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TITRE III: L’ENTREPRENANT

L’une des innovations importantes de la réforme de l’AUDCG est la consécration d’un statut
de professionnel indépendant. Celui-ci peut avoir la qualité de commerçant ou non. Il s’agit de
l’entreprenant. L’AUDCG le soumet à un régime juridique plus allégé que celui du commerçant
classique. Au demeurant, le texte d’application précise que les règles de fonctionnement propres
à ce nouveau statut exigeront une combinaison entre règles de droit uniforme issues des Actes
uniformes et règles nationales des Etats parties.
SECTION I : LA NOTION DE L’ENTREPRENANT
Le statut de l’« entreprenant » est indéniablement l’innovation la plus retentissante de la
révision de l’acte uniforme relatif au Droit commercial général de l’O.H.A.D.A. de 2011. Mais
qu’est-ce que l’entreprenant ?
§ 1. DEFINITION DE L’ENTREPRENANT
Dans la langue française, le mot « entreprenant » désigne celui qui vient de commencer une
initiative ou une activité économique de quelque nature que ce soit : ouverture d’un fonds de
commerce, d’un fond civil ou d’un fond artisanal.
D’un point de vue juridique, l’Acte uniforme relatif au Droit commercial général de
l’O.H.A.D.A., dans sa rédaction du 15 février 2010 en nous proposant une règlementation de
l’entreprenant ne s’écarte pas de cette explication littéraire de la notion (il semble d’ailleurs que
ce terme est spécifique à l’O.H.A.D.A.). L’article 30 de ce texte dispose à cet effet : «
l’entreprenant est un entrepreneur individuel, personne physique qui, sur simple déclaration
prévue dans le présent acte uniforme, exerce une activité, commerciale, artisanale ou agricole
».
Au demeurant, il s’agit d’un nouveau statut professionnel qui est organisé, ou si on peut dire,
d’un nouvel acteur institué dans les activités économiques des Etats membres de l’O.H.A.D.A.
De cette manière, l’O.H.A.D.A. entendait donner la priorité à l’esprit d’entreprise sur les
obstacles formels, limiter les investissements du débutant et faciliter le retour dans le circuit
économique officiel. En clair, l’entreprenant est celui-là qui était communément appelé « le
commerçant informel ».
Les profondes motivations qui ont présidé à ce qui semble être la principale innovation de la
reforme entreprise par le Droit communautaire (si on peut encore s’accorder sur cette
considération) depuis 2010 est ici clairement affichée : la lutte contre le secteur informel.
Appelé économie populaire ou économie informelle, le secteur informel est l’une des
principales caractéristiques des économies africaines en même qu’il est l’expression de la
désorganisation dont celles-ci souffrent. Il en résulte que la démarche du législateur OHADA
est une manière commode de faire entrer dans le circuit formel un certain nombre d’opérateurs
économiques qui évoluent essentiellement en marge du circuit formel traditionnel. Plusieurs
critères retenus dans la définition de l’entreprenant par l’acte uniforme explique largement cette
considération.
L’entreprenant est avant tout défini comme un entrepreneur individuel, personne physique. Ce
qui exclut les personnes morales, celles-ci supposant sans doute un minimum d’organisation et
donc une certaine publicité. La notion d’entreprenant suppose donc une personne qui est à ses
débuts dans l’exercice d’une activité économique, ou alors quelqu’un qui a commencé l’activité
économique, depuis un certain temps, mais qui n’a pas encore eu la chance de progresser. En
somme, c’est un acteur économique dont l’activité n’est pas encore scientifiquement organisée
et épanouie. Cette caractéristique correspond à l’activité des petits détaillants ou des petits
prestataires, par exemple.
Ensuite, le statut de l’entreprenant est un statut optionnel. Il fait appel au petit entreprenariat.
En conséquence, c’est un statut qui n’est pas contraignant et qui ne s’applique pas de plein droit
(il s’obtient à la suite d’une simple déclaration).
En outre, l’entreprenant désigne concrètement soit un petit commerçant, soit un professionnel
voisin du commerçant tel un artisan, un agriculteur ou encore un professionnel civil (article 30
précité) dont le chiffre d’affaires n’a pas atteint le seuil lui permettant de faire face aux
obligations légales requises d’un professionnel. Ici, le domaine de la notion d’entreprenant –
très large faut-il le souligner- rend compte de la gamme variée d’activités que représente le
secteur informel dont il est difficile par ailleurs de définir les contours.
En décidant ainsi de règlementer un statut nouveau dédié à un acteur nouveau de la sphère
commerciale, le Droit OHADA ouvre son champ d’application ratione personnae à des
professionnels qui ne sont pas traditionnellement régis par les règles commerciales et se met au
service des économies africaines dont le désordre est illustré par l’informel.
§ 2. L’ACQUISITION DE LA QUALITE D’ENTREPRENANT
La qualité d’entreprenant est accessible naturellement aux commerçants, mais également aux
artisans ainsi qu’aux agriculteurs. Nouveau venu dans le monde structuré et organisé des
affaires, l’entreprenant est assurément un acteur économique important dans l’environnement
culturel africain des affaires, car il est extrait parmi les multiples entrepreneurs qui jusque-là
exerçaient leurs activités dans le secteur informel. Ils étaient des « commerçants de fait », dans
la mesure où ils échappaient aux règles d’organisation de l’activité commerciale prévues par le
législateur OHADA alors même qu’ils effectuaient des actes de commerce directement ou
indirectement, ou exerçaient une activité économique de façon habituelle.
Ainsi aux termes de l’article 30 alinéa 1 de l’AUDCG, la qualité d’entreprenant ne peut être
accordée qu’à un entrepreneur individuel, personne physique. Elle s’acquiert sur simple
déclaration, pour l’exercice d’une activité professionnelle civile, commerciale, artisanale ou
agricole. En outre, le statut d’entreprenant résulte d’un choix du requérant, et ne saurait être
imposé. Mais cette faculté n’est offerte qu’à la personne qui respecte le critère défini ;
soumettant l’exercice en qualité d’entreprenant à des conditions particulières.
