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La politique culturelle de l’Union européenne

LIVIU-PETRU ZAPARTAN

L’intérêt pour l’identité culturelle européenne a été constant les


dernières décennies, exprimé en formules théoriques diverses mais orientées
vers deux thèmes de réflexion complémentaires : la première cherchait les
composantes d’une spiritualité construite avec des éléments qui, dans une
certaine configuration, lui confèrent la spécificité et la deuxième qui
cherchait à établir les différences envers d’autre culture, dans un rapport
d’échanges culturels mais aussi d’exclusion, qui revêtait parfois la forme
d’un mépris, d’un jugement négatif pour exclure les « porteurs d’une culture
mineure » de la vie sociale et politique.1
Au de - la de ces débats, l’esprit européen s’est toujours distingué par
une ouverture vers d’autres cultures, par un effort constant de les
comprendre, de dialoguer avec elles, en assimilant les valeurs qui pouvaient
l’enrichir et en offrant en même temps les valeurs culturelles propres, ce
qu’a déterminé Paul Valéry à constater que ce qui est définissable pour la
culture européenne ne sont pas les valeurs en elles – mêmes, les mêmes dans
toutes les cultures, mais leur « arrangement » qui offre la capacité du
dialogue, de l’absorption et de diffusion des valeurs culturelles.
A la longue du temps les élaborés spirituels ont ajouté des nouvelles
déterminations au spécifique culturel européen, y compris politiques et
sociale, pour qu’au nom de l’unité axiologique soit mis en place des
institutions européennes, exprimant cette unité.
Suite à ces projets, aujourd’hui nous avons l’Union Européenne,
fondée sur les valeurs communes et matérialisation de l’esprit européen dans
ces institutions et ces politiques communes, qui donnent consistance au
rapprochement des peuples et des nations européennes. A ce sens ont été
obtenus des résultats historiques significatifs dans la direction de la
prospérité économique, de la paix et de la sécurité des citoyens européens,
de la construction d’une union économique et monétaire, d’un espace ou ont
respecte les droits de l’homme et même d’une identité européenne sur le
plan des relations internationales.2

1
Voir a ce sens : Culture européenne : identité et diversité, Actes du Colloque du Conseil de l’Europe,
Strasbourg, 8-9 sept. 2005, Musée d’Art Moderne et Contemporaine, spécialement les intervention de John
Tomlinson, M. Shvydco
2
Les valeurs et les objectifs de l’Union sont définies par les Traités. voir :Union Européenne, Recueil des
Traités, Tom I, vol I., OPOCE, Luxembourg ; 1999, pp. 81 – 83, 213 - 220

1
Le rapprochement des peuples européens a déterminé certains
penseurs à croire qu’il est en train de se construire une société civile
européenne, un creuset de l’intégration des gens dans une communauté d’un
type nouveau, même si ses traits sont encore imprécis. Par reflex, ont apparu
les effrois identitaires, l’idée de certains théoriciens que ce rapprochement
de plus en plus étroit, avec un pouvoir intégrateur, va conduire à la perte du
spécifique culturels des diverses communautés.3
La culture devient le terrain des disputes des plus en plus ample pour
expliquer le rapport entre une identité européenne et les identités
particulières qui la composent et par lesquelles s’affirme.
L’identité européenne pose le problème de la culture comme une
modalité d’assurer la cohérence d’une société, comme « instrument »
essentiel d’attribution des sens et comme vecteur de la compréhension,
comme facteur du développement individuel et collectif, comme sublimât
des valeurs sociales, devenant une identité complexe, à laquelle il faut
chercher la modalité de formation, la structure des valeurs et les manières de
se combiner, les conditions nécessaires pour être soutenue, pour qu’elle ne
se désintègre, les facteurs menaçants pour la culture européenne.
Une identité complexe signifie un fondement commun de valeurs sur
lesquelles se structurent les diverses cultures particulières mais qui, à leur
tour, veulent exprimer leur endurance et leur capacité expressive, en
transformant l’idée de complexité dans celle de pluralité.
Et, à juste titre, on peut se demander, que signifie identité plurale
parce que le syntagme envoie à une « contradictio in terminis ».4
Il faut gérer la diversité ensemble avec la cohésion sociale dans ce qui
est de plus en plus cohérent une politique bien distinguée de l’UE dans le
domaine de la culture.
Au-delà des aspects théoriques, fortement chargés d’un esprit
philosophique qui sont mis en lumière par ce sujet, s’affirment des
demandes de la vie réelle des européens pour cultiver les langues, les
traditions, les religions, les coutumes, les rapports locaux toujours
spécifiques entre la qualité de la vie et celle de l’environnement dans lequel
vivent les communautés, ce que suppose la mobilisation des ressources
matérielles, financières, d’une infrastructure de l’enseignement.
Se pose le problème de l’éducation dans l’esprit de la citoyenneté
démocratique européenne, de l’apprentissage interculturel, de la croissance
de la confiance sociale.
3
Robert Picht, Politici culturale européenne dupa Maastricht, in vol. Paul M. Lùtzeler, Europa dupa
Maastricht, Ed. Institutului European ; Iasi ; 2004
4
Lynne Chrisholm, Rapport au colloque du Conseil de l’Europe, cit. supra ; pp. 54 - 59

