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Publications du Hakikat Kitabevi No: 1

L’ISLÂM
ET
LAVOIEDESUNNA
AhmedDjevdetPacha

Traduit par
HüseynHilmiIşık

Quatorzièmeédition

HakîkatKitâbevi
Darüşşefeka Cad. 53 P.K.: 35
34083 Fâtih-ISTANBUL/TURQUIE
Tel: 90.212.523 4556 – 532 5843 Fax: 90.212.523 3693
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DÉCEMBRE-2018
TABLE DES MATIÈRES

Préface ...............................................................................3
Première partie
1– Ma'lûmat-i nâfia (Savoirs utiles) .................................11
Deuxième partie
2– Savoirs divers..................................................................39
a.- Les fractionnistes et sectes hérétiques ........................39
b.- La croyance Ahl al-Sunna ............................................57
3– Imâm al-A'zam Abû Hanifa.........................................71
4– Le Wahhabisme et
la réfutation de l’Ahl al-sunna .....................................87
5– Masjîd an-Nabî .............................................................131
6– Conclusion.....................................................................132
7– Soyons bienveillants et traitons toujours avec la
bienveillance .................................................................134
8– Glossaire........................................................................138

________________

Tous les droits de traduction, de reproduction et de


réimpression de ce livre ne sont pas réservés. Tout le monde peut
les faire à condition d’utiliser un papier de bonne qualité pour
l’impression, de faire attention à la composition, à la mise en page
ainsi qu’à la couverture, mais de ne pas faire de modifications de
contexte et de contenu. Nous le remercions bien et prions à Allah
Le Tout Puissant pour qu’IL récompense son travail profitable.

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Impression:
‹hlâs Gazetecilik A.Ş.
Merkez Mah. 29 Ekim Cad. İhlâs Plaza No: 11 A/41
34197 Yenibosna-‹STANBUL Tel: 0.212.454 30 00
ISBN: 978-975-8883-72-1
PRÉFACE

Allah Le Très-Haut a pitié de tous les êtres humains qui sont


sur cette Terre. IL crée toutes choses utiles dont ils ont besoin et
IL les remet à tous. Dans l’au-delà, IL pardonnera certainement
les croyants qui se sont repentis déjà de leurs péchés (combien
grands qu’ils soient) dans le monde. Et IL pardonnera aussi à
ceux qu’IL voudrait pardonner parmi les croyants qui devraient
aller en Enfer et qui sont morts sans se repentir dans le monde;
IL leur accordera Sa Grâce et les enverra au Paradis. C’est Lui
Seul qui crée toutes les créatures vivantes, qui fait que tous les
êtres continuent à exister à tout moment et qui les protège de la
peur et de l’horreur. C’est en nous plaçant sous la protection
d’un nom aussi honorable que celui d’un tel Allah que nous
commençons à écrire ce livre.
Hamd (Gloire) à Allah Le Tout Puissant! Paix et bénédiction
sur Son Messager bien-aimé Rasûlullah! Que les prières
favorables soient sur son pur Ahl al-Bayt[1] ainsi que sur ses
loyaux et fidèles Ashâb[2] "radî-Allâhu ta’âlâ ’anhum ajmaîn".
La citation "Le monde n’est qu’une lutte" n’est pas un
propos vainement dit. Nous sommes tous dans un état de lutte
contre les forces de la nature comme la chaleur caniculaire en
été, les froids glaciaux des hivers rigoureux, ainsi que nous en
sommes contre les attaques, les ruses et calomnies des méchants
et des mécréants avec des armes morales. Mais, il faut d’abord
connaître bien l’ennemi avant de lutter contre lui. Sinon, nous
pourrions porter préjudice à nos amis, à nos voisins dans
l’intention de protéger nous-mêmes. Les choses dont l’homme a
besoin pour vivre heureusement sont appelées les "biens et
avoirs" et "bien-fonds et propriété". De l’aiguille au fil, de

[1] Gens de la Maison ; membres de la famille de Rasûlullah (Paix et


bénédiction soient sur lui)
[2] Compagnons de Rasûlullah (sall-Allâhu ’alaihi wa sallam); Sahâbat
al-kirâm (ridwânullâhi ’alaihim ajma’în)

–3–
l’appartement à la maison, tout est du bien. Allah Le Très-Haut
a permis à des gens et communautés d’en utiliser. De même que
les avoirs d’une personne sont à son service, elle pouvait avoir
aussi sa femme, ses enfants, ses voisins, ses proches parents.
Mais, toute personne pouvait profiter de ses biens et de ses
avoirs dans la mesure permise par Allah Le Très-Haut. Il n’est
jamais permis qu’elle les utilise trop et qu’elle utilise ceux des
autres personnes non plus. Des biens, des avoirs obtenus d’une
manière illégale, autrement dit, d’une voie religieusement
défendue sont appelés "Al-dunyâ"(Ici-bas, le monde, objets de
ce monde). Al-dunyâ, un autre nom des harâm (des choses
illicites) et des makrouh (des choses détestables) est nuisible.
Des livres traitent différemment les avantages et les
inconvénients des choses. Le vrai, c’est ceux qu’Allah Le Très-
Haut a différé.
Les commandements d’Allah Le Très-Haut sont appelés
"Fardh" (obligations, préceptes) et Ses interdictions ou Ses
prohibitions sont appelées "Harâm". Les commandements que
les Envoyés ont proclamé sont appelés "Sunna", et les
interdictions sont appelés "Makrouh". Et ces quatre matières
sont appelées "Islâm". Se conformer à l’Islâm, aux principes et
aux ordres de l’Islâm, c’est le signe d’avoir la foi dans le cœur.
Mais, il devient tout de suite un incroyant, un mécréant si un
musulman désapprouve voire même une sunna (tradition
prophétique). Le transgresseur des préceptes de la religion ou
quelqu’un qui viole l’un des préceptes de la Loi islamique mais
qui en a la croyance s’est appelé "Fâsiq". Ne pas obéir aux
préceptes de l’Islâm c’est un "Péché". Le mécréant brûlera
éternellement dans le feu de l’Enfer; le fâsiq (pécheur) y restera
dans la mesure du poids et du nombre de ses péchés, puis on le
transférera au Paradis. La personne ayant la foi et qui obéit à
l’Islâm est "Sâlih" (pieux vertueux, serviteur sincère). Une
personne vivant dans le désert, à la montagne ou dans une grotte
et qui n’était ou n’est pas au courant de la religion, de l’Islâm
n’est ni mécréante, ni fâsiq. A la suite d’être jugée au Jour du
Jugement dernier, elle n’entrera ni en Enfer ni au Paradis; elle
aura été anéanti comme les animaux y auront été anéantis.
L’Islâm, l’une des religions divines est une grande faveur qui
porte le grand bonheur. Ceux qui ne reconnaissent pas la valeur
de cette faveur, purgeront leur peine.
–4–
Tout musulman doit accomplir ses prières de "salât" cinq
fois par jour. Et ces salats sont le signe d’avoir la foi dans le
cœur. Quiconque ne croyait pas ces prières de salât deviendrait
"mécréant". Un mécréant croyant d’une religion céleste mais
altérée est appelé "GensduLivre" (Ahl al-kitâb) ou "Mécréant
duLivre". Mais, un mécréant qui ne croit aucune des religions
est appelé "Associateur" (Mushrik). Parmi ces mécréants,
certains Juifs et la majorité des Chrétiens sont des associateurs.
Aujourd’hui, on dirait qu’il n’y a pas un mécréant qui ne soit
associateur. Et un musulman qui comprend mal et explique mal
des paroles de Muhammad alaihissalâm (Paix et bénédiction sur
lui) est appelé "Gens de bid’ah" (Ahl al-bid’ah, innovateur
religieux blâmable). Le Chîites et les Wahhabites sont des
musulmans de la Bid’ah. Parmi ceux-ci, il deviendrait un
mécréant, celui qui ne croyait même pas un mot de Rasûlullah,
le Messager d’Allah Le Très-Haut, "Que la paix et le salut
soient sur lui". Ceux qui croient exactement et sans altérer les
paroles de Muhammed alaihissalâm sont des vrais musulmans et
ils sont appelés Musulmans "Ahl-al sunna". Le leader de ces
vrais musulmans est Imâm al-azam Abû Hanîfa Nu’mân bin
Thâbit. Les vrais musulmans de la croyance Ahl al-sunna se
divisent en quatre madhhab (Écoles juridico-islamiques; Ecole
de jurisprudence en Islâm) en ce qui concerne les pratiques
religieuses (ibadat). Ces madhhabs sont Hanafite, Châfiîte,
Mâlikîte et Hanbalîte. Les adhérents de ces quatre madhhabs
reconnaissent les uns les autres comme frères. Ils font leurs
prières de salât en commun (jamâ’ah) sous la direction des uns
des autres. Il ne faut jamais confondre ces vrais musulmans avec
les gens hérétiques de la bid’ah. Les gens de la bid’ah,
autrement dit les innovateurs en Islâm détruisent l’Islâm de
l’intérieur. Alhamdulillah! (Louange à Allah Le Très-Haut). La
majorité des musulmans de nos jours sur la Terre est de la
madhhab Ahl al-sunna, du droit chemin. Le nombre des
Wahhabites et des Chi’ites du chemin égaré diminue de jour en
jour.
Les gens qui s’appellent musulmans sont divisés en trois
groupes. Le premier, ce sont les vrais musulmans sur la voie de
Ashâb al-kirâm (Compagnons de Rasûlullah "sallallahu alaihi
wa sallam". C’est appelé aussi "Ahlal-sunna" ou "Sunnite" ou
"Firqa al-nâjiya", c’est-à-dire le groupe sauvé de l’Enfer. Le
–5–
second se compose des gens qui sont plein d’hostilité contre
Ashâb al-kirâm. On les nomme aussi "Râfidhîtes", "Chî’îtes" et
"Firqaal-dâlla", c’est- à-dire secte ou groupe dévié. Le troisième
groupe se compose de ceux qui conçoivent de l’inimitié contre
les sunnites et les chî’îtes. Ceux-ci sont appelés "Wahhabites" et
"Najdîtes". Car, ils sont apparus premièrement dans la ville de
Najd de l’Arabie. Ceux-ci sont appelés aussi "Firqaal-mal’ûna"
(Groupe maudit). Il est écrit dans nos livres intitulés en turc
(Kıyâmet ve Âhıret) et (Se’âdet-i Ebediyye) qu’ils dénomment
les musulmans des noms injurieux de mushrik, d’associateurs.
Notre Prophète maudit celui qui dénommait un musulman d’un
nom de mécréant. Ce sont les Britanniques et les Juifs qui ont
divisé les musulmans en trois groupes ci-dessus.
Il y a des milliers de livres précieux écrits pour expliquer
correctement les croyances, les préceptes et interdictions de la
religion islamique; plusieurs de ces livres sont traduits en
langues étrangères et ceux-ci sont diffusés dans tous les pays du
monde. Les savants en Islâm, auteurs de ces livres corrects sont
appelés les "savants de l’Ahl al-sunna" “rahmatullahi taâlâ
alaihim ajma’în”. En revanche, des personnes à courte vue,
bornées qui ne sont occupées que par leur intérêt et par leur
plaisir propre et des personnes stupides vendues aux
Britanniques pour un poste ou une somme d’argent ont attaqué
toujours le chemin salutaire, lumineux et profus de l’Islâm et
essayé de diffamer les savants de Ahl al-sunna, de modifier la
religion islamique et leurrer les musulmans. Ce combat entre les
musulmans et les irréligieux a eu lieu à chaque époque et il aura
lieu jusqu’au Jour du Jugement dernier. Le Tout Puissant l’a
voulu de toute éternité.
La source de toutes les sciences et connaissances acquises des
savants Ahl al-sunna est à Ashâb al-kirâm (Compagnons);
autrement dit, tous ceux qu’ils savaient provenaient de Ashâb al-
kirâm. Et, celle des connaissances, des sciences de Ashâb al-
kirâm était à Rasûlullah. Les Compagnons (Ashâb al-kirâm)
étaient dispersés dans des pays lointains pour diffuser l’Islâm
aux autres peuples. C’est la raison pour laquelle ils n’avaient pas
eu le temps de les rédiger par écrit. Finalement, il y a eu, parmi
les savants venus deux cent ans après eux, ceux qui auraient
inséré, introduit leurs opinions propres, des citations des anciens
philosophes, des connaissances concrètes de leur époque dans la
–6–
science religieuse. Donc, soixante-douze groupes de Bid’ah
hérétiques sont apparus. Il y a eu une grande influence juive et
britannique sur l’apparition de ces sectes déviées.
De quelle secte qu’il soit, à quel groupe religieux qu’il
appartienne, celui qui succombe à ses tentations et qui est de
mauvais cœur ira en Enfer. Tout croyant doit dire toujours "Lâ
ilâhaillallah" pour la purification de son âme, c’est à dire pour
être purifié de l’ignorance et des péchés existants dans sa
création. Et, il doit dire toujours "Astaghfirullah" pour la
purgation de l’esprit, c’est à dire pour être délivré des péchés et
de la mécréance (kufr) provenus de l’âme, du Satan, de mauvais
amis et des livres hérétiques et nuisibles. Les invocations de celui
qui obéit les commandements de l’Islâm et qui se repent de ses
péchés seront évidemment valables; elles seront acceptées. Mais,
celles de celui qui ne pratique pas ses prières de salât, et qui
regarde les parties awrat des gens, des femmes non voilées et qui
gagne sa vie d’une voie illicite (non halâl) ne sont pas valables,
elles sont inacceptables parce que ces types de croyants ne se
soumettaient pas à l’Islâm.
Les Musulmans se divisent en deux groupes: Havâs [les
savants] et awâm [les ignorants]. Dans le livre intitulé “Durr-i
Yektâ”[1] en turc, il est écrit: “Avâm signifie les personnes qui ne
connaissent pas les méthodes et les règles des sciences de la
grammaire, de la syntaxe et littérature. Celles-ci ne peuvent pas
comprendre les livres de fiqh (science de la jurisprudence de
l’Islâm) et de sentences. Il est fardh [obligatoire] pour celles-ci
de rechercher, de demander et d’apprendre les principes de la foi
et des actes cultuels (’ibâda) aux savants Ahl sunna. Et il est fard
pour les savants d’enseigner d’abord, au moyen de leurs discours
et prêches, les instructions sur la foi, puis cinq piliers de la
religion, les principes des actes cultuels. Dans les livres intitulés
“Zahîra” et “Tâtârhâniyya”, il est écrit qu’il faut enseigner tout
d’abord les principes de la foi et de la croyance Ahl al-sunna”.
C’est pour cette raison qu’Abdulhakîm Effendi[2], le grand
savant, un spécialiste éminent en sciences concrètes et

[1] La Perle unique


[2] Sayyid Abdülhakîm Arvâsî est décédé en 1362 de l’Hégire [en 1943]
à Ankara.

–7–
spirituelles “rahmatullahi alaih / Que la miséricorde d’Allah, le
Très-Haut, soit sur lui”, a dit vers la fin de sa vie qu’il avait tâché
pendant trente ans dans les mosquées d’Istanbul d’expliquer
seulement la foi, la croyance Ahl al-sunna et les bonnes mœurs
que l’Islâm prêche. Et nous, nous essayons de faire remarquer
dans nos livres la croyance Ahl al-sunna, les bonnes mœurs que
l’Islâm prêche et qu’il fallait faire toujours de la bienfaisance à
tous les gens et d’obéir aux lois de l’État et de lui rendre service.
Nous n’approuvons jamais le langage provocateur, divisionniste
et qui allume les feux de la discorde entre les frères, utilisé par
des ignorants de religion, des défaitistes et des renégats
antimadhab. Notre Prophète “sallallahu alaihi wa sallam" a
indiqué que les Musulmans pourraient vivre en paix et dans le
bien-être sous la protection des lois et de l’État, c’est pourquoi il
a dit: “La religion est sous l’ombre des épées”. La paix, le
bonheur augmenteraient au fur et à mesure que l’État était
puissant. Et les Musulmans vivants aisément à l’étranger, dans
les pays non-musulmans comme les pays européens, états-
unisiens, etc. et qui pratiquent leurs devoirs religieux en liberté
doivent donc respecter les lois de ces États qui leur ont donné
ces libertés, se soumettre aux règles, mœurs et systèmes de ces
États et ne doivent jamais faire de désobéissances ni servir
d’instruments à la discorde ou à l’anarchie. Les savants Ahl
sunna nous recommandent d’agir ainsi. L’un des savants de
quatre écoles islamiques (madhab) est appelé "savant Ahl
sunna".
Remarque: Dans tous les côtés du monde, il y a de différents
paysages fascinants. Ces paysages, ces êtres étaient-ils existés
d’eux-mêmes ? Tous les êtres sont ordonnés, mesurés et calculés
comme si tous sont les produits d’une même machine. Tout est
en vie en corrélation avec les lois physiques, chimiques,
biologiques et astronomiques. Surtout, la cadence et
l’organisation chez la créature humaine! Le fonctionnement en
harmonie des organes du corps humain comme celui des pièces
d’une machine enthousiasme ceux qui le perçoivent. Même
Darwin, un athée ou un incroyant ou un agnostique britannique
qui niait la création divine, le créationnisme, disait sur l’œil que
«la complexité de cet organe l’affolait et qu’il deviendrait fou
quand il pensait à la formation de la structure complexe de
l’œil». Tous les êtres sont liés les uns aux autres avec des lois
–8–
immuables. Les croyants, les gens qui ont la croyance religieuse
pensent qu’il y a un Créateurqui les crée et qui sait tout. Mais,
les incrédules qui n’ont aucune conviction religieuse croient que
les êtres existent aléatoirement et par hasard. Le message du
Créateur, envoyé par l’intermédiaire de Ses Messagers est que:
"Lecréateurdetout,c’estMoi.JesuisleCréateur,leMaîtrede
tout.Jesuislepossesseurdevoustous.SivouscroyezenMoi,je
vousfaisentrerdansleParadis.Jevousydonneraidesbienfaits
innombrables.Vousyvivrezdansleplaisiretlebonheurinfinis.
Mais,jebrûleraiéternellementenEnferceuxquinecroientpas
à Mes Messagers, mes Envoyés". Supposons que le paradis et
l’enfer n’existent pas; donc, ceux qui ont eu la foi en Prophètes,
Messagers d’Allah Le Très-Haut, n'auraient eu aucune perte,
aucun dommage bien qu’ils se soient leurrés. Mais, ceux qui
n’ont pas la foi à ceux que les Messagers ont dit et ceux qui les
falsifient seront brûlés éternellement dans le feu de l’Enfer.
On témoigne avec gratitude que les religieux s’efforcent de
disséminer et de défendre ce chemin droit de Ahl sunna dans
tous les côtés de notre chère patrie. Bien qu’on entende
quelques ignorants qui n’ont pas lu ou pas compris les ouvrages
des savants Ahl sunna parler étourdiment ça et là, ceux qu’ils
disent se fondent devant la foi solide du peuple qui s’aime
fraternellement et ils n’exposent que l’ignorance et la vilenie de
ceux qui les disent.
Ceux qui se trouvent sur la voie défaitiste et fractionniste
pour démanteler les musulmans essaient de diffamer les savants
Ahl sunna et les éminents de Tasawûf (soufisme) “rahmatullahi
taâlâ alahim ajma’în”. Comme tous les savants Ahl sunna,
Ahmed Djevdet Pacha et aussi nos comités scientifiques ont
donné des réponses nécessaires à ces ignobles diffamations et, en
contrecarrant et résistant à l’altération des significations
correctes et saines des versets et des hadiths charîf, ils ont gardé
ainsi les sens, les significations authentiques expliqués et tirés du
Qur’ân al-karîm par Rasûlullah “sallallahu alaihi wa sallam".
Dans notre livre nous traitons séparément le chemin droit et le
chemin erroné. Nous prions Allah Le Très-Haut que nos chers
lecteurs puissent étudier ce livre avec le bon sens et
minutieusement, et qu’ils puissent le juger équitablement et
qu’ils puissent se réunir sur le droit chemin que ce livre indique
et qu’ils s’y attachent et qu’ils puissent s’abstenir des menteurs,
–9–
des diffamateurs et des hérétiques, et qu’ils puissent échapper
ainsi au malheur éternel.
Les explications supplémentaires faites dans quelques
passages de notre livre sont citées dans les crochets [...]. Toutes
ces explications sont extraites des livres dignes de confiance.

Calendrier Calendrier Calendrier


Grégorien Hégiriensolaire Hégirien
lunaire
2018 1397 1440

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KALİMAAL-TANZÎH
«Subhânallahiwabi-hamdihisübhânallah'il-azîm»
(Gloire et pureté à Allah le Tout Puissant ainsi que toutes
louanges à Lui; Gloire à Allah, l’Immense, le Parfait) Celui qui
dit, qui récite cent fois (le matin et le soir) le kalima al-tanzîh
serait déchargé de tous ses péchés; il serait protégé d’en
commettre de nouveau. Cette invocation (dou’a) est traitée en
détail dans le Maktûbât (V. 307 et 308èmes lettres) d’İmâm al-
Rabbânî Ahmad Fârûq al-Sarhandî « rahmatullahi alayh » et elle
débarrasse de tous les soucis.

– 10 –
Premièrepartie

1-MA’LÛMÂT-INÂFI’A

(SAVOIRSUTILES)

La première partie de notre livre contient le livret de vingt et


une pages écrit par Ahmed Djevdet Pacha. Historien, juriste et
homme d’État ottoman Ahmed Djevdet Pacha est né en 1238 de
l’Hégire [en 1823] à Loveč et décédé en 1312 [en 1894] à Istanbul.
Son tombeau est dans le cimetière de la mosquée Fâtih à İstanbul.
Il a rendu un grand service à l’Islâm, ayant mis les préceptes
Coraniques en forme des codes de loi dans son ouvrage précieux
qu’il avait préparé et intitulé “Majalla” ottoman. Il est aussi
l’auteur des ouvrages intitulés "Histoire Ottomane" de douze
volumes, le livre le plus digne de confiance dans son genre, et le
célèbre ouvrage "Qisâs-iAnbiyâ" [Histoire des Prophètes].
Ahmed Djevdet Pacha écrit: Cet âlam (mondes, univers), c’est-
à-dire, tout était non-existant. Allah Le Très-Haut a créé tout à
partir de rien. IL a voulu que ce monde soit prospère, soit enrichi
avec les êtres humains jusqu’à la fin du monde. IL a créé Hadrat
Adam (’alaihi ’s-salâm) du limon de la terre. IL a agrémenté le
monde de ses enfants. IL a honoré certains d’eux en les désignant
Prophètes pour enseigner aux êtres humains sur ceux qui sont
nécessaires pour qu’ils vivent en paix et en bonheur dans ce monde
et dans l’au delà. IL les a distingués des autres en leur donnant de
hauts rangs. IL a transmis Ses commandements aux Prophètes par
l’intermédiaire de l’Archange Jabrâîl (Jibrîl, Gabriel)
"alaihissalâm" [que La Paix soit sur lui]. Et eux, ils les ont transmis
tels qu’ils les avaient reçus de Jabrâîl "alaihissalâm" et exactement
à leurs oummas, leurs communautés. Le premier Prophète était
Adam "alaihissalâm" et le dernier notre Maître Muhammad
Mustafâ "’alaihi ’s-salâtu wa’s-salâm". Plusieurs Prophètes sont
envoyés entre ces deux. Allah Le Très-Haut seul connaît leur
nombre. Ceux dont les noms sont connus sont ceux-ci:
– 11 –
Âdam (Adam), Shit, Idrîss (Hénoch), Nûh (Noé), Hûd
(Héber), Sâlih (Shélah), Ibrâhîm (Abraham), Ismâ’îl (Ismaël),
Ishaq(Isaac), Ya’qûb(Jacob), Yûsuf(Joseph), Ayyûb(Job), Lût
(Loth), Chu’ayb (Jethro), Mûsâ ou Moussa (Moïse), Yûsha’ ibn
Nûn (Joshua), Hârûn (Aaron), Dâwûd (David), Sulaymân
(Salomon), YûnasibnMetâ(Jonas), Ilyâs(Élie), al-Yâs'a(Êlisée),
Dhû'l-Kifl (Êzéchiel), Zakarîyâ (Zacharie), Yahyâ (Jean-
Babtiste), ÎsâibnMaryam(Jésus), et MuhammadMustafâ "alaihi
wa alaihimussalâtu wassalâm" (Paix et saluts soient sur lui et sur
eux). Les vingt cinq de ces Prophètes, hors de Shit et Yûsha’, sont
mentionnés dans le Qur’ân al-karîm. Les noms Uzair (Esdras),
Luqmân, et Dhul-qarnayn sont aussi mentionnés dans le Qur’ân
al-karîm. Cependant, parmi les savants en Islâm, il y a eu ceux qui
disaient que ces trois et aussi Khedr et Tubba' étaient des
Prophètes comme les autres disaient qu’ils étaient des Saints
(Awliyâ).
Muhammad aleihissalam est Habîbullah (l’Aimé d’Allah Le
Très-Haut). Ibrâhîm alaihissalâm est Khalîlullah (l’ami) parce
qu’il n’y avait rien d’autre que l’amour d’Allah Le Très-Haut dans
son cœur. Mûsâalaihissalâm est Kalimullah parce qu’il a parlé à
Allâhu ta’âlâ. Îsâ (Jésus) alaihissalâm était Rûhullah (né sur le
Verbe Divin). Âdam alaihissalâm est Safiyullah [sa faute
pardonnée par Allah]. Nûh (Noe) aleihissalam est Najîullah
(sauvé du danger). Ces six Prophètes sont supérieurs aux autres.
Ils sont appelés “Ulu’l-azm” (Doué de fermeté). Muhammad
alaihissalâm est le supérieur de tous.
Allahu ta’âlâ a révélé une centaine de livrets (suhuf) et quatre
grands Livres sur la terre. Tous ceux-ci ont été transmis par Jabrâîl
(Jibrîl, Gabriel) "alaihissalâm". Il est dit dans le hadith sharîf que
dix suhuf (livrets) sont révélés, descendus sur Âdam alaihissalâm,
cinquante sahîfa sur Shit alaihissalâm, trente sahîfa sur Idrîss
(Hénoch) alaihissalâm et dix sahîfa sur Ibrâhîm alaihissalâm.
[Sahîfa, pl. suhuf, est le synonyme du mot feuillet, de la page; mais
ici elle signifie livret, rissala, le message mais pas un feuillet de
papier]. De ces quatre Livres, Tawrâtal-sharîf [la Torah, Thora]
descendue sur Mûsâ [Moûçâ, Moïse] alaihissalâm; Le Zabûr al-
sharîf [les Psaumes] sur Dâwud [David] alaihissalâm; Injîlal-sharîf
[l’Évangile authentique] sur Isâ [Jésus] alaihissalâm et Qur’ânal-
karîm [le Coran] est descendu sur Muhammad alaihissalâm, le
dernier des Prophètes.
– 12 –
A l’époque de Nûh [Noé] alaihissalâm, une grande inondation
(Le grand Déluge) a eu lieu et l’eau a recouvert le monde entier.
Tous les gens et les animaux sur la Terre se sont noyés. Mais, Nûh
alahissalâm et les croyants montés à bord d’un navire construit par
Nûh alaihissalâm et appelé aujourd’hui " l’Arche de Noé" se sont
sauvés. Ses trois fils aussi y étaient en sa compagnie. Et comme
Nûh alaihissalâm avait pris aussi un couple de chaque espèce
d’animaux à bord de l’arche, tous les animaux se sont reproduits
de ceux-ci.
Nûh alaihissalâm avait trois fils à bord de l’arche: Sâm, Yâfes
(Japhet) et Hâm. Aujourd’hui, tous les êtres vivants sur la Terre
sont des descendants de ces trois. C’est pour cela que Hadrat Noé
est appelé le Second Père.
Ismâ’îl (Ismaël) et Ishaq (Isaac) "alaihima’s-salâm"[1] étaient
les fils de Ibrâhim “alaihissalam”. Le fils de Ishak (Isaac)
alaihissalâm était Ya’kûb [Jacob]. Le fils de Ya’kûb [Jacob]
alaihissalâm était Yûsuf [Joseph] alaihissalâm . Ya’kûb [Jacob]
alaihissalâm est appelê “Isrâîl”. C’est la raison pour laquelle, ses
fils et ses petits fils sont appelés “Banî Isrâîl” [Les Enfants
d’Israël]. Banî Isrâîl se sont accrus, et parmi eux, sont venus
plusieurs Prophètes. Mûsâ (Moïse), Hârûn (Aaron), Dâwûd
(David), Sulaymân (Salomon), Zakarîyâ (Zacharie), Yahyâ (Jean-
Babtiste), Îsâ ibn Maryam (Jésus) "alaihima’s-salâm" et même,
Hadrat Maryam, sa mère, sont des exemples. Sulaimân ’alaihi’s-
salâm était le fils de Dâwûd ’alaihissalâm. Yahyâ (Jean-Babtiste)
alaihissalâm était le fils de Zakarîyâ (Zacharie) alaihissalâm.
Hadrat Maryam était la fille de İmrân et de Hunna, la belle sœur
de Zakarîyâ (Zacharie) alaihissalâm. Hârûn (Aaron) alaihissalâm
était le frère de Mûsâ (Moïse) alaihissalâm. Yûsha’ (Joshua)
alaihissalâm était le fils de la sœur de Mûsâ (Moïse) alaihissalâm,
autrement dit, il était son neveu. La lignée de Ismâ’îl (Ismaël)
alaihissalâm était arabe et Muhammad alaihissalâm est venu
comme descendant de cette lignée arabe.
De même que Hûd (Héber) alaihissalâm envoyé comme
Prophète à la tribu des Âd, et que Sâlih (Shélah) alaihissalâm à la
tribu des Thamûd, Mûsâ (Moïse) alaihissalâm était envoyé à Banî
Isrâîl. Yûsha’ (Joshua), Hârûn (Aaron), Dâwûd (David),
Sulaymân (Salomon), Zakarîyâ (Zacharie) et Yahyâ (Jean-

[1] Paix et bénédiction soient sur eux

– 13 –
Babtiste) "alaihima’s-salâm" aussi étaient les Prophètes envoyés à
Banî Isrâîl. Mais, ils n’avaient pas de religions différentes, ils
avaient invité seulement Banî İsrâîl, enfants d’Israël, à la religion
de Mûsâ (Moïse) alaihissalâm. Bien que Zabûr [psaumes], le Livre
sacré ait été révélé à Dâwûd ’alaihi’s-salâm, il ne contenait pas les
préceptes, commandements et cultes religieux. Il n’y avait que des
prêches et de conseils. Donc, la Torah n’avait pas été abrogée ou
invalidée, tout au contraire, elle avait été raffermie. C’est la raison
pour laquelle la religion de Mûsâ alaihissalâm a duré jusqu'à
l’époque de ’Îsâ ’alaihi’ssalâm. Quand ’Îsâ ’alaihi’ssalâm est venu,
sa religion a abrogé celle de Mûsâ alaihissalâm. C’est-à-dire, la
Torah est devenue invalide. Donc, il n’était plus permis de suivre
la religion de Mûsâ alaihissalâm. Dès lors, il est devenu
indispensable de suivre la religion de ’Îsâ ’alaihi’ssalâm jusqu’à la
révélation de celle de Muhammad ’alaihi’s-salâm. Cependant, la
majorité de Banî Isrâ’îl n’a pas eu la croyance en ’Îsâ (Jésus)
’alaihi’ssalâm, il s’est obstiné et persisté dans le chemin de la
Torah. Les Nasârâ (les Nazôréens ou Nazaréens) et le Judaisme
(les Juifs) se sont séparés ainsi. Ceux qui ont eu la croyance en ’Îsâ
(Jésus) ’alaihi’ssalâm ont été appelés "Nazôréens", lesquels sont
appelés aujourd’hui Chrétiens. Ceux qui n’avaient pas la croyance
en la Prophétie de ’Îsâ ’alaihi’ssalâm et qui résistaient et
persistaient dans la mécréance, l’hérésie et dans l’erreur sont
appelés "Juifs". Les Juifs affirment toujours qu’ils sont sur la voie
de la Torah, des Psaumes ou de Mûsâ (Moussa, Moïse)
alaihissalâm. Et les Nasârâ soutiennent qu’ils suivent le chemin de
’Îsâ (Jésus) ’alaihi’ssalâm et de Injîl. Or, notre maître Muhammad
(’alaihi’s-salâtu wa’s-salâm), le maître de deux mondes, le
Prophète de tous les êtres humains et les génies est envoyé comme
Prophète pour tous les ’âlams (mondes des êtres) et sa religion,
laquelle est l’Islâm, a abrogé toutes les religions. Puisque l’ordre
de cette religion sera en vigueur jusqu’à la fin du monde, il n’est
pas permis, en aucune contrée du monde, d’être dans une autre
religion que la sienne. Aucun Prophète ne lui succédera jamais.
Heureusement, nous sommes de Sa oumma. Notre religion est
l’Islâm.
Notre Prophète Muhammad alaihissalâm est né le douzième
jour de mois de Rabî’ al-awwal qui tombait au vingt Avril en l’an
571 du calendrier grégorien, lundi matin, à la Mecque. Il est
décédé à Médine en onzième année de l’Hégire [en 632 du
calendrier grégorien]. La révélation divine lui est survenue à L’âge
– 14 –
de 40 ans; l’ange Jabrâîl (Jibrîl, Gabriel) "alaihissalâm" lui a révélé
qu’Allah LeTrès-Haut l’a choisi Prophète. En 622, il a émigré de
la Mecque vers la Médine (La Hijrah). Le vingt Septembre, le
lundi, il a atteint Quba', la banlieu de Médine. Ce jour-là est
devenu le début de l’année Hijrî solaire des musulmans. Le
commencement de l’année solaire des Adjam date six mois avant
de ce jour-là. Autrement dit, c’est le vingt-et-un Mars, le Nawroz
qui est le jour de fête traditionnelle des zoroastriens qui adoraient
le feu. Et le calendrier de l’année Hijrîlunaire a débuté le premier
jour du mois de Mouharram.
Nous croyons à tous les Prophètes. Tous sont des Prophètes
envoyés par Allah Le Tout-Puissant. Mais, quand le Qur’ân al-
karîm est descendu, les autres religions ont été abrogées. C’est la
raison pour laquelle, il n’est plus permis de suivre l’une de celles-
là. Et les chrétiens, eux aussi, croient à tous les Prophètes passés,
mais ils deviennent mécréants, infidèles, et ils s’égarent du droit
chemin parce qu’ils n’admettent pas, ne croient pas que
Muhammad alaihissalâm est le Prophète pour tous les êtres
humains. Quant aux juifs, ils sont plus loin de l’Islâm parce qu'ils
ne croient non plus en Jésus (Isâ' alaihissalâm).
Comme les Juifs et les Chrétiens ont la croyance que leurs
livres existants- interpolés et altérés aujourd’hui- sont les mêmes
depuis qu’ils ont été envoyés du ciel, ils sont appelés "Gens du
Livre" (Ahl al-kitâb, mais infidèles du Livre). Il est permis de se
marier avec leurs filles et de manger de la viande des animaux
qu'ils ont abattus [s'ils ont mentionné le nom de Dieu pendant
l’abattage]. [Cependant, il est makrouh (acte religieusement
déconseillé). Quant au mariage d’une musulmane avec l’un de
ceux-ci, c’est un acte défendu en Islâm. Car, si une musulmane
avait l’intention de se marier avec l’un de ceux-ci ou avec un
murtad (une personne ayant abandonnée l’Islâm, un apostat) elle
aurait mésestimé, méprisé la religion de Muhammad alahissalâm.
Et une musulmane qui méconnaissait l’Islâm, elle aurait
abandonné la religion et elle serait une murtad (renégate,
apostate); donc, cela serait un mariage entre les deux mécréants].
Quant aux ceux qui ne croient en aucun Prophète, ou même
s’ils en croient, ceux qui adorent un Prophète en croyant que ce
Prophète-là ou certaines créatures ont des "attributsdeDivinité"
et les polythéistes, les associateurs, les renégats, apostats sont tous
appelés mécréants sans un livre céleste. Il est précisé que les
– 15 –
"impies" (Moulhid) aussi sont des incrédules sans livres célestes. Il
n’est pas permis de se marier avec leurs femmes ou de manger de
la viande des animaux qu’ils ont abattus.
’Îsâ [Jésus] ’alaihi’ssalâm a choisi douze disciples parmi ses
compagnons pour répandre sa religion après lui-même. Ce sont
appelés Hawâriyyoûn [les Apôtres]. Ce sont: Sham’un [Simon
nommé Pierre], Yuhannâ [Jean], Ya’qûb [Jacques le Majeur],
Andréas [André], le frère de Pierre, Philipus [Philippe], Thomas,
Bartholomaus [Barthélemy, Bartholomée], Metiyyâ [Mathieu],
Ya’qûb [Jacques le Mineur], Barnabas [Barnabé], Yehouda [Judas
Iscariote] et Thaddaeus [Thaddée, Jude]. Dans quelques ouvrages,
il est cité le nom Simon au lieu de Barnabas. Judas est devenu un
hérétique et Mathias est nommé Apôtre pour remplacer. Pierre
était le leader des Apôtres. Ces douze croyants ont diffusé partout
la religion de ’Îsâ [Jésus] ’alaihi’ssalâm à la suite de son ascension
quand il avait trente trois ans. Cependant, la propagation correcte
de la religion révélée par Allah Le Très-Haut a duré quatre-vingt
ans. Puis, la fausse doctrine, les révolutions et les principes de Paul,
un sectateur, un faux apôtre et compagnon de Pierre, ont été
disséminés partout. Paul [Bolus] était un prosélyte, un converti
juif. Il feignait de croire ’Îsâ [Jésus] ’alaihi’ssalâm. Ce sectateur et
hérétique, déguisé en apôtre faisait semblant d’être un grand
savant religieux. Il a forgé ce mensonge que "’Îsâ [Jésus]
’alaihi’ssalâm était le Fils de Dieu, c'est la raison pour laquelle, il
avait des attributs divins". Il a affabulé d’autres théories. Il a rendu
la sentence que le vin et la viande de porc n’étaient pas défendus.
Il a retourné leur qiblâ de Kaa’ba vers l’Est où le soleil se levait. Il
a prétendu que la Personne (dhât, essence) de Dieu n’était qu’une
et Ses attributs étaient trois. Ces attributs sont appelés
"hypostase" (uqnoum). Ces principes de ce Juif hypocrite ont été
insérés dans les quatre premiers livres écrits et appelés Évangiles,
notamment dans l’Évangile de Luc, et en conséquence, les
Nazôréens se sont divisés en sectes. Ceux qui avaient la foi qu' ’Îsâ
[Jésus] ’alaihi’ssalâm avait ses attributs divins sont devenus
polythéistes. Soixante douze sectes et écrits différents ont paru.
Au cours du temps, plusieurs sectes sont oubliées et à présent, il
existe trois grandes sectes. Plusieurs d’entre elles sont associatrices
(presque polythéistes, mushriq).
[Un prêtre appelé Anselm Turmeda dans l’île de Majorque,
l’une des îles Baléares en Espagne et qui avait pris le nom
Abdallah ibn Abdullah at-Tarjumân par la suite de sa conversion
– 16 –
à l’Islâm à Tunis a écrit son ouvrage intitulé en arabe "Tuhfatal-
arîbfi-raddalâahlas-salîb" [sa traduction française: "Le Présent
de l’Homme lettré pour réfuter les partisans de la Croix"] en 823
de l’Hégire [en 1420]. Cet ouvrage a été imprimé en 1872 [en 1290
de l’Hégire] à Londres et en 1981 [en 1401 de l’Hégire] à Istanbul
par Hakîkat Kitâbevi. Il a été publié en arabe avec l’ouvrage
intitulé Al-Munqidh min al-Dalal [Erreur et délivrance] d'al-
Ghazali et il a été traduit aussi en turc. Abdallah at-Tarjumân écrit
dans son ouvrage cité ci-dessus comme le suivant:
"Les quatre livres cités ci-dessus ont été écrits par St. Matthieu,
St. Luc, St. Marc et St. Jean. Ceux qui ont altéré, modifié
premièrement l’Evangile et qui ont transformé les Nazôréens en
polythéistes sont ceux-ci. Matthieu, un Palestinien, n’avait vu que
’Îsâ [Jésus] ’alaihi’ssalâm lors de l’année de son ascension, il a écrit
le premier Évangile huit ans après l’ascension de ’Îsâ [Jésus]
’alaihi’ssalâm. Il y a narré des événements extraordinaires et
étonnants survenus lors de la naissance de ’Îsâ [Jésus]
’alaihi’ssalâm en Palestine et comment sa mère Hadrat Mariam
[Marie de Nazareth] l’avait emmené en Egypte quand Hérode
(Hérode le Grand), l’empereur juif voulait massacrer les
innocents. Hadrat Mariam est décédée six ans après l’ascension de
son fils; elle est enterrée à Jérusalem. Luc (Luc l'évangéliste ou
saint Luc) est né à Antioche (Antakya). Il n’a jamais vu ’Îsâ [Jésus]
’alaihi’ssalâm. Il était un compagnon de Paul (Bolus) et il a été
converti à la foi de Christ par l’hypocrite Paul après l’ascension de
’Îsâ [Jésus] ’alaihi’ssalâm. Inculqué des idées venimeuses par Paul,
il a écrit un Évangile en altérant entièrement le livre divin. Marc,
surnommé Marcus aussi est l’un des convertis au christianisme par
l’apôtre Pierre après l’ascension de ’Îsâ [Jésus] ’alaihi’ssalâm. Il a
écrit à Rome ceux qu’il a entendus de Pierre et il est ainsi l’auteur
de l'Évangile selon Marc. Finalement, Jean, cousin de ’Îsâ [Jésus]
’alaihi’ssalâm et l’auteur de l’Évangile selon Jean, il l’avait vu
quelques fois. Il y a plusieurs passages contradictoires dans ces
quatre Évangiles"]. Dans les deux ouvrages intitulés "Diyâ' al-
qulûb" et "Shamsal-haqîqa", écrits par Is’hâk Effendi de Harput,
décédé en 1309 de l’Hégire [en 1892], et dans les ouvrages, "As-
sirâtal-mustaqîm", écrit en arabe par Haydarî-zâda Ibrâhîm Fasîh
Effendi, décédé en 1299 [en 1779] à Istanbul et "Mizân al-
Mawazîn", écrit en persan par Najaf Alî Tabrîzî et imprimé en
1288 [en 1871] à Istanbul, et aussi dans l’ouvrage "ar-radd al-
Jamîl", écrit en arabe par Imâm al-Ghazalî, imprimé en 1959 à
– 17 –
Bayrût[1], il est démontré que les livres religieux appelés à présent
Évangiles ou Bibles étaient entièrement interpolés et que la
majorité de ceux qui avaient la foi à ces ouvrages devenaient des
associateurs, polythéistes.
Un Évangile de Barnabas [Barnabé] qui a écrit ce qu'il a vu et
entendu exactement de la bouche de ’Îsâ [Jésus] ’alaihi’ssalâm, a
été découvert et il a été publié en anglais en 1973 au Pakistan. Il
est cité comme le suivant dans l’ouvrage "Kâmûs al-a’lâm"
[Dictionnaire Universel d’Histoire et de Géographie]: "Barnabé
était l’un des premiers Apôtres. Il était le cousin germain de Marc
l’évangéliste. Il était un Chypriote. Il est devenu le compagnon de
Paul [Bolus ou Paul de Tarse] le sectateur, et ils ont voyagé
ensemble en Anatolie et en Grèce. Il a été martyrisé dans l’île de
Chypre en 63 selon le calendrier grégorien. Il a écrit un Évangile
et quelques autres œuvres. Considéré comme saint et apôtre par
l'Église catholique romaine comme par les orthodoxes, il est
liturgiquement commémoré le 11 juin".
Les religieux chrétiens sont les "Prêtres" et les membres du
clergé. Chez les orthodoxes, le titre honorifique et juridique
suprême dans la hiérarchie épiscopale, c’est le patriarche. Les
ecclésiastiques de rang hiérarchique intermédiaire sont appelés
"Pasteurs". Récitants qui lisaient ou chantaient le récit de
l'Évangile aux messes solennelles sont appelés "Evangélistes".
Ceux qui sont de rang hiérarchique plus élevé que ceux-ci, ce sont
les "Abbés" et les "Prêtres". Ces jurisconsultes sont leurs muftis.
Ceux qui sont de rang hiérarchique plus élevé que ceux-ci, ce sont
les "Évêques" ou "Pontifes". Les évêques ayant le rang plus élevé
sont les "Archevêques" ou les "Métropolites" ou "Prélats". Ces
dignitaires sont des juges spirituels. Ceux qui dirigent les pratiques
religieuses dans l’église comme messes, rites, cultes sont appelés
"Clercs", au-dessous de ceux-ci les "Curés", les "Archidiacre", les
"Diacres". Ceux qui servent dans l’église sont appelés "Ermites"
ou "Cénobites". Ceux-ci sont comme les auxiliaires, les assistants
religieux qui dirigent les fidèles en matière des pratiques
religieuses. Ceux qui s’occupent seulement des cultes sont appelés
"Moines". Le chef de l’Église catholique est le Pape (le père des
pères). Il est le titulaire du siège de Rome. Et les dignitaires
ecclésiastiques chargés d’assister le pape dans le gouvernement

[1] Ces trois ouvrages ont été reproduits en offset en 1986 par la maison
d’édition Hakîkat Kitabevi.

