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Département : Droit Privé

Master : Juriste d’affaires

Module : Institutions du commerce international

L’institut international pour l’unification du


droit privé

(UNIDROIT)

Réalisé par : Encadré par  :


OUMAYMA BEN MAACHOU Mr. SLIMANI
CHAHID
CHAIMAE TOUM BEN CHAKROUN
YOUSRA MOUSSAOUI
SOMMAIRE

PREMIÈRE PARTIE :
L’INSTITUT UNIDROIT EST UNE ORGANISATION
INTERGOUVERNEMENTALE CAPABLE DE CRÉER DES
R ÈGLES DE DROIT COMMERCIAL INTERNATIONNAL.

Chapitre 1 : L'efficacité de l'organisation de l'Institut international pour


l'unification du droit privé.
Chapitre 2 : La mesure dans laquelle l'Institut international pour l'unification du
droit privé, crée et normalise le droit commercial international.
SECONDE PARTIE :
LES PRINCIPES D’UNIDROIT UN OUTIL EFFICACE POUR
UNIFIER LES REGLES DU DROIT COMMERCIAL
INTERNATIONAL
Chapitre 1 : Les Principes d'UNIDROIT sont une source indépendante de règles
de droit commercial international.
Chapitre 2 : Évaluation des principes d'UNIDROIT.
Conclusion générale
Bibliographie / Webographie
Les annexes
Table des matières
« L’effet naturel du commerce est de porter à la paix » 1
Charles-Louis DE SECONDAT,
Baron DE LA BREDE ET DE MONTESQUIEU
Connu sous le nom De MONTESQUIEU

C’était en 1926 que l’institut international pour l’unification en matière du droit


privé fut créé comme cadeau de l’Italie à la Société des Nations 2, mais après la

1
MONTESQUIEU, De l’esprit des lois, Paris, GF Flammarion, 1979, 4ème partie, Livre XX (Des lois, dans le
rapport qu’elles ont avec le commerce, considéré dans sa nature et ses distinctions), Chapitre II (De l’esprit du
commerce,).
2
Nika Witteborg «  Les Principes d’UNIDROIT relatifs aux contrats du commerce international comme source de
connaissance du droit  » conference le 30-06- 2006 à Heidelberg disponible sur https://www.ipr.uni-
heidelberg.de/md/jura/ipr/montpellier/vortraege/38witteborg.pdf consulté le 01-06-2020
dissolution de celle-ci et la seconde guerre mondiale UNIDROIT fut reconstituée
en 1940 comme organisation indépendante intergouvernementale.
Depuis sa constitution, UNIDROIT a élaboré près de soixante-dix études et
projets3. Nombre de ces travaux ont abouti à des instruments internationaux,
dont des conventions internationales, des lois types, des Principes et des
Guides contractuels. Les conventions ont été adoptées lors de Conférences
diplomatiques convoquées par les Etats membres d’UNIDROIT.
En effet cet institut dont le siège se situe à Rome dans la Villa Aldobrandini a
pour objet d’étudier des moyens et méthodes en vue de moderniser,
harmoniser et coordonner le droit privé – en particulier le droit commercial –
entre des Etats ou des groupes d’Etats et, à cette fin, d’élaborer des
instruments de droit uniforme, des principes et des règles.
En ce qui concerne plus particulièrement l’élaboration de règles uniformes, on
peut constater que l’UNIDROIT constitue le complément de la Conférence de la
Haye de Droit international privé.
En effet, à cette dernière est dévolu le rôle de l’unification des règles de conflit
de lois, en d’autres termes l'harmonisation des règles de droit international
privé au niveau mondial, et elle a également élaboré une trentaine de
conventions internationales dont une vingtaine est actuellement en vigueur et
dont une grande partie porte exclusivement sur les règles de conflit de lois.
Cependant, ses « lois » se traduisent par des traités ou des conventions
multilatérales, dont le but premier n’est pas de faciliter les relations entre États
mais plutôt la vie de leurs ressortissants, que ce soit dans le domaine privé ou
commercial, dans le cadre de leurs relations et opérations transfrontalières 4
classique tandis qu’à l’Institut, revient la tâche d’unifier les règles matérielles
de droit international privé. De manière assez naturelle donc, les activités de
l’Institut se sont plutôt portées vers des questions de droit économique qui se
prêtent mieux à la création de normes matérielles.
L’Institut est ainsi connu pour ses réalisations importantes dans le domaine du
droit du commerce international à travers l’adoption des principes relatifs aux
contrats du commerce international.

3
KANDA, Hideki, et al.  « Commentaire officiel de la Convention d'UNIDROIT sur les règles matérielles relatives
aux titres intermédiés » éd Neuauflage 2012 ,402p
4
Hans van Loon (2007) «  La Conférence de La Haye de droit international privé » , JOURNAL JUDICIAIRE DE LA
HAYE , vol 2 , n°2
Publiés à l'origine en 1994, ils ont été revus et modifiés en 2004. Aujourd'hui,
une troisième version est en cours d'élaboration, afin de compléter et de
consolider juridiquement ces principes qui ont vocation à régir les contrats du
commerce international.
Ils peuvent s'appliquer à de tels contrats lorsque les parties le choisissent
explicitement, ou si les parties ne choisissent pas un droit national particulier
qui devrait régir le contrat, ou bien alors pour servir d'indice au juge, national
ou international, pour interpréter les contrats internationaux, et enfin ont
vocation à inspirer les législateurs nationaux ou internationaux qui
proposeraient des règles en la matière5.
En somme les principes d’UNIDROIT se présentent ainsi comme une œuvre très
ambitieuse et ont en quelque sorte vocation à constituer un code des contrats
internationaux. Ils s’appliquent à tout contrat quel qu’il soit, et non pas
seulement à tel contrat spécial, comme la vente, le prêt ou encore la
distribution.
Les travaux de l’Institut sont tellement considérables que nous nous
attacherons essentiellement aux « Principes UNIDROIT » qui sont d’ailleurs son
œuvre majeure.
Il conviendra ainsi de se demander comment une organisation
intergouvernementale internationale telle qu’UNIDROIT élabore des règles
uniformes, de tels Principes à vocation internationale ; mais il s’agira également
de voir quelle est leur valeur, portée et efficacité.
Pour élucider cette problématique on va traiter en première partie l’institut de
l’UNIDROIT en tant qu’organisation intergouvernementale capable de créer des
règles de droit commercial (I) avant de se pencher dans une deuxième partie
sur les principes d’unidroit afin d’unifier les règles du droit commercial
internationnal(II)

Partie1 : l’institut de l’UNIDROIT est une


organisation intergouvernementale capable de créer
des règles de droit commercial
L’Homme et le commerce sont indissociables. D’abord envisagées dans une
approche purement interne, les activités commerciales ont rapidement
5
https://fr.wikipedia.org/wiki/Principes_d%27Unidroit_relatifs_aux_contrats_du_commerce_international
consulté le 01-06-2020
dépassé les frontières naturelles des Etats. Qu’il s’agisse, pour ne citer que des
exemples de cette expansion, des routes dites des Indes, des Garamantes, des
Limes, du Nil, du sel ou de la soie, les grandes artères commerciales de
l’histoire ont été non seulement un important facteur de développement
économique international mais ont également contribué aux rapprochements
politiques et culturels. Des milliers de transactions sont ainsi effectués
quotidiennement dans des pays différents avec des partenaires étrangers par
l’intermédiaire de contrats, de procédures de paiement et de transports
internationaux, pour ne mentionner que les opérations juridiques les plus
courantes, participant ainsi à l’expansion de l’économie mondiale et, plus
généralement, de la société entière.6
Par conséquent nombreux sont les différends naissants entre les
concessionnaires suite à l’abondance des échanges commerciaux de produits
ou de services concernant la loi applicable à leurs contrats comme garantie
pour remplir leurs obligations mutuelles, d'autant plus que les contrats de
commerce international comprennent nécessairement des éléments de
différents pays. Ce que chaque partie au contrat commercial international
essaie de faire respecter les règles de son droit national sur le contrat, compte
tenu de sa compatibilité avec ses intérêts et lui permet de connaître plus
facilement ses dispositions.
Compte tenu des difficultés juridiques apparues, la communauté international
a senti le besoin d'accorder de l'importance à la création et à l'unification des
règles du droit commercial international en vue de fournir une solution aux lois
nationales limitées et de leur incapacité à traiter tous les aspects de ce type de
contrat ainsi qu'à protéger les concessionnaires à leur égard et à réduire les
situations de conflit. En mettant en œuvre la loi applicable et en créant une
atmosphère de confiance et de transparence dans les transactions
commerciales internationales.
C’est là ou se manifeste le rôle l’UNIDROIT qui a offert aux communautés
juridiques et économiques internationales des principes qui ont vocation à régir
les contrats du commerce international.

