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Equipements II (les réseaux d’assainissement, département d’architecture de Jijel 2017-2018)

LES RÉSEAUX D’ASSAINISSEMENT

I. Définition
L’assainissement est l’ensemble des techniques qui permettent l’évacuation par voie
hydraulique des eaux usées d’une communauté.

Les eaux sont recueillies à l’intérieur des propriétés par un réseau de canalisations puis
évacuées par gravité vers un égout collecteur qui en assure le rejet dans un exutoire étudié à ne
pas nuire à l’hygiène publique.

I.1. Nature des eaux usées à évacuer :

La nature des matières polluantes contenues dans l’effluent dépend de l’origine de ces eaux
usées.

On distingue :

A. Les eaux usées d’origine domestique :

Ce sont des eaux qui trouvent leur origine à partir des habitations de l’agglomération,

Elles sont constituées essentiellement d’eaux ménagères et d’eaux-vannes.

- les eaux ménagères englobent les eaux des vaisselles, de lavage, de bain et de douche.
- les eaux-vannes englobent les eaux provenant des sanitaires.

B. Les eaux des services publics :

Les eaux usées du service public proviennent essentiellement du lavage des espaces publics.
Elles sont recueillies par les ouvrages de collecte des eaux pluviales, sauf dans le cas d’un système
unitaire. Les autres besoins publics seront pris en compte avec les besoins domestiques.
C. Les eaux usées industrielles :

Ces eaux proviennent de diverses usines elles contiennent des substances chimiques (acide,
basique) et toxiques.

La quantité d’eaux évacuées par les industries dépend de plusieurs facteurs :

1. Nature de l’industrie : (Fabrications ou de transformations) ;


2. Procédé de fabrication utilisé ;
3. Taux de recyclage effectivement réalisé ;
Elles doivent être traitées avant de les collecter dans le réseau d’assainissement.

II. Les différents systèmes d’assainissement :

Dans le système d’évacuation, le mode de transport de ces eaux est fonction de leur origine.
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Trois systèmes se présentent pour l’évacuation des eaux usées et pluviales :

 Système unitaire.
 Système séparatif
 Système pseudo-séparatif

1. système unitaire :
Ce système permet d’évacuer en commun toutes les eaux usées et pluviales dans une même
conduite. Ce système nécessite des ouvrages d’égout et station d’épuration relativement
importants afin de pouvoir absorber les pointes de ruissellement.
Avantage :

 économique (coût plus bas)


 facilite de branchement et de mise en œuvre.

Inconvénients :

 pollution relative du milieu récepteur


 perturbation du fonctionnement de la station d’épuration

2. système séparatif :
Ce système comprend deux réseaux :

 un réseau pour évacuer les eaux pluviales vers un cours d’eau.


 un réseau pour évacuer les eaux d’égout ménagères et certains effluents industriels
après traitement.
Avantage :

 la station d’épuration est simplement dimensionnée (faible)


 fonctionnement efficace de la station d’épuration.

Inconvénients :

 mise en œuvre du système séparatif (coût élevé)


 problème de raccordement
 pollution des eaux des premières pluies subsistent dans le milieu d’habitation récepteur

3. Système pseudo-Séparatif :
Les eaux météoriques sont divisées en deux parties :

 l’une provenant uniquement des surfaces de voiries, et l’évacuation se fait directement dans
la nature.
 L’autre provenant des toitures, cours et jardins qui déversent dans le réseau à l’aide des
mêmes branchements que ceux des eaux usées.
Avantages et inconvénients :
Ce système est comparable avec le système séparatif, mais sans problème de raccordement, en contre
parte perturbation du fonctionnement de la station d’épuration.
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Figure 1 : Les différents systèmes d’assainissement

II.1. Choix du système d’assainissement :


Le choix est basé sur les considérations suivantes :

 raccordement des immeubles (faisabilité, facilite)


 épuration (bon fonctionnement, coût bas)
 hygiène et protection des milieux récepteurs
 condition de fonctionnement et d’entretien et le coût.

II.2. Schémas d’évacuation :

Les réseaux d’assainissement fonctionnent essentiellement en écoulement gravitaire et


peuvent avoir des dispositions très diverses selon le système choisi ; leur schéma se rapproche le plus
souvent de l’un des types suivants :
A) Schéma perpendiculaire :

Le schéma perpendiculaire à écoulement direct dans le cours d’eau est le prototype des
réseaux pluviaux en système séparatif.