– 18 –
des affaires de l'Église sont appelés "Cardinaux".
Tous ces ecclésiastiques ont oublié l’unicité d’Allah Le Très-
Haut. Ils ont inventé et adopté une doctrine désignée la "Trinité"
selon laquelle Jésus était le Fils de Dieu et que Dieu existait en
trois personnes. Ils sont devenus ainsi des associateurs,
polythéistes. Ensuite, à l’époque de Claudius II, (215-271), (dit
Claude le Gothique), empereur romain, Jonas Shammas, le
patriarche d’Antioche a proclamé qu’Allah est UN. Il a remis
beaucoup de gens dur le droit chemin. Ces gens-là sont devenus
des Gens du Livre. Mais les ecclésiastiques succédant ont réitéré
adorer trois Dieu. Constantin le Grand [274-337] a introduit aussi
l’idolâtrie dans la religion de ’Îsâ [Jésus] ’alaihi’ssalâm. En 325, il a
réuni 318 évêques de toute la chrétienté à Nicée (Concile de Nicée,
le premier concile œcuménique et spirituel) et il a instauré un
nouveau dogme, une nouvelle religion chrétienne au concile de
Nicée. Au concile de Nicée, un prêtre d'Alexandrie nommé Arius
s'est mis à prêcher qu’Allah est Unique et que Hadrat Î’sâ [Jésus]
était né homme et il n’était pas Fils de Dieu. Mais, le patriarche
Alexandre d'Alexandrie qui présidait le concile a excommunié
Arius, c'est-à-dire exclu de l'Église. Constantin le Grand qui a
ordonné l’exil d’Arius, a condamné l’arianisme et a déclaré
qu’Arius était un incrédule. Comme il est écrit dans l’ouvrage "al-
Milaletal-Nihal" (Religions et les sectes) et dans l’ouvrage qui est
une chronique universelle intitulée Al-Majmu' al-Mubarak (la
Collection bénie) écrit par Djirdjīs ibn al-'Amid (Georges
Elmacin), né au Caire en 1205 et mort à Damas en 1273 [601-671
de l’Hégire], un historien de langue arabe et de religion
chrétienne, que Constantin le Grand a instauré aussi les principes
de la secte nommée "Malakâiyya" [Melchites, Melkites]. En 381,
le second concile fut réuni à Istanbul pour débattre de la croyance
de l’évêque Macdonius de Constantinople qui refusait la
déification de l’Esprit Saint et qui répétait que "l’Esprit Saint est
une création, il ne peut être une hypostase différente", et
Macdonius fut condamné et excommunié. En 395, l’Empire
Romain fut divisé en deux. En 421, un troisième concile s’est réuni
à Istanbul pour scruter l’œuvre de Nestorius, Patriarche de
Constantinople [Istanbul]. Il affirmait la distinction entre la nature
humaine et la nature divine du Christ, refusait à Marie le titre de
theotokos (mère de Dieu) et ne voyait en elle que la mère d'un
homme. Nestorius disait: «Jésus [’Îsâ ’alaihi’ssalâm] est une
création humaine. On ne peut pas l’adorer. Il y a deux hypostases.
– 19 –
Dieu est Un. Parmi Ses attributs de l’Existence, de la Vie et de
l’Omniscience, celui de la Vie est l’Esprit Saint [Roh Al-Quds];
Son attribut "l’Omniscience" [la parole, le Verbe de Dieu] a
pénétré en Jésus et il est Dieu. Marie n’est pas la mère de Dieu.
Elle est la mère d’un homme. Je refuse de voir un Dieu formé dans
le sein d'une femme! Jésus est le fils de Dieu». Mais c’était une
position dualiste, à laquelle s’opposait l’école d'Alexandrie
représentée par Cyrille. La croyance de Nestorius acceptée par les
Chrétiens a pris la forme de nestorianisme et le nestorianisme s’est
répandu en Orient. En 431, la convocation faite pour un nouveau
concile d’Éphèse. Ce Concile était convoqué par l'empereur
romain de Constantinople Théodose II. Les idées et la vision de
Dioscorus d’Alexandrie y ont été approuvées. Le concile a
condamné le nestorianisme comme hérésie, et anathématisé et
déposé Nestorius comme « hérésiarque » et « impie ». Nestorius
est mort en 439 en Egypte. Un cinquième concile convoqué par
l'empereur byzantin Marcien (Markianus) a réuni 734 évêques à
Chalcédoine (aujourd'hui Kadiköy) en 451 et il est nommé Le
concile de Chalcédoine où les textes de Dioscorus, patriarche
d’Alexandrie ont été rejetés. Dioscore (Dioscorus) a été
excommunié avec ses adhérents et déposé de son siège. Les idées
de Dioscorus étaient nommées « le monophysisme », une doctrine
christologique qui affirmait que "le Fils [Jésus] n'a qu'une seule
nature et qu'elle est divine, cette dernière ayant absorbé sa nature
humaine". Un autre nom de monophysisme était la secte
"Jacobite", car le nom vrai de Dioscorus était Jacob (Jacques).
L’empereur byzantin Marcien a approuvé la condamnation et le
refus du monophysisme de Dioscorus et il l’a publié pour toutes les
Églises. Dioscorus s’est enfui et il a répandu sa secte en Egypte et
à Jérusalem. Plusieurs de ceux-ci sont aussi des polythéistes. Ils
rendent leur culte à Jésus [’Îsâ ’alaihi’ssalâm]. A présent, les
Syriaques et les Maronites de l’Iraq, en Syrie et au Liban sont de
la secte Jacobite, dite aussi de l’Église jacobite.
La doctrine et la secte acceptées au Concile de Calcédoine et
approuvées par le roi Marcien sont nommées "Malakâiyya", dites
"Melkites" (du syriaque malik, "roi") ou l’Église melkite. La
branche de l’Eglise d’Antioche qui est demeurée fidèle à
Chalcédoine fut appelée aussi «melkite ». La secte acceptée au
premier concile de Nicée est aussi similaire à Melkite. Le
continuateur légitime du tronc commun est le patriarcat
d’Antioche. Les Melkites utilisent "la Parole" ou "le Verbe de
– 20 –
Dieu" pour l’attribut divin d’omniscience et "le Saint-Esprit" pour
l’attribut divin de la vie. Selon eux, quand ces deux attributs
s’unissent à la personne, c’est "l’hypostase" (uqnoum). Il y a en
Dieu trois hypostases. L’hypostase de l’existence, c’est le Père.
Jésus est Son Fils. Ils ont attribué aussi de la divinité à la Marie. Ils
nomment ’Îsâ ’alaihi’ssalâm "Jésus-Christ".
L’ouvrage intitulé "İzhâr-al-haq" (Manifestation de la vérité)
de Rahmatullah Effendi de Delhi (al-Hindî) "rahmat-Allâhi ta’âlâ
’aleih" et l’ouvrage intitulé "Dıyâ-ul-qouloub" (Lumière des
cœurs) écrit en turc par Ishaq Effendi de Harput expliquent en
détail les soixante-douze sectes dans le Christianisme. Cet ouvrage
ci-dessus a été imprimé en turc en 1987 à İstanbul et sa traduction
anglaise publiée sous le titre de "Couldnotanswer" en 1990. Et
l’ouvrage intitulé "İzhâr-al-haq" a été imprimé en langue arabe en
1280 de l’Hégire [en 1864] à Istanbul. Rahmatullah Effendi écrit
en détail dans son ouvrage cité ci-dessus les deux débats organisés
entre lui et les prêtres chrétiens en 1270 de l’Hégire [en 1854] en
Inde, puis à Istanbul et comment il l’emporte sur eux. Il y a des
renseignements détaillés sur ces discussions, insérés dans l’ouvrage
"Saif al-abrâr", écrit en persan et imprimé à Istanbul. Le livre
"Izhâr-al-haq" comprend deux parties dont la première est
traduite en turc par Nuzhet Effendi, le secrétaire en Chef du
Ministère de l’Education, et imprimée à
Istanbul sous le titre "İzâh-ul-haq". La seconde partie est
traduite en turc par Sayyid Omer Fehmi bin Hasan en 1292 de
l’Hégire (en 1875) et imprimée en 1293 de l’Hégire [en 1876] à
Bosnie sous le titre de "Ibrâz-ul-haq".
Toutes les églises et les sectes dépendaient du Saint-Siège à
Rome jusqu’en 1054 [446 de l’Hégire] où la séparation des églises
appelée le Grand schisme de 1054 a eu lieu. Plusieurs d’entre eux
sont devenus polythéistes. Ils étaient appelés catholiques. En 1054,
le patriarche Michel Cérulaire [Michael Cerularius], le patriarche
d’Istanbul, s’est refusé à reconnaître la primauté de Rome et il a
séparé les Églises d’Orient. Il s’est mis à gouverner lui-même les
Église d’Orient. Ces églises sont appelées "Orthodoxes". Elles
sont de la secte "Jacobite" [Ya’qûbiyya]. En 1517 [923 de
l’Hégire], un prêtre allemand nommé Luther a défié l'autorité
papale de Rome. Sa doctrine religieuse s’est répandue d’abord
dans les principautés voisines, puis un certain nombre d’églises l’a
reconnu. Ce sont appelées "ÉglisesProtestantes"]
– 21 –
Il est évident que plusieurs chrétiens sont des polythéistes et ils
sont inférieurs aux juifs. Ils subiront des châtiments plus rigoureux
dans l’au-delà parce qu’ils ne croient non plus à Muhammad
alaihissalâm et ils débordent les limites divines en croyant à la
Trinité. Ceux qui déifient, divinisent ou apothéosent ou adorent
Jésus [’Îsâ ’alaihi’ssalâm] et sa mère Hadrat Marie sont des
polythéistes. Ils mangent aussi de la viande devenue charogne
[Toutes les religions célestes ou du Livre ont des prescriptions
pour les manières d’abattre un animal comestible. Si l’abattage
n’est pas effectué selon les prescriptions de la religion, l’animal
abattu serait impure, une charogne]. Quant aux Juifs, ils ne
rejettent que les deux Prophètes "alaihimassalavatu wa’t-taslimat"
[La paix et les prières soient sur eux]. Mais, ils croient en un Allah
Le très-Haut et ils ne mangent pas de viande devenue impure et
charogne. Cependant, ils ont plus d’inimitié contre l’Islâm. Bien
qu’un certain nombre des Juifs devienne polythéiste en disant
"Uzair (Esdras] était le fils de Dieu" comme les Chrétiens, la
grande majorité des Juifs n’est pas polythéiste. Les orthodoxes, les
catholiques et les protestants lisent des Bibles différentes et ils
prétendent qu’ils sont adhérents de Jésus [’Îsâ ’alaihi’ssalâm]. Par
contre, ils ont des schismes en matière de confession et de culte.
Tous sont appelés Nazôréens et Chrétiens. Ceux qui acceptent
Jésus [’Îsâ ’alaihi’ssalâm] comme Prophète sont nommés "Gens du
Livre". A présent, il n’y a pas de Chrétiens qui sont des Gens du
Livre. Comme ils ne croient pas à Muhammad alaihissalâm et
comme ils ne l’acceptent pas comme Prophète, ils sont tous des
infidèles. Les Juifs se nomment eux-mêmes Mosaïques [Fidèles du
Mosaïsme; ceux qui observent la Loi de Moïse (Moussa
"alaihissalâm")]. [Dans l’Encyclopédie des religions de deux
volumes, publié en 1997 en France, il est cité que la population
mondiale en 1995 est estimée à 4,6 milliards d'habitants dont 1
milliard 60 millions musulmans, 1 milliard 870 millions chrétiens
[parmi ces derniers, 1 milliard 42 millions catholiques, 505 millions
protestants et 174 millions orthodoxes], 14 millions Juifs et 1
milliard 606 millions incroyants ou polythéistes qui ne professent
aucune religion et qui ne croient en aucun Prophète].
Quand notre Prophète "alaihis’salatu was’salam" [Que la
prière et la paix soient sur lui] a honoré l’autre monde de sa
présence à l’onzième année de l’Hégire, Abu Bakr As-Siddiq
"radi’Allahu anhu" [Qu’Allah Le Très-Haut soit satisfait de lui]
est devenu Calife. Il est décédé à l'âge de 63 ans en treizième
– 22 –
année de l’Hégire. Après lui, Omar Al-Fârouq "radi’Allahu anhu"
[Qu’Allah Le Très-Haut soit satisfait de lui] a été désigné le Calife.
Il a été martyrisé à l'âge de 63 ans la vingt-troisième année de
l’Hégire. Après lui, ’Uthmân Dhi’annourayn "radi’Allahu anhu"
[Qu’Allah Le Très-Haut soit satisfait de lui] a été désigné Calife. Il
a été martyrisé la trente-cinquième année de l’Hégire à l’âge de 82
ans. Puis, Alî "radi’Allahu anhu" [Qu’Allah Le Très-Haut soit
satisfait de lui] est devenu Calife. Il a été martyrisé à l’âge de 63
ans la qurantième année de l’Hégire. Ces quatre Califes sont
nommés "Khoulafā ar-rāshidîn" [les Califes bien guidés]. De
même qu’à "Asr al-sa’ada" (l'ère de félicité; le temps de
Muhammad alaihissalâm) "Ahkâmal-Islâmiyya", la Loi islamique
s’y était accomplie d’une manière correcte et que le droit, la justice
et la liberté florissaient partout, de même l’époque de ces quatre
Calife a été florissante et la Loi était exactement en vigueur. Ces
quatre Califes sont plus éminents que tous les Compagnons
(Ashâb al-kirâm). La supériorité de l’un par rapport à l’autre est
par ordre de succession califale.
Pendant le califat de Abu Bakr As-Siddiq "radi’Allahu anhu"
les Musulmans sont sortis de la péninsule Arabique. Après que
notre Prophète, Rasoul al-akram, le Messager le plus généreux,
"sall’Allahu 'alaihi wa sallam" [la paix et la bénédiction d'Allah
taâlâ soient sur lui] a honoré l’autre monde de sa présence, des
rébellions ont éclaté dans la péninsule. Abu Bakr As-Siddiq
"radi’Allahu anh" a réprimé la rébellion, il a fait cesser tous les
désordres éclatés dans la péninsule. Il s’est occupé de l’instruction
des apostas. Il a restauré l’unité comme elle avait été au temps de
félicité [Asr al-sa’âda]. Quand Omar "radi’Allahu anhu" est
devenu Calife, il a délivré la khutba (sermon, allocution) ci-
dessous et il a encouragé Ashâb al-kirâm (les Compagnons) pour
faire jihâd et ghazâ:
"Ô Compagnons du Messager! [radi-Allâhu ta’âlâ ’anhum
ajma’în] L’Arabie ne peut fournir d’orge que pour vos chevaux.
Or, Allah ta’âlâ a promis à Son Prophète bien-aimé qu’IL
donnerait des contrées, des pays dans tous les côtés de la Terre à
l’oumma de Muhammad ’alaihi’s-salâm. Où sont-ils les guerriers,
les combattants, les conquérants qui voudront acquérir du butin de
guerre dans le monde et le rang distingué du martyr dans l’autre en
conquérant ces contrées promises ? Où sont les anciens
combattants de l’Islâm à sacrifier leur vie et leur corps et prêts à
quitter leur patrie pour la cause de religion et pour arracher les
– 23 –
serviteurs humains d'Allâhu ta’âlâ aux griffes des tyrans ?". Et
voilà, c’est ce discours-là de Hadrat Omar "radi’Allahu anhu" qui
a donné lieu à l’élargissement rapide des contrées musulmanes sur
les trois continents et à la délivrance des millions d’hommes de la
mécréance. C’est sur ce discours-là que Sahâba al-kirâm
(’alaihimu’r-ridwân) ont fait serment unanimement de faire jihâd
et de combattre pour l’Islâm jusqu’à la mort. Ils ont formé des
armées comme le Calife a commandé et les croyants sont sortis de
l’Arabie en quittant leur pays, leur maison et se sont étendus dans
toutes les contrées du monde. Plusieurs d’entre eux ne sont pas
revenus et ils ont fait jihâd jusqu’à leur dernier souffle là où ils se
sont rendus. Plusieurs contrées ont été conquises tellement en peu
de temps. À cette époque-là deux grands empires régnaient:
l’empire romain et l’État perse. Les musulmans ont vécu tous les
deux. En particulier, l’État perse a été entièrement effondré et
toutes ses contrées sont entrées en possession des Musulmans. La
population de ces contrées s’est honorée d’embrasser l’Islâm. Tous
ces peuples ont atteint la paix dans le monde et la félicité éternelle
dans l’au-delà. De même, ces ghazâ ont duré à l’époque des califats
de ’Uthmân et de ’Alî "radi’Allâhu’anhumâ". Mais, pendant le
califat de ’Uthmân "radi’Allâhu’anhu", des opposants au Calife
sont apparus ils l’ont martyrisé. Lors du califat de Alî
"radi’Allâhu’anhu", des querelles Khârijites ont éclaté. Et les
musulmans sont entrés en divergence. Le principe de la victoire et
de la conquête se basait sur l’union et le consensus, mais comme il
n’en existait pas à cette période-là, ils n’ont pas pu faire des
conquêtes autant que celle de Omar "radi’Allahu anhu".
L’époque de Khoulafā ar-rāshidîn [les quatre premiers califes]
a duré trente ans. Ces années-là se sont passées dans la prospérité
et dans la félicité comme le temps de notre Prophète ’alaihi’s-
salâm. Après eux, plusieurs bid’ah et chemins hérétiques sont
apparus parmi les musulmans et beaucoup de croyants se sont
égarés du droit chemin. Seul ceux qui avaient la foi comme celle de
Sahâba al-kirâm "radi’Allâhu ta’âlâ ’anhum ajma’în" et qui se
soumettaient aux préceptes de l’Islâm et qui les observaient
comme eux se sont sauvés. Ce chemin est nommé "Ahlas-Sunnat
wa’l-Jamâ'a". Un savant Ahl al-sunna voudrait dire un docteur, un
spécialiste éminent en sciences religieuses, en jurisprudence de
l’une de quatre écoles juridico-islamiques [madhab]. C’est le seul
chemin droit. Le droit chemin que les savants de Ahl al-sunna
"rahmatullâhi ta’âlâ alaihim ajma’în" montre, c’est le bon chemin
– 24 –
de notre Prophète alaihi’s-salâm et de Ashâb al-kirâm
"radi’Allâhu ta’âlâ ’anhum ajma’în". Au cours du temps, les
chemins égarés sont oubliés. A présent, la plupart des pays
musulmans sont sur ce droit chemin de l’Islâm sunnite. C’est
seulement le Chî’isme, fondé par un juif nommé Abdullah ibn
Saba qui enfreint Ahl al-sunna wa’l-Jamâ’a. Selon les Chî’ites,
"l’ayant-droit du Califat était Alî "radi’Allahu anh", mais Abû
Bakr et Omar "radi’Allahu anhuma" ont usurpé son droit". Ils
calomnient ainsi plusieurs Compagnons.
[Aujourd’hui, ceux qui sont appelés Musulmans et connus
Oumma’t al-Mouhammadiyya se composent de Ahl al-sunna
(Islâm sunnite), des Chîites et des Wahhabites. Le mouvement des
impies connu sous le nom Ahmadiyya ou Qadianisme vu le jour en
Inde sous la houlette des Britanniques et autres mouvements anti-
islamiques comme le Bahaïsme et le "Tablighi Jama’at" ou
"Jama’at al-Tabligh" n’ont aucun rapport, aucune relation,
aucune appartenance ni dépendance à l’Islâm. Ces trois groupes
sont hors Islâm ainsi que Ahlal-sunna.]
En ce qui concerne les questions de jurisprudence, autrement
dit les actes et les prières, l’Islam sunnite (Ahl al-sunna wa'l-
djama‘a) se divise en quatre grandes écoles juridico-islamiques
(Madhhab). La première des ces grandes écoles est la "Madhhab
Hanafite" de Imâm al-a'zam 'Abu Hanifa Al-Nu'man Ibn Thabit
"rahmatullâhi ’alaiyh". Hanif signifie une personne qui croit
correctement, qui s’attache à l’Islâm. Abû Hanifa veut dire père
des vrais Musulmans. Sinon, İmâm al-a'zam n’avait pas une fille
nommée "Hanifa". La deuxième grande école de l’Islâm sunnite
est la "Madhhab Mâlikite" de Mâlik ibn Anas "rahmatullâhi
’alaiyh". La troisième grande école est la "MadhhabChaféite" de
Imâm Mouhammed ibn Idrîs aš-Châfi’î "rahmatullâhi ’alaiyh",
descendant de Hadrat Châfi, un Compagnon. C’est pourquoi lui et
son école sont appelés Chafi'îte. La quatrième grande école de
l’Islâm sunnite est la "Madhhab Hanbalite" de Ahmed Ibn
Hanbal "rahmatullâhi ’alaiyh". Il est écrit dans la préface du livre
" Radd al-mukhtâr", écrit par Ibn ’Âbidîn, qu’Imam al-A’zam
était né en 80 de l’Hégire et décédé en 150 de l’Hégire [en 767 de
l’ère chrétienne]; Mâlik en 90, décédé en 179 de l’Hégire; Chafi’î
en 150, décédé en 204 et Ahmed en 164, décédé en 241 de l’Hégire,
"Rahmatullâhi ’alaiyhim".
Quiconque veut apprendre le chemin de Ahl al-sunna devra
– 25 –
lire des livres de l’une de ces grandes écoles de l’Islâm sunnite.
Ces quatre grandes écoles juridico-islamiques sont unanimes
sur les fondements de la croyance. Toutes les quatre sont de
l’Islâm sunnite. Leur croyance, leur foi, le fondement de leur
religion sont identiques. Ces quatre grands Imâms sont des
mujtahids éminents reconnus par les musulmans. Et ces quatre
grandes écoles ont divergé seulement sur des questions de
jurisprudence. Elles se reconnaissent mutuellement comme
valides et véridiques, et les différences qui les caractérisent sont
relativement minimes.
Comme Allahu taâlâ et Son Prophète "sallallahu ta’âlâ 'alayhi
wa sallam" (Que la paix et bénédiction soient sur lui) ont pitié les
croyants, il n’est pas clairement défini dans le Qur’ân al-karîm et
hadiths charif comment pratiquer ou exécuter certains actes. [Car,
si la pratique ou l’exécution de certains actes y avaient été définies
explicitement ou d’une manière formelle, il aurait été obligatoire
(fardh, fard) ou sunna de les accomplir comme elles ont été
indiquées. Alors, ceux qui ne les accomplissaient pas seraient des
pécheurs et ceux qui n’accordaient pas d’importance aux fards
(préceptes obligatoires, ordonnances divines) et à la sunna
seraient mécréants. La vie serait trop difficile pour les
musulmans.]
En ce qui concerne les questions de jurisprudence comme
accomplissement de certains actes, on établit une analogie, une
déduction ou une interprétation avec celles qui ont été déjà
énoncées et il faudrait ainsi exécuter les obligations, les préceptes
selon ce procédé. Parmi les savants religieux, ceux qui sont très
capables d’interpréter, d’établir une analogie ou de tirer des
déductions sur l’effectuation des actes sont appelés "Mujtahid". Il
est wajîb (nécessaire) pour lui et pour ceux qui le respectent, d’agir
selon son interprétation déterminée par voie de déduction à la fin
des efforts de réflexion de l’ijtihad et selon sa supposition la plus
proche d’une bonne résolution en ce qui concerne la question de
l’accomplissement d’un acte. C’est que le Qur’ân al-karîm et les
hadiths charif commandent le faire ainsi. Si le mujtahid établit une
déduction ou interprétation erronée pendant son effort de
réflexion de l’ijtihad sur la résolution d’une question, il ne tombera
pas dans le péché; tout au contraire, il aura une récompense
(thawâb). Il sera récompensé de son effort. Car, Allah Le Tout
Puissant a ordonné à l’homme de travailler autant que faire se
– 26 –
peut. Si le mujtahid établit une déduction erronée, il aura une
thawâb pour son effort. Si son interprétation est correcte, il aura
dix thawâb. Tous les Compagnons (Ashâb al-kirâm) "radiy-Allâhu
ta’âlâ ’anhum ajma’în" étaient mujtahids, grands savants. Parmi
ceux qui sont venus après eux, précédemment, il y avait beaucoup
de grands savants capables de faire ijtihâd et plusieurs musulmans
suivaient l’idjtihad de chacun d’eux. Avec le temps, un grand
nombre de ceux-ci a été oublié et ce ne sont que ces quatre
madhhabs qui ont survécu dans la croyance Ahl al-sunna. L’Ahl
al-sunna n’a suivi que ces quatre grandes écoles pour éviter d’une
émergence éventuelle des hommes quelconques en guise de
mujtahid qui pourraient fonder des sectes hérétiques. Des millions
de gens de l’Islâm sunnite ont suivi toujours le chemin de l’une de
ces quatre grandes écoles. Comme les fondements de la croyance
de ces quatre grandes écoles Ahl al-sunna sont identiques, elles se
reconnaissent mutuellement comme valides et véridiques et elles
ne se jugent non plus comme hérétiques ou déviées. Un Musulman
Ahl al-sunna pense que ces quatre grandes écoles sont sur le droit
chemin et que sa propre école est probablement plus correcte.
Quand même, il y a la probabilité que l’interprétation de son école
sur une question soit erronée et que celle de l’une de trois écoles
soit correcte en ce qui concerne des actes ou questions à
déterminer seulement par interprétation (ijtihad) ou qui devraient
être accomplis selon l’ijtihad, car il n’y a pas de bases scripturaires
explicites de l'Islâm sur certains actes et matières. C’est la raison
pour laquelle, il vaut mieux pour tout musulman Ahl al-sunna de
raisonner comme « mon école que je suis en train de suivre est
correcte, mais il y a aussi la probabilité qu’elle soit erronée;
pareillement, les trois autres écoles sont erronées, mais il y a aussi
la probabilité qu’elles soient correctes » sur de telles questions qui
n’ont pas de bases scripturaires explicites. Donc, il n’est pas permis
d’entremêler les quatre écoles en pratiquant un certain acte selon
une école et un autre acte selon une autre, à moins qu’il n’y ait une
difficulté, une nécessité indispensable. Une personne doit
apprendre les principes de l’école qu’elle a choisie, elle doit agir en
se soumettant à cette école-là dans le domaine de l’exécution de
ses actes, à moins qu’elle n’ait une difficulté.
[Cependant, s’il y a une difficulté à accomplir un acte, en
d’autres termes, si on ne pouvait pas effectuer un acte selon sa
propre école, alors il est permis de le faire en suivant, en imitant
une autre de ces quatre écoles. Mais, il faut observer aussi les
– 27 –
conditions de la seconde école en ce qui concerne les pratiques
obligatoires (fards) et les pratiques qui rompent la prière (mufsid).
Il est écrit dans le chapitre intitulé "Nikâhal-rij’î" de l’ouvrage de
Ibni Abidin que les docteurs Hanéfites ont émis une fatwa
(sentence jurisprudentielle) qu’on pourrait imiter l’école Mâlikite
dans ces cas-là.]
Plusieurs docteurs ont dit que l’école Hanafite était plus
véridique. C’est la raison pour laquelle, l’école hanafite s’est
implantée dans la plupart des pays musulmans. Presque les
Musulmans du Turkestan, de l’Inde et de l’Anatolie sont tous
Hanafites. Ceux de l’Afrique-ouest sont entièrement Mâlikites. Il
y en a aussi dans quelques régions côtières de l’Inde. Les Chaféites
sont nombreux en Egypte, parmi le peuple kurde, en Arabie et en
Daghestan. Les Hanbalites sont minoritaires. Autrefois, il y en
avait beaucoup à Damas et à Baghdâd.
Les sources de référence principales, évidences et arguments
appelées "Adilla al-sharia" auxquelles les docteurs mujtahid se
sont référés et sur lesquelles se sont accordés en ce qui concerne la
science religieuse se composent de quatre fondements: le "Qur’ân
al-karîm", les "Hadîth charîf", "Ijmâ' al-Umma" et "Qiyâs al-
fuqahâ’".
Si les Mujtahids, les oulémas spécialistes en science religieuse
n’arrivaient pas à trouver une solution appropriée ou une
détermination explicite sur un acte ou sur une question dans le
Qur’ân al-karîm, ils avaient recours aux hadits charif. S’ils n’en
trouvaient pas dans les hadits charif, ils recouraient à l’Ijmâ'
(unanimité, consensus) en ce qui concerne la question et
émettaient ainsi un jugement par ce procédé. [Ijmâ signifie
l’unanimité, le consensus des experts, c’est-à-dire le consensus
d’Ashâb al-kirâm (de tous les Compagnons) sur la question ou sur
la pratique et l’explication de l’acte en question. Le consensus des
suivants (Tâbi’ûn) des Compagnons est aussi une source de
référence, une évidence pour l’ijmâ'. Mais, les actes ou les
explications des personnes qui se sont succédé, surtout ceux des
gens contemporains, des réformistes en religion, des rénovateurs
de la religion, des ignorants religieux ne sont jamais de l’ijmâ' et ne
pourraient pas être qualifiés de ijmâ'.]
Si on ne pouvait pas non plus déterminer la solution d’un
problème jurisprudentiel par la méthode de l’ ijmâ', il faudrait
utiliser le qiyâs (raisonnement par analogie, comparaison,
– 28 –
référence, déduction juridique) des mujtahids. Si les quatre écoles
utilisent le Qur’ân al-karîm, les Hadîth charîf, Ijmâ’ et Qiyâs
comme sources de la jurisprudence, Imâm Mâlik "rahmatullahi
’aleyh" a reconnu et utilisé également les pratiques des premiers
habitants musulmans de Médine al-mumawara (Amal ahl al-
medina) comme sources de la jurisprudence. Il a soutenu et
considéré que beaucoup de Médinois étaient descendants de
Sahâba al-kirâm (’alaihimu’r-ridwân) et que la coutume et même
les pratiques des Médinois provenaient de leurs pères, leurs aïeux
et ainsi elles devaient être d'origine sahabi et venir de Rasûloullah
“sallallahu alaihi wa sallam": tant qu'elles n'étaient pas en
contradiction avec un quelconque hadith elles étaient acceptées. Il
considérait aussi que cette source était plus authentique que le
qiyâs. Mais, les Imâms de trois autres écoles ont rejeté ce
consensus des Médinois comme source de la jurisprudence.
Il y a deux méthodes pour fournir l’effort de réflexion de
l’ijtihâd: L’une se base sur la voie des savants compétents
iraquiens, laquelle s’appelle la "Voie de ra’y". Ra’y signifie
l’opinion, la raison comme référence ainsi que le qiyâs qui est le
raisonnement analogique. Ici, il s’agit de la méthode de
raisonnement analogique, le qiyâs. Si on ne pouvait pas trouver
une solution appropriée ou une détermination explicite sur un acte
ou sur une question dans le Qur’ân al-karîm ou aux hadits charif,
on recourait aux références en ce qui concerne le procédé de la
solution ou la pratique analogique de la question. Après Ashâb al-
kirâm "radi’Allâhu ta’âlâ ’anhum ajma’în", le maître des
mujtahids qui admet et utilise le principe de ra’y comme principe
de droit c’est Imâm al-a'zam 'Abu Hanifa "rahmatullâhi ’alaih".
L’autre méthode se base sur la voie des savants du Hedjaz,
laquelle s’est appelée la "Voie de riwayat" (tradition). Ils
préfèrent la coutume ou la tradition des premiers habitants
musulmans de Médine al-mumawara (Amal ahl al-medina) au
qiyâs. Le maître des mujtahids de cette voie était Imâm Mâlik
"rahmatullâhi ’alayh" qui vivait à Médine al-mumawara. Imâm
Châfi’î et Imâm Ahmad ibn Hanbal "rahmatullâhi ta’âlâ
’alaihimâ" ont été présents en compagnie (sohba) de Imâm Mâlik.
Après avoir étudié la voie de Imâm Mâlik, Imâm Châfi’î est venu
à Baghdâd et il s’est renseigné sur la méthodologie de Imâm al-
a’zam "rahmatullâhi ta’âlâ ’alaih" auprès de ses disciples, il a réuni
ces deux méthodes. Il a établi une nouvelle approche d’ijtihâd.
Comme il était très éloquent et il avait une grande culture
– 29 –
littéraire, il entendait tout de suite le contexte et la rhétorique des
versets (âyats) et des hadîths et il prenait la décision définitive ou
rendait jugement sur la question en conformité avec ce contexte
qu’il estimait plus catégorique. S’il n’arrivait pas y tirer une
résolution, il établissait alors un effort de réflexion de l’ijtihad par
la méthode de raisonnement analogique, le qiyâs. Et Ahmad ibn
Hanbal (rahmatullâhi ta’âlâ ’alaih) aussi a étudié la méthodologie
de Imâm Mâlik, puis il a étudié la science de qiyâs sous différents
disciples de Imâm al-a’zam à Baghdad, quand bien même il a
utilisé l’ijtihâd en examinant à priori la corroboration des hadiths
charîf les uns avec les autres parce qu’il avait mémorisé de
nombreux hadiths charif. Il s’est différé ainsi de trois autres écoles
sur plusieurs points concernant les principes de la religion.
Le cas de ces quatre écoles est semblable à celui des habitants
d’une ville qui ont affronté un problème et qui n’arrivent pas à
trouver la solution dans la loi, à savoir que les notables de la ville
se réunissent pour le résoudre et ils prennent une décision en le
comparant à un article pareil de la loi. Parfois ils ne peuvent pas se
mettre d’accord; quelqu’un pense que tels problèmes sont des
affaires de l’État qui doit s’occuper de la restauration des villes et
de la prospérité du peuple. Il essaie de résoudre le problème en
utilisant un raisonnement analogique ou personnel et en le
comparant à un article de la loi. Cette procédure est semblable à
celle de l’école Hanafite. Quelqu’un d’autre observe le procédé
des fonctionnaires publics venus de la capitale de l’État et il
conforme son procédé sur la question à celui de ces fonctionnaires.
Alors, il juge que les visées de l’État recommandent de procéder
de cette façon. Cette méthode est semblable à celle de l’école
Mâlikite. Un autre notable procède par méthode d’étude de la
rhétorique, de l’expression du texte et du contexte de la loi. C’est
comme l’école Châfiîte. Un autre groupe des notables agit de telle
manière qu’il rassemble d’abord les autres articles afférents de la
loi, puis il les compare et considère la corroboration des uns avec
les autres et il recherche ainsi la voie correcte de la solution d’une
question. C’est comme l’école Hanbalite. En conséquence, chacun
des notables de la ville trouve une solution et pense que sa
méthode et conclusion sont correctes et conformes à la loi. Mais au
regard de la loi, autrement dit, comme requis par la loi, un seul
résultat est correct et les trois autres sont fautifs. Pourtant, aucun
d’eux n’est coupable face à la loi, car leur désaccord avec la loi
n’était pas pour contester la loi ou s’opposer à l'État, au contraire
– 30 –
ils s’efforçaient d’exécuter une prescription de l’État en respectant
et en obéissant à la loi. De même, il se peut qu’ils soient appréciés
pour leurs efforts. Surtout, celui qui trouve la bonne solution sera
plus apprécié et il sera récompensé. Le cas de quatre grandes
écoles est pareil. La voie qu’Allâhu ta’âlâ apprécie n’est
certainement qu’une. Sur l’exécution d’une affaire sur laquelle les
quatre écoles sont en désaccord avec les unes les autres, le
jugement de l’une d’elles devrait être correct, et ceux des trois
autres devraient être erronés. Mais, comme chacun des Imâms de
ces quatre écoles s’est efforcé de trouver la bonne solution, ceux
qui ont du jugement erroné seraient pardonnés, même ils auraient
des récompenses. Car, notre Prophète "sall-Allâhu ’alaihi wa
sallam" a dit: "Iln’yapasdepunitionpourmonoummadueàdes
erreurs ou oublis". Ces quatre grandes écoles de jurisprudence
islamiques sont unanimes et identiques sur les fondements de la
croyance, de la foi, des cultes, des prières, en bref, sur les bases
scripturaires explicites de l'Islâm indiquées clairement dans le
Qur'ân al-karîm et hadiths charif. Elles ont divergé seulement sur
quelques questions de jurisprudence. Ces différences qui les
caractérisent sont relativement minimes et sont sur quelques actes
et questions de jurisprudence qui n’ont pas de bases scripturaires
explicites de l'Islâm. Elles se reconnaissent mutuellement comme
valides et véridiques. Elles ne critiquent non plus les unes les
autres.
[Question: Les Wahhabites de la secte hérétique implantée en
Arabie sous la houlette des Britanniques et ceux qui sont égarés en
lisant leurs livres disent: " Les quatre écoles (madhhab) ont apparu
en seconde siècle de l’Hégire. De quelle madhhab étaient-ils les
Compagnons et les Tâbi’ûn (les suiveurs)?"
Réponse: L’Imâm d’une Madhhab, d’une école de
jurisprudence, signifie un grand savant, un grand expert qui a
recueilli les sciences religieuses indiquées explicitement dans le
Qur’ân al-karîm et Hadith charif en entendant expliquer de
Sahâbat-al-kirâm (Compagnons) et qui les a rédigées et
composées. Pareillement, en ce qui concerne les savoirs qui n’ont
pas de bases scripturaires explicites, il les a dévoilés et révélés par
analogie ou en les comparant à ceux qui ont les fondements
scripturaires explicites. A la 318ème page de l’ouvrage "Hadîqa",
il est écrit: "Il y avait aussi d’autres imâms de madhhab aux temps
où vivaient les quatre Imâms connus. Eux aussi, ils avaient établi
une madhhab. Mais ceux qui suivaient ces madhhabs sont
– 31 –
diminués de jour en jour et aujourd’hui il n’en existe plus". Chacun
de Sahâbat al-kirâm était un mujtahid. Ils étaient tous des érudits,
des grands savants d’une connaissance profonde et imâms de
madhhab. Chacun était dans sa propre madhhab, et tous étaient
des érudits, des savants plus grands que nos imâms de madhhab.
Leurs madhhabs étaient plus correctes et plus précieuses.
Cependant, ces madhhabs ont été oubliées parce qu’elles n’avaient
pas de livres écrits. Donc, il n’était plus possible de suivre une
autre que ces quatre grandes écoles. Poser la question "Ashâb al-
kirâm (Compagnons) faisaient partie ou étaient des adeptes de
quelle école juridico-islamique", c'est comme demander "le
colonel, le commandant du régiment est le soldat de quelle
compagnie?", ou, demander "le professeur de physique est l’élève
de quelle classe de l’école?"]
Il est écrit dans plusieurs livres qu’il n’y avait plus de savants
d’une connaissance profonde et d’une compétence capable
d’établir l’ijtihâd absolu quatre cent ans après de l’Hégire. Dans le
hadith charif cité à la 318ème page de l’ouvrage intitulé "Hadîqa",
il est dit que les faux et hérétiques hommes de religion
augmenteraient. C’est la raison pour laquelle tous les Musulmans
sunnites doivent choisir l’une de ces quatre écoles (madhhab)
connues et suivre, observer, imiter, adopter, se conformer à l’une
de celles-ci, et lire, apprendre "’İlm al-hâl", livre d’instruction,
livre de crédo et catéchistique de l’une de ces écoles et y conformer
sa foi, sa croyance et ses actes. Un tel musulman adopte ainsi cette
école. En d’autre terme, c’est l'adhésion à l’une de quatre grandes
écoles juridiques, c’est "Taqlîd" qui est l’acceptation et le respect,
sans les remettre en cause, des préceptes d'une jurisprudence.
Quiconque ne suit pas l’une de ces quatre grandes écoles de
jurisprudence de l’Islâm ne peut pas être d’Ahl al-sunna, sunnite.
Cette personne est appelée "anti-madhhab et perfide ou
renégate". Et une personne anti-madhhab ou fait partie d’une de
soixante-douze sectes déviées ou elle est une mécréante. C’est
ainsi écrite dans les ouvrages "Bahr", "Hindiyya" et dans le
chapitre Zebâyîh de l’ouvrage de "Tahtâwî" et dans le chapitre
des "Bâghîs" de l’ouvrage "Radd al-mukhtâr" de IbnAbidîn. En
outre, il l’est aussi à la 52ème page de l’ouvrage "Al-basâ’ir" et
dans l’ouvrage d’exégèse de Ahmad Sawî "rahmatullahi taâlâ
alaiyh" et sourate al-Kahf.
L’auteur de l’ouvrage intitulé "Mîzânal-kubrâ", Imâm Sharanî
(rahmatullâhi ta’âlâ ’aleyh) écrit comme le suivant dans la préface:
– 32 –
"Toutes les madhhabs oubliées et les quatre grandes écoles
présentes sont véridiques et authentiques. Aucune d’elles n’a
supériorité par rapport à l’autre, parce qu’elles proviennent toutes
de la même source de la religion. Toutes les madhhabs ont des
préceptes et actes faciles à pratiquer (rukhsa) ainsi que des actes
difficiles à accomplir ('azîma). Cependant, cela serait "jouer avec
la religion" si on tentait de pratiquer l’acte facile alors qu’on était
capable d’accomplir une 'azîma. Mais, il est permis (jâiz) de
pratiquer un acte rukhsa à celui qui a une excuse valable ou qui est
inapte d’effectuer un acte 'azîma. Celui qui le fait aura des
récompenses (thawâb) comme s’il a accompli une azîma. Il est
wâjib (nécessaire) que celui qui n’est pas inapte ou impotent
exécute les actes 'azîma au lieu des rukhsa de sa propre madhhab.
Même, au lieu d’accomplir un acte duquel il n’y a que la rukhsa
dans sa propre madhhab, cela serait wâjib de pratiquer l’acte
difficile (azîma) d’une autre école s’il y en a. On doit s’abstenir
sérieusement de désapprouver les propos de l’un des Imâms de
madhhab ou de croire que sa propre opinion est plus véridique que
la leur car les savoirs, les opinions et compréhensions des autres
personnes sont nuls par rapport à ceux des mujtahids". Cela
explique qu’il n’est jamais permis de chercher les facilités des
autres madhhabs, c’est à dire, de syncrétiser les madhhabs, de faire
une fusion, un mélange injuste, en bref, de former un syncrétisme
dogmatique (Talfîq) inter-écoles, puisqu’il n’est pas permis à une
personne n’ayant aucune excuse valable d’agir selon la rukhsa de
sa propre madhhab.
L’auteur du livre "Durr al-Mukhtâr" (rahmatullâhi ta’âlâ
’aleyh) écrit comme le suivant dans la préface de son ouvrage et
aussi dans son annotation intitulée "Radd al-Mukhtâr" [de Ibn
Âbidîn]: “C’est nul de chercher les facilités des madhhabs et d’agir
selon celles-ci en ce qui concerne les actes et le culte. Par exemple,
si une personne qui a déjà fait son ablution mineure a un
saignement dans la peau, ce saignement n’annule pas l’ablution
selon l’école Chafiîte, mais la rompt selon l’école Hanéfite.
Pareillement, si un homme contacte peau contre peau avec une
femme "na-mahram" (avec qui il peut se marier), son ablution
serait rompue selon l’école Chafiite, mais elle ne serait pas annulée
selon l’école Hanafite. Donc, la prière de salât accomplie par une
personne qui a contacté peau contre peau avec une femme na-
mahram ou qui a un saignement dans la peau après avoir fait son
ablution est invalide (non sahîh). De même, suivre une deuxième
– 33 –
école en même temps qu’on accomplit un acte selon une madhhab
n’est pas valable, c’est unanimement nul (bâtil), à savoir: si une
personne qui fait la madéfaction (mash) d’une petite partie de la
tête pendant son ablution en suivant la madhhab chafiite est
touchée ou frôlée par un chien, la prière de salât accomplie par
cette personne est nulle même si elle l’accomplit en suivant l’école
Mâlikite sans avoir relavé la partie touchée par le chien. Car selon
l’école Chafiîte, la prière de salât d’une personne touchée par un
chien est nulle. Et selon l’école Mâlikite, il faut madéfier la tête
entière, bien que le chien ne soit pas "najs" (religieusement
impur). De même, la répudiation sous la crainte fondée ou morale
est valide selon l’école Hanafite, mais invalide selon les trois
autres. Il n’est pas permis (jâiz) à un musulman de se remarier avec
la femme qu’il a répudiée en suivant l’école Chafiîte et de se
marier en même qu’avec la sœur de sa femme en suivant l’école
Hanafite. Car il est unanimement invalide (bâtil) de faire un
"Talfîq" des madhhabs, c’est-à-dire, de faire un mélange, un
syncrétisme, une cohésion et de chercher les jugements faciles à
exécuter des écoles de jurisprudence. Il n’est pas permis non plus
d’agir sans suivre aucune des quatre grandes écoles”. En outre,
dans le chapitre de "Temps des prières de salât", il écrit comme le
suivant: “En raison d’un voyage (safar) ou de violentes pluies
(matar) il est permis d’exécuter en rassemblant les prières de salât
de midi (dhuhr) avec celle de l’après-midi ('asr) et du soir
(maghrîb) avec celle de la nuit ('ishâ) selon l’école Chafiîte. Mais,
il ne l’est pas selon l’école Hanafite. Si un musulman Hanafite en
voyage accomplit sa prière de salât de dhuhr à l’heure de l’horaire
de la prière de l’asr (de l’après-midi) sans avoir une difficulté ou
une circonstance particulière, cela serait un acte harâm (défendu).
S’il effectue la prière de l’asr à l’heure de celle de midi, cela ne
serait jamais valide. Cependant, selon l’école Chafîite tous ces
deux cas sont sahîh (valides). Quand il y a une difficulté selon sa
propre madhhab, il est permis d’agir selon la rukhsa de sa propre
école. Et s’il s’agit aussi d’un empêchement à l’exécution d’un
culte en utilisant une rukhsa, il est permis de l’effectuer en suivant
une autre de quatre grandes écoles à condition qu’on observe et
accomplisse également les obligations (fardh) et les nécessaires
(wajîb) propres à ce culte-là selon la deuxième école”. En ce qui
concerne l’accomplissement d’un culte ou d’un acte, la personne
qui fait cette imitation ou observation (taqlîd) d’une deuxième
école de jurisprudence ne serait pas sortie de sa propre madhhab;
– 34 –
en la faisant, on ne change pas son école, ni on la quitte.
Seulement, en ce qui concerne l’exécution d’un culte ou d’un acte,
il faut observer les préceptes de l’autre école de jurisprudence.
Ibn Abidîn "rahmatullahi ta’âlâ 'alayh" écrit comme le suivant
dans son ouvrage intitulé "Radd al-muhtâr"[1]: “Si un musulman
Hanafite accomplit sa prière de salât de dhuhr (midi) avec une
ablution (wudû) sans formuler en cœur l’intention (niyyah), cette
prière de salât est valide (sahîh). Mais, s’il devient un Chafiîte
après-midi, et s’il accomplit la prière de salât d’asr (de l’après-
midi) avec cette ablution-là, cette salât est invalide. Il devrait
refaire son ablution en commençant par l’intention (niyyah)". Et il
écrit comme le suivant quand il explique le sujet de "Ta’zîr"
[remontrance sévère, sanction, peine discrétionnaire]: “Si un
musulman change de madhhab pour les profits mondains et sans
avoir aucune nécessité religieuse ou scientifique, il aurait joué avec
la religion. Il devrait avoir une peine discrétionnaire. On a peur
qu’il meure sans îmân (foi). Il est dit dans un verset du Qur’ân al-
karîm: “Demandezdoncauxgensdurappel[savants]sivousne
savez pas”. C’est la raison pour laquelle il est devenu wâjib
(nécessaire] de demander à un mujtahid, de suivre une madhhab.
Suivre une madhhab, autrement dit, imiter une école, c’est
possible de la reconnaître, d’énoncer, d’exprimer qu’on est
adhérant de cette école-là, ou formuler aussi cette intention dans
le cœur. Suivre une madhhab, c’est lire, apprendre et exécuter les
préceptes énoncés par l’Imâm de madhhab. On ne peut pas
adhérer à une madhhab sans l’apprendre, sans la savoir ni en ne
disant verbalement qu’on est "un Hanafite" ou "un Chafi’îte", etc.
Ceux qui ne le savent pas doivent exécuter leur culte en
demandant aux maîtres religieux ou en lisant des livres
catéchistiques de l’Islâm”. Et il écrit comme le suivant en
expliquant "le témoignage": “Le témoignage de celui qui n’attache
pas d’importance à une école de jurisprudence ou qui change de
madhhab pour une raison d’exécuter et choisir les voies faciles, [ou
qui mélange et rassemble les madhhabs et qui recueille des facilités
choisies (rukhsa)] est inadmissible”.
Ibn Abidîn écrit comme le suivant dans sa préface: “ Hârûn ar-
Rashîd, le Calife dit à Imâm Mâlik qu’il voulait répandre ses livres
dans tous les pays musulmans et ordonner à tout le monde de se

[1] Volume II., page 542

– 35 –
conformer seulement à ces livres. Imam Mâlik a répondu: "Ô
Calife! Ne fais pas ça!. La divergence des savants en madhhab est
l’une des compassions d’Allahu ta’âlâ pour cet 'Umma. Tout le
monde est libre de suivre l’une de quatre grandes écoles de
jurisprudence qu’il veut. Toutes ces grandes écoles sont
véridiques”.
“Mu’min” ou “Muslim” ou “Musulman” signifie une personne
qui a cru et accepté les préceptes religieux islâmiques prescrits par
Allahu taâlâ et révélés et transmis à l’humanité par Muhammad
’alaihi’s-salâm et disséminés dans toutes les contrées musulmans.
Tous ces préceptes sont expliqués dans le Qur’ân al-karîm et par
des milliers de hadiths charif. Ce sont d’abord les Compagnons
(Sahâbat al-kirâm) qui les ont entendu par la bouche bénie de
notre Prophète "sall-Allâhu ’alaihi wa sallam", puis ulamâ, les
grands savants de l’Islâm, venus aux deuxième et troisième siècles
après eux, appelés Salafas-sâlihîn, les ont écrits et expliqués dans
leurs livres en les entendant de Tâbi’ûn qui avaient entendu
directement Sahâbat al-kirâm, ou de leurs successeurs de ces
derniers. Par la suite, les savants religieux qui leur ont succédé ont
expliqué et interprété différemment les enseignements rapportés
dans les ouvrages de Salaf as-sâlihîn, ainsi ils ont divergé les uns
des autres et en conséquence les soixante-treize divisions ou
groupes différents ont vu le jour en ce qui concerne les
enseignements, les savoirs et les préceptes qui n’ont pas de bases
scripturaires explicites mais auxquels il faut croire. Seulement, l’un
de ces soixante-treize groupes n’a jamais inséré ses propres idées
et opinions dans les explications faites par Salaf as-sâlihîn; en les
interprétant, il n’a fait aucune modification, ni ajout. Ce groupe
qui a le credo musulman véridique est appelé “Ahlal-sunna” ou
“Sunnîte”. Les soixante-douze groupes qui sont en dissentiment et
déviés en conséquence d’interpréter inexactement les versets du
Qur’ân al-karîm et les hadiths ambigus, sont appelées groupes de
“Bid’a” [innovation blâmable] ou de “Dalâla” [hérésie] ou bien
"Anti-madhhab". Ceux-ci aussi sont musulmans, mais ils sont dans
l’hérésie.
En ce qui concerne les bases scripturaires explicites, celui qui
qui a perdu la foi en interprétant le Qur’ân al-karîm et les hadiths
charif selon son propre raisonnement, ses opinions et jugements
personnels et qui est devenu ainsi mécréant, est appelé "Moulhid"
(impie, hérétique, défectionnaire). Moulhid se croit un musulman
sincère et un croyant de l’oumma de Muhammad alaihissalâm. Et
– 36 –
le "Munâfiq" (hypocrite dans la foi) se prend pour un musulman,
mais il est d’une autre religion. Le "Zindiq" (perfide, renégat)
renie sa religion. Il ne croit en aucune religion. Il passe pour
musulman pour transformer les musulmans en athée, en impie et
pour les pousser dans l’impiété. Il s’efforce d’anéantir l’Islâm en le
falsifiant, en l’altérant et en voulant faire la “réformeenreligion”.
Il est hostile à l’Islâm. Il est perfide et très pernicieux; les franc-
maçons et les agents britanniques sont de ce groupe.
Les préceptes de l’Islâm auxquels il faut absolument croire
pour être musulman ne consistent pas seulement de six
fondements de la foi. Pour être un musulman, bien sûr qu'il est
absolument nécessaire de croire qu’on doit respecter et exécuter
les obligations (fardh) bien connues qui sont conditions
obligatoires, autrement dit "sine quoi non", pareillement, croire
aussi qu’on ne doit pas pratiquer et qu’on doit éviter les
interdictions, des actes illicites (harâm). C’est le premier devoir
d’un musulman d’exécuter les obligations (fard) et d’éviter les
interdictions (harâm); et quiconque ne l’accepte pas ou le rejette
perd la foi et devient apostat (murtad). Celui qui croit mais ne
pratique pas une ou plusieurs prescriptions de l’Islâm sous l’effet
de plaisirs mondains ou de mauvais amis, ou commet des péchés,
des harâm est un musulman; mais, celui-ci est un musulman fautif,
coupable; un tel musulman est appelé pécheur (fâsiq). Le culte, la
pratique des obligations cultuelles (al-'ibâdat) c’est exécuter les
fards et s’abstenir des actes interdits et illicites (harâm). Un
musulman qui tâche d’accomplir les fardhs et d’éviter des harâm et
qui se repent aussitôt quand il a commis une faute en ce qui
concerne l’exécution de son culte est appelé pieux (sâlih).
De nos jours, il n’y a pas d’excuses pour celui qui vit dans des
pays libres d’ignorer les six fondements de la foi, les fards et les
harâms bien connus. C’est un péché grave de ne pas les apprendre.
Il est indispensable les apprendre brièvement et les enseigner aussi
à ses enfants. Même, s’il n’accorde pas d’importance à les
apprendre, il devient mécréant. Bien qu’un infidèle qui déclare,
qui dit la profession de foi (shahâda) “Achhadu an lâ ilâha
ill’Allah wa achhadu anna Muhammadan 'abduhû wa Rasûluh”
(J'atteste qu'il n'y a pas d'autre dieu qu'Allah et j'atteste que
Muhammad est Son Serviteur et Son Messager) et qui connaît sa
signification et qui en croit devienne un musulman dès qu’il la
prononce, quand-même, il doit apprendre graduellement les six
fondements de la foi et les fardhs et les harâms bien connus pour
– 37 –
chaque musulman, et aussi ceux qui les savent, c’est-à-dire les
autres musulmans doivent les lui apprendre. Si ce converti à
l’Islâm ne les apprend pas, il sort de l’Islâm et devient un apostat
(murtad). Toutefois, il faut qu’il les apprenne en lisant les ouvrages
catéchistiques (ilm al-hâl) véridiques de l’Islâm écrits par les
grands savants Ahl al-sunna. [Il faut faire bien attention à ne pas
se tromper aux ouvrages, conférences des gens ayant le titre
comme académicien, enseignant ou professeur qui ignorent les
enseignements Ahl al-sunna]

