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Mauritanie

Convention fiscale avec le Sénégal


Signée le 9 janvier 1971, entrée en vigueur le 1er janvier 1973

Titre 1 - Dispositions générales a) Constituent notamment des établissements sta-


bles :
• un siège de direction ;
Art.1.- Pour l’application de la présente Conven- • une succursale ;
tion : • un bureau ;
• une usine ;
Le terme « personne » désigne : • un atelier ;
• a) toute personne physique ; • une mine, carrière ou autre lieu d’extraction de
• b) toute personne morale ; ressources naturelles ;
• c) tout groupement de personnes physiques qui • un chantier de construction ou de montage ;
n’a pas la personnalité morale. • une installation fixe d’affaires utilisée aux fins
de stockage d’exposition et de livraison de
Art.2.- 1) Une personne physique est domiciliée, marchandises appartenant à l’entreprise ;
au sens de la présente Convention, au lieu où elle a • un dépôt de marchandises appartenant à
son « foyer permanent d’habitation », cette expres- l’entreprise entre posées aux fins de stockage,
sion désignant le centre des intérêts vitaux, c’est-à- d’exposition et de livraison ;
dire, le lieu avec lequel les relations personnelles • une installation fixe d’affaires utilisée aux fins
sont les plus étroites. d’acheter des marchandises ou de réunir des
informations faisant l’objet même de l’activité
Lorsqu’il n’est pas possible de déterminer le domi- de l’entreprise ;
cile d’après l’alinéa qui précède, la personne physi- • une installation fixe d’affaires utilisée à des
que est réputée posséder son domicile dans celui fins de publicité.
des Etats contractants où elle séjourne le plus long-
temps. En cas de séjour d’égale durée dans les deux b) On ne considère pas qu’il y a établissement sta-
Etats, elle est réputée avoir son domicile dans celui ble si :
dont elle est ressortissante. Si elle n’est ressortis- • des marchandises appartenant à l’entreprise
sante d’aucun d’eux, les autorités administratives sont entreposées aux seules fins de transforma-
supérieures des Etats trancheront la difficulté d’un tion par une autre entreprise ;
commun accord. • une installation fixe d’affaires est utilisée aux
seules fins de fourniture d’informations, de re-
2) Pour l’application de la présente Convention, le cherches scientifiques ou d’activités analogues
domicile des personnes morales est au lieu du siège qui ont pour l’entreprise un caractère prépara-
social statutaire ; celui des groupements de person- toire.
nes physiques n’ayant pas la personnalité morale au
lieu du siège de leur direction effective. c) Une personne agissant dans un Etat contractant
pour le compte d’une entreprise de l’autre Etat
Art.3.- Le terme « Etablissement stable » désigne contractant autre qu’un agent jouissant d’un statut
une installation fixe d’affaires où une entreprise indépendant, visé à l’alinéa (e) ci-après est considé-
exerce tout ou partie de son activité. rée comme « établissement stable » dans le premier
Etat si elle dispose dans cet Etat de pouvoirs

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qu’elle y exerce habituellement lui permettant de


