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Chapitre 1 : Les alcalins et les alcalino-terreux

Introduction
Le mot alcalin dérive de « alcali » de l’arabe al-qâly qui veut dire la soude. Il désigne
tous les éléments du 1er groupe ou de la première colonne du tableau périodique sauf
l’hydrogène. Les alcalins représentent les éléments suivants : lithium (Li), sodium (Na),
potassium (K), rubidium (Rb), césium (Cs) et le francium (Fr). Le francium, découvert
par Perey en 1939 est radioactif.

La famille des alcalino-terreux est composée des éléments chimiques du 2è groupe du


tableau périodique. Ce sont: béryllium (Be), magnésium (Mg), calcium (Ca), strontium
(St), baryum (Ba) et radium (Ra). Le radium étant radioactif est obtenu par
désintégration naturelle de l’uranium. Il a été découvert en 1888 et isolé par Pierre et
Marie Curie. Ce nom vient du terme « métaux de terre » décrivant les métaux qui
résistent au feu, les oxydes de métaux alcalino-terreux demeurant solides à des
températures très élevées. L’appellation alcalino-terreux est également liée au fait que
la position de ces éléments est comprise entre celle des alcalins et celle des terres rares.

I. Configuration électronique

La configuration électronique périphérique des alcalins et des alcalino-terreux étant


respectivement de ns1 et ns2 indique que :
 tous les éléments de la famille des alcalins possèdent un seul électron sur le
dernier niveau d’énergie.
 tous les éléments de la famille des alcalino-terreux possèdent deux électrons sur
le dernier niveau d’énergie.

Tableau 1 : Nom, symbole, numéro atomique et structure électronique des alcalins.

Elément Symbole N.A Structure électronique


Lithium Li 3 [He]2s1
Sodium Na 11 [Ne]3s1
Potassium K 19 [Ar]4s1
Rubidium Rb 37 [Kr]5S1
Césium Cs 55 [Xe]6s1
Francium Fr 87 [Rn]7s1
Tableau 2 : Nom, symbole, numéro atomique et structure électronique des alcalino-
terreux.

Elément Symbol N.A Structure électronique


Béryllium e Be 4 [He]2s2
Magnésium Mg 12 [Ne]3s2
Calcium Ca 20 [Ar]4s2
Strontium Sr 38 [Kr]5s2
Baryum Ba 56 [Xe]6s2
Radium Ra 88 [Rn]7s2

N.A : Numéro atomique

II. Propriétés physiques

Les alcalins et les alcalino-terreux, étant des métaux, possèdent des propriétés physiques
en commun avec celles des autres métaux. Ils sont :

- de couleur blanc-argenté, d’éclat brillante (sauf le césium qui est jaune doré)
- dans les CNTP solides mais sous forme de métaux mous.
- ductiles (qui peut être allongé, étiré sans se rompre) et malléables
- d’excellents conducteurs d’électricité et de chaleur
Il est facile de les entailler avec un couteau. Ils montrent alors une surface brillante que
l’oxydation fait ternir.

1. Les alcalins
Les métaux alcalins sont légers, leur densité sont plus faibles que celles des autres
métaux (Li, Na et K ont des densités plus faibles que celle de l’eau).

Li K Cs

Na Rb

Figure 1: Images de métaux alcalins


2. Les métaux alcalino-terreux
Les métaux alcalino-terreux sont moins légers comparés aux métaux alcalins, leurs
températures de fusion sont plus élevées que celles des alcalins. Cette différence avec
les alcalins découle de la présence de deux électrons de valence dans chaque atome, ce
qui entraîne une liaison métallique plus forte que celles qu’on trouve dans les alcalins.