– 38 –
Deuxièmepartie

2-SAVOIRSDIVERS

a.LESFRACTIONNISTESETSECTES
HERETIQUES

Les musulmans se divisent en deux groupes. Le premier est de


la communauté Ahl al-sunna, groupe sunnite. Les musulmans de
la croyance et de la foi de la communauté Ahl al-sunna qui est
véridique et dans le droit chemin se composent de quatre grandes
écoles de jurisprudence. Leur croyance (i’tiqâd), leur foi (îmân)
sont identiques. Il n’y a aucune scission entre eux. Le deuxième
groupe, ce sont ceux qui ne sont pas d’Ahl al-sunna, lesquels sont
appelés "gens de bid’ah" ou gens de "anti madhhab". Les Chîîtes
et les Wahhabites sont de ce deuxième groupe. De nos jours, les
Taymiyyistes, adeptes et suivistes d’ibn Taymiyya, de Jamâladdin
Afghânî, de Mohammad Abdouh, de Sayyid Qutb, de Mawdûdi,
de Tablighî Jamâ’at et les Wahhabites sont des gens de bid’ah (ahl
al-bid’a). Les Wahhabites qualifient eux-mêmes comme suivistes
de cinquième madhhab. Ça, c’est un bobard, un mensonge qu’ils
ont fabriqué, car il n’y a pas une madhhab nommée comme
"cinquième école". A présent, il n’y a qu’une ressource, qu’un
moyen ou qu’une issue pour apprendre les enseignements
islamiques de base ou la science religieuse: ce sont les livres
catéchistiques ('ilm al-hâl) de l’une de quatre grandes écoles. Tout
musulman choisit l’une de ces quatre écoles juridiques qu’il la
trouve facile à suivre. Il lit les documents, les livres de l’école qu’il
a choisie et apprend ainsi sa religion. En ce qui concerne ses cultes
et actes, il agit selon les principes de cette école-là. En fait, il imite
(taqlîd) cette école-là et il devient un adhérent de cette madhhab.
Comme il est facile à tout le monde d’apprendre ce qu’il entend et
vit de ses parents, les musulmans généralement font partie de
l’école de leurs parents. L’existence de quatre grandes écoles au
lieu d’une seule est un avantage, une facilité pour les musulmans.
– 39 –
Quoiqu’il soit permis de changer d’école (madhhab), il faudrait
des années pour étudier et apprendre une nouvelle et des études
faites pour apprendre la première ne serviraient à rien. De plus, un
tel changement pourrait causer des confusions entre les nouveaux
et anciens enseignements et des erreurs pendant
l’accomplissement des cultes et actes. Il n’est jamais permis de
quitter une madhhab parce qu’on la désapprouve, car les grands
savants de l’Islâm ont affirmé que cela serait une mécréance
d’attribuer, d’imputer l’ignorance aux Salaf as-sâlihîn ou de les
désapprouver.
De nos jours, les anti-madhhab comme Mawdûdî, Hamîdullah
et les Tablighis al jama’at en Pakistan, Jamāleddin al-Afghâni,
Mohamed Abdouh, ancien muftî du Caire, et ses disciples Sayyid
Kutb et Rachîd Ridâ en Egypte et ceux qui sont aberrés en lisant
les livres des gens cités ci-dessus suggèrent un syncrétisme, une
fusion de quatre grandes écoles de jurisprudence de l’Islâm. Ceux-
ci proposent, imposent même aux musulmans de sélectionner et
recueillir les facilités (rukhsa) de quatre grandes écoles et de
réformer, de renouveler l’Islâm de telle façon qu’il puisse être
facilement praticable. D’une intelligence et d’un esprit bornés et
d’un raisonnement erroné, ces personnes soutiennent
inintelligiblement cette idée défectueuse, cette proposition
erronée ou cette assertion fausse faite avec des savoirs incomplets.
Quand on jette un coup d’œil sur leurs livres, on remarque tout de
suite qu’ils ne savent rien sur les sciences de Tafsîr, de hadith, al-
usûl et de fiqh (science de jurisprudence) et qu’ils n’exposent que
leur ignorance avec une logique fausse, mais d’un clinquant de
style et d’une rhétorique dorée. Ils sont si ignorants des matières
suivantes, parce que:
1- Les grands savants de quatre grandes écoles ont énoncé ce
principe: " La déduction du syncrétiste (hukm al-mulaffiq) est
nulle"; c’est-à-dire, si un culte exécuté conjointement, en
mélangeant les jugements de plusieurs madhhab était invalide
selon toutes ces quatre écoles juridiques, le syncrétisme des
madhhab serait nul et non avenu. Et si un musulman ne se
conforme pas à cette unanimité des grands savants (rahmatullâhi
ta’âlâ ’alaihim ajma’în) de quatre grandes écoles de l’Islâm, il ne
sera d’adhérent d’aucune d’elles. Il devient un anti-madhhab. Les
actes d’un anti-madhhab deviendraient toujours incompatibles
avec l’Islâm; ils deviendraient apocryphes. En faisant cela, on
jouerait avec la religion.
– 40 –
2- Confiner les musulmans et les cultes dans un seul expédient
signifie compliquer la religion islamique. Si Allahu taâlâ et Son
Envoyé (sall-Allâhu ’alaihi wa sallam) avaient voulu, ils auraient
sans doute tout révélé explicitement et tous les actes et cultes
auraient été exercés d’une seule manière. Mais, en ayant pitié des
créatures humaines, Allah Le Tout-Puissant et Son Messager (sall-
Allâhu ’alaihi wa sallam) n’ont pas explicitement révélé tout, n’ont
pas clairement expliqué, ni dévoilé, ni formulé tout. Plusieurs
madhhab (grandes écoles juridico-islamiques) ont découlé des
interprétations et des déductions des grands savants Ahl al-sunna
(rahmatullâhi ta’âlâ ’alaihim ajma’în). Lorsqu’un musulman se
heurte à une difficulté, il choisit la rukhsa (voie facile) de sa propre
école pour exécuter aisément un culte ou une obligation. En cas
d’une plus grande difficulté, il suit une autre madhhab et il
accomplit commodément son devoir. Il n’y aurait eu point une
telle facilité si on avait réduit les madhhab en une. Les anti-
madhhab et ceux qui croyaient qu’ils recueillaient les facilités, les
rukhsa des madhhabs pour établir un système unique d’une issue
facile, en fait, ils causeraient sans le savoir des difficultés aux
musulmans.
3- Une tentative de pratiquer une partie d’un culte en suivant
une madhhab et une autre partie selon une autre école signifierait
se méfier de l’opinion du docteur (Imâm) de la première école
(madhhab). Comme il est cité ci-dessus, une attribution, une
imputation d’ignorance aux Salaf as-sâlihîn (rahmatullâhi ta’âlâ
’alaihimajma’în), c’était la mécréance (kufr).
L'histoire a été témoin de beaucoup de gens qui voulaient faire
des modifications dans les cultes islamiques et qui insultaient les
grands savants ('ulamâ) Ahl al-sunna (rahmatullâhi ta’âlâ ’alaihim
ajma’în). Il est évident que des gens qui proféraient l’abolition de
quatre grandes écoles de jurisprudence islamique après une
sélection des rukhsa des madhhab n’ont pas pu correctement lire
ni comprendre non plus une page des ouvrages des docteurs de
madhhab. Car, il faudrait être un spécialiste, un savant éminent
pour percevoir et comprendre la supériorité des madhhab et des
docteurs de madhhab. Un savant éminent ne faisait pas courir les
gens au désastre en ouvrant stupidement un chemin d’ignorance.
Ceux qui se sont leurrés par des ignorants et des hérétiques
apparus au cours de l’histoire ont couru au désastre, au malheur.
Par contre, ceux qui ont respecté et suivi les grands savants Ahlal-
sunna, venus à chaque siècle depuis plus de mille quatre cent
– 41 –
années et loués par les Hadith charif, ont atteint la félicité. Et nous
aussi, nous devons nous retenir, nous raccrocher au chemin droit
de nos ancêtres, de ces pieux et purs musulmans, de ces martyrs
qui ont sacrifié leur vie pour l’amour d’Allah et pour promulgation
et la dissémination de l’Islâm. Pareillement, nous ne devons pas
nous laisser leurrer par des ouvrages, articles ou discours
venimeux des réformateurs arrivistes de la religion islamique!
Malheureusement, les idées venimeuses d’Abdouh, président
de la loge maçonnique du Caire, se sont propagées d’un côté à la
madrasa (école) de la mosquée "Jâmi'al-Azhar" en Egypte. En
conséquence, les "réformateurs religieux" comme Rashîd Ridâ,
Mustafâ al-Marâghî, recteur de la Jâmi’ al-Azhar, ’Abd al-Majîd
as-Salîm, muftî du Caire, Mahmûd Shaltût, Tantawî al-Jawharî,
’Abd ar-Râziq Pasha, Zakî al-Mubârak, Farîd al-Wajdî, ’Abbâs
’Aqqâd, Ahmad Amîn, Docteur Tahâ Husain Pasha, Qâsim Amîn
etHasan al-Bannâ sont apparus en Egypte. Et d’autre côté, comme
on l’avait fait pour Abdouh, leur maître, ils ont été lancés en leur
attribuant des titres comme "savants islamiques progressistes" ou
"savants modernistes de l’Islâm", etc., et leurs ouvrages ont été
traduits en turc et en plusieurs langues. Mais, ils ont causé de
l’hérésie aux religieux ignorants et aux jeunes gens.
Sayyid Abdulhakîm al-Arvasî (rahmatullâhi ’alaiyh), le grand
savant et le mujaddid (rénovateur) du quatorzième siècle hégirien
avait énoncé qu' «Abdouh, le mufti du Caire, n’avait jamais conçu
la grandeur et la distinction de l’oulamâ, des spécialistes des
sciences religieuses de l’Islam. Il était un vendu aux ennemis de
l’Islâm et finalement devenu un franc-maçon et l’un des furieux
mécréants qui essayaient insidieusement de détruire l’Islâm de
l’intérieur ». Comme Abdouh, ceux qui ont été courus à la
mécréance, à l’hérésie et à la bid’ah (innovation religieuse
blâmable) sont pour ainsi dire entrés en concurrence avec les uns
les autres pour égarer les jeunes religieux qui leur succéderaient.
Ceux-ci sont devenus par conséquent des protagonistes des
calamités comme prédite dans le hadith charif: “Ce seront les
religieuxhérésiarquesquientraînerontmaoummaauprécipice”.
Après la mort d’Abdouh en 1905 (1323 hégirien) en Egypte, ses
novices qu’il avait élevés ne se sont pas tournés les pouces et ils ont
publié de nombreux livres nocifs lesquels ont encouru la
manifestation de l’irascibilité, du courroux divin. L’un de ceux-ci
est intitulé “Muhâwarât” rédigé par Rashid Ridâ. Comme son
maître Abdouh, lui aussi, il attaque dans son livre les quatre
– 42 –
grandes écoles (madhhab) Ahl al-sunna de l’Islâm en méjugeant
des écoles de jurisprudence de l’Islâm, des méthodes et des
conditions de l’ijtihad et il expose d’une manière dénaturée les
madhhab comme dissidences dogmatiques et d’opinion, et il
commente les méthodes, les procédés et les conditions de l’ijtihad
comme sectarisme, fanatisme, dogmatisme et des controverses,
discussions dogmatiques et il est tombé ainsi dans l’hérésie; il est
allé trop loin dans son hérésie qu’il a extravagué, divagué que "les
quatre grandes écoles de l’Islâm avaient rompu l’unité islamique".
Il méprise ainsi, pour ainsi dire, il se moque des millions de fidèles,
de musulmans sincères vécus en suivant l’une de ces quatre
madhhabs depuis mille ans. Il s’est éloigné de l’Islâm si loin qu’il
proposait des modifications, des réformes en Islâm et en foi afin
que l’Islâm puisse répondre aux besoins contemporains. Le seul
point sur lequel les réformateurs religieux se sont accordés, c’est
qu’ils se font connaître eux-mêmes comme savants islamiques
profondément cultivés, musulmans vrais ayant compris les
exigences de la vie moderne, et qu’ils reprochent aux vrais et purs
musulmans d’être des “imitateurs de la pensée bouseuse,
vulgaire”. Mais, ils oublient que ces musulmans qu’ils méprisent
lisaient et comprenaient les ouvrages islamiques, ils suivaient la
bonne route des grands savants Ahl al-sunna lesquels avaient eu la
bonne nouvelle d’être des héritiers de Rasûlullah et loués dans le
hadith charif: “Lemeilleurdestempsestleurtemps”.
Les articles, discours et déclamations de ces réformateurs
religieux démontrent clairement qu’ils sont des ignares, privés de
science de la jurisprudence islamique, des connaissances
religieuses et qu’ils ne savaient rien sur les principes de l’Islâm.
Notre Prophète "sall-Allâhu ’alaihi wa sallam - que la prière
d'Allah et Son salut soient sur lui" dit: «Lessavantsdelabonnefoi
ontdesdegrésaudessusdesautrescroyants» et «Lessavantsen
religionsontleshéritiersdesProphètes» et «Lasciencespirituelle
est un secret des mystères d’Allah Le Tout Puissant» et «Le
sommeildusavantestuneadoration» et «Honorezlessavantsde
mon'oumma!Lessavantssurlaterresontcommelesétoilesdans
le ciel» et «Les savants intercéderont au jour du Jugement
Dernier» et «Lessavantsdejurisprudence,fuqahâ,sontprécieux;
c’est une 'ibada (adoration) d’être en leur compagnie» et «Le
mérite, la supériorité du savant par rapport à ses disciples est
commelasupérioritéd’unProphèteparrapportàson'oumma».
Dans ces hadith charif, notre Prophète (sall-Allâhu ’alaihi wa
– 43 –
sallam / que la prière d'Allah Le Tout Puissant et Son salut soient
sur lui)" loue-t-il les savants Ahl al-sunna venus depuis mille trois
cents ans ou il fait l’éloge de Abdouh ou de ses novices, les
parvenus qui ont surgi plus tard?
Le Messager d’Allah LeTrès-Haut (sall-Allâhu ’alaihi wa
sallam / que la prière d'Allah Le Tout Puissant et Son salut soient
sur lui) répond lui-même cette question et il dit: «Chaqueépoque
que vous vivez est pire que la précédente. Et la détérioration
continueraainsijusqu’auJourduJugementdernier» et «Aufuret
àmesurequelejourduJugementdernierapprocheleshommes
demessage,depostereligieuxserontpluspourris,plusputrides,
plusavariésquelacharogned'âne». Ces hadith charif sont écrits
dans l’abrégé de "Mukhtasaru Tadhkirat al-Qurtubî". Tous les
savants en science islamique et des milliers d’Awliyâ, loués et
glorifiés par l’Envoyé d’Allah Le Très-Haut (sall-Allâhu ’alaihi wa
sallam /que la prière d'Allah Le Tout Puissant et Son salut soient
sur lui), ont rapporté unanimement que le seul groupe reçu la
bonne nouvelle qu’il serait sauvé de l’Enfer est seulement la
madhhab des savants de "Ahlas-sunnawaal-Jama'a" (Gens de la
sunna; Gens de la Vérité). Ceux qui ne sont pas de Ahl al-sunna
iront en Enfer. Ils rapportent également que le syncrétisme des
madhhab (talfîq) est nul. C’est-à-dire, ils notifient unanimement
que la recherche et le mélange des rukhsa, des facilités des
préceptes de quatre grandes écoles de l’Islâm et la fabrication ainsi
d’une seule madhhab apocryphe serait une tentative absurde et
infondée.
Est-ce qu’une personne raisonnable suit la voie de la Sunna
louée unanimement par les savants de l’Islâm (rahmatullâhi ta’âlâ
’alaihim ajma’în), venus au cours de mille ans, ou bien elle croit
aux ignorants de religion apparus depuis cents ans, mais présentés
eux mêmes cultivés (!) et progressistes (!)? Les bons-becs et les
plus remarquables des soixante-douze groupes égarés sur lesquels
il y a des Hadith qu’ils iront en Enfer, ont attaqué toujours les
savants Ahl al-sunna (rahmatullâhi ta’âlâ ’alaihim ajma’în), ils ont
essayé de diffamer, de tacher ces musulmans bénis; mais, ils ont été
humiliés devant les réponses corroborées par des âyat kârimâ et
hadith charif. Quand ils se sont rendus compte qu’ils n’auraient
pas réussi à défaire scientifiquement Ahl al-sunna, ils ont recouru
à l’extorsion et à la violence et à chaque époque, ils ont causé le
versement de sang des milliers de musulmans. Par contre, les vrais
musulmans de quatre grandes écoles de l’Islâm se sont entr’aimés
– 44 –
et ont vécu fraternellement.
Rasûlullah (sall-Allâhu ’alaihi wa sallam) dit: «Ladivisiondes
musulmans en madhhab en ce qui concerne les actes, la vie
quotidienneestunecompassiond’AllahLeToutPuissant». Mais,
des réformateurs religieux comme Rashîd Ridâ, né en 1282
Hégirien [en 1865] et mort soudainement en 1354 hégirien [en
1935] au Caire, prétendaient qu’ils établiraient l’unité islamique en
syncrétisant les quatre grandes écoles de l’Islâm. Notre Prophète
(sall-Allâhu ’alaihi wa sallam / que la prière d'Allah Le Tout
Puissant et Son salut soient sur lui), par contre, recommandait à
tous les musulmans sur la Terre qu’ils se réunissent sur le seul
chemin de foi, sur le chemin droit de ses quatre Califes. 'Ulamâ, les
grands savants de l’Islâm (rahmatullâhi ta’âlâ ’alaihim ajma’în), en
recherchant, en étudiant et en travaillant ensemble, ont composé,
transcrit et enregistré la voie de croyance de quatre Califes dans
des ouvrages. Ils l’ont dénommé ce seul chemin que notre
Prophète avait recommandé "Ahlas-sunnawaal-Jama'a". Tous
les Musulmans dans le monde doivent se réunir dans cette voie
unique d’Ahl al-sunna. Ceux qui veulent l’unité en Islâm, s’ils sont
sincères dans leur propos, doivent se joindre, participer à cette
unité déjà présente. Mais malheureusement, les Francs-Maçons et
les Britanniques qui essayaient de détruire l’Islâm de l’intérieur
ont leurré toujours les musulmans par de telles paroles dorées et
clinquantes et ils ont rompu "l’unité de foi" sous le masque qu’«ils
assureraient la coopération».
Les ennemis de l’Islâm essaient de l’anéantir depuis sa
première époque. Et aujourd’hui, plusieurs Francs-maçons,
communistes, Juifs et chrétiens l’attaquent par divers plans.
D’autre part, des musulmans hérétiques et déviés pour lesquels il
était déjà annoncé qu’ils iraient à l’Enfer se servent des ruses et
des calomnies pour tacher Ahl al-sunna et pour fourvoyer,
détourner les musulmans du bon chemin. Ceux-ci essaient ainsi de
détruire Ahl al-sunna en collaborant avec les ennemis de l’Islâm.
Les protagonistes, les instigateurs et les pionniers de ces attaques
étaient toujours les "Britanniques". Ils se sont servis de toutes les
sources de l’Empire, de leur trésorerie, de leurs forces armées, de
leurs flottes, de leur technologie, de leurs politiciens et écrivains
dans leur campagne vile et abjecte. Ils ont démoli ainsi les deux
grands Etats islamiques du monde, protecteurs de l’Ahl al-sunna;
l’un de ceux-ci était l’Etat Jurjaniyah (Empire Babur) en Inde, et
l’autre c’était l’État Ottoman, répandu sur trois continents. Ils ont
– 45 –
anéanti tous les livres précieux de l’Islâm dans tous les pays. Ils ont
supprimé et fait disparaître les instructions et sciences islamiques
dans plusieurs pays musulmans. Pendant la Seconde Guerre
mondiale, ils ont secouru les communistes qui étaient sur le point
de disparaître, mais ils ont donné lieu à leur relèvement et leur
expansion dans le monde. James Balfour, l’un des Premiers
Ministres du Royaume-Uni, a fondé en 1917 "Al-Sihyûniyya",
l’organisation sioniste qui envisageait l’établissement d’un État
Juif en Palestine, lieu sacré pour les musulmans. Le gouvernement
anglais qui a employé tous ses efforts pour faciliter l’établissement
d’un État juif a réussi la réalisation de l’État Israël en Palestine en
1366 de l’Hégire [en 1947]. Et encore le gouvernement britannique
s’est emparé de la péninsule Arabique de l’État ottoman en 1351
hégirien [en 1932] et l’a délivré à la dynastie Saoudite, et il a
engendré l’établissement d’un État wahhabite qui est sectaire et
hérétique en religion islamique, ainsi il a donné le plus grand coup
à l’Islâm. Les persécutions, la tyrannie et les tortures que les
Wahhabites ont exécutées sous l’ordre des Anglais dans la région
Hedjaz sont traitées en détail dans la deuxième partie de l’ouvrage
intitulé "AdvicefortheMuslim".
Abdurrashîd Ibrahim Efendi écrit comme le suivant dans le
chapitre dont le titre est "l’animosité des Anglais contre l’Islâm"
du deuxième volume de son livre intitulé "Âlam-i Islâm" (le
monde islamique), imprimé en turc en 1328 hégirien [en 1910] à
Istanbul: «L’objectif principal des Anglais est l’abrogation du
Califat islamique dans le plus court délai. La guerre de Crimée
réalisée sous l’instigation et l’encouragement des Anglais et
pareillement leur appui et support aux Turcs pendant cette guerre-
là n’étaient qu’un stratagème pour exterminer le califat. Le traité
de Paris (du 30 mars 1856) dévoile cette ruse. [Les Anglais ont
clairement exposé leur hostilité dans le cadre des propositions
qu’ils ont faites pour les articles de Traité de Paix, signé à
Lausanne le 24 juillet 1923]. Toutes les catastrophes arrivées aux
musulmans sous n’importe quelle forme, ont découlé des
Britanniques. L’objectif fondamental de la politique anglaise se
base sur la destruction de l’Islâm. La raison: c’est qu’ils ont peur de
l’Islâm. Ils se servent des gens vendus sans foi ni loi pour abuser
des musulmans. Ils présentent ces vendus comme savants
religieux, héros du monde musulman. En bref, ce sont les Anglais
qui sont les plus grands ennemis de l’Islâm». Abdurrashîd Ibrahim
Efendi est décédé en 1363 de l’Hégire (en 1944) au Japon.
– 46 –
Depuis des centaines d’années, non seulement les Britanniques
ont mis les pays musulmans à feu et à sang, mais aussi les Francs-
Maçons écossais ont abusé des milliers de musulmans et des guides
religieux, ils les ont encouragés à devenir Franc-maçon, à entrer en
Franc-maçonnerie en leur contant des douceurs comme la franc-
maçonnerie se basait sur l’entraide et la fraternité, etc. et ils ont
ainsi causé leur renonciation, abandon de leur plein gré à leur foi
et leur apostasie. Ils ont manipulé, manœuvré et se sont servis de
ces francs-maçons apostasiés comme outils pour anéantir
entièrement l’Islâm. Comme ils ont employé les Francs-maçons
comme Moustafa Rachîd Pacha, Ali Pacha, Fuâd Pacha, Mithad
Pacha, Tal’at Pacha, Jamal Pacha et Enver Pacha pour la
destruction des États islamiques, les religieux Francs-Maçons
comme Jamaleddin al-Afghanî, Mohammad Abdouh et leurs
novices ont servi d’instruments à l’altération des sciences
islamiques et à leur annihilation. Parmi des centaines de livres
perturbateurs et destructifs écrits par ces hommes religieux francs-
maçons, le livre "Muhâwarât" de Rashîd Ridâ de l’Egypte a été
traduit de l’arabe en langues étrangères et distribué dans les pays
musulmans pour altérer la religion, la foi des musulmans. Et on
voit que quelques jeunes gens de mission religieuse qui n’ont pas
lu, ni compris les ouvrages des savants Ahl al-sunna (rahmatullâhi
ta’âlâ ’alaihim ajma’în) ont couru au désastre en se laissant
transporter par ce courant et qu’ils ont fait tomber aussi les autres
dans le malheur.
Le livre "Muhâwarât" de Rashîd Ridâ est traité en détail dans
l’ouvrage intitulé "AnswertoanEnemyofIslam" des publications
de Hakîkat Kitâbevi-Istanbul. Il attaque dans son livre cité ci-
dessus les quatre grandes écoles de jurisprudence Ahl al-sunna
(madhhab), il dénie l’«Ijmâ' al-Umma» qui est l’une de quatre
sources des sciences islamiques et il suggère que tout le monde
agisse selon sa propre conception sur Le Livre (Qur’ân al-Kerîm)
et Sunna (Hadîth charif). Il a pour but d’effacer et d’exterminer les
sciences islamiques. Et nous, dans le but de démontrer à nos frères
musulmans la perversion, la défectuosité et le vice du livre intitulé
"Muhâwarât", nous avons préparé et publié les ouvrages intitulés
"AnswertoanEnemyofIslam" en anglais [et "Un homme chargé
des affaires religieuses ne doit pas être un fractionniste", en langue
turque et en arabe]. En outre, en observant que les ouvrages
intitulés "Khulâsa’t-ut-tahqîq fî bayâni hukmi ’t-taqlîd wa ’t-
talfîq", écrit par le grand savant en Islam ’Abd al-Ghanî an-
– 47 –
Nabulusî (rahmatullâhi ta’âlâ ’alaiyh), et "Hujjat-Allâhi ’ala ’l-
âlamîn", écrit par Yûsuf an-Nabhânî (rahmatullâhi ta’âlâ ’alaiyh),
et “Ghâyatal-tahqîq” de Muhammad Hayat al-Sindî et "Saifal-
abrâr", écrit par Muhammad ’Abd ar-Rahmân as-Silhatî
(rahmatullâhi ta’âlâ alaiyh), l’un des 'ulamâ de l’Inde, étaient des
réponses et réfutations exactes à ce livre pernicieux cité ci-dessus,
nous avons reproduits en offset et publiés aussi ces quatre
ouvrages.
Il est écrit à la fin du livre intitulé "Khulâsa’t-ut-tahqîq": «Ou
bien le musulman est un mujtahid, ou bien il n’a pas atteint au
degré d’ijtihâd. Et un mujtahid est "mujtahidmutlaq" (absolu) ou
bien un "mujtahid muqayyad" (délimité, restreint). Il n’est pas
permis à mujtahid absolu d’imiter, de suivre un autre mujtahid. Il
doit suivre sa propre ijtihad (déduction). Quant au mujtahid
muqayyad, il est wâjib (nécessaire) qu’il suive, soumette aux
principes de l’école juridique (madhhab) du mujtahid absolu. Et il
peut agir avec sa propre ijtihâd basée sur ces principes et en
conformité avec ces principes».
Les musulmans qui ne sont pas mujtahid peuvent suivre l’une
de quatre grandes écoles juridico-islamiques (madhhab) d’après
son choix. Mais, en ce qui concerne l’accomplissement d’un acte,
d’une action selon le procédé d’une autre école-juridique, il faut
qu’ils observent toutes ses conditions mises pour cette exécution
de l’acte afin qu’elle soit correcte. Si on n’observe pas l’une de ses
conditions, cette exécution ne sera pas valide. Sinon, il est rapporté
unanimement qu’un tel acte serait nul (bâtil). Bien qu’il ne soit pas
une condition de croire qu’une école juridico-islamique est plus
éminente, il serait mieux d’affirmer l’éminence de son propre
école-juridique (madhhab). Faire preuve de syncrétisme,
d’éclectisme (Talfiq) en ce qui concerne l’exécution d’un acte
cultuel ('ibâda) ou d’un n’importe quel acte, c’est-à-dire, faire un
choix mixte d’un avis dans une école, puis d’un avis dans une autre
école parmi les quatre écoles-juridiques qui ont des divergences de
vue juridique sur l’accomplissement de l’acte signifierait sortir de
quatre grandes écoles de jurisprudence islamique et forger une
cinquième. Et ces actes cultuels accomplis en mélangeant les
procédés des écoles ne sont pas valides non plus d’après aucune
des écoles. Comme il serait invalide (bâtil) de le faire, il signifierait
aussi n’en faire qu’à sa tête, traiter de jouet la religion. Par
exemple, lorsque le musulman, en faisant les ablutions avec l’eau
stagnante et polluée moins de celle d’un grand bassin (hawd-i
– 48 –
kebîr)[1] et plus d’une quantité appelée "qullatain"[2] mais la
couleur, l’odeur et le goût de laquelle ne sont pas gâtés et s’il n’a
pas formé l’intention (niyya) pour cette ablution et s’il ne lave pas
les membres du corps prescrits par ordre, s’il ne les frotte pas, s’il
ne les lave pas l’un après l’autre et sans interruption et s’il ne la
commence pas par la formule de Basmala, cette ablution est
invalide selon tous les imams de quatre grandes écoles juridiques.
Quiconque le trouve comme valide, il se forgerait une cinquième
école, madhhab. Il n’est jamais permis même pour un mujtahid
d’émettre un cinquième avis incompatible avec l’unanimité de
quatre grandes écoles. Sadr ash-Sharî’a écrit dans son ouvrage
intitulé "Tawdîh" «S’il y a deux différentes vues sur le procédé et
l'exécution d’un acte transmises de Sahâbat al-kirâm, les savants
postérieurs ne pourront pas proposer une troisième selon
l’unanimité. Il y a eu aussi des savants qui ont dit que 'ulamâ de
chaque époque étaient comme Sahâbat al-kirâm ». Molla Khusraw
(rahmatullâhi ta’âlâ ’alaiyh) écrit dans son ouvrage intitulé "Mir’ât
al-usûl": «Lorsque deux différents avis sur une question ou sur
l’accomplissement d’un acte étaient transmis par des savants de la
première époque, il n’aurait pas été permis par consensus (ijmâ)
des savants d’exprimer un troisième avis. Dire que ’ulamâ’ de
chaque époque étaient comme Sahâbat al-kirâm est valide (sahîh)
». Jalâl ad-dîn al-Mihâllî, premier auteur du tafsîr de "Al-Jalâlain",
écrit comme le suivant dans le commentaire de l’ouvrage "Jam’al-
Jawâmi’" écrit par Suyûtî: «Il est harâm (défendu) de contester, de
contredire ou de s’opposer à l’ijmâ’; il est prohibé dans le Qur’ân
al-karîm. C’est pourquoi, il est harâm d’exprimer une autre
opinion sur le procédé d’un acte, d’une question sur lequel Salaf
as-shalihîn (les pieux prédécesseurs) avaient divergence
d’opinions».
L’exécution d’un acte cultuel ou d’une question en se référant
aux déductions divergentes de deux ou trois ou quatre de quatre
grandes écoles contrarie et annule l’ijmâ (consensus, unanimité)
de ces madhhab. Un tel acte est invalide selon toutes les quatre

[1] Hawd-i kebîr : grand bassin de 23 m².


[2] Qullatain : un volume d’eau de 220 kg. [Il y a une explication
détaillée sur la quantité d’eau de qullatain et les sortes d’eau en
Islâm dans notre ouvrage intitulé "Endless Bliss" en anglais,
Volume 4, chapitre :7]

– 49 –
grandes écoles. Autrement dit, le syncrétisme (Talfiq) n’est pas
permis. Qâsim ibn Qatlûbagha écrit comme le suivant dans son
ouvrage "At-tas’hîh": «Il est unanimement proclamé qu’il n’était
pas sain d’accomplir un acte en suivant, en se référant à deux
ijtihad différentes. A savoir, lorsque le musulman ne passe pas les
mains humides sur toute la tête, c’est-à-dire, il ne fait pas la
madéfaction ou humectation (masah) en faisant l’ablution fait sa
prière de salât après être frôlé par un chien, cette prière de salât
est invalide. Et l’invalidité unanime d’un tel cas est aussi traitée
dans l’ouvrage intitulé "Tawqîf al-hukkâm" écrit par Shihâb ab-
dîn Ahmad ibn al-’Imâd (rahmatullâhi ta’âlâ ’alaiyh), un savant
Châféite». L’ablution de ce musulman n’est pas valide en se tenant
à l’avis de Imâm Mâlik (rahmatullâhi ta’âlâ ’alaiyh) parce qu’il
n’avait pas fait une madéfaction complète de la tête et elle n’est
pas valide en se tenant à l’avis de Imâm Shâfi’î (rahmatullâhi ta’âlâ
’alaiyh) parce que ce musulman avait été frôlé par le chien.
Un savant Hanafite, Muhammad al-Baghdâdî (rahmatullâhi
ta’âlâ ’alaiyh) écrit comme le suivant dans son livret intitulé
"Taqlîd": «Il y a trois stipulations pour imiter une autre madhhab.
La première, laquelle est écrite aussi dans l’ouvrage intitulé
"Tahrîr" écrit par Ibn Humâm, est qu’un musulman ne peut pas
finir un acte selon une autre école parce qu’il avait commencé à
l’accomplir en se tenant à l’avis de sa propre école. Par exemple, il
ne peut pas exécuter sa prière de salât en se tenant à l’école
Chaféîte avec une ablution faite en se tenant à l’école Hanafite. La
seconde stipulation, comme il est traité en le citant de Ahmad ibn
Idrîs al-Qarâfî dans l’ouvrage intitulé "Tahrîr" écrit par Ibn
Humâm, c’est qu’un acte forgé (mulaffaq) ne peut pas être défini
comme invalide selon les deux écoles. Autrement dit, lorsqu’un
musulman, en faisant son ablution, ne fait pas des frictions des
membres prescrits en se conformant à l’école Shafi’îte et puis
touché une femme avec qui il peut se marier licitement (jâiz) en se
conformant à l’école Mâlikite, sa prière de salât accomplie avec
cette ablution est considérée invalide d’après ces deux écoles. La
troisième stipulation est qu’il ne faut pas rechercher les rukhsa
[facilités] des écoles. Imâm an-Nawawî et plusieurs savants
(’ulamâ) ont souligné l’importance de cette stipulation. Ibn
Humâm n’a pas mentionné cette stipulation. Hasan Sharnblâlî
écrit comme le suivant dans son ouvrage intitulé "Al-’iqdal-farîd":
« L’acte de mariage contracté sans la présence du tuteur en se
conformant à l’école Hanafite ou l’acte de mariage contracté sans
– 50 –
la présence du témoin en se conformant à l’école Mâlikîte sont
valides (sahîh). Mais, l’acte de mariage contracté sans un tuteur ni
témoin est invalide ». Comme il y a trop de difficultés pour les gens
du commun d’observer cette stipulation, ils n’ont été autorisés
qu’en cas de nécessité absolue de suivre une autre école. Il est dit
qu’il n’était pas valable d’imiter une autre école sans consulter un
savant [âlim] ». Le passage pris du texte de Muhammad al-
Baghdâdî (rahmatullâhi ta’âlâ ’alaiyh) s’est achevé ici.
Ismâ’îl an-Nablusî (rahmatullâhi ta’âlâ ’alaiyh), dans son
annotation du commentaire intitulé "Ad-Durar", fait référence à
l’ouvrage intitulé "Al-’iqdal-farîd" et écrit: «Une personne n’est
pas obligée de rester attachée à une école. Elle peut effectuer une
obligation en se conformant aussi à une autre école. Mais en la
faisant, il faut qu’elle observe toutes les conditions requises
concernant l’exécution de l’acte par l’école imitée. Elle peut
accomplir aussi deux actes indépendants en se conformant à deux
écoles différentes ». Lorsqu’on imite une autre école, la nécessité
d’observer toutes les conditions requises des écoles signifie que le
syncrétisme des écoles est invalide. ’Abd ar-Rahmân al-’Imâdî
(rahmatullâhi ta’âlâ ’alaiyh), l’un des savants Hanafites, écrit dans
son livre intitulé "Al-muqaddima": «Quand il s’agit d’un cas
d’obligation, d’une nécessité, le musulman peut imiter l’une de
trois autres écoles. Mais, il doit respecter les conditions requises
par l’école imitée pour l’acte ou un acte cultuel à accomplir. Par
exemple, lorsqu’un musulman hanafite, en faisant son ablution
avec de l’eau polluée d’une quantité qullatain en se conformant à
l’école Shafi'îte doit formuler dans le cœur l’l’intention, faire
attention au lavage et friction des membres en ordre de succession,
réciter al-Fâtiha derrière l’imâm pendant sa prière de salât en
congrégation et observer certainement le tâ’dil al-arkân (éléments
fondamentaux de la salât, rukn). Il est unanimement déterminé
par les savants qu’une prière de salât accomplie sans observer ces
procédés serait invalide ». Dans son exemple, il ne répétait pas le
mot "cas d’obligation" pour imiter une autre école, car il voulait
parler d’un besoin en mentionnant le cas d’obligation ou d’une
nécessité. D’ailleurs, selon la majorité des savants, il n’y a pas
d’obligation de suivre toujours la même école. Le musulman peut
se conformer à une autre école quand il affronte une difficulté
(haraj) dans sa propre école. Tout ce qui est écrit jusqu’ici
démontre que le syncrétisme des écoles (talfiq) n’est pas valide.
Dans le livre "Tahrîr" d’Ibn Humâm, il n’y a aucune
– 51 –
expression qui indiquait que le syncrétisme des écoles (talfiq) était
valable. Muhammad al-Baghdâdî et al-Imâm al-Manâwî ont cité
ce que Ibn Humâm expliquait dans son ouvrage intitulé "Fathal-
qadîr": « C’est un péché de changer d’école en faisant une
déduction personnelle et en appuyant sur un argument infondé.
Celui qui le fait reçoit une sanction pénale. Un changement
d’école sans ijtihad et sans une preuve est plus pire que le premier.
Le changement d’école signifie agir, exécuter ses actes cultuels
selon une autre école. Et cela ne devient pas effectif avec un
énoncement ou une expression verbale. Si l’on fait, cela devient
une promesse, pas un changement d’école. D’ailleurs, il n’est pas
obligatoire de se conformer à une école avec une telle promesse.
L’âyat al-karîma (verset du Qur’ân al-karîm) "Demandez donc
auxgensdurappel[savants]sivousnesavezpas" nous commande
de demander aux docteurs connus sur les règles, les jugements
religieux. La prohibition de changement d’école par les grands
savants est destinée à empêcher l’essai de recueillir, rechercher les
facilités, procédés simples (rukhsa) des madhhab. Cependant,
selon plusieurs savants, tout musulman peut suivre, se conformer
à un ijtihad qui lui semble facile à accomplir en matière de
différents actes». Et si un ignorant disait que cette dernière
explication de Ibn Humâm démontre que le syncrétisme des écoles
était valide, alors son raisonnement serait faux, parce que
l’explication citée ci-dessus signale que le tout d’un acte pouvait
être exécuté conforme à une seule école, pas en se conformant à
plusieurs. Les antimadhhab et réformateurs religieux qui n’ont pas
pu concevoir cette précision et nuance prennent Ibn Humâm à
faux témoin. Au contraire, Ibn Humâm écrit clairement dans son
ouvrage "Tahrîr" que le syncrétisme des écoles n’est pas permis.
Les réformateurs religieux de l’Islâm font remarquer le passage
suivant de Ibn Nujaim (rahmatullâhi ta’âlâ ’alaiyh) comme
argument pour la légitimité, la validité de syncrétisme des écoles:
« Il est écrit dans une sentence jurisprudentielle (fatwâ) délivrée
par Qâdî-Khân que si une fondation territoriale (le territoire d’une
waqf) est vendue à un prix exorbitant (ghaban fâhish)[1] cette vente
sera infondée d’après Abû Yûsuf (rahmatullâhi ta’âlâ ’alaiyh)
parce qu’elle est destinée à tromper l’acheteur avec le prix
exorbitant (ghaban fâhish). Mais, selon Abû Hanîfa, la vente au

[1] Vente à un prix exorbitant destiné à duper l’acheteur et achat fait à


un prix exorbitant en se laissant leurrer par le vendeur.

– 52 –
prix exorbitant faite par le mandataire du gérant de la fondation
(waqf) est licite. Quand même la vente du territoire du waqf par
échange est légale et permise selon Abû Yûsuf. Donc, on peut
réaliser une vente valable en unifiant, en syncrétisant ces deux
ijtihâd ». Le procédé cité ci-dessus ne peut pas être un argument
pour le syncrétisme religieux parce qu’il s’agit ici d’un syncrétisme
inter-école, autrement dit talfiq fait dans une école, dans la même
madhhab. Tous les deux ijtihâd sont issus de la même
méthodologie; les deux jugements ou déductions résultent ou
proviennent de la même Usûl. Or, le syncrétisme fait entre deux
écoles, deux madhhab n’est pas pareil. D’ailleurs, la preuve qu’Ibn
Nujaym n’a jamais défini le syncrétisme des écoles (talfiq) comme
licite, c’est son explication cité dans son commentaire "Bahr-ur-
râiq" qu’il a préparé pour le livre intitulé "Kanz": «Un musulman
qui se dispose à diriger une prière de salât en congrégation des
fidèles d’une autre école doit observer aussi les principes de cette
école-là». La traduction faite du livre "Khulâsa’t-ut-tahqîq" s’est
achevée ici.
Muhammad ’Abd ar-Rahmân as-Silhatî (rahmatullâhi ta’âlâ
’alaiyh), l’un des savants de l’Inde, écrit comme le suivant dans son
livre écrit en persan intitulé "Saifal-abrâral-maslûl’ala’l-fujjâr":
« Lorsqu’il explique le hadith charif “Facilitez!, Ne rendez pas
difficile!” dans son commentaire intitulé “Mishkat”, ’Allâma
Hâfiz Hasan ibn Muhammad at-Tayyibî[1] (rahmatullâhi ta’âlâ
’alaiyh) souligne que “celui qui syncrétise, qui recueille les
principes ou dispositions faciles des écoles devient un impie
(zindiq)”. Cela signifie que:
1- Tout musulman doit se conformer à l’une de quatre écoles
lorsqu’il accomplit un acte cultuel ou une pratique, une affaire. Il
n’est pas permis de se conformer, de suivre quelqu’un d’autre que
les docteurs de quatre écoles.
2- Tout musulman est libre de se conformer à l’une de quatre
écoles qu’il choisit et qui lui paraît facile à suivre. Il est libre de
pratiquer un acte selon une école et un autre acte en se conformant
à une autre.

[1] At-Tayyîbî est décédé à Damas en 743 hégirien [en 1343]. La


première édition de l’ouvrage intitulé "Saifal-abrâr" est publiée en
Inde en 1300 de l’Hégire [en 1882]. Il a été réimprimé par Hakîkat
Kitâbevi en 1415 hégirien [en 1994]

– 53 –
3- Quant à la pratique, l’accomplissement d’un acte ou d’un
acte cultuel suivant plus d’une école, il faut qu’il remplisse toutes
les conditions et les stipulations de l’école adaptée en ce qui
concerne la validité de ces actes-là. Quand on obéit aux principes,
aux stipulations de l’école adaptée sur une question ou un acte
cultuel, cette application devient valide selon l’école adaptée. Et
cette attention est appelée "taqwâ"; cela serait très bien. Cela
voudrait dire qu’il s’est adapté à une école (taqlîd) et qu’il a
observé à la fois les conditions et les principes des autres écoles.
S’adapter à une école, autrement dit, suivre ou imiter une école est
permis à condition qu’on observe tous ses principes, règles ou
conditions. Si un acte cultuel ou une pratique d’un musulman n’est
pas valide selon aucune des écoles auxquelles il s’est conformé,
cela est appelé "talfîq" (syncrétisme des ordres des écoles), lequel
n’est jamais permis.
4- L’homme n’est pas obligé de rester toujours fidèle, attaché à
l’école qu’il a choisie. Quand il veut, il peut changer d’école.
Toutefois, il faut apprendre bien les instructions et principes de
jurisprudence (fiqh) de l’école à laquelle on veut se conformer,
s’adapter. Et cet apprentissage est possible par étudier les livres
d’instructions (livres de crédo et catéchistiques) de l’une de ces
écoles appelés "’İlm al-hâl". Cependant, il est plus commode, plus
facile de suivre les règles d’une seule madhhab choisie une fois.
Car, il y a toujours des difficultés de quitter une école et s’adapter
à une nouvelle ou d’imiter une disposition d’une autre école sur un
acte ou une question. Quand même, on peut toujours imiter une
autre école en cas d’une nécessité indispensable ou d’une difficulté
grave mais en observant tous ses conditions.
Comme il est difficile d’apprendre les règles de la science de
fiqh concernant une autre école, les savants de fiqh ont prohibé
aux ignorants, c’est-à-dire, à ceux qui n’ont pas de savoirs sur la
science de fiqh, d’imiter une autre école. Par exemple, il est écrit
comme le suivant dans le livre intitulé "Bahr al-fatâwâ": «Si un
musulman de l’école Hanafite a une blessure saignante continuelle
et s’il s’agit d’un gêne pour faire son ablution à l’heure de chaque
prière de salât, il n’est pas valide d’exécuter sa prière de salât en se
conformant à l’école Chafîite sans observer les conditions de cette
école». Ibn ’Âbidîn l’explique en détail dans le chapitre sur
“Ta’zîr”. Dans le but de protéger les actes cultuels des musulmans
qui manquent de connaissances et d’instruction dans le domaine
de jurisprudence islamique contre une invalidation, une
– 54 –
annulation et une rupture quelconque des actes cultuels, les
savants Ahl al-sunna (rahmatullâhi ta’âlâ ’alaihim ajma’în) n’ont
pas autorisé d’imiter une autre école à moins qu’il n’existe une
grande difficulté, autrement dit, à l’exception d’une nécessité
indispensable (haraj).
Il est écrit comme le suivant dans le chapitre "Zabâyih" du
commentaire intitulé "Durr al-mukhtâr" de Tahtâwî: «Plusieurs
docteurs exégètes (auteurs de l’exégèse du Qur’ân al-karîm; de
tafsir) ont commenté que le verset (âyat) cent troisième de la
sourate "Âl-Imrân" (La Famille de 'Imrân) «Fortifiez-vousdulien
d’Allah, collectivement» signifie s’attacher aux explications et
commentaires des savants de fiqh, des docteurs de jurisprudence.
Ceux qui n’agissent pas en se conformant aux livres de fiqh
risquent de tomber dans l’hérésie et d'être privés de l’aide d’Allah
Le Très-Haut et de ne pas se sauver du feu de l’Enfer. Ô croyants!
Réfléchissez bien sur cet âyat al-karîma et attachez-vous au seul
groupe appelé "Ahl as-sunna wa al-Jama'a", reçu la bonne
nouvelle qu’il serait sauvé de l’Enfer! Car, l’agrément, le
consentement et l’aide d’Allah Le Très-Haut sont sur ceux qui
sont de ce groupe. Et Son châtiment sera infligé à ceux qui ne sont
pas de ce groupe et IL enverra ceux-ci en Enfer. Et pour être de
l’Ahl al-sunna, il faut se conformer à l’une de quatre écoles Ahl al-
sunna. Quiconque ne respecte pas, ne se conforme pas à l’une de
ces quatre écoles est loin de l’Ahl al-sunna, il n’en est pas. Seul l’un
de soixante-treize groupes est d’Ahl al-sunna. Les soixante-douze
autres sont des gens de bid’ah; ils iront en Enfer. Ils sont dans la
catégorie des "réformateursenreligion". Donc, il faut embrasser
une de quatre écoles de la voie droite de l’Islâm, c’est-à-dire être
de l’Ahl al-sunna pour être sauvé d’être un hérétique, un impie ».
En outre, un musulman qui recherche et recueille et qui fait le
syncrétisme des ordres et pratiques faciles des écoles ne serait pas
un adhérant de l’une de quatre écoles, il s’écarterait du chemin
d’Ahl al-sunna. Il serait un anti-madhhab. Il est évident que celui
qui ne se conforme pas à l’une de quatre grandes écoles est un
antimadhhab. Celui qui fait un syncrétisme religieux de quatre
écoles est un antimadhhab. De plus, celui qui a une croyance
incompatible avec Ahl al-sunna est aussi un antimadhhab même
s’il suit une seule école Ahl al-sunna. Ces trois types cités ci-dessus
ne sont pas d’Ahl al-sunna. Ce sont des gens de bid’ah. Ils sont sur
le chemin d’hérésie (dalâla). Et les vrais musulmans suivent l’une
de quatre écoles, le chemin droit; ils sont donc Ahl al-sunna. Ces
– 55 –
quatre grandes écoles juridico-islamiques sont unanimes sur les
fondements de la croyance. Leur croyance, leur foi, le fondement
de leur religion sont identiques. Et ces quatre grandes écoles ont
divergé seulement sur des questions de jurisprudence. Les
différences qui les caractérisent sont relativement minimes. Et ces
petites différences qui concernent les actes cultuels sont une
compassion d’Allah Le Tout Puissant. Tout musulman peut choisir
l’une de quatre grandes écoles qui lui semble facile à se conformer.

– 56 –
b.LACROYANCEAHLAL-SUNNA

Gloire et Louange à Allah Le Très-Haut de m’avoir accordé


d’écrire ces passages suivants. Hamd (Louange, Gloire) signifie
croire et professer que c’est Allah Le Tout Puissant qui a créé et
envoyé tous les biens et bienfaits. Le bien ou un bienfait signifie
tout ce qui est favorable à la progression des créatures et à leur
évolution. Shukr (reconnaissance, remerciement) signifie utiliser
tout conformément aux préceptes de l’Islâm. Les bienfaits sont
traités dans les ouvrages des savants Ahl al-sunna. Les savants Ahl
al-sunna sont les docteurs de quatre écoles de jurisprudence
connues.
Imâm Muhammad al-Ghazâlî (rahmatullâhi ’alaiyh) écrit
comme le suivant dans son œuvre intitulée “Kimyâ-îSa'âdat”: « À
priori, il est fard (obligatoire selon la religion) pour une personne
musulmane de savoir et croire en signification de la formule "Lâ
ilâha ill-Allâh, Muhammadun Rasûl-Allâh". Cette profession de
foi est nommée "Kalimat at-tawhîd"[1]. Il suffit pour chaque
musulman d’attester et de croire sans aucun doute à la signification
de cette parole du tawhîd. Il n’est pas fard de prouver, d’en établir
des preuves ou de le rendre conforme à la raison ou rationaliser.
Rasûlullah (sall-Allâhu ’alaihi wa sallam) n’a pas commandé aux
Arabes de croire en établissant preuves et en révélant ces preuves
ou de rechercher les doutes ou d’éclaircir, lever ces doutes. Il leur
a commandé seulement de croire et de ne pas douter. Il est
convenable qu’on en ait foi simplement. Cependant, il est fard
kifâya[2] qu’il existe quelques ’âlims (savants de la religion) dans

[1] Tawhîd (unicité d’Allah Le Tout Puissant) et "Kalimat at-tawhîd"


c’est la formule de l’attestation de foi: "Il n'y a d'autre dieu qu'Allah
et que Muhammed alaihissalâm est Son Messager". Le mot tawhîd
signifie l’Unité divine.
[2] Fardh kifâya: Ordonnance divine, obligatoire pour la nation
musulmane dans son ensemble. Cette ordonnance collective est
considérée accomplie, si elle est exécutée par quelques membres de
la communauté.