B) Schéma par déplacement latéral :

Le schéma par déplacement latéral est le plus simple de ceux permettant de transporter
l’effluent à l’aval de l’agglomération en vue de son traitement. Les eaux sont recueillies dans un
collecteur parallèle au cours d’eau.

C) Schéma transversal ou oblique :

Le schéma à collecteur transversal ou oblique permet plus aisément que le précédent, le


transit de l’effluent en aval de l’agglomération.
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D) Schéma latéral par zone étagée :

Ce schéma est une transposition du schéma à déplacement latéral, mais avec multiplication
des collecteurs longitudinaux .Il permettent de décharger le collecteur bas des apports en
provenance du haut de l’agglomération.

E) Schéma radial :

Le schéma radial convient pour les régions plates, il permet de concentrer l’effluent en un ou
plusieurs points où il sera relevé pour être évacué en un point éloigné de l’agglomération.

A B

C D

E
Figure 2: Les différents schémas d’évacuation F

A- Schéma perpendiculaire ;
B- Schéma par déplacement latéral ou à collecteur latéral ;
C- Schéma à collecteur transversal ou oblique ;
D- Schéma par zone étagée ou par interception ;
E- Schéma radial unique ;
F- Schéma radial par zone.
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II.2.1. Choix du schéma de réseau d’évacuation :

Le choix du schéma du réseau d’évacuation à adopter, dépend des divers paramètres :

 Les conditions techniques et locales du lieu : système existant, la topographie du


terrain et la répartition géographique des habitants à desservir ;
 Les conditions économiques : le coût et les frais d’investissement et d’entretien ;
 les conditions d’environnement : nature de rejet et le milieu récepteur ;
 L’implantation des canalisations dans le domaine public.

III. Ouvrages et éléments du réseau d’égout

Les ouvrages en matière d'assainissement comprennent :


III.1. Les ouvrages principaux :

Les ouvrages principaux correspondant aux ouvrages d’évacuation des effluents vers le
point de rejet ou vers la station d’épuration comprennent les conduites et les joints.

III.1.1. Canalisation :
Elles se présentent sous plusieurs formes cylindriques préfabriquées en usine. Elles sont
désignées par leurs diamètres intérieurs, dits diamètres nominaux exprimés en millimètre, ou
ovoïdes préfabriqués désignés par leur hauteur exprimée en centimètre et des ouvrages visitables.

A. Types de canalisation :
Il existe plusieurs types de conduites qui sont différents suivant leur matériau et leur
destination

1. Conduites en béton non armé :

Les tuyaux en béton non armé sont fabriqués mécaniquement par procédé assurant une
compacité élevée du béton. La longueur utile ne doit pas dépasser 2,50m. Ces types de tuyaux ont une
rupture brutale, mais à moins que la hauteur de recouvrement ne soit insuffisante. Elle survient aux
premiers âges de la canalisation. Il est déconseillé d'utiliser les tuyaux non armés pour des
canalisations visitables.

2. Conduites en béton armé :

Les tuyaux en béton armé sont fabriqués mécaniquement par un procédé assurant une
compacité élevée du béton (compression radiale, vibration, centrifugation). Les tuyaux comportent
deux séries d'armatures, la première est formée des barres droites appelées génératrices, la deuxième
est formée des spires en hélice continues d'un pas régulier maximal de 1,5 m. La longueur utile ne doit
pas être supérieure à 2m.

3. Conduites en amiante – ciment :

Les tuyaux et pièces de raccord en amiante - ciment se composent d'un mélange de


ciment Portland et d'amiante en fibre fait en présence d’eau. Ce genre se fabrique en deux types selon
le mode d'assemblage ; à emboîtement ou sans emboîtement avec deux bouts lisses. Les diamètres
varient de 60 à 500 mm pour des longueurs variant de 4 à 5 m les joints sont exclusivement du type
préformés.
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4. Conduites en grés :

Le grès servant à la fabrication des tuyaux est obtenu à parties égales d'argile et de sable
argileux cuits entre 1200°C à 1300°C .Le matériau obtenu est très imperméable. Il est inattaquable
aux agents chimiques, sauf l'acide fluorhydrique. L'utilisation de ce genre est recommandée dans
les zones industrielles. La longueur minimale est de 1 m.

