose II

Ovule (n)

Deuxième Le premier Spermatide


globule polaire globule polaire (n)
Spermatozoïdes (n)

Figure VI.11. Le schéma de la méiose feminine (à gauche) et masculine (à droite)


La méiose feminine a les caractéristiques suivantes:
ƒ est un processus qui commence avant la naissance (troisième mois de vie intra-utérine), puis est
bloqué dans le septième mois prénatale, au cours de laquelle tous les ovocytes sont déjà formés ;
ƒ le processus est relancé à la puberté est répété cycliquement apres cela ; en chaque mois sont
maturés un ou deux ovocytes II, qui sera libérés dans la trompe de Fallope ; les ovocytes
d’ordre II commence la méiose II, mais ce processus est complété seulement si la fécondation
d’ovule a lieu ;
ƒ s’arrête à la ménopause ;
ƒ une ovogonie, par divisions méiotiques, génère une seule cellule fonctionelle (l’ovule) qui
contient la quasi-totalité de cytoplasme de la cellule d’origine et deux globules polaires
(cellulaire défectueux) ;
ƒ tous les ovules ont la même gonosome : X ;
ƒ la méiose feminine est un processus lent qui prend entre 10 et 50 ans ;
ƒ la méiose feminine est un processus moins intenses, mensuellement en maturant seulement
quelques follicules ovariens ;
ƒ la méiose feminine est un processus régulé par des niveaux hormonaux de FSH et de LH ;
ƒ l’augmentation de l’âge maternel favorise les accidents de distribution de matériel génétique
lors de la méiose, qui donne une progéniture avec des anomalies chromosomiques numériques,
parce que les ovocytes restent bloqués pendant une longue période dans dichtiotène ; en
revanche, la probabilité de mutations du gène est faible, parce que pendant toute la période de
reproduction seulement quelques centaines d’ovocytes sont maturés.
96 Notions de base de la génétique humaine
VI.5. LA FÉCONDATION
La fécondation est l’union de matériel génétique de l’œuf avec celui du sperme, avec la
formation du zygote, la première cellule d’un nouvel organisme. La fécondation est la deuxième
partie de la transmission de l’information génétique d’une génération des organismes aux autres.
La fécondation se produit dans la trompe de Fallope et est le résultat de la pénétration du
pro-noyau de sperme dans la membrane d’ovocyte d’ordre II, bloqué en métaphase II. Après la
fécondation, la méiose féminine se poursuit, en veillant à la formation de l’ovule fécondé et la
libération du deuxième globule polaire (qui sera détruit parce qu’il a très peu de cytoplasme).
La fécondation est facilitée par des enzymes de l’acrosome du sperme, qu’elles dégradent la
membrane d’ovocyte dans une zone limitée, permettant l’entrée du noyau du spermatozoïde dans
l’ovocyte. Après la fécondation, l’œuf commence la sécrétion de substances qui imperméabilisent
la membrane cellulaire à l’action des enzymes d’acrosome. Ainsi, chez les mammifères la
fécondation est monospermique, étant empêché la fécondation multiple.
Après la fécondation, le noyau du spermatozoïde s’unit à celle de l’œuf, en générant le
noyau du zygote, ce qui assure la restauration de nombre diploïde des chromosomes,
caractéristique pour l’espèce. Après s’est formé le noyau, le matériel génétique est répliqué
rapidement et le zygote se divise par mitose, résultant deux cellules filles identiques.
En unissant le génome du spermatozoïde et de l’ovule résulte la recombinaison génomique,
qui est la troisième source de variabilité génétique pendant la transmission de l’information génétique
d’une génération des organismes aux autres. Les recombinaisons génomique, intrachromosomique et
interchromosomique assurent la formation d’une nouvelle combinaison génétique. Ainsi, le zygote a
une information génétique différent de celui des deux géniteurs, ce qui donne le caractère unique de
la nouvelle entité.
Lors de la fécondation, est formé le sexe génétique du future enfant, qui résulte par
l’association des gonosomes du sperme et de l’œuf. Selon le sexe génétique, XX ou XY, se
produira la sexualisation féminine ou masculine.
Bien que le corps possède des mécanismes pour se protéger contre les erreurs de
fécondation, parfois, il peut se produire des anomalies. Une telle erreur est la dispermie, qui résulte
par la fécondation concomitant d’un seul ovule par deux spermatozoïdes normaux. De cette façon,
est formé un embryon triploïde (3n = 69 chromosomes), qui n’est pas viable et sera supprimée par
une fausse couche.
Variabilité génétique 97

VII. LA VARIABILITE GENETIQUE


La variabilité génétique est représentée par les phénomènes qui donnent les différences
entre les individus de la même population et entre populations différentes. Toutefois, environ 99,9
% des séquences d’ADN nucléaire des deux personnes différentes sont identiques et, ainsi, la
variabilité génétique est fourni par les petites différences entre des personnes différentes. Certaines
de ces différences n’ont pas d’effet sur le phénotype, tandis que d’autres différences sont
responsables de l’émergence des maladies génétiques.
Entre ces deux extrêmes, on trouve les polymorphismes phénotypiques normales
(anatomiques, physiologiques, biochimiques) les réponses à l’action des divers facteurs
environnementaux (médicaments, aliments, toxines, etc.) la susceptibilité à certaines infections, la
prédisposition au cancer (ou des autres affections multifactorielles). Ainsi, dans la génétique
médicale a été introduit un concept important, que les maladies génétiques sont les manifestations
extrêmes des différences génétiques causées par la variabilité génétique.
La variabilité génétique est assurée par trois catégories de phénomènes: les recombinaisons
génétiques, les mutations génétiques et la migration des populations. Les recombinaisons
génétiques sont des phénomènes normaux qui se produisent lors de la méiose et la fécondation.
Les mutations sont des phénomènes anormaux qui peuvent se produire lors de la réplication de
l’ADN ou de la transmission de l’information génétique lors de la division. La migration des
populations assure le mélange de deux populations génétiquement différents, ce qui provoque des
nouvelles combinaisons des gènes.
VII.1. LA RECOMBINAISON GENETIQUE
VII.1.1. LA RECOMBINAISON MEIOTIQUE
Au cours de la méiose, en particulier lors de la méiose I, se produisent deux phénomènes de
recombinaison : intrachromosomique et interchromosomique.
VII.1.1.1. La recombinaison intrachromosomique
La recombinaison intrachromosomique se produit au cours de pachytène (prophase I) et
est le résultat du phénomène de crossing-over. Ce type de recombinaison assure l’échange égal et
réciproque des fragments chromosomiques entre homologues.
Au cours de zygotène, les chromosomes homologues s’alignent au long des leurs
chromatides, formant le synapse. À ce niveau, entre les chromatides non-sœurs des chromosomes
homologues se produisent des croisements. Au cours de pachytène, aux points des croisements,
appelés chiasmas, se produisent des cassures chromosomiques, suivis d’un échange de matériel
génétique entre les chromosomes homologues, ce qui représente le crossing-over (figure VII.1).
En raison de la recombinaison intrachromosomique, à la fin de la prophase I, chaque
chromosome auront des segments d’origine maternelle et segments d’origine paternelle.
Le nombre des recombinaisons intrachromosomiques dépend de la taille du chromosomes
et du sex. Le nombre de crossing-over est encore plus grand que le chromosome est plus longue.
Ainsi, au niveau de grandes chromosomes sont 5-6 recombinaisons. Toutefois, quelle que soit la
taille des chromosomes chaque paire a au moins une recombinaison intrachromosomique. En
ovogenèse le nombre normal des recombinaisons intrachromosomiques est plus élevé (70-75 des
recombinaisons par cellule) en comparant avec la spermatogenèse (à peu près 40-45 des
recombinaisons par cellule).
98 Notions de base de la génétique humaine

Figure VII.1. Le croisement chromosomique et la recombinaison intrachromosomique


(crossing-over)
La diminution pathologique du nombre des recombinaisons en ovogenèse est corrélée avec
une prédisposition à nondisjoction chromosomique lors de l’anaphase I, responsable de
l’augmentation du risque des femmes âgées d’avoir une descendant avec une aneuploïdie
homogène.
L’alignement correct des chromosomes au niveau des synapses est facilitée par la présence
sur les deux chromosomes d’une paire de séquences nucléotidiques homologues. Un alignement
incorrect est possible, en raison de la similarité des différentes telles séquences, résultant dans un
crossing-over inégaux. Cela pourrait entraîner des délétions ou des duplications des gènes 56.
VII.1.1.2. La recombinaison interchromosomique
La recombinaison interchromosomique se produit en anaphase I. Au niveau de la plaque
métaphase, les chromosomes d’un bivalent s’arrangent de chaque côté de l’équateur du fuseau de
division. Puis que les chromosomes des différents bivalents sont orientés de façon aléatoire sur les
deux côtés de l’équateur, se produit un assortiment aléatoire des chromosomes homologues de
différents paires des chromosomes. Ainsi, après la disjonction et la migration chromosomique à
chaque pôle du fuseau de division, il y aura des groupes constitués d’un mélange des chromosomes
d’origine maternelle et paternelle. Le nombre des recombinaisons est 223 (plus de huit millions de
variantes). En fait, le niveau de la recombinaison méiotique est beaucoup plus élevé, parce que
chaque chromosome a subi au moins un crossing-over.
En raison des processus de recombinaison méiotique, les gamètes sont génétiquement
différents et chaque chromosome d’un gamète contient un mélange des fragments d’origine maternelle
et des fragments d’origine paternelle.
VII.1.2. LA RECOMBINAISON GÉNOMIQUE
La recombinaison génomique se produit lors de la fécondation des oeufs par les
spermatozoïdes. Il est le résultat de la combinaison du matériel génétique des deux gamètes et le
zygote qui a un patrimoine génétique différente, de celui de la mère et du père.
En raison des recombinaisons génétiques produites lors de la méiose et la fécondation,
chaque individu est unique et irremplaçable en matière de génétique. Les seules exceptions sont
les jumeaux monozygotes, qui proviennent de la même cellule et ont la même information
génétique. Si nous prenons en compte les facteurs environnementaux et socio-économiques, il
devient clair que chacun de nous est unique.
56
Voir le chapitre gène - unité de structure, de fonction et de mutation
Variabilité génétique 99
VII.2. LE POLYMORPHISME GENETIQUE
Le polymorphisme génétique, caractérisé par les différences génétiques entre individus d’une
population, est la conséquence de l’accumulation, au cours de l’évolution des espèces, d’un nombre
impressionnant de mutations. Dans la plupart des cas, le polymorphisme est la conséquence de
mutations dans des régions intergéniques ou dans des segments non-codants d’un gène (introns,
séquences non-transcrites). Le polymorphisme génétique est mis en évidence par les différences de
coloration des chromosomes (polymorphisme du marquage) l’existence des protéines différentes et
des variantes des enzymes, la présence des changements des nucléotides dans les séquences d’ADN
(polymorphisme mononucléotidique).
Cependant, bien qu’il existe un polymorphisme génétique réel, les séquences d’ADN, en
particulier ceux codantes ont été largement conservées au cours de l’évolution des espèces. Ainsi,
si l’on considère toutes les séquences d’ADN de 1 kb, dans la plupart des cas, les différences entre
deux individus différents sont limitées à une seule paire de bases.
VII.2.1. LE POLYMORPHISME PROTEIQUE ET ENZYMATIQUE
La plupart des protéines et des enzymes de l’homme présentes un polymorphisme plus ou
moins marquée. Le polymorphisme génétique est présent dans les conditions qu’un allèle qui
codifie un variant d’une protéine est présente dans la population à une fréquence supérieure à 1 %.
Conventionnellement, les allèles présents à une fréquence de moins de 1 % sont considérées comme
des rares variants alléliques. La plupart des gènes mutants qui provoquent des maladies
monogéniques font partie des rares variantes alléliques.
Habituellement, le polymorphisme génétique des caractéristiques phénotypiques normales
est identifié par l’analyse des protéines et non pas l'analyse de la séquence d’ADN codante. Cette
approche est normale parce que le produit fonctionnel de l’allèle est responsable des différences
phénotypiques et non pas la séquence d’ADN.
Le polymorphisme phénotypique normal est ample parce que chaque individu est
hétérozygote pour 20 % des locus des gènes. Étant donné qu’au niveau biochimique, les protéines
et les enzymes codifiées par des gènes différents interagissent, il est clair que le concept de
l’individualité biochimique est une réalité.
VII.2.1.1. Le polymorphisme des groupes sanguins AB0
Les groupes sanguins ABO sont caractérisés par la présence de trois principal antigènes sur
la surface des érythrocytes (aglutinogènes) nommé A, B et H et la présence des anticorps sériques
spécifiques (agglutinines) anti A, anti B et anti H (tableau VII.1.). La présence d’un antigène sur
les hématies exclut automatiquement la présence des agglutinines sériques appropriées parce
qu’entre les deux molécules se pourraient produire une réaction immunitaire, entraînant
l’agglutination et la lyse des érythrocytes.
Tableau VII.1. Les relations entre les antigènes et les anticorps anti AB0
Groupe sanguin Antigènes sur les hématies (Ag) Agglutinines dans le sérum (Ac)
0 H anti-A (alfa) anti-B (beta)
A A, H anti-B(beta)
B B, H anti-A (alfa)
AB A, B, H -
Les antigènes A, B et H sont de type oligosaccharide, étant associé aux glycolipides
transmembranaires. Le déterminisme génétique du système ABO est relativement complexe. Les
100 Notions de base de la génétique humaine
gènes impliqués dans le système ABO sont représentés par des allèles qui occupent des locus
génétiques distincts.
Le premier locus, le locus H, peut être occupé alternativement par l’allèle H (dominante) et
l’allèle h (récessif). Le locus AB0 peut être occupé par autres quatre variantes A1, A2, B ou 0. Le
gène A1 est dominant par rapport au gène A2, tous les deux sont codominants par rapport au gène
B et les trois gènes sont dominants par rapport au gène 0. Entre les deux groupes des allèles AB0
et Hh il y a une relation d’épistasie. La présence de l’allèle H est indispensable pour l’expression
des gènes A, B et 0. L’épistasie est corrélée avec la formation des antigènes A et B qui nécessite
deux réactions successives de glycosylation 57.
H>h
[(A1>A2)=B]>0

Les groupes sanguins AB0, est un caractère monogénique, autosomique, purement


héréditaire (transmis des parents aux enfants selon les lois de Mendel), polyallèlique
(polymorphe), déterminé par la combinaison des quatre variantes alléliques (A1, A2, B, 0 ), avec
dix génotypes et six phénotypes possibles (groupes) A1, A2, B, 0, A1B et A2B (tableau VII.2.). Si
on prend en compte aussi les gènes H et h, au niveau sérologique (antigène - anticorps) peut être
identifié sept phénotypes AB0: Al, A2, B, AlB, A2B, 0 et Bombay.
Si les antigènes A, B ou H sont déterminés génétiquement, les anticorps anti-A, anti-B ou
anti-H sont probablement le résultat de la réponse immunitaire due à l’exposition des individus à
des antigènes microbiens oligosaccharidiques, qui ont une structure similaire ou identique aux
antigènes de groupe sanguin. Ainsi, dans l’enfance les individus développent des anticorps IgM
contre des déterminants glucides AB0 qui ne sont pas sur leurs hématies.
Tableau VII.2. La relation génotype-phénotype dans le système sanguin ABO
Phénotype Génotype
locus AB0 locus H
homozygotes hétérozygotes homozygotes hétérozygotes
A1 A1A1 A1A2, A10 HH Hh
A2 A2A2 A20 HH Hh
B BB B0 HH Hh
A1B - A1B HH Hh
A2B - A2B HH Hh
0 00 - HH Hh
Bombay Tout le génotype AB0 hh -
La connaissance des groupes AB0 est essentielle à la transfusion de sang. Ainsi, les
personnes du groupe 0 sont considérées comme des donneurs universels, car les cellules de leur
sang ont seulement l’antigène H (faiblement immunogène). D’autre part, les individus A1B et A2B
sont considérés comme receveurs universels, car ils n’ont que les anticorps anti-H de type faible.
VII.2.1.2.Le polymorphisme des groupes sanguins Rh
Le groupe sanguin Rh est caractérisé par la présence, sur la surface des hèmaties, des trois
types d’antigènes (agglutinogènes) appelés C, D et E. Les antigènes Rh sont polypeptidiques,
représentant des portions d’une protéine qui joue un rôle de canal ionique transmembranaire. Le
déterminisme génétique des antigènes Rh est complexe, impliquant deux locus génétiques, D et
57
Voir le chapitre gène - unité de structure, de fonction et de mutation
Variabilité génétique 101
C/E, situés très près sur le même chromosome, de sorte que la transmission des gènes est
enchaînée. Chaque locus peut être occupé alternativement par plusieurs allèles, il peut donc être
des haplotypes distincts, qui détermine des antigènes spécifiques. Le locus D peut être occupé soit
par un allèle dominant D, qui code l’antigène D, soit par l’allèle récessif d, qui est amorphe. Les
déterminants antigéniques C/c et E/e sont des domaines distincts d’un polypeptide codifié par les
génes du locus C/E.
Chaque individu a deux haplotypes (le plus commun étant CDe/cde et CDe/CDe) et les
antigènes des hématies (le phénotype Rh) sont déterminés par les deux haplotypes basé sur les
interrelations alléliques à chaque locus (dominant-recessive pour le locus D, codominant pour le
locus C/E). Puis que l’antigène D a une activité immunogénique forte, les phénotypes Rh sont
définis par rapport à la présence ou l’absence de ce antigène :
ƒ personnes Rh+ qui ont l’antigène D sur les globules rouges (85% des individus);
ƒ personnes Rh– qui n’ont pas l’antigène D sur les globules rouges (15% des individus).
Bien que les gens Rh négatif n’ont pas naturellement des anticorps sériques dirigés contre
les antigènes D, ils peuvent former ces anticorps après l’immunisation avec des hématies Rh+.
Cela peut se produire par : transfusion sanguine ou transplantation d’organe d’un individu Rh+,
respectivement la première grossesse Rh + d’une femme Rh-. Le dernier événement, défini comme
l’incompatibilité foeto-maternelle en système Rh, peut provoquer à l’enfant la maladie
hémolytique du nouveau-né. Ceci est le résultat du passage transplacentaire des anticorps anti-D
de la mère au fœtus durant la grossesse. Le mécanisme pathogénique impliqué dans la maladie
hémolytique du nouveau-né est représenté dans la figure VII.2.