conclure des contrats au nom de l’entreprise. Art.5.- 1) Les ressortissants, les sociétés et autres
groupements d’un Etat contractant ne seront pas
Est notamment considéré comme exerçant de tels soumis dans l’autre Etat à des impôts autres ou plus
pouvoirs, l’agent qui dispose habituellement dans élevés que ceux frappant les ressortissants, les so-
le premier Etat contractant, d’un stock de produits ciétés et autres groupements de ce dernier Etat se
ou marchandises appartenant à l’entreprise au trouvant placés dans la même situation.
moyen duquel il exécute régulièrement les com-
mandes qu’il a reçues pour le compte de l’entre- 2) En particulier, les ressortissants d’un Etat
prise. contractant qui sont imposables sur le territoire de
l’autre Etat contractant bénéficient, dans les mêmes
d) Une entreprise d’assurance de l’un des Etats conditions que les ressortissants de ce dernier Etat,
contractants est considérée comme ayant un éta- des exemptions, abattements à la base, déductions
blissement stable dans l’autre Etat contractant dès et réductions d’impôts ou taxes quelconques accor-
l’instant que, par l’intermédiaire d’un représentant dés pour charges de famille.
n’entrant pas dans la catégorie des personnes visées
à l’alinéa (e) ci-après, elle reçoit des primes sur le Art.6.- Pour l’application des dispositions conte-
territoire dudit Etat ou assure des risques situés sur nues dans la présente Convention, l’expression
ce territoire. « autorités compétentes » désigne :
• dans le cas du Sénégal, le Ministre des Finan-
e) On ne considère pas qu’une entreprises d’un Etat ces et des Affaires économiques ;
contractant a un établissement stable dans l’autre • dans le cas de la Mauritanie, le Ministre des
Etat contractant du seul fait qu’elle y effectue des Finances ou leurs représentants dûment autori-
opérations commerciales par l’entremise d’un cour- sés.
tier, d’un commissionnaire général ou de tout autre
intermédiaire jouissant d’un statut indépendant à Art.7.- Pour l’application de la présente Conven-
condition que ces personnes agissent dans le cadre tion par l’un des Etats contractants, tout terme non
ordinaire de leur activité. Toutefois, si l’intermé- défini dans cette Convention recevra, à moins que
diaire dont le concours est utilisé dispose d’un le contexte ne l’exige autrement, la signification
stock de marchandises en consignation à partir du- que lui donnent les lois en vigueur dans l’Etat
quel sont effectuées les ventes et les livraisons il est considéré, en ce qui concerne les impôts visés dans
admis que ce stock est caractéristique de l’exis- cette Convention.
tence d’un établissement stable de l’entreprise.

f) Le fait qu’une société domiciliée dans un Etat Titre 2 - Doubles impositions


contractant contrôle ou soit contrôlée par une socié-
té qui est domiciliée dans l’autre Etat contractant
ou qui y effectue des opérations commerciales (que Chapitre 1 - Impôts sur les revenus
ce soit par l’intermédiaire d’un établissement stable
ou non) ne suffit pas, en lui-même à faire de l’une
quelconque de ces deux sociétés un établissement Art.8.- 1) Le présent chapitre est applicable aux
stable de l’autre. impôts sur le revenu perçus pour le compte de cha-
cun des Etats contractants et de ses collectivités
Art.4.- Sont considérés comme biens immobiliers, locales, quel que soit le système de perception.
pour l’application de la présente Convention, les
droits auxquels s’applique la législation fiscale Sont considérés comme impôts sur les revenus, les
concernant la propriété foncière, ainsi que les droits impôts sur le revenu total ou sur les éléments du
d’usufruit sur les biens immobiliers, à l’exception revenu (y compris les plus-values).
des créances de toute nature garanties par gage
immobilier. 2) Les dispositions du présent chapitre ont pour
objet d’éviter les doubles impositions qui pour-
La question de savoir si un bien ou un droit a le raient résulter, pour les personnes (entendues au
caractère immobilier ou peut être considéré comme sens de l’article 1) dont le domicile fiscal, détermi-
l’accessoire d’un immeuble sera résolue d’après la né conformément à l’article 2, est situé dans l’un
législation de l’Etat sur le territoire duquel est situé des Etats contractants, de la perception simultanée
le bien considéré ou le bien sur lequel porte le droit ou successive dans cet Etat et dans l’autre Etat
envisagé.

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contractant des impôts visés a paragraphe 1 ci- restières, ne sont imposables que dans l’Etat où ces
dessus. biens sont situés.

