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Toutefois, de nombreux auteurs montrent que la taille est certainement le facteur qui impacte

et contingente le plus la structure d’une organisation même si certains écrivent qu’il n’y a pas

de « lois » concernant le lien entre la taille et les caractéristiques organisationnelles (Hall,


1972). La segmentation que nous avons choisie se base sur le critère taille, mais nous voulons
cependant rester conscients de deux risques d’erreur possibles : celle qui consisterait à
accepter à tort l’hypothèse de la spécificité de la petite entreprise et l’erreur de rejeter à tort
des entreprises de type microentreprise ou entreprise de taille intermédiaire (ETI) sous
prétexte qu’elles sont de taille différente (Torrès, 1997).

Les raisons qui nous poussent aujourd’hui à étudier la petite entreprise et qui résident
principalement dans le rôle social donné aux entreprises et à l’entrepreneuriat : la capacité à
générer des emplois et de la valeur ajoutée. Le développement de l’entrepreneuriat apparait de
ce fait dans de nombreux programmes institutionnels, souvent comme élément contributeur
possible au développement ou au redressement économique.

met en avant que sont les entreprises exportatrices qui innovent le plus et les entreprises
exportatrices ne sont pas des PME : seulement15,5%
de l’exportation en France est réalisé par les petites entreprises (PME y compris les
microentreprises).

Les études sur l’entreprise innovante restent complexes, partagées en premier

entre l’approche sujet, basée sur le comportement et les activités d’innovation de l’entreprise,
et l’approche objet qui est centrée sur le nombre et les caractéristiques des innovations
produites

les types d’entreprises qui innovent le plus sont soit les PME de plus de dix salariés et 20 ans
d’existence, soit les jeunes nouvelles microentreprises de moins de cinq ans d’existence. Par
rapport aux sources externes de l’innovation, substitut au développement interne, Archibugi,
Cesaratto et Sirilli (1991) ont établi une relation entre la taille de l’entreprise et l’importance
accordée à chaque type de source : l’acquisition de brevets et de savoir-faire joue un rôle plus
significatif dans les grandes entreprises tandis que les biens intermédiaires acquis comme
élément d’innovation sont le support privilégié des plus petites.

Enfin, point important en termes de spécificités, l’innovation est à mettre en corrélation avec
le contexte. La grande entreprise, plus informée, définit son champ d’originalité par rapport à
l’extérieur, aux marchés mondiaux alors que la PME est moins en mesure d’appréhender la
nouveauté au sens absolu et définit l’innovation au sens relatif, par rapport à un contexte
connu plus étroit, un marché plus localisé. L’innovation peut être une recombinaison d’idées
anciennes aussi longtemps que l’idée est perçue comme nouvelle par les personnes
impliquées, alors qu’elle pourrait apparaître à d’autres comme une imitation

de ce qui peut exister ailleurs, et cela prend en compte les idées, les individus, les relations et
le contexte (Van de Ven, 1986). Les ressources pour innover peuvent alors facilement se
situer au niveau de l’investissement (en équipement matériel par exemple) qui deviendra
innovation pour l’entreprise par rapport à son niveau d’exploitation habituel (et aussi son
marché).

On peut alors se poser la question de l’intérêt de mettre au coeur des débats l’innovation
comme moyen de lutte concurrentiel alors qu’un pourcentage très réduit de petites entreprises
semble en mesure d’effectuer une démarche complète et que les secteurs d’activité concernés
par l’innovation technologique ne concerne qu’un nombre infime de sociétés qui disposent
généralement des ressources et structures pour assurer le processus correctement. On constate
que l’on sait communiquer, expliquer, former et

accompagner les entreprises qui maitrisent déjà le processus, que l’on s’intéresse de plus en
plus à celles qui sont en mesure de le faire et peuvent s’appuyer sur des structures d’aide à
l’innovation. Mais que peut-on faire du point de vue de l’innovation avec les 99% des
entreprises restantes ?