2
L’identité européenne est construite sur plusieurs critères. C’est
d’abord la dimension géographique du continent qui a une précise
délimitation à l’Ouest et au Nord, une moine détermination au Sud et une
très discutable limite à l’Est parce que les monts de l’Oural ne constituent
pas une frontière que purement conventionnel. On dit même que l’Europe
est une prolongation du continent asiatique qui met en cause la définition du
général de Gaulle et de M. Duverger de l’Europe de l’« l’Atlantique à
l’Oural ». La Russie est un élément d’une unité de l’Eurasie. S’avère aussi
qu’il faut trouver un autre élément d’unité qui est évidement, la culture.
Nous disons que le premier élément de l’unité du continent c’est le
sentiment vécu par les Européens de vivre ensemble, de se sentir unies par
les composantes d’une spiritualité commune, d’une même civilisation, au
nom de laquelle cultivent un ensemble de valeurs communes, sur la base
desquelles ils veulent vivre ensemble. Se confirment les paroles de Denis de
Rougement pour lequel chercher l’Europe signifie la construire.
L’idée que l’Europe este une « construction » nous oblige à préciser la
motivation qui est offerts par le spectacle de la diversité des conditions
géographique, politiques, ethniques, linguistiques, gastronomiques, des
habitudes, des coutumes, des structures sociales. Il suffit d’évoquer les 50
langues groupées en familles germaniques et neolatines, slaves, fino –
ugriques, celtiques et le grecque, les trois alphabets (grecque, latin,
cyrillique). La question de savoir quels sont les éléments qui définissent
l’unité et qui donnent l’identité de l’Europe a préoccupé la pensée
philosophique et la culturologie depuis l’Antiquité. Le professeur Ludovico
Gatto a mis en évidence le poids du problème qui a eu une solution
mythologique, comme signe de l’importance attachée à l’idée du spécifique
de la culture grecque. L’Europe est née de l’amour divin de Zeus pour une
nymphe océanide, jeune et belle. Du point de vue étymologique, le terme
sémitique signifie terre du soir ou couche le soleil, signe que l’Europe a été
assimilée à l’Occident ce qui s’explique par le fait que la Grèce a été à
l’Ouest des populations orientales.5
On ajoute le terme grec qui signifie « l’œil qui voit lointain » parce
qu’avec le temps, dans la vision sur l’occident, à la zone méditerranéenne
s’ajoute la péninsule Ibérique, la Gaulle et puis les pays du Nord.
L’explorateur Pitea de Marseille au IV e siècle a.n. e. fait, à la recherche de
l’ambre, l’itinéraire de Grèce en Gaulle puis à la Mer Baltique pour arriver
en Russie. L’idée de l’Europe gagne une consistance géographique, même si
les Iles britanniques et la Scandinavie restent inconnues.
5
Ludovico Gatto, L’idea di Europa nel Medioevo, 25 / 2 / 2000, Enciclopedia multimediale delle scienze
filosofiche, www. filosofia. rai.it. pp. 1 - 28

3
Dans l’interprétation du prof. Gatto l’héritage de l’Antiquité a crée
une base, « Koinè » de la spiritualité européenne qui servira comme
fondement du concept de l’Europe pendant les siècles à venir. Il invoque les
grandes routes construites par les romains, utilisées tout à la longue des
siècles. Au Moyen Age s’affirment les projets de reconstruire des Empires
soit par Justinien soit par les « nouveaux » européens qui lancent des
projets des sujets politiques liés aux nouvelles populations christianisées.
Charlemagne reprend le projet de Teoderique et les longobards pour édifier
l’Empire de l’Occident.
Le Christianisme apporte d’abord une unification religieuse et puis
une autre l’organisation en évêché, d’après Grégoire le Grand (590 – 604)
qui est une base unique pour unifier les populations européennes.
Charlemagne a complète cette unité dans le domaine économique et social,
civile et culturel, juridique et politique. Avec quelques écrivains du temps
comme Viduchindo de Corbie, Amalista Sassone, Eginard (l’auteur de Vita
Karoli) le terme Europe est relancé avec les expressions « dominateur de
l’Europe » « pilier » et « père de l’Europe » pour marquer l’œuvre historique
de Charlemagne, de construire et puis de garder l’Europe contre l’invasion
des arabes.6
Les préoccupations liées à la construction de l’Europe restent dans les
esprits des dirigeants politiques et des personnalités ecclésiastiques mais les
deux camps commencent à avoir des solutions différentes pour unifier
l’Europe. H. Faucillon nous dit qu’en l’an 1000 sont déjà visibles les traits
de l’Europe, de sa spiritualité parce qu il y a le projet de respublica
Christiana, quoique l’Eglise este en crise, le projet d’un Empire Saint de
nation germanique. La pensée philosophique s’attache à l’idée d’un
fédéralisme qui assure la paix, l’ordre, l’abondance, l’organisation qui
respecte les particularités des unités de population.
Pour Gatto à la fin du Moyen Age la personnalité expressive pour
l’idée de l’Europe est Dante le penseur qui imaginait une construction
politique sous la forme de l’Empire Romain avant sa division, gardant les
particularités nationales. Marsilio de Padova, Pierre Dubois, Antonio Morin,
Pius le deuxième (Silvio Piccolomini) Erasmus (prince de l’humanisme)
Emeric Crucé, le duc de Sully, l’abbé de saint Pierre ont élaboré des projets
pour construire l’Europe soit sur une base économique soit religieuse ou
politique.7

