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Bulletin officiel n° 2088 du 31/10/1952 (31 octobre 1952)

Dahir du 8 moharrem 1372 (29 septembre 1952) modifiant et complétant le dahir du 31 mai 1943 (26 joumada I
1362) étendant aux maladies d'origine professionnelle les dispositions du dahir du 25 juin 1927 (25 hija 1345)
concernant les responsabilités des accidents dont les ouvriers sont victimes dans leur travail.

LOUANGE A DIEU SEUL !

(Grand sceau de Sidi Mohamed)

Que l'on sache par les présentes - puisse Dieu en élever et en fortifier la teneur !

Que Notre Majesté Chérifienne,

Vu le dahir du 31 mai 1943 (26 joumada I 1362) étendant aux maladies d'origine professionnelle les dispositions
du dahir du 25 juin 1927 (25 hija 1345) concernant les responsabilités des accidents dont les ouvriers sont
victimes dans leur travail, tel qu'il a été modifié et complété,

A Décidé ce qui suit :

Article Premier : Le titre du dahir précité du 31 mai 1943 (26 joumada I 1362) est modifié ainsi qu'il suit :

Dahir du 31 mai 1943 (26 joumada I 1362) étendant aux maladies professionnelles les dispositions de la
législation sur la réparation des accidents du travail.

Article 2 : Les articles premier, 2, 3, 4 (4e alinéa), 6, 9 et 10 du dahir susvisé du 31 mai 1943 (26 joumada I
1362) sont modifiés ainsi qu'il suit :

Article Premier. - Sous réserve des dispositions spéciales ci-après, la législation relative à la réparation des
accidents du travail est étendu aux maladies professionnelles, quelles que soient la nature de l'établissement et la
nationalité de l'employeur

Article 2. - Sont considérées comme maladies professionnelles au sens du présent dahir, les manifestations
morbides, infections microbiennes et affections dont la liste est fixée par arrêté du directeur du travail et des
questions sociales, pris après avis du directeur de la santé publique et de la famille.

Cet arrêté précise, sous forme de tableau :

1° Les manifestations morbides d'intoxication aiguës ou chroniques présentées par les travailleurs exposés d'une
façon habituelle à l'action des agents nocifs, en raison de l'exécution de travaux comportant la manipulation ou
l'emploi de ces agents nocifs, et dont les principaux sont mentionnés, à titre indicatif ;

2° Les infections microbiennes dont sont atteintes les personnes occupées d'une façon habituelle aux travaux
limitativement énumérés par ces tableaux.

3° Les affections résultant d'une ambiance ou d'attitudes particulières entraînées par l'exécution des travaux
limitativement énumérés par ces mêmes tableaux.

Les tableaux précisent, en outre, les délais pendant lesquels l'employeur demeure responsable, dans les
conditions prévues à l'article 3 ci-après.

Lorsque lesdits tableaux sont révisés ou complétés, l'arrêté du directeur du travail et des questions sociales peut
fixer le délai à l'expiration duquel deviennent exécutoires les modifications et additions dont les tableaux font
l'objet.
Article 3. - L'employeur est tenu de réparer les conséquences des maladies professionnelles énumérées par
l'arrêté du directeur du travail et des questions sociales prévu à l'article, 2, à partir de la date de la première
constatation médicale de la maladie qui est, à cet effet, assimilée à la date de l'accident du travail. Cependant, la
responsabilité de l'employeur ne joue à compter de cette date que pendant le délai fixé par chaque tableau prévu
à l'article 2. Le point de départ de cette responsabilité remonte, le cas échéant, à la date à laquelle le travailleur
cesse soit d'être exposé aux agents nocifs visés au paragraphe, 1° de l'article 2, soit d'exécuter d'une manière
habituelle les travaux prévus au paragraphe 2°, soit d'effectuer les travaux dans l'ambiance ou avec l'attitude
particulières mentionnées au paragraphe 3° du même article.

Les droits du malade ou de ses ayants droit aux prestations et indemnités prévues par la législation sur la
réparation des accidents du travail se prescrivent par deux ans à dater du jour de la cessation du travail.

