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Université de Cergy Pontoise-IUFM de l’Académie de Versailles

LE CONTE
EST BON

Un module à l’usage des formateurs pour permettre aux enseignants de mettre en œuvre
l’exploration du conte et du récit oral en tant que support de médiation dans
l’appropriation de la langue

Philippe Charentin, PIUFM, UCP/IUFM


SOMMAIRE

Eléments historiques, théoriques : « le sens » du conte et du 3-20


récit oral
Elaborer un module : outils 21-25
Proposition d’un module en trois jours (trois temps) 26-30
D’autres outils pour comprendre, élaborer, évaluer… 31-34
Présentation d’un travail en partant d’un type de conte : 35-38
« Les pourquoi et les comment » :
contes d’origine ou d’explication
Bibliographie de base en lien avec les propositions 39
Répertoire de contes et d’histoires
 Comptines et jeux de sons 41-53
 Contes et sons donnés 54-61
Contes, rythmes et musiques :
 Contes pour penser et pour parler 62-71
 Des pourquoi et des comment 72-81

Aude Ehrhardt, musicienne et percussionniste


Philippe Charentin, conteur et formateur

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1

ELEMENTS HISTORIQUES, THEORIQUES :

LE SENS DU CONTE, DU RECIT ORAL,

LA VALEUR DE LA TRANSMISSION

1-rappels et définitions
2-témoignages historiques et processus de transmission des récits
l’interprétation et l’analyse des contes
3-Autres définitions
4-exploration de deux « matrices »
5-les fonctions pertinentes du conte :
-fonction restauratrice
-fonction différenciatrice
-fonction symbolique
-Fonction socialisante
-Fonction langagière

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1/ quelques rappels : Mythes, légendes, fables, contes….

Les contes, les récits mythiques, les fables et les légendes ont en commun
de constituer un récit parlé ou écrit dans lequel la plupart des personnages
possèdent une nature à la fois humaine et surhumaine, agissant dans des récits à
la fois réels et surréels dans une fusion totale du récit…
(Didier Casalis dans la grande encyclopédie Larousse 1975)…

Les Mythes : sont des récits imaginaires d’exploits réalisés par des personnages
ayant des pouvoirs divins ou quasi divins ,en tout cas hors du commun des
mortels .Ainsi en est il des mythes grecs contant les exploits sur terre et sur
l’Olympe des Dieux et des demi Dieux .On peut décliner deux grands types de
mythes : les mythes théogoniques (vie des Dieux entre eux ou des Dieux avec
les hommes) , et les mythes cosmogoniques expliquant la création du monde et
de l’univers…

La légende : c’est un récit d’exploits réalisés par des personnages ayant


vraisemblablement existé , auxquels sont attribués des pouvoirs surnaturels,
amplifiés par l’imaginaire de ceux qui ont transmis la légende (saga nordique ,
poésie antique , théâtre lyrique , ex : peer gynt, Tartarin de Tarascon , la bête du
Gévaudan).

La fable : C’est un récit imaginaire mettant en scène des animaux qui parlent et
qui servent d’illustration à des préceptes moraux (Esope, La Fontaine)

Le conte : s’éloigne du monde mythique, ses personnages n’ont plus besoin des
Dieux, mais plutôt d’autres humains possédant parfois des pouvoirs magiques.
La fin positive est aussi une différence remarquable avec les autres récits.
Le genre du conte est difficile à définir : « genre oral qui a été écrit » ou encore
« écrit qui vient de l’oral » Voilà les définitions que l’on trouve le plus souvent.
Cette dualité le rend complexe et remarquable. Elle se joue entre l’oral et l’écrit
dans des contextes culturels polymorphes en terme de temps et d’espace.
Vieux comme le monde, présents dans toutes les cultures et chez tous les
peuples, les contes semblent universels, et proviennent de la plus lointaine
humanité. Il y a trois cents ans environ, en occident on a « écrit » les contes, on
les a fixés. On a donc abandonné progressivement la tradition orale : culture
vivante et évolutive que l’on se passait de « bouches à oreilles » et qui révélait
les « habits » de la société du moment, de la situation, du lieu, de l’histoire :
Le conte peut être considéré comme un lien : le lien entre l’histoire
personnelle, l’histoire culturelle et l’histoire universelle .En ce sens il s’affirme
comme un médiateur culturel de premier plan : comme le jeu, les chants, les

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danses, il est constituant social transmetteur des us et des coutumes, mémoire
ineffaçable singulière et plurielle de l’humanité. .
Maintenant, ce genre est devenu ,(dans notre culture) littéraire ,beaucoup plus
difficile à définir, ayant en particulier, envahi la littérature enfantine…Mais qu’y
a-t-il de commun entre : les contes de ma mère l’Oye, les contes fantastiques de
Maupassant, Les mille et une nuits , les contes philosophiques de Voltaire ?
Le conte occupe aujourd’hui une place incertaine au sein de la littérature :
Quiconque pense que tout conte est de « fée » découvre en avançant dans le
continent méconnu de l’oralité qu’il existe autant de contes que de conteurs…..

Alors : « littérature orale ou oraliture écrite » : Si le fait d’écrire les


contes a pu les empêcher d’évoluer dans leurs mots en fonction de la société et
de ses mœurs, l’avantage est d’avoir pu les conserver, et ainsi de les préserver de
l’oubli….
En Afrique ou la tradition orale est encore très présente on dit :

« Ici quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle »


(Citation d’Amadou ampâté Ba)

Conter : le terme ne s’applique pas qu’au conte : on peut conter une histoire, et
si tous les contes sont des histoires, toutes les histoires ne sont pas des
contes…on conte une légende, un mythe,…
L’acte de conter se définit comme l’art de mettre en « parole » tous les types de
récits, ce qui peut encore ajouter à la confusion de la définition du
conte…Conter, c’est « égrainer » le récit dans l’espace et le temps, de façon
logique et chrono « logique ». Rien d’étonnant alors de constater que les termes
« conter » et « compter » ont la même origine : computare, dont la définition est
énumérer (nombres et évènements) …on retrouve encore aujourd’hui cette
interface dans des jeux de parole comme les « contines » ou « comptines » pour
les plus jeunes ainsi que dans les contes « énumératifs » …

2/ témoignages et historique de la transmission des récits en


France

a/ les exemple : les prédicateurs du Moyen âge s’en servent comme argument à
leurs sermons :après avoir puisé dans la bible ,les vies des saints ,les fables
etc.…ils empruntent à la tradition orale ,d’où le caractère fortement moralisateur
de certains contes .Beaucoup de contes ont été retrouvés dans ces recueils.

b/les propos rustiques de Noël Du fail :


Ils racontent les veillées d’autrefois et comment, après la journée de travail, les
gens se réunissaient pour accomplir des tâches diverses, toute la famille était
réunie dans la seule pièce chauffée.et là, on écoutait conteurs et colporteurs.

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c/ Perrault : (1628 1703)
C’est l’époque de la querelle des anciens et des modernes :il veut montrer ,à
l’encontre de ceux qui estiment que seuls les modèles antiques sont valables
,qu’il y a dans nos campagnes toute une culture populaire digne d’intérêt qui se
manifeste au travers des contes.
Perrault écoute, collecte et réécrit, c’est donc un adaptateur de contes mais pas
un auteur : Contes de ma mère l’Oye en 1697…pour que ces contes soient lus il
leur donne une tonalité « pédagogique » afin qu’ils soient utile à l’éducation des
enfants.

d/les contes des dames : Mme d’Aulnoy, Mme le Prince de Beaumont ,


contemporaine de Perrault , elles écrivent aussi des contes ,très féériques
regroupés dans un recueil : « le cabinet des fées »
Contes connus : l’oiseau bleu ou encore « la belle et la bête »

e/ les frères Grimm : (1812/1813)


Au XIX° siècle, on devient très respectueux des contes, on se rend compte de
leur importance, du message qu’ils transmettent. Les Grimm sont des
collecteurs, ils font partie d’un groupe de romantiques et folkloristes allemands :
ils échangent leurs trouvailles…

d/Au XX° Siècle :


Les contes font partie du patrimoine littéraire, on les dissèque, on les classe, on
les interprète…
L’école structuraliste (début XX°) se propose d’en étudier la forme : Vladimir
Propp écrit « la morphologie des contes » (fonctions : au nombre de 31) cette
étude est basée sur « l’épluchage » de cent contes merveilleux collectés par
l’auteur russe Afanassiev.

A sa suite, en France on parle de Greimas, et de Bremond

On peut citer aussi le travail de Delarue et Teneze « le conte populaire français »


(4 volumes : classement par type de contes), mais aussi celui de AARNE ET
THOMSON (classification internationale)

Enfin il faut citer l’énorme travail de collectage des folkloristes, tant au XIX°
qu’au XX° qui ont recueilli et respectés les contes (Blade, Cosquin mais surtout
Claude Seignolle).

Beaucoup d’instituteurs ont été des conteurs ou des collecteurs de contes .Issus
souvent de milieux populaires, soucieux de transmettre valeurs et traditions ils
se sont révélés d’excellents « passeurs ».

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e/ les psychanalystes

Marie Louise Von Frantz :in : « interprétation des contes de fée » : les contes
sont considérés comme des archétypes communs à l’humanité entière, même si,
superficiellement leur expression varie selon les civilisations et les situations
concrètes. A l’origine de cette théorie on trouve JUNG.

Bruno Bettelheim : « psychanalyse des contes de fée » ou « from the uses on


fantasy » : il énonce à quel point les enfants et les adolescents sont concernés
par les contes,comment ils s’adressent à leur inconscient et apportent des
solutions toujours optimistes,autorisant les jeunes à surmonter leurs angoisses et
à passer sans heurts du stade de l’enfance à l’âge adulte :thèmes traités :
fixation, avidité orale, angoisse de la séparation d’avec les parents, relations
oedipiennes , rivalités fraternelles ,conquête de l’autonomie…Tous ces
problèmes, mis en évidence dans les contes sont résolus par des héros auxquels
l’enfant, inconsciemment, s’identifie.

Malgré des apports novateurs non négligeables, le reproche fait au livre de


Bruno Bettelheim est de négliger souvent l’insertion historique et sociale,ce
manque de recul risque d’en faire un simple instrument thérapeutique
d’adaptation sociale…

3/ quelques définitions du conte

Dictionnaire Larousse : Le conte est un récit d’une certaine longueur


impliquant une succession de motifs et d’épisodes, c’est une œuvre littéraire
relatant des faits plutôt imaginaires.

J. Claude Barat : comme le jeu, le conte est un constituant social, son origine
se perd dans la nuit des temps, il est universel, il donne une forme aux
représentations internes en fournissant des modèles culturels appropriés.

Georges Jean (in : le pouvoir des contes) : le pouvoir des contes réside dans le
fait qu’ils construisent sur le mode imaginaire : par anticipation, répétition ou
récurrence des scènes ou plutôt des scénarios existentiels.

Bruno Bettelheim : oppose l’imaginaire des contes de fée au réalisme des


histoires vraies et dit que : seuls les contes de fée possèdent les vertus par
lesquelles un récit peut atteindre les couches obscures de l’inconscient, et
contribuent par là à changer la vie.

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Art thérapie : dans le conte de fée, on trouve les méthodes pour résoudre les
problèmes fondamentaux de l’enfant : la description d’un cheminement évolutif
d’un processus de transformation qui permet de passer d’un stade périmé
antérieur à un stade nouveau réparé…

J. Bellemin Noël : le conte est une cartographie des plaies et bosses de l’âme
humaine….

Le conte : pays intermédiaire : je ne sais plus très bien qui a dit : on est de son
enfance comme on est d’un pays…On peut penser que l’auteur de cette phrase
situe l’enfance dans le « giron » culturel de l’histoire personnelle familiale et
romancée ,là ou s’enracinent les nostalgies ,ou s’inventent les souvenirs .Ce lieu
magique et douloureux, niche des rêves et des effrois, des merveilles et des
démons, c’est Trapelune :le pays exploré par Alice et par Winnicott : cet espace
intermédiaire du jeu et de la création, ou s’élaborent le deuil et la réparation ,ou
s’invente la vie à vivre ,ou se développe l’autonomie .Même si ce pays n’est pas
situé sur une carte il est loin d’être inaccessible, on peut s’y rendre, en revenir, y
rester longtemps ou faire de très courts séjours : c’est bien là l’espace
transitionnel ou Winnicott accueille tous ceux qui vivent créativement le monde,
sans rage et sans passivité .C’est un lieu « bordure », intermédiaire ,un espace
frontière, comme le pays des contes ,il n’est sur aucune carte, mais tout voyage
passe par là…..
Alors, quelquefois, lorsque les enfants, violentés par la vie n’ont plus aucun
espace intermédiaire entre les cruautés de l’existence et leur monde personnel,
recréer par des histoires, des mots, une aire « transitionnelle » de créativité va
sans doute permettre à l’enfant de se protéger, d’agir en apprivoisant sa propre
violence, et en le protégeant de celle du monde.

