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EVALUATION ET ESTIMATION DES TYPES DE PRODUCTION D’ENERGIE ELECTRIQUE

AU CAMEROUN

Rédigé par NZUDIE TINKAM Loïc Stève GEL/FC5 ENSET DIPET II 2017/2018 Page 1
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CONTEXTE
Le Cameroun envisage de devenir un pays émergent à l‟horizon 2035. Cette
émergence passe aussi par le développement et la consolidation de son tissu industriel. Ceci
exige de disposer d‟une production et d‟une distribution adéquate d‟énergie, considérée
comme indispensable au bon fonctionnement des entreprises, à la bonne marche de
l‟économie et à l‟amélioration des conditions de vie des populations. À ce propos, le
Cameroun possède un énorme potentiel énergétique. En effet, sa situation géographique lui
permet de disposer du deuxième potentiel hydroélectrique de l‟Afrique subsaharienne, après
la République démocratique du Congo [1].
PROBLEMATIQUE
Le potentiel énergétique dont dispose notre pays ne demande qu‟à être viabilisé, afin
de répondre à une demande sans cesse croissante et résorber le déséquilibre qui existe dans ce
secteur. Conscient de cet enjeu, les responsables ont lancé un vaste programme visant à
améliorer et à augmenter la fourniture d‟énergie électrique par la construction de plusieurs
barrages hydroélectriques (les barrages de Lom-Pangar, de Memve‟ele et de Mekin),
l‟édification de la centrale à gaz de Kribi, les forages de production d‟énergie thermique ;
mais tout ceci avec une exploitation des sources d‟énergies nouvelles et durables encore au
stade embryonnaire ; pourtant la nature nous dispense généreusement et de façon assez bien
répartie sur la terre, une quantité d‟énergie (renouvelable) très largement suffisante pour
satisfaire à nos besoins ; et il existe une multitude de solutions technologiques pour l‟utiliser à
grande ou petite échelle, que ce soit pour produire de la chaleur, de l‟énergie mécanique ou de
l‟électricité qui, à son tour, peut être transformée.
Alors de quelle façon est donc faite la production et la demande de l‟énergie électrique
au Cameroun ? Que dire de la balance énergétique du pays, est-elle déficitaire ou
excédentaire? La réponse à ces questions nous aidera à apporter des idées pour assurer la
diversification du mix énergétique du Cameroun.
OBJECTIFS
L‟objectif général est d‟évaluer tous les types de production de l‟énergie électrique au
Cameroun ainsi que les différentes puissances fournies par les centrales de production et de
faire une estimation de l‟offre par rapport à la demande en énergie électrique, afin de dire si la
balance énergétique du pays est déficitaire ou excédentaire.
Comme objectifs spécifiques nous avons :
 Evaluation des types de production d‟énergie électrique au Cameroun (l‟offre)

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 Estimation des besoins d‟énergie électrique au Cameroun (la demande)


 Confrontation entre l‟offre et la demande (Analyses de la balance énergétique)
 Diversification du mix énergétique du pays. (solutions apportées)
IMPORTANCE DE L’ETUDE
Cette étude nous sera bénéfique dans le cadre énergétique (car grâce à elle nous
trouverons des solutions pour pallier au déficit énergétique du pays) ; dans le cadre
économique (car le déficit en énergie électrique dans un pays est un facteur limitant la
croissance économique) ; et dans le cadre social (elle permettra au grand public d‟être informé
sur la production de l‟électricité dont il dispose).
DELIMITATION DE L’ETUDE
Cette étude concerne uniquement le Cameroun, c'est-à-dire évaluer les parcs
hydrauliques, thermiques et les autres moyens utilisés par le Cameroun pour produire son
énergie électrique en fin 2017. Les données utilisées ont été obtenues auprès d‟Eneo, du
MINEE, des organisations, des rapports finaux, et des sites internet.
ORGANISATION DU TRAVAIL
Dans ce travail, nous verrons en premier la production de l‟énergie électrique dans sa
généralité « revue bibliographique » ; en second, « les parcs de production
hydroélectrique au Cameroun », nous verrons ici les différents centrales hydroélectriques
existantes et en projets au Cameroun, leurs caractéristiques et puissance installée ; en suite,
« les centrales thermiques de production et les centrales de production via l’énergie
renouvelable », où nous verrons les différentes centrales thermiques, leurs caractéristiques et
puissance installée, et les initiatives prises par l‟Etat concernant la production de l‟énergie
électrique via les énergies renouvelables et enfin « l’estimation de la demande en énergie
électrique » nous verrons dans ce chapitre l‟estimation de la demande et par la suite la
confrontation entre l‟offre et la demande qui consiste à analyser la balance énergétique du
Cameroun afin dire si elle est déficitaire ou excédentaire et en fin apporter des solutions.

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1.1. GENERALITES

Le développement industriel et l‟accroissement démographique contribuent à une forte


demande en énergie électrique. Ceci a pour conséquence, une augmentation des puissances à
générer par les centrales électriques. Parmi les centrales électriques, on distingue les centrales
thermiques utilisent les ressources fossiles (fuel, gaz naturel, charbon) comme combustible
pour produire de l‟énergie électrique. La combustion de ces fossiles entraine des dommages
sur la nature par la production des gaz à effet de serre entrainant la destruction de la couche
d‟ozone, le réchauffement climatique et d‟autres problèmes écologiques.
Il est donc nécessaire de réduire considérablement la production de ces gaz polluants
du fait de leur caractère nocif et du fait de l‟épuisement des réserves des ressources fossiles
avec le temps puisqu‟elles ne sont pas renouvelables.
Il est dont question de produire l‟énergie électrique à un coût minimum et avec un
minimum d‟émission de gaz tout en satisfaisant la demande, ceci en valorisant les centrales
utilisant les ressources renouvelables. Il existe plusieurs moyens de production d‟énergie
électrique qui s‟effectue dans différents centrales électriques.

1.2. DEFINITIONS

1.2.1. Energie électrique :

On définie l‟énergie électrique comme la forme d‟énergie résultant de l‟existence


d‟une différence de potentiel entre deux points. C‟est aussi une énergie secondaire due à une
transformation préalable d‟une énergie dite primaire [1].

1.2.2. Energie renouvelable :

Une énergie est dite renouvelable lorsqu‟elle provient des sources que la nature
renouvelle en permanence, par opposition à une énergie non renouvelable dont les stocks
s‟épuisent.

1.2.3. Ressources énergétiques :

C‟est l‟ensemble des richesses et des produits naturels dont l‟homme dispose et à
partir desquels il peut produire de l‟énergie [1].

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1.2.4. Centrales électriques :

Ce sont des sites industriels destinés à la production d‟électricité. Elles alimentent en


électricité, au moyen du réseau électrique, les consommateurs, particuliers ou industriels
éloignés de la centrale [5].

1.2.5. Réseau électrique:

Les réseaux d‟électricité ont été conçus dans le but de veiller à la fiabilité de la
fourniture de l‟énergie électrique. Les réseaux relient entre elles toutes les unités de
production et visent à assurer une fonction de secours en cas de pannes et/ou de défaillances
[2].
1.3. BUT DE LA PRODUCTION D’ENERGIE ELECTRIQUE

1.3.1. Pourquoi produire de l’énergie électrique ?

A notre époque, et sans électricité, la vie quotidienne serait difficilement envisageable.


Il est donc nécessaire de savoir la produire de manière efficace et continue. Pour répondre à la
consommation croissante d‟électricité, il a fallu inventer et construire des usines capables de
produire de l‟électricité en grande quantité pour garantir l'indépendance énergétique ;
fournir l'électricité au moindre coût ; développer la production d'électricité renouvelable.

1.3.2. Comment produire de l’énergie électrique ?

L'électricité est produite dans des usines appelées "centrales". Celles-ci transforment
l'énergie primaire (thermique, nucléaire, hydraulique, éolien) en énergie électrique que
l'on appelle énergie secondaire. Dans les centrales, l'électricité est fournie par les groupes
"turbo-alternateur".

La turbine est en liaison mécanique complète avec la partie tournante de


l'alternateur (le rotor). Ce rotor crée un flux magnétique tournant qui donne naissance à un
courant électrique dans le stator (partie fixe de l'alternateur).

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1.4. DIFFERENTS TYPES DE PRODUCTION D’ENERGIE ELECTRIQUE


1.4.1. les centrales hydroélectriques :
1.4.1.1.Définition :

Les centrales hydroélectriques sont des centrales qui utilisent l‟énergie de l‟eau
stockée dans un lac de retenue par un barrage pour produire de l‟énergie électrique.
1.4.1.2. Fonctionnement :

Une conduite forcée, située en contrebas d‟un barrage, propulse l‟eau sur les pales
d‟une turbine, l‟eau est remise ensuite dans le milieu naturel par un canal de fuite. La turbine
entraine un alternateur qui produit de l‟énergie électrique ; cette énergie est élevée dans un
transformateur pour son trajet dans les lignes à haute tension.

Figure 1.1: fonctionnement d'une centrale hydroélectrique [5]


1.4.1.3. Types de centrales hydroélectriques:
Pour utiliser l'énergie potentielle de l'eau, il est nécessaire de mettre en place un
barrage. La chute de l'eau provoque la rotation d'une turbine [3].
La puissance fournie par la chute d'eau est :

P = ρ Qv g h (1)

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Avec :
P : puissance fournie (en watts)
Qv : débit volumique (en mètres cubes par seconde)
ρ : masse volumique de l'eau (en kilogrammes par mètre cube)
g : accélération de la pesanteur (9,81 m. s -2)
h : hauteur de la chute (en m)
On distingue donc à cet effet trois types de centrales hydroélectriques :
Les centrales de haute chute : (hauteur de chute > 200 m) :

Les centrales de haute chute sont alimentées par des barrages appelés "réservoirs de
lac" ou "réservoirs saisonniers" Elles sont équipées de turbines Pelton [4].

Les centrales de moyenne chute : (30 m < hauteur de chute < 200 m) :

Les centrales de moyenne chute sont alimentées par des barrages appelés "réservoirs
d'éclusée". Elles se trouvent sur le cours des fleuves dans les régions de plaine ou de bas
relief. Elles utilisent des turbines de type Francis [4].

Les centrales de basse chute : (hauteur de chute < 30 m) :

Ces centrales, encore appelées usines « au fil de l'eau », sont caractérisées par
l'absence de réserve. Leur capacité de production ne dépend que du débit du cours d'eau.
Elles utilisent des turbines Kaplan [4].

Le tableau suivant nous montre brièvement la comparaison qui existe entre ces différentes turbines
hydrauliques :

Tableau 1.1 : comparaison des turbines hydrauliques [27].

KAPLAN FRANCIS PELTON


Utilisation Au fil de l’eau Retenue d’eau Retenue d’eau
Hauteur de chute [m] 0 - 30 30 - 200 200 - 2000
Débit 4 - 350 m3/s 4 - 55 m3/s 4 - 15 m3/s
Efficacité 80-95% ~ 90% 90 - 95 %
1.4.1.4. Les avantages :
 Centrales de haute et moyenne chute :

- Excellent rendement (90%)


- fournit l‟électricité à la demande

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- énergie primaire gratuite

 Centrales de basse chute :

- Impact sur le paysage moindre


- énergie primaire gratuite
- moins éloignées des centres de consommation
1.4.1.5. Les inconvénients :
 Centrales de haute et moyenne chute :

- Elles sont construites uniquement en montagne loin des centres urbains


- dégradation du paysage
- délocalisation de la population

 Centrales de basse chute :

- production dépendante du débit


- elle n‟a aucune possibilité de stockage d‟eau

1.4.2. les centrales thermiques :


1.4.2.1. Définition :

Une centrale thermique permet la production d‟électricité à partir de la combustion de


fuel, de gaz, de charbon ou à partir du nucléaire. Ici l‟eau subit différentes transformations
afin de produire un travail mécanique transformé en énergie électrique grâce à un couplage de
la turbine avec un alternateur.
1.4.2.2. Types de centrales thermiques :
On distingue trois catégories de centrale thermique :
A. Centrales exploitant de la chaleur issue de l’énergie nucléaire :

Dans cette catégorie on distingue une seule centrale qui est :

 Centrales nucléaires :

Une centrale nucléaire produit de l‟électricité en transformant de la chaleur, produite


par fission nucléaire, en électricité.
La chaleur dégagée par la fission nucléaire (expliquée au paragraphe suivant) sert à
réchauffer de l‟eau qui circule dans un circuit primaire. L‟énergie ainsi transportée sert à
produire de la vapeur dans le générateur de vapeur. Cette vapeur circule dans le circuit
secondaire, indépendant du circuit primaire. La vapeur est ainsi amenée à une turbine qui est

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mise en mouvement et entraîne un générateur de courant alternatif. Ce courant est ensuite


dirigé vers le réseau. La vapeur sortant de la turbine est alors refroidie par contact avec des
tuyaux provenant du refroidisseur, ce circuit constitue le circuit tertiaire. L‟eau de ce circuit
est ensuite refroidie dans une tour de refroidissement.
Comme on peut le constater une grande importance est accordée à la sécurité, les
échanges thermiques se font par des échangeurs thermiques dans lesquels l‟eau des différents
circuits n‟est jamais mise en contact direct. L‟eau qui a été en contact avec les éléments
radioactifs n‟est jamais en contact avec l‟eau de refroidissement et est séparée de celle-ci par
le circuit secondaire. De plus, la cuve du réacteur se trouve dans un bâtiment qui possède une
double enceinte de confinement en béton. Un noyau d'uranium se scinde en deux lors de
l'impact par un neutron [6].

En plus de la fission de ce noyau, il y a un dégagement d‟énergie et une libération de


neutrons. Ces neutrons peuvent à leur tour entrer en collision avec d‟autres noyaux ce qui
entretient la réaction. Ce type de réaction s‟appelle une réaction en chaîne et est réalisée soit
de manière contrôlée, dans une centrale, soit de manière explosive, dans une bombe nucléaire.
L‟énergie libérée par la fission contrôlée est récupérée sous forme de chaleur [7].

Figure 1.2: Schéma d’une centrale nucléaire [7]


 Les avantages :
- Pas d‟émission de gaz à effet de serre
- La puissance dégagée est très importante

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- développement d‟une technologie de pointe


 Les inconvénients :
- Production de déchets radioactifs
- Matière première en quantité limitée
- Importance des dégâts causés en cas d‟incident (Tchernobyl 1986)

B. Centrales exploitant de la chaleur « renouvelable » :


On distingue :
a. Centrales géothermiques :
L‟énergie géothermique provient de l‟exploitation de la chaleur qui existe sous la
surface de la terre. Une centrale géothermique, en plus du générateur électrique, comporte les
éléments suivants : turbine à vapeur, échangeurs de chaleur, condenseurs, pompes ainsi que
des tuyaux et des vannes.

Les centrales géothermiques fonctionnent comme suit : de l‟eau de pluie ou de mer


s‟infiltre dans fractures de la croute terrestre pour constituer un réservoir dans les profondeurs
du sol (environ 5000 m) , appelé nappe aquifère, à haute température, de 150 à 350°C [8].
Grâce à un forage dans le sous-sol, l‟eau chaude est pompée jusqu‟à la surface, pendant sa
remontée, elle perd de sa pression et se transforme en vapeur ; la pression de cette vapeur fait
tourner une turbine qui fait à son tour fonctionner un alternateur. Grâce à l‟énergie fournie par
la turbine, l‟alternateur produit un courant électrique alternatif ; un transformateur élève la
tension de ce courant électrique produit pour qu‟il puisse être plus facilement transporté dans
les lignes à haute tension.

Figure 1.3: Schéma d’une centrale géothermique [7]

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 Les avantages :
- Elle permet la préservation de l‟environnement car dégage peu de gaz à effet
de serre et évite le réchauffement de la planète ;
- Elle utilise la chaleur que diffuse la terre, une ressource énergétique
renouvelable ;
- Elle n‟à pas besoin d‟un espace de stockage comme les cuves à fioul
 Les inconvénients :
- Coût onéreux ;
- Il faut accorder le type de géothermie avec le terrain ;
- Ressource naturelle du sous-sol dont l‟extraction nécessite la réalisation de
forages dont les résultats sont parfois aléatoires (« risque géologique »).

b. Centrales thermiques solaires :


La production d‟électricité dans les tours solaires suit le même principe que les autres
transformations de chaleur en électricité (centrales thermiques, centrales nucléaires…). On
transforme la chaleur en énergie mécanique, sous la forme d‟un gaz porté à haute température et
haute pression qui fait tourner une turbine. Puis cette énergie mécanique est transformée en
électricité : la turbine entraîne un alternateur. Pour que le système ait un bon rendement, il est
indispensable d‟obtenir des hautes températures pour chauffer le gaz. Les capteurs solaires, même
sous vide, ne permettent pas d‟atteindre les très hautes températures nécessaires.
Le principe d‟une centrale solaire va donc être de concentrer les rayons solaires vers un
point, comme on le fait avec une loupe pour enflammer un bout de papier. La production
d'électricité à partir du rayonnement solaire est un processus direct. L'énergie solaire étant peu
dense, il est nécessaire de la concentrer pour obtenir des températures exploitables pour la
production d'électricité. Le rayonnement est concentré en un point ou en une ligne, où l'énergie
thermique est transmise au fluide caloporteur. L'intensité de la concentration est définie par le
facteur de concentration. Les systèmes à concentration en ligne ont généralement un facteur de
concentration inférieur à ceux des concentrateurs ponctuels [9].
Une caractéristique du système est son facteur de concentration. Ce coefficient permet
d‟évaluer l‟intensité de la concentration solaire : plus le facteur de concentration est élevé,
plus la température atteinte sera importante [9].
On l‟obtient grâce à la formule suivante :

(2)

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Avec :
Fc : Facteur de concentration
Sm : surface du miroir (en m2)
Sr : surface du récepteur (en m2)
Le tableau 1.2 montre les 4 principaux systèmes de concentration.

Tableau 1.2: les principaux systèmes de concentration [9]

Les centrales solaires utilisent le rayonnement solaire pour produire de l'électricité.


Il existe différents types de centrales solaires mais toutes sont basées sur le même principe.
Elles concentrent les rayons du soleil (miroir) pour chauffer à très haute température un
liquide particulier non vaporisable (fluide caloporteur). Ce liquide chauffe à son tour l'eau
(fluide thermodynamique) d'une chaudière à vapeur, elle-même reliée à une turbine et à un
alternateur pour produire de l'électricité. La vapeur d'eau est alors condensée (retourne à l'état
liquide) grâce à une tour de refroidissement [9].
Dans leur principe, les concentrateurs optiques superposent en un même point des
rayons solaires collectés sur une surface de captage le plus souvent formée de miroirs.
Différentes géométries de concentrateurs ont été expérimentées. Ils sont dotés de dispositifs
de suivi de la course du soleil, en hauteur et/ou en azimut.

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Figure 1.4: Schéma d’une centrale Solaire [9].

L'inconvénient des centrales solaires est qu'elles ne peuvent pas produire d'électricité
la nuit. Pour palier à ce problème, on a deux solutions :
soit on stocke durant le jour une partie de la chaleur apportée par le fluide non
vaporisable dans un accumulateur (cette chaleur sera libérée durant la nuit et exploitée pour
produire de l'électricité) ;
soit on utilise des carburants fossiles comme le gaz par exemple pour chauffer le
liquide non vaporisable. Pour cela, on installe dans la centrale une chaudière à gaz qui prend le
relais des miroirs la nuit et qui s'arrête au matin.
La concentration optique des rayons du soleil permet d'obtenir de très hautes
températures. Selon les différentes technologies de captage, la chaleur produite est
généralement comprise entre 400°C et 1000°C [9].
On distingue deux usages principaux:
 la production de chaleur (centrale solaire thermique),
 la production d’électricité (centrale solaire thermodynamique).
Comme il existe différents moyens pour concentrer le rayonnement solaire, on aboutit à
différentes centrales. Les plus courantes sont :

 Les centrales à collecteurs cylindro-paraboliques


 Les centrales solaires à miroir de Fresnel
 Les centrales à tour
 Les centrales à capteurs paraboliques

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C. Centrales dites « à flamme » exploitant de la chaleur issue de la


combustion d’un composé carboné :

a. Centrales à fossile (charbon ; gaz ; fioul) :


Quel que soit le combustible à utiliser, celui-ci brûle dans une chaudière, tapissée de
tubes à l‟intérieur desquels circule l‟eau à chauffer. Sous l‟effet de la chaleur, l‟eau se
transforme en vapeur, laquelle est alors envoyée sous pression vers les turbines ; les turbines
tournent grâce à la vapeur ; elles entraînent un alternateur qui produit de l‟électricité à une
tension moyenne ; l‟électricité est injectée sur le réseau après avoir été portée à 225 000 volts,
ou à 400 000 volts, à l‟aide d‟un transformateur de puissance. La vapeur qui a été utilisée est
envoyée vers un condenseur, dans lequel circule de l‟eau froide ; au contact de celle ci, la
vapeur se transforme en eau, qui est récupérée et envoyée à nouveau dans la chaudière ; et
l‟eau utilisée pour le refroidissement est restituée au milieu naturel ou renvoyée dans le
condenseur.
Les fumées sont évacuées par de grandes cheminées pouvant atteindre 240 mètres de
haut [10]. Avant d‟être évacuées, ces fumées sont analysées en permanence ceci dans le but
d‟éliminer les poussières ; de réduire les émissions de dioxyde de soufre et d‟oxyde d‟azote,
afin de protéger l‟environnement.

Condenseur

Figure 1.5 : Fonctionnement d’une centrale thermique à flamme [10].


 Les avantages :
Ce sont des centrales d‟appoint qui peuvent être facilement mises en fonctionnement
ou arrêtées selon les besoins.
 Les inconvénients :
Elles utilisent des énergies fossiles donc non renouvelables.
Lors de la combustion des énergies fossiles, des gaz à effet de serre sont émis.

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Il existe également un type de centrale à gaz naturel appelée :


b. Les centrales thermiques à gaz :
Dans cette catégorie, on distingue les centrales à gaz à cycle simple utilisant
uniquement une turbine à gaz (TAG) encore appelée turbine à combustion (TAC) et les
centrales à gaz à cycle combiné utilisant non seulement une turbine à gaz mais aussi une
turbine à vapeur (TAV) :
Les centrales à gaz à cycle simple :

Dans sa forme la plus simple et la plus répandue, une turbine à gaz (aussi appelée
turbine à combustion) est composée de trois éléments :
• un compresseur, centrifuge ou plus généralement axial, qui a pour rôle de comprimer
de l'air ambiant à une pression comprise aujourd'hui entre 10 et 30 bars environ [10];
• une chambre de combustion, dans laquelle un combustible gazeux ou liquide est
injecté sous pression, puis brûlé avec l'air comprimé, avec un fort excès d'air afin de limiter la
température des gaz d'échappement ;
• une turbine, généralement axiale, dans laquelle sont détendus les gaz qui sortent de la
chambre de combustion. Ces gaz chauds détendus font tourner la turbine qui à son tour
entraine le fonctionnement d‟un alternateur ; l‟énergie produite en énergie électrique. Après
passage dans la turbine, ces gaz chauds détendus peuvent être également réutilisés à d‟autres
fins comme par exemple le chauffage des bâtiments ce processus est appelé cogénération.
Sous cette forme, la turbine à gaz constitue un moteur à combustion interne à flux
continu. On notera que le terme de turbine à gaz provient de l'état du fluide de travail, qui
reste toujours gazeux, et non du combustible utilisé, qui peut être aussi bien gazeux que
liquide (les turbines à gaz utilisent généralement du gaz naturel ou des distillats légers comme
le fioul domestique) [10]. Il existe aussi des turbines à gaz à cycle fermé, utilisées pour des
applications particulières. Bien évidemment, il s'agit alors de moteurs à combustion externe.

Compresseur
Figure 1.6 : Fonctionnement d’une centrale à gaz à cycle simple [28]
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Les centrales à gaz à cycle combiné :


Les centrales à gaz à cycle combiné (CCC) sont de grandes centrales thermiques
fonctionnant au gaz et associant les principes de deux types de turbines: à gaz et à vapeur ; le
gaz naturel est utilisé comme combustible. Il s‟agit d‟une récupération du gaz d‟échappement
de la première turbine pour entraîner une deuxième turbine. C‟est un gain en énergie.
Son fonctionnement est tel qu‟elle allie les principes d‟une centrale thermique à
turbine à gaz et ceux d‟une centrale thermique à vapeur. Une turbine à gaz sert de source
calorifique à la chaudière de récupération située en aval agissant elle comme un générateur de
vapeur pour la turbine à vapeur, ce qui permet d‟améliorer le rendement dans le cycle
thermodynamique par rapport aux turbines à gaz en circuit ouvert ou aux centrales thermiques
à vapeur conventionnelles. Les valeurs de rendement atteignent alors plus de 60% [10].

