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Journal d'agriculture tropicale et

de botanique appliquée

Les appellations des Céréales en Afrique (suite)


Roland Portères

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Portères Roland. Les appellations des Céréales en Afrique (suite). In: Journal d'agriculture tropicale et de botanique appliquée,
vol. 5, n°4-5, Avril-mai 1958. pp. 311-364;

doi : https://doi.org/10.3406/jatba.1958.2469

https://www.persee.fr/doc/jatba_0021-7662_1958_num_5_4_2469

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LES APPELLATIONS DES CÉRÉALES EN AFRIQUE

il.- LES BLES ET LEURS DENOMINATIONS

Par Roland PORTÈRES

A. — Généralités botaniques.

En accord avec le nombre des chromosomes, la résistance aux


maladies cryptogamiques, les résultats des recherches sérodiagnos-
tiques, etc., les espèces de Triticum satwum Jessen sont
morphologiquement classables comme suit (A. Schulz, 1911, modifié) :
A. Série MONOCOCCA (n ~ 7, génome = AA). — Epi à rachis
fragile: glumes adhérentes au caryopse (graines vêtues), une graine
par épillet. Le centre de dispersion est en Asie mineure. Groupe
très résistant aux maladies cryptogamiques.
T. Thaoudar Reut Espèce sauvage ou semi-cultivée
T. aegilopoides Bal Espèce sauvage
T. monococcum Linné. . Espèce cultivée connue comme
Petite Epeautre, Engrain, Einkorn, Locular, Blé-Riz. A l'état
sauvage, elle croît en Asie Mineure dont Syrie et Palestine, en Crimée,
en Grèce, en Mésopotamie. Elle se cultive encore dans les régions
montagneuses du Sud de l'Allemagne, de la Suisse, de l'Algérie et
du Maroc. Elle n'a jamais été rencontrée dans le Sud-Ouest et l'Est
de l'Asie. Son centre de diversification, nettement en Asie Mineure
et régions voisines, paraît tout à fait indépendant de ceux de
T. vulgare (Asie) et T. durum (Abyssinie).
B. Série DICOCCOIDEA (n = 14, génome = A ABB). — Epi à
rachis fragile; glumes adhérentes au caryopse (graines vêtues);
2 graines ou plus par épillet (3 dans var. tricoccum Schubler) ;
glumes très carénées à la base. Groupe très résistant aux maladies
cryptogamiques.
T. dicoccoides Koernicke 1885. — Espèce sauvage. Centre
de dispersion : de la Palestine et la Syrie à la Transcaucasie, l'Irak
et l'Iran.
T. dicoccum Schubler 1818. — Espèce cultivée. Centre de
dispersion en Abyssinie et Erythrée (Vavilov). Est le Blé Amidon^
— 312 —

nier ou Emmer (1). Epi aplati et aristé, grain nu étroit et pointu,


dur ou tendre. Trouvé déjà cultivé en Egypte et Mésopotamie il y
a 6 000 ans. D'ailleurs, la diversité dans cette espèce augmente
quand, dans son aire ancienne de culture, on se rapproche
actuellement du Nord de l'Afrique et surtout en allant vers l'Egypte et
l'Abyssinie. Si l'Europe et l'Asie n'en possèdent environ que deux
variétés, la variation est très importante en Abyssinie.
T. durum Desfontaine 1798. — Espèce cultivée. Centre de
dispersion en Abyssinie et Erythrée (Vavilov). Plus de 20 variétés
botaniques en sont connues (Bayle-Barelle 1809, Lag. 1816, Ale-
feld 1866, Koernicke 1885). Tige robuste. Grain dur pour semoule.
Epi aplati et aristé; grain atténué-tronqué. A été propagé en
Egypte et sur le pourtour méditerranéen par l'expansion arabe
(vm-xiie siècle). E. Schieman (1939) a suggéré qu'il serait sorti des
populations de T. dicoccum de l'Abyssinie. — Très cultivé en
Espagne, en Afrique du Nord, dans l'Inde et le Sud de la Russie.
Résistant à la sécheresse, donne un grain riche en gluten. Le plus
grand nombre de formes endémiques nous en est connu du Nord
de l'Afrique et des Côtes de la Méditerranée tandis que l'Asie, même
la Mésopotamie, en sont relativement pauvres; l'Afghanistan n'a
pas connu cette espèce (Vavilov). E. Miège (1922) a étudié les Blés
durs marocains et en a relevé une série importante de formes,
lesquelles paraissent, pour partie, de néo-endémicité dans le Nord
franco-africain (Maroc, Algérie, Tunisie).
T. turgidum Linné 1753. — Espèce cultivée. Le centre de
dispersion est la Grèce ou la Dalmatie (Vavilov). Dénommée Blé
Rivet, B, conique B. Poulard, B. Petanielle, Blé Nonette. Une dizaine
de variétés agrobotaniques sont connues (Alefeld 1866, Koernicke
1885, Fikry 1938). Elle a tendance, dans certaines variétés, à
brancher ses inflorescences (Blé-Miracle, Blé branchu, etc. = T. compo-
situm ) .
T. polonicum L. 1753. — Espèce cultivée dite Blé Polonais,
Seigle géant. Epis d'un bleu-vert, aplatis, à longues bractées sous-
tendant les épillets. Se cultive en Espagne, Italie, Turkestan,
Abyssinie, etc..
T. orientale Percival 1921. — Le centre de variation de
cette espèce cultivée se trouve en Asie Mineure.
T. persicum Vavilov 1918. — Présente son centre de
variation en Géorgie, Arménie, Perse et Daghestan. L'aspect extérieur le

(1) II n'y a pas de terme anglais. Emmer est le nom allemand (ancien
allemand amar, amer, vin* siècle; nouvel allemand emmer, amel, nmmel, etc.);
Prudentius (ap. Koernicke) : « far genus frumenti quod galli emerunt dicunt
// le far est un genre de froment que les Gaulois appellent em<T. » Est-ce un
mot celtique?
— 313 —

rapproche des Blés tendres (T. vulgare) mais elle donne des épis
fertiles avec T. durum dont elle a le même nombre de chromosomes.
Elle se croise difficilement avec T. vulgare et est très résistante aux
maladies cryptogamiques (surtout Erysiphe graminis).
T. Timopheevi Zukhosky, génome AAGG. — Découvert
récemment. Résistance aux maladies.
T. (Aegilops) cylindrica (n = 14, génome CC.DD).
T. armeniacum (Jakub.) Makush.
T. carthlicum Nevs.
C. Série SPELTOIDEA (n = 21, génome AA.BB.CC). — Epi à
rachis plus ou moins fragile. Grains vêtus, deux par épillet.
T. Spelta Linné 1753. — Espèce cultivée comme Grande
Epeautre, Spelta. Cette espèce antiquement bien connue n'est
maintenant exploitée qu'en de rares régions : Souabe, Suisse, Perse. Son
centre de diversification n'a pu encore être très bien précisé, sinon
quelque peu établi (Asie Mineure).
T. Mâcha Dekaprilevitch. — Espèce de culture diversifiée
en Géorgie.
D. Série VULGARE {n = 21, génome = AA.BB.CC). —- Glumes
non carénées à la base. Groupe peu résistant aux maladies
cryptogamiques.
T. vulgare Host. 1809. — Espèce cultivée. Le centre de
dispersion couvre la région montagneuse du Nord-Ouest de l'Hin-
dustan, le Pamir, le Nord-Ouest de l'Himalaya (Afghanistan de
l'Est, Buchara, Nord-Ouest de l'Inde). L'espèce est probablement
issue du croisement inter-populations entre T. dicoccum et Aegilops
(Triticum) culindrica (E. Schieman 1939). Cela se serait passé aux
temps préhistoriques dans l'Est de l'Afghanistan où le nombre de
formes rencontrées est le plus important et décroît rapidement
quand on s'éloigne de cette région (Vavïlov). C'est cette espèce que
l'on disloque quelquefois en T. aestivum L. 1753 à épillets aristés et
T. hybernum L. 1753 à épillets mutiques; l'espèce T. sativum La-
marck 1786 comprenait en plus T. turgidum L. L'espèce T. sativum
Pers. 1805 comprenait T. aestivum, T. hybernum et T. durum
(inclus T. complanatum pour partie). L'espèce T. sativum Jessen
comprend tous les Blés des séries précédentes. On tend à appeler
T. aestivum L. l'ensemble T. vulgare Will. 4- T. compactum Hosfc.
Tout cela ne paraît guère très au point.
Grain tendre, nu. Comprend un très grand nombre de variétés
agrobotaniques. Connue comme Froment, Wheat, Blé tendre,
Tuzelle. Contrairement à ce qu'ont assuré Trabut, Bœuf, Ducel-
lier, Miège, Vavïlov, les Blés tendres ont été introduits en Afrique
— 314 —

du Nord avant la colonisation européenne récente. C'est le Blé dur


apporté par les Arabes qui l'a chassé des cultures, à cause de la
résistance à la sécheresse de ce dernier et de son emploi meilleur
pour la semoule (gluten). Les Romains (peut-être les Phéniciens et
les Grecs) avaient apporté le Blé tendre. Dans les Oasis, de part et
d'autre du Sahara c'est surtout le Blé tendre qui est cultivé, plutôt
que le Blé dur, bien que le terme arabe y soit toujours quemh (ou
dérivés), c'est-à-dire propre, à l'origine, aux Blés durs.
T. compactum Host. 1805. — Espèce cultivée dont le centre
de dispersion est le Sud-Est de l'Afghanistan (Kabul) et les régions
bordant le Nord-Ouest de l'Inde. Connu comme Club Wheat, Blé
nain. Epi compact, plante et grains petits. Paille forte. Adapté aux
sols pauvres et surtout cultivé' maintenant dans les régions
montagneuses de l'Europe centrale, au Turkestan, en Abyssinie, au Chili
et sur la côte Pacifique (Montagnes rocheuses).
T. sphaerococcum Percival 1921, ne se rencontre
seulement que dans le Nord de l'Inde d'où il est originaire et dans
quelques Oasis de l'Afrique du Nord.
Il faut rappeler que le centre de diversité des Blés tendres (T.
vulgare) coïncide avec ceux du T. compactum et du T.
sphaerococcum, ces trois espèces paraissant appartenir au même groupe
génétique (Vavilov).
N. I. Vavilov (Origine PI. Cultivées, 1926) a été conduit dans ses
recherches à penser que les anciennes agricultures proprement
céréalières se sont développées, dans l'ancien monde, avec deux
grands berceaux :
1 ° Mésopotamie et Inde avec T. vulgare, T. compactum, T.
sphaerococcum.
2° Egypte, Abyssinie et Méditerranée avec T. durum.
Dans" les deux centres l'origine de l'Agriculture a dû s'effectuer
avec T. dicoccum (Emmer ou Amidonnier).
Le problème de l'origine des Blés « modernes » repose sur
l'hypothèse .(que les travaux génétiques confirment en grande partie)
d'une agression génétique du genre Aegilops sur le genre Triticum.
Le groupe des Aegilops, très polymorphe, possède des centres de
répartition qui coïncident avec ceux des Blés. Ainsi, Aeg. cylindrica,
Aeg. squarrosa, Aeg. crassa, ont une aire qui correspond à celle des
Blés Tendres (T. vulgare) ; ces espèces ont la même grande
susceptibilité aux maladies cryptogamiques. Au Turkestan, Vavilov a
relevé un grand nombre d'hybrides naturels issus de ces genres,
généralement stériles. Par ailleurs, Aeg. triuncialis et Aeg. ovata ont
une aire qui est celle de l'origine de T. durum (Abyssinie, Erythrée).
Avec l'Egypte, l'Abyssinie et l'Erythrée (et le Sud de l'Arabie heu-
— 315 —

reuse), l'Afrique a joué un grand rôle dans les agricultures


anciennes (T. dicoccum) , T. durum (avec T. pyramidale) .
Le foyer cultural abyssin a fourni T. durum subsp. abyssinicum
Vav., T. iurgidum subsp. abyssinicum (endémisme secondaire),
T. dicoccum subsp. abyssinicum Stol., T. polonicum L. grex
abyssinicum Vav..

B. — Vue générale sur les Blés de l'Afrique du Nord,


du Maroc au Sahara et à l'Abyssinie.

Le Sahara est un centre secondaire de néoformation de Blés. On


y Constate une hybridation interspécifique et intervariétale entre
éléments génétiques venus du Nord, de l'Est et du Sud, à des
époques historiques différentes. Les Berbères et Berbérophiles, de
maintenant et d'autrefois, se sont isolés de l'influence arabe (non
toujours de l'influence islamique) et ont conservé le matériel
varietal acquis avant l'Hégire. Ils l'ont gardé, mais non comme ils
l'ont reçu aux différents âges, car ces types ont évolué sur place.
L'évolution et la néovariation, constatables au Sahara, relèvent
des croisements, des sélections naturelles et artificielles.
Chaque oasis est un ilôt; l'ensemble dees oasis sahariennes
représentent un vaste archipel.
Les conditions écologiques tendent à conférer aux Blés
sahariens un type « oasicolum » (L. Ducellier) caractérisé
principalement par la compacité des épis, une tendance à la ramification des
épillets, une autre à l'augmentation du nombre de fleurs par épillet,
une grande précocité et une non-immunité aux maladies crypto-
gamiques.
Les conditions « insulaires » des oasis, « îles » où s'accumulent,
comme au fond d'impasses, les types variétaux apportés
successivement au cours des temps, favorisent les croisements naturels. Des
formes intermédiaires à caractères plus ou moins atténués, ou
d'autres à caractères particuliers, naissent. Il est souvent difficile
de rattacher les types nouveaux à des formes référentielles connues
(Ducellier 1929).
Il semble que les Blés vêtus ont été, au Sahara, les Blés de la
première heure.
Les conditions humaines canalisent l'évolution naturelle des
populations mélangées, mélange imposé par l'homme. Le fait
important, étudié par Ducellier (1923) dans les dissociations spel-
toïdes et durelloïdes issues des hybrides naturels de T. vulgare
(formes sahariennes), réside en la tendance actuelle à l'atténuation
des caractères « Epeautre » et « Amidonnier » ; à la suite du
métissage des types anciens à grains vêtus avec les types, venus plus
— 316 —

tardivement, de T. vulgare et T. durum. On note aussi, à travers


tout le Sahara, un prolongement du comportement humain opéré
déjà autrefois au long des rivages méditerranéens, à savoir : la
désaffection pour les Blés vêtus avec faveur pour les Blés à grains
nus.
Les Engrains et les Epeautres sont actuellement en voie de
disparition au Sahara, à cause des difficultés de battage et d'égrenage qui
leur sont particulières, difficultés qui ne se retrouvent pas ou très,
peu dans les Blés à grains nus.
Cette élimination des types à grains vêtus n'est pas récente; elle
date de l'arrivée de T. vulgare en Berbérie et Moghreb; elle a été
accélérée par l'expansion de T. durum. Positivement, l'Espagne est
plus en retard que l'Afrique dans cette sorte de libération phytobio-
logique du travail humain.
Le « creuset » (Ducellier 1929) saharien a vu se fondre les
couches historiques successives des apports de T. dicoccum, T. mo-
nococcum, T. Spelta, T. turgidum, T. vulgare, T. durum, T. sphae-
rococcum.
L'image tritico-variétale actuellement présente au Sahara ne peut
donner, dans les répartitions géographiques, une idée du processus
historique qui a conduit à la situation actuelle. L'expérimentation,
l'étude des disjonctions génétiques et les comparaisons, ont
cependant, grâce aux travaux de L. Ducellier, Trabut, Em. Miège et
F. Bœuf, livré beaucoup de secrets.
1°) Le faciès saharien (Ducellier) dont il est parlé plus haut
affecte T. vulgare et T. durum, parfois même T. Spelta (au Fezzan).
Toutes les variétés ne sont pas modifiées au Sahara par le « faciès
saharien » ou « faciès oasicolum », ainsi qu'on peut le constater en
Mauritanie (Miège), au Fezzan (Erroux), au Kanem (Portères),
etc. Chez les Epeautres (T. Spelta) on note que l'écologie des oasis
sahariennes a provoqué la formation de plus de fleurs par épillet
(dont 2-4 fleurs fertiles) que l'on n'en constate dans les formes
européennes, même introduites (2-3 fl. fertiles) (Ducellier, 1920).
2°) L'imprégnation ou introgression de ces espèces par T. Spelta,
partout (parfois T. dicoccum), puis encore particulièrement de
T. vulgare par T. durum en Berbérie et au Moghreb.
3°) La présence de T. sphaerococcum du Penjab (Nord-Ouest de
l'Inde), au Maroc (Draa, Tafilelt) et au Soudan (Katona), l'espèce
ayant ainsi une aire disjointe très éloignée de sa zone d'endémicité,
sans lieux géographiques intermédiaires où elle soit jusqu'ici
reconnue.
4°) T. dicoccum, présent encore en Egypte, venu pour partie
sinon totalement de l'Abyssinie, répandu encore en certains points.
— 317 —