3) Les impôts actuels auxquels s’applique le pré- Art.10.- 1) Les revenus des entreprises industriel-
sent chapitre sont : les, minières, commerciales ou financières ne sont
imposables que dans l’Etat sur le territoire duquel
En ce qui concerne le Sénégal : se trouve un établissement stable.
• a) l’impôt sur les bénéfices industriels et com-
merciaux et sur les bénéfices de l’exploitation 2) Lorsqu’une entreprise possède des établisse-
agricole ; ments stables dans les deux Etats contractants, cha-
• b) l’impôt minimum forfaitaire sur les socié- cun d’eux ne peut imposer que le revenu provenant
tés ; de l’activité des établissements stables situés sur
• c) l’impôt sur les bénéfices des professions non son territoire.
commerciales ;
• d) l’impôt sur les revenus des valeurs et capi- 3) Le bénéfice imposable ne peut excéder le mon-
taux mobiliers ; tant des bénéfices industriels, miniers, commer-
• e) l’impôt général sur le revenu ; ciaux ou financiers réalisés par l’établissement sta-
• f) la contribution foncière des propriétés bâ- ble, y compris, s’il y a lieu les bénéfices ou avanta-
ties ; ges retirés indirectement de cet établissement ou
qui auraient été attribués ou accordés à des tiers
• g) la taxe de développement ;
soit par voie de majoration ou de diminution des
• h) le prélèvement sur les salaires et la cotisa-
prix d’achat ou de vente, soit par tout autre moyen.
tion des employeurs pour l’amélioration de
Une quote-part des frais généraux du siège de
l’habitat.
l’entreprise est imputée aux résultats des différents
établissements stables au prorata du chiffre réalisé
En ce qui concerne la Mauritanie :
dans chacun d’eux.
• a) l’impôt sur les bénéfices industriels et com-
merciaux ;
4) Lorsque les contribuables dont l’activité s’étend
• b) l’impôt minimum forfaitaire sur les socié- sur les territoires des deux Etats contractants ne
tés ; tiennent pas une comptabilité régulière faisant res-
• c) l’impôt sur les bénéfices des professions non sortir distinctement et exactement les bénéfices
commerciales ; afférents aux établissements stables situés dans l’un
• d) l’impôt sur les traitements et salaires ; ou l’autre Etat, le bénéfice respectivement imposa-
• e) l’impôt général sur le revenu ; ble par ces Etats peut être déterminé en répartissant
• f) l’impôt sur le revenu des valeurs et capitaux les résultats globaux au prorata du chiffre d’affaires
mobiliers ; réalisé dans chacun d’eux.
• g) la contribution foncière des propriétés bâ-
ties. 5) Dans le cas où des établissements situés dans
l’un ou l’autre des Etats contractants ne réalise pas
4) La Convention s’appliquera aussi aux impôts de chiffre d’affaires et dans le cas où les activités
futurs de nature identique ou analogue qui exercées dans chaque Etat ne sont pas comparables,
s’ajouteraient aux impôts actuels ou qui les rempla- les autorités compétentes des deux Etats se concer-
ceraient. Les autorités compétentes des Etats tent pour arrêter les conditions d’application des
contractants se communiqueront, dès leur promul- paragraphes 3 et 4 ci-dessus.
gation, les modifications apportées à leur législa-
tion fiscale. Art.11.- 1) Lorsqu’une entreprise de l’un des Etats
contractants, du fait de sa participation à la gestion
5) Si, en raison de modifications intervenues dans ou au capital d’une entreprise de l’autre Etat
la législation fiscale de l’un des Etats contractants, contractant fait ou impose à cette dernière, dans
il apparaît opportun d’adapter certains articles de la leurs relations commerciales ou financières, des
Convention sans affecter les principes généraux de conditions différentes de celles qui seraient faites à
celle-ci, les ajustements nécessaires pourront être une tierce entreprise, tous bénéfices qui auraient dû
effectués, d’un commun accord, par voie de consul- normalement apparaître dans les comptes de l’une
tation entre autorités compétentes. des entreprises, mais qui ont été de la sorte transfé-
rés à l’autre entreprise, peuvent être incorporés aux
Art.9.- Les revenus des biens immobiliers, y com- bénéfices imposables de la première entreprise.
pris les bénéfices des exploitations agricoles et fo-

