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PREMIERE PARTIE :
LE DROIT OBJECTIF

Cours de Droit Civil,


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INTRODUCTION

Le droit objectif apparaît comme un corps des règles à la fois générales et


impersonnelles. Générales parce que ces règles s’appliquent à tout individu ;
impersonnelles c’est-à-dire on ne vise pas un individu ni un clan.

Pareille affirmation pourrait être juste et n’en reste pas moins insuffisante.
Encore faut-il savoir avec précision de quelles règles s’agit-il, car somme toute, les
règles générales et impersonnelles sont assez nombreuses dans la vie sociale. Il
importe donc de définir les critères spécifiques de la règle de droit.

Cela étant fait, le constat d’existence de la règle de droit, soulève une double
question : En amont celle de son origine, de sa création, et, en aval, celle de sa mise
en œuvre et donc de son interprétation.

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Chapitre I :
LA REGLE DE DROIT
On définit généralement la règle de droit comme une règle de vie en société
qui est obligatoire et sanctionnée comme telle par l’autorité politique. Ce caractère
coercitif constitue le critère du juridique (ce qui est juridique doit être sanctionné)=.
Il se trouve comme une constante absolue dans toutes les diversifications
qu’impose la règle de droit, la multiplication des activités sociales.

Section 1 : LE CARACTERE COERCITIF DE LA REGLE DE DROIT


Que la règle de droit implique coercition n’est pas de nature à suspendre le
profane. Le droit pénal qui est sans doute la mieux perçue des branches du droit,
véhicule en effet cette idée de façon particulièrement précise.
Cependant, ce caractère coercitif ne va pas sans nuances et appelle diverses
précisions, de même qu’il suscite une interrogation sur son fondementre

§1. La notion de coercitif inhérente au droit

Dire que la règle de droit est une règle obligatoire et sanctionnée par l’autorité
publique, ne signifie pas pour autant que la règle de droit implique nécessairement
punition. Certes, cette dernière apparaît-elle parfois (la notion de peine en droit
pénal), mais elle ne constitue pas une caractéristique générale du juridique.
Les deux qualificatifs obligatoires et sanctionné, ont ici une signification
beaucoup plus compréhensive que leur sens immédiat. Il faut partir de cette idée
élémentaire que la règle de droit est, à tort ou à raison, une règle considérée utile et
nécessaire à la vie sociale. Elle est fondamentalement une règle d’organisation,
règle définie et fixée par la société et pour cette société dans le cadre de la loi, au
sens large du mot, ou de la coutume, c’est-à-dire de l’usage consacré.
Or, dans l’appréciation de la nécessité et de l’utilité des nuances sont possibles. Il
est des règles qui sont à la fois nécessaires et utiles et d’autres tout simplement
utiles. Cela transparaît dans le statut même de la règle de droit.
Il existe des règles dites impératives (lois impératives) qui s’imposent
strictement et que les particuliers ne peuvent écarter. Ainsi par exemple les règles de
divorce : Nul couple marié ne saurait se séparer et de se prévaloir des
conséquences de cette séparation sans s’être conformé aux règles de divorce.
Mais, il y a d’autres règles qui ne s’imposent pas avec cette rigueur et qui
peuvent être écartées par la volonté des sujets de droit. (Loi supplétive).
Ainsi par exemple, les contractants peuvent pour résoudre u n litige qui s’est
élevé entre eux dans l’exécution de leur contrat, refuser sous certaines conditions, la
compétence du service public de la justice et soumettre leur difficulté à la décision de
l’arbitre, personne privée, indépendante de la justice instituée par l’état.
On dit alors, que la règle de droit donne compétence à la juridiction de l’état
est simplement interprétative et supplétive de la volonté. On signifie par là que la
règle considérée n’a vocation à s’appliquer que dans la mesure où les intéressées
n’ont pas voulu une autre règle et exprimé leur volonté en ce sens. Sans doute le

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caractère obligatoire de la règle de droit se trouve-t-il alors sensiblement atténué. Il


serait faux, cependant, de croire qu’il disparaît : la règle s’applique dans les
conditions qu’elle a elle-même fixée, si les intéressés n’ont rien dit, elle devra jouer.
Il n’est pas contraire à la faculté de contraindre que de fixer les conditions et les
limites de cette contrainte. Obligatoire donc, la règle de droit est aussi une règle
sanctionnée par l’autorité publique. La formule doit être entendue dans un sens très
souple. Elle signifie fondamentalement que la règle de droit a vocation à être mise en
œuvre, ce qui traduit la possibilité ouverte, aux intéressés de réclamer, d’exiger
l’exécution de la règle.
Ainsi par exemple, l’enfant mineur que la loi privée de la capacité de contracter,
pourra-t-il démarrer ou son représentant que le contrat qu’il a conclu en
méconnaissance de cette incapacité soit annulé, c’est-à-dire efface dans son
existence comme dans ses effets. (Un contrat signe par un enfant sans l’autorisation
de la personne qui assume l&a responsabilité).
Cependant, ce sens général est souvent renforcé. La sanction de la règle de
droit peut en effet impliquer une contrainte beaucoup plus marquée. Ainsi, la
condamnation du responsable d’un dommage à réparer celui-ci ou encore de la
saisie pratiquée à l’encontre du débiteur, qui ne règle pas ses dettes. Ainsi, surtout
les sanctions pénales, qui par délai bien nuances et selon des modalités diverses, se
rapprochent de l’idée de punition.
On constate ainsi, que le contenu de la sanction à laquelle il est fait référence,
va de l’effectivité d’application de la règle de droit jusqu’au châtiment. Mais ce qui
doit être souligné c’est que, quelle que soit l’intensité de la sanction, celle-ci est
toujours en dernier ressort le fait de l’autorité publique s’exprimant par la voix de ses
organes juridictionnels.
Par là la règle de droit distingue nettement d’autres règles de la vie sociale,
qui pourtant se rapprochent d’elle par certains points. Ainsi en va-t-il d’abord des
règles de morale.
Sans doute, on peut relever la formulation générale et impersonnelle de la
règle de morale, des particularités qui permettent de la différencier de la règle de
droit. En particulier la règle de la morale tend à la perfection de l’individu et
l’épanouissement de sa conscience. Comme telle, même si elle n’ignore pas le fait
social, elle reste résolument axée sur l’individu. La différence est certaine, les règles
de droit ici ne peuvent être imperméables à la dimension morale des personnes et
s’il sanctionne nombre de règles morales érigées en règle de droit, demeure
cependant, domine par des préoccupations d’ordre de sécurité de la vie en société.
Ce qui explique que la règle de droit ne soit pas toujours et nécessairement règle de
justice, d’équité.
Ainsi par exemple, de la règle selon laquelle le créancier qui reste pour un
temps sans réclamer paiement à son débiteur, ne peut ensuite exiger ce paiement.
La solution sera parfois injuste, elle se recommande de la sécurité juridique : à ne
pas l’admettre, on exposerait les débiteurs qui ont payé et qui ont ensuite égaré leur
titre de quittance à un niveau paiement.
Il est donc évident, qu’il existe entre droit et morale des différentes
préoccupations mais qui ne permettent pas une distinction absolue. Celle-ci ne peut
se faire qu’au plan de la sanction : c’est la conscience individuelle et parfois la
conscience collective qui sanctionne entant que telle, les règles morales, jamais

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l’autorité ; c’est de la même manière que peut s’opérer en droit contemporain entre
règle de droit et règle religieuse.
Les quelques d’observations que l’on vient de faire à propos tant de la règle
morale que des règles religieuses, soulignent l’importance fondamentale du
caractère cœrcitif de la règle de droit ; cette cœrcition de l’autorité publique constitue
en effet le critère décisif de distinction. A ce point, une interrogation surgie, celle de
savoir où se trouve la justification de ce caractère.

§2. Fondement du caractère coercitif de la règle de droit

C’est un problème fondamental de la philosophie du droit et il n’est possible ici


que d’en donner un faible aperçu. Schématiquement, il s’agit de déterminer d’où
procède le caractère contraignant de la règle de droit. Certains l’ont trouvé dans la
notion de droit naturel, d’autres dans le fait social largement entendu.
A. Les théories du droit naturel
En simplifiant considérablement, on peut définir le droit naturel comme un
corps supérieur de règles idéales qui s’imposent à l’autorité publique lorsqu’elle fixe
le contenu de la règle de droit positif, c’est-à-dire les règles applicables à une société
et à un moment donné. L’autorité de la règle de droit serait donc tout simplement la
conséquence de cette autorité supérieur et s’imposant à tous qui émane du droit
naturel, étant d’ailleurs entendu que le sujet de droit pourrait résister à la loi
« injuste » (contraire au droit naturel) précisément parce qu’une telle loi manquerait
de fondement.
Cette conception a été par la suite reprise sous des formes diverses mais qui
ont toutes en commun d’admettre l’existence des préceptes supérieurs qui
s’imposent au législateur et fondent le caractère coercitif de la règle de droit.
B. Le droit, fait social
La référence à l’idée de fait social nous utilisons ici, ne doit être prise au pied
de la lettre. Elle n’est qu’un panonceau commode pour marquer que les théories qui
vont être évoquées dans cette rubrique récusent l’idée d’une norme supérieure. On
les exposera sans souci de chronologie.
La première de ces théories est celle du positivisme juridique, qui offre
d’ailleurs plusieurs variantes. En schématisant, l’idée est que la règle du droit est une
données qui s’impose en tant que telle ; l’argument est d’autorité : la règle de droit
s’impose parce qu’elle est la règle.
Pour Ihering, le droit n’est pas idée logique, mais une idée de force, d’où la
conjonction de la balance et du glaive ; « tout droit dans le monde a dû être acquis
par le combat » ce qui signifie que la règle de droit s’impose à tous. Mais brutale, la
conception de Kelsen n’est pas moins lapidaire : La valeur du droit positif est
indépendante de toute norme de justice ; chaque règle du droit doit être conforme à
la règle qui lui est hiérarchiquement supérieur : L’arrêté au décret, le décret à la loi et
à la constitution, cette dernière constituant la norme fondamentale dont l’autorité est
admise par hypothèse.
C’est ainsi, l’Etat qui se trouve érigé à la source première de la règle de droit :
c’est l’Etat qui fonde son caractère contraignant. Aux yeux du positivisme juridique, la
règle de droit vaut par elle-même puisque aussi bien l’Etat n’est lui-même qu’une

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institution, ensemble de règles de droit, ce qui exclut toute appréciation de valeur


autre que fondée sur l’autorité hiérarchique interne à l’ordre juridique. Le droit devient
ici un système fermé qui se justifie par un seul fait qu’il existe. C’est un fait social
autonome.
Par là, le positivisme juridique se distingue radicalement du positivisme
sociologique qui voit dans le droit un produit de la société. Toute règle de droit
comme toute institution juridique est fondée sur l’interdépendance des hommes
vivants à la société considérée et plus précisément sur la norme de la solidarité
sociale qui découle de cette interdépendance.
L’autorité de la règle de droit procède dans cette vision de l’adhésion du plus
grand nombre à la norme édictée et du sentiment collectif de sa nécessité. D’une
certaine manière, la solidarité sociale constitue à la fois source de la finalité de la
règle de droit ce qui explique qu’à la différence du positivisme juridique, le
positivisme sociologique admette la légitimité d’un jugement de valeur sur le droit.
Dans la perspective marxiste, l’appréhension du phénomène juridique est
fondamentalement différente ; certes, la règle de droit est un fair social et un produit
de la société, mais d’une nature très particulière. Elles n’est qu’un moyen
d’oppression de la classe dirigeante et celle globalement des intérêts de celui-ci en
favorisant et en assurant la perfection de ses privilèges.
Le caractère coercitif de la règle de droit de suite dans la logique de la lutte
des classes et l’existence d’une clase dominante. Mais, cela ne démontre que le droit
n’est pas dans la nature des choses sociales ; il n’est que le produit d’un certain type
de société, celle où existe un affrontement de classes.
Par la suite, s’il ne serait disparaître déjà dans la phase de transition vers le
communisme, phase socialiste, parce qu’il doit alors assurer l’éducation de chacun,
rompre avec les habitudes ancestrales et défendre l’ordre nouveau.
En revanche, l’avènement du communisme, société véritablement sans
classes, emporte l’extinction du phénomène juridique. C’est l’annonce faite par Marx
et Engels dans le manifeste du parti communiste : les antagonistes de classes une
fois disparus dans le cours du développement, toute la production étant concentrée
dans les mains des individus, alors le pouvoir public son caractère politique….
A la place de l’ancien société bourgeoise avec ses classes et ses
antagonismes de classes, surgit une association où le libre développement de
chacun et la condition du libre développement de tous. Ces explications de caractère
coercitif de la règle de droit sont nombreuses et variées.
Il serait vain ici d’en aborder la critique. Deux idées paraissent cependant et
méritent d’être soulignées ; même si elles peuvent paraître à bien des égards,
contradictoires.
La première est que l’enquête d’un idéal est dans la nature de l’homme et que
cette dimension de l’humain ne peut pas être sans incidence sur le droit. La seconde
est assurément la règle de droit et le produit d’un conflit dont le marxisme a sans
doute fourni le meilleur schéma en soulignant le phénomène de lutte des classes. Le
contenu du droit n’est jamais accidentel, jamais insignifiant. Par quelle étonnante
alchimie pourrait-il en être autrement dès lors que, fondamentalement, le droit reste
l’œuvre d’organes politiques ? Ces deux aspects conjugués concourent sans aucun
doute à l’affirmation de l’autorité de la règle de droit.

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Section 2 : LA DIVERSIFICATION DE LA REGLE DE DROIT


Le droit étant un phénomène global, la science du droit ne peut faire aucune
impasse tel ou tel aspect de faits sociaux, tel ou tel aspect de la connaissance
humaine.
Sans doute est-il légitime de désigner comme sciences auxiliaires du droit
divers secteurs de la science que le juriste ne peut ignorer, et dont il doit faire usage
dans son œuvre scientifique ; ainsi en est-il de la philosophie, de la sociologie, de
psychologie, de la science économique, de l’histoire…. Mais, il s’agit là des
connaissances privilégiées et il serait faux de croire que les autres domaines de la
science sont différents au droit et au juriste. Tout fait social, et partant toute science
exacte ou non, concerne le juridique. C’est sans aucune doute ce qui fait la difficulté
de la science du droit.
Et, s’il évidemment vain d’espérer du juriste une connaissance universelle du
moins faut-il souhaiter qu’il tienne compte de ses ignorances pour conserver une
prudence, modestie et le souci constant de se former. Cela est le conflit nécessaire
de la multiplicité et la diversification des aspects de l’acte social. Cela est d’autant
plus nécessaire que la multiplicité et la diversité des aspects de l’activité sociale ont
conduit à une spécialisation du droit qui aboutit trop souvent à une parcellisation de
la connaissance juridique. Ce phénomène difficilement résistible, ne doit pas pour
autant faire perdre de vue la cohérence interne du droit par delà toute division de
celui-ci.

§1. La distinction entre le droit privé et le droit public.

On présente comme une Summa divisio, la distinction entre droit public et


droit privé. On signifie par là qu’il a lieu de ne pas confondre les règles qui régissent
l’état et les collectivités publiques ainsi que leurs rapports avec citoyens (droit public)
avec celles qui gouvernent, les rapports entre particuliers (droit privé).
A cette différenciation opérée à partir du domaine d’application de la règle de
droit, s’ajoutent d’autres différences qui tendent à renforcer la distinction ; tandis que
l’administration est admise à exercer ses droits directement le particulier ne peut
exercer les siens que sous le contrôle et avec l’autorisation du juge.
A quoi s’ajoute l’existence d’ordres juridictionnels spécialisés pour l’application
de la règle du droit (juridiction judiciaire administrative).
Les juridictions concernées n’ayant d’ailleurs pas les mêmes pouvoirs (le juge
administratif n’a pas au contraire du juge judiciaire, de pouvoir d’injonction, c’est-à-
dire de donner des ordres). Sans nier la réalité objective de ces différences, il serait
faux cependant de croire que le droit public et le droit privé constitue deux univers
définis et clos l’un par rapport à l’autre.
En réalité, les interpénétrations de l’un à autre sont nombreuses et
nombreuses sont les institutions qui, par delà des nuances certaines, leur sont
communes et pourraient justifier une étude globale, la vérité est que ces deux
univers sont étroitement liés l’un à l’autre et constituent deux aspects rigoureusement
complémentaires d’un même fait (phénomène juridique).

