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1- Définition :

Le mot innovation vient du latin, qui signifie « changer ou rénover », c’est-à- dire l’action
d’inventer ou créer quelque chose de nouveau en terme d’usage, de coutume, de créance, de
système scientifique…

Cette définition permet de distinguer deux interprétations différentes :

Rénover : action de modifier ce qui existe déjà.


Changer : création et introduction de quelque chose de nouveau, soit un produit, un
Concept, un service, etc.

Pour les utilisateurs des produits et des services proposés par les entreprises,
l’innovation est d'abord un objet ou un dispositif nouveau, un résultat obtenu par
d’autres, qui induit des modifications d'ordre technologique, économique, social
dans leurs comportements habituels.

Pour les entreprises, l'innovation est un travail nouveau de conception, de


développement, de négociation, un risque à prendre, un investissement à consentir
en vue d’un profit futur.

Du point de vue de l’entreprise, l’innovation a certes une origine technique, mais elle se situe
nettement dans l’espace économique : c’est le lancement de nouveaux produits permettant
d'acquérir un avantage compétitif en répondant aux besoins du marché et à la stratégie
d'entreprise.

L’innovation est d’ailleurs un terme popularisé par un théoricien et économiste, Joseph


Schumpeter, qui souligne que l'innovation est l'instrument de sortir et d'échapper à la routine
du circuit qui constitue un état stationnaire et d'assurer l'évolution économique. En d'autre
terme, "l'innovation" peut indiquer tout changement introduit intentionnellement dans
l'économie, par un agent quelconque et ayant pour but et résultat une utilisation plus
satisfaisante de ressources disponibles. Schumpeter a distingué cinq formes d'innovations:
nouveau produit, nouvelle méthode de production, nouvelle organisation, nouvelle matière
première et nouveau.

- Les formes de l’innovation selon Joseph Schumpeter :

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Introduction d’une méthode
de production nouvelle ou de
nouveaux procédés.

Fabrication d’un bien Ouverture d’un débouché


nouveau ou d’une qualité L’innovation ou d’un marché nouveau.
nouvelle d’un bien.

Conquête d’une source Réalisation d’une nouvelle


nouvelle de matières organisation.
premières ou de produits
semi-ouvrés.

L’innovation selon Michael Porter:

L’économiste américain Michael Porter, professeur de stratégie d'entreprise de l'Université


Harvard : « Les entreprises acquièrent des avantages concurrentiels grâce à l'innovation. Elles
abordent l'innovation au sens le plus large incluant à la fois technologies nouvelles et des
méthodes novatrices ».

L’innovation selon Alter Norbert :

Selon Alter Norbert, l’innovation n’est pas un moment, un accident ou une activité Spéciale,
celle des chercheurs et des entrepreneurs, mais un mouvement permanent qui Mobilise
l’ensemble des acteurs. Au début un groupe d’innovateurs marginaux invente un Produit, une
technique ou une idée de management. Vient ensuite le temps de l’appropriation nécessaire à
la création de sens et aux partages de valeurs autour de l’invention. Et enfin celui de
l’institutionnalisation où de nouvelles règles de jeu se stabilise. Alter a présenté la créativité
en entreprise comme un phénomène n’étant pas exclusivement déterminé par des calculs
économiques, des axes programmatiques et des contingences dogmatiques. D’après lui, « un
processus d’innovation commence souvent par une situation apparemment singulière et
pourtant bien commune : celle d’une décision peu fondée. Le décideur, en la matière, se
trouve en effet confronté à l’incertitude sur les moyens à mettre en œuvre pour atteindre des
fin qu’il connaît par ailleurs mal.

2- Inventaire/ Innovateur/ Entrepreneur

L’innovation Elle est en effet plus complexe que l’invention. L’invention implique la
conversion de nouvelles connaissances dans un nouveau produit, un nouveau service ou un
nouveau procédé. L’innovation, quant à elle, ajoute la phase critique de la mise à disposition
de cette nouvelle offre, que ce soit par la commercialisation dans le cas des entreprises privées
ou au moyen d’autres techniques de diffusion dans le cas des services publics.