SECTION II : LESIMPLICATIONS DE LA QUALITE D’ENTREPRENANT
La qualité d’entreprenant implique des obligations dont l’inobservation de certaines conduit à
la perte de celle-ci.
§ 1. LES OBLIGATIONS DE L’ENTREPRENANT
L’entreprenant est dispensé de l’obligation d’immatriculation au Registre du Commerce. Il est
simplement soumis à une obligation de déclaration d’activité au Registre du Commerce (article
30 alinéa 6 de l’AUDCG). Cette obligation de déclaration d’activités est matériellement faite
suivant les modalités fixées par l’article 62 et ss. de l’Acte uniforme sur le droit commercial
général. Il appartient également à chaque Etat partie de prendre les mesures incitatives en
matière fiscale et pour les charges sociales applicables à ces entreprenants (article 30 alinéa 7
de l’AUDCG). L’article 30 alinéa 2 affine le critère en indiquant que le chiffre d’affaires annuel
ne doit pas excéder, pour l’année en cours et l’année précédente, le maximum fixé par l’Etat
partie sur le territoire duquel il tient à exercer son activité. Ce critère consiste donc dans un
plafond lié au chiffre d’affaires de l’entreprenant qu’il appartiendra aux Etats parties de fixer
car conformément à l’article 30 alinéa 4, l’entreprenant ne peut exercer son activité que dans
l’Etat partie dans lequel il a fait sa déclaration d’activités. Dans le même ordre d’idée, l’article
30 alinéa 3 précise que ce chiffre d’affaires annuel est, en ce qui concerne les commerçants et
les artisans, celui de leurs activités de vente de marchandises, d’objets, de fourniture et denrées
ou de fourniture de logement et, d’autre part, en ce qui concerne les agriculteurs, celui de leurs
activités de production.
S’agissant de l’observation des obligations comptables, elle est dérogatoire de celles
auxquelles est soumis le commerçant. L’AUDCG prescrit à l’entreprenant simplement la tenue,
au jour le jour, d’un livre mentionnant chronologiquement le montant et l’origine des recettes
en distinguant les règlements en espèces des autres règlements et en notant les références des
pièces justificatives. Celles-ci doivent être conservées pendant cinq ans au moins,
conformément aux dispositions de l’article 31 dudit Acte. En outre, d’autres obligations
concernent spécifiquement l’entreprenant qui exerce des activités de vente de marchandises,
d’objets, de fournitures et denrées ou de fourniture de logement. Ainsi, il doit tenir un registre,
récapitulé par année, présentant le détail des achats et précisant leur mode de règlement et les
références des pièces justificatives. Pour ce qui est de la prescription des obligations comptables
de l’entreprenant, il faut souligner qu’aux termes de l’article 33 alinéa 1 de l’AUDCG, la durée
de prescription pour les obligations nées entre les entreprenants ou entre entreprenant et non
entreprenants, est fixée à cinq ans, si elles ne sont pas soumises à des prescriptions plus courtes.
Cette prescription est soumise à la loi régissant le droit qu’elle affecte conformément aux
dispositions de l’article 33 alinéa 2 dudit Acte. Comme dans toute profession réglementée, le
statut accordé sous condition d’éligibilité peut se perdre et les droits acquis distraits à l’occasion
de la violation de la réglementation spéciale en vigueur.
§ 2. LA PERTE DE LA QUALITE D’ENTREPRENANT
La qualité d’entreprenant se perd de façon naturelle lorsque les activités de l’entreprenant
évoluent de façon substantielle, notamment par le dépassement, durant deux années
consécutives du plafond du chiffre d’affaires fixé pour ses activités par l’Etat partie sur le
territoire duquel l’entreprenant est établi (Article 30 alinéa 4 in fine). Dès cet instant, il perd le
bénéfice de la réglementation applicable à ce statut. Ainsi, dès le premier jour de l’année
suivante et avant la fin du premier trimestre de cette année, l’entreprenant est tenu de respecter
toutes les charges et obligations applicables à l’entrepreneur individuel, en se conformant à la
réglementation applicable à ses activités.
L’observation générale qui ressort de ce statut d’entreprenant se résume dans le constat que
celui-ci ne deviendra commerçant que lorsqu’il aura franchi le seuil du chiffre d’affaires annuel
fixé par le législateur national et sera par ailleurs inscrit au RCCM. Autrement dit, si le petit
commerçant d’hier saisi par la réforme et devenu entreprenant cesse d’être un « commerçant de
fait », il n’est pas non plus un commerçant au sens de l’AUDCG. Celui-ci n’octroie ce statut
qu’à l’acteur économique immatriculé au RCCM.
Enfin, il faut noter qu’aux termes des articles 17 à 29 dudit Acte, le régime de la prescription
de même que celui du bail à usage professionnel applicable au commerçant, sont étendus à
l’entreprenant.
TITRE IV : LE BAIL COMMERCIAL ET LE FONDS DE COMMERCE
Le Bail Commercial et le Fonds de Commerce sont régis par le livre III de l’Acte Uniforme
Relatif au Droit Commercial Général (A.U.R.D.G) et par les dispositions du Code de
Commerce qui ne sont pas contraires à celles de l’Acte Uniforme.
Le chapitre I sera consacré au bail commercial et le chapitre II au fonds de commerce.
CHAPITRE I : Le Bail Commercial
Le Chapitre I portera sur la Définition du Bail Commercial (section I), la Forme et la Durée du
Bail Commercial (section II), les Obligations des Parties au Bail (section III), la Propriété
Commerciale ou le Droit au Renouvellement du Bail (section IV).