– 57 –
chaque ville. Ces savants ont à connaître les preuves, à ôter les
doutes et à répondre aux questions; c’est wâjib. Ils sont comme des
bergers des croyants. D’une part, ils leur enseignent sur les
instructions de la croyance, de l’imân (la foi), il défend les
croyances des croyants et d’un autre côté, ils répondent aux
calomnies des ennemis de la religion.
«Le Qur’ân al-karîm révèle la signification de la parole de
tawhîd et Rasûlullah (sall-Allâhu ’alaihi wa sallam / Paix et
bénédiction soient sur lui) explique ce qui y est mentionné. Tous
les compagnons (Sahâbat al-kirâm) ont entendu, appris toutes ces
explications et ils les ont transmises à ceux qui sont venus après
eux. Les grands savants, les savants religieux éminents et
distingués qui ont transcrit mot à mot et correctement et sans faire
aucune modification dans leurs livres et qui nous les ont retransmis
ceux que Sahâbat al-kirâm avaient transmis sont appelés "Savants
Ahlal-sunna". Tout le monde doit apprendre l’i'tiqâd (certitude,
conviction, adhésion) Ahl al-sunna, s'unir sur cette i'tiqâd et
s’aimer l’un l’autre. La vraie graine du bonheur, c’est cette i'tiqâd
même, c’est avoir cette i’tiqâd et c’est s’unir sur cette conviction.
«Les grands savants Ahl al-sunna expliquent la signification de
la parole "kalimat at-tawhîd" comme le suivant: "Les êtres
humains n’existaient pas. Ils ont été créés ultérieurement. Ils ont
un Créateur. C’est ce Créateur qui a créé toutes choses, tous les
êtres. Ce Créateur de toutes choses est l’Unique. Il n’a ni associé,
ni son semblable. Il n’y a pas d’un second autre que Lui-même. IL
existait toujours. Son existence n’a pas de début. IL existe
toujours. Il n’y a pas de fin à Son existence. Il ne cesse jamais
d’exister, ni dans le passé, ni dans l’éternel futur. Son existence est
infiniment nécessaire. Sa non-existence, Son inexistence est
impossible. Son existence, Sa subsistance est par Lui-même. IL n’a
besoin de rien, ni de quoi que ce soit. Il n’a besoin aucun moyen,
aucune raison, aucune circonstance. Il n’y a rien qui Lui soit
nécessaire et il n’y a rien qui n’a pas besoin de Lui. C’est Lui qui
crée tout et qui donne de l’existence à tout. C’est Lui Seul qui crée
toutes choses, qui maintient tout en existence à tout moment et qui
fait que tous les êtres, toutes choses continuent d’exister à tout
moment. IL n’est pas substance, ni une matière. IL n’est pas un
corps. IL n’est pas en un endroit. IL n’est dans aucune matière. IL
n’a pas de forme. IL ne peut pas être mesuré. On ne peut pas
demander comment IL est. Quand nous parlons de Lui, IL n’est
– 58 –
pas quelque chose qui se présente à l’esprit ou que nous puissions
imaginer que c’est Lui. IL ne ressemble pas à tout cela. IL est
différent de toutes ces choses. Toutes ces choses sont Ses
créatures. IL n’est pas comme Ses créatures. IL est Le Créateur de
tout ce qui se présente à l’esprit, de toutes les supputations, de
toutes imaginations et de toutes réflexions. IL n’est pas au-dessus,
au-dessous ou sur le coté. IL n’est pas dans un endroit. IL n’est pas
concerné par les endroits. Toutes choses, tous les êtres sont au-
dessous du Trône (Arsh). Et le Trône est au-dessous de Son
pouvoir, de Son omnipotence. IL est au-dessus du Trône.
Cependant cela ne signifie pas que le Trône Le porte. Le Trône
existe par Sa grâce (lutf) et Sa puissance (qudra). IL l’est
maintenant comme il était dans l’éternel passé. IL était le même
avant de créer le Trône comme IL l’est maintenant. IL sera
toujours le même dans le futur éternel comme IL était avant la
création du Trône. Aucun changement, aucune transformation,
aucune transmutation ne se produisent chez Lui. IL a des
Attributs. Ses "Attributs de Perfection" (Sifâtthubûtiyya) sont au
nombre de huit: Hayat (la vie), İlm (l’omniscience), Sem’ (l’ouïe),
Basar (la vue), Qudra (l’omnipotence), Kalâm (la parole), Irâda
(la volonté) et Takwîn (faire exister, faire entrer les choses en
existence). Et il n’y a aucune modification en Ses attributs-ci. Une
modification ou un changement en Ses Attributs est une
imperfection. Et il n'y a aucune imperfection, aucune défectuosité,
ni défaut chez Lui. Quoiqu’IL ne ressemble à aucune de Ses
créatures, il est possible de Le connaître dans cette vie terrestre
pour autant qu’IL se fasse connaître et de Le voir dans l’autre
monde, dans la vie éternelle. Ici, on Le connaît sans pouvoir bien
concevoir comment IL est. Et dans l’au-delà, IL sera vu d’une
manière inconcevable.
"Allâhu ta’âlâ (Allah Le Très-Haut) a envoyé Ses Prophètes
(’alaihim us-salâm / Paix et saluts soient sur eux) pour l’humanité
toute entière, pour Ses serviteurs humains. IL a transmis par
l’intermédiaire de ces Messagers choisis, ces grands êtres humains,
à tous les gens Ses ordres et les actes qui les amèneraient au
bonheur et au malheur éternels. Le supérieur, le plus élevé parmi
Ses Prophètes est le dernier Prophète Muhammad alaihissalam
(Paix et bénédiction soient sur lui). Il a été envoyé à titre de
Prophète pour tous les gens religieux ou irréligieux, tous les
peuples, tous les lieux. Il est le Prophète de tous les êtres humains,
– 59 –
les anges et génies. Dans tous les côtés du monde, tous les gens
doivent se conformer à ce Prophète sublime, à sa Loi sublime». Le
passage tiré de l’ouvrage de Imâm al-Ghazâlî[1] s’achève ici.
Sayyid ’Abdulhakîm-i Arwâsî[2] (rahmatullâhi ’alaiyh), un
grand savant et un murshid kâmil (guide parfait) de l’Islâm citait
comme le suivant: «Rasûlullah (sall-Allâhu ’alaihi wa sallam) avait
trois tâches. La première, c’était transmettre, délivrer le message
(teblîgh) de la Loi islamique, les préceptes, principes de l’Islâm
(Ahkâm al-Islamiyya), c’est-à-dire, les bases scripturaires, les
commandements et interdictions du Qur’ân al-karîm, les ordres,
les instructions de la foi, les règles essentiels de la science de la
jurisprudence islamique (ahkâm al-fiqhiyya) aux êtres humains.
Ahkâm al-fiqhiyya sont les ordres, règles essentiels qui concernent
les commandements et interdictions. Sa seconde tâche, c’était
transmettre les préceptes antérieurs et spirituels du Qur’ân al-
karîm (ahkâm al-manawiyya), c’est-à-dire, les connaissances de la
vérité qui concernent les Attributs et l’Essence divine (dhât)
d’Allah Le Très-Haut aux cœurs des gens éminents de son Umma.
Cette deuxième tâche ne doit pas être confondue avec sa première
tâche de teblîgh. Les anti-madhhab contestent cette seconde tâche.
Mais, Abû Huraira (radiy-Allâhu ’anh) dit comme le suivant: “J’ai
acquis deux types de savoir de Rasûlullah (sall-Allâhu ’alaihi wa
sallam). Je vous ai rapporté le premier. Si je vous l’expliquais le
deuxième, vous me tueriez”. Ce témoignage d’Abû Huraira, cité
ci-dessus, est écrit dans les livres "Bukhârî", "Mishqât", "Hadîqa"
et dans 267ème lettre de "Maktûbât". Sa troisième tâche était
destinée à l’usage de contrainte pour forcer les musulmans qui
n’obéissaient pas aux conseils et aux prêches en ce qui concernent
les règles essentiels de fiqh (ahkâm al-fiqhiyya).

[1] Imâm Muhammad al-Ghazâlî (rahmatullâhi ’alaiyh) est l’un des plus
grands savants de l’Islâm. Il a écrit des centaines de livres. Tous ses
livres, ouvrages sont très précieux. Il est né en 450 de l’Hégire [en
1068] à Tus, située près de Mashhad, et il y est décédé en 505 de
l’Hégire [en 1111].
[2] Sayyid Abdulhakîm Arwâsî (rahmatullâhi ’alaiyh) est né à Başkala,
communal de Van en 1281 de l’Hégire (en 1865) et décédé en 1362
de l’Hégire (en 1943) à Ankara. Sayyid signifie ici qu’il était l’un des
descendants de Muhammad alaihissalâm (Paix et salut soient sur
lui).

– 60 –
"Après Rasûlullah (sall-Allâhu ’alaihi wa sallam), chacun de
quatre Califes (radiy-Allâhu ’anhum) a accompli parfaitement ces
trois tâches. Pendant l’Imâma de Hadrat Hasan (radiy-Allâhu
’anh), les discordes (fitna) et innovations religieuses (bid’ah) ont
augmenté. L’Islâm s’est étendu sur trois continents. La lumière
(nûr) spirituelle de Rasûlullah (sall-Allâhu ’alaihi wa sallam) s’est
éloignée de notre planète. Le nombre des Sahâbat al-kirâm (radiy-
Allâhu ’anhum) a diminué. Plus tard, une personne n’a pas pu
accomplir toute seule ces trois tâches. En conséquence, ces trois
tâches ont été subdivisées en trois différents ordres. La tâche de
transmettre la science des principes du Droit (usûl) et du domaine
des ramifications du droit musulman, branches de la jurisprudence
de l’Islâm (fur’û), en somme les principes de la foi (’imân) et les
règles essentiels de fiqh (ahkâm al-fiqhiyya), a été assignée aux
docteurs mujtahid, imâms religieux. Parmi ces mujtahids, ceux qui
transmettent et expliquent les principes de la foi sont appelés
"mutakallimûn" (théologiens) et ceux qui transmettent et
expliquent la jurisprudence, autrement dit, le droit canonique de
l’Islâm (fiqh) sont appelés docteurs en jurisprudence (fuqahâ'). La
seconde tâche, c’est-à-dire, la tâche de faire atteindre les
musulmans qui ont la vocation aux jugements spirituelles du
Qur’ân al-karîm, était assignée aux Douze Imams de l’Ahl al-Bayt
(Gens de la maison) et aux maîtres éminents de tasawwuf
(soufisme). Junaid al-Baghdâdî et Sırrî-i Sakatî (rahmatullâhi
ta’âlâ ’alaihimâ), ces deux personnalités éminentes en étaient.
Junaid al-Baghdâdî est né en 207 de l’Hégire [en 821] et décédé à
Baghdâd en 298 de l’Hégire [en 911], et Sirrî (Sarî) as-Saqatî est
décédé en 251 de l’Hégire [en 876] à Baghdâd.
[Les savants Ahl al-sunna ont établi ’ilm al-tasawwuf
[soufisme] en apprenant cette seconde tâche de Rasûlullah (sall-
Allâhu ’alaihi wa sallam) de Douze Imâms (rahmatullâhi ta’âlâ
’alaihim). Quelques personnes ne croient pas aux Awliya’ (saints),
aux karamats (faveurs, dons, prodiges, merveilles d’un walî’) ni au
tasawwuf. Leur incroyance démontre qu’ils manquent d’égards
envers les Douze Imâms. Mais s’ils étaient sur le chemin de l’Ahl
al-Bayt, ils auraient appris de Douze Imâms la seconde tâche de
notre Prophète, et plusieurs savants de tasawwuf et awliya' ainsi
auraient été élevés parmi eux. Comme il n’en est pas élevé parmi
eux, ils ne croient non plus à leur existence. On voit que les Douze
Imâms sont les guides spirituels, les modèles, les Imâms de l’Ahl
– 61 –
al-sunna. Ceux qui aiment Ahl al-Bayt (Gens de la maison) et qui
se trouvent sur le chemin de Douze Imâms sont de l’Ahl al-sunna.
Pour être un savant éminent en Islâm, il faut être l’héritier de
Rasûlullah dans ses deux tâches, autrement dit, il faut être un
spécialiste éminent dans le domaine de ces deux sciences. ’Abd al-
Ghanî an-Nabulusî (rahmatullâhi ta’âlâ ’aleyh), l’un de tels savants
éminents, cite dans son œuvre intitulée "Al-hadîqatan-nadiyya",
pages 233 et suivantes et à la 649ème, les hadiths charif définissant
les principes spirituels du Qur’ân al-karîm et il fait remarquer que
leur incroyance en cette deuxième tâche était le signe de leur
ignorance et qu’ils étaient déshérités]
"La troisième tâche, c’est-à-dire, le devoir de faire respecter les
principes de l’Islâm par l’impétuosité, la souveraineté était
assignée aux souverains, aux sultans, autrement dit, aux
gouvernements. Les sections de la première tâche sont appelées
"écoles juridico-islamiques" (madhhab), celles de la deuxième
sont appelées "voies spirituelles" (tariqa) et celles de la troisième
sont appelées "lois" (qânûn). Les écoles concernant la foi, la
conviction sont appelées "madhhâb d’i'tiqad". Notre prophète
(sall-Allâhu ’alaihi wa sallam) avait prédit que les madhhabs
d’i'tiqad seraient divisées en soixante-treize groupes dont un seul
parmi eux serait droit et les autres égarés. Et, c’est arrivé ainsi. Le
groupe reçu la bonne nouvelle qu’il se trouverait sur la bonne voie,
sur le droit chemin est appelé "Ahlas-sunnawaal-Jama'a". Les
soixante douze groupes égarés sont appelés “groupes de bid’a”,
autrement dit, groupes aberrants ou hérétiques. Cependant, aucun
de ceux-ci n’est pas mécréant (kâfir). Ils sont tous musulmans.
Toutefois, celui qui prétend qu’il est un fidèle de l’un de soixante
douze groupes mais qui conteste ou ne croit pas à l’une des bases
scripturaires explicites révélées dans le Qur’ân al-karîm ou hadith
charif ou devenues communes parmi les musulmanes, il devient un
mécréant. De nos jours, il y a beaucoup de gens qui portent un
nom musulman mais quittés la madhhab de l’Ahl al-sunna et
devenus ainsi hérétiques ou mécréants». La citation de Hadrat
Abdulhakîm Efendi s’achève ici.
Les musulmans doivent continuer à apprendre la science du
berceau à la tombe. Les sciences, instructions que les musulmans
ont à apprendre sont appelées "al-’ulûm al-Islâmiyya" (sciences
islamiques). Ces sciences islamiques se divisent en deux branches:
– 62 –
1- al-’ulûm an-naqliyya (sciences religieuses) 2- al-’ulûm al-
’aqliyya (sciences expérimentales)
1- ’Ulûman-naqliyya: On les appelle aussi sciences religieuses.
Elles sont acquises par étude des livres des savants Ahl al-sunna.
Les savants de l’Islâm ont pris et inféré ces sciences de quatre
sources. Ces sources de référence principales, évidences et
arguments sont appelées "Adillaal-sharia". Elles se composent de
quatre fondements: le "Qur’ân al-karîm", les "Hadîth charîf",
"Ijmâ' al-Umma" et "Qiyâs al-fuqahâ’".
Les sciences religieuses (’Ulûm an-naqliyya) se composent
aussi de deux branches principales: Sciences religieuses élevées
(Ulûm âliyya) et sciences fondamentales (Ulûm ibtidâiyya). Les
sciences religieuses élevées aussi se divisent en huit branches:
I- 'Ilm-i tafsîr: (Science d’exégèse du Qur’ân al-karîm). Les
spécialistes de cette branche sont appelés “mufassir” [exégètes].
Mufassir signifie un grand savant, un érudit éminent qui la
compétence de comprendre la parole divine (murad al-ilâhî).
II- ’Ilm al-usûl al-hadîth: (La science méthodologique des
principes fondamentaux des hadiths). Cette branche fait la
classification, analyses et méthodes des genres des hadiths. Les
catégories des hadiths charif sont traitées dans l’ouvrage intitulé
"Endless Bliss" (second fascicle, sixth chapter).
III-'Ilmal-hadith: (Science du hadith). Cette discipline étudie
les actes, paroles, communications, nouvelles et tradition de notre
Prophète (sall-Allâhu ’alaihi wa sallam).
IV- ’Ilm al-usûl al-kalâm: (science méthodologique des
principes de la parole). Cette discipline étudie et explique les
méthodes et principes de la science de la parole, de la théologie
islamique à partir des versets de Qur’ân al-karîm (âyat al-karîma)
et des Hadiths charif.
V- ’Ilm al-kalâm: (science de la parole; théologie islamique)
Cette discipline étudie et explique kalimat at-tawhîd, kalimat ash-
shahada (l’attestation, profession de foi) et la reconnaissance de
l’Unicité divine et les six conditions fondamentales de la foi
auxquelles elles se rapportent. Ce sont les connaissances
auxquelles on doit croire par cœur. Les savants de kalâm avaient
l’habitude de traiter ensemble les sciences de ’ilm al-usûl al-kalâm
et ’ilm al-kalâm. C’est la raison pour laquelle les profanes
– 63 –
considèrent comme pareil ces deux disciplines.
VI-’İlmal-usûlal-fiqh: (science méthodologique des principes
de la jurisprudence islamique) Cette branche étudie les méthodes
de l’inférence et de références des données, des instructions de
jurisprudence (fiqh) à la source de Qur’ân al-karîm et des Hadiths
charif.
VII-’Ilmal-fiqh: (science de la jurisprudence de l’Islam). Cette
branche explique les devoirs de "af’al al-mukallafin", c’est-à-dire
les actes cultuels, obligations et verbes de ceux qui sont pubères et
astreints aux obligations légales. Autrement dit, ce sont les
instructions qui concernent les actes corporels. Quoi que "af’al al-
mukallafin" se composent de huit parties comme fard, wajîb,
sunna, mustahâb, mubâh, harâm, makrouh et mufsîd, ils se divisent
en trois catégories: actes commandés, actes interdits et actes ni
commandés ni défendus (mubâh).
VIII-’Ilmat-tasawwuf: Cette branche est appelée aussi 'ilm al-
akhlâq (éthique, science des mœurs). Comme elle explique ceux
qu’on a ordonné de faire ou de ne pas faire par le cœur, elle aide
aussi la restitution de la rencontre enstatique de la foi et à exécuter
facilement et de plein gré les devoirs de fiqh et à atteindre ainsi la
connaissance de la vérité (ma’rifa’).
Il est cité dans l’ouvrage intitulé "Al-hadîqa" (page 323) et
dans la préface de "Radd al-mukhtâr" qu’ «il est une
ordonnance divine obligatoire à titre individuel (fard-i 'ayn), à
tout musulman homme ou femme, d’apprendre autant que
nécessaire les instructions de kalâm, de fiqh et de tasawwuf
parmi ces huit branches. Apprendre ces instructions, c’est
apprendre l’Islâm. Et c’est une infraction, un délit et un péché de
ne pas les apprendre».
2-Al-’ulûmal-’aqliyya (Sciences expérimentales). Ces sciences
se divisent en deux catégories: sciences naturelles et sciences
humaines et sociales. Il est fard kifâya pour les musulmans de les
apprendre. Quant aux sciences religieuses, il est fard 'ayn de les
apprendre autant que nécessaire et aussi l’emploi des armes de
guerre. S’approfondir dans les sciences religieuses ou devenir
spécialiste soit dans les sciences religieuses soit dans la technologie
des armes de guerre est un devoir communautaire (fard kifâya).
S’il n’y a pas un savant spécialiste et compétent de ces sciences
citées ci-dessus ou des centres d’art ou de métier dans une ville,
– 64 –
tous les habitants et les autorités publics de cette ville-là seront
coupables.
Les sciences religieuses sont intemporelles; elles ne changent
pas avec le temps. Faire erreur, s’abuser en raisonnant sur les
sciences de kalâm ne serait pas une excuse, mais une infraction, un
délit. Et en ce qui concerne les actes ou matière de jurisprudence
(de fiqh), il est possible de profiter des facilités et des
amendements, des variations ou particularités des motifs ou des
causes de dispense indiqués par Islâm. Il n’est jamais légal, ni
permis de faire des modifications par raisonnement personnel ou
de faire des réformes dans les matières religieuses. Ce serait la
raison de sortir de l’Islâm. Cependant, il est légal et permis de faire
des changements, modifications et des nouveautés et de se
progresser, s’avancer en ce qui concerne les sciences
expérimentales. Il y faut faire des recherches, des études et faire
des productions et les apprendre aussi des non-musulmans.
L’article suivant est cité du livre intitulé "Al-majmû’at az-
Zuhdiyya" compilé par l’ex-ministre de l’éducation Assayyid
Ahmed Zuhtu Pacha (rahmatullâhi ta’âlâ ’alaiyh):
"Le mot “fiqh” en arabe signifie connaître, savoir et
comprendre quand il est employé sous forme de ‘faqiha yafqahu’,
c’est-à-dire un usage de la quatrième catégorie. Quand il est
employé en cinquième catégorie, il signifie connaître et
comprendre l’Islâm. Les jurisconsultes, les docteurs spécialistes en
science de jurisprudence islamique (fiqh) sont appelés “faqîh”. La
science de fiqh (’ilm al-fiqh) traite des actes, des conduites que les
hommes doivent accomplir et qu’ils doivent s’en abstenir. Cette
science est appelée aussi "Ahkâmal-İslâmiyya". Les instructions
et connaissances de fiqh se composent de Qur’ân al-karîm, des
Hadiths charîf, de l’ijmâ' al-umma et de qiyâs. Le consensus,
l’unanimité de Sahâbat al-kirâm et des mujtahids venus après eux
est appelé "Ijmâ’ al-Umma". Les règles, jugements et principes
(Ahkâm al-İslâmiyya) recueillis du Qur’ân al-karîm ou des hadiths
charif ou de l’ijmâ' al-umma par les jurisconsultes sont appelés
"Qiyâs al-fuqahâ’". Quand on ne pouvait pas comprendre du
Qur’ân al-karîm ou des Hadiths charif si un acte, une chose ou un
fait est permis, légal (halâl) ou interdit (harâm), alors on établit
une analogie, et cette analogie est appelée "qiyâs". A
l’établissement d’une analogie, il faut absolument rechercher la
– 65 –
raison de même nature, une ressemblance entière de la question
ou de la situation; autrement dit, il faut que la même raison qui
rendait la chose halâl ou hâram ait existé aussi dans le premier cas.
Et cela ne peut être compris et déterminé que par les docteurs, les
savants éminents “rahmatullahi taâlâ alaiyhim ajma’în” atteints au
degré élevé d’ijtihâd.
La science de jurisprudence islamique (science de fiqh) est une
science plus ample; c’est une science en une multitude de champs
religieux, juridiques, sociaux distincts. Cependant, elle se divise en
quatre grandes branches:
1-Ibâdât (Actes cultuels); Ils se divisent en cinq catégories: la
prière de salât, sawm (le jeûne), zakât (l’aumône légale), hadj
(pèlerinage à la Mecque) et djihâd. Chacune se divise en
nombreuses subdivisions. On voit que c’est un 'ibâda de faire des
préparations pour djihâd. Notre Prophète (sall-Allâhu ’alaihi wa
sallam) énonçait que le djihâd contre les ennemis de l’Islâm se
faisait de deux manières; par la science et technique et par la
culture. Il est une obligation (fard) de se préparer
technologiquement au djihad, c’est-à-dire d’utiliser et de se servir
de la technologie, de la science et technique pour fabriquer,
découvrir et essayer des nouvelles armes et d’apprendre leur
usage. Il ne faut pas oublier que c’est l’État qui fait cette manière
de jihâd. Il est fard que le peuple soit participé au jihâd en
obéissant aux lois et aux ordres de l’État. Quand à la deuxième
méthode de jihâd, c’est faire face à la guerre universelle que les
irréligieux la font aujourd’hui en se servant de toutes sortes de
mass-média, de grands moyens informatiques, communicatifs,
d’information, de diffusions, de publications, du cinéma et de
toutes sortes de propagande.
2-Munâkahât est la branche de fiqh concernant la famille, le
statut personnel du code civil qui règle les matières des procédures
du mariage, de la rupture du mariage, du divorce, des pensions
alimentaires, de la prestation compensatoire, de la pension de
réversion et bien d’autres.
3- Mu’âmalât: Cette branche de fiqh concerne les relations
interhumaines, les affaires sociales, les normes des rapports entre
humains selon le droit telles que les transactions, l’achat, vente,
location, mitoyenneté, intérêts, l’héritage, etc.
4- Uqûbât (Code pénal). Cette branche règle les sanctions et
– 66 –
peines. Elle se compose de cinq subdivisions: qisâs (le talion),
sirqat (le vol), zinâ (fornication), qadhf (amputation calomnieuse
de fornication dirigée contre une femme chaste) et ridda (cas de
l’apostasie et de l’apostat).
Il est fard pour tout musulman d’apprendre sommairement la
partie ’ibâdât, autrement dit, les actes cultuels. Et il est fard kifâya
d’apprendre les branches de munâkahat et muâmalât. Cela veut
dire qu’il est fard pour les personnes auxquelles surviennent ou
arrivent ces faits. Après ilm at-tafsîr, ’ilm al-hadîth and ’ilm al-
kalâm, la science la plus honorable est celle de fiqh. Les six hadiths
charif suivants seront suffisants pour démontrer l’honneur de la
science de fiqh et des faqîhs (rahmatullâhi ta’âlâ alaihim ajma’în):
"Celuiqu’AllahLeToutPuissantluiveutdubien,ILluidonne
la compréhension profonde de la religion et le rend faqîh en
sciencedejurisprudence".
"Celuiquidevientunfaqîh,AllahLeToutPuissantluienvoie
ceux qu’il manque et IL pourvoit à sa subsistance par voies
imprévues".
"La personne estimable, la plus élevée et supérieure auprès
d’AllahLeTrès-Hautestlefaqîhenmatièresreligieuses(docteur
en jurisprudence de l’Islâm)".
"ContreSatan,unfaqîh(jurisconsulte) estplusfermequemille
personnespieuses('âbid)".
"Tout est basé sur un fondement. Et la base du pilier de la
religion,c’estlasciencedefiqh".
"Le plus méritoire, le plus vertueux des actes cultuels, c’est
apprendreetenseignerlefiqh".
Ces hadiths charif révèlent aussi la supériorité de Imâm al-
a’zam Abu Hanîfa (rahmatullâhi ta’âlâ ’alaiyh).
Les règles et le statut de la religion (de l’Islâm) à l’école
Hanafite sont déterminés par une chaîne commençant par
’Abdullâh ibn Mas’ûd (radiy-Allâhu ’anh), l’un des Sahâbî
(Compagnons). A savoir Al-Imâm al-a’zam Abû Hanîfa
(rahmatullâhi ta’âlâ ’alaiyh), l’imâm de l’école hanafite, a acquis la
science de fiqh de Hammâd, et Hammâd de Ibrâhîm an-Nakhâ’î,
Ibrahim an-Nakhâ’î de Alkama et Alkama enseigné par ’Abdullâh
ibn Mas’ûd, et lui, enseigné par Rasûlullah (sall-Allâhu ’alaihi wa
sallam).
– 67 –
Abu Yûsuf, Imâm Muhammad ash-Shaibânî, Zufar ibn
Hudhail et Hasan ibn Ziyâd étaient les disciples de Imâm al-a’zam
(rahimahum-Allah). Parmi ceux-ci, Imâm Muhammad[1] avait écrit
un millier de livres en matière de religion. Comme il s’était marié
avec la mère de Imâm ash-Shâfi’î qui était l’un de ses disciples, il
lui avait laissé en héritage ses livres quand il était décédé. Et ces
ouvrages se sont servis d’accroître les connaissances de fiqh de
Imâm ash-Shâfi’î. Cêst la raison pour laquelle, Imâm ash-Shâfi’î
(rahmatullâhi ta’âlâ ’alaiyh) a dit: «Je jure que ma connaissance
sur la science de fiqh s’est accrue en étudiant les livres écrits par
Imâm Muhammad. Celui qui veut approfondir sa connaissance de
fiqh devrait être dans la compagnie des disciples de Abu Hanîfa».
Et une fois, il a dit: «Tous les Musulmans sont comme la famille,
les enfants de Imâm al-a’zam». Cela voudrait dire que Imâm al-
a’zam s’était chargé de déterminer les instructions et
connaissances religieuses dont les gens avaient besoin en ce qui
concerne les affaires, actes et cultes et il les avait délivré des
difficultés de même qu’un homme travaillait pour nourrir sa
progéniture.
Imâm al-a’zâm Abu Hanîfa (rahmatullâhi ’alaiyh) a compilé les
instructions, acquis et notions de jurisprudence de fiqh et il les a
classifiés méthodiquement, catégorisés en branches et sous-
branche, mises en ramifications et il en établi des méthodes. De
même, il a recueilli toutes les instructions, connaissances de foi,
d’itiqâd révélées et prêchées par Rasûlullah (sall-Allâhu ’alaihi wa
sallam) et Sahâbat al-kirâm (ridwânullâhi ’alaihim ajma’în) et il les
a transmises à des centaines de ses disciples. Parmi ses disciples,
des spécialistes en science de Kalâm, en connaissances de foi se
sont élevés. Abu Bakr al-Jurjânî, l’un des disciples élevés par
Imâm Muhammad ash-Shaibânî est devenu un savant très connu,
un 'alim fameux. Et Abû Nasr al-’Iyâd, l’un des disciples élevés de
Jurjânî a élevé Abû Mansûr al-Mâturîdî en science de Kalâm. Abû
Mansûr a écrit dans ses livres toutes les instructions et
connaissance de Kalâm découlant de Imâm al-a’zam (rahmatullâhi
ta’âlâ ’alaiyh). En luttant contre les hérétiques et égarés, il a
consolidé, renforcé l’itiqâd Ahl as-sunna. Il l’a disséminé partout.
Il est décédé à Samarkand en 333 de l’Hégire [en 944]. Un juif

[1] Imâm Muhammad est né en 135 de l’Hégire et décédé en 189


hégirien [en 805] à Ray en Iran.

– 68 –
avait acheté sa tombe à des Russes et il l’avait transformée en une
taverne. La société Ikhlâs d’Istanbul ayant remarqué cet état
scandaleux, elle l’a acheté à ce propriétaire juif à 30.000 dollars en
1416 hégirien (en 1996), et elle l’a restaurée et embellie. Les deux
grands savants Abû Mansûr al-Mâturîdî et Abu ’l-Hasan al-
Ash’arî sont appelés "imâms des écoles en i'tiqâd" de l’Ahl al-
sunna.
Les savants de jurisprudence fiqh sont groupés en sept
catégories. Kemâl Pasha Zhada Ahmad ibn Sulaimân Effendi
(rahmatullâhi ta’âlâ ’alaiyh), explique comme le suivant ces sept
catégories dans son ouvrage intitulé "Waqfan-niyyât".
1- Les "mujtahid mutlaq" en Islâm. Ce sont de très grands
savants qui ont établi les méthodes et principes pour recueillir ou
déduire des jugements de quatre sources de la religion (Adilla-i
arba’a), et ils en ont fait des déductions selon les principes qu’ils
ont établis. Les quatre imâms d’écoles de jurisprudence de l’Islâm
sont de ceux-ci.
2- Les mujtahid en madhhab; ce sont les grands savants qui
établissaient des jugements, règles en s’appuyant sur les quatre
sources fondamentales mais en respectant les principes établis par
l’imâm, le maître de madhhab. Ce sont Imâm Abû Yûsuf, Imâm
Muhammad et les semblables (rahmatullâhi ta’âlâ ’alaihim
ajma’în).
3- Les mujtahid sur les problématiques. Ce sont des spécialistes
qui font des déductions en accord avec les méthodes et principes
de l’école de jurisprudence sur les problématiques ou une matière
spéciale qui ne sont pas précisées par le maître de madhhab.
Cependant, ils sont obligés de respecter les instructions et
références de l’Imâm de madhhab. Ce sont Tahâwî (238-321
hégiriens en Egypte), Hassâf Ahmad ibn ’Umar (en 261 hégirien,
à Baghdâd), ’Abdullâh ibn Husain al-Karkhî (en 340 hégirien),
Shams ala’imma al-Halwânî (en 456 H. à Bukhârâ), Shams al-
a’imma as-Sarahsî (en 483 H.), Fakhr-ul Islâm ’Alî ibn
Muhammad al-Pazdawî (400-482 H. à Samarkand), Qâdî-Khân
Hasan ibn Mansûr al-Farghânî (en 592 H.), les semblables
(rahmatullâhi ta’âlâ ’alaihim ajma’în).
4- As'hâb at-takhrîj. Ce sont les savants qui n’ont pas atteint le
degré d’ijtihâd mais qui dévoient les jugements établis par les
mujtahid. Abu Bakr Ahmad Ibn Alî al-Râzî était l’un de ceux-ci.
– 69 –
Il s’appelait aussi al-Jassas; il est décédé en 370 de l’Hégire.
5- Arbâb at-tarjîh. Parmi la chaîne de transmission (riwayat)
découlant des mujtahid, ces savant en choisissent une. Ceux-ci sont
Abu l’Hasan al-Qudûrî (362-428 de l’Hégire à Baghdâd), Burhân
ad-dîn ’Alî al-Marghinânî, l’auteur de l’ouvrage intitulé "al-
Hidâya", martyrisé par les soldats de Jenghiz pendant le Massacre
de Bukhârâ en 593 H (en 1198).
6- Muqallids (conformistes). Ce sont les savants qui respectent
les normes, la conformité de différentes transmissions (riwâya) sur
un sujet et qui les enregistrent selon une classification
corroborative. Il n’y a pas de transmission rejetée dans leurs livres.
Abû’l-Barakât ’Abdullâh ibn Ahmad an-Nasafî (décédé en 710 de
l’Hégire), l’auteur du livre intitulé "Kanz ad-daqâiq"; ’Abdullâh
ibn Mahmûd al-Musûlî (décédé 683 de l’Hégire), l’auteur du livre
intitulé "Mukhtâr"; Burhân ash-Sharî’a Mahmûd ibn Sadr ash-
Sharî’a ’Ubaid-Allâh (décédé en 673 de l’H.), l’auteur du livre
intitulé "Al-Wiqâya"; et Ibn as-Sâ’âtî Ahmad ibn ’Alî al-Baghdâdî
(décédé en 694 de l’H.), l’auteur du livre intitulé "Majmâ’ al-
bahrain" (rahmatullâhi ta’âlâ ’alaihim ajma’în) sont de ceux-ci.
7- Les muqallid, conformistes incapables de distinguer les
rapports, les transmissions faibles de ceux qui sont corroborés.
(Comme ils pouvaient concevoir et attribuer le sens correct à ce
qu’ils lisaient et ils les expliquaient aux muqallids qui ne pouvaient
pas les comprendre, ils ont été considérés comme des savants de
fiqh).

– 70 –
3-IMÂMAL-A’ZAMABÛHANÎFA
(rahmatullâhi ta’âlâ 'alaiyh)

Il est cité comme le suivant dans l’ouvrage intitulé "Kâmûsal-


a’lâm"[1]
"Le prénom de ce noble Imâm, célèbre sous le nom "Al-Imâm
Al-a'dham" (le plus grand Imâm), Abû Hanîfa, était Nu’mân.
Celui de son père était Thâbit. Celui de son grand-père était aussi
Nu’mân. Il était le premier des quatre Imâms de l’Ahl al-sunna.
L’Imâm signifie à la fois un érudit, un grand savant éminent. Imâm
al-a’dham Abû Hanifa était un grand pilier de la religion brillante
de Muhammad 'alaihi’ssalâm. Il était un descendant de l’un des
notables persans. Son grand-père avait embrassé l’Islâm. Imâm al-
a’dham Abû Hanîfa est né à Kûfa en 80 de l’Hégire [en 698]. Il
était né assez tôt pour avoir pu voir le temps où vivaient Anas ibn
Mâlik, ’Abdullah ibn Abî Awfâ, Sahl ibn Sa’d as-Sâ’idî et Abû al-
Fadl Âmir ibn Wâsila, les quatre Sahâbî (radiy-Allâhu ta’âlâ
anhum). Il a appris la science de fiqh de Hammâd ibn Abî
Sulaimân. Il a eu des sohba en compagnie de plusieurs notables de
Tâbi’în et de Imâm Ja'far as-Sâdiq (rahmatullâhi ta’âlâ ’alaiyh). Il
a mémorisé de nombreux hadiths charif. Dès son enfance, il avait
acquis plusieurs connaissances linguistiques, littéraires,
méthodologiques, de logique et il avait reçu une formation d’une
manière à devenir un grand juriste. A savoir il deviendrait un
juriste éminent s’il n’était pas le maître de madhhab. Il avait une
intelligence aiguë, extraordinaire et supérieure. En science de
jurisprudence de fiqh, il a atteint un degré sans égal. Son nom, sa
réputation se sont répandus dans le monde entier.
Marwân ibn Muhammed, le dernier et le quatorzième calife des
Omeyyades était le petit fils de Marwân ibn Hakam et il a été tué

[1] "Kâmûs al-a’lâm" (Encyclopédie universelle d’histoire et de


géographie) dont l’auteur est Shemseddin Sami (1850-1904) -
Istanbul

– 71 –
en 132 de l’Hégire (en 750) en Egypte. Il a passé cinq ans au califat.
Et pendant son califat, le gouverneur de l’Iraq était Yazîd ibn
’Amr. Ce dernier a proposé à Imâm al-a’dham de devenir le juge
de la Cour de justice de Kûfa. Mais l’Imâm al-a'dham l’a refusé
parce qu’il possédait beaucoup de zuhd (renoncement;
détachement), de taqwâ (piété) et de wara' (scrupule) comme son
intelligence et connaissances exceptionnelles. A savoir qu’il avait
peur de commettre des fautes, de causer des torts aux êtres
humains ou de ne pas pouvoir prendre soin des droits humains en
raison de la faiblesse et de la nature humaine. Sur l’ordre de Yazîd,
il a été fouetté cent dix fois sur la tête. Le visage, la tête bénis lui
ont bouffi. Le lendemain, Yazîd a renouvelé sa proposition et il l’a
contraint. Imâm al-a’zam lui a demandé la permission pour
consulter. Il est parti pour Makka al-mukarrama et il y a séjourné
pendant cinq ou six ans.
En 150 de l’Hégire [en 767], le calife abbasside Abû Ja’far
Mansûr lui a commandé d’être le président de la Cour de
Cassation. Mais comme il l’a refusé, il a été mis en prison. Il a été
fouetté tous les jours; même, il a été fouetté dix coups de plus pour
les jours suivants. Au centième coup de fouet, il est décédé en
martyre. Abû Sa’d Muhammad ibn Mansûr al-Hârizmî
(rahmatullâhi ta’âlâ ’alaiyh), l’un des vizirs de Malikshâh (447-485
A.H., le troisième Sultan seldjoukide et le fils de Sultan Alp
Arslan), a fait construire un merveilleux tombeau sur sa tombe.
Par la suite, les sultans Ottomans ont effectué plusieurs
réparations et embellissements de son tombeau.
Abû Hanifa “rahmatullâhi alaiyh” a été le premier d’établir
une classification des sciences de fiqh ('ilm al-fiqh), en recueillant
et en compilant toutes les connaissances, documents etc. de fiqh et
de les subdiviser en branches. Il a écrit des livres intitulés "al-
Farâ'id" (les Prescriptions) et "Shurût" (Stipulations
contractuelles). Il a d’innombrables livres exposant son immense
érudition de jurisprudence, de droit islamique (fiqh), surtout sa
compétence extraordinaire sur la science d’analogie juridique
(qiyâs), sa supériorité merveilleuse en zuhd (renoncement;
détachement; dévouement), en taqwâ (piété), en hilm (clémence)
et en salâh (loyauté, vertu). Il avait beaucoup de disciples parmi
lesquels de grands savants étaient atteints au degré de mujtahid
éminent.
Pendant l’Etat ottoman, la grande école Hanafite s’est
– 72 –
répandue dans tous les côtés du monde. Elle devint presque la
madhhab officielle de l’Etat. Aujourd’hui, plus de la moitié de
l’Ahl al-Islâm sur Terre et la majorité des croyants Ahl al-sunna
effectuent leurs actes cultuels en suivant la madhhab Hanafite". Le
passage cité du livre “Kâmûsal-a’lâm” s’achève ici.
Il est écrit comme le suivant dans le livre intitulé "Mîr’ât al-
kâ’inât":
"Les ancêtres de Imâm al-a’zam (ou al-a’dham) étaient
originaires de la ville Fâris en İran. Son père Thâbit avait
rencontré Hadrat Imâm 'Alî (radiy-Allâhu 'anh) à Kûfa et Hadrat
’Alî avait dit des prières, des bénédictions pour Thâbit et pour ses
descendants. Imâm al-a’zam était l’un des grands du Tâbi’în et il
avait vu Anas bin Mâlik (radiy-Allâhu ’anh) et plus, trois ou sept
de Sahâbat al-kirâm. Il avait appris d’eux des hadiths charif.
Dans un hadith charif lequel Imâm al-Hârizmî rapporte en le
référant à Abû Huraira (radiy-Allâhu ’anh) d’une méthode de la
chaîne interrompue des rapports (isnâd muttasil), il est dit: «Parmi
monoumma(communauté),unepersonnenomméeAbûHanîfa
viendra et elle sera la lumière de mon oumma au jour du
Jugement dernier». Dans un autre hadith charif, il est dit: «Une
personne appelée Nu’mân ibn Thâbit et nommée Abû Hanifa
viendraetvivifieralareligiond’Allahuta'âlâetmatradition». Et
dans un autre, il est dit: «Parmi mon oumma, il y aura des gens
éminents,desrevivificateursdechaquesiècle.AbûHanifaestle
pluséminentdesonsiècle». Ces trois hadiths charifs cités ci-dessus
sont écrits dans les livres intitulés "Mawdû’âtal-’ulûm" et "Durr
al-mukhtâr". Ces hadith suivants aussi sont bien connus: «Parmi
monoumma,unepersonnenomméeAbûHanîfaviendra.Ilyaun
grain de beauté entre ses deux omoplates. Allah Le Très-Haut
revivifieraSareligionparsamain».
[Dans la préface du livre intitulé "Durral-mukhtâr", il est écrit
comme le suivant: "Dans un hadith-charif, il est dit: «Comme
Âdam (’alaihi ’s-salâm) se glorifiait de moi, je me glorifie d’une
personnedequilenomestNu’mân,identifiéeaveclenomAbû
Hanifa parmi mon oumma. Il est la lumière de mon oumma
(communauté)». Dans un hadith-charif, il est dit: «LesProphètes
sont fiers de moi, et moi je suis fier d’Abû Hanifâ. Celui qui
l’aimait, aurait aimé moi. Celui qui avait de l’inimitié contre lui,
aurait conçu de l’inimitié contre moi». Ces hadiths charifs sont
cités dans le livre intitulé "Al-muqaddima", écrit par le grand
– 73 –
savant Hadrat Abû ’l-Laith as-Samarqandî, et aussi dans son
commentaire intitulé "Taqadduma". Il y a des hadiths charif
faisant l’éloge de l’Imâm al-a’zam cités dans la préface du livre de
fiqh intitulé "Muqaddima", écrit par Ghaznawî. En outre, dans le
commentaire de ce dernier livre intitulé "Diyâ’al-ma’nawî", son
auteur Qâdî Abî’l-Baqâ dénotait: «Quoique ’Abû’l-Faraj ’Abd ar-
Rahmân ibn al-Jawzî ait argué en le basant sur al-Khatîb al-
Baghdâdî que ces hadiths étaient apocryphes (mawdû), son propos
n’était qu’un fanatisme. Car ces hadiths étaient rapportés par
plusieurs chaînes de transmission authentiques». Ibn ’Âbidîn
prouvait l’authenticité de ces hadiths cités ci-dessus dans son
commentaire intitulé "Durr al-mukhtâr" et il mentionnait le
hadith charif cité dans le livre intitulé "Al-khairâtal-hisân" écrit
par Ibn Hajar al-Makkî: «La merveille, l’ornement, du monde
aurait été ôté en cent cinquante [hégirien]». Shams al-a’imma
’Abd al-Ghaffâr al-Kardarî, l’un des savants éminents de
jurisprudence, décédé en 562 de l’Hégire (en 1166), avait constaté
"qu'il était évident que ce hadith charif cité ci-dessus indiquait
Imâm al-a’zam Abû Hanîfa, car il est décédé en 150". Un hadith-
charif rapporté par Bukhârî et Muslim dit: «Silafoi[imân] était
allée au planète Vénus, un descendant de Fâris aurait su la
ramener». Imâm as-Suyûtî, l’un des savants de l’école Chafi’îte
remarquait qu’il avait été unanimement justifié que cet hadith cité
ci-dessus indiquait Imâm al-a’zam Abû Hanîfa. Nu’mân Alûsî écrit
dans son ouvrage intitulé "Ghâliyya" que ce hadith indiquait Abû
Hanîfa et que son grand-père était un descendant de la famille
Fâris. ’Allâma Yûsuf, un des savants de l’école Hanbalîte écrit
comme le suivant dans son livre intitulé "Tanwîrassahîfa" en le
référant à Hâfiz ’Allâma Yûsuf ibn ’Abd al-Barr[1]: «Ne bavez pas
sur Abû Hanifa et ne croyez pas à ceux qui disent du mal sur lui!
Je jure Allah que je ne connais personne qui lui soit supérieur, qui
ait plus de scrupule (wara') que lui ou qui soit plus érudit que lui.
Ne vous laissez pas leurrer par les propos de Khatîb al-Baghdâdî!
Il a du fanatisme, de l’aversion contre les savants. Il a dénigré Abû
Hanîfa, Imâm Ahmad et leurs disciples. Les savants ('ulamâ) ont
réfuté al-Khatîb et l’ont blâmé. ’Allâma Yûsuf Shams ad-dîn al-
Baghdâdî qui était le petit-fils d’Ibn al-Jawzî, avait écrit dans son

[1] Hâfiz ’Allâma Yûsuf ibn ’Abd al-Barr (368-463 de l’Hégire; [978-
1071] à Shâtiba Andalousie [Aujourd’hui Xàtiva-Espagne]); Il était
Qadî (Juge) de Lisbonne en Andalousie.

– 74 –
livre de quarante volumes et intitulé "Mir’âtaz-zamân" qu’il avait
été étonné que son grand-père ait suivi l’idée de Khatîb». Dans son
œuvre intitulée "Ihyâ", Imâm al-Ghazâlî (rahmatullâhi ta’âlâ
’alaiyh) loue Imâm al-a’zam par des paroles telles que ’âbid
(personne pieuse), zâhid (dévoué aux prescriptions religieuses), al-
ârif billâh (connaisseur d’Allah Le Tout Puissant). Il ne faut pas
juger comme une dissension, une incompatibilité ou une
déplaisance ou aversion entre Sahâbat al-Kirâm et ’ulamâ’ s’ils
diffèrent d’opinion ou d’expression d’un sujet à propos de laquelle
ils différent; les mujtahids (rahmatullâhi ta’âlâ ’alaihim ajma’în) se
différencient des uns des autres en ce qui concerne l’ijtihâd dans le
but de servir l’Islâm et rechercher l’agrément divin]". [Il est
expliqué en détail dans le livre intitulé "EndlessBliss", volume II,
qu’un "hadith mawdû’" ne signifiait pas un hadith fabriqué,
apocryphe selon ’ilm al-usûl al-hadith (étude et science des
méthodes et principes des hadîths)].
Un ’âlim (savant) a vu Rasûlullah (sall-Allâhu ’alaihi wa
sallam) dans le rêve et il lui a demandé: “Ô Rasûlullah! Que dites-
vous de l’érudition de Abû Hanîfa?". La réponse était: "Tout le
monde a besoin de ses connaissances, sa science". Un autre savant
aussi a vu Rasûlullah (sall-Allâhu ’alaihi wa sallam) dans le rêve et
il lui a demandé: "Ô Rasûlullah! Que dites vous du savoir de
Nu’mân ibn Thâbit de Kûfa?" Il a répondu: "Apprends de lui et
comporte-toi conformément à ce qu’il t’a appris! Lui, il est une
personne éminente et précieuse". Hadrat Imâm ’Alî (radiy-Allâhu
’anh) a prédit: "Je vous informe de l’existence d’une personne
appelée Abû Hanîfa à Kûfa. Il aura un esprit plein de savoir et de
sagesse. Vers la fin du monde, beaucoup de gens périront de ne pas
connaître sa valeur, de ne pas l’avoir apprécié, de même que les
Shî’ites périront par l’aversion contre Abû Bakr and ’Umar"
[radiy-Allâhu ’anhumâ]. Imâm Muhammad al-Bâqir ibn Zain al-
’Âbidîn ’Alî ibn Husain (rahmatullâhi ’alaihim, né en 57 de
l’Hégire, décédé 113 de l’Hégire à Médina et enterré dans le
tombeau de Hadrat ’Abbâs (radiy-Allâhu ’anh) à Médina) a
regardé Abû Hanîfa et il a dit: "Quand les hérétiques falsificateurs
de la religion de mes ancêtres se seront accrus en nombre, tu la
revivifieras. Tu seras le libérateur, le sauveur des découragés et le
refuge et le protecteur de ceux qui se sont embrouillés. Tu les
remettras sur la bonne voie ceux qui sont égarés et hérétiques.
Allah Le-Très-Haut t’aidera".
– 75 –
Dans sa jeunesse, Imâm al-a’zâm (rahmatullâhi ta’âlâ ’alaiyh) a
étudié la science de théologie (’ilm al-kalâm) et des connaissances
spirituelles (ma’rifa). Il a fait beaucoup d’effort et il est devenu un
compétent. Par la suite, il a passé les dix-huit ans au service
d’Imâm Hammâd et il y a reçu une bonne formation. Et quand
Hammâd est décédé, il s’est substitué à sa place en tant qu’un
mujtahid et muftî. La renommée de son érudition s’est répandue
partout. Sa vertu, son intelligence, sa lucidité, son dévouement,
son renoncement et sa piété, sa fiabilité, sa faculté et son esprit d’à-
propos, son caractère vif, sa religiosité, sa loyauté, son exactitude,
son honnêteté et sa maturité et sa perfection humaine étaient
excellents et il en était supérieur à tout le monde. Tous les
mujtahids de son époque et les postérieurs, les éminents, même les
Chrétiens l’avaient loué, ils avaient fait son éloge et apologie.
Imâm Chafi’î (rahmatullâhi ta’âlâ ’alaiyh) avait dit: "En Fiqh, les
gens sont des enfants par rapport Abû Hanîfa". Il a dit une fois:
"Je visite tous les jours la tombe d’Abû Hanîfa; j’y vais pour la
recherche de sa bénédiction (tabarrouk). Quand j’ai une difficulté,
je vais à sa tombe et j’effectue-là une salât de deux rak’at.
J’implore Allahu taâalâ. IL me donne ce que je veux”. Imâm
Chafi’î était le disciple de Imâm Muhammad Shaibânî[1]. Il avait
dit: "Allahu taâlâ m’a accordé la science par le moyen de deux
personnes: j’ai appris la science de hadith de Sufyân ibn ’Uyaina et
la science de jurisprudence de Muhammad Shaibânî". Il avait dit
une autre fois: "Dans le domaine des sciences religieuses et de
savoir fondement, il y a une personne à qui je suis reconnaissant;
c’est Imâm Muhammad". Encore une fois, Imâm Chafi’î avait dit:
"J’ai écrit des livres à charge de bête de somme avec ceux que
j’appris de Imâm Muhammad. Je n’aurais rien acquis s’il n’était
pas mon maître. Tous les hommes de science islamique sont les
enfants des savants irakiens et ces derniers sont les étudiants et
disciples des savants de Kûfa. Et les savants de Kûfa sont les
disciples d’Abû Hanîfa".
Imâm a’zam a appris et étudié les différentes branches de la
science auprès de quatre mille personnes.
Les grands savants de l’Islâm de chaque siècle avaient écrit

[1] Imâm Muhammad Shaibânî et Imâm Abû Yûsuf (rahmatullâhi ta’âlâ


’alaihim) étaient les deux disciples prééminents de Imâm al-a’zam
Abû Hanîfa.

