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CHAPITRE : ONDULEURS DE TENSION AUTONOMES

Introduction :
Un onduleur est un convertisseur statique permettant d’alimenter une charge en alternatif à partir d’une source
de tension continue (DC/AC). Il fait toujours appel à des interrupteurs électroniques commandés périodiquement. Les
onduleurs diffèrent en fonction du type de commande qui leur est propre et ils peuvent être monophasés ou triphasés.
Un onduleur est dit « autonome » quand il impose sa propre fréquence à la charge. Un redresseur commandé tout
thyristors peut fonctionner en onduleur dans ce cas il est appelé «onduleur non autonome » ou encore « assisté » car
il ne permet de fixer ni la fréquence ni la valeur efficace des tensions du réseau alternatif dans lequel il débite.
Le symbole de l’onduleur est le suivant (figure 1) :

Figure 1 : Symbole d’un onduleur (convertisseur DC/AC)

I. Onduleurs de tension monophasés :


Deux types de montages sont utilisés :
 Soit le montage en demi-pont (figure 2).
 Soit le montage en pont (figure 4).

I.1. Onduleur en demi-pont :

I.1.1. Cas d’une charge résistive :

1. Schéma de principe :
La figure 2 ci-dessous donne le schéma de principe de ce type d’onduleur où les interrupteurs peuvent être des
transistors bipolaires, MOSFET, IGBT ou GTO.

Figure 2 : schéma de principe de l’onduleur pour une charge résistive.

2. Analyse du fonctionnement :
T
 0<t <  : H1 est fermé et H2 est ouvert.
2
UC E
La charge R est alimentée par E d’où : U C =E et i C = =
R R
T
 <t<T : H1 est ouvert et H2 fermé.
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U C −E
La charge R est alimentée par E d’où : U C =−E et i C = =
R R

3. Chronogrammes :
Les chronogrammes de la tension de la charge U C et du courant IC sont présentés dans la figure 3 ci-dessous.

Figure 3 : chronogrammes de la tension UC et du courant IC

Comme la charge est résistive, l’intensité du courant dans la charge a la même forme d’onde que la tension
aux bornes de la charge.
Les interrupteurs K1 et K2 doivent supporter une tension positive à leurs bornes lorsqu’ils sont ouverts et sont
traversées par une intensité unidirectionnelle (positive pour K1 et négative pour K2) lorsqu’ils sont fermés. On peut
donc réaliser K1 avec un transistor bipolaire NPN et K2 avec un transistor bipolaire PNP.

4. Grandeurs caractéristiques du convertisseur :

I.1.2. Cas d’une charge inductive :

1. Schéma de principe :
La figure 4 ci-dessous présente le schéma de montage de ce type d’onduleur.

Figure 4 : schéma de principe de l’onduleur pour une charge inductive

2. Analyse du fonctionnement :
La commande des interrupteurs impose un fonctionnement périodique de période T réglable.
Pendant la première demi-période (0 ≤ t < T/2), la commande impose K1 fermé et K2 ouvert. Pendant la deuxième
demi-période (T/2≤ t <T), la commande impose K1 ouvert et K2 fermé.

T
 0 ≤ t< : K1 fermé et K2 ouvert donc Uc = E. La tension aux bornes de la charge est positive. Le courant
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circule soit par T1 soit par D1 suivant le signe de celui-ci. Le courant dans la charge ic(t) s’annule à l’instant
t1.

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 0 ≤ t<t 1: Le courant dans la charge est négatif ic(t) < 0.
Le courant circule par la diode D1 : iD1 = -ic. Le transistor T1 ne conduit pas. La puissance instantanée P = Uc. Ic < 0 :
il y a transfert d’énergie de la charge vers la source de tension. Il s’agit d’une phase de récupération.
T
 t 1 ≤ t< : Le courant dans la charge est positif ic ≥ 0.
2
Le courant circule par le transistor T1 : i T1 = ic. La diode D1 est bloquée. La puissance instantanée P = Uc. Ic ≥ 0 : il
y a transfert d’énergie de la source vers la charge. Il s’agit d’une phase d’alimentation.