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4/ exploration de deux « matrices » de contes traditionnels,
merveilleux, populaires
A/ La matrice : « Faute et sauveur »
Cette matrice met en évidence les fondements culturels de la plupart des sociétés
occidentales :
Schéma :

SITUATION INITIALE PASSAGE SITUATION FINALE


NEGATIVE POSITIVE

Faute du héros La punition : Mariage royal


(Ou de ses parents :ex : la belle au bois Qui a fauté doit être puni : deux grands ou maturité
dormant : la faute est dite par types de punition :
« pocuration ») situation qui renvoie au bonheur éternel et à
Contes concernés : petit chaperon -être avalée « tout rond » : par un loup la félicité
rouge ;Barbe bleue ;Blanche Neige ; principalement (ce qui pose le problème du
rôle du loup dans les contes et de sa
La femme est souvent identifiée à la faute représentation dans l’imaginaire
en référence à Eve… populaire…et encore aujourd’hui)

Outil de la punition de blanche neige : la -être « endormie » : (empoisonnée) et


pomme. victime d’un sommeil de « cent ans » qui
peut s’assimiler à une « mort euphémisée »
(sous cercueil de verre ou non…) (voir la
symbolique des éléments)

Le sauveur :
Pratiquement toujours un homme (en
r éférence au messie,) image paternelle:
bûcheron, chasseur)
Image du mari idéal : le prince charmant
Image des frères (le lien du sang)

Quelques commentaires :
On identifie bien une « trame » liée aux fondements judéo chrétiens, à la notion
de faute, mais aussi de pardon et de rédemption…Toute faute est elle pardonnée
après la punition ? La punition n’est pas mortelle, mais débouche sur un autre
monde : cette matrice essaie de répondre aussi à nos angoisses devant la mort :
message : la mort n’est pas une fin, nous serons tous sauvés.
Autre constat : le héros subit les évènements, il ne cherche jamais à se
défendre où à se rendre maître des évènements .Greimas (structuraliste école de
Vladimir Propp) les nommera « Actants » des récits et non « acteurs »

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B/ la matrice de « quête » :
C’est la plus répandu dans les contes

Situation initiale : Passage Situation finale :


Héros en situation problème Glorification du héros

Le héros est dominé, il est victime, il est en Epreuves : Amour, gloire, et pouvoir (souvent
manque…. symbolisé par la richesse et l’argent).
A/ Epreuves qualifiantes ( trois)
3 Types de quêtes : Interventions d’adjuvants et d’opposants
-la quête chrétienne : cendrillon ou quelquefois ;
« fuseau navette » elle met en avant les
qualités intrinsèques de B/Epreuve principale : apparaissant souvent
l’humain :générosité intelligence, habileté impossible à réaliser
etc… La solution étant alors d’utiliser la ruse face
à la force brutale.
-la quête héroïque : Le graal, Ulysse
Thésée ( se rapproche des récits
légendaires) Message :

-la quête populaire : c’est la plus connue : Le héros (souvent simple et sage par sa
le chat botté, poucet, mais aussi le petit simplicité va vaincre l’ennemi par les mots
tailleur, etc… et la ruse opposés à la brutalité et la
cruauté)
Les « ingrédients » :

A/ Ingrédients linguistiques :

-« il était une fois » : formule de début qui


indique un récit intemporel et non situé dans
l’espace.

-L’utilisation de l’indéfini : un roi, une


reine….(l’indéfini est une conséquence
directe de il était une fois)

B/ les ingrédients narratifs :


Deux grands types de prologues :
Situation problème :

a/désir d’enfant non assouvi (Tom pouce


Pinochio, Snégourochka

b/Mort de la mère et remariage du


père : notion de marâtre ou belle mère :
cendrillon, …conflit héros marâtre.

Quelques commentaires :

Ces récits, par leurs ingrédients narratifs, font écho à des situations qui restent
encore très contemporaines : la notion de belle mère ou de marâtre dont
Winnicott nous dit qu’elle peut être la représentation de la « mauvaise » part de
la mère « suffisamment bonne », résonne aussi de toutes les situations
complexes que rencontrent les enfants lors des séparations entre parents…

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La notion de « désir d’enfant non assouvi » est aussi encore très actuelle…

Des « petits héros » en situation problème font le quotidien des enseignants de


toutes sortes, et sortir vainqueurs des épreuves qui les attendent reste un sentier
parfois très chaotique.

« Tu auras satisfaction selon tes mérites » reste aussi un message délivré par
cette « matrice » de quête …de quoi alimenter de nombreuses discussions autour
des concepts d’éducation et d’apprentissage…

Autre propos :

La quête est synonyme de recherche, cette recherche est souvent la


recherche de soi liée à la quête de l’origine. De tous temps l’homme a voulu
savoir d’où il venait et il a émis un certain nombre d’hypothèses sur ses origines
(mythes d’origines, religions,) On peut penser que travailler sur les contes
d’explication (histoires comme ça in Kipling) pour certains enfants en rupture
de repères originels peut permettre de lever des interrogations et des angoisses
en redonnant la parole, en recréant des liens avec le passé quel qu’il soit…

5/ Les fonctions « pertinentes » du conte : une incitation à la


réflexion éducative et pédagogique

A/La fonction restauratrice :


Le conte va inviter l’enfant à découvrir des solutions à des « situations
problème » qui apparaissent difficiles voire impossible à résoudre, à surmonter :

-quelle est la maison la plus adaptée à résister au souffle du loup ?


-Comment trouver une solution à toutes ces têtes qui repoussent en double sur le
dragon ?

Le conte délivre souvent le message suivant : il faut persévérer, ne pas


abandonner, ne pas démissionner (structure de quête)

Le conte fait aussi apparaître que l’erreur n’est pas une défaite, mais
constitue souvent une étape…Elle n’entraîne pas la mort. Tout le monde fait des
erreurs, même le héros. Faire une erreur ne met pas obligatoirement sa vie en
danger (estime de soi, confiance,) ; l’erreur est source d’apprentissage, elle rend
compétent (voir les trois petits cochons) elle est constitutive de la connaissance.

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La punition liée à la faute (structure faute et sauveur) n’est que momentanée
…tout est pardonné.

On voit bien toute la dimension éducative et pédagogique d’une telle fonction.


Identification au héros et restauration du désir d’apprendre :

Impuissant devant une situation problème lui apparaissant impossible à


résoudre, l’enfant souvent au travers du jeu symbolique ou du jeu de rôle va
pouvoir s’identifier au héros en difficulté et il peut dans certains cas s’approprier
les capacités à réagir (du héros) suivant les différents modèles proposés ainsi
que les différentes voies (solutions) possibles.
Il peut ainsi établir de nouvelles stratégies dans sa manière de fonctionner…Le
déroulement et l’enchaînement des faits vécus par le héros du conte vont
entraîner l’enfant vers une pensée intuitive en créant progressivement des liens,
des relations entre les évènements (les siens et ceux du héros) le conte va alors
lui suggérer :

-des associations (entre le héros et lui)


-des dissociations (il n’est pas le héros)
-une synthèse : qu’est ce que je m’approprie des comportements du héros
pour résoudre mes difficultés…

Le conte n’est pas intrusif :

-sa formulation est simple et familière : l’auditeur n’est soumis à aucune


exigence, à aucune pression.
-Il suggère : son adhésion est libre, l’auditeur est autorisé à ne retenir que ce qui
lui fait plaisir…On ne développe pas de sentiment d’infériorité : c’est l’histoire
de l’autre.

-Il rassure : il donne de l’espoir pour l’avenir et contient la promesse d’une


conclusion positive.

-Il nous laisse le soin de la décision, sans nous inciter à la prendre .C’est à nous
de décider si nous l’appliquons à notre vie ou si nous nous contentons de rester
spectateur .On retrouve là la dualité du dedans et du dehors que pratique aussi le
conteur dans son art : le conteur est un passeur : il est dans l’histoire en la
racontant, mais ce récit existait avant lui et existera après lui, il n’en n’est pas
l’auteur il en est le véhicule…

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Le conte merveilleux (ou récit populaire) n’est pas anxiogène :

Le conte merveilleux traditionnel, bien qu’il commence souvent par un


état psychologique négatif du héros (dominé, déprimé, victime, fautif) ;ne
s’ouvre jamais sur une réalité physique, par le « il était une fois » l’auditeur sait
qu’il est dans un monde fictif, imaginaire…On sait bien qu’aucun enfant n’est,
dans la réalité (quoi que !) abandonné dans une forêt comme Jeannot et Margot
ou comme poucet…Par contre ces évènements peuvent entrer en résonance avec
des situations personnelles (dans ce cas précis : abandon ,quête de
l’identité)…C’est dans l’expression de la suite et la fin du conte qu’il faudra
chercher les éléments inhibant l’angoisse : c’est la fin heureuse systématique des
contes qui va réassurer l’enfant…Alors, ayant appris et compris ce
fonctionnement l’enfant, écoutant ou jouant le conte, pourra prendre (ou
supportera) tous les chemins et même les plus périlleux …prendre tous les
risques, courir tous les dangers, imaginer le pire, puisque tout se termine bien. Je
rejoins là le propos de René Diatkine concernant les histoires qui font peur : »il
faut raconter aux enfants des histoires qui font peur (et qui se finissent bien), car
les contes les plus terribles sont souvent les plus apaisants » .Le conte permet la
maîtrise de l’angoisse car il nomme l’innommable.

Le conte : principe de plaisir et principe de réalité :

Exemple : les trois petits cochons : (conte fable)

-faut il céder au principe de plaisir ? À la satisfaction immédiate de ses désirs ?


(Le jeu)

L’abri est rapidement construit (de paille), dans un minimum d’efforts ce qui va
permettre le jeu
Mais :
La maison est peu solide et il y a danger
Ou bien :
Faut il accéder au principe de réalité : frustration, effort, pas de jeu (maison de
pierre)
Mais :
La maison est solide,la récompense est durable, éviction du danger car on a
évalué le risque encouru, on a pris en compte le comportement de l’autre, on a
anticipé…

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Il y a dans cette histoire, une valorisation du principe de réalité…on peut aussi
penser que les « trois petits cochons » sont une même et seule personne à trois
stades différents de sa vie.
Tout en avertissant d’une façon très réaliste que la colère et l’impatience
conduisent à de graves erreurs, le conte de fée rassure en montrant que les
conséquences ne sont que passagères et que « la bonne action » peut toujours
réparer.

B/ La fonction différenciatrice

Les trois petits cochons :

-En s’identifiant aux trois petits cochons, l’enfant fait le constat qu’une
évolution est toujours possible
-Etant invité à s’identifier à chacun des protagonistes, l’enfant apprend qu’en
développant son intelligence il peut venir à bout d’adversaires plus forts que lui.
-Il n’y a pas forcément chez l’enfant une jouissance dans la punition du loup, ni
dans la victoire de l’aîné, mais souvent une compréhension de la dynamique de
l’histoire et une expression sur l’acquisition de la maturité.

Boucle d’or :

-l’histoire est intimement liée au nombre 3, à la triangulation, c’est un modèle


familial : père, mère, petit ours…cette famille n’existe pour Boucle d’or qu’au
travers des objets qui la représentent …l’objet idéal est à chaque épisode celui
appartenant au « petit ours ». En « aveugle » elle va s’identifier à ce personnage,
tel un élément extérieur posant un regard sur cette famille idéale qui n’est peut
être pas la sienne puisqu’elle a désobéi en fuguant ! mais cette fugue représente
aussi les prémisses de l’indispensable séparation, qui développe un sentiment de
culpabilité, d’abandon, compensé dans cette histoire par des pensées
consolatrices ouvrant sur l’autonomie : apprendre à être seul (e) pour rêver,
imaginer, jouer, travailler,..Alors la pensée devient active.

Boucle d’or est aussi un conte (histoire ?) dans lequel se révèle la fonction de
représentation ,porte ouverte sur l’accès à « la symbolique » qui autorise la
conceptualisation et donc l’élaboration du langage : tout au long de cette
histoire, chaque personnage « ours » est représenté par des objets successifs le
caractérisant : petite chaise,petit bol, petit lit pour le petit ours, moyenne chaise
etc. …pour la maman, et grande chaise…pour le papa ours .Le constat fait par
des enfants lors d’une dramatisation de ce récit était : « quand tu racontes, les
personnages sont tous ensemble,mais quand on joue, Boucle d’or n’est

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pratiquement jamais avec les ours….Pourquoi ???Après débat, force fut de
constater que dans la première partie du récit
(la visite de la maison par Boucle d’or) les ours sont présents au travers d’objets
qui les représentent mais absents physiquement…Le langage apporte alors
l’illusion de la présence des personnages ,alors que dans le jeu dramatique
l’action nous révèle leur absence physique mais leur présence symbolique .

C/ La fonction symbolique
-Le conte porte en lui des éléments symboliques :

Les nombres : le 3 : c’est le nombre de l’unité, la sainte trinité (les incréés :


père, fils et saint esprit), c’est aussi la relation triangulaire
Le nombre 3 est très présent dans les contes : dans la structure (quête : 3
épreuves)
Dans les personnages ou les objets : les trois petits cochons, les trois cheveux
d’or du diable, les trois frères (les trilogies)

Le 7 : c’est le nombre parfait, sacré, biblique, religieux (7 jours de


la création, les 7 péchés capitaux, les 7 merveilles du mondes) on le trouve dans
les 7 nains de Blanche Neige, mais aussi dans toutes sortes de récits ou de
productions : les 7 boules de cristal, les 7 mercenaires….

Le 12 : plus rare dans nos récits européens, il est l’expression


religieuse du nombre des apôtres, mais aussi du cycle de l’année et de l’heure
(rapport au temps) :

Dans ce système numérique parfait, chaque fois qu’il y aura


déséquilibre, l’histoire débutera ou rebondira : exemple : poucet et ses 7 frères,
jusqu’à retrouver un nouvel équilibre en fin de récit.

Les noms : en général les personnages n’ont pas de nom, excepté le héros qui va
souvent donner son nom au conte (Blanche neige, le petit poucet, le petit
chaperon rouge….) ces noms sont symboliques, génériques, et par leur nature
(presque des noms « communs ») peuvent faciliter le jeu de rôle et
l’identification.

Grandes figures symboliques : deux sortes : outils de la punition :

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-les monstres dévorateurs (quête) le Minotaure, les ogres, les sorcières, trolls,
les dragons : leurs actions sont définitives : ils mâchent .Ils resteront souvent à
l’état de menace pour le héros

-les monstres avaleurs : (faute et sauveur) loups, baleines, c’est provisoire,, ils
recrachent ou on ouvre leur ventre .Ils accompliront leur tâche qui les rend
« actants » d’un scénario inéluctable.

-autre représentation symbolique : le sommeil de cent ans (mort euphémisée,


fausse mort, de la quelle on renaît) symbolique liée à la vie éternelle …

Les thèmes et les lieux symboliques :

J’en retiens deux :

-la forêt : espace initiatique par excellence


-le verre : (le cercueil de verre, la maison de verre, ce sont les lieux des morts
euphémisées (fausses morts) le verre est symbole de pureté, de fragilité mais
aussi de transparence et de
Rigidité : la pantoufle de verre et non de vair (au travers de la pantoufle
(transparence) qui ne peut aller qu’à cendrillon (rigidité de la forme) le prince
démasquera les astuces des sœurs de l’héroïne (pureté/impureté)…..la
transparence affirme le côté non définitif de la mort (on ne pourrait pas voir la
décomposition d’un corps au travers du verre) …Nos contemporains ont parfois
utilisé ce « stratagème » pour donner l’illusion de la vie éternelle
(embaumements de Staline ou de Lénine sous « verre » en mausolée.)