6
Guillaume VIEILLARD « La contribution de la Commission des Nations Unies pour le droit commercial
international (CNUDCI) à l’harmonisation et l’uniformisation du droit commercial international  » THÈSE en droit
prive Pour l’obtention du grade de Docteur sous la direction de  : Pr Eric LOQUIN, UNIVERSITÉ DE
BOURGOGNE 2014 615p
Chapitre1 : l’efficacité de l’organisation de l’institut
international pour l’unification du droit privé
L’Institut UNIDROIT dispose d’une organisation (1) qui lui permet de poursuivre
l’objectif posé à l’alinéa premier de l’article 1 de son statut organique selon
lequel « l’Institut international pour l’unification du droit privé a pour objet
d’étudier les moyens d’harmoniser et de coordonner le droit privé entre les
Etats ou entre les groupes d’Etats et de préparer graduellement l’adoption par
les divers Etats d’une législation de droit privé uniforme ».
Par ailleurs, cela a abouti à l’élaboration près de soixante-dix études et projets.
Nombre de ces travaux ont abouti à des instruments internationaux, dont des
conventions internationales, des lois types, des Principes et des Guides
contractuels. (2)
Section 1 : la composition de l’institut international pour
l’unification du droit privé
Selon l’article 1 de ses statuts la vocation d’UNIDROIT est l’unification du droit
privé en développant des méthodes, en élaborant des conventions et des lois
modèles pour la modernisation et l’harmonisation du droit privé
Donc on retient de cette définition que l’UNIDROIT est une organisation
intergouvernementale indépendante ayant pour objet « d’étudier des moyens
et méthodes en vue de moderniser, harmoniser et coordonner le droit privé – en
particulier le droit commercial – entre des Etats ou des groupes d’Etats et, à
cette fin, d’élaborer des instruments des droits uniformes, des principes et des
règles ».
Par ailleurs l’UNIDROIT entretient d'étroites relations avec d'autres
Organisations internationales, tant intergouvernementales que non
gouvernementales, qui prennent dans de nombreux cas la forme d'accords de
coopération entre les secrétariats. La Conférence de La Haye de droit
international privé, UNIDROIT et la Commission des Nations Unies pour le droit
commercial international (CNUDCI), les trois organisations de formulation de
règles de droit privé, sont dénommées, à juste titre, “les trois sœurs”.
Adhérer par 63 états, cette organisation dispose d’un large corps professionnel.
A la lecture de l’article 4 de ce Statut organique, on retient en général que
l’UNIDROIT une structure tripartite, composée du Secrétariat, du Conseil de
Direction et de l’Assemblée Générale. En vertu de l’article 81 du Statut
organique, « le Secrétariat comprend un Secrétaire général nommé par le
Conseil de Direction sur présentation du Président, deux Secrétaires généraux
adjoints appartenant à des nationalités différentes, nommés également par le
Conseil de Direction, et les fonctionnaires et employés qui seront indiqués par
les règles relatives à l’administration de l’Institut (…) ». Ainsi, le Secrétariat
apparaît comme l’organe exécutif d’UNIDROIT, chargé de la mise en œuvre de
son Programme de travail. Quant au Conseil de Direction, il est composé d'un
membre d'office, le Président de l'Institut, et de vingt-cinq membres élus, pour
l'essentiel d'éminents magistrats, avocats et professeurs d'université ainsi que
de fonctionnaires nationaux. Le Conseil de Direction est présidé par le
Président de l’Institut qui est membre ex officio du Conseil.
En ce qui concerne l'Assemblée Générale, elle est considérée en tant qu’organe
de décision suprême d’UNIDROIT ; elle vote le budget annuel de l'Institut,
approuve son Programme de travail tous les trois ans et nomme, pour un
mandat de cinq ans, les membres du Conseil de Direction. Elle est composée
d'un représentant du Gouvernement de chaque Etat membre. La Présidence de
l'Assemblée Générale est assurée, à rotation et pour un an, par l'Ambassadeur
d'un Etat membre de l'Organisation.
Section2 : L’ensemble des activités législative et non législative de
l’institut international pour l’unification du droit privé

Sous-section 1 : Les activités législatives de l’UNIDROIT

Parmi les activités législatives de l’institut on trouve :


 Principes relatifs aux contrats du commerce international : Ils sont
considérés parmi les fameux projets de l’UNIDROIT puisqu’ils ont trouvé
une reconnaissance internationale considérable depuis leur publication.
Ils étaient le sujet de divers colloques et congrès, de plusieurs
publications et sont de plus en plus considérés lors des procédures
arbitrales des procès devant les juridictions de droit commun. Les
Principes ont même été intégrés dans les codes civils de quelques pays,
par exemple en Russie ou Lithuanie. On peut certainement dire qu’ils
appartiennent aux plus grands projets de droit comparé et Ils traitent
essentiellement les aspects de la conclusion, de la validité, de
l’interprétation et du contenu des contrats, l’exécution ainsi que la non-
exécution et les droits à l’exécution en cas de non-respect des
obligations. En tête des Principes se trouvaient quelques règles générales
comme par exemple la liberté du contrat, la liberté de forme, la bonne
foi et quelques règles pour la communication entre les parties ainsi que
des moyens en vue de protéger les contrats et leurs dispositions contre
toute iniquité procédurale et pour sanctionner les éventuels
comportements déloyaux des parties. C’est ainsi, par exemple, que le
contrat est susceptible par exemple d’être annulé pour cause de dol, de
ou encore d’avantage excessif.

 Protocole à la Convention du Cap portant sur les questions spécifiques


aux biens spatiaux : La Convention du Cap institue un régime uniforme
pour la constitution et les effets d'une garantie internationale portant sur
les biens aéronautiques, le matériel roulant ferroviaire et le matériel
d'équipement spatial. Accompagnée d'un Protocole portant sur les
questions spécifiques aux matériels d'équipement aéronautiques, elle a
été adoptée lors d'une conférence diplomatique en novembre 2001 sous
les auspices conjoints de l'Institut international pour l'unification du droit
privé (UNIDROIT) et de l'Organisation de l'aviation civile internationale
(OACI).7

Les instruments de la Convention visent à faciliter l'offre de financement


de matériels aéronautiques par la création d'une garantie internationale
particulièrement forte en faveur des créanciers qui leur confère une
priorité « absolue » sur ces biens dans un registre international. De tels
instruments sont susceptibles d'apporter des avantages importants à
l'industrie aéronautique européenne, en stimulant l'offre de crédit pour
l'acquisition de biens aéronautiques.

 Principes et règles susceptibles d’accroître les transactions sur les


marchés financiers émergents à travers l’adoption de la convention
d’UNIDROIT sur les règles matérielles relatives aux titres intermédiés ou
La « Convention de Genève sur les titres » afin de créer un instrument
international destiné à améliorer le cadre juridique pour la détention et
le transfert ainsi que la constitution de garanties sur des titres ainsi que
d’assurer une stabilité interne des marchés financiers nationaux et leur
compatibilité transfrontalière, et, ainsi, à faciliter la formation de capital.

7
https://www.unidroit.org/fr/instruments/garanties-internationales/convention-du-cap consulté le 04-06-2020
 Dispositions législatives modèles définissant la propriété de l’Etat sur
les biens culturels non découverts est un traité international qui touche
à la protection des biens culturels. Son but est de renforcer les
principales faiblesses de la Convention de l'UNESCO de 1970 concernant
les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation,
l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels. La
Convention UNIDROIT vise à lutter contre le trafic illicite des biens
culturels en modifiant le comportement de l'acheteur, en l'obligeant à
vérifier la légitimité de son achat.
Sous-section 2 : Les activités non législatives de l’UNIDROIT

 Congrès, rencontres et séminaires UNIDROIT organise périodiquement


des rencontres et des congrès internationaux pour discuter certains
aspects généraux ou spécifiques d’actualité concernant la modernisation
et l’harmonisation du droit, comme la méthodologie et ses applications
pratiques. Ces manifestations rassemblent des juges, arbitres,
universitaires et praticiens ainsi que des fonctionnaires nationaux et
internationaux.
 Parmi les congres et les séminaires on trouve :
 Une présentation intitulée “L’Institut international pour
l’unification du droit privé et les Principes d’UNIDROIT relatifs aux
contrats du commerce international” au campus du Centre
international de formation de l’Organisation internationale du
travail Le 23 avril 2018
 La promotion des Principes et de leur applicabilité aux clauses
d’arbitrage figurant dans les conditions générales ou les clauses
types lors de la Conférence latino-américaine sur l’arbitrage tenue
à Cusco en mai 2018
 Le 14 septembre 2018, UNIDROIT Participation à une conférence
internationale intitulée “China’s Belt and Road Initiative –
Opportunities and Challenges for International Dispute Resolution
and Contracting.