de l'Europe comme en Espagne et surtout en Russie, n'existe plus,,


dans l'ensemble de l'Afrique du Nord et du Sahara. Il a été
cependant retrouvé (E. Miège, 1929) dans le Nord du Maroc (Ouergha).
Son étude, faite par Miège, révèle, toutefois, que les formes
trouvées : var. farrum Bal. et var. liguliforme Koern. appartiennent
au groupe européen (à coléoptile possédant deux nervures) et
s'oppcsant manifestement au groupe indo-abyssin de Percival
(colécptile 4-6-nervé). Il semble ne faire aucun doute que le Blé
Amidonnier du Maroc du Nord, trouvé en mélange cultural avec
l'Engrain, le Blé dur et le Blé tendre, provient de la péninsule
ibérique où toutes ces espèces sont encore cultivées.
Il est évident qu'au cours des temps la sédimentation des espèces
et des variétés de Blé en Afrique du Nord a influé sur les
dénominations employées. Souvent, chaque apport se fondait avec d'autres,
sous un vocable ancien; parfois il ressortait au contraire une
appellation spécifique. La submersion de toute l'Afrique du Nord
par le terme arabe qamh a certainement éliminé beaucoup de
vocables.
On retrouvera, selon les termes-reliques recueillis, des
provenances diverses, parfois européennes, mais peu d'entre eux mettent
sur la voie de migrations connues. C'est surtout l'analyse
botanique qui donne les meilleures indications.
De ce que l'on connaît de l'Afrique septentrionale et d'ailleurs,,
on peut établir un ordre d'arrivée des espèces, en partant des temps
reculés :
T. dicoccum (voie mixte, africaine et européenne). — T. mono-
coccum (voie européenne). — T. Spelta (voie européenne). — T.
turgidum (voies europ. et afric). — T. sativum (voies berbéro-euro-
péenne et africaine). — T. sphaerococcum (voie africaine). —
T. durum (voie africaine). — T. polonicum (voie européenne).
Aug. Chevalier (Ress. Végét. Sahara, 1932), a écrit que les Blés
tendres du Sahara « constituent de véritables reliques botaniques ».
En fait, ce ne sont plus des reliques parce que les variétés
introduites ont subi des agressions mutuelles et des agressions
spécifiques qui font qu'elles ne sont plus elles-mêmes; ensuite elles se
sont conduites sur un vecteur évolutif d'adaptation locale qui leur
a conféré un « faciès saharien », le type oasicolum de Ducellier.
On peut dresser un tableau des présences spécifiques de Blé en
Afrique du Nord, tel que celui-ci :
— 318 —

espèces Maroc Mauritanie Algérie Tunisie Feizao Hoggar Soudan Soudan Orient. Egypte Abyssinie
T. monococcum X
T. dicoccum x A X
T. durum x X x X X X X X
T. turgidum X x X
2\
T.* polonicum X X X
Spe/ta X X X X X
T. vulgar e x x x x X X X X X X
T. compactum
T. sphaerococcum X
T. pyramidale

C. — Le Blé Qamh des Arabes.

Les espèces de Blé actuellement cultivées en Egypte sont


(Tâckholm 1941) :
1) Triticum dicoccum Schùbl. (Amidonnier, Emmer).
2) T. durum Desf. (Blé dur), le Qamh dakar « Blé mâle ».
3) T. pyramidale Percival, le Q. baladi « Blé local ».
4) T. turgidum L. (Poulard, Pétanielle, Rivet), rare et
d'introduction récente.
5) T. vulgare Host. (Froment, Blé doux), le Q. hindi «, Blé
indien » .
En Egypte actuelle, le terme général pour « Blé » est qamh. Il
subsiste encore en ce pays de vieux noms, rarement employés
maintenant, comme hinta et burr (Tâckholm). Persistent aussi quelques
termes berbères comme harden ou yerdin (Ascherson et Schwein-
furth).
Hébreu (de la Bible) Kamah est la « céréale debout au champ »
(Moldenke, p. 232). Il existe dans des listes d'aliments de l'ancien
empire égyptien ( — 3 000 à — 2 000) le mot Qemhu « une sorte de
pain, nourriture », auquel se rattacherait probablement le Qamh
arabe (selon Pétrie, Tâckholm, 1941). En Chaldée, qimu était
« farine » (Loret, V, p. 402). Le pain blanc pour le culte apporté en
Egypte par les Phéniciens s'appelait Kamh (Hist, des Phéniciens,
p. 141). On connaît aussi anc. égyptien shems, Khems, hébreu qmh
« épi de céréale » et assyrien sem « blé ».
Le Qamh arabe ou Qemah (de Candolle) désigne plus
particulièrement T. durum en Algérie où il est connu comme gemah,
gamh (de Candolle, Maire, Trabut, Foureau, etc.).
En Kabylie, Qemhe ne s'applique qu'au « Blé dur », farinah
étant réservé au « Blé tendre » {T. vulgare Host.), selon Millot, ce
que confirme Julien pour la région de Constantine (Kabylie) avec
— 319 —

ghem ou qamh pour «Blé dur». Trabut donne aussi en Algérie


gemah, gamh = « Blé dur » ; soult = T. Spelta ou « Blé Epeautre » ;
irdane, etc. (Berbère) « Blé tendre ». Leck et Rolland donnent
pour l'Algérie qemh'e « blés durs » et fortass ou farinah « blés
tendres ». Fortass ou fartass est le fritissa du Fezzan (arabe fritisa
« chauve » au féminin) et désigne des blés sans barbe (T. vulgare
var. heraticum Kob. + var. Khorassanicum Vav., selon J. Erroux,
1952).
Au Maroc, fortassa est une « variété de Blé » à Fez et qui doit
être sensiblement la même à Salé comme tafartasset (Miêge), une
forme berbère (fém. sing.) de arabe fortassa pour « chauve», soit
un Blé mutique. Toutefois Ducellier (1930) mentionne, dans le Tell
algérien et les oasis du Hoggar, fartass pour des Blés durs {T.
durum) ou des Blés Poulards {T. turgidum) dont les barbes des épis
sont caduques (variétés Amekkaoui et Hached).
En Tunisie, dans les cultures de Blé dur, on rencontre, en
impureté, du Blé tendre (jusqu'à 50 % ) dont les épis sont appelés babus-
el-Brel « queue de mulet » (Gillin).
Par contre, farina est un terme qui s'applique constamment à
l'Epeautre des Oasis algériennes (T. Spelta L. var. saharae L.
Ducellier) à épi « rouge » (d'où aussi son nom de El-Khamra) ; en
Algérie, farina peut intéresser parfois T. vulgare var. transcapicum
Vav. mais au Fezzan il désigne toujours T. Spelta. Il semble donc
que farina dérive du far des Romains qui était généralement
l'Epeautre (far tritici) .
Mais gemah a souvent comme équivalent en berbère : timzin
(Maire, Foureau), un terme donné plus particulièrement à l'Orge
par les Berbères qui appellent normalement le Blé ired, etc.. (voir
ORGE).
La confusion Orge/Blé se retrouve aussi au Maroc où le terme
zerq (= zra) est souvent employé indistinctement pour « Blé » ou
« Orge », valant alors pour « céréale majeure » (Gasselin) ; il peut
aussi n'être employé que pour «Blé dur» (du Gast) (voir SORGHO).
Qamh est un terme général arabe, sauf en Arabie du Sud (où l'on
trouve bur, burr", berr, bahr, etc..) mais non qamh ou ses dérivés.
Le terme arabe, en Afrique, n'est certainement pas partout
postislamique. Pour la période antérieure à l'expansion arabe ou
islamique, on pressent une interférence avec des termes issus de la
■civilisation égyptienne d'autrefois.
Le q (valeur K) passe fréquemment à g dur (gh) et la vocalisation
s'en ressent souvent.
On note en Afrique les autres termes suivants pour « Blé » :
temacheq elkame (Barth), berbère de Kabylie qemha « Blé dur»
(Millot) ; autour du Lac Tchad : daza alkam, teda alkao (plur.
— 320 —

alkama) (Lecœur), Kanuri algama (Lukas, Lecœur), aussi alkam,


arkam, arkama, arkao (Th. Monod) qui se retrouvent encore autour
du Tchad pour « Mil à chandelle, Pennisetum » ; Kanuri alkama
(« Orge » étant alkamami) (Noël) ; bornu gomah, hausa de Nigeria
alkama (Landeroin et Tilho) ; sonrhai du Niger alkama (Rouch,
Prost) qu'ont emprunté les Mossi avec akam-do (-do est une finale
de classe pour les végétaux, Prost) ; bambara de Bamako alkamara
(Sauvant). En Mauritanie on rencontre zenaga al-gemeh, gemah,
gemh.
Au Ouadaï, arabe gemh, geme et mba géme.
En Abyssinie du Sud, on note galla du Sud Koma-de, adaiel de
Zeyla Kçom-de, dar-fur gimmê (Salt), le dernier plus avec le sens
de « céréale », tout comme galla Kamadi « céréale, grain, blé » et
déjà connu en vieil égyptien avec ce sens et celui de « nourriture »
(Maseey). En hamitique bedauye, proche l'Egypte, le Blé est gama
ou encore seram (voir ORGE).
En ancien égyptien, qemhu « aliment nourriture » est
certainement plus à l'origine de quelques termes précités. On trouve ainsi
en nubien daïr Kamé « aliment, nourriture » ; vieux nubien Kam,
nubien mahass Kab, tous pour « manger, mordre ». En dérivent :
hamitique saho kam, gam; h. afar Kam (gam); h. gule Kama-s;
h. dinka et h. nuer cham; h. shilluk shamo; h. kunjar jam; tous les
termes précédents pour « manger» (Murray).
Selon Murray, ils sont tous parents de nubien mahass Kab
« manger » d'où proviennent dans le même dialecte kab-ar «
aliment, pain », kabatti « glouton », kabkah « manger vite », kab-kir
« nourrir, donner à manger »; en nubien daïr, Kabra est « bière ».
Le Kafo des Mossi de la Boucle du Niger, pour « Mil » en est
probablement issu (Prost), avec b < f.
On doit comparer aussi ancien égyptien et démotique am et sham
et copte ogom, pour « manger des grains ».
En hébreu, qmh est « botillon de céréale » (ancien égyptien shèms
ou khems étant la panicule ou épi de céréale (Massey). Moldenke
donne hébreu de la Bible Kamah pour « panicule » ou « épi dressé
de céréale » (grec stachys), « le blé dans le champ ».
Il est difficile maintenant de savoir, dans « Blé », ce qui revient
au qemha arabe et ce qui ressort du qemhu de l'ancien égyptien.
Tout au moins peut-on penser que les arabophones emploient un
terme arabe tandis que couchites et hamites utilisent une
appellation de même souche que l'égyptienne ou la nubienne.
Dans les contrées de l'Afrique centrale et orientale on rencontre
Uganda n-gami «Maïs» (Schinz), mais chez le Wanyames de
l'Uganda et au Tanganyika « Blé » est n-gamo; de même en swaheli
de la côte orientale avec n-gamo et n-gano (Sacleux). Au Tan-
— 321 —

ganyika n-gano a été relevé pour «Seigle» {Secale céréale). Un


terme makua de l'Afrique orientale na-kuo (plur. a-Kuo) pour
« Maïs » (Woodward) peut avoir la même origine, à moins qu'il
ne signifie autre chose (voir lukuo, luko, à ELEUSINE).

D. — Le Blé Amidonnier ou Emmer (Triticum dicoccum).

De l'akkadien BuTuTTo on fait venir les hiéroglyphiques


égyptiens BT.T et BD.T (voir C. Dykmans, Erman et Grapov 1925, Budge
1920, Kamel 1850). Ceci donnerait une provenance orientale au
terme et probablement à la plante.
Ancien égyptien BD.T. est classiquement donné pour « Blé
Epeautre » (Loret, etc.), mais au sens large de Blé à grain vêtu.
En fait, BD.T., avec des déterminatifs différents, signifie Amidon,
Blé Amidonnier, Epeautre (Lambert) ; une forme BTY pourrait
être une sorte, une variété de Blé (Lambert, Brugsh).
Les traductions de la Bible hébraïque où est porté Kussemeth que
l'on donne habituellement pour T. Spelta (Moldenke) ont fourni en
synonymie : copte bote ou boti, grec zeia. Selon Piedallu, copte boti
sert à rendre olyra d'HÉRCDOTE (495-425 av. J.-C), c'est-à-dire le
Blé Amidonnier ou Emmer (T. dicoccum) .
Loret (Flore Pharaonique, 1892), en admettant T. Spelta pour
anc. égypt. boti, buti et pour copte boti, a suggéré que le terme
aurait pu aussi s'appliquer au Sorgho durra. Dans une Scale
autrefois publiée par Kircher et datant de la fin de l'époque coptique,
kussemet et zeia ne sont plus traduits par boti mais par al-homos et
<il-dura, respectivement des termes arabes pour le Pois chiche
{Cicer arietinum) et le Sorgho durra; il semble que boti avait perdu
son sens ancien parce que la plante ainsi dénommée n'était plus
cultivée; le terme s'était reporté sur une céréale ou un pois pouvant
être devenu un aliment important (Tâckholm).
Le Blé Amidonnier nous est connu (avec l'Orge) d'Egypte et de
Mésopotamie à l'époque néolithique de ces contrées ( — 4 000 ) ; on
a pu les suivre en Basse-Egypte dans les civilisations néolithiques
de Merinde (— 4000) et du Fayoum (— 4 000 à — 3200), en Haute-
Egypte dans les civilisations tasienne (Néolith.) et badamienne
{Chalcolithique) des mêmes périodes.
T. dicoccum s'est répandu de bonne heure en Europe puisqu'on
l'a relevé dans les Palafittes des lacs Suisses ( — 3 000), et d'Italie
( — 2 000). Du temps d'HÉRODOTE ( — 495 à — 425), le pain fait avec
cette céréale (olyra) était largement consommé en Egypte. Pline
{+ 23 à + 79) en parle encore pour cette contrée en ce sens.
Au xve siècle de notre ère, le Blé à grain nu {pur os des Grecs) est
noté par Ibn-Ali-El-Qalgashand comme la seule céréale cultivée
— 322 —

en Egypte et le botaniste Prosper Alpin écrit (1580-1583) que


l'Amidonnier n'y est plus qu'une culture fourragère pour les
chevaux, les ânes et les mules (ap. Tâckholm).
BTT/BDT, connu dans les symboles hiéroglyphiques dès la
Ve Dynastie ( — 2563 à — 2423) devait se prononcer Botet, bodetr
beli, bedet (Tâckholm).

