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Mémoire de fin d’étude Sous le thème

Pratique de l’audit interne au sein des


Petites et Moyennes entreprises
au Maroc
Etude de cas à la Société Meknessie Industrielle de Fer

PRESENTE & SOUTENU PAR :

 Brahim RBII CNE : 2825932659


 Mohamed RHIOUI CNE : 2826963497
 Mohamed BOUCHENNA CNE : 2826966531

ENCADRE PAR :
Mr. Abdelkader CHARBA
Mémoire de fin d’étude Sous le thème

Pratique de l’audit interne au sein des


Petites et Moyennes entreprises
au Maroc
Etude de cas à la Société Meknessie Industrielle de Fer

PRESENTE & SOUTENU PAR :

 Brahim RBII
 Mohamed RHIOUI
 Mohamed BOUCHENNA

ENCADRE PAR :
Mr. Abdelkader CHARBA

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 2


Remerciements
Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 3
Avant d’aborder le vif du cette recherche, nous tenons à
remercier vivement et en tout premier lieu :
Monsieur Abdelkader CHARBA
Nous tenons à exprimer nous sincères remerciements et
nous respects les plus profonds Au Groupe LASMIF.

Le personnel du Bureau d'audit interne de LASMIF et son


Responsable pour leur franche collaboration.

Le corps enseignant administratif de la faculté des sciences


juridiques, économiques et sociales de Meknès.

Nous tenons à remercier également tous ceux qui nous ont


aidés de prés et de loin dans l’élaboration de cette recherche.

A tous ceux dont le soutien nous a été utile et nécessaire,


nous disons : 
MERCI 

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 4


Dédicace

A nous Familles,

A nous amis,

A tous ceux qui ont le courage de changer …


… et qui nous ont accompagnés sur le chemin non
encore
fait du changement…

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 5


Introduction Générale

Chapitre 1 : Définition de l'audit interne

Section 1 : Essai de définition de l'audit interne

Section 2 : l’audit interne et les autres fonctions et profession

Chapitre 2 : Méthodologie et outils d’audit interne

Section 1: La méthodologie :

Section 2: Les outils de l’Audit Interne

Chapitre 3 : Etude de cas: pratique de l'audit interne à La Société


Meknassie Industrielle De Fer

Section 1: Présentation de LASMIF.

Section 2: Le fonctionnement de l'audit interne à LASMIF

Section 3: Analyses et Recommandations

Conclusion générale

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 6


Introduction
Les entreprises ont été toujours menée à tenir une comptabilité et élaboré des
informations financières destinées à aider à la prise de décision et rendre compte
des résultats obtenus. En effet, l’information occupe de plus en plus une place
privilégiée tant que composante clé de la valeur ajoutée crée, elle joue un rô le utile
pour la gestion de la complexité et l’incertitude. Son degré de fiabilité et de
pertinence conditionne largement la compétitivité et la performance des
entreprises. Or, devant le développement du volume d’informations reçues et
remises par l’entreprise, il vient difficile de s’assurer de la cohérence des données
émanant de plusieurs sources, de leur pertinence et de leur fiabilité, et comme il ne
servirait à rien de disposer d'informations dont la qualité est douteuse, on ne peut
alors dissocier l'obligation de produire des informations de la nécessité de les
contrô ler.
Le contrô le de gestion, le contrô le interne… sont le plus souvent utilisés au sein
des entreprises pour mener des opérations de contrô le, auxquels s’ajoute l’audit
qui est une approche récente et qui se développe encore au Maroc.
Un système d’audit interne apparaît donc comme le moyen privilégié permettant
d’appréciation de la structure de communication, de sa fiabilité et de son
adaptation aux exigences des changements de l’environnement.
Les attentes des entreprises en matière d’audit interne, s’articulent de façon
significative autour de l’efficience et l’efficacité opérationnelle, qui font parties des
principaux objectifs, aussi bien au niveau financier qu’au niveau réglementaire. Ces
exigences, ont fait naitre des besoins en termes de bonnes pratiques d’audit
interne, qui reste et demeure l’outil d’aide à la gouvernance des entreprises.
Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 7
C’est dans ce cadre que s’inscrivent les développements entrant dans le thème
traitant de: «La pratique d'audit interne dans les petites et moyennes entreprise au
Maroc».
Au vu de ce qui précède, une question nous traverse l'esprit. Cette question est la
suivante :
_ Qu'elle est l'apport de l'audit interne dans la réalisation des objectifs de
l'entreprise ?
_ En d'autre terme, quel est le rô le joué par l`audit interne dans l`atteinte des
objectifs de l'entreprise ?
Ainsi, pour mieux rendre compte de cette problématique, nous aborderons dans
une première partie l'approche conceptuelle où il sera question placé l’audit
interne dans son cadre théorique. Dans la seconde partie, nous présenterons les
généralités sur l'audit interne et qui consistera à parler de la mission d`audit et de
procéder à la mise en œuvre d'un système d`audit interne. La troisième partie nous
présenterons un cas pratique de l`audit interne au sien des petites et moyennes
entreprise a Meknès.

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 8


Chapitre 1 : Dé finition de l'audit interne

Depuis quelques années, les notions d'audit et de contrô le interne sont introduites
dans tous les domaines de l'activité économique, non seulement dans les pays
développés, mais aussi dans les pays en voie de développement, non seulement
dans le secteur privé mais aussi dans le secteur public.

Ceci ne veut pas dire que toutes les organisations professionnelles ont la même
conception de ce qui est l'audit ou de ce qui est le contrô le interne.

Au sens large, l'audit désigne un examen critique des documents de l'entreprise


afin de vérifier leurs respects des normes fixées par un référentiel préétabli.

Aussi, on peut le définir par rapport à la notion "révision comptable" comme


étant :"l'examen technique rigoureux et constructif auquel procède un
professionnel compétent et indépendant en vue d'exprimer une opinion motivée
sur la qualité et la fiabilité de l'information financière présentée par une entreprise
au regard de l'obligation qui lui est fait, de donner en toutes circonstances, dans le
respect des règles de droits et de principes comptables en vigueur, une image
fidèle de son patrimoine, de sa situation financière et de ses résultats."(Source:
Germond et al, 1987, devisions et certifications des comptes)

Section1 : Essai de définition de l’audit interne :

A. Définition de l’audit :
Audit vient du latin "audire" qui signifie "écouter" ; le verbe anglais "to audit" est
traduit par "vérifier, surveiller, inspecter". Les organisations économiques ont

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 9


toujours été contraintes à se faire contrô ler. D’une manière générale, l’audit
consiste en un examen mené par un professionnel indépendant sur la manière
dont est exercée une activité, et sur les informations élaborées par les
responsables, par rapport à des critères d’appréciation relatifs à cette activité.

L’audit financier est sans conteste, l’aspect de l’audit le plus connu et le plus ancien.
L’activité d’audit s’est ensuite étendue à tous les aspects du fonctionnement
de l’entreprise : audit social, audit juridique, audit industriel etc…

On peut valablement distinguer :

– l’audit de fiabilité des systèmes, dont le but est de donner aux utilisateurs
l’assurance du bon fonctionnement d’un système (l’audit comptable et financier ou
révision comptable contribue à améliorer la crédibilité de l’information ; l’audit
juridique contribue à s’assurer qu’aucune règle n’a été omise)

– l’audit de l’efficacité des systèmes ou encore audit opérationnel, susceptible


d’être mis en œuvre dans le domaine comptable et financier, mais aussi dans
d’autres domaines : stratégie, production, informatique, juridique et dont le but est
d’améliorer les performances de l’entreprise.

En peut remarque que Si l’audit de fiabilité est plus orienté vers une mission de
contrô le, l’audit d’efficacité est plus orienté vers une mission de conseil, le but de
l’audit opérationnel étant d’améliorer les systèmes et non simplement de voir s’ils
fonctionnent correctement.

Ainsi plusieurs définitions ont été proposées par les auteurs et certains grands
organismes comme par exemple l’IIA.

Lors des premières assises de l’audit en France (Mars), le groupe de travail


présidé par les présidents de l’Ordre et de la Compagnie, a constaté que
l’ensemble des utilisateurs s’accorde pour définir au sens large l’audit comme : «

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 10


une démarche ou une méthodologie menée de façon cohérente par des
professionnels utilisant un ensemble de techniques d’information et d’évaluation
afin de porter un jugement motivé et indépendant, faisant référence à des normes
sur l’évaluation, l’appréciation, la fiabilité ou l’efficacité des systèmes et
procédures d’une organisation1».

Cette définition explicite l’audit en général qu’il soit donc interne ou externe qui
n’est d’autre que l’audit comptable et financier2.

S’agissant de l’auditing, il est défini comme étant« le processus par lequel une
personne compétente et indépendante cumule et évalue les preuves sur
l’information quantifiable se référant à une entité économique afin de pouvoir en
déterminer la correspondance avec des critères bien établis et d’en faire un
rapport3».

Un audit est aussi une révision méthodologique ainsi qu’un examen objectif d’un
élément comprenant la vérification d’informations spécifiques déterminées par
l’auditeur ou prescrites par la pratique généralisée.

Normalement, le but d’un audit est d’exprimer une opinion ou tirer une
conclusion sur l’objet d’audit. Il s’en suit naturellement que la définition
suivante approfondisse cette définition élargie de l’audit.

Cette dernière qui est la plus retenue au niveau international de l’Audit


interne est celle proposée par the Institute of Internal Auditors (IIA).

Selon cette définition, l’audit est une activité indépendante et objective qui donne
à une organisation une assurance sur le degré de maîtrise de ses opérations,
lui apporte ses conseils pour les améliorer, contribue à créer de la valeur ajoutée.

1 L. Collins, V. Gérard, Audit et contrôle interne Aspects financiers et stratégiques, Paris, Ed. DALLOZ, 1992, P. 22

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 11


2 S. Pierre, Mémento d’audit interne, Paris, Ed. DUNOD, 2007, P. 52

3Arens et Loebbecke, Auditing an integratedapproach, 5èmeedition, 1991

Il aide cette organisation à atteindre ses objectifs en évaluant, par une


approche systématique et méthodique, ses processus de management de
risques, de contrô le, et de gouvernement d’entreprise, et en faisant des
propositions pour renforcer leur efficacité 4.

L’objectif de l’auditeur interne est donc d’assister les membres du top


management dans l’exercice efficace de leurs responsabilités en leur
fournissant des analyses, des appréciations, des commentaires pertinents et
des recommandations concernant les activités examinées. L’auditeur interne est
donc concerné par toutes les phases de l’activité de l’entreprise qui
intéressent la direction.

Ceci implique d’aller au-delà des aspects comptables et financiers pour atteindre
une pleine compréhension des opérations examinées5.

Cette définition nous paraisse la plus complète et la plus précise pour cerner
l’audit en général et l’audit interne en particulier bien que plusieurs autres
auteurs proposent d’autres définitions qui sont pour la plupart des
déclinaisons plus ou moins bonnes de la définition de l’IIA
Ainsi selon C.H. Gary, l'audit est « un examen critique des informations
fournies par l'entreprise». Cette définition qui s'avère assez restrictive et
simpliste présente l'audit comme étant un diagnostic d'un ensemble de
données fournies par l'entreprise, ce qui nous laissera s'interroger sur les
autres informations non fournies et celles fournies par d’autres types
d’organisations.

of Internal Auditors (IIA), Normes Internationales pour la pratique professionnelle de l’Audit Interne, Publication IFACI, Février 2004, P. 1
4Institute

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 12


5 C. Lionel et V. Gérard, Audit et Contrôle Interne aspects financiers, opérationnels et stratégiques, Paris, Ed.DALLOZ, 1992, P. 9

En ce qui concerne, Mr J.P. Ravalec, il propose la définition suivante : « l’Audit


met en évidence et mesure les principaux problèmes de l'entreprise ou de
l'organisation à évaluer, il en évalue l'importance sous forme de coû ts financiers ou
d'écarts par rapport à des normes, en apprécie les risques qui en découlent,
diagnostique les causes, exprime des recommandations acceptables en termes
de coû ts et de faisabilité pour améliorer le fonctionnement6».

Dans leur livre intitulé « Comptabilité et audit», R. Obert et M. Pierre


Mairesse estiment que la comptabilité et l’audit sont intimement liés, selon
eux la comptabilité est la technique qui permet d’exprimer une image fidèle de la
situation financière d’une entité ou d’un groupe d’entités et l’audit de sa part est
la technique qui assure la crédibilité de cette image. On s’aperçoit que cette
définition de l’audit la borne à la comptabilité. D’ailleurs à ce propos l’IFACI
estime que l’auditeur est concerné par toutes les phases de l’activité de
l’entreprise qui intéressent la direction. Ceci implique donc d’aller au-delà des
aspects comptables et financiers pour atteindre une pleine compréhension des
opérations examinées.

6 J.P. Ravalec, op.cit, P. 4

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 13


Antérieurement, un autre auteur énonçait ce qui suit : « l'audit est l'examen
d'information en vue d'exprimer sur cette information une opinion responsable et
indépendante par référence à un critère de qualité, cette opinion doit
accroître l'utilité de l'information7».

D'après ce qui précède, l'audit est une appréciation d'un ensemble


d'informations basées sur un critère de qualité qui est de nature à y accroître son
utilité en créant de la valeur ajoutée et en renforçant l’efficacité.

Pour éviter toute confusion, il faut comprendre ce que n’est l’audit 8:

o l’audit n’est pas une inspection ;


o l’audit n’est pas une certification : la certification se prononce sur la
validité des comptes (portée juridique) alors que l’audit donne une
assurance raisonnable sur la qualité des comptes (préalablement à leur
certification) ;
o l’audit n’est pas une étude ou une expertise : il n’est n’intervient pas
préalablement à la mise en place d’une procédure, mais au contraire il
l’évalue à postériori.

En effet toutes ces précisions servent à élucider la notion d’audit souvent mal
cernée par le public qui n’est pas auditeur. Ainsi pour comprendre davantage la
notion d’audit il convient de préciser le rô le de l’auditeur.