Les ritournelles et les formulettes, liées à la fonction symbolique par les


aspects rituels, elles sont plus ou moins magiques et par leur seule présence
viennent évoquer le conte tout entier : Sésame ouvre toi…Miroir mon beau
miroir…Tire la chevillette…Anne ma sœur Anne…

Symbolique et transferts culturels :

Il est intéressant de constater que des « glissements symboliques » peuvent


exister entre différentes cultures notamment en rapport aux « figures »
symboliques représentant des thèmes universels : je prendrai pour illustrer mon
propos l’exemple des animaux dans les contes :
(Et les fables)

AFRIQUE : le crocodile : caractère dominant : la cruauté, caractère secondaire :


la bêtise
EUROPE : c’est la même chose pour le loup

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Quelquefois, les caractères secondaires varient : exemple :

EUROPE : le renard : caractère dominant : la ruse, caractère secondaire : la


fourberie (ce qui le rend antipathique)
AFRIQUE : le lièvre : caractère dominant : la ruse, caractère secondaire :
l’étourderie (ce qui le rend plutôt sympathique)

Les caractères secondaires pourront agir sur l’interprétation que l’on pourra
avoir du caractère principal : la ruse peut apparaître positive pour le cas du lièvre
et donc comme une qualité, beaucoup moins dans le cas du renard et donc
comme un défaut.

Les situations : le conte présente des situations symboliques qui peuvent


amener l’enfant à réfléchir sur sa propre situation ou sur des situations
problèmes plus générales et/ou sociétales
On voit s’ouvrir là tout le champ du débat philosophique et de l’ »atelier philo »
pour les élèves.

Le conte permet l’élaboration de la pensée symbolique et adaptative, celle


qui crée les fondations des relations sociales sur lesquelles se construit le
langage .Cette couche de la pensée est bien celle qui fait entrer l’enfant dans
la voie de l’humanisation.

D/La fonction Socialisante

Le conte : c’est un ordre social perturbé, puis rétabli.La rupture est souvent due
à la désobéissance, au malheur ou à la domination. Puis, après un « passage »
l’ordre est rétabli.

Le conte, c’est un véhicule de la morale sociale, il permet à l’enfant de


comprendre, d’intégrer la loi et de la respecter .Ces lois sont celles de :

-l’union : le mariage en particulier


-les échanges et le commerce (Ali baba)
-les relations parents/enfants (respect au travers de violences ou dominations
possibles et incestes (peau d’âne)
-les lois générales régissant l’univers (lois politiques, religieuses, bien/ mal…)

Contrairement à la fable, la morale n’est jamais explicite.

17
Le conte est structurant : il représente l’ordre opposé à la confusion .C’est le
véhicule de valeurs culturelles : le langage du conte a souvent la structure de
l’écrit, ce n’est pas le langage de tout le monde, c’est une langue codifiée.

La structure du conte merveilleux est rigoureuse et organisée .La répétition peut


aider le passage de la pensée intuitive à la pensée verbale et structurée, qui
apporte : logique, qui ordonne, qui assemble et choisit.

E/en conclusion de cette partie

Si le conte est très attirant pour les psy et les « pédagogues » de toutes sortes, ce
qui me satisfait c’est de savoir qu’il échappe toujours quelque part à leur scalpel.

Lily Boulay

F/ La fonction langagière

L’enfant doit comprendre et assimiler les valeurs, les codres, les codes, les
attitudes et les comportements explicites ou implicites de sa propre culture, de la
culture de l’école et de l’institution.
Le conte, par sa nature et son propos répond à ces exigences en proposant les
mots, les formes, les structures pour dire et pour faire dire.Le récit oral est
matière vivante et n’existe que par le conteur, passeur incontournable et
éphémère .Le conteur ici est défini comme celui qui transmet par la parole. Cela
nécessite une inscription dans un espace de communication :
Nous voilà donc dans la « pragmatique du langage », dans l’aspect social
fondamental qui peut se résumer en quelques mots : pour parler, il faut avoir
quelque chose à dire et avoir envie de le partager avec les autres.Laurence
Lentin (linguiste et pédagogue) nous disait bien que pour qu’un enfant parle il
faut :

-l’écouter parler,
-le laisser parler,
-le faire parler

Le langage, c’est avant tout de l’espace et du temps, de l’implicite et de


l’explicite, de « l’input et de l’output » (neuropsy) du « garder pour restituer »,
du « savoir pour créer »

18
Le récit oral prend alors toute sa place dans l’évolution de l’enfant vers son
statut d’élève .Les l’histoires racontées dans « la communication heureuse intra
familiale » de la petite enfance
Résonneront comme autant de racines vitales, véhicules de la sève culturelle et
langagière.qui donneront du sens aux demandes de l’école .contribuant ainsi à
tisser les liens intergénérationnels, culturels et historiques des sociétés
humaines.

La pluralité des situations de communication continue à être prônée dans les


textes officiels afin d’explorer toutes les possibilités d’échange et d’expression
qu’offre la langue :
-organisation de la vie collective
-correspondance, journal de classe,
- compte rendu scientifiques
-moments de philosophie
-récits imaginaires
Autant de situations, d’occasions pour que les enfants aient envie de parler,
d’écrire, de lire.
Car c’est, ce me semble, en lisant, en écrivant et en produisant des textes que
l’on apprend à entrer dans la langue écrite et c’est en communiquant oralement
que l’on apprend à parler et à choisir le niveau de langue adapté à la situation et
aux destinataires de la parole..

La pratique du récit imaginaire doit rester spécifique, elle ne peut faire l’objet
d’aucune évaluation.le terme « exploration « pédagogique convient mieux que
celui d’ « exploitation » ce qui ne signifie pas qu’elle soit légère ou uniquement
récréative .Rendre les enfants « gardiens » de ces moments les préservera de tout
sentiment d’échec ou d’exclusion.

Le « dire » conduit au « lire »…faire comprendre à l’enfant que le livre est le


seul « conteur » qui ne lui refusera jamais une histoire, le guidera sur le chemin
des mots, l’espace d’autonomie si cher à Winnicott, le conduira à aller
« réveiller » les récits, franchissant ces voyelles et ces consonnes muettes qui les
retiennent captifs.

« la langue est la maison que l’homme habite » dit Heidegger .Nous sommes au
moins autant parlés par la langue que ce que nous la parlons .Nous sommes à la
fois le sujet et l’objet de notre discours ,Nous sommes porteurs de notre histoire
singulière et de notre histoire culturelle.

19
Le conte « au service de l’apprentissage de la langue » (Anne Popet, evelynes
Roques), permet
D’exercer :
Les processus cognitifs:
-mémoriser
-analyser
-anticiper
-mettre en lien
-structurer
-développer l’imaginaire

Les activités narratives :


-Explorer des structures
-conduire un récit
-utiliser formules et formulettes
-Mettre en lien des récits (travailler aussi les inférences)

Les activités plus spécifiquement liées au langage :


-réfléchir sur le fonctionnement de la langue (métalangage)
-élargir son champ lexical
-améliorer et enrichir sa syntaxe
-Etablir une autre relation à la langue (jouer avec les mots, fonction poétique)
-travailler sur la prosodie de la langue

Les activités de socialisation :


-écouter et respecter la parole de l’autre
-participer et s’intégrer dans un projet
-échanger, mettre en commun, se confronter
-partager un patrimoine culturel.

Conclusion :

Voilà pourquoi le conte est « bon » : Bon à dire, bon à lire, dans la diversité de
ses formes, dans l’acte nécessaire et vital de la transmission des valeurs, des
codes et de la langue….

20
2

ELABORER UN MODULE DE FORMATION


SUR LE THEME DU RECIT ORAL

Document 1 :
* Objectifs généraux

* Compétences à travailler

* Indicateurs d’atteinte des objectifs


Document 2 :
* Projet d’atelier :

* Contenus, objectifs, activités, exemples

21
Université de Cergy Pontoise
« CONTE, RECIT ORAL »
OBJECTIFS, COMPETENCES A TRAVAILLER, INDICATEURS
D’ATTEINTE DES OBJECTIFS
P. Charentin PIUFM

OBJECTIFS COMPETENCES A INDICATEURS D’ATTEINTE


TRAVAILLER DES
OBJECTIFS

1/Compétences
communicationnelles -circulation de la parole dans le
groupe
-participer à un échange collectif en -oser prendre la parole , se la
acceptant d’écouter les autres. redonner
-qualité des échanges
-prendre l’initiative d’un échange et -qualité des silences
le conduire au-delà de la simple -respect de l’espace narratif/espace
réponse de parole
Savoir Ecouter, dire, Lire -écoute
-répondre aux sollicitations de
l’animateur du groupe

2/compétences langagières :
-transfert de structures syntaxiques
-au travers des récits contés : simples et complexes issues de
-armatures syntaxiques récits travaillés dans les récits créés.
-lexique -réinvestissement du lexique
proposé
en langue orale française
Amélioration de l’Accent, de
l’articulation prise de conscience
uniquement dans le cas de travail des différentes réalités
avec phonologiques et phonétiques.
stagiaires étrangers

-Ecouter pour s’approprier

- Apprendre à utiliser et exercer sa - capacité à mémoriser et à utiliser


mémoire les techniques proposées.

S’approprier un récit pour le -mettre en place un récit dans ses


restituer propres mots -Fluidité du récit

-se « mettre en scène »


-production de fin de stage

22
16

OBJECTIFS COMPETENCES A INDICATEURS D’ATTEINTE


TRAVAILLER DES OBJECTIFS

-identifier et analyser deux


histoires issues cultures différentes -quantité d’histoires trouvées
,traitant des mêmes thèmes :faire
Créer des liens culturels des liens -qualité de l’analyse dans
l’identification des différences et
des similitudes.
-dégager la notion d’universalité et
l’importance du savoir -pertinence de l’argumentation
transmettre.

-savoir médiatiser sans détourner.


Des exemples : marionnettes,
percussions chants en
accompagnement du récit……. -Choix d’utiliser un support de
médiation
Utiliser des médiateurs facilitant -Utiliser les outils du conteur :
l’écoute -la voix (et voix rythmée en -pertinence de cette utilisation.
Et particulier)
Prendre conscience hauteur, intensité, timbre -prise de conscience de
Des outils du « conteur » l’importance de l’utilisation des
-les rythmes de parole en lien avec techniques vocales dans leur
la prosodie de la langue. diversité pour rendre vivant le récit.

-chaque stagiaire repart avec un


-Savoir choisir,trie r,sérier,classer répertoire de contes et de récits de
Se constituer un répertoire de contes et histoires nature et de genre différents
base de récits et de contes ,représentant la « récolte » de la
-savoir les adapter semaine

-ainsi que des indications relatives à


des sites Web (contes en français) et
une bibliographie.

23
PROJET D’ATELIER : le récit oral et la langue française :
Conter en public

Objectifs Activités proposées exemples


Sensibilisation et Comprendre le contexte de
Mise en situation production d’un conte,donner Contes de pourquoi et de
du sens à l’activité,se poser Lecture de contes comment
des questions à propos de Contes à accumulation
l’oralisation du conte,exprimer (bouche cousue)
son désir de communiquer, de
prendre la parole
Ecoute et
L’Ecoute Se familiariser avec un conte imprégnation : Contes d’interdits
dit par un adulte,avoir un consignation des (guinarou)
aperçu global de la structure éléments essentiels
d’un conte oral, écouter d’un conte, écoute,
attentivement. prise de
renseignements
collective après écoute
Différence entre conte
La structure du conte Repérer les différentes écrit et conte oral : Contes merveilleux :
(du récit) structures et matrices des classification des récits Merghen
contes en fonction de leur
strucure
Comprendre le conte à Prise de notes lors du
La production raconter, repérer sa structure, contage des adultes ou
première la respecter d’une écoute de CD

Identifier le caractère des


Le ton personnages, le suspense de Jeux théâtraux, jeux de
(l’intonation) certaines situations ,mettre le rôles
ton, interpréter
Oser prendre la parole en Tous types de
La prise de parole public, analyser les erreurs et situations de prise de
les difficultés rencontrées parole : se
présenter….puis
Verbalisation des
difficultés rencontrées
Gérer le rythme,la Jeux de rythme, Dire lentement,ou
Les techniques vocales respiration,les pauses,le débit respiration,vire-langue rapidement
etc… « l’assassin sur son sein
Hauteur, intensité ,timbre de la Avec ou sans suçait son sang sans
voix enregistrement. cesse, et si ceci se sait ces
Repérer les « tics de parole » soins sont sans succès »

La boule rouge bouge et


roule

Les espaces de Adopter une attitude en


communication fonction de la
Le regard et le corps situation :gestuelle ,mimique
,posture, être attentif aux
gestes parasites
L’enrichissement Travailler sur les adjectifs,les phrases répétitives, Travail sur les
lexical anaphores un champ lexical comptines à mémoriser anaphores :raconter en
etc… groupe une histoire sur

24
un animal (ex le renard)
sans jamais utiliser le
même mot pour le
désigner (cet animal
là…le voleur…ce bandit
roux…)
Respecter la parole de l’autre Jeux d’écoute

La parole active

Utiliser différents type de


L’enrichissement de la phrase,complexifier les
syntaxe phrases simples, utiliser les Pratique quotidienne
connecteurs :comparaison,
lieu, temps cause,opposition,
conséquence,condition,but
moyen
Accorder le verbe avec le
La morphologie des sujet, utiliser les temps
phrases adaptés, accorder noms et
adjectifs .
Identification des marqueurs
grammaticaux (genre,nombre)
Adapter son discours à la
L’adaptation à un situation faire évoluer
public l’échange langagier en
fonction de l’espace et la
situation de communication
Eléments de pragmatique du
langage

La restitution Conter en plublic Evaluation possible par


(production finale) (public varié) des pairs (élaboration
d’une grille
d’observation.

