Vous êtes sur la page 1sur 3

Pierre schaeffer

Biographie et contexte historique

Connu d’abord comme le père de la musique concrète, Pierre Schaeffer est également un
écrivain et un pionnier de la radio ; il est le fondateur et directeur du service de la recherche
de l'ORTF (Office de Radiodiffusion Télévision Française). Penseur et chercheur, il a mené
une réflexion sur la communication audiovisuelle, et surtout, sur la musique. Son œuvre
théorique est d’ailleurs aussi importante que sa production musicale est réduite.

Élève au lycée Saint-Sigisbert Saint-Léopold de Nancy, à l'École polytechnique (promotion


X1929), puis à l'École supérieure d'électricité (Supélec, promotion 1931). Il amorce une
carrière d'ingénieur à Strasbourg, avant d'intégrer la direction de la Radio à Paris, en 1936

Fils d'un père violoniste et d'une mère chanteuse, Schaeffer s'est toujours interrogé sur le
phénomène musical. Profitant des installations à sa disposition au Studio d’essai, et
notamment de l'arrivée du magnétophone, il commence, en 1948, à effectuer des
expérimentations au moyen de sons ou de séquences enregistrés sur des disques de vinyle. Il
devient ainsi le pionnier de l'introduction de la technologie dans la composition et donne ainsi
naissance à ce qu’il appelle « musique concrète ».

C'est d'ailleurs un incident technique, le bouclage d'un son sur lui-même, qui est à l'origine de
la musique concrète : à l'écoute de ce fragment répété et isolé, Pierre Schaeffer prit conscience
qu'il était en possession d'un véritable « objet sonore », susceptible d'être analysé, disséqué,
transformé. Le schéma compositionnel est désormais inversé : le son est le point de départ et
non plus le point d'arrivée. Pierre Schaeffer définit ainsi en 1948 la musique concrète comme
un « collage et un assemblage sur bande magnétique de sons pré-enregistrés à partir de
matériaux sonores variés et concrets » : on comprend que le concept repose sur
l'enregistrement d'un matériel sonore qui peut être du bruit ou du son instrumental.

La production musicale de Pierre Schaeffer est assez réduite, constituée d’œuvres


essentiellement électroacoustiques. Elle fut créé en plusieurs périodes. La première est celle
de la musique concrète, avec les Etudes de bruits (1948) et quelques pièces brèves telles que
la Flûte mexicaine (1949) et l’Oiseau (1950).

La seconde série est celle des œuvres composées en collaboration avec Pierre Henry :
le Bidule en ut (1950), la Symphonie pour un homme seul (1949-1950) et l’opéra
concret Orphée 51 (1951, remanié de nombreuses fois).

Dans Orphée 51, l’association provocante de la bande magnétique et du chant classique fit
scandale.

La troisième série d’œuvres fut composés quelques années plus tard. Schaeffer cherche alors à
créer une « musique concrète purement musicale », sans effets surréalistes. Ainsi naissent
l’Etude aux allures (1958), l’Etudes aux sons animés (1958) et surtout l’Etudes aux jouets
(1959) qui utilise un nombre limité d’objets sonores assemblés de cinq manières différentes
en cinq mouvements.

En 1960, Pierre Schaeffer arrête de composer, estimant que la musique avait davantage besoin
de chercheurs que d’auteurs.

De ces expérimentations naissent notamment la Symphonie pour un homme seul, pièce qui
suscite à la fois l’attention du milieu musical et les railleries des compositeurs de musique
sérielle, avec qui Schaeffer sera souvent en conflit.

- La Symphonie pour un homme seul

La Symphonie pour un homme seul de Pierre Schaeffer et Pierre Henry est la première grande
œuvre de musique concrète. Malgré son titre, elle n'a rien d'une symphonie, elle ressemblerait
plutôt à une suite à la française.

Après avoir composé et enregistré sur disques souples ses Cinq études de bruits (Étude aux
tourniquets, Étude aux chemins de fer…), Pierre Schaeffer voulut réaliser une pièce de plus
longue durée. La Symphonie pour un homme seul fut tout d'abord composée en vingt-deux
mouvements au Studio d'essai de la RTF sur gravures de disques en acétate ; puis une version
en douze mouvements fut élaborée par Pierre Henry en 1951 (c'est cette dernière qui est
encore disponible de nos jours) et la remasterisa en 1966, en gardant le son de l'époque et les
bruits de craquement de disque.

La Symphonie pour un homme seul, avec « ces terribles pas dans l’escalier, ces coups frappés
à la porte, qui venaient tout droit des terreurs de la Gestapo », entre en phase avec les
souvenirs de la guerre et le sentiment de l’isolement des hommes parmi les choses. Ses «
souffles rauques », elle figure bien, comme l’écrira Schaeffer, l’homme qui fait « feu de tout
bois pour rire de ses propres malheurs ».

La Symphonie pour un homme seul fut créée en 1949 à la RTF, mais sa première en public fut
donnée à l'École normale de musique le 18 mars 1950.
**La musique sérielle ou le sérialisme est une technique de composition fondée sur
l'utilisation de séries d'éléments musicaux dont l’initiateur est Arnold Schönberg avec le
dodécaphonisme

La série dodécaphonique comporte les 12 sons de l'échelle chromatique qui ont tous la même
importance.
- Chaque son de la série ne doit apparaitre qu'une seule et unique fois durant toute la série
dodécaphonique.
- Après que la série eu été exposée, il est possible d'exposer des variations dont les plus
courantes sont : la série rétrograde, le renversement et le rétrograde du renversement.

Le sérialisme, ou musique sérielle, est une technique de composition musicale qui peut être
considérée comme une extension au dodécaphonisme. Alors que le dodécaphonisme ne
définit une série uniquement pour la hauteur des sons, le sérialisme étend le principe de la
série à tous les autres paramètres du son: rythmes, timbres, nuances, articulations, etc...

Quelques personnes ayant utilisé le sérialisme :

-Arnold Schoenberg (1874-1951)


- Anton Webern (1883-1945)
- Alban Berg (1885-1935)
- Karlheinz Stockhausen (1928-2007)
- Pierre Boulez (1925-2016)

Vous aimerez peut-être aussi