Vous êtes sur la page 1sur 15

A la recherche d’autres outils? Entrez dans la Salle des Profs <www.segec.

be/salledesprofs>

Des activités de lecture


à dévoilement progressif

Type d’outil : outils de construction: activités d’apprentissage en Savoir Lire, visant la


compétence «élaborer des significations» (LIR.2)

Auteur: Christel Wiseur, professeur de français au département pédagogique de la Haute


Ecole Libre du Hainaut Occidental

Cycle auquel est destiné cet outil : cycle 4

Contexte de conception de l’outil :


C’est en participant à une formation consacrée à « comment donner le gout de lire?» que j’ai
découvert cette manière de faire lire des nouvelles en classe.Le formateur nous avait mis en
situation, comme un enseignant le ferait avec ses élèves, et d’emblée j’ai été prise au jeu! Cette
démarche, construite à la manière d’une «lecture-feuilleton», met vraiment le lecteur en appétit
d’en savoir plus. C’est ce point qui m’a poussée à la proposer à mes étudiants, afin qu’ils
l’expérimentent à leur tour dans le cadre de leurs stages.

Intérêt de l’outil :
- Les activités de lecture à dévoilement progressif provoquent l’émission d’hypothèses,
l’émergence d’images, de représentations…
- En suscitant l’envie de connaître la suite du texte, les activités de lecture à dévoilement
progressif développent chez le lecteur une attitude positive vis-à-vis de l’écrit . En cela, elles
constituent des moyens privilégiés de réconcilier avec l’écrit les enfants qui n’aiment pas
lire: ils ne «subissent» plus la lecture, comme c’est bien souvent le cas.
- Elles sont de bons moyens pour lire des nouvelles en classe
- Elles impliquent fortement l’enseignant dans le temps de lecture; il a son rôle à jouer: par le
choix du texte qu’il fera découvrir aux enfants, par la «mise en ambiance» en lisant le début
de l’histoire, par l’animation des moments de confrontation entre les lecteurs…
- En fractionnant le texte entier, qu’on lit un morceau à la fois, on amène les enfants
(notamment ceux qui sont vite découragés face à de grandes quantités d’écrit) à s’engager
plus facilement dans la lecture de «grands» textes..

Conseils pour une bonne utilisation de l’outil:


- C’est la répétition d’activités similaires, rapprochées dans le temps, qui aidera les enfants à se
construire de réelles compétences face au texte. On veillera cependant à varier les situations et
les démarches proposées: en effet, les activités de lecture à dévoilement progressif resteront un
moment privilégié de lecture si l’on évite de les rendre systématiques, tant dans le moment
choisi que dans la démarche suivie pour faire découvrir le texte aux enfants. A ce titre, il est

Christel Wiseur, professeur de français – Haute Ecole Libre du Hainaut Occidental - janvier 2004 - Page 1 sur 15
A la recherche d’autres outils? Entrez dans la Salle des Profs <www.segec.be/salledesprofs>

intéressant de trouver plusieurs variantes de déroulement, en tenant compte du texte choisi.

- Parce qu’elle sollicite la confrontation des divers points de vue de chaque lecteur, cette
démarche n’est pas compatible avec le recours aux habituels questionnaires individuels de
compréhension, qui constitueraient un frein aux échanges collectifs.

- Par ailleurs, le choix des textes est un élément clé de la réussite de cette activité: certains
genres littéraires s’y prêtent mieux que d’autres (textes entiers, pas trop longs, qui
entretiennent le suspense, ou dont le dénouement joue sur l’effet de surprise: policier,
fantastique, …).

- Enfin, il paraît important d’organiser l’activité en un seul «bloc horaire»: scinder l’activité
en différents moments séparés dans le temps risque d’affaiblir la dynamique de lecture créée
chez les enfants.

Description de la démarche:

Globalement, on peut distinguer deux manières différentes de procéder, certains textes


convenant mieux pour l’une ou pour l’autre:

- un déroulement «linéaire»: après avoir lu le début de l’histoire à toute la classe,


l’enseignant dévoile le texte progressivement, en communiquant aux enfants chaque
morceau de l’histoire dans l’ordre du texte. (Voir ci-dessous le déroulement proposé
pour la lecture du texte «hold-up»).

- un déroulement «puzzle»: l’enseignant lit à toute la classe le début et la fin de


l’histoire. Puis, il distribue des morceaux différents de l’histoire à chaque enfant.
Ensuite, en grand groupe ou en équipe, les enfants tentent de reconstituer le
«puzzle» de l’histoire sur base des indices que chacun a découverts dans l’extrait qui
lui a été donné. (Voir ci-dessous le déroulement proposé pour la lecture du texte «La
boîte enchantée»)

Voici un exemple d’activité illustrant chacune de ces deux variantes.

