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ministère de l’éducation nationale

français
3e
Livret de cours
Rédaction
Blandine Bihorel
Amandine Lasnon
Frédéric Nottebaert

Coordination
Élise Bozec-Baret

Expertise pédagogique
François Didier (IA-IPR de lettres)

Enregistrement
Mallorie Villain
Elizabeth Masse
Didier Douet
Marie Lescure
René Defossez

Relecture
Amandine Jacquot

Ce cours est la propriété du Cned. Les images et textes intégrés à ce cours sont la propriété de leurs auteurs et/ou ayants droit
respectifs. Tous ces éléments font l’objet d’une protection par les dispositions du code français de la propriété intellectuelle ainsi que
par les conventions internationales en vigueur. Ces contenus ne peuvent être utilisés qu’à des fins strictement personnelles. Toute repro-
duction, utilisation collective à quelque titre que ce soit, tout usage commercial, ou toute mise à disposition de tiers d’un cours ou d’une
œuvre intégrée à ceux-ci sont strictement interdits.
©Cned-2009

Directeur de la publication Serge Bergamelli


Achevé d’imprimer le 30 juin 2013
Dépôt légal 3e trimestre 2013
3, rue Marconi - 76130 Mont-Saint-Aignan
Sommaire
Séquence 1
Nouvelle à lire entre les lignes
Durée approximative : 9 h

Dans cette séquence, tu vas lire une nouvelle et apprendre à repérer les pistes données par l’auteur
pour faire comprendre l’histoire au lecteur.

Séance 1 Découvrir les personnages

Séance 2
Comprendre les relations entre les personnages et le point de vue du
narrateur

Séance 3 Étudier la chronologie et le rythme du récit

Séance 4 Découvrir les notions de thème, propos et emphase

Séance 5 Interpréter la nouvelle

Séance 6 Réviser l’accord du participe passé

Séance 7 Je m’évalue

Socle commun

Durant cette séquence, tu auras l’occasion de développer tes connaissances et de travailler des items
des compétences ci-dessous.

Compétence 1 : La maîtrise de la langue française


- Repérer les informations dans un texte à partir des éléments explicites et des éléments
implicites nécessaires.
- Dégager, par écrit ou oralement, l’essentiel d’un texte lu.
- Écrire lisiblement un texte en respectant l’orthographe et la grammaire.
- Rédiger un texte bref, cohérent et ponctué, en réponse à une question ou à partir d’une
consigne donnée.

8 — © Cned, Français 3e
séance 1 — Séquence 1

Séance 1
Découvrir les personnages
Durée : 1 h

Je peux lire aussi


- Nouvelles à chute (I), Classiques et Contemporains,
Magnard collège
- Coup de Gigot, de Roald Dahl
- Le chien jaune, de Georges Simenon
- Mieux vaut en rire de Roald Dahl
- Le Bébé dans le frigidaire et autres nouvelles de James
M Cain

© Cned/ N. Julo

Pour cette première séance, tu ne vas lire que le début de la nouvelle pour faire connaissance avec
les personnages qui y jouent un rôle.
La totalité du récit sera à lire au début de la séance suivante.
Prends une nouvelle page dans ton cahier. En haut, note le numéro et le titre de la séquence en
rouge. Encadre-les.
Saute deux lignes, puis note le numéro et le titre de la séance en rouge. Souligne-les. Fais ensuite le
travail demandé.
Lis à présent le texte ci-dessous et écoute-le à la piste 1 de ton CD.
1 Bien sûr, tout n'avait pas toujours marché comme elle l'aurait souhaité pendant toutes ces années ;
mais tout de même, cela lui faisait drôle de se retrouver seule, assise à la grande table en bois. On lui
avait pourtant souvent dit que c'était là le moment le plus pénible, le retour du cimetière. Tout s'était bien
passé, tout se passe toujours bien d'ailleurs. L'église était pleine. Au cimetière, il lui avait fallu se faire
5 embrasser par tout le village. Jusqu'à la vieille Thibault qui était là, elle qu'on n'avait pas vue depuis un
an au moins. Depuis l'enterrement d'Émilie Martin en fait. Et encore, y était-elle seulement, à
l'enterrement d'Émilie Martin ?
Impossible de se souvenir. Par contre, Angèle aurait sans doute pu citer le nom de tous ceux qui
étaient là aujourd'hui. André, par exemple, qui lui faisait tourner la tête, au bal, il y a bien quarante ans
10 de cela. C'était avant que n'arrive Baptiste. Baptiste et ses yeux bleus, Baptiste et ses chemises à fleurs,
Baptiste et sa vieille bouffarde1, qu'il disait tenir de son père, qui lui-même... En fait ce qui lui avait
déplu aujourd'hui, ç'avait été de tomber nez à nez avec Germaine Richard, à la sortie du cimetière. Celle-
là, à soixante ans passés, elle avait toujours l'air d'une catin2. Qu'elle était d'ailleurs.