T
 ≤ t <T : K2 fermé et K1 ouvert donc uc = - E. La tension aux bornes de la charge est négative. Le courant
2
circule soit par T2 soit par D2 suivant le signe de celui-ci. Le courant dans la charge ic s’annule à l’instant t 2.
T
 ≤ t <t 2: Le courant dans la charge est positif ic > 0.
2
Le courant circule par la diode D2 : i D2 = ic. Le transistor T2 ne conduit pas. La puissance instantanée P = Uc. Ic < 0 :
il y a transfert d’énergie de la charge vers la source de tension. Il s’agit d’une phase de récupération.
 t 2 ≤ t<T : Le courant dans la charge est négatif ic ≤ 0.
Le courant circule par le transistor T2 : i T2 = -ic. La diode D2 est bloquée. La puissance instantanée p = Uc. Ic ≥ 0 : il
y a transfert d’énergie de la source vers la charge. Il s’agit d’une phase d’alimentation.

3. Chronogrammes :
La figure 5 ci-dessous donne le chronogramme des différentes grandeurs électriques de cet onduleur.

Figure 5 : chronogrammes des grandeurs électriques

4. Intérêts :
5. Le réglage de la vitesse de rotation des moteurs asynchrones.
6. En cas de coupure du réseau, il fonctionne alors comme groupe de secours (pour éviter de perdre les données
par exemple pour les ordinateurs et les automates programmable).

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II. Onduleur en pont :

II.1. Schéma de principe :


Il s’agit d’un pont deGra ë tz . En considérant une charge inductive, il faut placer des diodes de récupération
en parallèle avec les interrupteurs (transistors bipolaires, IGBT et MOSFET en fonction de puissance du dispositif et
de la fréquence de commande de ceux-ci) comme le montre la figure 6.

Bras A Bras B

Figure 6 : schéma de principe d’un onduleur en pont

 Le montage est constitué de deux bras d'onduleur : le bras A constitué de K1 et K2, le bras B
constitué de K4 et K3.
 La source est un générateur de tension continue réversible en courant.
 Les interrupteurs Q1, Q2, Q3 et Q4 sont des interrupteurs commandables à l’ouverture et à la
fermeture. D1, D2, D3 et D4 sont des diodes supposées idéales.
 Si on considère A, K1, K2, B, K4, K3 comme des variables logiques (fonctionnement en soupapes),
on obtient les équations logiques suivantes :
 soupape K i K i=0 ↔transistor bloqué K i=0 ↔ transistor saturé
 Bras A A=0 ↔ K 1=0 , K 2=1 A=1↔ K 1=1 , K 2=0
 Bras B B=0↔ K 3=1 , K 4 =0 B=1 ↔ K 3=0 , K 4=1

II.2. Etude du fonctionnement de la partie puissance :


Dans le cadre de notre cours, on se limitera essentiellement sur les commandes suivantes :

 Commande pleine onde 


 Commande décalée ou en créneaux.
 MLI sinus-triangle.

II.2.1. Commande pleine onde :


Dans cette commande, K1 et K3 sont commandés en même temps, saturés pendant l'alternance positive et
bloqués pendant l'alternance négative. De même pour K2 et K4, bloqués pendant l'alternance positive et saturés
pendant l'alternance négative.
En reprenant les notations ci-dessus, on peut écrire : S= A= B́=K 1= Ḱ 2=K 3 = Ḱ 4 , où S est le signal de
synchronisme. On obtient le chronogramme de commande de la figure 7 ci-dessous.

Figure 7 : chronogrammes de commande

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 On remarque que A=B́ , c'est une commande complémentaire.
 On remarquera, en début d'alternance un temps mort (retard à la saturation des transistors) permettant au
transistor conduisant précédemment de se bloquer.
 On remarquera que ce sont les blocages des transistors qui délimitent les alternances.

