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République Tunisienne

Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique


Direction Générale des Etudes Technologiques


Institut Supérieur des Etudes Technologiques de Gafsa Département de Génie Mécanique


‫املعهد العايل للدراسات التكنولوجية بقفصة‬ ‫قسم اهلندسة امليكانيكية‬

COURS DE

CONCEPTION II

Elaboré par :
GAMMOUDI Khaled : Technologue à l’ISET de Gafsa
HIDOURI Abdelmoumen : Technologue à l’ISET de Gafsa

Année universitaire : 2008-2009


Cours Conception II pour les étudiants de la licence appliquée en Génie Mécanique du 1er niveau

AVANT-PROPOS

Ce support de cours de conception II est destiné aux étudiants de la licence


appliquée en génie mécanique (1ère année). Dans ce cours, nous avons mis l’accent
sur :
 La modélisation des liaisons mécaniques (degré de liberté, torseurs statiques et

cinématiques associés),

 La modélisation des systèmes mécaniques (graphe de liaisons, schéma cinématique,

liaison équivalente, liaisons en série, liaisons en parallèle, hyperstatisme et

mobilité…),

 Les solutions constructives pour la liaison complète démontable, la liaison pivot, la

liaison glissière,

 Les systèmes d’étanchéité et de lubrifications des systèmes mécaniques.

Ce support, dans sa première version, peut contenir des fautes de frappes,

d’orthographe, d’inattentions, scientifiques ou technologiques, etc.…

Nous remercions le cher lecteur de nous les faire part. Ainsi, les questions et les

suggestions du lecteur seront les bienvenus en vue d’améliorer le contenu et la forme de ce

support.

GAMMOUDI. K et HIDOURI. A

ISET Gafsa Licence Appliquée en Génie Mécanique


1

Concours maîtres technologues 2015

Plan de cours
Code Objectifs généraux Condition de réalisation de la performance Critères d’évaluation de la performance
Déterminer le torseur cinématique et celui A partir des applications proposées et en se référant aux notes
OG1 statique d’une liaison mécanique sachant les de cours, l’étudiant devra être capable de définir les torseurs Réussir les 90% des exercices proposés.
surfaces de contact entre deux solides. cinématiques et statiques de toutes les liaisons mécaniques.
Compte tenue du contenu théorique, l’étudiant devra être Réussir au moins 90% des applications et
Etablir le graphe de liaisons et le schéma
OG2 capable de faire le graphe de liaison et le schéma cinématique
cinématique d’un système mécanique. exercices proposés.
d’un tel système mécanique.
Compte tenue du contenu théorique et de ses connaissances en
Connaître et savoir les solutions constructives Réussir au moins 90% des applications et
RDM, l’étudiant devra être capable de savoir et calculer les
OG3 pouvant réaliser la liaison complète
conditions de résistance de quelques éléments de construction exercices proposés.
démontable et les conditions de résistance.
(clavettes, goupilles…).
Connaître et savoir utiliser les lois et les Compte tenue du contenu théorique, l’étudiant devra être Réussir au moins 90% des applications et
OG4 abaques pour les calculs des éléments filetés capable de faire les calculs nécessaires pour les vis et les
exercices proposés.
utilisés dans la liaison complète démontable. boulons.
Connaître et savoir les solutions constructives Compte tenue du contenu théorique, l’étudiant devra être Réussir au moins 90% des applications et
OG5 pouvant réaliser la liaison pivot et les calculs capable de savoir les éléments de construction pour la liaison
exercices proposés.
des roulements et des coussinets. pivot et les calculs nécessaires.
Connaître et savoir les solutions constructives Compte tenue du contenu théorique, l’étudiant devra être Réussir au moins 90% des applications et
OG6 pouvant réaliser la liaison glissière et les capable de savoir les éléments de construction pour la liaison
exercices proposés.
calculs pour le non arc-boutement. glissière et les calculs nécessaires.
Compte tenue du contenu théorique, l’étudiant devra être Réussir au moins 90% des applications et
Connaître et savoir la notion d’étanchéité et
OG7 capable de savoir les éléments de construction utilisés pour
les éléments de construction utilisés exercices proposés.
assurer l’étanchéité dans un système.
Connaître et savoir la notion de lubrification Compte tenue du contenu théorique, l’étudiant devra être Réussir au moins 90% des applications et
OG8 et les éléments de construction et les fluides capable de savoir les éléments de construction et les fluides
exercices proposés.
lubrifiants utilisés. lubrifiants utilisés pour assurer l’étanchéité dans un système.

HIDOURI Abdelmoumen ISET Gafsa Département Génie Mécanique


2

1. Développement de l’objectif OG1

Objectif général OG1 : Déterminer le torseur cinématique et celui statique d’une liaison mécanique sachant les surfaces de contact entre deux
solides
Code Objectifs spécifiques Eléments de contenu Méthodologies et moyens durée évaluation
 Degrés de libertés,  Exposé informel,
 Degrés de liaisons,  Tableau et stylos,
1.1- Comprendre et maîtriser les degrés Formative :
OS1  Torseurs cinématiques et torseurs  Ordinateur portatif et 30 mn
de liberté. questions/réponses
statiques d’une liaison. appareil de projection
‘’Data show’’
 Liaison ponctuelle ou sphérique,  Méthode interrogative,
 Liaison linéaire rectiligne,  Tableau et stylos,
 Liaison linéaire annulaire,  Ordinateur portatif et
 Liaison rotule, ‘’Data show’’
 Liaison appui plan,
Formative
OS2 1.2- Caractériser les différentes liaisons.  Liaison pivot glissant, 90 mn
Exercices dirigés
 Liaison sphérique à doigt
 Liaison hélicoïdale,
 Liaison glissière,
 Liaison pivot,
 Liaison encastrement.

2. Développement de l’objectif OG2


Objectif général OG2 : Etablir le graphe de liaisons et le schéma cinématique d’un système mécanique
Code Objectifs spécifiques Eléments de contenu Méthodologies et moyens durée évaluation
 Exposé informel,
1.1- Connaître et comprendre un  Tableau et stylos, Formative :
OS1  Définition d’un mécanisme. 15 mn
mécanisme.  Ordinateur portatif et exemple
‘’Data show’’
 Méthodes d’analyse  Méthode interrogative,
1.2- Connaître modéliser un Formative
OS2 - Analyse cinématique  Tableau et stylos, 40 mn
mécanisme. Exercices dirigés
- Analyse statique  Ordinateur portatif et

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 Classes d’équivalence, ‘’Data show’’


 Chaine cinématique
 Méthode interrogative,
1.3- Identifier les liaisons composées et  Liaisons en parallèles,  Tableau et stylos, Formative
OS3 20 mn
les liaisons équivalentes.  Liaisons en série.  Ordinateur portatif et Exercices dirigés
‘’Data show’’
 Liaisons en parallèle,
- Torseur statique,
- Torseur cinématique,  Méthode interrogative,
1.4- Connaître et maîtriser l’analyse es - Hyperstatisme et mobilité  Tableau et stylos, Formative
OS4 40 mn
liaisons.  Liaisons en série,  Ordinateur portatif et Exercices dirigés
- Torseur statique, ‘’Data show’’
- Torseur cinématique,
- Hyperstatisme et mobilité
1.5- Connaître les avantages et les  Méthode interrogative,
 Avantages et inconvénients d’un Formative :
inconvénients d’un mécanisme  Tableau et stylos,
OS5 mécanisme isostatique par rapport à 10 mn Questions/réponses
isostatique par rapport à un mécanisme
un mécanisme hyperstatique  Ordinateur portatif et
hyperstatique. ‘’Data show’’
 Méthode interrogative,
Formative :
1.6- Comment maintenir le contact  Tableau et stylos,
OS6  Maintien du contact dans les liaisons. 10 mn Questions/réponses
dans les liaisons.  Ordinateur portatif et
‘’Data show’’
3. Développement de l’objectif OG3

Objectif général OG3 : Connaître et savoir les solutions constructives pouvant réaliser la liaison complète démontable et les conditions de
résistance
Code Objectifs spécifiques Eléments de contenu Méthodologies et moyens durée évaluation
 Exposé informel,
1.1- Connaître et comprendre la  Tableau et stylos,
 Fonction principale et fonctions Formative :
OS1 fonction de la liaison  Ordinateur portatif et 10 mn
Questions/réponses
techniques.
encastrement. appareil de projection
‘’Data show’’
OS2 1.2- Connaître les caractères  Principaux caractères fonctionnels de  Méthode interrogative, 10 mn Formative

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fonctionnels de cette liaison. l’encastrement.  Tableau et stylos, Exercices dirigés


 Ordinateur portatif et
‘’Data show’’
 Méthode interrogative,
 Principes classant de la liaison Formative
1.3- Identifier les architectures de cette  Tableau et stylos,
OS3 encastrement, 20 mn Exemples et/ou
liaison.  Ordinateur portatif et
 Différentes architectures. Exercices dirigés
‘’Data show’’
 Méthode interrogative,
1.4- Connaître les formes des surfaces  Principales formes des surfaces  Tableau et stylos, Formative :
OS4 5 mn
fonctionnelles utilisées. fonctionnelles utilisées.  Ordinateur portatif et Questions/réponses
‘’Data show’’
 Annulation des degrés de libertés par
 Méthode interrogative,
adhérence, Formative :
1.5- Connaître comment obtenir les  Tableau et stylos,
 Annulation des degrés de libertés par Exemples et/ou
OS5 liaisons à surfaces cylindriques de  Tables ou abaques 60 mn
obstacle, exercices dirigés
révolution prépondérantes.  Ordinateur portatif et
 Annulation de la rotation,
‘’Data show’’
 Annulation de la translation,
 . Annulation des degrés de libertés  Méthode interrogative, Formative :
1.6- Connaître comment obtenir les
par adhérence,  Tableau et stylos, Exemples et/ou
OS6 liaisons à surfaces planes 20 mn
 Annulation des degrés de libertés par  Ordinateur portatif et exercices dirigés
prépondérantes.
obstacle ‘’Data show’’
 Annulation des degrés de libertés par  Méthode interrogative, Formative :
1.7- Connaître comment obtenir les
adhérence,  Tableau et stylos, Exemples et/ou
OS7 liaisons à surfaces planes 20 mn
 Annulation des degrés de libertés par  Ordinateur portatif et exercices dirigés
prépondérantes
obstacle ‘’Data show’’

4. Développement de l’objectif OG4


Objectif général OG4 : Connaître et savoir utiliser les lois et les abaques pour les calculs des éléments filetés utilisés dans la liaison complète
démontable.
Code Objectifs spécifiques Eléments de contenu Méthodologies et moyens durée évaluation
 Exposé informel, Formative :
1.1- Identifier quelques éléments de
OS1 construction (vis, écrou, boulons…,).  définitions.  Tableau et stylos, 15 mn Exemples et/ou
 Ordinateur portatif n Questions/réponses

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‘’Data show’’
 Méthode interrogative,
Formative :
 Tableau et stylos,
1.2- Connaître la normalisation Exemples et/ou
OS2 concernant ces éléments.  Normalisations  abaques 15 mn
questions/réponses
 Ordinateur portatif et Exercices dirigés
‘’Data show’’
 Méthode interrogative,
1.3- Identifier et évaluer les efforts et  Précharges et couples dans les  Tableau et stylos, Formative
OS3 les contraintes dans les assemblages assemblages boulonnés  abaques 40 mn Exemples et/ou
boulonnés.  Différentes architectures.  Ordinateur portatif et Exercices dirigés
‘’Data show’’
 Méthode interrogative,
 Tableau et stylos,
1.4- Connaître d’autres éléments pour  Contrainte maximale sous la tête, Formative :
OS4  Abaqes, 30 mn
un assemblage fileté.  Implantation de la parie filetée. Questions/réponses
 Ordinateur portatif et
‘’Data show’’

5. Développement de l’objectif OG5


Objectif général OG5: Connaître et savoir les solutions constructives pouvant réaliser la liaison pivot et les calculs des roulements et des
coussinets
Code Objectifs spécifiques Eléments de contenu Méthodologies et moyens durée évaluation
 Exposé informel,
Formative :
 Tableau et stylos,
OS1 1.1- Identifier le guidage en rotation.  Généralités. 15 mn Exemples et/ou
 Ordinateur portatif n Questions/réponses
‘’Data show’’
 Méthode interrogative, Formative :
1.2- Connaître quelques solutions  Tableau et stylos, Exemples et/ou
OS2 possibles pour réaliser cette liaison.  Typologies des solutions 15 mn
 Ordinateur portatif et questions/réponses
‘’Data show’’ Exercices dirigés
 Jeu axial, jeu radial,  Méthode interrogative,
1.3- Identifier et connaître les calculs Formative
 Rotulage,  Tableau et stylos,
OS3 nécessaires pour assurer la précision 40 mn Exemples et/ou
du guidage.  Modélisation cinématique d’un  abaques Exercices dirigés
guidage en rotation,  Ordinateur portatif et
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 Solutions adoptées pour limiter le ‘’Data show’’


rotulage,
 Articulation en chape, en porte à faux.
 Méthode interrogative,
1.4- Connaître le guidage en rotation  Tableau et stylos, Formative :
OS4  Guidage en rotation par contact direct. 30 mn
par contact direct.  Ordinateur portatif et Questions/réponses
‘’Data show’’
 Types de coussinets,  Méthode interrogative,
 Montage des coussinets,  Tableau et stylos, Formative :
1.5- Connaître le guidage en rotation
OS5  Avantages et limites d’utilisation des  Abaques, 30 mn Exemples et/ou
par paliers lisses (coussinets).
coussinets,  Ordinateur portatif et Exercices dirigés
 Dimensionnement des coussinets. ‘’Data show’’
 Avantages du roulement,
 Constitution des roulements,
 Charges supportées par les roulements,
 Phénomènes de résistance au
roulement,  Méthode interrogative,
 Différents types de roulements,  Tableau et stylos, Formative :
1.6- Maîtriser le guidage e rotation par
OS6  Désignations des roulements,  Abaques, Exemples et/ou
roulements.
 Matériaux de roulements,  Ordinateur portatif et Exercices dirigés
 Critères de choix d’un type de ‘’Data show’’
roulement,
 Montages des roulements,
 Durée de vie d’un roulement,
 Calculs sur les roulements.
 Méthode interrogative,
Formative :
1.7- Connaître les différents types de  Paliers hydrodynamiques,  Tableau et stylos,
OS7 Exemples et/ou
paliers.  Paliers hydrostatiques.  Ordinateur portatif et Exercices dirigés
‘’Data show’’

6. Développement de l’objectif OG6


Objectif général OG6 : Connaître et savoir les solutions constructives pouvant réaliser la liaison glissière et les calculs pour le non arc-boutement
Code Objectifs spécifiques Eléments de contenu Méthodologies et moyens durée évaluation

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 Exposé informel,
Formative :
1.1- Identifier le guidage en  Introduction,  Tableau et stylos,
OS1 translation. 15 mn Exemples et/ou
 Expression fonctionnelle du besoin.  Ordinateur portatif n Questions/réponses
‘’Data show’’
 Guidage par arbre coulissant,  Méthode interrogative,
Formative :
1.2- Connaître et maîtriser les surfaces  Guidage de type prismatique,  Tableau et stylos,
OS2 et les conditions fonctionnelles. 15 mn Exemples et/ou
 Guidage par arbre coulissant double  Ordinateur portatif et questions/réponses.
colonne, ‘’Data show’’
 Contact direct par interposition
 Méthode interrogative,
d’éléments antifriction, Formative
1.3- Préciser un tel guidage et  Tableau et stylos,
OS3  Guidage par interposition d’éléments 40 mn Exemples et/ou
connaître l’influence du jeu.  Ordinateur portatif et
roulants, Exercices dirigés
‘’Data show’’
 Système de rattrapage de jeu,
 Méthode interrogative,
Formative :
 Tableau et stylos,
1.4- Connaître le phénomène de l’arc- Questions/réponses
OS4  Guidage en rotation par contact direct.  Abaques, 30 mn
boutement. et/ou exercices
 Ordinateur portatif et dirigés.
‘’Data show’’
 Guidages par contact direct,
 Méthode interrogative,
 Guidages par interposition d’éléments
 Tableau et stylos, Formative :
1.5- Connaître les types de guidages antifriction,
OS5  Abaques, 30 mn Exemples et/ou
en translation.  Guidages par interposition d’éléments
 Ordinateur portatif et Exercices dirigés
roulants,
‘’Data show’’
 Méthode interrogative,
 Caractéristiques de chaque famille de Formative :
 Tableau et stylos,
OS6 1.6- Etablir les critères d’une solution. solution, Exemples et/ou
 Ordinateur portatif et
 Domaines d’utilisation industriels. Exercices dirigés
‘’Data show’’

7. Développement de l’objectif OG7

Objectif général OG7 : Connaître et savoir la notion d’étanchéité et les éléments de construction utilisés
Code Objectifs spécifiques Eléments de contenu Méthodologies et moyens durée évaluation
OS1 1.1- Identifier l’étanchéité et  Fonction.  Exposé informel, 15 mn Formative :
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connaître sa fonction.  Tableau et stylos, Exemples et/ou


 Ordinateur portatif n Questions/réponses
‘’Data show’’
 Méthode interrogative,
 Par contact direct, Formative :
1.2- Connaître les types d’étanchéité :  Tableau et stylos,
OS2 étanchéité statique.  Par contact indirect (par interposition 15 mn Exemples et/ou
 Ordinateur portatif et
d’un joint). questions/réponses.
‘’Data show’’
 Principaux joints utilisés : cas de  Méthode interrogative,
vitesses faibles,  Tableau et stylos, Formative
1.3- Connaître les types d’étanchéité :
OS3  Conditions de montage  Abaques, 40 mn Exemples et/ou
étanchéité dynamique.
 Principaux joints utilisés : cas de  Ordinateur portatif et Exercices dirigés
vitesses importantes. ‘’Data show’’

8. Développement de l’objectif OG8 :


Objectif général OG8 : Connaître et savoir la notion de lubrification et les éléments de construction et les fluides lubrifiants utilisés
Code Objectifs spécifiques Eléments de contenu Méthodologies et moyens durée évaluation
 Exposé informel,
 Définition, Formative :
1.1- Identifier la lubrification et  Tableau et stylos,
OS1 connaître sa fonction.  Analyse fonctionnelle, 20 mn Exemples et/ou
 Ordinateur portatif n
 Qu’est ce qu’un lubrifiant. Questions/réponses
‘’Data show’’
 Méthode interrogative,
Formative :
1.2- Connaître les types de lubrifiants  Propriétés des huiles,  Tableau et stylos,
OS2 et leurs propriétés physiques. 15 mn Exemples et/ou
 Propriétés des graisses.  Ordinateur portatif et questions/réponses.
‘’Data show’’
 Méthode interrogative,
 Classification des huiles,  Tableau et stylos, Formative
OS3 1.3- Etablir les classes des lubrifiants.  Principales fonctions d’un lubrifiant,  Abaques, 40 mn Exemples et/ou
 Principaux critères de choix.  Ordinateur portatif et Exercices dirigés
‘’Data show’’
 Absence de lubrification,  Méthode interrogative,
Formative
1.4- Connaître les modes de  Lubrification limite,  Tableau et stylos,
OS4 30 mn Exemples et/ou
lubrifications  Lubrification onctueuse,  Abaques, Exercices dirigés
 Lubrification hydrodynamique,  Ordinateur portatif et
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 Lubrification mixte, ‘’Data show’’


 Lubrification hydrostatique.
 Méthode interrogative,
 Avantages et inconvénients des
 Tableau et stylos, Formative
1.5- Identifier les dispositifs de graisses par rapport aux huiles,
OS5  Abaques, 40 mn Exemples et/ou
lubrifications.  Lubrification à l’huile,
 Ordinateur portatif et Exercices dirigés
 Lubrification à la graisse.
‘’Data show’’

HIDOURI Abdelmoumen ISET Gafsa Département Génie Mécanique


SOMMAIRE

Chapitre Titre Page


Avant propos I
N°1 Modélisation des liaisons mécaniques 1
N°2 Modélisation des mécanismes 14
N°3 Liaisons complètes démontables 30
N°4 Assemblage par éléments filetés 43
N°5 Guidage en rotation 51
N°6 Guidage en translation 68
N°7 Étanchéité 81
N°7 Lubrification 86
Références bibliographiques 99

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique I


Chapitre_1 Modélisation des liaisons mécaniques

Chapitre 1

MODELISATION DES LIAISONS MECANIQUES

1. Introduction
Deux pièces sont dites «en liaison» si elles restent en contact permanent par l’intermédiaire de
surfaces au cours de la mise en œuvre d’un mécanisme. La nature du contact peut être diverse
(ponctuelle, linéique, surfacique) dans la mesure où l'on suppose que les solides sont
géométriquement parfaits et indéformables. Les liaisons mécaniques entre les solides sont
normalisées à la fois dans leurs désignations et leurs schématisations. Elles sont utilisées lors de
l’étude d’un système mécanique: ensemble de pièces mécaniques reliées entre elles par des liaisons
en vue de réaliser une fonction déterminée.