Pascal Mérigeau, Quand Angèle fut seule © Magnard

Notes :
1. « bouffarde » : pipe.
2. « catin » : prostituée.

© Cned, Français 3e — 9
Séquence 1 — séance 1

A Comprendre le texte

Après avoir relu le premier paragraphe du récit, réponds aux questions suivantes.

1- a) Que vient-il de se passer juste avant que le récit commence ?

b) Quels sont les mots du premier paragraphe qui te l’indiquent ?

2- a) Le personnage principal est-il nommé dans ce début de récit ?

b) Comment sait-on alors son prénom ?

3- À quoi t’attends-tu en ne lisant que ce début de récit ?

Compare tes réponses avec celles du corrigé avant de passer à la seconde partie.

B Découvrir les personnages

Relis attentivement les deux premiers paragraphes du texte puis réponds aux questions suivantes.

1- Quels personnages sont cités dans ce début de récit ?

2- a) Quel prénom est répété plusieurs fois ?

b) Pourquoi ?

c) Que comprend-on alors ?

3- Quelle était la relation de ce personnage avec Angèle ?

4- Relève les termes qui montrent l’attachement d’Angèle pour lui.

5- a) Relève les mots qui désignent Germaine Richard.

b) Comment est-elle considérée ?

c) Qui pense cela ?

Vérifie tes réponses en consultant le livret de corrigés avant de passer à la séance suivante.

10 — © Cned, Français 3e
séance 2 — Séquence 1

Séance 2
Comprendre les relations entre les personnages
et le point de vue du narrateur.
Durée : 2h

Pour comprendre les relations entre les personnages, tu vas devoir chercher des indices dans tout le
texte.

Prends ton cahier. Note le numéro et le titre de la séance en rouge. Souligne-les. Fais ensuite le
travail demandé.

Lis la suite de la nouvelle ci-dessous.

