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AXE STRATEGIQUE 1 : INTEGRATION DE LA SANTE

COMMUNAUTAIRE AU SYSTEME DE SANTE

Thématiques :
 Intégration des services à base communautaire aux soins de santé primaires, mettant ainsi en place un
lien entre les interventions des AC et des AS des CSB pour assurer à la fois : (i) le continuum de soins
centrés sur les groupes cibles prioritaires, tels que les femmes et les enfants, et considérant leurs
besoins spécifiques à chaque étape du cycle de la vie, (ii) l’amélioration de l’accessibilité aux services
de santé, nutrition, eau, assainissement et hygiène, et (iii) la couverture équitable de la population en
leur donnant accès aux soins. Le Ministère de la Santé Publique s’engage ainsi à assurer le transfert de
certaines compétences nécessaires y afférentes aux AC ;
 Intégration des données communautaires au système national d’information sanitaire, mettant en
évidence l’impact de la contribution de la communauté sur l’amélioration de la situation de la santé ;
 Participation des autorités administratives et de la communauté, en concertation avec le CSB, dans le
processus de sélection des acteurs communautaires pour la santé, et leur implication dans (i) la
planification ascendante et intégrée du système de santé, et (ii) le système de suivi et évaluation,
intégrant les réunions de revues des agents de santé des CSB avec les AC pour l’analyse des
tendances des indicateurs, l’identification des problèmes locaux et leurs causes, ainsi que la
détermination des stratégies résolutives de proximité ;
 Intégration de la gestion et du suivi des intrants de santé utilisés au niveau communautaire parmi les
actions menées à l’endroit du système national de gestion de l’approvisionnement et de distribution, afin
d’assurer la disponibilité continue des produits de qualité à des prix abordables pour toute la population ;
 Mobilisation des ressources locales financières et en nature à travers, entre autres, les recettes fiscales,
les activités de levées de fonds et les contributions des partenaires locaux en matière de financement,
en plus des subventions de l’Etat.

Situation, problématiques et défis


Les cadres de référence relatifs à la santé communautaire tels que la PNSC, son Guide de mise en
œuvre, et l’Arrêté interministériel 8014/2009 sur les COSAN été déjà été élaborés. Les orientations et directives
pour l’intégration de la santé communautaire au système de santé sont développées dans ces différents
documents. Toutefois, leur vulgarisation ne couvre pas l’ensemble du territoire et l’ensemble des acteurs
concernés. Leur appropriation et leur application s’en trouvent ainsi limitées.
Les intervenants se plaignent généralement de la faible implication des autorités locales dans l'appui à la
santé communautaire. De plus, la compréhension de la santé communautaire est divergente ; et certains
décideurs et PTF ne sont pas convaincus de l'approche communautaire. La prise de responsabilité et la
redevabilité des autorités, des Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD), des Services Techniques
Déconcentrés (STD), du secteur privé et des Organisations de la Société Civile (OSC) demeurent encore faibles
en matière de santé communautaire.
Sur le plan opérationnel, les AC et les sites communautaires souffrent du manque d'équipement et de
matériels de diagnostic pour la prise en charge communautaire. Des insuffisances voire des fréquentes ruptures
de stocks ont été rapportées par les AC même dans les zones appuyées par les PTF. Théoriquement, les AC
s’approvisionnent en intrants de santé au niveau des CSB. La disponibilité des intrants de santé et des matériels

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et équipements pour les AC dépendent fortement de l’efficacité du système d’approvisionnement en intrants au
niveau des CSB mais aussi des financements extérieurs. Et même après leur acquisition, des problèmes
d’acheminement se posent notamment pour les zones enclavées.
La résolution des problèmes de la disponibilité des intrants au niveau communautaire requiert :
 l’acquisition nationale des intrants en adéquation avec les besoins opérationnels selon les périodes ;
 l’effectivité de l'application du système national de gestion des intrants de santé et la coordination entre
les PHAGDIS et les SDSP dans la quantification et la prévision des réserves de stocks pendant les
périodes d’inaccessibilité pour les AC ;
 la collaboration des chefs CSB pour intégrer les besoins en intrants de santé des agents
communautaires lors de l’établissement des commandes des CSB ;
 la complétude et la promptitude de rapportage qui ont des effets sur l’estimation des besoins en intrants
de santé à travers les données disponibles pour la quantification.
Deux systèmes d’information coexistent au niveau communautaire : le système d’information de routine et
le système de surveillance des maladies. Les RMA communautaires sont disponibles mais les données
rapportées sont parfois incomplètes. Les CSB ne détiennent pas d'archive des RMA communautaires. Par
ailleurs, les données communautaires ne sont pas saisies dans le GESIS au niveau des Districts sanitaires. La
multitude des rapports émanant du niveau communautaire et l’insuffisance du personnel au niveau des BSD pour
la saisie des données communautaires ont été les causes les plus évoquées de cette défaillance.
Des ONG et la DVSSE ont déjà initié le rapportage électronique des données à travers l’utilisation des
tablettes et des smartphones. Mais ces approches ne couvrent encore qu’une partie du territoire national.
Une faible prise de conscience sur la disponibilité et l’utilité des données communautaires est notée. Le
leadership et l’engagement du District sanitaire s’avèrent insuffisants dans la gestion des activités et des
données communautaires. Comme les données communautaires ne sont pas saisies dans le GESIS, l’analyse et
l’utilisation des données communautaires aux fins de prise de décision s’effectuent essentiellement au niveau
des ONG œuvrant dans le domaine de la santé communautaire et donc uniquement dans les zones appuyées
par les PTF.
Les efforts vont tendre vers la mise en place d’un système d’information communautaire performant
générant des données fiables et de qualité. Cela devra passer nécessairement pas l’intégration des données
communautaires dans la base des données nationales. D’où le défi de trouver des solutions pérennes à la non-
saisie des données communautaires dans le système national d’information sanitaire. La généralisation du
système DHIS2 pour le rapportage à base communautaire et au niveau des CSB est une solution au long terme
mais la mise en place de DHIS2 est encore en cours et il faut trouver des solutions alternatives à court terme.
L’implication des responsables de santé communautaire des régions et des districts dans la saisie,
l'analyse et l'utilisation des données communautaires se présente comme une solution palliative à défaut de
renforcement de l’unité SIS des Régions et des Districts. Mais la surcharge de travail de ces responsables
régionaux et des districts (qui ont souvent plus de deux attributions à leurs charges) et l’insuffisance du personnel
dans les DRSP et les SDSP limitent le recours à leurs services. Ce qui renforce encore plus la nécessité d’étoffer
le personnel technique des DRS et des SDSP ainsi que les matériels informatiques à leur disposition.
Des efforts sont aussi à déployer pour assurer la disponibilité continue et en quantité suffisante des outils
de gestion et de rapportage (registres et RMA) au niveau communautaire. Une meilleure quantification des
besoins guidera la multiplication de ces outils de gestion.

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Enfin, le partage des bonnes pratiques en santé communautaire reste encore à promouvoir. Des
approches innovatrices comme les groupements de mutuelles, de crédit communautaire (VSLA, VOAMAMI),
care groups ne sont pas adoptées / capitalisées.

