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Introduction

L’eau couvre les trois quarts de la surface de notre planète. Elle constitue les rivières, les
eaux souterraines, les lacs, les mers, les océans et aucune vie n’est possible sans elle
Les maladies liées à l’eau, et les niveaux excessifs de substances nocives dans l’eau
utilisée pour la consommation, menacent la santé humaine et sont des contraintes pour
le développement socio-économique. D’après l’OMS (Organisation Mondiale de la
Santé), chaque année 1,8 million de personnes, dont 90% d’enfants de moins de cinq
ans, vivant pour la plupart dans les pays en développement, meurent de maladies
diarrhéiques. 88% de ces maladies diarrhéiques sont imputables à la mauvaise qualité
de l’eau, à un assainissement insuffisant et à une hygiène défectueuse.
L’amélioration de la qualité de l’eau ferait reculer de 6% à 25% la morbidité attribuable
aux maladies diarrhéiques. Donc l’eau doit être de bonne qualité avant sa
consommation d’où la nécessité d’un traitement adéquat.
L’objectif du traitement des eaux est de supprimer ou de réduire les substances nuisibles
et dangereuses qui y sont présentent en vue de rendre ces eaux potables c’est-à dire
conformes aux recommandations ou aux normes de potabilité.

Cours de traitement des eaux par NOUGBODE Irma


Chapitre 1 : Généralités, principaux
constituants et qualité des eaux
1.1 Généralités
1.1.1 Définitions et propriétés physiques et chimiques
1.1.1.1 Définitions

Atome : les atomes sont formés d’un noyau porteur d’une charge électrique positive
autour duquel gravitent des électrons porteurs d’une charge électrique négative.

Molécule : est la plus petite quantité d’un corps pur qui puisse exister à l’état libre. C’est
un assemblage d’atomes. La molécule conserve toutes les propriétés physiques et
chimiques de ce corps.

Composition et structure de la molécule d’eau

L’eau est un corps pur dont la molécule est composée de deux atomes d’hydrogène (H)
reliés à un atome d’oxygène (O). Sa formule chimique est H 2O. L’atome d’oxygène s’unit
aux deux atomes d’hydrogène par l’intermédiaire de 2 liaisons chimiques ou liaisons de
covalence.

Pour le chimiste, c’est une molécule très simple, constituée de deux atomes d’hydrogène
et d’un atome d’oxygène. L’eau possède pourtant d’étonnantes propriétés

1.1.1.2 Propriétés physiques et chimiques de l’eau

Eau incompressible (loi d’Archimède)

Eau source d’énergie (Energie mécanique, Energie thermique, bonne conductrice de


chaleur)

Eau solvant

A l’état liquide, elle a une forte tendance à dissoudre d’autres éléments, qu’ils soient
solides, liquides ou gazeux. Elle peut aussi dissoudre des gaz présents dans l’air comme
l’oxygène et le dioxyde de carbone.

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Point d’ébullition de l’eau
Viscosité de l’eau
 Différents états de l’eau
L’eau peut se retrouver sous trois états différents : solide (glace, neige), liquide (océans,
rivières) et gaz (vapeur d’eau de l’atmosphère, sous forme de nuages et de brouillard par
exemple).
 Changement d’états de l’eau
La condensation et la sublimation
La fusion et la solidification
La vaporisation  et la liquéfaction

Les changements d’état de l’eau

1.2 Principaux constituants des eaux naturelles

L’eau naturelle n’est jamais pure (matières en suspensions, substances dissoutes). Sa


composition chimique est complètement liée aux caractéristiques du bassin versant
dans lequel elle opère son cycle (la nature du sol et du sous-sol, les espèces végétales et
animales, mais également les activités humaines).
Les eaux naturelles contiennent très généralement, dissous et dissociés à des degrés
divers des gaz, des sels de base forte et d’acide fort, des sels de base forte et d’acide

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faible. Les différents constituants des eaux naturelles peuvent être regroupés en
éléments fondamentaux et en éléments mineurs.
1.2.1 Gaz dissous

L’eau naturelle, lorsqu’elle est en contact avec l’air, peut dissoudre les gaz de
l’atmosphère (N2, O2, CO2).

Le gaz carbonique au contact de l’eau s’hydrate en acide carbonique selon la réaction


réversible suivante :

CO2 + H2O H2CO3

Ce biacide faible se dissocie selon un processus réversible en carbonate et bicarbonate

1.2.2 Eléments fondamentaux

Les éléments fondamentaux sont ceux que l’on retrouve dans toutes les eaux naturelles.
Il s’agit de H2CO3, HCO3-, CO32--, Ca2+, OH- et H+.

1.2.3 Eléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques regroupent l’ensemble des autres ions minéraux qui
résulte aussi de l’action dissolvante de l’eau, ce sont : Fe2+/3+, Mn2+, Mg2+, Na+, K+, Cl-,
SO42-, NO3-,etc, .

1.2.4 Eléments majeurs-Eléments mineurs-Eléments de traces

Il existe une autre classification des éléments susceptibles d’être présents dans les
eaux naturelles. Il s’agit des éléments mineurs, des éléments majeurs et des
éléments de traces.

 Eléments majeurs (10-104mg/L)

Ce sont des ions résultants de la dissolution des composés minéraux susceptibles de


peser dans la balance ionique (Ca2+, Mg2+, Na+, K+, HCO3-, CO32-, SO42-, Cl-)

La concentration globale >10 mg/L et peut atteindre g/L.

 Eléments mineurs (10-1-1mg/L)

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Les éléments autres que les précédents, susceptibles d’être présents dans les eaux
naturelles et dont les concentrations sont comprises entre 0,1 et 1 mg/L. Il s’agit de NH 4+,
Fe2+, Mn2+……..

 Eléments de traces (10-4-10-1mg/L)

Les éléments tels que les métaux lourds et les composants organiques dont les
concentrations sont inférieures au mg/L ou même au µg/L.

1.2.5 Composés minéraux

Au cours de son infiltration dans le sol, elle va solubiliser des ions en quantité
d’autant plus importante appelés constituants minéraux obtenus par dissociation des
sels contenus dans l’eau.