1 Bien sûr, tout n'avait pas toujours marché comme elle l'aurait souhaité pendant toutes ces années ;
mais tout de même, cela lui faisait drôle de se retrouver seule, assise à la grande table en bois. On lui
avait pourtant souvent dit que c'était là le moment le plus pénible, le retour du cimetière. Tout s'était bien
passé, tout se passe toujours bien d'ailleurs. L'église était pleine. Au cimetière, il lui avait fallu se faire
5 embrasser par tout le village. Jusqu'à la vieille Thibault qui était là, elle qu'on n'avait pas vue depuis un
an au moins. Depuis l'enterrement d'Émilie Martin en fait. Et encore, y était-elle seulement, à
l'enterrement d'Émilie Martin ?
Impossible de se souvenir. Par contre, Angèle aurait sans doute pu citer le nom de tous ceux qui
étaient là aujourd'hui. André, par exemple, qui lui faisait tourner la tête, au bal, il y a bien quarante ans
10 de cela. C'était avant que n'arrive Baptiste. Baptiste et ses yeux bleus, Baptiste et ses chemises à fleurs,
Baptiste et sa vieille bouffarde1, qu'il disait tenir de son père, qui lui-même... En fait ce qui lui avait
déplu aujourd'hui, ç'avait été de tomber nez à nez avec Germaine Richard, à la sortie du cimetière. Celle-
là, à soixante ans passés, elle avait toujours l'air d'une catin2. Qu'elle était d'ailleurs.
Angèle se leva. Tout cela était bien fini maintenant. Il fallait que la mort quitte la maison. Les
15 bougies tout d'abord. Et puis les chaises, serrées en rang d'oignon le long du lit. Ensuite, le balai. Un
coup d'œil au jardin en passant. Non, décidément, il n'était plus là, penché sur ses semis, essayant pour la
troisième fois de la journée de voir si les radis venaient bien. Il n'était pas non plus là-bas, sous les
saules. Ni même sous le pommier, emplissant un panier. Vraiment, tout s'était passé très vite, depuis le
jour où en se réveillant, il lui avait dit que son ulcère3 recommençait à le taquiner. Il y était pourtant
20 habitué, depuis le temps. Tout de même, il avait bientôt fallu faire venir le médecin. Mais celui-là, il le
connaissait trop bien pour s'inquiéter vraiment. D'ailleurs, Baptiste se sentait déjà un peu mieux... Trois
semaines plus tard, il faisait jurer à Angèle qu'elle ne les laisserait pas l'emmener à l'hôpital. Le médecin
était revenu. Il ne comprenait pas. Rien à faire, Baptiste, tordu de douleur sur son lit, soutenait qu'il allait
mieux, que demain, sans doute, tout cela serait déjà oublié. Mais, quand il était seul avec elle, il lui disait
25 qu'il ne voulait pas mourir à l'hôpital. Il savait que c'était la fin, il avait fait son temps. La preuve,
d'autres, plus jeunes, étaient partis avant lui... Il aurait seulement bien voulu tenir jusqu'à la Saint-Jean.
Mais cela, il ne le disait pas. Angèle le savait, et cela lui suffisait. La Saint-Jean il ne l'avait pas vue cette
année. Le curé était arrivé au soir, Baptiste était mort au petit jour. Le mal qui lui sciait le corps en deux
avait triomphé. C'était normal.
30 Angèle ne l'avait pas entendue arriver. Cécile, après s'être changée, était venue voir si elle
n'avait besoin de rien. De quoi aurait-elle pu voir besoin ? Angèle la fit asseoir. Elles parlèrent. Enfin,
Cécile parla. De l'enterrement bien sûr, des larmes de quelques-uns, du chagrin de tous. Angèle
l'entendait à peine.
Baptiste et elle n'étaient jamais sortis de Sainte-Croix, et elle le regrettait un peu. Elle aurait
35 surtout bien aimé aller à Lourdes. Elle avait dû se contenter de processions télévisées. Elle l'avait aimé
son Baptiste dès le début, ou presque. Pendant les premières années de leur mariage elle l'accompagnait
aux champs pour lui donner la main. Mais depuis bien longtemps, elle n'en avait plus la force. Alors elle
l'attendait veillant à ce que le café soit toujours chaud, sans jamais être bouillant.
© Cned, Français 3e — 11
Elle avait appris à le surveiller du coin de l'œil, levant à peine le nez de son ouvrage. Et puis, pas
40 besoin de montre. Elle savait quand il lui fallait aller nourrir les volailles, préparer le dîner. Elle savait
quand Baptiste rentrait. Souvent Cécile venait lui tenir compagnie. Elle apportait sa couture, et en même
temps les dernières nouvelles du village. C'est ainsi qu'un jour elle lui dit, sur le ton de la conversation
année. Le curé était arrivé au soir, Baptiste était mort au petit jour. Le mal qui lui sciait le corps en deux
avait triomphé. C'était normal.
30 Angèle ne l'avait pas entendue arriver. Cécile, après s'être changée, était venue voir si elle
n'avait besoin de rien. De quoi aurait-elle pu voir besoin ? Angèle la fit asseoir. Elles parlèrent. Enfin,
Cécile parla. De l'enterrement bien sûr, des larmes de quelques-uns, du chagrin de tous. Angèle
l'entendait1à peine.
Séquence — séance 2
Baptiste et elle n'étaient jamais sortis de Sainte-Croix, et elle le regrettait un peu. Elle aurait
35 surtout bien aimé aller à Lourdes. Elle avait dû se contenter de processions télévisées. Elle l'avait aimé
son Baptiste dès le début, ou presque. Pendant les premières années de leur mariage elle l'accompagnait
aux champs pour lui donner la main. Mais depuis bien longtemps, elle n'en avait plus la force. Alors elle
l'attendait veillant à ce que le café soit toujours chaud, sans jamais être bouillant.
Elle avait appris à le surveiller du coin de l'œil, levant à peine le nez de son ouvrage. Et puis, pas
40 besoin de montre. Elle savait quand il lui fallait aller nourrir les volailles, préparer le dîner. Elle savait
quand Baptiste rentrait. Souvent Cécile venait lui tenir compagnie. Elle apportait sa couture, et en même
temps les dernières nouvelles du village. C'est ainsi qu'un jour elle lui dit, sur le ton de la conversation
bien sûr, qu'il lui semblait bien avoir aperçu Baptiste discutant avec Germaine Richard, près de la vigne.
Plusieurs fois au cours des mois qui suivirent, Cécile fit quelques autres " discrètes " allusions. Puis elle
45 n'en parla plus. Mais alors Angèle savait. Elle ne disait rien. Peu à peu elle s'était habituée. Sans même
avoir eu à y réfléchir, elle avait décidé de ne jamais en parler à Baptiste, ni à personne. C'était sa dignité.
Cela avait duré jusqu'à ce que Baptiste tombe malade pour ne plus jamais se relever. Cela avait duré près
de vingt ans. Son seul regret, disait-elle parfois, était de n'avoir pas eu d'enfants. Elle ne mentait pas.
Encore une raison de détester la Germaine Richard d'ailleurs, car elle, elle avait un fils, né peu de temps
50 après la mort de son père ; Edmond Richard, un colosse aux yeux et aux cheveux noirs avait été emporté
en quelques semaines par un mal terrible, dont personne n'avait jamais rien su. Le fils Richard, on ne le
connaissait pas à Sainte-Croix. Il avait été élevé par une tante, à Angers. Un jour cependant, c'était juste
avant que Baptiste ne tombe malade, il était venu voir sa mère. Cécile était là, bien sûr, puisque Cécile
est toujours là où il se passe quelque chose. Elle lui avait trouvé un air niais, avec ses grands yeux bleus
55 délavés. Angèle en avait semblé toute retournée.
Cécile était partie maintenant. La nuit était tombée. Angèle fit un peu de vaisselle. Elle lava
quelques tasses, puis la vieille cafetière blanche, maintenant inutile, puisqu'Angèle ne buvait jamais de
café. Elle la rangea tout en haut du bahut. Sous l'évier, elle prit quelques vieux pots à confiture vides. À
quoi bon faire des confitures, elle en avait un plein buffet. Elle prit également quelques torchons, un
60 paquet de mort-aux-rats aux trois-quarts vide, et s'en alla mettre le tout aux ordures. Il y avait bien vingt
ans qu'on n'avait pas vu un rat dans la maison.
Pascal Mérigeau, Quand Angèle fut seule © Magnard