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2) Une entreprise est considérée comme participant La lettre A désignant le montant des résultats
à la gestion ou au capital d’une autre entreprise comptables obtenus par la société en provenance de
notamment lorsque les mêmes personnes partici- l’ensemble des établissements stables qu’elle pos-
pent directement ou indirectement à la gestion ou sède dans l’Etat où elle n’a pas son domicile fiscal,
au capital de chacune de ces deux entreprises. toutes compensations étant faites entre les résultats
bénéficiaires et les résultats déficitaires de ces éta-
Art.12.- Sous réserve des dispositions des articles blissements. Ces résultats comptables s’entendent
14 et 16 ci-après, les revenus des valeurs mobiliè- de ceux qui sont réputés réalisés dans lesdits éta-
res et les revenus assimilés (produits d’actions, de blissements, au regard des dispositions des articles
parts de fondateur, de parts d’intérêts et de com- 10 et 11 de la présente convention.
mandites, intérêts d’obligations ou de tous autres
titres d’emprunts négociables), payés par des socié- La lettre B désignant le résultat comptable total de
tés ou des collectives publiques ou privées ayant la société, tel qu’il résulte de son bilan général.
leur domicile fiscal sur le territoire de l’un des
Etats contractants sont imposables dans cet Etat. Pour la détermination du résultat comptable total, il
est fait abstraction des résultats déficitaires consta-
Art.13.- Une société d’un Etat contractant ne peut tés pour l’ensemble des établissements stables de la
être assujettie sur le territoire de l’autre Etat société dans un Etat quelconque, toutes compensa-
contractant au paiement d’un impôt sur les distribu- tions étant faites entre les résultats bénéficiaires et
tions de revenus de valeurs mobilières et des reve- les résultats déficitaires de ces établissements.
nus assimilés (produits d’actions, de parts de fonda-
teur, de parts d’intérêts et de commandites), qu’elle Dans le cas où le résultat comptable total d’un
effectue, du seul fait de sa participation dans la exercice est nul ou négatif, la répartition s’effectue
gestion ou dans le capital de sociétés domiciliées sur les bases antérieurement dégagées.
dans cet autre Etat ou à cause de tout autre rapport
avec les sociétés mais les produits distribués par En l’absence des bases antérieurement dégagées, la
ces dernières sociétés et passibles de l’impôt sont, répartition s’effectue selon une quotité fixée par
le cas échéant, augmentés de tous les bénéfices ou commune entente entre les autorités compétentes
avantages que la société du premier Etat aurait indi- des Etats contractants intéressés.
rectement retirés desdites sociétés soit par voie de
majoration ou de diminution des prix d’achat ou de Art.15.- 1) Quand à la suite de contrôles exercés
vente, soit par tout autre moyen. par les administrations fiscales compétentes, il est
effectué, sur le montant des bénéfices réalisés au
Art.14.- 1) Lorsqu’une société ayant son domicile cours d’un exercice, des redressements ayant pour
fiscal dans l’un des Etats contractants s’y trouve résultat de modifier la proportion définie au para-
soumise au paiement d’un impôt frappant les dis- graphe 2 de l’article 14, il est tenu compte de ces
tributions de revenus de valeurs mobilières ou de redressements pour la répartition entre les deux
revenus assimilés (produits d’actions, de parts de Etats contractants, des bases d’imposition afféren-
fondateur, de parts d’intérêts et de commandites, tes à l’exercice au cours duquel les redressements
intérêts d’obligations ou de tous autres titres interviennent.
d’emprunts négociables) et qu’elle possède un ou
plusieurs établissements stables sur le territoire de 2) Les redressements portant sur le montant des
l’autre Etat contractant à raison desquels elle est revenus à répartir, mais n’affectant pas la propor-
également soumise dans ce dernier Etat au paie- tion des bénéfices réalisés dont il a été tenu compte
ment d’un même impôt, il est procédé à une réparti- pour la répartition des revenus faisant l’objet des-
tion entre les deux Etats des revenus donnant ou- dits redressements, donnent lieu, selon les règles
verture audit impôt, afin d’éviter une double impo- applicables dans chaque Etat, à une imposition
sition. supplémentaire répartie suivant la même proportion
que l’imposition initiale.
2) La répartition prévue au paragraphe qui précède
s’établit pour chaque exercice, sur la base du rap- Art.16.- 1) La répartition des bases d’imposition
port ; visée à l’article 14 est opérée par la société et noti-
• A/B pour l’Etat dans lequel la société n’a pas fiée par elle à chacune des administrations fiscales
son domicile fiscal ; compétentes, dans le délai qui lui est imparti, par la
• (B-A)/B pour l’Etat dans lequel la société a son législation de chaque Etat pour déclarer les distri-
domicile fiscal. butions de produits imposables auxquelles elle pro-
cède.