Père Rh+
Dd
Gamètes
Mère Rh-

Gamètes

D D
dd

d Dd Dd
d Dd
Dd

Mère Rh- Mère Rh-

Anticorps anti-D Antigène D Antigène D

Premier fœtus Anticorps anti-D


Placenta Fœtus suivantes

Rh+ Rh+
Enfant normal Les enfants atteints de la maladie
hémolytique
Figure VII.2. Le mécanisme de l’immunisation dans les grossesses Rh+ chez les femmes Rh-
102 Notions de base de la génétique humaine
Pendant la première grossesse Rh + dans la circulation maternelle passe un petit nombre de
globules rouges fœtaux, qui portent l’antigène D. La quantité d’antigène D, contenue dans ces
globules rouges, est insuffisante pour déclencher une réponse immunitaire de la mère, de sorte que
en absence d’immunisation préalable, le bébé né après la première grossesse Rh + ne sera pas
affecté par la maladie hémolytique du nouveau-né.
Au cours de la naissance ou de l’avortement dans la circulation maternelle pénètre une
quantité significative d’antigène D, suffisante pour déclencher la synthèse des anticorps anti-D. Ils
se fixeront sur les cellules rouges fœtales et les détruiront. Mais, ils ne seront pas nuire le fœtus,
car il a déjà été expulsé. L’information sur l’existence des antigènes D sera stockée dans la
mémoire des lymphocytes B et au cours des suivantes grossesses Rh +, le nombre réduit de
globules rouges fœtaux, entré dans la circulation maternelle, sera suffisant pour déclencher la
réponse immunitaire.
Les anticorps anti-D sont de type IgG. Ils sont petits et peuvent passer de la mère au foetus
par le placenta. Une fois qu’ils se fixent sur l’antigène D fœtale, présent sur les cellules rouges, ils
provoquent une réaction antigène-anticorps avec l’hémolyse.
La destruction des globules rouges fœtaux a trois effets:
ƒ l’occurrence d’une anémie;
ƒ la stimulation de l’érythropoïèse foetale, qui va produire une hyperplasie des organes
érythropoïétiques, qui se manifeste par l’apparition d’une hépato-splénomégalie ;
ƒ la libération des quantités accrues de la bilirubine.
La bilirubine est toxique pour le fœtus et le nouveau-né, parce que les systèmes
enzymatiques hépatiques de conjugaison avec la glycine et la taurine sont immatures.
Prénatale, la bilirubine ne produit pas de effets toxiques, parce qu’elle est métabolisée par la
mère. Après la naissance, la bilirubine présente en circulation, ne peut pas être éliminé de
l’organisme et se dépose dans la peau et les muqueuses, provoquant un ictère (coloration jaune-
brun-vert de la peau et des muqueuses) et dans les noyaux centraux du cerveau, provoquant des
phénomènes neurologiques. La combinaison de l’ictère et des phénomènes neurologiques
représente l’ictère nucléaire. L’existence de la maladie hémolytique du nouveau-né peut être
suspectée en présence d’un ictère nucléaire (ictère intense, persistant pendant plus de trois à quatre
jours après la naissance associées à des phénomènes neurologiques) l’anémie et hépato-
splénomégalie.
La maladie hémolytique du nouveau-né est une situation d’urgence de néonatologie, parce que
les phénomènes peuvent devenir chroniques et entraînent des séquelles neurologiques. Le traitement
vise premièrement l’élimination de la bilirubine et des anticorps anti-D du sang fœtal et d’autre part
la stimulation de la maturation des systèmes enzymatiques hépatiques. À cette fin, il y a necessaire
un échange complet de sang par transfusion avec du sang qui a le même groupe AB0 et Rh. De plus,
s’administre, pendant 10-14 jours, phénobarbital qui agit comme un inducteur enzymatique.
La prophylaxie de la maladie hémolytique du nouveau-né peut être primaire ou secondaire. La
prévention primaire est appliquée chez les femmes Rh- non-immunisées et est faite par
l’administration des anticorps anti-D pendant 2-3 jours avant la naissance. Ainsi, les antigènes du
fœtus, entrés dans la circulation de la mère pendant la naissance, sont détruits par les anticorps
administrés et la réponse immunitaire maternelle sera bloquée. De cette façon, à la prochaine
grossesse Rh +, les femmes Rh- seront pratiquement non-immunisées.
La prévention secondaire s’adresse aux femmes Rh- immunisés avec l’antigène D et
comporte l’administration périodique, pendant la grossesse, des antigènes D, qui seront fixés sur
les anticorps anti-D produit par la mère, ce qui réduit le titre des anticorps dans la circulation
fœtale.
Variabilité génétique 103
Toutefois, les accidents de l’incompatibilité materno-fœtale dans le système Rh se produisent
rarement en raison de la réduction de l’immunisation de la mère dans la situation où la mère et le
fœtus sont aussi incompatibles pour le système AB0 (les globules rouges fœtaux, passées dans la
circulation maternelle, sont détruits dans ce cas immédiatement par les agglutinines AB0).
VII.2.1.3. Le polymorphisme des groupes tissulaires
Les groupes tissulaires sont représentés par des protéines structurelles, fixées dans la
membrane cellulaire, mais qui présente aussi des propriétés antigèniques. Le système tissulaire le
plus important est le système HLA (Human Leucocyte Antigen). Il s’agit d’un système
multigénique, multi-fonctionnel, avec un rôle majeur dans la surveillance immunitaire et la
défense de l’organisme.
Les gènes qui codifient les protéines du système HLA sont situés 6p21.3. Ils sont étroitement
liés et déterminent des haplotypes, qui sont transmis monogéniques : un haplotype HLA de la mère
et un du père, de sorte que chaque individu est semi-identique avec chacun de ses parents. Il y a
plusieurs locus correspondant aux gènes codant des protéines ayant des rôles différents, les gènes
étant regroupés en trois classes distinctes.
Les gènes de classe I occupent le locus HLA-A, HLA-B et HLA-C et présentent chacun un
polyallèlisme marqué (59 variants alléliques pour le locus A, 118 pour le locus B et 36 pour le locus
C). Ils déterminent des glycoprotéines antigèniques exprimées à la surface de toutes les cellules
nucléées (sauf les cellules du SNC, de trophoblaste et embryonnaires) et sont impliquées dans la
différenciation entre les antigènes propres (self) et les antigènes de l’étranger (nonself) par les
lymphocytes T cytotoxiques. Ces antigènes ont un rôle majeur dans la détermination de la
compatibilité donneur-accepteur dans les transplants des tissus et les greffes des organes.
Les gènes de classe II occupent les locus D (HLA-DP, HLA-DQ, HLA-DR) et il y a 12
variants alléliques. Ces gènes produisent des protéines présentées sur la membrane cellulaire avec
un rôle dans la présentation des antigènes aux lymphocytes T auxiliaires, ayant un rôle dans la
reconnaissance des antigènes étrangers et de déclencher la réponse immunitaire humorale.
Les gènes de classe III codent des composants du système de complément.
Le système HLA est le système génétique le plus polymorphe, en raison du grand nombre des
allèles pour chaque locus du système. Chaque personne a un allèle de chaque locus, entraînant environ
300 millions des haplotypes et 40 milliards des génotypes possibles.
La plupart des antigènes HLA peut être identifiés par des méthodes sérologiques ou
immunologiques, permettant d’identifier le profil biologique individuelle. La détermination des
antigènes HLA a applicabilité pour l’identification des personnes et pour les tests de filiation et de
paternité. D’autre part, elle est utilisée pour déterminer la prédisposition à certaines maladies, car il a
été démontré l’association préférentielle entre certaines maladies et certains haplotypes HLA.
VII.2.1.4. L’écogénétique
L’écogénétique c’est la part de la génétique médicale qui étude le déterminisme génétique
des variations individuelles à l’action des facteurs environnementaux. Ces génèrent des réponses
différentes à l’action des agents biologiques, qui produit une sensibilité particulière à l’agression.
Le substrat génétique de cette variabilité s’explique principalement par le polymorphisme
génétique des locus, caractérisé par polyallèlie.
L’écogénétique a été divisée en plusieurs domaines, tels que la toxicogénétique (les
variations individuelles en réponse à l’action des toxiques de l’environnement) l’écogénétique
mutationnelle (les polymorphismes génétiques qui engendrent des différences de réactivité à
l’action de facteurs mutagènes) ou la pharmacogénétique (les variations individuelles,
déterminées génétique, à l’action des médicaments).
104 Notions de base de la génétique humaine
Un exemple de la variation individuelle à l’action des facteurs environnementaux est la
susceptibilité des différents organismes aux infections. Ces variations sont causées par
l’interaction de deux facteurs protecteurs (l’état immunitaire, l’état nutritionnel, le niveau des
vitamines, la condition sociale) et agresseurs (le type de la souche infectieuse et sa pathogénicité).
Parmi les facteurs protecteurs les plus importants sont ceux immunitaires. Ainsi, certains
haplotypes HLA augmentent la résistance à l’infection (par exemple, l’haplotype HLA B57
confère une immunité contre le SIDA) tandis que des autres sont associés à une augmentation de la
susceptibilité aux infections.
Des exemples des maladies écogénétiques sont :
– le déficit en lactase (l’incapacité de métaboliser du lactose du lait, suivi de l’apparition de la
diarrhée chronique) ;
– la déficience de l’alcool déshydrogénase (une réduction de la capacité pour le métabolisme
hépatique de l’alcool éthylique avec l’installation d’alcoolisme) ;
– la déficience de l’α1-antitrypsine (une réponse anormale du tissu pulmonaire à l’action des
poudres et des fumées avec l’apparition de MPOC 58).
VII.2.1.5. La pharmacogénétique
L’introduction à la pratique médicale au cours des dernières 50 années, d’un grand nombre
de nouveaux médicaments a permis de détecter des différences d’action, des effets indésirables «
surdimensionnés » à l’action de la même substance active ou l’apparition d’une maladie après
l’administration des médicaments.
Ces variations individuelles sont conditionnées par l’âge, le sexe, la maladie, les
interactions médicamenteuses, mais aussi par les facteurs génétiques qui influencent d’une
manière majeure le métabolisme et l’efficacité. Les premières observations de ce genre ont été
identifiées dans les années 50 du siècle dernier, après l’utilisation de la primaquine pour traiter le
paludisme (chez les sujets présentant un déficit en G6PD) ou de l’isoniazide de l’acide nicotinique
dans le traitement de la tuberculose.
Sur la base de ces observations, a été introduit la notion de pharmacogénétique,
représentée par les variations individuelles, déterminées génétiquement, à l’action des
médicaments. Ainsi, ont été établies dans l’ordre : la nature génétique des changements chimiques
qui accompagnent les réactions des drogues, les enzymes impliquées dans le métabolisme des
médicaments, les gènes qui codifient cettes enzymes et les allèles responsables des effets
indésirables de la thérapie. À l’ère de la génétique moléculaire, en partant de la
pharmacogénétique a été développée une nouvelle direction de recherche – la
pharmacogénomique – qui étudie l’association entre le génome (ADN ou ARN), les protéines
exprimées différemment dans les territoires sains ou malades et la réponse aux médicaments, qui
pourraient fournir des données sur la dose de médicament approprié pour chaque patient.
En principe, la nature du déterminisme génétique dans la réponse aux médicaments peut
être monogénique (la distribution bimodale de la réactivité - certains patients peuvent avoir des
réactions graves et d’autres ne présentent aucun effet indésirable) ou multifactorielle (la
distribution continue de la réactivité - la gravité des réactions varie de très légère à très grave).
Dans le corps, les médicaments subissent l’action des differents mécanismes, conditionnés
génétiques. Ces mécanismes fournissent : la variabilité pharmacocinétique (les différences
d’absorption, de métabolisme et de taux d’élimination de la drogue) et la variabilité
pharmacodynamique (les polymorphismes des protéines impliquées dans le transport des
médicaments dans le corps et des cibles thérapeutiques - récepteurs, enzymes).
58
MPOC – maladie pulmonaire obstructive chronique
Variabilité génétique 105
La variabilité pharmacogénétique a été identifiée dans le métabolisme des médicaments,
caractérisé par deux étapes : la phase I de biotransformation (par réactions d’oxydation, de
déshydrogénation, d’hydrolyse, etc;) et la phase II de conjugaison (par réactions d’acétylation, de
glucuronidation, de sulfatation, de méthylation, etc.)
Ci-dessous nous présentons quelques-unes des affections pharmacogénétiques les plus
courantes : le déficit de pseudocolinestèrase (l’encadré VII.1.) l’hyperthermie maligne (l’encadré
VII.2.) et le déficit en glucose-6-phosphate déshydrogénase (l’encadré VII.3.).
L’encadré VII.1. Le déficit de pseudocolinestèrase
Incidence - 1/3.000 nouveaux-nées
Type de transmission - autosomique récessive
Génétique – le gène de pseudocholinestérase ou butyrylcholinestérase (BChE) est situé 3q21-26 ; les personnes sensibles à
la succinylcholine sont des homozygotes pour l’allèle mutant.
Pathogénie - La pseudocholinestérase assure la scission de la succinylcholine en deux molécules de l’acétylcholine.
L’insuffisance de cette enzyme est impliquée dans les effets prolongés de l’anesthésie avec succinylcholine, parce que la
succinylcholine demeure à des niveaux sériques élevés.
Diagnostic clinique – une myorelaxation prolongée (plus d’une heure) après l’administration de l’anesthésie générale avec
de succinylcholine ;
Pronostic - bon, si l’anesthésie avec succinylcholine est evitée.
Traitement – l’introduction de la ventilation assistée pendant l’anesthésie avec de succinylcholine et la modulation de la
dose d’anesthésique par rapport à l’état de l’enzyme.

L’encadré VII.2. L’hyperthermie maligne


Incidence – 1/15.000 aux enfants; 1/50.000 aux adults
Type de transmission - autosomique dominante avec hétérogénéité allélique
Génétique :
– ont été identifiés six loci associés à l’hyperthermie maligne, MHS 1-6;
- le locus MHS1 est assocé avec 50% des cas d’hyperthermie maligne et est occupé par le gène RYR1, situé 19q13.1; ce
gène code un canal sarcoplasmique de calcium (nommé recepteur ryanodinique);
- le gène de locus MHS2 (SCN4AI) est situé 17q11-24 et code un canal de sodium de muscle strié.
- le gène de locus MHS3 (CACNA2D1), situé 7q21-22, code la sous-unité α2/δ d’un canal de calcium de muscle strié, nommé
recepteur dyhydropyridinique; le gène de locus MHS5 (CACNA1S), situé 1q32, code la sous-unité α1 du même recepteur.
- les gènes des loci MHS 4 et MHS 6 ne sont pas encore connues
Pathogénie – des troubles du flux des ions dans les fibres musculaires striées avec l’accélération du métabolisme
musculaire et l’apparition des troubles de contractilité.
Diagnostic clinique – l’apparition, après la prise des myorelaxants dépolarisants, d’une augmentation de la température corporelle
plus de 400C, accompagnées par des contractions musculaires et la tachycardie ;
Diagnostic paraclinic – l’acidose métabolique, l’augmentation de pCO2 et du lactate, le baisement de la kaliémie, la présence
de la myoglobine et de la créatine kinase en sérum :
Dépistage – la comparaison de la réponse in vitro de la fibre musculaire normal et pathologique à l’action myorelaxante de
la caféine ou de l’halothane ;
Pronostic - mauvais, en absence de détection des personnes susceptibles, la maladie est mortelle dans 70 % des cas ; en
appliquant les tests préliminaires de détection et des mesures correctives la mortalité peut être réduite à 10 %.
Traitement – la diminution de la température du corps dès que possible (bains froids, l’application de sacs de glace dans les
aisselles et l’aine), suivi de l’oxygénothérapie et le contrôle de la fonction rénale et cardiaque.

VII.2.1.6. La valeur théorique et pratique de l’étude des caractères héréditaires


normales
L’étude des caractères héréditaires normales a des nombreuses applications théoriques et
pratiques. Les principaux points d’intérêt théorique, liés à l’étude des caractères héréditaires
normaux sont :
ƒ la démonstration de la validité des lois de Mendel chez les hommes : « la loi de pureté des
gamètes » et « la loi de ségrégation indépendante des gènes » ;
ƒ l’étude de la fonction du gène – l’analyse des produits de gènes (protéines ou enzymes)
permet l’identification de la fonction des gènes et la détection de l’effet du gène en cas des
mutations ;
106 Notions de base de la génétique humaine
ƒ preuves chez l’homme des phénomènes génétiques, telles que des chimères, double
fécondation, la recombinaison génétique, la non-disjonction méiotique, qui reflète l’universalité
des processus génétiques ;
ƒ les études de l’enchainement génique entre le locus d’un gène pour un caractère
phénotypiquement normal (utilisé comme marqueur) et le locus d’un caractère morbide
permettent l’identification des nouvelles mutations et sont utilisés pour la localisation indirecte
des gènes inconnus (des cartes chromosomiques).
L’encadré VII.3.
Le déficit en glucose-6-phosphate déshydrogénase
Incidence – 10 % de la population afro-américaine ; l’augmentation de l’incidence dans les zones endémiques pour le
paludisme ; la plus fréquente enzimopatie ~ 400 millions de patients à travers le monde
Type de transmission – récessive liée au chromosome X
Génétique – le gène de G6PD est situé sur Xq28 et contient 13 exons;
- On a été identifié plus de 400 mutations (surtout des substitutions ponctuelles) qui déterminent une hypofonction
enzymatique ;
- La maladie est présente aux hémizygotes XaY et la mutation est transmise par les hétérozygotes XNXa, qui peut parfois
avoir des formes frustes de la maladie due à l’inactivation aléatoire des chromosomes X ;
- La fréquence du gène mutant s’explique par l’avantage sélectif des hétérozygotes qui ont une immunité naturelle contre le
paludisme (infection avec Plasmodium falciparum) ;
Pathogénie – la glucose-6-phosphate déshydrogénase est l’enzyme clé dans la voie de pentose-phosphate dans les
érythrocytes, en veillant à la formation de NADPH nécessaire aux biosynthèses réductrices et désintoxication des radicaux
d’oxygène.
– Le déficit enzymatique est associé à une diminution de NAPDH et favorise l’émergence d’une anémie hémolytique due à
la toxicité des radicaux d’oxygène ;
– Les antioxydants (acétanilide, bleu de méthylène, primaquine, sulfanilamide, phénylhydrazine, etc.) provoquent un stress
oxydatif survenue des épisodes d’anémie hémolytique.
Diagnostic clinique – l’apparition après l’administration des antioxydants ou l’utilisation de la fève (Vicia faba) des épisodes
d’anémie hémolytique, caractérisées par la destruction intravasculaire des globules rouges avec la diminution des hématies,
d’hémoglobine ou d’hématocrite ;
– Les épisodes de l’hémolyse peuvent être induits par un certain nombre des infections ou par une glycémie élevée dans le
diabète sucré non suivi ;
– Souvent, chez les individus affectés par le déficit en glucose-6-phosphate déshydrogénase on peut détecter un ictère
néonatal prolongé ;
Diagnostic paraclinic – l'accomplissement d'un frottis de sang périphérique et les dosages de l’hémoglobine sérique, de
l’hématocrite et la numération des globules rouges ;
Depistage – la détection presymptomatique de la mutation, chez les individus hétérozygotes ou hémizygotes, est basée sur les
changements de globules rouges après la coloration avec des antioxydants (bleu de crésyl brillant, bleu de méthylène) ou à la
détection directe du niveau de NAPDH par fluorescence ;
Pronostic – est favorable, bien que les épisodes de l’hémolyse se peut répéter.
Traitement – retirer dès que possible l’agent causal de l’hémolyse par une transfusion de sang isogroupe AB0 et Rh dans les
cas graves ;
– chez les enfants avec ictère néonatal on peut faire la photothérapie, on peut administrer de phénobarbital pour stimuler la
fonction des enzymes hépatiques où on peut faire une transfusion sanguine totale si la bilirubine est intense.

Les applications pratiques de l’étude des caractères héréditaires normaux sont:


ƒ l’identification des individus – le découverte des personnes, qui sont génétiquement identiques,
est improbable, parce que les caractères normaux monogéniques sont nombreux et polymorphes59.
Ainsi, chaque individu est biologiquement unique. L’analyse d’un nombre élevé des caractères
monogéniques permet l’identification plus précise d’une personne, mais jamais un tel test n’est pas
sûr à 100 %. La réduction du taux d’erreur est possible en déterminant le polymorphisme de HLA ;
ƒ l’expertise de la filiation et de la paternité – tels tests ne peuvent pas témoigner que l’enfant
appartient à un couple ou qu’un homme est le père de l’enfant, en raison de l’utilisation d’un
nombre limité de systèmes monogéniques, car ces tests ne sont que des tests d’exclusion ;
59
à l’exception des jumeaux monozygotes, qui proviennent de la même cellule et ont les mêmes gènes
Variabilité génétique 107
ƒ le diagnostic de type de gémellité – l’analyse des plusieurs systèmes monogéniques permet
de déterminer si les jumeaux sont monozygotes ou dizygotes ; pour les caractères monogéniques,
le manque de la concordance chez les jumeaux attestent qu’ils ne sont pas des jumeaux
monozygotes ;
ƒ la détermination de la compatibilité entre donneur et receveur pour les transfusions
sanguines et les transplantations des organes :
• la détermination du groupe sanguin AB0 et Rh est obligatoire avant toutes les transfusions
sanguines, à la fois au donneur et au receveur, pour éviter les accidents posttransfusionnels
qui peuvent causer même la mort de personne transfusé ;
• dans le cas des transplantations des organes pour éviter le rejet de greffe, il est obligatoire de
déterminer la compatibilité entre donneur et receveur pour le système HLA (en particulier
pour les gènes A, B et C) ;
ƒ l’association entre certains caractères et certaines maladies monogéniques :
• L’incompatibilité foeto-maternelle dans le système Rh est impliquée dans la pathogénie de la
maladie hémolytique du nouveau-né - la détermination du phénotype Rh à la femme enceinte
et au père présumé permet l’application des mesures de prévention primaire ; en cas d’une
immunisation préalable de la femme Rh- est possible l’application des mesures de prévention
secondaire, afin de prévenir l’apparition de la maladie hémolytique du nouveau-né ;
• tandis qu’il y a un enchaînement génique entre le locus d’un caractère monogénique normal
et celui d’une maladie monogénique, on peut mettre en evidence (indirectement) la présence
du gène mutant aux descendants d’un couple à risque ; tels enchaînements sont entre :
- le locus du système de groupe sanguin Rh et le locus du gène de sphérocytose héréditaire 60;
- le locus des gènes HLA de classe III et le locus de 21 hydroxylase 61;
• certains haplotypes HLA sont associés à certaines maladies – l’explication de cette association
n’est pas encore connue, mais le dépistage d’un haplotype HLA particulière, atteste la
probabilité de l’individu de développer la maladie ; des exemples de telles combinaisons sont :
- le diabète sucré de type I – le haplotype HLA DR3 ou DR4;
- la spondylarthrite ankylosante - le haplotype HLA B27;
- l’hémochromatose - le haplotype HLA A3.
VII.2.2. LE POLYMORPHISME DE L’ADN
Par les techniques d’analyse moléculaire, au niveau des séquences d’ADN, a été identifié
un polymorphisme beaucoup plus importante, que celui observé pour les caractères phénotypiques
normales (protéines ou enzymes).
VII.2.2.1. Le polymorphisme de longueur des fragments de restriction
Le clivage d’ADN, par une enzyme de restriction, produit des fragments spécifiques des
différentes tailles, qui peuvent être détectés par hybridation avec des sondes d’ADN (Southern
blot) 62. Les enzymes de restriction coupent spécifiquement la molécule d’ADN dans certains sites, en
fonction de la séquence nucléotidique. Si les différents individus ont, à un certain niveau, des
différentes séquences d’ADN en utilisant les mêmes enzymes de restriction sont obtenues des