25
PROPOSITION D’UN MODULE DE
FORMATION
EN TROIS JOURNEES

26
UCP IUFM de l’académie de Versailles
Philippe Charentin P.I.U.F.M

savoir écouter ,dire, lire , s’approprier un récit et le restituer


,créer des liens interculturel ,utiliser des médiateurs facilitant
l’écoute, prendre conscience des outils du conteur ,se constituer
un répertoire de récits oraux en « Français »
JOURNEE 1
PHASE ACTIVITE PREVUE OBJECTIFS ET COMPETENCES
TRAVAILLEES
PHASE 1 : Créer un espace de communication adapté à l’activité
parole,paroles proposée :1° réflexion : quel espace pour quelle activité Réflexion sur la pragmatique du
orale ?...On élimine les « tables » mise en cercle (rappel des langage :le langage est avant tout
vertus du cercle !!) : la parole circule mieux ,l’animateur se communication
trouve au même niveau que les participants
On ne peut pas prendre de notes /l’espace provoque des Compréhension première de la langue
inter actions à maîtriser. Française
Notion d’espace et de pacte narratif notion de « rituel
d’entrée dans le récit oral »
Je présente les trois séances.
PHASE 2 Racontée de l’histoire de « bouche cousue »
Racontée 1 -le message de l’histoire :les enfants du silence ,mais aussi : -Mémorisation d’un récit
Et 2 la spécificité du langage humain, mais aussi la structure de -Se positionner dans un espace de
ce conte ou plutôt de cette histoire,ainsi que le principe communication
d’inter activité dans l’acte de conter -Ecoute
Structures syntaxiques répétitives pouvant servir -participer à un échange collectif dans la
d’imprégnation de la langue et aspect ludique langue française
Racontée de l’histoire du « sultan » et du Vizir -accepter d’écouter l’autre sans
Que nous dit cette histoire ? Morale ? humour, inter l’interrompre
activité….

PHASE 3 Pour être pertinente et utile l’activité langagière


Les histoires, doit toujours avoir du sens et de l’authenticité :on On est toujours sur des compétences
cela nous parle pour dire quelque chose !!! liées à la pragmatique du langage
« touche » Interface : pour qu’un enfant parle :il faut l’écouter
parler,il faut le laisser parler, il faut le faire parler Mais aussi :
(Laurence Lentin)
Raconter une histoire, c’est faire
Jeu :Au travers d’un questionnement : naître des images dans la tête des
-vous a-t-on raconté des histoires lorsque vous étiez autres :représentation, symbolisation,
enfants ? la symbolisation est une opération
Images, intimité, relation heureuse… nécessaire dans l’acquisition de la
-en racontez vous et..à qui ? cadre pro et perso langue et du langage : plus complexe
-difficultés à pratiquer cet exercice : dans sa langue dans une autre langue : transférabilité
maternelle et en français des repères syntaxiques …
Développer un lexique précis, des
Evocation du lire et du dire armatures syntaxiques complexes et
Mémorisation d’un récit (aspects des mémoires) rigoureuses et les « marqueurs »
L’appropriation d’un récit/le conteur est un passeur/la grammaticaux :
bonne distance Genre,nombre etc…

L’araignée et la pintade : Que nous dit cette


PHASE 4 histoire : la différence, la moquerie, mais aussi le
désir de changer, conte de comment et pourquoi , Ecouter , comprendre et savoir
Présentations mais aussi conte de « punition » ou d’interdit analyser une histoire

27
d’histoires
Et analyse La chèvre et le Lion : fable de pourquoi… Trouver les caractéristiques d’un
conte
Jean Sans Peur : Quête populaire (développer la
notion de quête) matrice…

28
JOURNEE 2
PHASE ACTIVITE PREVUE OBJECTIFS ET COMPETENCES
TRAVAILLEES
PHASE 1 : -On essaie de se souvenir des histoires racontées la veille (le la pragmatique du langage :le langage est
Rappel de rappel de récit)..remise en forme, racontées : la remise en avant tout communication : interactions
récit mots permet une réflexion sur le sens ,la forme ,les rythmes organisées…
de parole, l’organisation des récits e leurs structures…la Compréhension première de la langue
prosodie de la langue Française
Travail de la mémorisation : remarques
Je raconte : la blessure de la langue
PHASE 2
Les outils du -création d’un nouvel espace de communication (stagiaires -Mémorisation d’un récit
conteur « debout ») -Se positionner dans un espace de
-rappel sur le fonctionnement de l’appareil phonateur et la communication
voix -Ecoute
-exploration :du souffle et de la voix (jeux : soupirs, hey -participer à un échange collectif dans la
famoussa, rencontres afros, hey yana :voix parlée,/voix langue française.oser
chantée, -accepter sa voix, son corps, travailler
-comptine de l’ogre…La marmite…Djin Djeeree l’histoire au travers du corps
La voix étant libérée,on travaille sur des intonations, jeux
surles postures qui vont aider aux intonations : le langage
c’est avant tout le corps…

Histoire : le crabe et le loup (avec percussion et comptine)


PHASE 3 Ecoute, maîtrise de la langue
Du travail de Je raconte « oumbabayé et le plus gros gros mot du monde » Imagination, restitution, faire des liens,
l’imaginaire Travail en partant de la matrice (métamorphose) improviser dans ses mots, se mettre en
scène
Difficultés pressenties : compréhension du texte et de la Gestion de la parole dans le groupe,
consigne négociations et confrontations
Etayage prévu : la « matrice » écrite. -anticiper, organiser,travailler la
chronologie d’un récit
-retenir lexique et appliquer syntaxe
Garder le texte

…autres histoires à identifier : Ecouter, comprendre et savoir analyser


PHASE 4 une histoire
LeaTata Gugu (randonnée)
Le loup pendu (et bama le crocodile) Trouver les caractéristiques d’un conte
Le petit génie…

29
JOURNEE 3

PHASE ACTIVITE PREVUE OBJECTIFS ET COMPETENCES


TRAVAILLEES
PHASE 1 : -On essaie de se souvenir des histoires racontées la veille (le la pragmatique du langage :le langage est
Rappel de rappel de récit)..remise en forme, racontées : la remise en avant tout communication : interactions
récit mots permet une réflexion sur le sens ,la forme ,les rythmes organisées…
de parole, l’organisation des récits e leurs structures…la Compréhension première de la langue
prosodie de la langue Française
Travail de la mémorisation : remarques
Je raconte : La chevrette
PHASE 2 -Mémorisation d’un récit
Les outils du -espace de communication (stagiaires « debout ») et -Se positionner dans un espace de
conteur rythmiques de paroles : frère blanc communication
-Ecoute
-travail sur la matrice des pourquoi et des comment -participer à un échange collectif dans la
Raconter ou plutôt liure deux histoires, les leur confier, langue française..oser
montrer comment cela fonctionne et leur demander de créer -réinvestir les propositions faites depuis le
une ou deux histoires, puis les dire en réinvestissant des début du stage
techniques de rythmiques de paroles… -analyse critique positive par le groupe
PHASE 3
Exemple Les mettre par trois et réfléchir sur la façon de Construire une séance avec des élèves
d’une trame construire une séance sur le récit oral en partant des en fonction des compétences
didactique propositions faites au cours de ces trois séances : attendues à l’oral.
en partant
d’un récit Analyse des propositions et discussions
oral

Finir sur Guinârou le roi des guinées : c’est bon, c’est Ecouter, comprendre et savoir
PHASE 4 bon. analyser une histoire
Parallèle avec le champ et les djinns : conte Afrique du Trouver les caractéristiques d’un
nord. (Algérie) conte
participer
Fiche pour s’évaluer…..

30
D’AUTRES OUTILS

- DOC 1 : à chaque récit son sens et son « usage »


- DOC 2 : Proposition d’une trame didactique pour une
séance
- DOC 3 : Fiche d’évaluation formative

31
PUCP/IUFMAVB/PC Activités mentales Activités Axes langagiers Axe socialisation
2008 narratives

-mémoriser Explorer une -travail sur les sons,les -participer


COMPTINES -anticiper, structure simple et rimes,les syllabes -s’intégrer à une
- structurer imagée (conceptualisation de la activité collective
Temps espace langue) -partager un
(chronologie) -Rythme et prosodie de patrimoine culturel
la langue
-lexique
-syntaxe
Métalangage et ORL -participer et
RANDONNEE -mémoriser Explorer une A traduire dans le socle s’intégrer à une
CONTES -anticiper structure répétitive commun activité de groupe
ENUMERATIFS Mettre en relation et Mettre en lien des Lexique
CONTES chronologie récits de même Syntaxe -écouter et respecter
RECURRENTS (aller/retour) nature Jeu avec les mots la parole des autres
Structurer sa pensée (fonction poétique) -partager un
patrimoine culturel
Idem que pour les
-mémoriser, Explorer des ORL, métalangage autres , mais en
MERVEILLEUX anticiper, analyser, matrices Lexique, syntaxe plus :
TRADITIONNEL faire des hypothèses, spécifiques, les …. S’intégrer à un projet
« faute et sauveur » vérifier, inférer, identifier, Travail sur
« Quêtes » mettre en lien des formulettes et rituels l’interculturel, la
évènements, Les reproduire, différence
chronologie, imaginer (le cheval est devenu
chameau, mais c’est
bien toujours la
même histoire
Analyser, faire de
hypothèses Explorer une ………../…….. Plus que pour les
,structurer , structure spécifique autres types de
CONTES D’ORIGINES Mettre en lien… et reproductible contes :
grâce aux
articulations Travail sur
Induites par les l’interculturel
connecteurs : travail Ex (création du
syntaxique monde dans toutes
les cultures)

32
PROPOSITION D’UNE TRAME DIDACTIQUE DE SEANCE
SUR LE RECIT ORAL
PC/2008/UCP.IUFM Versailles
SEANCE N°………………………… de la séquence intitulée : Entrée dans la langue orale française par le
récit oral
OBJECTIFS DE LA SEQUENCE : (ou objectifs généraux) reprendre les objectifs des programmes et les lier
au récit oral dans le cadre de la pragmatique du langage (communication) mais aussi en terme de lexique, de
syntaxe de prosodie de la langue française……..

OBJECTIF (S) DE LA SEANCE : compétences visées


Par exemple : comprendre et/ou identifier un récit ou travail de la chronologie et/ou encore : articulation
,prononciation, parole… ou encore : travail sur l’imaginaire ou encore :travail sur syntaxe/lexique…….Un
objectif par séance semble un bon choix.

-réflexion sur les rituels et les espaces de communication


TACHES PROPOSEES ET MISE EN ŒUVRE :
A/ présentation d’une histoire (racontée et choisie par l’enseignant) :bien sûr l’histoire est sélectionnée en
fonction de l’objectif et des compétences visées :exemple : chronologie : conte de randonnée ou énumératif ou
encore : identifier une structure : conte des pourquoi et des comment……..Ou encore : travail sur
articulation et rythmiques de paroles : jeux autour de comptines

B/Questions posées aux enfants : que veut nous dire ce conte ou cette histoire ? comment il « fonctionne » ?
etc….Identifier, jouer, comparer….
Et travail de la compétence visée : penser à des étayages pour ceux qui sont plus en difficulté ( au travers d’outils
facilitateurs)

C/Différentes activités peuvent être imaginées en fonction de l’objectif.

Remarque : les modalités de la mise en œuvre peuvent être variées : petits groupes, grand groupe etc….

EVALUATION DES EFFETS DE LA MISE EN OEUVRE


En général travail de « restitution » par les enfants : soit du texte initial, soit du travail demandé
SYNTHESE DE LA SEANCE :
-qu’est ce qu’on devait faire ?, est ce qu’on y est arrivé ?
Prolongement par l’enseignant qui raconte à nouveau l’histoire proposée ou une présentant les mêmes
caractères ou une projetant le groupe sur la prochaine séance

33
Travailler l’oral par le récit et le « CONTE » FICHE
D’EVALUATION FORMATIVE

Mon point En fonction des réponses et


Domaines liés aux de départ Mes difficultés Ce qui peut de mon cheminement au
objectifs (ce que je (identification) m’aider cours de la
pense formation,réinvestissement
posséder, (identification dans ma pratique
pouvoir et demande professionnelle
être, d’aide exprimée
pouvoir au cours de la
faire… ou formation)
non)
-Prendre la parole
(s’autoriser à)
COMMUNICATION -participer à un échange
collectif
-conduire un échange
-répondre aux sollicitations
de l’animateur
-laisser la parole aux autres
-écouter les autres,changer
de pont de vue

-utiliser correctement des


LANGUE ORALE structures et armatures
LANGAGE simples et complexes du
langage oral en langue
française.
-évaluer son lexique oral
-parole et articulation :
fluidité

-élaborer des liens culturels


LIENS en créant des parallèles
INTERCULTURELS entre différents contes et
histoires
traitants de thèmes
universels,pris dans les
répertoires de cultures
différentes

Analyser le processus de
CREATION ET création en créant soi
CREATIVITE même :réinvestir des thèmes
et des personnages issus des
contes et des histoires
proposés par le groupe ou
l’animateur

-médiatiser (utiliser un
OUTILS et support de médiation
MEDIATIONS une forme didactique sans
détourner l’attention du
récit) (marionnettes,…)
-utiliser sa voix comme un
outil sous ses différents
aspects
(hauteur,intensité,timbre)
-rythmer sa voix
-se constituer un répertoire
de base permettant
d’explorer les histoires et
REPERTOIRE les contes avec ses élèves.

34
PRESENTATION D’UN PROJET EN
PARTANT DES CONTES DE « POURQUOI
ET DE COMMENT »

35
PRESENTATION DE LA TRAME D’UN PROJET EN
PRENANT COMME SUPPORT :
LES CONTES D’ORIGINE

Les contes d’origine sont issus des grands mythes et notamment des
mythes cosmogoniques (ceux qui expliquent la création du (des) monde) .
De tout temps, l’homme a cherché à expliquer ce qui se passait autour de lui :
mystères pour lesquels il n’avait pas encore d’explications (scientifiques)…

Les petits contes d’origines fonctionnent toujours sur le même schéma.