1.2.6 Composés organiques

Les matières organiques naturellement présentes dans l’eau sont formées par un
mélange complexe de produits végétaux ou animaux à des stades de décomposition
variés. Elles contiennent aussi des produits de synthèse. Les matières organiques sont
habituellement classées en substances humiques et non humiques
Les substances humiques (acide humique et fulvique), matières organiques très souvent
rencontrés dans les eaux naturelles, proviennent de l’humification des détritus animaux
et végétaux.
Les substances non humiques sont formées par des produits de base tels que : les
protéines, les acides aminés, les acides gras, les graisses, les hydrocarbures etc.
Les composés organiques sont aussi des matières carbonées, azotées et phosphorées.
Les matières carbonées proviennent aussi bien des matières organiques naturelles, que
de la transformation du carbone minéral en carbone organique et vice versa. Ces
composés peuvent provenir des constituants cellulaires comme les lipides et les
carbohydrates.
Les matières organiques azotées (acides aminés, protéines, chlorophylles). Elles
peuvent être d’origine agricole.

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Les composés organophosphorés peuvent provenir de la matière vivante ou morte. Elles
peuvent aussi être d’origine agricole.

1.3 Rappels des Définitions essentielles (potentiel Hydrogène, Titres


hydrotimétriques, alcalimétriques et autres paramètres)

 Potentiel Hydrogène (pH)


pH = -log [H 3O+]
A une température donnée, le pH mesure l’acidité ou la basicité de l’eau. Le
pH est l’un des plus importants opérationnels de la qualité de l’eau.
pH<7 : eau acide
pH= 7 eau neutre
pH>7 eau basique
Le pH est l’un des critères de base permettant de définir l’agressivité de l’eau
L’évaluation de l’agressivité d’une eau (position de l’eau vis-à-vis de
l’équilibre calco-carbonique) nécessite le calcul du pH d’équilibre ou de
saturation pH S (pH théorique que doit avoir l’eau pour être en équilibre avec
le carbonate de Calcium)
Si pH<pHS : Eau agressive
pH>pHS : Eau entartrante

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pH=pHS : Eau à l’équilibre

TD : Classer les eaux selon leur acidité ou basicité

 Alcalinité d’une eau

L’alcalinité donne une idée de la minéralisation de l’eau. La connaissance de ces deux


paramètres permet de connaître la répartition de l’alcalinité en bases, carbonates et
bicarbonates.
Titre alcalimétrique(TA)

TA = [CO32--] + [OH-]

Titre alcalimétrique complet (TAC)

TA = [HCO3--] +1/2 [CO32--] + [OH-]


 Titre hydrotimétrique ou dureté

Dureté Totale (TH)

TH = [Ca2+] + [Mg2+]

Dureté calcique (TCa)

TCa = [Ca2+]

Dureté magnésienne (TMg)

TMg = [Mg2+]

Dureté permanente ou dureté non carbonatée

Elle correspond à la dureté qui persiste après ébullition de l’eau ( Ca2+) et (Mg2+)
liés au Cl-, SO42-, NO3-, PO43-,

NB : Les Sels d'acides forts (SAF) expriment la dureté non carbonatée (ou permanente)
donnée principalement par les chlorures et les sulfates.

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Dureté temporaire ou dureté carbonatée

(Ca2+) et (Mg2+) liés aux HCO3- et CO32-

Les classes suivantes sont généralement adoptées pour caractériser la dureté de l’eau :

Echelle de dureté :
o TH <= 5°F : eau très douce,
o TH > 5°F et < 20°F : eau douce,

o TH > 20°F et < 35°F : eau moyennement dure,

o TH => 35 °F : eau calcaire très dure.

TD : Donner plusieurs caractéristiques de plusieurs eaux y compris la dureté et


demander aux apprenants de les classer (eau douce et eau dure).

Unité des teneurs en sels dissous :


Pondéral (mg/L, µg/L, ng/L, ppm, ppb)
Scientifique (mole/L, eq/L, mmole/L, meq/L)
Technique (1°F = 1/5 de meq/L)

TD : - Conversion (10 mg/L de CaCO3= 1°F ; 58,5 mg/L de NaCl=5°F, 1°F de
dureté magnésienne, 1°F de dureté calcique)

- Démontrer que 1 équivalent est égal à 5000°F

(1° allemand=1,786 ° F, 1°anglais= 1,428° F ; 5,6 mg/L de CaO=

1.4 Equilibres calco carboniques: Notions d’eaux agressives et eaux incrustantes

1.4.1 Relations fondamentales de l’équilibre ionique des eaux

Les concentrations en ions ou moles sont liées entre elles par les relations
fondamentales suivantes :

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 Egalité des charges électriques ou Relation d’électro neutralité (qui exprime la neutralité
électrique des cations et des anions présents dans l’eau)

(H+ + 2(Ca2+) + P = (OH-) + 2(CO32-) + (HCO3-) + N avec

N = 2[SO4]= + Cl-] + ... et P = 2[Mg++] + [Na+] + [K+] +

 Ionisation de l’eau

H 2O H+ + OH- d’où à l’équilibre [H+][OH-] = K’e (1)

 Dissociation de l’acide carbonique

H2CO3 H+ + HCO3- d’où à l’équilibre K’1

HCO3- H+ + CO3= d’où à l’équilibre K’2

Précipitation du carbonate de Calcium

Si la solution est saturée en carbonate de calcium, l’application de la loi d’action de


masse à l’équilibre hétérogène

CaCO3 Ca2+ + CO32- [Ca2+] x [CO32-]=K’s

K’e, K’1, K’2 et K’s étant des constantes pour une température donnée et pour une force
ionique donnée (la force ionique est une fonction des concentrations et des valences des
ions présents dans la solution). En pratique, les relations ci-dessus se simplifient car on
s’aperçoit qu’en tenant compte des valeurs des constantes, certaines concentrations ont,

selon le cas étudié, une valeur négligeable. C’est le cas des valeurs de (H+) ou (OH -)
dont l’une ou l’autre ou les deux simultanément sont négligeables.

TD : Voir les formes négligeables en fonction du pH


Des méthodes de calculs et/ou de représentations graphiques sont proposées par
certains auteurs pour étudier les équilibres des eaux naturelles.