Changements attendus
Pour arriver à des visions communes de « Santé pour tous sans discrimination et équitable » et d’une
« Communauté autonome pour la prise en main de sa santé », les situations suivantes sont espérées à terme en
matière d’appropriation et d’implication des différentes entités concernées par la santé communautaire :

 les soins au niveau communautaire sont accessibles pour tous, à des coûts abordables, et acceptables
par la communauté ;
 le leadership du Ministère chargé de la santé est effectif, renforcé et visible dans les interventions en
santé communautaire ;
 les PTA sont élaborés selon une démarche ascendante et inclusive de toutes les parties prenantes, y
compris les agents communautaires ;
 les décideurs et les PTF sont convaincus et s’engagent dans la mise en œuvre de la PNSC ;
 les APART s’impliquent et s’engagent davantage en matière de santé communautaire ;
 les AC sont acceptés par la population quel que soit leur genre et leur statut sociodémographique et
respectent le principe de neutralité dans l'exercice de leurs fonctions ;
 la fréquentation des CSB et des sites communautaires est améliorée ;
 les entités multisectorielles dont les groupements et associations communautaires contribuent au
développement de la santé communautaire à travers l’application des textes en vigueur, la mise en
œuvre d'un plan d'action conjoint et la gestion des activités communautaires ;
 la Communauté est en même temps bénéficiaire et acteur dans la mise en œuvre des activités de
promotion, de prévention, de surveillance, d'urgence, de réadaptation et curatives pour une meilleure
santé ;
Pour assurer l’effectivité d’un continuum de soins centrés sur les groupes cibles prioritaires :

 les Communes s’engagent à construire les sites communautaires pour assurer une couverture optimale
des sites communautaires. Quid de la couverture et de la fonctionnalisation des sites
communautaires ??? (normes par Commune ? par habitant ? par autres critères ?) ;
 les AC auront les mêmes matériels et équipements requis pour mener à bien leurs activités ;
o Matériels et équipements :
 Standards pour tous les AC pour les Paquets d’Activités de Base ???
 Spécifiques pour les Paquets d’Activités Elargis ???
o Outils de gestion :
 Standards pour tous les AC pour les Paquets d’Activités de Base ???
 Spécifiques pour les Paquets d’Activités Elargis ???
 les intrants de santé de bonne qualité sont disponibles de manière continue et à des prix abordables au
niveau communautaire ;
 les ressources matérielles requises (infrastructures, équipements, intrants de santé, outils de gestion et
outils de travail) sont disponibles dans les sites communautaires et au niveau des CSB ;
 le système d'information communautaire fournit des données sur les intrants, les matériels et
équipements des AC et des sites communautaires ;

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 un système unique de traitement de données communautaires et des formations sanitaires, comme le
DHIS2, est opérationnel ;
 tous les SDSP disposent de données communautaires complètes, à jour, fiables et exploitées à des fins
de prise de décisions et actions ;
 les SDSP et les CSB exercent un leadership fort et efficace dans la gestion et le contrôle des données
communautaires.

Objectifs Spécifiques
 Augmenter l’accessibilité de la population à des services et soins de qualité au niveau des CSB et des
sites communautaires.
 Disposer d'un PTA élaboré selon une démarche ascendante, intégrée et inclusive.
 Obtenir l'engagement des décideurs/PTF sur la mise en œuvre de la PNSC.
 Obtenir l'engagement des APART et des différents responsables des STD dans la planification et la
mise en œuvre des interventions en santé communautaire.
 Améliorer les compétences et l’implication effective des Chefs CSB en matière de santé communautaire.
 Assurer la mise en place d’un système bien coordonné et continu d’approvisionnement en intrants de
santé pour les AC et les sites communautaires (coordination entre l’approvisionnement via le système
FANOME et l’approvisionnement par les Programmes).
 Assurer la disponibilité de données communautaires fiables et exploitables, incluant les données
programmatiques et les données logistiques sur les équipements, matériels et intrants de santé, dans le
système national d'informations sanitaires.

Principales interventions
Les interventions portent sur six (06) volets.
1. Mise en place des services à base communautaires selon les normes / les directives

 Organiser des réunions communautaires de présentation officielle des AC et des services offerts dans
les sites communautaires.
 Construire/réhabiliter/et mettre à disposition des bénéficiaires des sites communautaires équipés.

2. Participation des APART au développement de la santé communautaire

 A l'instar du décret 2014-021 dans ses articles 16 et 17, élaborer un texte d'application fixant les
attributions des autorités des CTD et des STD pour préciser et fixer leur implication dans le mécanisme
de suivi, évaluation et contrôle de la santé publique et communautaire dans leurs juridictions
respectives.
 Faire participer les autorités locales dans la planification ascendante périodique dans la santé
communautaire.
 Mettre à jour le Plan de Développement Communal pour y intégrer la santé communautaire.
 Veiller à la participation des membres du CCDS, des Chefs Fokontany et des AC dans l'élaboration des
PTA au niveau des CSB.
 Organiser des séances de formation des Chefs CSB et AC en matière de planification au niveau
communautaire (chef CSB/AC).
3. Renforcement du rôle des CSB dans le développement de la santé communautaire

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 Mettre à jour, vulgariser et appliquer le Manuel de gestion du CSB ainsi que le paquet minimum des
activités des CSB pour insérer les rôles et responsabilités du CSB en matière de santé communautaire.
 Mener des activités de plaidoyer et de mobilisation des ressources pour l’augmentation du nombre de
personnel technique des CSB.
 Organiser un stage d'imprégnation avant prise de service pour chaque Chef CSB à travers le Manuel de
Gestion du CSB au niveau du district sanitaire.
 Former les Chefs CSB en gestion des activités communautaires et en techniques de supervision des
AC.
 Elaborer les outils ainsi que les mécanismes de supervision intégrée, de suivi et évaluation des AC
conformément à leurs termes de référence.
 Intégrer le suivi et la supervision des AC dans le PTA de CSB.
 Mobiliser les ressources pour permettre la tenue des revues périodiques des AC au niveau des CSB.

4. Disponibilité des matériels, équipements, intrants et données communautaires

 Coordonner les financements du Gouvernement et des PTF pour l’acquisition des équipements,
matériels et intrants de santé au niveau communautaire.
 Doter les AC en équipements, matériels et outils de travail pour les services pour lesquels ils ont reçu
des formations.
 Mettre en place un système de coordination de la dotation et de suivi de la disponibilité des
équipements et matériels au niveau communautaire.
 Définir et appliquer les mécanismes de quantification des besoins et d’approvisionnement en intrants
pour les AC.
 Système d’approvisionnement et de suivi des intrants :
o Principes et mécanismes : ancrage au système d’approvisionnement du CSB? PAIS vs
autre système (point d’approvisionnement, expérience PSI)
o Quantification des besoins et système d’alerte
o Structures impliquées et rôles
 Identifier les mécanismes efficaces pour une meilleure gestion des données communautaires.
 Prévoir l’intégration des données communautaires dans le DHIS2 qui est en cours de mise en place.
 Définir les rôles et responsabilités du CSB et du SDSP dans le contrôle des données communautaires.
 Doter les SDSP en matériels informatiques et en outils d’exploitation des données.
 Développer des protocoles de revue de la qualité et d’utilisation des données communautaires à chaque
niveau.
 Mener des activités périodiques de revue de la qualité et de l’utilisation des données communautaires.

