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The Open Secret

Le secret révélé
Tony Parsons

La nature de la libération est précise, simple et aussi


naturelle que la respiration. Beaucoup la rencontreront et
retourneront rapidement à ce qu’ils pensent pouvoir savoir
et faire. Mais il y a ceux chez qui l’invitation fera sens
… leurs yeux s’ouvriront soudain et ils seront prêts à
abandonner toute recherche, même ce qu’ils qualifiaient
d’illumination.

Introduction
Alors que nous restons enfermés dans l’apparente expérience
d’être des personnes séparées vivant dans une existence
avec laquelle nous devons négocier, nous vivons dans un
état de rêve.

Dans cet état de rêve, tout ce que nous faisons est régi
par la loi des contraires dans laquelle chaque soi-disant
acte positif est de façon exacte et égale contrebalancé par
son opposé.

C’est pourquoi toutes nos tentatives individuelles pour


mener nos vies, pour atteindre la perfection ou une
libération personnelle, sont neutralisées.

Nous découvrons, par une réflexion et une compréhension


profondes, que tant que nous continuerons dans ce rêve nous
sommes, en réalité, en train de vivre dans un cercle
vicieux. Nous sommes sur une roue sur laquelle tout va
continuellement se répétant sans cesse dans des images aux
contextes différents. C’est la conscience qui se délecte
d’une création qui est à la fois contrainte et libérée. Et
malgré ce que nous croyons de notre individualité et de
notre liberté nous sommes conscients que nous ne sommes que
des personnages de rêve réagissant et répondant à partir
d’un ensemble de système de croyances conditionnées et
évolutives.

Toute religion classique, l’art et la science, dans un


monde que nous considérons comme évolutif, s’inscrivent
dans le cadre de paramètres de cet état parfaitement
équilibré et exactement neutre qui ne sert qu’à refléter
une autre éventualité. En termes de libération effective,
rien ne se produit. Ce que nous avons apparemment créé,
s’est apparemment détruit. Et ce que nous avons apparemment
détruit s’est apparemment recréé.

Nous éloignant de notre nature originelle et intemporelle


dans la conscience identifiée, nous avons créé cet état
afin de redécouvrir que le rêve que nous vivons n’a
absolument aucun autre but que notre réveil. Cet éveil se
manifeste en dehors du rêve, en dehors du temps, et est
complètement hors de portée de l’effort individuel,
parcours, transformation ou croyance.
Contexte
Quand j’étais très jeune, j’avais le sentiment d’être dans
un monde, en dehors du temps et de la nécessité de devoir
devenir ou faire quoi que ce soit … une unité non reconnue
qui m’a enveloppé simplement dans le merveilleux de ce qui
EST. Je pense que c’est la même chose pour la plupart des
enfants.

Un jour, tout cela a changé et je suis entré dans le monde


de la séparation et du besoin. J’ai découvert que j’avais
une mère et père séparés, un nom et un choix apparent de
faire ceci ou cela. J’ai pris ma place dans le monde du
temps et de l’espace, des frontières et des explorations,
de l’effort, de la manipulation et de la recherche du
plaisir et de l’évitement de la douleur.

J’en suis venu à faire miennes ces expériences et j’ai cru


qu’elles étaient ma façon naturelle d’être.

On m’a également enseigné et j’en suis venu à croire que si


je travaillais dur, me comportais bien et réussissais à
choisir ou maintenir un emploi, me marier, avoir des
enfants et veiller à ma santé, j’avais de bonnes chances
d’être heureux. J’ai fait tout cela avec beaucoup de
succès, et je me suis amusé par moments, mais j’ai aussi
reconnu que quelque chose d’intangible et de fondamental
semblait de manquer. Une sorte de secret.

J’ai donc décidé de chercher ce qui manquait à travers la


religion.

Encore une fois, on m’a dit que si je travaillais dur et


que j’appliquais à diverses disciplines, rituels et
purifications, je finirais par mériter « l’épanouissement
spirituel ». Encore une fois, je me suis complètement
impliqué dans ce qui me semblait approprié, mais quand même
je n’ai pas pu découvrir la raison de mon sentiment de
tristesse.

Un jour, presque par hasard, j’ai redécouvert le secret, ou


peut-être c’est lui qui m’a redécouvert.

Il est impossible d’expliquer ce qui s’est passé. La


description qui s’en rapproche le plus est celle d’être
submergé par un amour et une intelligence qui dépasse
absolument l’imagination.

La révélation qui a accompagné cette redécouverte a été si


simple et pourtant si révolutionnaire, qu’elle a balayé
d’un coup tout ce que j’avais appris ou en étais venu à
croire.

Une partie de cette prise de conscience était que


l’illumination est absolument au-delà de mes efforts pour
changer la façon de vivre, ou même de ne pas changer de vie
du tout. Il faut un changement total dans la prise de
conscience que « ce qui EST » est la vie.

Car je suis déjà ce que je cherche. Ce que je cherche ou


pense que je veux, quelle que soit la longueur de la liste
des courses, de tous mes désirs ne sont qu’un reflet de mon
désir de revenir à la maison. Et le foyer est l’UNITÉ, la
maison est ma nature originelle. C’est ici, tout simplement
dans ce qui EST. Je n’ai nulle part ailleurs où aller, et
je n’ai à devenir rien d’autre.

Depuis cette époque, j’ai embrassé et vécu cette révélation


– et l’ai évitée et rejetée.

Il est bien sûr impossible de communiquer en mots


l’inexprimable, et cette déclaration est donc ma tentative
d’exprimer ma compréhension de cette révélation. J’essaie
d’expliquer la façon dont mes croyances sur l’illumination,
le temps, la finalité et mon effort pour mon
accomplissement spirituel, peuvent directement interrompre
cette unité qui est continuellement et directement
disponible. Comment l’illusion de la séparation, la peur,
la culpabilité et l’abstraction peuvent me distraire de la
liberté qui inclut et transforme ces influences.

J’exprime aussi de la meilleure façon possible comment,


sans effort et naturellement, il s’agit de se laisser aller
et d’être ouvert à cette liberté.

Considérer ce travail comme une exhortation à mener une vie


méditative où « être ici maintenant », serait de passer
totalement à côté de l’essentiel.

Cette assertion parle d’un saut singulier et


révolutionnaire dans la perception de ce que nous sommes
vraiment. Il ne nécessite aucun embellissement ni aucune
longue explication et une fois réalisée ne laisse rien de
plus à gloser.

Par souci de clarté, les termes « illumination »,


libération, épanouissement, liberté, unité, etc, sont tous
considérés ici comme étant identiques à l’absolue
réalisation par chacun de ce qu’il est vraiment.

Nulle réalisation
Pour moi, la première réalisation de l’illumination, ou de
la nature de ce que je suis vraiment, n’est pas quelque
chose qui peut être exprimé. Ce qui s’est passé ne peut
même pas être appelé expérience, car l’expérimentateur
devait être absent pour qu’il émerge.

Cependant, ce qui a accompagné cet événement était une


réalisation d’une ampleur si simple et d’un contenu inédit
qu’il m’a laissé dans le trouble et totale solitude.

L’une des choses que je fus amené à voir est que


l’illumination ne devient disponible qu’une fois admis
qu’elle ne peut être réalisée.

Doctrines, transformations et voies de progrès qui


recherchent une illumination ne font qu’exacerber le
problème qu’elles abordent en renforçant l’idée que le moi
peut trouver quelque chose qu’il présume avoir perdu. C’est
cet effort même, cet investissement dans l’identité de soi
qui recrée continuellement l’illusion de la séparation
d’avec l’unité. C’est le voile que nous croyons exister.
C’est le rêve de l’individualité.

C’est comme quelqu’un qui s’imagine être dans un trou


profond dans la terre, et pour s’en sortir, creuse de plus
en plus profondément, en jetant la terre derrière lui et
dissimule la lumière qui est déjà là.

Le seul effet probable d’un effort extrême pour devenir ce


que je suis déjà, c’est qu’un jour je vais tomber au sol
épuisé et me laisser aller. Ce lâcher prise peut être une
autre possibilité. Mais la tentation d’éviter la liberté
par la sanctification de la lutte est très attrayante. La
lutte dans le temps n’invite pas à la libération.

La vie n’est pas une tâche. Il n’y a absolument rien à


atteindre, hormis réaliser qu’il n’y a absolument rien à
atteindre.

Aucune somme d’efforts ne pourra jamais persuader l’unité à


apparaître. Il suffit d’un saut dans la perception, une
vision différente, déjà inhérente mais non acquise.

Personne ne parvient à l’illumination


J’ai toujours cru que les gens devenaient réellement
éclairés, et que l’événement était comme si quelqu’un
gagnait le jackpot à une loterie nationale. Une fois le
prix gagné, le bénéficiaire serait par la suite garanti
d’un bonheur permanent, l’infaillibilité et la bonté
incorruptible.

Dans mon ignorance, je pensais que ces gens avaient obtenu


et possédé quelque chose qui les avait rendus spéciaux et
totalement différents de moi. Cette folle idée a renforcé
en moi la croyance que le fait d’être éclairé était
pratiquement impossible à obtenir, sauf pour quelques
personnes extraordinaires et élues. Ces idées fausses sont
nées d’une idée que je me faisais de la façon dont un état
de perfection devait être atteint. Je n’étais pas encore en
mesure de voir que l’illumination n’a rien à voir avec
l’idée de perfection. Ces convictions ont été grandement
renforcées lorsque j’ai comparé mes insuffisances imaginées
avec l’image que j’avais de n’importe quel « héros
spirituel » qu’il m’était arrivé d’admirer à cette époque.

Je pense que la plupart des gens voient l’illumination de


la même manière.

Il est certain qu’il y a eu, et qu’il y a encore, beaucoup


qui cherchent à encourager de telles croyances et qui ont
en fait prétendu être arrivés à l’illumination. Je vois
maintenant qu’il s’agit d’une déclaration aussi inutile que
quelqu’un proclamant au monde entier qu’il peut respirer.

Essentiellement, la réalisation de l’éveil apporte avec


elle la compréhension soudaine qu’il n’y a personne et rien
à illuminer. L’illumination EST tout simplement. Elle ne
peut pas être possédée, tout simplement parce qu’elle ne
peut être réalisée ou gagnée comme un trophée. Tout et
chaque chose sont uniques, et tout ce que nous faisons est
de nous mettre en chemin en essayant de le trouver.

Ceux qui se réclament d’une illumination ou prennent


certaines orientations n’ont tout simplement pas réalisé sa
nature paradoxale et présument la propriété d’un état
qu’ils imaginent avoir atteint. Ils sont susceptibles
d’avoir eu une expérience personnelle approfondie de
quelque sorte, mais cela n’a absolument aucun rapport à
l’illumination. En conséquence, ils restent encore enfermés
dans leurs propres concepts individualistes en fonction de
leurs propres systèmes de croyance.

Ces personnes doivent souvent assumer le rôle


« d’enseignants spirituels » ou « maîtres éclairés » et
attirent inévitablement ceux qui ont besoin d’être
étudiants ou disciples. Leur enseignement, toujours ancré
dans le dualisme, favorise inévitablement une scission
entre les « professeurs » et ceux qui choisissent de suivre
l’enseignement. Au fur et à mesure de l’augmentation de la
dépendance du disciple, le rôle exclusif du maître doit
être renforcé.

L’un des symptômes habituels, lorsqu’un tel rôle a été


adopté, est une mesure de répression de toute
reconnaissance ou signe de « faiblesse humaine ». En plus
de cela, une distance est généralement créée entre
« maître » et adeptes.

Au fur et à mesure que la spécificité du « maître » devient


plus efficace les demandes des adeptes deviennent plus
grandes, de sorte que les enseignements deviennent
invariablement plus obscurs et alambiqués. Comme le
caractère obscur des enseignements augmente, la scission
s’élargit et nombre de ses adeptes deviennent souvent plus
confus et soumis. L’effet habituel sur ces adeptes peut
être une adulation inconditionnelle, de la désillusion, ou
un sursaut et un passage à autre chose.

Cependant, ce genre d’influences a établi et maintenu un


sentiment illusoire de doute et l’inadéquation dans
l’inconscient collectif sur la capacité des gens à réaliser
et à permettre quelque chose qui soit aussi naturel, simple
et disponible que la respiration.

Ceux qui ont pleinement compris et ont embrassé les


illuminations n’ont absolument rien à vendre. Lorsqu’ils
partagent leur compréhension, ils n’ont pas besoin de
s’embellir, ni enjoliver ce qu’ils partagent. Ils n’ont pas
non plus d’intérêt à être mères, pères ou enseignants.

L’exclusivité engendre l’exclusion, mais la liberté est


partagée par l’amitié.

Le Temps
Dans la séparation que j’ai choisie, j’en suis venu à
accepter, sans question, l’existence et l’effet du temps.
Au total avec ma croyance dans le temps, j’étais
inévitablement lié au concept et à l’expérience d’un début,
d’un milieu et d’une fin … un parcours vers la réalisation
d’un objectif ou d’une déduction.

Cette notion de parcours s’applique à tous les niveaux,


qu’il s’agisse de réussir à l’école, de créer une
entreprise florissante, ou de la réalisation de
l’illumination. Tout cela était un processus de
transformation – un effort pour obtenir un résultat à
temps.
Ce message a été gravé de la manière la plus puissante dans
ma psyché par ce qui semblait être le processus de la
naissance et de la mort. Un message aussi puissant reflète
et a renforcé l’irréfutabilité apparente de l’existence, du
passage et de la réalisation. Comme j’ai fait l’expérience
de ce qui avait semblé être l’effet du temps, alors j’en
suis venu à y croire. Comme je croyais en l’existence du
temps, j’en suis venu à croire aussi à la limitation de ma
propre existence. Comme j’en suis venu à accepter cette
limitation, j’en suis aussi venu à croire à la nécessité de
faire usage de la période donnée. Je devais faire quelque
chose, réaliser quelque chose, devenir quelque chose qui en
valait la peine pendant la période que j’avais imaginée me
rester. En conséquence, l’idée de finalité est née, et avec
elle mon attente et l’investissement dans ce que cet
objectif pourrait apporter.

Attente et objectif

J’ai été enfermé dans la limitation du temps et de la


séparation par l’attente que j’avais à travers un objectif.
J’ai été à la recherche d’une variété des buts et des
objectifs dans ma vie, y compris spirituelles. Dans le
cadre de l’éthique religieuse traditionnelle, j’ai navigué
à travers un kaléidoscope de doctrines occidentales et
orientales et des concepts auxquels je croyais à l’époque
représentaient une riche tradition de sagesse autoritaire.

En conséquence de ce que je considérais comme manque de


sagesse spirituelle … j’ai décidé que je devais faire
quelque chose – appartenir à quelque chose, devenir quelque
chose de valable. Je devais trouver un modèle de réalité
qui satisferait mon besoin de sentir que je faisais des
progrès vers une sorte d’objectif.

J’ai décidé d’essayer de devenir chrétien.

Compte tenu des informations dont je disposais à l’époque,


il semblait que cette approche fut appropriée. J’avais mes
origines occidentales, ma connaissance de l’histoire et la
tradition biblique, les vérités apparemment irrécusables,
les processus et les rituels qui me sont présentés … le
péché originel, la prière, la confession, le pardon, la
communion et la purification, et la parole écrite et les
sermons.

J’avais le sentiment de faire de mon mieux avec ce que, à


l’époque, je compris et sacralisai, et ce que j’avais
anticipé et attendu donnerait un sens à ma vie spirituelle.
Si je faisais plus d’efforts, demain serait meilleur
qu’aujourd’hui, un ailleurs serait meilleur que l’ici.

J’en suis venu à croire au message d’inadéquation qui


conduit par la repentance à une grâce donnée, par laquelle
je serais éventuellement amené à mériter de passer d’un
niveau inférieur à un niveau supérieur de l’existence.

J’avais maintenant les moyens dont je pensais avoir besoin


pour réaliser le but que je croyais me satisfaire.
Je pouvais solliciter par la prière et négocier grâce à la
performance alors que « Dieu le Père » assis aux quatre
coins du ciel tenait les comptes.

Il semblait qu’il y avait tant de possibilités, tant de


connaissances, et tant de temps pour donner un sens à ma
vie, pour qu’elle devienne quelque chose de meilleur –
quelque chose de valable. Et mon but était collé à mon
espoir. Car c’était l’espoir de meilleures choses à venir
qui m’ont inspiré à lutter et à m’efforcer, résister et
persister afin de renforcer mon sens de l’orientation. Je
pouvais maintenant faire des progrès pour moi-même, et
aider les autres à faire de même.

Le but, l’espoir et la croyance m’ont donné l’énergie et la


volonté de réussir. Le but, l’espoir et la croyance … ces
valeurs vénérées et apparemment puissantes qui sont
reconnues par beaucoup comme étant si valables. Mais bien
sûr, elles vivent aussi dans l’ombre de la confusion, le
désespoir et la détresse. À l’époque, je n’avais pas
envisagé ce versant des choses. Finalement et
inévitablement le balancement du pendule sans fin croise
l’attente et la déception, l’effort et l’inadéquation, la
force apparente et la faiblesse, tous ayant joué leur rôle
dans mon réveil de ce rêve.

Toutes ces communions et confessions, et toutes ces tâches


spirituelles semblaient sans fin … cette hotte morale
cupide et sans fond que je devrais remplir avec la prière,
l’abstinence, l’humilité, la dévotion et les bonnes
actions, et si jamais j’en arrivais au bout, je devrais en
remplir une autre, en commençant probablement par
l’obéissance et la chasteté.