7 ATH, Audit Financier, Paris, Ed CLET, 1983, P. 18

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 14


8 Extrait du cours de l’audit interne de Mr Mohammed Hassan El Alaoui, ENA de Rabat, Année 2007-2008

B. Définition de l’audit interne :


« L’audit interne est un processus engagé par le conseil d’administration, la
direction et d’autres agents d’une entité pour offrir des assurances raisonnables
quant à la réalisation d’objectif dans les catégories suivants : efficacité et efficience
des opérations, fiabilité des rapports financier, respect des législations et
réglementation en vigueur. »9
« L’audit interne se définit comme étant une approche structurée de la gestion de
la société qui nécessite un système complexe comprenant :

- Des activités opérationnelles, fonctionnelles et administratives qui ajoutent de la


valeur en fonction des besoins internes et externes.
- Des systèmes d’audit interne adaptés aux objectifs et aux risques des activités.
- Un personnel compétent et intégré pour mener à bien les activités organisées
selon une structure appropriée.
- Des systèmes d'information et de données qui permettent le suivi des
performances de la société. »10

Selon la loi sur la surveillance administrative et financière publique D 110


Article 2 :

« Le système d’audit interne est un ensemble cohérent des règles d’organisation et


des fonctions et des normes de qualité qui ont pour but d’optimiser la qualité des
prestations et gestions des entités et ainsi de minimiser les risques économiques et
financiers inhérent à l’activité de l’entité. »

9 Internal control- Integratedframework publié par le Committee Of Sponsoring Organization Of Treadway commission(COSO) en 1992 aux Etats-Unis

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 15


10 Manuel de contrôle interne, version approuvée à la séance du conseil d’Etat du 13 Décembre 2006 République et Canton de Genève département des finances

partie 1

Selon l’ordre des experts comptables en 1977 :

« L’audit interne c'est l'ensemble des sécurités contribuant à la maîtrise de la


société. Il a pour but d'assurer la protection, la sauvegarde du patrimoine et la
qualité de l'information, l'application des instruments de la direction et favoriser
l'amélioration des performances. Il se manifeste par l'organisation, les méthodes et
les procédures de chacune des activités de la société pour maintenir la pérennité
de celle-ci. »
Autres définitions selon l’Institut Français des Auditeurs Consultants Internes
(IFACI) :

« L’audit interne est un dispositif de la société qui vise à assurer :


- La conformité aux lois et règlements.
- L’application des instructions et orientations données par la direction.
- La fiabilité des informations financières.
- Le bon fonctionnement des processus interne de la société pour la sauvegarde
de l’actif.
Et d’une façon générale, il contribue à la maîtrise de ses activités, à l’efficacité de
ses opérations et à l’utilisation de ses ressources. »
« L'Audit Interne est une activité indépendante et objective qui donne à une
organisation une assurance sur le degré de maîtrise de ses opérations, lui apporte
ses conseils pour les améliorer, et contribue à créer de la valeur ajoutée. Il aide
cette organisation à atteindre ses objectifs en évaluant, par une approche
systématique et méthodique, ses processus de management des risques, de
contrô le, et de gouvernement d'entreprise, et en faisant des propositions pour
renforcer leur efficacité. »11

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 16


11 Définition approuvée le 21 mars 2000 par le Conseil d'Administration de l'IFACI (Institut Français de l'Audit et du Contrôle Internes).

Cette définition met en évidence les spécificités de l'audit interne :


- la notion d'indépendance  : bien que pratiquée en entreprise, par des salariés de
celle-ci, il est attendu de ces derniers une conduite, une moralité, un
professionnalisme, une éthique à toute épreuve. C'est la raison pour laquelle
certaines entreprises font signer aux auditeurs internes un code de déontologie
pour les astreindre au respect des valeurs ci-dessus citées.

Par ailleurs, l'entreprise peut (voire doit) diffuser une charte d'audit signée par la
plus haute autorité de l'entreprise afin de définir et faciliter les interventions des
auditeurs internes.

- la notion d'assurance  : la pratique de l'audit interne ne permet pas de garantir à


elle seule la maîtrise des opérations par l'entreprise, en raison notamment des
techniques qui sont mises en œuvre dans le cadre des missions d'audit interne
(l'échantillonnage par exemple).
- la notion de conseil et de création de valeur ajoutée : l'audit interne porte un
regard neutre sur les activités déroulées et constitue une force proposition pour le
management opérationnel de l'entreprise. Il participe ainsi à une meilleure
maîtrise des activités par les opérationnels et par conséquent à la création de
valeur par l'entreprise.
- l'évaluation du dispositif mis en place par l'entreprise pour atteindre ses objectifs
par une approche systématique et méthodique : une méthodologie rigoureuse est
mise en œuvre afin de s'assurer que les objectifs de l'entreprise peuvent être
atteints par le management et l'ensemble du personnel de l'entreprise.

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 17


C. Formes et niveaux de l’audit interne :

a) Les formes de l’audit interne  :

 L'audit comptable et financier :

L'audit comptable et financier est un examen des états financiers de l'entreprise,


visant à vérifier leur sincérité, leur régularité, leur conformité et leur aptitude à
refléter l'image fidèle de l'entreprise.
L'audit comptable et financier est la forme moderne de contrô le, de vérification,
d'inspection, de surveillance des comptes, en apportant une dimension critique.
Toute information comptable et financière peut avoir des conséquences graves sur
l'entreprise, aussi est-il nécessaire pour les dirigeants de s'assurer de la sincérité
des informations.
Les préoccupations d'une révision pour les dirigeants sont le plus souvent :
-les besoins d'une information financière fiable avant de la présenter à des tiers ou
aux associés.
-l'appréciation de l'organisation comptable actuelle afin d'en déceler les
insuffisances et de les améliorer.
-la nécessité d'éviter des fraudes et des détournements.

 L'audit opérationnel :

L'audit opérationnel est une évaluation périodique, contenue et indépendante de


toutes les opérations de l'organisation en vue d'aider les gestionnaires à améliorer
le rendement de leur unités administratives, et ce par l'appréciation objectifs et les
plans, les responsabilités, les structures organisationnelles, les politiques et

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 18


procédures, les systèmes et méthodes, les contrô les et les ressources humaines et
physiques.
Dans l'audit opérationnel il s'agit d'auditer « réalité (les opérations) » au lieu de
« l'image » que la comptabilité en donne. L'idée est donc d'auditer la réalité plutô t
que sa description comptable, afin de permettre à l'entreprise de pouvoir affronter
la compétition avec les meilleurs atouts.

 L'audit de direction :

La notation de l'audit de direction reste confuse : pour les uns, il ne se conçoit que
sous forme de synthèse de divers audits opérationnels.
Mais quoi qu'il en soit il ne pas d'auditer la direction générales en portant un
quelconque jugement sur ses options stratégiques et politiques. « En aucun cas,
l'auditeur ne peut s'intéresser au fond des choses : ce ne sont pas ses objectifs et
n'a pas la compétence pour le faire. Il faut donc dire et répété que l'existante d'un
service d'audit interne n'altère en rien la liberté de choix et les décisions, les
comparer, les mesures dans leurs conséquences et attirer l'attention sur les
risques ou les incohérences relèvent bien de l'audit interne ».

b) Les niveaux de l’audit interne  :

 L’audit de conformité/ de régularité :

C’est le point d’ancrage fondamental des stratifications ultérieures et successives.


À cette période correspond la démarche simple et traditionnelle de l’auditeur et
qui va consister à vérifier la bonne application des règles, procédures, descriptions

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 19


de poste, organigrammes, systèmes d’information… en bref, il va comparer la règle
et la réalité, ce qui devrait être et ce qui est.

Autrement dit, il va travailler par rapport à un référentiel et c’est en cela que son
travail est relativement simple. L’auditeur, s’étant informé sur tout ce qui devrait
être, signale au responsable les distorsions, les non-applications (évitables ou
inévitables) les mauvaises interprétations des dispositions établies ; il en analyse
les causes et les conséquences et recommande ce qu’il convient de faire pour qu’à
l’avenir les règles soient appliquées. Cette moisson est rapportée à l’audité qui en
fait son profit, nous verrons comment ultérieurement.

Avec les manquements graves et répétés aux différentes législations et


réglementations, constatés récemment, l’audit de conformité semble bien prendre
une importance accrue et est toujours d’actualité. Et ce d’autant plus que les
dispositions réglementaires sont de plus en plus strictes et contraignantes (LSF en
France et Sarbanes-Oxley aux É tats-Unis).

Cet audit de conformité peut aussi s’appeler « audit de régularité » : les puristes
distinguent que dans le premier cas on observe la conformité avec les dispositions
légales et réglementaires et dans le second cas la régularité par rapport aux règles
internes de l’entreprise. Mais dans les deux cas, la démarche est la même :
comparer la réalité au référentiel proposé. Cette démarche, toujours essentielle
pour un auditeur interne, s’est doublée d’une approche nouvelle, l’audit
d’efficacité.

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 20


 L’audit d’efficacité :

Progressivement on est allé plus loin dans les objectifs assignés à l’auditeur
interne. É tant devenu un spécialiste du diagnostic, de l’appréciation des méthodes,
procédures, analyses de postes, organisation du travail, l’auditeur a pris l’habitude
d’émettre une opinion, non plus seulement sur la bonne application des règles,
mais également sur leur qualité. Telle procédure est-elle opportune ? Superflue ?
Désuète ? Inutilement compliquée ? Inutile ? Incomplète ? Inexistante ? Et ce
questionnement s’est peu à peu imposé au fur et à mesure que l’auditeur interne
approfondissait son analyse dans la recherche des causes.

Il n’y a plus alors de référentiel clair et précis ; ou plutô t le référentiel devient une
abstraction, résultante de l’appréciation de l’auditeur interne sur ce qu’il considère
comme devant être la meilleure des solutions possibles, la plus efficace, la plus
productive, la plus sû re. Dans cette démarche, l’auditeur interne est d’autant plus
efficace que son professionnalisme, sa connaissance de l’entreprise, son savoir-
faire dans la fonction auditée sont plus importants. On voit tout naturellement
s’esquisser le partage des tâ ches : à l’auditeur junior les audits de conformité et de
régularité, mais à l’auditeur senior, plus expérimenté, les audits d’efficacité.

Lorsqu’on parle d’audit d’efficacité, on va au plus simple englobant à la fois les


notions d’efficacité et d’efficience. C’est pourquoi il serait plus cohérent de parler
d’audit de performance, mais le vocable « audit d’efficacité » est maintenant entré
dans la pratique et le langage.

Il est toutefois utile de le décomposer en rappelant le sens des deux termes :

• L’efficacité, dont le critère est l’atteinte des objectifs fixés, et plus généralement la
réponse adéquate à l’attente. C’est le « doing the right things »12 des Anglo-Saxons.

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 21


• L’efficience, qui est le « doing the things right », et dont le critère est de faire le
mieux possible, ce qui exige la meilleure des qualités quant aux connaissances (le
savoir), aux techniques (le savoir-faire), aux comportements(Le savoir être) et à la
communication (le faire savoir).
L’efficience, stricto sensu, est donc très largement imprégnée par la culture.
C’est pourquoi l’audit d’efficacité entendu au sens large – et c’est un point sur
lequel nous reviendrons souvent, singulièrement à propos des méthodes et
procédures – est très coloré par la culture d’entreprise.
Là où règne une expansion importante, lorsque l’entreprise est en pleine
croissance et qu’il s’agit d’éliminer au maximum freins et facteurs de
ralentissement, l’appréciation d’efficacité se fait le plus souvent en termes
d’allégements et de simplifications, en conservant les risques considérés comme
acceptables.
Au contraire, lorsque l’entreprise est en position de moindre croissance, lorsque la
culture est plus une culture de conservation des acquis qu’une culture de
développement, et lorsqu’a fortiori la situation est celle de tous les dangers,
l’appréciation d’efficacité se fait en termes d’affinement des règles et procédures,
de meilleure définition des responsabilités, voire de substitution de règles plus
strictes aux dispositions antérieures.
Ce poids culturel dans la conception et l’application de l’audit pèse encore plus
lourd dans les développements ultimes, connus à ce jour, de la démarche d’audit :
l’audit de management et l’audit de stratégie.

12 R. N. GREENWALD, « An internal auditor’s guide to self management », The Internal Auditor, 1990.

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 22


 L’audit de management (ou audit de direction) :

Il ne s’agit pas, comme certains peuvent le penser encore, d’auditer la direction


générale en portant un quelconque jugement sur ses options stratégiques et
politiques. En aucun cas, l’auditeur ne peut s’intéresser au fond des choses : ce ne
sont pas ses objectifs et il n’a pas la compétence pour le faire.
Il faut donc dire et répéter que l’existence d’un service d’audit interne n’altère en
rien la liberté de choix et de décision des directions générales. En revanche,
observer les choix et les décisions, les comparer, les mesurer dans leurs
conséquences et attirer l’attention sur les risques ou les incohérences relève bien
de l’audit interne. Pratiquer l’audit de management c’est donc toujours, et quelle
que soit la définition retenue, observer la forme et non le fond.

L’audit de management (ou audit de direction pour ceux que le franglais effraie)
peut s’apprécier aujourd’hui de trois façons différentes, c’est-à -dire que l’on peut
en donner trois définitions. Cette situation s’explique et se comprend parce que ce
champ d’application, encore en plein développement, est pour les acteurs objet de
recherches, de tentatives, d’innovations dans un secteur où la terminologie n’est
pas encore fixée. Mais parmi ces trois conceptions de l’audit de management, l’une
d’entre elles est en train d’acquérir droit de cité car elle correspond à la « pratique
dominante » et on peut raisonnablement penser qu’elle s’imposera peu à peu.