E. — De l'Amidonnier égyptien BT.T./BD.T.


aux céréales BL/BR du continent africain.
Tous les hiéroglyphiques pour des céréales en Egypte ancienne
présentent un consonnantique final T. Que signifie-t-il ? YT, IT, JTr
AT « orge, céréale », SW. T (copte su, suo) « un blé », BT.T/BD.T
« amidonnier », SR.T/ShR.T « une espèce d'orge ». Ce suffixe est-il
pour ta « grain » ou bien un suffixe de substantivation ou une
désinence pour le genre féminin? La solution de ce problème nous
échappe.
Dans les dérivations que nous allons voir, « T » peut subsister ou
disparaître ou bien entrer en alternance consonnantique, avec
toutes les modifications vocaliques que ce fait peut entraîner
suivant les langues qui emprunteront les termes anciens.
Le BT.T/BD.T égyptien qui dénommait le Blé Amidonnier a
donné en coptique boti, bote avec la même signification.
En teda du Tibesti, une langue hamitisante dérivée du lybien
ancien disparu, les « graines de céréales » sont appelées boda, buda
et le mot « aliment » ou « nourriture » se traduit de la même façon.
Bi-boda s'y applique aux « céréales de ramassage » (Lecœur).
En hamitique bedauyé (les Bedauya ont toujours été en contact
avec les Egyptiens) la céréale Eleusine Coracana est connue comme
ti-bede (Reinish).
Dans les dialectes nubiens (hamitique) on trouve, valant pour
« millet : dongola buttu, mahass futtu, et correspondant à
hamitique bedauye biltu, à nilotique Kumana borta (Murray). En
bedauyé, Reinish nous donne aussi biltu (plur. biltuwa) pour
« millet, mil à chandelle ». En Eyrthrée, bultuk — dohon = « Mil
à chandelle» (Ciferri).
Avant d'aller plus loin, il est préférable de consulter un
linguiste africain.
MIle L. Homburger (1941) a fait ressortir, en phonétique négro-
africaine, que t, d pouvaient alterner régulièrement avec r, l par le
truchement de y, w (r, l>y, w). « Le phonème r alterne avec dou (
« dans la langue même, ou bien il correspond à une dentale occlu-
« sive ou à / d'autres dialectes. Les langues qui connaissent une
« linguale r ou [ < d ou f emploient celle-ci pour r dans les em-
« prunts faits aux langues européennes ou sémitiques...» (p. 88).
— 323 —

« Le traitement des dentales est très particulier et étonne tous


« les linguistes non africanistes... Dans tous les groupes (mais non
« dans tous les dialectes), on trouve les alternances t = r ou / et
d = l ou r... » (-p. 96). M"e Homburger donne de nombreux exemples
en cette matière.
On ne s'étonne donc pas de voir BD/BT devenir BL/BR et, entre
autres faits, de rencontrer anc. égypt. bd.t. > copte bole « blé » >
bantu ma-bele « mil » > peul oriental bota-li « maïs » (Homburger,
/. c, p. 311).
A. de Candolle avait autrefois souligné l'existence probable d'une
racine hiéroglyphique BR pouvant désigner un Blé.
Du BR égyptien on ne sait rien. On connaît toutefois copte
boté/bole.
En bantu swazi de l'Union Sud-africaine (Protectorat du
Swaziland) «maïs» est um-bila et «sorgho à grain» ema-bele (imfe,
imphi pour « sorgho sucré) (Beemer). A l'Est de la Province du
Cap, Fox donne aussi ama-bele pour « Kafir corn » ou Sorgho à
grain, de même Ashton avec sotho mabele. Encore en bantu on
rencontre pour « mil » : ganda obu-bere, bisa u-ule, sotho ma-bela.
Les affixes qui précèdent BL sont des préfixes de classes nominales.
En Rhodésie du Nord, bantu bemba ubulu-bele « Mil à
Chandelle » et Kance-bele « Sorgho » (Richard), ila lu-bele « Eleusine »
(Smith); au Congo Belge b. bangongo mye-bele ou bem-bele
« Maïs » ; en zulu um-bila « Maïs » ; b. kiluba-hemba libele (plur.
mbele) «Maïs» et me-bele «Sorgho» (Vandermeiren) ; b. Kitab-
wa bule (plur. maie) « millet, Eleusine » ou bulo (plur. malo)
(van Acker) et u-buro au Ruanda-Uriindi (Pages, Everaerts).
Murray compare nubien dair bêle « Sesame » (Muntz) à divers
termes nubiens mare mare, maie (et vieux nubien marre) « Sorgho
durra ». Cette série sera étudiée à propos du Riz.
En Bambara (bamana) du Soudan occidental, balo signifie « Vie,
durée de l'existence, vie morale, vivre, nourriture, nourrir,
alimenter, faire vivre », baloba = « nourrice, nourricier », balota «
vivant, animé», labalo = «nourrir» (Sauvant).
En tigré (Munzinger) befa «manger» donne au passé bell'a, au
causatif abla'; « le manger », « la nourriture » est bêlé' t.
En zulu, selon Doke, i-bele, libele (plur. ama-bele) désignent le
« Sorgho », que ce soit la plante, la panicule seule ou le grain. Une
horde de Boshiman dite Maluti et parlant auni possède um-bila
comme terme générique pour « céréales » et spécialement pour
«sorgho» (Bleek). Bantu Kitabwa bu-le et bu-lo (plur. ma-le)
« mil, millet », et bu-lo (plur. ma-lo) « millet Eleusine »; bemba de
Rhodésie du Nord ama-le, dial, divers du Ruanda-Urundi ubu-ro,
u-bu-ro, b. Kirundo ama-ro (un pluriel), b. nyassa ma-pi-ra, makua
— 324 —

lamwe meli, mêle pour «Sorgho», makua ama-bele «Eleusine»;


seins de femme » (ausi ma-ere), ma-eve « lait de femme » {ma-ere,
un plur. ou collectif avec sing, b-ere) avec b-ere correspondant à
ma-pele en d'autres idiomes makna; partout dans maie, bêle, bere,
mare, pelé, pire, etc.. on retrouve un sens de « nourriture » avec
un radical commun r/1.
Nous étudierons plus loin (voir Riz) le traitement de maro/malo/
mano dans les langues de l'ouest-africain à propos du Riz issu
d'Oryza glaberrima avec les reports subséquents sur O. sativa, à
partir du xvr siècle.
Même dans l'Ouest-africain on trouve timne du Sierra-Leone
p-ala « le riz » (coll.) avec K-ala « grain de riz » et sherbroo m-pela
« riz », pour des langues semi-bantu.

F. — Le Blé Amidonlnier (Enuner) Hushaki, de Babylonic

« Parmi les céréales cultivées dans la Babylonie, il en est


une nommée par les Grecs chondros ; elle ressemble au Kolba, sinon
que le grain en est plus gros, la couleur est la même dans l'une et
l'autre; elle porte ses grains accouplés deux par deux. On sème
cette céréale depuis le commencement de novembre jusqu'à la fin
de ce mois, et la récolte s'en fait au mois d'avril; elle précède celle
de toutes les autres graines. Le grain provenant de cette céréale est
peu nourrissant; il cause la constipation et des obstructions à
l'estomac et aux intestins (Ibn-Al-Awam, cap. XVII, art. IV in Clém.
Mull. II, I, p. 46).
On a beaucoup discuté pour savoir ce qu'était le chondros des
Grecs. Le terme s'appliquait à la bouillie de gruau, soit d'orge, soit
d'épeautre. La céréale à laquelle on attribuait en retour cette
appellation pouvait être l'une ou l'autre espèce, suivant les régions.
C'était souvent plus certainement un terme issu de l'économie
domestique. Pour Pline, chondros correspondait à alica des
Romains, c'est-à-dire au gruau fait avec le l'orge incomplètement
mûre. Pour d'autres c'était du gruau d'Epeautre. Typhon
d'Alexandrie donne le chondrite comme étant un gruau d'Epeautre, etc..
Aucune espèce d'Orge ne comporte d'epillets à deux grains. Dans
les Blés, le fait ne concerne que T. Spelta et T. dicoccum. L'espèce
dite « engrain », T. monococcum n'a qu'un seul grain; ce n'est qu'au
cours du xixe siècle qu'il a été obtenu un « Engrain double », mais
une telle forme n'était pas connue des Anciens.
Hushaki (Clément-Mullet) ou hwschaki, h'uschâki (Ern.
Meyer) est donc ou le Grand Epeautre ou l'Amidonnier. Ernst
Meyer (1866) le donne comme T. Spelta et Clément-Mullet
comme T. dicoccum.
— 325 —

En Babylonie ancienne, she-ba était l'orge pour la bière et she-ash


le blé amidonnier pour la bière (B. Hrozny 1910).
On peut comparer she-ash à hu-sha-ki, « she, hu » étant le déter-
minatif pour « céréale ».
L'appellation hushaki est à comparer surtout avec arabe général
hesika « céréale, orge », et hesek « manger de l'orge » (Gasselin), ou
s < sh. Les deux termes désignent des céréales différentes mais
trouvent leur origine dans la même souche linguistique, les deux
grains ayant autrefois, et encore maintenant, mêmes emplois
(bouillies et bières), les deux céréales étant issues des mêmes régions
(Arabie, Abyssinie) et ayant toutes deux des grains vêtus.
Nous avons vu, avec berbère ihred, « blé » et latin « hordeum »,
un fait de ce genre.
En proto-indien, sheshshi ou shashi (plur. sheshshiya) signifie
« tribut, offrande » ; en hittite cunéiforme : sheshshiyan, et en cré-
tois : sheshin, ont le même sens. Ces termes, sans doute d'origine
indo-européenne (Hrozny), sont à rapprocher de vieil indien sasya
« blé » et sasa « nourriture, produit des champs, plante »... Aussi
sheshshi, etc., en hittite, crétois et pro-indien, signifieraient
probablement « versement en nature (et, par extension, offrande), fait
sous forme de produits des champs » (B. Hrozny, 1947).
Hushaki a été donné par Clément-Mullet (1866) comme T.
dicoccum, identification à laquelle nous parvenons aussi, mais Ernst
Meyer (1856, III) pense qu'il s'agit de T. Spelta; il est vrai qu'au
xixe siècle, beaucoup d'auteurs dénommaient « Epeautre »
l'ensemble T. dicoccum, T. monococcum et T. Spelta, comme le
faisaient les Grecs, bien que Dioscoride (Grec de Sicile) distinguait
bien Zeia haple (T. monoc.) de Zeia dikokkos (T. dicocc).

G. — L'Engrain askaliah d'Ibn-Al-Awam.

Qu'est le Kali ou elashkalia ou askaliah, auquel Ibn-Al-Awam se


rapporte en traitant du ahlas de Babylonie. Par déduction, on a
identifié cette céréale comme étant un Blé vêtu, un Epeautre au
sens général, d'autant que Ibn-Beithar note que « ahlas est Yasba-
liah dans toute l'Espagne», «c'est-à-dire le Zeia de Dioscoride»
{T. monococcum ou bien T. dicoccum).
Quatremère, Banquetil, Clément-Mullet, qui ont séparément
traduit le « livre de l'Agriculture » d'iBN-AL-AwAM, etc., n'ont pas
donné l'origine du terme askaliah que l'on ne connaît que par les
Auteurs arabes précédents.
Il est en effet difficile d'y trouver une étymologie plausible en
langue arabe à moins de le faire dériver de arabe okel « grain », akul
•et qui « manger ».
Journal d'Agriculture tropicale 21
— 326 —

Comme les deux Auteurs arabes cités étaient tous originaires de


Seville, nous avons pensé que c'était un terme emprunté aux langues
de l'Espagne ou provenant de régions de la Méditerranée
occidentale. Alph. de Candolle (Origine PI. cuit.) avait déjà signalé
l'existence dans les Asturies de escandia pour T. Spelta.
Les Dictionnaires espagnols indiquent escanda « Blé engrain »
{T. monococcum) = Escalla = carraon. Tous ont trait à des Blés
dont « le grain tarde à se détacher de la baie qui le renferme».
Carraon doit désigner plutôt T. Spelta dont l'épi est de section
carrée, les autres Blés vêtus étant à épis aplatis; à moins qu'il ne
s'agisse de l'Orge carrée ou « escourgeon ». Escanda viendrait du
latin scandula « sorte d'orge », donné tel au vi-vne siècle par un
évêque de Seville Isidorus. On connaît plus nettement sandala de
Pline (XVIII, 2), que ce dernier cite à propos de l'Orge. Heuzé
(1897) cite en Italie orzo scandella, une orge distique.
En synonymie d'escanda ou escandia (portugais escandea,
escandia « sorte de froment de première qualité, probablement l'Epeautre
à l'origine), existe aussi escana « escourgeon, variété d'orge pour
l'aliment des chevaux (voir escanda).
Espagnol escalla {T. monococcum) est-il à l'origine de askaliah
ou elashkalia pour Kali (masc.) des Arabes de Seville? Ou bien,
est-ce un terme arabe emprunté par les Espagnols?
La Sicile, l'« Ile aux trois pointes » de la Colonisation grecque
(Trinacria), était connue des latins comme Sicania et Sicilia. Les
Arabes l'appelaient Iskalia (Avicenne). Les Sicaniens, d'origine
pélasgique (orientale), en ont été les premiers occupants connus
mais furent par la suite dominés par les Sicules venant de la
péninsule italique. Pendant deux cents ans, après la prise de Syracuse
(+ 878), les Sarrasins ont occupé l'Ile. Il est possible que le Blé
askaliah, elashkalia ou Kali d'iBN-AL-AwAM et d'iBN-BEiTHAR, qui
écrivaient au xme siècle, ait été introduit par les Arabes, de Sicile en
Espagne. Il faut noter que la production actuelle de Blé de cette
Ile est à base de T. durum.
Sur le plan linguistique il y aurait donc lieu de distinguer en
Espagne :
a) escandia = escanda lat. scandula, sandala) pour une céréale
à grain vêtu (orge vêtue, Epeautre), le terme arrivé le premier (au
moins vie-vne siècle).
b) askalia = esp. escalla (Engrain) arrivé plus tardivement de
Sicile par les relations maures entre cette Ile et l'Espagne d'où ils
provenaient.
Toutefois, escandea (= escandia), au Portugal, a le sens de
« sorte de froment de première qualité » ; ce dut être, au début,
l'Epeautre. A. de Candolle et les dictionnaires le donnent bien dans
— 327 —

les Asturies pour T. Spelta. Or, le Far des latins fut d'Orge puis de
Blé mais alors d'un Epeautre; le far tritici a été chez les Romains
la céréale noble et il faut penser que ce sont les Grecs qui
l'introduisirent dans leurs colonies méditerranéennes, les Romains ne
l'ayant vraiment connu qu'à partir de 800 à 300 avant J.-C.
(Fondation de Rome au vme siècle avant J.-C).
Dans la littérature espagnole d'ordre agronomique on relève
parfois l'appellation escanda mayor pour le Blé Amidonnier.
Au sujet de l'apport des Arabes en matière de céréale en Italie, il
ne faut pas oublier que la principale race de Blé dur de Sicile est
connue comme trimenia, du grec trimenuios « blé de trois mois »,
mais qui devait s'appliquer à l'origine à un blé tendre cultivé en
Sicile {trimestre de Columelle, trimestri de Pline devenu en
français tramis, tremois). Le tramis de Sicile était un blé pour amidon,
il ne peut donc s'agir, avant l'arrivée des Arabes, du T. durum. Peut-
être s'agit-il de T. turgidum. En passant, notons que le Blé dur en
Sicile s'appelle Saragolla, un terme dont on ignore la significaton.

