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Combustibles gazeux

Gaz naturel
par Francis DEWERDT
Licencié ès Sciences Physiques
Chef Adjoint du Centre d’Essais et de Recherches sur les Installations Gazières
Direction des Études et Techniques Nouvelles du Gaz de France

Le présent article constitue une refonte et une mise à jour de celui publié précédemment
sous la signature de Paul Renouard, ingénieur civil des Mines, conseiller scientifique au
Gaz de France.

1. Généralités................................................................................................. A 1 755 - 2
1.1 Historique de l’industrie du gaz naturel en France ................................... — 2
1.2 Classement des gaz ..................................................................................... — 2
2. Caractéristiques techniques ................................................................. — 3
2.1 Analyse ......................................................................................................... — 3
2.2 Constantes physiques des principaux éléments constitutifs
du gaz naturel .............................................................................................. — 3
2.3 Densité.......................................................................................................... — 4
2.4 Compressibilité ............................................................................................ — 4
2.5 Pouvoir calorifique ...................................................................................... — 5
2.6 Teneur en eau et hydrates........................................................................... — 6
3. Gisements de gaz naturels .................................................................... — 8
3.1 Origine .......................................................................................................... — 8
3.2 Exploitation des puits. Traitement du gaz ................................................. — 8
3.3 Données statistiques ................................................................................... — 9
4. Transport, distribution et stockage .................................................... — 9
4.1 Généralités ................................................................................................... — 9
4.2 Transport par canalisations ........................................................................ — 9
4.3 Transport sous forme liquide ..................................................................... — 12
4.4 Distribution................................................................................................... — 13
4.5 Stockage ....................................................................................................... — 14
5. Utilisations................................................................................................. — 16
5.1 Généralités ................................................................................................... — 16
5.2 Classements ................................................................................................. — 16
Références bibliographiques ......................................................................... — 17

n appelle gaz naturel combustible ou simplement gaz naturel tout fluide


O
11 - 1984

gazeux combustible provenant du sous-sol.


La plupart des gaz naturels sont des mélanges d’hydrocarbures saturés où
prédomine le méthane ; ils proviennent d’accumulations souterraines de gaz
seuls ou de gaz associés au pétrole. Il y a donc autant de compositions de gaz
naturels qu’il y a de gisements d’hydrocarbures exploités.
Généralement, un gaz naturel d’une provenance déterminée a une composition
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pratiquement constante ou évoluant lentement et de façon peu accentuée en


fonction du temps.

Les volumes exprimés en mètres cubes (m3) sont toujours ramenés aux conditions normales
de température et de pression (0 oC et 1,013 bar).

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l’ordre de 10 à 12 kWh/m3, soit le double environ de celui du gaz


1. Généralités manufacturé, et ses caractéristiques de combustion sont nettement
différentes.
1.1 Historique de l’industrie En 1983, la consommation intérieure brute de gaz naturel en
du gaz naturel en France France a été de 275 TWh ce qui représentait approximativement
14 % de l’énergie primaire consommée.
L’industrie du gaz en France est née des travaux de Ph. Lebon,
qui prit en 1799 un brevet concernant la production d’un gaz
inflammable à partir du bois ou de la houille. Des travaux 1.2 Classement des gaz
analogues étaient menés parallèlement en Grande-Bretagne par
W. Murdoch et S. Clegg. 1.2.1 Provenance
La production de gaz à partir de la houille commença industriel-
lement en France vers 1817, et se développa jusqu’à la Seconde La liaison entre un gisement d’hydrocarbures liquides et la sur-
Guerre mondiale. À cette époque, presque toutes les villes de face du sol se fait par un puits producteur.
France possédaient leur usine à gaz. Seules, quelques villes et Selon les conditions atmosphériques, on recueille en surface, après
industries du Nord étaient alimentées en gaz provenant de la distil- séparation des phases en présence, un certain volume de gaz par
lation de la houille dans les cokeries minières. Les différents gaz mètre cube de liquide produit. Ce rapport volumétrique gaz/pétrole,
ainsi obtenus étaient appelés gaz manufacturés, par opposition au souvent désigné par les initiales de son nom américain GOR (Gas/Oil
gaz naturel qui est extrait directement de gisements souterrains. Ratio), permet de classer les puits producteurs en deux catégories,
En 1946, l’industrie du gaz fut nationalisée par la création du Gaz à titre indicatif, selon la réglementation américaine (Texas Railroad
de France qui reçut le monopole de la distribution des gaz Commission) :
combustibles en canalisation. Il apparut alors que la production du — puits de gaz .................... GOR > 18 000 m3/m3 ;
gaz par distillation de la houille était un procédé trop onéreux, surtout — puits de pétrole .............. GOR < 18 000 m3/m3.
dans les petites usines, et on assista à une triple évolution : On trouve par ailleurs des puits à condensats qui sont des puits
— concentration de la distillation de la houille dans des usines de pétrole dont la phase liquide (du pétrole à faible densité) provient
importantes, en particulier les cokeries, et développement des de la décompression d’une phase entièrement gazeuse dans le
achats de gaz aux cokeries minières et sidérurgiques ; gisement. Par suite du phénomène physique dit de la condensation
— utilisation de produits pétroliers : distillats paraffineux, rétrograde, certains gisements de gaz conduisent donc à la
essences légères, gaz de raffinerie, propane, en général employés production simultanée de pétrole.
pour la production par reformage (conversion à la vapeur en
En résumé, on voit que le gaz naturel peut provenir :
présence d’un catalyseur) d’un gaz manufacturé semblable au gaz
de houille ; toutefois, le propane a été aussi distribué en l’état, soit — de puits de gaz naturel ; les condensations séparées du gaz
pur, soit sous forme d’air propané à 28 % de propane ; contenant des produits combustibles ou commercialement
— recours au gaz naturel : le gaz naturel est connu au Moyen- intéressants seront des sous-produits de l’exploitation du gaz ;
Orient depuis l’Antiquité, et il a commencé à être utilisé industriel- — des puits de pétrole ; le gaz naturel obtenu est alors un sous-
lement aux États-Unis dans la seconde moitié du XIXe siècle ; produit de l’exploitation du pétrole.
depuis, il a supplanté complètement le gaz manufacturé, et a La majeure partie du gaz naturel exploité dans le monde provient
contribué de façon de plus en plus importante au développement des gisements de gaz naturel plutôt que des gisements de pétrole.
industriel et économique de ce pays.
En France, le gaz naturel fit son apparition en 1939 avec le petit
gisement de Saint-Marcet (Haute-Garonne), et alimenta Toulouse 1.2.2 Qualité
en 1943 et Bordeaux trois ans plus tard. En 1951, ce fut la
découverte de l’important gisement de Lacq dont l’exploitation En dehors du méthane qui est l’élément dominant, le gaz naturel
posa de difficiles problèmes, étant donné la forte teneur du gaz en brut contient normalement des pourcentages volumétriques
hydrogène sulfuré. Ces problèmes furent résolus en 1955, et de décroissants de carbures saturés avec un nombre d’atomes de car-
1957 à 1959 un vaste réseau fut établi, aboutissant à Paris, Nantes bone croissant : éthane, propane, butane, pentane, etc. Le transport
et Lyon. du gaz naturel dans les conditions de pression et de température
Entre-temps, les pétroliers français avaient découvert le très d’un réseau implique le traitement préalable du gaz brut qui per-
important gisement d’Hassi r’mel au Sahara algérien. La traversée mettra d’éliminer les hydrocarbures susceptibles de contrarier le bon
de la Méditerranée par ce gaz exigeait la mise au point de fonctionnement du réseau. Le traitement visera, dans toute la
méthodes de liquéfaction et de transport par navires méthaniers. mesure du possible, à maintenir dans le gaz un maximum d’hydro-
Ces problèmes furent rapidement résolus et en 1965 arrivait au carbures valorisables sur le plan de son pouvoir calorifique final.
Havre le méthanier Jules Verne apportant la première cargaison de À cet égard on classe les gaz naturels en deux catégories :
gaz naturel liquéfié, en provenance d’Arzew près d’Oran. H, pour les pouvoirs calorifiques élevés [10,7 à 12,8 kWh/m3 ] et
Un autre gisement très important fut découvert en 1959 à B pour les pouvoirs calorifiques faibles [9,5 à 10,5 kWh/m3 ].
Schlochteren dans la province de Groningue aux Pays-Bas et un Nota : 1 kWh/m3 = 3,6 MJ/m3. Le groupe B porte aussi quelquefois la dénomination L.
réseau de transport fut construit à partir de 1967 afin d’alimenter
le Nord et l’Est de la France ainsi que la région parisienne.
1.2.3 Éléments mineurs
Depuis, les sources n’ont pas cessé de se diversifier, d’une part
avec l’arrivée du gaz de la mer du Nord et d’URSS par canalisations,
d’autre part avec la mise en service de deux nouveaux terminaux En dehors des hydrocarbures contenus normalement dans le gaz
méthaniers, à Fos-sur-Mer et à Montoir-de-Bretagne, permettant la naturel, on trouve souvent un ou plusieurs des éléments mineurs
réception de nouvelles fournitures en provenance d’Algérie. ou impuretés ci-après :
— azote N2 : il n’a pour inconvénient que son caractère inerte qui
À mesure que les ressources en gaz naturel ont augmenté,
diminue la valeur commerciale du gaz (en particulier son pouvoir
celui-ci a de plus en plus été distribué en l’état, en remplacement
calorifique) ; notons qu’il existe des procédés de dénitrogénation
du gaz manufacturé, ce qui a nécessité la conversion des appareils
permettant par séparation de l’azote de valoriser le gaz sur le plan
d’utilisation. En effet, le gaz naturel a un pouvoir calorifique de
de son pouvoir calorifique ;