Exemple de méthodes utilisant des logiciels disponibles

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 le modèle Legrand-Poirier, qui prend en compte la force ionique réelle calculée
sur les principaux éléments : (logiciel LPL-WIN de MM.Legrand et Leroy).
 le modèle Hallopeau-Dubin, qui prend également en compte une estimation de la
force ionique, et utilise le couple pH, TAC, ainsi que des équations
simplifiées : (logiciel EQUILWIN de l'auteur et graphiques H.D).

 L'indice de Ryznar et l’indice de Larson sont les principaux indices utilisés en


France actuellement pour indiquer le caractère corrosif ou entartrant des eaux
naturelles.
L’Indice de Ryznar dit de stabilité (Ryznar Stability Index) est donné par la formule :
IR= 2 pHS-pHréel
Indice de Ryznar Indication
≤6,5 Pas de tendance corrosive
6,5< IR ≤ 7,2 Corrosion légère
7,2< IR ≤ 7,8 Corrosion légère (sévère si > 60 dC)
7,8< IR ≤ 8,5 Corrosion sévère (si > 15 dC)
IR > 8,5 Corrosion très importante

L'indice de Larson ou indice de corrosion des métaux, (LR ou Larson Ratio) exprime
le potentiel de corrosivité de l'eau. Elle se calcule par la formule suivante :  

   LR = (2 [SO42-] + [Cl-]) / [HCO3-]

avec des concentrations exprimées en moles/litres.

< 0.2 Pas de tendance à la corrosion


0.2<LR≤0.4 Faible tendance
0.4<LR≤0.5 Légère tendance
0.5<LR≤1.0 Tendance moyenne

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% des formes de constituants des équilibres du CO2 et de l'alcalinité en fonction du pH
pour une température de 25 °C et une minéralisation (salinité) très faible.

1.5 Sources d’approvisionnement en eau

Les réserves d’eaux naturelles disponibles sont constituées des eaux de pluies ou
météoriques, des eaux souterraines (humidité du sol, nappe), des eaux de surface
retenues ou en écoulement (barrages, lacs, rivières) et des eaux de mer. Les plus
utilisées dans le cadre de la potabilisation sont les eaux souterraines et les eaux de
surface.

1.5.1 Eaux souterraines

Les nappes sont contenues dans des terrains réservoirs et l’ensemble réservoir-nappe
est appelé aquifère. Une nappe peut être libre (ou phréatique puisqu’elle est la première
atteinte par les ouvrages hydrauliques). Elle est alors alimentée directement par
l’infiltration des eaux de pluie.

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La nature géologique du terrain a une influence déterminante sur la composition
chimique de l’eau souterraine. A tout instant, l’eau souterraine est en contact avec le sol
dans lequel elle stagne ou circule. Les eaux circulant dans un sous-sol sablonneux ou
granitique sont acides et peu minéralisées. Les eaux circulant dans les sols calcaires
sont bicarbonatées calciques et présentent souvent une dureté élevée.

1.5.2 Eaux de surfaces

Les eaux de surface ou eaux superficielles proviennent des eaux des précipitations, des
eaux de sources et des nappes affleurantes.
Ces eaux qui circulent librement sur les sols et qui se trouvent directement en contact
avec l’atmosphère sont particulièrement vulnérables. Elles sont le siège, dans la plupart
des cas, du développement d’une vie microbienne à cause des déchets qui y sont
rejetés et de l’importante surface de contact avec le milieu extérieur ; c’est pour cela que
ces eaux sont rarement potables sans aucun traitement. Il s‘agit des cours d’eau, des
fleuves, des rivières, des océans etc…

Le tableau suivant donne les éléments caractéristiques des eaux de surface par rapport
aux eaux souterraines

1.6 Qualité des eaux

L’eau pure n’existe pas dans la nature, elle véhicule la plupart des substances qui se
trouvent à la surface ou à l’intérieur de la croûte terrestre. Elle contient toujours en son
sein des éléments physiques, chimiques minéraux, chimiques organiques, et
biologiques.

Les caractéristiques d’une eau dépendent de son origine. Mais quel que soit son origine,
l’eau est caractérisée par les paramètres tels que : la Couleur, le goût et l’odeur, la
Température, la Turbidité, l’Aluminium, l’Ammonium, les Chlorures, la Dureté, le Fer, le
Manganèse, les Nitrates et Nitrites, l’Oxygène dissous, le pH, les Sulfates, le Plomb, les
paramètres microbiologiques, etc… La caractérisation des eaux consiste à analyser ces
différents paramètres des normes de l’eau potable.

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1.7 Comparaison de la qualité des eaux de surface et des eaux souterraines

Les eaux souterraines sont, dans la plupart des cas, de meilleure qualité que les eaux de
surface car elles sont moins directement exposées aux pollutions

Tableau : Principales différences entre eaux de surface et eaux souterraines


Caractéristiques Eaux de surface Eaux souterraines

Température Variable selon la saison Relativement constante


Turbidité Variable, parfois élevée Faible ou nulle

Couleur Liée surtout aux matières en Liée surtout aux matières en


suspension (argile, algues) solution (acides humiques)
Minéralisation Variable en fonction des terrains, des Peu variable mais en général plus
globale rejets ou des précipitations, élevée que dans les eaux de
surface de la même région
Fe et Mn dissous Généralement absents Généralement présents
H2S Généralement absent Souvent présent
Nitrates Peu abondants en général Teneur parfois élevée
Micropolluants Souvent présents mais peuvent Généralement absents mais une
minéraux et disparaître assez vite après pollution accidentelle subsiste
organiques suppression de la source beaucoup plus longtemps
Éléments vivants Bactéries, virus, plancton Ferrobactéries fréquentes

Source : Valiron, 1994

1.8 Norme de qualité

La qualité de l’eau mise à la disposition des consommateurs doit donc répondre à la


réglementation en vigueur pour la consommation humaine. L’objectif principal des
Directives de qualité pour l’eau de boisson est de protéger la santé publique. Ces
Directives décrivent les exigences raisonnables minimales s’appliquant aux pratiques
sans risque destinées à protéger la santé des consommateurs et/ou définissent des «
valeurs guides » numériques pour les constituants de l’eau, ou encore des indicateurs de
qualité de l’eau. L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a établi pour chaque

