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LES ANTIGENES 2013

LES ANTIGENES
I- DEFINITIONS
Les antigènes sont définis par le fait qu'ils peuvent être "reconnus" de manière spécifique par le
système immunitaire adaptatif ‘BCR, immunoglobulines, TCR’.

Deux autres mots doivent être associés à cette notion, ceux d'immunogène et d'haptène.

Globalement, tous les immunogènes sont des antigènes, et tous les haptènes sont des antigènes. La
différence réside dans le fait que les haptènes ne sont pas immunogènes, c'est-à -dire qu'ils peuvent
être reconnus par les immunorécepteurs, mais qu'ils ne peuvent pas induire une réponse immunitaire.
A l'inverse, les immunogènes peuvent initier une réponse immunitaire spécifique.

On distingue :
a- Les immunogènes forts : font apparaître un taux ↑ d’Ac après une seule injection.
b- Les super-Ag : c’est une molécule bactérienne
bivalente qui se fixe d’une part à l’extérieur des
molécules de CMH II et d’autre part à l’extérieur du TCR
des lymphocytes Th2 , capables de stimuler une
proportion +++ (de 10 à 40%) des LT d’un même
individu, alors qu’un Ag classique en stimule < 0,01%.
c’est un activateur polyclonal avec Libération massive
des cytokines inflammatoires. Certaines toxines
bactériennes (entero-toxine staphylococcique) sont des
super Ag .

c- Les immunogènes faibles : Ne font apparaître de


faibles quantités d’Ac qu’après plusieurs injec, artifices
techniques d’immunisation emploi de substances
adjuvantes indispensables.

d. Haptènes +++++ Q:

- substances de faible PM:


- Ne peuvent déterminer la formation d’Ac qu’après couplage préalable à de grosses
molécules porteuses immunogène ‘carrier’ (l’haptène se lie de façon covalente à cette
molécule).
- C’est la molécule porteuse qui détermine le type de réponse et notamment sa dépendance
aux lymphocytes T.
- Protéine leur apporte le pouvoir antigénique sans modifier la spécificité. mais qui réagissent
ensuite spécifiquement avec les Ac ainsi formés.
- Les haptènes ne sont donc pas immunogènes. Ex : hormones stéroïdiennes, médicaments.
- L’haptène est reconnue par le BCR d’un lymphocyte B.

e- Pro-Ag :
- Substances chimiques simples comme DNCB peuvent se combiner aux protéines de
l’organisme formant un complexe haptène-porteur immunogène. A la différence des
haptènes, ces proAg qui surtout des réactions d’HSR, ne peuvent se lier aux récepteurs
spécifiques des LT que s’ils ont été préalablement complexés avec la protéine autologue.
f- Allergènes :
- ce sont des substances antigéniques pour certains individus. Vis-à -vis d’un allergène la
réponse peut être humorale avec production d’IgE ou de nature cellulaire avec production
de lymphocytes Th1 (hypersensibilité retardée).
** Selon sa nature
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Ag soluble Ag cellulaire, particulaire 


Protéines plasmatiques, Enzymes , Hormones Cellules, Bactéries, Parasites

Les antigènes particulaires sont bien souvent des


particules infectieuses pathogènes responsables
de maladies bactériennes, virales, parasitaires…

Un antigène soluble peut être une simple molécule toxique,


appelée TOXINE, fabriquée par une bactérie pathogène
(toxine tétanique, tox botulique, cholérique, diphtérique…

** Selon son origine

Xénoantigène= hétéroantigène Alloantigène Auto-antigène Ag autologue

Ag provenant d’un organisme


Ag provenant d’un individu le système immunitaire est
d’une autre espèce différent au sein d’une même parfois tellement désorienté qu'il
. Ces structures sont à l'origine
espèce définissant des sous- monte des réponses
de l'inefficacité des greffes
groupes et peuvent entraîner le immunitaires contre l'organisme
d'organes animaux à l'homme.
rejet de greffes lui- même.
Ils dépendent de protéines
codées par des allèles différant
d'un individu à l'autre.
Albumine de bœuf pour le Ag de groupes sanguins
lapin. humains
Ag tissulaires du CMH.