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— hélium He : il peut être valorisé commercialement par une


opération de dénitrogénation ; 2. Caractéristiques techniques
— hydrogène sulfuré H2S : il est nuisible par ses propriétés
corrosives, et est donc à extraire ; 2.1 Analyse
— dioxyde de carbone CO2 : il est nuisible par ses propriétés
corrosives, donc il faut l’extraire ;
— eau H2O : la plupart des gisements d’hydrocarbures s’étant L’analyse d’un gaz naturel comprendra la fraction molaire des
formés en milieu aqueux, le gaz naturel d’un gisement est norma- hydrocarbures en C1 , C2 , C3 , C4 et le reste des hydrocarbures plus
lement saturé en vapeur d’eau ; pour son exploitation, on sera lourds indiqués sous le terme C5+ (tableau 1).
amené à le déshydrater partiellement.
En France, on a simplement établi un règlement fixant le taux
maximal de quelques impuretés tolérables dans le gaz trans- 2.2 Constantes physiques des principaux
portable par canalisations. Cela a été fixé par l’arrêté ministériel du éléments constitutifs du gaz naturel
28 janvier 1981 qui précise :
— teneur en H2S : en moyenne sur 8 jours, inférieure à 7 mg/m3 Ces constantes entrent dans nombre de calculs fondés sur
à 0 oC et 1,013 25 bar, et en pointe, inférieure à 15 mg/m3 ; l’analyse du gaz naturel. Il paraît donc utile de les résumer dans le
— S total : toujours, inférieur à 150 mg/m3 ; tableau 2.
— point de rosée : inférieur à – 5 oC à la pression maximale de (0)
service.

Tableau 1 – Analyse des gaz naturels distribués en France


Lacq Groningue Ekofisk Megal Fos Arzew
Provenance
(France) (Pays-Bas) (Norvège) (URSS) (GNL d’Algérie) (Algérie)
Éléments
(fractions molaires)
C1 0,978 0,813 0,858 0,928 0,910 0,872
C2 0,018 0,029 0,082 0,030 0,057 0,091
C3 0,001 0,004 0,028 0,007 8 0,004 0,026 3
n C4 ........................... 0,002 0,005 8 0,001 2 ........................... 0,003 3
i C4 ........................... ........................... 0,003 1 0,001 ........................... 0,003 1
C5+ ........................... ........................... 0,003 1 0,000 ........................... 0,000 1
CO2 ........................... 0,009 0,015 0,002 7
N2 0,003 0,143 0,005 0,030 0,029 0,004
Divers ........................... ........................... ........................... 0,000 4
Densité 0,564 0,643 0,658 0,593 0,599 0,636
Pouvoir calorifique supérieur
(à 1,013 25 bar et 273,15 K)
(kWh/m3) 11,225 9,759 12,337 11,167 11,312 12,417

(0)

Tableau 2 – Constantes physiques des principaux éléments constitutifs des gaz naturels (1)
Masse Pouvoirs calorifiques
Densité volumique molaires
Grandeurs critiques Facteur
Température par rapport (état réel (à 1,013 25 bar
de compres-
Masse d’ébullition à l’air à et 273,15 K)
Éléments Formule sibilité Z i
moléculaire (état idéal 1,013 25 bar
Pression Température (à 1,013 25 bar 0
i H i s H i
0
à et 273,15 K) et 273,15 K)
(bar) (K) o
( C) 1,013 25 bar) –3
(kg · m ) (kJ · mol ) (kJ · mol–1)
–1

Méthane CH4 16,043 46,04 190,55 – 161,52 0,553 9 0,717 4 0,997 6 802,56 892,70
Éthane C2H6 30,069 48,80 305,43 – 88,58 1,038 2 1,355 1 0,990 0 1 428,35 1 563,55
Propane C3H8 44,096 42,50 369,82 – 42,07 1,522 5 2,010 0 0,978 8 2 044,64 2 224,86
n-Butane C4H10 58,123 37,97 425,16 – 0,49 2,006 8 2,709 1 0,957 2 2 657,74 2 883,04
Isobutane C4H10 58,123 36,48 408,13 – 11,81 2,006 8 2,706 0 0,958 3 2 649,42 2 874,70
n-Pentane C5H12 72,151 33,69 469,60 36,06 2,491 0 3,505 0 0,918 4 3 272,95 3 543,30
Isopentane C5H12 72,151 33,81 460,39 27,84 2,491 0 3,435 4 0,937 0 3 264,94 3 535,30
Néopentane (2) C5H12 72,151 31,99 433,75 9,50 2,491 0 3,413 6 0,943 0 3 253,40 3 523,75
Dioxyde
de carbone CO2 44,010 73,82 304,19 – 78,51 1,519 5 1,978 3 0,992 5 0 0
Azote N2 28,013 33,99 126,10 – 195,80 0,967 2 1,250 4 0,999 5 0 0
(1) Valeurs retenues en 1983 par l’Association Technique de l’Industrie du Gaz en France.
(2) Néopentane = (CH3)4C.

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2.3 Densité À défaut de moyens permettant de déterminer exactement les


courbes Z = f (p) pour différentes températures, on peut estimer Z,
pour la plupart des gaz naturels contenant plus de 50 % de
2.3.1 Mesure directe sur un échantillon méthane, par les courbes de Katz (figure 1) [1].
La meilleure façon d’obtenir la densité d’un gaz naturel donné Pour cela, on doit d’abord calculer les pressions réduites π et les
est évidemment de la mesurer sur un échantillon représentatif. températures réduites θ.
■ Si l’on a affaire à un unique constituant, ces quantités sont bien
définies :
2.3.2 Calcul à partir des densités des éléments
pression réelle absolue
π = pression réduite = ------------------------------------------------------------------------- = p/p c
On peut aussi, pour des calculs approchés, se fonder sur une pression critique absolue
analyse représentative du gaz.
température réelle absolue
La densité du gaz à l’état idéal d d’un gaz naturel est : θ = température réduite = ------------------------------------------------------------------------------------ = T/T c
température critique absolue

d = ∑ xi di ■ Si l’on a un gaz naturel, c’est-à-dire un mélange gazeux d’éléments


i simples, on ne peut pas parler de pression et température critiques
avec xi fraction molaire d’un élément constitutif de ce gaz, proprement dites. On calcule alors les éléments pseudo-critiques qui
jouent le même rôle :
di densité par rapport à l’air (tableau 2) à l’état idéal.
La densité du gaz à l’état réel, à savoir aux conditions de référence p pc pression pseudo-critique = ∑ ( xi pci )
de pression et de température, s’obtient par le rapport : i

∑ xi di T pc température pseudo-critique = ∑ ( xi Tci )


d réel = --------------------- i
Zn
avec pci pression critique de chaque élément constitutif du gaz
Le facteur de compressibilité Z n peut se calculer avec précision naturel,
à l’aide d’une formule publiée par l’Institute of Gas Technology
(IGT) à savoir : Tci température critique de chaque élément constitutif du
gaz naturel.


2
Zn = 1 – ∑ x
i
i 1 – Zi
2
+ ( 2 x H – x H ) × 0,000 5

avec Zi facteur de compressibilité de chaque constituant du gaz


naturel (tableau 2), aux conditions de référence pour
lequel Z n doit être calculé,
x H fraction molaire de l’hydrogène contenu dans le gaz.
On peut estimer que, dans le cas du gaz naturel, la relation
ci-avant peut être réduite à :

∑ x 
2
Zn = 1 – i 1 – Zi
i

2.4 Compressibilité

Les déviations par rapport à la loi de Mariotte sont telles qu’il faut
en tenir compte pour les calculs fondés sur les conditions
rencontrées dans les gisements ou dans les opérations de traitement
et de transport du gaz naturel.
On utilisera donc la formule :
pV = ZRT
avec Z coefficient de déviation par rapport à la loi des gaz
parfaits (ou facteur de compressibilité).
Il existe aujourd’hui des méthodes permettant la détermination
précise du facteur de compressibilité. Expérimentalement on y
accède à l’aide d’un appareil appelé couramment le Z-mètre mettant
à profit une méthode d’expansion des gaz par détentes.
Par le calcul, à partir de la composition des gaz, des équations
d’état ou des relations empiriques appropriées conduisent au
facteur de compressibilité.
Ces différentes méthodes restituent des valeurs avec une précision
de 0,1 à 0,2 %, les rendant ainsi compatibles avec les exigences des
procédés de comptage de grands volumes de gaz naturels. Figure 1 – Facteur de compressibilité Z des gaz naturels
(d’après Katz [1])

