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UNIVERSITÉ DU QUÉBEC

MÉMOIRE PRÉSENTÉ À
UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À TROIS-RIVIÈRES

COMME EXIGENCE PARTIELLE DE LA MAÎTRISE EN GESTION DES PME


ET DE LEUR ENVIRONNEMENT

PAR

NSAS-NSAS DÉBORAH REBECCA SOLANGE

EVALUATION DU RISQUE DE CRÉDIT DES PME MANUFACTURIÈRES


QUÉBECOISES EN CROISSANCE

DECEMBRE 2002
Université du Québec à Trois-Rivières

Service de la bibliothèque

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autorisation.
À mes parents: Déborah et David
À mes sœurs et frères: Madeleine, Paulette, Myriam,
Esther, Émile et David
À mon neveu: David Dimitri

Pour leur inconditionnelle sollicitude à mon égard.


TABLE DES MATIÈRES
Pages

RÉsuMÉ VI

REMERCIEMENTS V111

LISTE DES TABLEAUX ET FIGURE vüü

INTRODUCTION 1

CHAPITREl. DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE DE RECHERCHE 3

CHAPITRE 2. RÉCENSION DES ÉCRITS ET CADRE CONCEPTUEL 9


2.1 La théorie d'agence et les comportements des PME et des banques 9
2.1.1 Théorie d'agence et PME 9
2.1.2 Les mécanismes bancaires de contrôle des problèmes d'agence 10

2.2 L'évaluation du risque présumé des PME emprunteuses 12


2.2.1 La perception du risque crédit par une banque 13
2.2.2 Le risque total d'une PME 14

2.3 L'appréhension du risque PME par les prêteurs 15

2.4 Les éléments du risque de crédit de la PME dans les modèles d'évaluation 16
2.4.1 Le risque de gestion lors de l'évaluation des dossiers de crédit 16
2.4.2 Le risque commercial lors de l'évaluation des dossiers de crédit 19
2.4.3 Le risque technologique lors de l'évaluation des dossiers de crédit 21
2.4.4 Les éléments fmanciers utilisés lors de l'évaluation des dossiers de crédit 21
2.4.5 Le risque entrepreneuriallors de l'évaluation des dossiers de crédit 26

2.5 Les limites des modèles d'évaluation de risque de crédit 29

ii
2.5.1 Limites des modèles basés sur l'information fmancière 29
2.5.2 Limites des modèles basés sur l'information non fmancière 30
2.5.3 Critiques des modèles mixtes d'évaluation 31
2.5.4 Justifications au développement d'un modèle d'évaluation 32
du risque de crédit spécifique aux PME manufacturières

2.6 Hypothèse de recherche et objectif spécifique 33

CHAPITRE 3. MÉTHODOLOGIE 34
3.1 Le modèle de recherche 34

3.2 Les variables du modèle de recherche 35


3.2.1 La variable dépendante: le risque subi par le prêteur 35
3.2.2 Les variables indépendantes 36
3.2.3 La variable de contrôle 38

3.3 L'échantillon utilisé 38

3.4 Méthodes d'analyse des données: analyse de variance et


la régression logistique 39
3.4.1- Analyse de variance 39
3.4.2- Le test de corrélation 39
3.4.2- Régression logistique 39

CHAPITRE 4. RÉSULTATS ET INTERPRÉTATION 42

4.1 Description de l'échantillon de l'étude 42

4.2 Risque du prêteur versus risque de gestion des PME 43


4.2.1 Analyse de variance: risque du prêteur versus risque de gestion des PME 43
m
4.2.1.1 Le risque du prêteur versus risque de gestion lié aux ressources
humaines des PME 43
4.2.1.2 Le risque du prêteur versus risque de gestion lié au système
d'information utilisé dans les PME 45
4.2.1.3 Le risque du prêteur versus risque de gestion lié aux
outils de gestion et de planification utilisés dans les PME 46
4.2.2 Le modèle de régression logistique du risque du prêteur versus
risque de gestion des PME 48

4.3 Le risque du prêteur versus risque commercial des PME 49


4.3.1 Analyse de variance: risque du prêteur versus éléments du risque
commercial des PME 49
4.3.2 Le modèle de régression logistique du risque du prêteur versus
risque commercial des PME 51

4.4 Le risque du prêteur versus risque technologique des PME 52


4.4.1 Analyse de variance: risque du prêteur versus éléments
du risque technologique des PME 52
4.4.2 Le modèle de régression logistique du risque du prêteur versus
risque technologique des PME 54

4.5 Le risque du prêteur versus risque entrepreneurial des PME 56


4.5 .1 Analyse de variance : risque du prêteur versus éléments du
risque entrepreneurial des PME 56
4.5.2 Le modèle de régression logistique du risque du prêteur
versus risque entrepreneurial 58

4.6 Le risque du prêteur versus risque financier des PME 59


4.6.1 Le risque du prêteur versus risque financier lié aux liquidités des PME 60

IV
4.6.1.1 Analyse de variance : risque du prêteur versus risque financier
lié aux liquidités des PME 60
4.6.1.2 Le modèle de régression logistique du risque du prêteur
versus risque financier lié aux liquidités des PME 62
4.6.2 Risque du prêteur versus risque financier lié à la rentabilité des PME 63
4.6.2.1 Analyse de variance: risque du prêteur versus risque financier
lié à la rentabilité des PME 63
4.6.2.2 Le modèle de régression logistique du risque du prêteur versus
risque financier lié à la rentabilité des PME 65
4.6.3 Le risque du prêteur versus risque financier lié à l'endettement des PME 66
4.6.3 .1 Analyse de variance: risque du prêteur versus risque
financier lié à l'endettement des PME 66
4.6.3.2 Le modèle de régression logistique du risque du prêteur
versus risque financier lié à l'endettement des PME 68
4.6.4 Modèle de régression logistique du risque du prêteur versus
risque financier des PME 69

4.7 Modèle de régression logistique du risque du prêteur versus


risque global des PME 70

CONCLUSION 74

BmLIOGRAPHIE 77

ANNEXE l.Modèles d'évaluation basées sur l'information financière 93


ANNEXE 2. Modèles d' évaluation basés sur l'information non financière 95
ANNEXE 3. Modèles d'évaluation basés sur l'information mixte 96
ANNEXE 4. Variables indépendantes non financières de l'étude 98
ANNEXE 5. Variables indépendantes financières de l'étude 100

v
RESUMÉ

Les principaux prêteurs des petites et moyennes entreprises (PME) sont les fournisseurs et
les institutions financières. Cependant, ces prêteurs appréhendent la défaillance de leurs clients.
Lorsque ce client est une PME, il existe certains éléments propres à ces entreprises qui font en sorte
qu'elles soient considérées par les bailleurs de fonds comme présentant un degré de risque de défaut
de paiement présumé plus élevé que les autres entreprises.

Premièrement, il s'agit des particularismes des PME: le rôle déterminant du propriétaire -


dirigeant, le caractère familial de l'entreprise et la diversité financière (financement selon son stade
de développement). Deuxièmement, les contraintes de financement constituent un élément
spécifique de la PME: la difficulté endémique à engendrer des fonds propres, la contrainte de
production de l'information surtout financière, l'effet de réputation et la spécificité d'une partie de
ses actifs.

Le risque des emprunteurs doit être mesuré par les institutions de financement et pour
l'appréhender, il existe des modèles d'évaluation basés sur des informations financière, non
financière et mixte (combinaison financière et non financière) produites par les PME. L'information
financière (ratios) comporte cependant certaines limites dont, le problème des comparaisons
interentreprises dû aux difficultés de constituer des groupes de comparaison d'entreprises
homogènes permettant à l'évaluateur de porter un jugement sur l'entreprise évaluée, et la non
standardisation des méthodes comptables utilisées par les entreprises dans la production de leurs
états financiers. Par ailleurs, il est important de mentionner que les informations financières ne
représentent pas la totalité de la réalité des entreprises de petite et moyenne dimensions, d'où
l'intérêt d'ajouter à ces variables, des informations non financières. Quand aux modèles actuels
basés sur l'information non financière, ils requièrent une série d'informations plus ou moins
subjectives qui ne font pas consensus à l'heure actuelle entre les chercheurs, ce qui limite leur
utilité auprès des bailleurs de fonds.

VI
En raison du nombre très important de PME et de leurs profils variés, il est difficile de
construire un échantillon unique représentatif de l'ensemble des PME pour procéder au
développement de modèles d'évaluation du risque appropriés et universels. Les modèles
développés jusqu'à présent ont fait appel à des entreprises homogènes en terme de secteur
d'activités, de localisation géographique ou de volume d'activités. Ces modèles ayant utilisé
chacun leurs propres critères de regroupement sont ainsi peu comparables entre eux et on n'arrive
pas à défmir un ensemble de paramètres financiers et non financiers qui pourraient se compléter
dans un modèle plus général. D'où l'intérêt de notre étude. C'est ainsi que, dans notre étude, nous
allons évaluer le risque de crédit des PME manufacturières québécoises en croissance. Pour arriver
à un modèle global, le risque du prêteur sera subdivisé en risques de gestion, commercial,
technologique et fmancier (risque entreprise) et entrepreneurial (hypothèse de recherche) où des
dimensions financières et non financières seront considérées. Ces paramètres ont été testés
individuellement.

Les résultats statistiques montrent que les éléments du risque de gestion pertinents lors de
l'évaluation des demandes de prêt sont: le taux de productivité des employés, l'utilisation d'un
budget de caisse, la présence d'un employé clé en finance et comptabilité et la production d'états
fmanciers vérifiés. Quand au risque commercial, seule l'utilisation de l'escompte fournisseur paraît
importante lors de l'évaluation. Pour le risque technologique, le modèle n'a retenu que l'efficacité
de la production. Le modèle du risque du prêteur versus le risque entrepreneurial contient lui aussi
une variable : le nombre d'années de direction du propriétaire-dirigeant. Enfin, pour le risque
financier, le rendement de l'actif, la capitalisation sur l'actiftotal, les liquidités sur les ventes et les
flux monétaires sur les ventes sont les variables significatives.

Les variables citées ci-dessus ont été intégrées dans une régression logistique. Le modèle du
risque du prêteur versus le risque global des PME obtenu, contient trois variables significatives soit
le ratio de la capitalisation à l'actif total, le rendement de l'actif et l'expérience de l'entrepreneur à
la tête de son entreprise. La présence de ce dernier élément du risque entrepreneurial corrobore
ainsi notre hypothèse de recherche, à l'effet que des paramètres non financiers peuvent contribuer à
mesurer le risque de crédit que représentent les PME.

REMERCIEMENTS

Ce travail n'aurait pas pu être réalisé sans la collaboration de:


Mme Josée St-PIERRE qui m'a permis d'utiliser la base de données du Laboratoire de
Recherche sur La Performance des Entreprises (LaRePe) pour effectuer ce travail, mais surtout
grâce à son constant encadrement.
MM. Robert BEAUDOIN et Claude MATTHIEU pour leurs précieuses remarques.
Tout le personnel de l'Institut de Recherches sur les PME, particulièrement à M. Daniel PITRE
pour son appui à la réalisation de la partie statistique.
Tous les enseignants qui m'ont tenu pendant ma formation et qui ont réussi à m'inculquer la
passion pour leurs disciplines.

Vlll
LISTE DES TABLEAUX ET FIGURE

Page
Tableaux
Tableau 2.1: Importance des éléments du risque de gestion
lors de l'évaluation des dossiers de crédit 17
Tableau 2.2: Importance des éléments du risque commercial utilisés
lors de l'évaluation des dossiers de crédit 20
Tableau 2.3: Importance des éléments du risque entrepreneurial utilisés
lors de l'évaluation des dossiers de crédit 28
Tableau 3.1: les variables indépendantes de l'étude 37

Tableau 4.1: Analyse de variance- le risque du prêteur versus risque de gestion


lié aux ressources humaines des PME 44
Tableau 4.2: Analyse de variance- le risque du prêteur versus le risque de
gestion lié au système d'information des PME 46
Tableau 4.3: Analyse de variance - le risque du prêteur versus risque de gestion
lié aux outils de gestion et de planification des PME 47

Tableau 4.4: Régression logistique- Analyse du maximum de vraisemblance des


Estimateurs- le risque du prêteur versus risque de gestion des PME 48
Tableau 4.5: Analyse de variance- le risque du prêteur versus éléments du risque
commercial des PME 50
Tableau 4.6: Régression logistique - Analyse du maximum de vraisemblance des
Estimateurs - le risque du prêteur versus risque commercial PME 52
Tableau 4.7: Analyse de variance -le risque du prêteur versus éléments du risque
technologique des PME 53
Tableau 4.8: Régression logistique - Analyse du maximum de vraisemblance des
estimateurs -le risque du prêteur versus risque technologique 55
Tableau 4.9: Analyse de variance-le risque du prêteur versus éléments du risque
entrepreneurial des PME 56
Tableau 4.10: Régression logistique - Analyse du maximum de vraisemblance
ix
des estimateurs- le risque du prêteur versus risque entrepreneurial des PME 58
Tableau 4.11: Analyse de variance - le risque du prêteur versus risque
financier lié aux liquidités des PME 60
Tableau 4.12: Régression logistique - Analyse du maximum de vraisemblance
des estimateurs- le risque du prêteur versus risque financier lié aux liquidités des PME 62
Tableau 4.13: Analyse de variance - le risque du prêteur versus risque financier lié
à la rentabilité de la PME 64
Tableau 4.14: Régression logistique - Analyse du maximum de vraisemblance
le risque du prêteur versus risque financier lié à la rentabilité des PME 65
Tableau 4.15: Analyse de variance - risque du prêteur versus risque fmancier lié
à l'endettement des PME 67
Tableau 4.16: Régression logistique - Analyse du maximum de vraisemblance
Le risque du prêteur versus risque financier lié à l'endettement des PME 68
Tableau 4.17: Régression logistique- Analyse du maximum de vraisemblance
le risque du prêteur versus risque financier des PME 70
Tableau 4.18: Régression logistique - Analyse du maximum de vraisemblance
Le risque du prêteur versus risque global des PME 71

FIGURE
Figure1: Le modèle de recherche 35

x
INTRODUCTION

De manière générale, les entreprises utilisent le crédit dans leurs opérations courantes et
de long terme. Le crédit peut provenir d'un fournisseur, d'une institution financière ou des
marchés de capitaux.

Le premier prêteur de l'entreprise n'est pas le système financier et bancaire, malS


l'ensemble des fournisseurs (CBA, 1999). De nombreuses entreprises manufacturières livrent les
biens à des tiers et, par le délai de paiement qu'elles accordent à leurs clients pour leurs achats de
biens ou des prestations de services (La Bruslerie, 1999; Declos, 1999; St-Pierre, 1999), elles
deviennent souvent, sans en avoir toujours pleinement conscience, le premier prêteur de leurs
clients. Le non-paiement d'une facture importante par un client défaillant est parfois susceptible
de remettre en cause la survie de l'entreprise prêteuse, et surtout le non-remboursement de crédit
peut enclencher une véritable réaction en chaîne (La Bruslerie, 1999; Declos, 1999).

Le deuxième prêteur de l'entreprise est la banque (CBA, 2001). Les banques continuent à
exercer le métier traditionnel de fournisseur de crédit à une clientèle de particuliers et
d'entreprise. Le financement par emprunt bancaire regroupe les prêts à demande, les marges de
crédit, les prêts à terme (CBA, 2001). Les marchés financiers constituent le troisième prêteur de
l'entreprise. Dans ce groupe, nous classerons les sociétés de capital de risque et les anges.

Dans le cadre de cette étude, nous nous concentrerons plus particulièrement sur les
banques comme principal prêteur de l'entreprise. De plus, seules les petites et moyennes
entreprises sont considérées. Cependant, que ce soit la communauté des prêteurs sur le marché
des capitaux, les institutions financières et les fournisseurs, tous sont amenés à prendre en compte
le risque de crédit lié à une défaillance possible de l'emprunteur (La Bruslerie, 1999). Mais
lorsque l'emprunteur est une PME, à quoi doit s'attendre le banquier?

La problématique de recherche (chapitre 1) va nous éclairer sur cette question. Cette


partie va identifier les caractéristiques propres à la petite et moyenne entreprise qui la rendent
différente des grandes entreprises. À travers une recension des écrits et définition des concepts

1
(chapitre 2), nous verrons comment les particularismes des PME ne suivent pas toujours les
théories financières des contrats et surtout ne coïncident pas toujours avec les modèles
d'évaluation du risque de crédit présents dans la littérature. Ce qui nous amènera à la fin de ce
chapitre à formuler notre hypothèse de recherche et notre objectif spécifique: construire un
modèle d'évaluation qui tienne compte de toutes les spécificités des PME. Afin de vérifier notre
hypothèse de recherche, nous avons construit un modèle de recherche, qui est présenté dans le
premier paragraphe du chapitre 3, dédié à la méthodologie. Nous achèverons ce chapitre 3 par la
définition de tous les éléments de notre modèle de recherche: les variables dépendante,
indépendantes et de contrôle. Les résultats et leur interprétation suivront au chapitre 4. Enfm, ce
travail sera clôturé par une conclusion et l'identification des limites de notre étude.

2
CHAPITRE 1
DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE DE RECHERCHE

Pour l'Association des Banquiers Canadiens (ABC), les petites et moyennes entreprises
(PME) constituent des entreprises indépendantes dirigées par leurs propriétaires. Elles peuvent
être définies d'après le nombre d'employés, le chiffre d'affaires annuel et le montant du crédit
garanti (CBA, 2001). Aux États-Unis, les PME sont considérées comme des entreprises ayant
moins de 500 employés et constituent une partie intégrale de l'économie. Les PME fournissent
25% de la production du secteur privé, emploient plus de 25% des travailleurs du secteur privé et
fournissent les 'l'4 des nouveaux emplois annuels (Bitler, Robb et Wolken, 2001).

D'un point de vue qualitatif, ces entreprises se caractérisent par une série de points
communs qUI déterminent directement certains de leurs comportements financiers
(Bizaguet,1989; St-Pierre, 1999). Trois caractéristiques retiennent notre attention pour la
définition de notre problématique de recherche.

• La première de ces caractéristiques propres aux PME réside dans le rôle déterminant
que joue la personne du dirigeant. Non seulement il cumule les fonctions techniques,
commerciales et financières, mais en outre, il assume le plus souvent seul la
responsabilité de son affaire (Levrault, 1989; LeCornu, McMahon, Forsaith et
Stanger, 1996; Janssen et Wtterwulghe, 1998; St-Pierre, 1999; Huang et Brown,
1999).

• À ce premier particularisme s'en ajoute souvent un autre lié au caractère familial des
PME. Caractère indépendant de la forme juridique de l'affaire, il résulte de la
proximité, sinon de droit, au moins de fait, entre le patrimoine de l'entreprise et celui
de son propriétaire-dirigeant. Et les motivations du propriétaire contrarient parfois
celles du dirigeant (Bizaguet, 1989; Le Cornu et al., 1996; St-Pierre, 1999).

• La diversité de maturité financière (financement selon le stade de développement)


constitue le troisième particularisme de la PME (Bizaguet, 1989). En effet, la PME

3
passe par plusieurs stades de développement lors de son évolution: création,
démarrage, croissance rapide, croissance lente, maturité et déclin (St-Pierre, 1999). En
phase de démarrage, l'étude de marché ayant été réalisée, l'entreprise est à la
recherche des clients. Les premières commandes ont été enregistrées et l'entreprise
commence à réaliser des profits. La priorité est généralement celle de la trésorerie. La
seconde étape est celle de l'accélération de la croissance. Lors de la croissance rapide,
l'entreprise a obtenu une reconnaissance du marché et ses produits sont en forte
demande (St-Pierre, 1999). Elle obtient rapidement et régulièrement des commandes.
Tandis que lors de la croissance lente, la demande commence à ralentir avec
l'apparition d'un nouveau produit ou d'un nouveau concurrent (St-Pierre, 1999).
Pendant les phases de croissance rapide et lente, le dirigeant consacre alors son
énergie à trouver des volumes de ressources qui lui permettront de développer son
activité et de conquérir de nouvelles parts de marché. À cette étape succède la phase
de maturité, à laquelle s'adaptent les objectifs: il s'agit de minorer les frais fmanciers
et d'assurer une plus grande stabilité. Lors du déclin, l'entreprise assiste à l'apparition
de produits substituts ou à la désuétude de la technologie utilisée et à l'effritement de
la demande de son produit (St-Pierre, 1999). Le déclin peut, enfin, constituer une
étape temporaire ou ultime selon l'issue qu'elle connaît: il faut, soit survivre, soit
passer la main (Bizaguet, 1989; St-Pierre, 1999). De cette diversité de maturité
financière, il ressort que le financement constitue un des facteurs clés assurant le
succès du développement et le passage d'un stade à l'autre.

Les PME, comme toutes les autres entreprises ont des besoins de financement pour
assurer leur développement. TI existe deux types de besoins financiers. Un besoin financier
permanent résulte d'un décalage entre la date à laquelle apparaît le besoin initial (par exemple
l'achat des matières premières) et la date à partir de laquelle une recette permet de couvrir ce
besoin (pierrat, 1996; Brealey, Myers et Marcus, 1998; White et Sondhi, 1998). TI présente un
caractère permanent car le processus se renouvelle (à l'identique) à chaque période, et le besoin
se reproduit sans cesse, tant que dure l'activité (pierrat, 1996; Brealey et al., 1998). Les besoins
fmanciers permanents font l'objet de la politique financière. Par contre un besoin financier
temporaire résulte d'un décalage entre la date réelle à laquelle une opération est réglée et la date

4
théorique à laquelle cette opération aurait dû être réglée. Les besoins financiers temporaires
justifient pour leur part la gestion de trésorerie (Pierrat, 1996, White et Sondhi, 1998).

Les besoins de financement ne sont pas figés dans le temps, ils adhèrent à la PME, et ils
évoluent avec elle. Il est clair que la croissance est le principal facteur de l'augmentation des
besoins. La prévision, la couverture et la rentabilité de besoins futurs sont souvent considérées
comme un casse-tête par les responsables financiers des entreprises. Il s'agit pour ces derniers de
prendre en compte la vision dynamique des besoins financiers : les flux de trésorerie cumulés
dans le temps. Dans cette optique, il est possible de distinguer trois types de flux monétaires.
Premièrement, les flux d'activités sont les flux liés à l'exploitation ordinaire de la firme, c'est-à-
dire qu'ils sont liés à son objet social, à l'usage de sa capacité productive (Pierrat, 1996; White et
Sondhi, 1998). Ces flux seront directement fonction de la rentabilité et la performance de
l'entreprise et devraient normalement constituer la principale source de financement.
Deuxièmement, on distingue les flux d'investissement, relatifs à l'acquisition ou la cession
d'immobilisations (pierrat, 1996; White et Sondhi, 1998). On les voit se modifier surtout dans les
périodes d'expansion ou de contraction des activités. Enfin, les flux de fmancement
correspondent aux mouvements des ressources financières de l'entreprise, ainsi qu'aux flux de
rémunération de ces ressources. Les déboursés sont principalement les remboursements
d'emprunt, les versements d'intérêts, les dividendes, tandis que les encaissements sont les
capitaux levés ou empruntés sur les marchés financiers et bancaires (pierrat, 1996, White et
Sondhi, 1998). Ces flux viennent habituellement balancer les déséquilibres pouvant survenir au
niveau des deux premières catégories de flux et sont ainsi fonction de la performance de
l'entreprise et de son rythme de développement. C'est particulièrement à ces flux que seront
consacrés les prochains paragraphes.

Pour les PME, les capitaux prélevés sur les marchés financiers proviennent généralement
des institutions financières. En Amérique du Nord, les institutions financières représentent la plus
importante source de financement par dettes pour les PME et à qui elles octroient environ un
quart des prêts commerciaux et industriels (Apilado et Millington, 1992). Au Canada, les
institutions financières entretiennent une relation d'affaires avec plus de 1,6 million de petites
entreprises (CBA, 2002). Au mois de juin 2001, les sept principales banques avaient autorisé 71

5
milliards de dollars en financement par emprunt à plus de 819 000 PME au Canada (CBA, 2002).
Il s'agit d'une augmentation de près de 5 milliards de dollars en capital et de 17 % du nombre de
clients depuis 1996 (CBA, 2002). L'aspect économique de la relation entre les institutions
fmancières et les PME est donc non négligeable.