6
Ludovico Gatto, Il Medioevo giorno per giorno, Ed. Newton Comton, Roma 2006
7
Ladislau Gyémant, Preistoria constructiei europene, EFSE, Cluj – Napoca, 1999, pp. 8 - 13

4
Au niveau du XIX –e siècle le « concert européen » représente une
première tentative d’organiser la vie politique du continent.8 L’idée
fondatrice de ce projet est offerte par les synthèses sur l’esprit européen
réalisée par une pléiade de grands esprits qui souligne les composantes les
plus importantes qui viennent de l’Antiquité grecque (l’anthropocentrisme
mis en valeur par l’expression de Sophocle qu’il n’y a pas des merveilles
plus grandes que l’homme, qui doit être cultivé sous l’aspect politique et
intellectuel, constructeur de sa vie sociale et politique par le dialogue
démocratique en tant que zoon politikon, la mise en valeur de sa spiritualité
qui est l’opposée de la nature et qui s’oriente autour des valeurs éternelle du
Vrai, du Juste, du Beau, et du Bien, celui - ci étant le Bien collectif,
rationalisé et matérialisé par l’organisation de la Cité) ; vient aussi la racine
romaine qui considère la dimension sociale de l’homme, structurée par les
lois et la justice, retrouvable dans le respect de la propriété, mis à la base de
la société civile, où la distinction entre le publique et le privé est bien
clarifiée aussi que la vie interne d’une population en rapport avec une autre
population ça veut dire le besoin d’un droit international ; mais toujours avec
la détermination de la complexité de la personne humaine sous la devise
« mens sanna in corpore sanno’ ; et on a souligné la racine chrétienne de
l’esprit européenne qui se superpose sur les racines païennes et les dépasser
par l’idée que l’homme - avec tous ses attributs – aime le semblable et
ensemble aime le Dieu, croyance qui donne un sens spirituel à la vie
terrestre et fonde ainsi une morale des être égaux devant le Dieu ; l’homme
peut choisir librement les vois de sa vie mais il doit assumer la
responsabilité pour ses actes, jugés selon les règles du Bien commun.9
On peut dire que ces traits de la culture européenne ont été plusieurs
fois contestés, menacés, mis en balance dans une lutte avec les non – valeurs
avec les scissions, les fractures, les guerres, les conflits mais l’esprit
européen se révèle par cette capacité de maîtriser les contradictions, de sortir
et de se sauver des crises, au nom des valeurs authentiques.
Cet esprit s’est conserver dans les institutions ecclésiastiques, dans
l’utilisation du latin, dans le développement de la recherche spirituelle soit
sur le plan religieux soit sur le plan scientifique, dans les projets d’une
« respublica christiana » d’une république des lettres, d’une république de
l’argent, dans les réseaux de pèlerinage, des livres, des universités, dans les
croisades et l’activité des ordres religieux. Ainsi s’explique une certaine
unité de l’art, de l’architecture, de l’agriculture, des manières de juger les
8
Liviu – Petru Zapartan, Relaţiile internationale, Editura Studia, Cluj – Napoca, 2001
9
Dirk T.D. Held, Hellenism and Europe from Modernity to Post – Modernity in : Actas del v Congreso
« cultura europea” Pamplona, 28 – 31 àct. 1998; Ed: Aranzanti, 2000

5
choses en rapport avec une valeur suprême qui est la vie, particulièrement
celle de l’homme.
Toutes les fractures connues par le continent (entre les catholiques,
orthodoxes et protestants, entre le pouvoir temporel et le pouvoir éternel;
entre la croyance et l’esprit laïque, entre la science et la croyance, entre
l’individu et la collectivité, entre la démocratie et la liberté et l’oppression et
l’Etat, les guerres) théorisées dans les philosophies du déclin de l’Europe ou
de l’Occident, de sa culture considérée dans une crise, n’ont pas réussi à
disloquer cette unité spirituelle des européens.
Selon la philosophie de la construction européenne il s’agit des
politiques dans le domaine social – culturel, parce que la culture, dans son
sens large, utilisé au niveau de la construction européenne, est profondément
liée à l’éducation, à la jeunesse, à la formation professionnelle, à la
recherche, ça veut dire la civilisation, qui assure le développement de la
personnalité humaine. La politique culturelle est devenue un objectif de
l’Union avec une base juridique avec le Traité de Maastricht mais le Traité
de Rome dans son titre XII prévoyait à l’article 151 le rôle de la
Communauté dans l’épanouissement des cultures de Etats membres « dans
le respect de leur diversité nationale et régionale, tout en mettant en évidence
l’héritage culturel commun ». A ce sens « l’action de la Communauté vise à
encourager la coopération entre Etats membres et, si nécessaire, a appuyer et
compléter leur action dans les domaines suivants : l’amélioration de la
connaissance et de la diffusion de la culture et de l’histoire des peuples
européens, la conservation et la sauvegarde du patrimoine culturel
d’importance européenne, les échanges culturels non – commerciaux ; la
création artistique et littéraire, y compris dans le secteur de l’audiovisuel ».
Pour réaliser sa politique culturelle l’Union la mette en corrélation
avec d’autres politiques et se préoccupe pour mobiliser les ressources
financières nécessaires. Etant une politique de coopération le paragraphe 5
de l’article prévoit la procédure visée à l’article 251 et statuant à l’unanimité
sur proposition de la Commission, le Conseil adopte des recommandations.
Il s’agit d’utiliser la procédure de codécision et d’engager le principe
de subsidiarité pour établir les compétences des institutions de l’Union et
des Etats membres. Le noyau de cette politique et donné par le besoin de
consolider le sentiment d’appartenance des citoyens à la communauté
européenne par leur accès à la culture et, par cette voie, de soutenir le
schéma axiologique européen (les valeurs spécifiques, le patrimoine
commun, les objectifs de l’ensemble) tout en respectant les particularités
culturelles nationales, régionales et locales.