J’ai essayé et j’ai essayé encore, mais tout cela me


semblait si archaïque et sans joie d’une certaine manière.
L’attente qu’un adepte déjà craintif et insatisfait
pourrait, par la discipline du renoncement et de la
dévotion, devenir autre chose qu’un adepte craintif et
inapte semblait aussi futile que l’idée de célibat est une
voie vers la jouissance et la plénitude. J’avais
l’impression d’essayer de faire un gâteau sans aucun arôme
fruitier.

Il me semble que toute tentative de traduire


l’inexpressible de la doctrine doit inévitablement prendre
fin comme une fausse déclaration … une idée contradictoire
sur la perfection qui transforme la subtile et belle
chanson de la liberté de l’auteur en un dogme interminable
de la limitation. Lorsque l’oiseau s’est envolé, l’essence
de sa chanson est souvent égarée et il ne nous reste plus
qu’une cage vide.

J’aime l’histoire de Dieu et du Diable qui regarde l’Homme


alors qu’il découvrait quelque chose de beau dans un
désert. « Ah Ah » dit Dieu au Diable, « maintenant que
l’Homme a trouvé la vérité, tu n’auras plus rien à
faire ! ». « Au contraire » a répondu le Diable, « je vais
l’aider à l’organiser ».

Quand et où que ce soit, lorsque se présente une religion


organisée, il peut aussi plus aisément s’épanouir un riche
terreau de nos pires craintes, de nos plus sombres
culpabilités, et de nos conflits les plus vils, de personne
à personne, de nation à nation et de foi à foi. Que nous
tenions à une croyance religieuse ou non, ces blessures
peuvent être profondes en nous et envahissent chaque partie
de notre expérience.

Il semblait contre nature et restrictif de soutenir une


éthique sur la base d’un « non pour ça » éliminatoire et
envisager avec soin un « oui pour ça » après avoir
intuitivement reconnu que ce que je cherchais était
absolument au-delà des deux. Dans ce cas, je suis passé à
autre chose et j’ai enquêté sur le monde de la thérapie
contemporaine et de la spiritualité.

Ces approches de l’épanouissement m’ont semblé être


beaucoup plus intelligentes et tolérantes que tout ce que
j’avais rencontré auparavant, les idées tellement très
ouvertes et libératrices.

C’était extrêmement excitant de me voir offrir les moyens


par lesquels je pourrais apprendre à découvrir, à guérir et
à intégrer les parties de ma vie qui semblaient interférer
dans mes relations avec les gens, la créativité, la santé
et la richesse, et surtout le plus important de tous, mon
propre sens de l’estime de soi.

Si nous pouvions tous faire cela, quel merveilleux monde


pourrait advenir ! Cela m’a séduit, surtout par
inacceptation à l’idée de devoir façonner moi-même, selon
un mode de vie basé sur le modèle conceptuel de quelqu’un
d’autre, la façon dont je devrais être.

Il y avait tant de nouvelles et intéressantes voies à


choisir, et tant de personnes avec qui partager dans ce qui
a semblé être une aventure spirituelle du vingtième siècle.
C’était fascinant d’être impliqué dans des avancées
choquantes et manifestes, la montée des émotions, la peur
et l’excitation de révéler mes secrets les plus intimes, de
renoncer à mon gourou, de découvrir pourquoi j’étais si
fasciné et si effrayé par les femmes. Partager les agonies
et les révélations des autres, les souvenirs de la vie
passée, les agressions présentes et les espoirs à venir et
les craintes, tout a été une révélation et un signe
d’approbation.

C’était si stimulant, et tout tournait autour de moi !

Je me suis engagé dans les plus profondes et les plus


enrichissantes méditations, j’ai avalé des livres les plus
récents et les plus remarquables, et bien sûr me suis lancé
avec beaucoup d’enthousiasme dans les dernières thérapies.
Elles jaillissent du sol comme de nouveaux fruits, à lécher
et à digérer, ou à goûter et à jeter … cette méthode de
respiration, cette certitude, cette unification, cette
spéciale et expressive énergie … tous ont exercé une
fascination sur moi dans ces premiers temps. Si ces
activités étaient considérées comme introspectives ou
plaisantes, alors j’avais déjà reconnu que, à une exception
près, tout choix est engendré par l’auto-motivation.

L’expression des sentiments est devenue sacro-sainte ainsi


que la nécessité de penser positivement, de pardonner à ma
mère, de guérir mon enfant intérieur, de fouiller dans mon
passé et ainsi de suite. Toutes ces choses sont devenues
vitales et des étapes importantes à suivre … un peu comme
les dix commandements des temps modernes.

J’ai passé un an à suivre un programme intensif à faire la


découverte d’un grand nombre de thérapies couplées à des
méditations orientales.

Au bout d’un certain temps, j’ai opté pour telles thérapies


ou méthodes qui me convenaient et qui m’apportaient plus
d’avantages.

J’ai connu un mouvement considérable des inhibitions


auparavant contenues, et en suis venu à reconnaître la
croyance en des systèmes et modèles de croyance qui ont
fortement influencé une grande partie mon comportement au
début.

Dans une grande partie du travail effectué, il semble que


le renforcement et la consolidation d’un sentiment de
l’identité et l’estime de soi sont les principaux
objectifs. La théorie semble être que, si je peux embrasser
et assimiler ces processus, alors je peux éventuellement me
révéler comme individu plus vivant, plus équilibré et plus
efficace, avec une idée claire des relations et mon rôle
dans tout cela. Toute cette structure devrait s’appuyer sur
un ensemble de systèmes de convictions fortes développés à
partir d’une discipline rigoureuse et de beaucoup
d’efforts. Mais la croyance réside dans l’ombre du doute.
Elle ne fonctionne efficacement que dans une relation
directe à l’anéantissement du doute qu’elle cherche à
outrepasser.

J’ai recommencé à voir que j’essayais de réparer et


d’assembler un ensemble de pièces dans l’espoir qu’elles
pourraient éventuellement se réunir pour former un tout.
Mais cette approche est en contradiction directe avec ma
compréhension du fait que l’éveil se situe au-delà de mes
efforts et des attentes concernant l’identité de soi et de
l’estime de soi.

Pour ceux qui cherchent à changer en tant qu’individus au


sein de la roue de la vie, la thérapeutique du monde
contemporaine offre un champ d’action immense et une
beaucoup plus profonde et plus acceptable approche que tout
ce qui a déjà eu lieu.

Dans mon cas, la première réalisation d’illumination a


directement suivi mon abandon de la religion quand j’avais
environ vingt et un ans. Quelques années plus tard, je me
suis engagé dans les thérapies contemporaines, en pensant
qu’elles pourraient être un moyen de communiquer le plus en
profondeur possible.

J’ai fait l’expérience que le type d’énergie généré dans


certains cadres thérapeutiques peuvent ouvrir les gens à
une perception plus profonde à propos de la nature de
l’éveil et de ses implications.

Mais là encore, je me suis trouvé absorbé et fasciné par


mes attentes concernant le temps, les tenants et les
aboutissements.

Dans le monde du temps, les buts et les objectifs sont


parfaitement appropriés, mais il y a tant d’investissements
à faire dans l’attachement et les attentes qui les
entourent … devenant ceci, appartenant à cela, les méthodes
pour changer, ou pour être meilleur, pour purifier, etc. De
nouvelles personnes importantes et des lieux, des maîtres
de la conscience et des enseignants de la vérité surgissent
de partout et offrent leur propre formule de vie
particulière. Et à mesure que nous nous déplaçons de l’un à
l’autre, nous ne semblons pas vouloir voir que la liberté
ne réside pas à un endroit ou à un autre simplement parce
que la liberté, par sa nature même, ne peut être exclue ou
exclusive. Il semble que ce ne soit pas le cas, alors que
nous nous dirigeons vers le prochain sommet « spirituel »,
le trésor que nous recherchons est d’être découvert non pas
dans le lieu où nous allons, mais dans la nature simple des
pas que nous faisons. Dans notre hâte de trouver une
meilleure situation à temps, nous piétinons la fleur de
l’être qui se présente elle-même à chaque instant.

Il me semble que notre attachement à l’objectif est né de


notre besoin de prouver quelque chose à nous-mêmes. Mais la
vie est tout simplement la vie, et n’essaie pas de prouver
quoi que ce soit. Ce printemps n’essayera pas d’être
meilleur que le printemps dernier, et même un frêne
n’essaiera de devenir un chêne.

En abandonnant notre fascination pour l’extraordinaire et


le spectaculaire, nous pouvons nous permettre de
reconnaître la simple merveille qui se trouve au sein
l’ordinaire.

Car la vie est son propre but et n’a pas besoin d’une
raison d’être. C’est là toute sa beauté.

Le parc
Un jour, je traversais un parc dans une banlieue de
Londres. En marchant, j’ai remarqué que mon esprit était
totalement occupé par des attentes des événements à venir
qui pourraient ou non se produire. J’ai fait le choix de
laisser tomber ces projections et d’être simplement avec ma
marche. J’ai remarqué que chaque pas était totalement
unique en termes de sensation et de pression, et qu’il
était là à un moment donné, puis évanoui le suivant, pour
ne plus jamais être répété de la même manière à jamais.

Pendant que tout cela se passait, il y avait une


transformation de ma marche à la simple présence de la
marche. Ce qui s’est passé alors, c’est simplement au-delà
de toute description. Je ne peux qu’insuffisamment exprimer
en paroles que la totale immobilité et la présence
semblaient descendre sur tout. Tout et partie, chaque chose
est devenue intemporelle et je n’existais plus. J’ai
disparu et il n’y avait plus d’expérimentateur.

L’unité avec tout et n’importe quoi était ce qui est


arrivé. Je ne peux pas dire que lequel j’étais puisque
j’avais disparu. Je peux seulement dire que l’unité avec
tout et toute chose était ce qui s’est passé, et un amour
débordant a rempli chaque partie. Avec tout cela il en est
résulté une compréhension totale de l’ensemble. Tout cela
s’est passé dans un éclair intemporel qui semblait éternel.

Tenu dedans et à la suite directe de cet évènement s’est


produite une révélation si magnifique et révolutionnaire
dans sa nature que je devais m’asseoir sur l’herbe pour en
saisir les conséquences. Ce que j’ai vu était simple et
évident d’une certaine façon, mais complètement
intraduisible dans une autre. C’était comme si on m’avait
donné une réponse qui n’avait pas de question. On m’avait
montré un secret qui est un secret ; et que tout ce qui est
connu ou inconnu contient et reflète ce secret révélé. La
nature, les gens, la naissance et la mort, et nos luttes,
nos craintes et nos désirs sont tous contenus dedans et
reflètent un amour inconditionnel.

J’ai eu le sentiment d’être soudainement dépassé et tout a


pris un nouveau sens. J’ai regardé l’herbe, les arbres, les
chiens et les gens, qui se déplacent comme avant, mais
maintenant non seulement j’ai reconnu leur essence, mais
j’étais leur essence, comme ils étaient à moi. C’était
d’une certaine façon comme si tout, y compris moi, était
enveloppé dans un amour profond et global, et dans une
étrange manière il semblait que ce que je voyais n’était
aussi, en quelque sorte, rien de spécial… c’est la norme
qui n’est généralement pas perçue.

Pourquoi moi et pourquoi maintenant ? Comment ai-je pu


mériter de recevoir un tel cadeau pour rien en retour ? Je
n’étais certainement pas pur dans le sens biblique, ou dans
tout autre sens reconnu, ou alors mon esprit me l’a
suggéré. Je n’avais pas vécu une vie disciplinée de
méditation ou de renoncement spirituel de toute sorte.
Cette illumination s’était produite sans aucun effort de ma
part ! J’avais simplement choisi de regarder ma marche de
manière très facile et naturelle, et ensuite ce trésor
avait surgi.

J’en suis venu à reconnaître que ce don apparent avait


toujours été disponible et le serait toujours. Ce fut la
plus belle réalisation de toutes ! Et ce sans tenir compte
du où, quand ou comment j’étais, cette présence était prête
à émerger et à m’envelopper. Et ce trésor devait être
redécouvert non à travers des épreuves ardues et les
pratiques et rituels spirituels prétendument
significatives. Pas du tout. Ce merveilleux trésor complet
était disponible dans l’essence d’un pas, dans le son d’un
tracteur, dans mon sentiment d’ennui, dans la posture d’un
chat, dans des sentiments de douleur et de rejet, au
sommet de la montagne, ou au milieu du Balham High Street.
Partout où je suis, je suis totalement entouré et embrassé
dans le calme, l’amour inconditionnel et l’unité.

Plus tard, j’ai commencé à me demander comment ce trésor


pourrait être gardé. Mais je suis repassé encore et encore
pour voir que ce que j’avais cherché à redécouvrir ne
pouvait jamais être atteint ou retenu. Il n’y a rien que je
doive faire, et la conviction même que je dois faire tout
pour gagner ce trésor, rompt sa qualité intrinsèque.

Et c’est là encore le paradoxe, car le divin instinct est


disponible en permanence, il suffit de l’accepter. Il est
toujours à portée de main, dans un éternel état de
disponibilité … comme le constant et fidèle amoureux, il
est prêt à répondre à tous nos appels.

Quand je l’autorise, il EST, quand je l’évite, il EST.

Il ne demande aucun effort, n’exige aucune norme et ne


connaît pas de préférences.

Étant intemporel, il ne voit aucun chemin à suivre, aucune


dette à payer. Parce qu’il ne reconnaît ni le bien ni le
mal, il ne reconnaît pas non plus le jugement ou la
culpabilité. Son amour est absolument inconditionnel. Il
regarde simplement avec clarté, compassion et plaisir,
alors que je me lève pour partir.

C’est mon droit de naissance. C’est ma maison. C’est déjà


ce que je suis.

Présence
Si, de manière approchante, l’illumination pouvait être
décrite en termes de qualité, je la verrai comme l’amour
inconditionnel, la compassion, la quiétude et la joie sans
cause. L’existence dans le temps n’est qu’un reflet de ces
qualités, et tandis que je maintiens et investis ma
croyance en mon identité séparée, je ne peux qu’exprimer un
reflet de ces qualités et ne pas être leur essence.

Tout le temps que je ne sais pas qui je suis, je suis


démuni.

Mais l’illumination a une autre qualité, qui est le pont


entre l’intemporel et mon sentiment illusoire de
séparation. Cette qualité est présence. La présence est
notre nature constante, mais la plupart du temps nous
l’interrompons en vivant dans un état d’attente,
d’intention ou d’interprétation. Nous ne sommes presque
jamais à la maison. Afin de redécouvrir notre liberté nous
avons besoin d’abandonner ces projections et permettre la
possibilité d’une présence. Sa véritable découverte, ou
notre accès à celle-ci, ne peuvent se faire que dans le
cadre de l’essence de ce qui est. C’est là que réside la
spontanéité de la vie et où nous pouvons ouvertement
accueillir l’inconnu.

Ce n’est qu’ici, dans la conscience actuelle de ce qui


simplement est, qu’on peut être libéré de l’image de soi.

Vivre passionnément, c’est tout laisser tomber pour la


merveille d’une présence intemporelle. Quand nous sommes
assez courageux pour le permettre, soudainement nous
redécouvrons que nous sommes la seule source de tout et le
tout.

La présence ne doit pas être confondue avec le fait d’être


« ici maintenant », qui est un processus continu de la
conscience individuelle et n’a pas de rapport direct avec
la libération.

La présence est une qualité d’accueil, d’ouverture de la


conscience qui est axée sur ce qui est simplement. Il peut
encore y avoir quelqu’un qui est conscient et il est celui
par lequel ils sont conscients … le son de l’eau courante,
le goût du thé, le sentiment de peur, ou le poids et la
texture d’un siège. Et alors il peut y avoir un lâcher
prise de celui qui est conscient, et tout ce qui reste est
une présence. Tout cela est totalement sans jugement,
analyse, volonté d’atteindre un aboutissement ou un
devenir. Il n’y a pas de tractation et pas d’attente. Il y
a simplement ce qui est.

Au début, il suffit de permettre une prise de conscience


dédiée à ce qui est. Lâcher prise à celui qui est conscient
peut facilement en résulter, mais cela ne peut jamais être
une obligation.

Je ne peux pas « faire » une présence, simplement parce que


je suis présence. Il n’y a donc pas de processus
d’apprentissage, car je ne peux pas apprendre ou réaliser
quelque chose que je suis déjà.

La présence est totalement sans effort et est plus proche


de moi que la respiration. La présence ne peut être
qu’autorisée et reconnue. Ce que j’ai tendance à faire la
plupart du temps, c’est la contourner ou l’interrompre.

L’existence ne serait pas si elle n’était pas pour la


présence. Je suis une présence et vous êtes une présence.
Si nous n’étions pas présents, l’existence ne serait pas.

La présence émane de la source de tout et de tout ce qui


est connu ou inconnu. Et c’est ce que nous sommes. Nous
sommes la seule source de notre propre création.

Il peut y avoir une présence ou nous pouvons rester


séparés. Il peut y avoir une ouverture ou nous pouvons
investir dans la manipulation. Il peut y avoir un accueil
de la simplicité continue et l’émerveillement de ce qui est
simplement ou nous pouvons être emprisonnés par les
limitations de nos attentes. Tout est cohérent.