D'après Moriarty et al. (1983, cités par Butler et Durkin, 1998), la relation PME et
banque consiste à reconnaître que la banque peut augmenter ses revenus par une maximisation de
la profitabilité des relations qu'elle entretient avec ses clients dans le temps, au lieu de chercher à
extirper le plus de profits d'un produit individuel ou de transactions. Une réduction des
défections de 5 pour cent peut donner lieu à une augmentation des profits allant de l'ordre de 12 à
85 pour cent (De Souza, 1992; Reicheld et Sasser, 1990 cités par Butler et Durkin, 1998). De
plus, les banques peuvent bénéficier du profit potentiel dégagé par les PME à mesure qu'elles se
développent et des avantages d'une promotion de bouche à oreille parmi la communauté des
PME (Butler et Durkin, 1998).

Cependant, il ne faut pas perdre de vue que la banque est un intermédiaire financier. Les
intermédiaires financiers utilisent l'information disponible pour sélectionner parmi plusieurs
entreprises, celles qui peuvent bénéficier de leur soutien. La banque est aussi une machine
bureaucratique, où les lois et réglementation tendent à abroger l'appréciation managériale. Les
gestionnaires de crédit ont été socialisés dans des processus et procédures de standardisation du
travail. Deakins et Hussain (1994) affirment que la formation, les expériences et l'environnement
dans lequel évoluent les gestionnaires de crédit peuvent constituer l'un des biais existant lors de
l'évaluation des demandes de prêts bancaires. Nutt (1989, cité par Butler et Durkin, 1998) a
étudié les influences culturelles sur les décisions des prêts bancaires. Il rapporte que le style
personnel de décision des gestionnaires de crédit bancaire a moins d'impact sur leur prise de
décision que la culture dans laquelle ils évoluent. Ainsi, d'après les rapports Thompson et
Lightstone (1998), le nombre de refus de crédit aux entreprises diminue lorsque le taux de
rotation des directeurs de compte est faible.

Par ailleurs, l'impact du rôle de la banque dans sa relation avec les PME est aussi crucial
que l'inverse, soit le rôle de la PME dans cette même relation. L'implication de la petite et

6
moyenne entreprise dans cette relation est entachée par des contraintes que cette dernière
rencontre lors de la recherche d'un financement. Quatre contraintes de fmancement liées à la
PME retiennent notre attention:

• La première contrainte de financement liée à la PME est la difficulté endémique à


engendrer des fonds propres. La faiblesse des fonds propres des PME exerce plusieurs
effets négatifs quant à leur accès au financement bancaire (St-Pierre, 1999; Matray, 1992,
cité par Chanel-Reynaud et Bloy, 2001). D'une part, apparaît l'émission d'un signal
négatif dans la mesure où la faiblesse des fonds propres est interprétée comme une
moindre prise de responsabilité de la part du propriétaire-dirigeant, signe également
d'absence chronique de rentabilité (Leyland et Pyle, 1979, cités par Chanel-Reynaud et
Bloy, 2001). D'autre part, la faiblesse des fonds propres fragilise la situation des
entreprises du point de vue de la contrainte de solvabilité (St-Pierre, 1999; Adelman et
Mark, 2001, Marion, 2001, Chanel-Reynaud et Bloy, 2001).

• Deuxièmement, alors que l'économie du 21 e siècle est largement fondée sur


l'information, les PME ont une contrainte de production d'information plus élevée
relativement aux grandes entreprises. En France, cette contrainte repose sur le défaut
d'expertise lié à un capitalisme davantage familial que managérial, un défaut d'accès aux
marchés financiers producteurs d'informations publiques et une absence d'agences de
cotation spécialisées dans l'appréciation des situations financières des PME (Chanel-
Reynaud et Bloy, 2001). De plus, les états financiers des PME, les documents les plus
utilisés par les différents partenaires financiers, ne reflètent pas toujours la réalité et le
potentiel de l'entreprise, rendant ainsi leur analyse plus complexe que dans le cas des
entreprises de grande taille, les objectifs de rédaction des états financiers des PME étant
différents de ceux des grandes entreprises (St-Pierre, 1999).

• La troisième contrainte de financement de la PME est caractérisée par l'effet de


réputation, précisément de la contrainte de temporalité. D'après Diamond (1989, cité par
Chanel-Reynaud et Bloy, 2001), lorsqu'un horizon temporel est long, la réputation
devient un actif doté de valeur, où la rémunération relative du projet risqué décline par

7
rapport au projet sûr et profitable. Ainsi non seulement les entreprises jeunes ne peuvent
bénéficier de l'effet de réputation, mais en outre cet effet tend à privilégier à nouveau les
comportements routiniers plus sécurisants (Chanel-Reynaud et Bloy, 2001). Les
banquiers vont s'appuyer sur les actifs tangibles (fumes en croissance ou à la maturité) au
lieu des actifs intangibles qui dominent au démarrage des entreprises.

• Enfm, les PME subissent une contrainte liée à la spécificité d'une partie de leurs actifs.
Un actif spécifique a une négociabilité faible. En effet, sa valeur dans la firme est plus
grande que celle sur le marché (Leeth et Scott, 1989; Chanel-Reynaud, 2001). L'actif
spécifique est peu susceptible de servir de garantie en raison de sa liaison intrinsèque à la
firme considérée. Son degré de transférabilité est par nature limité (Chanel-Reynaud,
2001), de telle sorte que les compagnies ayant plusieurs actifs spécialisés offriraient des
garanties moins fréquemment que les autres compagnies (Scott, 1979; Stulz et Johnson,
1985 cités par Leeth et Scott, 1989).

Les contraintes de financement et les particularismes propres aux PME seraient


interprétés par les marchés fmanciers par un degré de risque de défaut de paiement présumé plus
élevé pour ces entreprises. La banque, principal partenaire financier des PME, de par sa structure
organisationnelle et le comportement de ses agents de crédit ne réussit pas toujours à bien
appréhender ces éléments spécifiques. Par conséquent, on assistera à une éventuelle
discrimination des PME sur les marchés bancaires. Deux facteurs pourraient «expliquer»
l'apparente discrimination des marchés bancaires à l'égard des PME, soit le comportement des
PME en relation avec la théorie d'agence, et l'évaluation du risque potentiel de ces entreprises.
Ces notions seront discutées au chapitre suivant.

8
CHAPITRE II
RECENSION DES ÉCRITS ET CADRE CONCEPTUEL

Il existe des théories qui servent de canevas à l'établissement des contrats financiers tel
que celui liant la banque et la PME. La théorie d'agence en est une et essaie d'expliquer le
comportement des agents financiers. Elle va donc de ce fait influencer les rapports entre ces deux
partenaires.

2.1 La théorie d'agence et les comportements des PME et des banques


2.1.1 Théorie d'agence et PME

D'après la théorie d'agence, l'entreprise est un nœud de contrats qui lient différentes
parties, où chacune recherche son propre intérêt (St-Pierre, 1999; La Bruslerie, 1999; Leeth et
Scott, 1989). Dans le jargon économique, ces contrats financiers liant les parties sont incomplets
car il est impossible de prévoir tous les scénarios. Ils sont réalisés sous un environnement
d'incertitude et échouent dans l'exploitation de l'information, même si celle-ci est disponible, car
ils sont souvent trop rigides (St-Pierre, 1999; La Bruslerie, 1999; Leeth et Scott, 1989).

D'après Pettit et Singer (1985, cités par Apilado et Millington, 1992), lors de l'octroie des
prêts bancaires aux PME, trois problèmes d'agence surviennent: l'asymétrie d'information, le
transfert de la richesse, et l'utilisation de compensations «en nature» ou la rémunération
personnelle. Les propriétaires-dirigeants des PME disposent de plus d'informations concernant
leur compagnie, qu'ils n'arrivent pas à communiquer toujours de manière crédible aux autres
(actionnaires, prêteurs ou bailleurs de fonds) (St-Pierre, 1999; Triantis, 2001). De plus, les PME
ont une flexibilité opérationnelle considérable, particulièrement en réaction aux changements
technologiques ou à l'environnement de la firme (Pettit et Singer, 1985 cités par Apilado et
Millington, 1992). Cette flexibilité permet le transfert des actifs (nantissements) à d'autres fins en
réaction aux changements de l'environnement de la firme et ce qui peut altérer la relation
banque-PME. La rémunération personnelle constitue le dernier problème d'agence recensé dans
la littérature. Lorsque le propriétaire dirigeant est le seul actionnaire (pas d'investisseurs
externes) de la PME, il dispose d'une liberté totale quant à la forme de rémunération qu'il

9
s'octroie. Les entrepreneurs peuvent ainsi augmenter les compensations en nature en manipulant
les avantages indirects, ce qui contribue à réduire les fonds disponibles au remboursement des
créances bancaires: c'est le risque moral (Pettit et Singer, 1985 cités par Apilado et Millington,
1992; St-Pierre, 1999).

Pour contrôler ces trois types de problèmes d'agence et réduire leurs effets négatifs, la
banque pourra utiliser différents mécanismes.

2.1.2 Les mécanismes bancaires de contrôle des problèmes d'agence

Les prêteurs utilisent plusieurs outils pour réduire les problèmes d'agence de leurs clients
potentiels: les taux d'intérêts, les sûretés réelles ou garanties, le développement de la relation à
long terme avec les emprunteurs (Coleman, 2000).

A. Les taux d'intérêts


Les taux d'intérêt sur les prêts des emprunteurs sont fixés pour refléter l'incertitude dans
le remboursement (Berger et Udell, 1995). Dans leurs études concernant le financement
des PME, Petersen et Rajan (1994) et Coleman (2000) ont constaté que les PME payent
des intérêts plus élevés que les grandes compagnies, afin d'exprimer le risque de
défaillance supérieur perçu par les institutions bancaires.

B. Les sécurités réelles ou garanties


Outre les taux d'intérêts, les banques peuvent utiliser d'autres mécanismes pour le
contrôle des problèmes d'agence, dont les sécurités réelles ou garanties. Chan et Kanatas
(1985, cités par Scott et Leeth, 1989) affirment que les nouvelles et les petites entreprises
offrent plus fréquemment des garanties que les autres types d'entreprises. Les garanties
constituent un signe positif de la qualité du projet quand les prêteurs ont moins
d'information concernant les opérations de la firme (Altman, Haldeman et Narayanan,
1977, cités par Scott et Leeth, 1989). Si le client connaît une défaillance lors du
remboursement, le prêteur prend possession de ces garanties pour les vendre ou les gérer
en vue de récupérer les sommes prêtées (Coleman, 2000). Binks et Ennew (1996)

10
affinnent que les PME proposent elles-mêmes souvent des garanties aux prêteurs pour
avoir des emprunts.

Il est clair que les prêteurs doivent prendre des précautions avant d'octroyer un prêt.
Toutefois, les sûretés réelles et les intérêts qu'ils réclament sont coûteux pour les PME
(Maxted, 1994; Degryse et Ongena, 2001). De plus, les PME (surtout celles en phase de
démarrage) n'ont souvent pas déjà établi leur réputation en matière de remboursement de
prêt (Degryse et Ongena, 2001). Il est aussi évident que le nombre élevé d'actifs
spécialisés dans certaines PME manufacturières ne leur pennet pas d'offrir des garanties
solides et elles se voient ainsi imposées des intérêts élevés sur les prêts. Toutefois, en
dehors des garanties et des taux d'intérêts, les chercheurs ont constaté qu'une bonne
relation entre la PME et la banque contribuerait à une réduction des problèmes d'agences
(Degryse et Ongena, 2001).

c. Une bonne relation entre la banque et la PME


Blackwell et Winter (2000) affinnent que plus la relation entre le banquier et la PME est
bonne, plus les taux d'intérêts sur les prêts diminuent. En effet, avec le temps, la PME a
l'occasion de fournir plus d'infonnation concernant la gestion de l'entreprise et les
objectifs de l'entrepreneur (Coleman, 2000). D'ailleurs, Berger et Udell (1995, 1998) ont
aussi constaté qu'il existe une relation inverse entre les taux d'intérêts chargés aux PME
et la bonne relation entre ce dernier et le prêteur. Petersen et Rajan (1994) ont examiné
l'effet d'une bonne relation durable entre le banquier et la PME sur la disponibilité et les
coûts du crédit. Ils ont trouvé que les finnes qui concentrent leurs emprunts auprès d'une
seule banque ont plus de chance d'obtenir un financement bancaire et payent des taux
d'intérêts plus bas (Wynant et Hatch, 1990; Blackwell et Winters, 2000; Coleman, 2000;
Degryse et Ongena, 2001).

La bonne relation entre la banque et la PME pennet à la banque d'avoir un maximum


d'infonnations sur la PME, et de ce fait de mieux caractériser son risque. Mais qu'entend-on par
risque d'une entreprise? Tel est l'objet de notre prochaine section qui porte sur l'évaluation du
risque de crédit potentiel d'une PME.

11
2.2 L'évaluation du risque présumé des PME emprunteuses

Lorsqu'ils confient leur capital à des entreprises, les investisseurs et les créanciers
recherchent un rendement supérieur à celui qu'ils pourraient obtenir d'un investissement sans
risque dans des titres de placement gouvernementaux (IFAC, 1999 cité Cooper, 2000). Ils
s'attendent également à ce que les gestionnaires fassent preuve d'un dynamisme et d'un esprit
entrepreneurial dans la gestion de leur investissement, en gérant convenablement le risque du
projet financé. Ainsi, les gestionnaires d'entreprises devraient dresser le profil de risque de leur
organisation.

Le mot « risque» peut avoir plusieurs significations : une opportunité, une menace ou une
incertitude. Le risque défini comme une opportunité suggère qu'une relation existe entre le risque
et le rendement. Plus grand est le risque, plus grand sera le rendement potentiel et,
nécessairement plus grand sera le potentiel de perte. L'objectif de la relation risque - rendement
est la prise des actions pour obtenir des gains positifs (IFAC, 1999 cité par Cooper, 2000; St-
Pierre, 1999).

Le risque considéré comme une menace est synonyme de délai pour les gestionnaires. Il
fait référence à plusieurs évènements négatifs potentiels tel que les pertes financières, les fraudes,
vols, dommage de réputation, la mort ou accidents, faillite du système, ou les poursuites
judiciaires. L'objectif du risque synonyme de menace est l'allocation des ressources dans le but
de réduire la probabilité ou l'impact d'un événement négatif. Le troisième élément englobe plus
la notion académique du risque défini comme une incertitude. Cela réfère à la distribution de tous
les revenus positifs ou négatifs possibles. L'objectif du risque ou incertitude est de réduire l'écart
entre les résultats anticipés et les résultats obtenus (Cooper, 2000).

Chacun de ces trois éléments du risque coïncident avec des fonctions de l'organisation. Le
risque comme menace représente la perspective du gestionnaire responsable des activités de
protection des actifs: contrôleur. Le risque comme incertitude relève du rôle du gestionnaire
financier ou du responsable des opérations. Enfin, le risque comme opportunité reflète la vision

12
du directeur général ou des cadres de la planification (puschaver et Eccles, 1996 cités par
Cooper, 2000). À quelques exceptions près, les banques ont une vision du risque semblable.

2.2.1 La perception du risque crédit par une banque

Le groupe fmancier de la Banque Royale a développé un plan d'action progressif pour


identifier et analyser le risque auquel doit faire face une organisation en général. Ce plan d'action
progressif comporte trois niveaux de risque (Groupe Financier Banque Royal, 1997 cité par
Cooper, 2000) :

• premier niveau: les risques systématiques sont composés de risques politiques,


économiques, sociaux et financiers sur lesquels l'organisation a peu de contrôle. Ces
risques composent l'environnement à l'intérieur duquel la firme doit opérer. Les
gestionnaires doivent être sensibilisés à ces facteurs et à la manière dont ils affectent
les différents aspects de l'organisation.

• deuxième niveau: ces nsques sont des facteurs que l'organisation ne peut pas
contrôler mais peut influencer. Il s'agit du risque réputationnel, compétitif et de la
réglementation.

• troisième niveau: ces nsques varient d'une industrie à une autre mais peuvent
généralement être perçus comme des risques sur lesquels une organisation peut avoir
une grande influence. Il s'agit du risque de crédit, des marchés, de liquidité,
technologique, opérationnel et des ressources humaines.

Dans le cadre de cette étude, nous nous pencherons plus sur le risque du troisième niveau
sur lequel l'organisation a une grande influence. Toutefois, il ne faut pas oublier qu'une
organisation peut selon sa taille, être classée en grande, moyenne ou petite entreprise. Selon ce
facteur de la taille, les éléments du risque de troisième niveau peuvent ne pas être les mêmes.
L'identification du risque ci-dessus est le point de vue de la banque. n existe d'autres auteurs qui

13
ont identifié les éléments du risque d'une organisation et plus particulièrement d'une PME, objet
de notre étude.

2.2.2 Le risque total d'une PME


St-Pierre (1999) a identifié les composantes du nsque total des PME. TI s'agit des
éléments suivants :

• le risque d'affaires: celui-ci se décompose en risque de gestion, commercial et


technologique.

o Le risque de gestion est assimilé au manque de connaissances en gestion de


l'équipe de direction, à l'insuffisance des ressources consacrées à la fonction
de gestion, à l'absence d'outils de gestion appropriés, à la faiblesse des
contrôles financiers, etc. (St-Pierre, 1999).

o Le risque commercial fait référence à la dimension du marché potentiel, à la


réaction des concurrents actuels et futurs, aux fluctuations de la demande, à la
possibilité de perdre un client important, à la difficulté d'atteindre un chiffre
d'affaires suffisant, aux difficultés dans la distribution, etc. (St-Pierre, 1999).

o Le risque technologique est lié aux délais non prévus dans le temps de
développement, à l'impossibilité de produire à un coût concurrentiel, aux
difficultés d'approvisionnement, à la possibilité d'apparition d'une nouvelle
technologie, à la sous - estimation du montant des investissements requis, à
l'utilisation d'une technologie inadéquate (St-Pierre, 1999).

• Le risque fmancier qui correspond à la structure de financement que la PME subit


actuellement ou qu'elle a choisi, la capacité d'endettement inutilisée, la capacité de
réinvestir des propriétaires actuels (St-Pierre, 1999). Toutefois, lorsqu'il s'agit du
risque de crédit, le banquier utilise en plus du risque financier, d'autres indicateurs
financiers pour l'évaluation de l'entreprise. Ainsi dans notre recension de la

14
littérature, nous parlerons plus d'éléments financiers (concept large) que de risque
financier (concept étroit).

• Le risque de l'entrepreneur correspond à l'influence de ses caractéristiques


personnelles, son attitude à l'égard du risque et sa volonté de faire croître
l'entreprise (St-Pierre, 1999).

Toujours selon St-Pierre (1999), on doit ajouter aux divers éléments du nsque
habituellement mentionnés pour toute entreprise, les facteurs de tension liés aux différents stades
de développement. Dans cette étude, nous nous intéresserons au stade de croissance qui, comme
nous l'avons affirmé plus haut, a pour entrave majeure le financement. La croissance est alors
considérée comme un facteur contingentiel.

En définitive, lorsque nous combinons la définition du risque de crédit par la banque et le


risque total de la PME, il apparaît que les éléments du risque de crédit de la PME sont: le risque
de gestion, le risque commercial, le risque technologique, les éléments financiers et le risque
entrepreneurial. Les facteurs de tension liés aux différents stades de développement et le risque
de l'entrepreneur ne se rencontrent pas dans la grande entreprise mais sont spécifiques aux petites
et moyennes entreprises. Ces deux éléments vont contribuer à augmenter l'appréhension du
prêteur. Cette appréhension existe déjà due à la présence d'autres paramètres propres aux PME.

2.3 L'appréhension du risque PME par le prêteur

Le risque encouru par le prêteur est lié à l'incapacité de l'emprunteur à honorer les termes
financiers de son contrat. li s'agit du paiement des flux d'intérêts et de remboursement du capital
(La Bruslerie, 1999; Desclos, 1999; Mauge, 1983). Lorsqu'une PME est en difficulté, la
cessation des paiements et la défaillance sont les seules issues possibles. Pour les grandes
entreprises, des restructurations ou des plans de reprises négociés en amont évitent souvent une
défaillance explicite. De la sorte, les taux de survie ex-post des PME sont les plus faibles
(Desclos, 1999; La Bruslerie, 1999). Qu'en est-il ex-ante? Telle est l'approche du prêteur qui, en

15
accordant un prêt à une entreprise, s'interroge sur sa capacité de survie au cours des prochaines
années (La Bruslerie, 1999).

Les banquiers vont s'interroger sur la capacité de survie de la PME au cours des années
suivant le début de leur relation (Declos, 1999; La Bruslerie, 1999). ils vont développer des
systèmes synthétiques de détection ex-ante du risque de crédit: les systèmes experts, la notation
externe (rating), les fonctions «score» (Dec1os, 1999; La Bruslerie, 1999). Ces techniques
permettent, une fois développées, une réduction très significative des coûts de traitement de
dossier par demandeur et le risque de mauvaise dette. Par conséquent, ces techniques permettent
aux institutions financières de maximiser leurs profits (Mathieu, 1995; Rowland, 1995;
O'Connor-Clarke, 1998; Kuritzkes et Harris, 1999).

Dans la littérature, ces techniques se retrouvent sous forme de modèles d' évaluation du
risque de crédit. Si l' on considère les composantes du risque de crédit d'une entreprise, il serait
intéressant premièrement d'identifier celles que l'on retrouve dans les modèles. Deuxièmement,
il faudrait recenser dans la littérature des éléments qui sont inexistants des modèles mais qui
peuvent avoir un impact significatif lors du remboursement de crédit.

2.4 Les éléments du risque de crédit de la PME dans les modèles d'évaluation

Dans cette section, nous allons identifier et analyser les éléments du risque de crédit
(gestion, commercial, technologique, entrepreneurial et éléments financiers) présents dans les
modèles d'évaluation, mais aussi certains indicateurs prélevés de la littérature, qui nous semblent
pertinents pour évaluer le risque de crédit des PME manufacturières au Québec, objets de notre
étude.

2.4.1 Le risque de gestion lors de l'évaluation des dossiers de crédit

Dans les modèles d' évaluation que nous avons recensés, les états financiers de
l'entreprise constituent l'élément de gestion le plus utilisé!. En effet, la disponibilité

lBeaver, 1967, Altman, 1968, Zollinger, 1972, Bilderbeek, 1977; Altman et Lavallée, 1981 ; Ko, 1982; Grammatikos et Gloubos,
1984; Zavgren, 1985; Hopwood, Mckeown et Mutchler, 1988; Bardos, 1989; Gilbert, Menon et Schwartz, 1990; Dorefeta, 1997;
Zopounidis, 1987; Cooper, Girneno - Gascon et Woo, 1994; Dimitras, Zopounidis et Hurson, 1995; Twarembinye, 1995.

16
d'informations financières récentes au sem de la PME permet à l'agent de crédit de mieux
apprécier le potentiel réel de l'entreprise (Deadkins et Hussain, 1994).

Le deuxième élément du risque de gestion lors de l'évaluation du crédit qui ressort de


l'analyse des modèles est la planification. C'est ainsi que dans leurs modèles d'évaluation,
Lussier (1995a, 2001) utilise le plan d'affaire, Keasey et Watson (1987) prennent en
considération le plan d'audit, et Lussier (1995a) mentionne aussi la tenue des comptes et le
contrôle financier. L'existence de la planification au sein de l'entreprise indique que celle-ci s'est
tracée une ligne de conduite qui pourrait lui permettre de surmonter les situations difficiles
(Doferèta, 1997). Pour déterminer le niveau de compétences en planification des PME
emprunteuse, les institutions financières utilisent six critères: la vision/mission de l'entreprise, le
plan stratégique, le plan de production annuel, le budget, le plan de contingence et les objectifs
financiers (Doferèta, 1997f Le tableau ci-dessous illustre l'importance des éléments du risque de
gestion lors de l'évaluation des dossiers de crédit par les banques.

