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LIVRE BLANC

LA COMMUNICATION
ÉVÉNEMENTIELLE 2.0
Ouvrage collectif sous la direction de

Christian Marcon

Élaboré par les étudiants de Master II


Stratégie et Management de la Communication
IAE de Poitiers - Promotion 2015 - 2016
Les exemplaires imprimés de ce livre blanc sont réalisés par
l’Institut d'Administration des Entreprises
Université de Poitiers
20 rue Guillaume VII le Troubadour, Bât.E1
TSA 61116 - 86073 Poitiers Cedex 9

Le contenu de ce livre blanc a été élaboré dans un cadre pédagogique et ne saurait


engager la responsabilité de l’Institut.
AVANT PROPOS : HISTOIRE D’UN LIVRE BLANC

Depuis plusieurs années, la filière Information-Commuication de l’IAE de Poitiers a


introduit la réalisation de livres blancs dans ses pratiques pédagogiques. En mai 2011
sortait Je deviens Dir’com, rédigé par la promotion 2010-2011 du master Stratégie
et management de la Communication. Toujours accessible en ligne, ce livre a été
beaucoup téléchargé. En 2010, le master Intelligence Economique et Communication
Stratégique produisait un livre blanc intitulé « Méthodes d’analyse en intelligence
économique », et en 2012 un autre consacré aux tendances de la veille, les deux ayant
connu également un grand succès.

A la rentrée 2015, j’ai proposé à la nouvelle promotion du master 2 Stratégie et


Management de la Communication ce type de travail collectif comme alternative à
un cours classique consacré à la communication événementielle. Le cours a tout de
même eu lieu, mais il a été entrecoupé de séquences de travail destinées à penser
le livre blanc dans ses objectifs et sa trame, à organiser le travail en groupes pour
conduire les missions liées au projet, à suivre l’évolution des actions menées…

L’accord s’est fait sur un objet de communication destiné à des professionnels. Plus
précisément, un objet numérique, conforme dans son allure et son orientation de
contenu à ce qu’un professionnel peut attendre aujourd’hui, sans négliger que notre
formation est universitaire. D’où le programme : quelques pages pour essayer de définir
la notion et son étendue, des études de cas d’où tirer des leçons d’expérience, des
conseils, des repères en termes d’outils et des témoignages. Le tout mis en forme grâce
aux talents de graphistes de Marine Brouard et Pauline Le Goff.

L’atout des étudiants est d’être pétris de curiosité et d’appétit de technologies. C’est
pourquoi ils étaient qualifiés pour explorer ce sujet. Il a suffi de les mettre en route… et
de tout vérifier pour garantir la cohérence du résultat et sa solidité sur le fond au bout
du compte.

Ce que vous avez entre les mains est le résultat de ce travail collectif. Il montre de
quoi ces étudiants sont capables lorsqu’ils décident de s’approprier une question. Il
convient donc de les nommer tous pour leur participation active à la réussite de ce
projet :

Farah Abdelkader - Margot Bréjard - Marine Brouard - Camille Chagnoleau - Nicolas


Charlassier - Anaëlle Chêne - Clovis Cherfils - Elliott Cholet - Stefy Cloudas - Amélie
Danti - Cassandre Emrot - Emeline Flores - Elise Gohier - Cécile Lamaison - Audrey
Le Goff - Pauline Le Goff - Nina Leclaire - Margaux Lecouturier - Anaïs Lewkowicz
- Amélie Louapre - Amélie Louapre - Gaëtan Magnan - Claire Mazelier - Pauline
Salaün - Rosalie Texereau - Amélie Thoreau

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INTRODUCTION

Quoi de nouveau sous le soleil de la communication événementielle ? C’est la question


que nous nous sommes posée avec les étudiants de la promotion 2015-2016 du master
Stratégie et Management de la Communication de l’IAE de Poitiers.

A l’heure du numérique galopant qui révolutionne les habitudes prises avec le print,
l’événement qui, par nature, semble n’exister que les deux pieds dans la boue du terrain,
est-il appelé à prendre de nouvelles orientations ? Les rencontres virtuelles sont déjà
une réalité. Connectez-vous à ces rendez-vous et vous participerez indiscutablement
à des événements. Mais on ne peut imaginer aujourd’hui de substituer à la réunion
physique d’acteurs, grand public ou professionnels, en un lieu pour participer à une
forme de manifestation (culturelle, sociale, professionnelle, sportive…) la simple présence
d’hologrammes ou la simple connexion via l’Internet. Imaginez l’ambiance d’un match
de football sans spectateurs !

Alors qu’est-ce qu’un événement 2.0 ? Un événement avec de vrais gens qui
communiquent à tout moment via les médias sociaux ? Un événement qui s’enrichit
de ce que les technologies permettent de spectaculaire ? Un événement que son
organisateur valorise et étend au-delà de son espace propre via ces mêmes médias
sociaux ? Un événement à double public, l’un réel, l’autre virtuel ?

Défi d’organisation, défi technique, défi de communication, la communication


événementielle 2.0 exige une relecture des bases et un nouveau regard, de nouvelles
compétences. C’est précisément ce que s’emploie à présenter ce livre blanc.

Bonne lecture et… partage !

Christian Marcon
Maitre de conférences, habilité à diriger des recherches en sciences de l’information et
la communication

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PLAN DE L’OUVRAGE

CHAPITRE1. VERS LA COMMUNICATION ÉVÉNEMENTIELLE 2.0............................................P.07


1.1. Communication, événement, web 2.0 : un essai de définition............................................................P.07
1.2. Un champ d’étude encore peu développé.............................................................................................P.10

CHAPITRE 2. ETUDES DE CAS : LES LEÇONS DE L’EXPÉRIENCE.............................................P.14


Rising Star : une émission 2.0 au pied du mur..............................................................................................P.14
Michel & Augustin : une forte présence sur les réseaux sociaux..........................................................P.15
Les webinaires d’Amazon...............................................................................................................................P.16
#NSDIRECT : l’expérience délicate de Nicolas Sarkozy sur Twitter........................................................P.19
Les Golden Blog Awards 2015 : un cas mitigé.............................................................................................P.20

CHAPITRE 3. CHOISIR LES OUTILS...........................................................................................................P.22


3.1. Les tableaux de synthèse......................................................................................................................P.22
3.2. Description et analyse détaillées........................................................................................................P.29

CHAPITRE 4. RÉUSSIR SON ÉVÉNEMENTIEL : LES TUTORIELS................................................P.38


Optimiser le numérique pour son événement.............................................................................................P.39
Le live-tweet....................................................................................................................................................P.41
Instagram vs Snapchat..................................................................................................................................P.43
La gamification................................................................................................................................................P.45
L’application mobile........................................................................................................................................P.47
Le QR code.........................................................................................................................................................P.49
Le mini-site.......................................................................................................................................................P.51

CHAPITRE 5. TÉMOIGNAGES DE PROFESSIONNELS.......................................................................P.53


5.1. Témoignages de professionnels de l’événement en entreprises.....................................................P.53
5.2. Témoignages des professionnels en agences......................................................................................P.63
5.3. Témoignages de consommateurs...........................................................................................................P.67

CONCLUSION........................................................................................................................................................P.78
CHAPITRE 1. VERS LA COMMUNICATION ÉVÉNEMENTIELLE 2.0 

1.1. Communication + événementielle + 2.0 : un essai de définition


Réflexe universitaire ? Peut-être. Quoi qu’il en soit, il ne saurait être question de
traiter de la communication événementielle 2.0 sans passer par la case définition.
Et l’exercice n’est pas si simple qu’il y parait.

Commençons par prendre chaque terme un par un, et nous verrons où cela
nous conduit.

1.1.1. Bref – mais nécessaire – détour par les bases

La communication regroupe l’ensemble des actions mises en œuvre par une


entreprise pour se faire connaître (aspect cognitif), se faire aimer (aspect
affectif) et pour faire agir la cible à laquelle elle s’adresse - faire acheter un
produit par les consommateurs (aspect conatif), faire venir des clients à un salon
professionnel, faire commenter sur des médias sociaux. Pour ce faire, l’entreprise
recourt aux médias (affichage, presse écrite, radio, télévision, cinema, Internet)
et à des moyens hors médias dont… l’organisation d’événements. Quitte à faire
connaître la tenue de l’événement en s’appuyant sur les médias, comme en
annonçant à la télévision, à la radio et dans les journaux le Salon du livre par
exemple.

L’usage est de distinguer aussi la communication interne de la communication


externe, quand bien même les deux doivent être coordonnées. L’événement,
en conséquence, est tantôt interne, tantôt externe, voire l’un et l’autre.

La communication en général, et donc l’événement en particulier, s’inscrit dans


une stratégie globale, déclinée en plan(s) de communication, visant à atteindre
les objectifs concrets que se fixe l’organisation.

Le terme « événementiel » désigne tout ce qui se rapporte à la création, la gestion,
la promotion et l’organisation d’événements ayant vocation à capter un public
cible. Le lieu de l’événement peut être soit public soit privé, selon l’objectif fixé
par l’organisateur, et sa durée peut varier de quelques minutes à quelques jours.
Il peut prendre plusieurs formes : un salon, un congrès, un festival, une soirée, un
cocktail etc. et comporte des missions de logistique, de gestion budgétaire et de
planification des tâches…

La communication événementielle, par voie de conséquence, est la


communication qui se sert de la création, du montage et de la valorisation
d’événements pour atteindre un objectif de communication. Cohabitent donc
l’événement, qui doit avoir sa propre pertinence intrinsèque, et la communication
événementielle permise par l’événement et faite sur l’événement.

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L’expression « web 2.0 » désigne l’ensemble des outils du web participatif et
collaboratif. Avec le web 2.0 sont nés les médias sociaux : blogs, réseaux sociaux,
sites de partage de contenu. De nouvelles manières de consommer l’information
sont apparues. Les internautes prennent part au contenu et interagissent entre
eux. Plus que de simples spectateurs, ils deviennent de véritable acteurs : ils
créent, ils participent, ils donnent leur avis.

Le web 2.0 a fait apparaître de nouvelles techniques qui peuvent permettre à


l’entreprise de communiquer gratuitement ou à un prix très faible, contrairement
aux moyens de communication traditionnels (télévision, radio, affichage…). Cela
tend à révolutionner les stratégies de communication des entreprises : nouvelles
manières de communiquer, nouvelles manières d’organiser un évènement…
avec plus d’interactivité et d’instantané.
Ce qui nous ramène à la communication événementielle 2.0

Comment les auteurs, chercheurs et professionnels, la définissent-ils ?

1.1.2. A la recherche d’une définition professionnelle de la communication


événementielle 2.0

Quatre approches ont attiré notre attention.

Selon Vincent Ducrey, chargé d’enseignement à HEC et conseiller en


communication, la communication événementielle 2.0 doit être appréhendée
avant, pendant et après l’évènement. Avant, elle consiste à créer un buzz sur
Internet en vue d’un futur événement, pendant à interagir avec les participants,
et après à faire durer l’évènement. Pour Vincent Ducrey, le web 2.0 permet donc
d’amplifier l’impact de l’événement.

Frederick J. Fortin, stratège de l’entreprise La Presse au Canada n’aborde


pas le sujet de la même manière. Pour lui, le web s’avère indispensable pour
réussir tout événement d’aujourd’hui. Les médias sociaux sont l’atout phare de
l’événementiel puisqu’ils permettront de faciliter l’interaction avec les participants
de l’évènement. Fortin n’évoque donc pas à proprement parler l’événementiel
2.0 puisque pour lui, tous les événements devront avoir recours au web.

Cvent, entreprise américaine de logiciels informatiques spécialisés notamment


dans l’organisation et le management d’évènements professionnels, propose
encore une autre approche de la communication événementielle 2.0. Selon
Cvent, celle-ci regroupe l’ensemble des pratiques qui visent à accroître la
participation et l’engagement du public lors des évènements.

En effet, grâce aux médias sociaux, l’entreprise peut plus facilement gagner
l’attention de sa cible en lui offrant de la valeur (répondre à une question d’un
internaute, retweeter le post d’un utilisateur…). Via les médias sociaux, l’entreprise
relaie les contenus de son évènement, ce qui a pour vocation de marquer les
esprits. Enfin, il devient plus facile pour l’entreprise d’obtenir des retours honnêtes
de la part des participants grâce aux médias sociaux.

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Enfin, Anthony Babkine, responsable des médias sociaux du réseau publicitaire
américain TBWA qui appartient au second groupe mondial de communication
Omnicom Group, propose lui aussi sa propre définition de l’évènement 2.0. Il
s’agirait du “caractère conversationnel et participatif en ligne avant, pendant
et après un événement, engendré par l’intégration des médias sociaux au
cœur de son organisation. La communication événementielle 2.0 aurait surtout
pour but de toucher un “second public extérieur, absent ou non informé de la
manifestation” et donc de démultiplier l’audience de l’évènement.

Les professionnels sont donc d’accord sur le fait que l’évènement 2.0 vise
à amplifier l’impact de l’évènement grâce aux outils du web 2.0. Mais ils
appréhendent le sujet de manière différente. Pour Vincent Ducrey, la véritable
différence avec l’évènement classique réside dans la possibilité de créer le buzz,
avant, pendant et après l’évènement. Frédérick J. Fortin n’envisage même
plus l’évènement dans sa forme traditionnelle : pour lui tous les évènements de
demain seront 2.0. L’entreprise Cvent met en avant la participation du public.
Enfin, Anthony Babkine y voit surtout l’intérêt d’élargir son public, en créant un
second public “connecté”. Tous s’accordent pour voir dans les médias sociaux
la base de l’événement 2.0. Vincent Ducrey y ajoute d’autres moyens comme
le mini site événementiel.

Difficile de choisir l’une des définitions, d’autant que certaines caractérisent mais
sans réellement définir. Aussi prendrons-nous le risque de proposer notre propre
définition, laquelle nous servira de point de repère pour la suite de ce livre blanc :

L’expression “communication événementielle 2.0” désigne la démarche


de communication consistant à rassembler virtuellement un public via une
plateforme disponible sur Internet (évènementiel virtuel) ou à enrichir un
événement physique par l’usage en parallèle d’outils proposés par le web
2.0, l’une et l’autre modalité visant à mieux diffuser et valoriser l’événement
et l’organisation qui en est à l’origine.

La communication événementielle 2.0 peut donc prendre trois formes :


• La communication de l’événement sur le web 2.0 avant, pendant et/ou
après celui-ci dans le but d’en faire la publicité ;
• La mise en œuvre d’un évènement à la fois physique et virtuel, puisqu’il est
relayé en direct sur le web (visioconférence…) ;
• La mise en œuvre d’’évènement totalement virtuel.

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La plus-value du web 2.0 à la communication événementielle :

• Elle amplifie la dimension de l’événement :


• si elle parvient à provoquer une curiosité virale frénétique sur Internet (le
fameux buzz)
• en élargissant de manière considérable le nombre de participants : les
personnes qui ne peuvent pas ou n’ont pas pu se rendre à l’évènement
physique peuvent le vivre en direct ;
• en le faisant durer dans le temps grâce aux médias sociaux ;
• via un retour sur l’événement (photos, remerciements…) ;
• par un gain du temps dans le relais de l’évènement.
• Elle fédère une communauté de participants autour de l’évènement :
• par l’instauration d’une proximité (organisation de jeux concours, relai
d’informations avant l’évènement) ;
• en facilitant l’échange avec les participants (possibilité de donner son
avis) ;
• en mettant les participants en avant par des photos, des vidéos, des
témoignages…

TÉMOIGNAGE :
Laure FOREY, assistante chef de projet événementiel chez France Galop

Personnellement, je ne crois pas à un événement entièrement connecté


où les gens ne se croisent pas, mais le 2.0 peut booster la réussite de
l’événement et enrichir l’expérience consommateur.
La fin de l’événement 2.0, je n’y crois pas non plus, il faudra toujours
du concret, de la matière pour que ça fonctionne. Je pense que c’est
beaucoup la réalité augmentée qui va tendre dans le 2.0. C’est vraiment
par ce biais que nous allons évoluer.

1.2. Un champ d’étude encore peu développé


Si les professionnels de la communication ne sont pas les seuls à s’interroger sur
l’introduction de la dynamique 2.0 dans l’organisation d’événements, le fait est
que la recherche dans ce domaine reste limitée. Nous avons pourtant utilisé
des moteurs de recherche de publications tels que la bibliothèque en ligne de
l’Université de Poitiers, Factiva, Cairn, Francis, Google Scholar, l’ANAE, HAL et
SlideShare. Faute de résultats probants en français, la recherche a été poursuivie
en anglais. Finalement, un constat s’impose : il y a peu de publications concernant
la communication événementielle 2.0. Trois seulement. Les thématiques de
recherches se concentrent plutôt sur la communication événementielle ou sur le
numérique mais ne font pas de lien entre les deux.

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Dommage. Confronter les analyses des chercheurs et celles des praticiens est
toujours intellectuellement stimulant. Voyons néanmoins ce que nous disent
les textes trouvés. Et puis, par curiosité, nous irons également explorer ce que
présentent les mémoires en ligne des étudiants.

1.2.1. Les publications

Le premier article, The Role of Social Media in Promoting Special Events:


Acceptance of Facebook “Events, a été rédigé par Lee, W., Paris, C., & Seery, P.
en 2010. Les auteurs ont examiné l’influence de trois facteurs (la confiance, les
relations attendues et le plaisir perçu) dans l’attitude des consommateurs face à
Facebook et à l’intention d’assister à un événement. Les résultats de cette étude
démontrent que la confiance liée à l’information d’un événement sur Facebook
a un impact significatif sur l’intensité de la relation, cette dernière ayant une
influence sur le plaisir perçu. Le plaisir perçu a non seulement un effet direct sur
l’utilité perçue mais affecte aussi indirectement la facilité d’utilisation. C’est la
même chose pour l’utilité perçue qui se répercute directement sur l’intention
d’assister à un événement et indirectement sur l’attitude favorable à utiliser
Facebook. Les constatations de cette étude signifient que les organisateurs
d’événements devraient utiliser leur page Facebook pour développer une
relation de confiance avec les potentiels participants. De plus, l’attitude face
à Facebook et ses fonctionnalités peuvent influer sur l’intention d’un internaute
d’assister à un événement ou non.