1. Analyse du fonctionnement :
La commande des interrupteurs impose un fonctionnement périodique de période T réglable.
Pendant la première demi-période (0 ≤ t < T/2), la commande impose K1 et K3 fermé, K2 et K4 ouvert.
Pendant la deuxième demi-période (T/2 ≤ t <T), la commande impose K1 et K3 ouvert et K2 et K4 fermé.
Chaque alternance débute par une phase de restitution et se termine par une phase d'accumulation.
T di
 0 ≤ t< : K1 et K3 fermés et K2 et K4 ouverts doncuC =L∙ + R .i ( t )=u=+ E . La tension aux bornes de la
2 dt
charge est positive. Le courant circule soit par Q1 et Q3 (Figure 8) soit par D1 et D3 (Figure 9) suivant le
signe de celui-ci. Le courant dans la charge i(t) s’annule à l’instant t 1. Le courant de source est égal au courant
dans la charge : i 1=i(t).
 0 ≤ t<t 1: le courant dans la charge est négatif i < 0.
Le courant circule par les diodes D et D3: iD1 = iD3 = -i. Les interrupteurs Q1 et Q3 ne conduisent pas.
La puissance instantanée p = u.i(t) < 0 : il y a transfert d’énergie de la charge vers la source de tension. Il s’agit d’une
phase de récupération ou restitution.

Figure 8 : Schéma équivalent restitution alternance positive pour :0 ≤ t<t 1


T
 t 1 ≤ t< : le courant dans la charge est positif i ≥ 0. Le courant circule par les interrupteurs
2
Q1et Q3 : iQ1 = iQ3 = i. Les diodes D1et D3 sont bloquées. La puissance instantanée p = u.i ≥ 0 :
il y a transfert d’énergie de la source vers la charge. Il s’agit d’une phase d'alimentation ou
accumulation.

T
Figure 9 : Schéma équivalent accumulation alternance positive pour :t 1 ≤ t<
2
T di
 ≤ t <t 2: K2 et K4 fermés et K1 et K3 ouverts doncuC =L∙ + R .i ( t )=u=−E . La tension aux bornes de la
2 dt
charge est négative. Le courant circule soit par Q2 et Q4 (Figure 10) soit par D2 et D4 (Figure 11) suivant le
signe de celui-ci. Le courant dans la charge i s’annule à l’instant t 2. Le courant de source est égale au courant
dans la charge : i1 = -i(t).
T
 ≤ t <t 2: le courant dans la charge est positif i > 0. Le courant circule par les diodes D2 et D4:
2
iD2 = iD4 = i. Les interrupteurs Q2 et Q4 ne conduisent pas. La puissance instantanée p = u.i< 0 :
il y a transfert d’énergie de la charge vers la source de tension. Il s’agit d’une phase de
récupération ou restitution.

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T
Figure 10 : Schéma équivalent restitution alternance négative pour : ≤ t <t 2
2
 t 2 ≤ t<T : le courant dans la charge est négatif i ≤ 0. Le courant circule par les diodes Q2 et
Q4 : iH2 = iH4 = -i(t). Les interrupteurs D2 et D4 sont bloquées. La puissance instantanée
p = u.i ≥ 0 : il y a transfert d’énergie de la source vers la charge. Il s’agit d’une phase
d'alimentation ou accumulation.

Figure 11 : Schéma équivalent accumulation alternance négative pour :t 2 ≤ t<T

2. Chronogrammes :
La figure 12 ci-dessous donne les chronogrammes des différentes grandeurs du montage.

Figure 12 : chronogrammes des grandeurs électriques du montage.