60
La sphérocytose héréditaire est une forme d’anémie hémolytique intravasculaire, causée par la présence des petits globules
rouges sphériques, ce qui favorise la destruction prématurée des hématies et la formation des thrombus dans les capillaires ; la
maladie est transmise autosomique dominante ou récessive et est déterminée par mutations des gènes de la spectrine (α ou β),
situés 1p36.2-p34, dans la même région chromosomique que les gènes du système de groupe sanguin Rh
61
21 hydroxylase est l’enzyme clé dans le métabolisme du cholestérol dans les surrénales
62
Voir le chapitre La technologie de l’ADN recombinant
108 Notions de base de la génétique humaine
fragments d’ADN des différentes longueurs – le polymorphisme de longueur des fragments de
restriction (RFLP - Restriction Fragment Length Polymorphismes). Les mutations ponctuelles
peuvent modifier les sites de restriction et produisent des polymorphismes d’un seul nucléotide
(SNPs - Single Nucleotide Polymorfisms). L’analyse de SNP est utilisée pour la cartographie
génétique et la détermination de la contribution des différents gènes dans les maladies complexes.
VII.2.2.2. Le polymorphisme des séquences répétitives en tandem
La plupart des sites RFLP, générés par la délétion ou l’insertion des séquences
nucléotidiques, est le résultat des changements dans le nombre de répétitions des minisatellites 63.
Ces minisatellites, composés de 10-100 pb, montrent un polymorphisme, déterminé par la
variation du nombre de séquences répétitives en tandem (VNTR – Variable Number of Tandem
Repeat). Seuls les jumeaux monozygotes ont la même configuration de VNTR. En raison de ces
particularités, l’analyse de VNTR est utilisée en médecine légale pour l’identification des
personnes par la technique de l’empreinte génétique (DNA fingerprinting).
VII.2.2.3. Le polymorphisme des microsatellites
Les microsatellites sont des séquences répétitives d’ADN, composées de quelques paires de
bases azotées (TGTGTG, TAGTAG, TCCGTCCG, TAG, TCCG, etc.). Habituellement, lors d’une
certaine région chromosomique, le nombre de ces séquences répétitives diffère non seulement aux
personnes différentes, mais même entre les deux chromosomes homologues. Le polymorphisme de
ces séquences est très important et la probabilité, d’un individu d’être hétérozygote pour un certain
locus, est supérieure à 70 %. Ce polymorphisme est applicable pour les études d’enchaînement des
gènes. L’analyse du polymorphisme de microsatellites est plus facile à réaliser que celle du
polymorphisme de VNTR et RFLP parce que le mis en évidence est fait par la technique PCR
plutôt que Southern Blott 64.
VII.2.2.4. Les applications pratiques de polymorphisme de l’ADN
Le développement des techniques moléculaires d’analyse de l’ADN a permis
l’identification d’une multitude des applications pratiques de polymorphisme de l’ADN. L’analyse
du polymorphisme de l’ADN est appliquée à l’étude de l’enchainement du gène, pour le diagnostic
prénatal ou presymptomatique des maladies génétiques, la détection des hétérozygotes dans les
maladies récessives, l’évaluation de la prédisposition génétique à cancer et aux maladies
multifactorielles, l’identification personnelle et les tests de filiation/paternité en médecine légale,
l’établissant de la compatibilité du donneur/receveur des greffes des organes.
VII.3. LES MUTATIONS GÉNÉTIQUES
Les mutations sont définies comme des modifications accidentelles, permanentes et
héréditaires du matériel génétique.
VII.3.1. LA CLASSIFICATION DES MUTATIONS
La classification des mutations peut être faite en utilisant des critères multiples.
En rapport avec le génome touché, peuvent être identifiées deux types de mutations : les
mutations nucléaires (affectent l’ADN nucléaire) et les mutations mitochondrielles (le génome
mitochondrial est intéressé). Selon le degré d’affectation du matériel génétique nucléaire (figure
VII.3.) peuvent être identifiées:
• mutations génomiques - représentées par la polyploïdie et l’aneuploïdie ;

63
Voir le chapitre Le stockage de l’information génétique
64
Voir le chapitre La technologie d’ADN récombinant
Variabilité génétique 109
• mutations chromosomiques - causées par des réarrangements chromosomiques structurelles qui
induisent des délétions, duplications, translocations, inversions, etc. ;
• mutations de gènes - modifient la structure d’un seul gène (substitutions, insertions, délétions,
duplications, etc.).
Les rayons X
Chromosomes Rayonnement ultraviolet ADN
Mutagènes chimiques
Les défauts de réparation
A
AATCGAGACT

T TAGCT C TGA

Figure VII.3. Les


mutations génomiques,
chromosomiques et
géniques
A – mutations
génomiques et
chromosomiques
B – mutations géniques
Trisomie Monosomie Cassure

• Reglage anormale • Délétions Délétion


• Erreurs mitotique • Duplications
• Erreurs meïotique • Translocations AA AGACT
• Aneuploidie • Chromosomes
progressive en anneau TT TCTGA

AAACGAGACT AAAGCTCGAG

T TTGC TCTGA T T TCGAGCTC

Substitution AATCGAGACT Insertion

T TAGCT CTGA
GCCGCC Amplification
• mutation silencieuse, le polymorphisme • séquence anormale des acides aminés
• la transcription aberrante • structure proteique anormale
• épissage anormal d’ARN • activité enzymatique déficiente

En ce qui concerne le nombre de cellules affectées, les mutations peuvent être:


• mutations homogènes - présentées dans toutes les cellules du corps, qui sont le résultat d’une
mutation du génome du zygote, qui a été transmise par un parent;
• mutations en mosaïque – des changements du matériel génétique pendant la vie ; à leur tour,
peuvent être de deux types : des mutations somatiques (changement de matériel génétique est
110 Notions de base de la génétique humaine
présent dans un seul tissu) souvent impliquées dans la carcinogenèse et la dégénérescence des
tissus, mais ne sont pas transmises à la descendance et des mutations germinales (changement
de matériel génétique a eu lieu dans une gonade - ovaire ou testicule) ne modifient pas le
phénotype d’individu, mais peuvent être transmises à la descendance, provoquant des troubles
de la reproduction.
En dépendant de l’effet phénotypique, les mutations peuvent être classés :
• mutations neutres - ces mutations sont plus fréquentes, elles sont situées soit au sein d’une
région intergénique, soit dans séquences non traduites du gène ; elles sont responsables de
polymorphisme des fragments d’ADN ;
• mutations défavorables (morbides) - ces mutations causent des changements spécifiques dans
le phénotype, étant responsable de différents types de maladies génétiques ;
• mutations favorables - sont extrêmement rares, étant une seule mutation à milliers de
générations ; ce type de mutation a permis l’évolution des espèces et l’apparition de nouvelles
espèces.
VII.3.2. LES MUTATIONS GENOMIQUES
Les mutations génomiques causent des changements dans le nombre de chromosomes. Ils
sont une composante importante de la pathologie héréditaire de l’homme, tant en raison de la
fréquence globale, mais surtout à cause de leurs conséquences phénotypiques et reproductives.
Les mutations génomiques ont un taux très élevé, d’environ 10-2/ division cellulaire, mais la
fréquence de ces mutations est faible parce que la plupart de ces mutations ne se perpétuent pas,
étant incompatibles avec la survie ou la reproduction.
Les anomalies chromosomiques du nombre produisent de changements significatifs dans la
quantité de matériel génétique d’une cellule, ainsi que leurs conséquences phénotypiques sont
déterminées par les effets de dosage génique. Ils sont divisés en deux catégories : polyploïdies et
aneuploïdies.
La polyploïdie est caractérisée par la présence supplémentaire d’un ou plusieurs sets
haploïdes des chromosomes (n = 23 chromosomes) à partir du nombre normal diploïde (2n = 46
chromosomes). Les seuls polyploïdies présentées chez l’homme sont la triploïdie (3n = 69
chromosomes) et la tétraploïdie (4n = 92 chromosomes). La polyploïdie est caractérisée par des
changements importants dans la quantité de matériel génétique cellulaire, induisant un phénotype
anormal, avec des effets mortels (la perte du produit de la conception dans les premières semaines
de grossesse).
L’aneuploïdie est caractérisée par le changement du nombre diploïde de chromosomes (2n
= 46 chromosomes) en raison de la perte d’un chromosome ou de la présence en excès des un,
deux ou trois chromosomes. Les plus fréquentes aneuploïdies sont les monosomies et les trisomies.
Les trisomies sont caractérisées par la présence dans une cellule somatique a trois copies du
même chromosome, au lieu de la paire normale des chromosomes homologues (2n+1). Chez
hommes la majorité de trisomies complètes sont létales, entraînant des avortements spontanés
précoces. Les seules exceptions sont les trisomies autosomiques : 21, 18, 13, 8 et celles
gonosomiques (XXX, XXY et XYY).
La monosomie est caractérisée par la présence, dans une cellule somatique, d’un seul
chromosome d’une paire (2n-1). Les effets phénotypiques des monosomiees sont plus sévères que
celles des trisomies, afin que chez l’homme la seule monosomie viable est la monosomie X.
Pour les gonosomes, on été identifiées des tetrasomies (48,XXXX 48,XXYY, 48,XXXY) ou
même des pentasomies (49,XXXXX, 49,XXXXY).
Variabilité génétique 111
VII.3.2.1. Les mécanismes de production des mutations génomiques
La polyploïdie peut résulter par des erreurs de : méiose, mitose ou fécondation.
Les triploïdies peuvent résulter par erreurs méiotiques ou par erreurs de la fécondation.
L’erreur méiotique consiste en absence de séparation des cytes de l’ordre II et peut affecter la
méiose féminine ou masculine. Une telle erreur, produite au cours de la méiose II féminine,
conduit à la formation d’un œuf diploïde anormale, un phénomène appelé digynie. La même
erreur, mais produite pendant la méiose II masculine, détermine l’apparition d’un spermatozoïde
diploïde, phénomène appelé diandrie. La fécondation d’un gamète diploïde avec un gamète
haploïde normal génère un zygote triploïde. Plus souvent, la formation d’un zygote triploïde est le
résultat de la fécondation d’un oeuf normal (n = 23 chromosomes) concomitante par deux
spermatozoïdes normaux (n = 23 chromosomes) phénomène appelé dispermie.
Les tetraploïdies sont généralement la conséquence d’une erreur mitotique, appelé
endoréduplication. L’erreur est caractérisée par le blocage de la mitose du zygote, après la
réplication de l’ADN nucléaire. Les chromatides des chromosomes ne peuvent pas séparer et la
cellule passe directement dans un nouveau cycle cellulaire en phase G1, au cours de laquelle les
chromosomes se déroulent et se produit la séparation des chromatides sœurs. Ainsi, le nombre de
chromosomes de la cellule est doublé, passant de 2n à 4n. Une autre possibilité d’apparition d’une
tetraploïdie, plus théorique, est la fécondation d’un ovule diploïde par un spermatozoïde diploïde.
Les aneuploïdies homogènes sont le résultat des erreurs de la méiose : la non-disjonction
chromosomique, la non-disjonction chromatidienne et le rétard anaphasique.
La non-disjonction chromosomique est un phénomène qui peut se produire lors de la
méiose I, caractérisé par la migration des chromosomes homologues d’une paire à la même pôle
du fuseau de division. La conséquence de cette forme de distribution de matériel génétique est la
formation de deux gamètes anormaux : un disomique (n+1=24 chromosomes) et l’autre
nullisomique (n-1=22 chromosomes) (figure VII.4.a). La fécondation de ces gamètes par des
gamètes normaux (n=23 chromosomes) conduit à la formation des zygotes aneuploïdes :
trisomique ou monosomique.

Non-disjonction MÉIOSE I

MÉIOSE II
Normal Non-disjonction

a b
Figure VII.4. Les mécanismes de formation des gamètes anormaux par non-disjonction
chromosomique (a) ou chromatidienne (b)
La non-disjonction chromatidienne peut se produire en méiose II et se caractérise par la
migration des chromatides sœurs d’un chromosome à la même pôle du fuseau de division. La
conséquence de cette erreur est l’apparition des deux gamètes anormaux: un disomique et un
nullisomique (figure VII.4.b). La fécondation de ces gamètes par des gamètes normaux conduit à la
formation d’un zygote trisomique (figure VII.5.) ou monosomique (figure VII.6.).
112 Notions de base de la génétique humaine

Figure VII.5. Exemple de trisomie - trisomie 21 libre homogène

Figure VII.6. Exemple de monosomie – monosomie X


Le retard anaphasique est un accident qui peut survenir dans méioses (plus fréquemment en
anaphase II) et consiste à bloquer la migration ou de réduire la vitesse de migration des
chromosomes (chromatides) séparés normalement. Les chromosomes (chromatides) « retardés »
ne seront pas intégrés dans l’un des noyaux de cellules filles et restent dans le cytoplasme comme
un micronoyau, qui est perdue au cours des divisions suivantes. L’effet est l’apparition des
gamètes nullisomiques, qui par la fécondation avec des gamètes normaux conduiront à la
formation d’un zygote monosomique.
Les aneuploïdies en mosaïque sont le résultat des erreurs mitotiques : la non-disjonction
chromatidienne et le retard anaphasique.
L’effet de la non-disjonction chromatidienne est différent en fonction de la cellule affectée
et du chromosome impliqué. L’erreur peut provoquer des mosaïques chromosomiques 47/45 ou
47/46/45. La mosaïque 47/45 est déterminée par une non-disjonction chromatidienne pendant la
division du zygote. Depuis que les monosomies autosomiques et la monosomie Y sont non-
viables, les seuls mosaïques de type 47/45 sont : 47 XXX/45X ou 47,XYY/45,X. Lors la mitose du
zygote, la non-disjonction chromatidienne d’un autre chromosome induit une trisomie homogène,
parce que les cellules monosomiques sont supprimées. Une telle erreur survenue dans la division
cellulaire à un stade ultérieur de développement aboutit à une mosaïque de type 47/46 (lorsqu’ils
comportent un autosome ou le chromosome Y) ou une mosaïque de type 47,XXX/46,XX/45,X ou
47,XYY/46XY/45,X (quand est impliqué le chromosome X).
Variabilité génétique 113
Le retard anaphasique détermine uniquement une mosaïque chromosomique de type
46,XX/45,X ou 46,XY/45,X, puisque la participation d’un autre chromosome conduit aux cellules
monosomiques non-viables.
VII.3.2.2. L’étiologie des mutations génomiques
Les causes des aneuploïdies sont encore mal comprises. La plupart des aneuploïdies sont le
résultat d’une non-disjonction lors de la méiose parentale et donc les causes des non-disjonctions
sont identiques à celles de l’aneuploïdie.
Un fait connu depuis longtemps est la corrélation entre l’âge maternel au moment de la
conception et l’incidence accrue des trisomies. Le plus accentué effet de l’âge maternel sur l’incidence
de la trisomie a été retrouvé dans le syndrome de Down (trisomie 21), mais des effets similaires ont été
identifiés pour les trisomies 13 et 18. Il est supposé que ce effet est basé sur deux phénomènes : la
réduction des recombinaisons intrachromosomiques (crossing over) lors de la méiose I et la formation
d’un fuseau de division anormal.
En ce qui concerne l’origine parentale des chromosomes surnuméraires ou absents, les
observations en utilisant des marqueurs pour l’ADN centromérique ont montrés que la plupart ont
origine maternelle (principalement dans la méiose I). La seule exception est la trisomie XYY qui
est exclusivement d’origine paternelle, résultant par la non-disjonction chromatidienne du
chromosome Y en méiose paternelle II.
VII.3.2.3. Les conséquences des mutations génomiques
Les conséquences des anomalies chromosomiques numériques dépendent des nombreux
facteurs : le type d’anomalie, le type de chromosome affecté et le nombre des cellules affectées.
Les polyploïdies, produisant un changement important dans la quantité de matériel
génétique, sont incompatibles avec la vie chez l’homme. Les effets des triploïdies dépendent de
l’origine du set des chromosomes supplémentaires. Ainsi, s’il y a un triploïdie paternelle apparaît
une môle hydatiforme partielle 65, tandis que les triploïdies maternelles sont finies par des
avortements spontanés pendant le premier trimestre de la grossesse.
Dans les aneuploïdies les conséquences phénotypiques dépendent du type d’anomalie. La
perte de matériel génétique (monosomie) est pire que l’excès de matériel génétique (trisomie). Les
monosomies, sauf une petite proportion de cas avec monosomie X, sont mortelles pour les
hommes, conduisant à une fausse couche. En trisomies les conséquences phénotypiques dépendent
du chromosome impliqué. Ainsi, les trisomies des chromosomes grands ou riches en euchromatine
sont mortels, tandis que les trisomies des chromosome petits ou riche en hétérochromatine
permettent la survie des produits de la conception, mais ils présentent des multiples malformations
à la suite de changements de dosage génique.
Les études des produits d’avortement spontané ont révélées la présence de toutes les
trisomies sauf la trisomie 1. Les seules trisomies autosomiques complètes viables sont les
trisomies: 21, 18, 13 et 8, mais dans la majorité des cas l’anomalie est en mosaïque. D’autre part,
l’aneuploïdie autosomique est plus grave qu’une gonosomique. Ce fait est déterminée par deux
caractéristiques des gonosomes:
• le chromosome Y contient peu de gènes et beaucoup d’hétérochromatine (génétiquement inactive)
et la présence des deux chromosomes Y ne modifie pas d’une manière majeure le phénotype ;

65
La môle hydatiforme est un remplacement de placenta normal par une masse des tissus d’origine choriale. Les môles
complètes n’ont pas de tissu foetal/placentaire, tandis que les môles partielles contiennent des restes du placenta.
114 Notions de base de la génétique humaine
• les chromosomes supplémentaires X sont inactivés presque complètement, de sorte que leur
présence ne change pas le phénotype de la même manière qu’une trisomie autosomique ; cette
caractéristique du chromosome X pourrait expliquer la viabilité de la monosomie X.
Un autre facteur influençant le phénotype clinique de l’aneuploïdie est le nombre de cellules
affectées. Ainsi, les anomalies homogénes sont plus sévères que les anomalies en mosaïque, les
dernières ayant des effets réduites quand le nombre des cellules affectées est plus faible.
VII.3.3. LES MUTATIONS CHROMOSOMIQUES
Les mutations chromosomiques induisent des changements morphologiques et/ou du
contenu gènique d’un ou plusieurs chromosomes, ce qui entraînent des anomalies
chromosomiques structurelles. Selon le degré de changement dans le phénotype, elles peuvent être
équilibrées (phénotype normal) ou déséquilibrées (phénotype anormal).
VII.3.3.1. Les causes des mutations chromosomiques
Les mutations chromosomiques sont favorisées par l’exposition postnatale (prénatal
rarement) aux mutagènes physiques (rayonnements ionisants), chimiques (substances alkylants) et
biologiques (certains virus). Ces agents agissent au cours de réplication de l’ADN (phase S de
l’interphase) et provoquent des ruptures dans les brins d’ADN (agents clastogènes), suivies d’une
réunion anormale des fragments chromosomiques. L’existence de points (sites) fragile sur certains
chromosomes favorise des ruptures spécifiques, non pas accidentelles, causant des anomalies
structurelles déséquilibrée.
VII.3.3.2. Le mécanisme des mutations chromosomiques
VII.3.3.2.1. Des anomalies chromosomiques structurelles équilibrées
Les anomalies chromosomiques structurelles équilibrées sont caractérisées par la
modification de la position des segments chromosomiques, sans modifier le montant total du
matériel génétique cellulaire. Ils sont de deux types : inversions et translocations.
LES INVERSIONS
Les inversions, abrégées inv, sont des réarrangements touchant un seul chromosome et sont
caractérisées par le changement (l’inversion) de la position normale d’un segment de chromosome.
Les inversions résultent par la cassure du chromosome en deux points, suivie d’une rotation à 1800
du fragment intermédiaire et la réunion des fragments. Les inversions peuvent être: paracentriques
(les deux points de rupture sont situés sur le même bras et se tourne un fragment qui ne contient
pas le centromère (figure VII.7.a)) ou péricentriques (les deux points de rupture sont situés sur des
bras différentes et se tourne le fragment qui contient le centromère (figure VII.7.b)).

a b
Figure VII.7. Le mécanisme des inversions
a: inversion paracentrique, b: inversion péricentrique
Les inversions sont difficiles à identifier en absence du marquage chromosomique, car en
général, elles ne changent pas la morphologie des chromosomes impliqués. Les grandes inversions
péricentriques déterminent un changement de la morphologie et une perte de similitude entre les
homologues (figure VII.8.).
Variabilité génétique 115

Figure VII.8. Exemple d’inversion - inversion péricentrique du chromosome 9


LES TRANSLOCATIONS
Les translocations sont caractérisées par le transfert des segments chromosomiques entre
deux chromosomes. Il existe trois types : translocations réciproques, insertions et translocations
par la fusion centrique (Robertsonienne).
Les translocations réciproques, abrégées t, impliquent l’échange des fragments
chromosomiques entre deux chromosomes non-homologues, avec la formation des deux
chromosomes dérivés. Le mécanisme de formation d’une translocation réciproque implique la cassure
(pendant l’interphase) a deux chromosomes non-homologues, chacun dans un point, suivie d’un
échange réciproque des fragments brisés acentriques et la formation des deux chromosomes dérivés
(figures VII.9. et VII.10.). Lorsque les fragments échangés ont environ la même taille –
translocations minimes – l’anomalie peut être détectée que par le marquage chromosomique à
haute résolution ou la technique FISH. L’incidence des translocations réciproques dans la
population générale est d’environ 1 : 500 individus. En règle générale, les translocations réciproques
sont spécifiques à une famille particulière. Une translocation relativement fréquente est celle entre
les bras longs des chromosomes 11 et 22.