Notes :
1. « bouffarde » : pipe.
2. « catin » : prostituée.
3. « ulcère » : plaie à l’estomac qui ne cicatrise pas.

A Les relations explicites entre les personnages


1- Surligne dans le texte le passage où sont évoqués les premiers temps du mariage d’Angèle
et Baptiste.

2- Quels sont les regrets d’Angèle ?

3- a) Leur relation est-elle aussi heureuse ensuite qu’au début de leur mariage ?

b) Quels termes, lignes 36 à 40, te le prouvent ?

4- a) Qui vient souvent rendre visite à Angèle ?

b) Que vient-elle faire ?

B Les relations implicites entre les personnages


1- a) Á ton avis pourquoi Cécile révèle-t-elle à Angèle qu’elle a vu son mari discutant avec
Germaine Richard ?

b) De ce fait, comment comprends-tu le terme « discutant » (l. 43) ?

12 — © Cned, Français 3e
séance 2 — Séquence 1

2- a) Pourquoi Cécile ne dit-elle pas les faits franchement ?

b) Comment peux-tu expliquer le terme « discrètes » allusions ? Selon toi, que symbolisent
ici les guillemets ?

3- Que vient finalement faire Cécile quand elle rend visite à Angèle ?

4- Que « savait » (l. 45) finalement Angèle ?

5- De quoi Angèle ne veut-elle donc pas parler à Baptiste ? Pourquoi ? Justifie ta réponse.

6- Pourquoi Angèle n’aime-t-elle pas Germaine Richard ? Relève les expressions qui le
prouvent.

7- Observe l’image ci-dessous :

a) Que peux-tu dire du costume de cette femme ? te permet-il de situer l’environnement


et l’époque auxquels elle vivait ?

b) Où se situe la lumière dans ce dessin ? Quel élément du décor met-elle en valeur ?

c) De ce fait, où porte le regard du personnage ?

d) Qui pourrait être ce personnage dans la nouvelle : Angèle ou Cécile ? Justifie ta réponse.

Rembrandt Harmensz van Rijn (1606-1669), Femme regardant par la fenêtre


© RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Gérard Blot

Compare tes réponses avec celles du corrigé avant de passer à la suite.

© Cned, Français 3e — 13
Séquence 1 — séance 2

C La notion de point de vue


1- De quel personnage connaît-on les pensées et sentiments tout au long du texte ? Justifie
ta réponse.

2- Dans la phrase « Angèle en avait semblée toute retournée » (l. 55), a-t-on toujours les
pensées du même personnage ?

3- Est-ce que l’on suit ensuite les pensées de ce nouveau personnage ou bien en revient-on
au premier ?

4- Par conséquent, à travers quel personnage surtout le lecteur connaît-il l’histoire dans ce
texte ? Explique ta réponse.

Vérifie tes réponses dans le corrigé puis apprends le « Je sais déjà » qui suit.

j e sais déjà
Le point de vue interne
Identifier le point de vue dans un texte narratif, c’est répondre à la question : « qui voit
la scène ? », pour connaître la place que le narrateur a voulu prendre par rapport à ses
personnages.
On parle de point de vue interne quand la scène est décrite à travers le regard d’un
personnage. Tout est perçu à travers lui.
Dans cette nouvelle, tout ce qui concerne Baptiste, Germaine Richard ou encore Cécile
nous est rapporté à travers le regard d’Angèle. Tout est perçu à travers elle : on parle
donc de point de vue interne.