 Dans cette première conception l’auditeur interne se fait présenter par le


responsable du secteur audité la politique qu’il doit conduire. En d’autres termes,
et l’on verra que c’est le préalable nécessaire à la démarche d’appréciation du
contrô le interne, il doit solliciter son interlocuteur« Monsieur le responsable de
l’entretien, quelle est votre politique d’entretien ? » ou « Monsieur le responsable du
recrutement, quelle est votre politique de recrutement ? » ou encore« Monsieur le
Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 23
directeur des ventes, quelle est votre politique de vente ? » ce qui signifie en clair:«
Comment concevez-vous la mission qui vous est assignée ? ».
Cet exposé de la politique permet tout d’abord de s’assurer que l’intéressé en a
une et qu’il est en mesure de l’exprimer clairement. C’est-à -dire qu’il connaît
parfaitement sa mission. Si tel n’était pas le cas, on pourrait déjà en tirer un certain
nombre de conséquences.
L’exposé étant fait et la connaissance de cette politique étant acquise, l’auditeur va
regarder dans quelle mesure cette politique est en ligne avec la stratégie de
l’entreprise ou avec les politiques qui en découlent. La politique d’entretien est-elle
cohérente par rapport à la politique d’investissements ? La politique de publicité
est-elle en harmonie avec la politique de marketing et celle-ci dans la ligne
stratégique définie par la direction générale, etc. ? Ainsi se définit l’audit de
management : à l’occasion de chaque audit, une réflexion du type « audit de
conformité » mais portant sur ce domaine spécifique et d’application délicate
qu’est le domaine stratégique. Cette conception de l’audit de management apparaît
donc d’une utilisation périlleuse : elle nécessite à l’évidence un grand
professionnalisme, une bonne connaissance de l’entreprise et une autorité
suffisante pour être écoutée des responsables quant aux recommandations
susceptibles d’être formulées dans ce domaine.
C’est-à -dire que cet « audit de management » est en fait exercé par des
responsables d’audit interne, des chefs de mission ou tout le moins par des
auditeurs très confirmés. Il s’inscrit dans la droite ligne de l’appréciation du
gouvernement d’entreprise préconisée par la définition de l’audit interne.
Cet audit peut se manifester ou bien sous la forme d’une mission d’audit spécifique
et portant sur un sujet fondamental d’examen de conformité entre la politique
d’une fonction et la stratégie de l’entreprise. Mais « l’audit de management » peut
aussi trouver à s’exercer au sein d’une mission d’audit « traditionnelle » et dans
laquelle certains constats et donc certaines recommandations sont de nature «
Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 24
audit de management » comme d’autres peuvent être de nature « audit de
conformité » ou « audit d’efficacité ».
 Cette remarque vaut également pour la deuxième conception de l’audit de
management, nettement moins pratiquée que la première, mais qui n’est pas
incompatible avec elle. Dans cette optique, l’auditeur interne porte son regard non
plus vers le haut, mais vers le bas, non plus vers les aspects politiques ou
stratégiques de l’entreprise compris dans leur globalité, mais vers la mise en
œuvre sur le terrain. Dans cette démarche, en effet, l’auditeur s’étant fait expliquer,
comme dans le premier cas, quelle est la politique du responsable de l’unité
auditée, quelle est sa mission, il va ensuite se rendre sur le terrain pour examiner
dans quelle mesure cette politique est connue, comprise et appliquée, et si ceux qui
sont chargés de la mettre en œuvre ont bien en main les moyens pour le faire.
En vérifiant la façon dont les politiques sont connues, transmises et exécutées, tout
au long de la ligne hiérarchique, l’auditeur réalise pleinement son rô le –
ultérieurement décrit – d’appréciateur du contrô le interne. Là encore nous avons
affaire à une sorte d’audit de conformité, mais conformité non plus entre une
politique et la stratégie globale, conformité cette fois entre une politique et sa mise
en œuvre.
 La troisième conception de l’audit de management est évoquée pour
mémoire car elle n’est que peu pratiquée. Mais elle existe et mérite à ce titre d’être
citée. Elle existe essentiellement dans certains grands groupes internationaux dans
lesquels on doit respecter un processus formalisé d’élaboration de la stratégie de
l’entreprise. En d’autres termes, la direction générale locale doit suivre un certain
processus de concertation, de propositions et d’approbation avec la direction
générale du groupe : au terme de ce processus la stratégie à retenir est définie et
approuvée.
L’audit de management – disent alors les tenants de cette troisième conception –
va consister à réaliser l’audit de ce processus d’élaboration de la stratégie ; donc là
Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 25
également, audit de conformité mais portant sur une matière noble, dans laquelle
la direction générale est impliquée au premier chef, savoir le respect des règles
définies pour l’élaboration de la stratégie.

 L’audit de stratégie :

 Allant au-delà , et partant de ces différentes conceptions, on commence à


parler d’audit de stratégie, conçu comme une confrontation de l’ensemble des
politiques et stratégies de l’entreprise avec le milieu dans lequel elles se situent
pour en vérifier la cohérence globale. Cette conception confirme la pétition de
principe en vertu de laquelle l’auditeur interne ne saurait en aucun cas prétendre
apprécier les politiques et stratégies, son rô le se limite à souligner éventuellement
les incohérences. Observons cependant que ces simples révélations peuvent
conduire la direction générale à modifier au fond tel ou tel point pour retrouver
une cohérence globale, mais on se situe alors hors du champ d’application de
l’audit interne. Mais quelle que soit l’option appliquée, il s’agit là d’audits de haut
niveau, exigeant des compétences sérieuses et qui – en dépit des déclarations – ne
sont encore pratiqués que par quelques-uns. Il est certain que cette ultime étape en
cours de développement laisse présager des conceptions plus élaborées de l’audit
interne. Les avancées pressenties sur l’audit du gouvernement d’entreprise
prennent place dans ce contexte.
C’est à partir de ces réflexions que s’est posée la question du rô le de l’auditeur
interne dans l’appréciation de la performance. Le respect des bons principes exige
que l’auditeur ne porte pas de jugement sur la performance atteinte ou à atteindre,
mais qu’il s’assure que la norme de performance assignée est connue et réalisable.

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 26


En d’autres termes il doit veiller à l’existence :
 d’objectifs de performance.
 de moyens suffisants pour les atteindre.
 d’un système d’information pour les mesurer.
Quoi qu’il en soit l’analyse de cette évolution historique conduit à la définition de
quatre « natures » d’audit, admises et reconnues par tous.

E- Normes de l’audit interne


L’audit interne est exercé dans différents environnements juridiques et culturels
ainsi que dans des organisations dont l'objet, la taille, la complexité et la structure
sont divers. Il peut être en outre exercé par des professionnels de l'audit, internes
ou externes à l'organisation.
Comme ces différences peuvent influencer la pratique de l'audit interne dans
chaque environnement, il est essentiel de se conformer aux Normes
internationales pour la pratique professionnelle de l'audit interne de l’IIA (ci-après
« les Normes ») pour que les auditeurs internes et l’audit interne s'acquittent de
leurs responsabilités.
Lorsque la législation ou la réglementation empêchent les auditeurs internes ou
l’audit interne de respecter certaines dispositions des Normes, il est nécessaire
d’en respecter les autres dispositions et de procéder à une communication
appropriée.
Si les Normes sont conjointement utilisées avec des dispositions d’autres organes
de référence, les communications de l’audit interne peuvent le cas échéant, citer
l’utilisation d’autres Normes. S’il y a des contradictions entre les Normes et ces
autres dispositions, les auditeurs internes et l’audit interne doivent se conformer
aux Normes et peuvent respecter les autres dispositions si celles-ci sont plus
exigeantes.

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 27


Les normes ont pour objet :
1) de définir les principes de base que la pratique de l’audit interne doit suivre ;
2) de fournir un cadre de référence pour la réalisation et la promotion d’un large
éventail d’activités d’audit interne apportant une valeur ajoutée ;
3) d’établir les critères d’appréciation du fonctionnement de l’audit interne ;
4) de favoriser l’amélioration des processus organisationnels et des opérations.

Les Normes sont des principes obligatoires constituées :


_ De déclarations sur les conditions fondamentales pour la pratique
professionnelle de l’audit interne et pour l’évaluation de sa performance. Elles sont
internationales et applicables tant au niveau du service qu’au niveau individuel ;
_ D’interprétations clarifiant les termes et les concepts utilisés dans les
déclarations.

Les Normes se composent 13


_ Des Normes de qualification.
_ Des Normes de fonctionnement.
_ Des Normes de mise en œuvre.
Les Normes de qualification énoncent les caractéristiques que doivent présenter
les organisations et les personnes accomplissant des missions d'audit interne. Les
Normes de fonctionnement décrivent la nature des missions d'audit interne et
définissent des critères de qualité permettant de mesurer la performance des
services fournis. Les Normes de qualification et les Normes de fonctionnement
s’appliquent à tous les services d’audit. Les Normes de mise en œuvre précisent
les Normes de qualification et les Normes de fonctionnement en indiquant les
exigences applicables dans les activités d’assurance (A) ou de conseil (C).
13 Robert OBERT Marie-Pierre MAIRESSE Comptabilité et audit 2e édition

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 28


Dans le cadre de missions d'assurance, l'auditeur interne procède à une évaluation
objective en vue de formuler en toute indépendance une opinion ou des
conclusions sur une entité, une opération, une fonction, un processus, un système
ou tout autre sujet. L’auditeur interne détermine la nature et l'étendue des
missions d’assurance. Elles comportent généralement trois types d'intervenants :
(1) la personne ou le groupe directement impliqué dans l’entité, l’opération, la
fonction, le processus, le système ou le sujet examiné – autrement dit le
propriétaire du processus,
(2) la personne ou le groupe réalisant l'évaluation – l'auditeur interne,
(3) la personne ou le groupe qui utilise les résultats de l'évaluation – l'utilisateur.
Les missions de conseil sont généralement entreprises à la demande d'un client.
Leur nature et leur périmètre font l'objet d'un accord avec ce dernier. Elles
comportent généralement deux intervenants :
(1) la personne ou le groupe qui fournit les conseils – en l'occurrence l'auditeur
interne,
(2) la personne ou le groupe donneur d'ordre auquel ils sont destinés – le client.
Lors de la réalisation de missions de conseil, l'auditeur interne doit faire preuve
d'objectivité et n'assumer aucune fonction de management.

Normes de qualification
1000 – Mission, pouvoirs et responsabilités
1100 – Indépendance et objectivité
1110 – Indépendance dans l’organisation
1120 – Objectivité individuelle
1130 – Atteintes à l’indépendance et à l’objectivité
1200 – Compétence et conscience professionnelle
1210 – Compétence
1220 – Conscience professionnelle

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 29


1230 – Formation professionnelle continue
1300 – Programme d’assurance et d’amélioration qualité
1310 – É valuations du programme qualité
1311 – É valuations internes
1312 – É valuations externes
1320 – Rapports relatifs au programme qualité
1330 – Utilisation de la mention « conduit conformément aux normes »
1340 – Indication de non-conformité
NORMES DE FONCTIONNEMENT
Normes de fonctionnement
2000 – Gestion de l’audit interne
2010 – Planification
2020 – Communication et approbation
2030 – Gestion des ressources
2040 – Règles et procédures
2050 – Coordination
2060 – Rapports au Conseil et à la direction générale
2100 – Nature du travail
2110 – Management des risques
2120 – Contrô le
2130 – Gouvernement d’entreprise
2200 – Planification de la mission
2201 – Considérations relatives à la planification
2210 – Objectifs de la mission
2220 – Champ de la mission
2230 – Ressources affectées à la mission
2240 – Programme de travail de la mission
2300 – Accomplissement de la mission
Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 30
2310 – Identification des informations
2320 – Analyse et évaluation
2330 – Documentation des informations
2340 – Supervision de la mission
2400 – Communication des résultats
2410 – Contenu de la communication
2420 – Qualité de la communication
2421 – Erreurs et omissions
2430 – Indication de non-conformité aux normes
2440 – Diffusion des résultats
2500 – Surveillance des actions de progrès
2600 – Acceptation des risques par la direction générale

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 31


Section2 : l’audit interne et les autres fonctions et profession :

A. L’audit interne et les professions externe :

a) L’audit interne et l’audit externe  :

L’audit externe est une fonction indépendante de l’entreprise dont la mission est
de certifier l’exactitude des comptes, résultats et états financiers ; et plus
précisément, si on retient la définition des commissaires aux comptes : certifier la
régularité, la sincérité et l’image fidèle des comptes et états financiers.
Observons, et ceci est important, que cette fonction exercée par des cabinets
indépendants, commissaires aux comptes ou grands cabinets nationaux et
internationaux, ne s’est pas toujours confondue avec l’ensemble des activités des
dits cabinets.
En effet, ceux-ci ont exercé d’autres fonctions que celle d’audit externe :
consultants, organisateurs, ils obéissaient alors à d’autres règles que nous
envisagerons dans le paragraphe suivant. Le développement de plus en plus
important de ces autres fonctions dans les grands cabinets a créé souvent la
confusion.
Et c’est pourquoi, suite aux affaires récentes, les nouvelles réglementations
cantonnent l’audit externe dans ses fonctions traditionnelles.
S’agissant de la fonction d’audit externe, et de celle-là seulement, on peut
inventorier de façon précise les différences entre les deux fonctions ; il est utile de
noter également qu’elles sont non point concurrentes mais largement
complémentaires.

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 32


Les huit différences

 Le statut de l’auditeur :
C’est une évidence mais qui est fondamentale. L’auditeur interne appartient au
personnel de l’entreprise, l’auditeur externe (cabinet international ou commissaire
aux comptes) est dans la situation d’un prestataire de services juridiquement
indépendant.

 Les bénéficiaires de l’audit :


L’auditeur interne travaille pour le bénéfice des responsables de l’entreprise :
managers, direction générale, éventuellement comité d’audit.
L’auditeur externe certifie les comptes à l’intention de tous ceux qui en ont besoin :
actionnaires, banquiers, autorités de tutelle, clients et fournisseurs, etc.

 Les objectifs de l’audit :


Alors que l’objectif de l’audit interne est d’apprécier la bonne maîtrise des activités
de l’entreprise et de recommander les actions pour l’améliorer, celui de l’audit
externe est de certifier la régularité, la sincérité, l’image fidèle, des comptes,
résultats et états financiers.

 Le champ d’application de l’audit :


Le champ d’application de l’audit externe englobe tout ce qui concourt à la
détermination des résultats, à l’élaboration des états financiers et rien que cela ;
mais dans toutes les fonctions de l’entreprise.
L’auditeur externe qui limiterait ses observations et investigations au secteur
comptable ferait œuvre incomplète. Les professionnels le savent bien qui explorent
toutes les fonctions de l’entreprise et tous les systèmes d’information qui
participent à la détermination du résultat et cette exigence est de plus en plus
grande au fur et à mesure que se développent les saisies à la source.
Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 33
Le champ d’application de l’audit interne est beaucoup plus vaste puisqu’il inclut
non seulement toutes les fonctions de l’entreprise, mais également dans toutes
leurs dimensions. Ainsi, porter une appréciation technique sur l’entretien de tel
matériel de fabrication ou apprécier qualitativement les modalités de recrutement
de l’encadrement est tout à fait dans le champ d’application de l’audit interne et en
dehors de celui de l’audit externe. Toutefois, ce dernier est concerné par l’entretien
ou le recrutement dans leurs dimensions financières.

 La prévention de la fraude  :
L’audit externe est intéressé par toute fraude, dès l’instant qu’elle a, ou est
susceptible d’avoir, une incidence sur les résultats. En revanche, une fraude
touchant, par exemple, à la confidentialité des dossiers du personnel, concerne
l’audit interne, mais non l’audit externe.

 L’indépendance de l’auditeur  :
Il va de soi que cette indépendance n’est pas de même nature. L’indépendance de
l’auditeur externe est celle du titulaire d’une profession libérale, elle est juridique
et statutaire ; celle de l’auditeur interne est assortie des restrictions analysées au
chapitre précédent.

 La périodicité des audits  :


Les auditeurs externes réalisent en général leurs missions de façon intermittente
et à des moments privilégiés pour la certification des comptes : fin de trimestre, fin
d’année. En dehors de ces périodes, ils ne sont pas présents, sauf le cas de certains
grands groupes dont l’importance des affaires exige la présence permanente d’une
équipe tout au long de l’année, laquelle équipe grossit considérablement en
période d’arrêté des comptes.

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 34


L’auditeur interne travaille en permanence dans son entreprise sur des missions
planifiées en fonction du risque et qui l’occupent avec la même intensité quelle que
soit la période. Mais observons également que l’auditeur externe est en relation
avec les mêmes interlocuteurs dans les mêmes services, alors que l’auditeur
interne change sans cesse d’interlocuteur. Du point de vue relationnel c’est donc
l’audit externe qui est permanent et l’audit interne périodique.