2. Notions de degrés de libertés et degrés de liaison


2.1. Degrés de libertés
La liaison entre deux solides se traduit donc par une relation de
contact qui autorise quelques uns des six mouvements possibles pour un
solide libre dans l’espace Les six degrés de libertés possibles entre deux
solides (il ne peut y en avoir plus) sont trois rotations autour des axes
perpendiculaires (X, Y et Z) et trois translations suivants ces mêmes
directions.
A ces mouvements relatifs indépendants correspondent les degrés de liberté ou de
mobilité de la liaison :
- Si le nombre de degrés de liberté est supérieur à 0, on qualifie la liaison de « partielle», alors
qu'on la déclare « complète » s'il n'y a aucun degré de liberté.

2.2. Degrés de liaisons


Une liaison élémentaire entre deux solides S1 et S2 est obtenue à partir du contact d'une
surface géométrique élémentaire liée à S1 sur une surface géométrique élémentaire liée à S2. Les
surfaces géométriques élémentaires sont le plan, le cylindre et la sphère.
Le tableau 1 donne les différentes combinaisons de contact :
À un degré de liberté correspond la possibilité d’un mouvement de rotation ou de
translation entre deux solides.
Un solide qui n’a aucune liaison possède six degrés de libertés :
 Trois degrés de liberté en translation
 Trois degrés de liberté en rotation

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 1


Chapitre_1 Modélisation des liaisons mécaniques

Tableau 1 : Différentes combinaisons de contact


Contact Plan Cylindre Sphère

Sphère
Ponctuel Linéaire annulaire
Rotule ou sphérique

Cylindre
Linéaire rectiligne Pivot glissant

Plan
Appui plan

Réaliser une liaison entre deux pièces revient à supprimer un ou plusieurs degrés de
libertés d’une pièce par rapport à l’autre.
* 6 mouvements élémentaires possibles d'un solide dans l’espace : 3 translations (Tx, Ty,
Tz) et 3 rotations (Rx, Ry, Rz).
Notons m le degré de liberté d'une liaison. Le degré de liaison d'une liaison vaut 6 – m
* 3 mouvements possibles d'un solide dans le plan : 2 translations (Tx, Ty) et 1 rotation (Rz). Le
degré de liaison d'une liaison vaut 3 – m
NOTE : L’absence d'un degré de liaison ou la présence d'un degré de liberté est notée par 1.

2.3. Torseurs cinématique et torseur statique d’une liaison


Le torseur cinématique d’une telle liaison est l’ensemble des coordonnées ou des
composantes selon les trois directions de l’espace du vecteur de vitesse de rotation ; la résultante ;
(, , ) et des composantes du vecteur vitesse de translation ; le moment du torseur ; (u,v,w).

Le torseur statique ou aussi torseur transmissible de cette liaison est l’ensemble des
coordonnées des actions mécaniques ; la résultante ; qui empêchent ou suppriment les translations
et des coordonnées des couples ou des moments qui empêchent ou suppriment les rotations.

2.4. Élaboration de ces deux torseurs


Soit une liaison mécanique ayant les mouvements suivants :
Une translation Tx selon (Ax) et une rotation Rx selon (Ax) indépendantes.
On a donc un vecteur vitesse de rotation

ou aussi et un vecteur vitesse de translation

ou aussi

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 2


Chapitre_1 Modélisation des liaisons mécaniques

d’où le torseur cinématique associé à cette liaison au point A sera

alors :

Dans cette liaison on a une translation uniquement selon (Ax) d’où il n’y a pas d’actions
mécaniques qui empêchent la translation selon (Ax) mais il y a d’autres qui empêchent et
suppriment les translations selon (Ay) et (Az), ce qui permet d’écrire que cette action dans le repère

R(A,x,y,z) : ou sous une forme :

Dans cette liaison on a aussi une rotation selon l’axe (Ax) c'est-à-dire qu’il n’y a pas de couple
mécanique selon cet axe qui empêche et supprime cette rotation par contre il y a d’autres couples
qui empêchent les rotations selon (Ay) et (Az). Ceci permet d’écrire le couple qui empêche ces

rotations sous la forme : ou sous une forme : d’où le

torseur statique ou transmissible au point A associé à cette liaison est :

3. Caractéristiques des différentes liaisons


Les caractéristiques d'une liaison parfaite sont :
 Contacts sans frottement entre les surfaces ;
 Surfaces de contact géométriquement parfaites ;
 Aucun jeu.
3.1. Liaison ponctuelle ou sphère plan: dans cette partie, on va donner directement le deux
torseurs cinématique et statiques en suivant la même démarche que précédemment.
Définition et symbole : Deux solides S1 et S2 sont en liaison ponctuelle si, au cours du
fonctionnement, le seul mouvement relatif possible résulte de la rotation autour d'un point et de la
translation le long de deux axes concourants en ce point.

Degré de mobilité : Ty =1 et Tz = 1 et Rx =1, Ry =1et Rz = 1. Le degré de mobilité est égal à 5


et le degré de liaison est 1.

Torseur cinématique associé à la liaison ponctuelle de normale (Ax) :

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 3


Chapitre_1 Modélisation des liaisons mécaniques

Torseur transmissible associé à la liaison ponctuelle de normale (Ax) :

Exemple technologique : Appui des vis 8 sur le plateau 5.

3.2. Liaison linéaire rectiligne


Définition et symbole : Deux solides S1 et S2 sont en liaison linéaire rectiligne si, au
cours du fonctionnement, le seul mouvement relatif possible résulte d'une rotation autour de deux
axes et de la translation le long de deux autres axes, l'une des rotations et l'une des translations
étant relatives au même axe.

Degré de mobilité : Ty = 1, Tz = 1, Rx = 1, et Ry = 1, le degré de mobilité est égal à 4 et le degré


de liaison est 2.
Torseur cinématique associé à la liaison linéaire rectiligne de direction (Ay) et de normale

(Ax) :

Torseur transmissible associé à la liaison linéaire rectiligne de direction (Ay) et de normale

(Ax) :

Exemple technologique : Contact galet/came

3.3. Liaison linéaire annulaire


Définition et symbole : Deux solides S1 et S2 sont en liaison linéaire annulaire si, au
cours du fonctionnement, le seul mouvement relatif possible résulte d'une rotation autour d'un
point et d'une translation suivant un axe passant par ce point.

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 4


Chapitre_1 Modélisation des liaisons mécaniques

Degré de mobilité : Tx = 1, Rx = 1, Ry = 1 et Rz = 1, le degré de mobilité est égal à 4 et le degré


de liaison est 2.

Torseur cinématique associé à la liaison linéaire annulaire d’axe (Ax) :

Torseur transmissible associé à la liaison linéaire annulaire d’axe (Ax) :

Exemples technologiques :
Piston de longueur faible devant le diamètre dans cylindre.

Joint tripode
A-A B-B
B A

B A

3.4. Liaison rotule


Définition et symbole : Deux solides S1 et S2 sont en liaison sphérique ou rotule si, au
cours du fonctionnement, le seul mouvement relatif possible est une rotation autour d'un point.

Degré de mobilité : Rx = 1, Ry = 1 et Rz = 1, le degré de mobilité est égal à 3 et le degré de


liaison est aussi 3.

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 5


Chapitre_1 Modélisation des liaisons mécaniques

Torseur cinématique associé à la liaison rotule de centre A :

Torseur transmissible associé à la liaison rotule de centre A :

Exemple technologique :
Patin de serre–joint.

Levier pour boite de vitesse

3.5. Liaison appui plan


Définition et symbole: Deux solides S1 et S2 sont en liaison appui plan si, au cours du
fonctionnement, le seul mouvement relatif possible résulte d'une rotation autour d'un axe et
de la translation le long de deux axes perpendiculaires au premier.

Degré de mobilité : Ry = 1, Tx = 1 et Tz = 1, le degré de mobilité est égal à 3 et le degré de


liaison est aussi 3.

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 6


Chapitre_1 Modélisation des liaisons mécaniques

Torseur cinématique associé à la liaison appui plan de normale (Ay):

Torseur transmissible associé à la liaison appui plan de normale (Ay) :

Exemple technologique : Butée à billes.

3.6. Liaison pivot glissant


Définition et symbole : Deux solides S1 et S2 sont en liaison pivot glissant si, au cours du
fonctionnement, le seul mouvement relatif possible résulte d'une rotation et d'une translation
indépendantes par rapport à un axe.

Degré de mobilité : Tx = 1 et Rx = 1, le degré de mobilité est égal à 2 et le degré de liaison est 4.

Torseur cinématique associé à la liaison pivot glissant d’axe (Ax) :

Torseur transmissible associé à la liaison pivot glissant d’axe (Ax) :

Exemple technologique : Piston de gicleur de moteur à injection.

3.7. Liaison sphérique à doigt


Définition et symbole : Deux solides S1 et S2 sont en liaison sphérique à doigt si, au cours du
fonctionnement, le seul mouvement relatif possible résulte de la rotation par rapport à deux axes
concourants.

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Chapitre_1 Modélisation des liaisons mécaniques

Degré de mobilité : Ry = 1 et Rz = 1, le degré de mobilité est égal à 2 et le degré de liaison est 4.

Torseur cinématique associé à la liaison sphérique à doigt de centre A :

Torseur transmissible associé à la liaison sphérique à doigt de centre A :

Exemple technologique : Accouplement sphérique à ergots

3.8. Liaison hélicoïdale


Définition et symbole : Deux solides S1 et S2 sont en liaison hélicoïdale si, au cours du
fonctionnement, le seul mouvement relatif possible résulte d'une rotation et d'une
translation proportionnelles ou conjuguées par rapport à un axe.

Degré de mobilité : Tx et Rx sont dépendantes ou conjuguées, c'est-à-dire que


. Le degré de liberté est égal à 1 et le degré de liaison est 5. (La translation n’est plus possible
que si la rotation est réalisée et parfois l’inverse est aussi correct ; cas des filetages réversibles).
Torseur cinématique associé à la liaison glissière hélicoïdale d’axe (Ax):

Torseur transmissible associé à la liaison glissière hélicoïdale d’axe (Ax) :

Exemple technologique : Transmission de mouvement par vis et écrou à filets trapézoïdaux.

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Chapitre_1 Modélisation des liaisons mécaniques

3.9. Liaison glissière


Définition et symbole : Deux solides S1 et S2 sont en liaison glissière si, au cours du
fonctionnement, le seul mouvement relatif possible est une translation le long d'un axe.

Degré de mobilité : Tx = 1, le degré de mobilité est égal à 1.

Torseur cinématique associé à la liaison glissière de direction (Ax):

Torseur cinématique associé à la liaison glissière de direction (Ax):

Exemple technologique : Liaison glissière par queue d’aronde avec rattrapage du jeu.

3.10. Liaison pivot


Définition et symbole : Deux solides S1 et S2 sont en liaison pivot si, au cours du
fonctionnement, le seul mouvement relatif possible est une rotation autour d'un axe.

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Chapitre_1 Modélisation des liaisons mécaniques

Degré de mobilité : Rx = 1, le degré de mobilité est égal à 1 et le degré de liaison est 5.

Torseur cinématique associé à la liaison pivot d’axe (Ax):

Torseur transmissible associé à la liaison pivot d’axe (Ax):

Exemples technologiques: Articulation sur coussinet.

Épaulement rapporté + circlips Écrou + Épaulement Articulation en chape

3.11. Liaison encastrement


Définition et symbole : Deux solides S1 et S2 sont en liaison encastrement s'il n'existe aucun
degré de liberté entre les solides. L'orientation du référentiel peut être quelconque

Degré de mobilité : Tx = Ty = Tz = Rx = Ry = Rz = 0, le degré de mobilité est nul.

Torseur cinématique associé à la liaison encastrement ou complète:

Torseur transmissible associé à la liaison encastrement :

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Chapitre_1 Modélisation des liaisons mécaniques

3.11.1. Liaisons démontables

Goupille cylindrique Goupille élastique Goupille conique (R)

Goupille cannelée Goupille fondue (V)


2 3

1
1. Élément d’assemblage ; 2. Pièce à assembler ; 3. Pièce support.

Vis de pression Boulons

3.11.2. Liaisons non démontables

Rivetage Soudage

Collage
Emmanchement forcé

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Chapitre_1 Modélisation des liaisons mécaniques

Pour recapitaliser, on dresse le tableau suivant de toutes les liaisons avec leurs symboles,
torseurs cinématiques et statiques.

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Chapitre_1 Modélisation des liaisons mécaniques

Exercice d’application : identifier toutes les liaisons existant entre les différentes pièces de la
pompe hydraulique dont on vous donne son dessin d’ensemble.

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Chapitre_2 Modélisation des mécanismes

Chapitre 2

MODELISATION DES MECANISMES

1. Définition d’un mécanisme


Un mécanisme est ensemble organisé de pièces mécaniques, reliées entre elles par des liaisons,
dont la finalité est le plus souvent d’établir techniquement une relation ou une loi d’entrée/sortie
(mouvement/effort) répondant à un besoin désiré.

À un mécanisme est le plus souvent associée la notion de mouvement, mais li peut aussi faire l’objet
d’une étude en situation statique.

Dans un tel mécanisme, la transmission des efforts s’effectue par des surfaces de contact entre
pièces liées.

2. Modélisation d’un mécanisme


D’une manière générale, la réalité d’un tel mécanisme est difficile, voire impossible, à analyser.
Son étude requiert donc la définition d’un modèle sur lequel pourront être appliquées les lois
relatives aux différents domaines scientifiques (statique, cinématique, dynamique, RDM) et ainsi,
prévoir ou justifier son comportement (isostatisme, hyperstatisme), ses performances, ainsi que le
dimensionnement de ses constituants.

Le schéma cinématique, le schéma architectural, le graphe de liaisons associées à chacun


d’eux et enfin le schéma technologique, constituent les outils fondamentaux de cette modélisation.

2.1. Méthode d'analyse


Il est indispensable de faire une analyse et une représentation logique, conforme à sa structure.
Pour cela, on dispose d'outils appropriés :
 Le graphe de structure (ou graphe des liaisons) et le schéma cinématique dans le cas d'une
étude géométrique et/ou cinématique ;
 Le graphe des liaisons et efforts, et le schéma d'architecture dans le cas d'une étude des
efforts dans les liaisons, en statique ou dynamique.
2.1.1. Modélisation cinématique
L’objectif consiste à faire apparaître clairement les mobilités contenues dans un mécanisme en
vue d’une étude cinématique. Pour cela, il est nécessaire de parcourir les étapes suivantes :
a) Rechercher les liaisons encastrement en s’appuyant sur le repérage des éléments assemblés à
l’aide d’organes filetés, sur des indications du dessin d’ensemble présentant un caractère d’information
fonctionnelle (par exemple serré, H7p6 ,etc.) ou d’autres types d’assemblages complets symbolisés (soudures,
etc.).

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Chapitre_2 Modélisation des mécanismes

b) Regrouper les solides n’ayant aucun mouvement relatif les uns par rapport aux autres en
sous ensembles cinématiquement liés ; ceci s’effectue en recherchant les éléments en assemblages complets
(liaison encastrement) par l’intermédiaire d’organes filetés, d’un collage, d’une soudure…etc. On peut
alors distinguer ces sous-ensembles par des couleurs différentes et désigner chacun d’eux par le repère de la
pièce la plus importante.
c) Analyser la géométrie des surfaces de contact entre les sous-ensembles cinématiquement liés.
d) Modéliser les liaisons entre les sous-ensembles cinématiquement liés, en les considérant
isolément deux par deux et à partir des mouvements relatifs possibles et compatibles avec la géométrie des
surfaces en contact.
Ceci permet de construire le graphe de liaisons (point de vue cinématique) structuré de la manière suivante :
 Chaque groupe cinématiquement lié constitue un nœud du graphe précisé par son numéro cerclé.
 Chaque liaison est représentée par un arc auquel il est possible d’attacher un certain nombre
d’informations (type de liaison, centre de la liaison, repère idéal associé à cette liaison…).
 Construire le schéma cinématique en respectant les règles suivantes :
 Les pièces constitutives d’un groupe cinématiquement lié ne sont pas distinguées et sont repérées par
leur numéro ;
 Les liaisons entre les groupes cinématiquement liés sont représentées conformément à la norme NF E
04-015.
 Les positions géométriques relatives des ces liaisons sont respectés : parallélisme, perpendicularité,
coaxialité… ;
 Les principaux paramètres sont respectés, en particulier les paramètres d’entrée-sortie.
Selon la complexité du mécanisme, le schéma cinématique peut être plan ou spatial
Définitions utiles :
 On appelle groupe cinématiquement lié un ensemble de solides liés par encastrement. Par
conséquent, cet ensemble sera également représenté par un seul solide.
 On appelle graphe des liaisons, une représentation plane qui permet de décrire
l'agencement des liaisons entre les solides constituant le mécanisme.
 On appelle schéma cinématique d'un mécanisme, une représentation géométrique simplifiée
des pièces et des liaisons qui le constituent et qui fait apparaître clairement sa cinématique.
 On appelle classe d’équivalence un ensemble ou un sous-ensemble fonctionnel de pièces
qui n’ont aucun mouvement les uns par rapport aux autres.

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Chapitre_2 Modélisation des mécanismes

Exemple d’application : Butée réglable :

1) La liste des sous-ensembles cinématiquement liés :(Coloriage)

1= {1+4+6+7+8}, 2= {2}, 3= {3}, 5= {5}


2) Établir le graphe de liaison de ce mécanisme :

Pivot d’axe X Glissière d’axe Y

Pivot d’axe X 2

Hélicoïdale d’axe X
Appui plan de
normale Y1

3
3) Établir le schéma cinématique :(voir réponses à la page suivante)

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Chapitre_2 Modélisation des mécanismes

2.1. 2. Modélisation architecturale


Celle ci s’effectue dans le but de rechercher des actions mécaniques s’exerçant sur un
mécanisme et notamment les actions de liaisons. Il convient alors de s’appuyer sur un modèle
respectant fidèlement la réalité des liaisons que ne le permet pas le schéma cinématique.

On parcourt aussi les étapes suivantes :


a) Regrouper les solides n’ayant aucun mouvement relatif les par rapport aux autres en sous-ensembles
cinématiquement liés. Cette réflexion est identique à celle déjà faite dans le cas de la modélisation
cinématique.
b) Modéliser les liaisons entre les sous-ensembles cinématiquement liés comme cela a été déjà proposé ors
de la modélisation cinématique, mais dans ce cas, il est nécessaire de bien remarquer que toutes les liaisons
élémentaires doivent apparaitre puisque l’objectif de cette modélisation est de procéder à une étude statique
ou dynamique afin de déterminer les actions en ces liaisons. Le graphe des liaisons (point de vue
architectural) présente la même structure que le précédent, mais il contient un nombre des liaisons plus
important
c) Construire le schéma architectural (schéma distributeur des liaisons) en respectant les mêmes règles
que celles énoncées pour le schéma cinématique.
Exemple :

Soit le réducteur de vitesse suivant :


a) Établir le graphe de liaisons (point de vue cinématique),
b) Faire le schéma cinématique du réducteur,
c) Établir le graphe de liaisons (point de vue architectural),
d) Faire son schéma architectural.
On donne : 1 : Carter, 2 : arbre d’entrée, 3 : arbre de sortie.
Solution :

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Chapitre_2 Modélisation des mécanismes

a) Graphe de liaisons (point de vue cinématique) :

Pivot
Pivot

3
2

Appui plan

b) Schéma cinématique du réducteur de vitesse :

c) Graphe de liaisons (point de vue architectural) :

L'1,2 L'1,3
(linéaire annulaire)L'' L''1,3 (linéaire annulaire)
1,2

(rotule)(rotule)
2 3

L2,3
( Appui plan)
d) Schéma architectural du réducteur :

(2)
Entrée Ce

Sortie Cs
(1)
(3)

(1)
2.1. 3. Le schéma technologique :
Il permet de rendre compte de solutions technologiques adoptées en
mettant en évidence les composants utilisés et toutes les surfaces de
liaisons appartenant aux différentes pièces d’un mécanisme.
L’utilisation de cet outil est nécessaire, avant de passer au dessin d’ensemble, afin de rechercher des
solutions partielles, de les comparer et d’effectuer un choix. Exemple de schéma technologique
relatif à une relation pivot

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Chapitre_2 Modélisation des mécanismes

3. Liaisons composées
Une liaison composée entre deux pièces est une liaison obtenue à partir de plusieurs liaisons
élémentaires.
On peut distinguer deux cas :
 La liaison composée est constituée de plusieurs liaisons élémentaires disposées en série
comme montré dans l’exemple suivant :
(2)

(1)
0
L2
L1 (pivot)
(0) 1
L1
L2 (glissière)

2
 La liaison composée est constituée de plusieurs liaisons élémentaires disposées en parallèle
entre les deux pièces comme le montre la figure suivante et le graphe des liaisons
correspondant :

(0)

0
L1 L2
(1) L1 L2
(pivot glissant) (ponctuelle)

1
(0)

4. Liaison équivalente
La liaison équivalente (Léq) à la liaison composée entre deux solides, est la liaison dont le
comportement est identique à celui résultant de l’association des liaisons élémentaires, c'est-à-dire,
qui autorise le même mouvement relatif entre les deux solides.
Remarques :
- Une association de liaison en série a pour avantage de remplacer des contacts fragiles de
type ponctuel (première application) ou linéaire (deuxième application) par des contacts
surfaciques technologiquement plus intéressants puisqu’ils permettent de réduire les pressions et
donc d’augmenter la fiabilité de la liaison.
- Si une même mobilité est autorisée par chacune des liaisons élémentaires (Rz pour la
première application et Ry pour la deuxième application), il y a apparition d’une mobilité interne

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Chapitre_2 Modélisation des mécanismes

d’une pièce contenue dans la liaison en série. Celle-ci peut être une rotation ou une translation,
sans entrainer aucun mouvement des autres pièces.
- La liaison équivalente à un ensemble de liaisons élémentaires disposées en série est toujours
isostatique.