Christel Wiseur, professeur de français – Haute Ecole Libre du Hainaut Occidental - janvier 2004 - Page 2 sur 15
A la recherche d’autres outils? Entrez dans la Salle des Profs <www.segec.be/salledesprofs>

Intitulé de l’activité: Hold-up!1


Compétence d’intégration: Savoir Lire
Compétence visée:
- LIR 2. Elaborer des significations:émettre des hypothèses (anticipations)

Compétences sollicitées:
- ECO 2. Elaborer des significations
- PAR 2. Mobiliser ses connaissances et savoir-faire pour élaborer des contenus

Matériel:
Pour chaque enfant:
- le texte, découpé en 5 extraits numérotés
- un support écrit permettant de noter les différentes hypothèses formulées lors de
chaque étape

Dispositif pédagogique:
L’activité peut se donner en constituant des équipes de 4 enfants si l’on souhaite favoriser la
prise de parole au sein de chacune, ou plutôt en travail collectif si l’on estime que la taille du
groupe classe ne constitue pas un frein à l’expression des hypothèses et à la gestion des
échanges.

Déroulement:
- Annonce de l’intention: «Si nous prenons du plaisir à lire un texte (un conte, un
roman…), nous avons envie de connaître la suite de l’histoire pour savoir ce qui va se
passer … et vérifier si ce que nous devinons va se réaliser. Bien lire, c’est émettre
toujours de nouvelles hypothèses sur la suite du texte, en partant de ce qu’il nous a
déjà dit. C’est ce que je vous propose d’apprendre à faire maintenant».

- l’enseignant annonce le titre de l’histoire, et lit à tout le groupe le premier paragraphe:

Hold-Up
En embuscade derrière la cabane à outils, j'avais placé Etienne à droite derrière les
arbres et Carl tout près de moi. De cet observatoire, Etienne voyait bien la route et
devait nous prevenir de I'arrivée de la voiture.
Tiens ! Justement, Etienne me fait signe. II ne nous reste que quelques secondes pour
enfiler nos cagoules et vérifier nos armes. Je me dresse sur mes jambes, prêt à bondir.

- Discussion collective: Que va-t-il se passer? On garde une trace écrite des différentes
hypothèses émises (tableau, …)

- Chaque enfant reçoit le premier bloc de texte, reprenant ce que l’enseignant vient de
lire, complété par le deuxième paragraphe(voir ci-dessous).
Important! Les extraits du texte sont distribués face cachée: on attendra que le dernier
( ou la dernière équipe) l’ait reçu pour retourner la feuille et lire le texte, de façon à ce

1
«Hold-up!», Gérard Hubert-Richou, paru dans Dauphin n° 33, avril 1998

Christel Wiseur, professeur de français – Haute Ecole Libre du Hainaut Occidental - janvier 2004 - Page 3 sur 15
A la recherche d’autres outils? Entrez dans la Salle des Profs <www.segec.be/salledesprofs>

qu’il (elle) dispose du même temps que les autres pour lire et surtout réagir.

Hold-Up
En embuscade derrière la cabane à outils, j'avais placé Etienne à droite derrière les
arbres et Carl tout près de moi. De cet observatoire, Etienne voyait bien la route et
devait nous prevenir de I'arrivée de la voiture.
Tiens ! Justement, Etienne me fait signe. II ne nous reste que quelques secondes pour
enfiler nos cagoules et vérifier nos armes. Je me dresse sur mes jambes, prêt à bondir.

Le ronronnement de la voiture résonne en écho sur la façade de la maison.


-Mon coeur pompe deux fois plus vite.
-Les pneus crissent dans l'allée.
-C'est le moment! Je bondis devant le capot de la voiture et je menace la conductrice qui
-stoppe net.
- - Halte ! Ceci est un hold-up ! Ne bougez plus. Coupez le contact. Mains sur le
- volant. Aucun mal ne vous sera fait.

- Consigne: «Que va-t-il se passer? Garde-t-on les hypothèses formulées au tableau


tout à l’heure? Faut-il en supprimer certaines ? … en ajouter de nouvelles?
Pourquoi?»
Discussions, confrontations, échanges …

- Distribution du 2e extrait:

Mes acolytes arrivent par derrière, armes au poing, pour éviter toute fuite.Ils ouvrent le
coffre et le vident de son contenu.
- Descendez, madame, sans faire de gestes brusques, dis-je à la femme.

- Consigne: «A votre avis, que contient le coffre?»


Discussions, confrontations, échanges …

- Distribution du 3e extrait:

Carl et Etienne empoignent plusieurs sacs et entrent dans la maison.


- Suivez-les ! dis-je, toujours sur mes gardes.

Je la guide vers la cuisine, la fais asseoir sur un tabouret, tandis que mes cousins
déposent la marchandise. Silence.
Ils font encore trois navettes en soufflant comme des phoques.

- A présent, si vous voulez récupérer votre bien, il faudra payer une rançon, dis-
je à travers ma cagoule qui me tient terriblement chaud.

