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LA PREMIERE FORMULATION DE LA THEORIE CELLULAIRE

Apres avoir étudie le droit SCHLEIDEN entreprend des études médicales a Berlin. Le cursus médical comportait
de la botanique. II s'y passionne. En 1838 il publie un article sur la phytogènes ou les plantes sont définies
comme "des agrégats d'êtres individualisés et indépendants qui sont des cellules". "Toute cellule, écrivait-il,
mène une double vie, une vie tout à fait autonome relative à son seul développement et une autre, médiate
(intermédiaire), pour autant que la cellule est devenue partie intégrante de la plante". SCHLEIDEN considérait
que le noyau baptisé cytoblaste jouait un rôle primordial dans la formation de la cellule. II avait imagine un
processus de cristallisation dans un fluide non structure, formé de sucre et de mucus, le cytoblastème.
Dans la conception de SCHLEIDEN, à la surface du cytoblaste se différenciait à partir du cytoblastème la région
extranucléaire de la cellule (appelée plus tard cytoplasme).
Pour SCHLEIDEN, le cytoblaste et la cellule apparaissaient comme des cristaux dans une eau mère représentée
par le cytoblastème. La notion de cytoblastème persistera pendant plus d'une quinzaine d'années avant d'être
définitivement reconnue comme erronée.

C'est à la suite d'une rencontre avec SCHLEIDEN que SCHWANN est amené à concevoir la notion de cellule
pour le règne animal. Ayant eu connaissance en octobre 1837 des travaux que SCHLEIDEN effectuait sur la
cellule végétale, SCHWANN se demande si 1'organisation cellulaire des tissus animaux n'est pas semblable à
celle des tissus végétaux. Examinant au microscope des coupes fines de cartilages branchiaux de têtards, il
remarque qu'à 1'instar des tissus végétaux, le cartilage animal est cloisonné en compartiments limités par une
membrane et que ces compartiments contiennent un noyau porteur de nucléoles. Ces compartiments
correspondent aux cellules. Cette observation sera étendue à d autres tissus. La cellule est donc 1'unité ultime des
tissus animaux aussi bien que des tissus végétaux. SCHWANN fait paraitre en 1839 un mémoire où il postule
que la cellule est 1'unité de base du règne végétal et du règne animal Cependant, c'est à tort que SCHWANN
déclare, a 1'instar de SCHLEIDEN, que les cellules apparaissent indépendamment d'autres cellules au sein d'un
liquide "organisable", le cytoblastème autour de noyaux libres.

La nouvelle théorie formulée par SCHLEIDEN et SCHWANN, qui considérait la cellule comme unité de vie,
mais admettait de façon erronée le développement cellulaire aux dépens d'un cytoblastème libre, fut baptisée
théorie cellulaire.