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contractants où sont situés ces biens, mines, carriè-


A l’appui de cette répartition, la société fournit à res ou autres ressources naturelles.
chacune desdites administrations, outre les docu-
ments qu’elle est tenue de produire ou de déposer 2) Les droits d’auteur ainsi que les produits ou re-
en vertu de la législation interne, une copie de ceux devances (royalties) provenant de la vente ou de la
produits ou déposés auprès de l’administration de concession de licences d’exploitation de brevets,
l’autre Etat. marques de fabrique, procédés et formules secrets
qui sont payés dans l’un des Etats contractants à
2) Les difficultés ou contestations qui peuvent sur- une personne ayant sont domicile fiscal dans l’autre
gir au sujet de la répartition des bases d’imposition Etat contractant ne sont imposables que dans ce
sont réglées d’une commune entente entre les ad- dernier Etat.
ministrations fiscales compétentes.
3) Sont traitées comme les redevances visées au
A défaut d’accord, le différend est tranché par la paragraphe 2, les sommes payées pour la location
commission mixte prévue à l’article 33. ou le droit d’utilisation des films cinématographi-
ques, les rémunérations analogues pour la fourni-
Art.17.- Les tantièmes, jetons de présence ou au- ture d’informations concernant des expériences
tres rémunérations attribuées aux membres des d’ordre industriel, commercial ou scientifique et
conseils d’administrations ou de surveillance de des droits de location pour l’usage ou de droit à
sociétés anonymes, sociétés en commandite par usage d’équipements industriels, commerciaux ou
actions ou sociétés coopératives en leur dite qualité, scientifiques sous réserve du cas où ces équipe-
sont imposables dans l’Etat contractant où la socié- ments ont le caractère immobilier, auquel cas le
té a son domicile fiscal, sous réserve de paragraphe 1 est applicable.
l’application des articles 21 et 22 ci-après en ce qui
concerne les rémunérations perçues par les intéres- 4) Si une redevance (royaltie) est supérieure à la
sés en leurs autres qualités effectives. valeur intrinsèque et normale des droits pour les-
quels elle est payée, l’exemption prévue aux para-
Si la société possède un ou plusieurs établissements graphes 2 et 3 ne peut être appliquée qu’à la partie
stables sur le territoire de l’autre Etat contractant, de cette redevance qui correspond à cette valeur
les tantièmes, jetons de présence et autres rémuné- intrinsèque et normale.
rations visés ci-dessus, sont imposés dans les
conditions fixées aux articles 14 à 16. 5) Les dispositions des paragraphes 2 et 3 ne
s’appliquent pas lorsque le bénéficiaire des rede-
Art.18.- 1) L’impôt sur le revenu des prêts, dépôts, vances ou autres rémunérations entretient dans
comptes de dépôts, bons de caisse et de toutes au- l’Etat contractant d’où proviennent ces revenus un
tres créances non représentées par des titres négo- établissement stable ou une installation fixe
ciables est perçu dans l’Etat du domicile fiscal du d’affaires servant à l’exercice d’une profession
créancier. libérale ou d’une autre activité indépendante et que
ces redevances ou autres rémunérations sont à at-
2) Toutefois, chaque Etat contractant conserve le tribuer à cet établissement stable ou à cette installa-
droit d’imposer par voie de retenue à la source, si la tion fixe d’affaires. Dans ce cas, ledit Etat a le droit
législation interne le prévoit les revenus visés au d’imposer ces revenus conformément à sa législa-
paragraphe 1 ci-dessus. tion.

3) Les dispositions des paragraphes 1 et 2 ci-dessus Art.20.- Les pensions et les rentes viagères ne sont
ne s’appliquent pas lorsque le bénéficiaire des inté- imposables que dans l’Etat contractant où le béné-
rêts, domicilié dans un Etat contractant, possède ficiaire a son domicile fiscal.
dans l’autre Etat contractant d’où proviennent les
intérêts, un établissement stable auquel se rattache Art.21.- 1) Sauf accords particuliers prévoyant des
effectivement la créance qui les produit. Dans ce régimes spéciaux en cette matière, les salaires, trai-
cas, l’article 10 concernant l’imputation des bénéfi- tements et autres rémunérations similaires qu’une
ces aux établissements stables est applicable. personne domiciliée dans l’un des deux Etats
contractants reçoit au titre d’un emploi salarié ne
Art.19.- 1) Les redevances (royalties) versées pour sont imposables que dans cet Etat, à moins que
la jouissance de biens immobiliers ou l’exploitation l’emploi ne soit exercé dans l’autre Etat contrac-
des mines, carrières ou autres ressources naturelles tant. Si l’emploi est exercé dans l’autre Etat
ne sont imposables que dans celui des Etats