– 76 –
plusieurs ouvrages dans le but d’exposer la grandeur de Imâm al-
a’dham.
Dans l’école de jurisprudence Hanafite, cinq cent mille
questions religieuses ont été résolues et répondues.
Al-Hâfiz al-kebîr Abû Bakr Ahmad al-Hârizmî écrit comme le
suivant dans son ouvrage intitulé "Musnad": «Saif al-a’imma cite
que Imâm al-a’zam Abû Hanîfa informait ses maîtres d’une
conclusion sur une matière tirée du Qur’ân al-kerîm ou des hadiths
charif. Il ne répondait jamais la réponse de la question du
demandeur avant que ses maîtres ne l’aient confirmée tous».
Quand il enseignait dans la mosquée de Kûfa, un millier de ses
disciples de qui une quarantaine étaient des Mujtahids assistaient
à tous ses cours. Toutes les fois qu’il trouvait la réponse d’une
matière, d’une question il la proposait à ses disciples. Ils
l’étudiaient ensemble; quand il y a eu unanimité qu’elle était
compatible avec le Qur’ân al-karîm et les Hadiths-charif et les
verbes de paroles de Sahâbat al-kirâm, il se réjouissait et disait
"Al-hamdu li’llâh wa’llâhu akbar". Tous ceux qui assistaient à son
cours répétaient ce qu’il disait. Ensuite, il leur disait de
l’enregistrer.
[Il est écrit comme le suivant dans le livre intitulé "Radd al-
Wahhâbî"[1] en persan: «Pour être un "Mujtahid", il faut à priori
connaître bien la linguistique, être spécialiste de la langue arabe et
il faut avoir acquis la maîtrise des branches suivantes en
terminologie arabe à savoir awdâ’, sahîh, marwî, mutawâtir; radd;
mawdû’, fasîh, radî et mazmûn; mufrad, shâdh, nâdir, musta’mal,
muhmal, mu’rab, ma’rifa, ishtiqaq, haqîqa, majâz, mushtarak,
izdâd, mutlaq, muqayyad, ibdâl et qalb et il faut être spécialiste en
sarf, nahw, ma’ânî, bayân, badî’, balâghât, ’ilm al-usûl al-fiqh, ’ilm
al-usûl al-hadîth, ’ilm al-usûl at-tafsîr, et mémoriser jarh et wa
ta’dil. Autrement dit, il faut maîtriser les dictionnaires, les
monèmes, les morphèmes, les signifiants, les signifiés,
l’étymologie, la morphologie, la phonologie, la sémiologie, la
sémantique, les synonymes, antonymes des mots, les métonymies,
les sémantèmes, les sens concrets, littéraux, figurés, abstraits,
extensionnels, cachés, clairs, négatifs, courants, archaïques et les

[1] Ce livre publié premièrement en Inde en 1264 de l’Hégire (en 1848)


a été republié à Istanbul en 1401 de l’Hégire (en 1981)

– 77 –
vocables ambivalents, ambiguës, contiguës, polysémiques,
amphibologiques, les paroles internes et externes, les textes
rapportés, formes des transmissions fiables, les idéogrammes, les
articulations du langage, les formes du langage clair, expressif,
figuré, métaphorique, simple, exceptionnel et authentique, et plus
la grammaire, la syntaxe, la lexicologie, les lexiques rares, usagés,
abandonnés, dérivés, figurés, communs, absolus, transformés et la
rhétorique, l’éloquence, l’esthétique, et il faut être aussi compétent
dans les sciences de méthodologie de fiqh, de hadith, d’exégèse
(tafsîr), des sciences spirituelles, et il faut qu’il ait appris par cœur
les règles importantes des imâms de jarh et wa ta’dil (la critique et
l’attestation d’honorabilité). Pour être un docteur en
jurisprudence de l’Islâm (Faqîh), il faut avoir également une
compétence sur la preuve de chaque fait et vérifier le sens,
l’objectif et l’interprétation de chaque preuve. Pour être un savant
de l'islam spécialiste de la science du hadith (Muhaddith), il faut
apprendre par cœur les hadiths-charif tels qu’on a entendu, mais il
n’y a pas d’obligation de connaître leurs significations, motifs,
objectifs, explications et interprétations ni les preuves des règles
principales de l’Islâm. Le jugement d’un faqîh est toujours
préférable à celui d’un muhaddith sur un hadith charif discuté s’il
est authentique, sain (sahîh) ou faible (da'îf). C’est la raison pour
laquelle le jugement et l’opinion de Imâm al-a'zam, le premier des
mujtahids et le plus éminent des faqîhs sont plus précieux que tous
les autres, parce qu’il avait entendu directement plusieurs hadiths-
charif de Sahâbat al-kirâm sans aucune intervention. Tous les
savants de l’Islam se sont conformés aux jugements de ce sublime
Imâm sur des hadiths qu’il avait déterminés comme sahîh. Le
muhaddith, savant de la science de hadith, n’est pas de rang des
savants de fiqh et il ne peut point atteindre non plus le degré du
maître, de l’Imâm de madhhab.
’Abdulhaq ad-Dahlawî, un savant de la science de hadîth, écrit
comme le suivant dans son livre intitulé "Sirât-i mustaqîm":
«Imâm-ı a’zam Abû Hanifa n’avait pas cité quelques hadiths-
charifs comme preuves ou arguments que Imâm Chafi’î en avait
employé et établi comme preuves. Les anti-madhhab saisissant
une occasion pour diffamer Imâm al-a’zam ont criaillé sous
prétexte qu’il n’avait pas respecté les hadiths-charif. Au contraire,
Hadrat Imâm al-a’dham Abû Hanîfa avait tiré d’autres hadiths-
charifs plus fiables et plus concordants, conformes au fait, au
contenu ou à la question thématique».
– 78 –
Le hadith-charif de Rasûlullah (sall-Allâhu ’alaihi wa sallam)
dit: «Lesmeilleursgensdemonoummasontceuxdemonépoque,
puis ceux qui suivent, puis ceux qui suivent». Ce hadith charif
démontre que Tâbi'în étaient meilleurs que Taba’ at-Tâbi’în. Les
savants islamiques ont confirmé unanimement que ’Imâm al-
a’zam Abû Hanîfa avait vu en personne quelques Sahâbat al-
kirâm de qui il avait entendu quelques hadiths et qu'il était par
conséquent un des Tâbi'ûn. Par exemple, 'Imâm al-a’zam Abû
Hanîfa avait entendu le hadith-charif suivant de ’Abdullah ibn
Awfâ, un Sahabî: “Celui qui fait construire une mosquée pour
l’agrémentd’Allah,Allahluidonneunpalaismagnifiquedansle
Paradis”. Jalâl ad-dîn as-Suyûtî, l’un des savants Chafi’îtes, écrit
dans son livre intitulé “Tabyîd-us-sahîfa” qu’Imâm Abdulkarîm,
l’un des savants Chafi’îtes, avait écrit un livre particulier relatif aux
biographies des Sahâbi lesquels Imâm al-a’zam était allé voir. Il est
écrit dans le livre intitulé "Durral-mukhtâr" que ’Imâm al-a’dham
avait vu sept Sahabîs. Parmi les quatre Imâms de madhhab, il lui
était accordé l’honneur d’être l’un du Tâbi'ûn. L’un des principes
de ’ilm al-usûl se basait sur le statut que l’opinion de ceux qui
admettaient quelque chose était préférable à celle de ceux qui la
refusaient. Il est aussi évident que Imâm al-a’zam Abû Hanifâ eu
égard à son appartenance de Tâbi'ûn était le plus éminent parmi
les Imâms de madhhab. L’essai de dénier l’éminence de 'Imâm al-
a'dhzam par les anti-madhhab et les efforts de ces derniers pour
souiller ce sublime Imâm en le critiquant sur sa soi-disant faiblesse
dans la maîtrise de la science des hadiths ressemblent à leur
dénégation des supériorités de Hadrat Abû Bakr et Hadrat ’Umar
(radiy-Allâhu ’anhumâ). Leurs dénégations et obstinations
perverses ne sont pas de maladie curable grâce à des traitements
de conseil et de prêche. Que Le Tout Puissant leur accorde un bon
rétablissement! Le Calife des musulmans ’Umar radiy-Allâhu ’anh
a dit à la khutba (sermon) du Vendredi: «ÔMusulmans!Comme
je vous parle maintenant, Rasûlullah (sall-Allâhu ’alaihi wa
sallam)nousavaitfaitunekhutbaetavaitdit:“Lesmeilleursdes
gens sont mes Compagnons (Sahâba al-kirâm). Puis ceux qui
suivent,puisceuxquisuivent.Puis,ilyauradesmenteursparmi
ceux qui suivent”». De nos jours, les quatre grandes écoles de
l’Islâm auxquelles les musulmans se conforment sont celles des
gens meilleurs de qui Rasûlullah avait témoigné. Les savants de
l’Islam ont unanimement proclamé qu’il n’était pas permis et licite
d’adopter une autre madhhab hors de ces quatre.
– 79 –
Ibn Nujaim al-Misrî (rahmatullâhi ta’âlâ ’aleyh), l’auteur du
livre intitulé "Bahr ar-râ’iq" écrit comme le suivant dans son
ouvrage intitulé dit dans son livre intitulé "Ashbâh": «Hadrat
Imâm Shâfi’î a dit que celui qui voudrait être spécialiste dans la
science de fiqh devrait lire les ouvrages de Abû Hanîfa». Abdullah
Ibn Mubârak dit: «Je n’ai pas rencontré un autre spécialiste aussi
érudit que Abû Hanîfa dans la science de jurisprudence islamique.
Le grand savant Mis’ar se mettait à genoux devant Abû Hanîfa, il
lui demandait ce qu’il ne savait pas et il apprenait les réponses de
ses questions. J’ai été instruit de mille savants, mais si je n’avais pas
rencontré Abû Hanîfa, j’aurais été tombé dans le marécage de
philosophie grecque». Abû Yûsuf a dit: «Je n’ai pas vu une autre
personne aussi érudit approfondi que Abû Hanîfa dans la science
de hadith. Il n’y a eu aucun savant compétent comme lui en ce qui
concerne l’interprétation des hadiths-charif». Le grand savant et
mujtahid Sufyân ath-Thawrî dit: «Comparés à Abû Hanîfa, nous
étions comme des moineaux par rapport au faucon pèlerin. Abû
Hanîfa est le promoteur, le leader des savants». ’Alî ibn Âsim dit:
«Si on évaluait la science de Abû Hanîfa en la comparant à la
somme de celle de tous les savants de son époque, celle de Abû
Hanîfa prédominerait sur toutes». Yazîd bin Hârûn dit: “J’ai
étudié auprès de mille savants. Parmi eux, je n’ai rencontré un
savant autre qu’Abû Hanifa (rahmatullâhi ta’âlâ ’alaiyh) qui avait
tant de scrupule (wara') et de sagesse, d’intelligence comme lui».
Muhammad ibn Yûsuf Châfi’î, l’un des savants de Damas, écrit
dans son ouvrage intitulé "Uqûdaljamânfîmanâqibi’n-Nu’mân"
l’éloge de Abû Hanîfa, y décrit longuement son érudition et atteste
qu’il était le promoteur des mujtahids. Abû Hanîfa avait dit: «Les
hadiths charif de Rasûlullâh sont les lumières de nos yeux et ils
sont au-dessus de tout. Nous recherchons et choisissons les paroles
Sahâbat al-kirâm et puis nous nous y conformons. Quant aux
explications de Tâbi'ûn, elles sont comme les nôtres». La
traduction faite du livre intitulé “Raddal-Vahhabî” s’achève ici.
Mawlânâ Muhammad ’Abd al-Jalîl écrit comme le suivant dans
son livre intitulé "Saif al-muqallidîn ’alâ a’nâqi’l-munkirîn" en
persan: «Les antimadhhabs mettent en avant qu’Abû Hanîfa était
faible dans la science de hadith. Cette assertion étourdie démontre
leur ignorance et jalousie. Imâm az-Zahabî et Ibn Hajar al-Makkî
confirment que ’Imâm al-a’zam Abû Hanîfa était un savant de
hadith. Il avait recueilli et appris des hadiths de quatre mille
savants. Trois cents de ces derniers étaient des savants de la
– 80 –
science de hadith de Tâbi’ûn. Imâm ash-Sha’rânî écrit dans le
premier volume de son ouvrage intitulé "al-Mîzân" qu’il avait bien
étudié le trois de grands recueils de hadith (musnad) rédigé par
Imâm al-’azam et que tous étaient de la chaîne des transmetteurs
de hadiths de Tâbi'ûn connus de tous. L’hostilité des
antimadhhabs contre Salaf as-sâlihîn et leur haine et jalousie
contre les Imâm mujtahids et particulièrement contre ’Imâm al-
Muslimîn Abû Hanîfa les avaient si aveuglé et gangrené les cœurs
et fait perdre la conscience qu’ils ont dénié les beautés, les
supériorités de ces savants islamiques. Ces antimadhhabs qui ne
veulent pas que l’autrui possède ce dont ils sont privé, ont des
sentiments de convoitise de ce que possèdent les gens vertueux.
C’est pour cela qu’ils dénient les éminences, les éruditions et
supériorités de nos Imâms de religion et ils s’abîment ainsi dans
l’associationnisme (shirk) de jalousie. Il est écrit dans l’ouvrage
intitulé "Hadâik" que 'Imâm al-a’zam Abû Hanîfa rédigeait les
hadiths-charif qu’il avait appris par cœur. Il les gardait dans des
coffres en bois et ainsi il les portait avec soi. S’il a cité peu de
hadith, ce n’est pas parce qu’il avait appris par cœur peu de hadith.
Ce ne sont que des bigots fanatiques et ennemis de l’Islâm qui
pourraient avancer ces assertions fausses. Leur zélotisme et
fanatisme témoignent la perfection de ’Imâm al-a’zam, parce que
la médisance des imparfaits fait preuve de la perfection des
savants. D’ailleurs, il faut réfléchir qu’instaurer une grande école,
que pouvoir répondre à plusieurs centaines de milliers questions
en les argumentant des versets (âyats al-karîma) et des hadiths-
charif n’est pas quelque chose si facile et aussi simple qu’on
pourrait faire par quelqu’un qui n’était pas grand savant ou
spécialiste compétent des sciences d’exégèse et de hadith. De plus,
établir une nouvelle école de jurisprudence islamique (madhhab)
sans exemple et sui generis, autrement dit de son propre genre, est
une preuve évidente de la maîtrise et de l’érudition de Imâm al-
a’zam dans la science d’exégèse (tafsir) et de hadith. Si ce sublime
Imâm instaurant cette nouvelle école (madhhab) avec un effort
surhumain n’a pas pu avoir le temps de rapporter des hadiths et de
mentionner les noms des transmetteurs, cela ne serait pas une
raison de l’accuser d’être faible dans la science de hadith ni de le
diffamer en le dénigrant par envie. D’ailleurs, une citation connue
dit que riwâya (transmission) sans dirâya (perception,
discernement) n’est pas valable. Par exemple, Ibn Abd al-Barr
avait dit: "Si la riwâya sans dirâya, une transmission sans
– 81 –
perception était valable, il faudrait que la langue d’un éboueur qui
prononçait un hadith ait été plus prééminente que la sagesse et
l’intelligence de Luqmân". ’Ibn Hajar al-Makkî était l’un des
’ulamâ’ (savants) de l’école Chafi’îtes. Cependant, il a écrit dans
son livre intitulé "Kalâid" que A’mash, l’un de grands savants de
hadith consultait Imâm al-’zam Abû Hanîfa sur plusieurs
questions et Imâm al-’zam lui avait fourni les réponses en les
argumentant des hadiths-charif pour chaque question. Après avoir
témoigné l’immense érudition d’Imâm al-’zam dans la science de
hadith, A’mash a dit: "Ô savants de fiqh! Vous, vous êtes comme
les médecins spécialistes et nous, savants de hadith, nous sommes
comme les pharmaciens. Nous annonçons les hadiths et leurs
transmetteurs. Mais vous, vous êtes les docteurs capables de
comprendre les sens de ce que nous annonçons". Il est écrit
comme le suivant dans le livre intitulé "’Uqûd al-jawâhiri’l-
munîfa": "’Ubaidullah ibn ’Amr était en compagnie de A’mash, le
grand savant de hadith. Quelqu’un est venu pour lui poser une
question. Imâm al-a’zam y est arrivé au moment où A’mash lui
répondrait. A’mash a répété la question et demandé Abû Hanîfa
de la répondre. Imâm al-a’zam l’a répondue en détail. A’mash,
enthousiasmé de cette réponse, a demandé Abû Hanîfa: “Ô Imâm!
De quel hadith tu l’as tirée?” Imâm al-a’zam a récité le hadith-
charif duquel il avait tiré la réponse et il a ajouté: “Je t’avais
entendu réciter ce hadith-charif”. Imâm al-Bukhârî avait appris
par cœur trois cent mille hadiths. Il en a rédigé seulement douze
mille dans ses livres. Car, il craignait beaucoup de l’étonnement
dans le hadith-charif: “Quiconquecitecommeunhadithcequeje
n’aijamaisditauradestourmentsaffreuxdansl’Enfer”. La vérité
est que l’Imâm al-a’dham Abû Hanîfa avait des critères stricts qu’il
s’était imposé en ce qui concerne l’acceptation des transmissions
ou narrations de hadith, parce qu’il avait beaucoup de scrupule et
de piété. C’est la raison pour laquelle, il recourrait et se référait à
la base authentique d’un hadit-charif, il l’explorait en profondeur
et il ne les citait que selon ces stricts rigueurs, ses critères. Comme
quelques savants de hadith étaient des disciplines autonomes et de
circonstances favorables ont transmis de nombreux hadiths.
Cependant, aucun savant de la science de hadith n’a humilié les
autres ou les autres savants en raison de ces différences de
circonstances. Dans le cas contraire, Imâm Muslîm aurait dit
quelque chose à blesser Imâm al-Bukhârî (rahmatullâhi ta’âlâ
’alaihimâ). Si Abû Hanifa avait transmis peu de hadith parce qu’il
– 82 –
avait beaucoup de piété (taqwâ), cela n’aurait été qu’une bonne
raison pour le louer et glorifier». La traduction faite du livre
intitulé "Saif al-muqallidîn ’alâ a’nâqi’l-munkirîn" s’est achevée
ici].
Imâm al-a’dham Abû Hanîfa "rahmatullahi alaiyh" effectuait
tous les jours ses prières de salât de fajr (sobh, matin) à la mosquée
et répondait aux questions de ses disciples jusqu’à midi. Après la
prière de salât de dohr (midi), il enseignait encore ses disciples
jusqu’à la prière de nuit (ishâ). Puis, il allait chez lui. Et, après
s’être reposé un peu chez lui, il retournait ensuite à la mosquée et
il y pratiquait ses cultes jusqu'à l’heure de la la prière de salât de
sobh. Mis’ar ibn Kadâm al-Kûfî[1], l’un des Salaf as-sâlihîn, et
d’autres notables avaient rapporté ce train de vie de l’Imâm al-
a’dham.
’Imâm al-a’dham Abû Hanîfa "rahmatullahi alaiyh" faisait du
commerce et il gagnait ainsi sa vie d’une voie Halâl (licite, légale
selon les préceptes religieuses). Il exportait des marchandises à
d’autres contrées et il subvenait ainsi aux besoins de ses disciples
avec les revenus de son activité commerciale. Il subvenait
largement aux dépenses familiales, et en quantité égale, il faisait
l’aumône aux pauvres. De plus, tous les vendredis, il distribuait
vingt pièces d’or aux pauvres pour l’âme de ses défunts parents. Il
n’allongeait jamais les jambes vers la maison de son maître
Hammâd (rahmatullâhi ta’âlâ ’alaiyh) bien qu’il ait habité à une
distance de sept rues par delà. Une fois, ayant eu découvert que
l’un de ses associés avait vendu une quantité importante de
marchandises, d’une façon incompatible avec l’Islâm, il a distribué
aux pauvres toute une somme de quatre vingt dix mille monnaies
d’argent gagnée de cette commerce sans en toucher le moindre
sou. Une fois, des brigands avaient fait une razzia dans les villages
de Kûfa et volé des moutons. En pensant que ces moutons volés
pourraient être abattus et vendus dans la ville, il n’a pas mangé de
viande de mouton pendant sept ans depuis ce jour-là, car il savait
qu’un mouton pourrait vivre sept ans au maximum. Il s’abstenait
extrêmement du harâm (de tout ce qui est interdit par la religion),
il observait avec soin l’Islâm dans tous ses actes.
Imâm al a’dham (rahmatullahi taâlâ alaiyh) a passé quarante
ans de sa vie à accomplir sa prière de salât de fajr (sobh, matinale)

[1] Mis’ar est décédé en 115 de l’Hégire (en 733]

– 83 –
avec les ablutions qu’il a faites pour la prière du ishâ (nuit). [C’est-
à-dire qu’il ne dormait pas la nuit]. Il a fait cinquante cinq
pèlerinages. Pendant son dernier pèlerinage, il est entré en Ka’ba
et il y a pratiqué une prière de deux rak’ats; il a récité le tout
Qur’ân al-karîm pendant sa prière. Puis, il a imploré, en pleurs:
«Ya Rabb (Ô Seigneur)! Je n’ai pas pu rendre culte d’une manière
digne de Toi! Mais j’ai bien compris que Tu ne pourrais pas être
entendu par l’intelligence. Gracie-moi, mes défauts de service
envers Toi pour ma cognition-ci!». A ce moment-là, on a entendu
une voix lui dire: «Ô Abû Hanîfa! Tu M’as très bien connu et M’as
rendu de bons services. Je t’ai accordé mon pardon, ma grâce et
ma miséricorde à toi et à ceux qui te suivent et qui sont et seraient
de ta madhhab jusqu’au jour du jugement dernier». Il lisait tout le
Qur’ân al-karîm (khatm al-Coran) une fois le jour et une fois la
nuit.
Imâm al-a’dham avait tant de piété (taqwâ) qu’il jeûnait
chaque jour durant trente ans [à l’exception de cinq jours de
l’année pendant lesquels il est harâm de jeûner]. Il récitait souvent
tout le Qur’ân al-karîm pendant une ou deux rak’ats de la salât.
Quelquefois, pendant les prières de salât ou en dehors de la salât,
il récitait à plusieurs reprises un âyat parlant du supplice ou de la
miséricorde et il se mettait à sangloter et se lamenter. [Selon
l’école Hanafite, verser des larmes, pleurer de l’amour pour Allah
n’annule pas la prière de salât]. Ceux qui l’entendaient pleurer
avaient pitié du lui. Parmi l’oumma de Muhammad alaihissalâm, la
récitation du tout le Qur’ân al-karîm en une rak’at de salât n’avait
été accordée qu’à ’Uthmân ibn ’Affân, Tamîm ad-Dârî, Sa’d ibn
Jubair et Imâm al-a’dham Abû Hanîfa. Il n’acceptait aucun
présent. Il mettait des vêtements comme ceux des pauvres.
Cependant, il portait de temps en temps des vêtements très
précieux dans le but de montrer les bienfaits d’Allah Le Très-
Haut. Il a fait cinquante cinq pèlerinages et il a résidé à la Mecque
(Makka al-mukarrama) pour quelques ans. Seulement dans la
geôle où il était enfermé et avait rendu l’âme, il avait récité sept
mille fois tout le Qur’ân al-karîm. Il avait dit: «J’ai ri une fois dans
ma vie et je le regrette beaucoup». Il parlait peu, il méditait
beaucoup. Il faisait des discussions sur plusieurs matières
religieuses avec ses disciples et étudiants. Une nuit, quand il était
sur le point de sortir de la mosquée à la suite de la prière de salât
ishâ, il avait commencé à parler à son disciple Zufar sur un sujet de
jurisprudence. L’un des pieds à l’intérieur et l’autre à l’extérieur de
– 84 –
la mosquée, ses explications avaient duré jusqu'à l’adhan de la
prière du fajr. Il était rentré dans la mosquée sans mettre l’autre
pas dehors pour accomplir la salât du fajr (prière matinale, de
sobh). Comme Hadrat Alî avait dit qu’il était permis de dépenser
une somme d’argent jusqu’à quatre mille dirhams pour les frais de
subsistance, il distribuait le surplus de quatre mille dirhams aux
pauvres.
Le Calife Mansûr avait beaucoup de respect envers Imâm al-
a’dham. Il lui avait fait cadeau de dix mille akdjas et une jariya.
L’Imâm ne les avait pas acceptés. Un akdja faisait un dirham
d’argent. En 145 de l’Hégire, Ibrâhîm ibn ’Abdullâh ibn Hasan ibn
’Alî recrutait des soldats pour aider son frère Muhammad
(rahmatullâhi ta’âlâ ’alaihim ajma’în) qui avait proclamé son
califat à Médine (Madînat al-munawwara). Quand il était venu à
Kûfa, une rumeur courait selon laquelle Abû Hanîfa allait l’aider.
Mansûr avait entendu cette rumeur et il avait fait venir l’Imâm de
Kûfa à Baghdâd. Il lui avait imposé d’annoncer à tout le monde
que Mansûr était à juste titre et légitimement le calife, en
compensation de la présidence de la Cour de cassation. Il l’avait
contraint beaucoup de l’accepter, mais Imâm a’dham l’avait
refusé. Mansûr qui l’avait emprisonné avait ordonné de le battre à
trente coups de bâton. Ses pieds bénis ont saigné. Mansûr repenti,
il lui avait envoyé trente mille akdjas. Abû Hanîfa ne l’avait pas
non plus accepté. Mansûr l’avait emprisonné de nouveau et il lui a
fait battre à dix coups de bâton de plus. [Selon quelques
nouvelles], à l’onzième jour, de la crainte d’une contestation et
d’une attaque du peuple, il avait été allongé sur le dos et ils lui
avaient versé du sorbet empoisonné dans la bouche. Quelques
minutes avant son décès, il s’était prosterné. Cinquante mille
fidèles avaient participé et accompli sa prière de janaza. Sa prière
de janaza avait duré à grand-peine jusqu’à l’heure de salât de
l’après-midi. En outre, pendant les vingt jours après son
enterrement, d’innombrables fidèles étaient venus pour effectuer
sa prière de janaza près de sa tombe.
Il avait sept cent trente étudiants. Chacun d’eux était renommé
pour ses vertus et ses actes pieux. Plusieurs entre eux étaient
devenus qadîs et muftîs. Son fils Hammâd (rahmatullâhi ta’âlâ
alaiyh) était l’un de ses étudiants méritants». Le passage cité du
livre intitulé “Mir’ât-ul-kâinât” s’achève ici.
Il avait beaucoup de crainte d’Allâh Le Tout Puissant. Il avait
– 85 –
beaucoup de piété envers Allahu ta’âlâ. Il prêtait une grande
attention à se conformer aux préceptes du Qur’ân al-karîm. Il
disait à ses étudiants et disciples: «Ne tenez pas compte de mes
explications et mes références sur un sujet si vous en trouvez ou
obtenez une preuve évidente incompatible avec les miennes ou
plus solides que les miennes, et conformez-vous à cette nouvelle
preuve!». Tous ses disciples juraient: « Même si nos quelques
explications étaient incompatibles avec les siennes, nous en
fournissions en nous référant parfaitement aux preuves, aux
arguments, aux documents qu’il nous avait enseigné».
C’est une vérité qu’il y avait eu quelques divergences entre
Imâm al-a’dham et ses disciples sur les conceptions déductives de
la science d’ijtihâd. Par contre, le hadith-charif "la divergence
entre les savants de mon oumma est une compassion divine”
démontre que ces divergences étaient salutaires.
Les muftîs de l’école Hanafite doivent donner des fatwâs
conformes aux jugements de Imâm al-a’dham. S’ils n’arrivent pas à
y trouver ce qu’ils recherchent, ils doivent se référer à ceux de
Imâm Abû Yûsuf. Après lui, ils peuvent se référer à ceux de Imâm
Muhammad. En cas de remarquer une divergence de jugements
entre ceux de Imâm al-a’dham avec ceux de Imâm Abû Yûsuf et
Imâm Muhammad, ils peuvent émettre une fatwâ selon les
jugements de toutes les deux parties. Quand il s’agit d’une nécessité
circonstancielle, le muftî peut donner une fatwâ selon le jugement
le plus explicite ou abrégé des mujtahids. Les muftîs ne peuvent pas
émettre de fatwâs sans se référer aux déductions d’un mujtahid.
Sinon, un avis, une sentence ou une interprétation des muftîs sans
référence à un mujtahid ne peuvent pas être appelés une fatwâ.
______________________

Muhammad Mathûm écrit dans sa lettre 80 du 2ème volume:


«A celui qui continue faire l’invocation d’Istighfâr (le repentir,
demande de pardon), Allah Le Tout Puissant lui accordera une
issuefavorableàchaquedifficulté,lesoulageradesessoucis».
La formulation de l’invocation est comme le suivant:
"Astaghfirullah-al 'azîm-allazî lâ îlâha illâ huwa’l-hayy-al-
qayyûmawaatûbuilayh".
"Allahumma innaka 'afuwwun karimoun tuhibbul-'afwa
fa'affu'anni"
– 86 –
4-LEWAHHABISME
ET
LAREFUTATIONDEL’AHL-ALSUNNA
Quoiqu'ils prétendent qu’ils sont musulmans, un autre groupe
dévié de la croyance Ahl al-sunna est celui des “Wahhabites”.
Ceux-ci sont appelés aussi “Najdî”.
Ahmed Djevdet Pacha, homme d’Etat et de loi, historien et
juriste à l’époque du trente quatrième Sultan ottoman Sultan
Abdulhamîd Khan II [1258-1336 hégirien (1842-1918), enterré
dans le tombeau de Sultan Mahmûd à Istanbul], écrit le
wahhabisme dans le septième volume de son ouvrage de douze
volumes intitulé "Târih-i Osmânî" [l’Histoire Ottomane] et
Ayyub Sabri Pacha, [contre-amiral, décédé en 1308 hégirien [en
1890], (rahmatullâhi ta’âlâ ’alaihim), explique aussi en détail le
Wahhabisme dans son ouvrage d’histoire de cinq volumes intitulé
"Mir’ât al-haramain"[1]. Plusieurs paragraphes suivants sont cités
de l’ouvrage de Sabri Pacha qui les avait traduits de l’ouvrage
intitulé "Fitnatal-Wahhâbiyya" écrit par AhmadZaynîDahlân.[2]
Le Wahhabisme a été fondé par Muhammad ibn ’Abd al-
Wahhâb. Il était né à Huraimila de la région Najd dans la
péninsule arabique en 1111 hégirien (en 1699) et mort en 1206
hégirien (en 1792). Autrefois, il se rendait souvent à Baghdâd, à
Basra, en Iran, en Inde et à Damas en vue de faire du commerce
et le voyage. En 1125 de l’Hégire [en 1713], à Basra, tombé dans le

[1] Mir’ât al-Haramain, pp. 99 et la suite, vol. III; Cet ouvrage de cinq
volumes écrit en langue turque, imprimé par Matba’a-i Bahriye est
archivé et conservé à la bibliothèque de Suleymaniye-Istanbul.
[2] Ahmad Zaynî Dahlân ‘rahmatullâhi ’alaiyh’, l’auteur de l’ouvrage
"Fitnat al-Wahhâbiyya", né en 1231 de l’Hégire [en 1816] à la
Mecque et décédé en 1304 de l’Hégire [en 1886] à Médine. Il était
Mufti de la Mecque.

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piège de Hempher, l’un des plus importants agents secrets des
Britanniques, il avait servi d’instrument aux projets de
"destructiondel’Islâm" des Britanniques. Endoctriné et inculqué
par cet espion anglais, il s’était mis à publier des dogmes
hérétiques et plusieurs héréticités sous le nom du "Wahhabisme".
L’implantation du wahhabisme est citée en détail dans notre
publication intitulée “Confessions d’un espion britannique”.
Muhammad ibn ’Abd al-Wahhâb avait découvert et lu les livres
dont les contenus étaient incompatibles avec Ahl al-sunna et écrits
par Ahmad Ibn Taymiyya de Harrân [661-728 hégiriens, (1263-
1328), à Damas], et il était renommé sous le nom de "Shaikh an-
Najdî". Avec l’inoculation et contribution de l’espion britannique
Hempher, Il avait formé un livre intitulé "Kitâb at-tawhîd"[1].
Abd’arrahman, le petit-fils de Muhammad ibn ’Abd al-Wahhâb
avait inscrit d’annotations sur le livre "Kitâb at-tawhîd" et un
wahhabite appelé Muhammad Hamîd y avait fait des adjonctions
et il l’avait publié de nouveau sous le titre de "Fat’hal-majîd" en
Egypte. Les idées de Muhammad ibn ’Abd al-Wahhâb s’étaient
répandues chez les villageois, les habitants de Dar’iyya et leur chef
Muhammad ibn Saud. Celui qui avait adopté et adhéré à ses idées
nommées le wahhabisme est appelé "Wahhabite" et "Najdî". Il
s’était imposé comme qadî (juriste) et Muhammad ibn Saud
comme émir et le souverain. Il avait fait admettre que seulement
les descendants de ce dernier succéderaient à la couronne.
’Abd al-Wahhâb, le père de Muhammad, était un musulman
pieux. Lui et les savants médinois avaient appréhendé par les
propos hérétiques de son fils que celui-ci prenait un mauvais
chemin et ils avaient averti les médinois et même recommandé à
tout le monde de ne pas s’entretenir avec lui. Mais lui, il a
proclamé le Wahhabisme en 1150 de l’Hégire (en 1737). Il a
méprisé les ijtihads de l’oulamâ de l’Islâm. De plus, il est allé trop
loin en blâmant Ahl al-sunna d’être mécréant. Il a diffamé et
accusé les musulmans visitant les tombes des Prophètes et de

[1] Les savants Mecquois ont réfuté ce livre hérétique intitulé "Kitâbat-
tawhîd" par des arguments solides et en rédigeant des meilleures
réponses en 1221 hégirien. Cet ouvrage intitulé "Saif al-Jabbâr",
écrit par des savants Mecquois était réimprimé ultérieurement en
Pakistan et encore réimprimé en offset et publié en 1395 (en 1975) à
Istanbul.

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l’awliyâ et qui s’adressaient à eux avec respect en appelant “Yâ
Nabiyallah!” [Ô Prophète d’Allah] ou “Yâ Abd al-Qâdir!” d’être
associateurs, des polythéistes.
Selon les soi-disant critères wahhabites, une chose en dehors de
Dieu et autre de Dieu, quelle qu’elle soit, ne peut rien effectuer, ni
produire; et celui qui disait que qu’une chose effectuait ou
produisait un n’importe quel effet deviendrait un associateur, un
polythéiste. Par exemple, quiconque disait «tel ou tel médicament
a atténue la douleur» ou «cet analgésique a supprimé la douleur»
ou «Allahu taâlâ a exaucé ma prière que j’ai faite à côté de la
tombe de tel ou tel Prophète ou Walî, Saint» serait un associateur,
un polythéiste. Et pour faire la preuve de la véracité de leurs
propos, ils argumentaient de l’âyat (verset) suivant de la sourate
al-Fâtiha “Iyyâka nasta’în” qui signifie "C’est Toi de qui le
secoursnousimplorons" et d’autres versets qui recommandent le
tawakkul (remise confiante en Allah Le Tout Puissant)[1]
Il est écrit comme le suivant à la fin du deuxième chapitre du
livre intitulé "Al-Usûl-ul-arba’a fî-terdîd-il-wahhâbiyya" en
persan: «Les Wahhabites et les autres antimadhhabs comme eux
n’arrivent pas à comprendre ce que signifie "Majâz" (le sens
figuré) "Isti’âra" (le sens métaphorique). Ils blâment tout de suite
quelqu’un de devenir mécréant ou polythéiste s’il prononce qu’il a
réalisé quelque chose, même s’il l’avait dit au sens figuré. En fait,
dans maints versets du Qur’ân al-karîm, Allahu taâlâ dit qu’IL est
le vrai créateur et auteur de toutes choses et que les gens sont des
auteurs, des producteurs au figuré. Dans la sourate Al-An’am,
cinquante septième verset, et la sourate Al-Yûsuf, il est dit: «Le
jugement[hukm] n'estqu'àAllah». Cela signifie que le vrai juge
n’est qu’Allah. Et dans la sourate Al-Nisâ, verset soixante
quatrième, il est dit: «Sicesgens,victimesdeleurpropreiniquité,
venaient à toi en implorant le pardon d’Allah et si le Prophète

[1] Les véritables interprétations de ces versets par des savants Ahl al-
sunna et aussi les thèmes de Tawhid et de Tawakkul sont écrits en
détail dans notre publication intitulée "Endless Bliss" (Third
Fascicle, Chapter 35). Ceux qui le consultaient reconnaîtraient
mieux le sens correct du Tawhîd et que les Wahhabites qui passent
pour des muwahhids (qui reconnaît l’Unicité divine) ne
reconnaissaient pas l’Unicité divine, donc ils n’étaient pas
muwahhids.

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demandaitpardonpoureux,ilstrouveraientsûrementAllahprêt
àrevenirverseuxetàleurfairemiséricorde» Le premier verset
(âyat al-karîma) indique que le vrai Juge est Allah seul. Et le
deuxième démontre que l’homme aussi pourrait être appelé
figurativement le juge.
Tous les musulmans savent que c’est Allahu taâlâ seul qui fait
vivre et mourir. Car, la sourate Al-Yûnus (Jonas), cinquante
sixième verset, dit: «C’estLuiquifaitvivreetmourir;àLuiqu’il
seradevousfaitretour»; et il est dit dans le quarante deuxième
verset de la sourate al-Zumar (Par vagues): «Allah recouvre les
âmes au moment de leur mort». Et il est dit dans la sourate Al-
Sajda (la Prosternation) , onzième verset: «l'Ange de la mort
auquel vous êtes confiés vous recueillera». [Il est dit dans la
sourate Al-Maida, trentième verset: «[Fils de Adam, Caïn] ilatué
son frère». Ce verset du Qur’ân al-karîm met au pliori les
Wahhabites]
C’est Allah seul qui donne la guérison aux malades. Car, il est
dit dans la sourate Al-Shu’arâ (Les Poètes), le quatre-vingtième
verset: «C’est Lui qui me guérit, lorsque je suis malade». Le
quarante neuvième verset de la sourate al-Âl-i ’Imrân (La Famille
de Imrân) révèle que ’Isâ alaihissalâm [Jésus] disait: «Je guéris
l’aveugleetlelépreux[1];jeressuscitelesmortsaveclapermission
demonSeigneur». C'est Allah Le Tout Puissant en réalité qui fait
don des enfants aux être humains. Et le verset dix-huitième et dix-
neuvième de la sourate Al-Maryam (Marie) révèle que Jabraîl
alaihissalâm (Archange Gabriel) disait au sens figuré: «Jenesuis,
dit-il, qu'un envoyé de ton Seigneur, venu te faire présent d'un
garçonpur».
Le vrai maître, le seigneur et le vrai propriétaire de l’homme
est Allah Le Tout Puissant. Le 257ème verset de la sourate al-
Baqara (la Vache) fait preuve évidemment: «Allah est le
protecteur des croyants». Pareillement, les versets suivants
mettent en évidence que le serviteur humain aussi est

[1] Le terme coranique mentionne le nom de cette maladie comme


"abrache". Maladie abrache ou al-baras est le synonyme du mot
"Vitiligo" et "Albinisme", maladies infectieuses de la peau,
autrement dit, dépigmentation par plaques de la peau, par une
pigmentation anormale de la peau ou de la peau entièrement
décolorée.

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figurativement protecteur, tuteur ou maître. A savoir, il est dit
dans le cinquante-sixième verset de la sourate Al-Mâ’ida (la Table
pourvue) qui signifie: «Vousn'avezdeprotecteurqu'AllahetSon
Envoyé» et dans le sixième verset de la sourate Al-Ahzâb (Les
Coalisés) qui signifie: «LeProphèteestplusprochedescroyants
qu'eux-mêmes». De même, c’est qu’Allah Le Tout Puissant qui est
le vrai aidant. IL a appelé aussi Ses serviteurs humains comme
aidants, assistants par métaphore. Dans la sourate Al-Mâîda,
versets deux et trois, Il dit: «Entraidez-vous à la piété et à vous
prémunir envers Allah!». Les Wahhabites condamnent les
musulmans d’être des polythéistes ou associateurs s’ils attribuaient
un nom à quelqu’un comme «'abd» (serviteur, esclave) de
quelqu’un autre qu’Allah, par exemple “Abd an-Nabî” ou “Abd
ar-Rasûl”. Par contre, le 32ème verset de la sourate Al-Nûr (La
Lumière) dit: «Mariez les femmes de votre communauté, et les
vertueuxparmivosesclaveshommesetfemmes». Le vrai Seigneur
(Rabb) de l’homme c’est Allah Le Très-Haut. Cependant, au sens
figuré, on peut également appeler quelqu’un comme seigneur.
Dans la sourate Al-Yûsuf (Joseph), 42ème verset, il est dit:
«Rappelle-moiàtonSeigneur!».
Ce qui obsède le plus Les Wahhabites, c’est surtout le mot
"Istighâtha" (demande de secours, demande d’aide, implorer le
secours et appel au secours) auquel ils s’opposent
impétueusement. C’est l’un des mots et notions dont ils
catégorisent dans le domaine du shirq, du polythéisme. Ils
divaguent ainsi en parlant de demander l’aide de quelqu’un,
demander à quelqu’un son secours, sa protection autre qu’Allah et
ils définissent cette demande d’aide comme associationnisme,
idolâtrie, mécréance ou polythéisme (shirk). Bien sûr que c’est
Allahu taâlâ seul qui est le vrai aidant et à demander son secours.
Tous les croyants le savent. Cependant, il est aussi permis de
demander figurativement à quelqu’un son secours ou d’appeler
quelqu’un au secours. C’est parce qu’il est dit dans le quinzième
verset de la sourate Al-Qasas (La Narration): «Celuiquiétaitde
ses partisans lui a demandé son aide contre celui qui était au
nombre de ses ennemis». Un hadith-charif dit: «Au Jour de la
Résurrection,duJugement(au Mahshar) lesgensdemanderontà
Adam alaihissalâm son secours». Et le hadith-charif cité dans
l’ouvrage intitulé "Al-hisn al-hasîn" dit: «Quiconque appelle au
secours devrait en appeler "Ô serviteurs d’Allah, aidez-nous!"».
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Ce hadith-charif recommande d’en appeler au secours de
quelqu’un qui n’est pas présent-là. La traduction faite du livre “Al-
Usûl-ul-arba’a” s’achève ici. Ce livre cité ci-dessus en persan, a été
imprimé et publié en 1346 de l’Hégire [en 1928] en Inde et il a été
imprimé de nouveau en offset en 1395 hégirien [en 1975] à
Istanbul. L’auteur de cet ouvrage est Muhammad Hasan Djan
Sâhib[1], l’un des petits fils de Hadrat Imâm Rabbânî "rahmatullâhi
ta’âlâ alaihimâ". Djan Sâhib réfute les Wahhabites et les autres
antimadhhabs dans son ouvrage intitulé "Tarîq an-najât". Cet
ouvrage cité ci-dessus est écrit en arabe et il a été publié avec sa
traduction en Ourdou en 1350 hégirien en Inde et puis il a été
réimprimé en offset en 1396 hégirien [en 1976] à Istanbul.
[Chaque mot a un sens déterminé. C’est le sens propre. Et le
sens propre d'un mot est son sens premier. Quant aux sens figurés
(Majâz) d’un mot, ils sont les sens qui en dérivent. L'opposition
entre sens propre et sens figuré relève de la polysémie qui veut
qu'un même mot recouvre généralement plusieurs sens
apparentés. Le sens propre renvoie aussi au sens concret. Et Les
sens figurés sont souvent des sens abstraits ou imagés. Quand un
mot propre à Allahu taâlâ est renvoyé au sens figuré à une
personne, les Wahhabites supposent qu’il a été employé dans le
sens propre. Ils dénomment ceux qui l’emploient des noms
injurieux de polythéistes, associateurs ou de mécréants (mushriq
ou kâfir). Ils ne remarquent pas que plusieurs mots sont employés
au sens figuré dans les versets du Qur’ân al-karîm et hadiths-charif
pour les êtres humains]
La demande l’intercession (Shafa’a) ou l’aide (Istianah) de
Rasûlullah (’alaihi ’s-salâm) ou de l’Awliyâ’ ne signifie pas se
détourner de Allah Le Tout Puissant ou oublier qu’IL est le
Créateur. C’est comme s’attendre à Lui qui fait pleuvoir par le
moyen de nuage, s’attendre à Lui, espérer en Allahu taâlâ le
rétablissement de la santé en prenant des médicaments, s’attendre
à Lui la victoire en se servant des canons, bombes, fusées et des
avions. Tous ceux-ci sont des demandes d’aide ('istianah) auprès
d’Allah Le-Très-Haut. Tous ceux-ci sont des causes, motifs,
moyens et des intermédiaires, et, Allahu taâlâ crée tout par une
cause (sabab). Se tenir aux causes n’est pas d’associationnisme, de

[1] Hasan Djân est décédé en 1349 hégirien [en 1931]