5. Méthode analytique
Soient : L1, L2, L3,…., Ln : n liaisons composant un mécanisme et Léq leur liaison
équivalente.
 u
    
v  : Le torseur cinématique associé à la liaison équivalente des n liaisons,
 wR

X L
    Y 
M  : Le torseur transmissible associé à la liaison équivalente des n liaisons,
Z N  R

 i ui 
i    i 
vi  : Le torseur cinématique associé à la liaison i,
 wi  R
 i

Xi Li 
 i    Yi 
M i  : Le torseur transmissible associé à la liaison i.
Z N i  R
 i
5.1. Liaisons en parallèle
5.1.1. Torseur statique
le torseur statique de la liaison équivalente est la somme de tous les torseurs statiques des n
n
liaisons ; on alors :      i  .
i 1

Par conséquent, pour qu’une composante du torseur de la liaison équivalente ne soit pas
nulle, il suffit qu’une seule composante correspondante d’une liaison (Li) ne soit pas nulle.
5.1.2. Torseur cinématique
On a  i   1  2   ...i   ...n 

Exemple
Supposons qu’il y a entre deux solides (S1) et (S2) deux liaisons parallèles :
(L1) : liaison pivot glissant d’axe (O, x ),
(L2) : liaison ponctuelle de normale (O, x ).
Les torseurs cinématiques de ces deux liaisons
s’écrivent au point O, dans la base de R :

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Chapitre_2 Modélisation des mécanismes

1 u1   2 0
1   0 0  et 2     2
  
v2  et celui de la liaison équivalente est de la forme :
0 0  w2  R
 R  2
  1   2
  0  2
 u
  0  2
    
v  On aura les relations suivantes : d’où le torseur cinématique de
  u  u1  0
 wR
v  0  v2
w  0  w2
Léq sera alors celui d’une liaison pivot d’axe (O, x ),
 0
   0 0

0 0 R

Remarque : les composantes de mouvements existant entre (S1) et (S2) sont celles qui
appartiennent simultanément à toutes les liaisons.
5.1.3. Hyperstatisme et mobilité : le nombre total d’inconnues statiques Ns introduit par les n
n
liaisons en parallèle est : N s   nsi
i 1

n
La relation      i  donne six équations scalaires pour déterminer les Ns inconnues statiques
i 1

en fonction des composantes X, Y, Z, L, M, N du torseur statique de la liaison équivalente.


Soit rs le nombre d’équations scalaires indépendantes ( rs  6 )
Ce rs s’appelle le rang de la matrice associée à ce système de six équations à Ns inconnues, c'est-à-
dire l’ordre d’un des déterminants principaux que l’on peut extraire de cette matrice.
Définitions : le degré d’hyperstatisme h de la liaison de la liaison équivalente aux n liaisons en parallèle est
égal au nombre total Ns d’inconnues statiques introduit par les liaisons, moins le nombre r s de relations
indépendantes entre ces inconnues : h  Ns  rs
Si h=0 la liaison équivalente est dite isostatique.
Si h>0 la liaison équivalente est dite hyperstatique d’ordre h.
Les h inconnues statiques qui ne peuvent pas être calculées en fonction des composantes X, Y, Z, L,
M, N du torseur statique de la liaison équivalente sont appelés inconnues hyperstatiques.
De la relation   1  2   ...i   ...n  , on constate que le nombre rs représente aussi le

nombre de relations de nullité indépendantes imposées aux composantes , , , u, v, w du torseur


cinématique de la liaison équivalente.

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Chapitre_2 Modélisation des mécanismes

Définitions : le degré de mobilité m de la liaison équivalente aux n liaisons en parallèle est égal à 6 (le
nombre de degré de liberté de la liaison libre) moins le nombre rs de relations de nullité indépendantes
imposées aux composantes du torseur cinématique de la liaison équivalente. m  6  rs
Si m=0 la liaison équivalente est dite complète ou rigide,
Si m>0 la liaison équivalente est dite mobile à m degrés de liberté.
Exemple d’application : considérons un arbre (S2), d’axe (O, x ) monté dans un bâti (S1) par
l’intermédiaire de deux liaisons (L1) et (L2). La liaison (L1) est une liaison linéique annulaire d’axe
(O, x ), la liaison (L2) est une liaison pivot d’axe (O, x )

1. Déterminer le torseur statique de la liaison équivalente aux deux liaisons en parallèle (L 1) et


(L2).
2. Déterminer le degré d’hyperstatisme de la liaison équivalente ainsi que les inconnues
hyperstatiques.
3. Par une étude cinématique, déterminer le torseur cinématique de la liaison équivalente aux deux
liaisons (L1) et (L2).
4. pour que la liaison équivalente aux deux liaisons (L1) et (L2) soit une liaison pivot isostatique
d’axe (O, x ), proposer plusieurs modifications possibles de la liaison (L2), la liaison (L1) restant
inchangée.

Réponses :
1. Soit R (O, x , y , z ) un repère lié à (S2). Les torseurs statiques des liaisons (L 1) et (L2) ont un
point O, dans la base de R, leur forme particulière conservée :

 0 0 X2 0 
   
Soient  1   Y1 0  le torseur statique associé à (L1) et  2    Y2 M 2  . D’où le torseur
Z 0 Z N 2 O
 1 O  2

X L
 
statique associé à la liaison équivalente est tel que :     1   2  avec     Y M
Z N O

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 22


Chapitre_2 Modélisation des mécanismes

X  X2
Y  Y  Y
 1 2

 Z  Z1  Z 2
On obtient alors les six équations suivantes :  ce qui donne le torseur statique de la
 L  0
M  M 2

 N  N 2

X 0
 
liaison équivalente :     Y M  ce torseur est celui d’une liaison pivot d’axe (O, x )
Z N O

2. Le degré d’hyperstatisme de la liaison équivalente est h  Ns  rs

Or Ns  ns1  ns2  2  5  7 et le nombre d’équations indépendantes permettant le calcul des

inconnues statiques des liaisons (L1) et (L2) en fonction de X,Y,Z,L,M,N est rs=5 ce qui donne h=2
d’où notre système est hyperstatique et les inconnues hyperstatiques de la liaison équivalente sont
Y1 ou Y2 et Z1 ou Z2, ce qui donne aussi le degré de mobilité de la liaison équivalente est
m=6-rs=6-5=1.
3. Les torseurs cinématiques associés à chaque liaison (L1) et (L2) sont respectivement :

1 u1   2 0  u
1   1 0  et 2    0
   
0  et celui de Léq est      v

  0 0 O  wO
 1 0 O  
La compatibilité de   avec 1 impose v=0, w=0,

La compatibilité de   avec 2  impose =0, =0, u=0, v=0, w=0, d’où on obtient cinq relations

de nullité indépendantes qui sont imposées aux composantes du torseur cinématiques de la liaison
équivalente. Ce nombre est égal à rs ; nombre de relations indépendantes entre les inconnues
statiques des liaisons. Par suite le torseur cinématique de la liaison équivalente est :
 0
   0 
0  qui est celui d’une liaison pivot d’axe (O, x )
0 0 O

4. La liaison équivalente conservant le même degré de mobilité m=6-rs=1, on en déduit que rs=5.
si la liaison est isostatique : h  ns1  ns2  0 .

Comme ns1=2, la liaison (L2) doit introduire ns2  3 inconnues statiques indépendants (liaisons à 3
degrés de liberté).

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 23


Chapitre_2 Modélisation des mécanismes

Pour trouver une liaison (L2) rendant la construction isostatique, il suffit de supposer Y 2=0 et
X2 0 
 
Z2=0. Alors le torseur statique de la liaison (L2) devient :  2    0 M2  .
0 N 2 O

Ce torseur statique est celui d’une liaison appui plan de normale (O, x ), d’où la première solution
est :

Les torseurs statiques des (L1) et (L2) précédents ont leur forme particulière conservée au même
point O et dans la même base de R.
Pour obtenir une autre construction isostatique il faut chercher une liaison (L2) dont le torseur
statique a sa forme particulière en un autre point que le point O.
Envisageons de placer en un point A de l’axe (O, x ) une liaison rotule de centre A. le torseur
X2 0
 
statique correspondant est :  2    Y2 0  . Posons OA  lx (l  0) .
Z 0 O
 2
Pour vérifier que cette solution convient écrivons que :  0   1O   2 O d’où les six équations

X  X2
Y  Y1  Y2
Z  Z1  Z 2
scalaires suivantes : toutes les inconnues statiques de ce système peuvent être calculées
L0
M  lZ 2
N  lY2
en fonction de X, Y, Z, L, M, N et rs=5. Par conséquent la liaison rotule choisie convient pour
réaliser la liaison pivot isostatique entre (S1) et (S2) :

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 24


Chapitre_2 Modélisation des mécanismes

5.2. Liaisons en série


5.2.1. Définition
n liaisons (L1), (L2),…, (Li),…, (Ln) sont en série entre deux solides (S0) et (Sn) si elles sont
disposées à la suite l’une de l’autre par l’intermédiaire de (n-1) solides. Le graphe de liaisons se
trace ainsi :

On dit également que les (n+1) solides assemblés par les n liaisons en série constituent une chaîne
continue ouverte.
5.2.2. Liaison équivalente
Torseur statique : on démontre, par le principe fondamental de la statique, que
   1   2   ... n  par conséquent si une composante d’un torseur statique d’une liaison (li)
est nulle, la composante correspondante du torseur statique de la liaison équivalente l’est aussi.
Torseur cinématique : en utilisant la loi de composition des torseurs cinématiques on obtient

(S     
n

n / S0 )  ( Sn / Sn1 )  ...  ( Si / S0 ) d’où on aura :     i  et par suite, les composantes de


i 1

mouvement existant entre (S0) et (Sn) sont toutes celles des liaisons (Li).
5.2.3. Hyperstatisme et mobilité
L’écriture de la relation    1   2   ... n  permet la détermination de toutes les

composantes Xi, Yi, Zi, Li, Mi, Ni des torseurs statiques  i  en fonction des composantes X, Y, Z,

L, M, N du torseur statique   de la liaison équivalente.

Par conséquent, la liaison équivalente aux n liaisons en série entre (S0) et (Sn) est toujours
isostatique.
Définitions :
 Le degré de mobilité mu de la liaison équivalente aux n liaisons en série entre (S0) et (Sn)
est égal au nombre d’inconnues cinématiques indépendantes de la liaison équivalente. Ce mu
est aussi appelé degré de mobilité utile de la chaîne continue ouverte.
n
Le nombre total d’inconnues cinématiques introduit par les n liaisons en série est : N c   nci
i 1

 Le degré de mobilité m de la chaîne continue ouverte comprenant n liaisons est égal au


nombre Nc d’inconnues cinématiques introduit par les n liaisons soit m  Nc
Remarque : comme l’introduction successive de solides intermédiaires entre (S0) et (Sn) ne peut
qu’augmenter le degré de mobilité de la chaîne continue ouverte, on a toujours : m  mu . On pose

alors m  mu  mi où mi est appelée degré de mobilité interne de la chaîne continue ouverte.

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 25


Chapitre_2 Modélisation des mécanismes

Une pièce a une mobilité interne dans un mécanisme (par exemple, une bielle tournant sur
elle-même entre deux liaisons rotule) si elle peut avoir un mouvement qui n’entraîne aucun
mouvement des autres pièces du mécanisme.
Exemple d’application : soit une chaîne continue ouverte constituée
par trois solides (S0), (S1) et (S2).
La liaison (L2) entre (S1) et (S2) est une liaison rotule de centre O.
La liaison (L1) entre (S0) et (S1) est une liaison appui plan de normale
(O, z ).
Soit R (O, x , y , z ) un repère situé sur les liaisons.
1. Déterminer le torseur statique de la liaison équivalente aux deux liaisons en série entre (S 0) et
(S1).
2. Par une cinématique, déterminer le torseur cinématique de la liaison équivalente aux deux
liaisons en série entre (S0) et (S2). En déduire le degré de mobilité interne de la chaîne continue
ouverte constituée par (S0), (S1) et (S2).
Réponses :
1. Au point O dans la base R, les torseurs statiques des liaisons (L 1) et (L2) sont de la forme :
0 L1  X2 0 X L
 
1   0  
M 1  et  2    Y2

0  et soit     Y M  le torseur statique de la liaison
Z 0 O Z 0 O Z N O
 1  2 

0 0
 
équivalente. Ce torseur statique est tel que :     1   2  d’où     0 0  . Par suite la
Z 0 O

liaison équivalente aux deux liaisons en série entre (S0) et (S2) est une liaison ponctuelle de normale
(O, z ).
2. Les torseurs cinématiques des liaisons (L1) et (L2) s’écrivent au point O, dans la base de R :
 0 u1   2 0  u
1   0 v1  et 2     2
   
0  soit     

v  le torseur cinématique de la liaison
 0   0 O  wO
 1 O  2 
  2
  2
  1   2
équivalente. Ce torseur est tel que :   1  2  soit alors : par conséquent le
u  u1
v  v1
w0
torseur cinématique de la liaison équivalente aux deux liaisons en série entre (S0) et (S1) est de la
forme :

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 26


Chapitre_2 Modélisation des mécanismes

 u
    
v  . Le degré de mobilité de la chaîne continue ouverte constituée par (S0), (S1) et (S2)
 0 O

est m  Nc or Nc  nc1  nc2  3  3  6 d’où m=6

Le degré de mobilité mu de la liaison équivalente est égal au nombre d’inconnues cinématiques


indépendantes du torseur cinématique de la liaison ponctuelle équivalente d’où mu=5.
Par suite la mobilité interne de la chaîne continue ouverte est : mi  m  mu soit mi=1.

La mobilité interne se localise en remarquant que la relation :    1   2 indique que  1 et  2


peuvent être différents de zéro, si le torseur cinématique de la liaison équivalente est nul, c'est-à-
dire que (S1) peut tourner autour de (O, z ) sans provoquer un mouvement de (S2) par rapport à (S0).

6. Avantages et inconvénients d’un mécanisme isostatique par rapport à un


mécanisme hyperstatique
Dans un mécanisme isostatique, l’absence d’inconnues hyperstatiques indique que la
position relative des liaisons n’a pas besoin d’être aussi précise que dans un mécanisme
hyperstatique. D’où :
a) Une facilité de fabrication plus grande par l’absence de tolérances de position réduites à
respecter (parallélisme, perpendicularité, coaxialité…). Notons que cette facilité de fabrication est
en partie compensée par une complexité plus grande du mécanisme. Complexité généralement due
à l’introduction de pièces intermédiaires en série dans les liaisons pour augmenter leur nombre de
degrés de liberté.
b) Une assurance que les surfaces de liaison sont bien en contact. Par conséquent une
construction isostatique réalise une mise en position précise d’une pièce par rapport à une autre.
c) Une connaissance exacte du torseur statique de chaque liaison, qui permet une évaluation
correcte des pressions entre les surfaces en contact.
Exemple : positionnement isostatique de Kelvin
Dans ce positionnement, utilisé par exemple pour les tourelles de
tour, la liaison isostatique et complète entre les pièces (S1) et (S2) est
réalisée par l’association en parallèle des trois liaisons suivantes :

 (L1) : liaison ponctuelle.

 (L2) : liaison linéique annulaire, dont l’axe passe par le centre


de la liaison rotule.

 (L3) : liaison ponctuelle, dont la normale est perpendiculaire


au plan formé par l’axe de la liaison linéique annulaire et le point de contact de la liaison
ponctuelle.

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 27


Chapitre_2 Modélisation des mécanismes

Ceci dit, un mécanisme hyperstatique est souvent plus rigide qu’un mécanisme isostatique (par
exemple un arbre monté sur trois paliers), ce qui est aussi un facteur de précision de position d’une
pièce par rapport à un autre. Une telle construction est généralement employée pour les
mécanismes de transmission d’actions mécaniques.

7. Maintien du contact dans les liaisons


Les dispositifs de maintien du contact d’une pièce sur ses appuis se classent en deux catégories :
a) Ceux qui assurent un maintien du contact d’une pièce déjà positionnée.
b) Ceux qui assurent à la fois la mise en position et le maintien du contact d’une pièce.
Le montage (M) de la figure suivante permet d’obtenir sur la pièce (P), les formes définies par les
A, B et C, par fraisage « horizontal » (fraise trois tailles).
La pièce repose sur un plan horizontal, dégagé dans sa partie médiane, et s’appuie sur trois
butées sphériques (1), (2) et (3).
On montre par une étude de liaisons en parallèle, que la liaison équivalente ainsi obtenue, entre la
pièce (P) et le montage d’usinage (M), est isostatique et complète.
Étudions le maintien du contact (le bridage) assuré par la vis de pression (V).
Supposons qu’on exerce sur cette vis une action mécanique connue (emploi d’une clé
dynamométrique) pour que les inconnues statiques des liaisons puissent être déterminées (sinon
ces inconnues seraient hyperstatiques).
La liaison de la pièce (P) avec le montage d’usinage (M) par l’intermédiaire de la vis (V) fait
intervenir en série les deux liaisons suivantes :
(L1) : liaison ponctuelle d’axe (O,y),
(L2) : liaison glissière hélicoïdale d’axe (O,y) de pas réduit p.
Déterminons le torseur statique de la liaison équivalente à ces deux liaisons en série.
Au point O, dans la base du repère R (O,x,y,z) lié à (M), les torseurs statiques des deux liaisons
(L1) et (L2) sont de la forme :
 0 0 X2 L2  X L
 
1  Y1 0 et  2    Y2
  
 pY2  et soit     Y M  le torseur statique de la liaison
 0 0 Z N 2 O Z N O
 O  2 
X  0  X2
Y  Y1  Y2
Z  0  Z2
équivalente. Ce torseur doit vérifier     1   2  soit
L  0  L2
M  0   pY2
N  0  N2.

Le torseur   est donc nul. Par suite, la liaison équivalente, entre le montage (M) et la pièce (P),

au dispositif du maintien du contact est une liaison libre.

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 28


Chapitre_2 Modélisation des mécanismes

Ce dispositif de maintien du contact n’ajoute aucune inconnue statique à celles déjà


introduites par les liaisons de mises en position de la pièce. Par conséquent, la liaison équivalente
aux liaisons de la pièce (P) avec le montage (M) (dispositif de maintien du contact compris) est
toujours isostatique.
D’une façon générale, la liaison équivalente entre deux solides, d’un dispositif de maintien
du contact n’assurant pas la mise en position relative des solides, doit être une liaison libre. Une
telle liaison permet de ne pas augmenter le degré d’hyperstatisme, déjà obtenu par les liaisons de
mises en position relative des deux solides.

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 29


Chapitre_5 Liaison complète démontable

Chapitre 3

LIAISON COMPLETE DEMONTABLE

1. Fonction principale et fonctions techniques


La fonction principale d’une liaison
complète démontable est : Lier deux ou Solides liés
Solides à lier Lier complètement
plusieurs solides entre eux, afin d’annuler les 6 deux ou plusieurs
degrés de libertés relatifs, tout en laissant la solides entre eux
possibilité de supprimer cette liaison.

Les fonctions techniques associées à cette fonction principale peuvent être développées en
utilisant un diagramme FAST.

Appui plan prépondérant


Réaliser la mise en position
Fp1
entre les deux pièces (MIP)
Pénétration cylindrique

Maintenir en position les Eléments filetés


Fp2
deux pièces (MAP)

Adhérence
Réaliser une liaison Transmettre la puissance
FP complète démontable Fp3
Ex : accouplements d’arbre
entre 2 pièces
Obstacles

Assurer l’étanchéité Précharge et éléments


Fp4 Ex : accouplements de carters déformables

Freinage des boulons

Fp5 Assurer la fiabilité


Optimisation à la fatigue

2. Principaux caractères fonctionnels de l'encastrement


Lors de la conception d'un projet industriel, si on est en présence d'une liaison complète à
concevoir, il y a une quantité importante de paramètres à analyser.
 torseur d'effort transmissible : direction et nature des efforts prépondérants ;
 caractère démontable ou indémontable de la liaison
 nécessité d'une mise en position relative des 2 pièces précise ou non ;
 nécessité de la mise en place d'une étanchéité ou non.

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Chapitre_5 Liaison complète démontable

D'autres paramètres très importants lors d'un projet réel sont souvent d’une grande importance
à savoir :
 présence de vibrations ;
 raideur de l'assemblage ;
 nature des matériaux à assembler ;
 fréquence et facilité de montage démontage ;
 type d’environnement ;
 esthétique.

3. Principes et architectures de la liaison encastrement

3.1. Deux principes classant les liaisons encastrements


 La liaison encastrement par obstacle : Tous les degrés de libertés relatifs sont annulés
par des contacts entre les pièces.
 La liaison encastrement par obstacle et adhérence : certains degrés de libertés relatifs
sont annulés par des contacts entre les pièces les autres le sont par adhérence. C'est à dire
par la combinaison d'une pression relative entre les 2 pièces et la présence d'un coefficient
d'adhérence entre les 2 matériaux.