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contractant, les rémunérations reçues à ce titre sont


imposables dans cet autre Etat. Art.25.- Il est entendu que la double imposition est
évitée de la manière suivante :
2) Nonobstant les dispositions du paragraphe 1 ci- • 1° un Etat contractant ne peut pas comprendre
dessus, les rémunérations qu’une personne domici- dans les bases des impôts sur le revenu visés a
liée dans un Etat contractant reçoit au titre d’un l’article 8 les revenus qui sont exclusivement
emploi salarié exercé dans l’autre Etat contractant imposables dans l’autre Etat contractant en
ne sont imposables que dans le premier Etat si : vertu de la présente convention, mais chaque
• a) le bénéficiaire séjourne dans l’autre Etat Etat conserve le droit de calculer l’impôt au
pendant une période ou des périodes taux correspondant à l’ensemble des revenus
n’excédant pas au total 183 jours au cours de imposables d’après sa législation ;
l’année fiscale considérée ; • 2° les revenus visés aux articles 12, 14 et 17
• b) les rémunérations sont payées par un em- ayant leur source au Sénégal et perçus par des
ployeur ou au nom d’un employeur qui n’est personnes domiciliées en Mauritanie ne peu-
pas domicilié dans l’autre Etat ; vent être imposés au Sénégal qu’a l’impôt sur
• c) les rémunérations ne sont pas déduites des le revenu des capitaux mobiliers.
bénéfices d’un établissement stable ou d’une
base fixe que l’employeur a dans l’autre Etat. Réciproquement, les revenus de même nature ayant
leur source en Mauritanie et perçus par des person-
3) Nonobstant les dispositions précédentes du pré- nes domiciliées au Sénégal ne peuvent entre impo-
sent article, les rémunérations afférentes à une acti- sés en Mauritanie qu’a l’impôt sur le revenu des
vité exercée à bord d’un navire ou d’un aéronef en capitaux mobiliers.
trafic international ne sont imposables que dans
l’Etat contractant où l’entreprise a son domicile. 3) Les revenus de capitaux mobiliers ou de prêts,
dépôts compte de dépôts, bons de caisse ou toutes
Art.22.- 1) Les revenus qu’une personne domici- autres créances non représentées par des titres né-
liée dans un Etat contractant retire d’une profession gociables perçus par des personnes domiciliées
libérale ou d’autres activités indépendantes de ca- dans un Etat et provenant de l’autre Etat ne peuvent
ractère analogue ne sont imposables que dans cet être assujettis dans l’Etat du domicile qu’à un im-
Etat, à moins que cette personne ne dispose de fa- pôt sur le revenu global.
çon habituelle dans l’autre Etat contractant d’une
base fixe pour l’exercice de ses activités. Si elle Art.26.- Lorsqu’un contribuable transfère au cours
dispose d’une telle base, la partie des revenus qui d’une même année son domicile d’un Etat contrac-
peut être attribuée à cette base est imposable dans tant dans l’autre Etat contractant, le revenu acquis
cet autre Etat. dans chaque Etat extrapolé à l’année est soumis à
l’impôt général sur le revenu. Le produit de l’impôt
2) Sont considérées comme professions libérales, ainsi obtenu est réduit au prorata du temps de pré-
au sens du présent article notamment l’activité sence effective dans chaque Etat.
scientifique, artistique, littéraire, enseignante ou
pédagogique ainsi que celle des médecins, avocats,
architectes ou ingénieurs. Chapitre 2 - Droits d’enregistrement et droits de
timbre
Art.23.- Les sommes qu’un étudiant ou un stagiaire
de l’un des deux Etats contractants, séjournant dans
l’autre Etat contractant à seule fin d’y poursuivre Art.27.- Lorsqu’un acte ou un jugement établi dans
ses études ou sa formation, reçoit pour couvrir ses l’un des Etats contractants est présenté à
frais d’entretien, d’études ou de formation ne sont l’enregistrement dans l’autre Etat contractant, les
pas imposables dans cet autre Etat, à condition droits applicables dans ce dernier Etat sont déter-
qu’elles proviennent de sources situées en dehors minés suivant les règles prévues par sa législation
de cet autre Etat. interne, sauf imputation, le cas échéant, des droits
d’enregistrement qui ont été perçus dans le premier
Art.24.- Les revenus non mentionnés aux articles Etat, sur les droits dus dans l’autre Etat.
précédents ne sont imposables que dans l’Etat
contractant du domicile fiscal du bénéficiaire à Toutefois, les actes ou jugements portant mutation
moins que ces revenus ne se rattachent à l’activité de propriété, d’usufruit d’immeubles ou de fonds
d’un établissement stable que ce bénéficiaire pos- de commerce, ceux portant mutation de jouissance
séderait dans l’Etat contractant. d’immeubles et les actes ou jugements constatant

