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Université Cadi Ayyad

Faculté des sciences juridiques

Économiques et sociales

-Marrakech-

Master management et stratégie des organisations

-Promotion 13-

La Politique des Dividendes


dans les PME

Présenté par : Sous l’encadrement de :

HAJAJ siham Pr. RIGAR Sidi Mohamed

EL MOUAATAMID oumaima

EL OUARDI insaf

Année universitaire : 2019-2020

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Introduction :

La politique de dividendes demeure parmi les questions les plus contestées en matière de
finances. L'étude de cette politique a attiré l'attention des chercheurs en finance depuis les
travaux de Lintner (1956) et Miller & Modigliani (1961). Ces chercheurs ont tenté de
résoudre plusieurs questions relatives aux dividendes et de formuler des théories et des
modèles pour expliquer le phénomène des dividendes des sociétés et cela examiné sous
l’hypothèse que la firme est entité homogène dont l’objectif clair est de
maximiser la valeur marchande [Brennan (1970) ;Modigliani et Miller (1961) et Miller et
Scholes (1978 ) ]. Un grand nombre de chercheurs a alors essayé de résoudre quelques
aspects de la politique de de dividende via des études théoriques et empiriques mais
plusieurs issues restent sujets d’ambiguïté tels que les interactions possibles qui peuvent
exister entre la politique de dividende et la structure de propriété. Jusqu'à aujourd’hui, il y a
un grand nombre d’études publiées à ce propos mais la majorité de ces études se sont
intéressées aux marchés développés et il est évident que les marchés émergents sont bien
différents de ces marchés dans tous les aspects. En effet l’un des principaux problèmes
financiers dont l’entreprise se trouve impliquée à répondre est le choix de la politique de
dividende appropriée qui puisse pallier aux conflits des différentes parties prenantes car le
dividende est une composante fondamentale de la rentabilité et sa décision de distribution
s’avère parmi les décisions les plus importantes de la firme . « Plus on observe l’image du
dividende, plus il semble comme un puzzl edont les pièces ne sont pas compatibles les unes
avec les autres » (Black 1976, p. 5). Fisher Black1 a alors donné un nom à cette
problématique: « The dividend puzzle ».

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Plan
Introduction
Problématique
Partie théorique
 Axe I: Généralités sur la Politique des dividendes
 Axe II: La controverse théorique du dividende
 Axe III: Techniques et pratiques des dividendes
Partie empirique:
 Article : Lien entre la structure de propriété et la politique de
dividendes dans un marché émergent : Le cas du Maroc
Conclusion

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I. Généralité sur la politique de dividendes

A la clôture de chaque exercice, le conseil d’administration ou le directoire dresse les états


de synthèse tels que définis par la loi n° 9-88 relative aux obligations comptables des
commerçants, il arrête le résultat net de l'exercice et un projet d’affectation pour être
soumis à l’approbation de l’assemblée générale ordinaire annuelle. Le bénéfice distribuable
est constitué du bénéfice net de l’exercice, diminué des pertes antérieures ainsi que des
sommes à porter en réserve par application de l’article 329 et augmenté du report
bénéficiaire des exercices précédents. Après approbation des états de synthèse de l’exercice
et constatation de l’existence de somme distribuables, l’assemblée ordinaire détermine la
part attribuée aux actionnaires sous forme de dividendes. Tout dividende distribué en
violation des dispositions de l’article 330 est un dividende fictif.

La répartition des bénéfices est décidée par l’assemblée générale ordinaire (A.G.O) des
actionnaires. Elle doit être conforme à la loi et aux statuts

Clôture de l’exercice

Approuver les
comptes

Le résultat est
Le résultat est déficitaire
bénéficiaire

Absence de
Dividendes dividendes

Distribution

Les dividendes ne sont pas considérés comme une rémunération, mais comme des revenus
de capitaux mobiliers.

Après avoir payé l’impôt sur les sociétés (IS), deux possibilités s’offrent aux sociétés pour
l’affectation du solde restant : mettre ce solde en réserve ou le distribuer aux associés sous
forme de dividendes (sommes distribuées par les personnes morales soumises à l’IS).