Les articulations se font toujours avec les mêmes connecteurs (voir document
suivant)

Présentation d’une séance :

Objectifs :
-appropriation de la structure d’un conte particulier : le récit d’origine
-repérage des connecteurs introduisant les différents épisodes du récit
- les identifier (temps espace, causalité..) les mémoriser, les utiliser

Déroulement de la séance :
-raconter quelques petits contes d’origine (s’inspirer en les étoffant des
histoires présentées sur la « matrice » : page suivante)

-repérage des articulations et des connecteurs : les identifier…les retenir

-faire « créer »une petite histoire simple en utilisant la structure et les


connecteurs (s’inspirer des propositions de la page suivante)

36
SCHEMA TYPE D’UN CONTE DES ORIGINES
(applications pédagogiques)
Autrefois : Un jour : Mais : Alors : C’est pourquoi
Etat des lieux Changement de Déséquilibre Résolution aujourd’hui :
Situation initiale situation positive ou Situation finale
négative
L’ours et le L’ours décide Le corbeau refuse Le corbeau L’ours blanc n’a
corbeau ne d’aller demander de l’aider, l’ours voulant sortir plus de queue et le
s’entendaient conseil au veut attraper le l’ours de la neige, front en pente
pas… corbeau… corbeau et tombe lui arrache la (chute tête la
lourdement dans queue… première dans la
la neige… neige)…
La chauve souris Elle va se La chauve souris La chauve souris La chauve souris a
se trouvait très plaindre au se moque des perd toutes ses honte et ne sort
laide… créateur, chaque oiseaux, lesquels plumes plus que la
oiseau devra lui vont à leur tour se (intervention du nuit…Elle cherche
donner une plaindre d’elle au divin)… des plumes….
plume… créateur…
Les hommes ne Les hommes Une mouche vole Les mouches ont Il y a des mouches
possédaient pas promettent « table le feu rapporté par « table ouverte » sur nos tables de
encore le feu… ouverte » à l’araignée chez les salles à manger et
l’animal qui pendant son hommes… les araignées
rapportera le feu. sommeil… tissent des toiles
C’est l’araignée pour attraper les
qui se met en mouches et les
route… déguster.

Application : imaginer et raconter : pourquoi la coccinelle a des points noirs sur


sa carapace rouge
Pourquoi le dromadaire a une bosse

37
LA CHAUVE SOURIS
(Conte d’origine…Indiens Zapotèques…in contes des pourquoi et
des comment
Muriel bloch.
Lorsque le temps était encore un tout petit enfant, il n’y avait pas en ce monde
de créature plus laide que la chauve souris.

La chauve souris voulut en parler à dieu et monta dans le ciel. Elle ne lui dit pas
qu’elle se trouvait affreuse, non, elle lui dit :

« Donne moi des plumes, je t’en supplie, car je meurs de froid ». Mais Dieu
n’avait plus une seule plume en réserve….Chaque oiseau t’en donnera une
décida t il…

Et ainsi, la chauve souris obtint :

-la plume blanche de la colombe,


-la plume verte du perroquet
-la plume chatoyante du perroquet
-la plume rose du flamant
-la plume rouge de la huppe
-la plume bleue du martin pêcheur
-la plume d’argile de l’aile de l’aigle
Et la plume soleil qui flambe sous la poitrine du Toucan.

La chauve souris heureuse et resplendissante, parée de ses plus beaux atours se


promenait entre ciel et nuages…Partout ou elle passait, elle remplissait l’air
d’allégresse et laissait les oiseaux muets d’admiration.Les zapotèques affirment
que l’arc en ciel naquit de son vol…
Mais la vanité la fit se rengorger.Son regard n’était que mépris et ses propos
humiliations….
Les oiseaux se réunirent et volèrent ensemble vers Dieu :
« La chauve souris se moque de nous, se plaignirent ils.Et puis, il nous manque
des plumes et nous avons froid !!
Le lendemain, alors que la chauve souris agitait ses ailes en plein vol, elle se
retrouva toute nue…une pluie de plumes tomba sur la terre.
La chauve souris continue de les chercher. Aveugle et laide, ennemie de la
lumière, elle vit cachée dans les grottes .La nuit venue ,elle part à la poursuite
de ses plumes perdues ;elle vole vite, vite, sans jamais s’arrêter ,tant elle a honte
qu’on la voie.

38
BIBLIOGRAPHIE POUR COMMENCER

-DES LIVRES DE CONTES :


Henri Gougaud (seuil ou poche)
-L’arbre à soleil
-l’arbre à trésors
-l’arbre d’amour et de sagesse
-la bible du hibou
-contes d’Afrique
Ré Soupault, Philippe Soupault :
-Histoires merveilleuses des 5 continents
Bernard Friot :
-Histoires pressées
Blaise Cendrars :
-Petits contes nègres pour enfants des blancs

Collection « paroles de conteurs » ed Syros par Ilona Zenko

Muriel Bloch :
-365 contes pour tous les âges (et autres 365 contes) et notamment
« contes des pourquoi et des comment »
-365 contes de gourmandises

Actes Sud junior :


-les contes à plusieurs voix (acte Sud)

Collection : mille et un contes Millan éditions

POUR L’ENSEIGNANT :
Anne Popet Evelyne Roques : Le conte au service de l’apprentissage de la
langue (RETZ)

Agnes Chavanon : Former des enfants conteurs (hachette éducation)

Denizot : structure des contes et pédagogie : CNDP de Bourgogne

POUR ALLER PLUS LOIN :


Bettelheim Bruno : psychanalyse des contes de fée
Propp Vladimir : Morphologie du conte (seuil)
Jean Georges : Le pouvoir des contes (Casterman)

39
REPERTOIRE DE CONTES

40
COMPTINES ET JEUX DE SONS

41
COMPTINE DE L’OGRE

J’ai mangé un œuf


Deux langues de bœuf
Trois rôts de mouton
Quatre gros jambons
Cinq rognons de veau
Six couples d’oiseaux
Sept immenses tartes,
Huit filets de carpe
Neuf kilos de pain

Et j’ai encore faim


Peut être ce soir,
Vais-je encore devoir,
Manger mes deux mains
Pour avoir enfin,

Le ventre bien plein.

42
CONTE POUR COMPTER

(Histoires au téléphone : Gianni Rodari)

Trois fois un ce coquet d’ours brun se met du parfum.

Trois fois deux l’éléphant gâteux marche sur des œufs.

Trois fois trois le héron a froid à sa jambe de bois.

Trois fois quatre un singe bureaucrate écrit et se gratte

Trois fois cinq, le chat sur le coussin lit au rat la vie des saints.

Trois fois six la girafe se dévisse et s’enfuit en Suisse

Trois fois sept un pou sur ma tête chante et fait la quête

Trois fois huit un renard jésuite croque une pomme cuite

Trois fois neuf que c’est triste un bœuf quand il reste veuf

Trois fois dix, dans une oasis


Le Lion rend la justice,
En dévorant gratis,
Ses sujets en SAUCISSES…

43
Je monte dans le champ JEUX DE SONS…
Je compte tout le temps
Je tombe dans l’étang
je trouve un caillou blanc

Bien que j’en sache les chemins,


Jamais je n’atteindrai la plage

L’eau sous le vieux pont,


Coule, coule et chante
L’eau sous le vieux pont
Berce de son chant
Les poissons d’argent
Sautons dans l’herbe brune,
Sautons avec le vent
Et sautons dans la lune,
Si nous passons devant….

Et ton Phoque ?
Et ton coq ?
Et ton sac ?
Et ton lac ?
Et ton pic ?
Et ton tic ?
Et ton œuf ?
Et ton bœuf ?
Ils vont bien
Ce matin,
Merci pour eux ?
Pour nous,
On s’amuse…comme des fous !

44
Texte libre

(D’après Histoires pressées, de Bernard Friot,


Milan Poche Junior, p 33)

Dimanche, je suis allé chez mon tonton et ma tata. On a mangé du poulet


avec des frites. Après on est allé au zoo et on a vu le tigre dans sa cage.
Quelle belle journée !

Lundi je suis allé chez le tigre. On a mangé mon tonton et ma tata avec des
frites. Après, on est allé au zoo et on a vu le poulet dans sa cage. Quelle belle
journée !

Mardi je suis allé chez le poulet avec des frites. On a mangé le tigre. Après,
on est allé au zoo et on a vu mon tonton et ma tata dans leur cage. Quelle
belle journée !

Mercredi je suis allé au zoo. Mon tonton et ma tata ont mangé du poulet
avec des frites. Après, ils sont venus me voir dans ma cage, à côté de celle
du tigre.
Tous ensemble : Quelle belle journée !

45
Inventer la suite

Jeudi,……!

Vendredi, …….

Samedi …….

Dimanche. Le zoo paraît vide, sans le poulet, sans mon tonton et sans ma
tata. Il ne reste plus que nous (geste englobant les spectateurs et nous)… et le
tigre.
Tous : Belle journée ! ?

46
La marmite

D’après Gilles Vigneault

Ils ont mis dans la marmite


Trois bottines déjà cuites.

e Ils ont mis dans le chaudron


Le vieux lustre du salon,
Le chapeau du vieux garçon,
Les oreilles du dragon,
Avec trois petits cochons tout rond.

Ils ont mis le feu dessous :


Ca sentait jusqu’à chez nous.
Ca mijote, ça mijote,
Bougonnait le vieux Galou,
Ca mijote, ça mijote,
e Venez goûter mon ragoût !

Tout le monde est invité.


Tout le monde en a mangé.
Tout le monde au lit,
Trois jours et trois nuits !

Mais la vieille Anastasie


A guéri son panaris.
Tous Merci !

47
LE LOUP ET LE CRABE
(Récit populaire de tradition orale)

Comptine : un crabe souviens toi, ça marche, ça marche, un crabe souviens


toi, ça marche de guingois
Un crabe méfie toi, ça pince, ça pince, un crabe méfie toi fais
attention à tes doigts :

Il y avait une fois, un loup, un crabe et un corbeau .Le loup, on va le laisser


dans le bois…occupons nous pour le moment du corbeau et du crabe.

Ce jour là le corbeau avait très chaud et il est allé tremper ses pattes dans l’eau
de la mer…Il s’est posé sur la pierre sous laquelle sommeillait un crabe…Et il
l’a dérangé : alors le crabe a sorti sa grosse pince de crabe et a attrapé la patte du
corbeau :
« Un crabe méfie toi……… fais attention à ta…patte »

-Aie ! dit le corbeau tu me fais mal, lâche moi ! Qu’est ce que je t’ai fait…
-Rien dit le crabe, mais tu me déranges…

Si je te lâche qu’est ce que tu me donnes ? ? ?

-Je ne sais pas ,je te donnerai…Une tente en peau de renne.


- Pas besoin de ta tente, je suis très bien à l’abri sous ma pierre a rétorqué le
crabe…

Si je te lâche qu’est ce que tu me donnes ? ?

Je te donnerai…un canoé en peau de renne…


-Pas besoin d’aller voguer sur l’eau je suis très bien dessous a dit le crabe…Et il
a attrapé la deuxième patte du corbeau :

« Un crabe méfies toi…….fais attention à tes pattes ! ! »

-Aie Aie tu me fais très mal a répété le corbeau lâche moi, mais qu’est ce que je
t’ai fait encore ? ? ?
-Si je te lâche qu’est ce que tu me donnes ? ? ?
-Je te donnerai………Un renne tout entier, je l’emmènerai jusqu’ici !

48
-Bien a dit le crabe…Et il a lâché les deux pattes du corbeau ,qui s’est envolé
et est allé se les essuyer dans l’herbe du pré voisin tant elles lui faisaient mal.

Mais…le pré était juste devant le bois …et …qui on a laissé dans le bois depuis
le début de cette histoire ? ? ?

Le loup ! Qui est sorti de là affamé, et qui voyant cette petite chose toute noire a
eu envie de la manger. Il a posé sa grosse patte de loup sur la queue du corbeau :

Le corbeau s’est retourné : »mais qu’est ce qui se passe encore et qui es tu


toi ? »

« Moi, je suis le loup et…je vais te manger ! ! ! »


« Tu ne vas pas faire cela » a dit le corbeau je suis tout maigre et je n’ai que la
plume sur la peau et la peau sur les os » «
« Tant pis » a répété le loup…j’ai tellement faim. »

« Bon je vais te conduire à un endroit ou l’on mange bien »


L : »et quel est cet endroit ? »
C : « c’est la mer »
L : « et qu’est ce qu’on y mange ? »
C : »du poisson »
« Beurk » a dit le loup qui avait horreur du poisson.

Bon, je t’y emmène quand même a réitéré le corbeau, et ne sachant très bien
pourquoi, le loup s’est laissé faire .Arrivé au bord de l’eau le corbeau a dit au
loup :
« Laisse pendre ta queue au dessus de cette pierre (c’est la pierre sous laquelle
est le crabe), lorsque tu sentiras frétiller les poissons tu n’auras qu’à tirer et tu
auras à manger ! »

« Formidable ! »

Et le loup a fait ce que lui avait dit le corbeau .Pendant ce temps, celui ci est allé
frapper sur la pierre du crabe : »eh !le crabe je t’ai rapporté le renne, tu peux
voir sa queue qui pend.
-« merci » et le crabe a sorti sa grosse pince de crabe et a attrapé la queue
du…loup….

« Un crabe méfie toi….fais attention à ta queue ! ! »

49
Et ce jour là on pouvait voir sur le chemin qui conduisait au village, un curieux
équipage : c’était un loup, avec, accroché à sa queue un énorme crabe, et au
dessus d’eux voletait un petit corbeau tout noir qui riait en disant :
« Ah ah, vous vouliez me manger l’un et l’autre, eh bien maintenant mangez
vous l’un l’autre ! ! ! »

Est ce le loup qui a mangé le crabe ? Est ce le crabe qui a mangé le loup ?mon
histoire ne le dit pas, en attendant vous, lorsque vous irez cet été au bord de la
mer méfiez vous car :

(Reprise de la comptine du crabe)

Adaptation :P.Charentin /Edith Vuarnesson in « Histoires de loup »

50
FRERE BLANC MON FRERE BLANC

Quand je nais je suis noir,


Je grandis je suis noir,
Quand j’ai froid je suis noir,
Quand j’ai peur je suis noir,
Au soleil je suis noir

Quand je meurs je suis noir, quand je meurs je suis noir…

FRERE BLANC,MON FRERE BLANC

Quand tu nais tu es rose,


Tu grandis tu es blanc
Tu as froid tu es bleu,
Tu as peur tu es vert
Au soleil tu es rouge,

Quand tu meurs tu es gris….Quand tu meurs tu es gris

ET TU AS LE CULOT DE M’APPELER, MOI !! HOMME DE COULEUR….