SECTION I : La Définition du Bail Commercial
Le Bail Commercial est une Convention, même non écrite, existant entre le Propriétaire
(Bailleur) d’un immeuble ou d’une partie d’un immeuble et Toute Personne physique ou morale
(Preneur), permettant à cette dernière d’exploiter dans les lieux avec l’accord du propriétaire,
toute activité commerciale, industrielle, artisanale, ou professionnelle.
SECTION II : La Forme et la Durée du Bail Commercial
Paragraphe 1 : La Forme
Une des innovations de l’Acte Uniforme est que le Bail Commercial peut être conclu sous la
forme orale ou sous la forme écrite.
Ainsi, est abrogée la disposition du Code de Commerce selon laquelle le Bail Commercial doit
être conclu sous acte authentique (établi par un Officier Public : Notaire, Officier de l’état
civil… et Obligatoire dans certains Cas (Contrat de mariage, Vente d’Immeubles) ou Sous -
Seing Privé (établi et signé par les Partie elles - mêmes et en Principe non soumis à des
conditions de forme particulières)).
Paragraphe 2 : La Durée
L’article 72 de l’Acte Uniforme dispose :
« Les Parties fixent librement la durée des baux.
Le Bail Commercial peut être conclu pour une durée déterminée ou Indéterminée.
A défaut d’écrit ou de terme fixé, le bail est réputé conclu pour une durée indéterminée ».
Cependant, en cas de renouvellement accepté expressément ou implicitement par les parties, et
sauf accord différent, la durée du nouveau bail est fixée à 3 ans.
Le nouveau bail prend effet à compter de l’expiration du bail précédent,
Si celui - ci est à durée déterminée, ou à compter de la date pour laquelle le congé a été donné,
si le bail précédent est à durée indéterminée.
Selon les dispositions des articles 78 et 79 de l’Acte Uniforme, le bail ne prend pas fin par la
vente des locaux donnés à bail, ni par le décès de l’une ou l’autre des parties. (Disposition
d’Ordre Public).
En cas de vente de locaux, l’acquéreur est de Plein droit substitué dans les Obligations du
bailleur, et doit poursuivre l’exécution du bail.
En cas de décès du preneur, Personne physique, le bail se poursuit avec les Conjoints,
Ascendants ou Descendants en ligne directe, qui en ont fait la demande au bailleur par acte
extrajudiciaire dans un délai de 3 mois à compter du décès.
En cas de Pluralité de demandes, le bailleur peut saisir la Juridiction Compétente, afin de
pouvoir designer le successeur dans le bail.
En l’absence de toute demande dans le délai de trois (3) mois, le bail est résilié de plein droit.
SECTION III : Les Obligations des Parties
Il s’agit d’Obligations du Bailleur (paragraphe 1) et celles du Preneur (paragraphe 2).
Paragraphe 1 : Les Obligations du Bailleur
Le Bailleur est tenu de deux Obligations Principales : celle de délivrer les locaux en bon état
(I) et celle de procéder à ses frais aux grosses réparations (II).
I - Le bailleur est présumé avoir rempli l’Obligation de délivrer les locaux en bon état :
- Lorsque le bail est verbal ;
- Ou lorsque le preneur a signé le bail sans formuler de réserve quant à l’état des locaux.
II - Les Grosses réparations sont notamment celles des gros murs, des voûtes (Ouvrage de
maçonnerie), des poutres (Pièce de forme allongée en bois, en métal, en béton armé…,servant
de support de plancher, d’élément de Charpente c’est - à - dire assemblage des pièces de bois,
de métal, de béton armé constituant ou soutenant les diverses parties d’une construction), des
toitures, des murs de soutènement (Dispositif de soutien ; Opération de mise en place de ce
dispositif), des murs de clôture, des fosses septiques (Fosse d’aisance (de facilité) équipée de
manière que des micro - organismes assurent la liquéfaction (Action de liquéfier, c’est - à - dire
faire passer un gaz, un solide à l’état liquide) des matières récoltées) et des puisards ( Egout
(conduite souterraine qui recueille les eaux usées d’une agglomération ( Ensemble urbain formé
par une Ville et sa banlieue ; Groupe d’habitation) et les évacue dans le milieu extérieur) vertical
fermé, destiné à absorber les eaux - vannes (dispositif mobile permettant à volonté d’intercepter
ou de laisser libre le passage de l’eau d’un barrage… ou celui d’un fluide (corps liquide ou
gazeux) dans une conduite).
Le montant du loyer est alors diminué en proportion du temps et de l’usage pendant lequel le
preneur a été privé de l’usage des locaux.
Si les réparations urgentes sont de telle nature qu’elles rendent impossibles la jouissance du
bail, le preneur pourra en demander la Résiliation Judiciaire ou sa Suspension pendant la durée
des travaux.
Lorsque le bailleur refuse d’assumer les grosses réparations qui lui incombent, le preneur peut
se faire autoriser par la Juridiction Compétente à les exécuter pour le compte du bailleur.
Le bailleur est Responsable du trouble de jouissance de son fait ou du fait de ses ayants - droit
(Personne qui a des droits à quelque chose), préposés (Personne chargée d’une fonction
spéciale ; Personne accomplissant une tâche pour un Commettant c’est - à - dire Personne qui
en charge une autre d’exécuter certains actes pour son compte) ou des tiers détenteurs de droit
sur les lieux loués. Il est Garant du preneur pour tous les vices ou défauts des locaux et
immeubles qui empêchent l’usage quand celui - ci ne les aurait pas connus lors du bail.
Paragraphe 2 : Les Obligations du Preneur
Les articles 80, 81 et 82 de l’Acte Uniforme Relatif au Droit Commercial Général fixent
respectivement les 3 obligations essentielles du preneur. Ce sont :
- Le Paiement du loyer aux termes convenus ;
- L’Exploitation des locaux en bon Père de famille et conformément à la destination prévue
au bail ou, à défaut de convention écrite, suivant celle présumée d’après les circonstances ;
- L’Exécution des réparations d’entretien.