Figure 1.7: Principe d’une centrale à gaz à cycle combiné. [28]

c. Les centrales thermiques à moteur diesel :

Les moteurs diesel ou à injection, les moteurs à essence ou à allumage commandé


ainsi que les turbines à gaz, font partie de la classe des moteurs thermiques dont la production
de travail mécanique est directement réalisée par la détente des produits de combustion dans
les cylindres. Plus spécifiquement, parce que tout leur cycle se déroule entièrement dans un
seul organe, l‟arrangement piston-cylindre, les moteurs à essence et diesel sont regroupés sous
le vocable de MCI (moteur à combustion interne) [11]. A cause de cette conception qui les
rend très versatiles parce que compacts et ayant un bon rendement thermique, ils dominent le
secteur du transport et trouvent également des applications dans la production thermique

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électrique en tant que moteurs d‟appoint ou dans des centrales électriques de faible ou de
moyenne puissance.
D‟un point de vue global, les moteurs diesel sont couplés à un alternateur, permettent
ainsi la production d‟électricité. Par la suite, cette électricité est injectée sur le réseau public,
mais après être élève via un transformateur situé dans un poste de transformation.
Pour être plus précis, un groupe Diesel (moteur Diesel accouplé à un alternateur) a
pour fonction de produire de l'énergie électrique à partir de l'énergie calorifique dégagée par
une combustion. L'énergie calorifique est transformée en énergie mécanique qui repousse un
piston dans son cylindre. Le mouvement de translation des pistons est traduit en un
mouvement de rotation de l‟arbre du moteur qui est accouplé à l‟arbre de l‟alternateur. Ce
dernier transforme l‟énergie mécanique en énergie électrique. L‟énergie électrique ainsi
produite est évacuée vers un transformateur puis vers un poste de distribution avant départ sur
les lignes. Les gaz d‟échappement de chaque moteur sont évacués vers les cheminées.
L‟ensemble constituant le groupe Diesel et les auxiliaires dédiés à ce groupe (circuit
d‟alimentation en combustible, circuit de graissage du moteur, circuits de refroidissement…)
est appelé : « une unité de production ».
 Combustion dans les moteurs diesel
Le gasoil, injecté très profondément sous forme de jets liquides dans l‟air densifié et
porté à hautes températures, est atomisé en fines gouttelettes dont la taille et la pénétration
sont fonction de la viscosité du combustible.
Parce que le mélange est très hétérogène, il faut utiliser un excès d‟air
(suralimentation) et créer un régime turbulent pour le rendre plus homogène afin de favoriser
la combustion qui a lieu en quatre grandes étapes: la première, appelée retard de combustion,
va du début de l‟injection au début de l‟ignition avec accumulation de carburant à l‟intérieur
des cylindres; simultanément, à cause de la chaleur de l‟air surchauffé, les gouttelettes de
gasoil se vaporisent et atteignent la température d‟ignition et la combustion commence en
plusieurs endroits des cylindres et se propage rapidement; cette étape prend fin quand la
pression des gaz a atteint sa valeur la plus élevée. La troisième étape est contrôlée par le taux
d‟injection et l‟accroissement de la température se fait presque à pression constante; elle
s‟achève lorsque la combustion est pratiquement terminée, ce qui coïncide avec la fin de
l‟injection. Mais la combustion étant hétérogène, celle-ci peut se poursuivre à très faible
intensité, même après l‟arrêt de l‟injection, c‟est la quatrième étape; la durée de cette phase
peut être minimisée en augmentant la vitesse de propagation de la flamme ce qui raccourcit le
temps de combustion [11].
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Figure 1.8 : Principe d’une centrale thermique à moteur diesel [29].

d. Centrales thermiques à biomasse :

L‟énergie de la biomasse est celle que l‟on tire de la combustion de matières végétales
d‟origine agricole ou forestière. La biomasse présente des avantages au chapitre de la lutte
contre le changement climatique. La quantité de dioxyde de carbone libérée dans
l‟atmosphère lors de la combustion est égale à celle absorbée par les végétaux au cours de leur
croissance. La centrale à biomasse produit de l‟électricité grâce à la vapeur d‟eau dégagée par
la combustion de matières végétales ou animales, qui met en mouvement une turbine reliée à
un alternateur.
Son fonctionnement est tel que, la biomasse est brulée dans une chambre de
combustion, et en brulant elle dégage de la chaleur qui va chauffer de l‟eau dans une
chaudière, cette eau se transforme en vapeur et envoyé sous pression vers des turbines ; une
partie de la vapeur est aussi récupérée pour être utilisée pour le chauffage ; c‟est ce que l‟on
appelle la cogénération [8]. La vapeur fait tourner la turbine qui fait à son tour fonctionner un
alternateur, grâce à l‟énergie fournie par la turbine, l‟alternateur produit un courant électrique
alternatif. Un transformateur élève la tension du courant électrique produit par l‟alternateur
pour qu‟il puisse être plus facilement transporté dans les lignes à moyenne et haute tension. A
la sortie de la turbine, la vapeur est à nouveau transformée en eau grâce à un condenseur dans
lequel circule de l‟eau froide en provenance de la mer ou d‟un fleuve. L‟eau ainsi obtenue est
récupérée et re-circule dans la chaudière pour recommencer un autre cycle. Les fumées de
combustion sont dépoussiérées grâce à des filtres et sont évacuées par des cheminées.

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Figure 1.9 : Principe d’une centrale à biomasse [30].

1.4.3. Centrales solaires photovoltaïques


1.4.3.1.Définition :

Une centrale photovoltaïque est un moyen de production d‟électricité industriel qui


permet de produire de l‟électricité grâce à la lumière du soleil.

1.4.3.2. Fonctionnement :
Les panneaux solaires installés en rangées et reliés entre eux captent la lumière du
soleil, sous l‟effet de la lumière, le silicium un matériau conducteur contenu dans chaque
cellule, libère des électrons pour créer un courant électrique continu ; un onduleur transforme
ce courant en alternatif pour qu‟il puisse être plus facilement transporté dans les lignes à
moyenne tension du réseau. L‟électricité est consommée par les appareils électriques, si
l‟installation n‟est pas raccordée au réseau (site isolé), elle peut être stockée dans des
batteries. Sinon, tout ou une partie de la production peut être réinjectée dans le réseau [38].
Les centrales photovoltaïques produisent un courant continu. Pour l‟injecter dans le
réseau de transport/distribution, en alternatif, on utilise des onduleurs, dispositifs permettant
de convertir un courant continu en courant alternatif.
Les centrales photovoltaïques se raccordent :
• soit au réseau de transport Haute ou Très Haute Tension (HT ou THT) si la puissance est
supérieure à 12 MW,
• soit au réseau de distribution Moyenne Tension (puissance inférieure à 12 MW)

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A. Injection totale au réseau de distribution public :


Ici toute l‟énergie électrique produite par les capteurs photovoltaïques est envoyée
pour être revendue sur le réseau de distribution.
Cette solution est réalisée avec le raccordement au réseau public en deux points :
 le raccordement du consommateur qui reste identique avec son compteur de
consommation
 le nouveau branchement permettant d‟injecter l‟intégralité de la production dans le
réseau, celui ci dispose de deux compteurs :
 l‟un pour la production,
 l‟autre pour la non-consommation (permet de vérifier qu‟aucun soutirage
frauduleux n‟est réalisé) [45].

Figure 1.10 : centrale photovoltaïque à injection totale au réseau [45].

B. Injection de surplus au réseau public :


Cette solution est réalisée avec le raccordement au réseau public en un point :
l‟utilisateur consomme l‟énergie qu‟il produit avec le système solaire et l‟excédent est injecté
dans le réseau. Quand la production photovoltaïque est insuffisante, le réseau fournit l‟énergie
nécessaire. Un seul compteur supplémentaire est ajouté au compteur existant.

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Figure 1.11 : centrale photovoltaïque à injection de surplus au réseau [45]

1.4.3.3. Les avantages :


 L‟énergie solaire est inépuisable (du moins pour 4 milliards d‟années), et bien
répartie sur terre. Elle est disponible gratuitement, en grande quantité.
 Les panneaux photovoltaïques répondent à une diversité de besoins :

 une production à petite échelle (utilisation domestique) ou décentralisée (sites isolés).


L‟énergie produite en surplus peut dans ce cas être stockée dans des accumulateurs ou
batteries.

 une production à grande échelle (centrale photovoltaïque). La conversion de l‟énergie


solaire en électricité n‟émet ni polluants, ni gaz à effet de serre ; les panneaux solaires sont
presque entièrement recyclables.

1.4.3.4. Les inconvénients :


 Le cout d‟investissement des panneaux photovoltaïques est élevé
 Le rendement réel de conversion d‟un module est faible
 Le rendement électrique diminue avec le temps
1.4.4. Les éoliennes :
1.4.4.1.Définition :

Une éolienne est une machine qui transforme l‟énergie cinétique du vent (déplacement
d‟une masse d‟air) en énergie mécanique. Si cette énergie mécanique est elle-même convertie
en énergie électrique alors l‟éolienne s‟appelle un aérogénérateur. La Puissance fournie par
l‟éolienne est :

P = k S v3 (3)

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Avec :
S : la surface de vent interceptée (en m2)
V : la vitesse du vent (en m/s)
K : un facteur dépendant de l‟éolienne (k = 0,37 pour une éolienne idéale)
1.4.4.2.Fonctionnement :

La rotation des pales exposées au vent fait tourner une génératrice. Cette génératrice
n'est autre qu'un alternateur électrique, d'où l'appellation d'aérogénérateur pour désigner les
éoliennes qui fabriquent de l'électricité. Les pales d‟une éolienne fonctionnent exactement sur
le même principe que les ailes d‟un avion. Grâce à la forme du profil, l‟air passant sur le
dessus de l‟aile, l‟extrados, doit parcourir plus de chemin que celui passant par le dessous,
l‟intrados.
C‟est pourquoi l‟air passant par le dessus accélère créant une dépression et donc une
aspiration vers le haut. Sur l‟intrados, l‟air provoque une surpression ; ce qui génère aussi un
effort vers le haut. Ces deux efforts réunis s‟appellent la portance. La pénétration dans l‟air ne
se faisant pas sans frottement, un autre effort – la traînée – s‟oppose au mouvement.
La résultante aérodynamique est la résultante de ces deux efforts, la portance et la
traînée, c‟est elle qui permet à l‟avion de tenir en l‟air ou ici de faire tourner le rotor.
Le rotor muni de trois pales tourne à une vitesse de 22 tours par minute ; son
mouvement est alors transmis à l‟arbre principal, celui-ci étant couplé à l‟alternateur par un
multiplicateur qui permet d‟augmenter la vitesse de rotation à 1500 tours par minute [10].

Figure 1.12 : Fonctionnement d’une éolienne [31]

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1.4.4.3. Les avantages :


 Il s‟agit d‟une forme d‟énergie indéfiniment durable et propre car elle ne nécessite
aucun carburant et ne produit ni gaz à effet de serre ni déchets toxiques ou radioactifs ; à
l‟exception de ce qui est nécessaire à la fabrication et au démontage de l‟éolienne ;
 Seulement 2% du sol est requis pour les éoliennes, la surface restante est toujours
disponible pour l‟exploitation agricole, l‟élevage et d‟autres utilisations
1.4.4.4. Les inconvénients :
 Production dépendante du vent
 Environnement salin pour les installations offshore
1.4.5. Les hydroliennes
1.4.5.1.Définition :

Une hydrolienne est une turbine sous-marine qui utilise l'énergie cinétique des
courants marins ou de cours d'eau pour produire de l‟électricité, comme une éolienne utilise
l'énergie cinétique de l'air. Il existe plusieurs sortes d'hydroliennes, certaines sont totalement
sous l'eau (Hydrolienne à axe horizontal ; Les Hydroliennes de type « chaîne »), d'autres à la
surface de l'eau (L‟Hydrolienne Hydro-gen).
1.4.5.2. Fonctionnement :

Le principe de fonctionnement d‟une hydrolienne est simple: on place des hélices ou


des turbines dans l‟axe des courants des marées pour capter l‟énergie que ces dernières
peuvent fournir. Le courant va faire tourner l‟hélice de l‟hydrolienne qui va transformer
l‟énergie mécanique en énergie électrique grâce à un alternateur. Cette électricité est ensuite
acheminée par des câbles reliés au rivage jusqu‟à différents points de distribution [12].

Figure 1.13 : Fonctionnement d’une hydrolienne [12]


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1.4.5.3. Les avantages :

 Premièrement, elles exploitent l'énergie marémotrice, qui est une source


d'énergie naturelle, non polluante et gratuite. Deuxièmement, elles ont un impact minimal sur
la vie marine, la forme du rotor (partie de rotation d'une machine) est étudiée pour ne
présenter aucun danger, les pales possèdent des bords arrondis et donc non coupants. Les
hélices ne sont donc pas dangereuses car elles tournent à un rythme de dix à quinze tours par
minute, soit dix fois moins vite que celles d'un bateau (ce qui limite les turbulences et ne
perturberait pas les animaux) et enfin, ne rejettent aucun déchets [12].
 Elles ne provoquent pas de gênes sonores (elles sont donc silencieuses au fond
de l'eau et inaudibles en surface) et ne sont, la plupart du temps, invisible hors de la l'eau et ne
nuisent pas aux paysages [12].
1.4.5.4. Les inconvénients :

 La corrosion : le principal problème est causé par la corrosion de l'eau de mer.


 Un entretien fréquent et difficile : l'entretien doit être très fréquent.
 Le financement: très onéreux
 Zones de turbulences: Les hydroliennes créent des zones de turbulences, ainsi
les végétaux ne peuvent pas se développer correctement. Des poissons peuvent se heurter aux
hélices.

1.5. TRANSPORT ET DISTRIBUTION DE L’ENERGIE ELECTRIQUE


Le réseau électrique peut être facilement comparé à un réseau routier, il a ses
autoroutes, ses voies nationales et départementales. Une fois produite, l‟électricité doit être
transportée et distribuée jusqu‟au consommateur par l‟intermédiaire d‟un réseau de lignes
électriques aériennes, souterraines ou sous-marines. Pour cela, on distingue le réseau de
transport qui joue le rôle du réseau des autoroutes et des routes nationales et le réseau de
distribution qui joue celui du réseau des routes départementales.
Pour passer d'un réseau à un autre, les postes de transformation jouent le rôle
d'échangeurs. L‟énergie électrique est acheminée vers des millions de consommateurs
(particuliers, professionnels, industrie, collectivités territoriales…), dont les besoins sont très
variés. La consommation varie donc en permanence au cours de la journée et de l'année ;
comme l'électricité ne peut pas se stocker, la production doit être ajustée à cette
consommation [13].

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Figure 1.14 : Schéma d’un réseau électrique [13]

1.5.1. Réseau de transport :

Il est constitué de deux types de lignes : les lignes très hautes tension (THT) et les
lignes hautes tension (HT). Ce réseau représente un peu plus de 100 000 kilomètres de lignes
[13].

1.5.1.1. Les lignes très hautes tension :

Ces lignes permettent de transporter de grandes quantités d‟électricité sur de


longues distances avec des pertes minimales. Ces lignes, dont la tension est supérieure à 100
kilovolts constituent le réseau de grand transport ou d‟interconnexion. Elles permettent de
relier les régions et le pays entre eux ainsi que d‟alimenter directement les grandes zones
urbaines. La majorité des lignes THT ont une tension de 225 à 400 kilovolts [13].

1.5.1.2. Les lignes hautes tension :

Ces lignes constituent le réseau de répartition ou d‟alimentation régionale et


permettent le transport à l‟échelle régionale ou locale. Elles acheminent l‟électricité aux
industries lourdes, aux grands consommateurs électriques comme les transports ferroviaires et
font le lien avec le second réseau. Leur tension est comprise entre 10 et 100 kilovolts car
grâce à des postes de transformation, la tension est ensuite abaissée de 225 000 (THT), à
90 000 (HT) ou 63 000 volts (HT) pour acheminer l‟électricité en quantité moindre et sur de
plus courtes distances [13].

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1.5.2. Réseau de distribution :

Tout comme le premier, ce réseau est constitué de deux types de lignes : les lignes
moyennes tension (MT) et les lignes basses tension (BT).
1.5.2.1. Les lignes moyennes tension :
Ces lignes permettent le transport de l‟électricité à l‟échelle locale vers les petites
industries, les PME et les commerces. Elles font également le lien entre les clients et les
postes de transformations des compagnies de distribution du courant. Les lignes MT ont une
tension comprise entre 15 et 30 kilovolts. Il peut exister localement des sources de production
qui injectent de l'électricité sur le réseau (éolien, microcentrales hydrauliques,
photovoltaïques...). Ce réseau représente 586 000 kilomètres [13].
1.5.2.2. Les lignes basses tension :
Ce sont les plus petites lignes du réseau. Leur tension est comprise entre 230 et 380
Volts. Ce sont celles qui nous servent tous les jours pour alimenter nos appareils ménagers.
Elles permettent donc la distribution d‟énergie électrique vers les ménages et les artisans.

1.5.3. Le Poste de transformation :

Élément clé du réseau de transport (et de distribution). Il reçoit l‟énergie


électrique, la contrôle, la transforme et la répartit. La transformation de l‟énergie permet
l‟évacuation de l‟énergie des sources de production vers le réseau (postes élévateur de
centrale ou abaisseur de distribution). Adapte la tension au transport et à la distribution.
La sureté du réseau assure la surveillance et la protection du réseau contre les anomalies de
fonctionnement. Chaque poste est télécommandé à partir d‟un “pupitre centralisé” (éloigné au
plus d‟une cinquantaine de kilomètres), ce qui permet une intervention rapide en cas
d‟incident sur le réseau [13].

1.5.4. Les différentes lignes électriques:


Il s‟agit ici de pouvoir identifier ou plutôt savoir distinguer les différents types de ligne.
Dans ce cas, on distingue schématiquement :

1.5.4.1. Les lignes à très hautes tension et à haute tension :


Elles sont soutenues par des pylônes dont la forme et la largeur varient en fonction de
l‟environnement.

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Ces pylônes en acier sont souvent en « treillis » (assemblage formant une triangulation).
Généralement, plus la tension de la ligne est élevée, plus les pylônes sont hauts. Un pylône
soutenant une ligne de 400 000 Volts peut atteindre 90 m de haut [13].
1.5.4.2. Les lignes à moyennes et basse tension :
Ces lignes sont soutenues par des poteaux électriques généralement en bois ou en
béton. Ceux-ci ne mesurent que 10 à 14 m de haut.
Le courant est transporté au sein de câbles qui forment des « conducteurs
électriques ». Ils sont nus (non isolés) pour en limiter le poids et sont accrochés aux pylônes
ou aux poteaux via des chaines d‟isolateurs. Les isolateurs sont généralement des galettes en
verre ou en porcelaine. On en dénombre jusqu‟à 19 par chaine sur les lignes THT et jusqu‟à 3
par chaine sur les lignes MT et BT [13].

Figure 1.15 : Aspect des différents pylônes électriques [13].

1.6. CONCLUSION :

De tout ce qui précède, il ressort clairement que l‟électricité lorsqu‟elle est


produite est directement transportée et distribuée par l‟intermédiaire des différents réseaux
public. Cette électricité est produite grâce à une diversification de centrales électriques, celles-
ci ayant en commun un couplage turbine-alternateur. Un transformateur élève la tension
produite avant son transport ceci dans le but de l‟imiter les pertes en ligne.

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2.1. INTRODUCTION :

Au Cameroun, pendant de longues années, l‟énergie électrique a fait l‟objet d‟un


rationnement communément appelé «délestage». Cette situation a fortement détérioré les
conditions de vie des ménages et perturbé l‟activité économique, particulièrement dans le
secteur secondaire. En effet, avec une offre restreinte en énergie électrique, de nombreuses
industries ne pouvaient pas fonctionner à plein régime et les investisseurs n‟étaient pas
motivés à s‟implanter sur le territoire. Afin de résoudre durablement ce problème, et par la
même occasion, soutenir et accompagner la croissance économique du pays, la loi n°
2011/022 régissant le secteur de l‟électricité au Cameroun a été promulguée le 14 décembre
2011 dans le but de mieux organiser, moderniser et développer ce secteur d‟activité. En outre,
un vaste programme visant à améliorer la fourniture d‟énergie électrique a été lancé.
Le Cameroun possède un important potentiel hydroélectrique qui lui donne la seconde
place après la RDC en Afrique subsaharienne, ceci grâce aux différents bassins
hydrographiques dont-il dispose.

Figure 2.1 : Bassins hydrographiques du Cameroun [14].

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2.2. LES PRINCIPALES CENTRALES HYDROELECTRIQUES AU


CAMEROUN
Au Cameroun, la Société Eneo, produit de l‟énergie électrique au moyen d‟un système
hydraulique. La production d‟énergie électrique d‟origine hydraulique permettant d‟alimenter
le réseau Sud, c'est-à-dire les provinces du Centre, du Sud, du Littoral, de l‟Ouest, du Nord-
Ouest, et du Sud-Ouest, est faite dans les centrales hydroélectriques de Song-Loulou et
d‟Edéa. La centrale hydroélectrique de Lagdo alimente en énergie le réseau Nord (Garoua,
Maroua, Ngaoundéré et Meiganga).
Le débit de l‟eau alimentant ces centrales dépend directement des débits naturels du
fleuve Sanaga pour les deux premières centrales et du cours d‟eau de la Bénoué pour la
troisième.
Pour une bonne compréhension de la production de cette énergie, il est nécessaire de
connaître le bassin versant de la Sanaga ainsi que ses aménagements hydrauliques et
également le cours d‟eau de la Bénoué.
2.2.1. Présentation du bassin versant de la Sanaga :

La Sanaga est le plus grand fleuve du Cameroun. Le bassin de la Sanaga est dans sa
quasi-totalité sur le territoire de la république unie du Cameroun ; une infime partie (200 km2),
à l‟Est, se trouve en République Centrafricaine (R.C.A). Il s‟étend de la latitude 3°32‟ Nord à
la latitude 7°22‟ Nord. Son point le plus Occidental se trouve sur le méridien 9°45‟ Est ; vers
l‟Est, il atteint le méridien 14°57‟ Est. Sa superficie est d‟environ 133 000 km2, soit plus de
25% de la superficie totale du pays [15].
On distingue dans le cours de la Sanaga 3 grandes divisions :
 la Sanaga supérieure représentée par le Djerem ;
 la moyenne Sanaga représentée par le Mbam ;
 la Sanaga inférieure : c‟est la partie du fleuve située après les chutes d‟Edéa et
se dirigeant vers l‟océan Atlantique.

2.2.1.1. Aménagements hydroélectriques sur la Sanaga :

Les aménagements hydrauliques du bassin de la Sanaga sont de 2 types :


 les ouvrages de production de l‟énergie hydroélectrique ;
 les ouvrages de régularisation du débit du fleuve.

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A. Les ouvrages de production d’énergie électrique :

A l‟heure actuelle, il y a deux sites de production situés sur le bras inférieur de la


Sanaga :
a. La centrale hydroélectrique de Song Loulou :
 Description de la centrale :

L‟usine implantée en rive gauche est composée de 8 groupes de puissance unitaire


identique. Situé à une trentaine de kilomètres de Ngambé, cette centrale hydroélectrique
produit et achemine à Edéa 225 KV d‟énergie électrique. Doté d‟une capacité de production
actuelle de 384 MW, la centrale de Song loulou utilise huit turbines Francis et alternateurs de
48 MW par unité et turbinant chacun 140 m3/s. Le débit de la Sanaga, lié à la hauteur de
chute, de 40 mètres, lui permettrai en réalisant une amélioration ultérieure de la centrale, de
porter la production à plus de 600 MW [15] et [17].
La distribution électrique basse tension est assurée dans les différents villages répartis
le long de la route Songmbengué - Ngambé, à Ndom, à Ngambé même, et le long de la route
Ngambé - Massok. Par contre, sur la route Songmbengué - Nkom, elle n'est pas assurée.
La centrale de Song Loulou est l'une des trois centrales dont la fonction est la
production électrique aux fins générales ; industrielles ou ménagères du Cameroun. La
puissance hydroélectrique disponible et injectée dans le réseau interconnecté Sud du barrage
de Song Loulou est de 384 MW d‟où un taux de disponibilité de 96 %. A ceci est associée
une retenue d‟eau de 15 millions de mètres cubes [15] et [17].

Figure 2.2 : Vue aérienne de l’aménagement de Song Loulou sur la Sanaga [32]

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 Les caractéristiques techniques de la centrale :

Les principales caractéristiques nominales de l‟aménagement sont résumées dans


le Tableau 2.1 :

Tableau 2.1: les caractéristiques techniques de la centrale de Song loulou [17]


Caractéristiques Données
Type de centrale Centrale à moyenne chute
Localité Ngambé
Cours d’eau Sanaga
Date de mise en service 1981
Hauteur de chute 40 m
Nombre de turbine 8 Turbines Francis
Puissance installée 8×48 MW = 384 MW
Taux de disponibilité 96 %
Puissance disponible 400*0.96 = 368,64 MW
Débit d’équipement 8×140 m3/s = 1120 m3/s
Bassin versant (superficie) 129 800 Km2
Apports naturels (débits) 1 730 m3/s
Productible (hors ou avec indisponibilité) 3 496 / 3 356 GWh
Facteur de charge 83 / 77%
Production annuelle 2 902 / 2 584 GWh

b. La centrale hydroélectrique d’Edéa :

 Description de la centrale:

Construite dans les années 50, la centrale hydroélectrique d‟Edéa « la vielle Dame »
est la plus vieille du pays. L‟ouvrage, bâtie avant l‟indépendance du Cameroun a largement
contribué à l‟élargissement et au développement de la ville lumière ; et est construit sur la
Sanaga, le fleuve le plus important du Cameroun [15].
L‟usine est de type « fil de l‟eau » et comprend trois usines (Edéa 1 mise en service en
1957, Edéa 2 en 1958 et Edéa 3 en 1975) et 14 groupes totalisant une puissance installée
comprise entre 259/263 MW pour un débit d‟équipement totale de 1270 m3/s sous une hauteur
de chute de 24 m. La puissance unitaire des groupes varie de 11 à 22 MW. Cet aménagement

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est situé à environ 55 Km en aval de Song Loulou, ce qui correspond à un temps de


propagation des eaux de 12 heures entre les deux ouvrages [15].
On a observé ces dernières années une forte indisponibilité avec une puissance totale
disponible moyenne comprise entre 185 et 200 MW pour un facteur d‟utilisation par rapport à
la puissance installée comprise entre 55 à 60 % :
 Edéa 1 : 33 MW (170 m3/s) : 25 % de disponibilité moyenne,
 Edéa 2 : 115/120 MW (575 m3/s) : 85 % de disponibilité moyenne ; c‟est elle
qui alimente l’usine d’Alucam ;
 Edéa 3 : 107/110 MW (525 m3/s) : 65 % de disponibilité moyenne [15].
Des travaux de réhabilitation et de remise à niveau de ces installations ont été engagés à
partir de 2006, permettant de revenir à un niveau acceptable de disponibilité.
L‟objectif pour la réhabilitation des usines d‟Edéa envisagée par Eneo est d‟atteindre une
nouvelle puissance des installations de 284 MW (pour un débit maximum de 1370 m3/s) au
lieu de 263 MW avec des disponibilités normales :
 Edéa 1 => 45 MW (170 m3 /s) : passage de 33 MW à 45 MW avec un
gain de 12 à 15 MW (+ 36 %) par un changement des turbines,
 Edéa 2 => 129 MW (585 m3/s) : amélioration du rendement de 85 à
92% des turbines et un gain de 9 à 10 MW par un changement des roues,
 Edéa 3 => identique à 110 MW (525 m3/s) [15].