H. — L'Engrain ahlas (Blé ou Orge) des Arabes de Seville.

En Arabie et en Abyssinie existe une appellation arabe : alas


(Schweinfurth), à Menache (Arabie du Sud), 'alas (Hrozny),
toutes pour le Blé Amidonnier {T. die). Elle se retrouve comme :
gheez ares, galla es ou ées, amharique et kemant addja (Salt 1814,
Hrozny 1913, Vavilov 1926).
On peut, semble-t-il, rapprocher encore, en dialectes nubiens :
illé, éillé et dans les dialectes hamitiques saho et afar ill-aw pour
« froment » (Murray).
En Nigeria, Digitaria Iburua Stapf est un millet appelé en hausa
iburu, aburo, etc.. et aussi alas. Le terme ibum y dérive du berr,
burr, buro de l'Arabie du Sud et il est possible que alas ait la même
origine géographique.
Ibn-Batuta (xvr siècle) appelle « orge » une céréale alalas
cultivée en Arabie.
Ibn-Al-Awam (Lib. XVII, cap. I, art. IV) écrit, pour la Babylonie:
« Ahlas qui est Vaskaliah se sème en terre légère, hâtivement au
printemps. » Au lib. XIV : « ...Kali ou Elashkalia (d'Espagne). »
Ibn-Beithar (f ° 375, V°, d'après Clément-Mullet, II, p. 29)
donne : « Ahlas est le asbâliah dans toute l'Espagne... c'est le Zeia
de Dioscoride (II, III). »
Le Zeia de Dioscoride (= Zea des Grecs) comprenait semble-t-il
YEngrain (Triticum monococcum) et VEpeautre T. Spelta).
— 328 —

Clément-Mullet donne ahlas de Babylonie comme étant l'Epeau-


tre (Spelta en général) soit: Trit. Spelta. — Ibn-Batuta, Berbère de
Tanger, donne de son passage (1303-1304 ap. J.-C, 725 après
l'Hégire) en Arabie heureuse (Yemen), à Dzafa : « Ici on cultive
principalement Dhorradt (c'est-à-dire le Sorgho) et aussi peu d'une
céréale appelée A lalas qui est une espèce d'Orge» (in Ernst Meyer,
111,1856).
En définitive, on ne sait si ahlas est un terme spécifique, soit pour
l'Amidonnier, les Epeautres ou l'Orge. Il semble bien qu'il faut
comprendre le terme comme couvrant l'une des céréales suivant
l'endroit où elle est utilisée, mais n'intéressant génériquement que des
types à grains vêtus, non à grains nus.
Marco Polo (Lib. I, cap. XI) a noté l'existence en Perse d'une
céréale dite schale qu'il donne comme Vorzo senza scorza (orge sans
écorce ou orge nue). Dans « L Agriculture Nabatheenne» nous avons
vu que l'Orge nue était dénommée Kolba. L'« Orge nue » de Marco
Polo, ou iranien shale, n'est-elle pas ce qu'en Perse (Iran) on
connaît toujours comme iranien shali et qui désigne le « Riz »
(Oryza sativa) mais à l'état de « riz décortiqué ». On trouve ce terme
et cette signification dans le Turkestan russe avec turk Shaly ou
Tshelei, Transcaucasie avec dshiri, tous pour « Riz » (Prjanischni-
kov et Tamm).
« L'Orge sans écorce » de Marco Polo est certainement le riz
décortiqué. On pourrait mettre en doute l'identification Kolba
= Orge à grain nu ; nous avons vu antérieurement que Kolba
désignait en d'autres régions, actuellement, Blés ou Orges à grains
vêtus; Sir George Watt (1906) nous a même indiqué que
l'appellation Khaple (proche (?) de Kolba) avait un sens de grain vêtu
(difficulté d'écalage).
Si : ahlas = zeia (Ibn-Beithar) ou ahlas = askalia = chondros
(Ibn-El-Alawam), on a aussi zeia = T. monococcum ou T. Spelta
et chondros = T. Spelta ou Hordeum Zeocrithon. Le terme commun
serait alors T. Spelta qui serait ainsi ahlas.
L'identité donnée par les auteurs arabes Kali =, Askaliah = Asba-
liah donné ici comme T. Spelta, pose aussi un autre problème
d'identification. Ces termes correspondent-ils à une céréale de la Bible :
hébreu shibboleth (pluriel shibalim) « épi » (comme asbaliah) et au
latin Spelta des Romains. Comparer aussi avec hébreu belil «
nourriture, pro vende ».
Autrement dit, le Grand Epeautre a-t-il été le premier Blé cultivé
sur le pourtour méditerranéen. On donnait communément autrefois
le BTT (Buttutu) de Mésopotamie et le B.D.T. égyptien {bodet ou
boti copte) comme ayant été T. Spelta : le sens d'Epeautre y était
général : « Blé à grain vêtu ». BTT était T. dicoccum, le Blé Ami-
donnier.
— 329 —

Ou bien tous ces termes interchangeables désignaient-ils un Blé


à grains vêtus, l'une ou l'autre espèce, suivant les régions et
l'époque.

I. — Le Froment hinta.

En Egypte actuelle, hinta et biiur' sont des « vieux noms,


rarement employés maintenant » (Tâckholm et Drar) ; yardin (etc..)
y étant le terme des Berbères, mais le nom arabe qamh prévaut
partout.
Hinta ou hintha (dans la traduction de Clément-Mullet ) est le
« Froment » traité par Ibn-El-Awam dans son « Livre de
l'Agriculteur ». Il est traduit comme h'intadt par Ernst Meyer (1856). —
Ibn-El-Awam*
C'est le honta mésopotamien de Ainsworth; l'indique
encore en synonymie comme Bor.
En Egypte, on distingue Qamh-el-iusfi destiné à préparer la
«semoule» ou « kuskus » (Loret); et iusfi ne s'applique qu'aux
variétés de Triticum durum (Schweinfurth).
Qamk-el-hontah « blé el-hontah » est employé pour Triticum
vulgare (Loret) et plus connu maintenant comme qamh-hindi ou
«Blé indien». Peut-être el-hontah est-il un report, au cours de
l'époque gréco-romaine en Egypte, de hinta qui s'appliquait à
T. compactum considéré localement comme une très ancienne
espèce {qamh-baladi ou «Blé du pays»).
En démotique, awount est «species hordeï » (Brugsch) et
pourrait être rapproché (mais difficilement) de hinta et hontah.
L'orge awount (dém. ouat «herbe», aou «germer») dérivant
mieux (?) de vieil égypt. JaT, copte JOT (ouot = herbe, verdure).
Dans le Dictionnaire arabe de Gasselin on relève, pour « Blé
nain » ou T. compactum, un terme employé en Syrie : hentha (plur.
henath). Schweinfurth indique hhintt ou hhontt en syrien pour
T. durum. Brugsch donne hentha pour « Blé » en arabe de
Palestine. En Kabylie de la région de Gonstantine, ghem, qmah concerne
T. durum mais h'enta désigne particulièrement T. vulgare (Julien)
donné aussi souvent comme farina (origine romaine) par les
Auteurs; ce dernier terme n'intéresse que T. Spelta (voir à Blé
qamh ) .
Dans le Haut-Assam (Jeypore), Hannan (1845) a relevé : arabe
henta et hintee pour « Trit. sativum », l'appellation étant aussi
consignée par d'autres Auteurs : Faulkner (1856), sans localisation
géographique, Jameson (1855) pour les Provinces du Nord-Ouest
de l'Inde, Shirazy (Mat. Méd. Arab., Perse, Inde).
Hinta est donné en arabe pour T. Spelta par Abu Mansur Mowa-
fik. Hintah est encore en turki de l'Iraq un terme pour « Tr.
vulgare » (Guest).
— 330 —

Hin'tha, etc... est une très vieille appellation dont le sens nous
échappe. Le th final pourrait permettre de remonter au nind'a
sumérien « nourriture solide, pain ».
Hinta, hontah, henath ne peuvent être pour hindi (indien).
La nasalisation gêne quelque peu, à défaut de comparaison
analogique, pour faire dériver (ou rapprocher) de vieil égyptien hit,
het, hut, assyrien it tu et hébreu Chth pour « Blé », « Grain ».
Hinta s'étend (sporadiquement), de la Kabylie à la Syrie, de
l'Irak à l'Assam. Il est probable qu'il fut un terme généralisé pour
Triticum compactum et qu'il engloba le Blé Indien (7'. vulgare)
quand ce dernier s'étendit ultérieurement.

J. — Les Blés à grains nus de l'Egypte ancienne.

Dès la Ve dynastie (— 2563 à — 2423), la littérature


hiéroglyphique donne SW.T. signalé comme un Blé à grain nu s'opposant
ainsi au BT.T. {T. dicoccum) et au JT/AT/YT («Orge»), tous
connus de la même époque (A. Schulz 1916, F. Hrozny et L. B.
Ellis 1923).
SW.T. semble avoir eu peu d'importance jusque quelques siècles
avant l'ère chrétienne, Hérodote ( — 495 à — 425 ) mentionne que,
de son temps les gens vivaient en Egypte de pyros (blé) de Krithi
(orge) et d'olyra (blé amidonnier). Le pyros doit correspondre à
SW.T.
SW.T. doit aussi être identique à copte ( — ine à + vne siècle)
coyo « blé » appelé maintenant en Egypte par arabe Qamh, lequel
terme a localement un sens plus générique (Tackholm, 1941).
Toutefois, on connaît hiérogl. su (SW) transcrit comme copte
suo (non coyo) et que Loret (1892) donne équivalant à arabe el-
qam-el-hontah lequel est le vieux blé henta de l'Egypte {T.
compactum?) ; on distinguait encore un « su blanc » d'un « su rouge ».
Il ne peut s'agir de T. durum, que ne paraissent pas avoir connu les
anciens Egyptiens, introduit par les Arabes et appelé emrai en
copte.
A la suite de la découverte de graines de T. monococcum dans
les souterrains de Saqqat datant de la XIe dynastie, 2 160 à 2 000
(vers la fin du moyen Empire), V. Tackholm (1948) pense que
SW.T. servait à désigner ce blé Engrain.
Si cette hypothèse est admise, il ne peut y avoir identité entre le
pyros d'HÉRODOTE (grains nus) et le SWT de V. Tackholm à grains
vêtus.
Les hiéroglyphes donnent SR.T./ShR.T., une sorte de céréale
que l'on a pensé devoir être une Orge (blanche et noire) parce que
ses grains servaient à préparer gâteaux et bières.
— 331 —

SR.T./ShR.T. est à rapprocher de hébreu de la Bible Seorâh,


s'ôrâh, s'ôrim et arabe shair « Orge » ; il est donc probable que SR.T.
était une variété d'Orge (nue?, vêtue?).
En hiéroglyphique néo-égyptien il existe ShS pour « Blé »
(Lambert) ; cette appellation, avec un déterminatif différent, a le sens de
« quelque chose de valeur, de bon ». Il s'agirait alors probablement
du Froment de l'Inde {Triticum vulgar e), du pyros d'HÉRODOTE en
Egypte.
On connaît aussi hiérogl. W'h y.t (prononcer Ouot, Ou-t) que
R. Lambert (1925) traduit comme «céréales, epeautre », d'autres
auteurs comme « orge », c'est-à-dire un dérivé tardif de JT. Il
paraît correspondre plutôt à démotique awount « species hordei »
(Brugsch) et pourrait n'être que le hinta ou hontah ou « Blé »
(T. compaction).

Le Blé-Miracle d'Egypte. {T. compositum Willd. = T. turgidum


L. pro parte).
« Le fait qu'on n'a pu attribuer à cette espèce aucun nom hébreu
« ou araméen me paraît significatif. Il prouve au moins que les
« formes si étonnantes, à épis rameux, appelées communément
« Blé de miracle, Blé d'abondance, n'existaient pas encore dans les
« temps anciens, car elles n'auraient pas échappé à la connaissance
« des Israélites. On ne connaît pas davantage un nom sanscrit ou
« même des noms indiens modernes, et je ne découvre aucun nom
« persan. Les noms arabes que Delile (PI. cultivées en Egypte,
« p. 3) a attribué à l'espèce concernent peut-être d'autres formes de
« blé. Il n'existe pas de nom berbère. De cet ensemble il me paraît
« découler que les plantes réunies sous le nom de Triticum turgi-
« dum et surtout leurs variétés à épis rameux, ne sont pas an-
« ciennes dans l'Afrique septentrionale ou dans l'Asie occidentale ».
« (A. de Candolle, Origine des Plantes Cultivées 1883, p. 288).
Dans le Livre de la Genèse (41 : 5-57) après que le Pharaon, dans
un premier songe eût vu les sept vaches maigres avaler les sept
vaches grasses, on lit : « Et il s'endormit et rêvât une deuxième
« fois : et il aperçût sept épis de blé venus sur une seule tige,
« luxuriants et beaux. Et il aperçût sept épis frêles et flétris par le
« vent d'Est qui surgissait. Et les sept épis frêles dévorèrent les
« sept épis luxuriants et pleins... Et Joseph dit à Pharaon « le rêve
« du Pharaon est ceci : Dieu a fait connaître au Pharaon ce qu'il
« va faire... Les sept beaux épis sont sept années... et les sept épis
« vides flétris par le vent d'Est seront sept années de famine ».
« La scène se passe en Egypte, non en Palestine. Le séjour de
« Joseph en Afrique se situe vers — 1700.
— 332 —

T. turgidum L., dans ses variétés à épis multiples {T. compo-


situm), est représenté en Egypte par var. columbinum Alef.,
v. Plinianum Koern., v. mirabile Koern., v. fastigiatum Fikry). II
est connu localement en ce sens comme arabe saba rus « à sept
têtes» (Tàckholm 1941). D'autres variétés de T. turgidum, mais
à épis non multiples, existent en Egypte. Rameuses ou non, on les
trouve plus ou moins associées et M. A. Fikry (1938) a observé à
Manfalut des cultures mêlées comprenant 8 et 9 formes différentes,
c'est-à-dire la totalité des variétés actuellement recensées en
Egypte, et près de la moitié de celles connues dans le monde. Cette
association culturale de formes très divergentes mais parentes
indique une ancienneté culturale.
Le chiffre 7 est un chiffre magique et ceci explique saba rus et
le rêve du Pharaon.
En Occident, le type rameux de T. turgidum était connu de Pline
(ier siècle, Triticum racemosum). C'est le Triticum spica multiplici
de Tournefort (1700) et le T. compositum de Willdenow (1797).
II ne fait aucun doute que l'Egypte fut le berceau de T.
compositum, partie de T. turgidum, sans être pour autant la patrie de cette
dernière espèce.
Ducellier (1923) a bien relevé que le « faciès saharien » des
Blés pouvait comporter un branchement des rachéoles des épis
pour donner des épillets multiples. On peut admettre que l'état
rameux dans T. turgidum est issu de la culture irriguée dans le
désert de l'Egypte.
Théophraste (Hist, des plantes, 8, 2, 3) a cité un sitanias puros,
ou « Blé sitanien » sorte de « Blé qui pousse en arbre ». Faut-il
entendre par là un Blé qui branche ses épis et, en ce cas, s'agirait-il
alors du T. compositum?