Tableau 2.1: Importance des éléments du risque de gestion lors de l'évaluation des dossiers
de crédit

Volatilité
Facteurs Critères Basse Moyenne Haute
Compétence de la Vision/mission Important Important Important
planification Plan stratégique Important Important Important
Plan de production Important Important Important
Budget Important Critique Critique
Plan de contingence Important Critique Critique
Objectifs financiers Important Important Important
Contrôles internes Disponibilité de données financières courantes Important Critique Critique
Contrôles internes Nécessaire Important Critique
Source : Doferèta (1997).

Dans ce tableau, la notion de volatilité constitue le niveau de risque perçu par l'agent de
crédit lors de l'évaluation de la demande déposée. La mention «critique» fait allusion aux

2 La mission ou vision consiste à mettre en relief sa raison d'être ou ce pourquoi la PME existe (Johnson et Scholes, 2000). Le
plan stratégique consiste à mettre en relief les objectifs à atteindre et les différentes étapes nécessaires pour atteindre ces objectifs.
Il sert de canevas en ce sens qu'il décrit la cible et la manière dont la compagnie compte concurrencer les autres entreprises et les
actions qu 'elle entend entreprendre (Doferèta, 1995, Johnson et Scholes, 2000). Le plan de production est une prévision des
résultats d 'exploitation et permet de contrôler l'écart entre la performance réalisée et la performance prévue (Johnson et Scholes,
2000). Quant au budget, il indique les entrées et sorties de fonds, permettant d 'identifier et de résoudre les éventuels problèmes de
liquidité (St-Pierre, 1999; Marion, 2001).

17
éléments qui méritent le plus d'attention à cause de leur nature critique au succès du
remboursement de crédit par l'entreprise. Les facteurs libellés «importants» doivent être
sérieusement considérés bien qu'ils ne soient pas aussi essentiels que ceux identifiés comme
étant critiques. Quant aux facteurs portant la mention «nécessaire », ils méritent quand même
d'être pris en considération dans l'analyse du crédit bien qu'ils aient une faible influence sur la
décision finale (Saint-Amant et Doferèta, 1997). Par exemple, dans une demande de crédit où le
risque est considéré élevé (volatilité haute), la présence d'un budget est considérée comme un
élément "critique" par l'analyste et son absence peut entraîner l'imposition des pénalités à
l'emprunteur.

La gestion des ressources humaines constitue le troisième facteur important du risque de


gestion pris en compte lors de l'analyse des dossiers de crédit. Dans son modèle d'évaluation du
risque de crédit, Zopounidis (1987) utilise la progression du taux de productivité du personnel
par rapport à la progression du coût par salarié comme élément de risque de gestion (Zopounidis,
1995). Lussier (1995a, 1996, 2001) quant à lui utilise le taux de rétention du personnel qualifié.
Toutefois, il faut aussi souligner qu'un mauvais alignement des pratiques de gestion des
ressources humaines avec la stratégie poursuivie est susceptible de mettre en péril l'atteinte des
objectifs organisationnels et financiers de la firme. Cela peut constituer une combinaison
mortelle (Becker, Huselid, Pickus et Spratt, 1997 cités par Lacoursière et al., 2000). Lorsque
cette combinaison n'est pas mortelle, elle engendre des coûts cachés pour la firme. Ces coûts
cachés diminuent les fonds disponibles pour le remboursement du crédit. Il s'agit de
l'absentéisme, les accidents de travail, la rotation du personnel, les défauts de qualité et les écarts
de production (D'Arcimoles, 1995). En dehors de ces coûts cachés, le syndicat peut représenter
un risque pour le prêteur. En effet, la présence des employés syndiqués dans une PME peut être
une source de grèves multiples et par ce fait créer des retards dans la production. L'arrêt de la
production a pour conséquence une rupture momentanée de rentrées monétaires et, par
conséquent, la PME peut ne pas être capable d'honorer ses engagements.

Enfin, le dernier facteur du risque de gestion pris en considération lors de l'évaluation des
dossiers de crédit et qui ressort des modèles est l'utilisation des consultants ou conseillers
professionnels (Cooper, Gimeno et Woo, 1994; Lussier, 1995a, 2001). Ces partenaires vont aider

18
les entrepreneurs à combler leurs lacunes en habiletés de direction de telle sorte que leur absence
dans une PME peut augmenter le risque du prêteur.

En conclusion, les éléments du risque de gestion importants lors de l'évaluation des


dossiers de crédit et susceptibles aussi de constituer un frein au remboursement du crédit sont: la
présence des états financiers de l'entreprise, de la planification et du contrôle surtout financier, la
productivité du personnel, l'absentéisme, les accidents de travail, la rotation du personnel, les
défauts de qualité et les écarts de production. Après avoir ressorti les éléments critiques du risque
de gestion, nous allons maintenant identifier ceux du risque commercial.

2.4.2 Le risque commercial lors de l'évaluation des dossiers de crédit

Deux facteurs importants du risque commercial émergent lors de l'évaluation des dossiers
de crédit. Il s'agit des marchés desservis par les entreprises et leur secteur industriel (Zopounidis,
1987; Dimitras, Zopounidis et Hurson, 1995 cités par Zopounidis, 1995; Lussier, 1995a;
Twarabimenye, 1995). L'étude de Wijewardena et Tibbit (1999) menée auprès de 101 petites et
moyennes entreprises du Singapore, montre que l 'habilité de satisfaire le consommateur et
d'identifier une part du marché sont les principaux facteurs de succès des organisations.
Cependant, les PME qui approvisionnent les marchés internationaux peuvent être plus risquées
que celles qui se limitent aux marchés nationaux. En effet, la probabilité de non récupération des
comptes clients peut augmenter la longueur du cycle de conversion de l'encaisse et implicitement
diminuer les fonds disponibles pour le remboursement des prêts bancaires. Par ailleurs, Morgan
(1988, cité par Twarabimenye, 1995) affirme que la performance d'une entreprise est fonction de
celle de son industrie. En effet, la performance globale d'une entreprise se divise en plusieurs
parties, une première partie est due à la performance de son secteur industriel, une deuxième à
l'économie nationale et une dernière partie est propre à la firme. Ainsi, l'évaluation du risque lié
à l'industrie permet de déceler le risque qui affecte toutes les entreprises du même secteur
industriel sans qu'aucune ne puisse à elle seule s'en sortir. Un dernier facteur du risque
commercial ressort de l'analyse des modèles. Il s'agit du type ou de la gamme de produit
(Lussier, 1995a). Le tableau ci-dessous confirme l'importance des éléments du risque

19
commercial pour l'institution fmancière. Il faut noter que la compréhension de ce tableau est
identique à celui de la section précédente (Tableau 2.1).

Tableau 2.2: Importance des éléments du risque commercial utilisés lors de l'évaluation des
dossiers de crédit

Volatilité
Facteurs Critères Basse Moyenne Haute
Risque lié à Réglementation!déréglementation Critique Critique Critique
l'industrie Solidité historique Nécessaire Important Critique
Facteurs clés Nécessaire Critique Critique
Nouveaux entrants Nécessaire Important Important
Produits substituts Nécessaire Important Important
Changement au niveau de la demande Nécessaire Important Important
Changement au niveau de l' offre Nécessaire Nécessaire Nécessaire
Domaine d'affaires Segments de clients Critique Critique Critique
Produits/service Critique Critique Critique
Localisation géographigue Critique Critique Critigue
Risque stratégique Avantage compétitif Nécessaire Critique Critique
Comparaison au niveau fmancier Critique Critique Critique
Comparaison au niveau stratégique Nécessaire Important Critique
Comparaison au niveau opérationnel Nécessaire Nécessaire Nécessaire
Risque opérationnel Risque au niveau de la distribution Nécessaire Nécessaire Nécessaire
Risque au niveau des ventes Nécessaire Nécessaire Nécessaire
Source: Doferèta (1997).

Dans la littérature, le risque commercial traduit aussi la dépendance du niveau d'activité à


l'égard d'un environnement législatif ou réglementaire, d'un client uruque (risque
particulièrement élevé dans la situation d'une entreprise sous-traitante) ou d'un client
prédominant (risque de déférencement auprès d'une centrale d'achat de la grande distribution)
(Marion, 2001). C'est ainsi que la dépendance commerciale peut aussi être considérée comme un
facteur d'entrave au remboursement du crédit des entreprises. Dans ce même ordre d'idées, St-
Pierre et Rinfret (2000) affirment que les PME manufacturières dépendantes présentent une
marge bénéficiaire brute inférieure aux autres. Ce qui a été expliqué par leur faible pouvoir de
négociation de leurs prix de vente avec leurs clients. En plus d'avoir une clientèle moins
diversifiée, elles ont en moins grande proportion développé un produit maison (St-Pierre et
Rinfret, 2000). Il faut noter qu'une entreprise est dite dépendante quand les courants d'échange
qu'elle entretient avec ses clients sont concentrés (Marion, 2001). À l'inverse, la dépendance à
l'égard des fournisseurs sera liée aux flux d'achats concentrés, difficilement substituables et
essentiels (Marion, 2001). En définitive, la dépendance commerciale, la gamme de produits, les

20
secteurs industriels et les types de marché constituent les éléments critiques du nsque
commercial. Il nous reste à définir le concept du risque technologique.

2.4.3 Le risque technologique lors de l'évaluation des dossiers de crédit

Deux facteurs du risque technologique émergent des modèles d'évaluation de crédit: les
efforts en recherche et développement (Zopounidis, 1987, 1995; St-Pierre et Bahri, 2000) et la
qualité des produits (modèles LAPP. cité par Zopounidis, 1995; Fair, Isaac et Co. cité par
Wardrope, 2000). Swatman (2000) affirme qu'une technologie inappropriée ou une dépréciation
élevée des actifs constitue un risque non négligeable pour l'entreprise. Il faut aussi mentionner
que les PME manufacturières utilisent des normes de qualité totales, surtout pour les PME
travaillant avec un important donneur d'ordres. Il s'agit la plupart du temps des normes ISO
9000, 14 000, etc. Le non respect de ces normes de qualité peut entraîner le refus des
marchandises produites par les clients (Carrière et Julien, 1995). Si la PME n'arrive pas à écouler
sa production sur le marché, une majorité de rentrées de fonds est ainsi suspendue et ce qui peut
entraîner un manque de liquidité pour le remboursement de crédit. En définitive, les éléments
critiques du concept de risque technologique sont: la R-D, la qualité des produits, la technologie
appropriée, l'amortissement des actifs et les normes de qualité.

Par ailleurs, le risque financier est aussi un élément du risque du prêteur que nous allons
maintenant aborder.

2.4.4 Le risque financier lors de l'évaluation des dossiers de crédit

Dans les modèles d'évaluation du risque de crédit, les éléments financiers proviennent des
ratios financiers utilisant les notions suivantes: structure financière (capitaux propres et
endettement), liquidités (autofmancement, fonds de roulement et liquidité), rentabilité,
production! productivité3 . Nous avons incorporé ces éléments fmanciers dans le concept du
risque financier. Ce concept, qui traditionnellement en finance fait référence à l'endettement, sera
élargi pour prendre en compte la structure financière ou structure du capital (pierrat, 1996), les

21
liquidités et la rentabilité. Afin de mieux cerner le risque financier dans les modèles d'évaluation,
il faudra définir ses composantes. Les paragraphes suivants exposent ces définitions.

A. La structure fmancière
D'après Pierrat (1996), «une bonne structure financière ou structure de capital est
un assemblage de dettes et de fonds propres qui permet à l'entreprise de bénéficier
d'un coût de capital le plus faible possible tout en ne faisant courir à elle-même et
à ses apporteurs de fonds qu'un risque supportable». L'existence des contrats de

financement (dettes ou emprunts) dans une entreprise augmente son degré de


risque financier et c' est l' élément clé du dossier d 'octroi de crédit (St-Pierre et
Bahri, 2000). C' est pourquoi les mots clés tel que les capitaux propres et
l'endettement émergent des modèles d'évaluation du risque de crédit4 •

• Les capitaux propres : le stock des capitaux propres contribue à définir le


degré d'indépendance financière de l'entreprise (Marion, 2001; Teulie et
Topsacalian, 2000). S'il n'est pas aisé de définir, dans l'absolu, le montant des
capitaux propres dont doit disposer une entreprise, on peut dire par contre que
le stock des capitaux propres doit s'accorder avec la stratégie de l'entreprise et
aussi avec les caractéristiques de son environnement stratégique. En effet, une
entreprise en phase de croissance nécessite de renforcer régulièrement ses
capitaux propres. De même, une entreprise évoluant dans un secteur
vulnérable et se trouvant dans une situation de dépendance marquée à l'égard
de ses clients, se doit de compenser ce niveau de risque élevé en se dotant
d' une structure financière au sein de laquelle les capitaux propres occupent
une place prépondérante (Marion, 2001).

• L'endettement: l'endettement est supportable pour une entreprise tant que les
prêteurs sont disposés à l'accroître et l'appréciation de la frontière est

3 Beaver, 1967; Altman, 1968; Zollinger, 1972; Bilderbeek, 1977; Altman et Lavalée, 1981 ; Ko, 1982; Grammatikos et Gloubos,
1984; Zavgren, 1985; Zopounidis, 1987; Hopwood, Mckeown et Mutchler, 1988; Bardos, 1989; Gilbert, Menon et Schwartz,
1990; Cooper, Gimeno-Gascon et Woo, 1994; Dimitras, Zopounidis et Hurson, 1995; Twarabimenye, 1995; Dorefeta, 1997.
4 Beaver, 1967; Altman, 1968; Zollinger, 1972; Zavgren, 1985; Bardos, 1989; Twarabimenye, 1995; Doferèta, 1997.

22
fondamentalement liée à la capacité estimée du débiteur (Marion, 2001). Il est
nécessaire d'introduire la profitabilité dans l'appréciation du niveau
d'endettement. Un stock d'endettement deviendra d'autant moins supportable
que l'entreprise connaîtra une baisse de ses résultats. À l'inverse, une
entreprise pourra d'autant plus facilement maîtriser les effets d'un endettement
élevé qu'elle disposera d'une bonne visibilité et stabilité de ses résultats
(Marion, 2001). Dans la littérature financière, le concept d'endettement fait
appel à la famille des ratios d'équilibre ou de structure financière (St-Pierre,
1999; Teulié et Topsacalian, 2000; Thomassin et Gagnon, 2000; Marion,
2001). Trois ratios de cette famille · sont les plus utilisés dans les modèles
d'évaluation du risque de crédit recensés 5 :

le ratio d'endettement (passiftotall actiftota!),


le ratio dettelavoir (passif total 1 avoir),
le ratio de couverture des intérêts (bénéfice avant intérêt et impôts 1
intérêts) .

En dehors de la structure financière de l'entreprise, les banquiers vont s'intéresser à la


liquidité lors de l'évaluation des dossiers de crédit parce qu'elle est un indicateur de la
capacité de remboursement de la dette.

B. La liquidité
Le concept de liquidité traduit sur le plan de la trésorerie, l'exigence de
solvabilité: aptitude de l'entreprise à faire face à ses engagements en cas de
liquidation (Thomas sin et Gagnon, 2000; Marion, 2001). On raisonne sur un
horizon de court terme. Le risque d'illiquidité naît d'une vitesse de transformation
(en liquidités) des actifs inférieure à la vitesse de transformation (en exigibilités)
des passifs (Thomassin et Gagnon, 2000; Marion, 2001). C'est pourquoi l'analyse
de la liquidité doit être élargie et prendre en compte la totalité du passif, afin de
pouvoir s'assurer que la manœuvre, engagée par l'entreprise pour maintenir sa
pérennité financière, ne s'apparente pas à une simple fuite en avant permettant de

s Beaver, 1967; Altman, 1968; Zopounidis, 1987; Twarembimenye, 1995; Doferèta, 1997.

23
reporter à plus tard son incapacité à faire face à ses échéances (Marion, 2001,
Adelman et Mark, 2001). Dans l'optique de la liquidité, deux mots clés ressortent
des modèles d'évaluation du risque de crédit6 : la capacité d'autofinancement et le
fonds de roulement.

• La capacité d'autofinancement est un concept de liquidité globale


d'exploitation (Teulié et Topsacalian, 2000). L'autofinancement est un
indicateur d'un surplus monétaire potentiel dans la mesure où il est calculé à
partir du chiffre d'affaires réalisé dont une partie, l'en-cours client n'a pas
encore été encaissée (Marion, 2001; Adelman et Mark, 2001).

• Le fonds de roulement quand à lui assure à l'entreprise une sécurité de


fonctionnement, surtout quand le cycle d'exploitation est susceptible de
connaître des à-coups brutaux, se traduisant par un gonflement momentané des
besoins en fonds de roulement. Dans cette situation, et surtout si l'entreprise
est dans un état de surendettement, il y a un risque évident de non -
renouvellement des crédits bancaires à court terme (Marion, 2001). Cependant,
le montant du fonds de roulement ne constitue pas une information suffisante
si l'on ne prend pas en compte, concomitamment, son mode de financement
c'est-à-dire la répartition des ressources entre les capitaux propres et la dette
financière (Marion, 2001). On trouve deux mesures classiques du fonds de
roulement dans les modèles d'évaluation du risque de crédit (Altman, 1968;
Zopounidis, 1987, 1995, Twarebimenye, 1995; Doferèta, 1995) :
le ratio de liquidité générale ou ratio de fonds de roulement (actif à court
terme/passif à court terme)
l'indice de liquidité, ratio de liquidité immédiate ou de trésorerie [ (actif à
court terme - stocks -frais payés d'avance) / (passif à court terme) J .

6 Beaver (1967), Zollinger (1972), Grammatikos et Gloubos (1984)

24
C. La rentabilité
L'efficacité de l'entreprise s'apprécie par son aptitude à utiliser les moyens mis à
sa disposition, et en définitive à rémunérer d'une manière satisfaisante les
ressources qu'elle met en œuvre (Teulié et Topsacalian, 2000; Marion, 2001), soit
les actifs qu' elle utilise dans son activité (rendement de l'actif) ou bien les
ressources auxquelles elle a dû faire appel pour lancer et développer cette activité
et que l'on trouve décrites au bilan (rendement des capitaux) (Teulié et
Topsacalian, 2000; Thomassin et Gagnon, 2000; Marion, 2001). Cependant,
l'utilisation judicieuse des moyens de financement n'est pas la seule manière
d'agir sur la rentabilité de la PME; la maîtrise des charges découlant de son
activité permet de faire des choix plus ou moins pertinents ayant des conséquences
sur le résultat final (Teulié et Topsacalian, 2000; Marion, 2001). Ce qui nous
ramène au système financier Dupont étendu à l'effet de levier (Thomassin et
Gagnon, 2000). C' est ainsi que nous avons retrouvé dans les modèles d' évaluation
du risque de crédit les trois ratios suivants qui influencent la valeur nette de la
firme 7 :

rentabilité ou rendement des ventes (bénéfice net 1 ventes)


rotation ou utilisation des actifs (ventes 1 actif total)
effet de levier ou financement utilisé (actif ta ta II avoir)

D. Le chiffre d'affaires ou de production


Lorsqu'on parle de la production d'une entreprise manufacturière, on fait le plus
souvent allusion au chiffre d'affaires. En effet, dans ces entreprises, on distingue la
production commercialisée (chiffre d'affaires), la production stockée et non
écoulée et le stock de matière première. Le chiffre d' affaires fournit, en prenant la
précaution de distinguer l'effet prix de l'effet volume, un éclairage
particulièrement pertinent pour l'appréciation de la vulnérabilité de l'entreprise
par rapport à ses marchés (Marion, 2001 ; Adelman et Marks, 2001). TI s'avère
l'indicateur le plus représentatif de l' activité car les indicateurs de marge et
résultat (marge brute, excédent brut d ' exploitation) seront exprimés par rapport à

7 Altman, 1968; Zopounidis, 1987; Gilbert et al. , 1994; Twarebernnye, 1995 ; Doferèta, 1997.

25
cette base (Teulié et Topsacalian, 2000; Marion, 2001). Le rapport entre le volume
de la production et le volume des moyens mis en œuvre pour obtenir cet output est
appelé productivité. Un indicateur de productivité utilisé dans le modèle
d'évaluation du risque de crédit est la productivité apparente de la main d'œuvre,
défini comme le rapport entre la valeur ajoutée et les effectifs employés
(Zoupounidis, 1987; Marion, 2001). La valeur ajoutée quand à elle constitue la
différence entre la valeur produite et les valeurs consommées par l'entreprise
(Marion, 2001; Adelman et Marks, 2001).

Avec le chiffre d'affaires s'achève l'analyse des éléments financiers des modèles
d'évaluation du risque de crédit. Après le risque financier, le risque entrepreneurial reste la
dernière composante du risque de crédit potentiel des PME à analyser.

2.4.5 Le risque entrepreneuriallors de l'évaluation des dossiers de crédit

Plusieurs éléments du risque entrepreneurial émergent lors de l'analyse des modèles


d'évaluation: l'âge, le genre, la formation ou l'éducation (niveau de scolarité), l'expérience en
gestion et dans le secteur industriel du propriétaire-dirigeant, l'affiliation à des parents
entrepreneurs, la planification de la relève, le nombre d'actionnaires, la rotation des gestionnaires
et des actionnaires (Zopounidis, 1987 cité par Keasey et Watson, 1987; Cooper et al., 1994;
Lussier, 1995a; Twarabimenye, 1995; Zopounidis, 1987, 1995).

En premier lieu, nous allons examiner les compétences du propriétaire dirigeant de PME.
Il se trouve que ces entrepreneurs saisissent souvent une opportunité d'affaires sans aucune
notion de gestion ou expérience d'affaires (Huang et Brown, 1999), de telle sorte qu'ils
perçoivent les problèmes de leur organisation en fonction de leurs comportements, leurs
connaissances, leurs visions et leurs talents de gestionnaire (Huang et Brown, 1999). Cette idée
est reprise par Wijewardena et Tibbit (1999), qui rapportent que le succès des petites et
moyennes entreprises est fonction des traits de personnalité de leur dirigeant. L'étude de Huck et
McEwen (1990, cité par Wijewardena et Tibbit, 1999), révèle que les compétences en gestion,
planification, budgétisation et marketing des entrepreneurs jamaïcains sont les plus importants

26
facteurs de succès de leur organisation. Dans leur étude d'un échantillon de 144 PME
canadiennes et américaines de différents secteurs, il ressort que le comportement entrepreneurial
et les connaissances de gestion des propriétaire-dirigeants sont des facteurs de succès de ces
organisations (Ibrahim et Godwin, 1986 cités par Wijewardena et Tibbit, 1999). Dans le même
ordre d'idées, Twarabimenye (1995) affIrme que l'expérience et le niveau de scolarité des
dirigeants comptent parmi les indicateurs de premier plan de la performance future d'une
entreprise, indicateur d'un prochain remboursement du crédit.

Le deuxième élément important du risque entrepreneurial rencontré dans les modèles


d'évaluation est la relève du propriétaire-dirigeant (Twarabimenye, 1995). Dans les PME, le
propriétaire dirigeant a une vision qu'il partage avec ses employés. Mais cette vision n'est
souvent consignée que dans sa tête et non sur papier, de telle sorte qu'en cas de départ brutal de
ce dernier, la PME risque de sombrer. Mais s'il a déjà préparé la relève, le successeur peut
prendre la place et la transition se fera en douceur; l'absence du propriétaire dirigeant ayant
moins d'incidences sur le bon déroulement des opérations de la PME (Pilotto et Lorrain, 2001).
La survie à long terme de l'entreprise est la préoccupation première de l'offIcier de prêt. Cette
survie dépend dans le cas des entreprises de type familial, de la disponibilité d'une relève bien
formée et expérimentée. Selon Azhar (1992) et Amy (1991) (cités par Twarabirnenye, 1995), la
planification de la succession est l'un des éléments critiques de la survie à long terme de toute
compagnie privée. Perreaut (1992, cité par Twarabimenye, 1995) et Lorrain et Dussault (1989,
1986) relèvent que 70% des entreprises familiales ne survivent pas jusqu'à la deuxième
génération et 90% jusqu'à la troisième génération.