Figure 2.3: Vue aérienne de l’aménagement d’Edéa sur la Sanaga [33]

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 Caractéristiques techniques de la centrale :

Les principales caractéristiques nominales de l‟aménagement sont résumées dans le


Tableau 2.2 :

Tableau 2.2: les caractéristiques techniques de la centrale d’Edéa [17]

Caractéristiques Données
Type de centrale Centrale à basse chute (au fil de l‟eau)
Localité Edéa
Cours d’eau Sanaga
Date de mise en service 1957 ; 1958 et 1975
Hauteur de chute 24 m
Nombre de turbine 14 turbines Kaplan
Puissance installée 284 MW après réhabilitation
Taux de disponibilité 0.74
Puissance disponible 210.16 MW
Débit d’équipement 1 370 m3/s
Bassin versant (superficie) 133 500 Km2
Apports naturels (débits) Indéterminé
Productible (hors ou avec indisponibilité) 1 750 / 1 650 GWh
Facteur de charge 76 / 72%
Production annuelle 1 430 / 1 430 GWh

Cette usine fonctionne au fil de l‟eau ; ainsi toute diminution temporaire du débit du
fleuve au dessous des besoins des groupes en service se traduit par une baisse immédiate de la
puissance disponible.
B. Les ouvrages de régularisation du débit de la Sanaga :

Le débit naturel de la Sanaga à Edéa présente de grandes variations. Il peut dépasser


les 7000 m3 / s en période de crues pour descendre sous 250 m3 / s en période de basses eaux.
Ce régime hydraulique irrégulier a rendu nécessaire la construction de grands barrages
réservoirs d‟eau en amont des usines, permettant la régularisation des débits du fleuve. En
période de crue, « l‟excédent » de débit permet de remplir les barrages réservoirs [15].

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Puis, en période de basses eaux, des lâchers d‟eau sont effectués aux barrages
réservoirs pour augmenter progressivement le débit du fleuve.
Le bassin de la Sanaga est actuellement équipé de trois barrages réservoirs situés en
amont des sites de production :

a. Le barrage de Mbakaou :

Mis en service en 1974 sur le cours du Djerem, ce réservoir a une capacité utile de
2500 hm3 pour une capacité totale de 2.6 milliards de mètres cubes et permet de régulariser les
apports du versant sud de l‟Adamaoua. La durée de propagation des éclusées (l‟écoulement
des eaux) entre Mbakaou et Song Loulou est de 7 jours ; et son débit de restitution régularisé
varie entre 50 et 400 m3/s. Un débit réservé de 50 m3/s est imposé à Mbakaou [15].

b. Le barrage de Bamendjin :

Mis en service en 1968 sur le cours du Noun, ce réservoir a une capacité utile de 1675
hm3 pour une capacité totale de 1.8 milliards de mètres cubes. La durée de propagation des
éclusées entre Bamendjin et Song Loulou est de 5 jours ; et son débit de restitution varie entre
15 et 200 m3/s. Aucun débit réservé n‟est appliqué [15].

c. Le barrage de Mapé :

Mis en service en 1988 sur le cours de la Mapé, ce réservoir a une capacité utile de
3100 hm3 pour une capacité totale de 3,2 milliards de mètres cubes. La durée de propagation
des éclusées entre Mapé et Song Loulou est de 6 jours ; et son débit de restitution varie entre
25 et 400 m3/s. Aucun débit réservé n‟est appliqué [15].

C. Les caractéristiques des trois réservoirs sur la Sanaga :

Les principales caractéristiques des trois réservoirs sur la Sanaga et leurs consignes
d‟exploitation sont résumées dans le Tableau 2.3 :

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Tableau 2.3 : Caractéristiques des réservoirs de régularisation sur la Sanaga [17].


Réservoirs : Mapé Bamendjin Mbakaou
Date de mise en service Juillet 1988 Juillet 1968 Mai 1974

Rivière Mapé Noun Djerem


Superficie du bassin versant 3 760 Km2 2 190 km² 20 200 km²
Volume des apports 3 067 hm3 1669 hm3 11 200 hm3
Débits d’apports 97 m3/s 53 m3 /s 355 m3 /s
Superficie du réservoir 530 Km2 250 km² 348 km²
Niveau d’eau maximale Hmax 715,5 1151 846
Profondeur moyenne à Hmax 6,25 m 7,5m 7,5m
Volume maxi de remplissage 3 313 hm3 1 875 hm3 2 600 hm3
Volume utile d’exploitation 3 113 hm3 1 675 hm3 2 500 hm3
Débit max de restitution 400 m3/s 200 m3 /s 400 m3 /s
Débit min de restitution 25 m3 /s 15 m3 /s 25/50 m3 /s
Cote maxi de remplissage 715,5 m 1151 m 846 m
Temps de propagation jusqu’à SLL 6 jours 5 jours 7 jours
Distance jusqu’à Song loulou 420 Km 360 km 740 km
Temps de renouvellement moyen 1,08 an 1,13 an 0,23 an
Débit maxi pouvant être évacué en crue 1 000 m3 /s 300 m3 /s 6 900 m3 /s

Nota : Durant les années les plus sèches (années déficitaires), il a été constaté un
déficit maximum de l‟ordre de 2500 hm3 pour assurer le remplissage de l‟ensemble des trois
réservoirs (capacité de stockage maximale de 7300 hm3).
2.2.1.2. Les stations hydrologiques de B.V.I. de la Sanaga :

Environ 60% de l‟énergie électrique camerounaise est produite à partir des usines
hydroélectriques [15]. La gestion de la production d‟énergie électrique d‟origine hydraulique
nécessite une bonne connaissance des débits des cours d‟eau qui alimentent ces usines. Dans
le but de suivre l‟évolution effective des lâchers d‟eau effectués au niveau des barrages
réservoirs, un réseau de stations de jaugeages a été construit en aval de ces barrages réservoirs
pour le contrôle des débits. On distingue donc 7 stations de contrôle de débits : la station de
Bayomen, Gouba, Goyoum, Elang, Kikot et Songmbengué (le dernier point de contrôle des
débits. Elle est située à 4 heures de la centrale hydroélectrique de Song-Loulou) [15].

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2.2.2. Présentation du bassin versant de la Bénoué :

Le cours d‟eau Bénoué est long d‟environ 1400 km. Il prend sa source dans le massif
de l'Adamaoua au Nord du Cameroun, puis se dirige à l'Ouest vers le Nigeria en passant par la
ville de Garoua, avant de se jeter dans le fleuve Niger à Lokoja. Avec un débit moyen annuel
d‟environ 360 m3/s à la frontière avec le Nigeria, sa longueur au Cameroun est de 390 km et
peut être divisé en trois parties : la haute Bénoué, la moyenne Bénoué et la partie inférieure
[18].
2.2.2.1. Aménagements hydroélectriques du bassin de la Bénoué :

Les aménagements hydrauliques du bassin de la Bénoué sont d‟un seul type contrairement
à ceux du bassin de la Sanaga :
 les ouvrages de production de l‟énergie hydroélectrique

A. Les ouvrages de production d’énergie électrique :

A l‟heure actuelle, il y a un seul site de production situé sur le cours de la Bénoué :


a. La centrale hydroélectrique de Lagdo :

 Description de la centrale :

Le Réseau Interconnecté du Nord (RIN) est alimenté essentiellement par


l‟aménagement hydroélectrique de Lagdo situé sur le cours de la Bénoué à 66 km en amont de
la localité de Garoua. Il dispose d‟une capacité totale de stockage importante et interannuelle
de 6 300 hm3 pour une surface de 700 km2 [17].
C‟est un aménagement à but multiple qui a pour vocation de:
 garantir la production d‟électricité du Nord du pays,
 assurer la navigation fluviale et le développement du port fluvial de Garoua,
 développer les activités agricoles et piscicoles,
 et, favoriser les activités touristiques.

Situé à proximité de la ville de Garoua, le Barrage de Lagdo, construit par la China


International Water & Electric Corp., est en activité depuis 1982 assure l‟approvisionnement
énergétique au Nord du Cameroun.
Sa vocation principale est la production d'énergie électrique. Pour un fonctionnement
interannuel moyen de 4 470 heures, la productivité annuelle moyenne est de 291 GWh/an
[17].

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Grâce aux lâchers d'eau du barrage qui sont étalées sur toute l'année pour permettre la
génération continue d'électricité (en supprimant néanmoins les crues), la Bénoué, qui était
caractérisée par des déficits saisonniers est tout le temps inondé [17].

Figure 2.4 : Vue aérienne de l’aménagement de Lagdo sur la Bénoué [34]

 Caractéristiques techniques de la centrale :

La puissance nominale est de 51 MW pour une hauteur de chute nominale de 20 m et


un débit d‟équipement de 4 x 109 m3/s. La hauteur de chute varie de 25 à 15m suivant le
remplissage du réservoir.
La centrale de Lagdo, qui a été mise en service en 1982, comprend quatre groupes de
18 MW chacun, soit un total de 72 MW pour un productible de 250 GWh [17].
Cet aménagement permet pour quelque temps encore de satisfaire l‟accroissement de
la consommation annuel du RIN qui est relativement faible (3 GWh /an).
L‟aménagement est constitué des principaux ouvrages suivants :
- Un barrage en enrochements d‟une hauteur de 40 m et d‟une longueur de 308 m,
- Une digue de col d‟une hauteur de 6,5 m et d‟une longueur de 627 m,
- Un évacuateur de crues pour un débit de 3000 m3 /s,
- Une galerie d‟évacuation des crues et de dérivation,
- De prises d‟eau pour l‟usine hydroélectrique et pour les canaux d‟irrigation.
Le volume utile du réservoir est 4600 hm3 (correspondant à 65% des apports moyens).

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Tableau 2.4: les caractéristiques techniques de la centrale de Lagdo [17]

Caractéristiques Données
Type de centrale Centrale à basse chute (au fil de l‟eau)
Localité Nord Cameroun
Cours d’eau Bénoué
Date de mise en service 1982
Hauteur de chute 20 m
Nombre de turbine 4
Puissance installée 4×18 MW = 72 MW
Taux de disponibilité 0.93
Puissance disponible 67 MW
Débit d’équipement 4×109 m3/s = 436 m3/s
Bassin versant (superficie) 31 000 Km2
Apports naturels (débits) 224 m3/s
Productible (hors ou avec indisponibilité) 250 / 270 GWh
Facteur de charge 92 / 93%
Production annuelle 230 / 251.1 GWh

2.2.3. Cartographie de la production hydroélectrique des principales centrales :

2.2.3.1. Evolution de la production annuelle des ouvrages hydroélectriques sur la


Sanaga et la Bénoué :

Les fleuves Sanaga et Bénoué ont eu des débits moyens de 2600 m3/s, 657 m3/s et 872
m3/s, 139 m3/s respectivement en période de crue et d‟étiage entre 2005 et 2014. Les débits
desdits fleuves ne font que diminuer en période de crue depuis 2012. Du moins, l‟on remarque
que le débit moyen de la Sanaga au niveau des centrales de Song loulou et d‟Edéa en période
d‟étiage reste dans la marge du débit moyen de 850 m3/s du fleuve dû aux barrages-réservoirs
en 2017. [60]

Les centrales hydroélectriques ont des puissances installées dont l‟évolution est
présentée dans le graphe ci-dessous.

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Figure 2.5 : Evolution des puissances installées des centrales hydroélectriques [60]
D‟après la figure ci-dessus, concernant l‟hydroélectricité, la puissance installée des
trois barrages hydroélectriques est resté stable à 719 MW de 2005 à 2009. Elle s‟est accrue à
732,2 MW en 2011 (soit 2%) grâce à la rénovation des groupes de la centrale d‟Edéa. La
production de l‟énergie électrique dans les centrales hydroélectriques varie chaque année en
fonction principalement des travaux de maintenance visant à remédier aux
dysfonctionnements des infrastructures ; c‟est pourquoi en 2017 grâce au barrage de Lom
pangar (30 MW) mise en service en 2016 le Cameroun dispose d‟une puissance de 762,2
MW. Le graphe suivant présente l‟évolution du taux de disponibilité des centrales
hydroélectriques.

Figure 2.6: Evolution du taux de disponibilité des centrales hydroélectriques [60]


D‟après la figure ci-dessus, le taux global de disponibilité des centrales s‟est amélioré
de façon discontinue ces dix dernières années passant de 79,74% en 2005 à 89,83% en 2014.

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Le taux le plus élevé est de 91,37% en 2011. Les trois centrales ont été disponibles à plus de
65% durant la période. Durant la même période, les centrales de Song loulou et Lagdo ont eu
les meilleurs taux depuis 2006 tandis que celle d‟Edéa voit son taux diminué de 4,5 points de
2013 à 2014 ; en 2017, le pourcentage de l‟hydroélectricité ou le taux de disponibilité des
centrales hydroélectriques s‟élève à 72,4% ; on constate donc une baisse de la disponibilité
entre 2014 et 2017.

2.2.3.2. Puissance hydroélectrique produite par les centrales principales:

Il s‟agit ici de présenter brièvement en pourcentage la part de chaque centrale


hydroélectrique tant sur le bassin de la Sanaga que sur le bassin de la Bénoué.

On distingue donc la figure suivante : La centrale de Song loulou présente une part de
52,44% ; celle d‟Edéa représente 37,72% et celle de Lagdo ne présente que 9,83% de la
production totale.

Production hydroélectrique
10%

Song loulou
52%
38% Edéa
Lagdo

Figure 2.7: Répartition de la production hydroélectrique

2.3. LES MICROS CENTRALES HYDROELECTRIQUES AU CAMEROUN

Sur un plan technique, le PEN (Plan Energétique National) ne considère comme énergie
renouvelable que l‟énergie hydroélectrique qui est produite par une centrale hydroélectrique
de puissance inférieure ou égale à 10 MW. Ainsi sont classées en fonction de leur taille les
microcentrales (0 à 0,1 MW), les mini-centrales (0,1 à 1 MW) et les petites centrales (1 à 10
MW) [23]. Dans tout l‟Ouest géographique du Cameroun où le relief montagneux et de
nombreux petits cours d‟eau permettent cet usage, des installations renouvelables de
production d‟hydroélectricité peuvent être développées. Des unités de production de micro ou
de pico hydroélectricité répondant à cette caractéristique sont localisées aux environs de
Bafoussam, de Bamboutos, de Dschang, de Foumban, de Jakiri, de Kumbo, etc.

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2.3.1. Les micros centrales hydroélectriques installées au Cameroun :

L‟énergie hydroélectrique semble être, parmi les énergies renouvelables, celle qui
connaît la plus ancienne valorisation au Cameroun. Ainsi, bien avant l‟indépendance du pays,
les mini-centrales hydroélectriques servaient déjà à l‟électrification de certaines localités.
C‟est le cas des centrales de Dschang, Foumban, Malale et Yoke. Mais ces centrales
ont peu à peu été abandonnées dans les années 1970, abandon justifié alors par le fait que les
coûts d‟exploitation rendaient les grands aménagements plus rentables. Dans son étude
achevée en 2010 TEKOUNEGNING recense les implantations existantes des micros centrales
hydroélectriques dans la Région de l‟Ouest Cameroun, qui se trouvent malheureusement
aujourd‟hui à l‟abandon. Ces données sont reprises dans le tableau 2.5 [23].
Tableau 2.5 : Micros centrales hydroélectriques installées au Cameroun [24]

Aujourd‟hui, aucune nouvelle infrastructure publique n‟a pu être identifiée dans la


petite hydroélectricité.

2.4. LES PROJETS HYDROELECTRIQUES ENVISAGES

Afin de garantir en tout temps une adéquation entre l‟offre et la demande en électricité,
et notamment de couvrir les besoins projetés à l‟horizon 2035, il est indispensable de
démarrer dès à présent le développement d‟un ou plusieurs sites hydroélectriques sur la
Sanaga et d‟autres bassins versants, dont la capacité serait à même de couvrir les besoins
supplémentaires estimés à cet horizon. La demande croissante en énergie et les pénuries
d‟électricité du début des années 2000 ont incité le Gouvernement camerounais à établir, en
2006, un Plan de développement du secteur de l‟électricité (PDSE) à long terme pour la
période allant jusqu‟à 2035.

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Ce PDSE est un cadre technique, environnemental et économique pour le


développement de la production d‟électricité au Cameroun au moyen de centrales thermiques
ou hydroélectriques. « Aujourd‟hui, c‟est une nouvelle phase de notre développement
hydroélectrique qui commence ou plutôt qui recommence, car je n‟oublie pas l‟apport
inestimable des centrales d‟Edéa, de Song-Loulou et de Lagdo. » Ceci est la déclaration du
Chef de l‟Etat à Nyabizan, le 15 juin 2012 [22].
Dans la stratégie de développement énergétique à court et à long terme, le
Gouvernement du Cameroun envisage de développer le potentiel hydroélectrique du bassin
versant du fleuve Sanaga, en associant des Partenaires Privés Nationaux ou Internationaux
ainsi que des Partenaires au Développement susceptibles de mobiliser des capitaux pour
financer la construction des infrastructures planifiées.
2.4.1. Ouvrages de régularisation de la Sanaga :

On distingue ici :

 Barrage de Lom pangar :

Mis en service depuis décembre 2016, le barrage de Lom Pangar prévoit injecter 700 à
900 m3/s pour la gestion de l'étiage 2016. Sur le terrain, la régularisation de la Sanaga par
Lom Pangar est effective. Ce barrage de type mixte comporte une section en béton sur la
rivière qui regroupe les fonctions hydrauliques du barrage ainsi que deux ailes en terre qui
assurent la fermeture des rives. Il est complété par une digue de col qui ferme une dépression
topographique en rive droite du barrage.
L‟emprise de la retenue a une superficie maximale de 590 km² pour une capacité utile
de stockage de 6 milliards de m3.
Situé dans la Région de l‟Est du Cameroun, plus précisément sur la rivière Lom à
environ 4 km à l‟aval de sa confluence avec le Pangar et à 120 km environ au nord de la ville
de Bertoua.
Lom Pangar permettra de régulariser le débit de la Sanaga à plus de 1.000 m3/s à l‟amont de
Song loulou de façon à saturer son débit d‟équipement et d‟augmenter la production d‟Edéa
en période d‟étiage, soit 160 MW produits par les deux ouvrages. Le barrage est équipé de 4
groupes de type Kaplan, d‟une puissance nominale unitaire de 7,4 MW, soit une puissance
totale de 30 MW [22].
L‟énergie sera évacuée sur Bertoua par une ligne haute tension.

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La possibilité qu‟offre le bassin versant de la Sanaga d‟aménager des réservoirs en


amont, permet au fur et à mesure des mises en service de renforcer le débit régulé garanti du
fleuve pendant l‟étiage. Toutes les études de planification effectuées ces dernières années sur
le réseau interconnecté-sud concluent que Lom Pangar est l‟ouvrage le plus important en
termes de capacité de stockage qui puisse être réalisé dans le bassin de la Sanaga [19].

Figure 2.8: Présentation du barrage de Lom pangar [35].


2.4.2. Les ouvrages envisagés à court ; moyen et long termes sur la Sanaga :

Comme cette usine de pied (Lom pangar), des projets sont en cours au Cameroun pour
augmenter de façon substantielle l‟offre en énergie électrique. Il s‟agit en l‟occurrence des
barrages suivants :

2.4.2.1. Le barrage de Nachtigal amont :

Les travaux sur le Projet hydroélectrique de Nachtigal ont débuté en 2006, avant
d‟être suspendus jusqu‟en 2011 afin de permettre la progression du projet de Lom Pangar. Le
Projet hydroélectrique de Nachtigal est conçu par la Nachtigal Hydro Power Company («
NHPC »), une « entité ad hoc », dont les actionnaires étaient la République du Cameroun (30
%), Électricité de France (EDF) (40 %) et la Société financière internationale (30 %). Rio
Tinto, à travers sa filiale ALUCAM au Cameroun, était le promoteur initial du projet, mais il
s‟est retiré en 2016. Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) s‟est quant à
lui impliqué dans le projet en 2014, en apportant 13 % des 1,05 milliard d‟euros nécessaires à
la construction [20].

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Le projet de Nachtigal consiste en la conception, la construction et l‟exploitation d‟un


barrage et d‟une centrale hydroélectrique sur le fleuve Sanaga. Cette centrale hydroélectrique
au fil de l‟eau produira 420 MW (soit l‟équivalent de 7 groupes électrogènes de 60 MW)
d‟électricité, et sera par ailleurs dotée de lignes « haute tension » de 225 kV, couvrant une
distance de 50 Km entre le projet et le poste de Nyom 2, situé au nord de Yaoundé.

Le projet comprend un barrage en béton compacté, d‟une largeur de 1 400 m et d‟une


hauteur maximale de 14 m, une retenue d‟eau d‟une superficie de 421 ha, un canal d‟amenée
long de 3,3 km, une centrale hydroélectrique équipée de sept turbines de 60 MW (pour une
puissance combinée de 420 MW) et des bureaux. Le débit maximal prévu de la centrale sera
de 980 m3/s. Le débit jusqu‟au barrage sera régulé en amont par les barrages de Mbakaou et
Lom Pangar, étant entendu que les débits en saison sèche peuvent atteindre 650 m 3/s. Durant
la saison humide, les apports d‟eau seront bien supérieurs au débit prévu pour la centrale, de
sorte que le débit de l‟installation au fil de l‟eau sera utilisé à son maximum. Durant la saison
sèche, deux méthodes d‟exploitation sont possibles :
 une exploitation au fil de l‟eau dans le cadre de laquelle les turbines prennent
instantanément en charge l‟ensemble du débit à un niveau constant du réservoir, et
 une exploitation courante par éclusées, visant à fournir un maximum d‟électricité au
réseau durant les heures de consommation de pointe, en vidant légèrement le réservoir et en
limitant la production durant le reste de la journée, afin de reconstituer le stock d‟eau.
La construction devrait être lancée au début de 2018, tandis que la mise en service de
la dernière turbine est prévue en 2022 [20] et le site proposé se situe à Nachtigal, sur le fleuve
Sanaga, soit 65 km environ au nord-est de Yaoundé. Les débits du fleuve et les lâchers à
Nachtigal sont régulés depuis longtemps par les barrages de Bamendjin, Mapé et Mbakaou
qui retiennent l‟eau durant la saison des pluies et la libèrent en saison sèche. Depuis décembre
2015, le barrage de Lom Pangar, construit en amont du site de Nachtigal régule le débit de la
Sanaga afin de garantir un débit d‟étiage minimal de 650 m3/s, y compris durant les périodes
d‟étiage de la saison sèche [20].

2.4.2.2. Barrage de Kikot :

L‟aménagement hydroélectrique de Kikot est une construction d‟un barrage hydroélectrique


sur le fleuve SANAGA d‟une puissance de 630 MW avec une ligne d‟évacuation de 400 Km
KIKOT-NGODI/EWENG. Ce barrage permettra d‟accroitre le taux de desserte en énergie
électrique ; de réduction du coût d‟énergie au niveau des ménages et industries.

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2.4.2.3.Barrage du Grand Eweng/Ngodi :

Le projet grand Eweng est situé près du village Kàn dans la Sanaga maritime, à l‟Est
de la région du littoral et dans le département du Nyong Ekelle, dans l‟ouest de la région du
centre. L‟aménagement du projet Grand Eweng comporte : un barrage de type BCR (béton
compacté au rouleau) avec environs 95 m de haut et 1,9 km de long. Un réservoir d‟une
capacité de deux milliards de m3 d‟eau. Grand Eweng, sera une usine hydroélectrique de 1800
MW et ses constructeurs l‟annoncent comme étant le 4ème plus grand barrage d‟Afrique, le
plus grand projet privé en Afrique. Les experts en énergie électrique estiment sa production
annuelle à 9 000 GWh (contre 6 000 GWh actuellement). Le projet Grand Eweng est un
investissement de plus 1 500 milliards FCFA, provenant des fonds 100% privés [20].

Ledit projet ne coutera rien à l‟Etat du Cameroun. Ce barrage ambitionne de faire du


Cameroun une puissance électrique en Afrique et dans le monde grâce à l‟hydro-potentiel du
fleuve qui l‟abrite ; sa construction qui pourra sonner la fin des délestages, débutera en 2019.
Selon les prévisions de l‟entreprise hydromine, les travaux de construction s‟achèveront en
2024 [20].

2.4.2.4. Barrage de Songmbengué :

Le barrage de Songmbengué sur le fleuve Sanaga est une proposition d‟une


participation internationale : Rio Tinto Alcan (filiale canadienne de Rio Tinto au Royaume-
Uni) peu de temps après l‟acquisition d‟Alcan par Rio Tinto en novembre 2007, Rio Tinto
Alcan a annoncé la signature d‟un accord préliminaire avec le gouvernement du Cameroun
pour le développement du barrage Songmbengué de 1 000 MW qui fournira de l‟électricité et
de l‟eau pour une nouvelle d‟aluminium à Kribi avec une capacité de production de 400 000
t/an. Des études techniques et de préfaisabilité pour la fonderie et la centrale électrique sont
en cours [21].