Christel Wiseur, professeur de français – Haute Ecole Libre du Hainaut Occidental - janvier 2004 - Page 4 sur 15
A la recherche d’autres outils? Entrez dans la Salle des Profs <www.segec.be/salledesprofs>

- Consigne: «Est-on toujours d’accord avec ce que l’on a dit sur le contenu du coffre?
Pourquoi? A votre avis, la dame va-t-elle payer la rançon? Que va-t-il se passer?»
Discussions, confrontations, échanges …

- Distribution du 4e extrait:

La femme hoche la tête avec une moue étrange au coin de la bouche.


- Très bien, où se trouve-t-elle ?
- Comme d'habitude, répond la femme.

Je fais signe à Etienne d'aller vérifier.. II ouvre la porte du placard de gauche et en sort
un sachet.
- C'est OK, affirme-t-il.
- Parfait, madame, vous avez honnêtement joué le jeu. On sera réglo, nous aussi.
Vous êtes libre.

- Consigne: « Nous arrivons bientôt à la fin de l’histoire: à votre avis, comment se


termine-t-elle? Que contient le sachet?»
Discussions, confrontations, échanges …

- Distribution du 5e (et dernier) extrait:


Poings sur les hanches, elle fronce les sourcils :
- Dis donc, Guillaume, ça va encore durer longtemps ce cinéma ?
- Tant qu'il y aura des tonnes de courses à décharger à ton retour du supermarché,
maman ! lui dis-je en prenant au passage le sac de bonbons.

Etre le chef, ça m'évite de trimbaler les lourds paquets. . .


Alors, avec mes deux cousins, on a couru se partager le butin dans notre repaire secret
au fond du jardin.

Gérard Hubert-Richou,
Dauphin n°33, 1998

Pour beaucoup d’enfants, la fin de l’histoire est inattendue! On peut en rester là, à
apprécier l’effet de surprise qu’elle provoque. Mais on peut aussi reprendre l’ensemble
du texte, et s’interroger avec les enfants sur le procédé utilisé par l’auteur pour préparer
cet effet.

Christel Wiseur, professeur de français – Haute Ecole Libre du Hainaut Occidental - janvier 2004 - Page 5 sur 15
A la recherche d’autres outils? Entrez dans la Salle des Profs <www.segec.be/salledesprofs>

Compétence d’intégration: Savoir Lire


Intitulé de l’activité: La boîte enchantée2

Compétence visée:
- LIR 2. Elaborer des significations: émettre des hypothèses (anticipations)

Compétences sollicitées:
- ECO 2. Elaborer des significations
- PAR 2. Mobiliser ses connaissances et savoir-faire pour élaborer des contenus

Matériel:
- Pour chaque enfant:
- Une copie du texte entier, ainsi qu’un extrait reprenant le titre, le début et la fin de
l’histoire.
- un support écrit permettant de noter les différentes hypothèses formulées.
- Pour chaque quart du groupe : une copie de l’un des 4 extraits. Si possible, un élément
visuel (par exemple, papiers de couleurs) permet d’identifier au premier coup d’œil l’extrait
que chacun a reçu.

Dispositif pédagogique:
Equipes de 4 enfants: chacun d’entre eux recevant un extrait différent du texte. Comme pour
l’activité précédente on peut également travailler en grand groupe si l’on estime que la taille
du groupe classe ne constitue pas un frein à l’expression des hypothèses et à la gestion des
échanges; on veillera dans ce cas à bien mélanger les extraits de texte lors de la distribution.

Déroulement:
- Annonce de l’intention: «Lorsque la couverture d’un livre a retenu notre attention,
nous le feuilletons, et lisons l’un ou l’autre extrait au fil des pages… Ce sont ces
quelques pièces de puzzle, prélevées çà et là qui vont nous décider à l’emporter pour
le lire en entier. Bien lire, c’est déjà pouvoir se faire une petite idée sur l’ensemble de
l’histoire, en partant de quelques passages. C’est ce que je vous propose d’apprendre
à faire maintenant».

- l’enseignant annonce le titre, et lit à tout le groupe le début de l’histoire.


Que va-t-il se passer? -> émission d’hypothèses
La boîte enchantée.
Philippe s'était aventuré dans un quartier de la ville où il n'était jamais allé auparavant. Là,
toutes les rues étaient bordées de boutiques d'antiquités et de brocantes. Une vitrine attira
soudain son attention. Au milieu d'objets désuets, était exposé un haut-de-forme de soie noir,
tout mité, d'où émergeait un vieux lapin naturalisé.
…/…

2
nouvelle extraite de «Minuit, heure de l’horreur», Judith Bauer Stamper, éditions Pocket Junior, 1994

Christel Wiseur, professeur de français – Haute Ecole Libre du Hainaut Occidental - janvier 2004 - Page 6 sur 15
A la recherche d’autres outils? Entrez dans la Salle des Profs <www.segec.be/salledesprofs>

- Puis il lit la fin de l’histoire:


…/…
Le vieil homme le posa sur une étagère. Un jour, un autre enfant voudrait sans doute
l'acheter. S'il découvrait le tiroir secret, il y trouverait une figurine: celle d'un minuscule
gamin au visage criblé de taches de rousseur, vêtu d'un tee-shirt rouge . . .