Figure 2: Images de métaux alcalino-terreux

3. Quelques propriétés physiques des alcalins et des alcalino-terreux


Des propriétés physiques des alcalins et des alcalino-terreux sont regroupés dans les
tableaux suivants :

Tableau 1: Propriétés physiques des alcalins

Elément Li Na K Rb Cs Fr
Mat 6,941 22,990 39,098 85,468 132,900 223,000
Rat (À) 1,23 1,57 2,03 2,16 2,35 -
Ri (M+) (À) 0,60 0,95 1,33 1,48 1,69 -
χPauling 0,98 0,93 0,82 0,82 0,79 -
EI1 (eV) 5,39 5,14 4,34 4,18 3,89 -
EI2 (eV) 75,62 47,29 31,81 27,15 25,1 -
MV(g/cm-3) 0,534 0,968 0,890 1,532 1,930 1,870
Tfusion (°C) 181 98 63 39 28 27
Tébullition (°C) 1342 884 759 688 671 677
Ef (kj/mole) 2,93 2,64 2,40 2,20 2,10 -
E° (volts) -3,030 -2,713 -2,925 -2,930 -2,920 -
Tableau 2: Propriétés physiques des alcalino-terreux

Elément Be Mg Ca Sr Ba Ra
Mat 9,012 24,305 40,078 87,620 137,330 226,020
Rat (Ǻ) 1,05 1,50 1,80 2,00 2,15 -
Ri (M2+) (Ǻ) 0,59 0,86 1,14 1,32 1,49 1,62
χPauling 1,57 1,31 1,00 0,95 0,89 0,90
EI1 (eV) 9,32 7,64 6,11 5,69 2,21 5,38
EI2 (eV) 18,20 15,03 11,87 11,03 10,00 10,15
Mv(g/cm-3) 1,850 1,738 1,550 2,540 3,510 5,500
Tfusion (°C) 1280 651 851 757 710 700
Tébullition (°C) 2500 1107 1494 1361 1850 1740
Ef (kj/mole) 15 8,9 8,6 8,2 7,8 -
E° (volts) -1,85 -2,37 -2,87 -2,89 -2,91 -

Mat : masse atomique


Rat : rayon atomique
Ri (M ) : rayon ionique de l’ion M2+
2+

χPauling: électronégativité de Pauling


EI1: énergie de première ionisation (M → M+ + e-)
EI2: énergie de deuxième ionisation (M+ → M2+ + e-)
Mv : masse volumique
Tfusion: température de fusion
Tébullition: température d’ébullition
Ef : enthalpie de fusion
E° : potentiel redox standard

a. Ceux qui augmentent lorsqu’on descend dans le groupe


Les rayons atomiques et ioniques augmentent de même que la masse volumique
graduellement au fur et à mesure que l’on descend dans le groupe. Les rayons ioniques
sont nettement plus petits que leurs rayons atomiques correspondants parce que les
atomes de ces éléments ont un électron (alcalins) ou deux électrons (alcalino-terreux)
dans leur niveau s et qui se trouvent relativement loin du noyau et c’est la perte ces
électrons qui forment l’ion. Les autres électrons de l’atome se retrouvent dans des
niveaux plus près du noyau. Les électrons sont davantage attirés vers le noyau, ce qui
réduit encore la dimension de l’ion.
L’augmentation de la masse volumique indique ces éléments deviennent de plus en
denses lorsqu’on descend dans le groupe.
Alcalins Alcalino-terreux
2,5 2,5
2 2
Rayons (Å)

1,5 1,5
1 Rat 1
0,5 Ri (M+) 0,5
0 0
2 3 4 5 6 2 3 4 5 6
Niveau d'Energie (n) Niveau d’Energie (n)

Masse volumique
6

4
(g/cm3)

3
Alcalins
2
Alcalino-terreux
1

0
2 3 4 5 6 7
Niveau d'Energie (n)

b. Ceux qui diminuent lorsqu’on descend dans le groupe

L’électronégativité selon Pauling, les énergies de 1ère et 2ème ionisation, les températures
de fusion et d’ébullition, l’enthalpie de fusion et le potentiel redox diminuent lorsqu’on
descend dans le groupe, du lithium au césium et du Béryllium au radium.