 Programme de coopération juridique UNIDROIT met à disposition son


expertise en matière d’harmonisation juridique et œuvre à la promotion
du droit uniforme, en particulier dans l’intérêt de pays ou régions en
développement et en reconversion économique. En matière d’assistance
technique pour la préparation de législations nationales et régionales,
on signalera notamment la coopération avec l’Organisation pour
l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA). A sa
demande, UNIDROIT a préparé un avant-projet d’Acte uniforme OHADA
sur le droit des contrats, largement inspiré des Principes d’UNIDROIT
relatifs aux contrats du commerce international. UNIDROIT fournit, en
outre, un appui à la mise en œuvre et à la divulgation de ses travaux, y
compris par la formation et la recherche sur le droit uniforme. Un
programme de bourses de recherches, financé pour l’essentiel par des
contributions volontaires, accueille chaque année des chercheurs à la
bibliothèque d’UNIDROIT 

 Base de données sur le droit uniforme (UNILAW) UNIDROIT a décidé de


réaliser une base de données dans le but de fournir aux Gouvernements,
magistrats, arbitres, juristes praticiens et chercheurs des informations à
jour et immédiatement accessibles sur des conventions et d’autres
instruments de droit uniforme adoptés par UNIDROIT, en anglais et en
français. La base de données fournit, en outre, des liens à des
instruments élaborés par d’autres organisations.

Chapitre 2 : La mesure dans laquelle l’institut


international pour l’unification du droit privé, crée et
normalise le droit commercial international.
Il ne fait aucun doute que, pour qu’une organisation internationale joue son
rôle de manière optimale, il est nécessaire de s’établir une méthode de travail
réalisable. Nous constatons que la méthodologie pour une unification efficace
n'a pas été simple à créer et à coordonner les règles du droit commercial
international. D'autant plus que pour la complexité des branches et les
différents points de vues sur les moyens de l'unifier.

L'Institut international pour l'unification du droit privé a une méthodologie


variée en termes de style de travail (première section), ce qui lui a permis
d'être à l'origine de plusieurs ouvrages et publications dans le domaine du droit
commercial international (deuxième section).

Section 1 : L’institut UNIDROIT aborde la création et


l’unification des règles de commerce international.
Il est vrai que les règles du droit commercial international ont connu de
nombreux développements. On lui accorde une grande attention à tous les
niveaux. Jusqu'à ce qu'il devienne un système juridique spécial qui régit les
relations commerciales internationales en général et les contrats conclus en
particulier. Cependant, il ne s'agit pas d'une coïncidence, mais plutôt d'un
élément important, de l'efficacité des approches adoptées pour réaliser
l'unification de ces règles et de l'efficacité des procédures suivies à son égard
(premièrement), dont la plus importante est la possibilité de relier les moyens
de coopération entre les différents organes opérant dans ce cadre (deuxième).

Sous-section 1 : L'efficacité de la règle a suivi l’unification.

Nous ne trouvons peut-être pas de définition pour unifier le droit du commerce


international, mais nous référant aux lois statutaires des pays du monde, nous
les trouvons convergeant de nombreux citoyens, et elles constituent donc la
base du processus d'unification. Le terme unification, qui notamment en droit
commercial international, fait référence à l'imitation ou à l'acceptation du droit
étranger et à son introduction dans un autre pays. Le processus d’unification
des règles juridiques est pratiquement lancé comme une simple idée pour une
personne ayant une longue expérience du commerce international ou un
universitaire qui le propose à une organisation internationale dans laquelle il
est membre, comme l’Institut UNIDROIT » ou la Chambre de commerce
internationale. Interagir avec l'idée, que ce soit en l'adoptant, en la mettant en
discussion, en faisant ses procédures d'expérimentation, ou en l'ignorant. Dans
le cas où l'idée est acceptée, les aspects de l'idée présentée seront cristallisés
en discutant des problèmes qu'elle peut poser.

En ce qui concerne l'institut d'UNIDROIT, s'il existe des arguments solides en


faveur de l'idée, ce qui en fait un sujet digne d'unifier les règles, dans un
premier temps, il est inclus en tant que thème dans le programme de travail de
l'Institut international pour l'unification du droit privé (UNIDROIT), et le
Secrétariat assiste les experts dans ce domaine, en préparant une étude de
faisabilité et / ou une étude de comparaison juridique si nécessaire - selon la
disponibilité des fonds - et réalisation d'une analyse d'impact économique du
sujet. Cette étude est ensuite présentée au conseil de direction, qui invite le
secrétariat pour mettre en place un comité d'étude généralement présidé par
un membre du conseil de direction, en vue de formuler un avant-projet
d'accord ou autrement8. Après vient l'étape de négociation de ce que la

8
Voir les articles 12 et 13 du statut de l'Institut international pour l'unification du droit privé.(Annexe 1.)
commission d'études a accompli, afin que le projet de règlement que ce comité
élabore soit soumis à l'approbation du conseil de direction et émette un avis
sur la procédure à suivre.

En cas d'un avant-projet d’accord, le secrétariat est prié de créer un comité


d'experts gouvernementaux chargé d'élaborer un projet de convention, à
présenter, si nécessaire, une conférence diplomatique. Et en cas d'autres
méthodes d’unification qui ne nécessitent pas d'examen par des experts
gouvernementaux, le Conseil est invité à l’approber et la publier aux
intéressés9.

Le projet d'accord préparé par la commission d'experts gouvernementaux est


soumis au Conseil de direction pour approbation et avis sur les mesures à
prendre. S'il est considéré que le projet d'accord reflète un consensus entre les
pays qui ont participé au Comité d'experts gouvernementaux et qu'il est
susceptible d'être adopté lors d'une conférence diplomatique, le Conseil de
direction autorise l'envoi de l'accord pour adoption en tant qu'accord
international dans le cadre d'une conférence diplomatique tenue par un État
membre à UNIDROIT.

En énumérant la méthode de l'Institut international pour l'unification du droit


privé, il est devenu clair que cet organisme international adopte la prudence
dans son traitement et respecte généralement le stade des négociations, des
expériences ou des examens, car des comités sont formés pour étudier
l'ampleur d'une différence des législations sur le sujet du processus
d’unification et se tiennent le plus possible sur l'importance de l’unification et si
elle est important pour faciliter la croissance du commerce international dans
un domaine spécifique. Et une étape très importante pour garantir qu'il existe
un véritable problème qui devrait être surmonté en unifiant les règles .

Sous-section 2 : La possibilité de lier les modes de coopération avec d'autres


organisations.

Il est noté à l'article 12 bis du statut de l'Institut international pour l'unification


du droit privé que l'institut susmentionné s'appuie sur ce qu'il cherche à
réaliser dans l'unification du droit commercial international la possibilité de lier
les moyens de communication avec d'autres organisations opérant dans le
même cadre afin de faire valoir des points de vue et d'établir une coopération.
L'article susmentionné déclare que : Le conseil de direction peut établir avec

9
Pour savoir plus sur la méthodologie de l'institut unidroit dans l’unification du droit commercial international.
Voir le lien suivant: https://www.unidroit.org/fr/presentation/presentation
d’autres organisations intergouvernementales, ainsi qu’avec les
gouvernements non-participants, toutes relations propres à assurer une
collaboration conformes à leurs fins respectives.

Par conséquent, l'institut (Unidroit) a, parmi ses pouvoirs, la capacité d'entrer


et de maintenir des relations étroites avec d'autres organisations
internationales, gouvernementales ou non gouvernementales. Et cela en
concluant des accords de coopération et de partenariat entre les secrétariats
généraux, en particulier pour les trois organisations intéressées à unifier le
droit commercial international, à savoir la Conférence de La Haye de droit
international privé, la Commission des Nations Unies pour le droit commercial
international (UNICITRAL) et la Chambre de commerce 10. Afin d'assurer la
cohérence et d'éviter les chevauchements dans les travaux des deux
organisations, et de tirer le meilleur parti des ressources disponibles auprès des
États membres. internationale.

On peut également relever que, compte tenu de sa compétence en matière


d’unification du droit, certaines organisations peuvent faire appel à UNIDROIT
pour la préparation d’études de droit comparé et/ou de projets de conventions
destinés à poser les bases de l’élaboration ou la mise au point d’instruments
internationaux dans le cadre de ces organisations11.

Section 2 : Les travaux de l’institut d’UNIDROIT.


Le principe dans toute organisation internationale est que sa conduite est
soumise à une politique législative spéciale compatible avec l'objet de son
activité, l'institut de (unidroit) a développé près de soixante-dix études et
projets liés au commerce international, dont la plupart ont abouti à des
instruments internationaux, y compris des accords International, lois types et
principes contractuels. Nous trouvons également des travaux que l'Institut a
participé à leur préparation et d'autres qui ont été préparés dans le cadre de
l'Institut. Par conséquent, l'Institut a réussi à unifier de nombreuses règles de
fond et de fond du droit international privé, et il suffit de signaler certains
accords internationaux importants qui sont à l'origine de la préparation de cet
institut et qui ont été approuvés par de nombreux pays :

10
Pour voir la gamme complète de coopération et de partenariats qu'Unidroit rassemble avec d'autres
organisations et organismes gouvernementaux et non gouvernementaux. Veuillez consulter le rapport annuel
2017 sur les travaux de l'institut unidroit au lien suivant: https://www.unidroit.org/fr/
11
Marie Jarrety. L’institut international pour l’unification du droit privé. année Universitaire 2011-2012.p.12.
 Les conventions de La Haye du 1er juillet 1964 portant loi uniforme sur la
vente internationale d'objets mobiliers corporels.
 La convention de Bruxelles de 1970 relative au contrat de voyage.
 La Convention de Washington de 1973, qui comprend une loi unifiée sur
la forme d'un testament international.
 Principes des contrats commerciaux internationaux (principes
d'Unidroit).
 La Convention d'UNIDROIT de 1995 sur les biens culturels volés ou
illicitement exportés.
 Convention d'Unidroit sur les règles matérielles relatives aux titres
intermédiés 2009.

