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GROUPE 1 : LE DROIT DE LA

PROPRIETE
PR. OUHANNOU
DROIT DES AFFAIRES -S2-
DROITS REELS
Réalisé par :
LEMALLME MARIAM / N° apogée : 9000481
EL GHANMI SOUFIANE / N° apogée : 9003943
SOMMAIRE :

INTRODUCTION :................................................................................................................3
PREMIERE PARTIE : CADRE JURIDIQUE ET REGLEMENTAIRE DE DROIT DE LA PROPRIETE :
...................................................................................................................................... 4
I. Réglementation de droit de la propriété  :....................................................................4
II. L’étendue de droit de la propriété................................................................................5
DEUXIEME PARTIE : MODES D’ACQUISITION ET ATTEINTES AUX DROITS DE LA
PROPRIETE :................................................................................................................... 7
I. Mode d’acquisition de droit de la propriété.................................................................7
II. Atteintes au droit de la propriété...............................................................................11
BIBLIOGRAPHIE :...............................................................................................................14
Y

2
Introduction :
Le droit de la propriété institution fondamental de la vie privée constitue un droit réel principal, portant sur
une chose précise susceptible de division ou de démembrement. Aux termes de l’article 9du dahir de 2 juin
1915 : « Le droit de la propriété est un droit de jouir et de disposer d’un immeuble par nature ou par
destination de la manière la plus absolue, pourvue qu’on n’en fasse pas usage prohibé par les lois ou
par les règlements ».

La législation de la propriété foncière Marocaine s’étale sur trois périodes :


- Avant 1912, La propriété immobilière privée dite « MELK » et les droits réels qui en dérivent ne faisaient
seulement l’objet que d’acte dit : « adoulaire », par lequel les deux adouls rédacteurs instrumentaires,
consignaient le témoignage individuel ou collectif (LAFIF) des parties, relatif à l’immeuble concerné, sans
aucune quelconque garantie, ni sécurité de publicité. Ces actes obéissaient quant au fond au seul droit
musulman d’essence coranique.
- Entre 1912 à 1956 le régime du protectorat a apporté une idée fondamentale qui réside à créer au Maroc,
un « livre foncier » ; véritable état civil de la propriété foncière, visant son individualisation tant
topographiquement que juridiquement.
- Quant à la législation foncière, édictée sous l’indépendance, le fond la propriété continue à avoir un
caractère « patrimonial », relative à la terre, la maison, véritable attache familiale.1
Grosso modo, le concept de propriété, au Maroc, a passé de la propriété collective, à la propriété familiale,
et ensuite à la propriété privée. Néanmoins, on a toujours la propriété collective des terres, ou ce qu’on
appelle Douar.
La problématique du droit de propriété se pose au Maroc avec acuité économique et conditionne dans une
large mesure son développement. Cette constatation est d’avantage vrai, les couches défavorisées et
vulnérables de la population n’accèdent pas à un logement ou un local d’activité, couvert et assuré par les
lois qui régissent la propriété foncière au Maroc. (Hausse de prix de l’immobilier).

Dans le cadre de cette recherche nous allons répondre successivement aux questions suivantes : Quels sont
les caractères et les limites de droit de la propriété ?  Comment s’acquiert-il ? Connaît-il des restrictions ?

Nous allons traiter dans une première partie le cadre juridique et réglementaire de droit de la propriété
(I) ; et dans une deuxième partie les modes d’acquisition et atteintes au droit de la propriété (II).

1
HOUCINE SEFRIOUI, notaire à Casablanca, Maroc, conseiller exécutif de l’UINL,
Chargé d’affaires de l’UINL à l’ONU, à l’Unesco, au Vatican et à la Haye (DIP)
Vice-président de l’institut international d’histoire du notariat
3
PREMIERE PARTIE : CADRE JURIDIQUE ET REGLEMENTAIRE DE DROIT DE LA
PROPRIETE :
I. Réglementation de droit de la propriété  :
A. Caractère de droit de propriété :
La propriété en tant que droit réel principal fut instituée par deux dahirs organiques : le premier du 12
Aout 1913 et le deuxième de 2 juin 1915 relative aux immeubles immatriculés au Maroc, ce dernier est divisé
en 14 titres concernant non seulement la propriété, mais encore les immeubles, l’usufruit, l’emphytéose, la
superficie, les servitudes (…).