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paramètre, des recommandations qui peuvent être adaptées dans chaque pays, en
fonction de l’état sanitaire et des conditions économiques, pour aboutir aux normes
réglementaires nationales. Le décret N° 2001-094 du 20 février 2001 fixe les normes de
qualité de l’eau potable

Pour un même paramètre, les normes fixées peuvent être très différentes d’un
Etat à l’autre. C’est ainsi que pour le cyanure et le nickel par exemple, une grande
différence existe entre les valeurs qui sont fixées par l’USA, l’OMS, l’UE et le Bénin:
Cyanure : 200µg/L (USA), 70µg/L(OMS), 50µg/L (CEE), 200µg/L(Bénin).
Nickel : 100µg/L (USA), 20µg/L(OMS), 50µg/L (CEE), 20µg/L (Bénin).
Une eau potable doit être exempte de germes pathogènes (bactéries,virus) et
d’organismes parasites, car les risques sanitaires liés à ces micro-organismes sont
grands. Elle ne doit contenir certaines substances chimiques qu’en quantité limitée : il
s’agit en particulier de substances qualifiées d’indésirables ou de toxiques, pour
lesquelles des « niveaux guides » et des « concentrations maximales admissibles » ont
été définis par les normes. A l’inverse, la présence de certaines substances peut être
jugée nécessaire comme les oligo-éléments indispensables à l’organisme. Le fait qu’une
eau soit conforme aux normes, c’est-à-dire potable, ne signifie donc pas qu’elle soit
exempte totalement de matières dangereuses ou toxiques, mais que leur concentration a
été jugée suffisamment faible pour ne pas mettre en danger la santé du consommateur.
Selon Degrémont, l’eau mise à la disposition du consommateur dans le réseau de
distribution doit avoir été traitée de façon à être « potable », c’est-à-dire répondre à la
réglementation en vigueur pour les eaux destinées à la consommation humaine.

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Chapitre 2 : Traitement des eaux :
Le traitement de l’eau décrit un processus utilisé pour rendre l’eau plus acceptable pour
une utilisation finale spécifique..
Le but de tout traitement est de supprimer ou de réduire les substances nuisibles et
dangereuses présentes dans les eaux brutes en vue de ramener la qualité de l’eau à
celle prescrite par les recommandations et les normes.
Le traitement d’une eau dépend de la qualité initiale de l’eau brute et de l’usage final et
cela est possible grâce à l’utilisation des produits chimiques appelés produits de
traitement.

2.1 Différents produits de traitement

 Neutralisants
Pour la neutralisation du gaz carbonique, les produits tels que Ca(OH) 2CaCO3,
MgO, CaMgOCO3, Na2CO3,NaOH,H2SO4, etc sont utilisés.
 Coagulants

Les coagulants les plus utilisés sont : Al2(SO4)3, nH2O , FeCl3 , FeClSO4 ,
Al2(OH)x(Cl)y(SO4)z

 Adjuvants de coagulation
 Alginate de sodium
 Polyélectrolytes
 Adsorbants et filtrants
 Charbon actif en poudre
 Charbon actif en grains
 Sable de filtration
 Produits de désinfection
Divers agents désinfectants peuvent être utilisés tels que le chlore et ses dérivées (Cl2,
ClO2, Ca(OCl)2, Na(OCl) etc), l’ozone, les rayons ultra-violets, mais le chlore est l’agent

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le plus utilisé comme désinfectant final car il permet d’achever la désinfection de l’eau et
de protéger le réseau contre les développements bactériens vu son effet rémanent.

2.2 Filières de traitement

Le type de traitement dépend de la qualité de l’eau brute captée : de la simple


désinfection (étape obligatoire), éventuellement couplée à un autre traitement spécifique
pour les eaux souterraines (dégazage, minéralisation, adoucissement…) à des
traitements plus poussés (allant du prétraitement aux procédés d’affinage et à la
désinfection en passant par l’étape de clarification) pour les eaux de surfaces ou les
eaux souterraines de mauvaise qualité.

2.2.1 Dégazage ou Elimination physique du CO2

Aération
C’est un traitement physique de l’eau qui vise à faire échapper certains gaz de l’eau.
L’aération peut se faire par :
 Cascades

 Pulvérisations

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 Diffusion

 ventilation forcée

2.2.2 Neutralisation

Neutralisation par voie chimique

Elle se fait le plus souvent par injection de chaux, de soude ou de carbonate de sodium
(équations de réactions).
CO2 + H2O + CaCO3 Ca(HCO-3)2
2CO2 + H2O + MgO Mg(HCO3-)2
2 CO2+ H2O + CaO Ca(HCO-3)2
2 CO2+ Ca(OH)2 Ca(HCO-3)2

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3CO2 + 2H2O + CaMgOCO3 Ca(HCO-3)2+ Mg(HCO3-)2
TD : quantité de produits pour neutraliser 1 gramme de CO 2 (Ca(OH)2, MgO;
CaMgOCO3
Pour la chaux, il convient d’utiliser un saturateur délivrant de l’eau de chaux claire et
retenant les impuretés de la chaux; on peut utiliser également en variante ici de la soude.
(Exemple de la Station de Natitingou)
Pour les autres produits granulés tels que CaCO 3, MgO, CaO, CaMgOCO3, la
neutralisation peut se faire par filtration sur lesdits produits.
2.2.3 Adoucissement ou déminéralisation

 Précipitation chimique

L’adoucissement d’une eau consiste à réduire la dureté de cette eau en utilisant des
réactifs chimiques capables de précipiter les sels de Calcium et de Magnésium. Les
réactifs les plus utilisés sont la chaux, la soude et le carbonate de sodium.