Discussion collective: Que s’est-il passé entre le début et la fin de l’histoire ? On


garde une trace écrite des différentes hypothèses émises (tableau, …)

- Distribution des 4 extraits ci-dessous, chaque enfant n’en recevant qu’un seul.
Consigne: «Vous avez tous reçu un petit morceau différent de l’histoire. Chacun
prend connaissance du passage qu’il a reçu, puis cache le texte en retournant sa
feuille. Ensuite, racontez aux autres de votre équipe ce que vous avez lu. Ensemble,
essayez de recomposer le puzzle de l’histoire.
Attention! Chacun peut relire son passage autant de fois que nécessaire, mais il lui
est interdit de le montrer ou de le lire aux autres.»
Avant de disparaître, il désigna du doigt une vieille sonnette en cuivre près de la caisse.

Philippe poursuivit son examen des mille curiosités qui encombraient le magasin. Mais ce qui
l'attirait le plus, c'était ce chapeau de prestidigitateur dans la vitrine. Dommage qu'il n'en eût
pas besoin ! II en avait déjà un...II resta pourtant, dans l'espoir de dénicher quelque
accessoire de magicien original ou tout autre objet rare.

II ne pouvait plus attendre : il fallait qu'il sache s'il avait dépensé son argent bêtement ! Avec
précaution, il souleva le couvercle. A l'intérieur, il n'y avait toujours rien de particulier, si ce
n'est l'avertissement : Ne cherchez pas à savoir ce que cache ce couvercle. Vous le
regretteriez !

D'un geste brusque, il remit en place le fermoir et garda les yeux fixés sur la boîte. Il n'y avait
pas de formule magique à prononcer, pas de baguette magique à agiter : ce n'était pas drôle.
… Alors il rouvrit la boîte.

A cette seconde précise, la voix de sa mère monta du rez-de-chaussée :


« Bonsoir, Philippe. On est rentrés ! »

Complètement paniqué, Philippe chercha désespérément une cachette possible pour son
étrange acquisition, et c'est alors que le couvercle retomba brutalement sur sa main. Ca lui fit
mal, et puis...il ne sentit plus rien.

- Discussions, confrontations, échanges en petits groupes.

Des relances sont possibles pour aider les groupes qui le souhaitent:
o on peut, par exemple, communiquer l’ordre des extraits dans le texte (voir
l’ordre ci-dessus).

Christel Wiseur, professeur de français – Haute Ecole Libre du Hainaut Occidental - janvier 2004 - Page 7 sur 15
A la recherche d’autres outils? Entrez dans la Salle des Profs <www.segec.be/salledesprofs>

o On peut aussi leur montrer le La boîte enchantée


schéma ci-contre, qui indique Début
leur place relative dans
l’ensemble du texte et donne Extrait 1
donc une idée de la quantité
d’événements intermédiaires.
Extrait 4
Extrait 2 Fin
Extrait 3

- Mise en commun, confrontation des scénarios imaginés aux hypothèses formulées au


début de l’activité…

- Distribution du texte entier: les enfants vérifient les différents éléments avancés en
prenant connaissance de l’histoire complète.
A ce stade, il est important que la lecture du texte complet apporte également son lot
de surprises, de rebondissements (et donc que le choix des extraits laisse une part
d’inconnu).

Réflexions, analyse, questions:

- Les activités de lecture à dévoilement progressif sont relativement simples à mettre en


oeuvre: elles ne nécessitent pas de matériel sophistiqué, s’intègrent facilement dans
les contraintes horaires existantes, et se prêtent facilement à de nombreuses
adaptations selon le degré de développement des compétences en Savoir Lire des
enfants.

- Par contre, le choix des textes est primordial: le thème abordé et la construction du
récit sont des éléments-clés.

- L’introduction de l’activité est un moment important: la lecture du début de l’histoire,


notamment, doit être assurée par un «bon lecteur»3, qui saura mettre les auditeurs
dans l’ambiance, et faire vivre le texte en y mettant de l’expression. Il s’agit le plus
souvent de l’enseignant, mais on peut aussi imaginer que des enfants fassent
découvrir à la classe, selon la même démarche, un texte qu’ils ont apprécié. Dans ce
cas, la phase de lecture à voix haute fera l’objet d’un entraînement préalable: une
lecture mal assurée, hésitante, risque en effet d’entamer l’intérêt pour la suite du texte.

- Lors des différents moments de discussion en grand groupe, il est important d’amener
les enfants à distinguer les hypothèses fondées sur base des éléments explicites du
texte, de celles échafaudées au départ d’éléments implicites ou supposés. L’enseignant
aidera les enfants à expliciter les procédures suivies pour aboutir à telle ou telle
conclusion provisoire, qu’il se gardera bien évidemment de valider ou d’invalider.
(voir aussi «Donner la parole au texte»)

3
La lecture à haute voix, en tant qu’activité d’oralisation, est plus proche du Savoir Parler que du Savoir Lire:
cfr P.I., langue française, p. 43

Christel Wiseur, professeur de français – Haute Ecole Libre du Hainaut Occidental - janvier 2004 - Page 8 sur 15
A la recherche d’autres outils? Entrez dans la Salle des Profs <www.segec.be/salledesprofs>

- Comme pour d’autres activités de lecture, la découverte d’un texte qui a «accroché»
les enfants peut être prolongée par un projet d’écriture ou de mise en scène. Par
exemple, suite à la lecture de «Hold-up!», on peut proposer aux enfants d’utiliser
une démarche analogue à celle de l’auteur en la transposant à une autre tâche
ménagère (faire la vaisselle, …).