Aux termes de l’article 9 du dahir de 2 juin 1915 : « Le droit de la propriété est un droit de jouir et de
disposer d’un immeuble par nature ou par destination de la manière la plus absolue, pourvue qu’on
n’en fasse pas usage prohibé par les lois ou par les règlements ».

De la lecture de cet article ; le droit de propriété peut être définit comme le droit le plus complet, il donne la
maîtrise en principe totale et exclusive d'une chose mais dans les limites de la loi.

Le code pénal de 26 novembre 1962 a prévu de son sort une peine d’emprisonnement et une amende à quiconque, par
surprise ou fraude, qui dépossède autrui d’une propriété immobilière.

B. Attribut de droit de la propriété :


Le droit de la propriété est un droit complet qui confère à ses titulaires 3 attributs :

 L’usus (droit d’usage) qui est le droit d'utilisation du bien. Autrement dit, il s’agit d’un droit de se
servir de la chose et de choisir l’usage qu’on entend en faire.

 Le Fructus (les fruits) qui est le droit de percevoir les fruits et les produits. C'est ce qu'on peut tirer,
sans atteindre la substance de la chose. Un fruit est un revenu qui se renouvelle. Les fruits sont
constitués par tout ce que la chose produit périodiquement ((les récoltes, les loyers et fermages, les
intérêts de sommes d'argent, les dividendes versés aux actionnaires), sans altération de sa substance.

Un produit est un revenu qui amoindrit la valeur du bien (une carrière, une mine), autrement dit, il
s’agit des profits retirés sans périodicité et moyennant une amputation du capital (matériaux extraits d'une
carrière ou provenant de la démolition d'un immeuble bâti

 L'abusus (la disposition) qui est le droit de disposer de la chose comme on l'entend : donation,
vente, transformation voire destruction…

4
La disposition peut être matérielle (ex. raser une construction), ou juridique (vente, donation ou
constitution d’une charge réelle tel que l’hypothèque).2

C. Caractères de droit de la propriété :

Trois caractères fondamentaux peuvent être relevés :

 Le caractère absolu

Le propriétaire peut faire ce qu'il veut de la chose ; il dispose en principe d’un droit absolu sur ses biens.

Ceci implique que le propriétaire est en mesure d'exercer, activement et positivement, les pouvoirs les plus
étendus sur la chose qu'il s'est approprié. En revanche, et par opposition, les autres droits réels n'étant que des
démembrements, des morcellements de la propriété, et ne confèrent que des prérogatives limitées à leur objet
spécifique.

 Le caractère exclusif

En principe le droit de propriété est exclusif. Il appartient à une seule personne. Autrement dit, le
propriétaire est seul maître de la situation. Il peut s’opposer à ce que les tiers empiètent sur son droit.
Toutefois, dans certains cas, il peut être réparti entre plusieurs personnes, comme dans les cas de la
copropriété ou de l'indivision.

 Le caractère perpétuel

Le droit de propriété est un droit perpétuel, c'est-à-dire qu'il ne s’éteint pas avec le temps. Le droit de
propriété dure autant que le bien sur lequel il porte Autrement dit, le droit subsiste autant que la chose existe.
Il est imprescriptible, et il ne s’éteint pas par le non usage.

II. L’étendue de droit de la propriété


C’est notamment pour la propriété foncière que se pose la question de la délimitation matérielle du bien
sur lequel porte la propriété.

A. La propriété du dessus et du dessous :


Le propriétaire du sol peut procéder à toutes constructions et plantations (sauf les restrictions légales
(art.15 du dahir de 1915).3

2
« Droit Foncier Marocain », Paul DECROUX, page 277-278.
3
« Cours de droit foncier », Professeur ACOUR Souad, page 15, 4ème paragraphe
5
Le propriétaire du sol est également propriétaire des espaces situés au-dessus. Si ce droit n’est pas illimité
pour des raisons évidentes, le propriétaire peut néanmoins jouir des éléments situés au-dessus de son sol. Il
peut ainsi faire des plantations ou des constructions. De même, il peut percevoir les fruits qui tomberaient
sur sa propriété. Il peut demander de couper la branche d’arbre du voisin qui empiète sur sa propriété.