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5. Suivi de la mise en œuvre de la PNSC

 Insérer dans l'agenda des revues trimestrielles de district le suivi de la mise en œuvre de la PNSC.
 Mettre en place un modèle de rapportage standard restituant la situation de la mise en œuvre de la
PNSC à chaque niveau.
6. Mobilisation des ressources locales pour la santé communautaire

 Sensibiliser les communautés à mettre en place des mutuelles de santé communautaires ou des
assurances de santé communautaires.
 Elaborer et diffuser le cadre de référence pour la mise en place et la fonctionnalisation d’un système de
basket-fund au niveau communautaire.
 Encourager les initiatives locales d’identification d'autres sources de financement pérennes de la santé
communautaire et de contribution à la CSU.
 Mobiliser les ressources pour la mise en œuvre des activités communautaires.

AXE STRATEGIQUE 2 : OPTIMISATION DES INTERVENTIONS


COMMUNAUTAIRES EN FAVEUR DE LA PROMOTION DE LA SANTE
Thématiques
 Education sanitaire pour stimuler la demande et l’utilisation des services par la population ;
 Sensibilisation et communication pour le changement des comportements, et l’adoption par la population
de pratiques favorables à la santé ;
 Mobilisation sociale pour obtenir l’engagement communautaire, ainsi que la participation multisectorielle,
pour la mise en œuvre intégrée des interventions de santé et de nutrition ainsi que des actions efficaces
et concrètes ayant un effet positif sur les déterminants de la santé : eau, hygiène, assainissement,
environnement ;
 Mobilisation des groupements ou associations communautaires, ainsi que des réseaux ou mouvements
sociaux locaux, pour le renforcement des mécanismes de collaboration intersectorielle et de partenariat
élargi, incluant les Organisations de la Société Civile (OSC) et le secteur privé.

Situation, problématiques et défis


Les activités de communication et de sensibilisation réalisées par les AC butent souvent contre la
prédominance des habitudes thérapeutiques ainsi que des us et coutumes et le bas niveau d’instruction de la
population. Les populations n'adoptent pas les comportements clés promus malgré un certain niveau de
connaissance des messages.
Nombreux sont les facteurs à l’origine des échecs de la sensibilisation :
 les prestataires de soins (AS, AC) n’ont pas les capacités suffisantes en matière d'éducation sanitaire ;
 l’approche d'éducation sanitaire adoptée est inappropriée par rapport aux cibles, n’a pas suffisamment
considéré ni les déterminants des changements ni les influences de certaines personnes ;
 l'AC ne perçoit pas l'importance de l'éducation sanitaire ;
 les messages véhiculés ou les canaux de transmission ne sont pas adaptés aux contextes locaux pour
déclencher l'adoption des comportements favorables à la santé ;
 la couverture géographique des mass média demeure encore faible ;

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 les APART s’impliquent peu dans les activités d’éducation sanitaire ;
 les activités d'éducation sanitaire sont rares, routinières, insuffisantes et de faible couverture ;
 les matériels et moyens financiers destinés à la réalisation des activités d'éducation sanitaire sont
limités.

Changements attendus
 Les APART s’impliquent davantage dans les activités d'éducation sanitaire.
 Les Organisations de la Société Civile (OSC) connaissent et s’approprient de leurs rôles et
responsabilités en santé communautaire.
 Les Organisations de la Société Civile (OSC) sont capables de défendre le droit à la santé de la
communauté et d'exiger l’engagement et la redevabilité de toutes les entités impliquées dans la
promotion de la santé communautaire.
 Les AS/AC sont capables et motivés d'assurer le processus de changement de comportement et
l'adoption des pratiques clés par la communauté. Et la communauté adopte de manière durable et à
l'échelle des comportements favorables à la santé pour un changement effectif de certains normes
sociaux.
 Des approches pertinentes de communication pour le changement de comportement sont adoptées en
vue de meilleurs résultats.
 Les AC/AS sont aptes et motivés à effectuer les séances d'éducation sanitaire et de CCC de qualité.

Objectifs Spécifiques
 Obtenir la confiance et l’adhésion des bénéficiaires aux offres de service des CSB, des AC et des sites
communautaires.
 Assurer la mise en œuvre d'un plan stratégique de communication lié à la promotion de la santé
communautaire (Marketing des offres de services des CSB et sites communautaires).
 Renforcer les capacités des AS et des AC en éducation sanitaire et en changement de comportement.
 Assurer l'appropriation des nouvelles approches de changement de comportement à tous les niveaux.
 Assurer la disponibilité des matériels, outils et supports pour l'adoption des comportements-clés.
 Obtenir l'engagement des APART dans les activités d'éducation sanitaire.
 Obtenir l'adhésion des communautés, des groupements et associations communautaires et des autres
secteurs à la mise en œuvre intégrée des interventions en santé communautaire en vue de
l’autonomisation des communautés.
 Assurer le leadership du Ministère de la Santé dans la mise œuvre de la promotion de la santé.

Principales interventions
Pour cet axe stratégique, les interventions comportent trois volets : la réorientation des stratégies pour une
meilleure adhésion des cibles, l’intensification des plaidoyers, et le suivi et évaluation des actions entreprises.

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1. Réorientation des stratégies pour une meilleure adhésion des cibles

 Identifier les problèmes prioritaires / besoins de la communauté en recourant aux différents outils de
diagnostic communautaire.
 Adopter les stratégies de la promotion de la santé pour lever les obstacles à l’atteinte des objectifs en
santé communautaire (considération des déterminants de la santé, formation des acteurs en promotion
de la santé).
 Développer et vulgariser de nouvelles approches pour assurer le changement de comportement des
groupes cibles (Facteurs motivateurs/Déclenchement/ Emotions-Démonstrations), Changement de
paradigme : de la communication transmissive à la communication engageante, identification et
accompagnement des cibles.)
 Restructurer les formations des AS/AC selon les réorientations stratégiques adoptées pour répondre
aux besoins et contextes locaux.
 Appliquer l'approche genre lors de recrutement des AC afin d’adresser les barrières d'accessibilité liées
au genre.
 Réactualiser les messages et les supports dans l'armoire virtuelle en fonction des spécificités locales et
des attentes de la communauté.
 Mobiliser les ressources pour la mise en œuvre des activités de sensibilisation et de promotion de la
santé et pour la formation des groupements/ associations communautaires / OSC en matière de
promotion de la santé.