La présence est la lumière dans l’obscurité. Elle est


atomique. Un moment de présence apporte plus de lumière au
monde que mille ans de « bonnes œuvres ». Dans la présence
toute action est libre et non souillée. Elle est la
spontanéité née de la sérénité.

En permettant la présence, cependant, nous embrassons une


sorte de mort. Ce qui meurt, c’est toute expectative, tout
jugement et tout effort pour un devenir. Ce qui meurt,
c’est ce qui est matière à séparation, le sens de
l’identité de soi, qui ne peut fonctionner que dans le
monde illusoire du passé et de l’avenir, la mémoire et
l’attente. Car il sera manifeste que si nous laissons aller
simplement ce qui est, nous nous nous trouvons dans un
terrain de non connaissance.

C’est ainsi que l’embrassement de la présence est une sorte


de mort. Ce qui meurt, c’est le rêve de l’individualité. Ce
que nous lâchons, c’est notre besoin incessant de sentir
que nous sommes une entité distincte … que nous
continuerons en tant qu’une fraction du tout. Et dans ce
lâcher prise, nous en arrivons à voir que toute mort est
une renaissance menant à la libération.

Car ce à quoi nous nous ouvrons dans la présence, c’est la


possibilité d’entrer dans l’unité, la redécouverte de ce
nous sommes vraiment. C’est le pont entre le monde de la
séparation et de l’illumination qui, une fois franchi,
n’est plus.

Quand il y a présence, le moi n’est plus. Nous nous tenons


à l’écart du paradoxe vivant et permettons l’émergence de
la liberté à partir du mouvement incessant de notre
transformation. Il s’agit d’un accueil du secret révélé.

Lorsqu’il y a présence, il y a conscience et c’est la


lumière qui entre dans l’obscurité. La lumière entre dans
les ténèbres et dissipe ces illusions qui semblent briser
l’unité. La prise de conscience ne divise ni ne supprime et
ne donne donc pas d’énergie à l’irréel. Il voit simplement
ce qui est et apporte la lumière qui permet à ce qui est
illusoire de s’évaporer.

Il n’y a jamais de situation dans laquelle nous ne pouvons


pas être unis au présent. N’est-ce pas merveilleux ?! Je le
répète. La présence est disponible dans toutes les
situations, ou en d’autres termes, la liberté est déjà
accessible en permanence.

Il suffit d’être présent chaque jour avec … la douleur, la


peur, le bruit d’une voiture, le vent dans les arbres, mon
corps sur la chaise, un stylo entre mes doigts, la douleur
émotionnelle, les habitudes, l’abondance du jugement de
soi, la culpabilité, la marche, le goût du fromage, le fait
d’être pressé, d’être paresseux, d’avoir le contrôle et de
penser au gourou qui insiste sur le fait que la présence
est improductive et que je devrais faire quelque chose de
« spirituel », ou à la limite, d’utile. La présence brille
partout où elle veut, sur n’importe quelle partie de
l’existence.

Si j’essaie de mettre en lumière un aspect de mon histoire


en particulier, je perturbe le flux naturel et le
contrepoint des opportunités que la vie et ma sagesse
naturelle me présentent. Car la présence n’est pas une
tâche, et il ne peut être utilisé par ma volonté. Il ne
s’agit pas d’un exercice spirituel ou d’un outil pour
aboutir quelque part, comme la prière ou la méditation
formelle. Concrètement, j’essaie de l’exploiter pour une
tâche que j’ai déjà essayé de maîtriser et qui est au-delà
de toute délimitation.

La présence est globale et sa propre récompense. Elle


n’essaie pas d’aller quelque part, et si je le fais, Je
l’ai déjà interrompu.

Cependant, lorsqu’il y a présence, l’ensemble de l’être se


détend dans son étreinte. Il n’y a plus de questionnements
et il n’y a plus d’efforts à faire. L’esprit quitte le
trône, le corps se détend, la respiration s’équilibre et la
perception devient globale. Je me repose dans ce qui ne
vient jamais et ne s’en va jamais.

Quand il y a présence, il y a une intimité totale et les


sens sont plus aiguisés dans une certaine mesure non
reconnue auparavant… Je vois et je touche dans l’innocence,
je goûte et je sens pour la première fois, et j’entends un
son nouveau, vital, frais et inconnu.

Il y a un sentiment subtil de risque et de sérénité dans la


présence. C’est la première et la dernière étape. Il se
déplace au-delà du temps et de l’identité personnelle et
fournit le terrain dans lequel la découverte de ce que je
suis est mis à disposition immédiatement et directement.
Lorsqu’il y a présence, tout ce qui est illusoire tombe et
ce qui reste est réel, vital et passionnellement vivant.
Une vie bien remplie … pas ma vie, pas la vie de qui que ce
soit, mais simplement la vie.

La présence ne fait pas descendre le ciel sur la terre ou


élever la terre jusqu’au ciel. Tout est un.

Le choix sans choix


En la présence, je constate que je n’ai jamais choisi ou
fait quoi que ce soit, mais tout a été vécu de bout en
bout.

Et ainsi je n’ai jamais arrêté la mer ou déplacé le soleil


ou faire un pas de plus ou de moins de mon privilège de
naissance. En acceptant mon impuissance divine, je profite
de la liberté de ne jamais avoir un passé ou un avenir que
je pourrais appeler mien.

Certaines personnes demandent : « Qui choisit, qui dirige


ce merveilleux chaos ? » Mais une fois dans les bras de la
bien-aimée rien n’a d’importance, et je peux vivre comme si
je choisissais et je me réjouis du lâcher prise.

Mon univers
Dans ce que je vis comme mon univers, tout est totalement
unique pour moi. Personne d’autre ne peut connaître mon
expérience de la couleur rouge, de mon goût du thé, de mes
sentiments de peur et de bonheur, de marcher, de rêver, ou
de se réveiller.

Avec le temps, mes expériences façonnent largement mes


croyances, et ce que je crois je viens encore de le vivre.
Il est l’interaction de ces deux complices qui semblent
influencer l’histoire de ma vie, moment par moment, jour
par jour, etc.

À ce niveau d’existence, je semble être le producteur,


scénariste, directeur de casting, de script et de musique,
dans un film intitulé « Mon Histoire ».

Quand je regarde ma vie aussi largement que possible, je


vois comment j’ai attiré vers moi les gens, les événements
et les modèles qui ont été parfaitement adaptés aux types
d’influences et d’images que mes systèmes de croyance
particuliers répandaient.

De nombreuses personnes sont devenues très enthousiastes à


propos de ce concept et ont suggéré et enseigné que si nous
pouvons changer nos modes de pensée et nos croyances nous
pouvons alors changer notre façon de vivre. Il semble que
cela pourrait être le cas, mais ils passent totalement à
côté de l’essentiel. Car ce que nous sommes vraiment, c’est
au-delà des limites de l’expérience et de la croyance.

Tant que je n’aurai pas redécouvert qui je suis, quel genre


d’existence est-ce que j’essaie de créer ? A partir d’où
est-ce que je vois clairement que ce que je pense vouloir
est ce dont j’ai vraiment besoin ? Mon idée de ce que je
devrais créer sera-t-elle meilleure que la vôtre, ou nos
visions individuelles s’affronteront-elles ? Cela semble
être le schéma récurrent.

Ce qui n’est peut-être pas réalisé par ceux qui suivraient


ce concept est qu’au-delà de tous nos souhaits et désirs de
créer ce que nous pensons que nous voulons, il y a un
agenda caché … un autre et beaucoup plus puissant principe
d’amour inconditionnel qui fonctionne en permanence, ce qui
est tout à fait essentiel mais généralement non reconnu.
C’est le cœur même du paradoxe du vivant.

Toute l’existence telle que nous la connaissons, au sein du


temps, n’est que le reflet de ce principe caché qui nous
invite continuellement à nous souvenir de ce que nous
sommes vraiment. Dans cette réflexion qu’il n’y a pas de
bien ou de mal, de meilleur ou de pire, mais seulement
l’invitation.

Car tant que nous restons enfermés dans l’expérience d’être


des personnes distinctes devant négocier avec l’existence,
nous restons dans un état de rêve.

Dans cet état de rêve, tout ce que nous faisons est régi
par la loi des contraires dans laquelle tout ce qui est
considéré comme positif est exactement et également
équilibré par son opposé. Par une réflexion approfondie,
nous arrivons à découvrir que nous sommes dans une roue
dans laquelle tout se répète encore et encore dans des
images différentes. Ce que nous créons apparemment nous le
détruisons et ce que nous détruisons apparemment nous le
recréons à nouveau.

Et malgré ce que nous pourrions croire sur la liberté, la


volonté et le choix, nous en venons à constater que nous
sommes des personnages rêvés dans une pièce divine
réagissant et répondant à partir d’un ensemble de réflexes
conditionnés et de systèmes de croyance. Tout notre monde
de rêve que nous voyons comme évolutif s’inscrit dans les
paramètres de cet état parfaitement équilibré et exactement
neutre qui ne sert qu’à refléter une autre option.

Nous sommes les seuls créateurs de ce rêve qui n’a


absolument aucun autre but que notre réveil de ce même
rêve.

En réalité, nous sommes entourés et étreints par un amour


inconditionnel, que nous y répondions ou non. Notre
expérience dans le temps met en place une création
appropriée, exactement adaptée dans ses grandes
réalisations et petites nuances, à des événements
particuliers et besoins spécifiques à notre réveil. La
source du principe caché est nous-mêmes, et elle est
alimentée par notre désir de rentrer à la maison.

Et quelle que soit l’importance ou l’insignifiance que nous


pensons que soient nos activités, peu importe leurs
valeurs, leurs dimensions artistiques, utiles, ordinaires
ou futiles, nous pouvons sentir que notre expression dans
le monde nous apparaît telle, tout cela est simplement et
uniquement une fonction de ce principe caché. Une réflexion
tout à fait appropriée fournissant l’opportunité sans fin
d’entrer dans et au-delà de tous les phénomènes et
retrouver la source de ses émanations.
La mort du corps et de l’esprit
La mort de l’esprit/corps n’est que la fin de l’illusion
d’un voyage dans le temps.

L’éveil à l’amour inconditionnel est immédiat. Nous sommes


enveloppés dans notre nature originelle sans tenir compte
de ce qui s’est apparemment passé.

Lorsque le corps/esprit est lâché, il n’y a pas de


processus intermédiaire de préparation ou de purification.
Comment cela est-il possible ? Qui était là ? Toutes les
idées d’une « après vie » personnelle ou la réincarnation
ne sont que le reflet de l’esprit désireux de préserver
l’illusion de sa continuité.

L’histoire est terminée. Le roman divin a été écrit et,


quelle que soit la manière dont l’esprit juge, pas une
seule note n’aurait pu être différente.

Le décor s’évapore et les personnages ont quitté la scène …


leur existence apparente commence et se termine par le rêve
qui a été réalisé.

Car nous sommes l’océan et les vagues, l’obscurité et la


lumière.

Abstraction
L’abstraction m’a fasciné et m’a fait perdre la tête,
s’agissant de peindre le tableau d’un choix de vivre une
expérience que je préfèrerais cependant ne pas avoir.

Ce que j’abstrais ne se réalise jamais, ou seulement


parfois scintille dans la vie comme une approximation.

Mon abstraction est un écran de fumée né de l’envie ou de


la frustration, et elle m’offre des vacances de rêves. Elle
est toujours sûre, prévisible et indulgente pour ce qui est
connu.

Si je laisse tomber l’abstraction et que je déplace ma


conscience, par exemple, vers mes sensations corporelles,
je découvre qu’il y a une symphonie en cours. Pas
nécessairement dans l’harmonie, mais néanmoins en constante
évolution et qui se déplace, va et vient. Quelque chose se
passe ici ou là … il s’évapore et quelque chose d’autre
prend sa place. Il y a très peu que je puisse contrôler ou
manipuler. Il est incommensurable et inconnu, être et puis
disparaitre.

De la même façon, si je lâche et écoute, touche, goûte,


sens ou vois, il n’y a aucun moyen de savoir au préalable
la qualité exacte de ces sensations. Je pourrais dire que
je peux anticiper le son d’un oiseau qui chante, mais ce
n’est qu’une information basée sur la mémoire.

Elle n’est pas vivante, vitale et inconnue. Le son que


j’entends, le son de ce qui est, ne sera pas le même que
mon abstraction de celle-ci. Lorsque j’écoute pour la
première fois le son j’essaierai de le saisir et de
l’étiqueter dans le but de la contrôler. Quand je lâche ce
contrôle, il y a simplement l’auditeur et le son. Lorsque
l’auditeur est mis de côté, il n’y a que le son. Je ne suis
plus là – il y a simplement la pure et vibrante énergie de
ce qui est. Rien n’est nécessaire, tout est plénitude.

C’est dans l’alchimie même de cette présence que réside la


liberté.

La vie m’appelle. Elle murmure, elle m’appelle et à la fin,


elle me crie dessus. Le cri de la détresse ou de la maladie
est souvent ce qui m’amènera à la redécouverte de qui je
suis vraiment, car il est difficile de s’abstraire de la
souffrance.

La peur
Tant que je ne reconnais pas qui je suis vraiment, ma vie
peut être en grande partie motivée par ce que je crains.

Ce peut être ma peur qui engendre ma croyance en un début


et une fin.

C’est ma peur de me perdre qui peut perpétuer et maintenir


ma volonté de survivre et de continuer, et ce que je désire
et crains le plus, c’est l’absence de mon moi.

Par peur de la faiblesse, je m’efforce de me contrôler, par


peur de l’intimité je m’efforce d’être distant, par crainte
de l’asservissement je m’efforce d’être dominant, et si je
crains d’être ordinaire j’essaie d’être spécial.

Les choses dont je peux avoir peur sont sans fin, parce que
si une peur est surmontée, je peux en mettre une autre à sa
place. Si la conscience est présente, la peur est
clairement perçue comme une abstraction … une anxiété
future née du schéma directeur de la mémoire. Si l’histoire
qui engendre la peur est abandonnée, je découvre qu’il ne
me reste plus qu’une sensation physique qui est brute et
vivante. Maintenant, elle cesse de m’envahir et prend
tranquillement sa place dans l’existence. Il en va de même
pour la douleur physique ou émotionnelle. Lorsque je cesse
de la ressentir, je me libère de son esclavage et la vois
simplement telle qu’elle est.

Si je cesse d’étiqueter la souffrance comme mauvaise et


mienne, il est possible de la laisser simplement comme
énergie dans une certaine forme et elle peut alors
commencer à avoir sa propre saveur qui peut me faire entrer
profondément dans la présence.

La nature de la souffrance est qu’elle parle profondément à


moi d’une autre possibilité. En désirant le plaisir et en
évitant la douleur, je coupe en deux la racine même de
cette possibilité.

Culpabilité
Je ne peux me sentir coupable que si je juge qui je suis à
partir d’un ensemble de systèmes de croyances qu’on m’a
enseignées ou que j’ai construites pour moi. Mes croyances
auto-construites ne peuvent à nouveau qu’émaner de mes
expériences passées. Ces concepts sont liés à l’idée d’un
voyage vers un but, un chemin vers la purification.
En la présence, il n’y a pas de devenir, pas d’attachement
à un objectif. Je vois que je n’ai plus à atteindre aucun
standard ou me comporter d’une certaine manière afin de
devenir digne.

Tandis que je dépense mon énergie à me sentir coupable et à


essayer d’apaiser ce sentiment illusoire, je nie
continuellement la possibilité d’une libération. Il y a une
fascination et une indulgence intégrées dans le drame du
péché, ou karma, qui peut puissamment occulter l’évitement
réel de la redécouverte de qui je suis. Ce que je fais,
c’est investir dans un concept illusoire sur le bien ou le
mal afin d’éviter ce qui est absolument au-delà des deux.

En la présence, il n’y a pas de dette, car il n’y a pas


d’histoire. Dans toute situation, soit je me sens séparé,
soit il y a présence. Dans la séparation, quoi qu’il arrive
il se trouve que je me sens séparé. En présence, le moi
n’est plus et il y a simplement ce qui est.

Dans les deux cas, la situation est réglée. Chaque moment


est sa propre récompense. Il est là et puis il disparaît.
Il y a plus aucune dette à payer.

Alors que nous employons continuellement le juge implacable


pour calculer et mesurer tout ce que nous faisons ou
sommes, nous nous emprisonnons dans une existence de lutte,
de culpabilité et de souffrance, seulement pour apaiser un
dieu qui est de notre propre conception.

Il n’y a que la connaissance ou l’ignorance. Si je ne peux


pas comprendre, je ne peux pas voir, et l’obscurité est
simplement l’obscurité. Ce n’est ni bien ni mal.

Toutes les notions de bien ou de mal, le péché originel, le


karma ou une dette quelconque, sont les produits d’un
esprit non éveillé qui est enfermé dans le temps et le
maintien et le renforcement du concept de père, de mère et
de soi-même.

Penser
Ma pensée crée le temps et le temps crée ma pensée. Dans le
temps, je maintiens un sentiment illusoire d’identité et de
séparation … Je pense, donc je continue.

Ma pensée dans le temps, dans l’ensemble, saisit et divise,


en produisant continuellement des idées de progrès vers la
satisfaction ou la déconvenue. Elle trouble, parle d’ordre,
fait des promesses et parle de destruction.

Mon temps de réflexion avance et recule sur une mer de


souvenirs et de projections d’un lieu que j’appelle moi-
même.