Malgré le silence des textes, une des Obligations du preneur est la libération des locaux à la
résiliation du bail ou à l’expiration du bail non suivie de renouvellement.
L’inexécution ou la mauvaise exécution des obligations entraîne des conséquences :
Ainsi, si le preneur donne aux locaux un autre usage que celui auquel ils sont destinés, et qu’il
en résulte un préjudice pour le bailleur, celui - ci pourra demander au tribunal la Résiliation du
bail.
Il en est de même lorsque le preneur adjoint à l’activité prévue au bail une activité connexe ou
complémentaire.
Le preneur répond des dégradations ou pertes dues à un défaut d’entretien.
La Responsabilité du preneur prend fin, non au jour de la résiliation, mais au jour où il cesse
d’avoir la possession des lieux.
A l’expiration du bail, le preneur qui, pour une cause autre que le droit au renouvellement, se
maintient dans les lieux contre la volonté du bailleur doit verser une Indemnité d’Occupation
égale au montant du loyer fixé pendant la durée du bail, sans préjudice d’éventuels dommages
et intérêts.
N.B : L’Obligation de grosses réparations stipulées par l’article 74 de l’Acte Uniforme n’est
pas d’ordre public de sorte que ces réparations peuvent être mises par une Clause Contractuelle
à la charge du preneur.
Si tel est le cas et si le preneur refuse de faire les réparations, le bailleur, après Sommation
(Action d’Huissier mettant en demeure quelqu’un de payer ou de faire quelque chose), peut les
exécuter, sur autorisation du Juge des Référés (Qui a le Pouvoir d’ordonner des mesures
urgentes et provisoires qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse, sans préjuger de la
décision qui sera rendue ultérieurement sur le fond) aux frais du preneur.
SCETION IV : La Cession et la Sous - Location
Paragraphe 1: L a Cession du Bail
C’est l’acte par lequel le titulaire d’un bail ou locataire, le transmet dans tous ses droits et
obligations à un tiers, ou « cessionnaire » (Bénéficiaire d’une cession, c’est - à - dire
transmission à un autre de la chose ou du droit dont on est propriétaire ou titulaire), qui prendra
sa place dans le contrat.
La Cession doit être signifiée au bailleur par acte extrajudiciaire, ou par tout autre moyen écrit,
mentionnant :
L’Identité complète du cessionnaire, son adresse et éventuellement son numéro
d’immatriculation au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier.
A défaut de signification (Notification d’un acte, d’un jugement, faite par un huissier de justice),
dans ces conditions la cession est inopposable (Se dit d’un acte qui ne produit pas d’effet
juridique à l’égard des tiers) au bailleur.
Le bailleur dispose d’un délai d’un (1) mois à compter de la signification, pour s’opposer le cas
échéant à la cession, et saisir dans ce délai le Tribunal de Commerce, en exposant les motifs
sérieux et légitimes de son opposition.
Paragraphe 2 : La Sous - Location
La Sous - Location consiste pour un locataire à devenir à son tour bailleur (on dit « Locataire
Principal ») et à recevoir de son
« Sous - locataire » un loyer, alors qu’il continue de payer le loyer Principal au propriétaire.
La Sous - location peut être totale ou partielle.
La Sous - location n’est autorisée que lorsqu’elle est expressément stipulée dans le Contrat de
bail.
La Sous - location expressément autorisée dans le Contrat de bail n’est opposable (Se dit d’un
acte juridique ou d’un jugement dont les tiers doivent tenir compte) au bailleur que lorsque le
« locataire principal » porte à sa connaissance l’acte de sous - location.
La Signification de l’acte de sous - location peut être faite par tous moyens écrits.
Lorsque le loyer de la sous - location totale ou partielle est supérieure au prix du bail principal,
le bailleur a la faculté d’exiger une augmentation correspondante du prix du bail principal. A
défaut d’accord, le loyer est fixé par le Tribunal de Commerce.

SECTION V : La Propriété Commerciale ou le Droit au


Renouvellement du Bail Commercial
Paragraphe 1 : Les Conditions et Formes du Renouvellement
L’article 91 de l’Acte Uniforme Relatif au Droit Commercial Général dispose : « le droit au
renouvellement du bail à durée déterminée ou indéterminée est acquis, au preneur qui justifie
avoir exploité, conformément aux stipulations du bail, l’activité prévue à celui - ci, pendant une
durée minimale de deux(2) ans ».
Les délais diffèrent selon que le bail soit à durée déterminée (I) ou à durée indéterminée (II).
I - Le Cas du Bail à Durée Déterminée :
Lorsque le bail est à durée déterminée, le Preneur qui a droit au renouvellement de son bail, en
vertu de l’article 91, peut demander le renouvellement de celui - ci, par acte extrajudiciaire,
au plus tard trois(3) mois avant la date d’expiration du bail.
Le Preneur, qui n’a pas formulé de renouvellement dans ce délai est déchu (Qui a perdu son
rang, sa réputation, sa dignité, son droit) du droit au renouvellement du bail.
Le bailleur qui n’a pas fait connaître sa réponse à la demande de renouvellement au plus tard
un (1) mois avant l’expiration du bail est réputé avoir accepté le Principe du renouvellement
de ce bail.
II - Le Cas du Bail à Durée Indéterminée :
Lorsque le bail est à durée indéterminée, toute Partie qui entend le résilier doit donner congé
par acte extrajudiciaire au moins six (6) mois à l’avance.