2.4.2.5. Barrage de Song Dong :

C‟est sur le fleuve de la Sanaga qu‟est prévue la construction du barrage


hydroélectrique de Song Dong, d‟une puissance de 280 MW. L‟intérêt du projet est
d‟accroitre le taux de desserte en énergie électrique et de réduire des coûts d‟énergie au
niveau des ménages et des industries. C‟est un projet qui va bénéficier du barrage de retenue
de Lom pangar dont la mise en eau porte déjà ses fruits. Le site de Song Dong se situe en aval
de Lom pangar et d‟après EDC, il est prévu que Song Dong bénéficie grâce à ce barrage

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d‟une puissance supplémentaire de 274 GWh. Le coût du projet est estimé à 184,2 milliards
de FCFA, les financements ne sont pas encore disponibles et les études techniques sont
exécutées sur une durée de 96 mois [22]. Le tableau 2.8 suivant nous donne un récapitulatif
des projets envisagés à court, moyen et long terme sur le bassin versant de la Sanaga.

Tableau 2.6 : récapitulatif des projets envisagés sur la Sanaga [22].

N° Sites Débits (m3/s) Hauteur (m) Capacité (MW) Mise en service


1 Nachtigal amont 980 50 420 2022
2 Nachtigal aval 860 37 350 2024
3 Kikot 1400 35 330 2026
4 Grand Eweng/Ngodi 1400 91 1150 2028
5 Songmbengué 1400 81 1050 2024
6 Song loulou RD 1400 42 +150 2035
7 Song Dong 1400 24 270 2030
8 Edéa amont 1400 42 200 2035
La figure 2.9 suivante nous présente la chaîne d‟équipement de la Sanaga :

Figure 2.9 : chaîne d’équipement de la Sanaga [22]

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2.4.3. Les ouvrages en cours de construction au Cameroun :

Au chapitre des infrastructures quasiment achevés mais dont les lignes de distribution
de l‟énergie électrique fournie par les centrales ne sont pas encore toutes prêtes, figure les
barrages hydroélectriques suivants :

2.4.3.1. Le barrage de Memve’ele :

A Nyabizan, petite bourgade située dans l‟arrondissement de Ma‟an, département de la


Vallée du Ntem, Région du Sud, l‟entreprise chinoise Sino-hydro, qui construit le barrage
hydroélectrique de Memve‟ele, a réussi, fin février 2015, la seconde dérivation du fleuve
Ntem sur le site de cette infrastructure énergétique. Sur le terrain, le taux de réalisation global
des travaux excède 60% à ce jour.
L‟opération de dérivation marque la fin de la première phase de la construction de cet
ouvrage, dans ce sens qu‟elle ouvre la voie «à la suite puis la fin des travaux de construction
de la digue principale».
Les travaux de construction de ce barrage ont été officiellement lancés par le chef de
l‟Etat camerounais, Paul Biya, le 15 juin 2012.
Cet ouvrage hydroélectrique (Hauteur : 30 m, Volume de la retenue : 83 millions de m3,
Rivière : Ntem, Type de barrage : Barrage-poids une partie digue homogène, une partie noyau
argileux, Longueur en crête : 1 850 m, Type d‟évacuateur : un équipé de vannes radiales, un
libre Crue de projet : 4 870 m3/s) permettra la production de 211 MW d‟énergie
supplémentaire, et contribuera ainsi à la réduction de l‟important déficit énergétique dont
souffre le Cameroun.
Trois ans après le début des travaux, la construction du barrage réalisé par la société
chinoise Sino-hydro Corporation Limited, tend à sa fin. Les principaux aménagements digues,
évacuateur de crues principal, le canal d‟amenée, et autres installations sont visibles sur le
site. Les travaux d‟excavation de l‟usine sont achevés depuis longtemps.
D‟après Dieudonné Bisso, directeur du projet de construction du barrage
hydroélectrique de Memve‟ele, «le premier mégawatt d‟électricité arrivera dans le temps
prévu par le délai ». A titre de rappel, le montant global de l‟investissement est estimé à 420
milliards de francs Cfa, dont 243 milliards de francs Cfa d‟Exim-bank of China, 112 milliards
de francs Cfa de la Banque africaine de développement (BAD) et 65 milliards de francs Cfa
mis à disposition par l‟Etat du Cameroun [22].

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Figure 2.10 : Vue aérienne du barrage de Memve’ele [36].

2.4.3.2. Le barrage de Mekin :


Le barrage hydroélectrique de Mekin en construction (80 %) dans la région du Sud,
qui devrait déjà être opérationnel depuis août 2016 (Maître d‟ouvrage : Mekin Hydroelectric
Development Corporation, Superficie de la retenue : 45,30 km², Rivière : Dja, Type de
barrage : Barrage en terre à enrochement, Longueur en crête : 490 m, Type d‟évacuateur : 6
vannes radiales et pertuis de fond) permettra d‟alimenter en électricité une partie de la région
du Sud grâce à une usine de pied de 15 MW et d‟une ligne d‟évacuation d‟énergie de 33 Km;
Cette infrastructure énergétique d‟un montant total de 420 milliards de francs Cfa [22].

Figure 2.11 : Vue aérienne du barrage de Mékin [37]


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EVALUATION ET ESTIMATION DES TYPES DE PRODUCTION D’ENERGIE ELECTRIQUE
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2.4.4. Les aménagements hydroélectriques sur les autres bassins versants :

La majorité du potentiel hydroélectrique du Cameroun se situe dans le bassin de la


Sanaga. Les opportunités hydrauliques sur les autres bassins sont présentées ci-dessous.
2.4.4.1. Bassins du Sud :

Les bassins du Sud (Nyong et Ntem) se caractérisent par des sites de production
intéressants, qui présentent l'avantage d'être dans une zone soumise à deux saisons des pluies,
et qui apportent ainsi une complémentarité intéressante aux ouvrages situés plus au Nord, en
particulier d‟avril à juin et en début de saison des pluies.
On distingue :
L’aménagement hydroélectrique de Njock :
Renforcer le Réseau interconnecté Sud (RIS), augmenter le taux d‟accès à l‟énergie
électrique des populations, garantir l‟essor de tous les secteurs de l‟économie. Voilà quelques
objectifs que se fixe le projet du barrage hydroélectrique de Njock, qui se situe près d‟Eséka,
dans la région du Centre. Dans cette localité, le fleuve Nyong, sur une distance de 75 km,
descend suivant dénivellation de 470 m, partant de l‟altitude 620 m à l‟altitude de 150 m.
Avec une superficie de 27 900 Km2, le bassin du Nyong se classe au second rang des bassins
fluviaux entièrement camerounais, après celui de la Sanaga (140 000 km2). Des études de
l‟Institut de Recherche pour le Développement (IRD) montrent que le Nyong prend sa source
près d‟Abong-Mbang, vers 700 m d‟altitude [22].
Le projet d‟aménagement hydroélectrique de Njock sur le Nyong couvrira six
Régions, à savoir le Centre, le Sud, le Littoral, l‟Ouest, le Sud-Ouest et le Nord-Ouest. La
puissance estimée du barrage est de 200 MW. Le coût total du projet est chiffré à 180
milliards de francs CFA. Les études de faisabilités étant déjà disponibles, le temps estimé
pour sa réalisation ne devrait pas excéder 48 mois. Le barrage de Njock est en quête
d‟investisseurs [22].
L’aménagement hydroélectrique de Makay :
Un accord a été signé entre le gouvernement camerounais et la société marocaine
Platinium Power donnant lieu à la construction d‟une nouvelle centrale hydroélectrique, le
complexe de Makay, qui ajouterait 400 MW à la capacité de production électrique du pays en
2020. Cela représente un investissement de 500 milliards de FCFA (800 millions d‟euros),
financés par un partenariat public-privé. Le site est localisé dans la région du Centre, sur le
fleuve Nyong. Ce projet devrait faciliter l‟accès à l‟électricité pour 6 millions de personnes,
avec une production de plus de 1600 GW/an.

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EVALUATION ET ESTIMATION DES TYPES DE PRODUCTION D’ENERGIE ELECTRIQUE
AU CAMEROUN

Les levées topographiques ont déjà été réalisées sur le site, divisé en deux sous-sites:
le site de Makay 1 a une capacité prévisionnelle de 120 à 250 MW et celui de Makay 2, une
capacité de 150 MW. La construction de la centrale qui devrait normalement commencer
depuis février 2017 pour une livraison en 2020, selon les estimations n‟est pas. La société
prévoit une croissance de 30 % de la capacité installé du pays grâce à ce projet [22].
L’aménagement hydroélectrique du Noun-Wouri :
Situé dans un environnement de chute, la zone de confluence entre le Noun-Wouri
présente une morphologie séduisante pour l‟implantation d‟un ouvrage hydroélectrique. Les
études menées par les experts du Gouvernement camerounais, notamment par la société
African Energy Company SA (AEC), indiquent que le financement nécessaire pour la
réalisation de ce projet, est estimé à 2 500 milliards de francs CFA, soit 3,8 milliards Euro.
L‟AEC estime que le barrage de Noun-Wouri peut produire un peu plus de 20 000
MW d‟énergie, de quoi augmenter la production globale nationale. La réalisation de ce projet
pourrait s‟il est bien mené, permettre au Cameroun d‟exporter son trop plein d‟énergie vers le
Nigéria, potentiel consommateur de la sous-région, mais le projet semble ne pas trouver
preneur [22].
2.4.4.2. Bassins de l’Ouest :

Les bassins de l'Ouest sont généralement de petites dimensions, mais la forte


pluviométrie qui les caractérise leur confère une hydraulicité très intéressante.
Le relief montagneux de la zone Ouest est également propice à la valorisation des
volumes d'eau ruisselés.
2.4.4.3. Bassins du Nord :

Les bassins du Nord proposent un potentiel décentralisé valable, mais soumis à la plus
forte variabilité inter annuelle de la pluviométrie des régions sahéliennes.
Pour l‟instant un seul site hydroélectrique a été envisagé et étudié en appui au réseau
interconnecté, il s‟agit :
L’aménagement hydroélectrique de Bini à Warak (Vina Nord) :
Proche de la ville de Ngaoundéré (70 km au NE). Ce projet avait déjà fait parler de lui en
2012. Inscrit dans la feuille de route 2012 du Ministère l‟énergie et de l‟Eau (Minee), il est
considéré comme l‟un des plus gros projets en matière d‟amélioration de l‟offre énergétique
au Cameroun. En 2009, le cabinet américain Delphos International Ltd avait été retenu pour
réaliser les études de faisabilité.

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AU CAMEROUN

Les résultats de cette étude avait été livré et jusqu‟à ce jour, le projet du barrage
hydroélectrique sur la Bini, à Warak, dans la région de l‟Adamaoua, attend toujours d‟être
finaliser. Les études complémentaires et lancement du recrutement des développeurs pour
l‟aménagement hydroélectrique sur la Bini à Warak avait été annoncé, mais sans suite.
L‟aménagement hydroélectrique sur la Bini à Warak consiste en la construction d‟un
barrage hydroélectrique (Propriétaire : MINEE, Hauteur : 37 m, Rivière : Bini, Type de
barrage : barrage mixte en BCR au centre de la vallée et en remblai zoné en rive droite et rive
gauche, Type d‟évacuateur : libre sur BCR) ; d‟une puissance de 75 MW, ainsi que d‟une
ligne d‟évacuation de l‟énergie. En 2012, la valeur du projet était estimée à 85 milliards
FCFA (130 millions €), y compris la ligne d‟évacuation d‟énergie. D‟après le Ministère de
l‟économie, de la Planification et de l‟Aménagement du Territoire, les partenaires financiers
en vue de la concrétisation de ce projet sont toujours recherchés. D‟après le Minee, le projet
va renforcer le Réseau interconnecté Nord (RIN) et permettre l‟exportation de l‟électricité du
Cameroun vers le Tchad et les autres pays [22].
2.4.4.4.Bassins de l’Est :

Les bassins de l'Est présentent quelques sites intéressants, mais ils sont pour l'instant
très éloignés des centres de consommation. Seule la centrale de Colomines a été considérée.
La centrale hydroélectrique de Colomines se situe sur la rivière Kadeï à environ 60
km au nord de la localité de Batouri dans la région Est du Cameroun. Cette proposition repose
sur une étude faite en septembre 2003 pour une puissance installée de 6 MW (débit
d‟équipement à 16 m3/s) avec une interconnexion de 100 km en 30 kV au poste à Batouri avec
la possibilité de doubler ultérieurement la capité à 12 MW [17].

2.5. EVALUATION GLOBALE DE LA PRODUCTION HYDROELECTRIQUE


AU CAMEROUN
Au Cameroun, l‟électricité est majoritairement produite par l‟énergie hydraulique
(qui représente 54,7 % de la production). Le potentiel hydroélectrique du Cameroun s'élève à
23 000 MW soit 23 GW selon les estimations de la Banque mondiale. C'est le 13e parc
hydroélectrique africain, avec 2,7 % du total africain, loin derrière ceux de l'Égypte (2 800
MW) et de la République démocratique du Congo (2 472 MW) [44]. La puissance installée
des centrales hydroélectriques du Cameroun était de 762,2 MW fin 2017 ; et la figure suivante
nous présente l‟évolution de la production hydroélectrique en % ; c‟est la part de
l‟hydroélectricité dans la production totale, et d‟après la figure on constate que, cette part a
diminuée ces dernières années, passant de 98,94 % à 54,7 %.

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AU CAMEROUN

120

100

80

60

Production d'électricité-
40
hydroélectricité (% de la
production totale) de
20

Figure 2.12 : Evolution de la production hydroélectrique en pourcentage [44].

2.6. CONCLUSION :

Au terme du travail effectué il en ressort qu‟au Cameroun l‟énergie électrique est


majoritairement produite par l‟énergie hydraulique, car grâce au potentiel que dispose le
bassin de la Sanaga et la Bénoué. On a pu recenser trois principales centrales hydroélectriques
à savoir Song Loulou ; Edéa 1, 2 et 3 sur le bassin de la Sanaga ainsi que des barrages de
régularisations (Mbakaou, Bamendjin et Mapé), et aussi des stations de contrôle de débit. Sur
le bassin de la Bénoué on distingue la centrale hydroélectrique de Lagdo. On a pu voir qu‟il
existe aussi au Cameroun plus particulièrement dans la région de l‟Ouest des micro-centrales
hydroélectrique qui fonctionnent de manière autonome et certains sont à l‟abandon. Suite au
déficit énergétique qu‟à connu le Cameroun, le pays à décidé en 2006 de mettre sur pied un
Programme de Développement du Secteur de l‟Electricité qui consiste à élaborer des projets à
court, moyen et long terme ; de ce fait plusieurs projets ont été mis sur pied dans le but
d‟améliorer la production électrique. Certains sont au stade de développement comme
Nachtigal, Kikot etc… d‟autres sont en cours de construction comme Memve‟ele et Mekin et
celle déjà fonctionnelle est Lom Pangar. Il ressort également que la centrale de Song Loulou a
un pourcentage de production le élevé et que la production hydroélectrique au Cameroun est
passé de 98,94 % en 1971 à un taux actuel de 54,7 %.

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3.1. INTRODUCTION

L‟énergie thermique est la solution d‟urgence adoptée par le gouvernement


camerounais sur le court terme pour résorber le déficit énergétique du pays ; car elle vient au
secours des centrales hydroélectriques en période de sécheresse ou d‟étiage. Le Cameroun se
révèle aussi considérablement riche en ressources énergétiques renouvelables : le soleil dans
presque toutes les parties du pays, le vent sur les flancs des collines et les sommets des
montagnes, la biomasse dans le grand sud forestier et les zones d‟élevage, les petits cours
d‟eau exploitables dans les régions montagneuses du pays, etc. Même si certaines de ces
ressources ne sont présentes que de façon mitigée, l‟exploitation nécessitant des études
approfondies. En premier nous étudierons les différents types de centrales thermiques du
Cameroun et par la suite la part de production électrique via les énergies renouvelables.

3.2. LES CENTRALES THERMIQUES DU CAMEROUN

Au départ Eneo Cameroun disposait de 6 centrales thermiques fonctionnant soit au LFO,


HFO ou au Gaz naturel : Logbaba, Oyomabang, Limbé, Bafoussam et Douala Bassa
connectées sur le réseau RIS ; la centrale de Djamboutou connecté au réseau RIN. Le
programme thermique d‟urgence (PTU) initié en 2009 et déjà opérationnel, offre actuellement
100 mégawatts (MW) d‟énergie supplémentaire au Réseau interconnecté Sud (RIS). Bien que
le PTU soit une mesure transitoire, les centrales continueront de fonctionner et de contribuer à
l‟offre énergique du pays après la mise en service de la centrale à gaz de Kribi. Ce sera alors,
une contribution comme « production de secours » en cas d‟incident sur les réseaux de
transport ou de répartition et surtout, pour soutenir les niveaux de tension à certaines
extrémités des réseaux [40]. A côté du PTU qui fonctionne déjà, il ya la centrale thermique à
gaz de Kribi (216 MW), autre projet qui rentre dans le même sillage. En plus d‟exploiter une
trentaine de centrales thermiques isolées (non raccordé au réseau), Eneo a construit des
centrales thermiques pour répondre à un déficit de production ; la centrale thermique de
Maroua d‟une capacité de 10 MW, mise en service en 2017 ; de même que la centrale
thermique de Yassa-Dibamba (86 MW) construite par la DPDC [46].

3.2.1. Les centrales thermiques « diesel » existantes sur le RIS

Le parc de production thermique du RIS dispose d‟un certain nombre de centrales


thermiques qui sont réparties principalement sur les quatre localités de Douala, Yaoundé,
Bafoussam et Limbé :
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3.2.1.1. Les centrales thermiques LFO et HFO :

On distingue ici :

La centrale de Douala Bassa 2 et 3 :


L'essor économique dès la fin de la Deuxième Guerre mondiale avait provoqué un
important afflux de populations européenne et africaine. Par ailleurs, la perspective de la
construction d'une centrale hydroélectrique à Edéa pour l'approvisionnement de Douala
entraîna de nombreux investissements industriels dans la ville. On estima en 1947 qu'il
faudrait produire environ 5.000 KW avant 1952, en attendant la mise en service d'Edéa. C'est
ainsi qu'il fut procédé à une extension de la centrale thermique de Koumassi avec l'installation
de nouveaux groupes électrogènes. Entre 1948 et 1951, cette initiative coûta 245 millions de
francs CFA.
Cependant, dès juillet 1951, les travaux d'une nouvelle centrale diesel de 3500 KW à
Bassa furent lancés : l'impossibilité de procéder à de nouvelles extensions à Koumassi
conduisit à la réalisation de cette centrale complémentaire de production d'électricité, destinée
à devenir ultérieurement une centrale de secours. Équipée de deux groupes diesel identiques
de 4,5 MW, totalisant une puissance continue nette de 9 MW qui seront déclassés en 2008 et
fonctionnant au gasoil (LFO) et de trois groupes de 3,2 MW [47]. Cette centrale fonctionne
également au gaz naturel grâce à Global Altaaqa.
La centrale thermique de Limbé :

Le Cameroun étant fortement secoué par des délestages importants sur le réseau dans
les années 2001 à 2003, la centrale thermique à fuel lourd (HFO) de Limbe constituera une
première réponse apportée par Eneo à ce problème. Dès lors, résorber le déficit de production
et faire face à une demande en forte croissance deviendra la première priorité du nouveau
partenaire stratégique du Gouvernement dans le secteur électrique. Cette centrale a été
construite en tenant compte des standards nationaux et internationaux de sécurité et
d‟environnement, notamment ceux prescrits par la Banque Mondiale concernant les bruits,
l‟air et l‟eau [48].

 Capacité installée : 85 MW
 Superficie : 4,3 hectares
 Abritant : Une centrale thermique, Un poste avec 2 groupes de 60 MVA chacun
 Mise en service : 2004

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La centrale thermique de Yaoundé Oyomabang :


La centrale thermique d'Oyomabang 1 a été construite en 2000 et celle d'Oyomabang 2
en 2002. Les deux centrales disposaient au départ d'une puissance installé de 35.7 MW. Elles
disposent actuellement d'une puissance installée de 32.5 MW [49]. C‟est une centrale
d‟appoint et de secours sur le réseau RIS.

 Secours parce qu'elle est capable d'alimenter une partie de la ville (principalement les
zones prioritaires) en cas de « Black- out » total (La centrale ne produit pas et est
complètement déconnecté du réseau pour une raison quelconque).
 Appoint parce qu'elle vient en complément des sources d'énergie principales que sont
la centrale de Song Loulou et celle d'Edéa. Dans son rôle de centrale d'appoint, elle permet
d'améliorer les paramètres du RIS. Sa mise en production est gérée par le centre de
dispatching du RIS (Grid dispach) basé à Edéa.

 Centrale thermique d'Oyomabang 1 :

Cette Centrale a une puissance installée de 19,66 MW, mais la puissance de


fonctionnement est de 18 MW. Elle est constituée de trois groupes diesel de marque
WARTSILA. Chaque groupe est constitué de plusieurs éléments à savoir: Un moteur diesel;
Un alternateur ; Un disjoncteur ; Des auxiliaires du groupe.

Ces trois groupes ont en commun un certain nombre d'auxiliaires. Le moteur diesel de
chaque groupe est constitué de 18 cylindres. Il démarre à air comprimé de 30 bars et
fonctionne avec du fuel LFO (Light Fuel Oïl) et du HFO (Heavy Fuel Oïl), qui a une viscosité
de 380. Il utilise de l'huile TBN 40 pour sa lubrification. L'arbre de moteur fournit une
puissance maximum de 6,556 MW sous une tension de 15 KV. C'est un alternateur à auto-
excitation [49]. Le disjoncteur du groupe fonctionne sous une tension de 15 KV et protège le
groupe contre les défauts électriques pouvant survenir lors du fonctionnement.

Les auxiliaires du groupe constituent l'ensemble d'organes utiles pour la mise en


service et le fonctionnement du groupe; il s'agit entre autres de : filtres à gas-oil, filtres à
huile, séparateurs d'huile, pompes multiples, résistance de préchauffage, électrovannes et
distributeurs, ventilateur, armoire électriques de commande ; et les auxiliaires communs sont
constitués de: Booster (dispositif de traitement de fuel et de sélection avant transfert dans les
groupes), séparateurs HFO, pompes, modules de traitement d'eau, aéroréfrigérants, cuve d'eau
de maintenance, les armoires électriques de commande, ...

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Deux transformateurs abaissent la tension 15 KV/400 V. Le site est doté en outre,


d'un certain nombre de Cuves pour le stockage et le traitement du fuel avant utilisation [49].

 Centrale thermique d'Oyomabang 2 :

Cette Centrale a une puissance installée actuelle de 12.8 MW, mais la puissance de
fonctionnement est de 12 MW. Constituée de 10 groupes diesel de marque CATERPILLAR à
la création, elle ne dispose plus que de 8 groupes actuellement; les deux autres groupes ayant
été transférés dans d'autres unités de production. Chaque groupe est constitué de plusieurs
éléments, identiques à ceux d‟Oyomabang 1.

Ces groupes ont en commun un certain nombre d'auxiliaires. Le moteur diesel de


chaque groupe est constitué des cylindres. Il démarre avec un démarreur électrique grâce à
une batterie de 24 V CC et fonctionne avec du gasoil LFO (Light Fuel Oil). Il utilise de l'huile
Delvac CF4 pour sa lubrification. L'arbre du moteur, fournit une puissance maximum de 1,6
MW sous une tension de 400 V. C'est un alternateur à auto excitation. La tension est élevée en
sortie par un transformateur élévateur de niveau de tension 400 V/15 KV. Le disjoncteur du
groupe fonctionne sous une tension de 400 V et protège le groupe contre les défauts
électriques pouvant survenir lors du fonctionnement. Les auxiliaires du groupe constituent
l'ensemble d'organes utiles pour la mise en service et le fonctionnement du groupe; il s'agit
entre autres de: résistance de préchauffage, Vases d'expansion, ventilateurs, armoire
électriques de commande, ... [49]. Le site dispose de trois citernes identiques de 60 m3 pour le
stockage du fuel en provenance de la Centrale d'Oyomabang 1. Il existe également une salle
de contrôle de commande, mais pas assez moderne.

La centrale thermique de Yassa-Dibamba :

Située à l‟entrée de la ville de Douala (capitale économique du Cameroun) sur l‟axe


lourd Douala-Yaoundé non loin du pont sur la Dibamba, la centrale s‟étend sur 7,5 ha. Sa
construction a nécessité l‟expertise et l‟ingéniosité de pas moins de 2500 personnes. La
centrale thermique de Yassa-Dibamba est une centrale au fioul lourd (HFO) qui a été
inaugurée dans le quartier de Yassa, à Douala (Cameroun) en 2009. D'une capacité nominale
de 86 MW, sa construction a visé à pallier les insuffisances de l'offre en énergie notamment
pendant la période d'étiage touchant le parc hydroélectrique et les nombreuses coupures de
courant affectant le réseau électrique. Elle est reliée au réseau de distribution intégré Sud
(RIS) [50].
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Elle a été construite en 27 mois par la Kribi Power Development Company (KPDC),
actuellement Dibamba Power Development Company (DPDC), une filiale de l'exploitant
initial AES Sonel (actuellement Eneo Cameroun). Initialement prévue pour ne fonctionner
que pendant les périodes d'étiage, elle fonctionne de façon plus fréquente. La centrale de
Yassa-Dibamba est équipée de 8 moteurs diésel de marque Wärtsila d’une puissance de 11
MW chacun. Ils sont logés dans la salle de commande et ont la particularité de pouvoir
fonctionner au fuel lourd ou au gaz naturel selon la disponibilité [51]. Chaque groupe
générateur est muni :

 D‟un moteur diesel dont les caractéristiques sont les suivantes:


Tableau 3.1 : Caractéristiques du moteur diesel de la centrale de Yassa [59].

 D‟un alternateur dont les caractéristiques sont les suivantes :


Tableau 3.2 : Caractéristiques de l’alternateur de la centrale de Yassa [59].

Et la centrale est également munie :


 La salle de commande est équipée d‟outils informatiques et cellules. Tout y est
automatisé. C‟est à partir de cette salle de commande que les moteurs sont mis en marche.
L‟un de leurs gros atouts est leur faculté à atteindre leur pleine charge, soit 86 MW, en moins
de 15 minutes. C‟est-à-dire qu‟une fois que la centrale est sollicitée par le poste de contrôle du
réseau, il faut à peine une quinzaine de minutes pour qu‟elle injecte la totalité des 86 MW
dont elle dispose sur le réseau.