Dans un second article, Dennis von Ferenczy, Sandro Spiess et Anja Staudt, se
sont, en 2010, intéressés à Twitter et son intégration avant, pendant et après
un événement. D’après leur recherche, 60% de toute la communication sur les
médias sociaux se déroule pendant l’événement. Les 40% restant se répartissent
à parts égales avant et après. Cependant, la phase « post event » connaît un
pic quelques jours après l’événement (Spiess, Staudt, & Dennis, 2010, p. 9). Les
auteurs ont observé que l’utilisation des médias sociaux n’est pas liée à la taille
d’un événement mais à son contenu. C’est pourquoi, en tant qu’organisateur,
il faut veiller à mettre en place des dispositifs pour encourager l’audience à
communiquer par le biais des plateformes sociales.

Le troisième article écrit, par Hila Becker, Mor Naaman, Luis Gravano en 2011,
a pour titre Selecting Quality Twitter Content for Events. Il pose la question
du repérage de tweets de qualité (temps de l’évènement, emplacement,
avis…) à propos des évènements. Selon les auteurs, la quantité de tweets liés
aux événements rend difficile la recherche d’informations intéressantes car
celles-ci se noient dans la masse de tweets à faible valeur (ex: langage peu
compréhensible). Les chercheurs ont donc testé différentes méthodes afin de
classer les tweets. Celle qui leur est apparue la plus efficace est l’approche
fondée sur la centralité. L’équipe tente aussi de développer sa propre méthode
de classement.

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1.2.2. Les Mémoires

On trouve plus facilement des mémoires de stage autour de l’évènementiel


numérique que des publications. Parmi ceux que nous avons pu étudier, les
quatre suivants nous paraissent les plus pertinents.
Le premier mémoire a été rédigé par Isabelle Bucatiz en décembre 2012 sous la
tutelle de Miriam Scaglione. Celui-ci, intitulé « L’intégration des médias sociaux
dans le processus d’un évènement : le cas de MCI Group ». La problématique
de ce mémoire était d’identifier le potentiel des médias sociaux dans le cadre
de l’évènementiel et plus particulièrement des congrès. Dans un premier temps,
Isabelle Bucatiz rappelle que face à la crise, les évènements créatifs et innovants
sont les mieux placés pour s’emparer du marché et générer de la valeur
ajoutée. L’auteure explique que les réseaux sociaux numériques (Facebook,
Twitter, Likedin) sont un bon moyen de promotion des évènements dès lors
que l’investissement temporel est assez important et que les publications sont
majoritairement visuelles. Durant l’évènement c’est Twitter qui représente le plus
gros potentiel de communication grâce aux réactions en direct des participants.
Après l’évènement, ces mêmes réseaux deviennent des outils de networking,
de débat et de remerciements que les organisateurs ont tout intérêt à utiliser.
Ils sont aussi le moyen de valoriser l’événement qui vient d’être réalisé afin de
promouvoir le prochain.

Un deuxième mémoire de stage, « La communication digitale et l’évènementiel »,


écrit en 2013/2014, traite la question suivante : les outils numériques peuvent-
ils apporter de la valeur ajoutée a un événement ? Dans la deuxième partie
de son travail, l’étudiant en Master 2 Maxime Orven traite la façon dont la
communication numérique peut apporter une valeur ajoutée aux événements
organisés par l’entreprise en les dématérialisant et par la suite allonger leur cycle
de vie. La communication numérique intervient :
1. Avant l’événement : pour informer et valoriser à travers les outils numériques
traditionnels comme le site web, le blog ou l’emailing
2. Pendant l’événement, pour lui donner une plus forte résonance pour les
visiteurs présents mais également pour les personnes n’étant pas sur les
lieux mais qui souhaitent suivre l’événement.
3. Après l’événement afin d’allonger la durée de vie de l’événement à travers
la mise en place de discussions, son debriefing ou la production du contenu
Un troisième mémoire de stage produit en 2011/2012 , « L’événementiel et les
réseaux sociaux » pose la question suivante : comment les marques vont elles
intégrer les réseaux sociaux dans leurs événements, alors qu’il est difficile de
contrôler l’e-réputation qui en résulte ? Adeline Kubiak traite en général des
mêmes thèmes abordés que dans le mémoire précédent en se focalisant
cependant sur les réseaux sociaux. Elle présente ses préconisations pour utiliser
les réseaux sociaux avant, pendant et après l’événement. Le problème essentiel
soulevé dans ce mémoire vis à vis des événements 2.0 est que les entreprises qui
y ont recours risquent souvent leur e-réputation : les commentaires négatifs des
internautes peuvent affecter l’image de l’entreprise sur l’internet et par ensuite
son chiffre d’affaires.

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Le dernier mémoire produit en 2010/2011 par Marion Tessier a pour titre : « Les
opérations événementielles à l’ère du digital ». Il répond à la problématique
suivante : comment proposer des opérations événementielles ayant recours aux
techniques digitales alors que les annonceurs n’osent pas encore prendre le
risque d’utiliser un tel outil ? L’auteure y argumente que les nouvelles techniques
digitales permettent d’allonger la durée de vie des événements et d’avoir un
événement multicanal en utilisant des supports variés. Deux types d’événementiels
sont distingués : le « Digital Event » qui est un événement virtuel rendu possible
grâce au digital, et « l’événement couplé au digital » (événement augmenté)
qui n’est pas un événement virtuel mais un événement réel qui est relayé en
digital.

Finalement, le sujet de la communication évènementielle 2.0 est un sujet peu


traité dans les publications des chercheurs, mais plus questionné dans les
mémoires de stage. Le plus ancien identifié par nous date de 5 ans. Il s’agit donc
d’un sujet plutôt récent. C’est probablement pour cette raison que celui-ci n’est
que peu traité par les chercheurs.

De ce parcours, réalisé par Farah Abdelkader, Camille Chagnoleau, Anaëlle


Chêne, Cassandre Emrot et Elise Gohier, nous retiendrons surtout que parmi
les outils numériques, ce sont les réseaux sociaux qui prennent de plus en plus
de place dans la communication évènementielle. Ces derniers sont un moyen
de pouvoir créer, maintenir et garder contact avec une communauté virtuelle
avant, pendant et après l’événement.

TÉMOIGNAGE :
Emmanuelle BOULAN, Directrice de clientèle chez Le Groupe La Poste

Mais pour moi, il doit perdurer une vocation fondamentale : celle de


rassembler les gens. C’est sympa de pouvoir interagir à distance mais il
faut garder une dimension humaine, le phénomène de phygitalisation
dont je parlais, des connexions digitales dans un lieu physique.

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CHAPITRE 2. ETUDES DE CAS : LES LEÇONS DE L’EXPÉRIENCE

Le chapitre précédent nous a permis de poser une définition cadre de notre


sujet et de voir quels angles de notre questionnement ont déjà fait l’objet
d’analyses, soit chez les chercheurs, soit chez les étudiants dont les sujets de
mémoire annoncent parfois des thématiques montantes.

Le présent chapitre présente cinq études de cas qui nous semblent riches
d’enseignements. Nous les devons à Margot Bréjard, Clovis Cherfils, Pauline
Salaün et Cécile Lamaison.

• Cas concret 1 : Rising Star : une émission 2.0 au pied du mur


À la rentrée 2014, la chaîne nationale M6 lança son programme intergénérationnel
« Rising star » (en français « l’étoile montante ») présenté par Faustine Bollaert
et Guillaume Pley. Annoncée comme l’émission phare de la chaîne, allant
révolutionner les concours de chant télévisés, « Rising Star » se distingua en
plaçant le digital, et en particulier les réseaux sociaux au cœur de son dispositif.
En effet, l’émission offrait la possibilité aux téléspectateurs de devenir jurés à part
entière en votant via une application. Cependant, le programme ne rencontra
pas le succès escompté. Revenons sur les raisons de son échec.

Concept :
Importé d’Israël, où le programme a remporté un franc succès, « Rising Star »
est apparu pour la toute première fois sur les écrans français le 25 septembre
2014. Le concept : les candidats chantent face à un mur digital de 4,5 mètres
de haut, pendant qu’au même moment les téléspectateurs via l’application
gratuite 6play (pouvant être reliée à leur compte Facebook) votent en direct
pour que le mur se lève ou non, décidant ainsi de l’avenir du candidat dans
le concours. Participant également au vote, un jury composé de Cali, Cathy
Guetta, David Hallyday et Morgan Serrano, votait. Chaque membre détenait
7% du vote final soit au total 28%. Pour que le mur, sur lequel apparaissaient les
visages des votants, se lève le candidat devait obtenir 70% de « oui ».
De plus, les téléspectateurs avaient la possibilité de tenter de participer à
l’émission en envoyant sur Instagram des vidéos de leurs propres prestations.

Pourquoi cela n’a pas fonctionné ?


Cet événement 2.0 fut un échec, à un tel point que la chaîne dut avancer la
finale de deux semaines car les audiences n’étaient pas au rendez-vous. À
l’origine de ce flop, plusieurs causes ont été pointées du doigt et notamment
celle du concept « digital ».
Tout d’abord, l’émission qui ciblait un public intergénérationnel a séduit
principalement les 25-34 ans, les plus âgés ayant rapidement décroché et le

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concept n’ayant pas pris sur les 15-24 ans, bien qu’au départ il y ait eu un effet
de curiosité de la part de tous.
Certains téléspectateurs se sont agacés de ne pas avoir assez de temps pour
voter (juste le temps de la prestation), de plus ils ont dû faire face à quelques
bugs de l’application.
Le concept des visages apparaissant sur le mur a, à la fois, frustré les téléspectateurs
ne se voyant pas et gêné ceux souhaitant voter sans que leur visage apparaisse
sur le mur.
Les animateurs en relançant très régulièrement les mobinautes ont exclu de fait
les téléspectateurs non connectés.
De plus, le mur virtuel pouvait être déstabilisant pour le public. Le numérique
désincarne le lien entre le chanteur et le public.
Enfin, la sociologue des médias Nathalie Nadaud-Albertini, souligne que le public
français n’est pas encore habitué au concept et à ce nouveau mode de vote à
la différence du public israélien.

Les conséquences :
M6 a payé cher cette erreur de diagnostic par un coût financier élevé. Chaque
émission a coûté près d’un million d’euros, et le programme généré un bad buzz
pour la notoriété de la chaîne qui se revendique être la chaîne de l’innovation.
« Rising Star » aurait pu apporter une réelle plus-value aux concours de chant
télévisés avec ce concept d’émission 2.0. Cependant, l’émission reposait
entièrement sur deux variables à risques et non maîtrisables : la participation
des téléspectateurs et leurs connaissances des pratiques d’utilisation des outils
(téléchargement de l’application, utilisation de Facebook et d’Instagram,…), ainsi
que le bon fonctionnement de la technique. Les deux ayant malheureusement
fait défaut.

Enseignements à tirer :
1. Cibler un public aguerri en matière de nouvelles techniques de l’information
et de la communication ou alors apporter un réel accompagnement aux
téléspectateurs. Par exemple, en prévoyant un onglet sur l’application pour
expliquer comment elle s’utilise.
2. Prévoir des solutions de secours au cas où il y aurait des problèmes liés à
la technique car il n’est malheureusement pas possible de s’assurer que tout
fonctionnera le jour J. Par exemple, en vérifiant que l’application peut supporter
l’afflux de plusieurs milliers de mobinautes.

• Cas concret 2 : Michel & Augustin : une forte présence sur les réseaux sociaux
Créé en 2004, Michel & Augustin est une entreprise française spécialisée dans la
production alimentaire de biscuits haut de gamme et de yaourts. La marque est
distribuée en France et à l’international.

Concept :
Michel & Augustin se distingue par une communication originale, favorisant un
lien de proximité avec ses consommateurs. L’exemple le plus parlant concerne

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les soirée portes ouvertes que la marque organise tous les premiers jeudis du mois
dans ses bureaux de Paris et Lyon, bureaux baptisés « les Bananeraies ».
Cet événement s’est tenu pendant 10 ans, puis a connu une interruption et a été
relancé le jeudi 3 septembre 2015. L’objectif de l’événement était de relancer
le concept des portes ouvertes et de fidéliser et fédérer les consommateurs en
faisant d’eux des ambassadeurs.
Le principe de l’événement est le même à chaque fois : présentation de
l’entreprise Michel & Augustin, dégustation de recettes, rencontre de l’équipe,
test des derniers produits, présentation d’un entrepreneur en tant qu’invité du
mois et cours de cuisine.
En septembre dernier, Michel & Augustin a présenté son dernier produit : les
sablés apéritifs pur beurre et sel de Guérande au Beaufort AOP et pointe de
poivre.

Du storytelling 2.0 via les réseaux sociaux :


An amont de l’événement, la marque est très active sur les réseaux sociaux :
les internautes peuvent suivre l’équipe dans la préparation de leur événement,
lorsqu’elle va chercher des meules de fromage dans la région du Beaufort en
covoiturage ou en autostop, lors de leur rencontre des producteurs de la région,
ainsi que toutes les péripéties de leur voyage et leur retour à Paris et Lyon.
Michel & Augustin a une forte présence sur Youtube, Facebook, Twitter, Instagram
et Linkedin. La fréquence de leurs posts est élevée car ils font souvent appel aux
internautes. Ils organisent par exemple des votes pour choisir un nouveau produit.
Dans leurs vidéos, l’internaute peut régulièrement retrouver la même jeune
femme, salariée de Michel & Augustin. Dans chaque vidéo, elle se met en
scène et s’adresse directement au consommateur en lui racontant une histoire,
(«storytelling 2.0»).
Les différentes vidéos «teaser» qui ont permis aux internautes de suivre le parcours
de l’équipe ont été fortement relayées, notamment par des acteurs régionaux
majeurs tels que la «Coopérative laitière du Beaufortain», «Fromage Beaufort»,
«Les produits laitiers de Rhône-Alpes», «Arêches-Beaufort», «Blablacar»…

Pourquoi ça fonctionne ?
Dans cette campagne, les outils numériques sont indispensables car ils permettent
de faire la promotion des Journées Portes Ouvertes. Michel & Augustin maintenant
le lien avec les internautes par la publication de contenus réguliers et originaux.
L’internaute peut vivre les aventures de l’équipe en amont de l’événement via
les réseaux sociaux, ce qui crée un véritable lien de proximité entre la marque et
les consommateurs.

• Cas concret 3 : Les webinaires d’Amazon :


Amazon est une entreprise de commerce électronique américaine. Sa spécialité
la plus connue est la vente de livres, mais elle est diversifiée dans d’autres produits,
notamment dans la vente de tous types de produits culturels : CD, musique en
téléchargement, DVD, informatique... Elle a fait le choix de proposer plusieurs

16
sources en concurrence pour les produits qu’elle propose, plutôt que d’avoir
une stratégie d’affiliation unique.
Un webinaire... C’est quoi ?
La société Amazon organise régulièrement des webinaires, c’est-à-dire des
meetings sous forme d’événements en ligne qui se déroulent sur internet. Ces
événements s’adressent à tous ses clients, en B to B.
La marque propose ainsi des séminaires web qui décrivent les nombreux outils et
avantages de ses produits. Ces réunions interactives permettent notamment un
enseignement à distance et une découverte des services et produits d’Amazon,
le tout sans que les clients n’aient à se déplacer. Cela permet donc à ces
derniers d’approfondir à la fois leurs connaissances sur les TIC et d’appréhender
la vente de leurs produits sur le site internet. Les participants peuvent suivre la
présentation interactive en ligne depuis leur ordinateur grâce à un accès internet
et des haut-parleurs. Ils ont l’opportunité de poser leurs questions directement au
présentateur. Après avoir enregistré leurs détails en s’inscrivant via un lien, les
participants reçoivent un email de confirmation contenant un lien personnalisé.

L’un des thèmes abordés concerne par exemple les soldes d’été. Dans ce cas,
les sujets traités porteront sur l’importance de l’univers «Soldes&Promotions» sur
Amazon.fr, les critères à respecter pour optimiser ses soldes et la mise en place
de prix barrés.

Les outils numériques au service de l’événement


Les webinaires bénéficient d’une chaine YouTube « Amazon Web Services
- Webinar Channel » qui reprend les thèmes traités lors des événements. Des
didacticiels vidéo sont également disponibles sur le site web et les participants
peuvent télécharger les enregistrements et les présentations des précédents
webinaires.

On observe que les grandes entreprises internationales commencent à utiliser


ces outils pour développer leur séminaire à travers le monde, réunir le plus
grand nombre de salariés et faire interagir l’ensemble de l’entreprise sans que
l’individu ne se déplace. Dans ce cas, le numérique permet de rassembler un
maximum de personnes sans qu’elles ne se déplacent, tout en conservant une
forte interactivité.

Des solutions de plus en plus accessibles existent pour mettre en place des
webinars. Youtube propose un service intégré permettant de diffuser un flux
vidéo en direct assez simplement, et à moindre coût. Cependant, afin d’obtenir
un résultat de qualité, il est nécessaire d’utiliser un matériel relativement
professionnel (caméra, micro…) et d’avoir une bonne infrastructure technique
(connexion internet très haut débit de préférence).

Les + :
- Une économie de temps et d’argent, car les participants regardent le webinaire
depuis leur bureau. Cela enlève un inconvénient lié au déplacement pour les
participants et l’organisateur. En effet, les coûts logistiques et événementiels

17
peuvent être soustraits de l’équation. Les participants peuvent ainsi venir de
différents pays dans le monde, ce qui est bien plus difficile lors d’un événement
physique. On s’ouvre ainsi à une cible bien plus vaste, offrant une possibilité de
visibilité bien plus large. Microsoft a fait part des statistiques de ses « Microsoft
Tech Days », une conférence ayant lieu chaque année. On dénombre environ
19 000 participants sur l’événement, et plus de 60 000 sur la webconférence
diffusée sur un site dédié.
- L’interactivité est toujours présente lors de webinaires, car les participants peuvent
poser très facilement leurs questions via un système de chat ou de commentaires.
Ainsi, le conférencier peut voir les questions défiler, et les traiter en fonction de
leur pertinence. Certains outils permettent également au conférencier de poser
une question sous forme de sondage, en voyant les réponses s’afficher en direct.
Ainsi, il s’installe une véritable relation entre l’intervenant et l’internaute. Ce
dernier se sent plus investi, plus intéressé, car on prend en compte son avis et ses
remarques en direct.
- Créer du contenu pas seulement lors du direct, mais également en proposant
les conférences en « replay » sur une chaîne Youtube ou sur une landing page
spécifique. Par la suite, ces contenus pourront être partagés, et parfois, pris
comme des contenus d’experts sur des blogs spécialisés par exemple. Il est
également intéressant de créer des articles à propos des sujets traités lors de la
conférence, afin de rediriger l’internaute vers vos vidéos. S’il est intéressé, celui-ci
sera probablement présent lors d’une prochaine intervention.
- Amener l’internaute vers d’autres contenus présents sur votre site web. Grâce à
des Call-To-Action placés lors d’un webinaire, il est très simple de proposer à un
prospect de télécharger un livre blanc ou de consulter un article référent à un
sujet. Cela permettra d’augmenter le trafic qualifié du contenu, et de montrer
une nouvelle fois votre expertise dans un domaine, via un contenu qui pourra
être conservé et consulté plus tard.