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3. Grandeurs caractéristiques du montage :
 Période et fréquence : imposées par la commande et réglable indépendamment de la charge.
 Valeur moyenne de la tension et de l’intensité pour la charge : nulles, les signaux sont alternatifs.
 Valeur efficace de la tension aux bornes de la charge : u=± E d ' où U eff =Eeff
Remarque : les sources de tension continue doivent accepter de fournir de la puissance comme d’en recevoir,
elles doivent être réversibles en courant.
La tension u(t) entre les bornes de la charge a pour expression :

4E 1
u ( t )= ∑ sin( ( 2 k +1 ) ¿ωt )avec n=2 k +1(n impaire) ¿
π k=1 2 k +1


Le THD est très mauvais, de l’ordre de 48% : THD=

On obtient le spectre suivant de la figure 13 ci-dessous :
1
∑ ¿¿ ¿¿
k=1

Figure 13 : spectre de la tension ondulée u(t)

II.2.2. Commande à décalée ou en créneaux :


Cette commande, plus sophistiquée dans sa conception, est une première étape vers l'obtention d'un courant
sinusoïdale. Si nous nous attachons à une analyse spectrale, nous verrions dans la commande précédente que la
tension, ainsi que le courant, sont riches en harmoniques ce qui pose des problèmes pour une utilisation avec des
moteurs (pertes joules, couples pulsatives …).
La commande décalée permet d'éliminer en partie ces harmoniques et améliore donc le convertisseur.
D'ailleurs l'allure du courant s'en ressent.
La commande du pont n’est plus symétrique K1 et K3 ne sont pas nécessairement fermés en même temps, il
en est de même pour K2 et K4. Pendant la première demi période K1 et K3 sont fermés simultanément puis
c’est au tour de K3 et K2 d’être fermés conjointement. Pendant la seconde demi-période K4 reste fermé avec K2, puis
revient K1 avec K4.
La tension Uc peut prendre maintenant les nouvelles valeurs suivantes :
 K 1 et K 3 fermés K 2 et K 4 ouverts u=E .
 K 3 et K 2 fermés K 1 et K 4 ouverts u=0.
 K 4 et K 2 fermés K 1 et K 3 ouverts u=−E .
 K 4 et K 1 fermés K 3 et K 2 ouverts u=0.

1. Analyse du fonctionnement d’onduleur à commande décalée :


La commande des interrupteurs impose un fonctionnement périodique de période T réglable.
La commande des interrupteurs K1 et K2 est décalée d’une durée τ par rapport à la commande des interrupteurs K4 et
K3 (voire les oscillogrammes en annexe).
Ainsi :
 Pour 0 ≤ t< τ : K2 et K3 fermés et K4 et K1 ouverts donc la charge est court-circuitée u = 0. L’intensité du
courant dans la charge est négative. La puissance consommée par la charge p = u.i = 0. La charge ne travaille
pas. Il s’agit d’une phase dite de « roue-libre ».
T
 Pour τ ≤ t< : K1 et K3 fermés et K2 et K4 ouverts donc u = E.
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 τ ≤ t<t 1 : le courant dans la charge est négatif i < 0.

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Le courant circule par les diodes D1 et D3 : il s’agit d’une phase de récupération.
T
 t 1 ≤ t< : le courant dans la charge est positif i ≥ 0.
2
Le courant circule par les transistors Q1 et Q3 : il s’agit d’une phase d'alimentation.
T T
 Pour ≤t < + τ : K1 et K4 fermés et K3 et K2 ouverts donc la charge est court-circuitée u = 0. L’intensité
2 2
du courant dans la charge est positive. La puissance consommée par la charge p = u.i = 0. La charge ne
travaille pas. Il s’agit d’une phase de « roue-libre ».
T
 Pour +τ ≤ t<T : K2 et K4 fermés et K1 et K3 ouverts donc u = -E.
2
T
 ≤ t <t 2 : le courant dans la charge est positif i > 0.
2
Le courant circule par les diodes D2 et D4 : il s’agit d’une phase de récupération.
 t 2 ≤ t<T : le courant dans la charge est négatif i ≤ 0.
Le courant circule par les transistors Q2 et Q4 : il s’agit d’une phase d'alimentation.

2. Chronogrammes :
Les chronogrammes de la figure 14 ci-dessous présentent l’allure des courbes des grandeurs électriques du montage.