 Par précipitation des duretés liées uniquement au calcium

 Par précipitation des duretés liées au calcium et magnésium

 Par précipitation de la dureté carbonatée et de la dureté permanente

 Adoucissement par Echange d’ions

 Adoucissement par procédés membranaire : (OI ; UF ; ED)

 Osmose inverse

 Ultrafiltration

 Electrodyalyse

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2.2.4 Etapes de traitement des eaux de surface

Figure 1: Schéma classique du traitement des eaux de surface

2.2.4.1 Prétraitement (Etape 1)

Le traitement d’une eau de surface débute le plus souvent par le dégrillage, le


dessablage, le débourbage et le macro-tamisage qui sont des procédés physiques, suivi
de la préoxydation qui est un procédé chimique. Ces traitements permettent de
débarrasser l’eau de grande quantité d'éléments dont la nature et la dimension
constitueraient une gêne pour les traitements ultérieurs.
Prétraitement physique
Ce sont des procédés physiques. Les gros déchets sont retenus par une simple
grille, les plus fins dans des tamis à mailles fines.
Dégrillage

Le dégrillage, premier poste de traitement, permet de protéger les ouvrages à l’aval


de l'arrivée de gros objets susceptibles de provoquer des bouchages dans les différentes
unités de traitement.

Tamisage

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Le tamisage, quant à lui, permet d'éliminer des objets plus fins que ceux éliminés
par le dégrillage.

Dessablage

Il a pour but d’extraire des eaux brutes les graviers, sables et particules minérales
plus ou moins fines pour éviter les dépôts.

Débourbage

C’est une étape du traitement qui précède la clarification dans le cas d’eau très
chargée en limons ou en sable fin. .

2.2.4.2 Pré traitement chimique (Préoxydation chimique)


C’est un procédé chimique qui permet d’éliminer de l’eau, la couleur, les algues et
certains éléments comme l’azote ammoniacal, le fer, le manganèse. Différents produits
chimiques peuvent être utilisés, à savoir ceux à base du chlore (chlore gazeux,
hypochlorite de sodium, hypochlorite de calcium, le dioxyde de chlore), l’ozone ou le
permanganate.

C’est au cours de cette étape que sont extraites de l’eau brute les MES et les
matières colloïdales, principales responsables de la turbidité de l’eau.
2.2.5 La clarification (étape 2)
La clarification est constituée de plusieurs étapes à savoir la coagulation
floculation, la décantation et la filtration. L’étape déterminante de la clarification est la
coagulation-floculation.
2.2.5.1 Coagulation floculation
Les particules en suspension, principalement les particules colloïdales, sont à la base de
la turbidité et de la couleur d'une eau. Contrairement aux particules en suspension, les
particules colloïdales, peuvent rester en suspension dans l'eau durant de très longues
périodes à cause de leur stabilité ; les procédés de filtration directe ne permettent pas
leur élimination. On a donc souvent recours aux procédés de coagulation-floculation pour

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éliminer ces particules colloïdales et les particules fines en suspension (limons fins,
argiles, plancton, micro-invertébrés, etc…).

 Les réactifs utilisés sont généralement des sels de fer ou d’aluminium. Chaque réactif
coagulant n’étant actif que dans une certaine zone de pH, un ajustement du pH peut
s’avérer nécessaire. Sous l’effet de son propre poids, le floc se dépose lentement c’est
l’étape de la décantation.
2.2.5.2 Décantation ou flottation

Ce sont des procédés physiques intervenant après la coagulation-floculation. L’eau


coagulée et floculée entre dans le décanteur à vitesse réduite de façon à éviter les
turbulences. Les flocs se déposent au fond de l’ouvrage et l’eau clarifiée est récupérée
en surface. C’est la décantation
A l’inverse, la flottation consiste à favoriser la clarification par entraînement des
particules en surface, grâce à la génération de bulles d’air, qui s’accrochent aux matières
en suspension et aux flocs. Les flottants sont récupérés en surface par bras racleur.
2.2.5.3 Filtration

C’est un procédé physique disposé généralement après la décantation ou la flottation, et


qui permet de retenir les matières en suspension qui n’ont pas été piégées lors des
étapes précédentes du traitement, ou qui ont été formées lors de la pré-oxydation ou de
la pré-chloration.
La filtration peut être réalisée sur membranes ou à travers un milieu poreux constitué
d’un matériau granulaire tel que le sable ou le charbon actif en grain. La filtration la plus
répandue, est la filtration sur lit de sable Le filtre à sable nécessite un nettoyage
périodique afin d’éliminer les matières retenues entre les grains qui ralentissent le
passage de l’eau.
2.2.5.4 Affinage
L’affinage est effectué en fin de traitement et a pour effet l'oxydation et la biodégradation
des matières organiques et l'élimination ou l'absorption de certains micropolluants non
éliminés ou qui se sont formés au cours de la coagulation-floculation.

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Les traitements d'affinage de l'eau font intervenir des procédés d'ozonation, de filtration
sur charbon actif et actuellement la filtration sur membranes (ultrafiltration ou nano-
filtration)..
Les principaux avantages des procédés membranaires sont les suivants :
fonctionnement sans ajout de réactif type coagulant; absence de formation de sous-
produits indésirables par réactions secondaires ; entièrement automatisable donc facile à
exploiter. 
2.2.6 Désinfection

Selon la norme ISO 6107-1 : 2004, la désinfection est un traitement de l’eau destinée à
éliminer ou inactiver tous les agents pathogènes.
Cette étape, commune à tous les traitements, est la plus importante. Elle a pour but de
détruire tous les germes pathogènes présents dans l’eau et d’anéantir les autochtones
appelés le plus souvent germes banals.
Différence entre désinfection et stérilisation
Divers agents désinfectants peuvent être utilisés (Dérivés du chlore, Ozone, Rayons
UV, Techniques membranaires), mais c’est le chlore qui est le plus utilisé comme
désinfectant final, avant refoulement de l’eau dans le réseau à cause de son caractère
rémanent.
Effet bactéricide et effet rémanent des désinfectants
Effet bactéricide (ou virulicide ou biocide) : c’est la capacité de détruire les germes et
autres organismes indésirables en une étape donnée du traitement
Effet rémanent : c’est l’effet du désinfectant qui se maintient dans le réseau de
distribution et qui permet de garantir la qualité biologique de l’eau.
C’est à la fois :
 un effet bactériostatique contre les reviviscences bactériennes
 un effet bactéricide contre les pollutions faibles et ponctuelles survenant dans
le réseau
 une prévention contre la colonisation du réseau par les micros invertébrés ….

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Tableau : Qualité de quelques désinfectants

O3 Cl2 Chloramines UV
Effet
bactéricide +++ ++ + ++
Effet
rémanent 0 + ++ 0

C’est le Cl2 qui a le plus grand pouvoir rémanent.