5. Conduites en chlorure de polyvinyle (p.v.c) non plastifié :

Les tuyaux sont sensibles à l'effet de température au-dessous de 0°C. Ils présentent une
certaine sensibilité aux chocs. L'influence de la dilatation est spécialement importante et il doit en être
tenu compte au moment de la pose. La longueur minimale est 6 m.

B. Choix du type de canalisation :


Pour faire le choix des différents types de conduite on doit tenir compte

 Des pentes du terrain ;


 Des diamètres utilisés ;
 De la nature du sol traversé ;
 De la nature chimique des eaux usées ;
 Des efforts extérieurs dus au remblai ;

III.2. Les ouvrages annexes :

Les ouvrages annexes sont considérés selon deux groupes :

 Les ouvrages normaux ;


 Les ouvrages spéciaux ;

III.2.1. Les ouvrages normaux

1) Les foss és :

Les fossés sont destinés à la recueillie des eaux provenant des chaussées en milieu rural. Ils
sont soumis à un entretien périodique.
2) Les caniveaux :
Les caniveaux sont destinés à la recueillie des eaux pluviales ruisselant sur le profil
Transversal de la chaussée et des trottoirs et au transport de ces eaux jusqu’aux bouches d’égout.

3) Les bouches d'égout :


Les bouches d'égout sont destinées à collecter les eaux en surface (pluviale et de lavage des
chaussées) Elles sont généralement disposées au point bas des caniveaux, soit sur le trottoir. La
distance entre deux bouches d'égout est en moyenne de 50m, la section d'entrée est en fonction
de l'écartement entre les deux bouches afin d'absorber le flot d'orage venant de l’amont.
4) Ouvrages d'accès au réseau (les regards) :

Les regards sont en fait des fenêtres par lesquelles le personnel d'entretien pénètre pour assurer
le service et la surveillance du réseau. Ce type de regard varie en fonction de l'encombrement et de la
pente du terrain ainsi que du système d'évacuation.
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- Regard simple : pour raccordement des collecteurs de mêmes diamètres ou de diamètres différents.

- Regard latéral : en cas d'encombrement du V.R.D ou collecteurs de diamètre important.

- Regard double : pour système séparatif

- Regard toboggan : en cas d'exhaussement de remous

- Regard de chute : à forte pente

La distance entre deux regards est variable


 35 à 50 m en terrain accidenté.
 50 à 80 m en terrain plat.

Sur les canalisations les regards doivent être installés :


 A chaque changement direction ;
 A chaque jonction de canalisation ;
 Aux points de chute ;
 A chaque changement pente ;
 A chaque changement diamètre ;

III.2.2. Les ouvrages spéciaux

1) Les déversoirs d’orage :

En hydraulique urbaine, un déversoir est un dispositif dont la fonction réelle est d'évacuer par les
voies les plus directes, les pointes exceptionnelles des débits d'orage vers le milieu récepteur. Par
conséquent, un déversoir est un ouvrage destiné à décharger le réseau d'une certaine quantité d’eaux
pluviales de manière à réagir sur l'économie d'un projet en réduction du réseau aval.

Les déversoirs sont appelés à jouer un rôle essentiel notamment dans la conception des réseaux en
système unitaire.

Figure 3 : Déversoir d’orage


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IV. Calculs hydraulique du réseau d’assainissement

IV.1. Conception du réseau :

La conception d’un réseau d’assainissement est la concrétisation de tous les éléments


constituant les branches du réseau sur un schéma global.

 Les collecteurs sont définis par leur :


- Emplacement (en plan).
- Profondeur.
- Diamètres (intérieur et extérieur).
- Pente.
- Leur joints et confection.
 Les regards de visite et de jonction sont également définis par leur.
- Emplacement (en plan).
- Profondeur.
- Côtes

V.2. Dimensionnement de l’ouvrage d’évacuation :

V.2.1. Procédure
- tracé du réseau en plan
- découpage en tronçons de 300 m environ
- délimitation du bassin versant drainé par chaque tronçon
- calcul du débit de pointe généré par ce bassin
 débit pointe eaux usées
 débit pointe eaux pluviales
- calcul des dimensions de la canalisation en fonction de sa pente
- tracé du profil en long de la canalisation
- vérification du bon fonctionnement

Découpage de l’aire d’étude en sous bassins :

Le découpage du site en sous bassins élémentaires doit être fait selon :

 La nature des sols


 La densité des habitations
 Les courbes de niveaux
 Les routes et voiries existantes
 Les pentes et les contre pentes
 Les limites naturelles (oueds, ..)