– 92 –
polythéisme (shirk). Les Prophètes "alaihim-us-salâm" (Paix et
bénédiction soient sur eux) se sont tenus toujours aux causes. De
même qu’on va à la fontaine pour boire de l’eau créée par Allahu
ta’âlâ, qu’on va à la boulangerie pour acheter du pain créé par Lui
et qu’on exerce au maniement des armes afin que Lui accorde la
victoire, on en appelle aux âmes du Prophète, du Walî, ceux dont
l'âme est profondément liée à Allahu taâlâ pour qu’IL exauce la
prière. Se servir d’un récepteur de radio pour recevoir un radio
qu’Allah Le Très-Haut le crée au moyen des ondes
électromagnétiques ne signifiait pas s’en remettre à un appareil de
radio en renonçant à Allahu taâlâ, jamais. En outre, c’est Allahu
taâlâ seul pourvoit de toutes les caractéristiques et capacités de cet
appareil de radio et qui les détermine. Allahu taâlâ a voilé Sa
toute-puissance, Son omnipotence, Sa puissance déterminante en
tout. Le polythéiste adore des idoles et il ne pense pas à Allah Le
Très-Haut, il ne L’évoque pas. Par contre, quand le musulman se
sert des moyens, il évoque, réfléchit, médite et pense toujours à
Allahu taâlâ à tout moment, en tout état et en tout lieu que c’est
Lui qui donne de l’effet, de la fonctionnalité, de la propriété, de la
puissance et de la faculté aux moyens et aux créatures. Le
musulman s’attend seul à Allah Le Tout Puissant, il s’en remet à
Lui, il n’espère qu’en Lui. Il sait que tout ce qui arrive vient
d’Allahu ta’âlâ. La signification du dernier verset (âyat al-karîma)
cité ci-dessus fait preuve de ce qu’on a expliqué ci-dessus. En
d’autres termes, les croyants formulent comme le suivant pendant
qu’ils récitent la sourate Al-Fâtiha à l’accomplissement de toutes
les prières de salât: «Ya Rabbî (Ô Seigneur)! Je tiens aux causes
matérielles, technologiques et scientifiques afin que je reçoive mes
besoins et mes souhaits mondains et j’implore Tes serviteurs bien-
aimés pour qu’ils m’aident. En le faisant, je crois en Toi et je m’en
remets à Toi que c’est Toi Seul qui exauce toujours les souhaits et
les vœux et qui les crée toujours. Je m’attends à Toi seul!» Les
croyants qui formulent tous les jours cette invocation ne peuvent
pas être blâmés d’être des associateurs, polythéistes ou idolâtres
(mushrik). Invoquer l’aide aux âmes des Prophètes, de l’awliyâ,
c’est de tenir aux causes créées par Allahu taâlâ. Ce verset (âyat)
de la sourate "Al-Fatihâ" énonce clairement que ceux qui
formulent cette invocation sont de vrais croyants et qu’ils ne sont
pas de mushrik. Les Wahhabites tiennent aux causes matérielles et
technologiques et ils recourent à tous les moyens pour satisfaire
– 93 –
leurs désirs sensuels; et pourtant, ils blâment les musulmans pour
avoir recours aux Prophètes, aux walîs, aux saints et ils les
stigmatisent des noms de polythéiste, d’associateur.
Les idées wahhabites de Muhammad ibn ’Abd al-Wahhâb
convenaient aux désirs sensuels, si bien que ceux qui n’avaient pas
de connaissances religieuses les ont facilement reconnues et
embrassées. Ils ont commencé à blâmer les savants Ahl al-sunna et
les musulmans du droit chemin d’être des mécréants. Les Emîrs se
sont conformés au wahhabisme pour s’emparer plus de pouvoir.
Ils ont obligé les tribus arabes à se convertir au wahhabisme et ils
ont tué ceux qui s’opposaient aux lois wahhabites. De peur d’être
tué, les villageois se sont soumis à Muhammad ibn Sa’ûd, Emir de
la région de Dar’iyya. Puis, dans le but d’attaquer les vies, les
biens, les pudeurs et les femmes de ceux qui n’étaient pas
wahhabites, ils ont choisi d’être des soldats de l’Emir et de le
servir.
Shaikh Sulaiman, le frère de Muhammad ibn ’Abd al-Wahhâb
était un savant religieux Ahl al-sunna. Il avait écrit son ouvrage
intitulé "As-sawâ’iq al-ilâhiyya fî ’r-raddi ’alâ ’l-Wahhâbiyya"
réfutant le wahhabisme pour empêcher la propagation de ces idées
hérétiques. Ce livre précieux était publié en 1306 hégirien et
réimprimé en offset et publié de nouveau en 1395 de l’Hégire [en
1975] à Istanbul. Pareillement, Les maîtres de Muhammad ibn
’Abd al-Wahhâb ayant compris que ce dernier ouvrait un nouveau
chemin, eux aussi, ils avaient préparé des ouvrages de réfutation
de ses livres hérétiques. Ils avaient annoncé que Muhammad ibn
’Abd al-Wahhâb s’était égaré du droit chemin. Ils avaient
argumenté que les Wahhabites donnaient de fausses significations
aux versets du Qur’ân al-karîm et aux hadiths-charif. Mais tous
ceux-ci avaient augmenté les hostilités et la haine des villageois
contre les croyants.
Le Wahhabisme s’est propagé et a gagné du terrain non par
cognition, mais par des gens ignorants sous la houlette des Anglais
en faisant couler le sang et en tyrannisant à l’aide des armes et
ressources financières britanniques. Muhammad ibn Sa’ûd, l’Emîr
de Dar’iyya, était le plus cruel, un bourreau des tyrans
sanguinaires. Cet homme était de la tribu de Banî Hanifa et l’un
des descendants des idiots qui avaient reconnu et cru en
l’imposteur Musailamat al-kadhdhâb qui s’était fait passer pour un
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prophète. Il est mort en 1178 hégirien [en 1765]. Son fils ’Abd-ul-
’azîz lui a succédé. Ce dernier a été tué par un Chiite 1217 hégirien,
et il a été succédé par son fils Sa’ûd qui est mort en 1231 hégirien.
Son fils Abdullah lui a succédé et il a été exécuté en 1240 hégirien
à Istanbul. Tarkî bin Abdullah, petit fils d’Abd-ul-’Aziz, lui a
succédé. Puis, Faïçal, son fils, en 1254 hégirien, puis son Abdullah
en 1282 hégirien ont succédé les uns aux autres. ’Abd-ur-rahmân,
son frère, et ’Abd-ul-’azîz, son fils se sont installés au Koweït. Ce
dernier est revenu à Riyad et devenu Emîr en 1319 hégirien [en
1901]. Il a attaqué la Mecque en coopération avec les
Britanniques. Il a fondé l’Etat de l’Arabie Saoudite en 1351
hégirien [en 1932]. On a lu dans les journaux de 1991 que Fahd,
Emîr Saoudien avait envoyé quatre milliards de dollars aux
incrédules russes qui faisaient la guerre contre les combattants Ahl
al-sunna en Afghanistan.
Les Wahhabites se prétendent qu’ils sont sur un chemin de
délivrance de la mécréance et de sincérité en Unicité divine, et que
tous les musulmans donc étaient des polythéistes, des associateurs
depuis six cent ans et qu’ils avaient pour but de délivrer aussi les
musulmans de la mécréance. Et pour justifier leur assertion
étourdie, ils avancent le 5ème verset de la sourate Al-Ahkâf et le
106ème verset de la sourate Al-Yûnus mentionnés ci-dessous. Par
contre, tous les exégèses du Qur’ân al-karîm déterminent
unanimement que ces versets et plusieurs d’autres avaient été
révélés pour les polythéistes. Le 5ème verset de la sourate "Al-
Ahqâf" dit: «Quidoncestpluségaréquelesgensquiinvoquent,
endehorsd’Allah,cequineleurrépondpas;ceuxquiresterons
indifférentsàleursprièresjusqu'auJourdelaRésurrection». Et le
106ème verset de la sourate Al-Yunus (Jonas) qui signifie: «Dis
aux polythéistes de la Mecque! On m’a été ordonné: N'invoque
pas,endehorsd’Allahcequinepeutnit'êtreutile,nitenuire,tu
seraisdesinjustes»
Le livre intitulé "Kashf ash-shubuhât" des Wahhabites traite
aussi le verset troisième de la sourate "Al-Zumar" (Par Vagues)
qui signifie: «Ceux qui prennent des Maîtres en dehors d'Allah
disent:Nousnelesadoronsquepourqu'ilsnousrapprochentde
Dieu». Ce verset rapporte les paroles des polythéistes adorant des
idoles. Mais, le livre wahhabite assimile à ces polythéistes-là les
musulmans qui implorent de l’intercession (il fait allusion à la
confession des polythéistes et il veut dire que les polythéistes aussi
– 95 –
disaient que les idoles n’étaient pas créateurs et que le créateur
n’était que Dieu). Il est cité comme le suivant en ce qui concerne
l’interprétation de ce verset ci-dessus dans l’ouvrage intitulé "Rûh
al-bayân": «La créature humaine est créée apte à connaître son
Créateur et le créateur de toutes choses. Chaque créature humaine
possède une disposition, une volonté, un penchant, une inclination
et le désir d’adorer et se rapprocher de son Créateur. Mais cette
aptitude et cette disposition ne servent à rien, parce que l’âme ou
les désirs sensuels (nafs), le Satan et les mauvais amis déçoivent
l’homme [en conséquence, ceux-ci anéantissent cette aptitude
infuse. Alors, l’homme devient ou un incroyant en Créateur et au
Jour de Jugement Dernier comme les communistes et les franc-
maçons ou il] devient un polythéiste. Le polythéiste ne peut pas se
rapprocher d’Allah Le Très-Haut, il ne peut pas Le reconnaître.
Ce qui est valable, c’est la ma’rifa, la connaissance spirituelle
résultante de la délivrance du polythéisme en se retenant au
tawhîd, en d’autres termes, en professant, en reconnaissant
l'Unicité divine. Ce qui est le signe de cette connaissance, c’est de
croire aux Prophètes et aux Livres sacrés à qui ont été révélés et
de se tenir fermement à eux. C’est ainsi la seule voie de se
rapprocher d’Allah Le Très-Haut. Le Diable aussi possédait
l’aptitude à se prosterner; mais, il a refusé de se prosterner parce
qu’il avait succombé à ses tentations et qu’il n’avait pas de
continence. Les anciens philosophes aussi, ils sont devenus des
infidèles parce qu’ils voulaient se rapprocher d’Allah Le Très-
Haut, du Créateur sans se conformer aux Prophètes mais en
suivant leur raison et par le raisonnement et en succombant à leurs
tentations. Quant aux croyants, ils obéissent aux préceptes de
l’Islâm pour se rapprocher d’Allahu taâlâ. Ils ont les cœurs remplis
de "nûr", de la lumière spirituelle; ils ont les esprits où se
manifestent les attributs de la Beauté divine (Jamâl). Les
polythéistes n’obéissent pas aux préceptes de l’Islâm, ni au
Prophète pour se rapprocher d’Allahu taâlâ; au contraire, ils se
soumettent à leurs désirs sensuels, à des tentations, à leurs faibles
intelligences et aux bid’ah. C’est pourquoi ils ont les cœurs noircis,
les esprits obscurcis. D’ailleurs, Allah Le Tout Puissant révèle à la
suite du verset ci-dessus que quand bien même que les polythéistes
disaient qu’ils adoraient les idoles pour qu’elles intercèdent en leur
faveur, ils mentaient». Le 25e verset de la sourate Al-Lukman qui
signifie: «Situleurdemandes[aux mécréants]:Quiacréélescieux
– 96 –
et la terre ?, ils ne peuvent répondre que: "Allah". Alors dis:
"LouangeàAllah!"» et le 87ème verset de la sourate Al-Zukhruf
(Les Enjolivures) qui signifie: «[Àceuxqu'ilsinvoquentendehors
d'Allah,aupeupled'incroyance],situdemandesquilesacréés,
bien sûr qu'ils répondent: "Allah"». En citant ces deux âyat al-
karîma, ces deux versets, le livre hérétique voulait faire une
séduction avec une interprétation erronée et malveillante, à la fois,
une défense des polythéistes. Par conséquent, les antimadhhabs
ont tort de dire [que les polythéistes aussi savaient qu’il y avait un
seul créateur et ce créateur était un seul Dieu et qu’ils adoraient
les idoles pour qu’elles intercèdent en leur faveur au Jugement
dernier, mais qu’ils sont devenus infidèles et polythéistes parce
qu’ils adoraient les idoles] et de défendre les polythéistes.[1]
Les Croyants (mu’min) n’adorent pas les Prophètes ou l’awliyâ
ou les saints et ne les considèrent jamais comme des associés
d’Allahu taâlâ. Les Croyants (mu’min) possèdent la croyance que
les Prophètes et l’awliyâ sont des créatures, des serviteurs humains
d’Allah Le Très-Haut et qu’ils n’ont pas le droit d’être adorés. Les
croyants (mu’min) possèdent la croyance que les Prophètes et
l’awliyâ sont des serviteurs bien-aimées d’Allahu taâlâ et qu’Allah
Le très-Haut fera miséricorde à ses serviteurs humains pour Ses
serviteurs bien-aimés-ci à qui IL a accordé Ses bénédictions. Les
croyants (mu’min) professent que c’’est Allah Le Tout Puissant
Seul qui crée le profit et le détriment et que c’est Lui seul qui est
digne d’être adoré et qu’IL est Compatissant, qu’IL fait
Miséricorde à Ses serviteurs humains par faveur et par
considération pour Ses bien-aimés, pour l’amour de Ses bien-
aimés. Par contre, quoique les polythéistes disent en raison de la

[1] Dans le livre intitulé "Al-fajr as-Sâdiq fi ’r-raddi ’ala ’l-munkiri ’t-
tawassuli wa ’lkarâmati wa ’l-hawâriq", le 87e verset de la sourate
Al-Zukhruf cité ci-dessus est interprété et il y est argumenté que les
Wahhabites donnaient leur interprétation personnelle et erronée à
ce 87e verset du Qur’ân al-karîm. Cet ouvrage cité ci-dessus est écrit
par Jamîl Sidqî Zahâvi (rahmatullâhi ta’âlâ ’aleyh), l’un des savants
irakiens, et il a été publié en 1323 hégirien [en 1905] en Egypte, puis
réimprimé en offset et republié en 1396 hégirien [en 1976] à Istanbul.
Il a été publié de nouveau en 1422 hégirien [en 2001] par Hakîkat
Kitâbevi à Istanbul. Jamîl Sidqî donnait des cours sur “’ilm al-
kalâm” à l’Université d’Istanbul. Il est décédé en 1355 hégirien [en
1936]. Il a sa photo dans l’édition de 1956 du dictionnaire intitulé
“Al-munjid”.

– 97 –
connaissance inhérente et infuse (ma’rifa) existant chez eux que
leurs idoles n’ont pas le pouvoir créatif, ils croient que leurs idoles
sont dignes d’être adorées et ils continuent à les adorer, parce
qu’ils ne corroborent pas leur connaissance inhérente et infuse en
se conformant aux Prophètes. Ils deviennent polythéistes parce
qu’ils disent que les idoles ont le droit d’être adorées. Sinon, ils ne
deviennent pas polythéistes d’invoquer leur intercession.
[Invoquer l’intercession des idoles auprès d’Allah Le Très-Haut
est une superstition, une croyance religieuse irrationnelle. Il n’est
jamais permis, ni légal d'avoir une telle croyance. Mais ce n’est pas
de polythéisme. Le polythéisme (shirk) c’est d’adorer les idoles].
Comme on le voit, assimiler la croyance et les actes cultuels des
musulmans à de l’idolâtrie et réduire Ahl al-sunna en rendant
identique aux incrédules adorant les idoles est complètement
irraisonnable. Tous ces versets ci-dessus avaient été révélés pour
les infidèles et les polythéistes qui adoraient les idoles. Le livre
wahhabite intitulé "Kashf ash-shubuhât" traite les croyants de
mécréants, considère les musulmans Ahl al-Sunna comme
identiques et directement comparables aux polythéistes en
donnant son interprétation personnelle erronée, abusive et
malveillante et d’un raisonnement illogique.
Deux hadîths-charif rapportés par ’Abdullah ibn ’Umar (radiy-
Allâhu ’anhumâ) disent: «Ils ont abandonné le droit chemin. Ils
ontimputéauxcroyantslesversetsrévéléspourlesincroyants», et,
«La plus terrible de toutes mes inquiétudes au nom de mon
oumma, c’est qu’ils pourraient donner leur interprétation
personnelle au Qur’ân al-karîm et le traduire sans raison». Ces
deux hadiths-charif prédisaient que des gens antimadhhabs
apparaîtraient et qu’ils interpréteraient mal et incorrectement les
versets révélés pour les incroyants et qu’ils les imputeraient aux
Croyants.
Shaikh Muhammad ibn Sulaimân al-Madanî[1] (rahimah-Allâhu
ta’âlâ) aussi, l’un des grands savants religieux de Médine, avait
compris que Muhammad ibn ’Abd al-Wahhâb avait des idées

[1] Shaikh Muhammad ibn Sulaimân al-Madanî était un savant de


jurisprudence (fiqh) de grande école Shâfi’îte et avait écrit beaucoup
de livres. Ses annotations qu’il avait mises au commentaire intitulé
"At-tuhfatal-muhtâj" de l’ouvrage intitulé “Minhâj” écrit par Ibn
Hajar al-Makkî’s (rahimah-Allâhu ta’âlâ) sont très connues. Il est
décédé en 1194 hégirien [en 1780] à Médine.

– 98 –
aberrantes qui seraient à l’avenir très pernicieuses pour les
musulmans, lui avait donné des conseils. Al-Madanî écrit comme
le suivant dans son ouvrage en deux volumes intitulé "Al-fatâwâ":
«Ô Ibn ’Abd al-Wahhâb! Ne bave pas sur les musulmans! Je te
conseille pour l’amour d’Allah. Bien entendu, si quelqu’un disait
qu’il y avait des créateurs de toutes choses en dehors d’Allah, dis-
lui la vérité! Mais ne considère jamais comme des mécréants ceux
qui se tiennent aux causes mais qui ont la croyance que c’est Allah
Le Tout puissant seul qui crée toutes ces causes et le pouvoir
effectif de ces causes! Cela ne serait jamais correct de traiter les
croyants de mécréants. Toi aussi, tu es un musulman; il vaudrait
mieux que tu dénommes une personne du nom d’hérétique plutôt
que de diffamer tous les musulmans. Celui qui se séparait de la
communauté pourrait facilement s’égarer. Le 114-115e verset de la
sourate Al-Nisâ (Les femmes) qui signifie: "Quantàceluiquise
sépare du Prophète après avoir clairement connu la vraie
Direction et qui suit un chemin différent de celui des croyants:
nous nous détournerons de lui, comme lui-même s’est détourné;
nouslejetteronsdanslaGéhenne". Cet âyat al-karîma fait preuve
de mes paroles ci-dessus». Bien que les Wahhabites aient
d’innombrables idées aberrantes, elles sont basées sur trois
fondements:
1 - "Les actes religieux et cultuels ('amals et ibadats) font partie
de la foi", disent-ils. Et encore ils professent que "celui qui
n’accomplissait pas un fardh bien qu’il lui croie, par exemple celui
qui n’effectuait pas sa prière de salât pour cause de négligence ou
de paresse ou qui n’acquittait pas son aumône légal (zakât) en
raison de mesquinerie, d’avarice serait un mécréant; alors, une
telle personne pourrait et devrait être tuée, et ses biens devraient
être distribués aux Wahhabites".
Il est écrit comme le suivant dans l’ouvrage intitulé "Al-milal
wa’n-nihal"[1]: «Les savants Ahl al-sunna ont dit unanimement que
les actes cultuels ne font pas partie de la foi. Bien qu’ils croient de
leur devoir, de leur obligation d’accomplir les fards, ceux qui ne les
acquittent pas par paresse ne deviendraient pas mécréants.
Cependant, il n’y a pas eu d’unanimité concernant ceux qui

[1] La traduction en turc de l’ouvrage "Al-milalwa’n-nihal", p. 63, Le


Caire, 1070 Hégirien.

– 99 –
n’acquittaient pas leurs prières de salât; selon l’école Hanbalite,
celui qui négligeait ses prières de salât deviendrait mécréant».
[Thenâ-ullah Pânipûtî ‘rahmatullâhi alaiyh’ écrit comme le suivant
au début de son ouvrage intitulé "Mâ-lâ-budda": «Un musulman
ne devient pas mécréant en commettant un péché grave. S’il est
jeté en Enfer, il sera ressorti de l’enfer un peu de temps après ou
longtemps après, et il ira au Paradis et il y demeurera infiniment».
Ce livre en persan intitulé "Mâ-lâ-budda" avait été imprimé en
1376 hégirien [en 1956] à Delhi, puis il a été réimprimé en offset et
publié en 1410 hégirien [en 1990] par la librairie Hakîkat Kitâbevi
à Istanbul. Il s’y trouve à la fin de livre intitulé "Huquqal-Islâm"]
A l’école Hanbalite, il est dit mécréant seulement pour ceux
n’acquittaient pas leurs prières de salât; il n’en est pas dit le même
en ce qui concerne ceux qui n’acquittaient pas les autres actes
cultuels. Donc, les Wahhabites ne sont pas, à cet égard non plus,
de l’école Hanbalite. On avait déjà expliqué que ceux qui n’étaient
pas Ahl al-sunna ne pourraient pas être d’adeptes de l’école
Hanbalite. Ceux qui n’appartiennent pas et ne se conforment pas
à l’une de quatre grandes écoles de l’Islâm sont en dehors de Ahl
al-sunna.
2- Au sujet de l’intercession, “Celui qui invoque, demande
l’intercession des âmes des Prophètes (’alaihimu ’s-salâm) ou
d’awliyâ, autrement dit, celui qui demande quelque chose à Allah
par l’intercession des Prophètes ou de l’awliyâ , et qui visite leur
tombe et qui formule une invocation en demandant leur aide
devient mécréant. Le macchabée, personne morte n’a pas de
sens”, disent-ils.
Si une personne qui rendait visite, s’adressait, parlait à une
personne morte dans sa tombe devenait mécréant, notre Prophète
(sall-Allâhu ’alaihi wa sallam) ou les grands savants ou Awliyâ ne
le feraient pas, n’y feraient pas de telles invocations. Notre
Prophète se rendait au cimetière de “Bakî” à Médine et des
martyrs d’Uhud. Il est aussi écrit à la page 485e du livre intitulé
“Fath-al majîd” des Wahhabites que notre Prophète saluait les
morts et parlait à eux.
Quand notre Prophète faisait des invocations, il formulait:
“Allâhummainnîas-alukabi-haqqi’s-sâ’ilîna’alaika”, qui signifie
“Ô mon Allah! Je t’implore en faisant usage du droit, de la faveur
de ceux qui T’invoquent et du droit de ceux à qui Tu as accordé ce
– 100 –
qu’ils Te demandaient et de qui Tu as exaucé leurs prières” et il
nous recommandait d’invoquer de cette manière. Pendant
l’inhumation de la mère de Hadrat ’Alî, Rasûlullah (sall-Allâhu
’alaihi wa sallam) l’avait mise de ses propres mains bénies dans la
tombe et il avait invoqué: “Ighfirli-ummîFâtimatabintiAsadwa
wassi’ ’alaihâ madkhalahâ bi-haqqi nabiyyika wa ’l-anbiyâ’
illadhîna min qablî innaka arhamu ’r-râhimîn”. Cette invocation
signifie: "Ô mon Allah! Accorde de pardon, de miséricorde à
Fâtima, fille de Asad, ma mère! Pardonne-lui ses péchés! Elargis
sa demeure! Exauce mes invocations-ci du droit, en faveur de Ton
Prophète et de tous les Prophètes venus avant moi! Tu es le plus
Miséricordieux des miséricordieux! Dans un autre hadîth-charif
rapporté par ’Uthmân ibn Hunaif, l’un des grands de Ansâr, qu'un
aveugle était venu chez Rasûlullah (sall-Allâhu ’alaihi wa sallam)
pour lui demander des invocations pour que Allah Le Très-Haut
lui rende la vue. Alors Rasûlullah (sall-Allâhu ’alaihi wa sallam)
lui avait recommandé de faire son ablution, puis d’effectuer une
prière de salât de deux rak’ats et de formuler cette invocation
suivante: “Allâhumma innî as’aluka wa atawajjahu ilaika bi-
nabiyyika Muhammadi ’n-nabiyyi ’r-Rahma, yâ Muhammad innî
atawajjahubikailâRabbîfîhâjatîhâdhihîlitakdiyalî,Allâhumma
shaffi’hu fiyya”. Par cette invocation, il est recommandé d’avoir
recours à Muhammad alaihissalâm, d’invoquer Allah Le Très-
Haut par l’entremise de Muhammad alaihissalâm pour qu’IL
exauce les prières. Sahâbat al-kirâm récitaient toujours cette
invocation ci-dessus. Elle est expliquée avec ses références dans le
deuxième volume du livre intitulé "Ashi’at al-lama’ât" et aussi
dans le livre intitulé "Al-hisn al-hasîn". Ces deux ouvrages la
paraphrasent comme le suivant: «Seigneur! Je me tourne vers Toi,
je m’attends à Toi par l’entremise de Ton Prophète».
Ces invocations citées ci-dessus font preuve qu’il est permis de
faire des invocations sous la faveur de, par considération pour et
par l’entremise de ceux qu’Allah Le très-Haut aiment.
Cheikh 'Ali Mahfûz, décédé en 1361 hégirien [en 1942], était
l’un de grand ’ulamâ’ de Jâmi’ al-Azhar et il avait écrit le livre
intitulé "Al-ibdâ", imprimé en Egypte en 1375 hégirien [en 1956].
Bien qu’il y fasse l’éloge de Ibn Taimiyya et de ’Abdouh, il écrivait
comme le suivant à la page 213e de son ouvrage: «Il n’est pas bon
d’affirmer que Al-Awliyâ (saints musulmans) "rahimahum-Allâhu
ta’âlâ" (qu’Allah Le Très-Haut les agrées tous) disposent après
– 101 –
leur décès des faveurs, des prodiges sur les affaires mondaines de
telle sorte qu’ils avaient le pouvoir de réaliser les vœux, de
conjurer les maux, de guérir les malades, de porter secours à ceux
qui sont sur le point de se noyer, d’aider ceux qui se trouvent
contre l’ennemi et de faire retrouver les choses perdues. C’est faux
de penser qu’Allah Le Très-Haut leur a attribué et octroyé ces
affaires parce qu’ils avaient des degrés élevés et qu’ils pouvaient
réaliser ce qu’ils voulaient. Cependant, Allahu taâlâ accorde une
faveur divine (karama) aussi bien en faveur de Ses serviteurs d’une
vertu et d’une sainteté qu’IL honore parmi Son ’Awliyâ en vie ou
décédé, et IL conjure les maux, guérit les malade, sauve celui qui
est sur le point de se noyer par le moyen de cette faveur, de cette
karama. IL aide ceux qui luttent contre l’ennemi, IL fait retrouver
ce qu’il était perdu. C’est raisonnable. Le Qur’ân al-karîm
l’affirme aussi». Abdullah Désûkî et Yûsuf Dedjvî, deux des
professeurs du Djâmi’ul-azhar, ont donné une préface élogieuse à
la fin du livre intitulé “Ibdâ”.
’Abd al-Ghanî an-Nablusî (rahimah-Allâhu ta’âlâ) écrit à la
page 182e de son livre intitulé “Al-hadîqa”: «Un hadith qudsî
lequel al-Bukhârî rapporte de Abû Huraira (radiy-Allâhu ta’âlâ
’anh) dit: “Allahutaâlâdit:"RiendeceparquoiMonserviteurse
rapprochedeMoineM’estplusagréablequel’accomplissement
desobligationsqueJeluiaiprescrites.Monadorateurnecessede
serapprocherdeMoiparlesprièressurérogatoires,jusqu'àceque
Jel'aime;etlorsqueJel'aimeJedevienssonouïeparlaquelleil
entend,sonregardparlequelilvoit,samainaveclaquelleilagitet
sespiedsaveclesquelsilmarche.SiilMedemande,Jel’exauce,si
ilchercherefugeauprèsdeMoijeluiaccorde". [Comme il est écrit
dans l’ouvrage intitulé "Marâq al-falâh" et l’annotation de
"Tahtâwî"], les prières surérogatoires (nafila) dont il s’agit ci-
dessus sont les prières surérogatoires et les actes sunna accomplies
par ceux qui acquittent leurs prières obligatoires (fardhs) et leurs
obligations. Et cet hadith-charif démontre que si celui qui
accomplit les devoirs obligatoires pratique aussi les prières
surérogatoires obtient l’agrément d’Allah Le Très-Haut et Lui, IL
exauce ses prières ». Et même s’ils ne sont pas en vie, si ces gens
vertueux cités dans le hadith qudsî ci-dessus font des invocations
pour un croyant afin que celui-ci parvienne à ses fins grâce à ces
invocations. Ces gens vertueux-ci entendent aussi après la mort. Ils
font des invocations pour ceux qui leur ont demandé leur aide et
– 102 –
ils ne les font rentrer les mains vides. C’est pourquoi, il est dans un
hadith-charif: “Quandvousêtesengêne,demandezl’aidedeceux
qui sont dans la tombe!”. Le sens de ce hadith est clair.
L’interprétation et l’attribution un autre sens à ce hadith-charif par
Âlusî sont erronées.
Il est écrit comme le suivant à la page 290e du livre intitulé “Al-
hadîqa an-nadiyya”: «De même que les Croyants (mu’min) sont
toujours croyants dans leur sommeil, ils sont aussi croyants dans la
tombe. Car, de même que les Prophètes sont Prophètes dans leur
sommeil, ils le sont aussi dans leur tombe. C’est parce que l’âme
est le croyant ou le Prophète. Comme il est écrit dans le livre
intitulé ’Umdatal-’aqâ’id[1] de Imâm ’Abdullah an-Nasafî, quand
l’homme meurt, son âme ne subit aucune transformation.
Pareillement, la sainteté de l’awliyâ ne prend pas fin après sa mort
comme elle ne finit pas non plus dans son sommeil. Celui qui ne le
croit pas ou il est un vrai ignorant ou un entêté. J’en ai fait preuve
dans un autre de mes livres que l’awliyâ avait des karâmats après
la mort aussi». Ahmad ibn Sayyid Muhammad al-Makkî al-
Hamawî, l’un des savants Hanafites et Ahmad ibn Ahmad as-
Sujâ’î et Muhammad ash-Shawbarî al-Misrî, deux des savants de
l’école Chafiite avaient écrit des livrets en argumentant que
l’awliyâ avait des karamats et leurs karamats continuaient aussi
après leur mort et que le tawassul et istighâtha [Voir Glossaire
S.V.P.] faits par les tombes de ces saints bien-aimés d’Allah Le
Tout Puissant étaient religieusement permis, légaux, légitimes et
licites (jâ’iz). Ces trois livrets imprimés ensemble avec le livre
intitulé "Ad-durar as-saniyya fi ’rraddi ’alâ ’l-Wahhâbiyya" écrit
par Ahmad Zainî Dahlân (rahimah-Allâhu ta’âlâ ’aleyh) en 1319
hégirien [en 1901] en Egypte, ont été réimprimés en offset en 1396
hégirien [en 1976] à Istanbul.
Muhammed Hâdimî Effendi (rahimah-Allâhu ta’âlâ)[2] de
Konya écrit comme le suivant dans son ouvrage intitulé "Barîqa",
page 269: «La karama de l’Awliyâ’ est vrai. Un walî (ou walîy) est
un musulman connaisseur d’Allah Le Très-Haut, Ses Attributs
dans la mesure du possible (al-’ârifu bi’llâh). Il accomplit

[1] Cet ouvrage intitulé ’Umdat al-’aqâ’id était imprimé en 1259


hégirien (en 1843) à Londres
[2] Il est décéde en 1176 Hégirien [en 1762] dans l’arrondissement de
Hâdim situé dans le département de Konya-Turquie.