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Il serait dangereux de perdre de vue cette cohérence fondamentale et


d’admettre comme vérités évidentes, les divisions qu’on assigne au droit et qui ne
sont que commodités.

§2. Les divisions du droit public et du droit privé.

Force est remarquer tout de suite qu’il y a des nombreuses disciples juridiques
qui sont rebelles à la distinction : droit public-droit privé, preuve supplémentaire du
caractère artificiel de cette distinction.
C’est ce que l’on constatera en énonçant les principes branches de droit que
l’on rattache au droit public et au droit privé.
A. Les subdivisions de droit public
Il s’agit d’abord du droit constitutionnel qui est l’ensemble de règles présidant
à l’organisation politique de l’Etat et à son fonctionnement. A ce titre, son objet
englobe à la fois les dispositions formulées par la constitution et les textes qui s’y
attachent et correspond schématiquement au système de gouvernement adopté par
la société. Cfr. Constitution de la République Démocratique du Congo du 18 Février
2006.
Le droit public comporte ensuite une branche très importante,
quantitativement et qualitativement que l’on désigne sous le nom de droit
administratif. Celui-ci regroupe les diverses règles qui définissent et organisent
l’administration et les services publics et président la modalité de leur fonctionnement
et celles régissant leurs rapports avec les particuliers. Cela ne signifie pas pour
autant que le droit administratif est l’ensemble de règles de droit applicables à
l’administration et aux services publics. Ce serait ignorer que dans certaines
situations, les règles du droit privé ont vocation à leur être imposées.
Le droit administratif, en dehors de celles qui visent l’organisation de
l’administration et de services publics, ne regroupe donc que les règles applicables
aux administrations et aux services publics agissant en tant que puissance publique,
règles dont le particularisme est précisément commandé par cette idée de puissance
publique.
On a considéré que l’administration entant qu’elle doit rassurer la sauvegarde de
l’intérêt public éventuellement à l’encontre ou des volontés de privées, devait être
soumise des règles spécifiques.
B. Les subdivisions du droit privé
La première branche du droit privé et sans doute la plus importante, malgré
les imputations subies depuis le début du 19 e siècle est constituée par le droit civil. Il
a longtemps constitué avec le droit commercial le droit privé lui-même.
Aujourd’hui encore il représente le droit commun privé, celui auquel on se
réfère à l’absence de texte particulier, celui dont les techniques sont applicables pour
l’essentiel à toutes les disciples de droit privé.
On désigne par le droit civil, l’ensemble de règles qui gouverne outre
l’individualisation de la personne sujet de droit dans la société, les rapports les plus
quotidiens de la vie en société. Comme dans ces conséquences patrimoniales ; la
propriété et les divers droits dont l’individu peuvent bénéficier à l’égard d’une chose,

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les rapports d’obligation entre sujets de droit, résultant de contrat et de la


responsabilité civile.
La présentation de ces deux piliers traditionnels du droit privé que sont le droit
civil et le droit commercial laissent donc apparaître l’existence d’une interprétation
continuelle du droit public et du droit privé, les interpénétrations que l’on pourrait
d’ailleurs vérifier au sein même du pouvoir de droit civil.
Ainsi apparaît la notion de « droit mixte » qui correspond à cette idée que
diverses branches du droit sont autant de droit public que du droit privé. C’est le cas
notamment du droit social, du droit de la construction, du droit maritime, du droit des
assurances.
Le droit pénal et le droit judiciaire sont aussi des droits mixtes. Il est
incontestable que le droit qui définit les infractions et édictes les sanctions qui leur
sont applicables est tout entier dominé par l’autorité publique.
Mais il n’est pas moins vrai que dans la mesure où il garanti du même coup la
protection des certaines prérogatives individuelles (sanctionner le vol, c’est affirmer
la propriété), il se rattache, par le fait, au droit privé.
Il en va de même du droit judiciaire qui définit l’organisation et les
fonctionnements des juridictions étatiques et même temps précise les règles selon
lesquelles les particuliers peuvent assurer la défense de leurs droits. C’est ce que
l’on désigne plus précisément sous le nom de procédure.
Est également à ranger dans cette catégorie de droit mixte, le droit
international privé dont la fonction est de déterminer, pour les relations établies entre
les particuliers, l’étendue d’application de la loi, mais aussi de fixer les conditions
d’attribution de la nationalité ce qui est assurément une préoccupation du pouvoir de
droit public.
Exemple : Mariage entre deux personnes de différentes nationalités.
Au terme de ces brève »s observations, il apparaît de manière particulièrement
nette que la distinction du droit privé et du droit public, si elle correspond à une réelle
différence de préoccupation que l’on peut schématiser par l’opposition, au demeurant
simpliste, de l’intérêt public aux intérêts privés, n’est pas une summa divisio, c’est
surtout le principe d’organisation.
Et l’on ne saurait achever ce chapitre sans évoquer la notion de droit comparé
qui démontre la nécessité de dépasser tous prétendus clivages du droit. Il ne s’agit
pas là d’un corps de règles, mais d’une science ;, qui a été portée à son plus haut
niveau et qui consiste dans l’étude des systèmes juridiques étrangers, étude
destinée à améliorer les techniques du droit interne, à faciliter, la compréhension
internationale et à favoriser l’unification du droit. C’est une science particulièrement
difficile et exigeante, mais est une richesse inépuisable.

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Chapitre II :
LA CREATION DE LA REGLE DE DROIT

Le droit congolais est fondamentalement un droit écrit, ce qui signifie qu’il


trouve sa source privilégiée dans la loi, peu important que celle-ci fasse ou non
l’objet d’une codification. Il s’oppose à cet égard au droit Anglais, lequel est
jurisprudence en ce sens que la règle du droit y est l’œuvre du juge, ce qui reste vrai
encore à l’époque contemporaine malgré la multiplication de textes écrits qu’à
nécessité, la rapidité des l’évolution économique et sociale de ces derniers années.

Section1. LA LOI
Le mot loi est pris dans un sens général toute disposition émanant de l’autorité
publique et présentant un caractère général, impersonnel et obligatoire.
Mais cette définition recouvre des réalités diverses qu’il conviendra de
préciser en s’attachant à la notion constitutionnelle de la loi, avant de déterminer les
conditions d’application de la loi.
La loi au sens strict et le règlement sont deux sources de la règle de droit. En
outre, elle fait apparaître certains textes particuliers qui doivent être situé dans le
cadre de cette distinction fondamentale.

§1. La distinction de la loi et du règlement

A la différence des dispositions constitutionnelles, la constitution s’est attachée


à distinguer nettement la loi du règlement. Elle retient pour cela un double critère
formel et matériel et assure la mise en œuvre de la distinction par un système de
sauvegarde de compétence propre à chaque type de texte, lequel fait apparaître
entre eux une différence d’autorité.
L’idée formelle de la distinction est un critère classique qui prend en
considération l’organe d’élaboration de la règle de droit.
La loi strict concerne l’œuvre du pouvoir législatif. Elle est votée par le
parlement, c’est-à-dire l’assemblée nationale d’une part et le Sénat d’autre part. (Cfr.
Art.100 de la constitution du 18 Février 2006).
Par opposition, la notion de règlement englobe l’ensemble de décisions du
pouvoir exécutif et des autorités administratives. C’est une catégorie qui comprend
diverses sortes de textes correspondant aux hiérarchies interne de l’autorité
publique, et- aux décrets. Ceux-ci peuvent être l’œuvre de président de la
République ; normalement après délibération du conseil de ministres.
Le critère matériel de la distinction est au regard de ce second critère qu’une
innovation de la constitution. Le principe était celui de l’omnipotence de législateur.
Toute matière pourrait être régit par la loi ; le règlement n’avait compétence
que là où la loi n’était pas intervenue, et pouvait à tout moment être abrogé par la loi.
Cette présentation laisse entendre que l’opposition entre loi et règlement est
nettement tranchée. Certaines matières relèvent de ce pouvoir législatif, d’autres
font l’objet d’un partage entre l’exécutif et le législatif. L’exécutif a la charge de définir

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les modalités de mise en œuvre des principes fondamentaux édictés par le législatif,
d’autres sont réservés au seul pouvoir règlementaire. A la vérité, les procédures
intitulées pour cette sauvegarde organisent seulement la défense du domaine
règlementaire.
Diverses mesures ont été adoptées qui assurent la protection du domaine
règlementaire contre les empiétements du pouvoir législatif. On peut discerner des
procédures préventives et des procédures de correction. D’abord celle en vertu de
laquelle le gouvernement peut proposer l’irrecevabilité d’une proposition de la loi. S’il
lui apparaît que la dite proposition n’est pas du domaine de la loi.
S’il y a les accords sur ce point entre le président de l’assemblée et le
gouvernement, le conseil constitutionnel saisi de la demande de l’un ou de l’autre,
doit se prononcer dans un délai retenu dans la loi constitutionnelle. (Travaux
préparatoires : un document préparé ou élaboré par l’assemblée nationale).
Ensuite, pour le cas où la loi été votée sans que l’irrecevabilité ait été
soulevée, mais elle n’a pas été encore promulguée, il est possible de déférer au
conseil constitutionnel qui appréciera sa conformité à la répartition de compétence
opérée par al constitution (nul n’est censé ignorer la loi).
Si le conseil constitutionnel estime que le parlement n’était pas compétent ou
plus largement pour le texte voté n’était pas conforme à la constitution. La loi ne peut
pas être promulguée et restera inefficace.
L’ensemble de cette procédure permet à l’exécutif de conserver la pleine
maîtrise de sa compétence. Il faut ainsi, le cas échéant, se montrer généraux à
l’égard du législatif, puis qu’il soit assuré, sous la seule réserve que l’opinion
conforme du conseil constitutionnel, de pouvoir, au moment voulu récupérer le
domaine ainsi le pouvoir abandonné.

§2. La différence d’autorité de la loi et du règlement

Cette différence s’établie schématiquement par une opposition très nette. La


loi n’est soumise qu’à une norme supérieure, tandis que le règlement ne peut pas
être aux principes posés par la loi (principe de légalité).
Certes, il existe diverses procédures de nature à vérifier et sanctionner du
législateur quant aux matières sur lesquelles il légifère. Dès qu’une loi est
promulguée, elle doit être appliquée (la loi est dure, mais c’est la loi), quand bien
même elle violerait l’un des principes supérieurs affirmes par la constitution.
Elle ne peut faire l’objet ni d’un recours à l’annulation, ni d’un refus
d’application par la juridiction. La situation du règlement est fondamentalement
différente. Norme subordonnée, le règlement est soumis au principe de légalité qui
impose sa conformité à la constitution, à la loi et aux principes généraux du droit.
Exemple : Principe de l’intangibilité de la frontière, de bonne foi, du respect de la
prépondérance de la loi internationale sur la loi interne.
Ce caractère subordonné du règlement est caractérisé par diverses
procédures ou moyen de procédure propres à assurer le respect du principe ide
légalité. Le règlement peut d’abord faire l’objet d’un recours à l’annulation pour excès
de pouvoir devant la juridiction administrative, recours qui peut être diligenté par un
particulier dans un délai reconnu par la loi à compter de la publication du règlement
attaqué (peut être deux mois).

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S’il s’agit d’un décret, le conseil d’état est saisi directement ; pour les autres
règlements, la compétence revient au tribunal administratif à charge d’appel devant
le conseil d’état.
La notion de règlement englobe l’ensemble de décisions du pouvoir exécutif et
des autorités administratives, c’est une catégorie qui comprend diverses sortes de
textes correspondant aux hiérarchies internes de l’autorité publique et qu’au 1 e rang
desquels figure le décret, ceux-ci peuvent provenir du président de la République
après délibération du conseil des ministres. Ces décrets sont de deux sortes ; d’autre
part, le décret d’application pris pour l’exécution d’une loi dont-il précise les
conditions de mise en œuvre ; d’autre part, le décret autonome, représente au
contraire les décisions spontanés du pouvoir exécutif. (C’est-à-dire le décret pris par
le président de la République ne peut pas être au dessus de la loi).
La juridiction saisie peut prononcer l’annulation du règlement, ce qui le met à
néant à l’égard de tous, soit pour violation de la constitution y compris les règles de
compétences du législatif et des principes généraux du droit.
A supposer qu’un tel recours n’ait pas exécuté dans le délai requis, il reste
possible de se défendre contre le règlement inconstitutionnel ou illégal en opposant à
sa mise en œuvre l’exception d’illégalité ou d’inconstitutionnalité, exception dont le
succès n’aura d’autre effet que d’empêcher l’application du dit règlement à celui qui
l’opposé et non entraîner la mise en néant de ce règlement.

LES TEXTES SPECIAUX


Tout ce qui a été exposé précédemment, concerne le règlement et la loi
ordinaire, mais il est à côté de cette dernière, des textes particuliers qui appellent
quelques observations. Ainsi existe il tout d’abord, des lois organiques dont l’objet
spécifique est de compléter les règles portées par la constitution pour les préciser.
C’est le parlement qui le voie, mais selon une procédure spéciale au surplus,
ces lois doivent obligatoirement être soumises avant leur promulgation au conseil
constitutionnel qui en vérifie la conformité à la constitution.
Il convient- de signaler en second lieu, les lois référendaires, c’est-à-dire ceux
qui sont adoptées par voix de référendum (constitution). Ces lois échappent à tous
contrôle notamment préventif du conseil constitutionnel, au motif exprimé par celui-ci
qu’elle constitue l’expression directe de la souveraineté nationale. Il faut s’arrêter
plus largement sur les ordonnances.
Le gouvernement peut pour l’exécution de son programme, demander au
parlement, l’autorisation de prendre par ordonnance, pendant un délai limité, des
mesures qui sont normalement du domaine de la loi. Ainsi, se trouve légalisé un
empiétement du pouvoir règlementaire sur le législatif par consenti par le parlement
(Cfr art. 129 de la constitution).
Dans des tels cas, la loi d’habilitation confère au gouvernement dans le
domaine visé et pendant le temps fixé par elle, pouvoir total qui va jusqu’à la
possibilité d’abroger les lois antérieures. Cependant, les dispositions ainsi prises par
le gouvernement devront faire l’objet d’une ratification par le parlement, et à cette fin
un projet de loi de ratification doit être déposé par le gouvernement dans un délai fixé
par la loi d’habilitation. (Cette règle ne concerne du parlement qui obéisse à un
régime très différent). A défaut, ces dispositions seraient frappées de caducité et

Cours de Droit Civil,


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perdraient toute valeur normative (Cfr art. 129 de la constitution de la RDC du 18


Février 2006).
En revanche, une fois ratifiées (acceptées), les ordonnances ont pleines
valeurs des lois, mais leur constitutionnalité peut être contrôlée par le conseil
constitutionnel avant promulgation.
Enfin, il y a lieu d’évoquer les décisions que le président de la République peut
prendre en vertu des dispositions constitutionnelles, lorsque la raison se trouve
gravement menacé et que le fonctionnement régulier du pouvoir public
constitutionnel est interrompu. Ces décisions échappent à tout contrôle juridictionnel
si elles concernent le domaine législateur (Cfr art. 143, 144 de la constitution de la
RDC du 18 Février 2006).
En revanche, elles y demeurent soumises dès lors qu’elles ont par leurs
matières, un caractère règlementaire.
Tous les textes que nous venons d’évoquer, sont d’origines internes. Il faut
encore y ajouter d’autres textes d’origine internationale ; cette fois, qui ont vocation à
s’intégrer dans l’ordre juridique interne congolais.
Ainsi est-il tout d’abord, les traités et accords qui peuvent être ratifiés par le
chef d’état dont l’article 215 de la constitution de la 3 e République, mais une fois que
ces textes sont publiés dans le journal officiel. Ces textes ont une autorité supérieure
à celle de la loi. (Voir principe de la primauté du droit international sur le droit
interne).
Question : Pourquoi dit-on que les traités et accords internationaux une fois ratifiés
par le président de la République et publiés dans le journal officiel deviennent
supérieurs aux lois internes. Expliquer par un exemple.
Exemple : un traité signé par le président pour la suppression de la peine de mort
devient automatique supérieur à la loi interne.
Il y a là en tout cas un difficile problème qui commande l’effectivité du principe
du traité& sur la loi, même postérieur, principe qui semble être accueilli plus
favorablement par les juridictions judiciaires et par les juridictions administratives.