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 Du système de refroidissement des groupes fonctionne avec de l’air et de l’eau. Pour


préserver l’environnement, les gaz de combustion sont évacués par deux cheminées de 40 m
de hauteur.
 De la station de stockage, deux cuves de 3 000 m3 chacune contiennent du fuel lourd
pouvant garantir une autonomie de 2 semaines. D‟autres cuves contiennent de l‟eau à utiliser
en cas d‟incendie, du gasoil pour l‟entretien des pièces et de l‟huile pour le moteur.
Sur le site de la centrale, toute une unité de traitement des huiles et eaux usées a été
aménagée afin de contrôler la qualité des éléments liquides rejetés dans la nature.

La centrale thermique de Bafoussam :

La centrale de Bafoussam équipée de 2 groupes diesel identiques à ceux de Douala -


Bassa 2 et d‟un groupe de 4,7 MW plus récent. Le quotidien Le Jour édition du 15 mai 2017
rapporte qu‟Eneo Cameroon a procédé le 14 mai 2017 à l‟installation d‟un nouveau
transformateur dans la Région de l‟Ouest du Cameroun. Les travaux qui ont été à l‟origine des
perturbations du réseau électrique dans la ville de Bafoussam, doivent permettre de réhabiliter
la centrale thermique de la ville. Ils doivent permettre aussi de réduire les risques de
perturbation du service dus aux incidents dans ce poste. A cela il faut ajouter que lesdits
travaux réalisés vont permettre de raccorder de nouveaux ménages et entreprises au réseau. Et
enfin ils permettront de réduire les baisses de tension principalement dans les villes de
Bandjoun, de Bangangté, de Ndikimeniki, de Mbouda, de Dschang, de Santa Foumbot et de
Foumban [56].

Les éléments d‟Eneo Cameroon ont eu comme principal chantier le remplacement


d‟un transformateur d‟une capacité 36 MVA par un autre d‟une capacité de 50 MVA. Pour
une augmentation de 28% des possibilités de transit d‟énergie en direction des clients de la
ville de Bafoussam et de ses environs [56].

3.2.1.2. Les centrales thermiques à Gaz naturel :


On distingue actuellement au Cameroun deux centrales thermiques fonctionnant au
Gaz naturel :
La centrale thermique de Kribi :

La centrale à gaz de Kribi, entrée en production au mois de mai 2013, et construite par
la Kribi Power Development Company et dispose des caractéristiques suivantes [53] :

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 Site de construction : Mpolongwe, localité située à 9 Km de la ville de Kribi.


 Espace occupé par le projet : 16 ha
 Capacité additionnelle sur le réseau interconnecté Sud : 216 MW
 Moteurs : 13 groupes produisant à pleine puissance 16,6 MW chacun
 Moyen d‟injection dans le réseau : Construction d‟une ligne de transport à double
circuit (deux lignes) de transmission sur 100 Km, pour se connecter au Poste de Conduite du
Réseau (PCR) de Mangombé afin d‟injecter l‟énergie produite sur le Réseau Interconnecté
Sud (RIS)
 Construction d‟un poste de transformation qui permettra d‟évacuer l‟énergie produite
vers Edéa-Mangombé

 Coût total des travaux de construction : près de 170 milliards de FCFA

Elle aurait à ce jour, dû faire l‟objet de travaux d‟extension. D‟une capacité installée
de 216 Mégawatts (MW), la puissance de cette infrastructure devait être portée à 330 MW,
question de résorber le déficit structurel de l‟offre énergétique du pays. «Lorsque la centrale a
été pensée, il était question qu‟elle comble le déficit de fourniture d‟énergie ; mais
malheureusement, à sa livraison, la demande avait cru de 100 MW, ce qui fait que Kribi ne
nous apporte qu‟un peu plus de 100 MW additionnels», confie un responsable de Kribi Power
Development Corporation (KPDC) [54]. «KPDC est dans un contrat de «Take or pay» avec la
SNH, c‟est-à-dire que chaque mois, ils doivent enlever une quantité précise de gaz et payer la
facture. Cependant, qu‟ils le fassent ou pas, ils doivent remplir cette obligation contractuelle.
La centrale ne tournant pas au maximum de sa puissance, les quotas de combustible ne sont
pas enlevés», explique une source proche du dossier [54].

La centrale thermique de Logbaba :


La centrale de Logbaba est une centrale de secours c‟est-à-dire qu‟elle n‟est mise en
marche qu‟en cas de besoin en énergie ; lorsqu‟elle fut créée, elle disposait de 11 groupes de
marque CATERPILLAR, de puissance instantanée maximale égale à 2 MW par groupe
fonctionnant au LFO (Light Fuel Oïl) encore appelé Gasoil. Avec la croissance de la
population, la demande en énergie devenait de plus en plus élevée ; pour pouvoir remédier à
ce problème, AES-Sonel actuellement Eneo a décidé de mettre sur pied une nouvelle centrale
dans le site de Logbaba. C‟est ainsi qu‟en Mai 2009, la Centrale Thermique de Logbaba 2,
partie intégrante de la centrale voit le jour et qui est ensuite inaugurée la même année. Grâce à

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son efficacité, les anciens groupes sont progressivement désinstallés et envoyés dans des
centrales isolées [58].

L'énergéticien camerounais Eneo, majoritairement détenu par le fonds britannique


Actis, a inauguré, le 28 avril 2015 à Douala, une centrale électrique d'urgence, installée en
quelques mois pour répondre à l'augmentation rapide de la demande. Une solution d‟urgence,
jusqu‟à l‟année à venir. L‟entreprise d‟électricité Eneo, ex-AES Sonel, a inauguré à Douala
une centrale électrique de 50 MW, soit l‟équivalent de l‟augmentation des besoins électriques
du Cameroun chaque année [55]. Pour répondre à l‟urgence, cette centrale électrique répartie
sur deux sites voisins, à Logbaba et Bassa, a été installée en quelques mois. Elle est composée
au total d‟une quarantaine de conteneurs (groupes électrogènes) alimentés au gaz et capables
de produire 1,2 mégawatt chacun. Ces unités ont été louées par Eneo à la société Global
Altaaqa, spécialisée dans les solutions énergétiques [55].

L‟électricité produite par ces micro-centrales à gaz est facturée 65 francs CFA le
kilowatt/heure à Eneo (coût d‟installation et de combustible compris), contre un coût
d‟environ 160 francs CFA pour des entités fonctionnant au fioul. Un coût limité, notamment
par l‟utilisation de gaz local produit à Douala par l‟entreprise Gaz du Cameroun. « Cette
centrale est vitale pour l‟équilibre de notre système, et mieux elle nous renseigne sur les
enjeux qui sont les nôtres aujourd‟hui », a déclaré le nouveau directeur général d‟Eneo, Joël
Nana Kontchou, lors d‟une cérémonie organisée en présence de l‟ex ministre de l‟Energie
Basile Atangana Kouna. « Eneo travaille, Eneo est en chantier mais nous savons qu‟il y a
encore un long chemin à parcourir », a-t-il ajouté, rappelant que la production n‟est « que la
face émergée de l‟iceberg » [55].

3.2.2. Les centrales thermiques « diesel » existantes sur le RIN :

Sur le réseau interconnecté Nord on compte actuellement trois centrales


thermiques que sont, la centrale de Djamboutou, la centrale de Maroua et la centrale de
Kousseri connectée au RIN depuis 2013.
3.2.2.1. La centrale thermique de Djamboutou :

Situé à Djamboutou près de la ville de Garoua cette centrale est le principal centre de
consommation du réseau. La production qui est assurée essentiellement pour l‟instant par la
centrale hydroélectrique de Lagdo (limité à 40 MW) ne fait appel à la production thermique

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qu‟en cas de panne ou en période de maintenance. Cette centrale est aussi prévue pour
fonctionner occasionnellement les années sèches [17].
La puissance installée sur le site de Djamboutou est de 13,7 MW (pour 12 MW
disponibles) Le site est constitué d‟une centrale équipée de 4 groupes (voir Tableau 3.3).
Tableau 3.3 : caractéristiques de la centrale de Djamboutou [17]

Il existe aussi une petite centrale de 1 MW à Ngaoundéré en secours qui ne fonctionne


plus. Trois petites centrales isolées (3,8 MW) alimentent les localités de Kousseri, Poli, et
Touboro.
3.2.2.2. La centrale thermique de Maroua :

La ville de Maroua dans la région de l‟extrême-nord du Cameroun abrite depuis le 23


Août 2017 une centrale thermique. D‟une capacité de production pouvant aller à 12 MW,
cette infrastructure contribuera à résorber le déficit en énergie électrique dans cette région, la
plus peuplée du Cameroun. En effet, le barrage hydroélectrique de Lagdo qui dessert cette
partie du pays en électricité fait face à un problème récurrent d‟étiage des eaux du fleuve, ce
qui se traduit par une diminution de moitié de sa capacité de production, avec pour corollaire
les délestages. Cette infrastructure énergétique est construite par la société britannique
Aggreko. Il est à noter que dans le cadre d‟un plan d‟urgence élaboré par le gouvernement
pour réduire le déficit énergétique dans le pays, il est prévu la construction dans la même ville
de Maroua d‟une centrale solaire de 15 MW en 2019 [52].

3.2.3. Les centrales thermiques « diesel » existantes sur le RIE :

Eneo Cameroun exploite une centrale thermique d‟une puissance installée de 17,6 MW
(dont la disponibilité est actuellement de 60%) à Bertoua alimentant les principales localités
urbaines raccordées au réseau, et cinq petites centrales thermiques en zone rurale alimentant
les centres isolés de Bétaré-Oya, Garoua-Boulaï, Lomié, Yokodouma et Moloundou.

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La capacité totale de ces six centrales de production est de 12 MW (mais 6 MW sont


disponibles en début 2006) assurant une production d‟environ 40 GWh.
Rappel : La pointe uniquement sur le RIE est actuellement de 5,6 MW pour une
production d‟environ 30 GWh [17].
L‟offre en électricité est donc notoirement insuffisante par rapport à la demande
existante et potentielle. Cette situation qui s‟aggrave oblige les consommateurs qui le peuvent
à investir dans des moyens thermiques de production ou de secours. On constate un nombre
important d‟auto-producteurs qui totalise une puissance installée dans la zone couverte par le
réseau d‟Eneo Cameroun d‟environ 3 MW et hors zone de 25 MW, à laquelle on doit ajouter
une puissance additionnelle de 12 MW à Bélabo pour la société d‟exploitation du pipeline
Tchad-Kribi (Cotco). En effet la société Cotco possède une unité de pompage du pétrole sur le
pipeline à Bélabo. Cette unité de 12 MW existe déjà et pourrait se raccorder au réseau d‟Eneo
Cameroun si une garantie de qualité de service et de disponibilité lui est donnée [17].
Les autres localités de Garoua Boulaï (0,3 MW), Bétaré Oya (0,1 MW) et Yokadouma
(0,1 MW) fonctionnent en centre isolé.
Nota : L‟utilisation de l‟huile de palme comme biocarburant, comparable en termes de
prix au Fioul lourd, pourrait être envisagée par le gouvernement comme un combustible de
substitution au gasoil pour cette région de l‟Est [17].
Tableau 3.4 : caractéristiques de la centrale de Bertoua [17]

3.2.4. Centrales thermiques issues du Programme Thermique d’Urgence (PTU) :

Le programme Thermique d‟Urgence (PTU), a été initié par le gouvernement camerounais


en 2009, dans le but de réduire le déficit auquel sera confronté notre pays dans les années à
venir, qui est estimé à plus de 100 MW. Placé sous la maîtrise d‟ouvrage du Ministère de
l‟Energie et de l‟Eau, le coût global du projet est de 55 milliards de francs, entièrement
financé par l‟Etat [40].

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Le PTU va permettre de renforcer l‟offre énergétique existante, sur le réseau interconnecté


sud (RIS) et notamment dans les villes où l‟offre énergétique demeure faible et instable. Pour
se faire, quatre centrales thermiques au fuel ont été construite simultanément à Ahala à
Yaoundé, Bamenda, Mbalmayo et Ebolowa. Au total, 100 MW seront injectés dans le
réseau dès la fin des travaux. Le projet se décompose en deux phases qui sont les suivantes :

 Dans la phase 1 du projet, une capacité totale de 40 MW sera produite par le biais des
trois centrales thermiques diesel de Bamenda (20 MW), Mbalmayo (10 MW) et Ebolowa (10
MW). Le contrat d‟acquisition des centrales y relatif, un contrat EPC, a été signé entre l‟Etat
et le groupe égyptien El Sewedy Power et prévoit la mise en service des trois centrales au
courant du mois d‟octobre 2011.
 Dans sa phase 2, le PTU prévoit la location d‟une centrale thermique en périphérie de
la ville de Yaoundé plus précisément à Ahala. La phase 2 du PTU représente une capacité de
60 MW qui seront injectés dans le RIS en haute tension à la tension 90 KV [40].

L‟énergie produite sera vendue aux concessionnaires en charge de la distribution et du


transport d‟énergie présents au Cameroun.

3.2.5. Les centrales thermiques isolées mais exploitées par Eneo :

Des petits groupes diesel de moins de 500 KVA alimentent une trentaine de centres
isolés (localités non raccordées au réseau local de distribution). L‟ensemble de ces
installations (voir ci-dessous la liste d‟Eneo Cameroun) représente environ 42,6 MW [57].
Les centrales isolées se définissent comme étant des centrales situées à l‟écart des autres, ceci
pour éviter les chevauchements aux niveaux des équipements, l‟entreprise Eneo en possède
plusieurs réparties sur l‟ensemble du territoire comme suit [57] :

3.2.5.1. Dans la région du Centre - Sud :


Dans ces régions on retrouve les centrales thermiques suivantes :
 La centrale d’Ambam : Construite en 1976 et possède une capacité installée
de 1900 KW
 La centrale de Djoum : Elle a été construite en 1998 et possède une capacité
installée de 1115 KW
 La centrale de Yoko : Possède une capacité installée de 300 KW
 La centrale de Bengbis : Construite en 1998, d‟une capacité installée de 310 KW

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 La centrale d’Olamze : Possède une capacité installée de 200 KW


 La centrale de Meyomessala : Possède une capacité installée de 1220 KW

3.2.5.2. Dans la région de l’Est :


On retrouve dans cette région les centrales thermiques suivantes :

 La centrale de Bétaré Oya : Elle a été construite en 1991 et possède une capacité
installée de 1020 KW
 La centrale de Garoua Boulaï: Elle a été construite en 1997 et possède une capacité
installée de 1600 KW
 La centrale de Lomié : Elle a été construite en 1991 et possède une capacité installée
de 837 KW
 La centrale de Yokadouma : Elle a été construite en 1994 et possède une capacité
installée de 1500 KW
 La centrale de Moloundou : Elle a été construite en 1983 et possède une capacité
installée de 570 KW
 La centrale de Bertoua : Elle a été construite en 1989 et rénovée en 1992. elle possède une
capacité installée de 17600 KW
3.2.5.3. Dans la région du Nord :
On distingue les centrales thermiques suivantes :

 La centrale de Poli : elle possède une capacité installée 700 KW


 La centrale de Touboro : elle possède une capacité installée de 900 KW
 La centrale de Kousseri : elle a été construite en 1976 et possède une capacité
installée de 4400 KW
 La centrale de Tignere : possède une capacité installée de 792 KW
 La centrale de Banyo : elle possède une capacité installée de 1968 KW
 La centrale de Tibati : elle possède une capacité installée de 1720 KW
 La centrale de Ngouandal : elle possède une capacité installée de 1280 KW
 La centrale de Mbakaou : possède une capacité installée de 213 KW

3.2.5.4. Dans la région du Littoral, Sud-Ouest et Ouest :


On distingue les centrales thermiques suivantes :

 La centrale de Bamendjin : possède une capacité installée de 53KW

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 La centrale de Campo : elle a été construite en 1998 et possède une capacité


installée de 333KW
 La centrale de Mapé : elle a été construite en 1993 et possède une capacité installée
de 1100 KW
 La centrale de Mouanko : elle a été construite en 1999 et possède une capacité
installée de 200 KW
 La centrale de Mundemba : possède une capacité installée de 500KW
 La centrale de Nkondjock : elle a été construite en 1997 et possède une capacité
installée de 300 KW
Soit un total de 42 631 KW installés pour les centrales isolées, le tableau suivant nous
présente également les centrales isolées d‟Eneo et leur état de fonctionnement (démantelée
ou fonctionnelle) :
Tableau 3.5 : Les centrales isolées d’Eneo et leur état de fonctionnement [60]

3.3. PRODUCTION ELECTRIQUE VIA L’ENERGIE RENOUVELABLE


Une énergie renouvelable est une énergie régénérée naturellement à l'échelle d'une vie
humaine.

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Le droit positif au Cameroun distingue six principaux types d‟énergie renouvelable :


l‟énergie solaire thermique et photovoltaïque, l‟énergie éolienne, l‟énergie hydraulique des
cours d'eau de puissance exploitable inférieure ou égale à 5 MW, l‟énergie de la biomasse,
l‟énergie géothermique et les énergies d'origine marine. C‟est en se référant à cette distinction
légale que l‟étude a été menée [23].
3.3.1. Potentiel camerounais en énergies renouvelables
3.3.1.1. Energie solaire

Le rayonnement du soleil est une source primaire d‟énergie renouvelable. Des études
dont les résultats sont repris dans le Plan Energétique National (PEN), publié en 1990,
indiquaient que le Cameroun dispose d‟une insolation moyenne de 4,9 KWh/m²/j, soit 4
KWh/m²/j pour la partie sud du pays et 5,8 KWh/m²/j pour la partie septentrionale. L‟énergie
solaire reçue au Cameroun est estimée à 89,25 TWh/an et elle est exploitable sous deux
formes, thermique et photovoltaïque [23].
L‟énergie solaire photovoltaïque est probablement la forme d‟énergie renouvelable qui
connaît un développement intense au Cameroun depuis quelques années.
3.3.1.2. Energie éolienne

Les mouvements des masses d‟air provoqués par les différences de température entre
celles-ci, donnent naissance au vent dont l‟énergie générée peut être exploitée : c‟est l‟énergie
éolienne. Elle peut être utilisée pour la motricité de pompes hydrauliques notamment, ou pour
la production d‟électricité à travers des aérogénérateurs. Avec des vitesses de vent qui
atteignent difficilement 5 m/sec sur l‟ensemble du territoire, le potentiel est plutôt faible pour
la production d‟électricité au Cameroun (SIE-Cameroun, 2011) [23].
Malgré cette faible vitesse relative du vent, le PEN présente les provinces du nord et
de l‟extrême-nord, avec une vitesse moyenne des vents évaluée à plus de 2 m/s, comme de
potentielles zones de production d‟électricité par exploitation de l‟énergie éolienne. Les zones
de Kaélé et Kousseri dans l‟extrême-nord représenteraient d‟importants réservoirs de
production avec une vitesse de vents estimée entre 2,53 m/s et 4,2 m/s. Les monts Bamboutos
dans la région de l‟Ouest sont aussi cités. Toutefois, la meilleure valorisation de ce type
d‟énergie au Cameroun est faite par son utilisation comme moyen d‟exhaure de l‟eau, en
couplant une éolienne à une pompe à eau pour l‟actionner. Malgré ce potentiel en énergie
éolienne, jusqu‟ici le Cameroun ne dispose d‟aucune centrale productrice d‟électricité grâce à
cette forme d‟énergie qui est l‟éolienne [23].

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3.3.1.3. Energie de la biomasse


Le phénomène de photosynthèse qui a pour origine le soleil, crée différents matériaux
énergétiquement exploitables ; c‟est l‟énergie de la biomasse dont les plus courants sont le
bois, le biogaz et les biocarburants. La biomasse forestière représente une importante source
d‟énergie renouvelable au Cameroun. Celui-ci possède le 2ème potentiel forestier dans le
bassin du Congo (et en Afrique), inégalement réparti entre le nord et le sud du pays [23].
La biomasse de résidus de bois issu de l‟exploitation forestière, composée des résidus
des parcs à bois (cimes, branches, souches, racines, coursons, etc.) et de tous les résidus de
scierie (sciure, dosses, copeaux, délignures, aubier, défaut de cœur, etc.) pourrait être utilisée
par les entreprises forestières pour la production de chaleur et d‟électricité dans des systèmes
de cogénération [23].
3.3.1.4. Energie hydraulique
L‟énergie hydraulique est la puissance générée par les masses d‟eau en mouvement
dans les cours d‟eau. Tout comme l‟énergie éolienne, elle peut servir à plusieurs usages :
exhaure de l‟eau pour les systèmes d‟irrigation, utilisation de l‟énergie mécanique pour la
traction, etc. Mais cette énergie est principalement orientée vers la production d‟électricité. Le
potentiel hydraulique exploitable pour la production d‟électricité au Cameroun est assez
considérable : 19,7x103 MW pour un productible moyen de 115x106 MWh par an (SIE-
Cameroun, 2011). Cette énergie est la plus utilisée dans la production de l‟énergie électrique
au Cameroun [23].

Une étude réalisée dans le cadre du projet INVEST‟ELEC entre 2012 et 2013 a permis
de recenser 243 sites de moins de 5 MW dans les 10 régions du Cameroun. La puissance
cumulée de ces sites est estimée à 340 MW [60].

3.3.1.5. Energie géothermique


L‟énergie géothermique provient de l‟accroissement de la température dans les
couches internes de la terre. Dans ce secteur, le Cameroun dispose de quelques potentialités
exploitables. Le PEN identifie trois grandes zones possibles au Cameroun [23] :
 la zone de Ngaoundéré avec les sources de Laopanga, de Katip Foulbé, de Voludé et
de Bazao ;
 la zone du Mont Cameroun et ;
 la zone du Manengouba avec le lac Monou.

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Tableau 3.6 : quelques sites géothermiques au Cameroun [23]

3.3.1.6. Energies d'origine marine


L'énergie marémotrice se décline surtout par la production de l'électricité à partir des
courants marins. A cet effet, autant les vagues que la marée et le gradient thermique de la mer
peuvent être exploités. Le Cameroun avec ses presque 300 Km de côte atlantique dispose de
quelques possibilités de développement de ces types d‟énergie [23].

3.3.2. Initiatives de développement des énergies renouvelables au Cameroun


3.3.2.1. Initiatives publiques
Les énergies renouvelables ont longtemps été délaissées par les pouvoirs publics qui
aujourd‟hui, sans aucune vision claire, ni référence réglementaire, se lancent dans ce secteur
apparemment mus par la volonté opportuniste de saisir au vol les financements disponibles
auprès des organisations internationales.
A. Développement de l’énergie hydroélectrique
L‟énergie hydroélectrique semble être, parmi les énergies renouvelables, celle qui
connaît la plus ancienne valorisation au Cameroun. Ceci grâce aux centrales hydroélectriques
existantes et celles en cours de réalisation [23].
L‟énergie hydraulique au Cameroun se limite à l‟énergie hydroélectrique. Il n‟y a pas
encore d‟installations utilisant les houles, les vagues ou les courants marins. Pendant la
période coloniale, le Cameroun était alimenté par la petite hydroélectricité. Les sites de
Malalé (720 KW), Luermannfalls (300 KW) et Yoké (1500 KW) produisaient de l‟énergie
électrique renouvelable au regard de la législation en vigueur. Actuellement, certains de ces
sites sont en projet de réhabilitation. Une ONG nationale Action pour le Développement
Equitable et Durable (ADEID) a construit entre 2008 et 2010 sept (07) microcentrales
hydroélectriques de moins de 50 KW dans différents villages enclavés des Régions de
l‟Ouest, Nord-Ouest et Sud-Ouest. La puissance cumulée de ces ouvrages est de 94 KW [60].

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Tableau 3.7 : Quelques sites de micro hydroélectricité réalisé par ADEID [60].

Les turbines utilisées pour ces sites ont été confectionnées par des soudeurs locaux. Ce qui
prouve à suffisance que la technologie de la micro hydro est bien connue au Cameroun. Il
reste juste à la développer et vulgariser. La centrale hydroélectrique de Rumpi de 2,9 MW
dans la région du sud-ouest Cameroun est en cours de construction. Ledit projet est logé à
l‟Agence de l‟Electrification Rurale. Le Gouvernement a décidé de la construction des pico
centrales de Bare Bakem (111 KW), Koutaba (158 KW) et la microcentrale de Mbakaou
Carrière (5 MW) [60].