Les - :
- La compatibilité technique des participants. Par définition, un webinaire ne
peut s’adresser qu’à des utilisateurs d’Internet. Il est encore donc difficile de
l’utiliser pour certaines cibles insuffisamment utilisatrices du média, mais cette
limite devient de plus en plus faible avec la généralisation des usages d’Internet
en B to B.
- Une attention et une audience plus volatile. L’audience d’un webinaire n’est
pas captive comme celle d’un séminaire traditionnel. Par manque d’intérêt ou
à cause d’évènements perturbateurs (téléphone, collègues...) un participant
peut très facilement décrocher et abandonner. C’est pour cette raison que les
contenus doivent être adaptés au canal, que le potentiel d’interactivité doit
être utilisé et que le temps de présentation ne doit généralement pas dépasser
45 à 60 minutes.
- Le coût de mise en œuvre. Le coût de mise en œuvre d’un webinaire est très
variable, car il dépend du type de solution retenu et de la fréquence d’usage
dans l’entreprise. Un webinaire élaboré présente un coût de revient rarement
moins élevé que celui d’un évènement traditionnel, il faut davantage chercher
la valeur de l’outil dans sa capacité à obtenir une audience plus large et à

18
obtenir donc des coûts contacts qui eux peuvent être moins élevés.

• Cas concret 4 : #NSDIRECT : L’expérience délicate de Nicolas Sarkozy sur Twitter


Le contexte:
Dans sa quête pour reconquérir l’électorat, Nicolas Sarkozy a organisé le 15 mai
2015 un événement numérique via Twitter : une séance de questions-réponses.
Cet exercice s’inscrivait dans la stratégie globale de Nicolas Sarkozy visant à le
rendre plus proche des français.

Les faits:
Le chef des «Républicains» a mis en place cet événement afin de permettre
aux internautes de l’interroger sur les sujets qu’ils souhaitaient. Si cet exercice
numérique paraissait à première vue plutôt positif pour favoriser le dialogue
entre l’homme politique et le peuple, les effets de celui-ci ne furent en revanche
pas à la hauteur des objectifs souhaités par l’ancien président.
Cet événement qui a été un succès sur le plan des chiffres (2,7 millions de vues
et 50.000 hashtags pour 59 000 questions) ne l’a cependant pas été sur le plan
de la communication.
Selon certains observateurs, l’opération a presque tourné au fiasco. Les questions
posées par les internautes n’étaient pas assez filtrées et ont vite dépassé la
dimension politique.

Les conséquences :
Suite à l’événement, si l’ancien président a publié une vidéo où, plutôt satisfait
de lui, il remercie les participants et promet d’organiser d’autres «rencontres» de
ce type, les retombées, elles, étaient plutôt négatives : le ton était moqueur ou
critique. Dans la presse les journalistes de « gauche » furent bien entendu plus dur
envers Nicolas Sarkozy que ceux de « droite », eux plus nuancés, mais aucun ne
salua l’évènement comme une réussite.

Le 2.0 indispensable ?
Le bilan fut donc très mitigé. Etait-il vraiment nécessaire d’user du numérique
pour échanger avec son électorat ? N’aurait-il pas été plus simple d’organiser
l’événement de manière classique, c’est à dire physiquement en donnant
rendez-vous au public dans une salle de spectacle ?
Il est vrai que les hommes politiques, souvent critiqués pour leur âge avancé,
doivent savoir se montrer à la page au niveau des technologies de communication
numérique. Cependant, il convient d’en faire bon usage et de les utiliser de
façon réfléchie et mesurée.

Des enseignements à tirer :


Nous pouvons donc tirer quelques leçons de cet événement qui fut loin d’être
indispensable :

• Il ne faut pas utiliser à tout prix le numérique. Vouloir être dans l’air du temps

19
c’est bien, mais il faut mesurer ses actions. Est-ce vraiment nécessaire ? Le
public ciblé va t-il être gérable ? L’exercice de communication ne risque
pas de se retourner contre l’organisateur ?
• Il faut cadrer les sujets afin de ne pas se «donner en spectacle» (c’est encore
plus vrai pour un homme politique).
• A moins d’avoir un aplomb et une répartie à toute épreuve, ce type
d’évènement ne doit être organisé que par des personnages qui ne sont
pas engagés sur la scène politique ou patronale. Dans le cas contraire il y
a toujours des « trouble-fêtes » pour taper là où ça fait mal. Il y a certaines
situations que l’on peut éviter en choisissant mieux le type d’organisation
de l’événement.

• Cas concret 5 : Les Golden Blog Awards 2015, un cas mitigé


Les Golden Blog Awards sont organisés par la société Les Comptoirs du Multimédia.
Elle met en place chaque année ce concours d’octobre à novembre. L’objectif
est de récompenser les meilleurs blogueurs/ses de chaque grande catégorie
pour leur talent et leur passion. Les Golden Blog Awards sont transmis lors d’une
soirée télévisée et web dans les salons de l’Hôtel de Ville de la Mairie de Paris,
regroupant des centaines de participants.

Concept :
C’est un concours qui récompense les meilleurs blogueurs et blogueuses dans
une vingtaine de catégories (actu web, architecture et décoration, auto-moto,
beauté, cinéma, écologie et environnement, économie-marketing, gastronomie
etc.). Les blogueurs s’inscrivent dès le 1er octobre dans la catégorie qui leur est
dédiée. Les internautes votent ensuite pour déterminer les finalistes. Viennent
ensuite les votes du jury composé de 16 journalistes, experts et blogueurs de
renommée qui ont évalué les 200 blogs nommés.

Cet événement est annuel. Nous nous intéresserons ici à la 6ème édition qui a
eu lieu fin 2015.

Les outils numériques au service de l’événement :


Les Golden Blog Awards 2015 ont un rapport très fort au digital. L’annonce du
concours et les inscriptions des blogueurs dans la catégorie de leur choix se font
sur le site internet dédié. Les internautes (essentiellement les communautés des
blogueurs inscrits) votent pour leur blog favori en ligne. Pendant cette phase,
les blogueurs et l’organisateur du concours postent beaucoup sur les réseaux
sociaux pour encourager les internautes à voter. Viennent ensuite les votes du
jury, composé de 16 personnes (journalistes, experts dans chaque catégorie
et blogueurs de renoms). Les 23 vainqueurs ont été annoncés lors de la soirée
de remise des prix dans les salons de la mairie de Paris, accueillant plus de 500
personnes. L’événement était diffusé en direct sur internet (air of melty, un site
de diffusion d’information pour les jeunes de 12 à 30 ans) et disponible en replay.
Nous sommes donc bien face à un événement 2.0, qui utilise de nombreux outils
numériques, avant, pendant et après l’événement.

20
Pourquoi le bilan est mitigé ?

D’un côté cet événement fut un succès :


• La création du hashtag #GBA6 pour cette 6ème édition a été utilisé 1 298
fois sur Instagram et des milliers de fois sur Twitter.
• Il y a eu des centaines d’inscriptions au concours.
• On comptait environ 500 personnes présentes physiquement lors de
l’événement.
• On recense des milliers de vues en direct et en replay.
• La stratégie e-rp a porté ses fruits : de nombreuses retombées presse et
articles sur des blogs.

D’un autre côté cet événement fut un échec :


Lorsqu’on observe les derniers tweets, on observe que l’événement a créé un
bad buzz notamment pour les raisons suivantes :
• Il y a eu un non respect des délais dans l’annonce des finalistes, ce qui est
contraire au règlement établi.
• Certains blogueurs ont contacté l’huissier mentionné sur le règlement et ils
se sont aperçus que le concours n’avait pas été déposé chez un huissier.
• Il y a eu des erreurs d’aiguillage dans l’inscription des blogs. Certains blogs
ne rentrent pas dans les catégories annoncées.
• Comme pour tout système de vote en ligne, certains regrettent des votes
approximatifs, potentiellement truqués.

Enseignements à tirer :
• Le numérique est essentiel pour un événement lié au domaine du numérique
(ici les blogs).
• L’organisateur du jeu concours doit être transparent et l’avoir déposé
auprès d’un huissier de justice.

La diffusion en direct d’un événement d’une telle envergure est une très bonne
idée. Les personnes ne pouvant pas se rendre à Paris ont ainsi pu assister en
direct et en replay à la soirée de remise des prix.

TÉMOIGNAGE :
Emmanuelle BOULAN, Directrice de clientèle chez Le Groupe La Poste

Les communicants de l’événementiel « classique » vont devoir intégrer


cette dimension digitale, parce que si on ne le fait pas, on passe à côté
d’un public qui utilise le web. 

21
CHAPITRE 2. CHOISIR LES OUTILS

TÉMOIGNAGE :
Ophélie MAILLARD, Chef de projet web pour l’agence de communication
“MBA”

Pour moi, je définirais l’événementiel 2.0 en quatre mots : interactivité,


virtuel, connecté et viralité.

Les outils disponibles pour accompagner un événement par du web 2.0 sont
suffisamment nombreux pour s’y perdre. Dans ce chapitre, Amélie Louapre,
Gaëtan Magnan, Nicolas Charlassier et Elliott Cholet nous proposent des tableaux
de synthèse et des analyses détaillées pour faire des choix éclairés.

3.1. Les tableaux de synthèse


Légende :
1 : faible
2 : moyen
3 : fort

3.1.1. Les réseaux socionumériques (RSN)

réseaux socionumériques
outils twitter facebook linkedin
Caractéristiques (de
1 à 3)
Argent 1 1à2 1à2
Temps 2à3 1 1
Moyens humains 1 1 1
Complexité 1 1 2
Phase (Avant, Pen- Avant - Pendant - Avant - Après Avant - Après
dant, Après) Après

22
Les chiffres 2,3 millions 20 millions 380 millions
d’utilisateurs en d’utilisateurs en d’utilisateurs (35%
France, 61% ont France d’utilisateurs
moins de 35 ans quotidiens)
68% des utilisateurs 40% du temps 79% des membres
français utilisent passé sur ont plus de 34 ans
leur mobile pour Facebook se fait
accéder à Twitter sur le fil d’actualités
56% des comptes Au réveil, 48% 5 millions de
ont 0 tweet des 18-34 se membres
(inactivité) connectent sur Slideshare
Facebook
Les avantages Instantanéité et RSN le plus utilisé RSN professionnel
viralité du contenu le plus utilisé
Liens avec les Fonctionnalités Possibilité de
autres plateformes utiles avant et partager des
de réseaux sociaux après l’événement supports de
présentation avec
Slideshare
Utilisation possible Peu coûteux Bon moyen de
sur les 3 phases de toucher une
l’événement population
professionnelle
Les inconvénients Taux d’inactivité RSN le plus Manque
important utilisé (jungle d’intuitivité
d’événements en
tout genre)
Nombre limité de Recours à l’achat Population
caractères d’espace pour touchée plus
avoir plus de restreinte
chance de se faire
connaître
Quantité Difficile de toucher
d’informations la population
importante ciblée
Intérêt Oui à long terme Non Non

TÉMOIGNAGE :
Flora DAVY, Community manager et chef de projet dans une agence
spécialisée dans la couverture numérique d’événements Ondine

Le but est de proposer un dispositif numérique adapté à chaque


événement afin de pouvoir le valoriser plus tard et faire durer le temps
événementiel.

23
3.1.2. Les applications d’image sur mobile

Applications mobile
outils Périscope Instagram Snapchat
Caractéristiques (de
1 à 3)
Argent 1 1à2 1
Temps 1 1 2
Moyens humains 1 1 1à2
Complexité 1 1à2 1à2
Phase (Avant, Pen- Pendant Avant - Pendant - Avant - Pendant
dant, Après) Après
Les chiffres 2 millions 400 millions 100 millions
d’utilisateurs actifs d’utilisateurs dans d’utilisateurs
quotidiens le monde dont 150 mensuels actifs
considérés comme
«influenceurs».
Croissance 70 millions de 71% des utilisateurs
exponentielle (1 photos partagées ont moins de 25
million d’utilisateurs chaque jour ans
en 10 jours)
40 années de 46% des utilisateurs Contenu à
vidéos diffusées suivent des 60% de nature
chaque jour marques humoristique
Les avantages Très peu gourmand Impact visuel Originalité et
en moyens instantanéité du
(financiers, support et du
humains) et prise format
en main rapide
Diffusion sociale et Facilité d’utilisation Ajout fréquent de
personnalisable et augmentation fonctionnalités plus
de l’implication du professionnelles
public
Retransmission en Communauté très Taux d’activité
direct et accès au active important
graph Twitter

24
Les inconvénients Diffusion Peu de regram Ne permet pour le
uniquement via et de partage. moment pas de
mobile (attention à L’action se déroule toucher toutes les
la batterie !) principalement sur cibles
ce réseau
Problèmes de Peu de Flou autour de la
latence et bugs fonctionnalités protection des
réguliers natives données
Concurrence future Contenu pas si
de Facebook avec éphémères que ça
son outil «Live» (screenshots, ...)
et problèmes de
sécurité (important
piratage en 2014)
Intérêt global Non Oui avec Snapchat Oui

3.1.3. Les applications pratiques sur smartphone

Solutions smartphone
outils Solutions de paiement QR code Géolocalisation
Caractéristiques (de
1 à 3)
Argent 2 1 1
Temps 2 2 1
Moyens humains 2 1 1
Complexité 3 1 3
Phase (Avant, Pen- Pendant Avant - Pendant - Avant - Pendant
dant, Après) Après

25
Les chiffres 90 modèles de Lacoste a 3,6 milliards
Smartphones équipés enregistré une d’utilisateurs
pour le paiement sans hausse de 25 % du mobile (dont 38%
contact trafic sur son site de smartphones)
d’e-commerce
grâce aux QR
codes cachés en
boutique et sur
le web. (Source :
Experian)
8,6 millions de En France, 28% 45% des français
paiements effectués des utilisateurs naviguent sur
en septembre 2015 en de smartphone le web via leur
France déclarent avoir mobile
scanné un QR
code au cours
des trois derniers
mois, (Source :
Adobe Mobile
2014)
55,6 % des 15% des français
Français sont utilisent la
des mobinautes. géolocalisation
(Source : dans leur
Médiamétrie) recherche
Les avantages Gain de temps pour Permet d’appeler Permet un
les participants divers contenus bon ciblage
connectés ou d’effectuer géographique
diverses actions
(courriels, vidéos,
etc.)
Gain de temps et Prend en compte Directement
de sécurité pour la mobilité des intégrée à
l’organisation participants à certains RSN
(élimination des flux l’événement et
de trésorerie) le fait qu’il y a de
plus en plus de
Smartphones.
Une réelle opportunité Mesurer l’impact
d’analyser du support de
quantitativement communication
l’événement sur lequel il
avec des solutions est présent
complètes et a fortiori la
communication
autour de
l’événement

26
Les inconvénients Réticence de Les terminaux Nécessité de
certaines personnes ne sont pas posséder un
à utiliser leur terminal automatiquement smartphone
mobile comme un équipés de > restreint
moyen de paiement lecteurs de QR le nombre
codes. d’utilisateurs
Risque de vol de L’audience et les
smartphones lors de communicants
certains événements ont eu tendance
à le mettre de
côté pendant de
longues années.
Oblige à avoir son Ne dispense pas
téléphone tout d’accès aux
le temps avec contenus par
soi, jusqu’à en d’autres moyens
devenir dépendant afin de ne pas
financièrement. créer de fracture
numérique.
Intérêt Non Oui Non

3.1.4. Technologies et réalité augmentée

technologies et réalité augmentée


outils objets connectés occulus rift hologrammes
Caractéristiques (de
1 à 3)
Argent 2 3 3
Temps 1 3 3
Moyens humains 1 2à3 2à3
Complexité 1à2 2 2
Phase (Avant, Pen- Pendant Pendant Pendant
dant, Après)

27
Les chiffres 1 français sur deux Objet financé par
déclare penser les internautes à
acheter un objet hauteur de 1,8
connecté dans les million d’euros.
6 mois (source :
IFOP, voir doc)
50 milliards d’objets Plus de 100 000 kits
connectés seront vendus en 2014
connectés à
Internet d’ici 2020
76% des internautes
ont entendu
parler des objets
connectés (source :
Médiametrie)
Les avantages Rapidité des Véritable Possibilité de
interactions entre expérience faire interagir
les terminaux utilisateur et l’hologramme
possibilité d’une avec le public
réelle immersion au et de «diriger»
sein de l’univers de l’hologramme par
la marque les internautes
Possibilité de Attrait du public Expérience
géolocalisation, pour l’innovation utilisateur
identification de qu’il représente
l’utilisateur et lien
entre les différents
objets connectés
d’un même
évènement
Adaptabilité
aux besoins de
l’entreprise
Les inconvénients 80% des objets Coûteux car Nécessite
connectés nécessite le beaucoup de
présenteraient des développement du travail technique
failles de sécurité «monde» projeté en amont
sur l’écran du
masque
Pas toujours très Expérience Diversité des tarifs
intuitif utilisateur courte selon les méthodes
(un utilisateur à la utilisées
fois)
Pas encore de
réelle connexion
avec les RSN
Intérêt Non Non Non

28
3.1.5. Organisation et planification

Organisation et planification
outils wunderlist
Caractéristiques (de 1 à 3)
Argent 1
Temps 1
Moyens humains 1
Complexité 1
Phase (Avant, Pendant, Avant - Pendant
Après)
Les chiffres 13 millions d’utilisateurs dans le monde
Les avantages Facilité de prise en main et disponible sur de nombreux
terminaux (iOS, Android...)
Synchronisation avec Sunrise Calendar
Les inconvénients Nombre d’utilisateurs sur une même liste limité dans la
version gratuite de l’application
Application uniquement supportée par le Cloud
Intérêt Non

3.2. Analyse et description détaillées


Après les tableaux de synthèse qui facilitent l’approche des outils, nous proposons
des analyses plus détaillées de ceux-ci afin que chacun puisse apprécier plus
précisément la portée et les limites des outils principaux.