§3. L’application de la loi

L’application de la loi appelle quatre points : Celle d’abord son entrée en


vigueur et celle ensuite de sa substitution à la loi antérieur : problème de conflit de loi
dans le temps, celle encore de l’application de la loi dans l’espace et enfin celle de
son abrogation.
A. L’entrée en vigueur de la loi
Quant à cette question, il convient de tenir compte de ce que seul le pouvoir
exécutif peut prendre des dispositions exécutoires.
Il en résulte une différence considérable de régime, entre la loi stricto sensu
(sens strict) et le règlement. Tandis que, celui-ci est par la nature exécutoire, celle-là
suppose une intervention spécifique du pouvoir exécutif. C’est la promulgation,
laquelle s’opère par le décret de promulgation au terme duquel le président de la
République ordonne l’exécution de la loi (art. 136 de la 3 e République).

Cours de Droit Civil,


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Cette promulgation doit intervenir dans un délai fixé par la loi qui suite la
transmission au gouvernement du texte de la loi tel que l’a adopté le parlement, et
c’est la date du décret de promulgation qui fixe celle de la loi elle-même (art.140 de
la constitution).
Demeurant, il ne suffit pas qu’un texte, loi ou règlement, ait force exécutoire
pour qu’il soit applicable. Il faut encore et c’est un évidente nécessité que le texte
considéré ait fait l’objet d’une publication, destinée à le porter à la connaissance des
citoyens (nul n’est censé ignore la loi, art.142 de la constitution). (Art. 142 de la
constitution).
Cette publication est opérée pour les lois et décrets, au journal officiel et le
moment d’entrée en vigueur du texte en dépend directement, sans toute fois
coïncider avec elle. C’est qu’il faut ménager aux sujets de droit le temps de prendre
connaissance du texte publié.
L’existence des tels délais suspendant, plus ou moins longuement l’entrée en
vigueur de la loi vise à donner une certaine consistance à la présomption bien
connue selon laquelle nul n’est censé& ignore la loi. Cette présomption qui signifie
nul ne saurait échapper à l’application de la loi sous prétexte de son ignorance.
La présomption est rendue nécessaire à la fois par des considérations d’ordre
public et par le principe de l’égalité des citoyens devant la loi (égalité de
connaissance de la loi).
Elle est cependant, à l’évidence, fort artificielle, et par la même de nature à
porter préjudice à ceux qui, en fait, n’ont pas les moyens d’accéder à la
connaissance des lois. S’il est assurément difficile d’en faire l’économie, du mois en
conviendrait-il de rechercher des moyens plus efficaces d’information.
La tendance contemporaine au foisonnement de textes de plus en plus
complexes, sans parler des cas, heureusement très rares où la loi elle-même a
parfois imposé une certaine discrétion, directe ou indirecte, quant aux moyens de sa
mise en œuvre se situe aux antipodes de cette préoccupation démocratique
élémentaire.
B. Le conflit de loi dans le temps
Lorsque intervient une loi nouvelle, celle-ci risque de contrarier les établies sur
la base de la loi antérieure : une personne avait prêté une somme d’argent
moyennant un taux d’intérêt alors licite, mais que la loi nouvelle vient interdire
comme usuraire, des époux se sont mariés à une époque où la loi n’admettait pas le
divorce, et la loi nouvelle vient l’autoriser.
Le problème se pose alors de l’étendue de l’application de la loi nouvelle et,
réciproquement, de l’empire (influence) que peut conserver la loi ancienne. C’est le
problème de conflit de lois dans le temps. Où le principe selon lequel, la loi ne
dispose que pour l’avenir, elle n’a point d’effet rétroactif.
Bien sûr, tant qu’il s’agit pour le sujet de droit de constituer une situation
juridique nouvelle comme par exemple, se marier, comme plus haut, conclure un
contrat déterminé, on conçoit parfaitement qu’il doit purement et simplement se
conformer aux prescriptions légales en vigueur, au moment où il déploie son activité
juridique : il va contracter le mariage dans les conditions posées par la loi en
vigueur ; à ce moment sans avoir à se soucier d’une éventuelle loi postérieure.

Cours de Droit Civil,


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Cette loi nouvelle ne s’appliquera qu’à ceux qui décideront de se marier après
son entrée en vigueur. Ainsi n’y a-t-il pas trop de difficultés pour ce qui concerne la
constitution par le sujet de droit, d’une situation juridique.
Le problème en revanche est beaucoup plus ardu lorsqu’on s’interroge sur les
effets d’une situation juridique donnée. Les époux pour reprendre notre exemple, se
seront mariés sous l’empire d’une loi qui faisait produire tels ou tels effets au
mariage, et alors qu’ils sont toujours mariés, une loi nouvelle vient modifier ces
effets. Pour ce qui a trait aux effets produits antérieurement à l’entrée en vigueur de
la loi nouvelle, le principe de la solution est celui de la non rétroactivité.
La loi nouvelle ne remet pas en cause les effets déjà réalisés. C’est conforme
à un souci élémentaire de sécurité juridique ; d’ailleurs la solution contraire serait
souvent mal commode à mettre en œuvre.
Mais, que doit-on encore décider pour les effets à venir, les effets qui vont se
manifester après l’entrée en vigueur de la nouvelle loi ? Il ne s’agit plus alors de
rétroactivité, stricto sensu et deux solutions sont à priori convenables : soit de
conserver à la situation considérée les effets qui étaient les siens lorsqu’elle a été
constituée ; soit contraire, de lui faire produire les effets nouvellement voulus par le
législateur.
On admet généralement que ces deux solutions ont alternativement vocation
à intervenir selon les types des situations juridiques que l’on envisage.
S’agit-il d’une situation dont les effets échappent à la volonté des intéressés,
telle celle résultant du mariage ou de la filiation ? On décide alors que la loi nouvelle
s’y applique immédiatement et pour l’avenir.
Il est en effet, normal que la loi nouvelle, qui doit être présumée meilleure que
l’ancienne, la gouverne immédiatement, ce qui est au surplus conforme au principe
d’égalité des citoyens devant la loi.
S’agit-il au contraire d’une situation juridique où la volonté des sujets de droit,
joue un rôle prépondérant comme c’est le cas des situations crées par un contrat,
alors la situation est inverse de précédente, c’est la loi ancienne qui doit continuer à
s’appliquer à la situation considérée. La raison en est qu’il ne faut pas bouleverser
les prévisions que les parties ont légitimement établies pour établir le fondement de
la loi ancienne.
En outre, la diversité naturelle de ces situations, diversité inhérente au rôle
primordial qu’y jouent les volontés individuelles retire toute acuité au problème de
l’égalité des citoyens devant la loi.
On est ainsi conduit à distinguer fondamentalement : d’une part, les situations
légales ou objectives, dont les effets sont régis par la loi nouvelle dès son entrée en
vigueur, d’autre part, les situations contractuelles ou subjectives dont les effets
restent même pour l’avenir, soumis à la loi sous l’empire de laquelle elles ont été
constituées.
Ces principes de solution, auxquels il convient de rappeler que s’ajoute le
principe général de non rétroactivité, supportent cependant diverses dérogations.
D’abord, il faut souligner que le principe de non rétroactivité ne s’impose pas au
législateur qui reste libre de décider que sa loi, pour le tout ou pour partie aura un
effet rétroactif.

Cours de Droit Civil,


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En outre, il est communément admis qu’une loi interprétative, c’est-à-dire une


loi qui vient élucider un point litigieux. D’une loi antérieure a effet rétroactif. Ce
caractère interprétatif est normalement dans la loi. Ce qui est un moyen détourné un
déclarer sa rétroactivité (la loi ne peut pas fournir les effets rétroactifs, mais le
législateur peut le juger).
Il est cependant un domaine pour cette rétroactivité ne devrait jamais se
rencontrer vrai : celui du droit pénal. C’est une nécessité pour la sauvegarde des
libres individuelles : nul ne doit être puni pour une conduite dont-il n’a pas été
préalablement averti qu’elle était répréhensible.
Mais le fondement même de la règle en indique les limites : le juge pourra
faire rétroagir une loi pénale si elle est la plus favorable au sujet de droit.
En second lieu, la règle selon laquelle les situations contractuelles échappent
à la loi nouvelle, est très souvent écartée au profit de l’application immédiate. Elle est
d’abord, de plus fréquemment, par la volonté même du législateur qui déclare la loi
applicable aux contrats en cours. L’intention du législateur on le trouve dans les
travaux préparatoires.
Exemple : L’ancienne loi dit, la peine mérite 6 mois et la nouvelle 6 ans. La
peine approprié dans le travaux préparatoires, c’est-à-dire le débat des différents
délégués des composantes, la peine qui est favorable (pour connaître l’idée du
législateur, c’est dans les travaux préparatoires).
En suite, alors même que le législateur n’en aurait rien dit, la jurisprudence
admet de façon classique l’application immédiate aux situations contractuelles
antérieurement constituées lorsque la loi nouvelle présente un caractère d’ordre
public, c’est-à-dire très approximativement lorsqu’elle se fonde sur l’intérêt général et
exige par là même l’égalité de tous devant la loi.
La détermination du moment exact de l’application de loi dans le temps dont
on fait que bauger les principes directeurs, apparaît ainsi difficile et nuancée. Il en est
va de même, plus encore pour la fixation du domaine, d’application de la loi dans
l’espace.
C. L’application de la loi dans l’espace
Le problème est infiniment complexe et fait l’objet d’une science spécifique, le
droit international, dont on ne peut ici que signaler l’existence.
A partir d’une époque donnée, on pourrait définir le droit international comme
l’ensemble des règles qui gouvernent les états ; états comme sujet originaire du droit
international. Avec l’apparition des organisations internationales qui ne sont rien
d’autres que les créatures des états, c’est-à-dire des sujets dérivés du droit
international ; nous pouvons alors redéfinir le droit international comme l’ensemble
des règles qui gouvernent les rapports entre les sujets du droit international (les états
sont sujets du droit international, les organisations internationales sont des sujets du
droit dérivé).
Il convient cependant de remarquer qu’il ne se pose pas dans les mêmes
termes selon qu’on envisage le droit privé ou le droit ou encore le droit public.
Pour ces deux derniers, joue le principe de territorialité, ce qui signifie que les
posées par la loi congolaise ont vocation à s’appliquer à tous les faits qu’elles

Cours de Droit Civil,


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concernent et qui se situent sur le territoire national sans qu’il ait lieu de distinction
selon que ces faits ont été accomplis par des congolais ou par les étrangers.
Cependant, certains faits survenus hors des frontières peuvent justifier
l’application par le juge congolais de la loi nationale. Il suffit pour cela que ces faits
considérés comportent un élément de rattachement au territoire national (à titre
d’exemple, une escroquerie accomplie à l’étranger mais ayant produit les effets au
Congo et justiciable de l’application de la loi congolaise).
Faute de tel élément de rattachement au territoire national, la loi congolaise
n’a pas vocation à s’appliquer et le juge congolais est incompétent, plus précisément,
il n’a pas à rechercher quelle loi étrangère doit intervenir et moins encore à appliquer
cette loi.
La situation est très différente pour le droit privé. Dans chaque cas, le juge
saisi doit rechercher si la loi congolaise est applicable et si non déterminer, la loi
étrangère compétente et procède à son application. Pour cela, il met en œuvre des
règles dites ; règles de conflit dans l’espace qui lui il permettent de déterminer la loi
applicable, c’est-à-dire que dans ce domaine de droit, le juge congolais peut
appliquer non seulement la loi congolaise, mais aussi exceptionnellement la loi
étrangère.
De tout cela, il résulte que la loi congolaise de droit privé à un domaine
d’application qui peut dépasser le territoire national : l’incapacité du mineur congolais
le suit à l’étranger, la loi congolaise peut s’appliquer à un contrat conclu hors du
congo. Réciproquement, elle n’a pas toujours vocation à s’appliquer sur le territoire
congolais et peut céder la place à la loi étrangère.
D. L’abrogation de la loi
L’abrogation marque le terme temporel de l’application de la loi. Il est au
demeurant, peu fréquent que la loi prévoit directement sa propre abrogation.
Cependant, les lois de finances, les lois annuelles relatives au budget de l’état,
contiennent certaines dispositions qui ne sont applicables que pour l’année
considérée de sorte que normalement, cette abrogation résulte de l’éducation d’un
texte ultérieur. Elle peut alors prendre deux formes : abrogation expresse ou tacite.

1° L’abrogation expresse
Le nouveau texte précise formellement l’abrogation du texte antérieur et les
cas échéant l’étendu. Cette abrogation, c’est la formule la plus simple et la plus
fréquente (en lisant une loi, vous remarquerez qu’elle a déjà abrogé l’ancienne).

2° Abrogation tacite
Le texte nouveau ne comporte aucune indication sur le sort du texte antérieur,
mais édicte les dispositions incompatibles avec le maintien total et partiel de celui-ci.
L’abrogation du texte précédent est alors à la logique des choses, mais elle ne
peut être admises faute de volonté formelle exprimée par l’auteur du texte nouveau
et lorsqu’il y a véritable incompatibilité (la disposition est contraire à l’ancienne ne dit
pas clairement, mais en lisant, on remarque que l’ancienne loi est abrogée).

Cours de Droit Civil,


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Dans tous les cas, qu’elle soit expresse ou tacite, l’abrogation ne peut résulter
que d’un texte de même nature que celle du texte abrogé,  (l’abrogation ne peut se
faire que par le texte qui se ressemble ou encore par l’hiérarchie du texte).
Seule la loi peut abroger la loi, seul le décret peut abroger un autre décret ou
tout autre règlement, toute fois on ne demande sur la désuétude de la loi, c’est-à-dire
le fait qu’un texte se trouve en pratique frappé d’inefficacité et remplacé par d’autres
pratiques qui tendent à devenir habituelles, ne peut pas continuer une cause
complémentaire de l’abrogation.
La réponse à cette question du rôle qu’on assigne à la coutume qu’il convient
d’examiner maintenant.

Section2 : LA COUTUME
Isolement, une coutume n’est rien d’autre qu’une pratique habituelle qui sous
le fait précisément de l’habitude, tend à se poser en règle de droit.
Globalement, la coutume correspond à un processus psychologique de
formation de règles de conduite, et c’est un problème délicat que celui de sa valeur
entant que source du droit. On doit admettre une solution nuancée qui n’érige la
coutume à la source accessoire de droit.

§1. La nature de la coutume

De façon classique, on enseigne que la coutume est constituée de deux


éléments complémentaires l’un de l’autre. Les deux éléments sont : l’élément
matériel et l’élément psychologique.
- L’élément matériel : consiste la répétition d’un même fait,
- L’élément psychologique : consiste à agir de la même manière, c’est la
conviction,
 Sur le plan international, le président est accueilli au tapi rouge.
 La mort d’un chef d’état, le drapeau sera hissée au milieu ; acte isolé
qui n’est pas habituel par tous sauf à des places habituées.
L’élément psychologique à savoir, le sentiment du caractère obligatoire. Ainsi
a-t-on lu dans une vision aujourd’hui contestée, de ce qu’on appelle les principes
généraux du droit considèrent que ceux-ci représentent une sorte de coutume
constitutionnelle à laquelle le législateur et le pouvoir règlementaire conformeraient
leur action.
Il résulte de la coutume correspond à une conduite, juridiquement signifiante,
dont la nécessité et la portée spontanément reconnues par les sujets de droit dans le
recours d’un texte obligatoire. L’usage coutumier présente les faits essentiels de la
règle de droit.
Il est en effet général et impersonnel en ce sens qu’il prétend régir tous ceux
qui se situent dans sa sphère d’application. Ce caractère général et impersonnel ne
doit pas être masqué par le fait que bien souvent, la coutume n’intéresse qu’un
groupe limité au sein de la société, défini par une localisation géographique
déterminée, ou par une profession.