2. Intensification des plaidoyers

 Former les acteurs en plaidoyer et mener des activités de plaidoyer auprès des APART (i) pour la
promotion de santé communautaire et des valeurs et principes de la PNSC et (ii) pour la mobilisation
des ressources locales afin de soutenir la santé communautaire.
 Multiplier les actions de plaidoyer pour obtenir l'implication des autorités des CTD et des STD dans les
processus d'analyse des situations et d'identification des problèmes locaux en matière de santé
publique et communautaire, et conquérir leur engagement effectif dans l'appui à la mise en œuvre et au
suivi des stratégies de résolutions adoptées de manière collective dans leurs juridictions respectives.
 Faire participer les APART dans toutes les phases de gestion (conception, planification, mise en œuvre,
mobilisation de ressources locales, suivi- évaluation) des interventions en santé communautaire.
 Autres points à discuter :
o Équité des soins (inégalité des accès aux soins)
o Accessibilité et acceptabilité des soins
o Partenariat inclusif au niveau national et local

3. Suivi et évaluation des activités de communication et de plaidoyer

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 Renforcer le mécanisme de suivi/ évaluation et supervision des activités de communication. (Principes
et mécanismes ? Normes de déploiement des activités de communication ???)
 Développer les indicateurs de mesure des changements de comportement au niveau communautaire.
 Organiser des séances d’évaluation par la communauté de la collaboration intersectorielle et des
services de santé communautaire (Community Score Card)
 Consolider et documenter les bonnes pratiques de tous les intervenants.

AXE STRATEGIQUE 3 : MISE A L’ECHELLE DES INTERVENTIONS


COMMUNAUTAIRES INTEGREES
Thématiques
 L’AC constituera le premier contact avec le système de santé pour une certaine partie de la population.
Le Ministère de la Santé Publique renforcera ainsi les compétences des AC pour leur permettre de
mettre en œuvre les paquets d’activités intégrés relevant des différentes composantes des programmes
de santé au niveau communautaire, dont les interventions de promotion, prévention, prise en charge,
gestion, et surveillance de la santé publique.
 Le gouvernement, avec l’appui de ses partenaires et des parties prenantes, soutient la mise à l’échelle
des interventions communautaires pour optimiser l’accès équitable aux soins de l’ensemble de la
population malgache.

Situation, problématiques et défis


Les COSAN/AC sont sous la tutelle technique des CSB. Néanmoins, les agents de santé dans les CSB
n’arrivent pas à s’acquitter de cette attribution. L’existence d’une structure ou d’un acteur formellement défini(e)
pour servir de relais entre les CSB et les COSAN/AC s’avère ainsi utile. Certains Programmes et PTF ont
expérimenté des formes variées de ce relais : encadreur communautaire, technicien accompagnateur,
superviseur, AC pair… Le statut et les modalités de traitement des personnes chargées de relais entre le CSB et
les AC (ligne budgétaire / source de financement) demeurent cependant à déterminer.
La tutelle technique des AC relève des CSB. Mais les activités de supervision des AC par les chefs CSB
sont insuffisantes voire inexistantes dans de nombreuses localités. Les Chefs CSB ne connaissent pas leurs
responsabilités ou ne s’approprient pas de leurs rôles dans la supervision des AC. Les supervisions réalisées
jusqu’ici sont essentiellement des supervisions effectuées par les programmes ou les PTF.
La surcharge de travail des AC et des AS, le statut des AC basé sur le volontariat, les contraintes de
disponibilité des AC pour toutes les activités, et la disponibilité aléatoire des ressources allouées pour le
renforcement de capacités des différents acteurs constituent des facteurs limitant la mise en œuvre de certaines
interventions.
Dans les zones appuyées par les PTF, les AC bénéficient de formation initiale et de réactualisation des
connaissances. Mais parfois ces formations n’ont pas eu lieu ou sont insuffisantes ou ne couvrent pas tous les
domaines (à l’instar de la prévention des maladies non transmissibles).

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Changements attendus
 Un système de coaching des AC est mis en place à la lumière des expériences de certains
Programmes et PTF (DLT, ONN, USAID/Mikolo) et conformément au texte sur le COSAN stipulant la
tutelle technique des AC par les CSB. Les modalités pratiques dépendront du contexte et des
ressources disponibles avec focus sur la pérennisation.
 Les documents de référence en santé communautaire sont adaptés au contexte de la mise à l'échelle.
 Les activités de prévention des maladies non transmissibles sont mises à l’échelle dans les 23
régions.
 Tous les AC et les AC nouvellement recrutés reçoivent une formation initiale de base comportant les
modules suivants : communication, gestion des intrants, utilisation du Guide PAC, et gestion de
programme.
 Les AC bénéficient de formations continues ou remises à niveau périodiques / cycliques.
 Les compétences des AC sont structurées, reconnues et recensées officiellement.
 Certification des AC par palier de formation reçue ? (Paquets de base et paquets élargis)
 Formation des AC : Quand? Quoi? Où? Et comment (théorie, pratique) ? Durée?
 Standards de base : communication notamment capacités de persuasion, gestion des activités,
gestion des intrants (curriculum unique)
 Formation spécifique pour les prestations spécifiques : modalités?
 Formation continue
 Formation des AS en santé communautaire
 Identification des besoins en formation des acteurs

Objectifs spécifiques
 Assurer la disponibilité de services de qualité au niveau communautaire.
 Renforcer le système de référence contre-référence au niveau communautaire.
 Développer un système de coaching communautaire adapté aux différents contextes.
 Mettre tous les AC aux mêmes niveaux de performance à travers des activités d’encadrement selon
les normes et la qualité requises.
 Assurer la disponibilité permanente des intrants de santé de bonne qualité au niveau communautaire.

Principales interventions
 Couvrir en services de santé à base communautaire tous les Fokontany de Madagascar.
 Procéder à la formation initiale des nouveaux AC et à la formation continue des anciens AC.
 Mener des plaidoyers auprès des décideurs et des PTF pour la mobilisation des ressources en vue de
la réalisation des formations initiales et des remises à niveau des agents communautaires.
 Certifier et recenser officiellement les compétences des AC.
 Mettre en place un système de coaching communautaire des AC pour optimiser les actions de
supervision et de rapportage.
 Evaluer périodiquement les compétences des AC et réaliser en conséquence des sessions de
réactualisation des connaissances.
 Vulgariser le Guide PAC réactualisé et former tous les AC sur le guide PAC réactualisé.

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 Renforcer le système d'alerte et la surveillance intégrée des maladies à potentiel épidémique au
niveau communautaire.
 Former les AC sur la prévention des maladies non transmissibles et handicap.
 Définir et appliquer un mécanisme pour maintenir de façon continue un niveau de stock en intrants de
santé permettant aux AC de réaliser les interventions auprès des groupes cibles.
 Mettre en place un mécanisme de suivi de l’accompagnement des malades référés et contre-référés
au CSB / Hôpitaux par les AC.

AXE STRATEGIQUE 4 : COORDINATION DE LA MISE EN OEUVRE DES


INTERVENTIONS
Thématiques
Des structures de coordination intersectorielle et interdisciplinaire seront mises en place à tous les niveaux
en impliquant les parties prenantes et les partenaires techniques et financiers, ayant comme vocation de guider
et d’assurer l’harmonisation de toutes les interventions de santé communautaire.