Si la relève n'est pas assurée, le conseil d'administration lorsqu'il existe peut valablement
remplacer le propriétaire-dirigeant à la tête de la PME. L'absence d'un conseil d'administration
ou d'un comité de gestion dans la petite et moyenne entreprise peut constituer un frein lors du
remboursement de crédit (St-Pierre et Robitaille, 1995). En effet, les prêteurs reprochent aux
dirigeants de PME leur incapacité à déléguer ou une trop forte concentration du pouvoir
entraînant un risque de mauvaise information ou d'incompétence (Berryman, 1983 et Peacock,
1985 cités par Janssen et Wtterwulghe, 1998).

27
Enfin, les réseaux d'affaires constituent le dernier élément du risque entrepreneurial qui
peut jouer un rôle non négligeable lors de l'évaluation des dossiers de crédit. À ce propos, Julien
et aL (2000) affirment que les PME manufacturières en forte croissance au Québec ont souvent
recours aux réseaux d'affaires (commercialisation, production, R-D, etc.) pour combler leurs
lacunes en ressources de toutes sortes et atteindre une plus grande efficacité. L'appartenance du
propriétaire-dirigeant à un réseau d'affaires peut donc constituer un élément favorable lors de
l'évaluation de son dossier de crédit.

Le tableau ci-dessous contient les éléments du risque entrepreneurial identifiés lors de


l'évaluation des dossiers de crédit par la banque (sa compréhension est identique à celle du
tableau 2.1).

Tableau 2.3: Importance des éléments du risque entrepreneurial utilisés lors de


l'évaluation des demandes de crédit

Volatilité
Facteurs Critères Basse Moyenne Haute
Compétence de Expérience des hauts dirigeants Important Important Important
l'équipe dirigeante Plan de succession Important Critique Critique
Processus de prise de décision Nécessaire Nécessaire Critique
Rôle du conseil d'administration Nécessaire Nécessaire Nécessaire
Rôle des avocats, banquiers et comptables Important Nécessaire Nécessaire
Type de propriété Important Important Critique
Source: Doferèta (1997).

Il a été aussi observé que les objectifs de l'entrepreneur peuvent constituer un facteur de
contrainte pour la continuité ou la survie de la PME. Dans cette perspective, Julien et
Marchesnay (1987), tenant compte de la logique d'action, ont suggéré deux types de propriétaires
dirigeants: le PIC (pérennité, indépendance et croissance) et le CAP (croissance forte,
autonomie, peu de pérennité). Le but de la maximisation des profits des grandes entreprises n'est
que l'un des objectifs des propriétaires-dirigeants. Ils sont motivés par d'autres besoins
complexes: la position occupée dans la société, la flexibilité dans leur vie familiale et
personnelle, le besoin de respect et de liberté (LeCornu et aL, 1996; McMahon et aL, 1995).
L'entrepreneur à travers ses objectifs (croissance ou pérennité), ses motivations (maximisation
des profits ou bien-être), sa volonté de garder ou non le contrôle de son entreprise, ses
compétences (expérience en affaires, nombre d'années à la tête de l'entreprise, indépendance ou

28
autonomie, expérience dans le secteur, a participé ou pas à la création de cette PME) constitue un
risque majeur lors de l'octroi du crédit par les banquiers (Twarabimenye, 1995).

Dans les paragraphes ci-dessus, nous avons constaté à maintes repnses que certains
éléments de la littérature, présentement absents dans les modèles d'évaluation du risque de crédit
recensés, peuvent être significatifs lors de l'évaluation des dossiers de crédit. De plus, ces
modèles, lorsqu'ils sont regroupés selon le type d'information contenu semblent présenter
certaines limites.

2.5 Les limites des modèles d'évaluation de risque de crédit

Plusieurs lacunes des modèles d'évaluation du risque de crédit recensés dans la littérature
pourraient contribuer à la discrimination des PME sur les marchés bancaires.

2.5.1 Limites des modèles basés sur l'information financière


Nous avons recensé dans cette catégorie une douzaine de modèles (voir annexe 1)
utilisant des ratios financiers. La première limite dans l'utilisation normative des ratios est
relative à la difficulté des comparaisons interentreprises, en raison notamment des problèmes de
représentativité des entreprises constituant l'échantillon utilisé (Marion, 2001). Il ne faut pas voir
dans les indicateurs moyens ou médians une référence normative, mais simplement les prendre
comme point de repère pour faire un constat à un moment donné. Un écart donné d'un ratio par
rapport à un ratio normatif, même si cet écart est important, ne doit donc pas être interprété sans
la prise en compte d'autres dimensions. Ainsi la valeur élevée du ratio dettes financières/capitaux
propres peut être un signe positif ou négatif lors du diagnostic. Comme signe positif,
l'importance de l'endettement peut résulter du fait que les perspectives de l'entreprise étant
bonnes, l'entreprise anticipe cette évolution en finançant par emprunt son expansion future. Par
contre, l'interprétation négative d'un ratio élevé peut correspondre au fait que l'endettement
paraît élevé tout simplement parce que les capitaux propres de l'entreprise ont été amputés par
les pertes (Marion, 2001).

La deuxième limite a été rapportée par St-Pierre (1999). Les entreprises, selon les
différentes législations, peuvent choisir diverses méthodes comptables pour présenter leurs états

29
financiers. Étant donné que les ratios ne sont valides et utiles que dans la mesure où ils peuvent
être comparés, tout écart dans l'évaluation des composantes extraites de l'information comptable
qui pourrait avoir un effet significatif sur le calcul des ratios revêt une importance particulière.

En dehors des deux limites mentionnées ci-dessus dans l'utilisation des ratios, ces
modèles, dans l'ensemble, ont été la cible de plusieurs critiques de la part de leurs créateurs. C'est
ainsi que Altman (1968) a souligné que son modèle permet exclusivement de prévoir
l'imminence de la faillite telle que reflétée par les ratios fmanciers (Twarabimenye, 1995).
D'après Taffler (1984) cité par Gilbert et al. (1990), les modèles de faillites qui utilisent les
fonctions de pointage (score) doivent être interprétés comme une description des détresses
financières au lieu d'être utilisés comme modèles de prédiction des faillites.

De plus, il apparaît dans la littérature que les ratios financiers significatifs utilisés varient
d' un pays à un autre, car ces ratios reflètent les conditions économiques spécifiques qui prévalent
dans ces pays (Gilbert et al., 1990), que ces ratios diffèrent significativement des firmes en
faillite des firmes en santé (Altman, 1984 cité par Gilbert et al., 1990). Finalement, les ratios
financiers identifiés comme pertinents varient d'une étude à une autre. Ceci s'explique par la
diversité des ratios initialement considérés et des techniques statistiques utilisées. Cette diversité
s'explique à son tour par le grand nombre de ratios que l'on peut calculer à partir des états
financiers (petit-Dutaillis, 1981; Mathieu, 1995; Twarabimenye, 1995; Saint-Amand et Doferèta,
1997).

Pour répondre aux critiques formulées sur les modèles uniquement fmanciers, d'autres
chercheurs ont développé des modèles basés sur l'information non fmancière.

2.5.2 Limites des modèles basés sur l'information non financière


Dans cette étude, nous avons recensé deux modèles d'évaluation basés sur l'information
non financière. Il s'agit des modèles de Keasey et Watson (1987) et Lussier (1995a, 1996,2001)
(voir annexe 2).

30
Ces modèles sont basés sur l'information de nature qualitative et quantitative mais non
financière. TI leur manque la dimension financière de l'entreprise. D'ailleurs, le modèle de
Lussier (1995a) n'a pas la prétention de remplacer les techniques de détection du risque de
paiement. En effet, ce modèle ne fournit pas des indications numériques concernant des variables
qui distinguent le succès de la faillite des entreprises (Lussier, 1995a, 1996, 2001). Le jugement
est nécessaire lorsque l'on applique ce modèle pour assigner une probabilité. Par exemple, la
variable «planification» signifie que l'entrepreneur qui démarre son entreprise avec un plan
d'affaires a plus de chance de succès que celui qui n'en a pas (Lussier, 1995a, 1996, 2001).
Cependant, il ne définit pas ce qu'est un plan d'affaire spécifique ni un exemple du plan à succès.
Un système de classification faible, modéré ou fort peut être utilisé. Plus les forces et les
faiblesses varient entre les variables d'une même firme, plus subjectif est le jugement assigné à la
probabilité de succès (Lussier, 1996,2001).

Enfin, nous retrouvons dans la littérature des modèles qui combinent les informations de
nature qualitative, quantitative financière et non financière.

2.5.3 Critiques des modèles mixtes d'évaluation


TI s'agit des modèles basés sur des informations financières et non financières, soit: le
modèle des « cinq C » et le modèle LAPp 8 cité par Zopounidis (1995), le modèle des «credit-
men» (Levasseur et Quintart, 1992 cités par .Zopounidis, 1995), Zopounidis (1987, cité par
Zopounidis, 1993); Cooper, Gimeno-Gascon et Woo (1994); Dimitras et al. (1995);
Twarabimenye, 1995. (Voir annexe 3).

Dans ces modèles, nous retrouvons les difficultés mentionnés précédemment. Ainsi au
niveau de l'information quantitative financière, nous constatons que les ratios financiers diffèrent
d'une étude à l'autre. Quant aux informations qualitatives, la pondération de leur importance
relative dépend de la subjectivité du directeur de comptes. Les informations quantitatives non
financières varient aussi d'une étude à l'autre. Enfin, certains indicateurs qui ont été prélevés de
la littérature et qui semblent pertinents lors de l'évaluation du risque de crédit ne sont pas pris en
compte, comme la dépendance commerciale (St-Pierre et Rinfret, 2000), les coûts cachés de la

8 Cinq "C"; caractère, capacité, capital, conditions et collatéral; LAPP. ; Liquidity, activity, profitability and potential.

31
gestion des ressources humaines: l'absentéisme, la rotation du personnel, le départ du personnel
qualifié (D'Arcimoles, 1995), les réseaux d'affaires (Julien et al., 2000), l'existence d'un conseil
d'administration ou comité de gestion (St-Pierre et Robitaille, 1995).

Au-delà du fait que certains indicateurs jugés pertinents ne soient pas pris en compte lors
de l'évaluation du risque de crédit, il existe des raisons importantes qui rendent nécessaire le
développement de modèles d'évaluation du risque de crédit spécifiques aux PME.

2.5.4 Justifications au développement d'un modèle d'évaluation du risque de crédit


spécifique aux PME manufacturières

Au vu des différences significatives qui existent entre tous ces modèles, il ressort que les
chercheurs ne sont pas encore arrivés à un consensus concernant l'évaluation du risque de crédit
des entreprises. Ce manque de consensus peut être expliqué par les différences économiques et
culturelles qui prévalent entre les différents pays où ces études ont été menées, où par le nombre
varié de secteurs dans lesquels les échantillons ont été prélevés ou, finalement, à cause de la taille
des fmues étudiées. La PME est différente de la grande entreprise; son hétérogénéité et
l'influence de l'entrepreneur rendent souvent difficiles l'évaluation de leur risque de crédit (St-
Pierre et Bahri, 2000). Or, la plupart des modèles financiers de détection de faillite ci-dessus ont
été développés à partir d'échantillons constitués de grandes entreprises. Ces modèles et la
démarche méthodologique qui entourent leur développement apparaissent difficilement
applicables ex abrupto au cas des PME (Keasey et Watson, 1991 cités par Van Caillie, 2000).

D'ailleurs, St-Pierre et Bahri (2000) affirment qu'il est essentiel de fournir aux banques
des outils adéquats développés uniquement pour les PME afm que celles-ci soient bien évaluées.
Mais en raison du nombre très important de PME et surtout du profil extrêmement varié de ces
entreprises (GREPME, 1995 cité par Van Caillie, 2000), il est difficile de construire un
échantillon unique représentatif de l'ensemble des petites et moyennes entreprises: il s'avère
nettement plus pertinent de regrouper des PME issues d'un même secteur d'activités (Storey et
al., 1987, Taftler, 1984 cités par Van Caillie, 2000), d'une même zone géographique ou de taille
comparable (Keasey et Watson, 1991, cités par Van Caillie, 2000). Dans cette logique, comment

32
peut-on évaluer le risque de crédit des PME manufacturières? Tel est 1'objet de notre prochaine
section.

2.6 Hypothèse de recherche et objectifs spécifiques

En regard de la littérature recensée, nous posons 1'hypothèse suivante où le risque de


crédit des PME en croissance est fonction de variables qualitatives et quantitatives (financières et
non financières), soit:

H : Risque du prêteur des PME manufacturières en croissance = f (risque de gestion,


risque commercial, risque technologique, risque entrepreneurial, risque financier)

Les composantes de notre hypothèse de recherche regroupent les éléments suivants:

le risque de gestion: présence des états financiers, mISSIOn, plan d'affaires, plan
stratégique, plan de production, plan marketing, planification et contrôle financiers, la
productivité du personnel, l'absentéisme, les accidents de travail, la rotation du personnel,
les défauts de qualité et les écarts de production;

le risque commercial: la dépendance commerciale, la gamme de produits, les secteurs


industriels, types de marché;

le risque technologique: dépréciation des actifs, veille technologique, innovation ou


recherche et développement, qualité des produits, normes ISO, qualité totale,
investissements en matériel de production;

le risque entrepreneurial : formation académique, expérience dans le secteur industriel,


en gestion ou en affaires, conseil d'administration, réseaux d'affaires, relève, objectifs de
l'entrepreneur; et

le risque fmancier: endettement, liquidités, rentabilité, production, capitaux propres,


avec la croissance comme facteur de contingence.

L'objectif spécifique de cette étude consiste à établir un modèle d'évaluation du risque de


crédit qui tienne compte du plus grand nombre de particularités possibles des PME
manufacturières en croissance. Pour rendre notre hypothèse de recherche opérationnelle, nous
avons élaboré un modèle de recherche, qui sera l'objet de notre prochain chapitre.

33
CHAPITRE III
MÉTHODOLOGIE

3.1 Le modèle de recherche

Certaines études ont confirmé la discrimination des petites entreprises dans leurs
transactions avec les institutions financières (St-Pierre et Allepôt, 1998; St-Pierre et Barhi, 2000).
De ces études, il ressort que l'évaluation du risque de crédit des PME par les institutions
fmancières est parfois faite maladroitement. Les mesures quantitatives d'évaluation du risque de
crédit n'étant basées que sur les ratios financiers, la subtilité apportée par les caractéristiques
spécifiques des PME est parfois complètement oubliée lors du diagnostic. Et alors, comme
pourvoyeur de fonds, le banquier court trois risques majeurs: le risque en capital, le risque
d'immobilisation et le risque d'intérêts. Face à ces trois risques, il perçoit un rendement fixe,
contractuel (D'Arcimoles, 1995). Ainsi défini, l'équilibre rentabilité - risque de l'investissement
bancaire dépend principalement de la bonne santé de la trésorerie et peut être jaugé à partir de
quelques indicateurs clés.

Le banquier n'a pas réellement besoin de mener une analyse approfondie et plus coûteuse
(D'Arcimoles, 1995). Pourtant la mondialisation des marchés, l'abolition des frontières, la
multiplication des échanges internationaux donnent un nouveau visage aux PME. La valeur de
celles-ci sera plus fonction des actifs intangibles et immatériels, qui ne sont pas considérés par les
banques comme des garanties potentielles (St-Pierre et Bahri, 2000). Il est donc primordial de
créer de nouvelles méthodes d'analyse. L'enrichissement et l'élargissement des méthodes
d'analyse sont d'autant plus nécessaires que le métier de banques est lui-même en train de
changer. La concurrence et la désintermédiation ont rendu les bons crédits plus rares et moins
rémunérateurs, ce qui amène les banques à s'orienter vers de nouveaux types d'intervention
(D'Arcimoles, 1995).

La recension de la littérature présentée au chapitre précédent nous amène à définir de la


façon suivante notre modèle de recherche aux fins de vérification de notre hypothèse soit :

34
Hl: Le risque du prêteur des PME manufacturières en croissance est fonction des risques de
gestion, commercial, technologique, financier et entrepreneurial

Figure 3.1: Le modèle de recherche

Risque de gestion

Risque
entrepreneurial
Risque commercial
RISQUÉ
DE
Risque CRÉDIT
Risque
teclmologique
entreprise
Rytlune
Risque ,financier de
croissance

Ainsi présenté, notre modèle de recherche comprend le risque entrepreneurial et celui de


l'entreprise (gestion, technologique, commercial et financier) qui constituent les variables
indépendantes de cette étude. Le risque de crédit et le rythme de croissance représentent
respectivement la variable dépendante et la variable de contrôle. Toutes ces variables sont
définies dans la prochaine section.

3.2 Les variables du modèle de recherche


3.2.1 La variable dépendante: le risque subi par le prêteur
Dans le cadre de cette étude, le risque du prêteur est une variable dichotomique (0,1) où °
représente les firmes en détresse financière et 1 les firmes en bonne santé financière. Le ratio de
marge nette et l'indice de trésorerie sont les deux indicateurs financiers qui nous permettent de
classer les entreprises dans ces deux sous-groupes. Les entreprises ayant eu un ratio de marge
nette et un indice de trésorerie supérieurs à la médiane de l'échantillon pendant trois années

35
succeSSIves sont classées dans le groupe des "entreprises en bonne santé fInancière" . Les
entreprises ayant eu un ratio de marge nette et un indice de trésorerie inférieurs à la médiane de
l'échantillon pendant trois années successives seront classées dans le groupe d'entreprises en
"détresse fInancière". 9

Cette méthode de détermination des groupes de notre échantillon est tirée en partie de
l'article de Lussier (2001). Dans son étude réalisée en Croatie, où il n'existe pas encore
d'institutions enregistrant les faillites des entreprises, Lussier (2001) a appelé entreprises à succès
les entreprises qui ont réalisé un bénéfIce supérieur au bénéfIce moyen du secteur durant les trois
dernières années, alors que les entreprises à risque d'échec étaient celles ayant réalisé un bénéfIce
inférieur au bénéfIce moyen du secteur pendant la même période. Toutefois, dans le cadre de
cette étude, nous avons plutôt utilisée le ratio de marge nette (mesure de rentabilité) au lieu du
bénéfIce net étant donné la variance dans la taille des entreprises de notre échantillon. De plus,
afIn de respecter la rationalité théorique qui implique qu'en matière de prêt, seules les liquidités
doivent prévaloir, nous avons ajouté un deuxième indicateur à celui du ratio de la marge nette:
l'indice de trésorerie. L'indice de trésorerie mesure la capacité de remboursement des dettes à
court terme en éliminant les stocks et frais payés d'avance comme éléments les moins liquides de
l'actif à court terme (St-Pierre, 1999; Thomassin et Gagnon, 2000; Marion, 2001). Ces deux
ratios sont défInies dans l'annexe 5.

3.2.2 Les variables indépendantes


La présence de certaines stratégies, modes de fonctionnement ou certains résultats chez
les PME peut être considérée comme réducteur du risque de défaut. Ces variables sont présentées
dans le tableau suivant (les défInitions exactes des variables se trouvent aux annexes 4 et 5).

9 Les entreprises en «bonne santé financière» seraient les entreprises qui pourraient représenter un faible risque de défaut de
paiement pour les bailleurs de fonds, donc un «bon risque». Tandis que les firmes composant le groupe d'entreprises en «détresse
financière», représenteraient un plus fort risque de défaut de paiement et ainsi, seraient considérées comme un <<mauvais risque».
Nous utiliserons ces terminologies indifféremment dans les paragraphes qui suivent, qui sont liées au risque perçu et attendu, et
non à un état de fait réalisé pour les entreprises.

36
Tableau 3.1: Les variables indépendantes de l'étude

Elément de risque Thème Composantes Références


Expérience Expérience à la direction de l'entreprise ou Lussier, 1995 A, 1996,
dans le secteur industriel 2001; Twarabimenye,
1995; Cooper et al.,
1994
Formation Diplôme le plus élevé atteint; et Lussier, 1995, 1996,
académique compétences en gestion 2001;
Risque entrepreneurial Twabarembimnye,
1995; Cooper et al.,
1994
Soutien Relève, présence d'un conseil Twarembinmenye,
d'administration ou appartenance à des 1995; St-Pierre et
réseaux d'affaires. Robitaille, 1995; Julien,
2000
Ressources Formation du personnel; syndicalisation de D'Arcimoles, 1995;
humaines l'entreprise; taux de départs du personnel; Lacoursière et al, 2000
relation de travail, employé clé, taux de
productivité du personnel (valeur
ajoutée/effectif).
Risque de gestion
Système Diffusion d'information; consultation du St-Pierre, 1999;
d'information personnel; utilisation des technologies de Johnson et Scholes,
l'information 2000
Outils de gestion Gestion des stocks, politique d'évaluation St-Pierre et Bahri, 2000
et de planification des comptes clients; budget de caisse. La Bruslerie, 2000
Activités de veille commerciale; répartition Lussier, 1995, 1996,
géographique des ventes; politique 2001, Twarembimenye,
d'évaluation de la satisfaction de la clientèle; 1995; DTI, 1997, St-
Risque commercial participation à des réseaux avec les Pierre, 1999
compétiteurs; prospection de nouveaux
marchés; diversité de la clientèle, diversité
des fournisseurs.
Activités de veille technologique; recherche DTI, 1997; Carrière,
et développement; participation à des 1995; St-Pierre, 1999
réseaux avec des centres de recherche; âge
des équipements de production et politique
Risque technologique
d'investissement; détention d'une
certification de qualité; type d'équipements,
participation à des réseaux avec des centres
de recherche
Endettement Ratio de structure financière et de Altman, 1968,
couverture des intérêts Zollinger, 1972,
Liquidité Ratio du fonds de roulement; indice de Bilderbeek, 1977;
liquidité; marge de sécurité; délai de Altman et Lavallée,
transformation des stocks, comptes ciients 1981; Zavgren, 1985;
sur ventes, comptes foumisseurs sur ventes Hopwood, Mckeown et
Risque financier Rentabilité Marges bénéficiaires brutes et nettes; Mutchler,1988;Gilbert,
rendement des actifs et des fonds propres; Menon et Schwartz,
1990; Zopounidis 1995
Do refeta , 1997;
Dimitras, St-Pierre,
1999; Thomassin et
Gagnon, 2000; Marion,
2001

37
3.2.3 La variable de contrôle: la croissance
La croissance est un stade de développement qui implique d'importants changements
organisationnels et financiers au sein de l'entreprise. À part l'augmentation des profits, les ratios
financiers (exemple le ratio de liquidité) d'une entreprise en croissance ressemblent à ceux d'une
entreprise défaillante (St-Pierre, 1999). Dans le cadre de cette étude, la croissance est
matérialisée par l'augmentation de la demande du produit: le chiffre d'affaires. La définition de
ce ratio est contenue dans l'annexe 5. Seules les PME ayant connu une croissance moyenne
positive sur trois ans sont retenues.

3.3 L'échantillon utilisé


Nous utiliserons la base de données PDGMD (LaRePE) qui contient les informations
provenant des PME manufacturières québécoises. Plus de 850 variables générales et financières
s'y retrouvent. Les questionnaires d'information confidentielle ont été remplis par ces entreprises
manufacturières. Ces entreprises donnent de manière individuelle leurs informations fmancières
et générales en contrepartie desquelles, elles reçoivent un diagnostic de leur situation générale.
Les informations fournies sont les suivantes: entrepreneur, développement organisationnel de
l'entreprise, le développement de ses produits et de ses marchés, le développement
technologique, utilisation de l'informatique, système de production, degré de sophistication de la
gestion financière, résultats financiers des cinq dernières années, les conditions d'octroi du crédit
bancaire et enfin, l'appréciation de l'entrepreneur concernant l'institution et l'agent de crédit.

Les entreprises de la base de données qui ont connu une croissance positive des ventes au
cours des années les plus récentes sont sélectionnées. Les médianes des variables marge nette et
indice de trésorerie nous permettent de diviser l'échantillon en deux groupes: bonne santé
fmancière (firmes ayant des ratios supérieurs aux médianes) et détresse financière présumée
(firmes ayant des ratios inférieurs aux médianes).