Cours de Droit Civil,


19

Ce phénomène qui n’a rien d’insolite plus qu’une loi, peut fort bien régir une
catégorie militée de sujet de droit est dans la logique de chose ; l’habitude ressentie
comme contraignante se constitue plus facilement dans un principe restreint.
Au demeurant, rien n’empêche que la règle coutumière puisse s’entendre peu
à peu des groupes de plus en plus large. Si le caractère général, impersonnel de la
règle coutumière ne fait pas problème. Il n’en va pas de même, en revanche de son
caractère de règle sanctionnée et se trouve alors soulevée la question décisive de
son autorité.

§2. L’autorité de la coutume

Observation tout de suite que le problème ne surgit que dès lors que
l’existence de la coutume est confirmée. C’est seulement dans la mesure où elle est
prouvée que la coutume peut prétendre s’imposer comme règle de droit. Cette
preuve sera faite normalement par des témoignages. Les preuves de la coutume
étant supposées rapportées restent le problème de son autorité.
Il est alors nécessaire de distinguer le cas où la loi renvoie directement à la
coutume, renvoie de la loi à la coutume, la loi qui le constate par sa lecture. Il s’agit
là d’une véritable délégation du pouvoir que consent le législateur à la coutume, il fait
aucun doute alors que la coutume a force de la loi. Elle joue le rôle dans ce cas
d’auxiliaire de la loi et lui emprunte son autorité (coutume secundum legem).
Il y a d’avantage hésitation lorsque la loi ne dit rôle de l’usage, mais celui est
de nature de combler une lacune du système législatif. La coutume joue le rôle de
complément de la loi. C’est le cas des principes généraux du droit public et du droit
privé. C’est le cas également de nombre de règles du droit privé. On peut douter de
l’autorité de la coutume, là où le législateur n’a pas cru bon intervenir. Pourtant il faut
l’admettre, d’abord parce que le silence du législateur peut s’exprimer précisément
par l’existence d’un usage bien établi, ensuite que sans doute surtout parce qu’en
présence du silence de la loi, la coutume est le meilleur gage de sécurité juridique.
Elle fixe en effet, notoirement, une norme de conduite et qu’il est opportune
que chacun puisse se fier, tant du moins que la loi ou le règlement ne l’aura pas
récusée.
En revanche, si la coutume prétend s’ériger (opposer) contre la loi (coutume
contra legem), on considère qu’elle est dépourvue de l’autorité. C’est puisque la
coutume tire son autorité de la loi. Telle est du mois l’affirmation classique,
l’affirmation qui peut se recommander de l’ordre institutionnel. Le législateur et le
pouvoir règlementaire constitué pour définir la règle de droit peuvent être soumis à la
rivalité.

Cours de Droit Civil,


20

Chapitre III :
INTERPRETATION DE LA REGLE DE DROIT

La règle de droit faite pour être appliquée, c’est dans la logique de sa fonction
sociale et la confrontation du caractère abstrait de la règle à la réalité concrète
qu’elle a régir suscite la nécessité de son interprétation : il convient d’en rechercher
précisément le sens pour déterminer si, et comment elle doit être mise en œuvre. Ce
travail d’interprétation est d’une richesse exceptionnelle au point que l’on peut se
demander si certaines formes d’interprétation ne dissimulent pas une véritable
création de la règle de droit. C’est notamment l’intégration qui concerne la
jurisprudence, c’est-à-dire l’interprétation du juge.
Mais, à côté de cette interprétation essentielle, il faut encore tenir compte de
la pratique, c’est-à-dire schématiquement la mise en œuvre quotidienne des règles
de droit par le juriste (praticien ou enseignant de droit), et de ce qui est convenu
d’appeler la DOCTRINE, c’est-à-dire la réflexion des auteurs sur la règle de droit
telles sont les trois grandes œuvres d’interprétation qu’il faudra examiner après avoir
lu quelques mots de techniques d’interprétation.

Section1 : LES TECHNIQUES D’INTERPRETATION


Il est rare qu’un texte légal ou réglementaire cadre si parfaitement avec la
situation qu’il doit régir, qu’on n’éprouve aucune hésitation à l’appliquer et à tirer
toutes les conséquences qu’il implique.
Le plus souvent, la situation de fait recèle des particularités diverses qui
suscitent le doute quant à la disposition légale applicable et quant à l’étendue de son
application.
Il est donc nécessaire de rechercher avec la plus grande précision possible, la
signification de la règle de droit pour définir ce que la vocation allait dire et comment
elle doit être en œuvre. C’est à ce moment qu’interviennent des techniques
d’interprétation, techniques qui sont de deux sortes : la technique exégétique d’une
part et la technique scientifique d’autre part.

§1. La technique exégétique

C’est la technique qui a dominé le 19e siècle et que l’on peut dissocier du
véritable culte à cette époque à la législation napoléonienne. Monument de la raison,
la codification napoléonienne fut pendant la majeure partie du 19 e siècle considérée
comme une œuvre législative parfaite. D’où cette idée que l’interprétation ne pouvait
se faire qu’à partir des dispositions figurant dans le code, lequel était présumé
contenir au moins en germe tout le matériel juridique nécessaire, il est vrai que le
code présentait ses qualités indiscutables et que son contenu pendant au besoin de
la société telle qu’elle s’est maintenue jusqu’à la révolution industrielle.
Cette situation de fait explique que le juge du 19 e siècle ait cru trouver, dans
cet arsenal juridique, la solution de tous les problèmes et qu’ils aient, par voie de
conséquence, exprimer cette idée dominante que l’interprétation ne devrait pas
s’aventurer hors des textes (le texte avant tout).

Cours de Droit Civil,


21

Il serait cependant faux de croire que l’interprétation se réduisit alors à


l’analyse littérale de la loi. En réalité les interprètes avaient recours à diverses
méthodes propres à exprimer toutes les richesses contenues dans la loi, et de nature
à effacer ses ambiguïtés comme à combler ses lacunes. Lorsqu’une disposition
légale apparaissait peu claire, on avait recours aux travaux préparatoires de la loi, ce
qui permettait de découvrir au travers des débats suscités par le texte, l’intention
véritable du législateur.
Si cela ne permettait pas de résoudre les difficultés, il convient alors de se
référer à la tradition juridique. L’histoire pouvait ainsi apporter un échantillon un
éclairage propre à fixer le sens de la loi. En cas de lacune des textes, les exégèses
s’appuyait sur les techniques rationnelles qui, appliquées aux textes environnants,
devraient permettre de découvrir la solution.
Ils avaient ainsi recours à diverses méthodes de raisonnement : le
raisonnement par analogie qui consiste à étendre au cas non prévu la solution
édictée pour le cas voisin sur le fondement d’une identité de motif à titre d’exemple,
la loi interdit aux majeurs incapables, d’ailleurs de vendre son immeuble mais ne dit
au cas où il voudrait le céder ou le grever de servitude.
Il faut étendre l’interdiction parce qu’il s’agit toujours de sauvegarder le
patrimoine immobilier de l’incapable, le raisonnement a fortiori au terme duquel on
applique au cas non prévu par la loi la solution qu’elle impose dans un autre, parce
que les motifs de cette solution sont encore impérieux (à titre d’exemple, si l’on
interdit à l’incapable de vendre son bien a fortiori on lui interdit de le donner)  ; le
raisonnement a contrario qui repose sur une réflexion inverse de la précédente ; (à
titre d’exemple, tout ce qui n’est pas interdit est alors permis).
Et enfin, le raisonnement par induction suivi de déduction qui est la recherche
de principe général de solution pour une certaine catégorie de problème dont le
législateur n’a envisagé et réglé que quelques cas particuliers (ainsi peut-on
découvrir à partir des dispositions légales éparses, un principe général selon lequel
celui qui s’enrichit injustement aux dépens d’autrui doit indemniser celui qui s’est
appauvri. C’est le principe de l’enrichissement sans cause.
C’est à l’aide de ces divers procédés que les exégètes pensaient toujours
répondre à tous les besoins.

§2. La technique scientifique

Il est évident que les méthodes de l’interprétation exégétique peuvent être


suffisantes tant que la loi est assez récente pour correspondre aux besoins réels de
la société. A ce titre, ces méthodes restent techniquement utiles et nécessaires. Mais
il est non moins évident qu’elles deviennent radicalement insuffisantes, voire
dangereuses, lorsque la réalité sociale ne correspond plus à celle pour laquelle elles
ont été légiférées. Or, la révolution industrielle de la seconde moitié du 19 ème siècle
avec les bouleversements économiques, sociaux et politiques, qui devait en résulter,
a entraîné un déphasage, plus ou moins sensible selon le cas entre la législation et
les exigences de la vie en société.
Sous la pression de ces faits, les juristes perçurent peu à peu la vanité des
méthodes exégétiques ; comment rechercher au travers de ses travaux, l’intention
d’un législateur qui ne pouvait soupçonner l’existence d’un problème apparu parfois

Cours de Droit Civil,


22

longtemps après son intervention ? Sans parler de l’absence des travaux


préparatoires accessibles hors du législateur.
Ils ressentirent une interprétation plus dynamique et admirent la possibilité
d’une interprétation déformante dont l’objectif serait non plus de rechercher ce que le
législateur avait voulu, mais bien plutôt, ce qu’il aurait voulu dans le nouvel état des
choses.
Dans le même temps naquit le mouvement de la libre recherche scientifique,
selon lequel dès lors qu’un problème n’a pas été prévu par le législateur, il revient au
juriste et plus particulièrement au juge de rechercher une solution qui tienne compte
des besoins économiques, sociaux et moraux de la société.
Si la libre recherche scientifique domine certainement la recherche juridique
moderne, en revanche, la jurisprudence parait se rattacher à la fois à cette méthode
qui lui permet de trouver de solutions nouvelles qu’elle estime nécessaires à celle de
l’interprétation déformante qui lui ménage tout, l’abus d’un texte.

Section 2 : LA JURISPRUDENCE


Dans un sens très large, le mot jurisprudence est l’ensemble des idées,
décisions rendues par les juridictions (cours et tribunaux) de manière précise ; il
désigne l’interprétation donnée par le juge de la règle de droit.
Alors, la notion prend un sens beaucoup plus efficace correspond à une
essentiel de droit positif : c’est le droit qui s’applique effectivement à un moment
donné et il est de fait qu’on ne peut être sans connaître la jurisprudence, et qu’il vain
d’étudier lois et règlements sans se soucier de leur mise en œuvre par le juge.

§1. Le phénomène jurisprudentiel

Les décisions rendues chaque jour par les diverses juridictions,


administratives d'une part, et judiciaires d'autre part, représentent le droit vécu. Elles
sont la traduction concrète de la règle de droit, et constituent la jurisprudence, notion
qui doit être précisée et dont le rôle est considérable.
D'un point de vue purement respectif, la jurisprudence peut être défini comme
l'ensemble des décisions rendues par les juridictions ou par les juges. C'est le produit
de l'activité juridictionnelle. Mais dans une perspective dynamique et plus
intéressante, le mot jurisprudence désigne le sens dans lequel les juridictions ont
l'habitude de trancher tel ou tel point de droit.
Ainsi, parle-t-on de la jurisprudence en matière de responsabilité de la
puissance publique ou en matière de divorce, etc. On prend alors en considération à
travers l'ensemble des décisions rendues par le juge, l'interprétation qu'il donne de
telle ou telle règle de droit.
Ainsi entendue, la jurisprudence constitue un élément essentiel du droit positif,
c'est-à-dire du droit effectivement reconnu et appliqué dans une société donnée.
Il ne faudrait cependant pas croire qu'une quelconque décision suffise pour
constituer une jurisprudence (une seule décision ne suffit pas pour constituer une
jurisprudence, il faut en avoir plusieurs).
En règle générale, il faut une décision dotée d'une autorité particulière. Cette
exigence désigne tout naturellement les arrêts et jugements rendus par les cours et

Cours de Droit Civil,


23

tribunaux. Mais cela même ne suffit pas. La notion de jurisprudence implique le plus
souvent une répétition en ce sens que ce n'est qu'après plusieurs décisions de
même sens qu'il est possible de considérer que la jurisprudence est constituée
qu'elle est fixée. Cependant, cette dernière exigence ne s'impose pas toujours.
La netteté d'un arrêt, sa rédaction en forme de principe ; peuvent nous amener
à penser qu'il fixe à lui seul la jurisprudence.
Au demeurant, il faut prendre conscience de ce que la jurisprudence même
lorsqu'elle est bien fixée, conserve toujours une certaine précarité. Rien ne permet
jamais d'affirmer qu'elle ne variera pas dans l'avenir, c'est ce qu'on appelle
revirement de la jurisprudence.
Tout au contraire, cette instabilité relative est la conséquence inévitable de la
prohibition des arrêts qui seraient rendus sans fondement juridique. Malgré cette
réserve, on constate que la jurisprudence représente pour les juristes, un élément
d'étude particulièrement important.
II n'est pas possible, en droit privé, pas plus qu'en droit public, de connaître le
droit sans examiner de près comment les juges appliquent la règle de droit.
Et à ce point une question se pose qui est de savoir si la jurisprudence n'a pas
une autre dimension que celle de mise en œuvre de la règle de droit. Ne serait-t-elle
une autre source de droit ?

§2. Le rôle de la jurisprudence

A la vérité, le rôle de la jurisprudence recouvre diverses fonctions,


complémentaires les unes des autres et qui contribuent à donner à cette notion une
richesse exceptionnelle, la plus évidente est assurément la fonction d'interprétation
de la règle de droit telle que la pose la loi.
La jurisprudence assure la transposition de la règle abstraite au cas particulier.
C'est une règle considérable qui fait déjà apparaître un pouvoir créateur de la
jurisprudence.
En effet, si claire qu'elle soit la règle, sa confrontation au fait suscite toujours
un minimum d'hésitation. A titre d'exemple, on envisage les principes selon lesquels
tout fait quelconque de l'homme qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la
faute duquel il est arrivé à le réparer (article 258 du Code civil congolais, Livre III).
On trouve là le principe très claire d'une responsabilité personnelle fondée sur
l'existence d'une faute dommageable (tout parent est responsable du dommage
causé par son enfant mineur, article 260 du Code civil congolais, Livre III).
Mais, il reste à déterminer et ça sera l'œuvre du juge, quels faits peuvent être
qualifiés fautifs, quel lien doit exister entre le fait considéré comme fautif et le
dommage, quelles sortes de dommages peuvent être réparés.
A l'évidence, l'interprétation ne se limite pas à la recherche du sens littéral des
termes utilisés par la loi. L'interprétation apporte un complément à la loi, complément
d'autant plus riche que la loi est moins claire.
Mais, il y a une deuxième fonction qui va sensiblement plus loin : celle de
suppléance de la loi, d'ailleurs, beaucoup plus importante dans la jurisprudence
administrative que dans la jurisprudence judiciaire, le donné législatif étant infiniment
moins riche et élaboré en droit public qu'en droit privé.

Cours de Droit Civil,


24

Il est relativement fréquent que la loi ne réglemente pas telle ou telle situation.
Or le juge judiciaire ou administratif ne peut pas s'abriter derrière le silence de la loi
pour refuser de trancher, et s'il ne le fait pas, il commet un déni de justice. Il se trouve
ainsi contraint de combler les lacunes de lois et règlements.
Enfin, il faut avoir égard à une troisième fonction de la jurisprudence qui est
une fonction d'adaptation de la loi, fonction qui est un peu intermédiaire entre les
deux premières.
Il reste à remarquer, en forme de conclusion, que ces fonctions dominantes de
la jurisprudence qui sont englobées dans l'idée d'interprétation de l'ordre juridique
concourent à la constitution d'une quatrième : une fonction d'incitation législative.
Exemple : Un vol à main armée qui se répète chaque fois, plus on ne le condamne
pas plus peut provoquer une incitation de la loi à la législation par le juge.
Il est évident que la mise en œuvre du droit, à laquelle la jurisprudence
préside, permet de percevoir des défaillances, les insuffisances et les incohérences
de l'ordre juridique légal et réglementaire. Par ses décisions, le juge peut attirer
l'attention du législateur sur la nécessité de son intervention dans tel ou tel domaine.
Mais, cette dernière fonction n'est pas spécifique de la jurisprudence, elle est
également assurée par la pratique.