3.2.1. Les réseaux socionumériques

TWITTER
Description : Twitter est une plate-forme de microbloging permettant à ses
utilisateurs d’envoyer de courts messages (limités à 140 caractères) à l’ensemble
de leur réseau. Considéré comme le 2e plus important réseau social derrière
Facebook, la plate-forme qui a célébré son 10e anniversaire rassemble plus de
300 millions d’utilisateurs actifs (2,3 millions en France).
Analyse : Actuellement en pleine phase de croissance et de développement,
le réseau social qui ne cesse de s’agrandir via l’acquisition de plates-formes
complémentaires offre à ses utilisateurs une proximité que ne proposent pas
les autres réseaux sociaux, notamment pour les personnalités à priori les moins
accessibles. Parfois restrictive, la limitation des messages à 140 caractères offre
cependant une instantanéité faisant tout l’intérêt de la plate-forme. Elle incite à
des réactions courtes, à chaud, et suscitant l’engouement. Le modèle de Twitter

29
est également celui offrant le plus de viralité au contenu diffusé. Les fonctionnalités
de partage et de retweet permettent de rapidement diffuser l’information et ce,
de manière parfois ciblée. En effet, le caractère plus professionnel de la plate-
forme (en comparaison avec Facebook) fait que l’ensemble des contacts avec
qui sera partagée l’information disposent généralement de caractéristiques
communes. Ils peuvent, par exemple, appartenir au même corps de métier, ce
qui permet alors de cibler un statut professionnel précis.
Directement lié à des plates-formes offrant un contenu plus visuel, Twitter bénéficie
ainsi de la portée que peut avoir ce type de contenu : « une image vaut mille
mots » (Confucius). Parmi celles-ci, Instagram propose notamment de tweeter
directement depuis la plate-forme (les publications avec photo sont deux fois
plus partagées que la moyenne). Il est également possible de rapidement relayer
des vidéos Vine ou encore de partager un événement retransmis en direct via
Périscope. De l’instantanéité (5 minutes en moyenne par jour passées sur Twitter),
de la viralité, de nombreuses fonctionnalités et des connexions vers d’autres
réseaux à succès : voilà ce qui fait tout l’intérêt de Twitter. Attention toutefois
aux quelques travers. Twitter demeure le réseau social avec le taux d’inactivité
le plus important (56% des comptes ne tweetent pas).

FACEBOOK
Description : Créé en 2004 par Mark Zuckerberg, Facebook est aujourd’hui le
premier réseau social numérique au monde avec plus d’1,6 milliard d’utilisateurs.
Analyse : Facebook peut avoir une utilité dans la création et l’organisation d’un
événement 2.0, principalement en phase de préparation et post-événement.
Ainsi, une page Facebook dédiée à un événement peut être créée pour faire
du teasing, par la publication de photos, vidéos ou la création de jeux concours
permettant de participer à l’événement… Cette page Facebook pourra
également servir à remercier les participants, poster des clichés et des vidéos
pris pendant l’opération.
En créant un événement sur Facebook, les organisateurs auront l’opportunité de
le faire connaître auprès des utilisateurs et pourront ainsi avoir un bon indicateur
sur la participation prévue.

TÉMOIGNAGE :
Anne-Gaëlle MORIZUR, chargée de communication événementielle chez
Groupama Loire-Bretagne

Mais même pour le plus petit événement, on trouve maintenant une page
Facebook, un compte Twitter. La page Facebook peut abolir certaines
frontières et ne pas toucher que le territoire où a lieu l’événement.

30
LINKEDIN
Description : Créé en 2003, LinkedIn est à ce jour le plus grand réseau social
numérique professionnel avec pas moins de 380 millions de membres à son actif.
Analyse : Bien qu’en perte de vitesse, LinkedIn représente 380 millions de
professionnels à travers le monde dont 10 millions en France. Les fonctionnalités
de cet outil 2.0 peuvent être utiles à l’organisation d’un événement. Si votre
organisation et/ou vous-même possédez un compte LinkedIn, ce RSN est un
bon moyen de mobiliser vos contacts autour de votre événement. À l’instar de
Facebook, vous pouvez utiliser LinkedIn pour faire du teasing en amont et pour
effectuer un feedback après l’événement, notamment via Slideshare, qui vous
permettra de partager les supports de présentation utilisés le cas échéant.

3.2.2. Applications mobile

PERISCOPE
Description : Périscope est une application mobile permettant de retransmettre
en direct (livestream) un contenu particulier (un événement, par exemple) sur
Internet à l’aide de son smartphone et ce, n’importe où dans le monde. Disponible
en téléchargement gratuit sous iOS et Androïd, l’application se synchronise avec
un compte Twitter, permettant ainsi à l’abonné de retransmettre son contenu à
l’ensemble de sa communauté.
Analyse : Rachetée 100 millions de dollars par Twitter en 2015, l’application
Périscope arrive sur le marché en devant faire face à un concurrent déjà
implanté : Meerkat. Mais rapidement, elle la supplantera pour s’imposer comme
la référence en la matière pour deux raisons particulières la différenciant de la
concurrence : la possibilité de retransmettre en direct et l’accès au social graph
Twitter.
En août dernier, l’application dépassait le cap des 2 millions d’utilisateurs actifs
quotidiens, pour un total de 10 millions d’utilisateurs et de 40 années de contenu
regardé chaque jour via le service. Des chiffres en augmentation constante
depuis le rachat de l’application par Twitter qui avait donc su déceler son
potentiel (1 million d’utilisateurs en 10 jours).
L’application propose également de personnaliser la diffusion (publique ou non,
géolocalisation, etc.). Utilisée à bon escient, elle présente pour les professionnels
de la communication de nombreux avantages tels que l’aspect social (système
de likes et de discussions), la possibilité de programmer la diffusion ou encore de
diffuser en portrait ou en paysage (possibilité récente). D’un autre côté, certains
y voient un danger pour la vie privée en faisant de chaque utilisateur un potentiel
journaliste en herbe. Tous ces avantages et la facilité d’utilisation de l’application
sont tout de même contrebalancés par certains aspects négatifs liés à l’essence
même de l’application. Nous pouvons notamment penser à la latence, principal
problème du livestream (nécessité d’avoir une bonne connexion pour une
diffusion de qualité) ou encore au problème de consommation de batterie (la

31
diffusion ne se fait que via mobile et consomme beaucoup d’énergie, il faut
donc prendre ses dispositions au préalable). Précisons également que Facebook
a annoncé le lancement d’un service concurrent : Live.

INSTAGRAM
Description : Créée en 2010, Instagram est une application mobile de partage
de photos et de vidéos. Elle rassemble plus de 400 millions d’utilisateurs dans le
monde et propose une déclinaison web permettant aux utilisateurs de consulter
leurs comptes depuis un ordinateur. L’application présente trois fonctions
principales : le hashtag, la géolocalisation et l’identification d’utilisateurs.
Analyse : Suite à son rachat par Facebook (2012), le réseau a subi une hausse de
sa cote de popularité. L’application propose automatiquement aux utilisateurs
de partager leurs publications sur d’autres réseaux sociaux (Facebook, Twitter...),
augmentant ainsi leur viralité.
Avant l’événement : Il est possible pour une entreprise de communiquer en
affichant le « behind the scene » de la manifestation. Cela permet de créer
du teasing autour de la manifestation mais aussi d’impliquer le public et de
l’immerger au cœur des préparatifs.
Pendant l’événement : de la même façon que Twitter et son livetweet, Instagram
a rapidement généré la création d’outils permettant de partager son contenu
en live. Eventstagram, Wallrus, LiveWall... autant d’outils qui offrent tous la même
prestation : la création d’un mur Instagram qui diffuse en direct les photos
publiées par le public. Le concept est simple :
● l’organisateur définit un hashtag qu’il communique aux invités ;
● les invités publient leurs photos accompagnées du hashtag ;
● un diaporama directement relié au hashtag dévoile les photos taggées
tout au long de l’événement.
Cet outil présente l’avantage d’être au service de la spontanéité de l’utilisateur.
Il est également un excellent moyen d’évaluer le succès de l’événement
(notamment en suivant les posts des utilisateurs). Ce genre d’outil intègre
directement l’utilisateur qui devient acteur de l’événement.
Après l’événement : L’événement n’est plus une parenthèse ponctuelle. Poster
après la clôture officielle de la manifestation permet à l’événement d’exister en
dehors de sa temporalité physique et ainsi, de le faire perdurer dans l’esprit du
public.

TÉMOIGNAGE :
Jerome NEVEUX, Responsable presse et relations étrangères, chargé des
relations extérieures et de la communication au Futuroscope.

Les atouts du 2.0, c’est la puissance de feu, la rapidité, l’instantanéité et


aussi le gain de temps.
SNAPCHAT
Description : Snapchat est une application mobile de partage de photos et vidéos
temporaires (1 à 10 secondes). Développée par des étudiants de l’université de
Stanford et lancée pour la première fois en septembre 2011, l’application est
disponible en téléchargement gratuit sous iOS et Androïd.
Analyse : L’application a fortement évolué depuis sa création et propose
aujourd’hui un nombre de fonctionnalités bien plus important. Ainsi, au-delà
de la possibilité de partager des photos, vidéos ou des messages, l’application
propose désormais un contenu sponsorisé et monétisé (intéressant pour les
professionnels notamment organisateurs d’événements). Snapchat compte 100
millions d’utilisateurs mensuels actifs, dont une majorité de femmes (65%). 71%
des utilisateurs sont âgés de moins de 25 ans. En matière de quantité de contenu,
ce sont 760 millions de Snaps qui sont envoyés par jour ainsi qu’un milliard de
Stories (enchaînement de Snaps qu’il est possible de regarder plusieurs fois sur
une période de temps déterminée). Il est également intéressant de noter que
près de 60% du contenu proposé sur l’application est de nature humoristique.

Si l’application jouit d’une importante popularité et d’un taux d’activité élevé


chez les jeunes, celle-ci semble moins se destiner aux professionnels, notamment
considérant la nature même du contenu qui y est proposé et ce, malgré un
engouement important. Cela dit, les récentes améliorations apportées à la plate-
forme permettent de rendre le contenu un peu plus événementiel (on dispose
désormais de fils d’actualités photos vidéos lors d’événements particuliers). Pour le
moment, en fonction de la cible, l’application ne semble donc pas s’imposer de
manière systématique. Toutefois les évolutions dues aux nouvelles fonctionnalités
de l’application seront à surveiller.

TÉMOIGNAGE :
Sebastien GANZER, Chargé de communication digitale au Futuroscope.

Le numérique est un moyen de faire vivre un événement pour ceux qui


ne sont pas là.

3.2.3. Les applications pratiques sur smartphone

PAIEMENT VIA SMARTPHONE


Description : Le paiement grâce à son smartphone est devenu incontournable.
Le smartphone étant devenu le couteau suisse de l’être humain, il est plus
que normal qu’il soit aussi devenu son porte-monnaie. Ce nouveau mode de
paiement, via QR code par exemple peut aussi prendre la forme d’une billetterie
en ligne ou encore de paiement en point de restauration.

33
Analyse : Plusieurs start-ups se sont positionnées sur le marché du paiement
grâce aux smartphones. Les solutions sont toujours payantes et dépendront
principalement du nombre de participants à l’événement. Ce genre de solutions
vous offre un océan de possibilités :
● Vendre des tickets en-ligne ;
● Collecter des données inédites sur vos visiteurs et participants ;
● Gérer vos partenariats ;
● Contrôler les entrées (en mode hors-ligne ou connecté) ;
● Gérer vos accès par zone (VIP, grand public, staff, etc.) ;
● Contrôler vos sorties ;
● Vendre aussi vos billets sur place ;
● Imprimer des badges et/ou bracelets en direct ;
● Générer des accréditations et invitations ;
● Suivre les ventes de billets ;
● Analyser votre affluence ;
● Consulter et exporter les données ;
● Éviter les flux monétaires fiduciaires.
En somme, de telles solutions sont un gain de temps pour le mobinaute, avide
de temps gagné et ravi d’utiliser son smartphone comme une extension de lui-
même ; mais aussi le gestionnaire d’événement qui y trouvera le moyen de gérer
toutes ses recettes et sa fréquentation.

QR CODE
Description : Un QR code est un type de code-barres en deux dimensions. Ce
code se compose de petits carrés noirs disposés dans un carré à fond blanc.
L’agencement de ces points indique alors l’information qui est appelée par ce
code. “QR”, abréviation de Quick Response, signifie que le contenu du code
peut être décodé rapidement après avoir été lu par un lecteur de code-barres
(terminal mobile, smartphone, webcam).
Analyse : Le QR code présente l’avantage de réunir plus d’informations qu’un
simple code à barres. De surcroît, il peut être directement reconnu par des
applications et permet ainsi de déclencher des actions par les terminaux qui le
décryptent.
● Naviguer sur un site web, enregistrer une page web dans les marques
pages ;
● Afficher un point géographique sur une carte (Google Maps, Plan, etc.) ;
● Jouer une vidéo en-ligne ou un contenu multimédia ;
● Se connecter à un réseau (Wifi, LAN, etc.)
● Appeler un numéro de téléphone ou envoyer un message (SMS, MMS,
courriel) ;
● Payer directement via son téléphone portable ;
● Ajouter une carte de visite virtuelle (vCard, MeCard)
● Créer un rendez-vous ou un événement (iCalendar) ;
● Afficher un texte ou rédiger un texte libre (sa version la plus grande permet
d’inclure un texte d’environ 500 mots).

34
Quelques liens utiles :
Android (Play Store) : “QR Code Reader” - https://play.google.com/store/apps/
details?id=me.scan.android.client&hl=fr
iOS (Apple Store) : “Scanner de Codes QR” - https://itunes.apple.com/fr/app/
scanner-de-codes-qr/id483336864?mt=8
Création et suivi : La création d’un QR code est on ne peut plus simple. Pléthore
de sites existent alors pour réaliser sa création. La personnalisation est possible
(ajout d’images, choix de la dimension, etc.) et un suivi de son utilisation aussi.
S’il a été mis à l’écart pendant quelques années, la prépondérance du digital
et le retour du matériel l’ont remis au goût du jour. Ses utilisations diverses et
variées lui attribuent aujourd’hui une place d’autant plus justifiée. En revanche,
le communicant en quête de ROI et de tracking trouvera son bonheur grâce à
la possibilité de suivre les performances du QR code. Ainsi ce suivi vous permet
d’accéder aux informations suivantes : nombre de scans réalisés ; fréquence et
saisonnalité de ceux-ci ; provenance du mobinaute ; terminal mobile et système
d’exploitation utilisés.
Quelques liens utiles :
https://www.unitag.io/fr/qrcode
http://fr.qr-code-generator.com

SMARTPHONE - GEOLOCALISATION
Description : Souvent très utile mais rarement connue de tous, la géolocalisation
a bénéficié de l’essor de nouvelles technologies telles que les smartphones pour
se faire une place dans le quotidien des utilisateurs mobiles. Trois technologies
de géolocalisation existent aujourd’hui : le GPS (satellite), le GSM (antennes de
téléphones mobiles) et le Wifi (internet). Le smartphone offre l’avantage de réunir
ces trois technologies afin de géolocaliser précisément son utilisateur.
Analyse : La géolocalisation présente des avantages pour les organisateurs
d’événements 2.0 : activée par défaut dans les smartphones, elle permet un
bon ciblage géographique en étant couplée à un réseau social numérique. Par
exemple, lorsque vous créez un événement sur Facebook et que vous le localisez,
celui-ci sera suggéré plus facilement aux personnes localisées à proximité du lieu
de l’événement. Elle peut également permettre de donner un itinéraire pour se
rendre à l’événement.

35
3.2.4. Technologies et réalité augmentée

OBJETS CONNECTÉS
Description : Un objet connecté est un élément disposant d’une connexion lui
permettant de transmettre des données à un autre objet ou à une base de
données. En 2015, un français sur deux déclarait avoir l’intention d’acheter un
objet connecté dans les 6 mois à venir (Sondage de Observatoire des objets
connectés de l’IFOP, octobre 2015).
Analyse : Les objets connectés, vecteurs d’un flux d’informations importants, sont
de plus en plus utilisés lors d’événements ponctuels. Ils permettent aux utilisateurs
de faciliter et d’encourager le partage de leur expérience sur leurs réseaux
sociaux. Les marques ont la possibilité de mettre à disposition des bracelets
connectés lors de leurs événements. Ces derniers, directement reliés entre eux,
pourront faciliter les échanges et les mises à jours de contenus entre les différents
utilisateurs connectés sur leurs comptes personnels (et reliés entre eux grâce à
leurs bracelets lorsqu’ils seront dans l’enceinte de l’événement). Le véritable
enjeu de ce genre d’objet est de mettre en relation les utilisateurs entre eux et
avec l’organisateur afin d’augmenter les flux qui les relient et ainsi de créer un
maximum de ponts entre la marque et l’utilisateur.

OCULUS RIFT
Description : L’Oculus rift est un masque de réalité virtuelle développé par Oculus
VR (filiale de Facebook) sorti en mars 2016. Le produit est équipé d’écouteurs
et de capteurs permettant le suivi des mouvements de l’utilisateur. Cette
particularité accompagnée d’une reconnaissance à 360° renforcera l’immersion
de l’utilisateur au cœur de l’image projetée sur l’écran de ce masque.
Analyse : Dans le cadre de la communication événementielle 2.0, la réalité
virtuelle se présente comme une réelle opportunité de donner une dimension
plus imposante aux événements et de leurs attribuer une réelle valeur ajoutée.
L’utilisation de ce genre de lunettes pourrait très bien s’adapter à des événements
générateurs de grandes sensations (concerts, manifestations sportives, etc.) afin
d’en amplifier l’expérience utilisateur. De façon plus générale, le masque de
réalité virtuelle peut être utilisé lors de salons, de performances artistiques ou de
jeux (déplacements au cœur d’une zone prédéfinie, mises en scène, etc.) afin
de relier les profils des utilisateurs sur les réseaux sociaux à leur activité sur le lieu
de l’événement. Vous l’aurez compris, les possibilités de cet outil sont immenses
et la notion d’expérience inédite vécue lors de l’événement prend ici tout son
sens.