14 — © Cned, Français 3e
séance 3 — Séquence 1

Séance 3
Étudier la chronologie des faits et le rythme du récit

Durée : 1h30

Dans cette séance, tu vas étudier le traitement du temps dans l’ensemble de la nouvelle.

Prends ton cahier. Note le numéro et le titre de la séance en rouge. Souligne-les. Fais ensuite le
travail demandé.

A Rétablir la chronologie des faits

1- Voici un tableau résumant les différents événements dans l’ordre dans lequel ils sont
racontés dans le texte :

A L’enterrement, les personnes rencontrées.


B Le souvenir de la première rencontre de Baptiste et Angèle.
C Seule à la maison, Angèle se souvient de Baptiste et de sa maladie.
D La venue de Cécile.
E La vie d’Angèle avec Baptiste : le regret de ne pas avoir voyagé.
F Découverte de l’infidélité de Baptiste par Angèle qu’elle tait cependant.
G Naissance du fils Richard.
H Mort d’Edmond Richard.
I Départ de Cécile.
J Angèle range la maison, ainsi que le paquet de mort aux rats.

Maintenant que tu connais bien l’histoire, remets ces événements dans l’ordre
chronologique en mettant la lettre qui convient en face du bon numéro :

1 : ………….. 6 : …………..
2 : ………….. 7 : …………..
3 : ………….. 8 : …………..
4 : ………….. 9 : …………..
5 : ………….. 10 : …………..

2- Que peux-tu en déduire ? L’ordre du récit suit-il l’ordre chronologique ?

3- Repère maintenant dans le texte un moment où Angèle se souvient du passé.

Vérifie tes réponses dans le corrigé puis apprends le « Je retiens » qui suit.

© Cned, Français 3e — 15
Séquence 1 — séance 3

j e retiens L’ordre du récit


Le récit ne s’organise pas toujours selon l’ordre chronologique habituel.
On trouve parfois dans les récits des retours en arrière, l’équivalent des flash-back au
cinéma.
Ex : « Un jour, cependant, c’était avant que Baptiste ne tombe malade, il était venu
rendre visite à sa mère. » (l. 52-53)
On peut aussi trouver des anticipations, qui sont des sauts dans l’avenir.
Ex : « demain, sans doute tout cela serait déjà oublié » (l. 24).
Utiliser un ordre différent de l’ordre chronologique dans le récit permet notamment
de rendre le personnage principal plus accessible : sa vie n’est pas linéaire, il a des
souvenirs et des projets.

B Le rythme du récit
1- Relis les lignes 18 à 29 : « Vraiment tout s’était passé très vite » à « c’était normal » :
a) Surligne les indications de temps. Combien de jours séparent le début de la maladie
de Baptiste et sa mort ?
b) Quelle indication de temps passe sous silence une partie de la maladie de Baptiste ?
Quel est l’effet produit ?
2- a) D’après toi, un « coup d’œil » (l. 16) prend-il beaucoup de temps ?
b) Combien de lignes rendent compte du « coup d’œil » de la l. 16 ?
3- Dans le cinquième paragraphe (l. 34 à 38) relève une phrase qui résume plusieurs années.
Pourquoi l’auteur a–t-il choisi de ne pas donner davantage de détails sur cette période,
d’après toi ?
Vérifie tes réponses dans le corrigé et apprends le « Je retiens » qui suit.

j e retiens Le rythme du récit


L’auteur d’un texte doit prendre garde à varier le rythme de son récit pour ne pas lasser
son lecteur.
 Il peut donc choisir de ne pas tout raconter. Ce sont les ellipses (passages sous
silence d’une période de temps). Les ellipses permettent d’accélérer le rythme du
récit.
Ex : « Trois semaines plus tard, il faisait jurer à Angèle qu’elle ne les laisserait pas l’emmener
à l’hôpital » (l. 21-22) g ce qui s’est passé pendant ces trois semaines n’est pas raconté.
 L’auteur peut aussi résumer une longue période de temps, c’est le sommaire.
Le sommaire permet également d’accélérer le rythme du récit.
Ex : « Pendant les premières années de leur mariage, elle l’accompagnait aux champs. »
(l. 36-37) g cette phrase résume plusieurs années qui se déroulent de manière
semblable.
 L’auteur peut aussi décider de ralentir le temps afin de s’attarder sur des détails
importants, on parle alors de pause descriptive.
Ex : « Un coup d’œil au jardin en passant. Non, décidément, il n’était plus là, penché sur ses
semis, essayant pour la troisième fois de la journée de voir si les radis venaient bien. »
(l.15-17) g mise en valeur de l’absence de l’être aimé.