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On calcule ensuite, pour une pression réelle absolue P et une


température réelle absolue T, les éléments pseudo-réduits :
πp = p /ppc et θp = T /Tpc
et c’est avec π p et θp que l’on trouve le coefficient Z sur le dia-
gramme de Katz (figure 1).
Notons que π, θ ou πp , θp sont des nombres sans dimensions
donc indépendants des systèmes d’unités choisis.
Cela suppose que la plupart des éléments constitutifs du gaz
naturel ont le même coefficient de compressibilité à égalité
d’éléments réduits (principe des états correspondants). C’est suf-
fisamment exact pour les gaz naturels n’ayant pas plus de 0,05 en
fraction molaire d’impuretés (gaz autres que les hydrocarbures
saturés).
Exemple : soit un gaz naturel hypothétique dont la composition
serait en fraction molaire :
— méthane = 0,8, pour lequel Tc = 190,55 K et pc = 46,04 bar
(tableau 2) ;
— propane = 0,2, pour lequel Tc = 369,82 K et pc = 42,50 bar, quel
est son coefficient de compressibilité à 140 bar et à une température
de 100 oC ?
On a :
T p c = 0,80 × 190,55 + 0,20 × 369,82 = 226,4 K
p pc = 0,80 × 46,04 + 0,20 × 42,50 = 45,3 bar
100 + 273 373
θ p = ---------------------------- = ---------------- = 1,65
226,4 226,4
140
π p = ------------- = 3,1
45,3

d’où, sur l’abaque de Katz (figure 1) :


Z = 0,845
Figure 2 – Pouvoirs calorifiques supérieur et inférieur
en fonction de la masse moléculaire des hydrocarbures saturés
2.5 Pouvoir calorifique et éthyléniques

Le pouvoir calorifique d’un gaz naturel doit normalement être 0 0 0


Les valeurs de ∆ c H i référencées ∆ s H i ou ∆ i H i selon que l’on
mesuré. Il peut être commode pour des calculs simplifiés de l’évaluer
à l’aide de l’abaque (figure 2) en fonction de la masse moléculaire souhaite le pouvoir calorifique supérieur P ou le pouvoir calorifique
du gaz calculable à partir de son analyse ou de sa densité par rapport inférieur I, sont données dans le tableau 2 pour des conditions de
à l’air [2]. pression égale à 1,013 25 bar et de température à 273,15 K.
Le graphique de la figure 2 n’est valable que si les impuretés ne ■ Afin d’exprimer le pouvoir calorifique par rapport à l’unité de
dépassent pas 2,5 % en H2S et 2,5 % en gaz inerte. Toutefois, à partir volume de gaz naturel pris à la température de référence de
de la composition du gaz et des constantes physiques du tableau 2, 273,15 K, on calcule le volume molaire du gaz Vm (273,15) selon la
on peut procéder à un calcul beaucoup plus précis du pouvoir relation :
calorifique du gaz de la façon suivante. Vm (273,15) = 22,413 83 × 10–3 × Zn (273,15)
■ Sachant que les x i , correspondent aux fractions molaires des dif- avec Zn (273,15) facteur de compressibilité du
0 gaz naturel à 1,013 25 bar et à la
férents constituants présents dans un gaz naturel et que les ∆ c H i
température de 273,15 K,
expriment pour chacun de ces mêmes constituants leur variation
d’enthalpie molaire de combustion à la pression de 1,013 25 bar et 22,413 83 × 10–3 m3 · mol –1 représentant le volume molaire
pour une température initiale et finale T des réactifs et produits de du gaz à l’état idéal et à la
combustion, on a : température de 273,15 K.
■ Calcul du facteur de compressibilité Zn suivant la méthode
∑ xi ⋅ ∆c H i ( T )
0 0
∆c H m ( T ) = développée au paragraphe 2.3.
i
0 ■ Le pouvoir calorifique (en kJ/m3) volumique s’exprimera ainsi :
avec ∆ c H m ( T ) (kJ · mol–1) variation d’enthalpie molaire de
combustion du gaz. 0
∆c H m
P cv = ------------------
-
Vm

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Exemple : soit à calculer le pouvoir calorifique volumique supérieur


d’un gaz naturel dont la composition est la suivante (fractions molaires) :
CH4 ............................................ 0,813 0
C2H6 .......................................... 0,047 5
C3H8 .......................................... 0,048 7
n C4H10 ...................................... 0,024 2
i C4H10 ....................................... 0,024 1
N2 .............................................. 0,042 5
l’air et les gaz combustibles étant pris et ramenés à la température de
273,15 K à la pression de 1,013 25 bar.
On a :
0 0
xi s H i xi s H i Zi xi 1 – Zi
(tableau 2) (tableau 2)
CH4 0,813 0 892,70 725,77 0,997 6 0,039 83
C2H6 0,047 5 1 563,55 74,27 0,990 0 0,004 75
C3H8 0,048 7 2 224,86 108,35 0,978 8 0,007 09
n C4H10 0,024 2 2 883,04 69,77 0,957 2 0,005 01
i C4H10 0,024 1 2 874,70 69,28 0,958 3 0,004 92
N2 0,042 5 0 0 0,999 5 0,000 95
1 047,44 0,062 55
d’où Z n = 1 – (0,062 55)2 = 0,996 08.
Le volume molaire du gaz naturel aux conditions réelles de référence
est :
Vm (273,15) = 22,413 83 × 10–3 × 0,996 08 = 0,022 325 m3 · mol –1
D’où le pouvoir calorifique supérieur :
1 047,44
P cv ( 273,15 K ) = ---------------------------- = 46 915,7 kJ ⋅ m –3
0,022 325
= 46,915 7 MJ/m 3 = 13,032 kWh/m 3

2.6 Teneur en eau et hydrates


2.6.1 Généralités
Du fait de sa formation en terrains sédimentaires, le gaz naturel
est normalement saturé d’eau dans les conditions du gisement.
Après détente jusqu’aux conditions admises pour les puits pro-
ducteurs, une partie de cette eau se condense, et le gaz reste
saturé en eau dans ces nouvelles conditions.
Cette eau peut avoir deux inconvénients principaux pour le
transport ou le changement de conditions du gaz (pression, tem- Figure 3 – Teneur en eau à saturation du gaz naturel
pérature du gaz) :
— elle peut se condenser et former des bouchons d’eau géné-
rateurs de pertes de charge ou dangereux pour la recompression ; La pression et la température limites dépendent des circonstances
— elle peut aussi, sous des conditions déterminées, former avec d’exploitation et définissent le point de rosée du gaz dans chaque
les hydrocarbures des corps solides durs comme de la glace (des cas particulier.
hydrates d’hydrocarbures).
Exemple : on impose au gaz naturel transporté par canalisation
d’avoir un point de rosée inférieur à – 12 oC sous 67,7 bar, ce qui
nécessite une certaine déshydratation dans les usines de traitement
2.6.2 Eau condensée. Déshydratation de gaz. La teneur en eau correspondante selon l’abaque de la figure 3
et point de rosée est alors de 53 mg/m3. Mais ce point de rosée serait trop élevé (si
l’on ne veut pas avoir de condensations) pour du gaz à recomprimer
La quantité d’eau contenue dans le gaz naturel à saturation est ultérieurement à 300 bar et soumis à une température de – 10 oC :
fonction de la pression et de la température. une déshydratation complémentaire serait alors nécessaire ; la teneur
Les abaques de Mc Carthy, Boyd et Reid (figure 3) permettent de en eau correspondante selon l’abaque de la figure 3 étant alors de
calculer les différences du contenu en eau pour diverses conditions 35 mg/m3.
(condensations ou sous-saturation). On est donc souvent amené à
déshydrater un gaz naturel donné en s’appuyant sur des courbes
permettant d’évaluer les quantités d’eau à enlever à un gaz naturel
saturé pour qu’à des conditions limites de pression et de tempéra-
ture que l’on s’impose il n’y ait pas condensation.