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Dans la plus pure tradition schumpétérienne, GIGET (1994), ce qui différencie l’invention de
l’innovation, c’est l’intervention de l’entrepreneur : « L’invention est une avancée de la
connaissance, dès que l’expérience a marché en labo il y a succès. L’innovation est un
procédé plus complexe, interactif et itératif, dont chaque étape nécessite des compétences
spécifiques ».
Nous adoptons, nous aussi, cette distinction entre invention et innovation : c’est bien
l’entreprise qui attribue une utilité économique à l’invention et qui mobilise les ressources qui
permettront de passer du résultat de laboratoire à un produit ou un procédé nouveau. Si un
entrepreneur n'intervient pas, ou s'il échoue, il peut y avoir invention sans qu'il y ait en
conséquence innovation.

Dans ce contexte on peut faire une distinction entre inventeur, innovateur et entrepreneur
comme suite :

 Inventeur : est un individu qui invente c'est-à-dire qui est le premier à avoir l'idée.
 Innovateur : est celui qui met en place la commercialisation de l'idée.
 Entrepreneur : est celui qui investit dans le projet d'innovation et prend les risques
financiers correspondants.

3- les risques :
Dans son ouvrage « My life and work », Henry Ford a écrit : « les Hommes sombrent avec
leurs affaires parce qu’ils aiment tant la tradition qu’ils ne peuvent se résoudre à changer ».
Il existe deux risques contradictoires. D’un côté, les entreprises de taille disons moyenne
passent leur temps à innover, et de l’autre elles sont généralement peu conscientes de
l’étendue de la diversité de leurs capacités d’innovation. Elles sont de ce fait, particulièrement
exposées au risque d’être exclues par la concurrence.
La natalité et la mortalité élevées de ces entreprises sont à la fois preuve des multiples
opportunités de création et des dangers de disparition précoce.
La disparition de l’entreprise est autant liée à la non réussite de l’introduction qu’à la non
introduction d’innovations.
C’est pourquoi nous allons scinder en deux points :

 Les risques d’innover


 Les risques de ne pas innover.

1) Le risque d’innover:
Une entreprise est d’autant plus sujette aux risques de la nouveauté que sa taille est faible par
rapport à ses concurrents.

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Au-delà du volume d’un investissement donné, la petite entreprise est plus ou moins forcée de
mettre tous ses œufs dans le même panier. Elle possède un métier précis et concentre de ce
fait tous ces efforts sur celui- ci.
Ces risquent se présentent comme suit :
 Risque commercial :
Il paraît le plus important, bien qu’il ne se manifeste qu’en fin de parcours mais de manière
souvent radicale. L’innovation est d’abord introduite pour faire du profit et conforter la
position de l’entreprise.
Pour les projets innovants, au début de son cycle de vie du produit, l’incertitude est élevée,
découlant des interrogations sur l’accueil du marché, elle ne décroît fortement qu’une fois
l’expérience d’introduction faite. Elle augmente à nouveau en fin de cycle quand cette menace
devient de plus en plus forte, qu’elle prenne la forme d’une guerre de prix ou de lancement de
produits de substitutions innovateurs.

 Risque technologique relatif au Hommes et leur savoir faire :

Il est lié à l’idée que tous les salariés concernés par le projet se font de celui-ci, de ses
retombées escomptées, de son échec ou de son succès. Il arrive souvent que l’enthousiasme de
l’ingénieur ou des promoteurs de l’innovation entraîne un scepticisme voire même une
opposition de la part des salariés qui n’ont que des contacts épisodiques avec l’innovation.

Quant au savoir faire ; la caractéristique la plus importante des personnes qui participent au
projet est leur expérience dans l’utilisation de la technologie proposée.

 Risque technique lié à la technologie :

Les projets innovants faisant appel à de nouvelles technologies comportent plus de risques
que ceux qui utilisent des technologies connues et éprouvées.

 Risque financier :

Est lié à la structure financière de l’entreprise, aux contrats de financement, capacité


d’endettement, de réinvestir des actionnaires. Plus les charges fixes sont importantes plus le
risques financiers augmente et moins l’entreprise est capable de résister à des événements
imprévus, comme c’est souvent le cas pour les projets d’innovation.
 Risque juridique :

La non protection de l’innovation peut présenter un risque juridique dans la mesure où elle
est exposée sans protection face à la réaction des concurrents.
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 Risque lié à la dimension temporelle du management des aléas :

Il est indispensable de bien prendre en considération la dimension temporelle du


changement de l’environnement à chaque prise de décision. La compréhension de la
perception intelligente des signaux faibles est indispensable.