II- PROPRIETES DES ANTIGENES


 Induction de la RI  immunogénicité (pouvoir immunogène).
 Liaison spécifique aux produits de cette RI  antigénicité (réactivité antigénique).

1- IMMUNOGENICITE ; Capacité de provoquer une RI significativement élevée.

a. Conditions de l’immunogénicité : 4 règles classiques :


 Le caractère étranger à l’organisme
 Introduction parentérale de l’Ag
 PM ↑
 Nature de l’Ag 

 Le caractère étranger à l’organisme :


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- Les cellules immunitaires normales reconnaissent + tolèrent leurs propres constituants


mais s’immunisent contre toute substance étrangère. Ce mécanisme peut se dérégler  AI,
expérimentation.

 Introduction parentérale de l’Ag :


- Permet d’obtenir une meilleure immunisation : ID, SC, IM  plus utilisées en vaccination >
IV.
- Autres voies d’administration de l’Ag : orale (vaccin antipoliomyélitique), respiratoire
(immunisation contre le pollen), digestive ou cutanée.
 PM élevé : Une substance est d’autant plus antigénique que son PM est plus ↑.
 Nature de l’Ag : Protéines > polyosides > lipides > acides nucléiques.
- Les Protéines sont les plus immunogènes.
- les polysaccharides sont des immunogènes puissants lorsqu’ils sont portés par les bactéries
mais faiblement immunogènes s’ils sont libres 

** Autres facteurs modifiant l’immunogénicité :

 Dose d’Ag injectée :

- Une certaine dose d’immunogène variable selon les individus et selon la nature de l’Ag doit
être injectée  obtenir le développement d’une réaction I.
- Une dose trop faible d’Ag n’entraîne pas de réponse ; une forte dose entraîne un blocage 
paralysie immunitaire  état de tolérance pour l’Ag injecté.
- Ces doses rendent l’animal réfractaire lors d’une immunisation ultérieure faite avec des
doses normalement immunogènes.
- Expérience de Mitchison
L’injection à des souris de faibles doses ou de fortes
doses de sérum albumine bovine induit un état de
tolérance.

 Adjuvants :
- Substances qui ↑ les réactions immunitaires de l’organisme envers un Ag.
Ils ne modifient pas l’antigénicité propre de la substance étudiée.
- Substances utilisées dans les vaccins  ↑ l’immunogénicité des antigènes utilisés.
 les adjuvants simples: minéraux et huileux et les adjuvants d’origine bactérienne
 Elles génèrent au point d'injection une réaction inflammatoire et une activation des
cellules del’immunité innée qui améliore la reconnaissance de l'antigène, sa présentation et
l'expression des signaux de costimulation, à la surface des cellules présentatrices de l'antigène,
nécessaires à l'activation des lymphocytes T.
 Elles limitent également la diffusion de l'antigène, permettant une meilleure réponse
coordonnée focale des différentes populations cellulaires du système immunitaire.
 Pour l'immunisation humaine, et selon le même principe, les vaccins contiennent en plus de
l'antigène de l'hydroxyde d’alumine ou des squalanes.

 Facteurs liés à l’hôte :


immunocompétence (intégrité, maturité), les gènes du CMH
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2- ANTIGENICITE :

- L’antigénicité représente la spécificité de l’Ag pour l’Ac correspondant ; c’est la capacité de se lier


spécifiquement avec l’Ac ; cette spécificité est liée au déterminant antigénique ou épitope.

a. Sites antigéniques :
- La plupart des antigènes sont des macromolécules,
protéiques ou glucidiques, présentant à leur surface des
reliefs, des aspérités dus au repliement des chaînes poly
peptidiques ou glucidiques sur elle-même : ce sont ces
structures limitées, appelées épitopes ou déterminants
antigéniques, qui sont capables de se lier de manière
stéréospécifique avec le site complémentaire de la molécule
de reconnaissance (paratope).