A B A der(A) der (B) B


Figure VII.9. Le mécanisme des translocations réciproques
Les insertions, abrégées ins, sont des translocations non réciproques impliquant le transfert
d’un fragment chromosomique d’un chromosome sur un autre chromosome non-homologue. Le
mécanisme d’apparition de l’anomalie implique la rupture des deux chromosomes non-
homologues, mais il faut trois points de cassure, deux sur un chromosome et un sur l’autre. Le
fragment libre du chromosome avec deux cassures est transféré au niveau de la rupture du second
116 Notions de base de la génétique humaine
chromosome (figure VII.11.). L’insertion du fragment transféré est en position normale (figure
VII.12.) ou inversée.

Figure VII.10. Exemple de translocation réciproque équilibrée - translocation (7;12)

A B A der(A) der (B) B


Figure VII.11. Le mécanisme d’une insertion

Figure VII.12. Exemple d’insertion - insertion (3;11)


Variabilité génétique 117
Les translocations Robertsonienney, abrégées rob, sont des anomalies équilibrées qui
affectent seulement les chromosomes acrocentriques, à l’exception du chromosome Y (figure
VII.13.). Le mécanisme de l’anomalie est la rupture centromèrique ou péricentromerique de deux
chromosomes acrocentriques, suivie de la perte des bras courts et la réunion des bras longs dans un
chromosome dérivé. En conséquence, il y a un changement dans le nombre de chromosomes qui
est réduit de 46 à 45. Dans les translocations Robertsoniennes équilibrées, les pertes des bras
courts des chromosomes impliquées ne conduisent pas à des changements dans le phénotype, en
raison que toutes les bras courts des chromosomes acrocentriques, à l’exception du chromosome
Y, contiennent des multiples copies des gènes d’ARN ribosomale (ces gènes restent en nombre
suffisant les chromosomes acrocentriques normales).

Figure VII.13. Translocation Robertsonienne entre chromosomes G et D


L’incidence globale des translocations Robertsoniennes dans la population est d’environ
1/1000 individus. La translocation la plus courante est entre les chromosomes 13 et 14 -
rob(13q14q). Un exemple de translocation Robertsonienne est représenté dans la figure VII.14.

Figure VII.14. Exemple de translocation Robertsonienne équilibrée - rob(21q;13q)


VII.3.3.2.2. Des anomalies chromosomiques structurelles déséquilibrées
Les anomalies chromosomiques structurelles déséquilibrées sont caractérisées par un
changement dans le montant total du matériel génétique, ce qui induit une modification du
phénotype des individus affectés. Ces anomalies sont divisées en : délétions, duplications,
chromosomes en anneau, chromosomes dicentriques et isochromosomes.
LES DÉLÉTIONS
Les délétions, abrégées del, sont des anomalies chromosomiques structurelles déséquilibrés,
caractérisées par la perte d’un fragment de chromosome. Le résultat de cette perte est l’apparition
d’une monosomie partielle. Le dépistage des délétions nécessite marquage chromosomique, de
préférence de la haute résolution ou l’utilisation de sondes FISH pour la région supposée être
118 Notions de base de la génétique humaine
absente dans le caryotype de l’individu. En termes de localisation des segments disparus, les
délétions sont classées comme : terminales et interstitielles (figure VII.15.).

A B
Figure VII.15. Types des délétions
A: délétion terminal; B: délétion, interstitielle
La délétion terminal résulte par la rupture d’un chromosome en un point, suivie d’une perte
du fragment acentrique (figure VII.16.). La délétion interstitielle est produite par la rupture du
chromosome en deux points sur le même bras, suivie d’une perte du fragment interstitielle et la
réunion des fragments restants (figura VII.17.).

Figure VII.16. Exemple de délétion terminale - del 18p


Un autre mécanisme de la formation d’une délétion est la ségrégation des chromosomes avec
des translocations équilibrées ou des insertions au cours de la méiose I ou l’apparition d’une
recombinaison intrachromosomique au niveau d’une inversion (crossing-over dans la boucle
d’inversion).
En termes de taille, les délétions se répartissent en microscopiques et inframicroscopiques.
Les délétions microscopiques peuvent être observées par des techniques cytogénétiques de
marquage chromosomique. En pratique, les délétions les plus communes sont situées sur le bras
court du chromosome 4 (le syndrome de Wolf Hirschhorn) et 5 (le syndrome de « cri du chat ») et
ceux sur le bras long du chromosome 18.
Les délétions inframicroscopiques ou les microdélétions ne peuvent être vues que par des
techniques de marquage de haute résolution ou FISH. L’amélioration des techniques de
cytogénétique a permis de déterminer l’étiologie de nombreux syndromes malformatifs, causés par
microdélétions chromosomiques. Ces syndromes sont appelés syndromes de gènes contigus, parce
que la microdélétion cause la perte des gènes voisins.
Variabilité génétique 119

Figure VII.17. Exemple de délétion interstitielle – del 7q


LES DUPLICATIONS
Les duplications, abrégées dup, sont anomalies chromosomiques structurelles
déséquilibrées, caractérisées par la présence d’un segment chromosomique en double exemplaire.
La conséquence génotypique est l’apparition d’une trisomie partielle pour le segment de
chromosome dupliqué.
La plupart des duplications sont le résultat d’un crossing-over inégal entre les chromosomes
homologues au cours de pachytène, favorisé par la présence des séquences répétitives d’ADN ou
de la similitude entre les séquences de gènes (figure VII.18.).
Des autres sources des trisomies partielles sont la recombinaison intrachromosomique au
niveau d’une inversion et la ségrégation des chromosomes en méiose I dans le cas de translocation
équilibrée.
Les duplications les plus fréquentes sont : dup12q, qui détermine le syndrome de Pallister et
dup17q qui détermine la maladie de Charcot – Marie - Tooth.
LES CHROMOSOMES EN ANNEAU
Les chromosomes en anneau, notées r, sont des chromosomes anormaux caractérisés par
une conformation circulaire. Le mécanisme de cette anomalie est la rupture d’un chromosome en
deux points situés sur des différents bras, suivie d’une perte des fragments acentriques (terminaux)
et l’union des extrémités du fragment centrique (figure VII.19.).
Les chromosomes en anneau ont des difficultés de ségrégation durant la mitose et se
caractérise par une grande instabilité. En raison de ces caractéristiques, la fréquence des
chromosomes en anneau est réduite.
L’anomalie a été identifiée dans tous les chromosomes humains. Dans la pratique médicale les
chromosomes en anneau les plus fréquents sont : r(X), r(21), r(18), r(22) et r(15). Un exemple de
chromosome en anneau est montré dans la figure VII.20.
LES CHROMOSOMES DICENTRIQUES
Les chromosomes dicentriques, notés dic, sont caractérisés par deux centromères.
Le mécanisme de formation implique une translocation déséquilibrée, avec des ruptures sur
deux chromosomes, chacun dans un point, suivies de pertes des fragments acentriques et l’union des
fragments centriques dans un chromosome dérivé. La conséquence de ce processus est la réduiction
du nombre des chromosomes de la cellule de 46 à 45. (figure VII.21.).
120 Notions de base de la génétique humaine

Figure VII.18. Mécanisme de formation Figure VII.19. Mécanisme de formation


des duplications par crossing-over inégal d’un chromosome en anneau
Si les deux centromères restent actifs, les chromosomes dicentriques ont des anomalies
d’attachement au fuseau de division, avec des difficultés de ségrégation dans la division, qui
conduisent souvent à leur disparition.

Figure VII.20. Exemple de chromosome en anneau – r(5)

Figure VII.21. Mécanisme de formation d’un chromosome dicentrique


LES ISOCHROMOSOMES
Les isochromosomes, notés i, sont des chromosomes anormaux caractérisés par la présence
en double exemplaire d’un des bras et l’absence de l’autre bras. Ainsi, il existe une association
entre la duplication d’un bras (trisomie partielle) et la délétion de l’autre bras (monosomie
Variabilité génétique 121
partielle) (figure VII.22.). Les isochromosomes résultent par une erreur mitotique - le clivage
tranversal du centromère - qui conduit à la formation d’un chromosome composé uniquement des
bras courts et d’un autre formé de bras longs. Les isochromosomes les plus fréquentes sont i(Xq)
(figure VII.23.) et i(Xp).

isochromosome de bras
long

Figure VII.22. La formation d’un isochromosome de bras long

Figure VII.23. Exemple de isochromosome – i(Xq)


VII.3.3.3. Les conséquences des mutations chromosomiques
Les conséquences des mutations chromosomiques dépendent du type de la modification du
matériel génétique.
VII.3.3.3.1. Les conséquences des anomalies chromosomiques équilibrées
Les anomalies chromosomiques équilibrées, caractérisées par des changements de position
d’un ou plusieurs fragments chromosomiques, ne provoquent pas un phénotype anormal, mais
peuvent causer des troubles de la reproduction, qui se manifestent par la stérilité ou l’infertilité.
LES INVERSIONS
D’habitude, les inversions ne produisent pas de modifications phénotypiques, car elles
provoquent seulement des repositionnements des gènes dans le chromosome et la quantité de
matériel génétique reste normale. Les exceptions surviennent lorsque l’un des points de rupture est
situé à l’intérieur d’un gène, entraînant une disruption de la séquence codante ou des changements
dans la distance entre la partie centrale d’un gène et la séquence régulatrice.
L’anomalie chromosomique peut causer des graves problèmes de reproduction (stérilité,
avortements spontanés, la naissance des enfants malformés) provoqués par la recombinaison
intrachromosomique dans la région inversée. Puisque les gènes ne sont normalement pas
positionnés, la synapse entre les chromosomes homologues ne peut pas être correcte (« gène à
122 Notions de base de la génétique humaine
gène »), sauf les chromatides inversés forment une boucle d’inversion. Un crossing-over a des
conséquences différentes en ce qui concerne le type d’inversion. Pour les inversions paracentriques,
le crossing-over dans la région inversée détermine la formation des deux chromosomes
recombinants anormaux: un dicentrique et l’autre acentrique. Le fragment acentrique est perdu à la
division suivante, parce qu’il est dépourvu de centromère et ne peut pas s’attacher au fuseau de
division. Les chromosomes dicentriques sont instables et la survie d’un embryon avec un tel
chromosome est peu probable. Ainsi, un couple dont un membre est porteur d’une inversion
paracentrique n’aura que des enfants sains (sains ou porteurs d’inversion) et un grand nombre des
fausses couches. Les porteurs des inversions péricentriques peuvent avoir des progénitures
anormales avec des anomalies chromosomiques déséquilibrées qui combine une duplication d’un
segment (trisomie partielle) et la délétion d’un autre fragment chromosomique (monosomie
partielle) à la suite d’un crossing-over dans la boucle d’inversion. Le risque d’un porteur
d’inversion péricentrique d’avoir un descendant affecté est de 1-10 %, en fonction de la taille et la
position de l’inversion.
LES TRANSLOCATIONS ÉQUILIBRÉES
Les porteurs de translocations équilibrées (réciproques, insertions ou Robertsoniennes) ont
un phénotype normal, car l’anomalie ne modifie pas le montant total du matériel génétique. En
revanche, il y a des troubles de la reproduction, en raison des modalités de la séparation des
chromosomes pendant la méiose I.
Les translocations réciproques déterminent le blocage de la spermatogenèse, ce qui rend
les hommes à être porteurs stériles. En revanche, les femmes ont une faible fécondité, induite par
des altérations de l’appariement des chromosomes homologues dans zigotène. Dans une
translocation réciproque équilibrée, le mécanisme de la malsegregation chromosomique est induit
par la formation d’une synapse spéciale entre les chromosomes homologues, appelée
quadrivalent, qui a un aspect de croix (figure VII.24. tableau VII.4.). Dans cette structure se
rallient les régions homologues des chromosomes avec translocation. Au cours de l’anaphase I, les
chromosomes homologues d’un quadrivalent peuvent suivre trois voies de ségrégation : 2 : 2, 3 : 1
et 4 : 0. Les deux dernières voies, complètement déséquilibrées, sont très rares, parce qu’elles
conduisent à des gamètes avec de grandes anomalies génétiques, incompatibles avec la survie. La
ségrégation 2 : 2 peut être fait de trois façons : alternatif, adjacente-1 et adjacente-2. Dans la
ségrégation alternative, les chromosomes normales migrent au même pôle du fuseau de division et
à l’autre pôle migrent les chromosomes avec translocation. Ainsi, la fécondation de ces gamètes
détermine des zygotes normales ou porteurs de translocation équilibrée. Dans la ségrégation
adjacente-1 les centromères non-homologues se séparent ensemble, tandis que dans la ségrégation
adjacente-2 les centromères homologues restent ensemble. Dans les derniers types de ségrégation
résultent des gamètes anormaux, qui, grâce à la fécondation, conduiront à un zygote qui combine
la trisomie partielle d’un chromosome avec la monosomie partielle de l’autre chromosome.
En translocations réciproques, le risque théorique d’apparition d’une progéniture anormale
est élevé – 50 % - mais le risque pratique d’apparition d’une anomalie chromosomique
déséquilibrée chez les enfants est de 1-10 %, selon le type de translocation, asymétrique, car la
plupart des zygotes déséquilibrés ne sont pas viables.
En cas des insertions, l’anomalie ne modifie pas le phénotype de porteurs, mais peut conduire à
des troubles de la reproduction en raison de la malségrégation des chromosomes derivés au cours de la
méiose I. Ainsi, un porteur de l’insertion peut avoir des enfants normaux, des porteurs de l’anomalie
équilibrée, des enfants avec une monosomie partielle et des enfants avec une trisomie partielle.
Variabilité génétique 123
Appariement en méiose I
A C

B D
Segrégation

A C D B A D B C C D A B
déséquilibré normal déséquilibré
déséquilibré équilibré déséquilibré
ADJACENTE-1 ALTERNATIV ADJACENTE-2
Figure VII.24. La segrégation 2:2 des chromosomes 3 et 11 dans une translocation
t(3;11)(q12;p15.5) (aprèsThompson, 1991)
Tableau VII.4. Types de séparation des chromosomes impliqués dans des translocations
réciproques (voir figure VII.24.)
Type de la ségrégation Chromosomes séparés Embryon
2:2
Alternativ A+D normal
B+C translocation équilibrée
Adjacente-1 A+C association de la trisomie partielle et monosomie partielle
B+D
Adjacente-2 A+B association de la trisomie partielle et monosomie partielle
C+D
3:1
A+B+C trisomie complète
A+B+D
A+C+D
B+C+D
D monosomie complète
C
B
A

Les translocations robertsoniennes, n’affectent pas le phénotype, mais peuvent causer des
graves problèmes de reproduction, en raison de la malségrégation des chromosomes derivés au cours
de la méiose I. Le risque de la progéniture anormale est différent selon le type de chromosomes
impliqués dans la translocation : homologues ou non-homologues. Par exemple, dans le cas d’une
translocation entre les chromosomes non-homologues 14 et 21 peuvent résulter six types de gamètes
124 Notions de base de la génétique humaine
(figure VII.25.). La fécondation de ces gamètes avec des gamètes normales déterminent la formation
de six zygotes: normal, porteur de translocation Robertsonienne équilibrée, anormal avec trisomie
21, anormal avec trisomie 14, anormal avec monosomie 21 et anormal avec monosomie 14. Les trois
derniers embryons ne sont pas viables et sont éliminés par des avortements spontanés. Dans la
situation ci-dessus le risque théorique de développement d’un enfant avec le phénotype du syndrome
de Down (causé par la trisomie 21) est de 33 %. Le risque réel est plus faible, parce que certains
embryons avec trisomie 21 sont éliminés par avortement spontané. Le risque d’un porteur de
translocation Robertsonienne d’avoir un enfant avec le syndrome de Down dépend du sexe du
porteur. Pour les femmes le risque est de 10 %, tandis que chez les hommes le risque est de 1-3 %,
généralement parce que l’anomalie bloque la spermatogenèse.
Chromosomes
normales

Fragments perdues

Porteur d’une
translocation équilibrée

Gamètes

Effet Normal Porteur Syndrome Fausse couches


sain de Down

Figure VII.25. Les effets reproductifs d’une translocation Robertsonienne, rob(14q21q)


Une situation particulière existe pour les porteurs d’une translocation robertsonienne entre
chromosomes homologues. Par exemple, dans une translocation robertsonienne entre deux
chromosomes 21, le chromosome dérivé 21 migrera dans l’un des gamètes, qui aura une disomie
21, tandis que l’autre gamète résulté par la méiose aura une nullisomie 21. La fécondation de ces
gamètes avec un gamète normal déterminent deux types de zygotes : avec trisomie 21 ou avec
monosomie 21. L’embryon avec monosomie 21 n’est pas viable et sera éliminé par une fausse
couche. Ainsi, un porteur de translocation Robertsonienne entre deux chromosomes 21 peut avoir
seulement des enfants anormaux avec trisomie 21. Ce cas c’est l’une des rares situations où le
risque de récidive d’une maladie génétique est de 100 %.
VII.3.3.3.2. Les conséquences des anomalies chromosomiques déséquilibrées
Les anomalies chromosomiques déséquilibrées, caractérisées par un changement dans le
montant total du matériel génétique, provoquent une anomalie de dosage génique qui induit des
changements phénotypiques, avec l’apparition d’un syndrome chromosomique. Il est considéré
que toutes les monosomies partielles (due à la perte du matériel génétique - délétion) qui dépassent
2 % du matériel génétique d’un set haploïde des chromosomes sont létales. L’effet phénotypique
est plus important si la monosomie partielle est associée à une trisomie partielle d’un autre
segment de chromosome. D’autre part, une trisomie partielle est mortelle si elle est supérieure à 4
% du matériel génétique d’un set haploïde de chromosomes.
Les anomalies chromosomiques structurelles déséquilibrées déterminent un déséquilibre
quantitatif de matériel génétique (plus ou moins) qui se manifeste phénotypiquement similaire aux
Variabilité génétique 125
anomalies numériques. Quel que soit le chromosome affecté, toutes les anomalies
chromosomiques déséquilibrées viables ont des traits communs:
ƒ des troubles de la croissance et du développement pré- et postnatal;
ƒ un syndrome plurimalformatif, spécifique à chaque anomalie;
ƒ un retard psycho-moteur;
ƒ des troubles de la reproduction, manifestés par l’infertilité, des fausses couches à répétition ou
la naissance des enfants morts ou vivants malformés.
VII.3.4. LES MUTATIONS DES GÈNES NUCLEAIRES
Les mutations géniques sont des changements dans la séquence nucléotidique d’une
molécule d’ADN, qui peuvent affecter à partir d’une seule paire de bases azotées jusqu’à quelques
milliers de paires de bases azotées, mais dont la taille est inférieure à la limite de la résolution des
techniques de la cytogénétique classique.
VII.3.4.1. L’origine des mutations du gène
Les mutations géniques peuvent être la conséquence de deux types de événements : les
erreurs de réplication de l’ADN et les erreurs dans la réparation des lésions de l’ADN.
VII.3.4.1.1. Les erreurs de réplication de l’ADN
Au cours de la réplication de l’ADN se produisent des erreurs d’association des bases azotées,
des erreurs d’excision des bases azotées mal positionnées ou des ruptures de l’ADN répliqué.
Au cours de la réplication, l’ADN polymérase assure la synthèse d’un nouveau brin de
l’ADN avec une grande précision afin qu’il y a une seule erreur d’association à 10 millions des
paires des bases azotées. Toutefois, si ce taux de mutation serait vrai, le nombre des mutations des
gènes généré lors de chaque mitose serait énorme, ce qui conduirait à l’extinction d’espèce.
Heureusement, le corps a un mécanisme d’auto-protection qui reconnaît et élimine les erreurs. Le
mécanisme est réalisé par l’action des enzymes qui reconnaissent les bases azotées mal positionné
sur le nouveau brin, l’excisent en coupant le brin d’ADN, la remplacent par la base correcte et
ressoudent l’ADN. En raison de ce mécanisme le taux de mutation est inférieure à 10-10 par paire
de bases azotées par division. Étant donné que le génome humain contient seulement 6x109 paires
de bases, il est clair qu’un tel type des mutation n’apparaît pas à chaque division cellulaire.
VII.3.4.1.2. Les erreurs de réparation des lésions de l’ADN
Les mutations géniques peuvent être la conséquence de l’action de facteurs environnementaux,
tels que les rayonnements ionisants (X, γ) les rayons ultraviolets ou certains produits chimiques
(naturels ou synthétiques). En outre, au niveau des brins d’ADN peuvent se produire spontanément
des réactions chimiques (dépurination, déméthylation, désamination etc.) qui modifie les bases
azotées. Ces changements dans la structure de l’ADN ne peuvent pas être reconnus par les
mécanismes correcteurs et deviennent des mutations permanentes, qui sont transmises dans la
succession des générations cellulaires (si elles se produisent dans les tissus somatiques) ou dans la
succession des générations des organismes (quand elles affectent la ligne germinale).
VI.3.4.2. Les mécanismes de production et les effets des mutations du gène
Les mutations géniques peuvent être regroupées en trois grandes catégories : des substitutions
nucléotidiques (mutations ponctuelles) des délétions/insertions et des mutations dynamiques.
Les effets des mutations du gène dépendent de nombreux facteurs. Un facteur est la taille des
fragments du gène. Ainsi, le plus souvent les délétions ou les insertions ont des effets
phénotypiques plus importants que les substitutions. Toutefois, l’émergence d’une substitution
dans un site essentiel du gène peut avoir des importants effets phénotypiques. Un exemple est la
126 Notions de base de la génétique humaine
mutation GAG→GTG au niveau du codon 6 du gène de β-globine qui provoque drépanocytose par
un changement mineur dans la chaîne β d’hémoglobine (la valine en remplaçant l’acide
glutamique en position 6 de la séquence des acides aminés de la chaîne protéique).
Un autre facteur influençant l’effet d’une mutation est la région ou se produit la mutation du
gène. Ainsi, les mutations dans les exons ou celles produits dans les régions de régulation ont des
effets phénotypiques plus importantes que celles qui se produisent dans les introns.
VII.3.4.2.1. Les substitutions géniques
Les substitutions géniques sont des mutations ponctuelles, car elles changent un seul bases
azotée au niveau d’un seul codon et modifient un seul acide aminé dans la structure de la protéine
codifiée par ce gène. Les mutations ponctuelles ont été détectées dans la plupart des maladies
humaines et représentent environ la moitié des mutations géniques. Par exemple, dans les
hémoglobinopathies, presque toutes les mutations sont de type substitution.
L’effet des substitutions sur le phénotype dépend de la région dans laquelle s’est produit la
mutation du gène (figure VII.26.).
SUBSTITUTIONS