 La méthode de l’auditeur  :
Les auditeurs externes réalisent leurs travaux selon des méthodes qui ont fait leurs
preuves, à base de rapprochements, analyses, inventaires.
La méthode des auditeurs internes est spécifique et originale.

Les différences entre les deux fonctions sont donc précises et bien connues ; il ne
saurait y avoir de confusion. Mais elles ne doivent pas s’ignorer car l’appréciation
et la bonne mise en œuvre de leur complémentarité sont pour l’organisation tout
entière un gage d’efficacité.

Les complémentarités
L’audit interne est un complément de l’audit externe puisque là où existe une
fonction d’audit interne, l’auditeur externe est tout naturellement conduit à
apprécier différemment les qualités de régularité, sincérité et image fidèle des
comptes qui lui sont présentés. Il peut même être amené à se prévaloir de certains
travaux de l’audit interne pour asseoir son jugement ou étayer sa démonstration.
Ce dernier aspect est d’ailleurs affirmé dans la norme 2050 :« Le responsable de
l’audit interne devrait partager les informations… avec lesautres prestataires. »

L’audit externe est un complément de l’audit interne, un élément d’appréciation


sur la maîtrise des affaires : là où un professionnel de talent exerce son activité, la

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 35


maîtrise des affaires s’en trouve renforcée. L’auditeur prend donc en compte cet
aspect des choses et peut être amené – lui aussi – à se prévaloir de certains travaux
de l’audit externe pour asseoir son jugement ou étayer sa démonstration.

Les rapprochements
Ils sont préconisés par les normes professionnelles de l’audit interne, lesquelles
précisent (norme 2050 ci-dessus analysée). « Le responsable de l’audit interne
devrait partager les informations et coordonner les activités avec les autres
prestataires internes et externes. »
En sus de l’information réciproque décrite sous le paragraphe précédent le
rapprochement peut revêtir plusieurs formes traduisant une collaboration plus ou
moins étroite. Ce sont en allant jusqu’à ce qui semble plus une dérive qu’une
évolution souhaitable :
- Les prestations externes : Définies par l’Institut de l’audit interne comme

l’assistance ponctuelle de cabinets externes spécialistes de la discipline auditée, au


plan de la formation, de la méthodologie ou du conseil. Dans ce cadre, on peut faire
appel à des spécialistes de multiples disciplines : techniciens, informaticiens,
fiscalistes, juristes…
- La cotraitance  : La cotraitance est définie par l’Institut de l’audit interne

comme la constitution d’une équipe commune auditeurs internes et consultants


externes en vue d’une mission déterminée. Cette équipe est placée sous le
leadership de l’audit interne. La cotraitance implique la concertation.
- La sous-traitance  : L’Institut de l’audit interne définit comme suit la sous-
traitance en audit interne : « Action consistant à confier d’une manière permanente
ou ponctuelle à un organisme extérieur, l’audit d’un ou plusieurs établissements, ou
d’une ou plusieurs fonctions ou activités spécifiques. Dans tous les cas de figure, le
sous-traitant agit suivant les directives du directeur de l’audit interne. ».

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 36


b) L’audit interne et le conseil ou consultant externe  :

Les consultants ont, eux aussi, une connaissance du monde extérieur à l’entreprise
qui les fait bénéficier d’un jeu de référentiels que n’ont pas toujours les auditeurs
internes.

Rappelons que les fonctions de consultant externe sont parfois exercées par des «
cabinets d’audit » qui disposent pour ce faire de spécialistes dans les domaines les
plus variés ; mais elles peuvent être également exercées par des experts de toute
nature qui apportent à l’entreprise le concours de leurs connaissances spécialisées.
Mais les confusions entre auditeur externe et consultant externe n’ont plus lieu
d’être dès l’instant que le législateur a nettement séparé les deux fonctions.
Par rapport à la fonction et aux missions de l’audit interne ces missions de
consultant présentent quatre spécificités originales :

• le consultant est appelé pour un problème particulier, bien identifié,


correspondant à sa compétence technique et il n’a pas à intervenir dans
l’entreprise en dehors de ce domaine.
• il est missionné pour un objectif bien précis et sa mission est, en général, fixée
dans la durée.
• il travaille pour un responsable déterminé : celui qui a sollicité ses avis et va
donc rester « propriétaire » de son rapport. Ce responsable peut être la direction
générale, mais ce peut être également un manager spécifique dans un domaine
particulier.
• selon les termes de sa mission, son rô le peut aller du simple diagnostic de
l’existant, jusqu’à la préconisation de nouvelles organisations ou moyens et une
participation à leur mise en œuvre. C’est souvent le cas des organisateurs.

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 37


Mais on peut dire que les deux fonctions se rapprochent depuis que l’on assigne à
l’auditeur un rô le de conseil. D’autant plus que la norme 2050 sur la nécessaire
coordination des activités et le partage des informations concerne également les
consultants externes de toute nature.
On s’est interrogé pour savoir si ces missions externes correspondaient bien aux
attentes des entreprises. La réponse est nuancée selon les commentateurs14. Mais il
ne faudrait pas en conclure hâ tivement que le consultant externe n’a plus de rô le à
jouer ; il faut simplement en déduire qu’entre auditeur interne et consultant
externe il ne peut y avoir élimination de l’un par l’autre mais, là également,
collaboration et complémentarité.
Comme l’auditeur externe le consultant externe a le statut d’un expert
indépendant. Il n’en est pas de même de l’Inspecteur.
c) L’audit interne et le commissariat aux comptes

L'audit interne est une fonction d'évaluation à la disposition d'une organisation


pour examiner et apprécier le bon fonctionnement, la cohérence et l'efficience de
son contrô le interne. A cet effet, les auditeurs internes examinent les différentes
activités de l'organisation, évaluent les risques et le dispositif mis en place pour les
maîtriser, s'assurent de la qualité de la performance dans l'accomplissement des
responsabilités confiées et font toute recommandation pour améliorer sa sécurité
et accroître son efficacité.
Membre à part entière du management de l'organisation, le responsable de l'audit
interne agit dans le cadre d'une charte d'audit définissant son indépendance. La
variété de ses interventions le conduit à entretenir des relations étroites avec
différents partenaires externes, au premier rang desquels se situent les
commissaires aux comptes.

14 Étude d’A. T. KEARNEY : commentaires FAVILLA. Les échos, 27 février 1992

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 38


 LES RELATIONS ENTRE LES AUDITEURS INTERNES ET LES
COMMISSAIRES AUX COMPTES

Sur un plan historique, les services d'audit interne les plus anciens ont été
établis sur les fondements de départements de révision comptable qui
collaboraient étroitement avec les commissaires aux comptes. L'évolution des
travaux des auditeurs internes vers l'audit opérationnel a conduit à relâ cher
progressivement les liens existants.
Aujourd'hui, l'importance des relations entre auditeurs internes et auditeurs
externes varie avec l'implication des intéressés et l'orientation des travaux des
auditeurs internes. Elle dépend aussi de l'existence d'une structure dédiée au
contrô le des procédures et logiciels comptables et de la volonté de la Direction
Générale. Ces relations sont parfois intenses, souvent occasionnelles, voire
totalement inexistantes.
Des différences de fond existent entre audit interne et commissariat aux
comptes:

 Au plan du statut : le statut de l'audit interne est défini dans le cadre d'une
charte d'audit approuvé par la Direction Générale et / ou le Conseil
d'administration de l'organisation; celui du commissariat aux comptes est
défini dans un cadre légal et réglementaire.

 Au plan de l'indépendance : garantie par un rattachement au plus haut


niveau et une relation étroite avec le Comité d'audit pour l'audit interne;
statutairement et juridiquement protégée pour le commissariat aux
comptes.
 Au plan de l'objectif : l’audit interne s'assure que les différentes activités
sont sous contrô le et que l'organisation est efficiente; dans ce contexte, il
est amené à examiner l'ensemble du dispositif de contrô le interne et à se

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 39


prononcer sur la qualité de la gestion. L'audit externe certifie les comptes
en s'assurant de la régularité, de la sincérité et de l'image fidèle des états
financiers. A ce titre, il s'intéresse essentiellement au dispositif de contrô le
interne comptable.
 Au plan du champ d'investigation : pour l'audit interne, il ne peut y avoir
de sanctuaires échappant à ses contrô les; pour le commissariat aux
comptes, le champ d'intervention englobe tout ce qui concourt à la
détermination des résultats, à l'élaboration des états financiers et rien que
cela.
 Au plan de la périodicité des interventions : l’audit interne intervient de
manière permanente au sein de son organisation, dans le cadre de
missions le plus souvent planifiées en avance mais pouvant être, selon les
circonstances, non programmées ou décidées en urgence; par contre, la
présence des commissaires aux comptes est rythmée sur l'exercice
comptable.
 L’évaluation du contrô le interne, point de convergence de l’audit interne
et du commissariat aux comptes: Même si l'appréhension du contrô le
interne est différente entre les deux professions, elle n'en est pas moins
une préoccupation majeure pour l'une et l'autre. Il est donc souhaitable,
dans un souci d'efficacité, qu'elles coordonnent au mieux leurs activités et
s'appuient sur leurs compétences et ressources respectives.
 Audit interne, commissariat aux comptes, une coopération qui s’impose:
Cette coopération est formellement prévue par les normes édictées par les
deux professions. La norme 550 de l'Institute of InternaI Auditors précise
que le directeur de l'audit interne doit coordonner les efforts de l'audit
interne et de l'audit externe; de son cô té, la norme 2106 de la Compagnie
Nationale des Commissaires aux Comptes définit les conditions
d'utilisation des travaux des auditeurs internes. On peut, à partir de là ,
Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 40
définir les conditions et modalités d'une collaboration entre audit interne
et commissariat aux comptes :
_ Existence d'un service d’audit interne compétent, indépendant,
disposant de moyens adaptés à sa mission, respectueux des normes
pour la pratique professionnelle de l'audit interne et à même
d'appréhender les techniques, les méthodes et la terminologie des
commissaires aux comptes.
_ A l'initiative du directeur de l'audit interne et en concertation avec les
commissaires aux comptes, identification des missions d'intérêt
commun et coordination des travaux pour s'assurer de leur
déroulement efficace.
_ Transmission des rapports de missions d'intérim à l'audit interne, et
libre accès des commissaires aux comptes aux rapports des auditeurs
internes dont le contenu est en relation avec l'exécution de leur
mandat.
_ Communication aux commissaires aux comptes du rapport annuel de
l'audit interne sur les conditions dans lesquelles le contrô le interne est
assuré dans l'organisation, et transmission, à l'audit interne, de la note
de synthèse des contrô les effectués par ces derniers.
_ Réunions de travail périodiques, une à deux fois par an, au cours
desquelles chacun rend compte de ses investigations et de ses
conclusions sur les sujets d'intérêt commun.
_ Information annuelle du Conseil d'Administration ou du Comité d'audit
lorsqu'il existe, sur les résultats de la collaboration entre l'audit interne
et le commissariat aux comptes en mettant notamment en évidence les
convergences ou divergences d'appréciation concernant l'efficacité du
dispositif de contrô le interne.

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 41


_ Information de l'audit interne par les commissaires aux comptes, de
toute mission spécifique qui leur a été confiée et qui n'entre pas dans le
cadre légal de la certification des comptes.
_ Participation de l'audit interne à la détermination des honoraires des
commissaires aux comptes.

A. L’audit interne et les autres fonctions de l’entreprise :

Nombreux sont encore ceux qui, lorsqu’on parle d’audit interne, pensent fonction
financière et comptable. C’est que le poids de l’histoire pèse encore lourdement
dans les esprits qui n’ont pas été informés sur l’évolution de la fonction. Elle a, de
fait, largement débordé ses limites historiques et concerne, sinon dans la pratique,
à tout le moins dans sa conception théorique, toutes les fonctions sans restriction
aucune. C’est qu’en effet, les objectifs et la méthodologie de l’audit interne sont
universels en ce sens qu’ils s’appliquent à toutes les activités permettant ainsi des
mieux maîtriser. On peut donc décliner toutes les fonctions de l’entreprise :
l’auditeur interne va y exercer ses activités pour le plus grand profit de tous.

 Fonction financière et comptable  :


Comptabilité, trésorerie, sont bien évidemment inscrites au plan d’audit interne,
mais avec des objectifs complémentaires par rapport à ceux assignés aux auditeurs
externes. Nous verrons, à l’occasion du positionnement de la fonction, en quoi ces
objectifs diffèrent. Mais nous verrons aussi à quel point audit interne et audit
externe sont appelés à collaborer, tant est grande la complémentarité de leur
action.

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 42


 Fonction commerciale et logistique :
Marketing, ventes, publicité, stockage, transports, tous ces domaines doivent être
explorés par l’auditeur interne. On perçoit bien que dans cette approche l’aspect
financier et comptable n’est pas seul concerné. L’universalité des objectifs de
l’audit interne conduit à analyser tous les autres aspects de la fonction : relations
commerciales et publicité, solvabilité du client, qualité des livraisons, recherche
des prospects, etc.

 Fonction fabrication/production :
Au sens le plus large du terme, c’est-à -dire incluant aussi bien l’examen des
installations de fabrication, que celui de la production, de la maintenance, des
investissements, de la sécurité industrielle, etc. Ce qui veut dire en clair que
l’auditeur interne est présent aussi bien dans les usines et sur les chantiers que
dans les bureaux. Sans doute la réunion d’un certain nombre de conditions est-elle
nécessaire pour parvenir à cette situation, en particulier l’exigence d’une culture
technique, à tout le moins pour les entreprises à haute technologie. Mais si on veut
donner à la fonction la plénitude de sa dimension on comprend bien qu’il est
nécessaire que l’équipe d’audit interne soit composée d’auditeurs de toutes
origines et de toutes formations, ce qui est d’ailleurs préconisé par les normes
professionnelles. Un certain nombre de grandes entreprises sont déjà entrées dans
cette voie, c’est-à -dire que nous ne sommes plus dans le domaine des spéculations
mais bien dans celui des réalités.