6
La politique culturelle de l’Union comporte une grande complexité. Il
s’agit, d’une coté de respecter et de garder un droit fondamental du citoyen
de cultiver son identité et donc la diversité culturelle, religieuse, linguistique
et de l’autre coté de soutenir un contenu européen de la culture pour les
deux directions, en mobilisant les ressources financières nécessaires. On
ajute l’observation que dans l’article 151 la politique culturelle contient un
volet qui s’appelle « favoriser la coopération avec les pays tiers et les
organisations internationales compétentes… en particulier avec le Conseil de
l’Europe » qui signifie l’ouverture de la politique culturelle vers le dialogue
et les échanges avec la culture universelle. L’article 3 du Traité CE,
paragraphe q, l’action de la Communauté comporte « une contribution à
une éducation et à une formation de qualité ainsi qu’à l’épanouissement des
cultures des Etats membres.
Toute une série des décisions des institutions de l’UE a complété
l’acquis communautaire en matière de politique culturelle :
Le règlement nr. 3991 – 92 de 9 dec. 1992 sur l’export des bien
culturels vers les tiers ; la directive 93-97 de 15 mars 1993 sur la restitution
des bien culturels expatrier d’une manière illicite d’un état membre, la
décision commune pour introduire le programme ARIANE pour faciliter
l’accès à la littérature communautaire, la directive 89-552 de 3 oct. 1989 sur
la télévision sans frontières, la décision 178 de 27 fevr. 2006 sur les
bibliothèques digitales.
La décision 1855/ 2006 / CE du Parlement européen et du Conseil, du
12 Déc. 2006 a établi le Programme « Culture « pour l’étape 2007 - 2013
qui a comme objectif général la mise en valeur d’un espace culturel
commun aux Européens en vu de favoriser l’émergence d’une citoyenneté
européenne, concrétisé sous trois directions :
- favoriser la mobilité transnationale des professionnelles du
secteur culturelle ;
- favoriser la circulation des ouvres d’art, des produits
culturels et artistiques au-delà des frontières nationales ;
- promouvoir le dialogue interculturel.
Au nom de ces objectifs seront soutenues les actions culturelles, les
organisations actives dans le domaine de la culture, les travaux d’analyse, la
collecte et la diffusion de l’information ainsi que l’optimisation de l’impact
des projets dans le domaine de la coopération culturelle et du développement
politique.
Le programme « Culture » succède les anciens programmes
« Raphaël », « Ariane », « Kaléidoscope » et « Culture 2000 ».

7
Il faut ajouter à ce programme un autre, qui est établi par la décision
nr. 1904 / 2006 / CE du Parlement et du Conseil qui s’appelle « l’Europe
pour les citoyens » « visant d’associer activement les citoyens au processus
d’intégration européenne dans un environnement européen qui respecte leur
diversité.
Par l’intermédiaire de ce programme les citoyens auront l’occasion
d’interagir et de participer à la construction d’une Europe unie dans sa
diversité culturelle, s’enrichissant de cette diversité, pour forger une identité
européenne, fondée sur des valeurs, une histoire et une culture commune,
pour améliorer la compréhension mutuelle européenne, en respectant et
célébrant la diversité culturelle et linguistique, en contribuant au dialogue
interculturelle.
Les objectifs spécifiques visent à rapprocher les individus des
communautés locales de toute l’Europe pour qu’ils partagent et échangent
leurs expériences, leurs opinions et leurs valeurs, tirent des enseignements
de l’histoire et s’ouvrent à la construction de l’avenir, favoriser l’action, les
débats et la réflexion en matière de citoyenneté, démocratie et société civile,
rendre l’idée de l’Europe plus tangible, encourager l’intégration équilibrée
des citoyens dans une société civile européenne. L’activisme des citoyens
passe par des échanges pratiques d’activités qui peuvent mener à une
meilleure connaissance et compréhension de la vie des régions et des
collectivités locales, stimulant le développement d’une société civile
européenne pour matérialiser la devise « Tous ensemble pour l’Europe » et
pour garder une mémoire active des européens (décision nr. 1904 / 2006 CE
dans J. O.L/ 378, 12. 2006).
Pour concrétiser les décisions, une autre décision, 1983 / 2006 du
Parlement européen et du Conseil, a proclamé pour 2008 « L’année
européenne du dialogue interculturel », en liaison avec la stratégie de
Lisbonne pour promouvoir la société européenne, l’économie de la
connaissance avec le respect et la promotion de la diversité culturelle, qui
ont besoin des personnes capables à s’adapte aux changements et de soutenir
toutes les innovations possibles. La philosophie du projet prévoit consiste à
donner aux actions nationales les impulsions communautaires pour
sensibiliser le dialogue interculturel dans tous les secteurs de la société
mains aussi pour augmenter le sentiment d’une identité européenne. S’ajoute
d’autres documents en matière: le règlement nr. 3991 – 92 de 9 dec. 1992
sur l’export des bien culturels vers les tiers ; la directive 93-97 de 15 mars
1993 sur la restitution des bien culturels expatrier d’une manière illicite d’un
état membre, la décision commune pour introduire le programme ARIANE
pour faciliter l’accès à la littérature communautaire, la directive 89-552 de 3