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2.6.3 Hydrates À partir des courbes de formation d’hydrates, on peut établir des
courbes permettant d’estimer jusqu’à quelle pression finale on
Les hydrates d’hydrocarbures sont des produits solides, composés peut détendre un gaz naturel, pris à une température et à une pres-
d’hydrocarbures et d’eau, qui ne se forment qu’en présence d’eau sion initiale données, sans risques de formation d’hydrates.
à l’état liquide dans le gaz à des températures qui peuvent être Ces courbes permettent également d’évaluer à quelle tempéra-
supérieures à 0 oC. Ils se forment d’autant plus facilement que : ture minimale on doit chauffer un gaz ayant une pression initiale
— la pression est plus élevée ; donnée avant détente pour que des hydrates ne puissent pas se
— la température est plus basse ; former à une pression donnée (s’il y a de l’eau présente dans les
— la teneur en hydrocarbures plus lourds est plus grande ; conditions finales) : un exemple est donné sur la figure 5 pour le
— la turbulence est plus forte. gaz naturel d’Ekofisk.
On a pu reproduire en laboratoire la formation d’hydrates de Exemples
méthane, d’éthane, de propane et de butane ; on n’a pas décelé la
— À quelle pression finale peut-on détendre un gaz naturel
formation d’hydrates à partir du pentane. Au contraire des hydrates
d’Ekofisk, de pression initiale 120 bar, se trouvant à 40 oC de tempéra-
de gaz purs, les hydrates formés à partir d’un gaz naturel ne se
ture initiale, sans qu’il se forme d’hydrates après détente ?
décomposent pas à une température constante, ce qui fait penser
qu’il se forme une solution solide des différents hydrates en Sur la figure 5, relative à ce gaz, on voit que l’on peut descendre
présence [3]. jusqu’à 42 bar de pression finale.
— Si l’on a ce même gaz à 100 bar, que l’on veut détendre à 50 bar,
On a intérêt à prévoir, pour un gaz déterminé à une pression
à quelle température minimale doit-on le chauffer pour ne pas avoir
donnée, s’il y a possibilité de formation d’hydrates. Pour les gaz
d’hydrates après détente ?
naturels n’ayant pas de CO2 ni de H2S, on peut en première
approximation utiliser pour cette prévision les courbes du Dr D.L. Sur la figure 5, relative à ce gaz, on voit que la température doit être
Katz [1] qui donnent, en fonction de la température, la pression de située au-dessus de 30 oC.
formation d’hydrates pour des gaz de densité par rapport à l’air
Il faut se souvenir que chaque gaz naturel doit faire l’objet d’un
comprise entre 0,6 et 1,0 (figure 4).
diagramme bien particulier.
Exemple : quelle est la température de début de formation Les inconvénients des hydrates sont encore plus graves que les
d’hydrate d’un gaz naturel de densité 0,7 à la pression de 100 bar ? condensations d’eau. Par suite de phénomènes de surfusion il
Sur la figure 4, on voit que la courbe de densité 0,7 et celle de la pourrait se produire un certain retard aux démarrages de leur
pression de 100 bar se coupent au droit de l’abscisse 20 oC. formation, ce qui aurait pour effet de boucher ensuite les canali-
sations en très peu de temps.
Toutefois, la connaissance des courbes de formation d’hydrates
lorsqu’elles doivent être connues avec précision implique la mise Aux hydrates d’hydrocarbures peuvent aussi s’ajouter des
en œuvre de méthodes de calculs faisant intervenir à la fois la hydrates de CO2 et de H2S lorsque les gaz naturels en contiennent
composition complète du gaz naturel et les paramètres d’équilibre des quantités appréciables. Leur étude dépasserait le cadre de cet
solide-vapeur correspondant à la relation : article.

gaz + eau hydrates


( vapeur ) ( liquide ) ( solide )

Sans entrer dans les détails de calculs mettant en œuvre des


moyens informatiques performants, on retiendra sur la figure 3 une
courbe d’équilibre d’hydrates calculée à partir de la composition du
gaz naturel d’Ekofisk distribué en France.

Figure 5 – Possibilité de détente d’un gaz naturel


sans formation d’hydrates (cas du gaz d’Ekofisk)
Figure 4 – Température de formation d’hydrates
en fonction de la densité d du gaz et de la pression
(courbes de Katz)

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3. Gisements de gaz naturels Les gaz bruts ainsi recueillis sont collectés vers les usines de
traitement du gaz, qui peuvent comprendre : le dégazolinage, la
déshydratation, les désulfuration et décarbonatation.
3.1 Origine
3.2.1 Dégazolinage
On admet jusqu’ici que l’origine des gisements de gaz naturel est
la même que celle des gisements de pétrole. On peut d’ailleurs
trouver dans le monde toute une série d’exemples de gisements C’est l’enlèvement des produits condensables ; par exemple, on
d’hydrocarbures de compositions intermédiaires, passant du enlèvera :
méthane pratiquement pur à des gaz de plus en plus lourds en • 70 % du propane ;
hydrocarbures supérieurs, pour arriver à des gisements de pétrole • 80 % du butane ;
avec gaz, puis sans gaz et sans méthane même dissous. • 100 % du C5+ ;
Rappelons que l’origine des gisements d’hydrocarbures n’est avant l’envoi dans la canalisation.
pas encore connue de façon certaine. On en est réduit à des Les usines de dégazolinage fonctionnent selon l’un des trois
hypothèses fondées sur un certain nombre de constatations. On principes suivants sur lesquels nous ne nous étendrons pas [1] :
admet pour le moment que les hydrocarbures sont d’origine
— condensation des produits par refroidissement ;
organique, que cette matière organique, provenant de la flore et de
— extraction par lavage avec des solvants ;
la faune qui s’accumulent dans les mers, s’est déposée en même
— extraction par adsorption.
temps que des sédiments fins marins en formant, à l’abri de l’air,
des accumulations locales préférentielles selon les circonstances, Les produits récupérés subissent un fractionnement pour obtenir
favorisant ou non la vie ou la mort de ladite matière organique par exemple du propane et des butanes commerciaux, de l’essence
(changements brusques de température au contact des courants légère, du gazole.
marins, changements de salinité près des estuaires, etc.). La
pression, la température, les bactéries réductrices aident, en
fonction du temps, à la transformation des boues organiques ainsi 3.2.2 Déshydratation
déposées en mélanges d’hydrocarbures ; le temps minimal néces-
saire est peut-être assez court à l’échelle de la géologie : de l’ordre Le gaz subit ensuite une déshydratation pour abaisser le point de
du million d’années. rosée, de façon à ce qu’il ne puisse se produire ni condensations,
Les hydrocarbures ainsi formés en eaux salines sont plus légers ni hydrates dans les ouvrages.
que l’eau de mer (qui tend elle-même à se concentrer en sels) et Cette déshydratation peut être obtenue directement par le pro-
ont tendance à exécuter une migration ascendante selon les pos- cédé de dégazolinage par refroidissement ou par un traitement
sibilités que leur offrent les terrains poreux voisins. S’ils arrivent supplémentaire avec des produits avides d’eau, les glycols,
en surface, ils s’oxydent à l’air et perdent tout intérêt pétrolier. En diéthylène-glycols par exemple, ou autres procédés connus.
revanche, s’ils rencontrent une barrière imperméable, telle qu’une
forme anticlinale, monoclinale ou autre, ils s’accumulent dans un
piège. Si cette accumulation est commercialement exploitable à 3.2.3 Désulfuration et décarbonatation
une époque donnée, on dira que l’on a affaire à un gisement de
pétrole ou de gaz naturel. Les gaz acides, c’est-à-dire contenant H2S et CO2 , sont traités
On remarque, au fur et à mesure que s’accroît la profondeur spécialement pour réduire ces éléments par désulfuration et
moyenne mondiale des forages pour la recherche d’hydrocarbures, décarbonatation au-dessous des tolérances admises pour les
que les pétroles profonds sont de plus en plus légers (de façon très canalisations.
irrégulière d’ailleurs), et que l’on trouve de plus en plus de gaz
naturel. Or, on sait aussi que la pression et la température croissent Exemple : pour le gaz de Lacq :
avec la profondeur des terrains forés : ce sont peut-être ces facteurs • H2S < 3,5 mg/m3 ;
qui influent sur la qualité des hydrocarbures formés. Ce ne sont pas • S < 30 mg/m3 ;
les seuls facteurs possibles, la radioactivité naturelle ayant aussi un • CO2 < 150 mg/m3 ;
rôle dans ces transformations. • essence et produits lourds < 38 g/m3.

3.2.4 Ajustement des caractéristiques


3.2 Exploitation des puits.
Traitement du gaz La variété des caractéristiques physiques et chimiques des gaz
naturels utilisés tend à augmenter avec le nombre et la diversité
Généralement, rien ne révèle à la surface du sol l’existence d’un des contrats d’approvisionnement, c’est-à-dire des gisements d’où
gisement de pétrole ou de gaz naturel. Cependant, la pratique de proviennent ces gaz. Cela rend plus fréquent leur ajustement à
la géologie indique que les gisements se trouvent le plus souvent l’une ou l’autre des deux natures du gaz naturel distribué en
dans certains terrains particuliers, et divers procédés scientifiques France, le gaz à haut pouvoir calorifique (dit gaz H) et le gaz à bas
permettent de connaître la structure du sous-sol et de déterminer pouvoir calorifique (dit gaz B).
la position des couches qui pourraient contenir du pétrole ou du
Les cahiers des charges des concessions de transport et de dis-
gaz naturel.
tribution tiennent compte de la diversité des appareils d’utilisation
Si la campagne de prospection géologique se révèle satisfaisante, et des ressources de gaz naturel. Ainsi, les limites admises pour le
les ingénieurs passent à la phase des forages. pouvoir calorifique supérieur du gaz distribué sont, selon le type
Le forage et l’équipement des puits sont très semblables à ceux de gaz :
des puits de pétrole. On sépare, en tête des puits, les éléments — de 9,53 et 10,46 kWh/m3 (zone alimentée en gaz B) ;
condensés par la chute de pression et de température. On peut être — de 10,70 et 12,79 kWh/m3 (zone alimentée en gaz H).
amené à réchauffer le gaz avant détente pour éviter des hydrates.