Situation, problématiques et défis


La distribution spatiale des intervenants en santé communautaire montre qu’il y a une concentration des
appuis dans certaines zones alors que d’autres sont peu ou pas appuyées par les PTF. Des activités similaires
sont menées dans une même zone créant des doublons d’intervention parfois sans aucune synergie. Une
absence de coordination dès la planification des interventions en est une des causes : l’élaboration des PTA n’a
pas pris en compte les besoins à la base (démarche de planification ascendante non suivie), les PTA des PTF ne
sont pas alignés à celui du MSANP. Le leadership du Ministère de la santé en matière de coordination et
d’harmonisation des approches communautaires est à renforcer ainsi que le suivi des engagements des
différents intervenants en santé communautaire.
Le leadership du Ministère chargé de la santé à tous les niveaux s’exprime faiblement dans la promotion
de la santé. Et les plaidoyers pour l’implication des APART et des autres secteurs tardent à porter leurs fruits à
en juger au faible engagement des APART, des groupements ou associations communautaires (scouts,
associations cultuelles...) et des autres secteurs ministériels (particulièrement le MID et ses démembrements)
dans la santé communautaire et la promotion de santé.
L’obtention de consensus entre PTF et de consensus entre le MSANP et PTF par rapport aux zones
d’intervention et aux interventions proprement dites constitue le défi le plus important en matière de coordination
des approches communautaires.

Changements attendus
La coordination de la mise en œuvre des interventions en santé communautaire devra aboutir à :

 une répartition équitable et complémentaire des appuis des PTF,


 la coordination des activités de mise en œuvre sous le leadership de la Direction et Service en charge
de la santé communautaire,
 un meilleur engagement des autorités des CTD et des STD dans l'appui à la fonctionnalité des
structures de coordination et à la pérennisation des actions pour la santé communautaire dans leur
juridiction respective,

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 la complémentarité et la synergie multisectorielle dans les interventions en santé communautaire,

Objectifs spécifiques
 Disposer de mécanismes de coordination périodique impliquant toutes les entités concernées par la
santé communautaire.
 Assurer la disponibilité et la fonctionnalité des structures de coordination et de mise en œuvre de la
santé communautaire à chaque niveau conformément aux dispositifs réglementaires communément
adoptés.
 Assurer la couverture totale et équitable des 114 districts par les appuis des PTF, ONG, et
associations.

Principales interventions
 Réaliser un état des lieux sur la formation des agents communautaires.
 Mettre à jour périodiquement la cartographie des interventions et des intervenants (PTF, ONG,
associations) en santé communautaire.
 Encourager la recherche de consensus entre les différents intervenants en santé communautaire pour
une meilleure répartition équitable des zones et programmes d’interventions.
 Définir et mettre en place les mécanismes et les documents de référence pour la coordination des
interventions en santé communautaire à tous les niveaux en s’alignant aux structures déjà définies par
des textes en vigueur (Structure Locale de Concertation ou SLC)
 Mettre en place les mécanismes de suivi de l’effectivité des processus de coordination et
d’harmonisation des interventions en santé communautaire.
 Aligner les interventions des partenaires selon les orientations stratégiques et directives de la PNSC.
 Mettre en place une plateforme de partage et de capitalisation des acquis.

AXE STRATEGIQUE 5 : INSTITUTIONNALISATION DE LA SANTE


COMMUNAUTAIRE
Thématiques
L’institutionnalisation matérialise l’engagement de l’Etat en faveur du développement de la santé
communautaire. Elle consiste à officialiser par voie réglementaire :

 les statuts, l’organisation et le fonctionnement de toutes les structures opérationnelles et de coordination


en matière de santé communautaire à tous les niveaux ;
 l’ancrage, la fonctionnalité et la pérennisation de la santé communautaire au niveau des collectivités
territoriales décentralisées et des services déconcentrés, selon les niveaux des structures
opérationnelles et de coordination périphériques ;
 le statut des AC, qui est celui de volontaire, incluant :
o le soutien par l’organisation d’un système harmonisé de motivation basé sur leurs charges de
prestations, selon leurs niveaux de compétence et leurs performances ;
o un système de reconnaissance institutionnelle des compétences des AC, selon les niveaux de
capacités qui leur ont été transférées ;

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o les rôles et responsabilités dévolus aux AC : les paquets de services comprennent les activités
promotionnelles, préventives, curatives, de réadaptation, de surveillance de la santé publique
et de participation aux réponses d’urgence, ainsi que la participation à la gestion du CSB et aux
actions de solidarité pour l’amélioration de l’accès aux soins, à l’eau, l’assainissement et
l’hygiène ; de réduction du risque financier ; et de recensement des naissances, des décès et
des personnes démunies..

Situation, problématiques et défis


Mise en place des structures communautaires
Madagascar est un vaste pays et la couverture en structures sanitaires et en ressources humaines pour la
santé demeure encore insuffisante. Une large frange de la population habite à plus de 5 km d’une formation
sanitaire et ne dispose d’autres recours que l’automédication et la fréquentation des tradipraticiens dont les
matrones en cas de problème de santé. Pour améliorer l’accès aux soins des populations en zones éloignées
des formations sanitaires, le système de santé a été prolongé jusqu’au niveau communautaire à travers la mise
en place des Comités de Santé (COSAN), une structure communautaire regroupant les agents communautaires
(AC) élus par la Communauté de chaque village composant un Fokontany (FKT). La mise en place de ces
acteurs et structures communautaires est déjà spécifiée dans la Politique Nationale de Santé Communautaire
(PNSC), son guide de mise en œuvre et l’Arrêté interministériel n°8014/2009 du 02 septembre 2009. Néanmoins,
pour des raisons de planification, il est habituellement considéré qu’il y a 2 AC par FKT. Et les données exactes
sur le nombre des AC, le nombre des AC formés, le nombre des sites communautaires et le nombre des
Communes ayant érigé des COSAN ne sont pas disponibles. Dans certaines Communes, le COSAN existe, mais
l’élection des AC qui le constituent n’a pas respecté les procédures et les critères requis. Certaines dispositions
de l'arrêté régissant les AC ne sont pas respectées pour de nombreuses causes dont principalement la non-
dissémination de l’Arrêté sur le COSAN. Enfin, certains Chefs CSB ne connaissent pas les modalités de mise en
place du COGE.
Ces faits interpellent sur les critères de recrutement des AC : sont-ils suffisants ? Des révisions de ces
critères sont-elles attendues ? Quid de l’intégration des éducateurs pairs des Populations Cibles Particulièrement
Exposées aux Risques de VIH Sida (PCPER) ?
Fonctionnalité des structures communautaires
Les données disponibles actuelles sont insuffisantes pour conclure sur la fonctionnalité des AC et des
COSAN. Aucune précision n’est disponible sur le nombre exact des AC et leur couverture d’autant plus que
même le nombre des Fokontany n’est pas connu avec exactitude. Dans certaines Communes, les COSAN sont
érigés mais n’assurent pas pleinement leurs attributions. Des Communes ne disposent pas de sites
communautaires notamment celles dans les zones non appuyées par les PTF. Un faible ratio AC/population a été
noté. Par ailleurs, le statut des AC n’est pas clairement défini, et de ce fait, certains AC n’acquièrent pas la
considération et la confiance de la population.
Aucun texte ne légifère les structures prévues pour la coordination des interventions à tous les niveaux
(CCDS, CCACD, CCACR). Leurs relations et fonctionnements demeurent ainsi mal définis. En attendant ce
cadrage normatif, la mise en place de ces différentes structures devra se conformer à la PNSC mise à jour, à
l’arrêté interministériel sur les COSAN, et à l’arrêté ministériel N°2015-957 du Ministère de l’Intérieur et de la
Décentralisation paru dans le Journal Officiel du 06 août 2015 relatif à la mise en place de la Structure Locale de