Mon esprit maintient le net équilibre entre la limitation


et l’émancipation, tout en traquant en même temps la vie
dans tous les domaines de l’existence, dans le visible et
l’invisible, dans la recherche et l’espérance, pour ne
découvrir que celui qui regarde.

Aucune somme de réflexions ne me dira qui je suis, mais la


compréhension peut me conduire au bord de la rivière.
L’immobilité ne vient pas de l’absence de réflexion.
L’immobilité est absolument au-delà de la présence ou de
l’absence de réflexion. Je ne peux pas rester immobile,
mais lorsque ce qui semble ne pas être immobile est perçu,
alors cette vision émane de l’immobilité.

La pensée créative émerge de l’immobilité.

Mais si je vais au-delà de la pensée, où suis-je et qui


suis-je ?

Relations sociales
Mes premières expériences avec les parents et les autres
mettent en place mes croyances et mes habitudes en matière
de relations sociales, et ces modèles suivent et
influencent chaque lien par la suite jusqu’à ce que je
redécouvre qui je suis.

Quel que soit le jeu auquel je joue, ceux avec qui je me


lie deviendront, pour l’essentiel, des partenaires dans ce
jeu et le renforceront et le soutiendront. Si j’ai besoin
de me rendre utile je vais créer des pauvres. Si j’ai envie
d’être rejeté, alors je vais attirer le rejet. Il existe
autant de variantes que de gens. Mais les schémas ne font
que confirmer mes besoins particuliers et mes croyances, et
ils reflètent ce que je n’ai pas encore redécouvert. Ils
sont parfaitement appropriés – simplement une partie du
principe caché de l’amour inconditionnel qui m’invite à
voir une autre alternative.

Ce que je vis comme relation dans mon monde de temps et de


séparation, semble être un lien entre moi et un autre. Il
peut s’agir d’un échange de sentiments, des intérêts et des
émerveillements, des rires et des larmes, des réflexions.
Une partie communiquant avec une autre partie. Je suis en
relation avec ce que je projette là-bas, en dehors de moi.
Il y a très peu de fusion au sens le plus large du terme.
Il semble comme une communication entre deux projections,
deux conditionnements, deux modèles, ou un accord pour
caresser l’ego de chacun.

Quand je rencontre quelqu’un pour la première fois, mon


ordinateur place parfois les autres personnes dans une
boîte dans laquelle je les garde emprisonnés. Parfois, je
vais agrandir des morceaux de la boîte ici et là, ou je les
ferai plus grands ou plus petits. De cette façon, je reste
en sécurité et me réfère à mes concepts sur la personne
plutôt qu’à ce qu’ils sont vraiment.

Lorsque je m’efforce de devenir ce que je pense être ma


cause je peux vivre dans un état de comparaison avec
d’autres ou les considérer comme mon juge. C’est une sorte
de subtile concurrence.

Je peux aussi voir l’autre personne comme quelqu’un que je


pense pouvoir combler mon sentiment de manque. Ils peuvent
reconnaître l’image que je souhaite projeter, ou ils
peuvent renforcer mon sentiment d’être valorisé. Ils
peuvent m’exciter et me réconforter par leur présence. Ils
répondent à un besoin.
La façon dont j’entretiens des relations avec les autres
est un des plus puissants reflets dans la relation la plus
fondamentale de toutes, et c’est avec moi-même.

Mais quand j’aurai redécouvert qui je suis, il n’est plus


question de relations. Dans cette présence ouverte et
accueillante il n’est nul besoin pour la mémoire ou la
répétition, la comparaison ou l’attente. Pas de lieu de
rencontre entre une partie et une autre. Là n’est pas une
distance entre les deux et donc rien n’a besoin de se
raconter.

Toute notre énergie est fusionnée en une fraîcheur, et la


célébration de ce qui est tout simplement. C’est une
communion de don spontané et de réception de ce qui peut
éclairer ces moments où nous retournons à la relation.
Souvent, il y a un silence parce qu’il n’est pas nécessaire
de combler le vide une fois qu’on le considère comme
menaçant. Ces silences sont remplis du fait d’être
simplement ensemble dans une existence qui ne cesse de
danser.

Je ne suis pas …
… l’histoire de ma vie, l’esprit, le corps, les sentiments,
des expériences de douleur ou de plaisir, de lutte, de
succès ou d’échec. Je ne suis pas la solitude,
l’immobilité, la frustration ou la compassion. Je ne suis
même pas ce que je pense être mon objectif, la recherche,
la découverte, ou quoi que ce soit qui est appelé une
expérience spirituelle.

Quand je ne sais pas ce que je suis, je sacralise ces


expériences, me les approprie et leur donne une grande
importance. Je crois qu’elles signifient quelque chose qui,
une fois compris, me donnera des réponses et me fournira
des solutions. Mais ces expériences ne sont que la
conscience se masquant et se révélant pour être reconnue.
Quand je sais ce que je suis je découvre que je ne suis pas
l’existence, je suis la présence qui permet à l’existence
de se manifester. L’existence soit s’épanouit dans cette
présence ou exprime mon sentiment de la séparation.

Je suis …
… l’expression divine exactement comme je suis, juste ici,
en ce moment. Vous êtes l’expression divine exactement
comme vous êtes, ici et maintenant. C’est la divine
expression, exactement comme elle est, ici et maintenant.
Rien, absolument rien, n’a besoin d’être ajouté ou retiré.
Rien n’est plus valable ou sacré que tout autre chose.
Aucune condition ne doit être remplie. L’infini n’est pas
ailleurs, attendant que nous devenions dignes.

Je n’ai pas à vivre « la nuit noire de l’âme », ou se


soumettre, être purifié, ou passer par tout type de
changement ou de parcours. Comment l’illusoire du soi
séparé peut faire quelque chose afin de révéler que c’est
illusoire ?

Je n’ai pas besoin d’être sérieux, honnête, malhonnête,


moral ou immoral, esthète ou rustre. Il n’y a pas de points
de référence. L’histoire de la vie qui est apparemment
apparue est unique et exactement adaptée à chaque éveil.
Tout est comme il se doit maintenant. Non pas parce qu’il
s’agit d’un potentiel pour quelque chose de mieux, mais
simplement parce que tout cela est, c’est l’expression du
divin.

L’invitation à découvrir qu’il n’y a personne qui a besoin


d’être libéré est constante. Il n’y a pas besoin d’attendre
des moments de transformation, de chercher le non-agir, la
béatitude permanente, un état sans ego, ou un esprit
tranquille.

Je n’ai même pas besoin d’attendre que la grâce descende.


Car je le suis, vous l’êtes, c’est déjà la grâce
permanente.

Visible et invisible
Il s’agit d’un livre déclarant que l’éveil est une
illumination soudaine, directe et énergique qui est
disponible en permanence pour toute personne prête à lâcher
prise et à l’accepter. C’est la révélation du secret qui se
manifeste dans chaque partie de notre vie. Aucun effort,
voie de purification, processus ou enseignement de toute
sorte ne peuvent nous y conduire. En effet, le secret
révélé ne concerne pas notre effort pour changer notre
façon de vivre. Il s’agit de la redécouverte de qui vit.

Aucun concept, ou ensemble de concepts, ne peut exprimer


l’illumination. Tenter de partager à travers les mots la
redécouverte et l’émerveillement de qui nous sommes est un
processus futile comme rédiger une recette de pudding à la
prune et s’attendre à ce que quelqu’un qui la lit soit
capable d’en percevoir le goût.

Il me semble que la communication verbale ne peut être


seulement que l’expression d’une compréhension, et je
témoigne que ma compréhension de ce que je ressens est
l’idée la plus significative et la plus libératrice qu’il
est possible de comprendre.

Il n’y a rien de nouveau qui s’exprime ici. Nous en avons


tous le sentiment, et il en a été écrit et parlé de
diverses manières et de différentes influences et
provenances.

Certaines personnes avec lesquelles j’ai partagé cette


expérience l’ont rangé dans une boîte avec une étiquette
dessus. Nombreux sont ceux qui sont tombés dessus et sont
rapidement revenus à ce qu’ils pensent pouvoir connaître et
faire. D’autres ont affirmé que « la vie n’est pas si
simple ». Je dois dire que la simplicité était l’une des
plus belles qualités qui m’ont surpris à propos de cette
révélation, conjointement à sa nature globale. Il y a ceux
qui pensent que « l’illumination prend du temps » ou qu’ils
ont besoin de faire l’expérience de divers processus ou
réaliser certaines croyances avant d’envisager « ce genre
d’approche ». Certains se sont plaints qu’ils ont utilisé
la perception de la présence et « rien n’a changé ou s’est
amélioré » ?! D’autres rejettent vigoureusement l’idée que
la liberté peut être réalisée de toute autre manière que
par l’effort, le sacrifice et la discipline. Et certains
l’ont entendu, et ont franchi le pas à leur manière.

Mais du lieu et du moment où cette vision est transmise,


elle n’a aucun lien avec une finalité, une croyance, un
cheminement ou un processus. Elle ne peut être enseignée
mais est continuellement partagée. Comme il s’agit de notre
héritage, personne ne peut y prétendre. Il n’est pas
nécessaire qu’elle soit argumentée, prouvée ou embellie,
car elle est simplement telle qu’elle est, et ne peut que
rester méconnue et rejetée, ou réalisée et vécue.

Tony Parsons, 1995

MERVEILLE INCONNUE
Alors que l’histoire apparente de la vie humaine sur terre
semble entrer dans une nouvelle ère, il est intéressant de
constater qu’une perception unique et surprenante de la
condition humaine est également apparue simultanément.

Lorsque les êtres humains sont apparus sur terre, ils


étaient comme n’importe quel autre animal, mais avec
l’ajout d’un cerveau plus complexe et sophistiqué. Ce
cerveau s’est développé de telle manière qu’une partie de
celui-ci supposait que le monde qu’il habitait était une
réalité sujet-objet distincte qu’il considérait comme
menaçant peut-être sa propre survie. Par conséquent, il a
construit un centre, une identité consciente de soi, comme
un investissement supplémentaire dans sa survie et une
influence possible dans la manipulation de ce qu’il
supposait être une réalité dualiste.

D’où le sens du moi, le moi, le moi, est né, avec la


conviction que c’était réel comme tout ce qui se passait.
De cette expérience de séparation est né le besoin de
comprendre et de connaître le sens et le but de la vie.

Inévitablement, cette demande d’orientation ou de sens a


attiré une multitude de réponses sous forme de religions,
philosophies, enseignements et disciplines qui pourraient
nourrir cette faim personnelle et insatiable.

Dans toute cette communication dualiste, il y avait aussi


une tentative d’étudier la possibilité d’une explication
impersonnelle de l’existence qui pourrait être vue d’un
point de vue singulier ou soi-disant « non duel ». Ce type
de communication semble avoir son origine en Orient avec
Advaita Vedanta, Lao Tzu, Long Chempa, Huong Po, le
bouddhisme zen et en Occident, le mysticisme chrétien.

Cependant, toutes ces communications, sans faillir,


orientaient leur message vers un choix personnel et les
soutenaient avec des conseils personnels et des
enseignements ou des processus destinés à conduire l’adepte
sur un chemin de transformation. C’était comme si la soi-
disant non-dualité était toujours considérée comme un état
ou un « quelque chose » qui pouvait être acquis et vécu
personnellement.

Plus récemment, des communications contemporaines sont


apparues sur la base de preuves scientifiques et
psychologiques, de la logique et de la raison. Ils
regorgent d’explications complexes et alambiquées, souvent
accompagnées d’un ensemble de commandements contemporains.
Tout cela est dirigé vers le moi et confiné aux limites
d’une perspective dualiste, comme tout ce qui a précédé.

Cependant, il semble qu’une communication unique et


radicale soit apparue très récemment. Parce qu’elle
reconnaît le concept de soi comme illusoire et l’idée de
recherche comme futile, elle n’offre rien de quelque
utilité ou de valeur à l’énergie apparente de recherche.
Elle invalide l’idée de la soi-disant existence comme ayant
un sens ou un but, et pourtant elle éclaire aussi l’essence
de l’amour inconditionnel.

Cela semble être la seule révélation de ce qui engendre une


résonance tout en étant également inconnaissable.

Tony Parsons
8 mai 2020

C’est une communication qui éclaire la nature paradoxale de


la non-dualité et expose l’idée trompeuse que c’est quelque
chose qui peut être acquis et expérimenté.

« C’est si évident et si simple que sa


compréhension même l’obscurcit. Jamais trouvé,
jamais perdu, jamais perceptible, l’être est
l’absence parfaite qui est au-delà de toute
mesure. »
Il semble que dans l’énergie illimitée qu’est l’unité, peut
également surgir une énergie contractée qui entraîne une
apparente conscience de soi. Un sentiment puissant et
convaincant d’identité de soi semble surgir avec une
croyance en un libre arbitre personnel et un choix dans ce
qui est vécu comme une histoire réelle. Toutes ces
expériences personnelles ne peuvent surgir qu’en apparence
dans ce qui semble être une réalité très réelle mais
dualiste dans laquelle tout semble être séparé. Ce
sentiment de séparation peut entraîner un sentiment de
perte et un besoin de rechercher des conseils, une
compréhension ou un chemin ou un processus qui peut
promettre l’épanouissement. Il y a des tentatives de
recherche de l’unité qui sont totalement vaines parce que
le chercheur séparé est apparemment le dualisme même auquel
il tente d’échapper.

« Chercher l’être, c’est croire qu’il est perdu.


Y a-t-il quelque chose qui a été perdu, ou est-ce
simplement ce que le regard obscurcit ? Est-ce
que la bien-aimée danse constamment juste au-delà
de notre objectif ? »
Ce dilemme est éclairé dans cette communication unique qui
ne fait aucune demande, n’a pas d’attentes et ne répond en
aucune manière au besoin de celui qui cherche des réponses,
des progressions ou des voies à suivre. Ce message sans
compromis peut être à la fois confrontant et libérateur.
« La vie n’est pas une tâche. Il n’y a absolument
rien à atteindre sauf la prise de conscience
qu’il n’y a absolument rien à atteindre. »
Tout l’investissement personnel pour faire des progrès
spirituels, devenir plus conscient, plus zen, plus ouvert
ou plus quoi que ce soit, peut simplement se dérouler dans
cette révélation radicale. Toute la perception du « soi »
ou du « monde » dans lequel il semble vivre peut être
transformée et ne rien laisser pour soutenir l’illusion de
la séparation personnelle, du contrôle et du renouvellement
de l’existence.

Du coup, l’absence qui était redoutée est l’absence qui est


inconnaissable, mais paradoxalement c’est aussi la
plénitude même, la liberté qui était désirée.

Février 2018

La non-dualité … le mythe

Apparemment …
Bien qu’il n’existe rien de semblable à la non-dualité, il
semble qu’il existe de nombreuses idées différentes sur ce
qu’elle pourrait être.

Parce que le chercheur séparé expérimente tout comme une


réalité sujet-objet, il est inévitable qu’il verra la non-
dualité comme quelque chose qui peut être personnellement
atteint et expérimenté. Il sera également considéré comme
un état de non-soi qui peut être enseigné ou transféré
énergiquement.

Des tentatives sont-elles faites pour utiliser l’idée de


non-dualité comme description de l’inconnu ?

Est-il souvent considéré comme quelque chose qui doit être


intégré, nourri et fondé ?

Il y a même des conférences données sur son développement


évolutif et son issue possible dans un autre quelque chose
appelé le futur ?

Il est étonnant de voir combien de croyances et de théories


différentes peuvent surgir à propos de rien.

Le terme de non-dualité est juste cela. C’est un terme


similaire à Advaita, et fait référence au concept de « non
duel ». L’idée qu’il n’y ait « pas dualité » tente de
définir un mystère. Le mystère ne peut être ni nommé ni
connu, bien sûr, mais il y a certaines descriptions qui se
rapprochent : la forme sans forme, l’absolu relatif, la
plénitude vide ou ce qui est et n’est pas, qui défient
toutes les définitions et n’ont aucun sens.

Toutes ces idées sont immédiatement rejetées par le


chercheur séparé qui est entièrement investi dans sa propre
survie et cherche une réponse qui satisfera sa propre
expérience de la réalité.
La plénitude vide ne peut pas être enseignée ou
expérimentée, car comment et où la trouverait-on si elle
est déjà tout ce qu’il y a ? Où y aurait-il un endroit où
se tenir et savoir ou être éveillé de rien et de tout ?

Cependant, n’est-il pas merveilleux que la confusion


dualiste qui entoure ce qu’on appelle la non-dualité soit
déjà une plénitude vide ?

La Conscience … complice de la séparation


Dans ce monde apparent, l’état d’individualité est accepté
comme normal. Pour l’individu, la conscience de soi est une
confirmation constante de l’existence individuelle.

« Je suis conscient que je suis, et je suis conscient que


vous êtes, avec tout ce qui se passe. Je suis également
conscient que je suis dans une histoire dans laquelle j’ai
le libre arbitre et le choix ».

Cela semble être la réalité établie de l’individu.


Cependant, il semble qu’à l’heure actuelle, les croyances
établies de longue date sur la réalité commencent à se
défaire.

Cachée dans ce qui semble être l’histoire de la recherche


spirituelle, on peut trouver une référence à la possibilité
que le moi séparé soit illusoire.