CODON SENS CODON STOP

CODON SENS SYNONIME


Aucun effet phénotypique CODON STOP
Aucun effet phénotypique

AUTRE CODON SENS


L'apparition d'une protéine qui contient un autre
acide aminé
CODON SENS
La formation d’une protéine plus longue
CODON STOP
La formation d’une protéine plus courte

Figure VII.26. Types des mutations dans exons


Les mutations des exons peuvent intéresser un codon sens ou un codon stop. Les mutations
des codons sens peuvent avoir 3 effets : l’apparition d’un codon sens synonyme, l’apparition d’un
autre codon sens et la transformation d’un codon sens en un codon stop.
Parce que le code génétique est dégénéré 66, à plusieurs fois par la mutation d’un codon sens
apparaît un codon sens synonyme qui codifie le même acide aminé. Par exemple, une substitution
de type UUU→UUC ou UUA→UUG n’a aucun effet phénotypique, parce que dans le premier cas
les deux codons signifient la phénylalanine, alors que dans le dernier cas les deux codons codifient
la leucine. Les mutations ponctuelles peuvent changer un codon en transformant dans un autre
codon qui signifie un autre acide aminé – missens mutation. L’effet d’une telle mutation dépend
de l’importance fonctionnelle de l’acide aminé changé. Ainsi, les mutations qui affectent les acides
aminés situés au niveau des sites fonctionnels (de fixation pour autres protéines ou de formation
des liens entre chaînes) sont très graves, un exemple étant la drépanocytose. D’autre part, la
substitution d’un codon pour un acide aminé situé à l’extérieur des sites fonctionnels (en
66
Voir le chapitre L’expression de l’information génétique
Variabilité génétique 127
particulier lorsque le nouveau acide aminé a une structure similaire à celui remplacé) peut avoir un
effet minime ou même aucun effet sur la fonction des protéines. La transformation d’un codon
sens en un codon stop - mutation non-sens – cause la fin prématurée de la traduction, ce qui
conduit à la synthèse d’une protéine plus courte, généralement instable ou anormale, de sorte que
les effets phénotypiques sont particulièrement graves.
Les mutations des codons stop peuvent conduire à un autre codon stop ou de le remplacer par
un codon sens. La formation d’un codon stop synonyme (par exemple TGA→TAA) n’a aucun effet
phénotypique, parce que la synthèse des protéines sera normale. La transformation d’un codon stop
dans un codon sens détermine la synthèse des protéines plus longues (aussi instable), car
l’information génétique va continuer à lire jusqu’au codon stop suivant.
Les mutations dans introns n’ont souvent pas de effets phénotypiques, parce que la
séquence nucléotidique des introns n’est pas traduite. Les exceptions sont les mutations qui
affectent les balises de signalisation GT et AG, situées aux deux extrémités des introns, qui
induisent la disparition de l’intron ou la formation d’un nouveau intron (figure VII.27.).
GT AG GT AG

Exon 1 Intron 1 Exon 2 Intron 2 Exon 3

GC AG GT AG

Exon 1’ (exon 1 + intron 1 + exon 2) Intron 2 Exon 3

Mutation dans la séquence dinucléotidique GT

GT AT GT AG

Exon 1 Intron 1’ (intron 1 + exon 2 + intron 2) Exon 3

Mutation dans la séquence dinucléotidique AG


Figure VII.27. L’effet des mutations dans les balises de signalisation situés aux extrémités
des introns
Les mutations dans la région de régulation peuvent avoir des effets très graves lorsqu’elles
changent des sites essentiels pour réglementer l’activité des gènes. Les changement des séquences
tetranucléeotidiques : TATA et CAAT, de la région promotrice des gènes spécifiques de tissus,
peuvent provoquer le blocage de la transcription des gènes en empêchant l’action de l’ARN
polymérase II ou la fixation des facteurs de transcription. La substitution dans le site de la
spécificité tissulaire peut entraîner une activation anormale d’un gène dans un autre tissu ou le
blocage d’activation du gène dans le tissu normal. Les changements dans le site de modulation de
l’activité des gènes peuvent conduire à une activation ou à une inhibition génique67.
Dans certains gènes ont été identifiés des « points chauds » (“hot spots”), généralement
situés dans les « îles » dinucléotidiques 5’-CG-3’ (CpG). Les mutations de ces « îles » sont
impliquées dans nombreuses maladies humaines. Ce phénomène est causé par la méthylation de la
cytosine quand il est situé dans le voisinage d’une guanine, pour former méthyl-cytosine, qui est
converti en thymine par une désamination spontanée. Ainsi les doublets CG constituent des

67
Voir le chapitre Le gène - unité de structure, de fonction et de mutation
128 Notions de base de la génétique humaine
« points chauds » des gènes. Ce type de mutation est d’environ 30 % des toutes les substitutions et
leur fréquence est d’environ 25 fois supérieure à celles des autres mutations géniques.
VII.3.4.2.2. Les délétions et insertions géniques
Les délétions géniques sont caractérisées par la perte des fragments des gènes, alors que les
insertions géniques sont caractérisées par l’introduction d’un ou plusieurs nouveaux nucléotides.
La plupart des délétions et insertions géniques ne concernent que quelques paires de bases
azotées, de sorte qu’elles peuvent être détectées que par des techniques d’analyse moléculaire
basées sur le séquençage nucléotidique. Lorsque le fragment de gène modifié est plus grand,
contenant des centaines ou des milliers de paires de base, résulte des gènes mutants qui peut être
détectés par PCR ou Southern Blott 68. Rarement, les délétions ou les insertions dépassent trois
millions de paires de bases azotées, rendant la détection possible par le marquage chromosomique
de haute résolution. Dans ce dernier cas, le plus souvent sont affectés plusieurs gènes voisins, ce
qui entraîne un syndrome de gènes contigus 69.
Les petites délétions et insertions ont des effets graves, surtout lorsque se produisent dans le
cadre de la lecture. Cette mutation a été identifiée dans environ un quart des maladies
monogéniques de l’homme. Quand le nombre des nucléotides modifiés est un multiple de trois, se
produit la perte ou l’introduction d’un ou plusieurs codons, mais le reste de la séquence
nucléotidique et, implicitement, de l’acide aminé est normale. Dans tels cas, les effets
phénotypiques peuvent être mineures, surtout quand il y a la modification vise un petit nombre de
codons. D’autre part, quand la délétion ou l’insertion provoque une modification d’un certain nombre
de paires de bases, qui n’est pas un multiple de trois, se produit un changement de la séquence du gène
de ce niveau jusqu’à la fin du cadre de lecture. Ces mutations sont appelées mutations par le décalage
du cadre de lecture (frameshift mutations). L’effet phénotypique est particulièrement grave parce que
sera synthétisés une protéine anormale (figure VII.28.).

AAG AGT ATC ACT AAG


liz ser ileu thr liz

Insertion “G” Délétion “GT”

AAG AGG TAT CAC AAG AAT CAC TAA


liz glu tir liz liz ser liz stop

Figure VII.28. L’effet d’une délétion / insertion de type frameshift sur la séquence du gène
la flèche indique le niveau auquel s’est produite la mutation
Les grandes délétions et insertions ne sont pas très fréquentes et représentent seulement 6 %
des mutations du gène, mais elles ont été identifiées dans la plupart des maladies monogéniques.
La fréquence de ces mutations est différente dans différentes maladies. Ainsi, dans la dystrophie
musculaire Duchenne, la délétion du gène de la dystrophine a été détectée dans plus de 60 % des
cas, une situation similaire étant observée pour les mutations du gène de α-globine. Pour des autres
gènes, tels que le gène de la β-globine, les délétions géniques sont extrêmement rares. L’apparition
de grandes délétions ou insertions est le résultat d’un crossing-over inégal au cours de la méiose
I 70 ou d’un échange inégal entre les chromatides sœurs pendant la mitose. Ces échanges inégaux
sont relativement fréquents dans les familles de gènes, étant favorisés par les similitudes
68
Voir le chapitre La technologie de l’ADN recombinant
69
Voir le chapitre Les maladies chromosomiques
70
Voir le chapitre Le gène - unité de structure, de fonction et de mutation
Variabilité génétique 129
structurelles des séquences de nucléotides de ces gènes. Ce type de mécanisme a été identifié dans
les mutations du gène de l’α-globine ou des pigments de la vue en couleurs.
VII.3.4.2.3. Les mutations dynamiques
Un type particulier de mutation a été identifié au cours des 20 dernières années. Ces
mutations sont caractérisées par une amplification lors de la méiose (généralement en ovogénése)
des répétitions trinucléotidiques situées dans des gènes différents. Ces séquences ont été dépistées
dans le cadre de lecture du gène ou dans les régions non traduites.
L’augmentation du nombre des répétitions d’une séquence trinucléotidique situé dans un
exon conduira à la synthèse d’une protéine avec une séquence des acides aminés inhabituels. Une
telle situation se produit dans la maladie de Huntington, dans lequelle la répétition trinucléotidique
CAG est située dans l’un des exons du gène d’huntingtine (l’encadré VII.4.).
L’encadré VII.4. La maladie de Huntington
Incidence 1/8.000 – 1/20.000 nouveaux-nés
Type de transmission - autosomique dominant
Génétique – la mutation du gène d’huntingtine, situé 4p16.3, est caractérisée par une amplification de séquence
trinucléotidique CAG, présentée dans le premier exon du gène. Normalement, il y a 21 répétitions CAG et l’huntingtine
contient à ce niveau une séquence de glutamine. Au cours de la spermatogenèse par un mauvais alignement des séquences
peut se produire une augmentation des répétitions CAG jusqu’à 40-100, qui détermine l’apparition de la maladie chez les
descendants.
Pathogénie - Quand l’amplification dépasse 40 répétitions, l’huntingtine contient trop de glutamine, qui affecte la fonction de
protéine. La maladie est marquée par l’anticipation, caractérisée par l’apparition précoce et une gravité accentuée de la maladie
aux descendants affectés d’un individu malade. Cela est corrélée avec l’augmentation du nombre de répétitions CAG au cours de
la spermatogenèse. L’huntingtine anormale provoque une dégénérescence précoce des noyaux gris centraux.
Diagnostic clinique - est basé par le dépistage vers l’âge de 40 ans des symptômes neurologiques caractérisés par : une
perte progressive du contrôle de mouvements musculaires (l’apparition des mouvements saccadés, incontrôlés) troubles de
la parole, les changements de comportements et finalement la perte de la fonction cognitive avec l’installation de la
démence et exitus.
Diagnostic presymptomatique – le dépistage par PCR du nombre de répétitions CAG chez les descendants d’une personne
atteinte ;
Pronostic - mauvais, décès survenant 10-20 ans après le début.
Traitement - il n’y a pas de traitement spécifique.

Lorsque la séquence trinucléotidique amplifiée est présente dans une zone transcrite, mais
non traduite d’un gène, l’augmentation du nombre de répétitions change la séquence nucléotidique
de l’ARNm précurseur, ce qui conduit à l’émergence des molécules instables. Une telle mutation
se produit dans le syndrome du X fragile, caractérisée par l’amplification de la séquence
trinucléotidique CGG, située dans la région non traduite 5’ du gène FMR1 (l’encadré VII.5.).
VII.3.4.2.4. Les effets des mutations géniques nucléares
L’effet de la mutation du gène sur la fonction de la protéine codifiée par le gène affecté est
présenté dans la figure VII.31. et le tableau VII.5.
VII.3.5. LES MUTATIONS MITOCHONDRIALES
Les mutations géniques mitochondriales ont un certain nombre des caractéristiques
différentes de celles du génome nucléaire :
ƒ le taux des mutations mitochondriales est 10 fois plus élevé que celui des mutations nucléaires
(il n’y a pas des mécanismes d’auto-correction) ;
ƒ parce que chaque cellule a plusieurs centaines de mitochondries et chaque organite contient 2-10
molécules d’ADN mitochondrial, il y a une forte probabilité que l’un de ces molécules présentera
une mutation, aspect caractéristique à l’hétéroplasmie (variabilité mitochondriale) ;
130 Notions de base de la génétique humaine
L’encadré VII.5. Le syndrome du X fragil
Incidence - 1/4.000 garçons.
Type de transmission - récessive liée au chromosome X.
Génétique – l’amplification de séquence CGG de la région 5’ non traduite du gène FMR1, situé Xq27.3. Normalement, il y
a < 50 répétitions CGG. En ovogénése, le nombre des répétitions CGG augmente par un alignement erronée des séquences.
Quand le nombre dépasse 230 la maladie apparaît aux descendants.
Pathogénie – les personnes qui ont 50-230 répétitions, présente une prémutation et ont un risque accru d’avoir des enfants
anormaux. Après avoir passé le seuil de 230 répétitions se produit la méthylation de cytosine, avec la perte de la fonction de
gène en modifiant la réplication et la condensation de la chromatine avec l’apparition du site fragile, mis en évidence par
l’analyse cytogénétique (figure VII.29.).
Diagnostic clinique – chez les hommes adultes - dysmorphie faciale (visage allongé avec prognathisme et de grandes
oreilles) grands testicules, retard mental modéré, troubles du comportement (figure VII.30.). Chez les enfants la maladie est
suggérée par l’apparition d’un retard de langage, d’hyperactivité et déficit de l’attention (comportement de type autistique)
Diagnostic paraclinique - le dépistage par PCR du nombre de répétitions CGG chez les descendants d’une personne
atteinte et le dépistage par des techniques cytogénétiques du site fragil localisé Xq27.3.
Pronostic - moyenne retard mental.
Traitement - il n’y a pas de traitement spécifique.

Figure VII.29. Exemple d’un site fragile sur le


chromosome X

Figure VII.30. Phénotype de syndrome de X fragile


Variabilité génétique 131

MUTATION GÉNIQUE

MUTATION DANS LA RÉGION MUTATION DANS LA RÉGION


CODANTE RÉGULATRICE

PROTEINE ANORMALE PROTEINE NORMALE

La diminution de la quantité de
protéine si elle est instable

Faible quantité

MÉCANISME PATHOGÉNIQUE
Augmentant la quantité

PERTE DE FONCTION
(le plus courant)

GAIN DE FONCTION
(rarement)

DES NOUVELLES PROPRIÉTÉS


(rarement)

Figure VII.31. L’effet de la mutation génique sur la fonction de la protéine codifiée par
le gène affecté
Tableau VII.5. L’effet du type et de l’emplacement de mutation sur la fonction des gènes
Le type et l’emplacement de L’effet sur la fonction Commentaires
mutation de gène
Mutation extragénique Aucun effet Rarement peut provoquer l’inactivation des facteurs qui
régulent la fonction des gènes
Délétion multigénique La disparition de la Associés à des syndromes de gènes contigus
fonction
Délétion génique La disparition de la
fonction
Duplication génique Il peut produire des Par exemple, la duplication du gène CMT1A cause la
effets en modifiant le maladie de Charcot-Marie-Tooth
dosage génique
Délétion exonique La disparition ou la Change le cadre de lecture avec l’apparition des
modification de la protéines instables
fonction
132 Notions de base de la génétique humaine
Le type et l’emplacement de L’effet sur la fonction Commentaires
mutation de gène
Mutations exoniques La disparition de la La perte/modification des acides aminés clés, le décalage
fonction du cadre de lecture ou la transformation d’un codon sens
en un codon stop, l’amplification d’une répétition
trinucléotidique
La modification de la Les substitutions qui ne se conservens pas
fonction
Aucun effet La transformation d’un codon sens (codon stop) dans un
codon synonyme
La mutation d’un codon stop La modification de la Protéines plus longues
fonction
Délétion d’un intron Aucun effet
Mutations des séquences La disparition ou la L’apparition des exons plus longs ou la disparition des
dinucléotidiques situées aux les modification de la exons
extrémités des introns fonction
Autre mutations introniques Aucun effet
Mutations dans la région La disparition ou la Ils altèrent l’expression génique. La délétion complète
promotrice modification de l’effet dètermine la disparition de la fonction
Mutation de la queue La disparition ou la Ils altèrent l’expression génique. La délétion complète
polyadenilique modification de l’effet dètermine la disparition de la fonction
ƒ les mutations mitochondriales ne sont pas transmises conformes aux lois de Mendel, il y a une
transmission matriliniaire (de la mère affectée à tous ses enfants, indépendamment de leur
sexe)qui est la conséquence du fait que lors de la fécondation, le cytoplasme du zygote est
apporté par l’oeuf et donc la totalité du génome mitochondrial provient de la mère ;
ƒ l’effet de la mutation dépend du nombre des molécules d’ADN mutant, de sorte que les maladies
mitochondriales sont caractérisées par faible pénétration, expressivité variable et pléiotropie ;
ƒ dans l’amplification de l’ADN mitochondrial au cours de l’ovogénése 71 il y a une sélection
contre les mutations et sont conservés prédominant les organites qui ne contient pas la
mutation, un phénomène appelé «rétrécissement génétique» (genetic bottleneck).
VII.4. LA VARIABILITÉ DE LA POPULATION
Les études génétiques ont montrées que les mutations et les maladies ont des différentes
fréquencec dans différentes populations et que la connaissance de ces fréquences est utile pour le
diagnostic clinique et le conseil génétique.
La génétique des populations étude la répartition des gènes dans population et la façon dont
les fréquences des gènes et des génotypes sont maintenues ou modifiées. La génétique des
populations se réfère tant à des facteurs génétiques, telles que mutations, ainsi que’à des facteurs
sociaux et environnementaux (sélection et migration) qui déterminent la fréquence et la distribution
des maladies génétiques dans des familles et des communautés.
Les premiers hommes ont apparus en Afrique il y a 1,5 millions années et se sont répandues
partout dans le monde, dans des vagues successives de migration. Ainsi, sont formés des
communautés humaines géographiquement et génétiquement isolées, formant des groupes
ethniques avec des fréquences de gènes spécifiques. La sélection des mutations favorables et la
préservation des mutations neutres ou défavorables, avec un certain degré d’isolement
reproductive, ont généré des différences génétiques entre populations. Ainsi, l’espèce humaine
peut être divisée en trois groupes de population - les Blancs, les Noirs et les Asiatiques – qui