B. Développement de l’énergie solaire photovoltaïque :


L‟énergie solaire photovoltaïque a longtemps été utilisée uniquement par des
organismes techniques tels que les aéroports, le chemin de fer, la défense. Le PEN remarque
que « le balisage photovoltaïque de la Régifercam constitue la réalisation la plus remarquable
». Cette forme d‟énergie connaît aujourd‟hui un regain d‟intérêt auprès des institutions
publiques. Ainsi en 2007, le projet Rumpi piloté par le Ministère de l‟Eau et de l‟Energie
prévoyait entre autres, 37 projets de kits photovoltaïques communautaires pour éclairage,
l‟audiovisuel et le froid médical dans 34 écoles et 3 formations médicales. N‟ayant pas pu
entrer en possession de rapport officiel sur ce projet, l‟étude n‟a pas été en mesure de relever
le taux de réalisation réel du projet de Rumpi qui semble s‟être achevé en queue de poisson.
Toutefois d‟autres initiatives publiques peuvent être relevées :

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 Le « Projet centrales photovoltaïques Cameroun 2020 » :


Issu d‟un partenariat public/privé, c‟est un projet d‟installation de centrales solaires
photovoltaïques à travers le pays, pour une production attendue de 500 Mégawatts d‟énergie à
l‟horizon 2020. Selon la fiche de présentation du projet signé entre le MINEE et le groupe
Fides Gestion, les centrales seront construites dans une dizaine de sites pour l‟éclairage de
près de 250 localités, avec une priorité aux zones rurales, fortement dépourvues d‟énergie
électrique [23].
 L’alimentation électrique autonome de l’hôtel de ville de Sangmélima :
Conçu selon un système d‟économie d‟énergie qui fait la part belle à l‟éclairage naturel
avec des grandes ouvertures qui laissent passer la lumière du soleil, l‟hôtel de ville de
Sangmélima, pour pallier à l‟insuffisance de l‟offre électrique, réduire le coût des factures et
assurer un fonctionnement continu est alimenté par un système constitué de 96 plaques
photovoltaïques qui combinées à un générateur électrique assure une autonomie électrique de
tout le bâtiment à toute heure. Il s‟agit d‟un système hybride qui utilise des batteries pour
stocker l‟énergie produite par les plaques photovoltaïques, et le cas échéant, notamment la
nuit tombée, par un générateur [23].
 l’éclairage public :
Réalisé à l‟Université de Dschang, dans la ville de Sangmélima, dans quelques rues de
Yaoundé, notamment autour de la résidence du Premier Ministre, au quartier général, à
l‟Ecole Nationale des Postes et Télécommunication, à l‟Ecole Nationale Supérieur
Polytechnique de Yaoundé, sur l‟axe-lourd Yaoundé Soa ; etc. [23].
 la promotion des kits solaires photovoltaïques :
Electricity Development Corporation (EDC), société à capital public détenue à 100%
par l`État camerounais œuvre pour le développement du secteur de l‟électricité. A cet effet
elle conduit un vaste projet de promotion de kits solaires. Cette action d‟EDC, qui s‟investi
directement dans la commercialisation du matériel solaire, pousse toutefois à quelques
interrogations. En effet, l‟une des missions dévolue à EDC est celle de participer à la
promotion et au développement des investissements publics et privés dans le secteur de
l‟électricité. En ce sens, l‟on se serait attendu à retrouver cette entreprise à un niveau plus
élevé dans les processus de négociation des financements pour le secteur des énergies
renouvelables, et non dans une action de bas étage comme celle de vente du matériel solaire
[23].

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 l’alimentation domestique :
prioritairement pour les zones enclavées ou isolées du réseau électrique national. On
peut avoir des alimentations individuelles (panneaux solaires posés sur les toitures de chaque
case ; ou une alimentation collective par un réseau isolé connecté à une mini-centrale solaire.
Ce type d‟installation se trouve en zone rurale et permet d‟améliorer le taux d‟électrification ;
 La centrale solaire de Djoum :
A Ebolowa, le 25 janvier 2018, Eneo Cameroon annonce la mise en service, à Djoum,
région du sud, de sa centrale photovoltaïque, ceci faisant de Djoum le premier système
hybride thermique-solaire du Cameroun [39].
D‟une capacité de 186 KW couplée à une centrale thermique de 1115 KW et construite
sur une superficie de près de 3500 m2, le parc solaire de Djoum, actuellement le plus
important déjà construit au Cameroun, est pourvu de 600 panneaux solaires de 310 W chacun
et fonctionne en simultané avec les groupes Diesel de la centrale thermique en journée, c'est-
à-dire de 08h à 17h.
C‟est une centrale à injection directe sans batteries, avec 6 onduleurs de 25 KW d‟une
puissance disponible à la sortie de 150 KW. Il est donc nécessaire que la centrale thermique
soit toujours en fonctionnement pour permettre à celle solaire de fonctionner ; car elle vient en
appoint de la centrale thermique. Le projet s‟inscrit dans le Programme Solaire d‟Eneo et des
études on déjà été conduites sur sept sites (Maroua, Guider, Lomié, Ngaoundal, Bertoua,
Yokadouma et Djoum) ayant chacun, une centrale thermique [39].
Les principaux avantages apportés par l‟hybridation d‟une centrale thermique Diesel par le
solaire, comme à Djoum sont : L‟amélioration de la qualité du service ; L‟extension de la
durée du service aux heures de faible demande ; La réduction de la consommation du
carburant ; Ainsi qu‟une diminution de la sollicitation des groupes thermiques, entrainant la
réduction des coûts de maintenance.
 La centrale solaire de Ngang :

L‟ex ministre de l‟eau et de l‟énergie et l‟entreprise chinoise Huawei, ont lancés le 29


novembre 2016, la phase 1 du projet d‟électrification de 1000 localités par systèmes solaires
photovoltaïques, par l‟inauguration de la centrale solaire de Ngang. La population de Ngang,
dans l‟arrondissement de Nkolafamba (région du centre), ont désormais la lumière. La
centrale solaire de Ngang va alimenter au moins 150 ménages en énergie électrique. Ce projet
du gouvernement vise à améliorer les conditions de vie de toutes les populations où qu‟elles
se trouvent, par la fourniture de l‟électricité en quantité et en qualité, gage de l‟accès de la

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majorité des camerounais aux services sociaux de base [41]. Grâce au projet d‟électrification
de 1000 localités par systèmes solaires photovoltaïques, le pays pourra ainsi diversifier son
mix-énergétique, dans lequel le solaire, l‟éolien et la biomasse ne représentent qu‟à peine 1%
de la production globale [42].

Le tableau ci-après présente en fonction des données recueillies les capacités solaires
installées au Cameroun sans prendre en compte les lampadaires solaires. Il permet de ressortir
les capacités cumulées annuellement et de déterminer la vitesse de pénétration du solaire.
Cette puissance est estimée au totale à 1 683,47 Wc.

Tableau 3.8 : Capacités solaires installés au Cameroun en KWc [60].

Au vue de ces données on peut constater que la région de l‟Est qui ne possède pas un
réseau électrique interconnecté est la plus solarisé. Elle est suivie du Sud et ensuite du Centre.
Il est important de noter que d‟après les informations collectées le grand nord ne représente
que 33,7% de toutes les capacités solaires PV installées au Cameroun en fin 2014.

C. Développement de l’énergie de la biomasse


 Entre le Gouvernement camerounais et la Forbes Energy Cameroon (FEC),
filiale du groupe Financial Counsulting, a été signé en février 2011 un protocole d‟accord
pour la création d‟un complexe agro-industriel dans la région du Sud.
Ce protocole vise à définir les modalités de conduite des études pour la création et
l‟exploitation d‟une plantation pilote de 15 à 20.000 hectares de manioc, de pommes de terre
et de sorgho dans le Dja et Lobo. Le pôle agro-industriel du Dja et Lobo devrait, si les
études sont favorables, être bâti autour de 4 complexes industriels devant chacun, assurer la
production d‟amidon, de bioéthanol et surtout, d‟électricité.

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 Installer au Cameroun une centrale thermique produisant de l’énergie électrique


grâce à la combustion des coques de cabosses de cacao : C‟est l‟ambition que s‟est fixée
la société Energy Biomass Sourcing (EBS), qui entend ainsi contribuer à la diversification
du mix énergétique du pays, notamment en développant des projets dans le domaine de la
biomasse. Ce projet devrait transformer tout l‟écosystème de la cacao-culture au Cameroun,
qui se limite encore à la production et la commercialisation des fèves, lesquelles ne
représentent en réalité qu‟environ 40% de la cabosse. En effet avec l‟installation de cette
centrale, les producteurs pourront substantiellement augmenter leurs revenus en vendant non
seulement les traditionnelles fèves, mais aussi les coques de cabosses généralement
inutilisées [43].
D. Développement de l’énergie marémotrice
Le MINEE a signé en octobre 2010 avec la MRS Holding Limited, entreprise
nigériane, un mémorandum d'entente pour le développement de l‟énergie marémotrice au
Cameroun. MRS Power Cameroon, filiale locale de ce groupe, affirme pouvoir se passer des
fonds publics pour le financement de son projet et affiche son ambition « de satisfaire toute la
demande nationale en énergie électrique, de réduire de moitié le tarif d‟électricité et même de
faire du Cameroun une puissance énergétique régionale, exclusivement sur fonds propres ».
L‟énergie marémotrice est encore peu utilisée même au niveau mondial. [23].
E. Développement de l’éolienne :
L‟énergie éolienne est encore au stade expérimental au Cameroun. Des projets pilotes
universitaires (université de Dschang, Institut Supérieur du Sahel, etc.) réalisés depuis 2009
en témoignent. Ils portent surtout sur la micro éolienne. Le tableau ci-après en présente la
quintessence.

Tableau 3.9 : quelques infrastructures éoliennes au Cameroun [60].

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Le tableau suivant nous présente les projets dont les études de faisabilités ont déjà été
validées.

Tableau 3.10 : liste des projets d’infrastructures d’énergie renouvelable [60].

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3.3.2.2. Initiatives des acteurs non étatiques


Certaines organisations basées ou ayant des filiales au Cameroun font de la
vulgarisation des énergies renouvelables, l‟une des priorités de leurs actions. Ainsi certaines
actions de l‟ACREST, de l‟ADEID, de la GIZ, de la SNV, de GVC et de HUAWEI ont été
identifiées.
 ACREST
Depuis sa création en 2003, l‟ACREST oriente ses actions vers la promotion de
l‟énergie solaire, de l‟énergie hydraulique et hydroélectrique, du biogaz et du charbon
écologique. Il dispose sur son site d‟une salle d‟exposition des technologies développées, des
ateliers de recherches et de construction (mécanique, électrotechnique…), des installations de
démonstration (fours et foyers améliorés, fours solaires, éoliennes, roues hydrauliques,
turbines hydrauliques…), et surtout deux grandes unités de production d‟énergie
renouvelable (un bio-digesteur de 10.000 m3 et une micro centrale de production
hydroélectrique d‟une capacité maximale de 115KW) [23].
 ADEID
L‟association Action pour un Développement Equitable, Intégré et Durable (ADEID) est
une association sans but lucratif dont le but est de promouvoir l‟épanouissement intégrale de
l‟homme sur toutes ses dimensions, par l‟amélioration constante de ses propres connaissances
à travers des activités saines dans un environnement sain, en vue d‟un développement
harmonieux des communautés et des communes. Par son Département des Energies
renouvelables et des Technologies propres, elle dédie plusieurs activités à la promotion de
tous les types d‟énergies renouvelables dont la micro-hydraulique, le solaire, l‟éolienne et la
biomasse. Pour la micro-hydraulique, l‟association œuvre pour le renforcement des capacités
des communautés locales dans la construction des micro-barrages hydroélectriques [23].
 GVC
Depuis 1996 année de sa création, l‟ONG Global Village Cameroon avait orienté ses
actions vers la promotion des énergies renouvelables.
Son travail peut être apprécié à travers quelques publications et actions dont : La
construction d‟une mini-centrale solaire photovoltaïque dans l‟arrondissement de Ngan-ha,
région de l‟Adamaoua en 2011 est aussi mettre à son actif. Grâce à elle, environ 75 ménages
de la localité sont désormais alimentés en électricité et en eau potable [23].

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 HUAWEI
293 panneaux photovoltaïques et 93 lampadaires, pour une capacité de production de 73
KW d‟énergie électrique par jour. Ainsi se résume la mini-centrale solaire, d‟un coût global
de 454 millions de francs Cfa, que la firme chinoise Huawei Technologies a offert à la localité
de Mvomeka‟a, village natal du chef de l‟Etat situé dans la région du Sud. L‟infrastructure a
été inaugurée le 27 août 2015 par l‟ex ministre de l‟énergie Atangana Kouna [42].

3.3.2.3. Autres initiatives


En dehors des actions de vulgarisation des énergies renouvelables suscitées, d‟autres
personnes privées ont construit pour leur usage, des installations de production d‟énergie à
partir de sources renouvelables. Le Comité d‟Action pour le Développement du Village
Marom (CADEVIM) situé dans la banlieue de Foumban dans la région de l‟Ouest, à initié la
construction d‟une pico centrale hydroélectrique [23].
Tableau 3.11 : Liste de quelques organisations nationales et internationales et des entreprises
du secteur privé œuvrant dans le secteur énergies renouvelables au Cameroun [23].

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Tableau 3.12 : Puissances installées (thermiques et énergies renouvelables)

Centrales thermiques existantes sur le RIS Puissances installées MW


Centrale thermique de Douala Bassa 2 et 3 18
Centrale thermique de Limbé 85
Centrale thermique d‟Oyomabang 32,5
Centrale thermique de Yassa-Dibamba 86
Centrale thermique de Bafoussam 14
Centrale thermique de Kribi 216
Centrale thermique de Logbaba 50

Centrale thermique existantes sur le RIN Puissances installées MW


Centrale thermique de Djamboutou 13,7
Centrale thermique de Maroua 10

Centrale thermique existantes sur le RIE et Isolées Puissances installées MW


Centrale thermique de Bertoua 6,4
Centrale thermique isolée 36,1

Centrale thermique d’urgence Puissances installées MW


Centrale thermique de Bamenda 20
Centrale thermique de Mbalmayo 10
Centrale thermique d‟Ebolowa 10
Centrale thermique d‟Ahala 60
TOTAL Thermique 667,7
Production via les énergies renouvelables Puissances installées MW
Solaire 2,4515
Eolienne 0,0044
Micro-hydroélectricité 0,094
TOTAL EnR 2,55
3.4. CONCLUSION

Arrivé au terme de ce chapitre, il en ressort qu‟au Cameroun en dehors des


centrales hydroélectriques il existe également des centrales thermiques qui viennent en
appoint dans la production de l‟énergie électrique. Ces centrales majoritairement à moteurs
Diesel et fonctionnent grâce au fuel lourd (HFO) ou léger (LFO) et éventuellement au gaz
naturel. On constate également que le Cameroun dispose en son sein un potentiel énorme en
énergie renouvelable mais pas encore exploité jusqu‟ici ; En somme, toutes ces actions
menées par les acteurs non étatiques sont, comme celles du secteur public, non structurées,
dispersées, manquant d‟informations et de visibilité. De même, en l‟absence de toute
réglementation claire pour les encadrer, ces actions souffrent cruellement d‟un manque de
soutien financier de l‟Etat, ce qui laisse planer un réel doute pour leur pérennité.

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4.1. INTRODUCTION
Sans énergie électrique, il n‟ya pas de croissance économique, ni un réel épanouissement
de la population. La nécessité de produire de l‟énergie électrique en grande quantité s‟avère
très importante pour satisfaire l‟équilibre socio-économique d‟un pays. Le Cameroun malgré
son énorme potentiel énergétique enregistre toujours un faussé ou encore un déséquilibre
entre l‟offre et la demande d‟énergie électrique. Dans ce chapitre nous verrons en premier les
agents ou acteurs qui interviennent dans le secteur de l‟électricité au Cameroun ; en suite, les
différents réseaux interconnectés du pays ; puis l‟offre disponible du pays, en suite la
demande d‟énergie par secteur et par niveau de tension et enfin apporter des solutions dans le
but de résorber le déficit énergétique du pays.

4.2. LES AGENTS OU ACTEURS DU SECTEUR DE L’ENERGIE


ELECTRIQUE AU CAMEROUN

Ce secteur névralgique engage divers acteurs pas toujours connus du grand public.
Il s‟agit ici de qui fait quoi dans le secteur de l‟énergie au Cameroun. Revue des troupes :

4.2.1. L‟Etat, le principal pourvoyeur :

C‟est une mission essentielle du gouvernement de la République que de pourvoir aux


besoins en énergie de sa population. L‟Etat du Cameroun est le principal acteur du secteur de
l‟énergie dans notre pays. Il investit dans la construction de barrages hydroélectriques et
s‟emploie à trouver des sources alternatives dans le domaine des énergies renouvelables
encore appelées énergies vertes ou énergies non-polluantes. Pour s‟assurer de l‟efficience de
la fourniture d‟énergie dans le pays, l‟Etat prend des parts dans l‟essentiel des entreprises
engagées dans ce processus. Le ministère de l'Eau et de l'Energie élabore et met en œuvre la
politique énergétique du gouvernement alors que le Ministre des Finances est le partenaire de
la concession d'Eneo Cameroon [61].

4.2.2. Eneo Cameroon, le producteur et le distributeur :

Contrairement aux idées répandues, Eneo n‟est pas la seule entreprise responsable de
la chaine énergétique au Cameroun. A priori, l‟opérateur n‟est chargé que de la distribution
(la vente) de l‟électricité, les taches de transport et de production étant dévolues à d‟autres
entreprises. Toutefois dans un contexte de balbutiement et en guise de mesure transitoire,
l‟Etat a concédé à Eneo le droit de produire et de transporter l‟énergie électrique.

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Mais plus tard, la fonction transport lui a été retirée au profit de la Sonatrel. La
capacité installée de l‟opérateur Eneo est contractuellement limitée à 1000 MW. C‟est donc
principalement aux producteurs indépendants et à l‟Etat qu‟il revient de produire de l‟énergie
pour la revendre à Eneo [61].

4.2.3. KPDC, DPDC, NHPC, des producteurs indépendants :


Le consortium formé par le Britannique CDC Group et le fonds norvégien Norfund, a en
septembre 2015, repris les actifs de Globeleq Africa (alors contrôlé par le fonds
d‟investissement britannique Actis) dans KPDC et DPDC, deux entreprises qui gèrent les
centrales à gaz de Kribi et à fioul de Dibamba. Ce consortium anglo-norvégien, est pour
l‟instant le premier producteur privé d‟électricité au Cameroun. Ce groupe pourrait très
bientôt être supplanté par un investissement français. Le 7 juillet 2016, le gouvernement
camerounais a conclu avec la Société financière internationale (SFI) et la société Electricité de
France (EDF), un pacte d‟actionnaires en vue de la création de la Nachtigal Hydro Power
Company (NHPC), entreprise devant exploiter le futur barrage de Natchigal [61].
4.2.4. Sonatrel, le transporteur :

Crée en Octobre 2015 la Société nationale de transport de l‟électricité (Sonatrel) est la


Société publique en charge du développement et de la gestion du réseau de transport de
l‟électricité au Cameroun. Le réseau de transport de l‟électricité au Cameroun se résume en :
1944 km de lignes haute tension pylônes en fer et à trois ou 4 pieds, des câbles nus qui
évacuent l‟énergie des stations de production vers les grands centres de consommation. Le
processus de transfert des activités de transport d‟Eneo à Sonatrel est enclenché. En attendant
qu‟il aboutisse et selon l‟avenant du contrat de concession signé entre l‟Etat et Eneo, Eneo ne
peut pas faire d‟investissement nouveau sur le réseau de transport. Il ne peut se contenter que
de le maintenir [61].

4.2.5. EDC, le gérant du patrimoine Etatique :

Créée par décret n°2006/406 du 29 novembre 2006, Electricity Development


Corporation (EDC) est une société à capital public avec l‟Etat comme actionnaire unique.
Elle s‟occupe de la gestion, pour le compte de l‟Etat, du patrimoine public dans le secteur de
l‟électricité. Son rôle consiste en l‟étude, la préparation ou la réalisation de tout projet
d‟infrastructure dans le secteur de l‟électricité qui lui est confié par l‟Etat de même qu‟à la
participation, la promotion et au développement des investissements publics et privés dans le
secteur de l‟électricité.
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EVALUATION ET ESTIMATION DES TYPES DE PRODUCTION D’ENERGIE ELECTRIQUE
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EDC a également en charge la construction et l‟exploitation des ouvrages de


régularisation des eaux de bassins, et notamment du barrage de Lom Pangar, ainsi que
l‟exploitation directe des barrages réservoir du pays, conformément aux contrats de
concession existant entre l‟Etat et les différents opérateurs [61].
4.2.6. Arsel, le régulateur :

L‟Agence de régulation du secteur de l‟électricité (Arsel) a été instituée par la loi


N°98/022 du 24 décembre 1998, régissant le secteur de l'électricité. Cette loi a été modifiée
et complétée par la loi N° 2011/022 du 14 décembre 2011 qui consacre la libéralisation du
secteur de l'électricité au Cameroun. L'Arsel assure la régulation, le contrôle et le suivi des
activités des exploitants et des opérateurs du secteur de l'électricité, dans le cadre de la
politique définie par le Gouvernement. Elle est entre autres chargée : de veiller aux intérêts
des consommateurs et d'assurer la protection de leurs droits pour ce qui est du prix, de la
fourniture et de la qualité de l'énergie électrique; de promouvoir la concurrence et la
participation du secteur privé dans les domaines de l'énergie électrique et d'arbitrer les litiges
entre opérateurs ou entre opérateurs et consommateurs [61].
4.2.7. AER : le promoteur de l’électrification rurale

L‟Agence d‟Electrification Rurale (AER) est chargée de promouvoir l‟électrification


rurale ; son action est d‟accompagner les populations rurales dans son expertise, son appui
financier et technique.

4.3. LES RESEAUX INTERCONNECTES EXISTANTS


Il existe 02 types de réseaux :
Le réseau de transport :

Qui permet d‟acheminer l‟énergie des sources de production jusqu‟au transformateur


HTB/HTA encore appelé poste source. Et ;

Le réseau de distribution :

Qui permet d‟acheminer l‟énergie du transformateur HTB/HTA jusqu‟au client final. Il


permet de transporter l‟énergie électrique à l‟échelle locale, des centres de distribution vers le
client final qui sont, les petites et moyennes entreprises, les villes, les grandes surfaces, les
commerces, les artisans, les particuliers etc… Il peut exister localement des sources de
production qui injectent de l‟électricité sur le réseau comme (éolien, micro-centrales
hydrauliques,….).
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4.3.1. Le Réseau Interconnecté Sud (RIS)

Le réseau de transport interconnecté sud (RIS) permet d‟évacuer vers les centres de
consommation l‟énergie produite par les centrales hydroélectriques de Song Loulou et Edéa,
et les centrales thermiques d‟Oyomabang, Bassa, Logbaba, Limbé et Bafoussam etc...
Le RIS se compose de 480 Km de lignes 225 KV et plus de 1009,4 Km de lignes 90
KV, et de 17 postes sources HT/MT (06 postes sources à Douala : Bonabéri ; Deido ;
Koumassi ; Bassa ; Makèpè ; Ngodi Bakoko. 06 postes sources à Yaoundé : Ngousso ;
Oyomabang ; Kondengui ; BRGM ; Ahala ; Nsimalen. 01 poste à Nkongsamba ; 01 poste à
Bafoussam ; 01 à Mbalmayo ; 01 à Djock Kong précisément à Boumnyebel et en fin 01 poste
source à Edéa) [62].
Le RIS s‟étend dans six provinces : Centre, Sud, Littoral, Ouest, Nord-Ouest et Sud-
Ouest. Il se subdivise en 3 grandes régions : le Centre (Provinces Centre et Sud), le Littoral et
l‟Ouest (Provinces Ouest, Sud-Ouest et Nord-Ouest). Le schéma ci-après illustre la
configuration spatiale du RIS.

Figure 4.1 : configuration spatiale du RIS [17].

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EVALUATION ET ESTIMATION DES TYPES DE PRODUCTION D’ENERGIE ELECTRIQUE
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4.3.2. Le Réseau Interconnecté Nord (RIN)

Le réseau de transport interconnecté Nord (RIN) permet d‟évacuer vers les centres de
consommation (Garoua, Maroua, Ngaoundéré et Meiganga) l‟énergie produite par la centrale
hydroélectrique de Lagdo et les centrales thermiques de Djamboutou, Kousseri et Maroua.
Le RIN se compose de 400 Km de lignes 110 KV et 201 Km de lignes 90 KV, et de 4
postes sources (Ngaoundéré ; Djamboutou ; Guider et Maroua) alimentant les réseaux de
distribution. Le RIN s‟étend dans trois provinces du « Grand Nord » [17].

Figure 4.2 : configuration spatiale du RIN [17].

4.3.3. Le Réseau Interconnecté Est (RIE)

Il n‟y a pas à proprement parler de réseau de transport interconnecté. Seules deux


lignes 30 KV permettent d‟évacuer l‟énergie vers les centres de consommation autour de la
centrale thermique de Bertoua.

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4.4. LES TYPES DE CONSOMMATEURS D’ENERGIE ELECTRIQUE AU


CAMEROUN

Dans les systèmes électriques actuels, on distingue, selon le niveau de tension, la fonction
et la topologie trois types de réseaux électriques : Réseau De Transport et d‟interconnexion
(RDT) ; Réseau De Distribution (RDD) ; Réseau De Répartition (RDR). De la même manière
les consommateurs se classent en suivant Ces trois catégories :

4.4.1. Les consommateurs ayant une puissance apparente supérieure à 10 MVA :

Pour les plus gros sites industriels, en raison de la consommation très importante, le
client est directement raccordé en HTB (63 ou 90 KV) voire THT (225 KV). Dans ce cas, le
client possède un réseau interne comprenant un poste de transformation HTB/HTA, un réseau
HTA, des postes HTA/BT et des différents réseaux BT. Ces le cas par exemple d‟Alucam ;
Cimencam ; Socatral…. [63].

4.4.2. Les consommateurs ayant une puissance apparente entre 0,5 et 10 MVA :

Dans des installations de taille moyenne, le client est directement raccordé au réseau
HTA. Ces le cas par exemple pour un hôpital ou un fabricant de matériel électronique. Ici, la
structure du réseau électrique comprend une station HTA/BT et différents réseaux BT ; ce
type d‟installation intègre de plus en plus des sources d‟alimentation autonomes [63].

4.4.3. Les consommateurs ayant une puissance apparente inférieure à 0,5 MVA :

Cette catégorie comprend tous les consommateurs tels que, les consommateurs
domestiques ; les petits sites industriels, etc. Dans ce cas, les consommateurs sont directement
raccordés au réseau BT (230 V, 400 V) [63].

4.5. ECART ENTRE L’OFFRE ET LA DEMANDE D’ENERGIE


ELECTRIQUE AU CAMEROUN

Pour remédier au déficit en énergie électrique, le Cameroun a élaboré depuis 2005 un


plan de développement du secteur électrique à l‟horizon 2030 (PDSE 2030). La version
actualisée de ce plan (PDSE, 2006) vise la mise en valeur du potentiel hydroélectrique
Camerounais pour satisfaire une demande évaluée à l‟horizon 2030 à 15 TWh en énergie et à
2400 MW en puissance de point (scénario « Médian »). Avant d‟y parvenir, notons que l‟offre
actuellement disponible plombe la demande future [64].