Nommée encore propriété de sous- sol, la propriété de dessous constitue d’autre part une prérogative par
laquelle, le propriétaire du sol et propriétaire de toute la propriété de la croûte terrestre au -dessous de son
immeuble, du tréfonds. Or ce dernier contient des matières nécessaires à la collectivité (les mines :
phosphate, uranium…).

Selon les dispositions des dahirs de 16 avril 1951 et celui de 21 juillet 1958, l’exception réside dans le fait
que le propriétaire n’acquiert pas la propriété des mines, car le secteur minier constitue une composante
essentielle dans le développement économique et social du royaume et joue un rôle important dans
l’économie nationale.4
D. La propriété et l’usage des eaux :
Les eaux sont considérées comme une richesse collective. Le propriétaire d’un fond peut disposer des eaux
de pluie tombées sur sa propriété.

Néanmoins, l’article 111 du code foncier semble strict à ce sujet. Selon l’article susmentionné, le
propriétaire du sol a droit à l’usage des eaux pluviales tombées sur son fonds et qu’il peut creuser des puits
sans autorisation, à condition que la consommation ne dépasse pas 200 m3 par jour.5

Dans la zone de HAOUZ, et surtout dans les zones surexploitées, et si le pompage dépasse 40m3 par jour,
une autorisation est exigée.

4
Dahir n° 1-58-229 du 4 moharrem 1378 (21 Juillet 1958) modifiant le dahir du 9 Rejeb 1370 (16 avril 1951) portant règlement
minier au Maroc.

5
« Droit Foncier Marocain », Paul DECROUX, page 283, dernière paragraphe
6
DEUXIEME PARTIE : MODES D’ACQUISITION ET ATTEINTES AUX DROITS DE LA
PROPRIETE :
I. Mode d’acquisition de droit de la propriété

Il existe de nombreuses façons d’acquérir la propriété d’un bien.

A. L’occupation

Il est possible d’appréhender une chose par le fait de l’occupation. Les choses obtenues de cette façon sont
les choses dites sans maître. De même, il peut s’agir de choses abandonnées. C’est le cas « toute chose
cachée et enfouie », « découverte par le pur effet du hasard » ; ex : des trésors. Il faut donc que la
découverte repose sur le hasard. Les choses trouvées par hasard, et sans maître, appartiennent à ceux qui les
trouvent dans leurs fonds.

Rare sont les immeubles qui sont sans maître. En l’absence du propriétaire, les immeubles sans maître
appartiennent à l’Etat.

E. Le droit d’accession
« La propriété d’une chose, soit mobilière, soit immobilière, donne droit sur tout ce qu’elle produit, et sur
ce qui s’y unit accessoirement, soit naturellement, soit artificiellement ». 6 Ce droit s’appelle accession. 

Il s’agit en somme de l’application du principe selon lequel l’accessoire suit le principal : la propriété d’un
bien entraine celle d’un autre. Le bien peut être accessoire par le biais d’une incorporation, ou par
production. De même, il peut s’agir d’une accession mobilière ou immobilière.

F. Accession immobilière

 L’accession peut relever d’un immeuble, et être naturelle ou artificielle :

Naturelle : l’accession résulte alors d’un phénomène naturel, qui ne tient pas compte des faits humains. Il
peut s’agir du déplacement des eaux, ou encore des animaux.

On peut prendre l’exemple des animaux de la ferme, qui passeraient d’un terrain à l’autre ; dans ce cas, les
animaux appartiennent toujours à leur propriétaire.

Artificielle : l’accession provient d’un comportement humain, d’une modification apportée par les hommes.
On peut prendre l’exemple d’un propriétaire qui fait des plantations dans son jardin : dans ce cas, il y a une

6
« Droit Foncier Marocain », Paul DECROUX, page 284, paragraphe 1
7
présomption de propriété puisqu’il est lui-même propriétaire du sol. Le propriétaire acquiert donc tout ce qui
est édifié de façon artificielle sur son sol, par accession, les constructions sont présumées lui appartenir.