Section 2 : LA PRATIQUE
On désigne, par pratique, l'ensemble de l'activité de ceux qui, en dehors des
juges, ont pour fonction professionnelle de mettre en œuvre les règles de droit pour
le compte des particuliers. A la vérité, la notion est surtout utile pour le droit privé.
Par ailleurs, on ne peut méconnaître le rôle que joue dans l'interprétation du
Droit, la pratique des circulaires interprétatives émanant des administrations et les
réponses ministérielles.
Cette observation est particulièrement vraie de ceux qui, ayant vocation à
intervenir à l'occasion des litiges, sont amenés à contribuer à l'œuvre de la
jurisprudence. Ce sont, d'abord les Avocats, qui ont indépendamment d'un rôle
général de conseil, pour fonction de représenter et assister leurs clients devant les
tribunaux (notamment, les tribunaux administratifs et judiciaires), en formulant leurs
demandes et en développant, notamment par la plaidoirie, les arguments propres à
soutenir leurs causes.
On peut également reconnaître l'intervention des notaires qui ont une fonction
de mise en œuvre non contentieuse du droit. Ce sont les officiers publics invertis par
la loi du pouvoir pour délivrer les actes authentiques, actes dotés d'une valeur
probante particulièrement forte et de la force exécutoire.
Les particuliers doivent recourir à leur office pour divers actes dont la loi exige
qu'ils soient établis en forme authentique. Mais les notaires ont un domaine
d'activités infiniment plus large.
Les opérations relatives aux immeubles urbains et ruraux (vente,
servitudes,...). Ils sont soumis à un régime de publicité officielle (publicité foncière).
Et doivent à cet effet être passées à la forme authentique qui constitue un secteur
privilège de leurs interventions, il en est d'autre : succession, société civile et
commerciale voire même un emprunt. Conjointement à leur fonction de rédacteurs

Cours de Droit Civil,


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d'actes, les notaires exercent une fonction générale de conseil. Ils sont généralement
considérés comme conseillers des familles et ces deux fonctions leur amènent à
jouer un rôle très important dans la mise en œuvre du droit.
Au surplus, le contact qu'ils entretiennent de façon permanente avec les
particuliers les rend sensibles aux besoins juridiques de la vie sociale et il est
incontestable que dans divers domaines, les notaires ont eu et conservent un rôle
générateur d'usage et plus largement d'incitation législative non négligeable.
Il est un autre corps des praticiens qui se voit investi d'une fonction de conseil
en concurrence partielle avec celle de notaire : le conseiller juridique dont la
profession à été organisée beaucoup plus récemment. Comme leur appellation
l'indique, ils ont la vocation à conseiller les particuliers dans leurs activités juridiques,
à titre d'exemple, conclusion de contrat, constitution de société.
Cette activité de conseil débouche sur l'élaboration de formule contractuelle
qui représente le droit vivant. Dans cette mise en œuvre pratique du droit, il faut
encore citer le rôle de service contentieux de société, celui des experts, des huissiers
de justice.
On dira encore quelque mot des arbitres, lesquels jouent un rôle très
particulier. Il faut savoir que le recours au service public de la justice qui n'est pas
toujours obligatoire, il s'en faut de beaucoup. De la sorte, les particuliers, des
contractants, peuvent convenir par une clause compromissoire, qu'en cas de litige
survenant entre eux, celui-ci sera soumis à un ou plusieurs arbitres de leur choix. Ce
procédé de règlement de différends d'usage assez fréquent dans les relations
commerciales, peut constituer un remède à la lenteur de la justice.
Il peut en outre être un moyen d'éviter la mise en œuvre de règle de droit jugé
adéquate, car des arbitres sont habilités selon la convention des parties à statuer soit
en application des règles de droit soit en amiables compositeurs, c'est-à-dire
essentiellement en équité (Cela ne veut pas dire 50,50); ça sera selon et suivant le
besoin.
La règle de droit n'est pas nécessairement de justice et d'équité (elle ne donne
pas de solution convenable). Par ce biais notamment, l'arbitrage peut être facteur
d'évolution dans certains secteurs de l'activité juridique, des usages et de la règle de
droit.

Section 3. LA DOCTRINE
Ce qu'on appelle doctrine regroupe l'ensemble de travaux écrits et publiés
consacrés à l'étude de droit, elle s'exprime en des œuvres de nature et de forme
variables qui sont élaborées principalement par les universités notamment les
professeurs de droit, les magistrats et les praticiens.
Ces œuvres consistent soit dans les ouvrages généraux plus ou moins
volumineux consacrés à une branche du droit comme le droit civil, le droit
administratif ou le droit pénal par exemple, soit des études approfondies portant sur
des sujets plus restreints par exemple, monographie ou thèse de doctorat, soit dans
les articles et des notes de jurisprudence à titre d'exemple, les commentaires, des
décisions rendues par les diverses juridictions, publiées dans les revues juridiques.
La doctrine représente ainsi, l'ensemble du travail de commentaire,
d'explication et de critique des règles de droit, travail qui s'opère sur la base de

Cours de Droit Civil,


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l'étude de l'ensemble des textes législatifs et réglementaires, ainsi que de la


jurisprudence. Si la doctrine ne peut certainement pas être considérée comme une
source de droit même indirecte, du moins joue-t-elle un rôle non négligeable dans
l'évolution de l'ordre juridique.
En effet, au résultat de la réflexion critique qu'elle exerce sur les divers
éléments du droit positif, textes et jurisprudence ainsi que sur l'ensemble de
pratiques juridiques, elle est amenée à suggérer au législateur, des solutions
nouvelles et au juge des interprétations renouvelées en fonction des besoins
nouveaux. De la sorte, la doctrine peut participer, mais sans détenir aucun pouvoir
de décision, à la création de la règle de droit et à l'interprétation de l'ordre juridique
(les doctrines d'auteurs incitent les juges, en tranchant un litige on ne peut pas dire
que tel a écrit...).

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DEUXIEME PARTIE :
LES DROITS SUBJECTIFS

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Chapitre I :
LA NOTION DE SUJET DE DROIT (LA PERSONNALITE
JURIDIQUE)

Le sujet de droit constitue dans la conception que nous avons retenue le point
de polarisation du droit objectif. La règle de droit en tant qu'elle régit une situation
donnée, déterminée pour les personnes qui se trouvent dans cette situation, des
prérogatives déterminées. Les droits subjectifs sont ainsi les produits de la
confrontation des personnes à la règle de droit objectif. De la sorte, les sujets des
droits qui réduisent aux personnes et tous ceux qui ne sont pas des personnes par
exemple, la terre et l'eau, comme des animaux entrent dans la catégorie de chose
lesquelles ne sont qu'objet de droit. On ne peut pas dire aux enfants de garder
silence puisque le chien dort.
Cependant, la notion juridique de personne, la personnalité juridique dépasse
singulièrement les données immédiates. Bien sûr, au premier chef, elle correspond
aux êtres humains que les juristes désignent sous l'appellation de personnes
physiques. Mais, elle s'étend à certain groupement de personnes et de biens que par
opposition aux personnes physiques, l'on dénomme personnes morales.

Section 1. LES PERSONNES PHYSIQUES


Tous les être humains sans exception sont des sujets de droit. Il sont tous
doués de la personnalité juridique et cela indépendamment même du niveau de
conscience qu'ils ont atteint : les très jeunes enfants comme l'aliéné mental, tout
autant que l'adulte sain d'esprit.
Il ne faut pas confondre la personnalité juridique, aptitude à être sujet actif
(propriétaire, créancier) ou passif (débiteur) des droits et la capacité qui n'est que
l'aptitude à jouir et à exercer soi-même le droit dont on est investi.
Ainsi, le mineur et le majeur en tutelle ou en curatelle (aliénés mentaux placés
sous un régime spécifique de protection) sont incapables d'exercer seuls leurs droits
ou certains d'entre eux, ils n'en sont pas moins sujets de droit. Cette personnalité
juridique commence en principe dès la naissance de l'individu. Mais le droit civil
admet que dès lors que leurs intérêts sont en cause les enfants à naître sont réputés
exister dès le moment de leur conception.
Il résulte de là que l'enfant simplement conçu est doté de la personnalité
juridique à l'instant de sa conception. Cependant, cette personnalité reste
subordonnée à condition qu'il naisse vivant et viable, de surcroît, elle est limitée à
son seul profit : II peut recueillir des droits et non des charges.
La personnalité dure jusqu'au moment du décès de la personne. Encore faut-il
que celui-ci soit dûment constate. Si cela n'est pas possible parce que la personne a
disparu sans qu'on ne puisse prouver ni de son existence ni son décès, situation que
le droit appel l'absence; un régime d'attente est constitué par la loi qui sauvegarde
tant les droits de l'absence dont la personnalité juridique subsiste, que ceux des
membres de sa famille qui ne doivent pas subir indéfiniment les conséquences de
l'incertitude de son décès ou de sa survie (cfr article 176 à 196 du code de la famille).

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Section 2. LES PERSONNES MORALES


L'existence et l'utilité de la personne morale ne sont pas discutées aujourd'hui.
La vie quotidienne fait, il est vrai, des personnes morales, des compagnons ou des
concurrents, habituels des personnes physiques. Ce que l'on désigne sous le nom
de personnes morales ce sont en effet, des groupements de personnes et
accessoirement des biens qui perdent la spécificité de leur but et de leur intérêt ont
vocation à une activité autonome distincte de celle de personnes qui les composent.
Ce qui est certain par delà ces controverses, c'est qu'en dehors des cas où la
loi elle-même consacre l'existence de la personnalité morale de tel ou tel groupement
(par exemple pour les syndicats et associations), le juge peut lui-même reconnaître
une telle personne morale.
La personne morale appartient en principe à tout groupement pourvu d'une
expression collective pour la défense d'intérêts licites dignes par suite d'être
juridiquement reconnus et protégés. Telle est sans doute la meilleure définition que
l'on puisse donner de ces personnes morales qui, avec les personnes physiques,
constituent les sujets de droit.

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Chapitre II :
LES PRINCIPAUX DROITS SUBJECTIFS

L'examen sommaire de différents droits subjectifs laisse apparaître que ceux-


ci se divisent en deux catégories distinctes; certains d'entre eux sont dépourvus des
valeurs économiques, au moins dans l'immédiat par exemple, le droit à l'honneur ou
le droit à l'intégrité corporelle, tandis que, les autres sont directement évaluables en
argent.
Ainsi, le droit de propriété et du droit de créance. Ces derniers constituent les
droits patrimoniaux : (le droit de propriété et droit de créance), parce qu'ils sont
regroupés dans le patrimoine de la personne, les autres sont par oppositions
désignés comme droits extrapatrimoniaux.

Section 1 : LES DROITS EXTRA-PATRIMONIAUX


Nous envisageons ici, directement, les droits extra-patrimoniaux des
personnes physiques, en remarquant que si les personnes morales bénéficient des
droits extra-patrimoniaux (par exemple le droit au nom et le droit à l'honneur), il est
certain qu'elles n'ont pas vocation à tous les droits reconnus aux personnes
physiques (droit à l'intégrité physique ou droit de vote politique, par exemple).
On peut distinguer deux catégories différentes ou principales du droit
extrapatrimonial ; D'abord le droit de l'individu en tant que tel comme le droit au nom
et à l'image (l'image se diffère d'un milieu à l'autre) ; ce ne sont pas évaluables en
argent mais peuvent apporter l'argent.
L'image d'une personne ne peut être publié sans son consentement. Le droit
moral de l'auteur sur son œuvre, droit de publier ou de ne pas publier, droit de retrait,
le droit au respect de la vie privée (toute activité que l'autre personne ne peut savoir)
(en Europe par exemple) le droit à l'honneur (il reproche à la vie privée); le droit à
l'intégrité corporelle, ensuite le droit de l'individu dans la société et celle de l'autorité
parentale (autorité exercée par les parents sur leurs enfants mineurs)
Le droit de vote, d'éligibilité publique, la liberté syndicale et le droit de grève.
Ce qui veut dire que le droit aux libertés sont des droits subjectifs, ils confèrent au
sujet de droit des prérogatives qu'il peut faire valoir contre les autres sujets de droit, y
compris, le cas échéant, l'Etat lui-même. En principe, ces objectifs extrapatrimoniaux
sont étroitement attachés à la personne.
Ils durent autant que la personne et disparaissent avec elle de sorte qu'ils sont
intransmissibles à cause de mort. Ils sont normalement insaisissables du vivant de la
personne et ne peuvent faire l'objet de convention.
Mais il existe d'importantes exceptions à ces principes pour l'intégrité
corporelle et pour le droit à l'image. Une dernière remarque doit être faite pour éviter
toute confusion à savoir que ces droits n'ont pas apriori les valeurs économiques,
leur méconnaissance par les tiers peut donner une réparation pécuniaire. De la sorte
un droit extrapatrimonial peut donner naissance à un droit patrimonial

Cours de Droit Civil,


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Section 2 : LES DROITS PATRIMONIAUX


Par opposition aux précédents, les droits patrimoniaux sont directement
évaluables en argent. Ils correspondent à des valeurs économiques : Ce sont des
biens, notion qu'il faut préciser avant d'examiner celle de patrimoine.

§1. La notion juridique des biens et la classification des biens

Techniquement il n'est d'autres biens (économiques) que les droits. Le


langage courant, qui voit le bien plutôt dans les choses cède à l'illusion que crée
l'usage dont elles font l'objet. Ce faisant, il omet cette réalité fondamentale et c'est
par le droit qui porte sur la chose que des bienfaits qui peuvent en être retirés.
Au demeurant, la théorie juridique elle-même n'a pas échappé totalement à
cette illusion. Elle distingue, en effet, les biens corporels et les biens incorporels. Les
biens corporels sont précisément les choses .Tandis que les biens incorporels sont
les droits.
A. Les biens corporels
Ils se subdivisent en plusieurs catégories, on distingue ainsi les choses
communes qui sont insusceptibles d'appropriation-comme l'air, les choses sans
maître, susceptibles d'être appropriées, mais qui ne le sont pas encore comme le
gibier et les choses appropriées qui appartiennent à une personne physique ou
morale de droit privé ou droit public.
Tenant compte également des caractéristiques de choses physiques ; on
distingue aussi des choses consomptibles, ils se consomment par le premier usage
tels les aliments par opposition aux choses non consomptibles qui sont d'un usage
durable (cfr article 447 du CCCL), les choses fongibies dites aussi choses de genre
qui se pèsent, se comptent et se mesurent et sont, en qualité égale,
interchangeables alors que les choses non fongibies ou corps certain sont
individualisées et non interchangeables.
Enfin, les meubles choses mobiles par oppositions aux immeubles qui sont
fixes à titre d'exemple, la terre, une maison, une récolte sur le pied (plante au
champ), toutes ces distinctions jouent un rôle à la détermination de bien, à titre
d'exemple, on peut louer une maison chose non consomptible, non une bouteille de
vin chose consomptible. Mais il en est une qui est particulièrement importante à cet
égard, et qui, par une sorte de fiction, s'étend aux droits eux-mêmes : celles des
meubles et des immeubles.
Tous les droits sont en effet mobiliers ou immobiliers et cette opération de
qualification ne va pas sans artifices. Le principe étant de tout ce qui ne peut être
qualifié immeuble sur le fondement des caractéristiques physiques de la chose ou de
la décision de législateur doit être rangé dans les meubles. Mais cette qualification
dont on va voir la mise en œuvre pour les divers droits est importante, car
traditionnellement le droit organise pour les immeubles considérés comme élément
essentiel de fortune, un régime juridique de sauvegarde qui ne se ne trouve pas pour
les meubles (frugifère : bien qui produit un revenu, l'argent).

Cours de Droit Civil,


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B. Les biens incorporels


Ce sont des divers droits qui ont vocation à figurer dans le patrimoine des
personnes à savoir : le droit de créance, le droit réel et les propriétés incorporelles,
droit intellectuel.