36
HOLOGRAMMES
Description : Un hologramme est une photo/vidéo façonnée en 3D et donnant
l’impression de flotter dans les airs lorsqu’elle est projetée.
Analyse : L’hologramme peut être utilisé lors de conférences ou présentations
presse liées à la construction de bâtiments. L’hologramme permet ainsi au
spectateur d’effectuer la visite d’un futur lieu en conditions quasi réelles. Il
peut également être utilisé lors de salon afin de mettre en avant le logo d’une
entreprise ou l’un de ses produits (notamment lors d’un lancement), permettant
ainsi au public de se déplacer autour et de l’apprécier de façon optimale. Le
lien avec le web peut s’effectuer de multiples façons et seule la technique saura
stopper l’imagination de l’organisateur. Il pourrait, par exemple, être intéressant
de relier un compte Instagram et de générer automatiquement un hologramme
intelligent de la photo publiée.

3.2.5. Organisation et planification

WUNDERLIST
Description : Wunderlist est une application permettant d’organiser des tâches
et d’établir des listes. Ces listes peuvent être classées par dossiers.
Analyse : L’application offre la possibilité de faire des listes, de les partager,
d’attribuer une tâche à un utilisateur précis ainsi qu’une échéance. L’utilisateur
peut également ajouter des commentaires et y annoter des remarques. Cet outil
est un acteur au service de l’organisation d’événements. Son utilisation permet
de gagner du temps, de gérer au mieux les nouvelles tâches et de rester au fait
de l’avancée des tâches (grâce à un système d’alerte qui averti les utilisateurs
partageant un même liste lorsqu’une tâche est effectuée, modifiée ou ajoutée).

TÉMOIGNAGE :
Anne-Gaëlle MORIZUR, chargée de communication événementielle chez
Groupama Loire-Bretagne

Cependant, nous utilisons de plus en plus de jeux sur tablettes et


bornes digitales ce qui nous permet de récolter des données que
les commerciaux pourront exploiter et cela donne aussi une image
dynamique à l’entreprise. 

37
CHAPITRE 4. RÉUSSIR SON ÉVÉNEMENTIEL 2.0 : LES TUTORIELS

Place à la mise en œuvre. Margaux Lecouturier, Anaïs Lewkowicz, Claire Mazelier


et Rosalie Texereau ont préparé une série de tutoriels pour utiliser à bon escient
certains des outils préconisés au chapitre précédent.

TÉMOIGNAGE :
Clara ANGE, assistante chef de projet à l’agence de communication Blue
Com

La digitalisation d’un événement demande beaucoup de temps et une


certaine connaissance des nouvelles technologies.

38
CHAPITRE 5. TÉMOIGNAGES DE PROFESSIONNELS

Faire parler les professionnels s’impose, surtout lorsque l’on est étudiant et que
l’expérience du terrain apparaît comme la source ultime de connaissances à
acquérir. Encore faut-il savoir extraire ces connaissances d’un vécu qui n’est pas
toujours formalisé.
Audrey Le Goff, Nina Leclaire, Stefy Cloudas et Amélie Danti ont construit une
trame de questions principalement ouvertes et mené des interviews téléphoniques
et en face à face auprès de trois cibles distinctes : annonceurs, agences de
communication et consommateurs. Elles ont fait le choix de resserrer la cible
«consommateurs» sur une tranche d’âge majoritairement jeune, une nouvelle
génération utilisateurs friande du 2.0 dans l’événementiel.
Au fil de ces témoignages, des leçons essentielles émergent, qui seront regroupées
dans une synthèse en fin de chapitre.

5.1. Témoignages de professionnels de l’événement en entreprises

5.1.1. L’événementiel 2.0 : vers une phygitalisation

Propos d’Emmanuelle BOULAN, Directrice de clientèle pour Le Groupe La Poste

Quel est votre rapport avec l’événementiel dans votre métier ?


Après avoir été de nombreuses années Chef de projet communication au sein
de l’ANCI Pays de la Loire, je suis désormais et ce depuis un peu moins d’un
an, directrice de clientèle au siège du Groupe, à Paris. Je suis en charge des
relations clients pour l’agence de communication intégrée du Groupe La Poste,
l’ANCI (Agence Nationale de Communication et d’Information). J’accompagne
les projets des ANCI, je gère leurs portefeuilles, … Je ne suis plus au cœur des
événements comme avant mais je les coordonne et les suis de loin avec du
recul.

On parle de plus en plus de l’essor d’un « événementiel 2.0 » ? Cela vous parle ?
3 adjectifs pour définir, selon vous, un événement 2.0 ?
Selon moi, un événement 2.0 est un événement qui crée une interactivité avec
les participants en utilisant le web 2.0 et les outils numériques.

Parlez-nous d’une expérience d’événementiel 2.0 dont vous gardez un souvenir


particulier en matière d’intégration du 2.0 ?
Il y a un an environ, l’ANCI Pays de la Loire, pour laquelle je travaillais à l’époque,

53
a remporté l’appel d’offre national pour la réalisation et la mise en œuvre du
plan d’actions du partenariat entre Le Groupe La Poste et la Course Croisière
de l’Edhec, premier événement sportif étudiant d’Europe rassemblant près de 3
000 étudiants issus des grandes écoles mais aussi des cadres d’entreprises autour
de nombreuses animations sportives pendant huit jours. La 46e édition de cette
course croisière s’est déroulée aux Sables d’Olonne du 25 avril au 3 mai 2014.
C’était notre 6ème année de partenariat avec la course.

Qu’est-ce qui vous a poussé à utiliser des outils du web 2.0 ?


Notre ambition sur ce partenariat était de réduire, auprès des jeunes, le décalage
entre l’image perçue du Groupe La Poste et ce qu’elle était réellement. Nous
avons décidé d’intégrer des outils du 2.0 pour s’adapter à notre cible étudiante
et leur montrer notre évolution dans le domaine du numérique pour développer
notre expertise digitale. Notre idée était d’interagir avec les participants à travers
des éléments ludiques par exemple.

Quels outils avez-vous développés sur cet événement ? Pourquoi ceux-là ?


Nous avons mis en place un jeu Twitter. L’idée était d’inviter chaque étudiant
à suivre la course de l’Edhec avec La Poste. L’étudiant était invité à prendre
des photos traduisant les valeurs du sport proches de celles du Groupe La Poste
(confiance, solidarité, esprit sportif …) et de les poster sur Twitter avec le hashtag
#ccedheclaposte créé pour l’événement par notre community manager.
La photo la plus retweetée sur twitter était récompensée lors de la remise de
trophée quotidienne.
Nous avons aussi mis en place une animation via une application créée par le
Groupe La Poste, « MaCartaMoi ». Une application qui permettait aux étudiants
de se prendre en photos avec des tablettes devant un fond de décor réalisé
en amont par nos graphistes. Les étudiants écrivaient ensuite leurs messages
personnalisés et la carte virtuelle arrivait en format papier directement dans la
boîte aux lettres du destinataire. Une animation phygitale qui a eu un énorme
succès !
Notre objectif était de communiquer vers les étudiants, une cible jeune, qui
est constamment sur les supports numériques. Nous avons essayé d’allier notre
expertise digitale avec leurs habitudes de consommation.

L’opération a-t-elle réussi ?


L’animation Twitter a très mal fonctionné. D’abord, parce qu’elle a été peu
valorisée et peu intégrée par les organisateurs de la Course. Ensuite, nous nous
sommes aperçus que Twitter n’était pas la cible adaptée pour les étudiants qui
étaient plus sur Instagram et Facebook. Nous n’avons pas reçu l’écho voulu et
l’interactivité avec les jeunes n’était vraiment pas super. Le point positif était
que nous pouvions communiquer régulièrement avec les étudiants à travers
notre présence numérique et ainsi montrer l’évolution de La Poste, que la fin du
courrier n’est pas une fin en soi, qu’on peut y trouver une dimension numérique.
« MaCartaMoi » a d’ailleurs très bien fonctionné, même si avec le recul je regrette
qu’on ne l’ait pas exploitée jusqu’au bout. On aurait pu aller plus loin et utiliser la

54
carte sur un format totalement numérique via un partage sur les réseaux sociaux
mais le dispositif technique ne le permettait pas à ce moment. Cette animation
a permis de véhiculer une image beaucoup plus moderne, une intermédiation
très positive.

Selon vous, la « numérisation » de l’événement a-t-elle fondamentalement


changé le métier des professionnels de l’événementiel ?
La plupart des métiers vont évoluer très vite. Les communicants de l’événementiel
« classique » vont devoir intégrer cette dimension digitale, parce que si on ne
le fait pas, on passe à côté d’un public qui utilise le web. La problématique
est générationnelle, certains communicants n’ont pas les connaissances
nécessaires en terme de digital, certaines entreprises tardent à donner la main
aux communicants. Selon moi, la communication 2.0 est indispensable. Pour la
communication externe, il faut l’intégrer dans les actions de communication.
Pour la communication interne, je dirais qu’il faut adopter une attitude 2.0,
produire de l’interactivité en intégrant des animations 2.0. Plus d’infos top down,
on intègre les tablettes, on demande d’interagir.

Pour vous, y’a-t-il une évolution envisageable à l’événementiel 2.0 ? Fin de


l’événement hors 2.0 ? Nouvelle dynamique ?
On peut développer pleins de choses en matière de technologies, je pense aux
objets connectés par exemple. Vont se développer pleins de nouvelles façons
de faire interagir les participants. Mais pour moi, il doit perdurer une vocation
fondamentale : celle de rassembler les gens. C’est sympa de pouvoir interagir
à distance mais il faut garder une dimension humaine, le phénomène de
phygitalisation dont je parlais, des connexions digitales dans un lieu physique.

Et l’événement virtuel alors ?


Je ne suis pas pour l’événement purement virtuel. Par exemple, cet après-midi,
j’ai testé pour le Groupe, une formation en e-learning sur le numérique et j’ai
passé 1h30 derrière mon ordinateur. C’est très bien fait, mais rien ne remplace
une séance de formation où tu rencontres des gens, où tu échanges. Pour moi, on
va se lasser très rapidement des événements 100% digital. On va avoir pléthore
d’événements à distance, puisque c’est moins coûteux, mais un phénomène
de lassitude va s’installer si l’événement devient complètement numérique et
dématérialisé. Aujourd’hui, on n’est pas assez loin pour s’en rendre compte,
mais les gens ont besoin d’échanger sur des idées, des opinions, de rencontrer
d’autres participants. L’humain avant tout.

55
5.1.2. Le contact humain reste essentiel mais le développement des événements
2.0 est incontournable.

Propos d’Anne-Gaëlle MORIZUR, 26 ans, chargée de communication


événementielle chez Groupama Loire-Bretagne (en charge des départements
d’Ille-et-Vilaine (35) et du Maine-Et-Loire (49)). 


Chez Groupama Loire Bretagne, combien d’événements organisez-vous par an ?


Pour les deux départements dont je m’occupe, l’entreprise est présente sur 80
événements à peu près. Nous faisons beaucoup de sponsoring. Mais nous avons
des événements plus importants comme les foires et les salons notamment le
SPACE à Rennes.

D’où vient le succès d’un événement pour vous aujourd’hui ?


Il y a plusieurs facteurs : une communication bien faite, un sujet intéressant et la
possibilité pour le public d’avoir des contacts humains.

On parle de plus en plus de l’essor de « l’événementiel 2.0 ». Pour vous, qu’est-ce


qu’un événement 2.0 ?
L’événementiel est lié à une certaine tradition comme un lieu de rassemblement.
Aujourd’hui, une certaine dimension virtuelle vient s’ajouter autour de
l’événement, avec les technologies web, le participatif qui permet de donner
son avis. Pour moi l’événementiel 2.0 utilise les technologies web avant, pendant
et après l’événement.

L’utilisez-vous au sein de vos événements ? Et si oui, de quelle façon ?


Non, chez Groupama nous ne faisons pas vraiment d’événement 2.0. Ce n’est pas
le positionnement de l’entreprise. Nous participons localement à des événements
de petite taille en générale. Mais même pour le plus petit événement, on trouve
maintenant une page Facebook, un compte Twitter. C’est ce qui est assez
dingue. La page Facebook peut abolir certaines frontières et ne pas toucher que
le territoire où a lieu l’événement. Je n’organise pas le 2.0 dans les événements
que je soutiens, mais sur tous les canaux de communication de Groupama Loire-
Bretagne, nous les relayons. Que ce soient notre page Facebook, notre site “Les
bons plans de Cerise”, etc.
Cependant, nous utilisons de plus en plus de jeux sur tablettes et bornes digitales
ce qui nous permet de récolter des données que les commerciaux pourront
exploiter et cela donne aussi une image dynamique à l’entreprise.

La « numérisation » de l’événement a-t-elle fondamentalement changé votre


profession ?
Oui, je pense. Cela permet de toucher un public plus large, les événements
de niche ont explosé, ils sont montés en puissance grâce à ça, parce qu’il y a
beaucoup de promotion faite sur les réseaux sociaux. Ça a « mondialisé » les
choses sans que ça coûte cher. La promotion par les réseaux sociaux ne coûte
quasiment rien si ce n’est un peu de temps.

56
Quels types d’outils utilisez-vous généralement ?
Nous utilisons de plus en plus de jeux tactiles et le “live” sur Facebook notamment
pour le SPACE. Nous n’utilisons pas Twitter car l’entreprise n’y est pas encore
présente, sauf avec un compte Twitter RH mais les salariés s’y mettent avec des
comptes personnels et mentionnent Groupama Loire-Bretagne.

Avez-vous une expérience d’événementiel 2.0 qui a remarquablement bien


fonctionné ?
A Rennes, il y a eu le “Hackaton”. Dans le cadre d’un festival, on devait imaginer
le festival de demain, tu alimentais un mur d’idées et à la fin de la journée les
organisateurs relevaient les idées.

Egalement, dans le cas contraire, un événement qui n’a pas fonctionné ? Avez-
vous pu identifier les causes ?
“Les Tonnerres de Brest” : un village qui a voulu utiliser Facebook et Twitter et il n’y
avait pas de public en face pour faire vivre le contenu.

Quels sont les atouts de l’utilisation du web 2.0 pour la réussite d’un événement ?
Il faut que les gens soient familiers de la technique utilisée, être novateur mais
s’adapter au public présent, faire beaucoup de pédagogie. Par exemple, ça ne
sert à rien d’utiliser Twitter avec un public sans smartphone.

Pour vous, y-a-t-il une évolution envisageable à l’événementiel 2.0 ? Fin de


l’événement hors 2.0 ? Nouvelle dynamique, un événement 3D par exemple ?
Ça peut encore se développer, mais on ne peut pas dématérialiser le lien
social, on aura toujours besoin des événements en physique. Il y a un retour de
l’événement classique parce que je constate que les gens en ont déjà un peu
marre de cette dimension virtuelle. On pourra aller encore plus loin dans le 2.0
en développant ce lien social. Du côté de mon entreprise, je pense aussi que
les outils nécessaires ne sont pas tous en place mais on utilise de plus en plus
des outils digitaux sans faire que du numérique, pour ne pas être totalement
déconnectés des gens et pour rester dans l’image de l’entreprise.

5.1.3. Le 2.0 fait naître des opérations événementielles colossales et hors du


commun

Propos de Laure FOREY, assistante chef de projet événementiel chez France


Galop, société mère des courses de galop dont la vocation réside dans
l’encouragement pour l’amélioration des races de chevaux de galop en France.

Quel est votre rapport avec l’événementiel chez France Galop ?


Nous organisons plusieurs événements dont nos Grands Prix (courses de galop
premium) qui reviennent chaque année aux mêmes périodes. Pour chacun de
nos événements, la première tâche est d’étudier ce qui a été fait les années

57
précédentes, que ce soient les statistiques ou les débriefs post-événement,
afin d’identifier les points forts et les points d’optimisation. A partir de ce travail,
nous pouvons concevoir le fil rouge de l’événement. Il est ensuite décliné en
communication 360°, c’est-à-dire dans tous les pôles d’activités de la Direction
Communication, Marketing et Développement (digital, relations medias,
publicité, partenariats…).

Combien d’événements environ organisez-vous par année ?


Nous organisons environ 14 événements d’avril à novembre comme par exemple
le « Qatar Prix de l’Arc de Triomphe » qui réunit plus de 70 000 personnes en un
week-end, le « Prix de Diane Longines » rassemblant 45 000 personnes sur une
journée et le « Meeting de Deauville Lucien Barrière » dont 75 000 personnes
profitent durant le mois d’août.

D’où vient le succès d’un événement pour vous aujourd’hui ?


Je pense que le succès d’un événement vient de la cohésion entre les participants,
du lien qu’ils créent entre eux et de l’émotion commune qui les rapproche. Le
but d’un événement est de proposer une expérience positive pour faire émerger
des discussions entre les participants et ainsi les rendre plus réceptifs au message
que l’on souhaite faire passer.

Le succès viendrait-il du 2.0 sur l’événement ? 3 adjectifs pour définir, selon vous,
un événement 2.0 ?
Oui complètement même s’il ne viendra pas remplacer l’événement physique.
Personnellement, je ne crois pas à un événement entièrement connecté où
les participants ne se croisent pas, mais le 2.0 peut booster la réussite d’un
événement et enrichir l’expérience consommateur. Les mots qui me viennent à
l’esprit quand je pense à l’événementiel 2.0 sont connexion (au sens technique
du terme), digital et participatif. Il faut participer à l’événement 2.0, y prendre
part c’est à dire être plus que spectateur et devenir acteur de l’événement.

L’utilisez-vous pour organiser vos événements chez France Galop ? Pourquoi ?