La première énergie d’ionisation des alcalins est basse, tandis que la seconde est
beaucoup plus élevée. L’électron de leur couche externe est facile à arracher parce qu’il
est bien protégé de l’attraction du noyau par les électrons qui remplissent toutes leurs
couches internes. De ce fait, l’électron suivant est beaucoup plus difficile à extraire. La
première énergie d’ionisation diminue au fur et à mesure que l’on descend dans le
groupe parce que l’électron externe se trouve, d’un élément à un autre, à une plus grande
distance du noyau et devient donc plus facile à arracher.
Electronégativité
1,8
1,6
1,4
1,2
χ de Pauling

1
0,8 Alcalino-terreux
0,6
Alcalins
0,4
0,2
0
2 3 4 5 6
Niveau d'Energie (n)

Alcalins Alcalino-terreux
300 1600 1400 3000

250 1400 1200 2500


1200 1000
200 2000
1000
800
(°C)

(°C)
(°C)

(°C)

150 800 1500


600
100 600 1000
400 T°fusion (°C) 400
50 200 500
200 T°ébullition (°C)
0 0 0 0
2 4 6 8 2 4 6 8
Niveau d'Energie (n) Niveau d'Energie (n)

Alcalins Alcalino-terreux
6 80 10 20
70 9 18
5
8 16
60
4 7 14
50
6 12
(eV)

(eV)

(eV)

(eV)

3 40 5 10
30 E1ère I 4 8
2
20 E2ème I 3 6
1 2 4
10
1 2
0 0
0 0
2 3 4 5 6 7 8
2 3 4 5 6 7 8
Niveau d'Energie (n) Niveau d'Energie (n)

La première énergie d’ionisation des alcalins est basse, tandis que la seconde est
beaucoup plus élevée. L’électron de leur couche externe est facile à arracher parce qu’il
est bien protégé de l’attraction du noyau par les électrons qui remplissent toutes leurs
couches internes. De ce fait, l’électron suivant est beaucoup plus difficile à extraire parce
qu’il fait partie d’un niveau complètement rempli et qu’il se trouve plus près du noyau.

Les énergies de première et deuxième ionisations diminuent à mesure que l’on descend
dans le groupe (Z augmente) à cause de l’addition de couches électroniques
supplémentaires. C’est l’effet distance. L’électron externe se trouve, d’élément en
élément, à une plus grande distance du noyau et devient donc plus facile à arracher car
de plus en plus libre. La figure 1 indique la variation de l’énergie d’ionisation dans la
colonne des alcalins.

Figure 3: Variation de l’énergie de première ionisation dans une même colonne : «Effet
distance». L’accumulation des couches électroniques affaiblit la force d’attraction
coulombienne entre le noyau et l’électron périphérique et rend ce dernier plus libre :
l’énergie d’ionisation diminue

c. Potentiel d’oxydo-reduction

Le potentiel d’oxydoréduction ou potentiel redox est défini comme une grandeur


thermodynamique qui mesure le pouvoir oxydant ou réducteur d’un système redox. Plus
le système est oxydant, c'est-à-dire plus il est apte à se réduire en captant des électrons
et plus le potentiel redox est élevé. Plus il est réducteur et a tendance à céder des
électrons et plus son potentiel redox est bas.

Tous les couples d'oxydant-réducteur s'écrivent sous la forme Ox/Red. Ils sont classés
de l'oxydant le plus fort au plus faible, ou du réducteur le plus faible au plus fort, et on
indique la valeur de leur potentiel en volt (à 25 °C). Pour les alcalins, le potentiel
augmente du lithium (-3,030 V) au sodium (-2,713 V) et diminue jusqu’au potassium (-
2,925 V) avant de devenir presque constant. Le potentiel du lithium est inférieur aux
potentiels des autres éléments. C’est donc le lithium qui est le plus réducteur des
alcalins. Le sodium possède le potentiel d’oxydoréduction le plus élevé.