Si, durant le délai de responsabilité, le malade a travaillé chez plusieurs employeurs dont les procédés de travail
sont susceptibles de provoquer les maladies considérées comme professionnelles, la totalité des indemnités et
frais résultant de sa maladie sont supportés par ces employeurs proportionnellement au temps pendant lequel il a
été occupé chez chacun d'eux à l'exécution des travaux ouvrant le droit à réparation.

S'il est établi qu'un employeur a commis une faute inexcusable ayant causé ou aggravé la maladie
professionnelle dont il est demandé réparation, l'indemnité due au travailleur ou à ses ayants droit pourra être
majorée par la juridiction compétente ; son montant ne peut toutefois dépasser soit la fraction de rémunération
annuelle correspondant à la réduction de capacité, soit, en cas de mort, le montant de la rémunération annuelle.
En outre, l'attribution de cette majoration d'indemnité ne pourra déterminer une réduction de la quote-part
d'indemnité mise à la charge de chacun des autres employeurs.

Le dernier des employeurs responsables sera tenu, vis-à-vis de la victime ou de ses ayants droit, sauf son recours
contre les employeurs précédents, au paiement de la totalité des indemnités et frais, à l'exception de la majoration
éventuelle prévue à l'alinéa précédent. Si le dernier employeur n'est pas assuré et est insolvable, la victime, ses
ayants droit et tout autre créancier ont la faculté de réclamer directement à chacun des autres employeurs sa
quote-part d'indemnité ou de frais, sans qu'il y ait solidarité entre ces employeurs. En cas d'insolvabilité totale ou
partielle de l'un ou de plusieurs des employeurs, le paiement des indemnités mises à leur charge sera assuré par
le fonds spécial de garantie. "

Article 4. - ......................................................................................................................

(4e alinéa.) L'arrêté du directeur du travail et des questions sociales, prévu à l'article premier, déterminera les
formes et modalités des déclarations visées au présent article.

Article 6. - Toute maladie professionnelle dont un travailleur demande réparation en vertu du présent dahir doit
être déclarée par lui dans les quinze jours qui suivent la cessation du travail. La déclaration est effectuée à
l'autorité municipale ou à l'autorité locale de contrôle du lieu où est situé le dernier établissement où le malade a
exécuté des travaux susceptibles d'engendrer la maladie ; toutefois, en dehors des villes ou centres qui sont le
siège des autorités susmentionnées, cette déclaration peut être également reçue par le chef de la brigade de
gendarmerie ou, à défaut, par le chef du poste de police. L'autorité qui a reçu la déclaration en dresse procès-
verbal et en délivre immédiatement récépissé.

La victime doit indiquer, dans sa déclaration, les établissements où elle a travaillé pendant la durée de la période
de responsabilité. Elle y joint, autant que possible, la copie certifiée par l'autorité qui reçoit la déclaration des
certificats de travail qui lui ont été délivrés en conformité des prescriptions de l'article 745 bis du dahir du 12
août 1913 (9 ramadan 1331) formant code des obligations et contrats, complété par le dahir du 8 avril 1938 (7
safar 1357).

La victime joint à sa déclaration un certificat médical, rédigé en triple exemplaire, indiquant la nature de la
maladie et les manifestations mentionnées aux tableaux visés à l'article 2, ainsi que les suites probables de
l'intoxication, infection ou affection. Dans les quarante-huit heures de sa guérison ou de la consolidation de son
état, la victime remet ou adresse, à l'autorité mentionnée au premier alinéa un certificat médical, établi en triple
exemplaire, indiquant son état ainsi que les conséquences définitives de la maladie.

L'autorité qui a reçu la déclaration en transmet immédiatement une copie, ainsi qu'un exemplaire du certificat
médical initial, au dernier employeur qui a occupé le travailleur malade et à l'agent charge de l'inspection du
travail dans l'établissement de cet employeur. Elle adresse le dossier dans les quarante-huit heures, non compris
les dimanches et jours fériés, au tribunal de paix du ressort où est situé cet établissement. Elle envoie aux mêmes
destinataires, dans les vingt-quatre heures du dépôt, un exemplaire du certificat de guérison.

La déclaration de maladie et le certificat médical initial sont établis conformément au modèle déterminé par
l'arrêté du directeur du travail et des questions sociales prévu à l'article premier.