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Concertation (SLC). Or, cette dernière structure n’est pas mise en place dans de nombreuses Communes à
défaut de la vulgarisation du texte s’y rapportant.
Rôles et attributions des agents communautaires
Certains responsables et autorités sanitaires et administratifs ignorent les rôles et responsabilités des AC.
De même, les offres de services par les AC sont méconnues par la population. Ces constats peuvent s’expliquer
par l’absence de textes réglementaires régissant le statut de l'AC et fixant précisément ses rôles et
responsabilités. Son statut est jusqu'ici inséré vaguement dans le texte régissant le COSAN Fokontany. Les
responsabilités des AC au niveau de chaque Programme de santé peuvent être décrites techniquement dans les
termes de référence, mais il n'y a pas de texte légiférant ces attributions et qui les lie avec les textes relatifs au
COSAN. Aucun système de réglementation des attributions des AC n’a encore été mis en place. Du fait de la
prédominance de l’approche programmatique, les activités des AC deviennent non harmonisées et mal
planifiées. A tout ceci s’ajoutent le manque de motivation de certains AC, le népotisme dans le recrutement des
AC et les effets de la politisation de l’administration qui se ressentent jusqu’au niveau communautaire :
désignation des AC selon leurs affinités ou appartenances politiques, non-respect du principe de la neutralité par
les AC dans l’exercice de leurs fonctions, et conflits d’intérêts entre AC, Maires et Chefs CSB.
Les paquets d’activités des AC comprennent des activités promotionnelles, préventives, curatives, de
réadaptation, d’urgence et de surveillance de la santé publique. Le Guide sur le Paquet d’Activités
Communautaires a été réactualisé. Mais le paquet intégré des interventions de santé et de nutrition ainsi que le
paquet intégré des actions efficaces et concrètes ayant des effets positifs sur les déterminants de santé ne sont
que partiellement vulgarisés et mis en œuvre.
Les activités des AC sont limitées en général aux activités de sensibilisation (VAD, sensibilisation de
masse), de petites prestations (distribution des produits de base comme la Vitamine A et Odikankana), de suivi
des malades et de référence. Cependant, certains AC offrent des services au-delà des paquets d'activité
autorisés, d’autres agissent même comme des « médecins ». Dans d’autres circonstances, trop d'activités sont
attendues auprès des AC engendrant des chevauchements d’activités et des surcharges de travail. Il est aussi
constaté que la surveillance intégrée des maladies au niveau communautaire n’est pas encore fonctionnelle. La
surveillance de la santé publique (veille sanitaire) demeure encore saisonnière. Des AC ont été formés sur la
prévention des maladies non transmissibles et handicap. Mais d’autres volets comme la pharmacovigilance et la
participation à l’identification et à la planification des actions résolutives des problèmes de santé locaux ne
figurent pas encore parmi les activités des AC.
Financement de la santé communautaire
Le financement de la santé communautaire et particulièrement le système de motivation des agents
communautaires se trouvent au cœur des préoccupations et des discussions en santé communautaire. Les
ressources financières pour la mise en œuvre de la PNSC sont insuffisantes. Cela a eu des effets sur la
disponibilité des matériels et des intrants qui se sont répercutés par la suite sur la réalisation des activités des
AC. Le financement actuel de la santé communautaire dépend en grande partie du financement extérieur apporté
par les PTF. Il est éparpillé dans le temps et dans l’espace.
Le départ de certains AC témoigne d’une absence de motivation au travail. Le système de motivation varie
d’un intervenant à l’autre et d’un programme à l’autre. L’absence et/ou l’inégalité des moyens de motivation des
AC a été décriée. Certains AC se plaignent de ne récolter que des remerciements et félicitations pour le travail
accompli. Les AC rattachés aux Projets bénéficient de reconnaissances et de système de motivation non

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monétaire (certificats,…). Les systèmes de motivation semblent ainsi non harmonisés / non standardisés. Et
l’adoption de système comme le financement basé sur la performance n’est pas encore possible à défaut d’un
système harmonisé, structuré et institutionnalisé d'évaluation des AC. Cependant, il est utile de rappeler que les
modalités opératoires pour la motivation des AC sont déjà définies dans l’Arrêté sur les COSAN.
L’institutionnalisation de la santé communautaire implique :

 l’appropriation des différents cadres de référence et de la PNSC à chaque niveau,


 l’exercice d’un leadership fort et efficace du Ministère de la Santé Publique,
 l’alignement des PTF et des parties prenantes par rapport à un modèle consensuel national.
 la disponibilité de ressources suffisantes,

Changements attendus
 Tous les Fokontany sont couverts par un paquet minimum de service à base communautaire et des
CSB opérationnels. Les COSAN sont érigés, disposent de ressources pour fonctionner et participent
aux prises de décision en matière de santé communautaire et à la coordination des activités
communautaires. Les rôles institutionnels des COSAN sont clairement définis.
 Les AC sont fonctionnels, maintenus à leurs postes et motivés selon les dispositions visées par des
textes clairs communément adoptés par tous les intervenants en santé communautaire.
 Le recrutement (élection) des AC est effectué conformément aux textes et règlements en vigueur et
leur nombre doit répondre aux besoins de couverture de leur localité. La Communauté arrive à
surmonter la méfiance/mésentente entre les groupes de population dans une même localité
 Une cartographie des AC et des sites communautaires est régulièrement mise à jour.
 Normes de déploiement : ratio par population? Quid alors des zones à faible densité de population ou
à population dispersée?
 Des Termes de référence et paquets d’activités bien définis sont disponibles pour chaque catégorie
d'AC.
o Paquets de services de base :
 Composantes ?
 Pour quelle catégorie d’AC?
o Paquets de services élargis :
 Composantes ?
 Pour quelle catégorie d’AC?
o AC : prestataire de soins polyvalent au niveau communautaire?
o Contractualisation des AC? Ou du COSAN?
o Contractualisation des ONG?
 Les AC sont contractualisés sur la base d'un texte réglementaire légiférant leurs statut au sein du
COSAN et seront ré-encadrés suivant leurs termes de référence.
 Les structures opérationnelles ainsi que les structures de coordination intersectorielle et
multidisciplinaire à tous les niveaux existent et sont fonctionnelles. La SLC et le CCDS sont mis en
place dans tout le pays et chaque Commune dispose de plan local de développement intégré et
inclusif (PLDII).
 Les différents textes réglementaires relatifs à la santé communautaire (textes fixant les statuts,
organisation et fonctionnement des différentes structures de coordination et opérationnelles) sont

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élaborés/réactualisés conformément à la PNSC mise à jour, diffusés, appropriés et appliqués par tous
les intervenants à tous les niveaux, y compris ceux des autres secteurs ministériels.
 Les Chefs CSB sont formés et maîtrisent leurs attributions en santé communautaire dont la mise en
place des COSAN et COGE.
 Les modalités de suivi de l’application des différents textes régissant la santé communautaire sont
bien définies et considèrent les réalités de terrain.
 Le Guide PAC est appliqué et un système de réglementation des activités des AC est mis en place.
 La surveillance de la santé publique (veille sanitaire) au niveau communautaire est effective et réalisée
de façon continue.