3.2. Différentes architectures

1
2
2

4 – Princ
Liaison pivot et ponctuelle en Liaison appui plan, linéaire
parallèle rectiligne et ponctuelle en parallèle

2
1

Liaisons glissière et ponctuelle en Liaisons « trois vés à 120° »


de Boys
parallèle

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 31


Chapitre_5 Liaison complète démontable

4. Principales formes des surfaces fonctionnelles utilisées


Comme on peut l'entrevoir dans les différentes architectures, la liaison complète entre deux
solides commence par une surface de contact commune. Trois cas principaux :
la surface de contact de base est la surface de contact de base est la surface de contact de base est
un un un
cylindre. plan cône
On est en présence d'une On est en présence d'une On est en présence d'une
liaison pivot glissant à liaison appuis plan à laquelle il liaison pivot unilatérale à
laquelle il reste à annuler les reste à annuler les trois degrés laquelle il reste à annuler un
deux degrés de liberté. de liberté. degré de liberté.

5. Liaison à surfaces cylindriques de révolution prépondérantes


Pour la simplicité du propos, on pose que la liaison pivot glissant de base est une liaison
 
d’axe x les degrés de libertés restant a annuler sont la translation et la rotation suivant x . Les
composantes à transmettre sont donc X et L. Les paramètres de mise en position seront nommés x
et pour les deux degrés de libertés restants.
Pour que la liaison complète soit de bonne qualité, le guidage cylindrique doit l'être également. Il
est donc souvent nécessaire de réaliser un ajustement de type H7h6 – positionnement –
(éventuellement H7g6) entre l'arbre et le moyeu et donc de l'indiquer sur l'avant projet de
construction.

Ce type de liaison complète se regroupe presque complètement avec la glissière à laquelle on enlève
la translation.

5.1. Annulation des degrés de liberté par adhérence

5.1.1. Elément d'assemblage biconique

 Implantation : Tolérances standard H8 h8, pas de traitements thermiques. Les douilles


coniques de certains types étant fendues, il est possible d'absorber des tolérances
importantes.
 Transmission de couples très élevés. Protection en cas de surcharge par glissement.
 Mise en position angulaire et axiale faciles. Les frettes autocentreuses assurent une
coaxialité de 0.02 mm à 0.04 mm. Pour un positionnement plus précis, prévoir un
centrage direct sur l'arbre.
 Montage et démontage aisé.
 Inconvénients des assemblages traditionnels: Clavette parallèle: pression de matage
élevée. La clavette prend du jeu. Rupture possible. Ajustement au montage.

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Chapitre_5 Liaison complète démontable

Arbre cannelé: section réduite. Traitements thermiques souvent nécessaires. Coût.


Frettage à chaud: Calculs compliqués. Outillage coûteux.

Tableau 1
d D5 B5 L5 Cs Fs
E8 g6 (mm) (mm) (N.m) (kN)
45 75 54 44 3260 145
50 80 64 56 4150 165
60 90 64 56 6200 207
70 110 78 70 11600 329
80 120 78 70 14500 362
90 130 78 70 17800 390
100 145 100 90 26300 527
120 165 100 90 40400 670
140 190 116 104 64700 920
160 210 116 104 84500 1050
180 235 146 134 23250 1370
200 260 146 134 45000 1460
240 305 146 134 18000 1820
260 325 146 134 50000 1920
290 385 177 165 60000 2550
300 375 177 165 28000 2850

Avantages : Pas d'usinage des pièces donc pas de concentration de contraintes, le démontage est
très facile, les efforts transmissibles sont considérables, les grands diamètres sont possibles (500
voire 1000 mm, voir tableau 1).
Inconvénients : Le centrage de la liaison n'est pas toujours respecté par les différents mécanismes
(ici si les vis ne sont serrées régulièrement il y a possibilité d'un certain défaut de centrage, le
positionnement axial et angulaire ne sont pas assurés mais ils sont réglables).

5.1.2. Vis de pression


Une simple vis de pression placée radialement dans l'alésage vient s'appuyer sur l'arbre, créant
ainsi des efforts normaux qui engendrent à leur tour des efforts tangentiels qui transmettent le
couple et l'effort axial. Ce type de solution est assez rare car évidemment réservé aux liaisons dont
les composantes X et L sont relativement faibles. Une amélioration de la liaison de base est faite en

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Chapitre_5 Liaison complète démontable

usinant un méplat sur l'arbre recevant le bout de la vis. Cette solution utilisée tel quel ne permet
pas une mise position précise.

5.1.3. Pincement et tampons tangents


La liaison complète est réalisée par adhérence. Dans le premier cas, le moyeu pince un axe par
intermédiairesd’un
l’intermédiaire dont serrage
la forme est montrée
(vis, boulonsuroula goujon).
figure ci-contre.
Dans le second cas, on utilise deux solides
intermédiaires dont la forme est montrée sur la figure ci-contre.

5.2. Annulation des degrés de liberté par obstacle


5.2.1. Goupille
Cette solution est relativement simple, une « tige » vient arrêter la translation et la rotation par un
positionnement radial sur la liaison pivot glissant. Cette solution permet de transmettre un couple
et un effort axial moyens.

Généralement, on doit évaluer la résistance au cisaillement de la goupille.


Données pour le calcul :
 Diamètre de l’arbre : d

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Chapitre_5 Liaison complète démontable

 Longueur goupille: L
 Diamètre extérieur goupille: dg
 Section de la goupille Sc
 Couple transmis C (ou force F).
Calcul d'une goupille au cisaillement

avec l’effort appliqué à une seule section

, Soit enfin :

(C en N.mm, d et dg en mm et Rpg en N.mm-2)


Remarque :
Certains mécanismes peuvent utiliser ce type de liaison comme limiteur de couple. Le
déclenchement du limiteur se traduisant bien sûr par une destruction de la goupille.

5.3. Annulation de la rotation


5.3.1. Elimination de la rotation par obstacle
5.3.1.1. Clavette parallèle
Simples et relativement économiques, elles sont régulièrement utilisées. Le couple transmissible est
plus élevé qu'avec les goupilles, mais reste limité. Elles peuvent être utilisées comme organe de
sécurité, seule pièce qui casse en cas de surcharge. Les clavettes sont à réserver aux très petites
séries ou à l'unitaire. Elles présentent beaucoup d'inconvénients tels que:
 pression de matage élevée.
 La clavette prend du jeu.
 Rupture possible.
 Tolérances d'usinages difficiles.
 Affaiblissement des arbres par concentration de contraintes.

Attention, c’est le diamètre de l’arbre qui détermine la section a × b de la clavette ( voir tableau 2);
c’est un calcul de résistance qui détermine la longueur de la clavette.
Exemple de désignation : clavette parallèle, forme B, 14 x 9 x 50.

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Chapitre_5 Liaison complète démontable

1. Rainure de clavette dans le moyeu.


2. Rainure dans l’arbre.
3. Clavette.

Tableau 2
d a b smin j k
De 6 à 8 inclus 2 2 0.16 d-1.2 d+1
8 à 10 3 3 0.16 d-1.8 d+1.4
10 à 12 4 4 0.16 d-2.5 d+1.8
12 à 17 5 5 0.25 d-3 d+2.3
17 à 22 6 6 0.25 d-3.5 d+2.8
22 à 30 8 7 0.25 d-4 d+3.3
30 à 38 10 8 0.4 d-5 d+3.3
38 à 44 12 8 0.4 d-5 d+3.3
44 à 50 14 9 0.4 d-5.5 d+3.8
50 à 58 16 10 0.6 d-6 d+4.3
58 à 65 18 11 0.6 d-7 d+4.4
65 à 75 20 12 0.6 d-7.5 d+4.9
75 à 85 22 14 1 d-9 d+5.4
85 à 95 25 14 1 d-9 d+5.4
95 à 110 28 16 1 d-10 d+6.4
110 à 130 32 18 1 d-11 d+7.4
130 à 150 36 20 1.6 d-12 d+8.4
150 à 170 40 22 1.6 d-13 d+9.4
170 à 200 45 25 1.6 d-15 d+10.4
200 à 230 50 28 1.6 d-17 d+11.4

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Chapitre_5 Liaison complète démontable

Calcul d'une clavette (forme B)


 Cas du cisaillement

 avec et  soit enfin :

(C en N.mm, a, d et l en mm et Rpg en N.mm-2)


 Cas du matage

(T en N, J, b, d et l en mm et Padm mat en N.mm-2)


Remarques :
 les expressions de Sc et Sm changent en fonction de la forme de la clavette (A, B ou C)
 Le cas du cisaillement n'est valide que pour l'utilisation rarissime d'une clavette en élément
de sécurité (Limiteur de couple). Pour une liaison classique, on respectera la limite de
matage environ 20 MPa pour un acier de base. Afin d’augmenter la rigidité de la liaison en
rotation, on peut fixer les clavettes parallèles à l’aide de vis. Ce montage est aussi utilisé
pour les liaisons glissières.

5.3.1.2. Cannelures
Les cannelures peuvent être considérées simplement comme un ensemble de clavettes montées sur
l'arbre. L'avantage n'est pas seulement la multiplication du nombre de clavettes mais aussi le fait
que le cœur de l'arbre n'a pas été usiné. Elles permettent donc de passer des couples très
importants. Le critère de dimensionnement est bien entendu la pression de matage. Celle-ci peut
aller jusqu'à plusieurs dizaines de MPa à condition de choisir des matériaux de qualités, traités et
que la translation ne soit pas utilisée (pas une glissière).

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Chapitre_5 Liaison complète démontable

Ce type de cannelures est de plus en plus souvent remplacé par les cannelures à flancs en
développantes plus résistante et moins bruyantes. Elles restent cependant assez souvent utilisées
sur les petites séries. Elles sont usinées par train de fraises ou par brochage.
Pour le calcul, on suppose une répartition de pression uniforme sur les flancs de cannelures.
On définie :

S: surface portante équivalente (75% de la surface portante théorique)


S = 0,75.n.h.L (avec n: nombre de cannelures; h: hauteur d'une cannelure ; L : longueur d’une
cannelure)
p: pression de contact.

Le couple transmissible C est donné par :

Pour éviter le matage des cannelures, on veut que :


100 MPa < Padm < 400 MPa en fonction de la précision d'usinage.

On détermine alors la longueur des cannelures :

(C en N.mm, A, D et L en mm et Padm mat en N.mm-2)


Où est la surface portante équivalente par unité de longueur.
Les écrous à créneaux sont particulièrement bien adaptés pour assurer le maintient en position
d'une telle liaison.

5.3.1.3. Cannelures à flancs en développante de cercle

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Chapitre_5 Liaison complète démontable

 Ce type de cannelures est une application indirecte des


engrenages en développante. Elles permettent de grandes
vitesses de rotation et sont silencieuses.
 Les cannelures à fond plat pour pièces minces et
cannelures à plein rayon pour une plus grande résistance à
la fatigue.
 Ces cannelures sont usinées par roulage, génération et
brochage ce qui permet des cadences élevées de production.
 Elles sont d'une grande précision, sont autocentrantes
et leur coût est relativement modéré.

Pour le calcul, on suppose une répartition de pression


uniforme sur les flancs de cannelures. (C en N.mm, d1, d2 et L en mm et
100 MPa < Padm < 400 MPa en fonction de la précision Padm mat en N.mm-2)
d'usinage.

5.3.2. Elimination de la rotation par adhérence


5.3.2.1. Vis d'assemblage
La translation est arrêtée d'un coté par un épaulement, elle va être arrêtée de l'autre par les têtes de
vis. L'effort normal créé par ces vis entraîne un couple résistant empêchant la rotation
(l’assemblage par éléments filetés sera traité ultérieurement).

5.3.2.1. Eléments frettés ou emmanchement à force


Le principe consiste à monter un arbre de diamètre supérieur au cylindre dans lequel il est placé. Si
la différence prévue entre les 2 diamètres est acceptable (H7p6 voire r6) Le montage se réalise à la
presse, on parle d'emmanchement à force. Si la différence prévue entre les 2 diamètres est
supérieure (H7s6) Le montage se réalise par chauffage du contenant ou refroidissement du contenu
ou bien une combinaison des 2 techniques, on parle de frettage.
L'annulation des 2 degrés de liberté se fait donc par adhérence bien qu'il soit courant d'utiliser un
épaulement sur l'arbre qui arrête la translation d'un coté et qui permet une mise en position axiale.
La détermination des conditions pour réaliser ce type de liaison se fait par calcul de type élasticité
(lois reliant déformations et contrainte dans un solide quelconque, c'est en fait de la RDM de plus
élaborée)
La pression du contact alliée au coefficient d'adhérence entre les deux matériaux crée des efforts
tangentiels pouvant transmettre couple et effort axial.
5.4. Annulation de la translation :
Pour la réalisation de la liaison complète, on doit souvent utiliser deux arrêts en translation, les
arrêts étant unilatéraux.

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Chapitre_5 Liaison complète démontable

5.4.1. Elimination de la translation par obstacle

5.4.1.1. Epaulement
C'est l'arrêt le plus évident. Un changement de diamètre de l'arbre bloque la translation du moyeu.
(ou inversement). Il supporte des efforts axiaux très importants et assure un bon positionnement
axial.
5.4.1.2. Anneaux élastiques
C'est une pièce rapportée sur l'axe (ou dans l'alésage) qui se monte dans une rainure. C'est également
une liaison simple et peu onéreuse. Les efforts axiaux encaissés sont relativement importants et la
mise en place d'une rondelle intermédiaire améliore encore ces performances. Le positionnement
axial n'est pas assuré de manière précise car un jeu en indispensable pour le montage.

5.4.1.3. Vis en bout + rondelle


Montage encaissant des efforts relativement importants. Utilisé avec un épaulement, il permet une
mise en position axiale précise (c'est le rôle du plan) et sans jeu (rôle de le vis)

5.4.1.4. Ecrou en appuis


Différents type d'écrous montés sur l'arbre peuvent servir d'arrêts en translation. L'écrou à
encoches, généralement réservé à l'arrêt des bagues de roulement peut être utilisé quand le besoin
s'en fait sentir: Pour éliminer le risque de dévissage, il faut utiliser un frein d’écrou.

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Chapitre_5 Liaison complète démontable

5.4.2. Elimination de la translation par adhérence

5.4.2.1. Vis de pression.


(Voir paragraphe 5.1.2)

5.4.2.2. Pincement
Le moyeu est coupé dans le sens de la longueur, on peut donc facilement modifier son diamètre
intérieur en forçant sur la rainure. Une vis de serrage tend à approcher les deux faces de la coupure
et pince ainsi l'arbre dans le logement (Voir paragraphe 5.1.3).

6. Liaison à surfaces planes prépondérantes


Bien que les liaisons complètes à base d’appuis plans représentent une part importante du nombre
des liaisons complètes, les solutions classiques sont moins nombreuses que pour les liaisons
encastrements à cylindre prépondérant.

6.1. Annulation des degrés de liberté par adhérence

6.1.1. Utilisation de vis de pression


La vis à téton applique un effort axial. L’effort tangentiel induit en F évite
le glissement du solide 1 par rapport au support 2.
6.1.2. Utilisation de vis d’assemblage

6.2. Annulation des degrés de liberté par obstacle


6.2.1. Pieds de centrage et autres appuis
Pour assurer une mise en position précise on a ajouté des pieds de centrage, on sortait de l'annulation
des degrés de liberté par adhérence. On peut imaginer toutes sortes d'obstacles venant empêcher les
mouvements: Réglettes rapportées, usinages de décrochements sur le plan de base.

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 41


Chapitre_5 Liaison complète démontable

7. Liaison à surfaces coniques prépondérantes


7.1. Annulation des degrés de liberté par adhérence
L’arrêt en rotation est obtenu par l’adhérence des surfaces coniques. Il est possible d’utiliser
également une douille expansible. Cette technique permet d’avoir une liaison à position réglable
ainsi qu’un bon centrage.

7.2. Annulation des degrés de liberté par obstacle

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 42


Chapitre_4 Assemblages par éléments filetés

Chapitre 4

ASSEMBLAGES PAR ELEMENTS FILETES

1. Définitions
Vis : pièce constituée d’une tige filetée, avec ou sans tête, mais comportant un dispositif
d’immobilisation ou d’entraînement (Figure 4.1).

Ecrou : pièce taraudée comportant un dispositif d’entraînement et destinée à être vissée soit à
l’extrémité d’une vis pour constituer un boulon, soit à l’extrémité libre d’un goujon pour assurer le
serrage entre la face d’appui de la pièce d’implantation et l’une des faces de l’écrou.

Boulon : ensemble constitué d’une vis à tête et d’un écrou et destiné normalement à assurer un
serrage entre la face d’appui de la tête et celle de l’écrou.

Goujon : tige comportant un filetage à ses deux extrémités et destinée à assurer un serrage entre
la face d’une pièce dans laquelle une des extrémités vient s’implanter à demeure par vissage et la
face d’appui d’un écrou vissé sur l’autre extrémité (Figure 4.1).

Noyau : partie cylindrique de la tige d’une vis qui n’a pas été entamée par le filetage.

Vis Boulon (vis + écrou) Goujon

Figure 4.1

2. Normalisation
L’AFNOR a réuni dans un recueil « Boulonnerie Visserie » les principales normes relatives
aux éléments d’assemblages filetés (vis, goujons, écrou). Ces recommandations concernent en
particulier les matériaux, les spécifications d’essais, les dimensions et tolérances et les outillages de
serrage. Parmi ces normes, celles relatives aux spécifications techniques des articles de
boulonnerie d’usage général et à serrage contrôlé (boulonnerie Haute Résistante (HR)) nous
paraissent particulièrement importantes. Elles définissent :
• Les couples de dimensions (diamètre nominal et pas) pour la boulonnerie à pas fin et à pas
gros (pas normal) (tableaux 4.1 et 4.2).

• La section résistante AS des filetages : section d’une tige cylindrique de résistance équivalente
à celle de la partie filetée de la vis ; cette donnée essentielle permet de passer, au cours des essais
réalisés sur la pièce filetée (ou au cours des calculs), des efforts aux contraintes (tableaux 4.1 et
4.2).

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Chapitre_4 Assemblages par éléments filetés

• Les classes de qualités des articles de boulonnerie en acier : chaque classe de qualité définit
les caractéristiques des matériaux exigées pour les vis, les goujons et les écrous.

d : diamètre nominal
D1 : diamètre intérieur de l’écrou,
d2=D2 : diamètre sur flancs, d2=d-0.6495.P
d3 : diamètre du noyau, d3=d-1.2268.P
r : rayon de filet
P : pas

Figure 4.2

Tableau 4.1 : Filetage à pas fin (1)


Valeurs calculées correspondantes
Diamètre Diamètre Diamètre Rayon Section
nominal Diamètre du noyau intérieur à fond Résistante
(2) Pas P sur flancs de la vis d 3 de de
d=D d2 = D2 l’écrou D1 filet (3) r
(mm) (mm) (mm) (mm) (mm2)
(mm) (mm)
8 1 7,350 6,773 6,918 0,144 39,2
10 1,25 9,188 8,466 8,647 0,180 61,2
12 1,25 11,188 10,466 10,647 0,180 92,1
14 1,5 13,026 12,160 12,376 0,216 125
16 1,5 15,026 14,160 14,376 0,216 167
18 1,5 17,026 16,160 16,376 0,216 216
20 1,5 19,026 18,160 18,376 0,216 272
22 1,5 21,026 20,160 20,376 0,216 333
24 2 22,701 21,546 21,835 0,289 384
27 2 25,701 24,546 24,835 0,289 496
30 2 28,701 27,546 27,835 0,289 621
33 2 31,701 30,546 30,835 0,289 761
36 3 34,051 32,319 32,752 0,433 865
39 3 37,051 35,319 35,752 0,433 1028
(1) Désignation : par exemple, M 8 x1 (diamètre nominal d = 8 mm et P = 1 mm)
(2) Employer de préférence les diamètres en caractères gras.
(3) r = valeur calculée du rayon de l’outil neuf à profil circulaire (donnée seulement à
titre indicatif).

Note sur les classes de qualités

Vis : la classe de qualité est symbolisée par deux nombres séparés d’un point (par exemple 10.9).
Le premier nombre correspond sensiblement au 100ème de la résistance minimale à la traction
(exprimée en MPa) et le second indique sensiblement 10 fois la valeur du rapport entre la limite
minimale d’élasticité et la résistance à la traction de la vis ou du goujon.
Exemple : pour une vis de classe 10.9 on a Rm =10* 100 = 1000 MPa et Re = 10*9*10 = 900 MPa

Ecrous : la classe de qualité est symbolisée par un nombre (par exemple 8). Ce nombre correspond
sensiblement au 100ème de la contrainte minimale (exprimée en MPa) exercée sur la vis lors de
l’essai de traction sur l’écrou.

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Chapitre_4 Assemblages par éléments filetés

Exemple : pour un écrou de classe 8, on doit pouvoir appliquer sans obtenir de déformation de l’écrou une
force amenant une contrainte d’environ 800 MPa dans la section résistante de la vis (contrainte minimale
de rupture de la classe de qualité).

Rondelles : ces pièces ne comportent une désignation de qualité que dans le cas de la boulonnerie
à serrage contrôlé, elle est similaire à celle des vis.