Le Preneur, bénéficiaire du droit au renouvellement en vertu de l’article 91 de l’Acte Uniforme,
peut s’opposer à ce congé, au plus tard à la date d’effet de celui - ci, en notifiant au bailleur par
acte extrajudiciaire sa contestation de congé. Faute de contestation dans ce délai, le bail à durée
indéterminée cesse à la date fixée par le congé.
Le Preneur qui remplit toutes les formes et conditions du renouvellement peut toutefois
rencontrer l’opposition du bailleur.
Paragraphe 2 : L’Opposition du Bailleur au Renouvellement
Le bailleur peut s’opposer au renouvellement du bail par le paiement d’une indemnité
d’éviction (I). Cependant, dans certains cas le bailleur est dispensé du paiement de l’indemnité
d’éviction (II).
I - Le Paiement de l’Indemnité d’Eviction : (Perdre un droit sur une chose en raison
de l’existence d’un droit antérieur d’un tiers sur la même chose)
Le bailleur peut s’opposer au droit au renouvellement du bail à durée déterminée ou
indéterminée, en réglant au locataire une indemnité d’éviction.
A défaut d’accord sur le montant de cette indemnité, celle - ci est fixée par la juridiction
commerciale en tenant compte notamment du montant du chiffre d’affaires, des investissements
réalisés par le Preneur, et de la Situation géographique du local.
II - La Dispense du Paiement de l’Indemnité d’Eviction :
Selon l’article 95 de l’Acte Uniforme Relatif au Droit Commercial Général, le bailleur peut
s’opposer au renouvellement du bail à durée déterminée ou indéterminée sans avoir à régler
d’indemnité d’éviction, dans les cas suivants :
- Si le Preneur n’exécute pas une Obligation Substantielle du bail ;
- Si le Preneur cesse l’exploitation du fonds de commerce.
Ces deux cas ne pourront être invoqués que si les faits se sont poursuivis ou renouvelés plus de
deux( 2) mois après mise en demeure faite par le bailleur , par acte extrajudiciaire, d’avoir à les
faire cesser.
- Si le bailleur envisage de démolir l’immeuble comprenant les lieux loués, et de les
reconstruire.
Dans ce cas, le bailleur devra justifier de la nature et de la description des travaux projetés ; le
preneur aura le droit de rester dans les lieux jusqu’au commencement des travaux de démolition
et il bénéficiera d’un droit de priorité pour se voir attribuer un nouveau bail dans l’immeuble
reconstruit.
Si les locaux reconstruits ont une destination différente de celle des locaux objets du bail, ou
s’il n’est pas offert au preneur un bail dans les nouveaux locaux, le bailleur devra verser au
preneur l’indemnité d’éviction.
- L’article 96 alinéa 1 de l’Acte Uniforme Relatif au Droit Commercial Général dispose : « le
bailleur peut en outre, sans versement d’indemnité d’éviction, refuser le renouvellement du bail
portant sur les locaux d’habitation accessoires des locaux principaux, pour les habiter lui -
même ou les faire habiter par son conjoint ou ses ascendants, ses descendants ou ceux de son
conjoint ».
- L’article 96 n’étant pas d’Ordre Public, les Parties au bail peuvent stipuler une Clause selon
laquelle le bailleur ne peut refuser le renouvellement du bail des locaux à usage d’habitation
accessoires tant que le bail des locaux à usage commercial demeure.
Par ailleurs, le bailleur ne peut refuser le renouvellement du bail des locaux d’habitation
accessoires si le preneur établit que la privation de jouissance de ces locaux apporte un trouble
grave à la jouissance du bail dans les locaux principaux, ou lorsque les locaux principaux et les
locaux d’habitation forment un tout indivisible.
CHAPITRE II : Le Fonds de Commerce
Il sera analysé : la Définition du Fonds de Commerce (section I), la Location - gérance du
Fonds de Commerce (section II), la Cession du Fonds de Commerce (section III)
SECTION I : La Définition du Fonds de Commerce
L’article 103 de L’A.U.R.D.C.G dispose « le fonds de commerce est constitué par un ensemble
de moyens qui permettent au commerçant d’attirer et de conserver une clientèle.
Il regroupe différents éléments mobiliers corporels et incorporels ».
L’Acte Uniforme distingue les éléments Essentiels (paragraphe I) et les éléments Secondaires
(paragraphe II) du fonds de commerce.
Paragraphe 1 : Les Eléments Essentiels du Fonds de Commerce
L’article 104 de l’Acte Uniforme dispose :
« Le fonds de commerce comprend Obligatoirement la Clientèle et l’Enseigne ou le Nom
commercial.
Ces éléments sont désignés sous le nom de fonds de commerce ».
I - La Clientèle :
La Clientèle et l’Achalandage sont l’ensemble des personnes qui se fournissent chez un
commerçant ou qui ont recours à ses services.
La Clientèle est l’ensemble des Personnes qui sont liées au commerçant par un Contrat
d’Approvisionnement (Clientèle captive) et celles qui s’adressent à lui pour des raisons de
confiance ou d’habitude (Clientèle attirée).
L’Achalandage est l’ensemble des Personnes (désignées Chalands) qui sont attirées par un
Emplacement favorable, mais n’effectuant que des achats occasionnels.
La Clientèle présente les caractères suivants :
- La Clientèle doit être commerciale ;
- La Clientèle doit être actuelle : un fonds peut avoir la clientèle dès sa couverture ;
- La Clientèle doit être Personnelle : un fonds de commerce exploité dans une enceinte
commerciale plus vaste n’a pas toujours une Clientèle Personnelle.
Le Commerçant qui se borne à vendre des produits de marque n’a pas une Clientèle personnelle.
II - Le Nom Commercial :
Le Nom commercial est l’appellation sous laquelle le commerçant, Personne physique ou
Société, exerce son activité.
Lorsque l’Entreprise est une Société, le nom commercial peut être la Raison Sociale.