8
oct. 1989 sur la télévision sans frontières, la décision 178 de 27 fevr. 2006
sur les bibliothèques digitales.
Au-delà des débats philosophiques sur l’identité européenne, nécessaire
pour comprendre l’idée qu’une communauté politique a besoin d’un
ensemble de valeurs et de références communes pour soutenir sa cohérence,
pour orienter ses actions et pour affirmer une légitimité et un sens de ses
actions, les instituions européennes ont préféré une approche pragmatique
sur ce qui est la culture comme facteur de la vie quotidienne, de la
construction d’une citoyenneté européenne qui assure la cohérence de la
Communauté, de l’Union. 10
L’Eurobaromètre de l’an 2004 révèle que les citoyens européens
continuent de s’identifier avant tout à leur pays : 92%, a leur région 88%, a
leur ville 87% ; 412% se sentent uniquement « nationaux », 86% des
personnes interrogés se sentent fiers de leur pays tandis que 68% sont fiers
d’être européens.
On ajoute l’observation sur la faible participation des citoyens
européens aux élections pour leur Parlement qui pose une importante
question liée à la légitimité démocratique des institutions européennes.
Sur cette question il y a un important débat idéologique parce que se
confrontes des visions très différentes sur ce qui est le scénario qui doit être
suivi par la construction européenne. Jürgen Habermas a introduit
l’expression « patriotisme constitutionnel » pour designer une sphère
publique commune ou se réalise la participation politique basée sur une
culture politique, où une identité civique est construite sur le respect des
valeurs universelles des droits de l’homme, de l’humanisme, de l’Etat de
droit et de la démocratie. Les identités culturelles, les habitudes, les
croyances de tout type – y compris religieuses - restent dans la vie privée.
Cette philosophie est partagée par les familles politiques des républicains et
des libéraux qui veulent rassembler les deux sphères de la vie de gens.
L’identité européenne doit se fonder sur les pratiques politiques et civiques
communes représentées par les organisations de la société civile et les
institutions européennes, les citoyens ayant des pratiques culturelles
différentes. L’espace de l’Union s’établit par les règles négociées,
spécialement dans le domaine politico – juridique, respectant la diversité
culturelle. Les critiques de cette orientation considèrent que la distinction
entre le publique et le privé est artificielle et, en plus, la démocratie et les
droits de l’homme ne sont pas universelles : elles se matérialisent dans des
traditions culturelles différentes, qui ne peuvent pas être ignorées. Il faut

10
F. Pop, S. Gherghina, G. Jiglău, Uniunea europeană; Editura, Argonaut, Cluj - Napoca, 2007, pp. 88-115

9
tenir compte du fait que la conscience civique passe par les liens volitifs et
affectifs et pas par des principes abstraits.
Une autre vision considère que la construction européenne est fondée
sur l’histoire et la culture commune des nations européenne, d’un fonde
identitaire commun qui est le résultat des efforts créateurs et des échanges en
philosophie, religion, morale, science, art, politique, du dialogue et de la
coopération entre les nations qui forme une famille construite sur les racines
profondes de l’Europe.
Pour une troisième interprétation, l’Europe est une construction
permanente, de son identité, de ses mécanismes institutionnels qui se
redéfinissent au fur et à mesure que s’intensifie la coopération et les
échanges à tous les niveaux. Les critiques soulignent le besoin de stabilité
des traits identitaires, la lente évolution des habitudes, le conservatisme de
l’individu.
Ne manquent pas de ces débats les opinions qui soulignent la
difficulté de définir l’identité européenne tant sur le plan politique ( son
projet en matière est en panne soutient D. Strauss – Khan parce que, aux
questions de savoir pourquoi l’Europe et où va l’Europe personne
aujourd’hui ne donne pas de réponse satisfaisante : quelles sont ses
frontières ultimes, absence de l’identification populaire, la crise de
légitimité, les incertitudes du projet) que sur le plan culturel (le groupe de
réflexion sur l’UE écrivait dans son rapport de 2000 que l’Europe et ses
valeurs ne pouvaient être « clairement définies et délimitées et ses frontières
étaient forcément ouvertes).
La devise « Unies dans la diversité » gagne plusieurs sens, parfois
divergents mais un minimum de conditions est reconnu pour pouvoir dire
que l’identité européenne peut être construite :
- l’ordre politique : renforcer la démocratie à tous les niveaux, à
partir des communautés locales, régional, national jusqu’au
niveau du système institutionnel européen, où on reconnaît le
déficit démocratique ;
- d’ordre culturel (renforcer les convictions des citoyens liées
au destin commun des peuples européens, à leurs traditions de
coopération ; soutenir les échanges des valeurs, encourager la
connaissance réciproque, y compris l’apprentissage des
langues étrangères, soutenir le bon voisinage et la sensibilité
pour les problèmes du continent ;