71
Chaque œuf contient environ 100.000 mitochondries, beaucoup plus que dans des autres cellules somatiques, qui ne
contiennent que quelques centaines de mitochondries
Variabilité génétique 133
formes plusieurs groupes ethniques. Les groupes et les sous-groupes de population diffèrent les
uns des autres par la présence des alléles spécifiques et par les différentes fréquences de ces gènes.
La population est un groupe (communauté) des personnes qui ont le même patrimoine
génétique, vivent et se reproduisent dans le même habitat, d’une manière hasardeuse (panmictique)
sans sélection du sexe opposé. La population biologique est unité de reproduction panmictique et
d’évolution. Chaque organisme reçoit de ces parents des gènes spécifiques à la population laquelle
ils appartiennent. Tous les gènes d’une population représèntent le « pool » de gènes. Dans la
population, les gènes forment des combinaisons, qui interagissent en établissant des relations
alléliques et non-alléliques, qui doivent être intégrées dans un ensemble. L’appariement fortuit des
individus de la population produit un échange continu de gènes, déterminé par la recombinaison et
la ségrégation méiotique et ainsi sont génèrées une perpétuelle hétérozygotie aux descendants et
une forte variabilité génétique de la population.
L’étude de la fréquence des gènes et les proportions relatives des différents génotypes dans la
population sont utiles pour :
• la définition de la structure génétique de la population, basée sur des fréquences spécifiques des
gènes et des maladies génétiques ;
• le conseil génétique, car la connaissance de la fréquence des différents génotypes dans la
population permet d’établir l’incidence des hétérozygotes (Na) en bonne santé et le calcul du
risque des enfants affectés (aa) dans la descendance ;
• d’évaluer la rentabilité des programmes de dépistage génétique.
Les fréquences génotypiques et alléliques dépendent du type de mariage, la taille et la
distribution de la population, des mutations, des migrations et de sélection.
Pour une population en équilibre ou les appariements sont aléatoires, le calcul des fréquences
alléliques, à partir des fréquences génotypiques, est fait en utilisant la loi de Hardy – Weinberg.
Cette loi affirme que : dans une population panmictique à l’équilibre (où les mariages se font au
hasard), non-influencé par la migration, la sélection et les mutations, dans le cas d’un locus qui
peut être occupé par deux allèles X et Y, la fréquence des allèles (p et q) et des génotypes XX, XY et
YY (p2, 2pq et q2) reste constante dans la succession des générations. L’équilibre génique postulé
par la loi de Hardy - Weinberg, exige des conditions spéciales, rarement rencontrés dans les
populations humaines. Toutefois, le déplacement vers un équilibre stable génétique est possible. Les
facteurs qui modifient l’équilibre de Hardy - Weinberg sont : les mariages pas accidentels
(stratification, mariages assorties et consanguinité), les mutations, la sélection et la migration.
VII.4.1. LES MARIAGES PAS ACCIDENTELS
Dans la plupart des populations humaines, les mariages sont rarement au hasard. Ils sont
généralement orientés dans le sens que les membres d’une sous-population, définie en raison
raciale, ethnique ou religieuse, souvent se joindre à des autres membres de la même population.
C’est naturel, puisque de nombreuses populations sont stratifiquées, étant composées de plusieurs
sous-groupes avec un « profil génétique » caractéristique. Parfois, ils forment des vraies « isolées
», de petites populations ou les membres ne se marient pas en dehors du groupe. Dans chaque
sous-groupe, en raison de la stratification, certaines maladies sont plus fréquentes et des autres
sont rares. Par exemple, la maladie de Tay-Sachs est fréquente chez les Juifs ashkénazes, la
thalassémie autour de la Méditerranée, la drépanocytose chez les Noirs américains et la fibrose
kystique et la phénylcétonurie chez les Caucasiens.
L’équilibre de Hardy-Weinberg est modifiée aussi par l’appariement assortie, qui réside
dans le choix du partenaire en fonction de certains critères (la langue, l’intelligence, la taille, la
couleur, etc.). Habituellement, c’est positif, car les individus ont tendance de choisir un partenaire
134 Notions de base de la génétique humaine
similaire, mais influence négativement l’équilibre génique, par l’augmentation de la fréquence des
homozygotes.
Un aspect important est la tendance des personnes malades de se marier avec des partenaires
qui ont les mêmes problèmes de santé (par exemple la surdité, la cécité, le nanisme). Lorsque les
partenaires ont la même mutation, la fréquence du gène est modifié en augmentant la fréquence
des homozygotes anormales. Toutefois, le substrat est généralement représenté par des mutations
différentes (d’hétérogénéité génétique) et le risque d’un tel couple d’avoir des enfants affectés
n’est que légèrement plus élevé que dans la population générale.
Un mariage est considéré consanguin lorsque les deux membres ont au moins un ancêtre
commun, avant de remonter à la troisième génération (grand-père). Ils ont plus de gènes en commun
que des personnes non apparentées, conduisant à des possibilités accrues de réunion de deux
hétérozygotes pour le même gène et de l’amplification de la proportion des patients homozygotes
présentant des graves affections récessives, des maladies polygéniques/multifactorielles ou des
malformations congénitales. Le risque de naissance d’un enfant homozygote pour un allèle récessif
rare est proportionnel au degré de parenté. Dans le cas des mariages consanguins, c’est important
d’établir le coefficient de parenté (R) et le coefficient de consanguinité (F).
Le coefficient de parenté est calculé selon la formule :
(n1 + n2 +1)
⎛1⎞
R=⎜ ⎟
⎝2⎠
ou:
- R – coefficient de parenté;
- n1 – le nombre des générations entre un membre de couple consanguin et l’ancêtre
commun;
- n2 – le nombre des générations entre l’autre membre de couple consanguin et
l’ancêtre commun.
le coefficient de consanguinité est calculé selon la formule:
1
F = 2× R×
4
ou:
- F – coefficient de consanguinité;
- R – coefficient de parenté.
Le coefficient de consanguinité d’un enfant issu d’un mariage consanguin représente la
probabilité de ce enfant d’hériter de deux géniteurs le même allèle, qui provient de l’ancêtre
commun. Les coefficients de consanguinité pour différents types de mariages consanguins sont
présentés dans le tableau VII.6.
En général, les maladies récessives, qui sont identifiées chez les descendants des mariages
consanguins, sont très rares, habituellement présentée que dans cette famille.
VII.4.2. LES PETITES POPULATIONS
Un isolé génétique apparaît quand un petit groupe de population se sépare physiquement
et/ou socialement du reste de la population pour des raisons géographiques, religieuses ou
politiques. Dans de petites populations peut se produire un dérive génétique aléatoire
(l’augmentation ou l’exclusion d’une mutation en rapport avec le nombre des enfants d’un porteur
de mutation ou d’un individu en bone santé).
Une autre explication, pour l’incidence élevée des maladies génétiques dans certaines
populations, est l’effet de fondateur. Dans un sous-groupe de population, si les membres
Variabilité génétique 135
fondateurs ont une rare gène récessif mutant, par les appariements apparaissent fréquemment des
homozygotes et une augmentation de l’incidence de la maladie causée par le gène mutant. Tels
exemples sont: la fréquence élevée de la maladie de Huntington autour de lac Maracaibo au
Venezuela, de la tyrosinémie dans la région française du Canada ou de la porphyrie variegata en
Afrique du Sud.
Tableau VII.6. Les coefficients de parenté et de consanguinité dans des différents mariages
Type de mariage La proportion des allèles communs (coefficient de parenté) F (coefficient de consanguinité)
Père - enfant 1/2 1/4
Frère - soeur 1/2 1/4
Demi-frères 1/4 1/8
Oncle - nièce 1/4 1/8
Tante - neveu
Cousins – degré I 1/8 1/16
Cousins – degré II 1/32 1/64
Cousins – degré III 1/128 1/256
Une action combinée de la dérive génétique et d’effet de fondateur a été enregistrée en
Finlande, où la population a été isolées longtemps génétiquement, géographiquement,
linguistiquement et culturellement. À ce phénomène a été ajouté le boom démographique des
dernières décennies. Ces facteurs ont conduit en Finlande à une augmentation de la fréquence
d’environ 20 maladies génétiques, rares dans des autres parties du monde.
VII.4.3. LES MUTATIONS ET LA VARIABILITÉ DE LA POPULATION
Les mutations favorables ont joué un rôle important dans l’évolution biologique, aboutissant
à l’apparition de l’homme et son développement. Mais, les nouvelles mutations sont fréquemment
défavorables et ont la tendance à déséquilibrer l’équilibre du gène en population. L’ampleur de
l’effet négatif d’une mutation peut être évaluée par ses effets sur la capacité biologique de la survie
et de la reproduction (fitness). Elle est le principal facteur qui détermine si un gène mutant
disparaît immédiatement, survit quelques générations ou devient un allèle dominant.
Une mutation peut être mortelle quand elle n’est pas transmise à la génération suivante, car
elle affecte la survie ou la reproduction (stérilité). Par exemple, l’ostéogenèse imparfaite de type 2
ne peut être transmise à la progéniture, parce que détermine le décès néonatale et ainsi la maladie
est sporadique. Les mutations peuvent être sous-létales, en réduisant le taux de la reproduction,
comme dans l’achondroplasie, où l’indice de fertilité des patients est de 0,20.
Les mutations se produisent constamment et leurs effets indésirables déterminent le fardeau
génétique de la population, représenté par la réduction de la capacité de reproduction des porteurs
des mutations. L’effet négatif d’une mutation est influencé et équilibré par sélection. Ainsi, le
maintien d’une fréquence constante du gène est obtenue par des nouvelles mutations, qui
remplacent les gènes anormaux perdu par la mort ou la stérilité.
Pour la plupart des gènes humains le taux de mutation est relativement faible, de l’ordre de 10-6
par locus/gamète/génération. Une exception à cette règle est la maladie de Duchenne où le taux de
mutation dans le gène de dystrophine est de l’ordre de 10-4. Ce phénomène peut être expliqué par la
grande taille du gène (>2.000Kb) qui détermine la vulnérabilité aux agents mutagènes.
VII.4.4. LA SELECTION
La sélection est l’action des facteurs environnementaux sur un génotype particulier. Les
génotypes défavorables sont sélectionnés négativement (supprimés) et contribuent avec peu de
gènes au fond de la prochaine génération. En revanche, les génotypes favorables sont sélectionnés
136 Notions de base de la génétique humaine
positivement (maintenu) et contribuent avec un grand nombre de gènes à la génération suivante.
La sélection réduit ou augmente la capacité de survie et de reproduction des individus.
Les mutations produites dans les régions non-codantes des gènes ou dans les segments
intergéniques sont neutres en termes de leur effet phénotypique et non soumis à la sélection. En
revanche, les mutations avec des effets négatifs sont certainement soumis à une sélection, qui est
parfois très efficace. Théoriquement, il existe quatre modes d’action de la sélection naturelle.
La sélection contre les mutations autosomiques dominantes agit d’une telle manière que le
gène mutant est directement soumis à la sélection, parce qu’elle se manifeste phénotypiquement
aux hétérozygotes et homozygotes. La sélection agit rapidement et la transmission de la mutation
aux prochaines générations dépend de la capacité de survie et de reproduction des individus
porteurs de la mutation.
La sélection contre les mutations récessives défavorables est moins efficace et très lente, car
seule une petite proportion de ces gènes sont manifestes (aux homozygotes aa). Dans la plupart des
cas, le gène est présente chez les hétérozygotes qui ont un indice de fécondité normale, mais elle est
non-manifesté. Pour les mutations récessives des gènes situés sur le chromosome X, la sélection agit
contre les hommes hémizygotes XaY.
La sélection contre les hétérozygotes est rarement présente. Par exemple, chez les femmes
Rh négatif (dd) apparaît une telle sélection contre les fœtus Rh positif – hétérozygotes (Dd) - qui
développent la maladie hémolytique du nouveau-né.
La sélection pour les hétérozygotes apparaît dans des maladies ou ces gens ont un avantage
sélectif en rapport avec les deux types de homozygotes. Dans ces conditions, il y a une
augmentation de la fréquence du gène anormal, même si la mutation réduite intensément la survie
et la reproduction des homozygotes récessifs (aa). L’exemple classique est l’avantage des
hétérozygotes pour drépanocytose qui sont résistants à la malaria. Dans les régions où le
paludisme est endémique (le bassin méditerranéen, l’Asie du Sud-Est) les homozygotes normales
(NN) sont vulnérables aux parasites et ont une fécondité réduite par rapport aux hétérozygotes, qui
ne permettent pas le développement des parasites dans leurs globules rouges. Par conséquent, dans
ces régions, la fréquence du gène mutant pour l’HbS a été augmentée au fil du temps. La
protection contre le paludisme aux hétérozygotes est une explication plausible pour l’augmentation
de la fréquence des autres gènes mutants dont leurs produits modifient la fonction des érythrocytes
: l’hémoblobinopathie C, la thalassémie, la déficience en glucose-6-phosphate déhydrogénase.
VII.4.5. LES MIGRAŢIONS ET LE FLUX GÉNIQUE
Les migrations d’un groupe ethnique d’une région géographique à l’autre et les mariages avec
les populations autochtones (avec une structure génétique différente) peuvent modifier la fréquence
des allèles dans les deux populations. Il produit le phénomène des flux de gènes, définie comme une
lente diffusion des gènes au-delà des barrières raciales. Le processus implique une population
nombreuse et un changement progressif de la fréquence des gènes. Ainsi, après l’immigration, le
fond génique de la population hôte s’enrichit.
La technologie de l’ADN recombinant 137

VIII. LA TECHNOLOGIE DE L’ADN RECOMBINANT


L’ingénierie génétique vise la séparation et la modification des gènes normaux ou mutants,
la synthèse in vitro des molécules d’ADN, la réinsertion des gènes dans les organismes vivants.
Les étapes de la synthèse d’ADN recombinant sont : la coupe de l’ADN, le transport, la
multiplication et la liaison des fragments obtenus.
L’isolement d’un gène qui codifie une protéine, par clonage, est une condition préalable
pour l’ingénierie des protéines. L’isolement du gène peut être fait par la fixation d’une sonde
d’ADN complémentaire ou par la détection des protéines synthétisées en utilisant des anticorps.
La découverte des enzymes de restriction en 1965, a permis l’isolement des gènes dans le
génome des différentes espèces et leur inclusion dans un organisme hôte, où ils sont amplifiés. Les
procédures pour ce type de manipulation définissent la technologie de l’ADN recombinant.
Concomitant avec l’isolement et le clonage des gènes a été mis au point une méthodologie
pour obtenir et combiner des molécules d’ADN des différentes espèces (ADN recombinant), ce
qui permet le déchiffrage de la structure/ fonction des gènes et de l’appliquer en médecine, la
biotechnologie, les produits pharmaceutiques, l’élevage, l’agriculture, etc.
L’identification des gènes dans la structure du génome humain est difficile, étant donné que
les séquences codantes représentent seulement 2,5 % et que le plus grand gène humain (le gène de
la dystrophine) a 2,5 Mb, ce qui ne représente que 0,08 % de l’ensemble du génome.
L’analyse des séquences spécifiques d’ADN est possible en appliquant deux types de
méthodes (figure VIII.1.) :
ƒ Le clonage de l’ADN – le fragment d’ADN, initialement isolé, est amplifié (in vitro ou in
vivo) afin d’obtenir une quantité suffisante de produit qui permet d’analyser la structure et la
fonction des gènes ;
ƒ L’hybridation moléculaire – assure l’identification de la position spécifique d’un fragment
d’ADN, basée sur la complémentarité entre la séquence nucléotidique de la sonde et le fragment
d’ADN.
VIII.1. PRINCIPES DE LA TECHNOLOGIE D’ADN -
RECOMBINANT
Le clonage moléculaire, basée sur la capacité de réplication et de division des cellules, ce
qui permet l’amplification d’un gène déjà isolé, représente le principe de la technologie de l’ADN
recombinant. Ceci peut être obtenu de grandes quantités d’ADN, correspondant à un gène
particulier ou aux séquences nucléotidiques.
Le terme d’ADN recombinant se réfère à des nouvelles combinaisons d’ADN entre une
séquence particulière d’ADN humain (ou des autres organismes supérieurs) et des molécules
d’ADN bactérien (ou des autres procaryotes) capables de se répliquer indéfiniment dans une
cellule hôte et d’exprimer l’information génétique qu’elles contiennent.
Pour obtenir des molécules d’ADN recombinant sont nécessaires les étapes suivantes :
ƒ la construction d’une molécule d’ADN recombinant par la fixation in vitro du fragment d’ADN
humain (ADN cible) à une séquence d’ADN capable de réplication autonome (réplicon) en
présence des enzymes de restriction, qui clivent spécifiquement les deux séquences d’ADN ;
ƒ l’intégration de ces gènes dans l’ADN des vecteurs capables d’introduire c’ADN dans des
cellules « d’accueil », où la molécule d’ADN recombinant se réplique indépendamment de
l’ADN de la cellule hôte dans le processus de transformation ;
138 Notions de base de la génétique humaine
ƒ la propagation sélective des clones des cellules contenant l’ADN recombinant ;
ƒ l’isolement sélectif de l’ADN ou de la protéine recombinante synthétisée sur la base de son
information génétique.
LE GÉNOME

Clonage d’ADN Méthodes d’étude des Détection spécifique


séquences d’ADN

Clonage in vivo Clonage in vitro Hybridation


de l’ADN de l’ADN (PCR) moléculaire

- L’obtention des - L’utilisation d’une ADN - L’utilisation des


cellules hôtes; polymérase thermostable; sondes marqués d’ADN
- Réplicons; - La synthèse des amorces ou d’ARN
- La fixation de l’ADN spécifiques - La détection des
au réplicon et le transfert fragments d’ADN qui
du complexe dans la est attaché à la preuve
cellule hôte
Figure VIII.1. Méthodes d’étude des séquences d’ADN complexe
VIII.2. L’OBTENTION DES GENES OU DES FRAGMENTS DE
GENE
Pour obtenir des séquences d’ADN, qui sont ensuite amplifiées dans une cellule hôte
peuvent être utilisés trois façons :
ƒ l’isolement de la séquence d’ADN génomique, en utilisant des enzymes de restriction ;
ƒ la formation des copies complémentaires (ADN complémentaire ou ADNc) à la base de
l’ARNm du gène correspondant, en utilisant une transcriptase inverse ;
ƒ la synthèse artificielle par polycondensation des nucléotides, après le décodage de la séquence
des nucléotides du gène ou après l’identification de la séquence des acides aminés de la protéine
codifiée par le gène.
VIII.2.1. LES ENZYMES DE RESTRICTION
Les enzymes de restriction sont des endonucléases qui ont la capacité de reconnaître des
séquences spécifiques d’ADN (des bactéries, des levures, des mammifères) et de diviser l’ADN au
niveau ou près du site de reconnaissance. Les enzymes de restriction sont présentées chez
nombreuses espèces de bactéries, ayant un rôle dans la défense des bactéries contre l’infection
virale. Le génome bactérien est protégé contre l’action de l’enzyme de restriction par la
méthylation de ses propres sites de clivage, de sorte que ces enzymes agissent uniquement sur les
séquences d’ADN exogène. Ils ont été identifiés plus de 300 différentes enzymes de restriction,
qui portent un nom dérivé du nom de la bactérie oû elles ont été isolées (tableau VIII.1., figure
VIII.2.). Les enzymes de restriction reconnaissent des séquences oligonucléotidiques spécifiques
de 4-8 pb, habituellement palindromiques - séquences caractérisées par le fait qu’elles sont
identiques sur les deux brins d’ADN, si elles sont lues en direction 5’→3’.
La technologie de l’ADN recombinant 139
Tableau VIII.1. Exemples des enzymes de restriction
Enzyme1 Bacterie La séquence spécifique 2
Alu I Artrobacter lutesu AGCT
Hae III Haemophilus aegyptus GGCC
Taq I Thermus aquaticus TCGA
Mn/I Moraxella nonliquefaciens CCTC/GAGG
Hind III Hemophilus influenzae Rd AAGCTT
EcoRI Escherichia coli R factor GAATTC
BamHI Bacillus amyloliquefaciens H GGATCC
PstI Providencia stuartii CTGCAG
MstI Microcoleus species CCTNAGG
1. Le nom indique: l’espèce et l’ordre de la découverte d’enzyme de restriction (par exemple EcoR I: Escherichia coli la
première restrictase découverte)
2. A – adenine, G – guanine, C – cytosine; T – timine; N – quel que soit le nucléotide

Enzyme de Site de restriction Fragmentes


restriction résultés

HaeIII1 5’---GG ≈ CC---3’ 5’ GG—CC 3’


3’---CC ≈ GG---5’ 3’ CC—GG 5’

MboI2 5’---GA ≈ TC---3’ 5’ GATC---3’


3’---CT ≈ AG---5’ 3’---CTAG 5’

BamHI3 5’---GGA ≈ TCC---3’ 5’GATCC—G 3’


3’---CCT ≈ AGG---5’ 3’G—CCTAG 5’

PstI4 5’---CTG ≈ CAG---3’ 5’ G—CTGCA 3’


3’---GAC ≈ GTC---5’ 3’ACGTC—G 5’