Les métaux alcalino-terreux sont de puissants réducteurs. Leurs potentiels d’électrode


se situent entre -2,91V et -1,85 V, ce qui indique une forte tendance à former des cations
en solution.

Le béryllium et le magnésium cristallisent, dans des conditions normales, selon un


assemblage hexagonal alors que le baryum cristallise dans un mode cubique centré.
Quant au calcium et au strontium, ils cristallisent dans le cubique à faces centrées.

III. Propriétés chimiques


1. Les alcalins

Les métaux alcalins ont un seul électron dans leur couche externe, faiblement lié, de
surcroît. Ils perdent facilement cet électron pour former un cation monovalent (M+) et
réagissent violemment. Leur réactivité augmente à mesure qu’on descend dans le groupe
du lithium au césium.

A cause de leur grande réactivité, ils doivent être conservés à l’abri de l’air dans du
pétrole, sinon ils se recouvrent très rapidement d’une croûte d’hydroxyde et de
carbonate, en absorbant la vapeur d’eau et le gaz carbonique de l’air.

Li Fr

Les alcalins se dissolvent facilement dans l’ammoniac liquide (ammoniac NH3 est un
gaz incolore à odeur piquante plus léger que l’air. Il se liquéfie facilement).

Les métaux alcalins sont de puissants réducteurs. Leurs potentiels d’électrode se situent
entre -2,7 V et -3,0 V, ce qui indique une forte tendance à former des cations en solution.
Ils peuvent également réduire l’oxygène, le chlore, l’ammoniaque et l’hydrogène. Ils ne
peuvent être entreposés dans l’eau puisqu’ils réagissent avec elle pour produire de
l’hydrogène et des hydroxydes alcalins :

2M(s) + 2H2O(l) → 2M+(aq) + 2OH-(aq) + H2(g)

La réactivité avec l’eau croît de haut en bas du groupe. Le Li réagit progressivement


avec l’eau, causant une effervescence. Le sodium réagit plus violemment et se met à
brûler avec une flamme orange. Le potassium s’enflamme au contact de l’eau et brûle
avec une flamme lilas (mauve rosée). Le césium coule dans l’eau et la production rapide
d’hydrogène gazeux sous l’eau provoque une onde de choc qui peut faire éclater un
contenant en verre.

Le sodium (Na) se dissout dans l’ammoniaque liquide pour former une solution bleue
foncée contenant de cations de sodium et d’électrons solvatés. On utilise cette solution
comme réducteur. À de plus fortes concentrations, la couleur de la solution devient celle
du bronze et elle conduit l’électricité comme un métal.

2. Les alcalino-terreux

La chimie des éléments du groupe 2 concerne essentiellement les métaux comme


tels et les ions M2+. A quelques exceptions près la réactivité des éléments du groupe 2
augmente à mesure qu’on descend dans le groupe du béryllium au baryum.

Les métaux alcalino-terreux ne sont pas aussi réactifs que les alcalins du groupe
1, mais ils le sont cependant trop pour être trouvés à l’état libre dans la nature. A cause
de leur grande réactivité, ils doivent être conservés à l’abri de l’air dans du pétrole, sinon
ils se recouvrent très rapidement d’une croûte d’hydroxyde et de carbonate, en absorbant
la vapeur d’eau et le gaz carbonique de l’air. Les métaux alcalino-terreux à l’exception
du béryllium s’oxydent à l’air ambiant, ce qui ternit leurs surfaces. Tous ces métaux sauf
le béryllium, réduisent l’eau et diluent les acides en hydrogène :

M(s) + 2H+(aq) → M2+(aq) + H2(g)

Ou bien en présence de l’eau on a :

M + 2H2O → M2+ + 2OH- + H2

Le magnésium réagit lentement avec l’eau, à moins que celle-ci soit bouillante.
Mais le calcium réagit rapidement, même à température ambiante, en formant des
suspensions laiteuses d’hydroxyde de calcium solubles en petite s quantités.