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Des opérations d’ajustement sont réalisées selon les cas :


— par enlèvement de l’azote dans un atelier de dénitrogénation ;
Tableau 5 – Ressources prévisionnelles
— par enrichissement en hydrocarbures supérieurs dans des de l’industrie gazière française
installations de butanation par exemple ;
— par mélange direct de deux gaz naturels. 1983 1990
Ressources (estimation) (prévision)
(en 106 tep) (en 106 tep)
3.3 Données statistiques Production française 6 2,5
Algérie 9,1 9
3.3.1 Évolution des réserves mondiales Pays-Bas 6 3
de gaz naturel Norvège 2,3 4
URSS 3,4 10,5
Le tableau 3 montre cette évolution entre 1962 et 1983. (0) Ressources nouvelles ........................... 1
Divers 0,5
Total 27,3 30
Tableau 3 – Réserves mondiales de gaz naturel (1)
au 1/1/1962 au 1/1/1983
Zone géographique
(en 109 m3) (en 109 m3) 4. Transport, distribution
Amérique du Nord
Amérique latine
8 356
1 260
8 660
5 151
et stockage
Afrique 1 540 5 778
Asie-Océanie 540 6 345 4.1 Généralités
Moyen-Orient 5 050 21 645
Europe de l’Est 2 340 35 074 Le transport du gaz ne jouait qu’un rôle très limité à l’époque du
Europe de l’Ouest 500 4 324 gaz manufacturé (§ 1.2). Une seule canalisation importante a été
(1) Source CEDIGAZ.
posée en France à cette époque, celle amenant à Paris le gaz des
cokeries minières et sidérurgiques de Lorraine (environ 300 km de
longueur, 300 mm de diamètre).
3.3.2 Approvisionnements de la France Au contraire, l’apparition du gaz naturel a entraîné un grand
en gaz naturel développement du transport de gaz, car les gisements sont en
général éloignés des points de consommation.
Le tableau 4 permet de comparer les chiffres des années 1980 et Jusqu’à une date toute récente, le transport du gaz se faisait
1983. (0) presque exclusivement en canalisations cylindriques d’acier
enterrées, et, très accessoirement, en camions équipés de réservoirs
sous pression.
Tableau 4 – Approvisionnements de la France Si l’on prend en compte les coûts inhérents aux équipements de
en gaz naturel transport, il en résulte que la valorisation des gisements de gaz
naturel dépend en grande partie de leur localisation.
en 1980 en 1983 (1) La mise au point récente des techniques de transport maritime
Zone géographique
(%) (%) du gaz naturel liquéfié ouvre une ère nouvelle à l’industrie du gaz
naturel en permettant la valorisation des gisements d’outre-mer.
Aquitaine (Lacq) 28 22,4
Algérie 8 28,3 Signalons que l’ouvrage intitulé Manuel pour le transport et la
distribution du gaz, édité en 1968 par l’Association Technique de
Pays-Bas 37 23,4
l’Industrie du Gaz de France, donne des indications très complètes
Norvège 9,3 8,5
sur le transport et le stockage du gaz [4].
URSS 13,2 12,4
Divers 4,5 5
Total ......................... (tep) (2) 23,6 × 106 24,2 × 106 4.2 Transport par canalisations
(1) Source Gaz de France informations août-septembre 1984.
(2) 1 tep = 12 987 kWh.
4.2.1 Transport par gazoducs
Un gazoduc est constitué par des tubes d’aciers soudés les uns
3.3.3 Ressources prévisionnelles de l’industrie aux autres. L’épaisseur, de l’ordre de quelques millimètres, est
gazière française en 1990 fonction du diamètre, lequel varie généralement entre 20 cm et 1 m
ou plus, le diamètre le plus important atteignant actuellement
Le tableau 5 donne une estimation pour 1983 et une prévision 1,40 m.
pour 1990. Les soudures font l’objet de divers contrôles, puis, avant d’être
(0) enterrés, les tuyaux sont protégés par un revêtement extérieur.

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Pour donner au gaz une vitesse de transport suffisante, une — catégorie I : 0,6 E et 0,36 R ;
pression est nécessaire. Au départ, on utilise la pression existant à — catégorie II : 0,73 E et 0,55 R pour canalisation enterrée ou
la sortie du gisement ou du compresseur de la station de production 0,44 R pour canalisation à l’air libre ;
(terminal GNL, par exemple), puis, pour assurer dans les conduites — catégorie III : 0,80 E et 0,60 R pour canalisation enterrée ou
le maintien de la pression désirée (en moyenne 70 bar) de puissantes 0,50 R pour canalisation à l’air libre.
stations de compression sont installées en principe tous les 80 km. En outre, E doit être inférieure à 0,9 R pour les tubes non soudés
L’entretien des gazoducs est réalisé par des pistons racleurs qui et 0,8 R pour les tubes soudés.
nettoient intérieurement les canalisations et des inspections pério-
diques sont effectuées sur le terrain ou en hélicoptère pour déceler La contrainte correspondant à la valeur maximale de la pression
des fuites éventuelles : il suffit d’observer la végétation plantée d’épreuve hydraulique en usine (p u ) est égale à 0,90 E pour les
au-dessus du gazoduc enterré, car si des fuites se produisaient catégories I et II et 0,95 E pour la catégorie III.
celle-ci changerait d’aspect. La pression maximale de service (p ms ) doit être inférieure à p c
La pose des gazoducs coûte extrêmement cher, mais le prix du et à 0,67 p u pour la catégorie I, à 0,83 p u pour les catégories II et III.
transport diminue lorsque le débit augmente. On doit avoir aussi pour les trois catégories :
Exemple : le transport d’un mètre cube de gaz revient au même p ms < 0,9 p r
prix s’il s’agit de transporter :
avec p r pression d’épreuve de résistance définie ci-après.
• 5 000 000 m3/j sur 800 km ;
• 100 000 m3/j sur 100 km ; En effet, avant la mise en exploitation, une canalisation de gaz
• 50 000 m3/j sur 50 km ; subit deux épreuves.
• 1 000 m3/j sur 1 km. — Épreuve de résistance de 24 h de durée à la pression p r au plus
égale à la plus faible des pressions p u , pour les tubes et accessoires ;
Au 1er janvier 1983, le réseau de transport français dépassait elle a lieu après une attente de 3 j à l’eau pour la catégorie I, à l’air
21 500 km. La figure 6 est une illustration de l’implantation de ce odorisé ou au gaz pour les catégories II et III. Pendant l’essai,
réseau. l’absence de fuite est vérifiée au moyen de détecteurs qualitatifs.
— Épreuve d’étanchéité à 6 bar environ (si la précédente est
4.2.2 Caractéristiques des tubes réussie) de 8 j de durée, à l’air ou au gaz. On vérifie que la masse
du gaz est bien conservée dans la canalisation.
Les canalisations de transport de gaz sont constituées par des
tubes d’acier de 10 à 12 m de longueur, soudés bout à bout. Les
tubes eux-mêmes peuvent être fabriqués soit sans soudure par 4.2.4 Pertes de charge
laminage à chaud, soit à partir de feuillards ou de tôles soudées,
longitudinalement ou en hélice. La relation des pertes de charge est de la forme [5] :
Il y a évidemment intérêt à ce que les caractéristiques méca-
2 2 2 Z T
niques de l’acier, limite élastique et résistance, soient le plus ∆p = p 1 – p 2 = K ⋅ d ⋅ --------- ⋅ λ ⋅ --------- ⋅ Q 2 LD –5 (1)
élevées possibles, ce qui permet de réduire l’épaisseur des tubes, Z0 T0
mais on est limité dans cette voie par la nécessité d’avoir un acier
avec ∆p 2 (bar2) perte de charge quadratique,
soudable.
p 1 , p 2 (bar) pressions aux deux extrémités de la conduite,
Le plus souvent, les nuances d’acier sont désignées d’après les
normes américaines ASTM par la lettre X suivie d’un nombre repré- K coefficient de proportionnalité dépendant des
sentant les limites élastiques en milliers de psi (1 psi ≈ 0,069 bar). unités choisies,
d densité du gaz par rapport à l’air,
Z facteur de compressibilité du gaz à tempéra-
4.2.3 Règlements de sécurité ture et pression moyennes dans la conduite,
Les conditions auxquelles doivent satisfaire les canalisations de Z0 facteur de compressibilité du gaz aux tempé-
gaz sont précisées par le Règlement de sécurité des ouvrages de rature et pression de référence,
transport de gaz combustible par canalisation (Arrêté du λ coefficient de perte de charge lié au facteur de
9 septembre 1957 modifié par celui du 6 mars 1961). transmission F t par la relation F t = 1/λ ,
Ce règlement distingue trois catégories d’emplacements de T (K) température moyenne du gaz,
canalisations : T 0 (K) température de référence,
— catégorie I : zones habitées et traversées du domaine public
Q (m3/h) débit du gaz volumique dans les conditions de
(routes, voies ferrées, rivières etc.) ;
référence,
— catégorie II : zones n’appartenant pas à la catégorie I à
l’exclusion des régions désertiques et assimilées ; L (km) longueur de la conduite,
— catégorie III : régions désertiques et assimilées. D (mm) diamètre de la conduite.
La pression limite de sécurité p c est déterminée en bar (pour un Sachant que les température et pression de référence sont égales
gaz non corrosif), par la formule : à 273,15 K et 1,013 25 bar et que le débit Q 0 est exprimé en mètres
cubes par heure rapportés à ces conditions, la relation (1) devient :
2te
p c = -------------
D 2
2
Q0
∆p = 6 000 ⋅ λ ⋅ d ⋅ Z ⋅ T ⋅ L ⋅ ---------
- (2)
avec e et D épaisseur et diamètre extérieur mesurés dans la D5
même unité de longueur,
avec Z 0 supposé égal à 1.
t (bar) contrainte transversale maximale qui doit être infé-
rieure à la plus petite des valeurs suivantes, calculées Diverses relations ont exprimé la valeur de λ en fonction directe
en fonction de la limite élastique E, et de la résistance du nombre de Reynolds. Elles sont de la forme :
à la rupture R, également exprimées en bar :
λ = a Re–n