France Galop n’est pas forcément précurseur dans ce domaine mais nous
tendons à mettre en place des outils digitaux comme les réseaux sociaux
évidement mais aussi d’autres outils davantage innovants. C’est une volonté
réelle de la Direction Communication, Marketing et Développement de vouloir
utiliser les outils digitaux, afin de proposer des nouveaux contenus attractifs et de
toucher une cible plus jeune.

Vous souvenez-vous d’une expérience d’événementiel 2.0 qui a remarquablement


bien fonctionné ?
En 2015, la jument Trêve a tenté un exploit sportif encore jamais réalisé pour
un cheval : gagner pour la 3ème fois le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe. En
capitalisant sur ce challenge historique et afin de mobiliser un large public, France
Galop a imaginé, en collaboration avec deux agences, un dispositif original,
participatif et fédérateur : #FollowTreve. Le dispositif était essentiellement digital :
un site web dédié et des profils sur les réseaux sociaux, ont permis à Trêve de

58
raconter son histoire. L’interactivité avec le public était la base du dispositif : plus
la communauté likait, plus Trêve se dévoilait : « A 40 000 like, j’ouvre mon Club
de Supporters » ; « A 50 000 like, je lance ma Tribune de fans officielle » ; « A 100
000 like, je m’entraine dans les rues de Paris ». Avec le dispositif #FollowTreve,
France Galop a réussi son pari de mobiliser et de passionner au delà du monde
des courses les spectateurs, les médias et les internautes.
Le dispositif #FollowTrêve a d’ailleurs été sacré parmi les trois meilleures stratégies
marketing d’un détenteur de droits dans le domaine du sport de l’année 2015
et a remporté le Grand Prix Stratégie du Sport 2015 dans la catégorie des films
viraux.

Quel intérêt du 2.0 dans l’événementiel ?


Le 2.0 amène une véritable plus-value. Aujourd’hui, nous sommes obligés
d’adopter des outils numériques. Je n’arrive pas à imaginer un événement sans
l’intégration du digital. Le 2.0 enrichit le parcours client qui dans notre cas peut
permettre de faire découvrir les coulisses des écuries, suivre les courses de
plus près grâce à des GoPro installées sur les jockeys par exemple. Plus nous
enrichissons l’événement avec des nouveaux contenus, plus nous allons inciter
les participants à les partager avec leur réseau, ce qui va donc augmenter la
visibilité de notre événement.

Pensez-vous que votre parti pris pour la “numérisation” de l’évènement est


caractéristique de votre jeune âge ?
Non, chez France Galop, à la Direction Communication, Marketing et
Développement, nous agissons tous dans ce sens, quelque soit notre âge. En
revanche, nous devons prendre en compte l’âge moyen de nos visiteurs sur nos
hippodromes pour adapter au mieux les outils digitaux que nous leur proposons.

Et votre appli, trouve-t-elle sa place, une véritable utilité ?


Les sites internet dédiés à nos événements et les profils France Galop sur les
réseaux sociaux sont bien intégrés dans notre processus de communication
mais l’application « My Galop » peine à trouver sa place. En effet, avant les
événements, nos visiteurs se rendent sur les sites internet dédiés. Pendant les
événements, les participants utilisent peu l’application car ils ont l’habitude
de trouver les informations nécessaires grâce à d’autres canaux (comme par
exemple une émission TV qui est réalisée et diffusée en direct sur des écrans
géants).

59
5.1.4. L’événementiel 2.0 au service de la promotion des attractions

Propos de Jérôme Neveux, Responsable presse et relations étrangères, en


charge des relations extérieures et de la communication au Futuroscope. Les
événements les plus importants qui ont lieu dans ce parc se font lors de la sortie
d’une attraction et durant sa promotion.

Comment introduit-on du 2.0 dans l’événementiel ?


C’est lié au lancement des attractions lors des voyages de presse (journaliste,
people blogueurs), pour inciter les invités à participer. On crée un hashtag lié
à l’événement, on fait un concours Facebook en simultané pour que lors des
conférences de presse on puisse participer sur les réseaux sociaux et alors
partager le ressenti. On fait ça depuis maintenant 3-4 ans.

Quels types d’événementiels organise le Futuroscope ?


L’événementiel d’entreprises (tourisme d’affaire) : on privatise des restaurants,
des attractions, etc. L’événementiel lié à l’actualité du parc : inauguration,
lancement, etc. L’écrin pour accueillir des événements : des personnes profitent
du parc. Ex : Futuromospace tour qui proposait une course à l’intérieur du parc.

Qu’est-ce qui permet de dire qu’un événement est un succès ?


Quand tout se passe bien ! Plus précisément quand il y a un retentissement
médiatique, local, national en fonction de l’ampleur de l’événement. Un
évènement ça participe à la notoriété du parc alors on choisit ceux pour lesquels
on « prête » le parc.

Qu’est qu’un événement 2.0 pour vous ?


C’est un événement virtuel. Un site plateforme où on contribue sur un sujet.

Pourquoi le Futuroscope utilise-t-il les événements 2.0 ?


Les billets s’achètent sur internet (paiement en ligne) il y a un vrai travail marketing
sur le web, on travaille avec des sites internet, en partenariat.

La « numérisation » a-t-elle changé votre profession ?


Oui, il y a 10 ans il n’y avait que de la presse papier, aujourd’hui il y a une
multiplicité de médias, de l’information en continu, des blogs, qui sont parfois
plus puissants que la presse.

Quels outils utilisez-vous ?


L’application qui va sortir pour Noël est en test, c’est un service supplémentaire
pour les visiteurs. On a un site internet pour des vidéos. On est à la pointe. On a
un service presse : futuroscope.new. Ensuite on décline les outils en fonction de
la cible.

60
Quel est l’évènement 2.0 qui a le mieux fonctionné ? Quel événement n’a pas
fonctionné ?
Lancement de la machine à voyager dans le temps. On a travaillé avec Ubisoft
et on a créé un hashtag avec un nombre de connexions et de Tweets. Ça a
marché parce qu’on a beaucoup communiqué dans le parc, grâce aux supports
(affiches, flyers) mais surtout grâce aux réseaux sociaux. Je ne me rappelle pas
d’un événement qui n’aurait pas fonctionné.

Quel est l’atout du 2.0 ?


C’est la puissance de feu, la rapidité, l’instantanéité et aussi le gain de temps. Par
exemple, il y a un grand week-end au mois de Mars où l’on fera des interviews
simultanées, du web événementiel. On inaugure un spectacle nocturne et on va
créer une chaîne web événementielle pour ceux qui n’ont pas d’invitations pour
participer. Ça permet de faire vivre la première du spectacle sans être la, pour
partager avec plus grand nombre.
L’événementiel 2.0 nécessite du temps et du personnel. Je pense que parler d’
« événementiel 2.0 » ce n’est que des mots. Il se cantonne à certains secteurs.
Pour moi il faut trouver un juste milieu entre l’utilisation du 2.0 et l’événement réel.

5.1.5 L’événementiel 2.0 pour partager les événements avec ceux qui ne peuvent
pas y assister.

Propos de Sebastien Ganzer, Chargé de communication digitale au Futuroscope.

Combien d’évènement sont organisés par an ?


Il y a 2 ou 3 gros événements par an : c’est souvent un voyage de presse pour
l’inauguration d’une nouvelle attraction. Le prochain est le 19 décembre, c’est
l’inauguration de la nouvelle attraction sur l’Age de glace. Il y aura environ 300
invités (journalistes parisiens et locaux, bloggeur, presse nationale et locale, et
les familles).
Ensuite on fait d’autres événements qui sont plus ponctuels comme des festivals,
des concerts (c’est assez rare). Il y en a environ 6 événements de ce type par an.

D’ou vient le succès d’un évènement pour vous ?


En ce qui concerne les événements les plus importants comme les inaugurations
et les voyages de presse, le succès se mesure tout d’abord aux retombées
presse et ensuite grâce au nombre de mentions et d’interactions générées par
les réseaux sociaux. Pour l’âge de glace on aura un hashtag sur instagram et on
invitera les invités à partager les photos.

Est-ce que vous utilisez d’autres outils, ou méthodes comme le hashtag ?


Pas vraiment, il y a principalement des bloggeurs actifs sur les réseaux et on leur
donne les moyens de parler de nous.

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Avez-vous une définition de l’évènementiel 2.0 ?
Pour moi ça serait un événement physique qui a une résonance sur le digital.

Pourquoi le Futuroscope utilise le numérique pour ses événements ?


On invite beaucoup de personnalités qui sont connectées. Le numérique est
un moyen de faire vivre un événement pour ceux qui ne sont pas là. Les gens
peuvent alors suivre de chez eux.

Quels sont les outils que vous utilisez ?


On est surtout sur les réseaux sociaux, Facebook, Twitter, Instagram. Ce qui
est aussi intéressant c’est Périscope : c’est récent et cela a été racheté par
Twitter. C’est un service de diffusion live de vidéo via un smartphone. C’est très
intéressant pour des événements et c’est souvent utilisé aujourd’hui. Nous on
commence juste à l’exploiter. On a fait des essais où on a relayé des spectacles
qui avaient lieu dans le parc. Des gens à travers le monde pouvaient voir un bout
du Futuroscope. C’est vraiment un plus.
L’autre outil qu’on utilise est une application mobile qu’on vient de refondre.
Pour les événements c’est difficile à mettre en place (pour que ça ait un impact
direct) mais ça peut permettre de donner des informations : on peut donner
des points de rendez vous, signaler les horaires, mais on utilise pas l’application
pendant les évènements. On est plus dans de l’aide à la visite grand public. On
a un plan interactif, les horaires en temps réel mais ce n’est pas en rapport avec
un événement.

Pourquoi avoir privilégié ces outils ?


Les réseaux sociaux ont des communautés importantes. Notre but est de toucher
un maximum de personnes et ceux qui suivent les personnes « invitées » aux
événements. Ces personnes deviennent des ambassadeurs du parc.

Avez-vous un exemple d’événement 2.0 qui ait bien fonctionné ?


L’inauguration des Lapins Crétins en décembre 2013. On avait invité beaucoup
de journalistes, bloggeurs (80), d’influenceurs. On a incité les gens à parler sur
leurs réseaux sociaux et on a eu 2000 messages sur Twitter. On est entré dans le
« Train topic ».

Savez-vous pourquoi il a connu un grand succès ?


Je pense que c’est le sujet qui fait toute la différence. Les lapins crétins sont drôles
et connus par beaucoup de monde, c’est pour ça que ça a bien fonctionné. En
plus, du fait qu’on a invité beaucoup de personnes, ça joue aussi beaucoup. Ça
augmente notre visibilité.

Avez-vous connu un événement 2.0 qui n’ait pas eu le succès escompté ?


Pas vraiment, quand on invite moins de gens il y a moins de retombées.

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Pensez vous que l’événementiel 2.0 connaîtra une évolution, des changements ?
Oui, on peut envisager de faire des évènements avec des personnes à distance
avec des hologrammes. On l’a déjà fait, avec futurlexpo (l’expo du futur). C’est
un pavillon dans lequel il y a plusieurs expériences avec des objets connectés.
Nous avons mis en place un Robots Bim : ça permet à quelqu’un de se balader
dans le lieu et d’être présent via un écran, et c’est un robot qui se déplace.

5.2. Témoignages des professionnels en agences

5.2.1. Une fin de l’événement hors 2.0 inévitable. Vers une utilisation
extrême du 2.0

Propos d’Ophélie MAILLARD, Chef de projet web pour l’agence de


communication “MBA”

Dans ton agence, quel est ton rapport avec l’événementiel ? Est-ce ton domaine
professionnel de référence ?
L’événementiel n’est pas mon cœur d’activité mais nous sommes consultés
dessus. Nous proposons les concepts, les outils pour les événements de nos
clients mais nous ne sommes pas sur le terrain. Au sein de l’agence, nous sommes
une petite équipe constituée de cinq membres, une directrice d’agence, deux
créas, et deux chefs de projet dont moi qui suis spécialisée dans le web.

Combien d’événements environ organisez-vous par année ?


Nous participons à l’organisation d’environ dix événements par an et sur les dix,
nous préconisons pour tous l’intégration du web 2.0 même a minima.

D’où vient le succès d’un événement pour toi aujourd’hui ?


Je retiendrai deux idées qui selon moi seront révélatrices de succès ou d’échecs
pour un événement : le sujet et l’organisation. Si tu as réussi à axer l’objectif de
ton événement, à cibler le bon public, tu as déjà beaucoup. Pour moi, ce sont les
rudiments de l’événementiel qui priment. Je vais dans l’extrême mais si organise
un salon de fauteuil roulant en ciblant les jeunes, tu pourras intégrer tout type
d’outils digitaux de dernière génération, ce sera un échec.

On parle de plus en plus de l’essor d’un « événementiel 2.0 » ? Cela te parle ?


Trois adjectifs pour définir, selon toi, un événement 2.0 ?
En tant que communicante, cela me parle. Pour moi, je définirais l’événementiel
2.0 en quatre mots : intéractivité, virtuel, connecté et viralité. Et je le définirais
comme étant une base d’événement classique avec de l’interaction permise
grâce à l’intégration d’outils digitaux avant l’événement, pendant l’événement
et après l’événement, que le public soit présent ou non.

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L’utilisez-vous pour vos événements ? Si oui, à quelle fréquence (pour tous les
événements) ? De quelle façon ?
Je le préconise à nos clients en fonction du type d’événements qu’ils veulent
organiser et de leur cible. Par exemple, nous préparons les 60 ans d’une entreprise.
Ils ne veulent que des paillettes et pas du live tweets. Dans la plupart du temps,
nous préconisons les réseaux sociaux, toujours Facebook et Twitter, car les autres
réseaux sont encore très peu connus ou utilisés par nos clients.

Pour toi, quels sont les atouts et faiblesses de l’utilisation du web 2.0 pour la
réussite d’un événement ?
Il est incontestable que le web 2.0 amène de l’intéractivité, du dynamisme à
l’événement mais ça peut aussi amener une perte d’attention sur le public.
Une double facette selon moi. Le participant peut rechercher des informations
complémentaires sur le sujet qu’il est en train de vivre mais on peut également
perdre son attention s’il passe son temps sur les réseaux sociaux ou toute autre
application au lieu d’être attentif à ce qu’on lui propose.
Par exemple, j’ai participé aux rencontres nationales du numérique à Poitiers, et
je ne pouvais pas physiquement être présente à chaque conférence, certaines
ayant lieu en simultané. A travers les réseaux sociaux, j’ai pu suivre la conférence
d’à côté comme si j’y étais. C’était très pratique.

Pour toi, y-a-t-il une évolution envisageable à l’événementiel 2.0 ? Fin de


l’événement hors 2.0 ? Nouvelle dynamique ?
Je pense qu’à terme, nous arriverons à une fin de l’événementiel hors 2.0 et
même dans quelques temps, à une montée en puissance des événements
virtuels, purement 2.0. Même si la base reste la même, le 2.0 apporte une
nouvelle dynamique à l’événement en termes d’échanges, de conversations
avec le public. Chaque événement est obligé de passer par le 2.0, tout d’abord,
parce qu’aujourd’hui, le public en est friand. Une frustration s’installerait s’ils ne
pouvaient pas utiliser leurs smartphones, interagir sur les réseaux sociaux, …
Pour ce qui est de l’événement virtuel à 100%, je pense qu’il est trop tôt pour le
dire puisque les gens aiment se déplacer physiquement, parler à leurs voisins.
Mais, même si je trouve ça malheureux de le dire, on y arrivera pour moi. Le
virtuel facilite la logistique, … Les grosses boîtes ne sont pas préparées pour ce
qu’elles veulent mettre en place. Elles ne sont pas prêtes techniquement à gérer
la e-réputation, à gérer la modération des posts sur les réseaux sociaux.

Le 2.0, pour ou contre, finalement ?


Je ne suis ni pour ni contre, mais je pense qu’il faut adapter les outils et leur
utilisation en fonction du type de clients, de public et d’événements.
Parfois je trouve que le budget consacré au 2.0 est considérable pour un laps
de temps très court. Une utopie du succès grâce aux outils 2.0 se crée pour
rien. Certaines entreprises se lancent alors que ce n’est pas toujours utile pour
l’événement ou qu’elles ne sont pas préparées.

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5.2.2. L’événement numérique utile mais il dépend du secteur d’activité

Propos de Clara ANGE, assistante chef de projet à l’agence de communication


Blue Com, Poitiers

Combien d’événements sont organisés par an au sein de votre organisation ?


D’où vient le succès d’un événement pour vous aujourd’hui ?
Cette année quatre événements ont été organisés par mon agence de
communication. Un succès pour chacun. Selon moi, le succès d’un événement
est principalement dû à l’anticipation des perturbations possibles. Si vous avez
déjà réfléchi à ce qui peut perturber votre événement, vous saurez gérer au
mieux la situation et arriver au succès.

On parle de plus en plus de l’essor d’un « événementiel 2.0 », votre entreprise


l’utilise-t-elle ? De quelle façon ?
Non, mon agence n’a pas choisi de prendre le virage numérique. C’est un choix
personnel, pas d’attrait pour cette facette de la communication et au final
choisir le numérique ne les aurait pas différenciés de la concurrence qui s’aligne
sur cette nouvelle ère.

Pouvez-vous nous dire qu’est-ce qu’un événement 2.0 ?


Là où vous trouverez du digital, vous serez dans un événement 2.0. Et il ne faut
pas chercher loin... Ça commence tout simplement avec un relais sur les réseaux
sociaux (mise en place d’une page Facebook, d’un hashtag Twitter, d’un
compte Instagram etc.). La digitalisation d’un événement demande beaucoup
de temps et une certaine connaissance des nouvelles technologies. Aujourd’hui,
il est simple de créer une application mais encore faut-il qu’elle soit pertinente
et qu’elle soit une réelle plus-value à votre événement. Un événement 2.0 c’est
tout simplement un événement connecté. Les participants rentrent dans une
véritable communauté via le digital.

Savez-vous ce qui a poussé votre organisation à utiliser le web pour ses


événements ?
Aujourd’hui, le référencement sur internet est essentiel pour tout le monde. Plus
personne ne cherche de réponses et d’informations dans un dictionnaire ou un
annuaire ... Et si vous voulez être vus, il faut être sur le web. Concernant mon
agence, site web, Twitter et page Facebook sont les seuls outils numériques
utilisés mais pas à haute fréquence.