K. — Les Blés tendres dans l'Inde et aux abords.

En Afghanistan le Blé est gendum (Vavilov) mais le sens est


quelque peu générique puisque « Seigle » y est connu comme
gendum-dag.
En Iran et en Irak, le Froment I. sativum est appelé iranien
gandum (à Teheran), Kanim en kurde, gehum en hindi et godumai
en tamil (Hooper et Field, Guest).
En Iran, gandum, gendum, guendum, djondem, gundum, sont des
termes communs pour T. vulgare (El-Bekri, Shirazy, Honigber-
ger, Faulkner) et sont identiques au sanscrit qui dénommait le
Blé ordinaire gandum, godhûma, godhoma, somuna, sumuna
(PlDDINGTON, BlRDWOOD, ROXBURGH, etc.).
Au Pamir, ghîdim, « blé » en provient aussi (Hehn) et grec gen-
domen (Heysch) est donné comme tel. En guzrate on relève gaon,
QQQ

gawn (Faulkner, Birdwood, Ainslie) ; en hindi : gaon, gee-hon,


gehu, gehun, gihun, gioon, gow (Faulkner, Schiraïy, Jameson,
PlDDINGTON, EDGEWORTH, BlRDWOOD, O'ShAUGHNESSY) .
Au Deccan, on trouve deccani geun; les Tamuls nomment le
Froment godumbay, godumai, qui sont en telinga : godhumulu
godoomaloo, godoomapindi (Ainslie, Birdwood, Guest).
En bengali on retrouve encore gom (Birdwood, Voigt,
O'Shaughnessy ), Sir George Watt (1906) donne aussi d'autres
termes dérivés de gandum, comme gahu, ghum, gehum, godi,
ghawum, gam, gih, godumai. Des termes comme géorgien gomi
pour le Millet Setaria italica var. maximum Alef. sont de même
souche.
Quant à kanak, kank, kunuk, kanek du Pakistan occidental
(anciennes N W Prov.) et kurde Kanim de l'Irak, donnés pour le Blé
(Jameson, Guest, Watt), ce sont des termes non directement
apparentés à gandum comme cependant l'écrit Watt mais dérivés de
sanscrit Kana «grain», Khâdana «nourriture, vivres» (Stchou-
pak).
Dans les régions de Madras et de Mysore, Watt rapporte jave-
godhi pour « Triticum monococcum » et hotte-godhi pour « T.
Spelta ». Le grand Epeautre est connu encore ailleurs dans l'Inde
comme jod, hotte, godhi, pamban, Kaphle, Khapli.
Si les régions occidentales de l'Inde pratiquent actuellement plus
la culture du Blé que celle de l'Orge, on a de bonnes raisons de
penser que le Blé ne fut mis en culture dans l'Inde qu'après l'Orge.
Les Vedas ne citent point le Blé, la Vâjasaneyasamhitâ est le
premier ouvrage qui en fasse mention sous le nom de godhumâ (Zim-
mer H., Altindesches Leben, p. 241). A l'origine, le Froment était
considéré comme mlêcchasa la « nourriture des Barbares » (Joret).
Le Froment a donc été introduit dans l'Inde.

L. — Les Blés Kussemeth et Chittah de la Bible;


la Spelta des Latins.

I. Kussemeth est étymologiquement un Blé vêtu.


Dans la Bible (Exodus 9 : 32; Isaiah 28 : 25; Ezéchiel : 4 : 9),
sont cités, mais très peu souvent : Koosemet, Cussémoth et Koos'-
min. Dès 1748, Celsius a identifié la graine signalée comme étant
celle de Triticum Spelta.
G. Post, dans sa Flore de Syrie, de Palestine et du Sinaï (II, 1930)
donne hébreu Kussemeth comme étant aussi T. Spelta mais déclare
que cette céréale n'est plus cultivée à l'heure actuelle dans les pays^
dont il inventoria la Flore, ce que confirment beaucoup d'Auteurs»
T. Spelta a aussi disparu de l'Egypte.
— 334 —

Tous les traducteurs de la Bible hébraïque s'accordent


actuellement pour une égalité Kussemeth = Spelta.
Toutefois, il convient de rappeler qu'il a été proposé aussi pour
Kussemeth : T. dicoccum et T. monococcum (voir dans W. Smith,
Diet. Bible, 1876). — Heuzé (1856) a opté pour la dernière espèce :
« l'Engrain ou Triticum monococcum que le texte sacré appelle
Kussemeth et qui était cultivé en Syrie et dans l'Arabie ». On a
même suggéré, après l'« Avoine » et le « Seigle », une légumineuse
Vicia ervillea, la lentille d'Orient, puisque T. Spelta n'est pas
localement connu (Dinsmore 1908). Les traductions de la Bible en Grec
ancien et en coptique établissent l'égalité copte Boti —
gréco-égyptien olyra — hébr. bibl. Kussemeth (Moldenke).
L'olyra dont il est question ici n'est pas celui des Grecs mais
celui d'HÉRODOTE visitant l'Egypte.
L'olyra d'HÉRODOTE était le Blé amidonnier (T. dicoccum) . On sait
que le BT.T ou BD.T. des anciens Egyptiens était aussi T.
dicoccum, transcrit comme boty, bodet etc.. en langage coptique.
Toutefois beaucoup d'anciens auteurs donnent BTT et boty comme étant
l'Epeautre, T. Spelta, certains n'y voyant d'ailleurs qu'un sens
générique pour « Blé à grains vêtus ».
Il est guère probable que T. Spelta ait été beaucoup cultivé en
Egypte. Si on le trouve à peine actuellement dans les oasis
sahariennes, ce n'est pas qu'il y ait été autrefois peu connu; au
contraire, l'imprégnation speltoïde de la majeure partie des Blés
tendres sahariens témoigne d'une culture ancienne de l'Epeautre
dont on assiste maintenant à l'extinction.
T. Spelta existe encore en culture en Afrique du Nord, proche
la Méditerranée; il y est connu généralement comme farinah; le
terme dérive du far des Romains. Le far était un Blé vêtu dont on
a beaucoup discuté pour savoir ce qu'il représentait comme espèce
de Triticum. On a connu le far hordei (basse qualité) et le far
tritici, le plus estimé Far ou gruau a été un terme d'économie
domestique mais aussi un nom de céréale. On a hésité et on hésite
encore pour savoir si, au début de notre ère, il représentait
l'Engrain ou l'Epeautre ou l'Amidonnier, après avoir été peut-être le
premier terme pour Hordeum distichum, la céréale
paléoméditerranéenne du Néolithique.
N'éclaircit pas non plus la question le fait qu'en Espagne on
cultive, ensemble, des mélanges d'Amidonnier, d'Engrain, d'E-
peautre et d'Orge, ce qui devait être courant dans les Agricultures
méditerranéennes.
On est d'accord maintenant pour que BDT ait été en Egypte
l'Amidonnier» (Tàckholm, 1941), de même pour l'olyra d'HÉRO-
dote en Egypte.
Kussemeth est donné cependant comme T. Spelta (Moldenke,
etc., les Plantes de la Bible, 1952).
L'étymologie de Kussemeth n'a pas encore été fournie.
Nous nous sommes attaché à ce problème dont la solution
pourrait permettre une identification botanique. Grec Kritha, Khritha
(Krithe de Théophraste) est l'« Orge ». Théophraste (Hist. PI.)
parle aussi d'un Froment semblable à l'Orge : Kritanias puros. Il
y a un autre terme grec Kiton « vêtement, tunique, enveloppe,
écorce d'arbre, pelure d'oignon, etc.. », « enveloppe de l'épi (?) de
« Blé (Théophr. H. P., 8, 4, 1), enveloppe des grains (ibid., 8, 2, 3).
« Grec Krypto « cacher », Khalypto « couvrir », Khelyphos » ce qui
sert d'enveloppe, enveloppe, cache », et même Khaliben « couvrir,
cabane », sont des termes qui dérivent d'un radical Kruph qui s'est
développé en K-a-luph et en K-a-lub avec le sens de « couvrir,
cacher» (A. Bailly). Dans les langues européennes, les mêmes
dérivations s'observant avec moyen haut-néerlandais Kofi « hutte,
cabane à toit de chaume », allemand Kofe, Koben « toit à cochon,
baraque, chenil » ; anglosaxon cofa « chambre, salle, pièce,
appartement » ; celtique caban et français « cabane, chaumière » ; anglais
cob « balle ou enveloppe (bractée) de maïs ».
Dans le puzzle des langues anciennes de la poche orientale de la
Méditerranée on peut aussi faire état de l'ancien égyptien avec :
K'P, KP « cacher, se cacher », K'P « toit » H'P « cacher, se cacher,
être caché, envelopper, voiler », H'bs « habiller, envelopper,
recouvrir, vêtement, étoffe », hip « tenir secret, intime » h't'w et h't'yt
« voile », n'ty « obscurité, noirceur, temps couvert », kh'y b.t
« ombre », etc.. .(Lambert), tous termes manifestement apparentés
aux précédents.
On a aussi arabe Khebbi, khebba « cacher, etc..
C'est à ce sens que nous avons rapporté Kolba, Khapli, Khafet,
etc.. désignant T. dicoccum. La signification « grain vêtu » ressort
partout et concerne l'ensemble des premières céréales majeures
historiquement cultivées sur une large échelle dans l'Asie
Antérieure, le bassin méditerranéen et l'Europe.
En akkadien, Kitu « lin » et Kitinnû « toile » (du sumérien gad
«toile, lin», B. Hrozny, 86), se retrouvent dans arabe Kattan',
Kittan', Kettane, Kutane, Kutona pour « lin » et aussi
Kutn, Katan', Kutun' pour le « coton ». Mais à l'origine ces derniers
termes étaient pour « lin », le mot coton étant rendu autrement
(Watt, de Candolle, Hehn) par sanscrit Karpasa-i (ayant à
l'origine le sens de « fil ou filasse de fruit » ) , grec Karpasos, hébreu
actuel Karpas, latin carbasus sindh de l'Indus kapa (comparer avec
javanais Kapok. — Grec Kiton, Khriton pour vêtement, unique,
étoffe, enveloppe) est issu des termes pour « toile, lin, toile (de
lin) ».
— 336 —

Kiton, Khriton, dériverait de hébreu Kethonet « drap de lin,


étoffe» (A. Bailly), équivalent de phénicien Kitonet, Ketonet, de
même sens (Movers 3, 1, p. 97, ap. Hehn, p. 166). Noter aussi
hébreu ethûn « fil, filasse (Schrader, p. 192, ap. Hehn, p. 166) et
arabe Khit, Khyut « fil, fils ». En hébreu actuel Kouthonneth (plur.
Kethoneth) est « chemise ».
D'après Tristram (1867), Khirsanat et Kersenni, en arabe
palestinien sont synonymes de hébreu (de la Bible) Kussmeih, Cusse-
moth, Koos'mim (un plur.) que l'on traduit par « Epeautre »
(Hébreu actuel Kussemeth selon Post (1932).
Le sens d'« habillé », de « caché », de « recouvert d'une étoffe et,
par ailleurs, d'« orge », vu avec grec Khriton, avec hébreu
Kethonet /Kussmeth (étoffe de lin/Epeautre), explique encore Kolba,
Khapli, etc.. qui ont le sens de couvert, de caché.
Le Blé Kussemeth est donc un Blé à grains vêtus et le terme a
le même sens (à l'origine) que grec Khiton « orge » (à grains vêtus).

II. Le Froment Chittah est, étymologiquement, un Blé vêtu.


En suivant toujours l'idée de « grain vêtu », on trouve la même
interprétation au terme Khittah, chittah, chitim {ch pour Kh) qui
désignerait le Blé du Froment dans la Bible.
Le sens est celui que nous avons donné au Kritha, Khrithe, Krita
des Grecs; « grain vêtu », appliqué à l'« Orge ».
Ceci ne signifie pas que les Hébreux ont emprunté aux Grecs le
mot « Orge » pour l'appliquer au « Blé ». C'est un terme asianique
ou égéen signifiant « caché », « vêtu », comme nous l'avons vu, qui
a servi à qualifier le Blé hébreu. Le Blé des Hébreux était donc à
l'origine un Blé vêtu et non le Blé à grains nus. Actuellement,
hébreu chittah désigne le Blé en général, qu'il appartienne à T. tur-
gidum, T. durum, T. sativum, tous à grain nu.

III. Sur le sens de Spelta, Epeautre, Spelz et Dinkel, comme


« Blé vêtu » .
Latin Spelta a servi à désigner T. Spelta. C'est le « Grand
Epeautre » connu en germanique comme Spelt, Spelze, Dinkel, Dûnkel,
etc.
Spelta est du bas-latin (haut latin far, anciennement ador). Le
terme n'est pas italique mais a été emprunté au germanique
occidental. Dans la Pannonie (région de Zagreb en Croatie), il est
signalé au ive siècle par Saint Jérôme (ap. Koernicke). Il a donné :
italien spelta, spelda; espagnol et portugais espelta, français
epeautre, épaute, épaule; provençal espaula. Provençal espeouto
souvent donné pour « epeautre » s'applique plus souvent à une orge
escourgeon ou orge carrée d'hiver.
— 337 —

En haut, allemand on avait, entre autres termes (Koernicke,


1885) : spelza (e-o-u), spelta, spelda, spigel, spalt-echorn, dinchel,
dincil, thincil.
En allemand, Spelze est « balle (baie) », « glume » (de céréale,
de gramen) et viendrait de haut allemand spalten, spolden
(Koernicke, Hehn). (Comparer avec latin palea « paillette », petite glume,
bale, balle; grec spathe, spade (latin spatha) « lame, épée à large
fer » .
Il y a encore, dans « Epeautre », un sens d'enveloppement du
grain, de grain habillé, caché.

IV. L'Epeautre Dinkel est un Blé a grains logés.


Dinkel, Dùnkel sont des termes employés aussi concurremment
avec Spelt, Speltz, Spelz, etc.. Il est plus difficile de leur trouver
un sens étymologique.
Le Blé Dinkel a été connu en haut allemand sous les termes de
dincil et thincil. Il y a en haut et moyen allemand : tune,
équivalent de allemand moderne dung, dunger. On retrouverait un sens
comme français locular pour T. monococcum (Petit Epeautre) ; Blé
dont la disposition des graines est loculaire, en petites loges ou
alvéoles; en petites fosses fermées (dung); le grain est « dedans »
(Einkorn, Engrain), logé.

M. — Céréales comme " mauvaises herbes de Céréales ".

Traitant de l'origine du Seigle cultivé, Vavilov (1917) fait


remarquer que cette céréale est connue de l'Asie Mineure à l'Inde du
Nord-Ouest, comme « Herbe de l'Orge » ou « Herbe du Blé » : ainsi,
en iranien, turkestani, arabe, hindi, elle est appelée djudar, tchudar,
gandum-dar (d}u, tchu = « Orge » ; gandum = « Blé » ; dar —
« Herbe» ) .
Antropov (1929), dans son ouvrage sur le Seigle, donne en sarte,
turkemenien, turc, afghan, persan, tatjik: shudar, shuder, shavdar,
dzuder, termes où se retrouvent, d'une part « Orge » avec shu, shav,
dzu et, d'autre part, « Herbe » avec dar, der.
Nous avons vu plus haut un Triticum Thaoudar Reut. de
Palestine, d'un nom local thaou-dar pour Trit. monococcum, et un Blé
zanduri en Imerethie pour un mélange cultural de Blé Engrain et de
T. Timopheevi; dans ces termes thau et zan valent pour « orge » et
dar, duri pour « herbe ».
Dans le Hure de V Agriculture d'ÏBN-EL-AwAM (Trad. Clément-
Mullet), on relève (cap. XVII, art. IV) « En Babylonie on sème
« le tharmir du Blé dans une terre chaude et moite, l'Orge et son
« tharmir dans un terrain de moyenne valeur. » Ailleurs (Préface
— 338 —

cap. XIV), « Semailles de hinta (froment), de shair (orge), de suit


« que je crois être ce que les Nabathéens appelaient Kalba (et non
« Kali, ou Elashkalia qui est le chondros des Grecs nommé encore
« par les Nabathéens hukaki et le tharmir qui est le thurmaki des
« mêmes » (Trad. Clém.-Mullet, II, I, p. 17).
Clément-Mullet écrit en note : « Que faut-il entendre par les
« mots thamir de VOrge et tharmir du Blé? L'Auteur arabe dit dans
« sa préface qu'il pense que le tharmir est le thurmaki des Naba-
« théens. Or, le thurmaki est une céréale ressemblant au hushaki,
« le chondros des Grecs ; or le chondros peut être, ou bien un Spelta,
« ou bien Hordeum zeochriton, et celui du Blé la « petite Epeautre »,
« T. monococcum. Dans un autre passage (vol. I, p. 33), Clément-
« Mullet écrit : « Pour l'Orge, deux noms viennent nous embar-
« rasser; ce sont les noms thourmaki et houshaki de l'Agriculture
« nabathéenne. »
L'idée qui flotte autour de tharmir est celle de « compagnon », de
« commensal », d'« esclave », «te... de la céréale principale : Blé ou
Orge. Les noms composés vus plus haut pour « Seigle » avec
« Herbe de l'Orge » et « Herbe du Blé » traduisent la même idée.
Nous avons traité plus avant de hushaki (Amidonnier).
Le tharmir reste énigmatique. Dans « l'Agriculture » d'iBN-BEi-
thar, il est distingué deux espèces de tharchun croissant avec le
chondrusch (c.-à-d. chondros arabisé), l'une «à feuilles longues»
dite « babylonienne », l'autre « à feuilles rondes » dite « grecque »;
on a supposé, mais sans fondement, que cette dernière était
Artemisia Dracunculus L., c'est-à-dire la « Ciboule » en français
(E. Meyer).
Le plus curieux, en matière de traduction de textes anciens, est
la translitération comme « Demetrius » (Demeter, déesse des
céréales), faite par Banquieri en langue espagnole, du tharmir qui
nous occupe présentement et que E. Meyer essaie de rectifier :
« Dans l'original, reproduit d'après le seul et unique document
« calligraphié souvent incorrect, le nom est écrit, tantôt Thâschrur
« tantôt thumtsri, le plus souvent thâmtri, mais aussi une fois
« thamîr Alkiâni. Incontestablement, c'est le chananeen tamirî
« mentionné par Quatremère, et au lieu de Alkiâni, il faut lire
« dans la dernière partie : Alkânani, « le Chananeen ». (Ernst.
Meîyer, 1856, t. III, p. 50).
Il est possible que tharmir, tamir, etc.. peuvent, s'interpréter par
la signification de thurmaki des Nabathéens.
Thurmaki (trad. Clément-Mullet) ou thormâki (trad. Ernst
Meyer) est resté jusqu'ici sans signification. A la lumière des faits
linguistiques présentés par Vavilov pour tchudar et gandum-dar,
on peut maintenant trouver une interprétation à la fois linguistique-
et biologique.
— 339 —