Dans le même plan d’idées, et en cas de construction sur le terrain d’autrui, plusieurs éléments sont à
considérer. Il importe donc de déterminer si le constructeur est de bonne ou de mauvaise foi.

 Bonne foi du constructeur : celui-ci a pu penser être propriétaire et ainsi avoir pu faire des
constructions ou des plantations. Dans ce cas, le vrai propriétaire ne peut pas détruire les
constructions, et est obligé ou de rembourser au tiers la valeur des matériaux et le prix de la main
d’œuvre, ou de rembourser une somme égale à celle dont le fonds a augmenté de valeur.
 Mauvaise foi du constructeur : le propriétaire peut alors exiger la destruction des constructions
édifiées.

Il faut cependant rappeler que le propriétaire doit indemniser le constructeur du montant des coûts en
matériaux, ou de la plus-value procurée.

G. L’accession mobilière

Il s’agit de la réunion d’une chose mobilière à une autre de plus grande valeur pour former un tout. Le
D.O.C stipule que la propriété de l’ensemble appartient au propriétaire de la chose principale s’il arrive à
indemniser le propriétaire de l’accession. L’article 104 du D.O.C est l’exemple type :

« Si le possesseur, même de mauvaise foi, d'une chose mobilière a, par son travail, transformé la chose de
manière à Lui donner une plus--‐value considérable par rapport à la matière première, il Peut retenir la chose
à charge de rembourser :

 1° La valeur de la matière première ;


 2° Une indemnité à arbitrer par le tribunal, lequel doit tenir compte de tout intérêt légitime du
possesseur primitif et même de la valeur d'affection que la chose avait pour lui.
Cependant, le possesseur primitif a la faculté de prendre la chose transformée en remboursant au
possesseur la plus‐value qu'il a donnée à la chose ». 7
H. La prescription acquisitive de droit de la propriété :

C'est le moyen d'acquérir un droit de propriété par une possession prolongée. Il relève de l’écoulement d’un
certain temps. Au bout de ce temps, le possesseur devient propriétaire.

7
Article 104 du DOC.
8
La possession est un moyen d’acquérir ou de se libérer pour un certain laps de temps et sous les conditions
déterminées par la loi.

1. Eléments constitutifs de la possession

Selon la doctrine et la jurisprudence, deux éléments doivent être réunis pour qu’il y ait une possession :

- Un élément matériel : (le corpus), c’est le pouvoir de fait sur la chose qui se traduit par l’exercice
d’actes matériels tels que : habiter une maison, percevoir les loyers, cultiver un champ.
- Un élément psychologique : (l’animus), c’est l’élément intentionnel qui fait que le possesseur
s’affirme comme propriétaire. Ex : le locataire, l’emprunteur savent qu’ils n’ont pas de titre de
propriété (bien qu’ayant le corpus).

Ce pouvoir de fait ne peut se transformer en pouvoir de droit que si la possession présente certains
caractères.

2. Caractères de la possession :

Pour produire des effets juridiques, la possession doit être exempte de vices ; on dit que la possession est
utile si elle est :

- Continue ; (un laps de temps)


- Paisible : l'entrée en possession doit avoir eu lieu sans violence, ex : le possesseur ne doit pas s’être
emparé de la chose par des voies de fait ou des menaces ;
- Publique : les actes de possession doivent être exercés de façon apparente, non clandestine. Le
possesseur doit se comporter en public comme le véritable propriétaire ;
- Non équivoque : le comportement du possesseur ne doit pas être ambigu. Ex : au décès d’une
personne, l’un des héritiers se prétend possesseur d’un bijou ; est ce à titre de donataire, acquéreur,
possesseur ou bénéficiaire d’un prêt ?

3. Effet de possession :

En fait de meubles, possession vaut titre. La possession doit être utile elle doit être exercée de bonne foi ait
existé lors de la prise de possession du meuble.