Lorsque l’Entreprise est Individuelle, le nom commercial peut être le Nom Patronymique du
commerçant. Dans ce cas le nom Patronymique peut être cédé avec le fonds et est protégé car
étant un moyen d’attirer et de retenir la clientèle et à ce titre il a une valeur patrimoniale.
III - L’Enseigne :
L’Enseigne est une Inscription, une Forme ou une Image, apposée sur un immeuble et se
rapportant à l’activité qui s’y exerce.
C’est par exemple le Cauris apposé sur l’immeuble de la B.D.M - SA.
L’Enseigne peut être le nom commercial lui - même, soit une dénomination de fantaisie, soit
un emblème (Figure symbolique généralement accompagnée d’une devise).
L’enseigne ne doit pas être confondue avec la Marque.
La Marque est un Procédé d’Identification des produits fabriqués ou vendus par l’entreprise.
Exemple : le ‘’ ROC - VERT’’ est un Procédé d’Identification de l’eau de source vendue par
le LIDO - SA.
La marque est un élément Secondaire du fonds de commerce.
Paragraphe 2 : Les Eléments Secondaires du Fonds de Commerce
L’article 105 de l’Acte Uniforme Relatif au Droit Commercial Général dispose : « le fonds de
commerce peut comprendre en outre, à condition qu’ils soient nommément désignés, les
éléments suivants : les Installations ; les Aménagements et Agencements ; le Matériel ; le
mobilier ; les Marchandises en Stock ; le Droit au bail ; les Licences d’Exploitation ; les Brevets
d’Invention, Marques de fabrique et de commerce, Dessins et Modèles, et tout autre droit de
propriété intellectuelle nécessaire à l’exploitation ».
SECTION II : La Location - Gérance du Fonds de Commerce
La location - gérance est une Convention par laquelle le Propriétaire du fonds de commerce,
Personne physique ou morale, en concède la location à un gérant, Personne physique ou morale,
qui l’exploite à ses risques et périls.
Pour produire ses effets (paragraphe 2), la location - gérance doit remplir des conditions
(paragraphe 1).
Paragraphe 1 : Les Conditions de Validité de la Location - Gérance
Le Propriétaire du fonds de commerce ne peut louer celui - ci qu’à condition de respecter un
double délai :
Avoir été commerçant pendant deux (2) années ou avoir exercé pendant une durée équivalente
des fonctions de gérant ou de directeur commercial ou technique d’une Société ;
Avoir exploité pendant une (1) année au moins en qualité de commerçant, le fonds en question.
Ces délais peuvent être supprimés ou réduits par la Juridiction Compétente, notamment lorsque
l’intéressé justifie qu’il a été dans l’impossibilité d’exploiter son fonds personnellement ou par
l’intermédiaire de ses Préposés.
N.B : Ces délais ne sont pas applicables à l’Etat, aux Collectivités Locales, aux Etablissements
Publics, aux Incapables en ce qui concerne le fonds dont ils étaient propriétaires avant la
survenance de leur incapacité, aux Héritiers ou Légataires (Bénéficiaire d’un legs, c’est - à -
dire libéralité (disposition à donner largement ; générosité) faite par testament au bénéfice d’une
personne) d’un Commerçant décédé en ce qui concerne le fonds exploité par ce dernier, aux
Contrats de location -gérance passés par des mandataires (Personne qui a reçu mandat ou
procuration pour représenter son mandant dans un acte juridique) de justice chargés à quelque
titre que ce soit de l’administration d’un fonds de commerce, à condition qu’ils y aient été
autorisés par la Juridiction Compétente et qu’ils y aient satisfait aux mesures de Publicités
prévues.
Toutefois, une location - gérance ne peut être consentie par les Personnes interdites ou déchues
de l’exercice d’une Profession commerciale.
Paragraphe 2 : Les Effets de la Location - Gérance
I - Les Effets à l’Egard des Loueurs :
Le Loueur doit garantir au locataire la Paisible Jouissance du fonds, et notamment ne pas lui
faire Concurrence.
Le Propriétaire du fonds est tenu, s’il est commerçant de faire modifier son inscription au
Registre du Commerce et du Crédit Mobilier par les mentions de la mise en location - gérance
de son fonds.
Tout Contrat de location - gérance doit être publié dans la Quinzaine(15) de sa date, sous
forme d’extrait dans un Journal habilité à recevoir les annonces légales.
Jusqu’à la Publication du Contrat de location - gérance, le Propriétaire du fonds est
Solidairement Responsable.
Les dettes du loueur du fonds donné en location - gérance peuvent être déclarées
immédiatement exigibles par la Juridiction Compétente si elle estime que la location - gérance
met en péril leur recouvrement. L’action est introduite par tout intéressé, à Peine de forclusion
(Perte de la faculté de faire valoir un droit, par l’expiration d’un délai), dans le délai d’un (1)
mois de la date de Publication du Contrat de location - gérance.
II - Les Effets à l’Egard du Locataire :
Le Locataire doit payer le loyer et surtout exploiter le fonds.
Le locataire - gérant a la Qualité de Commerçant et il est soumis à toutes les Obligations qui
en découlent notamment l’Immatriculation au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier, la
Tenue d’une Comptabilité Régulière.
Le Locataire - gérant est tenu d’indiquer en tête de ses Bons de Commande, Factures et autres
documents à caractère Financier ou
Commercial, sa Qualité de Colocataire - gérant du fonds avec son Numéro d’Immatriculation
au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier.
L’expiration du Contrat de location - gérance à son terme normal ou anticipé rend
immédiatement exigibles les dettes afférentes à l’exploitation du fonds contractées par le
locataire du fonds pendant la gérance.
SECTION III : La Cession du Fonds de Commerce : Vente du Fonds de Commerce
Paragraphe 1 : La Nature Juridique de la Cession du Fonds de Commerce
L’Achat et la Vente d’un fonds de commerce sont-ils des actes de commerce par nature ou
seulement par accessoire ?