16 — © Cned, Français 3e
séance 3 — Séquence 1

C Écriture

Est-ce que toute l’histoire de la vie d’Angèle est racontée dans la nouvelle ? Aide-toi de

tes réponses aux questions de cette séance pour répondre à cette question en un petit

paragraphe.

Regarde dans le corrigé ce qu’il était possible d’écrire avant de passer à la séance 4.

© Cned, Français 3e — 17
Séquence 1 — séance 4

Séance 4
Découvrir les notions de thème, propos et emphase
Durée : 1h

Dans cette séance, tu vas t’intéresser à la manière dont s’organisent, dans un texte, les
informations les unes par rapport aux autres. Tu apprendras également comment mettre en valeur
certaines de ces informations.

Prends ton cahier. Note le numéro et le titre de la séance en rouge. Souligne-les. Fais ensuite le
travail demandé.

A Repérer le thème et le propos


1- « Baptiste était mort au petit jour. »
a) Dans cette phrase, de qui parle-t-on ?
b) Quelle est la fonction grammaticale du mot que tu as trouvé ?
c) Quelle information la phrase donne-t-elle sur cette personne ?

Vérifie tes réponses dans le corrigé puis lis et apprends le « Je retiens » suivant :

j e retiens Le thème et le propos


Dans une phrase, ordinairement, le sujet, placé en début de phrase, constitue le thème
(ce dont on parle, élément déjà connu). Le groupe verbal constitue le propos (ce que
l’on dit du thème, élément nouveau).
On appelle propos ce que l’on dit sur le thème, les informations et les jugements que
l’on apporte sur le sujet central.
Ex. : « Angèle fit un peu de vaisselle. Elle lava quelques tasses. »
   
thème propos thème propos

2- Dans les phrases suivantes, surligne le thème et souligne le propos.


a) On ne peut pas vivre sans amour.
b) Avec une formidable aisance, le cheval a sauté l’obstacle.
c) Je pense qu’il ne téléphonera pas.
d) Irons-nous au cinéma ce soir ?
e) Qui a sonné ?
f) Ce qui est tombé dans la rivière, c’est un platane.

Vérifie tes réponses dans le corrigé avant de poursuivre.

18 — © Cned, Français 3e
séance 4 — Séquence 1

B Quelques procédés emphatiques

1- « Celle-là, à soixante ans passés, elle avait toujours l’air d’une catin ».

a) Dans cette phrase, de qui est-il question ? (relit le début de la nouvelle, séance 1, si tu
ne t’en souviens plus).

b) Quels mots désignent cette personne dans cette phrase ?

c) Quel signe de ponctuation sépare ces mots ?

d) Quelle impression est donnée concernant cette personne ?

Vérifie tes réponses dans le corrigé puis lis et apprends le « Je retiens » suivant :

j e retiens L’emphase*
L’emphase* désigne une formule marquante qui attire l’attention sur certains mots de
la phrase. Une phrase peut être emphatique par :
 le détachement de mots : on peut mettre en relief un mot ou un groupe de mots
en le détachant en tête ou en fin de phrase. Un pronom permet alors de le
reprendre ou de l’annoncer.
Ex. : La phrase « Mais cela, [Baptiste] ne le disait pas. » (l. 27) met en relief « cela », ce
qui n’est pas le cas dans la phrase neutre correspondante Baptiste ne disait pas cela.
 la mise en valeur par un présentatif : un présentatif permet d’encadrer un mot
ou un groupe de mots pour le mettre en valeur (C’est… qui (que) ; voici/voilà…
qui (que), il y a … qui (que)
Ex. : « Il y avait bien vingt ans qu’on n’avait pas vu un rat dans la maison » (l.60-61)
permet de mettre en valeur la durée (« vingt ans »).

2- Transforme les phrases suivantes en phrases emphatiques en mettant en valeur l’élément


souligné. Tu varieras les procédés employés.

a) On a découvert cette sépulture grâce à un vieux parchemin.

b) L’archéologue a déterré la statue devant un public émerveillé.

c) Mon arrière grand-père a écrit ce journal de poilu.

d) Il a illustré ce carnet.

Compare tes réponses avec celles du corrigé, puis passe à la séance 5.

© Cned, Français 3e — 19
Séquence 1 — séance 5

Séance 5
Interpréter la nouvelle
Durée : 1h30
Dans cette nouvelle séance, maintenant que tu connais bien toute la nouvelle, tu vas pouvoir y lire
entre les lignes ce qui n’est pas écrit…
Prends ton cahier. Note le numéro et le titre de la séance en rouge. Souligne-les. Fais ensuite le
travail demandé.