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A- Les Types de dividendes :

(a) . Le dividende en numéraire :

Dividende en numéraire C'est la forme la plus répandue et la plus classique du versement


de dividende. L'assemblée générale fixe les conditions et délais de paiement des dividendes.
Les modalités de mise en paiement des dividendes votées par l'assemblée générale sont
fixées par elle ou, à défaut, par le conseil d'administration, le directoire ou les gérants selon
le cas. Cette mise en paiement des dividendes doit avoir lieu dans un délai maximal de neuf
mois après la clôture de l'exercice. La prolongation de ce délai peut être accordée par
décision de justice. Le montant de distribution fixé est divisé par le nombre d'actions
existantes pour calculer le dividende par action qui sera versé.

1. Dividende prioritaire : Ce dividende n'est versé qu'aux titulaires d'Actions à Dividende


Prioritaire (ADP). Pourquoi cette différence de traitement avec les actionnaires classiques ?
Normalement, une action ordinaire permet à celui qui la détient de voter aux assemblées
générales de l'entreprise, et donc de participer à ses décisions. Cela signifie qu'à chaque
nouvelle émission d'actions, l'actionnaire majoritaire risque de se retrouver minoritaire, et
donc de perdre le contrôle de son entreprise. Il a donc fallu trouver une solution à ce
problème, car, même pour garder le contrôle d'une entreprise, il n'est pas possible de
toujours recourir à l'endettement.

2. Dividende exceptionnel Le dividende exceptionnel n'est versé, comme son nom l'indique,
que dans certaines circonstances. C'est le cas par exemple lors de certaines fusions, ou
lorsque l'entreprise vient de réaliser une cession qui lui a rapporté beaucoup plus d'argent
qu'elle n'en a besoin. Dans le même ordre d'idée, certaines entreprises disposant d'une
trésorerie abondante, et inutilisée, peuvent en faire profiter leurs actionnaires, qui, eux, ont
peut-être des idées de placement. Le dividende exceptionnel peut être utilisé dans des
périodes de prospérité et permet à la société de maintenir un niveau stable de dividendes
tout en distribuant aux actionnaires les fruits de la prospérité.

3. Acompte sur dividende L'entreprise peut décider de verser une fraction de dividende
avant que l'Assemblée Générale ait approuvé les comptes. C'est un usage très répandu aux
Etats-Unis. L'acompte sur dividende est également utilisé dans les sociétés distribuant de
forts dividendes.

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Un acompte sur dividendes est le versement à un actionnaire des dividendes qui lui sont dus
avant l'attribution définitive de ces dividendes. Il s'agit d'une distribution anticipée de
dividendes en amont de l'approbation des comptes.

4. Le dividende majoré : Pour récompenser la fidélité de certains de leurs actionnaires, qui,


par exemple, détiennent Des actions depuis X années, ou bien ont inscrit leurs titres au
nominatif, quelques entreprises leur versent un dividende majoré. Cette majoration ne peut
être supérieure à 10%.

b) Le paiement des dividendes en actions :

Certaines sociétés proposent à leurs actionnaires d’être rémunérés en actions. Cela revient
à devenir détenteur de nouvelles actions au lieu de percevoir de l’argent issu des bénéfices
de la société. Bien entendu, pour parvenir à convaincre les actionnaires de choisir cette
formule, les sociétés décotent leurs titre de 10% maximum par rapport au cours des 20
dernières séances.

Lorsque le montant des dividendes ne correspond pas à un nombre entier de titres,


l’actionnaire obtient un nombre d’action arrondi au supérieur ou se voit verser la différence
en numéraire.

II: La controverse théorique du dividende

1- La thèse de la neutralité de Miller et Modigliani et ses critiques

D'un point de vue conceptuel, la politique de dividendes demeure toujours un sujet de


controverse. Historiquement, deux grands courants de pensée se sont affrontés dans ce
domaine, celui de la neutralité de la politique de dividendes, c’est-à-dire l’absence
d’influence sur le cours boursier ; celui de la non-neutralité qui soutient que la valeur des
actions est déterminée ou, en tous cas, influencée par les dividendes. La question de la
distribution des dividendes est toujours actuelle et la théorie financière moderne lui accorde
à travers la théorie du signal et la théorie de l’agence une place importante quant au rôle
qu’ils peuvent jouer dans la conduite des affaires.

✓ a - La thèse de la neutralité:

Modigliani et Miller (1961) qui montrent que la politique des dividendes n'a aucun impact
sur la valeur de la société et sur son coût de capital. Dans la mesure où les investisseurs
disposent de la possibilité d'acheter et de vendre les actions d'une société sur un marché,
pour obtenir les résultats qu'ils désirent, la rentabilité espérée est indépendante de la façon
dont les sociétés payent les dividendes et effectuent les émissions d'actions. Par
conséquent, la valeur boursière de la société n'est pas affectée par les changements dans les
montants des dividendes distribués.