Plus récemment, des recherches menées par des


neuroscientifiques et d’autres ont établi que l’idée qu’il
y ait un individu séparé avec le libre arbitre et le choix
est illusoire, mais est maintenue par la fonction de la
conscience de soi. Il y a eu beaucoup de communication sur
ces découvertes radicales et surprenantes par le biais des
médias, mais sans guère d’intérêt ni de réaction du grand
public.

Dans ce qui est vu dans l’histoire comme faisant partie du


processus évolutif, le cerveau a généré un sentiment de soi
pour provoquer un partenariat qui peut apparemment créer un
animal primaire, suffisamment puissant et intelligent pour
contrôler et dominer ce qui est supposé être dualiste et le
monde menaçant.

Pour que le processus d’un soi dominant émerge,


l’accumulation de connaissances semble très importante, et
la conscience personnelle serait donc une fonction
intégrée. Pour que la conscience fonctionne, elle a besoin
de quelque chose à part dont elle doit être consciente,
c’est-à-dire « je sais que je suis assis sur une chaise »
ou « je sais que je fends l’atome ». Cette capacité
individuelle à être consciente et à connaître apporte
apparemment avec elle la possibilité de manipuler et de
dominer le monde dans lequel elle vit et aussi, peut-être,
de satisfaire ses besoins. Cependant, aucune de ces
activités individuelles et efforts pour améliorer la vie ne
semble apporter une satisfaction personnelle ou un
contentement constant. Par conséquent, la recherche d’un
sens plus profond à la vie surgit et s’exprime de multiples
façons. Là encore, la fausse hypothèse selon laquelle la
connaissance personnelle doit être l’approche de tout, y
compris l’obtention d’un épanouissement constant, confine
inévitablement le chercheur à la limitation de sa propre
expérience.

La conscience personnelle initie une expérience sujet-objet


dans laquelle tout ce qui se passe semble réel. Cette
expérience génère un sentiment profond de quelque chose
manquant ou perdu.

Le moi, l’individu, est une énergie divisée provoquée par


son apparente séparation d’avec l’unité. Il y a des
tentatives de recherche de l’unité qui sont vaines parce
que le chercheur séparé est le dualisme même auquel il
tente d’échapper. Cependant, l’idée de non-dualité surgit
et, bien que cela n’existe pas, le chercheur espère
inévitablement que c’est quelque chose dont il peut être
conscient et atteindre. Des enseignements surgissent pour
satisfaire cet espoir, et des conférences sont même
organisées pour discuter et découvrir comment la « non-
dualité » peut être comprise et réalisée. Il est
intéressant de noter que la majeure partie de ces
conférences se concentre sur l’investigation de l’éveil et
de la conscience, car ces fonctions sont considérées comme
les moyens par lesquels la réalisation de soi peut être
obtenue. L’inconnaissance est rarement mentionnée.

Les scientifiques sont également impliqués dans ces


conférences et tentent de décrire ce qu’ils ont découvert
sur ce qu’ils appellent « la nature de la réalité ». Mais
de quelle réalité parlent-ils ? Si c’est une réalité qu’ils
vivent personnellement, alors ce serait sûrement dualiste.
Est-ce pour cela que leurs conclusions semblent complexes
et contradictoires, parce qu’elles tentent de trouver
l’unité dans une expérience polarisée ?

Une partie intrinsèque du besoin de survie de l’individu


est son investissement dans le sens et le but qui renforce
l’histoire du passé et du futur, d’où son assurance de
continuation et de progrès. L’éveil personnel ou la
conscience sont une connaissance de la signification
apparente et de la finalité dans l’histoire de moi. C’est
cette conscience personnelle qui maintient constamment le
sens de soi, mais renforce également un sentiment de
séparation de ce qui n’a jamais été perdu mais ne peut
jamais être connu.

Qu’est-ce que ce « Ce qui est ? »

Tout ce qu’il y a, c’est ce qui est… mais qu’est-ce que ce


« Ce qui est ? »

Eh bien, il n’y a pas de vraie réponse à cette question.


Cependant, il semble que ce qui est pourrait être
exactement ce qui se passe… lire ces mots, s’asseoir sur un
siège, des arbres qui poussent, des sons, des sentiments,
des nuages ou des pensées qui passent et ainsi de suite. En
termes simples, ces événements semblent être ce qui se
passe. Mais la perspective ici est que l’essence de ce qui
se passe est un secret révélé.
Il est suggéré que ce qui est, est l’unité apparaissant
comme duel, l’absolu étant relatif. C’est le trésor le plus
attendu et le plus redouté … l’amant parfait et la
faucheuse. C’est bien sûr le paradoxe ultime, être rien et
tout à la fois.

Il n’y a aucune chance que l’essence de ce qui est soit


décrite, saisie ou connue.

Le chercheur tente d’être éveillé ou conscient de ce qui


est et immédiatement cet exercice sépare, objective et
solidifie ce qui est merveilleusement flottant,
effervescent et insaisissable.

L’essence de ce qui est ne peut pas être vue par moi et


donc je ne me sens jamais satisfait parce que ses
expérimentations semblent manquer quelque chose.

Dans ce qui est, il y a aussi ce qui n’est pas. C’est la


merveille de la complétude, car elle apparaît comme les
deux simultanément. Tout ce qui est quelque chose n’est
déjà rien non plus … il n’y en a pas deux ! Tout est donc
réel et irréel, mais pour le moi tout est réel. Dans cette
illusion, je tente de transformer cette expérience dualiste
et insatisfaisante en processus tels que « vivre dans
l’instant » ou « être ici maintenant » ou accepter tout
comme « conscience ».

Cependant, et encore une fois, le merveilleux paradoxe du


jeu de la plénitude est que mon histoire est aussi ce qui
est. Tous les rêves et espoirs, processus et aspirations
religieuses ne sont que la plénitude apparaissant comme une
entité distincte se précipitant à la recherche d’elle-même
et se cachant également de soi en étant déjà tout. Et en
étant tout, même l’évitement ou le rejet de ce qui est, est
ce qui est.

Donc, ce que l’on désire chante constamment le seul chant


de liberté qui ne peut jamais être perdu ou retrouvé car
c’est déjà tout ce qu’il y a.

L’histoire du moi
Tout ce qu’il y a, c’est la plénitude… énergie illimitée
apparaissant comme tout… le ciel, les arbres, les
sentiments, les pensées, peu importe. C’est le mystère
qu’aucune chose n’est simultanément tout.

Il n’y a rien en dehors du tout illimité et pourtant, parce


qu’il est libre, il peut paraître séparé de lui-même… cela
peut sembler être mon histoire. Il n’y a rien de bien ou de
mal dans cette apparence qui est apparemment la plénitude.

L’énergie contractée semble naître dans l’être humain et


créer un sentiment de séparation d’où naît un sentiment
d’identité unique… une conscience de soi. Le moi est né et
mon histoire semble commencer. Moi c’est l’histoire et
l’histoire c’est moi et l’un ne peut exister sans l’autre.
Ils n’apparaissent et fonctionnent tous les deux que dans
une réalité d’objet sujet dualiste. Tout semble être vécu
personnellement comme une série d’événements en temps réel
qui arrivent à un vrai moi. Dans ce temps du conte, le
voyage, le but, le libre arbitre et le choix semblent être
réels.

Ce sentiment de séparation n’est pas seulement une idée,


une pensée ou une croyance. C’est une énergie contractée
incarnée dans tout l’organisme qui influence chaque
expérience. En conséquence, le moi éprouve un arbre, le
ciel, une autre personne, une pensée ou un sentiment à
travers un voile de séparation. C’est comme si j’étais un
quelque chose et que tout le reste était plein d’autres
choses distinctes qui m’arrivaient. Ce qui découle de ce
sens autrefois écarté est un subtil sentiment
d’insatisfaction. Un sentiment que quelque chose est perdu
ou caché.

Pour la plupart des gens, ce sentiment d’insatisfaction


n’est pas si apparent, et parce qu’ils croient être des
individus libres de leur volonté et de leur choix, ils
semblent motivés à essayer de créer une histoire réussie …
de bonnes relations, une bonne santé, de la richesse, un
pouvoir personnel ou autre.

Cependant, pour certains, il y a une plus grande


sensibilité à quelque chose d’autre qui semble manquer. Ce
sentiment génère le désir d’un sentiment d’épanouissement
plus profond. Il peut y avoir une investigation sur la
religion, la thérapie ou la signification de
l’illumination. Parce que le moi est devenu convaincu qu’il
a les moyens d’influencer son histoire, il suppose
également qu’il peut trouver un épanouissement plus profond
à travers son propre choix, sa détermination et son action.

Le moi peut, par exemple, aller chez un prêtre ou un


thérapeute ou un enseignant de l’illumination afin de
trouver ce dont il pense avoir besoin.

Souvent, parce que le moi sent qu’il a perdu quelque chose,


il peut y avoir un sentiment d’inadéquation et donc ce qui
est poursuivi est un enseignement qui satisfait le besoin
de faire quelque chose qui amènera une transformation
personnelle et rendra le moi digne d’être épanoui. Toute
cette activité se déroule apparemment dans l’histoire du
moi qui fonctionne dans une réalité artificiellement
dualiste. Alors moi, je cherche dans le fini ce qui est
infini. C’est quelque chose qui cherche quelque chose
d’autre, et ce à quoi il aspire vraiment reste inaccessible
en étant déjà tout. C’est un peu comme essayer de prendre
l’air avec un filet à papillons. Ce n’est pas difficile,
c’est merveilleusement impossible. La futilité essentielle
de cette recherche alimente inévitablement le sentiment
d’un moi qui se sent encore plus indigne et séparé.

Cependant, dans l’activité de recherche, il peut y avoir


des expériences en cours de route qui encouragent le moi à
chercher plus loin et à essayer plus fort. La thérapie
personnelle peut apporter un sentiment transitoire
d’équilibre personnel dans l’histoire. Des pratiques comme
la méditation peuvent apporter un état de paix ou de
silence. L’enquête de soi peut apporter une expérience
apparemment progressive de compréhension et une conscience
renforcée. Mais pour que la conscience fonctionne, elle a
besoin de quelque chose à part pour qu’elle en soit
consciente. La conscience nourrit simplement la séparation,
et un état de détachement peut survenir et être confondu
avec l’illumination. Tous ces états vont et viennent dans
mon expérience.

La base de tout enseignement pour devenir éveillé est


l’idée qu’un changement de croyance ou d’expérience peut
conduire à une connaissance personnelle de l’unité, à la
réalisation de soi ou à la découverte de sa vraie nature.
Tout l’investissement dans un chemin progressif continue de
nourrir l’histoire de moi atteignant quelque chose. Même la
suggestion d’abandon ou d’acceptation personnelle peut être
initialement attrayante et apporter un état satisfaisant …
pour un moment. Il existe de nombreux « enseignements »
dits non duels qui alimentent l’histoire de ma libération.

Cependant, l’unité recherchée est illimitée et gratuite. Il


ne peut pas être saisi ni même approché. Il n’y a rien non
plus à faire, à changer ou à améliorer que ce qui est déjà
tout.

L’expérience du moi peut être très convaincante parce que


« le monde » dans lequel il vit semble être dominé par
beaucoup de moi dans beaucoup d’histoires. Mais la
construction du moi est inconstante et n’a aucun fondement.
Toute l’histoire de moi n’est qu’une danse de plénitude
sans signification ni but.

Une exposition profonde et sans compromis de la


construction artificielle de la séparation et de mon
histoire peut desserrer les contraintes qui la maintiennent
en place et révéler la manière dont la recherche ne peut
que renforcer le dilemme. Le sentiment apparent de
séparation, cependant, est dans son essence une énergie
contractée énergiquement qu’aucune quantité de clarté
conceptuelle ne pourra jamais annuler.

Lorsqu’il y a une ouverture à la possibilité de ce qui est


au-delà de la recherche de soi, alors il semble que
l’énergie contractée puisse s’évaporer dans la liberté
illimitée qu’elle est déjà. Et ce n’est encore qu’une autre
histoire qui tente de pointer et de décrire un paradoxe
total … la fin apparente de quelque chose qui n’a jamais
été réel … l’histoire de moi.

Tout ce qu’il y a, c’est une liberté illimitée.

Apparemment
La communication secrète révélée ne peut qu’indiquer la
simple merveille de l’être et tenter d’éclairer la futilité
de la chercher. Il n’accepte ni ne rejette les
enseignements du chemin ou du processus spirituel, mais il
exposera, sans compromis, l’idée fausse singulière et
fondamentale qui conduit à la croyance qu’il y a quelque
chose appelé un chercheur qui est capable de trouver
quelque chose d’autre appelé l’illumination.

La vie n’est pas une tâche. Il n’y a absolument rien à


atteindre, sauf la prise de conscience qu’il n’y a
absolument rien à atteindre.

Ce qui est recherché reste caché au chercheur en étant déjà


tout.
Une réalité unifiée dans laquelle il n’y a « pas de dualité
« ou « pas autre chose » confirme sûrement la nature
illusoire de la séparation. Si la séparation est illusoire,
alors toute tentative de ne pas être séparé est enracinée
dans une perspective dualiste. Ainsi, le principe de base
de tout enseignement qui tente de transformer un état
illusoire d’être séparé en un état d’unité est basé sur la
croyance en une réalité divisée et ne peut donc pas
prétendre être non duel.

Ainsi, le chercheur devrait-il gravir la montagne


spirituelle ou simplement lâcher prise et s’abandonner à la
vie … C’est ça la question ? Ou est-il possible qu’il n’y
ait ni question ni réponse ? Peut-être que ce qui est
recherché est déjà tout ce qu’il y a. Peut-être que ce qui
est attendu se produit déjà continuellement … il n’est
jamais parti … le chercheur s’activait pour le trouver.

Chercher l’être, c’est croire qu’il est perdu. Quelque


chose a-t-il été perdu ou est-ce simplement parce que le
regard l’éloigne ? L’aimé danse-t-il toujours constamment
juste au-delà de notre objectif ?

L’intention même de chercher un trésor dans la vie


obscurcit inévitablement la réalité que la vie est déjà le
trésor.

Le « moi » recherche la paix et l’épanouissement ; le


« moi » recherche l’amélioration de soi, la pureté, la
présence ou le détachement. Le « moi » recherche la clarté
ou toute formule qui donnera au « moi » ce qu’il pense
vouloir ou avoir besoin. Mais le « moi » qui n’obtient pas
ce qu’il veut n’est pas le dilemme. Le dilemme est le
« moi » apparent.

Comment le chercheur peut-il « approcher dans l’immédiat »


ce qui est déjà tout ?

En passant d’une formule à une autre, nous semblons


incapables de voir que la liberté ne réside ni ici ni là,
simplement parce que la liberté, de par sa nature même, ne
peut être exclue ou exclusive. Nous ne semblons pas voir
que, alors que nous marchons vers le prochain sommet
spirituel anticipé, le trésor que nous cherchons doit être
découvert, non pas là où nous allons, mais dans la nature
simple des pas mêmes que nous prenons.

Beaucoup rejetteront ce message et reviendront à la fable


réconfortante du savoir et du faire. Mais il peut y avoir
une résonance dans laquelle l’illusion de la séparation
s’effondre et ne laisse rien pouvant être tout.

Les enseignements progressifs de l’illumination qui


recommandent des méthodes telles que la méditation, l’auto-
enquête ou l’idée de reconnaissance ou d’abandon, sont
basés sur la croyance qu’il y a un moi qui peut choisir de
faire ces choses. Cette hypothèse est infirmée par la
découverte récente de neuroscientifiques selon laquelle
l’existence d’un individu avec un libre arbitre et capable
de choisir est illusoire.

La vie est simplement la vie et n’essaie pas du tout de


prouver quoi que ce soit. Ce printemps n’essaiera pas
d’être meilleur que le printemps dernier, et un frêne
n’essaiera pas non plus de devenir un chêne.

Personnel ou impersonnel ?
Les intitulés non-duels et Advaita tentent de décrire le
principe d’unité, d’unicité ou de ce qui est déjà un.

Au cours de la dernière décennie, il semble y avoir eu un


intérêt croissant pour ce que l’on appelle la communication
«Advaita» ou « non duelle » sur l’illumination. Les
récentes interviews de « Conscious TV » et le DVD
magnifiquement conçu « Who's Driving the Dreambus »
représentent un échantillon typique de personnes de
conviction dite « non duelle » mais dont les perceptions
semblent varier considérablement.

Il existe des millions de livres publiés sur le même sujet


avec des points de vue extrêmement différents. De nos
jours, le terme « non duel » est utilisé pour toutes sortes
d’activités de recherche. Vous pouvez assister à des
conférences sur la « non-dualité » ou vous adonner à un
« cours de 12 mois sur l’illumination non-duelle ». La
thérapie non-duelle est disponible, et il existe même un
club de discussion en ligne sur le « non-duel » auquel
« personne » ne peut adhérer !

Pour toute personne intéressée ou récemment investigatrice


sur ce sujet, tout cela peut être très déroutant.

Cependant, ce que l’on perçoit ici c’est qu’il existe deux


types de communication distinctement différents sur la
nature de l’illumination. L’un est personnel et l’autre
impersonnel.

Le premier offre à la « personne » qui cherche l’aide et la


direction pour trouver quelque chose qui s’appelle
l’illumination. Le second n’offre rien à la « personne ».

Le premier se présente sous de nombreuses formes et a un


large public, car il semble répondre aux besoins de la
« personne ». Le second est inconnu et énergiquement
confrontant.