Il convient de noter que le contrat de vente international a une importance


particulière qui dépasse l’importance de tout contrat dans le domaine du
commerce international. Les efforts de l'Institut international pour l'unification
du droit privé ont abouti à la loi de La Haye 12 dans le domaine de l'unification
des règles matérielles de la vente internationale.
Malgré le fait que cette loi s'applique à une unification complète des règles du
droit international, elle n'a connu qu'un succès limité, car la majorité de la
jurisprudence l'a condamnée à l'échec.

Partie 2 : Les principes d’UNIDROIT, un outil


efficace pour unifier les règles du droit commercial
international.
À la lumière d'une communauté internationale qui souffre d'un déséquilibre,
que ce soit en termes politiques ou économiques, l'unification des règles du
droit commercial international est devenue un véritable pari pour la forte
volonté des pays industrialisés de contrôler et d'orienter ces actions
12
La loi unifiée de La Haye comprend deux accords. Le premier comprenait la loi unifiée sur la vente
internationale de biens mobiliers qui est entrée en vigueur pour les États qui les ont ratifiés le 18/08/1974, qui
comprenait 101 articles. La seconde concernait principalement la loi unifiée sur la formation des contrats de
vente internationale de biens meubles physiques, et elle est également entrée en vigueur pour ceux qui l'ont
ratifiée le 23/08/1972, qui comprenait à son tour 13 articles.
d'unification au service de leurs intérêts économiques. Le droit commercial
international doit être dépouillé de textes qui tiennent compte des intérêts
d'un pays et non d'un autre. Les particularités des commerçants internationaux
et leurs besoins devraient être pris en compte dans les mécanismes juridiques
qui garantissent la stabilité de leurs activités commerciales transfrontalières de
manière équilibrée sans donner la priorité à une partie par rapport à une autre.

Bien que la réalisation de cette situation nécessite nécessairement une


présence internationale et forte des pays en développement avec une
participation active aux divers travaux des organes internationaux chargés de
créer et d'unifier le droit commercial international pour défendre leurs intérêts
tout en établissant les règles que la communauté internationale est soumise
aux commerçants. Cependant, cela n'est pas toujours réalisé et pour plusieurs
raisons, qui est historique, économique et ce qui est politique.

À l'air de cette situation, l'Institut international pour l'unification du droit privé


a entamé la cristallisation d'un ensemble de principes pour l'organisation des
contrats commerciaux internationaux et, en les préparant, a tenu compte de
l'équilibre requis entre les contractant et pour être plus approprié aux
exigences des transactions commerciales internationales. Ce sont les principes
que nous cherchions à savoir (le première chapitre) en ensuite on va les évaluer
(le deuxième chapitre).

Chapitre 1 : Les principes d’UNIDROIT sont une source


indépendante de règles de droit commercial.
Les principes peuvent être définis comme des règles de base qui ont une
caractéristique générale qu'une personne peut atteindre par l'expérience, la
connaissance et la logique , ou l'utilisation de méthodes scientifiques telles que
l'expérimentation. Afin de comprendre la nature des principes d'UNIDROIT,
nous rappelons ce qui a été déclaré dans le préambule de ces principes qui
établissent des règles générales préparées comme base d'application aux
contrats commerciaux internationaux13. Bien que les principes d'Unidroit
semblent constituer une source indépendante des règles du droit commercial
international, cela peut être trouvé à travers le traitement de son champ
d'application (première section) ainsi que les fondements et fonctions les plus
importants pour lesquels il a été préparé (deuxième section).

13
Unidroit, Principes d'Unidroit relatifs aux contrats du commerce international, Unidroit, 2004
Section 1 : Les principes d’UNIDROIT.
Dans ce contexte, les principes d'UNIDROIT viennent fixer un ensemble de
règles auxquelles les particuliers peuvent convenir de soumettre leur contrat
(en second lieu) en plus d'autres cas qui entrent dans le champ d'application
(premier paragraphe).

Sous-section 1 : Le champ d’application des principes UNIDROIT.

Les principes d’UNIDROIT ont été élaborés pour la première fois en 1994 et
s'étalaient sur une période de temps relativement courte. Cependant, il s'est
caractérisé par l'amélioration et l'élargissement du sujet de ces principes et
leur reconnaissance comme une source importante de droit commercial
international14.

Comme indiqué dans le préambule de la première édition des Principes


d'Unidroit, son objectif est d'établir des règles générales pour les contrats
commerciaux internationaux. Et il semble qu'ils soient susceptibles d'être
appliqués dans six cas, la déclaration figurant dans ce préambule, dont le
premier est l'accord des parties de soumettre leur contrat à ces principes, qui
est l'état naturel de la validité de ces principes sur le contrat par une
approbation explicite dans le contrat.

Le Préambule des Principes d'Unidroit ajoute d'autres cas pour leur utilisation
car ils sont utiles pour interpréter ou compléter d'autres sources de droit
international unifié tels que les accords internationaux et les lois types, et
peuvent être utilisés pour interpréter ou compléter la législation interne d'un
pays, en particulier les pays qui doivent développer leur arsenal législatif afin
de suivre l'évolution du commerce international.

Et selon ce que le préambule des principes, il n'appartient à aucune autorité


nationale de l’appliquer, du fait les parties ont une extrême liberté de le définir
comme une loi applicable à leur contrat. Ce qui nous amène à discuter sur la
valeur de ces principes.

Sous-section 2 : Les règles du contrat.

L'Institut international pour l'unification du droit privé (UNIDROIT) est une


organisation intergouvernementale indépendante dont le siège est à Rome

14
maryia miashchanawa. Globalization and International Commercial Contracts: the UNIDROIT Principles.
dans la Villa Aldobrandini. Son objet est d'étudier des moyens et méthodes en
vue de moderniser, harmoniser et coordonner le droit privé - en particulier le
droit commercial - entre des Etats ou des groupes d'Etats et, à cette fin,
d’élaborer des instruments de droit uniforme, des principes et des règles.

En 1994, adopté les Principes et nous les avons offerts aux communautés
juridiques et économiques internationales. En procédant ainsi, nous n’avions
pas à les soumettre à l’approbation des gouvernements. Ceci a comme
conséquence qu’ils ne constituent pas un instrument contraignant. Nous étions
convaincus que nous avions en main un bon produit qui serait accepté et utilisé
à cause de sa qualité et de ce que nous décrivions dans l’Introduction comme
étant son pouvoir de persuasion en raison, entre autres, de la qualité de ceux
qui ont participé à la rédaction des Principes. les Principes constituent la
nouvelle lex mercatoria et il sera intéressant de voir de quelle façon les
législateurs nationaux permettront aux parties de déroger à l’application du
droit national en y référant15.

Comme mentionné, ces principes tirent leur force de la volonté des parties,
selon le préambule, qui est venu :

“Les Principes qui suivent énoncent des règles générales propres à régir les
contrats du commerce international.
Ils s’appliquent lorsque les parties acceptent d’y soumettre leur contrat.’’
Dans ce cas, Ils peuvent s’appliquer lorsque les parties acceptent que leur
contrat soit régi par les “Principes généraux du droit”, la “lex mercatoria” ou
autre formule similaire. Ils peuvent apporter une solution lorsqu’il est
impossible d’établir la règle pertinente de la loi applicable. Ils peuvent être
utilisés afin d’interpréter ou de compléter d’autres instruments du droit
international uniforme. Ils peuvent servir de modèle aux législateurs nationaux
et internationaux16.

Section 2 : Fonctions et fondements des principes d’UNIDROIT et


leur développement.

Les principes de l'Institut international pour l'unification du droit visent à


réaliser un ensemble de fonctions qui peuvent être regroupées en trois
fonctions de base, et c’est ce que l'on peut observer à travers le préambule de
ces principes, qui sont présentés comme une solution au problème des conflits
15
Anne-Marie Trahan. Les principes d’Unidroit Relatifs aux contrats du commerce international. page 628-631
16
Le préambule Annexe 2
de lois dans le domaine du commerce international, et en plus de ces fonctions,
ces principes reposent également sur des fondements, et c'est ce que nous
allons essayer de traiter.

Sous-section 1 : fonctions des principes.