Figure 14 : oscillogrammes pour la commande décalée

3. Spectre de la tension ondulée (commande décalée) :


α
Signal : ( β= : angle de commande)
2


4E
u ( t )= ∑ 1 cos ⁡((2 k +1) β )sin ⁡(2 k +1)ωt avec n=2k+1 (n impaire).
π k=0 2 k +1

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Le THD dépend de l'angle de commande β . Comme le montre la courbe ci-dessous, sa valeur minimum est de
l'ordre de 29%, pour β ≈23°.

Comme U =U 2
eff
2
1 eff +U 2
2 eff + …+U 2
neff , il revient que
THD=
√∑
n=2
2
U neff
=
√U 2
eff +U 21 eff
U 1eff U 1 eff
2√ 2 2β
Sachant que : U 1 eff =E1 ∙
π
cosβ et que U eff =E ∙ 1−
π 2−2 πβ−8 cos2 β
π √
on en déduit que :

THD %=100 ∙ √
2 √2 cosβ

La courbe de la figure 15 ci-dessous permet de déterminer le THD en fonction de β.

Figure 15 : courbe de THD en fonction de β

II.2.3. Commande MLI sinus-triangle :

1. Principe :
La technique de génération des signaux de commande appelée PWM (Pulse Width Modulation, ou Modulation de
Largeur d' impulsion en français) consiste juste en la comparaison, au sens électronique du terme, d'un signal
sinusoïdal dit« de consigne » avec une« porteuse » triangulaire de fréquence supérieure permettant de fixer par là
même la fréquence des commutations, et ainsi la bande de fréquence occupée par Je contenu harmonique.
Le schéma de la figure 16 illustre le principe de la comparaison des deux signaux et l'utilisation du signal de sortie
sur l'exemple d'un onduleur de tension. Le comparateur qui apparaît dans le schéma peut être réalisé avec un simple
amplificateur opérationnel, le signal « logique » en sortie étant distribué aux grilles des transistors appariés K1 et K3,
et son complément aux transistors K2 et K4.

K1, K3

K2, K4

Figure 16 : Principe de découpage à fréquence élevée.

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2. Fonctionnement :
Les différents signaux de commande, ainsi que l'allure de la tension de sortie, qui apparaissent dans cet
exemple sont représentés sur la figure 16 sur l'exemple précis d'une porteuse triangulaire de fréquence 6 fois
supérieure à celle de la consigne sinusoïdale. Sur cet exemple, l'amplitude du sinus égale celle du triangle, ce qui
constitue un cas limite. De façon générique, l'amplitude du sinus doit être inférieure ou égale à celle du triangle.
On utilise dans ce cadre précis une nouvelle grandeur m appelée « ordre de la PWM », qui représente
simplement le rapport existant entre la fréquence de la porteuse triangulaire et celle du sinus de consigne. Sur
l'exemple traité sur la figure 17 on relève : m = 6.

Figure 17 : Signaux et tension PWM sur onduleur monophasé – ordre : m = 6.

3. Allures des grandeurs électriques (tension et courant) :

a. Tension :
On obtient ainsi une série d'impulsions dont les largeurs sont modulées au rythme de la comparaison entre la
sinusoïde de référence et le signal triangulaire (figure 18). La tension de sortie ne prenant pour valeur que V ou -V, sa
valeur efficace sera égale à V.

Figure 18 : Allure de la tension u(t)

b. Courant dans la charge :


Pour le courant, on peut obtenir les formes d’ondes suivantes (figure 19) :

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Figure 19 : Allure du courant dans la charge

III. Onduleur triphasé:


Nous considérons une charge triphasée équilibrée, et pour simplifier l’étude nous supposerons que le couplage
en étoile (bien que le branchement d’une charge triangle soit envisageable).Pour cette structure (figure 20), plusieurs
types de commande sont possibles, les plus utilisées sont :
 La commande 120°
 La commande 180°
 Les commandes à modulation de largeur d’impulsion (MLI).