Christel Wiseur, professeur de français – Haute Ecole Libre du Hainaut Occidental - janvier 2004 - Page 9 sur 15
A la recherche d’autres outils? Entrez dans la Salle des Profs <www.segec.be/salledesprofs>

Annexe 1:

La boîte enchantée.
Philippe s'était aventuré dans un quartier de la ville où il n'était jamais allé
auparavant. Là, toutes les rues étaient bordées de boutiques d'antiquités et de brocantes.
Une vitrine attira soudain son attention. Au milieu d'objets désuets, était exposé un haut-
de-forme de soie noir, tout mité, d'où émergeait un vieux lapin naturalisé.
« Et si c' était un vrai chapeau de prestidigitateur ?» se demanda Philippe, qui était
passionné de magie et qui passait ses loisirs à faire des tours devant ses amis.
Il leva les yeux vers l'enseigne de la boutique. Curiosités d'antan : ce nom le fit
rêver. Dès qu'il eut poussé la porte, il jugea, au premier regard, que ce nom se justifiait
tout à fait. Le magasin regorgeait de singes empaillés, de chandeliers de cuivre, de chiens
en porcelaine de Chine, à l'air plus vrai que nature, assis sur des coffres de bois sculpté
qui ressemblaient à des cercueils.
Le mélange était plutôt inattendu.
Tandis que Philippe examinait des bibelots exposés sur des tables et des étagères,
une voix retentit :
- Je peux vous aider ?

Philippe se retourna et decouvrit derrière lui un vieil homme voûté qui le fixait de ses
yeux perçants.
- Non, non. Je regarde simplement.
- Prenez votre temps. Si vous avez besoin d'un renseignement, ou si vous voulez
acheter quelque chose, vous n'aurez qu'à sonner. Je suis dans la réserve.
Avant de disparaître, il désigna du doigt une vieille sonnette en cuivre près de la
caisse.

Philippe poursuivit son examen des mille curiosités qui encombraient le magasin.
Mais ce qui l'attirait le plus, c'était ce chapeau de prestidigitateur dans la vitrine.
Dommage qu'il n'en eut pas besoin ! II en avait déjà un...II resta pourtant, dans l'espoir de
dénicher quelque accessoire de magicien original ou tout autre objet rare.
Tandis qu'il fouillait dans le bric-à-brac, Philippe perdit toute notion du temps.
Soudain, il aperçut une boîte en bois noir et brillant, d'une vingtaine de centimètres
de côté. II effleura de la main la surface lisse, le fermoir et les quatre angles de cuivre.
Mais ce qui le fascina le plus, ce fut, sur le couvercle, une plaque, également en cuivre,
qui portait l'inscription Boîte enchantée.
Philippe souleva délicatement la patte du fermoir. La boîte était vide. En revanche, à
l'intérieur du couvercle interieur, il découvrit une autre plaque de cuivre gravée où il put
lire cet avertissement : Ne cherchez pas à savoir ce que cache ce couvercle. Vous le
regretteriez !
Intrigué, Philippe rabattit doucement le couvercle. A quoi pouvait servir cette « Boîte
enchantée » ? Etait-elle vraiment enchantée ? Cette idée lui paraissait invraisemblable,
voire ridicule. Quoi qu'il en soit, il en avait une envie terrible: une envie comme il n'en
avait jamais éprouvé auparavant. II fourra sa main dans sa poche. Combien avait-il
d'argent sur lui ? Deux cents francs. II aurait besoin de dix francs pour rentrer chez lui : il
avait donc cent quatre-vingt-dix francs à dépenser.
II prit le coffret, le déposa sur le comptoir près de la caisse et appuya sur la sonnette.
Un son aigrelet retentit dans le magasin. Aussitôt, le vieil homme sortit de l'arrière-