10
- d’ordre économique et social (réduire les différences de
niveaux de développement, de conditions de vie).11
La Roumanie a transposé la plus grande partie de ces documents dans
la législation nationale.12
Ce qui est spécifique à l’UE c’est le fait que les objectifs de ces
politiques soit soutenus par des mesures financières : Dès que la politique
culturelle est conçue en liaison avec d’autres politiques c’est normal
d’analyser l’action des fondes structurels dans ce domaine. Mis en place à
partir de l’Acte Unique de 1986 modifiés en 1993 et suite à l’Agenda 2000
le régime des fonds structurels a été réglé par la philosophie du
développement harmonieux des régions de l’Europe. Mais à chaque objectif
économique et social on a du ajouter des objectifs culturels.
Le FEDER, destiné à soutenir les investissements productifs a reçu un
volet culturel parce qu’il assure des mesures pour le financement direct
d’équipements à vocation culturelle, de mesures d’accompagnement pour la
valorisation des richesses patrimoniales, de mesures de valorisation du
savoir – faire local, d’aider aux entreprises productives de produits
d’artisanat ou caractéristiques d’une certaine région ou des mesures de
réhabilitation urbaine avec une influence sur les routes touristiques.
Le Fond Social européen, qui est destiné au soutien de la formation
professionnelle, a la lutte contre le chômage, a une composante culturelle
parce qu’il assure le financement de formations de base et de formation
continue dans le domaine culturel, la création d’emplois dans le secteur
culturel, de mesures dans le domaine de la société de l’information.
Le FEOGA – section orientation- peut engager des mesures dans le
domaine du tourisme et de l’artisanat, de promotion du patrimoine et du
territoire local, de valorisation et protection des espaces naturels, gestion de
l’espace et aménagement des paysages avec une incidence sur le secteur
culturel ou de promotion d’activités culturelles dans le cadre de la
rénovation des villages.
Dans la politique culturelle de l’UE une place importante a gagné le
programme d’action dans le domaine de l’éducation qui a commencé à
s’appliquer en 1976. Au début son objectif a été lié à une meilleure
information sur les systèmes d’éducation de chaque pays, tellement
diversifiés en créant le réseau Eurydice, lancé en 1980 ; suivi du réseau
NARIC pour l’échange des informations sur les diplômes et les
qualifications professionnelles. D’autres programmes comme Eurotecnet
11
(Valeurs et identité européennes, www.euractiv.com/avenir - europe, 1, 12, 2008)
12
Vasile Puscas, Negotiating with the European Union ; vol. 2, Ed. Economica, Bucuresti, 2003, pp. 575-
582

11
(1985), Comett (1986), Erasmus (1987) ont assuré la coopération et la
mobilité dans le domaine de l’enseignement. In 1995 ont été lancé les
programmes Socrates,
Leonardo et Jeunesse pour l’Europe suivis par Comenius, Lingua, Education
pour les adultes destinés au développement d’une éducation de qualité, avec
une composante européenne, à la facilité des échanges en matière de
connaissances et des formateurs.
En mars 2000 l’UE a mis en place la stratégie de Lisbonne qui vise à
construire la plus compétitive et dynamique économie basée sur la
connaissance où l’éducation détient une place importante avec ses objectifs
de fournir des nouvelles compétences, de renouveler l’enseignement, de
valorises l’apprentissage, de consolider la qualité de l’acte éducatif. Pour
dynamiser et donner une cohérence européenne à l’enseignement supérieur a
été signée et mis en place la charte de Bologne par une déclaration assumée
par tous les gouvernements.
La Commission européenne – Direction générale Education et Culture –
a confié à OPTEM et à ses partenaires européens la réalisation d’une étude
auprès des citoyens de 27 pays sur le thème de la culture et des valeurs
culturelles pour constater quelles sont les significations pour les Européens
de la notion de culture au sens large du terme –non limité à la culture
classique et aux beaux-arts – et la place que la culture occupe dans leur
vie, leurs perceptions de la culture européenne et ses éléments
caractéristiques et différenciateurs, le lien entre culture et valeurs partagées
par les Européens, l’intérêt pour la diversité culturelle européenne et pour les
cultures des autres Européens, le rôle perçu et attendu de l’Europe dans le
domaine de la culture.
Dans des discussions de groupe ( sujets de 20 à 55 ans) sélectionné de
chaque pays (un groupe de niveau social et éducatif moyen-supérieur:
catégories socioprofessionnelles des chefs d’entreprise, professions libérales
et cadres supérieurs et des cadres moyens; niveau d’éducation
majoritairement universitaire ; un groupe de niveau social et éducatif
moyen-inférieur : catégories socio-professionnelles des artisans et petits
commerçants, de la maîtrise, des employés et des ouvriers; niveau
d’éducation majoritairement secondaire) les chercheurs ont suivi 12 thèmes
de réflexion. Les résultats ont permis quelles que observations significatives.
1. Il y a une large convergence des perceptions de la notion de
culture chez les citoyens interrogés dans les 27 pays européens qui
regarde la culture comme création humaine, artistique ou
esthétique; comme savoir et ensemble de connaissances acquis;
comme concept anthropologique ou sociologique de ce qui

