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Revue Philosophique de Louvain

Louis Althusser, Montesquieu. La politique et l'histoire


Maurice Vanhoutte

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Vanhoutte Maurice. Louis Althusser, Montesquieu. La politique et l'histoire. In: Revue Philosophique de Louvain. Troisième
série, tome 58, n°58, 1960. p. 304;

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304 Comptes rendus

tique se confirme la démonstration faite récemment par Zac que


la morale spinoziste est loin de se confondre avec l'amour de Yordo
intettectualis, notamment lorsqu'il est question d'utiliser les passions
humaines. Les théories politiques du théologien et philosophe juif
sont ainsi beaucoup plus réalistes que celles de Hobbes. On s'en
rendra surtout compte en lisant les notes où M. Wernham fait des
rapprochements avec Machiavel.
La traduction est claire, intelligible à tous, selon le degré de
compréhension que l'on possède de l'auteur. A bon droit le
traducteur a jugé inutile d'imposer un sens au moyen d'un vocabulaire
insolite et d'explications embrouillées, comme ce fut le cas dans
la dernière traduction française (éd. Gallimard).
M. VANHOUTTE,

Louis AlTHUSSER, Montesquieu. La politique et l'histoire


(Initiation philosophique). Un vol. 18,5x12 de 120 pp. Paris, Presses
Universitaires de France, 1959. Prix: 3,60 NF.
A la lumière des travaux de C. Eisenmann et de B. F. Porchnev,
à la suite de diverses manifestations commémorant le bi-centenaire
de YEsprit des Lois et de la mort de Montesquieu, l'auteur dénonce
un mythe auquel le seigneur de la Brède a cru lui-même et qu'on
a accepté sans discussion: son absence de parti pris dans les luttes
politiques du XVIIe s. Comment un partisan de la noblesse féodale,
c'est-à-dire d'un ordre dépassé, est-il devenu, par un singulier
retour de l'histoire, l'adversaire de la monarchie absolue, voilà
ce que le lecteur apprend en Ibant ce petit livre remarquablement
documenté. La lutte cachée entre le pouvoir et la misère a fait
de Montesquieu, à l'encontre de toutes les apparences, le grand
adversaire de l'ordre établi. L'analyse de ce phénomène, qui
constitue le sommet du présent ouvrage, ne doit pas cependant
détourner l'attention des autres chapitres où sont décrits, d'après des
textes plus connus, la méthode de Montesquieu (le droit naturel
et surtout le contrat social sont rejetés), sa nouvelle théorie de
la loi (qui n'est pas un ordre idéal mais un rapport immanent aux
faits), sa dialectique de l'histoire (étude très vivante sur l'unité
de Y Esprit des Lois), les trois gouvernements et la séparation des
pouvoirs (cette dernière se révélant, en fait, une théorie inexistante
chez Montesquieu, puisqu'il est question non d'un problème
juridique mais politique, celui d'un rapport de forces).
M. Vanhoutte.