La possession doit en principe être de 10 ans quand le possesseur n’a aucun lien de parenté avec son
adversaire, et de 40 ans dans le cas inverse. Ce délai se compte par jour et non pas par heure.

9
Selon l’article 102 de D.O.C, le possesseur de mauvaise foi supporte les risques de la chose. S'il ne peut la
représenter ou si elle est détériorée, même par cas fortuit ou de force majeure, il est tenu d'en payer la valeur,
estimée au jour où la chose lui est parvenue. S'il s'agit de choses fongibles, il devra restituer une quantité
équivalente. Lorsque la chose a été seulement détériorée, il doit la différence entre la valeur de la chose à
l'état sain et sa valeur à l'état où elle se trouve. Il doit la valeur entière, lorsque la détérioration est de telle
nature que la chose ne peut plus servir à sa destination.8

I. Mode conventionnel de l’acquisition de la propriété :

Le droit de propriété s'acquiert par contrat (à titre onéreux ou à titre gratuit) par la voie successorale ou
par la prescription acquisitive.

Elle pose le délicat problème du moment de la propriété. Le changement de consentement, vaut transfert
de propriété. Ce principe pose des difficultés pratiques en cas de décalage du paiement afférent ou de la
livraison du bien (destruction du bien entre le moment du contrat et le paiement par exemple). Pour pallier
cet inconvénient les parties peuvent décider d'insérer dans le contrat une clause de réserve de propriété.
Cette clause décale le transfert de propriété jusqu'au moment de la livraison ou du paiement intégral du prix
par l'acheteur. Lorsque le bien est une chose de genre ou une chose future (une récolte à venir par exemple),
le transfert de propriété ne se fait qu'au moment de l'individualisation ou de l'achèvement du bien.

La transmission peut aussi résulter d’une volonté isolée ; dans ce cas, des actes juridiques sont nécessaires
afin de transférer la propriété. La règle générale consiste en une offre unilatérale. Le transfert de propriété
s’établit par l’existence de deux volontés (libres). Les deux parties doivent donc convenir d’un prix et des
conditions.

Le transfert de la propriété peut résulter d’un acte juridique unilatéral. Le type de ce genre est le testament
par lequel une personne règle à sa volonté le sort de son patrimoine pour le temps où elle n’existera plus.

J. L’acquisition de la propriété par testament ou succession

C’est le mode d’acquisition le plus courant puisqu’on devient propriétaire d’un bien à partir de l’ancien
propriétaire. La transmission successorale désigne un mode d’acquisition particulier et par l’effet
duquel la propriété des biens d'un défunt est transmise automatiquement à ses successeurs.

La transmission peut résulter de la loi, sans acte particulier. Elle peut avoir lieu par succession. Il peut s’agir
d’une transmission légale, quand le défunt est décédé sans laisser un testament, comme il peut s’agir d’une
transmission volontaire, quand il en a laissé un. Les héritiers et légataires détiennent leurs droits de propriété
des meubles et immeubles.
8
Dahir des obligations et des contrats, article 102.
10
Néanmoins les héritiers ne peuvent effectuer sur l’immeuble immatriculé un acte de disposition s’il n’a pas
pris l’inscription afférente aux droits qu’il tient de la succession.

Cette acquisition ne peut produire ses effets qu'à partir de l'inscription à la conservation foncière.

III. Atteintes au droit de la propriété

A. Abus de droit de la propriété

Malgré les restrictions qui lui ont été apportées, la propriété reste un droit fondamental d’user, jouir et de
disposer de la chose, sans causer dommage à autrui. Cependant, le droit de propriété fait parfois l’objet
d’abus de droit.

L'abus de droit peut être défini comme étant une utilisation abusive du droit de propriété par un
propriétaire. Elle se manifeste en principe par un dommage causé à autrui, d'une faute (caractérisée par
l'intention de nuire) et d'un lien de causalité.

En matière civile et selon l’article 77 du C.P.C, tout fait matériel ou moral de l’homme, qui cause
sciemment et volontairement à autrui un dommage matériel ou moral, oblige son auteur à réparer ledit
dommage. 9

Ex : construction d'un mur qui empêche tout ensoleillement du voisin.