Christel Wiseur, professeur de français – Haute Ecole Libre du Hainaut Occidental - janvier 2004 - Page 10 sur
15
A la recherche d’autres outils? Entrez dans la Salle des Profs <www.segec.be/salledesprofs>

boutique. II regarda Philippe, puis la boîte. Lentement, un étrange sourire se dessina sur
ses lèvres.
Une heure plus tard, de retour dans sa chambre, Philippe retirait le papier journal
dans lequel le vieil homme avait enveloppé le coffret. Ses mains tremblèrent lorsqu'il le
déposa sur son bureau. « Boîte enchantée “ ... Ces mots le fascinaient et l'intriguaient plus
que de raison. II ne pouvait plus attendre : il fallait qu'il sache s'il avait dépensé son
argent bêtement ! Avec précaution, il souleva le couvercle. A l'intérieur, il n'y avait
toujours rien de particulier, si ce n'est l'avertissement : Ne cherchez pas à savoir ce que
cache ce couvercle. Vous le regretteriez !
« La bonne blague ! » pensa Philippe, bien décidé cependant à vérifier les pouvoirs
de cette boîte dite enchantée. Il l' ouvrit en grand, regarda autour de lui. Quelle première
experience allait-il pouvoir faire pour vérifier si elle était magique ou non ? Ses yeux se
posèrent sur un petit dictionnaire bleu, sur son bureau. Il ferait l'affaire ! Il semblait tenir
dans la boîte, et s'il venait à disparaître, quelle importance ?
Il le prit, le plaça dans le coffret dont il rabattit le couvercle. II se trouva soudain
idiot de prendre cet avertissement au sérieux. Il n'allait probablement rien se passer. D'un
geste brusque, il remit en place le fermoir et garda les yeux fixés sur la boîte. Il n'y avait
pas de formule magique à prononcer, pas de baguette magique à agiter : ce n'était pas
drôle. . .Alors il rouvrit la boîte.
Elle était vide! Le dictionnaire s'était volatilisé !
Il eut beau tourner et retoumer la boîte en tous sens, il ne trouva rien. Pourtant, il
devait bien y avoir un truc ! Les choses ne disparaissent pas comme ça . . .
A force de chercher, il finit par découvrir, sur l'un des côtés, un bouton en cuivre. I1
le tira avec précaution, entendit un léger déclic, et un tout petit tiroir s'ouvrit. Philippe
découvrit son étrange contenu. Il y avait là un minuscule livre bleu et une figurine.
Philippe prit tout d'abord le livre. Il cligna des yeux pour lire les caractères
microscopiques du titre. C'était un dictionnaire, une parfaite réplique en modèle réduit du
sien. Il feuilleta l'ouvrage et, soudain, le laissa tomber comme s'il lui avait brûlé les
mains. Comment la boîte avait-elle réalisé un tel prodige ? Quel était son mystère ?
Tandis qu'il s'interrogeait, il observa la figurine. Haute de cinq centimètres environ,
elle représentait un garçon portant des vêtements démodés. Les traits du visage et les
habits étaient si réalistes que la petite poupée paraissait vivante . . .
Philippe s' empara du livre et de la figurine, alla les poser sur une étagère de sa
chambre. Cela fait, il referma le tiroir secret et rouvrit le couvercle de la boîte. Il regarda
de nouveau autour de lui : il fallait absolument qu'il vérifie une fois encore les pouvoirs
du coffret. Il avait peine à croire qu'un garçon comme lui pût posséder un objet si
extraordinaire.
Il se dirigea vers le miroir installé au-dessus de sa commode. Celui-ci lui renvoya son
image, ses taches de rousseur, sa peau blanche. Il se pinça très fort le bras sous son tee-
shirt rouge pour s'assurer qu'il ne rêvait pas. Evidemment, il était éveillé ! Cette boîte
existait bel et bien, et elle pouvait miniaturiser des objets. Ca semblait incroyable, mais
c'était la pure vérité : elle était enchantée !
Philippe tenta une nouvelle fois l'expérience avec un crayon. Une minute plus tard, il
tira le bouton du tiroir secret. Celui-ci s'ouvrit. A l'intérieur, il y avait la réplique exacte
du crayon. Il était devenu si petit qu'il eut du mal à le prendre entre ses doigts.
Ses yeux se posèrent sur son réveil. Ses parents ne tarderaient pas à rentrer. . . Vite, il
fallait qu'il perce le mystère de la boîte avant leur retour, qu'il renouvelle encore
l'expérience avec un autre objet. Pourquoi pas avec son poste de radio ? Philippe était
curieux de savoir si, une fois miniaturisé, il diffuserait encore de la musique. D'un geste
vif, il déposa le poste à l'intérieur du coffret. Il s'apprêtait à rabattre le couvercle quand il
Christel Wiseur, professeur de français – Haute Ecole Libre du Hainaut Occidental - janvier 2004 - Page 11 sur
15
A la recherche d’autres outils? Entrez dans la Salle des Profs <www.segec.be/salledesprofs>

s'aperçut que l'antenne dépassait. Aussi avança-t-il la main pour l'enfoncer.


A cette seconde précise, la voix de sa mère monta du rez-de-chaussée :
« Bonsoir, Philippe. On est rentrés ! »

Complètement paniqué, Philippe chercha désespérément une cachette possible pour


son étrange acquisition, et c'est alors que le couvercle retomba brutalement sur sa main.
Ca lui fit mal, et puis...il ne sentit plus rien.