A Interprétation
1- Relis le portrait du fils de Germaine Richard, (lignes 54-55), celui de Baptiste (ligne
10-11) et celui d’Edmond Richard (ligne 50) et compare-les :
a) Quel détail est important ?
b) Qu’est-ce qui est sous-entendu par ce détail ?
c) Que peux-tu conclure ?
2- « Angèle en avait semblé toute retournée». (l.55)
a) Pourquoi est-elle si «retournée» ?
b) Qu’a-t-elle compris ?
c) Pourquoi déteste-t-elle autant Germaine Richard ?
3- Relis le dernier paragraphe (Lignes 56-61).
Ce paragraphe constitue ce que l’on appelle la chute de la nouvelle : c’est à dire qu’il
donne la clef (la solution) de l’interprétation de la nouvelle.
a) Qui buvait du café ?
b) Quel est « l’état » du paquet de mort-aux-rats ?
c) Pourquoi Angèle le met-elle à la poubelle ?
d) Y a-t-il des rats dans la maison d’Angèle ?
e) Que peux-tu déduire alors ?
f) De quoi Baptiste est-il finalement mort ?
g) Qui est responsable de cette mort ?

B Écriture
Pour terminer cette séance, tu vas faire un petit exercice d’écriture.
Sujet : raconte l’histoire d’Angèle, Baptiste et les autres, selon le point de vue de Cécile,
elle qui sait tout depuis bien longtemps.

20 — © Cned, Français 3e
séance 5 — Séquence 1

Pour réussir cet exercice, tu dois :

- Raconter l’histoire du point de vue de Cécile

- Respecter la personnalité des personnages

- Être cohérent par rapport au texte initial

- Vérifier l’orthographe et la ponctuation.

Fais d’abord cet exercice au brouillon. Vérifie ensuite que tu as bien respecté les consignes en
complétant le tableau ci-dessous.

Je vérifie que… Fait


J’ai raconté l’histoire du point de vue de Cécile.
J’ai respecté la personnalité des personnages.
J’ai été cohérent par rapport au texte initial.
J’ai vérifié l’orthographe et la ponctuation.

Si toutes les consignes ont été respectées, recopie ton texte dans ton cahier. Lis ensuite dans le
corrigé un exemple de ce qu’il était possible d’écrire.

© Cned, Français 3e — 21
Séquence 1 — séance 6

Séance 6
Réviser l’accord du participe passé
Durée : 1h

Ce cours est une révision, et va te permettre de revoir tes connaissances sur l’accord du participe
passé, avant d’approfondir cette notion dans une autre séquence.

Tu peux aller voir ton livret de cinquième, séquence 11, séance 3. Tu peux aussi consulter cette
séance sur internet en tapant http://www.academie-en-ligne.fr/

Voici des phrases extraites de la nouvelle. Lis ces phrases, observe bien les verbes et réponds aux
questions.

A Observation

a) Le curé était arrivé au soir.

b) Tout s’était bien passé.

c) Le mal avait triomphé.

d) Cécile était venue voir Angèle.

e) La Saint-Jean, il ne l’avait pas vue cette année.

1- À quel temps sont conjugués les verbes de ces différentes phrases ?

2- Souligne les participes passés.

3- Justifie l’accord de chacun d’entre eux.

Vérifie tes réponses dans le corrigé et apprends le « Je sais déjà » qui suit. Ceci est une révision des
accords les plus simples.

Tu seras amené à voir les cas particuliers dans une autre séquence.

22 — © Cned, Français 3e
séance 6 — Séquence 1

j e sais déjà
Les accords du participe passé

 Le participe passé est une forme du verbe : il s’utilise pour conjuguer les verbes aux
temps composés avec les auxiliaires être ou avoir.

 Employé seul, il joue le même rôle qu’un adjectif qualificatif et s’accorde avec le nom.

Ex. : (l.15) « Et puis les chaises, serrées en rang d’oignon le long du lit.»

B Application : écriture, réécriture (vers le brevet)

Réécris le texte suivant en remplaçant Lucien par Lucien et son frère jumeau.

Lucien était douillettement recroquevillé sur lui-même. C’était sa position favorite. Il


ne s’était jamais senti aussi détendu, heureux de vivre. […] Pourtant il n’avait absorbé
aucune drogue pour accéder à cette sorte de béatitude. […] La nuit même, le malheureux
fut réveillé par des douleurs épouvantables. Il était pris dans un étau, broyé par les
mâchoires féroces de quelque fléau.