E/2
O
E/2

Figure 20 : schéma de principe d’un onduleur triphasé.

III.1. La commande 120° :

III.1.1. Principe de fonctionnement :


Dans la commande 120° chaque interrupteur est commandé pour une durée d’un tiers d’une période. D’après
la figure 21 ci-dessous, la fermeture d’un interrupteur ne coïncide pas avec l’ouverture de l’autre interrupteur située
dans le même bras. La commande des interrupteurs de deux bras différents est décalée de 120°.
On obtient donc six séquences de conduction par période tel que l’illustre la figure 21 ; de plus il est judicieux de
considérer le montage comme étant l’association de trois onduleurs monophasés en demi-pont en décomposant la
source continue par deux sources équivalentes de tension E/2 avec un point milieu, noté O.

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Figure 21 : Séquence de conduction des interrupteurs pour la commande 120°

III.1.2. Etudes des tensions :


Les tensions vA0, vB0, vC0 mesurées entre les points A, B, C et le point milieu sont alors les tensions délivrées par
les onduleurs monophasés. On peut alors déterminer l’allure des tensions composées en tenant compte des relations
suivantes :
v AB=v AO−v BO

{v BC =v BO−v CO
v CA =v CO −v AO
L’analyse des chronogrammes des tensions composées, représentés sur la figure.5 montre que l’on obtient un
système de tensions triphasé en marches d’escalier, d’amplitude E, de période T et déphasée deux à deux d’un angle
de 120°. Au niveau de la charge on peut déduire les relations donnant les expressions des tensions simples :

v AB=v a−v b

{
v BC =v b −v c
v CA =v c −v a
Et en effectuant la différence membre à membre entre la première et la troisième relation :
u AB −uCA =v a−v b −v c + v a=2. v a −( v b + v c ) comme v a =−( v b+ v c ) d ' où u AB −uCA =3. v a
1
on en déduit alors que : v a= (u ¿ ¿ AB−uCA )¿
3
En effectuant une permutation circulaire des indices A, B, C, on établit les expressions des deux autres tensions
simples :
1 1
v b= (u ¿ ¿ BC −u AB ) et v b = (u ¿ ¿CA −u BC ) ¿ ¿
3 3
Il est alors aisé de déduire les allures des tensions simples à partir de celles des tensions composées. Les figures
22 et 23 illustrent cette construction. Sur ces chronogrammes, on voit que les trois tensions simples ont une forme en
créneaux alternativement positifs et négatifs, et qu’elles forment, elles aussi, un système de tensions triphasées
d’amplitude E/2, de période T égale à celle des tensions composées. L’angle de déphasage qu’elles présentent entre
elles, deux à deux, est égal à120°.

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Figure 22 : Chronogrammes des tensions composées

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θ
-E/2

Figure 23 : des chronogrammes des tensions simples

Les expressions des valeurs efficaces :


E
 Pour les tensions composées : U eff =
√2
E
 Pour les tensions simples :V eff =
√6
 Ce qui conduit au rapport : U eff =√ 3 .V eff
Au regard de ces expressions, un onduleur triphasées pilotée par une commande à 120°, ne permet un réglage
des valeurs efficaces des tensions composées et simples que par variation de la tension délivrée par la source continue.
On devra dans ce but insérer un convertisseur statique en aval de l’onduleur, et donc deux solutions s’imposent selon
l’origine de la tension continue:
 Un hacheur si la source primaire est son batterie d’accumulateur.
 Un redresseur commandé si la source primaire est provient d’un réseau d’alimentation triphasé.
La forme de la tension simple va est en créneaux alternativement positifs et négatifs et de période T. Le signal
est impair et présente une symétrie sur deux demi périodes si on le retarde d’un angle de 30°. La décomposition en
sérié de Fourier peut être exprimée de la façon suivante :


E. 3 E. 3
v a ( t )= √ sinωt + √ ∑ ¿ ¿
π π k=1

En développant quelques termes, on obtient :


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E . √3 E. 3 E. 3 E. 3
v a ( t )= sinωt + √ sin ( 5 ωt )+ √ sin ( 7 ωt ) + √ sin ( 11 ωt ) +…
π 5π 7π 11 π
On remarque que les harmoniques pair et multiples de trois (3, 9, 12 …), disparaissent, alors que ceux de rang
5, 7, 11, 13 …, restent présents le spectre.