38
3.4 Les données et leurs méthodes d'analyse: l'analyse de variance, test de corrélation
et la régression logistique

Il faut souligner que les données utilisées dans cette étude sont constituées des ratios mais
aussi des données en valeur absolue (composantes des ratios) pour essayer de palier aux limites
des ratios énoncées dans le cadre conceptuel. L'objectif spécifique de l'étude est d'identifier tous
les éléments pertinents à l'évaluation du risque pour l'élaboration de notre modèle final. Pour
arriver à ces fins, le logiciel statistique SAS nous a permis de faire le traitement de nos données
où les tests statistiques univariés et multivariés (analyse de variance et régression logistique) ont
été utilisés.

3.4.1 L'analyse de variance


Dans le cadre de cette étude, nous allons utiliser deux tests de variance. La méthode
NP ARl W Ay est employée lorsqu'une variable est dichotomique et la deuxième est numérique.
Tandis que la méthode CHISQUARE est requise pour des tests entre deux variables
dichotomiques. Ces deux techniques vont nous permettre de sélectionner des variables
significatives à incorporer dans les modèles, tel que le conçoit l'élaboration d'un modèle de
prédiction utilisant la technique de régression logistique. Avant de faire cette régression, le test
de corrélation nous permet de départager des variables liées.

3.4.2 Le test de corrélation


Le test de corrélation utilisé dans cette étude est celui de PEARSON. La valeur du test de
PEARSON nous permet de connaître le degré de corrélation entre des variables. Lorsque nous
observons une très forte corrélation entre des variables, seule celle ayant le plus grand nombre
d'observations est retenue pour la réalisation des tests multivariés: la régression logistique.

3.4.3 La régression logistique


La technique statistique qui va nous permettre de réaliser nos modèles est la régression
logistique (procédure ''forward''). C'est une technique économétrique avec une variable
dépendante dichotomique qui, dans le contexte d'évaluation du risque de crédit prend la valeur
zéro si l'entreprise est un mauvais risque et 1 dans le cas contraire. Ce type de régression permet

39
de déterminer la probabilité qu'une entreprise soit classée dans le groupe d'entreprises à bon
risque ou dans celui des mauvais risques.

La fonction logistique se présente comme suit:

où Yi = L BjXji = BXi
Xi est le vecteur des prédicteurs (variables indépendantes),
B est le vecteur des paramètres de la régression logistique,
P est la probabilité d'être un bon risque pour un Xi et un B donné.

Plusieurs chercheurs ont utilisé la régression logistique pour déterminer leurs modèles
d'évaluation du risque de crédit: Zavgren (1985), Hopwood et al. (1988), Gilbert et al., (1990),
Lussier (2001), Platt et Platt (2002). La méthode de régression logistique permet, en particulier,
de juger de la pertinence statistique de chaque indicateur et d'éviter les deux principales
hypothèses (normalité, égalité de la matrice variance-covariance) requises par l'analyse
discriminante multivariée (Marois, 1995). L'analyse logistique donne un poids aux variables
indépendantes et un pointage (score) Z pour chaque firme (Marois, 1995).

Dans le cadre de l'évaluation du risque de crédit, par rapport à l'analyse discriminante,


cette méthode donne une idée plus adéquate du risque que représente une entreprise (Zavgren,
1985 ; Gilbert et al., 1990; Twarabimenye, 1995). Cette technique laisse donc moins de place aux
erreurs d'interprétation et à la rationalité limitée du décideur (Marois, 1995). Enfin, la technique
indique le degré de risque d'un prêt, et non seulement une classification en terme de probabilité
de faillite. Or, comme l'affirme Taffler (1984, cité par Marois, 1995), il est beaucoup plus
important pour un officier de prêt d'estimer le degré de risque et les difficultés éventuelles que de
chercher à estimer le résultat fmal d'un prêt. L'apport principal de cette méthode est qu'elle fait
ressortir la différence entre les variables permettant de distinguer une firme en détresse d'une
firme saine, et les critères distinguant les deux types de firmes (Marois, 1995; Twarabimenye,
1995).

40
Cette méthode présente néanmoins deux limites d'après Jones (1987, cité par Marois,
1995). Premièrement, la nature curviligne du modèle rend l'interprétation du coefficient des
variables plus difficile que pour une pondération linéaire. Deuxièmement, le modèle est plus
difficile à ajuster pour les probabilités à priori que l'analyse discriminante multivariée. Ceci
implique que si l'on veut utiliser le modèle pour déterminer les probabilités conditionnelles sur
des nouvelles firmes, les probabilités conditionnelles calculées seront biaisées à moins que les
proportions des entreprises saines et défaillantes utilisées dans le modèle ne soient les mêmes que
dans la réalité (Marois, 1995).

41
CHAPITRE IV
RÉSULTATS ET ANALYSE

4.1 Description de l'échantillon de l'étude

Notre échantillon initial est composé de 222 entreprises. La sélection des entreprises en
croissance a réduit cet échantillon à l36 entreprises. Les entreprises ainsi retenues ont connu un
taux médian de croissance total de 22,4% avec un minimum de 7,52% et un maximum de
l38,10%. Les variables marge nette et indice de trésorerie ont été utilisées pour obtenir deux
sous-échantillons. Les firmes ayant une marge nette et un indice de trésorerie supérieurs à la
médiane (respectivement 0,861 et 0,113) de l'échantillon (n=l36) sont classées parmi les firmes
en bonne santé financière (68), tandis que celles ayant ces indicateurs financiers inférieurs à la
médiane sont classés parmi les entreprises présumées en mauvaise santé financière (68).

L'échantillon est composé d'entreprises dirigées par des entrepreneurs âgés entre 34 et 63
ans (médiane 46 ans), et qui sont majoritairement des hommes (92%).73% de ces propriétaires -
dirigeants ont fait des études collégiales ou universitaires. ils veulent conserver le contrôle de
leur entreprise, soit au moins 50% du capital-action dans 66% des cas. Environ 63% des
dirigeants ont participé à la création de la PME. Leur expérience à la tête de l'entreprise est
variable, allant de moins d'un an à 40 ans, avec une médiane à 12 ans. 51 % des ces propriétaires
ont une expérience de leur secteur d'activité. Ces entreprises ont été créées en moyenne en 1979,
les plus jeunes en 1998 et les plus anciennes en 1916.

La majorité des entrepreneurs de l'échantillon affirment être relativement satisfaits de


leurs relations avec l'institution financière qui leur a octroyé leur marge de crédit. Cela peut se
justifier par la durée de leur relation qui s'établit en moyenne à 12 ans :

-/ 77% des entrepreneurs affirment obtenir le financement demandé auprès de leur


institution, ne souffrant ainsi pas d'un rationnement de crédit ;
-/ 60% des entrepreneurs affirment que leur agent de crédit comprend leur
entreprise ;

42
../ 60% avouent qu'ils discutent des difficultés de leur entreprise avec leur agent de
crédit;
../ 90% des entrepreneurs affirment fournir à la banque toutes les informations
nécessaires ; et,
../ 94% répondent rapidement aux demandes d'information de leur agent de crédit.

Ces informations permettent d'analyser un échantillon composé d'entreprises qUI ne


semblent pas avoir des relations <<turbulentes» avec leur banquier, ce qui pourrait affecter les
résultats de notre modèle.

Les résultats du risque du prêteur versus le risque de gestion des PME constituent la
section suivante.

4.2 Le risque du prêteur versus risque de gestion des PME

4.2.1 Analyse de variance: le risque du prêteur versus risque de gestion des PME
Dans notre étude, le risque de gestion est divisé en trois sous groupes: les ressources
humaines, le système d'information et les outils de gestion et de planification. Ces différents
groupes ont été l'objet des tests statistiques.

4.2.1.1 Analyse de variance: le risque du prêteur versus risque de gestion lié aux ressources .
humaines des PME

Les variables associées au risque des ressources humaines ont été identifiées comme étant
la formation du personnel, la présence d'un syndicat de l'entreprise, les coûts cachés de la gestion
des ressources humaines: les nombres et le taux de départs volontaires, les relations de travail et
l'impact de l'employé clé, et enfin du taux de productivité des employés. Les résultats des tests
statistiques sont présentés dans le tableau ci-dessous.

43
Tableau 4.1: Analyse de variance: le risque du prêteur versus risque de gestion lié aux
ressources humaines des PME

Variable Risque du prêteur Test de Chi-carré


(moyenne ou médiane)
Bon Mauvais
1U
Formation du personnel 0.70 0.69a 0.19
Présence d'un syndicat 0.21 0.28a 0.90
Taux de départs volontaires des employés (%) 8.87 16.00a 0.13
Nombre de départs volontaires des cadres 0.49 0.50a 0.00
Nombre de départs volontaires des contremaîtres 0.24 0.42a 1.43
Qualité de relation de travail 0.98 0.94a 1.34
Présence d'un emplClyé clé en finance et comptabilité 0.87 097a 2.07**
Présence d'un employé clé en recherche et 0.86 0.85a 0.14
développement
Présence d'un employé clé en production 0.97 0.94a 0.81
Présence d'un employé clé en marketing! ventes 0.92 0.91a 0.18
Présence d'un employé clé en gestion des ressources 0.77 0.70a 0.69
humaines
Veille en Qestion des ressources humaines 5.38 5.58a 0.19
Productivité des employés ($) 10052.32 4057,53 5.13***
Productivité des contremaîtres ($) 226921.20 73518.90 4.61***
Productivité des cadres ($) 102365.87 37094,44 4.47***
*p<10%, **p< à 5%, ***p<1%

À la lecture de ce tableau, il ressort que les moyennes des firmes à bon risque et celles à
mauvais risque des variables formation du personnel, nombre de départs volontaires des cadres,
qualité de la relation de travail, présence d'un employé clé en recherche et développement,
production et marketing - ventes et la veille en gestion des ressources humaines sont presque
égales. Tandis que les médianes des firmes à bon risque sont supérieures au double de celles des
firmes à mauvais risque pour les variables de productivité des employés, des contremaîtres et des
cadres.

Lorsqu'on parcourt les résultats des tests de Chi-carré, il apparaît clairement que la
présence d'un syndicat et la formation du personnel ne sont pas significatives. En effet, la
formation du personnel est un élément qui est profitable à la PME à long terme (le risque de
défaut est à court terme), tandis que les grèves sont des phénomènes exceptionnels qui
surviennent seulement lors de la négociation des conventions collectives. Ainsi, dans une PME
ayant une convention collective renouvelable dans plus de cinq ans par exemple, la présence d'un
syndicat n'aura pas d'impact significatif sur les douze prochains mois (risque de défaut).

44
D'Arcimoles (1995) a trouvé que les coûts cachés de la gestion des ressources humaines
(départs volontaires et relations de travail) doivent être pris en compte lors de l'évaluation du
risque du prêteur. Cependant, dans notre étude, les analyses de variance entre le risque du prêteur
et ces deux variables indépendantes sont non significatives. De ce fait, ces variables ne seront pas
utilisées pour élaborer notre modèle final du risque du prêteur versus le risque global de gestion.
Toutefois, il apparaît que la présence d'un employé clé en finance et en comptabilité constitue un
élément significatif pour le risque du prêteur ou risque de défaut. Cela peut s'expliquer par le fait
que le remboursement du crédit passe par une gestion efficace des flux monétaires. Cette gestion
efficace ne peut s'effectuer que par la présence d'un expert ou spécialiste dans ces domaines:
comptabilité ou gestion financière.

Enfin, il apparaît que Zopounidis (1987) a eu raison d'utiliser le taux de productivité du


personnel dans son modèle d'évaluation du risque de crédit (Zopounidis,1995). Effectivement, les
variables taux de productivité des employés, cadres ou contremaîtres sont hautement
significatives. Ce qui est tout à fait logique car les profits réalisés par les PME en fin d'exercice
sont liés à la performance des ressources humaines. Il faut cependant noter que ces trois variables
sont très corrélées. La corrélation étant très significative, nous ne retiendrons que la variable taux
de productivité des employés totaux pour l'élaboration du modèle. Celle-ci tient compte de
l'ensemble des employés et le nombre d'observations est élevé par rapport aux deux autres
variables.

Le système d'information utilisé dans les PME constitue le deuxième élément du risque de
gestion à tester.

4.2.1.2 Analyse de variance: le risque du prêteur versus risque de gestion lié au système
d'information utilisé dans les PME

Dans ce groupe, il est question de la diffusion des informations stratégiques au sein de la


PME à savoir: la mission, les objectifs et tous les changements organisationnels, mais aussi des
technologies de l'information employées. Les résultats des tests univariés sont contenus dans le
tableau ci-dessous.

10 Les chiffres suivies de la lettre a sont des moyennes alors que celles n' ayant aucune lettre sont des médianes.

45
Tableau 4.2: Analyse de variance: le risque du prêteur versus risque de gestion lié aux
éléments du système d'information des PME

Variables Risque du prêteur Test de Chi-carré


.(mo enne)
Bon Mauvais
Diffusion de la mission 3,42 3,45a 0.30
Diffusion des objectifs 2,65 2,98a 1.48
Diffusion des changements organisationnels 3,35 3,22a 1.51
Présence d'un réseau intranet 0,60 0,54a 0.69
Présence d'un réseau internet ou extra net 0,81 0,78a 0.42
Présence de systèmes experts ou systèmes d'aide à la 0,03 0,11a 1.96**
décision
·p<10%, ··p<5%, ···p<1%

Il ressort de ce tableau que seule la présence de systèmes experts ou systèmes d'aide à la


décision est liée au risque de défaut. En effet, ce sont des outils qui vont aider le propriétaire-
dirigeant à prendre des décisions judicieuses en gestion, et par ce fait limiter le risque d'une
mauvaise utilisation des ressources financières. Par contre la diffusion de la mission, des
objectifs et des changements organisationnels sont non significatives. Nous pouvons expliquer ce
phénomène par l'élément temps. Le risque de défaut est pour une courte période alors que la
mission et les objectifs sont les éléments de la planification à long terme.

Les outils de gestion et de planification sont les derniers éléments du risque de gestion à
tester.

4.2.1.3 Analyse de variance: le risque du prêteur versus risque de gestion lié aux outils de
gestion et de planification utilisés dans les PME

Il s'agit de certains outils informatisés ou non, qui sont utilisés par l'entrepreneur pour une
bonne gestion de son entreprise. Les résultats des tests univariés concernant ces outils se trouvent
dans le tableau ci-dessous.

11 Les chiffres suivis de la lettre a sont des moyennes

46
Tableau 4.3: Analyse de variance: le risque du prêteur versus risque de gestion lié aux
outils de gestion et de planification des PME

Variable Risque du prêteur Test de Chi-carré


(m~enne)
Bon Mauvais
Présence d'états financiers vérifiés 0.45 0.63 2.07**
Préparation d'états financiers prévisionnels 0.76 0.88 1.68*
Présence de budQet de caisse 0.54 0.75 2.52**
Utilisation de budget de caisse informatisé 0.47 0.68 2.36**
Ëvaluation de la rentabilité des investissements 0.37 0.25 1.41
Utilisation d'un système de calcul du prix de revient 0.67 0.73 0.75
Planification de la production 0.63 0.62 0.16
Gestion des comptes clients 0.97 0.97 0.03
Gestion des comptes fournisseurs 0.95 0.94 0.22
Gestion des stocks 0.56 0.58 0.25
·p<10%, · · p<à 5% , ··· p<1%

Les variables gestion des comptes clients, gestion des comptes fournisseurs, gestion des
stocks et la planification ont des moyennes des finnes à bon risque presque similaires à celles des
entreprises à mauvais risque.

La présence de certains outils directement liés à la gestion et à la planification des


liquidités joue un rôle significatif sur le risque de crédit des PME. Il en est ainsi des états
financiers vérifiés qui constituent l'un des premiers éléments qu'exige la banque lors de
l'évaluation des dossiers de crédits 12 • La planification financière constitue aussi un élément non
négligeable lors de cette opération (Doferèta, 1995). Ainsi, nous remarquons que la préparation
des états financiers et des budgets de caisse sont très significatives. Il faut noter que le budget de
caisse pennet de connaître les encaissements et les décaissements de la finne et par ce fait la
capacité de rembourser les dettes. C'est cette dernière notion qui est importante pour le prêteur
(Thomas sin et Gagnon, 2000, Adelman et Marks, 2000, Marion, 2001). Le budget de caisse est
donc un élément important pour la gestion financière à court tenne et doit donc, de ce fait, être un
élément utile pour mesurer le risque de prêt.

Afm de garder uniquement les variables non corrélées pour tester le modèle, nous avons
voulu savoir s'il y avait une corrélation entre les variables «présence d'un budget de caisse» et

12 Beaver, 1967; Altman, 1968; Zollinger, 1972; Bilderbeek, 1977; Altman et Lavallée, 1981; Ko, 1982;
Grammatikos et Gloubos, 1984; Zavgren, 1985; Hopwood, Mckeown et Mutchler, 1988; Bardos, 1989; Gilbert,
Menon et Schwartz, 1990; Dorefeta, 1997; Zopounidis, 1987; Cooper, Gimeno-Gascon et Woo, 1994; Dimitras,
Zopounidis et Hurson, 1995; Twarembinye, 1995.

47
«préparation des budgets de caisse prévisionnel infonnatisé». Nous constatons que les deux
variables sont significativement corrélées. Nous allons prendre la variable présence d'un budget
de caisse qui a un nombre élevé d'observations pour effectuer des tests multivariés.

4.2.2 Le modèle de régression logistique - le risque du prêteur versus risque global de


gestion des PME
Nous avons retenu toutes les variables du risque de gestion qui ont été significatives lors
des tests univariés (cf. tableau 4.1, 4.2, 4.3). Il s'agit des variables suivantes: présence d'un
employé clé en comptabilité et en finance, présence d'états financiers vérifiés, taux de
productivité des employés, présence d'un budget de caisse, préparation des états fmanciers
prévisionnels, présence de systèmes experts ou systèmes d'aide à la décision. Toutes ces variables
ont été introduites dans un modèle de régression logistique. Les résultats statistiques sont
contenus dans le tableau 4.4 ci-dessous:

Tableau 4.4: Régression logistique: Analyse du maximum de vraisemblance des


estimateurs
Le risque du prêteur versus le risque de gestion des PME

Paramètres Estimation Ecart-type Chi - carré R" ajusté après


paramètre entrée variable
Constante
productivité
1.97
0.0001
0.96
0.00003
4.2**
9.4***
-
0.1790
Taux de des
employés
Présence de budQet de caisse -1.26 0.46 7.7*** 0.2411
Présence d'un employé clé en -1.72 0.85 4.1** 0.2931
finance et comptabilité
Présence d'états financiers -0.85 0.44 3.8* 0.3278
vérifiés
* p< 10%, ** p< 5%, *** p< 1%

Lors de l'analyse des paramètres du modèle par la méthode de maxImum de


vraisemblance, il apparaît que trois variables du risque de gestion sont significatives au seuil de
probabilité de 5%. li s'agit du taux de productivité des employés, la présence d'un budget de
caisse, d'un employé clé en finance et comptabilité et des états financiers vérifiés. Toutefois, le
R2 ajusté du modèle est de 0.3278 à la fin de la quatrième étape. Ce qui signifie que le modèle
n'explique pas 67.22%.

Toutefois, le modèle réussit à classer correctement 83.2% des observations, 54 finnes


ayant un bon risque versus 61 présentant un mauvais risque. Ce pourcentage de classement est

48
renforcé par le nombre élevé d'appariement entre les variables indépendantes et le risque du
prêteur de 3294 paires. Toutefois, la capacité de prédire qu'une firme est un bon ou mauvais
risque pour le prêteur est de 0.833 pour le test de c, de 0.66 pour le test D de Somers, 0.667 pour
le test de gamma et, enfin de 0.334 pour le test Tau-a. Nous remarquons que dans l'ensemble la
capacité prédictive des variables du modèle est moyenne.

Le modèle ainsi retenu contient deux variables (présence d'un employé clé en fmance et le
taux de productivité des employés) de la gestion des ressources humaines et deux variables
(présence de budget de caisse et d'états fmanciers vérifiés) des outils de gestion et de
planification significatifs. Cependant, nous ne pouvons pas affirmer que ce dernier élément est
négligeable mais que les variables de notre étude ne nous ont pas permis de déceler l'impact de
celui-ci sur la variable dépendante (risque du prêteur).

Le deuxième élément du risque total que nous allons tester est le risque commercial des
PME.

4.3 Le risque du prêteur versus risque commercial des PME

4.3.1 Analyse de variance: le risque du prêteur versus éléments du risque commercial


des PME
Nous avons défini, sous le volet risque commercial: dépendance commerciale, les
activités de veille commerciale, la répartition géographique des ventes, la satisfaction de la
clientèle, la collaboration avec d'autres entreprises ou organismes, la prospection des clients et
enfin, la diversité des fournisseurs. Les résultats des tests statistiques sont contenus dans le
tableau ci-dessous.

49
Tableau 4.5: Analyse de variance: le risque du prêteur versus éléments du risque
commercial des PME

Variables Risque du prêteur Test de Chi-carré


(moyenne)
Bon Mauvais
Produit commercialisé sous marque maison 0.57 0.59 0.17
Ventes hors Québec 39.38 36.87 0.61
Exportation hors Canada 24.14 22.40 0.19
Collaboration d'affaires en marketing et ventes 0.40 0.41 0.17
Importance étude du marché tous les clients 3.25 3.31 0.69
Situation du marché et son impact sur l'entreprise 0.59 0.65 0.74
Taux de succès des commandes par soumission 0.26 0.11 1.70*
Dépendance commerciale (% trois clients >50) 0.29 0.34 0.68
Proportion des ventes à crédit 94 .63 94.88 1.39
Procédure d'analyse de la qualité de paiement 0.92 0.92 0.00
Veille commerciale 8.52 8.60 0.02
Sous-traitance d'une ~artie de la production de la PME 13.54 16.61 1.76*
% des achats des trois principaux foumisseurs 48.88 43.88 1.30
Utilisation de l'escompte foumisseur 0.43 0.20 2.85**
Difficulté à remplacer le foumisseur principal 0.17 0.32 1.22
Qualité des relations avec foumisseurs 1 1 0.00
*p<10%, **p<5%, ***p<1%

Nous remarquons qu'à l'exception de la sous-traitance d'une partie de la production,


l'utilisation de l'escompte fournisseur, et la difficulté à remplacer le fournisseur principal, les
moyennes des firmes à bon risque et celles à mauvais risque sont à peu près les mêmes.

Il ressort aussi de ce tableau que la variable <<produit commercialisé sous une marque
maison» n'a pas d'impact sur le risque du prêteur; pourtant ceci constitue un élément important
de l' actif intangible d'une entreprise. Nous notons aussi que la répartition géographique des
ventes n'est pas significative pour le risque du prêteur. Pourtant le fait de vendre hors de son pays
entraîne des ajustements, au niveau monétaire, des systèmes de paiement qui sont souvent
différents. Il en est de même pour le taux de succès des commandes par soumission qui est non
significatif.

Dans cette étude, il apparaît que la variable situation du marché et son impact sur
l'entreprise est non significative pour le risque du prêteur. Les entreprises de notre échantillon
font de la sous-traitance pour d'autres entreprises et sous-traitent aussi une partie de leur
production. D'après les tests statistiques, la sous-traitance pour d'autres entreprises est
significative mais ce résultat doit être nuancé vu le nombre de données manquantes (supérieures

50
à 40%). Cela peut s'expliquer par le fait que la production sous-traitée est planifiée d'avance par
le donneur d'ordres d'où un éventuel paiement. Cependant, lorsque l'entreprise sous-traite une
partie de sa production, il y a un risque de retards de livraison. Les retards de livraison en cas de
rupture de stocks dans l'entreprise peuvent occasionner des gels momentanés de rentrées d'argent
et, par ce fait empêcher le remboursement de crédit. Les variables veille et dépendance
commerciales sont non significatives pour le risque du prêteur.

Enfin, nous constatons que l'utilisation de l'escompte fournisseur est significative. Ce qui
est logique car cela permet à l'entreprise de réduire les sorties d'argent même si les sommes
retenues peuvent être mineures. Mais au delà de cet aspect, l'utilisation de l'escompte fournisseur
est un indicateur de l'efficacité de la gestion de l'entreprise. Par ce fait, cet élément devrait être
pris en compte lors de l'examen du risque du prêteur.

Après avoir analysé toutes les composantes du risque commercial, nous allons maintenant
passer à l'élaboration d'un modèle du risque du prêteur versus risque commercial des PME.