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b- La thèse du non neutralité:

La position de Modigliani et Miller (1961) ne fait pas l'unanimité. Lorsque les investisseurs
préfèrent un dividende plus important, Gordon (1959), (1978) et Lintner (1962) avancent
que la politique des dividendes affecte le coût du capital de la société. Ce résultat est
modifié lorsque la fiscalité est prise en considération. Litzenberger et Ramaswamy (1979),
Poterba et Summers (1986,1987) montrent que l'impôt personnel et l'impôt sur les sociétés
font que le coût de capital d'une société soit affecté par la politique des dividendes.
En effet, lorsque les investisseurs préfèrent les plus-values au dividende, une distribution
plus importante du dividende peut augmenter le coût du capital de la société. En revanche,
les travaux empiriques de Black et Scholes (1974), Miller et Scholes (1978), Hess (1981),
Eades, Hess et Kim (1985) montrent que la fiscalité n'affecte pas le coût du capital.

2. La politique de distribution et coût d’agence :

Les coûts d'agence naissent dans toute situation qui suscite un effort coopératif entre deux
ou plusieurs personnes, même s'il n'y a pas de relations claires principal/agent. Concernant
notre cas, la détention excessive de liquidités par les entreprises n’est pas souhaité par les
actionnaires, car il s’ajoute au coût fiscal le coût d’agence. Lorsque le dirigeant dispose d’une
liquidité excessive, il peut l’affecter sont Laval des actionnaires, ce qui ouvre la possibilité
d’un investissement dans des projets à VAN négative.

3. La politique de distribution et théorie des signaux :

Cette théorie se fonde sur le fait que l’information est asymétrique, les dirigeants de
l’entreprise disposent d’une meilleure information que les actionnaires et les différents
partenaires de cette entreprise, d’où la nécessité d’une politique de communication efficace.
Donc une décision relative à la politique de distribution est susceptible d’envoyer un signal
au marché (ici on peut ajouter la notion de lissage des Dividendes en théorie et en pratique).

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 Axe III: Techniques et pratiques des dividendes

A) Les pratiques de distribution des dividendes

1. La distribution de la totalité des dividendes

Rubner (1966) suggère une distribution de la totalité des bénéfices sous forme de
dividendes. Sa suggestion est fondée sur le fait que les actionnaires préfèrent recevoir "plus"
de dividendes "à moins" de dividendes. En pratique, les sociétés n'adoptent pas cette
stratégie car elles ne sont encouragées ni par la fiscalité, ni par les actionnaires. La raison en
est que d'une part, la distribution de dividendes affecte considérablement l'autofinancement
de la société et d'autre part, les taux d'imposition des plus-values sont souvent plus élevés
que ceux des coupons.

2. Absence de distribution de dividende :

Clarkson et Elliot (1966) avancent que le dividende constitue un "luxe" que ni les sociétés, ni
les actionnaires ne peuvent se permettre. En pratique, quel que soient les mérites de cette
approche, il est rare de voir les sociétés retenir la totalité des bénéfices en réserves sans
distribuer de dividendes.

3. Politique résiduelle du dividende :

Dans la mesure où la société n'adopte que les projets rentables, ayant une valeur actualisée
nette positive, tout bénéfice supplémentaire doit être distribué sous forme de dividendes :
c'est l'approche d'un dividende résiduel. En pratique, cette politique n'est pas suivie par les
dirigeants puisqu'en général, les sociétés optent pour une politique caractérisée par une
augmentation au cours du temps du bénéfice par action, de façon
à ce que le dividende par action soit moins variable que le bénéfice par action.
Le comportement des sociétés en matière de distribution montre que le dividende
augmente en général avec un "retard de phase" d'une période par rapport à la hausse du
bénéfice. qui suit immédiatement l'augmentation du résultat, avec un certain retard. Cette
information permet au marché financier d'anticiper les bénéfices futurs de l'entreprise. Il
semble que le dividende constitue la variable fondamentale de décision et qu'il représente
un résidu. Les sociétés adoptent souvent un ratio de distribution constant dans lequel le
dividende représente un pourcentage donné des bénéfices. Ce comportement n'est pas
cohérent avec la politique résiduelle puisqu'on observe, en pratique, que les sociétés
continuent à distribuer les dividendes, même lorsqu'elles augmentent leurs endettements.