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une cession de droit à un bail ou au bénéfice d’une 4) Les administrations fiscales des Etats contrac-
promesse de bail portant sur tout ou partie d’un tants peuvent s’entendre également pour instituer
immeuble ne peuvent être assujettis à un droit de une procédure de vérification conjointe, lorsque
mutation que dans celui des Etats contractants sur certains contribuables installés dans les deux Etats
le territoire duquel ces immeubles ou ces fonds de présentent dans leurs opérations des comptes de
commerce sont situés. liaison entre succursales ou filiales.

Les dispositions du premier alinéa du présent arti- Art.30.- 1) Les Etats contractants conviennent de
cle ne sont pas applicables aux actes constitutifs de se prêter mutuellement assistance et appui en vue
société ou modificatifs du pacte social. Ces actes ne de recouvrer suivant les règles propres à leur légi-
donnent lieu à la perception du droit proportionnel slation ou réglementation respective les impôts
d’apport que dans l’Etat où est situé le siège statu- visés par la présente convention ainsi que les majo-
taire de la société. S’il s’agit de fusion ou rations de droits, droits en sus, indemnités de re-
d’opération assimilée, la perception est effectuée tard, intérêts et frais afférents à ces impôts lorsque
dans l’Etat où est situé le siège de la société absor- ces sommes sont définitivement dues en application
bante ou nouvelle. des lois ou règlements de l’Etat demandeur.

Art.28.- Les actes ou effets créés dans l’un des 2) La demande, formulée à cette fin doit être ac-
Etats contractants ne sont pas soumis au timbre compagnée des documents exigés par les lois ou
dans l’autre Etat contractant lorsqu’ils ont effecti- règlements de l’Etat requérant pour établir que les
vement supporté cet impôt au tarif applicable dans sommes à recouvrer sont définitivement dues.
le premier Etat, ou lorsqu’ils en sont légalement
exonérés dans ledit Etat. 3) Au vu de ces documents, les significations de
mesure de recouvrement et de perception ont lieu
dans l’Etat requis conformément aux lois ou règle-
Titre 3 - Assistance administrative ments applicables pour le recouvrement et la per-
ception de ses propres impôts.

Art.29.- 1) Les autorités fiscales de chacun des 4) Les créances fiscales à recouvrer bénéficient des
Etats contractants transmettent aux autorités fisca- mêmes sûretés et privilèges que les créances fisca-
les de l’autre Etat contractant les renseignements les de même nature dans l’Etat de recouvrement.
d’ordre fiscal qu’elles ont à leur disposition et qui
sont utiles à ces dernières autorités pour assurer Art.31.- En ce qui concerne les créances fiscales
l’établissement et le recouvrement régulier des im- qui sont encore susceptibles de recours, les autori-
pôts visés par la présente convention ainsi que tés fiscales de l’Etat créancier, pour la sauvegarde
l’application, en ce qui concerne ces impôts des de ses droits, peuvent demander aux autorités fisca-
dispositions légales relatives à la répression de la les compétentes de l’autre Etat contractant de pren-
fraude fiscale. dre les mesures conservatoires que la législation ou
la réglementation de celui-ci autorise.
2) Les renseignements ainsi échangés, qui conser-
vent un caractère secret, ne sont pas communiques Art.32.- Les mesures d’assistance définies aux arti-
à des personnes autres que celles qui sont chargées cles 30 et 31 s’appliquent également au recouvre-
de l’assiette et du recouvrement des impôts visés ment de tous impôts et taxes autres que ceux visés
par la présente convention. Aucun renseignement par la présente convention, ainsi que, d’une ma-
n’est échangé qui révélerait un secret commercial, nière générale, aux créances de toute nature des
industriel, ou professionnel. L’assistance peut ne Etats contractants.
pas être donnée lorsque l’Etat requis estime qu’elle
est de nature a mettre en danger sa souveraineté ou
sa sécurité ou à porte atteinte à ses intérêts géné- Titre 4 - Dispositions diverses
raux.