– 103 –
soigneusement les actes cultuels; il est un vrai pieux, il est
obéissant. Il évite les péchés, il s’abstient toujours de succomber à
ses tentations, à ses désirs sensuels. Des événements ou choses
extraordinaires créés par Allah Le Tout Puissant en dehors de Ses
lois causales ou de causalité et scientifiques sont appelés
"Merveilles" (choses khâriq-ul ’âda). Il existe huit types de
merveilles, autrement dit des choses extraordinaires. Ce sont:
Mou’jiza [miracle d’un Prophète], karâma [faveur, merveille, don
accordé à un walî, un saint], i’âna [secours], ihâna [acte de mépris],
sihr [magie], ibtilâ [dépendance, passion], isâbat al-ayn [être
affecté par le mauvais œil] et irhâs [Une merveille préparatoire, un
événement extraordinaire et signes particuliers prévenant l’arrivée
d’un Prophète]. La karama est un événement ou une chose ou une
occurrence qui arrivent par le moyen d’un croyant qui est ’ârifu
bi’llâh (connaisseur d’Allah Le Très-Haut) et muttaqî (croyant
ferme, pieux et qui craint de la punition d'Allahu taâlâ si on
s'écarte de Ses injonctions et l'espoir en Sa Miséricorde quand on
s'y conforme). Ce croyant est walî, saint; il n’est pas Prophète. Abû
Is’hâq Ibrâhîm al-Isfarâinî qui était un savant de l’école Châfiîte a
dénié quelques karâma et tous les adeptes da la secte Mu’tazila ont
dénié tous les karâma sous prétexte que cela mettrait la confusion
dans les esprits et que les gens confondraient la karâma avec la
mou’jiza (miracle) et qu’’il serait difficile de croire en Prophètes.
Par contre, ni un walî, un saint qui manifeste une karâma ni le
croyant qui témoigne sa karâma ne prétendent jamais qu’il est un
Prophète. Aucun walî, aucun saint ne veut manifester sa karâma.
Il est permis, religieusement légal d’implorer, de faire des
invocations à Allahu taâlâ par les Prophètes et walîs même s’ils
sont décédés parce que leurs mou’jiza et karâma ne cessent pas
après leur décès. Cette manière de faire l’invocation est appelée
“Tawvassul” et “Istighâtha” [Voir le glossaire S.V.P.]. Ar-Ramlî
aussi a dit le même. Al-Imâm al-Haramain a dit que les Chiîtes
seulement déniaient la possibilité de la réalisation d’une karâma
après la mort. ’Alî Ajhurî, un grand savant de l’école Mâlikite en
Egypte avait dit: "Un walîy vivant est comme une épée dans son
fourreau; mais après sa mort, il est comme l’épée dégainée de sa
fourreau; son pouvoir de disposition et d’influence devient plus
efficace". Cette attestation est citée aussi dans le livre intitulé
"Nûral-hidâya" écrit par Abû ’Alî Sanjî. Par ailleurs, il est attesté
par le Qur’ân al-karîm, la sunna et l’ijmâ’ al-Umma que la karâma
– 104 –
est vrai (haqq). Des centaines, des milliers de karâma de l’Awliyâ
sont rédigées dans des livres précieux. La traduction faite du livre
intitulé "Barîqa" s’achève ici.
Il est écrit comme le suivant dans le livre intitulé "Mir’ât al-
Madîna", page 106: «Il est dit comme le suivant dans un hadith
sahîh (sain, authentique) rapporté de ’Abdullah ibn ’Umar par les
savants de hadith comme Ibn Hudhaima, al-Dâraqutnî et al-
Tabarânî: "Quiconque visite ma tombe, pour lui sera mon
intercession" ou littéralement «Quiconquemerendvisite,àcelui-
ciilm’incombed’êtresonintercesseur». Ce hadith-charif sahîh est
aussi écrit dans l’ouvrage intitulé "Kunûz addaqâ’iq", écrit par
Imâm al-Manâwî. Il écrit aussi le hadith-sharîf rapporté par Ibn
Hibbân: «Quiconque me rend visite après ma mort est comme
celuiquil'auraitfaitdemonvivant», et le hadith-sharîf rapporté
par al-Tabarânî: «Celui qui se rend sur ma tombe, mon
intercession aura lieu pour lui». Et le hadith-sharîf rapporté de
’Abdullah ibn ’Umar par al-Bazzar: “Monintercessionestdevenu
halâl pour celui qui se rend sur ma tombe” et le hadith-sharîf
marfû rapporté par ’Abdullah ibn ’Umar mentionné dans le Sahih
Muslim Sharîf "QuiconquemerendvisiteàMédine,jeseraison
témoinetintercesseurlejourdelarésurrection" sont connus de
tous les musulmans.
Le hadith-charîf rapporté par al-Tabarânî, Ad-Daraqutnî et
Ibn al-Jawzî "Quiconque,ayantfaitlepèlerinage,merendvisite
après ma mort, c’est comme s’il m’avait rendu visite de mon
vivant" est une grande bonne nouvelle. Et le hadith-charîf suivant
rapporté par al-Daraqutnî "Quiconque,faitlepèlerinageetneme
rendpasvisite,afaitpreuved’insolenceenversmoi" fait allusion
à ceux qui font leur pèlerinage mais qui négligent sans aucune
excuse de rendre visite à la suite du pèlerinage sur la noble tombe
du Prophète ’alaihi ’s-salâm.
Abdul’aziz, le recteur de l'Université Islamique à Médine
(Madînat al-munawwara), écrit dans son livre intitulé “al-Tahqîq
waal-Îdhâh” qu’il n’y a aucune preuve, aucun argument pour ces
hadiths-sharîf cités ci-dessus qui recommandaient de rendre visite
sur les tombes. Il prend Ibn Taimiyya à témoin et il dit que Shaikh
al-Islâm Ibn Taimiyya avait la sentence que tous étaient des
hadiths mawdû' (apocryphe, forgé). Au contraire, les preuves de
ces hadiths-sharîfs mentionnés ci-dessus sont écrites en détail dans
– 105 –
le huitième volume du commentaire intitulé “Al-mawâhib” de al-
Zarkânî et à la fin du volume IV du livre intitulé “Wafâ’al-wafâ'”
de al- Samûdî et il y est noté que tous étaient des hadiths hasan
(bon) et ce qui était erroné, c’était cette explication de 'Ibn
Taimiyya. Le recteur ou le vice-directeur, des enseignants, des
professeurs wahhabites de l’Université de Médine ont essayé
toujours de blâmer, diffamer et condamner les ouvrages,
documents et explications des savants Ahl al-sunna et de propager
leur confession ou leur doctrine par le moyen de leurs livres dans
le monde entier. Dans le but d’abuser tous les peuples du monde,
soit les musulmans soit les non-musulmans, et de présenter eux-
mêmes comme de vrais musulmans ils se servent d’une nouvelle
politique; c’est qu’ils ont fondé un centre de “Râbitatal-Âlamal-
Islâmî" (La Ligue islamique mondiale) à la Mecque où ils ont
rassemblé plusieurs religieux ignorants et à gages choisis parmi les
musulmans de tous les pays et auxquels ils payent pour chacun des
centaines de pièces d’or comme salaire. Et ces religieux ignorants
des ouvrages des savants Ahl al-sunna sont employés comme des
marionnettes. De ce centre, ils disséminent au monde leur
doctrine, laquelle ils appellent fatwâs de "La Ligue islamique
mondiale". Dans l’une des ces fatwâs (sentence, verdict)
apocryphes, forgées et bidon émises au mois de Ramadan de 1395
hégirien [en 1975], ils ont proclamé qu’il était une obligation, une
fardh pour les femmes d’effectuer la prière de Salât de Vendredi
et les sermons du Vendredi et de la fête (khutba) devraient être
prononcés en langues nationales des pays. Un hérétique appelé
Sabri qui était un suiviste de Maoudidi et un adhérent de ce centre
de la zizanie et du mal (fitna et fasad) à la Mecque a transporté
tout de suite cette fatwa en Inde où les ignorants bien payés et
nantis ont forcé les femmes à se rendre à la mosquée et ils ont
lancé la prononciation des khutba (sermon) en langues diverses.
Les savants Ahl al-sunna, les vrais religieux (rahimahum-Allahu
ta’âlâ) de l’Inde ont préparé et publié de nouvelles fatwâs fondées
sur les preuves et arguments solides pour empêcher ce courant
wahhabite. Par conséquence, les Wahhabites n’ont pas pu réfuter
ces preuves éminentes, ni s’opposer à ces affirmations véridiques.
Des centaines de religieux de la région “Kerala”, au sud de l’Inde,
se sent repentis parce qu’ils avaient compris qu’ils avaient été
leurrés, par conséquent ils se sont retournés sur le chemin de Ahl
al-sunna. Les quatre de ces fatwâs précieuses basées sur les
– 106 –
références exactes et émises par les savants Ahl al-sunna ont été
réimprimées en offset et envoyées à toutes les contrées islamiques.
Les vrais religieux du droit chemin dans toutes les contrées du
monde sont en train d’avertir les musulmans contre cette
dévastation et ils essaient d’éteindre le feu de ce terrible fléau qui
détruit et divise l’Islâm de l’intérieur. Al hamdoulillah! (Gloire et
Louange et Remerciements à Allah), dans tous les côtés du
monde, les jeunes gens vigilants et à l’âme pure distinguent le bien
du faux.
Ibn ’Âbidîn (rahimah-Allâhu ta’âlâ) écrit comme le suivant
dans le chapitre sur le sermon du Vendredi (la khoutba al-
Joumaâ) et le takbîr d’iftitâh (entrée en Salât) et l’invocation de la
salât de son ouvrage “Radd al-mukhtâr”: «Prononcer la khoutba
en une autre langue qu’en arabe est comme prononcer le taqbîr
d‘iftitâh, la formulation pour commencer la salât en une autre
langue. Et ce dernier est comme les autres invocations faites
pendant l’accomplissement de la prière de salât. Et la récitation
des invocations de la salât pendant leur effectuation en une autre
langue que l’arabe est makrouh tahrimî (acte religieusement et
strictement déconseillé), lequel est défendu par ’Umar (radiy-
Allâhu ’anh)». Et il écrit comme le suivant dans le chapitre sur les
wâjibs de la salât: «C’est un grand péché de commettre un acte
makrouh tahrimî. Quiconque continue à le commettre perdrait sa
justice, en d’autres termes, sur qui on ne pourrait plus compter en
ce qui concerne les matières religieuses». Il est écrit "at-Tahtâwi”:
«Quiconque continue à commettre de petits péchés devient un
fâsiq; il faut ne pas effectuer la prière de salât en congrégation
derrière un imâm fâsiq ou qui commet des actes de bid’ah, et il faut
aller l’acquitter dans une autre mosquée». Comme il est makrouh
et un acte bid’ah d’énoncer toute la khoutba ou une partie de la
houtba en une autre langue, Sahâbat al-kirâm et Tâbi’ûn
(rahimahum-Allâhu ta’âlâ) énonçaient toujours toute la khoutba
en langue arabe en Asie et en Afrique, tandis que les musulmans
de ces pays-là ne connaissaient pas la langue arabe, ni les messages
de la khoutba. A ces époques-là, ces musulmans de différents pays
du monde n’avaient pas de connaissances religieuses si profondes
et ils avaient besoin d’apprendre mieux la loi, les instructions et
préceptes religieuses islamiques. Cependant, Sahâbat al-kirâm et
Tâbi’ûn les prononçaient en arabe pour éviter une bid’ah, car
commettre la bid’a est un grand péché. En outre, soit les Shaikh al-
– 107 –
Islâms Ottomans pendant six siècles, soit les autorités, les grands
savants de l’Islâm connus du monde musulman voulaient que les
communautés comprennent la khutba et recherchaient une issue
pour la faire prononcer en langues autochtones, par exemple en
turc aussi, mais ils ont affirmé que ce n’était pas permis (jâiz). C’est
la raison pour laquelle, ils n’ont pas pu la permettre.
Un hadit-sharif rapporté de Abû Huraira (radiy-Allâhu ’anh)
par Imâm al-Bayhaqî dit: «Quand quelqu'un me salue, Allâhu
taâlâmerenvoiemonâmedansmoncorpsdefaçonàcequejelui
rendelesalutquej’entends» En s’appuyant sur ce hadith-charif,
Imâm al-Bayhaqî (rahimah-Allâhu ta’âlâ) dit que les Prophètes
(’alaihi’s-salâm) sont vivants dans leur tombe, dans une vie qui
nous est inconnue.
Par contre, un Wahhabite, ’Abdal-’Azîz ibn ’Abdullah à
Médine, traite ce hadith-sharif cité ci-dessus dans son livre intitule
“Al-hajva'l-Umra”, à la page 66e, et il y commente que ce hadith
démontre que le Prophète alaihissalâm était mort. Mais d’une
manière contradictoire, il écrit sur la même page qu’il est vivant
dans sa tombe dans une vie qui nous est inconnue. En réalité, ce
hadith-charif indique que son âme bénie est envoyée dans son
corps béni et il répondait aux saluts des gens. En outre, ses thèses
contradictoires continuent et dans les deux hadiths cités à la page
73e du même livre, il écrit qu’il est ordonné de saluer le mort
pendant qu’on lui rend visite dans sa tombe en formulant “As-
salâmu ’alaikum ahl ad-diyâri min al-Mu’minîn”. Ces hadiths-
sharif ordonnent de saluer les musulmans dans leur tombe. On
salue celui qui entend. On parle à celui qui entend. Ces gens
antimadhhab mentionnent ces hadiths-charifs dans leurs livres
quand même ils les dénient sous prétexte que les morts ne
pouvaient pas entendre et que ceux qui avaient une telle croyance
deviendraient polythéistes, mécréants, associateurs. Leurs propos
paradoxaux sont le signe évident que leurs commentaires,
interprétations et déductions des versets du Qur’ân al-karîm et des
hadiths-sharîf sont faux, inexacts et incorrects.
Il y a plusieurs hadiths-charif indiquant que Rasûlullah (sall-
Allâhu ’alaihi wa sallam) est vivant dans sa tombe dans une vie
inconnue. Ces hadiths-charif suivants sont écrits dans les six
fameux livres de hadith: «J’entendslaprière,l’implorationrécitée
pour me glorifier (salawât) sur ma tombe. Toutes les salawâts
– 108 –
récitéesàdistancemesonttransmises» et «Quiconqueréciteune
salawât sur ma tombe, Allahu taâlâ envoie un ange pour m’en
informer.JeseraisonintercesseurleJourdelarésurrection»
Quand un musulman rend visite à la tombe d’un musulman
qu’il connaissait en ce monde et il le salue, le défunt le reconnaît
et lui rend le salut. Un hadith-charif rapporté par Ibn Abî al-
Dunyâ révèle qu’un défunt musulman reconnait celui qui le salue,
et qu’il répond à son salut et qu’il se réjouit. Et quand le musulman
salue les défunts qu’il ne connaissait pas en ce monde, les défunts
aussi lui rendaient le salut en se réjouissant. Du moment que les
vertueux et les martyres (rahimahum-Allâhu ta’âlâ) reconnaissent
le saluant et lui répondent au salut, est-il possible que Rasûlullah
(sall-Allâhu ’alaihi wa sallam) ne l’aie reconnu? Comme le soleil
dans le ciel rayonne sur la Terre, Rasûlullah (sall-Allâhu ’alaihi wa
sallam) répond simultanément aux saluts rendus n’importe où.
Un hadith-charif dit: «Aprèsmamortaussi,j’entendscomme
de mon vivant». Un autre hadith-charif rapporté par Abu Ya’lâ
dit: «LesProphètes(’alaihimu’s-salâm)[Que le salut soit sur eux]
sontvivantsdansleurtombe.Ilseffectuentdessalâts». Ibrâhîm ibn
Bishar et Sayyid Ahmad ar-Rifâ’î et plusieurs walîy (rahimahum-
Allâhu ta’âlâ) avaient annoncé qu’ils avaient entendu la réponse
des saluts rendus à Rasûlullah (sall-Allâhu ’alaihi wa sallam).
Le grand savant Hadrat Jalâl ad-dîn as-Suyûtî avait écrit un
livre intitulé "Sharafal-muhkam" comme réponse sur la question
“s’il était vrai que Sayyid Ahmad ar-Rifâ'i avait embrassé la main
bénie à Rasûlullah?”. Dans son livre, il avait prouvé en
argumentant des évidences raisonnables et traditionnelles que
Rasûlullah (sall-Allâhu ’alaihi wa sallam) était vivant dans sa
noble tombe d’une vie incompréhensible et inconnue et qu’il
entendait les saluts et il leur répondait. Il avait expliqué aussi dans
son livre que Rasûlullah avait vu Mûsâ ’alaihi ’s-salâm accomplir
la salât dans sa tombe à la nuit de Mi’raj.
Un hadith-charif rapporté par Hadrat 'Â'ïcha as-Siddîqa, Mère
des Croyants (radiy-Allâhu ’anhâ) dit: "Je souffre de la douleur
causéeparlaviandeempoisonnéequim’aétéofferteàKhaibar.
Lepoisonaeueffetsurmonaorteetmaintenantilnefonctionne
quasiment plus". Ce hadith-charif démontre qu’en plus de la
Prophétie, Allahu ta’âlâ a donné aussi le rang, le statut de martyr
à Muhammad ’alaihi’ssalâm, le plus élevé du genre humain. Le
– 109 –
169e verset de la sourate Al-'Imrân (La famille de 'Imrân) qui
signifie: «Ne crois surtout pas que ceux qui sont tués dans le
chemin d’Allah sont morts! Ils sont vivants! Ils vivent auprès de
leurSeigneuretilssontpourvusdebiensauprèsdeleurSeigneur».
Certainement, ce grand Prophète qui a été empoisonné sur le
chemin d’Allah est au sommet du rang honorable défini dans cet
âyat al-karîma cité ci-dessus.
Un hadith-charîf rapporté par Ibn Hibbân dit: «Lescorpsbénis
des Prophètes (’alaihimu’s-salâm / Que le salut soit sur eux) ne
pourrissent jamais. Quand un croyant me récite une salawât, un
angem’eninformeetdit:cettepersonne-cit’arendusessalutset
sessalawât».
Un hadith charîf rapporté par Ibn Mâja dit: «Les Vendredis
récitez souvent des salawâts! La salawât récitée m’est transmise
immédiatement» Abu ad-Dardâ' (radiy-Allâhu ta’âlâ ’anh), l’un
de ceux qui étaient en compagnie du Prophète ’alaihi’ssalâm à ce
moment-là, a demandé: “Seront-t-elles vous transmises aussi après
la mort?" Notre Prophète ’alaihi’ssalâm a répondu: «Oui,ellesme
sont transmises après la mort aussi. Car, il est rendu harâm
(défendu) à la terre de décomposer, de pourrir les corps des
Prophètes. Après leur mort aussi, ils restent vivants et ils sont
pourvusdebiens». [Ce hadith-charîf est écrit aussi à la fin du livre
intitulé "Tazkirat al-Mawt wa 'l-Qubūr" écrit par Sanâ-Ullah
Pâni-Pattî. Cet ouvrage écrit en langue persane avait été imprimé
en 1310 hégirien [en 1892] à Delhi, et puis réimprimé en offset et
republié en 1990 par la librairie Hakîkat Kitâbevi à Istanbul].
Après avoir conquis la ville d’al-Quds (Jérusalem), Hadrat
Omar (radiy-Allâhu ’anh) est allé directement à Hujra al-sa'âda
(le foyer bienheureux du Prophète ’alaihi’ssalâm) où se trouve sa
tombe bénie (al-Qabr as-Sa’âda), il a rendu visite à la qabr al-
Nabawî et il lui a rendu salut. Hadrat Omar ibn Abd al-’Azîz, l’un
de grands walîy, envoyait des officiers de Damas à Medine pour la
récitation des salâts et des salawâts à al-Qabr as-Sa’âda. Au retour
de son chaque voyage, Hadrat ’Abdullah ibn Omar avait
l’habitude de rendre visite à la tombe bénie de Rasûlullah, d’abord
il lui rendait son salut, puis à Abu Bakr as-Siddîq et puis à son
père. Imâm Nâfi’ dit: “J’ai vu plus de centaines de fois Hadrat
’Abdullah ibn Omar rendre visite à al-Qabr as-Sa’âda et dire "As-
salâmu ’alaika yâ Rasûl-Allah!". Un jour, j’ai témoigné Hadrat
– 110 –
’Alî (radiy-Allâhu ’anh) entrer dans la Masjid al-Sharîf et pleurer
quand il a vu la chambre qui était à Hadrat Fâtima (radiy-Allâhu
’anha). Puis, je l’ai vu entrer dans la Hujra al-Sa’âda et saluer
Rasûlullah (sall-Allâhu ’alaihi wa sallam) et Hadrat Abu Bakr as-
Siddîq et Hadrat Omar (radiy-Allâhu ta’âlâ anhumâ) en disant
"As-salâmu ’alaika yâ Rasûl-Allah’, ‘As-sâlâmu ’alaikumâ, Ô mes
deux frères!"
Selon Imâm al-a’zam Abu Hanîfa (rahmatullâhi ’alaiyh), il faut
faire d’abord le pèlerinage et ensuite aller à Madînat al-
munawwara pour rendre visite à Rasûlullah. C’est pareillement
écrit dans la fatwâ de Abu’l-Lays al-Samarqandî.
Qâdî 'Iyâd, l’auteur du livre intitulé “Shifâ” et Imâm an-
Nawawî, un savant de l’école Chafiîte et Ibn Humâm, un savant de
l’école Hanafite (rahimahum-Allâhu ta’âlâ) ont énoncé qu’il y a eu
l’ijmâ' al-oumma sur la nécessité de rendre visite à la tombe bénie
de Rasûlullah. Quelques savants ont énoncé que c’était wâjib de le
faire. D’ailleurs, il est aussi écrit dans le livre wahhabite “Fat’hal-
majîd” que la visite des tombes est un acte sunna.
La sourate Al-Nisâ (les Femmes), verset 63 /64e, dit: “Si ces
gensquisesontfaittortàeux-mêmesvenaientàtoienimplorant
lepardond’AllahetsileProphètedemandaitpardonpoureux,ils
trouveraientsurementAllahprêtàrevenirverseuxetàleurfaire
miséricorde” Cet âyat al-karîma démontre que Rasûlullah (sall-
Allâhu ’alaihi wa sallam) intercédera et que son intercession
(shafâ’a) sera exaucée, acceptée. En outre, ce verset nous
hautement recommande de venir des lointains pour rendre visite
(ziyârah) à la tombe bénie de Rasûlullah et pour implorer en lui
demandant son intercession.
Le hadith-charif “Un long voyage est recommandable
seulement pour visiter les trois mosquées" signale la mosquée
Masjid al-Harâm à la Mecque, Masjid al-Nabawî à la Médine et
Masjid al-Aqsâ à Jérusalem et que l’effectuation d’une telle visite
aurait une récompense (thawâb). C’est la raison pour laquelle,
ceux qui partent pour faire le pèlerinage, leur hajj, mais qui ne
rendent pas visite à Qabr as-Sa’âda dans la Masjid al-Nabî seront
privés de cette récompense.
Imâm Mâlik dit que «ceux qui viennent rendre visite à la Qabr
as-Sa’âda ne doivent pas rester longtemps près de Hujra al-Sa’âda
(le foyer bienheureux du Prophète ’alaihi’ssalâm); c’est makrouh».
– 111 –
Quand Imâm Zain al-’Âbidîn rendait visite à la Qabr as-Sa’âda, il
se tenait debout près du pilier à proximité de Rawdat al-
Mutahhara et il ne s’en approchait pas au plus près. Et quand
Hadrat 'Âïcha lui rendait visite, elle se tenait debout près de
l’extérieur de la porte de Hujra al-Sa'âda, orientée vers la qibla; et
elle l’a faite ainsi jusqu’à son décès.
Hadrat ’Abd al-’Azîm al-Munzirî, l’un des savants de hadîth dit
comme le suivant en interprétant le sens du hadith “Nefaitespas
dematombeunlieudefête”; cela signifie que "Ne venez pas pour
me rendre visite à la tombe une fois par an comme on le fait à
l’occasion de la célébration des fêtes! Essayez de me rendre visite
fréquemment!". Et le hadith-charîf "Nefaitespasdevosmaisons
destombes!" signifie que "Ne rendez pas vos maisons semblables
à des tombes où on n’effectuent pas les prières de salât;
Accomplissez prières de salât!". On comprend par ici que
l’interprétation de Munzirî est correcte parce qu’il n’est pas jâîz
(permis) d’effectuer la prière de salât au cimetière. Ce hadith-
charîf est interprété aussi qu’il pourrait signifier “Ne marquez pas
une date certaine comme un jour de fête pour me rendre visite à la
tombe!, car les Juifs et les Chrétiens se rassemblaient
habituellement pour visiter les sépultures de leurs Prophètes et ils
utilisaient ces lieux pour fêter, danser et chanter. Vous, ne le faites
pas comme eux! Ne célébrez pas ces visites par des cérémonies où
on joue de flûte, de tambour et on se distrait du vacarme illicite,
défendu (harâm). Pendant ces ziyârah (visites), on doit venir
saluer, faire des invocations et partir le plus vite possible.
Al-Imâm al-a’zam Abu Hanîfa (rahimah-Allâhu ta’âlâ) dit que
“la ziyârah (visite) al-Qabr as-Sa’âda (la tombe bénie de
Rasûlullah) est le plus précieux acte sunna". Il y a eu aussi des
savants disant que c’était un acte wâjib. C’est pourquoi, on fait
vœu de rendre visite à la Qabr as-Sa’âda à l’école Châfiîte.
Il est écrit comme le suivant dans livre intitulé "Mir’ât al-
Madîna", page 1282e: «Allahu taâlâ dit dans le Qur’ân al-karîm
“Je n'aurais jamais créé le monde si Je ne t'avais pas créé”. Ce
hadith qudsî indique que Muhammad alaihissalâm est Habîbullah,
le bien-aimé, le plus aimé d’Allah. Imâm ar-Rabbanî (rahimah-
Allâhu ta’âlâ) aussi explique ce hadith qudsî dans son ouvrage
“Maktûbât”, Vol. III, lettre 112e. Comme on le sait, même une
personne quelconque ne refuserait pas une demande de sa bien-
– 112 –
aimée pour son amour pour elle. C’est facile de faire faire quelque
chose à l’amant pour l’amour de sa bien-aimée. Quiconque dit “Ô
mon Allah! Je T’invoque, je Te demande pour l’amour de
Muhammad alaihi’ssalâm, Ton bien-aimé”, sa prière serait
exaucée. Mais, il n’est pas correct de faire une demande, de dire,
de faire usage de l’honneur, de la considération pour Rasûlullah
(sall-Allâhu ’alaihi wa sallam) en invoquant Allah Le Très-Haut
pour les désirs mondains ou pour les choses mondaines de nature
futile».
Al-Imâm al-a’zam Abu Hanîfa (rahimah-Allâhu ta’âlâ) dit:
«J’étais à Médine. Shaikh Ayyûb as-Sahtiânî, l’un des vertueux (de
sulahâ’), est venu entrer dans Masjîd al-Charif. Moi aussi, j’y suis
entré avec lui. Hadrat Shaikh est resté debout, en face d’al-Qabr
al-Nabawî (la tombe bénie de Rasûlullah), le dos à la qibla. Puis, il
est sorti dehors». Hadrat Ibn Jamâ’a écrit dan son livre intitulé
"Al-mansakal-kabîr": «Quand on rend visite à la tombe bénie de
Rasûlullah, on doit d’abord accomplir une prière de salât de deux
rak’ats près du minbar, puis on doit faire son invocation (doua),
puis on doit s’approcher de la côté de qibla de la Hujura al-Sa’âda
(le foyer bienheureux du Prophète ’alaihi’ssalâm) et on doit se
tenir toujours debout à une distance environ deux mètres du mur
de “Marqad al-charif”, la tête bénie de Rasûlullah à sa côté
gauche, on doit se diriger lentement vers la direction de
“Muwâjahatas-Sa’âda”, le mur de qibla à l’arrière, et on doit le
saluer. C’est pareil dans toutes les écoles de jurisprudence de
l’Islâm (madhhab)».
Dans le chapitre de "Fléaux de la langue" du livre intitulé "Al-
hadîqa", ’Abd al-Ghanî an-Nabulusî (rahimah-Allâhu ta’âlâ) écrit
comme le suivant en expliquant le vingt troisième fléau: «Il est
makrouh tahrîma d’invoquer et dire "pour le droit des Prophètes,
pour le droit d’un walîy (vivant ou décédé)" et de demander de
cette manière quelque chose à Allah pendant l’invocation. C’est
parce qu’Allah Le Très-Haut n’est jamais obligé d’exaucer ou
réaliser ce que quelqu’un demande. C’est parce qu’aucune
créature n’a aucun droit sur Allah Le Tout Puissant. C’est vrai,
mais IL a promit à Ses serviteurs aimés et IL a reconnu un droit
pour eux en Sa personne. C’est-à-dire, IL exaucera leurs vœux. IL
a déclaré dans le Qur’ân al-karîm qu’IL accorderait un droit à Ses
serviteurs en Sa personne. Par exemple, il est dit dans un verset qui
signifie: “IlestdevenuundroitsurNousd’aiderlescroyants”». Il
– 113 –
est écrit comme le suivant dans "Al-fatâwâal-Bazzâziyya": «Il est
permis de faire une demande, un vœu en invoquant "pour
l’honneur, la faveur d’un Prophète ou d’un walîy vivant ou
décédé"». Le commentaire "Shir’a" dit: «Il faut faire son
invocation à Allah Le Très-Haut en mentionnant le nom de Ses
Prophètes et de Ses serviteurs vertueux». Il l’est écrit aussi dans
l’ouvrage "Al-hisn al-hasîn". Comme on le voit, les savants de
l’Islâm ont écrit qu’il était permis de faire ses invocations à Allahu
taâlâ en mentionnant l’honneur, la faveur et le droit qu’IL avait
accordé à Ses serviteurs bien-aimés. En outre, il n’y a eu aucun
savant de l’Islâm qui énonçait que cela serait du polythéisme,
d’associationnisme si les serviteurs croyaient qu’ils avaient des
droits sur Allahu taâlâ et c’est la raison pour laquelle ils Lui
imploraient, demandaient pour ces droits. Ce ne sont que les
Wahhabites qui l’annoncent.
Bien que les Wahhabites fassent toujours l’éloge du livre
intitulé "Al-fatâwâ al-Bazzâziyya" et qu’ils en arguent et le
mettent en avant comme arguments, ils lui s’opposent aussi à ce
sujet dans leur livre intitulé “Fat’h al-majîd". Il est encore écrit
comme le suivant dans le chapitre "Fléaux de la langue" dans
l’ouvrage intitulé "Al-Barîqa" écrit par Hâdimî: « L’utilisation de
l’expression "pour le droit du Prophète, du walî, du saint" pendant
l’invocation signifie dire sa nubuwwa, sa Prophétie ou sa sainteté
est droit. Et notre Prophète aussi a dit à cette intention "Pourle
droitdeTonProphèteMuhammad" et "au nom de Ton Prophète
Muhammad" et il a invoqué l’aide d’Allah pendant les guerres en
prononçant "pour le droit du pauvre de Muhâjirûn". Parmi les
savants de l’Islâm, il y en a eu plusieurs qui ont invoqué et écrit
dans leurs livres les invocations comme "Pour le droit de ceux à
qui Tu as exaucé, accordé quand ils ont demandé de Toi", et,
"Pour le droit de Muhammad al-Ghazâlî". Le livre "Al-hisn al-
hasîn" est plein de telles invocations. En interprétant le dix-
huitième verset de la sourate Al-Mâida, Le Tafsîr"Ruhal-bayân"
mentionne ce hadith-charif rapporté par ’Umar al-Fârûq (radiy-
Allâhu ’anh): «QuandÂdamalaihissalâm(Que la paix soit sur lui)
acommisl'erreur,iladit:"ÔmonAllah,jem'adresseàToiparle
droit accordé à Muhammad "alaihissalâm" par sa grâce, alors
accorde-moi Ton pardon". Allahu taâlâ lui dit: "Ô Âdam
comment connais-tu Muhammad alors que je ne l'ai pas encore
créé?"Âdamalaihissalâm dit:"YâRabbî,lorsqueTum’ascrééet
– 114 –
m’asaccordédeTonesprit,j'airelevématêteetj'aivu,inscritsur
Tontrône:«Iln'yapasdedivinitéàpartAllah,Muhammadest
le Messager d’Allah», alors j'ai su que Tu n'as accompagné Ton
nom que par celui de la créature la plus aimée par Toi. En
revanche,AllahLeTrès-Hautluidit:"ÔÂdam,tudislavérité.
C’estluiquej’aimeleplusparmilescréatures.Muhammadestle
dernier des Prophètes de ta descendance et que sans lui Je ne
t’auraispascréé"» Ce hadith-sharîf est écrit dans le livre intitulé
"Dalâ’il" de Imâm al-Bayhakî et aussi dans le livre intitulé
"Ghâliyya" de Âlûsî.
Le livre wahhabite intitulé "Fat’hal-Majîd" cite à la page 259e
que Imâm Zain al-’Âbidîn ’Alî (rahimah-Allâhu ta’âlâ) avait vu un
homme venir invoquer devant la tombe de Rasûlullah et qu’il
l’avait interrompu dans son invocation en évoquant le hadith-
sharif "Récitez salawât sur moi car vos prières, vos saluts me
parviennentoùquevoussoyez". Le livre cité ci-dessus détourne et
dénature le cas et il continue: “On comprend par ici qu’aller visiter
une tombe pour y prier et invoquer a été défendu. Faire une telle
visite signifie faire de la tombe un lieu de fête. C’est la raison pour
laquelle il est interdit à ceux qui voudraient faire sa prière de salât
à la mosquée de Masjîd an-Nabî de s’approcher trop de la tombe
pour rendre salut. Aucun des Sahâba ne l’a pas fait et ils ont
empêché celui qui s’approchait de la tombe pour rendre salut.
Seulement la salât et salâwat récités par oumma sont transmis au
Prophète. Leurs autres actes accomplis ne lui sont pas transmis”.
Le livre en question écrit aussi à la page 234e que le gouvernement
Saoudite avait consigné des soldats autour de “Hujraal-Sa'âda”
(le foyer bienheureux du Prophète ’alaihi’ssalâm) dans Masjid an-
Nabî pour freiner ceux qui voulaient se rapprocher trop de la
tombe pour saluer le Prophète (alahissalâm).
Hadrat Yûsuf an-Nabhânî dément ces propos sur plusieurs
pages et passim. de son livre intitulé “Shawâhidal-haqq”. Il écrit
comme le suivant à la page 80e: «Imâm Zain al-’Âbidîn
(rahimah-Allâhu ta’âlâ) n’a pas défendu les visites à la tombe
bénie du Prophète (’alaihi ’s-salâm). Mais il a interdit les
comportements irrespectueux et non islamiques lors d'une
ziyarah (visite). Son petit-fils, Imâm Ja’far as-Sâdiq, rendait visite
à Hujra as-Sa’âda, et, il se tenait à proximité du pilier d’al Rawda
al-Mutahhara et saluait Rasûlullah et disait que sa tête bénie était
à ce côté-ci. Quant au hadith-charif “Nefaitespasdematombe
– 115 –
unlieudefête!” signifie que "N’attendez pas les jours fériés pour
me rendre visite à la tombe une fois par an comme on le fait à
l’occasion de la célébration des fêtes! Venez me rendre visite
fréquemment!"». Il écrit encore à la page 88e et 106e: «Abû
’Abdullah al-Qurtubî écrit dans son ouvrage intitulé "Al-
Tadhkira" que les actes cultuels de la communauté (oumma) de
Rasûlullah lui sont transmis tous les matins et soirs». Et Yûsuf
an-Nabhânî écrit encore à la page 89e et 116e: « Au cours de sa
visite de Rasûlullah, le Calife Mansûr a demandé Imâm Mâlik,
"Je dois tourner mon visage vers la tombe de Rasûlullah ou la
qibla?" Imâm Mâlik (rahimah- Allâhu ta’âlâ) a dit: "Comment tu
peux le tourner de Rasûlullah (sall-Allâhu ’alaihi wa sallam)? Il
est la raison de toi et ton père Âdam d’être pardonnés". Il est
écrit à la page 92e du même ouvrage: Le hadith sharîf “Rendez
visite aux tombes!” est un commandement. Si on commet un
péché pendant la visite de la tombe, on ne pourrait pas interdire
les visites. Alors, on interdit de commettre ce qui est illicite
(harâm). Il écrit à la page 98e que Imâm an-Nawawî
recommande dans son livre intitulé “Al-Adhkâr” qu’il est une
sunnah de rendre visite fréquemment à la tombe de Rasûlullah et
des vertueux et de se tenir là pour quelques temps à toutes les
visites rendues. A la page 100e, c’est écrit: «Dans son œuvre
intitulée "Fat’h al-qadîr", Ibn Humâm cite le hadith-sharîf
transmis par Al- Dâraqutnî et Al-Bazzâr "Quiconque me rend
visite, sans autre but que celle-ci, à celui-ci il m’incombe d’être
sonintercesseurlejourdelarésurrection". Il écrit à la page 118e:
“Allah Le Très-Haut a accordé la karâma à l’Awliâ. On a aussi
témoigné beaucoup de karâma de l’Awliyâ après leur décès.
Allahu taâlâ leur a accordé un don de tasarrouf qui leur permet
de disposer après la mort aussi. Il est permis, religieusement légal
d’implorer, de faire des invocations à Allahu taâlâ par l’Awliâ,
mais cette istighâtha, cette demande l’aide doit être faite d’une
manière compatible à l’Islâm. Il n’est pas permis, comme les
ignorants le font, de dire comme qu’il lui donnerait ci et ça,
autrement dit, il en donnerait ci et ça pour ce saint, ce walî s’il
fournissait ce qu’il voulait ou s’il guérissait son malade. Cette
manière de demander l’aide d’un saint n’est pas permise, mais il
ne faut pas appeler cet acte comme mécréance ou polythéisme
parce qu’un ignare non plus n’attend pas qu’un walîy ait le
pouvoir de créer quelque chose du néant. Dans le principe de
– 116 –
causalité, il recourt à un moyen, il recherche le moyen pour
qu’Allahu taâlâ exauce ce qu’il demande et qu’IL le crée pour
l’honneur et pour la faveur de ce saint, de ce walîy. Il considère
que ce walî est un serviteur et un saint bien-aimé d’Allah Le Très-
Haut. Et cela signifie: “Je recours à toi pour que tu demandes à
Allah Le Très-Haut m’exauce ce que je souhaite pour ton
honneur!, IL ne te refuserait pas ton invocation!". Car,
Rasûlullah (sall-Allâhu ‘alaihi wa sallam) dit: “Ilyatantdegens
considérés comme bas ou médiocres mais ils sont en vérité les
bien-aimés d’Allah Le Très-Haut. S’ils veulent faire quelque
chose, Allahu taâlâ certainement créerait ce qu’ils voulaient et
exauceraitcequ’ilssouhaitaient”. Ce hadith-charif est aussi écrit
à la page 318e du livre Wahhabite intitulé "Fat’h al-Majîd".
Plusieurs hadiths-charifs démontrent la licité de demander une
faveur à Allahu taâlâ par le moyen du Prophète alaihissalâm ainsi
que par tous les prophètes, les saints, les pieux vertueux. Et les
musulmans se confient en hadiths-charîfs et font l'invocation par
leur intercession (at-tawassoul) et ils recherchent de bénédictions
par eux (at-tabarrouk). Imâm Ahmad, al-Imâm ash-Shâfi’î,
Imâm Mâlik et al-Imâm al-a’zam Abû Hanîfa (rahimahum-
Allâhu ta’âlâ) ont dit qu’il étaait un acte licite de rechercher des
bénédictions (tabarrouk) par les tombes des pieux vertueux
(sâlih). Tous ceux qui ont l’appartenance à l’une de quatre école
Ahl al-sunna ou ceux qui se réclament et se déclarent d’être de
l’Ahl al-sunna ou qui s’identifient à Ahl al-sunna, devraient avoir
cette croyance. Quiconque la rejette, on comprendrait qu’il
n’était pas d’Ahl al-sunna, mais un menteur ». Dans le chapitre
sur "l’exécution du pèlerinage au nom de quelqu’un d’autre"
dans le livre intitulé "Al-fatwâal-Hindiyya", il est écrit comme le
suivant: “il est religieusement licite (jâiz) d’octroyer à quelqu’un
d’autre la récompense divine (thawâb) d’un acte cultuel. Alors,
toutes les récompenses qui proviennent de bonnes œuvres, des
actes de charité et des actes cultuels comme la prière de salât, le
jeûne, le pèlerinage, l’aumône, la récitation du Qur’ân al-karîm,
dhikr, invocations, visite des tombes des Prophètes, des martyrs,
de l’awliâ, des pieux vertueux et d’apporter du linceul en
offrande pour quelqu’un décédé peuvent être octroyées. On
comprend aussi par ici que la visite à l’Awliyâ dans sa tombe est
thawâb et celui qui rend visite à l’Awliyâ dans sa tombe aura le
thawâb (la récompense spirituelle). [Le dhikr signifie l’évocation,
– 117 –
la mention, le rappel et la répétition du nom d’Allah Le Tout
Puissant. Il y a plusieurs sortes de dhikr. L’une de ceux-ci, c’est
dire:"Allâhu Akbar, Allâhu Akbar, La ilaha illa Allâhu wa’l-
Allâhu Akbar, Allâhu Akbar, wa Lillâhil hamd" (qui signifie:
"Allâh est le plus Grand, Allâh est le plus Grand, Il n’y a de dieu
qu’Allah, Unique et sans associé, à Lui toutes les louanges, et en
toute chose"). Ce dhikr est appelé aussi "Takbîral-Tachrîq". Il
faut le réciter souvent. Le dikh d’İstighfâr (invocation de
demande de pardon) aussi a beaucoup de bienfaits]
Tous les arguments que nous avons cités jusqu’à ici sont écrits
dans nos livres publiés en arabe et en anglais. Allahu ta’âlâ
ordonne aux musulmans de s’unir. Donc, tous les croyants doivent
apprendre l’itiqâd de "Ahlal-sunnawa’lJamâ'a" et de se réunir
sur le droit chemin en ayant la foi rapportée dans les livres de ces
grands savants. Notre Prophète (sall-Allâhu ’alaihi wa sallam) a
annoncé que le seul chemin droit était le chemin de l’Ahlal-sunna.
Il faut être très prudent de ne pas nous leurrer par les paroles
clinquantes des hérétiques et des ignorants religieux qui font le
commerce des livres religieux, il faut être bien vigilant et attentif
pour ne pas nous séparer de l’union ou de l’unité ou de la
convergence de "Ahl al-sunna". Allahu ta’âlâ dit explicitement
dans le verset 114/115e de la sourate Al-Nisâ (Les Femmes) qu’IL
le jettera dans la Géhenne celui se sépare de la vraie Direction et
qui suit un chemin différent de celui des croyants. Et comme il est
écrit avec ses arguments dans l’apostille de "Durr al-mukhtâr",
écrit par le grand savant Ahmad Tahtâwî et dans "Al-basâ’ir’ala
’l-munkiri’t-tawassulibi’l-maqâbir", une réfutation du livre "Fath
al-majîd" écrit en Pakistan et republié à Istanbul, que celui qui ne
se conformait pas à l’une de quatre écoles de l’Islâm (madhhab)
serait séparé de l’union d’Ahl al-sunna et qu’un tel antimadhhab
serait un hérétique ou mécréant.
Le livre intitulé "At-tawassulu bi’n-Nabî wa jahâlat al-
Wahhâbiyyîn" argumente qu’Ibn Taimiyya avait abandonné le
chemin de "Ahl al-sunna wa’l Jamâ'a". Le mélange de propos
hérétiques d’Ibn Taimiyya avec de mensonges et de diffamations
de Hempher, un agent britannique, est appelé le "Wahhabisme"
3- Selon les Wahhâbites qui assimilent à de l’idolâtrie toute
visitedutombeauduProphètealaihissalâm,demême,lesactes
commebâtiruntombeau,mausoléeouundômesurlatombe,et
– 118 –
allumerdesciergespourceuxquifontleursprièresouquirendent
service dans les tombeaux, et d’immoler des offrandes, des
aumônes soient de nature à leur attirer les faveurs d’Allah, de
fairecadeaudesesprières,sesinvocations(doua)auxâmesdes
décédés, tout ça c’était une œuvre d’idolâtres et
d’associationnistes(shirk).Enoutre,"leshabitantsdeHaramaïn
(de la Mecque et de Médine) qui vénéraient des tombeaux
jusqu’ànosjoursvénéraientetadoraientenfaitdesdômesetdes
murs et ils glorifiaient les bâtiments et les sites historiques",
disent-ils.
Il est certainement harâm (religieusement illicite) de bâtir un
édifice, un dôme, un tombeau sur la tombe si c’est pour
l’ostentation, ou par pure ostentation, ou pour une gloriole ou un
luxe. Il est makrouh s’il l’est fait pour la protection ou pour
empêcher le ravage de la tombe. Il est licite (jâiz) de le faire de
peur de vol, de pillage, ou qu’un animal ou voleur ne lui causent de
dommages. Mais, bien sûr, il faut éviter de détourner, de
transformer ces tombeaux aux édifices ou lieux de célébrations ou
de visites périodiques.
Il n’est pas makrouh d’enterrer un décédé dans un bâtiment
construit d’avance. As-Sahâbat al-kirâm a inhumé Rasûlullah
(sall-Allâhu ’alaihi wa sallam) et ses deux Califes dans un
bâtiment. Aucun d’eux ne s’y opposa. D’ailleurs, le hadith-charif
annonce que leur unanimité n’était jamais fondée sur une
aberration. Le grand savant islamique, Ibn ’Âbidîn écrit comme le
suivant à la 232e page du cinquième volume de son ouvrage
intitulé "HâshiyatuDurral-mukhtâr": «Quelques savants ont dit
qu’il était makrouh de couvrir un tissu, un turban ou un bonnet sur
les tombeaux des pieux vertueux et des walîy, des saints. Même le
livre intitulé "Al-fatâwâ al-hujja" écrit que c’est makrouh de
couvrir un tissu sur la tombe. Mais, selon nous, il est licite (jâiz) de
le faire s’il est destiné à montrer et exposer à tout le monde le
mérite de celui qui est dans la tombe et à empêcher un
comportement, un acte irrespectueux envers lui, une insulte
probable à lui par quelqu’un ou des visiteurs. Les actes et les
œuvres qui ne sont pas interdits par "Adillat al-Shar’iyya" sont
jugés selon l’intention. Oui, il est vrai qu’il n’y avait pas l’habitude
de bâtir du tombeau, d’édifice ou de dôme sur les tombes et d’y
mettre du sarcophage, du cercueil ni d’y couvrir du tissu à l’époque
– 119 –
de Sahâbat al-kirâm. Mais, aucun d’eux n’était contre
l’enterrement de Rasûlullah et de ses deux Califes (Shaikhain)
dans la chambre, l’appartement dans la mosquée. C’est la raison
pour laquelle et pour obéir aux commandements “Nemarchezpas
surlestombes!” et “Nesoyezpasirrespectueuxenverslesmorts!”
et parce qu’il n’était pas interdit religieusement de bâtir du
tombeau, du dôme sur la tombe, il ne serait pas une bid’ah, une
innovation dans la religion de les bâtir ultérieurement. Il est écrit
dans tous les livres de fiqh qu’il faut sortir de "Masjid al-harâm"
juste après l’accomplissement de circumambulation d’adieu (tawâf
al-wadâ) et qu’il faut respecter ainsi la Ka’ba al-mu’azzama.
Cependant, Sahâbat al-kirâm n’agissaient pas de cette manière
parce qu’ils respectaient extrêmement la Ka’ba dans tous leurs
comportements. Mais, comme les générations qui se succèdent
après ont négligé le respect et la vénération envers la Ka’ba, les
savants islamiques sortaient de la Masjid al-harâm en marchant à
reculons pour indiquer l’importance du respect envers les lieux
sacrés. Ils ont ainsi assuré le respect envers ces lieux sacrés comme
Sahâbat al-kirâm le faisaient. Pareillement, la construction d’un
tombeau, d’un dôme et la couverture d’un tissus sur la tombe de
sulahâ (pieux vertueux) et de l’Awliyâ sont devenues des actes
licites, permis (jâiz) de sorte à être respectueux comme Sahâbat al-
kirâm l’étaient. Le grand savant Hadrat ’Abd al-Ghanî an-
Nabulusî explique en détail ce sujet dans son livre intitulé “Kashf
an-nûr”[1]. En Arabie, le tombeau est appelé “Mashhad”. Le
cimetière “Bakî” à Medine était plein de machads. Les
Wahhabites les ont détruits tous. Aucun savant islamique n’a dit
jamais que c’étaient des œuvres et des actes d’idolâtres et
d’associationnistes (shirk) ou de mécréance de bâtir des
tombeaux,desdômesoudeleurrendrevisite.Deplus,onn’apas
rencontrénonpluslemusulmandétruiredestombeaux.
Ibrâhîm al-Halabî (rahimah-Allâhu ta’âlâ) écrit comme le
suivant à la fin de son livre intitulé "Al-Halabî al-kabîr": “Si
quelqu’un décide de transformer son champs au cimetière et

[1] Le livre intitulé “Kashfan-nûr” et le livre intitulé "Tanwîral-khalak


fîimkâniru’yati’n-Nabîjihâranwa’l-malak" écrit par Jalâl ad-dîn
as-Suyûtî (rahimah-Allâhu ta’âlâ) et le livre intitulé "Al-minhatal-
wahbiyya" ont été publiés ensemble en arabe sous le titre "Al-
minhatal-wahbiyya" en 1393 de l’Hégire [en 1973] à Istanbul.

– 120 –
quelqu’un y bâtit un tombeau pour inhumer un mort, il serait jâiz
s’il y avait une place vide. S’il n’y avait pas de place vide, alors il
faudrait détruire le tombeau pour enterrer le mort, parce que cette
pièce de terre était celle de waqf, consacrée pour un cimetière”. Si
un tombeau construit était d’idolâtrie ou d’associationnisme, il
faudrait toujours le détruire.
Le premier tombeau islamique sur la Terre est la “Hujrat al-
mu’attara” où Rasûlullah (sall-Allâhu ’alaihi wa sallam) était
inhumé. Rasûlullah (sall-Allâhu ’alaihi wa sallam) est décédé le
lundi matin du douzième jour du mois de Rabî al-awwal en
onzième année de l’Hégire dans l’appartement de son épouse
bien-aimée, notre mère Hadrat Aïcha (radiy-Allâhu ’anhâ). Dans
la nuit de mardi à mercredi, il a été inhumé dans cette pièce.
Hadrat Abû Bakr and Hadrat ’Umar (radiy-Allâhu ta’âlâ
’anhumâ) aussi ont été inhumé dans la même pièce. Aucun des
Sahabî ne s’est pas opposé à cet enterrement. Mais, de nos jours, il
existe des gens qui s’opposent à l’unanimité de Sahâbat al-kirâm.
Même si le déni de l’ijmâ’ al-Umma par une mauvaise
interprétation (ta'wîl) des preuves ambiguës ne leur causerait pas
de la mécréance, il serait au moins une bid’ah.
Le demeure de Hadrat Aïcha (radiy-Allâhu ’anhâ) était une
pièce d’une hauteur de 3 mètres, d’une largeur de 3 mètres et
d’une longueur de 4,5 mètres. Elle était construite de la brique en
terre crue. Il y en avait deux portes, l’une s’ouvrant au nord et
l’autre au sud. Pendant son califat, Hadrat ’Umar (radiy-Allâhu
ta’âlâ ’anh) avait fait murer Hujra al-Sa’âda d’un petit mur de
pierre. Et quand Abdullah ibn Zubayr (radiy-Allâhu ta’alâ
’anhumâ) est devenu calife, a fait démolir ce mur pour en faire
construire de nouveau des pierres noires et il l’a fait plâtrer pour
l’embellir. Ce mur n’avait pas de toit et il avait une porte s’ouvrant
vers le nord. Lorsque Hadrat Hasan (radiy-Allâhu ta’âlâ ’anh) est
décédé en 49 de l’Hégire, son frère Hadrat Husain (radiy-Allâhu
ta’âlâ ’anh) a ramené sa dépouille à "Hujrat as-Sa’âda" sur sa
dernière volonté et pour l’invocation, la tawassul. Ceux qui
assistaient là ont cru Hadrat Hasan aurait été inhumé dans Hujrat
as-Sa’âda et ils ont commencé à s’opposer à l’enterrement. Par
conséquent, il a été inhumé aussitôt dans le cimetière Bakî pour
empêcher ces clameurs. De peur que de tels événements
écœurants puissent survenir dans le futur, ils ont fermé les portes
du demeure par un mur.
– 121 –
Quand le sixième Calife Umayyade Walîd était le gouverneur
de Medine, il avait fait soulever ce mur de pierre et y surmonter
d’un petit dôme. Lorsqu’il est devenu Calife en 88 de l’Hégire [en
707], il a ordonné à Omar ibn Abd al-Aziz, gouverneur de Médine,
d’élargir la Masjid al-Sharîf et de bâtir un second mur autour du
premier. Ce deuxième était pentagonal et il était couvert. Il n’avait
aucune porte.[1]
Le livre wahhabite intitulé "Fat’h al-majîd" écrit comme le
suivant, page 133 et les suivantes: “Celui qui recherche de
bénédiction (tabarrouk) par un morceau de pierre, de bois ou par
une tombe et les semblables devient un associateur, polythéiste.
Des tombeaux ou mausolées remontés d’un dôme ont été
transformés en monuments des idoles. A l’époque préislamique
appelée "Jahiliyya" en Arabie, les mécréants d’antan adoraient
aussi des idoles, statues, des saints et vertueux. Ces pratiques
hérétiques, et même les plus pires, se sont répandus dans la
communauté musulmane à notre époque et maintenant, elles se
réalisent autour des tombeaux et dans les cimetières, sous forme
de glorifications, célébrations ou vénérations vouées à des
personnes qualifiées de « Al-awliya’ et As-sâlihîne » les saints et
les vertueux. La recherche de tabarrouk (bénédiction) auprès des
tombes des pieux vertueux est comme adorer l’idole Al-Lât. Les
associationnistes et les mécréants d’aujourd’hui croient que
l’Awliâ entend la prière et l’invocation et leur répond. Ceux-ci
croient qu’on s’approche des morts en se réfugiant sous la
protection des saints, en célébrant des cultes, en immolant des
offrandes. Tout ce qu’ils font est une œuvre d’idolâtres et
d’associationnistes. Quel que soit le nom par lequel il se qualifie,
celui qui les fait est un associationniste (mushrik). Quel que soit le
nom par lequel les associationnistes l’appellent, celui qui
recherche la bénédiction d’un quelconque saint, qui prie, qui
invoque aux êtres humains morts, qui croit à leur intercession, qui
les glorifie en célébrant des cultes autour de leur tombeaux et
mausolées et qui immole des offrandes de nature à leur attirer les
faveurs d’Allah, est un associationniste. Et les associationnistes de
nos jours appellent ces pratiques par des qualifications comme
ta’zîm (déférence, observance, respect, révérence, considération,

[1] Pour plus de détail, Voir S.V.P. Article 15 de l’ouvrage en anglais,


intitulé "AdvicefortheMuslim"

– 122 –
vénération, égards) et tabarrouk (bénédiction) et ils essaient de les
légaliser. Toute leur supposition est mal fondée”.
Nous avions cité dans nos plusieurs ouvrages les traductions
des réponses données par les savants islamiques contre ces insultes
et diffamations dites aux musulmans de l’Ahl al-sunna. Nous
traduisons ci-dessous un petit passage de l’original de l’ouvrage
intitulé “Al-usûlal-arba’afîtardîdal-Wahhâbiyya”. Le lecteur qui
le lit attentivement comprendrait tout de suite que les Wahhabites
s’y trompaient, étaient égarés du droit chemin et qu’ils étaient
toujours en train d’entraîner les musulmans à de grands malheurs.
"Il est explicitement dit dans le Qur’ân al-karîm, les hadith-
sharîfs, les paroles et actes de Salaf as-sâlihîn (Les pieux
prédécesseurs) et par plusieurs savants qu’il était licite (jâiz)
d’avoir la vénération pour quelqu’un, autrement dit, de glorifier,
de vénérer, de respecter quelqu’un autre Allahu taâlâ. Le 32e
verset de la sourate Al-Haj (Le Pèlerinage) qui signifie:
“QuiconquerespecteetmagnifieleschosessacréesdeAllahsait
queleurobservanceprocèdedelacrainterévérencielledeAllah
contenuedanslescœurs”. C’est la raison pour laquelle, il est wâjib
de glorifier, de vénérer les sha’â’ir d’Allah Le Très-Haut. Sha’â’ir
signifie signes, insignes, indices, rappels. Abdulhaqq ad-Dahlawî
(rahima Rabbuh) le décrit comme le suivant: “Sha’â’ir est le
pluriel du mot sha’îra qui signifie l’insigne (’alâma). Tout ce qui
rappelle Allah Le Très-Haut est sha’â’ir d’Allahu taâlâ”. Le verset
158e de la Sourate Al-Baqara (La Vache) signifie: “As-Safaetal-
MarwacomptentvraimentparmileschosessacréesdeAllah”. On
comprend par ce verset du Qur’ân al-karîm que les seuls choses
sacrées (Sha’â’ir) de Allahu taâlâ ne sont pas seulement les
collines de as-Safa et al-Marwah. Il y en a aussi d’autres.
Pareillement, les choses sacrées ne sont pas non plus le mont
Arafât, Muzdalifaa et Minâ. Shâh Walî-Allâh ad-Dahlawî
(rahimah-Allâhu ta’âlâ) écrit à la page 69e de son livre intitulé
"Hujjat Allâhi ’l-bâligha" que les plus grandes choses sacrées
(Sha’â’ir) de Allahu taâlâ de quatre telles que le Qur’ân al-karîm,
Ka’ba al-mu’azzama, le Prophète (’alaihi ’s-salâtu wa ’s-salâm) et
la prière rituelle de salât. Et à la page 30e de son ouvrage intitulé
"Altâf al-Quds", Shah Walî-Allâh ad-Dahlawî (rahimah-Allâhu
ta’âlâ) encore dit qu’aimer les choses sacrées d’Allah voudrait dire
aimer le Qur’ân al-karîm, le Prophète (’alaihi ’s-salâtu wa ’s-
salâm) et la Ka’ba, et même aimer tout ce qui rappelle Allah Le
– 123 –
Tout Puissant, et aimer aussi l’Awliâ de Allahu taâlâ. [A savoir, le
hadith-sharîf "OnserappelleAllahlorsqu’onvoitl’Awliâ", lequel
est cité dans les ouvrages intitulés "Musnad" de Abî Shaiba, et
"Irshâd at-Tâlibîn" et "Kunûz ad-daqâiq", font preuve que
l’Awliâ aussi est parmi les sha’âir (les choses sacrées) de Allah Le
Très-Haut. Il est aussi écrit dans l’ouvrage intitulé "Jâmî’ ul-
fatâwâ" qu’il est licite de bâtir d’un tombeau, d’un dôme sur la
tombe de l’Awliâ dans le but de respecter Awliâ (saints, vertueux)
et ’Ulamâ (grands savants religieux)]. Les deux collines appelées
as-Safa et al-Marwah près de Masjid al-Harâm à la Mecque entre
lesquelles Hadrat Hajar, la mère du Prophète İsmail (’alaihi’s-
salâm) courait en se démenant sont les choses sacrées (sha’âir) de
Allah Le Très-Haut. Et elles évoquent cette mère bénie. Donc,
puisque ces lieux sacrés rappellent et évoquent la mère bénie,
pourquoi ne deviennent-elles pas de choses sacrées les lieux où
Muhammad (’alaihi ’s-salâm), le Prophète bien-aimé de Allah Le
Très-Haut et le plus éminent de toutes les créatures, était né,
élevé, effectuait des actes cultuels, émigré, exécutait des salâts et
décédé et son tombeau béni et ceux des gens de la maison (Ahl al-
bayt) et de ses compagnons (Sahâbat al-kirâm)? Pourquoi
détruisent-ils ces tombeaux, ces lieux sacrés?
"On verra facilement que plusieurs versets du Qur’ân al-karîm
(âyat al-karîma) inspire la vénération et glorification pour
Rasulûllah lorsqu’on les lit attentivement et équitablement. Les
cinq premiers versets de la sourate AL-Hujurat (Les
Appartements) signifient: “Ô vous les croyants! N’anticipez pas
surAllahetsonProphète!CraignezAllah!Ôvouslescroyants!
N'élevez pas la voix au-dessus de celle du Prophète. Ne lui
adressez pas la parole à voix haute, comme vous le faites entre
vous, de crainte que vos œuvres ne soient vaines, sans que vous
vousendoutiez.Quantàceuxquibaissentlavoixenprésencedu
ProphètedeAllah,voilàceuxdontAllahLeToutPuissantscrute
les cœurs pour y mettre sa crainte révérencielle (taqwâ). Ils
obtiendrontunpardonetunerécompensesanslimites.Laplupart
deceuxquit’interpellentdel’extérieurdetesappartementsprivés
necomprennentpas.S’ilspatientaientjusqu’àcequetusortesà
leur rencontre, ce serait préférable pour eux”. Un croyant
raisonnable qui lisait équitablement ces cinq versets comprendrait
qu’Allahu taâlâ comme IL glorifiait la vénération pour Son
Prophète bien-aimé, comme IL ordonnait fortement à son Umma
– 124 –
d’être respectueux, décent et conforme à la bienséance envers Son
Prophète. Celui qui réfléchit bien sur le verset que toutes les
œuvres ou actes cultuels de ceux qui lui adressaient la parole à voix
haute seraient vaines, il jugerait bien le degré de cette importance.
Ces versets (âyat al-karîma) cités ci-dessus avaient été révélés
comme punition pour les soixante-dix personnes de la tribu de
“BanîTamîm” qui avaient appelé irrespectueusement Rasûlullah
devant son appartement privé à Médine. Et de nos jours,
quelques-uns avouent qu’ils sont les descendants de la tribu de
Banî Tamîm. C’est la raison pour laquelle Rasûlullah avait pointé
du doigt béni le côté de la région Najd et il avait dit (les hadith-
sharîf): «Leshommesbrutauxetgrossiersetlestortionnairessont
dansl’Est» et «C’estdelàqueleSatanprovoqueradelafitna(la
dissension, l’égarement et la discorde)». Un autre nom des
antimadhhabs est “Najdî”. Ils le sont appelés parce qu’ils sont
apparus dans la région de Najd [dans la péninsule arabique]. La
fitna prédite par le hadith-sharîf cité ci-dessus est apparue mille
deux cent années après. Ils sont venus de Najd à Hedjâz et ils ont
saccagé les biens des Musulmans. Ils ont tué les hommes, ils ont
capturé et emprisonné les femmes et les enfants. Ils ont infligé le
mal et les abjections qu’on n’oserait pas infliger à son pire ennemi
et que les mécréants enragés n’oseraient pas non plus infliger à
leur ennemi.
"REMARQUE: Dans les versets ci-dessus, le massage est
répété toujours comme “Ô vous les croyants!”. C’est un ordre à
tous les musulmans de tous les temps jusqu’au Dernier Jour d’être
respectueux envers Rasûlullah (sall-Allâhu ’alaihi wa sallam). Si le
verset était adressé ou assigné seulement aux Sahâbat al-kirâm,
‘radiy-Allâhu ta’âlâ anhum ajma’în’, il adresserait alors la parole
comme “Ô as-Sahâba!”. D’ailleurs, plusieurs versets coraniques
ont dit: “Ô les épouses du Messager!” et “Ô les habitants de
Médine!”. L’énoncé coranique “Ôvouslescroyants!” est employé
dans les âyat al-karîma pour indiquer que les prières de salât, le
jeûne, le pèlerinage, l’aumône légale et les autres actes cultuels
sont des obligations, fardh pour tous les musulmans jusqu’au Jour
du Jugement Dernier. Donc, le propos des Wahhabites comme “il
fallait révérer Rasûlullah (sall-Allâhu ’alaihi wa sallam) vivant,
mais il ne fallait pas le faire après sa mort” sont sans fondements
et réfutés par les âyat al-karîma.
"Les versets coraniques cités ci-dessus démontrent qu’on
– 125 –
devait aussi "le ta’zîm" le respect aux autres outre qu’Allah Le
Très-Haut. Au 104e verset de la sourate Al-Bakara signifie: “Vous
quicroyez,neditespas:râ'inâ «Aie pour nous des égards !»,mais:
nzurnâ «Aie de nous sollicitude!» - Écoutez! Tandis qu’aux
dénégateursuntourmentdouloureux!” Les croyants employaient
le mot "Râ'inâ" (Protège-nous, Aie des égards!) en s’adressant à
Rasûlullah (sall-Allâhu ’alaihi wa sallam); le mot “Râ’inâ”
signifiait aussi un terme d’injure, de juron dans la langue judaïque
et les Juifs utilisaient ce mot pour Rasûlullah (sall-Allâhu ’alaihi
wa sallam) en ce second sens. Comme ce mot avait aussi un sens
péjoratif, Allahu taâlâ a interdit aux croyants de l’employer. Le
33e verset de la sourate AL-Anfâl (le Butin) signifie: “MaisAllah
LeToutPuissantSerefuseàleschâtiertantquetuhabitesavec
eux”. Par ce verset, il est promis qu’IL ne châtierait pas jusqu’au
Jugement Dernier. Et ce verset réfute aussi les propos des
Wahhabites tel que "le Prophète a péri, il n’habite pas avec eux,
mais en terre".
"Le 34e verset de la sourate Al-Baqara (La Vache) signifie:
“Lorsque nous avons dit aux anges: «Prosternez-vous devant
Adam»ilsseprosternèrent,àl'exceptiond'Iblis[Démon, Satan]
quirefusaparorgueil:lepremierdesdénégateurs!”. Il est évident
que ce verset coranique ordonne le ta’zîm envers Adam (’alaihi’s-
salâm). Le Satan a refusé d’obéir ou de respecter un autre
qu’Allah Le Très-Haut en étant dénégateur et en insultant les
Prophètes. Et les Wahhabites sont en train de marcher dans les pas
du Satan. Le père, la mère et les frères de Yûsuf (’alaihi’s-
salâm)Hadrat Yûsuf l’avaient vénéré et ils avaient prosterné
devant lui. Si la vénération, le respect, le ta’zîm pour un autrui
outre qu’Allah étaient de la mécréance, de l’incrédulité, Allahu
taâlâ ne louerait pas alors cette vénération (ta’zîm) et cette
prosternation (sajda) lorsqu’IL décrivait Ses Serviteurs bien-
aimés. Selon Ahl al-sunna, c’est harâm (interdit) de se prosterner
devant quelqu’un autre qu’Allah. C’est harâm, c’est défendu parce
que ce prosternement ressemble à la prosternation en adoration,
en prière et de celle de l’acte cultuel, et non parce qu’il indiquait le
ta’zîm, le respect.
"Le Satan (Shaytan, Diable, Iblis) prenait toujours l'apparence
d'un vieillard du Najd lorsqu’il apparaissait au Prophète (’alaihi’s-
salâm). Une fois, à une assemblée des incrédules où ils avaient pris
la décision de tuer Rasûlullah, à "Dâran-Nadwa" à La Mecque, à
– 126 –
laquelle Shaytan avait assisté sous l’apparence d’un vieillard du
Najd, il leur avait fourni des tactiques sur le meurtre de Rasûlullah.
Tous ces incrédules avaient confirmé la suggestion de ce vieillard
du Najd. Depuis ce jour-là, le Shaytan est appelé "Shaykhou
Najdî". Hadrat Muhyiddîn Ibn al-’Arabî écrit comme le suivant
dans son ouvrage intitulé “Al-Musâmarat”: «Pendant la
restauration de la Ka’ba par des incrédules Qoraichites, chacun
des chefs des tribus voulait placer la pierre de "al-Hajaral-aswad"
dans le mur de la Kaaba et ils étaient ainsi entrés en contestation
avec les uns les autres. En conséquence, ils ont décidé de
soumettre ce différend à l’arbitrage d’un mecquois qui viendrait le
premier le lendemain matin à la Kaaba et de s’en remettre à son
arbitrage et son choix en qualité d’arbitre d’un des chefs des tribus
pour la placer dans le mur de la Ka’ba. Le premier mecquois y
venu le lendemain matin, c’était Rasûlullah (sall-Allâhu ’alaihi wa
sallam). À cette date-là, il avait vingt cinq ans. Alors, les
Qoraichites ont dit que c’était une personne digne de confiance et
qu’ils s’en remettaient à son arbitrage. Rasûlullah (sall-Allâhu
’alaihi wa sallam) leur a demandé un tapis et le tenir de les quatre
coins par les chefs des tribus et mettre la pierre sur le tapis et le
soulever à la hauteur de la place de la pierre dans le mur. Puis, il
l’a prise dans ses mains bénies et il a remplacé la pierre dans le mur
de la Ka’ba. A ce moment-là, le Satan pris l’apparence de
Shaykhou Najdî portait une pierraille et il lui a demandé de la
remettre sous al-Hajar al-aswad pour la soutenir. Son but
diabolique était que cette pierraille se fendille avec le temps, loche
et secoue finalement al-Hajar al-aswad et que tout le monde blâme
ainsi Rasûlullah d’être un personnage funeste qui portait malheur.
Découvert cette intention satanique, Rasûlullah (sall-Allâhu
’alaihi wa sallam) a récité “A’ûdhu bi’llâhi min ash-shaitâni’r-
rajîm” (Je me refugie auprès d'Allah contre le démon lapidé). A
ce moment-là, le Satan a disparu, il s’est enfui». Comme
Muhyiddîn Ibn al-’Arabî (rahmatullâhi ta’âlâ ’aleyh) a révélé dans
ces explications que le shaytan était shaykhou Najdî, les
antimadhhabs sont devenus ennemis de ce grand walî. Même, ils
l’ont étiqueté comme mécréant. Il est entendu également de ce
passage que le leader, le maître des antimadhhabs était le Satan. Et
c’est la raison pour laquelle les Wahhabites démolissent les
tombeaux et les lieux sacrés hérités de Rasûlullah sous prétexte
que ces monuments étaient des motifs du polythéisme, de
– 127 –
l’associationnisme ou de l’idolâtrie. Mais, ils oublient qu’Allahu
taâlâ ne nous aurait pas prescrit le pèlerinage et que Rasûlullah
(sall-Allâhu ’alaihi wa sallam) n’aurait pas embrassé al-Hajar al-
aswad pendant sa circumambulation (tawaf), si l’invocation faite
sur les lieux sacrés était une preuve d’idolâtrie, d’associationnisme
ou de polythéisme. Alors, les musulmans n’auraient pas invoqué à
Muzdalifa, n’auraient pas jeté des pierres à Minâ, ni parcouru sept
fois le trajet entre al-Safâ et Marwah. Si c’était du polythéisme, de
l’associationnisme ou de l’idolâtrie, ces lieux sacrés n’auraient pas
si vénérés.
"Lorsque Sa’d ibn Mu’âdh (radiy-Allâhu ta’âlâ ’anh), le leader
de Ansâr, est arrivé à leur assemblée, Rasûlullah (sall-Allâhu
’alaihi wa sallam) avait dit: “Levez-vous pour votre chef”. Ce
commandement était destiné à la vénération de Sa’d. Et ce n’est
pas correct d’essayer de démentir cette directive de Rasûlullah
sous prétexte qu’elle était donnée pour aider Sa’d à descendre de
sa monture parce qu’il était malade. Car, cette directive de
vénération pour Sa’d était destinée à tous ceux qui étaient
présents-là, sinon elle serait destinée à une ou deux personnes, et,
le Prophète (sall-Allâhu ’alaihi wa sallam) dirait seulement "pour
Sa’d", il ne faudrait pas qu’il dise "Pour votre leader".
"Chaque fois qu’il allait de Médine à la Mecque pour le
pèlerinage, ’Abdullah ibn ’Umar (radiy-Allâhu ’anhumâ)
s’arrêtait aux lieux sacrés, aux lieux où Rasûlullah s’était rendu, il
faisait ses prières de salât, ses invocations là. Il y recherchait de
bénédiction. Il touchait le minbar de Rasûlullah, puis il passait les
mains sur le visage. Imâm Ahmad ibn Hanbal (rahmatullâhi ta’âlâ
’aleyh) embrassait Hujrat as-Sa’âda et son minbar et il recherchait
ainsi de bénédiction. De nos jours, les Wahhabites disent qu’ils
sont à la madhhab Hanbalite pourtant ils qualifient comme
polythéisme, associationnisme (shirk) ce que l’Imâm de cette
école-là faisait. Il est clair qu’ils mentent toujours en disant qu’ils
sont des Hanbalites. Dans le but de la recherche de bénédiction,
Imâm Ahmad ibn Hanbal avait mouillé la chemise de al-Imâm
Châfi'î et il avait bu de cette eau. Khâlid ibn Zaid Abû Ayyûb al-
Ansârî (radiy-Allâhu ’anh) s’était frotté le visage de la tombe
bénie de Rasûlullah et quand quelqu’un était venu pour le relever,
il avait dit: “Laissez-moi! Je ne suis pas venu ici pour la pierre ni la
terre! Je suis venu ici pour me tenir en présence de Rasûlullah”.
– 128 –
"Sahâbat al-kirâm (’alaihimu’r-ridwân) recherchaient des
bénédictions (tabarrouk) auprès d’œuvres bénies de Rasûlullah
telles que de l’eau qu’il utilisait pour l’ablution, de sa sueur bénie,
de sa chemise, de son bâton, de son sabre, de ses socques, de son
son verre, de sa bague et de tout ce qu’il s’en servait. Umm-i-
Salama (radiy-Allâhu ’anhâ), la mère des croyants, gardait un poil
de la barbe béni de Rasûlullah. Quand un malade demandait, elle
le mettait dans l’eau puis elle retirait le poil et elle lui faisait en
boire. Les Compagnons versaient de l’eau dans son verre béni et
ils en buvaient pour le rétablissement ou la santé. La tombe de
Imâm al-Bukhârî (rahmatullâhi ta’âlâ ’aleyh) sentait le musc. Les
gens en prenaient de la terre pour la bénédiction. Aucun savant,
aucun muftî ni une autorité religieuse ne l’avaient interdit; ils
n’avaient pas empêché un tel acte. Les savants de fiqh et de hadith
l’avaient permis”. La traduction faite du livre intitulé "Al-usûlal-
arba’a" s’est achevée ici.
[Il y avait beaucoup d’Awliyâ et sulahâ' pendant les siècles de
Ashâb al-kirâm et de Tâbi’ûn al-izâm, et même jusqu’à l’an mille.
Les croyants rendaient visite chez eux, ils recevaient leur
bénédiction et invocation. Il n’y avait pas besoin de recourir aux
tombeaux et de rechercher de bénédiction par des objets
matériaux. Il est vrai qu’à ces époques-là, des actes de tawassul
étaient rares; cependant ce rarissime ne signifiait pas qu’ils étaient
d’actes illicites. Il y aurait certainement une autorité religieuse
pour les condamner ou interdire s’ils étaient religieusement
illicites. Au contraire, aucun savant ne leur a contraint de
pratiquer ces actes. Mais, au fur et à mesure que les derniers âges
du monde s’approchaient, des bid’ah et des signes d’incrédulité ont
augmenté. Les ennemis de l’Islâm ont commencé à tromper les
jeunes gens sous le masque d’autorité religieuse ou en guise
d’académicien, de grand scientifique. Par contre, tout le monde
sait que ces ennemis de l’Islâm sont des “Impies”, ces trompeurs
qui se font passer pour hommes de science sont des "Bigots
scientifiques" et ceux qui essaient de tromper les croyants sous le
masque d’homme religieux ou en guise d’une autorité religieuse
sont des "Bigots religieux". Et comme l’impiété, l’apostasie
servaient les intérêts des dictateurs, de ceux qui obéissaient à leur
sensualité, ils ont attisé ce fléau. Le nombre des savants, des walîs
(rahimahumullahu taâlâ) a diminué. Finalement, ils ont disparu.
La recherche de bénédiction par la tombe, objets personnels
– 129 –
hérités de l’Awliyâ est devenu indispensable. Cependant, des actes
illicites (hârâm) et des bid’ah ont été introduits à ces actes de
vénération et de bénédiction comme c’est fait dans tous les actes
cultuels et usages. Par conséquence, les savants de l’Islam avaient
unanimement proclamé que tels actes ou pratiques religieusement
licites mais hétéroclites ne devraient pas interdits, mais on devrait
purifier ces actes licites des bid’ah et des harâms. Le livre intitulé
"Ad-durar as-saniyya fi ’r-raddi ’alâ ’l-Wahhâbiyya", écrit par
Ahmad bin Zainî Dahlân, imprimé en 1319 et 1347 hégiriens en
Egypte, puis en 1395 de l’Hégire (en 1975) en offset à Istanbul,
traite en détail ce sujet et donne les explications des savants. Ceux
qui liraient ce livre cité ci-dessus verraient qu’il dissipait toutes les
incertitudes, tous les doutes à ce sujet. Il y a des renseignements
détaillés sur les tortures et tyrannies faites par les Wahhabites à
Hédjâz dans notre ouvrage en anglais intitulé "Advice for the
Muslim", Part two. Les musulmans placent une pierre tombale
debout à la tête d'une tombe. Ça s’appelle aussi une stèle. Elle
comporte le nom de la personne enterrée. Ceux qui rendent visite
à cette tombe récitent la Fatihâ et des prières pour l’âme de la
personne de qui le nom est écrit sur la pierre tombale. Ceux qui
rendent visite à la tombe de l’Awliyâ font le même culte et
demandent en plus à son âme l’intercession et l’invocation].