12
rassemble une communauté humaine et la distingue d’autres;
comme système normatif édictant des règles de conduites sociales
et de civilité, ce qui corresponde aux acceptions généralement
accordées à la culture.
2. A juste titre éducation, traditions et mode de vie sont des notions
liées à celle de culture, comme celles de connaissance, civilisation
et loisirs mais qui sont moins univoque et plus discutées. La
connaissance est, pour certains, une clé ou une condition évidente
d’accès à la culture. L’étude a mis en évidence le haut degré
d’appréciations aux yeux des interviewés : L’éducation, en tant
qu’enseignement d’un savoir et d’acquisition de règles de vie vue
comme un l’élément structurant essentiel de la réflexion et de la
conduite qui permet « l’acculturation » des individus et la
transmission entre générations ; parce que la culture a des racines
dans le passé et la tradition. Les modes de vie constituent
l’incarnation concrète de la culture, en même temps qu’ils reflètent
les interprétations ou les déclinaisons personnelles de la culture
ambiante dominante.13
Les relations entre culture et civilisation sont plus ambivalentes. « La
» civilisation peut apparaître comme une notion hiérarchisante et
normative, implicitement européocentriste ; Les opinions sont,
généralement orientées vers la liaison étroite entre les termes avec une
tolérance associée à la diversité des cultures et des civilisations.
Les loisirs sont liés à la culture mais dans un sens très particulier,
parce qu’ils représentent l’espace et le temps destinés à sa propre
personnalité qui peut se consacrer à la lecture, à la musique, au
cinéma, ou bien au divertissement. On a constaté la présence dans le
contenu des deux notions de l’idée que notre vie est réglée par les
normes qui s’établissent ; en dehors d’elles c’est l’anarchie.
3. La culture est une notion très positive et valorisée ; c’est par elle que
l’homme s’élève en quelque sorte au-dessus de lui-même
intellectuellement ou spirituellement ; parce que la vie privée, la
profession, l’intégration sociale sont améliorer par l’accès à la culture
et on
peut mieux satisfaire les besoins vitaux tels que l’harmonie de la vie
privée et affective, la sécurité matérielle, la satisfaction professionnelle,
l’équilibre entre ces différentes composantes.

13
Les européens, la culture et les valeurs culturelles. Commision européenne, OPTEM ; Gambais, Juin,
2006, pp. 5-8

13
4. Le rapport a mis en évidence le fait que, à côté de « la » culture – au
sens classique du terme, qui peut être vue comme réservée à une « élite
» – on reconnaît généralement l’existence de cultures différenciées
(selon l’âge, le milieu social et religieux, le niveau économique qui lui
est en partie lié, les origines, les lieux et les modes de vie) et un sens
plus large de domaines d’intérêts et d’activités non-professionnelles
divers.
5. Au-delà des opinions sur la définition de la culture ce qui est
intéressante de voir c’est la manière d’interpréter les obstacles à la
culture qui mettent en évidence une idée plus claire des gens sur la
culture « en action ». L’influence du niveau de vie de la société,
accompagné des conditions matérielles d’accès à la culture (l’argent, le
temps destiné à vie culturelle), l’éloignement effectif de l’offre
culturelle ( théâtre, opéra, orchestre symphonique, musée) influent sur
la détermination de la culture comme un univers destiné aux fortunés,
aux riches, aux « élites ».
C’est vraiment essentiel pour la politique culturelle européenne de tenir
compte dans ses orientations du besoin de démocratiser la culture,
d’aider les gens à dépasser les barrières psychologiques liées à la
distinction entre les niveaux de la culture, le manque d’intérêt et de
motivation pour accéder à la culture.
Le rapport a mis en évidence des attentes qui s’expriment à cet égard, des
mesures qui puissent rapprocher la culture des individus, leur en faciliter
l’accès, les encourager à en bénéficier davantage.
A ce sens les préoccupations de l’UE pour généraliser les nouvelles
technologies de l’information – spécialement l’Internet – sont considérées
comme pouvant jouer un rôle important de vecteur, même si les perceptions
de ces technologies en tant qu’élément intrinsèque de culture sont beaucoup
plus ambivalentes. Le succès des télévisions culturelles, les bibliothèques on
– line, mis en place en France, en Italie, prouvent la fertilité d’une telle
politique.
6. Le plus grand intérêt est représenté pour nous par les réponses aux
questions liées à la culture européenne. En connexion avec l’idée
d’appartenance à une certaine nation c’est la détermination de la culture
par ses singularités cultuelles, qui passent devant l’idée d’une culture
européenne.
Les interviewés ont prouvé une certaine difficulté à définir une
communauté culturelle au niveau de l’UE parce qu’ils se sentent
attachés à leur propre culture et regardent « envers » les autres cultures.