Boulons : la classe de qualité est symbolisée par deux nombres séparés d’un point (par exemple
10.9). Le boulon doit être constitué d’une vis (et de une ou deux rondelles dans le cas de serrage
contrôlé) de classe de qualité identique à celle du boulon ainsi que d’un écrou dont la classe de
qualité est égale au premier nombre de la classe de qualité du boulon (pour l’exemple :
10). Nous constatons donc que la classe de qualité d’un boulon est tout à fait caractéristique de
la résistance de la matière constituant la vis.

Tableau 4.2 : Filetage à pas gros (1)


Valeurs calculées correspondantes
Diamètre Diamètre Diamètre Rayon Section
nominal Diamètre du noyau intérieur à fond Résistante
(2) Pas P sur flancs de la vis de de
d=D d2 = D2 d3 l’écrou filet (3)
D1 r (mm2)
(mm) (mm) (mm) (mm) (mm) (mm)
1 0,25 0,838 0,693 0,729 0,036 0,460
(1,1) 0,25 0,938 0,793 0,829 0,036 0,588
1,2 0,25 1,038 0,893 0,929 0,036 0,732
1,4 0,3 1,205 1,032 1,075 0,043 0,983
1,6 0,35 1,373 1,171 1,221 0,050 1,27
1,8 0,35 1,573 1,371 1,421 0,050 1,70
2 0,4 1,740 1,509 1,567 0,058 2,07
2,2 0,45 1,908 1,648 1,713 0,065 2,48
2,5 0,45 2,208 1,948 2,013 0,065 3,39
3 0,5 2,675 2,387 2,459 0,072 5,03
3,5 0,6 3,110 2,764 2,850 0,087 6,78
4 0,7 3,545 3,141 3,242 0,101 8,78
(4,5) 0,75 4,013 3,580 3,688 0,108 11,3
5 0,8 4,480 4,019 4,134 0,116 14,2
6 1 5,350 4,773 4,918 0,144 20,1
(7) 1 6,350 5,773 5,918 0,144 28,9
8 1,25 7,188 6,466 6,647 0,180 36,6
10 1,5 9,026 8,160 8,376 0,216 58,0
12 1,75 10,863 9,853 10,106 0,253 84,3
14 2 12,701 11,546 11,835 0,289 115
16 2 14,701 13,546 13,835 0,289 157
18 2,5 16,376 14,933 15,294 0,361 192
20 2,5 18,376 16,933 17,294 0,361 245
22 2,5 20,376 18,933 19,294 0,361 303
24 3 22,051 20,319 20,752 0,433 353
27 3 25,051 23,319 23,752 0,433 459
30 3,5 27,727 25,706 26,211 0,505 561
33 3,5 30,727 28,706 29,211 0,505 694
36 4 33,402 31,093 31,670 0,577 817
39 4 36,402 34,093 34,670 0,577 976
(1) Désignation : par exemple, M 8 (diamètre nominal d de 8 mm) sans indication de pas.
(2) Éviter les valeurs en maigre et surtout entre parenthèses.
(3) r = valeur calculée du rayon de l’outil neuf à profil circulaire (donnée seulement à
titre indicatif).

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Chapitre_4 Assemblages par éléments filetés

3. Précharge et couple dans des assemblages boulonnés


Pour réaliser un assemblage boulonné, il est nécessaire d’introduire une force de serrage F 0 dans la
liaison. Pour cela, on applique en général à l’écrou (ou à la tête de la vis) un couple moteur de
serrage C0 à l’aide d’une clé (Figure 4.3). Le couple résistant égal et de signe opposé résulte des
actions sur l’écrou des forces de contact des filets de la vis et des pièces assemblées (ou de la
rondelle).

Figure 4.3 : Précharge et couple dans des assemblages boulonnés


Tableau 4.3 : Caractéristiques des écrous
Diamètre s
nominal d/2
(mm) (mm) (mm) (mm) (mm) (mm)
1,6 0,8 3,2 1,6 1,2 1,24
2 1 4 2 1,5 1,56
2,5 1,25 5 2,5 1,88 1,94
3 1,5 5,5 2,75 2,13 2,19
4 2 7 3,5 2,75 2,82
5 2,5 8 4 3,25 3,31
6 3 10 5 4 4,08
8 4 13 6,5 5,25 5,35
10 5 16 8 6,5 6,62
12 6 18 9 7,5 7,60
14 7 21 10,5 8,75 8,87
16 8 24 12 10 10,13
20 10 30 15 12,5 12,67
24 12 36 18 15 15,20
30 15 46 23 19 19,28

Pour les assemblages filetés normalisés, le couple de serrage peut s’exprimer sous la forme usuelle
suivante :

Où : f 1: coefficient de frottement vis/écrou.


f2 : coefficient de frottement pièce (ou rondelle)/écrou
: Rayon moyen de la surface d’appui de l’écrou (Tableau 4.3)
Ainsi l’effort maximal peut être calculé par l’expression suivante :
Où As est la section du modèle de la vis calculée comme suit :

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Chapitre_4 Assemblages par éléments filetés

Exemple de calcul :
Soit à calculer l’effort maximal et le couple maximal appliquée sur une vis M12 (pas fin) de qualité
6.8. Comparer ces résultats à celles obtenues par abaque (figure 4.4). On donne f1=f2=0.15.
Réponse :
As = ….. mm2, Remin= ……*10 = 480 N.mm-2 , P =…. mm, d2=……mm, rm= ..mm
F0= 0,9*……*……= ………. N,
C0 =………..*(0,16*……+0,15.(…..…*…….+ ………)) =……... N.m

Figure 4.4 : Abaques de détermination de l’effort applicable par la vis et du couple de serrage.

4. Autres éléments à vérifier

4.1. Contrainte maximale sous la tête


La pièce est comprimée sous l'effort de serrage et de mise en tension. La zone sous contrainte peut
être approximée à un cône prenant naissance sous la tête de la vis et s'évasant vers le bas (figure
4.5).
Le calcul montre que le maximum de la contrainte de compression est localisé directement sous la
tête de la vis. Il faut donc veiller à ne pas dépasser la contrainte admissible par le matériau, au
besoin en venant intercaler une rondelle d'appui pour mieux répartir la charge.
Les valeurs de pression sous tête de vis ou sous rondelle à ne pas dépasser pour les nuances de
matériaux les plus courantes sont données dans le tableau 4.4.

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Chapitre_4 Assemblages par éléments filetés

Figure 4.5 : Cône de compression


Tableau 4.4 : Valeurs des pressions admissibles
Matériau Pression admissible (MPa)
Acier recuit 240 à 320
Acier trempé + revenu 750 à 1000
Acier cémenté 1400 à 1800
Acier inoxydable 210
Acier NiCr Austénitique 460 à 860
Fonte 450 à 550
Fonte à graphite sphéroïdal 600 à 900
Alliages d'aluminium (forgé) 230 à 260
Alliages d'aluminium (moulé) 220 à 380
Alliages de magnésium 180 à 210
Alliage de titane 890
Dans ce contexte, on doit vérifier que la pression de matage ne dépasse pas la pression admissible

au matage. Soit :

Exemple de calcul :
Soit à vérifier la résistance au matage d’un alliage d’aluminium de pression maximale admissible
égale à 240 MPa dans lequel sont implanté des vis CHC M12.
Réponse :
F .......... .....
Pmatage    .......... ......... MPa  Padm mat  240 MPa
 .rm 2
 .......... ..2

4.2. Implantation de la partie filetée

L’implantation J en mm peut être calculée avec la relation suivante :


 Rpg limite élastique pratique au glissement du matériau dans lequel la vis est implantée
en N.mm2
 Alliage d’aluminium de 8 à 100 MPa
 Alliage de cuivre de 13 à 80 MPa
 Aciers de 40 à 700 MPa
 Fontes de 65 à 150 Mpa
 d : diamètre nominal de la vis en mm.

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Chapitre_4 Assemblages par éléments filetés

Exemple de calcul :
Soit à déterminer l’implantation minimale J d’une vis CHC M12 de classe 6.8 dans un alliage de
cuivre dont la résistance pratique au glissement est R pg = 50 MPa. Comparer le résultat donné par
l’abaque.
Réponse :

Figure 4.6 : Abaques de détermination de l’implantation minimale.

5. Application
La figure ci- dessous représente un accouplement rigide destiné à transmettre un couple de 37
N.m entre les arbres (1) et (4) qui doivent transmettre ce couple exclusivement par adhérence.

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Chapitre_4 Assemblages par éléments filetés

3
1. Montrer que le couple d’adhérence s’écrit : C ad 2/3.f.F. R2 r 2  .
3

 R r 
(hypothèse : Répartition uniforme de la pression de contact)
où : f : coefficient de frottement au niveau de l’appui plan entre (4) et (5), f =0.15.
F : l’effort presseur exercé par des vis CHC M6*20 de qualité 10.9, dont le pas p =1mm et qui
travaillent à 40% de leur limite élastique. Le coefficient de concentration de contrainte à la base des filets est
Kt=2.5.
2. Déterminer l’effort maximal de serrage des vis par calcul et par abaque.
3. Par un calcul RDM, déterminer l’effort que la vis peut supporter. Discuter les résultats du 2 et 3.
4. Déterminer le nombre de vis nécessaire pour générer l’effort presseur.
On donne : R=40mm et r= 20mm

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Chapitre_5 Guidage en rotation

Chapitre 5

GUIDAGE EN ROTATION

1. Généralités
La solution constructive qui réalise une liaison pivot est appelée guidage en rotation. Le guidage
en rotation est nécessaire dans de nombreux cas (moteurs, roues de véhicules, hélices d’avion ou de
turbine…). On appelle arbre le contenu, logement ou alésage le contenant.
Représentation normalisée en
Représentation spatiale Degrés de liberté
projection orthogonale

0 Rx
z x
Tr 0 Rot 0
0 0

Le guidage en rotation en phase d’utilisation doit assurer les fonctions suivantes :



 Positionner l’arbre et le logement : notions de jeu et de précision de guidage ;
 Permettre un mouvement relatif (rotation) : notions de rendement et de vitesse de
rotation ;
 Transmettre les efforts : dimensionnement des pièces et durée de vie du montage ;
 Résister au milieu environnant : fiabilité, matériaux, étanchéité, protection, etc…
 Etre d’un encombrement adapté (voire minimal) ;
 Minimiser les niveaux de bruit et de vibrations.
2. Typologie des solutions
Il existe 4 solutions principales permettant de
réaliser guidage en rotation :
- par contact direct
- par interposition d'une bague de frottement
- par interposition d'éléments roulants
- par interposition d'un film d'huile
Une dernière solution, le palier fluide (exemple ci-
contre : la roulette de dentiste) ne sera pas étudiée dans
le cadres de ce cours.
Contraintes
Type de guidage en rotation
précision Vitesse de rotation Efforts à transmettre
par contact direct - -- -
par interposition de bague de frottement + + +
par interposition d'éléments roulants ++ ++ +++
par interposition d'un film d'huile +++ +++ ++
Tableau 1 : Différents types de guidage
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Chapitre_5 Guidage en rotation

3. Précision du guidage
3.1. Jeu axial, jeu radial

Jeu axial jeu radial

3.2. Rotulage
La présence de jeu radial entraîne un phénomène de rotulage. (jeu angulaire  )
3.3. Modélisation cinématique d’un guidage en rotation
Du fait du rotulage on considère généralement :
- si l / d  1,5 : liaison pivot ou pivot glissant (le rotulage est faible)
- si l / d  0,5 : liaison rotule ou linéaire annulaire (le rotulage est trop important pour pouvoir
être négligé)

3.4. Solutions adoptées pour limiter le rotulage


Afin d’augmenter la longueur de guidage, la liaison pivot est souvent réalisée par l’intermédiaire
de deux paliers.

Montage A (hyperstatique) Montage B (isostatique)


Nota : Le rotulage au niveau d’un palier est bénéfique car il supprime la présence d’un moment destructeur
pour la liaison en cas de fléchissement de l’arbre.
3.5. Articulation en chape : en porte à faux

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Chapitre_5 Guidage en rotation

4. Guidage en rotation par contact direct


Le guidage en rotation est obtenu par contact direct des
surfaces cylindriques arbre/logement. Des arrêts suppriment les
degrés de liberté en translation. Ce guidage est peu précis, mais le
coût est très faible. Son utilisation est limitée à des vitesses de
rotation faibles et des efforts faibles.

5. Guidage en rotation par paliers lisses (coussinets)


On interpose entre l'arbre et l'alésage un coussinet. Le principe du contact direct est amélioré en
interposant des bagues de frottement qui vont :
 Diminuer le coefficient de frottement ;
 Augmenter la durée de vie de l’arbre et du
logement ;
 Diminuer le bruit ;
 Reporter l’usure sur les bagues.
5.1 Types de coussinets

5.1.1. Coussinets nécessitant une lubrification continue (en bronze, fonte, …)


Il est nécessaire de prévoir un dispositif de graissage afin d’assurer une présence continue
de lubrifiant pendant le fonctionnement
5.1.2. Coussinets sans graissage (carbone-graphite, nylon, PTFE)
Ils sont très pratiques mais sont constitué de matériaux peu résistants. Ils ne supportent que des
efforts très faibles.

5.1.3. Coussinets auto-lubrifiants


Il est constitué de poudre de bronze (cuivre + étain) ou encore d'alliages ferreux (fer +
cuivre +plomb) compactée. Cette poudre est dans un premier temps comprimée dans un moule,
puis chauffée dans un four pour rendre le coussinet poreux. Cette opération de fabrication s'appelle
le frittage. Avant le montage, on imprègne le coussinet d'huile (environ 25 % du volume de métal),
lors du fonctionnement, la rotation de l'arbre crée une aspiration de l'huile, et la création d'un film
d'huile entre le coussinet et l'arbre. A l'arrêt, la porosité du coussinet permet une réabsorption de
l'huile.

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Chapitre_5 Guidage en rotation

5.1.3. Coussinets en tôle roulée


Il s’agit d’une bague constituée d'une tôle roulée recouverte de
bronze fritté et d'une couche de résine PTFE imprégnée du lubrifiant solide
(graphite ou plomb) dont le coefficient de frottement avec l'acier est très
faible (0.01 à 0.05).

5.2. Montage des coussinets


Le coussinet est monté serré dans l'alésage et glissant sur l'arbre. Lorsque l'effort à
transmettre n'est par purement radial, il est conseillé d'utiliser un coussinet à collerette.

5.3 Avantages et limites d'utilisation des coussinets


Avantages :
 réduction du coefficient de frottement et fonctionnement sans lubrification
 augmentation de la durée de vie des pièces par report de l'usure sur le coussinet
 fonctionnement silencieux
 encombrement radial réduit
 coût réduit
Limites d'utilisation :
 encombrement en longueur
 sensibilité aux défauts d'alignement
 capacité de charge inversement proportionnelle à la vitesse
5.4. Dimensionnement des coussinets :
Pour choisir un coussinet (palier lisse), il faut déterminer trois paramètres :
 d : Diamètre intérieur,
 L : Longueur du coussinet,
 le Type de coussinet.
 En général, le diamètre intérieur du coussinet d, est fixé par le diamètre de l’arbre utilisé
dans la liaison pivot. Une fois que ce diamètre d est connu, il est possible de connaître la vitesse

périphérique V au niveau du contact coussinet-arbre :

 En fonction de leur « type », un coussinet support une Vitesse maximale admissible (tableau
5.2). Il nous est alors possible de choisir un type de coussinet compatible avec la valeur de V.

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Chapitre_5 Guidage en rotation

Tableau 5.2 : Performances comparatives des coussinets usuels


Pression diamétrale Produit P.V
Températures limites
Type de Vitesse maxi admissible en Admissible
de fonctionnement
coussinet admissible (m/s) fonctionnement (N/mm2) (N/mm2).(m/s)
(°C)
Glacier acétal 2à3 -40 à 100 14 0,5 à 0,9
Glacier PTFE 3 -200 à 280 20 0,9 à 1,5
Graphite 13 400 5 0,5
Bronze-étain 7à8 >250 7 à 35 1,7
Bronze-Plomb 7à8 250 20 à 30 1,8 à 2,1
Nylon 2à3 -80 à 120 7 à 10 0,1 à 0,3
Acétal 2à3 -40 à 100 7 à 10 0,1
 La longueur L du coussinet est déterminée par rapport aux efforts transmis par la liaison. Ce
calcul fait intervenir la notion de Pression diamétrale p.
 Pour un type donné de coussinet, il correspond une pression diamétrale admissible P adm
(tableau 5.2). On montre que, pour qu’un coussinet remplisse sa fonction, l’inéquation suivante
doit être vérifiée :
Avec F: effort dans la liaison (en N)
d: diamètre intérieur du coussinet (en mm)
L: Longueur du coussinet (en mm)
Padm : Pression diamétrale admissible (en MPa ou N/mm2)

 De plus, le critère p.V permet de mesurer la capacité du matériau à supporter l’énergie


engendrée par le frottement. En cas de dépassement de la valeur admissible, la température du
coussinet augmente et sa destruction est rapide. Il faut, également, que l’équation suivante soit
vérifiée :
Avec V: Vitesse périphérique au contact (en m/s)
P: Pression diamétrale réelle (en MPa ou N/mm2)
(P.V)adm : Produit P.V admissible (en (N/mm2).(m/s)
6. Guidage par roulements
6.1 Avantage du roulement
Le guidage par palier lisse (coussinets) présente les inconvénients suivants : Usure,
Echauffement, Perte de puissance par frottement. Pour éviter ces inconvénients, une solution
consiste à interposer des éléments roulants entre les pièces mobiles (arbre et alésage)

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Chapitre_5 Guidage en rotation

6.2. Constitution des roulements


 Bague extérieure qui se positionne dans le logement,
 Bague intérieure qui s’ajuste sur l’arbre,
 Eléments roulants billes ou rouleaux qui roulent sur le chemin des bagues,
 Cage qui maintient les éléments roulants à intervalles réguliers.

Bague extérieure

Bague intérieure

Cage

Eléments roulants (billes)

6.3. Charges supportées par les roulements


Les actions mécaniques de contact exercées par les éléments roulants sur l’une ou l’autre des
bagues sont en général schématisées par des Fr

forces ou charges :
 Radiale Fr,
 Axiale Fa,
Fa
 Combinée c’est la combinaison de Fr et Fa. F= Fr + Fa

6.4. Phénomène de résistance au roulement


Sous charge, la zone de contact entre chemin et élément roulant se comprime, puis se
détend après passage, comme un ressort. En mouvement, il en résulte, devant l’élément roulant, la
formation d’un bourrelet métallique s’opposant au mouvement. C’est le phénomène de résistance
au roulement.
A ce phénomène, s’ajoute parfois des phénomènes parasites supplémentaires entre éléments
roulants et certaines parties des chemins.

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 56


Chapitre_5 Guidage en rotation

Couple de résistance au roulement (Cf)


Cf = f.Fr.Rm
Avec : f : frottement interne du roulement,
Fr : charge radiale exercée,
Cf : couple résistant,
Rm : rayon moyen.
Roulements à billes : f = 0.0015
Roulements à rouleaux : f = 0.002
Roulements à aiguilles : f = 0.004
Ces valeurs sont à comparer avec le frottement interne des coussinets variant entre 0.05 et 0.15.

6.5. Différents types de roulements


Les roulements peuvent être classés suivant différents critères :
 en fonction de la forme de l’élément roulant : Billes ; Rouleaux (cylindriques, coniques,
tonneaux) ; Aiguilles.
 en fonction du mouvement relatif possible entre les bagues : Aucun (roulements rigides) ;
Rotulage (roulements à rotule).
 en fonction de la direction de la charge principale supportée : Radiale ; Radiale + Axiale ;
Axiale seule

Roulements à une rangée de billes à contact radial (type BC)


Charges : radiales et axiales modérées à moyennes.
Rotulage : de 2 à 16’

Roulements à une rangée de billes à contact oblique (type BT)


Charges : radiales, axiales élevées dans un seul sens.
Rotulage : de 1 à 2’

Roulements à deux rangées de billes à contact oblique (type BE)


Charges : radiales assez importantes, axiales alternées.
Rotulage : 0
Emplois : palier pour arbre en porte à faux (grande rigidité du roulement)

Roulements à deux rangées de billes à rotule dans la bague


extérieure (type BS)
Charges : radiales moyennes et axiales faibles.
Rotulage : de 2 à 4’
Emplois : alignement précis des paliers.

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Chapitre_5 Guidage en rotation

Roulements à rouleaux cylindriques (type RU)


Charges : radiales très importantes, aucune charge axiale.
Rotulage : de 1 à 7’
Emplois : charges radiales importantes avec chocs.
Roulements à deux rangées de rouleaux à rotule dans la bague
extérieure (type SC)
Charges : radiales très importantes et axiales moyennes.
Rotulage : de 0.5 à 2’
Emplois : alignement précis des paliers.

Roulements à rouleaux coniques (type KB)


Charges : axiales élevées dans un seul sens, radiales très importantes.
Rotulage : de 1 à 4’.