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4.5.1. L’offre disponible :

Malgré son potentiel hydroélectrique considérable, ses ressources importantes en


énergie renouvelable et ses réserves de gaz naturel offshore appréciables et suffisantes pour
un développement économique soutenable du pays sur le long terme, le système énergétique
Camerounais connait un problème dans ce secteur. Ce problème en énergie est attribuable
d‟une part à un manque d‟investissements, mais surtout à une politique qui donne la priorité à
l‟offre énergétique et délaisse les actions de maîtrise de la demande d‟énergie. [64].

4.5.1.1. Les parcs de puissances installées :

La production d‟énergie électrique se fait à partir des infrastructures possédant


chacune une capacité installée précise. Le tableau ci-dessous présente la situation des
puissances installées des équipements.

Tableau 4.1 : Evolution de la puissance installée du parc électrique par source


d’énergie (en MW) [60].

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D‟après le tableau 4.1, la puissance installée du parc croît fortement depuis 2009 grâce
à la mise en service de certains équipements de production comme la centrale thermique de
Yassa, les centrales thermiques du Programme Thermique d‟Urgence (PTU) et la centrale à
gaz de Kribi, à la réhabilitation d‟autres (centrale hydroélectrique d‟Edéa) et à l‟utilisation
sans cesse croissante des groupes électrogènes dans les ménages, les services et les industries.

On note en 2017, après 3 ans, que l‟effort d‟investissements d‟Eneo Cameroon dans la
production a permis de doter le pays de capacités nouvelles, soit 50 MW au gaz à Logbaba
Douala en 2015, la mise en service en 2016 du barrage hydroélectrique de Lom pangar (30
MW) et l‟entrée en service de la centrale thermique de Maroua (10 MW). Au total, l‟ensemble
du système à bénéficié d‟un apport de 90 MW.

L‟hydroélectricité qui jadis possédait la plus grande puissance installée se voit


dépasser par les groupes électrogènes Onshore à partir de 2012. La puissance installée des
centrales thermiques publiques n‟atteint pas celle des groupes électrogènes Onshore malgré sa
croissance remarquable. Cette forte présence des groupes électrogènes à combustibles fossiles
sur le territoire mettrait ainsi en exergue le problème de délestage connu ces dernières années
et la volonté des ménages, services et industries à combler ce vide [60]. Malgré quelques
avancées faites dans le domaine des énergies renouvelables, sa puissance installée reste
marginale dans le mix énergétique.

Figure 4.3 : puissance installée du parc électrique en 2014 (%) [60].


La figure 4.3, montre qu‟en 2014, la puissance installée estimée et opérationnelle des
groupes électrogènes Onshore à combustibles fossiles présente 40,83% devant
l‟hydroélectricité (31,46%) et le thermique publique (26,71%). La part des énergies
renouvelables (0,11%) reste encore très embryonnaire.

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De ce graphe également on constate que la puissance totale installée estimée et


opérationnelle est de 2327,45 MW hormis l‟apport additionnel réalisé ; en 2017 le pays
dispose d‟une puissance installée de 2327,45 MW additionnée à l‟apport réalisé au bout de 3
ans estimé à 90 MW ; ce qui donne une puissance installée estimée et opérationnelle de
2417,45 MW. La production électrique publique (évaluée par la production d‟hydroélectricité
délivrée par Eneo Cameroon et la production thermique publique délivrée par Eneo, KPDC et
DPDC) plus la part des énergies renouvelables est estimée à 1432,45 MW dont 762,2 MW
pour hydroélectricité ; 667,7 MW pour les centrales thermiques et 2,55 MW pour l‟énergie
renouvelable ; dont 54,68 % concernant l‟hydroélectricité, 45,31 % concernant les centrales
thermiques et la production d‟énergie électrique à partir des sources renouvelables hormis la
biomasse représente moins de 0,19%. Il faut savoir que contractuellement, Eneo dispose
d‟une capacité de production plafonnée à 1000 MW ; c‟est par exemple la raison pour laquelle
elle a créé les filiales KPDC et DPDC ; mais notons qu‟à ce jour Eneo Cameroon est déjà à
998,5 MW (76,12% pour hydroélectricité et 23,88% pour la thermique) donc très proche de
son maximum.

4.5.1.2. Production de l’énergie électrique par réseau interconnecté :

Le RIS est le réseau le plus important de part son étendue géographique et sa forte
concentration en infrastructures de production. Ces dix dernières années, sa production
d‟énergie électrique s‟est accrue sous forme d‟escalier (75 %) avec une forte augmentation de
la production de 2012 à 2017 de la mise en service des centrales thermiques du PTU en 2012,
de la centrale à gaz de Kribi en 2013 et à Logbaba en 2015. Par contre, les productions du
RIN et RIE sont respectivement dans l‟ordre de (18 %) et (7 %) et se sont juste légèrement
accrue grâce au raccordement de la centrale de Kousseri en 2013, à la mise en service du
barrage de Lom pangar en 2016, et à la mise en service de la centrale de Maroua en 2017.

production d'électricité par réseau

100%

50%

0%
RIS RIN RIE TOTALE
Thermique 35% 7% 3% 45%
Hydroélectricité 40% 11% 4% 55%

Figure 4.4 : Evolution de la production d’électricité par réseau


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4.5.2. Demande d’énergie électrique au Cameroun

Au Cameroun, les consommateurs de l‟énergie électrique publique sont classés selon le


niveau de tension à savoir :

 la Haute Tension (HT) ;


 la Moyenne Tension (MT) ;
 la Basse Tension (BT).

L‟on note qu‟ALUCAM, SOCATRAL, CIMENCAM de Douala, DANGOTE (clients


HT) et CIMENCAM de Figuil, CICAM de Garoua (clients MT) sont des clients ayant un
traitement spécial avec Eneo. Avant de consommer, il faut au préalable souscrire à un
abonnement. Ainsi, le nombre d‟abonnés n‟a cessé d‟augmenter et est égale à 1 165 459 en
2017 [60].

4.5.2.1. Le nombre d’abonnés :

Auprès du concessionnaire Eneo, l‟abonnement se fait selon le niveau de tension


sollicité. Jusqu‟en 2013, le Cameroun comptait trois abonnés Haute Tension et ce n‟est qu‟en
2014 que la nouvelle cimenterie DANGOTE, installée à Douala s‟enregistre dans la catégorie
[60]. La Basse Tension, constituée principalement des ménages et des services, qui regorge le
plus grand nombre d‟abonnés, n‟a cessé de croître de façon continue sur la décennie avec un
accroissement moyen de 85 000 abonnés par an. Par contre, en Moyenne Tension (industries),
l‟évolution est restée presque constante, montrant un investissement timide dans l‟industrie.
Eneo dispose actuellement d‟un portefeuille de 1 165 459 de clients (abonnés) [65].

4.5.2.2. Demande d’énergie électrique dans les différents secteurs

En dehors des pertes non techniques dues à la fraude, l‟énergie électrique produite sur
le territoire est demandée et consommée par les différents secteurs suivants :

 le secteur industriel ;
 le secteur résidentiel ;
 les autres secteurs.

Cette demande qui ne cesse de croitre et qui dispose d‟un taux de croissance de 7,5% par
an, ne prend pas en compte l‟apport énergétique dû aux énergies renouvelables [60].

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EVALUATION ET ESTIMATION DES TYPES DE PRODUCTION D’ENERGIE ELECTRIQUE
AU CAMEROUN

Le secteur industriel est le plus gros consommateur d‟énergie électrique au Cameroun.


Ses besoins énergétiques sont estimés à plus de 50 % par an sur l‟ensemble de la demande
territoriale.

A. Demande d’énergie électrique du secteur industriel :

Le secteur industriel est une composante incontournable pour l‟émergence du


Cameroun de part sa contribution et son rôle moteur dans le développement économique. Il
serait important d‟accélérer l‟augmentation de l‟offre en énergie électrique afin de favoriser
l‟accroissement du nombre des industries sur le territoire qui permettrait de booster
l‟économie. Dans le secteur industriel, la demande d‟énergie électrique est dominée par
l‟aluminerie (ALUCAM) ; en dehors des autres industries, les industries extractives suivent
l‟aluminerie [60]. Ce secteur représente 55 % de la demande d‟énergie totale.

Figure 4.5 : demande d’énergie électrique du secteur industriel en pourcentage [60].

Cette figure 4.5 nous indique que les industries d‟aluminerie et de fabrication de produits
métalliques représentent presque la moitié (47,6%) de la demande d‟énergie électrique des
industries. En dehors des autres industries et de celles extractives, les composantes
d‟industries restantes présentent chacune une demande de moins de 5%. Pour leur bon
fonctionnement, les entreprises du secteur industriel s‟alimentent généralement en HT et MT.

B. Demande d’énergie électrique du secteur résidentiel :

Au Cameroun, le milieu résidentiel constitue l‟ensemble des ménages et s‟alimente en


MT et BT. La demande finale d‟énergie électrique du milieu résidentiel est essentiellement
faite en BT. Cette demande croit quasi-linéairement sur la décennie. Ceci s‟expliquerait par la

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AU CAMEROUN

hausse de la population, par conséquent du nombre de ménages qui a besoin de s‟alimenter en


énergie électrique. Ce secteur représente 22 % de la demande d‟énergie totale.

C. Demande d’énergie électrique des autres secteurs :

Les autres secteurs regroupent : les hôtels et restaurants ; l‟Administration ; l‟agriculture ;


l‟exploitation forestière ; la chasse, l‟élevage et la pêche ; les autres secteurs du tertiaire. Dans
les autres secteurs, en dehors des autres tertiaires, l‟Administration est la plus grosse
consommatrice. Ensuite, vient les hôtels et restaurants, l‟agriculture, la chasse, l‟élevage et la
pêche et enfin l‟exploitation forestière, la consommation de l‟exploitation forestière reste
faible sur la décennie. Ce secteur représente 23 % de la demande d‟énergie totale.

Figure 4.6 : demande d’énergie électrique des autres secteurs en pourcentage [60].

D‟après cette figure 4.6, l‟on remarque que la consommation d‟énergie électrique de
l‟Administration camerounaise n‟est pas négligeable. Il serait judicieux d‟appliquer des
mesures d‟économie d‟énergie dans cette composante. L‟on note de ce qui précède que la
demande d‟énergie par secteur est dominée par le secteur industriel ceci grâce à la société
Alucam, ensuite viens les autres secteurs et le secteur résidentiel. La figure 4.7 nous montre
une évolution de la demande d‟énergie électrique par Alucam et les autres demandes.

Figure 4.7 : Demande d’énergie électrique par secteur en MW [16].


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AU CAMEROUN

4.5.2.3. Accès des ménages à l’énergie électrique :


A. Proportion des ménages ayant accès à l’énergie électrique :

La proportion des ménages ayant accès à l‟énergie électrique désignant le pourcentage


des ménages possédant de l‟énergie électrique est le rapport entre le nombre de ménages
alimentés en énergie électrique et le nombre total des ménages [60]. Le nombre de ménages
alimentés en énergie électrique est composé : des abonnés individuels d‟Eneo c‟est-à-dire
ceux qui possèdent un compteur mécanique ou électronique ; des ménages alimentés en
énergie électrique par les voisins ; des ménages qui s‟alimentent directement sur le réseau
électrique ; des ménages produisant eux-mêmes leur électricité par des groupes électrogènes
et systèmes d‟énergie renouvelable.

Ce taux est donné par la formule suivante :

Ta = (4)

Avec :
Ta : Taux d‟accès à l‟énergie électrique
NME : Nombre de ménages électrifié
NTM : Nombre totale de ménage
Cet indicateur a été calculé par l‟INS lors des enquêtes réalisées sur les ménages aux
Cameroun. Lesdites enquêtes ont été faites en 2001, 2007 et 2014. Le graphique suivant
ressort le pourcentage des ménages utilisant l‟énergie électrique en 2001, 2007 et 2014 selon
le milieu de résidence (zone urbaine ou rurale) [60].

Figure 4.8 : pourcentage de ménages électrifiés au Cameroun [60].

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AU CAMEROUN

On constate d‟après la figure 4.8, qu‟en 2001 et 2007 la proportion des ménages ayant
accès à l‟énergie électrique a avoisiné les 50 %, passant de 46,1% à 48,2% avant d‟atteindre
62,1% en 2014 sur l‟ensemble du territoire national grâce aux efforts d‟extension du réseau
électrique. En milieu urbain, la proportion a augmenté de 2,2 points en 2007 par rapport à
2001 et de 5,5 points en 2014 par rapport à 2007 tandis qu‟en milieu rural, elle est a perdu 1,2
point en 2007 par rapport à 2001 avant de gagné 11,7 points en 2014 par rapport à 2007. En
2017 le Cameroun dispose d‟un taux d‟accès à l‟énergie électrique de 53,70 % ; on constate
qu‟en trois ans le taux d‟électrification au Cameroun à baissé de 8,4 %. Seulement 21,7%
(taux électrification rural) de localités sont couvertes car 2960 localités sur 13634 sont
électrifiées contre un taux d‟électrification urbain de 32 % [66].

B. Taux d’accès comptable à l’énergie électrique publique :


Le taux d‟accès comptable à l‟énergie électrique publique se définit comme le ratio
entre le nombre d‟abonnés et le nombre total de ménages [60]. En 2017 le nombre total de
ménage au Cameroun était de 4 905 000 ménages.
Ce taux est calculé en utilisant la formule suivant :

Te = (5)

Avec :
Te : taux d‟accès comptable ou taux d‟électrification
NA : Nombre d‟abonnés à Eneo
NTM : Nombre totale de ménage
Cet indicateur a évolué comme le montre le graphe ci-dessous.

Figure 4.9 : pourcentage comptable de ménages électrifiés au Cameroun [60].

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EVALUATION ET ESTIMATION DES TYPES DE PRODUCTION D’ENERGIE ELECTRIQUE
AU CAMEROUN

Il ressort de la figure 4.9 que le taux d‟accès comptable à l‟énergie électrique croit
d‟environ un point par an depuis 2006, passant ainsi de 15,5% à 22,6% en 2014. Cependant,
cette évolution reste faible. Ceci traduit le fait qu‟il y‟a peu d‟abonnés par rapport au nombre
de ménages ; tandis que le pourcentage de ménages ayant accès à l‟énergie électrique était de
48,2% en 2007. Il pourrait se dégager l‟hypothèse selon laquelle le nombre de ménages
alimentés en énergie électrique par les abonnés est largement supérieur au nombre d‟abonnés
d‟Eneo. En 2017 le taux d‟accès comptable est de 23,7 % ; ceci par rapport au nombre
d‟abonnés (1 165 459) et au nombre total de ménages estimé à 4 905 000 par institut national
de statistique ; ce taux n‟a vraiment pas augmenté, 23,7 presque 24% contre 22,6% en 2014.

On note que plus de 75% des ménages ne sont pas électrifiés au Cameroun, avec un
pourcentage beaucoup plus élevé en zone urbaine qu‟en zone rurale.

% d'électrification au Cameroun

24%
% électrifié
% non électrifié
76%

Figure 4.10 : Taux d’électrification au Cameroun en pourcentage.

C. Répartition de la demande d’énergie au Cameroun :

La figure 4.11 présente la répartition de la demande et l‟accès en énergie électrique


dans les différentes régions du pays. Elle présente également le pourcentage et les différents
abonnés du concessionnaire Eneo par région. D‟après elle, on constate que la ville contenant
le plus grand nombre d‟abonnés à Eneo Cameroun est la ville de Douala ensuite viens la ville
de Yaoundé, il en ressort donc que l‟énergie électrique émise à Douala et Yaoundé est plus
grande que celle émise dans les autres régions. La figure suivante nous donne le pourcentage
d‟énergie émise dans chaque région électrique, c‟est-à-dire la part dont dispose chaque région
dans le taux d‟électrification totale. La consomma d‟électricité par habitant au Cameroun est
de 274 KWh, soit seulement 9 % de la moyenne mondiale (3 030 KWh) et moins de 4 % de
moyenne en France 6 955 KWh [50].

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Sanaga Océan; 2% Sud et Mbalmayo;


Nord; Extrème- Ouest et Nord- 3%
Nord et ouest; 8%
Adamaoua; 7%
Sud-
ouest et Douala; 42%
Moungo;
7%

Est; 2%
Centre; 2%
Yaoundé; 27%

Figure 4.11 : Part de chaque région dans le Taux d’électrification au Cameroun en % [48]

4.6. CONFRONTATION ENTRE L’OFFRE ET LA DEMANDE D’ENERGIE


ELECTRIQUE AU CAMEROUN

Après avoir évalué et projeté l‟offre et la demande d‟énergie électrique, une confrontation
de ces deux composantes s‟avère nécessaire afin de mieux évaluer non seulement les efforts
fournis mais aussi et surtout les défis à relever.

D‟après la figure 4.12 ; de 2011 à 2014, l‟offre d‟énergie électrique a été suffisante pour
couvrir la demande, ceci grâce au programme thermique d‟urgence qui a permis la
réhabilitation d‟un bon nombre de centrales thermiques. En 2013, l‟écart entre l‟offre et la
demande s‟est agrandi, en raison de la mise en service de la centrale thermique à gaz naturel
de Kribi qui a augmenté l‟offre d‟énergie électrique d‟une puissance de 216 MW. Cette
augmentation de la fourniture d‟électricité a stimulé les activités du secteur secondaire dont la
croissance est évaluée à 9,3 % en 2014 contre 5,7 % en 2013 [16]. Ce regain de croissance
industrielle a engendré une augmentation de la demande en énergie électrique qui va
progressivement résorber l‟excès d‟offre. Ainsi, de 2015 à 2016, la fourniture d‟énergie
électrique n‟a pas été juste suffisante pour satisfaire une demande sans cesse croissante [16].
En 2017, avec l‟extension de la société ALUCAM, la fourniture d‟énergie n‟a pas été
suffisante pour couvrir les besoins énergétiques de ce projet énergivore et la demande du pays
malgré la mise en service de la centrale thermique de Maroua.

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Il est à noter cependant que depuis 2011, la fourniture d‟énergie électrique au Cameroun
s‟est considérablement améliorée, pour soutenir durablement la croissance économique et
accompagner le pays dans sa marche vers l‟émergence, cette offre reste insuffisante. Il est
donc nécessaire, voire indispensable, non seulement de finir les chantiers en cours mais aussi
de lancer les travaux de construction des centrales hydroélectriques citées ci-dessus et qui sont
soit en attente de construction soit en phase d‟étude. Par ailleurs, la mise en œuvre du «Projet
de centrales photovoltaïques Cameroun 2020» basée sur la construction de plusieurs centrales
solaires devient désormais un impératif.
Il y a lieu de noter également qu‟en plus de la construction de ces centrales, les
moyens de transport et de distribution appropriés devront également être développés. Au total,
en dépit des efforts remarquables pour augmenter la fourniture d‟énergie électrique au
Cameroun, beaucoup d‟efforts restent à faire afin de soutenir la croissance du pays et
améliorer les conditions de vie des populations.

Figure 4.12 : Confrontation entre l’offre et la demande d’énergie électrique actuel [16].
On constate donc qu‟il existe un écart entre l‟offre et la demande d‟énergie, ce qui rend
la balance énergétique du pays déficitaire ; c‟est à dire que le Cameroun possède un déficit
énergétique estimé à 600 MW avec une offre étant de 1432,45 et une demande estimée à près
de 1800 MW.
4.6.1. Déficit énergétique du pays :

La vétusté des équipements de transport électrique fait perdre au Cameroun 30% de sa


production ; tandis que le déficit énergétique du pays est déjà de 600 MW [67]. Ceci est causé
entre autre par un bon nombre de facteur. Ce déficit pourra baisser à 400 MW avec l‟entrée en
service de certains barrages hydroélectriques en construction ou en cours d‟achèvement.
Notamment les barrages de Memve‟ele, de Mekin [68].

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Menés à terme, tous ces projets permettront de largement combler le déficit actuel tant
décrié. Mais le gouvernement tient-il compte de l‟évolution des besoins (démographie,
développement de l‟industrie….) ? Qui ne cesse de croitre de 7,5% par an. On note également
que l‟estimation des besoins énergétiques repose sur la prévision et la planification car la
sécurité énergétique implique en effet non seulement d‟apporter une solution au problème
existant, mais surtout d‟anticiper les actions adéquates pour faire face à la demande d‟énergie
future. L‟élaboration d‟un plan tel que le PDSE 2030 nous permettra en effet d‟anticiper à
temps la préparation des projets adaptés à la satisfaction de la demande.

Mais au-delà de n‟avoir pas su anticiper, il faut dire que globalement notre politique
énergétique a été très mauvaise jusqu‟ici. La planification a été inexistante pendant des
décennies. Les stratégies et les modes de production sont restées les mêmes toujours
l‟hydroélectricité. Pourtant, dans un contexte sécuritaire mondial comme celui dans lequel
nous vivons actuellement, nous aurions opté pour une politique de sécurité énergétique
beaucoup plus diversifiée et développée en fonction des ressources énergétiques de chaque
région et du relief.

De tout ce qui précède, le déficit d‟énergie électrique du pays est estimé à 600 MW ;
ce qui représente l‟écart entre la puissance installée et celle réellement fournie aux
Camerounais. C'est-à-dire que sur une puissance installée de 1432,45 MW, le Cameroun
n‟arrive qu‟à fournir sur l‟ensemble du territoire seulement 1232,45 MW ; ce qui crée par
conséquent un faussé entre l‟offre et la demande d‟énergie électrique estimée à 1800 MW
[16] et qui ne cesse de croitre. Le Cameroun dispose donc d‟un taux de déficit de 20,41 %.

Etant donné que l‟estimation des besoins énergétiques repose sur la prévision et la
planification, il est donc important pour nous d‟anticiper les actions adéquates pour faire face
à la demande d‟énergie future. Donc faire une projection de la demande d‟énergie dans les
temps à venir de même que l‟offre, par la méthode des moindres carrées.
4.6.2. Projection de la demande dans le temps :
A partir des données enregistrées sur les 10 années passées, c‟est-à-dire de 2008 à 2017,
nous allons réaliser une projection dans le temps :
Soit la serie statistique suivante :
Années (X) 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Demande (Y) 498 616 734 900 999 1100 1150 1250 1300 1800
Déterminons en premier l‟ensemble des éléments de X (l‟année) et Y (la demande) :
Elements de X:

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Xi 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 TOTAL
ni 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 10
ni. Xi 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 20125
ni. Xi2 4032064 4036081 4040100 4044121 4048144 4052169 4056196 4060225 4064256 4068289 40501645

Elements de Y :
Yi 498 616 734 900 999 1100 1150 1250 1300 1800 TOTAL
Ni 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 10
ni. Yi 498 616 734 900 999 1100 1150 1250 1300 1800 10347
ni. Yi2 248004 379456 538756 810000 998001 1210000 1322500 1562500 1690000 3240000 11999217

 Calcul des moyennes :


On sait que :

̅ ∑ ̅ ∑

On a donc :
̅ et ̅

 Calcul des variances :


On sait que :

∑ ̅ (8) ∑ ̅ (9)

On a donc :
et
 Calcul de la covariance :
On sait que :

∑ ̅̅

Xi 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 TOTAL
Yi 498 616 734 900 999 1100 1150 1250 1300 1800 TOTAL
Xi Yi 999984 1237544 1475340 1809900 2009988 2214300 2316100 2518750 2620800 3630600 20833306

On a donc : Cov (XY) = 996,85

 Calcul du coéfficient de corrélation r :


On sait que :

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r= (11)

On a donc: r = 0,965
 Déterminons la droite de regression de y en x :
On sait que : y = ax+b (12)

Avec : a= (13)

b = ̅- a ̅ (14)

On a donc: a = 120,830 b = - 242135,675


On obtient donc l‟équation suivante :
y = 120,830x – 242135,675
l‟équation obtenue nous permettra donc de faire une projection de la demande d‟énergie
électrique, tout en sachant que y est la demande et x les années futures.
Exemple : quelle sera donc la demande d‟énergie électrique en 2020 :
Posons x = 2020 on a donc :
y = 120,830(2020) – 242135,675
y = 1940,925
On constate qu‟en 2020 la demande sera estimée à 1940,925 MW contre 1800 MW
en 2017. En avançant sur cette base, nous pouvons donc par la suite completer le tableau en
projectant meme jusqu‟en 2050 la demande d‟énergie l‟électrique, pour la suite, on effectue
juste une projection sur la droite.
6000

5000
Demande en MW

4000

3000 DEMANDE
DEMANDE PREDITE
2000

1000

0
2000 2010 2020 2030 2040 2050 2060
Années

Figure 4.13 : Evolution de la demande d’énergie électrique dans le temps


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D‟après la figure 4.13, on constate clairement une évolution de la demande qui ne


cesse de croitre au fil du temps ceci est dù à une augmentation sans cesse de la population.
La demande d‟énergie électrique est donc dans ce cas une fonction croissante du
temps, car au fur et à mesure que les années passe, la demande augmente.
4.6.3. Projection de l’offre d’énergie dans le temps :
La projection de l‟offre d‟énergie électrique dans le temps est importante dans le sens
où elle nous permettra de voir si au fil du temps, l‟offre finira par plomber la demande, dans
le cas contraire, il faudra anticiper en trouvant des voies et moyens pour combler la demande
qui ne cesse de croitre.
A partir des données enregistrées de 2008 à 2017 suivant, nous allons réaliser une
projection dans le temps :
Années (X) 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Offre (Y) 936,9 1024,6 1009,7 1016,7 1116,8 1332,8 1353,8 1378,8 1383,8 1432,45

Déterminons tout d‟abord l‟ensemble des éléments de X (l‟année) et Y (l‟offre) :


Elements de X:
Xi 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 TOTAL
ni 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 10
ni. Xi 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 20125
ni. Xi2 4032064 4036081 4040100 4044121 4048144 4052169 4056196 4060225 4064256 4068289 40501645