 Fonction informatique
Fonction informatique et pas seulement l’informatique de gestion :
L’auditeur informatique qui, là également – dimension culturelle oblige – est non
pas un auditeur ayant appris l’informatique, mais nécessairement un informaticien

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 43


formé à la méthodologie et aux outils d’audit interne, cet auditeur informatique
exerce son talent dans cinq directions fondamentales :
1. L’audit des centres informatiques, et pas seulement les centres informatiques
de gestion mais également l’informatique industrielle, l’informatique de « process»
comme disent les Anglo-Saxons, c’est--dire celle qui concourt la fabrication
automatise. Bref partout où il y a du hardware, il y a matière à audit.
2. L’audit de la bureautique dans tout son tendu, sa diversité et sa complexité.
3. L’audit des réseaux informatiques, nécessaire complément des deux points
antérieurs, lequel exige de la part des auditeurs un niveau de compétence
technique assez élevé. C’est-à -dire que toutes les équipes d’audit ne sont pas en
mesure d’aborder ces questions ; il leur faut alors trouver des solutions de
substitution.
4. L’audit des systèmes en exploitation et des logiciels applicatifs. Ce domaine
recouvre ici l’ensemble des autres fonctions de l’entreprise dans la mesure où
celles-ci font largement appel à l’informatique. L’audit informatique est alors –
dans ce cas particulier – une spécificité de chacune des fonctions.
5. L’audit des systèmes en développement qui présente les mêmes
caractéristiques que le précédent puisqu’il se situe en amont de l’exploitation. Il
faut ici souligner que le rô le de l’auditeur ne peut pas et ne doit pas se confondre
avec celui des responsables en charge du développement. Là comme ailleurs,
l’auditeur n’est pas celui qui « fait les choses », mais celui qui « regarde comment
les choses sont faites ».

 Fonctions de gestion :
Nous englobons sous ce vocable tout ce qui a pu être omis dans l’énumération
antérieure. Gestion du personnel, au sens le plus large et dans toutes ses
composantes, logistique générale de l’entreprise, depuis le nettoyage des bureaux
jusqu’à l’archivage en passant par le gardiennage et l’imprimerie, toutes ces

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 44


activités doivent être inscrites au programme de travail de l’auditeur interne. Et
comme il y a de plus en plus de fonctions codifiées et normalisées, le champ ne
cesse de s’étendre : hier la qualité, aujourd’hui l’environnement.

 Fonction audit interne :


L’audit interne étant une fonction et toutes les fonctions ayant vocation à être
auditées, il va de soi que l’audit interne doit également être audité et donc prendre
sa place dans l’énumération ci-dessus. Mais comment réaliser cet audit de l’audit,
sorte de pari impossible ? Nous l’étudierons dans la cinquième partie de cet
ouvrage.

 Fonction managériale :
Certains affirment qu’il faut l’exclure, qu’elle constitue l’exception qui confirme la
règle. Il s’agit là sans nul doute d’un repli devant la difficulté car il n’est pas
douteux qu’étendre ainsi l’audit interne n’est pas chose aisée, en effet, il convient
de vaincre un double obstacle :

• l’obstacle créé par la direction générale elle-même qui, si elle ne connaît pas bien
la fonction, ou pire encore, si elle s’en fait une idée fausse, ne donnera pas son aval
à une telle entreprise ;
• l’obstacle créé par l’auditeur interne lui-même qui aura à veiller à ne pas porter
de jugement sur la nature de l’action de la direction, ce qui bien évidemment, va
rendre sa tâ che difficile.

Mais au plan des principes, et même de la pratique, la fonction est auditable.


D’ailleurs l’exigence de l’appréciation du « gouvernement d’entreprise », figurant
désormais dans la définition de l’audit interne, va en ce sens. (9,5 % des missions

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 45


d’audit interne concernent en 2005 l’évaluation des processus de gouvernement
d’entreprise et 6 % au niveau mondial en 2007, selon le CBOK).

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 46


Chapitre 2 : Mé thodologie et outils de
l'audit interne

L’objet d’une mission d’audit interne est l’étude de la maîtrise des risques de
l’activité, le processus ou l’entité qu’on audit-étude au sens large : analyse, examen,
identification de lacunes, élaboration de solutions (avec les audités), suivi de la
mise en œuvre des plans d’action des audités ; en bref, ce que fait le médecin
généraliste avec son patient, lorsqu’il effectue son diagnostic, réalise son
pronostique et préconise sa thérapeutique.

Section 1: La méthodologie

Le chiffre trois n'est pas le nombre d'or de l'audit interne, il correspond très
exactement à la situation géographique de l'auditeur au cours de son intervention :

 Dans la première partie de sa mission, l'auditeur est essentiellement dans


son bureau et dans son service. Ses déplacements sont courts et brefs ; à la
limite ils peuvent ne pas exister.
 Dans la deuxième partie, au contraire, l'auditeur est la plupart du temps sur
le terrain, donc absent du service ; les retours au bureau sont rares, parfois
inexistants.
 Dans la troisième partie, retour à la sédentarité également ponctuée - comme
dans la première phase - de quelques déplacements possibles, brefs et
rapides. Et cette sédentarité peut également signifier travail à domicile.

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 47


On dispose donc d'un critère géographique précis qui, à lui seul, permet
d'identifier les trois moments singuliers d'une mission d'audit interne. Ces trois
moments sont traditionnellement désignés :

 Phase de préparation : d'étude, de planification.


 Phase de réalisation : vérification.
 Phase de conclusion : de restitution des résultats.

Examinons plus en détail ces trois moments méthodologiques de la mission d'audit


interne.

Trois acteurs interviennent dans la mission :

L’auditeur : celui qui conduit la mission d'audit.


L’audité : celui qui fait l'objet de l'audit.
Le prescripteur d'audit : celui qui donne l'ordre à l'auditeur de réaliser la
mission d'audit

A. La phase de préparation

La phase de préparation ouvre la mission d'audit, exige des auditeurs d'une


capacité importante de lecture, d'attention et d'apprentissage. Elle sollicite
l'aptitude à apprendre et à comprendre, elle exige également une bonne
connaissance de l'entreprise car il faut savoir où trouver la bonne information et à
qui la demander.

C'est au cours de cette phase que l'auditeur doit faire preuve de qualités de
synthèse et d'imagination. Elle peut se définir comme la période au cours de
laquelle vont être réalisés tous les travaux préparatoires avant de passer à l'action

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 48


Cette phase est composée essentiellement de l'ordre de mission et de l’étape de
familiarisation de l'entreprise

 L'ordre de mission

C'est un mandat donné par la Direction Générale à l'audit interne qui informe les
principaux responsables concernés de l'intervention imminente des auditeurs15

Lorsque la mission nécessite des contrô les inopinés, l'ordre de mission est diffusé
mais au moment du contrô le pour garder le caractère inopiné de la mission.
L'ordre de mission répond à deux objectifs essentiels:

L’ordre de mission doit émaner d'une autorité compétente, le plus souvent la


Direction Générale ou le comité d'audit s'il en existe.

L’ordre de mission doit permettre d'informer tous les responsables concernés par
la mission.

Il se dégage donc de ces principes deux fonctions essentielles: une fonction de


mandat et une fonction d'information. Et pour que ses fonctions soient bien
remplies, l'ordre de mission doit indiquer l'origine de la demande, le sujet de la
mission, les entités concernées et la durée de la mission.

 L'étape de familiarisation.
_ Dans cette étape l'audit interne va procéder de façon séquentielle aux
différentes étapes suivantes: la prise de connaissance du domaine à
auditer.
_ L’identification des risques.
_ La définition des objectifs.

15 Lemant (1995 :35) « La conduite d'une mission d'audit interne»

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 49


 La prise de connaissance.

La prise de connaissance vise les objectifs suivants:

_ Avoir dès le départ une bonne vision d'ensemble des contrô les internes
spécifiques de la fonction ou du processus audité.
_ Aider à identifier les objectifs de la mission d'audit interne.
_ Permettre l'organisation des opérations d'audit.

Dans cette étape l'audit interne va procéder à la collecte d'informations qui se


présente dans la pratique comme suit:

_ La recherche de tout élément de définition, de connaissance, d'analyse de


l'activité à cerner dans des supports propres à l'entreprise,
_ la consultation des bases documentaires de l'entreprise: informations
financières (comptabilité, budget), information de contrô le de gestion
(principaux indicateurs), politiques de l'entreprise, directives et
procédures,
_ L’identification des méthodes de gestion et des systèmes d'information
propre à l'entreprise auditée,
_ La collecte des rapports d'audit antérieurs et autres analyses ou études
d'organisation,
_ La pratique d'interviews préliminaires à des fins de connaissance et
d'opinions sur le domaine revu avec les opérationnels concernés par
l'audit,
_ L’établissement d'un organigramme de l'entreprise auditée ou son
obtention et sa vérification,
_ L’analyse des définitions de fonctions des postes de l'organigramme
complétées des caractéristiques de leurs titulaires.

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 50


Ces informations ainsi recueillies seront rassemblées dans un dossier pour
constituer la partie descriptive de la mission.

 L'identification des risques.

En fait, il s'agit ici de l'identification des endroits à risques.

Cette étape est essentielle car elle va conditionner la suite de la mission, elle va
permettre à l'auditeur de construire son programme d'audit en fonction des
menaces mais également de ce qui a pu être mis en place pour y faire face16

L'identification des risques vise les objectifs suivants:

_ Identifier les opérations élémentaires, séquentielles ou logiques, qui


seront examinés l'une après l'autre,
_ Analyser les points de contrô le essentiels,
_ É laborer le questionnaire de contrô le interne (QCI),
_ Relever les points de contrô le interne qui semblent poser problème et ce
faisant permettre la définition des objectifs de la mission. Pour ce faire, il
est préconisé un tableau appelé tableau des forces et faiblesses à quatre
colonnes (opérations élémentaires, évaluation du risque, contrô les
internes spécifiques, constats)

16 Jacques Renard (2000 :238) « Théorie et pratique de l'audit interne»

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 51


 La définition des objectifs :

La définition des objectifs appelée aussi Rapport d'orientation ou Plan de mission


est un contrat passé avec l'audité qui va préciser les objectifs et le champ d'action
de la mission d'audit. En effet ayant pris connaissance du domaine audité et
identifié les risques apparents, l'audit interne a donc pu se faire une idée de
l'importance de la mission et son contenu. Selon Renard17, le rapport d'orientation
définit les objectifs de la mission sous trois rubriques: objectifs généraux, objectifs
spécifiques et champ d'action.

 Objectifs généraux:

Les objectifs généraux sont:

_ Sécurité des actifs,


_ Qualité et fiabilité des informations,
_ Respect des règles, procédures et directives,
_ Optimisation des ressources.

 Objectifs spécifiques

Les objectifs spécifiques se rapportent aux zones à risques antérieurement


identifiées (champ d'action).

_ Champ d'action fonctionnel: services, divisions devant être audités


_ Champ d'action géographiques: lieux (usine, région, pays)

Le rapport d'orientation ainsi élaboré va constituer l'ordre du jour de la réunion


d'ouverture.

17Jacques Renard (2000 :244) « Théorie et pratique de l'audit interne»

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 52


B. Phase de réalisation.

La phase de réalisation fait beaucoup plus appel aux capacités d'observation, de


dialogue et de communication. Se faire accepter est le premier impératif de
l'auditeur, se faire désirer est le critère d'une intégration réussie. C'est à ce stade
que l'on fait le plus appel aux capacités d'analyse et au sens de la déduction.

Cette phase est composée de la réunion d'ouverture, du programme d'audit et du


travail sur le terrain.

 La réunion d'ouverture

La réunion d'ouverture marque le commencement des opérations de réalisation.


Au terme de cette réunion des modifications ou des retouches décidées de
commun accord (s'ils en existent) seront apportées au rapport d'orientation le
rendant ainsi définitif.

 Le programme d'audit

Le programme d'audit aussi appelé programme de vérification ou planning de


réalisation est un document interne au service d'audit dans lequel l'on va procéder
à la détermination et à la répartition des tâ ches.

Ce programme est élaboré par l'équipe en charge de la mission sous la supervision


du chef de mission. Il définit les travaux que l'auditeur va effectuer pour vérifier la
réalité des forces et faiblesses apparentes (confirmer l'existence des forces et
évaluer l'incidence des faiblesses).

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 53


 Le travail sur le terrain

Le travail sur le terrain est l'exécution des travaux à effectuer contenus dans le
programme d'audit. C'est le moment où l'auditeur répond aux questions qu'il s'est
posées dans le programme d'audit en réalisant des tests à l'aide des outils qui sont
à sa disposition à savoir: interviews, sondages statistiques, observations
physiques, QCI, etc ....

Chaque dysfonctionnement, chaque anomalie constatée donne lieu à


l'établissement d'une FRAP (Feuille de Révélation et d'Analyse des Problèmes) et
donc à une analyse causale qui va permettre:

_ D’identifier le ou les dispositifs de contrô le interne qui présentent des


faiblesses sur ce point particulier.
_ De recommander les solutions à apporter pour y remédier.

Le travail de terrain ainsi achevé, l'auditeur interne revient à son bureau avec
l'ensemble de ses FRAP et de ses papiers de travail pour la rédaction du projet de
rapport en vue de sa validation lors de la réunion de clô ture.

C. La phase de conclusion

La phase de conclusion exige également et avant tout une grande faculté de


synthèse et une aptitude certaine à la rédaction, encore que le dialogue ne soit pas
absent de cette dernière période. L'auditeur va cette fois élaborer et présenter
son produit après avoir rassemblé les éléments de sa récolte.

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 54


Cette phase est composée du rapport d'audit, de la réunion de clô ture et la
validation, du rapport d'audit, des réponses aux recommandations et du suivi du
rapport18

• Le projet de rapport d'audit

C'est un document provisoire et incomplet car n'ayant pas encore fait l'objet de
validation générale et ne comprenant pas les réponses des audités aux
recommandations ainsi que le plan d'action.

Le projet de rapport va constituer l'ordre du jour de la réunion de clô ture, tout


comme le rapport d'orientation était l'ordre du jour de la réunion d’ouverture19

• La réunion de clôture et la validation

La réunion de clô ture est constituée par l'examen et la validation du projet de


rapport. Cet examen se fait par les auditeurs à partir d'une présentation des
observations et recommandations contenues dans ledit projet dans le souci
d'éviter des contestations éventuelles.

• Le rapport d'audit

Selon Lemane20, le rapport d'audit est un document solennel qui communique aux
principaux responsables concernés pour action et à la Direction Générale pour
information, les conclusions de l'audit concernant la capacité de l'organisation
auditée à accomplir sa mission, en mettant l'accent sur les dysfonctionnements
pour faire développer des actions de progrès. C'est le document le plus important
émit par l'audit et qui engage sa responsabilité.

18 JOfas (1996 :51) {( Les fondamentaux de l'audit interne»

19 Jacques Renard (2000 :272) « Théorie et pratique de l'audit interne»

20 Lemant (1995 :119) « La conduite d'une mission d'audit interne»

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 55


• Réponses aux recommandations et suivi du rapport

Un formulaire est joint au rapport afin de permettre aux audités de répondre


aux recommandations et d'indiquer pour chaque recommandation qui fera quoi et
quand: c'est le plan d'action.

Après quoi un suivi des recommandations s'avère nécessaire car selon Lemant21,
un rapport d'audit sans suivi des recommandations et sans bilan est une mission
inachevée et sans grand effet.

Le suivi des recommandations se manifeste par la diffusion périodique de l'Etat


d'avancement des actions de progrès entreprises par le responsable désigné de
chaque recommandation. Ce suivi peut être effectué par l'auditeur interne qui
informera les Directions opérationnelles concernées au moyen de l'Etat
d'avancement ou bien par les Directions opérationnelles elles mêmes quitte à
retourner l'Etat à l'auditeur.