Le message personnel est basé sur la conviction qu’il y a


quelque chose appelé un chercheur séparé qui peut atteindre
quelque chose d’autre appelé l’illumination.

L’impersonnel voit la perception incarnée comme semblant


être séparée et inaccomplie comme un état illusoire qui
pousse le chercheur apparent à rechercher une autre
illusion appelée illumination personnelle.

Toute communication qui soutient et encourage la croyance


ou l’idée du chercheur qu’il peut trouver quelque chose
qu’il pense avoir perdu ne fait que renforcer et perpétuer
une illusion dualiste. Ce n’est ni vrai ni faux … C’est ce
qui apparemment se passe.

La perception impersonnelle est que tous les concepts,


idées, croyances ou pensées sur la séparation ou
l’illumination ne peuvent jamais être que le reflet de leur
contraire, et ainsi ils ne sont jamais que des pointeurs
vers, ou à l’encontre de, ce qui ne peut être exprimé ou
connu.

La séparation apparente est vue essentiellement comme une


énergie contractée incarnée qui peut simplement et
soudainement se libérer dans cette vitalité illimitée qui
est inconnaissable et impersonnelle. Les circonstances sont
totalement hors de propos. Aucune quantité de concepts
clairs ou confus ne peut jamais atteindre ou influencer
cette perception énergétiquement contenue d’être séparée.

Une « expérience spirituelle » profondément ressentie peut,


pour certaines personnes, sembler être un événement
d’illumination personnelle. Il peut y avoir un désir
d’aider ou d’apprendre à d’autres personnes à vivre une
expérience similaire. Cette communication peut parfois
sembler « non duelle » lorsque l’enseignant décrit la
nature de l’unité, mais elle se contredit en recommandant
un processus qui peut aider le chercheur à atteindre cette
unité par l’investigation de soi, la méditation ou la
purification, etc. Il y a peut-être là l’encouragement à
« vivre l’instant présent » ou « être ici maintenant » ou
« embrasser la peur » afin que la personne puisse trouver
« sa vraie nature ». Ce genre de prescriptions personnelles
s’accompagne souvent d’une répétition d’idéaux inspirants
mais toujours positifs qui peuvent élever les sentiments du
chercheur et lui redonner espoir et but. Il semble que ce
genre d’échange entre deux personnes, par sa nature même,
se produit à travers l’histoire dans le temps, et donc son
influence est transitoire. Cela répond à un besoin … pour
un moment.

Une communication impersonnelle reconnaît et éclaire le


dilemme apparent pour le chercheur de sembler emprisonné
dans l’expérience incarnée de la séparation. Il ne décrira
pas correctement la nature de la vitalité illimitée et le
sentiment d’insatisfaction et de désir qui peut découler du
fait de sembler être séparé de cela. Il exposera également,
sans aucune sorte de compromis, l’inévitabilité et le
désespoir absolus de la recherche et le don de la liberté
qui est caché dans ce désespoir.

Personne ne peut revendiquer la propriété de ce message


impersonnel et il n’y aurait donc aucune motivation pour
chanter ses louanges. Il n’y aurait pas non plus d’agenda
personnel pour plaire, aider ou changer la « personne ». Il
n’y a rien ici pour la « personne » sauf la terrible
éventualité que tout ce dont elle rêve comme réel puisse
disparaître.

Chaque fois que l’identité personnelle, sa recherche, ses


espoirs et ses rêves semblent menacés, il peut y avoir un
rejet de ce message et un retour à ce qui semble servir et
soutenir l’illusion uniquement humaine d’autonomie de soi
menant à l’épanouissement de soi. Le message impersonnel
peut alors être considéré comme critique ou nihiliste et
peut même être ressenti comme « sans amour » parce qu’il ne
laisse rien à la « personne ».

Certes, il peut y avoir quelque chose de personnellement


confronté à propos de la constance singulière qui ne
découle que de cette compassion inconditionnelle qui révèle
l’illusion de l’emprisonnement personnel. De cette
révélation, peut surgir une résonance qui n’est personne.
Comment la « personne » peut-elle entendre ce qui est
impersonnel ?

Comment peut-il y avoir une connaissance de


l’inconnaissable ?

Comment une « personne » peut-elle « affronter sa propre


absence »?

Comment le chercheur peut-il saisir ce qui est déjà tout ?

Ce n’est pas difficile … c’est impossible … et


merveilleusement hors de propos, car il n’y a rien de
séparé à saisir. L’intégrité est déjà tout ce qu’il y a !
C’est la liberté illimitée, impersonnelle et
inconditionnelle qui est complète … rien n’est nécessaire à
ce qui est tout !

Cependant, et c’est le paradoxe, l’intégralité, étant tout,


peut aussi apparaître comme n’importe quoi :

– l’intégralité peut apparaître comme l’histoire de soi au


cours d’un voyage qui fait sens.

– l’intégralité peut apparaître comme une personne séparée


avec un libre arbitre et un libre choix.

– l’intégralité peut apparaître comme une personne qui


semble être éclairée et qui aide les autres à devenir
illuminées.

– l’intégralité peut apparaître comme une communication qui


se divise et se dit non duelle.

Ainsi, dans le jeu de l’apparence, la plénitude peut


prétendre être quelque chose à part qui se précipite
partout à la recherche de ce qui est déjà. C’est une
histoire de rêve incroyable et insatisfaisante qui est
uniquement humaine et qui est aussi sublimement sans but.
Pour le chercheur apparent, cependant, la douleur et le
désir de séparation semblent bien réels.

Alors, le chercheur devrait-il gravir la montagne


spirituelle ou simplement lâcher prise et s’abandonner à la
vie ? … est-ce la question ? Ou est-il possible qu’il n’y
ait ni question ni réponse ?

Peut-être que ce qui est recherché est tout ce qu’il y a.


Peut-être que la bien-aimée désirée se dévoile déjà
continuellement … elle n’est jamais partie … le chercheur
oui, pour la chercher.

Peut-être que, lorsque le rêve de recherche se dissout dans


cette énergie illimitée, qui ne voit aucune séparation et
n’a ni agenda ni attente, alors soudainement ce désir est
embrassé dans cet amour inconditionnel qui n’est personne.

Être déjà
Ce qui est recherché reste caché au chercheur en étant déjà
tout.
C’est tellement évident et simple que sa compréhension
l’obscurcit. Jamais trouvé, jamais connaissable, l’être est
l’absence consommée qui dépasse toute mesure.

Chercher l’être, c’est croire qu’il est perdu. Quelque


chose a-t-il été perdu ou est-ce simplement parce que le
regard l’éloigne ? La bien-aimée danse-t-elle toujours
constamment juste au-delà de notre louable objectif ?

L’intention même de rechercher un trésor mythique dans la


vie obscurcit inévitablement la réalité que la vie est déjà
le trésor.

En cherchant le mythe qu’il rêve d’atteindre, le chercheur


évite effectivement ce qu’il craint le plus… son absence.

La libération est comme un fusible qui saute soudainement,


et toutes les petites lumières s’éteignent et il n’y a que
de la lumière.

Ce n’est pas un message à votre propos, du mien ou de


quelqu’un qui reçoive quoi que ce soit. Il s’agit de
réaliser qu’il n’y a rien à obtenir … que ce qui a été
recherché n’a jamais été perdu.

Il ne s’agit pas de chercher ou de ne pas chercher ; c’est


au-delà des concepts d’Advaita et de non-dualisme et au-
delà de l’idée d’atteindre des états de conscience ou de
pleine conscience. Il n’y a pas de but. Il n’y a rien à
offrir. C’est totalement au-delà de la connaissance.

C’est vraiment une description – un partage commun d’une


description de quelque chose qui est au-delà de la
réalisation, quelque chose qui ne peut pas être perdu et
qui ne peut pas non plus être saisi ou gagné.

Tout le temps qu’il y a séparation, il y a un sentiment de


perte, il y a un sentiment qu’il y a quelque chose qui
n’est pas complet. Et donc le chercheur tente de combler ce
vide, de le remplir de quelque chose – peu importe. Et
certains se tournent vers quelque chose qui s’appelle
« l’illumination » parce qu’on estime que l’illumination
pourrait être la chose qui remplira ce sentiment de perte ;
cela pourrait être la réponse à un secret que nous ne
comprenons pas tout à fait.

Et cela semble, quand nous lisons sur l’illumination, comme


si quelqu’un d’autre avait trouvé le secret. Mais personne
n’a trouvé le secret.

Il n’y a pas de personne éclairée. C’est une idée


complètement fausse. Mais la difficulté est qu’en tant que
chercheurs, l’énergie de la recherche nous pousse à être
attirés par l’idée que quelqu’un d’autre a trouvé quelque
chose que nous pouvons trouver, parce que nous grandissons
en croyant que l’effort apporte des résultats. Donc, si
l’effort apporte des résultats, et que nous avons entendu
parler de quelque chose qui s’appelle l’illumination ou la
libération, nous pouvons faire l’effort et ensuite nous
pouvons devenir libérés ou éclairés … comme ce gars sur la
route dont nous avons entendu parler, ou cette femme qui
organise des réunions de « satsang ». Ils ont quelque chose
que je veux. Si j’y vais, j’apprendrai comment l’obtenir.
Dans le rêve, il y a encore une idée que l’illumination ou
la libération est quelque chose qui est réalisable. Et il y
a donc des enseignements qui renforcent l’idée que vous
êtes un individu qui a le choix, alors maintenant, en tant
qu’individu, vous pouvez choisir de vous renseigner ou de
méditer, ou quoi que ce soit d’autre, et vous pourriez
éventuellement devenir illuminé.

Vous pouvez aller partout dans le monde et trouver des


enseignements offrant quelque chose à obtenir. Il est
cependant rare de trouver une communication sans compromis
qui n’offre rien du tout au chercheur.

Cette vitalité n’est pas tout. C’est juste la vie qui


passe. Cela n’arrive à personne. Il y a toute une série
d’expériences qui se passent ici et elles se produisent
dans le vide… elles se produisent en chute libre. Elles
sont juste ce qui se passe. Tout ce qu’il y a, c’est la
vie. Tout ce qu’il y a, c’est existence. Il n’y a personne
qui en ait jamais eu ou qui n’en ait jamais. Il n’y a
personne qui a la vie et quelqu’un d’autre n’a pas la vie.
Il y a juste la vie qui est la vie.

Ce message est si simple qu’il confond totalement l’esprit.


Ce message est trop simple. Déjà votre esprit dit : « Oui,
mais allez … qu’en est-il des niveaux d’illumination et
qu’en est-il de mes blocages émotionnels, et qu’en est-il
de mes chakras, ils ne sont pas tous complètement ouverts ?
Qu’en est-il de ma permanence – je ne suis pas encore
vraiment immuable, et qu’en est-il de mon ego ? Quelqu’un
m’a dit que j’avais toujours un ego … c’est un peu réduit,
mais il est toujours là ».

Mais tout cela, toutes ces idées sont des leçons adoptées
sur la façon dont cela devrait être. L’ego est ce qui se
passe. L’ego est simplement l’ego. Penser, c’est simplement
penser. Il n’y a que l’être. Il y a juste l’être. Il n’y a
rien d’autre. Il n’y a personne qui gère ça. Il n’y a pas
de destin, il n’y a pas de Dieu, il n’y a pas de plan, il
n’y a pas de scénario, il n’y a nulle part où aller parce
qu’il n’y a qu’un être intemporel. L’être est totalement
tout simplement l’être. Et c’est vivant et charnu et sexy
et juteux et tout cela dans l’immédiateté ; ce n’est pas
une idée de dire « il n’y a personne ici ». Ce n’est pas un
concept d’affirmer « il n’y a nulle part où aller ». C’est
la vitalité qui est dans ce corps en ce moment. Il y a de
l’être pur, de la pure vitalité. C’est tout. Fin de
l’histoire.
faire
En réalité, c’est simplement cela. Il n’y a donc personne,
il n’y a pas de choix. Il n’y a de choix à aucun niveau.
L’unité n’a pas choisi de devenir deux. Il y a juste une
unité. Tout ce qu’il y a, c’est l’unité d’être vivant sans
que personne ne le fasse. Est-ce que quelqu’un fabrique le
fait de respirer ? Quelqu’un organise-t-il la circulation
sanguine ? Quelqu’un réalise-t-il vraiment quelque chose ?
Non. Il y a juste une action apparente. Vie apparente en
chute libre.

Il n’y a pas de réponse à la vie parce que la vie est sa


propre réponse. Cela se passe déjà. C’est ça. Vous ne
l’avez jamais perdu. C’est la chose étonnante à propos de
la libération. Lorsque la libération se produit
apparemment, les gens disent : « c’est incroyable parce que
ce que je cherchais ne m’a jamais quitté. C’est la seule
chose qui ne vient jamais et ne disparaît jamais – la seule
constante qui ne peut pas être connue ou retenue. Et la
seule constante est l’être.

Connaître et ne pas connaître

L’histoire d’Adam et d’Eve est une allégorie décrivant la


perte du « paradis » par l’apparition de la connaissance de
soi. Ainsi, il semble qu’il y a intégrité (paradis) et dans
cette énergie illimitée, flottante et sans cause, apparaît
quelque chose qui se ressent comme étant séparé de cette
intégrité (paradis).

Voici une métaphore montrant ce qui semble être


« l’histoire » de la conscience de soi, d’où naissent
apparemment la connaissance et l’expérience du libre
arbitre, du choix, du temps et de l’espace, du but et de la
direction.

Au fur et à mesure que « l’histoire » se déroule, le moi


apprend à connaître « le monde là-bas » et tente de
négocier le meilleur accord possible pour lui-même … il
agit apparemment pour trouver du plaisir et éviter la
douleur. Plus la connaissance est grande, plus l’action,
les résultats et le sentiment apparent de contrôle
personnel sont efficaces … ou c’est ce qu’il semble.

Tous ces efforts apportent des résultats variables, et


ainsi l’individu en vient à connaître des états fluctuants
de satisfaction et de déception. Cependant, on peut
remarquer qu’il semble y avoir un sentiment sous-jacent
d’insatisfaction qui pousse le moi à trouver un sens plus
profond.

Parce que le soi apparent ne peut exister que par sa propre


connaissance, sa recherche d’une signification plus
profonde se limitera à ce qu’il peut connaître et
expérimenter par lui-même. Dans ces limites, il existe une
multitude de doctrines, thérapies, idéologies,
enseignements spirituels et systèmes de croyance que le
chercheur peut apprendre à connaître. Il peut aussi y avoir
la connaissance et l’expérience d’états de silence,
d’immobilité, de félicité, de conscience et de détachement,
qui semblent tous aller et venir comme la nuit et le jour.

Tous ces enseignements, recommandations et prescriptions


tentent de fournir au chercheur des réponses à ce qui est
inconnaissable et des moyens de trouver ce qui n’a jamais
été perdu.

Ainsi, le moi est le chercheur séparé qui poursuit tout ce


qu’il pense pouvoir savoir et faire, à l’exception de
l’absence de lui-même. Cette absence est le vide qui est
inconnaissable, mais paradoxalement est aussi la plénitude
même, la plénitude (paradis) qui est désirée.

Si le chercheur apparent rencontre une perception qui


révèle en grande profondeur la nature réelle de la
séparation et expose également, sans compromis, la sublime
futilité de la recherche, il peut y avoir un effondrement
de la construction du moi séparé. Ce message totalement
impersonnel porte avec lui une énergie illimitée dans
laquelle se déploie l’énergie apparemment contractée de
soi. Une résonance peut survenir qui dépasse la conscience
de soi … quelque chose d’ineffable peut être senti … un
parfum et une ouverture à l’émerveillement de l’inconnu
peuvent émerger.

Soudainement, il semble y avoir un changement et une prise


de conscience impersonnelle que c’est déjà la plénitude. La
simplicité illimitée, nue, innocente, flottante et
merveilleuse de l’être est déjà tout ce qu’il y a … il est
extraordinaire dans son caractère ordinaire et pourtant il
ne peut être décrit.

Rien à vendre
La communication « Open Secret » ne peut qu’indiquer la
simple merveille de l’être et tenter d’éclairer la futilité
de la chercher. Il n’accepte ni ne rejette les
enseignements du chemin ou du processus spirituel, mais il
exposera, sans compromis, l’idée fausse singulière et
fondamentale qui conduit à la croyance qu’il y a quelque
chose appelé un chercheur qui a besoin de trouver quelque
chose d’autre appelé l’illumination.

« Open Secret » ne fait aucun compromis avec les besoins et


les attentes du chercheur. Il n’essaye pas non plus
d’attirer ou de plaire en promettant une expérience de
libération facile et agréable. Qui pourrait promettre cela
et qui en ferait l’expérience ?

Parce que l’idée du libre arbitre et du choix individuels


est considérée comme un rêve illusoire, il n’y a pas
d’agenda ou d’intention pour aider ou changer
l’individualité. En ce qui concerne l’individu apparent, il
n’y a rien à vendre ici.

Le sentiment d’être un individu séparé semble très réel et


affecte chaque partie de cette expérience apparente. C’est
un état d’énergie contractée qui s’incarne et qui apporte
avec lui un sentiment d’inquiétude et de désir. Il peut y
avoir un sentiment soutenu de se sentir indigne et d’avoir
perdu quelque chose d’indescriptible. C’est comme si le
« moi » réside dans les limites du corps et voit tout à
l’extérieur comme quelque chose d’autre avec lequel il doit
négocier. De ces expériences est générée une compulsion à
rechercher continuellement le réconfort ou la libération.
C’est le rêve de l’individualité qui semble réel jusqu’à ce
que ce ne soit pas le cas.