Un an durant, la police rechercha Philippe avec, pour seuls indices, une boîte en bois
noir, un livre, un crayon et une figurine minuscules. Finalement, l'enquête fut
abandonnée. Les parents de Philippe vidèrent la chambre de leur enfant disparu, et le
coffret retourna par le plus grand des hasards chez l'antiquaire qui l'avait vendu à leur fils.
Le vieil homme le posa sur une étagère. Un jour, un autre enfant voudrait sans doute
l'acheter. S'il découvrait le tiroir secret, il y trouverait une figurine: celle d'un minuscule
gamin au visage criblé de taches de rousseur, vêtu d'un tee-shirt rouge . . .

Judith Bauer Stamper,


« Minuit, heure de l’horreur »
Editions Pocket Junior, 1994

Christel Wiseur, professeur de français – Haute Ecole Libre du Hainaut Occidental - janvier 2004 - Page 12 sur
15
A la recherche d’autres outils? Entrez dans la Salle des Profs <www.segec.be/salledesprofs>

Annexe 2: un autre texte pour la démarche «linéaire»:


: propositions de découpage du texte
Ils étaient une centaine devant moi, assemblés en une foule grouillante et désordonnée.
Quelques-uns tentaient de fuir, roulant sur leurs petits corps verts tout lisses. D'autres se
dressaient de leurs minuscules hauteurs, tournant vers moi ces petits appendices que je
supposais être leurs têtes, toujours difficiles à distinguer de ceux qui leur servent de
queue.
A vrai dire, j'allais continuer à préparer mon repas, sans davantage leur prêter attention,
lorsque je perçus, venant d'eux, un infime murmure. Intrigué, j'approchai mon oreille au
plus près d'eux. C'était bien cela : ils parlaient! Très faiblement, mais ils parlaient! Je
courus éteindre la radio afin de mieux les entendre et je revins me pencher vers ceux qui
semblaient vouloir m'adresser la parole. 
Et je compris une question:
- Est-ce toi ?
- Comment cela! répondis-je interloqué. Bien sûr que je suis moi!
- Nous voulons dire: est-ce toi que nos prophètes ont annoncé?
- Euh... sans doute... oui, oui, certainement... dis-je tout heureux qu'on me donnât tant
d'importance.
- Dieu soit loué! s'écria le petit peuple.
Je crus en voir se plier pour exprimer leur respect. S'ils avaient eu des membres, je suis
sûr qu'ils les auraient remués dans tous les sens, tant était grande leur excitation. Par
contre, d'autres se tortillaient et paraissaient tout à fait paniqués. Je ne savais trop quoi
leur dire et, pour ne pas interrompre une si brillante conversation, faisant semblant de ne
pas remarquer les peureux, j'exprimai une simple constatation :
- Vous avez l'air bien contents.
- Bien sûr nous sommes contents, répondirent une dizaine de ces petites bouches... mais il
y a un léger problème...
- Quoi donc?
- Euh... nous ne vous attendions pas si tôt.
- Et alors, est-ce là un problème ? demandai-je poliment.
- Eh bien, c'est-à-dire, nous ne sommes pas purs de tout péché...
- Ah ? trouvai-je à répondre. Puis j'ajoutai pour les rassurer : de toute façon, personne
n'est parfait, vous savez...
- Non, mais enfin... pour le jour où vient notre Sauveur, c'est un peu embêtant.
- Mais non, mais non, je vous assure...
- Écoutez, vous ne pourriez pas nous laisser un petit délai ?... deux ou trois jours... le
temps de nous confesser et de...
- Quoi ? Je n'ai rien prévu d'autre pour aujourd'hui, moi!
- Il ne vous reste pas des pommes de terre d'hier soir ?
- Oh! J'en ai assez de manger des pommes de terre! m'emportai-je. Et puis, c'est assez de
discussion! Vous allez me mettre en retard pour mon dîner!
Et d'un geste plein de colère, je les pris par poignées de dix et de vingt et les jetai tous
dans ma marmite d'eau bouillante.
Ainsi se réalisa pour ce peuple la Prophétie. La Prophétie du Dernier Jour et du Jugement
Dernier. La Prophétie de la Fin des Temps, de la Fin des Haricots.

Alain Delbe,
nouvelle publiée dans la revue Ere Comprimée, nov.1984

Christel Wiseur, professeur de français – Haute Ecole Libre du Hainaut Occidental - janvier 2004 - Page 13 sur
15
A la recherche d’autres outils? Entrez dans la Salle des Profs <www.segec.be/salledesprofs>

Annexe 3; un autre texte pour la démarche «puzzle»:


(En gris, une proposition de découpage des extraits à donner aux enfants)
Le mystérieux Fléris