2) Le risque de ne pas innover :

Après avoir traité les risques d’innover, nous devons parler des risques qu’il y aurait à en
pas innover.
Ce risque d’immobilisme menace toujours la grande majorité des PME.
En effet, elles ne manquent pas de raisons pour qu’elles restent telles qu’elles sont :
1- En premier lieu, elles sont souvent privées de l’information correcte sur les
opportunités offertes par le marché d’adoption d’une innovation.
2- Dans d’autres cas, elles ne disposent pas d’une véritable sensibilité à l’innovation.
3- Enfin, il se peut que l’entreprise occupe une position de niche suffisamment rentable
qui la protège apparemment du besoin d’introduire de la nouveauté dans son produit
ou son processus.

Il est clair que le fait de ne pas innover constitue un risque majeur dans les 3 cas :

- Dans le 1er, le marché peut changer rapidement et il est nécessaire d’être prêt
au bon moment avec le bon produit.
- Dans le second, l’entreprise est condamnée à une mise à l’écart technologique
progressive qui limiterait ses segments de marché.
- Dans le 3ième cas, rien en garantie à l’entreprise que sa niche ne sera pas à terme
occupée par d’autres producteurs, prêts à imiter ou copier ses produits (spécialement
s’il s’agit d’un produit simple résultant d’une technologie banale)

Donc on peut conclure que Même s'il existe des incertitudes quant à la rentabilité de
l'innovation, l'entreprise a intérêt à innover. L'innovation peut donner à I 'entreprise un
avantage décisif sur ses concurrents. Elle doit cela gérer le processus d’innovation.

4-La protection de l’innovation :

La protection des éléments innovés permet aux entreprises de réserver une place
confortable au sein du réseau productif que ca soit national ou international .pour ce faire, les
entreprises font recourir généralement a trois moyens: d´abord le brevet, ensuite c’est le
secret professionnel et enfin les accords entre les différents entreprises.

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1) Par brevets

Parlons tout d´abord par le brevet, mais avant de commencer il apparait nécessaire de
définir le brevet. Qu’est ce qu’un brevet ?c’est un droit qui confère à son auteur un pouvoir de
monopole sur une durée déterminée et constitue donc en théorie une faveur d´allongement du
délai pendant lequel sera impossible l´imitation. Le brevet est donc l´outil de protection le
plus cite dans les ouvrages consacre au management de l´innovation. Signalons aussi que la
contrepartie de cette protection est la divulgation de l´invention dans un délai de dix-mois
après la date du dépôt de la demande, ce sont les secteurs ou la détection est facile qui
utilisent le moyen de brevet à savoir la chimie et la pharmacie, a titre d´exemple la détection
se fait en comparaison de la structure ou de la composition du produit avec celle du
concurrent.

En effet, certains auteurs (Von hippel 1982, Mansfield 1985) ont constate que l´efficacité
de protection par brevet est souvent une protection insuffisante et partielle et ce pour plusieurs
raisons: d´une part se sont modalités légales et jurisprudentielles mises en place dans les
différents pays car :

-toutes les innovations ne sont pas brevetables faute des conditions requises qui sont très
rigides.
-le dépôt d´un brevet au niveau mondial coute très cher surtout sur les budgets des PME.
-l´action pénale en contrefaçon est longue, couteuse et incertaine.

D´autre part, se sont des raisons qui viennent de nature même du système de brevet et de sa
non adaptation a certaines types de situations est l´exemple des systèmes qui se fait à partir de
multiples composants (ordinateurs, automobiles...).

Par ailleurs, il est souvent possible à un concurrent ,par observation, et le démontage du


nouveau produit commercialise, de produire la même fonction a partir de différents produits
est le cas par exemple des entreprises qui pratiquent la méthode ´´retro-ingénierie´´.IBM avait
lance en1981 un pc qui a représente un système ouvert, c.-à-d. qu’il est fabrique a partir des
composants standards faciles d’être produite par ses concurrents (les clones),a ce propos,
presque tous les composants du PC y compris le microprocesseur avaient été achètes a
l’extérieur c.-à-d. cher les concurrents, sauf une puce vitale faisant cependant l’exception :la
puce Rome Bios qui assure le lien entre matériel et logiciel, ce composant absolument
indispensable la fabrication d’un clone était un pur produit IBM protège par un copyright et
interdit a la vente .