LA REFUTATION DE LA THEORIE DU CYTOBLASTEME


ETL'ENONCE FINAL DE LA THEORIE CELLULAIRE

L'attaque directe contre la théorie du cytoblastème vint de Robert REMAK (1815 -1865) il avait étudié la
médecine a Berlin. Des 1840, REMAK émet des réserves sur le rôle du cytoblastème prôné par
SCHWANN dans la formation des cellules. Présentée sous une forme préliminaire en 1841, et avec force
arguments en 1855 puis en 1858, la division cellulaire est expliquée simplement, sans implication aucune
du cytoblastème, avec d abord la division en deux du noyau, la séparation des deux noyaux qui en résultent,
enfin la segmentation de la cellule avec localisation de chacun des noyaux dans chacune des deux cellules
filles. En somme, toutes les cellules du corps proviennent de la division de cellules préexistantes. Le
matériel d'étude a partir duquel REMAK fonde son postulat de la division cellulaire est 1'œuf fécondé de
grenouille ; ce matériel, particulièrement bien choisi en tant que modèle lui permettra de suivre les
premières phases du développement embryonnaire de la grenouille. L'œuf de grenouille restera un modèle
pour les embryologistes du XXe siècle. Ces belles expériences qui constituent la première démonstration
irréfutable de la division cellulaire, REMAK les publie en 1855 dans un ouvrage. Dans le dernier chapitre
REMAK écrit : "tout se passe comme s'il se produisait au milieu de la cellule une ligature qui coupe la
cellule en deux". On est encore loin de la connaissance des étapes de la division cellulaire, qui seront
décrites une vingtaine d'années plus tard. A cause de son origine, et malgré son talent, les postes
d'enseignement dans 1'Etat prussien seront refusés à REMAK. Sa réfutation de la théorie du
cytoblastème sera accueillie avec réticence par nombre de ses compatriotes. REMAK
abandonnera la poursuite de ses études sur la division cellulaire pour se tourner à partir de 1855
vers la pratique de la médecine et l‘électrothérapie, un traitement très prisé a cette époque. On
retrouve dans les différentes éditions du traité d'histologie, publié par KOLLIKER a partir de
1852, une évolution des idées sur le cytoblastème. Partant du dogme de la formation libre de
cellules dans le cytoblastème dans la première édition de 1852, KOLLIKER passe dans la
troisième édition de 1858 à un concept radicalement opposé : "il n'y a point de formation libre de
cellules, écrit-il, et toutes les cellules dérivent les unes des autres". II assigne au noyau un rôle
primordial: "jamais une cellule ne se divise sans que préalablement le noyau ne se soit multiplié,
et toujours le nombre de cellules auxquelles donne naissance une cellule-mère répond au nombre
de noyaux qui se sont produits dans cette dernière".
VIRCHOW est cité comme le chercheur qui mit la dernière main à la théorie cellulaire. II est de
plus reconnu comme le père de la pathologie cellulaire. Il était à l'université de Würzburg ou il eut
KOLLIKER comme collègue. II y restera sept ans et y fondera le premier laboratoire de
pathologie cellulaire. En 1855, VIRCHOW publie dans les Archives d'anatomie pathologique de
langue allemande un article reten tissant qui assurera sa célébrité. Tout en reconnaissant le mérite de
SCHWANN en tant que précurseur, en particulier pour sa démonstration "que le développement
des tissus est à rattacher à la cellule", VIRCHOW formule une série de propositions non
ambiguës.
1. Les cellules sont des unités fonctionnelles de tous les tissus vivants. Les tissus sont
composés uniquement de cellules accolées les unes aux autres (exemple : tissu épithélial), ou
séparées les unes des autres par une substance intercellulaire (exemple : tissu conjonctif).
2. Les fluides intercellulaires ne sont pas des blastèmes formateurs de cellules, mais des
produits dérives de 1'activité métabolique des cellules. Une cellule ne se forme jamais à
partir d'une substance non cellulaire inorganisée.
3. Aussi bien dans les tissus normaux que dans les tissus cancéreux, chaque cellule nait d'une autre
cellule. VIRCHOW invente la formule magique "omnis cellula a cellula". Cette formule reprenait les
conclusions de REMAK, mais sous une forme stylistique plus frappante.

De retour a Berlin en 1856, VIRCHOW y fonde 1'Institut de pathologie cellulaire. L'Institut de pathologie
cellulaire était rattaché à l'Hôpital et les observations cliniques étaient complétées par des analyses
chimiques et microscopiques, ce qui était nouveau à cette époque. VIRCHOW fut le promoteur de l'idée
que la maladie résulte d'une modification cellulaire et que l'étude de la pathologie en tant que science doit
s'appuyer sur l'étude de la physiologie de la cellule saine donnant ainsi la primauté à la recherche
fondamentale. En 1858 apparait son ouvrage majeur Die Cellular Pathologie, compilation d'un ensemble
de conférences faite à l'université de Berlin. Cet ouvrage sera traduit en français dix ans plus tard.

En résumé, a la fin des années 1850, la formulation de la théorie cellulaire est définitive avec ses deux
principes :

1. La cellule est 1'unité structurale et fonctionnelle de tous les tissus.


2. Toute cellule se forme à partir d'une cellule préexistante.

Cependant le mode de formation du noyau n'était pas encore clair dans les faits. Un quart de siècle plus
tard, la démonstration sera faite que les noyaux dérivent de noyaux préexistants, complétant ainsi la théorie
de VIRCHOW par la formule : "Omnis nucleus e nucleo".

En final, de cette théorie cellulaire, SCHLEIDEN et SCHWAN en énoncèrent en 1838 -1839 le premier
principe. Le second principe fut formulé plus d'une quinzaine d'années plus tard par REMAK et
VIRCHOW.