L’achat d’un fonds de commerce pour la revendre serait certainement un acte de commerce
par nature. Mais l’hypothèse est rare.
Dans les autres cas, la Thèse Classique qui inspire la Jurisprudence, y voit un acte de
commerce par accessoire : pour le Vendeur, c’est le dernier acte de son exploitation ; pour
l’acheteur, c’est le premier. Cela conduit à maintenir le Caractère Civil de l’opération pour le
vendeur s’il n’est pas commerçant (vendeur d’un fonds donné en location - gérance), pour
l’acquéreur s’il n’entend pas exploiter (achat pour donner).
C’est pour éviter ces Subtilités (Finesse, Raffinement excessif de la pensée, de l’expression,
etc.) que certains préconisent de considérer toute vente de fonds de commerce comme un acte
de commerce par nature en raison de son objet.
Paragraphe 2 : Les Conditions de Validité de la Cession du Fonds de Commerce
I - Les Conditions de Fond :
Ce sont celles applicables à Toutes les Ventes (Objet, Cause, Capacité, Consentement) sous
réserve des précisions suivantes concernant la Capacité et l’Objet.
A - La Capacité :
L’acquisition d’un fonds de commerce par une Personne qui entend l’exploiter constitue un
acte de commerce. A ce titre, l’acquéreur du fonds de commerce doit avoir la Capacité
Commerciale et ne doit pas être frappé de déchéance (Perte d’un droit juridique ou d’une
fonction), d’interdiction, d’incompatibilité.
La Vente d’un fonds de commerce appartenant à un mineur peut comme celle d’un immeuble
d’ailleurs, être faite avec l’autorisation du juge des tutelles ou du conseil de famille.
La Cession d’un fonds de commerce appartenant à une Société est parfois considérée non
comme un acte de gestion, mais comme une Modification Indirecte des Statuts. Elle serait
donc de la Compétence de l’Assemblée Générale Extraordinaire et non celle des dirigeants.
B - L’Objet :
La Cession du fonds de commerce a Obligatoirement pour objet la Clientèle, le Nom
commercial ou l’Enseigne.
Elle peut porter aussi sur d’autres éléments du fonds de commerce à condition de les préciser
expressément dans l’acte de cession.
II - Les Conditions de Forme :
La Vente d’un Fonds de commerce peut être réalisée, soit par Acte Sous Seing - Privé (établis
et signés par les parties elles - mêmes et en principe non soumis à des conditions de forme), soit
par Acte Authentique (établis par un Officier public (Notaire, Officier de l’état civil) et
obligatoirement dans certains cas (Contrat de mariage, Vente d’immeuble).
Tout acte constatant la cession d’un fonds de commerce doit contenir des énonciations (A) sous
peine de sanctions (B).
A - Les Enonciations Prescrites par l’Acte Uniforme :
Tout acte de cession doit énoncer :
o L’état Civil complet du Vendeur et de l’Acheteur pour les Personnes Physiques, les Noms,
Dénonciations, Forme juridique, Adresse du Siège Social et Objet Social du vendeur et de
l’acheteur pour les Personnes Morales ;
o Leur Numéro d’Immatriculation au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier ;
o S’il y a lieu, l’Origine de la Propriété du chef du précédent vendeur ;
o L’état des Privilèges, Nantissement et Inscriptions grevant le fonds ;
o Le Chiffre d’affaires réalisé au cours de chacune des trois dernières années d’exploitation, ou
depuis son acquisition, si le fonds n’a pas été exploité depuis plus de trois (3) ans ;
o Les Résultats commerciaux réalisés, pendant la même période (il s’agit de bénéfices nets) ;
o Le Bail, sa date, sa durée, le nom et l’adresse du bailleur et du cédant ( Qui cède son droit,
son bien) s’il y a lieu ;
o Le Prix convenu ;
o La Situation et les éléments du fonds vendu ;
o Le Nom et l’Adresse de l’établissement bancaire désigné en qualité de séquestre si la vente a
lieu par acte sous seing - privé.
B - Les Sanctions réalisées aux Enonciations :
L’Omission ou l’Inexactitude des énonciations ci - dessus indiquées peut entraîner la nullité de
la vente, si l’acquéreur le demande, et s’il prouve que cette omission ou cette inexactitude a
substantiellement affecté la consistance du fonds cédé, et s’il en résulte un préjudice.
Cette demande doit être formée dans le délai d’un (1) an à compter de la date de l’acte.
III - Les Conditions de Publicité :
Pour éviter le danger couru par les créanciers d’un commerçant qui pourrait vendre son fonds
clandestinement et disparaître avec le prix de vente et pour éviter des mutations de fonds de
commerce clandestines et frauduleuses, l’Acte Uniforme prévoit des mesures de publicité par
avis (A) et par immatriculation au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier (B).
A - Les Mesures de Publicité par Avis :
L’Acte Uniforme Oblige l’acquéreur de publier dans un délai de quinze (15) jours francs à
compter de sa date, tout acte constatant la cession d’un fonds de commerce, sous forme d’avis
dans un journal habilité à recevoir les annonces légales, et paraissent dans le lieu où le vendeur
est inscrit au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier.
L’acquéreur qui omet de faire cette Publicité risque d’avoir à payer une Seconde fois le Prix
aux créanciers du vendeur.
B - L’Immatriculation au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier :
Tout acte constatant une Cession de fonds de commerce doit être déposé en deux (2) Copies
certifiées conformes par le vendeur et l’acquéreur au Registre du Commerce et du Crédit
Mobilier.
Le Vendeur et l’Acquéreur doivent chacun en ce qui les concerne, faire procéder à la mention
modificative correspondante.