Le « moi » recherche la paix et l’épanouissement, le


« moi » recherche l’auto-amélioration ou la pureté, la
présence ou le détachement. Le « moi » recherche la clarté
ou toute formule qui donnera au « moi » ce qu’il pense
vouloir ou avoir besoin. Mais le « moi » qui n’obtient pas
ce qu’il veut n’est pas le dilemme. Le dilemme est le
« moi ».

Aucune quantité d’effort, de processus, de clarté ou de


croyance ne peut jamais apporter autre chose que plus de
« moi » à la recherche de ce que le « moi » ne peut ni
posséder ou connaître.

L’allégation que la séparation n’est qu’une pensée ou une


compréhension qui va ou vient en présence est une idée
initialement attrayante pour le chercheur qui rêve d’une
réponse facile qui ne pose personnellement pas de risque et
apportera un bonheur permanent. Les pensées de séparation
ne sont que des histoires individuelles sur un état déjà
tenu de se sentir restreint et séparé. Si la séparation
n’était qu’une pensée ou une croyance, elle pouvait être
vue à travers ou changée en son contraire, et alors
« BINGO » il y aurait libération … penseriez-vous !

De telles communications idéalistes vont souvent de pair


avec une réitération implacable de l’idée que la séparation
est « bien » parce qu’il n’y a jamais qu’unité. C’est comme
dire à une personne aveugle que la cécité est « bien »
parce qu’il n’y a que des choses à voir. Bien sûr, il n’y a
que l’unité. Mais ce qui apparaît apparemment dans l’unité
est un profond sentiment de séparation qui ne se sent pas
« bien ».

Ces notions conceptuelles ne parlent que des symptômes et


ne reconnaissent pas la source du dilemme apparent qui peut
remplir chaque partie du sentiment de séparation.

En substance, ce qui est recherché, c’est l’amour. Mais


c’est l’amour qui est absolu, englobant et éternel. C’est
cet amour écrasant que beaucoup ont entrevu, et que j’ai
tenté de décrire dans « The Open Secret » quand j’avais
l’air de traverser un parc et que je n’étais plus personne.
Cela n’a pas été vécu parce qu’il n’y avait soudainement
plus d’expérimentateur. C’était un aperçu que personne
n’avait entrevu. Je suis alors revenu en tant que
« quelqu’un » et j’ai essayé encore et encore de
redécouvrir cet amour inconditionnel que je ne pouvais pas
connaître.

C’est cet amour auquel on fait allusion dans la


littérature, la musique et l’art. Les histoires d’amour les
plus fascinantes concernent l’amour non partagé, car elles
indiquent cet amour absolu que l’individu ne peut pas
posséder. La puissante fascination de tomber amoureux vient
d’un sens primitif que dans cet amour vous pourriez être
perdu. C’est cet amour écrasant qui est dans tout notre
désir et qui est la plénitude dans le vide, le tout dans le
rien. C’est l’amour inconditionnel qui apparaît aussi comme
son contraire. Merveilleusement, C’est aussi cet amour même
qui nous chante constamment à travers nos sens et dans
chaque partie de la vie qui se réalise.

La libération est un mot utilisé pour décrire une


libération apparente de l’illusion de se sentir emprisonné
et séparé de l’amour ou de la plénitude. Ce changement est
essentiellement une libération énergétique de la
contraction vers l’infini.

Chaque fois et partout où il y a un partage profond et sans


compromis du très réel paradoxe de l’être, une résonance
palpable peut émerger. De cette ouverture, il peut y avoir
une libération de cette contraction dans l’infini et ce qui
surgit est la merveille d’être simplement.
Non-dualité traditionnelle versus « Neo » non-
dualité

Il semble que Dennis Waite et ses collègues « Advaitistes »


traditionnels ont contesté la validité de quelque chose
qu’ils ont décidé d’appeler « Neo Advaita » ou, il faut le
dire, leur interprétation particulière de celui-ci !

On m’a demandé de commenter parce que la communication


« Open Secret » semble avoir été leur cible principale et
donc, bien sûr, il ne peut y avoir de réponse que de cette
apparente « perception ».

Donc, tout de suite, je suis perplexe à toute tentative de


faire une comparaison entre deux perspectives qui ne se
rencontrent tout simplement pas. Les œuvres de Dennis Waite
sont une excellente expression des principes fondamentaux
qui génèrent la majorité des enseignements dualistes
traditionnels et contemporains. Ils sont, en termes
simples, enracinés dans la croyance qu’il y a quelque chose
appelé un chercheur (le un) qui peut atteindre quelque
chose d’autre appelé l’illumination (le deux). « L’Open
Secret » reconnaît le relatif comme l’apparence absolue et
la forme comme l’informe … il n’y en a pas deux ! Et donc,
tout est déjà l’expression inconditionnelle de la totalité,
y compris la croyance que ce n’est pas le cas.

L’Advaita traditionnelle est un enseignement du devenir,


« The Open Secret » ne l’est pas, mais il expose la seule
idée fausse principale qui est la mère de beaucoup
d’autres. Il tente également de décrire la nature de « ce
qui est » plutôt que d’enseigner ce qui devrait être.

Il semble que Dennis Waite ne reconnaisse pas la différence


et confirme continuellement sa conviction qu’il existe un
individu qui peut atteindre l’illumination.

Je ne répondrai donc pas à ces critiques par des contre-


arguments, mais je tenterai seulement de démontrer la
futilité de la comparaison.

En supposant que Dennis Waite représente avec précision ce


qu’il appelle l’Advaita Traditionnelle, il confirme sa
croyance et son expérience dans la réalité de l’existence
constante d’un individu avec un libre arbitre et la
capacité de choisir et d’engendrer des conséquences.

« L’Open Secret » reconnaît que la croyance et l’expérience


d’un « je » central ou d’un « moi » ou d’un « soi » est un
état inconstant supposé. De cette seule croyance admise en
une individualité naît de nombreuses autres croyances, y
compris l’autonomie, l’histoire, le temps, le but, le
destin, la divinité et le karma. L’individualité est
l’apparence passagère de la globalité qui semble faire
partie d’elle-même qui se sent séparée de cette globalité
et ne peut qu’apparemment chercher à être complète. Mais
une partie ne peut jamais connaître le tout. C’est une
métaphore.

Dennis Waite croit et recommande que, pour résoudre le


sentiment réel et constant de séparation et devenir
illuminé, l’individu choisisse de suivre un chemin
spirituel progressif. Ce chemin implique la pratique, la
méditation, la recherche de soi et l’éradication de l’ego
et de l’ignorance grâce à une compréhension claire des
enseignements et à la direction d’un guide.

L’Open Secret reconnaît que les croyances et les


recommandations ci-dessus sont générées à partir d’un
sentiment supposé et inconstant d’être un individu séparé
qui a besoin d’atteindre quelque chose appelé
l’illumination. Il est également reconnu qu’un
investissement dans les recommandations ci-dessus peut
renforcer et maintenir le sentiment présumé d’être un
individu capable de résoudre son sentiment d’être séparé.

Dennis Waite confirme que l’illumination est quelque chose


qui peut être décrit avec des mots, et atteint et connu par
l’esprit individuel lorsqu’il acquiert la connaissance
qu’il n’y a qu’une réalité non duelle.

L’Open Secret reconnaît qu’il n’y a rien de tel que


l’illumination ou la libération, ou un individu qui peut
devenir éclairé ou libéré. Ce sont toutes des idées qui
vont et viennent dans l’histoire individuelle. Lorsque le
sentiment présumé d’être séparé semble s’effondrer, il n’y
a déjà plus que l’émerveillement constant et inconnaissable
de l’être.

La perception de l’Open Secret est qu’il n’y a pas de


« mental ». La pensée semble se produire et parfois les
pensées se forment en systèmes de croyances qui sont encore
expérimentés sporadiquement par l’individu apparent dans ce
qui semble être une histoire dans le temps. Une clarté
absolue apparaît également dans l’histoire et est
transitoire.

L’Advaita Traditionnelle semble faire un usage approprié de


la logique, de la raison, de la croyance et de
l’expérience, de l’explication rationnelle, de la vérité et
de la sagesse traditionnelle, toutes destinées à aider le
chercheur sur le chemin de son illumination.

La communication apparente de l’Open Secret est illogique,


déraisonnable, incroyable, paradoxale, non normative, non
spirituelle et sans compromis. Il n’y a aucun programme ou
intention d’aider ou de changer l’individualité apparente.
Sa résonance est partagée énergiquement, non par l’échange
d’idées. Elle est antérieure à tous les enseignements et
pourtant éternellement nouvelle. La croyance est considérée
comme mariée au doute et l’expérience comme un état
personnel fluctuant. L’Open Secret ne reconnaît rien comme
étant « la vérité » et ne voit pas comment quelque chose
appelé Advaita Traditionnelle pourrait être autre chose
qu’un ensemble complexe d’idées.

L’Advaita Traditionnelle est un enseignement sur ce qui


peut être connu. L’Open Secret éclaire le mythe de la
séparation et pointe vers ce qui ne peut être connu.

Une vision impartiale de ces deux « perspectives »


permettrait certainement de reconnaître immédiatement
qu’elles ne se rencontrent pas. Cependant, il semble
évident que Dennis ne reconnaît pas la différence et est
également incapable de comprendre, même intellectuellement,
le principe et l’implication du néant individuel. L’une de
ses recommandations est que l’aspirant soi-disant chercheur
spirituel devrait se demander s’il est vraiment éclairé ?!
Comment peut-il voir un lien possible entre cette idée et
l’affirmation de The Open Secret ? Il croit probablement
encore que ces points de vue divergents sont « les nôtres »
et que Tony Parsons est un individu qui dit aux autres
qu’ils sont éclairés, et qu’il n’y a donc rien à faire.

Soit il y a résonance ou non et, parce que l’ineffable ne


peut être compris et donc contrôlé, il peut sembler
menaçant pour le chercheur apparent. Par conséquent, toute
tentative d’expression de l’indéfinissable doit être
rejetée ou mal interprétée. Ce qui émerge souvent est une
reconfiguration qui peut être crue, et qui est sûre, et qui
offre espoir et objectif au chercheur.

Les dogmes, les doctrines et les voies progressives qui


promettent l’éventuelle illumination, ou Nirvana, ou le
Royaume des Cieux, à travers le sacrifice, la discipline,
le raffinement et la purification de soi, font énormément
appel à ce qui se sent indigne chez le chercheur. D’où la
puissance de la religion classique et les enseignements de
ce qui adviendra. L’Advaita Traditionnelle est juste une
variante de ceux-ci.

Bien sûr, pour tout chercheur apparent qui croit en


l’autonomie et à la réalité apparente de devoir escalader
une montagne spirituelle, le travail de Dennis Waite semble
être un manuel d’instructions logique, solide et rassurant
compliqué à suivre. Cependant, ce qui dévalorise ce
témoignage apparent de « la vérité » est sa représentation
apparemment préjugée des soi-disant partisans du « Néo
Advaita » qui semble être principalement basée sur des ouï-
dire, des vœux pieux et la mauvaise interprétation de
citations prises hors contexte.

Bien sûr, il y a beaucoup de non-sens dualistes diffusés


sous la bannière Advaita non duelle. Une régurgitation
implacable de l’idée qu’il y a « pas d’unité », ou que tout
va bien parce que cela ne surgit que comme « tout ce qu’il
y a », n’est rien de plus qu’un remplacement d’un ensemble
de croyances par un autre.

Les mots ne peuvent jamais pointer vers l’indicible, et


quiconque est lié au concept peut se frayer un chemin à
travers chaque mot de cette réponse dans le seul but de ne
voir rien de plus que ce qu’il croit être « vrai ou faux ».

C’est ce qui arrive … apparemment.

N’est-il pas merveilleux que tout cela ne soit déjà que


l’expression inconditionnelle de la plénitude survenant
comme autant de bruit pour rien ?

Réponse finale
La plupart des réponses « traditionalistes » récentes à mon
essai TA contre NA confirment clairement à nouveau qu’il
n’y a pas de reconnaissance de la différence fondamentale
entre ces deux perspectives, ce qui rend tout autre débat
futile.

Le besoin incessant de mettre le bien contre le mal


démontre avec beaucoup de succès l’incompréhension d’un
message qui pointe vers ce qui est au-delà des deux.

Le rêve de la séparation
Tout ce qu’il y a, c’est que rien ne soit tout et ce qui
apparaît comme faisant partie de tout relève de la croyance
et l’expérience d’être un soi séparé – un individu apparent
avec son propre libre arbitre, son choix et sa capacité
d’agir. Cet événement est uniquement humain et s’appelle la
conscience de soi. Pour la plupart des gens, c’est la
réalité.

Ce sentiment apparent de séparation est à l’origine de la


souffrance, de l’insuffisance et du sentiment de perte qui
poussent les gens à rechercher une évasion ou une
résolution. C’est être en train de rêver qu’il est en
dehors de lui-même, en cherchant partout ce qui est déjà
tout. C’est le rêve hypnotique de la séparation qui, pour
le rêveur, est bien réel.

Le dilemme pour le sondeur de rêve est que le sentiment de


séparation entraîne la recherche de résolution, ce qui
alimente davantage le sentiment de séparation.

Le développement d’une compréhension intelligente de


« l’esprit » apporte apparemment avec lui la capacité de
faire des choix et de prendre des mesures pour tenter de
négocier avec le « monde » vécu. Ces négociations ne sont
pas toujours couronnées de succès et l’individu semble
éprouver sa douleur et plaisir propres. Il développe
également un grand respect pour la direction et le contrôle
émanant apparemment de « l’esprit » compréhensif.
Cependant, tant qu’il y a un sentiment de séparation, il y
a un sentiment d’inquiétude ou de perte et on cherche à
dissiper ce sentiment. Il semble logique que « l’esprit »
compréhensif, très respecté, soit capable d’enquêter sur la
cause de cette inquiétude et de découvrir des moyens de la
dissiper.

L’entité séparée ne peut qu’essayer d’imaginer ou de


projeter une idée de ce à quoi elle doit ressembler pour ne
pas être séparée. Ce qui est recherché, c’est la
possibilité d’un objectif ou d’un état futur qui peut être
réalisé et donc, logiquement, doit être accessible. Par
conséquent, la fonction de recherche et d’enseignement
d’évolution personnelle enferme le chercheur dans la tâche
de continuellement approcher quelque chose qu’il ne peut
pas comprendre. Tout cela est l’expression de l’Être,
apparaissant comme la bonne, ancienne et fiable
compréhension de « l’esprit » fonctionnant comme il ne peut
que fonctionner … en mouvement et anticipation continus.
C’est cette activité de transformation qui maintient très
efficacement le chercheur dans le rêve hypnotique de
chercher quelque chose qu’il ne peut pas saisir. Bien sûr,
la Libération peut apparemment se produire malgré tout cet
effort.

Le seul autre espoir pour le chercheur de rêve est de


croire qu’une autre énergie bienveillante (disons Dieu, la
Conscience ou un soi-disant enseignant éclairé) serait
motivée pour guider et influencer le chercheur sur un
chemin qui le conduirait finalement à son accomplissement.
Toutes ces idées de progression, de but et de destin
surgissent dans le rêve.

Mais le paradoxe est que si l’être apparaît comme le


chercheur de rêve, l’être n’est pas un état qui peut être
imaginé, conçu, atteint ou même réalisé par sa recherche.
L’être n’exige absolument rien … c’est le Rien et le Tout
qui est déjà un accomplissement et une plénitude immaculés.
Rien n’a pas besoin d’être changé ou atteint, perdu ou
retrouvé, pour l’Être à être tout simplement. L’apparence
de la séparation est simplement l’expression de l’être.
L’idée même de quelque chose devant se rapprocher de ce
qu’elle est déjà, est merveilleusement futile. Être est un
comédien avec un public qui ne rit jamais.

Le chercheur en rêve ressent un sentiment de perte et


d’indignité, et est donc très attiré par les enseignements
du rêve qui impliquent la purification, un effort engagé,
l’abandon, la dévotion et le développement du renoncement
et du détachement. Il y a une sorte d’inévitabilité logique
et de valeur dans ces idées qui résonne avec le sentiment
de manque. Le chemin presque sans fin de l’effort assure
avec bonheur la continuation de l’expérience individuelle.
Ces idées semblent découler d’une histoire très
substantielle et fiable de la sagesse traditionnelle qui
doit certainement être respectée, même si elle n’est
disponible que sous forme de mots sur des bouts de papier.

La méditation et la recherche de soi sont deux méthodes


traditionnelles qui cherchent à résoudre ou à échapper au
sentiment de séparation.

Dans la méditation, il semble possible, grâce à un choix


apparent et à des conseils, d’atteindre certains états
d’immobilité ou de béatitude qui semblent meilleurs que de
se sentir séparés. La croyance est que l’effort continu
avec la méditation solidifiera l’état et le rendra
finalement permanent. Mais ces états ne sont que des
expériences personnelles raffinées qui se produisent dans
l’histoire du rêve. Donc, comme toutes les autres activités
basées sur le temps, elles vont et viennent.

L’auto-enquête est un processus similaire en ce sens que le


but est que l’individu choisisse d’agir ou de faire
l’effort d’atteindre un lieu appelé conscience qui, promis
par ses enseignants, apportera la paix de l’esprit, le
bonheur et la fin de toute souffrance(?).