On a en effet : hébreu (de la Bible) achu, aku, pour « herbe »


(arabe hash, hashish) et hébreu (de la Bible) seorah, s'orah, s'orim
pour « Orge » (arabe sha'ir). — En construisant de la même façon
que shudar ou gandum-dar, on obtient entre autres s'o'rim-akuT
s'o'rimaku, proche de thurmaki, thormaki.
Ainsi, le Thormaki des Nabathéens est l'« Herbe de l'Orge ». Se
pose alors une autre question. Cette « herbe » est-elle le « Seigle »,
en analogie avec ce qui se passe en Arménie et en Perse?
Le Seigle est une mauvaise herbe commune des régions
montagneuses de l'Asie Mineure, jusqu'en Iran. Vavilov a montré (1929)
que les cultures de Blé de l'Afghanistan étaient continuellement
envahies par une forme sauvage Secale céréale L. var. afghanicum
Vavilov, dont l'épi est à rachis très fragile; les épillets, à maturité,
jonchent le sol. C'est donc une mauvaise herbe sauvage qui se
resème abondamment d'elle-même. A Kabul, par exemple, avant
toute culture, on est obligé de balayer le sol pour enlever ces épillets
de Seigle sauvage très commun dans tous les champs de Blés
d'hiver.
Avec l'augmentation de l'altitude, le Seigle tend à supplanter le
Blé pour devenir en haute montagne la culture principale, les
grands froids ne permettant plus au Blé d'hiver de prospérer.
Selon Vavilov, cette sorte de Seigle doit être regardée plus
comme progéniteur du Seigle commun que ne peut l'être S. mon-
tanum Gussone surtout considéré jusqu'alors à ce point de vue.
Dans la province du Badakhshan, au-dessus de 2 600 m, on ne
cultive que des céréales de printemps et les cultures de Blé y sont
infestées par un Seigle de printemps qui domine dans les terres
légères convenant mal au Blé.
Dans les champs de Blé du Khorasan, en Iran, le Seigle est une
mauvaise herbe (Polak, Aitchison).
En Asie centrale, le Seigle sauvage est peu différent du Seigle
cultivé; son épi ne se brise pas et la récolte s'en opère avec celle
du Blé (Vavilov).
Si, de l'Arménie à l'Afghanistan, shudar (etc..) est le Seigle dans
ces régions d'altitude, qu'en est-t-il du thaoudar ou thurmaki de
la Galilée, de la Palestine et de l'ancien pays des Nabathéens
(Negreb)?
T. Thaoudar est un Blé Engrain satellite du Blé. Le Seigle peut-il
être aussi, en Palestine et Syrie, un thaoudar? A. Aaronsohn
(1910), à Damas (1907), dans un champ de Blé « Kamah bayadi »
ou « Blé du Pays » relevant de T. durum var. mejanopus Alef. (com-
planatum) , a trouvé Secale céréale à grain farineux (non vitreux)
en mélange avec Secale montanum Gussone, ce dernier présent
aussi dans l'Antiliban.
— 340 —

Ce dernier point confirmerait djaoudar « Seigle » en Syrie, dans


le Dictionnaire arabe de Gasselin.
Dans les plaines chaudes de la Palestine et de la Syrie,
normalement impropres au Seigle, Aaronsohn a trouvé T. dicoccoides,
considéré comme l'ancêtre de T. dicoccum ou Blé Amidonnier, toujours
associé, dans les endroits non cultivés et incultivables, disparaissant
même dans les bons sols, à Hordeum spontaneum considéré plus
ou moins comme l'ancêtre ou un collatéral de Hordeum distichum.
Très souvent s'y mêlent des formes très diverses, spontanées, de
T. monococcum var. segylopoides Bel. Ces dernières formes offrent
une gamme allant de T. durum à T. monococcum, cependant que
l'on rencontre des formes de T. dicoccoides rappelant T. polonicum.
Les Blés actuellement présents en Palestine et environs
comprennent trois espèces considérées comme indigènes : T. monococcum L.,
T. Thaoudar Reut. qui en est parent, T. dicoccoides A. Sch. (avec
f. straussianum A. Schultz et f. Kotschyanum A. Sch.) et six
introduites : T. Spelta L., T. polonicum L., T. turgidum dont
T. compositum Host., T. durum Desf. (avec /. depauperatum
Oppenh.), et T. aegilopoides (link) Baley.
Il est curieux de constater l'absence actuelle de T. dicoccum
ou Amidonnier, tant en Palestine qu'en Syrie, et de T. vulgare Host.
(œstivum hybernum), sauf introductions récentes pour cette
dernière espèce. Or, les traducteurs et commentateurs donnent hébreu
Chittah de la Bible comme étant T. vulgare; que ce terme
corresponde à l'appellation actuelle pour cette espèce, il n'y a rien que de
naturel.

N. — Sur quelques appellations anciennes intéressant les Blés.

Sur l'origine de l'appellation grecque Zeia, Zea.


« Lors de la fondation de Rome » (vnie siècle av. J.-C.) « on avait
la déesse Seia ainsi nommée de « semer » » (... Seiam-que a serendo)
(Pline, Hist. Nat. XVIII, 2).
Du Seigle ou secale que « ceux de Turin (Ligures), au pied des
Alpes, appellent asia » (Pline, XVIII, 40).
«Semence, graine», est, en basque (ibérien caucasique), asia,
hacia; et « nourrir » est haz. En turc, « blé » (sens générique) est
ash, as. En celtique des Gornouailles on trouve : comique eys
« grain, blé » mais <mi peut provenir aussi de celtique aase « croître
pousser».
On peut comparer avec ancien hittite (indo-européen d'Asie
Mineure) eza-ad. «manger» grec eda et latin edo, allemand essen,
tchèque fis H, etc., de même sens (B. Hrozny), comme sanscrit aç
«manger» (Pictet).
— 341 —

Stockes (in Pictet) a écrit sasia au lieu d'asia (en ligure), ce


qui rapprocherait du sanscrit sasya « céréale en herbes (Pictet),
de vieil-indien sasya « blé » et sasa « nourriture, produit des
champs » (B. Hrozny ) .
Les Romains n'ont jamais très bien su ce que les Grecs
entendaient par zea ou zeia. Les Grecs ne paraissent pas, semble-t-il,
avoir eu, de leur côté une notion précise de ce que signifiaient ces
termes; tout au moins dans les appellations régionales.
Selon Galien (de Alim. frug.) la zea est une spelta. Dioscoride
a mentionné deux sortes de zea : 1° zea haple qui ne renferme qu'un
seul grain par épillet (donc Triticum monococcum) ; 2° zea
dikokkoides dont l'épillet est biséminé (T. dicoccum ou bien T.
Spelta) .
Ce que d'autres ont pu en écrire par la suite se tire des deux
autorités précédentes; en discuter couvrirait de très nombreuses
pages et ne nous avancerait guère.
On a toujours rapproché jusqu'ici grec zea, zeia, de sanscrit gava
« céréale » puis « orge », de lithuanien jawas « céréale » (plur. ja-
wai) et jawiena « chaume » (d'où franc, javelle « gerbe de céréale »
{Hehn).
Grec zea, zeia, est certainement plus parent de sanscrit sasa,
sasya « céréale, nourriture », du ligure asia ou sasia, du hittite eza
et du sanscrit aç pour « manger », cités plus haut, qu'hypothétique-
ment du yava sanscritique comme il a été assumé couramment
jusqu'ici par la plupart des linguistes.
Zea « blé vêtu » provient-il, du fonds des temps, du she-u
(akkadien) pour « orge » céréale à grains vêtus? ou bien est-ce, à
l'origine, la « nourriture », « le manger »? Ce qui précède ne résoud pas
évidemment le problème de la spécification de zea (zeia). Ce que
l'on en peut dire, c'est que, par ce terme, les Grecs désignaient une
céréale {Triticum ou Hordeum) à grains vêtus qu'elle soit Orge,
Epeautre, Amidonnier ou Engrain; l'un ou l'autre de ceux-ci ont
été, d'après ce que nous connaissons, suivant les temps et suivant
les régions, la première céréale majeure de l'Asianie et du fond
oriental du pourtour méditerranéen.
Linné (1753), en donnant au Maïs d'Amérique l'appellation Zea
(ex-F rument uni indicum), admise ensuite par les Botanistes, n'a
pas voulu retenir la signification d'une céréale ou d'une autre mais
simplement celle de « plante-nourriture » par excellence, de «
nourriture». Tout en conseillant, par ailleurs, à tous les Botanistes de
s'abstenir d'utiliser les noms vernaculaires dans la dénomination
des genres et des espèces, il ne paraît pas qu'il ait considéré comme
tel les termes des classiques grecs et latins dont toute culture
européenne était imbue à son époque.

Journal d'Agriculture tropicale 22


— 342 —

Pline a bien spécifié que « les peuples qui se servaient de zea ne


possédaient pas le far » (au sens de far tritici). Le far, le bon far
des Romains paraît avoir été un Rlé à longues barbes et à grain
vêtus. Il semble bien que le far de Pline était T. dicoccum, Pline
traitant par ailleurs du Spelta. Comme les Grecs distinguaient le
Zeia à deux grains du Zeia à grain unique, le Zeia vrai devait être
le Spelta des Romains, céréale qui n'a pas autrement de nom chez
les Grecs ; ceux-ci appelaient olyra le Rlé Amidonnier ou far des
Romains.
Soit : far = Olyra — Amidonnier
Spelta = Zea = Epeautre.
Toutefois, n'oublions pas que farinah des Berbères intéresse
T. Spelta; mais ce terme a pu s'appliquer d'abord à T. dicoccum, la
céréale paléoméditerranéenne (avec Hordeum distichum), et se
reporter sur T. Spelta venu plus tardivement, actuellement seule
(des deux céréales) cultivée en Afrique du Nord.
D'après Aug. Schultz, jusqu'au 11e siècle de notre ère, l'Italie et
la Grèce, n'ont vraiment connu et cultivé que T. dicoccum, ce qui
n'est pas tout à fait exact, comme nous l'avons vu. Pour A. Schultz,
chez les Grecs, Zeia devait s'appliquer à des formes de Blé à longues
barbes et Olyra servait à désigner des formes à barbes courtes.
C'est surtout l'inverse que présente la nature, l'Epeautre ayant des
formes imberbes tandis que l'Amidonnier n'en possède pas.
Zea (zeia) est probablement de même souche que anc. égyptien
su, suo {S W) qui est peut-être T. monococcum ou Engrain
(Tâckholm, 1948). Rapprocher aussi akkadien se et babylonien she
« céréale ».

Le Sitos des Grecs.


Copte site « semer », d'où proviendrait mande de l'Ouest africain
si « semence » (Homburger), est à rapprocher de anc. égypt. SaRT
« semer », d'où dériverait aussi hottentot namaqua soro, de même
sens (Tyndall). Dans les anciennes langues européennes on
rencontre une racine se « semer », avec vieux slave et lituanien seti,
goth saian, vieil irlandais sil, tous pour « semence », lat. semen
(A. Meillet).
En phénicien (sémitique), siton était « blé, champ de blé ». Chez
les anciens Grecs sitos avait le sens de « blé », « nourriture »,
« vivres ». Zito était déesse de l'alimentation du Blé à Syracuse
(Sicile). «Céréale» est zito, djito en slave (Hehn, 557); slovaque
zito (Antropov) concerne le « Seigle».
En langue des Basques, « céréale » est zitu (aussi bihi) (Tour-
nier et Lafitte) ; bihi doit provenir de caucasien puis sanscrit biji
« une graine, la graine, grain au collectif ». En hébreu, « Blé », est
— 343 —

chittah, chitim, Khittah, équivalents de grec puros et ne paraissant


pas tellement étranger à sitos comme on le verra par ailleurs.
Existe-t-il une relation avec hébreu et arabe zitu « huile »?

Le Shibboleth de la Bible et son histoire dans l'Histoire.