Elements de Y :
Yi 936,9 1024,6 1009,7 1016,7 1116,8 1332,8 1353,8
ni 1 1 1 1 1 1 1
ni. Yi 936,9 1024,6 1009,7 1016,7 1116,8 1332,8 1353,8
ni. Yi2 877781,61 1049805,16 1019494,09 1033678,89 1247242,24 1776355,84 1832774,44
1378,8 1383,8 1432,45
TOTAL
1 1 1 10
1378,8 1383,8 1432,45
11986,35
1901089,44 1914902,44 2051913
14705037,2

 Calcul des moyennes :


On sait que :

̅ ∑ ̅ ∑

On a donc :
̅ et ̅

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 Calcul des variances :


On sait que :

∑ ̅ ∑ ̅

On a donc :
et
 Calcul de la covariance :
On sait que :

∑ ̅̅

Xi 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Yi 936,9 1024,6 1009,7 1016,7 1116,8 1332,8 1353,8 1378,8 1383,8 1432,45
Xi Yi 1881295,2 2058421,4 2029497 2044583,7 2247001,6 2682926,4 2726553,2 2779660,8 2788357 2889251,65
TOTAL 24127548

On a donc : Cov (XY) = 501,86


 Calcul du coéfficient de corrélation r :
On sait que :

r=

On a donc: r = 0,95
 Déterminons la droite de regression de y en x :
On sait que : y = ax+b

Avec : a=

b = ̅- a ̅
a = 60,831 b = - 121223,753
On obtient donc l‟équation suivante :
y = 60,831x – 121223,753
l‟équation obtenue nous permettra donc de faire une projection de l‟offre d‟énergie
électrique, tout en sachant que y est l‟offre et x les années futures.
Exemple : quelle sera donc l‟offre d‟énergie électrique en 2020 :
Posons x = 2020 on a donc :
y = 60,831(2020) – 121223,753
y = 1654,867

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On constate qu‟en 2020 l‟offre sera estimée à 1654,867 MW contre 1432,8 MW en 2017.
En avançant sur cette base, nous pouvons donc par la suite completer le tableau suivant en
projectant meme jusqu‟en 2050 l‟offre d‟énergie électrique.
La figure 4.14 illustre l‟évolution de l‟offre et de la demande d‟énergie électrique
dans les années à venir.
7000

6000

5000
Puissance en MW

4000 L'OFFRE

3000 DEMANDE
OFFRE PREDITE
2000
DEMANDE PREDITE
1000

0
2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 2055
Années

Figure 4.14 : Evolution de l’offre et de la demande d’énergie dans le temps futur


D‟après la figure 4.14, on constate que la demande croit plus vite que l‟offre et l‟écart
commence à se ressentir à partir de l‟année 2017. On constate clairement que si le pays
n‟améliore pas la fourniture d‟énergie électrique dans les années à venir, l‟offre ne pourra pas
plomber la demande et la population qui ne cesse de croitre restera toujours et toujours dans
l‟obscurité et va devoir faire face aux délestages
4.6.4. Projection du taux d’accès à l’énergie dans le temps
Nous verrons ici l‟évolution du taux d‟accès à l‟énergie ; cette projection nous permettra
de voir si dans les années à venir, l‟ensemble du territoire national sera éléctrifié, donc
atteindra dans ce cas un taux de 100% .
Soit la serie statistique suivante :
Années (X) 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Demande (Y) 0,169 0,177 0,186 0,193 0,203 0,216 0,226 0,228 0,233 0,24
Déterminons en premier l‟ensemble des éléments de X (l‟année) et Y (le taux d‟accès) :
Elements de X:
Xi 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 TOTAL
ni 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 10
ni. Xi 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 20125
ni. Xi2 4032064 4036081 4040100 4044121 4048144 4052169 4056196 4060225 4064256 4068289 40501645

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Elements de Y :
Yi 0,169 0,177 0,186 0,193 0,203 0,216 0,226 0,228 0,233 0,24 TOTAL
Ni 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 10
ni. Yi 0,169 0,177 0,186 0,193 0,203 0,216 0,226 0,228 0,233 0,24 2,071
ni. Yi2 0,0285 0,0313 0,0345 0,0372 0,0412 0,0466 0,0510 0,0519 0,0542 0,0576 0,434

 Calcul des moyennes :


On sait que :

̅ ∑ ̅ ∑

On a donc :
̅ et ̅

 Calcul des variances :


On sait que :

∑ ̅ ∑ ̅

On a donc :
et
 Calcul de la covariance :
On sait que :

∑ ̅̅

Xi 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 TOTAL
Yi 0,169 0,177 0,186 0,193 0,203 0,216 0,226 0,228 0,233 0,24 TOTAL
Xi Yi 339,35 355,59 373,86 388,12 408,43 434,80 455,164 459,42 469,72 484,08 4168,534

On a donc : Cov (XY) = 0,0646


 Calcul du coéfficient de corrélation r :
On sait que :

r=

On a donc: r = 0,981
 Déterminons la droite de regression de y en x :
On sait que : y = ax+b

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Avec : a=

b = ̅- a ̅
a = 0,00783 b = - 15,551
On obtient donc l‟équation suivante :
y = 0,00783x – 15,551
l‟équation obtenue nous permettra donc de faire une projection du taux d‟accès à
l‟énergie électrique, tout en sachant que y est le taux et x les années futures.
Exemple : quelle sera donc le taux d‟accès à l‟énergie électrique en 2020 :
Posons x = 2020 on a donc :
y = 0,00783(2020) – 15,551
y = 0,2656
On constate qu‟en 2020 le taux d‟accès sera estimée à 26,56 % contre 24 % en 2017.
En avançant sur cette base, nous pouvons donc par la suite completer le tableau en projectant
meme jusqu‟en 2050 le taux d‟accès à l‟énergie électrique, pour la suite, on effectue juste une
projection sur la droite.
60,00%

50,00%

40,00%
taux d'accès

30,00%
Taux d'accès
20,00% TAUX D'ACCES PREDIT

10,00%

0,00%
2000 2010 2020 2030 2040 2050 2060
Années

Figure 4.15 : Evolution du taux d’accès d’énergie dans le temps futur


On constate clairement que si le pays ne prends pas des décisions considérables
concernant l‟accès à l‟énergie électrique dans les années à venir, le taux d‟accès risque ne
jamais atteindre les 100 % car d‟après la figure ci-dessus on constate que c‟est en 2050 que
nous allons atteindre les 50 % tandis que la population, elle ne cesse de croitre.
. Et de ces figures en ressort également que le Cameroun est déficitaire en énergie électrique ;
pour résorber donc ce déficit, nous avons par la suite fait des propositions.

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4.7. QUELQUES SOLUTIONS AU DEFICIT ENERGETIQUE DU PAYS

Comme on l‟a vue plus haut, le Cameroun dispose aujourd‟hui d‟un potentiel
hydroélectrique énorme. Cependant, la crise énergétique qu‟il traverse s‟explique moins par
l‟absence d‟exploitation de ce potentiel que par la volonté de ses dirigeants. Nous ne saurons
parler de solutions au déficit énergétique sans pour autant évoquer les causes d‟une part et
d‟autres parts les manifestations et conséquences.

4.7.1. Les causes du déficit énergétique au Cameroun :

Nous relevons dans un premier temps les causes qui ne résultent pas de l‟action
humaine ou causes naturelles et, dans un second temps, celles liées à l‟action humaine ou
causes humaines.

4.7.1.1. Les causes naturelles et conjoncturelles :

La république du Cameroun couvre un territoire de 475 000 Km2 entre les parallèles 2°
et 16° Nord et les méridiens 8° et 16° Est depuis l‟océan Atlantique, jusqu‟aux confins du lac
Tchad [64]. De par sa position géographique, le Cameroun dispose d‟un potentiel
hydroélectrique des plus enviables. Mais deux obstacles majeurs viennent remettre en cause
l‟exploitation de cet avantage. Ce potentiel naturel, doublé d‟une hydrologie capricieuse
demeure très instable. A cela s‟est ajouté les contraintes de l‟ajustement structurel qui limite
le financement optimal de l‟aménagement de ce potentiel.

A. Potentiels naturels instables : une hydrologie capricieuse :

L‟abondance annuelle des apports, leur répartition mensuelle et leur irrégularité


interannuelle, l‟importance des crues ou la sévérité des étiages, conditionnent les possibilités
d‟aménagement d‟un cours d‟eau, tant du point de vue de la production d‟énergie, que de la
régularité des débits. Le régime d‟écoulement d‟un cours d‟eau est fonction de multiples
facteurs. Les facteurs climatiques par contre tout comme le régime d‟écoulement, varient
suivant les saisons et, d‟une année à l‟autre, d‟une façon plus ou moins irrégulière. Il est à
noter que la plupart des grands bassins, en particulier celui de la Sanaga, sont soumis de par
leur étendue géographique à l‟influence de plusieurs régimes pluviométriques.

Ces variations de pluviométrie ont permis d‟observer que les années triennales ont une
pluviométrie beaucoup plus abondante que les années sèches, qui entrainent une production
limitée de l‟énergie électrique, conduisant ainsi à des délestages ; puisque la production de
l‟énergie électrique est tributaire du débit [64]. Pour en arriver à une production de l‟énergie

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électrique en qualité et en quantité, au-delà d‟une hydrologie capricieuse, il faut que les
aménagements hydroélectriques soit construite, entretenue et fonctionnant à leur pleine
capacité. Or les contraintes liées à la conjoncture plombent la plupart des projets structurants à
l‟instar de la construction des centrales hydroélectriques au Cameroun.

B. Les contraintes liées à la conjoncture :

L‟une des causes du déficit d‟énergie électrique au Cameroun est l‟insuffisance des
sources d‟énergies électriques (aménagements hydroélectriques, centrales thermiques etc..), la
vétusté de celles existantes et des réseaux de transports. Le retard de mise en service des
centrales de Mekin et Memve‟ele. La difficulté de financement des sources d‟énergie et des
grands projets structurants. Les problèmes conjoncturels concernent également l‟incivisme ; le
vandalisme et la fraude.

4.7.1.2. Les causes humaines et structurelles :


A. Causes humaines :

La crise énergétique qui frappe le Cameroun depuis plusieurs années déjà est due dans
une certaine mesure aux comportements de ceux qui en avaient la charge hier et aujourd‟hui
de gérer ce secteur. Le premier niveau de responsabilité est imputable à ceux qui en avaient la
gestion de la défunte Sonel. La question fondamentale qui suscite notre constat est celle de
savoir comment une société en situation de monopole en est-elle arrivée aux difficultés
financières au point d‟être privatisé ? Même si l‟on peut comprendre que le bien fondé d‟une
entreprise publique dont les capitaux sont à 100% détenus par l‟Etat est la satisfaction de
l‟intérêt général et que sa rentabilité est d‟abord économique avant d‟être financière. Mais
l‟on ne peut pas penser que la Sonel ne faisait pas de bénéfices. Le deuxième niveau de
responsabilité est imputable à ceux qui ont conduit sa privatisation et à ceux qui ont la charge
de la gestion du secteur de l‟électricité au Cameroun. La privatisation du secteur de
l‟électricité visait l‟augmentation de l‟accès à l‟électricité en zone urbaine et rurale ; mais le
constat d‟échec qui se dégage de la situation actuelle, marquée par des délestages, confirme
que la privatisation avait été mal pensée. AES-SONEL (actuel Eneo Cameroon) n‟ayant pas
pu délivrer l‟énergie électrique en qualité et en quantité suffisante ; à mis sur pieds, un vaste
programme ambitieux connu sous le nom de Plan de Développement du Secteur de
l‟Electricité à l‟horizon 2030 (PDSE 2030) qui marque clairement la stratégie du Cameroun
de sortir de cette Crise ; bien évidemment, cette vision affirmée semble contraire à la volonté
quand on observe encore l‟excessive bureaucratisation de la plupart des projets énergétiques.

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B. Causes structurelles :

Deux raisons au moins expliquent les causes structurelles du déficit d‟énergies


électriques au Cameroun ; la première est due au fait qu‟Eneo Cameroon n‟investit pas
comme le prévoit le cahier de charge adossé au contrat de concession ; la seconde est liée à
l‟organe de régularisation qui ne joue pas effectivement son rôle.

Le phénomène de la crise énergétique prendra de plus en plus de l‟ampleur si rien n‟est


fait dans le court, moyen et long terme. Ceci se justifie par ses manifestations au quotidien.

4.7.2. Les manifestations de la crise ou déficit énergétique :

La production d‟énergie électrique s‟adresse principalement au secteur public et aux


entreprises industrielles à l‟instar d‟Alucam. A cet effet, ses manifestations, tant au niveau du
secteur public que du secteur industriel ont de graves conséquences sur le niveau de vie des
consommateurs.

4.7.2.1. Manifestations au niveau du secteur public :

Le secteur public de l‟énergie électrique regroupe les consommateurs de basse et


moyenne tension, ces consommateurs sont d‟autant plus affectés par le déficit qu‟ils subissent
les frasques et les désagréments de l‟opérateur unique de fourniture d‟énergie électrique sans
aucun moyen de recours efficace. Face à toutes ces difficultés que rencontre le pays dans le
secteur électrique, les opérateurs économiques se sont dotés de groupes électrogènes dans le
but de palier à leur niveau ce déficit.

4.7.2.2. Manifestations au niveau du secteur industriel :

On note qu‟à cause des retards dans le développement des moyens de production, le
niveau minimal contractuel d‟énergie ne peut plus être fourni à la société Alucam, ce qui
l‟empêche d‟atteindre sa capacité de production minimale.

4.7.3. Les conséquences du déficit énergétique au Cameroun :

Les conséquences de cette crise sont ressenties sur plusieurs plans à savoir :

4.7.3.1. Les conséquences sur le plan social :

L‟énergie est au centre de nos activités et de notre vie. Au stade actuel de l‟évolution,
l‟on ne peut plus s‟en passé de cette ressource.

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L‟énergie est la principale ressource dans le transport des biens et des personnes et
même dans la production de ces biens. Le développement technologique est aujourd‟hui
tributaire de l‟énergie. Si l‟on ne prend que le cas de l‟électricité pour l‟éclairage et les
échanges à travers la communication qu‟elle favorise. Son absence est une cause du retard du
développement social qui impacte l‟indice de développement humain des pays africains en
particulier et des pays pauvres en général.

En ville, la situation n‟est pas guère reluisante. Le délestage, les pénuries de gaz
domestique et du carburant contribuent au mal être social. A cause de l‟utilisation des bougies
et lampe tempête, les ménages sont exposés à plusieurs dangers notamment les incendies et
autres. On note également que la population en a déjà ral-bol, car il ne se passe plus un jour
sans que l‟un des quartiers de la capitale économique ne soit privé de l‟énergie électrique. Ces
derniers passent souvent des nuits entières sans lumière, s‟exposant ainsi à la chaleur et aux
piqûres de moustiques, les élèves et étudiants n‟ont pas toujours l‟occasion de réviser leurs
leçons et les ménages se plaignent de la destruction de leurs appareils domestiques causée par
les jeux de lumière opérés par Eneo, pour ne citer que ceux là.

4.7.3.2. Les conséquences sur le plan économique :

Le Cameroun compte autant sur les investisseurs étrangers que sur la création
d‟emplois par les entrepreneurs locaux. Le rôle d‟information et vente de l‟image du
Cameroun à l‟extérieur est désormais dévolu aux missions diplomatiques. Cette opération de
charme est rendu difficile par la crise énergétique qui frappe ce pays.

4.7.3.3. Les conséquences sur le plan politique :

Sur le plan politique, la crise énergétique qui sévit actuellement au Cameroun ne fait
pas les affaires de ses dirigeants, car celle-ci menace la paix sociale qui peut conduire à une
instabilité politique. Elle inquiète les politiques en qui la confiance des populations gagne
moins en crédibilité et plus en incapacité à pouvoir faire face à la situation.

4.7.4. Les solutions préconisées :

Il existe bien évidement plusieurs solutions pour résorber au déficit énergétique du


pays en vue de satisfaire la demande. Au-delà des énergies renouvelables, nous devons entre
autres commencer par opter pour une économie d‟énergie ; la politique de gouvernance ;
améliorer la bonne gouvernance et l‟entretien de l‟existant ; la décentralisation de la

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production; la diversification du mix énergétique et la valorisation des énergies renouvelables.


La question n‟est plus de savoir à qui la faute dans la mesure où le problème de déficit
d‟investissement (déficit de l‟offre) est connu. La question qui taraude les esprits est de savoir
comment résoudre durablement ce problème.

4.7.4.1. Une économie d’énergie :

Opter pour une économie d‟énergie est très important dans le but de résorber le déficit
énergétique du pays. Nous devons commencer par réduire nos charges énergétiques sans toute
fois nuire à nos besoins ; ceci passe par une législation qui interdira des ampoules de plus de
25 Watts dans les ménages et des lampadaires de plus de 100 Watts dans nos rues etc. ce
concept appliqué à l‟éclairage public à Douala peut alléger le réseau de plus de 5 MW, soit à
peu près ce que sollicite une ville comme Nkongsamba et Yaoundé (4 MW). Imaginons alors
une action comme celle-là sur les abonnés d‟Eneo nous pourrions en trois ans alléger le réseau
de 200 MW et tout ceci à moindre coût. Il reste aux législateurs de voter des lois sur
proposition du gouvernement et veiller à leur application. L‟Etat devra appliquer une fiscalité
incitative sur les kits solaires, les lampes et matériaux de construction de basse
consommation, et définir de nouvelles normes de construction favorisant les économies
d‟énergies. A ce sujet, la circulaire N°001/CF/MINFI/CAB du 09 janvier 2012 prévoyant des
exonérations de TVA est insuffisante [69]. Il faudrait carrément améliorer l‟environnement
des affaires dans les énergies renouvelables. A noter que ce n‟est que le 14 décembre 2011 par
la loi N°2011/022 régissant le secteur de l‟électricité que l‟Etat a concrétisé la libéralisation
du secteur [69].

Le concessionnaire Eneo devrait élaborer une campagne de sensibilisation de la


population sur comment économiser de l‟énergie notamment d‟éteindre toujours derrière soit ;
éviter d‟éclairer en journée par exemple. Ou encore mieux, ceux disposant de moyens
financiers peuvent dans le cadre d‟économie d‟énergie et de sécurité opter pour une Gestion
Technique du Bâtiment (GTB) ceci dans le but d‟éviter le gaspillage d‟énergie.

4.7.4.2. Une bonne politique gouvernementale :

Une bonne politique gouvernementale est également une solution pour résorber le
déficit énergétique du pays. En 2014, l‟offre en énergie électrique au Cameroun était évaluée
à 1337 MW ; le gouvernement comptait porter cette production à 2000 MW entre 2015-2016
et 6000 MW à l‟horizon 2030. Il envisageait de combler progressivement le déficit estimé

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entre 500 et 650 MW, de relever le défi de la qualité et du coût, et enfin d‟exporter l‟excédent
vers les pays voisins. Quels grands projets, ont-ils suivi cette politique ?

La réponse à cette question est évidente car malgré les grands projets en cours de
réalisation et ceux en cours d‟achèvement, jusqu‟ici le gouvernement n‟a pas toujours atteint
le taux de production qu‟il s‟est fixé. Parmi ces projets on constate que la majorité est
d‟origine hydroélectrique et toujours hydroélectrique, ce qui montre là une mauvaise politique
gouvernementale.

Pourtant, dans un contexte sécuritaire dans lequel nous vivons actuellement, nous
pourrons opter pour une politique de sécurité énergétique beaucoup plus diversifiée et
développée en fonction des ressources énergétiques de chaque région et du relief.

4.7.4.3. Une décentralisation de la production et la distribution de l’énergie


électrique :

Le gouvernement entend encore centraliser la production et la distribution de


l‟électricité au Cameroun au lieu de passer la main aux communes. Une Société Nationale de
Transport Electrique (Sonatrel) devant toiletter les branchements électriques et les câbles de
pylônes pour récupérer plus de 40% d‟énergies perdues lors du transport vient d‟être créée
avec pour premier conseil d‟administration le 9 février 2016. Autrement dit, le gouvernement
voudrait continuer de produire de l‟énergie à un bout du pays et la transporter à un coût de
milliards à l‟autre bout, alors que des solutions locales existent. Le Cameroun n‟est pas une
réalité homogène sur le plan agro-écologique, par conséquent, une approche unique pour
l‟ensemble du pays est inadéquate. La solution aux problèmes d‟électricité au Cameroun doit
donc être locale en fonction des spécificités de chaque région ; autrement dit décentraliser la
production et la distribution.

4.7.4.4. Une diversification du mix énergétique : solution majeure

La diversification du mix énergétique du pays est une solution majeure, car le


Cameroun est une vaste biomasse forestière encore inexploitée qui dispose du 2ème potentiel
forestier dans le bassin du Congo avec 17,4 millions d‟hectares de forêt dense dans la seule
région du Sud sans compter le potentiel des savanes. Mieux, il dispose d‟un potentiel solaire
89,25 Térawatt-heure (TWh), soit 5 fois supérieur au potentiel hydroélectrique qui est de 19,7
TWh [69]. Le pays possède tout le long de la faille volcanique qui le traverse, un potentiel de
l‟énergie géothermique très élevé. Un gisement d‟énergie éolienne inexploité se trouve dans

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les zones de Kaélé, du Lac Tchad ou des monts Bamboutos où la vitesse de l‟harmattan atteint
6 m/s sans compter la côte atlantique longue de 402 Km qui représente un potentiel énorme de
production de l‟énergie marine (provenant des courants marins).

Au regard de tout ce potentiel, on peut non seulement dire que l‟investissement massif
dans l‟hydroélectricité est moins pertinent, mais également que le déficit d‟offre actuellement
observé est lié à l‟insuffisance des mesures indicatives pour l‟investissement privé. La loi
N°2013/004 du 18 avril 2013 portant incitations à l‟investissement privé qui était déjà jugée
peu ambitieuse, attend toujours son décret d‟application [69]. Pourquoi pas simplement une
loi sur les énergies renouvelables qui organiserait le fonctionnement de ce secteur ?

Car concernant l‟apport des énergies renouvelables (EnR) pour combler le déficit
énergétique, tout dépendra de l‟usage qu‟on en fera. Le Cameroun regorge d‟un fort potentiel
énergétique naturel ; il suffit juste de se fixer un cap en disant par exemple, d‟ici 2035, 30%
de l‟énergie consommée au Cameroun doit être produite par les EnR et les investisseurs
viendront. Le public mal informé a toujours pensé qu‟investir dans les EnR est un luxe. C‟est
faux. En Chine et en Inde par exemple, une EnR comme le solaire est développée dans les
zones rurales et périurbaines, c‟est même une énergie de « pauvre ».

Le MW de l‟hydroélectricité qui est aussi une énergie renouvelable, à la fin d‟un


ouvrage peut coûter plus de 1,2 milliard, ajouter à cela d‟autres frais de fonctionnement, nous
avons des coûts qui ne sont pas éloignés du solaire ou de l‟éolienne ; c‟est tout simplement
une question de volonté, de courage, d‟innovation et de vision. En situation de crise il faut
savoir prendre des décisions sages et courageuses.

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CONCLUSION GENERALE

Arrivé au terme de notre travail, il était question pour nous d‟évaluer tous les types de
production d‟énergie électrique au Cameroun, ce qui constituerait entre autre l‟évaluation de
l‟offre d‟énergie électrique publique disponible au Cameroun et qui est estimée à 1432,45
MW dont 762,2 MW pour l‟hydroélectricité ; 667,7 MW pour les centrales thermiques et en
fin 2,55 MW qui concerne la production via les énergies renouvelables. L‟énergie électrique
du pays est majoritairement produites par les centrales hydroélectriques donc 54,68 %, en
suite viennent les centrales thermiques avec 45,31 % de la production totale et enfin viennent
les énergies renouvelables avec moins de 0,1%.

Concernant l‟estimation des besoins d‟énergie électrique, il en ressort qu‟au Cameroun


avant de consommer l‟énergie électrique produite, il faut souscrire à un abonnement chez le
concessionnaire Eneo Cameroon ; et les consommateurs sont classés par niveau de tension
(BT ; MT et HT) et par types de secteur (secteurs industriels, résidentiels et autres). Au
Cameroun le taux d‟accès à l‟énergie électrique est évalué à 24 % et la demande d‟énergie
électrique est dominée par l‟Alucam qui est le plus gros consommateur d‟énergie électrique
au Cameroun ; la demande estimée à 1800 MW en 2017 ne cesse de croitre au fil des années.

Après avoir évaluer et estimer l‟offre et la demande d‟énergie électrique, une Analyse à
été faite dans le but de confronter l‟offre et la demande ceci afin de mieux évaluer non
seulement les efforts fournis mais aussi et surtout les défis à relever. Les résultats issus de
cette analyse montrent que la balance énergétique du pays est déficitaire, c'est-à-dire que la
demande est bien supérieure à l‟offre et l‟écart entre ces deux composantes est estimé à plus
de 400 MW. Des projections de la demande, de l‟offre et de l‟accès à l‟énergie électrique ont
été faite dans le but d‟anticiper les actions adéquates pour faire face aux besoins énergétiques
futurs ceci afin d‟améliorer l‟accès en énergie électrique au Cameroun.

Malgré le potentiel énorme dont dispose le pays, il existe toujours un faussé entre
l‟offre et la demande ceci à cause d‟un déficit énergétique provoqué par plusieurs facteurs
donc certaines solutions ont été évoquées ; tel qu‟au lieu de vouloir tout faire en privilégiant
l‟hydroélectricité, l‟Etat doit créer des conditions pour que les investisseurs privés et les
collectivités locales travaillent pour l‟électrification du pays.

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REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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journée de la section électrotechnique du club EEA, 1999, Jan 1999, Paris, France, P 22.
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[5].https://livre-demain71.cir.acdijon.fr/wp-content/uploads/sites/25/2016/11/off-centrale_electrique.pdf
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géothermique, Editions de L‟OCDE, 2 rue André Pascal, 75775 Paris France, N° 2006-01
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