Ces fonctions concernent les contrats de commerce international : et c'est


quelle que soit la norme adoptée pour l'internationalisation du contrat, c'est-à-
dire si cette norme est une norme légale ou économique ou un mix entre
juridique et économique. Elles sont adaptables aux différentes situations
juridiques résultant des contrats commerciaux internationaux : à condition que
le droit national de l'État concerné par le contrat soit respecté, ce qui élargit le
champ d'application de ces principes, afin que le caractère de
l'internationalisme ne le prive pas de son caractère national. Il est utilisé
comme un outil pour interpréter et compléter d'autres sources du droit
commercial international : en raison de sa nature générale et globale, il peut
s'étendre à tous les aspects du commerce.

L’unidroit repose sur certains Principes :

 Principe de liberté contractuelle : selon l’article 1.1 des principes liés aux
contrats commerciaux internationaux : Le principe de la liberté
contractuelle revêt une importance fondamentale dans le contexte du
commerce international. Le droit des opérateurs commerciaux de
décider en toute liberté à qui offrir leurs marchandises ou services et de
qui les recevoir, ainsi que la possibilité pour eux de s’entendre librement
sur les dispositions de chaque contrat, sont les pierres angulaires d’un
ordre économique international ouvert, orienté vers le marché et
concurrentiel.

 Principe de bonne foi : « un fil conducteur » dans l’interprétation de la


Convention. La bonne foi est expressément soulignée par l’article 7-1 : «
Pour l’interprétation de la présente Convention, il sera tenu compte […]
de la nécessité […] d’assurer le respect de la bonne foi dans le commerce
international ». Il est noté sur le principe de la bonne foi qu'il s'agit d'un
principe général et fondamental qui exige la bonne volonté des parties à
traiter. Nous rappelons également que la partie doit agir conformément
aux exigences de bonne foi, même en l'absence de dispositions
particulières dans les principes, que ce soit lors de la formation du
contrat ou de sa mise en œuvre.
 Principe de validité par seul accord : L'article 3.1.2 que Pour conclure,
modifier un contrat ou y mettre fin, il suffit de l’accord des parties et de
lui seul. Contrairement à ce qui est stipulé dans certains systèmes
juridiques qui stipulent la nullité du contrat de vente si la chose vendue
est perdue et qu'aucune présence réelle n'existe au moment de la
conclusion du contrat. On trouve l'article 3.1.3 qui dispose ‘‘Le seul fait
que, lors de la conclusion du contrat, l’une des parties était dans
l’impossibilité d’exécuter ses obligations ne porte pas atteinte à la
validité du contrat. Il en est de même si, lors de la conclusion du contrat,
l’une des parties ne pouvait disposer des biens qui en faisaient l’objet.’’

 Usages et pratiques : l’article 1.9 dispose : Les parties sont liées par les
usages auxquels elles ont consenti, ainsi que par les pratiques qu’elles
ont établies entre elles. Ainsi elles sont liées par tout usage qui, dans le
commerce international, est largement connu et régulièrement observé
par les parties à des contrats dans la branche commerciale considérée, à
moins que son application ne soit déraisonnable.

Sous-section 2 : Le développement des principes.

Les principes Unidroit sont parmi les réalisations les plus importantes dues à
l'Institut international d’unification de Droit privé, dont la quatrième édition
pour l'année 2016 comprenait un préambule et des dispositions générales et
onze chapitres.

Il a déjà été souligné que les principes d'UNIDROIT ont été publiés pour la
première fois en 1994 dans leur première édition, puis publiés à nouveau en
2004, où la deuxième édition a été publiée, qui comportait une série
d'amendements et d'ajouts qui permettent à ces principes de suivre le rythme
des développements successifs dans le domaine du commerce international.
Les mises à jour sur ces principes ne se sont pas arrêtées à la deuxième édition
de 2004, mais l'institut a continué de les mettre à jour, la troisième édition a
donc été publiée en 2010, qui à son tour a abordé des questions
supplémentaires qui concernent principalement le secteur des entreprises et la
communauté juridique et a apporté avec elle 26 nouveaux articles traitant de la
restitution des droits en cas de non-exécution du contrat avec les avantages de
cette troisième édition de 2010, l'Institut international pour l'unification du
droit privé a travaillé à produire une nouvelle édition datant de 2016, dont la
principale mission était de traiter la question des contrats à long terme et de
répondre aux besoins des parties contractantes.

Dans cette perspective, l’édition de 2010 n’a subi que des variations mineures:
seules six dispositions ont été amendées, à savoir le Préambule et les articles
1.11, 2.1.14, 5.1.7, 5.1.8, et 7.3.7. De fait, la plupart des variations portent sur
les Commentaires, et plus particulièrement concernent: le Préambule
(amendements au Commentaire 2) et les articles 1.11 (ajout d’un nouveau
Commentaire 3), 2.1.14 (amendements aux Commentaires 1-3 et ajout d’un
nouveau Commentaire 4),2.1.15 (amendement au Commentaire 2 et ajour d’un
nouveau Commentaire 3), 4.3 (amendements au Commentaire 3 (devenu
Commentaire 4) et ajout d’un nouveau Commentaire 3), 4.8 (amendements
aux Commentaires 1-3), 5.1.3 (amendements au Commentaire (devenu
Commentaire 1) et ajout d’un nouveau Commentaire 2), 5.1.4 (ajout d’un
nouveau Commentaire 3), 5.1.7 (amendements aux Commentaires 2-3), 5.1.8
(amendements au Commentaire (devenu Commentaire 1) et ajout d’un
nouveau Commentaire 2), 7.1.7 (ajout d’un nouveau Commentaire 5), 7.3.5
(amendements au Commentaire 3 et ajout d’un nouveau Commentaire 4),
7.3.6 (amendements au Commentaire 1), et 7.3.7 (amendements aux
Commentaires 1-2).

En conséquence, l’édition de 2016 des Principes d’Unidroit, tout comme


l’édition de 2010, est composée de 211 articles (ils étaient au nombre de 120
dans l’édition de 1994 et de 185 dans l’édition de 2004) et couvre virtuellement
tous les principaux sujets du droit général des contrats. Afin de faciliter la
comparaison, un tableau de correspondance des articles des quatre éditions
des Principes d’Unidroit a été inclus17.

Chapitre 2 : Evaluation des principes d’UNIDROIT


Les principes d'UNIDROIT relatifs aux contrats du commerce international sont
des principes, élaborés par l'Institut international pour l'unification du droit
privé (UNIDROIT), destinés à régir les contrats du commerce international.
Ces principes ne peuvent s'appliquer à ces contrats que si et seulement si les
parties les y soumettent expressément. Ils peuvent encore permettre au juge,
national ou international, d’interpréter les contrats internationaux. Conçus
pour fournir des solutions aux problèmes du commerce international, ils ont un
domaine plus vaste que celui de la Convention de Vienne du 11 avril 1980

17
https://www.unidroit.org/fr/principes-d-unidroit-2016/principes-unidroit-2016-presentation
limité à la vente internationale qu'ils servent à interpréter et à compléter
comme énoncé dans leur Préambule.
Ils ont été publiés en 1994, modifiés en 2004, avant de faire l’objet d’une
troisième version,
Selon les mots du Professeur Jérôme Huet, « Les Principes d’Unidroit forment
un corpus de règles de droit des contrats destinées à répondre aux exigences
spécifiques de la pratique commerciale moderne ». Etudions d’abord comment
ils sont appliqués (Section1), avant de voir s’ils ont une réelle utilité et efficacité
dans les relations commerciales internationales (Section2).18
Section 1 : Application des principes d’UNIDROIT.
Afin de comprendre comment les Principes UNIDROIT s’appliquent, examinons
d’où provient leur force obligatoire (Sous-section1) mais également leur
contenu (sous-section2).

Sous-section 1 : La force obligatoire des Principes Unidroit

Les Principes d’UNIDROIT relatifs aux contrats du commerce international ne


sont, par hypothèse, applicables qu’en matière contractuelle et à condition
qu’il s’agisse d’un contrat du commerce international (paragraphe1) et tirent
leur force obligatoire de la volonté des parties(paragraphe2).

Paragraphe 1 : Le domaine d’application des Principes : les contrats du


commerce international

Selon le Préambule des Principes, ceux-ci constituent des règles « propres à


régir les contrats du commerce international ». Mais qu’entendre par contrat
du commerce international ?

Toujours selon les termes du Préambule, « le caractère international d’un


contrat peut être défini de très nombreuses façons » mais on aura tendance à
considérer qu’un contrat doit apparaître comme international lorsqu’il
comporte un élément d’extranéité.

Cet élément d’extranéité n’est pas toujours le même : il peut être le domicile
des parties, chacune d’elle étant implantée dans un pays différent. Ce peut
également être le lieu d’exécution du contrat, un bien ou un service qui doit
être exporté dans un autre pays.