L'information que l'audit interne reçoit sur toutes ces suites de mission d'audit
permet de mieux mesurer l'efficacité des missions et partant d'améliorer
l’organisation 22.

21Lemant (1995 :129) « La conduite d'une mission d'audit interne»

22 Jacques Renard (2000 :290) « Théorie et pratique de l'audit interne)}

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 56


Section 2: Les outils de l’Audit Interne

  On peut utiliser plusieurs critères de classement des outils d’Audit, retenons en


un qui traduit deux démarches possibles de l’auditeur :
 Les outils d’interrogation qui vont aider l’auditeur à formuler des
questions ou à répondre à des questions qu’il se pose.
     Les outils de description, on pourrait presque dire de « révélation, qui ne
présupposent pas de questions particulières, mais vont aider à mettre en
relief les spécificités des situations rencontrées.

A. Les outils d’interrogations :

a. Les sondages statistiques.


b. Les interviews.
c. Les outils informatiques.
d. Vérifications analyses et rapprochements divers.

a) Les sondages statistiques :

    La pratique de l’Audit inclut, depuis longtemps, les techniques de


l’échantillonnage sous les termes de « tests », de « sondages » ou de « vérifications
par épreuve ». Dans la plupart des opérations de sondage ou d’échantillonnage,
l’échantillon est choisi à partir d’une série d’articles ( la population ), en se
proposant que l’échantillon  soit représentatif de la population, c’est-à -dire que
l’échantillon réunisse, approximativement, les mêmes qualités ou caractéristiques
que celles qui sont présentes dans la population considérée dans son entier

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 57


Dans la pratique de l’Audit, ce processus de l’échantillonnage et de la
généralisation des résultats à l’ensemble d’une population fait traditionnellement
appel à des qualités de bon sens et de jugement, que ce soit par l’application du
jugement de l’auditeur à la détermination de la taille de l’échantillon, à la sélection
des articles à comprendre dans l’échantillon, et aux conclusions relatives à la
population dérivée des résultats de l’analyse de l’échantillon.

 Lorsqu’il procède à un échantillonnage, l’auditeur doit observer les dix


commandements suivants :    Connaissez les principes de l’échantillonnage
scientifique, mais utilisez-les seulement lorsqu’ils s’adaptent au mieux aux
objectifs de l’Audit,
 Connaissez votre population et ne fondez vos opinions que sur la population
échantillonnée,
 Accordez la même chance d’être choisis à tous les éléments de la population,
 Ne laissez pas un « biais » personnel affecter l’échantillon    Ne permettez pas
que des configurations particulières de la population affectent le caractère
aléatoire que doit revêtir l’échantillon,
 L’échantillon orienté vers un but (dirigé) a un rô le à jouer, mais n’en tirez
pas des conclusions pour toute la population,
 Basez vos estimations de taux maximaux d’erreurs sur ce qui est raisonnable
dans un monde réel, essayez de déterminer à quel moment des signaux
d’alarme cesseraient de jouer,
 Stratifiez chaque fois que cela semble réduire la dispersion dans
l’échantillon,
 Ne vous fixez pas sans nécessité des objectifs élevés de fiabilité ( niveau de
confiance et précision ), les contrô les, la supervision, les indicateurs, les

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 58


procédés d’autocorrection, ainsi que la conscience des faits qu’a la Direction
et la surveillance qu’elle exerce, sont autant d’éléments qui doivent être
considérés pour tenter de réduire l’étendue des investigations d’audit,
 Ne vous arrêtez pas aux résultats statistiques, mais recherchez-en les causes.

b) Les interviews :

 L’interview est un outil que l’auditeur interne utilise fréquemment, mais une
mission d’audit qui ne serait opérée qu’avec des interviews ne pourrait être
considérée comme une mission d’audit interne. De surcroît, l’interview d’audit
interne ne saurait être confondue avec des techniques d’apparence similaire : ce
n’est ni une conversation, ni un interrogatoire.

 L’interview d’audit interne n’est pas une conversation : l’auditeur interne


n’est pas dans la position du journaliste qui interview un homme politique,
sur sa demande. Ici, c’est celui qui écoute (l’auditeur) qui est demandeur de
l’entretien. L’interview d’audit est organisée et centrée sur les objectifs à
atteindre qui sont l’obtention d’un certain nombre d’informations.
 L’interview n’est pas un interrogatoire dans lequel le rapport serait celui
d’un accusé face à son accusateur. Tout au contraire l’atmosphère d’une
interview d’audit interne doit être une atmosphère de collaboration.

En audit interne, l’interview est COOPÉ RATIVE.

Quelles sont les conditions d’une bonne interview ? Comment doit-elle se dérouler ?

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 59


Les sept règles d’une bonne interview23.

Elles s’inspirent du nécessaire esprit de collaboration qui doit s’instaurer entre


audité et auditeur, interviewé et intervieweur.

1ere Règle : Il faut respecter la voie hiérarchique.


Sauf urgence exceptionnelle, l’auditeur ne doit pas procéder à une interview sans
que le supérieur hiérarchique de son interlocuteur ne soit informé.
  
2ème Règle : Rappeler clairement la mission et ses objectifs.
L’interlocuteur de l’auditeur doit connaître le pourquoi et le comment de
l’interview. Il serait désastreux qu’il puisse s’imaginer que l’on va lui tendre des
questions pièges, que l’interview n’est  en somme qu’un interrogatoire déguisé.

3ème  Règle : Les difficultés, les points faibles, les anomalies rencontrées seront
évoqués avant toute autre chose.

4ème Règle : Qui est la contrepartie logique de la première.


Les conclusions de l’interview résumées avec l’interlocuteur, doivent recueillir son
adhésion avant d’être communiquées sous quelque forme que ce soit à sa
hiérarchie.

5ème Règle : Conserver l’approche système.


En vertu de ce principe que l’auditeur ne s’intéresse pas aux hommes. On doit
donc se garder de toute question ayant un caractère subjectif et mettent en cause
les personnes.

23 Jacques Renard (2000 :236,237) « Théorie et pratique de l'audit interne»

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 60


6ème Règle : savoir écouter.
Savoir écouter, chacun sait que ce n’est pas facile. L’auditeur doit éviter d’être celui
qui parle plus qu’il n’écoute, Il y a là un subtil équilibre à trouver entre le « savoir
écouter » et le « ne rien dire ». L’auditeur aura tout intérêt à suivre à cette fin une
formation sur « l’écoute active ».

7ème Règle : considérer son interlocuteur comme un égal.


L’auditeur qui procède à une interview doit considérer son interlocuteur comme
un égal. Non pas un égal au sens hiérarchique du terme, mais un égal dans la
conduite du dialogue. Là encore il va falloir trouver le juste équilibre entre
l’attitude exagérément respectueuse, voire obséquieuse, et la familiarité excessive
et mal venue.

c) Les outils informatiques.

Ils sont de plus en plus en nombreux et sont d’autant plus difficiles à inventorier
que la plupart des services d’audit interne créent leurs propres outils, plutô t que
d’adopter des logiciels peu adaptés à la fonction.

Trois catégories d’outils informatiques peuvent être définies :


 Les outils de travail de l’auditeur ;
 Les outils de réalisation des missions ;
 Les outils de gestion du service.
Enfin, les services d’audit interne sont de plus en plus amenés à travailler « en
réseau » et à utiliser les fonctionnalités de l’informatique communicante.
Nous nous limiterons à l’explication des outils de réalisation des missions d’audit.

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 61


    Pour utiliser les outils d’interrogation rendant possibles les extractions et
analyses de fichiers durent une mission d’audit interne trois conditions sont
nécessaires et qui ne sont pas toujours réunies :

1re condition : disposer d’un fichier fiable contenant les informations que l’on
souhaite analyser : Or, toutes les informations recherchées ne sont pas, tant s’en
faut, sur fichier informatique, et lorsqu’elles le sont, les fichiers concernés doivent
être exhaustifs et à jour. Et tel n’est pas toujours le cas, simplement parce que cette
exhaustivité et cette mise à jour ne sont pas systématiquement indispensables
pour le travail des utilisateurs. Ainsi un fichier clients peut fort bien comporter des
dizaines de clients « inactifs », pour lesquels les enregistrements ne sont pas à
jour ; ceci ne nuira pas à la facturation si les enregistrements des clients « actifs »
sont à jour. Mais ceci peut nuire gravement à tout travail de recherche effectué par
un auditeur interne sur ce fichier.

2éme condition : disposer d’outils d’interrogation et de personnel capable de


les utiliser : Ce peut être un problème pour un service d’audit interne.
_ Si le service dispose d’auditeurs informaticiens, ceux-ci ont, la compétence
pour réaliser ce genre de travaux qui leur est sous-traité par leurs collègues.
_ Mais si tel n’est pas le cas, le service d’audit interne doit alors solliciter l’aide
des informaticiens, lesquels ont un travail planifié qui souvent ne laisse
guère de place pour une tâ che supplémentaire et dont ils ne perçoivent pas
toujours l’intérêt.
C’est dire que cette deuxième condition est bien souvent un obstacle à l’utilisation
de l’outil.

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 62


3éme condition : un bon rapport qualité/prix  : Un bon rapport qualité / prix,
autrement dit  coû t d’interrogation qui reste acceptable par rapport au bénéfice
attendu. C’est souvent là , on l’a vu, que le sondage statistique reprend toute sa
valeur.
Au total, l’interrogation de fichiers informatiques, n’est ni plus ni moins qu’une
quête d’informations dans un fichier, il est alors un outil au service d’autres outils.

d) Vérifications, Analyses et Rapprochements divers.

Ce ne sont pas des outils à proprement parler mais plutô t des procédés et qui sont
utilisés par l’auditeur au cours du travail sur le terrain.
Ces procédés sont également largement utilisés par :
 Tous les responsables chargés de la vérification au premier degré ;
 Les auditeurs externes.
Les auditeurs internes n’y ont recours que pour s’assurer de la validité des
opérations effectuées : toute erreur donne lieu à une recherche causale.

 Les vérifications : elles sont extrêmement diverses : les plus nombreuses


sont les vérifications arithmétiques. Signalons à ce propos les erreurs
croissantes dues à la pratique des tableaux : il suffit qu’une erreur initiale se
soit glissée dans la logique de construction du tableur pour que celle-ci se
répète indéfiniment. C’est pourquoi les auditeurs avisés utilisent des logiciels
permettant de vérifier la logique des tableurs. On peut assimiler aux
vérifications arithmétiques l’utilisation des ratios, largement utilisés en audit
comptable. L’auditeur interne peut également y avoir recours mais à
condition de disposer d’un référentiel lui permettant de déceler les
déviations.

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 63


 Les analyses  : Les analyses de données permettent d’utiliser les
potentialités du Système d’Information pour aider les auditeurs dans la
conduite de leurs travaux. Ces analyses permettent de révéler des
dysfonctionnements mais ne permettent pas d’en connaître les causes. Il
faut, pour ce faire, aller au-delà : entretiens, observations, vérifications, etc.

 Les rapprochements  : les rapprochements constituent pour l’auditeur


interne une technique de validation : on confirme l’identité d’une
information dés l’instant qu’elle provient de deux sources différentes : c’est
le cross control.

B. Les outils de description :

a. Le diagramme de circulation 
b. L'organigramme fonctionnel 
c. La narration :
d. L'observation physique :

a) L'observation physique :

L'auditeur interne est un homme de terrain qui pratique l'observation physique.


Une mission d'audit interne qui s'arrête aux interviews pourrait être qualifiée
d'enquête d'opinion et non de mission d'audit interne. Donc l'observation doit
porter sur les processus, les biens, les documents et les comportements.

 L’observation ne doit pas être clandestine ; on applique ici également la règle


générale de l’audit interne, celle de la transparence. L’auditeur n’est pas un

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 64


espion, il prévient donc les responsables concernés pour les informer de sa
visite et de ses intentions.

 L’observation ne doit pas être ponctuelle : ou bien elle dure un certain


temps, ou bien elle est répétée à plusieurs reprises. Et cela est la contrepartie
de la première condition : peu importe que les intéressés aient été prévenus,
l’observation sera toujours suffisamment complète pour saisir le phénomène
dans sa réalité.

 L’observation doit toujours être validée car elle est incertaine, sauf le cas où
elle est elle-même une validation. En effet, non seulement elle peut être
incomplète, mais elle peut également être réalisée à un moment peu propice,
alors que le phénomène observable ne se manifeste pas.

b) La narration :

Il existe deux sortes de narration, toutes les deux utilisées en audit interne : la
narration par l’audité et la narration par l’auditeur. La première est orale, la
seconde est écrite. La narration par l’audité est la plus riche, c’est elle qui apporte
le plus d’enseignements ; la narration par l’auditeur n’est qu’une mise en ordre des
idées et des connaissances.

 La narration par l’audité

C’est l’outil le plus élémentaire qui soit, mais qui n’est pas à négliger pour autant.
Dans son utilisation l’auditeur est passif, il se contente d’écouter et de noter le
récit de son interlocuteur.

 La narration par l’auditeur

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 65


La transcription narrative d’une narration orale est déjà une narration d’auditeur.
Mais on trouve des transcriptions narratives d’auditeurs à partir d’observations
physiques, de constats, de conclusions de tests, etc. dès l’instant que l’auditeur se
limite à «raconter » le phénomène ou le résultat ou le processus constaté.

c) L'organigramme fonctionnel :

Le dessin d’un organigramme fonctionnel permet d’enrichir les connaissances


obtenues à partir de l’addition : organigramme hiérarchique plus l’analyse de
poste. C’est, en général, le document qui permet de passer de l’un à l’autre car il
révèle la totalité des fonctions existantes et permet donc d’aller voir, si on trouve
leur traduction, dans les analyses de poste.

Donc à ce stade initial d’analyse, l’organigramme fonctionnel permet une première


approche du problème de la séparation des tâ ches, question importante que
l’auditeur doit se poser. Mais pour conduire une analyse plus fine sur cette
question, l’auditeur dispose d’un outil plus efficace : la grille d’analyse des tâ ches,
dont l’organigramme hiérarchique est en général le préalable

La grille d'analyse des tâches :

C'est un document statistique (photographie à l'instant T) dont la lecture va


permettre de déceler sans erreur possible les manquements à la séparation des
tâ che et d'y apporter des remèdes. En reliant l'organigramme fonctionnel à celui
hiérarchique, la grille d'analyse des tâ ches permet de justifier l'analyse des postes
et de faire le premier pas dans l'analyse des charges de travail de chaque personne.