Le législateur Marocain semble rigide en ce qui concerne la théorie de l’abus de droit, et considère le
propriétaire abuse de son droit du seul fait de l’exercer d’une manière qui dépasse les normes ordinaires
prévues par la loi, sans avoir l’intention de causer dommage à autrui. L’article 92 de D.O.C est l’exemple
type :

Article 92 : Toutefois les voisins ne sont pas fondés à réclamer la suppression des dommages qui dérivent
des obligations ordinaires du voisinage, tels que la fumée qui s'échappe des cheminées et autres
incommodités qui ne peuvent être évitées et ne dépassent pas la mesure ordinaire.

K. Les limitations prévues pour l’intérêt général 

Selon la définition donnée par le monde politique : « Il s’agit d’une procédure par laquelle un propriétaire
se voit imposer la cession d’un immeuble dans un but d’utilité publique en contrepartie d’une indemnité ».

9
Article 77 du code civil marocain
11
Les exigences de l’intérêt général ou d’utilité publique limitent l’exercice de droit de la propriété : « Nul
ne peut être contraint de céder sa propriété, si ce n’est pour cause d’utilité publique et conformément aux
dahirs en vigueur sur les expropriations »10
La procédure d’expropriation peut être passé par un accord à l’amiable entre le propriétaire et l’autorité
expropriante, lorsqu’il y a accord sur l’indemnité. Cet accord est passé devant l’autorité locale, il est
sanctionné par le paiement de l’indemnité convenue et emporte transfert de propriété dès son dépôt à la
conservation foncière.11
A défaut d’accord amiable, L’expropriant doit déposer deux requêtes, l’une pour obtenir l’ordonnance de
prise de possession, l’autre pour obtenir le jugement de transfert de propriété et fixation de l’indemnité.
Cette dernière requête n’est recevable que s’il l’expropriant dépose également une requête en référé, visant
l’obtention de l’ordonnance de prise de possession.
Mais c’est le jugement du juge du fond, dans le respect du contradictoire, cette fois, et après notification et
inscription du jugement dans les règles, qui réalise le transfert de propriété.

De point de vue formel la procédure d’expropriation se caractérise d'abord par une phrase administrative
comportant elle-même deux actes :

- la déclaration d'utilité publique : c'est une décision prise en forme de dahir ou d'arrêté VIZIRIEL, après
enquête et publicité préalable, et par laquelle l'Administration constate l'incompatibilité d'un projet avec
certains droits de propriété privée (article 7) ;

- l'arrêté de cessibilité : pris par le caïd, il désigne les immeubles intéressés, en tout ou partie, par la
procédure d'expropriation. L'arrêté est signifié aux propriétaires intéressés qui peuvent alors accepter de traiter
aux conditions proposées par la collectivité concernée (article 8).

Si les offres de l'Administration ne sont pas agréées par leurs destinataires, la procédure entre alors
dans une phase judiciaire également marquée par deux actes :

- l'ordonnance d'expropriation : elle est prise par le juge d'instance ; celui-ci n'a pas pour devoir d'apprécier
l'opportunité de l'expropriation mais de vérifier que les formalités légales ont bien été respectées. L'ordonnance a
pour effet de transférer la propriété des biens à l'Administration et de réduire les propriétaires à une créance
d'indemnité

- Le règlement des indemnités : s'il n'est pas négocié à l'amiable, c'est encore au juge foncier qu'il
appartient de fixer le montant des indemnités par décision motivée.