A. Débit de pointe des eaux usées :


1. évaluation du débit de pointe :

Il est donné par la formule qui suit :

= × .
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Avec :

. : Débit moyen rejeté quotidiennement en (l / s ) , est calculé par la relation suivante :

N .D.Kr
Gmoy. j 
86400

N : Nombre d’habitants à l’horizon d’étude (hab).

D : Dotation journalière (l/j hab).

K r : Coefficient de rejet pris égal à 80% de la quantité d’eau potable consommée.

Kp : coefficient de pointe ;

- Eaux domestiques:
.
= 1.5 + (l/s) 1.5 < kp < 4
.

• kp ≈ 3 en tête de réseau
• kp ≈ 2 près de l’exutoire
- Eaux industrielles:
•p=2à3

B. Calcul du débit des eaux pluviales :

Le débit des eaux pluviales est calculé selon plusieurs relations, spécifique à chaque zone
climatique. La relation la plus utilisé est :

G =S×C×I

G: Représente le débit d’eau mesuré en litres par seconde.

S: Représente l’aire d’apport, qui est exprimée en hectare.

C: représente le coefficient de ruissellement qui dépend de la nature des surfaces captant les eaux de
pluie. Ce coefficient est calculé par la relation suivante :

é à
=
é é

Pour les toitures C=1


Pour les espaces verts C=0,1

Pour des surfaces hétérogènes, on calcule le coefficient moyen de ruissellement :

× + × + ⋯+ ×
=

I: représente l’intensité de la pluie de calcul, mesurée en litres par seconde, par hectare cette
intensité de pluie est calculée d’après des relations résultant des recherches.

- Pour la région méditerranéenne


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,
I = 6,8 × T

I : représente l’intensité moyenne de précipitation mesurée en mm par minutes ;

T : la durée de précipitation en minutes. Elle est définie d’après une série de recherches météoriques
qui indiquent que durant toute précipitation, les premières minutes sont souvent les plus intenses et
qui chargent le plus le collecteur.

V.2.2. Dimensionnement du réseau d’assainissement


Dans le cadre de l’assainissement, le dimensionnement du réseau d’assainissement du type
unitaire doit dans la mesure du possible permettre l’entraînement des sables par les débits pluviaux
pour empêcher leur décantation et éviter les dépôts, sans provoquer l’érosion de la paroi de la
conduite.

Lorsqu’il s’agit de réseau d’évacuation des eaux pluviales et des eaux usées dans une même
conduite, les conditions d’auto curage doivent être satisfaites.

Il faut assurer une vitesse minimale de 0.6 m /s pour le (1/10) du débit de pleine section, et une
vitesse de 0.3 m / s pour le (1/100) de ce même débit avec un diamètre minimal de 300 mm.

1) Mode de calcul
Le calcul hydraulique du réseau d’assainissement en gravitaire, est le suivant :

Q  V.S

Avec :

Q : Débit (m3/s).

V : Vitesse d’écoulement (m/s).

S : Section mouillée (m²).

Pour le dimensionnement de notre réseau, on utilise la formule de CHEZY qui nous donne
la vitesse moyenne

V  C R h .I
Où :
d
h
I : Pente du collecteur (m/m).

Rh : Rayon hydraulique (m) (c’est le rapport entre la section mouillée et le périmètre mouillé).

C : coefficient de Chézy est un coefficient expérimental.

Remarque :

Les écoulements dans les conduites d’assainissement est caractérise par son degré de remplissage
« U » qui représente le rapport entre la hauteur de fluide « h » et le diamètre de section « d ».

Ce degré de remplissage varie selon la qualité des eaux :


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- Pour les eaux usées, il est de 0,5.
- Pour les eaux industrielles conventionnellement propres il peut atteindre la valeur de 1
- Pour les réseaux mixtes et unitaires il est d’environ 0,8.

C: Coefficient de CHEZY, il dépend des paramètres hydrauliques et géométriques de l’écoulement.


Le coefficient « C» est donné à son tour par la formule de BAZIN :

87.R h
C 
δ R h

D’où on tire l’expression du débit :

87.R h
Q  .S. I
δ Rh

δ : Coefficient de BAZIN qui dépend de la nature des parois.

 Réseaux eaux usées en système séparatif: δ = 0.25 V = 70 × (R ) ×I


 Réseaux unitaires ou pluviaux séparatifs: δ = 0.46 V = 60 × (R ) ×I
 Pour les canalisations standards utilisation des abaques
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