4.3.2 Le modèle de régression logistique: le risque du prêteur versus risque commercial


des PME
Les variables du risque commercial significatives ont été retenues dans le modèle à
l'exception des variables taux de succès des commandes par soumission et la sous-traitance d'une
partie de la production de la PME. Ces deux dernières variables ont été rejetées à cause d'un
nombre élevé des données manquantes, respectivement 36% et 48%. En effet, dans la régression
logistique, les variables qui présentent un trop grand nombre de données manquantes, soit plus de
25% doivent être éliminées. Les données manquantes d'une variable mettent en cause sa
pertinence: d'une part on peut fortement questionner sa validité et, d'autre part, on peut douter de
son utilité au plan pratique, de son accessibilité comme indicateur. TI nous reste comme seule
variable significative au seuil de probabilité de 10%, l'utilisation de l'escompte fournisseur ayant
98.5% des observations. Dans le cas du risque commercial, nous avons effectué une régression
logistique simple. Les résultats statistiques sont contenus dans le tableau ci-dessous.

51
Tableau 4.6: Régression logistique: Analyse du maximum de vraisemblance des
estimateurs
Le risque du prêteur versus risque commercial PME

Estimation des R" ajusté après entrée


Paramètre Écart-type Chi-carré
paramètres variable
Constante -0.31 0.21 2.11 -
Utilisation de l'escompte 1.11 0.39 0.39"** 0.08
fournisseur
* p< 10%, ** p<5%, ***p<1%

L'analyse du paramètre utilisation de l'escompte fournisseur par la méthode du maximum


de vraisemblance montre que cette variable est significative au seuil de probabilité de 1%.
Toutefois, le R2 ajusté du modèle est de 0.08. Ce qui implique que le modèle n'explique même
pas 10% de la variation.

De plus, le modèle réussit à classer correctement 34.2% des observations malgré un


appariement élevé entre la variable dépendante et la variable indépendante, 68 entreprises à bon
risque versus 66 entreprises à mauvais risque. Dans le même ordre d'idées le modèle peut prédire
que les PME de l'échantillon présentent un bon ou mauvais risque pour le prêteur à 0.615 pour le
test c et 0.50 pour le test de Gamma, tandis que les tests D de Somers et Tau-a respectivement de
0.23 et 0.12 sont faibles. Ce qui confère à la variable du modèle une capacité prédictive très
moyenne.

Le risque technologique est le prochain élément du risque total des PME que nous allons
tester.

4.4 Le risque du prêteur versus risque technologique des PME

4.4.1 Analyse de variance: le risque du prêteur versus les éléments du risque


technologique des PME
Les composantes du risque technologique identifiées dans notre modèle sont: les activités
de veille technologique, la recherche et développement, la participation à des réseaux avec des
centres de recherche, l'âge des équipements de production, la politique d'investissement, les
certificats de qualité et les types d'équipements. Les résultats des tests univariés sont contenus
dans le tableau ci-dessous.

52
Tableau 4.7: Analyse de variance: le risque du prêteur versus les éléments du risque
technologique des PME

Variables Risque du prêteur Test de Chi-carré


(moyenne ou médiane)
Bon Mauvais
Degré d'utilisation des équipements de production 12.65 9.67 1.74*
Efficacité de la gestion de la production 72.80 80.62 3.68***
Amortissement cumulé équipement de production 460805.17 198122.00 2.19*
Amélioration de la flexibilité des équipements 0.60 0.42a 1.84*
Deqré de maîtrise manutention automatisée élevée 0.29 0.75a 2.05*
Changement technoloqiQue 3.34 3.32a 0.63
Valeur nette des équipements de production 680988.67 453839.50a 1.14
Présence d'un certificat de Qualité 0.75 1.00a 1.76*
Amélioration de la qualité des produits fabriqués 0.86 1.00a 1.61
Amélioration de la diminution des délais de livraison 0.79 1.00a 1.52
Veille technologique 7.20 7.50a 0.18
Collaboration avec donneur d'ordres, PME, centres de 1.15 1.00a 0.04
recherche
·p<10%. "p< 5%. "'p<1%

Nous constatons que les variables amortissement cumulé équipement de production et


valeur nette des équipements de production ont des médianes pour les firmes à bon risque
supérieures à celles des firmes ayant un mauvais risque.

L'efficacité de la gestion de la production est un élément significatif lors de l'évaluation


du risque du prêteur. Cela peut s'expliquer par le fait qu'une production bien gérée entraîne une
diminution des pertes dues au gaspillage des matières premières mais aussi de l'énergie, ce qui
mène ainsi à une rentabilité supérieure.

En ce qui concerne les équipements de production, il apparaît que leur degré d'utilisation
et le taux d'amortissement cumulé sont significatifs lors de 1'évaluation du risque de défaut. En
effet, plus les équipements sont intensément utilisés, plus ils sont rapidement amortis. La durée
de vie de ces équipements est ainsi raccourcie. On aboutit à court terme à l'achat de nouvelles
machines. Ce qui implique des sorties d'argent ou une négociation de nouveaux prêts pour la
PME. Toutefois, que ce soit des sorties d'argent (réduction des liquidités) ou une négociation de
nouveaux prêts (portion de la dette à long terme échéant avant un an), ces deux opérations auront
des impacts financiers importants sur la capacité de remboursement de l'entreprise à court terme,
la PME ayant déjà contracté des prêts antérieurs.

53
Nous notons que l'amélioration continue de la flexibilité des équipements de production et
une bonne maîtrise de la manutention automatisée sont des variables significatives. En effet, la
flexibilité des équipements de production va permettre à la PME manufacturière d'utiliser les
mêmes machines pour fabriquer des produits diversifiés. Alors qu'une bonne maîtrise de la
manutention automatisée permet à la PME de maximiser l'utilisation de la surface de l'entrepôt.
Dans notre étude, le changement technologique est non significatif. Ce dernier suppose en effet,
une source de sortie d'argent à court terme que l'entreprise va récupérer à long terme, ce qui ne
cadre pas avec les objectifs du court terme du risque du prêteur.

En matière de qualité, il apparaît que la détention d'une norme soit significativement


associée au risque du prêteur. En effet, le certificat de qualité procure une certaine visibilité
externe à la firme et rassure le client potentiel quant au processus de production de la PME.
Certains clients internationaux et de grande envergure utilisent d'ailleurs cet élément pour
sélectionner leurs fournisseurs, ce qui peut permettre à la PME de réduire le risque de crédit de
ses clients, ceux-ci ayant une certaine solidité financière. Par contre dans notre étude,
l'amélioration continue de la qualité apparaît non significative.

Enfin, les résultats statistiques sur le nsque technologique montrent que la veille
technologique, la collaboration en recherche et développement avec le donneur d'ordres, les
autres PME et les centres de recherches sont non significatives.

Après les tests univariés, les tests multivariés vont nous permettre d'élaborer un modèle
du risque du prêteur versus risque technologique des PME.

4.4.2 Le modèle de régression logistique: le risque du prêteur versus risque technologique


des PME
Compte tenu de l'impact des valeurs manquantes sur la pertinence d'une variable, nous
avons éliminé la variable degré de maîtrise manutention automatisée élevée (n=22) soit 16% des
observations. En effet, dans le cadre de cette étude, les variables à incorporer dans le modèle
doivent avoir moins de 25% de données manquantes. Les variables restantes significatives ont été
introduites dans une régression logistique. Il s'agit des variables: degré d'utilisation des
équipements de production, efficacité de gestion de la production, amortissement cumulé des

54
équipements de production, amélioration de la flexibilité des équipements et la présence d'un
certificat de qualité. Les résultats statistiques sont contenus dans le tableau ci-dessous:

Tableau 4.8: Régression logistique: Analyse du maximum de vraisemblance des


estimateurs
Le risque du prêteur versus risque technologique des PME

Estimation des R~ ajusté après entrée


Paramètre Écart - type Chi-carré
paramètres variable
Constante 9.50 2.65 12.83*** -
Efficacité de la gestion de la -0.12 0.03 12.84*** 0.27
production
* p< 10%, ** p< 5%, *** p< 1%

Seules 80 observations ont été utilisées pour élaborer le modèle soit 58,88% des éléments
de l'échantillon. Le modèle ne contient qu'une seule variable significative, soit l'efficacité de la
gestion de la production, qui est significative au seuil de 1%. Cette variable contribue à expliquer
27% de la variance de l'échantillon. Il faut noter que le modèle n'a pas retenu de variable ayant
trait à l'aspect technique du risque technologique: normes ou réglementation, qualité des
équipements.

Le modèle a réussi à classer correctement 75.6% des observations, 42 entreprises en


bonne santé financière et 38 entreprises en mauvaise santé financière, avec un appariement de
1596 paires entre le risque du prêteur et la variable indépendante. Toutefois, la variable du
modèle réussit à prédire que les firmes présentent un bon ou mauvais risque pour le prêteur à un
taux de 0.51 selon le test D de Somers et Gamma, 0.76 pour le test c et 0.26 pour le test de Tau-a.
La capacité prédictive de la variable du modèle est moyenne.

Le risque entrepreneurial est le quatrième élément du risque total des PME que nous
allons maintenant aborder.

55
4.5 Le risque du prêteur versus risque entrepreneurial des PME

4.5.1 Analyse de variance - le risque du prêteur versus les éléments du risque


entrepreneurial des PME
Dans le cadre de cette étude, le risque entrepreneurial de la PME est composé de
l'expérience et la formation académique de l'entrepreneur, le soutien apporté par le conseil
d'administration, les réseaux d'affaires, les institutions financières ou les cabinets de consultation,
mais aussi par la présence d'une relève. Les résultats des tests univariés sont contenus dans le
tableau ci-dessous.

Tableau 4.9: Analyse de variance: le risque du prêteur versus éléments du risque


entrepreneurial des PME

Variable Risque du prêteur Test du Chi-carré


(moyenne)
Bon Mauvais
Compréhension de la PME et de ses problèmes par l'agent de crédit 0.68 0.53 1.79*
(à cause de l'information foumie par entrepreneur)
Entrepreneur discute des difficultés de sa PME avec l'agent de 0.70 0.50 2.37**
crédit
Entrepreneur répond rapidement aux interrogations de l'agent de 0.98 0.90 2.13
crédit
Entrepreneur fournit toutes les informations à l'agent de crédit 0.92 0.88 0.78
Asymétrie d'information entre entrepreneur et banque 9.14 8.85 1.72*
Présence d'une relève pour le dirigeant 0.55 0.50 0.00
Présence d'un conseil d'administration 0.68 0.72 0.55
Collaboration d'affaires (renforce la compétence de l'entrepreneur) 0.09 0.04 1.03
Age de l'entrepreneur 46.12 45.17 0.77
Expérience dans le secteur d'activité (un élément de la compétence 0.46 0.53 0.85
de l'entrepreneur)
Années de direction à la tête de l'entreprise 13.49 10.41 2.07**
Expertise en gestion (administration. finance et comptabilité) 0.50 0.54 0.51
Source d'information : consultants 0.63 0.81 2.48**
Entrepreneur ayant participé à la création de la PME 0.62 0.63 0.17
Volonté de partager le contrôle 0.81 0.86 0.85
Formation de l'entrepreneur: collégiale ou universitaire 0.73 0.72 0.13
·p<10%. "p< 5%, " ' p<1%

56
Les résultats des tests univariés montrent que le comportement de l'entrepreneur vis à vis
de la banque et les relations entre les deux partenaires constituent un élément significatif lors de
l'évaluation du risque de défaut. Ainsi, il apparaît que l'agent de crédit ayant une bonne
compréhension de la PME et de ses problèmes (due à l'information fournie par l'entrepreneur)
constitue une variable très significative. Il en est de même lorsque l'entrepreneur discute des
problèmes de sa PME avec le banquier, et s'il répond rapidement à toutes les questions que se
pose le banquier. Dans cette optique, il est logique que la variable "asymétrie d'information entre
entrepreneurs et banquiers" soit significative. Ces résultats confirment ceux des études
antérieures (Singer, 1985; Apilado et Millington, 1992; Butler et Dukins, 1998; et St-Pierre,
1999) à savoir que la relation entre la banque et la PME est un élément réducteur du risque du
prêteur. La variable asymétrie d'information a été obtenue à partir d'une association de deux
variables: "compréhension de la PME par l'agent de crédit" et "entrepreneur discute des
difficultés de la PME avec l'agent de crédit"; c'est elle que nous allons utiliser lors de
l'élaboration des tests multivariés.

Contrairement aux résultats obtenus par Twambarenye (1995), nous constatons que la
relève est non significative. Toutefois, dans cette dernière étude, Twarembimenye (1995) fait
plutôt allusion à la planification de la relève, ce qui suppose l'optique du long terme alors que le
risque de défaut s'opère dans le court terme. Dans cette logique, il peut être acceptable que la
relève n'ait pas d'impact significatif dans le cadre de cette étude. Il en est de même pour le conseil
d'administration qui est aussi non significatif, dont la présence est similaire dans les deux groupes
d'entreprises.

L'âge, le genre, la formation collégiale ou universitaire et l'expérience du propriétaire-


dirigeant dans le secteur industriel et en gestion sont des variables non significatives dans le
cadre de cette étude contrairement aux résultats obtenus par Lussier en 1995 (expérience dans
l'industrie et en gestion ), et Cooper et al. en 1994 (genre: masculin). Par contre, le nombre
d'années de direction est une variable significative lors de l'évaluation du risque, ce qui confirme
les résultats de Dimitras et al. (1995) et Twambemenye (1995), variable présente dans leurs
modèles d'évaluation du risque (cf. annexe 1).

57
Par ailleurs, les entrepreneurs qui sollicitent des consultants pour certaines questions,
affichent un plus fort risque de crédit que les autres, contrairement à ce qui avait été observé par
Cooper et al. (1994). Les informations fournies par les consultants peuvent aider à combler un
certain déficit de compétences dans l'entreprise, ce qui serait perçu par les bailleurs de fonds
comme un risque de gestion que ne pourrait contrôler l'entreprise. Cependant, il ressort de notre
étude que les collaborations d'affaires (complètent la compétence du propriétaire-dirigeant)
constituent une variable non significative lors de l'évaluation du risque de prêt.

Enfin, la volonté de partager le contrôle de l'entreprise à plus de 50% est non


significative pour le risque du prêteur, ce qui peut s'expliquer par le fait que le rôle du banquier
dans l'entreprise, est de s'assurer du remboursement de son prêt et non de s'immiscer dans la
gestion de l'entreprise. Ce rôle est réservé aux investisseurs qui font des placements qui vont
rapporter dans le long terme.

Ayant ainsi identifié les variables significatives, nous allons procéder à l'élaboration du
modèle logistique.

4.5.2 Le modèle de régression logistique: le risque du prêteur versus risque


en trepreneurial
Nous avons pris les variables du risque entrepreneurial significatives et nous les avons
introduits dans une régression logistique. Il s'agit des variables suivantes: asymétrie d'information
entre entrepreneur et banquier, nombre d'années de direction, source d'information: consultants.
Les résultats statistiques sont contenus dans le tableau ci-dessous.

Tableau 4.10: Régression logistique: Analyse du maximum de vraisemblance des


estimateurs
Le risque du prêteur versus risque entrepreneurial des PME

Estimation des R" ajusté après


Paramètre Écart-type Chi-carré
paramètres entrée variable
Constante -0.60 0.340 3.15* -
Nombre d'années à la tête de 0.05 0.025 3.83** 0.04
l'entreprise (entrepreneur)
*p< 10%, **p< 5%, *** p< 1%

58
Le modèle ne contient qu'une seule variable, soit le nombre d'années d'expérience du
dirigeant à la tête de l'entreprise. L'analyse par la méthode de maximum de vraisemblance
2
montre que ce paramètre est significatif au seuil de probabilité de 5%. Toutefois, le R ajusté du
modèle est de 0.04, d'où moins de 96% de la variation reste inexpliquée par le modèle. Ce qui
suppose l'existence d'autres éléments dans la littérature pertinents lors de l'évaluation du risque
du prêteur.

Le modèle réussit à classer correctement 58.9% observations, 64 firmes à bon risque et 66


firmes ayant un mauvais risque avec un appariement élevé entre la variable indépendante et le
risque du prêteur de 4224 paires. Le modèle peut prédire que les firmes présentent un bon ou
mauvais risque pour le prêteur à 0.225 pour le test D de Somers, 0.236 pour le test de Gamma. Le
seul test statistique qui donne une valeur prédictive supérieure à 0.5 est le test c. Ce qui confère
au modèle une capacité prédictive faible.
1

D'après Reuber et Fischer (1999), le nombre d'années à la tête de l'entreprise


(entrepreneur) retenue par le modèle peut être prédictive de la performance de la firme et utilisée
comme critère d'évaluation des plans d'affaires ou des demandes de prêt. En effet, les auteurs ont
étudié certains types d'expérience à savoir le reflet de la durée, de la variété ou de la diversité de
l'expérience. Ils ont constaté, par exemple, que la durée de gestion, l'expérience dans l'industrie
et dans la petite entreprise peuvent être mesurées par le nombre d'années que le propriétaire -
dirigeant a passé comme gestionnaire, a travaillé dans une industrie particulière ou une PME.

Le dernier élément du risque du prêteur versus risque total de la PME est leur risque
financier.

4.6 Le risque du prêteur versus risque rmancier des PME

Le risque financier des PME sera mesuré à partir des trois types d'information suivantes:
l'endettement, la liquidité et la rentabilité. Il faut noter que les flux monétaires occupent une place
prépondérante lors de l'évaluation du risque de défaut. En effet, c'est sur ces flux que repose la

59
capacité de remboursement de l'entreprise. C'est pourquoi nous commencerons l'analyse du
risque financier par le risque dû aux liquidités de l'entreprise.

4.6.1 Le risque du prêteur versus risque fmancier lié aux liquidités des PME

4.6.1.1 Analyse de variance: le risque du prêteur versus éléments du risque fmancier lié
aux liquidités des PME

Dans le concept de liquidité, nous avons regroupé les familles des ratios de liquidité et de
solvabilité, mais aussi quelques ratios de gestion ou d'activité car nous pensons que ces derniers
ont un impact considérable sur les liquidités de l'entreprise. Enfin, nous avons incorporé dans le
concept de liquidité les flux monétaires. Le tableau ci-dessous contient les tests univariés des
variables du concept de liquidité.

Tableau 4.11: Analyse de variance: le risque du prêteur versus éléments du risque


financier lié aux liquidités des PME

Variable Risque du prêteur Test de Chi-carré


(médiane)
Bon Mauvais
AÇle moyen des comptes clients 32.00 40.65 2.39**
Délai de transformation des stocks 45.00 66.08 2.65***
Comptes fournisseurs! ventes 8.75 11.14 2.39**
Rotation de l'actif 1.81 1.84 0.34
Marge de sécurité 35.81 11.67 6.94***
Ratio de liquidités aux ventes 9.62 4.15 7.85***
Liquidités actuelles 4.00 3.00 6.42***
Fonds de roulement 740602.2 211703 4.44***
Ratio de fonds de roulement 1.89 1.25 7.51***
Ratio fonds de roulement/actif 26.68 13 5.46***
Flux monétaires de l'exploitation 329671 74051 .5 4.10***
Ratio flux monétaires! ventes 8 2.11 5.80***
Ratio flux monétaires! actif total 14 3.87 6.49***
.p< 10%, •• p<5%, ••• p<1%

Les comptes clients constituent le premier élément des états financiers que les institutions
financières utilisent comme garanties (75% d'après Thomassin et Gagnon, 2000) lors de l'octroi
des prêts aux entreprises. Les résultats statistiques confirment l'importance de cet élément. En
effet, l'âge moyen des comptes clients est très significatif. Après l'encaisse, les comptes clients
constituent le second poste le plus liquide des états financiers. Ils constituent la plus grande

60
source de rentrées de fonds pour l'entreprise. Ces fonds sont nécessaires pour le remboursement
du crédit et la survie de l'entreprise. Ainsi une entreprise ayant des mauvaises créances peut être
pénalisée lors de l'octroi du crédit.

Le deuxième actif à court terme le plus important chez les PME manufacturières est les
stocks, qui ont également une influence sur le risque de crédit. En effet, le délai de
transformation des stocks est très significatif. Les stocks constituent l'actif à court terme le moins
liquide après l'encaisse et les comptes clients. C'est pourquoi seulement 50% des stocks sont pris
en considération comme garanties lors de l'octroi des crédits (Thomassin et Gagnon, 2000).

Lorsque nous observons les résultats statistiques concernant les comptes fournisseurs,
nous remarquons que le ratio comptes fournisseurs/ventes est significatif. En effet, les entreprises
manufacturières doivent se procurer de la matière première pour pouvoir fabriquer leurs produits
finis . De plus, le cycle d'exploitation d'une entreprise débute toujours par l'achat de marchandises
(Thomas sin et Gagnon, 2000, Adelman et Marks, 2000; Marion 2001). Généralement ce cycle
d'exploitation est de courte durée équivalent à la durée du risque de défaut. C'est pourquoi tous
les éléments du cycle d'exploitation, en l'occurrence l'achat des marchandises (fournisseurs),
affectent significativement le risque du prêteur.

En ce qui concerne les variables liquidités et fonds de roulement, les tests univariés
montrent qu'elles sont toutes très significatives d'où leur présence dans les modèles d'évaluation
du risque de crédit 13 • Il faut noter que ces variables ont pour but d'évaluer la capacité qu'a une
entreprise à faire face à ses engagements à court terme. Les variables en valeur absolue que nous
avons utilisées à savoir le fonds de roulement et les liquidités actuelles sont très significatives et
peuvent servir à apprécier le risque de manière qualitative. Elles peuvent donc servir de critère
d'appréciation du risque de l'entreprise.

Enfin, les flux monétaires constituent le dernier élément du concept de liquidité. En effet,
la capacité de remboursement d'un crédit par une entreprise repose sur ses flux monétaires. Ces

13Beaver, 1967; Altman, 1968; Zollinger, 1972; Bilderbeek, 1977; Altman et Lavalée, 1981 ; Ko, 1982; Grarnrnatikos et G1oubos,
1984; Zavgren, 1985; Zopounidis, 1987; Hopwood, Mckeown et Mutchler, 1988; Bardos, 1989; Gilbert, Menon et Schwartz,
1990; Cooper, Gimeno-Gascon et Woo, 1994; Dimitras, Zopounidis et Hurson, 1995; Twarabimenye, 1995; Dorefeta, 1997.

61
flux doivent donc être considérés lors de l'évaluation du risque de crédit. Les résultats statistiques
de ces variables confinuent cette tendance car ils sont tous très significatifs.

Après les tests univariés des éléments du risque dû aux liquidités des PME, nous avons
procédé aux tests multivariés.

4.6.1.2 Modèle de régression logistique: risque du prêteur versus risque financier lié aux
liquidités des PME

Après avoir sélectionné les variables n'ayant aucun lien avec l'indice de trésorerie qui
nous a servi à séparer nos groupes d'entreprises, seules quatre variables très significatives ont été
introduites dans un modèle de régression logistique. li s'agit des variables suivantes: délai de
transfonuation des stocks, liquidités sur ventes, ratio des flux monétaires sur ventes, ratio des
flux monétaires sur actif. Les résultats statistiques sont contenus dans le tableau ci-dessous.

Tableau 4.12: Régression logistique: Analyse du maximum de vraisemblance des


estimateurs
Le risque du prêteur versus risque fmancier lié aux liquidités des PME

2
Estimation de R ajusté après entrée
Paramètre Écart-type Chi-carré
paramètres variable
Constante -5.34 1.30 16.82*** -
Ratio des liquidités sur ventes 0.96 0.19 24.4*** 0.56
Délai de transformation des -0.02 0.01 3.40* 0.61
stocks
Ratio flux monétaires sur -0.73 0.18 16.03*** 0.64
ventes
Ratio flux monétaires sur actif 0.34 0.09 13.26*** 0.73
*p < 10% ** P < 5% *** P < 1%

D'après l'analyse par la méthode de maximum de vraisemblance, les trois variables ratio
liquidités sur ventes, ratio flux monétaires sur ventes et ratio flux monétaires sur actif sont très
significatives au seuil de probabilité de 1%. Le R 2 ajusté du modèle est de 0.73 à l'entrée de la
dernière variable du modèle. li ne resterait donc que 27% de la variation inexpliquée par le
modèle.