1° Le droit de créance

Le droit de créance désigne l'aspect actif de l'obligation, celle-ci étant définie


comme le lien de droit établi entre deux personnes en vertu duquel l'une, le
créancier, peut exiger quelque chose de l'autre, le débiteur. Par conséquent, à toute
créance répond une dette qui est une sorte de droit négatif.
Dans tous les exemples, le droit de créance affirme la prérogative d'une
personne contre une autre personne, non une prérogative partant sur un bien
déterminé.
Il résulte de là que faute de pouvoir r attacher à un immeuble, le droit de
créance est communément rangé dans le droit mobilier. Mais ce droit de créance
confer à son titulaire un droit général sur le bien de débiteur (Article 245 code
foncier).
Ce droit lui permet à une exécution de la dette d'obtenir le paiement en faisant
saisir les biens figurant dans le patrimoine de son débiteur. Cependant, le régime
(pouvoir) de créancier est relativement fragile : d'une part, si, au moment où il
exécute son droit, le débiteur s'est appauvri. Le créancier ne peut reprendre les biens
aliénés par le débiteur entre les mains de tiers, on dit alors qu'il n'a pas le droit de
suite; d'autre part s'il existe d'autres créanciers, il doit partager avec eux la proportion
des créances respectives, ce qui reste dans le patrimoine du débiteur, et cela même
s'il s'agit de créanciers dont les droits sont nés après le sien, il n'a pas de droit de
préférence (partage). De la sorte, le créancier risque de se heurter à l'insolvabilité,
totale ou partielle, du débiteur. C'est une faiblesse du droit de créance, faiblesse qui
ne se trouve pas dans le droit réel.

2° Les droits réels

Le droit réel est selon une formule classique, un droit plus archaïque et qui
porte directement sur une chose. Ce bien c'est un droit immobilier si la chose est un
immeuble, un droit mobilier dans le cas contraire. On distingue les droits réels
principaux et les droits réels accessoires.
Parmi les droits réels principaux figurent d'abord le droit de propriété qui est le
droit réel type. Il confère à son titulaire le droit d'utiliser ou de se servir de la chose
(usus), le droit de réjouir, c'est-à-dire d'apercevoir le revenu (fructus) et le droit à
disposer principalement d'aliéner la chose (abusus). (cfr article 14 et 55 de la loi dite
foncière).
Quant aux droits réels accessoires, ainsi dénommés parce qu'ils
accompagnent un droit de créance pour en garantir l'exécution, ce sont
principalement l'hypothèque qui affecte un immeuble au paiement de la créance et le
gage qui pareillement affecte un meuble à ce paiement.
Ce droit réel accessoire relève d'une manière particulièrement nette la
supériorité du droit réel sur le droit de créance. Ce qui explique qu'il puisse servir à
garantir une créance.

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33

En effet, le propre du droit réel est de conférer à son titulaire un droit ou


pouvoir direct et exclusif sur une chose déterminée. Il résulte de là que le titulaire du
droit réel peut faire valoir son droit à rencontre de tous parce qu'il a le droit de suite
et le droit de préférence.
Cela est spécialement bien mis en évidence par l'hypothèque :
Le bénéficiaire de ce droit pourra saisir l'immeuble hypothéqué pour se faire
payer même si celui-ci a été vendu à une tierce personne, il a donc le droit de suite
et si on est plus il ne subira pas le concours des autres créanciers du débiteur, il
pourra être payé par priorité puisqu'il a droit de préférence.

3° Les droits intellectuels

Cette dernière catégorie des droits patrimoniaux est en relation étroite avec
l'activité de l'homme, d'où une autre appellation : droit intellectuel ; ce sont d'une part
le droit sur les œuvres des esprits, droit de propriété industrielle (brevet d'invention,
marque des fabriques), ce droit se rapprochent du droit réel en ce qui concerne au
profit de sujet de droit un pouvoir direct.
Mais, il s'en distingue par le fait que l'objet de ce pouvoir est immatériel. Il est
certain que la qualification mobilière ou immobilière. Ce droit est particulièrement
artificiel. Et si la jurisprudence qualifie le mobilier, c'est seulement parce qu'on ne
peut leur découvrir aucune attache mobilière quoi qu'il en soit de cette dernière
remarque, ces propriété incorporelles avec le droit réel et le droit de créance ont
vocation attribuées dans le patrimoine comme tout sujet de droit et pourvu.

Section 3. LA NOTION DE PATRIMOINE


Patrimoine (ensemble de biens meubles et immeubles d'une personne) ; en
droit, le patrimoine n'est pas synonyme de la fortune ; le terme désigne l'ensemble de
droits d'une personne peu importe que ceux-ci aient ait une valeur économique
positive (droit de créance, droit de propriété), ou négative à titre d'exemple, dette.
Si l'on veut, c'est une sorte de sac, en lui-même neutre, qui rassemble tous les
rapport juridiques de la personne ; dès lors ces rapports juridiques sont susceptibles
d'une évaluation pécuniaire, positive ou négative. Techniquement, c'est une
universalité de droit, c'est-à-dire un rassemblement des biens incorporels.
Par voie de conséquence, tout patrimoine comporte deux éléments : un actif
où sont répertoriés tous les rapports juridiques de valeur économique positive. Et un
passif, qui correspond à tous les rapports juridiques de valeur négative, chacun de
ces éléments est appelé à varier à tout moment en relation avec l'activité juridique du
sujet de droit : des droits et des dettes qui entrent et en sortent en fonction de cette
activité. D'un autre point de vue, le patrimoine est conçu en droit comme un attribut
de la personnalité. C'est un prolongement nécessaire de la personne. Il résulte de là
que le patrimoine présente trois caractères essentiels :

1. La personne seule a un patrimoine


C'est une conséquence du principe qu'en droit, tout droit est nécessairement
attaché à une personne. Il n'y a donc pas place pour une universalité de droit

Cours de Droit Civil,


34

autonome, pour un groupement des biens, doués d'une affectation propre


(patrimoine d'affectation). Cette conception qui n'est pas d'évidence, à telle enseigne
que certains droits étrangers ne l'accueillent pas, il comporte cependant un
assoupissement des faits avec l'admission de la personnalité morale : il est possible
d'affecter les biens à une fin déterminée en créant une société qui aura précisément
cette fin pour l'objet social.

2. Toute personne a un patrimoine


C'est le reflet direct de la notion de sujet de droit. Riche ou ruiné (pauvre), une
personne a toujours un patrimoine. Par suite, le patrimoine ne peut être transmis qu'à
cause de mort, c'est-à-dire précisément au moment où la personnalité juridique
disparaît.
Au contraire, il ne peut être transmis du vivant de la personne. De son vivant,
celle-ci ne peut que transmettre les biens déterminés, on parle alors de transmission
à titre particulier ; celle qu'opéré, par exemple , une vente ou une donation, l'acheteur
et le donataire étant les ayant causes à titre particulier du vendeur et du donateur.
Certes, la personne peut bien se dépouiller au fur et à mesure de tous ses
éléments d'actif, elle n'en conserve pas moins son patrimoine.
En revanche, à son décès, l'ensemble des biens du défunt, charges et dettes
comprises passe à ses héritiers, il s'agit d'une transmission universelle ; Elle est à
titre universel lorsqu'elle ne porte que sur une fraction patrimoine, la moitié ou le 1/3,
et l'héritier est, selon les cas ayant cause universel ou à titre universel. Il peut aussi y
avoir à cette occasion des transmissions à titre particulier si de son vivant, le défunt a
prévu par testament d'attribuer tel ou tel de ses biens à telle ou telle personne de son
choix (celle-ci ayant alors la qualité de légataire à titre particulier).
Une personne ne peut avoir qu'un seul patrimoine. Le droit admet en effet que
l'ensemble de biens de la personne répond à l'ensemble de ses activités. Cette
indivisibilité du patrimoine ne va cependant pas de soi et diverses législations ne
l'admettent pas. Au reste le droit lui-même y déroge parfois par exemple, en
autorisant le propriétaire à limiter sa responsabilité. Qui plus est, il est permis de
considérer que de par le biais de la constitution d'une société, une personne peut
enfin diviser son patrimoine.

Chapitre III :
LES SOURCES DE DROIT SUBJECTIF

Cours de Droit Civil,


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S'interroger sur les sources de droit subjectif, c'est seulement se demander


quels événements, quelles circonstances sont de nature à provoquer à partir de la
règle de droit objectif, l'attribution de tel ou tel droit subjectif à une personne
déterminée. Ces circonstances sont de deux sortes : les actes juridiques d'une part
et les faits juridiques d'autre part.
La distinction faite entre ces deux notions repose sur la prise en considération
du rôle ou de l'absence du rôle de la volonté du sujet de droit dans la détermination
des effets juridiques de l'événement considéré.
L'acte juridique est un acte volontaire spécialement accompli par une
personne pour produire les effets de droit dont la nature et la mesure sont
précisément déterminé par la volonté ; l'exemple type en ait le contrat. (article 33 du
code civil congolais LUI).
Le fait juridique : est un fait, volontaire ou non qui produit des effets de droit
dont la nature et la mesure sont déterminés par la loi indépendamment de la volonté
du sujet de droit. Ainsi de I faute dommageable pour autrui qui oblige son auteur à
réparer le préjudice causé. (Art. 258 du code civil Livre III).

Section 1. LES ACTES JURIDIQUES


A la vérité, l'acte juridique représente un genre qui comporte des espèces très
différentes, surtout si l'on tient compte à la fois du droit public et du droit privé.

§1. Notion générale de l'acte juridique

L'acte juridique traduit un pouvoir créateur d'effet de droit reconnu à la volonté


des personnes qu'il s'agisse des personnes physiques ou morales de droit privé ou
de droit public. Mais cette notion générale de l'acte juridique déborde sensiblement le
problème des droits subjectifs. Ainsi par exemple, constitue les actes juridiques
unilatéraux, les décisions exécutoires de l'administration tels que les décrets du
président de la République ou encore le arrêtés ministériels ; ainsi encore, on
considère que constitue l'acte juridique collectif les votes majoritaires du parlement
d'où résulte les lois.
A 'évidence, ces actes ne sont pas des sources de droits subjectifs, mais
purement et simplement les sources de droit objectif : la loi et le règlement.
Certes, il arrive que les décisions exécutoires de l'administration soient créatrices
des droits subjectifs. Il en va ainsi lorsqu'elles invertissent certaines personnes
individualisées des droits déterminés comme c'est le cas de décisions individuelles
qui sont précisément considérés comme actes créateurs des droits. Mais sous cette
réserve, les actes unilatéraux de l'administration ne sont pas en règle générale
générateurs des droits subjectifs.

§2. Les actes juridiques relatifs aux droits subjectifs

Même ainsi restreinte, la notion d'acte juridique reste complexe. Elle l'est en
premier lieu parce que seuls certains de ces actes ont pour effet de créer des droits
subjectifs, alors que les autres se bornent à le prendre pour objet soit pour les
constater soit pour les modifier ou les transférer soit pour les éteindre.

Cours de Droit Civil,


36

Elle est en second lieu parce qu'il existe différente forme d'acte juridique, ce
qu'on déjà révélé les observations relative à la notion générale d'acte juridique.
On distingue ainsi les actes unilatéraux, les actes bilatéraux bien désignés
comme convention et les actes collectifs. C'est sur le fondement de cette distinction
qu'on envisagera les différents actes juridiques dans leurs relations avec les droits
subjectifs.

a. Les actes juridiques unilatéraux


Ce sont les actes par lesquels, de sa seule volonté une personne détermine
les effets de droit. Ils sont bien connus du droit public où ils peuvent aussi bien
conférer à une personne des prérogatives, à titre d'exemple, collation de grade
universitaire que lui impose des charges particulières ou encore emporter ces deux
effets à la fois.
En droit privé, les actes unilatéraux sont également nombreux, mais
présentent pour caractéristique générale de ne pouvoir imposer directement une
charge à autrui. Il reste alors à observer qu'un acte unilatéral ne peut en principe
donner naissance à une obligation, c'est-à-dire une dette à la charge d'un tiers, ce
qui est évident ni même à celle de l'auteur de l'acte.
Ex:
 les actes déclaratifs (acte de reconnaissance d'un enfant) ;
 les actes abdicatifs (renonciation à la succession) ;
 les actes translatifs (testament).

b. Les conventions
Elles sont toujours le résultat d'un accord de volonté intervenu entre deux
personnes au moins. Comme l'acte unilatéral, la convention peut consacrer la
déclaration d'un droit préexistant pour provoquer l'extinction d'un droit, à titre
d'exemple, la remise de dette ou paiement de dette. Elle peut être aussi beaucoup
plus largement que l'acte unilatéral, entraîner la transmission d'un droit à titre
d'exemple, la donation ou la vente.
En outre, la convention est habile à transformer un droit préexistant. Enfin, et
surtout elle peut créer des droits nouveaux : droit réel comme l'usufruit, l'hypothèse
ou le gage. Mais aussi obligations, c'est-à-dire à la fois droit de créance et dette
corrélative (contrat de bail, contrat de vente, donation).
Si tous ces accords de volonté réalisent des conventions, on réserve le nom
de contrat à celles d'entre elles qui sont génératrices d'obligations. Les contrats sont
aussi une source importante des droits subjectifs et cela est vrai en droit privé
comme en droit public. Même s'il importe de distinguer maintenant, selon que le
contrat ressortit à l'un ou l'autre de ces deux ordres juridique. Le contrat de droit privé
est battu sur un schéma d'égalité des contractants.

c. Les actes juridiques collectifs :


C'est une catégorie très hétérogène dont on ne dira que quelques mots. Leur
originalité tient principalement au fait qu'ils ont vocation à produire des effets à

Cours de Droit Civil,


37

l'égard des personnes qui n'ont pas participé à leur formation ou même qui s'y sont
opposés.
En cela, il se distinguent de contrat parce que dans un contrat entre les
individus il y a la volonté, lequel est régit par le principe de l'effet relatif qui signifie
que son effet obligatoire ne s'applique qu'au contractants eux mêmes ou si l'on
préfère qu'il ne peut résulter du contrat ni droit de créance ni dette au profit ou à la
charge du tiers. Exemple :
 les actes unilatéraux collectifs ;
 les conventions collectives.

Section 2. LES FAITS JURIDIQUES


§1. La diversité de faits juridiques

On entend par faits juridiques, ceux qui produisent des effets de droit dont la
nature et la mesure échappent à la volonté de son auteur (l'auteur n'a pas voulu). En
d'autres termes, un fait dont la loi fixe directement les conséquences juridiques.
La notion de fait juridique correspond à des réalités très diverses. Ainsi la
naissance et le décès de l'être humain sont-ils des faits juridiques.
La première détermine l'apparition d'une personnalité juridique et l'attribution à
celle-ci de diverses prérogatives (à titre d'exemple, identité civile, droits alimentaires).
La seconde entraîne la fin de cette personnalité et parfois des conséquences. La
transmission du patrimoine du défunt à ses héritiers.
Sont également des faits juridiques parmi bien d'autres : le fait d'atteindre l'âge
d'un majeur (18 ans), âge de la majorité qui apporte notamment la pleine capacité
civile (aptitude à conclure le contrat, à constituer les sociétés) et le droit de vote, aux
élections politiques ; la commission d'une infraction qui entraîne entre autre des
conséquences pénales ; la filiation déterminant l'établissement des liens
patrimoniaux et extrapatrimoniaux, un cataclysme tel que une tempête ou la foudre
que son caractère irrésistible, imprévisible et insurmontable érige en événement de
force majeur et qui fait obstacle à ce qu'une personne soit déclarée responsable des
dommages causés.

§2. La responsabilité civile

Faisant abstraction de la responsabilité pénale qu'encourt la personne qui


s'est rendue coupable d'une infraction et qui de ce fait s'expose à une sanction
répressive, on envisagera ici la responsabilité dite civile. Elle existe avec des
régimes différents, mais aussi des lignes directrices comparables en droit privé
comme en droit public.
Le fait juridique est alors un fait dommageable pour autrui qui sous certaines
conditions engendre pour son auteur l'obligation de réparer le préjudice causé.
Au demeurant, cette formule générale masque des diversifications
importantes, en particulier la distinction de la responsabilité contractuelle et de la
responsabilité délictuelle.