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4. La politique d’un dividende stable :

En rejetant l'hypothèse d'une distribution de 100% des bénéfices sous forme de dividendes
et celle de la rétention de la totalité des bénéfices, les chercheurs observent que les sociétés
attribuent une importance considérable aux dividendes de l'année précédente. Ces résultats
laissent à croire que les sociétés ont tendance à suivre un ratio de distribution relativement
stable à long terme.

Lintner (1956) montre que les dividendes sont reliés au bénéfice à long terme et que les
sociétés suivent un ratio de dividendes "cible". Il constate aussi que les dirigeants des
sociétés accordent beaucoup d'importance aux variations du dividende par rapport à l'année
précédente. Il semble aussi que les dirigeants utilisent le dividende comme "signal" des
perspectives de croissance de la société et qu'il présente un contenu informationnel.

On distingue deux cas : • Revenus trimestriels (politique de dividendes cyclique)

• Des revenus annuels (politique de dividendes stables)

Exemple :

La société XYZ affiche un revenu annuel de 10.000 dont 2.000 pour le premier trimestre, 3.000 pour
le second, 1.000 pour le 3ème et 4.000 pour le 4ème.

• Dans le cadre du versement d’un dividende stable, fixé à 10% des revenus annuels (10.000 * 10% =
1000), un actionnaire touchera donc 250 tous les trimestres (1000/4).

• Par contre, dans le cadre d’une politique de dividendes cyclique, l’actionnaire touchera 200 le
premier trimestre (2.000*10%), 300 le second trimestre (3.000*10%), 100 pour le troisième et 400
pour le dernier.

Cette politique vise à assurer un revenu régulier aux actionnaires et conserver leur confiance et leur
fidélité.

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Cas empirique 2

Intitulé : Lien entre la structure de propriété et la politique de dividendes dans un


marché émergent : Le cas du Maroc

Méthodologie de la recherche : quantitative

Problématique : La relation entre la structure de propriété et la politique des dividendes


dans le contexte marocain

Pour étudier le Lien entre la structure de propriété et la politique de dividendes , les


hypothèses suivantes ont été formulées :

H1 : Il existe une relation positive entre la concentration de propriété et le niveau


de dividende.

Les investisseurs institutionnels, contrairement aux actionnaires minoritaires, ont de


l’influence sur la gestion des entreprises grâce à leur expertise et à l’importance de leur
investissement dans l’entreprise (Bosec et al. 2010). Cette influence sur la gestion touche
entre autres la politique de dividendes. Selon Aguenaou et al. (2013), les investisseurs
institutionnels exercent une pression pour que leur soient versés des dividendes élevés et
ce, afin de réduire les coûts d’agence. Ce constat est confirmé par Allen et al. (2000). Les
auteurs affirment que les entreprises qui comptent dans leur actionnariat des investisseurs
institutionnels ont un niveau de dividende plus élevé. À partir de ce constat, nous
établissons notre deuxième hypothèse :

H2 : Il existe une relation positive entre la propriété institutionnelle et le niveau de


dividende.

La propriété étrangère est une caractéristique de la structure de propriété qui a été


analysée par Cook et Jeon (2006). Ces deux auteurs affirment que les investisseurs
étrangers, craignant pour leurs investissements, cherchent par conséquent à réduire les
coûts d’agence par la réclamation d’un niveau élevé de dividende. Norhasaniza et al.
(2012), n’ont pas trouvé de relation significative entre la propriété étrangère et la
politique de dividendes. En revanche, Cook et Jeon (2006) ont établi une relation

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positive, d’où notre troisième hypothèse :
H3 : Il existe une relation positive entre la propriété étrangère et le niveau de dividende.

La relation entre la structure de propriété et la politique de dividendes, comme nous


l’avons présentée ci-dessus, est justifiée théoriquement et prouvée dans plusieurs
recherches empiriques. À partir des conclusions que nous avons pu tirer de l’étude des
différentes sources documentaires, nous avons établi trois hypothèses à tester dans
notre recherche.
La première est liée au niveau de la propriété, elle permet de comprendre si la présence
de l’actionnariat concentré influence la politique de dividendes. Les deuxième et
troisième hypothèses relient l'influence de la nature de l'actionnariat sur la politique de
dividendes.