Ainsi conçue, la grille d’analyse des tâ ches est également utilisée par les
organisateurs pour mesurer le travail de chacun. Elle est, en fait, le véritable point

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 66


de convergence entre l’individu et l’entreprise, entre l’analyse de poste du premier
et l’organisation de la seconde, comme indiqué sur le schéma

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 67


Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 68
d) Le diagramme de circulation :

Ou flow-chart : est un outil dynamique qui permet de représenter la circulation des


documents entre les diverses fonctions et centre de responsabilités. Le flow-chart
donne une vision complète sur le cheminement des informations (leur origine et
leur destination) et de leurs supports. C'est un document facile à lire et à
comprendre.

A la différence des outils d'interrogation qui vont aider l'auditeur interne à trouver
les réponses aux questions qu'il s'est posé, l'outil de description ne servent qu'à
mettre en relief les spécificités des situations rencontrées (observations physiques,
narration, grille d'analyse des tâ ches, diagramme fonctionnel et de circulation).

Il est possible pour l'auditeur de combiner les outils entre eux lors de son
investigation. Par exemple l'auditeur interne peut utiliser l'observation physique
pour faire des rapprochements divers sur un élément quelconque. De ce fait ces
outils deviennent complémentaires et non exclusifs.

Il faut cependant signaler qu'il n'est vraiment pas facile pour l'auditeur interne de
choisir les outils lui permettant d'atteindre les buts poursuivis. Mais une fois les
outils choisis, l'auditeur interne doit obligatoirement avoir une méthode de travail
lui permettant de bien conduire sa mission.

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 69


Chapitre 3 : Etude de cas: pratique de
l'audit interne à La Socié té Meknassie
Industrielle De Fer

Dans la première partie de notre mémoire basée sur la revue de littérature nous
avons défini les concepts de l'audit interne, son organisation et son
fonctionnement tels que relatés dans différents ouvrages.

Dans cette deuxième partie nous allons décrire le vécu c'est à dire l'audit interne
tel que pratiqué à LA SOCIETE MEKNASSIE INDUSTRIELLE DE FER. Pour ce faire
nous allons dans un premier temps présenté la société en termes de création,
missions et organisation, dans la seconde section en parle de l'organisation du
service d'audit au sein de la société, et en fin il sera question du fonctionnement du
service d'audit interne dans la société

Section 1 Présentation de LASMIF.

Dans un souci de compréhension il convient de présenter LASMIF société dans


laquelle nous avons eu l'avantage d'effectuer notre étude. Nous allons dans un
premier temps présenter l'historique et le cadre juridique de l'entreprise puis
dans un second temps l'organisation.

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 70


A. Historique et cadre juridique

LA SOCIETE MEKNASSIE INDUSTRIELLE DE FER Au Capital de 22 200 000,00 DHS


Aux termes de PV de l'A.G.E en date du 19/11/2010 à Casa¨ les associés de la
SOCIETE MEKNASSIE INDUSTRIELLE DE FER par abréviation LASMIF SARL ont
ratifié: Création d'une succursale à l'adresse suivante Lot 159 Zone Industrielle de
Majjat MEKNES

Il a pour principale Fabrication de poutrelles nues et treillis soudés, il se


positionne comme leader sur le marché marocain grâ ce a :

_ L’effort considérable déployé par ses dirigeants, ses ingénieurs, ses


techniciens et l'ensemble de son personnel hautement
_ L’organisation parfaite selon la plus récente norme du système management
qualité ISO 9001 version 2008.
_ L’engagement à la certification de ses produits par les normes nationales et
internationales.
_ La mise en place de laboratoire de contrô le et d'essais de tous les produits à
l'entrée comme à la sortie.
_ La mise en place des plus récentes lignes de laminage à froid, fabrication de
poutrelles, panneaux de treillis soudés, d'armatures
_ La disponibilité de son bureau d'étude doté de logiciel pour le calcul.

Gamme des produits et de services:

_ Aciers tréfilés : du diamètre 3.5mm au diamètre 14mm


_ Poutrelles nues : différentes hauteurs et différents diamètres des fils
_ Panneaux de treilles soudes ; pour bâ timent et travaux divers armature :
prête à l'emploi.
_ Réalisations des travaux divers de BTP

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 71


• Cadre juridique

Du statut de société d'Etat à sa création, la LASMIF est une Société à Responsabilité


Limitée (S.A.R.L). La LASMIF a son siège social à 12bd Moulay Ismail; place Emile
Zola 3éme étage n14 Casablanca, et succursale à Meknès son siège : lot 159 zone
industrielle Majjat Meknès.

Figure N°02 : Localisation de LASMIF à Meknès

Elle comprend un conseil d'administration, une Direction générale, quatre (4)


autres Directions (Production, Finance et Comptabilité, commercial, achat et
approvisionnement).

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 72


Figure N°02 : Organigramme de LASMIF

SOURCE: SOURCE: Secrétariat de LASMIF

Conclusion partielle:

La présentation de la LASMIF à travers son historique, son cadre juridique et son


organisation ont permis de cerner l'entreprise en ce qu'elle exerce comme activité
ainsi que les différents postes qui la compose.

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 73


B. Organisation du service d'audit interne de la LASMIF

Dans le cadre de ce chapitre nous sommes amenés à savoir les missions, la


structure organisationnelle de l'audit interne, son positionnement dans
l'organigramme ainsi que les moyens et les outils qui sont utilisés au sein du
service d'audit interne.

a) Les missions assignées à l'audit interne

L'audit interne doit permettre à la Direction Générale de s'assurer:

-qu'il existe au sein de la société, un ensemble d'instructions-contrô le interne,


ayant pour but de protéger les actifs et de veiller à l'exactitude et à la qualité du
système d'information,

-que ces instructions sont conformes aux lois et règlements, aux intentions de la
Direction et à la politique générale de la société,

-que ces instructions sont appliquées de façon satisfaisante en permanence et


permettent de garantir l'efficacité de la gestion.

b) La structure organisationnelle de l'audit interne

La structure d'audit interne est centralisée et logée au siège social. Elle intervient
dans les unités suscitées selon un programme bien établi par le Responsable de la
structure. Elle comprend à ce jour quatre (4) agents y compris le Responsable de la
structure. Les audits pratiqués par la structure d'audit sont: l'audit comptable et
financier, l'audit industriel et technique.
La structure organisationnelle du Bureau d'audit interne telle que décrite n'est pas
formalisée.
Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 74
Toute fois on distingue un Responsable, trois auditeurs.

c) Le positionnement de l'audit interne dans l'organigramme

La structure d'audit est directement rattachée au DG comme l'exige la norme 1100


relative aux normes professionnelles de l'audit interne, comme la montre la figure
ci-après.

Figure n° 03 : Positionnement de l'audit interne

SOURCE: Secrétariat de LASMIF

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 75


d) Les animateurs de l'audit interne

La structure d'audit interne comprend à ce jour quatre (4) agents: quatre (3)
auditeurs et un chef de Service.
Les auditeurs sont regroupés par spécialité; ainsi nous avons: le Responsable de la
structure et deux autres auditeurs qui sont de formation comptable et gestion ; le
poste d'audit industriel et technique n'est pas encore pourvu. Mais la mission
d'audit étant un travail d'équipe tous participent aux différentes missions.

Les rô les sont repartis de la façon suivante:

-Le Responsable du Bureau d'audit interne élabore en collaboration avec les autres
auditeurs le programme d'audit. Il veille à sa bonne application. Il supervise toutes
les tâ ches effectuées par ses collaborateurs (auditeurs comptables et financiers,
auditeurs industriels et techniques).
Il révise les travaux des chefs de mission. Il coordonne les activités du
Bureau d'audit interne. C'est lui le premier responsable du service.
-Les auditeurs assistent le Responsable du Bureau d'audit interne dans ses
différentes tâ ches. Ils exécutent les différentes missions prévues au plan d'audit
chacun dans son domaine de compétence. Ils rédigent les rapports d'audit et
discutent des points avec les différents responsables opérationnels des audités.

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 76


e) Les moyens et les outils de l'audit interne à la LASMIF

Les outils d'audit

Les outils d'audit utilisés par la structure sont essentiellement les sondages
statistiques, les interviews, l'observation physique, les rapprochements et
reconstitutions.

-Les sondages statistiques

Les missions d'audit, compte tenu du nombre élevé de documents comptables les
auditeurs choisissent quelques documents comptables par sondages statistiques et
compte tenu d'un certain seuil de signification qu'ils déterminent au préalable,
pour vérifier si ces documents ont respecté la procédure en vigueur au sein de
l'entreprise c'est à dire s'ils portent les différentes signatures autorisées ou si les
calculs arithmétiques portés sur ces documents sont exacts.

-Les interviews

Pendant les missions, les auditeurs recueillent des informations auprès de la


hiérarchie, aux moyens d'interviews. Ces informations après traitement donnent
lieu à des diagrammes, tableaux, notes de synthèse, etc. ....
Le résultat de ce travail est ensuite soumis pour validation, à l'interviewé.

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 77


Par ailleurs pour obtenir des explications afin d'élucider certains points relevés au
cours des missions, les auditeurs procèdent à des interviews.

-L'observation physique

Pendant les missions et sur la section des actifs, nous avons observé que les
auditeurs vérifient l'existence physique du patrimoine de l'entreprise (voitures,
immobiliers, stocks, etc. ....).
Aussi pendant la période des inventaires, les auditeurs pratiquent les inventaires
physiques en mesurant le contenu ou en comptant effectivement le nombre
d'éléments contenu dans le stock réel disponible.

Conclusion partielle:

Comme nous pouvons le remarquer dans ce qui précède, en dehors du manuel


d'audit et de logiciel d'audit, le Bureau d'audit interne de LASMIF possède tout de
même les moyens matériels et humains adéquats pour la bonne conduite de ces
missions d'audit.

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 78


Section 2: Le fonctionnement de l'audit interne à LASMIF

Dans cette Section, il sera question de la planification des missions d'audit, des
attributions assignées au service ainsi que la façon dont les missions sont
conduites.

A- La planification des missions d'audit


 Le plan d'audit
Le plan d'audit est appelé ici programme annuel d'audit. Ce programme annuel
d'audit est élaboré en chaque début d'année par l'ensemble des auditeurs sur la
base des risques potentiels identifiés.
 Le programme annuel d'audit
Le programme annuel d'audit est appelé ici planning annuel d'audit. Il est élaboré
en chaque début d'année par le Responsable de l'audit interne. D'après l'entretien
que nous avons eu avec le responsable il ressort que, pour sa confection l'avis des
audités n'est pas demandé pour prendre en compte leur disponibilité.

B- Attributions de l'audit interne


Les attributions et les tâ ches assignées à l'audit interne se répartissent de la façon
suivante:
 L'audit comptable et financier
_ Le respect des procédures administratives, comptables et financières,
_ La protection des actifs de la société tels que les fonds de la caisse, les titres
de valeurs (chèques, bons de toutes sortes) par des contrô les inopinés.
Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 79
_ L'élaboration et la mise à jour du manuel de procédures,
_ Le respect des procédures d'appel d'offre,
_ Le respect des procédures relatives aux salaires et aux avances sur salaires.

Pour ce faire l'audit comptable et financier procède à :


_ La vérification des procédures relatives aux opérations réalisées en
conformité avec les dispositions contenues dans le manuel de procédures.
_ La vérification des procédures d'appel d'offre relatives aux commandes
passées et reçues,
_ Le contrô le inopiné de la caisse et des titres de valeurs,
_ La vérification des livres comptables.
_ La vérification des Etats de rapports bancaires.

Outre ces tâ ches, l'audit interne participe aux différentes réunions (comité de
Direction, comité de gestion) ainsi qu'à d'autres réunions importantes.
 L'audit industriel et technique
_ Le contrô le des installations techniques des différents acquéreurs,
_ L'analyse des cahiers de charges.
Pour ce faire l'audit industriel et technique une fois mise en place doit procéder à :
_ Des tests de fiabilité et de sécurité des installations des entreprises
exploiteuses
_ La vérification de la conformité des réalisations des dites entreprises avec
les cahiers de charges.

C- Le déroulement des missions d'audit

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 80


Pour la réalisation des missions d'audit, le Responsable du Bureau d'audit interne
fait valider le programme annuel d'audit par la Direction Générale. C'est le DG qui
mandate l'auditeur en mission. L'auditeur est donc tenu de solliciter l'autorisation
du DG par l'élaboration d'un ordre de mission. Par ailleurs le chef de service
d’audit nous à affirmer que les trois phases du déroulement des missions d'audit
sont observées à savoir la phase de préparation, la phase de réalisation et la phase
de conclusion.

• La phase de préparation
Le Responsable de l'audit adresse d'abord un mémo à l'audité pour lui faire part de
son arrivée et d'une éventuelle réunion de prise de connaissance dont la date lui
sera Indiquée dans le mémo.

Le Responsable de l'audit interne et le chef de mission effectuent une première


visite dans la structure à auditer pour prendre connaissance de l'environnement
dans lequel exercent les audités et dans lequel les auditeurs auront à mener leur
mission. C'est la réunion de prise de connaissance. A cet effet Le chef de mission
collecte les rapports d'audits antérieurs et les différentes procédures existantes et
s'entretient avec les opérationnels concernés par l'audit, ce qui lui permet de se
forger une opinion sur le contrô le interne de la structure. Après quoi il élabore son
programme d'audit ou programme de travail une fois revenu à son bureau. Ce
programme de travail comporte les différentes étapes à suivre pour traiter ou
valider une section donnée.

• La phase de réalisation
Le Chef de mission et son équipe retournent dans la structure à auditer muni du
programme d'audit qu'ils vont mettre en œuvre. Au cours de la réalisation, tout dis

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 81


fonctionnement, toute erreur, toute anomalie ou toute irrégularité est mentionnée
sur les FRAP.

• La phase de conclusion
Une fois retourné à leur bureau, le chef de mission rassemble toutes les FRAP. II
rédige son rapport en relevant les problèmes éventuels, les constats, les risques
éventuels mentionnés sur les FRAP et propose les recommandations pour y
remédier.

D- La mesure de l'efficacité du service d'audit interne.

Les missions d'audit sont supervisées à deux niveau d'abord par le Chef de mission
puis ensuite par le Responsable de l'audit interne. Cela contribue à l'efficacité du
Bureau d'audit interne.
Mais le service n'a jamais fait l'objet d'une évaluation externe. En outre le service
ne dispose pas de critères d'évaluation aussi bien pour les différentes missions
effectuées mais également pour les auditeurs qui ont effectué ces missions.
Pour mesurer l'efficacité proprement dite du service d'audit interne, en l'absence
d'évaluation externes, nous allons baser notre opinion sur le niveau de satisfaction
des audités ainsi que les destinataires des rapports d'audit et les résultats de
quelques indicateurs significatifs calculés par nous-mêmes.