L’expression de la valeur efficace du fondamental de tension simple est :


3 E
V eff =
√ ∙
2 π

II.2. La commande 180° :


Cette commande est conçue de façon à ce que les interrupteurs soient commandés pendant une durée
correspondant à une demi période, mais leurs conductions déphasages, d’où:
 A tout instant trois interrupteurs sont en état de conduire et les trois autres sont bloqués ;
 Deux interrupteurs d’un même bras doivent être commandés de façon complémentaire afin de ne pas
court-circuiter la source de tension.
Comme pour la commande précédente, un onduleur triphasé pilotée par une commande à 180° permet un
réglage de la fréquence des tensions composées et simples, mais s’il est nécessaire, le réglage des valeurs efficaces ne
peut être réalisé, selon l’origine de la tension continue. Il sera nécessaire d’insérer un convertisseur statique; les deux
solutions précédentes sont encore envisageables. La commande à 180° sera privilégiée par rapport à la commande à
120°, en effet elle délivre des tensions efficaces supérieures à la commande à 120°. La figure 24 montre les six
séquences de conduction obtenues par période

Figure 24 : Séquence de conduction des interrupteurs pour la commande 180°

III.2.1. Etude des tensions :


De la même manière que pour la commande 120°, les allures des tensions composées, figure 25, et tensions
simples. La figure 26 montre le détail de cette construction. Sur ces chronogrammes on voit que les trois tensions
simples ont une forme en marches d’escalier, et qu’elles forment, elles aussi, un système de tensions triphasées,
2. E
d’amplitude , de période T égale à celles des tensions composées. L’angle de déphasage qu’elles présentent entre
3
elles, deux, est égal à 120°.

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Figure 24 : Chronogrammes des tensions composées

Figure 25 : Chronogrammes des tensions simples


Les expressions des valeurs efficaces :

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2
 Pour les tensions composées : U eff =

E 2
√√ 3
∙E

 Pour les tensions simples :V eff =


3
 Ce qui conduit au rapport : U eff =√ 3 .V eff
L’expression de la valeur efficace du fondamental de tension simple est :
2 E
U eff =
√ ∙ , et elle est supérieure à celle de la commande 120°.
3 2

III.2.2. Etude des courants dans la charge :


Dans le cas d’une charge résistive, les diodes branchées en tète bêche sur les interrupteurs n’ont aucune
fonction. Pour une charge couplée en étoile les intensités des courants traversant la charge sont de même formes que
les tensions simples et respectivement en phase.
La charge étant équilibrée, la relation suivante donnée par la loi des nœuds au point neutre est vérifiée pour chaque
instant la relation :
i A +i B +i C =0
Pour une charge inductive, le courant traversant chaque bras de conduction sera retardé d’un certain angle en arrière
par rapport à la tension simple. La figure 26 représente l’allure de la tension composée u AB, de la tension simple vA,
des courants iT1, iT4, iD1, iD4, traversant les interrupteurs et les diodes du bras de commutation (H1, H4).