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5.2.3. Adapter l’outil au public et à l’événement sinon il n’aura pas le succès
attendu

Propos de Flora DAVY, Community manager et chef de projet dans une agence
spécialisée dans la couverture numérique d’événements (Ondine), Paris

Dans votre organisation, combien d’événements organisez-vous par an ? D’où


vient le succès d’un événement pour vous aujourd’hui ?
Au sein de l’agence Ondine, nous n’organisons pas d’événements. Nous sommes
appelés pour assurer la couverture numérique d’événements que d’autres
organisent. Il y a des périodes plus riches en événements dans l’année : la
période de septembre-octobre et la période janvier-février sont particulièrement
intenses. En revanche la période estivale est plus calme.
Le succès d’un événement dépend de nombreux facteurs mais la communication
dessus joue beaucoup puisque si l’événement n’est pas connu, les personnes ne
s’y déplaceront pas. Autre point important que personne ne peut maîtriser : la
météo.

On parle de plus en plus de l’essor d’un « événementiel 2.0 », l’utilisez-vous ? De


quelle façon ?
Au sein de l’agence nous proposons la couverture live d’un événement. L’idée
c’est de proposer un dispositif numérique adapté à chaque événement afin de
pouvoir le valoriser plus tard et faire durer le temps événementiel. Aujourd’hui,
de plus en plus d’événements pensent « numérique », que ce soit par la mise
en place d’un hashtag dédié, un tweet wall ou la création d’un événement
Facebook. Certains événements vont encore plus loin et choisissent une vraie
présence en ligne, qui complète le dispositif physique.

Pouvez-vous nous dire qu’est-ce qu’un événement 2.0 pour vous ?


Pour moi un événement 2.0 c’est un événement qui sait utiliser les avantages du
numérique afin de proposer une expérience plus riche aux participants.

Quels types d’outils utilisez-vous généralement ?


Nous proposons la mise en place de tweet wall, la réalisation d’interviews audio
via Soundcloud, la réalisation de comptes rendus numériques via Sumrise, la
réalisation de magazine numérique via ReadyMag. Pour faire de la veille, nous
utilisons Mention. En général, nous utilisons des outils simples d’utilisation et faciles
à s’approprier.

Pourquoi avoir privilégié ceux-là et pas d’autres ? Les outils sont-ils adaptés en
fonction de l’événement ?
Nous proposons un dispositif adapté à chaque événement en fonction du public
cible, du budget aussi. L’idée étant de proposer une solution utile pour valoriser
l’événement et ne pas proposer des outils qui ne seront pas utilisés.

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Quels sont les atouts de l’utilisation du web 2.0 pour la réussite d’un événement ?
Il permet d’étendre les frontières de l’événement en permettant à un plus grand
nombre de personnes de vivre soit en direct soit en différé les principaux temps
forts. De plus, tout ce dispositif est un atout pour valoriser l’événement auprès de
partenaires. Le numérique permet aussi de garder une trace.

À l’inverse, avez-vous fait l’expérience d’un événement 2.0 qui n’a pas fonctionné ?
Si oui, avez-vous pu en identifier les causes ?
Je n’ai pas d’exemples en tête, mais il doit parfois arriver que le dispositif ne
« prenne pas ». Typiquement, si le public visé n’est pas éduqué aux médias
sociaux, le résultat peut être décevant.

Pour vous, y’a-t-il une évolution envisageable à l’événementiel 2.0 ? (Fin de


l’événement hors 2.0, nouvelle dynamique, un événement 3D, etc.)
Il est vrai que l’événementiel complètement hors du numérique semble
aujourd’hui très minoritaire. Même s’ils sont de plus en plus rares, certains publics
ne sont pas éduqués au numérique et ne l’utiliseront pas. En revanche, on peut
imaginer le futur de l’événementiel 2.0 où chacun pourrait suivre de nombreuses
conférences de chez soi, en temps réel ou bien des dispositifs de 3D, mais cela
reste abstrait.

5.3. Témoignages de consommateurs

5.3.1. Le bracelet de paiement : un bénéfice discuté

Tu as participé aux Festival des Vieilles Charrues l’été dernier, qu’as-tu pensé du
système de bracelet de paiement Monez mis en place ? Peux-tu nous expliquer
comment ça fonctionnait ?

Témoignage de Quentin, 19 ans, étudiant en BTS Management des Unités


Commerciales

Il y avait un énorme stand dans les Vieilles Charrues avec écrit « Monez ». Il y
avait deux files : une pour ceux qui chargeaient leur bracelet en espèce et une
autre pour ceux qui le chargeaient avec leur carte bancaire. On devait choisir
le montant à mettre sur le bracelet.
C’est pratique, tu commandes ta consommation au bar, ils arrivent avec un
smartphone ou une sorte de boîtier, ils scannent ton bracelet, ça débite l’argent
automatiquement et ils te filent ta consommation. C’est bien, parce que c’est
rapide : le bénévole n’a pas besoin d’aller te chercher de la monnaie et je pense
qu’il y a moins de vols et d’erreurs de caisse.

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Témoignage d’Antoine, 22 ans, étudiant infirmier.

Dans l’idée c’est cool et sécurisé, mais ça ne me plait pas. J’ai la culture de
l’argent liquide, et puis ça pousse clairement à la consommation car tu ne te
rends pas compte de l’argent que tu dépenses. Et ce qui était censé raccourcir
les files d’attente a eu l’effet inverse du fait du manque d’expérience des
bénévoles avec cette «nouvelle technologie». Et il y avait aussi un manque de
terminaux par rapport à la demande.

5.3.2. Sur Facebook, les personnes sont noyées par les publications

Témoignage d’Estelle, 22 ans, étudiante et apprentie en Marketing, Niort,


participante à un Challenge étudiant intégrant le web réalisé par le Crédit
Agricole

Comment définiriez-vous, avec vos propres mots, un événement 2.0 ?


Pour moi, un événement 2.0 est un événement basé sur internet et les réseaux
sociaux. De nos jours, les réseaux sociaux ont de plus en plus d’importance dans la
vie des consommateurs et c’est un moyen important, voire crucial, pour pouvoir
toucher la plus grande cible possible. Donc ça me parait pertinent de l’utiliser
pour l’organisation d’événement. Cela permet d’avoir un impact plus important
au niveau de la communication, voire même de faire le buzz !

En deux mots, quelle différence avec un événement qui n’est pas défini comme
2.0 ?
Tout simplement l’utilisation d’internet non pas juste pour l’organisation de
l’événement mais vraiment dans le déroulement de l’événement.

A quel événement avez-vous participé avec intégration du 2.0 ? Racontez-nous.


L’an dernier, j’ai participé à un challenge étudiant pour une banque française.
L’objectif était de présenter un concept « d’application mobile de demain à
destination des jeunes » et l’idée gagnante aurait ensuite été appliquée. Ce
challenge proposait deux grands prix : le prix jury (présentation de notre idée
devant des professionnels) mais aussi un prix Facebook. Pour ce dernier, l’objectif
était de réaliser une vidéo de présentation de notre concept et de la partager
avec le plus grand nombre pour récolter le plus de « like » possible. Le groupe
ayant eu le plus grand nombre de « like » recevait un prix.
Le prix jury ne se déroulait que sur une après-midi alors que pour le prix Facebook,
nous avons eu un mois pour partager le plus possible notre vidéo. C’était vraiment
un travail sur la durée. Tous les jours nous communiquions le plus possible sur notre
idée pour la faire adhérer au plus grand nombre. Tout ce travail n’a pas été
inutile car mon groupe a au final gagné le prix Facebook.

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Qu’en avez-vous pensé ? Quelques adjectifs clés ? Points positifs (apports,..) ? Et
négatifs ?
Même si la plupart des personnes ont accès à Facebook de nos jours, nous avons
dû faire face à un certain nombre de difficultés. Nous avons remarqué que les
personnes étaient noyées avec toutes les publications et de ce fait, ne voyaient
pas forcément nos nombreux appels à voter pour notre vidéo. Les derniers jours,
nous étions au coude à coude avec un autre groupe et du coup, nous passions
toutes nos soirées à essayer de récolter de nouveaux votes ! C’est là qu’on se
rend compte que le métier de community manager ne doit vraiment pas être
une partie de plaisir… Mais d’un autre côté, ce challenge était très enrichissant,
c’est agréable de s’impliquer totalement dans un projet plus professionnel que
ce que nous faisons habituellement en cours, avec un vrai objectif à la clé, la
mise en place de notre idée pour les clients de cette banque.

Face aux mutations technologiques, comment envisagez-vous l’événement de


demain ?
De plus en plus, les événements sont présents sur les réseaux sociaux, avec la
publication de photos, les hashtags et autres tweets. Je pense que c’est très
intéressant pour les entreprises car cela permet dans un certain sens de calculer
plus facilement les retombées médiatiques d’un événement. Après j’ai vu qu’il
existait un nouveau site internet qui à mon avis pourrait être de plus en plus utilisé
pour les futurs événements : “Livestream”, qui permettrait de vivre en direct un
événement de chez soi avec une retransmission en direct via internet. Mais pour
le reste, je ne sais pas trop. Je ne m’y connais pas vraiment en événementiel.
Après, avec l’émergence des objets connectés et de “l’Internet Of Things”, peut-
être pourrait-il y avoir de nouvelles opportunités de ce côté-là… J’ai lu un article
qui présentait une salle aux murs connectés pour l’organisation d’événements à
Paris. Ce serait peut-être le futur des événements 2.0.

5.3.3. Revivre l’événement après sa fin

Témoignage de Quentin, 22 ans, Apprenti ingénieur en informatique (Entreprise :


Labinal Power Systems)

Comment définiriez-vous, avec vos propres mots, un événement 2.0 ?


Tout comme le web, on nomme les différentes vagues d’innovations au niveau
évènementiel avec des versions (web 1.0 pour le web statique, 2.0 pour l’apport
de dynamisme des pages, et même 3.0 avec le web des objets). Ainsi, pour
moi, un événement 2.0 est l’utilisation des technologies web pour promouvoir
et organiser un événement. Lorsque j’évoque des technologies web, je fais bien
entendu référence aux réseaux sociaux et autres plateformes d’échanges sur
internet. Une autre rupture découlant des événements 2.0 est le cycle de vie
de ce dernier. En effet, ce type d’événements possède un cycle de vie plus
long. Ainsi, un événement « 1.0 » n’est en vie qu’avant ce dernier, lors de la
campagne de communication, et pendant ce dernier. Un événement 2.0, lui,
continue à vivre après qu’il se soit déroulé. Cela permet par exemple un partage
de souvenirs et d’expériences.
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A quel événement intégrant le 2.0 avez-vous participé ? Racontez-nous.
J’ai participé à un événement 2.0 à plusieurs reprises, notamment lors de concerts,
festivals ou plus anecdotiquement lors de soirées entre amis. Je vais donc établir
un résumé des points communs à tous ces évènements. Pour commencer, on
peut noter l’utilisation des médias sociaux tels que Facebook pour la promotion
de l’événement, la mise à jour des communications autour de l’événement
(Artistes présents lors d’un concert par exemple). Ensuite, en fonction de la taille
de l’événement, les informations recueillies via « la participation » ou non sur
l’événement peuvent être utilisées pour quantifier les ressources nécessaires (dans
le cas d’une soirée entre amis). Enfin, suite à cet événement, il peut encore être
vivant pendant bien longtemps avec le partage d’anecdotes sur les réseaux
sociaux, de photos et autres médias permettant de se remémorer et de revivre
en quelque sorte ce dernier. Cet après événement est à double tranchant, dans
le sens où il peut très bien y avoir des retours positifs, des anecdotes rigolotes
etc… mais aussi des critiques qui peuvent jouer en la défaveur de l’organisateur.

Qu’en avez-vous pensé ? Quelques adjectifs clés ? Points positifs (apports,..) ? Et


négatifs ?
Etant un membre de la génération que l’on ne sait plus comment dénommer
(X, Y, Z…), qui est née avec le web et qui a grandi avec les réseaux sociaux, je
ne peux qu’encourager ce genre d’évènements. Comme j’ai pu le souligner
plusieurs fois dans les questions précédentes, un point positif est de pouvoir
revivre l’événement après sa fin via les réseaux sociaux.
Je ne vois pas de points négatifs à cela. Mis à part le point que j’ai pu lever lors
de la question précédente concernant les critiques.

Face aux mutations technologiques, comment envisagez-vous l’événement de


demain ?
Comme j’ai pu le dire lors de la première question, le web est une fois de plus en
train de changer fondamentalement avec l’avènement des objets connectés.
Je pense que l’événement de demain saura intégrer ces objets connectés pour
changer notre manière d’aborder l’événementiel. N’étant pas un spécialiste
de secteur, je n’ai aucune notion pour prédire les changements qui auront lieu
dans les années à venir. Cependant, étant donné que l’événementiel suit les
évolutions du web, je pense qu’il va se lancer dans les objets connectés.

5.3.4. La Paris Games Week : un événement 100% numérique

Témoignage de Djessym, 23 ans étudiant en BTS Informatique

As-tu participé à un événement 2.0 ?


Oui, j’ai fait la “Paris Games week” il y a deux ans. Il y avait énormément de
stands qui font quasiment tous des concours où il fallait “tester” des jeux et des
machines. Il y avait aussi la possibilité de défier les meilleurs joueurs mondiaux
pour certains types de jeux. Quelques gros stands comme Sony proposaient de

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tester leur prototype de console (le casque “morpheus”) mais il fallait s’inscrire un
ou deux mois à l’avance ; c’était mon cas.
Le réseau social le plus utilisé était Twitter. Il y avait des écrans géants avec tout
les tweets des visiteurs qui utilisaient le hashtag de la Paris Games Week exposé
un peu partout. D’ailleurs dès notre entrée dans les lieux une banderole affichait
#PGW. Twitter était utile pour la compétition Just dance organisée puisque
lorsque des candidats étaient à ex aequo c’était le public sur twitter qui les
départageait.
Il y avait également beaucoup d’exposants, comme des écoles de
développement de jeux ou des petits studios qui nous invitaient à les soutenir sur
leur site internet. Ensuite il y avait les futurs jeux présentés et à essayer ainsi que
beaucoup d’ordinateurs, de consoles, mis à disposition pour tester les jeux déjà
existants.
Il y avait un espace où l’on pouvait prendre des selfies avec des personnalités
connues dans le monde du streaming et du jeu vidéo. Personnellement je n’en
connaissais aucune donc je n’en ai pas fait.
Il y avait un événement un peu atypique au stand Pokémon. Ils offraient un
Pokemon uniquement si l’on ramenait une 3DS, une initiative qui a été très
appréciée par le public, il y avait toujours du monde.

Il y avait plusieurs activités, auxquelles as-tu participé ?


J’ai participé à beaucoup d’activités proposées par les studios, ça serait difficile
de les lister tellement il y en avait. J’avais aussi la possibilité de regarder des
événements devant une scène, il y avait une activité d’un studio indépendant
qui nous “scannait” à 360° pour nous intégrer à des jeux comme Fifa, GTA. C’était
très impressionnant. J’ai même fait un essai sur un bras articulé avec un casque
et une manette et le bras bougeait en fonction des cascades du jeu, c’était
“Stracmania”. Là encore j’ai fait beaucoup d’essais avec les casques de réalité
augmentée ; c’est la tendance du moment au niveau du jeu.
J’ai participé à quasiment tous les jeux concours. Il fallait faire un essai sur les
stands et “liker” la page Facebook et on pouvait être tiré au sort pour gagner
des cadeaux. Les organisateurs donnaient un papier pour écrire notre nom sous
forme de tombola.

Y a-t-il des points positifs à souligner ?


Je dirais que la masse d’activités et d’interactions possibles avec le numérique
rend le salon incroyablement intéressant. Par contre je pense qu’une personne
lambda qui n’utilise pas Twitter et Facebook se sentirait perdue dans cet univers
et il ne pourrait pas profiter de toute les activités proposées. Je pense que c’est
nécessaire pour ce type d’événements mais en même temps ça cible beaucoup
les personnes. Il n’y avait presque que des jeunes. Je pense qu’ici le numérique
est un frein pour les personnes qui ne l’utilisent pas, comme les personnes plus
âgées ou simplement les outsiders. Les plus âgés devaient avoir 40 ans maximum.

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Il y avait des gros écrans vraiment partout, c’était un événement purement
numérique. Il y en avait un avec des tweets de gens en direct et on pouvait voir
quels intervenants étaient à quel stand et aussi quels événement se produisaient
à quel moment.

Est-ce que le numérique est nécessaire pour un événement ?


Oui c’est primordial. Déjà pour faire la promotion d’un événement, il faut
obligatoirement avoir recours au numérique, ça booste. Ça permet à
l’événement d’être visible par une majorité de personnes. Par exemple, pour un
événement comme la « Paris Games Week », en plus des activités internes, utiliser
le numérique attire plus de monde.
Autre exemple de l’efficacité du numérique : il y avait le « Big salon du chocolat »
à côté. C’était un événement important et pourtant je savais pas du tout que
ça se déroulait au même moment. Je pense aussi que la moyenne d’âge était
plus élevée. Mais une chose est sûre c’est que je ne pense pas être le seul à ne
pas avoir pris connaissance d’un événement de ce type.

Penses-tu à une évolution de l’événementiel 2.0 ?


Au vu de la progression et étant donné tous les avantages qu’il y a par rapport
aux inconvénients, je pense qu’il y aura beaucoup d’évènements 2.0 à venir.
Sachant que nous sommes la génération qui arrive et que les 35-40 utilisent
de plus en plus le numérique, il y a de grandes chances que ça évolue. Les
générations utilisent de plus en plus les objets connectés, je ne vois pas comment
nous pouvons ne pas aller dans ce sens.