62
Le modèle réussit à classer correctement 94.7% des observations, 68 entreprises ayant un
mauvais risque versus 67 entreprises à bon risque avec un appariement très élevé entre les
variables dépendante et indépendantes de 4556 paires. Le modèle peut prédire que les firmes de
l'échantillon constituent un bon ou mauvais risque pour le prêteur à 0.90 pour les tests D de
Somers et Gamma, 0.95 pour le test c et 0.45 pour le test Tau-a (il est très significatif lorsque sa
valeur est inférieure ou égale à 0.5). Ce qui confère au modèle une capacité prédictive très élevée.

Les ratios liquidités sur ventes, flux monétaires sur ventes et flux monétaires sur actif
cadrent avec le concept de liquidité développé au chapitre III de cette étude. En effet, dans ce
paragraphe nous avons souligné l'importance de l'autofinancement et du fonds de roulement pour
réduire le risque de crédit assumé par le prêteur. Le bénéfice net (profit) et l'amortissement
accroissent les liquidités de l'entreprise et ainsi peuvent contribuer au remboursement de la dette
bancaire. Le délai de transformation va renseigner le banquier à quel rythme les stocks (garantis)
peuvent devenir liquides et renflouer l'encaisse.

Le concept de rentabilité constitue le deuxième élément du risque financier que nous


allons analyser.

4.6.2 Risque du prêteur versus risque financier lié à la rentabilité des PME

4.6.2.1 Analyse de variance: le risque du prêteur versus éléments du risque financier lié à
la rentabilité des PME

Dans le concept de rentabilité, nous avons incorporé le bénéfice d'exploitation, la marge


brute, le rendement des actifs, le taux de rendement des fonds propres, la capitalisation versus
actif total et la valeur ajoutée. Les tests univariés de ces variables sont inclus dans le tableau ci-
dessous.

63
Tableau 4.13: Analyse de variance: le risque du prêteur versus éléments du risque
financier lié à la rentabilité des PME

Variable Risque du prêteur Test de Chi-carré


(moyenne)
Bon Mauvais
Bénéfice d'exploitation 533359.33 171720.17 3.75***
Marge brute 27.20 19.38 3.85***
Rendement de l'actif 19.27 7.78 8.20***
Taux de rendement des fonds propres 24.05 11.37 5.80***
Capitalisation sur actif total 50.25 27.49 7.17***
Valeur ajoutée 462467 122619.17 3.75***
* p< 10%, ** p< 5%, *** p< 1%

D'après les tests univariés, le bénéfice d'exploitation est significatif. Malgré que cette
variable soit exprimée en valeur absolue et non relative, elle peut servir de critère d'appréciation
du risque de l'entreprise. La marge brute est aussi très significative. Marion (2001) affirme que la
marge brute constitue l'indicateur pivot pour apprécier le niveau de sensibilité des résultats de
l'entreprise par rapport à ses marchés en amont et aval. Elle indique la vulnérabilité de
l'entreprise au regard des fluctuations des prix et des monnaies (Marion, 2001). Il doit y avoir une
concordance entre la dynamique d'évolution des prix de vente et d'achat des marchandises
(Marion, 2001). Plus l'écart est considérable entre les prix de vente et d'achat des marchandises,
plus après retrait des frais d'exploitation et impôts, la PME va espérer réaliser un profit. Ainsi,
après retrait des dividendes et autres charges financières, l'excédent du bénéfice net est inclus
dans les bénéfices non répartis (fonds disponibles pour la firme). Il est donc impératif que ces
variables soient prises en considération lors de l'évaluation du risque du prêteur.

La variable rendement de l'actif a été utilisée dans cette étude. Cette variable peut être
définie comme le produit de deux facteurs: la capacité de la compagnie de générer les revenus
qu'elle reçoit, connue sous le terme de marge nette, et sa capacité de maximiser les revenus des
ventes par une bonne utilisation des actifs (Adelman et Marks, 2001). D'après les tests univariés
de l'étude, le rendement de l'actif est très significatif et doit donc être intégré au model
d'évaluation du risque.

64
Nous avons également mesuré les effets des variables taux de rendement des fonds
propres et capitalisation versus actif total. Les tests statistiques montrent que ces variables sont
très significatives lors de l'évaluation du risque du prêteur.

Enfin dans le concept de rentabilité, nous terminerons par la valeur ajoutée. Cette variable
est très importante car elle peut servir à rémunérer les prêteurs (intérêts) (Marion, 2001).
D'ailleurs le test univarié significatif confirme l'importance de cette variable lors de l'évaluation
du risque de prêt.

Après les tests univariés, nous allons effectuer un test multivarié pour déterminer le
modèle du risque du prêteur versus risque dû à la rentabilité dans les PME.

4.6.2.2 Le modèle de régression logistique: le risque du prêteur versus risque fmancier lié
à la rentabilité des PME

Les variables significatives du risque de rentabilité n'ayant aucun lien avec le ratio de
marge nette (un des ratios qui nous a permis de séparer nos groupes de firmes) ont été
incorporées dans une régression logistique. Il s'agit du rendement de l'actif, du taux de rendement
des fonds propres, de la capitalisation sur l'actif total. Les résultats statistiques sont contenus
dans le tableau ci-dessous.

Tableau 4.14: Régression logistique: Analyse du maximum de vraisemblance des


estimateurs
Le risque du prêteur versus risque financier lié à la rentabilité des PME

Estimation 2
Ëcart- R ajusté après entrée
Paramètre des Chi-carré
type variable
paramètres
Constante -9.02 1.64 30.31*** -
Rendement de l'actif 0.36 0.08 20.95*** 0.67
Capitalisation versus actif total 0.12 0.03 15.07*** 0.78
*p< 10%, ** P < 5%, *** P <1 %

Le modèle contient deux variables (rendement de l'actif et capitalisation versus actif total)
très significatives qui expliquent 78% de la variance dans les observations.

65
Le modèle classe correctement 95.9% des observations, 68 entreprises à bon risque versus
68 entreprises ayant un mauvais risque avec un appariement très élevé entre le risque du prêteur
et les variables indépendantes de 4624 paires. Les variables du modèle peuvent prédire que les
fmues de l'échantillon présentent un bon ou mauvais risque pour le prêteur à 0.92 pour les tests
Somers'D et Gamma, 0.46 pour le test Tau-a et 0.96 pour le test c. La capacité prédictive des
variables du modèle est très élevée.

Les deux variables du modèle (rendement de l'actif et capitalisation versus actif total)
viennent confirmer le concept de rentabilité défini au chapitre Ill. Elles renseignent le banquier
sur la capacité de la PME à utiliser efficacement ses ressources et ainsi, sur celle à rencontrer ses
exigences fmancières.

L'endettement constitue le dernier élément du risque fmancier que nous allons analyser.

4.6.3 Le risque du prêteur versus risque fmancier lié à l'endettement des PME

4.6.3.1 Analyse de variance: le risque du prêteur versus éléments du risque financier lié à
l'endettement des PME

Dans le concept d'endettement, nous avons incorporé les ratios d'équilibre ou de structure
financière, mais aussi des variables en valeur absolue: l'emprunt bancaire, le montant de la marge
de crédit accordée à l'entreprise, la portion de la dette à long terme échéant dans un an, le passif à
long terme et le passif totaL Les résultats des tests univariés sont contenus dans le tableau ci-
dessous.

66
Tableau 4.15: Analyse de variance: le risque du prêteur versus éléments du risque
financier lié à l'endettement des PME

Variable Risque du prêteur Test de Chi-carré


(mo enne)
Bon Mauvais
Montant de la marge de crédit utilisée 66666.67 382500.00 4.23***
Emprunt bancaire 60546.17 305246.00 5.12***
Portion de la dette à long terme échéant dans l'année 81596.33 89546.00 0.34
Dette à long terme 388410.33 399993.33 0.00
Passif à long terme 408080.17 399993.33 0.00
Passif total 1374671.5 1620336.17 0.68
Ratio d'endettement à court terme bancaire 8.88 18.75 6.49***
Ratio d'endettement 53.89 75.03 7.17***
Ratio dette/fonds propres 1.24 2.85 5.46***
Couverture des intérêts 9.38 2.31 8.54***
* p< 10%, ** p< 5%, *** p< 1%

À la lumière de ces résultats, nous constatons que le montant de la marge de crédit utilisée
et l'emprunt bancaire sont très significatifs. En effet, la marge de crédit existante doit être
remboursée en une année. Ce remboursement va réduire les liquidités de l'entreprise disponibles
pour le paiement d'un futur prêt. Ces deux variables en valeur absolue peuvent donc être utilisées
pour apprécier le risque de l'entreprise. Par contre, les autres variables en valeur absolue, portion
de la dette à long terme échéant dans un an, dette à long terme, passif à long terme, passif total
sont non significatives.

Lorsque nous considérons les ratios de structure financière, le ratio d'endettement qui
nous indique dans quelle proportion le propriétaire-dirigeant a utilisé la dette pour financer les
acquisitions d'actifs est très significatif, de même que l'endettement à court terme. Thomassin et
Gagnon (2000); Adelman et Marks (2000) et Marion (2001) affirment que ce sont des mesures
du risque encouru par les créanciers. Ces deux variables doivent donc être prises en compte lors
de l'évaluation du risque du prêteur. Dans le même ordre d'idées nous constatons que le ratio de
couverture des intérêts est aussi très significatif pour le risque du prêteur. Il s'agit des frais
d'intérêts dus au financement par dettes. Ces ratios de financement se retrouvent dans la majorité
des modèles d'évaluation du risque de crédit que nous avons recensés 14 .

14 Altman, 1968; Zavgren, 1985; Zopounidis, 1987; Gilbert, Menon et Schwartz, 1990; Cooper, Gimeno-Gascon et Woo, 1994;
Dimitras, Zopounidis et Hurson, 1995; Twarabimenye, 1995; Dorefeta, 1997

67
Le ratio dette/fonds propres est statistiquement significatif pour le risque du prêteur. En
effet, la présence des capitaux propres est importante pour évaluer la situation fmancière d'une
entreprise. D'ailleurs Marion (2001) affirme que les capitaux propres doivent au minimum
représenter 40% de l'actif économique ( actif immobilisé + besoins en fonds de roulement) pour
que l'entreprise se trouve dans une situation financière confortable. Ainsi d'après ce dernier, une
entreprise ayant un endettement supérieur à 60% pourrait être très risquée pour le créancier. Les
capitaux propres étant ainsi importants, ils doivent être inclus dans le modèle d'évaluation du
risque du prêteur.

Après les tests univariés, les tests multivariés vont nous permettre d'élaborer le modèle du
risque du prêteur versus risque dû à l'endettement dans la PME.

4.6.3.2 Modèle de régression logistique: le risque du prêteur versus risque fmancier lié à
l'endettement des PME

Les variables ratio d'endettement et dette/ fonds propres ayant un même numérateur, nous
avons sélectionné le ratio d'endettement qui cadre le plus avec le concept d'endettement défmi au
chapitre III.

Les ratios restants significatifs ont été incorporés dans une régression logistique. Il s'agit
des variables suivantes: endettement à court terme bancaire et ratio de couverture des intérêts.
Les résultats des tests statistiques sont contenus dans le tableau ci-dessous.

Tableau 4.16: Régression logistique: Analyse du maximum de vraisemblance des


estimateurs
Le risque du prêteur versus risque financier lié à l'endettement des PME

Estimation
Ëcart- R2 ajusté après entrée
Paramètre des Chi-carré
type variable
paramètres
Constante 9.01 1.69 28.30*** -
Ratio d'endettement total -0.12 0.02 23.06*** 0.56
Ratio d'endettement à court terme -0.09 0.03 8.59*** 0.62
bancaire
*P< 10%, ** P< 5%, *** P < 1%

68
Le modèle contient deux variables significatives qui expliquent 62% de la variance des
observations.

Le modèle réussit à classer correctement 91.2% des observations, 68 entreprises à bon


risque et 68 entreprises ayant un mauvais risque avec un appariement très élevé entre le risque du
prêteur et les variables indépendantes de 4624 paires. La capacité prédictive du modèle est assez
élevée. Les tests D de Somers et Gamma ont une valeur de 0.83 alors que les tests Tau-a et c ont
des valeurs respectives de 0.42 et 0.92.

Les deux variables (endettement à court terme, ratio d'endettement) du modèle viennent
confirmer la notion d'endettement définie au chapitre III. Elles constituent une mesure de la
vulnérabilité financière de l'entreprise. Le recours plus ou moins intensif à la dette est dicté par la
nature des actifs, notamment leur caractère matériel ou immatériel, et plus fondamentalement
leur degré de spécificité (aptitude d'un actif à être interchangeable ou transférable, faculté à être
utilisé dans d'autres fonctions) (Marion, 2001). Le caractère immatériel ou la spécificité d'un actif
interdit toute prise de garantie gagée sur l'actif et contribue à l'élévation du risque des apporteurs
de capitaux tel que les banques (Marion, 2001).

Pour clore la partie traitant du risque financier, nous allons établir le modèle du risque du
prêteur versus risque financier des PME.

4.6.4 Modèle de régression logistique: le risque du prêteur versus risque financier des
PME

Les variables contenues dans les modèles de régression logistique des risques de liquidité
(liquidités sur les ventes, flux monétaires sur ventes, flux monétaires sur actif et délai de
transformation des stocks), rentabilité (rendement de l'actif, capitalisation sur actif total), et
endettement (ratio d'endettement à court terme bancaire et ratio d'endettement total) ont été
utilisées pour former le modèle du risque du prêteur versus risque financier des PME. Les
résultats statistiques sont contenus dans le tableau ci-dessous.

69
Tableau 4.17: Régression logistique: Analyse du maximum de vraisemblance des
estimateurs
Le risque du prêteur versus le risque financier des PME

Estimation des R" ajusté après


Paramètre Ëcart-type Chi-carré
paramètres entrée variable
Constante -13.72 3 21 .05*** -
Rendement de l'actif 0.43 0.11 16.45*** 0.67
Capitalisation sur actif total 0.12 0.04 8.67*** 0.79
Liquidités sur ventes 0.67 0.21 10.63*** 0.81
Flux monétaires sur ventes -0 .27 0.10 7.41 *** 0.85
* p< 10%, ** p< 5%, *** p < 1%

L'analyse par la méthode de mIDomum de vraisemblance montre que les variables


rendement de l'actif, capitalisation sur actif total, liquidités sur ventes et ratio flux monétaires sur
ventes qui sont toutes très significatives au seuil de probabilité de 1%. Le R 2 ajusté du modèle est
de 0.85 à l'entrée de la dernière variable (flux monétaires sur ventes).

Le modèle réussit à classer correctement 97.7% des observations, 68 entreprises à bon


risque versus 67 entreprises ayant un mauvais risque avec un appariement très élevé entre le
risque du prêteur et les variables indépendantes de 4556 paires. Le modèle permet de prédire que
les firmes de l'échantillon présentent un bon ou mauvais risque pour le prêteur à 0.95 et 0.96
pour les tests D de Somers et Gamma et 0.48 pour le test de Tau-a et 0.98 pour le test c. Les
variables du modèle ont une excellente capacité prédictive.

4.7 Modèle de régression logistique: le risque du prêteur versus risque global des PME

Les variables significatives contenues dans les modèles de régression logistique du risque
de gestion, commercial, technologique, entrepreneurial et financier ont été prélevées et utilisées
pour calculer le modèle du risque du prêteur versus le risque global des PME. TI s'agit de la
présence d'un employé clé en finance ou comptabilité, du taux de productivité du personnel, de
l'utilisation d'un budget de caisse, de l' utilisation de l'escompte fournisseur, de l'efficacité de
gestion de la production, du nombre d'années de direction, du ratio de liquidités aux ventes, du
rendement de l'actif, de la capitalisation à l'actif total et des flux monétaires aux ventes. Les
résultats statistiques sont contenus dans le tableau ci-dessous.

70
Tableau 4.18: Régression logistique: Analyse du maximum de vraisemblance des
estimateurs
Le risque du prêteur versus le risque global des PME

Estimation des R" ajusté après entrée


Paramètre Ëcart-type Chi-carré
paramètres variable
Constante -12.83 2.79 21.14*** -
Capitalisation sur actif total 0.14 0.04 11 .73*** 0.63
Rendement de l'actif 0.44 0.11 16.24*** 0.81
Nombre d'années à la tête de 0.13 0.05 5.93** 0.84
direction
* p< 10%, ** p<5%, *** p<l %

Le modèle du risque du prêteur versus le risque global des PME contient trois variables:
capitalisation sur actif total, rendement sur l'actif et nombre d'années de direction très
significatives (seuil inférieur à 5%). Le R2 ajusté du modèle est de 0.84.

Le modèle peut classer correctement à 97.8 des observations, 57 entreprises à bon risque
versus 59 entreprises ayant un mauvais risque avec un appariement très élevé entre le risque du
prêteur et les variables indépendantes de 3363 paires. De plus, les pourcentages de discordance et
de paires liées sont très faibles, ce qui suppose un classement de paires presque parfait. La
capacité prédictive (classement des firmes en bon ou mauvais risque pour le prêteur) du modèle
est excellente avec les tests D de Somers et Gamma ayant des valeurs supérieures de 0.96, tandis
que les tests Tau-a et c sont respectivement de 0.48 et 0.98. Plus le test de Tau-a se rapproche de
0,5, plus les variables du modèle ont une valeur prédictive excellente.

Il faut noter que ce modèle contient les éléments du risque entrepreneurial (nombre
d'années de direction) et de l'entreprise (deux ratios financiers), ce qui corrobore notre hypothèse
de recherche (cf. figure 3.1). Les ratios financiers (capitalisation/actif total et rendement de
l'actif) de ce modèle d'évaluation du risque correspondent au concept de rentabilité défini dans
notre cadre conceptuel et suivent la logique d'analyse financière: la notion de risque -
rendement. Le modèle de Dupont étendu à l'effet de levier défini dans le chapitre III de l'étude a
pour ratio de départ le rendement de l'actif. Mais lorsqu'on décompose ce même modèle, on se
retrouve entrain de toucher à tous les éléments de l'entreprise. Du côté financier on va prendre en
compte les ratios de liquidité, de structure d'endettement et les ratios de gestion (St-Pierre, 1999).

71
Ce .qui se traduit, sur le plan managérial, par la décomposition de la chaîne de valeur de
l'entreprise. Les éléments de la chaîne de valeur tel que définis par Porter (1999, cité par Jonhson
et Scholes, 2000) sont la logistique, la production, la commercialisation, les services, les achats,
le développement technologique, la gestion des ressources humaines et l'infrastructure. Ces
paramètres ont été analysés dans nos modèles d'évaluation du risque de gestion, commercial et
technologique, trois des cinq éléments de base de notre hypothèse. Ce qui nous permet d'affirmer
que les éléments du risque de l'entreprise de notre modèle de recherche peuvent s'expliquer par
les deux éléments de notre modèle global (rendement de l'actif et capitalisation sur actif total).

Cependant, il faut noter que le risque global de crédit des PME manufacturières se
décompose en risques entrepreneurial et de l'entreprise (cf. modèle de recherche). Dans notre
modèle global, l'élément du risque entrepreneurial qui ressort est le nombre d'années
d'expérience du propriétaire dirigeant à la tête de son entreprise. L'expérience est une des
sources de l'efficience d'une firme (Jonhson et Scholes, 2000). Selon ces auteurs, l'expérience
accumulée par une organisation permet la décroissance de ses coûts, d'où une augmentation de sa
rentabilité. Les concepts rentabilité (risque de l'entreprise) et efficience à travers l'expérience du
propriétaire-dirigeant (risque entrepreneur) sont donc des concepts interreliés et rehaussent ainsi
la cohésion de notre modèle global. Il ne faut pas oublier que l'entrepreneur est le moteur de la
PME. Cette expérience va lui permettre de créer un effet de levier à travers la gestion des
relations entre les différentes ressources et fonctions (correspondantes aux éléments du modèle
global: risque de gestion, technologique, commercial, financier et entrepreneurial) et résultant en
une performance élevée de sa firme (Jonhson et Scholes, 2000). Cette performance élevée,
synonyme de flux monétaires futurs pouvant servir au remboursement d'un prêt éventuellement
accordé par l'institution financière.

Il est important de souligner que la recherche des variables significatives pour


l'élaboration de notre modèle global, nous a permis de découvrir de nouvelles variables
(financières et non financières) qui ne figurent dans aucun des modèles d'évaluation du risque de
crédit recensés dans notre cadre conceptuel, entre autres la variable délai de transformation des
stocks, ce qui donne de nouvelles pistes de recherche très intéressantes en matière d'évaluation du

72
risque de crédit des entreprises en général et des petites et moyennes entreprises manufacturières
en particulier.

73
CONCLUSION

Malgré les mécanismes de contrôle (intérêts, garanties et bonne relation entre la PME et
la banque), le risque de défaut de paiement existe toujours lorsque les banques font des prêts aux
entreprises. Dans le cas de la PME, ce risque est accentué par des particularismes (le rôle
déterminant du propriétaire-dirigeant, le caractère familial de l'entreprise, le degré de maturité
financière) et des contraintes de fmancement (difficulté à engendrer des fonds propres,
production de l'information surtout fmancière, effet de réputation pour les jeunes PME et la
spécificité de leurs actifs). Pour essayer d'appréhender ce risque, les chercheurs ont développé
des modèles d'évaluation du risque de crédit.

Ces modèles d'évaluation du risque contiennent de l'information financière et non


financière. Toutefois, les chercheurs n'ont pas encore réussi à atteindre un consensus sur ces
modèles, à cause de la difficulté de construire un échantillon unique représentatif de l'ensemble
des PME, de la diversité des secteurs et des zones géographiques. C'est pourquoi dans cette
étude, nous avons évalué le risque de crédit des PME manufacturières en croissance au Québec
en utilisant le modèle du risque total. Ce modèle stipule que le risque des PME manufacturières
se subdivise en cinq grands groupes: les risques de gestion, commercial, technologique,
entrepreneurial et fmancier.

L'analyse de variance effectuée entre le risque du prêteur et les éléments du risque de


gestion des PME (ressources humaines, système d'information, outils de gestion et de
planification), suivie de 1'élaboration du modèle de régression logistique, nous amènent à
conclure que la présence d'un budget de caisse, d'un employé clé en comptabilité et en finance,
des états financiers vérifiés et la productivité des employés totaux constituent des éléments très
significatifs lors de l'évaluation du risque du prêteur.

Quand aux risques commercial, technologique et entrepreneurial, l'analyse de variance


suivie de la régression logistique permettent d'affirmer que l'utilisation de l'escompte fournisseur,
l'efficacité de la gestion de la production et le nombre d'années de direction à la tête de

74
l'entreprise (entrepreneur) constituent respectivement des éléments à prendre en considération
lors de l'évaluation du risque du prêteur.

Le nsque financier a été décomposé en trois groupes (liquidités, rentabilité et


endettement). L'analyse de variance suivie de la régression logistique entre le risque du prêteur
versus risque financier lié aux liquidités des PME, nous révèlent que les trois variables ratio
liquidités sur ventes, ratio flux monétaires sur ventes et ratio flux monétaires sur actif sont très
significatives au seuil de signification habituels. Lorsque nous considérons le risque du prêteur
versus le risque [mancier lié à la rentabilité des PME, il ressort des mêmes tests statistiques que
le rendement de l'actif et la capitalisation versus actif total sont les deux éléments pertinents. En
ce qui concerne, le risque du prêteur versus le risque [mancier lié à l'endettement des PME, nous
constatons que le ratio d'endettement et l'endettement à court terme sont des éléments très
significatifs. Enfin, le modèle de régression logistique du risque du prêteur versus le risque
financier des PME (tous les éléments financiers pertinents cités ci-dessus y ont été inclus) ressort
que seules les variables rendement de l'actif, capitalisation sur actif total, liquidités sur ventes et
ratio flux monétaires sur ventes qui sont toutes très significatives au seuil de probabilité de 1%.