Amadou ampaté ba. …

51
LE SULTAN et LE VIZIR
(Contes orientaux)

Il était une fois, il y a bien longtemps de cela, dans un pays lointain, un


sultan qui voulait connaître toutes les histoires du monde.
Un matin il appelle son vizir et lui fait part de son désir. A cette époque le sultan
a déjà 50 ans.
« Collecter les toutes les histoires du monde ? Cela va être long »… (Répond le
vizir, mais il se met au travail et en quête)
20 ans après le vizir revient et avec les ouvrages collectés remplit 347 mosquées
(Le sultan a alors : 70 ans)
Lorsque le sultan voit cela il est désolé : « le sentier de ma vie n’est plus
assez long pour me permettre de lire toutes ces merveilleuses histoires : peux tu
vizir me faire un résumé ?? »
Oui répond le vizir mais cela va prendre du temps.Et le Vizir se met au travail et
fait venir les assassins de mots, les pourfendeurs de phrases, les avaleurs de
virgules et de points et …au bout de 10 ans, le vizir revient suivi par une
caravane de 258 chameaux dont les paniers sont remplis de manuscrits.

(Le sultan a alors….80 ans)

Hélas jamais je n’aurai le temps de lire tout cela avant que la flamme de
ma vie ne s’éteigne, peux tu vizir me faire un « résumé du résumé ? »
Et là on a fait venir les raboteurs de paragraphes, les scieurs de récits (tu peux
inventer…)
Et au bout de 10 ans le vizir est revenu avec une charrette tirée par un âne…

(Le sultan a alors…90 ans)

Hélas, jamais je n’aurai le temps de lire tout cela avant que le souffle de
ma vie ne s’éteigne peux tu vz me faire un résumé du résumé du résumé

Et le vizir se remet au travail et cela dure 10 ans :

(Le sultan a alors : 100 ans)

Lorsque le vizir arrive avec un ouvrage d’environ une centaine de pages, le


sultan est sur son lit de mort et le voyant il soupire de désespoir…Puis il
s’adresse à son peuple pressé autour de son lit :

N’y a-t-il personne qui pourra avant que je ne quitte ce monde me faire un
résumé du résumé du résumé du résumé de toutes les histoires du monde ??

52
Personne ne s’est approché (on le craignait le sultan) personne ? Eh bien si : un
petit garçon qui a chuchoté à l’oreille du sultan quelques mots…
Le sultan a souri, enfin apaisé, puis il est mort…
On a cherché longtemps ces quelques mots…Un jour on les a trouvés : ce sont
les quatre mots qui commence et qui résument tous les contes du monde :

IL ETAIT UNE FOIS….ONCE UPON A TIME…CERA UNA VOLTA…et


dans votre langue ??

Adaptation Ph Charentin

53
CONTES EN RANDONNEE

54
« Bouche cousue »
Rapporté par Pépito Mateo ed du Rouergue.

Un jour, dans un pays, bien loin d’ici, un enfant s’est arrêté de parler.
Pourquoi ?? A demander le chat qui dormait là tout près de lui…
Bien entendu l’enfant n’a pas répondu, et le chat a dit :
Hé bien puisque tu t’arrêtes de parler, moi, je vais m’arrêter de ronronner .Et ce
jour là, dans ce pays, bien loin d’ici, un chat s’est arrêté de ronronner.
Pourquoi ?? A demander la maison dans laquelle vivait le chat et le garçon
Je vais te raconter l’histoire a repris le chat : ce matin l’enfant s’est arrêté de
parler alors moi, je me suis arrêté de ronronner…
Hé bien puisqu’il en est ainsi, moi la maison, aujourd’hui, je n ouvrirai pas mes
volets. Et ce jour là dans ce pays bien loin d’ici, une maison n’a pas ouvert ses
volets…
Pourquoi ?? Ont demandé les fleurs dans le jardinet devant la maison…
Oh je vais tout t’expliquer a rétorqué la maison : Ce matin l’enfant s’est arrêté
de parler, le chat de ronronner, et moi je n’ai pas ouvert mes volets…
Hé bien, nous les fleurs, on va pencher la tête.Et ce jour là dans ce pays, bien
loin d’ici, les fleurs ont courbé la tête…
Pourquoi ?? A demander le chemin qui conduisait d’habitude les travaux dans
les champs.
On va tout te dire ont repris les fleurs : ce matin l’enfant s’est arrêté de parler, le
chat de ronronner, la maison n’a pas ouvert ses volets, et nous les fleurs, on a
penché la tête.
Ah bon ?? Le chemin a réfléchi : moi je vais m’arrêter. Et ce jour là dans ce
pays bien loin d’ici, un chemin s’est arrêté et n’a pas conduit les travaux dans les
champs.
Pourquoi a tonné le soleil, pour quoi le chemin t’arrêtes tu ?
Oh ! Je vais t’expliquer : ce matin l’enfant s’est arrêté de parler,le chat de
ronronner,la maison n’a pas ouvert ses volets,les fleurs ont penché la tête,et moi
je me suis ARRETE
Oh là a dit le soleil, moi je vais faire quelque chose de terrible…
Et ce jour là dans ce pays bien loin d’ici, le soleil s’est arrêté de briller…
Et la nuit est venue : une nuit noire, inquiétante, froide, une nuit qui faisait
peur..Et sur la toile du ciel de cette nuit, il y avait deux étoiles.L’une d’elle s’est
détachée, est venue se poser au creux de l’oreille de l’enfant. Elle a dit des
sons,ces sons se sont transformés en mots,ces mots en phrases,et ces phrases en
histoires.L’enfant les a reconnues,c’était celles que lui racontait sa grand-
mère,juste avant la nuit,juste avant la guerre.Alors il a souri, et il s’est remis à
parler,et le chat à ronronner,la maison a ouvert ses volets,les fleurs ont redressé
leurs têtes,le chemin

55
A conduit a nouveau les travaux dans les champs et.Le soleil s’est remis à
briller.Et voyez vous mes amis, c’est depuis ce temps là qu’on pense qu’il est
très important de raconter des histoires aux petits …et aux grands.

PC 2006

56
LA RANDONNEE DU SINGE
(Randonnée populaire)
Il était une fois un petit singe si bavard qu’il cassait les oreilles de tout le
monde.On était tranquille que lorsqu’il dormait…Un jour qu’il faisait la sieste
en haut d’un cocotier,il y a eu un grand « POUM » :

-petit singe a sursauté, petit singe s’est réveillé, a sauté et s’est mis à courir
comme un fou….

Il court si vite qu’il passe devant le lièvre :

Le lièvre : hé ! Ou cours tu si vite ?


Le singe : tremblement de terre
Tout le groupe répète : tremblement de terre !!
Le lièvre : tremblement de terre ??CIEL !!

Et le lièvre court après le singe, ils courent si vite qu’ils passent devant la
gazelle :

La gazelle : hé ! Où courez vous si vite ?


Le lièvre : tremblement de terre !
Le groupe : tremblement de terre !!
La gazelle : tremblement de terre ?? MON DIEU !!
Et la gazelle court après le lièvre qui court après le singe, ils courent si vite
qu’ils passent devant la girafe :

La girafe : hé, ou courez vous si vite ?


La gazelle : tremblement de terre !
Le groupe : tremblement de terre ???
La girafe : tremblement de terre : HORREUR !!

Et la girafe court après la gazelle qui court après le lièvre qui court après le
singe…ils courent si vite qu’ils passent devant le crocodile :

Le crocodile : hé ! Où courez vous si vite ?


La girafe : tremblement de terre !!
Le groupe : tremblement de terre ??
Le crocodile : tremblement de terre : CATASTROPHE !!

Et le crocodile court après la girafe qui court après la gazelle qui court
après le lièvre qui court après le singe…Ils courent si vite qu’ils passent devant
l’hippopotame…

57
L’hippopotame : hé ! Où courez vous si vite ?
Le crocodile : tremblement de terre !!
Le groupe : tremblement de terre ???
L’hippopotame : tremblement de terre, MY GOODNESS

Et l’hippopotame court après le crocodile qui court après la girafe qui


court après la gazelle qui court après le lièvre qui court après le singe…Ils
courent si vite qu’ils passent devant l’éléphant :

L’éléphant : hé ou courez vous si vite ??

L’hippopotame : tremblement de terre !


Le groupe : tremblement de terre ???
L’éléphant : tremblement de terre : HAALLTE !!!

L’éléphant : L’hippopotame : qui t’a dit qu’il y avait un tremblement de terre ?


L’hippopotame : mais le crocodile !
L’éléphant : Et toi le crocodile ??
Le crocodile : mais : la girafe !
L’éléphant : et toi la girafe ??
La girafe : mais la gazelle !
L’éléphant : et toi la gazelle ??
La gazelle : mais le lièvre !
L’éléphant : et toi le lièvre ??
Le lièvre : mais le singe !!
L’éléphant : et toi le singe
Le singe : mais…..personne, j’ai entendu un énorme « POUM » j’ai cru que
c’était un tremblement de terre et je me suis sauvé…
L’éléphant : Vraiment ? Hé bien montre nous ou cela s’est passé !!

Et le singe les a emmenés au pied du cocotier : ce n’était qu’une énorme


noix de coco qui était tombée et qui avait fait un gros trou….

Tout le monde a éclaté de rire….Petit singe a été moqué, petit singe s’est
vexé,il est monté dans le cocotier pour bouder……..Et je crois bien qu’il boude
encore !!!!!!!

PC/07

58
L’EPOUVANTAIL
(Randonnée populaire)

Il était une fois une vieille femme qui vivait près d’une forêt.
Elle avait une jolie petite maison et un jardin bien ensoleillé dans lequel elle
aimait planter des graines.
Mais chaque jour, les oiseaux de la forêt venaient lui manger ses graines et la
vieille devait recommencer à planter le lendemain.

Alors un matin elle en a eu assez et, au lieu de faire ses plantations, elle
est allée se promener d
Elle s’est promenée tout le jour, elle a ramassé des champignons, elle a même
fait un gros bouquet de fleurs puisqu’elle n’en avait pas chez elle.
Lorsqu’il a commencé à faire nuit, elle a décidé de reprendre le chemin de sa
maison.

Soudain elle entend un drôle de bruit.


Elle se retourne et qu’est-ce qu’elle voit ?
Deux chaussures.
Des chaussures, ça ne fait pas peur les enfants ?  NON
Mais des chaussures qui font CLIP CLAP (+ geste mains) …
Alors elle repart, mais derrière ça poussait : CLIP CLAP (+ gestes)
Elle continue donc son chemin.

Soudain elle entend un drôle de bruit.


Elle se retourne et qu’est-ce qu’elle voit ?
Deux jambes de pantalon.
Deux jambes de pantalon ça ne fait pas peur les enfants ?  NON
Mais des jambes de pantalon qui font TWIST TWIST (+ geste jambes) …
Alors elle repart, mais derrière ça poussait : CLIP CLAP TWIST TWIST (+
gestes)
Elle continue son chemin en courant plus vite.

Soudain elle entend un drôle de bruit.


Elle se retourne et qu’est-ce qu’elle voit ?
Deux manches de chemise.
Deux manches de chemise ça ne fait pas peur les enfants ?  NON
Mais des manches de chemise qui font SWING SWING (+ geste bras) …

59
Alors elle repart, mais derrière ça poussait : CLIP CLAP TWIST TWIST
SWING SWING (+ gestes)
Elle continue son chemin en courant.

Soudain elle entend un drôle de bruit.


Elle se retourne et qu’est-ce qu’elle voit ?
Deux gants.
Deux gants ça ne fait pas peur les enfants ?  NON
Mais des gants qui font TAP TAP (+ frapper mains) …
Alors elle repart, mais derrière ça poussait : CLIP CLAP TWIST TWIST
SWING SWING TAP TAP (+ gestes)
Elle continue son chemin et elle se met même à courir un peu plus vite !

Soudain elle entend un drôle de bruit.


Elle se retourne et qu’est-ce qu’elle voit ?
Un chapeau.
Un chapeau ça ne fait pas peur les enfants ?  NON
Mais un chapeau qui dit BIENVENUE BIENVENUE (+ geste de saluer avec un
chapeau) …
Alors elle repart, mais derrière ça poussait : CLIP CLAP TWIST TWIST
SWING SWING TAP TAP BIENVENUE BIENVENUE (+ gestes)
Alors la vieille prend ses jambes à son cou et court vite vers sa maison.

Soudain elle entend un drôle de bruit.


Elle se retourne et qu’est-ce qu’elle voit ?
Une citrouille.
Une citrouille ça ne fait pas peur les enfants ?  NON
Mais une citrouille qui a deux trous pour les yeux
Un pour le nez
Un autre pour la bouche
Et qui fait BOUH BOUH …
Alors elle repart, mais derrière ça poussait : CLIP CLAP TWIST TWIST
SWING SWING TAP TAP BIENVENUE BIENVENUE BOUH BOUH (+
gestes)

Là elle court à toute vitesse jusqu’à sa maison. Elle y rentre, ferme tous
les volets, met un cadenas à sa porte et se cache dans son lit sous sa couette.
Et puis … plus rien : elle dort sûrement.
Le lendemain matin, elle se réveille et que voit-elle dans son jardin ?

60
Deux chaussures, un pantalon, une chemise, des gants, un chapeau et une
citrouille : c’est un …  EPOUVANTAIL

Depuis ce jour-là, la vieille femme est très heureuse, car les oiseaux ne viennent
plus manger ses graines et ses légumes poussent très bien.

Et les épouvantails, ça ne fait pas peur les enfants ?


Et pourtant dans la nuit, ça fait … CLIP CLAP TWIST TWIST SWING
SWING TAP TAP BIENVENUE BIENVENUE BOUH BOUH (+ gestes)

61
CONTES POUR PENSER ET POUR
PARLER

62
La parole
Collecté par H. Gougaud
Version P. Charentin

La parole est cruelle, dangereuse, mortelle, et Dritt le pêcheur l’apprit un


jour à ses dépens.

Dritt était un pêcheur grand, au teint mat, aux cheveux drus, comme tous
les hommes de sa tribu, et ce matin là il marchait sur la plage en laissant sur le
sable mouillé l’empreinte de ses pieds. Quand tout à coup il a aperçu quelques
algues, et sur ces algues il y avait un crâne, un misérable débris humain, un
crâne blanc qui ne faisait là que son métier de crâne.