Méthodologie de la recherche

L’objectif de la présente recherche est l’étude de la relation qui existe entre la structure
de propriété et la politique de dividendes dans le contexte d’une économie émergente.
Pour concrétiser notre objectif, nous avons choisi un échantillon composé de l'ensemble
des entreprises cotées à la bourse de Casablanca, excluant les institutions financières,
durant la période 2011-2013.
L'approche méthodologique utilisé dans le présent article, comprenant le choix de
l’échantillon, la définition des variables, le modèle d’analyse et les méthodes statistiques
adoptées est présentée ce qui suit.

Modèle de recherche

Pour tester la relation entre la structure de propriété et la politique de dividendes, nous


avons utilisé le modèle suivant :

DivPoly = β0+β1Conc_Her + β2PorpInst +β3PropÉtran +β4 dette + β5Taille + β6 ROE+ ε1

Avec:

DivPoly: politique de dividendes mesurée par le ratio dividende sur bénéfice net.
Conc_Her: concentration de propriété mesurée par l'indice de Herfindahl.
PropIns: propriété institutionnelle, mesurée par le pourcentage de propriété
institutionnelle par rapport au total du capital social.
PropÉtran: propriété étrangère, mesurée par le pourcentage de propriété
étrangère par rapport au total du capital social.
Taille: taille de l'entreprise mesurée par le LOG du chiffre d'affaires.
Dette: ratio d'endettement mesuré par le ratio: total de la dette sur total de l’actif du
bilan.
ROE: ratio de rendement des capitaux propres, mesuré par le bénéfice net sur les
capitaux propres.
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Définitions des variables

Variable dépendante : La politique de dividendes

Dans l’étude de Pablo et Gonzales (2010), la variable de la politique de dividendes est


mesurée par le taux de dividende. Il s’agit du pourcentage de distribution de dividende
(Payout). Dans la présente recherche, nous utilisons ce dernier ratio pour la définition de
la variable de la politique de dividendes (DivPoly) puisqu’il reflète bien la politique de
dividendes. En effet, cela permet de faire l'arbitrage entre la rétention de bénéfices
d’une part et le versement de liquidités aux actionnaires d'autre part (Albouy, 1990).

Variables indépendantes

Il s'agit des variables représentatives des caractéristiques de la structure de propriété.


Trois variables ont été retenues pour modéliser la structure de propriété: la
concentration de la propriétét, la propriété institutionnelle et la propriété étrangère.

La concentration de propriété indique le niveau de propriété des principaux


actionnaires. Dans la présente recherche, nous mesurons la concentration par l'indice de
Herfindahl. Il s'agit d'une des mesures les plus utilisées dans la littérature (Harada et
Pascal, 2011 et Pablo et González 2010).
L’indice de Herfindahl mesure la concentration des parts de marché. Dans les
recherches sur la gouvernance, l’indice est utilisé pour calculer le niveau de concentration de
propriété des compagnies (Demsetz et Lehn, 1985). Très souvent une transformation
logarithmique est appliquée à la valeur obtenue. L’indice est égal au total des pourcentages
de propriété rapporté au carré des actionnaires

La propriété institutionnelle est mesurée par le pourcentage de détention du capital des


sociétés, par les fonds de retraite, les assurances et les Organisme de placement en valeurs
mobilières (OPCVM). Cette mesure a été utilisée par Cook et al. (2006)

Comme la propriété institutionnelle, la propriété étrangère est mesurée par les parts
que détiennent les investisseurs étrangers, soient les personnes physiques et morales
non résidentes au pays. Cette mesure a été aussi utilisée par Cook et Jeon (2006).

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Variables de contrôle

En se basant sur la littérature existante, trois variables de contrôle ont été retenues :

➢ ROE : c'est le ratio de rendement des capitaux propres. Il s'agit d'un indicateur de
profitabilité. Il est mesuré par le ratio : résultat net sur capitaux propres. Fama et
French (2002) ont établi une relation positive entre la profitabilité de l'entreprise
et le paiement de dividende.

➢ Taille de l'entreprise : cette variable a été utilisée dans la recherche Harada et


Pascal (2011) et Chen et al. (2005). Dans notre recherche, nous mesurons la taille
par le Log du total des ventes à l’instar de Mancinelli et Ozkan (2006).

➢ Ratio d'endettement: la variable a été utilisée dans les recherches de Pablo et


Gonzalez (2010) et Mancinelli et Ozkan (2006).