18
Siteweb https://fr.wikipedia.org/wiki/Principes_d
%27Unidroit_relatifs_aux_contrats_du_commerce_international :
Mais de manière générale, en l’absence de définition donnée par les Principes,
il appartiendra aux juges ou arbitres saisis d’un éventuel litige de déterminer si
le contrat est international.

S’il s’agit de juges étatiques, ils décideront du caractère international d’un


contrat au vu de la définition d’un tel contrat par la lex fori. En revanche, s’il
s’agit d’arbitres, non liés par une lex fori, d’autres critères d’appréciation du
caractère international d’un contrat que ceux de la loi applicable dans le pays
où ils statuent pourraient être utilisés.

En droit français, on considère comme international le contrat qui suppose un


échange par-delà les frontières.

Mais les contrats visés, en plus d’être internationaux, doivent également être
commerciaux. La conception que les différents systèmes juridiques peuvent
avoir d’un contrat commercial n’est pas nécessairement la même et ici encore,
en cas de litige, il appartiendra aux arbitres ou aux juges de définir le contrat
commercial. En droit français interne, on oppose les contrats civils aux contrats
commerciaux. Les contrats commerciaux constituent des « actes de commerce
» définis par les articles L.110-1 et suivants du Code de commerce. Cependant,
des contrats qui ne sont pas commerciaux par leur objet ou leur nature le
deviendront nécessairement s’ils sont accomplis par un commerçant pour les
besoins de son exploitation commerciale.

Par ailleurs, selon le commentaire du Préambule, « l’idée poursuivie est


davantage d’exclure du champ d’application des Principes ce qu’on appelle les
‘opérations de consommation’ qui sont de plus en plus soumises dans les divers
systèmes juridiques à des règles spéciales, impératives pour la plupart, visant à
la protection du consommateur, c’est-à-dire une partie qui conclut un contrat
autrement que pour son commerce ou sa profession ».

Mais, outre qu’ils s’appliquent à un domaine précis, les Principes ne pourront


être appliqués qu’une fois que les parties au contrat s’y seront référées.

Paragraphe 2 : La volonté des parties donnant force obligatoire aux


Principes

Selon le Préambule, les Principes « s’appliquent lorsque les parties acceptent


d’y soumettre leur contrat » ; le texte ajoute qu’« ils peuvent s’appliquer
lorsque les parties acceptent que leur contrat soit régi par les « principes
généraux du droit », la « lex mercatoria » ou autre formule similaire 17 ». A la
lecture de cette formule, on peut alors se demander quelle est la force
obligatoire des Principes et d’où ils la tirent.

Comme les Incoterms ou les Règles et usances uniformes de la CCI relatives aux
crédits documentaires, les Principes UNIDROIT tirent leur force obligatoire des
volontés des parties à un contrat international. En effet, parce qu’il s’agit de
règles qui n’ont pas l’autorité de la loi interne ou d’une convention
internationale, elles supposent l’adhésion des parties au contrat. Ainsi, les
Principes n’ont pas de valeur obligatoire autonome et ont simplement la valeur
de stipulations contractuelles. La force obligatoire leur est donnée par la
volonté des parties.19

Mais on peut remarquer que la volonté des parties n’a pas besoin d’être
expresse et peut n’être que tacite. Cela s’explique par le fait que les rédacteurs
ont prévu que les

Principes peuvent s’appliquer lorsque les parties ont entendu que leur contrat
soit régi par les principes généraux du droit ou la lex mercatoria. Les rédacteurs
des Principes auraient ainsi entendu assimiler les Principes Unidroit aux
principes généraux du droit et à la lex mercatoria, débat que nous avons pu
rencontrer lors de nos développements relatifs à la nature des Principes
Unidroit. Toujours est-il qu’il en résulte que les Principes tirent alors leur force
obligatoire des principes généraux du droit ou de la lex mercatoria.

On peut également relever que par cette formule selon laquelle « les Principes
peuvent s’appliquer (…) lex mercatoria ou autre formule similaire », entraine
qu’une clause rédigée comme l’indique le Préambule permettrait à un juge ou à
un arbitre de prendre en considération les Principes au titre d’une supposée
volonté implicite ou tacite des parties.

Ainsi, l’application des Principes par le choix exprès ou implicite des parties ne
semble pas évidente et pour reprendre les mots du professeur Pascale Deumier
« La revendication d’applicabilité, directement ou au titre de la lex mercatoria,
mériterait soit d’être révisée, soit d’être repensée et justifiée ».

Sous-section 2 : Le contenu des Principes UNIDROIT

Selon l’article 1.5 des Principes UNIDROIT, « les parties peuvent exclure
l’application de ces Principes, déroger à l’une quelconque de leurs dispositions
ou en modifier les effets, à moins que ces Principes n’en disposent autrement
19
Préambule des Principes UNIDROIT relatifs aux contrats du commerce international, 1994,
p.43.
». Ainsi, certaines règles énoncées dans les Principes ont de ce fait un caractère
impératif.

Etudions d’abord les dispositions de ces Principes (paragraphe1) avant de voir


quelles sont les règles auxquelles on ne peut déroger (paragraphe2).

Paragraphe 1 : Les dispositions des Principes UNIDROIT

Le texte des Principes UNIDROIT en lui-même est composé d’un Préambule


suivi de sept chapitres qui traitent successivement des dispositions générales
(chap.1), de la formation (chap. 2), de la validité (chap. 3), de l’interprétation
(chap. 4), du contenu (chap. 5), de l’exécution (chap. 6), et de l’inexécution des
contrats (chap. 7). Il s’agit d’un véritable code des contrats commerciaux
internationaux structuré en cent vingt articles, originellement rédigé en anglais
puis traduit en diverses autres langues pour faciliter sa diffusion et son
utilisation. On peut constater que les rédacteurs des Principes ont veillé à
écarter les terminologies propres à un système légal particulier, pour privilégier
les expressions généralement employées dans la pratique contractuelle
internationale.

Les Principes forment un ensemble de dispositions qui constituent un corps de


règles cohérent et selon le Professeur Bannes, « fondé sur cinq principes
essentiels que sont : la liberté contractuelle, les usages et pratiques, le favor
contractus, la bonne foi et les sanctions des comportements déloyaux ». 20

Tout d’abord, le principe de liberté contractuelle apparaît comme un principe


fondamental dans le contexte du commerce international. Ainsi, selon l’article
1.1 « les parties sont libres de conclure un contrat et d’en fixer le contenu ».
Selon les mots du Professeur Bannes, « le droit des opérateurs commerciaux de
décider en toute liberté à qui offrir leurs marchandises ou services, et de qui les
recevoir, ainsi que la possibilité pour eux de s’entendre librement sur les
dispositions de chaque contrat, sont les pierres angulaires d’un ordre
économique international ouvert, orienté vers le marché et concurrentiel ».

Deuxième principe essentiel, les usages et pratiques. Il convient de noter que le


principe d’ouverture aux usages du commerce est exprimé à l’article 1.8 selon
lequel « les parties sont liées par les usages auxquels elles ont consenti, ainsi
que par les pratiques qu’elles ont établies entre elles. Elles sont liées par tout
usage qui, dans le commerce international, est largement connu et
régulièrement observé par les parties à des contrats dans la branche
20
DEUMIER Pascale, « Les Principes UNIDROIT ont 10 ans : bilan en demi-teinte », Revue des contrats,
2004, p.774.
commerciale considérée, à moins que son application ne soit déraisonnable ».
L’importance de cet article repose sur le fait qu’il reconnaît expressément
qu’un usage est susceptible de lier des parties, qu’elles aient ou non conclu un
accord spécifique en la matière. Ainsi, comme dans la Convention de Vienne
sur la vente de 1980, l’article 1.8 dispose que les parties sont liées par les
usages autant que par les règles des Principes.

Quant à la bonne foi, elle est prévue à l’article 1.7 et énonce que « les parties
sont tenues de se conformer aux exigences de la bonne foi dans le commerce
international. Elles ne peuvent exclure cette obligation ni en limiter la portée ».
Ce principe est fondamental et fait partie des règles impératives des Principes
que nous étudierons dans le prochain paragraphe.

Enfin, les sanctions des comportements déloyaux constituent le cinquième


principe essentiel. Les Principes UNIDROIT proposent en effet de nombreux
moyens de protéger les contrats et leurs dispositions contre toute iniquité
procédurale et pour sanctionner les éventuels comportements déloyaux des
parties. C’est ainsi, par exemple, que le contrat est susceptible par exemple
d’être annulé pour cause de dol (selon l’article 3.8), de contrainte (en vertu de
l’article 3.9) ou encore d’avantage excessif.

Après avoir étudié les dispositions des Principes UNIDROIT et leurs éléments
essentiels, il s’agit d’analyser plus en détail certaines dispositions dont le
caractère impératif est expressément indiqué.