Témoignage d’Alexandre, 22 ans, étudiant en droit, participant à la “Paris


Games Week”
Évidemment, la « Paris Games Week » est assez connectée ! J’ai vu certains
stands de restauration cette année où l’on pouvait payer par smartphone
mais je n’aime pas ce principe donc je n’y ai pas prêté attention. Sinon tous
les stands font des événements liés à Twitter. Pour tout et n’importe quoi,
toute la journée. Envoyer des selfies, des avis, participer à des sondages,
des concours ou même montrer sa tête sur un écran géant devant
4 000 personnes. En vrai c’est sympa, ça permet d’individualiser la masse
humaine ! Ce qui est marrant c’est que d’habitude, c’est sur internet qu’on
se fond dans la masse, mais là c’est l’inverse. Le tout en faisant une grosse
pub pour l’exposant !
Des applications pour les stands il devait y en avoir mais je n’ai pas trop fait
attention ! Enfin, il y avait un problème majeur, à cause d’une foule trop
connectée : Le réseau était localement saturé ! Du coup je crois qu’ils ont
installé un relais Bouygues juste pour l’événement !
Une anecdote : Il y avait aussi des QRcodes affichés dans les toilettes qui
t’envoyaient sur des sites de rencontres entre “geek”.
5.3.5. Utiliser des applications spécifiques pour le fun

Témoignage de Marie Lecouturier - 24 ans - Conseillère en insertion professionnelle


pour les 18-25 ans, à Tourcoing

Comment définiriez-vous, avec vos propres mots, un événement 2.0 ?


Pour moi, un événement 2.0, c’est un événement qui est tracé par les réseaux
sociaux où les gens peuvent interagir en direct sur ce qui se passe. Il peut être
sportif, culturel, divertissement ...

En deux mots, quelle différence avec un événement qui n’est pas défini comme
2.0 ?
Aucun objet connecté – pas d’interactions sur les réseaux sociaux ou sur internet

Lors de quel événement avez-vous participé à l’intégration du 2.0 ? Racontez-


nous.
L’événement auquel j’ai participé en tant que spectatrice et non coureuse est
l’Ironman de Nice, compétition internationale de triathlon très longue distance
(3,8 km de natation, 180 km à vélo et 42,195 km en course à pied) regroupant 2
800 athlètes internationaux venus des quatre coins du monde. En juin 2015, ma
sœur, mon beau-frère et toute leur équipe ont fait la course.
Pendant la course, sur internet, grâce à une plateforme créée pour l’événement,
j’ai suivi la course en direct via le live coverage. J’ai également utilisé l’outil
athlete tracker afin de suivre ma sœur et son équipe (temps, position dans le
peloton, etc.). Pour ce faire, j’ai rentré les dossards de chaque participant,
l’outil m’ouvrait ensuite une fenêtre personnalisée pour chacun des coureurs
sélectionnés en direct.

Qu’en avez-vous pensé ? quelques adjectifs clés ? Points Positifs (apports) ? Et


négatifs ?
J’ai organisé ma journée de supportrice (lieux, moment) en fonction de cet outil,
qu’honnêtement j’utilisais en continu. Ainsi, j’ai pu voir que personne n’avait
abandonné la course ce qui était très important pour les encouragements,
également surveiller leur baisse de régime et redoubler d’efforts pour les
encourager ! Le point négatif de l’outil sur ce genre d’événement est que
lorsqu’on ne capte pas bien, rien ne s’actualise et on ne peut plus participer, on
attend patiemment. Il reste des coins en France (surtout en montagne) où il n’y a
pas de réseau assez bon. Mais ce qui était vraiment super, c’est qu’on était dans
l’ambiance, on a pu suivre les pros et avoir les infos en direct c’était stimulant.

Si vous deviez choisir, vous en passeriez-vous ?


Je suis quelqu’un qui utilise très modérément les réseaux sociaux (sauf Facebook)
donc lors de ce genre d’événements je me prends facilement au jeu mais je
peux m’en passer. Maintenant ça rajoute du fun !

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Face aux mutations technologiques, comment envisagez-vous l’événement de
demain ?
Je ne m’y connais pas beaucoup en événementiel. Je le vois autour de moi,
ça a l’air compliqué de se passer des réseaux sociaux, au vu des gens que ça
rassemble (ce qui est top). Je pense que cela fera forcément partie du paysage
que ce soit dans un ou dix ans. Parfois, il reste quand même des outils que je ne
comprends pas donc je ne profite pas à fond des opportunités que ça pourrait
m’apporter !

5.3.6. Partager avec un public présent

Témoignage de Laurie - 23 ans - étudiante en Master 2 Publication et Édition


Numérique à l’ENSSIB à Lyon

Comment définirais-tu, un événement 2.0 ?


Je dirai que c’est un évènement qui peut se suivre via internet, donc retransmis
en ligne (en direct ou en différé). Ça peut aussi être un évènement qui propose
des « bonus », une plus-value, sur leur site, sur les réseaux sociaux ou sur une appli,
où les utilisateurs peuvent réagir et interagir en direct sur l’évènement.

Quelle différence avec un événement qui n’est pas défini comme 2.0 ?
Le fait d’avoir un lieu connecté donné, précis, où les acteurs de l’évènement
peuvent se connecter et participer de quelque manière que ce soit (même en
simple spectateur si il y a une rediffusion)

As-tu déjà participé à un événement 2.0 ?


Mon premier événement 2.0 était la Blend Web Mix. C’est un conférence web
francophone sur 2 jours, à Lyon. Certaines conférences disposaient d’un hashtag
spécifique. Le public pouvait poser des questions sur Twitter en utilisant le # et
l’intervenant (ou une personne à côté de lui) surveillait le flux de ce # pour
répondre soit au fur et à mesure, soit à la fin de la présentation. Les questions
n’étaient pas projetées, on devait aller sur Twitter via notre Smartphone.

Est-ce que des questions pouvaient être posées directement ?


Oui, mais comme on était dans un amphi, ce n’était pas simple pour ceux du
fond par exemple. C’était plus pratique de passer par Twitter.

Est-ce que beaucoup de personnes l’ont utilisé ?


Oui, il y avait beaucoup de questions. C’était difficile pour l’intervenant de toutes
les traiter mais il arrivait à choisir les plus pertinentes.
Mon second événement 2.0 était la Biennale du numérique. C’est un événement
organisé par l’ENSSIB, sur 2 jours. Les conférences étaient filmées et retransmises
en direct sur le site de l’ENSSIB. Les vidéos ne sont pas restées en ligne, c’était
seulement du direct en streaming. Ensuite, la biennale avait un hashtag sur lequel
le public pouvait réagir mais il n’a pas été utilisé pour les questions cette fois. Enfin,

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un pad (comme google doc) a été utilisé et retransmis sur un rétroprojecteur à
côté des intervenants, sur lequel autant les intervenants que le public pouvaient
relever des éléments clés, partager des liens d’articles ou sites web en fonction
de ce dont parlait l’intervenant. Par exemple, s’il citait une loi, quelqu’un donnait
le lien de la loi en question.

Peux-tu me parler un peut plus du pad ?


C’est une plateforme intégrée au site de l’école (ENSSIB). Un lien nous était
donné dans la présentation, au début de la Conférence pour qu’on puisse tous
y accéder. Le lien était aussi sur les livrets qu’on nous distribuait.

Est ce que les données sont conservées à leur actuelle ?


Oui c’est conservé mais pas en ligne. Seul les étudiants y ont accès. Nous avons
un projet de fin de semestre : réaliser un livre numérique de la biennale qui a eu
lieu en intégrant le pad. Ce sera un livre diffusé sur le site de l’ENSSIB. C’est un
moyen intéressant pour garder une trace de l’événement.

Quels ont été les outils utilisés ?


Les utilisateurs utilisaient leur ordinateur portable, tablette ou smartphone. Les
organisateurs ont tout fait grâce à internet : Twitter, le streaming et le pad générés
par le site de l’ENSSIB. Ce sont les informaticiens de l’ENSSIB qui ont intégré ça
dans le site. C n’est pas un lien vers Google doc ou autre. Ca fait vraiment parti
intégrante du site de l’école.

Qu’en as-tu pensé ? Pourrais-tu donner des adjectifs clés ?


Je pense que c’était utile parfois. Le pad est très ingénieux. Si quelqu’un possède
un lien utile, ça évite que les 300 personnes présentes le cherchent. Evidemment
l’adjectif « connecté » est le mieux choisi. C’est aussi plutôt adapté : étant donné
que les évènements auxquels j’ai assisté étaient spécialisés dans le web, ils ont
bien utilisé les possibilités collaboratives données par ce web pour animer les
interventions, mais aussi réunir le public sur un même lieu de diffusion et de
partage.

Pour toi, quels sont les points positifs à ce type d’événement ?


Le premier point positif est la collaboration. C’est très intéressant de partager
les savoirs, d’intervenir sur un même sujet mais ensemble. On peut « travailler », «
apprendre » ensemble grâce au numérique.
Je dirais que le deuxième est l’animation générée par l’utilisation du web. On
est toujours dans le partage, on participe à l’évènement c’est ce qui le rend
d’autant plus intéressant.
Mon troisième point positif est sur le fait que les outils soient adaptés et donc
faciles d’utilisation : ce sont des outils que les gens connaissent, Twitter pour les
twittos, un pad pour ceux qui veulent juste prendre des notes, streaming pour
ceux qui ne peuvent/veulent pas assister à l’évènement.

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Et les points négatifs ?
S’il y a trop de média on peut s’y perdre, ou bien il peut y avoir des doublons
(usages répétitifs par exemple). Et puisque les outils sont connectés à internet,
celui-ci peut détourner l’attention de l’utilisateur de l’évènement et l’attirer vers
d’autres occupations…

Comment envisages-tu l’événement de demain ?


J’imagine que les évènements vont se mettre de plus en plus à utiliser les outils du
web et donc que le web va évoluer de plus en plus… L’évènement d’aujourd’hui
réunit déjà des acteurs autant dans un même lieu physique que dans un même
lieu virtuel. Et plus que réunir les acteurs, l’évènement se « déplace » lui aussi
dans le virtuel avec le streaming.
Plus tard je pense que l’évènement peut devenir entièrement virtuel, qu’il n’aurait
plus de lieu physique… peut-être un espace sur internet un peu comme un jeu
en 3D, et un système pour « parler » aux gens, interagir. Je sais pas trop ce qui est
possible au niveau de la technique, mais je pense que plus tard les événements
utiliseront des sortes d’hologrammes, pour être présent sans l’être réellement. En
résumé, quand je pense à l’événement de demain je pense à un évènement où
on pourrait rester chez nous et le suivre comme si on y était.

En résumé…
L’événementiel 2.0 : une évidence pour un jeune public fidèle et friand du digital
Les consommateurs définissent majoritairement l’événementiel 2.0 comme un
événement lié à internet, utilisant la technologie, les objets connectés dans le
but de promouvoir l’événement qu’ils nomment «traditionnel». La majorité des
consommateurs que nous avons interviewés définissent l’événement 2.0 comme
étant et restant réel, ne pouvant être purement virtuel à leurs yeux.
Les participants partagent, échangent, marquent leur passage
Leurs émotions, leurs ressentis face à l’événement 2.0… les consommateurs
se préoccupent peu de l’aspect technique. Pour eux, ce type d’événement
tient son succès de l’interaction, du partage d’avis, de souvenirs, du suivi qui
est permis par les réseaux sociaux. Il s’agit, d’une certaine façon, de marquer la
participation à un événement. L’événement 2.0 augmente les possibilités d’un
événement «traditionnel». Il sort des frontières physiques pour toucher un plus
grand nombre. Il devient plus grand.
L’événementiel 2.0 n’a pas atteint son apogée
Cette jeune génération d’usagers n’est pourtant pas dupe. Elle qualifie l’aspect
promotionnel et commercial comme étant le facteur clé de l’intégration du
2.0 dans l’événementiel. Le numérique accroît la visibilité de l’événement, lui
garantit un cycle de vie plus long, étend son périmètre d’actions grâce au web
(concours, échanges,…). Tous les interrogés considèrent que l’événementiel
2.0 fera face une évolution certaine du fait du progrès technologique et des

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attentes grandissantes des usagers. L’intégration du 2.0 dans l’événementiel est
et restera une évidence.
Le 2.0 dans l’événementiel : un outil obligatoire à manier avec précaution
Que ce soit les professionnels d’entreprises ou d’agences, tous s’accordent pour
admettre que le web permet de s’adapter à différentes cibles, de les fidéliser ou
d’en capter de nouvelles. Ce média offre pléthore de possibilités décrites par les
professionnels en ces termes : « permettre l’interactivité », « garder une trace »,
« étendre les frontières », « valoriser l’événement », « apporter du dynamisme », «
suivre les tendances à un coût abordable ».
Connexion, interaction, viralité
Interactif : un qualificatif régulièrement utilisé par les professionnels pour définir
l’événementiel 2.0. Les organisations ne peuvent et ne doivent pas sous-estimer
le fait que les consommateurs souhaitent pleinement prendre part à l’événement
et en être acteurs. L’événement 2.0 le permet. A l’unanimité, une entreprise ou
une agence qui n’utilise pas le numérique à l’heure actuelle est une entreprise
qui se prive d’un public qui se trouve majoritairement sur ce support.
L’équilibre : clé du succès
Cependant, à travers leur expérience, les professionnels nous alarment sur un
point. Il faut être vigilant afin d’utiliser les bons outils qui s’adaptent à la cible
visée. Parfois, de lourds budgets sont consacrés à des outils ou des cibles qui ne
correspondent pas. La participation est alors minime et le succès n’est pas au
rendez-vous. Il faut donc trouver un juste équilibre. En règle générale, on peut
s’apercevoir que ce sont les réseaux sociaux qui restent les plus utilisés car ils sont
plus les connus, utilisés et maîtrisés par les participants.
Les visions divergent quant à l’évolution de l’événementiel 2.0
Si les entreprises utilisent régulièrement le numérique, pour autant les professionnels
ne croient pas à une évolution vers des événements 100% numériques. En effet, si
tous les événements deviennent connectés et dématérialisés, ils pensent qu’un
phénomène de lassitude va apparaître. Pour eux, le 2.0 peut réellement booster
la réussite d’un événement et amener une réelle plus value mais l’événement
«classique» ne pourra jamais être remplacé. Au contraire, en agences, un
événementiel entièrement 2.0 ne surprendrait pas les professionnels et semblerait
être la suite logique pour demain.

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CONCLUSION

Ce livre blanc propose une analyse à un moment donné, début 2016. Sans doute
les pratiques et les discours vont ils évoluer dans les deux ans à venir.

Aujourd’hui, la définition qui nous semble la plus juste de la nature de


l’événementiel 2.0 est la suivante : démarche de communication consistant
à rassembler virtuellement un public via une plateforme disponible sur Internet
(évènementiel virtuel) ou à enrichir un événement physique par l’usage en
parallèle d’outils proposés par le web 2.0 (événement phygital), l’une et l’autre
modalité visant à mieux diffuser et valoriser l’événement et l’organisation qui en
est à l’origine.

Lequel de l’événement « virtuel » ou de l’événement « phygital » s’imposera dans


les années prochaines ? Les avis divergent. Pour Emmanuelle Boulan, directrice
de clientèle chez Le Groupe La Poste, « un phénomène de lassitude va s’installer
si l’événement devient complètement numérique et dématérialisé. Aujourd’hui,
on n’est pas assez loin pour s’en rendre compte, mais les gens ont besoin
d’échanger sur des idées, des opinions, de rencontrer d’autres participants.
L’humain avant tout. » A l’opposé, Ophélie Maillard, chef de projet web pour
l’agence de communication MBA, pense « qu’à terme, nous arriverons à une
fin de l’événementiel hors 2.0 et même dans quelques temps, à une montée en
puissance des événements virtuels, purement 2.0.»

Une évidence toutefois : la nécessité d’une réflexion stratégique pour ne pas


simplement s’éblouir au miroir du 2.0. Ce que confirme Ophélie Maillard : « Une
utopie du succès grâce aux outils 2.0 se crée pour rien, certaines entreprises se
lancent alors que ce n’est pas toujours utile pour l’événement ou qu’elles ne sont
pas préparées. »

Si ce livre blanc a pu contribuer à votre réflexion sur ce sujet, toute l’équipe


rédactionnelle en est heureuse.

Nous vous invitons à partager vos propres idées et analyses sur le sujet en publiant
vos commentaires sur le blog : http://blogs.univ-poitiers.fr/c-marcon/  

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WEBOGRAPHIE

Youtube.com - “Event Marketing 2.0 Cvent”, mis en ligne le 20 décembre 2013.


URL : https://www.youtube.com/watch?v=dfLPIR9ItKo

Geeksandcom - “Planifier son évènement en mode 2.0 pour maximiser ses


résultats”, mis en ligne le 24 octobre 2012. URL : http://www.geeksandcom.
com/2012/10/24/planifier-son-evenement-en-mode-2-0-pour-maximiser-ses-
resultats

Guide-influence.com - “Mes trucs pour réussir un événement 2.0”, publié


en septembre 2011. URL : http://www.guide-influence.com/wp-content/
uploads/2011/08/réussir-un-évenement-2.0.pdf

Geeksandcom - “Planifier son évènement en mode 2.0 pour maximiser ses


résultats”, mis en ligne le 24 octobre 2012. URL : http://www.geeksandcom.
com/2012/10/24/planifier-son-evenement-en-mode-2-0-pour-maximiser-ses-
resultats

Cvent.com - “Event Marketing 2.0 How to boost attendance through social


media”. URL : http://www.cvent.com/en/pdf/social-media-event-marketing-
ebook.pdf

Anthonybabkine.com - “L’événement connecté, comment créer un second


public lors de vos événements ?”, mis en ligne le 15 octobre 2012. URL : http://
www.anthonybabkine.com/2012/10/levenement-connecte-comment-creer-
un-second-public-lors-de-vos-evenements/

BIBLIOGRAPHIE

Lee, W., Paris, C., & Seery, P. (2010). The Role of Social Media in Promoting Special
Events : Acceptance of Facebook “Events». In Gretzel, U., Law, R. & Fuchs,
M.(Ed.), Information and Communication Technologies in Tourism 2010 (pp. 531-
541). Vienne: Springer-Verlag .

Spiess, S., Staudt, A., & Dennis, F. (2010). Social Media : How To Get The Most Out
Of Twitter To Make Your Event A Success.

Becker H., Naaman M., Gravano L. (2011). Selecting Quality Twitter Content for
Events. Association for the Advancement of Artificial Intelligence (www.aaai.
org).

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LIVRE BLANC

LA COMMUNICATION
ÉVÉNEMENTIELLE 2.0
Ouvrage collectif sous la direction de

Christian Marcon

Élaboré par les étudiants de Master II


Stratégie et Management de la Communication
IAE de Poitiers - Promotion 2015 - 2016

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