Il peut être utilisé sous plusieurs formes (chlore moléculaire ou sous forme
d’hypochlorite). A la soneb, c’est le chlore sous forme d’hypochlorite de Calcium qui est
utilisé pour la désinfection de l’eau.
Une désinfection efficace doit rester la priorité numéro un du traiteur de l’eau or la
désinfection n’est efficace que si l’eau préalablement traitée est conforme en toutes
circonstances aux normes physico-chimiques de potabilité.
L’efficacité de la désinfection dépend de la qualité des eaux, de la nature du
désinfectant, des germes présents dans l’eau, du temps de contact de l’eau avec l’eau.
Bien que les eaux souterraines soient souvent naturellement exemptes de
microorganismes, la désinfection prévient le risque d’une contamination par infiltration
dans la ressource et dans les réseaux de distribution.

NB : La combinaison du chlore et de la matière organique, lorsqu’elle est


incomplètement éliminée au cours des étapes précédentes, conduit à la formation des
trihalométhanes potentiellement cancérigènes, pour lesquels la réglementation impose
une teneur maximale admissible.

2.2.7 Traitement spécifique

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Les polluants tels que les métaux lourds, les nitrates, les pesticides et les micropolluants
organiques qui ne sont pas éliminés au cours des traitements classiques, s’éliminent de
l’eau par des traitements spécifiques.
On procède à des traitements spécifiques par voie chimique (neutralisation,
décarbonatation, reminéralisation) ou par voie biologique pour l’élimination de certains
éléments tel que le fer, le manganèse, les nitrates et même parfois l’azote ammoniacal.
2.2.7.1 Elimination des métaux lourds
Les procédés d’élimination des métaux lourds varient donc d’un élément à l’autre.
Le chrome, l’argent et l’étain par exemple sont éliminés efficacement par coagulation par
les sels d’aluminium ou de fer alors que le Vanadium et le Mercure ne le sont que
partiellement. La filtration sur charbon actif permet d’éliminer l’Argent et le Mercure alors
que le plomb et le cuivre sont partiellement éliminés par cette méthode
2.2.7.2 Elimination des nitrates
Les nitrates peuvent s’éliminer par dénitrification biologique ou par les résines
échangeuses d’ions
La dénitrification biologique s’opère par passage de l'eau brute dans un bioréacteur
chargé de bactéries dénitrifiantes, qui transforment les nitrates en azote gazeux.
Les techniques membranaires (micro, ultra, voir nanofiltration) permettent aussi
d’éliminer les nitrates mais ils sont très coûteux et leur maintenance difficile.

2.2.7.3 Elimination des pesticides


L’élimination des pesticides se fait soit par adsorption directe sur charbons actifs ou soit
par une pré oxydation à l’ozone suivie d’une filtration sur charbons actifs en grains.
Elle peut se faire aussi par filtration membranaire (La nanofiltration ou la combinaison
charbon actif en poudre avec l’ultrafiltration).
2.2.7.4 Elimination des micropolluants organiques (Hydrocarbures, Détergents et
produits pharmaceutiques ou les PCB)

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L’oxydation par l’ozone, le stripping pour les composés volatils, l’adsorption sur charbon
actif ainsi que la filtration membranaire peuvent être utilisés pour l’élimination de ses
micropolluants.
2.3 Description de quelques systèmes de traitement d’eau exploités par la
Soneb
 Filière de Traitement à Cotonou
L’eau produite à Cotonou, est captée sur le plateau de Godomey. C’est une
eau qui est à l’origine agressive et les traitements suivant sont appliquées
pour la ramener à l’équilibre calco-carbonique et pour la désinfecter afin de la
préserver contre tout microbe.
- Un traitement de dégazage à l’aide des tours de dégazage
(aération forcée)
- Un traitement de neutralisation avec la chaux éteinte (pompe
doseuse munie de bac de préparation de lait de chaux)
- Un traitement de désinfection avec l’hypochlorite de calcium

Tableau : Quelques filières de traitement à la Soneb

STATIONS TYPE DE TRAITEMENT

GODOMEY-VEDOKO Dégazage Neutralisation Désinfection

OUIDAH Dégazage Désinfection

TOFFO Aération Filtration Désinfection

OUANDO (Porto-Novo) Dégazage Neutralisation Désinfection

KETOU Neutralisation Désinfection

DANGBO Dégazage Désinfection

SEME-KPODJI (Station Aération Filtration Désinfection

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abandonnée)

BOHICON Dégazage Neutralisation Désinfection

SAVALOU Floculation- Coagulation Filtration Désinfection

SAVE Pré oxydation Floculation- Coagulation Filtration Désinfection

PARAKOU Pré oxydation,Floculation- Coagulation Filtration Désinfection

BANIKOARA Aération Filtration Désinfection

KANDI Neutralisation Désinfection

NATITINGOU Station Neutralisation Désinfection


Intermédiaire

KOUFARGA (Natitingou) Floculation- Coagulation Filtration Désinfection

DJOUGOU Floculation Coagulation Filtration

LOBOGO Dégazage Désinfection

BOPA Aération- Filtration Désinfection

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Hypochlorite de calcium Hypochlorite de calcium
(Pré-chloration) (Post-chloration)

Fleuve AGBADO

Bâche de
stockage

Système de clarification
Sulfate (3décanteurs et filtres
d’aluminium compacts)

Figure  : Différentes étapes de la filière de traitement de l’eau de consommation à Savalou

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2.4 Ouvrages de traitement

Différents ouvrages sont utilisés pour le traitement de l’eau. Il s’agit entre autre de :

 Les tours de dégazage

 Les pompes doseuses

 Les bâches et les châteaux d’eaux

 Les pompes de refoulement

 Les bâches de stockage d’eau

 Une chambre des vannes

 Un anti-bélier

2.5 Vérification du traitement et contrôle qualité

2.5.1 Contrôle du fonctionnement de la pompe doseuse et du chlore résiduel après


traitement

Ces contrôles qui se font à titre préventifs permettent de s’assurer de la bonne qualité de
l’eau distribuée mais aussi d’éviter la propagation d’une maladie hydrique en cas de
pollution en un endroit du réseau de distribution Pour le contrôle du traitement de
désinfection, il faut disposer de :
- Un appareil de dosage de chlore libre avec les kits adaptés
Ou un comparateur avec deux cuvettes A/B, d’une plaquette de lecture de la dose de
chlore liée au réactif utilisée (comprimés DPD ou solution d’orthotoluidine).