L'employeur, doit remettre au travailleur des que celui-ci lui en fait la demande, un bulletin portant les nom,
profession et adresse de l'employeur et du travailleur mentionnant que ce dernier se déclare atteint d'une maladie
professionnelle, et indiquant, le cas échéant, l'organisme d'assurances auprès duquel l'employeur a garanti son
personnel contre les risques de maladie professionnelle. Si, au moment où il cesse son travail, le malade n'est
plus au service d'un employeur dont les procédés de travail soient susceptibles de provoquer une maladie
professionnelle, il doit réclamer le bulletin, par lettre recommandée avec accusé de réception, au dernier
employeur responsable qui l'a occupé avant l'apparition de sa maladie ; celui-ci doit lui adresser ce bulletin dans
les vingt-quatre heures de la réception de la demande.

Est passible, d'une amende de cent à dix-huit cents francs (100 à 1.800 fr.) tout employeur qui ne délivre pas,
dans les délais impartis, le bulletin prévu à l'alinéa précédent.

Est passible d'une amende de deux mille à cinquante mille francs (2.000 à 50.000 fr.) tout employeur qui ne se
conforme pas aux prescriptions des arrêtés pris pour l'exécution du présent dahir, notamment si, en infraction à
ces arrêtés, il affecte sciemment à des travaux susceptibles d'engendrer ou d'aggraver une maladie
professionnelle un travailleur bénéficiaire soit d'une rente pour une maladie professionnelle de même nature, soit
de l'indemnité de changement d'emploi prévue à l'article 10.

Les infractions au présent dahir et aux arrêtés pris pour son exécution sont constatées par les agents chargés de
l'inspection du travail. Ces agents établissent et transmettent leurs procès verbaux dans les conditions
déterminées par l'article 58 du dahir du 2 juillet 1947 (13 chaabane 1366) portant réglementation du travail.

Article 9. - Tout médecin qui, dans l'exercice de ses fonctions, constate qu'un travailleur est atteint d'une
maladie professionnelle ou présumée telle, qu'elle figure ou non sur une liste qui sera déterminée par arrêté du
directeur du travail et des questions sociales, est tenu d'en faire la déclaration.

La déclaration précise la nature de la maladie, la nature de, l'agent nocif à l'action duquel elle est attribuée et la
profession du malade. Elle est effectuée à l'autorité municipale ou locale de contrôle, qui la transmet au directeur
du travail et des questions sociales.

Article 10. - Les arrêtés du directeur du travail et des questions sociales prévus aux articles premier, 2, 4, 6 et 9
qui précédent, précisent, s'il y a lieu, les modalités d'exécution du présent dahir.

Des arrêtés du directeur du travail et des questions sociales pourront déterminer les conditions spéciales pour
l'ouverture du droit à réparation de certaines maladies professionnelles et prévoir notamment, à la charge des
employeurs, une indemnité de changement d'emploi.

Article 3 : Le dahir précité du 31 mai 1943 (26 joumada I 1362) est complété par un article 6 bis ainsi conçu :

Article 6 bis. - Par dérogation aux dispositions de l'article 10 du dahir du 25 juin 1927 (25 hija 1345), dans le
cas où, au moment de l'arrêt du travail, la victime occupait un nouvel emploi ne l'exposant pas au risque de la
maladie constatée et dans lequel elle percevait un salaire inférieur à celui qu'elle aurait perçu si elle n'avait pas
quitté l'emploi qui l'exposait au risque, ce dernier salaire est substitué au salaire réellement touché.

Article 4 : Les dispositions du présent dahir entreront en vigueur le premier jour du deuxième mois du calendrier
grégorien qui suivra sa publication au Bulletin officiel.

Fait à Rabat, le 8 moharrem 1372 (29 septembre 1952).

Vu pour promulgation et mise à exécution :

Rabat, le 21 octobre 1952. Le Commissaire résident général, Guillaume.

____________
Références :
Dahir du 31-5-1943 (B.O. n° 1598, du 11-6-1943, p 450) ;
Dahir du 18-10-1945 (B.O n° 1727, du 30-11-1945, p. 854) ;
Dahir du 16-10-1947 (B.On° 1831, du 28-11.-1947, p 1213).
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