10
Article 10 du dahir de 2 juin 1915.
11
Art. 42 de la loi 7-81 relative à l’expropriation pour cause d’utilité publique.
12
L'intervention du juge est quasi mécanique et ses pouvoirs sont circonscrits par la loi 7-81, relative à
l’expropriation pour cause d’utilité publique. Il contrôle la réalisation matérielle des formalités de publicité
et d’inscription. Le jugement de transfert de propriété de droit réels peut être prononcé, lorsque la
déclaration d'utilité publique et la procédure ont été accomplis conformément à la loi 7-81, relative à
l'expropriation pour utilité publique et à l'occupation temporaire ».
Le dahir du 3 avril 1951 sur l’expropriation pour cause d’utilité public permet l’expropriation au profit de
l’autorité public de tout bien immeuble ou partie seulement ou l’occupation temporaire pour cause d’utilité
publique, dans l’intérêt général, et même pour la création de lotissement agricoles à l’intérieur des
périmètres d’irrigation.12(L’ONEP)

L’article 3 de même dahir susmentionné permet encore l’expropriation ou l’occupation temporaire au


profit des sociétés de particulier à qui la puissance publique a délégué ses droits aux fins d’effectuer des
travaux d’entreprendre.

Force est de souligner que le bénéficiaire d’une expropriation pour cause d’utilité publique ne peut
revendre le terrain à l’amiable, qui a été exproprié qu’à l’expiration de délai de 10 ans à compter de son
acquisition.

12
Le dahir du 3 avril 1951
13
Bibliographie :

Les ouvrages en français :


1- « Droit foncier Marocain » Paul DECROUX ; édition LA PORTE ; Rabat ;

2- « La procédure judiciaire de l’immatriculation foncière au Maroc » ; Jacques Caille : Librairie


générale de droit et de jurisprudence ; Parie 1956

3- « L’expropriation pour cause d’utilité publique au Maroc », Mohamed BOUFOUS, édition


MARSAM, 2010.

4- « Droit Commercial Et Bancaire », DIDIER Martin

:‫المراجع بالعربية‬

2005 ‫محمد بونبات التحفيظ العقاري ؛سلسلة القانون؛‬ 1-

Textes juridiques :

1- Dahir de 19 Rjab 1333- 2 Juin 1915 fixant la législation appliquée aux immeubles immatriculés ;

2- Dahir n° 1-58-229 du 4 moharrem 1378 (21 Juillet 1958) modifiant le dahir du 9 Rejeb 1370 (16
avril 1951) portant règlement minier au Maroc
3- Loi promulguée par dahir 1-81-254 du 11 rejeb 1402 (6 mai 1982). B.O. n° 3685 du 3 Ramadan
1403 (15 juin 1982), p.96.
4- Code d’immatriculation foncière du 12Auot 1913.  

Web-graphie :

http://www.lemondepolitique.fr/cours/droit_administratif_des_biens/expropriation/definition_generale.html

www.justice.ma

www.lagazettedescommunes.com

14
Table des matières :

YINTRODUCTION :

PREMIERE PARTIE : CADRE JURIDIQUE ET REGLEMENTAIRE DE DROIT DE LA PROPRIETE :


...................................................................................................................................... 4
I. Réglementation de droit de la propriété  :....................................................................4
A. Caractère de droit de propriété :.....................................................................................................4
B. Attribut de droit de la propriété :....................................................................................................4
C. Caractères de droit de la propriété :...............................................................................................5
II. L’étendue de droit de la propriété................................................................................5
A. La propriété du dessus et du dessous :...........................................................................................5
B. La propriété et l’usage des eaux :....................................................................................................6
DEUXIEME PARTIE : MODES D’ACQUISITION ET ATTEINTES AUX DROITS DE LA PROPRIETE :
...................................................................................................................................... 7
I. Mode d’acquisition de droit de la propriété.................................................................7
A. L’occupation.....................................................................................................................................7
B. Le droit d’accession.........................................................................................................................7
C. Accession immobilière.....................................................................................................................7
D. L’accession mobilière.......................................................................................................................8
E. La prescription acquisitive de droit de la propriété :......................................................................8
1. Eléments constitutifs de la possession.....................................................................................9
2. Caractères de la possession :....................................................................................................9
3. Effet de possession :.................................................................................................................9
F. Mode conventionnel de l’acquisition de la propriété :.................................................................10
G. L’acquisition de la propriété par testament ou succession...........................................................10
II. Atteintes au droit de la propriété...............................................................................11
A. Abus de droit de la propriété.........................................................................................................11
B. Les limitations prévues pour l’intérêt général...............................................................................11

BIBLIOGRAPHIE :...............................................................................................................14

15