2.5.2 Contrôle qualité eau

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Le contrôle des risques microbiologiques dus à l’eau est l’un des enjeux socio-
économiques et politiques les plus importants en matière de santé publique pour
les décennies à venir.

2.5.2.1 Echantillonnage

Le prélèvement d’un échantillon d’eau est une opération délicate à laquelle le plus grand
soin doit être apporté, il conditionne les résultats analytiques et l’interprétation qui en
sera donné. L’échantillon doit être homogène, représentatif, et obtenu sans modifier les
caractéristiques physico-chimiques et bactériologiques de l’eau à l’instant du
prélèvement. C’est pour cela que certaines dispositions doivent être prises à savoir :
- La conservation des échantillons
- Le choix et la préparation des flacons
- La réfrigération des échantillons
- La filtration des échantillons
- L’utilisation des agents de conservation
2.5.2.2 Analyses physico chimiques (TP)

Travaux pratiques
 Essai de Jar test
 Analyses physico-chimiques (Température, pH, Conductivité,
Turbidité, Oxygène dissous, gaz carbonique, TAC, TA)
 Analyses bactériologiques (germes totaux, coliformes)
 Demande en chlore
 Essai au marbre

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TP 1
1 Détermination du pH, de la conductivité, et de la température
Le pH se mesure avec un pH-mètre. C’est un appareil électrique qui est constitué
par tableau d’affichage numérique, des électrodes et des solutions pour l’étalonnage .

La conductivité et la température sont mesurées simultanément avec un


conductimètre. C’est un appareil qui est constitué par un tableau d’affichage et des
électrodes puis des solutions pour l’étalonnage de l’appareil

2 Détermination du gaz carbonique dissous


Le gaz carbonique est le principal facteur qui détermine l’agressivité d’une eau

Matériels

Eprouvette graduée de 250mL

Burette

Réactifs

Soude NaOH 0 ,1N

Phénol phtaléine

Théorie

L’anhydride carbonique libre de l’eau est neutralisé par un léger excès d’une solution
d’hydroxyde de sodium. Le pH du point de virage est de 8,2.

Procédé

La détermination de ce paramètre s’effectue nécessairement au lieu de prélèvement.


Au laboratoire on aurait plus les mêmes résultats, parce que le gaz carbonique
s’échappe pendant le transport. Il faut procéder assez rapidement.

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Prélever l’eau dans une éprouvette de 250ml avec un raccord. Pour éviter un
dégazage de dioxyde de carbone, laisser l’eau déborder et attendre, jusqu’à ce qu’on ne
voie plus de bulles d’air, à peu près trois fois le temps de remplissage.

Fermer avec un bouchon.

Remplir une burette avec de la soude NaOH 0,1N.

Réduire l’eau dans l’éprouvette à 250 ml.

Ajouter quelques gouttes de phénol phtaléine.

Effectuer le titrage avec de la soude jusqu’à ce que une faible coloration violette
persiste au moins 30 secondes

Pendant le titrage, de temps en temps fermer l’éprouvette et renverser doucement.


Ne pas agiter, pour éviter l’échappement du gaz.

Faire la lecture du volume consommé en mL. Si l’on utilise une burette graduée en
degré français, on divise par 2 pour obtenir le volume en ml.

Calcul

V(ml) x 44(masse molaire de CO2)

= CO2 en mg/l

2,5(pour ramener à 100ml d’échantillon)

3 Détermination de l’oxygène dissous

Dans ce cas le dosage se fait à l’aide d’un coffret contenant les réactifs ci-dessous.

Principe

Précipitation dans l’eau de l’hydroxyde de Mn qui absorbe complètement


l’oxygène présent pour former de l’hydroxyde manganique. Celui-ci sous forme de

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l’acide chlorhydrique, donne du chlorure manganique qui libère l’iode de l’iodure de
potassium.

Matériels

- Flacon en verre contenant des billes


- Pipette graduée
- Eprouvette graduée de 10ml

Réactifs
- Réactif1 : sulfate de Mn
- Réactif2 : solution alcaline de iodure de potassium
- Réactif3 : acide sulfamique
- Réactif4 : solution d’amidon
- Réactif5 : solution de thiosulfate de sodium

Mode opératoire
Rincer plusieurs fois le flacon en verre et le remplir jusqu’à ce qu’il déborde.
 Dans le flacon, ajouter 5 gouttes des réactifs1 et 2, fermer avec le bouchon en
verre, agiter et laisser reposer, pendant 1 minute.
 Ajouter 10 gouttes du réactif 3, refermer et agiter.
 Rincer le récipient à essais avec cette solution et le remplir jusqu’au repère.
 Ajouter une gouttes de réactif 4 et agiter.
 Avec la pipette de titrage, ajouter gouttes à gouttes le réactif 5 jusqu’au virage du
bleu à l’incolore et lire la teneur en oxygène qui est en mg/L

4 Détermination du TAC

Principe d’analyse
La totalité des hydrates, phosphates, carbonates et bicarbonates alcalins et alcalino-
terreux en solution dans l’eau est neutralisée par un acide fort. La fin de réaction,
repérée par virage de l’indicateur mixte du bleu au rose violacé à pH 4,6 ; correspond à
l’apparition d’une trace d’acide fort libre dans la solution.

Matériels

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- burette graduée en degré
- erlenmeyer
- barreau aimanté
- agitateur magnétique

Réactifs
- indicateur mixte
- liqueur alcali métrique (solution d’acide chlorhydrique N/25)

Mode opératoire

Remplir la burette de liqueur alcali métrique jusqu’au trait zéro.

Dans 100ml d’eau à analyser, verser 5 gouttes de l’indicateur mixte, puis, avec la
burette et goutte à goutte, ajouter de la liqueur alcali métrique jusqu’au virage du bleu au
rose violacé.

On lit directement sur la burette, le titre alcali métrique complet TAC exprimé en degré
français.