Roulements à aiguilles (type NEA, NES)


Charges : radiales très importantes, aucune charge axiale.
Rotulage : 0.
Emplois : paliers de petites dimensions avec charges radiales importantes.
Butées à billes simple effet (type TA) et double effet (type, TDC)
Charges : axiales très importantes (simple effet : un seul sens, double effet :
alternées)
Rotulage : 0.
Emplois : arbres verticaux fortement chargés axialement et tournant
lentement.
Remarque : les butées à billes ne sont pas conçues pour guider un arbre
en rotation. Ce guidage doit être assuré par d’autres types de roulements
Tableau 3: Différents types des roulements
6.6. Désignation des roulements (iso/afnor)
Type de roulement

60 BC 02
Diamètre de l’arbre Série des dimensions
d (Largueur B et diamètre de l’alésage
D)
6.7. Matériaux
Les nuances d’aciers utilisées pour la fabrication des roulements sont aussi normalisées par
l’AFNOR. Le Tableau 5.4 regroupe les principaux matériaux employés dans la réalisation des
roulements. Les cages des roulements sont fabriquées en acier, en polyamide, en bronze…
Groupes d’aciers Principales nuances normalisées NF EN IS0683-17
trempe à cœur 100 Cr6 ; 100 CrMnSi6-4 ; 100 CrMo7 ; 100 CrMo7-4...
cémentation 20 Cr3 ; 20 Cr4 ; 20 Cr4-2 ; 19 MnCr5 ; 20 CrMo4 ; 20 NiCrMo7...
trempe par induction C56E3 ; 56 Mn4 ; 70 Mn4 ; 43 CrMo4
aciers inoxydables X47Crl4 ; X65Crl4 ; Xl08CrMol7 ; X89CrMoV18-1
résistant à chaud 80MoCrV42-16 ; 13MoCrNi42-16-14 ; X75WCrV18-4-1
Tableau 5.4 : Principales nuances d’aciers employés dans la fabrication des roulements

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 58


Chapitre_5 Guidage en rotation

6.8. Critères de choix d’un type de roulement


Il est plus judicieux d’envisager au préalable une solution utilisant les roulements les plus
économiques : billes à contact radial, rouleaux cylindriques et aiguilles. A eux seuls ils représentent
plus de 80% des roulements vendus.
Un roulement plus coûteux au départ peut parfois simplifier le montage, les opérations de
maintenance et diminuer le coût global d’un appareil.

Critères de choix :
 Nature des charges : axiale, radiale ou combinée,
 Importance des charges (intensité)
 Vitesse de rotation,
 Chocs,
 Rigidité exigée,
 encombrement,
 durée de vie,
 condition ambiante : température, lubrification,…
Remarques :
 les roulements à billes à contact radial conviennent parfaitement aux petits paliers
fonctionnant à grande vitesse.
 Pour les gros paliers fortement chargés, les roulements à rouleaux sont les seuls possibles.
 S’il y a des défauts d’alignement appréciables, les roulements à rotule sont à choisir.
 Certains roulements ne supportent qu’un type de charge : axiale pour les butées, radiales
pour les aiguilles et rouleaux cylindriques.
 Les roulements à rouleaux coniques supportent, à dimensions égales, des charges
combinées plus élevées que les billes à contact radial.
6.9. Montage des roulements
Nota : Le roulement ne doit pas être coté, il est fabriqué avec des tolérances spécifiques aux
fabricants de roulements.

6.9.1 Règles de montage


- La bague du roulement qui tourne par rapport à la direction de la charge doit être ajustée avec
serrage.
Exemple : Arbre à la tolérance k6, m6 ou p6 suivant l’intensité de la charge ; Alésage à la tolérance
M7 ou N7.
- La bague du roulement qui est fixe par rapport à la direction de la charge doit être ajustée
glissante
Exemple : Arbre à la tolérance g6 ; Alésage à la tolérance H7.

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 59


Chapitre_5 Guidage en rotation

6.9.1.1. Direction de la charge fixe par rapport à la bague extérieure

Bague intérieure SERREE Arbre : k6 /m6 Alésage : J7 / H7


Arbre
tournant
Charge et
alésage rotule + linéaire annulaire
fixe (Isostatique : h=0)

Arbre fixe
rotule + rotule
Charge et (Hyperstatique d’ordre 1 : h=1)
alésage
tournants

6.9.1.2. Direction de la charge fixe par rapport à la bague intérieure

Bague extérieure SERREE Arbre : g6 / j6 Alésage : M7 / N7


Alésage
tournant
Charge et
arbre rotule + linéaire annulaire
fixes

Alésage fixe rotule + rotule


Charge et (Hyperstatique d’ordre 1 : h=1)
arbre
tournants

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 60


Chapitre_5 Guidage en rotation

6.9.2. Réalisation matérielle des arrêts axiaux des bagues

Arrêts axiaux usinés


(a) (b) (c) (d) Arrêt axial par épaulement usiné dans le logement.
(a) (c) (d) Arrêt axial usiné sur l’arbre.
Arrêts axiaux rapportés pour Bague Extérieure
(a) Arrêt axial de la bague extérieure par chapeau centré maintenu par des vis. Cette
solution est recommandée dans le cas d’un alésage tournant pour éviter les phénomènes
de balourd. Une cale de réglage, placée sous le chapeau, permet d ‘éliminer le jeu J tout
en assurant son appui.
(b) Arrêt axial de la bague extérieure par rondelle maintenue par des vis.
(c) Arrêt axial de la bague extérieure par anneau élastique.
(d) Arrêt axial de la bague extérieure par anneau élastique chanfreiné. Cette solution
permet d ‘éliminer le jeu axial entre le roulement et l’alésage.
(e) Arrêt axial de la bague extérieure par segment prévu sur la bague extérieure du
roulement. Arrêts axiaux rapportés pour Bague Intérieure
(a) Arrêt axial de la bague intérieure par écrou à encoches.
(b) Arrêt axial de la bague intérieure par rondelle maintenue par une vis en bout d’arbre.
Dans le cas d’un arbre tournant, il est recommandé de centrer la rondelle pour éviter les
phénomènes de balourd. Pour des arbres de diamètre important, la rondelle peut être
fixée par plusieurs vis réparties sur une circonférence.
Arrêt axial de la bague intérieure par entretoise. Cette solution est aussi applicable pour
la bague extérieure.

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Chapitre_5 Guidage en rotation

(c) Arrêt axial de la bague intérieure par anneau élastique.


(d) Arrêt axial de la bague intérieure par anneau élastique chanfreiné. Cette solution permet
d’éliminer le jeu axial entre le roulement et sa portée sur l’arbre.
(e) Arrêt axial de la bague intérieure par anneau élastique.
(f) Arrêt axial de la bague intérieure par manchon conique. Cette solution permet d’éviter
l’usinage d’un épaulement sur un arbre long.
6.9.3. Exemple de montage
5.9.3.1. Arbre tournant

5.9.3.1. Moyeu tournant

6.9.3.3. Montage des roulements à contacts obliques et à rouleaux coniques


Ces roulements doivent être montés en paire et en opposition. On distingue deux configurations de
montage : le montage en « X » et le montage en « O ».
Montage en « X » Montage en « O »

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 62


Chapitre_5 Guidage en rotation

6.10. Durée de vie d’un roulement


Afin de pouvoir comparer leur produits, les constructeurs de roulement ont établi des normes telles
que :
 La durée d’un roulement « L » : c’est la durée d’un roulement soumis à une charge et à
une vitesse constante avant la faillite.
 La durée nominale (normalisée) « L10 » : la durée de vie L20 d’une série de roulements
soumis à la même charge est égale au nombre de tours, ou de révolution, réalisés par 90%
des roulements de la série (à tester) avant qu’apparaissent les premiers signes de fatigue.

Prenons deux groupes de roulements soumis à des conditions de charge différentes P 1 et P2. Leurs
k
L P 
duretés respectives L1 et L2 peuvent être calculées par l’équation suivante : 1   1 
L2  P 2 
Où k = 3 pour les roulements à bille et 10/3 pour les roulements à rouleaux.
La durée de vie se calcule en millions de tours, parfois par commodité en heures de fonctionnement.
k
C 
La relation liant la durée de vie L10 et la charge est donnée comme suit : L10   
P
L10 : durée de vie en millions de tours,
C : capacité de charge dynamique de base en N,
P : charge équivalente exercée sur le roulement en N.
La durée de vie en heures de fonctionnement notée L10H est exprimée en fonction de L10 comme
10 6.L10 
suit : L10 H   
 60.N 
Avec N : vitesse de rotation du roulement en tours/min.
Durées de vie indicatives de quelques paliers à roulements
Mode d’emploi Exemples d’emploi Durée de vie L10H
Electroménager, outillages,
électroportatifs, automobiles,
Usages intermittents 1000 à 1500
appareils de manutention et de
levage, moteurs d’avions…
Véhicules industriels, machines
Fonctionnement 8 heures par
outils, machines agricoles, 15 000 à 35 000
jour
machines de production..
Convoyeurs, compresseurs,
Service en continu 24
certaines machines de
heures/24 35 000 à 60 000
production, ventilateurs,
moteurs stationnaires
Machines à papier, machines
Machines dont la fiabilité est
textiles, services des eaux, 100 000 à 200 000
très importante
barrages…
Lorsqu’un ensemble de roulements (E) comprend plusieurs roulements fonctionnant en même
temps (arbre avec plusieurs roulements), la durée de vie L E10 de l’ensemble de la durée de vie Li10
de chacun des n roulements. Elle est définie par la relation suivante :

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Chapitre_5 Guidage en rotation

 1 1.5  1 1.5  1    11.5


1.5

LE10        ....    


 L110   L210   Ln10  
6.11. Exemples de calcul des roulements : démarche de calcul du roulement à bille à contact
radial soumis aux charges Fr et Fa
 Afin de pouvoir choisir un roulement, on doit calculer la capacité de charge dynamique de
base C en appliquant la relation C  P.L10  . Ceci revient à calculer la valeur de la charge
1/ 3

équivalente exercée sur le roulement. En général P  X .Fr  Y .Fa . Les couples (X, Y)

Fa F
dépend du rapport et du rapport a comparé à la valeur de e (voir tableau).
C0 Fr
Fa
 Soit la première hypothèse  e , dans ce cas P = Fr (c'est-à-dire X = 1 et Y = 0).
Fr

 Ccalculée  Fr .L10  . D’après le tableau ou le catalogue du constructeur, on doit choisir


1/ 3

Cchoisie  Ccalculée .
Fa
 Dans cette étape, on doit vérifier la première l’hypothèse  e . Ceci nous mène à calculer
Fr
Fa
le rapport .
C0 choisie
 Calculer e par interpolation linéaire.
Fa F
 Comparer à e : si a  e alors l’hypothèse est vérifiée et le choix est bon. Sinon, on
Fr Fr
Fa
doit adopter la deuxième hypothèse  e . Dans ce cas P  X .Fr  Y .Fa avec X = 0.56.
Fr
 Calculer Y par interpolation linéaire.
 Calculer Ccorrigée  P.L10 1/ 3 et choisir Ccorrigée  Ccalculée .

Fa Fa
Si  e ; P = Fr Si  e ; P  X .Fr  Y .Fa
Fr Fr
Fa
0.015 0.028 0.056 0.084 0.11 0.17 0.28 0.42 0.56
C0
X 0.56
Y 2.3 1.99 1.71 1.55 1.45 1.31 1.15 1.04 1
e 0.19 0.22 0.26 0.28 0.30 0.34 0.38 0.42 0.44

Application :
Fa =150 daN, Fr = 245 daN, N = 3000 tr/mn, LH = 104 heures, dmin = 30mm, série 02.
1. Calculer L10 en Mtr,
2. Choisir un roulement type BC adéquat,

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 64


Chapitre_5 Guidage en rotation

6.12. Lubrification des roulements


6.12.1. Lubrification à la graisse

En version « étanche », les roulements sont lubrifiés à vie.


En version « non étanche » et dans le cas de vitesses de rotation élevées, les roulements sont
lubrifiés au montage en respectant la quantité de graisse préconisée par le constructeur (risque
d’échauffement).
Dans le cas de vitesses de rotation basses où l’excès de graisse ne provoquera pas
d’échauffement, on peut prévoir un graisseur qui permettra d’injecter de la graisse neuve, celle-ci
poussant la graisse usagée vers l’extérieur (figure a).
Pour des vitesses de rotations élevées, la graisse sera maintenue au voisinage du roulement,
par des déflecteurs placés de chaque côté du roulement (figure b).

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 65


Chapitre_5 Guidage en rotation

6.12.2. Lubrification à l’huile

6.12.3. Par bain d’huile


Le niveau d’huile ne doit pas dépasser le centre de la bille la plus basse. Pour les roulements
qui ne se situent pas en partie basse du mécanisme, il faudra prévoir des récupérateurs appelés
larmiers (figure a) qui seront remplis par projection, ou assurer une circulation d’huile par
pompage (figure c). Si les projections d’huile sont trop importantes, elles pourront être limitées par
un déflecteur (figure b).

5.12.4. Par brouillard d’huile


Ce type de lubrification nécessite une installation importante (pulvérisation d’un mélange
air+huile). Il est réservé aux broches de machines outils tournant à grande vitesse.

7. Différents types de paliers :


7.1. Paliers hydrodynamiques :
Ils sont constitués de coussinets comportant une rainure permettant l’arrivée d’un lubrifiant
sous pression. La formation d’un film d’huile n’est possible qu’à partir d’une certaine vitesse
relative arbre/logement.
7.2. Paliers hydrostatiques :
L’arbre est en suspension au centre du mécanisme sous l’effet d’un fluide envoyé sous
pression. Le coefficient de frottement devient alors très faible. Le coût élevé de ce type de montage
le réserve à des systèmes particuliers.

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 66


Chapitre_5 Guidage en rotation

8. Exercice d’application

Pour chaque guidage en rotation du


mécanisme ci-contre :
- Identifier les solutions
- Donner le schéma cinématique
minimal de ce système
- définir les ajustements radiaux, les
jeux axiaux
- Le mode de lubrification adopté

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 67


Chapitre_6 Guidage en translation

Chapitre 6

GUIDAGE EN TRANSLATION
1. Introduction
Le guidage en translation est la solution constructive qui réalise une liaison glissière entre
deux pièces ou ensembles de pièces. Le seul mouvement relatif possible entre les deux pièces ou
ensembles de pièces est une translation rectiligne.

Schématisation cinématique normalisée de la liaison glissière Mouvements relatifs



  y 
y y x
Coulisseau T R
  
x z z x 1 0
y 0 0
z 0 0
Glissière
La partie mobile est appelée coulisseau et la partie fixe (en général liée au bâti) est appelée
glissière (ou guide).

2. Expression fonctionnelle du besoin


Le guidage en translation doit réaliser, en phase d’utilisation, deux fonctions définies par des
critères :
Guidage en translation

FT1 : Assurer un mouvement FT2 : Transmettre et


Fonctions relatif de translation rectiligne supporter les efforts

- Précision du guidage - Efforts transmissibles statiques


Critères
d’appréciation - Vitesse de déplacement - Efforts transmissibles dynamiques
- Rendement - Durée de vie

Afin de répondre à la fonction technique FT1 : assurer un mouvement relatif de translation rectiligne il

existe deux principes de solutions : y 
x
Ces deux principes sont réalisés par une

association de 2 liaisons élémentaires. Tx
z Tx

Pivot glissant et Appui plan et linéaire


Ce sont des guidages « isostatiques » : ponctuelle rectiligne
Ils mettent en œuvre, entre les deux ensembles (glissière et coulisseau), les zones de contact
strictement nécessaires et suffisantes, qui conservent un seul degré de liberté en translation : Tx.

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 68


Chapitre_6 Guidage en translation

Dans la réalité pour assurer la fonction FT2 : Transmettre et supporter les efforts, il est
impossible d’utiliser des contacts ponctuel ou linéique. En effet pour limiter les pressions de
contact et donc l’usure, il faut préserver des surfaces d’appui suffisantes.
D’autre part la fabrication de contacts ponctuels et linéiques complique la réalisation du
guidage. On remplacera donc les points et les lignes de contact par des plans de superficie réduite.

3. Surfaces et conditions fonctionnelles


Exemple 1 : guidage poinçon / support de la perforatrice
Pour analyser un guidage en translation, on recherche d’abord les surfaces de contact de la liaison
puis les conditions fonctionnelles associées.
3. 1 - Guidage par arbre coulissant
Surfaces fonctionnelles Géométrie des surfaces
Positionner radialement Cylindre
Type / cylindre
de surface en contact

Arrêter en rotation Cylindre / plan


y

 
z x

Support
Poinçon + goupille
Définition des liaisons
FT1 : positionner radialement FT2 : arrêter en rotation
Schémas cinématiques des liaisons

Tx Ty Tz Rx Ry Rz Tx Ty Tz Rx Ry Rz
0 1 0 0 1 0 0 1 1 1 1 1

  Nom de la liaison
Nom de la liaison y  y 
Pivot glissant d’axe y  x  x Ponctuelle de normale x
z z

Guider en translation l’ensemble


poinçon + goupille / support
Schéma structural :
Schéma équivalent :
Tx Ty Tz Rx Ry Rz
0 1 0 0 0 0

y  
 x y 
z Nom de la liaison  x
z
Glissière d’axe Y

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 69


Chapitre_6 Guidage en translation

Conditions fonctionnelles
Ajustement : Poinçon Couple de matériaux
Plastique / acier

Ø 8 H8 f7
Ø 8 H8 f7 Bonne qualité frottante
Ajustement avec jeu Matière isolante
Glissant Esthétique (couleurs variées)
Support

Exemple 2 : guidage coulisseau / corps de l’interrupteur de position


Surfaces fonctionnelles

Couleurs Fonctions Géométrie des surfaces

FT1 : « Positionner radialement Cylindres Ø = 10 mm et L= 5mm


le coulisseau »

FT2 : « Positionner et maintenir en position Plans L = 5mm


angulairement le coulisseau »


z
 
 y
z  x
 y
x

 
y y
 
z   x
x z
Perspectives 2 : Coulisseau seul
Perspectives 1 : Corps vu de dessous

Etude cinématique 
 y
z
FT1 : positionner radialement  Perspective 3 :
x Tête de commande
le coulisseau Schéma cinématique
Guider en translation le
Tx Ty Tz Rx Ry Rz coulisseau / corps
1 0 0 1 0 0 A
Tx Ty Tz Rx Ry Rz Schéma cinématique
 1 0 0 0 0 0
 y
Nom de la liaison z A

Pivot glissant d’axe (Ax) x Nom de la liaison
Glissière d’axe (Ax)

 y
z
FT2 : positionner et maintenir en 
x
position angulairement le Un degré de liberté
coulisseau supprimé qui Rx

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 70


Chapitre_6 Guidage en translation

Conditions fonctionnelles

Ajustements et jeu Palier Coussinet


Coulisseau
Ø10 H8 f7 Ø10 H8 Bronze fritté
Ø10 f7
autolubrifié
Couleur jaune doré
Poussoir
Acier traité

2,8 H11 c11

2,8 c11
2,8 H11
Couleur grise
Intérêt
j d7
Faible coefficient de
D2
frottement pour ce
Ø10 H8 f7 : jmini = 13m et jMaxi = 50m , ajustement glissant couple de matériaux
2,8 H11 c11 : jmini = 60m et jMaxi = 180m , ajustement avec jeu élevé

3.2. Guidage de type prismatique


Exemple : Guidage des pinces de la cordeuse
Surfaces fonctionnelles Géométrie des surfaces

1+2 Positionner suivant y Plan / Plan

3+4 Positionner suivant z Plan / Plan

1
Coupe avec les
jeux accentués
Chariot
3
 4
y

 x Guide
z
2

Définition des liaisons


 
FT1 : positionner suivant y FT2 : positionner suivant z
Schémas cinématiques des liaisons

Tx Ty Tz Rx Ry Rz Tx Ty Tz Rx Ry Rz
1 0 1 0 1 0 1 1 0 1 0 1

 
y  y 
Nom de la liaison  x z x Nom de la liaison
z
Appui plan de normale y Linéique rectiligne x

Guider en translation le
chariot / guide

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 71


Chapitre_6 Guidage en translation

Schéma structural : Schéma équivalent :


Tx Ty Tz Rx Ry Rz
1 0 0 0 0 0

 y 
y  
 x Nom de la liaison z x
z
Glissière d’axe x

Conditions fonctionnelles
30 H9 f7
Vue en coupe du guidage Chariot
du chariot
11 H9 f7

Guide

3.3. Guidage par arbre coulissant, double colonne

Exemple : Guidage du porte rouleaux de l’étiqueteuse

Surfaces fonctionnelles Géométrie des surfaces


Positionner radialement Cylindre / cylindre Ø 20

Arrêter en rotation Cylindre / cylindre Ø 12

Bloc de guidage

y 
x

z
Porte rouleaux

Définition des liaisons


FT2 : arrêter en rotation
FT1 : positionner radialement
Schémas cinématiques des liaisons

Tx Ty Tz Rx Ry Rz Tx Ty Tz Rx Ry Rz
1 0 0 1 0 0 1 0 1 1 1 1
 
y y
 
x x Nom de la liaison
Nom de la liaison
  Ponctuelle de normale y
Pivot glissant d’axe x z z

Guider en translation le porte rouleau


/ bloc de guidage

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 72


Chapitre_6 Guidage en translation

Schéma structural Schéma équivalent :


Tx Ty Tz Rx Ry Rz
1 0 0 0 0 0

 
y y
 Nom de la liaison 
x x
 Glissière d’axe x 
z z

Conditions fonctionnelles
Porte rouleaux Bloc de guidage

e
Ø 20 H7g6 Ø 12 H7g6 e
e : entraxe
Vue en coupe du guidage

4. Précision d’un guidage : influence du jeu


La précision du guidage dépend principalement :
- de la valeur du jeu interne du guidage j (jeu radial)
- de la longueur du guidage L

4.1. Contact direct ou par interposition d’éléments antifriction


Un jeu minimal est nécessaire au fonctionnement de la liaison glissière.
Ce jeu interne permet au coulisseau des déplacements transversaux et angulaires.