14
Mais, à une recherche plus nuancée, on constate que dans la
profondeur des opinions il y a l’ouverture de l’esprit et la tolérance,
accompagné de la volonté de connaître la culture des autres. L’opinion
est sensible à la longue histoire commune, aux racines chrétiennes ou
judéo-chrétiennes et surtout à l’assimilation de la culture européenne
avec la culture occidentale et ses valeurs : l’esprit démocratique, la
laïcité politique, l’économie capitaliste, la liberté d’expression et
d’opinion.
Beaucoup des opinions considèrent que dans leur propre culture
nationale se trouvent des composants « européennes » (grands
fondements et principes philosophiques, politiques, de choix de
société). La conclusion du rapport et claire sous cet angle : « malgré les
doutes et les hésitations préalables, en dépit du risque sous – jacent
parfois évoqué de « lissage » des cultures nationales, les citoyens
interrogés reconnaissent, dans l’ensemble, la réalité vivante d’une
« culture européenne. Sa qualité singulière et paradoxale serait
précisément d’avoir su préserver les spécificités identitaires des
différentes cultures qui la composent. Face à la globalisation l’Europe
serait la gardienne d’une richesse culturelle propre ».
Mais, en réalité, ces perceptions coexistent avec un sentiment plus ou
moins diffus de communauté culturelle, de fond commun entre les pays
européens, composé :
des racines communes, une histoire ancienne, un patrimoine culturel d’une
très grande richesse, une certaine « sagesse » dégagée de cette histoire, de
ses conflits et de ses contradictions, dépassés et assimilés, un projet de
société largement partagé autour de concepts tels que démocratie, liberté,
laïcité
7. Face aux Etats-Unis, les Européens cultivent le sentiment
d’appartenance à une culture propre. Les Etats-Unis « apparaissent
bien moins comme un exemple que comme un anti-modèle : de société
matérialiste, sans la force des valeurs héritées en Europe du passé ;
moins ouverte sur le monde sur lequel elle tend à imposer sa
domination ; et leader et promotrice d’une « globalisation » qui a pour
effet de « gommer » la diversité qu’on aspire à préserver ».
8. Des symboles emblématiques, à leurs yeux, de la culture européenne,
confirme très fortement l’existence d’un sentiment de communauté
culturelle: un lieu, un personnage du passé ou contemporain, un
événement historique, une oeuvre artistique (Gioconda, Guernica, Venus
de Milo, la Tour Eiffel), une histoire ou une légende, un courant de pensée

15
(la technocratie, le pragmatisme etc.), des grands moments de l’U.E.ou un
moment vécu personnellement (voyage, visites, rencontres) en contact
direct avec les grandes villes, les lieux historiques, les monuments et les
musées, les grandes personnalités.
9. Une série de valeurs était soumise à l’appréciation des interviewés,
quant à leur caractère européen et la spécificité de la culture
européenne en ce qui les concerne. Certains apparaissent pour eux
comme européennes et nettement différenciatrices de l’Europe : «
l’héritage de l’histoire » d’une part (cf. supra), « le respect de la terre »
de l’autre ( la conscience des problèmes environnementaux et la
volonté de préserver l’environnement) ; la liberté est clairement vue
comme une valeur européenne (mais plus largement aussi de
l’Occident), ainsi que la curiosité intellectuelle, le respect d’autrui et la
tolérance (même si la réalité n’est pas toujours aussi flatteuse que
l’idéal partagé), et la solidarité (avec les mêmes réserves, mais aussi
une nette différenciation positive de l’Europe par rapport aux Etats-
Unis sur ce plan). En ce qui concerne enfin la valeur de progrès, elle est
plus ou moins caractéristique de l’Europe selon la signification qu’on
lui donne : largement si l’on pense au progrès « humain », plus partagée
si l’on songe au progrès scientifique et technique (l’Europe a été leader
et est toujours aujourd’hui présente, mais elle est concurrencée et même
distancée par les Etats-Unis ou certains pays d’Asie au dynamisme
particulièrement reconnu). Le rapport illustre avec beaucoup
d’exemples ces jugements.
10. La culture est perçue comme une vois pour l’enrichissement propre,
une ouverture d’horizon, une modalité de résister à l’uniformisation.
C’est vrai que cette ouverture est concrétisée dans le domaine
touristique et gastronomique mais il y a aussi le besoin de développer
les contacts humains, de participer aux événements communs
(culturels, commerciaux, sportifs). Dans leur ensemble, les citoyens
manifestent leur intérêt pour les autres Européens et leurs cultures avec
des arguments solides et les institutions européennes sont vues comme
des acteurs évidents de tels rapprochements.
11. Les actions de l’Union européenne dans le domaine culturel sont très
imparfaitement connues – en dehors des programmes d’échanges pour
les étudiants et la jeunesse, qui sont eux très reconnus et fortement
valorisés.
Celles qui existent sont l’objet d’une très large approbation – malgré
quelques incertitudes sur le contenu précis de certaines d’entre elles.

16
12. Il se confirme, en conclusion, à la fois que la culture est reconnue
comme devant être un élément clé dans la construction européenne, que
l’Union européenne et ses institutions ont vocation éminente à
intervenir dans ce domaine, et qu’on attend d’elles qu’elles le fassent.
Deux mots clés peuvent sans doute résumer les attentes dominantes :
diversité – à maintenir, préserver, et favoriser face à la vague
banalisante de la mondialisation – et échanges.
Deux écueils sont en même temps à éviter : le risque d’uniformisation supra-
nationale, qui contribue à entraîner des réticences dans certains pays, en
premier lieu au Royaume-Uni (où elles sont fortes) ; celui d’actions qui
seraient trop exclusivement centrées sur une culture « élitiste » à laquelle la
masse de la population ne serait pas partie prenante.
Pour conclure nous pouvons nous rappeler les mots de Robert Schuman : «
Il lui faut une âme » (en Europe) parce que une construction économique ou
politique n’a pas d’endurance sans la volonté et la conviction des gens qu’ils
réalisent une chose qui leur enrichi la vie.

BIBLIOGRAFIE

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Napoca, 2001

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