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Andrés Bolivar

Littérature Française I

La Petite Madeleine – Marcel Proust.

Introduction: ce texte poétique-fictionnel appartenant au XX e siècle s’agit d’un monologue où la


figure discursive (le narrateur) raconte son expérience synesthétique : les souvenirs de sa jeunesse se
réveillent grâce à une petite madeleine et une tasse de tilleul. On trouve dans l’extrait une métaphore de
la mémoire et une constante isotopie sensible où les sens se mélangent avec la mémoire, tout entourant
la petite madeleine.

Séquence introductive :
La temporalisation d’époque situe le conte au XX e siècle (1913), celle du texte, selon les temps
verbal ce le passé : « le souvenir m’est apparu ». Le narrateur prend un bouchée d’une petite madeleine
et l’épisode synesthétique commence : un moment précis de son enfance est apparu dans son esprit dès
qu’il en mange. C’est ce qu’il raconte après. À propos de la spatialisation du texte, même si le
phénomène se produit dans la pensée du narrateur, on pourrait dire qu’il y a là-dedans un espace
englobant : Combray, et un espace englobé : la chambre de sa tante Léonie.

Séquence 1 :
Dans cette séquence, le narrateur fait un accent sur les sens, on aperçoit le début d’une isotopie
sensible : il explique comment les souvenirs de son enfance n’étaient pas venus avant d’avoir pris une
bouchée de la madeleine. Il remarque aussi comment fonctionne le jeu de la mémoire : les vieux
souvenirs se cachent dans l’esprit où ils restent anesthésiés, ou bien ils s’associent à d’autres faits plus
proches du présent, jusqu’à ce qu’il y ait un évènement précis (dans ce cas-ci, le fait de gouter la
madeleine) qu’ils reviennent.

Séquence 2 :
Introduite par la conjonction disjonctive « mais », le narrateur fait un accent sur le rôle des sens
dans la mémoire et son importance pour revenir aux souvenirs, dans ce cas-ci, l’importance de l’odeur
et de la saveur. Selon Rilke (1910) Il faut savoir oublier les souvenirs quand ils sont nombreux, et il
faut avoir la grande patience d’attendre qu’ils reviennent. Ce n’est que lorsqu’ils deviennent en nous
sang, regard, geste, et qu’ils ne se distinguent plus de nous qu’on arrive à eux. D’après Proust, il
adresse comment, les sens sont puissantes quand il s’agit de se rappeler.

Séquence 3 :
Introduite par la conjonction conjonctive « et  », le narrateur raconte de manière détaillé son expérience
synesthétique : au début il ne s’avait pas pourquoi il était heureux après d’avoir vu la madeleine du
présent, mais dès que ses sens se sont bien liés au souvenir de celle de son enfance, plusieurs souvenirs
sont au même temps revenus : les couleurs, les endroits, les rues de Cambray et les activités qu’il y
faisait.

Séquence conclusive : métaphore à la mémoire.


Cette séquence est une métaphore où le narrateur parle d’un jeu japonais où des morceaux de papier
deviennent des différentes figures telles que des fleurs, des maisons, etc., dans le but de donner une
image à l’arrivée des souvenirs dans l’esprit du narrateur : ils fleurissent et prennent des formes
concrètes, c’est-à-dire, des mémoires de son enfance à Cambray.

Aperçu personnel :
À mon avis, on trouve dans ce texte une réflexion au temps mélangée avec les sens. Celle-ci est
composée par un jeu, ce de la mémoire : des figures réelles, telles que la tasse de thé et la petite
madeleine, offrent au narrateur des impulses sensibles, avec le gout et la saveur, qui lui ramènent aux
certaines moments de son enfance.

La petite Madeleine – Marcel Proust (1913)

Séquence Introductive.

Et tout d’un coup, le souvenir m’est apparu. Ce gout, c’était celui du petit morceau de madeleine que le
dimanche matin a Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand
j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son
infusion de thé ou de tilleul.

Séquence 1.
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse gouté ; peut-être parce que,
en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté
ces jours de Combray pour se lier a d’autres plus récents ; peut-être parce que, de ces souvenirs
abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes – et
celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel sous son plissage sévère et dévot –
s’étaient abolies, ou, ensommeillés, avaient perdu la force d’expansion qui leur eut permis de rejoindre
la conscience.

Séquence 2.

Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses,
seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la
saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de
tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du
souvenir.

Séquence 3.

Et dès que j’eus reconnu le gout du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma
tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce
souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint
comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon donnant sur le jardin, qu’on avait construit
pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j’avais revu jusque-là) ; et avec la maison,
la ville, depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, la Place où on m’envoyait avant déjeuner,
les rues où j’allais faire des courses, les chemins qu’on prenait si le temps était beau.

Séquence conclusive.

Et comme dans ce jeu où les japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de
petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés, s’étirent, se contournent,
se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et
reconnaissables. De mêmes maintenant toutes les fleurs de notre jardins et celles du parc de M. Swann,
et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout
Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de
thé.

Références
Triay, D. (2019). Pour écrire un seul vers – Maria Reiner Rilke. [Courrier électronique]
Aparicio, C. (2019). La petite Madeleine – Marcel Proust. [Courrier électronique]

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