Claude Bourgeyx, « Lucien », in Les Petits Outrages, 1984, Le Castor Astral 2004

© Cned, Français 3e — 23
Séquence 1 — séance 7

Séance 7
Je m’évalue
Durée : 1h
Comme à la fin de chaque séquence, tu vas faire un bilan de ce que tu as appris. Cela te permettra
de faire le point sur ce que tu dois savoir, et ce que tu dois être capable de faire pour le devoir.
Complète maintenant le tableau suivant. Tu peux bien sûr utiliser ton cours si tu as oublié quelque
chose. Quand tu auras fini, prends le corrigé afin de vérifier tes réponses. Il est très important que
ce tableau de synthèse ne comporte pas d’erreur.
Je connais Je suis capable de
 Les différents points de vue :  Dire quel est le point de vue utilisé dans
l’extrait suivant et justifier ma réponse :
• Je sais que, dans un récit, l’auteur peut
choisir différents points de vue pour • « Baptiste et elle n’étaient jamais sortis
raconter l’histoire. de Sainte-Croix, et elle le regrettait un
peu. Elle aurait surtout bien aimé aller
à Lourdes. Elle avait dû se contenter de
processions télévisées. Elle l’avait aimé
son Baptiste dès le début, ou presque.
Pendant les premières années de leur
mariage elle l’accompagnait aux champs
pour lui donner la main. Mais depuis
bien longtemps, elle n’en avait plus la
force. Alors elle l’attendait veillant à ce
que le café soit toujours chaud, sans
jamais être bouillant. »

……………………………………………………
……………………………………………………
……………………………………………………
……………………………………………………
………………………….………..............…..
 La chronologie dans le récit :  Souligner en rouge un retour en arrière et
en bleu une anticipation dans les extraits
• Je sais que souvent, dans les nouvelles, les
suivants :
auteurs modifient la …………....….……….
des événements. « Impossible de se souvenir. Par contre,
Angèle aurait sans doute pu citer le nom
• Dans un récit, un auteur peut choisir
de tous ceux qui étaient là aujourd’hui.
d’avancer dans le futur, on parle alors
André, par exemple, qui lui faisait tourner
d’………………………………….
la tête, au bal, il y a bien quarante ans de
• Il peut aussi choisir d’évoquer un moment cela. »
situé avant l’action que l’on nomme
« D’ailleurs, Baptiste se sentait déjà un
…….………..……… en ……………..…………
peu mieux... Trois semaines plus tard,
il faisait jurer à Angèle qu’elle ne les
laisserait pas l’emmener à l’hôpital. Le
médecin était revenu. Il ne comprenait
pas. Rien à faire, Baptiste, tordu de
douleur sur son lit, soutenait qu’il allait
mieux, que demain, sans doute, tout cela
serait déjà oublié. »

24 — © Cned, Français 3e
séance 7 — Séquence 1

 Le rythme dans le récit :  Repérer dans l’extrait ci-dessous si la


phrase soulignée est un sommaire, une
L’auteur peut choisir de varier le rythme
ellipse ou une pause.
du récit pour le rendre plus vivant.
« Plusieurs fois au cours des mois qui
Il peut donc choisir de faire des : (donne
suivirent, Cécile fit quelques autres «
les définitions des mots suivants)
discrètes « allusions. Puis elle n’en parla
ellipses : ……………………………………….. plus. Mais alors Angèle savait. Elle ne
…………………………………………………… disait rien. Peu à peu elle s’était habituée.
Sans même avoir eu à y réfléchir, elle
…………………………………………………… avait décidé de ne jamais en parler
sommaires : ………………………..………… à Baptiste, ni à personne. C’était sa
dignité. Cela avait duré jusqu’à ce que
……………………………………………………
Baptiste tombe malade pour ne plus
…………………………………………………… jamais se relever. Cela avait duré près de
vingt ans. »
pauses : ………………………..……......……
La phrase soulignée est :
……………………………………………………
……………………………...……………………
……………………………………………………
 Les règles d’accord simples du participe  Accorder correctement les participes
passé passés :
• Je sais qu’avec l’auxiliaire avoir, le Complète le texte avec les participes
participe passé …………………… passés qui manquent, en les choisissant
sauf si le …………………… est placé dans la liste suivante (attention les verbes
…………………… le verbe. donnés sont à l’infinitif) :
dire - passer - déplaire - serrer
• Je sais qu’avec l’auxiliaire être, le
participe passé …………………… avec On lui avait pourtant souvent
…………………… . …………………… que c’était là le moment
le plus pénible, le retour du cimetière.
Tout s’était bien ……………………, tout se
passe toujours bien d’ailleurs […]
En fait ce qui lui avait ……………………
aujourd’hui, ç’avait été de tomber nez à
nez avec Germaine Richard, à la sortie du
cimetière.
[…]
Les bougies tout d’abord. Et puis
les chaises, …………………… en rang
d’oignon le long du lit.

© Cned, Français 3e — 25