Le modèle global de régression logistique du risque du prêteur versus risque total des
PME a été obtenu en utilisant les variables significatives des modèles du risque du prêteur versus
risque de gestion, commercial, technologique, entrepreneurial et [mancier, après un minutieux
processus de sélection à partir d'analyses univarié et multivarié complémentaires (analyse de
variance et modèles de régression logistique de chaque élément du risque total). Le modèle
global obtenu contient trois variables significatives (seuil inférieur à 5%): capitalisation sur actif
total, rendement sur l'actif et nombre d'années du dirigeant à la tête de son entreprise. Ces trois
2
variables expliquent la quasi totalité de la variation observée dans l'échantillon avec un R ajusté
de 0.84. De plus, il classe presque parfaitement à un pourcentage de 97.8, 57 entreprises en
bonne santé financière versus 59 entreprises hypothétiquement en détresse financière. Enfin, les
tests de prédiction D de Somers et Gamma ont une valeur de 0.96 tandis que ceux de tau- a et c
sont 0.48 et 0.98 , ce qui confère aux variables du modèle une excellente capacité prédictive. De
plus, les résultats statistiques de notre étude nous permettent d'affIrmer que le risque global de

75
crédit des PME manufacturières est une intégration des risques entrepreneurial, commercial
technologique, financier et de gestion.

Toutefois, il faut souligner que la recherche des variables significatives pour l'élaboration
de notre modèle global, nous a permis de découvrir de nombreuses variables financières et non
financières (entre autres le délai de transformation des stocks et les flux monétaires sur ventes)
qui ne figurent pas parmi les modèles d'évaluation du risque de crédit recensés dans notre
conceptuel. Ce qui introduit de nouvelles pistes de recherche intéressantes dans le domaine de
l'évaluation du risque des entreprises en général et des petites et moyennes entreprises en
particulier.

Ainsi, comme avenues futures de recherche, d'autres éléments des risques entrepreneurial,
commercial, technologique et même financier recensés dans la réalité devront être diagnostiqués
dans la littérature et testés afm d'être incorporés dans les modèles, de même que les variables
significatives de l'étude qui avaient des données manquantes. Le nouveau modèle qui sera ainsi
obtenu devra être testé sur d'autres échantillons de petites et moyennes entreprises
manufacturières pour une validation interne, qui sera suivie d'une validation externe auprès des
institutions financières ou non qui offrent des prêts aux entreprises.

76
BIBLIOGRAPIDE

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92
ANNEXE!

MODÈLES D'ÉVALUATION DU RISQUE DE CRÉDIT BASÉS SUR L'INFORMATION


FINANCIÈRE

Auteur Modèle Variables Échantillon Résultats


Beaver Information capacité d'autofinancement /actif total; 79 entreprises le premier ratio
(1967) non disponible bénéfice neU actif total; dettes totales/ industrielles sur reclasse
actif total; fonds de roulemenU actif total; une longue correctement 87%
actif circulanUdettes à court terme. période allant de des entreprises un
1954 à 1964 an avant la
cessation de
paiement et 78%
cinq ans aUQélravant
Altman Z = 1.2X1 + X1 ratio du fonds de roulement sur l'actif 33 entreprises pouvoir discriminant
(1968) 1.4X2 + 3.3X3 total, X2 ratio du bénéfice non reparti sur défaillantes et 33 de ce modèle a été
+ 0.6X4 + l'actif total, X3 ratio du bénéfice avant entreprises en de 95%.
1.0X5 intérêt et impôt sur l'actif total, X4 ratio santé
de la valeur marchande de l'avoir des
actionnaires sur la valeur aux livres de la
dette à long terme, X5 ratio des ventes
sur l'actif total.
Zollinger Information 81 : évolution du chiffre d'affaires; 82 : Information non Information non
(1972) non disponible rentabilité= résultat d'exploitation/ disponible disponible
production; 83 : Autofinancement=
autofinancemenUchiffre d'affaires; 84 :
Couverture des besoins de financement
= fonds de roulemenUbesoins de
financement; 85 : solvabilité générale =
actif neUpassif; 86 : couverture des
dettes (où à l'inverse capacité
d'emprunt)= fonds propres/ dettes à
terme
Bilderbeek Z= 0,45- X1 = réserves/actif total, X2= valeur 38 entreprises classements stables
(1977) 5,03X1 - ajoutée/actif total, X3= comptes à défaillantes et 59 varient de 70 à
1,57X2 + payer/chiffre d'affaires, X4= chiffre entreprises saines 80%.
4,55X3 + d'affaires /actif total, X5= bénéfice (période 1950-
O,17X4 + neUcapitaux propres. 1970)
O,15X5
Altman et z= -1.626 + X1 ratio des ventes de l'actif total, X2 54 (50% en une marge d'erreur
Lavallée
(1981)
0.234X1 - ratio de la dette totale sur l'actif total , X3
ratio de l'actif circulanUdettes à court
faillite) entreprises de classification de
publiques 17%.
0.531X2 + terme, X4 ratio du bénéfice net sur la
dette totale, X5 différence entre le taux
1,002X3 +
de croissance de l'avoir et celui des
0.972X4 + actifs
0.612X5

Ko (1982) Z= O,868X1 + X1 = bénéfices avant intérêts et 41 entreprises précision de 90,8%


O,198X2 - impôts/chiffre d'affaires, X2= rotation des défaillantes et 41
un an avant la
O,048X3 + stocks 2 ans avanUdettes totales, X3= entreprises saines
0,436X4 + erreur standardisée du bénéfice net la période 1960- défaillance
O,115X5 (4ans), X4 = fonds de roulemenU dettes 1980
totales, X5= valeur du marché des
capitaux propres/ dettes totales
Grammatikos Z= -0,863- X 1= actif circulanUactif total, X2= fonds 29 entreprises 91%,78% et 70%
et Gloubos 2,461X1 + de roulement neU actif total, X3 = défaillantes/29 de bons
(1984) 5,330X2 - stocks/fonds de roulement net, X4= entreprises saines classements

93
Auteur Modèle Variables Échantillon Résultats
O,022X3 + comptes à payer/actif total, X5= comptes sur la période de respectivement 1, 2,
3,676X4 à payer/actif total, X6= marge brute/ actif 1977-1981 3 ans avant la
total. défaillance
Zavgren Information le ratio du bénéfice d'exploitation sur 45 entreprises marge d'erreur était
(1985) non disponible l'actif total, le ratio des ventes sur les défaillantes et 45 de 18%.
immobilisations, le ratio des stocks sur entreprises saines
les montants des ventes, le ratio de la (1972 à 1978)
dette totale sur l'actif total, le ratio de
capacité d'autofinancement sur l'actif
total
Hopwood, Information le ratio du bénéfice d'exploitation sur 576 entreprises Information non
Mckeown et non disponible fonds propres, ratio de l'actif à court américaines (50% disponible
Mutchler terme sur l'actif total, le ratio des défaillantes
(1988) liquidités sur l'actif total, le ratio de la
dette totale sur les fonds propres, le ratio
des stocks sur fonds propres
Bardos 100B= - R 1= frais financiers/résultat économique les PME du Bons classements
(1989) O,766R1 + brut + produits et charges hors bâtiment et génie
de 68 à 72,6% des
12,307R2 - exploitation, R2= résultats économique civil et agricole
6,609R3- brut/production HT, R3= frais pour la période PME, mauvais
8,695R4- financiers/endettement moyen, R4= allant de 1976 à
classements entre
4,092R5- concours bancaires de 1984
1,933R6 + trésorerie/production HT, R5= provisions 22 et 24%, reste
215,333 du bilan/ ressources propres et R6=
(cas incertain).
dettes diverses d'exploitation/ production
HT
Gilbert, Pr (Y) = 1/[1 + 1- liquidité/actifs totaux, 2- liquidités des Information non Le modèle a pu
Menon et expi-(a+ opérations/passif à court terme, 3- disponible classer les firmes en
Schwartz PX)~] liquidité des opérations/ actifs totaux, 4- voie de faillite à
(1990) liquidités provenant des opérations/ 70,8%.
passif total, 5- actifs à court terme/ passif
à court terme, 6- actifs à court terme/
actifs totaux, a- revenus avant taxes et
intérêt/actifs totaux, b- capitaux
propres/dette totale, 7- capitaux
propres/passif total, 8- profit net/actifs
totaux, c- capitaux retenus/actifs totaux,
9- ventes/actifs à court
Doferèta Z =-2.65 + X1= revenu mensuel, X2 = actif liquide, 40 travailleurs 87.5% des
(1997) 0.59(X1) + X3= ratio d'endettement (ATD), X4 est la autonomes
emprunteurs, taux
0.75 (X2) + valeur nette canadiens (32,5%
0.47 (X3) + de mauvais d'erreur de 12.5%.
0.65(X4) payeurs et 67,5%
de bonspayeurs)
Sources: Les modèles ont été recensés dans les articles mais aussi dans les documents suivants:
Zopounidis (1995), Doferèta (1997), Twarabimenye (1995), Marois (1995).

94
ANNEXE 2

MODÈLES D'ÉVALUATION DU RISQUE DE CRÉDIT BASÉS SUR L'INFORMATION


NON FINANCIÈRE

Auteurs Modèle et variables de l'étude


Keaseyet 18 questions: l'âge de la compagnie, le nombre de directeurs courants, y a-t-il eu de
Watson nouveaux directeurs sur une période de trois ans, y a-t-il un directeur qui a quitté la compagnie
(1987) ces trois dernières années? Le nombre de non - directeurs actionnaires, y a-t-il eu de nouveau
partage des dividendes? Y a-t-il eu des changements d'auditeurs ces trois dernières années?
La compagnie a-t-elle eu un rapport d'audit qualifié ces deux dernières années? La compagnie
a-t-elle eu reçu un rapport d'audit qualifié cette année en cours? La compagnie a-t-elle reçu
une qualification de continuité d'exploitation? Y a-t-il parmi les actifs, certains qui servent de
garanties pour les dettes contractées par les entreprises? Y a-t-il des dettes bancaires avec
garanties sur les actifs de la compagnie? Le nombre d'audits moyens en retard (en mois) sur
la période de trois ans? Le nombre de soumission en retard (en mois), sur la période de trois
ans? Le retard moyen (en mois) entre la signature de l'auditeur et la soumission . Les audits
finaux annuels en retards (en mois). Retards en mois des soumission finales annuelles.
Retards annuels finaux (en mois) entre la signature de l'auditeur et la soumission.

Lussier 5 (succès) IF (faillite) = f (capital, tenue des comptes et contrôle financier, expérience dans
(1995) l'industrie, expérience en management, plan d'affaire, consultants professionnels, formation du
propriétaire, équipe dirigeante, le temps de vie du produit/service, récession ou expansion, âge
du propriétaire, nombre de ses partenaires, enfant de parents entrepreneurs, nombre des
actionnaires et les connaissances en marketing).

Modèle • histoire de paiement : paiement des factures (à temps, tard, régulièrement, etc ... )
Fair Isaac • crédit :quels sont les montants alloué et utilisé
par • histoire de crédit
Wardrope • renseignements sur les anciens crédits : nombre de comptes ouverts
(2000) • types de crédit
Sources : Keasey et Watson (1987), Lussier (1995a), Wardrope (2000)

95
ANNEXE 3

MODÈLES D'ÉVALUATION DU RISQUE DE CRÉDIT BASÉS SUR L'INFORMATION


FINANCIÈRE ET NON FINANCIÈRE

Auteurs Variables des modèles


Zopounldls (1987) 12 critères pour évaluer le risque de crédit:
*crltères financiers: progression du chiffre d'affaires par rapport à la progression du taux
d'inflation, progression de la valeur ajoutée par rapport à la progression du chiffre d'affaires,
progression du taux de productivité du personnel (valeur ajoutée/effectif) versus progression du
coût par salarié (frais de personnel/effectif), crédit foumisseur en jours, résultat disponible
*critères stratégiques: qualité du management, effort en recherche et développement, niveau
de diversification, tendance du marché, position du marché, sorties possibles, développement
international, parts du marché détenues.

Cooper, Gimeno- *Trois variables dépendantes (firmes survivantes, survivantes sans croissance et survivantes
Gascon et Woo avec croissance supérieure à 50%).
(1994)
*Variables indépendantes: éducation de l'entrepreneur (entrepreneur ayant au moins un diplôme
de baccalauréat), genre (mâle), race entrepreneur n'est pas une minorité, parents (entrepreneur
est fils d'entrepreneur), non-profit (avant de se lancer en affaires, l'entrepreneur a travaillé pour
un organisme à but non lucratif ou pas main d'œuvre), niveau de gestion élevé avant de se partir
en affaire: superviseur des gestionnaires, index d'utilisation des conseillers professionnels,
nombre des partenaires à temps plein, index de similarité avec les entreprises du même secteur,
quantité totale du capital investi pour les premières ventes, entreprise de service ou de
production
Dlmltras, "Trois variables dépendantes: entreprises défaillantes, risquées et saines
Zopounidis et *Sept critères d'évaluation (variables indépendantes) :
Hurson (1995) X1 est le ratio excédent brut d'exploitation/ total de l'actif, X2 est le ratio bénéfice net/ capitaux
propres, X3 est le ratio dettes totales/ total de l'actif, X4 est le ratio charges financières/ chiffre
d'affaire, X5 est le ratio frais administratifs et généraux! chiffre d'affaires, X6 constitue
l'expérience de l'équipe dirigeante, X7 est la position sur le marché

Twarablmenye 12 critères pour évaluer le risque de crédit:


(1995) critères macro-économique : tendance de l'indice composite de Statistique - Canada,
tendance du PIS provincial
critères industrie: bêta de l'industrie, rendement anticipé de l'industrie
critère dimension financière: niveau de rentabilité, niveau d'endettement, productivité des
actifs, niveau de fonds de roulement
critère qualité du management: niveau de qualification des dirigeants (niveau de scolarité et
d'expérience), la planification de la relève, niveau d'engagement des dirigeants
critère valeur des garanties: couverture totale du prêt (CT)

Modèle des « cinq ·caractère : occupation, stabilité de l'emploi, stabilité de résidence, antécédents de crédits,
C » (Doferèta, 1997) statut familial, responsabilités, honnêteté
"capacité :revenu, ratio d'endettement, âge, éducation, formation, type d'emploi, qualification,
expérience, habileté
"capital: valeur nette, nature des actifs, liquidité des actifs
"conditions: cycle économique, taux d'intérêts, compétition, niveau des taxes, relations de
travail, prise de contrôle
"collatéral: type d'emprunt, nature des garanties et valeur des garanties
LAPP *Iiquidity : actif circulant/dettes à court terme, actif circulant- stocks/dettes à court terme
(Zopounidis, 1995) *activity :volume du chiffre d'affaires, des achats, coût des produits vendus/stock moyen de
produits
*profitability : bénéfice net/chiffre d'affaires, bénéfice net/actif total
*potential : capacité des dirigeants, qualité des produits, garanties

96
CREDIT-MEN *trois types de facteurs: facteur personnel (compétence de l'équipe dirigeante et du personnel
(Levasseur et de l'entreprise avec pondération de 40%), facteur économique ( potentiel de croissance de la
Quintart , 1992 cités branche de l'entreprise avec pondération de 20%), facteur financier (situation financière relative
par Zopounidis; de la firme avec une pondération de 40%)
1995)
*cinq ratios financiers donnés par la formule suivante: NS= 25 rfl/RFl + 25 rf2/RF2 + 20 rf:JRF3
+ 20 rfJRF4 + 10 rfslRFs où rfl/RFl (actif circulant - stocks)/ dettes à court terme), rf2/RF2
(capitaux propres! dettes totales), rf:JRF3 (coût de revient des ventes/ stock moyen), rfJRF4
(ventes/ (clients + effets à recevoir + effets escomptés non échus), rfslRFs (capitaux propres /
valeurs immobilisées nettes)
Sources: Articles et documents suivants: Doferèta (1997), Twarabimenye (1995), Zopounidis
(1995), Marois (1995)

97
ANNEXE 4

VARIABLES INDÉPENDANTES NON FINANCIÈRES DE L'ÉTUDE

Variables non financières Explications


Formation du personnel • la formation: % dépenses de
Présence d'un syndicat formation : dépenses de
Taux de départs volontaires des employés formation / (total salaires)
Nombre de départs volontaires des cadres • La PME qui dépense au moins
Nombre de départs volontaires des contremaîtres 1% de la masse salariale en
Qualité de relation de travail formation est moins risquée
Présence d'un employé clé en finance et comptabilité • La PME qui n'a pas d'employés
Présence d'un employé clé en recherche et développement syndiqués est moins risquée
Présence d'un employé clé en production • Le taux de départs volontaires
Présence d'un employé clé en marketing/ventes des cadres et contremaîtres:
Présence d'un employé clé en oestion des ressources humaines total départs volontaires cadres
Productivité des employés et contremaître / effectif
Productivité des contremaîtres permanent
Productivité des cadres • La PME qui a un taux de départ
des cadres et contremaîtres
supérieur à la moyenne du
secteur industriel est risquée
• La productivité du personnel.
L'indicateur testé est le ratio
usuel: PVITE = Valeur ajoutée /
Effectif total
Progression du coût par salarié (frais
personnel/effectif
Diffusion de la mission • La PME qui communique à son
Diffusion des objectifs personnel, la mission et les
Diffusion des chanoements orQanisationnels objectifs stratégiques de
Présence d'un réseau intranet l'entreprise est moins risquée
Présence d'un réseau intemet ou extranet • La PME qui fait appel à son
Présence de systèmes experts ou systèmes d'aide à la décision personnel avant de mettre en
place des changements
technologiques et
organisationnels dans
l'entreprise est moins risquée
• La PME qui utilise des
technologies de l'information est
moins risquée

Présence d'états financiers vérifiés La PME qui utilise des outils de


Préparation d'états financiers prévisionnels gestion et de planification ( stocks,
Présence de budget de caisse comptes clients, budget, etc .. ) est
Utilisation de budgets de caisse informatisé moins risquée

Ëvaluation de la rentabilité des investissements


Calcul du prix de revient
Planification de la production
Gestion des comptes clients
Gestion des comptes foumisseurs
Gestion des stocks
Produits commercialisé sous marque maison La PME ayant des activités de veille
Ventes hors Québec commerciale est moins risquée
E~ortation hors Canada La PME ayant des marchés à
Collaboration d'affaires en marketing et ventes l'intérieur du Canada est moins
Importance étude du marché tous les clients

98
r

Variables non financières Explications


Situation du marché et son impact sur l'entreprise risquée
Taux de succès des ventes par soumission
La PME qui vise la satisfaction de la
Dépendance commerciale (% trois clients> 60)
clientèle est moins risquée
Proportion des ventes à crédit La PME qui fait partie d'un réseau
Procédure d'analyse de la qualité de paiement avec ses compétiteurs est moins
Veille commerciale risquée
Sous-traitance d'une partie de la production de la PME La PME qui fait la prospection de
% des achats des trois principaux fournisseurs nouveaux marchés est moins risquée
Utilisation de l'escomQte fournisseur La PME qui a une grande clientèle
Difficulté à remplacer le fournisseur principal est moins risquée
Qualité des relations avec fournisseurs La PME qui peut traiter avec
beaucoup de fournisseurs est moins
risquée

Degré d'utilisation des équipements de production La PME qui participe régulièrement à


Efficacité de la gestion de la production une veille technologique est moins
Amortissement cumulé équipement de production risquée
Amélioration de la flexibilité des équipements La PME qui fait de la recherche et
Degré de maîtrise manutention automatisée élevée développement est moins risquée
Changement technologique La PME qui est dans un réseau avec
Valeur nette des ~u~ements de production les centres de recherche est moins
Présence d'un certificat de Qualité risquée
Amélioration de la Qualité des produits fabriqués La PME qui dispose des
Amélioration de la diminution des délais de livraison équipements neufs ou n'ayant pas
encore été amortis de moitié est
Veille technologique
moins risquée
Collaboration avec donneur d'ordres, PME, centre de recherche
La PME qui est certifiée ISO ... est
moins risquée
La PME ayant un équipement
informatisé et programmable pour la
conception, la fabrication des
produits et la maintenance est moins
risquée
Compréhension de la PME et de ses problèmes par l'agent de crédit L'entrepreneur qui fournit de manière
(à cause de l'information fournie par l'entrepreneur) régulière à son agent de crédit des
Entrepreneur discute des difficultés de sa PME avec l'agent de crédit informations sur son entreprise et sur
Entrepreneur répond rapidement aux interrogations de l'agent de lui- même est moins risquée
crédit L'entrepreneur ayant préparé la
Entrepreneur fournit toutes les informations à l'agent de crédit relève, faisant partie d'un réseau de
Asymétrie d'information entre entrepreneur et banque collaborations d'affaires est moins
Présence d'une relève risqué
Présence d'un conseil d'administration L'entrepreneur ayant dans son
Collaboration d'affairesJrenforce la compétence de l'entrepreneur) entreprise un conseil d'administration
Age de l'entrepreneur 'o et qui fait appel aux consultants est
Expérience dans le secteur d'activité (un élément de la compétence moins risqué
de l'entrepreneur) L'entrepreneur ayant expérience
dans son secteur d'activité, à la
Années de direction à la tête de l'entreprise
direction de son entreprise, ayant
Expertise en gestion (administration, finance et comptabilité)
participé à la création de son
Source d'information : consultants entreprise est moins risqué
Entrepreneur ayant participé à la création de la PME
Volonté de partager le contrôle L'entrepreneur ayant la volonté de
Formation de l'entrepreneur : collégiale ou universitaire partager le contrôle, de formation
collégiale ou universitaire est moins
risqué

15 La variable âge nous permet de faire une description des entrepreneurs de notre échantillon et étant une étude
exploratoire, nous avons voulu savoir si l'âge avait un impact sur le risque entrepreneurial

99
ANNEXE 5

VARIABLES INDÉPENDANTES FINANCIÈRES DE L'ÉTUDE

Variables Explications des ratios


Age moyen des comptes clients CompJes clients! ventes Quotidiennes
Ratio stock/(ventes!365) stock/(ventes!365)
Délai de transformation des stocks Stocks! coût des marchandises vendues Quotidien
Délai de paiement des comptes foumisseurs Dette foumisseur! coût des marchandises vendues
Quotidien
Comptes clients! ventes Comptes clients! ventes
Comptes à recevoir! actifs Comptes à recevoir! actifs
Comptes foumisseurs! ventes Comptes foumisseurs! ventes
Rotation de l'actif (ventes! actif total)
Marge de sécurité (Encaisse + marge de crédit disponible)! Déboursés
Quotidiens totaux
Ratio de liquidités aux ventes (Bénéfice net + amortissement! ventes) * 100
liquidités actuelles liquidités - dettes à court terme
Fonds de roulement Actif à court terme - passif
Ratio de fonds de roulement Actif à court terme! passif à court terme
Ratio fonds de roulement sur actif (Actif à CT - Passif à CT)! Actif total
Flux monétaires de l'exploitation Bénéfice net+ amortissement annuel - variation des
postes C.T.
Ratio flux monétaires! ventes (FM! Ventes) * 100
Ratio flux monétaires! actif total (FM! Actif total)
Ratio de trésorerie [ (actif à court terme - stocks - frais payés d'avance)
! (passif à court terme)]
Bénéfice d'exploitation Bénéfice net + impôt reporté + frais financiers
Marge brute Bénéfice brut! ventes
Marge nette Bénéfice net! ventes
Rendement de l'actif Bénéfice d'exploitation! actif total
Taux de rendement des fonds propres Bénéfice net! avance des actionnaires+ bénéfices
non répartis + impôts reportés + capital action
Capitalisation sur actif total (BNR + capital action+ avance + impôt reporté)!actif
total *100
Ratio d'endettement à court terme bancaire Marge de crédit + portion de la dette LT 1an! actif
total *100
Ratio d'endettement total (passif total! actif total)
Ratio dette! fonds propres (passif total! avoir)
Ratio de couverture des intérêts (bénéfice avant intérêt et impôts! intérêts
Valeur ajoutée (VA) Ventes-coût marchandises vendues- FRVAD
Productivité apparente employés Valeur ajoutée! employés totaux
Productivité apparente des contremaîtres Valeur ajoutée! contremaîtres
La croissance moyenne des ventes CA (1) + CA (2) + CA (3)!3
Productivité des cadres Valeur ajoutée! cadre
Efficacité de la gestion de production Coût des marchandises vendues! ventes

100

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