Comme Dritt aimait bien s’amuser il s’est adressé à lui tout en dansant autour :
« crâne, pauvre crâne, mais qui t’a donc conduit ici ? »
-Vous vous doutez bien qu’il n’attendait aucune réponse… mais alors le
crâne a desserré les dents et a répondu « la parole »….

Dritt a fait un bond en arrière, puis croyant avoir été victime de la brise du
matin, à nouveau a questionné : crâne, pauvre crâne mais qui t’a donc conduit
ici ?
Et le crâne agacé a entr’ouvert ses mâchoires et a répondu….La parole !!

Alors Dritt a tout lâché, ses affaires, son sac, ses filets et il a couru sur le
sable jusqu’à la tente de son roi, il a poussé le garde, a ouvert la porte de toile :

« Roi, mon Roi, sais tu ce que j’ai vu là bas sur le sable ? Un crâne, un crâne
blanc …mais qui parle… »

« Homme tu es saoul » a répondu le roi qui venait de terminer son porcelet du


matin…

« Non je n’ai dans l’estomac qu’une calebasse de lait de chèvre »

« Bon, je veux bien venir avec toi, mais si jamais tu m’as menti, tu le paieras de
ta vie… »

63
Et le roi est parti derrière son énorme ventre de roi, son sabre balançant au
côté, tandis que Dritt, lui, courrait sur le sable vers le crâne blanc, qui ne faisait
là que son métier de crâne.

« Crâne, voici mon roi, donne lui quelques mots de bienvenue »

Mais le crâne n’a pas desserré les dents

« Dis au moins à mon roi qui t’a conduit ici »

Mais le crâne n’a pas entr’ouvert les mâchoires

Alors dans un éclat de rire et dans un geste ample, le roi a dégainé son
sabre et a coupé la tête de Dritt….Puis il est allé vaquer à ses affaires de Roi qui
étaient sans doute beaucoup plus importantes que toutes nos histoires…..

La tête de Dritt ???

Elle a roulé sur elle-même dans le sable, elle a tourné et est venue se
ficher dans l’empreinte creuse de la joue du crâne…Qui a ce moment là à
légèrement pivoté sur lui-même :
« Tête, pauvre tête, mais qui t’a donc conduit ici ?? »

Alors les lèvres déjà bleues se sont entr’ouvertes, la langue est passée entre les
dents et il a répondu :

« La parole »

Méfiez vous de la parole, méfiez vous des conteurs…..

PC 2005

64
La blessure de la langue :

(CONTE D’Afrique)
Il y avait une fois un chasseur qui avait été laissé pour mort à la lisière de
la forêt.
Le Lion, seigneur des animaux est venu à passer par la. Alors, le lion a ramassé
le chasseur, Alors de sa langue, il a donné à manger et à boire au chasseur. Alors
le lion de son corps a réchauffé le corps du chasseur…. Et la vie est revenue :
L’homme s’est mis à genoux, puis il s’est levé et le lion a dit : Puisque tu es
guéri maintenant, tu peux rejoindre ton village…Je vais t’accompagner …Nous
discuterons….
Quand ils sont arrivés à proximité du village de l’homme, le lion s’est
arrêté : »tes frères sont des chasseurs, si je viens avec toi, ils vont sûrement me
tuer…Alors, adieu ». L’homme a remercié le lion, lui a juré fidélité, puis il est
entré dans son village.
Mais le lion n’est pas parti, il est resté derrière la case dans laquelle habitait le
chasseur et il a …..Écouté.

Quand l’homme est arrivé sur la place du village il y avait là ses frères,
ses amis, ses femmes, ses enfants :

« Mais que se passe t il ? On t’avait laissé pour mort à la lisière de la forêt ????
Raconte….. !!

Et le chasseur a raconté : le lion qui de sa langue avait guéri ses plaies, le lion
qui de sa bouche lui avait donné à manger et à boire, le lion qui de son corps
avait réchauffé son corps……
Les autres ont écouté : c’est une belle histoire que tu nous racontes là …..Mais
d’autres questions sont venues après :

-cela ne te dérangeait pas de partager la nourriture d’une bête sauvage ?


-cela ne te dérangeait pas de partager sa couche ?

Non !!! Car le lion est bon, je vous l’ai dit….Puis il a rajouté …Il a quand même
un petit défaut……..Il sent mauvais, ……Il PUE !!!!!
A quelques temps de là, alors que le chasseur revenait au bord de la rivière pour
y puiser de l’eau le lion était là :
« L’homme, prend ton couteau et entaille moi le front ! »

-je ne peux faire cela tu m’as sauvé la vie, je t’ai juré fidélité !!!

Fais ce que je te dis, sinon je te mange…

65
L’homme a sorti alors son couteau et a entaillé le front du lion, le sang a
giclé…et il est reparti dans la forêt.

Une semaine après, alors que le chasseur revenait au bord de la rivière pour y
puiser de l’eau le lion était là :
« L’homme comment va ma blessure ce matin ?

Mieux…je vois que cela cicatrise……

Bien a dit le lion et il est reparti dans la forêt…

Trois jours après, alors que le chasseur revenait au bord de la rivière pour y
puiser de l’eau, le lion était là :
« L’homme : comment va ma blessure ce matin ?
« C’est fini a répondu l’homme…Les poils commencent à repousser.
Parfait a dit le lion, tu vois l’homme, la blessure que tu as faite à
Mon front, ELLE a guéri, mais celle que tu as faite à mon cœur le jour où tu as
dit que je sentais mauvais, celle là ne guérira JAMAIS….

Et le lion a sauté par-dessus la rivière et a…dévoré le chasseur…

Qu’on se le dise…et qu’on se le dise BIEN !!

Conte africain adapté Philippe Charentin

66
LE LOUP PENDU

(Conte populaire in « contes des quatre vents de Natha Caputo)

IL y avait un jour un homme qui se promenait dans un bois, quand


tout à coup il a entendu appeler…Hé l’homme ! Hé ! L’homme !
l’homme !…C’était un loup, un loup qui était pendu par une patte arrière à
la fourche des deux branches d’un vieil arbre et qui ne pouvait plus se
libérer…

« S’il te plait l’homme, libère moi, regarde, mes oreilles sont rouges, mes yeux
sont injectés, ma truffe est brûlante, je vais mourir…S’il te plait, libère moi… »

-Oh là ! A rétorqué l’homme, si je te dépends tu vas me dévorer…

-Mais non ! Si tu sauves ma vie, je te laisserai la tienne…

L’homme est allé faire un tour dans le bois pour réfléchir…et comme
apparemment c’était un homme qui avait le respect de la vie, il est revenu et…il
a dépendu le loup…

Bien ! Imaginez les maintenant, tous les deux assis côte à côte sur une vieille
souche, ils parlent de tout, se racontent des histoires d’homme, de loup,
évoquent la pluie et le beau temps…

Quand tout à coup le loup se rapproche de l’homme…

-L’homme, il faut que je te dise quelque chose !

-Eh bien parle…

-J’ai envie de te manger !!

-Ah ça non !!! Je t’ai sauvé la vie et tu avais promis…décidément le loup tu n’es
pas un animal de parole !!

-Je sais, mais je n’y peux rien, c’est dans ma nature !! Connais tu l’histoire du
scorpion et de la grenouille ???

-Allez ! Raconte !!
(Et il raconte l’histoire…) :

67
Il était une fois un scorpion qui voulait traverser une rivière…mais les scorpions
ne savent pas nager .Sur la même rive, il y avait une grenouille qui s’apprêtait à
traverser.

« Hé la grenouille, est ce que tu me prendrais sur ton dos pour aller de l’autre
côté ?? » dit le scorpion…

« Sûrement pas » répond la grenouille, « tu vas me piquer et je vais mourir… »

-« mais non je ne ferai pas cela, ce serait stupide, si je te tue, je me noie… »

-« C’est vrai ! Allez, monte »

Et la grenouille s’est mise à nager, mais au milieu de la rivière, elle a senti la


queue du scorpion qui se raidissait…Et il l’a piquée de son dard, juste derrière
la tête…

Mais qu’as-tu fait a crié la grenouille, nous allons maintenant mourir tous les
deux…

Je sais a répondu le scorpion, …Je n’y peux rien, c’est dans ma nature…

Ils en sont morts tous les deux !!!

Tu vois l’homme, c’était dans la nature du scorpion de piquer la grenouille, hé


bien moi, je vais te manger….

Ecoute, on pourrait demander à trois témoins de juger de notre affaire :

Regarde cette vieille jument qui arrive, elle a l’air bien sage…
Hé la jument, tu vois ce loup, hé bien il était pendu par une patte arrière, la tête
en bas, je lui ai sauvé la vie et maintenant il veut me manger …qu’en penses
tu ??

Oh moi a dit la jument, je n’en pense rien, tu vois l’homme, quand j’étais jeune
et vive, quand je traînais la charrue et tirais la charrette…On me donnait bien a
manger, mais maintenant que je suis vieille, on m’oublie, et on m’a mis au fond
du pré ou je tourne comme un cheval malade !!

Alors l’homme, vois tu, qui sème le bien récolte souvent le mal !!

AH AH ! A ri le loup, un point pour moi !!

68
Tiens voilà notre deuxième témoin a repris l’homme, cette vieille chienne, sage
parmi les sages !
Hé la chienne tu vois ce loup….. (Même texte que pour la jument)

Oh oh ! a répondu la chienne, tu sais l’homme, lorsque j’étais jeune , que je


ramenais le troupeau, que je défendais la maison, là on me considérait, mais
maintenant que je suis usée et âgée, on m’a attachée dans une cabane, au fond
du jardin et j’en crève l’homme, j’en crève !! Alors souviens toi !! Qui sème le
bien, récolte souvent le mal !!

Ah ! Ça a dit le loup, je pourrai même te manger tout de suite l’homme !!!

Attend, on avait dit trois témoins,………….

Tiens voilà Goupil, le renard, …Hé renard….. Tu vois ce loup (accélérer le


débit) il était pendu par une patte arrière…

Hé l’homme tu vas trop vite, je ne comprends rien à ton histoire, le loup quel
loup ? Celui là ? L’arbre ? Quel arbre ? Celui là ?…. bon afin que je comprenne
mieux : le loup veux tu te remettre dans la position dans laquelle tu étais quand
l’homme t’a trouvé…ET il l’a fait, ce pauvre loup et donc, à nouveau il ne
pouvait plus se dépendre…

Le renard a souri. Décidément le loup, tu es fidèle à ta réputation !! Toujours


aussi stupide…Adieu…

Et l’homme et le renard sont partis sur le chemin… l’homme disait au renard,


écoute je te dois la vie, demain viens à la lisière du bois et je t’apporterai pour te
remercier deux belles poules grasses DEUX BELLES POULES GRASSES, le
renard en a rêvé toute la nuit DEUX BELLES POULES GRASSES !!

Et le lendemain matin, il était là, à la lisière du bois. L’homme aussi était là,
mais des deux sacs qu’il avait avec lui ce ne sont pas deux poules qui sont
sorties, mais deux énormes chiens qui ont broyé le renard….

Eh oui, ici comme ailleurs, quelquefois…souvenez vous, qui sème le bien peut
récolter le mal…

PC 2005

69
Le pot à grands pères
(In histoires merveilleuses des 5 continents Ré et Philippe Soupault)
C’était un homme, un homme pauvre, un paysan qui creusait tous les
jours la terre de son champ. Quand, un beau matin, sa bêche heurte quelque
chose de dur, mais creux…Avec précaution il sort l’objet, le nettoie : c’est un
pot, pas trop petit, pas trop gros un beau pot qu’il ramène chez lui.
Il le montre à sa femme, le pose dans l’entrée…il pourrait servir…a vider ses
poches par lorsqu’il revient de son jardin…Mais dans ses poches, il n’y a pas
grand-chose : une pièce de monnaie en fer qu’il fait tinter à l’intérieur du pot.
Le lendemain matin, il récupère sa pièce, mais étrangement le pot continue à
tinter…Pourtant il devrait être vide : le paysan sort une deuxième pièce, puis
une autre, et encore une, et des dizaines et des centaines : c’est l’évidence : le
pot « fabrique », multiplie les pièces de monnaie.

Le paysan et sa femme vont au marché, achètent quelques légumes, les placent


dans le pot,
….Vous pouvez imaginer la suite….

Ils se font prêter une pièce d’or par un notable du village et là, le pot rend des
centaines de pièces d’or : ils sont riches….

Mais cette richesse soudaine attire l’envie et la jalousie…Le notable arrive à


convaincre le paysan de lui donner son pot en garde…Il sera en sécurité chez
lui !!

L’homme simple, accepte. Le notable emmène le pot chez lui et se promet bien
que le lendemain matin, il multipliera à l’aide du pot magique tous les lingots
d’or dissimulés et accumulés dans sa cave.

Le soir il s’endort en comptant sa future fortune…..


Mais au milieu de la nuit il est réveillé par des cris…Il reconnaît la voix de son
grand père qui vit avec lui dans la maison…Il le cherche partout : le grand père
est tombé au fond du pot…Le notable le tire de là, mais aussitôt d’autres cris se
font entendre, c’est un deuxième grand père , puis un troisième … des dizaines
et des centaines de grand pères se disputent et se battent, chacun affirmant qu’il
est le seul, le vrai grand père de la maison… tant et si bien que dans la mêlée le
pot bascule, roule et se brise….
Le pot est cassé, mais les grand pères sont restés…Vous pouvez imaginer la fin
de cette histoire : le notable s’est ruiné à nourrir toute cette grande famille…

Quand au paysan, il a été beaucoup plus prudent et il continue à creuser son


jardin…on ne sait jamais.

70
Les deux gâteaux

(Version africaine adapt PC)

Dans un village d’Afrique vivaient un homme et une femme…Ils


s’aimaient, à leur manière .Leur maison résonnait des échos de leurs disputes, et
tous les villageois en riaient…Mais ils s’aimaient…à leur manière.
Un jour, la femme, n’en pouvant plus, décide de faire des gâteaux, « au moins –
pense t elle- tant qu’il aura la bouche pleine, il ne parlera pas.
Ils sont assis, autour du plat, et dégustent les gâteaux….rien ne bouge, personne
ne parle…

Mais voilà qu’au bout du compte, il reste un gâteau, et leur dispute reprend…

Stop !! Crie la femme.. Voilà le marché que je te propose : nous allons faire
silence, et le premier qui parlera devra laisser manger le gâteau qui reste à
l’autre.