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Vers la fin, une équipe de 15 ingénieurs de Compaq, et durant une année de travail avaient
réussi en utilisant la technique de retro-ingénierie, d’imiter une Rom Bios qui assure les
mêmes fonctions de celle protégée par IBM.

Apres cette effort de ses ingénieurs avec une dépense d’un million de dollars, Compaq
proposa en janvier 1983 un ordinateur 100% compatible ce qui permet à cette dernière de
vendre 47000 machines en première année pour un chiffre d’affaire de 111millions de dollars.

Le brevet peut être aussi utilise par des entreprises d’une façon contradictoire. Si certaines
entreprises l’utilisent pour protéger leur biens, d’autre l’utilise pour faire servir à leurs
stratégies qui peuvent prendre plusieurs formes :

*les stratégies offensives: pratiquées par les entreprises qui visent la conquête de parts de
marché ou de marchés nouveaux, ainsi que le maintien d’un avantage concurrentiel durables,
c’est le cas par exemple des brevets qui visent à protéger les nouveaux produits “l’écran a
plasma en remplaçant les tubes cathodiques“.

On trouve aussi les stratégies dites “défensives“ qui visent le maintien et la défense des
positions concurrentiel des entreprises.

Dans ce cas, on trouvera des brevets de barrage qui ont pour but d’interdire l’accès d’une
technique à un concurrent. Des brevets de dissuasion consistant à intimider des auteurs à
savoir les concurrents, enfin des brevets pièges dont l’objectif est de mettre les adversaires sur
une fausse piste.

2) Par le secret :

Nous arrivons au deuxième moyen de protection de l’innovation qui est bien sur le secret
professionnel. Pas mal d’exemple qui montrent que cette alternative constitue parfois un
authentique, mais il se peut qu’on trouve des entreprises qui travaillent avec des matières
connues par tout le monde c’est justement le cas de Coca-Cola qui n’a jamais breveté la
composition de son soda, autre cas celle du plastique des jouets lego est tenue secret depuis
plus de cinquante ans.

En fait le secret professionnel représente un avantage parce qu’il permet aux entreprises, a
priori, une protection illimitée dans le temps. C’est un moyen efficace d’éviter la copie par la
méthode de retro-ingénierie, il consiste aussi a refuser l’accès aux installations, de limiter la
diffusion d’information au partenaire ce qui complique sans doute les tentatives
d’intéressement.

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3) Par accords

Dépasser les risques à travers les accords entre les PME.


Prônés généralement par les entreprises intégrées dans le tissu productif, son but est soit, de
protéger la qualité de produit ou défendre une innovation, se sont des industriels italiens qui
pratiquent souvent ce type d’accords appels “consortiums“.

A signaler aussi que les partenaires de cet accord sont demandés de respecter un certains
normes de qualité pendant toutes les étapes de productions jusqu'à la commercialisation des
biens ou des biens concernés.

Section 4 : Le management et les niveaux d’innovation

1- les niveaux d’innovation :

Il existe principalement deux niveaux d'application de l'innovation dans l'entreprise :

 On peut innover ponctuellement, on parle alors de projet d'innovation ou d'innovation


produit. Il s'agit essentiellement de projet d'amélioration de produits existants,  de
création, ou d'adoption d'une nouvelle technologie à un produit.

 On peut aussi innover de manière permanente, sur le long terme, on parle alors
d'innovation permanente, d'innovation totale ou encore de management de
l'innovation. Cela ne consiste plus à acquérir un avantage compétitif mais à pérenniser
cette compétitivité. A ce niveau, l'innovation doit devenir un pilier de la stratégie de
l'entreprise.

2- le management de l’innovation :

Ensemble des actions conduites et choix effectués par une entreprise pour favoriser
l’émergence, décider du lancement et mener à bien les projets d’innovation de l’entreprise.

Tableau récapitulatif, de ces deux points de vue :

Le projet d'innovation Le management de


l'innovation

 Développement de produit  Innovation


Permanente
Aussi appelé :  Innovation d'amélioration
 Processus Innovation
 Innovation produit,
 Innovation Total
 Projet innovant

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 Court, moyen terme  Long terme

Ce qui les différencie :  Capitalisation  Stratégie

 Dépôt de brevet (PI)  Stratégie de


protection (PI)
 Analyse du besoin (AB)
 Gestion de la relation
 Séances de créativité client (CRM)
…  Intelligence collective

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