Le calcium, le strontium et le baryum réduisent l’hydrogène gazeux lorsqu’on


les chauffe, pour former l’hydrure suivant :

Ca(s) + H2(g) → CaH2(s)

Les métaux alcalino-terreux chauffés sont suffisamment forts pour réduire


l’azote gazeux pour former des nitrures (exemple du magnésium) :

3Mg(s) + N2(g) → Mg3N2(s)


Le magnésium peut réduire et brûler le dioxyde de carbone:

2Mg(s) + CO2(g) → 2MgO(s) + C(s)

Les métaux alcalino-terreux se dissolvent dans l'ammoniac liquide, avec


formation d'une solution bleue. Après évaporation du solvant en excès, il subsiste un
résidu de couleur cuivrée. Par chauffage progressif, ce produit se transforme
successivement en amidure M(NH2)2 puis en imidure MNH.

L'action du gaz ammoniac sur les métaux chauffés conduit à un mélange de


nitrure et d'hydrure.

Les métaux alcalino-terreux donnent une famille de composés intéressante avec


le carbone et l'azote.

IV. Quelques composés chimiques des alcalins et alcalino-terreux

1. Les hydrures

Les hydrures sont des composés binaires de l’hydrogène dans lesquels ce dernier est uni
à un élément moins électronégatif que lui.
Avec l’hydrogène moléculaire (H2), les alcalins et les alcalino-terreux (à l’exception de
Be) conduisent aux hydrures (MH ou MH2), selon les réactions suivantes :

 2M(s) + H2(g) → 2MH(s) (alcalins)


 M(s) + H2(g) → MH2(S) (alcalino-terreux)

2. Les oxydes

Avec l’oxygène moléculaire (O2), les métaux alcalins et alcalino-terreux forment des
oxydes normaux de formule M2O ou MO selon les réactions suivantes:

 2M(s) + ½ O2(g) → M2O(s) (alcalins)


 2M(s) + O2(g) → 2MO(s) (alcalino-terreux)

Dans ces oxydes normaux, l’oxygène est toujours de degré d’oxydation -II et ne fait
intervenir que des liaisons de type M-O. Ces oxydes sont très basiques et libèrent des
ions hydroxydes par action de l’eau :

 M2O + H2O → 2M+ + 2OH- ou 2MOH (alcalins)


 MO + H2O → M2+ + 2OH ou (M(OH)2) (alcalino-terreux)

La force de basicité d’un oxyde dépend de son caractère ionique. Plus la liaison M-O
est ionique, plus l’oxyde est basique. Dans les groupes des alcalins et des alcalino-
terreux, le caractère basique des oxydes croît du haut vers le bas. Le caractère ionique
augmente avec le caractère basique.

3. Les hydroxydes alcalins

Les hydroxydes de métaux alcalins et alcalino-terreux de formule chimique MOH ou


M(OH)2 sont obtenus par réaction entre l’eau et les métaux :

 2M(s) + 2H2O(l) → 2MOH(aq) + H2(g) (alcalins)


 M(s) + 2H2O(l) → M(OH)2(aq) + H2(g) (alcalino-terreux)

Ces hydroxydes sont des solides cristallins ioniques de couleur blanche et solubles dans
l’eau. Ces solutions aqueuses sont très alcalines et doivent donc être manipulées avec
prudence. Ce sont des bases fortes.

4. Les halogénures

Les halogénures de métaux alcalins sont des solides cristallins blancs (sels simples).

En chimie, un sel est un composé ionique de cations et d’anions formant un


produit neutre et sans charge nette. Ces ions peuvent être aussi bien minéral
(Cl-) qu’organique (ion acétate), monoatomique (F-) ou bien polyatomique
(SO4)2-.

