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SPIRITUALITÉ

Les nombreuses vertus du jeûne


Publié le 15/02/2013 à 11h59 - Modifié le 09/02/2016 à 11h58Jean-Claude Noyé

© Fred de
Noyelle / GODONG
Mercredi 10 février, les chrétiens entrent en carême. L'occasion de redécouvrir les nombreuses vertus du
jeûne, cette pratique qui fait partie de la grande tradition de l'Eglise et qui connaît un regain d'intérêt
depuis quelques années.






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Dès les origines, le carême pascal a été considéré comme un temps de purification spirituelle dans
la pratique conjointe et accrue de la prière, de la charité et du jeûne. Le Mercredi des Cendres et le
Vendredi saint sont les seuls jours de « jeûne » proposés aujourd'hui par l’Eglise catholique. Le
contraste est saisissant avec la pratique ancienne des chrétiens. Jeûner revenant, initialement, à se
priver de nourriture et de boisson jusque tard dans l’après-midi. Jeûne du carême en souvenir des
quarante jours du Christ au désert. Jeûne des Quatre Temps visant à solenniser les quatre saisons.
Jeûne de l’Avent, en préparation de la fête de Noël, pendant quatre semaines. Ou encore jeûne des
veilles de grandes fêtes religieuses et jeûne des jours de rogations (journées de prières prolongées).

Pourquoi jeûner ?

Le succès des sessions qui conjuguent l'approfondissement de la foi et le jeûne confirment son


retour en grâce dans la sphère chrétienne. Jeûner revenant à se priver complètement de nourriture
de 5 à 10 jours. Le nombre croissant d'émissions, d'articles ou d'ouvrages qui lui sont consacrés est
également un indice. Ce succès participe d'un mouvement de réappropriation de la grande tradition
de l'Eglise, qui ne dissocie pas la prière, l'aumône (la charité, la solidarité) et le jeûne. Et, plus
encore, de la redécouverte d'une spiritualité qui ne sépare pas les mouvements du corps et ceux de
l'esprit. Aujourd'hui, on jeûne pour faire l'expérience d'une libération, d'un désencombrement, d'un
mieux-être physique, psychologique et spirituel.

Bienfaits corporels

Les effets de détoxication de l’organisme interviennent principalement quand celui-ci puise dans
ses propres réserves, après le deuxième ou troisième jour de jeûne. Ils sont décrits comme suit par
la doctoresse Françoise Wilhelmi de Toledo dans L’art de jeûner : manuel du jeûne thérapeutique
Büchinger (Ed Jouvence) : normalisation du taux de sucre, d’insuline et des lipides ; diminution de
la masse graisseuse ; mise au repos des organes digestifs, modification de la flore intestinale, arrêt
de l’ingestion d’antigènes et de substances pro-inflammatoires ; régression des muqueuses
intestinales ; drainage et élimination de l’excès de sel ; recyclage des protéines ; allégement de
l’effort du cœur et amélioration de la circulation du sang, de sa fluidité.

Bienfaits psychiques

Selon une étude de la clinique de jeûne Büchinger portant sur 372 personnes ayant jeûné plus de
dix fois au cours des quarante dernières année, les effets psychiques majeurs suivants sont les
suivants : bien-être, vitalité accrue ; harmonisation de l’humeur, stabilité émotionnelle ; recul par
rapport aux problèmes du quotidien, pause regénératrice ; diminution du stress ; introspection ;
résolution de problèmes. Le Dr Büchinger lui-même notait : « On observe une sorte de libération,
un lâcher-prise, ainsi qu’une sensibilité accrue ».

Bienfaits spirituels

Toutes les traditions spirituelles considèrent que le jeûne aide l'homme à de décentrer pour mieux
se tourner vers autrui, dans une démarche d'empathie. A mieux s'ouvrir à « l'espace du dedans »
pour revenir à l'essentiel. A acquérir plus d'ouverture à l'altérité, de concentration et d'écoute, ainsi
qu'une plus grande disposition à contempler la beauté, à prier ou à méditer.

Apprendre à manger autrement


Redécouvrir la saveur des aliments et reconsidérer notre nourriture. Tendre à manger moins et
mieux : moins gras, moins sucré, plus équilibré. L’équation : frugalité = santé = longévité relève du
simple bon sens et ne fait plus de doute aujourd’hui.

Comment jeûner ?

Les sessions chrétiennes de jeûne proposent la plupart de jeûner de 5 à 10 jours selon la méthode «
Büchinge r». Soit un apport quotidien de 250 calories avec un quart de jus de fruits ou de jus de
légumes par jour + un quart de bouillon de légumes frais (l’eau de cuisson des légumes) + des
tisanes éventuellement sucrées avec un peu de miel + de l'eau minérale à volonté. Proposition
d’entrée dans un jeûne d’une durée de sept jours : Jour J (c’est-à-dire le premier jour de jeûne
effectif) moins 4 : ni viandes, ni poissons, ni œufs et augmenter la ration de fruits et légumes. Jour J
moins 3 : plus de produits laitiers. Jour J moins 2 : plus de céréales et leurs dérivés : farine, pâtes,
pain. Jour J moins 1  : fruits et légumes uniquement, crus et cuits, à volonté. La sortie du jeûne suit
le même protocole.

Autre conseil : alterner les moments de détente, de retour paisible à soi, et l’activité physique
douce. Et lire un des ouvrages destinés aux jeûneurs comme Comment revivre par le jeûne (Ed.
Terre vivante).

Jeûner seul ou en groupe ?

Pour une première expérience, il sera plus facile de jeûner en groupe. L’apport des uns et des autres
est d’une richesse irremplaçable, Quand on jeûne ensemble, on ressent avec plus de finesse et
d’intensité combien la relation à autrui est une « nourriture » précieuse et vitale.

Où jeûner ?

Deux possibilités. Soit s’inscrire à une retraite de jeûne, dans un environnement propice (beauté du
paysage, calme, facilités pour randonner) avec un encadrement humain ad hoc. Ce type de jeûne est
appelé «jeûne résidentiel», par opposition au jeûne «au quotidien» dont l’objectif est de permettre
de découvrir le jeûne de longue durée (5 jours minimum) tout en continuant à vaquer à ses
occupations quotidiennes. Le soir, les jeûneurs se retrouvent en groupe, en présence d’un animateur
spirituel, clerc ou laïc, et d’un guide du jeûne. L’une et l’autre proposition ont leurs avantages. 

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