– 130 –
5-MASJÎDan-NABÎ
Les quatre étapes
de l’élargissement de
Elargissement par Walid 5 Masjid an-Nabî
1— Bâb as-Salâm
oooooooooooooooooooo
2— Bâb al-Jibrîl
oooooooooo

oooooooooo
North
125 mètres

3— Bâb an-Nisâ
L’Ouest L’Est 4— Bâb ar-
11
Rahma
oooooooooooooooooooo 5— Bâb at-
3
4 Tawassul
al-Malik
17 mètres

6— Shakabat as
Elargissement par Omar
Sa’âda
id ibn Abd

7- Hujrat as-
59 mètres

Sa’âda
8- Muwajahat
71,5 mètres

ent par Wal

2 ash-Sharîfa
Masjid an-Nabî 6
9— Mihrâb an-
8 mètres

Nabî
Elargissem

7 10— Mihrâb al-


42 mètres othmânî
9 8
1 7,7 mètres 11— Place
Elargissement par Othmân
10
couverte de Sable
76 mètres

– 131 –
6-CONCLUSION
Tous les attributs de Allah Le Tout-Puissant se manifestent
chez toutes Ses créatures et dans toutes les substances. À titre
d’exemple, Ses attributs de miséricorde, de pitié, de compassion se
manifestent aussi chez Ses créatures ainsi que ceux de colère,
d’irritation et de courroux. IL crée des profits, des avantages et
d’utilités ainsi que des inconvenances et des désavantages dans
chaque matière et en toute chose. Mais l'homme pourrait se
tromper à les différer. Comme Allah Le Très-Haut est très
miséricordieux a envoyé des Prophètes, IL a révélé et prescrit les
actes bons et mauvais et IL a commandé d’exécuter des actes utiles
et de s’abstenir de pratiquer ce qui était nocif. IL a nommé ces
commandements comme "Fardh" (obligations) et "Harâm"
(choses et actes illicites) et "ici-bas". Tous ces commandements et
interdictions sont appelés la "Loi islamique", autrement dit la
"Charî'a". Le commandement "Evitez d'Ici-bas!" signifie "Evitez
des prohibitions!".Un autre sens du mot "Ici-bas" signifie la vie
avant la mort. Les goûts et les plaisirs d'ici-bas ne sont pas
interdits; ce qui était interdit c’était d’effectuer des actes illicites,
de profiter des choses nuisibles à l’homme et son environ. Utiliser
les choses d'une manière utile est une obligation et une tradition
[sunna]. Tout ce que chaque organe, cœur et âme humain en
prennent plaisir est différent. Tous les membres de l'homme sont
sous le commandement de son âme ou de son esprit, de son cœur.
Ce cœur (qalb) n'est pas visible. C'est une puissance dont les effets
se reflètent dans un morceau de viande appelé cœur. L'âme
charnelle se plaît beaucoup à commettre des choses défendues. Le
Satan et l'âme charnelle d'un côté, le mauvais ami, les médias de
masse, les moyens communicatifs et informatiques d’un autre côté
trompent l'homme et le poussent à exécuter des actes illicites et à
commettre des péchés. Quelqu'un qui a "lafoi" dans le cœur, en
d’autres termes, celui qui croit que Muhammad alahissalâm "paix
et bénédiction soient sur lui" est le Prophète d’Allahu taâlâ, est un
"Musulman". Un Musulman doit effectuer tous ses actes
convenablement à la loi islamique, à la Charî'a de Muhammad
alaihissalâm et il doit apprendre cette Loi des livres écrits par les
– 132 –
savants de l'Ahl al-Sunna. Pareillement, le musulman doit éviter
lire les livres religieux écrits par les antimadhhabs. Au fur et à
mesure que le musulman vit convenablement au charî'a, il
n'aimerait pas ici-bas, il détesterait les harâms, choses prohibées.
Lorsque le désir de commettre des actes harâms quitte son cœur,
l'amour Divin le remplace. C'est comme l'air qui remplace tout de
suite l'eau quand on la vide dans une bouteille. Il y arrive dans un
tel cœur, des facultés indéfinissables. Un musulman de qui le cœur
est de cette qualité perçoit tout dans le monde et aussi la vie
tombale; il peut entendre toute voix. Toutes ses invocations,
souhaits et prières seraient exaucés. Il vivrait tellement dans la
paix et dans le bonheur.

– 133 –
7-SOYONSBIENVEILLANTSET
AGISSONSPOURLABIENVEILLANCE!
Allâh Le Très-Haut aime l’homme de bien, l’homme de vertu.
Quiconque recherche l’amour, l’agrément de Allâhu ta’âlâ est
appelé “Sâlih” (pieux vertueux) et "Personne distinguée". Celui
qui a déjà atteint l’amour et l’agrément d’Allâhu ta’âlâ est appelé
“Walî”, ou “Awliyâ”. Le Walî qui s’efforçait pour que les autres
gens aussi soient bons et bienveillants est appelé “Murshîd” (guide
spirituel). Pour être un homme de bien, il faut être bon et
bienveillant envers Allâhu ta’âlâ, envers notre Prophète et envers
tous les êtres humains. Quiconque manque l’un de ces trois
manières, il ne pourrait pas être qualifié "bon" et "bienveillant".
Etre bon envers Allâhu ta’âlâ signifie croire en Son existence, en
Son unicité, et qu’IL est le seul Créateur de toute chose. C’est seul
par Sa Volonté qu’IL crée et fait exister tout ce que les êtres
humains, tous les êtres vivants, tous les êtres inanimés, tous les
corps et toutes les substances font et produisent. Etre bon envers
Muhammad alaihissalâm veut dire croire et “avoir la foi” qu’il est
le Prophète d’Allâhu ta’âlâ, qu’il est à la tête de tous les Messagers
et de tous les êtres humains, qu’il est le plus important détenant le
plus haut rang et que tout ce qu’il révèle était de la Parole Divine,
et qu’il faut lui obéir. Ses paroles bénies sont nommées “Hadîthal-
sharîf”. Pour l’obéir, pour croire en lui, Il faut apprendre bien ceux
qu’il a dit, ceux qu’il a fait, ceux qu’il a traité, ceux qu’il a apprécié,
ceux qu’il a méprisé, en bref ses paroles et ses actes. Autrement
dit, il faut de la “science” (ilm).
Et les instructions indispensables, nécessaires pour un
musulman sont appelées “sciences islâmiques”. Celles-ci se
divisent en deux catégories: les “sciences religieuses” et
“connaissances scientifiques”. Les connaissances religieuses
concernent les "règlescanoniques", les "préceptes divines", c’est-
à-dire, connaissances et instructions relatives aux actes et à la foi
ou à la croyance. Les règles canoniques, de la Loi, contient les
obligations, les devoirs, les actes indispensables, favorables et
bénéfiques appelés "fardh" et actes interdits et maléfiques appelés
– 134 –
"harâm". Les connaissances religieuses sont révélées par
Muhammad alaihissalâm. Celles-ci sont nommées “Islâm”. Les
règles canoniques ou préceptes divines ou “Ahkâm-alilâhiyya” ou
“Ahkâm al-islamiyya” sont la Loi et elles sont de la science
élémentaire islâmique. Les docteurs qui apprennent et enseignent
correctement l’Islâm et qui l’expliquent dans leurs livres sont
appelées “lessavantsAhlal-sunna”. Les sources de la science des
savants de la Sunna sont le “Qur’ân-alkarîm” et les “Hadithal-
sharîf”, et ils n’y ont rien introduit selon leurs propres avis. Ceux
qui le font, c’est-à-dire celui qui introduit ses idées ou avis
personnels dans ces sources sont appelés “Ahlal-bid’a” (Gens de
bid’ah, innovateurs blâmables) ou “réformateurs de religion”,
autrement dit, des gens de la hérésie. Les savants Ahl sunna sont
des murshîds élevés au rand d’“ijtihâd”. Ils ont aussi des
connaissances scientifiques de leur époque.
Un musulman qui apprend les règles des connaissances
religieuses islamiques en compagnie, à la guidance spirituelle (à
la sohba) d’un Murshîd al-kâmil (guide spirituel parfait) acquiert
aussi la lumière spirituelle effusée de son cœur béni. Cette
effusion spirituelle, autrement le flux lumineux est appelé
"Fayz". De même que le soleil diffuse toujours des rayons, des
lumières visibles, il diffuse aussi des rayons invisibles appelés
“rayons UV” ou “rayons infrarouges”, des rayons “Laser”, des
“Rayons Röntgen”, “Rayons cathodiques”, etc..Tous ces rayons
ont des sources qui les produisent. Il y a aussi des lumières
invisibles, des flux lumineux effusées et jaillissant toujours du
cœur béni de Rasûlullâh. Elles sont appelées “Nour”. Ashâb al-
kirâm, c’est-à-dire les Compagnons ont en acquis assez mais
chacun dans la mesure de leur faculté de perception. La
prédisposition de chacun est à la mesure de son obéissance à
l’Islâm. Chacun de Sahâba al-kirâm était un savant de la Sunna.
Chacun a acquis de ces lumières, de ces flux lumineux dans la
mesure de sa prédisposition essentielle, de sa foi et de son amour
pour Rasûlullah. Comme Abû Bakr al-Siddîq avait plus de foi et
d’amour que tous les autres, il a acquis plus de flux lumineux que
les autres. Aimer quelqu’un veut dire aimer aussi ceux qu’il aime,
ne pas aimer ceux qui le tourmentent, obéir à ce qu’il
recommande et servir. Le cœur humain est comme le corps
phosphorescent. Il émet, reflète les lumières qu’il reçoit. Les
lumières émises des cœurs d’Ashâb al-kirâm entraient dans
cœurs de ceux qui l’aimaient à travers Tâbi’în. Ainsi, les fidèles
de chaque époque apprenaient l’Islâm par l’intermédiaire de leur
– 135 –
murshîd ainsi qu’ils en acquéraient des flux lumineux.
Si un musulman rattachait son cœur à son murshid et s’il
pouvait atteindre ainsi les flux lumineux effusés du cœur béni de
Rasûlullah à travers son murshîd, il aurait une foi plus ferme, il
aurait une obéissance plus commode à l’Islâm, et il aurait faire
commodément ses prières et en ayant plaisir. Son âme (nafs)
refuse succomber à des tentations. Il n’y aurait rien d’autre que cet
amour, ce lien dans son cœur alors que son aql (intelligence)
s’occupait du commerce, de l’agriculture, de gain halal, de la
science, de l’art, du droit, du jihâd, de l’astronomie et des autres
affaires mondaines ou qu’il aidait les autres à régler ses difficultés.
Il ferait toutes ses prières, ses bonnes œuvres seulement pour
l’obéissance à Allahu taâlâ d’une manière digne et parce qu’IL les
a ordonnées de faire. Il ne considérait autre intérêt que l’agrément
d’Allahu taâlâ. Il acquerrait dans son cœur des connaissances
spirituelles. Sayyid Abdulhakîm al-Arwâsî “rahmatullahi alaih”
était un murshîd de cette qualité. Il étonnait tout le monde étant
en sa compagnie avec ses réponses données pour les questions lui
posées sur les connaissances de foi, de fiqh, de toutes branches de
science, de tous domaines. Les connaissances religieuses et
scientifiques acquises par l’effort sont appelées “ilm” (science).
Des contemplations spirituelles et des situations intérieures qui
arrivent, qui naissent dans le cœur du murshîd sont appelées
“Shuhûd” ou “Ahwâl”. La contemplation, la vision (shuhûd) de la
vérité d’Allâhu ta’âlâ et de Ses Attributs est appelée “ma’rifa”
(connaissance spirituelle). Connaissance de la vérité (ma’rifa)
d’Allâhu ta’âlâ, c’est comprendre qu’il n’existe rien autre que Lui,
et que âlam, c’est à dire, toutes les créatures seraient inexistantes
et qu’elles n’étaient qu’une vision comme sur le miroir. Ma’rifa de
Ses attributs signifie comprendre qu’ils étaient semblables à rien.
Ces deux étapes sont appelées "Ma’rifatullah", et "fanâ-fillâh" (se
perdre dans l’essence d’Allah Le Très-Haut). Celui qui l’a atteint
est appelé “Ârif” (Connaisseur). Et celui qui est Ârif ne pourrait
faire du mal à personne. Il serait toujours bienveillant pour tout le
monde. Il serait un serviteur aimé d’Allâhu ta’âlâ et il serait un
murshîd. Il diffuserait les connaissances religieuses ainsi que des
flux lumineux (fayz). Murshîd est le nom de celui qui diffuse, qui
émet des connaissances, des sciences, pas des connaissances
diffusées et émises. C’est à dire, le murshîd signifie un “être
humain parfait". C’est un musulman perfectionné utile à tout le
monde, à son pays, à son peuple. Il est indispensable d’apprendre
et d’obéir à l’Islâm pour avoir du flux lumineux émanant de
– 136 –
murshîd. Par exemple, si une femme voulait obéir à l’Islâm, il
faudrait qu’elle se recouvre la tête, les cheveux, les bras, les jambes
sauf le visage et les paumes quand elle sort dehors, et qu’elle ne les
montre aux hommes étrangers. Un musulman non pratiquant,
c’est-à-dire celui qui n’obéissait pas à l’Islâm n’aurait jamais acquis
du fayz. De plus, il est dit qu’il serait châtié dans le feu de l’Enfer
s’il ne disait pas son repentir (tawba). Pour avoir du fayz, du flux
lumineux dans le cœur, il faudrait comprendre bien la perfection
de son maître (murshîd), de croire à lui et l’aimer. S’il l’aimait de
cette manière, il en aurait même par la lecture de ses ouvrages. Un
disciple qui en atteint pendant qu’il est en compagnie de son
murshîd ou pendant la lecture de ses livres, il en aurait aussi s’il
faisait du “râbita” (attache à son guide spirituel) du loin, c’est à
dire s‘il imaginait le visage de son murshîd [quand il s’en
rappelait]. Il en aurait aussi s’il rendait visite aux tombeaux des
guides spirituels d’autrefois.

– 137 –
8-GLOSSAIRE
abad(opp. azal): la post-éternité.
abd; qoul: serviteur d’Allah Le Tout Puissant; adorateur;
créé(e); créature humaine; serviteurs humains.
’âbid: personne pieuse.
abrâr: les justes, autre degré de la hiérarchie des Saints.
AbûBakrSiddiq(radiallahu anh): Premier Calife de l’Islâm.
'acr,'asr: après-midi
adab: la bienséance dans le comportement avec Allâhu taâlâ et
avec autrui.
âdat: coutume, usage, mœurs; principe
adâlah: justice
adhan: l’appel à la prière.
'adillashar’iya: Les quatre sources où se basent les fondements
de l’Islâm; Le Livre (Qur’ân al-karîm), la Sunna, Qiyâs al-fuqahâ
et ijmâ al-umma.
adl: justice, loyauté, droiture, loyal, juste
af'al: actes, opérations, verbes
ahdath: innovation; innovée
ahkâm: ordres, préceptes, principes, règles essentiels;
commandements et interdictions; statuts; dispositions.
ahkâmal-shar’iyya: principes de l’Islâm; la Loi islamique
ahl: gens
AhlBaytouAhl-alBaït: Les gens de la Maison; membres de la
famille de Rasûlullah).
Ahlal-bid’a: Les gens de la Bid’a; innovateurs en religion.
ahlal-kitâb: Les gens du Livre
– 138 –
Ahl al-sunna (wâl jamâ’a): Les gens de la Sunna; gens de la
tradition Prophétique; Les vrais musulmans qui suivent sahâba’t-
al kirâm (Compagnons de Muhammad alaihissalâm). Ils sont
appelés aussi les Musulmans Sunnites. Un musulman d’Ahl al-
sunna s’adapte à une de quatre grandes écoles juridico-islâmiques
(madhhabs). Ce sont Hanafite, Mâlikites, Châfiite et Hanbalite.
akhîr: dernier, fin, final
akhîral-zamân: la fin des temps.
akhîra: l’au-delà, l’autre monde; la vie dernière, future, par
opposition à la vie de ce monde
akhlâq: le caractère; les bonnes mœurs; le bon comportement.
âlam: monde; pl. mondes; mondes des êtres.
'âlim (pl.ulamâ): savant; scientifique; docteur; spécialiste;
docteurs en matière religieuse ou scientifique.
allâma: érudit, savant de haut degré.
'a’mal: actes religieux; actes cultuels
'amânat: confiance
al-amîn: loyal
Amîn!: Ainsi soit-il!
amîr: commandant, gouverneur.
amîral-Mu’minîn: Calife des musulmans.
amr: Ordres, commandements
amrbil-ma'roufwanahyou'anial-munqar: commander le bien
et réprouver et interdire le mal
Ansar: Compagnons de Rasûlullâh “sallallahu alaihi wa
sallam” qui étaient à Médine ou à proximité.
aql: l’intelligence, le raisonnement.
’ârıd (pl. awârid): ce qui survient inopinément, pouvant
engendrer le trouble et distraire l’attention.
’ârif: connaisseur
al-’ârifbillâh: connaisseur d’Allah Le Très-Haut
Arshal-ilâhi: Trône Divin
– 139 –
’asl(pl.usûl): base.
Asmâal-husnâ: Noms divins.
’asr al-saada l’ère de félicité; le temps de Muhammad
alaihissalâm
awkat: temps, heures, horaires
awliyâ: saint musulman.
âyat: verset; Signe.
âyatal-karîma: versets du Qur’ân al-karîm
azal(opp.abad): la prééternité
BaniIsrail: les enfants d’Israël.
baqâ’: la subsistance, notion corrélative à anéantissement
(fanâ) et suggérée comme lui par le Qur’an al-karîm.
baraka: bénédiction; influences bénies; faveur; abondance;
surabondance
bassar: la vue.
bassîra: la clairvoyance.
bâtil: invalide, nul
bâtin: Ce qui est intérieur, caché par opposition à ce qui est
extérieur, manifeste (zâhir); partie cachée
bid’aoubid’ah: innovation blâmable; dogmes religieux erronés
qui n’existent pas dans les quatre sources de la religion. Toutes les
bid’ah sont de sources hérétiques et déviées.
bidâya(pl.bidâyât): début, commencement.
charif: saint; noble; glorieux; honorable
Chi’ite: secte hérétique.
chafâ’a: intercession.
charh: commentaire.
chirk: l’associationnisme, péché majeur contre l’unicité divine.
chubha: le doute et aussi ce qui est de licite douteuse, dont on
doit s’abstenir.
chukr: gratitude, reconnaissance.
– 140 –
dalala: erreur, égarement, hérésie.
dalil: preuve; signe; argument; guide
dhâhir: partie explicite (par opposition à bâtin qui est partie
cachée)
dha’if: faible
dalâla: erreur; hérésie.
dhât: Être, l’essence, personne.
dhikr: se rappeler Allâhu ta’âlâ, avoir Allâhu ta’âlâ présent à
l’esprit et au cœur.
dhuhr,dohr: midi; la prière de salât de midi
dhuhurat: manifestations
diyânat: religiosité
dunyâ: Ce bas monde, par opposition à âkhira.
fadl: faveur
fanâ: l’anéantissement, notion corrélative à la subsistance
(baqâ) et suggérée dans le Qur’an al-karîm. C’est la disparition de
tout ce qui n’est pas Allah, non par sa destruction, mais par la prise
de destruction, mais par la prise de conscience de son
inconsistance.
faqîh (pl. fuqahâ): docteur en droit de fiqh, en jurisprudence
islamique.
faqr: la pauvreté.
farâ'id: obligations d’institutions divines.
fard-fardh: ordonnance divine obligatoire; obligation; précepte
religieux prescrit formellement aux croyants;
fardayn: une ordonnance divine obligatoire à titre individuel
fard kifâya: ordonnance divine, obligatoire pour la nation
musulmane dans son ensemble; ordonnance collective; devoir
communautaire
fasâd: le mal, la corruption, la sédition
fâsiq: pécheur, coupable, fautif.
fatanat: intelligence
– 141 –
fath: l’un des cent quatorze chapitres du Qur’an al-karîm.
fatwa: avis ou sentence jurisprudentielle donné par un
spécialiste de la loi islamique sur une question particulière.
fayz: profusion; prospérité; abondance; éclaircissement;
bonheur; épanouissement; être éclairé(e); s’épanouir flux
lumineux, effusion spirituelle; perception spirituelle;
fiqh: science de Droit religieux islamique; la science de la
jurisprudence islamique; les commandements et les interdictions.
firâsat: la sagacité
firqah: groupe
al-firqaal-najiya: groupe de salut; Ahl al sunnah; les gens de la
Sunna
fisq: perversité
fitna: confusion, discorde, dissension, désordre, tentation,
zizanie
fukaha: les docteurs de droit musulman
fourou' ou fur’û al-dîn: domaine des ramifications du droit
musulman; Sciences religieuses concernant les principes de fiqh,
de la jurisprudence de l’Islâm; branches de la jurisprudence de
l’Islâm; applications; conséquences.
futuwwat: la générosité du cœur.
gazâ: guerre sainte.
ghaflat: la négligence, l’insouciance.
ghayb: l’Invisible.
ghayba: l’absence.
ghayrmakhlûq: incréé(e)
ghiba: la médisance
ghuslougossal: ablution de tout le corps, la grande ablution ou
ablution complète.
hadith: chose créée, créature; (Le mot hadith a des différents
sens. L’un de ceux-ci signifie la contingence; le contraire de
l’immuabilité; comme adjectif, il signifie ce qui n’est pas immuable,
ce qui est nouvellement arrivé, ce qui est récent ou créé
– 142 –
postérieurement, ultérieurement; un autre sens du mot hadith,
c’est le rapport, le propos, la parole, la communication, la
nouvelle, la conversation, la relation, etc.
Hadithcharîf sont les paroles bénies du Messager d’Allah Le
Très-Haut “sallallahu alaihi wa sallâm”; le hadîth est à la fois
l’ensemble de traditions sur Rasûlullâh constituant une loi de
tradition orale.
hadiyah: cadeau
hadj: pèlerinage à la Mecque.
hadra: la présence.
hâl: l’état mystique, imprévisible et instable, caractéristique des
initiations divines dans la voie passive.
halâl: ce qui est licite, légal selon la religion.
Hamalatal-Arsh: Anges du Trône
hamd louange
Hanafite: quelqu’un qui suit la madhhab établie par Imâm-ı
a’zam Abu Hanîfa, l’une de quatre grandes écoles du droit
musulman sunnite.
Haqq, al-Haqq: Le Vrai, le Réel, l'Être, la Vérité; la Réalité
divine.
haqîqa: la Réalité.
harâm: actes et choses interdits par la religion; interdiction(s);
ce qui est illicite, illégal selon la religion; sacré.
hasan: bon
hayâ: la pudeur.
hayât: la vie.
Hédjaz: Région ouest de la péninsule arabique comprenant les
villes saintes de La Mecque et Médine
hidâyah: la guidance; le droit chemin.
hijâb: le voile.
hijrî: de l’Hégire.
hikma: la sagesse.
– 143 –
hilm: douceur de caractère
himmat: la préoccupation.
houlûl: habitation divine dans l’âme.
hubb: l’amour.
hujja: la preuve, l’argument.
hukmal-mulaffiq: La déduction du syncrétiste; choisir un avis
dans une école, puis choisir un avis dans une autre école sur une
question ou l’exécution d’un acte
hulqal-'azim: la haute qualité morale
hulul: inhérence
'ibâdât: obligations cultuelles; actes cultuels; culte qu’on doit
pratiquer corporellement ou avec du cœur.
ibaha: la licéité
ibâra: l’expression claire et adéquate.
Iblîs: Satan, Démon
icha: nuit
idhafat: attribution
iffat: chasteté, pureté, sagesse
iftâr: repas de rupture du jeûne
iftidah: commencement; Takbir de l’iftidah: entrée en salât en
formulant le takbir
ihsân: le bien-agir; perfection; excellence; bonté
ijaza: diplôme, licence, permission, autorisation
ijmâ’(al-ijmâ’): unanimité, consensus; l’accord unanime de la
communauté.
ijmâ’al-umma(t): consensus de la Communauté.
ijtihad: effort de réflexion, interprétation tirée par voie de
déduction d’un grand savant éminent sur l’accomplissement des
actes sur lesquels il n’y a pas de préceptes canoniques explicites.
ikhlâs: la sincérité; la qualité, l’attention ou l’état de faire tout
seulement pour l’amour d’Allah.
ikhtiyâr: le libre choix, le choix; la faculté de choisir
– 144 –
ikrâm: générosité; dons;
ilâhi: divin(e).
ilhâm: l’inspiration.
'ilm(pl.ulûm): la science; instruction, compétence
'ilmdaruri: science nécessaire
'ilmal-akhlaq: éthique; science des mœurs
’ilmal-fiqh: science de la jurisprudence de l’Islam.
’ilm al-hadith: science qui étudie les actes, paroles,
communications, nouvelles et tradition de notre Prophète (sall-
Allâhu ’alaihi wa sallam).
'ilmkulli: science universelle
'ilmladuni: Science venant d’auprès d’Allah Le Très-Haut
'ilmal-mantiq: logique
'ilmriyadi: sciences mathématiques
'ilmal-siyâsa: science politique
'ilmtadbiral-manzil: science domestique
'ilmtabi'i: science naturelle ou qui traite de la nature
’ilm usûl al-fiqh: littéralement "la science des méthodes des
fondements, des principes de la loi, de la jurisprudence de l’Islâm".
’ilm usûl al-kalâm: science des principes et méthodes de la
parole; la théologie islamique
’imâm: modèle; guide; celui qui dirige la prière de salât; celui
qui a pour mission d’éclairer et de guider les autres.
imâm de madhhab: nom donné aux docteurs mujtahids qui
fondèrent les quatre grandes écoles de jurisprudence de l’Islâm.
îmân: foi, croyance en tout ce qu’Allâhu ta’âlâ nous a ordonné
croire par l’intermédiaire de Son Prophète bien-aimé (sallallahu
alaihi wa sallam).
imdâd-alilâhi: Sa grâce
imsâk: début du jeûne; étymologie: s’arrêter, cesser de faire
qqch.; s’abstenir; en astronomie: le moment où le bord avant du
soleil s’approche de 19° de l’horizon apparent.
– 145 –
inhilâl: dissolution
inhirâf: détournement
inshâ: performatif ou énoncés performatifs.
irâda: la volonté.
irfân: connaissance, sagesse, culture, savoir, connaissance
spirituelle
ishâ: nuit
ishraq,shourouq: illumination
islâh: correction; amélioration
ismaouismat: la toute pureté
istianah: demande l’aide de quelqu’un
isti'dat: la prédisposition essentielle
istighfar: demande de Pardon; le repentir
istighâtha: demande de secours; demander le secours auprès de
quelqu'un; appel au secours; demande l’aide
i’tiqâd: croyance; foi; certitude; conviction; adhésion
ittikâ: fermeté
ittilâ: l’information
Jahannam: la Gehenne; l’Enfer.
jâiz: possible; permis; autorisé; accepté; permissible; licite;
possibilité; probabilité
jalâl: Grandeur, Magnificence
jamâl: Splendeur, Beauté
jamâ’a(t): communauté; tous les croyants dans une mosquée.
Jamîl: beau
Jamila: belle
janabâ: impurté rituelle
Jibrîl: l’Archange Jabrâîl (Gabriel) alaihissalâm.
jihâd: l’effort en soi pour la vraie foi; le combat, la guerre sainte
contre l’âme charnelle, le démon et les ennemis de l’Islâm.
jism: corps
– 146 –
jizya: tribut, impôt payé par les non-musulmans.
kabâ’ir: péchés majeurs; péchés capitaux
kachf: le dévoilement.
kaffâra: expiation
kâfir: mécréant; infidèle, incrédule.
kalâm: parole; théologie
Kalâmilâhi: la Parole Divine
kalâmlafdhî: parole externe
kalâmnafsi: Parole interne
kalimatullah: le Verbe d’Allah
kalîmullah: Celui qui entend la parole d’Allâhu ta’âlâ.
kamalat: perfection
kâmil: parfait.
kamâl: perfection, excellence.
karaha: la réprobation
karâma: faveur divine; faveurs, dons et merveilles accordés par
Allah Le Très-Haut à Son Awliyâ
karîm: généreux
kasb: acquisition; acquisivité
kashf: le dévoilement
kayfiyya: le comment
khabar: constatif ou énoncés constatifs;
khalaf: successeur
khâliq: Créateur.
khalq: création
khoutba: sermon de Vendredi.
khalq: nom collectif désignant les hommes, créatures d’Allâhu
ta’âlâ.
khuluq(pl.akhlaq): le caractère, les bonnes mœurs.
khurûj: Exode.
– 147 –
khusûma: la querelle.
khushû: componction; humilité
kirâmanKâtibîn: anges scribes
kufr: la mécréance
la'nah,la'nat: malédiction
Lawhal-mahfouz: la Table gardée
madhhab: Ecole de jurisprudence en Islâm; écoles juridico-
islamiques.
maghfira: pardon, grâce, miséricorde; recouvrement des péchés
maghrib: soir
mahlûq: créature, créé(e)
mahshar: Jour de la Résurrection; lieu du rassemblement du
jour de la Résurrection
makrouh: acte religieusement déconseillé; acte sous-estimé
ma’nâ: le sens; la signification.
mandoûb: acte recommandé; louable.
maqâm: Rang; demeure; station.
maqâmat: stations spirituelles
maqân: endroit, espace.
maqboul: recevable
maqtou: coupé(e)
mardûd: irrecevable
ma’rifâ: la connaissance spirituelle, connaissance de la vérité.
masah: humectation; madéfaction; passer les mains sur la tête,
etc.
masjid: la mosquée.
Masjid-al-Harâm: la grande mosquée à la Mecque.
Masjid-an-Nabawî: mosquée de Rasûlullah à Médine.
ma’siyya: la désobéissance aux commandements d’Allâhu
ta’âlâ.
mawdû: apocryphe; forgé, fabriqué
– 148 –
mawjut: présent, existant
mayl: penchant
médressa: collège islamique.
minnat: le bienfait, la faveur d’Allâhu ta’âlâ.
Mi’râdjouMi’raj: L’ascension
misk: la plus agréable odeur.
mizân: balance, au jour du jugement dernier
Moukarrabûn: les Rapprochés
muâmalât: relations interhumaines, affaires sociales et
économique; normes des rapports entre humains et transactions
selon le droit (fiqh)
mubâh: action ou chose ni ordonnée ni défendue de faire;
indifférent; permis ou non défendu.
mudarris: professeur, enseignant à l’université ou au médressa.
mufassîr: exégète
mufsid; fomenteur; perturbateur, corrupteur; actes qui
corrompent les œuvres, les prières
muftî: interprète ou docteur de la loi musulmane.
muhâjir: l’homme qui devint musulman à la Mecque avant
d’être capturé.
muhâsaba: l’examen de conscience.
muhîtoual-muhît: qui embrasse tout.
mujâhada: l’effort d’ascèse
mu’jiza: miracle des Prophètes “alaihimussalâm”.
mujtahid: le grand savant très capable d’interpréter, d’établir
une analogie ou de tirer des déductions sur la jurisprudence
islâmique, sur l’accomplissement des actes; le savant religieux qui
produit un effort de réflexion de l’ijtihad.
mukaddima: introduction
mukallaf: astreint(e) aux obligations légales; tout musulman
raisonnable; obligé(e); responsable, chargé(e);
mulaffaq: forgé(e); fabriqué(e)
– 149 –
mulaffiq: syncrétiste en religion
mulhid: hérétique; défectionnaire; diffamateur; renégat
mu’min: croyant, fidèle, confiant, sécurisant, qui porte la foi,
musulman
mumkinal-wujûd: possible; existence possible.
mumtani’al-wujûd: l’impossible; existence impossible
munâfiq: hypocrite dans la foi
muqayyad: restreint(e); délimité(e)
murid: volontaire, aspirant
murshidkâmil: guide parfait
murtad: apostat; personne ayant abandonné l’Islâm.
mushrik: associateur, polythéiste, idolâtre.
mushrikûn: associateurs polythéistes
mustahab: acte recommandé
musulman: celle ou celui qui se soumit à Allahu taâlâ.
mutachâbihât: ambigus, versets ambigus
mutakallim: adepte du kalâm
mu’tazila: l’une des sectes égarés de l’Islâm.
mutlaq: absolu
muttaqî: ferme; pieux; qui craint de la punition d'Allahu taâlâ
si on s'écarte de Ses injonctions et l'espoir en Sa Miséricorde
quand on s'y conforme.
muwahhid: Qui reconnait l'Unicité divine
Nabî: Prophète.
nâfila: prière surérogatoire; acte surérogatoire.
nafas: souffle; moment
nafh: souffler; respirer
nafs: l’âme; l’âme charnelle; la sensualité; la tentation, la
psyché, le sens, ego, le moi; nafs al-ammara: la nafs instigatrice du
mal; nafs al-mutam'inna: nafs apaisée
nahy: interdictions
– 150 –
nakl: la tradition; la transmission
naks: manque; défaut; imperfection; perte
namaz: (salât); la prière rituelle faite cinq fois par jour.
nash: abrogé, abrogation.
nasîha: le bon conseil qu’on doit donner à l’autrui.
nass: bases scripturaires explicites.
na’t: la qualification, la qualité, la description.
nihâya: la fin.
nikab: voile m
nikah: l’acte de mariage islamique.
ni’mâ: la faveur divine, la grâce, le bienfait
nisab: rapport; part; quotité; portion
niyya: intention; formulation intérieurement (dans le cœur) de
l'intention pour une prière comme la salât, le jeûne, etc.
nubuwwat: Prophétie.
nûr,nour,noor: lumière; lumière spirituelle
qadar: destin.
qadîm: préexistant absolu; éternel; immuable.
qalb: le cœur.
qiyâs(al-qiyâs): le raisonnement analogique; analogie légale
qiyâs(alfuqahâ): analogie légale établie par les jurisconsultes
en Islâm; conclusion tirée par un mujtahid en comparant une
affaire non-précise à celle qui est citée clairement par les nass ou
ijmâ.
qiyâs-ımantiqî: syllogisme.
qudra: puissance; puissance déterminente
quds: la sainteté.
qudsî: sacré
Quraysh: Les descendants d'Ismaël alaihissalâm, le fils
d'Abrâhîm alaihissalâm et ancêtres de notre Prophète “sallallahu
alaihi wa sallam”.
– 151 –
qurb: la proximité.
Rabb: Seigneur, Créateur, Eternel; Allâhu ta’âlâ.
Ar-Rahmân: le Tout Miséricordieux
Ar-Rahîm: le Très Miséricordieux
rahma: miséricorde
rak’at: unité de salât.
Rassoûl: Envoyé; Messager d’Allâhu ta’âlâ.
Rasûlullâh: Muhammad alaihissalâm; le Messager, le Prophète
d’Allah Le Très-Haut.
râwi: transmetteur de hadith
râziq: Qui pourvoit à la subsistance
razzaq: Qui ne cesse de pourvoir, de substanter
ri’âya: la vigilance
ridâ: le consentement, l’agrément
riwâya: chaîne de transmissions; rapports
riyâda: ascèse méthodique; mortification de sensualité
Rub’idâira: Quadrant, Astrolabe
rûh: l’esprit.
rukhsa: facilité, la dispense, dont on n’use que par tiédeur.
rukû': inclination
Ru’yat: la vision du Créateur
sabab: pl. asbâb: les causes, les moyens, les raisons.
sabr: la constance.
sâdiq: fidèle; véridique; sincère; loyal
sahîh: sain, véridique, authentique; valide
sajda: prosternation
Salafas-salihîn: les pieux prédécesseurs
salât: prière rituelle.
sâlih: pieux, vertueux
sâlik: voyageur
– 152 –
sâlnâma: annuaire officiel
saqîm: malade
sawâb/thawâb: récompense; œuvre pieuse; profit
sayyîd: un descendant de Hadrat Husein, le petit-fils de
Rasûlullâh.
shafâ’a: intercession.
shahada: profession de foi; attestation; témoignage; martyre.
shâhid: témoin
sharî’a: la Loi musulmane [la Loi divine, révélée dans le Qur’an
al-karîm, complétée par la Sunna et le consensus de la
Communauté].
sharîf: honorable, honoré, glorieux, saint, sacré, béni ||
descendant de Muhammad alaihissalâm
shirkouchirk: associationnisme, polythéisme; idolâtrie
shuhûd: contemplation spirituelle
shukr: reconnaissance; remerciement
sidq: la véracité, vérité, sincérité, loyauté, droiture, véridique.
siddîq: le très sincère, le véridique
sifât: attribut
Sifâtdhâtiyya: Attributs de l’Essence
Sifâtilâhî: Attribut Divin
Sifâtthubûtiyya: attributs de Perfection
Sirât: Pont au jour du Jugement Dernier.
sirr: secret
sobh: matin
sohba: la compagnie, la guidance spirituelle.
sourate: chapitre du Qur’an al-karîm.
sulahâ’: les pieux
suluk: cheminement spirituel
Sunna: la tradition de Rasûlullâh; tradition prophétique.
surûr: la liesse.
– 153 –
tâ’at: l’obéissance.
tabarrouk: recherche de bénédiction (auprès d’un walî, d’un
pieux vertueux)
tâbi'ûn: les suiveurs; Tâbi' al-Tâbi'în: la génération qui suit les
Tâbi'ûn.
tafakkur: la pensée; la réflexion
tafsîr: exégèse; livre, science d’exégèse du Qur’an al-karîm.
taghout: idole
tahlîl(at-tahlîl): affirmation de l’unicité
tahmîd(at-tahmîd): la louange
tahrîf: interpolation
takbîr (at-takbîr): proclamation, formulation de la Grandeur
d’Allah Le Tout Puissant
talâq: répudiation, divorce
talfîq: syncrétisme; éclectisme; mélange; fusion; recherche et
mélange des rukhsa, des facilités sur les principes et préceptes de
quatre grandes écoles de l’Islâm Ahl al-sunna, lequel n’est pas
permis en Islâm.
tamkin: l’affermissement dans le temps
tanzîh-(at-tanzîh): transcendance
taqlîd: suivisme; imitation; suivre; se conformer à
taqwin: Genèses (l’Ancien Testament).
taqwâ: la piété.
tasawwouf: soufisme ou mysticisme défini par l’Islâm.
tasbîh: glorification || chapelet
tasfiya: la purification
taslîm: la soumission totale.
tasniya: Deutéronome dans l’Ancien Testament.
tawadu: la modestie.
tawâf: la circumambulation
tawakkul: la remise confiante en Allah Le Très-Haut;
– 154 –
s’appuyer sur Allâhu ta’âlâ; s’en remettre entièrement au
Créateur.
tawassul: demande, imploration, invocation, supplication par la
mention du nom béni du Messager d’Allah Le Très-Haut
"sallallahu alaihi wa sallam" ou de l’awliyâ, des saints; invocation,
imploration ou demande faite à Allah Le Tout Puissant pour la
faveur, pour l’honneur des Serviteurs bien-aimés.
tawâtur: transmission d’une façon successive par de
nombreuses personnes; rapport fiable transmis d’une façon
authentique
tawba: le repentir; la conversion, retour à Allâhu ta’âlâ.
tawhîd: profession de foi; unicité d’Allah Le Tout-Puissant;
professer, reconnaitre l'Unicité divine; unicité
ta’wil: interprétation.
tawqîfî: révélé
ta’zîm: la révérence.
ta'zîr remontrance sévère, sanction, peine discrétionnaire]
ta’zkiya: la purgation
teblîgh: délivrer le message
thawâb/sawâb: récompense; œuvre pieuse; profit
’ubûdiyya: le servage, la condition de serviteur.
'ulûhiyya: la divinité
ulu’l-azm: doué de fermeté; Prophète doué de fermeté
umma,oumma: la Communauté, Nation
uqnûm: hypostase
uqûbât: code pénal
'urf;al-'urf: us et coutumes.
usûl science; méthodologie; principes; ('ilmal-usûl): la science
des principes fondamentaux
usûl-al din: principes du Droit; sciences fondamentales de
l’Islâm; science sur les principes du Droit, de la religion.
usûlal-tafsîr: science de l’Exégèse, fondements de l’Exégèse
– 155 –
wahdaniyya: l’unicité.
wahy: révélation faite à un Prophète par Allâhu ta’âlâ.
wajd: l’extase.
wajh: face; essence
wajîb: le nécessaire.
wajibulwujûd: existence nécessaire, indispensable, essentielle;
Etre essentiel.
walî(pl.awliyâ): le saint, celui qu’Allâhu ta’âlâ a pris en charge
et placé sous sa protection spéciale.
waqf: fondation pieuse à laquelle sont attribués des revenus
destinés à en assurer le fonctionnement.
waqt: période; instant.
wara': le scrupule.
wilâya(pl.wilayât): la sainteté.
wujûd: existence; essence; être; (aussi, la découverte, le fait de
trouver, par opposition à la recherche (talab))
wusul: la connexion
Ya’jûjetMa’jûj(GogetMagog): Il est écrit dans le Qur’an al-
karîm que Yâ’juj et Ma’jûj (Gog et Magog) étaient deux peuples
méchants à une époque bien avant, qui restèrent derrière une
muraille et qui se répandront sur terre vers la fin du monde.
Considérant que les recherches archéologiques ont trouvé des
cités enfouies sous terre et des fossiles marins sur les cimes des
montagnes, cette muraille ne doit pas être à l’air libre et ces
peuples ne doivent pas être nombreux aujourd’hui. On peut
penser le fait que, de même que des milliers de millions de gens
d’aujourd’hui sont issus de deux personnes, de même ces peuples
se répandront sur terre se multipliant à partir de quelques
personnes et personne ne sait où elles sont.
yaqîn: la certitude.
Zabûr: (les psaumes)
zâhid: dévoué aux prescriptions religieuses
zâhir: ce qui est extérieur, manifeste, par opposition à caché
(bâtin).
– 156 –
zakât: l’aumône légale
zamân: le temps
zinâ: fornication
zindîq: impie; renégat, hérétique hypocrite; mécréant
zuhd: renoncement; détachement; abandon

– 157 –
University of Southeastern Philippines
College of Arts and Sciences
Bago-Oshiro, Davao City 9501
PHILIPPINES

HAKIKAT KITABEVI
Darüşşefaka Cad. No. 53
FATİH-ISTANBUL
TURKEY

Cher Frère Musulman,

J’ai reçu les livres. Je vous remercie beaucoup. Je suis très


content car je sais qu’Allah a accepté mes prières (pour quelques
livres sur l’Islâm). Quand j’ai lu ces livres, j’ai appris des choses
importantes que je ne connaissais pas du tout avant. J’ai lu
beaucoup de livres auparavant mais je constate que vos oeuvres
contiennent des choses vraiment importantes et faciles à
comprendre. J’apprécie beaucoup l’auteur de ces livres et je prie à
Allah afin qu’IL lui soutienne et lui récompense.
Cher frère, je vous prie de m’envoyer d’autres livres. Car je
veux servir l’Islâm en l’expliquant aux gens. Il-y-a quelques ans
seulement, j’étais le problème de la famille parce que je n’obéissais
pas à l’Islâm. Mais quand mon père est mort, j’ai décidé de me
corriger. Je comprend maintenant que toute existence a une fin.
S’il vous plaît envoyez d’autres livres sur l’Islâm que vous jugez
nécessaires pour nous. Puisse Allah vous bénir tous et vous
soutenir afin que vous puissiez continuer à envoyer des livres au
monde entier. Puisse Allah aussi augmenter les services de votre
organisation. Merci beaucoup.

Votre soeur en Islâm,


NORAIDA S.DIWAN
– 158 –
K.NADIR
P.O.Box 10715
ST. THOMAS, VIRGIN ISLANDS
U.S. 00801

HAKIKAT KITABEVI
Darüşşefaka Cad. No. 53
FATIH-ISTANBUL
TURKEY

Très cher ami,


Assalamu alaikum

Après mes louanges à Allah, je prie pour que cette lettre vous
parvienne en de bonnes conditions de santé. Depuis ma dernière
correspondance avec vous, je ne puis m’empêcher de penser sur
vous et vos oeuvres. Le savoir que j’ai pu tirer de l’édition Endless
Bliss et de vos autres publications est vraiment immense.
D’autre part ce qui me parait formidable est le fait qu’au fur et
à mesure qu’on lit ces ouvrages, nos connaissances augmentent. Je
remarque qu’ils ne sont pas ouverts à tous, car les attaques contre
l’imitation (taqleed) et les sectes (madhhabs) restent considérable.
Récemment, J’ai quitté les Etats-Unis et j’habite maintenant aux
Caraibes, plus précisément aux Virgin Islands. Les Virgin Islands
sont une colonie des Etats-Unis.
Je voudrais bien que vous m’envoyez d’autres copies de la série
Endless Bliss à partir du tome I, et aussi d’autres petits livres. Je
suis très sûr qu’il-y-a dans cette région des frères qui jouiront de
ces publications.
Je vous remercie d’avance et vous demande de prier pour moi
et ma famille.

Was Salam
Khalid A. Nadir
– 159 –
LIVRESPUBLIÉSPARHAKÎKATKİTÂBEVİ
ENFRANÇAIS:
1– L’Islam et la Voie de Sunna, 160 pp.
2– Foi et Islam, 160 pp.
3– Islam et Christianisme, 304 pp.
4– L’évidence de la Prophétie, et les Temps de Prières, 144 pp.
5– Ar-radd al Jamil, Ayyuha’l-Walad (Al-Ghazâli), 96 pp.
6– Al-Munqid min ad’Dalâl, (Al-Ghazâli), 64 pp.
ENGLISH:
1– Endless Bliss I, 304 pp.
2– Endless Bliss II, 400 pp.
3– Endless Bliss III, 336 pp.
4– Endless Bliss IV, 432 pp.
5– Endless Bliss V, 512 pp.
6– Endless Bliss VI, 352 pp.
7– The Sunni Path, 128 pp.
8– Belief and Islam, 128 pp.
9– The Proof of Prophethood, 144 pp.
10– Answer to an Enemy of Islam, 128 pp.
11– Advice for the Muslim, 352 pp.
12– Islam and Christianity, 336 pp.
13– Could Not Answer, 432 pp.
14– Confessions of a British Spy, 128 pp.
15– Documents of the Right Word, 496 pp.
16– Why Did They Become Muslims?, 304 pp.
17– Ethics of Islam, 240 pp.
18– Sahaba ‘The Blessed’, 560 pp.
19– Islam’s Reformers, 320 pp.
20– The Rising and the Hereafter, 112 pp.
21– Miftah-ul-janna, 288 pp.
22– Book of Namâz, 240 pp.
23– O Son, 352 pp.
DEUTSCH:
1– Islam, der Weg der Sunniten, 128 Seiten
2– Glaube und Islam, 128 Seiten
3– Islam und Christentum, 352 Seiten
4– Beweis des Prophetentums, 160 Seiten
5– Geständnisse von einem Britischen Spion, 176 Seiten
6– Islamische Sitte, 288 Seiten
SHQIP:
1- Besimi dhe Islami, 96 fq.
2- Libri Namazit, 208 fq.
3- Rrefimet e Agjentit Anglez, 112 fq.
ESPAÑOL:
1- Creencia e Islam, 112.
2- Libro Del Namâz, 224.
PO RUSSKI%
1- Vsem Nuynaq Vera, (128) str.
2- Priznaniq Anglijskogo Wpiona, (128) str.
3- Kitab-us-Salat (Molitvennik) Kniga o namaze, (224) str.
4- O Syn Moj, (256) str.
5- Religq Islam, (320) str.
BOSHNJAKISHT:
1- Iman i Islam, (128) str.
2- Odgovor Neprijatelju Islama, (144) str.
3- Knjiga o Namazu, (192) str.
4- Nije Mogao Odgovoriti, (432) str.
5- Put Ehl-i Sunneta, (128) str.
6- Ispovijesti Jednog Engleskog Spijuna, (144) str.

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