Figure VIII.2. Mode d’action des différents types des enzymes de restriction
1
des têtes droites; 2 de tête saillante 5’GATC;
3
de tête saillante 5’GATC; 4 de tête saillante 3’TGCA
Suite à l’action des enzymes de restriction sur le site spécifique de la molécule d’ADN peut
résulter des fragments avec des extrémités droites ou en saillie (en anglais - overhang). Pour la
technologie de l’ADN recombinant sont préférées les enzymes qui forment des fragments avec
extrémités saillantes parce que la séquence terminale du fragment est « collante », tendant à se
fixer en manière complémentaire aux séquences similaires.
Depuis les molécules d’ADN des différentes espèces sont soumises à l’action de la même
enzyme de restriction résultent des fragments d’ADN avec des extrémités similaires. En présence
d’une ADN ligase il y a possible l’hybridation entre les fragments d’ADN des différentes espèces,
en résultant des molécules d’ADN recombinant.
Sous l’action d’une certaine enzyme de restriction, la molécule d’ADN est clivée en un
nombre déterminé des fragments caractéristiques, ce qui reflète l’emplacement et la fréquence des
140 Notions de base de la génétique humaine
sites spécifiques de clivage. Les sites de restriction ne sont pas situés à égale distance, leur
emplacement dépendant de la composition en bases azotées de la région génomique. En raison
d’une taille inégale, les fragments peuvent être séparés par électrophorèse.
Les mutations peuvent modifier un site de restriction, qui ne sera plus reconnu par l’enzyme
ou de créer de nouveaux sites. Ces mutations s’accumulent au fil du temps, de sorte que le clivage
de la molécule d’ADN par la même enzyme produit des fragments d’ADN des différentes
longueurs aux différentes personnes, ce qui entraîne un polymorphisme de longueur des fragments
de restriction (RFLP Restriction Fragment Length Polymorphism) utilisé comme marqueur dans le
diagnostic des maladies génétiques.
VIII.2.2. ADN COMPLÉMENTAIRE (ADN-C)
La synthèse de l’ADN complémentaire (ADNc) au séquence d’une molécule d’ARNm
comporte les étapes suivantes :
ƒ l’isolement d’ARNm à partir des cellules ou le gène est exprimé ;
ƒ la synthèse d’un hybride, en fixant une séquence polytimidinique à l’extremité 3’ de l’ARNm,
qui fonctionera comme amorce pour la synthèse de l’ADNc;
ƒ partirant de la séquence de l’ARNm, en présence de la transcriptase inverse, est synthétisé un brin
d’ADNc, résultant un hybride ARNm-ADNc;
ƒ la destruction de l’ARNm résultant un seul brin d’ADN;
ƒ la synthèse d’une molécule d’ADNc avec une séquence identique à celle de la molécule d’ARNm
(figure VIII.3.).
ARNm AAA……….A
1

ARNm AAA……….A

T T T……….T
Figure VIII.3. Les étapes de la synthèse d’ADNc
2 1 la fixation d’une amorce polytimidinique qui est
complémentaire à la queue polyadenilique de la molécule
ARNm AAA……….A d’ARNm;
ADNc 2 la synthèse du brin d’ADNc en présence de la
T T T……….T transcriptase inverse, pour former un hybride ARNm-
3 ADNc;
3 La destruction de la chaîne d’ARNm;
ADNc T T T……….T 4 la synthèse d’ADNc double brin en présence de l’ADN
4
polymérase
ADNc T T T……….T

ADNc AAA……….A

Une caractéristique des molécules d’ADNc, c’est que leur séquence ne correspond qu’à des
exons du gène qui produit l’ARNm utilisé comme moule.
VIII.2.3. LA SYNTHESE DES MOLECULES D’ADN EN UTILISANT
DES NUCLEOTIDES ACTIVÉS
L’obtention des molécules d’ADN, en utilisant des nucléotides activés, est une méthode
laborieuse qui requiert des équipements techniques complexes et qui est applicable qu’à des séquences
des gènes connus. La méthode est utilisée seulement pour la synthèse des amorces nucléotidiques.
La technologie de l’ADN recombinant 141
VIII.3. LE CLONAGE MOLECULAIRE
Pour l’analyse des fragments d’ADN obtenus, soit en utilisant des enzymes de restriction,
soit par la méthode de l’ADNc, est nécessaire la multiplication de ces fragments en quantités
suffisantes. Cela est possible par un clonage qui est fait soit in vitro, soit in vivo. Le clonage in
vivo comporte deux étapes : l’introduction du fragment d’ADN dans un vecteur avec réplication
indépendante et l’insertion du vecteur dans un organisme hôte. Enfin, les cellules hôtes, portant le
vecteur, sont reconnues spécifiquement et le fragment d’ADN est extrait de ces cellules. Le
clonage in vitro est fait par la réaction de polymérisation en chaîne (polymerase chain reaction -
PCR) qui permet l’amplification automatique et sélectif des courtes séquences d’ADN ou d’ARN.
VIII.3.1. LE CLONAGE MOLECULAIRE IN VIVO
VIII.3.1.1. Les vecteurs
Après l’obtention d’un fragment d’ADN par la méthode de l’enzyme de restriction ou par la
synthèse de l’ADNc, ce fragment doit être multiplié en quantités suffisantes pour l’analyse. Pour
cela, les gènes sont insérés dans un vecteur et après introduits dans une cellule hôte.
Les vecteurs sont des molécules d’ADN, utilisée pour l’incorporation des séquences
d’ADN étranger dans une cellule hôte. Les vecteurs doivent avoir les caractéristiques suivantes :
ƒ avoir une réplication active et indépendante du génome de la cellule hôte ;
ƒ peut être facilement obtenus ;
ƒ présenter des sites uniques de clivage enzymatique, qui facilitent les recombinaisons ;
ƒ être petits pour permettre l’insertion des grands fragments d’ADN ;
ƒ perturber à minimum l’activité de la cellule hôte ;
ƒ ne présenter pas des mutations lors de l’amplification ;
ƒ posséder des qualités qui permettent la sélection de cellule ou est introduit.
Les principales utilisations des vecteurs sont :
ƒ le clonage et l’amplification des séquences d’ADN ;
ƒ l’introduction des gènes dans les cellules (transfection) ;
ƒ l’introduction des gènes chez les organismes supérieurs (animaux transgéniques) ;
ƒ étude des mécanismes de l’expression génique ;
ƒ la synthèse industrielle des protéines codifiées par les gènes.
Dans les techniques de clonage peuvent être utilisés quatre types de vecteurs, leur choix étant
en fonction de la longueur de l’ADN exogène inséré et le type d’ADN (génomique ou
complémentaire) (tableau VIII.2.).
Tableau VIII.2. Types des vecteurs
Vecteur Hôte Type d’ADN cloné La longeur du fragment inséré
Plasmides Bactéries, levures Génomique, ADNc 5-6 kb
Bactériophages λ Bactéries Génomique, ADNc 10-23 kb
Cosmides Bactéries Génomique 50 kb
Chromosomes Bactéries (BAC) Génomique 100-300 kb
artificiels Bactériophages P (PAC) 100-120 kb
Levures (YAC) 100-1000 kb
Les plasmides sont les vecteurs plus simples, étant composées de petites molécules
circulaires, double brin d’ADN d’environ 2-5 Kb, qui sont présentées chez les bactéries et ont une
réplication indépendante du chromosome bactérien. Chaque cellule bactérienne contient 50-100
plasmides. Elles ont un site d’initiation/origine de réplication (ori) un ou plusieurs gènes qui
142 Notions de base de la génétique humaine
confèrent une résistance aux antibiotiques et un site de restriction unique, situé dans un gène de
sélection (figure VIII.4.a). Sur le site de la restriction peuvent être insérées des molécules d’ADN
exogène avec une taille de 5-10 kb. Après l’insertion de la séquence d’ADN, la plasmide est
intégrée dans une bactérie, un processus appelé « transformation ».
Les bactériophages sont des virus qui infectent certaines bactéries. Habituellement, pour
les techniques d’ADN recombinant sont utilisés les phages λ, qui infecte Escherichia coli, parce
qu’ils ont un système de pénétration de la bactérie et se reproduisent rapidement et intensivement.
Leur prolifération est certifiée par l’émergence des régions de lyse sur la culture bactérienne. Les
bactériophages contiennent une molécule double brin d’ADN linéaire d’environ 45 kb, située dans
la capsule du virus (figure VIII.4.b). Cette molécule d’ADN présente aux deux extrémités des
segments fendus, adhésifs, appelés cos, qui permettent l’insertion d’ADN phagique dans le
chromosome bactérien. Dans la région centrale de la molécule d’ADN phagique est un segment
(10-20 kb) qui n’est pas essentiel à la réplication, ce qui peut être coupé et remplacé par de l’ADN
exogène. Ainsi, résultent des phages recombinants, qui peuvent être insérés dans des bactéries
pour amplifier les fragments d’ADN exogène.

Pst1
1

Amp 3
4

2
Tc

BamH1
Ori

a b
Figure VIII.4. Des types des vecteurs: a – plasmide; b – bactériophage λ
a - amp (gène de résistance à l’ampicilline) tc (gène de résistance à la tétracycline)
ori (l’origine de la réplication) BamH1, PstI (sites de restriction)
b - 1 – la capsule de phage; 2 – coque protéique du génome;
3 – molécule double brin d’ADN; 4 – les séquences cos
Les cosmides sont des vecteurs artificiels, synthétisés en ajoutant les séquences cos du phage
λ à une molécule plasmidique. Ainsi, il y a possible l’incorporation d’un fragment d’ADN d’environ
50 Kb. Les cosmides actent comme les bactériophages naturels et après leur introduction dans les
bactéries, la molécule d’ADN devient circulaire et a une réplication semblable à un plasmide.
Les chromosomes artificiels peuvent être dérivés des composants bactériens (BAC -
Bacterial Artificial Chromosome) bactériophagiques (PAC - P1 bacteriophage Artificial
Chromosome) ou de la levure (YAC – Yeast Artificial Chromosome). Indépendamment de leur
origine, les chromosomes artificiels ont l’avantage de l’insertion et de l’amplification de grands
fragments d’ADN, jusqu’à 1000 Kb.
VIII.3.1.2. Les cellules hotes
Pour la multiplication d’un vecteur recombinant sont utilisées deux catégories des hôtes :
les bactéries non-pathogènes et les cellules eucaryotes. Les bactéries sont souvent utilisées en
raison de la multiplication rapide, les facilités de manipulation et le faible coût. La bactérie la plus
couramment utilisée est E.coli. L’introduction d’un vecteur dans une cellule bactérienne s’appelle
transformation. Les cellules eucaryotes utilisées sont des levures ou des plantes. Ils sont utilisées
pour étudier l’expression des gènes, le mode de réglage ou l’effet des mutations in vitro. Les
La technologie de l’ADN recombinant 143
cellules, qui intègrent l’ADN étranger, doivent se multiplier rapidement, de façon continue et
peuvent être sélectionnées à partir d’une caractéristique phénotypique. L’incorporation de l’ADN
dans une cellule eucaryote s’appelle transfection.
VIII.3.1.3. Les étapes du clonage moléculaire
Les étapes du clonage moléculaire sont :
• le préparation du vecteur - le vecteur est coupé par une enzyme de restriction dans le lieu où
sera inserée la séquence d’ADN exogène ;
• le choix de l’hôte - les cellules bactériennes sont utilisées pour la purification, l’amplification
et l’analyse de la structure des gènes et les cellules eucaryotes permettent l’étude de la fonction
des gènes ;
• la fabrication et l’incorporation de recombinant - le vecteur et l’ADN d’intérêt sont mélangés
en présence d’une ligase, qui fait des liens forts entre les molécules d’ADN, qui sont ensuite
insérées dans la cellule hôte ;
• la sélection des cellules recombinantes - est basée sur les différents caractères phénotypiques ;
• l’isolement de l’ADN recombinant - est possible grâce à des réponses différentes à la
dénaturation de l’ADN des différentes espèces.
VIII.3.2. LE CLONAGE MOLECULAIRE IN VITRO – LA RÉACTION DE
POLYMÉRISATION EN CHAÎNE
Le génotypage a été amélioré par l’introduction de la technique de polymérisation en chaîne
(Polymerase Chain Reaction - PCR). Cette méthode permet l’amplification sélective des courtes
séquences d’ADN ou d’ARN. L’amplification est substantielle (en millions de fois) et rapide
(quelques heures) et assure une quantité suffisante de matériel pour l’analyse.
La méthode PCR permet l’amplification in vitro d’une séquence cible présentée dans une
molécule d’acide nucléique et assure l’obtention des fragments d’ADN de longueur et avec une
séquence définie.
La méthode utilise deux amorces oligonucléotidiques, qui sont hybridés aux extrémités
d’une séquence cible dans la présence d’une ADN polymérase résistante à la chaleur. La séquence
de l’amorce est complémentaire à une séquence de 20-25 nucléotides, située à l’extrémité 3’ des
deux brins d’ADN.
La méthode PCR comprend trois étapes qui sont répétées à chaque cycle d’amplification :
0
ƒ Dans la première étape, le segment d’ADN amplifié est dénaturé par la chaleur (à 95 C),
résultant un mélange de fragments simple brin ;
ƒ Dans la deuxième étape (à 37°C) se produit le positionnement des amorces et leur hybridation
avec les séquences complémentaires, situées à l’extremité 3’ de chaque chaîne ;
72
ƒ Dans la troisième phase (à 70°C) sous l’action d’une ADN polymérase résistante à la chaleur ,
à partir de chaque amorce est synthétisée, dans le sens 5’→3’, une chaîne d’ADN
complémentaire à la matrice. Ainsi, dans environ 10 minutes, se produit un doublement de la
quantité initiale d’ADN (figure VIII.5.).
La répétition des cycles de dénaturation thermique, d’hybridation des amorces et de
synthèse enzymatique de l’ADN, produisent une amplification exponentielle : après n cycles sont
obtenues 2n copies du segment initial de l’ADN. En général, après environ 30 cycles,
l’amplification du segment désiré de l’ADN est d’environ un million de fois, une quantité
suffisante pour tous types des analyses.

72
Par exemple, l’ADN polymérase Taq isolée de bactérie Thermus aquaticus
144 Notions de base de la génétique humaine
5’ 3’

3’ 5’
Dénaturation
thermique
5’ 3’

3’ 5’

3’ 5’
L’hybridation avec des
amorces spécifiques
3’ 5’

Cycle I
5’ 3’

5’ 3’
3’ 5’
Polymérisation avec Taq
polymérase
3’ 5’
5’ 3’

5’ 3’
3’ 5’

3’ 5’ 3’ 5’
5’ 3’ 5’ 3’
5’ 3’ 5’ 3’
3’ 5’ 3’ 5’

Cycle II

Figure VIII.5. Le principe de la technique PCR


Les avantages de la méthode PCR sont les suivantes :
ƒ L’amplification d’une séquence génique spécifique à partir des échantillons sans clonage ou
génotypage;
ƒ La simplicité du processus – sont necessaires seulement des changements de la température et
ainsi la méthode est adaptée pour l’automatisation;
ƒ La vitesse (après 25-30 cycles de 3-5 minutes, chaque copie d’un gène peut être amplifiée d’un
million de fois en quelques heures) et le faible coût;
ƒ La sensibilité particulière, de sorte qu’il est possible d’amplifier une séquence d’ADN d’une
seule cellule;
ƒ La spécificité - sont synthétisées, avec une haute précision, de plusieurs copies d’ADN.
L’applicabilité de la méthode PCR est limitée par la longueur du segment amplifié,
généralement moins de trois kb. La méthode permet l’amplification des séquences d’ADN
génomique, mitochondrial ou exogènes complémentaires et est applicable dans les maladies
génétiques dont le défaut moléculaire est connue.
La sensibilité de la PCR permet la détection des agents pathogènes des maladies
infectieuses, même si leur concentration est très faible ou latente (par exemple, la détection de
virus C dans l’hépatite de type C). En outre, la méthode peut être appliquée pour les études
évolutionnistes, car elle permet l’amplification des séquences d’ADN prélevés sur des fossiles.
L’utilisation de la PCR, pour l’analyse des caractéristiques de l’ADN de différents
individus, est d’intérêt en médecine légale, pour les tests de paternité, tandis que la possibilité de
l’analyse des échantillons anciens ou dégradés, la vitesse et la haute spécificité et sensibilité
assurent l’applicabilité de la méthode en criminalistique.
La technologie de l’ADN recombinant 145
VIII.4. DES METHODES D’ANALYSE DES ACIDES NUCLEIQUES
Le génotypage permet : l’étude des gènes et l’élucidation des mécanismes de l’expression
génique et de contrôle, impliqués dans les processus biologiques fondamentaux : la différenciation
cellulaire, la morphogenèse, la sénescence etc.
Pour isoler et étudier un gène ou pour le diagnostic moléculaire d’une maladie est
nécessaire d’utiliser un génotypage avec des sondes appropriées, qui reconnaît le gène ou des
marqueurs (séquences non codantes) situés à proximité du gène. Cette reconnaissance est basée sur
l’hybridation moléculaire des acides nucléiques.
VIII.4.1. L’HYBRIDATION MOLÉCULAIRE
L’hybridation moléculaire est basée sur la capacité d’association entre une molécule
monocaténaire d’acide nucléique (ADN génomique ou ARNm isolé d’un patient ou un tissu
particulier) et une sonde spécifique complémentaire. En conditions appropriées, conformément à
la loi de la complémentarité, la sonde hybride seulement avec la séquence complémentaire. Pour
identifier et isoler l’hybride moléculaire, la sonde est marquée soit par un traceur radioactif, soit
avec un réactif histochimique (figure VIII.6).

A B C

Figure VIII.6. Le principe de l’hybridation moléculaire


1 – le clivage de l’ADN natif avec des enzymes de restriction; 2 – la dénaturation de l’ADN cible et de la
sonde; 3- hybridation; A – la restauration du duplex natif; B – la formation d’hétéroduplex entre la sonde
et une séquence complémentaire de l’ADN natif; C – la restauration du duplex de la sonde
La sonde du génotypage est une séquence oligonucléotidique d’ADN ou d’ARN qui a au
moins 20 nucléotides, une séquence homologue à l’ADN natif et qui s’hybride spécifiquement et
stables avec lui. Il existe trois types de sondes : sondes conventionnelles d’ADN, sondes d’ARN et
sondes oligonucléotidiques (figure VIII.7.).
Les sondes naturelles (ADN, ARN) sont marquées in vitro. Le marquage est réalisé avec
des nucléotides activés spécifiquement marqués. L’intégration de ces nucléotides peut être réalisée
en présence de l’ADN polymérase (toute la chaîne d’ADN synthétisée sera marquée) ou en
présence d’une polynucléotide-kinase (seulement la pointe de sonde sera marquée). Les sondes
peuvent être marquées isotopiques ou non-isotopiques. Dans le marquage isotopique, l’échantillon
146 Notions de base de la génétique humaine
est mis en évidence par l’autoradiographie. L’isotope utilisé est celui de 32P, qui a l’avantage d’une
émission des rayonnements β fortes, mais a l’inconvénient d’une demi-vie courte (14 jours). Le
marquage non-isotopique a une applicabilité accrue en raison de l’absence de risque de
contamination radioactive. Il est basé sur la capacité d’une molécule chimique (« reporter ») de
couplage à un précurseur nucléotidique. Après l’incorporation des nucléotides marqués dans la
molécule d’ADN, ils peuvent être détectés en raison de la fixation spécifique d’un ligand marqué.
Les principales substances utilisées comme ligands sont la biotine et la digoxigénine. Elles sont
attachées aux nucléotides marqués par une longue chaîne aliphatique, afin que les deux ligands
sont situés à distance de la molécule d’ADN, ce qui facilite la reconnaissance de l’hybridation.
TYPES DES SONDES

TYPE ADN ARN oligonucléotidique

ADN obtenu à partir de La transcription des clones Synthèse chimique


ORIGINE clones de cellules ou par d’ADN insérées dans
PCR vecteurs

ADN double brin de Chaîne simple brin de Chaîne unique brin de 15-
CARACTERISTIQUES 0,1 kb jusquà centaines de plusieurs milliers de 50 nucléotides
kb nucléotides

Synthèse en présence de La transcription d’ADN Marquage terminal


MARQUAGE l’ADN polymérase cloné

Figure VIII.7 Types des sondes


Il existe deux types de sondes: directe et indirecte. Les sondes directes correspondent au
gène analysé. Ils peuvent être des sondes d’ADN génomique ou d’ADNc, d’ARN, d’oligosonde de
synthèse (courtes séquences d’ADN simple brin) ou des sondes d’ADN étranger. Les sondes
indirectes sont des fragments d’ADN intergénique, provenant d’une banque d’ADN génomique et
qui révèlent le polymorphisme de restriction (RFLP) utilisé comme marqueur génétique.
VIII.4.2. L’ANALYSE DE L’ADN GÉNOMIQUE
L’ADN génomique est l’ADN nucléaire des cellules diploïdes et en absence des mutations
acquises, c’ADN est identique à celui du zygote. La principale méthode d’analyse est le transfert
de Southern – Southern blott (figure VIII.8.) qui a les étapes suivantes :
ƒ L’extraction d’ADN génomique à partir d’une source accessible : des lymphocytes, des
fibroblastes, des cellules du liquide amniotique ou villosités choriales (diagnostic prénatal), des
cellules obtenues à partir de biopsies des organes (foie, rein, placenta, etc) ;
ƒ La fragmentation de l’ADN génomique par clivage avec des enzymes de restriction
appropriées, ce qui entraîne un million de fragments de taille inférieure à 20 kb ;
ƒ La séparation des fragments sur la base de leur taille, par électrophorèse sur gel ;
ƒ La dénaturation des fragments double brin, pour la separation des chaînes complémentaires ;
ƒ Le transfert des molécules simple brin d’ADN du gel sur un support solide (nitrate de cellulose
ou filtre en nylon) par capillarité ;
ƒ L’hybridation des fragments d’ADN avec une sonde simple brin complémentaire, marquée
isotopique ou non-isotopique ;
ƒ Le duplex ADN – sonde est mis en évidence en raison de l’emission radioactive (marquage
isotopique) ou par la reconnaissance spécifique du ligand.
La technologie de l’ADN recombinant 147
ADN cible Sonde d’ADN