L'Ancien Testament porte un mot : Shibboleth (plur. shibalim),
qui signifie « Céréale (ou Epi » et « Fleuve » ) . De plus, il a servi de
« mot de passe » et a pris en Europe un sens figuré, plus généraX
chez les grands littérateurs.
1. La « Céréale » ou /'« Epi de céréale » Shibboleth.
Shibboleth a le sens de « céréale » (A. Storfer, 1935), mais depuis
longtemps on lui donne le sens d'« épi » parce qu'il a été inscrit
comme tel (stachys) dans la traduction grecque du texte hébraïque
de la Bible. Storfer fait remarquer que la langue grecque ne
connaît pas sh, sch, et le traducteur a pensé résoudre la difficulté en
traduisant par stachys « épi » mais peut-être avec l'idée de «
céréale ».
Dans Ruth (2 : 2) on lit : Ruth la Moabite dit à « Noami :
« Laisse-moi, je te prie, aller glaner des shibalim dans le champ de
« celui aux yeux duquel je trouverai grâce. »
La traduction « épi » convient certainement mal, car la Bible
donne Kamah pour « céréale sur pied, têtes de céréales » (Les Juges,
1j : 5), ce que la Bible en grec traduit encore par « stachys » (Mol-
denke, 1958). Storfer (1935) traduit «stachys» par «céréale».
On peut comparer d'ailleurs hébreu Kamah à arabe qemh, qamh
« Blé » et à ancien égyptien sehm-u, sem-u « épi », qemuh «
nourriture ».
2. Le mot de passe « Shibboleth ».
Dans l'Ancien Testament, Shibboleth est aussi employé comme
« mot de passe ».
« Et quand l'un des fuyards d'Ephraïm disait : « Laissez-moi
« passer!, les hommes de Galaad lui demandaient : « Es-tu Ephrai-
« mite? » II répondait : « Non ». Ils lui disaient alors " Hé bien! dis :
« « Schibboleth ». Et il disait « Sibboleth », car il ne pouvait pas
« bien prononcer. Sur quoi, les hommes de Galaad le saisissaient, et
« regorgeaient près des gués du Jourdain. Il périt en ce temps-là
« quarante-deux mille hommes d'Ephraïm (Ancien Testament, Les
« Juges, 12 : 5 et 6).
Le pelit jeu enseigné par la Bible a été utilisé plus tard.
Le lundi de Pâques, 30 mars 1282, à Païenne, à l'heure des
Vêpres, eut lieu la rébellion contre les Français. Le mot de passe
des insurgés était ciceri. Tout naturel du pays le prononçait « tchit-
— 344 —

chéri ». Les Français, pour lesquels cette vocalisation n'était pas


familière, ne pouvaient que prononcer « siseri » ou shisheri » au
lieu de « tchitcheri ». C'est en prononçant mal le mot de passe qu'ils
se découvraient ainsi à l'ennemi, et presque tous périrent.
Sicilien Ciceri (latin Cicer) est le « Pois chiche » des Français
(Cicer arietinum L.
Le « mot de passe » est devenu ensuite une sorte de « cri de
guerre ».
En 1792, Gœthe qui avait assisté à la bataille de Valmy écrivit
dans sa « Campagne in Frankreich » : « Weib und Schwarzbrot ist
« eigentlich das Schiboleth, das Feldgeschrei zwischen Deutschen
« und Franzosen. » Le Pain blanc et le Pain noir sont au fond, le
shibboleth (le cri de guerre), entre Français et Allemands.
C'est de cette époque que date sa Consolation du Soldat, où l'on
trouve :
Non! ici, point de misère,
Des filles noires et du pain blanc;
Demain, dans une bourgade,
Du pain noir et des filles blanches.
Schibboleth et Ciceri ont été ainsi deux mots de passe se
rapportant à deux tragédies ; mais le second est une répétition du premier
avec utilisation d'un autre terme.
Dans les Dictionnaires de langue allemande, Shibboleth (écrit
Schibboleth comme l'a fait Gœthe) est donné comme « épreuve
décisive », « difficulté insurmontable », « dur combat », etc..
Honoré de Balzac dans la Cousine Bette (1847), un des derniers
panneaux de la Comédie Humaine, s'est servi aussi du terme
biblique : « le duc d'Hérouville , dit à tout le monde : « Nous
« sommes de la même famille, de la même race, nous nous valons! ».
« Ce salut, le schibboleth de l'aristocratie, a été créé pour le déses-
« poir des gens d'esprit de la haute bourgeoisie. »
Plus tard, Littré (Diet. Langue franc., 1863-1872) adopte le mot:
« Se dit d'une difficulté insurmontable ou d'une épreuve qui doit
« décider sans réplique de la capacité ou de l'incapacité d'une per-
« sonne, par allusion à un passage de l'Ecriture. »

3. Shibboleth est-il la Kolba : un Blé vêtu.


Les traducteurs et commentateurs de l'Ancien Testament n'ont
retenu comme Blé que Chittah et Kussmeth,
Chittah (Khittah) est donné maintenant comme répondant au Blé
tendre T. aestivum (= T. vulgar e L. pro parte) et nous lui avons
trouvé le sens de « grain vêtu », analogue à grec Kithon « orge
commune ».
— 345 —

Kussmeth est T. Spelta, pour les commentateurs modernes


annoncés déjà par Celsius (1748).
Est-ce que Shibboleth serait une troisième espèce de Triticum?,
si l'on ne retient pas l'égalité Shibboleth = stachys de la traduction
grecque, puisque hébreu (de la Bible) Kamah aurait déjà ce sens.
Il est possible de voir dans shibbol-eth et shibal-im une façon de
rendre Kolba des autres langues, avec alternance consonantique
bl/lb, en faisant appel aux dérivations communes en Orient : s'->
sh -> kh -> k. Nous avons vu déjà qu'en grec, un radical comme
Kruph (A. Bailly) avait développé deux vecteurs : K-a-luph et
K-a-lub, avec, tous deux, le sens de « couvrir, cacher » ; nous avons
noté la même signification avec arabe Khebbi, Khebba « cacher » ;
avec ancien égyptien K'P et K P « cacher, se cacher » .
Nous avons donné à Kolba (orthographié aussi Kalba) d'où Kha-
plika en Anatolie pour T. dicoccum ) , la signification de T. dicoccum
ou Blé Amidonnier.
Mais shibboleth est-il le Blé Amidorinier que Ruth allait glaner?
Il est fort possible que shibboleth désignait, soit la céréale
mauvaise herbe T. diccoides si commune en Asie mineure, soit une autre
mauvaise herbe comme T. monococcum; toutes deux incidemment
soumises à la culture comme compagnes des céréales cultivées et
domestiquées.

4. Blés vêtus, Pois chiche et mots de passe.


Une curieuse convergence linguistique et historique peut amener
à confusion entre le Triticum shibboleth et le Pois chiche :
1 ) L'idée et la même difficulté de prononciation ont conduit aux
tragédies dont furent victimes les Ephraïmites de la Terre Sainte
par les gens de Galaad, les Français de Palerme par les Siciliens.
Repectivement, ont joué les termes shibboleth et Ciceri.
2) Shibboleth est un Blé vêtu, sauvage ou cultivé. Kussemeth est
un Blé vêtu cultivé et a, en synonymie, les termes arabes de
Palestine Chirsanat et Kersenni (Tristram).
3) Ciceri des Siciliens est le Cicer des latins, le Pois chiche (Cicer
arietinum = Lathy rus Ciceria).
4) En actuelle Syrie, Kersena est Cicer (Werlussen) ; comparer
avec iranien Kirseneh, arabe pakistanien Kirsine « Pisum sati-
vum » (Faulkner), sanscrit canaka «Pois chiche» (Joret, A. de
Candolle).
346

HI.- LE SEIGLE

A. — Du Riz d'Asie au Seigle européen.

A. La voie Nord-Européenne du Seigle.


Les termes sanscrits pour « Riz » sont breehi, vrihi et arunya
(Lyall, Watt, Mandissan, Chatter jee) ; il y avait aussi dhanya et
shali, puis d'autres encore, surtout en bas-sanscrit.
Vrihi nous est connu déjà dès 1 000 ans av. J.-C. par VAtharya-
Veda. De l'origine de vrihi, il sera discuté à propos du Riz, arabe
el-ruz ou erruz en dérivant et ayant servi à dénommer la plante et
la graine dans le Monde occidental.
Sanscrit vrihi ou breehi a donné vieux persan virinzi, virinza,
persan biranj', bireng, pour le riz paddy; iranien actuel birinj
(Lyall), berij (N. Iran), pirinj (Turkestan Sud) (Guest, Hooper et
Henry); iranien brizi et arménien brinz (Hehn). Tous les termes
précédents désignent le Riz. s
Bien que Pictet ait avancé que le nom du Seigle paraît avoir été
en indo-européen (synthétique) Wruga (sens de hérissé) devenu
Briza en Thrace et Roggen en allemand, les philologues le rattachent
mieux à sanscrit vrihi.
« J'ai vu dans de nombreux champs de Thrace et de Macédoine
une céréale qui ressemblait à notre Typhe d'Asie, non seulement par
ses épis mais encore par toute la plante; tous m'ont répondu que
la plante toute entière, aussi bien que sa semence, s'appelle briza. Il
en est fait un pain d'odeur forte, noir, membraneux » (Galien, De
Alim. Facult., 1. 1, chap. 13). Il est peu probable que « l'énigmatique
céréale » de Galien fût l'Engrain de beaucoup d'Auteurs. Le « pain
noir » est une bonne indication.
Tous les termes slaves désignant le Seigle sont caractérisés par la
chute de la syllabe initiale Vi (bi). Cette éphérèse n'est peut-être pas
propre aux Slaves. Elle paraît trouver analogie dans les dialectes
« ouralo-altaïques » proches du groupe finno-ougrien (sens strict) :
samoyède et ostiaque arushu, arush; tchuvache (dial, turc) y rash,
urash, ertshe; Kirghiz jarushi (et d'autres termes). On a en slave :
ancien slave ruji, roji; russe roz, rojke, roje; tchèque et slovaque
rez (aussi zito); serbe rosch; illyrien raz, rase, polonais rez (aussi
zito).
Dans le groupe des langues finno-ougriennes : le Seigle est désigné
encore par finnois ruwis, ruis, rukin; esthonien rukki, rukkis,
— 347 —

rukkid, ruggi; carélien ruuzi, ruushi, ruezi; permiak ridzek, rud-


zeg; magyar (et tartare de Hongrie) rosz; tchèremissé ruza, arsora;
zyriene yaruzactsu.
En passant dans le- groupe baltique de l'indo-européen, le z slave
se prononce gh ou j avec : letton rudzis, rugys; lithuanien rugys (pi.
rugiai). Les Scandinaves ont vieux norois rugr, suédois rag (aussi
Korn), danois rug (et Korn). Dans les langues germaniques on
rencontre : vieux prussien rugis : ancien haut et bas allemand roggo,
rocco; allemand moderne rocken, roggen; anglo-saxon ryge, rig;
anglais rye. Il y aurait eu aussi en vieux français roiges (Hehn,
Pictet, de Candolle; Antropov, J. et C. Cotte. L'origine du mot
« Seigle » doit remonter « à une époque antérieure à la séparation
des Germains et des Lithuano-Slaves (A. de Candolle).

B. La voie Sud-Européenne du Seigle.


Elle paraît se tracer diversement avec peut-être une origine dans
les langues caucasiques : agulien sekil et rutulien sukul (Erckert,
1895, ap. Hehn, p. 564). En ossète (indo-européen iranien) le seigle
est syl, sil (Pictet). De l'Est à l'Ouest on rencontre moldave
cekârâ, walache (roumain) sekarê, ssekaré (Hehn, Antropov) ;
albanais thekeré (Hehn), latin secale (Pline) (grec moderne secali,
skhali).
De l'actuelle Grèce à l'Italie les termes proviennent-ils tous du
latin secale?
Plus de cent ans après Galien en Thrace et en Macédoine, Pline
(iw siècle ap. J.JC.) est le premier auteur qui signale le Seigle en
Europe occidentale : « Secale est appelé Asia par les Taurins au
pied des Alpes » (Pline, Hist. Nat., XVIII, 40).
En France, au moyen âge, le Seigle nous est connu dans des
Chartes comme s'appelant segalus (794), segalis (836), aigïlla (1122)
et secalis (1170), d'après Gaspard (in Heuzé). Beaucoup plus tard,
on le retrouve comme siligo (Platina 1474, Fuchs 1542, Mathiole
1571), comme segala (gallis segala et italis segala) de Camerarius
1586). — En langue française, il a donné beaucoup de variations
comme secale, séclé, ségal, ségué, sèglat, sigilla, pour devenir
définitivement seigle (1) ; on connaît encore une autre évolution avec
soile, seille, plus conforme à notre langue.

(1) Les termes précités sont à dissocier du siligo des Romains : un blé
mutique donnant, suivant Columelle, un pain léger. Il s'égrenait facilement,
appartenait à la catégorie des Blés tendres (grano tenero, T. vulgare). On le
cultivait encore à la fin du xixe siècle en Italie sous les appellations italiennes
de siligo et siligine (Heuzé) alors que le Seigle y est segala, segali, ségale, ségola.
Fait curieux, le Blé dur (T. dumm) est saragolla en italien mais on ignore
totalement l'étymologie de cette appellation adjective dont la terminaison paraît
italienne.
— 348 —

En basque, le Seigle est cekela, zëkhalea, zecale (lat. secale) mais


aussi anegu (Tournier et Laffitte), à comparer à sanscrit Unoo ou
Ann « millet Panicum miliare » et sanscrit K. angu, K. ungoo et Pri-
yungoo « millet Setaria italica » (Roxburgh, Piddington, Loret,
A. de Candolle). En breton, segal est le « seigle ».
On ignore l'étymologie de secale. P. de Sivry (Edition de Pline)
pense curieusement à celtique seg « victoire ». J. et C. Cotte
rapprochent le terme de latin seco « couper », comme provençal sega
« faucher » et segue « seigle », comme latin seges « champ, champ
de céréale sur pied » (comparer aussi italien segala ou segale
« seigle » et sega « scie ». On a donné aussi celtique sega « faulx ».
Il existe un radical indo-européen KES ou SEK « couper » qui
rejoint l'idée précédente, probablement sans relation avec anc.
égyptien hsq «couper» (Lambert). Le sens de «couper», pour
« moissonner », peut être pris en considération, la paille de Seigle
ayant eu non seulement de tout temps et partout des emplois en
vannerie (nécessitant la fauche) mais ayant été largement utilisée
pour la confection des toitures de chaume jusqu'à une époque très
récente.
Dans les Agricultures primitives, actuelles ou anciennes, la coupe
basse des céréales n'était pas pratiquée à récolte. On exerçait une
coupe haute sous l'infrutescence ou bien on arrachait celle-ci, à
moins que l'on ait usage de la paille.
A propos de secale, A. de Candolle écrit : « ... mais on ne sait pas
« si les Latins l'ont emprunté aux Gaulois et Ibères ou si inverse-
« ment ces dernier ont reçu le nom des Romains. Cette seconde
« hypothèse paraît probable puisque les Gaulois Cisalpins du temps
« de Pline se servaient d'un nom différent » {asia).
Pictet (1877) a rappelé les analogies avec le sanscril Çila « épi
laissé sur le champ » (glane? mauvaise herbe?) et illyrien silj,
ossète syl « Seigle » .
Il ne paraît pas que secale, sauf chez les Basques, ait été connu
dans la péninsule ibérique. Le Seigle paraît y être venu très
tardivement puisqu'on ne l'y a pas retrouvé dans les site$ archéologiques
jusqu'au début de notre ère (Orges et Blés y sont signalés).
En espagnol et portugais, le « Seigle » est, respectivement centena
et centeio (senteio), de l'espagnol centeno «centaine»; le Seigle
est la céréale qui donne cent graines pour une. C'est aussi ce que
nous indique Pline (XVIII, 40) en parlant de cette plante: « Nas-
citur qualicumque solo cum centesimo grano ». « II vient dans
n'importe quel sol et rend cent pour un. »
Au Maroc, où le système montagneux aurait permis de bonne
heure la culture du Seigle, on trouve des termes berbères comme
isenti, tisenti et adkuin (R. Maire) employés dans le Grand-Atlas.
— 349 —

L'appellation isenti (féminin tisenti), très localisée, sans réson-


nance dans toute l'aire occupée par les Berbères, ne peut que
provenir du centeio (senteio) des Portugais (non du centeno espagnol).
C'est à l'époque portugaise du Maroc que le Seigle y a été introduit.
L'appellation adkuin donnée par R. Maire doit plutôt se rapporter
à l'Avoine introduite très récemment, le terme évoquant la fausse
Folle Avoine (Avena sterilis) pour laquelle Laout donne : berbère
ntifa azqun, shleu tazerwalt wazkun; chenua est en berbère général
« avoine ». En conséquence adkuin ne doit pas intéresser le Seigle.
Les Taurins (Piémont) furent, dans la Péninsule italique, parmi
les premiers Celtes envahisseurs de l'Italie. C'est à eux que l'on fait
remonter la ville de Torino (Turin) avant qu'elle ne devînt romaine.
Du temps de Pline (mort en + 79), ils cultivaient secale sous le
nom d'asia. D'où tenaient-ils le terme et la plantej
En basque, « graine, semence » sont azi, hazi (Tournier et La-
fitte) asia ou hacia (R. de Belloquet) et « nourrir » se dit « haz ».
Si l'on peut rapprocher directement turc ash, as « blé, céréale » et
eys «grain» on ne peut que suivre de loin Pictet (1877) qui
ajoute : comique (Cornouailles) eys « blé », que les linguistes
anglais présentent mieux comme irlandais ith, gallois yd, had « grain,
semence », « céréale, orge », tous termes parents de ait, oat (oats)
« avoine » et qui proviennent de l'anglo-saxon ata, ate « manger »
(anglais to eat, allemand essen.
Dans ces complexes de prononciation et de sens, les dentales
paraissent propres au Nord de l'Europe^ les sifflantes et chuintantes
plus particulières au Sud.
Les Taurini étaient des Celtes (liguriens, de la Loire à Gênes) qui
repoussèrent les Ibères. Les Taurins du Piémont ont-ils connu VAsia
par les Ibères anciens qu'ils ont assimilés sur place. Si les Celte*
avaient amené le Seigle venu par l'Europe du Nord, ils auraient
amené avec eux l'appellation. La poussée celte sur les Ibères a débuté
à la fin du premier âge du Fer, au vie siècle avant J.-C. Or la
présence du Seigle nous est signalée en Provence de la fin de l'époque
du Bronze (J. et C. Cotte).
Il existe une voie nord-européenne linguistiquement bien tracée
dont les termes pour « Seigle » ne sont pas retrouvables sur la
bordure septentrionale de la Méditerranée.
Uasia des Taurins n'est pas venu du secale des Latins. Il a un sens
primitif de « graine-nourriture » que l'on ne retrouve pas dans
secale à moins d'y voir une dérivation de lat. esca « nourriture » que
l'on retrouve dans italien scariola (français scarole, escarole) pour
une sorte d'Endive (Cichorium Intybus L.). Le Seigle paraît être
venu là juste avant l'arrivée celtique dans le Piémont, aux temps
ibériques, avant les venues indo-européennes.
— 350 —