3) L’échange des renseignements a lieu soit Art.33.- 1) Tout contribuable qui prouve que les
d’office, soit sur demande visant des cas concrets. mesures prises par les autorités fiscales des Gou-
Les autorités compétentes des Etats contractants vernements contractants ont entraîné pour lui une
s’entendent pour déterminer la liste des informa- double imposition en ce qui concerne les impôts
tions qui sont fournies d’office. visés par la présente convention, peut adresser une
demande, soit aux autorités compétentes de l’Etat

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sur le territoire duquel il a son domicile fiscal, soit cours de cette année. Toutefois, pour ce qui est
à celles de l’autre Etat. Si le bien fondé de cette des revenus dont l’imposition est réglée par les
demande est reconnu, les autorités compétentes des articles 14 à 17, la convention s’appliquera aux
deux Etats s’entendent pour éviter de façon équita- distributions qui auront lieu postérieurement à
ble la double imposition. l’entrée en vigueur de la convention ;
• en ce qui concerne les droits d’enregistrement
2) Les autorités compétentes des Gouvernements et les droits de timbre, pour les actes et les ju-
contractants peuvent également s’entendre pour gements postérieurs à l’entrée en vigueur de la
supprimer la double imposition dans les cas non convention.
réglés par la présente convention, ainsi que dans les
cas où l’application de la convention donnerait lieu 2) Les dispositions de la convention fiscale conclue
à des difficultés. le 31 mars 1959 entre la République du Sénégal et
la République Islamique de Mauritanie, cessent de
3) S’il appairait que, pour parvenir à une entente, produire leurs effets entre le Sénégal et la Maurita-
des pourparlers soient opportuns, l’affaire est défé- nie à compter de l’entrée en vigueur de la présente
rée à une commission mixte composée de représen- convention.
tants, en nombre égal, des Gouvernements contrac-
tants désignés par les ministres des Finances. La Art.36.- La convention restera en vigueur sans li-
présidence de la commission est exercée alternati- mitations de durée.
vement par un membre de chaque délégation.
Chacun des Gouvernements contractants peut noti-
Art.34.- Les autorités compétentes de deux Gou- fier à l’autre son intention de mettre fin à la pré-
vernements contractants se concerteront pour dé- sente convention, cette notification devant interve-
terminer, d’un commun accord et dans la mesure nir avant le 30 juin de chaque année. En ce cas, la
utile, les modalités d’application de la présente convention cessera de s’appliquer à partir du 1er
convention. janvier de l’année suivant la date de notification,
étant entendu que les effets en seront limités.
Art.35.- 1) La présente convention sera approuvée • en ce qui concerne l’imposition des revenus,
conformément aux dispositions constitutionnelles aux revenus acquis ou mis en paiement dans
en vigueur dans chacun des deux Etats et entrera en l’année au cours de laquelle la notification sera
vigueur dès que les notifications constatant que de intervenue ;
part et d’autre il a été satisfait à ces dispositions • en ce qui concerne les droits d’enregistrement
auront été échangées, étant entendu qu’elle produi- et les droits de timbre, aux actes et aux juge-
ra ses effets pour la première fois : ments intervenus au plus tard le 31 décembre
• en ce qui concerne les impôts sur les revenues, de ladite année.
pour l’imposition des revenus afférents à
l’année civile 1971 ou aux exercices clos au

Convention fiscale avec le Sénégal 8/8