Paragraphe 3 : Les Effets de la Cession du Fonds de Commerce
La Cession de fonds de commerce n’est pas une Cession d’Entreprise. Elle ne porte que sur les
éléments du fonds de commerce. Mais elle n’englobe ni les dettes du cédant, ni les contrats
conclus par celui - ci, sauf lorsqu’une loi l’impose, comme en matière de Contrat de Travail
ou le permet comme en matière commerciale.
Les effets de la cession doivent être examinés à trois points de vue ; celui du vendeur (I), celui
de l’acquéreur(II) et celui des créanciers du vendeur (III).
I - Les Effets de la Cession à l’Egard du Vendeur :
La Cession impose des Obligations au vendeur (A) et lui accorde des Garanties (B).
A - Les Obligations du Vendeur :
Les Obligations du vendeur de fonds de commerce sont :
D’abord, celles qui découlent de tout contrat : Obligation de délivrance ; Obligation de garantie
contre les Vices cachés et garantie de fait personnel ;
Ensuite, celle de Radiation au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier ; celle de non
Concurrence.
L’article 123 alinéa 2 de l’Acte Uniforme Relatif au Droit Commercial Général dispose à cet
effet : « les Clauses de non rétablissement ne sont valables que si elles sont limitées, soit dans
le temps, soit dans l’espace, une seule de ces limitations suffit pour rendre la clause valable ».
B - Les Garanties du Vendeur :
La loi accorde des garanties au vendeur. Elle s’inspire du Régime applicable aux ventes
d’immeubles. Il s’agit du Privilège et de l’Action Résolutoire.
1 - Le Privilège du Vendeur :
La Première garantie du vendeur à crédit est un Privilège : la Valeur du fonds est en quelque
sorte affectée Prioritairement au Paiement du Solde (Différence entre le Débit et le Crédit ;
Reliquat d’une somme à payer) du prix de vente.
A peine de nullité, ce Privilège doit être inscrit dans les 15 jours de la date de l’acte de vente
au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier.
2 - L’Action Résolutoire : (Qui entraine la résolution d’un acte, d’un contrat)
Le Vendeur qui veut exercer l’action résolutoire doit notifier celle - ci par acte extrajudiciaire
ou par tout moyen écrit aux créanciers inscrits sur le fonds et ce, au domicile inscrit par eux
dans leurs inscriptions.
Il doit également procéder au pré - notation de son action résolutoire au Registre du Commerce
et du Crédit Mobilier.
La Résolution ne pourra être prononcée que par la Juridiction Compétente (Tribunal de
Commerce) où est inscrit le vendeur du fonds.
Toute Convention de résolution amiable d’une vente de fonds de commerce est inopposable
(Se dit d’un acte qui ne produit pas d’effet juridique à l’égard des tiers) aux créanciers inscrits
du chef (Point capital sur lequel porte l’accusation) de l’acquéreur.
II - Les Effets de la Cession à l’Egard de l’Acquéreur :
La Cession entraîne des Obligations (A) et des Garanties (B) à l’égard de l’acquéreur.
A - Les Obligations de l’Acquéreur :
Ce sont : le Paiement du Prix Convenu et des Frais accessoires ; la Continuation des Contrats
de travail ; la Publication de la Vente.
B - Les Garanties de L’Acquéreur :
Le Vendeur garantit l’acquéreur : des Vices cachés ; et de son Fait Personnel.
III - Les Effets de la Cession à l’Egard des Créanciers du Vendeur :
Les formalités de publicité sont instituées dans l’intérêt des créanciers du vendeur. Elles
permettent à ceux - ci de faire opposition au paiement du prix au vendeur (A) ou de
surenchérir le prix de la cession (B).
A - L’Opposition au Paiement du Prix :
Pour permettre l’opposition des créanciers du vendeur, l’article 125 de l’Acte Uniforme oblige
l’acquéreur à payer le prix entre les mains du notaire ou de tout établissement bancaire désigné
d’un commun accord entre les parties de l’acte.
Le notaire ou l’établissement bancaire devra conserver les fonds en qualité de séquestre (Dépôt
provisoire entre les mains d’un tiers d’un bien litigieux en vue de sa conservation ; dépositaire
de) pendant un délai de trente (30) jours.
Ce délai commence à courir au jour de la Parution de la Publicité de la vente dans un journal
habilité à recevoir les annonces légales.
Si au terme de ce délai, aucune opposition n’a été notifiée au séquestre, celui - ci devra tenir le
prix de vente à la disposition du vendeur.
Si une ou plusieurs oppositions sont notifiées pendant ce délai, le prix de vente ne sera
disponible pour le vendeur que sur justification de la main levée de toutes les oppositions.
Les conditions de l’opposition et de main levée sont régies par les articles 127 à 130 de l’Acte
Uniforme Relatif au Droit Commercial Général (A.U.R.D.C.G).
B - La Surenchère du Sixième du Prix de la Cession :
Les créanciers du vendeur ont également le droit de surenchère (Acte par lequel une personne
forme une nouvelle enchère dans un certain délai suivant la première adjudication (Attribution
d’un marché public ou, dans une vente aux enchères, d’un bien à celui qui offre le meilleur
prix) ce qui a pour effet de remettre en question cette dernière) (s’ils estiment que le prix de
cession du fonds ne correspond pas à sa valeur véritable).
Les créanciers s’engagent à se porter enchérisseur pour le prix initial majoré de 1/6 si aucune
offre plus intéressante n’est faite aux enchères (dans une vente au plus offrant, offre d’un prix
supérieur à celui qu’un autre propose).
Les conditions de la surenchère sont définies par les articles 131 à 133 de L’A.U.R.D.C.G.
SECTION IV : L’Apport du Fonds de Commerce à une Société
Les dispositions de l’Acte Uniforme Relatif au Droit Commercial Général (A.U.R.D.C.G)
régissant la cession du fonds de commerce s’appliquent en cas d’apport d’un fonds de
commerce à une Société