Les métaux alcalins et alcalino-terreux réagissent facilement avec les halogènes


moléculaires (X2) pour former des halogénures (MX ou MX2) :

 2M(s) + X2(g,l,s) → 2MX(s) (alcalins)


 M(s) + X2(g,l,s) → MX2(S) (alcalino-terreux)

Tous les sels simples des métaux des groupe 1 et 2 se dissolvent dans l’eau produisant
des ions sauf le chlorure de béryllium. Ces solutions sont par conséquent conductrices
d’électricité.
V. Abondances des alcalins et des alcalino-terreux dans la croûte terrestre

1. Abondance des alcalins


Les éléments de la famille des alcalins sont rarement associés ensemble dans la nature
à cause de la trop grande différence de leurs dimensions ioniques. Ces éléments sont très
réactifs dans la nature.
Le tableau suivant regroupe les valeurs d’abondance des éléments alcalins dans la croûte
terrestre, l’abondance est exprimée en ppm, partie par million. 1 ppm d’un élément
signifie que pour 1 million de kg de croute terrestre, il y a 1 kg de cet élément présent.

Alcalins Abondance (ppm) Abondance (%)


Lithium (Li) 20 ppm 0,002%
Sodium (Na) 23 600 ppm 2,36 %
Potassium (K) 20 900 ppm 2,09 %
Rubidium (Rb) 90 ppm 0,009 %
Césium (Cs) 2,6 ppm 0,0003%
Francium (Fr) 2.10-18 ppm 2.10-14 %

Le sodium est le plus abondant des alcalins tandis que le francium est très rare. L’ordre
d’abondance est le suivant:

Na > K > Rb > Li > Cs > Fr

2. Abondance des alcalino-terreux

Les métaux alcalino-terreux ne sont pas aussi réactifs que les alcalins, mais ils le sont
cependant trop pour être trouvés à l’état libre dans la nature. Le tableau suivant regroupe
les valeurs d’abondance des éléments alcalino-terreux dans la croûte terrestre.

Alcalino-terreux Abondance (ppm)


Be 2,8 ppm
Mg 23 300 ppm
Ca 41 000 ppm
Sr 370 ppm
Ba 425 ppm
Ra 10-15 ppm
Le calcium est le plus abondant des alcalins tandis que le radium est très rare. L’ordre
d’abondance est le suivant:

Ca >Mg> Ba > Sr> Be > Ra

VI. Usages des alcalins et des alcalino-terreux

1. Usage des alcalins

1.1. Lithium

Le lithium est un des métaux rares les plus recherchés car indispensable à la production
des batteries des voitures électriques dont le marché en pleine croissance. Du fait de sa
légèreté et de son haut potentiel électrochimique, le lithium est un élément de
prédilection pour les systèmes de stockage électrochimique dans les batteries. Il
intervient dans la fabrication des batteries au lithium des téléphones mobiles, des
ordinateurs.

1.2. Sodium

Il beaucoup d’applications du sodium métal. Les dérivés du sodium les plus importants
pour l’industrie sont le sel ordinaire (NaCl), le carbonate (Na2CO3) et le bicarbonate de
sodium (NaHCO3), la soude caustique (NaOH), et le borax (Na2B4O7,10H2O).
Rappelons que nous avons déjà rencontré plusieurs de ses

1.3. Potassium

Le potassium est un élément essentiel. Presque 95 % du potassium dans le monde est


utilisé comme fertilisant dans les engrais. Et de petites quantités servent à la fabrication
de savons, de verre, de médicaments, et d'explosifs.

1.4. Rubidium

Le rubidium est utilisé en alliage avec le césium dans le domaine de la photovoltaïque.


Certains verres de sécurité contiennent du rubidium. Une transition hyperfine de 87Rb
est employée par des horloges atomiques. Dans les tubes cathodiques, le rubidium est
un capteur de gaz. Des feux d'artifice violets utilisent le rubidium pour obtenir cette
couleur.

1.5. Césium

La principale utilisation est sous forme de solution aqueuse de formiate de césium


comme boue de forages pétroliers et gaziers. En électronique, le césium est employé
dans les cellules photoélectriques, dans des photomultiplicateurs d’électrons, des
spectrophotomètres infrarouges.