Secale peut être la plante que l'on fauche pour en utiliser la paille.
La coupe basse n'est pas nécessairement pour cette céréale un fait
d'agriculture déjà ancienne mais a résulté de la nécessité de couvrir
les habitations avec une bonne paille dure, luisante, droite et de
bonne résistance à la pourriture, non hydrophile. En péninsule
italique la paille de Seigle a dû être utilisée de très bonne heure
pour confectionner les liens et servir en vannerie.
A l'époque de Pline, le Seigle était déjà exploité comme plante
fourragère en association avec la Vesce et on s'en servait aussi
comme engrais vert. Le Seigle était connu certainement des Latins
depuis très longtemps. Toutefois Columelle (ier siècle) n'en a pas
parlé, probablement parce que les Latins ne l'utilisaient plus comme
céréale {secale deterrimum Pline).
Il est possible que le Seigle ait pu s'appeler secale, de seco « je
coupe » ou du fait qu'il est venu aussi en Péninsule italique amené
par les indo-européens (radical SEK « couper » ) .
Toutefois, il ne faut pas oublier que des fractions pélasgiques
venues de Thrace et Macédoine, probablement chassées par
l'invasion hellénique (— 2 000) qui prenait possession de la Grèce et de
la Mer Egée, ont pu connaître la culture du Seigle sur les confins
de son aire d'origine et l'avoir répandu sur le pourtour septentrional
de la Méditerranée.
On pense qu'une de ces fractions indo-européennes, les Sicules,
s'est introduite, par la côte dalmate, dans la Péninsule italique. Elle
aurait occupé le Latium puis aurait émigré dans le Sud de l'Italie
et, passant le détroit de Messine, se serait fixée en Sicile. Elle
aurait occupé l'Est de cette Ile, repoussant dans l'Ouest les habitants
primitifs ou Sicaniens. Cependant, à leur arrivée, Phéniciens et
Grecs avaient déjà des comptoirs.
La Sicile (lat. Sicilia grec Sichela, arabe iskatiah) tient son nom
de cette peuplade des Sicules, l'Ile étant autrement connue en grec
comme « Trinacria » (à trois pointes).
Ne peut-on supposer que secale soit la céréale des Sicules,
apportée en Italie de Thrace et Macédoine par la Dalmatie; sans être
pour autant la céréale de la Sicile (voir Triticum monococcum,
ITskaliah de Seville).
On se trouve en Europe, devant trois appellations-souches pour
le Seigle : briza, asia, secale.
A l'époque romaine, le Seigle nous est connu en culture avec le
seul témoignage de Pline (+ ier siècle). Dans des couches
archéologiques de l'époque romaine il est signalé en Hongrie (à Bûcha et
Griïdistia) selon A. de Candolle, en Suisse (Heer ap. A.D.C.). A
l'époque du Bronze, le Seigle nous est livré d'Olmutz (Jetteles, ap.
A.D.C.), de Provence (fin du bronze, J. et C. Cotte, 1910). Plus
— 351 —

avant, on ne l'a pas trouvé dans les débris des habitations lacustres
du Nord de l'Italie, de la Savoie et de la Suisse. Dans l'ensemble,
il paraît avoir existé dans le Sud de l'Europe occidentaîe au plus tôt
vers 1 500 av. J.-C.

B. — Le Seigle de l'Asie antérieure.

Le Sult.
Suit (slt) est cité par Ibn-Al-Awam (chap. XVII, art. IV) comme
une céréale croissant en Babylonie. Le traducteur, Clement-Mullet
(t. II, p. 25), traduit suit par Hordeum nudum ou «Orge nue».
Comme on le verra plus loin, il est possible que suit soit le Seigle.
Shirazy (Mat. Méd. Arabe, Pers. Ind.) a donné aussi arabe selt
comme une espèce d'Orge.
En Algérie, suit serait le Blé Epeautre, T. Spelta (Trabut), lequel
nous est surtout connu des oasis d'Algérie et du Fezzan comme
farina (du far des Romains).
En hébreu, solet est « fleur de farine ». Il y a en égyptien
hiéroglyphique : dirati (Maspero), tura, turuta (Loret), thuroti (Loret
et Piedallu) que l'on donne, soit comme étant « farine » (la
plupart des Auteurs), ou bien « Sorgho durra » (Loret). Ces termes
ont pu donner en hébreu zuroti, zuloti, suroti et suloti; le terme
hébreu solet en serait issu. L'interprétation « durra » par Loret est
défendable, comme nous le verrons pour le Sorgho, bien que
Piedallu ne l'admette pas.
Avec suit que l'on place très mal dans la nomenclature des
Céréales anciennes de l'Ancien Monde, n'est-on pas alors en
présence du « Seigle » (Secale céréale L.). Ce ne peut être l'« Engrain »
(T. monococcum) , tout au moins semble-t-il pour Ibn-Al-Awam.
« Le suit aime la terre sableuse, dit Junius (1) ; on le sème à la
surface du sol dans des rayons qui ressemblent à des égratignures
et dans les terres en friches (Ibn-Al-Awam, chap. XIV). Ceci
rappelle d'abord l'adage français : « Sème ton seigle en terre
poudreuse // et ton froment en terre boueuse », puis le dicton
allemand : « la semence de seigle aime à voir le ciel. »

Le Thaoudar.
Dans son Dictionnaire de langue arabe, Gasselin note djaourdar
= « Seigle». En Arménie dans les langues turques, le Seigle est
connu comme dzohuer, shohudar, shohuder et shavdar (Antropov,
1929).

(1) COLUMELLE.
— 352 —

On connaît botaniquement un Blé de Palestine qui est une forme


de Blé Engrain (Triticum monococcum) dénommée Tr. Thaoudar
Reut., d'après son nom local, mais qui peut être né linguistiquement
d'une confusion avec le mot « Seigle » . Cette appellation est à
rapprocher de thuroti et de ses dérivés possibles. Si elle est de même
souche, l'interprétation par durra est à rejeter.
Un mélange cultural de Triticum monococcum et de Tr. Timo-
pheevi est connu en Imerethie comme zanduri, le terme évoquant
thaudar.
Le Seigle n'a jamais été signalé des fouilles d'Egypte, de
Palestine et de Mésopotamie, tant comme céréale que comme mauvaise
herbe des champs de céréale et pouvant se trouver en mélange dans
les grains de Blé ou d'Orge.
Dans les diverses traductions et versions modernes de la Bible, le
mot « seigle » est sauvent donné, mais plutôt pour couvrir
l'ignorance dans laquelle on se trouve de la nature du grain dont il est
fait mention (Moldenke). Il est vrai que l'on n'est pas certain non
plus que hébreu Kussemeth désigne véritablement Triticum Spelta
comme on le traduit couramment et unanimement.

Le typhe et le shiphon.
On n'est pas très assuré non plus qu'un terme hébraïque comme
shiphon qui désignerait le Seigle n'aurait pas été synonymiquement
l'Iskilia d'ÏBN-BEiTHAR (Clément-Mullet, 1864, p. 53) que l'on
s'accorde pour être un blé vêtu et que nous donnons par ailleurs
comme étant T. monococcum.
Il existe dans le Sud de l'Abyssinie un terme pour Seigle : senef-
galo; nous en ignorons la signification.
Dans la Bible {Genèse 42 : 1-33), on relève un mot comme sheber
ou shever qui a le sens du grec praos, sitos, c'est-à-dire d'une «
céréale de bon goût» (Moldenke). Les termes paraissent voisiner
shiphon. Touefois, shever paraît être une appellation assez
générique pour « Céréale commune », non pour « céréale en général »
(cf. she-shi-se, etc., des termes asianiques et abyssins).
Une céréale restée énigmatique est Typhe d'Asie cité par Galien
comme synonyme du Bridza de Thrace et de Macédoine : le Seigle.
Hébreu shiphon (Seigle) et shever (Céréale), abyssin senef-gallo
(Seigle) semblent être de souche identique à celle d'où procède
phénicien, Sh'RV « Orge » (J.-C. Février, 1948) (voir arabe shaïr).
Il est probable que le Typhe des Grecs d'Asie ou Bridza de Thrace
et de Macédoine soit le shiphon hébreu, lequel a donné en
sémitique abyssin senef.
On pourrait peut-être rapprocher shever, thaoudar, shohudar,
dzohoudar, du djawarish, dschawer et jaouwer des Iraniens pour
— 353 —

Panicum miliaceum, du juar, joar de l'Inde pour « Sorgho à


grains » (voir : Millets de l'Inde et Sorgho) si l'on pense aux
cultures mixtes.
Le brace des Gaulois.
J. et C. Cotte (1910) suggèrent un rapprochement entre gaulois
brace « nom d'un Blé vêtu » et « briza».
Pline (XVIII) écrit : « Les Gaules ont aussi leur espèce de far,
qu'on y nomme brace, chez nous sandala, le grain en est très blanc;
une autre différence c'est que par boisseau il donne quatre livres de
grain de plus que tout autre far. » C'est dans un paragraphe
consacré à l'Orge que Pline s'exprime ainsi, mais le texte se termine
cependant avec mention sur le far épeautre.
Sandala, scandala, sont donnés par les dictionnaires latins pour
« Orge » ; mais en Espagne escandia — escanda est une céréale à
grains vêtus (orge, engrain, épeautre, voire même amidonnief
(escandia mayor) suivant les régions (voir plus haut).
En vieux français, brais (brai) est l'« Orge » (Bourchez, 4e
édition, 1946, p. 186). Les mêmes termes désignaient aussi l'Orge
broyée, d'où bas latin bracere « brasser », mais il peut y avoir
convergence avec germanique braken « broyer ».
Toutefois, Littré, dans sa traduction de l'« Histoire Naturelle »
•de Pline et dans son « Dictionnaire de la Langue française », traduit
le brace de Pline par blanzé « du nom que porte un Froment dans
le Nord de la France ». On n'aurait plus affaire à un grain vêtu et
Cela supposerait que jadis, le terme eut été porté aussi par le Seigle,
si l'on tient compte de ce que le mot « blé » désignait souvent le
Seigle dans les campagnes de France, le terme « froment » étant
réservé au Blé proprement dit.
Blanzé est autrement connu comme « Blé blanc des Flandres »
« Blé blanc du Nord », « Blé blanc de Bergues », « Blanc Blé », « Blé
Wane zee », etc. (Heuzé) (flamand zee « terres basses »).
Il ne semble donc pas que brace provienne de briza ni ne se
retrouve non plus dans le « blanzé » des Flandres.

IV.- LES AVOINES

Laoust (p. 263) note que les Berbères n'avaient pas autrefois
connaissance de l'Avoine récemment introduite. Ils possèdent, pour
la désigner, des termes comme chenua et hamensigt (tamensiht dans
le Rif ) qui paraissent avoir intéressé à l'origine la « Folle Avoine »
•du bassin méditerranéen (A vena sterilis), dite aussi en berbère ntifa
— 354 —

azqun, en chleuh tazerwalt wazkun. Il semble en effet qu'il en soit


ainsi. A. de Candolle avait noté (p. 300) « comme singularité »
berbère zekkoum pour « Avoine », terme qui n'est en fait que le
wazkun pour l'« avoine sauvage », de Laoust,
Berbère hamensigt et t-amensiht sont à rapprocher de berbère
imendi, amenai, mendi, imendi, imenzi pour « céréales ; orge et blé ;
grain », sens de « grain nourricier par excellence » (Laoust), dont
nous avons traité à propos de l'orge timzin des Berbères.
Berbère azqun, wazkun, zekkoum, pour l'Avoine sauvage, sont
certainement à rapprocher de berbère adkouin « Seigle » du Grand
Atlas (R. Maire) autrement connu comme isenti, tisenti (voir
SEIGLE).
En Algérie « Avoine» est appelé en arabe : Kortane (Millot),
Khortane, Kortane et Kostel (Rolland, Lecq et Rolland). Ces
termes très isolés sont à comparer au celtique : irlandais Kaera,
Kaerach (Hehn), Koirce, Kuirce, Korea; breton eoirch, kerch,
keirch (in Pictet)., tous pour «Avoine». Ils dérivent eux-mêmes
des langues de l'Europe du Nord qui donnent « Avoine » avec les
appellations suivantes : finnois hagre, kakra, hafr, kauris; ancien
suédois hagre, suédois hafre; puis ancien allemand heparo, habaro,
habir, havero, evina, evena, etc.; moyen allemand habero, habereT
haber, habbern, haferen, haver, evene, etc.; allemand moderne
hafer, haber; flamand et holl. haver; danois et norvégien havre
(Hehn, Denaiffe, Koernicke, etc.).
Un radical av {ab), commun à beaucoup de langues, a en sanscrit
le sens de « aider, manger » que l'on retrouve avec latin aveo « je
désire», sanscrit ava «nourriture» et avasà «pâturage»; latin
avena (espagnol avena, italien vena, portugais veia) pourrait ainsi
provenir de aveo et s'appliquerait à une nourriture désirée (par les
animaux) (Pictet).
« Le nom basque olba ou oloa fait présumer une culture très
ancienne par les Ibères» (A. de Candolle). Tournier et Lafitte
donnent aussi olho. Ces termes ne sont peut-être qu'une
déformation de avena (par ovna, ovla, olba, oloa?), si l'on tient compte
de la répulsion qu'ont les Basques pour les consonnes V (= b) et f
(p, ph), de la variation et de l'alternance consonnantique / > n et
Ib > bl
Sanscrit avasa « pâturage » paraît plus particulièrement à
l'origine des terme pour « Avoine » dans l'Europe orientale : ancien
slave ovisu, ovesu, ovsa; russe ovesu, oves, ovsiug; polonais owies;
roumain ovesul, serbe ovas, lithuanien awiz'a, letton ausas, ostiaque
abis (Pictet), prussien wyse, wisge (Hehn).
On connaît d'autres termes pour « avoine » : turc iulaf, anc. grec
brOmos, crétois tai (Denaiffe, Hehn), tartare sulu, géorgien kare,
esthonien Kaer, hongrois zab, croate zob (A. de Candolle) sur les-
quels nous n'insisterons pas, étant sorti déjà longuement du cadre
africain tracé.
En Abyssinie on connaît enfin le tigre se'a' (Ronciglione) et
l'amharique sinàr (H. Scott) pour «Avoine».; seuls termes que
nous ayions trouvé dans la littérature. A part se « céréale », nous
n'en connaissons pas la signification.
H. Scott (1956) rapporte que son interprète, en présence de
champs d'Avoine disait toujours kirdad au lieu de sinàr : kirdad
est probablement une contraction de amharique inkirdat = lolium
sp. — Existe-t-il une analogie avec arabe kortane de l'Algérie?

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