Objectifs spécifiques
 Assurer la couverture optimale des services de santé à base communautaire.
 Assurer la disponibilité et le respect des termes de référence et textes régissant les attributions des
AC.
 Assurer la disponibilité, l'appropriation et l'application des textes consensuels fixant les statuts,
l’organisation et le fonctionnement des différentes structures de coordination et de mise en œuvre de
la santé communautaire à chaque niveau.
 Disposer des ressources requises pour le financement de l’institutionnalisation de la santé
communautaire.

Principales interventions
Pour cet axe stratégique, les interventions portent sur la normalisation et la fonctionnalisation des
différentes structures de mise en œuvre et de coordination à tous les niveaux.

 Mettre en place et vulgariser le cadre normatif et les mécanismes de suivi pour la fonctionnalisation
des différentes structures de mise en œuvre et de coordination de la santé communautaire (penser à
leur traduction en Malagasy).
 Former/Conscientiser/Orienter les membres de chaque structure en vue de l’appropriation de leurs
Termes de référence et de la PNSC.
 Mettre en place une modalité de "contractualisation sociale tripartite" entre la communauté
représentée par la CTD (le Chef du Fokontany et le Maire de la Commune), le système de santé
représenté par le STD (le Chef CSB), et l'AC, pour laquelle le contenu des Termes de référence
relatant les responsabilités des 3 parties sera intégré comme clause constituante.
 Appuyer le fonctionnement des structures de mise en œuvre et de coordination à chaque niveau.
 Elaborer un plan multisectoriel de santé communautaire découlant de la planification à base
communautaire.
 Organiser une journée nationale et des journées locales de la Santé communautaire avec des
cérémonies de reconnaissances sociales des AC, des structures opérationnelles et des structures de
coordination à tous les niveaux.
 Mener des plaidoyers à l’endroit des décideurs et des PTF à tous les niveaux pour obtenir leur
engagement au financement de la santé communautaire et leur alignement au système national de
motivation des AC adopté.

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 Mener des activités de plaidoyer auprès du MSANP et du MEFB pour la création d’une ligne
budgétaire au MSANP pour la gestion des activités communautaires y compris la motivation des AC et
la dotation en équipements, matériels, et outils de gestion.
 Suivre l'appropriation et l’application des différents textes régissant la santé communautaire.

AXE STRATEGIQUE 6 : HARMONISATION DE L’APPROCHE


COMMUNAUTAIRE
Thématiques
Cette orientation est essentielle pour aligner les multiples approches adoptées par les parties prenantes
concernant la prestation et les motivations des acteurs de santé communautaire, et les faire converger vers
l’atteinte d’objectifs communs centrés sur le bien-être de la population, notamment celui des groupes cibles
prioritaires, et la réduction des décès évitables dans la communauté. Elle concerne :

 les modalités de mise en œuvre des interventions de santé communautaire selon les normes et
procédures en vigueur dans le secteur ;
 les modalités de motivation des intervenants en santé communautaire, dont les motivations financières
et en nature, et qui tiennent compte des charges de prestation selon leurs niveaux de compétence et de
performance.

Situation, problématiques et défis


Disparité des approches
Les approches communautaires diffèrent d’un intervenant à l’autre et d’un programme à l’autre. Elles sont
non standardisées / non harmonisées : mode de recrutement, modalités de formation, de supervision, et de suivi-
évaluation des activités, système de motivation, etc. Chaque programme a son AC alors que normalement il doit
s’adresser au COSAN qui constitue l’interface entre la Communauté et les Programmes de santé. De ce fait,
certains AC priorisent les programmes avec des financements plus conséquents au détriment de ceux peu ou
pas financés.
L’insuffisance des partages des documents de référence en santé communautaire a engendré le non-
respect des directives par ignorance des contenus des cadres réglementaires. Ceci est imputé à des problèmes
de dissémination des documents : multiplication insuffisante faute de moyens financiers, manque de suivi de
dissémination, …
Formation des agents communautaires
Les curricula utilisés pour la formation des AC sont disparates et ne sont pas conformes à ceux validés
par le MSANP dans certains cas. Les compétences des AC ne sont pas structurées, non reconnues
officiellement et non enregistrées. Un Guide sur le Paquet d’Activités Communautaires (Guide PAC) a été
élaboré pour essayer d'harmoniser les prestations des AC. Cependant, les modules de formation utilisés ne se
réfèrent pas toujours à ce Guide PAC. Et les formations des AC n'ont pas été ni modélisées selon un format
harmonisé ni standardisées pour leur permettre d'acquérir les types de compétences requises et leur permettre
d'effectuer avec succès leurs prestations.
Tous les intervenants doivent adopter un curriculum de formation validé par le MSANP, à format
harmonisé et structuré en modules intégrés. Sur le plan pratique, la réalisation des formations continues des AC

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est confrontée aux soucis posés par la détermination du moment opportun pour les formations et l’insuffisance du
budget alloué à ces formations.
Suivi et évaluation des performances des agents communautaires
L’absence d’archives des RMA communautaires au niveau des CSB ne permet pas la réalisation des
suivis des progrès des activités des AC par les responsables des CSB. Le système d’encadrement et de suivi
des activités des AC n’est pas bien structuré ni standardisé dans le pays. Le système d’évaluation de la qualité
des soins au niveau communautaire s’est concentré sur le volet « soins » alors que les actions des AC couvrent
aussi d’autres domaines tels que la prévention, la promotion, la réadaptation, la surveillance et les urgences.
Le système d’encadrement et de suivi et évaluation des activités communautaires semble encore à bâtir.
Deux grands défis sont particulièrement à relever : (i) l'appropriation des chefs CSB de leurs attributions dans la
supervision des agents communautaires et (ii) l’harmonisation du système d'encadrement des AC car les
différents intervenants ont déjà développé leur propre système de supervision et de suivi et évaluation.

Changements attendus
 Le MSANP exerce un leadership fort dans l’harmonisation des approches communautaires et dans la
mise en place d’un système national unique et harmonisé de motivation des AC quels que soient les
appuis, les interventions et les PTF.
 Les curricula de formation des AC sont harmonisés et se réfèrent au Guide PAC.
 Un cadre normatif pour la validation des curricula de formation est mis en place.
 Des principes clairs et harmonisés de tarification des intrants sont adoptés et partagés à tous les
intervenants en santé communautaire ;
A terme, la performance des AC sera suivie et améliorée de manière continue à travers :

 un système d'encadrement effectif mis en place avec une approche harmonisée et standardisée et des
mécanismes et outils de gestion communément adoptés,
 la mise en place d’un système de suivi et évaluation harmonisé
o principes ? mécanismes ? Période? Fréquence?
o Harmonisation et institutionnalisation des revues périodiques des AC au niveau des CSB.
o Tableau de bord des indicateurs de performance + normes de qualité pour les activités des AC
(quantité, ponctualité, qualité des soins)
o Documentation et partage des bonnes pratiques
 la prise de responsabilité des chefs CSB dans leur rôle de superviseurs des activités communautaires,
 la réalisation régulière de suivi et supervision sous forme d'appui dont les modalités sont à harmoniser.