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Figure 6 – Réseau de transport de gaz en France au 1er janvier 1983

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On leur préfère aujourd’hui une relation applicable à tout le Le transport maritime du GNL représentait, fin 1982, un cinquième
domaine d’écoulement du gaz, qu’il soit partiellement ou totalement des échanges internationaux de gaz naturel et devrait en représenter
turbulent. Cette relation est de la forme : plus du tiers à la fin du siècle.
ke En 1982, le GNL importé d’Algérie a représenté près de 26 % de
Ft =
1
 - +  ---------------------------------------------- 
----- = – 2 lg ---------------
λ 3,7 D
5,03 lg Re – 4,32 f
Re  l’approvisionnement total de la France en gaz. Les trois terminaux
méthaniers français implantés au Havre, à Fos-sur-mer et à
avec f facteur de freinage qui dépend de l’état de la paroi Montoir-de-Bretagne avaient une capacité de réception d’environ
interne de la conduite et de son indice de courbure (peut 200 × 109 kWh/an.
être obtenu à l’aide du tableau 6),
k e rugosité de la canalisation (tableau 7). 4.3.2 Liquéfaction
Nota : le lecteur pourra également se reporter en [6].
4.3 Transport sous forme liquide La technique de liquéfaction du gaz par compression, refroidis-
sement et détente est bien connue (article Théorie des machines
4.3.1 Généralités frigorifiques. Machine à compression mécanique [B 9 730] dans le
traité Génie énergétique).
Pour constituer un marché international, comparable à celui du On sait qu’afin d’améliorer le rendement, il y a intérêt à effectuer
pétrole, le gaz naturel devait franchir un obstacle de taille : les le refroidissement en plusieurs étages, de façon à se rapprocher de
océans. Alors que la technique des gazoducs avait pris naissance la réversibilité. C’est pourquoi on a exploité le cycle dit à cascade,
aux États-Unis, celle des navires méthaniers se développa en grande dans lequel le froid nécessaire à la liquéfaction est apporté à chaque
partie en Europe occidentale lorsqu’il parut possible, dans le début boucle par la vaporisation à une pression donnée d’un fluide ayant
des années soixante, de mettre à la disposition du vieux continent été au préalable condensé à une pression supérieure. Il y a trois
les ressources gazières découvertes au Sahara. Pour transporter par fluides intermédiaires : le propane, l’éthylène et le méthane.
mer le gaz naturel dans des conditions économiques satisfaisantes, Pour augmenter encore le rendement, chaque boucle est frac-
il faut liquéfier celui-ci à la pression atmosphérique et à la tionnée en trois étages. On obtient ainsi en principe une faible
température de – 160 o C, la liquéfaction réduisant en effet de consommation spécifique, mais il faut trois compresseurs à trois
600 fois le volume du gaz naturel par rapport à son état gazeux. étages, traitant chacun un débit différent : la régulation est délicate,
Une chaîne complète de transport de gaz naturel liquéfié (GNL) les circuits de refroidissement interférant les uns sur les autres.
comporte normalement : C’est pourquoi un nouveau cycle, dit à cascade incorporée, a été
— un gazoduc du gisement de gaz jusqu’à la mer ; étudié par la société L’Air Liquide dans le but de garder un bon
— au port d’embarquement, une usine de liquéfaction et un rendement, tout en s’affranchissant au maximum des inconvénients
stockage de gaz liquéfié, le gaz étant rendu liquide par compression signalés ci-avant (figure 7). Pour cela, le refroidissement est réalisé
et refroidissement successifs ; non plus à l’aide de trois boucles distinctes, mais grâce à un circuit
— un ou plusieurs navires méthaniers comportant des cuves, le unique utilisant un gaz constitué par un mélange des différents
plus souvent intégrées à la coque du navire, dans lesquelles le gaz corps présents dans le gaz naturel. Après compression, ce gaz
est maintenu liquide à la température de – 160 oC ; circule à travers un certain nombre d’étages, caractérisés chacun
— un port terminal où le gaz est déchargé, stocké et regazéifié, par un niveau donné et décroissant de température, et où il
le gaz liquide retrouvant sa forme gazeuse sous l’effet d’un simple abandonne chaque fois, sous forme de liquide et dans un ballon
réchauffement ; prévu à cet effet, la fraction de ses constituants condensables aux
— un gazoduc reliant le port aux zones de consommation. températures et pressions considérées. Les condensats obtenus
Sont en effet déjà entrées en service les chaînes de transport sont détendus dans l’étage suivant, refroidissant ainsi le gaz naturel
suivantes : Algérie-Grande-Bretagne (1964), Algérie-France par Le et la fraction gazeuse résiduelle du gaz de cycle, qui abandonne de
Havre (1965), États-Unis (Alaska)-Japon (1969), Libye-Italie (1972), nouveaux condensats.
Libye-Espagne (1972), Algérie-France par Fos-sur-Mer (1973), En 1982, le coût d’une usine de liquéfaction traitant dix milliards
Algérie-États-Unis (1973), Brunéi (Ile de Bornéo)-Japon (1973), de mètres cubes par an était estimé entre huit et dix milliards de
Algérie-Espagne (1973), Abu-Dhabi-Japon (1977), Indonésie-Japon francs (non compris les infrastructures éventuelles : accès mari-
(1978), Algérie-France par Montoir-de-Bretagne (1982). times, ports, etc.). (0)

Tableau 6 – Facteur de freinage (1)


Courbure
Intérieur
6-12o/km 24-36o/km # 60o/km > 120o/km
Après sablage .......................................................................................... 0,985 0 0,975 0 0,965 0 0,950 0
Après nettoyage par piston racleur ....................................................... 0,980 0 0,970 0 0,960 0 0,940 0
Revêtement plastique ............................................................................. 0,975 0 0,965 0 0,955 0 0,930 0
Acier nu non traité................................................................................... 0,970 0 0,960 0 0,950 0 0,920 0
(1) Ces valeurs s’entendent pour une conduite comportant une soudure tous les 12 m, des coudes dont 90 % sont inférieurs à 10o et une vanne tous les 15 km.

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Le nombre de navires méthaniers dépend des quantités à livrer


annuellement et de la longueur de la traversée. Le prix d’un
méthanier pouvant transporter 125 000 m3 de GNL est d’environ
un milliard de francs. Un tel méthanier, à sa vitesse commerciale
de 18 à 20 nœuds, peut transporter annuellement l’équivalent de
2,5 milliards de mètres cubes sur une distance telle Arzew
(Algérie)-Montoir-de-Bretagne.

4.3.4 Terminaux méthaniers

Les terminaux méthaniers rassemblent les installations per-


mettant la réception du GNL, son stockage, enfin sa regazéification
avant réémission sur le réseau de transport. Il est évident que la
capacité de stockage doit être supérieure (environ 1,5 fois) à celle
des méthaniers assurant la rotation entre le pays producteur et le
pays importateur.
C’est ainsi que les terminaux méthaniers sont équipés de
réservoirs d’une capacité allant généralement de 12 000 à 150 000 m3
de GNL. Les cuves contenant le GNL sont construites selon les
techniques présentées au paragraphe 4.3.3, les réservoirs externes
pouvant être soit métalliques soit en béton précontraint.
Figure 7 – Cycle à cascade incorporée à circuits séparés : Le tableau 8 présente les principales caractéristiques des
schéma de principe terminaux méthaniers français.
Les équipements sont complétés par des unités de regazéification.
Nota : les termes regazéifieur et regazéification, bien que impropres, sont largement
(0) utilisés dans la profession et ont la même signification que gazéifieur et gazéification.
Tableau 7 – Rugosité de la canalisation
k e estimée
Type de canalisation et conditions 4.4 Distribution
(µm)
Canalisations en acier nu :
Nota : le lecteur pourra également se reporter en [7].
— neuves................................................................. 13 à 19
— après exposition à l’air atmosphérique Les réseaux de distribution sont reliés à l’artère de transport par
durant 6 mois...................................................... 25 à 32 l’intermédiaire de postes de détente qui abaissent la pression du
— après exposition à l’air atmosphérique gaz, d’abord en moyenne pression (entre 50 mbar et 4 bar) puis en
durant 1 an.......................................................... 38 basse pression (environ 20 mbar pour le gaz naturel). Dans les
— après exposition à l’air atmosphérique réseaux nouveaux, on n’utilise pratiquement plus la basse pression,
durant 2 ans ........................................................ 44 et le gaz livré en moyenne pression est détendu chez le client au
moyen d’un détendeur individuel, ou au niveau de l’immeuble par
Canalisation avec revêtement plastique ............... 5 à 7,5 un détendeur collectif.
Canalisation après sablage..................................... 5 à 7,5 Pour augmenter la puissance de certains réseaux anciens, on
Canalisation nettoyée par piston racleur .............. 7,5 à 12,5 peut ainsi être appelé à établir un réseau de répartition moyenne
pression (entre 4 et 16 bar) qui assurera le transit entre l’artère de
transport et les postes de détente des réseaux basse pression.
4.3.3 Navires méthaniers Généralement les réseaux de distribution sont maillés : ils forment
un quadrillage qui assure la sécurité de l’alimentation.
Les navires méthaniers comportent des cuves autoporteuses, Le diamètre des conduites varie entre 8 cm et 1 m et celles-ci sont
résistant par elles-mêmes aux efforts statiques et dynamiques de enterrées à une profondeur moyenne de 0,80 m, de préférence sous
la cargaison. Il en résulte une masse élevée de matériaux nobles et les trottoirs pour éviter les vibrations et les affaissements de terrain
onéreux. Les cuves peuvent être parallélépipédiques, en alliage provoqués par la circulation automobile.
aluminium-magnésium, avec un revêtement isolant de bois de Sur le réseau français de distribution, environ 91 500 km en 1983,
balsa et de laine de verre. D’autres sont cylindriques, en acier à 9 % les nouvelles canalisations sont souvent en acier soudé à l’arc.
de nickel, avec un revêtement de perlite (poudre de silice). Cependant, une partie du réseau existant est encore en fonte,
Des progrès plus récents ont permis la mise en œuvre de cuves laquelle est progressivement remplacée par de l’acier ou une
intégrées à membrane métallique qui utilisent les deux techniques nouvelle fonte spécialement résistante, ou encore du polyéthylène.
françaises mises au point dans ce domaine : Le gaz naturel permettait en 1982 l’alimentation de 8 200 000
— la technique Technigaz (membrane gaufrée en acier abonnés. On notera par ailleurs que cette même année la
inoxydable) ; consommation annuelle de gaz par abonné domestique était de
— la technique Gaz Transport (membrane plane en acier Invar 8 700 kWh.
à 36 % de nickel). Le Gaz de France dispose au sein de sa Direction de la Distribution
Actuellement, les deux tiers environ des 80 méthaniers en d’une structure permettant l’alimentation en gaz. Cette Direction
service dans le monde utilisent ces deux techniques. Par ailleurs, comporte 17 directions régionales correspondant aux grandes
la moitié d’entre eux ont été construits dans des chantiers navals régions de France, elles-mêmes divisées en une centaine de centres
français. de distribution mixtes EDF-GDF.
(0)

