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Le principe de l’égalité des concurrents :

Ce principe signifie, que tous les candidats à l’appel d’offre, doivent bénéficier d’un
traitement égalitaire, leur permettant d’avoir les mêmes chances dans la formulation des
termes de leurs demandes de participation ou de leurs offres. Ce principe est la suite logique,
d’un principe plus large, à savoir : l’égalité devant les charges publiques et devant les droits et
obligations qui découlent de la Constitution, notamment les articles 39 et 40 qui imposent la
contribution solidaire et proportionnelle, devant les charges publiques créées et réparties par
la loi, ou dans le but d’assurer le développement du pays, et en cas de calamités et
catastrophes naturelles.

En matière de passation des marchés publics, ce principe se traduit par le respect de certaines
obligations de la part du maître d’ouvrage. Il s’agit, en premier lieu, de la prohibition de toute
discrimination, dans l’accès à la commande publique, en fonction de la nationalité ou la
situation géographique du soumissionnaire. En second lieu, l’administration adjudicatrice doit
assurer les mêmes informations au profit de tous les candidats. Enfin, l’attribution du marché
doit se faire selon ls critères prédéfinis et annoncés par l’administration.

Par ailleurs, il est strictement interdit, pour le maître d’ouvrage, d’autoriser un


soumissionnaire à modifier son offre, après l’ouverture des plis, ou d’accepter une offre qui
viole les conditions des appels d’offres.

Sous réserves, des avantages accordés par le législateur dans le décret de 2013, pour
encourager les PME, le maître d’ouvrage est tenu de traiter tous les candidats, quelque soit
leur taille, sur un même pied d’égalité. Cela signifie, que le traitement des candidatures des
soumissionnaires s’apprécie, en fonction des pièces de leurs dossiers et des propositions de
chaque offre. C’est une appréciation objective.

Toutefois, le principe d’égalité admet certaines dérogations : Ainsi, certaines préférences


peuvent être pratiquées en faveur des sociétés nationales, au détriment des sociétés étrangères.
A cet égard, les montants proposés par une sociétés étrangères, même agissant dans le cadre
d’un groupement marocain, sont majorés d’un pourcentage qui ne peut pas dépasser 15 pour
cent. Cette majoration doit être contenue dans le règlement de consultation, sous peine
d’inapplicabilité.
La liberté d’accès à la commande publique :

En vertu de ce principe, dès qu’une personne remplit les conditions requises pour se porter
candidat à un marché public, le maître d’ouvrage ne peut pas lui priver de ce droit. Il en
résulte, que toutes les personnes, physiques ou morales, publiques ou privées, organisées sous
forme sociétaires ou dans des groupements, peuvent se soumettre à un appel d’offre, dès
qu’elles ont la capacité de contracter et sous réserve d’une éventuelle exclusion réglementaire
à leur encontre.

Concernant les personnes publiques, et pour éviter tout conflit d’intérêts de nature à porter
atteinte au principe d’égalité de traitement, une indépendance absolue, de leur part, s’exige à
l’égard de l’administration adjudicataire.

Enfin, le maitre d’ouvrage ne doit pas imposer des normes plus contraignantes que celles
prévues par la loi. A cet effet, les cahiers des prescriptions spéciales ne doivent pas contenir
des spécifications techniques telles qu’elles aient un effet discriminatoire.

Néanmoins, la liberté d’accès à la commande publique admet aussi des exceptions : A cet
égard, l’administration adjudicataire doit écarter les candidats qui ne sont pas acquittés des
impôts, ou se trouvant dans une situation irrégulière à l’égard de la CNSS, ainsi que ceux
ayant fait l’objet d’une exclusion temporaire ou définitive de participation aux marchés
publics.

La garantie des droits des concurrents :

La garantie des droits des concurrents est assurée à deux égards. D’une part, à travers le
principe d’égalité, prévu désormais dans le premier article régissant les marchés publics. Et
d’autre part, à travers l’instauration de certaines voies de recours, permettant aux candidats
non retenus, de porter leurs contestations, soit en raison de non-respect des procédures de
passation, ou l’existence des clauses discriminatoires ou des conditions disproportionnées
dans le dossier d’appel à la concurrence, ou sur le plan des motifs de l’élimination de leurs
offres.

Le candidat malchanceux, peut choisir directement, les voies de recours administratives


ordinaires (Gracieux ou hiérarchiques), ou la voie arbitraire devant la CNCP.
Pour leur donner suffisamment de temps pour agir, un délai minimum de 15 jours doit couler
entre la date d’ouverture des plis et l’approbation des marchés. En cas de recours,
l’administration est tenue de répondre dans un bref délai, qui varie entre 5 jours et 10 jours
pour les ministres.

Le respect des règles de la bonne gouvernance :

Les institutions financières internationales, notamment la banque mondiale, insistent sur le


respect de la bonne gouvernance, comme critère de la viabilité des projets qu’elles financent.
De ce fait, la banque mondiale définit la bonne gouvernance comme étant « la manière dont le
pouvoir est exercé pour la gestion des ressources nationales économiques et sociales
consacrées au développement »

Pour l’administration la bonne gouvernance, se traduit dans la bonne gestion des ressources
budgétaires, et des deniers publics, afin de relancer les réformes de la fonction publique et de
l’appareil étatique.

Pour s’assurer d’une bonne gouvernance, certains principes doivent être évalués :

- La responsabilité : La constitution marocaine insiste sur l’idée de la reddition des


comptes. En effet, les administrations sont tenues de justifier la manière dont elles
gèrent les affaires publiques et politiques.
- La transparence : c’est la sœur jumelle de la crédibilité. Elle est assurée à travers
l’information claire du citoyen sur la gestion des affaires publiques.
- La prédictibilité : C’est la mise en œuvre d’un arsenal législatif et réglementaires, non
lacunaire et claire.
- La participation du public via la démocratie participative.

Le respect de l’environnement et les objectifs du développement durable :

L’idée d’une commande publique durable, s’est concrétisée par le décret de 2013 régissant les
marchés publics, à travers l’intégration des préoccupations d’ordre environnemental et social
dans les règles de passation des marchés publics. A cet effet, l’administration adjudicataire,
est tenue désormais d’insérer des clauses environnementales dans les cahiers des charges, en
particulier pour les critères de la sélection des candidats, et des évaluations des offres des
soumissionnaires.
Lesdits critères de performances, sont liés notamment à la protection de l’environnement, au
développement des énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique. Le maître d’ouvrage
peut les assortir de certains coefficients de pondération, quel que soit le type du marché.