Résultats

Les résultats présentés dans le tableau 2 montrent une relation positive entre le niveau
de la concentration de propriété et le niveau de distribution de dividendes. La relation
est significative au seuil de 5 %. On conclut que la concentration de propriété a un
impact positif sur le niveau de dividende, ce qui confirme l'hypothèse H1.

Le résultat obtenu concorde avec les conclusions Shleifer et Vishny (1986) et


Easterbrook (1984) qui considèrent qu'en situation de concentration de propriété les
actionnaires majoritaires exigent des niveaux élevés de dividende, afin de réduire le coût
d'agence. L’idée est de réduire la liquidité disponible entre les mains des gestionnaires,
qui peut être utilisée pour leurs dépenses discrétionnaires.

Tableau des résultats de la régression


Variables Coefficient Erreur Std t de Student p. critique
Constante -16,9798** 6,90225 -2,4600 0,01594
Conc_Her 22,7233** 9,37422 2,4240 0,01750
-1,79053 1,54567 -1,1584 0,24998
PropIns
PropÉtran 28,3587** 12,3275 2,3005 0,02390
Taille 0,23158 0,22919 1,0104 0,31519

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Dette -1,31644* 0,705588 -1,8657 0,06557
ROE -0,114625 0,262932 -0,4359 0,66399
R2 ajusté 0,723918
F (58, 84) 7,419657
Log de vraisemblance -11,34246
p. critique (F) 1,92e-16
Durbin-Watson 2,133907

Les résultats indiquent un lien positif entre le niveau de présence de l'actionnariat


étranger et le niveau de distribution de dividende. La relation entre les deux variables
est significative au seuil de 5 %. Autrement dit, plus le niveau de propriété étrangère
augmente, plus le niveau de distribution de dividende augmente. L’hypothèse H2 est
ainsi confirmée.
Le résultat de la régression n'a pas pu montrer une relation significative entre la
politique de dividendes et la propriété institutionnelle. On ne peut donc pas établir de
lien entre la politique de dividendes et la propriété institutionnelle. L'hypothèse H 3 est
par conséquent rejetée.

Limites

La présente recherche comporte certaines limites telles que la délimitation temporelle. La


recherche est réalisée sur une période de trois ans uniquement. Une période plus longue
pourrait mieux représenter le cycle économique des entreprises (Norhasniza et al. 2012).
L’analyse n'a pas tenu compte de tous les secteurs d'activité notamment le secteur financier
et on n’a pas pu contrôler pour le secteur d’activité vu le faible nombre d’entreprises par
secteur d’activité

Cette recherche a été réalisée dans le contexte d'une économie émergente, il serait très
intéressant que ce type de recherche se multiplie dans d'autres pays émergents. Cela
permettrait une amélioration des méthodologies de recherche adaptées à la réalité
économique de ces entreprises.

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Conclusion

La politique de distribution de dividendes varie selon l’objectif de la société à court


terme et long terme. Les deux indicateurs qui définissent la politique de distribution ne
sont pas suffisants, car il existe d’autres facteurs qui influencent la nature de cette
politique citant l’effet clientèle : Est-ce que les actionnaires de la société font partie de la
classe des investisseurs peu imposables, très imposables ou non imposables ? Est-ce que
les actionnaires préfèrent les dividendes ou la plus-value ? L’on prend en compte aussi
dans cette politique de dividende, les nouvelles opportunités d’investissement. Deux
questions à ce niveau: quelles sont les opportunités d’investissement de la société sur le
moyen et le long terme ? Est-il possible d’isoler la décision d’investissement de celle du
financement ?

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Bibliographie

• Albouy, M. et Dumontier, P (1992), La Politique de dividende des entreprises. Presses


universitaires de France, Paris.
• Bellalah, M. Réflexions sur la politique optimale de dividendes en présence de coûts
d’information, [article en ligne], accès en 2009.
• Franck Nicolas, « FINANCE POUR les NON-FINANCIERS ». Ed : Dunod
• James C. Van Horne John M. Wachowicz, Jr.,« Fundamentals of Financial
Management »,13th Edition
• MILLER, M., et F. MODIGLIANI. 1961. Dividend policy, growth and the valuation
of shares, Journal of Business

• Massadak A ; Fontaine.R ; Khemakhem H, Lien entre la structure de propriété et la


politique de dividendes dans un marché émergent : Le cas du Maroc ; 2015.

Année universitaire : 2019-2020

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