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Tableau 8 – Terminaux méthaniers français (en 1984)


Caractéristiques Le Havre Fos-sur-Mer Montoir-de-Bretagne
Date de mise en service............................................................. 1965 1972 1982
Superficie du terminal ........................................................ (m2) 60 000 150 000 700 000
Possibilités d’accostage pour méthaniers de ................... (m3) 50 000 75 000 200 000
Volume total des réservoirs ............................................... (m3) 36 000 150 000 360 000
Capacité de regazéification (en 109 kWh/an de GNL regazéifié) 13 50 133
Gazéifieurs

Gazéifieurs à ruissel- Gazéifieurs à ruissel-


Types d’appareils.............................................................. Gazéifieurs à ruissel- lement et regazéifieurs lement et regazéifieurs
lement (eau de mer)
à brûleurs submergés à brûleurs submergés
Puissance nominale (en m3 de GNL regazéifié)............. 6 600 20 500 61 800

Nombre.............................................................................. 3 2 1 3
Volume unitaire .......................................................... (m3) 12 000 35 000 80 000 120 000

Auto- Auto-
portante portante Membrane gaufrée en
Cuve interne ...................................................................... Autoportante (acier (alliage à toit sus- acier inoxydable (licence
Réservoirs

à 9 % de nickel) pendu
d’alumi- (acier à 9 % Technigaz )
nium) de nickel)
Entre les fonds : mousse Entre les fonds : mousse Entre les fonds : mousse
de verre de verre de verre
Isolation ............................................................................. Entre les parois Entre les parois Entre les parois
verticales et les toits : verticales : laine de verticales : panneaux de
isolant minéral + perlite verre + perlite poly(chlorure de vinyle)

Cuve externe ..................................................................... Acier au carbone Acier au carbone et béton Béton précontraint
précontraint

Les centres sont composés de subdivisions (environ 350), 4.5 Stockage


divisées en districts ; ces derniers, au nombre de 1 100, dont la
moitié environ est alimentée en gaz, sont en contact avec la
clientèle. Nota : le lecteur pourra également se reporter en [8].
La consommation de gaz varie sensiblement au cours de la
journée et aussi avec la saison, en raison du développement du
Fin 1982, la longueur du réseau de distribution se répartissait
chauffage au gaz ; on doit donc mettre en œuvre des moyens
ainsi :
permettant d’effectuer la régularisation saisonnière de la consom-
— réseau primaire (19 bar)
Moyenne pression C
 = 3 700 km mation. Ces moyens sont constitués par les stockages du gaz.

— réseau secondaire (4 bar)


Moyenne pression B
 = 47 000 km 4.5.1 Régulation journalière
— réseau tertiaire (quelques millibars)
Basse pression
 = 40 800 km Les pointes de consommation sont aujourd’hui absorbées par le
Ces réseaux sont constitués d’acier pour les pressions les plus stock que constitue le gaz en canalisation ; c’est essentiellement
élevées auquel viennent s’ajouter la fonte et le polyéthylène l’élévation des pressions qui permet aujourd’hui de réaliser la
pour les pressions les plus faibles. À titre indicatif, en 1983, la modulation.
partie du réseau soit étendue soit renouvelée était constituée à :
• 65 % de polyéthylène ;
• 25 % d’acier ;
4.5.2 Régulation saisonnière
• 10 % de fonte.
Elle est essentiellement assurée par les stockages souterrains.
Entre sa sortie du gisement et son arrivée chez l’utilisateur, le gaz
Le comptage du gaz à usage domestique se fait conformément naturel est, quand cela est nécessaire, emmagasiné dans des
au décret du 2 octobre 1964 portant règlement relatif à la catégorie réservoirs qui jouent le rôle de régulateurs.
d’instruments de mesure : compteurs de volume de gaz. Dans les
Il est en effet indispensable d’assurer la régularité de la fourniture
locaux d’habitation on n’installe pratiquement plus que des
face à une consommation qui subit des variations importantes et
compteurs secs à soufflets. L’arrêté du 23 octobre 1974 concerne la
rapides. Par exemple, la région parisienne absorbe, en moyenne,
construction, l’installation et la vérification des compteurs de
cinq fois plus de gaz en décembre qu’en août.
volume de gaz.

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Les anciens gazomètres, inesthétiques et encombrants, ne pré- À l’avenir, les recherches porteront exclusivement sur ce type de
sentent plus d’utilité dans les conditions actuelles de transport et stockage.
de distribution et sont peu à peu supprimés. Ils sont remplacés par Le stockage en cavités salines (figure 8b ) nécessite de créer, par
des réservoirs souterrains qui, pouvant contenir plusieurs centaines circulation d’eau et dissolution dans des couches de sel, un certain
de millions de mètres cubes de gaz, ont été aménagés en vue de nombre de capacités qui seront remplies de gaz sous pression.
recevoir, l’été, le gaz qui fera l’appoint, l’hiver, au moment de la forte
demande. Le stockage en massif salifère (entre 500 et 1 400 m), est
constitué de cavités creusées par lessivage à l’eau douce dans des
Ces stockages constituent également l’un des moyens les plus couches de sel d’épaisseur importante. Les plus grosses cavités en
économiques pour remédier aux défaillances passagères du dispo- service contiennent chacune environ 0,3 × 109 de kWh disponibles.
sitif d’approvisionnement.
La France disposait, en 1983, de dix réservoirs souterrains en
L’accroissement de la capacité utile disponible dans les stockages nappe aquifère et de deux réservoirs en massif salifère (tableau 9).
souterrains est l’un des objectifs prioritaires. À titre indicatif, en
France, on prévoit de disposer, à l’entrée de l’hiver 1990-1991, de (0)
réservoirs de 120 à 130 × 109 kWh, contre des réservoirs de
52 × 109 kWh environ au début de l’hiver 1982-1983. Tableau 9 – Stockages souterrains de gaz en France
À la fin de la décennie quatre-vingt, l’industrie gazière disposerait
donc d’un excédent de capacité de quelque 50 × 109 kWh. Une telle Énergie utile
Profondeur
quantité serait suffisante pour pallier, à cette époque, l’arrêt total de stockée
Sites du sommet
la chaîne d’approvisionnement la plus chargée pendant tout l’hiver. au stade final
Les stockages souterrains sont réalisés selon deux techniques : (en 109 kWh) (m)
celle du stockage en nappe aquifère, la plus utilisée, et celle du
stockage en cavités salines, plus récente (figure 8). Lussagnet 6,8 600
Izaute 23,7 500
Le stockage en nappe aquifère (figure 8a ) consiste à réaliser un Beynes (supérieur) 2,4 400
gisement artificiel de gaz dans des couches poreuses et perméables Beynes (profond) 4,2 740
assez profondes et imprégnées d’eau, dans des conditions Saint-Illiers 6,3 460
analogues à celles des gisements de gaz naturel.
Chemery 24,4 1 100
Un stockage souterrain en nappe aquifère profonde (entre 400 Gournay-sur-Aronde 10,9 750
et 1 200 m) est réalisé dans une structure géologique composée de Velaine-Cerville 7,1 480
couches de terrains identiques, par leur configuration et leur Saint-Clair-sur-Epte 3,1 700
nature, à celles qui forment un gisement de gaz naturel. Le gaz Soings-en-Sologne 3,6 1 147
imprègne une roche poreuse et perméable appelée roche réservoir. Germigny-sous-Coulombs 11,4 890
Les stockages de ce type offrent des capacités utiles allant de Tersanne 3,3 1 400
2,5 × 109 kWh pour le plus petit, à 25 × 109 kWh pour le plus grand
Etrez 5,6 à 7,8 900 à 1 200
(Chémery).