Paragraphe 2 : Certaines règles impératives au sein des Principes

Il est certains Principes auxquels on ne peut déroger. Il s’agit d’abord de


l’article 1.7 relatif à la bonne foi. En effet, ce texte édicte à la charge des parties
l’obligation de se comporter de bonne foi et précise que cette obligation ne
peut être ni exclue ni limitée. Selon cet article « les parties sont tenues de se
conformer aux exigences de la bonne foi dans le commerce international. Elles
ne peuvent exclure cette obligation ni en limiter la portée ». Selon le
commentaire de cet article 1.7, « la formule utilisée implique qu’il faut analyser
la bonne foi à la lumière des conditions spéciales du commerce international »,
et non appliquer les critères habituellement adoptés dans les différents
systèmes juridiques. Par ailleurs, cette formule étant assez générale, il semble
que l’on doive considérer qu’il s’agit aussi bien de la bonne foi dans la
conclusion ducontrat que dans son exécution.

La nature impérative du principe de bonne foi découle du fait que cette


exigence est à ce point fondamentale qu’il ne paraît pas envisageable que les
parties puissent l’exclure ou en limiter la portée par contrat. Par ailleurs,
comme le fait remarquer le Professeur Christian Larroumet, « l’interdiction par
les principes d’exclure ou de limiter l’obligation de bonne foi est dépourvue de
toute originalité. En effet, l’obligation de se comporter de bonne foi est non
seulement admise dans tous les systèmes juridiques des pays civilisés, mais
encore elle constitue un principe général du droit ayant une valeur autonome.
Dès lors, elle s’imposerait même si elle n’était pas reprise dans les Principes ».

Outre la bonne foi, il existe également d’autres règles auxquelles on ne peut


déroger, notamment celles qui sont relatives aux conditions de validité du
contrat. En effet, toutes les conditions énoncées dans les articles 3.1 et suivants
des Principes sont impératives, sauf certaines parmi lesquelles figure l’erreur-
vice du consentement, ce qui signifie que les parties pourraient stipuler que le
contrat conclu sous l’empire d’une erreur est valable.

Toutefois, il y a lieu de tenir compte du droit applicable au contrat : dans la


mesure où le contrat relève de l’application de règles étatiques désignées par
une règle de conflit ou de règles internationales matérielles, celles-ci,
lorsqu’elles sont impératives, devront toujours l’emporter sur les Principes
Unidroit qui ne leur seraient pas conformes. De cette manière, le caractère
impératif des règles du droit applicable est plus fort que celui des Principes, ce
qui atténue l’affirmation de ce caractère.

Section 2 : Les principes Unidroit : instrument d’harmonisation


efficace ?
Selon le Professeur Pascale Deumier, « Œuvre savante, les Principes UNIDROIT
sont le fruit du travail d’un groupe d’experts représentant les principaux
systèmes juridiques : au terme d’une démarche comparative, ils ont dépassé le
simple enregistrement de la règle plus répandue pour retenir les solutions
jugées plus adaptées ». Les Principes UNIDROIT ont ainsi été reconnus comme
un véritable moyen d’harmonisation efficace (Sous-section2) même si certaines
faiblesses des Principes ont pu être notées, qui font douter de leur efficacité
(Sous-section1).

Sous-section 1 : Certaines faiblesses des Principes mettant en doute leur


efficacité
Les Principes UNIDROIT sont-ils vraiment en mesure d’assurer l’objectif
d’harmonisation du droit des contrats commerciaux ? Nous avons pu voir que,
d’une certaine manière, les Principes pouvaient être rapprochés de la
technique des restatements. En effet, comme les restatements, ils constituent
un corps de solutions ordonnées dans un domaine précis, se présentent sous la
forme d’articles assortis de commentaires et ne tirent leur autorité persuasive
que de leur origine doctrinale. Mais, tandis que les dispositions énoncées dans
les Restatements reflètent le droit positif des Etats d’Amérique du Nord, celles
d’UNIDROIT s’inspirent de solutions en vigueur dans de très nombreux pays et
opèrent une synthèse, étrangère à tout système juridique existant.21

Ainsi, comme l’affirme le Professeur Fauvarque-Cosson, « l’objectif n’était pas


de rechercher le plus petit dénominateur commun aux contrats, mais de
dépasser les législations nationales pour poser une série de principes
internationalement cohérents ». Cela laisse entendre les difficultés qu’auront
les Principes à s’imposer aux juges nationaux. Dépourvus de force obligatoire,
les Principes sont également privés d’un organe juridictionnel spécifique qui
assurerait leur interprétation uniforme. Ils risquent alors de devenir un vecteur
d’insécurité si les juges les interprètent conformément à l’esprit de leur
système juridique d’origine et si les arbitres s’en servent pour rendre une
décision conforme à leur propre sens de la justice. Ainsi, même si les Principes
contiennent beaucoup de dispositions détaillées qui ne requièrent aucun
travail interprétatif, certaines ne peuvent être appliquées sans que le juge ou
l’arbitre se livre à une interprétation préalable. Il s’appuiera alors sur les
dispositions générales du Chapitre I, notamment de l’article 1.6 relatif à
l’interprétation et au comblement des lacunes, mais cela ne permet en aucun
cas d’assurer l’uniformité.

Dans le même esprit, les Principes du droit européen du contrat, élaborés par
la Commission pour le droit européen du contrat, visent à harmoniser les règles
qui gouvernent la théorie générale des obligations contractuelles au sein des
Etats membres. Comme les Principes d’UNIDROIT, ils ont d’abord vocation à
servir de « modèle » aux législateurs.

On peut ainsi douter de la réelle efficacité des Principes Unidroit. Si l’on ajoute
d’une part, qu’ils écartent certaines questions et ne constituent donc pas un
système complet et d’autre part, qu’en cas de conflit de normes
internationalement impératives, celles de la loi normalement applicable au
contrat l’emporteront sur celles des Principes, le doute pourrait s’accroître.

Pourtant, du moins en France, ces Principes ont reçu une large diffusion auprès
des praticiens et des universitaires et ont été abondamment commentés dans
21
DEUMIER Pascale, « Les Principes UNIDROIT ont 10 ans : bilan en demi teinte », Revue des contrats,
2004, p.774.
FAUVARQUE-COSSON Bénédicte, « les contrats du commerce international, une approche nouvelle :
les Principes d’Unidroit relatifs aux contrats du commerce international », RIDC, 1998, p.464.
les revues de droit. Par ailleurs, certains textes ont été appliqués par des
arbitres et même par des juridictions du fond.

Sous-section 2 : Les Principes UNIDROIT instrument toutefois utilisé et


exploité

Œuvre de codification de principes généraux applicables aux contrats


internationaux, les Principes d’UNIDROIT forment un système et présentent
ainsi une vue d’ensemble, sous une forme synthétique. Ces Principes, malgré
leurs faiblesses, ont un rôle significatif dans l’unification du droit. En effet,
selon le professeur Bannes, les Principes sont à la fois « un modèle pour les
législateurs nationaux et internationaux, un moyen pour interpréter ou
compléter d’autres instruments du droit international uniforme, un guide pour
la rédaction des contrats, une loi régissant les contrats », mais aussi « un
substitut du droit national par ailleurs applicable ».

Ainsi, les Principes Unidroit sont d’abord un modèle pour les législateurs
nationaux et internationaux qui peuvent les utiliser pour la rédaction d’une
législation dans le domaine du droit général des contrats ou de certains types
d’opérations particulières.

Sur le plan national, les Principes peuvent être particulièrement utiles à


certains Etats, dans lesquels les corps de règles relatifs aux contrats sont
insuffisamment développés et qui souhaitent actualiser leurs réglementations,
du moins en ce qui concerne les relations économiques internationales. Cela a
d’ailleurs été le cas de la Chine où la commission parlementaire de la
République Populaire a été chargée de préparer une nouvelle législation,
inspirée des Principes Unidroit, sur les contrats commerciaux internationaux
conclus par le pays. De même, les Principes ont été utiles à des Etats tels que la
Fédération de Russie dont le système légal, à la suite de changements socio-
politiques fondamentaux, a nécessité une restructuration, notamment en
matière de réglementations relatives aux activités économiques. Une
commission spéciale a ainsi été réunie pour la préparation d’un nouveau Code
civil à la lumière des Principes Unidroit de 1994.

Sur le plan international, les Principes ont été une référence importante pour
larédaction de conventions. La convention inter-américaine de 1994 en est un
exemple, puisque selon l’article 7 de cette convention, « les contrats seront
régis par la loi choisie par les parties » ; l’article 9 ajoute que « si les parties
n’ont pas déterminé la loi applicable, ou si leur sélection s’avère inefficace, le
contrat sera régi par la loi de l’Etat avec laquelle il a les liens les plus étroits » et
pour déterminer cette loi, le tribunal devra prendre en compte non seulement
« tous les éléments subjectifs et objectifs du contrat », mais aussi « les
principes généraux de droit commercial international reconnus par les
organisations internationales ». Il semble selon certains auteurs que par cette
évocation des « Principes généraux de droit » les rédacteurs aient voulu
signifier que les juges peuvent se référer aux Principes Unidroit en cas
d’impossibilité de déterminer la loi applicable à un contrat.