Cours de Droit Civil,


38

A. La responsabilité contractuelle
Est exclusivement celle qu'encourt un contractant qui commet une faute dans
l'exécution du contrat et cause ainsi un dommage à son contractant. Cette
responsabilité n'a vocation à jouer qu'entre parties à un contrat, et seulement pour
les dommages nés à l'occasion de l'exécution de ce contrat. Elle ne peut jamais
concerner activement ou passivement un tiers par rapport au contrat et ne
s'applique, que entre contractant, qu'à des faits dommageables liés à l'exécution du
contrat considéré.
B. La responsabilité délictuelle
Par contraste avec ce domaine d'application limité, la responsabilité délictuelle
constitue tant en droit privé qu'en droit public, le droit commun de la responsabilité.
Pour plus de clarté on exposera d'abord les grandes lignes de la responsabilité de
droit privé. Le droit privé distingue trois systèmes principaux de la responsabilité :

1° La responsabilité du fait personnel :


Selon laquelle celui qui par sa faute cause un dommage à autrui s'oblige à le
réparer (il faut prouver le dommage pour qu'il soit déclaré). La victime doit prouver la
faute commise par la personne à laquelle elle demande réparation, (art. 258 CCC L
III).
II peut s'agir indifféremment d'une faute intentionnelle (délit), c'est-à-dire un délit dont
l'auteur à délibérément voulu le résultat dommageable ou d'une faute non
intentionnelle (quasi-délit), c'est-à-dire une négligence ou une imprudence volontaire
ou non. (art. 259, CCC L III).

2° La responsabilité de fait d'autrui


Celui qui engage une personne en raison du fait dommageable commis par un
autre personne dont elle doit répondre. C'est principalement la responsabilité des
parents du fait de leurs enfants mineurs, et celle des commettants étant du fait de
leur préposé. (Article 260 al 2 et 3 du CCCL III).
Alors, si la victime prouve la faute de l'auteur direct du dommage, la
responsabilité du parent ou du commettant étant se trouve automatiquement
engagée, on dit que cette responsabilité est présumée.
Mais la force de cette présomption est variable selon le cas, tandis que les
parents peuvent se dégager de cette responsabilité en prouvant qu'il n'a pas commis
de faute là nous serons devant une présomption simple, le commettant lui ne peut à
aucune façon échapper à la responsabilité; ici nous sommes devant la responsabilité
irréfutable, c'est-à-dire celui qui a causé le dommage ne peut pas échapper à cette
responsabilité.
3° La responsabilité de fait de chose (bien)
Enfin très largement inventé par la jurisprudence sur le fondement d'une
interprétation déformante sur ce dernier système, toute personne doit répondre des
dommages causés par les choses qu'elle a sous sa garde, c'est-à-dire sur lesquelles
elle exerce selon une jurisprudence classique, le pouvoir d'usage, de direction et de
contrôle (Article 260 al.4 du CCCLIII). Cette responsabilité qui a pris une place
considérable avec le développement du machinisme (il suffit à cet égard de penser à

Cours de Droit Civil,


39

la circulation automobile), et qui s'applique à n'importe quelle sorte de chose


naturellement dangereuse ou non, offre à la victime l'avantage de n'avoir pas prouvé
la faute du gardien de la chose, il lui suffit d'établir que la chose a participé à la
production du dommage.
Exemple : Un chien qui pénètre dans parcelle du voisin et une personne, en fuyant,
elle se fait cassé le bras, ici, le propriétaire de chien est responsable.
Cela fait, le gardien ne peut s'exonérer de sa responsabilité qu'en prouvant
que le dommage est résulté d'une cause étrangère (force majeure, faute d'un tiers,
fait au faute de la victime).
• Force majeur : le vent ou la pluie provoque le dynamique,
• Faute de tiers : une tierce personne qui fait déclencher,
• Fait ou faute de la victime : la victime elle-même participe au dommage ou
contribue au résultat.
On dit que dans ce système, il existe une présomption mixte de responsabilité.
Mixte parce qu'à la différence d'une présomption irréfutable, la présomption peut être
renversée, mais que contrairement à une présomption simple, elle ne peut l'être que
par la seule preuve de l'absence de faute (présomption simple veut dire faute d'un
enfant sur la responsabilité de parent).
Si le droit public n'accueille pas purement et simplement ces systèmes de
responsabilité, il reste vrai qu'il s'en est inspiré fortement. D'une part, l'administration
peut voir sa responsabilité engagée par la faute commise par ses agents (faute de
service), c'est le principe général qui apparente la responsabilité administrative à la
responsabilité privée du fait personnel en ce que notamment la victime doit
normalement prouver la faute commise, d'autre part, la responsabilité de
l'administration peut dans certains cas être engagée sans faute.
Exemple : insérer une faute que le préjudice peut être incombé à son service.
Alors, cette responsabilité ressemble parfois à une responsabilité du droit privé
notamment la responsabilité du fait des choses dangereuses telle que les armes de
la police ou des engins militaire. Mais elle s'en distingue nettement dans d'autres cas
où le fondement de la responsabilité administrative se trouve dans une rupture de
l'égalité des citoyens devant les charges publiques, à titre d'exemple, lorsqu'un
particulier ne peut obtenir pour des raisons de fait social le concours de la force
publique auquel il a ordinairement droit pour l'exécution d'un jugement rendu à sa
faveur, tel est le jugement d'expulsion.

§3. Le quasi contrat

Tandis que la responsabilité prend principalement en compte l'atteinte subie


isolément par un patrimoine, le quasi contrat concerne des déplacements injustes
des valeurs d'un patrimoine à un autre. Le schéma est qu'un patrimoine s'est enrichit
au détriment d'un autre.

Cours de Droit Civil,


40

Face à cette situation, la loi s'efforce de corriger ces déséquilibres en


imposant au titulaire du patrimoine enrichi une obligation de restitution au profit du
titulaire du patrimoine appauvri (principe de l'enrichissement sans cause).
La vérité oblige à dire que la loi ne règle que quelques cas particuliers
notamment celui de la gestion d'affaire. Au cas où une personne gère spontanément
les affaires d'autrui dans un souci d'altruisme et engage à cette occasion les
dépenses au bénéfice du maître de l'affaire qui se trouve par là même enrichi et celui
du paiement de l'indu, l'hypothèse où une personne reçoit un payement auquel elle
n'avait pas droit ou dont celui qui a payé n'était pas tenu.
Alors pourvu que certaines conditions soient réunies; la loi donne à celui qui
s'est appauvri le gérant d'affaires, dans le premier cas et le payeur (solvens) dans le
second, une créance de remboursement contre l'enrichi.
A partir de là, la jurisprudence a posé un principe général en vertu duquel,
celui qui s'est enrichi injustement aux dépends d'autrui, doit dédommager l'appauvri,
le montant de ce dédommagement ne devant être supérieur ni à l'enrichissement ni à
l'appauvrissement constaté. C'est l'enrichissement sans cause, sanctionné par
l'action de in rem verso.
Cependant, la portée pratique de ce principe d'équité introduit dans le droit
positif, apparaît très limitée en raison des multiples conditions auxquelles se trouvent
subordonnées, l'exercice de l'action en remboursement et notamment de celle qui
interdit de l'admettre lorsqu'elle aurait pour résultat de tourner une autre règle de
droit. (Ainsi, le créancier qui a laissé sa créance s'éteindre par prescription ne peut-il
bien qu'il subisse un appauvrissement évident et que le débiteur réalise du même
coût un enrichissement certain, se prévaloir de l'action de in rem verso).

Chapitre IV :
LA PREUVE DE DROIT SUBJECTIF

Pour se prévaloir d'un droit, il faut établir qu'on en est titulaire. Surgit alors la
question de la preuve qui en pratique est essentielle. Il reviendrait en effet au même
de n'être titulaire d'un droit ou de ne pas prouver ce droit.

Cours de Droit Civil,


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La preuve d'un droit subjectif consiste pratiquement à établir le fait ou l'acte


juridique qui l'a engendré. C'est en principe celui qui entend se prévaloir d'un droit
qui a la charge de le prouver. Toutefois il existe des cas où ces principes sont écartés
par le jeu d'une présomption que pose la loi, et qui dispense le demandeur de faire la
preuve de son droit. Il y a alors renversement de la charge de la preuve.
Ainsi est-ce au gardien de la chose qui a provoqué le dommage qu'il revient
d'établir l'existence d'un fait susceptible de l'exonérer de sa responsabilité et non pas
au demandeur de prouver la responsabilité de son gardien.
Quant aux moyens d'établir l'existence d'un droit, les modes preuves, il faut
distinguer selon qu'il trouve sa source dans un acte ou fait juridique. La preuve des
actes juridiques est en effet soumise à un régime rigoureux. Elle ne peut être
administrée que par certains procédés strictement définis.
En principe, l'acte juridique doit être prouvé par écrit (en matière civile), c'est-
à-dire par un document rédigé constatant le droit dont il s'agit. Cet écrit peut être un
acte authentique, document établi par un officiel ministériel, déclaré à cette fin
compétent par la loi, ainsi de l'acte dressé par un notaire pour constater une
convention. Ce peut être aussi tout simplement un acte Seing privé, c'est-à-dire un
document rédigé par les parties et signés de leurs mains.
Il est à remarquer que l'acte authentique bénéficie d'une force probante
supérieure à celle de l'acte seing privé. Contre ces difficultés, la preuve contraire
peut simplement être rapporté par un acte écrit, contre celui là il faut engager une
procédure judiciaire spéciale et dangereuse pour celui qui l'entend et s'expose à des
dommages d'intérêts en cas d'échec, cela s'appelle la procédure d'inscription de faux
(en droit français).
Le demandeur est alors autorisé à faire la preuve de son droit par les
témoignages qui viendront compléter le commencement de preuve par écrit. La
même dérogation existe pour le cas où il est impossible au demandeur de se
procurer un écrit constatant son droit soit pour des raisons d'ordre matériel ou d'ordre
moral (disparition matérielle).
Par ailleurs, il est possible de suppléer à l'absence d'écrit par deux autres
preuves : l'aveu judiciaire d'une part, c'est-à-dire l'aveu fait au cours du procès par le
défendeur qui reconnaît l'existence du droit litigieux, et simplement décisoire, d'autre
part qui selon une procédure déclenchée à la demande expresse de l'une des parties
du procès aboutit à l'affirmation solennelle ou au contraire à la négation du droit.
A l'opposé de ce régime de preuve très strict, c'est un régime de liberté de la
preuve qui s'applique aux faits juridiques. Ils peuvent être prouvés par tous moyens
et notamment par des simples témoignages étant cependant observé que les seuls
témoignages valables sont ceux qui émanent des personnes ayant pris
personnellement connaissance des faits litigieux (c'est la preuve de oui dire).
Peuvent également servir à l'établissement du fait juridique litigieux, l'aveu
extrajudiciaire, c'est-à-dire celui qui est intervenu en dehors du procès où est évoqué
et le serment supplétoire que le juge demande à l'une ou autre l'autre des parties de
prêter. Tous ces éléments de preuve sont soumis à la libre appréciation de juge. Il
peut selon sa conviction les estimer satisfaisants ou insuffisants. Il est également
libre d'asseoir sa conviction sur tous les autres indices qu'il estimerait probant.

Cours de Droit Civil,


42

On parle, à leur propos, de présomptions de l'homme pour marquer qu'elles


restent soumises à 'appréciation du juge (au contraire des présomptions légales qui
s'imposent à lui).

Cours de Droit Civil,


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TROISIEME PARTIE :
NOTIONS DE DROIT COMMERCIAL

INTRODUCTION

Au terme de l’article 1er du décret de 02/08/1913, les commerçants sont ceux


qui font profession d’acte qualifié, commerciaux par la loi.

Cours de Droit Civil,


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Il apparaît nécessaire de dégager au préalable la notion d’acte de commerce


afin de savoir quand une personne est ou n’est pas commerçant.
Mais, à la notion d’acte de commerce sont attachés par ailleurs d’autres
intérêts.

Chapitre I. LES ACTES DE COMMERCE


Section 1ère. INTERET ATTACHE A LA NOTION D’ACTE DE
COMMERCE
- L’intérêt le plus important attaché à la notion de l’acte de commerce : Est
qu’elle permet de dire quand une personne est ou n’est pas commerçant.
Le législateur définit en effet le commerçant par rapport aux actes de
commerces.
L’article 1er du décret du 02/08/1913 est ainsi libellés : les commerçants sont
ceux qui font profession des actes qualifiés commerciaux par la loi.
- Il y a lieu également de savoir quand un acte est commercial parce que
certaines personnes notamment le mineurs et les aliénés mentaux que le
législateur attend protéger, n’ont pas pleine capacité pour faire des tels actes.
- Pour les règles de compétence : ce sont les tribunaux de commerce qui sont
en principe habilité de connaître des actes du commerce.
En attendant leur installation effective sur l’étendue du territoire du territoire
national, ce sont les tribunaux civils qui sont toujours compétents pour
connaître les actes du commerce.
- La preuve des actes de commerce peut être administrée par tous les moyens.

Section 2. LES DIFFERENTES CATEGORIES D’ACTES DE


COMMERCE
Les actes de commerce peuvent être classés en 3 grandes catégories :
1. Les actes de commerce objectifs
Les actes entrant dans cette catégorie sont nécessairement les actes de
commerce indépendamment de personnes qui les accomplissent.
Ces actes concernent :
 Les lettres de change, billet à ordre ou autre effet à ordre ou au porteur.
 Les sociétés à but lucratif constituées selon la forme du code de commerce.

a. Les lettres de change, billets à ordre ou autres effet à ordre ou au


porteur

Toute personne que ce soit un commerçant ou un non commerçant qui signe


une lettre ou autre effet à ordre ou au porteur fait un acte de commerce.

Cours de Droit Civil,


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Le but poursuivi par le signateur de l’acte n’est pas pris en considération.


C’est ce qui confirme la commercialité à l’acte, c’est la signature apposée sur l’acte, il
s’agit d’une commercialité objective ou une commercialité par la forme.

b. Les sociétés commerciales ou à but lucratif

Elles sont constituées selon la forme du code de commerce sont


nécessairement commerciales.
Le droit commercial congolais ne confère pas la commercialité à la société en
prenant en considération l’objet de la société.
Ainsi, sont commerciales toutes les sociétés qui prennent à leur naissance les
formes prévues par le code de commerce. C’est le cas des sociétés suivantes :
Société à nom collectif, société commandite simple, société de personnes en
responsabilité limitée, société par action à responsabilité limitée, société coopérative.
Pratiquement, en droit congolais, toutes les sociétés constituées sous la forme
de société commerciale sont nécessairement des sociétés commerciales.
C’est ainsi que toutes ces sociétés sont considérées comme des
commerçants et font en principe les actes de commerce.
Les actes de commerce obéissent à des règles particulières plus rapides et
plus souples.
Les conditions de capacité exigées avant d’accomplir un acte de commerce
sont souvent plus strictes.
Les règles de preuve sont plus simple qu’en droit civil.
La formation et l’exécution de contrats commerciaux dérogent au principe de
droit privé.
Ainsi, l’article 2 du décret de 02/08/1913 (précité) un certain d’actes sont
réputés nécessairement commerciaux.
Cette énumération englobe diverses opérations juridiques (achat de
marchandise en vue de la vendre, location de meuble en vue de la sous-location, les
opérations de banque de change et de courtage).
Cette énumération vise également les entreprises commerciales.
Il résulte de la définition donnée à l’article 1 er du décret de 02/08/1913 que le
fait de prendre une inscription au registre de commerce crée une présomption de
commercialité encore faut-il qu’il ait une répétition d’acte (c'est-à-dire une pratique
habituelle).
L’intension de faire le commerce n’est pas le seul élément qui doit être pris en
considération. Il est nécessaire qu’il y est en droit congolais comme en droit belge et
français une répétition d’acte.
Certains groupements sont nécessairement qualifiés par la loi de société
commerciale indépendamment de leur objet et leur nature.