Conclusion partielle

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 82


Le Bureau d'audit interne de LASMIF fonctionne bien depuis sa création. A
l'analyse des indicateurs d'évaluation (ratios) de l'efficacité du Bureau et des
résultats des fiches d'entretien, nous pouvons affirmer que l'efficacité du service
est bonne. Cependant il peut encore mieux faire, par exemple en élaborant un plan
d'audit pluriannuel dans lequel serait mentionné le niveau de risque encouru par
l'entité auditée afin d'en déterminer la fréquence des audits relative à cette entité,
cela à partir d'une cartographie des risques bien élaborée.
Section 3:Analyses et Recommandations

L'audit interne de LASMIF dans sa pratique actuelle présente certes des forces
mais aussi quelques faiblesses. Ces forces et faiblesses se situent au niveau de
l'organisation, au niveau du fonctionnement. Nous allons donc dans cette dernière
section mettre en exergue ces forces et faire des propositions que nous espérons
pertinentes pour l'amélioration de la fonction et partant la performance de la
structure.

A. Les points forts

Les points forts que nous avons recensés d'après nos analyses et observations,
portent spécifiquement sur la position hiérarchique, la compétence des auditeurs,
la reconnaissance de l'importance de l'audit interne pour LASMIF, la bonne
conduite des missions et l'instauration d'un comité ad hoc pour l'élaboration des
différentes procédures de l'entreprise.

a) Pour l'organisation de l'audit interne

• La position hiérarchique

La position hiérarchique de l'audit interne dans l'organigramme de la société est


adéquate car l'audit interne est en staff; donc rattaché directement à la Direction
Générale comme l'exige la norme 1100 de l'audit. Ce qui permet aux auditeurs
Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 83
d'avoir une certaine indépendance et une autorité suffisante pour mener à bien
leur mission d'audit. En effet cette position devrait amener l'auditeur à avoir des
coudées franches quant à l'accomplissement de ses missions et partant permettre
de produire des rapports objectifs dénués de tout sentimentalisme. Cette position
pourrait également permettre aux auditeurs d'intervenir dans toutes les fonctions
et activités de la LASMIF sans qu'il y ait d'obstacle. Effectivement il ressort de
notre fiche d'entretien avec le Responsable de l'audit interne et de nos
observations pendant la période de stage que les auditeurs exercent leur métier
avec autorité et indépendance.

b) Pour le fonctionnement de l'audit interne

La conduite des missions d'audit se déroule conformément à la démarche


méthodologique requise en la matière comme la stipule la charte de l'audit interne
du service. Pour conduire les missions, l'auditeur après avoir pris connaissance de
l'entité à auditer, élabore un programme de mission. Le programme de mission
ainsi élaboré, il se rend sur le terrain où il exécute ses travaux au regard des
termes de son programme.

B. Les propositions et améliorations


Les anomalies constatées dans la pratique de l'audit interne à LASMIF résident à
notre avis aussi bien dans l'organisation que dans le fonctionnement et le contrô le
interne. C'est pourquoi nos propositions et améliorations portent sur les aspects
susmentionnés pour que la structure joue pleinement son rô le afin d'atteindre les
objectifs qui lui sont assignés et qui ont motivé sa création.

a) Pour l'organisation de l'audit interne :

• La dénomination du service

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 84


La position hiérarchique est adéquate. Cependant la dénomination de la structure
ne favorise pas ses animateurs, en effet la désignation de « Bureau» pour le poste
est imparfaite et inappropriée au vu de la taille de l'entreprise. Cela pourrait
avoir un impact négatif sur l'autorité de l'auditeur. Il convient de le transformer en
une « Direction» afin que la structure d'audit soit mise au même niveau que les
autres Directions afin qu'elle soit dotée de l'autorité nécessaire et suffisante pour
exercer ses activités sans faiblesses.

• La structure organisationnelle

Vu que la LASMIF est une entreprise de grande taille car elle emploie plus de 200
agents et que désormais toutes les Directions sont centralisées. D'après nos
analyses basées sur la partie théorique de notre étude nous pensons que non
seulement la structure de l'audit interne devrait être érigée en «Direction» mais
également des postes bien précis devraient être attribués à chaque auditeur de
sorte que l'on sache qui est Directeur de l'audit interne, Chefs de missions,
Auditeurs seniors et Auditeurs juniors. Partant de là nous préconisons la structure
suivante:

Figure n04 : Nouvelle structure de l'audit interne

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 85


Source: Nous-mêmes

La structure préconisée prend en compte:

-l'audit industriel et technique puisque l'activité de la LASMIF est basée aussi sur
les opérations d'exploration et de production,

-l'audit comptable et financier pour la prévention des fraudes et la maîtrise de la


gestion,

b) Les moyens :

En ce qui concerne les moyens nous préconisons l'achat d'un logiciel d'audit
interne pour la célérité dans l'exécution des différentes missions d'audit.

• Le manuel d'audit interne

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 86


Pour formaliser l'organisation et les habitudes de travail de l'audit interne de la
PETROCI, nous préconisons la mise en place d'un manuel d'audit interne. Il doit
comprendre :

_ Le rattachement de la Direction d'audit interne


_ L'analyse des postes de tous les membres de l'audit interne
_ La répartition des tâ ches
_ Les normes et standards de l’IIA
_ La méthodologie du déroulement d'une mission d'audit
_ Les procédures de travail de l'audit interne.

• Les outils d'audit interne

Nous préconisons la formalisation des outils d'audit en indiquant à quelle fin


chaque outil est destiné pour que pour un test donné l'on sache à priori quel outil
utilisé. Cela aura pour avantage de contribuer à la formation des débutants. Les
outils en vigueur sont:

_ Les sondages statistiques,


_ Les interviews,
_ Les vérifications et rapprochements divers,
_ L'observation physique,
_ La grille d'analyse des tâ ches,
_ Le diagramme de circulation ou flow-shart.

Pour la mesure de l'efficacité du Bureau d'audit interne

Nous souhaitons que des évaluations aussi bien internes qu'externes soient
périodiquement effectuées. Nous préconisons que l'audit interne élabore un
questionnaire d'évaluation renseigné par les audités et une fiche d'évaluation pour
chaque auditeur à la fin de chaque mission.

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 87


Conclusion
Nous constatons qu'il y a parfois des dysfonctionnements quand bien même ces
services d'audit interne existent. Cela pourrait être du à l'incompétence des
auditeurs mais aussi et c'est souvent le cas à l'épineux problème de l'indépendance
de l'audit interne. C'est pourquoi nous préconisons à l'avenir et c'est la tendance
maintenant, la création d'un comité d'audit au sein de LASMIF, seul gage d'une
vraie indépendance. Ce comité d'audit constitué du Responsable de l'audit interne,
des membres du comité de direction et d'administrateurs indépendants aura entre
autres missions: l'approbation de la politique d'audit interne présentée par le
Responsable de l'audit interne; l'examen de la qualité du contrô le interne dans
l'entreprise à partir des rapports de l'audit interne et des appréciations portées
par les auditeurs, l'approbation du plan d'audit présenté par le Responsable de
l'audit interne, la coordination des relations de travail avec les auditeurs externes
ainsi que les partenaires externes.

Les propositions et améliorations de notre étude quelle que soit leur pertinence
n'auront un impact véritable sur l'organisation, le fonctionnement et de l'audit
interne et partant sur la rentabilité de LASMIF toute entière si et seulement si les
autorités de l'entreprise se les approprient. D'autre part la mise en œuvre de ces
propositions et améliorations devra se faire par l'ensemble du personnel de la
société sensibilisé auparavant au bien fondé de la fonction « audit» qui loin de faire
la police est là pour conseiller et aider à bien maîtriser ces activités.

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 88


Conclusion gé né rale
Il donne à toute organisation (ou entreprise) une assurance sur le degré de
maîtrise des opérations, lui apporte des conseils pour améliorer ses activités
L'audit interne permet ainsi à l'entreprise d'atteindre ses objectifs dans la mesure
où il évalue par une approche systématique et méthodique, ses processus de
management des risques, de contrô le et de gouvernement d'entreprise en faisant
des propositions pour renforcer leur efficacité, sa finalité étant de contribuer à la
création de valeur ajoutée de l'entreprise.

L'audit interne se positionne à cet instant comme un instrument de gestion


incontournable pour tout manager qui désir atteindre des résultats optimums
dans un contexte où le contrô le de l'environnement est quasi impossible.
Cependant, la détection de facteurs clés d'échecs dans l'entité ne doit pas être le

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 89


seul détonateur de facteurs clés de succès de l'auditeur, même si en soi, elle reste
un moteur d'action et de motivation de celui-ci.

Par ailleurs, les dimensions nouvelles de l’audit interne – en particulier sa


contribution au management stratégique, à la responsabilité sociale de
l’entreprise, au développement durable, à la promotion de l’éthique et à la
prévention de la fraude - qui sont davantage développées dans les grands groupes
internationaux, ouvrent la voie à des visions plus sophistiquées de l’audit interne.
Ces évolutions rendront possible la mobilisation de théories plus nombreuses et
d’un cadre conceptuel plus riche, qui permettront de mieux faire ressortir la valeur
ajoutée de l’audit interne.

Enfin, selon Power (2005)23, la légitimité des pratiques de gestion dépend


maintenant de leur auditabilité. Rendre les entreprises auditables, c’est faire en
sorte que les processus de gestion puissent être évalués, par l’entreprise elle-
même et par des tiers indépendants. Par rapport à cette affirmation, il semble
intéressant de se poser la question de l’adaptabilité des procédures d’audit interne
aux pratiques de gestion existantes ou au contraire sur la manière dont le
processus d’audit peut façonner les pratiques de gestion.

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 90


23 É lisabeth Bertin : Audit interne: enjeux et pratiques à l'international

Bibliographie
Ouvrage 

 L. Collins, V. Gérard, Audit et contrô le interne Aspects financiers et


stratégiques, Paris, Ed. DALLOZ, 1992, P. 22
 S. Pierre, Mémento d’audit interne, Paris, Ed. DUNOD, 2007, P. 52
 Arens et Loebbecke, Auditing an integrated approach, 5èmeedition, 1991
 Institute of Internal Auditors (IIA), Normes Internationales pour la
pratique professionnelle de l’Audit Interne, Publication IFACI, Février
2004, P.
 Lionel et V. Gérard, Audit et Contrô le Interne aspects financiers,
opérationnels et stratégiques, Paris, Ed.DALLOZ, 1992, P. 9
 J.P. Ravalec, op.cit, P. 4
 ATH, Audit Financier, Paris, Ed CLET, 1983, P. 18
 Extrait du cours de l’audit interne de Mr Mohammed Hassan El Alaoui, ENA
de Rabat, Année 2007-2008

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 91


 Internal control- Integrated framework publié par le Committee Of
Sponsoring Organization Of Tread way commission(COSO) en 1992 aux
Etats-Unis
 Manuel de contrô le interne, version approuvée à la séance du conseil d’Etat
du 13 Décembre 2006 République et Canton de Genève département des
finances partie 1
 Définition approuvée le 21 mars 2000 par le Conseil d'Administration de
l'IFACI (Institut Français de l'Audit et du Contrô le Internes).
 R. N. GREENWALD, « An internal auditor’s guide to self management », The
Internal Auditor, 1990.
 É tude d’A. T. KEARNEY : commentaires FAVILLA. Les échos, 27 février 1992
 Lemant « La conduite d'une mission d'audit interne»
 Jacques Renard « Théorie et pratique de l'audit interne»
 JOfas (1996 :51) {( Les fondamentaux de l'audit interne»
 Robert OBERT Marie-Pierre MAIRESSE Comptabilité et audit 2e édition
 É lisabeth Bertin : Audit interne: enjeux et pratiques à l'international

Wébographie

http://www.lasmif.ma/lasmif/
http://www.audit.cfwb.be/index.php?id=2710
http://www.theiia.org

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 92


Table de matières
Remerciements 4
Dédicace 5
Sommaire 6
Introduction Générale 7
Chapitre 1 : Définition de l'audit interne 9
Section 1 : Essai de définition de l'audit interne 9
A- Définition de l'audit 9
B- Définition de l'audit interne 15
C- Formes et niveau de l'audit interne : 18
a- Les formes de l’audit interne : 18
L'audit comptable et financier  18
L'audit opérationnel  18
L'audit de direction  19
b- Les niveaux de l’audit interne : 19
L’audit de conformité/ de régularité  19
L’audit d’efficacité  21
L’audit de management 23
L’audit de stratégie  26
D-Normes de l’audit interne 27
Section 2 : l’audit interne et les autres fonctions et profession : 32
A- L’audit interne et les professions externe : 32
a- L’audit interne et l’audit externe : 32
b- L’audit interne et le conseil ou consultant externe : 37

Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 93


c- L’audit interne et le commissariat aux comptes : 38
B- L’audit interne et les autres fonctions de l’entreprise : 42
Fonction financière et comptable  42
Fonction commerciale et logistique  43
Fonction fabrication/production  43
Fonction informatique  44
Fonctions de gestion  44
Fonction audit interne  45
Fonction managériale  45
Chapitre 2 : Méthodologie et outils d’audit interne : 47
Section 1: La méthodologie : 47
A- La phase de préparation : 48
L'ordre de mission 49
L'étape de familiarisation. 49
La prise de connaissance 50
L'identification des risques 51
La définition des objectifs : 52
B- Phase de réalisation. 53
C- La phase de conclusion 54
Section 2: Les outils de l’Audit Interne 57
A- Les outils d’interrogations : 57
a- Les sondages statistiques : 57
b- Les interviews : 59
c- Les outils informatiques. 61
d- Vérifications, Analyses et Rapprochements divers. 63
B- Les outils de description : 64
a) L'observation physique  64
b) La narration  65
c) L'organigramme fonctionnel : 66
d) Le diagramme de circulation : 68
Chapitre 3 : Etude de cas: pratique de l'audit interne à La Société 69
Meknassie Industrielle De Fer
Section 1: Présentation de LASMIF. 69
A- Historique et cadre juridique 70
B- Organisation du service d'audit interne de la LASMIF 73
a) Les missions assignées à l'audit interne 73
b) La structure organisationnelle de l'audit interne 73
c) Le positionnement de l'audit interne dans l'organigramme 74
d) Les animateurs de l'audit interne 75
e) Les moyens et les outils de l'audit interne à la LASMIF 76
Pratique de l’audit interne au sien des Petites et Moyennes entreprises au Maroc 94
Section 2: Le fonctionnement de l'audit interne à LASMIF 78
A- La planification des missions d'audit 78
B- Attributions de l'audit interne 78
C- Le déroulement des missions d'audit 79
D- La mesure de l'efficacité du service d'audit interne. 81
Section 3: Analyses et Recommandations 82
A- Les points forts : 82
a) Pour l'organisation de l'audit interne 82
b) Pour le fonctionnement de l'audit interne 83
B- Les propositions et améliorations 83
a) Pour l'organisation de l'audit interne 83
b) Les moyens 85
Conclusion 86
Conclusion générale 88
Bibliographie 90
Table de matière 92

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