Le clivage avec des Marquage isotopique


enzymes de restriction spécifique

Fixation sur un gel de


agarose

– Dénaturation termique

Electrophorese
+

Dénaturation dans Hybridation avec l’ADN


solutions alcalines cible fixé sur membrane

L’application d’une membrane de


nitrocellulose ou de nylon

Le transfert
d'ADN sur
membrane

Retrait de l’excès d’échantillon par lavage

L’application d’un film radiographique

Développement
de films

Figure VIII.8. Le principe du transfert de Southern


L’utilisation du transfert de Southern pour génotypage requiert une connaissance préalable
de la carte pour les sites de restriction génomique explorés, permettant le choix d’un couple
approprié enzyme de restriction - sonde. En appliquant cette méthode il est possible de mettre en
évidence deux types de mutations :
ƒ Des délétions ou insertions plus de 50-100 pb qui modifient la longueur des fragments de
restriction ; si la délétion est totale, la séquence du gène manque et la sonde ne donne aucun signal ;
ƒ Des mutations ponctuelles qui affectent une seule paire de bases et créent/détruisent un site de
restriction, conduisant à un changement de longueur des fragments.
Dans les dernières décennies, d’autres méthodes ont été développées pour permettre
l’analyse génomique et la détection de mutations : l’hybridation d’oligonucléotides spéciphiques
d’allèles, l’électrophorèse sur gel en gradient dénaturant, l’analyse du polymorphisme de
conformation à simple brin, le clivage des mésappariements, les puces à ADN.
148 Notions de base de la génétique humaine
L’hybridation d’oligonucléotides spéciphiques d’allèles. La méthode utilise des sondes
oligonucléotidiques qui permettent la détection de mutations ponctuelles qui affectent une seule
paire de bases azotées. Pour détecter des mutations spécifiques, il y a nécessaire de synthétiser
d’oligonucléotides spécifiques pour l’allèle normal et pour le gène mutant. Les conditions
d’hybridation sont choisis de telle sorte que les hybrides entre allèle normal et mutant est instable,
étant possible seulement la détection des duplex entre les allèles normales ou les allèles mutants.
La méthode est applicable dans les maladies génétiques caractérisées par un petit nombre de
mutations où il y a une mutation fréquente (par exemple la mucoviscidose).
L’électrophorèse sur gel en gradient dénaturant permet l’identification des mutations qui
modifient la mobilité des fragments d’ADN dans un gel qui contient un facteur dénaturant.
L’analyse du polymorphisme de conformation à simple brin (Single Strand Conformation
Polymorphism – SSCP) assure la détection des mutations qui changent la structure secondaire
d’ADN et ainsi modifient la vitesse de migration électrophorètique.
Le clivage des mésappariements permet la détection d’une hybridation anormale entre la
séquence normale et l’allèle mutant. Cela est possible par l’utilisation des enzymes qui clivent
l’ADN lorsqu’il existe une mésappariement entre les fragments d’ADN, suivie d’une détection de
la migration électrophorétique différente.
Les puces à ADN (microarrays) ont apportés un developpement important pour l’analyse
des mutations. Chaque puce à ADN contient de milliers d’oligonucléotides différents, marqués par
fluorochromes différents et qui correspondent à la séquence normale d’ADN et à une mutation
connue. Après l’hybridation avec l’ADN de patient résulte un schéma des signaux colorés
différent, qui est analysé par l’ordinateur. Cette technique offre des avantages majeures pour
l’analyse mutationnelle, par exemple, l’augmentation de la vitesse et de la précision en conditions
de miniaturisation extrême.
L’analyse de l’ADN exogène permet la détection des infections bacteriennes, virales,
fongiques ou parasitaires. Les méthodes d’hybridation moléculaire permettent la caractérisation
rapide des micro-organismes a croissance lente (mycobacteries, treponema) l’identification du
virus de l’hepatite B, du papillome et HIV.
VIII.4.3. L’ANALYSE D’ARN MESSAGER
L’analyse de l’ARN messager est plus difficile que l’ADN, parce que l’expression des
gènes n’est que dans certaines cellules. En outre, l’ARN est vulnérable à ribonucléases
cytoplasmiques, ce qui limite la persistance de la molécule dans le cytoplasme. Mettre en évidence
d’un ARN messager est basée sur l’hybridation moléculaire avec une sonde complémentaire
monocaténaire - sonde d’ADNc dénaturé (le transfert Northern – Northern blott).
VIII.5. L’ANALYSE DES SÉQUENCES NUCLÉOTIDIQUES
Après l’isolement et l’amplification d’un fragment d’ADN, il est nécessaire de déterminer
la séquence nucléotidique correspondant à l’information génétique. Cette analyse identifies la
structure des gènes et la séquence d’acides aminés de la protéine codifiée par le gène. Pour
déterminer la séquence nucléotidique des fragments d’ADN ont été développés plusieurs
techniques, mai la méthode la plus utilisée est la synthèse enzymatique Sanger.
La méthode utilise des didésoxynucléotides similaires aux désoxynucléotides, mais
caractérisés par l’absence du groupement hydroxyle, qui produit un blocage de la synthèse des
brins d’ADN après l’incorporation d’un tel nucléotide. La synthèse de la molécule d’ADN est
commencée par une amorce, qui assure une hybridation en position complémentaire appropriée
La technologie de l’ADN recombinant 149
dans l’ADN monocaténaire. Puis l’ADN polymérase ajoute, d’une manière aléatoire, une base
azotée, qui peut être soit un désoxynucléotide, soit un didésoxynucléotide. Cependant, lorsqu’un
didésoxynucléotide est incorporé, la synthèse est bloquée et ainsi résultent des fragments d’ADN
de longueur différent.
La méthode a été améliorée par l’introduction du séquençage automatique de l’ADN qui
utilise des systèmes de détection fluorescente, chimiluminiscente ou colorimétrique. Cette
méthode réduit considérablement le temps nécessaire pour déterminer la séquence d’un acide
nucléique et maintenant il est possible d’achever le séquençage de la totalité des trois milliards de
paires de bases de l’ADN humain.
Bibliographie 151

IX. BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE


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Sommaire 153

SOMMAIRE
PRÉFACE .......................................................................................................................................................................................3

I. INTRODUCTION.......................................................................................................................................................................5

II. LE DETERMINISME GENETIQUE DES CARACTERES PHENOTYPIQUES .............................................................9


II.1. L'INDIVIDUALITE GENETIQUE ET BIOLOGIQUE ..........................................................................................................................9
II.1.1. L'individualité génétique..............................................................................................................................................9
II.1.2. L'individualité biologique.............................................................................................................................................9
II.1.3. L’Importance de la notion de l’individualité génétique et biologique. .....................................................................10
II.2. LE DETERMINISME DES CARACTERES PHENOTYPIQUES. ...........................................................................................................10
II.2.1. Les caracteres phenotypiques hereditaires. ...............................................................................................................10
II.2.2. Les caractères produites par l’interaction des facteurs génétiques et environnementaux.......................................11
II.2.3. Les caractères environnementaux..............................................................................................................................13
II.3. LA RELATION GENOTYPE-PHENOTYPE-ENVIRONNEMENT ..........................................................................................................13
II.3.1. La rélation génotype - phénotype ..............................................................................................................................13
II.3.2. La rélation environnement → phénotype ..................................................................................................................14
II.3.3. La rélation environnement → génotype ....................................................................................................................15
II.3.4. La rélation génotype-phénotype-environnement au niveau moleculaire. ................................................................15
III. LE STOCKAGE DE L’INFORMATION GÉNÉTIQUE ..................................................................................................17
III.1. LA STRUCTURE D’ACIDE DESOXYRIBONUCLEIQUE ...................................................................................................................17
III.1.1. La structure primaire de l’ADN ...............................................................................................................................17
III.1.2. La structure secondaire de l’ADN............................................................................................................................17
III.1.3. Les caracteristiques de la structure de l’ADN chez les eucaryotes..........................................................................19
III.1.3.1. La quantité d’ADN...................................................................................................................................................................19
III.1.3.2. L’hétérogénéité des séquences nucléotidiques de l’ADN ...........................................................................................................19
III.1.3.3. Association ADN - protéines. ..................................................................................................................................................21
III.2. L’ORGANISATION SUPRAMOLECULAIRE DE L’ADN ..................................................................................................................22
III.2.1. L’appareil génétique de la cellule.............................................................................................................................22
III.2.1.1. Le noyau ..................................................................................................................................................................................22
III.2.1.2. Les mitochondries ....................................................................................................................................................................23
III.2.1.3. Les centrioles ...........................................................................................................................................................................23
III.2.1.4. Les ribosomes ..........................................................................................................................................................................23
III.2.2. La chromatine ...........................................................................................................................................................24
III.2.2.1. L’aspect de la chromatine dans la microscopie optique ...........................................................................................................24
III.2.2.2. La chromatine sexuelle ............................................................................................................................................................24
III.2.2.3. La structure supramoléculaire de la chromatine.......................................................................................................................28
III.2.3. Les chromosomes humaines .....................................................................................................................................30
III.2.3.1. La morphologie des chromosomes humaines...........................................................................................................................30
III.2.3.2. Méthodes d’étude des chromosomes humains .........................................................................................................................32
III.2.3.3. La classification et l’identification des chromosomes humains ...............................................................................................33
III.2.3.4. Des techniques d’analyse chromosomique...............................................................................................................................34
IV. LE GENE – L’UNITE DE STRUCTURE, FONCTION ET MUTATION ......................................................................43
IV.1. LE CONCEPT CLASSIQUE SUR LA STRUCTURE DES GENES ............................................................................................................43
IV.1.1. Le gene – l’unite de structure du matériel génétique ...............................................................................................43
IV.1.2. La liaison génique .....................................................................................................................................................44
IV.2. LE CONCEPT ACTUEL DE LA STRUCTURE DU GENE ..................................................................................................................45
IV.2.1. Région centrale du gene............................................................................................................................................45
IV.2.2. Les régions latérales du géne ....................................................................................................................................47
IV.2.2.1. La région 5’ .............................................................................................................................................................................47
IV.2.2.2. La région 3' ..............................................................................................................................................................................47
IV.2.3 Types de gènes ............................................................................................................................................................47
IV.2.4. Les éléments génétiques mobiles...............................................................................................................................49
IV.3. LE CONCEPT CLASSIQUE SUR LA FONCTION GENIQUE ............................................................................................................49
IV.3.1. La polygénie...............................................................................................................................................................50
IV.3.2. La pléiotropie.............................................................................................................................................................51
154 Notions de base de la génétique humaine
IV.3.3. Les interactions gèniques ......................................................................................................................................... 52
IV.3.3.1. Les interactions allèliques ....................................................................................................................................................... 52
IV.3.3.2. Les interactions non-allèliques ................................................................................................................................................ 53
IV.3.3.3. Les interactions des gènes avec l’environnement.................................................................................................................... 54
IV.3.4. L’hétérogénéité génétique ........................................................................................................................................ 55
IV.4. LE CONCEPT ACTUEL SUR LA FONCTION DU GENE ................................................................................................................... 58
IV.4.1. Gènes commandent la synthèse de proteines ........................................................................................................... 58
IV.4.2. La relation un gène → une protéine ........................................................................................................................ 58
IV.4.3. La complexité de la relation un gène → une protéine............................................................................................. 61
IV.4.3.1. La relation „un gène → plusieures polypeptides” ................................................................................................................... 61
IV.4.3.2. Relations „plusieurs gène → un polypeptide”......................................................................................................................... 61
IV.4.4. Les interactions entre les gènes dans le concept actuel........................................................................................... 63
IV.4.4.1. Les interactions alléliques ....................................................................................................................................................... 63
IV.4.4.2. Les interactions non-alléliques ................................................................................................................................................ 64
V. L’EXPRESSION GÈNIQUE ................................................................................................................................................. 67
V.1. LA TRANSCRIPTION ................................................................................................................................................................ 68
V.1.1. Types de l’ARN........................................................................................................................................................... 68
V.1.2. Le mecanisme de la transcription .............................................................................................................................. 68
V.1.2.1. La formation du preARNm....................................................................................................................................................... 69
V.1.2.2. La maturation de l’ARNm ........................................................................................................................................................ 70
V.2. LA TRADUCTION .................................................................................................................................................................... 71
V.2.1. L’appareil de traduction............................................................................................................................................. 71
V.2.2. Le code genetique ....................................................................................................................................................... 72
V.2.3. Les étapes de la traduction......................................................................................................................................... 73
V.2.3.1. L’initiation de la traduction ...................................................................................................................................................... 73
V.2.3.2. L’élongation ............................................................................................................................................................................. 73
V.2.3.3. La terminaison de la traduction ................................................................................................................................................ 74
V.3. LE REGLAGE DE L’EXPRESSION DES GENES ............................................................................................................................. 75
V.3.1. Le réglage global de l’expression des gènes .............................................................................................................. 75
V.3.1.1. La signalisation dépendant de la position des cellules................................................................................................................... 74
V.3.1.2. L’empreinte génétique................................................................................................................................................................ 75
V.3.1.3. L’inactivation du chromosome X ............................................................................................................................................. 76
V.3.1.4. Les recombinaisons somatiques................................................................................................................................................ 76
V.3.1.5. La concurrence pour activateur / inhibiteur .............................................................................................................................. 77
V.3.2. Le réglage transcriptionel .......................................................................................................................................... 77
V.3.3. Le réglage posttranscriptionel.................................................................................................................................... 78
V.3.3.1. Les unités de transcription multigenique .................................................................................................................................. 78
V.3.3.2. L’épissage et le polyadénylation alternatifs.............................................................................................................................. 79
V.3.4. Le réglage translationnel ........................................................................................................................................... 79
V.3.5. Le réglage posttranslationnel..................................................................................................................................... 79
V.3.5.1. Modifications chimiques posttranslationnelles ......................................................................................................................... 79
V.3.5.2. Le clivage posttranslationnel des peptides................................................................................................................................ 80
VI. LA TRANSMISSION DE L’INFORMATIONS GENETIQUES ..................................................................................... 81
VI.1. LES LOIS MENDEL ................................................................................................................................................................ 81
VI.1.1. La première lois du Mendel...................................................................................................................................... 82
VI.1.2. La deuxième lois du Mendel..................................................................................................................................... 83
VI.2. LE CYCLE CELLULAIRE ......................................................................................................................................................... 84
VI.2.1. Les phases du cycle cellulaire mitotique .................................................................................................................. 84
VI.2.1.1. L’interphase ............................................................................................................................................................................ 84
VI.2.1.2. La division cellulaire............................................................................................................................................................... 84
VI.2.1.3. Le contrôle du cycle cellulaire ................................................................................................................................................ 85
VI.2.2. L’évolution des cellules après division..................................................................................................................... 86
VI.3. LA REPLICATION DE LA MOLECULE D’ADN ............................................................................................................................ 86
VI.4. LA DIVISION CELLULAIRE ..................................................................................................................................................... 89
VI.4.1. La mitose ................................................................................................................................................................... 89
VI.4.1.1. La prophase ............................................................................................................................................................................. 89
VI.4.1.2. La prométaphase ..................................................................................................................................................................... 90
VI.4.1.3. La métaphase........................................................................................................................................................................... 90
VI.4.1.4. L’anaphase .............................................................................................................................................................................. 91
VI.4.1.5. La télophase ............................................................................................................................................................................ 91
VI.4.2. La méiose .................................................................................................................................................................. 91
VI.4.2.1. La méiose I.............................................................................................................................................................................. 91
Sommaire 155
VI.4.2.2. La meiose II .............................................................................................................................................................................94
VI.4.2.3. Les particularités de la méiose aux mâles et femelles..............................................................................................................94
VI.5. LA FECONDATION .................................................................................................................................................................96
VII. LA VARIABILITE GENETIQUE......................................................................................................................................97
VII.1. LA RECOMBINAISON GENETIQUE..........................................................................................................................................97
VII.1.1. La recombinaison méiotique ...................................................................................................................................97
VII.1.1.1. La recombinaison intrachromosomique..................................................................................................................................97
VII.1.1.2. La recombinaison interchromosomique..................................................................................................................................98
VII.1.2. La recombinaison génomique .................................................................................................................................98
VII.2. LE POLYMORPHISME GENETIQUE.........................................................................................................................................99
VII.2.1. Le polymorphisme proteique et enzymatique ..........................................................................................................99
VII.2.1.1. Le polymorphisme des groupes sanguins AB0.......................................................................................................................99
VII.2.1.2. Le polymorphisme des groupes sanguins Rh........................................................................................................................100
VII.2.1.3. Le polymorphisme des groupes tissulaires ...........................................................................................................................103
VII.2.1.4. L’écogénétique .....................................................................................................................................................................103
VII.2.1.5. La pharmacogénétique..........................................................................................................................................................104
VII.2.1.6. La valeur théorique et pratique de l’étude des caractères héréditaires normales ..................................................................105
VII.2.2. Le polymorphisme de l’ADN .................................................................................................................................107
VII.2.2.1. Le polymorphisme de longueur des fragments de restriction ...............................................................................................107
VII.2.2.2. Le polymorphisme des séquences répétitives en tandem......................................................................................................108
VII.2.2.3. Le polymorphisme des microsatellites..................................................................................................................................108
VII.2.2.4. Les applications pratiques de polymorphisme de l’ADN ........................................................................................................108
VII.3. LES MUTATIONS GENETIQUES ............................................................................................................................................108
VII.3.1. La classification des mutations..............................................................................................................................108
VII.3.2. Les mutations génomiques.....................................................................................................................................110
VII.3.2.1. Les mécanismes de production des mutations génomiques ..................................................................................................111
VII.3.2.2. L’étiologie des mutations génomiques .................................................................................................................................113
VII.3.2.3. Les conséquences des mutations génomiques ......................................................................................................................113
VII.3.3. Les mutations chromosomiques ............................................................................................................................114
VII.3.3.1. Les causes des mutations chromosomiques..........................................................................................................................114
VII.3.3.2. Le mécanisme des mutations chromosomiques ....................................................................................................................114
VII.3.3.3. Les conséquences des mutations chromosomiques...............................................................................................................121
VII.3.4. Les mutations des gènes nucléaires.......................................................................................................................125
VII.3.4.1. L’origine des mutations du gène...........................................................................................................................................125
VI.3.4.2. Les mécanismes de production et les effets des mutations du gène ..........................................................................................125
VII.3.5. Les mutations mitochondriales..............................................................................................................................129
VII.4. LA VARIABILITE DE LA POPULATION ...................................................................................................................................130
VII.4.1. Les mariages pas accidentels.................................................................................................................................133
VII.4.2. Les petites populations...........................................................................................................................................134
VII.4.3. Les mutations et la variabilité de la population ....................................................................................................135
VII.4.4. La selection ............................................................................................................................................................135
VII.4.5. Les migraţions et le flux génique ..........................................................................................................................136
VIII. LA TECHNOLOGIE DE L’ADN RECOMBINANT....................................................................................................137
VIII.1. PRINCIPES DE LA TECHNOLOGIE D’ADN - RECOMBINANT ...................................................................................................137
VIII.2. L’OBTENTION DES GENES OU DES FRAGMENTS DE GENE ....................................................................................................138
VIII.2.1. Les enzymes de restriction....................................................................................................................................138
VIII.2.2. ADN complémentaire (ADN-c) ............................................................................................................................140
VIII.2.3. La synthese des molécules d’ADN en utilisant des nucléotides activés.............................................................140
VIII.3. LE CLONAGE MOLECULAIRE .............................................................................................................................................141
VIII.3.1. Le clonage moleculaire in vivo ............................................................................................................................141
VIII.3.2. Le clonage moleculaire in vitro – la réaction de polymérisation en chaîne .......................................................143
VIII.4. DES METHODES D’ANALYSE DES ACIDES NUCLEIQUES .......................................................................................................145
VIII.4.1. L’hybridation moléculaire....................................................................................................................................145
VIII.4.2. L’analyse de l’ADN génomique ...........................................................................................................................146
VIII.4.3. L’analyse d’ARN messager..................................................................................................................................148
VIII.5. L’ANALYSE DES SEQUENCES NUCLEOTIDIQUES ...................................................................................................................148
IX. BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE .......................................................................................................................................151

SOMMAIRE ...............................................................................................................................................................................153
156 Notions de base de la génétique humaine