« Marché conclu ! » …Et le silence s’installe….

Mais voilà que passe un voleur : il passe la tête par la porte, il voit les
deux immobiles, s’agite devant eux en faisant des mimiques : rien ne bouge,
personne ne parle…il entre……………
Il se saisit de la lance de l’homme, l’agite sous son nez…rien ne bouge personne
ne parle : il la met à sa ceinture.
Il trouve des bracelets au sol, vient les montrer à la femme : rien ne bouge,
personne ne parle !il les met à son poignet.
Il va pour sortir, quand il regarde la femme….il la trouve fort à son goût…la
soulève et la prend sur son épaule…rien ne bouge, personne ne parle…
Comment ça personne parle ???? Mais bien sûr que si !! La femme se débat,
hurle à son mari, »mais tout de même, tu ne vas pas me laisser partir
ainsi… !!!!! »

Et le mari, lève les yeux, regarde sa femme, sourit, et mange le gâteau….

71
DES « POURQUOI »
ET DES « COMMENT »

72
Mahura, la fille de la terre
(Contes d’Afrique H. Gougaud)
C’était il y a vraiment longtemps, au tout début du premier commencement.
En ce temps là, le ciel et la terre vivaient collés l’un à l’autre.
Le ciel avait deux enfants : son fils le vent, et sa fille la pluie.
La terre, elle, n'avait qu’une toute petite fille qui s’appelait Mahura.
Et Mahura tous les matins quand elle se réveillait, elle avait dans la tête une
seule idée : travailler.
Elle mettait une poignée de maïs dans un mortier, elle prenait son pilon, et elle
se mettait à piler.
Plus elle pilait, pilait, pilait, et plus le pilon s’allongeait…et…
« Aïe, ouïe ! » : Le ciel a pris trois coups de pilon dans le front.
En colère, il est allé voir la terre et lui a dit :
« J’en ai assez de ta fille, elle n’arrête pas de me donner des coups, j’en ai des
bleus plein le front ! Je m’en vais ».
Et le ciel est allé à la hauteur des arbres.
La petite Mahura, comme tous les enfants, a continué à grandir. Et tous les
matins, quand elle se réveillait, elle prenait son pilon et elle se remettait à piler.
Plus elle pilait, pilait, pilait, et plus le pilon s’allongeait…et…
« Aïe, ouïe ! » : le ciel a encore pris des coups. Cette fois, il a crié à la terre :
« J’en ai assez, j’ai mal à la tête, je m’en vais ! »
Et il est allé plus haut que les montagnes…
La petite Mahura n’a pas arrêté de grandir.
Et tous les matins, elle prenait son pilon et elle recommençait.
Plus elle pilait, pilait, pilait, et plus le pilon s’allongeait…et…
« Aïe, ouïe ! ». Cette fois le ciel a dit :
« Je ne reviendrai plus jamais ». Et il est allé si haut, qu’il y est resté.
Depuis ce jour, la petite Mahura s’ennuie : elle n’a plus personne à embêter…
Un matin, elle est allée dans la rivière pour se baigner.

73
Et tout au fond de l’eau elle a trouvé deux galets tout ronds : l’un doré, et l’autre
argenté. Et elle a eu une idée : elle a mis les galets dans du beau papier et elle les
a envoyés au ciel.
Le ciel était content du cadeau.
Il a fait le jour pour y accrocher le galet doré.
Et il a fait la nuit pour y accrocher le galet argenté.
C’est depuis ce temps là que nous voyons la nuit, la lune, et le jour, le soleil.
Et les étoiles, ce sont toutes les cicatrices que la petite Mahura a laissées dans le
front du ciel.
Ca c’est passé comme ça et pas autrement.

74
Oumbabayé et le plus gros gros mot du monde :

Dans un petit village d’Afrique vivait un petit garçon qui s’appelait


Oumbabayé. Il avait le teint mat, le cheveu dru, les yeux vifs et brillants et on
disait de lui qu’il avait le cœur aussi grand que celui du baobab.

Un jour qu’il sortait de son village il a aperçu un vieux, un vieux qui se traînait
et qui se traînait….

« Es tu malade le vieux pour marcher ainsi ? »

« -oh non pour la santé, ça va, mais c’est à moi que l’on a confié le plus gros
gros mot du monde et il est tellement lourd à porter que j’aimerai bien trouver
des oreilles pour le recevoir afin de me soulager un peu…. »

Et comme OUMBABAYE… avait le cœur aussi grand que celui du baobab, il a


tendu ses oreilles …mais au fur et à mesure que le gros « gros mot glissait dans
ses oreilles », il se sentait de plus en plus lourd et fatigué…et quand il levé les
yeux…le vieux n’était plus qu’un petit point sur l’horizon…

Et maintenant c’est Oumbabayé qui se traîne et qui se traîne dans la savane :

Quand il rencontre le dromadaire : je vous parle d’un temps ou le dromadaire


avait le dos aussi plat que le dessus de ma main :

Es tu malade OUMB… pour marcher ainsi. ?

Oh non pour la santé ça va ! Mais c’est à moi qu’on a confié le plus gros gros
mot du monde, et il est tellement lourd à porter que j’aimerai bien que des
petites oreilles (de dromadaire ??) me soulagent pour un moment…

Et comme le dromadaire savait que OUMBABAYE avait le cœur aussi grand


que celui du baobab, il a tendu son oreille et au fur et à mesure que le gros gros
mot tombait dans celle-ci, il a senti une énorme bosse pousser sur son dos :

« Hé ! Tu as vu l’effet qu’il me fait ton gros gros mot ?? Tu peux le reprendre !!

Ah le gros mot il l’a rendu, mais la bosse il l’a gardée !!!

Un peu plus tard, il rencontre la girafe : ah ça, je vous parle d’un temps ou la
girafe avait un tout petit cou ridicule et s’appelait Elisabeth

75
« Es tu malade OUMB… pour marcher ainsi ?? »

oh non pour la santé, ça va, mais c’est à moi qu’on a confié le plus gros gros mot
du monde et il est tellement lourd à porter que j’aimerai bien que des petites
oreilles (de girafe par exemple) me soulagent pour un moment…

Et comme la girafe savait qu’OUMBABAYE… avait le cœur aussi grand que


celui du baobab elle a tendu son oreille, mais au fur et à mesure que le gros gros
mot tombait dans son oreille, elle a senti son cou qui s’allongeait, qui
s’allongeait…Hé tu as vu l’effet qu’il me fait ton gros gros mot ???Tu peux le
reprendre…le gros mot elle l’a rendu mais le cou, elle l’a gardé !!

Et OUMBABAYE se traîne, et il se traîne dans la savane, quand tout à coup


il rencontre le crocodile, Je vous parle d’un temps ou le crocodile était
toujours gai et souriant, on voyait toutes ses dents :

« Es tu malade OUMBABAYE pour marcher ainsi ?? »

Oh non pour la santé ça va, mais c’est à moi qu’on a confié le plus gros gros mot
du monde et il est tellement lourd à porter que j’aimerai bien que des petites
oreilles (de crocodile !!)…me soulagent pour un moment.

Et comme le crocodile savait qu’OUMBABAYE avait le cœur aussi grand que


celui du baobab il a tendu son oreille et au fur et à mesure que le gros mot
pénétrait il est devenu triste, mais triste et de grosses larmes se sont mises à
couler….Hé tu as vu l’effet qu’il me fait ton gros gros mot ?? Tu peux le
reprendre…Le gros mot il l’a rendu, mais ses larmes (de crocodile) il les a
gardées….

Et OUMBABAYE se traîne et il se traîne dans la savane. Il rencontre la


tortue, je vous parle d’un temps ou la tortue était un petit animal vif et
rapide elle courait de droite à gauche : à droite elle disait du mal des uns, à
gauche du mal des autres….

Es tu malade Oumbabayé pour marcher ainsi ?????

Oh non pour la santé, ça va mais c’est à moi ……… (Oreilles de tortue)

Et la tortue qui adorait les commérages a tendu son oreille et son cou, et au fur et
à mesure que le gros mot s’insinuait dans son oreille, elle s’est senti lourde, mais
lourde, et lorsqu’elle a levé le regard Oumbabayé, qui avait compris la leçon,
n’était plus qu’un petit point sur l’horizon.

76
Et depuis ce jour, regardez là, c’est elle qui l’a le plus gros gros mot du monde
et elle se traîne, elle se traîne dans la savane, dans les jardins….

Si vous voulez connaître le plus gros gros mot du monde…demandez le lui


donc, peut être qu’elle vous répondra…peut être…..
adaptation
Philippe CH.

77
TRAVAIL SUR UNE MATRICE

Et Oumbabayé se traîne ,il se traîne dans la savane….Quand tout à coup il


rencontre le (la)………………….je vous parle d’un temps ou le (la) était…
n’était pas…avait ..n’avait
pas…………………………………………………………………….
« Es tu malade Oumbabayé pour marcher ainsi ?? »
Pour la santé, ça va , mais c’est à moi qu’on a confié le plus gros « gros
mot » du monde ,et il est si lourd à porter que j’aimerai bien que des petites
oreilles de……………………..l’écoutent pour me soulager un peu…..
Et comme le (ou la)………………………….. Savait qu’Oumbabayé avait le
cœur aussi grand que celui du baobab Il a tendu son oreille et pendant que
le gros mot glissait doucement au creux de celle ci, il a senti que……
(Transformation).

Eh ! Tu as vu l’effet qu’il me fait ton gros »gros mot » ?? Tu peux le


reprendre…
Ah le gros mot il l’a rendu, mais le ou la …..Il l’a gardé (e)

Et Oumbabayé se traîne, et il se traîne dans la savane…..

78
L’araignée et la pintade :

(Conte d’Afrique de l’Ouest)

Je vais vous conter un temps ou les animaux parlaient

En ce temps là vivait déjà l’araignée…elle ne s’aimait pas, et en plus tous les


autres animaux se moquaient d’elle :

Il faut dire que les autres animaux avaient deux pattes ou quatre pattes, mais
l’araignée, elle, en avait …8

Un jour elle va voir le grand sorcier, celui qui vit tout en haut du baobab, celui
qui voit tout, qui entend tout…

« Sorcier, sorcier ! » tous les autres animaux se moquent de moi : peux tu faire
quelque chose ?
Tu pourrais me transformer en …oiseau par exemple : quand les autres riraient
de moi, je pourrais m’envoler et puis je n’aurai que…………….deux pattes.

J’entends bien, a répondu le sorcier, mais vois tu je t’ai faite araignée et tu


resteras araignée…

S’il te plait…transforme moi en …lion, quand les autres riront de moi je pourrai
rugir et ils auront peur, je les ferai fuir et en plus je n’aurai
que……………Quatre pattes.

J’entends bien, a répété le sorcier, mais je n’y peux rien, je t’ai faite araignée et
tu resteras araignée….Mais je peux faire quand même quelque chose pour toi

L’araignée, triste, a quitté le village et s’est installée loin, loin, en limite du


désert.

Le lendemain, le grand sorcier du baobab, qui voit tout, qui entend tout a réuni
tous les animaux…

-j’ai appris que vous vous moquez de l’araignée parce quelle est différente de
vous, il es très mal de se moquer des autres, si je vous y reprends, sur le champ
je vous arrache le cœur…

79
-les animaux sont rentrés chez eux….

-Un matin, la gazelle est allée loin, loin, en limite du désert et là…Elle rencontre
l’araignée : mais que fais tu là l’araignée ?

- je me suis installée et je cultive…Un champ de bananes !!!


-Quoi ?? Un champ de banane dans le désert ??? Décidément :

-T’es bête comme ton père, t’es bête comme ta mère t’es bête comme ton grand
père t’es bête comme ta grand-mère, t’es bête comme toutes les araignées de
TA RACE……

Le grand sorcier a tout vu, tout entendu, et il a arraché le cœur de gazelle qui est
tombée : morte.

Le jour suivant c’est la girafe qui passe par là : mais que fais tu là l’araignée ?
-tu le vois bien je cultive un champ de bananes…
-Quoi ?? Un champ de banane dans le désert ?? Décidément :
T’es bête comme ton père, t’es bête comme ta mère, t’es bête comme ton grand
père, t’es bête comme ta grand-mère, t’es bête comme toutes les araignées de
TA RACE…

Le grand sorcier a tout vu, tout entendu, et il a arraché le cœur de la girafe qui
est tombée : morte.

Mais il y en a une autre qui a tout vu, et celle là c’est la pintade : à l’époque la
pintade avait un plumage triste et gris…Elle s’est dit : mais cette araignée, elle
va toutes nous faire mourir…faut faire quelque chose !!

Elle s’est habillée, maquillée, coiffée, elle a posé un peigne rouge sur sa tête et
elle est passée devant l’araignée…
-hé la pintade …Mais ou vas-tu ???...-je vais voir mon fiancé (a répondu la
pintade)

-mais t’as vu comment t’es habillée ? Mais t’as vu comment t’es maquillée ?
Mais t’as vu comment tu es coiffée ?

Ma pauvre pintade : t’es bête comme ton père, t’es bête comme ta mère, t’es
bête comme ton grand père, t’es bête comme ta grand-mère, t’es bête comme
toutes les pintades de TA RACE…

80
Le grand sorcier a tout vu, tout entendu, il a arraché le cœur de l’araignée qui est
tombée : Morte…

La pintade est rentrée chez elle mais lorsqu’elle a voulu de déshabiller, se


démaquiller, se décoiffer, elle n’a pas pu et tous ses attributs, elle les a gardés…

Le lendemain, le grand sorcier, très en colère, a réuni tous les animaux :


Vous ne m’avez pas écouté, vous ne méritez pas « la parole » cette nuit, pendant
votre sommeil, je viendrai vous arracher la langue.

La nuit venue, les animaux ont veillé très tard, mais vers la mi-nuit, le sorcier a
envoyé une musique magique qui les a tous endormis…Lorsqu’ils se sont
réveillés…Ils avaient perdu la parole.

Et c’est depuis ce jour là que les animaux ne parlent plus…

Et vous qui nous écoutez si par hasard un jour il vous vient l’envie de vous
moquer de quelqu’un parce qu’il est différent de vous….Pensez à
l’araignée….Pensez à la pintade…

PC/08

81