Figure 26 : Chronogrammes des courants parcourant les interrupteurs

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2. E E
L’allure de la tension simple va est une marche d’escalier d’amplitude , à palier de hauteur , et période
3 3
T.
Le signal est impair et présente une symétrie sur les deux demi périodes. La décomposition de série de
Fourier à pour expression en mettant en évidence le terme fondamental :

2. E 2. E
v a ( t )= sinωt + ∑ ¿¿
π π k=1
avec k entier naturel impair

En développement quelque termes on obtient :


2. E 2. E 2. E 2. E
v a ( t )= sin( ωt)+ sin ( 5 ωt )+ sin ( 7 ωt ) + sin ( 11ωt )+ …
π 5π 7π 11 π
On remarque, comme pour la commande 120°, que les harmoniques pairs sont absentes et que ceux multiples
de trois (3,9, 12…) ont disparus car ce sont des composants homopolaires. Seuls restent les harmoniques de rang 5, 7,
11, …… dans le spectre. L’amplitude des harmoniques présents dans les deux types de commandes 120° et 180° est
inversement proportionnelle à leur pulsation :
V 2 k+1 1
=
V1 2k ±1

III.3. La commande MLI :


Dans le cadre d'onduleurs triphasés, la commande MLI n'est pas vraiment plus compliquée. Le signal
triangulaire qui constitue la porteuse reste unique et les trois signaux de commande sont simplement obtenus par
sa comparaison à trois sinusoïdes de consigne déphasées de 120°. La figure 27 présente ainsi le cas d'un onduleur de
tension triphasé dont les trois commandes sont obtenues directement par comparaison à une porteuse unique.

Figure 27 : Commande PWM d'un onduleur triphasé de tension à IGBT.

La figure 28 représente alors l'ensemble des signaux qui apparaissent dans les diverses étapes de l'élaboration
de ce type de commande. Il n'y a ainsi que peu de choses à remarquer dans le cas de la MLI en triphasé. Il s'agit bien
de la duplication en trois signaux déphasés de 120° du signal de commande de la modulation de largeur d'impulsion
monophasée.

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Figure 28 : signaux de commande des interrupteurs

Les tensions précédentes obtenues par découpage d’une tension constante ont des formes en créneaux
(commande 120° et 180°) dont la richesse spectrale les éloigne des sinusoïdes souhaitées pour alimenter le stator des
MAS. Pour obtenir des formes d’onde plus satisfaisantes, la tension Ve est découpée suivant des motifs rectangulaires
dont le rapport cyclique suit une loi sinusoïdale du temps. On dit alors que l’on a affaire à une modulation de largeur
d’impulsions, abrégée par MLI.
Remarque : en anglo-américain on dit Pulse Width Modulation ou PWM. Pour s’assurer d’une évolution de
la tension de sortie la plus « lisse » possible, le découpage est réalisé à une fréquence de l’ordre de 10 à 20 kHz bien
supérieure à celle du réseau d’alimentation réalisé.
En résumé, à chaque instant, la « valeur moyenne » de la tension obtenue est sinusoïdale. La Figure 29
présente le mode de réalisation d’une tension sinusoïdale par MLI unipolaire et le courant proche du sinusoïdal.

Figure 29 : Tension composée et courant de ligne issue d’un générateur MLI.

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REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES :

 L. Lasne, électronique de puissance, 2e édition, DUNOD, Paris, 2011, 2015


 G. Séguier, F. Labrique, P. Delarue, électronique de puissance, 10e édition, DUNOD, Paris 2011,
2015.
 G. Chateigne, M. Boes, D. Bouix, J. Vaillant, D. Verkindère, Manuel de Génie électrique, DUNOD
Paris, 2006
 H. Imed, Convertisseurs DC/DC et DC/AC, ISET de Nabeul
 BTS électrotechnique 2ème année, Sciences Physiques appliquées, Lycée Edmond Labbé
 Gaston Bachard, composants d’électronique de puissance, Juin 03-V2.37
 J. Banal, Entrainements électriques à vitesse variable, Groupe Schneider, Tec et Doc (lavoisier)
1982
 Michel Piou, convertisseurs DC/AC, IUT en ligne.net, édition 24/11/2010
 Support de cours, modélisation de l’ensemble MAS convertisseurs, Université de BATNA 2008/2009
 BOUYAKOUB Ismail, électronique de puissance avancée, Faculté de Technologie, Université
Hassiba Benbouali De Chelf.

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