De ce fait, la Convention inter-américaine a permis d’ouvrir de nouvelles


perspectives à l’application des principes généraux de droit commercial dans la
sphère internationale.

Les Principes peuvent également être un moyen d’interpréter ou de compléter


d’autres instruments du droit international uniforme. On peut ainsi constater
qu’au niveau national, les difficultés d’interprétation peuvent être surmontées,
dans la mesure où chaque système juridique élabore un certain nombre de
principes et critères d’interprétation des législations internes. En revanche,
l’interprétation des textes conçus au niveau international est beaucoup plus
incertaine puisqu’il appartient aux juges et arbitres d’interpréter les
instruments internationaux sur la base d’une étude comparative des solutions
adoptées dans les différents systèmes juridiques nationaux. Les Principes
Unidroit pourraient ainsi se présenter comme instrument propre à fournir des
lignes directrices pour une interprétation uniforme. Encore faudrait-il, il est
vrai, que les Principes soient eux-mêmes interprétés uniformément…

Les Principes sont encore une loi régissant le contrat des parties. Comme nous
avons pu le voir, le choix exprès des Principes par les parties au contrat permet
de donner à ceux-ci force obligatoire. Les Principes peuvent également être
appliqués en tant que lex mercatoria : en effet, selon l’alinéa 3 du Préambule,
les parties à des contrats de commerce international qui ne s’entendent pas sur
le choix d’une loi particulière en tant que loi applicable à leur contrat, peuvent
prévoir qu’il sera régi par « les principes généraux du droit, la lex meratoria ou
autre formule similaire ».

Enfin, les Principes peuvent également être un substitut du droit national


applicable.

Ainsi, les Principes Unidroit peuvent devenir pertinents même lorsque le


contrat est régi par une loi interne particulière : c’est le cas chaque fois qu’il
s’avère extrêmement difficile, voire impossible, d’établir la règle pertinente de
cette loi interne particulière relative à une question spécifique et lorsqu’il est
possible de trouver une solution dans les Principes, mais ceux-ci ne sont
applicable comme substitut du droit national applicable qu’en dernier ressort.

La pratique démontre ainsi que les Principes UNIDROIT semblent être de réels
principes unificateurs en matière de droit des contrats du commerce
international.22

Conclusion :
L’unification du droit du commerce international n’était d’abord envisagée que
sous forme de conventions liant les Etats membres. Dans la mesure où les
Principes UNIDROIT ne constituent pas un traité proposé à la ratification des
Etats, ils présentent une réelle originalité. Ainsi, ce travail considérable
d’unification et d’harmonisation réalisé par l’Institut atteste que l’unification du
droit peut prendre une autre forme que celle d’une norme obligatoire. Cette
technique paraît à même de satisfaire l’aspiration de plus en plus forte à un
retour au droit commun.

Même si du fait que les Principes se qualifient principalement d’œuvre savante,


notamment en raison de leur mode d’élaboration – on a pu émettre des doutes
quant à leur réelle efficacité, la pratique a démontré que les Principes ont su
22
BANNES Frédérique-Marine, « L’impact de l’adoption des Principes Unidroit 1994 sur l’unification du
droit commercial international : réalité ou utopie ? », Revue de la recherche juridique – droit prospectif,
1996, p. 947.
répondre à de nombreuses attentes : « à la fois source d’inspiration, de
solution et d’interprétation, les Principes UNIDROIT sont disposés à servir qui
les sollicite ».

Seule la pratique nous permettra de connaître la réelle efficacité des Principes,


le critère principal de leur réussite étant qu’ils parviennent à s’adapter à
l’évolution du commerce international. Le plus bel aboutissement serait que
ces Principes intègrent un traité afin d’acquérir une véritable force normative. 23

En raison du rôle primordial du Maroc dans le domaine du commerce extérieur,


il est souhaitable de rejoindre cet institut pour défendre les intérêts des pays
africains et pour exprimer la volonté de coopération internationale en vue de
réaliser le plus grand degré d'unification des règles du commerce international.

Bibliographie / webographie :
Manuels et ouvrages :

Anne-Marie Trahan. Les principes d’Unidroit Relatifs aux contrats du commerce


international.

CORNU (G.), Vocabulaire juridique, Association Henri Capitant, PUF, collection Quadrige,
1987, 8 e Ed, 2007.

DAILLER (P.), FORTEAU (M.), PELLET (A.), Droit international public, LGDJ, 8 Ed, Paris, 2009,
1708.

Guillaume VIEILLARD « La contribution de la Commission des Nations Unies pour le droit
commercial international (CNUDCI) à l’harmonisation et l’uniformisation du droit commercial
international » THÈSE en droit prive Pour l’obtention du grade de Docteur sous la direction
de : Pr Eric LOQUIN, UNIVERSITÉ DE BOURGOGNE 2014.

KANDA, Hideki, et al.  « Commentaire officiel de la Convention d'UNIDROIT sur les règles
matérielles relatives aux titres intermédiés » éd Neuauflage 2012.

23
DEUMIER Pascale, « Les Principes UNIDROIT ont 10 ans : bilan en demi teinte », Revue des contrats,
2004, p. 774.
maryia miashchanawa. Globalization and International Commercial Contracts: the UNIDROIT
Principles.

MONTESQUIEU, De l’esprit des lois, Paris, GF Flammarion, 1979, 4ème partie, Livre XX (Des
lois, dans le rapport qu’elles ont avec le commerce, considéré dans sa nature et ses
distinctions), Chapitre II (De l’esprit du commerce,).

Nika Witteborg «  Les Principes d’UNIDROIT relatifs aux contrats du commerce international
comme source de connaissance du droit » conference le 30-06- 2006 à Heidelberg disponible
sur https://www.ipr.uni-heidelberg.de/md/jura/ipr/montpellier/vortraege/38witteborg.pdf
consulté le 01-06-2020

Revues juridiques, recueils et mélanges :

BANNES (F-M.), « L’impact de l’adoption des Principes UNIDROIT 1994 sur l’unification du
droit commercial international : réalité ou utopie ? », Revue de la recherche juridique – Droit
prospectif, 1993, n°3, p. 933-970.

DEUMIER (P.), « Les principes UNIDROIT ont 10 ans : bilan en demi-teinte », Revue des
contrats, 2004 n°3, p. 774.

Hans van Loon (2007) « La Conférence de La Haye de droit international privé » , JOURNAL
JUDICIAIRE DE LA HAYE , vol 2 , n°2

Site web:

https://www.lettredesreseaux.com/P-552-678-P1-principes-d-unidroit-relatifs-aux-contrats-du-
commerce-international.html Consulté le 02-06-2020

https://www.unidroit.org/fr/presentation/presentation Consulté le 01-06-2020

https://fr.wikipedia.org/wiki/Principes_d%27Unidroit_relatifs_aux_contrats_du_commerce_international
consulté le 01-06-2020
Annexes
Annexe 1 : statut organique d’UNIDROIT
Annexe 2 : Préambule
Table des matières
Sommaire...........................................................................................................................1
Introduction générale.........................................................................................................2
Partie1 : l’institut de l’Unidroit est une organisation intergouvernementale capable de
créer des règles de droit commercial...................................................................................5
Chapitre1 : l’efficacité de l’organisation de l’institut internationnal pour l’unification du droit
privé..............................................................................................................................................6
Section 1 : la composition de l’institut international pour l’unification du droit privé................6
Section2 : L’ensemble des activités législative et non législative de l’institut international pour
l’unification du droit privé.............................................................................................................7
Chapitre 2 : La mesure dans laquelle l’institut international pour l’unification du droit privé, crée
et unifié le droit commercial international..................................................................................10
Section 1 : L’institut unidroit aborde la création et l’unification des règles de commerce
international................................................................................................................................11
Sous-section 2  : La possibilité de lier les modes de coopération avec d'autres organisations...13
Section 2 : Les travaux de l’institut d’UNIDROIT.........................................................................13
Partie 2 : Les principes d’Unidroit, un outil efficace pour unifier les règles du droit
commercial international..................................................................................................15
Chapitre 1 : Les principes d’UNIDROIT sont une source indépendante de règles de droit
commercial..................................................................................................................................15
Section 1 : Les principes d’UNIDROIT...........................................................................................16
Section 2 : Fonctions et fondements des principes d’UNIDROIT et leur développement..........18
Chapitre 2 : Evaluation des principes d’UNIDROIT.......................................................................21
Section 1 : Application des principes d’UNIDROIT........................................................................21
Sous-section 1 : La force obligatoire des Principes Unidroit.......................................................21
Section 2 : Les principes Unidroit : instrument d’harmonisation efficace ?...............................27
Conclusion :......................................................................................................................31
Bibliographie / webographie :..........................................................................................32
Annexes............................................................................................................................34
Annexe 1 : statut organique d’UNIDROIT.....................................................................................35
Annexe 2 : Préambule.................................................................................................................41
Table des matières............................................................................................................44