Jeu radial Déviation angulaire


j = D1 - D2 tan α ≈ j/L
Le jeu radial dépend de l’ajustement entre
L L
le coulisseau et le guide.

La déviation angulaire est minimisée en A l


augmentant le rapport de guidage L/D.
En pratique : 2  L/D  5 . Jeu α

Ajustements usuels : H7g6 : jeu faible


H8e7 : jeu moyen.
Exemple de détermination de α par abaque :

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 73


Chapitre_6 Guidage en translation

Jeu j max=Amax-lmin
=angle d’inclinaison du coulisseau par
rapport à la glissière
Hypothèse : déformations négligeables
Schéma et données : Voir Figure ci-après :
Exemple : Ajustement 200 H7g6 : jmax= 90 m
L= 500
lA= 200 K=l/L=0,4
Tracé : o suit les étapes suivantes:
A = 200 mm point A sur la droite de gauche
K= 0,4 point B sur la droite K=k/L
On trace le segment [AB] pour obtenir le point C sur la droite
Ak
J= 90 m point D sur la droite de droite (j)
D’où   2.10 rad le point E sur la droite de l’angle
-4

boitement.

4.2. Guidages par interposition d’éléments roulants


Les jeux (initial et d’usure) sont annulés par réglage ou par précontrainte des éléments
roulants. C’est pourquoi les constructeurs donnent les ajustements et les conditions nécessaires au
montage de chaque type d’éléments roulants.

4.3. Systèmes de rattrapage de jeu


Afin de limiter le jeu dans le guidage, il existe de nombreux systèmes de rattrapage de jeu.

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 74


Chapitre_6 Guidage en translation

Vis de
réglage

Vis de Réglage par


réglage système à
excentrique

Exemple vu :
axe Z du
Vis de transgerbeur
réglage
Réglages par cales à section
constante
Réglage par cale pentée

5. Le phénomène d’arc-boutement

 Cas des pinces de la cordeuse


F 
F

Chariot
Δ
Blocage du
j
chariot
A l

Guide L
Vue en coupe de la
liaison chariot / guide
Jeu grossi


Observation : l’action mécanique extérieure F excentrée par rapport à l’axe de la glissière tend à
provoquer le basculement du chariot par rapport au guide.
Définition : le phénomène d’arc-boutement se traduit par une impossibilité de déplacement du
coulisseau par rapport à la glissière quelle que soit l’intensité de l’action mécanique. L’arc-
boutement se produit si la distance  est suffisamment élevée.
Intérêt : le phénomène d’arc-boutement est ici recherché afin d’assurer la fonction de blocage des
pinces de la cordeuse.

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Chapitre_6 Guidage en translation

Cas de l’interrupteur de position pinces


de la cordeuse

Blocage du Guide Déplacement


30° du coulisseau
coulisseau

Coulisseau

30°

L1 L2
1

Problème : le phénomène d’arc-boutement est ici à exclure puisqu’il empêche le déplacement du


poussoir de l’interrupteur de position.
 On évite ce phénomène avec une longueur de guidage L suffisamment élevée.
Condition de non arc-boutement pour un jeu donné
f : coefficient d’adhérence entre les surfaces de contact
L
 L : longueur du guidage
2f
 : Distance entre la direction de l’action mécanique et l’axe de la liaison
La tendance à l’arc-boutement entraîne un déplacement saccadé du coulisseau. Ce phénomène de
broutage est appelé stick slip.

6. Les différents types de guidages


Il existe plusieurs types de guidages ayant des performances spécifiques :
- guidages par contact direct
- guidages avec interposition d’éléments antifriction
- guidages avec interposition d’éléments roulants
- guidages sans contact
6.1. Guidages par contact direct
6.1.1. Guidages par arbre ou moyeu coulissant
Les guidages par arbre ou moyeu coulissant, sont les solutions constructions qui associent une
surface de contact cylindrique et un arrêt en rotation autour de l’axe de cette surface cylindrique.

Arbre cannelé Clavetage libre

Forme cylindrique + obstacle en rotation

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Chapitre_6 Guidage en translation

Exemple vu :
Poinçon / suppport
de la perforatrice

6.1.2. Guidages de type prismatique


Les guidages de type prismatique associent des surfaces de contact planes. Ils comportent un
dispositif de réglage du jeu et permettant de rattraper l’usure. En général on utilise des cales en
matériau tendre (bronze…).

Exemple vu :
Chariot / guide des pinces de
la cordeuse

Vis d’assemblage
Trou
oblong
Guidage en queue d’aronde
Guidage plan + V
Vis de
réglage

Exemple de
système de réglage
6.2. Guidages par interposition d’éléments antifriction
L’interposition d’éléments antifriction entre les surfaces de liaison permet :
- de diminuer le coefficient de frottement
- de reporter l’usure sur ces éléments interchangeables
Types d’éléments antifrictions : Les matériaux utilisés :
- acier recouvert de PTFE
Elément à visser
- bronze fritté autolubrifiant
- polyamide
- Nylon
Eléments à coller

Palier lisse
monté serré
Exemples vus :
Coulisseau / corps de
l’interrupteur de position

Porte rouleaux / bloc de


guidage de l’étiqueteuse

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Chapitre_6 Guidage en translation

6.3. Guidages par interposition d’éléments roulants


Les guidages par éléments roulants constituent une famille de composants standards dont le
principe est de remplacer le glissement par du roulement.

6.3.1. Guidages par cages à éléments roulants


Ils comportent 3 catégories de constituants : cage

- les éléments roulants (avec ou sans cage) élément


roulant
- les rails de guidage qui portent les chemins de
roulement, liés respectivement au coulisseau et
plaquette
à la glissière. d’arrêt rails
- les organes d’arrêt ou de protection

Billes Rouleaux
Montage non maintenu avec 2 glissières à aiguilles,
une en vé et une plate

Vis de réglage sans tête

Montage maintenu avec 2 glissières à aiguilles en vé


6.3.2. Guidages par douilles à billes
Ils sont souvent réalisés par 4 douilles à billes, comme celle présentée ci dessous.

Bague Cage
extérieure

Joint

Une rangée de
billes

Cage Joint

6.3.3. Guidages par patins


Les patins sont des systèmes à recirculation d’éléments roulants. Ils sont toujours montés
par paire.
Exemple : axe Z du portix.

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Chapitre_6 Guidage en translation

Patin à billes Exemple de montage

Patin à rouleaux croisés

Vis de réglage
sans tête

6.3.4. Guidages par systèmes complets


Ce sont des systèmes à recirculation d’éléments roulants.

Guidage à 6 rangées Guidage à 4 rangées de


de billes rouleaux
6.3.5. Guidages par galets
Ils comportent quatre galets. Afin de régler le jeu de fonctionnement, deux des quatre galets sont
montés sur des axes excentriques. Exemple : l’axe Z du transgerbeur.

7. Critères de choix d’une solution


Le choix d’une solution constructive repose sur son aptitude à satisfaire le cahier des charges de
l’application, en mettant en jeu le minimum de ressources. Les principaux indicateurs de qualité
sont les suivants :
 Précision du guidage
 Vitesse de déplacement maximale
 Intensité des actions mécaniques transmissibles
 Fiabilité (probabilité de bon fonctionnement)
 Maintenabilité (probabilité liée à la durée de réparation)
 Encombrement
 Esthétique
 Coût

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Chapitre_6 Guidage en translation

7.1. Caractéristiques de chaque famille de solutions


Interposition
Interposition
Contact direct d’éléments
d’éléments roulants
antifriction
Moyenne
Précision Moyenne Elevée
Dégradation par usure
Performances
(vitesses, cadences, Faibles Modérées Elevées
rendements)
Très faible :
Coefficient de Elevé : 0,05 à 0,2
0,001 à 0,005
frottement dans la Broutage à faible Moyen / Faible
Efforts de manœuvre
liaison vitesse (stick slip)
réduits
Intensité des actions
mécaniques Faibles Modérées Elevées
supportées
Nécessaire Au montage (faible)
Lubrification Autolubrifiant
(importante) Inexistante (galet)
Coût Faible Moyen Elevé
Jeu mini nécessaire au Jeu mini nécessaire au Fonctionnement sans
Jeu
fonctionnement fonctionnement jeu
7.2. Domaines d’utilisation industriels
Les guidages par contact direct et par interposition d’éléments antifriction conviennent lorsque les
vitesses de déplacements sont faibles ou modérées.
Les guidages par éléments roulants sont utilisés dans les domaines suivants :
 Machines-outils  Matériels médicaux
 Robots  Appareils de contrôles
 Machines automatisées  Aéronautique

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Chapitre_7 L’étanchéité

Chapitre 7

L’ETANCHEITE

1. Fonction
Soit deux solides S1 et S2 (voir schéma ci-contre)
possédant des surfaces de contact communes, séparant deux
milieux contenant des fluides distincts et/ou ayant des
pressions différentes.
L’étanchéité permet d’empêcher la communication entre
deux milieux différents (Pression ou nature). En effet, le dispositif d’étanchéité doit :
 EMPECHER les impuretés du milieu
extérieur d’accéder aux surfaces à protéger.
 EMPECHER le fluide de s’échapper vers le
milieu extérieur.

( Les flèches symbolisent ces deux types de fuites )


L’étanchéité est difficile à réaliser sans conditions particulières :
 Très bon état de surfaces en contact ;
 Surfaces de contact réduites.

L’étanchéité peut être statique ou dynamique

2. Etanchéité statique
L’étanchéité est dite statique quand il n’y a pas de
déplacement relatif entre les pièces.
Dans la spécification de l’état de surface, le symbole de la
fonction « étanchéité statique » est ES.
2.1. Par contact direct
Etanchéité assurée uniquement par l’état des surfaces en contact entre S1 et S2, sans élément
d’étanchéité supplémentaire (sans joint).
Cette étanchéité peut être réalisée soit :
 En rodant les surfaces de contact à lier l’une sur l’autre afin d’obtenir des états de surfaces
parfaits. Exemple : Raccord à joint cônique
 En utilisant un produit de collage et d’étanchéité.
2.2. Par interposition d’un joint (étanchéité indirecte)
Etanchéité réalisée en interposant entre les deux surfaces à étancher un joint de commerce.

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Chapitre_7 L’étanchéité

Nom Représentations Désignations Utilisations

Bague B.S.
Joints Plats

Circulaire type B
Exemple : Vis de vidange

Circulaire type A
Joint torique

Joint torique, a x d.

3. Etanchéité dynamique
L’étanchéité est dite dynamique quand il y a déplacement relatif entre les pièces.
Dans la spécification de l’état de surface, le symbole de la fonction « étanchéité dynamique » est
ED. Dans ce cas, un jeu de 1 à 2 microns est nécessaire avec une rugosité faible des surfaces.

3.1. Principaux joints utilisés : Cas de vitesses faibles


Translation et rotation lentes.
Nom et Désignations Utilisations

Joint torique a x d.

Joint quadrilobe : a x d.

3.2. Conditions de montage

3.2.1. Joints toriques

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Chapitre_7 L’étanchéité

Ajustement et dimensions des gorges

Pression P Ajustement
8 MPa H7 / f7
8 Mpa < P < 20 MPa H7 / g6

Afin d’éviter l’extrusion du joint, le jeu J dans la liaison doit être d’autant plus petit que la pression
soit élevée. On admet généralement un jeu maximal correspondant aux ajustements suivants :

d 1 1.60 1.78 1.90 2.62 2.70 3.53 3.60 5.33 6.99


D 1.30 2.10 2.40 2.50 3.40 3.40 4.50 4.50 6.50 8.80
G 0.825 1.30 1.45 1.55 2.225 2.30 3.10 3.20 4.75 6.10

3.2.2. Joints quadrilobes :

Ajustement et Dimensions des gorges

Pression P Ajustement
P < 1 MPa H9 / f8
1 Mpa < P < 10 MPa H8 / f7
P > 10 MPa H7 / g6

Afin d’éviter l’extrusion du joint, le jeu J dans la liaison


doit être d’autant plus petit que la pression soit élevée. On admet généralement un jeu maximal
correspondant aux ajustements suivants :
d 1.78 2.62 3.53 5.33 6.99
A 2.14 3.15 4.10 6.40 8.40
P 1.42 2.15 2.86 4.33 5.70
D 2 2.90 3.90 6.10 7.90
G 1.575 2.4 3.275 5 6.50
3.3. Principaux joints utilisés : Cas de vitesses importantes
 Joint à lèvre à frottement radial :
Pour le cas de vitesse importante, l’étanchéité radiale est généralement assurée par des joints à
lèvres.

Lèvre

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Chapitre_7 L’étanchéité

Les joints à lèvres sont désignés comme suit : Joint à lèvre, type……, d x D x E

 Joint à lèvre à frottement axial (Joint V. RING) :

 Par chicanes ou par rondelles « Z » :


Pour prévoir une étanchéité sans frottement avec les pièces.

3.3.1. Condition de montage des joints à lèvres

d D E dD E d D E d D E d D E d D E dD E d D E
16 28 32 35 30 62 7 55 65 75
6 7 12 7
22 30 18 35 7 40 45 40 62 7 68 80
50 8 60 8
22 26 40 25 42 7 32 47 7 72 72 85
8 7
24 30 30 47 52 55 80 90
15 7
22 32 32 52 47 42 62 8 68 85
52 8 62 10
9 24 7 35 20 35 7 40 50 72 72 90
35 7
26 28 40 28 47 7 52 60 70 85
22 30 47 52 62 62 72 90
65 10
45 8 55 8 10
10 24 7 32 32 40 52 65 80
17 7 0
26 35 35 42 38 55 7 72 85 90
22 7 30 7
70 10 10
22 40 40 47 62 62 72
12 7 48 8 58 8 0
24 18 30 7 47 52 40 52 7 72 80 75 95 10

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Chapitre_7 L’étanchéité

Lubrification à la graisse : La lèvre est orientée vers l’extérieure du palier pour permettre le
passage de la graisse usagée lors des renouvellements par pompe.
Lubrification à l’huile : Pour assurer la retenue de l’huile, la lèvre est orientée vers l’intérieur du
palier.

3.2.2. Représentation simplifiée des joints à lèvres


Joint d’étanchéité à lèvre Joint d’étanchéité à deux lèvres Joint d’étanchéité à lèvre
à frottement radial à frottement radial à frottement axial (V. RING)
Symbole Rep. réelle Symbole Rep. réelle Symbole Rep. réelle

ou ou ou

4. Application : En utilisant les renseignements donnés par la désignation du joint (3) et les
tolérances, compléter la cotation.

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Chapitre_8 La lubrification

Chapitre 8

LA LUBRIFICATION

1. Définition
La lubrification est le fait d’apporter un corps (solide, liquide ou gazeux) entre deux solides en
mouvement relatif dans le but de favoriser le glissement entre deux surfaces frottantes.

2. Analyse fonctionnelle
Fonction Principale Fonction décomposée
Réduire les frottements et l’usure
Eviter le grippage
Lubrifier un mécanisme
Evacuer la chaleur
Evacuer les impuretés
Protéger de la corrosion

3. Qu’est ce qu’un lubrifiant


Le lubrifiant est un produit qui, interposé entre les deux surfaces frottantes d’un mécanisme,
réduit le frottement et par conséquent l’échauffement, tout en combattant l’usure des mécanismes.
Historiquement, l’usage des lubrifiants remonte à la plus haute Antiquité. Les produits utilisés
furent, jusqu’au XIX ème siècle, essentiellement des huiles et corps gras animale ou végétale. Puis
les huiles d’origine pétrolière s’imposèrent vers la fin du XIX ème siècle, mais ce n’est qu’à partir de
1930, et surtout pendant la seconde guerre mondiale, que les grandes découvertes en matière
d’additifs et de lubrifiants de synthèse ont été faites.
Ensuite les progrès furent continus dans tous les domaines avec, cependant, dans les années
soixante, un véritable foisonnement de recherches, sous l’impulsion de la course à l’espace, dans le
domaine des lubrifiants non conventionnels.
Le principe de composition d’un lubrifiant est donné par les figures 8.1 et 8.2.

Les lubrifiants classiques, huiles et graisses, qui ne sont pas des corps gras (au sens
chimique du terme) sont élaborés dans des unités spécialisées intégrées à certaines raffineries de
pétrole. Des coupes plus ou moins lourdes de pétrole brut, selon que l’on souhaite aboutir à une
huile ou à une graisse, subissent des traitements successifs en vue d’éliminer les impuretés, les
composés les moins onctueux, ou les composés présentant une trop forte variation de leur viscosité
en fonction de la température.

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Chapitre_8 La lubrification

Figure 8.1 : Principe de composition d’une huile

Figure 8.2 : Principe de composition d’une graisse


On incorpore au lubrifiant des additifs divers en fonction de son utilisation ; ceux-ci ont
notamment pour effet de protéger contre l’oxydation, d’améliorer ses propriétés anticorrosives, son
onctuosité (additif dit extrême pression), son indice de viscosité (stabilité de celle-ci en fonction de
la température), ou de lui conférer un pouvoir nettoyant (huiles détergentes de moteur à
combustion interne). La tendance actuelle consiste, pour les utilisations les plus exigeantes, à
élaborer directement les lubrifiants eux-mêmes, par synthèse chimique.
solides Liquides Pâteux
Lubrifiants Graphite Huiles minérales issues du Graisse issue du
naturels Cires pétrole pétrole
Résines Pâtes lubrifiantes
Lanoline
Lubrifiants Plastiques fluorés Huiles synthétiques Graisses de synthèses
de synthèse Polyamides (esters par exemple) (silicone)
Vernis Huiles composées

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Chapitre_8 La lubrification

Tous les lubrifiants liquides et pâteux « mouillent » les surfaces concernées et y adhèrent
fortement en constituant ainsi des épilâmes minces, ne présentant que quelques molécules
d’épaisseur : cette caractéristique essentielle est qualifiée d’onctuosité.

4. Propriétés physiques des lubrifiants


Un lubrifiant est un produit qui satisfait à trois conditions fondamentales :
 un film doit pouvoir être formé à la surface des pièces,
 le film formé doit être maintenu au contact,
 le film formé et maintenu doit se déformer facilement, sans se rompre, par cisaillement.

4.1. Propriétés des huiles


 Onctuosité
C’est une variable que l'on ne sait pas encore chiffrer et qui qualifie le comportement global des
trois matériaux en présence, le lubrifiant et les deux pièces, compte tenu des traitements de surface
éventuels et de l'ambiance. Elle caractérise la plus ou moins grande solidité des manteaux
protecteurs.
 Viscosité
La viscosité est la propriété inverse de la fluidité. La viscosité de la majorité des fluides diminue
lorsque la température augmente. C'est une propriété fondamentale pour deux raisons aussi
essentielles que contradictoires : un bon rendement mécanique impose un lubrifiant très fluide mais
la sécurité de fonctionnement liée à l'épaisseur des films superficiels le fait préférer très visqueux !
 Viscosité dynamique ( ) : Cette grandeur est exprimée en Pa.s.
2
 Viscosité cinématique (), est exprimée en mètre carré par seconde (m /s).
Exemple de viscosité :
A 20°C Viscosité cinématique Viscosité dynamique Masse volumique
mm²/s Pa.s 3
Kg/m
Essence 0,74 0,550 10
-3 743
Huile SAE10 95 0,088 909
Huile SAE50 770 0,700 909
Eau 1,004 1,002 10-3 1
Air sec 14,9 1,8 10
-5 1,205

4.2. Propriétés des graisses


4.2.1. Constitution
Les graisses sont des produits viscoplastiques à deux phases qui comportent :
• une phase liquide, huile minérale ou fluide synthétique formant un support dispersant et
représentant parfois plus de 90 % du poids de la graisse,
• une phase solide dispersée se comportant en agent épaississant, généralement un savon
métallique, résultat de la réaction d'un acide gras (stéarique, oléique) avec un hydroxyde métallique
(calcium, lithium, sodium, aluminium, magnésium).

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Chapitre_8 La lubrification

Cette phase représente de 8 à 40 % du poids. Dans certaines graisses, l'épaississant est un


composé inorganique comme la bentonite, sorte d'argile possédant de remarquables propriétés
d'adsorption.
• des additifs solubles améliorant les performances : antioxydant, antiusure, antirouille, extrême
pression, etc.,
• des additifs solides : graphite, bisulfure de molybdène,
• éventuellement, de l'eau ou de la glycérine facilitant la dispersion des autres produits.