Cours de Droit Civil,


46

2. Les actes de commerce fait par les entreprises commerciales

Les actes effectués dans le cadre des entreprises commerciales sont des
actes commerciaux.
Ainsi, tous les actes de même que toutes les obligations qui découlent de l’exercice
de ces activités sont réputés actes de commerce.
La loi a distingué 3 grandes catégories d’activités :

a. Les opérations de banque, de change et de courage et d’assurance à


prime
Le législateur congolais a toujours considéré les opérations de banque comme
devant relevé du droit commercial.
Il s’agit pratiquement de toutes les banques et d’une manière plus générale de
toute établissement financier qui fait du commerce avec l’agent d’autrui.
Les opération de bourse ou toutes valeurs mobilières effectuées par des
professionnelles sont réputés commerciales.
Toutes les établissements d’assurance présentant un caractère commercial,
font les actes de commerce.

b. Les opérations de manufacture ou d’usine, de travaux publics ou privés,


de commission, de transport.
Les entreprises de manufacture sont forcement commerciales par ce qu’elles
donnent lieur à un transport des matières brutes bien définies.
Les entreprises de transport sont également commerciales quelque soit le
moyen de transport mis en œuvre.
La commission est commerciale lorsqu’elle est faite de façon professionnelle.

c. Les opérations réalisées par les entreprises de fourniture, établissement


de vente à l’encar
Les entreprises de fourniture qui précèdent à des livraisons de denrée et de
marchandise sont commerciales et réputée faire des actes de commerce.
3. Autres opérations commerciales
C’est dans cette catégorie qu’il y a lieu de ranger les autres opérations
résultant de l’énumération faite par l’article 2 du décret du 02/08/1913.
- Tout achat de denrée et marchandise pour la revente.
- Toute vente ou location qui est la suite d’un tel achat.
- Toute location de meuble pour sous louer et toutes sous-location qui en est la
suite.

Cours de Droit Civil,


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Cette série d’achat qui ne diffère en rien des actes civils, sont réputés des
actes commerciaux lorsque leurs auteurs le font dans une intension commerciale.
Ceux qui font des telles actes doivent…………………………………………………….

Spéculation de caractère commercial.

Section 3. LES CRITERES D’ACTE DE COMMERCE


1. Le critère économique de circulation

Ce critère prend en considération l’objet de l’acte accompli.


Ainsi, tous les actes d’immixtion (s’en gérer, intervenir) dans la distribution des
produits seraient des actes de commerce. Ce critère n’est pas satisfaisant car les
sociétés constituées sous la forme prévue par la loi, sont commerciales
indépendamment de tout critère économique de circulation.
2. Le critère économique de spéculation
Certains auteurs ont retenu le but poursuivi par l’activité. Lorsque ce but est le
profit la spéculation, l’acte effectué est un acte de commerce.
3. Le critère juridique de fonds de commerce
Selon ce critère serait commercial, tout établissement qui supposerait un
rapport entre les commerçants et le public.
Il est nécessaire dans ces conditions qu’il y est une clientèle, que l’on mette
en œuvre les moyens de production pour satisfaire cette …………………….
4. Critère juridique.
Ce critère prend en considération l’organisation de l’activité du commerçant, la
méthode qu’il emploi.
L’entreprise suppose, l’accomplissement d’opérations de manière non
interrompue en retenant un plan concerté : elle donnerait lieu à la mise en place
d’installation matérielle plus ou moins importante.

Chapitre II. LE COMMERCANT


§1. INTERET ATTACHE A LA NOTION DE COMMERÇANT
Ces intérêts sont nombreux :

Cours de Droit Civil,


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- Il existe un statut professionnel particulier pour les commerçants. L’accès à la


profession et l’exercice de l’activité commerciale font l’objet de disposition
réglementaires déterminées. Il est prévu des règles spéciales de capacité.
- Les commerçants bénéficient de certains droits et sont en même temps
soumis à des obligations particulières.
- En cas de cessation de paiement, la procédure civile de déconfiture
(cessation de non paiement aux non commerçant) ne s’applique pas à eux.
Les commerçants sont déclarés en faillite.
- L’exercice d’une activité commerciale par les étrangers est réglementé.

§2. CONDITIONS REQUISES POUR ETRE COMMERÇANT


a. Accomplissement d’acte de commerce

Il est nécessaire avant que l’on ait la qualité de commerçant que l’on fasse les
actes de l’agriculture, le médecin, l’avocat….. Qui ne font que des opérations civiles
n’ont pas la qualité de commerçants
b. Le commerçant doit faire profession d’acte de commerce
C’est la 2er conditions requise pour être commerçant
Il est nécessaire qu’il y certains auteurs estiment qu’en droit congolais à la
différence de droit belge français y est les actes répétés.
Le code belge et français il n’est pas nécessaire qu’il y est les actes répétés.
Le code belge et français parle de ‘’ profession habituelle alors que notre
législation ne parle que de ‘’ profession’’.
Néanmoins, nous pensons que cette seule notion de profession sans
qualificatif implique déjà en elle-même l’idée d’habitude, de répétition.
C’est donc un pléonasme (figure se motivation répétition) que de parler de profession
habituelle.
Les actes isolés ne s’auraient être suffisants pour conférer la commerce à
leurs auteurs.
Il est nécessaire également que l’auteur des actes de commerce ait l’intention
de se considérer comme commerçants
La profession de l’Etat de commerçant suppose non seulement la répétition
mais également l’intention de se considérer comme un professionnel du commerce.
Il est nécessaire que l’acte de commerce soient exercées à titre principale un
personne de droit privé.

c. Les fonctionnaires et agents de services publics n’ont pas la


qualité de commerçant
Ces agents de l’Etat même que l’accomplissement les actes de commerce
dans l’exercice de leurs fonctions, ne sont pas des commerçants parce qu’ils n’ont
l’indépendance suffisante exigée aux commerçants.

Cours de Droit Civil,


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d. La qualité des commerçants est subordonnée à l’exercice d’une


activité commerciale de façon indépendante
Il en résulte :
- que le mandateur qui agisse pour un compte d’un commerçant n’est pas eux
même commerçant
- que les travailleurs salaries, ne sont pas non plus des commerçants, les liens
de subordination à l’égard de l’employeur qui sont à la base du contrat de
lavage des services sont incompatible avec l’indépendance nécessaire du
commerçant
- que les personnes qui gèrent un fond de commerce un magasin, une
succulence ne sont des commerçants.

Lorsqu’ils sont locateurs des fonds de commerce et exercent l’activité sous


leur nom et pour compte
Ainsi le gérant salarie et le gérant mandataire qui sont liés avec les
commerçants par un contrat de lavage de service ne sont pas eux même des
commerçants.
Différence entre mandateur et commissionnaire
- mandataire agit au nom et pour le compte d’autrui
- le commissionnaire agit à son nom pour le compte d’autrui.

§3. CONDITIONS NECESSAIRES POUR EXERCER LE COMMERCE


a. La capacité commerciale

Le commerce étant une activité dangereuse, il est nécessaire de protéger


certaines personnes contre les dangers et les aléas de la profession

1. Le mineur
Le principe c’est celui de ‘’ incapacité absolu du mineur lorsqu’il n’est pas
émancipé’’
Il ne peut pas être commerçant et le tuteur ne pas habité exercer le
commerce pour son compte.

2. Les prodigues et les faibles d’esprit


En cas de prodigalité ou de faiblesse d’esprit l’incapable est assisté d’un
conseil judiciaire
C’est tribunal de grande instance qui est compétant pour provoquer la mise
sous contrôle conseil judiciaire de l’incapable
Le prodigue ou le faible d’esprit ne peut plaider, transiger, emprunter , recevoir
un capital mobilier et en donner décharge aliénés ou grever ses biens d’hypothèque.

3. La femme mariée

Cours de Droit Civil,


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La jeune fille majeure, la femme divorcée ont pleine capacité tant civile que
commerciale.
Seule la femme mariée a sa capacité commerciale réduite et est rangée dans
la catégorie des incapables.
Pour poser les actes juridiques elle doit obtenir au préalable une autorisation
maritale.

§4. PUBLICATION DES CONVENTIONS MATRIMONIALES


Cette mesure de reprise particulière à sauve garder le droit de l’époux non
commerçant.
Elle suppose le dépôt de l’acte de mariage un entier ou pas extrait avec indication
notamment de close rendant non commun tout à partir du patrimoine ou avenir de
l’autre époux
C’est au greffe du tribunal de grande instance du principal établissement de
l’époux commerçant que doit être effectué l’inscription du régime matrimonial au
registre du commerce.
En effet, le but de la publication c’est de rendre opposable au tiers.
Les closes du contrat ou de l’acte de mariage publié et tout particulièrement de celles
qui rendent inefficace. La communauté de tout ou partie de biens immeubles actuels
ou futur.
Lorsqu’il y a publication de convention matrimoniale, les créanciers sont
recevable à poursuivre le paiement de leur créance, surtout les biens mobiliers
saisissable au Congo appartenant à l’un ou l’autre époux.
b. La tenue de livre de commerce
Elle est obligatoire pour les commerçants.
Au terme de l’article 1er alinéa 1er du décret du 31/07/1912 : « tout commerçant
et y indiquer, d’après le principe d’une comptabilité régulière, l’état de ses opérations
commerciales et sa situation de fortune ».
Le commerçant est obligé de tenir tout le livre nécessaire pour qu’on puisse
considérer qu’il a une comptabilité régulière.
L’article 4 du décret de 1912 prescrit que les commerçants ont l’obligation des
conserves pendant 10 ans leurs livres de commerces, leurs inventaires et leurs
correspondances commerciales.
Ce document constate la vie de l’entreprise et peuvent être utile à ce titre.
c. Immatriculation au registre du commerce
Toute personne exerçant une activité commerciale au Congo doit être
immatriculé au registre de commerce.
L’immatriculation a pour but :
- d’assurer le recensement de toutes personne du droit commercial ainsi que
celui des activités que pratique ces personnes,

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- de constituer une source d’info commerciale accessible à tous et donner ainsi


d’avantage de sécurité au crédit.

L’immatriculation au registre au registre de commerce s’impose non


seulement aux congolais mais également aux étrangères exerçant une activité
commerciale.
La seule dérogation à l’obligation d’immatriculation de commerçants au
registre de commerce résulte de l’article 37 du décret précité qui dispense de
l’immatriculation au registre de commerce, les indigènes non immatriculés au Congo
Belge et aux colonies voisine exerçant leur profession dans le cadre de leur milieux
coutumier.
Il résulte que :
Les congolais qui font au village un petit commerce de détail de moindre importance
ou qui vont de porte à porte pour écouler leurs légumes ou leurs fruits ne sont pas
soumis à l’inscription de registre de commerce.
Il en résulte que la personne de droit commercial désireuse d’ouvrir un
établissement commercial ou une succursalle une agence ou un centre d’exploitation
ne saurait le faire avant immatriculation au registre de commerce.
Le seul tempérament (dérogation) au caractère préalable de l’immatriculation
est donné par l’article 5 du décret précité qui édicte que « la société congolaise à
responsabilité limité jouissent pour demander leur immatriculation au registre de
commerce d’un délai de 2 mois adaptée de la arrêté royal à l’ordonnance présidentiel
actuellement qui les autorise.

TABLE DES MATIERES

PREMIERE PARTIE : LE DROIT OBJECTIF........................................................................1


INTRODUCTION..................................................................................................................... 2
CHAPITRE I :......................................................................................................................... 3
LA REGLE DE DROIT............................................................................................................ 3

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SECTION 1 : LE CARACTERE COERCITIF DE LA REGLE DE DROIT................................3


§1. La notion de coercitif inhérente au droit....................................................................3
§2. Fondement du caractère coercitif de la règle de droit...............................................5
A. Les théories du droit naturel................................................................................5
B. Le droit, fait social................................................................................................5
SECTION 2 : LA DIVERSIFICATION DE LA REGLE DE DROIT............................................7
§1. La distinction entre le droit privé et le droit public......................................................7
§2. Les divisions du droit public et du droit privé.............................................................8
A. Les subdivisions de droit public...........................................................................8
B. Les subdivisions du droit privé.............................................................................8
CHAPITRE II :...................................................................................................................... 10
LA CREATION DE LA REGLE DE DROIT...........................................................................10
SECTION1. LA LOI..............................................................................................................10
§1. La distinction de la loi et du règlement....................................................................10
§2. La différence d’autorité de la loi et du règlement.....................................................11
§3. L’application de la loi...............................................................................................13
A. L’entrée en vigueur de la loi...............................................................................13
B. Le conflit de loi dans le temps............................................................................14
C. L’application de la loi dans l’espace...................................................................16
D. L’abrogation de la loi..........................................................................................17
SECTION2 : LA COUTUME..................................................................................................18
§1. La nature de la coutume.........................................................................................18
§2. L’autorité de la coutume..........................................................................................19
CHAPITRE III :..................................................................................................................... 20
INTERPRETATION DE LA REGLE DE DROIT....................................................................20
SECTION1 : LES TECHNIQUES D’INTERPRETATION.......................................................20
§1. La technique exégétique.........................................................................................20
§2. La technique scientifique.........................................................................................21
SECTION 2 : LA JURISPRUDENCE.....................................................................................22
§1. Le phénomène jurisprudentiel.................................................................................22
§2. Le rôle de la jurisprudence......................................................................................23
SECTION 2 : LA PRATIQUE................................................................................................24
SECTION 3. LA DOCTRINE................................................................................................25
DEUXIEME PARTIE : LES DROITS SUBJECTIFS..............................................................27
CHAPITRE I :....................................................................................................................... 28
LA NOTION DE SUJET DE DROIT (LA PERSONNALITE JURIDIQUE).............................28
SECTION 1. LES PERSONNES PHYSIQUES....................................................................28
SECTION 2. LES PERSONNES MORALES........................................................................29
CHAPITRE II :...................................................................................................................... 30
LES PRINCIPAUX DROITS SUBJECTIFS...........................................................................30
SECTION 1 : LES DROITS EXTRA-PATRIMONIAUX.........................................................30
SECTION 2 : LES DROITS PATRIMONIAUX......................................................................31
§1. La notion juridique des biens et la classification des biens......................................31
A. Les biens corporels............................................................................................31
B. Les biens incorporels.........................................................................................32
SECTION 3. LA NOTION DE PATRIMOINE........................................................................33
CHAPITRE III :..................................................................................................................... 35
LES SOURCES DE DROIT SUBJECTIF..............................................................................35

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SECTION 1. LES ACTES JURIDIQUES..............................................................................35


§1. Notion générale de l'acte juridique..........................................................................35
§2. Les actes juridiques relatifs aux droits subjectifs.....................................................36
SECTION 2. LES FAITS JURIDIQUES................................................................................37
§1. La diversité de faits juridiques.................................................................................37
§2. La responsabilité civile............................................................................................37
A. La responsabilité contractuelle..........................................................................38
B. La responsabilité délictuelle...............................................................................38
§3. Le quasi contrat......................................................................................................40
CHAPITRE IV :..................................................................................................................... 41
LA PREUVE DE DROIT SUBJECTIF...................................................................................41
TROISIEME PARTIE : NOTIONS DE DROIT COMMERCIAL..............................................43
INTRODUCTION...................................................................................................................44
CHAPITRE I. LES ACTES DE COMMERCE........................................................................44
SECTION 1ÈRE. INTERET ATTACHE A LA NOTION D’ACTE DE COMMERCE....................44
SECTION 2. LES DIFFERENTES CATEGORIES D’ACTES DE COMMERCE...................44
1. Les actes de commerce objectifs..........................................................................44
2. Les actes de commerce fait par les entreprises commerciales.............................46
3. Autres opérations commerciales...........................................................................46
SECTION 3. LES CRITERES D’ACTE DE COMMERCE....................................................47
1. Le critère économique de circulation.....................................................................47
2. Le critère économique de spéculation...................................................................47
3. Le critère juridique de fonds de commerce............................................................47
4. Critère juridique.....................................................................................................47
CHAPITRE II. LE COMMERCANT.......................................................................................48
§1. INTERET ATTACHE A LA NOTION DE COMMERÇANT.............................................48
§2. CONDITIONS REQUISES POUR ETRE COMMERÇANT...........................................48
a. Accomplissement d’acte de commerce.................................................................48
b. Le commerçant doit faire profession d’acte de commerce....................................48
c. Les fonctionnaires et agents de services publics n’ont pas la qualité de
commerçant.................................................................................................................. 49
d. La qualité des commerçants est subordonnée à l’exercice d’une activité
commerciale de façon indépendante............................................................................49
§3. CONDITIONS NECESSAIRES POUR EXERCER LE COMMERCE...........................49
a. La capacité commerciale.......................................................................................49
§4. PUBLICATION DES CONVENTIONS MATRIMONIALES............................................50
b. La tenue de livre de commerce.............................................................................50
c. Immatriculation au registre du commerce..............................................................51
TABLE DES MATIERES.......................................................................................................52

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