Objectifs spécifiques
 Harmoniser la mise à l'échelle de l'approche communautaire.
 Structurer et harmoniser les formations des AC selon des cadres de référence et protocoles
standardisés pour tous les Programmes à composante communautaire, selon les types de prestations à
déléguer aux AC et selon les niveaux d'instruction des AC.
 Hiérarchiser et institutionnaliser les types de compétences transférés aux AC (selon les prestations à
déléguer) par des certifications harmonisées, reconnues et recensées officiellement par le MSANP.

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 Développer un système harmonisé et standardisé d’encadrement, de suivi et d'évaluation des activités
communautaires.
 Développer et institutionnaliser un système national de motivation des AC unique, harmonisé et
pérenne, conforme aux stratégies de la PNSC et l’arrêté sur les COSAN.

Principales interventions
 Développer les cadres normatifs régissant la conception, la validation des outils, la réalisation et le suivi
des formations des agents communautaires.
 Elaborer et partager à tous les intervenants en santé communautaire le curriculum de formation initiale
de base pour les agents communautaires.
 Développer un système harmonisé et standardisé de supervision, de suivi et évaluation des activités
communautaires ainsi que tous les outils s’y rapportant et les modalités d’octroi de primes à la
performance.
 Harmoniser la dotation des matériels et équipements pour les AC et les sites communautaires.
 Elaborer et partager à tous les intervenants en santé un document sur les principes harmonisés de
tarification et le suivi des tarifs des intrants de santé au niveau communautaire.
 Mettre à jour, harmoniser, valider, multiplier et disséminer les outils de gestion et de rapportage des
activités communautaires selon les besoins (RMA Communautaires en trifolio, RMA CSB, registres
divers).
o Système de rapportage : par AC? par COSAN?
o Intégration des données communautaires dans le RMA du CSB vs RMA Communautaire?
 Elaborer / valider le document des normes et procédures en suivi et évaluation des interventions en
santé communautaire.
 Discuter et résoudre les obstacles à la réalisation des formations initiales / remises à niveau des AC
dans les réunions de coordination à tous les niveaux.

 Système de motivation financière des AC :


o Principes et harmonisation
o Modalités : basket fund, marge bénéficiaire sur vente de médicaments, montant forfaitaire
périodique, motivation liée aux performances
 Système de motivation non financière des AC :
o Certification
o Promotion : de AC à EC/superviseur
o Distinctions honorifiques…
 Interventions pour la mobilisation des ressources :
o Plaidoyer
o Intégration de la santé communautaire dans les différents documents de planification et dans le
budget du MSANP
o Déconcentration des ressources vers les niveaux opérationnels
o Activités de levée de fonds initiée par la Communauté
o Activités de levée de fonds ou d’investissement menées par les COSAN…

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AXE STRATEGIQUE 7 : RENFORCEMENT DE LA RECHERCHE EN
SANTE COMMUNAUTAIRE
Thématiques
Cette orientation concerne notamment : (i) l’évaluation systématique de l’efficacité des AC quant à leur
prestation de service, (ii) la détermination des rôles des AC concernant les maladies non transmissibles, (iii) les
liens avec les cadres fonctionnels, la réglementation, l’accréditation, la motivation, et l’approvisionnement en
médicaments et produits de base essentiels, et (iv) la pérennisation des programmes soutenus par les AC. Ces
éléments sont autant de questions auxquelles des réponses doivent être apportées pour utiliser de manière
optimale les AC et permettre la couverture sanitaire universelle.

Situation, problématiques et défis


La recherche dans le domaine de la santé communautaire demeure encore peu développée. Elle est
réalisée par les ONG œuvrant dans le domaine et il n’existe pas de plateforme de partage et de capitalisation des
résultats de recherche. Les activités de recherche sont menées de façon ponctuelle et limitée aux zones
d’intervention des ONG. Par ailleurs, aucun système d'évaluation des AC n’existe au niveau national et les outils
d'exploitation des données communautaires demeurent aussi insuffisants.
La disponibilité de résultats de recherche reflétant la situation dans l’ensemble du territoire ainsi que la
diversification des thèmes de recherche constituent les défis les plus importants en matière de recherche en
santé communautaire.

Changements attendus
Des recherches seront menées périodiquement et systématiquement afin d’apporter des éléments
d’orientation aux décideurs et concepteurs de stratégies en santé communautaire. Ces résultats seront partagés
à tous les acteurs et capitalisés aux fins d’amélioration de la mise en œuvre des interventions.

Objectifs spécifiques
 Définir les principes et modalités de conduite de la recherche en santé communautaire.
 Assurer le partage et l’exploitation des résultats de recherche en santé communautaire.
 Développer les capacités d’analyse et d’utilisation des données communautaires aux fins de prise de
décision et actions.

Principales interventions
 Elaborer un document spécifiant les principes, normes et modalités de réalisation des activités de
recherche dans le domaine de la santé communautaire.
 Mettre en place une plateforme de partage et de capitalisation des résultats de recherche en santé
communautaire.
 Conduire une recherche pour évaluer les activités et la charge de travail des AC.
 Mener une recherche pour évaluer la cohérence entre les textes administratifs et techniques et les
textes relatifs aux finances.
 Mener une recherche sur l'effectivité de l’exécution des attributions des CCDS et des COSAN.
 Evaluer sur terrain la disponibilité, la qualité, et la gestion des intrants de santé au niveau
communautaire.

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 Mener des recherches sur les facteurs de rétention / maintien des AC dans leurs sites d'intervention.
 Mener des recherches opérationnelles sur le système de motivation adapté aux AC et sur le
financement basé sur les performances des AC.
 Mener des évaluations sur les coûts-efficacité des interventions en santé communautaire (estimation
des coûts directs et indirects, estimation des effets des interventions en termes d’estimation de vies
sauvées / décès évités, amélioration de la qualité de vie - Analyse des coûts et du financement de la
santé communautaire : coûts des interventions, coût par tête, coût par AC, coût-efficacité)
 Evaluer les impacts des activités communautaires sur la qualité de vie des bénéficiaires (décès évités,
indicateurs sur la santé maternelle et infantile, DALY, QALY).
 Mener une analyse de la capacité des patients à payer les services de santé communautaire.
 Mener des recherches spécifiques sur la conduite des interventions de promotion de la santé, de
surveillance des maladies, de prévention, ou sur d’autres aspects comme la recherche de soins et
l’aspect Genre au niveau communautaire.
 Evaluer la satisfaction de la communauté par rapport aux offres de services au niveau communautaire.

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