TP 2 Analyses bactériologiques

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TP 3 Essai de Jar test

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TP 4 Demande en chlore et/ou Essai au marbre

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TP 5 Autres Analyses

Autres Analyses

2.5.2.3 Analyses bactériologiques (TP)

Comme il n’est pas possible de recenser, en contrôle de routine, tous les germes
pathogènes, on se base sur certains organismes tests qui constituent simultanément des
preuves de pollution des eaux brutes et des témoins de bonne désinfection des eaux
traitées :
Germes banals

Coliformes fécaux et totaux

Streptocoques fécaux

Clostridium sulfito réducteurs

Salmonelles

Staphylocoques

2.5.2.4 Interprétation des résultats

L’interprétation se fait en fonction des conformités aux normes physico-chimiques et


bactériologiques de l’eau potable (recommandations de l’OMS et normes béninoises)

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Chap 3 : Détermination taux de traitement, réglage des ouvrages de
traitement et contrôle de qualité
3.1 Détermination du taux de traitement

3.1.1 Essai de Jar test (TP)

Essai de Jar test

La coagulation-floculation a été réalisée selon le protocole expérimental de « Jar


Test ». Des doses croissantes de la solution de sulfate d’alumine sont introduites
dans 1000 mL d’échantillon d’eau de surface à traiter.
Les conditions d’agitation sont : une agitation rapide à 140 trs/mn pendant 2 à 3 mn
et une agitation lente à 40 trs/mn pendant 30 mn.
Après un temps de décantation de 60 minutes, on prélève 100 mL du surnageant
entre 2 et 3 cm de la surface à l’aide d’une pipette et soumis aux mêmes analyses
physico-chimiques effectuées sur l’eau brute. Le rendement d’élimination des
paramètres analysés sont calculés.

3.1.2 Demande en chlore (TP)

3.1.3 Essai au marbre (TP)

Mode Opératoire

- sur le lieu de prélèvement, on remplit complètement un flacon à oxygène en


prenant les précautions nécessaires pour ne pas aérer l’eau (le flacon doit être
parfaitement rempli sans bulles d’air ;
- ajouter un barreau aimanté, et à l’aide d’une spatule, environ 0,25 g de marbre
pulvérisé. Une fois le marbre descendu au fond du flacon, boucher hermétiquement ;
- placer le flacon sur un agitateur magnétique et laisser 3h à agitation lente ;
- arrêter l’agitation et laisser reposer l’échantillon pendant toute la nuit, prélever une
partie du surnageant clarifié pour déterminer son pH et son alcalinité ;

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- passer une partie du surnageant sur filtre plissé, jeter la première partie du filtrat ou
la faire repasser sur le filtre et déterminer l’alcalinité complète ;
- déterminer le pH du surnageant non filtré.

Si TAC1(°F) est le Titre Alcalimétrique Complet de l’eau brute et TAC2(°F) celui de l’eau
après essai au marbre, on peut déterminer la dose de produit à injecter pour stabiliser
l’eau.

 La quantité de carbonate de calcium nécessaire pour corriger l’agressivité est


donnée en mgCaCO3/L d’eau par :
TAC 2TAC 1
0 ,1

avec TAC2 et TAC1 exprimé en °F ;

 La quantité de chaux éteinte nécessaire pour corriger l’agressivité est donnée en


mgCa(OH)2/L d’eau par :
3,74x(TAC2 – TAC1)

avec TAC2 et TAC1 exprimé en °F ;

 La quantité d’hydroxyde de sodium nécessaire pour corriger l’agressivité est donnée


en mgNaOH/L d’eau par :
4x(TAC2 – TAC1)

 La quantité de carbonate de sodium nécessaire pour corriger l’agressivité est


donnée en mgNa2CO3/L d’eau par :
10,6x(TAC2 – TAC1)

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3.1.4 Calcul de la quantité de produit nécessaire pour la minéralisation

TD 1

TD 2

TD 3

3.2 Mise à l’échelle industrielle des taux de traitement

3.2.1 Réglage des pompes doseuses après préparation de la solution de produit à


injecter
Le taux de traitement doit être adapté aux caractéristiques de l’eau brute
déterminées par les analyses.

A partir de ce taux, il faut ensuite calculer le débit des réactifs d’après les
formules :

q = (Q x T)/ C exprimé en L/h avec q= %de réglage x qmax

- q : débit de la solution de réactif en L/h

- Q : débit de l’usine d’eau en m3/h

- T : taux de traitement en g/m3

- C: concentration de la solution de réactif (produit de traitement) en g/L

TD

3.2.2 Calcul des concentrations des solutions à préparer après fixation du


pourcentage des pompes doseuses
Calcul de la concentration de la solution d’hypochlorite de calcium

On sait que : (a) et (b)

De (a) et (b), on a :

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(c)

Légende  :
m= Quantité d’hypochlorite à préparer

C= Concentration de la solution d’hypochlorite

V= Volume de la bac

q= Débit de la pompe doseuse

Q= Débit d’eau brute à traiter.

TD

3.2.3 Ajustement du taux de traitement au niveau des pompes doseuses après une grande
variation du débit de l’eau brute
Calcul du pourcentage de réglage de la pompe doseuse
TD

3.2.4 Préparation et injection de la solution de produit de traitement


Isoler le bac, remplir le bac d’eau au 2/3, mettre l’agitateur en marche, ajouter la quantité
de chlore déterminée plus haut, compléter le niveau. Laisser décanter pendant une
heure. Injecter la solution après réglage de la pompe doseuse

3.3 Entretien des bacs de préparation des produits de traitement et des circuits
d’injection des solutions
L’entretien des bacs des produits de traitement ne doit pas perturber la production d’eau
potable. Les bacs doivent être entretenus dès que les dépôts atteignent le niveau de la
crépine d’aspiration.
Vérification du niveau de boue par rapport à la crépine, Isolement du bac, si le niveau est
atteint
Entretien du bac : curer le bac, Entretenir les accessoires du bac, Evacuer les déchets,
laver le bac et rincer. Après vérification, remettre en service le bac.

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L’accès à l’eau potable exige d’accorder une attention particulière à sa qualité.
Le traitement de l’eau constitue une étape très importante dans la production de l’eau
mais aussi le suivi de ce traitement s’avère indispensable pour que l’eau de bonne
qualité soit livrée à la population

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