1.6. Francium

Du fait de son caractère instable et de sa rareté, il n'y a pas d'application commerciale


du francium. Il n'est utilisé que dans la recherche, à la fois dans le domaine de la biologie
et de celui de la physique atomique.

2. Usage des alcalino-terreux

2.1. Béryllium

Le béryllium est à la fois dur et léger. Il a une bonne conductivité thermique et électrique.
Son utilisation sous forme de métal pur est limitée à des secteurs très spécialisés tels que
l'aérospatial et le nucléaire qui ont tiré profit de ses propriétés.

Ses principales utilisations sont aujourd'hui sous forme d'alliages, dont principalement
des alliages de cuivre, d'aluminium et de nickel. Même à de faibles teneurs en béryllium,
ces alliages ont des propriétés mécaniques, électriques et thermiques améliorées.

2.2. Magnésium

Une grande partie de l'activité de la population s'appuie sur le magnésium et ses


propriétés. Cela est dû à de nombreuses caractéristiques du métal, qui permettent son
utilisation à la fois comme un élément de structure, et comme une addition chimique à
d'autres alliages métalliques. Parmi tous les métaux structurels sur le marché
aujourd'hui, le magnésium est le plus léger. C'est un matériau de construction dans
l'industrie automobile, en particulier les roues et pistons forgés pour moteurs à
combustion interne à haute puissance.

Grâce à son faible poids, de bonnes propriétés mécaniques et électriques, le magnésium


est largement utilisé pour la fabrication de téléphones mobiles, ordinateurs portables,
appareils photo et autres composants électroniques. Ainsi, les dispositifs électroniques
du métal sont très importants, aussi. Le magnésium est utilisé également pour la
protection électrochimique contre la corrosion, comme agent réducteur dans la
préparation d’un certain nombre de métaux.

2.3. Calcium

Le calcium lui-même est assez peu utilisé par la grande industrie. Au laboratoire, il peut
servir à déshydrater des alcools sur lesquels, contrairement au sodium, il est sans action.
Il est utilisé comme réducteur dans la métallurgie du plutonium et de l'uranium, pour
libérer le métal de son tétra fluorure. Les composés du calcium tels que l’hypochlorite
et le chlorure ont de nombreuses applications industrielle.

2.4. Strontium

Ses sels volatils communiquent à la flamme une coloration pourpre intense, d'où son
utilisation dans les feux de signalisation et les feux d'artifice. L’isotope 90 du strontium
dont la vie moyenne est de 28 ans, est utilisé dans le traitement du cancer des os. La
chaleur dégagée pendant sa désintégration peut être convertie en électricité pour des
piles légères de faible puissance utilisées en navigation, en météorologie et en navigation
spatiale. Le titanate de strontium (SrTiO3) est un matériau optique intéressant par son
indice de réfraction extrêmement élevé et une dispersion optique supérieure à celle du
diamant.

2.5. Baryum

Les composés volatils du baryum communiquent à la flamme une couleur vert-jaune


caractéristique, d'où l'emploi du nitrate et du chlorate dans les feux d'artifice et les fusées
éclairantes.

Ses sels solubles sont toxiques. Le sulfate de baryum (BaSO4), particulièrement


insoluble, est utilisé en radiologie du tube digestif à cause de sa grande opacité aux
rayons X.

2.6. Radium

Le radium a été très utilisé comme source de rayonnement ɣ en curiethérapie et en


gammagraphie. Émetteur α, il a servi à préparer des peintures lumineuses. Pour cela, il
était incorporé à du sulfure de zinc phosphorescent. Le mélange intime d'un sel de
radium avec de la poudre de béryllium constitue une source de neutrons. Mais, dans la
plupart de ces applications, le radium est maintenant remplacé par des radioéléments
artificiels moins coûteux et, pour certains usages, moins dangereux.