Middelkerke, 1625...
- Ce n'est pas suffisant, femme avare ! J'ai
La nuit est tombée. Un homme erre dans les besoin de manger beaucoup plus. J'ai
rues. Ses pas le portent vers la grande ferme, à galopé toute la journée et travaillé comme
la sortie du village. II s'arrête un instant une bête !
devant le portail, puis traverse précipitamment
la cour intérieure. II frappe à la porte. Ses yeux lancent des éclairs. Tout le monde
Méfiante, la fermière apparait dans tremble de peur.
l'entrebâillement et sursaute devant I'homme - Je vais vous apporter du pain et de la
misérablement vêtu. bouillie dans la grange, bredouille la
fermière.
- Qui êtes - vous et que voulez -vous ? dit- Et Fléris quitte la pièce.
elle d'un ton brusque.
- Je m'appelle Fléris et j'ai faim, répond - C'est un esprit mauvais, souffle une des
I'inconnu. servantes.
- Nous ne donnons rien aux mendiants, - C'est peut - être même le diable en
réplique sèchement la fermière. personne, murmure un des valets.
- Je travaillerai dur pour vous, promet Fléris. - II faut qu'il parte, ajoute la fermière. Mais
Vous pouvez me croire, je suis aussi fort comment ?
qu'un cheval. - Mélange donc de I'ail à sa bouilJie, dit le
plus vieux des domestiques d'un ton
La fermière hésite. C'est vrai que demain, il y mystérieux. L'ail fait fuir les esprits du
aura beaucoup de travail aux champs. mal.
- D'accord. Trouvez - vous une petite place - Tu es sûr de ça ? demande la fermière.
dans la grange pour y dormir. Je vais vous Le vieil homme confirme, catégorique.
apporter une jatte de bouillie et une tartine.
La fermière se dirige vers la grange avec la
Le matin suivant, Fléris est introuvable. 1I bouillie et le pain. Fléris lui arrache le pain
n'est ni dans la grange, ni dans I'étable. Les des mains et en coupe un morceau. II prend
valets et les servantes ne I'ont pas vu à la ensuite une cuillère de bouil1ie. . . mais la
cuisine. recrache aussitôt !
- Ce mendiant s'est moqué de toi ! dit - De la bouillie avec de I'ail ! Moi, Fleris, je
le fermier a sa femme. quitte ces lieux. Mais la chance part avec
Mais dans les champs, ce jour–1à, des moi ! hurle - t – il en s'enfuyant dans un
événements surviennent. . . Un cheval noir tonnerre de malédictions.
apparait soudain. II galope et s'arrête pile
devant la charrue. Dès que les valets I'y ont Un vent violent fait soudain claquer la porte.
attelé, le cheval se met a la besogne. 1I La fermière, morte de peur, quitte la grange en
travaille toute la journee, sans jamais s'arrêter. courant. Elle entre dans la cuisine en haletant.
C'est incroyable: il est deux fois plus fort que - Et alors ? demandent les autres.
les autres chevaux ! - II est parti, soupire-t-elle.

Le soir, les valets de ferme racontent ce qui Et depuis ce jour, les malheurs se succèdent à
s'est passé au fermier et à sa femme. Et juste à la ferme. Les vaches sont tom bées malades, la
ce moment, Fléris réapparait. grange a pris feu, les récoltes ne donnent plus
- J'ai faim, dit- il. rien. . . Oui ! Fléris est parti mais il a emporté
la chance avec lui.
La fermière lui donne un petit morceau de Véronique Leblanc,
pain. d’après Martina Deridder
Dauphin n° 21, 1995-96
Christel Wiseur, professeur de français – Haute Ecole Libre du Hainaut Occidental - janvier 2004 - Page 14 sur
15
A la recherche d’autres outils? Entrez dans la Salle des Profs <www.segec.be/salledesprofs>

Annexe 4:

Donner la parole au texte

«Les questions qui amènent à Dans le débat de justification prend


expliciter l’implicite d’un texte peuvent place également l’explicitation des
elles-mêmes être traitées par groupes, procédures: comment en arrive-t-on à
donner lieu à des réponses écrites sur inférer telle information? Où a-t-on
lesquelles les élèves doivent s’accorder trouvé les indices qui fondent une telle
avant de les confronter et justifier en affirmation? Pourquoi tel substitut
grand groupe. On instaure ensuite un doit-il se rattacher à tel référent? Dans
débat entre élèves. Ceux-ci confrontent cette partie du débat, l’enseignant est
les inférences qu’ils ont effectuées, plus directif et explicite même certaines
leurs interprétations, leurs déductions procédures de recherche. Dégager les
ou inductions, leurs savoirs, leurs idées essentielles et/ou résumer peut
doutes ou leurs incompréhensions. également susciter la mise en œuvre de
L’enseignant se garde surtout de valider différents dispositifs propices aux
ou invalider les réponses et veille confrontations.
essentiellement alors à organiser le Le débat permet notamment aux plus
débat. faibles lecteurs de participer à
On observe alors qu’au cours de l’appropriation collective sans se
l’année, les échanges deviennent de plus heurter à l’obstacle de la réponse
en plus riches et argumentés, en même individuelle écrite et sans risquer le
temps que s’affine la compréhension. jugement négatif du maître.»

Jacky Ponsart et Anne Popet,


in «Le pouvoir de lire»,
JDI n°9, mai 2002

Christel Wiseur, professeur de français – Haute Ecole Libre du Hainaut Occidental - janvier 2004 - Page 15 sur
15

Vous aimerez peut-être aussi