Figure 8 – Réservoirs souterrains de gaz

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5. Utilisations Tableau 10 – Consommation d’énergie primaire (en Mtep)


Énergies 1973 1979 1980 1981 1982 1983
Nota : le lecteur pourra également se reporter en [9] [10].
Charbon ................ 30,5 35,2 34,4 31,5 32,5 26,1
Pétrole................... 126,4 118,5 110,8 100,2 93,7 89,5
Gaz naturel ........... 15,0 23,4 23,6 24,6 23,1 22,4
5.1 Généralités Hydraulique .......... 10,5 14,9 15,5 16,2 15,8 14,9
Nucléaire............... 3,1 8,4 12,9 22,1 22,9 29,8
Énergies nouvelles 2,0 3,0 3,2 3,4 3,6 3,7
Pendant longtemps, le gaz naturel a été considéré comme un
parent pauvre de l’exploitation du pétrole, et l’on voyait, il y a une Total 187,5 203,4 200,4 198 191,6 186,4
trentaine d’années, sur les champs du Texas, des centaines de
torchères brûlant à l’air libre la plus grande partie du gaz naturel
produit en même temps que le pétrole. (0)
La plupart des pays ont rapidement réagi contre de tels Tableau 11 – Ventilation par secteur des consommations
gaspillages d’énergie en interdisant de brûler ainsi le gaz à l’air de gaz (en 1983)
libre et en imposant, soit de réinjecter ce gaz dans des formations
pétrolières souterraines, soit de l’utiliser à l’aide des réseaux de Consommations (1)
canalisations. Secteurs
(en 106 kWh)
Si de tels facteurs ont eu leur influence sur l’utilisation du gaz
naturel dans des pays producteurs de pétrole, en particulier aux Usages domestiques, résidentiels
États-Unis, ils ne sauraient justifier à eux seuls le développement ou collectifs .................................................... 101 400
considérable de la consommation de cette matière première. Usages commerciaux et tertiaires................ 36 710
Usages industriels ......................................... 126 860
En réalité, l’essor du gaz naturel a été provoqué essentiellement
par les possibilités d’utilisations économiques d’un produit Centrales électriques ..................................... 1 376
abondant, d’une constance de composition remarquable pour un Autres ventes et cessions.............................. 8 854
gisement donné, assez facile à transporter en grande quantité sur Total des ventes............................................. 275 200
de longues distances, à des prix d’investissements élevés mais
(1) Source Gaz de France informations août-septembre 1984.
payants.
Si l’on découvre du pétrole dans un pays fortement industrialisé,
la récompense financière est rapide. Pour le gaz naturel, il n’en est Les utilisations industrielles se développent de plus en plus. En
pas de même, il faut plus de patience, plus de capitaux, plus ce qui concerne la métallurgie, le gaz naturel peut servir pour la
d’efforts pour assurer une rentabilité meilleure, mais le résultat plupart des opérations thermiques ayant trait au travail des
final peut être tout aussi intéressant. métaux : fusion, forge, estampage, traitements thermiques, tous
Afin de situer la part du gaz dans la consommation d’énergie usages de la flamme, etc. Il en va de même dans les industries
primaire en France, le tableau 10 compare les différentes sources comme la céramique, la cimenterie, la briqueterie, la porcelaine, la
d’énergie entre 1973 et 1983. verrerie, le textile, les industries alimentaires. Le gaz naturel peut
aussi alimenter des centrales électriques. Il est également employé
comme matière première de l’industrie chimique en vue de la
fabrication d’engrais azotés, d’ammoniac et de matières plastiques.
5.2 Classements
5.2.1 Classement par groupes d’utilisateurs 5.2.2 Classement par genres d’usages

Le tableau 11 donne la ventilation de la consommation de gaz La théorie de la combustion et les usages domestiques et
dans les différents secteurs d’utilisation en 1982. commerciaux du gaz sont étudiés dans la rubrique Combustion du
On a coutume de distinguer, parmi les applications du gaz, les traité Génie énergétique. Nous développons ci-après les usages
utilisations domestiques ou résidentielles, commerciales ou suivants :
tertiaires et industrielles. — usages fondés sur la combustion (chaudières, fours
Les utilisations domestiques ou résidentielles recouvrent essen- industriels) ;
tiellement la cuisine, la production d’eau chaude et le chauffage — usages chimiques ;
individuel ou collectif des locaux d’habitation. — usages divers.
Par utilisations commerciales ou tertiaires, on entend tous les
usages du gaz qui ne sont ni domestiques ni industriels et dont les 5.2.2.1 Usages fondés sur la combustion
volumes de consommation par abonné se situent généralement C’est l’usage le plus répandu du gaz naturel qu’il soit à vocation
entre ces deux catégories. Ce secteur désigne en fait l’ensemble des domestique ou industrielle.
utilisations domestiques projetées à l’échelle d’une collectivité :
Les avantages du gaz naturel pour les chaudières sont multiples :
chauffage, production d’eau chaude, grande cuisine d’un établis-
sement scolaire ou universitaire, d’un hôpital, d’un grand magasin, — pas de stockage de combustible sur place ;
d’un hôtel, etc. Le secteur commercial ou tertiaire comprend — pas de formation de cendres, moindre pollution atmo-
également des applications telles que le chauffage de l’eau des sphérique, pas d’encrassement des surfaces de chauffe ;
piscines, des serres, des fours de boulangerie, de charcuterie et de — régulation facile et précise, souplesse des réglages ;
pâtisserie, etc. — rendement plus élevé par suite de la parfaite combustion du
gaz et des vitesses de fumée plus importantes, qui améliorent le
(0) coefficient de convection.

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En outre, il est facile d’équiper de telles chaudières en bi- cette différence importante que, lorsque l’on part du pétrole, on
combustibles, fioul ou gaz, à volonté, ce qui permet : part d’un produit liquide contenant en majorité des éléments
— d’assurer une continuité de marche meilleure en ayant une lourds (C5+), tandis qu’à partir du gaz naturel, la gazochimie,
réserve de combustible de dépannage ; pourrait-on dire, utilise en majorité des hydrocarbures gazeux
— de profiter éventuellement des tarifs plus bas de fourniture de légers.
gaz naturel par contrats interruptibles (qui aident à la régularisation
du débit des ouvrages). 5.2.2.3 Usages divers
Les chaudières à gaz naturel spécialement conçues pour cet
usage atteignent facilement des rendements de 90 %. 5.2.2.3.1 Moteur
La chaudière à condensation a permis ces dernières années L’usage du gaz carburant pour les véhicules automobiles s’est
d’augmenter ces performances. Jusqu’alors réservée à l’habitat développé en Italie et dans le Sud-Ouest de la France.
collectif ou au secteur tertiaire, la chaudière à condensation est Le gaz est contenu dans des bouteilles sous pression de 200
maintenant disponible sur le marché du chauffage individuel. à 250 bar, chargées dans des stations de compression, et le carbu-
Les économies d’énergie réalisables avec la chaudière indivi- rateur est remplacé par un détendeur mélangeur (1 m3 de gaz naturel
duelle à condensation peuvent aller de 10 % (par rapport à une équivaut à 1,3 L d’essence). Le prix de vente du gaz naturel est
chaudière classique à très haut rendement) à 30 % (par rapport à avantageux par rapport à l’essence. Toutefois, le principal inconvé-
un modèle plus ancien). nient est l’autonomie relativement faible des véhicules en raison du
poids et de l’encombrement des réservoirs.
Les temps de retour d’investissement s’échelonnent en moyenne
entre trois et cinq ans. Le gaz naturel a un usage moteur important dans les stations de
recompression de transport du gaz, les compresseurs étant
actionnés par des moteurs à pistons ou par des turbines à gaz.
5.2.2.2 Usages chimiques du gaz naturel
Il faut entendre, par là, les usages où le gaz naturel sert de 5.2.2.3.2 Gisement de pétrole
matière première d’une transformation chimique et non ceux où le
Nous mentionnons, pour mémoire, l’utilisation du gaz naturel sur
gaz naturel est utilisé comme combustible (chaudière, fours) pour
les champs de pétrole pour maintenir la pression de ces gisements,
l’industrie chimique.
afin d’augmenter la récupération finale des produits pétroliers
Les éléments que l’on trouve dans le gaz naturel se retrouvent (récupération secondaire). Le gaz naturel ainsi utilisé est d’ailleurs
en partie dans le pétrole qui, lui aussi, sert de base à l’industrie récupéré lui-même ultérieurement en grande partie.
chimique dans ce qu’il est convenu d’appeler la pétrochimie. Avec

Références bibliographiques

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naturel liquéfié. Publication de l’Association (1981). gaz des locaux d’habitation et le Service d’eau
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