- site antigénique = déterminant antigénique = épitope.


- É pitope présenté par CMH I : 8 à 10 aa

- É pitope présenté par CMH II : 13 à 18 aa

Les antigènes possèdent habituellement à leur surface un grand nombre de déterminants, qui peuvent
être différents les uns des autres, chacun étant capable d'induire la production d'un anticorps
spécifique, ou au contraire être des structures répétitives.

- En réponse à l'introduction de cet antigène dans un organisme on aura donc la production d'une
famille d'anticorps, chacun d'eux répondant aux différents épitopes : l'antisérum obtenu est dit
polyclonal.
- Par ailleurs, la structure elle-même de la
protéine peut générer deux types
d'épitopes:
- des épitopes linéaires correspondant à
une séquence d’acides aminés consécutifs
sur la protéine
- des épitopes conformationnels
correspondant au rapprochement dans
l'espace d’acides aminés localisés à des
endroits différents de la protéine mais
dépendant du repliement de celle-ci pour
être accessibles.

b. La valence antigénique :
- On définit la valence de l’Ag comme étant le nombre d’épitopes qui peuvent se liés
simultanément aux Ac correspondant.
- plus une molécule d’immunogène est volumineuse, plus elle compte d’épitopes.
- Un Ag possède au moins 2 épitopes  valence antigénique = 2.
- Haptène ne possède qu’un seul épitope par molécule   valence antigénique = 1.
c. La reconnaissance :
- Le lymphocyte B (BCR) reconnaît l’Ag à l’état natif : des protéines solubles, des protéines
fixées à des cellules ou à des virus et des polysaccharides.
- Les lymphocytes T sont incapables de reconnaître des Ag sous leur forme native et sont
incapable de reconnaître des Ag polysaccharidiques. Le TCR ne reconnaît que des Ag
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protéiques qui ont été découpés en polypeptides associés à des molécules CMH. Donc la
reconnaissance est restreinte par le CMH (restriction allogénique).

d. Ag thymodépendants et thymo-indépendants :

- Parmi les LBm, on retrouve des lymphocytes portant des IgG ou des IgA de surface suite à
des stimulations par Ag thymo-dépendants, et à IgM de surface suite à des stimulations par
Ag thymo-indépendants.

 Ag thymo-indépendants +++++Q:
- Sont ceux vis-à -vis desquels la production des Ac ne nécessite pas l’aide des cellules T
- ils sont constitués de grosses molécules polymérisés avec des déterminants antigéniques
répétitifs ; ils exercent sur les lymphocytes B une activation polyclonale et sans production
de cellules B mémoires
- ces molécules sont essentiellement des polysaccharides.
- Les Ac produits sont exclusivement de nature IgM (donc pas de commutation isotypique).
- Ces polysaccharides ne peuvent activées que les lymphocytes B mû rs.
- Les lymphocytes B du nourrisson étant des lymphocytes B immatures, les vaccins
polysaccharidiques ne sont pas efficaces.

 Ag thymodépendants (la majorité des Ag) :


- Sont ceux vis-à -vis desquels la production des Ac nécessite l’aide des cellules T
- Activation des LB par des Ag thymo-dépendants

e. Spécificité antigénique :
La configuration des sites antigéniques détermine une propriété fondamentale des Ag  la
spécificité immunologique.
** Réactions croisées :
Après une immunisation, les Ac obtenus réagissent avec l’immunogène, mais ils peuvent aussi
réagir avec un Ag apparemment différent.

2 explications sont alors possibles : 

 les 2 Ag possèdent, parmi leurs déterminants


antigéniques, 2 déterminants identiques.

 les 2 Ag possèdent 2 déterminants de structure


voisine (les Ac n’ont pas la même avidité pour
les 2 Ag).
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- La réaction croisée peut être

- bénéfiques (vaccin BCG, contre la variole)

- néfastes (autoimmunité après infection)