4.2.2. Propriétés
• Consistance : Elle exprime la résistance à la déformation de la graisse. Elle diminue lorsque la
température augmente
• Point de goutte : Cette propriété caractérise la tenue de la graisse à la chaleur en précisant la
température de début de liquéfaction.
• Point de solidification : Indique la température de début de solidification.
• Autres : Résistance au cisaillement, qualité extrême pression, filmo-résistance, acidité…

5. Classification des lubrifiants


Selon leur utilisation, les lubrifiants sont, dans la pratique, classés en deux grandes catégories.
La première est destinée à la lubrification des véhicules automobiles ; elle est représentée surtout
par les huiles pour moteurs (à essence, Diesel, « multi-usages » pour matériels agricoles et de
travaux publics).
Selon leurs caractéristiques viscosimétriques à froid et à chaud, ces huiles peuvent être dites «
monogrades » (en régression) ou « multigrades » (en expansion) : les premières répondent aux
exigences d’un seul grade de viscosité de la classification américaine S.A.E (Society of Automotive
Engineers) tandis que les secondes répondent à la fois aux exigences d’un grade d’hiver W (winter)
et à celle d’un grade d’été (Exemple 15W 40 : grade hivers S.A.E 15 W et grade d’été S.A.E 40).

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Chapitre_8 La lubrification

Les autres lubrifiants pour véhicules automobiles sont essentiellement les huiles de transmission
comme les huiles de boites de vitesses, de différentiels, boites automatiques ou coupleurs : les
liquides de frein et les graisses pour châssis automobiles appelées « multifonctionnelles » ou
«multipurpose » car elles assurent le graissage de nombreux organes.
La seconde catégorie est constituée par les lubrifiants industriels, vaste ensemble regroupant des
produits très divers comme :
- les fluides hydrauliques classés selon la norme Afnor (Association française de normalisation)
- les lubrifiants pour engrenages industriels sont des huiles minérales inhibées ou mieux des huiles
« extrême pression » (E.P). Des huiles de synthèse commencent à remplacer ces dernières.
- Les lubrifiants pour le travail des métaux constituent une famille de produits très hétérogènes et
très diversifiés.
- Les huiles pour compresseurs peuvent être des huiles à base minérale ou des lubrifiants de
synthèse selon le type de compresseur et la nature du fluide comprimé.
- Les huiles pour turbines terrestres sont des huiles minérales très raffinées contre la rouille et
l’oxydation.
- Les graisses industrielles ont des emplois très variés ; roulements, paliers lisses, chaînes de
transmission etc…
- Les huiles de graissage des machines outils et de machines diverses (huiles pour glissières, huiles
de broches).
- Les huiles de démoulage de matériaux divers (décoffrage du béton par exemple).
- Les lubrifiants divers pour horlogerie, pour l’imprégnation des câbles électriques, les produits
dégrippants etc..

5.1. Classification des huiles


Nous ne présentons que les deux principales classifications des huiles : ISO et SAE. Les
huiles sont classées en fonction de leurs propriétés caractéristiques. La plus importante est bien
évidemment la viscosité cinématique ou dynamique mesurées respectivement en Stocke (St) et
Poise (P) avec :
- 10 000 St = 1 m2 /s
- 1 P = 0,1 Pa * s
Les autres propriétés principales des huiles sont les suivantes :
 point d’écoulement : c’est la température à partir de laquelle une huile, chauffée puis
refroidie dans des conditions bien précises cesse de couler (début de cristallisation ou de
solidification).
 Index de viscosité : il caractérise la variation de viscosité en fonction de la température (100
pour une variation très faible, 0 pour une très grande variation).
 Autres propriétés : onctuosité, résistance à l’oxydation, à la corrosion.

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Chapitre_8 La lubrification

Classification ISO
Elle classe les huiles à partir de leur viscosité. La désignation normalisée est la suivante : ISO VG
suivi d’un nombre précisant la viscosité moyenne exprimée en Centistokes à 40° C.
Classification SAE
C’est une classification essentiellement utilisée pour l’automobile et les véhicules industriels. Cette
classification a été définie par la SAE. La désignation est la suivante : lettres SAE suivi de son
grade qui caractérise la viscosité à froid, puis la lettre W (winter), et un deuxième nombre qui
caractérise la viscosité à chaud.

5.2. Principales fonctions d’un lubrifiant


 Réduire les frottements, tout en favorisant le mouvement ou le glissement afin d’éviter le
grippage entre deux surfaces frottantes (par exemple pour les moteurs à combustion interne,
diminuer la consommation de carburant).
 Protéger les organes mécaniques contre l’usure et la corrosion (garantir la longévité et
l’efficacité du composant).
 Maintenir la propreté, garantir la longévité du composant en maintenant l’ensemble des pièces
dans un bon état de propreté tout en évacuant les impuretés vers un filtre à huile, en assurant
des vidanges régulières et le remplacement du filtre.
 Participer à l’étanchéité (indispensable pour assurer un fonctionnement correct).
 Évacuer efficacement la chaleur (refroidir le composant pour éviter la déformation des
différentes pièces : ceci nécessite souvent un échangeur de chaleur).

5.3. Principaux critères de choix


La démarche de choix d’un lubrifiant est très délicate car des facteurs influents comme la
température, sont mal ou peu connus en phase de conception. En général les fabricants proposent
des produits spécialement développés pour chaque application (Moteur 2 temps, 4 temps, huiles
pour engrenages, huiles de transmission pour chaînes, huiles de coupes etc…). Il reste quand même
à valider que le produit est compatible avec les autres organes (attention à l’incompatibilité de
certains produits, impliquant une étanchéité entre plusieurs volumes).

6. Les différents modes de lubrification


6.1. Absence de lubrification
Le glissement est relativement difficile. Les surfaces s’usent rapidement. Le contact entre
les deux surfaces a lieu sur des aspérités. Au début, le taux de
portance est faible puis au fur et à mesure de l’usure, ce taux
augmente. Le glissement donne lieu à un échauffement, à des
arrachements et éventuellement à des micro soudures si les
matériaux présentent une affinité chimique.

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Chapitre_8 La lubrification

6.2. Lubrification limite


L'épaisseur du film lubrifiant est insuffisante pour isoler complètement les solides en
contact ; si la charge devient trop forte, il ne subsiste qu'une couche adsorbée quasi
monomoléculaire. C'est la solidité de cette dernière qui empêche les contacts métal sur métal.
L'aptitude du lubrifiant à former une couche adhérente, appelée onctuosité, est ici une qualité
primordiale.
6.3. Lubrification onctueuse (0,05 < f < 0,2)
Un film de lubrifiant recouvre les
surfaces de contact sous la forme d’une très fine
couche nommée épilâmes. Le coefficient de
frottement se trouve diminué et le glissement
favorisé. Quelques contacts locaux métal/métal
subsistent. La plupart des contacts se fait
épilâmes/épilâmes. Il y a moins d’arrachements
et de micro soudures. L’usure est moins rapide
que dans le cas du frottement sec.

5.4. Lubrification hydrodynamique (0,002 < f < 0,01)


Il n’y a aucun contact direct entre les surfaces. Une couche de lubrifiant les sépare en
permanence. Le mouvement crée une portance hydrodynamique comparable à ce qui se passe en ski
nautique. Le frottement est très réduit. L’usure est presque nulle.
5.5. Lubrification mixte (0,04 < f < 0,1)
C’est un mélange de frottement onctueux et de frottement hydrodynamique. La portance
hydrodynamique est intermittente.

5.6. Lubrification hydrostatique ou aérostatique


Elle consiste à envoyer, à l'aide d'une pompe ou d'un compresseur, un liquide ou un gaz sous
pression pour séparer les surfaces qui peuvent alors être ou non en mouvement relatif. Elle est la
garantie d'un frottement extrêmement faible et d'une absence quasi totale d'usure mais il faut une
source d'énergie extérieure
7. Les dispositifs de lubrification
7.1. Avantages et inconvénients des graisses par rapports aux huiles
Avantages des graisses par rapport aux huiles Inconvénients des graisses par rapport aux
huiles
Graissage à vie possible Ne conviennent pas aux vitesses élevées
Mise en place facile du lubrifiant Ne conviennent pas aux charges élevées
Supportent mieux les chocs et les vibrations Ne conviennent pas aux températures élevées
Tiennent mieux aux vitesses lentes N’évacuent pas la chaleur
Peuvent participer à l’étanchéité
Simplicité de conception
Etanchéité plus facile à réaliser
Prix de revient plus faible

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 92


Chapitre_8 La lubrification

7.2. Lubrification à l’huile


7.2.1. Par barbotage ou par bain d’huile
Une partie du mécanisme en mouvement trempe dans l’huile et emporte par adhérence
l’huile vers les points à lubrifier.
Dans ce cas, on utilise les propriétés de l’huile, viscosité, onctuosité pour son entraînement
vers les surfaces à lubrifier, soit par l’organe même (engrenages par exemples cf figure 8.3), soit par
un organe interposé (chaîne, anneau, disque centrifuge etc….). La figure 8.3 propose un système de
lubrification classique appelé communément, lubrification par barbotage.
Souvent, il faut refroidir aussi le lubrifiant : un exemple de refroidissement forcé est donné
par la figure 16, correspondant à un réducteur Roue Vis sans fin de 24,5 Kw pour N = 1500 tr/mn
et i = 20.

Figure 8.3 : Principe de lubrification d’un réducteur à engrenages


Les organes essentiels sont :
- (1) vis sans fin, (2) roue dentée, (3) moyeu, (4) carter avec ailettes de refroidissement, (5)
ventilateur, (6) bouchon de vidange, (7) remplissage d’huile, (8) & (9) diverses étanchéités, (10)
disque chasse-gouttes, (11) retour d’huile, (12) roulements à billes, (13) roulements à galets
coniques, (14) rondelles de réglage de la position axiale de la roue.

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 93


Chapitre_8 La lubrification

Les deux exemples suivants, figures 17 & 18, montrent le principe de circulation de l’huile, avec la
récupération.

Figure 8.5 : Principe de lubrification par projection

L’exemple suivant, figure 8.6, nous montre les différentes solutions technologiques
employées dans différents systèmes pour cette lubrification. Enfin, la figure 19 montre le principe
d’une lubrification par brouillard d’huile, très souvent utilisée dans les mécanismes ayant des
vitesses élevées.

Figure 8.6 : Principe de lubrification par projection et ruissellement

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 94


Chapitre_8 La lubrification

7.2.2. Par brouillard d’huile


Utilisée aux vitesses très élevées pour les roulements et les engrenages et aussi dans les
réseaux pneumatiques (figure 8.7).

Figure 8.7 : Principe de lubrification par brouillard d’huile


7.2.3. Par circulation d’huile
Une même pompe lubrifie en même temps plusieurs zones. Le débit d’huile, constant, peut
être réglé au niveau des points à lubrifier pour assurer lubrification et refroidissement. Des
échangeurs de chaleurs et des filtres peuvent être ajoutés à l’installation (figure 8.8).

Figure 8.8 : Principe de lubrification par circulation d’huile

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 95


Chapitre_8 La lubrification

Figure 8.9 : Exemple de lubrification par circulation d’huile


7.2. Lubrification à la graisse
La lubrification à la graisse permet une simplification des divers mécanismes d’amenée du
lubrifiant. Toutefois, cette simplification n’est possible que pour des vitesses moyennes et des
échauffements limités.

7.2.1. Graissage par garnissage au montage


Le graissage peut être à vie ou périodique avec regarnissage après démontage et nettoyage
lors des opérations de maintenance (figure 8.10).

Figure 8.10 : Exemple sur des roulements rigides à billes graissés à vie

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 96


Chapitre_8 La lubrification

Figure 8.11 : Graissage d’un palier de roulement


7.2.2. Par graisseur
Ils permettent le regraissage périodique sans démontage. Il faut alors prévoir des systèmes
permettant d’évacuer la graisse usagée (figure 8.12).

.
Figure 8.12 : Graissage d’un palier de roulement

Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 97


Chapitre_8 La lubrification

Figure 8.13 : Exemple avec soupape à graisse

Figure 8.14 : Exemple de graissage automatique.


7.2.3. Graissage centralisé
Le lubrifiant est envoyé sous pression vers des
distributeurs doseurs par une pompe avec réseau de
canalisations. Les distributeurs fournissent ensuite la
dose prévue en chaque point (figure 8.15).

Figure 8.15 : Exemple de graissage centralisée.


Cours de Conception II_Licence appliquée en Génie Mécanique 98
Travaux dirigés Conception 2

TD1- Conception 2
(Modélisation des liaisons- Schéma cinématique)

Exercice 1
Pour chaque système, on vous demande de :

1. Identifier les différents groupes cinématiques.


2. Réaliser le graphe des liaisons du système.
3. Réaliser le schéma cinématique minimal du système.

Etau de serrage

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Travaux dirigés Conception 2

Bride hydraulique

Echelle de pompier

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Travaux dirigés Conception 2

Vé réglable

Exercice 2

Mise en situation

Le système « Sinusmatic » permet


l’ouverture ou la fermeture, dans un
plan verticale, des barrières de parking
et de péages d’autoroute. Le système
proposé est commercialisé par la
société ELLIPSE Industrie.

Chaîne d’action

Moteur à Réducteur à SINUSMATIC Barrière de


courant continu engrenages parking
(Document 1)

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Travaux dirigés Conception 2

Ce système est commercialisé avec une motorisation par moteur à courant continu commandé
à distance par l’utilisateur de la barrière ou par le système de gestion du péage.

La vitesse de rotation à la sortie de ce moteur est diminuée par un réducteur à engrenages.


L’arbre de sortie du réducteur est lié au Sinusmatic par une liaison pivot réalisée par deux
roulements à billes (non représentés sur le dessin d’ensemble). Le Sinusmatic transforme la
rotation de l’arbre de sortie du réducteur en une rotation alternative d’axe horizontale par
l’utilisation d’un mécanisme dit sphérique.

Le plateau 7 en liaison encastrement avec l’arbre de sortie du réducteur est animé d’un
mouvement de rotation uniforme. Il est muni de 2 ergots qui lors de sa rotation viennent
indiquer à la partie commande sa position. A chaque demi-tour correspond une position haute
ou basse de la barrière. Le moteur a toujours le même sens de rotation.

Remarque : les pièces 4 sont deux roulements combinés à aiguilles

Travail à faire

1. Sur le document 1, Identifier les différents groupes cinématiques.


2. Réaliser le graphe des liaisons du système.
3. Réaliser le schéma cinématique minimal du système.

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Travaux dirigés Conception 2

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Travaux dirigés Conception 2

TD2- Conception 2
(Modélisation des liaisons- Liaisons équivalentes)

Exercice 1

Une bride de serrage, d'un montage d'usinage (o) conçue pour répartir également
l'action mécanique de bridage en trois points A, B et C d'une pièce (1) est
représentée ci-dessous. La pièce (4) de la bride et le montage d'usinage (0) sont liés
par une liaison pivot (L6) d'axe Δ.

La pièce (3) a une liaison pivot (L5) d'axe (O, x) avec la pièce (4), et la pièce (2) une
liaison pivot (L4) d'axe (O, y ) avec la pièce (3).

La pièce (1) a une liaison ponctuelle (L1) de normale (A, z) avec la pièce (3).

On pose :
 
OA  ay  hz (a et h  0)

La pièce (1) a également deux liaisons ponctuelles (L 2) et (L3) de normale (B, z) et


(C, z) avec la pièce (2).

   
On pose : OB  bx  cy  hz
   

OC  b x  cy  h z (b et c  0)

1- Tracer le graphe des liaisons la pièce (1) et la pièce (4).

2- Déterminer, par une étude statique, la liaison équivalente (L12) aux deux liaisons
en parallèle (L2) et (L3) entre les pièces (1) et (2). Il est demandé d'exprimer le
torseur {T } (L12 ) en point C.

3- Déterminer, par une étude statique, la liaison équivalente (L 123) aux deux
liaisons en série (L12) et (L4) entre les pièces (1) et (3). Il est demandé d'exprimer le
torseur {T } (L123 ) en point I.

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Travaux dirigés Conception 2

4- Déterminer par une étude statique, la liaison équivalente (L 13) aux liaisons (L123)
et (L1) entre les pièces (1) et (3). Il est demandé d'exprimer le torseur {T } (L13 ) en
point I.

5- Déterminer par une étude statique, la liaison équivalente (L 14) aux liaisons (L5)
et (L13) entre les pièces (4) et (1). Il est demandé d'exprimer le torseur {T } (L 14 ) en
point O.

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Travaux dirigés Conception 2

TD3- Conception 2
(Liaison complète démontable)

Exercice 1
Après vérifications des différentes causes possibles, on s’aperçoit que le problème vient de la
clavette 79 de longueur 110 mm qui a cisaillé au niveau du contact avec le pignon 99. Cette
clavette n’est plus en stock et les délais de livraison sont de 5 jours. On décide d’usiner une
nouvelle clavette à partir des profilés disponibles en magasin. Mais lequel choisir ?
On dispose :
 D’un profilé carré laminé à chaud 10x10 NF A 45-003 en E295 ;
 D’un profilé carré étiré à froid 10x10 NF A 47-001 en C35 ;
 D’un profilé carré 10x10 NF A 50-702 en Al Si 10 Mg;
Pour usiner une clavette convenable, il faut tenir compte de plusieurs paramètres :
 Sa résistance au cisaillement ;
 Sa résistance au matage ;
 Sa fonction dans le système.
Travail demandé :
1. On propose de vérifier par calcul la résistance au cisaillement d’une clavette usinée dans chacun
de ces profilés.
1.1. A partir de la modélisation 3D ou de l’arbre primaire démonté, mesurer les dimensions de la
clavette 79 et déterminer sa forme. Donner sa désignation
1.2. Mise en situation : (pignon 78 enlevé)

1.2.1. Faire le croquis à main levée de la section cisaillée et coter ses dimensions.
1.2.2. Calculer l’aire de cette section.

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Travaux dirigés Conception 2

d a b smin j k
De 6 à 8 2 2 0.16 d-1.2 d+1
inclus
8 à 10 3 3 0.16 d-1.8 d+1.4
10 à 12 4 4 0.16 d-2.5 d+1.8
12 à 17 5 5 0.25 d-3 d+2.3
17 à 22 6 6 0.25 d-3.5 d+2.8
22 à 30 8 7 0.25 d-4 d+3.3
30 à 38 10 8 0.4 d-5 d+3.3
38 à 44 12 8 0.4 d-5 d+3.3
44 à 50 14 9 0.4 d-5.5 d+3.8
50 à 58 16 10 0.6 d-6 d+4.3
58 à 65 18 11 0.6 d-7 d+4.4
65 à 75 20 12 0.6 d-7.5 d+4.9
75 à 85 22 14 1 d-9 d+5.4
85 à 95 25 14 1 d-9 d+5.4
95 à 110 28 16 1 d-10 d+6.4
110 à 130 32 18 1 d-11 d+7.4
130 à 150 36 20 1.6 d-12 d+8.4
150 à 170 40 22 1.6 d-13 d+9.4
170 à 200 45 25 1.6 d-15 d+10.4
200 à 230 50 28 1.6 d-17 d+11.4

1.2.3. Calculer la vitesse angulaire du moteur :


1.2.4. Calculer le couple moteur :
1.2.5. Calculer l’effort tranchant F :
1.2.6. Vérification de la condition de résistance au cisaillement.
1.2.7. Calculer la contrainte et dire si la condition de résistance est respectée pour chaque
matériau.
E295 C35 Al Si 10 Mg
Rpg 24,58 39,08 15

2. On propose de vérifier par calcul la résistance au matage d’une clavette usinée dans chacun de
ces profilés.
2.1. Calculer la pression exercée sur le flanc de la clavette.

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Travaux dirigés Conception 2

2.2. Déterminer en fonction de la liaison créée par la clavette et du matériau la Padm minimale.

Padm en condition normale d’utilisation


liaisons encastrement Glissant sans charge Glissant sous charge
Al Si 10 Mg 8 à 12 4à7 1à4
E295 40 à 75 16 à 32 4 à 12
C35 60 à 85 20 à 41 6à8

2.3. Vérifier la condition de résistance au matage. Conclure


3. Déterminer la fonction de la clavette dans ce système ?
4. Conclure au niveau du choix du matériau de la clavette.

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Travaux dirigés Conception 2

5. L’arbre secondaire (12) présente des cannelures

Données:

Nombre de cannelures : n = 6

Hauteur d'une cannelure : h = 5 mm

Le couple transmissible au niveau de l’arbre : C = 100 N.m

Le diamètre de l’arbre de sortie au niveau des cannelures : D = 30 mm

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Travaux dirigés Conception 2

La pression admissible au matage de l’arbre de sortie : Padm mat = 12 N.mm-2

5.1. Calculer la surface portante équivalente par unité de longueur A

5.2. Déterminer la longueur minimale Lmin d’une cannelure pour qu’elle résiste au matage

Exercice 2
Identifier les différentes solutions constructives pour chaque liaison complète dans le mécanisme
suivant (batteur mélangeur)

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Travaux dirigés Conception 2

TD3- Conception 2
(Guidage en rotation)

Exercice 1 : Roue arrière d’une voiture de compétition


Données :
Palier A : Xa =150 daN,Ya = 245 daN,
Palier B : Yb =210 daN,
N = 1326 tr/mn,
LH = 3000 heures,
1. Calculer L10 en Mtr,
2. Choisir deux roulements en A et en B type BC adéquat (série 02).

A B

Ya
Xa Yb

Fa Fa
Si  e ; P = Fr Si  e ; P  X .Fr  Y .Fa
Fr Fr
Fa
0.015 0.028 0.056 0.084 0.11 0.17 0.28 0.42 0.56
C0
X 0.56
Y 2.3 1.99 1.71 1.55 1.45 1.31 1.15 1.04 1
e 0.19 0.22 0.26 0.28 0.30 0.34 0.38 0.42 0.44

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