L’accent est mis sur la nécessité d’une investigation


correctement menée sur les processus de pensée, etc., et
sur la nécessité d’être vigilant pour éviter d’être
« distrait par des pensées centrées sur soi ».

Toute cette activité est basée sur le principe de


l’investigateur « cherchant l’unité » et du maintien de sa
possession personnelle.

L’effet de l’état de conscience est un mouvement apparent


vers un lieu de détachement qui, au début, semble très
libérateur, puissant et sûr … un peu comme être dans une
boîte en verre à partir de laquelle la vie peut être
observée sans que l’observateur ne soit affecté. C’est
encore une expérience personnelle subtilement double dans
l’histoire onirique de la séparation et elle est donc
transitoire.

La conscience de la vie qui se passe n’est pas « Être la


vie ».

De manière prévisible, l’état de conscience (la pleine


conscience bouddhiste) est facilement oublié ou égaré, ou
il peut être submergé par la pensée des rêves ou toute
autre situation émotionnelle puissante, par exemple. La
boîte de verre se brise et l’endroit où vous sembliez être
semble à nouveau perdu. Le chercheur de rêve recommence son
auto-enquête, pour un autre coup de pouce, ou il se rend
compte que la conscience n’est qu’un autre refuge à
l’intérieur du rêve de séparation. Tout cela n’est que
l’expression de l’être.

Une autre façon pour le chercheur de rêve d’éviter


simplement d’être est d’essayer de comprendre ou de
développer la clarté sur sa propre nature. Il est très
facile de rester coincé dans des concepts «Advaita» ou
« non-duels ». La réitération singulière et implacable
d’idées telles que « tout ce qu’il y a est l’être », « tout
est l’expression de l’être » ou « il n’y a personne » est
une forme de communication aride et simpliste. Elle
n’aborde ni illumine l’apparent dilemme du rêve du
chercheur et elle ignore de toute évidence l’essence
énergétique primaire de la vitalité implicite de l’Être
simplement. Dire continuellement qu’être éveillé ou endormi
n’est pas pertinent parce que « l’être est tout ce qu’il y
a », c’est comme dire à une personne aveugle qu’il est
normal d’être aveugle parce que « voir, c’est tout ce qu’il
y a ». C’est de l’idéalisme pur. Bien sûr, il n’y a rien de
tel qu’être endormi ou éveillé, mais cela n’est pas perçu
tant que personne ne regarde.

La communication Open Secret ne dépend pas de concepts


clairs, même s’ils peuvent révéler des concepts confus. On
parle et les mots ne peuvent indiquer qu’une autre
possibilité qui dépasse l’expression verbale. C’est le
message éternellement nouveau qui est caché dans les écrits
et est soit ignoré soit rejeté dans « l’esprit ».

L’idée d’un enseignement normatif, d’une orientation ou


d’une offre de toutes sortes d’aide ne se pose tout
simplement pas. C’est un message sans espoir ni réconfort
d’aucune sorte pour l’individu, mais invariablement le
chercheur de rêve croira toujours que quelque chose est
proposé … c’est la fonction de prospecter. Il est également
possible que tout ce qui restera ne soit rien, et alors une
autre possibilité pourrait surgir. Cependant, il n’y a ni
ordre du jour ni motif car rien n’est à vendre.

Il est possible que la clarté puisse surgir, mais la


compréhension absolue n’est pas la libération. Néanmoins,
toute cette communication conceptuelle est secondaire à
l’élément principal qui est le plus éclairant. Cet élément
principal est la vitalité énergétique et impersonnelle … la
merveille implicite et vibrante de l’Être simplement. C’est
un changement énergétique, apparemment hors de la
contraction vers l’infini. Cet illimité ne peut être
possédé et ne peut donc pas être donné. Sa simplicité
confond totalement « l’esprit », mais ce qui surgit est une
reconnaissance impersonnelle qu’il n’y a personne et rien à
libérer. Toutes les idées de séparation, de souffrance
individuelle, de libre arbitre, de choix, de sens et de
but, de destin, de hiérarchie et de tradition, ne sont
simplement vues par personne comme le jeu de rêve de
l’Être.

Il semble que « l’esprit » en recherche soit fasciné par la


lutte et la complexité. Tout le tissu de la recherche est
plein d’histoires de grands édifices, apparemment issus de
débuts simples. Le bouddhisme, le christianisme et tant
d’autres dogmes surgissent et grandissent et se combattent
pour avoir de meilleurs dieux. Les catéchismes du péché et
de la dignité, les degrés de conscience et les niveaux
d’illumination sont étudiés, disséqués et débattus.

L’esprit aime l’idée que l’illumination soit une sorte de


lieu parfait, lointain, pratiquement impossible à obtenir,
de félicité permanente, libre de souffrance et plein
d’omniscience, d’omniprésence et de nombreux autres
« omni » importants qui piétinent tout autour, évaluent les
chances et sauvent le monde. Et bien sûr, parce que toute
cette gloire et cette particularité doivent être atteintes,
il semble qu’il doit y avoir un long chemin à travers la
nuit noire de l’âme, des karmas passés sans fin, le péché
originel, la pensée juste, l’action juste et la préparation
pour les bardos. « C’est une histoire racontée par un
imbécile, pleine de bruit et de fureur, ne signifiant
rien ».

Pourtant, l’être naturel est une constante si ordinaire et


douce. Quand on le voit, il EST. Quand on l’évite, il EST.
Il ne nécessite aucun effort et ne requiert aucune norme.
Étant intemporel, il n’y a pas de chemin à parcourir, pas
de dette à payer. Lorsque cela se fait entendre et que la
confusion s’effondre, lorsque la contraction de la lutte
pour obtenir quelque chose tombe et que l’énergie vibrante
d’être vivante devient apparente, quelque chose d’autre est
vu, très naturellement bien sûr, car c’est déjà tout ce qui
est.

Voir et ne pas voir


Un changement de perception simple, direct mais fondamental
révèle que tout ce qu’il y a, c’est la libération. Mais
l’unité ne devient pas apparente à travers quelque chose
d’acquis, plutôt à travers quelque chose de perdu. Beaucoup
trouveront ce message rare et radical et reviendront
rapidement à ce qu’ils pensent pouvoir connaître et faire.
Mais il y a ceux avec qui cette communication résonnera …
et il y aura une perspective soudaine et un abandon de
toute recherche, même pour ce qu’ils ont appelé
l’illumination.

Tout ce qu’il y a – c’est ceci. L’unité c’est cela … quoi


qu’il arrive apparemment … la lecture de ces mots, la
respiration, le sang coulant dans le corps, les sons
entendus, les pensées qui vont et viennent et les
sentiments dans le corps – le sentiment d’être assis sur un
siège peut-être. Voici l’unité étant vivante comme ceci.

Aucun effort n’est nécessaire pour que cette vitalité soit.


Personne ne fait la vie. Quelqu’un est-il assis sur une
chaise ? La pensée est l’unité qui songe « je ne parviens
pas là où ça mène », ou « c’est trop simple ». Tout est
simplement vitalité, unité, être. Il ne peut être ni
enseigné ni réalisé. Qui est en dehors de l’être pour
réaliser l’être ? Qui peut perdre ou gagner cela quand
c’est tout ce qu’il y a ? Résister à l’unité, c’est l’unité
qui résiste. La recherche de l’unité c’est l’unité qui se
cherche elle-même.

La vitalité est apparemment l’unité qui se produit. La vie


est en train de prendre vie. Il n’y a que l’être et la
nature de cet être est vide et plénitude, rien et tout,
mouvement et repos.

Dans cette intégrité surgit l’idée « Je suis un individu


séparé ». Cela semble être le début d’un rêve appelé « moi
étant quelqu’un dans un monde avec lequel je dois
négocier ».

Ici, dans cette séparation se trouve la racine de toute


peur et de tout sentiment d’inquiétude provenant d’un
sentiment de perte. Encore une fois, c’est l’apparence de
l’unité, et dans cette apparence, nous nous embarquons dans
un voyage dans lequel nous rencontrons des parents, des
enseignants, peut-être des prêtres, des patrons et des
amants, et apprenons comment obtenir ce que nous pensons
vouloir apparemment grâce à des choix et des efforts
personnels. La recherche du plaisir et l’évitement de la
douleur génèrent des expériences passagères de
gratification et de déception. Toute la manifestation que
nous appelons la vie est simplement le drame de l’unité à
la recherche d’elle-même, car tout désir est le désir
d’unité.

Pour certains, l’idée de l’illumination semble offrir la


promesse de l’accomplissement. Cependant, l’individu séparé
ne peut rêver que l’individualité. Telle est sa fonction.

Inévitablement dans la recherche de l’illumination, le


chercheur de rêve est attiré par un enseignement de rêve
qui promeut et renforce l’idée de choix et d’effort
individuels, qui, par la discipline et le sacrifice,
peuvent conduire à l’expérience ultime promise de
l’illumination. Mais cet enseignement renforce l’illusion
qu’il existe un individu qui a le libre arbitre et le choix
de son évolution.

Ce qui est inséparable du rêve d’individualité, c’est


l’idée de propriété. « Ce qui arrive, arrive à moi. J’ai
une vie qui m’appelle et je peux, ou même devrais, faire
quelque chose de ma vie dans le temps imparti ; je dois
réussir ; je suis un individu et un effort personnel peut
m’apporter ce dont j’ai besoin. » Cette idée fausse
favorise la poursuite du rêve de l’illumination
personnelle.

L’idée qui suppose la possibilité que les pratiques


dualistes puissent conduire le chercheur apparent à la
perception non dualiste est similaire à l’idée qu’avec
suffisamment d’efforts et de détermination, vous pouvez
apprendre à un aveugle à voir. Pour citer « Les doctrines,
les processus et les voies progressives qui recherchent
l’illumination ne font qu’exacerber le problème qu’ils
abordent en renforçant l’idée que le soi apparent peut
trouver quelque chose qu’il présume avoir perdu. C’est cet
effort même, cet investissement dans l’identité de soi qui
recrée continuellement l’illusion de séparation de l’unité.
C’est le voile que nous croyons exister. C’est le rêve de
l’individualité. » (The Open Secret)

De tous les nombreux éveils qui m’ont été décrits, il est


continuellement confirmé que l’une des premières
réalisations qui survient est de voir que personne ne
s’éveille. Et pourtant, nous voyons que la majorité des
enseignements, à la fois traditionnels et contemporains,
s’adressent constamment à un chercheur (sujet) apparemment
séparé et recommandent que, pour atteindre l’illumination
(objet), ils choisissent de méditer, de s’approprier, de se
purifier, de cultiver la compréhension, toujours de
l’esprit et de l’ego, abandonnez-vous, soyez honnête,
cherchez sérieusement, renoncez à chercher, faites de la
thérapie, ne faites rien, soyez ici maintenant, et ainsi de
suite … les idées sont aussi infinies et aussi compliquées
que l’esprit d’où elles sont générées.

Ces recommandations découlent de la croyance que


« l’illumination » du « maître » a été atteinte ou gagnée
par l’application du choix, de l’effort, de l’acceptation
ou de l’abandon, et que d’autres chercheurs peuvent
apprendre à faire de même.

Bien sûr, il ne peut y avoir rien de bien ou de mal dans la


recherche sérieuse, la méditation, la recherche de soi, la
compréhension et ainsi de suite. Ils sont simplement ce
qu’ils semblent être. Mais qui va choisir de faire
l’effort ? Où l’effort va-t-il mener le décideur apparent ?
Où aller s’il n’y a que l’unité ? S’il n’y a pas d’individu
séparé, il n’y a pas de volonté, et alors comment une
illusion peut-elle se dissiper elle-même ?

Il n’y a personne qui s’illumine. Personne ne se réveille.


L’éveil est l’absence de l’illusion de l’individualité.
Sont déjà présents l’éveil, l’unité, l’être intemporel, la
vitalité radicale. Quand le chercheur de rêve n’est plus,
personne ne voit qu’il n’y a rien à chercher et personne à
se libérer.

Voici l’unité, la réalisation de la plénitude qui ne peut


être atteinte ou possédée. C’est l’éveil dans lequel la
conscience de ce qui est surgit avec le rêve de ce qui ne
peut pas être connu. Il peut y avoir une danse entre le
rêve et l’être, et dans cette danse il peut y avoir un
retour à la fascination de la propriété personnelle.

Cependant, la réalisation que le chercheur de rêve est


aussi l’unité est la libération, l’immobilité silencieuse,
impersonnelle et sans cause qui est la célébration de
l’amour inconditionnel. C’est tout ce qu’il y a.

Il n’y a ni moi ni vous, ni chercheur, ni illumination, ni


disciple, ni gourou. Il n’y a pas de meilleur ou de pire,
pas de chemin ou de but, et rien à réaliser.

Toute apparence est commencement. Tout ce qui se manifeste


apparemment dans le rêve hypnotique de la séparation du
monde, de l’histoire de la vie, de la recherche d’un chez-
soi, est l’un apparaissant comme deux, le rien apparaissant
comme le tout, l’absolu apparaissant comme le particulier.
Il n’y a pas d’intelligence séparée tissant un destin et
aucun choix fonctionnant à aucun niveau. Rien ne se passe
mais ce fait, tel quel, invite le chercheur apparent à
redécouvrir ce qui est … le silence permanent, sans cause,
immuable, impersonnel d’où déborde et célèbre l’amour
inconditionnel. C’est le merveilleux mystère.

La fausse idée divine


Au sujet de l’Advaita Traditionnelle (Unicité) contre Néo-
Advaita.

On a récemment fait valoir que l’Unicité Traditionnelle est


en quelque sorte meilleure que la « Néo-Unicité », ou même
la « Pseudo-Unicité ». L’étrangeté de cette idée expose la
folie d’essayer de donner un titre à ce qui est sans
limites.

L’esprit du gourou rusé et manipulateur objective


inévitablement l’expression verbale, et de cette
objectivation naît une pléthore de mouvements dogmatiques
revendiquant tous une compréhension suprême de ce qui ne
peut être compris.

En conséquence, la soi-disant Advaita traditionnelle, par


exemple, n’est qu’une autre religion établie avec une
prolifération d’enseignements et de littérature, qui ratent
tous avec succès et systématiquement la cible. Elle se
tient aux côtés du christianisme et du bouddhisme comme
l’un des nombreux systèmes d’endoctrinement personnel
promettant l’accomplissement spirituel éventuel. Pour citer
The Open Secret :

« Traduire l’inexprimable en doctrinal, c’est tenter de


transformer un chant de liberté en dogme de limitation.
Quand l’oiseau a volé, l’essence de son chant est souvent
égarée et il ne nous reste qu’une cage vide. »

L’enseignement de « l’Advaita Traditionnelle » n’a aucun


rapport avec la libération, car il est né d’une idée fausse
fondamentale. Ses recommandations logiques et sensiblement
progressives incluent la méditation, la recherche de soi,
la retenue de soi, et pour citer « le renoncement à l’ego
et à tout désir ». Bien sûr, il n’y a rien de bien ou de
mal à l’idée de vouloir renoncer au désir. Cependant, ces
recommandations et enseignements idéalistes sont basés sur
l’idée fausse fondamentale qu’il existe une personne
distincte avec le libre arbitre et le choix d’évoluer.

La croyance qu’il y a un chercheur séparé (sujet) qui peut


choisir d’atteindre ou de devenir digne de quelque chose
appelé l’illumination (objet) est un déni direct de l’unité
permanente (Advaita).

Dans le rêve hypnotique de la séparation, la perception


dominante est celle du chercheur et de ce qui est
recherché. L’ignorance de cette perception se poursuit dans
la recherche de l’illumination, et inévitablement le
chercheur de rêve est attiré par un enseignement de rêve
qui soutient et encourage la même prémisse de discipline
personnelle et de sacrifice (recherche) menant au but
éventuel de l’illumination (le but recherché).

La recommandation de cultiver la compréhension et de


raffiner quelque chose appelé « l’esprit » (?) est
extrêmement attrayante pour le chercheur de rêves, car elle
prolonge la recherche très digne et prospère sur la
logique, le détachement, la complication, l’effort, la
hiérarchie et l’exclusivité.

Essayer de comprendre l’unité est aussi futile que


d’essayer de tomber amoureux d’un pouce.

Il n’y a aucune possibilité d’enseigner l’unité. Cependant,


le partage peut apporter une redécouverte de ce qui est
déjà connu.

Si nous devons croire les descriptions récentes de quelque


chose appelé « Néo-Advaita » comme étant « la force de la
vérité (?) sur des esprits non préparés » ou conseiller aux
gens d’arrêter de chercher » ou suggérer aux gens qu’ils ne
sont « rien d’autre que l’esprit lui-même », ces
enseignements, s’ils existent, sont tout aussi dualistes
que « l’Advaita traditionnelle »» dont ils sont nés.

Cette confusion est bien sûr autant une expression de


l’unité que la clarté qui l’expose.

Tout ce cirque idiot est simplement le jeu éternel de


l’unité qui se cherche apparemment. C’est la merveilleuse
blague cosmique que l’unité joue avec elle-même en
prétendant être un individu cherchant quelque chose appelé
« ne pas être un individu ».

Quand personne ne redécouvre soudainement et directement


que la libération entraîne la prise de conscience qu’il n’y
a rien à chercher et personne à libérer, alors éclatent
beaucoup de bouffées de rires.

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